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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Soudan : les r&#233;v&#233;lations explosives d'un chef de guerre</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Soudan-les-revelations-explosives-d-un-chef-de-guerre</link>
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		<dc:date>2026-06-02T06:28:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leslie Varenne</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-06-02</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Consid&#233;r&#233; comme l'un des principaux commandants des Forces de soutien rapide (FSR), le groupe paramilitaire qui affronte l'arm&#233;e soudanaise depuis avril 2023, Al-Safana a fait d&#233;fection. Dans une longue interview accord&#233;e le 20 mai &#224; Al Jazeera, il vide son sac et d&#233;voile les coulisses de son ancien mouvement qu'il d&#233;crit comme divis&#233; et affaibli. Il d&#233;peint son chef, le g&#233;n&#233;ral Hemedti, comme un homme d&#233;moralis&#233; et absent du terrain et pr&#233;sente les &#201;mirats arabes unis comme les v&#233;ritables (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-06-02&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/hemedti-au-premier-plan-au-centre-1068x580-8dc35.jpg?1781034568' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Consid&#233;r&#233; comme l'un des principaux commandants des Forces de soutien rapide (FSR), le groupe paramilitaire qui affronte l'arm&#233;e soudanaise depuis avril 2023, Al-Safana a fait d&#233;fection. Dans une longue interview accord&#233;e le 20 mai &#224; Al Jazeera, il vide son sac et d&#233;voile les coulisses de son ancien mouvement qu'il d&#233;crit comme divis&#233; et affaibli. Il d&#233;peint son chef, le g&#233;n&#233;ral Hemedti, comme un homme d&#233;moralis&#233; et absent du terrain et pr&#233;sente les &#201;mirats arabes unis comme les v&#233;ritables patrons de cette guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Mondafrique&lt;br class='autobr' /&gt;
28 mai 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Leslie Varenne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hemedti, au premier plan, au centre de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un haut commandant se retourne contre son camp&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali Rizqallah, plus connu sous le nom d'Al-Safana, est un commandant de terrain important. Il &#233;tait notamment actif au Darfour-Nord et au Kordofan-Ouest. Il a particip&#233; &#224; plusieurs op&#233;rations majeures des Forces de soutien rapide avant d'annoncer sa d&#233;fection le 11 mai 2026. Sa parole a donc un poids particulier : il parle depuis l'int&#233;rieur m&#234;me de l'appareil militaire des FSR, le groupe paramilitaire dirig&#233; par Mohamed Hamdan Dagalo, dit &lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/a-la-une/le-general-hemedti-larchitecte-en-chef-du-chaos-soudanais/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hemedti&lt;/a&gt;, en guerre contre l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re du g&#233;n&#233;ral Abdel Fattah al-Burhan depuis plus de trois ans. Un conflit devenu l'une des plus graves catastrophes humanitaires au monde, avec des dizaines de milliers de morts et des millions de &lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/international/soudan-une-vie-dans-les-camps/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;plac&#233;s&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son interview &#224; Al Jazeera, Al-Safana affirme avoir choisi &#171; le peuple soudanais &#187;, les d&#233;plac&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s, et explique qu'il ne pouvait plus cautionner les violations commises par les FSR. Une posture attendue : il tente naturellement de se d&#233;douaner des crimes commis par le mouvement auquel il appartenait encore il y a quelques jours. Ses d&#233;clarations offrent n&#233;anmoins une plong&#233;e rare dans les coulisses des FSR.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56691 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH301/87744e631e9cf00b-931d0431-2491d.jpg?1781034569' width='500' height='301' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Al-Safana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hemedti absent du Soudan et d&#233;pass&#233; par la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des passages les plus int&#233;ressants de cet entretien d'une heure concerne le principal acteur de cette guerre, le g&#233;n&#233;ral Hemedti. Le chef des FSR serait totalement absent du terrain ; il passerait l'essentiel de son temps au Kenya et aux &#201;mirats arabes unis, avec parfois des passages au Tchad. Sa derni&#232;re pr&#233;sence r&#233;ellement signal&#233;e au Soudan remonterait &#224; 2025 dans la r&#233;gion de Nyala, au Darfour. Al-Safana affirme l'avoir rencontr&#233; r&#233;cemment &#224; Nairobi. Mais loin de l'image d'un chef de guerre dirigeant ses op&#233;rations depuis l'&#233;tranger, il d&#233;crit un homme profond&#233;ment affaibli psychologiquement, d&#233;moralis&#233; et d&#233;pass&#233; par une guerre qui ne serait plus r&#233;ellement sous son contr&#244;le : &#171; &lt;i&gt;Il m'a donn&#233; des indications claires que cette guerre n'est plus entre nos mains. Si elle &#233;tait entre nos mains, elle aurait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Al-Safana renforce encore son propos en d&#233;clarant : &#171; &lt;i&gt;La guerre a d&#233;pass&#233; notre contr&#244;le&lt;/i&gt;. &#187; L'ancien commandant affirme &#233;galement qu'Hemedti souhaiterait n&#233;gocier mais qu'il ne disposerait plus des moyens d'imposer une sortie de guerre. &#171; &lt;i&gt; Il appelle &#224; la paix et &#224; un accord 24 heures sur 24, mais il ne peut pas faire un seul pas en avant &lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il avant d'ajouter cette phrase terrible : &#171; &lt;i&gt;S'il insiste pour arr&#234;ter la guerre ou n&#233;gocier, ils pourraient lui tirer une roquette sur la t&#234;te ou l'assassiner&lt;/i&gt;. &#187; L'ex-commandant ne dit pas qui se cache derri&#232;re ce &#171; ils &#187;. Mais la formule donne du corps &#224; l'id&#233;e centrale de son t&#233;moignage : la guerre ne serait plus contr&#244;l&#233;e par les FSR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#201;mirats arabes unis au c&#339;ur du dispositif&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre r&#233;v&#233;lation majeure de l'interview concerne le r&#244;le des &#201;mirats arabes unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de nombreux &lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/lespagne-lorgne-sur-le-gazalgerien/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapports d'experts&lt;/a&gt;, d'ONG et des &lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/decryptage/guerre-au-soudan-dubai-et-geneve-complices-de-lombre/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;enqu&#234;tes journalistiques&lt;/a&gt; accusent depuis longtemps Abou Dhabi d'implication directe dans la guerre, c'est la premi&#232;re fois que le coup est port&#233; depuis l'int&#233;rieur. &#171; &lt;i&gt;Les &#201;mirats combattent maintenant ouvertement &lt;/i&gt; &#187;, affirme Al-Safana. Puis il pose une question qui r&#233;sume toute son accusation : &#171; &lt;i&gt; Hemedti n'a pas d'avions. Hemedti n'avait pas de drones. Alors &#224; qui appartiennent ces avions ? Qui apporte les drones pour cette guerre ?&lt;/i&gt; &#187; Il insiste &#233;galement sur le r&#244;le des a&#233;roports, des corridors r&#233;gionaux et des &lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/limage-du-jour/soudan-lethiopie-entraine-des-rsf-pres-de-la-frontiere/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pays voisins&lt;/a&gt; qui, pr&#233;cise-t-il, ouvrent leurs infrastructures aux &#201;mirats arabes unis et non aux FSR elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdelrahim Dagalo, l'homme des op&#233;rations et des exactions&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Hemedti appara&#238;t, dans ce r&#233;cit comme un dirigeant affaibli et itin&#233;rant, son fr&#232;re Abdelrahim Dagalo est pr&#233;sent&#233; comme le v&#233;ritable chef op&#233;rationnel des FSR et comme l'homme de la ligne dure : &#171; &lt;i&gt;Toutes les violations et les catastrophes viennent de la personne responsable&lt;/i&gt; &#187;, affirme Al-Safana. Il accuse directement le fr&#232;re d'Hemedti d'&#234;tre derri&#232;re les exactions commises au Darfour, notamment &#224; El-Geneina et El-Facher : ex&#233;cutions extrajudiciaires, violences contre les civils, pillages et attaques contre les h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces accusations sont particuli&#232;rement lourdes alors que les FSR sont d&#233;j&#224; vis&#233;es par de nombreuses accusations de crimes de masse et de violences ethniques au Darfour. Difficile de savoir si Al-Safana ici cherche &#224; amoindrir les charges contre Hemedti, afin de le pr&#233;server de la justice internationale, ou s'il y a une part de v&#233;rit&#233;. Probablement un peu des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des FSR fragment&#233;es par les d&#233;fections&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al-Safana d&#233;crit enfin des FSR compl&#232;tement d&#233;stabilis&#233;es. Selon lui, les recrutements massifs ont profond&#233;ment chang&#233; la nature du mouvement. &#171; &lt;i&gt;Ils ont recrut&#233; des tribus enti&#232;res, du plus &#226;g&#233; au plus jeune&lt;/i&gt; &#187;, affirme-t-il, &#233;voquant m&#234;me l'enr&#244;lement d'enfants. Il insiste surtout sur le manque de discipline et de coh&#233;sion interne. Beaucoup de combattants ne seraient pas des soldats permanents des FSR mais des recrues attir&#233;es par l'argent, la protection ou les alliances locales. &#171; &lt;i&gt;Ces gens ne sont pas des soldats permanents des FSR&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il, ajoutant qu'ils peuvent &#224; tout moment abandonner le combat, vendre leurs armes ou d&#233;sob&#233;ir aux ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, s'il y a incontestablement une part de v&#233;rit&#233; dans ces descriptions, il ne faut pas minorer la dimension strat&#233;gique du t&#233;moignage d'Al-Safana, qui cherche aussi &#224; se d&#233;douaner et &#224; survivre politiquement apr&#232;s sa d&#233;fection. Toutefois ce d&#233;part intervient apr&#232;s ceux de deux autres cadres importants des FSR, Al-Nour Al-Qubba et Bashara al-Huweira, ainsi que la d&#233;sertion de nombreux combattants. Autant d'&#233;l&#233;ments qui tendent &#224; confirmer que les paramilitaires sont aujourd'hui r&#233;ellement affaiblis et travers&#233;s par de profondes luttes internes. Car, comme le dit l'adage, on ne quitte pas une &#233;quipe qui gagne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le spectre d'une partition du Soudan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet entretien, Al-Safana &#233;voque le risque de partition du Soudan de mani&#232;re indirecte et nuanc&#233;e, expliquant que l'affaiblissement d'Hemedti pourrait aboutir &#224; un &#233;clatement du pays. Mais dans d'autres interviews, notamment sur Al-Arabiya, il accuse clairement les FSR de chercher &#224; partitionner le Soudan en contr&#244;lant durablement le Darfour et le Kordofan avec &#171; un soutien ext&#233;rieur &#187;. Une allusion transparente aux &#201;mirats arabes unis qu'il pr&#233;sente tout au long de son t&#233;moignage comme les v&#233;ritables patrons militaires de cette guerre. D&#232;s lors, une question se pose : Abou Dhabi cherche-t-il &#224; diviser le Soudan apr&#232;s l'&#233;chec de la prise de Khartoum, ou &#233;tait-ce l'objectif depuis le d&#233;but du conflit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Famine au Soudan, une arme de guerre n&#233;ocoloniale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Famine-au-Soudan-une-arme-de-guerre-neocoloniale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Famine-au-Soudan-une-arme-de-guerre-neocoloniale</guid>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sudfa</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-05-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Contrairement au r&#233;cit qui pr&#233;sente la famine au Soudan comme une cons&#233;quence naturelle de la guerre, cet article montre que la faim est utilis&#233;e comme arme de guerre par les milices FSR. La famine est aussi le produit d'un syst&#232;me de pr&#233;dation n&#233;ocolonial au profit des &#201;mirats arabes unis. L'autonomie alimentaire devient d&#232;s lors un enjeu de r&#233;sistance et d'&#233;mancipation d&#233;coloniale. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s que l'on aborde la situation humanitaire au Soudan, la famine est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/capture_d_e_cran_le_2026-05-25_a_11.07_20-5e878.png?1781058301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Contrairement au r&#233;cit qui pr&#233;sente la famine au Soudan comme une cons&#233;quence naturelle de la guerre, cet article montre que la faim est utilis&#233;e comme arme de guerre par les milices FSR. La famine est aussi le produit d'un syst&#232;me de pr&#233;dation n&#233;ocolonial au profit des &#201;mirats arabes unis. L'autonomie alimentaire devient d&#232;s lors un enjeu de r&#233;sistance et d'&#233;mancipation d&#233;coloniale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/sudfa/blog/220526/famine-au-soudan-une-arme-de-guerre-neocoloniale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que l'on aborde la situation humanitaire au Soudan, la famine est syst&#233;matiquement &#233;voqu&#233;e : l'ONU estime que 20 millions de personnes, soit plus de 40 % de la population, souffrent de faim aigu&#235;. Quatorze zones du Darfour du Nord, du Darfour du Sud et du Kordofan du Sud sont menac&#233;es de famine, alors qu'environ 135 000 personnes y souffrent d&#233;j&#224; de niveaux de faim extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le pays est le deuxi&#232;me plus vaste d'Afrique, travers&#233; par le plus long fleuve du monde et dot&#233; de terres agricoles fertiles couvrant pr&#232;s des deux tiers de son territoire. Dans le cas soudanais, la famine n'est ni une cons&#233;quence naturelle ni in&#233;vitable de la guerre. Elle r&#233;sulte de l'utilisation d&#233;lib&#233;r&#233;e de la faim comme arme de guerre, voire comme arme de g&#233;nocide. L'instrumentalisation de l'approvisionnement alimentaire comme moyen de domination et de contr&#244;le des populations civiles est caract&#233;ristique des conflits coloniaux et imp&#233;rialistes contemporains, comme on l'observe aujourd'hui au Soudan et &#224; Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Soudan, plut&#244;t que de parler de famine, on peut parler d'&#171; affamement &#187; d&#233;lib&#233;r&#233; de la population. D'abord, parce que la guerre est men&#233;e par les milices contre les populations agricoles afin de s'approprier leurs terres. S'y ajoutent la destruction d&#233;lib&#233;r&#233;e des structures de l'&#201;tat et la g&#233;n&#233;ralisation des &#233;conomies de guerre, con&#231;ues comme un mode d'investissement et de profit n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces violences, les chambres d'urgence proposent un mod&#232;le de r&#233;sistance r&#233;volutionnaire fond&#233; sur l'autonomie alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les terres agricoles, cibles d'attaques syst&#233;matiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la guerre en avril 2023, la prise de contr&#244;le des terres par les milices, le blocage des voies d'acheminement et les d&#233;placements impos&#233;s &#224; certaines communaut&#233;s paysannes ont fortement r&#233;duit la production agricole. Trois saisons se sont d&#233;roul&#233;es avec une r&#233;colte tr&#232;s faible, alors que la population soudanaise d&#233;pend de son agriculture pour satisfaire ses besoins essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 mai 2026, une &lt;a href=&#034;https://www.aljazeera.com/economy/2026/5/4/satellite-imagery-reveals-how-sudans-war-scorched-its-breadbasket&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;investigation du m&#233;dia Al Jazeera&lt;/a&gt; par image satellite utilisant l'index de diff&#233;rence normalis&#233;e de v&#233;g&#233;tation (NDVI) a d&#233;montr&#233; que la guerre avait un impact d&#233;vastateur sur les plus grands projets agricoles irrigu&#233;s du Soudan dans les &#233;tats de Gezira, Sennar et Khartoum. Les plaines fertiles du centre du Soudan &#8211; consid&#233;r&#233;es comme le &#171; grenier &#187; du pays &#8211; ont &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;es : sur les images satellites, les quadrillages verts et g&#233;om&#233;triques qui caract&#233;risaient autrefois le c&#339;ur agricole du pays ont d&#233;sormais laiss&#233; place &#224; un paysage aride, d'un brun poussi&#233;reux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la capitale de l'&#233;tat de Gezira, Wad Madani, est tomb&#233;e aux mains des Forces de Soutien Rapide (FSR) en d&#233;cembre 2023, des agriculteur&#183;ices d&#233;sesp&#233;r&#233;&#183;es avaient alors inond&#233; leurs propres canaux d'irrigation pour transformer leurs champs en bourbiers afin d'arr&#234;ter les pick-ups arm&#233;s des FSR. Suite &#224; la prise de l'&#233;tat de Gezira par les FSR, celles-ci ont d&#233;mantel&#233; tout le syst&#232;me agricole de la r&#233;gion. Les miliciens &lt;a href=&#034;https://www.euaa.europa.eu/sites/default/files/publications/2025-02/2025_02_EUAA_COI_Report_Sudan_Security_Situation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ont d&#233;tourn&#233; les canaux d'irrigation&lt;/a&gt;, inond&#233; les terres agricoles et utilis&#233; les sacs de r&#233;coltes comme ponts de fortune pour franchir les canaux. Les traces de cet &#233;v&#233;nement sont encore visibles aujourd'hui depuis le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH378/29532b274145662d-fb99e39e-d0833.png?1781058302' width='500' height='378' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;g&#226;ts similaires ont &#233;t&#233; constat&#233;s dans les zones agricoles de Rahad et de Suki, situ&#233;es dans les &#233;tats de Sennar et de Gedaref, qui couvrent 126 000 hectares (311 350 acres) et 37 800 hectares (93 400 acres). Tout au long de l'ann&#233;e 2024, sous le contr&#244;le des FSR, l'&#233;tat des cultures s'est consid&#233;rablement d&#233;t&#233;rior&#233; dans ces deux r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;t&#233;rioration n'a rien d'une cons&#233;quence &#171; naturelle &#187; de la guerre. Une &#233;tude de l'universit&#233; de Yale de mars 2026 a d&#233;montr&#233; que les FSR ont cibl&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment les communaut&#233;s agricoles r&#233;sidant aux alentours de la ville d'El Fasher, dans le but d'affamer la population locale alors qu'elles entamaient le si&#232;ge de la ville. Le si&#232;ge a dur&#233; plus de 18 mois, durant lesquels des milliers de personnes sont mortes de faim et d'absence de soins, jusqu'&#224; la prise d'El Fasher en octobre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces attaques autour d'El Fasher ont cibl&#233; 41 communaut&#233;s agricoles. Leur objectif &#233;tait de d&#233;placer de force les agriculteur&#183;ices pour les emp&#234;cher de semer &#8212; d&#233;cimant ainsi les r&#233;serves alimentaires locales. La politique de la terre br&#251;l&#233;e men&#233;e par les FSR apr&#232;s leurs attaques vise &#224; emp&#234;cher les r&#233;sident&#183;es de se r&#233;installer dans leurs villages, rendant toute la r&#233;gion inhabitable. Ces images montrent clairement l'intention des FSR : d&#233;peupler ces localit&#233;s et entraver toute capacit&#233; de la population &#224; semer, cultiver et r&#233;colter de la nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56579 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH408/97c545f15801a9f1-f5d90535-e5bf1.png?1781058302' width='500' height='408' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_56578 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH326/935315004720dce0-e78bccc8-56b14.png?1781058302' width='500' height='326' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre la destruction des terres agricoles locales, les FSR emp&#234;chent les organisations humanitaires d'acheminer de l'aide vers la ville, comme l'ont montr&#233; de nombreux rapports. Enfin, depuis le d&#233;but du conflit, les miliciens ont pill&#233; syst&#233;matiquement les march&#233;s, qui sont les premiers espaces urbains attaqu&#233;s d&#232;s qu'ils conqui&#232;rent une ville. Tous ces &#233;l&#233;ments mettent en &#233;vidence le projet g&#233;nocidaire des FSR, qui s'attaquent aux moyens de survie de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;mant&#232;lement des structures de l'&#201;tat et l'&#233;mergence d'un &#171; colonialisme agraire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre n'a pas arr&#234;t&#233; l'&#233;conomie, elle l'a transform&#233;e. D'un syst&#232;me fragile sous un &#201;tat affaibli, on est pass&#233; &#224; une &#233;conomie de guerre structur&#233;e par des r&#233;seaux &#8212; armes, contrebande, aide humanitaire et financements ext&#233;rieurs. Ce basculement s'inscrit dans une logique n&#233;olib&#233;rale o&#249; l'effondrement de l'&#201;tat laisse le champ libre au march&#233;, m&#234;me lorsqu'il se nourrit de la catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction d&#233;lib&#233;r&#233;e des institutions, ainsi que des entreprises publiques et priv&#233;es, par des attaques men&#233;es par les milices &#224; des fins de pillage, a rendu l'appareil &#233;tatique incapable de r&#233;pondre aux besoins essentiels de la population &#8212; qu'il s'agisse de l'acc&#232;s &#224; la nourriture ou des services indispensables &#224; sa production, tels que l'&#233;lectricit&#233; et l'eau. 90 % des h&#244;pitaux sont hors service, tandis que les banques et l'ensemble des institutions publiques ont &#233;t&#233; &#224; l'arr&#234;t pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;gions contr&#244;l&#233;es par les FSR, m&#234;me dans les zones o&#249; les villages sont encore debout, les agriculteur&#183;ices indiquent que l'ins&#233;curit&#233; et les conflits avec les &#233;leveur&#183;ices nomades rendent la culture pratiquement impossible. L'administration ad hoc mise en place par les FSR au Darfour pour prot&#233;ger la saison agricole n'arrive pas &#224; r&#233;soudre ces probl&#233;matiques et des agriculteur&#183;ices t&#233;moignent &lt;a href=&#034;https://3ayin.com/en/harvests-/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;aupr&#232;s du m&#233;dia Ayin Network&lt;/a&gt; que &#171; des chameaux appartenant &#224; des &#233;leveur&#183;ices locaux ont pi&#233;tin&#233; ses champs sous les yeux des forces des FSR qui contr&#244;lent la ville. &#187; Les agriculteur&#183;ices qui tentent de prot&#233;ger leurs r&#233;coltes sont victimes d'agressions, de menaces et de pillages de leurs charrettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces zones o&#249; l'agriculture, bien que fortement entrav&#233;e, est encore possible, les r&#233;coltes ne b&#233;n&#233;ficient pas aux populations locales ni &#224; la population soudanaise dans son ensemble. Ce n'est pas un hasard : la famine est produite et entretenue par des logiques &#233;conomiques imp&#233;rialistes et n&#233;olib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les produits agricoles (des c&#233;r&#233;ales, la gomme arabique et l'arachide ainsi que du ma&#239;s) et le b&#233;tail, de m&#234;me que l'or, &lt;a href=&#034;https://sudantribune.com/article/307470&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sont achemin&#233;s et export&#233;s par les FSR&lt;/a&gt; via des r&#233;seaux informels vers le Tchad, la Libye et les march&#233;s du Golfe. Les milices s'emparent de terres arables afin de se financer par la contrebande de denr&#233;es, notamment vers les &#201;mirats Arabes Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;changes s'inscrivent dans un &#171; n&#233;ocolonialisme agraire &#187; qui &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre avant la guerre. Le chef des FSR, Hemedti, exer&#231;ait lui-m&#234;me le commerce de b&#233;tail avec la Libye avant de rejoindre les FSR, qui lui a permis d'&#233;tendre ces activit&#233;s &#224; une &#233;chelle plus large. Dans ce contexte, l'agriculture cesse donc d'&#234;tre une ressource pour la survie des civil&#183;es : elle devient un moteur de la guerre, qui alimente le conflit et permet aux violences de se perp&#233;tuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me que le Soudan, un pays principalement agricole, est priv&#233; de son autonomie alimentaire, il se retrouve en proie &#224; &#171; l'&#233;conomie de l'aide &#187;. Cette transformation inqui&#233;tante face &#224; l'aggravation de la catastrophe humanitaire illustre une nouvelle phase de la d&#233;possession du pays aux mains des puissances &#233;trang&#232;res. L'aide n'est plus seulement une r&#233;ponse d'urgence, elle est devenue un secteur &#233;conomique &#224; part enti&#232;re, avec ses financements, ses emplois, ses contrats, ses cha&#238;nes d'approvisionnement, ses rapports de force, ses indicateurs et sa concurrence pour les ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas l'aide en elle-m&#234;me, mais son &#233;volution en substitut implicite aux options de production locale, et en m&#233;canisme de gestion de la crise plut&#244;t que de sortie de celle-ci. Lorsque la r&#233;ponse humanitaire repose sur la durabilit&#233; de la crise, plut&#244;t que sur la sortie de la crise, alors la persistance de situations comme la famine et la privation devient une condition objective de la poursuite du financement et de l'activit&#233; humanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations humanitaires &#233;miraties constituent l'illustration la plus embl&#233;matique de ce syst&#232;me cynique : les Emirats alimentent la guerre pour s'approprier les ressources soudanaises d'un c&#244;t&#233;, tout en apportant de l'aide humanitaire de l'autre. Cette aide est mise en avant par le gouvernement &#233;mirati selon une mise en sc&#232;ne bien orchestr&#233;e qui cache les m&#233;canismes de pr&#233;dation. Les Soudanais&#183;es sont conscient&#183;es de cette instrumentalisation de l'aide alimentaire et la d&#233;noncent. On a ainsi vu circuler sur les r&#233;seaux sociaux des vid&#233;os d'habitant&#183;es qui refusaient l'aide alimentaire apport&#233;e par des organisations humanitaires &#233;miraties en exprimant leur col&#232;re : &#8220;Que les Emirats arr&#234;tent de d&#233;truire notre pays, plut&#244;t que d'apporter &#224; manger !&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#8220;salles d'urgence&#8221;, un projet r&#233;volutionnaire d'autonomie alimentaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre cette logique de conqu&#234;te n&#233;ocoloniale, le Soudanais&#183;es r&#233;sistent en inventant des alternatives concr&#232;tes malgr&#233; le manque total de moyens. Les organisations d'entraide au Soudan, comme les &#8220;salles d'urgence&#8221; (parfois traduites aussi par &#8220;chambres d'urgence&#8221;) via le projet des cuisines collectives, repr&#233;sentent des solutions r&#233;volutionnaires. Ces initiatives issues de la soci&#233;t&#233; civile tentent d'att&#233;nuer la crise gr&#226;ce &#224; des outils locaux et &#224; un effort populaire quotidien. Elles visent &#224; construire des solutions durables et structurelles pour sortir de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH414/3345c301b8526c25-9421cfd7-9da96.png?1781058302' width='500' height='414' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de cantines solidaires ont ainsi &#233;merg&#233; depuis le d&#233;but de la guerre. Elles nourrissent des centaines de milliers de personnes les plus vuln&#233;rables, notamment les familles d&#233;plac&#233;es par le conflit. Leur organisation par la base s'inspire du mod&#232;le autogestionnaire des comit&#233;s de r&#233;sistance pendant la r&#233;volution. Les chambres d'urgence de Khartoum, par exemple, comptent jusqu'&#224; 4 000 b&#233;n&#233;voles qui g&#232;rent 42 cuisines communautaires dans la capitale et les villes alentour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les volontaires ont investi des espaces collectifs abandonn&#233;s par les pouvoirs publics &#224; cause du contexte de guerre (&#233;coles, b&#226;timents publics) pour en faire des lieux de regroupement de denr&#233;es alimentaires et de cuisines collectives. Ils et elles y pr&#233;parent puis distribuent ces repas dans les quartiers les plus pr&#233;caires et les camps de d&#233;plac&#233;&#183;es. Ces groupes s'organisent sur les r&#233;seaux sociaux et c'est &#233;galement via ce moyen qu'ils collectent des fonds, en s'appuyant sur la solidarit&#233; internationale et de la diaspora.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#8220;chambres d'urgence&#8221; ne se contentent pas de cuisiner dans les centres urbains, mais travaillent &#224; s&#233;curiser toute la cha&#238;ne d'approvisionnement alimentaire depuis les campagnes vers les villes. Le programme &#171; S&#233;curit&#233; alimentaire &#187; des chambres d'urgence de Khartoum illustre cette approche. Sa priorit&#233; : soutenir les march&#233;s de quartier dans chaque commune pour qu'ils deviennent des points de distribution de proximit&#233;, approvisionnant les &#233;piceries locales, plus facile &#224; prot&#233;ger au sein des quartiers. Les cagnottes de soutien aux chambres d'urgence sont utilis&#233;es pour aider les grossistes &#224; acheminer leurs marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces volontaires surveillent &#233;galement les points de contr&#244;le des arm&#233;es et milices le long des routes, afin de faire respecter la libre circulation des personnes et des marchandises. Ils m&#232;nent des n&#233;gociations localis&#233;es avec les autorit&#233;s pour garantir l'acc&#232;s aux diff&#233;rents quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, plusieurs projets d'agriculture en ville ont &#233;galement &#233;merg&#233;. Ils visent &#224; installer une production locale et favoriser au maximum les circuits courts, permettant un approvisionnement local et &#233;vitant le pillage des denr&#233;es alimentaires par les miliciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupes r&#233;volutionnaires n'emploient pas le terme de &#171; famine &#187; mais parlent plut&#244;t d'&#171; affamement &#187;. Ce choix leur permet de mieux d&#233;crire la privation d&#233;lib&#233;r&#233;e impos&#233;e aux Soudanais&#183;es. Ils pr&#233;f&#232;rent un vocabulaire r&#233;volutionnaire afin d'&#233;viter le pi&#232;ge des termes spectaculaires du syst&#232;me n&#233;oliberal &#8212; ces mots qui construisent une population victime et incapable de r&#233;sister. En imposant et consolidant une lecture n&#233;olib&#233;rale des &#233;v&#233;nements, l'utilisation de ces termes att&#233;nue les perceptions et neutralise la critique, tout en garantissant la p&#233;rennit&#233; des crises &#8212; au lieu de les r&#233;soudre. A l'inverse, les initiatives de terrain des &#8220;chambres d'urgence&#8221; transforment &#224; la fois l'&#233;conomie et les modes d'actions humanitaires par la solidarit&#233; locale, mais proposent aussi une pens&#233;e radicale d'autonomie et de souverainet&#233; alimentaire, ouvrant des perspectives &#233;cologiques et d&#233;coloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'&#233;quipe de Sudfa&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guerre au Soudan : Duba&#239; et Gen&#232;ve complices de l'ombre</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Guerre-au-Soudan-Dubai-et-Geneve-complices-de-l-ombre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Guerre-au-Soudan-Dubai-et-Geneve-complices-de-l-ombre</guid>
		<dc:date>2026-05-19T06:37:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roula Merhej</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-05-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au-del&#224; de son terrible bilan de plus de 150 000 morts et de 12 millions de personnes d&#233;plac&#233;es, l'analyse de la guerre qui fait rage au Soudan depuis trois ans ne peut pas &#234;tre r&#233;duite &#224; la rivalit&#233; de deux chefs de guerre. Dans l'ombre, des &#201;tats s'activent, pour le contr&#244;le du commerce de l'or. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de MondAfrique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de vainqueur mais d'innombrables victimes Depuis avril 2023, le Soudan s'enfonce dans une guerre civile dont l'ampleur d&#233;passe les rivalit&#233;s internes. Derri&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-05-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-05-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/capture_d_e_cran_le_2026-05-17_a_19.03_08-63875.png?1781235391' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au-del&#224; de son terrible bilan de plus de 150 000 morts et de 12 millions de personnes d&#233;plac&#233;es, l'analyse de la guerre qui fait rage au Soudan depuis trois ans ne peut pas &#234;tre r&#233;duite &#224; la rivalit&#233; de deux chefs de guerre. Dans l'ombre, des &#201;tats s'activent, pour le contr&#244;le du commerce de l'or.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/decryptage/guerre-au-soudan-dubai-et-geneve-complices-de-lombre/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MondAfrique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de vainqueur mais d'innombrables victimes&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis avril 2023, le Soudan s'enfonce dans une guerre civile dont l'ampleur d&#233;passe les rivalit&#233;s internes. Derri&#232;re l'affrontement entre deux g&#233;n&#233;raux, Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdan Daglo dit &#171; Hemedti &#187;, se joue une bataille pour le contr&#244;le d'une ressource devenue centrale : l'or. Les Forces arm&#233;es soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR), anciennes alli&#233;e lors du coup d'&#201;tat de 2021, se sont retourn&#233;es l'une contre l'autre dans un contexte de transition politique avort&#233;e. Ce qui aurait pu rester une lutte pour le contr&#244;le de l'&#201;tat s'est transform&#233; en une guerre totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit entre dans sa quatri&#232;me ann&#233;e sans victoire d&#233;cisive. L'arm&#233;e soudanaise a repris Khartoum en mars 2025, mais en octobre 2025 les FSR ont pris el-Fasher, derni&#232;re grande ville gouvernementale au Darfour, apr&#232;s un si&#232;ge de dix-huit mois, &#224; la faveur d'atrocit&#233;s d'une dimension g&#233;nocidaire. Les combats se concentrent aujourd'hui dans le Kordofan. Le Soudan concentre plus de personnes en situation de famine que le reste du monde r&#233;uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;le de l'or&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duire cette guerre &#224; une rivalit&#233; personnelle serait une erreur. Elle s'inscrit dans une logique &#233;conomique pr&#233;cise. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, l'or est devenu la principale richesse du Soudan. Il est exploit&#233; dans des conditions artisanales, notamment au Darfour, en dehors de tout contr&#244;le &#233;tatique. Les FSR ont pris le contr&#244;le de plusieurs sites aurif&#232;res, construisant un syst&#232;me parall&#232;le de financement qui leur permet d'&#233;chapper &#224; toute d&#233;pendance institutionnelle. L'or extrait est tax&#233;, confisqu&#233; ou directement exploit&#233; par les r&#233;seaux li&#233;s &#224; Hemedti, puis export&#233; via des circuits informels. En juillet 2025, les FSR ont annonc&#233; la cr&#233;ation d'un gouvernement parall&#232;le bas&#233; au Darfour, accentuant la fragmentation d'un &#201;tat d&#233;j&#224; d&#233;sagr&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56418 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L443xH316/e6eb91132880c282-cd5261ae-5c7db.png?1781059476' width='443' height='316' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me reposait jusqu'&#224; r&#233;cemment sur une destination quasi-exclusive : les &#201;mirats arabes unis. Les donn&#233;es de la Banque centrale du Soudan montrent que les &#201;mirats importaient environ 90 % des exportations officielles d'or au premier semestre 2025. Mais, accusant les &#233;mirats d'armer son ennemi, le gouvernement soudanais a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec Abou Dhabi en mai suivant. La cons&#233;quence a &#233;t&#233; imm&#233;diate : les exportations d'or vers les &#201;mirats ont chut&#233;, de 22,2 tonnes en 2024 &#224; 8,2 tonnes en 2025. Khartoum a diversifi&#233; ses d&#233;bouch&#233;s vers l'&#201;gypte, Oman et le Qatar, mais cette orientation reste fragile et incompl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercenaires colombiens et trafic d'or&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture ne signifie pas que les &#201;mirats se sont retir&#233;s du conflit. Une enqu&#234;te du Conflict Insights Group, rendue publique par la BBC, a document&#233; pour la premi&#232;re fois un lien direct entre Abou Dhabi et les FSR, en retra&#231;ant les mouvements de plus de 50 mercenaires colombiens d&#233;ploy&#233;s au Soudan entre avril 2025 et janvier 2026 et recrut&#233;s par une soci&#233;t&#233; &#233;miratie li&#233;e, selon le CIG, &#224; des cercles proches du gouvernement d'Abou Dhabi. Ces mercenaires op&#233;raient comme pilotes de drones et artilleurs et ont contribu&#233; directement &#224; des op&#233;rations meurtri&#232;res contre des civils, dans le contexte d'une guerre de drones aliment&#233;e par des &#233;quipements essentiellement chinois achemin&#233;s via les &#201;mirats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2024, les &#201;mirats ont import&#233; 29 tonnes d'or directement du Soudan, auxquelles s'ajoutent les quantit&#233;s transitant par des pays voisins : 27 tonnes via l'&#201;gypte, 18 via le Tchad, 9 via la Libye. Une investigation de The Sentry a &#233;tabli un lien entre des soci&#233;t&#233;s bas&#233;es &#224; Duba&#239; et le blanchiment illicite d'or du Soudan pour le compte de financiers des FSR. La cha&#238;ne s'&#233;tend jusqu'en Europe : entre janvier et septembre 2025, la Suisse a import&#233; 316 tonnes d'or en provenance des &#201;mirats, soit plus du double des volumes annuels habituels, dans une transparence tr&#232;s insuffisante sur l'origine r&#233;elle de ces m&#233;taux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56419 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L436xH260/f9cac4959c44fcf5-3bab864c-74f17.png?1781059477' width='436' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise du d&#233;troit d'Ormuz en prime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du d&#233;troit d'Ormuz, cons&#233;cutive aux frappes am&#233;ricano-isra&#233;liennes sur l'Iran, a aggrav&#233; l'instabilit&#233;. Les repr&#233;sailles iraniennes ont perturb&#233; les infrastructures de Duba&#239;, affectant la connectivit&#233; du hub aurif&#232;re &#233;mirati. Surtout, elles ont d&#233;sorganis&#233; les march&#233;s alternatifs que Khartoum cherchait &#224; activer depuis la rupture diplomatique de mai 2025 : le Qatar est en plein chaos &#233;conomique, l'&#201;gypte et Oman sont fragilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise fait s'envoler les prix de l'or sur les march&#233;s mondiaux et aboutit &#224; ce paradoxe : l'or soudanais vaut d&#233;sormais davantage &#224; la tonne, ce qui profite aux deux bellig&#233;rants, quelle que soit la destination des exports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la guerre tend &#224; s'auto-entretenir. Tant que l'extraction aurif&#232;re se poursuit et que des d&#233;bouch&#233;s existent, m&#234;me perturb&#233;s, les acteurs du conflit disposent des ressources pour continuer &#224; se battre. Les efforts du &#171; Quad &#187; &#8211; qui r&#233;unit &#201;tats-Unis, &#201;mirats, Arabie saoudite et &#201;gypte &#8211; ont &#233;chou&#233;. L'or agit davantage comme un acc&#233;l&#233;rateur que comme une cause premi&#232;re : il transforme une crise politique en guerre prolong&#233;e, en lui donnant les moyens de durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mod&#232;le de pr&#233;dation continental&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas soudanais ne saurait &#234;tre r&#233;duit &#224; une singularit&#233; africaine. Il est la manifestation la plus document&#233;e d'un mod&#232;le de pr&#233;dation qui se r&#233;plique &#224; travers le continent. Au Mali, l'Africa Corps, successeur du groupe Wagner depuis 2025 et directement contr&#244;l&#233; par Moscou, perp&#233;tue une logique d'extraction militaris&#233;e des ressources en s'appuyant sur des soci&#233;t&#233;s mini&#232;res russes comme levier &#233;conomique. En R&#233;publique centrafricaine, o&#249; le lien entre ressources et financement paramilitaire russe est le mieux connu, les m&#234;mes circuits articulent extraction mini&#232;re, pr&#233;sence militaire et opacit&#233; des flux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'est du Congo, le coltan et les terres rares alimentent des groupes arm&#233;s dont la long&#233;vit&#233; ob&#233;it &#224; une logique purement &#233;conomique. Ce qui relie ces conflits n'est pas la g&#233;ographie, ni l'ethnicit&#233;, ni l'id&#233;ologie : c'est la structure. Une ressource &#224; haute valeur marchande, une milice pour en s&#233;curiser l'acc&#232;s, un interm&#233;diaire r&#233;gional pour blanchir les flux et un march&#233; international assez opaque pour absorber le produit sans poser de questions. La guerre, pour ceux qui la financent, est une industrie rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une tra&#231;abilit&#233; impossible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience du Processus de Kimberley, mis en place en 2003 pour enrayer le commerce des diamants de conflits, illustre &#224; la fois ce qu'une volont&#233; politique internationale peut accomplir et ses limites. Les &#171; blood diamonds &#187; (diamants du sang) repr&#233;sentaient environ 15 % de la production mondiale dans les ann&#233;es 1990 et moins de 1 % aujourd'hui. Mais ce r&#233;sultat partiel repose sur une propri&#233;t&#233; physique unique du diamant : sa tra&#231;abilit&#233;. L'or, semble-t-il, est, lui, fongible. Il se fond, s'allie, se m&#233;lange, et son origine dispara&#238;t &#224; chaque &#233;tape du raffinage. Aucun &#233;quivalent cr&#233;dible du Processus de Kimberley n'existe pour l'or, et les experts estiment que ce mod&#232;le ne saurait &#234;tre simplement transpos&#233;. Le cadre de diligence raisonnable propos&#233; par l'OCDE reste volontaire, sans sanction r&#233;elle. Tant que cette lacune juridique persistera, la responsabilit&#233; des &#201;tats importateurs, &#224; commencer par les &#201;tats europ&#233;ens, restera aussi commode &#224; esquiver que l'origine d'un lingot fondu &#224; Duba&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation soudanaise r&#233;v&#232;le, enfin, une r&#233;alit&#233; plus large. Dans un monde o&#249; les ressources circulent rapidement et o&#249; les march&#233;s absorbent des flux issus de zones de conflit, les guerres locales ne sont jamais totalement locales. La rupture diplomatique entre Khartoum et Abou Dhabi a perturb&#233; les circuits habituels sans mettre fin &#224; l'&#233;conomie de guerre. La crise du d&#233;troit d'Ormuz a ajout&#233; de l'instabilit&#233; sans venir &#224; bout de la logique profonde. Tant que ces cha&#238;nes resteront reconstituables, toute solution politique restera fragile. Au Soudan, l'or n'est pas seulement au c&#339;ur de la guerre. Il est l'une des conditions de sa possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des armes fran&#231;aises dans la guerre au Soudan</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Des-armes-francaises-dans-la-guerre-au-Soudan</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Des-armes-francaises-dans-la-guerre-au-Soudan</guid>
		<dc:date>2026-05-19T06:36:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Martial</dc:creator>


		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-05-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un syst&#232;me d'armement fran&#231;ais sophistiqu&#233; est utilis&#233; dans le conflit au Soudan, r&#233;v&#233;lant les violations par le gouvernement fran&#231;ais des conventions sur les ventes d'armes. &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre au Soudan continue et entra&#238;ne la plus grave crise humanitaire mondiale. Les chiffres sont effroyables : entre 150 000 et 400 000 morts, la destruction syst&#233;matique des h&#244;pitaux. Le nombre de d&#233;plac&#233;s s'&#233;l&#232;ve &#224; 15 millions, soit pr&#232;s d'un Soudanais sur trois sans compter la crise alimentaire qui touche la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-05-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-05-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/soudan_2_unhcr-2-5aee5.jpg?1781045352' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un syst&#232;me d'armement fran&#231;ais sophistiqu&#233; est utilis&#233; dans le conflit au Soudan, r&#233;v&#233;lant les violations par le gouvernement fran&#231;ais des conventions sur les ventes d'armes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre au Soudan continue et entra&#238;ne la plus grave crise humanitaire mondiale. Les chiffres sont effroyables : entre 150 000 et 400 000 morts, la destruction syst&#233;matique des h&#244;pitaux. Le nombre de d&#233;plac&#233;s s'&#233;l&#232;ve &#224; 15 millions, soit pr&#232;s d'un Soudanais sur trois sans compter la crise alimentaire qui touche la moiti&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syst&#232;me Galix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet affrontement meurtrier perdure entre les deux g&#233;n&#233;raux, Burhan pour les Forces arm&#233;es soudanaises (FAS) et Hemedti pour les Rapid Support Forces (RSF), car il est soutenu financi&#232;rement et militairement par l'&#201;gypte et la Turquie pour les FAS, et par les &#201;mirats arabes unis pour les RSF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les RSF se sont illustr&#233;es par des nettoyages ethniques de grande ampleur lors de la conqu&#234;te des villes d'Al-Gene&#239;na et d'El Fasher, pouvant s'apparenter &#224; des actes g&#233;nocidaires. Parmi leur armement figure le syst&#232;me Galix, produit par deux entreprises fran&#231;aises, Lacroix D&#233;fense et KNDS France. Ce syst&#232;me est install&#233; sur diff&#233;rents v&#233;hicules tels que des obusiers automoteurs, des v&#233;hicules de combat d'infanterie (VCI) ou des transports de troupes. Comme l'indique l'entreprise Lacroix D&#233;fense : &#171; Le syst&#232;me Galix dissimule les v&#233;hicules de combat face &#224; une menace imminente et prot&#232;ge les v&#233;hicules, les chars de combat principaux et les VCI &#187;, en utilisant des gaz fumig&#232;nes ou des leurres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Amnesty International a rep&#233;r&#233; ce syst&#232;me sur les v&#233;hicules &#233;miratis Nimr Ajban, utilis&#233;s par les RSF, notamment au Darfour, r&#233;gion soumise &#224; un embargo sur les armes depuis 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La grande muette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sollicit&#233; par les journalistes, le Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral de la d&#233;fense et de la s&#233;curit&#233; nationale, pourtant charg&#233; du contr&#244;le des exportations d'armes &#224; l'&#233;tranger, indique ne pas &#234;tre au courant. Des questions ont &#233;t&#233; pos&#233;es par les d&#233;put&#233;s du groupe La France insoumise et du groupe &#201;cologiste et Social, sans qu'aucune r&#233;ponse n'ait &#233;t&#233; apport&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce silence r&#233;v&#232;le l'embarras du gouvernement avec le refus d'appliquer le Trait&#233; sur le commerce des armes dont la France est partie prenante. Ce trait&#233; instaure, dans son article 11, le certificat d'utilisateur final (CUF), afin que les armes vendues &#224; un pays ne se retrouvent pas entre les mains d'une autre puissance. Cette protection est renforc&#233;e par la Position Commune de l'Union europ&#233;enne, qui pr&#233;conise un principe de pr&#233;caution envers les pays ne respectant pas le CUF. C'est le cas des &#201;mirats arabes unis. En effet, des armes achet&#233;es ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es &#224; des milices au Y&#233;men ainsi qu'&#224; l'Arm&#233;e nationale libyenne du mar&#233;chal Haftar.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Business is business&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les autorit&#233;s fran&#231;aises pr&#233;f&#232;rent fermer les yeux pour des raisons commerciales : la France est le second fournisseur d'armes des &#201;mirats arabes unis. Un contrat de 17 milliards d'euros a &#233;t&#233; conclu pour la vente de 80 Rafale et de 12 h&#233;licopt&#232;res Caracal, ainsi que pour des raisons strat&#233;giques. Des bases militaires fran&#231;aises sont install&#233;es &#224; Mina Zayed, &#224; Al Dhafra et &#224; Zayed Military City.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de la quantit&#233; de mat&#233;riel militaire vendu aux &#201;mirats arabes unis et de l'aggravation du conflit au Soudan, le risque de voir d'autres armes fran&#231;aises entre les mains des RSF est r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che nullement Paris d'organiser une conf&#233;rence humanitaire internationale pour le Soudan en 2024 et d'exiger l'arr&#234;t des interventions des pays &#233;trangers, tout en &#233;vitant soigneusement de mentionner le nom des &#201;mirats arabes unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paul Martial&lt;br class='autobr' /&gt;
******&lt;/p&gt;
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		<title>Au Soudan du Sud, des milliers d'apatrides</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Soudan-du-Sud-des-milliers-d-apatrides</link>
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		<dc:date>2026-05-19T06:35:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustine Passilly</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-05-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a bient&#244;t quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son ind&#233;pendance. Depuis, l'administration tarde &#224; r&#233;gulariser ses ressortissants : selon le HCR, 90 % des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistr&#233;s sur les bases de donn&#233;es officielles. Des millions d'entre eux pourraient se retrouver sans nationalit&#233; reconnue si rien n'&#233;tait fait. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le caf&#233;-galerie d'art de Juba o&#249; elle donne rendez-vous, Animu Athiei affiche sa bonne humeur habituelle. L'activiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a bient&#244;t quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son ind&#233;pendance. Depuis, l'administration tarde &#224; r&#233;gulariser ses ressortissants : selon le HCR, 90 % des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistr&#233;s sur les bases de donn&#233;es officielles. Des millions d'entre eux pourraient se retrouver sans nationalit&#233; reconnue si rien n'&#233;tait fait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Soudan-du-Sud-des-milliers-d-apatrides&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le caf&#233;-galerie d'art de Juba o&#249; elle donne rendez-vous, Animu Athiei affiche sa bonne humeur habituelle. L'activiste sud-soudanaise, fondatrice de sa propre ONG, Animu Athiei Foundation (1), d&#233;di&#233;e &#224; la d&#233;fense du droit &#224; la nationalit&#233;, se trouve pourtant au c&#339;ur d'une bataille juridique. Depuis huit ans, elle est priv&#233;e de passeport et de tout document d'identit&#233;. &#171; Je fais partie d'une minorit&#233; ethnique, les Kelikos. Ce peuple transfrontalier se retrouve aussi en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, alors certains de mes d&#233;tracteurs pr&#233;tendent que je suis Congolaise &#187;, explique la femme politique au sourire communicatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la notori&#233;t&#233; d'Animu Athiei lui permet d'&#234;tre m&#233;diatis&#233;e, faisant esp&#233;rer &#224; terme une issue positive, des milliers de Sud-Soudanais sont eux aussi devenus apatrides au lendemain de l'ind&#233;pendance de la plus jeune nation du monde, le 9 juillet 2011. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s (HCR) distingue deux cat&#233;gories : les personnes apatrides, qui seraient au moins 18 000 &#8211; bien que ce chiffre soit en cours de r&#233;&#233;valuation &#8211;, et les ressortissants dont la nationalit&#233; n'a pas encore &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e. Ces derniers constituent la majorit&#233; des habitants du Soudan du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56415 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH286/5803ddac6bd601a9-76fc18df-c8162.png?1781235392' width='500' height='286' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Selon les statistiques officielles du gouvernement, plus de 90 % de Sud-Soudanais ne figurent pas encore dans la base de donn&#233;es des ressortissants enregistr&#233;s, alors que le Bureau national des statistiques du Soudan du Sud pr&#233;voit que le pays atteindra cette ann&#233;e les 16,3 millions de citoyens, r&#233;sume Kumi Lobung, responsable adjoint de la protection au sein du bureau sud-soudanais du HCR. Nous nous concentrons principalement sur la pr&#233;vention, car si rien n'est fait des millions de personnes pourraient se retrouver apatrides. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s l'ind&#233;pendance, le Soudan d&#233;nationalise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce casse-t&#234;te administratif est le r&#233;sultat d'une s&#233;cession mal pr&#233;par&#233;e. Lors du r&#233;f&#233;rendum de janvier 2011, les Soudanais n&#233;s dans le sud du pays se prononcent &#224; 99 % en faveur de l'ind&#233;pendance. Six mois plus tard, la s&#233;paration des deux pays est act&#233;e. &#171; Au moment de la s&#233;cession, le Soudan et le Soudan du Sud ont chacun adopt&#233; de nouvelles lois sur la nationalit&#233;. Le gouvernement soudanais a retir&#233; la nationalit&#233; &#224; toute personne dont il estimait qu'elle avait acquis la nationalit&#233; sud-soudanaise. Malheureusement, les personnes d&#233;nationalis&#233;es par le Soudan sur cette base ont eu du mal &#224; faire valoir leur droit &#224; la nationalit&#233; sud-soudanaise, ce qui les a laiss&#233;es apatrides &#187;, d&#233;taille Tiana Xavier, charg&#233;e du plaidoyer au sein de l'Institute on Statelessness and Inclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ONG n&#233;erlandaise s'est associ&#233;e &#224; six autres organisations internationales via un communiqu&#233; publi&#233; le 18 f&#233;vrier intimant au gouvernement sud-soudanais de &#171; revenir sur sa d&#233;cision et de r&#233;tablir la nationalit&#233; de Mme Animu, conform&#233;ment aux obligations qui lui incombent en vertu du droit national, africain et international &#187;. La d&#233;claration commune rappelle qu'en ao&#251;t 2024 la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (un organe interne &#224; l'Union africaine) a conclu (2) que les autorit&#233;s nationales avaient arbitrairement priv&#233; Animu Athiei de sa nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le d&#233;lai initial de 180 jours accord&#233; pour se conformer &#224; cette d&#233;cision a expir&#233; il y a trois mois, or le gouvernement du Soudan du Sud n'a encore pris aucune mesure &#187;, d&#233;nonce Tiana Xavier. De retour dans le caf&#233; branch&#233; de Juba, Animu Athiei regrette l'inertie qui s'est ensuivie &#224; la fois du c&#244;t&#233; du gouvernement et de celui du HCR. Interrog&#233;e, l'instance onusienne n'a pas souhait&#233; commenter ce dossier. De son c&#244;t&#233;, l'&#201;tat est emp&#234;tr&#233; dans une triple crise, &#233;conomique, politique et s&#233;curitaire, notamment &#224; cause de la guerre qui &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Soudan-Le-mepris-du-droit-international-dans-un-silence-presque-total&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ravage le Soudan depuis trois ans&lt;/a&gt; et qui perturbe les exportations de p&#233;trole, dont le budget du Soudan du Sud d&#233;pend &#224; 90 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des exil&#233;s qui comptaient sur la nationalit&#233; sud-soudanaise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien arranger, le fragile accord de paix qui a fait taire les armes en 2018, apr&#232;s cinq ann&#233;es de guerre (3), est plus menac&#233; que jamais. Les combats ont en effet repris d&#233;but 2025 entre l'arm&#233;e fid&#232;le au pr&#233;sident Salva Kiir et les forces soutenant le premier vice-pr&#233;sident Riek Machar. Ce dernier a finalement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 26 mars de la m&#234;me ann&#233;e. Plus de 600 000 d&#233;plac&#233;s ont &#233;t&#233; jet&#233;s sur les routes, s'ajoutant aux 2 millions de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du territoire. Mais aussi aux plus de 2,3 millions de Sud-Soudanais r&#233;fugi&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Ces d&#233;placements &#224; r&#233;p&#233;tition compliquent la r&#233;gularisation des cas d'apatridie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Beaucoup de personnes d&#233;plac&#233;es par la guerre avant la s&#233;cession vivaient dans d'autres pays, notamment en Ouganda et au Kenya. Elles ont fini par acqu&#233;rir une nationalit&#233; de substitution, &#224; laquelle elles ont renonc&#233; au moment de l'ind&#233;pendance, dans l'espoir d'obtenir la nationalit&#233; sud-soudanaise &#187;, d&#233;taille Michael Gyan Nyarko, le directeur ex&#233;cutif adjoint de l'Institute for Human Rights and Development in Africa, une autre ONG signataire du communiqu&#233; du 18 f&#233;vrier. C'est le cas d'Animu Athiei : r&#233;fugi&#233;e en Ouganda, elle abandonne ses papiers d'identit&#233; ougandais apr&#232;s la s&#233;cession et rejoint Juba, o&#249; elle obtient sa nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout pr&#233;tendant &#224; la nationalit&#233; sud-soudanaise, elle a d&#251; prouver qu'elle descendait d'au moins un parent n&#233; sur le territoire fra&#238;chement ind&#233;pendant. &#171; Mon p&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233; avant l'ind&#233;pendance, mais j'ai pu prouver qu'il &#233;tait d'origine sud-soudanaise. Ma m&#232;re vit en Tanzanie mais elle est en possession de documents attestant qu'elle est &#233;galement d'origine sud-soudanaise. Mon oncle, avec qui je vis &#224; Juba, &#233;tait t&#233;moin lorsque j'ai finalement obtenu ma nationalit&#233;, en 2014, &#224; l'issue d'un processus d&#233;j&#224; anormalement long &#187;, raconte celle qui est amen&#233;e &#224; beaucoup voyager en raison de ses engagements politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#171; m&#233;fiance envers les groupes minoritaires &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, elle renouvelle son passeport, l'ancien ayant &#233;t&#233; rapidement rempli par les visas de ses voyages. Mais sur les r&#233;seaux sociaux, des posts mettent en doute sa nationalit&#233;. &#171; Ce type d'accusations revient &#224; chaque fois que je me vois attribuer une fonction &#224; hautes responsabilit&#233;s &#187;, constate la militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2018, Animu Athiei travaille depuis deux ans en tant que consultante au sein du bureau du premier vice-pr&#233;sident de l'&#233;poque, Taban Deng, lorsqu'elle est de nouveau l'objet d'accusations d'usurpation de nationalit&#233;. Son passeport lui est alors confisqu&#233;. Trois ans plus tard, elle est toutefois nomm&#233;e d&#233;put&#233;e par d&#233;cret pr&#233;sidentiel, comme il est d'usage dans la plus jeune nation du monde en attendant le tout premier scrutin (4), pr&#233;vu en d&#233;cembre. &#171; Dix jours plus tard, j'ai &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233;e &#187;, d&#233;plore la politicienne au destin sans cesse contrari&#233;. Les bruits qui courent sur la Toile finissent par convaincre les services d'immigration. Ces derniers entreprennent de la renvoyer en Ouganda. &#171; Les autorit&#233;s ougandaises ont refus&#233; de m'accepter sur leur territoire car je ne dispose plus de titre de s&#233;jour ougandais&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ce calvaire, Michael Gyan Nyarko, de l'Institute for Human Rights and Development in Africa, d&#233;c&#232;le &#171; un certain degr&#233; de m&#233;fiance envers les groupes minoritaires ou les personnes qui ont &#233;t&#233; l&#233;galement li&#233;es &#224; un autre &#201;tat. Le gouvernement tente de les tenir &#224; l'&#233;cart car il doute de leur loyaut&#233;. &#187; Concernant Animu, Michael Gyan Nyarko estime que &#171; les citoyens se sont sentis trahis quand elle a &#233;t&#233; nomm&#233;e au Parlement puisqu'ils pensent qu'elle est de nationalit&#233; ougandaise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est une souffrance invisible &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans documents d'identit&#233;, les portes se ferment automatiquement pour b&#233;n&#233;ficier des services les plus basiques, comme obtenir un acte de naissance, inscrire son enfant &#224; l'&#233;cole, obtenir un contrat de travail ou m&#234;me se faire soigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est assez triste, car c'est une souffrance invisible. J'ai l'air normale jusqu'&#224; ce que j'ai envie de faire quelque chose de concret &#187;, synth&#233;tise l'ancienne d&#233;put&#233;e. Avant d'ajouter : &#171; J'ai eu la chance que mon dossier aboutisse &#224; l'Union africaine gr&#226;ce &#224; mon r&#233;seau professionnel. Beaucoup se sont retrouv&#233;s exclus des processus politiques comme les &#233;lections ou de certains espaces publics. &#187; Cette situation compromet la tenue du scrutin de d&#233;cembre, pourtant confirm&#233; par le gouvernement pas plus tard que le 21 avril, en d&#233;pit de l'absence de recensement &#224; jour de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace civique est en outre plus brid&#233; que jamais. Les opposants politiques s'exilent massivement dans les pays voisins depuis l'arrestation de Riek Machar. Et Tiana Xavier de conclure : &#171; Cette instrumentalisation de la nationalit&#233; est devenue l'un des moyens les plus efficaces dont disposent les &#201;tats pour cibler les minorit&#233;s ind&#233;sirables, les dissidents politiques et d'autres groupes. &#187; Animu attend une nouvelle session de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, pr&#233;vue du 11 au 20 mai, qui pourrait, ose-t-elle croire, contraindre le gouvernement sud-soudanais &#224; lui rendre son passeport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Voir le &lt;a href=&#034;https://animuathiei.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site la fondation ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Voir African Commission on Human and Peoples' Rights, &#171; Communication 801/22 - Afekuru Animu Rasasi Amiati (Represented by Institute for Human Rights and Development in Africa) v. South Sudan (merits) &#187;, publi&#233;e sur le site internet le 18 novembre 2025, &lt;a href=&#034;https://achpr.au.int/en/decisions-communications/communication-80122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Une guerre civile a &#233;clat&#233; en 2013, deux ans apr&#232;s l'ind&#233;pendance. Elle a oppos&#233; le pr&#233;sident Salva Kiir, issu du peuple dinka, et le vice-pr&#233;sident Riek Machar, repr&#233;sentant des Nuers. Le bilan d&#233;passe les 400 000 morts. En 2018, les deux bellig&#233;rants ont sign&#233; l'&#171; Accord revitalis&#233; sur la r&#233;solution du conflit au Soudan du Sud &#187;, dont la mise en &#339;uvre est sans cesse repouss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Il s'agit d'&#233;lections &#224; sept niveaux : pr&#233;sidentielle, l&#233;gislatives, des gouverneurs des &#201;tats, des Parlements des &#201;tats, des commissaires &#224; la t&#234;te des comt&#233;s, des conseils des comt&#233;s et des conseils municipaux. Leur tenue reste n&#233;anmoins tr&#232;s compromise, comme l'a rappel&#233; le repr&#233;sentant des &#201;tats-Unis aupr&#232;s de l'ONU, Mike Waltz, le 30 avril.&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les efforts les plus efficaces pour r&#233;duire la violence au Soudan aujourd'hui ne sont pas men&#233;s par des diplomates</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-efforts-les-plus-efficaces-pour-reduire-la-violence-au-Soudan-aujourd-hui</link>
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		<dc:date>2026-05-12T06:27:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Haoliang Xu</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-05-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s le d&#233;but d'une guerre d&#233;vastatrice, le Soudan demeure une priorit&#233; diplomatique. Les initiatives de m&#233;diation se sont multipli&#233;es, mais une v&#233;ritable avanc&#233;e politique reste hors de port&#233;e et la frustration grandit. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique en lutte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sombre tableau pr&#233;suppose que la paix ne viendra qu'apr&#232;s la n&#233;gociation d'un cessez-le-feu national entre les principaux acteurs arm&#233;s. Or, cette hypoth&#232;se occulte la r&#233;alit&#233; du terrain. Au Soudan aujourd'hui, on observe certes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/capture_d_e_cran_le_2026-05-11_a_10.56_29-095a3.png?1781048936' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s le d&#233;but d'une guerre d&#233;vastatrice, le Soudan demeure une priorit&#233; diplomatique. Les initiatives de m&#233;diation se sont multipli&#233;es, mais une v&#233;ritable avanc&#233;e politique reste hors de port&#233;e et la frustration grandit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-est/soudan/article/les-efforts-les-plus-efficaces-pour-reduire-la-violence-au-soudan-aujourd-hui&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique en lutte&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sombre tableau pr&#233;suppose que la paix ne viendra qu'apr&#232;s la n&#233;gociation d'un cessez-le-feu national entre les principaux acteurs arm&#233;s. Or, cette hypoth&#232;se occulte la r&#233;alit&#233; du terrain. Au Soudan aujourd'hui, on observe certes une baisse tangible de la violence, mais elle est le fruit d'initiatives locales et non de n&#233;gociations formelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les premiers mois de la guerre, alors que les efforts internationaux se concentraient sur la n&#233;gociation d'une tr&#234;ve humanitaire, les communaut&#233;s locales n&#233;gociaient discr&#232;tement leurs propres accords. Chefs tribaux, personnalit&#233;s religieuses, r&#233;seaux de jeunes et membres de la communaut&#233; se sont mobilis&#233;s pour la m&#233;diation, souvent au p&#233;ril de leur vie. Ils ont facilit&#233; des cessez-le-feu locaux, des pactes de non-agression, l'acc&#232;s humanitaire et des voies d'&#233;vacuation pour les civils.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ces efforts ont rarement fait la une des journaux. Pourtant, ils ont sauv&#233; des vies. Et ils se poursuivent aujourd'hui.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ils interviennent dans un contexte profond&#233;ment fractur&#233;. Des ann&#233;es de guerre ont exacerb&#233; les divisions, &#233;rod&#233; la confiance et aliment&#233; les ressentiments. Un accord national peut certes mettre fin aux combats de grande ampleur, mais il ne saurait, &#224; lui seul, panser les plaies de la soci&#233;t&#233;. M&#234;me si un accord de paix &#233;tait sign&#233; demain, le Soudan serait encore loin d'une paix v&#233;ritable. C'est pourquoi la consolidation de la paix au niveau local devient indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sauver des vies au Darfour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des localit&#233;s comme Zalingei, dans l'&#201;tat du Darfour central, nous avons constat&#233; ce qui est possible. Lorsque la guerre a &#233;clat&#233; ici en 2023, des jeunes form&#233;s &#224; la consolidation de la paix se sont mobilis&#233;s et ont collabor&#233; avec les anciens et d'autres personnalit&#233;s respect&#233;es de la communaut&#233; pour apporter une r&#233;ponse. Ils ont relog&#233; les civils des quartiers situ&#233;s en premi&#232;re ligne, prot&#233;g&#233; les h&#244;pitaux et diffus&#233; des informations pratiques sur la s&#233;curit&#233; aupr&#232;s des populations sous le feu ennemi. Ils ont &#233;galement agi par l'interm&#233;diaire de personnes respect&#233;es au niveau local pour dialoguer avec les groupes arm&#233;s, contribuant ainsi &#224; un cessez-le-feu local qui a tenu plusieurs semaines, sauvant de nombreuses vies au milieu de violents combats de rue et permettant l'acheminement de l'aide humanitaire et des services essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Darfour, des dynamiques similaires se mettent en place avec des comit&#233;s de paix locaux et des structures de m&#233;diation, o&#249; des acteurs communautaires tels que les chefs tribaux et les groupes de jeunes sont &#224; l'origine du changement. Dans un contexte de tensions communautaires exacerb&#233;es, ces comit&#233;s &#339;uvrent sans rel&#226;che pour apaiser les conflits, n&#233;gocier un acc&#232;s partag&#233; aux ressources et maintenir un minimum de coexistence entre les communaut&#233;s, souvent sans reconnaissance internationale et au prix de risques personnels consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que s&#233;par&#233;s par les lignes de front, les affiliations politiques ou les zones de contr&#244;le, ils &#233;changent des informations et interagissent entre eux dans un contexte o&#249; la plupart des autres formes de connexion se sont rompues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins visible, mais tout aussi importante, est la r&#233;silience de l'infrastructure de consolidation de la paix que repr&#233;sentent ces acteurs. Bien que s&#233;par&#233;s par des lignes de front, des affiliations politiques ou des zones de contr&#244;le, ils &#233;changent des informations et dialoguent dans un contexte o&#249; la plupart des autres formes de connexion se sont rompues. Cette identit&#233; partag&#233;e d'artisans de la paix sert de pont pour maintenir des relations essentielles &#224; la consolidation de tout futur processus de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; &#224; quoi ressemble le progr&#232;s dans la guerre au Soudan : non pas des perc&#233;es spectaculaires dans des capitales lointaines, mais des avanc&#233;es progressives dans de petits villages : une route qui reste praticable, une clinique aux portes ouvertes, une conversation qui ne d&#233;g&#233;n&#232;re pas en violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des ressources suppl&#233;mentaires sont n&#233;cessaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, ces efforts incroyables restent sous-estim&#233;s et sous-financ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a aucun sens. Investir dans la consolidation de la paix ancr&#233;e dans le contexte local est relativement peu co&#251;teux et a fait ses preuves. Cette approche s'appuie sur les capacit&#233;s existantes plut&#244;t que de r&#233;inventer la roue. Elle renforce la m&#233;diation de haut niveau car les initiatives locales permettent de reconnecter les processus politiques aux r&#233;alit&#233;s qu'ils visent &#224; r&#233;soudre. Elle garantit &#233;galement que les accords politiques ne soient pas &#233;labor&#233;s en vase clos, mais qu'ils soient enracin&#233;s dans la r&#233;alit&#233; du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les efforts internationaux restent pertinents face aux crises actuelles, ils doivent reconna&#238;tre le r&#244;le essentiel du peuple soudanais dans la construction de sa propre paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de trois ans de guerre au Soudan, il est temps de repenser notre approche de la paix en &#233;largissant notre perspective diplomatique. La paix ne viendra pas uniquement d'une diplomatie impos&#233;e d'en haut. Elle doit aussi se construire &#224; la base, par ceux qui, m&#234;me en temps de guerre, continuent de privil&#233;gier le dialogue &#224; la division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les efforts internationaux restent pertinents face aux crises actuelles, ils doivent reconna&#238;tre le r&#244;le essentiel du peuple soudanais dans la construction de sa propre paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Soudan comme ailleurs, les fondements de la paix existent. Ils ne surgissent pas de l'ext&#233;rieur, mais peuvent &#234;tre consolid&#233;s par les efforts internationaux. Il est temps d'adapter notre soutien &#224; cette r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Haoliang Xu, Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint des Nations Unies et administrateur associ&#233; du Programme des Nations Unies pour le d&#233;veloppement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.thenewhumanitarian.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.thenewhumanitarian.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction automatique de l'anglais&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les monts Nouba rattrap&#233;s par les combats</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-monts-Nouba-rattrapes-par-les-combats</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-monts-Nouba-rattrapes-par-les-combats</guid>
		<dc:date>2026-05-05T06:40:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Buster Emil Kirchner, Marco Simoncelli</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-05-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec l'intensification de l'utilisation des drones, la guerre civile gagne des r&#233;gions jusque-l&#224; &#233;pargn&#233;es par leur isolement. Dans le Kordofan du Sud, civils, paramilitaires et membres d'un mouvement d'ind&#233;pendance se croisent &#224; la ville comme &#224; l'h&#244;pital. Ce reportage a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; entre le 14 et le 18 mars (photos de Marco Simoncelli). &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lire la premi&#232;re partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lire la deuxi&#232;me partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'atmosph&#232;re est pesante dans les salles aux toits de t&#244;le du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-05-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-05-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/capture_d_e_cran_le_2026-05-04_a_10.06_31-cf2b5.png?1781077362' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec l'intensification de l'utilisation des drones, la guerre civile gagne des r&#233;gions jusque-l&#224; &#233;pargn&#233;es par leur isolement. Dans le Kordofan du Sud, civils, paramilitaires et membres d'un mouvement d'ind&#233;pendance se croisent &#224; la ville comme &#224; l'h&#244;pital. Ce reportage a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; entre le 14 et le 18 mars (photos de Marco Simoncelli).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Les-monts-Nouba-rattrapes-par-les-combats&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Le-mepris-du-droit-international-dans-un-silence-presque-total?var_mode=calcul&#034;&gt;premi&#232;re partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/A-Khartoum-le-systeme-de-sante-est-a-terre?var_mode=calcul&#034;&gt;deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atmosph&#232;re est pesante dans les salles aux toits de t&#244;le du Mother of Mercy Hospital. Dans la p&#233;nombre, des dizaines de patients malades et bless&#233;s s'entassent sur des lits m&#233;talliques, parfois &#224; m&#234;me le sol faute de place. &#192; Gidel, au c&#339;ur des monts Nouba, dans l'&#201;tat du Kordofan du Sud, cet h&#244;pital catholique, fond&#233; en 2008, est devenu un lieu de survie dans une r&#233;gion marginalis&#233;e, enclav&#233;e et marqu&#233;e par des d&#233;cennies de conflit. Ici, il n'existe ni routes asphalt&#233;es ni r&#233;seau &#233;lectrique public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube, le docteur Tom Catena, m&#233;decin &#233;tats-unien install&#233; dans la r&#233;gion depuis plus de quinze ans, entame sa tourn&#233;e quotidienne. Lampe frontale fix&#233;e sur le cr&#226;ne, il passe d'un patient &#224; l'autre, suivi d'une poign&#233;e d'infirmiers et de m&#233;decins. Il examine les plaies, ajuste un pansement, donne une instruction, puis encha&#238;ne sans s'arr&#234;ter. Apr&#232;s cette premi&#232;re visite, il rejoint le bloc op&#233;ratoire, o&#249; il reste jusque tard dans la soir&#233;e. Dans cet h&#244;pital isol&#233;, il r&#233;alise en moyenne une trentaine d'interventions chirurgicales par jour, de toutes sortes, mais, depuis la reprise de la guerre civile le 15 avril 2023, il traite toujours plus de blessures caus&#233;es par des tirs et par des frappes de drones.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH183/501abb56cb2776d5-8097cd67-fa82b.png?1781077363' width='500' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; La triste r&#233;alit&#233;, c'est que nous voyons surtout des blessures aux bras et aux jambes. Quand les gens sont touch&#233;s au torse ou &#224; l'abdomen, ils n'arrivent g&#233;n&#233;ralement pas jusqu'ici &#187;, explique Tom Catena, d'une voix calme et concentr&#233;e, sans interrompre son geste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle ligne de front&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas vraiment de r&#233;seau d'ambulances, pr&#233;cise-t-il. Quelques v&#233;hicules stationn&#233;s dans des cliniques permettent des transferts, mais il n'y a aucun service d'urgence &#224; appeler. Dans cette r&#233;gion sans r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique, &#171; on ne peut tout simplement pas prendre un t&#233;l&#233;phone et appeler quelqu'un &#187;. Les rares connexions avec Starlink ont &#233;t&#233; coup&#233;es avec l'intensification des combats, &#171; les autorit&#233;s craignent que des informations ne soient transmises &#224; l'ennemi &#187;, explique le docteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des bless&#233;s arrivent apr&#232;s des heures, parfois des jours de trajet, &#224; pied ou entass&#233;s &#224; l'arri&#232;re de v&#233;hicules sur des pistes impraticables. Beaucoup meurent en chemin. Dans cet h&#244;pital o&#249; l'on ne vient qu'en dernier recours, la guerre s'imprime d&#233;sormais dans les corps.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56172 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH363/4f532f88ece22d55-4d60aea7-f26db.png?1781077363' width='500' height='363' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois ans, le Soudan est &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Soudan-Trois-ans-de-guerre-dans-le-mepris-total-du-droit-international&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plong&#233; dans une guerre&lt;/a&gt; opposant les Forces arm&#233;es soudanaises (FAS), dirig&#233;es par le g&#233;n&#233;ral Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapides (FSR), du g&#233;n&#233;ral Mohamed Hamdan Dagalo, &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/frankenstein-a-khartoum,3133&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dit &#171; Hemetti &#187;&lt;/a&gt;. Le conflit a rapidement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en l'une des crises humanitaires les plus graves au monde : plus de 12 millions de personnes ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es &#8211; environ 9,5 millions &#224; l'int&#233;rieur du pays et plus de 3 millions qui ont fui vers les pays voisins &#8211; faisant de cette guerre la plus grande crise de d&#233;placement. Le nombre de morts est estim&#233; &#224; plus de 150 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Kordofan du Sud est devenu l'un des principaux foyers de cette guerre. Les villes de Kadugli et Dilling, tenues par les FAS, restent sous pression constante, isol&#233;es par les combats et les restrictions d'acc&#232;s. Depuis fin 2025, la r&#233;gion s'est impos&#233;e comme une nouvelle ligne de front, marqu&#233;e par des affrontements r&#233;p&#233;t&#233;s, des bombardements et l'usage croissant de drones. Autour de ces centres urbains, les FSR contr&#244;lent une grande partie des zones rurales et des axes strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ma famille &#233;tait heureuse que je survive &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette r&#233;gion, elles se sont alli&#233;es au SPLM-N, un mouvement politico-militaire fond&#233; en 2011 apr&#232;s l'exclusion des monts Nouba des accords ayant conduit &#224; l'ind&#233;pendance du Soudan du Sud et qui, depuis, revendique une forme d'autonomie pour les populations locales. Le mouvement s'est scind&#233; en 2017 en deux factions rivales. Celle dirig&#233;e par Abdelaziz al-Hilu, qui contr&#244;le les monts Nouba, administre aujourd'hui un quasi-&#201;tat et combat les FAS, tandis que la faction men&#233;e par Malik Agar s'est progressivement rapproch&#233;e du pouvoir central &#224; Khartoum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette guerre o&#249; l'usage des drones s'est impos&#233; comme une arme centrale, les bless&#233;s portent souvent les traces de frappes a&#233;riennes cibl&#233;es. Ces derni&#232;res semaines, les infrastructures m&#233;dicales ont particuli&#232;rement &#233;t&#233; vis&#233;es dans une spirale de repr&#233;sailles entre les deux camps. Le 20 mars, une frappe de drone attribu&#233;e aux FAS a touch&#233; le Ed Daein Teaching Hospital, dans le Darfour oriental, faisant des dizaines de morts et mettant l'&#233;tablissement hors service. Moins de deux semaines plus tard, le 2 avril, une attaque de drone attribu&#233;e aux FSR a frapp&#233; l'h&#244;pital d'Al-Jabelen, dans l'&#201;tat du Nil-Blanc, tuant au moins dix personnes et en blessant plus d'une vingtaine, dans ce qui appara&#238;t comme une riposte directe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2026-05-04_a_10.09_02.png?56171/a25cf3bc1177d465c8beff1b0f7857fe1dc62552b87e6a8884b511a2a846ea53&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH185/a25cf3bc1177d465-0f6bbdbf-46f46.png?1781077364' width='500' height='185' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le drone a frapp&#233; une premi&#232;re fois, puis il est revenu, frappant ceux qui &#233;taient d&#233;j&#224; bless&#233;s &#187;, t&#233;moigne Hassan Koko. Assis avec ses b&#233;quilles pos&#233;es &#224; ses c&#244;t&#233;s, cet agent de sant&#233; communautaire observe les collines qui entourent son village dans les montagnes, non loin de Gidel. Derri&#232;re lui, un ensemble de tukul traditionnels nuba est adoss&#233; aux rochers, en hauteur sur les collines, une configuration pens&#233;e pour se dissimuler et se prot&#233;ger des bombardements. En novembre 2025, Hassan Koko a &#233;t&#233; bless&#233; lors d'une attaque de drone pr&#232;s d'un march&#233; &#224; Kauda. Aujourd'hui encore, des &#233;clats de m&#233;tal restent log&#233;s dans sa jambe. &#171; Ma famille &#233;tait heureuse que je survive. Ils pensaient que j'allais mourir. Mais la vie n'est plus la m&#234;me : je ne peux plus me d&#233;placer seul sur ces montagnes escarp&#233;es &#187;, confie-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une extension de la guerre a&#233;rienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les frappes dans les monts Nouba sont rest&#233;es sporadiques. Mais &#224; mesure que le front se rapproche, la crainte d'une intensification grandit. Selon Jalale Getachew Birru, analyste senior pour l'Afrique de l'Est au sein d'Armed Conflict Location &amp; Event Data (Acled), ces attaques s'inscrivent dans une strat&#233;gie plus large visant des lieux civils essentiels : &#171; Les frappes contre les h&#244;pitaux et les infrastructures publiques visent &#224; cr&#233;er un climat d'ins&#233;curit&#233;, et parfois &#224; infliger un second niveau de dommages lorsque les bless&#233;s arrivent pour &#234;tre soign&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s une analyse des donn&#233;es d'Acled, plus de 1 000 frappes de drones ont &#233;t&#233; recens&#233;es au Soudan depuis avril 2023, dont au moins 65 dans le seul Kordofan du Sud &#8211; signe d'une extension progressive de cette guerre a&#233;rienne vers des r&#233;gions jusque-l&#224; relativement &#233;pargn&#233;es de par leur isolement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2026-05-04_a_10.09_45.png?56170/4b3abd84594ea028f1e86ba25260960e82296e5076561e052250b0439db390dd&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH368/4b3abd84594ea028-a9b3b677-bce59.png?1781077364' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les monts Nouba, la guerre ne se lit pas seulement dans les corps des bless&#233;s, mais aussi dans les mouvements de population qu'elle provoque. Partout, des familles enti&#232;res venues d'autres r&#233;gions du pays s'installent dans ces montagnes, esp&#233;rant y trouver un semblant de s&#233;curit&#233;. &#192; Kauda, si&#232;ge du SPLM-N, qui gouverne le Nouba, le repr&#233;sentant Jalal Abdulkarim, responsable de l'aile humanitaire du mouvement, &#233;voque une pression sans pr&#233;c&#233;dent. Sans v&#233;ritable budget, la plupart des &#233;quipes (y compris lui-m&#234;me) travaillent b&#233;n&#233;volement. Il montre un chiffre griffonn&#233; sur un morceau de papier : &#171; 2 885 393 &#187;, soit le nombre de personnes arriv&#233;es dans les zones contr&#244;l&#233;es par le mouvement depuis le d&#233;but de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Chaque nuit, c'&#233;tait rat-tat-tat-tat &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis toujours, l'aide dans les monts Nouba d&#233;pend largement des ONG et des agences internationales, elles-m&#234;mes confront&#233;es &#224; une baisse drastique des financements. &#171; Si une organisation donnait auparavant 1 ou 2 millions de dollars, elle donne aujourd'hui seulement 500 000 ou 200 000 dollars. Le budget est l'un des plus grands d&#233;fis auxquels nous faisons face &#187;, explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'Organisation internationale pour les migrations, plus de 1 million de d&#233;plac&#233;s se trouvent dans le Kordofan. Mais l'acc&#232;s limit&#233;, l'absence de pr&#233;sence onusienne dans certaines zones comme Kadugli et la r&#233;duction des activit&#233;s de nombreuses ONG rendent ces estimations incertaines, tandis qu'une grande partie des besoins humanitaires n'est pas couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, au c&#339;ur des reliefs accident&#233;s des monts Nouba, s'&#233;tend le camp de r&#233;ception d'Umm Dulo. Sur cette &#233;tendue de terre s&#232;che, des milliers de d&#233;plac&#233;s ont install&#233; des abris de fortune faits de branches et de b&#226;ches en plastique, souvent &#224; l'ombre d'acacias. Avec l'arriv&#233;e de la saison des pluies, le camp risque de se transformer en une &#233;tendue de boue o&#249; les eaux de ruissellement se m&#234;lent aux d&#233;chets et aux excr&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2026-05-04_a_10.10_15.png?56168/7651aa9d5b21a4a460cf840cb852689cf41ef68f1c15575f25738980d4cf4644&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH367/7651aa9d5b21a4a4-405eeb42-4da55.png?1781077364' width='500' height='367' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la zone 12, &#224; l'extr&#233;mit&#233; du camp qui accueille plus de 34 000 personnes, les nouveaux arrivants s'entassent. Fatma Eisa Kuku, 76 ans, a fui Kadugli, la capitale du Kordofan du Sud. Assise &#224; l'int&#233;rieur de son abri de fortune, fait de branches et de b&#226;ches en plastique, elle se tient l&#233;g&#232;rement courb&#233;e, le regard fatigu&#233;. Elle dit manquer d'&#233;nergie pour se d&#233;placer et pr&#233;f&#232;re rester &#224; l'ombre, &#224; l'&#233;cart de l'agitation du camp. &#171; Je ne pouvais pas dormir. Chaque nuit, c'&#233;tait rat-tat-tat-tat &#187;, dit-elle en imitant le bruit des tirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On vit avec eux, mais on ne leur fait pas confiance &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, elle dit avoir retrouv&#233; un sommeil plus calme. Mais elle n'oublie pas les violences subies. Certains membres de sa famille ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s lors de rafles men&#233;es par les forces de s&#233;curit&#233;, accus&#233;es de collaborer avec l'ennemi, en l'occurrence les FSR. &#171; Ils sont venus entre l'aube et le cr&#233;puscule, et je n'ai jamais revu mes &#8220;fr&#232;res&#8221;. Je ne sais pas qui ils &#233;taient. Si vous posez des questions, on vous r&#233;pond avec hostilit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin du camp, le long d'une des principales pistes qui traversent les monts Nouba, un march&#233; s'anime chaque jour au c&#339;ur d'un petit centre habit&#233; &#8211; une sc&#232;ne que l'on retrouve dans la plupart des localit&#233;s de la r&#233;gion. Les combattants des FSR y circulent librement, &#224; bord de pick-up arm&#233;s ou &#224; pied. Ils s'arr&#234;tent dans les &#233;choppes, mangent dans les petites gargotes et vendent des biens pill&#233;s dans d'autres r&#233;gions du Soudan : voitures, lits, carburant, engrais ou appareils &#233;lectroniques. &#192; premi&#232;re vue, leur pr&#233;sence semble int&#233;gr&#233;e au quotidien local. Mais derri&#232;re cette apparente normalit&#233;, la m&#233;fiance est palpable. &#171; On vit avec eux, mais on ne leur fait pas confiance &#187;, confie un pr&#234;tre de la r&#233;gion qui pr&#233;f&#232;re garder l'anonymat. Ici comme ailleurs dans les monts Nouba, chacun sait que la pr&#233;sence des combattants peut transformer des lieux civils en cibles potentielles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2026-05-04_a_10.10_38.png?56167/0db92577bfbb0d803d85f1f103180d8993186217ac6e6e839019b4a754190e87&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH191/0db92577bfbb0d80-161a3cca-053a8.png?1781077364' width='500' height='191' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sence d&#233;sormais visible et assum&#233;e des FSR dans les centres habit&#233;s est r&#233;cente et d&#233;coule d'une alliance aussi strat&#233;gique que controvers&#233;e avec le SPLM-N. Scell&#233;e en f&#233;vrier 2025 dans le cadre de la &#171; Tasis Alliance &#187;, cette entente marque un tournant majeur dans la r&#233;gion. Elle r&#233;unit deux forces longtemps ennemies : d'un c&#244;t&#233;, les FSR, accus&#233;es de graves crimes de guerre dans le cadre du conflit actuel &#8211; &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Soudan-A-El-Fasher-nous-vivons-dans-l-odeur-du-sang-et-de-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notamment &#224; El-Fasher&lt;/a&gt;, au Darfour &#8211; et consid&#233;r&#233;es comme une &#233;manation directe des milices Janjawids, responsables par le pass&#233; de violences massives, y compris dans les monts Nouba ; de l'autre, le SPLM-N, qui exerce ici un r&#244;le de gouvernement de facto. Selon Jalale Getachew Birru, peu d'&#233;l&#233;ments filtrent sur les termes militaires pr&#233;cis de cet accord. Mais plusieurs rapports cr&#233;dibles indiquent que les FSR ont &#233;tabli des camps d'entra&#238;nement dans des zones contr&#244;l&#233;es par le SPLM-N.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nous voulons notre propre autonomie &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les FSR, l'enjeu est multiple : &#233;tendre leur influence dans des territoires o&#249; elles ne disposent pas d'ancrage local en s'appuyant sur les r&#233;seaux et la connaissance du terrain du SPLM-N, mais aussi s&#233;curiser des ressources strat&#233;giques. La r&#233;gion est en effet riche en or, un &#233;l&#233;ment cl&#233; dans l'&#233;conomie de guerre soudanaise, dont l'exploitation et l'exportation &#8211; notamment vers des alli&#233;s comme les &#201;mirats arabes unis &#8211; constituent une source majeure de financement pour les FSR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du SPLM-N, le choix appara&#238;t plus ambivalent. Rest&#233; longtemps en retrait apr&#232;s le d&#233;clenchement du conflit en 2023, le mouvement dirig&#233; par Abdelaziz al-Hilu a fini par s'engager dans une logique pragmatique : &#233;viter un affrontement direct avec les FSR et s'allier avec &#171; l'ennemi de son ennemi &#187; pour contenir les FAS. Sur le plan politique, cette convergence s'inscrit aussi dans une vision partag&#233;e d'un Soudan profond&#233;ment d&#233;centralis&#233; et f&#233;d&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2026-05-04_a_10.11_09.png?56166/a5cd7d9d121e1cdb7f7c5bcc88e158529cd6b887d1834becd2637ef9a2eba2bf&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH365/a5cd7d9d121e1cdb-90333d4e-ad6c9.png?1781077365' width='500' height='365' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais cette alliance reste fragile. &#171; Ce n'est pas une relation stable &#187;, souligne Jalale Getachew Birru, qui &#233;voque des affrontements d&#233;j&#224; document&#233;s entre les deux forces ainsi que des tensions internes au sein m&#234;me des FSR. Lors de la reprise de certaines positions par les FAS, les deux alli&#233;s se sont mutuellement accus&#233;s de la d&#233;faite, laissant entrevoir la possibilit&#233; d'une rupture. &#171; Il y a eu des affrontements que nous avons suivis de pr&#232;s pour comprendre s'ils annon&#231;aient ou non une rupture de l'alliance &#187;, pr&#233;cise-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question de savoir quel est l'objectif de ce conflit et de cette alliance, Jalal Abdulkarim, repr&#233;sentant du SPLM-N, r&#233;pond sans d&#233;tour : &#171; Nous voulons notre propre syst&#232;me, notre propre autonomie et, si possible, notre propre pays &#187;, &#233;voquant un projet politique qui d&#233;passe largement les enjeux actuels du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2026-05-04_a_10.11_30.png?56165/8d095190896d3261c5e9f41bdad63d83021218b339ede4e2c217ea0b7b143401&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH193/8d095190896d3261-87b2c994-df9a9.png?1781077365' width='500' height='193' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce choix du SPLM-N s'inscrit dans une histoire longue de marginalisation et de conflits. &#201;cart&#233;s des centres de pouvoir depuis l'&#233;poque coloniale, les monts Nouba ont &#233;t&#233; durablement isol&#233;s sur les plans politique, &#233;conomique et militaire. Depuis l'ind&#233;pendance du Soudan, en 1956, la r&#233;gion a encha&#238;n&#233; les guerres &#8211; notamment apr&#232;s 2011, lorsque les monts Nouba sont rest&#233;s du c&#244;t&#233; Nord malgr&#233; leur proximit&#233; avec le Soudan du Sud &#8211; subissant bombardements, d&#233;placements forc&#233;s et destruction des infrastructures. Dans ce contexte, l'alliance conclue en 2025 avec les FSR appara&#238;t aussi comme un compromis. Apr&#232;s des d&#233;cennies de lutte et face &#224; l'intensification du conflit actuel, une partie des acteurs locaux semble pr&#234;te &#224; composer y compris avec d'anciens ennemis, dans l'espoir d'obtenir des avanc&#233;es politiques, de s&#233;curiser le territoire et de pr&#233;server une forme d'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur du Mother of Mercy Hospital, o&#249; les soins sont dispens&#233;s &#224; tous, civils et combattants sont m&#234;l&#233;s sur les m&#234;mes lits et &#171; aucun incident n'a &#233;t&#233; signal&#233; entre eux et la population civile &#187;, selon le docteur Tom Catena. Parmi eux, des jeunes soldats des FSR occupent aussi ces lits, soign&#233;s comme les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de Hassan Hamid, originaire du Darfour et bless&#233; lors des combats pr&#232;s de Dilling, d'autres combattants se reposent, allong&#233;s, encore marqu&#233;s par les op&#233;rations, fumant des cigarettes et &#233;changeant quelques plaisanteries pour masquer la douleur post-op&#233;ratoire de leurs blessures. Malgr&#233; les accusations de crimes de guerre visant les FSR, le jeune homme d&#233;fend son engagement : &#171; Nous nous battons parce que le gouvernement (de Khartoum) ne fait pas assez. Il n'y a pas assez d'h&#244;pitaux, d'infrastructures et d'&#233;coles. Nous voulons un changement. &#187; Pour l'instant, dans les monts Nouba, il dit avoir trouv&#233; un refuge inattendu : &#171; Je veux rester ici. Je veux vivre dans les monts Nouba pour toujours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56163 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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		<title>&#192; Khartoum, le syst&#232;me de sant&#233; est &#224; terre</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-Khartoum-le-systeme-de-sante-est-a-terre</link>
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		<dc:date>2026-04-28T06:31:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Shamael Elnoor</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum estime les pertes de son secteur sanitaire public et priv&#233; &#224; 12 milliards de dollars. Il souligne que 75 % des h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; endommag&#233;s. &#192; l'&#233;chelle nationale, un tiers des &#233;tablissements ont &#233;t&#233; touch&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. Ce reportage a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; dans le cadre des activit&#233;s du r&#233;seau M&#233;dias ind&#233;pendants sur le monde arabe et publi&#233; sur Assafir Al-Arabi le 4 d&#233;cembre 2025. Cette coop&#233;ration r&#233;gionale rassemble &#233;galement Maghreb (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/capture_d_e_cran_le_2026-04-27_a_07.23_12-f1fa1.png?1781048932' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum estime les pertes de son secteur sanitaire public et priv&#233; &#224; 12 milliards de dollars. Il souligne que 75 % des h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; endommag&#233;s. &#192; l'&#233;chelle nationale, un tiers des &#233;tablissements ont &#233;t&#233; touch&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/A-Khartoum-le-systeme-de-sante-est-a-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;. Ce reportage a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; dans le cadre des activit&#233;s du r&#233;seau M&#233;dias ind&#233;pendants sur le monde arabe et publi&#233; sur Assafir Al-Arabi le 4 d&#233;cembre 2025. Cette coop&#233;ration r&#233;gionale rassemble &#233;galement Maghreb Emergent, Mada Masr, Babelmed, Mashallah News, Nawaat, 7iber et Orient XXI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Le-mepris-du-droit-international-dans-un-silence-presque-total?var_mode=calcul&#034;&gt;premi&#232;re partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Les-monts-Nouba-rattrapes-par-les-combats?var_mode=calcul&#034;&gt;troisi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ikhlas, &#226;g&#233;e de 45 ans, ne s'attendait pas &#224; ce que la guerre &#233;clate quelques jours avant son op&#233;ration. Le 24 avril 2023, les m&#233;decins de l'h&#244;pital italien Al-Salam &#224; Khartoum, sp&#233;cialis&#233; en chirurgie cardiaque, comptaient lui remplacer deux valves, selon sa s&#339;ur. Le 15 avril, alors que la famille commen&#231;ait ses pr&#233;paratifs pour l'hospitalisation, le premier coup de feu a retenti &#224; proximit&#233; de l'h&#244;pital, situ&#233; au sud de la capitale soudanaise. La direction de l'&#233;tablissement a demand&#233; &#224; tous les patients dont la venue &#233;tait programm&#233;e de rester chez eux jusqu'&#224; nouvel ordre. Mais la situation, plut&#244;t que de s'am&#233;liorer, a vir&#233; au cauchemar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme des millions d'autres Soudanais, Ikhlas pensait qu'il s'agissait de simples tensions entre l'arm&#233;e et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui se dissiperaient rapidement. Mais son c&#339;ur d&#233;j&#224; affaibli n'a pas tenu le coup et elle est d&#233;c&#233;d&#233;e quelques semaines plus tard. Sa s&#339;ur raconte qu'ils ont d&#251; la transporter &#224; bord d'un v&#233;hicule militaire et faire le tour de plusieurs h&#244;pitaux, qui avaient ferm&#233; leurs portes ou cess&#233; de fonctionner d&#232;s les premi&#232;res heures de la guerre. Son d&#233;c&#232;s a finalement &#233;t&#233; constat&#233; dans un cabinet de gyn&#233;cologie obst&#233;trique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ikhlas est l'une des nombreuses personnes qui ont perdu la vie parce qu'elles n'ont pu acc&#233;der aux soins de sant&#233; ou ont d&#251; interrompre leur traitement. La London School of Hygiene &amp; Tropical Medicine (&#201;cole de Londres de la sant&#233; publique et de la m&#233;decine tropicale) a recens&#233; (1) environ 61 000 d&#233;c&#232;s dans l'&#201;tat de Khartoum au cours des quatorze premiers mois de la guerre, dont 21 000 par balles. La faim et les maladies &#233;vitables seraient donc les principales causes de d&#233;c&#232;s dans cet &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une destruction massive du secteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me avant la guerre, le syst&#232;me de sant&#233; soudanais souffrait d'une fragilit&#233; multidimensionnelle. Il &#233;tait confront&#233; &#224; des probl&#232;mes complexes, en raison du budget restreint du minist&#232;re, qui ne d&#233;passait gu&#232;re 10 % du budget global du pays. Cette situation a progressivement &#233;rod&#233; son secteur public, parall&#232;lement &#224; une expansion consid&#233;rable du secteur priv&#233;. Les services de sant&#233; sont devenus difficilement accessibles pour la majorit&#233; des citoyens, dans un pays o&#249; le taux de pauvret&#233; s'est largement accru. La guerre a naturellement aggrav&#233; la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum ne dispose pas de statistiques officielles concernant le nombre de d&#233;c&#232;s dus &#224; l'absence de soins, mais l'Association des m&#233;decins soudanais aux &#201;tats-Unis (Sudanese American Physicians Association - SAPA) a indiqu&#233; dans un rapport (2) dat&#233; de fin 2024 que 711 000 des plus de 2 millions de patients que compte l'&#201;tat de Khartoum avaient &#233;t&#233; directement affect&#233;s par les attaques contre les h&#244;pitaux, soit pr&#232;s d'un tiers d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport pr&#233;cise &#233;galement que 70 % des dommages caus&#233;s aux h&#244;pitaux ont eu lieu entre avril et d&#233;cembre 2023. La majorit&#233; des grands &#233;tablissements publics et priv&#233;s sont situ&#233;s &#224; proximit&#233; du quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e et de l'a&#233;roport, o&#249; ils ont &#233;t&#233; transform&#233;s en zones militaires d&#232;s les premi&#232;res heures du conflit. Quarante et un h&#244;pitaux sur les 87 de l'&#201;tat de Khartoum, dont la moiti&#233; fournissait des soins de sant&#233; primaires, ont subi des dommages au cours des 500 premiers jours. Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum &#233;value les pertes de son secteur sanitaire public et priv&#233; &#224; 12 milliards de dollars (10,2 milliards d'euros). Environ 90 % des h&#244;pitaux priv&#233;s ont &#233;t&#233; endommag&#233;s, auxquels s'ajoutent 23 laboratoires pharmaceutiques, 2 300 pharmacies et 450 entreprises fournissant du mat&#233;riel m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;lectricit&#233; impact&#233;e par le trafic de cuivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat de Khartoum a subi des d&#233;g&#226;ts sans pr&#233;c&#233;dent. L'h&#244;pital Ibrahim Malik, le plus grand de l'&#201;tat, situ&#233; au sud de la capitale, est aussi l'un des plus importants centres de chirurgie c&#233;r&#233;brale et neurologique du Soudan. Aucune pi&#232;ce n'a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e. Un scanner d'une valeur de plusieurs millions de dollars a &#233;t&#233; vandalis&#233; dans le seul but d'en retirer les fils de cuivre. Le kilo de ce m&#233;tal se vend autour de 5 dollars, et son commerce a connu un essor consid&#233;rable depuis le d&#233;but de la guerre, impactant surtout le secteur de l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; proximit&#233; du quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e, Al-Shaab, l'un des plus grands h&#244;pitaux universitaires du pays, est aujourd'hui incapable de reprendre ses activit&#233;s. Avant la guerre, l'&#233;tablissement soignait des milliers de patients de tout le pays. Les derni&#232;res statistiques, collect&#233;es avant la guerre, indiquent qu'il accueillait quotidiennement plus de 1 000 patients atteints de maladies cardiovasculaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; proximit&#233; de l'h&#244;pital Al-Shaab se trouve Al-Dhara, le principal centre oncologique du pays. En raison de la forte pr&#233;valence du cancer au Soudan, l'&#233;tablissement a connu ces derni&#232;res ann&#233;es un encombrement constant, les patients venant de toutes les provinces. Selon les statistiques du minist&#232;re de la Sant&#233;, 28 000 cas de cancer y sont diagnostiqu&#233;s chaque ann&#233;e. Si l'h&#244;pital a &#233;t&#233; largement &#233;pargn&#233; par la guerre, la reprise de ses activit&#233;s est toutefois conditionn&#233;e &#224; la fourniture des services de base tels que l'eau, l'&#233;lectricit&#233; et l'assainissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des centaines de professionnels de la sant&#233; d&#233;c&#233;d&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre avril 2023 et d&#233;cembre 2024, dans le pays, l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) a recens&#233; la mort de 122 professionnels et l'arrestation de dizaines d'autres. Le nombre total de d&#233;c&#232;s parmi le personnel a atteint 317 en f&#233;vrier 2025. Pour le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum, ce manque de personnel, coupl&#233; au manque d'infrastructures, risquent de mettre le syst&#232;me sous pression si le nombre de citoyens retournant &#224; Khartoum augmente : la population de l'&#201;tat est pass&#233;e de 15 millions d'habitants &#224; 6 millions, dont la majorit&#233; se concentre dans le district de Karary, pr&#232;s de la ville d'Omdourman, selon des sources officielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omdourman est l'une des trois villes de l'agglom&#233;ration de Khartoum. Les FSR contr&#244;laient l'ouest de la ville et ses vieux quartiers au sud, tandis que l'arm&#233;e contr&#244;lait le nord. Bien que la guerre ne se soit pas &#233;tendue &#224; l'ensemble de la ville, elle a laiss&#233; des traces apparentes sur un grand nombre d'&#233;tablissements sanitaires. De nombreux h&#244;pitaux situ&#233;s dans les zones contr&#244;l&#233;es par les FSR ont &#233;t&#233; mis hors service, notamment l'h&#244;pital universitaire d'Omdourman, qui a cess&#233; ses activit&#233;s pendant plus d'un an, jusqu'en octobre 2024. Il a depuis rouvert gr&#226;ce au soutien direct du Centre d'aide humanitaire et de secours Roi Salman (KSRelief), ainsi qu'aux efforts de la population locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dr Abdel Moneim Ali, directeur de l'h&#244;pital d'Omdurman, affirme que tous les services ont repris leurs activit&#233;s et souligne que l'h&#244;pital propose m&#234;me des prestations qui n'existaient pas avant la guerre, telles que le traitement des maladies du pancr&#233;as.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un manque criant d'oxyg&#232;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des derniers appareils d'imagerie par r&#233;sonance magn&#233;tique (IRM) de l'&#201;tat de Khartoum a &#233;t&#233; install&#233; dans un centre situ&#233; &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la ville d'Omdourman, et l'h&#244;pital d'Omdourman cherche &#224; s'en procurer un autre. Khartoum souffre par ailleurs d'un manque de lits en soins intensifs. Le directeur de l'h&#244;pital d'Omdourman affirme que seize chambres dans ce service devraient bient&#244;t &#234;tre pr&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital est par ailleurs confront&#233; &#224; des probl&#232;mes d'&#233;lectricit&#233; et de carburant, ainsi qu'&#224; une grave p&#233;nurie d'oxyg&#232;ne caus&#233;e par l'arr&#234;t de la principale usine sp&#233;cialis&#233;e de Khartoum. Une fois op&#233;rationnels, les services de soins intensifs auront besoin de 96 bouteilles d'oxyg&#232;ne par jour, au prix de 10 dollars la bouteille. L'h&#244;pital d'Omdourman fonctionne aujourd'hui avec 600 lits, sur une capacit&#233; totale de 800 lits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si la situation s'&#233;tait invers&#233;e, les habitants des p&#233;riph&#233;ries b&#233;n&#233;ficient d&#233;sormais des services pour lesquels ils se d&#233;pla&#231;aient auparavant vers le centre de Khartoum. Ce changement semble logique au vu des politiques du minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum : le directeur de la m&#233;decine pr&#233;ventive, Dr Ahmed Al-Bashir, affirme que la priorit&#233; est donn&#233;e aux zones dens&#233;ment peupl&#233;es, et non &#224; la situation des h&#244;pitaux avant la guerre. Le centre-ville de Karthoum &#233;tant compl&#232;tement d&#233;sert&#233;, la priorit&#233; a &#233;t&#233; mise sur ces zones p&#233;riph&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recruter des coop&#233;rants pour combler les manques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation semble un peu meilleure dans l'&#201;tat d'Al-Jazirah, situ&#233; dans le centre du pays. La ville de Wad Madani est devenue un p&#244;le m&#233;dical alternatif. Des cabinets de m&#233;decins s'y sont m&#234;me install&#233;s. Avant la guerre, Al-Jazirah disposait d'une infrastructure m&#233;dicale plut&#244;t acceptable, ce qui lui a donc permis de prendre la rel&#232;ve temporairement, jusqu'&#224; la prise de contr&#244;le d'Al-Jazirah par les FSR, fin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation s'est alors d&#233;grad&#233;e, avec un impact sur l'acc&#232;s aux soins dans les r&#233;gions centrales du Soudan. Le minist&#232;re de la Sant&#233; du Soudan a alors annonc&#233; qu'un stock de m&#233;dicaments d'une valeur estim&#233;e &#224; 20 millions de dollars avait disparu. L'&#201;tat a finalement &#233;t&#233; repris par l'arm&#233;e en janvier 2025. Les autorit&#233;s locales estiment les pertes du secteur sanitaire &#224; environ 63 millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pillages, actes de vandalisme sur des v&#233;hicules et des transformateurs &#233;lectriques... Pour le Dr Osama Abdel Rahman, directeur g&#233;n&#233;ral de la Sant&#233; de l'&#201;tat d'Al-Jazirah, les principaux obstacles &#224; la reprise totale des activit&#233;s sont les coupures d'&#233;lectricit&#233; et le manque de professionnels m&#233;dicaux, m&#234;me si le minist&#232;re essaie de recruter des coop&#233;rants, ce qui aurait permis de combler &#224; hauteur de 75 % l'absence de soignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Wad Madani, le centre de chimioth&#233;rapie a pu rouvrir, mais pas le service de radioth&#233;rapie. L'h&#244;pital Al-Jazirah, sp&#233;cialis&#233; dans les maladies r&#233;nales, a repris les s&#233;ances de dialyse, mais pas les transplantations. Quant au centre de cardiologie, l'un des plus grands &#233;tablissements sp&#233;cialis&#233;s sur le continent africain, seules les consultations y sont possibles. Dans la ville, les services de gyn&#233;cologie, de p&#233;diatrie et les maternit&#233;s, ainsi que l'h&#244;pital g&#233;n&#233;ral, fonctionnent presque normalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une augmentation de la mortalit&#233; maternelle et infantile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdel Rahman souligne que les services de vaccination, de nutrition, de sant&#233; maternelle et de sant&#233; mentale ont &#233;t&#233; affect&#233;s. Le minist&#232;re f&#233;d&#233;ral a enregistr&#233; une augmentation des maladies infantiles et de la mortalit&#233; maternelle. Il indique que l'&#201;tat a comptabilis&#233; trente d&#233;c&#232;s maternels en 2024, qui sont retomb&#233;s &#224; quatre en 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds des Nations unies pour la population estime &#224; 105 000 le nombre de femmes enceintes au Soudan qui peinent &#224; acc&#233;der aux soins en raison de la p&#233;nurie de m&#233;dicaments et de la fermeture des maternit&#233;s. En octobre 2024, le minist&#232;re de la Sant&#233; a annonc&#233; une augmentation des taux de mortalit&#233; maternelle et infantile, et a recens&#233; respectivement 295 d&#233;c&#232;s pour 100 000 naissances et 51 d&#233;c&#232;s pour 1 000 nouveau-n&#233;s. M&#233;decins sans fronti&#232;res a rapport&#233; que le taux de mortalit&#233; maternelle enregistr&#233; entre janvier et ao&#251;t 2024, dans deux h&#244;pitaux soutenus par l'organisation dans le sud du Darfour, d&#233;passait 7 % du total des d&#233;c&#232;s maternels enregistr&#233;s par l'organisation dans le monde en 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OMS a estim&#233; que l'offre m&#233;dicale au Soudan couvrait actuellement un quart des besoins r&#233;els du pays, et a cherch&#233; &#224; collecter 4 milliards de dollars pour r&#233;pondre &#224; l'urgence sanitaire. L'intensification et l'extension g&#233;ographique des vagues de d&#233;placements a cr&#233;&#233; un environnement propice &#224; la propagation des maladies infectieuses. Divers types de fi&#232;vres sont ainsi apparues, et 2 500 d&#233;c&#232;s dus &#224; l'&#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s. Les services de vaccination ont &#233;t&#233; compl&#232;tement interrompus dans certaines r&#233;gions, et le taux de contamination par la rougeole a augment&#233;, avec 5 000 cas enregistr&#233;s entre avril et septembre 2023, selon l'OMS. Mille deux cents enfants ont trouv&#233; la mort, probablement &#224; cause de la rougeole et de la malnutrition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me historiquement fragile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dengue s'est largement r&#233;pandue dans les &#201;tats de Khartoum et d'Al-Jazirah au cours des derniers mois. Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum a recens&#233; 13 692 cas, avec une faible l&#233;talit&#233;. Des chiffres remis en cause par les comit&#233;s de quartier et les associations locales, qui ont rapport&#233; un nombre de d&#233;c&#232;s plus important. En plus des fi&#232;vres, une &#233;pid&#233;mie d'h&#233;patite A a touch&#233; l'&#201;tat d'Al-Jazirah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles destinations attirent d&#233;sormais les d&#233;plac&#233;s. &#192; titre d'exemple, l'&#201;tat du Nil, situ&#233; dans le nord du pays, souffrait, comme les autres r&#233;gions du Soudan, d'in&#233;galit&#233;s de d&#233;veloppement et d'un manque de services. Ayant &#233;chapp&#233; &#224; la guerre, il est devenu un refuge aussi pour les m&#233;decins. Avant la guerre, la population de l'&#201;tat du Nil s'&#233;levait &#224; environ 1,5 million d'habitants. Ce chiffre a jusqu'&#224; quadrupl&#233;. En cons&#233;quence, les services m&#233;dicaux s'y sont consid&#233;rablement d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital de la police d'Atbara s'est transform&#233; en un v&#233;ritable p&#244;le m&#233;dical. Ce petit centre qui prenait en charge les cas simples et qui pratiquait les accouchements accueillent aujourd'hui les patients venus de plusieurs r&#233;gions du Soudan. Le Dr Al-Walid Mahjoub, directeur de l'h&#244;pital, explique que son &#233;tablissement a d&#251; relever d'importants d&#233;fis pour d&#233;velopper ses services et s'adapter au contexte national, notamment en se procurant des &#233;quipements de radiologie et de laboratoires, et en se dotant d'un groupe &#233;lectrog&#232;ne pour faire face &#224; la v&#233;tust&#233; du r&#233;seau public d'&#233;lectricit&#233;. Progressivement, l'h&#244;pital a mis en place des services de chirurgie orthop&#233;dique, de neurochirurgie, de chirurgie vasculaire, de chirurgie plastique et de chirurgie maxillo-faciale, ainsi que des unit&#233;s de soins intensifs pour la r&#233;animation cardiopulmonaire et les maladies cardiovasculaires. La plupart de ces services n'&#233;taient auparavant pas disponibles dans l'&#201;tat du Nil. L'h&#244;pital dispose actuellement d'une capacit&#233; op&#233;rationnelle de plus de 200 lits et de 11 salles d'op&#233;ration, et accueille quotidiennement jusqu'&#224; 750 patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le renversement de situation le plus spectaculaire est celui qui a eu lieu dans un petit h&#244;pital de campagne situ&#233; dans le sud-ouest de l'&#201;tat. Depuis son ouverture, en 2008, il remplissait les fonctions d'un centre de sant&#233; de base avec une fr&#233;quence quotidienne de quinze consultations non urgentes, principalement pour des services simples tels que le traitement des fi&#232;vres et des infections mineures, le suivi des maladies chroniques ou encore le traitement de piq&#251;res de scorpion. Aujourd'hui, Al-Jakayka est devenu un h&#244;pital de r&#233;f&#233;rence, ses services se sont &#233;tendus. L'une de ses &#233;quipes m&#233;dicales a m&#234;me r&#233;alis&#233; l'exploit de s&#233;parer un &#171; jumeau parasite &#187; (Ischiopagus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- London School of Hygiene &amp; Tropical Medicine, &#171; Invisible and severe' death toll of Sudan conflict revealed &#187;, 13 novembre 2024, &lt;a href=&#034;https://www.lshtm.ac.uk/newsevents/news/2024/invisible-and-severe-death-toll-sudan-conflict-revealed&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Humanitarian Research Lab at Yale School of Public Health, Sudanese American Physicians Association, &#171; Widespread damage to healthcare facilities in Khartoum State, Sudan &#187;, 10 d&#233;cembre 2024. Disponible &lt;a href=&#034;https://sapa-usa.org/wp-content/uploads/2024/12/SAPA_YALE-HRL-report-dec-10-2024.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en PDF ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La traite des &#234;tres humains prosp&#232;re sur les ruines de la paix mondiale</title>
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		<dc:date>2026-04-28T06:28:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Atfa Mema&#239;</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'abord paru en anglais en mars 2025, Les Nouveaux Esclavagistes. La traite des &#234;tres humains, une &#233;conomie souterraine de Barbie Latza Nadeau est un essai dans lequel les liens entre flux migratoires et trafic d'&#234;tres humains sont m&#233;ticuleusement d&#233;voil&#233;s. Une activit&#233; criminelle en plein essor qui profite de l'instabilit&#233; g&#233;opolitique mondiale et du capitalisme sauvage. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, les publications sur l'esclavage moderne se multiplient, et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/capture_d_e_cran_le_2026-04-27_a_07.30_47-770dc.png?1781053254' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'abord paru en anglais en mars 2025, Les Nouveaux Esclavagistes. La traite des &#234;tres humains, une &#233;conomie souterraine de Barbie Latza Nadeau est un essai dans lequel les liens entre flux migratoires et trafic d'&#234;tres humains sont m&#233;ticuleusement d&#233;voil&#233;s. Une activit&#233; criminelle en plein essor qui profite de l'instabilit&#233; g&#233;opolitique mondiale et du capitalisme sauvage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/La-traite-des-etres-humains-prospere-sur-les-ruines-de-la-paix-mondiale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56025 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L197xH381/a63600d741864b46-fe3690c3-25383.png?1781053254' width='197' height='381' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, les publications sur l'esclavage moderne se multiplient, et cette production est le reflet d'un trafic en plein essor. &#171; La traite des &#234;tres humains est l'activit&#233; criminelle avec la croissance la plus rapide au monde, et la deuxi&#232;me plus importante apr&#232;s le trafic de drogue &#187;, &#233;crit Barbie Latza Nadeau dans son dernier ouvrage Les Nouveaux Esclavagistes. La traite des &#234;tres humains, une &#233;conomie souterraine (Grasset). Celui-ci s'inscrit dans cette volont&#233; de donner &#224; voir et &#224; penser l'esclavage moderne et de saisir son ampleur qui, selon les pr&#233;dictions des experts, ne fera qu'augmenter dans les ann&#233;es &#224; venir en raison de la situation g&#233;opolitique mondiale actuelle plus que jamais instable. Comme le pr&#233;cise l'autrice, &#171; si les organisations criminelles se tournent de plus en plus vers le trafic des &#234;tres humains pour gagner de l'argent, c'est entre autres parce que l'apport en individus d&#233;sesp&#233;r&#233;s et en mouvement est en perp&#233;tuelle augmentation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste &#233;tats-unienne bas&#233;e en Italie, Barbie Latza Nadeau est reconnue pour ses enqu&#234;tes approfondies sur le crime organis&#233; en Europe. Elle a commenc&#233; &#224; travailler sur les questions migratoires d&#232;s le milieu des ann&#233;es 1990. Que ce soit &#224; bord de navires de sauvetage, dans des centres de r&#233;tention ou bien dans les rues italiennes. Ses investigations, men&#233;es au plus pr&#232;s des victimes et des acteurs concern&#233;s, permettent une plong&#233;e rare au c&#339;ur des m&#233;caniques de l'exploitation. Aussi, sa d&#233;marche multi-terrain offre un &#233;quilibre entre approche &#233;conomique, politique, sociale et juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre l&#232;ve le voile sur les &#233;conomies souterraines telles que la prostitution, le trafic de migrants, le travail forc&#233;, la gestation pour autrui, la p&#233;docriminalit&#233;, le trafic d'organes, la servitude domestique et la traite &#224; des fins d'escroqueries en ligne. Les deux piliers de cet &#233;cosyst&#232;me criminel transnational sont d'une part la vuln&#233;rabilit&#233; des individus recrut&#233;s, le plus souvent dans des pays travers&#233;s par des conflits arm&#233;s et/ou des crises &#233;conomiques et, d'autre part, le silence des gouvernements, des institutions et des banques. Car sans la complicit&#233; du secteur de la finance, l'argent issu de la traite humaine ne pourrait pas circuler dans les syst&#232;mes bancaires, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; dans l'affaire Jeffrey Epstein (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des dizaines de milliers de mineurs d&#233;clar&#233;s disparus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connivence du monde de l'agriculture, du tourisme et de la mode &#224; travers des entreprises de sous-traitance est aussi d&#233;nonc&#233;e. Ces entreprises qui proposent des services et des produits &#224; des prix d&#233;fiant toute concurrence, essentiellement parce qu'elles emploient des personnes en situation irr&#233;guli&#232;re qui sont &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Cour-nationale-du-droit-d-asile-milice-ICE-La-deshumanisation-sert-le&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;oblig&#233;es d'accepter de travailler dans des conditions d&#233;plorables&lt;/a&gt;. Dans son essai, la journaliste explique que &#171; les travailleurs sans papiers constituent le segment le plus exploit&#233; de la main-d'&#339;uvre dans de nombreux secteurs, pour la bonne raison que, le plus souvent, ils ne b&#233;n&#233;ficient d'aucune protection juridique suite &#224; leur entr&#233;e ill&#233;gale sur le territoire ou la p&#233;remption de leur visa &#187;. Aux &#201;tats-Unis, par exemple, il a &#233;t&#233; &#233;tabli dans un rapport des Nations unies qui date de 2022 que 72 % des victimes de la traite sont des personnes exil&#233;es. Cette r&#233;alit&#233; n'est mise au jour que ponctuellement, le plus souvent apr&#232;s la d&#233;couverte d'un atelier clandestin ou d'une entreprise qui emploie des travailleurs ill&#233;gaux, comme cela s'est produit &#224; Belgrade en 2020 o&#249;, dans une usine &#224; pneus, ont &#233;t&#233; d&#233;couverts 500 ouvriers vietnamiens arriv&#233;s par voie l&#233;gale en Serbie, mais dont les passeports ont &#233;t&#233; confisqu&#233;s et qui ont &#233;t&#233; mis en servitude par leur &#171; manager &#187; (la personne qui a fait le lien entre eux et l'usine). Les personnes mises en servitude sont g&#233;n&#233;ralement absentes de l'espace public et travaillent dans des lieux priv&#233;s. Cet isolement impos&#233;, qui facilite l'exploitation, est entretenu par une d&#233;pendance administrative et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect du trafic de migrants et de la traite des &#234;tres humains est celui qui concerne les milliers de mineurs non accompagn&#233;s qui disparaissent apr&#232;s &#234;tre arriv&#233;s en Europe. &#171; Des recherches men&#233;es par l'organisation Lost in Europe ainsi qu'un projet journalistique transfrontalier [&#8230;] ont d&#233;couvert qu'au moins 51 433 r&#233;fugi&#233;s mineurs non accompagn&#233;s avaient &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s disparus entre 2021 et la fin de l'ann&#233;e 2023 &#187;, rappelle Barbie Latza Nadeau. &#192; noter que ces disparitions ont explos&#233; pendant la crise sanitaire du Covid-19. La pand&#233;mie, en ralentissant les proc&#233;dures d'asile en raison de la fermeture des administrations, et en r&#233;duisant l'acc&#232;s aux services sociaux, a augment&#233; la vuln&#233;rabilit&#233; des migrants et le risque d'exploitation. La baisse du nombre de nouveaux arrivants durant cette p&#233;riode a &#233;galement favoris&#233; l'int&#233;r&#234;t des trafiquants pour les exil&#233;s d&#233;j&#224; pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer ce ph&#233;nom&#232;ne, l'autrice relate le cas de Daisy, dont l'histoire commence &#224; la fin de l'ann&#233;e 2019 avec son sauvetage en mer par le navire d'une ONG. Elle a ensuite pass&#233; un temps &#224; Catane, en Sicile, dans un centre religieux qui accueillait des &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Ce-qui-se-cache-derriere-l-expulsion-de-la-Gaite-lyrique-a-Paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mineurs non accompagn&#233;s&lt;/a&gt;, pendant le confinement du Covid-19. Elle n'avait que 12 ans, et &#233;tait originaire d'&#201;thiopie ou du Nigeria (nationalit&#233; non &#233;tablie). Elle a ensuite disparu, et les efforts pour la localiser n'ont donn&#233; aucun r&#233;sultat. L'hypoth&#232;se retenue par les enqu&#234;teurs est qu'elle a &#233;t&#233; kidnapp&#233;e lors d'une promenade. Les disparitions ne sont pas d&#233;clar&#233;es imm&#233;diatement car &#171; les centres en Italie touchent une aide de l'&#201;tat pour chaque migrant accueilli, &#233;crit la journaliste. Si un centre d&#233;clare qu'une personne a disparu, il diminue d'autant ses revenus &#187;. En cons&#233;quence, les enqu&#234;tes sont retard&#233;es, et leurs probabilit&#233;s d'aboutissement r&#233;duites. La police napolitaine, avec l'aide d'agents britanniques, a finalement retrouv&#233; la trace de Daisy sur le dark web en analysant des snuff movies (2). Ils ont conclu qu'elle avait &#233;t&#233; tu&#233;e au cours du tournage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des profits colossaux et des trafiquants peu inqui&#233;t&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Daisy est loin d'&#234;tre un cas isol&#233;. Selon les enqu&#234;teurs et comme a pu le constater &#233;galement le pr&#234;tre italien Fortunato Di Noto, fondateur de l'association Meter (3), qui lutte contre la p&#233;docriminalit&#233;, &#171; les mineurs non accompagn&#233;s constituent souvent des victimes de premier choix pour les producteurs de p&#233;dopornographie &#187;. Le fait que ces enfants se retrouvent seuls dans un pays o&#249; ils ne connaissent personne et dont ils ne parlent souvent pas la langue les place dans une situation d'extr&#234;me vuln&#233;rabilit&#233; et en font des cibles id&#233;ales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trafic de migrants nourrit ces diff&#233;rents r&#233;seaux criminels en les pourvoyant en individus d&#233;sesp&#233;r&#233;s. Barbie Latza Nadeau d&#233;montre qu'il s'agit d'une activit&#233; &#224; faible risque et &#224; tr&#232;s forte rentabilit&#233;. Dans son enqu&#234;te, elle distingue les recruteurs, dont la fonction consiste &#224; trouver les candidats &#224; l'&#233;migration ; les passeurs, qui organisent la travers&#233;e ; et les trafiquants, c'est-&#224;-dire ceux qui financent les voyages puis engrangent les b&#233;n&#233;fices sans courir de risques puisqu'ils n'ont &#171; jamais mis un pied &#224; bord de ces navires, ni ramp&#233; dans la remorque d'un camion &#224; c&#244;t&#233; de leur cargaison humaine &#187; et qu'ils vivent le plus souvent dans les capitales europ&#233;ennes. Ce r&#233;seau complexe est difficile &#224; d&#233;manteler car les maillons les plus susceptibles d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s, &#224; savoir les recruteurs et les passeurs, sont facilement rempla&#231;ables. Les trafiquants, eux, sont quasi inatteignables. L'implication et l'instrumentalisation de mineurs et l'aspect transnational des affaires complexifient &#233;galement la t&#226;che des autorit&#233;s et des instances juridictionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La taille des embarcations qui transportent les migrants varie beaucoup. Le plus souvent, elles prennent quelques dizaines d'individus &#224; leur bord. Mais, dans des cas extr&#234;mes, ils sont plusieurs centaines, ce qui rend la travers&#233;e tr&#232;s lucrative. Selon les t&#233;moignages des rescap&#233;s, les candidats &#224; l'exil payent leur voyage &#224; peu pr&#232;s 7 000 dollars (environ 6 000 euros). Un bateau qui transporte une centaine de personnes g&#233;n&#232;re plus de 1 demi-million de dollars. Les profits sont colossaux. Pourtant, le trafic de migrants n'est pas l'activit&#233; la plus lucrative et ne repr&#233;sente &#171; qu'une faible fraction des 150 milliards de dollars de b&#233;n&#233;fices annuels d&#233;gag&#233;s par la traite des &#234;tres humains &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbie Latza Nadeau expose longuement le contexte politique dans lequel prosp&#232;re ce trafic et la part jou&#233;e par les &#201;tats dans la gestion de la &#171; crise migratoire &#187;, notamment depuis son intensification apr&#232;s les r&#233;voltes arabes de 2011. Avec l'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Senegal-les-desseins-de-Frontex-se-heurtent-aux-resistances-locales&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;externalisation des fronti&#232;res&lt;/a&gt;, les pays d'Afrique du Nord deviennent des partenaires dans la protection des fronti&#232;res europ&#233;ennes, charg&#233;s de contenir les d&#233;parts du continent africain en contrepartie d'aides financi&#232;res. L'autrice s'attarde en particulier sur le cas de la Libye, qui est devenue, apr&#232;s la chute de Mouammar Kadhafi, un des principaux pays de transit et une zone o&#249; des dizaines de milliers d'exil&#233;s font l'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/En-Libye-un-systeme-carceral-meurtrier-a-l-ombre-de-l-Europe)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;exp&#233;rience des tortures, des viols et de l'enfermement&lt;/a&gt;. Afin de sortir de cet enfer, beaucoup acceptent que des trafiquants paient leur travers&#233;e. Ils devront ensuite rembourser le triple ou le quintuple. L'autrice pointe ensuite la multiplication des centres de r&#233;tention administrative dans tous les pays europ&#233;ens, ainsi que l'intensification des discours et des mesures anti-immigration. En Italie, &#171; apr&#232;s l'&#233;lection en 2022 du gouvernement de coalition de droite dirig&#233; par Giorgia Meloni, les programmes d'aide aux victimes ont sans surprise &#233;t&#233; r&#233;duits &#224; peau de chagrin, et les fonds destin&#233;s &#224; la lutte contre le trafic des &#234;tres humains ont &#233;t&#233; redirig&#233;s vers la construction de centres de r&#233;tention pour les migrants en attente de leur expulsion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Isra&#235;l, trafic et transplantation d'organes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trafic d'organes recourt aux m&#234;mes m&#233;canismes. Il prosp&#232;re sur la pauvret&#233; et la pr&#233;carit&#233; des donneurs. Comme l'explique Vicenzo Musacchio, un criminologue qui travaille pour le Rutgers Institute on Anti-Corruption Studies (RIACS) : &#171; Les pays les plus pauvres fournissent les donneurs, et les pays les plus riches fournissent les b&#233;n&#233;ficiaires. Les mafias g&#232;rent ce march&#233; criminel et servent de lien entre les diff&#233;rentes parties. &#187; Plusieurs &#233;tudes men&#233;es sur le trafic des &#234;tres humains avec pour objectif l'ablation d'organes, connues sous le nom de Trafficking in Human Beings for the Purpose of Organ Removal (THBOR) ont jet&#233; une lumi&#232;re crue sur la forte pr&#233;valence du pr&#233;l&#232;vement d'organes parmi les exil&#233;s en d&#233;placement et les individus vivant dans les camps de r&#233;fugi&#233;s et les bidonvilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce chapitre, comme dans tout le livre, chaque fait pr&#233;sent&#233; est d&#233;cortiqu&#233;, ses ramifications r&#233;v&#233;l&#233;es et analys&#233;es sans complaisance, rien n'est pass&#233; sous silence, pas m&#234;me l'implication des gouvernements, des institutions et de certaines ONG. Pourtant, l'esprit critique et la profondeur d'analyse de Barbie Latza Nadeau dispara&#238;t &#224; la page 237 lorsqu'elle &#233;voque Isra&#235;l comme &#171; une des plus grandes destinations de tourisme de transplantation du monde &#187;, sans proposer aucun &#233;claircissement et sans &#233;mettre la moindre hypoth&#232;se explicative sinon celle d'une loi de 2008 qui fait du don d'organe une responsabilit&#233; civile. Il existe pourtant de nombreux travaux journalistiques et de nombreux rapports qui, depuis des d&#233;cennies, documentent et recensent des t&#233;moignages sur des cas de vols et de trafics d'organes palestiniens. Parmi les plus r&#233;cents, celui r&#233;dig&#233; (4) par Nancy Scheper Hughes pour Organs Watch et rendu public en 2010, ou encore les alertes et des appels &#224; investigations &#233;mises par Healthcare Workers for Palestine (5) et EuroMed Monitor (6) depuis novembre 2023. &#192; la suite d'autopsies r&#233;alis&#233;es sur des corps d'otages et de prisonniers palestiniens rendus par les occupants isra&#233;liens ont &#233;t&#233; d&#233;couverts l'absence de cochl&#233;es (une partie de l'oreille interne), de corn&#233;es et d'autres organes tels que le foie, le rein et le c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manquements aux droits humains les plus fondamentaux d&#233;crits dans ce livre et qui font l'esclavage moderne ne sont pas le fait d'abus de pouvoir isol&#233;s, ni de failles juridiques, ni de mauvaises volont&#233;s, mais bien d'un mode de production &#233;conomique qui l'exige. Ce livre rejoint les analyses de nombreux auteurs tels que Kevin Bales (Disposable People. New Slavery in the Global Economy, Berkeley, University Press of California, 1999), Georgina Vaz Cabral (La Traite des &#234;tres humains. R&#233;alit&#233;s de l'esclavage moderne, La D&#233;couverte, 2006), ou encore Yves B&#233;not (La Modernit&#233; de l'esclavage. Essai sur l'esclavage au c&#339;ur du capitalisme, La D&#233;couverte, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres et les conflits en cours - Palestine, Liban, Iran, Ukraine, Soudan, RD Congo, etc. - jettent toujours plus de femmes, d'hommes et d'enfants sur les routes. Ils continueront de nourrir un syst&#232;me &#233;conomique globalis&#233; et silencieux face &#224; leur d&#233;tresse, pourvu que leurs profits progressent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- En raison de leur implication dans cette affaire de p&#233;docriminalit&#233;, JP Morgan et La Deutsche Bank ont accept&#233; de payer respectivement 290 et 150 millions de dollars d'amende et de verser chacune 75 millions de dollars pour compenser les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- D&#233;signe des vid&#233;os enregistr&#233;es ou en live mettant en sc&#232;ne viols, tortures et meurtres. Les individus paient pour avoir acc&#232;s au live et/ou ach&#232;tent des copies de l'enregistrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Associazione Meter di Don Fortunato Di Noto, &lt;a href=&#034;https://associazionemeter.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Nancy Scheper-Hughes, &#171; Tissue, Skin, Bone and Organ Harvesting at Israel's National Forensic Institute &#187;, 25 octobre 2010. &#192; lire &lt;a href=&#034;https://hods.org/pdf/Exclusive%20CounterPunch%20Report-1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en PDF ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Healthcare Workers for Palestine, &#171; A brief history of Israel's theft and trafficking of Palestinian organs &#187;, Mondoweiss, 22 f&#233;vrier 2025, &lt;a href=&#034;https://mondoweiss.net/2025/02/a-brief-history-of-israels-theft-and-trafficking-of-palestinian-organs/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6-EuroMed Human Rights Monitor, &#171; Int'l committee must investigate Israel's holding of dead bodies in Gaza &#187;, 26 novembre 2023, [&lt;a href=&#034;https://euromedmonitor.org/en/article/5982/Int%E2%80%99l-committee-must-investigate-Israel%E2%80%99s-holding-of-dead-bodies-in-Gaza%E2%80%8B&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le m&#233;pris du droit international dans un silence (presque) total</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-mepris-du-droit-international-dans-un-silence-presque-total</link>
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		<dc:date>2026-04-21T06:32:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cl&#233;ment Boursin</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-04-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 15 avril 2023 &#233;clatait le conflit entre l'arm&#233;e soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide. Divis&#233;, le pays compte aujourd'hui le plus de d&#233;plac&#233;s au monde, et la situation des droits humains s'av&#232;re catastrophique, alors que la communaut&#233; internationale continue de se taire. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lire la deuxi&#232;me partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lire la troisi&#232;me partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Trois ans apr&#232;s le d&#233;clenchement de la guerre, en avril 2023, le Soudan fait face &#224; l'une des plus graves (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/capture_d_e_cran_le_2026-04-20_a_15.12_06-c7169.png?1781053889' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 15 avril 2023 &#233;clatait le conflit entre l'arm&#233;e soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide. Divis&#233;, le pays compte aujourd'hui le plus de d&#233;plac&#233;s au monde, et la situation des droits humains s'av&#232;re catastrophique, alors que la communaut&#233; internationale continue de se taire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Soudan-Trois-ans-de-guerre-dans-le-mepris-total-du-droit-international&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/A-Khartoum-le-systeme-de-sante-est-a-terre?var_mode=calcul&#034;&gt;deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Les-monts-Nouba-rattrapes-par-les-combats?var_mode=calcul&#034;&gt;troisi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois ans apr&#232;s le d&#233;clenchement de la guerre, en avril 2023, le Soudan fait face &#224; l'une des plus graves crises humanitaires et des droits humains au monde, une &#171; terre de d&#233;sespoir &#187;, comme l'a rappel&#233;, en f&#233;vrier 2026, le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk. Les affrontements entre l'arm&#233;e soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), une force paramilitaire, ont caus&#233; la mort de plus de 200 000 personnes et en ont d&#233;plac&#233; pr&#232;s de 14 millions. Aujourd'hui, pr&#232;s de 33 millions de Soudanais ont besoin d'une aide humanitaire du fait de l'effondrement du syst&#232;me de sant&#233; et de l'ins&#233;curit&#233; alimentaire. Au-del&#224; d'une simple guerre civile (qui a de fait &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Roland-Marchal-On-se-dirige-vers-une-partition-du-Soudan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;partag&#233; le pays en deux&lt;/a&gt;), le conflit soudanais s'inscrit dans une rivalit&#233; de pouvoir entre deux chefs militaires, aliment&#233;e par des int&#233;r&#234;ts g&#233;ostrat&#233;giques et &#233;conomiques d'acteurs r&#233;gionaux, dont l'implication dans le conflit s'est accrue au fil du temps et pourrait &#224; terme faire basculer l'ensemble de la r&#233;gion dans la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre actuelle trouve ses racines dans la transition politique avort&#233;e qui a suivi la chute d'Omar el-B&#233;chir, en 2019, apr&#232;s trente ans de r&#233;gime autoritaire. &#192; la suite d'importantes manifestations d&#233;non&#231;ant les conditions de vie d&#233;grad&#233;es dans le pays, le pr&#233;sident soudanais, accul&#233; par la fronde populaire, est destitu&#233; par l'arm&#233;e et remplac&#233; par un conseil militaire de transition, dans lequel si&#232;ge des civils. Le conseil prend ensuite le nom de conseil de souverainet&#233;. Les millions de Soudanais qui sont descendus dans les rues r&#233;clament un &#201;tat de droit et une d&#233;mocratie g&#233;r&#233;e par un pouvoir civil. La &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/soudan-se-souvenir-de-la-revolution,8219&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;volution soudanaise&lt;/a&gt; semble &#234;tre en marche. Une telle recomposition politique ne pla&#238;t naturellement pas aux militaires qui, durant des d&#233;cennies, ont g&#233;r&#233; int&#233;gralement le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 juin 2019, plus de cent manifestants pacifiques sont tu&#233;s &#224; Khartoum, la capitale, par les Forces de soutien rapide (FSR), envoy&#233;es pour r&#233;primer dans le sang les aspirations d&#233;mocratiques. Le massacre de Khartoum marque la fin des espoirs de la r&#233;volution soudanaise. En octobre 2021, le g&#233;n&#233;ral Abdel Fattah al-Burhan, chef de l'arm&#233;e soudanaise, et le g&#233;n&#233;ral Mohamed Hamdan Dagalo, dit &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/frankenstein-a-khartoum,3133&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Hemetti &#187;&lt;/a&gt;, commandant des FSR, fomentent un coup d'&#201;tat pour &#233;carter d&#233;finitivement les civils du pouvoir. Mais les tensions entre les deux hommes s'accentuent rapidement, notamment autour de l'int&#233;gration des FSR dans l'arm&#233;e nationale et du contr&#244;le des ressources &#233;conomiques strat&#233;giques, en particulier l'or du Darfour, territoire &#224; l'ouest du Soudan dans lequel les FSR ont d&#233;velopp&#233; des activit&#233;s lucratives d&#232;s l'&#233;poque o&#249; ils &#233;taient des Janjawids (1). Le 15 avril 2023, les affrontements &#233;clatent &#224; Khartoum. Ce conflit oppose alors deux centres de pouvoir militaire qui cherchent chacun &#224; imposer leur domination politique et &#233;conomique sur l'&#201;tat soudanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crimes de guerre et crimes contre l'humanit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Khartoum, les combats gagnent progressivement l'ensemble du territoire, particuli&#232;rement le Darfour puis les r&#233;gions du Kordofan, dans l'ouest du pays, o&#249; les FSR sont majoritairement pr&#233;sentes. Les deux camps ont recours &#224; l'artillerie lourde, aux bombardements a&#233;riens, aux drones et aux combats urbains, souvent dans des zones dens&#233;ment peupl&#233;es. Ils s'allient avec diverses milices locales ayant leur propre agenda politique. Les forces bellig&#233;rantes font fi du droit de la guerre : attaques indiscrimin&#233;es, ex&#233;cutions sommaires, pillages, violences sexuelles&#8230; Le pays s'effondre sur lui-m&#234;me. Avec l'ins&#233;curit&#233; et les d&#233;placements constants de populations, les terres agricoles sont en partie laiss&#233;es &#224; l'abandon, et la production s'effondre. Le syst&#232;me de sant&#233; est directement vis&#233;. Plus de deux cents attaques (2) contre des structures m&#233;dicales ont &#233;t&#233; recens&#233;es depuis le d&#233;but du conflit, selon les Nations unies. Les si&#232;ges impos&#233;s par les FSR &#224; certaines villes au Darfour et au Kordofan ont entra&#238;n&#233; l'effondrement de l'acc&#232;s &#224; la nourriture et aux m&#233;dicaments, contribuant &#224; une crise humanitaire d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences commises dans le cadre du conflit rel&#232;vent pour beaucoup du droit p&#233;nal international. Divers m&#233;canismes des Nations unies et plusieurs organisations de d&#233;fense des droits humains ont, ces trois derni&#232;res ann&#233;es, document&#233; des crimes de guerre et des crimes contre l'humanit&#233; commis par les deux camps. Au Darfour, les FSR sont &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Darfour-le-gout-amer-des-promesses-non-tenues&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;accus&#233;es de massacres&lt;/a&gt; ciblant des populations civiles, souvent selon des crit&#232;res ethniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Soudan-A-El-Fasher-nous-vivons-dans-l-odeur-du-sang-et-de-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;prise d'El-Fasher&lt;/a&gt;, dernier bastion de l'arm&#233;e soudanaise dans la r&#233;gion du Darfour Nord, le 26 octobre 2025, apr&#232;s cinq cents jours de si&#232;ge, s'est accompagn&#233;e d'ex&#233;cutions extrajudiciaires et de violences sexuelles massives, de destructions et de d&#233;placements forc&#233;s des rares survivants. Dans un rapport rendu public en f&#233;vrier 2026, la mission d'enqu&#234;te ind&#233;pendante, cr&#233;&#233;e en octobre 2023 par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, conclut que les exactions commises par les FSR et les milices arabes alli&#233;es pr&#233;sentent les &#171; signes distinctifs d'un g&#233;nocide &#187;, avec un mode op&#233;ratoire visant &#224; &#233;liminer de la ville les communaut&#233;s non arabes, en particulier les Zaghawas et les Fours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des violences sexuelles syst&#233;matiques contre les non-Arabes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur offensive, les FSR ont syst&#233;matiquement tu&#233; les hommes de ces groupes ethniques, inflig&#233; de graves atteintes physiques et mentales aux femmes, aux enfants et aux vieillards, et cr&#233;&#233; des conditions de vie destin&#233;es &#224; d&#233;truire, enti&#232;rement ou en partie, ces communaut&#233;s. Plus de 6 000 d&#233;c&#232;s ont pu &#234;tre v&#233;rifi&#233;s pendant l'offensive, dont au moins 4 400 personnes au cours des trois premiers jours de l'offensive. Sur ce nombre, trois personnes sur quatre ont &#233;t&#233; tu&#233;es dans la ville d'El-Fasher et un quart alors qu'elles fuyaient. Selon les enqu&#234;teurs des Nations unies, les violences sexuelles apparaissent comme un instrument central de cette offensive. Elles s'inscrivent dans un sch&#233;ma visant sp&#233;cifiquement les femmes et les filles des communaut&#233;s non arabes, o&#249; l'humiliation et la destruction psychologique accompagnent les violences physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nombreux habitants du Darfour, cette violence exacerb&#233;e a un go&#251;t de d&#233;j&#224;-vu. Les FSR sont en effet issues des milices Janjawids, actives lors de la guerre du Darfour il y a plus de vingt ans. &#192; l'&#233;poque, elles affrontaient d&#233;j&#224; les communaut&#233;s non arabes, Fours, Masalits, Zaghawas, mais avec l'appui du gouvernement soudanais. Les Janjawids avaient &#224; l'&#233;poque commis un g&#233;nocide, dont plusieurs affaires sont actuellement trait&#233;es devant la Cour p&#233;nale internationale (CPI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit soudanais s'inscrit &#233;galement dans une rivalit&#233; strat&#233;gique plus large au Moyen-Orient et en Afrique de l'Est. Au fil des mois, le conflit s'est progressivement internationalis&#233;. Deux blocs r&#233;gionaux se sont form&#233;s. Un premier bloc est constitu&#233; des FSR, soutenues par les &#201;mirats arabes unis (EAU), avec des relais logistiques de pays voisins partenaires des &#201;miratis (Tchad, Libye, &#201;thiopie, R&#233;publique centrafricaine et Soudan du Sud). Un second bloc est constitu&#233; de l'arm&#233;e soudanaise, soutenue par l'Arabie saoudite, l'&#201;gypte, la Turquie, l'&#201;rythr&#233;e et le Qatar, de mani&#232;re plus discr&#232;te. Chaque camp re&#231;oit des armes et des &#233;quipements militaires en quantit&#233;, dont de plus en plus d'armes sophistiqu&#233;es (drones, missiles&#8230;). Les bellig&#233;rants re&#231;oivent &#233;galement des soutiens en hommes via des milices locales et l'arriv&#233;e de mercenaires voisins et &#233;trangers. Les FSR sont notamment appuy&#233;es par des milices arabes locales et des mercenaires colombiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des &#233;quipements militaires fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les EAU et l'Arabie saoudite, deux puissances majeures du Golfe, cherchent &#224; &#233;tendre leur influence &#233;conomique et politique dans la r&#233;gion de la mer Rouge. Le Soudan repr&#233;sente &#224; cet &#233;gard un enjeu majeur : acc&#232;s aux ressources aurif&#232;res, contr&#244;le des routes commerciales et influence strat&#233;gique sur le littoral de la mer Rouge. Le soutien apport&#233; aux diff&#233;rentes factions arm&#233;es par les puissances du Golfe refl&#232;te ainsi des int&#233;r&#234;ts g&#233;opolitiques qui d&#233;passent largement le cadre national soudanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs enqu&#234;tes (3) ont mis en &#233;vidence la pr&#233;sence d'armes occidentales dans l'arsenal des FSR, achemin&#233;es via les EAU, dont des &#233;quipements militaires fran&#231;ais. Parall&#232;lement, l'or soudanais continue d'alimenter les march&#233;s internationaux, aux EAU comme en Suisse, contribuant indirectement au financement du conflit. Cette internationalisation de la guerre au Soudan accro&#238;t les risques d'extension r&#233;gionale et complique encore davantage les tentatives, pour l'instant st&#233;riles, de m&#233;diation internationale, dans un contexte mondial de crises et de conflits majeurs o&#249; le respect du droit international n'a plus cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois ann&#233;es de combats, aucun camp ne semble en mesure d'imposer une victoire militaire d&#233;cisive. Les deux forces disposent de ressources importantes, d'armements sophistiqu&#233;s et du soutien de parrains ext&#233;rieurs. Cette situation cr&#233;e une impasse militaire, dans laquelle la population civile paie le prix le plus lourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les EAU, un ami de la France au c&#339;ur du conflit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inaction de la communaut&#233; internationale vis-&#224;-vis des violations constantes de l'embargo sur les armes au Darfour par les EAU est patente. Aucun &#201;tat n'ose critiquer publiquement cette r&#233;alit&#233; de peur de mettre &#224; mal ses relations avec ce tr&#232;s riche pays du Golfe. C'est particuli&#232;rement le cas de la France, qui d&#233;veloppe avec cette monarchie depuis plus d'une d&#233;cennie &#171; un partenariat strat&#233;gique &#187;, selon une note (4) de 2025 du minist&#232;re de l'&#201;conomie et des Finances. Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, les EAU ont &#233;t&#233; le premier acheteur d'armements fran&#231;ais. La France y dispose d'une base militaire permanente depuis 2009. Cette relation privil&#233;gi&#233;e s'illustre par des &#233;changes commerciaux qui ont atteint 8,5 milliards d'euros en 2024. Les &#201;mirats sont de loin le premier client de la France au Proche-Orient et au Moyen-Orient. Ces prochaines ann&#233;es, les EAU pr&#233;voient d'investir entre 30 et 50 milliards d'euros en France, notamment &#224; travers le projet d'un campus d&#233;di&#233; &#224; l'IA appel&#233; &#224; devenir le plus grand d'Europe dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pourtant crucial pour mettre un terme au conflit au Soudan de faire respecter l'embargo sur les armes au Darfour, et m&#234;me de l'&#233;tendre &#224; l'ensemble du Soudan, et bien entendu d'emp&#234;cher tout approvisionnement militaire des forces en pr&#233;sence. De nombreux observateurs soulignent &#233;galement que toute solution de paix durable devra in&#233;vitablement passer par un retour du pouvoir aux civils, l'exclusion des chefs militaires du processus politique et la reconstruction d'institutions &#233;tatiques l&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'ampleur des crimes commis au Soudan ces trois derni&#232;res ann&#233;es, la question de la justice reste &#233;galement centrale. Pour les millions de victimes soudanaises, d&#233;plac&#233;s, survivants de massacres, victimes de violences sexuelles, la justice constitue une condition indispensable pour toute paix durable. Sans responsabilit&#233; p&#233;nale pour les principaux auteurs de crimes internationaux, le risque est grand de voir les m&#234;mes dynamiques de violence se reproduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de s'interroger sur ceux qui provoquent ou profitent de la guerre au Soudan semble d&#233;pass&#233;. Face &#224; la poursuite de la guerre et aux atrocit&#233;s commises, la communaut&#233; internationale, en particulier l'Occident, doit agir et demander des comptes, y compris aupr&#232;s des pays du Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Des miliciens afro-arabes du Darfour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- &#171; Soudan : l'ONU intensifie ses efforts diplomatiques sur fond de crise humanitaire qui s'aggrave &#187;, Nations unies, 6 avril 2026, &lt;a href=&#034;https://news.un.org/fr/story/2026/04/1158656&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- &#171; Soudan. Des syst&#232;mes d'armement de fabrication fran&#231;aise rep&#233;r&#233;s dans le conflit &#8211; nouvelles investigations &#187;, Amnesty International, 14 novembre 2024, &lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2024/11/sudan-french-manufactured-weapons-system-identified-in-conflict-new-investigation/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- &#171; France-&#201;mirats : un partenariat strat&#233;gique en pleine expansion &#187;, minist&#232;re de l'&#201;conomie, des Finances et de la Souverainet&#233; industrielle, &#233;nerg&#233;tique et num&#233;rique, 28 f&#233;vrier 2025, &lt;a href=&#034;https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2025/02/28/france-emirats-un-partenariat-strategique-en-pleine-expansion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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