<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_mot=1582&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Crise du Covid-19 : donner la priorit&#233; &#224; la reproduction sur la production</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Crise-du-Covid-19-donner-la-priorite-a-la-reproduction-sur-la-production</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Crise-du-Covid-19-donner-la-priorite-a-la-reproduction-sur-la-production</guid>
		<dc:date>2020-03-24T08:11:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aurore Koechlin</dc:creator>


		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-24</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;orie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le livre I du Capital, Marx compare le capitalisme &#224; un vampire qui n'a de cesse d'aspirer la vie des travailleur&#183;se&#183;s : avec cette image, il montre comment le mouvement &#171; naturel &#187; du capitalisme est de consommer la force de travail au maximum, puisque id&#233;alement le travail, pour g&#233;n&#233;rer les profits, ne devrait jamais s'arr&#234;ter, et &#234;tre en marche 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site de la revue Contretemps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant toute une partie du XIXe si&#232;cle, il s'agissait de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-03-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-24&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Theorie-+" rel="tag"&gt;Th&#233;orie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton42587-655c6.jpg?1781097767' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le livre I du Capital, Marx compare le capitalisme &#224; un vampire qui n'a de cesse d'aspirer la vie des travailleur&#183;se&#183;s : avec cette image, il montre comment le mouvement &#171; naturel &#187; du capitalisme est de consommer la force de travail au maximum, puisque id&#233;alement le travail, pour g&#233;n&#233;rer les profits, ne devrait jamais s'arr&#234;ter, et &#234;tre en marche 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/coronavirus-capitalisme-reproduction/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de la revue Contretemps&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute une partie du XIXe si&#232;cle, il s'agissait de travailler jusqu'&#224; la mort, selon les t&#233;moignages de Marx et Engels, entre autres. Historiquement, c'est la lutte des classes qui a permis de r&#233;guler l'appropriation de la force de travail par les capitalistes. Mais cela est &#233;galement d&#251; aux limites internes &#224; la reproduction[1] de la force de travail : si les capitalistes &#171; d&#233;pensent &#187; trop vite la vie des travailleur&#183;se&#183;s sans permettre &#224; de nouvelles g&#233;n&#233;rations d'arriver en &#226;ge de travailler, alors on assiste &#224; une crise de la reproduction de la main-d'&#339;uvre. Et sans force de travail, pas de survaleur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il existe une contradiction fondamentale entre production et reproduction sous le capitalisme (la reproduction de la force de travail n&#233;cessite forc&#233;ment une protection de celle-ci, ce qui diminue la production), pour autant, cette derni&#232;re est une sorte de limite ind&#233;passable par le capitalisme. Il existe donc bien une n&#233;cessit&#233; imp&#233;rative pour le capitalisme de reproduire la force de travail, de m&#234;me que de produire la survaleur. Mais ordinairement cette n&#233;cessit&#233; est d&#233;guis&#233;e, y compris &#8211; voire surtout &#8211; aux yeux m&#234;mes de la majorit&#233; des travailleur&#183;se&#183;s. Le travail reproductif, majoritairement encore r&#233;alis&#233; au sein du foyer, est invisibilis&#233;. Par extension, nous n'attachons que peu de consid&#233;ration au travail reproductif, pourtant vital &#224; notre simple survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, en pleine crise du coronavirus, alors que toute l'&#233;conomie tourne au ralenti, et que nous angoissons pour savoir ce que nous allons manger ce soir, si nous allons pouvoir voir nos parents, nos enfants, etc., la question revient avec beaucoup d'acuit&#233; sous nos yeux. Mais si elle devient visible et mat&#233;rielle &#224; l'&#233;chelle individuelle, elle l'est aussi aux yeux des capitalistes. Elle prend la forme de sonnerie d'urgence &#224; la progression d&#233;mesur&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme, qui met en p&#233;ril jusqu'aux conditions m&#234;mes de notre vie. Si la production est sans limites, la n&#233;cessaire reproduction vient lui en donner. La crise du coronavirus peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les mesures du gouvernement face au coronavirus sont r&#233;v&#233;latrices de la situation de crise que nous traversons. Car m&#234;me si elles arrivent criminellement tard, pr&#233;cis&#233;ment parce que les capitalistes ont favoris&#233; pendant de nombreux mois la production sur la reproduction (ici, la sant&#233; des travailleurs et des travailleuses), leur niveau de r&#233;action est un indicateur de l'ampleur de la menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fermeture des lieux d'&#233;ducation, fermeture des commerces non vitaux, remplacement au maximum du travail par le t&#233;l&#233;travail, puis d&#233;but de quarantaine&#8230; Les mesures sont importantes et impressionnantes. Plus encore, sur les r&#233;seaux sociaux, beaucoup ont ironis&#233; sur le tournant &#171; de gauche &#187; d'Emmanuel Macron : louange des services publics hors de la loi du march&#233;, suspension des licenciements, promesse de tirer ult&#233;rieurement &#171; toutes les cons&#233;quences &#187; de la situation&#8230; En r&#233;alit&#233;, cette politique est r&#233;v&#233;latrice de deux choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, ce &#171; flash keyn&#233;sien &#187;, comme le nomme Romaric Godin, est un coup politique. Macron fait un pari : alors qu'il est un des pr&#233;sidents les plus ha&#239;s de la Ve R&#233;publique, s'il parvient &#224; g&#233;rer la crise, il sauve son mandat. Rien ne lui co&#251;te alors de louer des services publics dont il a h&#233;rit&#233; et qu'il a m&#234;me tent&#233; par tous les moyens de d&#233;truire : maintenant qu'ils sont en place, il a tout int&#233;r&#234;t &#224; les d&#233;fendre dans les discours (car dans les faits, c'est autre chose&#8230;). Si c'est ce qui permet &#224; la France de g&#233;rer la crise du coronavirus, il pourra le faire valoir comme son bilan : il pr&#233;empte en quelque sorte les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi dans ce sens qu'il faut interpr&#233;ter la confection de ce nouveau visage de p&#232;re de la nation au-dessus des conflits sociaux. Il en appelle aux travailleur&#183;se&#183;s, il en appelle aux patrons, dans une pure tradition gaulliste. Il promulgue des orientations g&#233;n&#233;rales sur le confinement, laissant &#224; ses ministres le soin des d&#233;tails pratiques (assez peu ma&#238;tris&#233;s) : qu'importe, il est au-dessus de ces questions triviales. Il peut m&#234;me, grand prince, se permettre de reporter la r&#233;forme des retraites. Ce qui est habile, car cela lui laisse &#233;ventuellement la porte ouverte pour la reporter sine die, s'il en estime le co&#251;t politique trop important : il pourra toujours arguer du coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, pour Macron, le coronavirus peut &#234;tre une aubaine politique et nous ne devons pas nous laisser tromper par cette mise en sc&#232;ne du sauveur. Pour autant, nous devons reconna&#238;tre que la pi&#232;ce est bien jou&#233;e. Mettre en place des mesures progressives, reposant d'abord sur la conviction moins que sur la r&#233;pression (en t&#233;moigne le leitmotiv de Castaner : &#171; Notre objectif n'est pas de sanctionner &#187;) est habile&#8230; Mais insuffisant. Ces mesures auraient d&#251; &#234;tre prises il y a deux semaines, comme l'a laiss&#233; entendre une Agn&#232;s Buzyn pleine de remords, r&#233;v&#233;lant un des plus effroyables mensonges d'&#201;tat jamais entendus. Prises seulement maintenant, elles n'emp&#234;cheront pas des milliers de mort&#183;e&#183;s, qui auraient pourtant pu &#234;tre sauv&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, comment expliquer l'incomp&#233;tence d'un gouvernement qui est incapable d'anticiper que la situation &#233;tait &#224; la pand&#233;mie qui vient ? N'y a-t-il pas eu tous les cris d'alerte de la Chine et de l'Italie ? Comment se fait-il que nous soyons &#224; l'heure actuelle incapables de faire ce que les m&#233;decins ont jug&#233; le plus efficace : d&#233;pister et traiter massivement ? Comment se fait-il que nous manquions du mat&#233;riel m&#233;dical le plus &#233;l&#233;mentaire, des masques et du gel hydroalcoolique, et le plus n&#233;cessaire, comme des appareils de r&#233;animation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, ces mesures sont des indicateurs de l'ampleur de la crise. Elles sont en quelque sorte des mesures d'urgence capitalistes pour emp&#234;cher une crise de la reproduction d'ampleur. Mais les limites que rencontre le capitalisme pour sauver la reproduction sont toujours les m&#234;mes : ce sont celles de la production. Ainsi, alors m&#234;me que l'appel de Macron est &#224; la responsabilisation de chacun&#183;e, il envoie des signaux contraires en continuant &#224; pousser les gens &#224; aller travailler, m&#234;me dans des secteurs non essentiels. Et du c&#244;t&#233; des secteurs essentiels, les mesures ne sont pas &#224; la hauteur pour les soignant&#183;e&#183;s ou les personnes travaillant dans l'alimentation, secteurs &#233;norm&#233;ment f&#233;minis&#233;s du fait qu'ils participent &#224; la reproduction : il faudrait &#233;quiper tou&#183;te&#183;s les travailleuses&#183;rs de masques FFP2, de gels hydroalcooliques, et doter ces secteurs des milliards qui iront pourtant aux entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme ne peut seul r&#233;soudre ses propres contradictions. C'est aux travailleur&#183;se&#183;s d'imposer leurs conditions. &#192; l'heure actuelle, la priorit&#233; est &#224; donner &#224; la reproduction sur la production. L'argent doit &#234;tre insuffl&#233; en priorit&#233; dans les secteurs de la sant&#233; et de l'alimentation. Il faut nationaliser les entreprises de fabrication de mat&#233;riels m&#233;dicaux indispensables dans la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &#224; tant avoir tard&#233;, vu nos capacit&#233;s m&#233;dicales et techniques limit&#233;es et la vitesse de la propagation du virus, une autre mesure centrale doit &#234;tre le confinement total hors secteurs indispensables &#224; la survie collective. &#201;videmment, ce confinement doit &#234;tre id&#233;alement le fruit d'une d&#233;cision collective, par en bas, et non pas impos&#233;e autoritairement par le gouvernement. Mais nous constatons la double difficult&#233; &#224; la fois &#224; mobiliser dans une p&#233;riode o&#249; la mobilisation va contre la s&#233;curit&#233; et &#224; faire &#233;lever le niveau de conscience des gens face au danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi le r&#233;sultat d'une m&#233;connaissance globale de la m&#233;decine et de la sant&#233; en g&#233;n&#233;ral, laquelle n'est pas consid&#233;r&#233;e comme un domaine du savoir g&#233;n&#233;ral et devant &#234;tre inculqu&#233;&#183;e v&#233;ritablement &#224; tou&#183;te&#183;s. Nous en payons aujourd'hui les frais, et cela devrait nous pousser &#224; repenser le rapport de nos soci&#233;t&#233;s aux savoirs m&#233;dicaux en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, dans cette situation, nous, militant&#183;e&#183;s et syndicalistes, ne sommes pas d&#233;sarm&#233;&#183;e&#183;s. L'information, d'abord, est essentielle, surtout l'information renseign&#233;e. Nous devons rendre disponible et accessible une information fiable pour notre camp social. Ensuite, la gr&#232;ve doit permettre d'imposer la fermeture des secteurs non essentiels, d'exiger des conditions de travail respectant les normes de s&#233;curit&#233; pour les secteurs essentiels, comme nous l'a montr&#233; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est d&#233;j&#224; le cas dans de nombreux lieux de travail, et cela se r&#233;pand comme une tra&#238;n&#233;e de poudre, avec les gr&#232;ves dans le secteur de l'a&#233;ronautique, dans les chantiers de l'Atlantique, aux usines de montage du Havre, &#224; General Electric en Bourgogne, &#224; PSA Mulhouse, &#224; Amazon&#8230; C'est dans cette voie qu'il faut continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous voil&#224; oblig&#233;&#183;e&#183;s, puisque les secteurs de la production sont ferm&#233;s, et apr&#232;s avoir longtemps d&#233;nigr&#233; ce mode d'organisation, de penser l'auto-organisation de la reproduction. C'est au niveau des immeubles, des quartiers, que se trouvent aujourd'hui lanc&#233;es des initiatives de solidarit&#233;. Il peut s'agir l&#224; d'exp&#233;riences in&#233;dites, m&#234;me en temps de crise extr&#234;me comme aujourd'hui, de r&#233;organisation de la reproduction. Ce sont par ailleurs les derniers espaces de politisation &#224; l'exception des r&#233;seaux sociaux et des rares lieux de travail qui resteront ouverts, puisque les limites du foyer, de l'immeuble, sont les derni&#232;res limites des rapports sociaux possibles, tout en maintenant bien s&#251;r les r&#232;gles de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, le priv&#233; est politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Nous nous r&#233;f&#233;rons ici &#224; la &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/capitalisme-reproduction-sociale/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;th&#233;orie de la reproduction sociale&lt;/a&gt;. Nous d&#233;finissons comme travail reproductif tout travail de (re)production de la force de travail. Il se d&#233;ploie dans trois principaux espaces : la famille (travail domestique), les services publics (&#233;ducation, sant&#233;), et les services &#224; la personne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
