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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Angela Davis et Assa Traor&#233; : regards crois&#233;s</title>
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		<dc:date>2020-06-16T11:30:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angela Davis, Assa Traor&#233;, Revue Ballast</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avions organis&#233; cette rencontre &#224; l'occasion de notre septi&#232;me num&#233;ro papier, paru d&#233;but 2019. Hier, mardi 26 mai 2020, un homme r&#233;pondant au nom de George Floyd, Afro-Am&#233;ricain de 46 ans, a &#233;t&#233; tu&#233;, &#233;touff&#233;, par un policier dans les rues de Minneapolis &#8212; sous le regard complice de son coll&#232;gue et les protestations des passants. En m&#233;moire de la victime, et tandis que la question des violences polici&#232;res occupe actuellement le d&#233;bat public fran&#231;ais, nous publions ici la version &#233;crite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH70/arton43822-93786.png?1677097263' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='70' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avions organis&#233; cette rencontre &#224; l'occasion de notre septi&#232;me num&#233;ro papier, paru d&#233;but 2019. Hier, mardi 26 mai 2020, un homme r&#233;pondant au nom de George Floyd, Afro-Am&#233;ricain de 46 ans, a &#233;t&#233; tu&#233;, &#233;touff&#233;, par un policier dans les rues de Minneapolis &#8212; sous le regard complice de son coll&#232;gue et les protestations des passants. En m&#233;moire de la victime, et tandis que la question des violences polici&#232;res occupe actuellement le d&#233;bat public fran&#231;ais, nous publions ici la version &#233;crite de l'&#233;change entre les deux femmes : Angela Davis, &#226;g&#233;e de 76 ans, est l'une des voix &#233;tasuniennes de l'antiracisme, du f&#233;minisme et de l'anticapitalisme ; Assa Traor&#233;, 35 ans, milite collectivement pour que justice soit faite depuis la mort de son fr&#232;re, Adama, tu&#233; par des gendarmes en 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.revue-ballast.fr/angela-davis-et-assa-traore-regards-croises/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ballast&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela, durant la Marche des femmes, organis&#233;e en janvier 2017 en r&#233;action &#224; l'investiture de Trump, vous avez appel&#233; &#224; &#171; la r&#233;sistance &#187;. Assa en appelle, quant &#224; elle, &#224; &#171; une r&#233;volution &#187;. Vous avez connu l'espoir r&#233;volutionnaire des ann&#233;es 1970 : que serait une r&#233;volution du XXIe si&#232;cle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela Davis&lt;/strong&gt; : Je ferais une distinction entre la d&#233;finition que nous avions de la &#171; r&#233;volution &#187; dans les ann&#233;es 1960 et celle &#224; laquelle nous sommes parvenus au XXIe si&#232;cle. Lorsque j'&#233;tais une jeune activiste, nous &#233;tions litt&#233;ralement entour&#233;s de moments r&#233;volutionnaires : il y avait la r&#233;volution cubaine et tous les mouvements de lib&#233;ration africains. Nous pensions vraiment que nous prenions part &#224; une r&#233;volution antiraciste qui allait renverser le capitalisme. &#192; ce stade, nous n'avions pas encore bien saisi le facteur &#171; genre &#187;. Cette r&#233;volution n'a pas eu lieu, mais notre activisme a d&#233;bouch&#233; sur de nombreuses &#233;volutions. Aujourd'hui, je parlerais du besoin de r&#233;volutions au pluriel, en reconnaissant qu'une r&#233;volution n'est pas &#224; circonscrire dans un moment unique. Il ne s'agit pas simplement de renverser l'&#201;tat ni d'en finir avec le capitalisme &#8212; bien que je souhaite que nous parvenions &#224; faire les deux ! Nous avons compris qu'il &#233;tait aussi question de renverser un capitalisme qui est un capitalisme racial, et qu'il ne peut y avoir de r&#233;volution tant que nous ne r&#233;glerons pas la question du fant&#244;me de l'esclavage et du colonialisme. Le genre est &#233;galement apparu comme un &#233;l&#233;ment central dans le cadre d'un changement social radical. Il n'y aura aucun changement tant que nous ne reconna&#238;trons pas que la violence la plus r&#233;pandue dans le monde est la violence genr&#233;e. Je pense que les objectifs d'une r&#233;volution sont beaucoup plus complexes qu'ils ne l'&#233;taient dans nos conceptions d'alors. Cela inclut &#233;videmment l'appareil r&#233;pressif d'&#201;tat &#8212; et je suis honor&#233;e de participer &#224; cet &#233;change aux c&#244;t&#233;s d'Assa Traor&#233;. La lutte dans laquelle elle est engag&#233;e d&#233;nonce de fa&#231;on claire la violence polici&#232;re et le racisme structurel comme &#233;l&#233;ments &#224; part enti&#232;re de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, comme la violence polici&#232;re et sa g&#233;n&#233;alogie avec l'esclavagisme aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Assa Traor&#233;&lt;/strong&gt; : Quand nous parlons de &#171; r&#233;volution &#187; dans le combat pour mon fr&#232;re, nous faisons toujours r&#233;f&#233;rence &#224; l'esclavagisme et au colonialisme. C'est important aujourd'hui que les gens prennent conscience que la France, ainsi que d'autres pays, ont tu&#233; tout un peuple : ce qu'on nous fait subir actuellement, on peut le comprendre en r&#233;f&#233;rence &#224; &#231;a. On parle de mai 1967, dont la France ne parle pas : en Guadeloupe, la population noire a &#233;t&#233; massacr&#233; (1). C'est une continuit&#233;. Des personnes se sont battues avant nous, sont mortes avant nous, sont parties en prison avant nous ; on ne peut laisser ce combat vain. Ce qu'on a aujourd'hui, on ne l'a pas eu gratuitement &#8212; on doit &#234;tre dans cette continuit&#233;. La r&#233;volution, &#231;a signifie renverser le syst&#232;me. Quand on a tu&#233; mon fr&#232;re le 19 juillet 2016 &#224; Beaumont-sur-Oise, ils n'ont pas eu une liste de noms dans leur gendarmerie disant &#171; On va aller tuer Adama Traor&#233; &#187;, &#171; Demain, on va aller violer &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Th%C3%A9o&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Th&#233;o&lt;/a&gt; (2) &#187;, &#171; On va aller tuer Gaye Camara (3) d'une balle dans la t&#234;te &#187;. C'est le syst&#232;me. Toute la violence que ces gendarmes et ces policiers exercent dans nos quartiers, c'est sous couvert de ce syst&#232;me r&#233;pressif, violent et raciste envers nos jeunes fr&#232;res. On les d&#233;shumanise, on leur crache dessus, on les tutoie, on les tue. Mes grands-p&#232;res se sont battus pour cette France, ils ont fait la guerre de 1939&#8211;1945 pour qu'elle r&#233;cup&#232;re sa libert&#233; : la R&#233;publique a enlev&#233; un de leurs petits-fils. Nous, on se l&#232;ve pour dire qu'on ne veut plus de &#231;a. Une jeunesse arrive derri&#232;re, des enfants vont grandir. La France va tr&#232;s mal ; nous sommes tous face &#224; ce syst&#232;me tr&#232;s puissant et nous ne pourrons avancer, tous, qu'apr&#232;s l'avoir renvers&#233;. Prendre exemple sur des personnes comme Angela ne peut que nous donner que de la force. (elles sourient)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1999, vous avez parl&#233;, Angela, de l'importance d'&#339;uvrer &#224; une &#171; unit&#233; &#187; de type politique qui ne se fonde pas sur les seuls crit&#232;res de race ou de genre. Assa, vous convoquez tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement la notion d'&#171; alliance &#187;, en lieu et place de la fameuse &#171; convergence des luttes &#187;. Comment d&#233;passer les contradictions qui existent entre toutes les luttes &#224; f&#233;d&#233;rer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Assa Traor&#233;&lt;/strong&gt; : Depuis le d&#233;but, on ne veut pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s. C'est tr&#232;s important : garder notre ligne, celle qu'on a trac&#233;e. J'entends le mot &#171; convergence &#187; depuis la mort de mon fr&#232;re ; il revient tr&#232;s fr&#233;quemment, mais j'ai surtout l'impression que c'est un mot pour se d&#233;dommager d'une conduite ou d'un comportement qu'on a pu avoir envers nous. Sur le terrain, ce n'est pas vrai : beaucoup de personnes emploient ce mot mais n'y sont pas. On ne les voit pas ; elles sont dans la th&#233;orie, ou viennent &#233;couter une intervention publique du Comit&#233; Adama, et estiment ensuite avoir &#171; converg&#233; &#187;. Ce n'est pas &#231;a. Ces personnes doivent &#234;tre &#224; nos c&#244;t&#233;s pour combattre. Ce mot, je n'en veux pas. Mais je parle d'&#171; alliance &#187;. Chaque lutte a sa fa&#231;on de penser et sa ligne politique qu'il faut respecter, qu'on soit d'accord ou non, mais nous avons tous le m&#234;me syst&#232;me et le m&#234;me &#201;tat face &#224; nous. Faisons des alliances, donc, pour les faire plier. On ne veut pas de mots : on a besoin de lutter sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela Davis&lt;/strong&gt; : Il est utile d'avoir une approche f&#233;ministe pour comprendre les rapports interrelationnels au sein des mouvements qui luttent pour la justice sociale et un changement radical. Il n'est pas possible de revendiquer la justice dans une sph&#232;re, sans la r&#233;clamer partout. La lutte pour la justice pour Adama en France est une lutte contre l'appareil r&#233;pressif d'&#201;tat et contre le racisme. C'est un appel pour l'&#233;galit&#233; et la justice dans tous les domaines. Cela doit &#234;tre la base d'une conscience des rapports interrelationnels dans les luttes &#8212; j'entends par l&#224; ce qu'on appelle commun&#233;ment l'intersectionnalit&#233; des luttes. Il n'est pas possible de penser le racisme isol&#233;ment des luttes ayant trait &#224; la violence genr&#233;e. La violence polici&#232;re est &#233;galement li&#233;e &#224; la violence intime. Si on veut comprendre pourquoi les femmes sont la cible de la pire violence, et la plus r&#233;pandue &#224; travers le monde, on doit penser l'usage de la violence fait par l'&#201;tat et le message que cela envoie aux individus. Si une personne ne peut, &#224; l'&#233;vidence, pas r&#233;soudre tous ces probl&#232;mes simultan&#233;ment, elle peut cependant avoir conscience de leur coexistence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; active pendant des d&#233;cennies dans la campagne pour la lib&#233;ration de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mumia_Abu-Jamal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mumia Abu-Jamal&lt;/a&gt; (4), mais on peut &#233;galement citer &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonard_Peltier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Leonard Peltier&lt;/a&gt; (5), le prisonnier politique d&#233;tenu le plus longtemps dans l'histoire des &#201;tats-Unis, ou encore &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Assata_Shakur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Assata Shakur&lt;/a&gt; (6), en exil &#224; Cuba et d&#233;sign&#233;e par le gouvernement des &#201;tats-Unis comme l'une des dix plus dangereux terroristes au monde. Quand quelqu'un r&#233;clame justice pour les prisonniers politiques et se trouve engag&#233; dans ces luttes, il prend conscience du lien qui existe avec celles pour l'acc&#232;s aux soins de sant&#233;, &#224; l'&#233;ducation, bref, avec toutes celles qui visent &#224; changer la soci&#233;t&#233;. La prise de conscience de la violence de l'occupation isra&#233;lienne en Palestine est un autre indicateur de la conscience de l'indivisibilit&#233; de la justice. Ainsi, un grand nombre des jeunes engag&#233;s dans Black Lives Matter et dans les mouvements en faveur des Noirs aux &#201;tats-Unis sont tr&#232;s engag&#233;s en faveur de la Palestine. Ils comprennent combien cette lutte est devenue un rep&#232;re pour tous les mouvements demandant justice : qu'il s'agisse de ceux contre l'appareil r&#233;pressif d'&#201;tat, contre la violence li&#233;e au genre, contre l'exploitation &#233;conomique, pour les droits des personnes trans&#8230; Le plus enthousiasmant dans les nouveaux mouvements &#233;tasuniens aujourd'hui, c'est ce haut degr&#233; de conscience de la jeunesse. Voil&#224; qui nous rapproche plus encore d'un engagement r&#233;volutionnaire dans des actions en faveur de la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De plus en plus de femmes occupent le devant de la sc&#232;ne des luttes antiracistes. Comment l'expliquez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela Davis&lt;/strong&gt; : Il &#233;tait temps que les femmes prennent la t&#234;te des mouvements de lutte, parce qu'elles en ont toujours &#233;t&#233; la colonne vert&#233;brale. J'insiste sans cesse sur le fait que nous n'aurions pu avoir de mouvement pour les droits civiques aux &#201;tats-Unis sans l'effort crucial d'organisation dont les femmes ont fait preuve. Trop souvent, nous ne tenons pas compte du travail des personnes dont les noms ne sont pas connus et qui n'ont pas de repr&#233;sentation &#224; titre individuel, comme les femmes noires pauvres aux &#201;tats-Unis &#8212; travail qui a pourtant permis des avanc&#233;es contre le racisme. C'est, enfin, un domaine o&#249; les femmes s'&#233;l&#232;vent &#224; travers le monde ! Il y a des slogans disant que le futur du monde est f&#233;minin. Cela ne veut pas dire qu'il s'agit uniquement des femmes &#8212; il faut d'ailleurs employer le terme &#171; femme &#187; dans son acception la plus large possible, incluant toutes les femmes quelles que soient leurs origines ethniques, nationales, sociales, ainsi que les femmes trans. Lorsque les femmes s'&#233;l&#232;vent, c'est le monde entier qui s'&#233;l&#232;ve avec elles. C'est la diff&#233;rence fondamentale entre le type de leadership qu'on a connu dans le pass&#233; et celui, collectif et con&#231;u selon une approche f&#233;ministe, que nous voyons &#224; l'&#339;uvre aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Assa Traor&#233;&lt;/strong&gt; : Si je peux prendre la parole publiquement et dire ce que je veux librement en tant que femme noire, c'est parce que de nombreuses femmes se sont battues auparavant. C'&#233;tait un droit que nous n'avions pas. La femme a aujourd'hui une place tr&#232;s importante ; elle porte beaucoup de luttes. Mais nos fr&#232;res ne peuvent pas participer &#224; la construction de ce monde, de cette France et de leur propre vie. Ces gar&#231;ons, d&#233;truits int&#233;rieurement, vont &#234;tre isol&#233;s, enferm&#233;s. Adama est devenu un symbole : on veut que son nom soit porteur de beaucoup de choses. &#192; travers ma voix de femme, de femme noire et de s&#339;ur, je veux dire que nos fr&#232;res ont aussi le droit de parler. Un jour, on m'a demand&#233; ce que je pensais de la Journ&#233;e de la femme (7), le 8 mars : c'est une belle journ&#233;e, c'est une lutte qu'il faut continuer pour que toutes les femmes du monde puissent avoir les droits qu'elles m&#233;ritent mais n'ont pas, ou n'ont jamais eus. Mais j'ai retourn&#233; la question : &#171; Face &#224; quels hommes devons-nous nous battre ? &#187; Nos fr&#232;res ne sont pas consid&#233;r&#233;s face aux hommes qui ont le pouvoir. Ils sont sous-cat&#233;goris&#233;s. Je dis en tant que femme : &#171; Vous avez tu&#233; mon fr&#232;re et ses r&#234;ves, vous avez enlev&#233; sa voix, mais on va continuer &#224; les faire vivre &#224; travers d'autres noms, d'autres gar&#231;ons &#224; qui vous n'enl&#232;verez pas la voix et qui pourront participer &#224; la construction de leur vie. &#187; La femme noire est un fantasme sexuel de l'homme blanc depuis bien longtemps : elle a toujours &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme &#233;tant moins nuisible que l'homme noir ; elle est exotique ; elle est moins attaqu&#233;e &#8212; du moins, pas de la m&#234;me fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela, alors que vous &#233;tiez incarc&#233;r&#233;e, un journaliste vous a demand&#233; de vous justifier sur &#171; la violence &#187;. Cela vous avait agac&#233;e. Vous avez r&#233;pondu que la premi&#232;re des violences est celle du syst&#232;me. Assa, vous faites savoir qu'il faut &#233;viter le pi&#232;ge que l'&#201;tat tend, &#224; savoir r&#233;pondre violemment &#224; sa violence. Comment canaliser, organiser la col&#232;re populaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela Davis&lt;/strong&gt; : Des luttes radicales &#233;mergent, en particulier contre les violences d'&#201;tat, et la question de la violence se voit pos&#233;e &#224; ceux qui r&#233;sistent. Dans cette vid&#233;o qui date d'un demi-si&#232;cle, je r&#233;agissais &#224; la question de ce journaliste qui voulait que ce soit moi qui parle de l'usage de la violence &#8212; sans avoir consid&#233;r&#233; que c'est l'&#201;tat et ses repr&#233;sentants qui ont le monopole de la violence. C'est toujours d'actualit&#233;. La violence polici&#232;re &#8212; ces attaques contre les communaut&#233;s noires et arabes dont vous faites l'exp&#233;rience ici, en France &#8212; s'exerce sans rel&#226;che depuis le colonialisme. Notre analyse de la violence est devenue hautement plus complexe et difficile. C'est pourquoi j'appr&#233;cie vraiment ce que les jeunes font aujourd'hui dans les campagnes contre les violences polici&#232;res, ou contre le complexe industrialo-carc&#233;ral. Pendant des d&#233;cennies et des d&#233;cennies, nous n'avons cess&#233; de demander que des individus responsables de violences polici&#232;res (ou de la violence des agents de s&#233;curit&#233;, comme ce fut cas avec &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Trayvon_Martin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trayvon Martin&lt;/a&gt; (8) et George Zimmerman, qui l'a tu&#233;) soient poursuivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement r&#233;cent reconna&#238;t que ce ne sont pas seulement les individus qui devraient &#234;tre poursuivis en justice, car on pourrait poursuivre chaque agent un par un : la violence continuera &#224; faire partie int&#233;grante de la structure du syst&#232;me policier. Ce que j'estime vraiment n&#233;cessaire, c'est l'analyse structurelle, le fait d'envisager les personnes dans un contexte plus large. On doit, plut&#244;t, envisager la d&#233;militarisation de la police. Aux &#201;tats-Unis, nous militons pour l'abolition du maintien de l'ordre public tel que nous l'avons connu jusqu'&#224; pr&#233;sent ; cela, bien s&#251;r, en nous fondant sur le mod&#232;le utilis&#233; pour exiger l'abolition de l'emprisonnement comme mod&#232;le punitif dominant. Ce dont il s'agit, c'est de l'abolition de la police en tant que mode de s&#233;curit&#233;. C'est en cela que je pense que l'analyse structurelle peut d&#233;boucher sur une voie bien plus radicale que de continuer &#224; r&#233;clamer la poursuite d'individus, encore et encore. Car la violence reste toujours int&#233;gr&#233;e dans la structure polici&#232;re : l'abolition du maintien de l'ordre et l'abolition de l'emprisonnement sont des demandes radicales, car elles impliquent que nous r&#233;fl&#233;chissions &#224; toute une gamme de nouvelles connexions, en sachant que l'&#233;ducation, la sant&#233;, l'habitat et le travail sont autant de questions qui pourront &#234;tre r&#233;gl&#233;es si on essaie d'&#233;radiquer de nos soci&#233;t&#233;s la violence structurelle inh&#233;rente &#224; la police et aux prisons. Et ceci est une approche f&#233;ministe, qui plus est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Assa Traor&#233;&lt;/strong&gt; : D&#232;s qu'on me parle de violence, je dis que la premi&#232;re des violences est celle que mon fr&#232;re a subie. Il a subi un placage ventral &#8212; cette technique d'immobilisation est interdite dans plusieurs &#201;tats aux &#201;tats-Unis ainsi que dans des pays europ&#233;ens frontaliers, mais elle continue d'&#234;tre pratiqu&#233;e en France. C'est cette violence qu'il faut d&#233;noncer. Mon fr&#232;re leur a dit qu'il n'arrivait plus &#224; respirer et ils ont continu&#233; &#224; le compresser, sans l'emmener &#224; l'h&#244;pital. On va le laisser mort comme un chien sans lui apporter aucun soin. Ces gendarmes sont des militaires, ils sont cens&#233;s sauver toutes les personnes humaines ; ce jour-l&#224;, ils auront pourtant un droit de mort. La violence appelle la violence. Ce sont eux qui appellent donc &#224; la violence. &#192; leurs yeux, la justice n'&#233;tait pas un de nos droits. Mais nous leur disons qu'on ne le qu&#233;mande pas, qu'il nous est d&#251;. On subit des violences et de la r&#233;pression : mes cinq fr&#232;res sont actuellement en prison. Mais pourquoi les gendarmes ne sont-ils toujours pas mis en examen ? Notre syst&#232;me est celui d'une justice &#224; deux vitesses. Les fr&#232;res Traor&#233; sont condamn&#233;s sur-le-champ, mais les gendarmes, apr&#232;s deux ans, sont toujours en libert&#233; : ils n'ont ni &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;s, ni mis en examen, ni condamn&#233;s. Il faut des personnes pour remplir les prisons ; il faut des coupables id&#233;aux : ceux qui n'ont pas la bonne couleur ou la bonne religion. Quand on met des sous dans le syst&#232;me r&#233;pressif mais qu'on n'en met pas dans les soins ou dans l'&#233;ducation, &#231;a justifie le fait de remplir ces prisons. Aux &#201;tats-Unis, on parle de syst&#232;me &#171; racial &#187; ; en France, on parle uniquement de &#171; social &#187;, on masque. D'ailleurs, ce syst&#232;me social n'est pas le m&#234;me partout, que ce soit dans nos quartiers ou dans les villes tr&#232;s pauvres de France. On met des quartiers en souffrance quand on ne leur donne pas de moyens, une souffrance cibl&#233;e. Maintenant, quand on organise un &#233;v&#232;nement sportif avec des enfants en hommage &#224; Adama, le syst&#232;me nous envoie l'arm&#233;e : des militaires, les armes &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela, dans une conf&#233;rence avec &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Judith_Butler&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Judith Butler&lt;/a&gt;, vous avez parl&#233; des attaques et des divisions qui minent et blessent, de l'int&#233;rieur, les espaces en lutte. Face &#224; cela, vous revendiquez la n&#233;cessit&#233; de se gu&#233;rir collectivement : qu'entendez-vous par l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela Davis&lt;/strong&gt; : L'une des contributions majeures des jeunes activistes aujourd'hui, particuli&#232;rement ceux qui s'impliquent contre la violence &#8212; polici&#232;re, &#224; l'encontre des femmes trans de couleur qui subissent des violences institutionnelles, domestiques &#8212;, c'est d'avoir compris l'importance qu'il y a, dans l'engagement concret, &#224; prendre soin de soi. Car militer peut &#234;tre tr&#232;s dommageable. Cela n'a aucun sens de se d&#233;truire et de s'user dans un processus visant &#224; se battre pour un monde meilleur. J'appr&#233;cie de voir comment les personnes de Black Lives Matter, qui ont souvent des f&#233;ministes noires &#224; leur t&#234;te, ont incorpor&#233; des rituels de soin de soi dans leur organisation. Elles consid&#232;rent que la personne dans son int&#233;gralit&#233; doit &#234;tre impliqu&#233;e dans le mouvement. Nous pensions, en tant que militants r&#233;volutionnaires, que nous laissions tous nos probl&#232;mes de c&#244;t&#233; lorsque nous rejoignions un collectif, tous les traumas dont nous avions fait l'exp&#233;rience. Cela ne marche pas : ceux-ci &#233;mergent et peuvent entraver ou d&#233;truire le mouvement. Nombre d'entre nous font appel &#224; des pratiques plus ou moins individuelles d'attention &#224; soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, quand j'&#233;tais en prison il y a plusieurs dizaines d'ann&#233;es, j'ai appris &#224; pratiquer le yoga et la m&#233;ditation &#8212; deux pratiques qui, au fil des ans, ont continu&#233; de m'accompagner. Mais cela ne devraient pas &#234;tre limit&#233; &#224; des pratiques individuelles : il nous faut apprendre &#224; d&#233;velopper des approches collectives. Je n'ai pas de r&#233;ponse. Je me souviens parfaitement quand, encore jeune militante, nous avions organis&#233; des campagnes contre les violences polici&#232;res et les meurtres de jeunes hommes noirs par la police dans notre communaut&#233; : certains leaders de sexe masculin &#233;taient eux-m&#234;mes violents au sein de leur couple. Ils frappaient leur compagne. Nous n'avions ni les mots, ni le contexte pour comprendre la connexion entre les deux. Aujourd'hui, nous les avons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Assa Traor&#233;&lt;/strong&gt; : Depuis la mort de mon fr&#232;re, on subit des pressions, des r&#233;pressions, des menaces de mort. Ils ont mis mes fr&#232;res en prison &#224; une vitesse &#233;clair, sans investigations pouss&#233;es. On est face &#224; un &#201;tat et une justice qui nous ont d&#233;clar&#233; la guerre : les deux syst&#232;mes les plus puissants du monde&#8230; Ils ont fait de nous, malgr&#233; nous, des soldats. Mes mamans vivent dans toute cette souffrance. Une vingtaine de jeunes de notre quartier a &#233;t&#233; mise en prison. Comment as-tu g&#233;r&#233; tous ces probl&#232;mes ? Comment continuer &#224; lutter quand on veut d&#233;truire la cellule familiale ? C'est l'amour qu'il y a entre nous qui fait bloc ; ils n'arrivent pas &#224; le casser, donc ils nous mettent en prison. Comment, par ton exp&#233;rience, nous donner de la force ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela Davis&lt;/strong&gt; : C'est une grande question, merci. (en fran&#231;ais) J'appr&#233;cie beaucoup la mani&#232;re dont tu l'as formul&#233;e. Nous devons penser dans un contexte plus large. Ce qui a caract&#233;ris&#233; les luttes noires pour la libert&#233;, o&#249; que ce soit sur la plan&#232;te, n'a pas tant &#233;t&#233; la violence ou les blessures, qui se sont succ&#233;d&#233; continuellement, que la capacit&#233; &#224; survivre. Il est crucial d'insister sur ce point. Nous avons une histoire commune de d&#233;veloppement de strat&#233;gies, pas seulement pour la survie mais &#233;galement pour imaginer la libert&#233; et des mondes nouveaux. Cela concerne pour une grande part le domaine de la culture, et c'est pour &#231;a que la musique a &#233;t&#233; si importante dans les luttes noires de par le monde. Aujourd'hui en particulier, il faut prendre au s&#233;rieux ce que l'on pourrait appeler la dimension esth&#233;tique de nos luttes. Il est important de reconna&#238;tre que les gens cr&#233;atifs &#8212; qui cr&#233;ent de la musique, de la po&#233;sie ou d'autres formes d'art &#8212; y jouent un v&#233;ritable r&#244;le. Ils sont la capacit&#233; d'imaginer un monde nouveau, un monde meilleur. Et l'imaginer ensemble, c'est ce qui est au c&#339;ur de la production culturelle issue des histoires des personnes de descendance africaine. J'y ai trouv&#233; beaucoup d'espoir, de r&#233;confort et d'inspiration sur le plan pratique. Je travaille beaucoup sur le jazz. Je ne suis pas musicienne mais je r&#233;fl&#233;chis sur les relations qui existent entre le jazz et la justice sociale, sur le fait que les musiciens de jazz ont une tr&#232;s longue histoire, encore m&#233;connue, de contestation du racisme. La musique nous permet d'entrevoir de nouvelles communaut&#233;s imaginaires qui nous aideront &#224; faire face aux formes de violence quotidienne destructrice, comme celle qui a &#233;t&#233; exerc&#233;e sur ta famille. Ce n'est pas une r&#233;ponse, ce n'est qu'un d&#233;but&#8230; (elle sourit)&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Le 26 mai 1967, &#224; Pointe-&#224;-Pitre, les ouvriers du b&#226;timent se mettent en gr&#232;ve pour une augmentation de salaire : le refus patronal entra&#238;ne une &#233;meute. La r&#233;pression fera officiellement huit morts. Le secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233; des DOM-TOM, Georges Lemoine, &#233;voquera 87 morts et Christiana Taubira fera &#233;tat de 100 morts.&#8593;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- En f&#233;vrier 2017, Th&#233;o Luhaka, 22 ans, est contr&#244;l&#233; par des agents de police &#224; Aulnay-sous-Bois : une plaie longitudinale de 10 centim&#232;tres du canal anal et une section du muscle sphinct&#233;rien, caus&#233;s par l'insertion d'un b&#226;ton t&#233;lescopique, vaudront &#224; l'un des policiers d'&#234;tre mis en examen pour &#171; viol &#187;. Une expertise m&#233;dicale avancera cependant que le geste &#171; n'est pas contraire aux r&#232;gles de l'art &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Le 17 janvier 2018, &#224; Epinay-sur-Seine, un jeune homme de 26 ans est abattu : la police l'accuse d'avoir tent&#233; de lui &#233;chapper au volant d'une voiture signal&#233;e vol&#233;e..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Membre du Black Panther Party, il est condamn&#233; en 1982 &#224; la peine de mort pour le meurtre d'un policier de Philadelphie ; en 2008, une cour d'appel f&#233;d&#233;rale annule sa condamnation &#224; mort pour vice de proc&#233;dure mais confirme l'accusation. Mumia Abu-Jamal a quant &#224; lui toujours plaid&#233; son innocence. Amnesty International appelle &#224; la tenue d'un nouveau proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Membre de l'American Indian Movement, il est incarc&#233;r&#233; depuis 1976 et condamn&#233; &#224; deux peines &#224; perp&#233;tuit&#233; pour la mort deux agents du FBI. Faits qu'il continue de contester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- Membre du Black Panther Party et de la Black Lib&#233;ration Army, elle est condamn&#233;e &#224; perp&#233;tuit&#233; pour le meurtre d'un policier lors d'une fusillade ; apr&#232;s s'&#234;tre &#233;vad&#233;e en 1979, elle a obtenu l'asile politique &#224; Cuba. Elle a toujours clam&#233; son innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- Journ&#233;e internationale des droits des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8- Ce jeune homme de 17 ans, afro-am&#233;ricain, a &#233;t&#233; tu&#233;, non arm&#233;, par un agent de s&#233;curit&#233; le 26 f&#233;vrier 2012 en Floride : le soup&#231;onnant de pr&#233;parer un &#171; mauvais coup &#187;, ce dernier s'avan&#231;a vers Martin ; une altercation s'ensuivit et l'agent ouvrit le feu, invoquant la l&#233;gitime d&#233;fense. En juillet 2013, le jury d&#233;clara Zimmerman non coupable des charges retenues contre lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelle transition &#233;cologique voulons-nous pour le Qu&#233;bec post-covid ? Et comment financer cette transition ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelle-transition-ecologique-voulons-nous-pour-le-Quebec-post-covid-Et-comment</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quelle-transition-ecologique-voulons-nous-pour-le-Quebec-post-covid-Et-comment</guid>
		<dc:date>2020-06-04T16:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;seau Militant &#201;cologiste de Qu&#233;bec solidaire (RM&#201;-QS)</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mercredi 3 Juin de 19h &#224; 21h, nous aurons le plaisir de discuter des ces questions avec 4 pan&#233;listes qui nous parleront de la situation autochtone, de la transition juste et sobre et de la planification d&#233;mocratique n&#233;cessaire pour sortir de la crise et construire un Qu&#233;bec plus r&#233;silient et juste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pan&#233;listes invit&#233;.e.s : Alisha Tukkiapik : responsable de la Commission nationale autochtones de QS Gabriel Rompr&#233; : responsable de la Commission th&#233;matique &#233;conomie de QS Yves-Marie Abraham : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH56/arton43838-f0533.png?1677097139' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='56' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mercredi 3 Juin de 19h &#224; 21h, nous aurons le plaisir de discuter des ces questions avec 4 pan&#233;listes qui nous parleront de la situation autochtone, de la transition juste et sobre et de la planification d&#233;mocratique n&#233;cessaire pour sortir de la crise et construire un Qu&#233;bec plus r&#233;silient et juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pan&#233;listes invit&#233;.e.s : &lt;br class='autobr' /&gt;
Alisha Tukkiapik : responsable de la Commission nationale autochtones de QS&lt;br class='autobr' /&gt;
Gabriel Rompr&#233; : responsable de la Commission th&#233;matique &#233;conomie de QS&lt;br class='autobr' /&gt;
Yves-Marie Abraham : Professeur au Service de l'enseignement du management &#224; HEC Montr&#233;al&lt;br class='autobr' /&gt;
Audrey Laurin-Lamothe : docteure en sociologie et chercheure &#224; l'IRIS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les pr&#233;sentations des pan&#233;listes seront suivi d'une courte p&#233;riode de questions et d'une longue p&#233;riode d'&#233;change et d&#233;bats entre les participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se joindre &#224; la vid&#233;oconf&#233;rence : &lt;a href=&#034;https://global.gotomeeting.com/join/905086293&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://global.gotomeeting.com/join/905086293&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez aussi appeler &#224; l'aide de votre t&#233;l&#233;phone.&lt;br class='autobr' /&gt;
Canada : +1 (647) 497-9373&lt;br class='autobr' /&gt;
Code d'acc&#232;s : 905-086-293&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organis&#233;e par le R&#233;seau Militant &#201;cologiste (RM&#201;) de Qu&#233;bec Solidaire, cette 4e et derni&#232;re conf&#233;rence-d&#233;bats du RM&#201; se veut une contribution &#224; la r&#233;vision du plan de transition Maintenant ou jamais pr&#233;sent&#233; par Qu&#233;bec solidaire &#224; la population lors des &#233;lections de 2018. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous y discuterons, entre autres, des questions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les besoins &#233;conomiques et politiques des Inuits et des Premi&#232;res Nations actuellement (Covid et Post-Covid ) ? Comment peuvent-ils profiter de la relance post-covid pour instaurer une &#233;conomie d&#233;mocratique et juste pour les populations ? Quel genre d'&#233;conomie veulent-ils ou devraient-ils d&#233;velopper pour donner le contr&#244;le &#224; la population ? (propri&#233;t&#233; priv&#233;e, &#233;tatique, collective, Coop, OBNL, etc. ?) Comment mobiliser les peuples autochtones pour ce faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment distinguer une &#233;conomie d&#233;croissantiste et sobre en &#233;nergie d'une &#233;conomie de crise (ch&#244;mage massif, fermetures et faillites, baisse de salaires etc.) ? Quels secteurs de l'&#233;conomie seraient appel&#233;s &#224; cro&#238;tre ou &#224; d&#233;cro&#238;tre ? Comment situer les volont&#233;s du capital de d&#233;velopper l'&#233;conomie num&#233;rique ou algorithmique ? Quels pourraient &#234;tre le r&#244;le de l'&#233;tat qu&#233;b&#233;cois et les formes de participation d&#233;mocratique de la population dans ce processus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment financer cette transition ? Banque d'&#233;tat, nationalisations des banques et des secteurs de l'&#233;conomie, r&#233;&#233;quilibrage de l'&#233;conomie, planification &#233;tatique. Quels seraient les effets sur l'&#233;conomie et la population du Qu&#233;bec ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que propose Qu&#233;bec Solidaire au sujet du financement de la transition de l'&#233;conomie ? Paliers d'imposition plus progressifs, taxes, bonus-malus, emprunts, r&#232;glementation plus s&#233;v&#232;re, bourse du carbone, etc. ? Que disent le programme de QS et le plan de transition Maintenant ou jamais &#224; ce sujet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biographie des participant.e.s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alisha Tukkiapik : &#226;g&#233;e de 28 ans, Alisha est travailleuse communautaire &#224; Kuujjuarapik au Nunavik. Elle a &#233;t&#233; candidate de Qu&#233;bec solidaire dans la circonscription d'Ungava aux &#233;lections de 2018. Elle assume la responsabilit&#233; de la Commission nationale autochtone (CNA) et si&#232;ge, &#224; ce titre, au comit&#233; de coordination national (CCN) de Qu&#233;bec solidaire. Peux-tu l'ajouter ? Qu'arrive-t-il de la vid&#233;o de la 3e conf&#233;rence ??&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gabriel Rompr&#233; : est responsable de la Commission th&#233;matique sur l'&#233;conomie, la fiscalit&#233; et la lutte &#224; la pauvret&#233; de Qu&#233;bec Solidaire. D&#233;tenteur d'une ma&#238;trise en sociologie et d'une ma&#238;trise en administration des affaires, il se sp&#233;cialise en mesure de l'impact social des politiques publiques au sein de l'Unit&#233; pour l'impact et l'innovation du Gouvernement du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yves-Marie Abraham : professeur &#224; HEC Montr&#233;al, o&#249; il enseigne la sociologie de l'&#233;conomie et m&#232;ne des recherches sur le th&#232;me de la d&#233;croissance. Ses travaux sur les fondements sociaux de la r&#233;alit&#233; &#233;conomique l'ont amen&#233; &#224; s'int&#233;resser de pr&#232;s &#224; l'&#034;objection de croissance&#034;. Il a dirig&#233; notamment la publication d'un ouvrage collectif sur le sujet : D&#233;croissance versus d&#233;veloppement durable. D&#233;bats pour la suite du monde (&#201;cosoci&#233;t&#233;, 2011), et cr&#233;&#233; l'un des premiers cours universitaires sur la &#034;d&#233;croissance soutenable&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Audrey Laurin-Lamothe : est docteure en sociologie et professeure adjointe au D&#233;partement de science sociale de l'Universit&#233; York &#224; Toronto, o&#249; elle enseigne au programme Business &amp; Society. En 2019, elle a publi&#233; Financiarisation et &#233;lite &#233;conomique au Qu&#233;bec aux Presses de l'Universit&#233; Laval. Ses recherches ant&#233;rieures ont port&#233; sur la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement du Qu&#233;bec, les in&#233;galit&#233;s sociales, la r&#233;mun&#233;ration des hauts dirigeants d'entreprise, la stagnation des salaires, la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise et le management dans les organisations postfordistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S'indigner, d&#233;noncer, combattre !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Point-de-mire-du-2-juin-2020</link>
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		<dc:date>2020-06-04T13:24:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse-toi &#224; gauche !</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ces points de mire, Presse-toi &#224; gauche pr&#233;sente synth&#233;tiquement des &#233;l&#233;ments d'analyses d'articles publi&#233;s dans l'&#233;dition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d'actualit&#233; et les d&#233;bats en cours. Points de mire, pour bien marquer o&#249; nous voulons en venir ! &lt;br class='autobr' /&gt; Dans l'&#233;dition de cette semaine de Presse-toi &#224; gauche, Yvan Perrier a d&#233;couvert un &#171; pot aux roses douteux et empoisonn&#233; pour les syndicats &#187; dans la proposition &#171; d 'entente de principe &#187; que propose le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Points-de-mire-" rel="directory"&gt;Points de mire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton43884-56adf.png?1674691908' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans ces points de mire, Presse-toi &#224; gauche pr&#233;sente synth&#233;tiquement des &#233;l&#233;ments d'analyses d'articles publi&#233;s dans l'&#233;dition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d'actualit&#233; et les d&#233;bats en cours. Points de mire, pour bien marquer o&#249; nous voulons en venir !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'&#233;dition de cette semaine de Presse-toi &#224; gauche, &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Negociation-dans-les-secteurs-public-et-parapublic-43854&#034;&gt;Yvan Perrier a d&#233;couvert un &lt;i&gt;&#171; pot aux roses douteux et empoisonn&#233; pour les syndicats &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; dans la proposition &#171; d 'entente de principe &#187; que propose le gouvernement aux salari&#233;.e.s de la fonction publique ; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Faire-oublier-la-crise-vite&#034;&gt;Ren&#233; Charest souligne que les politicien.ne.s n&#233;olib&#233;raux ne reviennent jamais sur leurs r&#233;formes&lt;/a&gt;, n'en font jamais le bilan et nous reproduisons &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Angela-Davis-et-Assa-Traore-regards-croises&#034;&gt;une entrevue avec Angela Davis et Assa Traor&#233;&lt;/a&gt; men&#233;e par la revue &lt;i&gt;Ballast&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvan Perrier souligne les bourdes du premier ministre Legault ainsi que celles de son ministre des Finances qui avance des informations trompeuses sur l'allure des n&#233;gociations. De plus, ce qui &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme une offre globale de l'&#201;tat-employeur &#233;tait refus&#233;e par de nombreuses organisations syndicales. De plus, l'auteur d&#233;nonce des man&#339;uvres du gouvernement digne de l'&#233;poque de Maurice Duplessis, man&#339;uvres qui visent &#224; inciter &#224; une signature rapide des organisations syndicales en agitant une carotte all&#233;chante &#224; prendre imm&#233;diatement ou &#224; laisser. Il d&#233;plore que les syndicats soient laiss&#233;s &#224; eux m&#234;mes alors que l'opposition &#224; l'Assembl&#233;e nationale, dont Qu&#233;bec solidaire qui devrait &#234;tre un alli&#233; naturel dans ce dossier, concentre ses tirs sur la ministre Marguerite Blais en pleine crise des CHSLD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Charest souligne que l'ancien ministre de la sant&#233; Gaetan Barrette refuse de porter le bl&#226;me pour les rat&#233;s du syst&#232;me en ces temps de pand&#233;mie. Pour l'auteur, il ne s'agit pas d'un trait de personnalit&#233; mais d'une d&#233;monstration que &#171; le n&#233;o-lib&#233;ralisme est incapable de faire son auto-critique et de revoir ses orientations &#187; Il craint pour les lendemains de la crise que le gouvernement Legault ne proc&#233;dera pas comme annonc&#233; &#224; un examen du syst&#232;me de sant&#233; sauf en surface. Il souhaite des Etats g&#233;n&#233;raux en sant&#233; et services sociaux afin de faire une vraie analyse des cons&#233;quences des politiques n&#233;olib&#233;rales impos&#233;es au syst&#232;me au cours des derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angela Davis n'a plus besoin de pr&#233;sentation : militante de gauche et f&#233;ministe, elle est une figure de proue de la lutte contre le racisme aux &#201;tats-Unis. Assa Traor&#233; est la s&#339;ur d'un jeune noir fran&#231;ais, Adama, tu&#233; par la police fran&#231;aise en 2016. Elles &#233;changent sur la lutte pour plus de justice contre le racisme dans le contexte de la reprise des luttes aux &#201;tats-Unis et en France. Elles concluent en ces termes : nous sommes &lt;i&gt;&#171; face &#224; un &#201;tat et une justice qui nous ont d&#233;clar&#233; la guerre : les deux syst&#232;mes les plus puissants du monde&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Lendemains-de-crise-eviter-les-erreurs-du-passe&#034;&gt;Claude Vaillancourt appelle &#224; &#233;viter de reprendre nos vieilles habitudes&lt;/a&gt; et revenir aux pratiques d'avant la crise, l'ex-coordonnateur de la Coalition solidairit&#233; sant&#233; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/LE-VIRUS-BARRETTE&#034;&gt;Jacques Benoit s'insurge contre les tentatives de r&#233;&#233;crire l'histoire&lt;/a&gt; et de prot&#233;ger l'image de l'ex-ministre de la sant&#233; Ga&#233;tan Barrette pour l'&#233;tat dans lequel il a laiss&#233; le syst&#232;me de sant&#233;, &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Participez-a-la-semaine-d-action-pour-un-SauvetageFeministe-du-1er-au-5-juin&#034;&gt;Sauvetage f&#233;ministe invite &#224; une semaine de mobilisation&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Sans-affronter-le-capital-financier-le-radicalisme-pro-climat-est-une-leurre&#034;&gt;Marc Bonhomme explique comment le gouvernement f&#233;d&#233;ral s'allie aux grandes banques&lt;/a&gt; dans une tentative de &lt;i&gt;&#171; sauver le syst&#232;me &#187;&lt;/i&gt; et appelle &#224; une &lt;i&gt;&#171; prise de contr&#244;le populaire de l'&#233;pargne nationale. &#187;&lt;/i&gt; Enfin, &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Pour-une-relance-des-arts-pour-les-arts&#034;&gt;Yves Bergeron r&#233;agit &#224; l'annonce du plan de d&#233;confinement de la ministre de la culture&lt;/a&gt; et n'y voit qu'improvisation et incompr&#233;hension des besoins de r&#233;formes structurelles du secteur des arts au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SUR LA SC&#200;NE INTERNATIONALE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux analyses de faits : une sur la situation des personnes migrantes et l'autre sur la situation au Moyen-Orient. Suivies d'analyses de fonds sur la capitalisme num&#233;rique et sur ces liens avec le patriarcat. Tout cela pour rendre compte de la situation internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Le-capitalisme-ne-peut-pas-repondre-aux-besoins-des-travailleurs-migrants-et&#034;&gt;Le capitalisme ne peut pas r&#233;pondre aux besoins des travailleurs migrants et leurs familles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du Covid a permis aux pays de l'Union Europ&#233;enne de retirer leurs bateaux militaires en mission appel&#233;e&lt;i&gt; Sophie&lt;/i&gt; qui a permis de sauver environ 45 000 personnes. &#192; la situation des personnes migrantes s'est ajout&#233;e l'&#233;tat d&#233;sastreux des camps, qui en plus d'&#234;tre des foyers de contagion sont aussi insalubres : mettre 40 000 personnes entass&#233;es dans un endroit qui devrait en contenir 7 000 et cela sans service d&#233;montre clairement l'&#233;tat des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les pays de l'Union Europ&#233;enne refusent de voir cette &#233;tat de fait et recoure m&#234;me &#224; l'entreprise priv&#233;e dans leurs pratiques de refoulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sort des personnes migrantes s'ajoute la propagande raciste latente dans la soci&#233;t&#233; encourag&#233;e par l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur poursuit son propos en d&#233;crivant la situation en Belgique. Il montre aussi que si les &#201;tats acceptent de r&#233;gulariser les personnes sans papiers c'est pour &lt;i&gt;&#171; utiliser la main d'oeuvre migrante &#224; bon march&#233; pendant la crise pour r&#233;pondre aux besoins d&#251; manque de main d'oeuvre dans les secteurs en p&#233;nurie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re partie de l'article porte sur un programme de revendications &#224; mettre de l'avant pour unir toutes personnes travailleuses, les migrant-e-s, les sans papier en prenant l'argent servant aux d&#233;penses militaires pour le bien-&#234;tre des personnes non r&#233;gularis&#233;es. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La seule issue de sortie r&#233;aliste de la crise des r&#233;fugi&#233;s est une lutte unitaire de tous les travailleurs, ind&#233;pendamment de leur origine, de leur genre ou encore de leur orientation sexuelle, pour arracher les leviers de l'&#233;conomie des mains de l'&#233;lite capitaliste. Il sera ainsi possible de disposer des moyens n&#233;cessaires pour mettre fin aux guerres, &#224; la mis&#232;re, &#224; la destruction de l'environnement. Seule l'instauration d'une nouvelle soci&#233;t&#233;, une soci&#233;t&#233; socialiste d&#233;mocratique, sera de nature &#224; voir na&#238;tre un monde o&#249; la libert&#233; de circulation sera r&#233;elle et d&#233;barrass&#233;e de la logique d'exploitation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc comme le titre l'indique : le capitalisme ne peut rien pour les personnes migrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/La-pandemie-et-la-crise-petroliere-pourraient-provoquer-le-retour-d-un-deuxieme&#034;&gt;Entretien d'Ashley Smith avec Gilber Achcar &lt;br class='autobr' /&gt;
La pand&#233;mie et la crise p&#233;troli&#232;re pourraient provoquer le retour d'un deuxi&#232;me printemps arabe avec une force redoubl&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet entrevue de Gilbert Achcar fait ressortir deux point essentiels de la conjoncture actuelle au Moyen-Orient : la crise p&#233;troli&#232;re et les mobilisations de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la crise p&#233;troli&#232;re. Gilbert Achcar insiste pour faire la distinction entre pays p&#233;troliers riches qui vont mieux s'en sortir malgr&#233; la Covid (Arabie saoudite) et les pays exportateurs &#224; forte population (Iran, Irak, Alg&#233;rie) qui seront oblig&#233;s de prendre des mesures d'aust&#233;rit&#233; provoquant ainsi l'indignation de leur population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rajoute aussi que &lt;i&gt;&#171; La guerre du p&#233;trole saoudienne a frapp&#233; l'&#233;conomie iranienne, ce qui &#233;tait la premi&#232;re et principale intention de Riyad. La combinaison de toute cette situation est catastrophique pour l'Iran. Sa capacit&#233; &#224; consolider son influence dans la r&#233;gion gr&#226;ce &#224; ses troupes de soutien en Irak, en Syrie et au Liban sera s&#233;rieusement limit&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les mouvements de masse, les mobilisations au Soudan sont d&#233;crites. Et des parall&#232;les sont aussi faites avec le Printemps arabe de 2012. &lt;i&gt;&#171; Le mouvement ne s'est jamais &#233;t&#233; compl&#232;tement &#233;teint. Malgr&#233; les complications survenues apr&#232;s 2013, le processus r&#233;volutionnaire s'est poursuivi avec des explosions occasionnelles dans toute la r&#233;gion, du Maroc &#224; la Tunisie, du Soudan, &#224; l'Irak et &#224; la Jordanie. Puis une nouvelle vague de protestations a commenc&#233; en d&#233;cembre 2018 au Soudan, et s'est &#233;tendue &#224; l'Alg&#233;rie, &#224; l'Irak et au Liban. Les m&#233;dias ont appel&#233; ce processus le deuxi&#232;me printemps arabe. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux le&#231;ons de toutes ces mobilisations peuvent &#234;tre retenues ; l'importance de l'organisation d&#233;mocratique &#224; la base comme au Soudan et l'importance de l'Internationalisme &lt;i&gt;&#171; Le printemps arabe a mis la gauche internationale dans la position de soutenir les r&#233;gimes ou mouvements populaires dans les pays dont les gouvernements &#233;taient en conflit avec Washington. Cela a pos&#233; un d&#233;fi pour de nombreuses secteurs de la gauche qui sont habitu&#233;s &#224; regarder le monde &#224; travers une simple opposition binaire imp&#233;rialisme / anti-imp&#233;rialisme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/La-strategie-du-choc-du-capitalisme-numerique&#034;&gt;La strat&#233;gie du choc du capitalisme num&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article tr&#232;s concret nous fait voir une vision d'apocalysme : le d&#233;veloppement de l'industrie du num&#233;rique et du hi tech. L'auteure parle m&#234;me de Screen New Deal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naomie Klein commence par d&#233;crire comment le gouverneur de New York pour pr&#233;parer l'apr&#232;s Covid se lie avec toutes ces entreprises du num&#233;rique. Mais surtout elle d&#233;montre comment ce capitalisme va profiter de la pand&#233;mie pour r&#233;ajuster son discours et pousser le d&#233;veloppement du num&#233;rique. C'est un secteur industriel qui se d&#233;veloppe sans contact, sans humain et sans risques biologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet entrepreneuriat avait amorc&#233; son discours autour de la comp&#233;tition avec la Chine. L&#8216;auteure d&#233;montre comment leurs pr&#233;visions exposent la sup&#233;riorit&#233; chinoise d'ici 2030. &#201;videmment des enjeux strat&#233;giques et de s&#233;curit&#233; nationale sont aussi &#233;voqu&#233;es. C'est ce discours qui va se r&#233;enligner avec le Covid 19 pour parler de protection contre les virus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers toute cette d&#233;monstration des objectifs r&#233;els du capitalisme num&#233;rique, l'auteur montre que la d&#233;mocratie est le talon d'Achille de cette domination. &lt;i&gt;&#171; En bref, la d&#233;mocratie &#8211; cet engagement public enquiquinant dans la conception d'institutions et d'espaces publics critiques &#8211; s'annon&#231;ait comme le plus grand obstacle &#224; la vision que Schmidt entendait imposer, d'abord de son perchoir au sommet de Google et d'Alphabet, puis en tant que pr&#233;sident de deux puissantes instances conseillant le Congr&#232;s am&#233;ricain et le minist&#232;re de la D&#233;fense. Cet engagement encombrant du public et par des travailleurs m&#234;mes de ces m&#233;ga-firmes a, du point de vue d'hommes comme Schmidt et de Jeff Bezos PDG d'Amazon, ralenti de fa&#231;on exasp&#233;rante la course &#224; l'armement de l'intelligence artificielle, en emp&#234;chant des flottes de voitures et de camions sans conducteur potentiellement mortelles de circuler, prot&#233;geant les dossiers m&#233;dicaux priv&#233;s pour qu'ils ne deviennent pas une arme utilis&#233;e par les employeurs contre les travailleurs, emp&#234;chant les espaces urbains d'&#234;tre couverts par des logiciels de reconnaissance faciale, et bien plus encore. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour elle, la technologie ne doit pas &#234;tre bannie, elle peut servir l'int&#233;r&#234;t public &#224; condition que les bonnes questions soient pos&#233;es et r&#233;pondue collectivement et d&#233;mocratiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Comment-le-patriarcat-et-le-capitalisme-renforcent-ils-conjointement-l&#034;&gt;Comment le patriarcat et le capitalisme renforcent-ils conjointement l'oppression des femmes ?&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; une analyse f&#233;ministe des plus d&#233;velopp&#233;es que cet article nous apporte en illustrant avec brio la liaison du patriarcat et le capitalisme... leur fusion en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteure commence par d&#233;finir le patriarcat comme oppression et comme syst&#232;me &lt;i&gt;&#171; On appelle &#171; patriarcat &#187; l'oppression que les femmes subissent en tant que femmes de la part des hommes. Cette oppression se reproduit de multiples fa&#231;ons au del&#224; de l'aspect strictement &#233;conomique : par le langage, la filiation, les st&#233;r&#233;otypes, les religions, la culture&#8230; Cette oppression prend des formes tr&#232;s diff&#233;rentes selon par exemple qu'on vit au Nord ou au Sud de la plan&#232;te, en milieu urbain ou en milieu rural. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle rassemble ce mode de domination sous les caract&#233;ristiques suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les femmes sont &#171; surexploit&#233;es &#187; sur leur lieu de travail &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La domination se caract&#233;rise par une absence totale ou partielle de droits. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La domination s'accompagne toujours d'une violence, qu'elle soit physique, morale ou &#171; id&#233;elle &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les rapports de domination s'accompagnent le plus souvent d'un discours qui vise &#224; faire passer les in&#233;galit&#233;s sociales pour des donn&#233;es naturelles &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; S'il n'y a pas de luttes, le type de discours de &#171; naturalisation &#187; peut tr&#232;s bien &#234;tre int&#233;rioris&#233; par les opprim&#233;es &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le capitalisme, elle place au coeur de ce syst&#232;me le travail gratuit des femmes.Elle chiffre ce travail et montre que cela co&#251;terait cher au capitalisme de payer les femmes. Ainsi pour le capitalisme et le travail gratuit et le travail r&#233;mun&#233;r&#233; (fameux salaire d'appoint) des femmes est vital. C'est l&#224; que le capitalisme se sert des dominations patriarcales :&lt;i&gt;&#171; L'oppression des femmes a pr&#233;c&#233;d&#233; le capitalisme mais ce dernier l'a profond&#233;ment modifi&#233;e &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dominations sont aussi pr&#233;sente dans la famille. Elle analyse ainsi la famille :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans nos soci&#233;t&#233;s, la famille joue un r&#244;le fondamental dans la reproduction des divisions (et de la hi&#233;rarchie) &#224; la fois entre les diff&#233;rentes classes sociales et entre les genres &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La famille joue en outre un r&#244;le de &#171; r&#233;gulateur &#187; du march&#233; du travail &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quelle que soit la p&#233;riode, le travail domestique des femmes permet &#224; l'&#201;tat de faire des &#233;conomies en mati&#232;re d'&#233;quipements collectifs et au patronat de payer moins cher ses salari&#233;-e-s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fonction d'autorit&#233; de la famille a &#233;t&#233; largement entam&#233;e par les &#233;volutions r&#233;centes du statut des femmes dans la soci&#233;t&#233;, au profit de sa fonction &#171; affective &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; la famille a un immense avantage : c'est une institution relativement souple (ses formes se sont diversifi&#233;es consid&#233;rablement en l'espace de trente ans). Elle peut jouer un r&#244;le de soupape non n&#233;gligeable face aux contraintes subies par les salari&#233;-e-s dans leur vie professionnelle &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteure compl&#232;te son essai par une p&#233;riodisation historique allant des premi&#232;res soci&#233;t&#233;s agricoles, f&#233;odale, capitaliste marchande, de la prol&#233;tarisation des femmes, de la Premi&#232;re Guerre mondiale et du XXi&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un texte &#233;minemment pertinent &#224; lire pour parfaire une formation f&#233;ministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bonne lecture&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S'organiser au front #2 : L'&#233;ducation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/S-organiser-au-front-2-L-education</link>
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		<dc:date>2020-06-04T12:37:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Comit&#233; intersyndical de la r&#233;gion de Montr&#233;al de Qu&#233;bec solidaire, Lutte commune</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Organis&#233; par Lutte Commune et Comit&#233; intersyndical de Qu&#233;bec solidaire Montr&#233;al &lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi 8 juin 2020 de 18:30 &#224; 20:30 &lt;br class='autobr' /&gt; Avant la pand&#233;mie, nous &#233;tions d&#233;j&#224; &#224; bout de souffle. Vingt-cinq ans de r&#233;formes et trois gouvernements diff&#233;rents ont saccag&#233; l'&#233;cole publique, nous laissant aux prises avec des classes surpeupl&#233;es, un soutien scolaire sous-pay&#233; et un manque criant de professionnel.le.s. La crise actuelle exacerbe ces probl&#232;mes et en cr&#233;&#233; de nouveaux. &#192; Montr&#233;al, alors que nous peinons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Monde-du-travail-et-syndicalisme-" rel="directory"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton43840-02228.png?1674679037' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Organis&#233; par Lutte Commune et Comit&#233; intersyndical de Qu&#233;bec solidaire Montr&#233;al&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 8 juin 2020 de 18:30 &#224; 20:30&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant la pand&#233;mie, nous &#233;tions d&#233;j&#224; &#224; bout de souffle. Vingt-cinq ans de r&#233;formes et trois gouvernements diff&#233;rents ont saccag&#233; l'&#233;cole publique, nous laissant aux prises avec des classes surpeupl&#233;es, un soutien scolaire sous-pay&#233; et un manque criant de professionnel.le.s. La crise actuelle exacerbe ces probl&#232;mes et en cr&#233;&#233; de nouveaux. &#192; Montr&#233;al, alors que nous peinons toujours &#224; contenir la propagation du virus, la pression sociale a permis d'&#233;viter le d&#233;confinement h&#226;tif de nos &#233;coles. Mais ailleurs au Qu&#233;bec, dans les &#233;coles qui ne sont plus sujettes au confinement, la sant&#233; / s&#233;curit&#233; du personnel et des &#233;l&#232;ves n'est plus garantie. Comment la d&#233;fendre tout en continuant de promouvoir une &#233;ducation de qualit&#233; ? Comment lutter pour repousser les ententes &#224; rabais ou autres d&#233;crets qui ne feraient que reproduire les conditions de travail accablantes que nous subissions d&#233;j&#224; avant la crise et &#8211; surtout &#8211; comment faire pour nous r&#233;approprier des conventions collectives qui soient n&#233;goci&#233;es de fa&#231;on pleinement d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce webinaire est organis&#233; par et pour le personnel du r&#233;seau de l'&#233;ducation. Nous discuterons des probl&#232;mes que nous vivons depuis le d&#233;but de cette crise et nous partagerons des strat&#233;gies et des exemples d'organisation collective pour d&#233;fendre nos droits au quotidien, et faire entendre notre voix pour am&#233;liorer la qualit&#233; de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;KIM LAFLEUR-LAURIAULT&lt;/strong&gt; est &#233;ducatrice en service de garde et est syndiqu&#233;e Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (CSQ). &#201;lue comme premi&#232;re vice-pr&#233;sidente au Syndicat du soutien scolaire de l'Outaouais, elle est aussi coordonnatrice r&#233;gionale de la CSQ en Outaouais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CL&#201;MENT LAMARCHE-OUELLET&lt;/strong&gt; est &#233;ducateur en service de garde et est syndiqu&#233; SEPB-Qu&#233;bec. Il est &#233;lu sur le comit&#233; vie syndicale de sa section locale, le Sepb employ&#233;.es soutien adm et tech CSMB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ALEX PELCHAT&lt;/strong&gt; est enseignant au primaire et est syndiqu&#233; FAE. &#201;lu sur le comit&#233; action-mobilisation de sa section locale, l'Alliance des Professeures et Professeurs de Montr&#233;al, il est aussi impliqu&#233; aupr&#232;s des Travailleuses et travailleurs progressistes de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MELISSA TOMLINSON&lt;/strong&gt; est enseignante et est directrice ex&#233;cutive de la Badass Teachers Association. Elle est aussi impliqu&#233;e aupr&#232;s du CORE : The Caucus of Rank and File Educators et est membre du comit&#233; directeur des National Educators United.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GHISLAINE RAYMOND&lt;/strong&gt; est enseignante retrait&#233;e, anciennement syndiqu&#233;e Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (CSQ). Elle a entre autres sign&#233; le livre &#171; Le &#034;partenariat social&#034; - Sommet socio-&#233;conomique de 1996, syndicats et groupes populaires &#187; en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'organiser au front #2 : L'&#233;ducation&lt;br class='autobr' /&gt;
Prot&#233;geons l'&#233;cole publique contre la pand&#233;mie et l'aust&#233;rit&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi 8 juin 2020, 18h30 sur Zoom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Description de l'&#233;v&#233;nement&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant la pand&#233;mie, nous &#233;tions d&#233;j&#224; &#224; bout de souffle. Vingt-cinq ans de r&#233;formes et trois gouvernements diff&#233;rents ont saccag&#233; l'&#233;cole publique, nous laissant aux prises avec des classes surpeupl&#233;es, un soutien scolaire sous-pay&#233; et un manque criant de professionnel.le.s. La crise actuelle exacerbe ces probl&#232;mes et en cr&#233;&#233; de nouveaux. &#192; Montr&#233;al, alors que nous peinons toujours &#224; contenir la propagation du virus, la pression sociale a permis d'&#233;viter le d&#233;confinement h&#226;tif de nos &#233;coles. Mais ailleurs au Qu&#233;bec, dans les &#233;coles qui ne sont plus sujettes au confinement, la sant&#233; / s&#233;curit&#233; du personnel et des &#233;l&#232;ves n'est plus garantie. Comment la d&#233;fendre tout en continuant de promouvoir une &#233;ducation de qualit&#233; ? Comment lutter pour repousser les ententes &#224; rabais ou autres d&#233;crets qui ne feraient que reproduire les conditions de travail accablantes que nous subissions d&#233;j&#224; avant la crise et &#8211; surtout &#8211; comment faire pour nous r&#233;approprier des conventions collectives qui soient n&#233;goci&#233;es de fa&#231;on pleinement d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce webinaire est organis&#233; par et pour le personnel du r&#233;seau de l'&#233;ducation. Nous discuterons des probl&#232;mes que nous vivons depuis le d&#233;but de cette crise et nous partagerons des strat&#233;gies et des exemples d'organisation collective pour d&#233;fendre nos droits au quotidien, et faire entendre notre voix pour am&#233;liorer la qualit&#233; de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KIM LAFLEUR-LAURIAULT est &#233;ducatrice en service de garde et est syndiqu&#233;e Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (CSQ). &#201;lue comme premi&#232;re vice-pr&#233;sidente au Syndicat du soutien scolaire de l'Outaouais, elle est aussi coordonnatrice r&#233;gionale de la CSQ en Outaouais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CL&#201;MENT LAMARCHE-OUELLET est &#233;ducateur en service de garde et est syndiqu&#233; SEPB-Qu&#233;bec. Il est &#233;lu sur le comit&#233; vie syndicale de sa section locale, le Sepb employ&#233;.es soutien adm et tech CSMB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALEX PELCHAT est enseignant au primaire et est syndiqu&#233; FAE. &#201;lu sur le comit&#233; action-mobilisation de sa section locale, l'Alliance des Professeures et Professeurs de Montr&#233;al, il est aussi impliqu&#233; aupr&#232;s des Travailleuses et travailleurs progressistes de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MELISSA TOMLINSON est enseignante et est directrice ex&#233;cutive de la Badass Teachers Association. Elle est aussi impliqu&#233;e aupr&#232;s du CORE : The Caucus of Rank and File Educators et est membre du comit&#233; directeur des National Educators United.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GHISLAINE RAYMOND est enseignante retrait&#233;e, anciennement syndiqu&#233;e Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (CSQ). Elle a entre autres sign&#233; le livre &#171; Le &#034;partenariat social&#034; - Sommet socio-&#233;conomique de 1996, syndicats et groupes populaires &#187; en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Un lien Zoom suivra dans un courriel subs&#233;quent.&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/events/859363594546196/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Consulter l'&#233;v&#233;nement Facebook du webinaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les exigences de la solidarit&#233; internationale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-exigences-de-la-solidarite-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-exigences-de-la-solidarite-internationale</guid>
		<dc:date>2020-06-03T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le collectif Tenir bon !</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Bulletin du collectif Tenir bon !</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Partout on r&#233;clame un changement de cap pour sortir d'un syst&#232;me qui accentue les in&#233;galit&#233;s et bafoue les droits. Au Nord, les gouvernements d&#233;caissent des milliards pour sauver les entreprises et soutenir la consommation, mais font peu de cas des plus d&#233;munis dans leur propre pays. Au Sud, la pand&#233;mie accro&#238;t la mis&#232;re et les injustices. Partout, il s'agit toujours d'un lutte pour les droits les plus &#233;l&#233;mentaires. Alors qu'on c&#233;l&#232;bre le retour de l'&#201;tat-nation, qu'en est-il de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Les-sommaires-des-bulletins-" rel="directory"&gt;Les sommaires des bulletins&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bulletin-du-collectif-Tenir-bon-+" rel="tag"&gt;Bulletin du collectif Tenir bon !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH64/arton43876-f579e.png?1674679583' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='64' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_5123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/logo_nouveau_du_2_juin.png?5123/f3e0eca6c29cf9e4eceaa67fbfaa44733ef0756ad4671801d74f3f090c0a0f19' width=&#034;764&#034; height=&#034;231&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/barre_verte_du_haut_avec_liens.png?5128/1657e51d6cd5d5bc56cdad5c09835631d4b388a6ca3bce12d49ad3d414d189f7' width=&#034;600&#034; height=&#034;33&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Partout on r&#233;clame un changement de cap pour sortir d'un syst&#232;me qui accentue les in&#233;galit&#233;s et bafoue les droits. Au Nord, les gouvernements d&#233;caissent des milliards pour sauver les entreprises et soutenir la consommation, mais font peu de cas des plus d&#233;munis dans leur propre pays. Au Sud, la pand&#233;mie accro&#238;t la mis&#232;re et les injustices. Partout, il s'agit toujours d'un lutte pour les droits les plus &#233;l&#233;mentaires. Alors qu'on c&#233;l&#232;bre le retour de l'&#201;tat-nation, qu'en est-il de la solidarit&#233; internationale ? Quelles sont ses exigences ? Pourquoi b&#226;tir un mouvement internationaliste dans une perspective ind&#233;pendantiste ? Comment agir en lien avec les dettes des pays du Sud ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L373xH196/a5b249c56b049b4b-17e598bc-87e76.png?1717188454' width='373' height='196' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;le cadre de l'&#201;cole buissonni&#232;re de Qu&#233;bec solidaire, la commission altermondialisation et solidarit&#233; internationale, conjointement avec le collectif Tenir bon, vous invitent &#224; discuter comment nous pouvons nous mobiliser en solidarit&#233; internationale, malgr&#233; la valorisation d'un certain repli sur la dimension locale et nationale de la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://app.cyberimpact.com/click-tracking?ct=3ntmlNcQJZybo29XvJ6qmfI4wNIHVCga43FsrAgWhNDNVZOKBoQKWUh3lYpCl44_lqpnTw1Gs6De5-Z3UePS9rz4Sq382-2qD5a88RcBBiE~&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L239xH62/14d4e5556fb568af-ceadfecf-f265d.png?1717188454' width='239' height='62' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Pan&#233;listes&lt;/strong&gt;
&#8226;	Carles Riera, Candidatura Unitat Popular - Catalogne &lt;/br&gt;
&#8226;	&#201;milia Castro, militante qu&#233;b&#233;coise d'origine chilienne&lt;/br&gt;
&#8226;	Ronald Cameron, responsable de la Commission solidarit&#233; internationale de Qu&#233;bec solidaire&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_5127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://app.cyberimpact.com/click-tracking?ct=3ntmlNcQJZybo29XvJ6qmfI4wNIHVCga43FsrAgWhNDNVZOKBoQKWUh3lYpCl44_lqpnTw1Gs6De5-Z3UePS9rz4Sq382-2qD5a88RcBBiE~&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L162xH27/790af1006de88ae2-728f105a-d4997.png?1717188454' width='162' height='27' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH13/4f0a95c0464eae76-f2052c0d-f37bd.png?1717188454' width='500' height='13' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_5130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L276xH190/d2aeea49ef80f7c7-36944562-94160.png?1717188454' width='276' height='190' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour une r&#233;elle solidarit&#233; internationale&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration endoss&#233;e par une vingtaine d'organisations citoyennes, dont Actionaid, Alternatiba, Les Amis de la terre, Attac-France, la CGT, Conf&#233;d&#233;ration paysanne, Fondation Copernic, FSU, Greenpeace, Oxfam-France, Solidaires Sud, UNEF, 350.org, sur la sortie de crise. Une section porte sur la solidarit&#233; internationale et fait les propositions suivantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
Engager des annulations de dettes des pays les plus pauvres : pour les pays &#224; revenu faible ou interm&#233;diaire, il est possible de d&#233;gager environ 400 milliards de dollars en annulant les remboursements pour l'ann&#233;e 2020. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour un fonds d'aides internationales : en coh&#233;rence avec les plans de r&#233;ponse des diff&#233;rentes agences des Nations Unies, on doit fournir des financements additionnels en dons au juste niveau de son poids &#233;conomique mondial. Cela signifie une aide suppl&#233;mentaire d'au moins 14,5 milliards d'euros par an. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
La mutualisation des savoirs et des brevets pour garantir l'acc&#232;s mondial &#224; l'innovation et la coop&#233;ration sur les biens m&#233;dicaux : il est primordial que ( tous les pays ) renouvellent les engagements pris lors de la fondation de l'Organisation mondiale de la sant&#233;, o&#249; tous les &#201;tats ont convenu d'assurer &#171; le meilleur &#233;tat de sant&#233; possible en tant que droit fondamental de tout &#234;tre humain &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la souverainet&#233; alimentaire pour tous les peuples : la souverainet&#233; alimentaire d&#233;signe la capacit&#233; et le droit des populations &#224; d&#233;cider de leur alimentation, et donc &#224; d&#233;terminer le syst&#232;me alimentaire depuis les champs jusqu'&#224; la table, sans nuire aux agricultures des autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/PLUS-JAMAIS-CA-UN-MONDE-A-RECONSTRUIRE&#034;&gt;Lire sur &lt;strong&gt;Presse-toi &#224; gauche !&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://app.cyberimpact.com/click-tracking?ct=uhkmXNnwS5F5SxCIP6K5o3H_V5EgXDLNpW5E3I1-W_5Rq6N6zwVJnl4fVvvMzWubR0eEf9K7OoRLx4QFvii2Rpa2TntrctthqF0SfmkNewg~&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L202xH30/912f68de3c1d6b02-c0f00841-465db.png?1717188454' width='202' height='30' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH13/a147007ae3a8d315-faddea52-95009.png?1717188454' width='500' height='13' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_5133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L273xH191/93425642538abd14-32e9fcae-62d7a.png?1717188454' width='273' height='191' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Repenser le d&#233;veloppement pour repenser la solidarit&#233; internationale &#8211; douze pistes de r&#233;flexion&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gustave Massiah&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous vivons une p&#233;riode de grandes incertitudes et de fortes contradictions. Cette situation n&#233;cessite d'interroger et de red&#233;finir les notions de r&#233;f&#233;rence. Il devient urgent de repenser la solidarit&#233; internationale confront&#233;e &#224; la mont&#233;e des id&#233;ologies racistes, x&#233;nophobes, s&#233;curitaires. Dans cette perspective, il est n&#233;cessaire de revenir sur le d&#233;veloppement qui s'est d&#233;gag&#233; comme une r&#233;f&#233;rence de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s, sur les in&#233;galit&#233;s entre les soci&#233;t&#233;s et sur le syst&#232;me international. Ce texte propose douze pistes dans le but de repenser le d&#233;veloppement pour r&#233;inventer la solidarit&#233; internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
(...) 12. Repenser le d&#233;veloppement des soci&#233;t&#233;s et r&#233;inventer la solidarit&#233; internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
La solidarit&#233; internationale est interpell&#233;e par cette nouvelle situation. (...) Dans la mesure o&#249; la solidarit&#233; internationale concerne les rapports entre les soci&#233;t&#233;s, il faudra revenir sur la mani&#232;re de comprendre le changement social et l'&#233;volution d'une soci&#233;t&#233; ; il faudra aussi s'interroger sur les rapports entre des soci&#233;t&#233;s et sur les in&#233;galit&#233;s et les rapports de domination qui peuvent caract&#233;riser les rapports entre les soci&#233;t&#233;s ; il faudra enfin s'interroger sur l'&#233;volution du syst&#232;me international. (...) Consid&#233;rons la solidarit&#233; internationale comme une valeur, une strat&#233;gie, des pratiques et un mouvement. Partons de la solidarit&#233; internationale en tant que valeur, examinons quelle strat&#233;gie permet de la d&#233;velopper, prenons en compte les pratiques qui la d&#233;finissent, examinons enfin les acteurs qui portent cette solidarit&#233; et consid&#233;rons qu'il existe des mouvements de solidarit&#233; internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Repenser-le-developpement-pour-repenser-la-solidarite-internationale-douze&#034;&gt;Lire la suite sur PTAG&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://app.cyberimpact.com/click-tracking?ct=fsSwJhzHR9HJU3cmsWgRsiV9XZWVz-w9aCFqB5hGtsXWhLl82SDe_kGtqOGgEgFz7rjT5lvuL58xANZp9p-stI1iG-YgMhvsdBVrbsPoTco~&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L180xH33/c5f60c421e66bf0c-f8257f9b-0d609.png?1717188454' width='180' height='33' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://app.cyberimpact.com/click-tracking?ct=TRtw3vT8yi2fdqLadyx7bqkidcgP0b9b-8aOMDiojg8BuW-MuCcUKGwVppY5cbUh8CPTrMTd-oyc7I-2Cag_0k6jYWGJaHYhIuQrRdsB-uE~&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH60/aa4d547bdaeac51d-60358618-6b94d.png?1717188454' width='500' height='60' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_5136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L138xH283/ab6ef83f42addf34-df6d7f75-5da5d.png?1717188455' width='138' height='283' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;div class='spip_document_5137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L441xH289/a411cd7289b3145e-68a9bd0c-2fdc5.png?1717188455' width='441' height='289' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;div class='spip_document_5129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH13/4f0a95c0464eae76-f2052c0d-f37bd.png?1717188454' width='500' height='13' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L274xH274/37d504e57997a075-49dfc30d-e2ce0.png?1717188455' width='274' height='274' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sant&#233; et ses enjeux en p&#233;riode de transition&lt;/strong&gt; - le 9 avril avec Amir Khadir, Anne Plourde et Sol Zanetti. Animation Jasmine Gareau-Lindsay.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;La pand&#233;mie et les libert&#233;s civiles &lt;/strong&gt; - le 23 avril avec Sibel Ataogul, Thibault Camara, Nargess Mustapha et Jaggi Singh.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Crise sanitaire et crise &#233;conomique : quels arbitrages et quelle sortie de crise&lt;/strong&gt; - le 11 mai avec Dominique Daigneault, Martin Frappier, Xavier Lafrance et Julia Posca.&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Entre d&#233;confinement et distanciation&lt;/strong&gt; -sp&#233;cial &#233;ducation -&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://app.cyberimpact.com/click-tracking?ct=B5NJ6YaA8WNmzQF2pg_xkUO7sT19xQqF6RZKRNx_KNYTV0M_gGYGOgobH1tI8idnrpYZ--mDMt39JrdqpyJzMxflfZX_-KzAVrRqUPi1oWQ~&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L214xH29/623183b6ea54fa3d-92d0d956-7ce25.png?1717188455' width='214' height='29' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH13/a147007ae3a8d315-faddea52-95009.png?1717188454' width='500' height='13' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_5140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L275xH115/e3cdc1ac308f68f6-372c9ab5-3b391.png?1717188455' width='275' height='115' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une transition juste Post-Covid : comment la financer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle transition &#233;cologique voulons-nous pour le Qu&#233;bec post-covid ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et comment financer cette transition ?&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 3 juin, 19h - 21h&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	avec Alisha Tukkiapik, candidate solidaire inuite ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Yves-Marie Abraham, professeur aux HEC et tenant de la th&#233;orie de la d&#233;croissance&lt;br class='autobr' /&gt;
conviviale ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Audrey Laurin-Lamothe, professeure associ&#233;e &#224; l'universit&#233; de York et chercheuse &#224; l'IRIS, tenante de la planification d&#233;mocratique de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Gabriel Rompr&#233;, responsable de la Commission th&#233;matique &#201;conomie de Qu&#233;bec solidaire&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://app.cyberimpact.com/click-tracking?ct=XClLRdWyPchZQPBPsatflY4jfhiV2PIucwyZCSNzyeckQB-wCywY1ZdNjWw6-zfkBj4Dlsd9nDh4KGCpR0k85QtKyR15Z8L_y9jv9MW-P58~&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L211xH28/6f87569a610225a2-dc747775-6dacf.png?1717188455' width='211' height='28' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Repenser le d&#233;veloppement pour repenser la solidarit&#233; internationale &#8211; douze pistes de r&#233;flexion</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Repenser-le-developpement-pour-repenser-la-solidarite-internationale-douze</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Repenser-le-developpement-pour-repenser-la-solidarite-internationale-douze</guid>
		<dc:date>2020-06-03T19:51:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gustave Massiah </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous vivons une p&#233;riode de grandes incertitudes et de fortes contradictions. Cette situation n&#233;cessite d'interroger et de red&#233;finir les notions de r&#233;f&#233;rence. Il devient urgent de repenser la solidarit&#233; internationale confront&#233;e &#224; la mont&#233;e des id&#233;ologies racistes, x&#233;nophobes, s&#233;curitaires [1]. &lt;br class='autobr' /&gt; Paru Plate-forme altermondialiste (30 juillet 2019) &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette perspective, il est n&#233;cessaire de revenir sur le d&#233;veloppement qui s'est d&#233;gag&#233; comme une r&#233;f&#233;rence de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s, sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Articles-du-bulletins-" rel="directory"&gt;Articles des bulletins&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/arton43878-88471.png?1674681717' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous vivons une p&#233;riode de grandes incertitudes et de fortes contradictions. Cette situation n&#233;cessite d'interroger et de red&#233;finir les notions de r&#233;f&#233;rence. Il devient urgent de repenser la solidarit&#233; internationale confront&#233;e &#224; la mont&#233;e des id&#233;ologies racistes, x&#233;nophobes, s&#233;curitaires [1].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru Plate-forme altermondialiste (30 juillet 2019)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, il est n&#233;cessaire de revenir sur le d&#233;veloppement qui s'est d&#233;gag&#233; comme une r&#233;f&#233;rence de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s, sur les in&#233;galit&#233;s entre les soci&#233;t&#233;s et sur le syst&#232;me international. Ce texte propose douze pistes dans le but de repenser le d&#233;veloppement pour r&#233;inventer la solidarit&#233; internationale [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1. S'interroger sur la notion et sur le concept de d&#233;veloppement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d&#233;veloppement dans ses significations r&#233;centes concernant l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s est d'utilisation assez r&#233;cente. Avant le 20e si&#232;cle, on parle du d&#233;veloppement comme du contraire de l'enveloppement, &#224; partir de la biologie ou de la psychologie. Il y a cinquante ans, ce mot pratiquement inconnu devient un lieu commun et est consid&#233;r&#233; comme un concept fondamental qui se d&#233;gage de la th&#233;orie &#233;conomique pour signifier la transformation et l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s. Au d&#233;part, le mot recouvre plusieurs composantes : la croissance &#233;conomique et le niveau de vie, la satisfaction des besoins fondamentaux, une condition de l'ind&#233;pendance nationale et de la souverainet&#233; des choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des premiers &#224; utiliser le terme de d&#233;veloppement dans le sens de la th&#233;orie de l'&#233;volution &#233;conomique est Joseph Schumpeter en 1932. Son utilisation actuelle se diffuse &#224; partir de 1950, autour de la question du sous-d&#233;veloppement et s'impose &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1960 sur l'ensemble des mutations de soci&#233;t&#233;s et particuli&#232;rement dans les institutions internationales, autour des agences des Nations Unies qui proposent des th&#233;ories du d&#233;veloppement. Le d&#233;bat sur le d&#233;veloppement commence aussit&#244;t. Il partage les diff&#233;rentes &#233;coles qui proposent diff&#233;rentes th&#233;ories du d&#233;veloppement. Il suscite aussi des approches critiques. Il emprunte au d&#233;part aux th&#233;ories &#233;conomiques classiques et n&#233;oclassiques, puis au keyn&#233;sianisme et au fordisme, puis au n&#233;olib&#233;ralisme. Il emprunte &#224; la r&#233;volution industrielle ses cat&#233;gories : production, consommation, investissement, croissance, productivit&#233;, progr&#232;s scientifique et technique, innovations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est appropri&#233; par de nombreux auteurs qui se r&#233;f&#232;rent &#224; l'approche marxiste et qui y inscrivent une d&#233;marche critique. Avec notamment les th&#233;ories de la d&#233;pendance, du centre et de la p&#233;riph&#233;rie, du d&#233;veloppement in&#233;gal, du d&#233;veloppement autocentr&#233;, du d&#233;veloppement durable. Il est mis en cause par une critique plus fondamentale, celle de la fin du d&#233;veloppement, qui lui d&#233;nie le caract&#232;re de concept scientifique en le consid&#233;rant comme une croyance ou une id&#233;ologie. Cette critique met en cause l'&#233;volutionnisme historique dans l'histoire des soci&#233;t&#233;s et soul&#232;ve plusieurs questions : le rapport entre l'esp&#232;ce humaine et la Nature, l'&#233;volutionnisme comp&#233;titif, les besoins fondamentaux des personnes non r&#233;ductibles aux besoins des march&#233;s, le d&#233;veloppement local, la fin du d&#233;veloppement et l'apr&#232;s-d&#233;veloppement. [3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2. Remettre en cause la conception dominante du d&#233;veloppement, celle du rattrapage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la rupture de la d&#233;colonisation, une conception dominante du d&#233;veloppement s'impose, celle du rattrapage. Cette conception est elle-m&#234;me issue de la proposition d'aide aux pays sous-d&#233;velopp&#233;s cit&#233;e par Truman dans un discours en 1954. Le d&#233;veloppement est d&#233;fini comme le compl&#233;ment du sous-d&#233;veloppement. Cette conception implique qu'il n'y a qu'une seule d&#233;marche possible de d&#233;veloppement de chaque soci&#233;t&#233;, celle de la croissance productiviste, qu'il faut donc adopter, sinon imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche du d&#233;veloppement, formalis&#233;e par W W Rostow est adopt&#233;e par les &#233;conomistes dominants et devient la r&#233;f&#233;rence des institutions internationales, notamment la Banque Mondiale et le FMI. Elle est vulgaris&#233;e dans son livre, en 1960 : les &#233;tapes de la croissance &#233;conomique, un manifeste non communiste. Elle affirme que, de mani&#232;re lin&#233;aire, chaque soci&#233;t&#233; parcourt cinq &#233;tapes : la soci&#233;t&#233; traditionnelle (essentiellement agricole et hostile aux changements) ; les pr&#233;alables au d&#233;collage (la r&#233;volution agricole permet &#224; la croissance &#233;conomique de d&#233;passer la croissance d&#233;mographique) ; le d&#233;collage ou &#171; take-off &#187; (des investissements massifs dans l'industrie, am&#233;lioration des niveaux de vie, croissance autosuffisante) ; la maturit&#233; (production de masse, &#233;quilibre investissement et consommation) ; l'&#226;ge de la consommation de masse. Elle annonce la proposition de Francis Fukuyama qui publie en 1992, la Fin de l'Histoire, qui consid&#232;re que le capitalisme et la d&#233;mocratie lib&#233;rale pourront &#234;tre am&#233;lior&#233;s, mais ne seront pas d&#233;pass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception s'impose d'autant que la vulgate marxiste et le mod&#232;le sovi&#233;tique affichent une proposition, elle aussi lin&#233;aire. Chaque soci&#233;t&#233; suivrait des modes de production correspondant &#224; un d&#233;veloppement des forces productives : le communisme primitif, l'esclavage, le servage, le f&#233;odalisme, le capitalisme, le socialisme. Cette vision est contest&#233;e par de nombreux courants marxistes. Etienne Balibar d&#233;veloppe les articulations entre les modes de production. Samir Amin met en &#233;vidence la non-lin&#233;arit&#233; et l'existence des modes de production tributaires centraux ou asiatiques qui rappellent l'ant&#233;riorit&#233; des grands empires dans l'histoire du tiers monde et du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement est appropri&#233; par les nouveaux &#201;tats issus des ind&#233;pendances. Il est mis en avant avec le non-alignement &#224; Bandoeng en 1955. On voit alors s'&#233;laborer un mod&#232;le des ind&#233;pendances nationales qui emprunte &#224; la fois au mod&#232;le fordiste et keyn&#233;sien, surtout dans la phase de la reconstruction en 1945, et au mod&#232;le sovi&#233;tique, &#224; travers ses variations dans les pays de l'Est, la Chine et le Vi&#234;tnam. Le d&#233;veloppement est fond&#233; sur les industries lourdes, base d'une accumulation ind&#233;pendante. Il s'appuie &#233;galement sur une r&#233;forme agraire qui doit moderniser l'agriculture &#224; partir de l'industrie et lui servir de d&#233;bouch&#233;, sur le contr&#244;le et la valorisation des ressources naturelles, sur la substitution des importations et le d&#233;veloppement du march&#233; int&#233;rieur, sur les entreprises nationalis&#233;es et sur le contr&#244;le du commerce ext&#233;rieur. Il implique la construction d'un &#201;tat puissant et incontest&#233;, d'un &#201;tat fort, garant de l'unit&#233; nationale, appuy&#233; sur la th&#233;orisation du parti unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1955 et 1980, le d&#233;bat sur le d&#233;veloppement est tr&#232;s vivace. Les pays non align&#233;s vont le porter au sein des Nations Unies. Ils d&#233;fendront l'id&#233;e du droit au d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit au d&#233;veloppement consacre les principes de l'&#233;galit&#233;, de la non-discrimination, de la participation, de la transparence, de la responsabilit&#233; ainsi que de la coop&#233;ration internationale. Dans son article premier, il rappelle que le droit au d&#233;veloppement implique le respect des droits et libert&#233;s fondamentales et rappelle le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes. La d&#233;claration sur le droit au d&#233;veloppement sera adopt&#233;e en 1986. Elle est en contradiction avec le n&#233;olib&#233;ralisme qui monte en puissance et impose sa logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les institutions de Bretton Woods, dans les ann&#233;es 1960, on d&#233;fend toujours le lib&#233;ralisme, mais on fait des concessions. Au d&#233;part, la Banque Mondiale finance des infrastructures lourdes et accompagne la construction des &#201;tats. Dans un second temps, elle combat la priorit&#233; &#224; l'industrie lourde et propose l'approche des besoins fondamentaux (basic needs) et de la petite entreprise, accr&#233;ditant le fameux small is beautiful (&#171; ce qui est petit est beau &#187;) ; elle cherche &#224; d&#233;gager de nouveaux petits entrepreneurs &#224; partir du secteur dit informel. Ensuite, elle s'appuie sur l'exasp&#233;ration des paysanneries contre la baisse des cours et la gabegie des nouveaux syst&#232;mes d'encadrement et de collecte ; elle va proposer l'acc&#232;s des paysans au march&#233; et le &#171; d&#233;veloppement rural int&#233;gr&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentations tentent de masquer la rupture de la d&#233;colonisation. Les pays anciennement colonis&#233;s et d&#233;colonis&#233;s deviennent des pays pauvres, puis sous-d&#233;velopp&#233;s, puis en voie de d&#233;veloppement. Le Tiers monde fait son apparition, il c&#232;de la place aux pays du Sud. La g&#233;opolitique s'articule &#224; l'&#233;conomique. Apr&#232;s les empires coloniaux, on voit s'imposer les deux blocs, puis se d&#233;gager les non-align&#233;s et puis les &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat est engag&#233; dans le mouvement de solidarit&#233; internationale sur le d&#233;veloppement. Il partage les deux courants tiers-mondistes et antiimp&#233;rialistes ; il recoupe et fait bouger les anciennes lignes de clivage. Les tiers-mondistes trouvent les anti-imp&#233;rialistes &#233;tatistes et politistes. Les anti-imp&#233;rialistes trouvent les tiers-mondistes localistes et ruralistes. Leurs divergences seront relativis&#233;es par le d&#233;veloppement de courants qui minimisent la d&#233;colonisation et par l'arriv&#233;e des humanitaristes qui ne veulent prendre en compte que l'urgence. [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 3. Prendre la mesure du n&#233;olib&#233;ralisme et de l'ajustement structurel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle conception du d&#233;veloppement va devenir dominante &#224; la fin des ann&#233;es 1970 ; elle s'imposera compl&#232;tement &#224; la fin des ann&#233;es 1980. Le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral d&#233;termine les politiques de l'ajustement structurel. Il est d'abord impos&#233;, &#224; travers la crise de la dette, aux pays du Sud, avant d'&#234;tre adapt&#233; et g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir de 1977, le contexte international change. La crise p&#233;troli&#232;re a divis&#233; durablement le front, fragile, des pays du Sud. Les pays p&#233;troliers m&#232;nent leur offensive, au d&#233;triment des pays non p&#233;troliers du Sud, faisant &#233;clater le front de la d&#233;colonisation. Sur la sc&#232;ne internationale, la rupture entre l'URSS et la Chine d&#233;gage la route &#224; l'offensive des pays occidentaux. Le recyclage des p&#233;trodollars, mis en place par les pays industrialis&#233;s pour compenser et retourner &#224; leur profit l'augmentation des prix du p&#233;trole en 1977, pr&#233;pare la reprise en main. La dette du tiers monde accentu&#233;e par les d&#233;s&#233;quilibres macro&#233;conomiques structurels explose &#224; la suite des politiques mon&#233;taristes, de l'&#233;volution des taux de change et des taux d'int&#233;r&#234;t. La Banque f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine rel&#232;ve brutalement les taux d'int&#233;r&#234;t, elle les triple. C'est un coup d'&#201;tat mon&#233;taire mondial. Le taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;el (inflation d&#233;duite) passe de 1,8 % en 1980 &#224; 8,6 % en 1981. L'objectif principal des politiques &#233;conomiques et sociales n'est plus le plein emploi, il devient la lutte contre l'inflation. Le recours aux institutions financi&#232;res internationales devient un passage oblig&#233; pour le financement du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le mis en place est celui de l'ajustement structurel : il s'agit d'ajuster structurellement chaque &#233;conomie, chaque soci&#233;t&#233;, au march&#233; mondial. Le libre-&#233;change impose l'interdiction de freiner les importations et accentue la n&#233;cessit&#233; d'exporter. Les entreprises multinationales doivent pouvoir investir o&#249; et quand elles veulent, et peuvent sortir librement leurs b&#233;n&#233;fices. La logique est assez simple, le march&#233; se suffit &#224; lui-m&#234;me, plus besoin d'autres r&#233;gulations et surtout pas de la r&#233;gulation &#233;conomique par les &#201;tats. L'ajustement structurel impose une nouvelle pens&#233;e du d&#233;veloppement. Il entra&#238;ne la r&#233;duction du r&#244;le des &#201;tats dans l'&#233;conomie, la priorit&#233; donn&#233;e &#224; l'exportation qui entra&#238;ne l'exploitation effr&#233;n&#233;e des ressources, l'ouverture internationale des &#233;changes, la priorit&#233; &#224; l'investissement international et aux privatisations, la flexibilit&#233; et la pression sur les salaires, la r&#233;duction des syst&#232;mes publics de protection sociale, la r&#233;duction des d&#233;penses budg&#233;taires consid&#233;r&#233;es comme improductives (qui se traduit par la r&#233;duction des budgets de sant&#233; et d'&#233;ducation), la d&#233;valuation des monnaies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le favorise la croissance du march&#233; mondial en accentuant la concurrence internationale des capitaux et du travail. La logique dominante est celle du march&#233; mondial des capitaux. La financiarisation caract&#233;rise une refondation r&#233;volutionnaire du capitalisme ; une r&#233;volution conservatrice en rupture avec la pens&#233;e &#233;conomique qui pr&#233;valait de 1945 &#224; 1980. L'offensive contre la d&#233;colonisation accompagne la reprise en main par les pays dominants de l'&#233;conomie mondiale. La gestion de la crise de la dette et l'ajustement structurel servent d'arme politique pour la &#171; remise au pas &#187; des pays du Sud. L'appel &#224; pr&#234;ter aux pays du Sud a pr&#233;c&#233;d&#233; la crise de la dette. Cette offensive &#233;conomique, qui ne n&#233;glige pas les interventions militaires men&#233;es &#224; partir de pr&#233;textes divers, s'appuie sur les contradictions internes des r&#233;gimes issus de la d&#233;colonisation, notamment sur la question des libert&#233;s, de la d&#233;mocratie et de la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le s'impose du fait des difficult&#233;s et des &#233;checs des politiques li&#233;es aux mod&#232;les d'ind&#233;pendance nationale. La construction de l'&#201;tat, au d&#233;part moyen du d&#233;veloppement, est devenue une fin en soi. Elle s'est traduite par le d&#233;veloppement de bases sociales sp&#233;cifiques, administration et couches moyennes associ&#233;es, par la priorit&#233; donn&#233;e &#224; des arm&#233;es bien &#233;quip&#233;es, &#224; des polices arrogantes et &#224; des services sp&#233;ciaux omnipr&#233;sents. La fonctionnarisation acc&#233;l&#233;r&#233;e et l'urbanisation galopante ont provoqu&#233; un d&#233;s&#233;quilibre structurel des fondamentaux &#233;conomiques (budget, balance commerciale, balance des paiements). La modernisation de l'agriculture, tel qu'elle a &#233;t&#233; conduite, marqu&#233;e par la logique de l'industrialisation, a exclu une majorit&#233; &#233;crasante de la paysannerie pauvre. Les entreprises d'&#201;tat, &#224; priori consid&#233;r&#233;es comme inefficaces, n'ont pas &#233;t&#233; capables de r&#233;duire la d&#233;pendance technologique et commerciale par rapport aux multinationales. La bureaucratie et la corruption ont gangren&#233; les soci&#233;t&#233;s. Le d&#233;ni des droits fondamentaux et l'absence de libert&#233;s ont achev&#233; de r&#233;duire &#224; n&#233;ant la cr&#233;dibilit&#233; de ces r&#233;gimes. Le mod&#232;le a &#233;chou&#233; du fait de ses contradictions internes, par la rupture de l'accord politique entre les dirigeants et les peuples ; et du fait des causes externes, par la reprise en main du syst&#232;me international. La crise de la d&#233;colonisation est ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme a r&#233;ussi &#224; s'imposer en mettant en avant la n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire les d&#233;s&#233;quilibres structurels. Ses propositions sont, en fait, au strict oppos&#233; de celles mises en avant par le mod&#232;le des ind&#233;pendances nationales. Les privatisations s'opposent aux nationalisations, l'ouverture au march&#233; mondial au protectionnisme, le march&#233; au plan et l'exportation au march&#233; int&#233;rieur. Cette nouvelle famille de politiques, exp&#233;riment&#233;es et impos&#233;es dans le Sud sous le nom de &#171; programmes d'ajustement structurel &#187;, gagnera le Nord, sous le nom de &#171; plan de stabilit&#233; ou d'aust&#233;rit&#233; &#187;, de &#171; politique de lib&#233;ralisation ou de modernisation &#187;. Les politiques n&#233;olib&#233;rales se caract&#233;risent alors par l'abandon de la recherche du plein emploi et par la priorit&#233; affich&#233;e &#224; la lutte contre l'inflation. Cette &#233;volution se traduit par la revalorisation des profits par rapport aux salaires. Avec le discours rab&#226;ch&#233; du ruissellement : les profits permettront les investissements qui se traduiront, plus tard, par des emplois et plus tard encore par une am&#233;lioration des salaires et des bas revenus. C'est aussi l'affirmation que la croissance est la condition du progr&#232;s et de la modernit&#233; et que cette croissance passe par l'expansion du march&#233; mondial et la libert&#233; donn&#233;e aux acteurs principaux du march&#233; mondial : les entreprises multinationales qui apporteraient le progr&#232;s technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistible ascension du mod&#232;le unique n&#233;olib&#233;ral a &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233;e &#224; partir des succ&#232;s du Japon, des &#171; dragons &#187; asiatiques &#8212; Hong Kong, Singapour, Ta&#239;wan &#8212; puis de la Cor&#233;e du Sud. En 1979, le G7 a intronis&#233; le mod&#232;le et l'a impos&#233; &#224; l'occasion de la gestion de la crise de la dette. Le mod&#232;le s'appuie sur une nouvelle r&#233;f&#233;rence : le Chili de la dictature de Pinochet exp&#233;riment&#233; par les Chicago boys, les &#233;l&#232;ves de Milton Friedman. Le nouveau mod&#232;le mon&#233;tariste, celui de la dictature du march&#233; remet en cause le mod&#232;le keyn&#233;sien et le mod&#232;le des ind&#233;pendances nationales. [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 4. Resituer l'altermondialisme comme une r&#233;ponse au n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mod&#232;le de d&#233;veloppement correspond &#224; une situation et r&#233;pond &#224; des contradictions ; il en cr&#233;e de nouvelles. Le n&#233;olib&#233;ralisme r&#233;pond &#224; la situation cr&#233;&#233;e par la d&#233;colonisation. Le mouvement altermondialiste est le mouvement anti-syst&#233;mique du n&#233;olib&#233;ralisme consid&#233;r&#233; comme une phase de la mondialisation capitaliste. Il &#233;claire la logique et les cons&#233;quences des politiques dominantes : la financiarisation et la r&#233;gulation par le march&#233; mondial des capitaux, l'ajustement forc&#233; de chaque soci&#233;t&#233; au march&#233; mondial par les politiques n&#233;olib&#233;rales et les programmes d'ajustement structurel, la marchandisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1980 &#224; 1989, la premi&#232;re phase de l'altermondialisme est port&#233;e par les luttes contre la dette, les famines et l'ajustement structurel. Elle est surtout men&#233;e dans les pays du Sud. L'impact social des mesures de r&#233;ajustement &#233;conomique impos&#233;es aux pays endett&#233;s du tiers monde, valid&#233;es par le G7, conjugu&#233;es &#224; la chute du prix des mati&#232;res premi&#232;res, est devenu tr&#232;s vite insupportable. Les luttes contre les cons&#233;quences des programmes d'ajustement structurel sont nombreuses. Ces explosions mettent en cause nomm&#233;ment le FMI et la Banque mondiale. On assiste alors &#224; la contestation croissante de la mondialisation. Des &#233;meutes contre la dette &#233;clatent dans tous les continents. En 1984, les pays latino-am&#233;ricains signent le consensus de Carthag&#232;ne contre la dette et l'ajustement structurel. En 1984, &#224; Hiroshima, des mouvements asiatiques proposent de lancer une alliance globale des peuples (Global alliance of people). En 1988, de fortes mobilisations contestent l'assembl&#233;e annuelle du FMI et de la Banque Mondiale &#224; Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989, face au Sommet du G7 et &#224; l'instrumentalisation du bicentenaire de la R&#233;volution fran&#231;aise, l'appel &#171; Dette, apartheid, colonies, &#231;a suffat comme ci ! &#187; organise, &#224; l'arriv&#233;e d'une manifestation syndicale et citoyenne, un concert g&#233;ant &#224; la Bastille. Le premier Sommet des sept peuples parmi les plus pauvres &#187;, organis&#233; par le Cedetim, le CRID et Agir Ici, prend le contre-pied du G7. &#192; partir de 1989, le mouvement op&#233;rera la jonction des luttes du Sud, contre l'ajustement structurel et la dette, avec les luttes sociales dans le Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1989 &#224; 1999, le mouvement altermondialiste d&#233;veloppe la contestation des institutions internationales et de la mondialisation. La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, pr&#233;cipite l'implosion de l'Union sovi&#233;tique. La victoire du capitalisme n&#233;olib&#233;ral et de la Triade (&#201;tats-Unis, Europe, Japon) est alors incontest&#233;e. Les vainqueurs veulent construire un syst&#232;me international correspondant &#224; leur h&#233;g&#233;monie. La chute du mur de Berlin sera suivie de la premi&#232;re guerre d'Irak pour signifier que les nouveaux vainqueurs n'accepteront aucun compromis et que la reprise en main des pays du Sud sera accentu&#233;e. Dans la m&#234;me p&#233;riode, l'offensive s'organise contre le syst&#232;me sovi&#233;tique et se traduira par son implosion. C'est une victoire &#233;clatante pour le n&#233;olib&#233;ralisme. Apr&#232;s la chute du mur de Berlin en 1989, commence une p&#233;riode de revanche sociale et d'arrogance n&#233;olib&#233;rale ; les couches dirigeantes qui avaient d&#251; accepter les compromis keyn&#233;siens rel&#232;vent la t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir de 1989, le &#171; consensus de Washington &#187; g&#233;n&#233;ralise les politiques n&#233;olib&#233;rales &#224; l'ensemble du monde. S'ouvre alors une p&#233;riode de revanche sociale et de casse des politiques sociales. Deux ouvrages explicitent l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale : l'essai de Francis Fukuyama, &#171; La Fin de l'histoire et le dernier homme &#187;, affirme que le capitalisme est ind&#233;passable et que ceux qui s'y opposent sont des d&#233;viants ; &#171; Le Choc des civilisations &#187; &#233;crit par Samuel Huntington relativise et marginalise la question sociale par rapport &#224; la guerre, aux religions et aux conflits de tr&#232;s longue dur&#233;e &#224; l'&#233;chelle des civilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement anti-syst&#233;mique s'oppose &#224; cette red&#233;finition et particuli&#232;rement &#224; la pr&#233;tention de subordonner le droit international au droit aux affaires. Dans les ann&#233;es 1990, en Amazonie, les luttes des paysans, des femmes et des indig&#232;nes se relient sur des questions communes. En juillet 1996, le mouvement zapatiste organise la &#171; rencontre intercontinentale pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme &#187;. Des campagnes et des plates-formes s'&#233;laborent &#224; l'&#233;chelle mondiale en liaison avec les contre-sommets internationaux organis&#233;s avec la soci&#233;t&#233; civile, par les Nations unies, confront&#233;es &#224; la volont&#233; de marginalisation du G8. C'est le cas par exemple sur l'environnement apr&#232;s Rio en 1992, sur les luttes f&#233;ministes apr&#232;s P&#233;kin en 1995, sur les droits humains apr&#232;s Vienne en 1994, sur l'habitat et la ville apr&#232;s Istanbul en 1996. Des grandes campagnes sont men&#233;es sur la dette, la responsabilit&#233; sociale et environnementale des entreprises, les paradis fiscaux, la taxation financi&#232;re internationale, la pauvret&#233; et les mouvements comme l'&#233;conomie sociale et solidaire, le commerce &#233;quitable. Les luttes sociales au Nord vont prendre de l'ampleur &#224; partir de 1994 et 1995. Les mouvements sociaux des ann&#233;es 1994 et 1995, en Italie, en France, en Allemagne, en Cor&#233;e du Sud, aux &#201;tats-Unis, au Canada vont converger avec les mobilisations contre le G7. C'est le cas de la manifestation de Washington en avril 2000. La campagne Jubilee 2000 contre la dette recueille 24 millions de signatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999, &#224; Seattle, le mouvement de contestation appara&#238;t en pleine lumi&#232;re sur la sc&#232;ne publique internationale &#224; l'occasion de la Conf&#233;rence de l'OMC (Organisation mondiale du commerce). L'&#233;chec des n&#233;gociations de l'OMC a mis en &#233;vidence les positions des mouvements qui contestaient l'AMI (Accord multilat&#233;ral d'investissements) et l'OMC. Il a donn&#233; un nouveau souffle aux mobilisations et accru la confiance des mouvements porteurs d'initiatives et de propositions, combinant le refus de la mondialisation capitaliste et l'altermondialisme. Il a mis en &#233;vidence les r&#233;seaux internationaux de mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attentats de New York, en septembre 2001, acc&#233;l&#232;rent le virage n&#233;oconservateur ; l'id&#233;ologie s&#233;curitaire et la x&#233;nophobie prennent le pas sur la r&#233;f&#233;rence au progr&#232;s. La nouvelle p&#233;riode combine la domination &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale et l'instrumentalisation du terrorisme. Elle ne freine cependant pas les formes nouvelles de r&#233;sistance, le mouvement anti-syst&#233;mique altermondialiste et le processus des forums sociaux qui vient de commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2000 et surtout jusqu'&#224; 2008, le mouvement altermondialiste est caract&#233;ris&#233; par le processus des forums sociaux. Apr&#232;s Seattle, le mouvement d&#233;cide de se r&#233;unir sur ses propres valeurs pour discuter des r&#233;sistances et des alternatives. Il se r&#233;unit &#224; Porto Alegre en 2001 et 2002, et cr&#233;e le Forum Social Mondial en contrepoint du Forum &#233;conomique mondial qui se r&#233;unit &#224; Davos. Apr&#232;s les mobilisations au Qu&#233;bec contre la zone de libre-&#233;change am&#233;ricaine, le sommet du G8, en 2001, &#224; G&#234;nes a &#233;t&#233; marqu&#233; par des mobilisations massives d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; internationale entre les peuples du Sud et du Nord est une r&#233;ponse &#224; l'id&#233;e absurde, et mortelle, de la guerre des civilisations. Le droit doit l'emporter, dans chaque soci&#233;t&#233; et au niveau international. Le droit international ne peut &#234;tre fond&#233; que sur le respect des droits humains, des droits civils et politiques, des droits &#233;conomiques, sociaux et culturels. La convergence avec le mouvement antiguerre se manifeste d'abord en 2002 au Forum social europ&#233;en qui se d&#233;roule &#224; Florence, puis en janvier 2003 au Forum social mondial, &#224; Porto Alegre. Le 15 f&#233;vrier 2003, dix millions de personnes manifestent dans le monde entier contre la guerre en Irak.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement altermondialiste ne cesse de s'&#233;largir et de s'approfondir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;largissement g&#233;ographique d'abord avec les Forums Sociaux Mondiaux &#224; Porto Alegre (Br&#233;sil), Mumbai (Inde), Nairobi (Kenya), Bamako (Mali), Caracas (V&#233;n&#233;zu&#233;la) et Karachi (Pakistan), puis les forums continentaux, les forums nationaux et la cascade ininterrompue des forums locaux. L'&#233;largissement est social ensuite, avec les mouvements paysans et les mouvements de sans-terre, les syndicats ouvriers, les No-Vox, les peuples indig&#232;nes, les Dalits (caste des Intouchables, en Inde), les comit&#233;s de quartiers d&#233;grad&#233;s et de bidonvilles, les forums de migrants, la marche mondiale des femmes, les camps de jeunes, les consommateurs et les &#233;cologistes&#8230; L'&#233;largissement th&#233;matique enfin, avec les forums sectoriels, comme ceux de l'&#233;ducation, de la sant&#233;, de l'eau, de la protection sociale, et avec les forums associ&#233;s des autorit&#233;s locales, des parlementaires, des juges, des scientifiques. Ces &#233;largissements g&#233;ographiques, sociaux et th&#233;matiques construisent une autre approche du d&#233;veloppement. Ils pr&#233;parent la remise en cause fondamentale qui va se d&#233;velopper &#224; partir de 2008. [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 5. Prendre conscience du changement de paradigme engendr&#233; par l'&#233;cologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2008, la crise financi&#232;re montre les limites de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Une nouvelle p&#233;riode commence avec l'ouverture de la crise financi&#232;re et sa reconnaissance par l'opinion mondiale, les gouvernements et les institutions internationales. Le d&#233;bat sur le d&#233;veloppement va changer de nature avec l'irruption de l'&#233;cologie et la prise de conscience d'une r&#233;volution philosophique qui remet en cause les rapports entre l'esp&#232;ce humaine et la Nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat qui suit la crise financi&#232;re porte, au d&#233;but, sur les modes de r&#233;gulation et sur la place de la financiarisation dans le n&#233;olib&#233;ralisme. La sortie imm&#233;diate de la crise financi&#232;re passe par le sauvetage des banques et le creusement des dettes publiques. Deux propositions s'affrontent dans le d&#233;bat public. L'une pr&#233;conise la confirmation du n&#233;olib&#233;ralisme et le renforcement des politiques d'aust&#233;rit&#233;. L'autre avance une option n&#233;okeyn&#233;sienne, le renforcement de l'action &#233;conomique de l'&#201;tat et une politique sociale plus &#233;quilibr&#233;e. Quelques voix avancent l'hypoth&#232;se d'un &#233;puisement du mode de production capitaliste et de son d&#233;passement.&lt;br class='autobr' /&gt;
De mani&#232;re inattendue, le d&#233;bat engag&#233; sur la nature de la croissance et sur l'&#233;cologie a pris le pas sur les autres. Joseph Stiglitz et Amartya Sen, pour les r&#233;formateurs, se sont ralli&#233;s au &#171; Green New Deal &#187;. Les orthodoxes se sont pr&#233;sent&#233;s comme les seuls d&#233;fenseurs r&#233;alistes de la Nature et ont affirm&#233; que les r&#233;ponses technologiques &#233;taient les meilleures et que c'est par le march&#233; qu'on r&#233;pondrait aux d&#233;fis &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le questionnement sur la question de l'&#233;cologie n'est pas nouveau. D&#232;s 1960, le Club de Rome avait soulev&#233; la question de l'environnement, mais cette mise en garde avait &#233;t&#233; noy&#233;e dans l'accent donn&#233; &#224; la lutte contre la croissance d&#233;mographique qui &#233;tait apparue comme une caution donn&#233;e aux peurs n&#233;es de la d&#233;colonisation. Dans les ann&#233;es 1980, plusieurs courants mettaient en garde contre les exc&#232;s de la croissance et mettaient en avant la d&#233;croissance et la fin du d&#233;veloppement. Ce qui est nouveau, &#224; partir de 2008, c'est la prise de conscience et la place de cette interrogation dans tous les d&#233;bats sur le d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'environnement s'est impos&#233; comme un risque majeur et la prise de conscience de cette &#233;volution a pris la premi&#232;re place. Les catastrophes naturelles ont toujours accompagn&#233; l'histoire de l'Humanit&#233;. Les tremblements de terre, les &#233;ruptions volcaniques, les s&#233;cheresses et la d&#233;sertification, les inondations, les ouragans et les tsunamis &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme des accidents, des r&#233;actions intempestives et incoh&#233;rentes de la plan&#232;te. Le changement climatique a brutalement reli&#233; le temps g&#233;ologique et l'histoire humaine &#224; moyen et court terme. Ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, la temp&#233;rature de la plan&#232;te cro&#238;t. La fonte des glaciers, la salinisation des deltas, la mont&#233;e des eaux menacent la population agglom&#233;r&#233;e sur le littoral. La chaleur cro&#238;t en zone urbaine ; elle d&#233;stabilise les &#233;quilibres urbains et menace particuli&#232;rement les plus d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; humaine est la cause du changement climatique. C'est ce qui conduit &#224; la d&#233;finition du terme d'anthropoc&#232;ne, faisant l'hypoth&#232;se d'une nouvelle &#232;re g&#233;ologique, marqu&#233;e par l'&#233;mergence de l'activit&#233; humaine comme &#233;l&#233;ment d&#233;terminant de l'&#233;volution du syst&#232;me terrestre. L'humanit&#233; agit sur le climat de deux fa&#231;ons. D'une part, par la consommation des &#233;nergies fossiles, responsable des deux tiers de l'effet de r&#233;chauffement ; d'autre part, par le changement d'affectation des sols &#8212; et particuli&#232;rement la d&#233;forestation &#8212; qui en expliquerait le reste. La destruction des &#233;cosyst&#232;mes, la limitation de la biodiversit&#233;, le changement climatique ont mis en danger l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de conscience de l'urgence a &#233;t&#233; renforc&#233;e par l'engagement de la communaut&#233; scientifique, en dehors de quelques climatosceptiques qui servent de caution aux politiques les plus r&#233;trogrades et aux grandes entreprises qui d&#233;fendent leurs int&#233;r&#234;ts &#224; n'importe quel prix. Une alliance a &#233;t&#233; conclue entre les scientifiques qui ont cr&#233;&#233; le GIEC et les mouvements d'urgence climatique. Le cinqui&#232;me rapport d'&#233;valuation du GIEC consid&#232;re qu'il est possible de maintenir le r&#233;chauffement en dessous de 2 &#176;C et de le ramener &#224; 1,5 &#176;C d'ici 2100. Le r&#233;chauffement est d&#233;j&#224; de pr&#232;s de 1,5 &#176;C par rapport au niveau de l'&#232;re pr&#233;industrielle. Les &#233;tudes scientifiques actuelles &#233;tudient les impacts probables d'un r&#233;chauffement au niveau actuel &#224; 2 &#176;C et &#224; 4 &#176;C, par rapport aux temp&#233;ratures de l'&#232;re pr&#233;industrielle &#224; 0,8 &#176;C, sur la production agricole, les ressources en eau, les &#233;quilibres &#233;cologiques et la vuln&#233;rabilit&#233; du littoral pour les populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, m&#234;me si dans l'imm&#233;diat les catastrophes sont naturelles, leurs cons&#233;quences &#224; terme ne le sont pas. Elles traduisent la rationalit&#233; du syst&#232;me et la renforcent. Ainsi de la famine qui suit la s&#233;cheresse. Les terroirs d&#233;truits sont r&#233;organis&#233;s, modernis&#233;s, normalis&#233;s. Le foncier redessin&#233; facilite la productivit&#233; agricole, mais les terroirs perdent leur capacit&#233; d'adaptation et les migrations s'amplifient. Les inondations vident le littoral reconstruit en installations de tourisme au d&#233;triment des agriculteurs et des p&#234;cheurs, comme on l'a vu au Pakistan. Les catastrophes sont utilis&#233;es pour faire du pass&#233; table rase ; elles permettent d'annuler les anciens droits, particuli&#232;rement fonciers, comme dans la logique coloniale. Elles permettent l'installation d'un nouvel ordre, celui de la marchandisation et de la financiarisation triomphante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la seule question pos&#233;e par le d&#233;veloppement comme nous le verrons plus loin. Mais il s'agit de mettre en cause le productivisme et le sens de la croissance, de remettre en cause la conception de la modernit&#233;, du progr&#232;s et des avanc&#233;es technologiques. Il s'agit en fait d'un changement de paradigme, d'une nouvelle mani&#232;re de penser l'&#233;volution du monde. Le syst&#232;me mondial est entr&#233; en contradiction avec l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire, et c'est la premi&#232;re fois dans l'histoire de l'Humanit&#233;. C'est une r&#233;volution philosophique dans le rapport entre l'esp&#232;ce humaine et la Nature. La fin de la croyance dans un monde infini et la n&#233;cessit&#233; de penser le temps fini. Dans les soci&#233;t&#233;s et dans le monde, les jeunesses s'emparent de la question. Le d&#233;bat change de g&#233;n&#233;ration. [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 6. Partir de l'analyse de la situation actuelle pour identifier les d&#233;fis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2008, une nouvelle s&#233;quence va s'enclencher. Il faut partir de la situation et de ses contradictions pour identifier les questions et les d&#233;fis. D&#232;s 2011, les r&#233;ponses des peuples &#224; la crise du capitalisme se d&#233;clinent sous la forme des insurrections populaires qui peuvent &#234;tre qualifi&#233;es de r&#233;volutionnaires. Ce sont des dizaines de mouvements populaires qui mettent dans des dizaines de pays des millions de personnes sur les places. Rappelons les printemps arabes &#224; partir de Tunis et du Caire ; les indign&#233;s en Europe du Sud les Occupy &#224; Londres et New York, les &#233;tudiants chiliens, le parc Taksim &#224; Istanbul, les carr&#233;s rouges au Qu&#233;bec, les parapluies &#224; Hong Kong, les &#171; gens ordinaires &#187; &#224; New Delhi&#8230; On retrouve partout les m&#234;mes mots d'ordre : le refus de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s, le rejet des discriminations, les libert&#233;s et le refus des r&#233;pressions, la revendication d'une d&#233;mocratie &#224; r&#233;inventer, l'urgence &#233;cologique. Et partout, un nouvel enjeu, le refus de la corruption, le rejet de la fusion des classes politiques et des classes financi&#232;res qui annule l'autonomie du politique et entra&#238;ne la m&#233;fiance des peuples par rapport aux instances du politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2013, l'arrogance n&#233;olib&#233;rale reprend le dessus et confirme les tendances qui ont &#233;merg&#233; d&#232;s la fin des ann&#233;es 1970. Les politiques dominantes, d'aust&#233;rit&#233; et d'ajustement structurel, sont r&#233;affirm&#233;es. La d&#233;stabilisation, les guerres, les r&#233;pressions violentes et l'instrumentalisation du terrorisme s'imposent dans toutes les r&#233;gions. Des courants id&#233;ologiques r&#233;actionnaires et des populismes d'extr&#234;me-droite sont de plus en plus actifs. Les racismes et les nationalismes extr&#234;mes alimentent les manifestations contre les &#233;trangers et les migrants. Ils prennent des formes sp&#233;cifiques comme le n&#233;oconservatisme libertarien aux &#201;tats-Unis, les extr&#234;mes-droites et les diverses formes de national-socialisme en Europe, l'extr&#233;misme djihadiste arm&#233;, les dictatures et les monarchies p&#233;troli&#232;res, l'hindouisme extr&#234;me, etc. D&#232;s 2013, commencent les contre-r&#233;volutions avec la mont&#233;e des id&#233;ologies racistes, s&#233;curitaires, x&#233;nophobes. Le n&#233;olib&#233;ralisme durcit sa domination et renforce son caract&#232;re s&#233;curitaire appuy&#233; sur les r&#233;pressions et les coups d'&#201;tat. Les mouvements sociaux et citoyens se retrouvent en position d&#233;fensive. Mais, dans le moyen terme, rien n'est jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut revenir &#224; la situation pour prendre la mesure des cons&#233;quences d'une p&#233;riode de contre-r&#233;volutions. Actuellement nous vivons une p&#233;riode de plusieurs contre-r&#233;volutions conservatrices : la contre-r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale, celle des anciennes et nouvelles dictatures, celle du conservatisme &#233;vang&#233;liste, celle du conservatisme islamiste, celle du conservatisme hindouiste. Elle rappelle que les p&#233;riodes r&#233;volutionnaires sont g&#233;n&#233;ralement br&#232;ves et souvent suivies de contre r&#233;volutions violentes et beaucoup plus longues. Mais, les contre-r&#233;volutions n'annulent pas les r&#233;volutions et le nouveau qui a explos&#233; continue de progresser et &#233;merge, parfois longtemps apr&#232;s, sous de nouvelles formes. Le durcissement des contradictions et des tensions sociales explique le surgissement des formes extr&#234;mes d'affrontement. Mais, il y a aussi une autre raison &#224; la situation, ce sont les angoisses li&#233;es &#224; l'apparition d'un Nouveau Monde. Trump aux &#201;tats-Unis, Bolsonaro au Br&#233;sil, Orban en Hongrie, Modi en Inde et Duterte aux Philippines&#8230;, en sont les visages grima&#231;ants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les changements profonds qui construisent le Nouveau Monde et qui pr&#233;figurent les contradictions de l'avenir. Nous pouvons identifier cinq mutations en cours, des r&#233;volutions inachev&#233;es dont nous percevons d&#233;j&#224; les premiers bouleversements. La r&#233;volution des droits des femmes remet en cause des rapports de domination mill&#233;naires. La r&#233;volution des droits des peuples, la deuxi&#232;me phase de la d&#233;colonisation, apr&#232;s l'ind&#233;pendance des Etats met en avant la lib&#233;ration des peuples et interroge les identit&#233;s multiples et les formes de l'&#201;tat-nation. La prise de conscience &#233;cologique est une r&#233;volution philosophique, celle qui repose l'id&#233;e d'un temps fini. Le num&#233;rique renouvelle le langage et l'&#233;criture et les biotechnologies interrogent les limites du corps humain. Le bouleversement du peuplement de la plan&#232;te est en cours ; il ne s'agit pas d'une crise migratoire, mais d'une r&#233;volution d&#233;mographique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs bouleversements en cours, des r&#233;volutions inachev&#233;es et incertaines. Rien ne permet d'affirmer qu'elles ne seront pas &#233;cras&#233;es, d&#233;vi&#233;es ou r&#233;cup&#233;r&#233;es. Mais rien ne permet non plus de l'affirmer. Elles bouleversent le monde ; elles sont aussi porteuses d'espoirs et marquent d&#233;j&#224; l'avenir et le pr&#233;sent. Pour l'instant, elles provoquent des refus et des grandes violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des contradictions r&#233;v&#233;l&#233;es par la situation actuelle, nous pouvons identifier les d&#233;fis et les questions. On peut proposer une liste des th&#232;mes que devra prendre en compte l'invention d'une nouvelle pens&#233;e du d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs questions r&#233;sultent des limites du syst&#232;me dominant ; l'&#233;puisement du n&#233;olib&#233;ralisme et les hypoth&#232;ses de renouvellement ou de d&#233;passement du capitalisme. Plus directement aujourd'hui la question de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s mondiales, le lien entre la justice sociale et la justice fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau paradigme &#233;cologique et le rapport entre l'esp&#232;ce humaine et la Nature d&#233;finissent la rupture et posent aussi la question de la justice environnementale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes mutations identifi&#233;es autour de la r&#233;volution des droits des femmes, de la r&#233;volution des droits des peuples, du num&#233;rique et des biotechnologies, de la scolarisation des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle donne g&#233;opolitique avec la tendance &#224; la multipolarit&#233;, les guerres, le droit international et les multinationales, la nouvelle phase de la d&#233;colonisation apr&#232;s celle de l'ind&#233;pendance des &#201;tats, le rapport entre les &#201;tats, les nations et les peuples et la red&#233;finition de la souverainet&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question de l'h&#233;g&#233;monie culturelle, des id&#233;ologies racistes, x&#233;nophobes et s&#233;curitaires, des droits fondamentaux et de l'universalit&#233; des droits.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'interrogation fondamentale sur le politique, la d&#233;l&#233;gation et la repr&#233;sentation, sur la corruption, sur les formes de la d&#233;mocratie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;finition et le r&#244;le des acteurs du changement, la mutation des classes sociales et du rapport entre les classes, le genre et les origines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#244;le des mouvements sociaux et citoyens et la strat&#233;gie internationale des mouvements. [8]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 7. Approfondir la r&#233;flexion sur le changement des soci&#233;t&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la pens&#233;e du d&#233;veloppement occupe une place aussi importante, c'est parce qu'elle se pr&#233;sente comme la r&#233;f&#233;rence pour comprendre et agir sur l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s. Il faut tout de suite souligner le biais dans la place qu'a prise l'&#233;conomie dans la compr&#233;hension des transformations sociales par rapport &#224; la philosophie, aux sciences et aux technologies et aux sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es soixante, la pens&#233;e du d&#233;veloppement privil&#233;giait des dur&#233;es de vingt &#224; quarante ans, celle de l'amortissement des investissements et le temps d'une g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s s'est beaucoup enrichie au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es. L'analyse marxiste, celle des modes de production et des formations sociales, des rapports sociaux et des structures sociales, s'est d&#233;gag&#233;e des rigidit&#233;s et des contresens du sovi&#233;tisme. L'&#233;tude des civilisations a progress&#233;, &#224; partir des progr&#232;s des recherches historiques et arch&#233;ologiques, notamment celles des &#233;conomies mondes et des syst&#232;mes mondes. La rupture de la d&#233;colonisation a &#233;t&#233; prolong&#233;e par l'&#233;tude de l'accumulation &#224; l'&#233;chelle mondiale. La rupture &#233;cologique am&#232;ne &#224; &#233;largir l'&#233;chelle du temps &#224; la g&#233;ologie et &#224; la Nature et l'&#233;chelle de l'espace &#224; celle de la plan&#232;te dans l'articulation entre le local, le national, les grandes r&#233;gions et le mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s &#233;tait repr&#233;sent&#233;e par des p&#233;riodes de relative stabilit&#233; interrompues par des r&#233;volutions qui marquaient le basculement vers une autre p&#233;riode. L'accent a &#233;t&#233; mis sur la complexit&#233; des soci&#233;t&#233;s, d&#233;finie non seulement par l'affrontement entre deux classes sociales, mais par l'articulation entre plusieurs modes de production faisant intervenir plusieurs classes sociales et des alliances de classes. L'attention a port&#233; sur la transition qui caract&#233;rise des p&#233;riodes longues et contradictoires d'une soci&#233;t&#233; &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche renouvelle la notion de transition qui n'est pas la conception d'une d&#233;marche progressive et r&#233;formiste ; elle inclut la n&#233;cessit&#233; de ruptures et de r&#233;volutions. Le rapport entre le temps long des transitions et les ruptures des r&#233;volutions doit &#234;tre pr&#233;cis&#233;. La transition n'annule pas du tout le r&#244;le des r&#233;volutions, des moments d'affrontements et d'invention qui marquent l'&#233;volution et les rapports de forces et dans lesquels s'imposent les id&#233;es nouvelles et se d&#233;finissent les nouveaux rapports sociaux. Les r&#233;volutions ne r&#233;sument pas la transformation des soci&#233;t&#233;s. L'Histoire ne se r&#233;duit pas &#224; une succession de &#171; Grand Soir &#187; qu'il suffit de pr&#233;parer ; tout deviendrait possible apr&#232;s et avant tout serait r&#233;cup&#233;rable et m&#234;me r&#233;cup&#233;r&#233;. Les historiens se sont beaucoup attach&#233;s &#224; l'&#233;tude des transitions longues qui ont caract&#233;ris&#233; certains grands empires et des transitions plus courtes et ma&#238;tris&#233;es. Un exemple de ce type de transition caract&#233;rise le passage du f&#233;odalisme au capitalisme, ma&#238;tris&#233; par la bourgeoisie en moins de quelques si&#232;cles. Comme il est compr&#233;hensible, c'est cet exemple qui sert de r&#233;f&#233;rence quand on s'interroge sur les sorties du capitalisme. Car le capitalisme ne r&#233;sume pas l'Histoire, il a eu un d&#233;but, il aura une fin et elle n'est pas &#233;crite.&lt;br class='autobr' /&gt;
La relecture de la transition du f&#233;odalisme au capitalisme permet quelques r&#233;flexions. L'Histoire n'est pas &#233;crite &#224; l'avance, et le d&#233;passement du capitalisme ne va pas automatiquement d&#233;boucher vers une soci&#233;t&#233; id&#233;ale, plus juste, plus &#233;galitaire. Il peut tr&#232;s bien d&#233;boucher vers un mode de production, une soci&#233;t&#233;, avec des rapports in&#233;galitaires et de domination m&#234;me s'ils ne sont plus capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais il peut aussi, en fonction des luttes et des mobilisations permettre un pas vers l'&#233;mancipation. Comme on l'a vu, les rapports sociaux capitalistes existaient d&#233;j&#224;, incomplets, dans les soci&#233;t&#233;s f&#233;odales. On peut donc faire l'hypoth&#232;se que dans les soci&#233;t&#233;s actuelles il existe d&#233;j&#224; des rapports sociaux incomplets de d&#233;passement du capitalisme. Ce qui donne un autre statut aux recherches d'alternatives qui peuvent pr&#233;figurer de nouveaux rapports sociaux. Comme on l'a aussi vu dans la transition du f&#233;odalisme au capitalisme, aucune des deux classes principales f&#233;odales, l'aristocratie et la paysannerie, ne l'a emport&#233; ; ce sont deux nouvelles classes, la bourgeoisie et la classe ouvri&#232;re, n&#233;es dans le processus, qui se sont impos&#233;es comme classes principales. De nouvelles classes sont en gestation dans le d&#233;passement du capitalisme. Pour illustrer cette hypoth&#232;se, par exemple, les managers pourraient disputer aux actionnaires la direction ; &#224; l'inverse, les pr&#233;caires pourraient formaliser une nouvelle classe antagonique, un nouveau prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour caract&#233;riser la transition engag&#233;e, on peut mettre en avant la proposition d'une transition sociale, &#233;cologique, d&#233;mocratique et g&#233;opolitique. Une transition sociale pour une plus grande justice sociale et contre les in&#233;galit&#233;s nationales et mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une transition &#233;cologique pour une plus grande justice environnementale en &#171; changeant le syst&#232;me et pas le climat &#187;. Une transition d&#233;mocratique en refusant la confiscation des pouvoirs par des minorit&#233;s et en inventant de nouvelles formes du politique. Une transition g&#233;opolitique en refusant toutes les formes de domination. La proposition de transition rappelle la n&#233;cessaire action dans le temps long ; elle n'&#233;limine pas les indispensables acc&#233;l&#233;rations que portent les r&#233;volutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enjeu est de s'engager dans une transition vers plus d'&#233;mancipation. Il s'agit pour cela d'articuler quatre formes d'engagement : les luttes et les mobilisations ; l'&#233;laboration et la r&#233;flexion th&#233;orique ; la lutte contre l'h&#233;g&#233;monie culturelle par la confrontation des id&#233;es et le d&#233;bat public intellectuel, scientifique, artistique ; la mise en &#339;uvre d'alternatives concr&#232;tes &#224; la logique dominante. [9]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 8. Se situer dans une perspective strat&#233;gique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une perspective strat&#233;gique se d&#233;finit dans l'articulation entre le court terme et le long terme, entre l'urgence et l'alternative. Il faut &#233;videmment r&#233;pondre &#224; l'urgence et aux probl&#232;mes imm&#233;diats. Personne ne pourrait comprendre qu'on ne s'engage pas dans les actions rendues n&#233;cessaires par l'urgence. Mais la r&#233;ponse &#224; l'urgence ne suffit pas pour r&#233;pondre aux probl&#232;mes fondamentaux qui en sont la cause. Il faut inscrire la r&#233;ponse &#224; l'urgence dans la d&#233;finition et la r&#233;ponse &#224; une alternative radicale, une alternative qui s'attaque &#224; la racine, aux causes. La d&#233;finition de la strat&#233;gie d&#233;pend aussi des acteurs qui la d&#233;finissent. Elle se d&#233;finit &#224; l'&#233;chelle globale du changement de soci&#233;t&#233; au niveau de la prise du pouvoir. Elle se d&#233;finit aussi &#224; l'&#233;chelle des mouvements dans la perspective d'une action de long terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La strat&#233;gie est souvent confondue avec la prise du pouvoir d'&#201;tat. On a pendant longtemps pens&#233; que pour changer une soci&#233;t&#233;, il fallait et il suffisait de prendre le pouvoir d'&#201;tat. Dans cette optique, la formulation de la strat&#233;gie est militaire, compte tenu de l'importance du militaire dans le pouvoir et dans la prise du pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'a si bien analys&#233; G&#233;rard Chaliand, cette strat&#233;gie a &#233;t&#233; marqu&#233;e par les guerres napol&#233;oniennes avec la recherche de la bataille d&#233;cisive que l'on va retrouver dans les strat&#233;gies du mouvement ouvrier avec l'id&#233;e de la r&#233;volution, du Grand Soir pour sortir du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#234;te &#224; Cromwell, dans les ann&#233;es 1650, la d&#233;finition de la strat&#233;gie qui a permis &#224; la bourgeoisie de prendre le pouvoir, autour de la proposition &#171; il faut cr&#233;er un parti, pour conqu&#233;rir l'&#201;tat, et pour changer la soci&#233;t&#233; &#187;. Apr&#232;s des ann&#233;es de d&#233;bat et de controverses dans la premi&#232;re Internationale, elle a &#233;t&#233; confirm&#233;e et adopt&#233;e par les 2e et 3e internationales comme l'axe strat&#233;gique pour la sortie du capitalisme. Cette strat&#233;gie est aujourd'hui interrog&#233;e. Les partis n'ont pas le monopole de l'intervention politique. Ensuite, un parti construit pour conqu&#233;rir l'&#201;tat se transforme en parti-&#201;tat, parfois avant m&#234;me la prise du pouvoir d'&#201;tat. Enfin, l'&#201;tat ne permet pas, g&#233;n&#233;ralement, de changer la soci&#233;t&#233; dans le sens d'une plus grande &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion sur l'&#201;tat qui avait &#233;t&#233; au centre de la 1re internationale est &#224; approfondir en tenant compte des le&#231;ons des diff&#233;rentes p&#233;riodes : des &#201;tats-nations, des &#201;tats fascistes des ann&#233;es 1930, des &#201;tats coloniaux, des &#201;tats sociaux et keyn&#233;siens, des &#201;tats sovi&#233;tiques et socialistes, des &#201;tats n&#233;olib&#233;raux, des &#201;tats ind&#233;pendants en Am&#233;rique latine d&#232;s les ann&#233;es 1810 et des &#233;tats d&#233;colonis&#233;s, en Asie et en Afrique, d&#232;s les ann&#233;es 1950. Il s'agit aussi des d&#233;bats sur les niveaux de gouvernement : le niveau national en liaison avec l'&#201;tat nation et les d&#233;clinaisons de la souverainet&#233; ; le niveau mondial avec la nature du syst&#232;me institutionnel international et de la r&#233;gulation de questions telles que l'&#233;cologie ou les migrations ; le niveau local avec la d&#233;mocratie de proximit&#233;, les territoires, le municipalisme ; le niveau des grandes r&#233;gions g&#233;oculturelles et g&#233;o-environnementales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les partis n'ont pas perdu leur r&#244;le et leur n&#233;cessit&#233;, mais ils n'ont plus le monopole du politique. L'&#233;mergence des mouvements sociaux et citoyens change profond&#233;ment la nature du politique. Ils portent la diversit&#233; des situations et des projets ; ils mettent en avant la diversit&#233; des soci&#233;t&#233;s et dans les soci&#233;t&#233;s. Les partis en font partie, mais ne les dirigent pas, ne les d&#233;terminent pas. Ils modifient la nature des alliances sociales, culturelles et politiques. Nous proposons de mettre l'accent sur les strat&#233;gies des mouvements et de porter une attention particuli&#232;re &#224; la dimension internationale de ces strat&#233;gies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partirons du mouvement altermondialiste pour mettre en &#233;vidence le d&#233;bat sur la strat&#233;gie, sur l'articulation entre court terme et long terme, entre urgence et alternative. Cette question a &#233;t&#233; illustr&#233;e au Forum social mondial de Bel&#233;m en 2009. Dans ce forum ont &#233;t&#233; avanc&#233;es des propositions pour r&#233;pondre &#224; la crise financi&#232;re de 2008. Dans ce forum ont &#233;t&#233; &#233;galement avanc&#233;es des propositions d'alternatives autour de la transition &#233;cologique, sociale, d&#233;mocratique. [10]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 9. S'attaquer &#224; l'urgence en renfor&#231;ant les r&#233;sistances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence est attest&#233;e tous les jours, dans tous les pays du monde. Elle s'exprime dans le refus de la pauvret&#233;, des in&#233;galit&#233;s, des exclusions, des discriminations, des r&#233;pressions, des guerres. Elle est port&#233;e par les mobilisations, par les luttes sociales et citoyennes. Dans chaque situation, les discussions portent sur des propositions et des politiques qui seraient susceptibles d'am&#233;liorer les situations imm&#233;diates. Ces politiques proposent des mesures imm&#233;diates de refus de l'insupportable. M&#234;me si elles ne pr&#233;tendent pas modifier, dans le court terme les causes des difficult&#233;s, elles pr&#233;tendent s'inscrire dans cette volont&#233; et pr&#233;parer des changements structurels. Les r&#233;sistances ouvrent le champ des possibles. La radicalit&#233; des luttes est port&#233;e par leur singularit&#233;. Chaque lutte porte des d&#233;passements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la crise financi&#232;re de 2008, la discussion a port&#233; sur les politiques &#224; mettre en &#339;uvre pour r&#233;pondre aux cons&#233;quences de cette crise et &#233;viter des situations de crise aussi grave. Le Forum social mondial de Bel&#233;m, en 2009, en est l'illustration. Le Forum a r&#233;affirm&#233; un programme d'urgence avec les propositions imm&#233;diates : le contr&#244;le de la finance, la suppression des paradis fiscaux et judiciaires, la taxe sur les transactions financi&#232;res, l'urgence climatique, la redistribution&#8230; Ces mesures avaient &#233;t&#233; discut&#233;es d&#232;s la deuxi&#232;me phase du mouvement altermondialiste, entre la chute du mur de Berlin et la r&#233;union de Seattle en 1999, dans la contestation des politiques &#233;conomiques, financi&#232;res et sociales d&#233;fendues par le G7, le FMI, la Banque Mondiale et l'OMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se d'un changement de politique a &#233;t&#233; rejet&#233;e et combattue par les cercles dirigeants, les groupes financiers et les grandes entreprises multinationales, les institutions internationales &#233;conomiques et financi&#232;res et la plupart des dirigeants des grands &#201;tats. Pour eux, la crise financi&#232;re de 2008 est un accident, d&#233;j&#224; largement corrig&#233; &#224; partir d'un renforcement des politiques d'aust&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, des &#233;conomistes reconnus, notamment Joseph Stiglitz, Paul Krugman, Thomas Piketty, qualifi&#233;s de keyn&#233;siens, ont d&#233;fendu une autre position. Ils ont avanc&#233; l'id&#233;e que la crise &#233;tait beaucoup plus fondamentale, sur les questions mon&#233;taires, sociales et de l'&#233;conomie internationale. Ils ont &#233;galement insist&#233; sur l'importance nouvelle de la question &#233;cologique. Le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations Unies a mis en place une commission pour r&#233;agir &#224; la situation. Elle a &#233;t&#233; pr&#233;sid&#233;e par Joseph Stiglitz, reconnu comme keyn&#233;sien, et Amartya Sen qui d&#233;fend &#171; un processus de d&#233;veloppement et d'expansion des libert&#233;s r&#233;elles dont jouissent les individus &#187;. Cette commission a propos&#233; un programme qu'on a appel&#233; le &#171; Green new deal &#187;. On y retrouve plusieurs des mesures pr&#233;conis&#233;es dans les mesures d'urgence d&#233;fendues au Forum de Bel&#233;m. Ces propositions adopt&#233;es n'ont pas &#233;t&#233; appliqu&#233;es et n'ont pas emp&#234;ch&#233; le durcissement du n&#233;olib&#233;ralisme. Le d&#233;bat n'est pas clos pour autant. Il faut rappeler que le New Deal avait &#233;t&#233; d&#233;fini pour r&#233;pondre &#224; la crise de 1929, qu'il avait &#233;t&#233; adopt&#233; et d&#233;cr&#233;t&#233; par Roosevelt d&#232;s 1933, mais qu'il n'a &#233;t&#233; appliqu&#233; qu'en 1945 apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que le d&#233;bat sur le d&#233;veloppement va s'organiser autour du programme du &#171; Green New Deal &#187; comme proposition par rapport au mod&#232;le dominant n&#233;olib&#233;ral. On peut d&#233;j&#224; d&#233;finir trois positions qui s'affirment par rapport &#224; cette proposition. Les cercles dominants apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tent&#233;s par des positions climatosceptiques reconnaissent l'importance de l'&#233;cologie et proposent d'y r&#233;pondre par un surcro&#238;t de capitalisme, par la marchandisation la privatisation et la financiarisation du vivant et de la Nature et par l'attente de miracles qui seraient apport&#233;s par les nouvelles technologies. Pour les courants les plus radicaux, le Green New Deal ne serait qu'une proposition de capitalisme vert et de renouvellement du capitalisme analogue &#224; celui qu'avait port&#233; le New Deal. Une position nouvelle tr&#232;s r&#233;cente pourrait renouveler le d&#233;bat et actualiser les questions des alliances. Elle a &#233;t&#233; apport&#233;e par Alexandria Ocasio-Cortez, dite AOC, nouvelle &#233;lue de New York &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, et les nouveaux courants &#233;tats-uniens qui se d&#233;finissent comme socialistes et qui d&#233;fendent une conception beaucoup plus offensive et radicale du Green New Deal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un moment o&#249; les politiques dominantes sont de plus en plus injustes, in&#233;gales et r&#233;pressives, l'urgence est de renforcer les r&#233;sistances &#224; toutes les &#233;chelles locales, nationales et mondiales. Elles consistent &#224; soutenir les mouvements en lutte autour des th&#232;mes les plus d&#233;velopp&#233;s : refuser la pauvret&#233;, les in&#233;galit&#233;s, les discriminations ; lutter contre les r&#233;pressions ; refuser les remises en cause des libert&#233;s d&#233;mocratiques ; remettre en cause le r&#244;le croissant et les diff&#233;rentes formes de la corruption ; remettre en cause la volont&#233; de puissance et de richesses qui conduit &#224; des d&#233;mesures incontr&#244;l&#233;es ; refuser les guerres ; lutter contre la criminalisation des mouvements sociaux et des formes de solidarit&#233;. [11]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 10. Rendre visibles les alternatives, les nouveaux projets de soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; l'urgence ne suffit pas pour d&#233;finir une nouvelle pens&#233;e du d&#233;veloppement. Il faut pour ouvrir des perspectives d&#233;finir des alternatives. L'exp&#233;rience montre d'ailleurs que les alternatives sont n&#233;cessaires y compris pour r&#233;sister. Au Forum social mondial de Bel&#233;m en 2009, alors m&#234;me qu'&#233;taient propos&#233;es des politiques pour r&#233;pondre &#224; la crise financi&#232;re de 2008, de nombreuses interpellations ont mis en &#233;vidence le fait qu'il s'agissait d'une rupture plus profonde, particuli&#232;rement du fait de la discontinuit&#233; port&#233;e par la prise de conscience de l'urgence &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ensemble de mouvements sociaux et citoyens, les mouvements des femmes, les paysans, les &#233;cologistes et les peuples indig&#232;nes, surtout amazoniens, ont pris la parole pour affirmer : s'il s'agit d'une remise en cause des rapports entre l'esp&#232;ce humaine et la Nature, il ne s'agit pas d'une simple crise du n&#233;olib&#233;ralisme, ni m&#234;me du capitalisme, il s'agit d'une crise de civilisation, celle qui d&#232;s 1492 a d&#233;fini certains fondements de la science contemporaine dans l'exploitation illimit&#233;e de la Nature et de la plan&#232;te. C'est de l&#224; que date la d&#233;finition d'un projet alternatif, celui de la transition sociale, &#233;cologique, d&#233;mocratique, y compris politique et g&#233;opolitique. Cette transition s'appuie sur de nouvelles notions et de nouveaux concepts : les communs, la propri&#233;t&#233; sociale, le buen vivir, le pachamama ou la Terre-M&#232;re, la d&#233;mocratisation radicale de la d&#233;mocratie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sister, c'est lutter pied &#224; pied ; c'est aussi montrer que des progr&#232;s sont possibles &#224; travers les nouvelles pratiques et les nouvelles politiques, m&#234;me partielles. Il s'agit alors de contester la pr&#233;tention du capitalisme &#224; se pr&#233;senter comme le seul porteur du progr&#232;s et de la modernit&#233;. Le capitalisme se pr&#233;sente comme porteur de modernit&#233; et de modernisation et rejette tous ceux qui le contestent comme tenants de l'immobilisme et du refus du changement. Et c'est vrai que les changements impos&#233;s par le capitalisme sont porteurs de r&#233;gression sociale. Mais on ne peut pas se contenter de dire : il ne faut rien changer parce que ce sera pire, m&#234;me si c'est tr&#232;s probable que les changements entra&#238;neront une situation d&#233;grad&#233;e pour les travailleurs et les couches populaires. Le capitalisme est porteur d'une modernisation, mais comme l'avait d&#233;j&#224; point&#233; Gramsci, c'est une modernisation r&#233;gressive. Le mouvement altermondialiste l'a exp&#233;riment&#233; d&#232;s le d&#233;but du n&#233;olib&#233;ralisme avec Mme Tatcher, surnomm&#233; Madame TINA avec son affirmation &#171; There Is No Alternative &#187;. C'est &#224; cette agression que le mouvement altermondialiste a r&#233;pondu en affirmant qu'il y a des alternatives meilleures, &#171; Un autre monde est possible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille porte sur le contr&#244;le des modernisations et sur la d&#233;finition d'une modernit&#233; progressiste en opposition &#224; la modernit&#233; r&#233;gressive. Nous voyons comment le capitalisme se modernise par le contr&#244;le du num&#233;rique et des biotechnologies. Mais la bataille est en cours ; ce sont les grandes entreprises qui pillent et d&#233;tournent les progr&#232;s possibles. Dans les collectifs de logiciels libres, les lanceurs d'alerte, les porteurs de la sant&#233; publique, l'urgence climatique, la biodiversit&#233;, le rejet de l'extractivisme et dans tant d'autres domaines, les affrontements ne font que commencer. Ils opposent clairement deux conceptions de la modernit&#233;, celle de la marchandisation et de la financiarisation d'un c&#244;t&#233; et celle du respect de la Nature et du d&#233;veloppement des droits fondamentaux individuels et collectifs de l'autre. Ce d&#233;bat qui a &#233;t&#233; men&#233; au forum social mondial de Bahia en 2018 sur les urgences &#233;cologiques, sur le travail et la quatri&#232;me r&#233;volution industrielle, sur l'emploi, sur la protection sociale universelle, sur la sant&#233;, sur l'eau, sur la terre, sur le logement, sur le climat, sur la culture&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche qui relie la r&#233;sistance et la cr&#233;ation d&#233;finit l'approche strat&#233;gique. En partant des r&#233;sistances, on peut les mettre en perspective dans un projet. Les r&#233;sistances d&#233;finissent les refus et ouvrent les pistes des alternatives n&#233;cessaires et possibles. La lisibilit&#233; d'un projet alternatif se dessine &#224; travers les refus. Le d&#233;bat ne porte pas sur la n&#233;cessit&#233; d'une alternative, mais sur la nature de cette alternative. Dans tous les cas, il y aura une transition &#233;cologique, sociale, d&#233;mocratique et g&#233;opolitique. La question est de savoir si elle peut &#234;tre plus juste. Quels sont donc les &#233;l&#233;ments qui permettront d'en juger et de pr&#233;parer une alternative d'&#233;mancipation. Quelques principes ont &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;s : le respect des droits fondamentaux ; l'acc&#232;s aux droits pour toutes et tous, et son prolongement, l'&#233;galit&#233; des droits ; le respect des libert&#233;s individuelles et collectives ; la solidarit&#233; &#224; toutes les &#233;chelles, locales, nationales, internationales. Ce d&#233;bat n'est pas nouveau. Aux Nations unies, depuis la d&#233;colonisation jusqu'au d&#233;bat sur la d&#233;claration pour le droit pour le d&#233;veloppement, certaines id&#233;es &#233;taient pr&#233;sentes. On a retrouv&#233; quelques-unes des discussions dans le d&#233;bat sur le Protocole facultatif pour les DESC et on le retrouve aussi dans le d&#233;bat sur les Objectifs du d&#233;veloppement durable (ODD). Le droit international est un des chantiers essentiels dans le renouvellement de la pens&#233;e des transformations &#233;cologiques, sociales et d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers l'affirmation des nouvelles orientations, la d&#233;finition des politiques de transition, la discussion sur les concepts et les th&#233;ories, l'exp&#233;rimentation des alternatives, les mouvements font progresser l'&#233;laboration d'un projet et amorcent un r&#233;cit d'&#233;mancipation. C'est une &#233;tape dans la lutte contre l'h&#233;g&#233;monie culturelle aujourd'hui dominante. [12]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;11. Lutter contre l'h&#233;g&#233;monie culturelle qui cherche &#224; imposer un monde in&#233;gal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2013, la situation internationale et dans un tr&#232;s grand nombre de pays est marqu&#233;e par la mont&#233;e des id&#233;ologies racistes, s&#233;curitaires et x&#233;nophobes. Elle se traduit par une double offensive : contre les migrants d'une part et par la criminalisation des mouvements sociaux et citoyens et particuli&#232;rement contre les mouvements de solidarit&#233;. La mont&#233;e de ces id&#233;ologies n'annule pas les contradictions et les r&#233;sistances sont tr&#232;s importantes dans toutes les soci&#233;t&#233;s. Mais, dans de nombreux pays des mouvements qui traduisent les volont&#233;s de souverainet&#233; par des nationalismes conservateurs et des blocs d'extr&#234;me droite, voire fascisants, gagnent des majorit&#233;s &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution peut &#234;tre expliqu&#233;e, en partie, par l'&#233;volution de la mondialisation. Les travaux de Branko Milanovic sur les in&#233;galit&#233;s mondiales mettent en &#233;vidence l'&#233;volution de la mondialisation et ses cons&#233;quences sur les in&#233;galit&#233;s exacerb&#233;es par les politiques d'aust&#233;rit&#233; qui ont suivi la crise de 2008. Les travaux montrent le recul de l'extr&#234;me pauvret&#233;, surtout en Asie, et l'explosion des in&#233;galit&#233;s avec le 1 % des ultras riches et l'explosion de la corruption dans tous les pays. Mais, ces travaux mettent aussi en &#233;vidence le recul du pouvoir d'achat des classes populaires et moyennes des pays riches et &#233;mergents. Il s'agit d'un v&#233;ritable appauvrissement, d'une paup&#233;risation relative. Cette tendance permettrait d'expliquer, en large part, le d&#233;sespoir des couches populaires et moyennes, par exemple le mouvement des gilets jaunes. Elle peut aussi expliquer l'&#233;coute des discours nationalistes et extr&#233;mistes, les votes pour Trump, Bolsonaro, Modi, Orban, Duterte et autres r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle permet aussi de comprendre l'&#233;volution autoritaire et violente du n&#233;olib&#233;ralisme : en perdant l'alliance avec les classes moyennes et certaines couches populaires qui avait fonctionn&#233; au temps du New Deal, le n&#233;olib&#233;ralisme, apr&#232;s la crise de 2008 tourne le dos &#224; une option d&#233;mocratique, m&#234;me relative ; il s'engage dans une version aust&#233;ritaire, m&#234;lant l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'autoritarisme et d&#233;veloppe une violence d'Etat agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport aux urgences et aux dangers des remont&#233;es totalitaires qui occupent l'espace philosophique et politique, l'alliance entre les humanistes et les alternatifs radicaux est essentielle. Elle n&#233;cessite un renouvellement et une r&#233;invention de l'humanisme, au sens d'une philosophie qui vise &#224; l'&#233;panouissement de la personne humaine et au respect de sa dignit&#233;. Elle rappelle l'importance et la f&#233;condit&#233; des d&#233;bats qui ont illustr&#233;, parmi d'autres, l'humanisme chr&#233;tien et la th&#233;ologie de la lib&#233;ration, la r&#233;sistance au stalinisme dans la pens&#233;e marxiste, la critique de l'universalisme occidental, les propositions pour un humanisme &#233;volutif et &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire des tendances totalitaires a &#233;t&#233; acquise au niveau des id&#233;es, des id&#233;ologies. L'extr&#234;me droite a commenc&#233; d&#232;s la fin des ann&#233;es 1970 son offensive contre l'&#233;galit&#233;. En France, en lien avec des cercles aux &#201;tats-Unis, le Club de l'Horloge a men&#233;, avec l'aide de scientifiques et d'intellectuels, une offensive pour affirmer que l'&#233;galit&#233; n'est pas naturelle et que ce sont les in&#233;galit&#233;s qui le sont. Cette offensive a cibl&#233; les libert&#233;s ne d&#233;fendant que la libert&#233; des entreprises et a combattu le droit international dans sa r&#233;f&#233;rence &#224; la D&#233;claration universelle des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve ainsi les explications de Gramsci sur l'importance de l'h&#233;g&#233;monie culturelle qui permet &#224; un syst&#232;me de domination de s'imposer en &#233;tant accept&#233; par les couches sociales domin&#233;es. Dans cette bataille culturelle, la d&#233;finition d'un projet, porteur d'une alternative d'&#233;mancipation, est essentielle. [13]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 12. Repenser le d&#233;veloppement des soci&#233;t&#233;s et r&#233;inventer la solidarit&#233; internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; internationale est interpell&#233;e par cette nouvelle situation. Il faut donc en rappeler les fondements et la mani&#232;re de tenir compte des nouvelles conditions. Dans la mesure o&#249; la solidarit&#233; internationale concerne les rapports entre les soci&#233;t&#233;s, il faudra revenir sur la mani&#232;re de comprendre le changement social et l'&#233;volution d'une soci&#233;t&#233; ; il faudra aussi s'interroger sur les rapports entre des soci&#233;t&#233;s et sur les in&#233;galit&#233;s et les rapports de domination qui peuvent caract&#233;riser les rapports entre les soci&#233;t&#233;s ; il faudra enfin s'interroger sur l'&#233;volution du syst&#232;me international. Les r&#233;flexions que nous avons propos&#233;es sur la pens&#233;e du d&#233;veloppement, comme une mani&#232;re de prendre en compte les changements des soci&#233;t&#233;s et de leurs rapports, doivent permettre de prendre en compte la situation actuelle et son &#233;volution par rapport aux ruptures qui ont &#233;t&#233; identifi&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Consid&#233;rons la solidarit&#233; internationale comme une valeur, une strat&#233;gie, des pratiques et un mouvement. Partons de la solidarit&#233; internationale en tant que valeur, examinons quelle strat&#233;gie permet de la d&#233;velopper, prenons en compte les pratiques qui la d&#233;finissent, examinons enfin les acteurs qui portent cette solidarit&#233; et consid&#233;rons qu'il existe des mouvements de solidarit&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que valeur, la solidarit&#233; internationale est la dimension internationale de la solidarit&#233;. Il faut donc partir de la solidarit&#233; comme valeur et de l'&#233;volution de sa signification. La solidarit&#233; se distingue progressivement de la charit&#233; et de l'aide d'une part et de l'altruisme d'autre part. La solidarit&#233; traduit le lien entre des personnes qui se consid&#232;rent comme li&#233;es par leur appartenance commune &#224; une communaut&#233; ou &#224; un territoire. En cela, la solidarit&#233; internationale renforce et compl&#232;te la solidarit&#233; en &#233;largissant la communaut&#233; &#224; l'Humanit&#233; et le territoire &#224; la plan&#232;te. La solidarit&#233; est souvent per&#231;ue dans les valeurs fondamentales comme le compl&#233;ment de la libert&#233; et de l'&#233;galit&#233; en &#233;tant plus g&#233;n&#233;rale que l'injonction de fraternit&#233; ou de sororit&#233;. L'actualit&#233; de ces valeurs est renforc&#233;e par les d&#233;rives dans l'explosion des in&#233;galit&#233;s, la remise en cause des libert&#233;s et le renforcement de l'&#233;go&#239;sme. Les soci&#233;t&#233;s sont confront&#233;es &#224; l'inverse de la solidarit&#233; avec la folle d&#233;mesure dans la possession des richesses et dans l'ivresse de la puissance (ce qu'on a appel&#233; l'hubris).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233;, et la solidarit&#233; internationale sont pr&#233;sentes dans des pratiques multiples. C'est ce qu'on a vu dans les relations de travail avec la solidarit&#233; dans les syndicats ouvriers et paysans. C'est ce qu'on a vu aussi avec le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie sociale et solidaire, et particuli&#232;rement avec les coop&#233;ratives agricoles et ouvri&#232;res qui ont tent&#233; d'organiser la solidarit&#233; &#224; travers la coop&#233;ration. C'est aussi le cas des mutuelles quand elles ont r&#233;sist&#233; &#224; leur mutation dans le syst&#232;me bancaire. C'est le cas dans les territoires et dans l'histoire des municipalit&#233;s qui ont conserv&#233; pendant tr&#232;s longtemps des communs. Les pratiques de solidarit&#233; ont r&#233;sist&#233; &#224; la marchandisation, la privatisation et l'&#233;tatisation. Elles sont &#224; la base des propositions telles que les communs et la propri&#233;t&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; internationale a mis en avant des pratiques sp&#233;cifiques. D'abord pendant la d&#233;colonisation, la solidarit&#233; internationale a pris des formes actives dans le soutien, et m&#234;me la participation sous des formes diverses, aux luttes de lib&#233;ration nationale des peuples colonis&#233;s, et aussi aux luttes contre les racismes, les s&#233;gr&#233;gations et les discriminations. Apr&#232;s les ind&#233;pendances, la solidarit&#233; internationale a essay&#233; de s'engager dans la coop&#233;ration, mais l'&#233;volution des &#201;tats d&#233;colonis&#233;s a d&#233;courag&#233; ces tentatives. Les associations de solidarit&#233; internationale ont avanc&#233; une autre proposition, th&#233;orique et pratique, avec le partenariat. L'hypoth&#232;se du partenariat, et son pari, c'est de parvenir &#224; construire des relations d'&#233;galit&#233; alors que les situations sont profond&#233;ment in&#233;gales, du fait des in&#233;galit&#233;s et des dominations entre les soci&#233;t&#233;s auxquelles sont reli&#233;s les partenaires. C'est une option volontariste pour construire et inventer de la solidarit&#233; internationale en contradiction avec le march&#233;, les puissances financi&#232;res, les appareils d'&#201;tat. Suivant les situations ce partenariat peut &#234;tre possible ou impossible, b&#233;n&#233;ficier des contradictions ou au contraire en &#234;tre victime, permettre des marges de man&#339;uvre ou faciliter les r&#233;cup&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; internationale est un mouvement qui s'inscrit dans l'ensemble des mouvements sociaux et citoyens. Faisons l'hypoth&#232;se que tous les mouvements de solidarit&#233; doivent prendre conscience de l'importance de la solidarit&#233; internationale comme prolongement et comme fondement de toutes les actions de solidarit&#233;. Plus g&#233;n&#233;ralement, la solidarit&#233; est constitutive de tous les mouvements sociaux et citoyens ; c'est dans chacun de ces mouvements que na&#238;t et que se construit le sentiment d'appartenance &#224; des communaut&#233;s de destin. Et c'est tout naturellement que se construisent les r&#233;seaux internationaux de familles de mouvements, confront&#233;s &#224; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale d'une part, et, d'autre part, heureux de se retrouver en confiance, d'apprendre les uns des autres, de chercher des r&#233;ponses, d'exp&#233;rimenter des pratiques. C'est ce qu'on peut voir avec les mouvements paysans, les syndicats salari&#233;s, les mouvements pour les droits des femmes, les peuples indig&#232;nes, les mouvements d'habitants&#8230; Prenons l'exemple de la Via Campesina ; c'est au niveau international qu'elle a d&#233;fini son programme et fait reconna&#238;tre l'importance des paysanneries. Chaque point de son programme est maqu&#233; par la solidarit&#233; et par la liaison entre le local, le national et le mondial : l'agriculture paysanne ; la biodiversit&#233;, les semences, et le refus des OGM ; la souverainet&#233; alimentaire et le refus de l'OMC ; la r&#233;forme agraire ; le respect des droits humains pour les communaut&#233;s rurales et les militants ; les droits des femmes, des jeunes et des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'altermondialisme est n&#233; de la convergence des mouvements sociaux et citoyens et des r&#233;seaux internationaux de mouvement. Ils ont rendu la solidarit&#233; internationale plus visible. Les forums sociaux mondiaux ont montr&#233; cette convergence ; ils sont encore pr&#233;sents en tant que processus. Une nouvelle phase du mouvement altermondialiste est &#224; inventer. La mondialit&#233;, propos&#233;e par &#201;douard Glissant, permettrait de d&#233;passer l'affrontement entre nationalisme et mondialisme. La multipolarit&#233; permettrait de d&#233;passer les contradictions toujours vivantes entre Nord et Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la continuit&#233; des &#233;chelles est &#224; r&#233;inventer en prenant comme imp&#233;ratif la n&#233;cessit&#233; de la solidarit&#233; internationale. Le local implique la liaison entre les territoires et les institutions d&#233;mocratiques de proximit&#233;, la red&#233;finition d'un municipalisme d'&#233;mancipation. Le niveau national implique la red&#233;finition du politique, de la repr&#233;sentation et de la d&#233;l&#233;gation dans la d&#233;mocratie, le renforcement de l'action publique et le contr&#244;le d&#233;mocratique du pouvoir d'&#201;tat. Les grandes r&#233;gions sont les espaces des politiques environnementales, g&#233;oculturelles et de la multipolarit&#233;. Le niveau mondial est celui de l'urgence &#233;cologique, des institutions internationales, du droit international qui doit s'imposer par rapport au droit des affaires, de la libert&#233; de circulation et d'installation et des droits des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de solidarit&#233; internationale est form&#233; par les mouvements sociaux et citoyens. Il met en avant le respect de la diversit&#233; des mouvements. La mise en avant de contradictions principales ne justifie pas la subordination de certains mouvements &#224; d'autres. C'est ce que signifie l'intersectionnalit&#233; qui ne se limiterait pas aux rapports entre classes, genres et origines. L'&#233;volution des mouvements est aussi &#224; interroger. Dans les forums sociaux, le d&#233;bat a &#233;t&#233; engag&#233; sur l'ong&#233;isation des mouvements et la diff&#233;renciation entre mouvements de mobilisations et mouvements d'influence par rapport &#224; des pouvoirs &#233;tatiques ou d'entreprises. Cette tendance a &#233;t&#233; renforc&#233;e par les Fondations qui sont, avec leurs contradictions, les formes d'un capitalisme philanthropique. Le partenariat doit &#234;tre interrog&#233; en tant que concept et en tant que pratique. Des changements culturels consid&#233;rables sont &#224; l'&#339;uvre qui vont marquer le mouvement de solidarit&#233; internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Particuli&#232;rement, pour les nouvelles formes g&#233;n&#233;rationnelles d'engagement et les changements dans le rapport individuel/collectif, repenser le d&#233;veloppement, c'est red&#233;finir les strat&#233;gies de changement social. Le mouvement social de solidarit&#233; international rappelle que la transformation de chaque soci&#233;t&#233; ne peut pas &#234;tre envisag&#233;e en dehors du changement du monde. Il s'appuie sur un droit international construit autour du respect des droits fondamentaux. Il propose, en lieu et place d'une d&#233;finition du d&#233;veloppement fond&#233;e sur la croissance productiviste, une concurrence illimit&#233;e et des formes de domination, une strat&#233;gie de la transition &#233;cologique, sociale, d&#233;mocratique et g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche propos&#233;e est de partir de la strat&#233;gie des mouvements sociaux et citoyens. De proposer &#224; tous les mouvements, et aux r&#233;seaux internationaux de mouvements, de d&#233;finir leur strat&#233;gie par rapport aux changements et aux ruptures qui caract&#233;risent la situation actuelle et de mettre en &#233;vidence la dimension internationale de ces strat&#233;gies. La nouvelle phase de l'altermondialisme pourra &#234;tre d&#233;finie et construite &#224; partir des strat&#233;gies des mouvements sociaux et citoyens et de leurs r&#233;seaux internationaux. [14]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Ce texte est une contribution au d&#233;bat ouvert par le CRID sur la red&#233;finition de la solidarit&#233; internationale. La premi&#232;re &#233;bauche de ce texte a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e &#224; l'invitation de l'AG de la R&#233;gion Ile de France du CCFD, le 13 octobre 2018, autour du th&#232;me : repenser le d&#233;veloppement pour repenser le CCFD.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Gustave Massiah, avec &#201;lise Massiah, Une strat&#233;gie altermondialiste, Ed La D&#233;couverte, 2011. &lt;a href=&#034;https://livre.fnac.com/a2892696/Gustave-Massiah-Une-strategie-altermondialiste &#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://livre.fnac.com/a2892696/Gustave-Massiah-Une-strategie-altermondialiste&#160;&lt;/a&gt; ? &#8211; On y trouvera de nombreux d&#233;veloppements sur les questions abord&#233;es dans ce texte&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Voir AITEC, Vous avez dit progr&#232;s ? Sciences, progr&#232;s et d&#233;veloppement, Archim&#232;de et L&#233;onard, cahiers n&#176; 10, 1993 ; Thomas Coutrot et Michel Husson, Les destins du Tiers-Monde. Quarante ans de d&#233;veloppement en perspective, Ed Nathan, 1993 ; Suzanne Tremblay, Du concept de d&#233;veloppement au concept d'apr&#232;s d&#233;veloppement, trajectoires et rep&#232;res th&#233;oriques, UQAC, 1999 &#8212; &lt;a href=&#034;https://constellation.uqac.ca/2029/1/12056864T1.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://constellation.uqac.ca/2029/1/12056864T1.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Samir Amin, Le D&#233;veloppement in&#233;gal, Ed de Minuit, 1973&lt;br class='autobr' /&gt;
Elsa Assidon, Les th&#233;ories &#233;conomiques du d&#233;veloppement, Ed La D&#233;couverte, coll Rep&#232;res, 2002 ; Gustave Massiah, Humanitaires et altermondialistes, octobre 2006 ; Gustave Massiah, La r&#233;forme de l'ONU et le mouvement altermondialiste, Aout 2004 ; &#201;ric Toussaint, Les mensonges th&#233;oriques de la Banque Mondiale, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org&lt;/a&gt;, juin 2019 ; Nations Unies &#8212; D&#233;claration sur le droit au d&#233;veloppement, 1986 ; Pierre Salama et Tran Hai Hac, Introduction &#224; l'&#233;conomie de Marx, Ed La D&#233;couverte, coll Rep&#232;res, 1992&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Voir AITEC, Le FMI ou comment s'en d&#233;barrasser, Archim&#232;de et L&#233;onard Cahiers N&#176; 1, 1989&lt;br class='autobr' /&gt;
ATTAC, &lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.france.attac.org&lt;/a&gt; ; Susan George, Jusqu'au cou : enqu&#234;te sur la dette du tiers monde, Ed La d&#233;couverte, 1988&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Voir Attac, L'ab&#233;c&#233;daire engag&#233; : D'altermondialime &#224; zapatisme, Ed Les Liens qui lib&#232;rent, 2018 ; Eddy Fougier, &#171; Altermondialisme : contre-pouvoir global ou grande alternative ? &#187;, Ed CERISCOPE Puissance, 2013 ; Gustave Massiah, avec &#201;lise Massiah, Une strat&#233;gie altermondialiste, Ed La D&#233;couverte, 2011&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Voir Genevi&#232;ve Azam, Le temps du monde fini, vers l'apr&#232;s capitalisme, Ed les Liens qui lib&#232;rent, 2010 ; Christophe Bonneuil, l'&#233;v&#233;nement anthropoc&#232;ne, Ed Le Seuil, 2013 ; Ren&#233; Dumont, L'utopie ou la mort, Ed Le Seuil, 1973 ; Gustave Massiah, migrations environnementales et villes durables, Aout 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Voir plus loin Christophe Aguiton, La gauche du 21e si&#232;cle, enqu&#234;te sur une refondation, Ed La D&#233;couverte, 2017 ; Gilbert Achcar, Le Soudan et l'Alg&#233;rie reprennent-ils le flambeau du &#171; printemps arabe &#187;, Le Monde Diplomatique juin 2019 ; Gustave Massiah, Un nouveau monde qui tarde &#224; appara&#238;tre, octobre 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Voir plus loin Samir Amin, L'Accumulation &#224; l'&#233;chelle mondiale, Ed Anthropos, 1970&lt;br class='autobr' /&gt;
Etienne Balibar et Immanuel Wallerstein, Race, Nation, Classe, Ed La D&#233;couverte 2007 ; Fernand Braudel, la Grammaire des civilisations, Ed Flammarion, 2008 ; Immanuel Wallerstein, Comprendre le monde, l'analyse des syst&#232;mes mondes, Ed La D&#233;couverte, 2009&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] Voir G&#233;rard Chaliand, Anthologie mondiale de la strat&#233;gie, Ed Robert Laffont, 2001&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] Voir Facundo Alvaredo, Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel Saez, Gabriel Zucman, Rapport sur les in&#233;galit&#233;s mondiales, World Inequality Lab, 2018 &#8212; &lt;a href=&#034;https://wir2018.wid.world/files/download/wir2018-summary-french.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wir2018.wid.world/files/download/wir2018-summary-french.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Salama, Le d&#233;fi des in&#233;galit&#233;s, Ed La D&#233;couverte, 2006&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] Voir Gustave Massiah, R&#233;sister c'est cr&#233;er, cr&#233;er c'est transformer, le FSM de Salvador de Bahia, 2017 ; Gustave Massiah, Vers un nouveau cycle de l'altermondialisme, f&#233;vrier 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] Voir Fran&#231;ois Ch&#226;telet, Histoire des id&#233;ologies, Ed Marabout, 1978 (Les mondes divins, l'Eglise et l'&#201;tat, Savoir et pouvoir) ; Branko Milanovic, In&#233;galit&#233;s mondiales : le destin des classes moyennes, les ultras riches et l'&#233;galit&#233; des chances, Ed La D&#233;couverte, 2019 ;, Geoffrey Pleyers &#171; Fran&#231;ois Houtart, une sociologie de la lib&#233;ration &#187;, Topologik, vol. 22, no 2,&#8206; 2017.&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] Voir&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Beaudet, Dominique Caouette, Abdelhamid Benhmade, Paul Haslam, Enjeux et d&#233;fis du d&#233;veloppement international (sous la direction de), Presses de l'Universit&#233; d'Ottawa, 2019 ; Pierre Beaudet et Thierry Drapeau, L'internationale sera le genre humain, Ed M, 2015, &lt;a href=&#034;https://livre.fnac.com/Thierry-Drapeau-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://livre.fnac.com/Thierry-Drapeau-&lt;/a&gt; ; Roger Martelli, La bataille des mondes. &#171; Pour la d&#233;mondialisation, tapez 1 ; pour la mondialit&#233;, tapez 2 &#187;, Ed Fran&#231;ois Bourrin, 2013 ; Gustave Massiah, L'internationalisme, une culture et un engagement, Ritimo, 2019&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article de Gus Massiah est aussi disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article49710&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article49710&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>PLUS JAMAIS &#199;A ! UN MONDE &#192; RECONSTRUIRE</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/PLUS-JAMAIS-CA-UN-MONDE-A-RECONSTRUIRE</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/PLUS-JAMAIS-CA-UN-MONDE-A-RECONSTRUIRE</guid>
		<dc:date>2020-06-03T19:34:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Coalition d'organisations citoyennes, syndicales et &#233;cologistes</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le contexte de &#171; d&#233;confinement progressif &#187; est encore tr&#232;s incertain et beaucoup d&#233;pend de param&#232;tres que personne ne ma&#238;trise, comme la mise au point d'un vaccin ou la d&#233;couverte de traitements efficaces contre le Covid-19. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment dans les p&#233;riodes de choc d'imm&#233;diat apr&#232;s-crise que l'histoire s'acc&#233;l&#232;re, que les bifurcations sont engag&#233;es ou pas, que les d&#233;cisions prises conditionnent pour une longue p&#233;riode la construction du futur. L'exp&#233;rience toute r&#233;cente est source (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Articles-du-bulletins-" rel="directory"&gt;Articles des bulletins&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton43877-7e657.png?1675802880' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le contexte de &#171; d&#233;confinement progressif &#187; est encore tr&#232;s incertain et beaucoup d&#233;pend de param&#232;tres que personne ne ma&#238;trise, comme la mise au point d'un vaccin ou la d&#233;couverte de traitements efficaces contre le Covid-19. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment dans les p&#233;riodes de choc d'imm&#233;diat apr&#232;s-crise que l'histoire s'acc&#233;l&#232;re, que les bifurcations sont engag&#233;es ou pas, que les d&#233;cisions prises conditionnent pour une longue p&#233;riode la construction du futur. L'exp&#233;rience toute r&#233;cente est source de prises de conscience et de r&#233;flexions de plus long terme sur lesquelles nous entendons bien nous appuyer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, des organisations syndicales et associatives convergent, convaincues que les r&#233;ponses aux urgences sociales et &#233;cologiques doivent &#234;tre construites ensemble. La crise qui a &#233;clat&#233; en ce d&#233;but d'ann&#233;e 2020 montre une fois de plus la n&#233;cessit&#233; de changer de syst&#232;me. C'est pourquoi nos organisations ont constitu&#233; un front &#233;largi et in&#233;dit pour initier une tribune, puis une p&#233;tition et un appel aux mobilisations du 1er mai. Nous pensons que le moment est venu de pr&#233;ciser les contours du &#171; plus jamais &#231;a &#187; que nous mettions en avant dans cette tribune le 18 mars et auquel nous entendons d&#233;sormais donner plus de corps. D&#233;sormais il est n&#233;cessaire de d&#233;passer l'effet de sid&#233;ration paralysant que g&#233;n&#232;re le traumatisme de la crise sanitaire. Il s'agit d'amener la population &#224; se saisir de ce moment pour exiger que des enseignements en soient tir&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sens de ces mesures que nous versons au d&#233;bat. Elles sont volontairement pr&#233;cises et le plus souvent chiffr&#233;es. Il ne s'agit pas, cependant, de pr&#233;senter un plan fig&#233;, ficel&#233; et d&#233;finitif. Au contraire, ces propositions ont vocation &#224; &#234;tre soumises au d&#233;bat public et sont amen&#233;es &#224; &#234;tre compl&#233;t&#233;es. La relative pr&#233;cision des mesures pr&#233;sent&#233;es poursuit deux objectifs. D'abord, signifier que nous ne nous contenterons plus des grands mots, des d&#233;clarations d'intention, des formulations creuses. Nous voulons d&#233;montrer, &#224; travers l'articulation de mesures de court et de long terme, le pragmatisme et l'ancrage dans le r&#233;el de notre d&#233;marche. Ensuite, notre but est de faire la d&#233;monstration qu'il y a des alternatives au capitalisme n&#233;olib&#233;ral, productiviste et autoritaire, et que ces alternatives sont cr&#233;dibles, d&#233;sirables et r&#233;alisables, &#224; condition que la volont&#233; politique et les moyens financiers soient enfin mis au service des objectifs de transformation sociale et de pr&#233;servation de l'environnement, au lieu de les soumettre aux pressions et d&#233;sid&#233;ratas des lobbies. Du reste, un grand nombre de ces alternatives rel&#232;vent d'un d&#233;j&#224;-l&#224; qu'il s'agit de conforter, de r&#233;nover et de g&#233;n&#233;raliser, que ce soient les grands syst&#232;mes collectifs mis en place dans le cadre de l'&#201;tat social (protection sociale, services publics, etc.) ou les alternatives concr&#232;tes qui sont souvent autant de possibles si leur g&#233;n&#233;ralisation est envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure est aux urgences sanitaires et sociales et &#224; la satisfaction des besoins essentiels de la population, dans le respect des droits d&#233;mocratiques : les semaines &#224; venir seront d&#233;cisives et le gouvernement doit urgemment changer de logiciel, pour r&#233;pondre aux objectifs qui s'imposent et que nous nous fixons dans les deux premi&#232;res parties de ce plan de sortie de crise. En particulier doit &#234;tre lanc&#233; un vaste plan de renforcement et de d&#233;veloppement des services publics. Au mois de juin, sera pr&#233;sent&#233;e une nouvelle loi de finance rectificative : si l'on veut que cette crise ne soit pas l'occasion de plans d'aust&#233;rit&#233; et de nouvelles r&#233;gressions sociales, si l'on souhaite partager les richesses et financer la transition &#233;cologique, alors il faut refonder le syst&#232;me bancaire et financier et la fiscalit&#233;. C'est tout l'objet de la troisi&#232;me partie. Enfin, face aux plans de relance du gouvernement, qui ne font que relancer un syst&#232;me profond&#233;ment insoutenable, nous en appelons dans la derni&#232;re partie &#224; des mesures courageuses, permettant une reconversion sociale et &#233;cologique de la production agricole, industrielle et de services, pour &#224; la fois cr&#233;er des centaines de milliers d'emplois de qualit&#233; et cesser les activit&#233;s les plus n&#233;fastes pour les populations et la plan&#232;te. Cette reconversion doit &#234;tre aussi l'occasion d'une relocalisation des activit&#233;s, qui s'accompagnerait de mesures fortes de solidarit&#233; europ&#233;enne et internationale, que nous pr&#233;cisons &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce document se veut donc une contribution et m&#234;me un appel au d&#233;bat public. D&#233;battons partout, mobilisonsnous sur le terrain pour changer le syst&#232;me et exiger des pouvoirs publics des transformations radicales ! Changer en profondeur le monde qui a rendu cette crise aussi violente est l'affaire de toutes et tous, le monde d'apr&#232;s sera celui que nous serons capables de reconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire le PDF - cliquez sur l'ic&#244;ne&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5142 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.pressegauche.org/IMG/pdf/le_plan_de_sortie_de_crise.pdf?5142/ba1754819cf4c7eb46b25ed6ea0283124af9ec71d3fa1749bb7d52c27e6e3e24' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 483.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779548428' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PLAN DE SORTIE DE CRISE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. LES CONDITIONS POUR UN D&#201;CONFINEMENT ASSURANT LA S&#201;CURIT&#201; SANITAIRE, LA D&#201;MOCRATIE ET LES DROITS FONDAMENTAUX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif 1 : Garantir &#224; toutes et tous les mesures de protection et de pr&#233;vention&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure 1 : La gratuit&#233; des masques et l'acc&#232;s aux tests pour toutes et tous &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 2 : Un plan d'urgence pour l'h&#244;pital public &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 3 : Un plan contre les violences faites aux femmes &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 4 : Garantir la s&#233;curit&#233; au travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif 2 : Assurer la s&#233;curit&#233; sanitaire en renfor&#231;ant les droits d&#233;mocratiques et individuels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure 5 : La lev&#233;e de l'&#201;tat d'urgence sanitaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 6 : Le renforcement des droits des travailleuses et des travailleurs &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 7 : Pour les droits des femmes et contre le sexisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 8 : Pour les droits des &#233;tranger&#183;&#232;res et personnes incarc&#233;r&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. R&#201;PONDRE &#192; LA CRISE SOCIALE, ICI ET AILLEURS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif 3 : Du travail pour toutes et tous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure 9 : Hausse des salaires &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 10 : Le maintien des droits pour les intermittent&#183;es, l'indemnisation des ch&#244;meur&#183;euses &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 11 : La r&#233;duction et le partage du temps de travail &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 12 : L'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font du profit &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 13 : La revalorisation imm&#233;diate des salaires et des carri&#232;res des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif 4 : Garantir la satisfaction des besoins essentiels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure 14 : Pour la cr&#233;ation d'emplois dans l'agriculture &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 15 : Pour un droit garanti au revenu et &#224; la protection sociale pour toutes et tous &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 16 : Pour l'acc&#232;s &#224; une alimentation de qualit&#233; pour toutes et tous &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 17 : Pour l'acc&#232;s et le droit au logement de qualit&#233; pour toutes et tous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif 5 : Pour une r&#233;elle solidarit&#233; internationale &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure 18 : Engager des annulations de dettes des pays les plus pauvres &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 19 : Pour un fonds d'aides internationales &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 20 : La mutualisation des savoirs et des brevets pour garantir l'acc&#232;s mondial &#224; l'innovation et la coop&#233;ration sur les biens m&#233;dicaux &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 21 : Pour la souverainet&#233; alimentaire pour tous les peuples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. L'&#171; ARGENT MAGIQUE &#187; EXISTE : IL SUFFIT D'ALLER LE CHERCHER AU BON ENDROIT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif 6 : Reprendre le contr&#244;le sur le monde de la finance et la dette publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure 22 : Pour une politique mon&#233;taire et prudentielle au service des besoins sociaux et environnementaux esure 23 : R&#233;guler les activit&#233;s bancaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif 7 : Plus de justice fiscale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure 24 : Pour une imposition plus juste et progressive des revenus et du patrimoine &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 25 : Lutter efficacement contre la fraude et l'&#233;vasion fiscale &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 26 : Renforcer la taxation des transactions financi&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 27 : Supprimer les niches fiscales inutiles et les exon&#233;rations nocives pour le climat, la biodiversit&#233; et la lutte contre les in&#233;galit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. POUR UNE RECONVERSION &#201;COLOGIQUE ET SOCIALE DES ACTIVIT&#201;S&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif 8 : Accompagner durablement la reconversion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure 28 : Une loi pour soumettre les entreprises &#224; l'Accord de Paris et interdire les dividendes climaticides &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 29 : L'arr&#234;t des soutiens publics aux acteurs polluants &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 30 : Accompagner la reconversion via des syst&#232;mes de formation et d'enseignement-recherche r&#233;nov&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif 9 : Transformer nos modes de production, de mobilit&#233;s et de consommation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure 31 : Stopper toutes les n&#233;gociations et finalisations d'accords de commerce et d'investissement&lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 32 : Repenser les mobilit&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 33 : Une loi pour b&#226;tir une &#233;conomie de sobri&#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mesure 34 : Un plan de transition sociale et &#233;cologique de l'agriculture et de l'alimentation&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. LES CONDITIONS POUR UN D&#201;CONFINEMENT ASSURANT LA S&#201;CURIT&#201; SANITAIRE, LA D&#201;MOCRATIE ET LES DROITS FONDAMENTAUX&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a des services qui doivent &#234;tre plac&#233;s en dehors des lois du march&#233; &#187; d&#233;clare E. Macron le 12 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant depuis le d&#233;but de la gestion de la crise, c'est la poursuite du syst&#232;me &#233;conomique d'avant qui a &#233;t&#233; la &#171; pr&#233;occupation &#187; centrale du gouvernement, au d&#233;triment de la sant&#233;. Ce n'est que contraint et forc&#233; par la r&#233;alit&#233; de la pand&#233;mie qu'il a commenc&#233; &#224; commander des masques, &#224; pratiquer des tests, &#224; prendre des mesures pour &#233;viter la propagation du Covid-19. Mais il a laiss&#233; continuer le travail dans des secteurs non essentiels exposant des centaines de milliers de personnes et leurs familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233; est plus que jamais une priorit&#233; absolue. Les politiques n&#233;olib&#233;rales ont fait totalement faillite et la pand&#233;mie a d&#233;montr&#233; que le syst&#232;me de sant&#233; doit &#233;chapper &#224; une gestion priv&#233;e. Il est urgent de r&#233;inventer un syst&#232;me public de sant&#233;, d'action sociale et de s&#233;curit&#233; sociale pour satisfaire les besoins de la population. Nous proposons en ce sens des mesures d'urgence pour prot&#233;ger chacun&#183;e en mettant &#224; disposition ce qui est indispensable &#224; sa s&#233;curit&#233;, mais aussi de renforcer le service public de sant&#233;, gravement affaibli, de lutter contre les violences faites aux femmes et de garantir la s&#233;curit&#233; des travailleur&#183;euses en leur donnant les outils n&#233;cessaires et en renfor&#231;ant l'effectivit&#233; des droits. Dans un m&#234;me mouvement, nous voulons sortir de l'&#233;tat d'exception dans lequel se trouve notre pays et que des mesures plus p&#233;rennes soient prises pour garantir les droits des femmes, des &#233;tranger&#183;&#232;res, des jeunes et des travailleur&#183;euses. Combattre les discriminations jusqu'au coeur des institutions est absolument indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OBJECTIF 1 : GARANTIR &#192; TOUTES ET TOUS LES MESURES DE PROTECTION ET DE PR&#201;VENTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 1 : La gratuit&#233; des masques et l'acc&#232;s aux tests pour toutes et tous&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons la distribution gratuite des masques pour toutes et tous, &#224; la charge des entreprises pour les salari&#233;&#183;es et &#224; la charge de l'Etat, sous le contr&#244;le des collectivit&#233;s territoriales, pour le reste de la population. Les profits de la grande distribution sur un bien essentiel ne sont pas acceptables. La gratuit&#233; des tests et leur accessibilit&#233; doivent &#234;tre garantis. Partout l'acc&#232;s au gel et aux points d'eau doivent &#234;tre effectifs. Les protections n&#233;cessaires aux personnels soignants doivent &#234;tre enfin disponibles. Enfin, un plan de production du mat&#233;riel n&#233;cessaire doit &#234;tre engag&#233; avec r&#233;quisition des usines et entreprises en capacit&#233; de produire masques et mat&#233;riel m&#233;dical, ce qui commence par l'arr&#234;t de tous les PSE et fermetures de sites (exemples de Plaintel, Luxfer ou Famar).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 2 : Un plan d'urgence pour l'h&#244;pital public&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve vient d'&#234;tre donn&#233;e que le syst&#232;me de sant&#233; d'un pays peut g&#233;n&#233;rer ou au contraire compenser les in&#233;galit&#233;s. Dans ce syst&#232;me global, l'h&#244;pital public est un outil indispensable pour que l'Etat puisse garantir l'acc&#232;s gratuit aux soins de qualit&#233; sur l'ensemble du territoire. Il faut en urgence former et embaucher du personnel avec un 1er plan de 100 000 recrutements, augmenter les salaires en assurant l'&#233;galit&#233; avec les personnels &#233;trangers, supprimer la s&#233;lection et cr&#233;er des places dans les formations de sant&#233;, annuler la dette des h&#244;pitaux et augmenter leurs budgets d'au moins 5 %. Ces premi&#232;res mesures doivent permettre d'am&#233;liorer le fonctionnement de l'ensemble des services et d'ouvrir des lits en nombre suffisant au quotidien comme en p&#233;riode de crise sanitaire. Tous les plans de restructuration et de fermetures de sites ou de services doivent &#234;tre stopp&#233;s et une logique de coop&#233;ration doit &#234;tre mise en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 3 : Un plan contre les violences faites aux femmes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#232;s l'annonce du confinement, les associations f&#233;ministes ont alert&#233; les pouvoirs publics des risques accrus de violences familiales. Elles n'ont pas &#233;t&#233; entendues, les difficult&#233;s rencontr&#233;es avant le confinement ont &#233;t&#233; amplifi&#233;es. Il est de la responsabilit&#233; du gouvernement de soutenir massivement le recours &#224; l'ordonnance de protection pour &#233;loigner les partenaires violents, d'assurer un accueil permanent pour les femmes et les enfants dans chaque commune, de garantir les moyens pour les associations de terrain. Un programme de pr&#233;vention doit &#234;tre engag&#233; en concertation avec ces associations : formation des policier&#183;es, des magistrat&#183;es, des personnels soignants afin que le recueil de la parole en mati&#232;re de violences de genre et &#224; leur identification soient garantis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 4 : Garantir la s&#233;curit&#233; au travail&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le confinement puis le d&#233;confinement les travailleur&#183;euses ont &#233;t&#233; mis en danger au travail. Les principes de pr&#233;caution doivent s'appliquer tout comme les obligations de s&#233;curit&#233; des employeur&#183;euses, ce qui passe par le r&#233;tablissement complet de leur responsabilit&#233; p&#233;nale qu'ils soient priv&#233;s ou publics. L'activit&#233; doit &#234;tre suspendue jusqu'&#224; la mise en place des mesures de protection en association avec les repr&#233;sentant&#183;es des salari&#233;&#183;es et il faut assurer le droit effectif des travailleur&#183;euses &#224; utiliser leur droit de retrait en cas de danger grave et imminent. Chaque travailleur&#183;euse touch&#233;&#183;e par le virus doit b&#233;n&#233;ficier de la reconnaissance automatique en accident du travail ou en maladie professionnelle. L'inspection et la m&#233;decine du travail doivent &#234;tre renforc&#233;es, avec la garantie de leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des employeur&#183;euses. Les pouvoirs des repr&#233;sentant&#183;es du personnel doivent &#234;tre aussi renforc&#233;s par le r&#233;tablissement et l'&#233;largissement des pr&#233;rogatives des CHSCT qui sont un outil d'alerte et de contr&#244;le important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OBJECTIF 2 : ASSURER LA S&#201;CURIT&#201; SANITAIRE EN RENFOR&#199;ANT LES DROITS D&#201;MOCRATIQUES ET INDIVIDUELS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 5 : La lev&#233;e de l'&#201;tat d'urgence sanitaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La logique de protection, n&#233;cessaire en p&#233;riode de crise, est trop souvent remplac&#233;e par une volont&#233; de contr&#244;le et de p&#233;nalisation. L'&#233;tat d'urgence sanitaire est un monstre juridique qui donne des pouvoirs consid&#233;rables &#224; l'ex&#233;cutif, dessaisit le Parlement et fait reculer l'acc&#232;s &#224; la justice, il faut mettre fin notamment aux mesures liberticides et r&#233;gressives qu'il contient en urgence ! La multiplication des contr&#244;les a pes&#233; fortement dans les quartiers populaires, qui sont aussi ceux qui regroupent les &#171; premier&#183;i&#232;res de corv&#233;e &#187;, g&#233;n&#233;rant des violences polici&#232;res. Il y a urgence &#224; r&#233;tablir les libert&#233;s individuelles et collectives de se d&#233;placer, de se r&#233;unir et de manifester. Une communication scientifique sur le virus doit permettre d'avoir acc&#232;s aux informations permettant de se prot&#233;ger, sans qu'il soit recouru &#224; des mesures de confinement individuel impos&#233; ou de fichage, sans respect du droit au secret m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 6 : Le renforcement des droits des travailleuses et des travailleurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les lieux de travail, comme ailleurs, l'urgence sanitaire s'est traduite en une perte de droits (aux cong&#233;s, d'intervention, de circuler pour les repr&#233;sentant&#183;es syndicaux, etc.), l'ensemble des mesures d&#233;rogatoires doivent &#234;tre lev&#233;es. La crise doit au contraire pousser au renforcement des droits et de la protection des travailleur&#183;euses, quels que soient leur statut, leur nationalit&#233;. Les travailleur&#183;euses d&#233;tach&#233;&#183;es doivent b&#233;n&#233;ficier des m&#234;mes droits que ceux du pays d'accueil. Il faut r&#233;tablir l'aide &#224; la recherche du premier emploi pour les jeunes. Les plus pr&#233;caires sont celles et ceux qui ont &#233;t&#233; les plus contraint&#183;es de poursuivre leur activit&#233; m&#234;me si elle les mettait en danger, les travailleur&#183;euses ind&#233;pendant&#183;es sont vuln&#233;rables face &#224; un arr&#234;t brutal de l'&#233;conomie. Nous demandons un alignement de leur protection et droits sociaux sur le r&#233;gime g&#233;n&#233;ral. Par ailleurs, l'acc&#232;s &#224; l'assurance ch&#244;mage doit permettre une vie digne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 7 : Pour les droits des femmes et contre le sexisme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le confinement a d&#233;montr&#233; combien les femmes jouent un r&#244;le essentiel dans notre soci&#233;t&#233;. Elles sont sur repr&#233;sent&#233;es dans nombre de professions essentielles, des infirmi&#232;res aux aides &#224; domicile, des enseignantes aux caissi&#232;res. L'&#233;galit&#233; de leurs droits n'est pour autant pas encore effective que ce soit au travail ou dans la soci&#233;t&#233;. Une r&#233;elle protection contre le harc&#232;lement sexiste et sexuel au travail doit &#234;tre mise en place : proc&#233;dures internes et application de la loi, formation sp&#233;cifique pour les personnels. La situation exceptionnelle de crise sanitaire n&#233;cessite des d&#233;lais rallong&#233;s pour l'acc&#232;s &#224; l'IVG. L'&#233;ducation &#224; l'&#233;galit&#233; femmes-hommes d&#232;s le plus jeune &#226;ge doit &#234;tre une priorit&#233;. Les femmes sont sousrepr&#233;sent&#233;es et invisibilis&#233;es dans les lieux de pouvoir, comme a pu le d&#233;montrer la crise du Covid-19, alors qu'elles sont en premi&#232;re ligne. Le gouvernement doit prendre des mesures ambitieuses en faveur de l'&#233;galit&#233; et de la parit&#233; pour assurer une juste repr&#233;sentation des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 8 : Pour les droits des &#233;tranger&#183;&#232;res et personnes incarc&#233;r&#233;es&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gularisation des sans-papiers et la fermeture des CRA doivent permettre l'acc&#232;s aux droits et d'&#233;viter les contaminations. Des mesures imm&#233;diates pour r&#233;pondre &#224; l'accueil des r&#233;fugi&#233;&#183;es et sans papiers (logements, aide &#224; la reprise de formation&#8230;) doivent &#234;tre prises. Il est urgent aussi, pour limiter les risques de crise sanitaire en d&#233;tention, de r&#233;duire drastiquement le nombre de personnes d&#233;tenues. Il faut limiter le nombre des entr&#233;es : privil&#233;gier les peines alternatives &#224; l'incarc&#233;ration, limiter fortement les audiences de comparution imm&#233;diate, particuli&#232;rement pourvoyeuses d'incarc&#233;ration. En parall&#232;le, il faut faire sortir de prison toutes les personnes qui peuvent l'&#234;tre : lib&#233;ration sous contr&#244;le judiciaire des pr&#233;venu&#183;es, am&#233;nagements de peine et anticiper la lib&#233;ration des personnes en fin de peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre soci&#233;t&#233; fait face depuis trois mois &#224; une situation in&#233;dite, une crise sanitaire d'ampleur. Si l'h&#244;pital a tenu, malgr&#233; les plans d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;s depuis de nombreuses ann&#233;es, c'est bien du fait de la mobilisation des personnels. Ce ne sont pas les premiers de cord&#233;e, b&#233;n&#233;ficiaires des politiques n&#233;olib&#233;rales, qui ont permis &#224; notre soci&#233;t&#233; de tenir, mais bien le travail de salari&#233;&#183;es et de fonctionnaires d'ordinaire peu consid&#233;r&#233;&#183;es, peu valoris&#233;&#183;es, au statut parfois pr&#233;caire. L'utilit&#233; sociale des activit&#233;s n&#233;cessaires au bon fonctionnement de la soci&#233;t&#233; ces derni&#232;res semaines doit &#234;tre reconnue. La crise doit conduire l'&#201;tat, les branches professionnelles et les entreprises, &#224; prendre de nouveaux engagements pour revaloriser tous ces emplois &#224; pr&#233;dominance f&#233;minine. L'&#201;tat se doit de donner l'exemple, en tant qu'employeur, en revalorisant imm&#233;diatement les emplois et carri&#232;res &#224; pr&#233;dominance f&#233;minine de la fonction publique. Il doit aussi s'engager en tant que financeur des secteurs sanitaires, sociaux, &#233;ducatifs et de la d&#233;pendance. Reconstruisons un syst&#232;me de sant&#233; et de protection sociale de haute qualit&#233;, universel, socialis&#233;, dont les seuls profits seront le bien-&#234;tre collectif. D&#233;veloppons les services publics, en embauchant des personnels fonctionnaires, pour l'&#201;ducation Nationale, les universit&#233;s, la recherche publique, mais &#233;galement les collectivit&#233;s territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour satisfaire les besoins sociaux, sanitaires, environnementaux, il faut une politique s'appuyant sur les citoyen&#183;nes, une politique d'&#233;mancipation et non de r&#233;pression. Nous n'avons pas besoin d'une gestion de crise paternaliste et r&#233;pressive, nous exigeons au contraire un &#201;tat qui s'adresse aux citoyen&#183;nes avec coh&#233;rence, franchise, avec des directives claires et pr&#233;cises, dont l'application sera permise par un rapport de confiance et non par la sanction et la r&#233;pression. Dans ce contexte, la question de l'information est d&#233;cisive. Elle doit &#233;clairer le d&#233;bat et les choix &#224; op&#233;rer. Ceci impose de faire reculer l'emprise du pouvoir politique sur le secteur public de l'information et la domination du secteur priv&#233; de l'information par une poign&#233;e de milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. R&#201;PONDRE &#192; LA CRISE SOCIALE, ICI ET AILLEURS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise sociale li&#233;e au coronavirus court &#224; travers le monde et touche des millions de personnes en France. D&#233;j&#224;, le MEDEF et une partie de la classe politique veulent mettre en place des mesures qui ne visent qu'&#224; une seule chose : maintenir le taux de profit des grands groupes pour maintenir les dividendes vers&#233;s aux actionnaires. Leurs propositions sont bien connues : nous faire travailler plus et plus longtemps en laissant le ch&#244;mage et la mis&#232;re s'accro&#238;tre. Les risques de licenciements massifs et de pr&#233;carisation accrue sont bien r&#233;els. Le &#171; remboursement de la dette &#187; peut &#234;tre utilis&#233; pour &#233;trangler les populations, ici et ailleurs. Pourtant, rien n'est in&#233;luctable. Il est possible d'aller vers un autre avenir que celui qu'on va chercher &#224; nous imposer. Oui il y a des alternatives ! Nous avons des propositions concr&#232;tes pour r&#233;pondre &#224; la crise sociale et pour aller vers une soci&#233;t&#233; du bien-&#234;tre pour toutes et tous, qui ne laisse personne sur le bas-c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de garantir &#224; toutes et tous l'acc&#232;s au travail et &#224; des revenus qui permettent de vivre avec dignit&#233;, &#224; un logement stable, d&#233;cent et &#224; une protection sociale universelle. Nous avons les moyens de satisfaire les besoins essentiels de l'ensemble de la population, il faut agir rapidement dans ce sens. Nous avons une vision qui d&#233;passe les fronti&#232;res : nous voulons faire en sorte que la solidarit&#233; internationale soit concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OBJECTIF 3 : DU TRAVAIL POUR TOUTES ET TOUS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 9 : Une hausse des salaires&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice sociale passe par une hausse cons&#233;quente des salaires, pour que chacun&#183;e puisse vivre dignement de son travail. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale nous voulons des hausses de salaires et non des primes : comme premi&#232;re mesure l'augmentation uniforme et &#233;gale pour toutes et tous avec un minimum de 200 euros, pas de salaires en-dessous de 1700 euros nets, le d&#233;gel et hausse du point d'indice pour la fonction publique. La prise en compte de l'exp&#233;rience et des savoir-faire de chacun&#183;e et la reconnaissance des dipl&#244;mes et formations. Pour permettre &#224; chacun&#183;e d'avoir acc&#232;s &#224; un minimum d&#233;cent, il est n&#233;cessaire de poser des limites &#224; l'in&#233;galit&#233; des revenus, donc d'instaurer un plafonnement des salaires et des revenus et de fixer un &#233;cart maximum entre le plus haut salaire et le salaire minimum, prenant en compte le salaire m&#233;dian ; l'&#233;cart doit &#234;tre rendu public et faire l'objet d'un d&#233;bat d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 10 : Le maintien des droits pour les intermittent&#183;es, l'indemnisation des ch&#244;meur&#183;euses&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme de l'assurance ch&#244;mage et le d&#233;cret du 28 d&#233;cembre 2018 sur le contr&#244;le des ch&#244;meur&#183;euses doivent &#234;tre abrog&#233;s. Le d&#233;compte des p&#233;riodes d'indemnisation, y compris pour les intermittent&#183;es doit &#234;tre suspendu pendant toute la crise actuelle avec maintien des droits. Le ch&#244;mage partiel doit &#234;tre indemnis&#233; &#224; 100 % et les soci&#233;t&#233;s d'int&#233;rim doivent y avoir acc&#232;s pour que les int&#233;rimaires soient prot&#233;g&#233;&#183;es. Tous les travailleur&#183;euses, CDD, int&#233;rimaires, vacataires, ind&#233;pendant&#183;es doivent &#234;tre prot&#233;g&#233;&#183;es. Pour les intermittent&#183;es, il faut prolonger les droits de toute la p&#233;riode d'impossibilit&#233; de travailler normalement, allong&#233;e d'un an. Il faut &#233;galement soutenir celles et ceux qui n'ont pu obtenir une ouverture de droits &#224; cause de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 11 : La r&#233;duction et le partage du temps de travail&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partage du temps de travail est indispensable pour donner acc&#232;s &#224; toutes et tous au travail et gagner en qualit&#233; de vie. Nous souhaitons que le temps de r&#233;f&#233;rence soit les 32 h hebdomadaires, sans perte de salaire ni flexibilisation. Les travailleur&#183;euses doivent disposer d'un statut protecteur (CDI), avec un encadrement plus important des CDD abusifs. Nous sommes pour une surcotisation des employeur&#183;euses qui imposent le temps partiel, de mani&#232;re &#224; en limiter le champ et &#233;tendre les droits &#224; la retraite des employ&#233;&#183;es concern&#233;&#183;es. Le t&#233;l&#233;travail doit &#234;tre fortement encadr&#233; par des accords collectifs avec prise en charge du mat&#233;riel, des frais induits et le contr&#244;le du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 12 : L'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font du profit&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revendiquons la cr&#233;ation d'un droit de veto des CSE sur les licenciements qui ne sont pas justifi&#233;s par des difficult&#233;s &#233;conomiques graves et imm&#233;diates. La distribution de dividendes doit &#234;tre un motif d'interdiction des licenciements (interdiction des licenciements boursiers). Le donneur d'ordre g&#233;n&#233;ral a une responsabilit&#233; vis-&#224;-vis de la soustraitance qui lui est d&#233;pendante, y compris &#224; l'international. Nous sommes particuli&#232;rement vigilant&#183;es vis-&#224;-vis des montages juridiques qui organisent les pertes comptables et/ ou l'insolvabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 13 : La revalorisation imm&#233;diate des salaires et des carri&#232;res des femmes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; salariale touche massivement les femmes. Il faut multiplier les bilans chiffr&#233;s des r&#233;mun&#233;rations par genre, niveau et cat&#233;gorie professionnelle. Nous souhaitons une revalorisation imm&#233;diate des salaires et carri&#232;res des femmes. Cette revalorisation doit &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans les m&#233;tiers &#224; dominante f&#233;minine, avec l'engagement &#224; court terme de n&#233;gociations professionnelles dans les branches concern&#233;es pr&#233;voyant des mesures de rattrapage et des grilles de r&#233;mun&#233;ration revaloris&#233;es couvrant l'ensemble de la carri&#232;re. Les femmes sont particuli&#232;rement p&#233;nalis&#233;es dans leurs carri&#232;res : nous voulons l'&#233;laboration de v&#233;ritables parcours professionnels sans barrages. Il faut mettre en place des objectifs annuels de diminution des &#233;carts et des augmentations en somme uniforme, des mesures pour les bas salaires, contre le temps partiel impos&#233;. Les salaires doivent continuer leur progression pendant la p&#233;riode de maternit&#233; ou d'adoption. Allonger significativement la dur&#233;e du cong&#233; paternit&#233; pour limiter l'impact n&#233;gatif de la maternit&#233; sur la carri&#232;re des femmes et r&#233;&#233;quilibrer les r&#244;les au sein des foyers. Le gouvernement doit mettre en place la stricte parit&#233; au sein des conseils d'administration et des comit&#233;s de direction des grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OBJECTIF 4 : GARANTIR LA SATISFACTION DES BESOINS ESSENTIELS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 14 : Pour la cr&#233;ation d'emplois dans l'agriculture&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition vers une alimentation suffisante et de qualit&#233; se fera gr&#226;ce &#224; une augmentation consid&#233;rable des emplois agricoles : nous voulons 1 millions de paysan&#183;nes ! Pour atteindre cet objectif, le m&#233;tier de paysan&#183;nes doit redevenir attractif, en garantissant un revenu d&#233;cent. Cela implique de r&#233;guler et r&#233;partir les volumes de production et l'&#233;laboration d'une loi interdisant l'achat en dessous du prix de revient. Une refonte en profondeur de la Politique Agricole Commune est imp&#233;rative : les aides doivent &#234;tre calcul&#233;es par actif et non par hectare, plafonn&#233;es, conditionn&#233;es sur le plan social, et soutenir des pratiques agro&#233;cologiques. Enfin le maintien des services publics en zone rurale permettra l'am&#233;lioration du cadre de vie. Ces mesures doivent &#234;tre doubl&#233;es d'une politique d'installation massive de paysan&#183;nes, avec une loi qui prot&#232;ge le foncier agricole (z&#233;ro artificialisation nette des sols), le r&#233;partisse &#233;quitablement et en garantisse l'acc&#232;s aux nouveaux&#183;elles entrant&#183;es. Une r&#233;forme de l'enseignement et de la formation est n&#233;cessaire pour mieux int&#233;grer les enjeux &#233;cologiques. Une politique d'incitation et d'accompagnement &#224; la transmission des fermes doit &#234;tre men&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 15 : Pour un droit garanti au revenu et &#224; la protection sociale pour toutes et tous&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des minimas sociaux et des aides sociales doit &#234;tre massivement revaloris&#233; pour lutter contre la pauvret&#233;. Le RSA doit &#234;tre ouvert aux moins de 25 ans. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les jeunes travailleur&#183;euses, qu'ils et elles soient ou non en formation, doivent b&#233;n&#233;ficier des m&#234;mes droits que le reste de la population. Il faut aller vers une protection sociale universelle qui int&#232;gre une am&#233;lioration des droits et des prises en charge pour toutes et tous, gr&#226;ce au financement par les cotisations sociales. Les droits &#224; la protection sociale doivent &#234;tre individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 16 : Pour l'acc&#232;s &#224; une alimentation de qualit&#233; pour toutes et tous&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une situation d'urgence comme celle-ci, les restaurations collectives qui ne tournent pas &#224; plein r&#233;gime doivent &#234;tre r&#233;quisitionn&#233;es pour la pr&#233;paration de repas &#224; destination de toutes les personnes en situation de pr&#233;carit&#233; alimentaire. Face &#224; une dualisation entre des produits de qualit&#233;, locaux et bios accessibles &#224; une fraction ais&#233;e de la population, et une nourriture industrielle, standardis&#233;e, de mauvaise qualit&#233; nutritionnelle pour les populations &#224; faible pouvoir d'achat, dont une majorit&#233; de femmes, la cr&#233;ation d'une branche alimentation dans le r&#233;gime g&#233;n&#233;ral de la s&#233;curit&#233; sociale, telle qu'elle a &#233;t&#233; pens&#233;e en 1945, doit &#234;tre explor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 17 : Pour l'acc&#232;s et le droit au logement de qualit&#233; pour toutes et tous&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour respecter le droit &#224; un logement d&#233;cent, durable, accessible, autonome et stable pour tous et toutes ainsi que r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts de la crise sanitaire, il faut commencer par cesser les expulsions. Un moratoire des loyers et des traites doit &#234;tre prononc&#233;, avec apurement des dettes (1 &#224; 2 milliards) pour les centaines de milliers de locataires et acc&#233;dant&#183;es en difficult&#233; et r&#233;tablir les montants des APL. La r&#233;quisition des logements vacants sp&#233;culatifs et le respect de la loi DALO doivent &#234;tre appliqu&#233;s par le gouvernement. Nous voulons rendre effectif le droit &#224; l'h&#233;bergement jusqu'au logement pour les sans-logis et les mal log&#233;&#183;es. La r&#233;alisation de 250 000 HLM et l'isolation compl&#232;te et performante de 500 000 passoires thermiques chaque ann&#233;e est urgente. Enfin, l'encadrement des loyers &#224; la baisse, la taxation des profits immobiliers et fonciers permettront de juguler le logement cher et la gentrification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OBJECTIF 5 : POUR UNE R&#201;ELLE SOLIDARIT&#201; INTERNATIONALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 18 : Engager des annulations de dettes des pays les plus pauvres&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pays &#224; revenu faible ou interm&#233;diaire, il est possible de d&#233;gager environ 400 milliards de dollars en annulant les remboursements pour l'ann&#233;e 2020. La suspension d&#233;cid&#233;e en avril par le G20 est insuffisante. Elle ne concerne que la dette bilat&#233;rale de 76 des pays et ne consiste qu'en un report, et non une annulation des paiements. Les risques d'une crise de la dette demeurent donc, les impacts &#233;conomiques de la crise du Covid sur ces pays &#233;tant susceptible de perdurer bien au-del&#224; de 2020. Cependant la d&#233;cision de ce moratoire par le G20 prouve qu'un accord commun sur l'annulation de la dette au niveau international est possible. Pour ce faire, la France doit pousser en ce sens et le G20 devra contraindre juridiquement les cr&#233;anciers priv&#233;s, d&#233;tenteurs d'une part significative de la dette des pays pauvres, &#224; respecter cette mesure pour accro&#238;tre la transparence mais aussi la possibilit&#233; pour les organisations de la soci&#233;t&#233; civile des pays du sud de contr&#244;ler l'utilisation faite de ces sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 19 : Pour un fonds d'aides internationales&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En coh&#233;rence avec les plans de r&#233;ponse des diff&#233;rentes agences des Nations Unies, la France doit fournir des financements additionnels en dons au juste niveau de son poids &#233;conomique mondial. Cela signifie une aide suppl&#233;mentaire d'au moins 14,5 milliards d'euros par an. De plus, compte tenu de la future crise du surendettement des pays du Sud, la France doit favoriser exclusivement les dons dans son aide publique au d&#233;veloppement &#224; destination de pays surendett&#233;s ou pr&#233;sentant un fort risque de surendettement selon le FMI. Enfin cette crise doit &#234;tre l'occasion de porter d&#233;finitivement et sur le long terme l'aide publique au d&#233;veloppement fran&#231;aise &#224; 0,7 % de son RNB. Un objectif vieux de 50 ans n&#233;cessaire afin de renforcer les syst&#232;mes de sant&#233; des pays du Sud, r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s entre les femmes et les hommes et d'aider &#224; se pr&#233;parer face aux crises climatiques &#224; venir qui rendront encore plus vuln&#233;rables les populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 20 : La mutualisation des savoirs et des brevets pour garantir l'acc&#232;s mondial &#224; l'innovation et la coop&#233;ration sur les biens m&#233;dicaux &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est primordial que la France mais aussi tous les ministres de la sant&#233; &#224; travers le monde renouvellent les engagements pris lors de la fondation de l'Organisation mondiale de la sant&#233;, o&#249; tous les &#201;tats ont convenu d'assurer &#171; le meilleur &#233;tat de sant&#233; possible en tant que droit fondamental de tout &#234;tre humain &#187;. Il faut garantir une coop&#233;ration internationale en faveur de l'acc&#232;s &#224; toutes et tous aux traitements du Covid-19 en rendant obligatoire la mutualisation des savoirs et des brevets issus de la recherche contre le coronavirus, notamment en y conditionnant les subventions publiques pour faire primer l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral sur les int&#233;r&#234;ts des grands groupes pharmaceutiques. Un plan ambitieux de production et de distribution des futurs traitements et vaccins est n&#233;cessaire pour garantir l'acc&#232;s universel, gratuit et juste partout dans le monde. Il faut aussi augmenter l'aide publique au d&#233;veloppement en faveur du renforcement des syst&#232;mes de sant&#233; et du recrutement de personnels m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 21 : Pour la souverainet&#233; alimentaire pour tous les peuples&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; alimentaire d&#233;signe la capacit&#233; et le droit des populations &#224; d&#233;cider de leur alimentation, et donc &#224; d&#233;terminer le syst&#232;me alimentaire depuis les champs jusqu'&#224; la table, sans nuire aux agricultures des autres. En particulier, sans politique commerciale ext&#233;rieure agressive envers les pays Tiers. Elle se construit d&#233;mocratiquement avec l'ensemble des acteur&#183;rices du paysage agricole et alimentaire et avec une participation active des populations. Cela signifie notamment : l'arr&#234;t des exportations de l'Union europ&#233;enne &#224; bas prix et de toutes les politiques de dumping alimentaire, la fin de l'accaparement des terres agricoles, le libre acc&#232;s aux semences et un acc&#232;s garanti et &#233;quitable au foncier agricole et le maintien de l'eau comme un bien public &#224; r&#233;partir durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tendre les droits, partager les richesses, r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s et transition vers un autre mod&#232;le de soci&#233;t&#233; : l'ensemble de nos propositions sont concr&#232;tes et r&#233;alisables rapidement. Elles sont une alternative forte au monde d'avant et aux &#171; solutions &#187; qui sont g&#233;n&#233;ratrices d'in&#233;galit&#233; et de pauvret&#233;, en France comme dans le monde entier. La solidarit&#233; europ&#233;enne passe par un budget de l'Union Europ&#233;enne plus cons&#233;quent dont les fonds devraient &#234;tre allou&#233;s sp&#233;cifiquement aux urgences sociales et environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons les moyens de cr&#233;er des millions d'emplois. Nous avons les moyens de satisfaire les besoins fondamentaux de toute la population. Nous avons les moyens d'all&#233;ger le poids qui p&#232;se sur les populations des pays les plus pauvres et d'apporter des aides concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela doit s'appuyer dans le m&#234;me temps sur un plan de d&#233;veloppement massif et d'extension des services publics : ils sont, nous l'avons vu, le rempart contre le chacun pour soi, ils sont un outil fort pour le bien commun, des vecteurs d'&#233;galit&#233;s. Ils permettent l'acc&#232;s effectif aux droits : pas de droit du travail sans inspecteur&#183;trice du travail, pas de justice fiscale sans fonctionnaire des finances publiques, pas d'&#233;cole gratuite et obligatoire pour toutes et tous sans fonctionnaires de l'&#233;ducation nationale, etc. Nos propositions peuvent en entra&#238;ner d'autres dans des dynamiques vertueuses. Ainsi, par exemple, pour faire en sorte que de nombreuses femmes puissent se maintenir en emploi &#224; un temps plein, malgr&#233; la pr&#233;sence d'enfants en bas &#226;ge ou de proches en perte d'autonomie, il faut d&#233;velopper le service public de la petite enfance et celui de la d&#233;pendance. Nous devons &#233;galement r&#233;fl&#233;chir et mettre en d&#233;bat la cr&#233;ation de nouveaux services publics.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. L'&#171; ARGENT MAGIQUE &#187; EXISTE : IL SUFFIT D'ALLER LE CHERCHER AU BON ENDROIT&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La chute vertigineuse des cours boursiers a donn&#233; lieu &#224; des mesures rapides et exceptionnelles de soutiens aux acteurs financiers priv&#233;s destin&#233;es &#224; stabiliser les march&#233;s financiers. Ces mesures b&#233;n&#233;ficient avant tout aux grandes entreprises, sans qu'il soit exig&#233; de contrepartie sociale ou environnementale. En l'absence de r&#233;gulation suffisante, elles viendront aussi alimenter les bonus et dividendes bancaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, les plus pr&#233;caires n'ont obtenu que quelques aides et ce sont des primes qui sont cens&#233;es r&#233;compenser les soignant&#183;es. La sortie de crise risque d'&#234;tre synonyme de privations et d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e, l&#233;gitim&#233;e par le discours inchang&#233; de la dette des &#201;tats &#224; rembourser. La menace d'une injonction &#224; r&#233;&#233;quilibrer le d&#233;ficit public p&#232;se. Sans changer les cadres &#233;conomiques actuels, le remboursement de la dette &#224; tout prix m&#232;nera &#224; la mis&#232;re sociale et &#224; la catastrophe &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux r&#233;partir les richesses et financer la reconversion sociale et &#233;cologique des activit&#233;s, il faut au contraire changer de logiciel : r&#233;orienter la politique mon&#233;taire, contr&#244;ler la finance, utiliser la dette publique &#224; bon escient et revoir fondamentalement la politique fiscale. Toutes ces propositions permettent de d&#233;gager de nouvelles ressources financi&#232;res pour la puissance publique, en mettant au coeur de cette d&#233;marche la justice sociale et l'urgence &#233;cologique. Une autre voie existe, &#171; l'argent magique &#187; est l&#224; : il suffit d'aller le chercher au bon endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OBJECTIF 6 : REPRENDRE LE CONTR&#212;LE SUR LE MONDE DE LA FINANCE ET LA DETTE PUBLIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 22 : Pour une politique mon&#233;taire et prudentielle au service des besoins sociaux et environnementaux &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En achetant massivement les actifs de grandes entreprises et en finan&#231;ant toutes les banques sans condition, la Banque Centrale Europ&#233;enne (BCE) participe &#224; la formation de bulles sp&#233;culatives, accentue la crise climatique et refuse de soutenir les plus vuln&#233;rables. Elle doit exclure les entreprises les plus polluantes (telles que Total, Shell ou ENI) de ses achats, les rediriger vers les secteurs socialement et &#233;cologiquement b&#233;n&#233;fiques, refuser de refinancer les banques contre des actifs polluants et conditionner ce refinancement &#224; des taux quasi nuls pour les emprunteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne sera pas suffisant. Pour financer la sortie de crise, soutenir les citoyen&#183;nes, la transition &#233;cologique et &#233;viter l'aust&#233;rit&#233; forc&#233;e, la BCE doit permettre aux &#201;tats et collectivit&#233;s de s'affranchir des contraintes de la dette. Le rachat de dette publique en lui donnant le statut de dette perp&#233;tuelle avec un taux d'int&#233;r&#234;t nul (ce qui reviendrait de fait &#224; une annulation des dettes publiques) et le financement direct des plans d'urgence et de reconversion des &#201;tats et collectivit&#233;s locales par la cr&#233;ation mon&#233;taire, sont autant de leviers n&#233;cessaires pour s'affranchir des march&#233;s, financer la solidarit&#233; et la transition &#233;cologique. La question de la dette doit faire l'objet d'audits citoyens pour d&#233;cider le meilleur moyen de s'affranchir du diktat des march&#233;s financiers, sans que cela m&#232;ne &#224; l'appauvrissement des populations les plus vuln&#233;rables et la catastrophe &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 23 : R&#233;guler les activit&#233;s bancaires&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de construire la r&#233;silience du syst&#232;me financier, le gouvernement doit s'assurer d&#232;s son plan de relance que les acteurs financiers cessent d'alimenter les futurs chocs climatiques, &#233;conomiques et financiers. Comme le proposait une directive europ&#233;enne, les activit&#233;s de d&#233;p&#244;t et d'affaires des banques doivent &#234;tre s&#233;par&#233;es et les grandes banques doivent faire l'objet d'une supervision accrue. En particulier, les op&#233;rations sp&#233;culatives men&#233;es par les banques d'affaires doivent &#234;tre interdites. La distribution de dividendes et bonus par les acteurs b&#233;n&#233;ficiant de fonds publics doit aussi l'&#234;tre. Par ailleurs, l'&#201;tat doit encadrer les activit&#233;s des acteurs financiers priv&#233;s et publics dans les &#233;nergies fossiles. Le gouvernement doit exiger des acteurs financiers des plans d'alignement sur une trajectoire de r&#233;chauffement de 1,5 &#176;C, incluant l'arr&#234;t imm&#233;diat de leurs soutiens au d&#233;veloppement de nouveaux gisements ou projets d'&#233;nergies fossiles ainsi qu'une sortie totale du charbon d'ici 2030 et de toutes les &#233;nergies fossiles d'ici 2040 dans l'OCDE, 2050 dans le monde. Un p&#244;le public financier au service de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et sous contr&#244;le d&#233;mocratique pourrait &#234;tre cr&#233;&#233; en transformant le nouveau p&#244;le form&#233; par la Caisse des D&#233;p&#244;ts, La Poste et la CNP afin que l'&#233;pargne populaire soit investie sur le long terme selon des priorit&#233;s sociales et environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OBJECTIF 7 : PLUS DE JUSTICE FISCALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 24 : Pour une imposition plus juste et progressive des revenus et du patrimoine&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation de l'imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune (ISF) en imp&#244;t sur la fortune immobili&#232;re (IFI) est la mesure symbolique du Pr&#233;sident des riches et de l'injustice fiscale. Nous ne proposons pas simplement de restaurer l'ISF, qui comportait de nombreuses niches fiscales, mais de le transformer pour qu'il soit plus juste et rapporte significativement plus, de l'ordre de 10 milliards d'euros selon certaines estimations. De plus, supprimer le pr&#233;l&#232;vement forfaitaire unique pour r&#233;tablir la progressivit&#233; de l'imp&#244;t sur les revenus financiers et rendre l'imp&#244;t sur le revenu plus progressif permettraient de d&#233;gager des ressources suppl&#233;mentaires et de faire contribuer les plus riches &#224; la solidarit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 25 : Lutter efficacement contre la fraude et l'&#233;vasion fiscale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraude et l'&#233;vasion fiscales repr&#233;sentent chaque ann&#233;e un manque &#224; gagner d'au moins 80 milliards d'euros en France. Pour y rem&#233;dier, il faut commencer par arr&#234;ter de supprimer des emplois et renforcer les moyens juridiques et humains des administrations fiscales, douani&#232;res et judiciaires. L'&#233;vasion fiscale des multinationales, provenant du transfert artificiel des b&#233;n&#233;fices dans les paradis fiscaux est estim&#233;e &#224; au moins 36 milliards d'euros. Instaurer une taxation unitaire des multinationales permettrait de taxer leur b&#233;n&#233;fice au niveau du groupe, puis de r&#233;partir l'imposition l&#224; o&#249; elle r&#233;alise ses activit&#233;s, en y int&#233;grant la dimension &#171; num&#233;rique &#187;. Un taux d'imposition minimum effectif juste et ambitieux permettrait de mettre en terme &#224; la concurrence fiscale d&#233;loyale. Ce taux doit faire l'objet d'un d&#233;bat d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 26 : Renforcer la taxation des transactions financi&#232;res&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une taxe sur les transactions financi&#232;res est un projet actuellement n&#233;goci&#233; par 10 pays de l'Union europ&#233;enne. En taxant les transactions sur les actions, les produits structur&#233;s et certains produits d&#233;riv&#233;s, ces 10 pays pourraient d&#233;gager 36 milliards d'euros par an, dont 10,8 milliards pour la France. &#192; titre de comparaison, la &#171; TTF fran&#231;aise &#187;, qui ne concerne que les actions, rapporte environ 1,6 milliard d'euros par an. La mise en place d'une TTF europ&#233;enne &#233;largie aux produits d&#233;riv&#233;s et &#224; l'intraday pourrait permettre &#224; la France de r&#233;cup&#233;rer plus de 9 milliards d'euros par an. Taxer les transactions financi&#232;res permettrait &#233;galement de freiner la sp&#233;culation, contribuerait &#224; r&#233;duire la taille et l'instabilit&#233; des march&#233;s financiers et, ainsi, &#224; r&#233;duire le pouvoir de la finance. Cette taxe devrait &#234;tre affect&#233;e &#224; la solidarit&#233; internationale et environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 27 : Supprimer les niches fiscales inutiles et les exon&#233;rations nocives pour le climat, la biodiversit&#233; et la lutte contre les in&#233;galit&#233;s&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les niches fiscales et les r&#233;gimes d&#233;rogatoires remettent en question le principe d'&#233;galit&#233; devant l'imp&#244;t : il faut non seulement conna&#238;tre leur existence pour en b&#233;n&#233;ficier, mais elles b&#233;n&#233;ficient aussi majoritairement aux cat&#233;gories les plus ais&#233;es et aux plus grandes entreprises. Les niches fiscales repr&#233;sentent aujourd'hui 140 milliards d'euros. Il en existe des centaines pour lesquelles les b&#233;n&#233;fices sur la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, la cr&#233;ation d'emploi, la lutte contre les changements climatiques et l'&#233;rosion de la biodiversit&#233; ne sont pas prouv&#233;s. Il est n&#233;cessaire d'&#233;valuer cet impact, pour supprimer progressivement les niches fiscales qui leur sont inutiles voire n&#233;fastes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique et financier, cette crise sanitaire va avoir des impacts de long-terme. S'il n'y a pas de rupture profonde en mati&#232;re de financement de l'&#233;conomie et de l'action publique, elle sera synonyme d'accroissement des in&#233;galit&#233;s et d'aggravation de la crise &#233;cologique. Pourtant, les leviers d'action existent et sont identifi&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;. Toutes ces propositions concr&#232;tes visent &#224; r&#233;pondre aux besoins de financement de l'indispensable r&#233;volution &#233;cologique et sociale, tout en r&#233;partissant mieux les richesses. Elles permettraient aussi de r&#233;duire le pouvoir de la finance en la subordonnant &#224; des objectifs de long-terme sociaux et environnementaux et en r&#233;duisant l'instabilit&#233; des march&#233;s financiers. Sur le plan de la fiscalit&#233;, elles visent &#224; am&#233;liorer la capacit&#233; du syst&#232;me &#224; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, &#224; en finir avec la concurrence fiscale et &#224; renforcer le consentement &#224; l'imp&#244;t, fortement d&#233;grad&#233; du fait de l'injustice fiscale. Elles s'inscrivent dans une r&#233;flexion plus large sur une fiscalit&#233; plus juste et &#233;cologique, qui p&#232;serait plus sur le capital que sur le travail, sur les grandes entreprises plut&#244;t que les m&#233;nages (en r&#233;duisant la TVA sur les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; par exemple), qui p&#233;naliserait les activit&#233;s polluantes et favoriserait les secteurs de la transition &#233;cologique ainsi que la relocalisation des activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. POUR UNE RECONVERSION &#201;COLOGIQUE ET SOCIALE DES ACTIVIT&#201;S&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les manques flagrants dans des productions essentielles sur notre territoire (m&#233;dicaments, masques) posent fortement la question de la relocalisation de nos activit&#233;s de production. Produire au plus pr&#232;s des populations afin de r&#233;pondre aux besoins sanitaires, &#233;cologiques et sociaux et oeuvrer &#224; un r&#233;&#233;quilibrage entre territoires n&#233;cessitent de planifier les activit&#233;s. Il s'agit alors de mettre fin aux logiques de flux tendu, de segmentation internationale des activit&#233;s, de libre-&#233;change et de d&#233;pendance aux importations. Durant la crise, les commerces de proximit&#233; ont &#233;t&#233; p&#233;nalis&#233;s par rapport &#224; la grande distribution ou au commerce en ligne. Le r&#233;&#233;quilibrage en faveur des commerces de proximit&#233; en lien avec la relocalisation des &#233;conomies favorise une meilleure r&#233;ponse au changement climatique. Le libre-&#233;change est incompatible avec la relocalisation, la diversification, la transition sociale et &#233;cologique de nos &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La refonte collective de nos modes de production, de mobilit&#233; et de consommation passe par des politiques publiques garantes de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Des r&#233;formes importantes de la formation professionnelle sont essentielles pour assurer cette reconversion, en assurant &#224; chacun&#183;e une s&#233;curit&#233; de l'emploi et du revenu. Il faut pleinement int&#233;grer les travailleur&#183;euses dans les processus de d&#233;cision, car elles et ils sont les plus &#224; m&#234;me de proposer des changements en profondeur vers la production de biens et de services de qualit&#233;, r&#233;pondant &#224; l'urgence sociale et &#233;cologique. Les questions de la socialisation et de la structure des entreprises doivent &#234;tre pos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OBJECTIF 8 : ACCOMPAGNER DURABLEMENT LA RECONVERSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 28 : Une loi pour soumettre les entreprises &#224; l'Accord de Paris et interdire les dividendes climaticides&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loi doit &#234;tre soumise au parlement, afin d'imposer des trajectoires de r&#233;ductions d'&#233;missions de GES et de r&#233;orienter les activit&#233;s vers la transition &#233;cologique. Elle doit concerner les entreprises des secteurs de l'extraction, de la production, et des services (en premier lieu les entreprises soumises &#224; la loi sur le devoir de vigilance), s'appliquer &#224; l'ensemble des activit&#233;s et investissements, impacts et &#233;missions en France comme &#224; l'&#233;tranger. Elle devra pr&#233;voir l'obligation de trajectoires annuelles de r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre pour respecter l'objectif de limitation &#224; 1,5 &#176;C, le non-respect de ces obligations entra&#238;nant l'interdiction de versement de dividendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 29 : L'arr&#234;t des soutiens publics aux acteurs polluants&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises et acteurs financiers actifs dans les secteurs carbon&#233;s et destructeurs de la biodiversit&#233; doivent cesser de b&#233;n&#233;ficier d'exemptions fiscales, d'aides et subventions publiques (aides &#224; l'agriculture et &#224; la p&#234;che industrielles, &#224; l'exportation et &#224; la promotion, &#224; la d&#233;forestation import&#233;e&#8230;). Aucun investissement public ou garanti par l'&#201;tat ne doit soutenir le secteur des &#233;nergies fossiles ni le d&#233;veloppement de nouveaux projets nucl&#233;aires, des industries fortement polluantes, de la p&#234;che et de l'agriculture industrielle. Les aides accord&#233;es dans le plan d'urgence aux transports polluants comme celles octroy&#233;es par le gouvernement sans contreparties &#224; Air France doivent &#234;tre soumises &#224; des obligations sociales et environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 30 : Accompagner la reconversion via des syst&#232;mes de formation et d'enseignement-recherche r&#233;nov&#233;s&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formations initiales et professionnelles continues et la recherche publique doivent pouvoir r&#233;pondre tant aux besoins dans les secteurs d'avenir de la transition &#233;cologique (&#233;nergie renouvelable, construction/ r&#233;novation, agriculture&#8230;) qu'aux besoins des salari&#233;&#183;es en reconversion, en prenant en compte leur exp&#233;rience et leur savoir-faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reconversions induites par les transitions doivent &#234;tre anticip&#233;es, accompagn&#233;es et financ&#233;es en int&#233;grant les salari&#233;&#183;es dans les dispositifs de d&#233;cision. La formation professionnelle, r&#233;affirm&#233;e comme service public, doit &#234;tre appuy&#233;e par un syst&#232;me collectif de protection financ&#233; par une caisse commune aliment&#233;e par les cotisations patronales afin de permettre aux salari&#233;&#183;es de prendre le temps de se former sans perte de salaire ni de droits. Les enseignements et m&#233;thodes de formation doivent &#234;tre repens&#233;s pour d&#233;velopper les dimensions d'utilit&#233; sociale et &#233;cologique des activit&#233;s &#233;conomiques, tout en conservant une formation g&#233;n&#233;rale solide visant l'accomplissement personnel des &#233;l&#232;ves, &#233;tudiant&#183;es et travailleur&#183;euses. Les salaires des travailleur&#183;euses du secteur doivent &#234;tre revaloris&#233;s. Un investissement massif dans la jeunesse passe en premier lieu par leur garantir droits, statut et un accompagnement financier protecteur et permettant leur autonomie en particulier durant leurs &#233;tudes. Il s'agit &#233;galement de soutenir fortement la formation des jeunes issus des quartiers populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;OBJECTIF 9 : TRANSFORMER NOS MODES DE PRODUCTION, DE MOBILIT&#201;S ET DE CONSOMMATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 31 : Stopper toutes les n&#233;gociations et finalisations d'accords de commerce et d'investissement&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France ne doit pas ratifier les accords en cours, comme ceux avec le Canada et le Mexique. Ces accords placent les int&#233;r&#234;ts des multinationales au-dessus de tous les principes du droit et de la lutte contre le d&#233;r&#232;glement climatique, jusqu'&#224; instaurer des tribunaux d'arbitrage favorables aux investisseurs priv&#233;s. Ils encouragent la sp&#233;cialisation des territoires et emp&#234;chent toute politique publique ambitieuse. Il faut revoir le mandat de n&#233;gociation de la Commission europ&#233;enne en introduisant des clauses sociales, environnementales primant sur les int&#233;r&#234;ts commerciaux. Il faut prot&#233;ger les secteurs d'activit&#233; des concurrences d&#233;loyales permises par un moins-disant social et &#233;cologique. Il est urgent de repenser nos &#233;changes internationaux &#224; l'aune de principes de solidarit&#233;, d'&#233;quit&#233; et de partage des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 32 : Repenser les mobilit&#233;s&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reprise des d&#233;placements est une opportunit&#233; unique pour repenser nos mobilit&#233;s. Il faut acter dans la loi l'arr&#234;t des vols courts (en fermant d'abord les lignes o&#249; l'alternative train se fait en moins de six heures ou quand il existe une alternative en train de nuit), l'annulation de tout projet d'extension ou privatisation d'a&#233;roports, le d&#233;veloppement d'un service accru de lignes ferroviaires de jour et de nuit, pour les passagers et le fret, et l'am&#233;lioration ou la r&#233;ouverture de lignes r&#233;gionales. L'importance et la r&#233;silience du v&#233;lo notamment dans les mobilit&#233;s urbaines doit amener &#224; p&#233;renniser les pistes cyclables provisoires et &#224; en d&#233;velopper d'autres. Il faut sortir de la d&#233;pendance au transport routier, en abandonnant les grands projets inutiles de nouvelles infrastructures routi&#232;res, en rendant accessible &#224; toutes et tous des transports en commun de qualit&#233; et en r&#233;am&#233;nageant les territoires vers un mod&#232;le de service public de transport &#233;cologique solidaire et multimodal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 33 : Une loi pour b&#226;tir une &#233;conomie de sobri&#233;t&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous exigeons une loi qui lutte contre les m&#233;canismes de surproduction et surconsommation : gel de la surcapacit&#233; commerciale et arr&#234;t de l'expansion du e-commerce (z&#233;ro implantation d'entrep&#244;ts et zones commerciales en p&#233;riph&#233;rie), r&#233;duction des volumes de produits neufs dans les industries &#233;mettrices comme le textile ou l'&#233;lectronique, r&#233;glementation drastique de la publicit&#233; et contr&#244;le avec sanctions de l'obsolescence programm&#233;e. L'autonomie de l'utilisateur doit &#234;tre pr&#233;serv&#233;e, la qualit&#233; des mat&#233;riaux garantie et la dur&#233;e de vie des produits augment&#233;e. Cette &#233;conomie plus sobre cr&#233;era de nombreux emplois dans la production locale, la r&#233;paration, le r&#233;emploi et le recyclage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mesure 34 : Un plan de transition sociale et &#233;cologique de l'agriculture et de l'alimentation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relocalisation et la diversification des syst&#232;mes alimentaires se font en lien avec les besoins locaux. Cela passe par des soutiens publics bien plus importants au d&#233;veloppement de circuits courts et de fili&#232;res longues relocalis&#233;es : abattoirs et commerces de proximit&#233;, approvisionnement local et bio de la restauration collective. Les soutiens &#224; la transition doivent permettre aux paysan&#183;nes de d&#233;velopper les prot&#233;ines v&#233;g&#233;tales et prairies, lier l'&#233;levage au sol, g&#233;rer durablement l'eau, lutter contre la d&#233;forestation import&#233;e, s'affranchir &#224; terme des pesticides et engrais de synth&#232;se et des multinationales qui les fabriquent par un renforcement de la fiscalit&#233;, r&#233;duire au maximum la d&#233;pendance aux &#233;nergies fossiles et les antibiotiques en d&#233;veloppant les alternatives de soins par les plantes. Les politiques publiques et les plans d'investissement doivent soutenir l'emploi, l'acc&#232;s &#224; une alimentation de qualit&#233; pour tou&#183;te&#183;s et le respect de l'environnement plut&#244;t qu'une agriculture 4.0.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciblage des aides publiques et l'int&#233;gration d'objectifs environnementaux et sociaux contraignants dans la loi et les accords commerciaux permettront d'enclencher une transition structurelle. En repensant l'ensemble de la production de biens et de services, c'est l'&#233;conomie, comme syst&#232;me de gestion des ressources et des besoins, qui est &#224; reconvertir &#224; toutes les &#233;chelles. Se r&#233;approprier l'&#233;conomie passe par une meilleure valorisation du travail au d&#233;triment de la logique capitaliste et actionnariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;nerg&#233;tique est centrale pour la durabilit&#233; des ressources, plaidant pour un plan de d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables et locales. La participation active des travailleur&#183;euses &#224; la reconversion de l'&#233;conomie est cruciale pour passer d'une &#233;conomie court-termiste, financiaris&#233;e et soumise &#224; des crises cycliques &#224; une &#233;conomie de long-terme, territorialis&#233;e et planifi&#233;e selon les objectifs &#233;cologiques et sociaux. La logique de collectivisation des pertes et de privatisation des b&#233;n&#233;fices doit &#234;tre remplac&#233;e par la recherche de l'utilit&#233; sociale et &#233;cologique de toutes nos activit&#233;s, en commen&#231;ant par revaloriser imm&#233;diatement les m&#233;tiers d'utilit&#233; publique. Dans le secteur industriel, plut&#244;t que la rentabilit&#233; &#224; court terme sur les march&#233;s financiers c'est le pouvoir de contr&#244;le des travailleur&#183;euses sur l'outil de production et sa transition vers la sobri&#233;t&#233; qui doivent &#234;tre renforc&#233;s. La qualit&#233; de travail, l'am&#233;nagement des postes de travail, la r&#233;organisation de la structure hi&#233;rarchique, l'impact de l'activit&#233; sur la sant&#233; et l'environnement doit &#234;tre au coeur de cette nouvelle approche viable socialement et &#233;cologiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de rompre le cercle vicieux du productivisme et du consum&#233;risme, ces mesures politiques doivent s'appuyer sur les luttes collectives et le d&#233;veloppement de pratiques alternatives. &#192; travers des p&#244;les publics forts (logement, sant&#233;, transports, industrie&#8230;), la r&#233;flexion collective men&#233;e avec l'apport des travailleur&#183;euses permet la cr&#233;ation de richesses de mani&#232;re harmonieuse sur le territoire, notamment en zones rurales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ET MAINTENANT ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 34 mesures propos&#233;es dans ce plan de sortie de crise constituent une premi&#232;re contribution au d&#233;bat n&#233;cessaire pour engager la reconversion &#233;cologique et sociale de nos soci&#233;t&#233;s. Nous voulons maintenant oeuvrer collectivement pour les populariser, les compl&#233;ter, les incarner &#224; travers des luttes concr&#232;tes, et construire ensemble les conditions pour les imposer. Apr&#232;s la crise sanitaire et les deux mois de confinement, nous voulons nous mobiliser ensemble, au-del&#224; du calendrier gouvernemental, pour d&#233;fendre nos propositions de rupture avec un syst&#232;me qui pollue et &#233;puise nos ressources, creuse toujours plus les in&#233;galit&#233;s, renforce les discriminations. Ce travail commun est la preuve que face &#224; l'urgence sociale et &#233;cologique, des convergences sont possibles et porteuses d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il n'y aura pas de r&#233;solution &#224; la crise d'aujourd'hui avec les solutions d'hier ou le repli sur soi, notre travail collectif se poursuit et doit se d&#233;velopper avec des initiatives locales associant les militant&#183;es de nos organisations mais, plus largement, les jeunes, les travailleur&#183;euses, les retrait&#233;&#183;es. La construction d'un futur &#233;cologique, d&#233;mocratique, f&#233;ministe et social, ne sera possible que s'il regroupe largement la population autour d'initiatives et de mobilisations locales et nationales. Parce qu'il faut d&#233;fendre et d&#233;velopper nos services publics, relocaliser les productions essentielles, produire mieux et durablement, travailler moins pour travailler toutes et tous, d&#233;confinons nos revendications et nos projets !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Blessures d'exil et luttes d'&#233;mancipation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Blessures-d-exil-et-luttes-d-emancipation</link>
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		<dc:date>2020-06-02T15:47:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Saint Victor</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Les n&#244;tres</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; propos de l'exil, l'&#233;minent intellectuel palestinien &#201;dward Said &#233;crit : &#171; L'exil est &#233;trangement une r&#233;alit&#233; qui nous contraint &#224; penser mais en m&#234;me temps terrible &#224; vivre. C'est le foss&#233; incurable entre un &#234;tre humain et un lieu natal, entre le soi et son vrai foyer : sa tristesse essentielle ne peut jamais &#234;tre surmont&#233;e &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette pens&#233;e r&#233;sume &#224; peu pr&#232;s le v&#233;cu existentiel d'Alain Philoct&#232;te pendant ses douze ann&#233;es pass&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur de son pays. En lui s'est d&#233;velopp&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Les-notres-145-+" rel="tag"&gt;Les n&#244;tres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Haiti-+" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton43858-0f9ec.png?1679048251' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; propos de l'exil, l'&#233;minent intellectuel palestinien &#201;dward Said &#233;crit : &#171; L'exil est &#233;trangement une r&#233;alit&#233; qui nous contraint &#224; penser mais en m&#234;me temps terrible &#224; vivre. C'est le foss&#233; incurable entre un &#234;tre humain et un lieu natal, entre le soi et son vrai foyer : sa tristesse essentielle ne peut jamais &#234;tre surmont&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette pens&#233;e r&#233;sume &#224; peu pr&#232;s le v&#233;cu existentiel d'Alain Philoct&#232;te pendant ses douze ann&#233;es pass&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur de son pays. En lui s'est d&#233;velopp&#233; doublement ce d&#233;sir de penser, d'abord la r&#233;alit&#233; de sa nation, c'est-&#224;-dire avant tout les conditions de son peuple, l'&#233;pouvante situation sociale dans laquelle chaque lueur d'espoir se confond &#224; des lumi&#232;res blafardes de luciole, sit&#244;t disparues. En lui, cette pens&#233;e devient contraignante car elle incarne une r&#233;flexion sur les raisons de l'exil, sur les raisons de son existence &#171; &#224; l'ext&#233;rieur &#187;, ext&#233;rieur de sa terre, ext&#233;rieur de soi, de ses racines, d'une m&#233;moire renouvel&#233;e du terroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce v&#233;cu de l'exil qu'Alain s'est fait sien, qu'il a, pour ainsi dire, assum&#233; dans sa chair pour pouvoir le vivre pleinement, dans la souffrance, certes, mais surtout dans sa v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exil devient, malgr&#233; nous, le lieu de r&#233;flexion, de ressentiments, de blessures ouvertes, toujours &#224; cicatriser dans le d&#233;sir vague et &#233;vanescent d'un retour au pays natal. C'est cet exil-l&#224; qui l'a nourri, l'a muri, a exacerb&#233; chez lui, de mani&#232;re ontologique, le sens profond d'un chez soi perdu, d'une tristesse insurmontable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour Alain, l'exil n'&#233;tait pas que cela. Cet inexorable sentiment qui le poussait toujours &#224; regarder du c&#244;t&#233; de sa terre, &#224; suivre de mani&#232;re compulsive, quotidiennement, les nouvelles, &#224; r&#233;fl&#233;chir de fa&#231;on intense sur les raisons des malheurs de son pays, &#233;tait aussi une occasion de rencontrer l'Autre, de se solidariser avec d'autres luttes d'&#233;mancipation. Ainsi se d&#233;veloppaient des liens de solidarit&#233; avec d'autres organisations, en particulier avec les camarades du Nouveau Cahier du Socialisme (NCS), dont le principe de justice sociale guidait l'action. Il avait compris que l'essence m&#234;me d'une lutte d'&#233;mancipation trouve son expression dans les multiples formes du combat internationaliste pour la lib&#233;ration des peuples et de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au sein de ses r&#233;flexions, qu'il partageait avec nous souvent tard dans la nuit, se trouve une pr&#233;occupation constante : comment arriver &#224; une &#233;mancipation compl&#232;te du peuple ha&#239;tien, o&#249; trouver le principe &#224; partir duquel la lutte devrait se d&#233;velopper ? &#192; premi&#232;re vue, si l'on consid&#232;re les probl&#232;mes structurels et historiques qui font obstacles &#224; tout changement r&#233;el dans la situation actuelle du pays, la r&#233;ponse &#224; ces questions n'est pas &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'on &#233;vite toute perspective volontariste, simpliste, voyant seul dans les individus des vecteurs de changement, c'est-&#224;-dire en prenant en consid&#233;ration les m&#233;canismes concrets : politiques, &#233;conomiques, id&#233;ologiques, culturels rendant possible la reproduction du syst&#232;me social archa&#239;que de l'oppression qui gouverne nos vies et notre existence, alors seulement pourrions-nous d&#233;couvrir le principe rationnel dissimul&#233; au sein de notre histoire et qui explique notre pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette voie, Marx devient incontournable, non pas parce qu'il a &#233;mis des v&#233;rit&#233;s qui seraient immortelles ou transhistoriques, mais parce que se trouve au sein m&#234;me de ses analyses (particuli&#232;rement dans son analyse de la marchandise) une approche th&#233;orique permettant le d&#233;voilement de ce qui constitue le pouvoir r&#233;el du syst&#232;me capitaliste : l'ali&#233;nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Alain, c'est cette approche th&#233;orique qui constitue la v&#233;ritable contribution de Marx dans les luttes d'&#233;mancipation, et c'est pourquoi pour lui, particuli&#232;rement pendant les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, le courant de la Critique de la valeur prenait une importance capitale parce que cette critique se veut un d&#233;passement du marxisme dogmatique, et &#233;galement une ouverture vers la compr&#233;hension d'autres r&#233;alit&#233;s, et en particulier notre r&#233;alit&#233;, h&#233;ritage du colonialisme et domin&#233;e aujourd'hui par ce que le sociologue p&#233;ruvien Anibal Quijano appelle la &#171; colonialit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; l'exploitation de la force de travail, la domination ethno-raciale, le patriarcat et le contr&#244;le des formes de subjectivit&#233; (ou imposition d'une orientation culturelle eurocentriste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique de l'eurocentrisme en tant que ce dernier se manifeste dans toutes les sph&#232;res, non seulement du pouvoir, mais &#233;galement du savoir, de l'esth&#233;tique, dans les formes de l'existence sociale, est en r&#233;alit&#233; une critique de l'ali&#233;nation qui prend la forme d'une d&#233;possession de soi, de son histoire, de sa culture, de ses traditions. Le racisme est, en ce sens, l'expression la plus compl&#232;te de la colonialit&#233; parce qu'il ne justifie pas seulement la domination mais est &#233;galement porteur d'un projet g&#233;nocidaire, d'&#233;radication de tout de qui est hors de la &#171; race &#187; blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les peuples du Sud qui ont connu l'esclavagisme, le colonialisme et qui sont maintenant sous l'emprise du n&#233;ocolonialisme, la critique de l'eurocentrisme, la perspective de d&#233;velopper une soci&#233;t&#233; hors de toute colonialit&#233;, de cr&#233;er et de penser des relations sociales &#233;mancip&#233;es sont aujourd'hui les &#233;l&#233;ments constitutifs de toute lutte de lib&#233;ration. C'est pourquoi, la pens&#233;e d'auteurs et militants comme Aim&#233; C&#233;saire, Frantz Fanon, Albert Memmi, WEB Dubois, Steve Biko, Amilcar Cabral, Malcom X, Orlando Patterson, etc., reste actuelle, nous interpelle incessamment. Cette pens&#233;e se renouvelle et s'approfondit au moment pr&#233;sent dans les &#339;uvres de nombreux penseurs, dont le jeune et brillant philosophe Norman Ajari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain &#233;tait de ceux et celles qui attribuaient &#224; la culture populaire ha&#239;tienne une force de r&#233;sistance, de renouveau, d'o&#249; l'importance pour lui des lakous en tant qu'organisations qui reproduisent des savoirs, des pratiques historiques, harmonisant la nature avec la vie sociale. Pour lui c'&#233;tait aussi un espace d'apprentissage de la d&#233;colonialit&#233;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait parvenu &#224; ce point de sa r&#233;flexion quand il s'est &#233;teint, terrass&#233; par la maladie qu'il combattait depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous saluons sa m&#233;moire qui reste avant tout un mod&#232;le invitant &#224; penser autrement la r&#233;alit&#233; de notre pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Saint-Victor, le 2 juin 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de la bifurcation &#233;cologique - rencontres de la France insoumise avec des &#233;cologistes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rencontre-avec-Dominique-Bourg</link>
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		<dc:date>2020-06-02T12:32:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>France insoumise</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, les groupes parlementaires de la France Insoumise &#224; l'Assembl&#233;e nationale disposent d'une journ&#233;e o&#249; leurs propositions de loi sont discut&#233;es en s&#233;ance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de la derni&#232;re &#171; niche parlementaire &#187;, en f&#233;vrier 2019, les d&#233;put&#233;&#183;es LFI avaient soumis au d&#233;bat 6 propositions de loi : sur le R&#233;f&#233;rendum d'Initiative Citoyenne, la cr&#233;ation artistique, la malbouffe, le glyphosate, le travail d&#233;tach&#233; et le permis de conduire. Les propositions du groupe parlementaire sur la malbouffe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton43841-46351.png?1679106501' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, les groupes parlementaires de la &lt;strong&gt;France Insoumise&lt;/strong&gt; &#224; l'Assembl&#233;e nationale disposent d'une journ&#233;e o&#249; leurs propositions de loi sont discut&#233;es en s&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la derni&#232;re &#171; niche parlementaire &#187;, en f&#233;vrier 2019, les d&#233;put&#233;&#183;es LFI avaient soumis au d&#233;bat 6 propositions de loi : sur le R&#233;f&#233;rendum d'Initiative Citoyenne, la cr&#233;ation artistique, la malbouffe, le glyphosate, le travail d&#233;tach&#233; et le permis de conduire. Les propositions du groupe parlementaire sur la malbouffe ont notamment permis d'aboutir &#224; des avanc&#233;es sur le Nutriscore (impos&#233; dans les publicit&#233;s alimentaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presse-toi &#224; gauche pr&#233;sente deux vid&#233;os sur la &lt;i&gt;bifurcation &#233;cologique et solidaire&lt;/i&gt;. Douze rencontres les diff&#233;rentes dimensions de la bifurcation &#233;cologique son disponible &#224; cette adresse : &lt;a href=&#034;https://lafranceinsoumise.fr/assemblee-nationale/niche-parlementaire-26-mars-2020/ppl-bifurcation-ecologique-2020/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lafranceinsoumise.fr/assemblee-nationale/niche-parlementaire-26-mars-2020/ppl-bifurcation-ecologique-2020/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour cette seconde &#171; niche parlementaire &#187; qui aura lieu le 4 juin 2020 le groupe LFI pr&#233;sentera 7 propositions de loi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;clarer la n&#233;cessit&#233; d'une bifurcation &#233;cologique et solidaire ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Plafonner les frais bancaires ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cr&#233;er un p&#244;le public du m&#233;dicament ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Parer la crise alimentaire et agricole ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;clarer la n&#233;cessit&#233; du rachat de la dette publique par la Banque centrale europ&#233;enne et de sa transformation en dette perp&#233;tuelle ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Encadrer la sous-traitance des femmes de m&#233;nage ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Reconna&#238;tre les pand&#233;mies comme catastrophes naturelles&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/Wo9zWIFNXLg&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Rencontre avec Dominique Bourg, philosophle&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/Bb7V1eo4wMs&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Rencontre avec Razmig Keucheyan, Docteur en sociologie et professeur de sociologie &#224; l'universit&#233; de Bordeaux et C&#233;dric Durand, &#201;conomiste. Ma&#238;tre de Conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; Paris 13&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lendemains de crise : &#233;viter les erreurs du pass&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lendemains-de-crise-eviter-les-erreurs-du-passe</link>
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		<dc:date>2020-06-02T12:18:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En apparence, la crise sanitaire que nous vivons n'a rien &#224; voir avec la crise &#233;conomique des ann&#233;es 2007-2008. Pourtant ces deux cas ont r&#233;v&#233;l&#233; des failles majeures dans notre syst&#232;me &#233;conomique. Entre autres, les effets pervers de la d&#233;r&#232;glementation, qui a d'abord men&#233; &#224; l'&#233;croulement du secteur financer. Celle-ci a aussi contribu&#233; &#224; la grande fragilisation de nos &#233;cosyst&#232;mes et &#224; l'affaiblissement des services de la sant&#233;, deux importants facteurs qui ont provoqu&#233; et aggrav&#233; la crise que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton43775-100c9.jpg?1677096826' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En apparence, la crise sanitaire que nous vivons n'a rien &#224; voir avec la crise &#233;conomique des ann&#233;es 2007-2008. Pourtant ces deux cas ont r&#233;v&#233;l&#233; des failles majeures dans notre syst&#232;me &#233;conomique. Entre autres, les effets pervers de la d&#233;r&#232;glementation, qui a d'abord men&#233; &#224; l'&#233;croulement du secteur financer. Celle-ci a aussi contribu&#233; &#224; la grande fragilisation de nos &#233;cosyst&#232;mes et &#224; l'affaiblissement des services de la sant&#233;, deux importants facteurs qui ont provoqu&#233; et aggrav&#233; la crise que nous vivons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il d&#233;coule de ces deux crises un grand mea culpa. Pendant la Grande R&#233;cession, on se disait, autant qu'on le r&#233;p&#232;te aujourd'hui, qu'il n'&#233;tait plus possible de continuer de la m&#234;me mani&#232;re, qu'il fallait apprendre de nos erreurs. Mais aucun de ces bilans n'a &#233;t&#233; retenu. Le lib&#233;ralisme &#233;conomique a continu&#233; &#224; se propager et l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire a r&#233;duit nos r&#233;sistances &#224; la COVID-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action des milieux &#233;conomiques fait craindre le pire pour les lendemains de la crise sanitaire. Les march&#233;s financiers se portent actuellement tr&#232;s bien, misant sur l'effondrement d'entreprises qu'il sera alors possible d'acheter &#224; prix avantageux, et sur la d&#233;couverte d'un vaccin faisant tomber une pluie de dollars. La COVID n'aura &#233;t&#233; pour eux qu'un orage avant que tout reprenne comme avant. Comme aux lendemains de la crise de 2007-2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, une comparaison m&#234;me rapide entre les deux crises nous permet de constater qu'il s'agit de deux cas bien diff&#233;rents. Pendant cette nouvelle crise, les milliers de milliards de dollars distribu&#233;s par les gouvernements ne sont pas enti&#232;rement aspir&#233;s par le secteur financier, mais r&#233;partis dans l'ensemble de la population, ce qui leur assure une bien meilleure circularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endettement majeur des &#201;tats qui r&#233;sultera de leurs mesures d'aide les forcera &#224; r&#233;soudre la quadrature du cercle. D'une part, devant une pareille situation, ils ne savent qu'&#224; accumuler les compressions budg&#233;taires, ce qu'ils font depuis quarante ans. Mais d'autre part, tout dans la crise sanitaire a d&#233;montr&#233; &#224; quel point la catastrophe a &#233;t&#233; accentu&#233;e par ces m&#234;mes politiques d'aust&#233;rit&#233;. Oseront-ils alors, pour une fois, appliquer l'unique solution envisageable : aller chercher l'argent l&#224; o&#249; il se trouve, c'est-&#224;-dire des les poches des individus et des compagnies qui en accumulent des quantit&#233;s invraisemblables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;chauffement climatique s'est aussi impos&#233; comme un enjeu incontournable depuis quelques ann&#233;es. L&#224; encore, nos gouvernements devront lutter contre un autre vieux r&#233;flexe, celui de subventionner le productivisme et d'investir dans des infrastructures, peu importe lesquelles, du moment qu'elles cr&#233;ent de l'emploi et qu'elles fassent rouler l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre gouvernement qu&#233;b&#233;cois, par exemple, ne semble toujours pas renoncer &#224; un projet d'un autre temps comme le 3e lien &#224; Qu&#233;bec alors que celui du Canada subit des assauts de l'industrie des hydrocarbures qui demande une aide g&#233;n&#233;reuse. Dans quelle mesure appliquera-t-on encore ces solutions alors qu'il devient particuli&#232;rement urgent de se lancer dans des actions significatives pour mettre en branle la transition &#233;cologique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COVID-19 nous a fait rendre compte de la n&#233;cessit&#233; de maintenir une production locale diversifi&#233;e et de profiter de circuits courts qui sont par ailleurs tr&#232;s b&#233;n&#233;fiques pour l'environnement et pour combattre le r&#233;chauffement climatique. Pourtant, un lobbyiste tr&#232;s influent comme Jean Charest continue &#224; faire la promotion du libre-&#233;change, et plus particuli&#232;rement d'un de ses aspects les plus nuisibles, soit la &#171; coop&#233;ration r&#232;glementaire &#187;, qui permet en fait aux grandes entreprises de n&#233;gocier aupr&#232;s des gouvernements la d&#233;r&#232;glementation dans les secteurs qui sont les leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, des entreprises envisageraient maintenant de poursuivre les gouvernements, par des tribunaux priv&#233;s mis en place dans les accords de libre-&#233;change, pour contester des mesures prises pour contrer l'&#233;pid&#233;mie qui menacent leurs int&#233;r&#234;ts financiers. Cette attitude montre bien que la toile tiss&#233;e par les accords de libre-&#233;change sera un obstacle devant des changements dont on reconna&#238;t pourtant la grande n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dilemme qui attend nos gouvernements aux lendemains de la crise sanitaire est particuli&#232;rement clair : continuer ce qu'ils ont toujours fait, ce qui a tout de rassurant pour eux, ou se lancer dans d'importantes transformations de soci&#233;t&#233;. Il va de soi, en ce moment, que cette deuxi&#232;me solution s'impose. Mais sans pression tr&#232;s forte d'une grande partie de la population, sans les appels qui sont lanc&#233;s par des citoyens et citoyennes, il est tr&#232;s possible que nos gouvernements choisissent de se lancer dans une autre direction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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