<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_mot=1604&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>L'explosion de Beyrouth n'a pas fait trembler la classe politique libanaise</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-explosion-de-Beyrouth-n-a-pas-fait-trembler-la-classe-politique-libanaise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-explosion-de-Beyrouth-n-a-pas-fait-trembler-la-classe-politique-libanaise</guid>
		<dc:date>2020-09-08T07:04:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilbert Achcar</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-09-08</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La formidable explosion qui a secou&#233; le Liban et bien au-del&#224; le 4 ao&#251;t, faisant pr&#232;s de 200 morts et plus de 6 000 bless&#233;s et laissant environ 300 000 personnes sans domicile, constitue sans aucun doute un tournant majeur dans l'histoire du pays, certainement autant sinon plus que l'explosion bien moins forte (une tonne de TNT contre 1 200 tonnes) qui tua l'ex-premier ministre Rafic Hariri et 21 autres personnes le 14 f&#233;vrier 2005. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : Entre les lignes et les mots Lettre n&#176;36 - 29 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-09-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-09-08&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Liban-1604-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton44552-f6454.jpg?1781346022' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La formidable explosion qui a secou&#233; le Liban et bien au-del&#224; le 4 ao&#251;t, faisant pr&#232;s de 200 morts et plus de 6 000 bless&#233;s et laissant environ 300 000 personnes sans domicile, constitue sans aucun doute un tournant majeur dans l'histoire du pays, certainement autant sinon plus que l'explosion bien moins forte (une tonne de TNT contre 1 200 tonnes) qui tua l'ex-premier ministre Rafic Hariri et 21 autres personnes le 14 f&#233;vrier 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : Entre les lignes et les mots Lettre n&#176;36 - 29 aout 2020 : Notes de lecture, textes, p&#233;titions&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 29 ao&#251;t 2020 &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/29/lexplosion-de-beyrouth-na-pas-fait-trembler-la-classe-politique-libanaise/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/29/lexplosion-de-beyrouth-na-pas-fait-trembler-la-classe-politique-libanaise/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu attendre quinze ans avant que le Tribunal sp&#233;cial des Nations unies pour le Liban ne d&#233;livre sur cet effroyable attentat un verdict &#224; propos duquel beaucoup de commentateurs ont &#233;voqu&#233; la montagne d'Esope qui accoucha d'une souris. A cette aune, on ne saurait s'attendre &#224; ce que lumi&#232;re soit faite dans un avenir pr&#233;visible sur les causes et circonstances de la formidable explosion du port de Beyrouth. Quelques conclusions peuvent cependant &#234;tre d'ores et d&#233;j&#224; tir&#233;es sur cette trag&#233;die fortement traumatisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toute la classe dirigeante libanaise est &#224; bl&#226;mer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est que, quelles que fussent les circonstances particuli&#232;res de l'explosion &#8211; f&#251;t-elle accidentelle ou d&#233;lib&#233;r&#233;e, d&#233;clench&#233;e par une premi&#232;re explosion survenue dans un d&#233;p&#244;t adjacent d'armements ou simplement de feux d'artifice &#8211; la responsabilit&#233; d'avoir laiss&#233; 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium hautement explosif entrepos&#233;es au c&#339;ur d'une ville six ann&#233;es durant incombe &#224; l'ensemble de la classe dirigeante libanaise. Les plus responsables sont certes ceux qui dirigeaient l'ex&#233;cutif et &#233;taient cens&#233;s superviser la s&#233;curit&#233; du pays, y compris celle du port. Pr&#233;sidents de la r&#233;publique, premiers ministres, ministres des transports, chefs des principaux appareils de s&#233;curit&#233; et administrateurs du port sont tous &#233;galement &#224; bl&#226;mer. La liste inclut tant les responsables de l'Etat libanais officiel que ceux de l'Etat parall&#232;le que constitue au Liban le Hezbollah, dont on sait qu'il surveille de pr&#232;s l'a&#233;roport et le port de Beyrouth et les utilise &#224; sa guise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me logique s'applique de fa&#231;on encore plus &#233;vidente &#224; l'effondrement de l'&#233;conomie libanaise, dont la p&#233;riode de responsabilit&#233; conjointe est bien plus longue que six ans. Cela fait trente ans, en effet, que le pays s'est engag&#233; sur la voie de la &#171; reconstruction &#187; apr&#232;s quinze ann&#233;es de guerre civile et internationale et dans un contexte mondial domin&#233; par le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1975, l'ann&#233;e du d&#233;but de la guerre, le Liban &#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;put&#233; &#234;tre un des paradis fiscaux de la plan&#232;te : un pays de capitalisme sauvage, dont le secret bancaire et les avantages fiscaux faisaient un terrain id&#233;al pour le blanchiment d'argent sale, les fuites de capitaux et toutes sortes de trafics dans un environnement r&#233;gional d'Etats dictatoriaux, &#224; commencer par le voisin syrien. La guerre cessa &#224; la suite d'un accord politique et constitutionnel conclu en 1989 entre fractions libanaises sous les auspices conjoints de la monarchie saoudienne, soutenue par Washington, et du r&#233;gime syrien. Il fut confirm&#233; l'ann&#233;e suivante par la participation de ce dernier &#224; la coalition men&#233;e par les &#201;tats-Unis dans la premi&#232;re guerre internationale contre l'Irak.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'entente syro-saoudienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant une douzaine d'ann&#233;es, le Liban fut gouvern&#233; sous l'&#233;gide de cette entente syro-saoudienne : repr&#233;sentant officieux du pouvoir saoudien, Rafic Hariri agit en collaboration &#233;troite avec Ghazi Kanaan, le tout-puissant chef des services de renseignements syriens au Liban. L'entente expira avec la deuxi&#232;me guerre men&#233;e par Washington contre l'Irak et l'occupation de ce pays en 2003. Alors que le r&#233;gime baathiste de Syrie avait pu prendre part &#224; une guerre visant &#224; bouter hors du Kowe&#239;t les troupes de son fr&#232;re ennemi, le r&#233;gime baathiste d'Irak, qui avaient envahi l'&#233;mirat en ao&#251;t 1990, ne pouvait approuver une guerre visant &#224; l'occupation de l'Irak et au renversement de son r&#233;gime. Cela entra&#238;na la fin de l'entente syro-saoudienne et poussa Washington &#224; exercer une pression pour le retrait des troupes syriennes du Liban, notamment par la r&#233;solution 1 559 du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU adopt&#233;e en 2004 (avec abstention de la Russie et de la Chine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat de Hariri d&#233;clencha une immense vague de col&#232;re populaire qui for&#231;a Damas &#224; retirer ses troupes du Liban. Le r&#233;gime syrien n'en continua pas moins &#224; tirer des ficelles dans le pays par le biais d'une triple alliance compos&#233;e de son ancien client Amal, le mouvement confessionnel chiite dirig&#233; par Nabih Berri, pr&#233;sident &#224; vie du Parlement libanais (il occupe ce poste depuis 1992), le Hezbollah, l'agent libanais de son alli&#233; r&#233;gional, le r&#233;gime iranien, et Michel Aoun, son ex-ennemi jur&#233; qui avait proclam&#233; une&#171; guerre de lib&#233;ration &#187; contre les troupes syriennes en 1989 et avait ensuite trouv&#233; refuge en France, d'o&#249; il revint en 2005 avant son retournement spectaculaire l'ann&#233;e suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les quinze derni&#232;res ann&#233;es, le Liban a fondamentalement connu un renouvellement de son gouvernement conjoint syro-saoudien, Saad Hariri rempla&#231;ant son p&#232;re et collaborant avec la triple alliance, et la continuation de la m&#234;me politique &#233;conomique aux cons&#233;quences d&#233;sastreuses. La guerre qu'a connue la Syrie depuis le printemps arabe de 2011 a entra&#238;n&#233; un affaiblissement consid&#233;rable de Damas et un accroissement consid&#233;rable du r&#244;le de T&#233;h&#233;ran et de son repr&#233;sentant libanais, tandis que l'influence de l'Iran connaissait une forte expansion dans l'ensemble de la r&#233;gion et en Syrie m&#234;me. Une cons&#233;quence de cette &#233;volution du rapport des forces fut l'&#233;lection de Michel Aoun &#224; la pr&#233;sidence de la r&#233;publique en 2016. La tentative malheureuse du prince h&#233;ritier saoudien de forcer Hariri &#224; mettre fin &#224; sa collaboration avec les partisans de l'Iran &#233;tait une r&#233;action malhabile &#224; cette tournure des &#233;v&#233;nements.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les banques et leurs arrangements douteux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout ce qui pr&#233;c&#232;de, il ressort n&#233;anmoins que la responsabilit&#233; de l'effondrement de l'&#233;conomie libanaise enclench&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re incombe &#224; toute la gamme des membres de la classe dirigeante libanaise qui ont occup&#233; des postes gouvernementaux depuis la fin de la guerre il y a trente ans, tout autant qu'elle incombe au secteur bancaire avec lequel ces derniers ont &#233;t&#233; intimement m&#234;l&#233;s et ont tremp&#233; dans toutes sortes d'arrangements douteux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de meilleure incarnation de cette collusion que Riad Salam&#233;, gouverneur de la Banque centrale depuis 1992 et jusqu'&#224; ce jour. Cette responsabilit&#233; partag&#233;e de toute &#233;vidence est ce que traduit le fameux slogan central du soul&#232;vement populaire qui d&#233;buta le 17 octobre de l'ann&#233;e derni&#232;re : &#171; Tous, &#231;a veut dire tous ! &#187; Ce slogan n'&#233;tait pas seulement un d&#233;fi lanc&#233; &#224; l'&#233;touffement traditionnel de la contestation sociale par la classe dirigeante au moyen de l'attisement des divisions politico-confessionnelles ; il exprimait &#233;galement une conscience aigu&#235; du fait que la classe dirigeante dans son ensemble est irr&#233;m&#233;diablement pourrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la col&#232;re populaire &#224; son paroxysme en raison de la r&#233;cente explosion &#224; Beyrouth, beaucoup au Liban ont esp&#233;r&#233; qu'&#224; quelque chose malheur pouvait &#234;tre bon. Beaucoup ont cru que la trag&#233;die allait imposer &#224; la classe dirigeante deux revendications principales du soul&#232;vement d'octobre : un gouvernement d'experts v&#233;ritablement ind&#233;pendant de la classe politique libanaise et de nouvelles &#233;lections sur la base d'une nouvelle loi &#233;lectorale. L'espoir &#233;tait qu'une forte pression internationale imposerait la r&#233;alisation de ces revendications et fournirait un contrepoids suffisant pour permettre &#224; un nouveau gouvernement de se lib&#233;rer de l'influence de la classe dirigeante traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le maintien de la coalition Hariri-Hezbollah &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite &#224; Beyrouth d'Emmanuel Macron au surlendemain de l'explosion porta cette attente &#224; son comble. Ne voil&#224;-t-il pas qu'un dirigeant &#233;tranger osait rendre visite &#224; une ville et se m&#234;ler &#224; sa population peu apr&#232;s le d&#233;sastre, pens&#232;rent beaucoup, oubliant que le pr&#233;sident fran&#231;ais en difficult&#233; dans son propre pays s'offrait ainsi une belle s&#233;ance photos. L'attente ne dura pas longtemps du reste : la politique d'Emmanuel Macron au Moyen-Orient a consist&#233; en permanence &#224; se projeter en m&#233;diateur entre les &#201;tats-Unis et l'Iran (o&#249; les milieux d'affaires fran&#231;ais ont d'importantes vis&#233;es). Un moment crucial de cette politique fut la tentative avort&#233;e en 2019, lors du sommet du G7 &#224; Biarritz, d'organiser une rencontre entre Donald Trump et le ministre iranien des affaires &#233;trang&#232;res, Mohammad Javad Zarif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de cette position en ce qui concerne le Liban est qu'Emmanuel Macron a syst&#233;matiquement agi afin de maintenir en place le gouvernement de coalition Hariri-Hezbollah. C'est pourquoi il est intervenu de fa&#231;on d&#233;cisive pour permettre le retour &#224; Beyrouth d'un Saad Hariri s&#233;questr&#233; &#224; Riyadh en 2017. Et c'est bien pourquoi il n'a pas tard&#233; &#224; d&#233;cevoir l'attente par les Libanais d'un gouvernement ind&#233;pendant et de nouvelles &#233;lections, en exigeant la reconstitution d'un gouvernement de coalition. Plut&#244;t que de permettre &#224; l'explosion de Beyrouth de se transformer en big bang du renouveau politique libanais, M. Macron agit pour la transformer en force de refoulement vers l'arri&#232;re. C'est l&#224; une recette assur&#233;e pour encore plus de m&#233;contentement et de troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Achcar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tribune parue initialement dans Lib&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/debats/2020/08/25/l-explosion-de-beyrouth-n-a-pas-fait-trembler-la-classe-politique-libanaise_1797666&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/debats/2020/08/25/l-explosion-de-beyrouth-n-a-pas-fait-trembler-la-classe-politique-libanaise_1797666&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Hezbollah, d&#233;fenseur du statu quo au Liban</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Hezbollah-defenseur-du-statu-quo-au-Liban</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Hezbollah-defenseur-du-statu-quo-au-Liban</guid>
		<dc:date>2020-09-08T07:03:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph Daher</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-09-08</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t, une nouvelle trag&#233;die a frapp&#233; le Liban. Une explosion d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire du pays, &#233;quivalente &#224; un s&#233;isme de magnitude 3,3, a fait plus de 170 morts (libanais, syriens et autres nationalit&#233;s), plus de 6 000 bless&#233;s et 300 000 sans-abri. Des dizaines de personnes restent en outre disparues et des quartiers entiers de Beyrouth sont d&#233;vast&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : Entre les lignes et les mots Lettre n&#176;36 - 29 aout 2020 : Notes de lecture, textes, p&#233;titions &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-09-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-09-08&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Liban-1604-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton44551-2ef67.jpg?1781346022' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t, une nouvelle trag&#233;die a frapp&#233; le Liban. Une explosion d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire du pays, &#233;quivalente &#224; un s&#233;isme de magnitude 3,3, a fait plus de 170 morts (libanais, syriens et autres nationalit&#233;s), plus de 6 000 bless&#233;s et 300 000 sans-abri. Des dizaines de personnes restent en outre disparues et des quartiers entiers de Beyrouth sont d&#233;vast&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/26/le-hezbollah-defenseur-du-statu-quo-au-liban/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt; Lettre n&#176;36 - 29 aout 2020 : Notes de lecture, textes, p&#233;titions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce drame vient s'ajouter &#224; une situation socio-&#233;conomique d&#233;j&#224; catastrophique du fait de l'&#233;ruption de la crise &#233;conomique en octobre 2019 et des effets de la pand&#233;mie Covid-19. La proportion des Libanais vivant sous le seuil de pauvret&#233; a atteint les 55%, tandis que le taux de ch&#244;mage d&#233;passe les 35%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias des pays occidentaux se sont particuli&#232;rement int&#233;ress&#233;s au r&#244;le du Hezbollah sur la sc&#232;ne politique libanaise lors de ces derniers &#233;v&#233;nements, parmi lesquels le verdict du Tribunal sp&#233;cial pour le Liban dans l'affaire de l'assassinat de Rafic Hariri &#8211; un verdict qui a rassur&#233; le parti islamique chiite puisqu'il s'est sold&#233; par trois acquittements, une seule inculpation et l'affirmation qu'aucune preuve ne permettait d'&#233;tablir un lien direct entre, d'une part, le Hezbollah et le r&#233;gime syrien et, d'autre part, l'explosion du 14 f&#233;vrier 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hezbollah est pr&#233;sent&#233; par ses d&#233;tracteurs comme une organisation terroriste et par ses partisans comme un acteur cl&#233; de la r&#233;sistance face &#224; Isra&#235;l et &#224; l'imp&#233;rialisme occidental et comme un d&#233;fenseur des opprim&#233;s. Ces descriptions, &#224; bien des &#233;gards caricaturales, ne permettent pas de saisir le r&#244;le du Hezbollah dans le champ politique libanais, en particulier depuis le d&#233;clenchement du soul&#232;vement de protestation populaire en octobre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;fiance du Hezbollah face au soul&#232;vement d'octobre 2019&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hezbollah a adopt&#233; depuis le d&#233;but une attitude de d&#233;fiance envers le soul&#232;vement populaire massif qui a commenc&#233; le 17 octobre 2019 et qui, pour la premi&#232;re fois, a massivement touch&#233; les r&#233;gions &#224; majorit&#233; chiite, notamment le sud du Liban et la ville de Baalbek dans la Bekaa. Dans ces r&#233;gions, le tandem compos&#233; du Hezbollah et d'Amal (l'autre grand mouvement chiite libanais), accus&#233; d'avoir emp&#234;ch&#233; le d&#233;veloppement socio-&#233;conomique en imposant des politiques client&#233;listes et autoritaires, n'a pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son premier discours post&#233;rieur &#224; ces &#233;v&#233;nements, Hassan Nasrallah a d'abord accus&#233; les protestataires de plonger le pays dans le chaos et d'&#234;tre les instruments d'un complot &#233;tranger. Il a &#233;galement offert un soutien inconditionnel au pr&#233;sident Michel Aoun, m&#234;me s'il a par la suite un peu mod&#233;r&#233; son propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hezbollah a mobilis&#233; sa base populaire dans les r&#233;gions &#224; majorit&#233; chiite pour d&#233;montrer qu'il conservait le soutien de sa base et, surtout, pour intimider les manifestants dans diff&#233;rentes localit&#233;s. Ses membres n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; attaquer &#224; plusieurs reprises les manifestants &#224; Beyrouth et dans d'autres villes du pays et &#224; menacer plusieurs personnalit&#233;s et activistes de la contestation. Les supporters du Hezbollah, avec ceux d'Amal, ont multipli&#233; provocations et slogans confessionnels, scandant &#171; chiites, chiites &#187; ou &#171; Nous voulons un nouveau 7 mai &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'invasion militaire de Beyrouth-Ouest par le Hezbollah et ses alli&#233;s en 2008, pour diviser le mouvement de protestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ces d&#233;monstrations de force, l'objectif principal du duo Hezbollah-Amal &#233;tait d'&#233;touffer les manifestations en r&#233;occupant les lieux publics dans les r&#233;gions domin&#233;es par ces partis. Le Hezbollah a &#233;galement cherch&#233; &#224; maintenir ses alliances politiques avec des mouvements d&#233;nonc&#233;s par les manifestants pour leur corruption, en particulier Amal et le Courant patriotique libre de Michel Aoun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s l'explosion : maintenir &#224; tout prix le syst&#232;me confessionnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de la trag&#233;die du 4 ao&#251;t, tous les partis politiques dominants ont ni&#233; toute connaissance et/ou responsabilit&#233; dans la gestion du nitrate d'ammonium stock&#233; dans le hangar du port, y compris le Hezbollah. Le journaliste libanais Riad Kobeissi, qui travaille depuis des ann&#233;es sur la corruption li&#233;e aux activit&#233;s portuaires &#224; Beyrouth, a cependant d&#233;montr&#233; que toute la structure du port et sa gestion, ainsi que l'inspection des douanes, se trouvent entre les mains de personnalit&#233;s affili&#233;es aux acteurs dominants du syst&#232;me politique libanais : le Courant patriotique libre, d'Amal, du Hezbollah et du Courant du Futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la repr&#233;sentation politique au Liban est organis&#233;e aux plus hauts &#233;chelons de l'&#201;tat selon des crit&#232;res confessionnels. Les postes au sein des institutions publiques, en particulier les plus &#233;lev&#233;s, sont &#233;galement distribu&#233;s en fonction de lignes confessionnelles et partisanes. Le syst&#232;me confessionnel au Liban (comme le confessionnalisme plus g&#233;n&#233;ralement) est l'un des principaux instruments utilis&#233;s par les partis confessionnels dominants pour renforcer leur contr&#244;le sur les classes populaires, en les maintenant subordonn&#233;es &#224; leurs chefs confessionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Michel Aoun et le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ont refus&#233; toute enqu&#234;te internationale sur la trag&#233;die du 4 ao&#251;t en invoquant la d&#233;fense de la souverainet&#233; nationale. Les deux hommes souhaitent que l'enqu&#234;te soit conduite par l'arm&#233;e libanaise&#8230; laquelle est domin&#233;e en grande partie par leurs partis. Derri&#232;re ce choix, on devine &#233;videmment la volont&#233; d'emp&#234;cher que les vrais responsables, tous issus des partis dominants, soient point&#233;s du doigt, de m&#234;me que le syst&#232;me politique libanais dans son entier, et en particulier les m&#233;canismes de distribution des postes au sein de l'administration publique qui, on l'a dit, suivent des logiques confessionnelles et partisanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, les autorit&#233;s libanaises, qui avaient promis que les premiers r&#233;sultats de l'enqu&#234;te seraient d&#233;voil&#233;s dans un d&#233;lai maximal de cinq jours, n'avaient toujours donn&#233; aucune indication au public plus de deux semaines apr&#232;s l'explosion.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Hezbollah et les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand nombre de chefs d'&#201;tat internationaux et r&#233;gionaux ont officiellement apport&#233; leur soutien &#224; la population libanaise &#224; la suite de la catastrophe du 4 ao&#251;t. Une visioconf&#233;rence sur le Liban, organis&#233;e &#224; l'initiative du pr&#233;sident fran&#231;ais Emmanuel Macron et r&#233;unissant les repr&#233;sentants d'une trentaine de pays, occidentaux et arabes, &#224; laquelle ont &#233;galement pris part des repr&#233;sentants du Fonds mon&#233;taire international (FMI), de la Banque mondiale, du Comit&#233; international de la Croix-Rouge CICR) et de la Banque europ&#233;enne d'investissement (BIRD), a abouti &#224; un accord sur une assistance d'urgence au Liban &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance, pour un total de 252,7 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme dans bien des crises, les &#201;tats et les institutions mon&#233;taires internationales consid&#232;rent ces moments comme des occasions de promouvoir et d'approfondir les dynamiques n&#233;olib&#233;rales, notamment l'extension de l'&#233;conomie de march&#233; &#224; divers secteurs &#233;conomiques jusqu'ici domin&#233;s par les secteurs &#233;tatiques. Ainsi, d'autres types d'aides et versements, de plusieurs milliards de dollars, &#233;galement pr&#233;vus par ces groupes d'&#201;tats et institutions, sont conditionn&#233;s &#224; la mise en &#339;uvre de &#171; r&#233;formes institutionnelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron et la directrice g&#233;n&#233;rale du FMI, Kristalina Georgieva, ont par exemple soulign&#233; qu'il &#233;tait &#171; essentiel &#187; de &#171; sortir de l'impasse &#187; dans laquelle se sont retrouv&#233;es les discussions entre le Liban et le FMI entam&#233;es &#224; la mi-mai 2020. Pour cela, il convient selon le pr&#233;sident fran&#231;ais et Mme Georgieva d'appliquer des r&#233;formes dont la mise en &#339;uvre a &#233;t&#233; &#233;rig&#233;e en condition pr&#233;alable &#224; tout d&#233;blocage d'aides financi&#232;res aussi bien de la part du FMI &#8211; que le Liban a officiellement sollicit&#233; &#224; cette fin d&#233;but mai &#8211; que de l'ensemble des soutiens internationaux du pays, notamment des participants &#224; la conf&#233;rence de Paris d'avril 2018 (programme CEDRE), qui ont r&#233;serv&#233; plus de 11 milliards de dollars en pr&#234;ts et dons pour le Liban. En &#233;change de ces milliards de dollars, le gouvernement libanais doit s'engager &#224; d&#233;velopper les partenariats public-priv&#233;, &#224; r&#233;duire le niveau de la dette et &#224; imposer des mesures d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les partis politiques confessionnels dominants sont d'accord sur ces mesures, y compris le Hezbollah. Le gouvernement d'union nationale libanais compos&#233; de tous ces partis, y compris du Hezbollah, et men&#233; par Saad Hariri avant sa d&#233;mission &#224; la suite du d&#233;clenchement du mouvement de protestation populaire en octobre 2019, avait d'ailleurs pr&#233;vu la fusion ou la suppression de certaines institutions publiques et la privatisation du secteur de l'&#233;lectricit&#233;, dans le cadre de son plan budg&#233;taire 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le Hezbollah ne s'est pas oppos&#233; &#224; la demande du pr&#233;c&#233;dent gouvernement, conduit par le premier ministre Hassan Diab, de faire appel au FMI en mai 2020 pour un plan de &#171; sauvetage &#187; face &#224; la crise &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Hezbollah contre tout changement radical&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s l'explosion du 4 ao&#251;t, des manifestations massives ont eu lieu &#224; Beyrouth pour exiger le jugement des responsables de la trag&#233;die, le renversement du gouvernement et la destitution de la Chambre des d&#233;put&#233;s et du pr&#233;sident Michel Aoun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de l'ordre, et la milice du Parlement, li&#233;e au pr&#233;sident de la Chambre des d&#233;put&#233;s Nabih Berri, ont violemment r&#233;prim&#233; les manifestants, y compris en tirant &#224; balles r&#233;elles. Il y a eu plusieurs centaines de bless&#233;s et des dizaines d'arrestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mission du gouvernement d'Hassan Diab le 10 ao&#251;t n'a pas calm&#233; le mouvement de protestation. Nombre de Libanais exigent toujours de voir les responsables du drame du 4 ao&#251;t traduits en justice, r&#233;clament des comptes pour la n&#233;gligence de l'&#201;tat et demandent un changement radical. Or les partis confessionnels dominants cherchent d&#233;j&#224; &#224; contr&#244;ler les prochaines &#233;tapes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques heures apr&#232;s la d&#233;mission d'Hassan Diab, Nabih Berry s'est par exemple entretenu avec le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, ainsi qu'avec Hussein Khalil, le bras droit d'Hassan Nasrallah. &#201;tait &#233;galement pr&#233;sent l'ancien ministre Ali Hassan Khalil, conseiller politique de M. Berry. Les participants se seraient entendus sur le refus d'un gouvernement neutre et sur la mise en place d'un gouvernement d'entente nationale et de la tenue de l&#233;gislatives anticip&#233;es. Hassan Nasrallah, dans son discours du 14 ao&#251;t, a d'ailleurs r&#233;it&#233;r&#233; son souhait de voir la formation d'un gouvernement d'union nationale et accus&#233; les manifestants de mener le pays vers la guerre civile en voulant renverser l'&#201;tat et le pr&#233;sident Aoun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 13 ao&#251;t, les principales forces politiques libanaises au Parlement ont ent&#233;rin&#233; l'&#233;tat d'urgence, qui avait &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233; le 5 ao&#251;t. Cela donne au &#171; pouvoir militaire supr&#234;me &#187;, pendant cette p&#233;riode &#8211; jusqu'au 21 ao&#251;t avec possibilit&#233; de prolongation dans le cas pr&#233;sent &#8211;, l'autorit&#233; sur l'ensemble des forces de s&#233;curit&#233; du pays et la responsabilit&#233; de maintenir l'ordre. Durant l'&#233;tat d'urgence, l'arm&#233;e libanaise peut donc proc&#233;der &#224; des arrestations sans avoir recours &#224; la justice, limiter la libert&#233; de la presse et des m&#233;dias, interdire les rassemblements, etc. Mettre fin aux manifestations populaires est en effet une priorit&#233; pour les partis dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hezbollah, comme les autres formations confessionnelles, per&#231;oit le mouvement populaire comme une menace existentielle et s'oppose &#224; ses demandes de changement radical. Le Hezbollah ne propose aucune vision politique contestant le syst&#232;me &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral ou le syst&#232;me confessionnel. Au contraire, il consid&#232;re ce syst&#232;me comme un moyen de servir ses propres int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun changement radical ne pourra avoir lieu sans une rupture avec le syst&#232;me confessionnel n&#233;olib&#233;ral, ses &#233;lites dominantes et ses sponsors &#233;trangers. Le Hezbollah n'est pas une exception et est inclus dans le slogan de l'Intifada libanaise &#171; Tous, &#231;a veut dire tous &#187;, qui remet en cause tous les partis confessionnels dominants, jug&#233;s responsables de la mis&#232;re sociale et &#233;conomique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph Daher&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theconversation.com/le-hezbollah-defenseur-du-statu-quo-au-liban-144827&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theconversation.com/le-hezbollah-defenseur-du-statu-quo-au-liban-144827&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trag&#233;die au Liban : &#171; Une situation pareille peut &#234;tre redress&#233;e &#224; condition qu'il y ait un changement de syst&#232;me politique &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tragedie-au-Liban-Une-situation-pareille-peut-etre-redressee-a-condition-qu-il</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Tragedie-au-Liban-Une-situation-pareille-peut-etre-redressee-a-condition-qu-il</guid>
		<dc:date>2020-09-08T07:03:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph Daher</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-09-08</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; libanaise est d&#233;vast&#233;e suite &#224; l'explosion de 2750 tonnes de nitrate d'ammonium stock&#233;es au c&#339;ur du port de Beyrouth, le 4 ao&#251;t 2020. L'&#233;conomie du pays, d&#233;j&#224; tr&#232;s affect&#233;e par l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19, est en passe de se paralyser. De l'aide internationale pour reconstruire Beyrouth doit &#234;tre apport&#233;e, mais comment ce pays peut-il se relever et avec qui pour y parvenir ? Entretien avec le politiste sp&#233;cialiste du Liban, Joseph Daher. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-09-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-09-08&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Liban-1604-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton44563-193a3.png?1781346023' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; libanaise est d&#233;vast&#233;e suite &#224; l'explosion de 2750 tonnes de nitrate d'ammonium stock&#233;es au c&#339;ur du port de Beyrouth, le 4 ao&#251;t 2020. L'&#233;conomie du pays, d&#233;j&#224; tr&#232;s affect&#233;e par l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19, est en passe de se paralyser. De l'aide internationale pour reconstruire Beyrouth doit &#234;tre apport&#233;e, mais comment ce pays peut-il se relever et avec qui pour y parvenir ? Entretien avec le politiste sp&#233;cialiste du Liban, Joseph Daher.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article54629&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels de l'explosion du 4 ao&#251;t &#224; Beyrouth ont &#233;t&#233; chiffr&#233;s entre 3 et 15 milliards de dollars par les autorit&#233;s libanaises [1], soit un montant qui pourrait atteindre pr&#232;s de 25% du Produit int&#233;rieur brut (PIB) du Liban. C'est un v&#233;ritable gouffre financier pour ce pays d&#233;j&#224; en crise &#233;conomique et financi&#232;re depuis des ann&#233;es. Les autorit&#233;s libanaises sont point&#233;es du doigt par la population pour leur gestion plus qu'hasardeuse du stock de nitrate d'ammonium qui a ravag&#233; la ville apr&#232;s avoir explos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces produits chimiques, stock&#233;s au c&#339;ur du port de Beyrouth avaient &#233;t&#233; retir&#233;s en 2014 d'un navire battant pavillon chypriote, trop endommag&#233; pour reprendre la mer. Les membres du gouvernement, autorit&#233;s judiciaires, responsables des douanes se sont renvoy&#233;s la balle suite &#224; la catastrophe et face la demande populaire de trouver des responsables. Une enqu&#234;te internationale a &#233;t&#233; refus&#233;e par le gouvernement, de l'aide &#233;trang&#232;re devrait &#234;tre apport&#233;e sous conditions, et malgr&#233; tout, le pays semble comme fig&#233; politiquement. Les cons&#233;quences de cette catastrophe pourraient-elles quand m&#234;me changer &#224; terme la situation politique, sociale et &#233;conomique du Liban ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien avec Joseph Daher, enseignant &#224; la facult&#233; des Sciences sociales et politiques &#224; l'universit&#233; de Lausanne et professeur affili&#233; &#224; l'Institut universitaire europ&#233;en &#224; Florence. Joseph Daher est l'auteur du livre &#171; Le Hezbollah, Un fondamentalisme religieux &#224; l'&#233;preuve du n&#233;olib&#233;ralisme &#187; en 2019 aux &#233;ditions Syllepse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TV5MONDE : Les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par l'explosion du 4 ao&#251;t pourraient atteindre 15 milliards de dollars. Une telle somme peut-elle &#234;tre r&#233;unie par l'&#201;tat libanais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joseph Daher &lt;/strong&gt; : Il est clair qu'avec les politiques du gouvernement libanais actuel, il est impossible de r&#233;unir cette somme d'argent. Et m&#234;me si ces sommes sont tir&#233;es de mesures impos&#233;es par le FMI (Fonds mon&#233;taire international), &#231;a va &#234;tre tr&#232;s compliqu&#233;. La privatisation partielle de l'&#233;lectricit&#233; au Liban, par exemple, ne r&#233;soudra pas le probl&#232;me. Mais tout &#231;a s'inscrit dans une histoire longue, avec les quatre accords de Paris qui ont tous &#233;t&#233; un &#233;chec, dont le dernier en 2018 qui &#233;tait parrain&#233; par la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France a un r&#244;le particulier au Liban, puisqu'elle est l'un des seuls pays qui a encore une influence significative en termes d'investissements publics, priv&#233;s, de collaboration. Donc en 2018, la France, aid&#233;e d'institutions internationales, dont le FMI, a dit au Liban : &#171; On vous pr&#234;te 11 milliards de dollars, mais en contrepartie vous devez appliquer des mesures d'aust&#233;rit&#233; &#187;. Ce qui veut dire la fusion d'institutions publiques, ne plus recruter dans les services publics, et surtout des mesures de privatisation sous des formes de partenariats public-priv&#233;. Notamment, la privatisation quasi compl&#232;te de l'&#233;lectricit&#233; du Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La profondeur de la crise &#233;conomique date des politiques men&#233;es dans les ann&#233;es 90, notamment par le r&#244;le des banques au Liban. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet du gouvernement de Saad Hariri, quelques semaines avant que le mouvement de contestation commence, incluait toutes ces mesures. Et il n'y a aucun d&#233;saccord sur ces mesures par les partis politiques dominants libanais. Si cet accord n'a pas &#233;t&#233; sign&#233; c'est &#224; cause des protestations, qui au d&#233;part d&#233;non&#231;aient les communications WhatsApp que voulait imposer le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le plan d'aide financi&#232;re au Liban est exactement le m&#234;me que celui de 2018 et on ne sait pas du tout comment &#231;a va se passer. La reconstruction qui a eu lieu dans les ann&#233;es 90 a donn&#233; lieu &#224; de nombreuses transactions opaques qui ont permis de b&#226;tir des r&#233;sidences de luxe, par exemple, donc rien n'est certain quant &#224; la bonne utilisation de l'argent pour reconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TV5MONDE : Le Liban subit une crise, &#233;conomique, sociale, financi&#232;re et politique profonde, qui n'est pas r&#233;cente, accentu&#233;e par la catastrophe. Est-il possible de redresser une telle situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.D : Une situation pareille peut &#234;tre redress&#233;e, &#224; condition &#8212; comme les manifestants le demandent &#8212; qu'il y ait un changement de syst&#232;me politique. Il faut lier les choses entre elles : vous ne pouvez pas avoir un changement &#233;conomique et socio-&#233;conomique sans un changement du syst&#232;me politique. Concr&#232;tement, le syst&#232;me actuel utilise l'&#201;tat pour la distribution de la rente entre diff&#233;rents acteurs priv&#233;s ainsi que pour d&#233;fendre des privil&#232;ges &#233;conomiques et sociaux. On dit souvent &#171; la privatisation va mener une meilleure efficacit&#233; des services &#187;, ce qui n'est d&#233;j&#224; pas certain. Mais la question est plut&#244;t : avec quels acteurs priv&#233;s ? Qui va d&#233;partager ces diff&#233;rents acteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, lors de la &#171; crise des poubelles &#187;, on s'est rendu compte que le probl&#232;me venait de la fin d'un contrat entre diff&#233;rentes entreprises priv&#233;es pour la gestion des ordures, toutes li&#233;es &#224; diff&#233;rents partis politiques et qui ne se sont pas mis d'accord. Cette distribution de la rente au priv&#233; est au centre du probl&#232;me. Sachant que le g&#226;teau &#224; se r&#233;partir a diminu&#233;, une diminution caus&#233;e par des &#233;v&#233;nements divers depuis 2011, comme la guerre en Syrie ou la fin des investissements massifs en provenance des monarchies du Golfe persique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de protestation a une faible capacit&#233; &#224; s'organiser de fa&#231;on plus large pour faire arriver une s&#233;rie de demandes claires aux partis politiques dominants (&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la profondeur de la crise &#233;conomique date des politiques men&#233;es dans les ann&#233;es 90, notamment par le r&#244;le des banques au Liban. Ce sont les banques qui sont d'ailleurs en train de refuser les petites mesures que le FMI aimerait leur imposer, comme le contr&#244;le des capitaux. Une mesure ill&#233;gale par ailleurs au Liban, au regard de la loi, parce que ce n'est pas du tout formalis&#233;. Et bien s&#251;r le refus par la Banque centrale libanaise de l'audit bancaire, pour v&#233;rifier l'argent qui est sorti du pays. Tous ces refus sont soutenus par tous les partis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TV5MONDE : Malgr&#233; la mise en cause des autorit&#233;s pour la terrible explosion du 4 ao&#251;t par une tr&#232;s grande partie de la population, des manifestations demandant des changements politiques, rien ne semble bouger : comment expliquez-vous cela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.D : Vous pouvez avoir des manifestations importantes mais cela ne signifie pas qu'il va y avoir un changement automatique du pouvoir. On le voit dans plusieurs pays, comme en Alg&#233;rie o&#249; les gens continuent de manifester et sans grand changement depuis la chute de Bouteflika. Et ce n'est pas propre &#224; cette r&#233;gion du monde, puisqu'on peut penser la m&#234;me chose avec les Gilets Jaunes en France. Le probl&#232;me c'est l'absence d'alternative politique par le manque de structuration du mouvement populaire. Je dis &#231;a depuis le d&#233;but du mouvement de protestation libanais, en octobre 2019. Les partis &#171; d&#233;mocrates et de gauche &#187;, sont tr&#232;s tr&#232;s fragment&#233;s et le mouvement de protestation a une faible capacit&#233; &#224; s'organiser de fa&#231;on plus large pour faire arriver une s&#233;rie de demandes claires aux partis politiques dominants, de cr&#233;er des formes de d&#233;fi au pouvoir central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les partis confessionnels dominants savent qu'ils ont le soutien, en partie, de diff&#233;rents pays occidentaux, dont la France. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je donne souvent l'exemple du Soudan, o&#249; il y a eu des rassemblements des professionnels, de forces de changement, qui ont cr&#233;&#233;, avec leurs limites, une v&#233;ritable forme de d&#233;fi au pouvoir, en faisant remonter des demandes particuli&#232;res des manifestants et manifestantes, en les organisant de fa&#231;on beaucoup plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exercer une pression sans alternative politique, c'est un probl&#232;me. Au Liban, les partis politiques dominants le savent tr&#232;s bien. Ce qui a manqu&#233; aux Gilets jaunes en France et qui manque aussi au mouvement de protestation libanais c'est le lien avec les syndicats. Dans le cas libanais c'est diff&#233;rent de la France, puisque la principale centrale syndicale CGTL est contr&#244;l&#233;e depuis 2000 par les partis confessionnels et l'autre coordination syndicale a mis dehors tous les syndicalistes combatifs apr&#232;s les derni&#232;res &#233;lections, avec l'aide des partis au pouvoir. D'ailleurs, au d&#233;but du mouvement en octobre 2019, les manifestants disaient &#171; on essaye de faire des gr&#232;ves sans syndicats &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pays occidentaux, France en t&#234;te, les institutions internationales dont le FMI au premier chef, semblent vouloir venir en aide au Liban, qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis confessionnels dominants savent qu'ils ont le soutien, en partie, de diff&#233;rents pays occidentaux, dont la France. Quand Emmanuel Macron dit qu'il faut un gouvernement d'union nationale qui soit capable de conduire les r&#233;formes demand&#233;es depuis des ann&#233;es, il parle des partis confessionnels. Il a &#233;t&#233; le premier &#224; aller chercher Hariri en 2017 en Arabie saoudite pour le ramener au Liban, en annon&#231;ant qu'il fallait remettre ces partis ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France, &#224; la diff&#233;rence des Etats-Unis, ne va pas exclure le Hezbollah mais va essayer &#224; travers le mouvement d'union nationale, de faire croire qu'elle est en faveur des acteurs politiques plut&#244;t proches du 14 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque europ&#233;enne de reconstruction et du d&#233;veloppement a pouss&#233; depuis des ann&#233;es le d&#233;veloppement des partenariats publics-priv&#233;s, comme un instrument phare pour faire avancer les privatisations. A chaque crise financi&#232;re ou m&#234;me une guerre, ce sont ces mesures-l&#224; qui sont mises en &#339;uvre. En Syrie, en 2016, le gouvernement a adopt&#233; un nouveau programme &#233;conomique, le partenariat national, dans lequel le partenariat public-priv&#233; est l'instrument principal pour faire avancer les privatisations. Et vu le caract&#232;re politique de ce syst&#232;me dans cette r&#233;gion, ces privatisations b&#233;n&#233;ficient toujours &#224; l'establishment proche du r&#233;gime. Pour ce qui est des pays autour du Liban, ils sont d'accord avec la France. L'Iran a dit clairement que du moment qu'on ne touchait pas aux armes du Hezbollah, il &#233;tait d'accord avec les mesures d'Emmanuel Macron. L'Arabie saoudite, son probl&#232;me c'est que pour eux le Liban est perdu, puisque consid&#233;r&#233; comme contr&#244;l&#233; par l'Iran via le Hezbollah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon sens, la France, &#224; la diff&#233;rence des Etats-Unis, ne va pas exclure le Hezbollah mais va essayer &#224; travers le mouvement d'union nationale, de faire croire qu'elle est en faveur des acteurs politiques plut&#244;t proches du 14 mars (Coalition politique libanaise regroupant les personnalit&#233;s et mouvements politiques qui ont pris part &#224; la r&#233;volution du C&#232;dre &#224; la suite de l'assassinat, le 14 f&#233;vrier 2005, de l'ancien Premier ministre Rafiq Hariri, ndlr). Mais &#231;a va &#234;tre une feinte et d'ailleurs le Hezbollah va &#234;tre tr&#232;s content d'avoir peut-&#234;tre un ministre de moins. Du moment que &#231;a stabilise le Liban et que &#231;a permet de mettre en place les r&#233;formes, ils ne vont pas s'y opposer. Donc, oui la situation socio-&#233;conomique va empirer, mais &#231;a ne signifie pas que cela se transformera forc&#233;ment en r&#233;volte populaire. Cela peut &#234;tre aussi la consolidation des partis confessionnels dominants, parce que eux ont les moyens, ils peuvent redistribuer la rente et de nombreux Libanais savent que leur travail peut en d&#233;pendre, surtout si la situation empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal H&#233;rard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; TV5 Monde. 27 ao&#251;t 2020. Mise &#224; jour 31.08.2020 &#224; 20:42 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://information.tv5monde.com/info/crise-au-liban-une-situation-pareille-peut-etre-redressee-condition-qu-il-y-ait-un-changement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://information.tv5monde.com/info/crise-au-liban-une-situation-pareille-peut-etre-redressee-condition-qu-il-y-ait-un-changement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;https://information.tv5monde.com/info/liban-double-explosion-meurtriere-beyrouth-369819&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://information.tv5monde.com/info/liban-double-explosion-meurtriere-beyrouth-369819&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'extinction du Liban</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-extinction-du-Liban</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-extinction-du-Liban</guid>
		<dc:date>2020-09-08T07:02:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nahla Chahal</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-09-08</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#8230; Le deuxi&#232;me signe de la mis&#232;re actuelle du Liban est que l'&#233;lite &#171; alternative &#187; se trouve, elle aussi, sans projet, sans imagination politique et sans volont&#233;. Elle reste silencieuse ou se contente de moquer de fa&#231;on cynique et absurde toutes choses.. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : Entre les lignes et les mots Lettre n&#176;36 - 29 aout 2020 : Notes de lecture, textes, p&#233;titions https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/24/lextinction-du-liban/ Publi&#233; le 24 ao&#251;t 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Liban, les gens meurent de faim. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-09-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-09-08&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Liban-1604-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton44553-78781.jpg?1781346023' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#8230; Le deuxi&#232;me signe de la mis&#232;re actuelle du Liban est que l'&#233;lite &#171; alternative &#187; se trouve, elle aussi, sans projet, sans imagination politique et sans volont&#233;. Elle reste silencieuse ou se contente de moquer de fa&#231;on cynique et absurde toutes choses..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : Entre les lignes et les mots Lettre n&#176;36 - 29 aout 2020 : Notes de lecture, textes, p&#233;titions&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/24/lextinction-du-liban/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/08/24/lextinction-du-liban/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 24 ao&#251;t 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Liban, les gens meurent de faim. Ceux qui &#233;taient &#171; &#224; l'abri &#187; du besoin perdent leurs emplois et d&#233;scolarisent leurs enfants. L'avenir est obscur pour tous, sauf pour une minorit&#233; de voleurs et de gens du pouvoir qui ont fait sortir leur argent du pays vers un ext&#233;rieur complice&#8230; Complice par cupidit&#233; si ce n'est par &#171; sympathie &#187; &#224; l'&#233;gard de cette cat&#233;gorie de voyous qui gouverne le pays et qui tient les &#171; affaires &#187;, tout en montrant une docilit&#233; honteuse envers les &#171; Messieurs &#187; de l'Occident et des pays du Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clarifions ce point pour passer &#224; autre chose : Les d&#233;clarations faites en 2009 par Antonio Maria Costa, qui &#233;tait alors directeur ex&#233;cutif de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, ont &#233;t&#233; r&#233;cemment reprises par The Guardian et Mediapart. Il y confirme que 352 milliards de dollars de profits g&#233;n&#233;r&#233;s par le trafic de drogue sont entr&#233;s dans les banques europ&#233;ennes en 2008, en plein crise financi&#232;re mondiale. Les banques, qui avaient besoin de liquidit&#233;s, ont accept&#233; et encaiss&#233; l'argent tandis que les autorit&#233;s ont ferm&#233; les yeux et couvert l'affaire. La fuite &#171; clandestine &#187; de l'argent des grands d&#233;posants des banques Libanaises, beaucoup plus simple que cette histoire de 2008, s'est &#233;galement pass&#233;e en connaissance de cause et avec l'approbation des autorit&#233;s des deux c&#244;t&#233;s. Voil&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;cadence de l'&#233;lite traditionnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mauvaise gestion de l'&#233;conomie &#171; souveraine &#187; du Liban ne date pas d'aujourd'hui, elle s'est faite sur le long terme. Sans doute, a-t-elle &#233;t&#233; guid&#233;e par un m&#233;lange de corruption et d'ignorance, auquel s'ajoute &#8211; c'est le point le plus important ou, du moins, celui qui nous importe le plus ici &#8211; une absence totale du sens des responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis du pays et de ses habitants. Si l'Iraq, par exemple, se repose sur la fortune que lui garantissent ses r&#233;serves de p&#233;trole et son potentiel &#233;conomique diversifi&#233; &#8211; m&#234;me si ce potentiel est d&#233;lib&#233;r&#233;ment mis hors service &#8211; le Liban, petit pays aux ressources limit&#233;es, ne se reposait que sur son syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout que le tourisme a &#233;t&#233; gel&#233; il y a maintenant plus de dix ans : Pour faire pression sur les autorit&#233;s libanaises et sur les citoyens, certains pays du Golfe ont interdit &#224; leurs ressortissants la visite du Liban. Ce tourisme &#233;tait, avec les services qui en d&#233;coulaient, une source cons&#233;quente de rentr&#233;e d'argent pour le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; centre-ville &#187; de Beyrouth, reconstruit par l'entreprise &#171; Solidaire &#187; &#224; l'initiative de Rafic Hariri, est devenu une zone d&#233;serte. Ses restaurants et h&#244;tels ont fait faillite, ainsi que ses clubs, ses centres commerciaux, les appartements fastueux de ses immeubles et gratte-ciels, et ses &#171; boutiques de luxe &#187; dont les na&#239;fs pensaient qu'elles rivalisaient avec celles de Paris ou de New York&#8230; Toutes ces choses n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;vues pour servir les habitants du pays mais pour subvenir aux d&#233;sirs de ces touristes riches qui consommaient sans compter, de fa&#231;on obsc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mode de vie s'est instaur&#233;, des valeurs se sont r&#233;pandues, m&#234;me chez ceux qui n'&#233;taient pas concern&#233;s par ce mode de vie, notamment parce que les nouveaux riches du pays sont, eux aussi, un produit de l'ext&#233;rieur. Ceux-l&#224; ont, pour la plupart, accumul&#233; leurs richesses en servant d'interm&#233;diaires et de courtiers dans le trafic de marchandises en tous genres (armes, sexe, drogues, etc&#8230;) aupr&#232;s de pays du Golfe et d'Afrique (qui travaillent de mise avec les pays occidentaux &#171; respectables &#187;), ou parce qu'ils se sont associ&#233;s dans le monopole de produits &#171; l&#233;gaux &#187; &#224; la mode, ou ont fait office de facilitateurs dans des transactions diverses en &#233;change de commissions. Tout cela passe par la porte du politique, et plus pr&#233;cis&#233;ment, de l'accaparement du pouvoir, puisque l'ancienne r&#232;gle reste en vigueur, aujourd'hui plus que jamais : dans nos pays, le pouvoir est la source des richesses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres choix n&#233;glig&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres mod&#232;les d'investissements et de production de revenus &#233;taient possibles au Liban, bien que moins rentables que cette d&#233;mesure, dans les domaines de la sant&#233; et de l'&#233;ducation, par exemple, o&#249; le Liban a d'anciennes traditions et un savoir-faire excellent, reconnu et appr&#233;ci&#233; dans l'ensemble de la r&#233;gion, et que les malheurs du pays n'ont pas d&#233;t&#233;rior&#233; au point de le rendre obsol&#232;te. Aucune des personnalit&#233;s du pouvoir ne s'est tourn&#233;e vers la promotion de cette alternative qui aurait demand&#233; une volont&#233;, un ciblage et une planification. Ils &#233;taient trop occup&#233;s &#224; tenter de restituer le mode qu'ils connaissaient et qui se d&#233;litait. Ce vide flagrant signe la platitude des &#233;lites existantes qui ne &#171; croient &#187; en aucune id&#233;e et manquent d'imagination et de volont&#233;. Ils ne sont pas Michel Chiha, ni m&#234;me Camille Chamoun, Saeb Salam, Rachid Karam&#233;, Riad Al Solh ou Adel Osseiran et bien d'autres&#8230; Les contemporains nous font regretter les noms de ceux que nous &#8211; les r&#233;volutionnaires des ann&#233;es soixante-dix, enfants des r&#233;volutionnaires des ann&#233;es quarante &#8211; combattions et dont nous voulions nous d&#233;barrasser parce qu'ils &#233;taient &#171; r&#233;actionnaires &#187;, &#171; arri&#233;r&#233;s &#187;, &#171; hautains &#187;, &#171; autoritaires &#187;, incarnant le syst&#232;me du &#171; f&#233;odalisme politique &#187; &#8230; et d'autres qualificatifs par lesquels nous les d&#233;signions alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;lite alternative manquante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me signe de la mis&#232;re actuelle est que l'&#233;lite &#171; alternative &#187; se trouve, elle aussi, sans projet, sans imagination politique et sans volont&#233;. Elle reste silencieuse ou se contente de moquer de fa&#231;on cynique et absurde toutes choses, lorsqu'elle n'essaye pas de s'accrocher aux &#171; seigneurs &#187; dans l'espoir d'obtenir un poste ou d'autres &#171; subventions &#187;. Elle est par ailleurs convoit&#233;e du fait de sa culture et de ses comp&#233;tences qui manquent &#224; ces seigneurs, puisque toute croyance dans un projet et des valeurs alternatives s'est &#233;vapor&#233;e par &#171; r&#233;alisme &#187;, dit-on, et apr&#232;s les d&#233;faites ? Est-ce vraiment la seule raison ? Ou peut-on soup&#231;onner la pr&#233;dominance d'un &#233;tat d'esprit arriviste que les valeurs ambiantes consid&#232;rent comme l&#233;gitime et m&#234;me comme preuve d'intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Liban prisonnier de son &#171; r&#244;le &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Liban, n&#233; en 1920 dans des circonstances plus proches d'un deal que d'un acte de constitution, a pass&#233; la moiti&#233; de son existence dans un &#233;quilibre relativement constant, bien que fragile du fait de la nature des &#233;l&#233;ments de ce deal. &#171; La nouvelle gauche &#187; libanaise avait &#233;labor&#233; des th&#233;ories et des analyses sur ce &#171; Liban &#187;. Elle en a d&#233;termin&#233; les sp&#233;cificit&#233;s et a constat&#233; que le pays &#233;tait fond&#233; sur un syst&#232;me dont les crises se renouvelaient &#224; r&#233;p&#233;tition, au rythme des changements dans l'&#233;quilibre des composantes internes et r&#233;gionales qui l'entourent ou le constituent. Elle a mis l'accent sur la &#171; fonction &#187; du Liban qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour occuper un r&#244;le pr&#233;cis, celui &#171; d'exutoire &#187; ou de refuge financier, politique, culturel, et terrain d'action des &#171; renseignements &#187; du monde entier dans une r&#233;gion boulevers&#233;e et explosive. C'est l&#224; le sens de sa &#171; neutralit&#233; &#187; d&#233;clar&#233;e et implicitement act&#233;e par tous, mais rest&#233;e ambigu&#235;, et qui ressemble &#224; un jeu d'&#233;quilibriste sur une corde raide. Cette nouvelle gauche a &#233;t&#233; pertinente dans ses analyses qui ont pris en compte plusieurs niveaux de r&#233;alit&#233;s, contrairement &#224; la gauche traditionnelle, repr&#233;sent&#233;e par le Parti Communiste, qui se contentait d'appliquer les analyses de la lutte des classes, produites en Europe, sur une structure et des dynamiques qui n'ont rien &#224; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des crises successives et constitutives du pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction, fragile, sur laquelle repose le Liban a connu dans le pass&#233; des moments de d&#233;s&#233;quilibre violents. En 1958, lorsque le Pr&#233;sident de la R&#233;publique d'alors, Camille Chamoun a voulu se rallier au &#171; Pacte de Bagdad &#187; am&#233;ricain, une r&#233;volution a &#233;clat&#233; contre lui. La situation bouillonnait d'&#233;v&#232;nements colossaux, tels que l'unit&#233; de l'Egypte et de la Syrie et la r&#233;volution iraquienne du 14 juillet 1958 qui a renvers&#233; le r&#232;gne royal et son homme fort, Nouri el Sa&#239;d, l'ami de longue date de C. Chamoun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1969, la r&#233;sistance Palestinienne est entr&#233;e au Liban apr&#232;s les massacres commis en Jordanie contre L'Organisation de lib&#233;ration de la Palestine. Cette entr&#233;e a &#233;t&#233; codifi&#233;e (du moins en th&#233;orie) par l'Accord du Caire. Dans l'ensemble du contexte Arabe, (m&#234;me apr&#232;s la disparition de Gamal Abdel Nasser, leader influent qui pouvait n&#233;gocier, m&#234;me dans l'animosit&#233;, avec les autres leaders arabes bien pr&#233;sents), existaient les conditions capables de contenir les tensions de la formule libanaise, avec son &#233;quilibre flottant, mais qui &#233;tait une formule utile &#224; tous&#8230; jusqu'&#224; ce que cet endiguement s'effondre et que le Liban vive 15 ann&#233;es d'une guerre civile brutale et destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ces ann&#233;es de guerre civile ont &#233;t&#233; accompagn&#233;es d'une grande abondance financi&#232;re. L'Organisation de Lib&#233;ration de la Palestine d&#233;pensait des sommes gigantesques dans le pays, et des aides arabes et internationales profuses y arrivaient sous des appellations diverses. Par ailleurs, le syst&#232;me financier et bancaire Libanais &#233;tait rest&#233; op&#233;rationnel et n'a &#233;t&#233; &#233;branl&#233; que lorsque la r&#233;sistance Palestinienne est sortie du Liban, avec son argent en 1982, apr&#232;s la guerre men&#233;e par Isra&#235;l, et qui a fini par occuper Beyrouth par l'arm&#233;e ennemie. Alors, le taux de conversion du dollar a augment&#233; de mille pour cent ! jusqu'en 1982, 3 Livres Libanaises valaient 1 dollar. Tr&#232;s vite, cette &#233;quivalence est mont&#233;e &#224; 3000 Livres Libanaises pour 1 dollar !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mythe de La &#171; paix globale &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, l'&#233;quation du Liban s'est &#233;branl&#233;e. Il est vrai qu'il y a eu &#171; l'Accord de Ta&#235;f &#187; qui a mis fin &#224; la guerre civile, et qu'il a &#233;t&#233; suppos&#233; l'av&#232;nement d'une &#171; paix &#187; globale qui, bien s&#251;r, n'a pas eu lieu, alors que le &#171; nouveau Liban &#187; de l'apr&#232;s Ta&#235;f avait &#233;t&#233; fabriqu&#233; sur cette hypoth&#232;se. De nouveaux &#233;l&#233;ments qui, tous, pointaient vers la situation actuelle sont entr&#233;s en sc&#232;ne : l'assassinat de Rafic Hariri et d'un certain nombre de personnalit&#233;s politiques et m&#233;diatiques, le retrait cons&#233;cutif des forces Syriennes qui, pendant 30 ans, ont ravag&#233; le pays avec la corruption, l'agression isra&#233;lienne importante de 2006 qui a eu lieu sous la couverture directe et publique des Etats-Unis et des pays du Golfe et qui a &#233;chou&#233;e dans sa mission principale, celle de d&#233;raciner le Hezbollah&#8230; Pour toutes ces raisons et apr&#232;s d'autres d&#233;veloppements majeurs survenus dans la r&#233;gion, le Hezbollah ne consid&#232;re plus le Liban que comme un terrain o&#249; doit se confirmer son influence pour servir une vision g&#233;ostrat&#233;gique r&#233;gionale qui guide ses batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Tous ces &#233;l&#233;ments r&#233;unis &#8211; et pas uniquement et seulement la strat&#233;gie hostile des EU, ni l'incapacit&#233; europ&#233;enne &#224; continuer &#224; prot&#233;ger et aider le Liban, ni la rancune des pays du Golfe &#8211; ont contribu&#233; &#224; la crise actuelle qui est destructrice et va changer le Liban que nous connaissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se passe alors que le Liban est st&#233;rile de toute initiative intellectuelle ou pratique qui chercherait un chemin vers la sortie. Dans cet &#233;tat comateux, aucune explication publique donn&#233;e par les diff&#233;rentes instances qui dirigent le pays n'a &#233;t&#233; offerte. Leur silence est assourdissant. Mais aussi aucun texte int&#233;ressant n'a &#233;t&#233; produit, qui expliquerait aux citoyens de fa&#231;on s&#233;rieuse ce qui leur arrive. Les seules propositions que nous voyons passer sont soit technocratiques et purement formelles, soit carr&#233;ment du bavardage ! Pendant ce temps, la classe politique est dans un &#233;tat de d&#233;cadence honteuse : &#171; Tous, c'est-&#224;-dire tous ! &#187; selon le slogan de la mobilisation populaire du 17 octobre 2019. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Se tourner vers L'Est&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le Hezbollah propose, &#224; travers les d&#233;clarations de son Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral, que &#171; nous nous dirigions vers l'Est &#187; en r&#233;ponse &#224; la guerre du dollar, aux sanctions et chantages Am&#233;ricains et pour pr&#233;venir la famine qui menace le pays&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, pour la majorit&#233; &#233;crasante des Libanais, cette proposition n'est pas attrayante puisqu'elle signifie un changement radical de leur mode de vie et la mainmise d'une puissance dont personne ne souhaite s'approcher, et dont son propre peuple voudrait se d&#233;barrasse : A &#171; l'Est &#187; ? Ni la Syrie, ni l'Iran ne sont des exemples prometteurs. Ni l'Iraq, dont les Etats-Unis et l'Iran se sont partag&#233;s le pillage jusqu'&#224; l'an&#233;antissement. Ni d'ailleurs la Chine, trop loin et qui agira via ses m&#233;diateurs r&#233;gionaux, ceux-l&#224; m&#234;me si d&#233;testables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est effrayant que les Libanais soient soumis au chantage de risquer de mourir de faim s'ils n'acceptent pas cette &#171; proposition &#187;. Il est &#233;galement honteux que le Hezbollah se vante de ses armes &#171; que personne ne peut toucher &#187; et qu'il se targue que ni lui ni son &#171; milieu &#187; ne soient concern&#233;s par la pr&#233;carisation d&#233;sastreuse des conditions de vie, puisque leurs dollars ne sont pas dans les banques &#8211; d'apr&#232;s la d&#233;claration de Sayyed Hassan Nassrallah &#8211; et que, du coup, tout va bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rappelle un exemple r&#233;cent, encore pr&#233;sent dans les m&#233;moires, lorsqu'en r&#233;ponse &#224; l'embargo, aux sanctions et aux chantages occidentaux sur l'Iraq (1991-2003), Saddam Hussein construisait des palais, des mosqu&#233;es grandioses, tenait des banquets somptueux, tandis que les Iraquiens mouraient de faim. Ainsi, le Hezbollah consid&#232;re qu'il peut se contenter de sauver sa propre peau et celle de son &#171; milieu &#187;, et que l'avis du reste de la population n'a aucune sorte d'importance puisqu'il est &#8211; lui, le seul &#8211; &#224; mener la seule bataille qui vaille la peine, celle &#171; strat&#233;gique &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nahla Chahal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par Fourate Chahal el Rekaby&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edito publi&#233; en Arabe dans Assafir al Arabi le 02-07-2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://assafirarabi.com/fr/32940/2020/08/22/lextinction-du-liban/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://assafirarabi.com/fr/32940/2020/08/22/lextinction-du-liban/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://alter.quebec/liban-comment-eviter-lextinction/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alter.quebec/liban-comment-eviter-lextinction/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
