<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_mot=1613&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1692368156</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La violence faite au FRAP en 1970 </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-violence-faite-au-FRAP-en-1970</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-violence-faite-au-FRAP-en-1970</guid>
		<dc:date>2020-10-13T11:07:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Crise d'octobre 1970</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La plupart des m&#233;dias soulignent, chacun &#224; leur fa&#231;on ce mois-ci, le 50e anniversaire de la crise d'Octobre. Mais j'estime qu'un aspect important a &#233;t&#233; pass&#233; sous silence jusqu'ici. C'est la pr&#233;sence, comme un des acteurs importants, du FRAP qui &#233;tait en campagne &#233;lectorale contre l'administration Drapeau &#224; ce moment-l&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt; par Paul Cliche, pr&#233;sident du FRAP et candidat dans Rosemont aux &#233;lections municipales de 1970 &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette formation progressiste constituait l'alternative d&#233;mocratique au (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Crise-d-octobre-1970-+" rel="tag"&gt;Crise d'octobre 1970&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton45074-17760.jpg?1674704801' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La plupart des m&#233;dias soulignent, chacun &#224; leur fa&#231;on ce mois-ci, le 50e anniversaire de la crise d'Octobre. Mais j'estime qu'un aspect important a &#233;t&#233; pass&#233; sous silence jusqu'ici. C'est la pr&#233;sence, comme un des acteurs importants, du FRAP qui &#233;tait en campagne &#233;lectorale contre l'administration Drapeau &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;par Paul Cliche, pr&#233;sident du FRAP et candidat dans Rosemont aux &#233;lections municipales de 1970&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formation progressiste constituait l'alternative d&#233;mocratique au terrorisme pratiqu&#233; par le FLQ. Mais la crise a bousill&#233; en quelques jours la d&#233;marche d&#233;mocratique, sur le point de porter fruit &#233;lectoralement, de milliers de citoyens qui militaient depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1960 dans les quartiers populaires de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front d'action politique des salari&#233;s de Montr&#233;al (FRAP) n'&#233;tait pas issu d'une g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e. Il a &#233;t&#233; l'&#233;manation des luttes que les comit&#233;s de citoyens et les associations populaires ont men&#233;es dans les quartiers de Montr&#233;al pendant une d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la mont&#233;e des probl&#232;mes sociaux &#224; Montr&#233;al, au d&#233;but des ann&#233;es 1960, des groupes de citoyens &#224; la base ont commenc&#233; &#224; se prendre en main dans les quartiers populaires en revendiquant pour l'am&#233;lioration de leur environnement. Au d&#233;but, ce sont des enjeux purement locaux et ponctuels qui &#233;taient en cause. Un groupe de voisins, les r&#233;sidants d'une m&#234;me rue ou d'un m&#234;me secteur s'unissaient pour obtenir, par exemple, des logements salubres (on estimait &#224; 100 000 le nombre de taudis existant &#224; Montr&#233;al) ; l'agrandissement d'un parc et de meilleurs services de loisirs, etc &#192; partir de 1965 des comit&#233;s de citoyens ont vu le jour &#224; l'&#233;chelle de quartiers complets. Ce mouvement a pris naissance dans le Sud-Ouest (Saint-Henri et la Petite Bourgogne), dans le Centre sud, dans Hochelaga-Maisonneuve, sur le Plateau, dans le Mile End pour se propager par la suite dans Rosemont, Saint-Michel, Villeray et m&#234;me Ahuntsic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis ces comit&#233;s, d&#233;bordant de la fronti&#232;re de leur quartier respectif, se sont rassembl&#233;s &#224; l'&#233;chelle de la ville pour exercer des pressions sur l'administration municipale o&#249; l'autocrate et m&#233;galomane maire Drapeau r&#233;gnait sans opposition &#224; l'H&#244;tel de ville. Mais cette opposition, venue de la rue et qu'il ne pouvait contr&#244;ler, a eu le don d'irriter au plus haut point le potentat municipal qui, dans un premier temps, a refus&#233; net de les entendre. Puis, comme cette tactique s'est av&#233;r&#233;e insuffisante pour faire taire les contestataires, il s'est mis &#224; les combattre en utilisant le harc&#232;lement et m&#234;me la force par des perquisitions ill&#233;gales de la police dans les locaux de plusieurs comit&#233;s de quartier, des arrestations muscl&#233;es et abusives lors de manifestations, la filature de certains leaders, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;nible exp&#233;rience a fait r&#233;aliser peu &#224; peu aux militants qu'il n'y avait pas d'autre avenue que l'action politique proprement dite. Ils ont alors cr&#233;&#233; le Rassemblement pour l'action politique (RAP). Durant la m&#234;me p&#233;riode, les syndicats voulaient eux aussi d&#233;boucher sur l'action politique. Ainsi, dans l'esprit du rapport Le deuxi&#232;me front du pr&#233;sident de la CSN Marcel Pepin, une vingtaine de colloques r&#233;gionaux intersyndicaux (CSN, FTQ, CEQ) auxquels plus de 3 000 militantes ont particip&#233;, se sont d&#233;roul&#233;s, &#224; l'automne 1969 et &#224; l'hiver 1970, pour &#233;baucher la plateforme d'&#233;ventuels partis municipaux de salari&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dernier colloque r&#233;gional, qui a eu lieu &#224; Montr&#233;al en mars 1970, a r&#233;uni quelque 400 militantes dont plusieurs repr&#233;sentants des comit&#233;s de citoyens et d'associations populaires qui y &#233;taient invit&#233;s. Ce colloque a &#233;t&#233; d&#233;cisif. Apr&#232;s quelques semaines de discussions, des repr&#233;sentants des comit&#233;s de citoyens et des militants syndicaux ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er le Front d'action politique (FRAP) qui a vu le jour le 12 mai 1970. Conseiller au Secr&#233;tariat d'action politique de la CSN et secr&#233;taire de l'organisation des colloques r&#233;gionaux, je fus alors choisi comme pr&#233;sident alors que le coordonnateur du Comit&#233; de citoyens de Saint-Henri a occup&#233; le poste de vice-pr&#233;sident. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;marche d&#233;mocratique de milliers de citoyens sur le point de porter fruit annihil&#233;e par la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FRAP a d&#233;cid&#233; de se pr&#233;senter aux &#233;lections municipales d'octobre 1970 pour s'opposer aux politiques de grandeur du maire Drapeau et proposer des alternatives r&#233;pondant aux besoins de la population, notamment dans les domaines du logement, du transport en commun, des loisirs et de la culture. Son objectif n'&#233;tait pas de prendre le pouvoir mais de former une opposition s&#233;rieuse &#224; l'administration Drapeau. Il n'a donc pas pr&#233;sent&#233; de candidat &#224; la mairie et a brigu&#233; les postes de conseillers seulement dans les districts o&#249; le parti &#233;tait implant&#233;, soit les deux tiers d'entre eux. La nouvelle formation a &#233;t&#233; accueillie de fa&#231;on positive par les m&#233;dias qui lui ont accord&#233; beaucoup de visibilit&#233;. On ressentait vivement le besoin d'une opposition. L'opinion publique a aussi suivi. En septembre, quelques jours avant l'enl&#232;vement du diplomate Cross par le FLQ, un sondage publi&#233; dans le quotidien Montreal Star a accord&#233; 35 % des intentions de votes au FRAP [1].&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais on conna&#238;t la suite. La tourmente de la Crise d'octobre, survenue en pleine campagne &#233;lectorale, a bousill&#233; nos espoirs. Drapeau s'est empress&#233; d'assimiler le FRAP au FLQ. Le ministre lib&#233;ral Jean Marchand (ancien pr&#233;sident de la CSN) l'a m&#234;me d&#233;crit comme le &#171; front &#187; du FLQ. Il ne s'est pas pass&#233; une journ&#233;e sans que nous ne soyons victimes de ce genre d'attaques. Deux de nos candidats, le Dr Henri Bellemare et l'imprimeur Jean Roy, ont m&#234;me &#233;t&#233; emprisonn&#233;s en vertu de la Loi sur les mesures de guerre. Ils ont &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;s sans accusation &#224; la veille du scrutin. Pourtant, la ligne du FRAP &#233;tait sans &#233;quivoque d&#232;s le d&#233;but de la crise. Il appuyait les revendications du FLQ, mais non les moyens que ce dernier utilisait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Drapeau a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu sans aucune opposition. Le FRAP a tout de m&#234;me recueilli 18 % du vote en moyenne dans les districts o&#249; il a pr&#233;sent&#233; des candidats avec une pointe de 35 % dans Saint-Jacques sur le Plateau. Pas si mal tout de m&#234;me apr&#232;s la mort de Pierre Laporte dont nos adversaires nous avaient attribu&#233; la responsabilit&#233;. Avec un scrutin proportionnel, le FRAP aurait pu faire &#233;lire au moins une bonne demie douzaine de conseillers qui auraient pu tenir Drapeau sur les dents et mettre fin &#224; son r&#232;gne sans partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Ce r&#233;sultat &#233;quivalait &#224; celui obtenu par le Rassemblement des citoyens de Montr&#233;al (RCM) aux &#233;lections suivantes en 1974 ; ce qui avait permis &#224; ce dernier de faire &#233;lire 18 conseillers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;v&#233;nements d'Octobre 1970, d'hier &#224; aujourd'hui </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-evenements-d-Octobre-1970-d-hier-a-aujourd-hui</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-evenements-d-Octobre-1970-d-hier-a-aujourd-hui</guid>
		<dc:date>2020-10-06T11:25:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Bonhomme</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-06</dc:subject>
		<dc:subject>Crise d'octobre 1970</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation pour le webinaire de Socialist Action Canada du premier octobre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt; 1. En 1970, la question nationale et la question sociale &#233;taient fusionn&#233;es (surtout &#224; Montr&#233;al). Les grands &#171; boss &#187; &#233;taient anglais. L'exploit&#233; &#233;tait opprim&#233; et vice-versa. Langues d'affichage, de travail et raison sociale &#233;taient l'anglais. &lt;br class='autobr' /&gt;
2. La &#171; r&#233;volution tranquille &#187; prol&#233;tarienne (1966-76), dont le z&#233;nith fut la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1972 avec ses brefs moments pr&#233;-r&#233;volutionnaires et qui a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Question-nationale-" rel="directory"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-06&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Crise-d-octobre-1970-+" rel="tag"&gt;Crise d'octobre 1970&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton45004-dcdde.jpg?1674684501' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sentation pour le webinaire de Socialist Action Canada du premier octobre 2020&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. En 1970, la question nationale et la question sociale &#233;taient fusionn&#233;es (surtout &#224; Montr&#233;al). Les grands &#171; boss &#187; &#233;taient anglais. L'exploit&#233; &#233;tait opprim&#233; et vice-versa. Langues d'affichage, de travail et raison sociale &#233;taient l'anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La &#171; r&#233;volution tranquille &#187; prol&#233;tarienne (1966-76), dont le z&#233;nith fut la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1972 avec ses brefs moments pr&#233;-r&#233;volutionnaires et qui a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e par la &#171; r&#233;volution tranquille &#187; petite bourgeoise (1960-1966), a &#233;t&#233; vaincue par l'h&#233;g&#233;monie du petit-bourgeois PQ dont le projet de soci&#233;t&#233; &#233;tait l'&#233;dification de Qu&#233;bec Inc. ce qui a momentan&#233;ment &#224; demi r&#233;ussi... avec le concours d'Ottawa soutenant par exemple Bombardier et SNC-Lavallin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les &#233;v&#233;nements d'Octobre 1970 expriment l'&#233;chec appr&#233;hend&#233; du projet prol&#233;tarien, mais inarticul&#233;, de lib&#233;ration nationale conjugu&#233;e &#224; l'&#233;mancipation sociale. Le succ&#232;s &#233;lectoral relatif du RIN ind&#233;pendantiste de gauche de 1966 (6% des voix) c&#232;de la place au PQ avec son orientation souverainet&#233;-association de droite. Le PQ a d'abord absorb&#233; la droite ind&#233;pendantiste RN puis, contre la volont&#233; de sa gauche, le RIN, ce qui lui a permis de recueillir 23% des voix lors de l'&#233;lection du printemps 1970. La r&#233;pression anti-manifestation du maire de Montr&#233;al a fait le reste cr&#233;ant l'illusion d'un Qu&#233;bec &#171; Cuba du Nord &#187; dans la lign&#233;e des luttes arm&#233;es de lib&#233;ration nationale de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Cette analyse tr&#232;s impressionniste, pr&#233;sente dans le livre f&#233;tiche de l'&#233;poque, &lt;i&gt;&#171; N&#232;gres blancs d'Am&#233;rique &#187;&lt;/i&gt; de Pierre Valli&#232;res, ne fait pas la diff&#233;rence entre les Afro-am&#233;ricains ayant subi l'esclavage et le syst&#232;me Jim Crow et le peuple blanc qu&#233;b&#233;cois qui est pris entre le marteau de l'oppression f&#233;d&#233;raliste suite &#224; la conqu&#234;te de 1760 et la d&#233;faite de la r&#233;volution nationale-d&#233;mocratique de 1837-38 et l'enclume de sa propre participation &#224; l'oppression autochtone et &#224; l'imp&#233;rialisme canadien comme partenaire junior.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. La consolidation du march&#233; mondial de l'&#232;re n&#233;olib&#233;rale a r&#233;duit les pr&#233;tentions de Qu&#233;bec Inc. encore plus que de Canada Inc. Par exemple, dans le secteur alimentaire, Provigo et IGA ont &#233;t&#233; rachet&#233;s par les canadiennes Loblaws et Sobey, dans la quincaillerie RONA par l'&#233;tasunienne Lowe's, dans l'informatique s'est &#233;tabli la dominance de la fran&#231;aise Ubisoft pour les jeux vid&#233;os et des &#233;tasuniennes Microsoft et Google pour l'intelligence artificielle, dans le divertissement le Cirque du soleil vient d'&#234;tre rachet&#233; par ses cr&#233;anciers anglo-canadiens et &#233;tasuniens. Ajoutons la d&#233;bandade de Bombardier au profit de Airbus et Alstom et de SNC-Lavallin engouffr&#233; par des scandales financiers. Reste la finance (Desjardins, Banque nationale) et les ressources naturelles (Hydro-Qu&#233;bec).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Canada Inc. a perdu Nortel et Blackberry conservant les cinq grandes banques et l'industrie p&#233;troli&#232;re, de plus en plus d&#233;laiss&#233;e par les investisseurs &#233;trangers, tout en privatisant P&#233;tro-Canada.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. La chute de Qu&#233;bec Inc. a entra&#238;n&#233; dans son sillage celle du PQ qui tente en vain de se maintenir par un retour au nationalisme identitaire de la Grande noirceur de l'&#232;re Duplessis (1936-1960 except&#233; durant la Seconde guerre mondiale) tout en pr&#233;tendant &#234;tre rest&#233; ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Mais ce n'est pas le &lt;i&gt;&#171; Back to the future &#187;&lt;/i&gt;. Le peuple qu&#233;b&#233;cois n'est plus le scieur de bois et le porteur d'eau de jadis se perp&#233;tuant par la revanche des berceaux. Il est devenu un peuple &#171; moderne &#187; connaissant toutes les contradictions d'une soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale y compris un tr&#232;s bas taux de naissance qui pose la question de la n&#233;cessit&#233; de l'immigration, int&#233;gr&#233;e majoritairement en fran&#231;ais, pour sa survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. A &#233;merg&#233; une centre-urbaine couche instruite, cosmopolite et progressiste mais plut&#244;t &#224; revenus modestes &#8212; est-ce un nouveau prol&#233;tariat ou une nouvelle classe moyenne, un d&#233;bat &#224; faire ? &#8212; qui a trouv&#233; son parti en Qu&#233;bec solidaire (QS) m&#234;me si le transfert du PQ vers QS n'est pas achev&#233;, ce qui explique le relatif succ&#232;s &#233;lectoral du vote concentr&#233; de QS (10 d&#233;put&#233;-e-s pour 16% du vote) par rapport au PQ de 1970 (7 d&#233;put&#233;-e-s pour 23% du vote) mais plus lent &#224; &#233;merger &#233;lectoralement... et sans garantie future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. La partie plus traditionnelle du PQ, provenant des banlieues et des r&#233;gions, se transf&#232;re vers la CAQ. La partie la plus &#226;g&#233;e et la moins expos&#233;e au pluralisme ethnique et social du peuple qu&#233;b&#233;cois lui pr&#233;f&#232;re majoritairement la f&#233;d&#233;raliste CAQ, authentique h&#233;ritier de l'Union nationale de Duplessis &#224; id&#233;ologie identitaire &#171; canadienne-fran&#231;aise &#187; en nette contradiction avec un Qu&#233;bec devenant multiethnique, sp&#233;cialement dans le Grand Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Comme il y a quelque temps avant le mouvement &#171; #me too &#187;, beaucoup de jeunes femmes ne ressentaient plus le besoin du f&#233;minisme, une partie de la jeunesse urbaine francophone, m&#234;me progressiste, influenc&#233;e par le n&#233;olib&#233;ralisme ne ressent plus le besoin de d&#233;fendre le fran&#231;ais. On est loin du mouvement McGill fran&#231;ais ou de St-L&#233;onard qui avait conduit aux &#233;v&#233;nements d'Octobre 1970. En d&#233;coule que cette jeunesse n'est plus pr&#234;te &#224; se mobiliser directement pour l'ind&#233;pendance malgr&#233; que la non-reconnaissance constitutionnelle de la nation qu&#233;b&#233;coise reste totale, tout comme le Quebec bashing conna&#238;t de beaux jours au Canada anglais et que le fran&#231;ais conna&#238;t, lui, des jours difficiles particuli&#232;rement dans le Grand Montr&#233;al o&#249; vit 50% de la population du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. La jeunesse, angoiss&#233;e par son avenir, se pr&#233;occupe avant tout d'&#233;cologie, en particulier des crises climatique et de la biodiversit&#233; et maintenant de la crise pand&#233;mique combin&#233;e &#224; celle &#233;conomique. Sa partie progressiste veut construire l'unit&#233; pluraliste des peuples contre le tr&#232;s concentr&#233; et mondialis&#233; capitalisme financier (le 1%) d'o&#249; sa pr&#233;occupation d&#233;mocratique surtout vis-&#224;-vis les personnes racis&#233;es et les nations autochtones et celle redistributive anti-in&#233;galit&#233; et anti-pauvret&#233;. En d&#233;coule une m&#233;fiance envers le nationalisme, devenant de plus en plus ethnique, qui avec le PQ et la CAQ dominent largement l'&#233;vanescent mouvement national dont sa composante ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Qu&#233;bec solidaire (QS) devrait &#234;tre le contrepoids de cette tendance lourde qui n'est pas que qu&#233;b&#233;coise mais mondiale tant sous sa forme chauvine de grande nation que de nationalisme &#233;troit en r&#233;action au globalisme n&#233;olib&#233;ral mais qui se r&#233;percute sur l'internationalisme induit par la lutte &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. QS s'affiche clairement comme &#233;cologiste et ind&#233;pendantiste mais les deux aspects sont d&#233;sarticul&#233;s. Son &#233;cologisme est nettement r&#233;formiste d'o&#249; d&#233;coulent des politiques molles tout-&#233;lectricit&#233;, pro entreprises et s'accommodant du march&#233;, lesquelles politiques ne requi&#232;rent aucun bris strat&#233;gique avec l'axe Toronto-Calgary mais est r&#233;alisable dans le cadre du provincialisme. Son ind&#233;pendantisme, inspir&#233; du collectif Option nationale venant de l'aile ultra nationaliste du PQ, rel&#232;ve du nationalisme d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant plus comp&#233;titif sur le march&#233; mondial gr&#226;ce &#224; ses ressources naturelles facilitant le capitalisme vert (hydro-&#233;lectricit&#233;, fili&#232;re du lithium, fabrication de batteries, v&#233;hicules hydro&#233;lectriques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Cette faiblesse programmatique de l'absence d'une politique climatique garante des cibles GIEC enrichie de la critique de Greta Thunberg, laquelle faiblesse se r&#233;percute sur le fonctionnement d&#233;mocratique du parti et sur la grande priorit&#233; accord&#233;e au travail parlementaire, cr&#233;e un vide &#224; gauche. Ce vide se manifeste par la mont&#233;e de l'extr&#234;me-droite dans la rue surfant sur les contradictions de la politique pand&#233;mique de la CAQ forc&#233;e &#224; plus de r&#233;pression suite &#224; l'&#233;chec de sa politique de r&#233;ouverture acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Au dernier conseil national de QS (12 septembre), surfant sur le m&#233;contentement des personnes d&#233;l&#233;gu&#233;es face &#224; la politique anti-pand&#233;mie du parti &#224; la remorque de la CAQ dont la gestion fut catastrophique et le demeure (deuxi&#232;me vague qui para&#238;t fulgurante), la gauche du parti, par l'interm&#233;diaire de sa commission politique, a r&#233;ussi &#224; effectuer une br&#232;che vers une soci&#233;t&#233; alternative de prendre soin (care) en proposant &#171; l'embauche de 250 000 personnes dans le secteur public et par la nationalisation les secteurs de transport collectif, des secteurs priv&#233;s de sant&#233; et d'&#233;ducation &#187; &#224; la suggestion de l'IRIS, le think-tank de la gauche qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Mais le rapport de forces demeure &#224; ce point favorable &#224; la direction du parti, qu'elle ignore compl&#232;tement cette r&#233;solution allant m&#234;me jusqu'&#224; ne pas participer &#224; la version montr&#233;alaise de la manifestation mondiale pour la justice climatique du 25 septembre dont les revendications lui paraissaient trop radicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Pour employer une expression de Paul Rose, au centre des &#233;v&#233;nements d'Octobre 1970, lib&#233;ration nationale et &#233;mancipation sociale, &#224; requalifier aujourd'hui comme &#233;mancipation socio-&#233;cologique, spontan&#233;ment joints il y a 50 ans, doivent l'&#234;tre politiquement aujourd'hui. Faute d'y arriver, la lutte nationale du peuple qu&#233;b&#233;cois sera r&#233;cup&#233;r&#233;e par la droite dont le drapeau des Patriotes par l'extr&#234;me droite comme on le constate depuis quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. La mobilisation des nationalit&#233;s racis&#233;es et des peuples autochtones fournit l'occasion de construire une alliance des peuples opprim&#233;s du Canada laquelle combin&#233;e avec le prol&#233;tariat, particuli&#232;rement celui jeune port&#233; &#224; la radicalit&#233; &#233;cologique et d&#233;mocratique, a le potentiel de renverser la bourgeoisie canadienne en se servant du levier de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et de l'autod&#233;termination autochtone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 2 octobre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.marcbonhomme.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.marcbonhomme.com&lt;/a&gt; ; bonmarc@videotron.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
