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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Eloge du pessimisme culturel</title>
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		<dc:creator>Michael L&#246;wy</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le pessimisme culturel a mauvaise presse. Le terme appara&#238;t vers la fin du 19&#232;me si&#232;cle pour d&#233;signer une attitude, un &#233;tat d'esprit, une Stimmung de d&#233;fiance. Ce pessimisme de gauche &#233;tait-il exag&#233;r&#233; ? &#201;tait-il paralysant, en inspirant la peur ? Ce pessimisme culturel de gauche est-il d'actualit&#233; aujourd'hui ? Pr&#233;face du livre &#171; Kafka, Welles, Benjamin. &#201;loge du pessimisme culturel &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pessimisme culturel ( Kulturpessimismus) a mauvaise presse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH141/arton45192-1ae24.png?1782056009' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='141' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le pessimisme culturel a mauvaise presse. Le terme appara&#238;t vers la fin du 19&#232;me si&#232;cle pour d&#233;signer une attitude, un &#233;tat d'esprit, une Stimmung de d&#233;fiance. Ce pessimisme de gauche &#233;tait-il exag&#233;r&#233; ? &#201;tait-il paralysant, en inspirant la peur ? Ce pessimisme culturel de gauche est-il d'actualit&#233; aujourd'hui ? Pr&#233;face du livre &#171; Kafka, Welles, Benjamin. &#201;loge du pessimisme culturel &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/michael-lowy/blog/171020/eloge-du-pessimisme-culturel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pessimisme culturel ( Kulturpessimismus) a mauvaise presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme appara&#238;t vers la fin du 19&#232;me si&#232;cle pour d&#233;signer une attitude, un &#233;tat d'esprit, une Stimmung de d&#233;fiance par rapport &#224; la modernit&#233;, et de critique envers le capitalisme, le lib&#233;ralisme et l'industrialisme, partag&#233;e par tout un courant de la culture allemande des ann&#233;es 1890-1933.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on le r&#233;duire &#224; des manifestations nationalistes, racistes et anti-s&#233;mites pr&#233;parant l'av&#232;nement du Troisi&#232;me Reich ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la th&#232;se soutenue, avec une grande &#233;rudition, par Fritz Stern en son ouvrage &#171; classique &#187;, Le pessimisme culturel comme danger politique (1961) &#8211; c'est le titre de l'&#233;dition allemande - qui &#233;tudie les &#233;crits de trois &#233;minents repr&#233;sentants de la &#171; r&#233;volution conservatrice &#187; allemande : Paul de Lagarde, Julius Langbehn et Moeller van der Bruck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois auteurs sont certainement des nationalistes r&#233;actionnaires &#8211; et, en ce qui concerne les deux premiers, anti-s&#233;mites notoires - et leurs travaux ont sans doute, parmi d'autres, nourri l'id&#233;ologie national-socialiste. [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sont-ils repr&#233;sentatifs de tout le courant pessimiste culturel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le Kulturpessimismus, dont Friedrich Nietzsche est une des principales r&#233;f&#233;rences philosophiques, est un style de pens&#233;e beaucoup plus ample, couvrant un large spectre politique et intellectuel de la Mitteleuropa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des sensibilit&#233;s les plus importantes est le pessimisme culturel r&#233;sign&#233; : il inclue des &#233;crivains comme Thomas Mann, des sociologues comme Ferdinand T&#246;nnies et Max Weber, ou des philosophes comme Oswald Spengler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait d'autant plus faux de l'identifier avec l'antis&#233;mitisme, qu'il existe, dans la culture germanique de cette &#233;poque, un pessimisme culturel juif , repr&#233;sent&#233;, entre autres, par des &#233;crivains comme Stefan Zweig et Joseph Roth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il comporte un p&#244;le conservateur ou r&#233;actionnaire, il n'existe pas moins en Europe centrale un pessimisme culturel de gauche - souvent repr&#233;sent&#233;, il est vrai, par des penseurs juifs. Il suffit de mentionner Franz Kafka, Walter Benjamin, ou l'Ecole de Frankfort. On peut aussi trouver des &#233;quivalents dans d'autres cultures ou continents : Orson Welles pourrait &#234;tre un exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ici d'un pessimisme r&#233;volutionnaire qui n'a rien &#224; voir avec la r&#233;signation fataliste, et encore moins avec la variante r&#233;actionnaire et pr&#233;-fasciste du pessimisme culturel, parce qu'il est ins&#233;parable d'id&#233;es libertaires. Sa pr&#233;occupation n'est pas le &#034;d&#233;clin&#034; des &#233;lites, ou de la nation, mais les menaces que fait peser sur l'humanit&#233; le progr&#232;s technique et &#233;conomique promu par le capitalisme, ou la domination impersonnelle et meurtri&#232;re des appareils bureaucratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franz Kafka, Orson Welles et Walter Benjamin repr&#233;sentent trois variantes tr&#232;s diff&#233;rentes de ce pessimisme culturel de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Der Prozess, le pessimiste Kafka, qui avait des sympathies anarchistes, met en &#233;vidence le pouvoir mortif&#232;re des &#171; appareils &#187; et l'incapacit&#233; des individus &#224; r&#233;sister, victimes de leur soumission volontaire. La conclusion du roman n'est pas moins, implicitement, un appel &#224; la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film d'Orson Welles partage ce diagnostic, m&#234;me s'il le formule dans un autre langage, et la conclusion qui semble sugg&#233;rer une guerre atomique, est loin d'&#234;tre optimiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Walter Benjamin qui avait lu avec un attention infinie les &#233;crits de Kafka, avait &#233;t&#233; frapp&#233; par &#171; l'absence d'espoir &#187; des accus&#233;s du Proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa variante du pessimisme culturel, comme nous verrons, se r&#233;clame &#224; la fois du communisme et de l'anarchisme, et se propose, dans une perspective r&#233;volutionnaire, d' &#171; organiser le pessimisme &#187;, pr&#233;cis&#233;ment pour &#233;viter l'av&#232;nement du pessimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pessimisme de gauche &#233;tait-il exag&#233;r&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tait-il paralysant,en inspirant la peur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne Kafka et Benjamin, il faut les consid&#233;rer plut&#244;t comme des &#171; avertisseurs d'incendie &#187;, qui ont eu l'intuition, parfois avec une lucidit&#233; impressionnante, des catastrophes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, ils n'ont pas pu pr&#233;voir Auschwitz ou Hiroshima : pour cela, ils n'&#233;taient pas suffisamment pessimistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pessimisme culturel de gauche est-il d'actualit&#233; aujourd'hui, &#224; la lumi&#232;re de la catastrophe &#233;cologique qui approche &#224; grand pas, ou de la mont&#233;e spectaculaire de gouvernements d'extr&#234;me droite, ou fascisants dans la plan&#232;te ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne faut-il pas,malgr&#233; tout,compenser le pessimisme de la raison par l'optimisme de la volont&#233;,comme proposait Antonio Gramsci (citant Romain Rolland) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux lecteurs de tirer leurs conclusions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michael L&#246;wy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Fritz Stern, Kulturpessimismus als politische Gefahr, Eine Analyse nationaler Ideologie in Deutschland, Munnich, DTV, 1986.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pand&#233;mie - Convergence des crises, domin&#233;e par la pand&#233;mie covid-19</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/PANDEMIE-Convergence-des-crises-dominee-par-la-pandemie-covid-19</link>
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		<dc:date>2020-10-27T09:33:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale</dc:creator>


		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2020 a jusqu'&#224; pr&#233;sent vu la convergence de crises majeures, la plus marquante &#233;tant la pand&#233;mie de Covid-19 qui, apr&#232;s avoir sembl&#233; atteindre un pic au deuxi&#232;me trimestre, atteint &#224; nouveau des niveaux d'infection sans pr&#233;c&#233;dent. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Inprecor. Derni&#232;res nouvelles, octobre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;claration du Bureau ex&#233;cutif de la Quatri&#232;me &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cela s'ajoutent les effets extr&#234;mes de la crise climatique &#8211; incendies de for&#234;t en Californie et au Br&#233;sil, inondations g&#233;n&#233;ralis&#233;es en Asie ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton45257-28886.png?1782056009' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2020 a jusqu'&#224; pr&#233;sent vu la convergence de crises majeures, la plus marquante &#233;tant la pand&#233;mie de Covid-19 qui, apr&#232;s avoir sembl&#233; atteindre un pic au deuxi&#232;me trimestre, atteint &#224; nouveau des niveaux d'infection sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Inprecor. Derni&#232;res nouvelles, octobre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration du Bureau ex&#233;cutif de la Quatri&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoutent les effets extr&#234;mes de la crise climatique &#8211; incendies de for&#234;t en Californie et au Br&#233;sil, inondations g&#233;n&#233;ralis&#233;es en Asie ; l'offensive n&#233;olib&#233;rale renforc&#233;e alors que les gouvernements capitalistes tentent de r&#233;cup&#233;rer les pertes de la p&#233;riode de confinement ; la r&#233;&#233;mergence de conflits localis&#233;s comme en M&#233;diterran&#233;e orientale dans un contexte de lutte continue pour l'h&#233;g&#233;monie g&#233;opolitique. Dans le m&#234;me temps, l'incertitude quant &#224; l'issue de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine est un facteur de la situation internationale. Il est trop t&#244;t pour dire &#224; quoi ressemblera le monde &#224; la fin de l'ann&#233;e 2020 et dans quelle mesure il aura profond&#233;ment chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets combin&#233;s de ces crises continuent de r&#233;v&#233;ler la mani&#232;re dont les travailleurs pauvres et, parmi eux, en particulier les femmes, les Noirs et les minorit&#233;s ethniques, les populations rurales, souffrent de toutes ces crises. Les pertes de vies humaines, d'emplois et de moyens de subsistance, d'&#233;ducation, de foyers se combinent pour cr&#233;er une couche de plus en plus appauvrie et d&#233;poss&#233;d&#233;e dans le monde entier. Des luttes et des mouvements se sont d&#233;velopp&#233;s pour contester les gouvernements autoritaires peu soucieux de la sant&#233; de leurs populations, pour contester les conditions dangereuses des politiques de &#171; retour au travail &#187; dont le but est de faire profiter l'&#233;conomie capitaliste, pour souligner la place particuli&#232;re des femmes et des minorit&#233;s ethniques parmi les travailleurs essentiels. Celles-ci ont &#233;clat&#233; de mani&#232;re dramatique avec le mouvement Black Lives Matter aux &#201;tats-Unis, qui conteste &#224; la fois le racisme et la violence polici&#232;re, qui s'est rapidement r&#233;pandu dans le monde entier non seulement en tant que mouvement de solidarit&#233; mais aussi pour contester les manifestations locales de racisme et de violence polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pand&#233;mie qui se prolonge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but juin, 5 mois apr&#232;s le d&#233;clenchement de l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19, celle-ci avait d&#233;j&#224; provoqu&#233; plus de 400.000 d&#233;c&#232;s dans le monde, avec plus de 6,8 millions de cas officiellement enregistr&#233;s dans 216 pays &#8211; et plus de 3 milliards de personnes avaient &#233;t&#233; bloqu&#233;es chez elles autour du mois d'avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la pand&#233;mie commen&#231;ait &#224; reculer en Europe, apr&#232;s avoir recul&#233; en Chine et en Extr&#234;me-Orient au d&#233;but du printemps &#8211; mais flambait particuli&#232;rement en Am&#233;rique du Nord et du Sud &#8211; on se posait la question de savoir dans quelle mesure il y aurait une deuxi&#232;me vague galopante de contaminations, &#224; l'inverse si le virus allait muter dans une forme plus b&#233;nigne &#8211; les incertitudes restaient marquantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-octobre 2020, le nombre total de d&#233;c&#232;s dans le monde atteignait 1,2 million et les cas confirm&#233;s plus de 40 millions. Les &#201;tats-Unis, l'Inde et le Br&#233;sil continuent de figurer en t&#234;te des listes de d&#233;c&#232;s et d'infections, mais le taux d'infection augmente partout, en particulier en Europe o&#249; le Royaume-Uni a enregistr&#233; plus de 43.000 d&#233;c&#232;s et la France ainsi que l'&#201;tat espagnol chacun plus de 33.000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nombre de ces pays, les nombres de personnes contamin&#233;es, malades ou d&#233;c&#233;d&#233;es sont notoirement sous-&#233;valu&#233;s, d'abord du fait de la volont&#233; politique de certains dirigeants de nier de la gravit&#233; de la situation, et aussi par manque de moyens pour tester, hospitaliser, centraliser les d&#233;comptes de cas de Covid-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;s &#224; un d&#233;sastre sanitaire du n&#233;olib&#233;ralisme mondialis&#233;, de nombreux gouvernements, sous la pression des corps m&#233;dicaux et de leurs opinions publiques, ont voulu reprendre la main en d&#233;cr&#233;tant des mesures fortes. Il en est r&#233;sult&#233; une nette accalmie de l'&#233;pid&#233;mie &#8211; au d&#233;but du printemps pour la Chine et l'Extr&#234;me-Orient, &#224; la fin du printemps en Europe et en Nouvelle Angleterre &#8211; qui a amen&#233; &#224; des d&#233;confinements plus ou moins importants, avec maintien de mesures barri&#232;res, dans des soci&#233;t&#233;s traumatis&#233;es par la violence de la maladie et des mesures &#233;tatiques prises. Dans la plupart des pays d'Am&#233;rique du Nord et du Sud, en Inde et dans d'autres pays d'Asie et d'Afrique, la pand&#233;mie a continu&#233; &#224; se d&#233;velopper lentement, avec des mesures de protection tr&#232;s in&#233;gales. Certains pays comme l'Argentine ou les Philippines ont connu un confinement ininterrompu depuis le mois de mars !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'arriv&#233;e de l'automne dans l'h&#233;misph&#232;re nord, une deuxi&#232;me vague majeure de contaminations se pr&#233;cise en Europe et au Moyen-Orient avec de nouvelles restrictions, des quarantaines accentu&#233;es pour les voyageurs, jusqu'&#224; des mesures particuli&#232;rement r&#233;pressives de reconfinement et couvre-feu &#8211; souvent diff&#233;renci&#233;es sur le plan r&#233;gional &#8211; dans un certain nombre de pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise &#233;conomique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences du grippage de l'&#233;conomie provoqu&#233; directement et indirectement par les mesures de confinement des populations, avec une r&#233;mun&#233;ration financi&#232;re nulle ou totalement insuffisante et en arri&#232;re-plan une crise financi&#232;re qui couvait d&#233;j&#224; depuis longtemps, commencent &#224; &#234;tre mieux cern&#233;es : chute du PIB (produit int&#233;rieur brut) de 10 % en moyenne dans les pays de l'OCDE (Europe, Am&#233;rique du Nord, Japon, Cor&#233;e du Sud, Australie&#8230;) au deuxi&#232;me trimestre 2020 (&#224; titre de comparaison, c'&#233;tait &#8211;2,3 % en 2009 lors de la pr&#233;c&#233;dente crise financi&#232;re) ; chute de 25 % en Inde, 20 % en Grande Bretagne, 17 % au Mexique, 14 % en France, 9,5 % aux USA, 7,8 % au Japon. Le repli de la production &#233;tait d&#233;j&#224; de 2 &#224; 3 % au premier trimestre. Les dirigeants chinois proclament que la reprise a cependant d&#233;j&#224; eu lieu en Chine au deuxi&#232;me trimestre : +3,2 % (contre &#8211;7 % au premier trimestre). Quoi qu'il en soit, les projections actuelles estiment que le PIB mondial baissera de l'ordre de 6 % en 2020 sur la base actuelle, et ne retrouvera pas son niveau d'avant-crise avant 2023 &#8211; sans parler d'une nouvelle aggravation possible de la situation pand&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu des dizaines de millions de ch&#244;meurs en Chine en mars, jusqu'&#224; 22 millions de ch&#244;meurs aux USA en avril 2020 &#8211; et si une tr&#232;s nette diminution de ces chiffres a &#233;t&#233; annonc&#233;e pour les mois suivants, il appara&#238;t que les emplois recr&#233;&#233;s sont beaucoup plus pr&#233;caires et &#224; temps partiels qu'avant la crise &#8211; et aux USA on estime que le nombre de personnes actuellement dans l'emploi sont 11,5 millions de moins qu'au mois de f&#233;vrier. Dans l'Union europ&#233;enne, on est mont&#233; &#224; 7,8 % de ch&#244;meurs, avec de tr&#232;s fortes disparit&#233;s entre le nord et le sud !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau pi&#232;ge de la dette est en train de se refermer sur un nombre croissant de pays du Sud dont les difficult&#233;s structurelles s'accentuent avec la crise du Covid-19 : une r&#233;duction des r&#233;serves de change, une forte d&#233;gradation des termes de l'&#233;change avec la chute du prix des mati&#232;res premi&#232;res accompagn&#233;e d'une d&#233;pr&#233;ciation des monnaies de ces pays face au dollar &#233;tatsunien. 19 pays du Sud sont d&#233;j&#224; en suspension de paiement et 28 sont &#224; haut risque de surendettement. Les pays du G20, le FMI et la Banque mondiale soutiennent infailliblement les cr&#233;anciers et aggravent davantage l'endettement des pays du Sud avec des financements d'urgence principalement sous forme de pr&#234;ts, tout en renfor&#231;ant l'application des politiques lib&#233;rales d'aust&#233;rit&#233;. Les remboursements seront plus importants dans les ann&#233;es prochaines et leur poids p&#232;sera de plus en plus lourd sur les salari&#233;s et les couches populaires. La Quatri&#232;me Internationale appuie toutes les mobilisations et mouvements de lutte &#224; l'&#233;chelle internationale pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;g&#226;ts de l'offensive des bourgeoisies et de leurs &#201;tats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les capitalistes et leurs gouvernements, il faut aller au travail et consommer quoi qu'il en co&#251;te en termes sanitaire et de finances publiques, mais en revanche ils cherchent &#224; limiter au nom de la lutte contre la pand&#233;mie, de mani&#232;re plus ou moins extr&#234;me, les autres libert&#233;s, se d&#233;placer, se r&#233;unir, se divertir, de mani&#232;re &#224; &#233;viter les d&#233;penses pour tester, tracer, isoler et soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Des plans d'aide massive aux entreprises (souvent ind&#233;pendamment de leur crise r&#233;elle) sont &#233;dict&#233;s, aides au ch&#244;mage partiel, baisses d'imp&#244;t sur la production p&#233;rennis&#233;es, de la Chine aux &#201;tats-Unis en passant par les diff&#233;rents pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son niveau l'Union europ&#233;enne a proclam&#233; un plan de relance europ&#233;en de 750 milliards d'euros sur 3 ans dont un peu plus de la moiti&#233; sous forme de dette mutualis&#233;e &#8211; avec en contrepartie le contr&#244;le sur les politiques nationales les prochaines ann&#233;es (il s'agit en partie d'un effet de propagande car cela repr&#233;sente en fait 1 % des d&#233;penses publiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Les services publics sont toujours plus sous pression, on ne voit pas de r&#233;investissements massifs dans la sant&#233; publique ni dans l'&#233;ducation ou d'autres secteurs que la crise sanitaire a mis en tr&#232;s grande difficult&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Des politiques toujours plus autoritaires sont mises en &#339;uvre &#224; cette occasion. Apr&#232;s la lutte contre le terrorisme, c'est la lutte contre la pand&#233;mie qui justifie les mesures liberticides : la police partout ; les amendes prohibitives pour ceux qui ne respectent pas les quarantaines ou l'obligation du masque &#8211; apr&#232;s avoir souffl&#233; le chaud et le froid sur leur efficacit&#233; ; des mesures confinement et des couvre-feux qui interdisent la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces politiques sont ass&#233;n&#233;es avec une stigmatisation gla&#231;ante de la jeunesse et des couches populaires, notamment racis&#233;es &#8211; qu'il s'agisse de communaut&#233;s &#233;tablies de longue date ou d'origine immigr&#233;e plus r&#233;cente &#8211; point&#233;es du doigt comme inconscientes et irresponsables, comme s'ils ne voulaient pas se prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le droit du travail partout bouscul&#233;, la flexibilit&#233; impos&#233;e au d&#233;part au nom d'une conjoncture exceptionnelle sont p&#233;rennis&#233;s, les fermetures d'entreprises facilit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Les droits syndicaux, associatifs, de manifestation ont &#233;t&#233; &#233;trangl&#233;s pendant les confinements et restent limit&#233;s, souvent soumis &#224; des r&#232;gles proches d'un &#233;tat d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Dans le m&#234;me temps, nous assistons &#224; une r&#233;pression accrue des migrants, notamment &#224; la fronti&#232;re sud des &#201;tats-Unis ou de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les convulsions de cette crise multidimensionnelle contribuent aussi &#224; une concurrence exacerb&#233;e entre grandes puissances et entre &#201;tats : entre les &#201;tats-Unis et la Chine, entre les &#201;tats-Unis de Trump et le reste du monde, &#224; commencer par l'Iran ; avec la Russie de Poutine ; entre la Turquie d'Erdogan et ses voisins, par exemple le contentieux avec la Gr&#232;ce qui devient br&#251;lant, les puissances europ&#233;ennes comme la France de Macron attisant le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime corrompu d'Azerba&#239;djan, qui perdait les moyens financiers de maintenir son despotisme, a lanc&#233; l'offensive contre les Arm&#233;niens au Karabakh avec le soutien de l'arm&#233;e de l'air turque et des mercenaires syriens. Il tente ainsi de se donner une l&#233;gitimit&#233; populaire et de reporter toute possibilit&#233; de processus d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin concernant la crise environnementale, si la chute de la production mondiale au printemps a pu avoir un bref effet positif sur le niveau de pollution et d'effet de serre climatique, la tendance lourde &#224; l'accentuation des d&#233;g&#226;ts environnementaux demeure : les incendies g&#233;ants de 2020 en Australie, au Br&#233;sil et dans toute l'Amazonie, aux &#201;tats-Unis sont &#224; la fois issus de s&#233;cheresses croissantes dues au d&#233;r&#232;glement climatique, comme aux gestions n&#233;olib&#233;rales de la terre, et parfois directement pyromanes, des syst&#232;mes d'exploitations agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat sur le plan sanitaire et social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les politiques de d&#233;pistage du coronavirus et le type de test, les politiques de protection (masques, restrictions d'acc&#232;s, quarantaines&#8230;), les soins et &#233;quipements hospitaliers, la recherche de vaccins&#8230; c'est l'avalanche de la concurrence et des gabegies lib&#233;rales, de l'inefficacit&#233; bureaucratique, avec des risques de nouveaux confinements traumatisants et de nouvelles crises hospitali&#232;res hors contr&#244;le alors que les personnels de sant&#233; sont &#233;puis&#233;s et souvent particuli&#232;rement frapp&#233;s par le coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a ainsi vu des pays riches (&#224; commencer par les &#201;tats-Unis) s'av&#233;rer beaucoup moins efficaces pour lutter contre l'&#233;pid&#233;mie que certains pays r&#233;put&#233;s pauvres (Vietnam, Cuba&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu aussi les fortes in&#233;galit&#233;s sociales, d'&#226;ge, de race et de genre devant la pand&#233;mie : employ&#233;s de base des secteurs de la sant&#233;, du nettoyage, du transport, souvent tr&#232;s f&#233;minis&#233;s et racis&#233;s ; pr&#233;caires et travailleurs des activit&#233;s informelles ne pouvant se permettre le luxe d'arr&#234;ter leur travail le plus souvent tr&#232;s expos&#233; aux maladies mais perdant l'essentiel de leurs revenus ; couches populaires souvent racis&#233;es, subissant les cons&#233;quences des logements surpeupl&#233;s et la &#171; malbouffe &#187; ; migrants et travailleurs &#224; l'&#233;tranger ; paysans, indig&#232;nes des pays du Sud ; personnes de plus de 65 ans fragilis&#233;es et plus g&#233;n&#233;ralement personnes souffrant de pathologies chroniques. M&#234;me si des personnalit&#233;s publiques, artistes et dirigeants politiques, ont aussi &#233;t&#233; frapp&#233;es par Covid-19, le tribut le plus lourd a incontestablement &#233;t&#233; pay&#233; par celles et eux qui sont victimes de la pauvret&#233; et d'oppressions crois&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes en particulier, ont concentr&#233; les risques et les souffrances dans le poids de leurs t&#226;ches professionnelles, familiales et dans la violence machiste que la pand&#233;mie et les confinements ont g&#233;n&#233;r&#233;es et/ou amplifi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux catastrophes sociales qu'entrainaient rapidement les arr&#234;ts d'activit&#233;s et les confinements, beaucoup de gouvernements &#8211; mais pas tous &#8211; ont rompu momentan&#233;ment avec le dogme de l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire, et ont distribu&#233; des allocations sociales de base : l&#224; aussi, de la Chine aux &#201;tats-Unis en passant par diff&#233;rents pays europ&#233;ens. Ces allocations de quelques centaines d'euros, vers&#233;es en une fois ou mensuellement, ont servi d'amortisseur social minimal, et ont m&#234;me pu contribuer &#224; faire un peu monter dans certains secteurs populaires la cote des dirigeants politiques, comme pour Bolsonaro au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ces politiques de nouveaux filets sociaux sont conjoncturelles et ne correspondent manifestement pas &#224; un tournant n&#233;okeyn&#233;sien de secteurs significatifs de la bourgeoisie. L'explosion des dettes publiques aura des cons&#233;quences durables et graves car elle servira de pr&#233;texte &#224; l'approfondissement des contre-r&#233;formes structurelles visant les contrats de travail, les droits syndicaux et les syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale. Les gouvernements remboursent rubis sur l'ongle les dettes publiques et se pr&#233;parent &#224; pr&#233;senter la facture lib&#233;rale (en particulier dans ce qui reste des services publics) en r&#233;affirmant les discours de comp&#233;titivit&#233;. Nulle part des gouvernements ne mettent &#224; contribution les hauts revenus et les grosses fortunes qui ont au contraire augment&#233; leur patrimoine. Nulle part on n'assiste &#224; des nationalisations d'entreprises pharmaceutiques alors que les besoins sont criants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de la fracture num&#233;rique ont &#233;t&#233; intensifi&#233;s pendant la pand&#233;mie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; l'acc&#232;s &#224; l'enseignement en ligne &#8211; les luttes des enseignants de tous les niveaux pour l'enseignement en ligne afin de r&#233;duire les risques d'un enseignement en face-&#224;-face dans des &#233;tablissements scolaires non adapt&#233;s &#224; la distanciation physique et le respect des mesures barri&#232;res ont remport&#233; quelques victoires ; elles doivent s'accompagner de la lutte pour les enseign&#233;s en ce qui concerne l'acc&#232;s &#224; l'internet, aux appareils et aux espaces de travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; l'acc&#232;s aux services du gouvernement et des autorit&#233;s locales se fait de plus en plus par le biais d'internet uniquement ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les achats sur internet ont augment&#233; massivement, laissant ceux qui n'ont pas les outils n&#233;cessaires pour y acc&#233;der (internet, carte de cr&#233;dit) en difficult&#233; et augmentant l'exploitation de ceux qui travaillent dans la distribution (Amazon par exemple, ou le service postal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat sur le plan politique et sur le plan des luttes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gitimit&#233; des pouvoirs politiques et de la logique dominante du profit est toujours plus fortement &#233;rod&#233;e dans ce contexte g&#233;n&#233;ral, elle est apparue en &#233;chec pour faire face &#224; une telle catastrophe. Les travailleurs et surtout travailleuses &#171; d'en bas &#187;, de &#171; premi&#232;re ligne &#187; ont &#233;t&#233; symboliquement revaloris&#233;s&#8230; mais sans lendemain concret ! Avec les peurs combin&#233;es de la maladie, du ch&#244;mage et de la r&#233;pression, le chemin de la lutte est, pour beaucoup, tr&#232;s difficile pour l'instant ! Les r&#233;sistances ne parviennent pas &#224; se massifier et s'encha&#238;ner par rapport aux lueurs d'espoir de juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreux pays (sinon la plupart), les principaux syndicats se sont compl&#232;tement planqu&#233;s dans la crise pand&#233;mique. Non seulement ils sont devenus encore plus prudents et &#233;vitant tout conflit, mais souvent ils n'ont m&#234;me pas leur mot &#224; dire sur la politique de crise de la classe dirigeante. N&#233;anmoins ils jouent toujours un r&#244;le important dans la lutte quotidienne de d&#233;fense de la classe ouvri&#232;re. Par cons&#233;quent, &#224; l'avenir, il sera important dans de nombreux pays &#8211; et encore plus qu'auparavant &#8211; de s'engager dans une politique de lutte des classes dans les syndicats, et de g&#233;n&#233;raliser les initiatives limit&#233;es qui sont prises par des syndicats ou des courants plus combatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de mouvements socio-politiques bouillonnants ou latents d'avant la pand&#233;mie ont &#233;t&#233; &#233;touff&#233;s sous l'intensification des r&#233;pressions men&#233;es &#224; Hong Kong, en Alg&#233;rie, en &#201;gypte. Des mouvements sociaux et d&#233;mocratiques ont aussi &#233;t&#233; suspendus sous l'&#233;pid&#233;mie au Chili, en Irak, en France, en Catalogne&#8230; Des rebonds rapides sont-ils envisageables dans ces pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait analyser plus finement ce que sont devenues les structurations par en bas &#224; partir de la solidarit&#233; populaire cr&#233;&#233;es pendant la pand&#233;mie, qui pouvaient &#234;tre mises en valeur dans plusieurs pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement plusieurs mouvements de masse se sont affirm&#233;s depuis la fin du printemps, sur des bases diff&#233;rentes mais avec un fond commun de lutte pour la d&#233;mocratie et contre le fonctionnement concurrentiel de la soci&#233;t&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le mouvement contre le racisme et les violences polici&#232;res parti des &#201;tats-Unis reste marquant &#8211; en Europe, aussi en solidarit&#233; avec les migrants sur une base plus limit&#233;e mais essentielle (comme les r&#233;centes manifestations en Allemagne) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le rebond de la r&#233;volte au Liban contre la corruption du r&#233;gime confessionnel, &#224; partir de l'explosion dans le port de Beyrouth ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le soul&#232;vement au Mali ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le soul&#232;vement en Bi&#233;lorussie contre le pouvoir de Loukachenko et ses &#233;lections sans cesse truqu&#233;es ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le soul&#232;vement de la jeunesse tha&#239;landaise contre la royaut&#233; d&#233;consid&#233;r&#233;e ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; L'&#233;lection au premier tour du MAS en Bolivie, r&#233;sultat d'une mobilisation de masse ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La r&#233;volte populaire au Chili a impos&#233; un r&#233;f&#233;rendum le 25 octobre sur la Constitution datant de la dictature de Pinochet &#8211; son rejet serait une victoire significative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste &#224; voir quels rebonds pourront avoir lieu, en int&#233;grant les le&#231;ons de la pand&#233;mie, pour les mouvements contre le d&#233;r&#232;glement climatique et contre les pollutions massives, et plus g&#233;n&#233;ralement pour les luttes &#233;cologiques ? Quel rebond pour les mouvements f&#233;ministes qui se sont affirm&#233;s &#224; l'avant-garde des luttes ces derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le potentiel de luttes et de soul&#232;vements est toujours l&#224; contre un ordre dominant qui, confront&#233; &#224; une crise du profit et &#224; une d&#233;l&#233;gitimation croissante, cherche &#224; se renforcer par un autoritarisme g&#233;n&#233;ralis&#233; mais avec certains dirigeants parfois tr&#232;s aventuristes, m&#234;me du point de vue de la bourgeoisie. Mais ce potentiel a du mal &#224; s'exprimer jusqu'&#224; pr&#233;sent avec la peur que suscite la pand&#233;mie et la confusion des mesures pour la faire reculer. Il n'a pas &#233;t&#233; possible jusqu'&#224; pr&#233;sent de changer le rapport de force, et de rendre plus cr&#233;dible une alternative face au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, les id&#233;ologies les plus r&#233;actionnaires et autocratiques, conspirationnistes, racistes s'affirment du c&#244;t&#233; de l'extr&#234;me droite, se structurent et, pour attaquer les opprim&#233;s et exploit&#233;s en lutte, trouvent des relais voire des chefs d'orchestre aupr&#232;s de dirigeants politiques qui acc&#232;dent ou s'accrochent au pouvoir, comme Trump, Poutine, Bolsonaro, Xi Jiping, Modi, Duterte, Rohani, Nethanyahou, Erdogan, Orban, Kaczynski&#8230; alors m&#234;me que les dirigeants plus &#171; pr&#233;sentables &#187; ne peuvent que les encourager en conduisant eux-m&#234;mes des attaques souvent in&#233;dites dans leur pays depuis des d&#233;cennies contre les principes d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections du 3 novembre aux USA seront un &#233;v&#233;nement d&#233;cisif : si elles devaient d&#233;boucher sur une r&#233;&#233;lection (probablement ill&#233;gitime) de Trump, elles pourraient rendre la situation encore plus tendue, avec une polarisation o&#249; la droite extr&#234;me approfondira son avantage et les risques de r&#233;volte de masse augmenteraient. D'autre part, si Trump &#233;tait &#233;vinc&#233;, un important maillon de la cha&#238;ne de l'extr&#234;me droite et des gouvernements autoritaires serait supprim&#233; et, sans se faire d'illusions sur ce que repr&#233;sente ou pr&#233;tend Biden, cela repr&#233;senterait une bouff&#233;e d'air frais pour les exploit&#233;s et opprim&#233;s en lutte dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier, les mouvements sociaux et nous-m&#234;mes sommes d&#233;sarm&#233;s, &#233;cartel&#233;s entre d'un c&#244;t&#233; la n&#233;cessit&#233; de prendre soin de la sant&#233;, de se prot&#233;ger de la pand&#233;mie et de l'autre de s'opposer aux mesures de restriction des libert&#233;s impos&#233;es par des gouvernements qui ont d&#233;truit les protections sociales et les syst&#232;mes de sant&#233; publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#226;ches des r&#233;volutionnaires et des militants anticapitalistes sont tr&#232;s importantes ! Nous devons aider &#224; forger et &#224; renforcer des fronts uniques d'exploit&#233;s et d'opprim&#233;s contre les gouvernements autoritaires et les programmes ultralib&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la situation d'urgence que nous vivons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il s'agit partout de rendre incontournables un r&#233;investissement massif dans des services publics d'acc&#232;s gratuit, &#224; commencer par les syst&#232;mes de sant&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il s'agit de relancer massivement des programmes d'aide sociale et de logement financ&#233;s par la taxation des riches, des b&#233;n&#233;fices et le blocage des dividendes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il s'agit de socialiser les industries pharmaceutiques et autres industries d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral comme l'&#233;nergie, le syst&#232;me bancaire, la distribution de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il s'agit de reconvertir le syst&#232;me de production pour satisfaire les immenses besoins sociaux plut&#244;t que les industries mortif&#232;res de l'armement, de la chimie polluante, du luxe etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il s'agit de r&#233;orienter l'agriculture vers des syst&#232;mes durables de travail du sol et des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il s'agit de cesser les politiques discriminatoires, d'ouvrir les fronti&#232;res pour prot&#233;ger les populations en danger et mettre en commun les &#233;changes humains plut&#244;t que de les placer en concurrence et susciter les guerres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons donner une place centrale &#224; l'auto-organisation de la population et des soignants. Les mesures les plus efficaces pour lutter contre la pand&#233;mie sont celles qui seront les mieux accept&#233;es parce qu'elles seront d&#233;finies par les populations elles-m&#234;mes en relation avec les soignants. Il s'agit de reprendre le pouvoir sur nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce chemin, dans les luttes, dans la r&#233;sistance contre le capitalisme destructeur, pour la d&#233;mocratie et pour une politique &#233;conomique alternative et durable, se trouve la possibilit&#233; de changer les rapports de forces nationaux qui sont d&#233;favorables aujourd'hui, et de rendre plus concr&#232;te une alternative &#233;cosocialiste pour l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au tour de la FTQ de hausser le ton et de parler de moyens de pression&#8230; Idem pour la CSQ</title>
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		<dc:date>2020-10-27T08:36:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le temps de m'&#233;loigner, pendant quelques minutes, des touches du clavier de mon ordinateur et d'ouvrir la radio &#224; l'heure du bulletin d'information pour entendre le cri d'alarme du pr&#233;sident de la FTQ, Daniel Boyer, qui se dit &#171; &#233;coeur&#233; &#187; par la lenteur du rythme des n&#233;gociations dans les secteurs public et parapublic. &lt;br class='autobr' /&gt; En entrevue, sur la Premi&#232;re cha&#238;ne de Radio-Canada, monsieur Boyer a rappel&#233; que cela fait un an que les demandes syndicales ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es aux diff&#233;rents Comit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton45252-856d1.png?1782056009' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le temps de m'&#233;loigner, pendant quelques minutes, des touches du clavier de mon ordinateur et d'ouvrir la radio &#224; l'heure du bulletin d'information pour entendre le cri d'alarme du pr&#233;sident de la FTQ, Daniel Boyer, qui se dit &#171; &#233;coeur&#233; &#187; par la lenteur du rythme des n&#233;gociations dans les secteurs public et parapublic.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En entrevue, sur la Premi&#232;re cha&#238;ne de Radio-Canada, monsieur Boyer a rappel&#233; que cela fait un an que les demandes syndicales ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es aux diff&#233;rents Comit&#233;s patronaux de n&#233;gociation et que cela fait plus d'un an que les choses stagnent, que le gouvernement campe rigidement sur sa position initiale de n&#233;gociation (position gouvernementale rendue publique en d&#233;cembre 2019 et &#224; peine retouch&#233;e en mai dernier). De plus, les &#233;changes entre les parties n'&#233;voluent pas au rythme annonc&#233; en mars dernier (Fran&#231;ois Legault clamait qu'il voulait que la n&#233;gociation soit termin&#233;e autour du 31 mars 2020). Devant cet &#233;tat de fait, qui en d&#233;couragerait plusieurs, monsieur Boyer a pr&#233;cis&#233; ce qui suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; NOUS SOMMES AU BORD D'UNE RUPTURE DE SERVICE&#8230; QU&#201;BEC DOIT BOUGER&lt;/i&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pr&#233;sident de la FTQ a aussi mentionn&#233; que le gouvernement du Qu&#233;bec a &#233;t&#233; en mesure de d&#233;bloquer &#171; des milliards de dollars pour les infrastructures [&#8230;]. Il est temps d'investir dans les services publics, dans les travailleuses et travailleurs qui &#233;duquent nos enfants, prennent soin de nos malades, nos personnes &#226;g&#233;es et qui assurent le bon fonctionnement de nos r&#233;seaux de sant&#233; et d'&#233;ducation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe en effet comme si, la raison principale pour laquelle les choses bloquent &#224; la table de n&#233;gociation en ce moment r&#233;side dans la certitude des membres des comit&#233;s patronaux de n&#233;gociation que le gouvernement a le pouvoir de d&#233;cr&#233;ter, &#233;ventuellement, les conditions de travail des 560 000 salari&#233;Es syndiqu&#233;Es qui sont &#224; 75 % des femmes. Les pourparlers entre les parties n'&#233;voluent gu&#232;re non plus en raison du fait que le gouvernement Legault a d&#233;fini son cadre de r&#232;glement mon&#233;taire &#224; un plafond ne pouvant pas d&#233;passer au total 2% par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du c&#244;t&#233; de la CSQ maintenant&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, &#224; l'instar de la FTQ, la pr&#233;sidente de l'organisation syndicale, Sonia &#201;thier, parle &#233;galement d'une &#171; crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e des conditions de travail &#187;. &#171; &lt;i&gt; Elle lance un cri d'alarme au gouvernement de Fran&#231;ois Legault pour que le plan de relance &#233;conomique pr&#233;voie de toute urgence un rehaussement des conditions de travail pour les travailleuses et les travailleurs de l'&#233;ducation, de la sant&#233;, de l'enseignement sup&#233;rieur et de la petite enfance du Qu&#233;bec. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;v&#233;nements sont &#224; surveiller dans les prochaines semaines : dans un premier temps, la mise &#224; jour des finances publiques ; dans un deuxi&#232;me temps, la publication de l'&#233;tude annuelle de l'ISQ sur la r&#233;mun&#233;ration globale et finalement la suspension &#233;ventuelle, vers la mi-d&#233;cembre, des travaux de l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; surveiller &#233;galement, comment les autres organisations syndicales vont se positionner dans ce dernier droit de la n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvan Perrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 octobre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;yvan_perrier@hotmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;COMMUNIQU&#201; DE LA FTQ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ftq.qc.ca/communiques/negociations-secteur-public-2019-2020-sommes-bord-dune-rupture-de-service-quebec-bouger-daniel-boyer-president-de-ftq/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ftq.qc.ca/communiques/negociations-secteur-public-2019-2020-sommes-bord-dune-rupture-de-service-quebec-bouger-daniel-boyer-president-de-ftq/&lt;/a&gt;. Consult&#233; le 21 octobre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#201;GOCIATIONS DU SECTEUR PUBLIC 2019-2020 : &#171; NOUS SOMMES AU BORD D'UNE RUPTURE DE SERVICE&#8230; QU&#201;BEC DOIT BOUGER ! &#187; &#8211; DANIEL BOYER, PR&#201;SIDENT DE LA FTQ&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montr&#233;al, le 21 octobre 2020. &#8211; La F&#233;d&#233;ration des travailleurs et travailleuses du Qu&#233;bec (FTQ) s'inqui&#232;te de l'&#233;tat des n&#233;gociations et des services publics, particuli&#232;rement en sant&#233; et en &#233;ducation. &#171; Le point de rupture approche, les travailleuses et travailleurs sont &#233;puis&#233;s, au bout du rouleau. La p&#233;nurie de personnel, le manque de reconnaissance, des n&#233;gociations qui pi&#233;tinent ; le gouvernement doit entendre le message, la situation est critique. Le temps est venu de se mobiliser &#187;, d&#233;clare le pr&#233;sident de la FTQ, Daniel Boyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant nous avons fait des efforts pour faire aboutir cette n&#233;gociation. Nous avons r&#233;pondu rapidement &#224; la demande du premier ministre Fran&#231;ois Legault d'acc&#233;l&#233;rer les discussions en mars dernier au tout d&#233;but de la pand&#233;mie. Le 22 juillet, nous avons cibl&#233; nos priorit&#233;s et fait un nouveau d&#233;p&#244;t global r&#233;vis&#233; avec la ferme volont&#233; de provoquer un d&#233;blocage &#224; la table de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les propositions d&#233;pos&#233;es visent &#224; stabiliser les r&#233;seaux de la sant&#233; et de l'&#233;ducation, am&#233;liorer la r&#233;tention et l'attraction du personnel tout en permettant de bonifier la r&#233;mun&#233;ration. Le cadre financier pr&#233;sent&#233; r&#233;pond pr&#233;cis&#233;ment aux objectifs du gouvernement. L'objectif &#233;tait de r&#233;gler avant l'in&#233;vitable deuxi&#232;me vague et la rentr&#233;e scolaire afin de soulager le r&#233;seau de la sant&#233;. Malheureusement, il ne se passe rien &#224; la table de n&#233;gociation. Nos n&#233;gociateurs se font r&#233;pondre constamment par leur vis-&#224;-vis qu'ils n'ont pas de mandat ; il faut que &#231;a bouge &#187;, ajoute le pr&#233;sident de la FTQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec a d&#233;bloqu&#233; des milliards de dollars pour les infrastructures, le b&#233;ton. Il est temps d'investir dans les services publics, dans les travailleuses et travailleurs qui &#233;duquent nos enfants, prennent soin de nos malades, nos personnes &#226;g&#233;es et qui assurent le bon fonctionnement de nos r&#233;seaux de sant&#233; et d'&#233;ducation. Il est temps de se mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les travailleurs et travailleuses quittent par centaines, sur le terrain nos gens en ont assez, &#231;a va mal finir et le gouvernement caquiste n'aura que lui-m&#234;me &#224; bl&#226;mer &#187;, conclut le pr&#233;sident de la FTQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Qu&#233;bec, repr&#233;sente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses et travailleurs du secteur public de la FTQ sont repr&#233;sent&#233;s par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le Syndicat qu&#233;b&#233;cois des employ&#233;es et employ&#233;s de service, section locale 298 (SQEES-298), le Syndicat des employ&#233;es et employ&#233;s professionnels-les et de bureau (SEPB) et l'Union des employ&#233;s et employ&#233;es de service, section locale 800 (UES 800)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Statistiques pour d&#233;boulonner quelques mythes et mieux comprendre les enjeux de cette n&#233;gociation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Moyenne salariale des employ&#233;s du secteur public (FTQ) : 36 155,49$ ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Moyenne salariale des employ&#233;s occasionnels et temporaires (FTQ) du secteur public (autres que r&#233;guliers) : 28 490,15$ ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Retard salarial du secteur public (FTQ) : 6,2% ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Pourcentage de femmes que nous repr&#233;sentons (FTQ) : 73,7% ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Pourcentage de travailleurs et travailleuses qui n'ont pas de permanence ou de poste &#224; temps complet (FTQ) : 43,2%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Communiqu&#233; de la CSQ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Devant la crise des conditions de travail, le gouvernement doit agir maintenant ou laisser la maison br&#251;ler &lt;/i&gt; &#187; &#8211; Sonia Ethier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montr&#233;al, le 21 octobre 2020. &#8211; &#171; &lt;i&gt;La crise sanitaire s'est transform&#233;e en crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e des conditions de travail&lt;/i&gt; &#187;, explique la pr&#233;sidente de la Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (CSQ), Sonia Ethier. Devant les quelque 300 personnes d&#233;l&#233;gu&#233;es de la Centrale r&#233;unies en conseil g&#233;n&#233;ral, elle lance un cri d'alarme au gouvernement de Fran&#231;ois Legault pour que le plan de relance &#233;conomique pr&#233;voie de toute urgence un rehaussement des conditions de travail pour les travailleuses et les travailleurs de l'&#233;ducation, de la sant&#233;, de l'enseignement sup&#233;rieur et de la petite enfance du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syndrome de la chaudi&#232;re perc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le plan de relance &#233;conomique qui se dessine, la pr&#233;sidente de la Centrale met en garde le gouvernement de ne pas mettre tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier des infrastructures et du b&#233;ton. Sonia Ethier clame l'urgence de d&#233;ployer des mesures structurantes permettant de renforcer les services &#224; la population et de mettre en &#233;chec la d&#233;sertion professionnelle. &#171; &lt;i&gt;R&#233;sultat des ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; et de sous-investissement, les services &#224; la population sont actuellement confront&#233;s &#224; une v&#233;ritable crise des conditions de travail. &#192; coup de lois sp&#233;ciales, de budgets &#233;triqu&#233;s et de compressions, on nous oblige depuis des ann&#233;es &#224; faire toujours plus avec moins. En sant&#233; et en &#233;ducation, le gouvernement a &#233;t&#233; dans l'obligation de faire appel &#224; l'arm&#233;e canadienne ou de lancer des initiatives de recrutement &#224; vitesse acc&#233;l&#233;r&#233;e pour compenser les mauvaises conditions de travail. C'est le &#8220;syndrome de la chaudi&#232;re perc&#233;e&#8221;. Le gouvernement a beau multiplier les initiatives pour ajouter des ressources, tant qu'il ne r&#233;glera pas le probl&#232;me structurel des conditions de travail, il ne fait que nourrir le probl&#232;me. &#199;a continue de couler de partout et &#231;a ne fait qu'entretenir un cercle vicieux &lt;/i&gt; &#187;, lance Sonia Ethier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un impact direct sur les personnes vuln&#233;rables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CSQ explique que la crise des conditions de travail a actuellement un impact direct sur les services &#224; la population, particuli&#232;rement en ce qui a trait aux conditions de vie des personnes a&#238;n&#233;es h&#233;berg&#233;es. &#171; &lt;i&gt;D&#233;j&#224;, en 2018, on a d&#233;nonc&#233; vivement la situation de maltraitance organisationnelle caus&#233;e par l'inaction des gouvernements. Au printemps dernier, l'AREQ-CSQ &#233;tait au front pour soutenir le personnel qui &#339;uvre aupr&#232;s des personnes les plus vuln&#233;rables de notre soci&#233;t&#233;, pendant que le gouvernement laissait les CHSLD dans l'angle mort. Les mauvaises conditions de travail sont &#224; l'origine d'une h&#233;catombe qui est a caus&#233; plus de 4 000 morts, souvent dans l'indignit&#233;, par manque de personnel et de ressources &lt;/i&gt; &#187;, soutient la pr&#233;sidente de la CSQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour appuyer sa proposition de plan de relance &#233;quitable &#224; visage humain, la CSQ interpelle &#233;galement le gouvernement sur le r&#244;le crucial du secteur communautaire pour renforcer le tissu de solidarit&#233; au b&#233;n&#233;fice des personnes les plus vuln&#233;rables. &#171; Des milliers de femmes et d'hommes &#339;uvrant quotidiennement dans le secteur communautaire m&#233;ritent leur part du g&#226;teau dans la relance &#233;conomique. Leurs interventions quotidiennes aupr&#232;s des personnes dans le besoin permettent chaque ann&#233;e &#224; l'&#201;tat d'&#233;conomiser des millions de dollars. Les services sociaux seront-ils les grands oubli&#233;s de la relance du gouvernement ? &#187;, questionne Sonia Ethier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'organisation syndicale r&#233;it&#232;re qu'un plan vigoureux de cr&#233;ation de nouvelles places en garderie permettrait aux femmes de rattraper leur retard en mati&#232;re d'acc&#232;s au march&#233; du travail, qui s'est accru depuis la pand&#233;mie. Elle appelle ainsi des investissements massifs dans les services &#233;ducatifs &#224; la petite enfance dans l'objectif de combler rapidement le foss&#233; des 55 000 places manquantes pour les familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Qu&#233;bec &#224; l'heure des choix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des n&#233;gociations du secteur public, Sonia Ethier d&#233;plore que le gouvernement continue de mettre en pratique la strat&#233;gie de la sourde oreille. Elle d&#233;nonce l'immobilisme du gouvernement devant les nombreux probl&#232;mes pourtant connus et d&#233;cri&#233;s dans les milieux de travail en &#233;ducation, en sant&#233; et en enseignement sup&#233;rieur. &#171; &lt;i&gt;On est devant un gouvernement intransigeant qui semble vivre dans un autre monde. Malgr&#233; nos propositions et notre contreproposition, il reste camp&#233; sur sa position initiale, qui est &#224; peu de choses pr&#232;s un copier-coller de l'offre insultante de d&#233;cembre dernier, qui ne r&#232;gle rien. Quand on entend dire que le gouvernement a un cadre financier limit&#233;, rappelez-vous que c'est une question de choix politique. Les donn&#233;es d&#233;montrent que les femmes ont &#233;t&#233; parmi les premi&#232;res victimes &#233;conomiques de la pand&#233;mie. L'enjeu de la pr&#233;sente n&#233;gociation, c'est d'amorcer la relance &#233;conomique &#233;quitable pour les femmes, qui occupent plus de 70 % des postes du secteur public. Il s'agit, pour le Conseil du tr&#233;sor, de r&#233;gler les probl&#232;mes structurels ou, sinon, de fermer les yeux sur la r&#233;alit&#233; v&#233;cue &#224; la dure par les travailleuses et les travailleurs, &#224; majorit&#233; des femmes, en &#233;ducation, en sant&#233; et enseignement sup&#233;rieur. L'aust&#233;rit&#233; des derni&#232;res ann&#233;es a fait mal et le Qu&#233;bec est aujourd'hui &#224; la crois&#233;e des chemins : investir maintenant dans les conditions de travail du secteur public, ou laisser la maison br&#251;ler &lt;/i&gt; &#187;, explique Sonia Ethier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une pand&#233;mie qui commence &#224; avoir le dos large&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux conditions de travail pr&#233;caires dans les milieux s'ajoute la centaine de d&#233;crets ou arr&#234;t&#233;s minist&#233;riels qui ont &#233;t&#233; adopt&#233;s depuis le printemps dernier pour suspendre plusieurs articles de droits et de conventions touchant le travail. La pr&#233;sidente constate une d&#233;rive autoritaire de la part du gouvernement, qui s'&#233;tire dans le temps au d&#233;triment des droits fondamentaux des travailleuses et des travailleurs. Elle annonce que la CSQ travaille activement &#224; l'&#233;laboration d'un dossier de contestation devant les tribunaux. &#171; &lt;i&gt; &#199;a fait au-del&#224; de 100 arr&#234;t&#233;s qui sont d&#233;cr&#233;t&#233;s unilat&#233;ralement pour suspendre diff&#233;rentes lois et imposer des fa&#231;ons de faire dans nos milieux de travail. Il y a des limites &#224; se servir de la pand&#233;mie pour imposer &#224; peu pr&#232;s tout et n'importe quoi. On constate une d&#233;rive autoritaire &#224; plusieurs &#233;gards. Ces arr&#234;t&#233;s maintiennent une pression n&#233;gative sur les milieux de travail et jettent de l'huile sur le feu des probl&#232;mes de r&#233;tention et d'attraction du personnel &lt;/i&gt; &#187;, conclut Sonia Ethier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unis en conseil g&#233;n&#233;ral les 21 et 22 octobre, les syndicats affili&#233;s &#224; la CSQ doivent notamment faire le point sur l'actualit&#233;, dont les transformations du travail ainsi que les enjeux li&#233;s au t&#233;l&#233;travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mouvement climat, d&#233;mocratie politique et r&#233;volution sociale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mouvement-climat-democratie-politique-et-revolution-sociale</link>
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		<dc:date>2020-10-27T08:19:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le &#171; Midi de l'&#233;thique &#187; de la Chaire Hoover de l'UCL &#233;tait consacr&#233; ce 20 octobre aux enjeux politiques du d&#233;fi climatique. Les participant.e.s au d&#233;bat &#8211; Amaury Ghijselings (CNCD, activiste), Alice Romainville (professeure de droit, UCL) et notre camarade Daniel Tanuro &#233;taient invit&#233;.e.s &#224; r&#233;agir au texte suivant : &lt;br class='autobr' /&gt; Paru sur le site Gauche anticapitaliste 21/10/2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Daniel Tanuro &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Face aux changements climatiques dont les impacts se multiplient au quotidien, nos soci&#233;t&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton45255-a4e5b.png?1782056009' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le &#171; Midi de l'&#233;thique &#187; de la Chaire Hoover de l'UCL &#233;tait consacr&#233; ce 20 octobre aux enjeux politiques du d&#233;fi climatique. Les participant.e.s au d&#233;bat &#8211; Amaury Ghijselings (CNCD, activiste), Alice Romainville (professeure de droit, UCL) et notre camarade Daniel Tanuro &#233;taient invit&#233;.e.s &#224; r&#233;agir au texte suivant :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paru sur le site Gauche anticapitaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
21/10/2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Daniel Tanuro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Face aux changements climatiques dont les impacts se multiplient au quotidien, nos soci&#233;t&#233;s semblent bien en peine de dessiner un d&#233;but de r&#233;ponse qui soit &#224; la mesure des enjeux. Faut-il en conclure que ce d&#233;fi majeur exige des modifications radicales dans nos processus de d&#233;cision et dans la mobilisation de nos outils de pression ? Notre procrastination abyssale doit-elle &#234;tre attribu&#233;e &#224; un exc&#232;s de d&#233;mocratie ou au contraire au caract&#232;re insuffisamment d&#233;mocratique de nos Etats ? Sommes-nous trop peu enclins &#224; utiliser la violence face &#224; la violence sourde de l'inaction climatique ? Faut-il passer des affaires courantes &#224; l'&#233;tat d'urgence ? Autant de questions sur lesquelles nous &#233;claireront nos trois intervenants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-dessous la contribution de notre camarade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peu dire que nos soci&#233;t&#233;s sont &#171; bien en peine &#187; de dessiner un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; la mesure de l'enjeu climatique. Je dirais plut&#244;t que nous sommes en train de nous enfoncer dans la catastrophe et que les gouvernements ne font rien, ou presque rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;missions mondiales de CO2 ne cessent d'augmenter. Au rythme actuel, le seuil de dangerosit&#233; de 1,5&#176;C sera franchi vers 2040.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dislocation des calottes glaciaires s'acc&#233;l&#232;re. Le point de bascule de celle du Groenland se situe probablement entre 1,5 et 2&#176;C. Ce franchissement pourrait entra&#238;ner une cascade de r&#233;troactions positives et pousser la Terre dans un r&#233;gime de &#171; plan&#232;te &#233;tuve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements sont inform&#233;s, mais, sur base de leurs engagements actuels, la hausse de temp&#233;rature sera de 3,3&#176;C &#224; la fin du si&#232;cle, deux fois plus que le seuil de dangerosit&#233; adopt&#233; &#224; Paris. A ce compte-l&#224;, la Terre retrouvera les conditions du Plioc&#232;ne, quand le niveau des oc&#233;ans &#233;tait sup&#233;rieur d'une 30aine de m&#232;tres au niveau actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne se targue d'objectifs plus ambitieux, mais, primo, ils sont insuffisants au regard de sa responsabilit&#233; historique. Secundo, son &#171; Green deal &#187; est biais&#233; par des tours de passe-passe &#8211; la compensation carbone et la non-prise en compte des &#233;missions &#171; grises &#187;, aff&#233;rentes aux productions d&#233;localis&#233;es. Tertio, l'UE emploie l'expression &#171; &#233;conomie bas carbone &#187; pour dissimuler le recours &#224; des technologies dangereuses, comme le nucl&#233;aire ou la bio&#233;nergie avec capture-s&#233;questration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan depuis le sommet de la Terre de 1992 montre que les &#233;missions annuelles n'ont baiss&#233; qu'une fois, lors de la r&#233;cession de 2007-2008. On aura sans doute une nouvelle baisse cette ann&#233;e, du fait du blocage de l'&#233;conomie par la COVID19. Ces mouvements sont ind&#233;pendants des r&#233;gimes politiques. Il est donc clair que la cause fondamentale de la catastrophe grandissante est &#224; chercher au-del&#224; de ceux-ci. Elle r&#233;side dans la logique productiviste/consum&#233;riste de l'&#233;conomie capitaliste : toujours plus produire, toujours plus vite transporter, toujours plus consommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;cisif de comprendre que cette logique est cong&#233;nitale. La concurrence pour le profit oblige chaque propri&#233;taire de capitaux &#224; augmenter la productivit&#233; du travail par des machines, &#224; compenser la baisse du taux de profit qui en r&#233;sulte par l'augmentation de la masse de marchandises produites, et &#224; chercher constamment de nouveaux march&#233;s. Soit en cr&#233;ant artificiellement des besoins par la publicit&#233;, soit en exigeant de l'Etat la privatisation du secteur public&#8230; ou l'achat d'armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il soit bas&#233; sur l'&#233;lection de repr&#233;sentant.e.s &#224; la proportionnelle int&#233;grale, sur la dictature d'un parti unique, ou sur l'une quelconque des formes interm&#233;diaires, aucun r&#233;gime politique soumis &#224; cette logique productiviste/consum&#233;riste ne pourra jamais &#234;tre &#224; la hauteur du d&#233;fi. La solution, par cons&#233;quent, ne peut venir de changements dans la seule sph&#232;re du r&#233;gime politique. Le changement doit &#234;tre beaucoup plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des chiffres du GIEC, il ne devrait plus y avoir de d&#233;bat sur ce point. Pour avoir une chance sur deux de ne pas d&#233;passer 1,5&#176;C de r&#233;chauffement, sans recourir &#224; la bio&#233;nergie avec capture-s&#233;questration, les &#233;missions nettes de CO2 doivent diminuer de 58% d'ici 2030 au niveau mondial, de 65% dans l'Union Europ&#233;enne (plus encore si on exclut le nucl&#233;aire). Cet objectif est totalement inaccessible sans r&#233;duction substantielle de la production et des transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procrastination &#233;voqu&#233;e dans la question ne tombe pas du ciel : d&#232;s l'origine, le capitalisme a repouss&#233; devant lui les probl&#232;mes cr&#233;&#233;s par son productivisme. A charge pour la science de trouver une solution a posteriori, si possible. Cette logique est clairement celle de Shell, Total, Exxon, etc. L'essentiel de leurs r&#233;serves &#233;nerg&#233;tiques devrait rester &#224; jamais dans le sous-sol. C'est intol&#233;rable pour ces compagnies et pour le secteur du cr&#233;dit qui finance leurs investissements. Comme l'&#233;nergie et la finance constituent pour ainsi dire le syst&#232;me sanguin et le syst&#232;me nerveux du capitalisme, les gouvernements gestionnaires ne peuvent que raisonner dans le cadre de leurs diktats (et la plupart des scientifiques font de m&#234;me, malheureusement). Du coup, le sc&#233;nario qui se profile est celui du &#171; d&#233;passement temporaire &#187; du seuil de dangerosit&#233;, coupl&#233; &#224; l'espoir quasi religieux qu'un &#171; deus ex machina &#187; technologique permettra ensuite de refroidir la plan&#232;te. Probl&#232;me : &#224; supposer que ce refroidissement soit possible, une catastrophe irr&#233;versible risque de se produire pendant le d&#233;passement temporaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci me permet de r&#233;pondre &#224; la question sur les formes d'action : face &#224; cette violence syst&#233;mique, oui, la d&#233;sob&#233;issance et la r&#233;sistance, celle des Zadistes, celle des activistes de Ende Gel&#228;nde ou des Sioux de Standing Rock, sont l&#233;gitimes, n&#233;cessaires. Elles expriment le besoin fondamental de l'humanit&#233; d'arr&#234;ter la machine infernale qui nous conduit &#224; l'ab&#238;me, comme un automate. C'est pourquoi d'ailleurs elles sont soutenues, f&#251;t-ce passivement, par une majorit&#233; de l'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Techniquement, le constat s'impose : il faut, d'urgence, produire moins et transporter moins. Deux conclusions politiques en d&#233;coulent. Premi&#232;rement, la transition doit am&#233;liorer le sort de la majorit&#233; sociale, sans quoi la majorit&#233; sociale rejettera la transition. Il faut donc partager. Les richesses, le travail et les territoires. Deuxi&#232;mement, et c'est li&#233;, la transition doit &#234;tre tr&#232;s profond&#233;ment d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette seconde conclusion, surtout, est contest&#233;e. On dit que les citoyen.ne.s, esclaves de la consommation, seraient incapables de changer leurs comportements. Il faudrait donc passer par un pouvoir fort, pour imposer des &#171; mesures impopulaires &#187;, comme propos&#233; jadis par Hans Jonas. Je m'inscris en faux contre cette affirmation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendons-nous bien : il est &#233;vident que la rupture avec le productivisme capitaliste implique de profonds changements de comportements dans la sph&#232;re de la consommation. Mais production et consommation sont les deux faces d'une m&#234;me m&#233;daille : un syst&#232;me extractiviste, qui exploite le travail et les autres ressources naturelles pour accumuler du capital sans tr&#234;ve ni repos, au profit d'une minorit&#233;. La perversion de ce syst&#232;me r&#233;side en ceci que l'accumulation &#8211; donc aussi le pillage des ressources &#8211; apparaissent comme la condition de survie de celles et ceux qu'il exploite. Sortir de ce cercle vicieux n'est possible qu'en brisant ce syst&#232;me et les valeurs qui le sous-tendent. Or, ce bouleversement historique, ce changement de civilisation, cette r&#233;volution, ne peut &#234;tre mise en oeuvre que par la conscientisation, la responsabilisation et la participation active des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc plus de d&#233;mocratie. Plus de d&#233;mocratie dans la repr&#233;sentation politique, &#233;videmment (la proportionnelle int&#233;grale, la r&#233;vocabilit&#233; des &#233;lus, la diminution de leur salaire, le r&#233;f&#233;rendum d'initiative citoyenne&#8230;), mais pas seulement. Au-del&#224; des institutions, il s'agit pour la majorit&#233; sociale d'augmenter substantiellement sa capacit&#233; d'avoir prise sur la vie &#233;conomique et sociale. Cela implique un combat pour &#233;tendre les droits d'organisation, de contr&#244;le et de v&#233;to des collectifs de travailleurs et de travailleuses sur les lieux de travail, ainsi que des collectifs d'habitant.e.s au niveau des quartiers. Tout cela postule un revenu d&#233;cent pour tous et toutes : on ne peut pas se mobiliser pour le climat quand on ne parvient pas &#224; nouer les deux bouts &#224; la fin du mois. Cela postule aussi la r&#233;duction radicale du temps de travail : travailler moins est en effet indispensable &#224; la prise en charge collective, et c'est d'ailleurs la richesse relationnelle de cette prise en charge qui peut seule offrir une alternative &#224; l'assu&#233;tude consum&#233;riste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que l'approfondissement de la catastrophe pourrait &#234;tre &#233;vit&#233; par des changements au seul niveau de la sph&#232;re politique est intimement li&#233;e &#224; l'id&#233;e que le changement de comportement des consommateurs est l'axe de la transition. Cette approche escamote la responsabilit&#233; du capital et les changements structurels indispensables dans la sph&#232;re de la production. Du coup, la transition &#233;cologique appara&#238;t essentiellement comme une croisade morale, que l'Etat m&#232;ne &#224; coups de taxes dont il impose le respect par la r&#233;pression. Les Gilets jaunes se sont r&#233;volt&#233;s contre cette logique, ce qui ne les a pas emp&#234;ch&#233;s de r&#233;aliser la jonction avec les manifestations pour le climat autour du slogan &#171; fin du monde fin du mois m&#234;me combat &#187;. Tirons la le&#231;on de ce mouvement : demander aux gouvernements n&#233;olib&#233;raux de d&#233;cr&#233;ter l'&#233;tat d'urgence climatique pour prendre des &#171; mesures impopulaires &#187;, c'est faire le jeu de la tendance autoritaire qui est omnipr&#233;sente aujourd'hui, de Trump &#224; Macron, de Bolsonaro &#224; Orban&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, d'une certaine mani&#232;re, oui, on peut dire que l'impasse angoissante dans laquelle nous nous trouvons est due au &#171; manque de d&#233;mocratie de nos Etats &#187;. A condition de voir que ce manque de d&#233;mocratie ne se limite pas &#224; la sph&#232;re politique. Il s&#8216;enracine dans un syst&#232;me socio-&#233;conomique de classe bas&#233; sur l'exploitation conjointe de la force de travail et des richesses de la nature, appropri&#233;es toutes deux par le capital. Verdir ce syst&#232;me est une illusion totale. Il faut l'abolir par la convergence des luttes sociales, d&#233;mocratiquement organis&#233;es. Ce qui signifie aussi que ces luttes doivent sortir du sch&#233;ma classique de la pression du social subalterne sur le politique omnipotent, pour oser porter elles-m&#234;mes un projet de soci&#233;t&#233; alternatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo Fran&#231;ois Dvorak.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Automatisation, productivit&#233; et Covid-19</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Automatisation-productivite-et-Covid-19</link>
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		<dc:date>2020-10-27T08:03:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis deux d&#233;cennies au moins, la th&#233;matique du lien entre automatisation et productivit&#233; du travail domine une bonne partie des d&#233;bats entre &#233;conomistes &#8211; pas seulement marxistes. Nous l'avions d&#233;j&#224; abord&#233;e ici [1]. Cette nouvelle contribution voudrait insister sur le fait que les gains de productivit&#233; sont un facteur essentiel de la dynamique du capital et esquisser quelques pistes concernant la p&#233;riode ouverte par la pand&#233;mie. &lt;br class='autobr' /&gt; 21 octobre 2020 Alencontre &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Michel Husson &lt;br class='autobr' /&gt;
Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton45256-a6fc9.jpg?1782056009' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux d&#233;cennies au moins, la th&#233;matique du lien entre automatisation et productivit&#233; du travail domine une bonne partie des d&#233;bats entre &#233;conomistes &#8211; pas seulement marxistes. Nous l'avions d&#233;j&#224; abord&#233;e ici [1]. Cette nouvelle contribution voudrait insister sur le fait que les gains de productivit&#233; sont un facteur essentiel de la dynamique du capital et esquisser quelques pistes concernant la p&#233;riode ouverte par la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21 octobre 2020 Alencontre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Michel Husson&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5297 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH388/27fb05dc28b1744b-9e1a2ff3-88cd8.png?1782056010' width='500' height='388' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le-cl&#233; de la productivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises ont d&#251; l&#226;cher du lest pendant la crise : leur rentabilit&#233; a fortement chut&#233;. Partons du principe &#8211; vraisemblable &#8211; selon lequel leur pr&#233;occupation majeure va &#234;tre, d&#232;s que possible, de r&#233;tablir cette rentabilit&#233;. Sur quels facteurs peuvent-elles jouer ? Au niveau global, l'euthanasie des &#171; entreprises zombies &#187; permettrait de r&#233;duire le montant du capital &#224; valoriser. Les donneurs d'ordre pourront faire &#8211; encore un peu plus &#8211; pression sur les sous-traitants ou tenter de d&#233;localiser une partie suppl&#233;mentaire de leurs activit&#233;s. Le gel des salaires est &#233;videmment un moyen de r&#233;duire les co&#251;ts, surtout si une partie de cette baisse est prise en charge par l'Etat, qui peut aussi &#8211; c'est d&#233;j&#224; fait en France &#8211; r&#233;duire les imp&#244;ts des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste une variable-cl&#233; : la productivit&#233; du travail. Elle mesure le volume de biens ou services produit par salari&#233; (productivit&#233; par t&#234;te) ou par heure de travail (productivit&#233; horaire). Entre les deux, il y a la dur&#233;e du travail : si on r&#233;ussit &#224; l'allonger, comme le sugg&#232;re le patronat, on augmente la productivit&#233; par t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise pourrait-elle &#234;tre l'occasion de mettre fin au recul tendanciel des gains de productivit&#233; ? Cet &#233;puisement des gains de productivit&#233; est en effet une caract&#233;ristique essentielle du capitalisme contemporain : durant les &#171; Trente glorieuses &#187;, la productivit&#233; du travail augmentait d'environ 5 % par an. Aujourd'hui, on n'en est plus, au mieux, qu'&#224; 1 % ou 2%. Le graphique ci-dessous montre que c'est vrai pour les principaux pays capitalistes [2].&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5295 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/husson1.png?5295/9b99b78d19b6e11733a373bcbde2b2c66c9840682e6c470e5bfa507a87e643ac&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH309/9b99b78d19b6e117-3863a9c4-e26e4.png?1782056010' width='500' height='309' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'une transformation majeure dans la dynamique du capitalisme, dont l'importance est souvent sous-estim&#233;e, par exemple dans les livres r&#233;cents de Thomas Piketty ou de Branko Milanovic [3]. Pourtant, l'arithm&#233;tique est simple : l'&#233;volution du taux de profit d&#233;pend de l'&#233;cart entre la croissance de la productivit&#233; du travail et celle du salaire, compte tenu de l'alourdissement du capital. En termes techniques, le taux de profit augmente si le salaire augmente moins vite que la &#171; productivit&#233; totale des facteurs &#187;, qui est la moyenne de la productivit&#233; du travail et de l'efficacit&#233; du capital [4]. C'est &#224; partir de cette arithm&#233;tique qu'on peut analyser le passage au capitalisme n&#233;olib&#233;ral qui a pris la forme d'un processus de d&#233;r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;r&#233;gulation comme substitut &#224; la productivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;r&#233;gulation est ici d&#233;finie au sens large comme l'ensemble de dispositifs visant au r&#233;tablissement du profit, en d&#233;pit de l'&#233;puisement des gains de productivit&#233;. Nous comparons les &#233;volutions du taux de profit et de la productivit&#233; &#224; celle d'un &#171; indicateur de d&#233;r&#233;gulation &#187; synth&#233;tique, construit &#224; partir d'une batterie d'indicateurs (part des salaires, d&#233;ficits commerciaux, endettement des m&#233;nages, in&#233;galit&#233;s, financiarisation, mondialisation) [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le graphique ci-dessous illustre cette comparaison qui porte sur l'ensemble form&#233; par les principaux pays capitalistes (les variables sont normalis&#233;es). On voit se dessiner les deux grandes phases de l'histoire du capitalisme contemporain. La premi&#232;re se caract&#233;rise par une baisse parall&#232;le des gains de productivit&#233; et du taux de profit. Mais, dans le m&#234;me temps, l'index de d&#233;r&#233;gulation reste &#224; peu pr&#232;s constant. Autrement dit, on voit s'&#233;puiser progressivement le dynamisme d'un capitalismequi reste relativement &#171; r&#233;gul&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5296 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/husson2.png?5296/5d47c3081c7d033d1f6c3170c00e6b302e2215ea30a70ed6b8dc01b2c76e8eb2&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH309/5d47c3081c7d033d-0e6f9279-b1b1a.png?1782056010' width='500' height='309' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A partir du milieu des ann&#233;es 1980, s'ouvre la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale dont la configuration est toute diff&#233;rente. Alors que les gains de productivit&#233; continuent &#224; ralentir, le taux de profit repart &#224; la hausse en m&#234;me temps que l'indicateur se met &#224; cro&#238;tre. Dans la premi&#232;re phase, o&#249; le taux de profit et la productivit&#233; sont &#233;troitement corr&#233;l&#233;s, la dynamique du capital est fond&#233;e sur les gains de productivit&#233;. Dans la seconde phase, il est frappant de constater que profit et productivit&#233; &#233;voluent strictement en sens inverse. La corr&#233;lation est dor&#233;navant entre le profit et la d&#233;r&#233;gulation, qui prend ainsi le relais des gains de productivit&#233; pour assurer la restauration du taux de profit [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le myst&#232;re de la productivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est qu'on ne comprend pas les raisons de ce ralentissement de la productivit&#233; : normalement, le d&#233;veloppement des nouvelles technologies aurait d&#251; doper la productivit&#233; du travail. C'est le fameux paradoxe de Solow, cet &#233;conomiste qui avait constat&#233;, d&#233;j&#224; en 1987, qu'on &#171; voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivit&#233; [7] &#187;. Le myst&#232;re reste entier aujourd'hui. On a bien essay&#233; de montrer qu'il y avait un probl&#232;me de mesure, que les prix &#233;taient surestim&#233;s, qu'il y avait des d&#233;lais (mais cela fait longtemps qu'on attend !) sans convaincre. Nous avions aussi montr&#233; les difficult&#233;s rencontr&#233;es dans les tentatives de mod&#233;lisation o&#249; la baisse des gains de productivit&#233; est expliqu&#233;e par le temps qui passe [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, et c'est un autre paradoxe, des pr&#233;dictions catastrophistes se sont multipli&#233;es dans la p&#233;riode r&#233;cente. L'&#233;tude de r&#233;f&#233;rence, maintes fois cit&#233;e, est celle de Frey et Osborne [9] qui pr&#233;voyait en 2013 que 47 % des emplois aux Etats-Unis seraient menac&#233;s par l'automatisation au cours des deux prochaines d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les &#233;tudes les plus d&#233;taill&#233;es, et les plus s&#233;rieuses, ne discernent pas jusqu'ici d'effet n&#233;gatif de la robotisation sur l'emploi total. En revanche, l'utilisation accrue de robots r&#233;duit la part des travailleurs effectuant des t&#226;ches de routine, en particulier manuelles. C'est ce que confirme une &#233;tude r&#233;cente [10] qui donne l'exemple des implantations d'Adidas, &#224; Ansbach en Allemagne ou Atlanta aux Etats-Unis, qui produisent des milliers de chaussures par an &#224; l'aide de robots industriels et d'une poign&#233;e de travailleurs. Les auteurs soulignent qu'&#171; auparavant, ces t&#226;ches de production auraient eu lieu dans des endroits o&#249; la main-d'&#339;uvre est moins ch&#232;re, comme en Asie du Sud-Est &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre &#233;tude portant sur l'Allemagne trouve aussi que la robotisation est sans effet sur l'emploi total. Mais elle a eu un impact n&#233;gatif sur l'emploi dans l'industrie : les auteurs calculent qu'un robot suppl&#233;mentaire remplace en moyenne deux emplois dans le secteur manufacturier. Les robots seraient ainsi responsables de pr&#232;s de 23 % de la baisse de l'emploi industriel entre 1994 et 2014 [11].&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5297 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH388/27fb05dc28b1744b-9e1a2ff3-88cd8.png?1782056010' width='500' height='388' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces &#233;tudes convergent donc pour trouver un effet de l'automatisation sur la structure de l'emploi. Il est &#233;vident en effet que les t&#226;ches routini&#232;res et peu qualifi&#233;es sont plus susceptibles d'&#234;tre automatis&#233;es que les t&#226;ches sp&#233;cialis&#233;es et plus qualifi&#233;es. Pour simplifier, les robots ou les ordinateurs se substituent au travail routinier et accompagnent les t&#226;ches plus sp&#233;cialis&#233;es avec lesquelles ils sont compl&#233;mentaires. Les in&#233;galit&#233;s de salaires ne peuvent alors que s'accro&#238;tre entre les deux cat&#233;gories de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;canisme est &#224; vrai dire aussi vieux que le capitalisme. D&#233;j&#224; en 1845, Engels pouvait l'observer avec l'introduction de la Mule (une machine &#224; filer &#224; &#233;nergie hydraulique) dans les filatures de coton : &lt;i&gt;&#171; Les ouvriers qu'on nomme les &#171; fileurs fins &#187; (ceux qui filent du fil fin sur la Mule) per&#231;oivent, certes, un salaire &#233;lev&#233;, 30 &#224; 40 shillings par semaine, parce qu'ils poss&#232;dent une puissante association qui lutte pour maintenir le salaire des fileurs et que leur m&#233;tier exige un p&#233;nible apprentissage ; mais les fileurs de gros fil qui doivent concurrencer les machines automatiques (self-actors), inutilisables pour le fil fin, et dont le syndicat a &#233;t&#233; affaibli par l'introduction de ces machines, re&#231;oivent en revanche un salaire tr&#232;s bas [12] &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les secteurs concern&#233;s, il va de soi que la robotisation contribue &#224; l'augmentation de la productivit&#233;. Mais les &#233;tudes [13] qui confirment cette &#233;vidence n'expliquent pas pour autant le ralentissement global des gains de productivit&#233;. Il y aurait donc une &#171; productivit&#233; marginale d&#233;croissante &#187; de la robotisation. Le myst&#232;re reste donc entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Artus, un &#233;conomiste qui n'a rien de marxiste, ouvre une piste int&#233;ressante [14]. Il constate que tout semble aller dans le sens d'une acc&#233;l&#233;ration de la productivit&#233; : robotisation des entreprises, nouvelles technologies des entreprises, recherche et d&#233;veloppement, niveau d'&#233;ducation. Il montre aussi que la th&#233;orie n&#233;o-classique ne peut rendre compte du ph&#233;nom&#232;ne : &#171; &lt;i&gt; la substitution croissante de capital au travail devrait entra&#238;ner une acc&#233;l&#233;ration de la productivit&#233; du travail, or celle-ci a au contraire ralenti &#187;. Son explication est qu'en fait le taux d'investissement net (qui prend en compte l'amortissement du capital) a beaucoup recul&#233;. Autrement dit, &#171; les entreprises n'ont pas investi suffisamment pour compenser l'acc&#233;l&#233;ration de l'obsolescence de capital, d'o&#249; le recul des gains de productivit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On tient l&#224; une premi&#232;re piste d'explication. Malgr&#233; la baisse du prix relatif des biens d'investissement dans les nouvelles technologies, le volume de capital n&#233;cessaire est &#233;lev&#233;, d'autant plus qu'il est soumis &#224; un cycle de vie relativement court. Autrement dit, il faut investir beaucoup et souvent, et le m&#234;me volume d'investissement est porteur de gains de productivit&#233; d&#233;croissants. Mais il faut coupler cette explication avec une autre, &#224; savoir la discordance entre la demande sociale qui se d&#233;place vers des secteurs &#224; moindre productivit&#233; et les crit&#232;res de rentabilit&#233; capitalistes. C'est peut-&#234;tre la r&#233;ponse de fond au paradoxe de Solow : le flux des innovations technologiques ne semble pas se tarir, mais c'est la capacit&#233; du capitalisme &#224; les incorporer &#224; sa logique qui est en train de s'&#233;puiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s (?) la Covid-19&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du Covid-19 a conduit &#224; un recul brutal de l'emploi et des heures de travail partout dans le monde. L'Organisation internationale du travail estime que le nombre total d'heures travaill&#233;es dans le monde a baiss&#233; de 17,3 % au deuxi&#232;me trimestre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019, soit 495 millions d'emplois en &#233;quivalent temps plein. Les pays &#224; faible revenu sont les plus touch&#233;s, avec une baisse de 23,3 % des heures travaill&#233;es, soit 240 millions d'emplois en &#233;quivalent temps plein [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute de l'emploi a cependant &#233;t&#233; amortie en raison d'une r&#233;duction de la dur&#233;e du travail, sous diverses formes comme le ch&#244;mage partiel : c'est un peu l'hommage du vice &#224; la vertu. En France, le nombre d'heures travaill&#233;es dans l'ensemble de l'&#233;conomie a baiss&#233; de 1,7 milliard, soit de 4 %, au cours des deux premiers trimestres de 2020. Mais plus de 80 % de cette baisse a &#233;t&#233; couverte par le ch&#244;mage partiel ou d'autres dispositifs &#233;quivalents [16]. Cette r&#233;duction &#171; forc&#233;e &#187; de la dur&#233;e du travail (qui fait donc baisser la productivit&#233; du travail) est un verrou que les patrons chercheront &#224; faire sauter au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le petit jeu des pronostics continue. Selon le McKinsey Global Institute, &#171; 22 % des postes de travail pourraient &#234;tre automatis&#233;s d'ici 2030 &#187; en Europe, soit l'&#233;quivalent de 53 millions d'emplois [17]. Une enqu&#234;te men&#233;e par le m&#234;me institut aupr&#232;s de 800 chefs d'entreprise &#224; travers le monde montre qu'ils ont d&#233;j&#224; acc&#233;l&#233;r&#233; l'informatisation et l'automatisation pendant la pand&#233;mie [18]. Leur effort a surtout port&#233; sur le t&#233;l&#233;travail. Ces m&#234;mes dirigeants pensent que la demande pour des &#171; travailleurs ind&#233;pendants et temporaires sur site &#187; devrait augmenter au cours des deux prochaines ann&#233;es. La crise du Covid-19 ouvrirait ainsi une p&#233;riode de reprise des gains de productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5298 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH332/494592ff3ab6d4f7-7cd132ab-36110.png?1781095428' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est oublier l'une des caract&#233;ristiques du double choc d'offre et de demande inflig&#233; par la pand&#233;mie, &#224; savoir son h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; selon les secteurs (et les pays). D&#232;s lors, m&#234;me un red&#233;marrage progressif de l'&#233;conomie ne r&#233;sorberait pas les d&#233;sajustements entre offre et demande, comme le souligne une &#233;tude minutieuse 19]. L'&#233;tude de McKinsey sur l'emploi en Europe, d&#233;j&#224; cit&#233;e, apporte de ce point de vue un &#233;clairage utile : &#224; c&#244;t&#233; des 22 % d'emplois menac&#233;s par l'automatisation, elle identifie 26 % d'emplois menac&#233;s par la Covid-19. Ces deux cat&#233;gories se recouvrent en partie : 10 % des emplois europ&#233;ens seraient ainsi menac&#233;s &#224; la fois par l'automatisation et la Covid-19. Le tableau ci-dessous montre que ces emplois &#171; doublement expos&#233;s &#187; sont tr&#232;s in&#233;galement r&#233;partis selon les secteurs. Ainsi 5,4 millions d'emplois du commerce (soit 2 sur 3) seraient expos&#233;s &#224; ce double risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette diff&#233;renciation serait particuli&#232;rement d&#233;favorable aux femmes, et c'est une diff&#233;rence importante avec la crise pr&#233;c&#233;dente. Elles sont &#171; environ deux fois plus susceptibles que les hommes d'occuper des emplois &#224; haut risque de transmission de Covid-19 et d'automatisation. Les femmes ayant un niveau d'&#233;ducation moyen sont confront&#233;es au risque conjoint le plus &#233;lev&#233; de transmission de Covid-19 et d'automatisation [20] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises vont donc &#234;tre incit&#233;es &#224; la robotisation afin d'augmenter la productivit&#233;, mais aussi pour r&#233;duire l'incertitude quant &#224; la disponibilit&#233; effective de main-d'&#339;uvre, compte tenu des mesures sanitaires. Cependant l'incertitude p&#232;se aussi sur les perspectives d'activit&#233;, ce qui aura pour effet de dissuader les entreprises d'investir, d'autant plus que leur rentabilit&#233; s'est d&#233;grad&#233;e : &#171; l'incertitude quant &#224; la dur&#233;e de la pand&#233;mie p&#232;se sur les investissements et entrave le commerce ; les investissements &#233;trangers directs et les restrictions &#224; la mobilit&#233; pourraient ralentir davantage la r&#233;affectation des travailleurs des entreprises &#224; faible productivit&#233; vers celles &#224; plus forte productivit&#233; [21]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc difficile de dire laquelle de ces deux tendances va l'emporter, et la r&#233;ponse sera sans doute tr&#232;s diff&#233;rente d'un secteur &#224; l'autre [22]. Cependant l'examen des &#233;pid&#233;mies pr&#233;c&#233;dentes qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la Covid-19 (SRAS, MERS, Ebola, et Zika) montre que la productivit&#233; aurait &#233;t&#233; r&#233;duite de 4 % au bout de trois ans, en raison de leurs effets perturbateurs : dislocation de la main-d'&#339;uvre, restriction des cr&#233;dits, d&#233;sorganisation des cha&#238;nes de valeur, baisse de l'innovation [23].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une reprise &#171; en V &#187; du profit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le graphique ci-dessous est particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur des enjeux de la p&#233;riode. Il repr&#233;sente le taux de marge, autrement dit la part du profit dans la valeur ajout&#233;e des entreprises fran&#231;aises. On voit qu'il tend &#224; augmenter, avant de chuter avec la crise de 2008. A partir de 2013, il r&#233;cup&#232;re son retard pour retrouver un niveau historiquement &#233;lev&#233; : ce double mouvement de baisse puis de rattrapage dessine une longue reprise &#171; en V &#187; du profit. Puis survient la crise du Covid-19, qui le fait chuter brutalement, &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me niveau que lors de la pr&#233;c&#233;dente crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce graphique est issu du rapport du minist&#232;re de l'&#233;conomie d&#233;j&#224; cit&#233; (note 16) o&#249; ses pr&#233;visions figurent en pointill&#233;s. On peut alors d&#233;crypter les perspectives du gouvernement fran&#231;ais : rattraper en un an un recul du profit du m&#234;me ordre de grandeur que celui qui avait n&#233;cessit&#233; sept ans pour op&#233;rer un tel rattrapage. Cet objectif d'une reprise aussi rapide &#171; en V &#187; du profit repose sur l'hypoth&#232;se simpliste selon laquelle la vitesse du rattrapage sera forc&#233;ment proportionnelle &#224; celle de la chute. Mais elle r&#233;v&#232;le surtout la volont&#233; de restaurer le profit &#171; quoi qu'il en co&#251;te &#187;&#8230; aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conclusion de ce bref passage en revue pourrait &#234;tre formul&#233;e sous forme de mini-th&#232;ses :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La productivit&#233; du travail est un facteur essentiel de la dynamique propre au capitalisme. Or, elle s'&#233;puise depuis plusieurs d&#233;cennies : l'automatisation ne produit pas les r&#233;sultats attendus.&lt;br class='autobr' /&gt; La crise du Covid-19 a eu pour effet de faire chuter la productivit&#233;, de mani&#232;re diff&#233;renci&#233;e selon les secteurs.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour les capitalistes, l'enjeu essentiel d'une sortie de crise est de restaurer leur profit, dont la productivit&#233; est une composante majeure. L'automatisation peut y contribuer, mais cela suppose une reprise de l'investissement dont il est permis de douter.&lt;br class='autobr' /&gt; Le recours accru &#224; l'automatisation ne peut qu'accentuer encore la fragmentation du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Michel Husson, &#171; Le grand bluff de la robotisation &#187;, A l'encontre, 10 juin 2016 ; &#171; Stagnation s&#233;culaire : le capitalisme embourb&#233; ? &#187;, A l'encontre, 5 juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] source : Antonin Bergeaud, Long-Term Productivity Database, October 15, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Thomas Piketty, Capital et id&#233;ologie, 2019 ; Branko Milanovic, Capitalism, Alone, 2019. Traduction fran&#231;aise : Le capitalisme sans rival, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] pour plus de d&#233;tails, voir : Michel Husson, &#171; Taux de profit, salaire et productivit&#233; &#187;, note hussonet n&#176;94, 4 mars 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le mode de construction de l'index de d&#233;r&#233;gulation est expliqu&#233; dans cet article : &#171; Le n&#233;olib&#233;ralisme, stade supr&#234;me ? &#187;, Actuel Marx n&#176;51, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Cette mod&#233;lisation o&#249; le taux de profit d&#233;pend alternativement de la productivit&#233; et de la d&#233;r&#233;gulation peut m&#234;me &#234;tre test&#233;e &#233;conom&#233;triquement. Voir Michel Husson, &#171; Petite &#233;conom&#233;trie du capitalisme n&#233;olib&#233;ral &#187;, note hussonet n&#176;124, 8 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Robert Solow, &#171; We'd Better Watch Out &#187;, New York Times Book Review, July 12, 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Outre les r&#233;f&#233;rences cit&#233;es dans la note 1, voir Michel Husson, &#171; Productivit&#233; : l'&#233;nigme irr&#233;solue &#187;, Alternatives &#233;conomiques, 10 f&#233;vrier 2020 ; &#171; Comment l'Insee explique (ou pas) le ralentissement de la productivit&#233; &#187;, Alternatives &#233;conomiques, 19 juillet 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Carl Benedikt Frey, Michael A. Osborne, &#171; The future of employment : How susceptible are jobs to computerisation ? &#187;, September 17, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Elisabetta Gentile et al.,&#171; Robots replace routine tasks performed by workers &#187;, voxeu, October 8, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Wolfgang Dauth et al., &#171; The rise of robots in the German labour market &#187;, voxeu, September 19, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Friedrich Engels, La situation de la classe laborieuse en Angleterre, 1845.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] par exemple : Georg Graetz &amp; Guy Michaels,&#171; Robots at Work &#187;, The Review of Economics and Statistics, vol. 100 n&#176; 5, December 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Patrick Artus, &#171; Sur le ralentissement de la productivit&#233; &#187;, 25 septembre &amp; 1er octobre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Organisation internationale du travail, &#171; Le COVID ?19 et le monde du travail. Sixi&#232;me &#233;dition &#187;, 23 septembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Source : Minist&#232;re de l'&#233;conomie, Rapport &#233;conomique, social et financier, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] McKinsey Global Institute, &#171; The future of work in Europe. Automation, workforce transitions, and the shifting geography of employment &#187;, June 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] McKinsey Global Institute, &#171; What 800 executives envision for the postpandemic workforce &#187; September 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Maria del Rio-Chanona et al., &#171; Supply and demand shocks in the COVID-19 pandemic : an industry and occupation perspective &#187;, Oxford Review of Economic Policy, Vol. 36, Sup. 1, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Alex W. Chernoff, Casey Warman, &#171; Covid-19 and implications for automation &#187;, NBER, July 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Alistair Dieppe,&#171; Slowdown in productivity growth compounded by COVID-19 &#187;, voxeu, September 18, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] voir cet essai de mod&#233;lisation : Sylvain Leduc and Zheng Liu, &#171; Can Pandemic-Induced Job Uncertainty Stimulate Automation ? &#187;, Federal Reserve Bank of San Francisco, May 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Alistair Dieppe, Sinem Kilic Celik, Cedric Okou, &#171; Implications of Major Adverse Events on Productivity &#187;, The World Bank, September 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Septembre 2020, le plus chaud jamais enregistr&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Septembre-2020-le-plus-chaud-jamais-enregistre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Septembre-2020-le-plus-chaud-jamais-enregistre</guid>
		<dc:date>2020-10-27T08:02:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ian Angus</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des temp&#233;ratures mondiales sans pr&#233;c&#233;dent ont fait du mois de septembre dernier le plus chaud depuis 1880. 2020 sera probablement l'une des trois ann&#233;es les plus chaudes jamais enregistr&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; sur le site A l'encontre 20 octobre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Une chaleur sans pr&#233;c&#233;dent dans le monde entier a fait de septembre 2020 le mois le plus chaud depuis 1880, selon le dernier rapport mensuel sur le climat mondial de l'Agence am&#233;ricaine d'observation oc&#233;anique et atmosph&#233;rique (NOAA-National Oceanic (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton45234-a0094.jpg?1782056010' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des temp&#233;ratures mondiales sans pr&#233;c&#233;dent ont fait du mois de septembre dernier le plus chaud depuis 1880. 2020 sera probablement l'une des trois ann&#233;es les plus chaudes jamais enregistr&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/ecologie/septembre-2020-le-plus-chaud-jamais-enregistre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A l'encontre&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
20 octobre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chaleur sans pr&#233;c&#233;dent dans le monde entier a fait de septembre 2020 le mois le plus chaud depuis 1880, selon le dernier rapport mensuel sur le climat mondial de l'Agence am&#233;ricaine d'observation oc&#233;anique et atmosph&#233;rique (NOAA-National Oceanic and Atmospheric Administration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chaleur du mois a &#233;galement contribu&#233; &#224; la tendance de 2020 &#224; &#234;tre une ann&#233;e remarquablement chaude, les temp&#233;ratures mondiales depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e arrivant en deuxi&#232;me position du record climatique de 141 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Statistiques du mois de septembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moyenne, la temp&#233;rature mondiale de la surface des terres et des oc&#233;ans en septembre 2020 a &#233;t&#233; la plus &#233;lev&#233;e depuis 141 ans, avec 0,97&#176;C de plus que la moyenne du XXe si&#232;cle (15,0&#176;C).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chiffre d&#233;passe les pr&#233;c&#233;dents records &#233;tablis en 2015 et 2016. Septembre 2020 a &#233;t&#233; le 44e septembre cons&#233;cutif et le 429e mois cons&#233;cutif o&#249; les temp&#233;ratures ont d&#233;pass&#233; la moyenne du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dix septembres les plus chauds ont eu lieu depuis 2005, et les sept septembres les plus chauds ont eu lieu au cours des sept derni&#232;res ann&#233;es (2014-2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 septembre, la glace de mer ne couvrait que 1,44 million de miles carr&#233;s (3 729 582,879 km2) de l'Arctique, soit la deuxi&#232;me plus petite &#233;tendue minimale jamais enregistr&#233;e, apr&#232;s le 17 septembre 2012. Les 14 plus petites &#233;tendues minimales annuelles ont toutes &#233;t&#233; observ&#233;es au cours des 14 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt; Quelques anomalies et &#233;v&#233;nements climatiques importants, septembre 2020. Source : NOAA&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e : janvier-septembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La temp&#233;rature mondiale moyenne depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e (YTD : cumul&#233;e jusqu'&#224; cette date) a &#233;t&#233; la deuxi&#232;me plus chaude jamais enregistr&#233;e, avec 1,02&#176;C de plus que la moyenne du XXe si&#232;cle. Ce chiffre n'est qu'&#224; 0,04&#176;C du record &#233;tabli pour le m&#234;me cumul annuel en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;misph&#232;re nord a &#233;gal&#233; le record de chaleur enregistr&#233; en 2016, tandis que l'h&#233;misph&#232;re sud a connu son quatri&#232;me record de chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe, l'Asie et le golfe du Mexique ont connu leur p&#233;riode de janvier &#224; septembre la plus chaude jamais enregistr&#233;e, tandis que l'Am&#233;rique du Sud et la r&#233;gion des Cara&#239;bes ont enregistr&#233; leur deuxi&#232;me record. Aucune r&#233;gion terrestre ou oc&#233;anique n'a connu de temp&#233;ratures record en cumul annuel de froid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'analyse statistique des scientifiques de la NOAA, 2020 sera tr&#232;s probablement l'une des trois ann&#233;es les plus chaudes jamais enregistr&#233;es. (R&#233;sum&#233; publi&#233; sur le site Climate&amp;Capitalism, en date du 15 octobre 2020 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Chauve-souris et le capital : Strat&#233;gie pour l'urgence chronique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Chauve-souris-et-le-capital-Strategie-pour-l-urgence-chronique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-Chauve-souris-et-le-capital-Strategie-pour-l-urgence-chronique</guid>
		<dc:date>2020-10-26T08:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ditions La Fabrique</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur la piste du Covid-19, les chauves-souris restent le suspect n&#176;1 des virologues dans la transmission du virus &#224; l'homme. Mais d'autres facteurs, bien humains, ont contribu&#233; &#224; abolir la &#171; barri&#232;re des esp&#232;ces &#187; et &#224; propager l'&#233;pid&#233;mie dans le monde entier : la d&#233;forestation acc&#233;l&#233;r&#233;e, le commerce lucratif des animaux sauvages, l'explosion du trafic a&#233;rien et le r&#233;chauffement climatique. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce livre d&#233;crit les m&#233;canismes par lesquels le capital, dans sa qu&#234;te de profit sans fin, produit le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L98xH150/arton45223-eba5c.jpg?1781169524' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur la piste du Covid-19, les chauves-souris restent le suspect n&#176;1 des virologues dans la transmission du virus &#224; l'homme. Mais d'autres facteurs, bien humains, ont contribu&#233; &#224; abolir la &#171; barri&#232;re des esp&#232;ces &#187; et &#224; propager l'&#233;pid&#233;mie dans le monde entier : la d&#233;forestation acc&#233;l&#233;r&#233;e, le commerce lucratif des animaux sauvages, l'explosion du trafic a&#233;rien et le r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce livre d&#233;crit les m&#233;canismes par lesquels le capital, dans sa qu&#234;te de profit sans fin, produit le risque &#233;pid&#233;mique comme l'effet de serre, sans fin. &#192; l'&#233;chelle microbienne comme atmosph&#233;rique, l'urgence est devenue chronique &#8211; et ne rien faire serait fatal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'appuyant sur l'exp&#233;rience in&#233;dite de ces derniers mois, Andreas Malm appelle &#224; mettre en &#339;uvre des politiques &#233;cologiques radicales &#224; grande &#233;chelle ; il rappelle aussi que sur le front climatique, aucun &#171; retour &#224; la normale &#187; ne sera possible et que les demi-mesures bureaucratiques ne suffiront pas. Si nous ne voulons pas vivre sur &#171; une plan&#232;te enfi&#233;vr&#233;e habit&#233;e par des gens fi&#233;vreux &#187;, il faut des m&#233;thodes r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andreas Malm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andreas Malm est ma&#238;tre de conf&#233;rences en g&#233;ographie humaine en Su&#232;de et militant pour le climat. Il est notamment l'auteur de Fossil Capital (2016), L'Anthropoc&#232;ne contre l'histoire (2017) et Comment saboter un pipeline (2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du m&#234;me auteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lafabrique.fr/fascisme-fossile/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Facisme fossile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lafabrique.fr/comment-saboter-un-pipeline/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment saboter un pipeline&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lafabrique.fr/lanthropocene-contre-lhistoire/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'anthropoc&#232;ne contre l'histoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi la droite attire-t-elle les classes populaires ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pourquoi-la-droite-attire-t-elle-les-classes-populaires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Pourquoi-la-droite-attire-t-elle-les-classes-populaires</guid>
		<dc:date>2020-10-22T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Plateforme altermondialiste</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jeudi le 22 octobre &#224; 18:00 &#224; 19:30
&lt;br class='autobr' /&gt;
Organis&#233; par Alternatives, Dialogue Global pour une Alternative Syst&#233;mique &lt;br class='autobr' /&gt;
https://us02web.zoom.us/j/82467499564 &lt;br class='autobr' /&gt;
Conf&#233;rencier et conf&#233;renci&#232;re : Bill Fletcher (syndicaliste et commentateur &#233;tatsunien) et Jennie-Laure Sully (IRIS). &lt;br class='autobr' /&gt;
*Traduction vers le fran&#231;ais offerte &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ascension de Trump est souvent associ&#233;e &#224; la mise en place d'un nouveau populisme de droite aux &#201;tats-Unis qui est aliment&#233; par l'influence des r&#233;seaux &#233;vang&#233;liques dans le Parti (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Page-d-accueil-" rel="directory"&gt;Page d'accueil&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton45190-55519.png?1781352220' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeudi le 22 octobre &#224; 18:00 &#224; 19:30&lt;br class='autobr' /&gt;
Organis&#233; par Alternatives, Dialogue Global pour une Alternative Syst&#233;mique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://us02web.zoom.us/j/82467499564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://us02web.zoom.us/j/82467499564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conf&#233;rencier et conf&#233;renci&#232;re&lt;/strong&gt; : Bill Fletcher (syndicaliste et commentateur &#233;tatsunien) et Jennie-Laure Sully (IRIS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Traduction vers le fran&#231;ais offerte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ascension de Trump est souvent associ&#233;e &#224; la mise en place d'un nouveau populisme de droite aux &#201;tats-Unis qui est aliment&#233; par l'influence des r&#233;seaux &#233;vang&#233;liques dans le Parti r&#233;publicain et de coalitions in&#233;dites entre divers secteurs populaires contre l'&#233;galit&#233; de genre, de sexe et d'orientation sexuelle. Propuls&#233;e par le vaste r&#233;seau Fox et plusieurs m&#233;dias sociaux tr&#232;s id&#233;ologis&#233;s, cette droite mobilise une partie importante des couches populaires qui, dans les d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes, penchaient vers le Parti d&#233;mocrate et des mouvements progressistes. Cette &#233;volution est-elle irr&#233;versible ? Que font les m&#233;dias et r&#233;seaux progressistes pour contrer cette polarisation ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment les luttes du pass&#233; ont contribu&#233; aux luttes d'aujourd'hui</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Comment-les-luttes-d-une-passe-ont-contribue-aux-luttes-d-aujourd-hui</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Comment-les-luttes-d-une-passe-ont-contribue-aux-luttes-d-aujourd-hui</guid>
		<dc:date>2020-10-22T15:27:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Donald Cuccioletta</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Souvent quand nous regardons l'&#233;volution de la lutte des classes aux &#201;tats-Unis, nous oublions de prendre en compte comment les luttes des ann&#233;es 1960 pour nous donn&#233; un ont cr&#233;&#233; des racines sur lesquelles les luttes d'aujourd'hui ont &#233;merg&#233;. Cette d&#233;cennie a pourtant marqu&#233; les &#201;tats-Unis comme nulle autre dans l'histoire de cette soci&#233;t&#233;. Une nouvelle g&#233;n&#233;ration est n&#233;e apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, et en 1960, l'&#233;lection d'un nouveau pr&#233;sident (le jeune John F. Kennedy) indiquait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Blogues-" rel="directory"&gt;Blogues&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Blogues-738-+" rel="tag"&gt;Blogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton45271-286e4.jpg?1782056010' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Souvent quand nous regardons l'&#233;volution de la lutte des classes aux &#201;tats-Unis, nous oublions de prendre en compte comment les luttes des ann&#233;es 1960 pour nous donn&#233; un ont cr&#233;&#233; des racines sur lesquelles les luttes d'aujourd'hui ont &#233;merg&#233;. Cette d&#233;cennie a pourtant marqu&#233; les &#201;tats-Unis comme nulle autre dans l'histoire de cette soci&#233;t&#233;. Une nouvelle g&#233;n&#233;ration est n&#233;e apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, et en 1960, l'&#233;lection d'un nouveau pr&#233;sident (le jeune John F. Kennedy) indiquait que l'avenir &#233;tait prometteur. Cette nouvelle g&#233;n&#233;ration, surtout blanche, a envahi les campus comme jamais auparavant. Dans le sud, et aussi dans le nord, la s&#233;gr&#233;gation raciale (une forme d'apartheid &#224; l'am&#233;ricaine) maintenant la nouvelle g&#233;n&#233;ration afro-am&#233;ricaine sous diff&#233;rentes formes d'oppression malgr&#233; l'abolition de l'esclavage avec les in&#233;galit&#233;s, le racisme, et la brutalit&#233; polici&#232;re (ce qui n'a pas chang&#233; aujourd'hui).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La lutte pour les droits civiques, d&#233;j&#224; entrepris depuis les ann&#233;es 1950 avec Rosa Parks, Martin Luther King, le boycottage des autobus &#224; Montgomery en Alabama, a pav&#233; la voie pour les combats &#224; venir. L'espoir qu'avait suscit&#233; JFK s'est effondr&#233; avec la Guerre du Vietnam et l'envoi de 5000 troupes am&#233;ricaines par le pr&#233;sident d&#233;mocrate. Des jeunes blancs pleins d'espoir et de jeunes Afro-Am&#233;ricains ont &#233;t&#233; envoy&#233;s au front pour servir les int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. La jonction entre la lutte pour les droits civiques et la Guerre du Vietnam a commenc&#233; &#224; se consolider apr&#232;s l'assassinant de JFK. Les interventions de Malcolm X d&#233;montraient que les jeunes noirs &#233;taient cibl&#233;s par les recruteurs de l'arm&#233;e pour, leur service militaire et aussit&#244;t envoy&#233;s au Vietnam. Ar&#232;s l'assassinat de Malcom X, la rel&#232;ve afro-am&#233;ricaine, avec les &#171; leaders &#187; comme Stokely Carmichael (l'auteur du slogan Black Power), H. Rap Brown, LeRoi Jones a compris que la lutte pour les droits civiques et la lutte contre la Guerre du Vietnam constituait le m&#234;me combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement pour la libert&#233; d'expression (Free Speech Movement) sur le campus de l'Universit&#233; de Berkeley a aussi renforc&#233; l'unit&#233; entre la lutte pour les droits civiques et la lutte contre la Guerre du Vietnam. Cette alliance entre les jeunes afro-am&#233;ricains cibl&#233;s par l'arm&#233;e et les jeunes blancs a cr&#233;&#233; une unit&#233; que la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine n'avait pas vue depuis les luttes des ann&#233;es 1930 men&#233;es par le Parti communiste am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1960 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par plusieurs &#233;v&#233;nements marquants : la lutte pour le &#171; People's Park &#187; (Parc du peuple), les discours de Angela Davis sur le contr&#244;le des quartiers par le peuple, la fondation des Black Panthers, les Young Lords (groupe radical hispanophone similaire aux Panthers &#224; Chicago), les affrontements &#224; Watts en 1965 et &#224; D&#233;troit en 1967. Ces forces sociales se sont toutes donn&#233;es rendez-vous au Congr&#232;s national des d&#233;mocrates &#224; Chicago au mois d'ao&#251;t 1968. La ville de Chicago &#233;tait occup&#233;e par les militants et militantes pour les droits civiques, galvanis&#233;-e-s par l'assassinat de Martin Luther King, et les jeunes militants et militantes anti guerre aussi galvanis&#233;-e-s par l'assassinant de Robert Kennedy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le slogan lanc&#233; par les manifestants et militantes devant la police, et la garde nationale de l'&#201;tat de l'Illiniois, &#171; The Whole World is Watching &#187; a marqu&#233; les ann&#233;es 1960 et est encore utilis&#233; aujourd'hui. Le festival Woodstock qui se voulait une c&#233;l&#233;bration de l'&#233;mergence d'une nouvelle culture avec une nouvelle g&#233;n&#233;ration a ensuite eu lieu. Le FBI sous J. Edgar Hoover, s'est mis en action avec l'assassinat de plusieurs leaders des Black Panthers et l'arrestation de plusieurs militants et militantes, par l'entremise du projet COINTELPRO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s, en mars 1969, du Chicago 7 (ils &#233;taient huit avec Bobby Seale, fondateur des Panthers qui a pris un avocat des Panthers pour le d&#233;fendre) a fait la une dans tous les journaux sur la plan&#232;te. B&#226;illonn&#233;, enchain&#233; par le Juge Hoffman, ce proc&#232;s avait d&#233;montr&#233; la mont&#233;e de l'autoritarisme et les actions n&#233;o fascistes des autorit&#233;s. Le d&#233;clin de la d&#233;mocratie capitaliste avait commenc&#233; aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le meurtre de George Floyd le 25 mai dernier, une temp&#234;te de protestations s'est vite transform&#233;e en vaste r&#233;volte populaire contre le racisme et la brutalit&#233; polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4,700 manifestations ont eu lieu dans 2,500 localit&#233;s sur tout le territoire am&#233;ricain.1 Avant le meurtre de George Floyd, il y avait eu ceux de Trayvon Martin, Breona Taylor, Michel Brown, Eric Garner, Freddie Gray, parmi plusieurs &#224; travers le pays. Des &#233;meutes ont suivi &#224; Ferguson (Missouri) en 2014, Baltimore (Maryland) en 2016, et Louisville (Kentucky) en 2020. La communaut&#233; afro-am&#233;ricaine a l'impression de vivre encore les pendaisons (lynching) subies avec les actions du Klu Klux Klan, qui a commenc&#233; dans la p&#233;riode de reconstruction (apr&#232;s la Guerre civile) et qui ont continu&#233; jusqu'aux ann&#233;es 1950. La continuit&#233; de cette barbarie prouve l'existence du racisme syst&#233;mique aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'occupation de Seattle (comme &#224; Oakland sous les Panthers), des &#233;meutes qui ont &#233;branl&#233; Portland (Oregon) pendant trente jours (comme &#224; Watts, D&#233;troit et Newark au New Jersey). Une gr&#232;ve de vingt-quatre heures a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e par les d&#233;bardeurs, qui ont ferm&#233; les ports de Seattle &#224; San Diego. Toutes ces luttes avaient un aspect tout &#224; fait nouveau. Certes, les Afro-Am&#233;ricains-e-s &#233;taient sur les premi&#232;res lignes, mais ils et elles ont &#233;t&#233; soutenu-e-s par les jeunes blancs-he-s, des hispanophones, des Asiatiques et dans certaines confrontations, des autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, la mosa&#239;que am&#233;ricaine &#233;tait dans la rue - du jamais vu dans l'histoire des &#201;tats-Unis. Un exemple frappant de lutte de classe, contre l'exploitation et l'oppression du syst&#232;me capitaliste qui &#233;tait jumel&#233;e &#224; la lutte antiraciste et qui visait la supr&#233;matie blanche (pr&#244;n&#233;e par Trump). Nous pouvons donc avancer qu'il y a un projet similaire entre les luttes des ann&#233;es 1960 et celles d'aujourd'hui. Toutefois, il y a une diff&#233;rence remarquable qui, je crois, nous montre un d&#233;veloppement significatif dans la mani&#232;re de mener les luttes de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pass&#233; r&#233;cent (les ann&#233;es 1960), il y avait toujours un leader charismatique, (Malcolm X, Huey Newton, Angela Davis, Tom Hayden etc.) et des organisations men&#233;es par une direction verticale. Cependant, nous assistons aujourd'hui &#224; une nouvelle forme de leadership plus collectif, avec des pratiques de d&#233;mocratie horizontale. Ce n'est certes pas parfait mais nous devons reconna&#238;tre ce nouveau d&#233;veloppement, qui rappelle &#224; certains &#233;gards &#224; la conception de la commune. Ceci est tr&#232;s int&#233;ressant pour l&#8216;avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une question demeure et doit &#234;tre pos&#233;e : &#224; quel moment cette transformation est-elle apparue et quand est-elle devenue une nouvelle mani&#232;re d'organiser les luttes aujourd'hui ? Nous devons retourner aux innovations tactiques mises de l'avant par OCCUPY. Ce mouvement n'&#233;tait pas seulement &#224; New York et &#224; Zucotti Park. Il y avait effectivement des campements dans plus de deux cents villes &#224; travers les &#201;tats-Unis, en se r&#233;pandant aussi dans plusieurs pays et m&#234;me ici au Qu&#233;bec. Dans plusieurs campements, il y avait des s&#233;minaires sur les &#233;crits d'Antonio Gramsci, particuli&#232;rement sur le r&#244;le des intellectuels organiques, la culture populaire, les crises h&#233;g&#233;moniques du capitalisme et la distinction entre la &#171; guerre de position &#187; et la &#171; guerre de mouvement &#187;. Toutes ces mobilisations ont remis en cause, la fa&#231;on traditionnelle de faire de la politique, , avec des partis verticaux, la d&#233;mocratie capitaliste, en r&#233;fl&#233;chissant &#224; autres avenues pour faire avancer la lutte des classes, dans le nouveau contexte du 21e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche socialiste et marxiste devrait r&#233;fl&#233;chir aux nouvelles voies de lutte ici, comme cela a &#233;t&#233; fait avec le mouvement OCCUPY.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lotta Continua&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La voiture &#233;lectrique arrive &#224; Oakville*</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-voiture-electrique-arrive-a-Oakville</link>
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		<dc:date>2020-10-21T23:18:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sam Gindin</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Nous avons c&#233;d&#233; des emplois, nous avons gel&#233; les salaires, nous avons apport&#233; des changements &#224; notre r&#233;gime d'avantages sociaux ; il y a eu toute une s&#233;rie de changements relatifs au travail. Mais franchement, [cette fois] cela n'est pas dans les cartes&#8230; Ce sont des entreprises qui impriment de l'argent&#8230; Il s'agit donc de faire des progr&#232;s pour les gens de la classe ouvri&#232;re. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Traduit du. Bullet, le 15 octobtre 2020. https://socialistproject.ca/2020/10/electric-car-comes-to-oakville/ (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-syndical-canadien-" rel="directory"&gt;Mouvement syndical canadien&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton45259-99547.png?1782056010' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous avons c&#233;d&#233; des emplois, nous avons gel&#233; les salaires, nous avons apport&#233; des changements &#224; notre r&#233;gime d'avantages sociaux ; il y a eu toute une s&#233;rie de changements relatifs au travail. Mais franchement, [cette fois] cela n'est pas dans les cartes&#8230; Ce sont des entreprises qui impriment de l'argent&#8230; Il s'agit donc de faire des progr&#232;s pour les gens de la classe ouvri&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduit du. Bullet, le 15 octobtre 2020. &lt;a href=&#034;https://socialistproject.ca/2020/10/electric-car-comes-to-oakville/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://socialistproject.ca/2020/10/electric-car-comes-to-oakville/&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, la nouvelle convention collective n'a suscit&#233; qu'un int&#233;r&#234;t relativement modeste, et il y a eu peu de commentaires publics sur le degr&#233; de &#171; progr&#232;s pour la classe ouvri&#232;re &#187;. Cela refl&#232;te, en partie, le d&#233;clin &#224; long terme du r&#244;le de leadership que les travailleurs, travailleuses de l'automobile ont jou&#233; dans le pass&#233;. On ne s'attendait gu&#232;re &#224; ce que les n&#233;gociations de 2020 suivent des voies de n&#233;gociation surprenantes, et cela s'est av&#233;r&#233; vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la raison la plus &#233;vidente du silence relatif au sujet de la n&#233;gociation &#233;tait que l'action &#233;tait ailleurs. Au milieu des n&#233;gociations, la nouvelle a fait surface que la Ford Motor Company allait construire de voitures &#233;lectriques au Canada. Compte tenu de l'&#233;tat d&#233;sastreux de l'industrie de l'automobile au Canada, il n'est gu&#232;re surprenant que l'annonce d'un nouvel investissement majeur ait d&#233;plac&#233; l'int&#233;r&#234;t pour les d&#233;tails d'une convention collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous am&#232;ne &#224; des questions plus vastes. L'exemple de Ford pr&#233;sente-t-il une voie pour relancer l'industrie de l'automobile au Canada ? Quelle est l'importance de la voiture &#233;lectrique comme r&#233;ponse &#224; la crise environnementale ? Les syndicats peuvent-ils n&#233;gocier des emplois ? Quel r&#244;le le syndicat a-t-il jou&#233; dans la d&#233;cision de Ford de faire d'Oakville un centre-clef pour ses v&#233;hicules &#233;lectriques ? Y-a-t-il des alternatives &#224; la strat&#233;gie gouvernementale bas&#233;e sur des subventions ? Et par-dessus tout, qu'est-ce qui est &#171; r&#233;aliste/ pratique &#187; dans le contexte contemporain et qu'est-ce qui ne l'est pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ford Motor Company &#224; la rescousse ?&lt;br class='autobr' /&gt;
On change de place : Ce sont les travailleurs, travailleuses am&#233;ricainEs d'automobile qui assument le leadership &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res d&#233;cennies du 20e si&#232;cle, les travailleurs, travailleuses de l'automobile canadienNEs ont d&#233;fi&#233; &#224; plusieurs reprises et les grandes compagnies d'automobiles et la direction du syndicat am&#233;ricain de leurs homologues am&#233;ricainEs, les Travailleurs, travailleuses uniEs de l'automobile (UAW) - et fi&#232;rement, en vue de l'acceptation de concessions par l'UAW. La confiance qui a &#233;merg&#233; dans le syndicat canadien gr&#226;ce &#224; la lutte contre les concessions a d&#233;bord&#233;, lui permettant de jouer un r&#244;le politique central dans la r&#233;sistance au Canada &#224; la lib&#233;ralisation des &#233;changes. Tout cela a attir&#233; une grande attention sur la trajectoire du syndicat canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant au tournant de 21-e si&#232;cle le r&#244;le de leader jou&#233; par les travailleurs, travailleuses canadienNEs de l'automobile s'estompait clairement. Le syndicat a n&#233;anmoins continu&#233; &#224; se percevoir et &#224; se pr&#233;senter comme le porteur toujours d'un long h&#233;ritage radical. Le cycle r&#233;cent de n&#233;gociations a r&#233;v&#233;l&#233; de mani&#232;re particuli&#232;rement nette la modification de ce statut du syndicat : tout &#224; coup, ce sont les travailleurs, travailleuses am&#233;ricainNEs qui ont men&#233;, et les CanadienNEs qui ont suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, les travailleurs, travailleuses am&#233;ricainNEs de GM, en col&#232;re et frustr&#233;Es par des ann&#233;es de concessions, de pertes d'emplois persistantes, et cela malgr&#233; le retour clair de GM &#224; la rentabilit&#233;, se sont misES en gr&#232;ve. Leur objectif &#233;tait de revenir &#224; des gains salariaux r&#233;els (apr&#232;s inflation) et r&#233;guliers dans chaque ann&#233;e de leur accord, de supprimer l'abomination d'un syndicat qui accepte que les travailleurs, travailleuses qui font le m&#234;me travail subissent de grandes disparit&#233;s de salaires et pensions de retraite, et de rouvrir quatre usines dont la fermeture &#233;tait pr&#233;vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorit&#233; des hauts dirigeants de l'UAW &#233;tant en lambeaux &#224; cause de scandales de corruption, la gr&#232;ve a &#233;t&#233; men&#233;e &#171; par en bas &#187; et a dur&#233; six semaines - la plus longue gr&#232;ve chez GM depuis un demi-si&#232;cle. Seuls des gains salariaux mod&#233;r&#233;s ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s, et le syndicat a obtenu des concessions modestes en vue d'amener les jeunes travailleurs, travailleuses au grade d'emploi sup&#233;rieur. (Tous ceux, toutes celles embauch&#233;Es avant l'entr&#233;e en vigueur du nouvel accord ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; la parit&#233; ; les travailleurs embauch&#233;s en vertu du nouvel accord doivent encore attendre huit ans.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les modestes gains, la gr&#232;ve elle-m&#234;me a &#233;t&#233; une perc&#233;e majeure ; il a indiqu&#233; un possible renouveau de l'UAW apr&#232;s un long sommeil. Elle a d&#233;montr&#233; la volont&#233; des travailleurs, travailleuses de combattre les corporations, et l'engagement des ancienNEs au principe de la parit&#233; salariale pour les nouveaux, nouvelles embauch&#233;Es a permis de parler &#224; nouveau honn&#234;tement de solidarit&#233; ouvri&#232;re. La gr&#232;ve a surtout g&#233;n&#233;r&#233; un nouveau noyau de dirigeantEs syndicaux et syndicales potentielLEs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction d'Unifor n'a pas consid&#233;r&#233; le nouveau militantisme aux &#201;tats-Unis comme un d&#233;veloppement sur lequel les travailleurs, travailleuses de l'automobile canadienNEs pourraient, &#224; leur tour, s'appuyer. Unifor pourrait, par exemple, se battre lors de ses r&#233;centes n&#233;gociations pour obtenir des gains salariaux chaque ann&#233;e de la convention, au lieu d'alterner les gains salariaux et les montants forfaitaires. Et il aurait pu, en particulier, suivre l'exemple am&#233;ricain dans sa lutte pour r&#233;duire davantage les ann&#233;es n&#233;cessaires pour que les nouveaux travailleurs, nouvelles travailleuses atteignent la parit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace &#233;conomique pour affronter les majors de l'automobiles existait certainement. Les &#233;conomies de co&#251;ts par heure au Canada &#233;taient substantielles : des estimations prudentes sugg&#233;raient que les co&#251;ts horaires de la main-d'&#339;uvre au Canada &#233;taient inf&#233;rieurs d'au moins 20 $ (CAN) &#224; ceux d'un travailleur, une travailleuse am&#233;ricainE - une &#233;conomie de 40,000 $ par an par travailleur, travailleuses et de quelque 250 millions de dollars par an dans l'ensemble de la cha&#238;ne Ford Canada. Pourtant, comme dans le cas de GM en 2016, Unifor n'avait pas l'intention d'affronter s&#233;rieusement les grands de l'automobile. Unifor a fondamentalement accept&#233; l'accord de l'UAW (bien que, pour une raison quelconque, cet accord ne corresponde pas &#224; la modeste am&#233;lioration que l'UAW a obtenu concernant la grille salariale des jeunes travailleurs, travailleuses de Ford).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat a ramen&#233; la dur&#233;e son accord de quatre &#224; trois ans afin qu'il co&#239;ncide avec les dates d'expiration am&#233;ricaines, ce qui ouvre la porte &#224; une coop&#233;ration strat&#233;gique dans les n&#233;gociations. Cela avait du sens, m&#234;me s'il faut noter qu'avant m&#234;me la s&#233;paration canadienne, lorsque les travailleurs, travailleuses de l'automobile am&#233;ricainNEs et canadienNEs &#233;taient dans le m&#234;me syndicat et partageaient le m&#234;me contrat, une coop&#233;ration concr&#232;te n'a jamais &#233;t&#233; automatique. Les liens internationaux formels ne se traduisent pas n&#233;cessairement par un internationalisme solidaire. (Cela soul&#232;ve &#233;galement la question de savoir pourquoi Unifor ne se pr&#233;occupe pas de la m&#234;me fa&#231;on de restaurer sa relation fractur&#233;e avec le reste du mouvement syndical canadien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le secteur d'automobile meurtri du Canada&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'importantes annonces d'investissements avaient eu lieu lors des pr&#233;c&#233;dentes rondes de n&#233;gociation sans que l'int&#233;r&#234;t des n&#233;gociations collectives soit amoindri. La diff&#233;rence cette fois &#233;tait le d&#233;sespoir, proche de panique, face &#224; la d&#233;t&#233;rioration rapide de l'&#233;tat du secteur automobile canadien. Comme Dias ne cessait pas de souligner, sans un investissement de l'ampleur que Ford Motor proposait, et sans un produit v&#233;ritablement tourn&#233; vers l'avenir, le sort d&#233;plorable du secteur automobile du Canada semblerait scell&#233; ; mais avec cela, il y avait de l'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore en 2000, le Canada assemblait 50% de plus de v&#233;hicules que la Chine. Le Canada faisait alors partie d'un groupe des cinq pays producteurs d'automobiles &#224; peu pr&#232;s &#233;gaux qui, en termes de v&#233;hicules assembl&#233;s, se classaient seulement derri&#232;re les &#201;tats-Unis, le Japon et l'Allemagne. Ce succ&#232;s relatif &#233;tait enracin&#233; dans la politique commerciale historique du Canada, fond&#233;e sur des r&#232;glements commerciaux qui garantissaient que les entreprises d&#233;sireuses de profiter de ventes au Canada devaient maintenir des engagements de production au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation n'a cependant pu survivre &#224; l'assaut du mouvement plus g&#233;n&#233;ral en faveur d'une lib&#233;ralisation des &#233;changes des ann&#233;es 1980 et 1990. Pendant un certain temps, l'industrie d'automobile canadienne a conserv&#233; des avantages fond&#233;s sur l'h&#233;ritage des investissements ant&#233;rieurs, la qualit&#233; &#233;prouv&#233;e des produits fabriqu&#233;s ici, la baisse des co&#251;ts des soins de sant&#233;, et un dollar canadien qui, pendant de longues p&#233;riodes, &#233;tait nettement inf&#233;rieur au dollar am&#233;ricain. &#192; l'heure actuelle, chaque dollar de d&#233;penses au Canada peut &#234;tre pay&#233; avec 0,76 $ en dollars am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la restructuration industrielle dans le contexte du libre-&#233;change a finalement rattrap&#233; l'industrie automobile canadienne. En 2004, GM a ferm&#233; deux usines canadiennes, une &#224; Oshawa et l'autre &#224; Ste Th&#233;r&#232;se (la seule usine automobile de ce type au Qu&#233;bec). Avec la profonde crise financi&#232;re de 2007-08, et surtout par la suite, les investissements au Canada ont pris le pas sur les autres pays. En 2019, le Mexique - qui avait assembl&#233; le m&#234;me nombre de v&#233;hicules que le Canada en 2000 - en assemblait deux fois le nombre au Canada. La Chine en rassemblait plus de douze fois plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2006 et 2019, 16 nouvelles usines ont &#233;t&#233; construites en Am&#233;rique du Nord - tous se trouvaient &#224; l'ext&#233;rieur de la r&#233;gion des Grands Lacs : dix au Mexique, et les six autres au sud des &#201;tats-Unis. Le Canada n'a pas eu de nouvelles usines et a perdu, en fait, l'une de ses deux usines d'assemblage restantes de Ford (laissant seulement celle d'Oakville) et deux autres lignes d'assemblage &#224; Oshawa, laissant l'autrefois puissant GM Canada avec une seule usine d'assemblage - CAMI. La fermeture de l'immense installation de GM &#224; Oshawa vers la fin de 2019 a &#233;t&#233; un coup particuli&#232;rement co&#251;teux et d&#233;moralisant. Autrefois Oshawa avait le plus grand complexe automobile en Am&#233;rique du Nord. La fermeture de sa derni&#232;re usine d'assemblage &#224; Oshawa a mis fin &#224; plus de 100 ans de production de v&#233;hicules dans cette ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ford &#224; la rescousse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'investissement annonc&#233; par Ford &#233;tait clairement tr&#232;s important. Pour les travailleurs, travailleuses concern&#233;Es, pour les fournisseurs soucieux du travail et de l'acc&#232;s aux nouvelles technologies et mat&#233;riaux li&#233;s aux piles, et pour tous ceux et toutes celles qui cherchent des preuves que les carburants au carbone sont en voie de disparition, c'&#233;tait une bonne nouvelle rare. Pourtant, aussi bienvenu que soit l'investissement, il ne repr&#233;sente qu'une br&#232;che dans la double crise du secteur d'automobile canadien et de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau projet d&#233;pend du futur march&#233; des voitures &#233;lectriques, qui est, entre autres, &#233;troitement li&#233; &#224; la question de savoir si les gouvernements vont radicalement acc&#233;l&#233;rer les normes qui limitent les v&#233;hicules &#224; base de carbone et lancer la construction en masse de bornes de recharge &#233;lectrique, et, finalement, &#224; une baisse du prix des v&#233;hicules &#233;lectriques. Il d&#233;pend particuli&#232;rement de l'inconnu qui est la comp&#233;titivit&#233; future de Ford sur ce march&#233; pendant que d'autres firmes s'y pr&#233;cipitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le projet d'Oakville se concr&#233;tise, il ne parviendra pas &#224; compenser les dizaines de milliers d'emplois dans le secteur de l'automobile et les emplois connexes r&#233;cemment perdus, ni les autres emplois qui seront probablement perdus au Canada avant qu'Oakville n'atteigne la pleine production de v&#233;hicules &#233;lectriques en 2028. Et m&#234;me &#224; ce stade, Ford Motor pr&#233;voit qu'Oakville elle-m&#234;me comptera 500 travailleurs, travailleuses de moins qu'elle n'en a actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, cet investissement concret, reposant sur une subvention de 295 millions de dollars de chacun des gouvernements f&#233;d&#233;ral et ontarien (une part de l'investissement total nettement plus &#233;lev&#233;e que les normes r&#233;centes), ne peut pas passer pour une &#171; strat&#233;gie automobile &#187; compl&#232;te, sans parler d'une strat&#233;gie manufacturi&#232;re englobante. Il n'y a tout simplement pas assez d'argent dans les coffres du Canada pour une fr&#233;n&#233;sie d'achat de nouvelles usines et pour la d&#233;fense connexe d'un climat d'affaires qui promet aux entreprises et aux riches de limiter leurs imp&#244;ts, sans r&#233;duire consid&#233;rablement les programmes sociaux et aggraver davantage les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour aller plus loin, m&#234;me si de telles strat&#233;gies de chantage aux gouvernements et aux citoyenNEs pour cr&#233;er des emplois s'av&#233;raient fructueuses, cela ne ferait qu'inviter toutes les juridictions du continent &#224; faire de m&#234;me, augmentant les co&#251;ts des ench&#232;res, tout en r&#233;duisant la probabilit&#233; d'&#234;tre l'un des &#171; gagnants &#187;. M&#234;me si on peut esp&#233;rer que cette strat&#233;gie fonctionnera &#224; Oakville, ce n'est pas un mod&#232;le de r&#233;ussite &#233;conomique globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il de la signification environnementale de faire d'Oakville un hub majeur pour les voitures &#233;l&#233;ctriques ? Comme indiqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, la reconnaissance du fait que nous devrons progressivement &#233;liminer les transports &#224; base de carbone est sans doute positive. Mais d&#233;pendre d'entreprises fragment&#233;es et motiv&#233;es par le profit pour &#234;tre &#171; incit&#233;es &#187; &#224; r&#233;soudre une crise qu'elles &#233;taient si fondamentales pour cr&#233;er ne constitue pas un plan environnemental. En l'&#233;tat, l'investissement de Ford ne devrait se concr&#233;tiser que dans huit ans, ce qui laisse &#224; d'autres entreprises le soin de suivre ou non, en fonction de leur &#233;valuation du risque financier, non du risque social et environnemental. En l'absence de volont&#233; et de capacit&#233; de forcer les entreprises &#224; r&#233;pondre &#224; ce que certainEs ont appel&#233; &#171; une menace existentielle pour l'humanit&#233; &#187;, nous ne pourrons pas nous attaquer &#224; l'ampleur des sc&#233;narios effrayants auxquels nous sommes confront&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, m&#234;me si les voitures priv&#233;es resteront probablement un &#233;l&#233;ment de la vie moderne pendant un certain temps, s'il devient imp&#233;ratif de rationner le nombre de v&#233;hicules sur nos routes - la pand&#233;mie actuelle montre comment l'invraisemblable devient normal en cas d'urgence - il faudra faire des choix. La priorit&#233; devrait-elle &#234;tre la poursuite de l'expansion des voitures particuli&#232;res ou du transport en commun ? Voitures priv&#233;es ou v&#233;hicules d'autopartage int&#233;gr&#233;es au syst&#232;me de transport en commun ? Voitures priv&#233;es ou flottes de v&#233;hicules appartenant au gouvernement servant l'int&#233;r&#234;t public (voir &#171; Green Jobs Oshawa &lt;a href=&#034;https://www.greenjobsoshawa.ca/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.greenjobsoshawa.ca/&lt;/a&gt;) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;alit&#233; est que le nombre de voitures priv&#233;es, par n&#233;cessit&#233; environnementale, atteindra bient&#244;t un pic puis diminuera, il s'ensuit que la construction de voitures particuli&#232;res ne fournira pas les emplois que les gens esp&#232;rent. Mais si l'imp&#233;ratif environnemental exige la restructuration de tout ce qui concerne la fa&#231;on dont nous vivons, travaillons, voyageons et interagissons, n'est-ce pas l&#224; que nous devrions chercher &#224; d&#233;velopper la capacit&#233; technologique et productive dont nous aurons besoin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penser plus grand&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dilemmes de la n&#233;gociation pour l'emploi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats sont structur&#233;s pour n&#233;gocier les conditions de travail et la r&#233;mun&#233;ration de leurs membres. Le dilemme auquel les syndicats sont confront&#233;s, en particulier en p&#233;riode de croissance lente et de restructuration &#233;conomique, est que la premi&#232;re priorit&#233; de leurs membres est de conserver leur emploi. Essayer de r&#233;soudre ce dilemme &#224; l'int&#233;rieur du rapport de n&#233;gociation est tr&#232;s souvent un pi&#232;ge. La revendication des syndicats de mettre fin aux licenciements et aux fermetures invite in&#233;vitablement la r&#233;ponse famili&#232;re des patrons : &#171; &#192; quoi renoncerez-vous pour conserver (ou obtenir) les emplois ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1970, les travailleurs, travailleuses am&#233;ricainEs &#233;taient confront&#233;Es &#224; une concurrence accrue des firmes l'&#233;trang&#232;res. La question de faire des concessions en &#233;change de la s&#233;curit&#233; de l'emploi a d'abord &#233;t&#233; d&#233;battue en termes abstraits. Les vents politiques les opposant, le syndicat a accept&#233; &#224; contrec&#339;ur cette strat&#233;gie consistant &#224; essayer d'obtenir des emplois en &#233;change de concessions. Apr&#232;s chaque ronde de n&#233;gociation, l'UAW a fi&#232;rement affirm&#233; que cette fois il a vraiment atteint son objectif. Quand les concessions ont commenc&#233; lors du cycle de n&#233;gociations de 1979, GM comptait 321 000 travailleurs, travailleuses, membre de l'UAW. Apr&#232;s les interminables s&#233;ries de concessions sur les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail, GM a entam&#233; des n&#233;gociations en 2019 avec quelques 46000 membres de l'UAW (une baisse de plus de 85%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, les travailleurs, travailleuses d'Oshawa risquaient de perdre la seule usine d'assemblage restante d'Oshawa. Bien que le syndicat ait critiqu&#233; pendant des ann&#233;es l'&#233;change de concessions pour conserver des emplois, les dirigeants du syndicats ont fait de tr&#232;s s&#233;rieuses concessions en &#233;change d'une &#171; garantie d'emploi &#187;. Lorsque GM est revenu sur son engagement, le syndicat a lanc&#233; une campagne publicitaire massive pour &#171; faire honte &#187; &#224; GM et l'obliger &#224; revenir sur sa d&#233;cision. Finalement, GM a accept&#233; de produire des pi&#232;ces de rechange avec quelque 300 travailleurs, travailleuses (sur 2300 employ&#233;Es directEs de GM et environ le m&#234;me nombre de travailleurs, travailleuses indirectEs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut un moment tr&#232;s difficile pour le syndicat. Il est important de comprendre quelles critiques sont justes et lesquelles ne le sont pas. Sur la base de l'exp&#233;rience et des politiques syndicales du pass&#233;, c'&#233;tait une erreur de conclure l'accord de 2016 avec GM qui comportait de concessions importantes contre une promesse d'emplois. Cette promesse &#233;tait, d&#232;s le d&#233;but, suspecte, puisqu'il s'agissait de travail de &#171; d&#233;bordement &#187; d'autres usines, qui &#233;tait toujours conditionnel. De plus, il n'y avait pas de m&#233;canisme qui permettrait d'obliger GM &#224; respecter l'accord. Il est connu que de telles assurances des firmes s'accompagnent toujours de mots glissants concernant l'&#233;tat futur du march&#233; et des ventes. Ce sont pour les travailleurs, travailleuses une question d'incertitude, mais une &#171; n&#233;cessit&#233; &#187; pour les entreprises, puisqu'elles savent que dans une &#233;conomie capitaliste elles ne contr&#244;lent ni le march&#233; ni leur place sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a &#233;galement raison de contester l'affirmation selon laquelle le syndicat a fait &#171; tout son possible &#187; pour r&#233;sister la d&#233;cision de GM. Cela sonne creux. Les travailleurs, travailleuses ne le pensaient certainement pas, comme le montre le film sur la fermeture d'Oshawa, &#171; Company Town &#187;, et comme l'a soulign&#233; le chef du comit&#233; d'action politique de la section locale d'Oshawa tr&#232;s peu de temps apr&#232;s l'annonce de GM. Une v&#233;ritable r&#233;ponse aurait signifi&#233; un effort concert&#233; pour impliquer directement les travailleurs, travailleuses et pour interrompre la production de camions de GM qui sortaient toujours de la cha&#238;ne et qui &#233;taient tr&#232;s rentables. Cela aurait signifi&#233; des occupations d'usines d'assemblage, des efforts pour couper l'approvisionnements d'autres usines, ou peut-&#234;tre m&#234;me la mobilisation des 13 000 retrait&#233;Es de GM &#224; Oshawa pour fermer l'usine avec des lignes de piquetage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sugg&#233;rer que de telles actions auraient emp&#234;ch&#233; la fermeture serait injuste envers Dias. Elles auraient pu r&#233;sulter en une meilleure indemnit&#233; de d&#233;part, en particulier pour les travailleurs, travailleuses des fournisseurs. Mais aucun niveau de protestations syndicales n'aurait pu inverser la fermeture de GM &#224; Oshawa. GM avait op&#233;r&#233; un changement strat&#233;gique majeur dans ses plans pr&#233;visionnels qui comprenait la fermeture de quatre grandes installations am&#233;ricaines. Cela s'est d&#233;roul&#233; malgr&#233; l'opposition de Trump et m&#234;me si, dans la foul&#233;e du r&#233;cent accord commercial &#201;tats-Unis-Mexique-Canada, les fermetures ont &#233;galement contribu&#233; &#224; discr&#233;diter l'argument de Trump (r&#233;p&#233;t&#233; par Dias pour le Canada), selon lequel l'accord apporterait la s&#233;curit&#233; de l'emploi aux &#201;tats-Unis. Et GM ne voulait pas f&#226;cher davantage les Am&#233;ricainEs en annulant sa d&#233;cision au Canada, mais non pas aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais reconna&#238;tre cela, ce n'est cependant pas accepter que rien de plus n'aurait d&#251; &#234;tre fait. Des actions syndicales directes auraient suscit&#233; des sympathies populaires. Cela aurait mis la fermeture &#224; l'ordre du jour politique et emp&#234;ch&#233; les lib&#233;raux f&#233;d&#233;raux et les conservateurs de l'Ontario de se glisser dans le brouillard sans aucune critique de GM. Cela aurait pu susciter un d&#233;bat public essentiel sur la direction du pays. Les luttes n'ont pas toujours d'effets imm&#233;diats ou observables. Mais elles sont absolument essentielles au processus historique qui cherche &#224; effectuer un changement social substantiel, ce que est refl&#233;t&#233; dans le vieux slogan des travailleurs, travailleuses de l'automobile &#171; la riposte fait la diff&#233;rence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mauvaises le&#231;ons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'entente avec GM, l'investissement de Ford - du moins pour l'instant - semble &#234;tre une victoire claire. Dias a revendiqu&#233; un r&#244;le important dans ce &#171; home run &#187;. &#201;tant donn&#233; que m&#234;me les victoires partielles sont si rares, il serait grossier de critiquer Dias pour cette exag&#233;ration. Il ne s'agit pas de marquer des points mais de remettre en question certaines des le&#231;ons id&#233;ologiques et politiques tir&#233;es du tour de victoire de Dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dias avait des liens importants avec les Lib&#233;raux. Il avait &#233;t&#233; un conseiller informel du gouvernement dans les pourparlers de libre-&#233;change, et la Ministre Freedland et Trudeau ont les deux assist&#233; au congr&#232;s d'Unifor pour lui rendre hommage pour son r&#244;le en aidant aux pourparlers et ensuite en l&#233;gitimant l'accord. Il est raisonnable d'accepter qu'il a contribu&#233; &#224; faciliter les discussions entre Ford et le gouvernement. Mais cela soul&#232;ve la question de savoir pourquoi ces relations n'ont pas jou&#233; un r&#244;le dans la fermeture d'Oshawa et de dizaines d'autres usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus important encore, cela tend &#224; renforcer l'id&#233;e que les transactions en coulisses ont &#233;t&#233; le facteur critique de ces &#233;v&#233;nements. Mais tout comme Dias ne peut pas &#234;tre bl&#226;m&#233; pour avoir laiss&#233; GM fermer Oshawa, Dias ne peut pas &#234;tre reconnu pour l'investissement de Ford. Dans le cas de Ford, contrairement &#224; celui de GM, Ford n'&#233;tait pas au milieu d'un bouleversement majeur. GM &#233;tait en fait int&#233;ress&#233; par le maintien des installations d'Oakville. Puisque Ford s'int&#233;ressait &#224; Oakville ind&#233;pendamment de la pression du syndicat ou du gouvernement, la compagnie voulait voir combien les deux niveaux de gouvernement lui donneraient pour faire son investissement. (Les subventions s'&#233;levaient &#224; environ 1/3 de l'investissement total).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lib&#233;raux, lib&#233;rales ont non seulement salu&#233; les emplois, mais ils, elles ont vu une opportunit&#233; dans la production de voitures &#233;lectriques pour compenser certaines des critiques qui leur ont &#233;t&#233; adress&#233;es pour leurs d&#233;penses massives en pipelines. (Ils n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;courag&#233;s par la contradiction &#233;conomique entre la construction de plus de pipelines et la construction de voitures qui n'auront pas besoin de ce p&#233;trole.) Quant &#224; l'Ontario, o&#249; l'une des premiers actes du premier ministre Ford en arrivant au pouvoir a &#233;t&#233; de supprimer les subventions qui devaient encourager l'achat de v&#233;hicules &#233;lectriques, il s'est imm&#233;diatement transform&#233; en un passionn&#233; de voitures &#233;lectriques. Il est possible que le leader d'Unifor &#224; jou&#233; un r&#244;le d'appoint dans tout cela, mais il n'&#233;tait pas d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il est particuli&#232;rement exag&#233;r&#233; de sugg&#233;rer que la campagne GM d'Unifor a servi d'avertissement &#224; Ford. Cela d&#233;courage une discussion honn&#234;te sur ce que les syndicats doivent consid&#233;rer s'ils ne veulent pas &#234;tre confront&#233;s &#224; des options de plus en plus limit&#233;es. La campagne de GM d'Unifor &#233;tait un signe de faiblesse du syndicat et non de force. Et si le r&#233;sultat de la fermeture de 95% de la capacit&#233; de l'usine GM &#224; Oshawa &#233;tait une le&#231;on de quelque nature que ce soit pour Ford, c'est que la compagnie pourraient bien para&#238;tre m&#234;me avec un investissement mineur dans la production de v&#233;hicules &#233;lectriques en Ontario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penser plus grand : des emplois verts pour Oshawa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Green Jobs Oshawa (GJO) est un groupe d'ancienNes travailleurs, travailleuses de GM et de militantEs communautaires qui ont &#233;merg&#233; &#224; l'ombre de la fermeture de l'usine GM &#224; Oshawa. Ce qui distingue ce groupe est sa demi-douzaine de perspectives interd&#233;pendantes suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, nous devons penser au-del&#224; de GM et des entreprises priv&#233;es en concurrence pour le profit. Le bilan est clair : elles ne nous donneront pas en fin de compte une base manufacturi&#232;re et des emplois solides. L'alternative consiste &#224; placer l'installation d'Oshawa sous propri&#233;t&#233; publique (du gouvernement f&#233;d&#233;ral, ou municipale avec le soutien du f&#233;d&#233;ral).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, nous devons penser au-del&#224; de l'industrie de l'automobile. Dans le contexte de la crise environnementale, personne ne voit plus l'automobile comme une industrie de croissance pour cr&#233;er des emplois. Les capacit&#233;s dont nous disposons - comp&#233;tences, &#233;quipements, installations sous-utilis&#233;es - devraient &#234;tre converties en tout ce dont nous aurons besoin pour faire face &#224; la restructuration &#233;cologique de notre fa&#231;on de travail, de voyager, d'appr&#233;cier les loisirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, nous devons penser au-del&#224; de la concurrence. Placer les installations sous la propri&#233;t&#233; publique et les faire ensuite concurrencer le Mexique, la Chine ou les &#201;tats-Unis pour le march&#233; ne donnera pas de s&#233;curit&#233;. Nous avons besoin de production planifi&#233;e, bas&#233;e principalement sur des march&#233;s publics &#224; usage social (fourgons postaux, fourgons utilitaires, ambulances, minibus, voitures d'autopartage int&#233;gr&#233;es &#224; notre syst&#232;me de transport en commun).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, une &#233;tude de faisabilit&#233; command&#233;e par GJO a d&#233;montr&#233; de mani&#232;re convaincante que l'exp&#233;rimentation de ce type d'orientation peut commencer &#224; Oshawa en se concentrant sur les v&#233;hicules de flotte &#233;lectrique achet&#233;es par diff&#233;rents niveaux de gouvernement (fourgons postaux, v&#233;hicules utilitaires, ambulances, autobus scolaires, minibus et v&#233;hicules partag&#233;s par la municipalit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;mement, tout cela n&#233;cessitera le d&#233;veloppement de nouvelles capacit&#233;s et de nouvelles institutions, telles qu'une Agence nationale de convergence et des p&#244;les r&#233;gionaux de technologie/environnement dot&#233;s de centaines de jeunes ing&#233;nieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sixi&#232;mement, aussi sens&#233;es que ces recommandations puissent para&#238;tre, rien de tout cela ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; sans approfondir la compr&#233;hension des travailleurs, travailleuses du d&#233;fi devant nous et sans construire le soutien social et la capacit&#233; politique n&#233;cessaire pour r&#233;aliser quelque chose de bien meilleur. Ce d&#233;fi inclut en particulier le d&#233;veloppement de syndicats capables de surmonter leurs limites en tant qu'organisations d&#233;fensives faisant face aux probl&#232;mes particuliers de leurs membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrions finalement comprendre que la solution de probl&#232;mes particuliers n&#233;cessite la prise en compte des questions plus larges qui affectent la classe ouvri&#232;re dans son ensemble. Il faut pour cela des syndicats qui comprennent le r&#244;le dirigeant potentiel des travailleurs, travailleuses pour rendre ce qui paraissait autrefois impossible non seulement imaginable, mais m&#234;me r&#233;alisable (Pour lire plus sur cette question, voir la conclusion de la recension faite par Herman Rosenfeld du film Company Town &lt;a href=&#034;https://socialistproject.ca/2020/10/not-completely-a-company-town/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://socialistproject.ca/2020/10/not-completely-a-company-town/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui est radical est ce qui est maintenant pratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question d'emplois sera &#233;videmment soulev&#233;e lors des prochaines n&#233;gociations avec GM. Ce serait agr&#233;able d'&#234;tre surpris par d'autres bonnes nouvelles. Mais cela semble tr&#232;s improbable. Dans ce contexte, pourquoi le syndicat n'est-t-il pas le chef de file en plaidant pour l'option provisoire de produire, dans une sous-section de l'usine d'Oshawa, des respirateurs N95 dont les travailleurs, travailleuses de la premi&#232;re ligne ont d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin maintenant ? Alors que la seconde vague s'intensifie &#224; l'&#233;chelle mondiale et que les sources import&#233;es (des &#201;tats-Unis et de la Chine) se tarissent, produire de tels masques localement n'est gu&#232;re &#171; irr&#233;aliste &#187; - en particulier lorsque GM fabrique d&#233;j&#224; de tels masques &#224; Warren au Michigan ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le syndicat ne jouerait-il pas un r&#244;le dirigeant dans les grandes questions de notre temps en mettant de l'avant de plus grandes possibilit&#233;s au lieu de les rejeter ? Sans cela comment de nouvelles possibilit&#233;s peuvent-elles para&#238;tre &#224; l'ordre du jour ? Pourquoi ne pas mettre de l'avant le but de faire d'Oshawa un centre d'exp&#233;rimentation sur ce qui pourrait &#234;tre fait pour relier les capacit&#233;s de production et les besoins sociaux, en particulier ceux de l'environnement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque contre de telles suggestions a &#233;t&#233; de les rejeter comme &#171; irr&#233;alisables &#187;. Mais il n'y a rien de plus irr&#233;aliste (ou de plus irr&#233;aliste) que de continuer &#224; se cogner la t&#234;te contre le mur et d'attendre des r&#233;sultats diff&#233;rents des &#233;checs que nous avons subis depuis des d&#233;cennies. La seule fa&#231;on d'&#233;chapper aux options limit&#233;es auxquelles nous sommes confront&#233;s est de penser plus grand. Aller au-del&#224; des options restreintes existantes est une notion radicale, mais elle est en fait la seule chose prometteuse et pratique. Ce qui est vraiment pratique dans ce monde &#224; l'envers est devenu le radical.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sam Gindin a &#233;t&#233; directeur de recherche des Travailleurs, travailleuses canadienNEs de l'automobile de 1974 &#224; 2000. Il est co-auteur (avec Leo Panitch) de &lt;i&gt;The Making of Global Capitalism &lt;/i&gt;(Verso), et co-auteur avec Leo Panitch et Steve Maher de &lt;i&gt;The Socialist Challenge Today&lt;/i&gt;, &#233;dition am&#233;ricaine &#233;largie et mise &#224; jour (Haymarket).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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