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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La valeur des armes vendues &#224; l'Arabie saoudite sup&#233;rieure &#224; celle de l'aide fournie au Y&#233;men </title>
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		<dc:subject>Canada</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

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&lt;p&gt;La valeur des exportations d'armes des membres du G20 vers l'Arabie saoudite est trois fois plus importante que l'aide vers&#233;e au Y&#233;men depuis 2015 indique Oxfam &lt;br class='autobr' /&gt; | Oxfam De Camille Garnier &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats membres du G20 ont export&#233; des armes d'une valeur de plus de 22 milliards de dollars canadiens vers l'Arabie saoudite depuis que celle-ci s'est impliqu&#233;e dans le conflit au Y&#233;men en 2015, pourtant, ils n'ont vers&#233; qu'un tiers de cette somme pour venir en aide aux personnes confront&#233;es &#224; ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Yemen-+" rel="tag"&gt;Yemen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton45706-f8e64.jpg?1782055154' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La valeur des exportations d'armes des membres du G20 vers l'Arabie saoudite est trois fois plus importante que l'aide vers&#233;e au Y&#233;men depuis 2015 indique Oxfam&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;| Oxfam &lt;br class='autobr' /&gt;
De Camille Garnier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats membres du G20 ont export&#233; des armes d'une valeur de plus de 22 milliards de dollars canadiens vers l'Arabie saoudite depuis que celle-ci s'est impliqu&#233;e dans le conflit au Y&#233;men en 2015, pourtant, ils n'ont vers&#233; qu'un tiers de cette somme pour venir en aide aux personnes confront&#233;es &#224; ce qui constitue la plus grande crise humanitaire au monde, d&#233;clare Oxfam aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la p&#233;riode allant de 2015 &#224; 2019, le Canada a export&#233; du mat&#233;riel militaire d'une valeur de 375 millions $ CA vers l'Arabie saoudite ce qui correspond &#224; 1,6 fois le montant d'aide humanitaire que le pays a fourni au Y&#233;men depuis 2015. Par ailleurs sur la m&#234;me p&#233;riode, le gouvernement canadien a autoris&#233; des licences d'exportation de mat&#233;riel militaire vers ce m&#234;me pays pour un montant de plus de 4 milliards $ CA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les appels r&#233;p&#233;t&#233;s d'Oxfam-Qu&#233;bec et de plusieurs autres organisations de la soci&#233;t&#233; civile ainsi que son adh&#233;sion au Trait&#233; sur le commerce des armes, le Canada refuse toujours de cesser ces exportations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs d'&#201;tats du G20 doivent se r&#233;unir cette semaine dans le cadre d'un sommet virtuel organis&#233; par l'Arabie saoudite. Les ventes d'armes &#224; cet &#201;tat du Golfe pourraient faire l'objet d'une surveillance renforc&#233;e compte tenu que Joe Biden, nouvel &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis, a d&#233;clar&#233; qu'il mettrait fin aux ventes d'armes &#224; l'Arabie saoudite, lesquelles alimentent la guerre au Y&#233;men.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pire crise humanitaire au monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cinq ans de conflit, le Y&#233;men conna&#238;t la pire crise humanitaire au monde, avec 10 millions de personnes souffrant de la faim, la plus grande &#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra jamais enregistr&#233;e et seulement la moiti&#233; des h&#244;pitaux fonctionnant &#224; plein r&#233;gime. Oxfam a rapport&#233; en ao&#251;t que depuis le d&#233;but de cette guerre, des raids a&#233;riens visent des h&#244;pitaux, des cliniques, des puits et des r&#233;servoirs d'eau en moyenne tous les dix jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Il est inacceptable que le gouvernement canadien continue d'alimenter ce conflit meurtrier par ses exportations de mat&#233;riel militaire, d&#233;plore la coordonnatrice humanitaire d'Oxfam-Qu&#233;bec, C&#233;line F&#252;ri. C'est d'autant plus contradictoire que notre pays est l'un des principaux donateurs d'aide humanitaire au Y&#233;men&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie de coronavirus n'a fait qu'aggraver la situation sur place. Malgr&#233; cela, le plan de r&#233;ponse humanitaire des Nations Unies pour fournir de l'eau potable, de la nourriture et des soins m&#233;dicaux aux plus vuln&#233;rables n'est financ&#233; qu'&#224; 44 % cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision de l'Arabie saoudite de prendre la t&#234;te d'une coalition de huit pays pour soutenir le gouvernement du Y&#233;men, lequel est reconnu par la communaut&#233; internationale, a aggrav&#233; le conflit et entra&#238;n&#233; des raids a&#233;riens qui durent depuis plus de cinq ans. Alors que la valeur des exportations d'armes des pays du G20 vers l'Arabie saoudite correspond &#224; 22 milliards $ CA pour la p&#233;riode 2015-2019 (la derni&#232;re ann&#233;e pour laquelle des donn&#233;es sont disponibles), ce chiffre s'&#233;l&#232;ve en fait &#224; 41,2 milliards si l'on y ajoute les exportations vers les sept autres pays membres de la coalition en guerre au Y&#233;men. C'est plus de cinq fois le montant de l'aide apport&#233;e au Y&#233;men par les pays membres du G20 entre 2015 et 2020. En outre, l'Arabie saoudite a accord&#233; une aide de pr&#232;s de 5 milliards de $ CA.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une situation &#171; absolument immorale &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; confront&#233;e pendant toutes ces ann&#233;es aux maladies, aux d&#233;placements et &#224; tant de morts, la population du Y&#233;men a besoin de ce puissant soutien de la communaut&#233; internationale afin de rassembler toutes les parties au conflit et de les amener &#224; accepter un cessez-le-feu imm&#233;diat, commente Muhsin Siddiquey, directeur d'Oxfam au Y&#233;men. Il est absolument immoral de gagner des milliards gr&#226;ce aux exportations d'armes qui alimentent le conflit, tout en versant une petite part de ces b&#233;n&#233;fices en aide au Y&#233;men. Les &#201;tats les plus riches du monde ne peuvent pas continuer &#224; faire passer leurs b&#233;n&#233;fices avant la population y&#233;m&#233;nite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la d&#233;claration unilat&#233;rale de cessez-le-feu annonc&#233;e par la coalition saoudienne en avril, les combats se poursuivent dans l'ensemble du pays. Les gouvernorats de Marib et d'Al-Jawf, dans le nord du pays, sont les plus touch&#233;s par les frappes a&#233;riennes, tandis que le gouvernorat de Ta&#239;z, dans le centre du Y&#233;men, conna&#238;t les combats les plus violents sur le terrain. La ville portuaire cl&#233; de Hudaydah a r&#233;cemment connu une recrudescence des combats. Il s'agit du principal point d'entr&#233;e pour la nourriture, le carburant et les m&#233;dicaments dont ont besoin les 20 millions de Y&#233;m&#233;nites qui habitent les gouvernorats du nord pour pr&#233;venir la famine et une nouvelle &#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#201;tats membres du G20, dont les &#201;tats-Unis et le Royaume-Uni, versent une aide au Y&#233;men, mais il ne s'agit que d'une petite part de la valeur des exportations de leurs soci&#233;t&#233;s nationales d'armement vers l'Arabie saoudite. D'autres &#201;tats, comme le Japon, ont vers&#233; une aide au Y&#233;men et n'ont pas export&#233; d'armes vers l'Arabie saoudite au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es. Tandis que d'autres, comme l'Argentine, n'ont ni apport&#233; d'aide au Y&#233;men, ni export&#233; d'armes vers l'Arabie Saoudite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ibtisam Sageer Al Razehi, 35 ans, une ancienne enseignante et m&#232;re de trois enfants, vit avec sa famille dans les d&#233;combres de leur maison dans la ville de Sa'ada, qui a &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;e par des missiles et des tirs d'artillerie. Son mari a &#233;t&#233; tu&#233; lors d'une attaque a&#233;rienne en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; J'ai perdu mon mari, mes enfants ont perdu leur p&#232;re, nous avons perdu notre source de revenus et, &#224; cause de la guerre, j'ai aussi perdu mon emploi, qui &#233;tait notre dernier espoir pour survivre, d&#233;plore-t-elle. L'aide humanitaire a beaucoup diminu&#233; : nous ne recevons de la nourriture que tous les deux mois maintenant, au lieu de chaque mois. J'implore le monde de prendre piti&#233; des enfants du Y&#233;men et de mettre fin &#224; cette guerre. Nous avons perdu tout ce qui faisait que la vie &#233;tait belle, m&#234;me le simple espoir de vivre en paix&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordonnatrice humanitaire d'Oxfam-Qu&#233;bec, C&#233;line F&#252;ri est disponible pour des entrevues sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es, Oxfam-Qu&#233;bec et un ensemble d'organisations de la soci&#233;t&#233; civile ont adress&#233; quatre lettres au premier ministre canadien Justin Trudeau pour l'appeler &#224; mettre fin aux exportations de mat&#233;riel militaire vers l'Arabie saoudite sans &#234;tre entendues. La plus r&#233;cente de ces lettres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUU9oFpCdMKp3ksAga7eh3GcEajT3Q0GDCv-2BKVyriUE5yC4b4KL0iOoAr3-2FjSN4Wuio7XmqSOwwljJ5B810pzNAnr0HSvFlTeM-2FHMY4X5srp9YMhmfXe90WPXNJtzABLW3Q-3D-3Dk2FN_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk7860smQvLLfS5pKYwvOTKvg78plGah9IbJj5To7pbSWklHaAKcF0FhFzGoKnES7q5ElY9dCTWecfYtaggebxp3d-2FkSviGMSxkRpgmW3ID6qGIayuE9CDfDPlhNjekkryP1BW2x8tQpv7Hn2zw5TdNsd0-3D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUU9oFpCdMKp3ksAga7eh3GcEajT3Q0GDCv-2BKVyriUE5yC4b4KL0iOoAr3-2FjSN4Wuio7XmqSOwwljJ5B810pzNAnr0HSvFlTeM-2FHMY4X5srp9YMhmfXe90WPXNJtzABLW3Q-3D-3Dk2FN_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk7860smQvLLfS5pKYwvOTKvg78plGah9IbJj5To7pbSWklHaAKcF0FhFzGoKnES7q5ElY9dCTWecfYtaggebxp3d-2FkSviGMSxkRpgmW3ID6qGIayuE9CDfDPlhNjekkryP1BW2x8tQpv7Hn2zw5TdNsd0-3D&lt;/a&gt; ,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dat&#233;e de septembre a &#233;t&#233; sign&#233;e par une quarantaine d'organisations de divers horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs une p&#233;tition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUaDC4-2BXSsmMSkW41wFPwQWXHKYg8KC5QuNsO7BFNT-2FPliWqb_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk781sdGj8BP-2B4jxyLYNgY4MNN78waunmB1z9BCrOkRlnVMy8jLrIszTRY4LH3ET525E-2FySWS3rRasWlBJCFPg1cMnJwcBbbCHNsD7bzP4cHDF9iRyhB9w9MGnowdVCz-2BV4UQWVrlbMkiVy7dwN3FEaxWc-3D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUaDC4-2BXSsmMSkW41wFPwQWXHKYg8KC5QuNsO7BFNT-2FPliWqb_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk781sdGj8BP-2B4jxyLYNgY4MNN78waunmB1z9BCrOkRlnVMy8jLrIszTRY4LH3ET525E-2FySWS3rRasWlBJCFPg1cMnJwcBbbCHNsD7bzP4cHDF9iRyhB9w9MGnowdVCz-2BV4UQWVrlbMkiVy7dwN3FEaxWc-3D&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; lanc&#233;e par Oxfam-Qu&#233;bec sur le sujet a recueilli pr&#232;s de 3 000 signatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es sur la valeur des exportations d'armes vers l'Arabie saoudite et d'autres pays de la coalition proviennent de la base de donn&#233;es sur les transferts d'armes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUUPi0BLk4CKYy-2FsQ0kLCPChueA9wvdDzdp6TYF1949C5I1vU6xOXjdoRjkCWEUTqdg-3D-3DGpxP_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk78xgC3V8bvn7osPz9jMNb-2FXGomGWCe-2F28nysdZ-2Fx7ZBkgcGS58UQdMsXFqV0-2Fqcc2WnkW-2BfLC1wg7qEVmwfMmVkW9sdtcakdo8e6ditIXkj4a519yT4DOhBPssjzkMApMgFxGr9cikYVu65sTMi9Irfw-3D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUUPi0BLk4CKYy-2FsQ0kLCPChueA9wvdDzdp6TYF1949C5I1vU6xOXjdoRjkCWEUTqdg-3D-3DGpxP_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk78xgC3V8bvn7osPz9jMNb-2FXGomGWCe-2F28nysdZ-2Fx7ZBkgcGS58UQdMsXFqV0-2Fqcc2WnkW-2BfLC1wg7qEVmwfMmVkW9sdtcakdo8e6ditIXkj4a519yT4DOhBPssjzkMApMgFxGr9cikYVu65sTMi9Irfw-3D&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Elles comprennent les donn&#233;es relatives aux exportations effectu&#233;es entre 2015 et 2019. Ces donn&#233;es peuvent indiquer des montants inf&#233;rieurs &#224; ceux contenus dans les d&#233;clarations des diff&#233;rents gouvernements concernant leurs exportations de mat&#233;riel militaire, notamment parce que le SIPRI ne prend pas en compte dans ses calculs les licences autoris&#233;es, mais le volume de mat&#233;riel effectivement fourni &#224; un &#201;tat par un autre au cours d'une ann&#233;e donn&#233;e en faisant une estimation de la valeur bas&#233;e sur diff&#233;rents crit&#232;res (plus de d&#233;tails ici&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUUPi0BLk4CKYy-2FsQ0kLCPChueA9wvdDzdp6TYF1949C5cFSdMkJnu37bv8NTmxykHS-2BOZ04C7gWHP1BJQ2-2Fybeg-3DsXE__L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk789mqpJWlNb66tZcPfw2Xm2iX58Ts3MR-2Fm7xbuXvRHNcourO9ooXAeK0gPH6vtblhx-2BIyA8kqbXemg-2F6wrZkVsYCBpuajQxEOiwO53G3XKoCDO35nFVO7zH1VRZ0XgWwLD6gjs0sLJYfKNW0m-2FEoEocw-3D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUUPi0BLk4CKYy-2FsQ0kLCPChueA9wvdDzdp6TYF1949C5cFSdMkJnu37bv8NTmxykHS-2BOZ04C7gWHP1BJQ2-2Fybeg-3DsXE__L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk789mqpJWlNb66tZcPfw2Xm2iX58Ts3MR-2Fm7xbuXvRHNcourO9ooXAeK0gPH6vtblhx-2BIyA8kqbXemg-2F6wrZkVsYCBpuajQxEOiwO53G3XKoCDO35nFVO7zH1VRZ0XgWwLD6gjs0sLJYfKNW0m-2FEoEocw-3D&lt;/a&gt; ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es sur le montant des aides vers&#233;es au Y&#233;men proviennent du Service de suivi financier (Financial Tracking Service&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATURcyNtJ4n7V2AP3D-2F9DMYqVPds48uXOG735-2B4Bi2DWZ2b5X6nucyQNJK6Q0D1fXksQ-3D-3D_vFx_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk787rgG6EfqGvR42-2FMzIfBqF9IOFR4kRYvhd495R5kSPnzTgc9mJ7yL4Hk82EhqSGK-2Fa1YUqdJ3UnHfda-2FhE-2BqJEbhVF9nCI-2F94aH-2FvSSjblVHNjIRrKcZYwt7Y90YuN2GecbSK-2FD0gAxb-2FRyTn-2BcqYxs-3D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATURcyNtJ4n7V2AP3D-2F9DMYqVPds48uXOG735-2B4Bi2DWZ2b5X6nucyQNJK6Q0D1fXksQ-3D-3D_vFx_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk787rgG6EfqGvR42-2FMzIfBqF9IOFR4kRYvhd495R5kSPnzTgc9mJ7yL4Hk82EhqSGK-2Fa1YUqdJ3UnHfda-2FhE-2BqJEbhVF9nCI-2F94aH-2FvSSjblVHNjIRrKcZYwt7Y90YuN2GecbSK-2FD0gAxb-2FRyTn-2BcqYxs-3D&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;du Bureau de la coordination des affaire humanitaires (OCHA) des Nations Unies. Selon ces donn&#233;es, le Canada a fourni 230 118 936 $ CA depuis 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation des Nations Unies a d&#233;clar&#233; &#224; plusieurs reprises au cours des derni&#232;res ann&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (&lt;a href=&#034;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUUMC4K2CuErL455q18eFh-2FdE018xgcKv5b-2F9Q4YfXQxpOYJXAHs2Q8b3Fq4ylLwAZA-3D-3DuYRF_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk78733rmfTa-2FKM7N74PC56TwL-2FtMP5CvKPvMn2Awx8OFPBs1Rs9hhE3uzqH2CVaByhDmq84idIfqo-2FXfavUr5jwZ6pNLxeFHljqTKQtGvW3470R-2BsOguUvXcIic6g9sRflvcaR-2B9k-2Bk2m4paqCA8-2FwlBc-3D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://u7061146.ct.sendgrid.net/ls/click?upn=4tNED-2FM8iDZJQyQ53jATUUMC4K2CuErL455q18eFh-2FdE018xgcKv5b-2F9Q4YfXQxpOYJXAHs2Q8b3Fq4ylLwAZA-3D-3DuYRF_L1Ns99IPi-2FERfPRUrN8ORNVuYnbN-2BeNWOt2roLyw3ZtmGqhgklRDcfGovk-2B8MDhSx-2BxbIpL4SXGqCWCnAejYb8V4DI97buhM8x1xC-2B0SF7mgNlceLo9fituC3M-2FEQ3CS0DKqaYh9neJ5WNUxsJ2vx-2FnX9-2BUu9FLcP7OFzxUzGDlmqwPqASwiRa0K-2FSyVE-2FGoeD-2FbYdoTOWu3hTK-2FFTk78733rmfTa-2FKM7N74PC56TwL-2FtMP5CvKPvMn2Awx8OFPBs1Rs9hhE3uzqH2CVaByhDmq84idIfqo-2FXfavUr5jwZ6pNLxeFHljqTKQtGvW3470R-2BsOguUvXcIic6g9sRflvcaR-2B9k-2Bk2m4paqCA8-2FwlBc-3D&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que la situation au Y&#233;men constituait la pire crise humanitaire au monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Penser le reflux des gouvernements progressistes latino-am&#233;ricains. Quelques le&#231;ons pour la gauche</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Penser-le-reflux-des-gouvernements-progressistes-latino-americains-Quelques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Penser-le-reflux-des-gouvernements-progressistes-latino-americains-Quelques</guid>
		<dc:date>2020-12-01T07:32:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Guillaudat</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; propos du livre Fin de partie ? Am&#233;rique latine : les exp&#233;riences progressistes dans l'impasse (1998-2019) de Franck Gaudichaud, Jeffery Webber et Massimo Modonesi, Paris, &#201;ditions Syllepse, 2020, 200 p. &lt;br class='autobr' /&gt; Paru dans la revue Contretemps 24 novembre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Patrick Guillaudat &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir &#233;galement notre dossier sur le bilan des gouvernements progressistes latino-am&#233;ricains. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin de partie ? Coyoac&#225;n &lt;br class='autobr' /&gt;
L'essai Fin de partie ? Am&#233;rique latine : les exp&#233;riences progressistes dans l'impasse (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Litterature-et-fiction-" rel="directory"&gt;&#201;crits et fiction&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L107xH150/arton45835-39740.jpg?1781854273' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; propos du livre Fin de partie ? Am&#233;rique latine : les exp&#233;riences progressistes dans l'impasse (1998-2019) de Franck Gaudichaud, Jeffery Webber et Massimo Modonesi, Paris, &#201;ditions Syllepse, 2020, 200 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paru dans la revue Contretemps&lt;br class='autobr' /&gt;
24 novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Guillaudat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir &#233;galement notre dossier sur le bilan des gouvernements progressistes latino-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de partie ? Coyoac&#225;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essai Fin de partie ? Am&#233;rique latine : les exp&#233;riences progressistes dans l'impasse (1998-2019) tombe &#224; pic. En effet, il r&#233;sonne en &#233;cho aux questionnements actuels qui traversent la gauche, que ce soit sur la d&#233;mocratie, les mod&#232;les de d&#233;veloppement &#233;conomique, l'&#233;cologie ou les r&#233;ponses aux in&#233;galit&#233;s sociales. Rien d'&#233;tonnant &#224; ce que la gauche ait tourn&#233; son regard vers les exp&#233;riences latino-am&#233;ricaines du d&#233;but du XXIe si&#232;cle. Elle esp&#233;rait y trouver des r&#233;ponses politiques aux errements divers qu'elle traverse, notamment en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage, &#233;crit par trois intellectuels militants, c'est-&#224;-dire engag&#233;s aux c&#244;t&#233;s des mouvements sociaux, part d'un constat contenu dans le titre : le progressisme latino-am&#233;ricain a men&#233; &#224; une impasse. Franck Gaudichaud, Jeffery R. Webber et Massimo Mondonesi tirent un bilan sans concession en trois chapitres. Leur livre est un ensemble coh&#233;rent ou chaque auteur r&#233;alise sa partie. Partant d'une analyse concr&#232;te de l'&#233;volution des r&#233;gimes concern&#233;s par le terme de &#171; progressisme latino-am&#233;ricain &#187;, cet ouvrage passe ensuite &#224; une analyse d&#233;taill&#233;e des rapports de force internationaux pour terminer par un regard critique sur les d&#233;bats que ce moment historique a soulev&#233; au sein des intellectuels latino-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord Franck Gaudichaud dresse un rappel historique et analytique des r&#233;gimes dits &#171; progressistes &#187;, depuis le Venezuela d'Hugo Ch&#225;vez en passant notamment par le Br&#233;sil de Lula, l'Argentine des Kirchner, la Bolivie d'Evo Morales ou l'&#201;quateur de Rafael Correa. Les trajectoires sont analys&#233;es en montrant les avanc&#233;es r&#233;elles qu'ont repr&#233;sent&#233;es pour les populations les plus pauvres les politiques sociales mises en &#339;uvre dans ces pays, men&#233;es en rupture avec le credo n&#233;olib&#233;ral de baisse des d&#233;penses publiques. Rapidement ces gouvernements sont arriv&#233;s aux limites de ce syst&#232;me de r&#233;orientation des politiques publiques men&#233;es par l'&#201;tat, surtout quand ces pays ne se sont pas attaqu&#233;s &#224; la racine du mal : l'exploitation capitaliste, aggrav&#233;e ici par la d&#233;pendance de ces pays du Sud assujettis de fait &#224; la puissance des pays imp&#233;rialistes du Nord, que ce soit les USA ou l'Union Europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage collectif paru en 2013, intitul&#233; Am&#233;riques Latines : &#233;mancipations en construction, l'auteur avait d&#233;j&#224; point&#233; les contradictions &#224; venir en &#233;crivant que &#171; les gouvernements actuels, (&#8230;) rappellent une fois de plus que les gauches peuvent gagner le gouvernement, sans que le peuple ne gagne pour autant le pouvoir, ni que cela ne signifie un processus de rupture &#187;. Sept ans plus tard, on peut affirmer que cette absence de rupture s'est retourn&#233;e contre les peuples latino-am&#233;ricains, comme le prouvent les coups d'&#201;tat r&#233;ussis au Br&#233;sil avec la destitution de Dilma Roussef ou le renversement d'Evo Morales en Bolivie en 2019. Mais aussi, parfois, sans avoir besoin de l'irruption de ruptures violentes avec l'ordre ancien, comme le montrent la trajectoire actuelle de l'&#201;quateur qui s'est totalement soumis aux exigences du FMI ou l'effondrement du Venezuela de Nicol&#225;s Maduro. L'&#233;num&#233;ration des retours en arri&#232;re montre &#224; elle seule que le progressisme latino-am&#233;ricain, porteur d'espoir il y a quelques ann&#233;es, est largement en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franck Gaudichaud caract&#233;rise en partie l'arriv&#233;e de ces r&#233;gimes (au d&#233;but des ann&#233;es 2000) comme la concr&#233;tisation &#8211; au niveau politique &#8211; d'une rupture entre &#171; ceux d'en bas &#187; et les pouvoirs en place, rupture port&#233;e par la vague de mobilisations populaires qui a secou&#233; le continent d&#232;s le milieu des ann&#233;es 1990, combin&#233;e &#224; l'irruption d'un &#171; projet progressiste mis en &#339;uvre &#171; par en haut &#187; &#187;. L'auteur nous rappelle d'abord qu'&#224; la charni&#232;re des XXe et XXIe si&#232;cles, entre le mouvement des piqueteros et des usines r&#233;cup&#233;r&#233;es en Argentine, les guerres de l'eau et du gaz en Bolivie, les r&#233;voltes indig&#232;nes en &#201;quateur, les mouvements des sans-terres au Br&#233;sil, etc., le continent traversait une zone de fortes turbulences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette p&#233;riode de contestation de l'h&#233;g&#233;monie n&#233;olib&#233;rale, les mouvements sociaux remettaient en cause le credo du march&#233; libre, sans contr&#244;le, et contestaient la corruption et les in&#233;galit&#233;s croissantes. Pour d&#233;boucher sur le terrain politique, ces mouvements sociaux ont, par leur dynamique et leur puissance, favoris&#233; l'&#233;mergence de partis ad 'hoc, le MAS en Bolivie, Alianza Pa&#237;s en &#201;quateur, le PT au Br&#233;sil ou le MVR (anc&#234;tre du PSUV) au Venezuela. Franck Gaudichaud montre que cette nouveaut&#233; politique se d&#233;roule dans un cadre international pr&#233;cis : l'apr&#232;s chute du Mur de Berlin et son cort&#232;ge de reniements, de d&#233;sillusions et d'incertitudes dans l'avenir d'un projet &#233;mancipateur. C'est ce qui explique en partie la diversit&#233; des origines des partis qui ont port&#233; ce projet progressiste, coll&#233;s sur leur r&#233;alit&#233; nationale, mais aussi voulant marquer une rupture avec la gauche traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais durant l'exercice d'un pouvoir nouvellement conquis, ce projet progressiste a &#233;t&#233; avant tout une politique de redistribution partielle des ressources, sans r&#233;elle rupture avec l'ancien monde. Au contraire, le tournant vers l'extractivisme dans tous les pays disposant d'un sous-sol riche en minerais et en hydrocarbures, notamment le Venezuela, l'&#201;quateur et la Bolivie, a renforc&#233; la d&#233;pendance de ces pays au march&#233; mondial, soumission d'autant plus dramatique que les gouvernements concern&#233;s, suite &#224; la baisse des cours de certaines mati&#232;res premi&#232;res, ont accentu&#233; l'exploitation de leur sous-sol pour compenser les pertes de rentr&#233;es de devises, au m&#233;pris de leurs engagements en direction des peuples indig&#232;nes ou du respect de l'environnement. Les exemples pris dans ce chapitre sont &#233;difiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, derri&#232;re cette apparente uniformit&#233; des politiques macro&#233;conomiques, le progressisme latino-am&#233;ricain a fait preuve de cr&#233;ativit&#233; pour tenter de sortir du carcan du capitalisme n&#233;olib&#233;ral en s'appuyant, jusqu'&#224; un certain point, sur la combativit&#233; des mobilisations populaires. Les questions de la d&#233;mocratie participative, des relations entre le genre humain et la nature, le coop&#233;rativisme, ont donn&#233; lieu &#224; de longs d&#233;bats au sein de l'espace des mouvements sociaux, avanc&#233;es parfois sanctuaris&#233;es par leur traduction en articles de loi dans les nouvelles constitutions du Venezuela, d'&#201;quateur ou de Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Franck Gaudichaud montre aussi que les r&#233;ponses limit&#233;es apport&#233;es par le pouvoir politique, se transforment en contradictions en heurtant des aspirations populaires demeur&#233;es insatisfaites. Dans cette p&#233;riode de l'entre-deux, le progressisme latino-am&#233;ricain ne fait pas le choix d'approfondir le processus de transformation et d'affrontement avec les dominants. Son attitude face aux mobilisations populaires et aux mouvements sociaux varie de la tentative de canalisation, comme au Venezuela et en Bolivie, en passant par la cooptation et en allant jusqu'&#224; l'affrontement direct comme au Br&#233;sil et plus r&#233;cemment au Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir regard&#233; de pr&#232;s les contraintes externes (tr&#232;s fortes) et internes de chacun de ces processus, que ce soit la d&#233;pendance ext&#233;rieure aggrav&#233;e avec la politique du &#171; tout extractivisme &#187;, la division internationale du travail, les pressions imp&#233;riales, etc., Franck Gaudichaud termine sa partie par une analyse fouill&#233;e des d&#233;rives autoritaires de chacun de ces r&#233;gimes. Mais de mani&#232;re tr&#232;s dialectique, il montre que cette &#233;volution produit deux mouvements distincts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il amorce un possible retour de la droite n&#233;olib&#233;rale aux affaires, ce qui s'est largement confirm&#233; et, de l'autre, il ouvre la porte &#224; une &#233;mancipation possible d'une partie des mouvements sociaux d'avec ces r&#233;gimes. La r&#233;surgence de luttes d'ampleur, comme en &#201;quateur, au Nicaragua, au Chili ou en Bolivie, notamment avec le mouvement f&#233;ministe et celui des peuples indig&#232;nes, montre que la &#171; fin de partie &#187; n'est pas encore siffl&#233;e, ces conflits annon&#231;ant plut&#244;t l'amorce de la possible reconstruction d'un futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me chapitre de Jeffery R. Webber est indispensable &#224; la compr&#233;hension des contradictions du progressisme latino-am&#233;ricain. Si le milieu universitaire a tendance &#224; parler de &#171; pays &#233;mergents &#187;, c'est souvent pour faire oublier les liens profonds, m&#234;me distendus, de d&#233;pendance qui r&#233;gissent encore les &#233;conomies latino-am&#233;ricaines. Dans cette partie, Jeffery R. Webber aborde de front la question des nouvelles modalit&#233;s de domination imp&#233;rialiste en insistant sur plusieurs points essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il revient sur les ann&#233;es du n&#233;olib&#233;ralisme triomphant pour mieux insister ensuite sur les continuit&#233;s ult&#233;rieures avec cette p&#233;riode noire du continent. Il montre que le d&#233;but du XXIe si&#232;cle se caract&#233;rise par le boom de l'agrobusiness, modifiant non seulement les rapports de sociaux de production dans les campagnes mais marquant en m&#234;me temps au fer rouge l'&#233;cosyst&#232;me. Face &#224; ce virage, le secteur industriel s'est rapetiss&#233; au point de ne plus repr&#233;senter que la moiti&#233; de ce qu'il repr&#233;sentait dans les ann&#233;es 1970. L'auteur nous fait remarquer que &#171; la tendance n'a pas chang&#233; sous les gouvernements progressistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus grave, le boom des mati&#232;res premi&#232;res a favoris&#233; le renforcement de l'exploitation du sous-sol, et ce qui caract&#233;rise le progressisme latino-am&#233;ricain ne repose pas tant sur cette fuite en avant, commune &#224; tous les pays du continent, que sur l'utilisation de la rente. Ici elle est le moteur des politiques sociales, permettant un transfert d'argent et de services vers les classes populaires, &#224; la diff&#233;rence des pays conservateurs. Mais, et ce sera une des clefs de compr&#233;hension de la crise de ces gouvernements progressistes, Jeffrey R. Webber insiste sur le fait que &#171; les &#201;tats compensatoires, en cons&#233;quence, ont rompu avec des &#233;l&#233;ments sp&#233;cifiques de la bo&#238;te &#224; outils de la politique n&#233;olib&#233;rale orthodoxe en termes d'&#233;chelle de la d&#233;pense sociale, mais ont laiss&#233; les bases structurelles de l'&#233;conomie intactes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les formes de la d&#233;pendance ont fortement &#233;volu&#233;, n&#233;anmoins la chute des prix des mati&#232;res premi&#232;res a rappel&#233; cette soumission encore bien pr&#233;sente des &#233;conomies du continent au capitalisme mondial, organis&#233; par les grandes puissances &#233;tatiques et financi&#232;res. L'auteur revient sur deux modifications g&#233;opolitiques qui permettent de comprendre cette &#233;volution. D'abord, suite &#224; l'&#233;chec de la &#171; principale initiative &#233;conomique des &#201;tats-Unis dans la r&#233;gion, (,&#8230;), la promotion de la Zone de Libre-&#233;change des Am&#233;riques (ZLEA) &#187;, les USA ont multipli&#233; les accords bilat&#233;raux pour consolider leurs relations avec les &#201;tats latino-am&#233;ricains alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, ils ont recentr&#233; leurs efforts sur le contr&#244;le des pays du golfe du Mexique, Am&#233;rique centrale, Cara&#239;bes et Mexique. Il s'agissait de maintenir l'h&#233;g&#233;monie US dans la r&#233;gion et la lutte antidrogue a &#233;t&#233; un alibi central justifiant la pr&#233;sence militaire nord-am&#233;ricaine sur le continent. Ensuite, autre ph&#233;nom&#232;ne, la Chine en Am&#233;rique latine a r&#233;ussi &#224; &#234;tre un investisseur privil&#233;gi&#233; dans certains pays en ciblant ses investissements sur les mati&#232;res premi&#232;res et certains secteurs industriels clefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur montre que cette concurrence entre les principales puissances &#233;conomiques mondiales ne s'est pas traduite par un renforcement des relations et de la coop&#233;ration entre les pays latino-am&#233;ricains, qui aurait pu acc&#233;l&#233;rer une int&#233;gration r&#233;gionale et am&#233;liorer le rapport de force du continent face aux deux &#171; superpuissances &#187;. Malheureusement, les tentatives d'int&#233;gration r&#233;gionale, comme la CELAC (Communaut&#233; des &#201;tats latino-am&#233;ricains et carib&#233;ens) ou l'ALBA (Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique) ont &#233;chou&#233; en raison de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; politique des r&#233;gimes du continent et du r&#244;le jou&#233; par le Br&#233;sil qui &#171; s'est comport&#233; comme un sous-imp&#233;rialisme &#187;. La conclusion de cette partie est sans appel. Profitant de la conjugaison de la crise mondiale de 2008 et de la chute des prix des mati&#232;res premi&#232;res initi&#233;e en 2012, les USA comme la Chine ont saisi cette double opportunit&#233; pour renforcer leur influence r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les analyses fouill&#233;es contenues dans les deux premi&#232;res parties de l'ouvrage, d'une part l'analyse de l'&#233;volution des r&#233;gimes progressistes et d'autre part celle du contexte r&#233;gional de domination imp&#233;rialiste, la troisi&#232;me partie nous &#233;claire sur la mani&#232;re dont ces r&#233;gimes ont &#233;t&#233; appr&#233;hend&#233;s par les intellectuels latino-am&#233;ricains. Massimo Modonesi montre que si l'anti-n&#233;olib&#233;ralisme est consensuel au sein de la gauche intellectuelle dans la caract&#233;risation du progressisme latino-am&#233;ricain, rapidement les divisions vont s'exacerber autour de l'analyse du sens et de l'interpr&#233;tation de ce dernier, donnant lieu &#224; l'explosion de qu'il appelle un &#171; arc-en-ciel des critiques de gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces positionnements, souvent h&#233;rit&#233;s des fractures ant&#233;rieures au sein de la gauche, se sont remodel&#233;s &#224; la lumi&#232;re de l'&#233;mergence de nouvelles probl&#233;matiques, comme l'&#233;cologie, les droits des peuples indig&#232;nes, le f&#233;minisme, la critique du d&#233;veloppement, etc. Tous ces d&#233;bats se situent dans un contexte o&#249; le chavisme (et le processus bolivarien) tient un r&#244;le central, de par la radicalit&#233; de son discours et de sa politique, obligeant les intellectuels de gauche &#224; se positionner face &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; partir de ces exp&#233;riences progressistes, un autre sujet va parcourir ces d&#233;bats intellectuels, celui du &#171; populisme &#187; tel que th&#233;oris&#233; par Ernesto Laclau. Massimo Modonesi montre son influence, en particulier en Bolivie o&#249; la strat&#233;gie politique du MAS au pouvoir, tend &#224; entrer dans ce moule th&#233;orique. Il insiste sur le fait que dans cette perspective, l'&#201;tat joue un r&#244;le central &#171; comme un instrument en vue d'un d&#233;veloppement des forces productives qui permet d'entrevoir un &#233;ventuel futur socialiste, mais &#233;galement comme catalyseur du d&#233;veloppement, garant de l'&#233;quilibre social, expression de l'universalisme et affirmation de la nation &#187;. La crise v&#233;n&#233;zu&#233;lienne de 2015, comme l'ensemble des tensions internes des r&#233;gimes relevant du progressisme latino-am&#233;ricain, va provoquer des dissensions importantes au sein de ce groupe d'intellectuels critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, ceux qui soutiennent ces r&#233;gimes en perdition, rappelant les r&#233;ussites &#233;conomiques et sociales, et qui expliquent les difficult&#233;s de ces gouvernements par l'absence d'une nouvelle culture contre-h&#233;g&#233;monique et par la pr&#233;sence imp&#233;rialiste. De l'autre, cet &#171; arc-en-ciel &#187; avec aussi bien la &#171; critique rouge &#187;, anticapitaliste, qui se situe sur le terrain des classes sociales, que la &#171; critique verte &#187; des &#233;cologistes et des mouvements paysans-indig&#232;nes qui s'exprime contre les projets extractivistes et pour le respect de la nature et des droits des peuples indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces orientations se retrouvent, d&#233;battent et s'entrecroisent, en abordant les notions de progr&#232;s, de d&#233;veloppement, de d&#233;mocratie, de vivir bien ou de buen vivir, de justice sociale. Mais toutes tirent un bilan extr&#234;mement critique du progressisme latino-am&#233;ricain qui, malgr&#233; les am&#233;liorations &#233;videntes en ce qui concerne le niveau de vie des peuples, a rapidement &#233;volu&#233; vers un centralisme autoritaire, le client&#233;lisme, la corruption et les retours en arri&#232;re, en particulier avec de nouvelles alliances entre les pouvoirs politiques, les dominants et les repr&#233;sentants de l'agro-business et des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Massimo Modonesi avance une hypoth&#232;se, en caract&#233;risant les gouvernements progressistes latino-am&#233;ricains du XXIe si&#232;cle comme des &#171; r&#233;volutions passives &#187;, en s'appuyant sur les th&#233;ories gramsciennes de l'autonomie et de l'h&#233;g&#233;monie, &#171; permettant &#171; d'aller au-del&#224; de la formule de gouvernement progressiste &#187;. Apr&#232;s &#234;tre revenu longuement sur le c&#233;sarisme de ces r&#233;gimes, qui a rendu impossible la construction d'une contre-h&#233;g&#233;monie r&#233;elle, il conclut que les r&#233;volutions passives en d&#233;cadence annoncent &#171; la fin d'un cycle, d'une &#233;poque qui s'ach&#232;ve inexorablement &#187;. Modonesi prolonge son ouvrage paru en 2017, Revoluciones pasivas en Am&#233;rica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans Fin de partie ?, ce concept d&#233;velopp&#233; par Gramsci aurait m&#233;rit&#233; un d&#233;veloppement plus important dans la mesure o&#249; il a connu de multiples interpr&#233;tations dans l'histoire et qu'il reste mal connu en France. Il est &#233;vident que le terme de &#171; progressisme latino-am&#233;ricain &#187; n'est pas satisfaisant et ne permet pas de cerner les diff&#233;rences pourtant notables entre les r&#233;gimes qu'il regroupe sous cette appellation (du chavisme au lulisme). Reste &#224; savoir si cette impr&#233;cision largement utilis&#233;e peut &#234;tre remplac&#233;e efficacement par le concept de r&#233;volution passive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident qu'un livre qui r&#233;ussit le projet ambitieux de dresser un bilan d'exp&#233;riences multiples et multiformes sur tout un continent, ne peut qu'ouvrir la voie &#224; de nouvelles r&#233;flexions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi elles, une premi&#232;re r&#233;side dans l'analyse des politiques sociales. S'il est commun&#233;ment admis que les pays progressistes latino-am&#233;ricains ont r&#233;duit leur taux pauvret&#233;, les politiques sociales mises en &#339;uvre dans ces pays, &#224; l'exception du Venezuela, ont largement repris les principes de traitement de la pauvret&#233; &#233;dict&#233;s par la Banque Mondiale. Cette institution pr&#244;ne la mise en place de programmes dits de Transferts Mon&#233;taires Conditionn&#233;s cens&#233;s sortir de la mis&#232;re une partie de la population, sous condition, en les responsabilisant individuellement. Cela a &#233;t&#233; appliqu&#233; par les gouvernements progressistes en &#201;quateur, en Bolivie au Br&#233;sil, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette politique n'est pas fond&#233;e sur l'octroi de droits pour toutes et tous. Il s'agit plut&#244;t de charit&#233;, conditionn&#233;e, le plus souvent encadr&#233;e par la puissance publique. Ces programmes ne r&#233;solvent en rien la question de l'absence de services publics de qualit&#233;. On le voit avec la pand&#233;mie du Covid-19 qui met &#224; nu l'extr&#234;me fragilit&#233; des syst&#232;mes de sant&#233;, y compris dans les pays &#171; progressistes &#187;. Cela maintient aussi les b&#233;n&#233;ficiaires dans le cycle d'exclusion sociale. A la lumi&#232;re d'une r&#233;flexion sur les formes de lutte contre la pauvret&#233;, on peut poser la question de leur degr&#233; de rupture avec les politiques n&#233;olib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me r&#233;flexion, peu abord&#233;e par les critiques des r&#233;gimes &#171; progressistes &#187; latino-am&#233;ricains, concerne l'&#233;volution des rapports de classe et donc de pouvoir au sein des entreprises. Ils sont, globalement rest&#233;s inchang&#233;s (&#224; l'exception partielle du Venezuela), voire m&#234;me se sont d&#233;grad&#233;s aux d&#233;pens des salari&#233;.e.s comme en &#201;quateur et au Br&#233;sil. Comment construire une nouvelle h&#233;g&#233;monie si la bourgeoisie garde l'essentiel de son pouvoir &#233;conomique et financier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me r&#233;flexion, compl&#233;mentaire de la pr&#233;c&#233;dente : celle du rapport de la couche au pouvoir avec la bourgeoisie. L'exercice du pouvoir donne le vertige, disait Louise Michel, de m&#234;me que l'existence sociale d&#233;termine la conscience, pour paraphraser Marx. Or, la participation &#224; la direction d'institutions &#233;tatiques ou para-&#233;tatiques qui fournissent des privil&#232;ges de fonction, sans contr&#244;le r&#233;el &#171; par celles et ceux d'en bas &#187;, ne peut que produire des effets pervers. Effets qui expliquent aussi, mais pas exclusivement, le virage des r&#233;gimes progressistes vers l'agrobusiness ou l'extractivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un processus d'int&#233;gration progressive &#224; la classe capitaliste d'une fraction de l'&#233;lite politique au pouvoir, soit via la direction d'entreprises, publiques ou priv&#233;es, soit via la participation active &#224; la circulation du capital (cr&#233;ation de soci&#233;t&#233;s financi&#232;res, d'import-export, etc&#8230;), soit par la corruption directe. Ces privil&#232;ges sont obtenus gr&#226;ce &#224; la rente de situation de cette nouvelle &#233;lite politique, couche sociale qui tend &#224; se cristalliser avec le temps pass&#233; au pouvoir et &#224; s'identifier avec les valeurs de la bourgeoisie. C'est tr&#232;s nettement le cas de la &#171; bolibourgeoisie &#187; au Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant d'&#233;l&#233;ments non exclusifs qui, mis bout &#224; bout, montrent les limites du progressisme latino-am&#233;ricain. Mais malgr&#233; les crises de ces r&#233;gimes, une le&#231;on essentielle que l'on tire de la lecture de ce livre, c'est que la vague de mobilisations sociales qui parcourt actuellement le continent montre que la &#171; fin de partie &#187; n'est pas encore jou&#233;e, m&#234;me si un cycle est en train de se clore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de ce livre est bien loin des discours simplificateurs, avec d'un c&#244;t&#233; les apologistes de tout poil r&#233;duisant la crise des r&#233;gimes progressistes &#224; l'offensive de l'imp&#233;rialisme US, et de l'autre tous ceux et celles qui, apeur&#233;s par l'irruption des peuples sur la sc&#232;ne politique, identifient ces gouvernements &#224; des quasi-dictatures &#171; populistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons affaire ici &#224; un travail qui part de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te, des actions des divers gouvernements &#171; progressistes &#187; comme des dynamiques des mouvements populaires, ce qui permet aux auteurs de nous faire comprendre les contradictions de ces r&#233;gimes de mani&#232;re dialectique. Il s'agit d'un regard dynamique, ancr&#233; dans le mouvement r&#233;el des &#233;v&#232;nements, permettant de r&#233;fl&#233;chir &#224; une strat&#233;gie politique qui puisse redonner un espoir &#224; ceux et celles qui luttent pour un avenir d&#233;barrass&#233; des injustices sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, cet ouvrage montre que sans l'auto-organisation des classes populaires, l'illusion de la construction d'une soci&#233;t&#233; nouvelle par le seul prisme de la &#171; prise &#187; des institutions &#233;tatiques est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Pour parvenir &#224; ce monde de demain, la conclusion pr&#233;cise qu'&#171; il est indispensable de faire les bilans critiques des principaux processus ayant marqu&#233; l'histoire r&#233;cente de &#171; notre Am&#233;rique &#187; et, particuli&#232;rement, de comprendre les limites, obstacles et contradictions des exp&#233;riences progressistes et national-populaires &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Leur &#171; monde d'apr&#232;s &#187; est d&#233;j&#224; l&#224;, la contre-offensive reste &#224; construire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Leur-monde-d-apres-est-deja-la-la-contre-offensive-reste-a-construire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Leur-monde-d-apres-est-deja-la-la-contre-offensive-reste-a-construire</guid>
		<dc:date>2020-12-01T07:22:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Salingue</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans son ouvrage Dire non ne suffit plus (2017), Naomi Klein revient sur ce qu'elle avait nomm&#233;, dans l'ouvrage &#233;ponyme publi&#233; 10 ans plus t&#244;t, la Strat&#233;gie du choc : &#171; Une &#8220;strat&#233;gie du choc&#8221; est un ensemble de tactiques brutales qui vise &#224; tirer syst&#233;matiquement parti du d&#233;sarroi d'une population &#224; la suite d'un choc collectif [&#8230;] pour faire passer en force des mesures extr&#233;mistes en faveur des grandes corporations, mesures souvent qualifi&#233;es de &#8220;th&#233;rapie de choc&#8221;. &#187; Nul doute que la crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Debats-138-" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH73/arton45836-a76d8.jpg?1782055156' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son ouvrage Dire non ne suffit plus (2017), Naomi Klein revient sur ce qu'elle avait nomm&#233;, dans l'ouvrage &#233;ponyme publi&#233; 10 ans plus t&#244;t, la Strat&#233;gie du choc : &#171; Une &#8220;strat&#233;gie du choc&#8221; est un ensemble de tactiques brutales qui vise &#224; tirer syst&#233;matiquement parti du d&#233;sarroi d'une population &#224; la suite d'un choc collectif [&#8230;] pour faire passer en force des mesures extr&#233;mistes en faveur des grandes corporations, mesures souvent qualifi&#233;es de &#8220;th&#233;rapie de choc&#8221;. &#187; Nul doute que la crise du Covid-19 repr&#233;sente un exemple particuli&#232;rement spectaculaire de ce processus par lequel les classes dominantes tentent d'imposer brutalement leurs vues en s'appuyant sur les effets de sid&#233;ration collective propres &#224; toute crise d'ampleur. La France constitue &#224; ce titre un cas d'&#233;cole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Revue L'Anticapitaliste n&#176;115 (mai 2020)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit &#233;videmment pas de c&#233;der aux sir&#232;nes du complotisme et des th&#233;ories, plus fumeuses les unes que les autres, qui voudraient que les classes dominantes aient &#171; provoqu&#233; &#187;, voire &#171; organis&#233; &#187; la crise du Covid dans le seul but de l&#233;gitimer leurs politiques les plus extr&#234;mes. Mais force est de reconna&#238;tre que la crise actuelle repr&#233;sente une formidable opportunit&#233; pour la bourgeoisie et son personnel politique : faire adopter des mesures antisociales (augmentation du temps de travail, baisses des salaires, restriction des droits d&#233;mocratiques, etc.) au nom d'une &#171; situation exceptionnelle &#187;, en les accompagnant, lorsqu'elles sont impopulaires, de la promesse qu'elles seront &#171; temporaires &#187;, avec l'objectif inavou&#233; de les rendre durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;renniser l'exceptionnel pour le normaliser&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souviendra ici de ce qui s'est pass&#233; en France entre novembre 2015 et novembre 2017, deux ann&#233;es durant lesquelles l'&#233;tat d'urgence instaur&#233; suite aux attentats du 13 novembre a &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement reconduit, avant d'&#234;tre finalement normalis&#233; par l'inscription de la plupart de ses dispositions dans la loi ordinaire. Deux ann&#233;es au cours desquelles Hollande et Valls ont d&#233;fendu la n&#233;cessit&#233; de faire durer l'exceptionnel, trouvant toujours des raisons de prolonger des dispositifs pourtant l&#233;gitim&#233;s, selon leur d&#233;finition m&#234;me, par l'&#171; urgence &#187;. Macron, Castaner et compagnie leur ont embo&#238;t&#233; le pas, achevant, &#224; l'automne 2017, ce processus de normalisation, avec un ministre de l'Int&#233;rieur d&#233;clarant : &#171; Moi, je consid&#232;re que rien ne menace ma libert&#233; si &#231;a permet de lutter efficacement contre le terrorisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, que d'aucuns appellent &#8211; parfois sinc&#232;rement &#8211; de leurs v&#339;ux est en r&#233;alit&#233;, du point de vue des politiques des classes dominantes, d&#233;j&#224; l&#224;. Si ces derni&#232;res ne peuvent anticiper l'ensemble des d&#233;veloppements des crises en cours et &#224; venir, une grande partie de leur feuille de route est d&#233;j&#224; toute trac&#233;e : feindre la prise de conscience de la n&#233;cessit&#233; du changement pour mieux vendre des solutions r&#233;actionnaires ; reprendre &#224; leur compte les critiques du syst&#232;me pour les transformer en mesures ne mettant aucunement en danger le syst&#232;me &#8211; voire le consolidant ; p&#233;renniser l'exceptionnel afin de le normaliser. La phrase n'a pas encore &#233;t&#233; prononc&#233;e, mais on peut d&#233;j&#224; facilement l'imaginer : &#171; Moi, je consid&#232;re que rien ne menace mes droits sociaux si &#231;a permet de lutter efficacement contre la crise &#233;conomique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils ne changeront pas de logiciel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ce sens qu'il est particuli&#232;rement illusoire de penser que la crise actuelle, qui met certes &#224; nu l'incapacit&#233; g&#233;n&#233;tique du syst&#232;me capitaliste, m&#251; par la seule logique du profit, &#224; assurer la satisfaction des besoins de la majorit&#233; de la population, pourrait convaincre les classes dominantes de la n&#233;cessit&#233; de &#171; changer de logiciel &#187;, ou m&#234;me de lui apporter des modifications substantielles. &#192; titre d'exemple, ce qui peut sembler &#234;tre un inhabituel interventionnisme de l'&#201;tat ne signifie aucunement une rupture avec les canons du n&#233;o&#172;lib&#233;ralisme. Ainsi, lorsque Bruno Le Maire a &#233;voqu&#233;, en mars, des &#171; prises de participation &#187; de l'&#201;tat, voire des &#171; nationalisations &#187;, il ne s'agissait nullement de mettre sous contr&#244;le public des entreprises produisant des biens et services indispensables (l'industrie pharmaceutique par exemple), mais bien de voler au secours des &#171; fleurons &#187; du capitalisme fran&#231;ais menac&#233;s par la crise boursi&#232;re, et de les prot&#233;ger face &#224; la concurrence venue de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me logique avec les promesses de &#171; plans d'investissement &#187;, entre autres dans la sant&#233;. Comme l'a en effet rappel&#233; Gilbert Achcar, &#171; nous pouvons pr&#233;dire sans risque que les n&#233;olib&#233;raux seront unanimes &#224; augmenter les d&#233;penses de sant&#233; publique, non sans s'assurer que leurs amis fabricants de produits sanitaires en b&#233;n&#233;ficieront. Ils le feront, non pas parce qu'ils se sont soudain convertis aux vertus de l'&#201;tat-providence ou parce qu'ils se soucient du public, mais parce qu'ils redoutent les cons&#233;quences &#233;conomiques d'une nouvelle pand&#233;mie ou d'une deuxi&#232;me vague de la pand&#233;mie actuelle. Le probl&#232;me, c'est qu'ils seront naturellement enclins &#224; le faire au d&#233;triment d'autres besoins de la population, tels que l'&#233;ducation, les retraites ou les allocations de ch&#244;mage, tout en faisant payer aux salari&#233;Es &#8211; par des mesures telles que le gel ou m&#234;me la r&#233;duction des salaires &#8211; le co&#251;t du &#171; retour &#224; la normale des &#233;conomies. &#187; (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si Macron et les siens se sont illustr&#233;s par une gestion calamiteuse de la crise, ce n'est pas &#8211; seulement &#8211; par incomp&#233;tence, mais aussi en raison de ce qu'est leur vision du monde, de l'&#233;conomie, des rapports sociaux, de la politique. Dans l'imaginaire &#233;troit de ces adeptes b&#233;ats de l'&#233;conomie de march&#233;, il ne faut en effet prendre aucune d&#233;cision qui pourrait un tant soit peu remettre en cause durablement la logique capitaliste. On pr&#233;f&#232;rera ainsi d&#233;penser des dizaines de milliards d'euros d'argent public pour maintenir &#224; flot des grands groupes plut&#244;t que de les faire passer sous contr&#244;le public ; on refusera de plafonner r&#233;ellement le prix des masques &#8211; sans m&#234;me parler de les rendre gratuits &#8211; en avan&#231;ant l'argument selon lequel &#171; il ne faut pas freiner l'innovation &#187; ; on promettra des primes aux soignantEs plut&#244;t que d'augmenter leurs salaires, on fera appel au b&#233;n&#233;volat plut&#244;t que d'embaucher massivement dans les services publics, en premier lieu dans les h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Floril&#232;ge de rapports pour &#171; demain &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports et pr&#233;conisations des divers lobbys pro-patronaux, &#224; l'image de la tr&#232;s m&#233;diatis&#233;e &#171; note &#187; de l'Institut Montaigne sur le temps de travail (2), d&#233;montrent sans ambigu&#239;t&#233; que les d&#233;fenseurs acharn&#233;s du capitalisme n'ont aucunement l'intention de faire de r&#233;elles concessions ou de revenir sur leurs principes fondamentaux. On partage ainsi le diagnostic de Jean Castillo dans une note pour Attac : &#171; Au-del&#224; du secteur de la sant&#233;, sur un plan plus g&#233;n&#233;ral, la d&#233;fense du march&#233; et de ses capacit&#233;s d'organisation et de r&#233;gulation &#224; distance de l'&#201;tat est une constante dans les prises de position exprim&#233;es depuis le d&#233;but de la crise. Cette position h&#233;g&#233;monique consiste &#224; continuer &#224; s'opposer frontalement au contr&#244;le des prix ainsi qu'&#224; la r&#233;gulation de l'offre et de la demande. Tant des think tanks que des experts individuels soulignent le risque que les &#201;tats reprennent trop de pouvoir au march&#233; alors que la solution se situe toujours pour eux dans la d&#233;r&#233;gulation. &#187; (3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne signifie nullement que les capitalistes seraient dans une position attentiste, ou que leur seul objectif serait de revenir &#224; la situation d'avant la crise, ne serait-ce que parce qu'ils savent que la crise va durer et modifier les rapports sociaux dans leur ensemble. Et le moins que l'on puisse dire est qu'ils font tout pour que ces modifications s'op&#232;rent dans leurs seuls int&#233;r&#234;ts, profitant de la crise du Covid pour avancer leurs pions, et nous rappelant que le temps de l'agir politique est fondamentalement le pr&#233;sent. Dans un document rendu public le 28 mai et pr&#233;sent&#233; comme une liste de &#171; propositions pour une relance durable &#187; (4), le Medef ne s'en cache pas : &#171; La crise a r&#233;v&#233;l&#233; un certain nombre de dysfonctionnements voire des pesanteurs. Nous devons en profiter pour refonder notre &#233;conomie, en prenant en compte les imp&#233;ratifs apparus dans cette crise. &#187; Et, derri&#232;re les grands mots (&#171; transition &#233;cologique &#187;, &#171; transition num&#233;rique &#187;, etc.), les objectifs affich&#233;s sont on ne peut plus clairs : &#171; Toutes les parties prenantes (gouvernement, entreprises, salari&#233;s, consommateurs, jeunes g&#233;n&#233;rations et associations) doivent &#234;tre mobilis&#233;es autour de cet objectif partag&#233; [&#171; refonder &#187;]. Nous devons moderniser la France et refonder notre &#233;conomie et notre march&#233; du travail, dans le cadre de l'Union europ&#233;enne, tout en privil&#233;giant la libert&#233; d'entreprendre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me son de cloche du c&#244;t&#233; de la Fondation iFRAP, think tank patronal anim&#233; par la tr&#232;s m&#233;diatique Agn&#232;s Verdier-Molini&#233; (5), qui y est &#233;galement all&#233;e de son rapport (6) : &#171; Cette crise est un r&#233;v&#233;lateur de nos erreurs pass&#233;es et pose la question de comment rebondir, cr&#233;er des emplois et de la croissance. C'est notre d&#233;fi de demain car, selon nos &#233;valuations, men&#233;es avec le mod&#232;le N&#233;m&#233;sis, le PIB fran&#231;ais ne retrouvera sa valeur 2019 qu'en 2024. Cela ne se fera certainement pas avec les vieilles recettes consistant &#224; augmenter les d&#233;penses, surtout les d&#233;penses sociales, et augmenter les imp&#244;ts. &#192; l'heure o&#249; certains appellent de leurs voeux une relance par la demande, la Fondation iFRAP pense qu'il est urgent de soutenir le syst&#232;me productif par une relance de l'offre et des r&#233;formes structurelles cibl&#233;es sur les entreprises et la comp&#233;titivit&#233;. Il est urgent de renforcer la r&#233;silience de notre &#233;conomie et de replacer nos finances publiques sur une trajectoire durable. &#187; Qu'en des termes choisis ces choses-l&#224; sont dites !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Opportunistes, et &#224; l'offensive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de nouveau sous la soleil, diront certains. Les capitalistes sont des capitalistes, et les ultra-lib&#233;raux sont des ultra-lib&#233;raux. &#192; ce titre, l'offensive en cours sur le temps de travail (dur&#233;e hebdomadaire, suppressions de cong&#233;s, de RTT, etc.) n'est qu'un &#233;ni&#232;me avatar de la lutte sans merci qui se m&#232;ne depuis le 19e si&#232;cle et le combat pour la journ&#233;e de dix, puis de huit heures. Mais il ne faut pas sous-estimer le fait que, du c&#244;t&#233; des classes dominantes, les cerveaux s'agitent, et que l'on cherche &#224; s'adapter opportun&#233;ment &#224; la crise du Covid pour renouveler le champ des possibles dans le domaine des contre-r&#233;formes. En un sens, ladite crise a servi de champ d'exp&#233;rimentation pour des secteurs entiers de la bourgeoisie, qui leur a permis de tester &#171; grandeur nature &#187; un certain nombre de dispositifs qu'ils entendent d&#233;sormais g&#233;n&#233;raliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du t&#233;l&#233;travail est &#224; ce titre exemplaire. Parmi les millions de salari&#233;Es en t&#233;l&#233;travail durant la p&#233;riode de confinement (20 % des actifs et des actives selon les diverses enqu&#234;tes), nombreuses et nombreux sont ceux qui ont r&#233;alis&#233;, au fil des semaines, que la &#171; libert&#233; &#187; de travailler chez soi &#233;tait toute relative. Ainsi, selon l'enqu&#234;te men&#233;e par l'UGICT-CGT aupr&#232;s de 34 000 salari&#233;Es (7), plus de 30 % des r&#233;pondantEs qui &#233;taient en t&#233;l&#233;travail ont constat&#233; une augmentation de leur charge de travail (40 % chez les cadres), 78 % d'entre elles et eux affirmant ne pas b&#233;n&#233;ficier d'un droit &#224; la d&#233;connexion pour garantir les p&#233;riodes de repos, 82 % d&#233;clarant m&#234;me qu'il n'y avait aucune d&#233;finition des plages horaires pr&#233;cises durant lesquelles ils ou elles devaient &#234;tre joignables. Aucune disposition n'a en outre &#233;t&#233; prise par rapport aux gardes d'enfants alors que les &#233;coles &#233;taient ferm&#233;es, ce qui a particuli&#232;rement frapp&#233; les femmes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; flexibilisation &#187; qui se double d'une atomisation des salari&#233;Es, avec une individualisation accrue des t&#226;ches et des rapports avec la hi&#233;rarchie et une quasi-disparition de tout cadre collectif d'&#233;change, voire d'organisation pour faire face. Pour la sociologue du travail Dani&#232;le Linhart, &#171; travailler loin des autres risque d'accro&#238;tre une d&#233;rive que le management moderniste a introduit, &#224; savoir la stimulation d'une dimension narcissique qui r&#233;duit le sens m&#234;me du travail, qui veut que l'on travaille pour autrui, et avec autrui, et non pour &#234;tre le meilleur dans un esprit de concurrence avec les autres et soi-m&#234;me. Travailler loin des autres risque aussi d'accentuer la dimension abstraite du travail introduite par un management obs&#233;d&#233; par les chiffres, la formalisation, le contr&#244;le et qui multiplie les proc&#233;dures, les protocoles, les reportings. Travailler loin des autres fait &#233;galement courir le risque &#224; chacun de disposer d'une moindre intelligence, exp&#233;rience, inventivit&#233;, pour affronter les difficult&#233;s de ses missions, en le privant du soutien d'un collectif de plus en plus n&#233;cessaire. &#187; (8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sera d&#232;s lors gu&#232;re surpris de voir que, pour le Medef et les think tanks patronaux, la question soit ouvertement pos&#233;e de maintenir un nombre cons&#233;quent de salari&#233;Es dans une situation de t&#233;l&#233;travail, a fortiori dans la mesure o&#249; cela a permis aux chefs d'entreprises de faire supporter un certain nombre de leurs frais &#224;&#8230; leurs employ&#233;Es (mat&#233;riel informatique, logiciels, abonnements internet, &#233;quipements de travail ergonomique, etc.) (9). Dans le rapport du Medef d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, on peut ainsi lire qu'il faut &#171; tirer les enseignements de la p&#233;riode de confinement pour r&#233;fl&#233;chir aux nouvelles formes de travail et attentes manag&#233;riales (notamment &#224; travers le t&#233;l&#233;travail) &#187;, &#171; faciliter toutes les formes de t&#233;l&#233;travail &#187;, ou encore &#171; acc&#233;l&#233;rer la digitalisation des services publics dans certains secteurs o&#249; le t&#233;l&#233;travail est possible &#187;, sans &#233;videmment proposer la moindre mesure pour encadrer et r&#233;glementer &#171; socialement &#187; le secteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Faire face &#224; une r&#233;organisation d'ampleur...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons pris l'exemple du t&#233;l&#233;travail, et aurions pu en prendre bien d'autres, comme celui de l'&#233;ducation, o&#249; &#171; la crise semble &#234;tre un test grandeur nature avec les exp&#233;rimentations d'enseignement &#224; distance, les propos m&#233;prisants envers les enseignants (aux fraises&#8230;), etc., pour transformer l'&#233;cole publique en service minimal, et pour externaliser au maximum les missions de transmissions de savoirs. Les firmes priv&#233;es pourront ainsi vendre les compl&#233;ments, les cours d'options, le march&#233; permettant de diff&#233;rencier totalement les objectifs &#233;ducatifs selon les caract&#233;ristiques sociales des familles. &#187; (10) Un sombre constat qui vaut malheureusement pour l'ensemble des niveaux d'enseignement, de la maternelle &#224; l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre registre, nous aurions &#233;galement pu &#233;voquer le domaine de la (t&#233;l&#233;-)surveillance, et de l'opportunit&#233; que repr&#233;sente la crise du Covid pour la normalisation de l'extension du contr&#244;le, mat&#233;riel et symbolique, de l'espace public : attestations de sortie sous peine d'amendes, division en zones &#171; autoris&#233;es &#187; et &#171; interdites &#187;, pr&#233;sence polici&#232;re et militaire accrue, etc. Les semaines que nous venons de vivre font immanquablement penser aux travaux de Michel Foucault qui, dans Surveiller et punir (1975), &#233;tudiait la fa&#231;on dont les &#233;pid&#233;mies de peste &#233;taient g&#233;r&#233;es par les pouvoirs publics, et en tirait la conclusion qui suit : &#171; La ville pestif&#233;r&#233;e, toute travers&#233;e de hi&#233;rarchie, de surveillance, de regard, d'&#233;criture, la ville immobilis&#233;e dans le fonctionnement d'un pouvoir extensif qui porte de fa&#231;on distincte sur tous les corps individuels &#8211; c'est l'utopie de la cit&#233; parfaitement gouvern&#233;e. La peste (celle du moins qui reste &#224; l'&#233;tat de pr&#233;vision), c'est l'&#233;preuve au cours de laquelle on peut d&#233;finir id&#233;alement l'exercice du pouvoir disciplinaire. Pour faire fonctionner selon la pure th&#233;orie les droits et les lois, les juristes se mettaient imaginairement dans l'&#233;tat de nature ; pour voir fonctionner les disciplines parfaites, les gouvernants r&#234;vaient de l'&#233;tat de peste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les classes dominantes, la crise du Covid est une opportunit&#233; pour pousser &#224; une r&#233;organisation des relations sociales en s'appuyant sur du d&#233;j&#224;-l&#224;, r&#233;organisation &#224; laquelle aucun domaine de la vie ne devrait, selon les id&#233;ologues de la bourgeoisie et son personnel politique, &#233;chapper, &#224; la condition que les principes fondamentaux du capitalisme soient respect&#233;s et que le domaine du march&#233; soit en extension. C'est &#224; cette r&#233;organisation d'ampleur, promettant toujours davantage d'oppression et d'exploitation des &#234;tres humains et de la nature et, partant, toujours plus de crises aux cons&#233;quences sociales et &#233;cologiques catastrophiques, qu'il s'agit de s'opposer. En d'autres termes, nous devons prendre au s&#233;rieux les classes dominantes et ne pas consid&#233;rer que leur gestion chaotique, voire catastrophique, de la crise, serait li&#233;e &#224; un d&#233;ficit de vision ou de strat&#233;gie. Elle est bien au contraire l'expression d'une vision du monde, typiquement capitaliste mais en perp&#233;tuelle actualisation, et la situation exceptionnelle cr&#233;&#233;e par la pand&#233;mie est l'occasion de proc&#233;der &#224; de brutales contre-r&#233;formes tout en essayant de d&#233;passer, &#224; d&#233;faut de la r&#233;soudre, la crise d'h&#233;g&#233;monie qui mine la bourgeoisie, quitte &#224; renforcer encore un peu plus les dispositifs autoritaires d'exercice du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agir aujourd'hui pour construire la possibilit&#233; d'autres lendemains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la gauche sociale et politique, la p&#233;riode de confinement, apr&#232;s une premi&#232;re phase de sid&#233;ration, a &#233;t&#233; l'occasion de poser, de diverses mani&#232;res, la question du &#171; monde d'apr&#232;s &#187;. On pense ici notamment au &#171; Plan de sortie de crise &#187; &#233;labor&#233; par vingt organisations, associations et syndicats et rendu public le 26 mai (11), qui propose trente-quatre mesures sociales, &#233;cologiques et d&#233;mocratiques, en d&#233;fendant la perspective de &#171; changer de syst&#232;me &#187;. Cet article n'est pas le lieu pour une analyse d&#233;taill&#233;e des propositions de ce collectif (12), qui vont d'un &#171; plan d'urgence pour l'h&#244;pital public &#187; &#224; &#171; l'arr&#234;t des soutiens publics aux acteurs polluants &#187; en passant par &#171; le renforcement des droits des travailleuses et des travailleurs &#187;, &#171; la r&#233;duction et le partage du temps de travail &#187; ou encore &#171; un droit garanti au revenu et &#224; la protection sociale pour toutes et tous &#187;. Autant de propositions, port&#233;es par un cadre collectif in&#233;dit, qui sont d&#233;sormais dans le d&#233;bat public et qui ont comme premier m&#233;rite de venir contrer le &#171; Il n'y a pas d'alternative &#187; que veut nous imposer le discours dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui nous importe ici davantage, au regard de ce que nous avons d&#233;velopp&#233; jusqu'ici, est celle des conditions concr&#232;tes dans lesquelles une riposte populaire &#224; l'offensive en cours, autour de revendications sp&#233;cifiques, sectorielles, mais aussi autour d'un plan d'urgence plus global regroupant et articulant des revendications s'opposant frontalement aux projets et aux int&#233;r&#234;ts des capitalistes, pourrait &#234;tre construite. Force est en effet de constater que, au sein de la gauche politique, deux logiques s'opposent, qui se sont notamment exprim&#233;es lors de la publication de l'appel &#171; gauche plurielle renouvel&#233;e &#187; du 14 mai (13). Un texte qui, sous couvert de fausse nouveaut&#233; et (ponctuellement) de fausse radicalit&#233;, ne propose rien d'autre, au total, que la constitution d'une &#171; alternative politique &#187; autour du PS, de Place publique, d'E&#201;LV et des secteurs les plus droitiers du PCF. Soit une issue exclusivement institutionnelle (avec comme un air de d&#233;j&#224;-vu), qui ne dit pas un mot des rapports de forces et des mobilisations &#224; construire, comme s'il s'agissait d'attendre 2022 pour s'opposer &#224; la violente offensive en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, et ce ind&#233;pendamment m&#234;me du contenu programmatique particuli&#232;rement minimaliste de l'appel, exactement l'inverse de ce que la situation impose. Nous l'avons dit : les classes dominantes ne se contentent pas de promettre, et encore moins d'attendre un &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, elles le construisent d&#233;j&#224;, et les petits calculs et grandes man&#339;uvres de ceux qui ont les yeux braqu&#233;s sur les prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales ne les feront pas reculer. Bien au contraire, populariser l'id&#233;e selon laquelle quoi que ce soit pourrait &#234;tre (re-)gagn&#233; par notre classe sans que des mobilisations de masse ne mettent au plus vite un coup d'arr&#234;t aux attaques d&#233;j&#224; engag&#233;es, c'est pr&#233;parer les prochaines d&#233;convenues, et m&#234;me pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme, notamment dans sa version n&#233;o&#172;lib&#233;rale, est certes consid&#233;rablement d&#233;l&#233;gitim&#233; et, dans le cas de la France, les acquis politiques et id&#233;ologiques du mouvement des Gilets jaunes et de la mobilisation contre la r&#233;forme des retraites ne doivent pas &#234;tre sous-estim&#233;s. Rien ne justifie d&#232;s lors une quelconque frilosit&#233; du c&#244;t&#233; des anticapitalistes et des r&#233;volutionnaires, et nous devons prendre toute notre part &#224; la &#171; bataille des id&#233;es &#187; : il s'agit bien de d&#233;fendre la perspective d'un autre monde, d'une autre organisation de la production, d'une soci&#233;t&#233; &#233;cosocialiste, en ayant pleinement conscience du fait que la mise &#224; nu, par la crise du Covid, des mortelles impasses du syst&#232;me capitaliste, peut donner un &#233;cho tout particulier &#224; un tel programme/projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet indispensable travail de popularisation d'un plan d'urgence, de revendications incompatibles avec les int&#233;r&#234;ts des capitalistes et de l'id&#233;e d'un &#171; autre monde possible &#187;, n'a de sens que s'il s'appuie sur la construction, au pr&#233;sent, des r&#233;sistances aux politiques et aux projets capitalistes, faute de quoi les discussions sur le &#171; possible &#187; demeureront lettre morte. &#171; Le pr&#233;sent n'est [pas] un simple maillon dans la cha&#238;ne des temps, mais un moment de s&#233;lection des possibles ; l'acc&#233;l&#233;ration de l'histoire n'est pas celle d'un temps gris&#233; de vitesse, mais l'effet des rotations endiabl&#233;es du capital ; l'agir r&#233;volutionnaire n'est pas l'imp&#233;ratif d'une capacit&#233; ma&#238;tris&#233;e &#224; faire l'histoire, mais l'engagement dans un conflit &#224; l'issue incertaine. &#187; (14)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bagarres qui n'ont pas cess&#233; durant le confinement et qui s'amplifient &#224; mesure que la &#171; reprise &#187; est effective, entre autres et notamment dans le secteur de la sant&#233;, mais aussi dans les entreprises, face aux vagues de licenciements et de suppressions de postes, ou encore du c&#244;t&#233; des luttes antiracistes et contre les violences polici&#232;res, sont des points d'appui incontournables pour engager un rapport de forces d'ampleur contre les &#171; th&#233;rapies de choc &#187; des classes dominantes. Seule l'action collective r&#233;solue, ici et maintenant, contre ce qui est d&#233;j&#224; l&#224;, pourra dessiner les possibles de demain, et envisager &#171; autre chose &#187; que le cauchemar que les capitalistes nous promettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. Gilbert Achcar, &#171; Auto-extinction du n&#233;olib&#233;ralisme ? N'y comptez point &#187;, en ligne sur https://npa2009.org/actualite/economie/auto-extinction-du-neoliberalisme-ny-comptez-point&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. &#171; Rebondir face au Covid-19 : l'enjeu du temps de travail &#187;, mai 2020, en ligne sur https://&lt;a href=&#034;http://www.institutmontaigne.or&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.institutmontaigne.or&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3. Jean Castillo, &#171; Comment les n&#233;olib&#233;raux veulent profiter de la crise sanitaire &#187;, 7 mai 2020, en ligne sur https://france.attac.org/se-mobiliser/que-faire-face-au-coronavirus/article/comment-les-neoliberaux-veulent-profiter-de-la-crise-sanitaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 4. &#171; Pour une &#8220; prise de confiance &#8221;, propositions du Medef pour une relance durable &#187;, 28 mai 2020, en ligne sur https://&lt;a href=&#034;http://www.medef.com/uploads/me&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.medef.com/uploads/me&#8230;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; 5.&lt;br class='autobr' /&gt; Voir Pauline Perrenot (avec Kilian Sturm) &#171; Agn&#232;s Verdier-Molini&#233;, ou la &#8220; p&#233;dagogie &#8221; &#224; coups de marteau : &#8220; Sus &#224; l'h&#244;pital public &#8221; ! &#187;, Acrimed, 15 avril 2020, en ligne sur https://&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Agnes-Ve&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.acrimed.org/Agnes-Ve&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 6. &#171; Le plan de la Fondation iFRAP pour l'emploi et la croissance et surmonter la crise &#187;, 7 mai 2020, en ligne sur https://&lt;a href=&#034;http://www.ifrap.org/etat-et-co&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ifrap.org/etat-et-co&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 7. &#171; Le travail sous &#233;pid&#233;mie &#187;, 5 mai 2020, en ligne sur https://luttevirale.fr/enquete/rapport/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 8. Billet de Dani&#232;le Linhart sur le site des &#233;ditions &#201;r&#232;s : https://&lt;a href=&#034;http://www.editions-eres.com/ed&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.editions-eres.com/ed&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 9. Voir l'enqu&#234;te de l'UGICT-CGT d&#233;j&#224; cit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 10. St&#233;phane Bonnery, &#171; Covid-19 et acc&#233;l&#233;ration de la crise de l'&#233;cole. Leur projet et le n&#244;tre &#187;, Contretemps-web, 31 mai 2020, en ligne sur https://&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/covid&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.contretemps.eu/covid&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 11. Voir, par exemple, sur le site d'Attac : &#171; Plus jamais &#231;a ! 34 mesures pour un plan de sortie de crise &#187;, 26 mai 2020 : https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/plus-jamais-ca-34-mesures-pour-un-plan-de-sortie-de-crise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 12. Nous aurons l'occasion d'y revenir rapidement dans nos colonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 13. &#171; Au c&#339;ur de la crise, construisons l'avenir &#187;, l'Obs, 14 mai 2020, en ligne sur https://&lt;a href=&#034;http://www.nouvelobs.com/politi&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.nouvelobs.com/politi&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 14. Daniel Bensa&#239;d, Marx, l'intempestif, p. 71.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> &#171; Hold-up &#187;, le documentaire qui se trompe de complot </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Hold-up-le-documentaire-qui-se-trompe-de-complot</link>
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		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

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&lt;p&gt;En quelques jours, le documentaire &#171; Hold-up &#187;, r&#233;alis&#233; par Pierre Barn&#233;rias, est devenu l'objet de nombreuses discussions : dans les &#171; grands m&#233;dias &#187;, o&#249; articles, chroniques et d&#233;bats se multiplient pour tenter, parfois, de &#171; comprendre &#187; les fortes audiences du documentaire (d&#233;j&#224; pr&#232;s de trois millions de vues selon un d&#233;compte de France Inter) et, souvent, de d&#233;montrer qu'il est empli de contre-v&#233;rit&#233;s, d'approximations et de manipulations ; dans la population &#233;galement, avec de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-240-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton45834-f957b.png?1782055157' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En quelques jours, le documentaire &#171; Hold-up &#187;, r&#233;alis&#233; par Pierre Barn&#233;rias, est devenu l'objet de nombreuses discussions : dans les &#171; grands m&#233;dias &#187;, o&#249; articles, chroniques et d&#233;bats se multiplient pour tenter, parfois, de &#171; comprendre &#187; les fortes audiences du documentaire (d&#233;j&#224; pr&#232;s de trois millions de vues selon un d&#233;compte de France Inter) et, souvent, de d&#233;montrer qu'il est empli de contre-v&#233;rit&#233;s, d'approximations et de manipulations ; dans la population &#233;galement, avec de nombreuses discussions sur les lieux de travail ou les r&#233;seaux sociaux, mais aussi dans les familles ou les cercles amicaux. Avec un mot qui revient en boucle : &#171; complotisme &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hebdo L'Anticapitaliste - 544 (19/11/2020)&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Julien Salingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne proposerons pas ici une critique lin&#233;aire de Hold-up, ni une &#233;ni&#232;me op&#233;ration de &#171; d&#233;cryptage &#187; de son contenu. D'autres l'ont fait, avec plus ou moins de r&#233;ussite et plus ou moins d'honn&#234;tet&#233;, pointant un certain nombre de probl&#232;mes : &#171; experts &#187; aux parcours douteux et/ou intervenant hors de leur domaine d'expertise, petits et gros arrangements avec les chiffres et les donn&#233;es scientifiques, informations inexactes, voire mensong&#232;res, etc.1 Ce qui nous int&#233;ressera ici est plut&#244;t la th&#232;se du film, les bonnes et les mauvaises raisons de le qualifier de &#171; complotiste &#187;, les explications rationnelles de son succ&#232;s, et les dangers qui l'accompagnent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au sens strict, un complot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire de plus de 2h40 propose, &#224; grands traits, la th&#232;se suivante, m&#234;me si elle n'est jamais explicitement et compl&#232;tement formul&#233;e : la dangerosit&#233; du Covid-19 a &#233;t&#233; volontairement exag&#233;r&#233;e par les gouvernants et autres &#171; &#233;lites &#187;, notamment &#233;conomiques, afin de leur permettre, &#224; coups de mensonges, de faire accepter ou d'imposer un vaste projet de r&#233;organisation de l'ensemble des rapports sociaux. La lutte apparente contre le Covid-19 dissimulerait donc un tout autre but, tenu secret et &#171; r&#233;v&#233;l&#233; &#187; par le film Hold-up qui aurait pu, d'apr&#232;s les propos de son producteur Christophe Coss&#233;, s'appeler &#171; Coup d'&#201;tat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait donc bien, &#224; proprement parler, d'un complot, au sens d'un projet &#233;labor&#233; et men&#233; secr&#232;tement par un groupe d'individus, ici issus des milieux &#233;conomiques, scientifiques, politiques et m&#233;diatiques, qui se seraient entendus pour construire et diffuser un vaste mensonge destin&#233; &#224; couvrir des desseins inavouables. C'est ce mensonge et ces desseins que Hold-up se propose de d&#233;voiler, &#224; grands renforts d'informations &#171; censur&#233;es &#187; et d'interviews in&#233;dites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire est long, il accumule informations, t&#233;moignages et bribes d'analyses, joue sur les peurs et inqui&#233;tudes &#8212; l&#233;gitimes &#8212; li&#233;es &#224; la crise sanitaire et &#224; sa gestion calamiteuse, mais l'un de ses principaux ressorts est la suggestion : certaines phrases sont inachev&#233;es, certains raisonnements incomplets, certaines informations peu ou pas comment&#233;es&#8230; Un proc&#233;d&#233; qui permet de donner l'impression &#224; tout un chacun de ne pas se sentir contraint et de tirer ses propres conclusions, lesquelles sont toutefois born&#233;es par le propos g&#233;n&#233;ral &#8212; et unilat&#233;ral &#8212; du documentaire : quelles que soient lesdites conclusions, elles auront ainsi n&#233;cessairement comme point commun le fait de constater qu'&#171; on &#187; nous a menti, qu'&#171; on &#187; a voulu nous dissimuler la v&#233;rit&#233;, qu'&#171; on &#187; a &#233;labor&#233; des projets cach&#233;s, sans que les spectateurEs puissent r&#233;ellement savoir, mis &#224; part quelques noms (Bill Gates, Jacques Attali), qui est r&#233;ellement ce &#171; on &#187;, dans quels cadres &#171; on &#187; s'organise et prend des d&#233;cisions et surtout comment &#171; on &#187; a pu &#233;laborer un tel plan sans que personne &#8212; ou presque &#8212; n'en sache rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'opportunisme n'est pas un projet organis&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accusation de &#171; complotisme &#187; est aujourd'hui mani&#233;e avec beaucoup de l&#233;g&#232;ret&#233;, de fa&#231;on int&#233;ress&#233;e, et sert souvent, en tout cas lorsqu'elle vient des autorit&#233;s, qu'elles soient politiques ou m&#233;diatiques, d'arme de d&#233;l&#233;gitimation massive. Elle est en effet de plus en plus souvent jet&#233;e au visage de toutes celles et tous ceux qui, d'une fa&#231;on ou d'une autre, remettent en question l'explication dominante de certains &#233;v&#233;nements ou ph&#233;nom&#232;nes, voire taxent certains responsables politiques et/ou journalistes de diffuser des informations mensong&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors de question, en ce qui nous concerne, de hurler avec ces loups-l&#224;, a fortiori dans la mesure o&#249; l'on sait que des complots, au sens strict du terme, ont d&#233;j&#224; exist&#233; (organisation du coup d'&#201;tat de Pinochet en 1973, financement secret et ill&#233;gal des contras au Nicaragua&#8230;), sans parler des mensonges d'&#201;tat (plan &#171; Fer &#224; cheval &#187; de Milosevic, armes de destruction massive en Irak&#8230;), et que rien n'interdit donc de penser qu'il pourrait en exister encore. Nier ces ph&#233;nom&#232;nes et se contenter de taxer Hold-up et ses partisans de &#171; complotistes &#187;, sans autre forme de c&#233;r&#233;monie et souvent avec m&#233;pris et arrogance, ne peut que renforcer ces derniers : ceux qui nient l'existence de complots couvrent le complot, et d&#233;montrent d&#232;s lors son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le documentaire Hold-up peut &#234;tre qualifi&#233; de complotiste, ce n'est pas parce qu'il pointe les incoh&#233;rences, voire les mensonges, des autorit&#233;s, ni m&#234;me parce qu'il veut faire entendre &#171; autre chose &#187; que la &#171; version officielle &#187;. &#192; ce titre, nous serions nombreux &#224; &#234;tre complotistes, tant nous avons &#233;t&#233; nombreux &#224; d&#233;noncer ces mensonges et &#224; affirmer que, contrairement &#224; ce qu'ils pr&#233;tendaient, nos gouvernants &#233;taient avant tout pr&#233;occup&#233;s par la sauvegarde des profits et pas par la mise en &#339;uvre d'une politique sanitaire efficace sauvant un maximum de vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; o&#249; Hold-up bascule, c'est en confondant all&#232;grement, d'une part, l'opportunisme de certains secteurs des classes dominantes, qui tentent de profiter d'une crise sanitaire bien r&#233;elle, et, d'autre part, un projet organis&#233; visant &#224; provoquer une crise sanitaire artificielle pour mettre en place un programme tenu secret. Affirmer que certains n'ont aucun scrupule &#224; exploiter toutes les opportunit&#233;s pour asseoir leur domination politique et/ou &#233;conomique est une chose. Pr&#233;tendre que des milliers d'individus, issus de dizaines de pays, de milieux professionnels h&#233;t&#233;rog&#232;nes, etc., se seraient secr&#232;tement entendus pour diffuser un m&#234;me mensonge, en est une autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un Hold-up contradictoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut ainsi manquer de s'&#233;tonner, en visualisant Hold-up, de la facilit&#233; et de la rapidit&#233; avec lesquelles un r&#233;alisateur dont l'un des principaux faits d'armes &#233;tait, jusqu'&#224; pr&#233;sent, un documentaire sur les apparitions de la Vierge Marie2, a pu, en quelques semaines, mettre &#224; jour une telle conspiration. De toute &#233;vidence, le mensonge n'&#233;tait gu&#232;re bien prot&#233;g&#233;, et l'on se demande comment des journalistes de m&#233;tier qui n'ont jamais manqu&#233; de s'en prendre aux autorit&#233;s &#233;tatiques et/ou aux puissances &#233;conomiques (de Mediapart aux journalistes d'investigation aux &#201;tats-Unis), ont pu passer &#224; c&#244;t&#233; d'un tel scoop. Ou alors feraient-ils et elles aussi, peut-&#234;tre &#224; leur corps d&#233;fendant, partie du complot ? Poser la question, c'est y r&#233;pondre, et l'on voit bien l'absurdit&#233; de la chose, a fortiori lorsque l'on sait qu'une large partie des informations factuelles &#171; r&#233;v&#233;l&#233;es &#187; par Hold-up proviennent pr&#233;cis&#233;ment&#8230; du travail de ces journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me probl&#232;me, et pas des moindres : si certains, qu'ils soient propri&#233;taires de grands groupes capitalistes ou responsables politiques, tirent leur &#233;pingle du jeu, cela n'emp&#234;che nullement que d'autres, qu'ils soient propri&#233;taires de grands groupes capitalistes ou responsables politiques, figurent eux aussi parmi les victimes de la crise sanitaire. La perte de popularit&#233;, voire les d&#233;faites &#233;lectorales, de divers gouvernements des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, et les pertes financi&#232;res de grands groupes industriels (et d'autres secteurs, comme le tourisme), en raison notamment des politiques de confinement, sont l&#224; pour en t&#233;moigner. Et on se demande bien comment ceux-l&#224;, qui participent tout autant aux r&#233;unions internationales entre chefs d'&#201;tat et/ou aux forums &#233;conomiques mondiaux, n'auraient rien vu venir, ou auraient accept&#233; docilement, et en silence, de figurer parmi les perdants de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et la liste n'est pas exhaustive, on ne peut s'emp&#234;cher de relever l'un des paradoxes majeurs de Hold-up : le documentaire a en r&#233;alit&#233; recours &#224; l'ensemble des proc&#233;d&#233;s dont il accuse ceux qui organiseraient ou couvriraient les mensonges des autorit&#233;s. Ainsi (et entre autres) : multiplication de l'appel &#224; des &#171; experts &#187; dont les titres parfois ronflants3 semblent servir essentiellement d'argument d'autorit&#233;, &#224; d&#233;faut de preuves de ce qu'ils avancent ; s&#233;lection des chiffres et des statistiques qui servent le propos du documentaire, et dissimulation, voire &#233;limination, des donn&#233;es g&#234;nantes4 ; affirmations contradictoires, comme celle consistant &#224; reprocher au gouvernement de ne pas avoir anticip&#233; les stocks et les distributions de masques alors que le documentaire explique un peu plus t&#244;t que les masques sont inutiles, et m&#234;me dangereux&#8230; Reproduire, dans la construction d'un documentaire entendant d&#233;noncer une grande &#171; manipulation &#187;, les proc&#233;d&#233;s malhonn&#234;tes que l'on attribue &#224; ceux qui nous &#171; manipuleraient &#187; : pour le dire &#171; &#224; la Hold-up &#187;, chacun pourra en tirer ses conclusions quant aux intentions et &#224; l'honn&#234;tet&#233; des auteurs du film5.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rationalit&#233;s d'un succ&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est toutefois de constater que Hold-up &#171; fonctionne &#187; et rencontre un &#233;cho consid&#233;rable, apparaissant pour divers secteurs de la population comme r&#233;tablissant, sinon &#171; la v&#233;rit&#233; &#187;, au moins &#171; certaines v&#233;rit&#233;s &#187; sur la crise du Covid. Un ph&#233;nom&#232;ne qu'il ne s'agit ni de n&#233;gliger ni de consid&#233;rer avec m&#233;pris, dans la mesure o&#249; il s'explique rationnellement, trouvant sa principale source non dans une pr&#233;tendue &#171; cr&#233;dulit&#233; &#187; du public mais bien dans une d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard, principalement, des responsables politiques et des grands m&#233;dias. Une d&#233;fiance qui ne date pas d'hier et qui est d'autant plus compr&#233;hensible aujourd'hui au regard de la gestion calamiteuse de la crise sanitaire, des mensonges et contradictions de nos dirigeants, de leur absence totale de volont&#233; d'associer la population aux d&#233;cisions la concernant au premier chef, privil&#233;giant l'autoritarisme et le paternalisme, mais aussi de la couverture m&#233;diatique catastrophique de la s&#233;quence &#171; Covid &#187;, avec une course au sensationnalisme faisant fi de l'incompatibilit&#233; entre les temporalit&#233;s m&#233;diatique et scientifique6. D&#233;fiance &#224; laquelle s'ajoute celle vis-&#224;-vis des autorit&#233;s sanitaires et m&#233;dicales, voire de la science &#171; institutionnelle &#187; en g&#233;n&#233;ral &#8212; d'o&#249; le succ&#232;s de la figure du &#171; m&#233;decin/chercheur rebelle &#187; &#8212;, qui m&#233;riterait une &#233;tude &#224; part enti&#232;re et que nous ne d&#233;velopperons pas ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre explication rationnelle de l'&#233;cho rencontr&#233; par Hold-up : le fait qu'il accumule un certain nombre d'informations et d'&#233;l&#233;ments bien r&#233;els qui tendent &#224; montrer &#224; quel point les puissants de ce monde privil&#233;gient leurs int&#233;r&#234;ts sur ceux des populations. L&#224; encore, ce n'est pas nous, partisans du mot d'ordre &#171; Nos vies, pas leurs profits &#187;, qui dirons la contraire, tant le syst&#232;me capitaliste d&#233;montre chaque jour un peu plus &#224; quel point le r&#232;gne du profit et de la concurrence &#224; outrance est g&#233;n&#233;rateur de toujours plus de catastrophes, sanitaires, sociales, &#233;cologiques, et tant les &#171; Big Pharma &#187;, point&#233;es dans le documentaire, sont une caricature de ce syst&#232;me qui marche sur la t&#234;te. Et cela, aucun &#171; fact-checkeur &#187;, aussi progressiste soit-il, ne pourra le &#171; d&#233;bunker &#187;. D'o&#249; les impasses de toute critique de Hold-up se contentant de vouloir &#171; r&#233;tablir la v&#233;rit&#233; &#187;7, mais aussi de toute entreprise de &#171; lutte contre le complotisme &#187; qui se limiterait &#224; critiquer des &#171; id&#233;es dangereuses &#187; et ne s'attaquerait pas aux bases mat&#233;rielles du d&#233;veloppement de ce ph&#233;nom&#232;ne : captation des richesses et des postes de pouvoir par une petite minorit&#233;, in&#233;galit&#233;s sociales, autoritarisme, an&#233;mie du pluralisme dans les m&#233;dias, etc. Dans de telles circonstances, il est en outre &#233;vident que les remontrances et les le&#231;ons de maintien arrogantes administr&#233;es par les tenanciers politiques et m&#233;diatiques de cet ordre &#233;conomique et social fondamentalement injuste ne risquent pas de convaincre celles et ceux qui ont &#233;t&#233; s&#233;duits, m&#234;me partiellement, par Hold-up. Bien au contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'organiser contre l'impuissance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces explications rationnelles ne signifient pourtant pas qu'un tel documentaire constituerait une arme pour lutter contre ces puissants qui nous emm&#232;nent dans le mur. En r&#233;alit&#233;, Hold-up d&#233;sarme davantage qu'il n'arme, en se refusant obstin&#233;ment &#224; nommer les forces sociales, au-del&#224; des individus, dont les int&#233;r&#234;ts sont structurellement contradictoires avec ceux de l'immense majorit&#233; de la population, laissant ainsi la porte ouverte &#224; tous les fantasmes. Or, les capitalistes ne &#171; complotent &#187; pas, ils tentent de perp&#233;tuer et de renforcer un mode de production bas&#233; sur l'exploitation de la majorit&#233; par une minorit&#233;, et donc sur la domination, notamment organis&#233;e par le biais de structures politico-administratives nomm&#233;es &#201;tats. Face &#224; cela, des gens r&#233;sistent, des populations luttent, des forces sociales se mobilisent, et l'on ne peut que constater &#8212; sans grande surprise &#8212; &#224; quel point cette dimension est omise de Hold-up, que ce soit en termes descriptifs ou de perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera ainsi l'absence totale, dans le film, de place donn&#233;e &#224; celles et ceux qui, bien avant Hold-up, ont d&#233;nonc&#233;, par leurs luttes concr&#232;tes, le scandale de la (non-)gestion de la crise sanitaire &#8212; notamment les personnels des h&#244;pitaux d&#233;bord&#233;s, quasi-invisibles dans le documentaire, sans doute parce qu'ils et elles ne cadraient pas avec l'id&#233;e d'une crise &#171; exag&#233;r&#233;e &#187; &#8212; et proposent d'autres perspectives que la passivit&#233; dans laquelle nous conforte le film. Car ce qui se d&#233;gage de Hold-up est bien un sentiment d'impuissance g&#233;n&#233;ralis&#233;e : comment se battre contre des complots, par d&#233;finition cach&#233;s, contre leurs auteurs, par d&#233;finition insaisissables, et contre des r&#233;seaux occultes, qui s'organisent par d&#233;finition secr&#232;tement ? La r&#233;ponse de Hold-up est simple, individuelle et &#171; &#224; domicile &#187; : faire conna&#238;tre Hold-up et financer sa soci&#233;t&#233; de production, mais aussi &#171; s'informer par soi-m&#234;me &#187;, sans doute en se tournant vers d'autres sp&#233;cialistes de la traque des complots&#8230; dont on conna&#238;t malheureusement les inclinations politiques. Nous n'avons gu&#232;re &#233;t&#233; surpris de constater que le complotiste antis&#233;mite Alain Soral faisait ainsi la promotion de Hold-up depuis son compte Twitter : &#171; Visionnez ici Hold-up, le documentaire que l'oligarchie veut interdire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'on veut vraiment lutter, ici et maintenant, contre la gestion calamiteuse de la crise sanitaire et contre le &#171; monde d'apr&#232;s &#187; &#8212; d&#233;j&#224; l&#224; &#8212; des capitalistes8, dans l'objectif d'aller au-del&#224; de l'indignation et d'agir pour (tenter de) changer les choses, c'est tout autre chose qu'il faut faire, en refusant de se laisser charmer/t&#233;taniser par des marchands de peur qui ont, eux aussi, un agenda personnel et/ou politique, pas toujours bien dissimul&#233;. Il s'agit de ne pas c&#233;der au sentiment d'impuissance et de se battre concr&#232;tement, et collectivement, d&#232;s aujourd'hui, pour des droits bien r&#233;els, contre des politiques publiques tout sauf secr&#232;tes, d&#233;cid&#233;es et mises en &#339;uvre par des acteurs clairement identifi&#233;s, qu'ils soient au gouvernement ou dans les conseils d'administration du CAC 40. L'histoire, y compris r&#233;cente, nous enseigne que c'est seulement lorsque les indignations individuelles se transforment en mobilisations de masse, posant la question d'une autre organisation de la soci&#233;t&#233;, que les puissants prennent peur et peuvent r&#233;ellement vaciller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1.&lt;br class='autobr' /&gt; Voir par exemple Checknews, &#171; Covid-19 : dix contre-v&#233;rit&#233;s v&#233;hicul&#233;es par &#034;Hold-up&#034; &#187;, sur https://www.liberation.f&#8230;, les D&#233;codeurs, &#171; Les contre-v&#233;rit&#233;s de &#034;Hold-up&#034;, documentaire &#224; succ&#232;s qui pr&#233;tend d&#233;voiler la face cach&#233;e de l'&#233;pid&#233;mie &#187;, sur &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/l&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/l&#8230;&lt;/a&gt;, ou Gr&#233;gory Rozi&#232;res, &#171; &#034;Hold-up&#034;, le documentaire sur le Covid-19 confront&#233; aux faits scientifiques &#187;, sur https://www.huffingtonpo&#8230;. &lt;br class='autobr' /&gt; 2.&lt;br class='autobr' /&gt; M et le 3e secret (2014). Documentaire &#224; propos duquel le futur r&#233;alisateur de Hold-up expliquait en 2015 : &#171; En tant que journaliste, mon opinion importe peu. Je tends le micro &#224; Marie, qui s'adresse &#224; ses enfants en plusieurs endroits de la plan&#232;te et &#224; plusieurs &#233;poques. Ce sont bien ses propos et non les miens. &#187; Ou encore : &#171; En tant que premier gouvernement mondial, rassemblant 1,2 milliards de fid&#232;les sur toute la plan&#232;te, l'&#201;glise catholique dispose d'un maillage unique qui attise les convoitises. Elle est l'objet d'infiltrations de la part de r&#233;seaux qui ex&#232;crent toute croyance en Dieu. Au fil de mon enqu&#234;te, je d&#233;couvre ainsi que le Parti communiste a infiltr&#233; les s&#233;minaires &#224; partir des ann&#233;es 30. Je montre aussi que les soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes le sont de moins en moins ! Les francs-ma&#231;ons ont vite compris depuis deux si&#232;cles l'importance de contr&#244;ler ce gouvernement mondial. &#187; (source : https://pryskaducoeurjol&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt; 3.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Docteur en psychopathologie sp&#233;cialiste des pathologies du pouvoir &#187;, &#171; Expert en pharmacologie et toxicologie &#187;, &#171; Chef d'entreprise sp&#233;cialis&#233;e dans le num&#233;rique &#187;. On notera m&#234;me que l'un des &#171; experts &#187;, Olivier Vuillemin, est pr&#233;sent&#233; successivement comme &#171; expert en fraude scientifique &#187; et &#171; expert en m&#233;trologie de la sant&#233; &#187;. Mention sp&#233;ciale &#224; la &#171; profileuse &#187; Nadine Touzeau, interrog&#233;e &#224; la fin du film, qui d&#233;crit les profils psychologiques de diverses personnes &#224; partir de photos, s'appuyant sur leur regard ou la commissure de leurs l&#232;vres&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; 4.&lt;br class='autobr' /&gt; Ainsi du cas de la Su&#232;de, cit&#233;e comme exemple car elle n'aurait &#171; pas confin&#233; &#187; (ce qui est d&#233;j&#224;, en soi, une approximation) : le documentaire propose une infographie &#171; montrant &#187; que la Su&#232;de a connu un pic &#224; 111 morts au printemps, tandis que la France atteignait un sommet &#224; 1438 morts le 15 avril. Commentaire : &#171; Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes &#187;. Sauf que les chiffres ne parlent jamais d'eux-m&#234;mes, et qu'on les fait toujours parler, en fonction de ceux que l'on choisit et de comment on les pr&#233;sente : Checknews indique ainsi que &#171; sur toute la premi&#232;re vague, et pas seulement au moment du pic, la Su&#232;de comptait, en cumul&#233;, davantage de morts que la France : au 18 juin, elle enregistrait ainsi 494 morts par million d'habitants, contre 442 par million d'habitants pour la France &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; 5.&lt;br class='autobr' /&gt; Comme l'a relev&#233; Mediapart, le producteur Christophe Coss&#233; d&#233;clarait d'ailleurs dans une r&#233;cente interview publi&#233;e par France-Soir : &#171; J'ai d&#233;cid&#233; il y a une dizaine d'ann&#233;es de parfaire ma formation en faisant un master en psy et en PNL [programmation neuro-linguistique] et c'est l&#224; que j'ai trouv&#233; tous les outils de la manipulation &#187;. Aveu ou maladresse ? (Cit&#233; dans Lucie Delaporte, &#171; Le documentaire &#034;Hold-up&#034;, une parodie d'investigation &#187;, en ligne sur &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr&#8230;&lt;/a&gt;)&lt;br class='autobr' /&gt; 6.&lt;br class='autobr' /&gt; Voir &#224; ce propos l'excellente rubrique &#171; Crise du coronavirus &#187; de l'observatoire critique des m&#233;dias Acrimed : &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/&#8230;-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.acrimed.org/&#8230;-&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; 7.&lt;br class='autobr' /&gt; Sur les limites intrins&#232;ques de la &#171; pens&#233;e fact-checkeuse &#187;, lire Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; Politique post-v&#233;rit&#233; ou journalisme post-politique ? &#187; (novembre 2016), en ligne sur https://blog.mondediplo&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; 8.&lt;br class='autobr' /&gt; Voir notre article &#171; Leur &#034;monde d'apr&#232;s&#034; est d&#233;j&#224; l&#224;, la contre-offensive reste &#224; construire &#187;, dans lequel nous nous int&#233;ressions d&#233;j&#224;, en juin dernier, aux volont&#233;s capitalistes de profiter de la crise sanitaire, en nous appuyant sur une s&#233;rie de documents, de d&#233;clarations et de d&#233;cisions tout sauf secr&#232;tes : https://lanticapitaliste&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Osons nous revendiquer anticapitalistes et champions de la libert&#233; !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Osons-nous-revendiquer-anticapitalistes-et-champions-de-la-liberte</link>
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		<dc:date>2020-11-30T08:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Harvey</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ci-dessous, un extrait du nouveau livre de David Harvey, The Anti-Capitalist Chronicles, publi&#233; par Pluto Press. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; sur le site Gauche anticapitaliste 20 novembre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la propagande de droite un argument massue revient sans cesse : le socialisme est l'ennemi naturel de la libert&#233; individuelle. Or c'est exactement le contraire : les anticapitalistes travaillent &#224; cr&#233;er les conditions mat&#233;rielles de vie, hors des restrictions impos&#233;es par le capitalisme, sans lesquelles les gens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L97xH150/arton45763-c0177.jpg?1781039130' class='spip_logo spip_logo_right' width='97' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ci-dessous, un extrait du nouveau livre de David Harvey, The Anti-Capitalist Chronicles, publi&#233; par Pluto Press.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site Gauche anticapitaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
20 novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la propagande de droite un argument massue revient sans cesse : le socialisme est l'ennemi naturel de la libert&#233; individuelle. Or c'est exactement le contraire : les anticapitalistes travaillent &#224; cr&#233;er les conditions mat&#233;rielles de vie, hors des restrictions impos&#233;es par le capitalisme, sans lesquelles les gens ne peuvent pas &#234;tre vraiment libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet de la libert&#233; &#233;tait r&#233;guli&#232;rement d&#233;battu lors de mes rencontres avec les &#233;tudiants au P&#233;rou. Ils &#233;taient tr&#232;s int&#233;ress&#233;s par la question suivante : &#171; Le socialisme exige-t-il n&#233;cessairement l'abandon de la libert&#233; individuelle ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite, qui s'est appropri&#233;e le concept de libert&#233; et l'utilise comme une arme dans la lutte de classes contre les anticapitalistes, r&#233;pond bien s&#251;r par l'affirmative. La subordination de l'individu au contr&#244;le de l'&#201;tat impos&#233; par le socialisme ou le communisme serait-selon eux- une chose qu'il faut &#233;viter &#224; tout prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma r&#233;ponse &#233;tait que nous ne devrions pas abandonner l'id&#233;e de la libert&#233; individuelle dans le cadre d'un projet socialiste &#233;mancipateur. J'ajoutais m&#234;me que la r&#233;alisation de la libert&#233; individuelle est, selon moi, un objectif central des projets d'&#233;mancipation. Mais &#224; condition que ceux-ci appellent &#224; la construction commune d'une soci&#233;t&#233; qui donne &#224; chacun de nous l'opportunit&#233; de s'&#233;panouir, de se r&#233;aliser en d&#233;ployant toutes nos capacit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx et la libert&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx avait des choses int&#233;ressantes &#224; dire sur le sujet. Une de ces id&#233;es est &#171; que le royaume de la libert&#233; commence l&#224; cesse le royaume de la n&#233;cessit&#233; &#187;(1). La libert&#233; ne signifie rien si vous n'avez pas assez &#224; manger, si vous n'avez pas acc&#232;s aux soins de sant&#233;, &#224; un logement, aux transports, &#224; une &#233;ducation et &#224; d'autres services importants. Le r&#244;le du socialisme est de pourvoir &#224; ces besoins fondamentaux, de sorte que les gens soient ensuite libres de faire exactement ce qu'ils veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point final d'une transition socialiste est un monde dans lequel les capacit&#233;s et les aptitudes individuelles sont compl&#232;tement lib&#233;r&#233;es des n&#233;cessit&#233;s, du manque et autres contraintes politiques et sociales. Voil&#224; pourquoi au lieu d'abandonner &#224; la droite le monopole de ce concept de libert&#233; individuelle, il s'agit de nous r&#233;approprier l'id&#233;e de libert&#233; pour le socialisme lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Marx a &#233;galement soulign&#233; que la libert&#233; est un couteau &#224; double tranchant car les travailleurs, dans une soci&#233;t&#233; capitaliste, sont libres -dit-il- dans un double sens. Ils peuvent librement offrir leur main-d'&#339;uvre sur le march&#233; du travail &#224; qui ils veulent, proposer leur force de travail &#224; n'importe quelles conditions contractuelles, bref ils peuvent n&#233;gocier librement&#8230;mais en m&#234;me temps, ils ne sont pas libres, car ils sont &#171; lib&#233;r&#233;s &#187; de tout contr&#244;le ou acc&#232;s aux moyens de production. Ils doivent donc c&#233;der leur force de travail aux capitalistes pour pouvoir vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est leur libert&#233; &#224; double tranchant dit Marx, c'est la contradiction centrale de la libert&#233; sous le capitalisme. Dans le chapitre sur la journ&#233;e de travail dans le Capital, il dit ceci : le capitaliste est libre de dire au travailleur : &#171; Je veux t'employer au salaire le plus bas possible pendant le plus grand nombre d'heures possible et tu feras exactement le travail que je te demande de faire. C'est ce que j'exige de toi quand je t'engage &#187;. Et le capitaliste est libre de faire cela dans une soci&#233;t&#233; de march&#233; parce que, comme nous le savons, la soci&#233;t&#233; de march&#233; consiste &#224; faire des offres pour tout et n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le travailleur est &#233;galement libre de dire : &#171; Vous n'avez pas le droit de me faire travailler 14 heures par jour. Vous n'avez pas le droit de faire ce que vous voulez avec ma force de travail, surtout si cela raccourcit ma vie et met en danger ma sant&#233; et mon bien-&#234;tre. Je ne suis pr&#234;t &#224; travailler que pour une journ&#233;e de travail honn&#234;te pour un salaire honn&#234;te &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; la nature d'une soci&#233;t&#233; bas&#233;e sur l'&#233;conomie de march&#233;, le capitaliste et le travailleur ont tous deux raisons lorsqu'il s'agit de ce qu'ils exigent. Comme dit Marx, ils ont tous deux raison en vertu de la loi de l'&#233;change qui domine le march&#233;. Entre l'&#233;galit&#233; des droits, dit-il, la puissance d&#233;cide. La lutte des classes entre le capital et le travail d&#233;termine cette question. Le r&#233;sultat repose sur le rapport de force entre le capital et le travail, qui peut &#224; un moment donn&#233; devenir coercitif et violent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une lame &#224; double tranchant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e de la libert&#233; en tant que lame &#224; double tranchant est tr&#232;s importante &#224; y regarder de plus pr&#232;s. L'une des meilleures contributions sur le sujet est un essai de Karl Polanyi. Dans son livre La grande transformation, Polanyi dit qu'il existe de bonnes et de mauvaises formes de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les formes &#171; toxiques &#187; de libert&#233; qu'il mentionne figurent la libert&#233; de faire un usage illimit&#233; de son prochain, la libert&#233; de faire des profits excessifs sans en faire profiter la communaut&#233;, la libert&#233; de ne pas utiliser les inventions technologiques pour le bien public, la libert&#233; de tirer profit des calamit&#233;s publiques ou des catastrophes naturelles pour faire des gains priv&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, poursuit Karl Polanyi, l'&#233;conomie de march&#233; qui permet ces formes de libert&#233;s se pare &#233;galement de libert&#233;s que nous estimons beaucoup : libert&#233; de conscience, libert&#233; d'expression, libert&#233; de r&#233;union, libert&#233; d'association, libert&#233; de choisir son propre travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que nous puissions ch&#233;rir ces libert&#233;s en raison de leur importance intrins&#232;que, elles sont dans une large mesure des sous-produits de cette m&#234;me &#233;conomie qui est &#233;galement responsable des libert&#233;s toxiques. La r&#233;ponse de Polanyi &#224; cette dualit&#233; peut para&#238;tre &#233;trange, en pleine h&#233;g&#233;monie de la pens&#233;e n&#233;olib&#233;rale o&#249; la mani&#232;re dont la libert&#233; nous est pr&#233;sent&#233;e par le pouvoir politique existant est parfaitement biais&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;crit &#224; ce sujet : &#171; Le d&#233;passement de l'&#233;conomie de march&#233; &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire la disparition de l'&#233;conomie de march&#233; &#8211; &#171; peut &#234;tre le d&#233;but d'une &#232;re de libert&#233; sans pr&#233;c&#233;dent &#187;. Pour la pens&#233;e mainstream, c'est une explication plut&#244;t choquante : dire que la vraie libert&#233; commence apr&#232;s que nous ayons laiss&#233; l'&#233;conomie de march&#233; derri&#232;re nous ! Il continue : &#171; La libert&#233; l&#233;gale et r&#233;elle peut &#234;tre rendue plus large et plus universelle que jamais. La r&#233;glementation et le contr&#244;le peuvent permettre la libert&#233; non seulement pour quelques-uns, mais pour tous. Car la libert&#233; n'est pas un privil&#232;ge, entach&#233; &#224; la source, mais un droit prescriptif, s'&#233;tendant bien au-del&#224; des limites &#233;troites de la sph&#232;re politique &#224; l'organisation intime de la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me. Ainsi, les anciennes libert&#233;s et les droits civils seront ajout&#233;s au fonds des nouvelles libert&#233;s g&#233;n&#233;r&#233;es par les loisirs et la s&#233;curit&#233; offerts &#224; tous par la soci&#233;t&#233; industrielle. Une telle soci&#233;t&#233; peut se permettre d'&#234;tre &#224; la fois juste et libre &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La libert&#233; sans la justice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens que cette id&#233;e d'une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la justice et la libert&#233; &#233;tait le programme politique du mouvement &#233;tudiant des ann&#233;es 60 et de la fameuse g&#233;n&#233;ration 68. La soif de justice et de libert&#233; &#233;tait tr&#232;s r&#233;pandue : se lib&#233;rer de la coercition de l'&#201;tat, de celle du travail impos&#233;e par le capital et ses entreprises, se lib&#233;rer de la coercition du march&#233; en d&#233;veloppant radicalement la justice sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant d'observer quelle fut la r&#233;ponse politique capitaliste &#224; cette situation dans les ann&#233;es 1970. On peut dire que ces demandes ont &#233;t&#233; trait&#233;es ainsi : &#171; Nous c&#233;dons &#224; vos aspirations de libert&#233;, soit, mais oubliez la justice sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renoncement aux libert&#233;s &#233;tait limit&#233;. On gardait, pour l'essentiel, la libert&#233; de choix sur le march&#233;. Le march&#233; libre et la libert&#233; de r&#233;gulation de l'&#201;tat &#233;taient les r&#233;ponses &#224; la demande de libert&#233;. Mais oubliez la justice. Cela serait assur&#233; par la concurrence sur le march&#233;, qui &#233;tait cens&#233;e &#234;tre organis&#233;e de mani&#232;re &#224; ce que chacun obtienne sa juste part. Le r&#233;sultat, cependant, a &#233;t&#233; que beaucoup de mauvaises libert&#233;s (par exemple l'exploitation des autres) ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es au nom de libert&#233;s vertueuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tournure des &#233;v&#233;nements est une chose que Polanyi a clairement identifi&#233;e. La transition vers l'avenir qu'il avait en t&#234;te &#233;tait bloqu&#233;e par un obstacle moral, a-t-il fait remarquer, et cet obstacle moral &#233;tait ce qu'il a appel&#233; &#171; l'utopie lib&#233;rale &#187;. Je pense que nous sommes aujourd'hui toujours confront&#233;s aux probl&#232;mes que cet utopisme lib&#233;ral entra&#238;ne. C'est une id&#233;ologie qui impr&#232;gne les m&#233;dias et les discours politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utopie lib&#233;rale du Parti D&#233;mocrate, par exemple, est l'un des obstacles &#224; la r&#233;alisation d'une v&#233;ritable libert&#233;. &#171; La planification et le contr&#244;le &#187;, a &#233;crit Polanyi, &#171; sont attaqu&#233;s comme un d&#233;ni de libert&#233;. La libre entreprise et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e sont d&#233;clar&#233;es l'essence m&#234;me de la libert&#233;. C'est ce que les plus importants id&#233;ologues du n&#233;olib&#233;ralisme ont mis en avant. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; du march&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, c'est l'une des questions les plus importantes de notre &#233;poque. Allons-nous au-del&#224; des libert&#233;s limit&#233;es du march&#233; et de la r&#233;gulation de nos vies par les lois de l'offre et de la demande, ou acceptons-nous, comme le dit Margaret Thatcher, qu'il n'y a pas d'alternative ? Nous devenons libres du contr&#244;le de l'&#201;tat, mais esclaves du march&#233;. Il n'y aurait pas d'alternative &#224; cela, en dehors il n'y a pas de libert&#233;. C'est ce que pr&#234;che la droite, et c'est ce que beaucoup de gens en sont venus &#224; croire. C'est le paradoxe de notre situation actuelle : au nom de la libert&#233;, nous avons en fait adopt&#233; une id&#233;ologie lib&#233;rale utopique qui fait obstacle &#224; la r&#233;alisation d'une v&#233;ritable libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple je ne pense pas vivre dans un monde libre quand quelqu'un qui d&#233;sire faire des &#233;tudes doit commencer par payer une somme d'argent &#233;norme pour cela et commencer sa vie avec une dette d'&#233;tudes qui le poursuivra longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Grande-Bretagne, dans les ann&#233;es 1960, une grande partie du parc de logements se trouvait dans le secteur public ; il s'agissait de logements sociaux. Quand j'ai grandi, ce logement social &#233;tait une prestation de base &#224; un prix assez bas. Puis Margaret Thatcher est arriv&#233;e et a tout privatis&#233;, en disant essentiellement : &#171; Vous serez beaucoup plus libre si vous &#234;tes propri&#233;taire et vous pourrez r&#233;ellement faire partie de la d&#233;mocratie de propri&#233;taires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, au lieu d'avoir 60 % des logements dans le secteur public, nous nous retrouvons tout &#224; coup dans une situation o&#249; seulement 20 % &#8211; voire moins &#8211; des logements se trouvent dans le secteur public. Le logement devient une marchandise, et cette marchandise devient alors une partie de l'activit&#233; sp&#233;culative. Dans la mesure o&#249; elle devient un v&#233;hicule de sp&#233;culation, le prix de la propri&#233;t&#233; augmente, et vous obtenez un prix de logement en hausse sans qu'il y ait une augmentation r&#233;elle de la qualit&#233; et du confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous construisons des villes, nous construisons des logements, mais de telle fa&#231;on, avec une telle conception de l'immobilier que si ces logements offrent une &#233;norme libert&#233; aux classes sup&#233;rieures, elle se r&#233;sume concr&#232;tement &#224; une non-libert&#233; pour le reste de la population. C'est, je pense, ainsi qu'il faut interpr&#233;ter cette fameuse remarque de Marx : &#171; Le royaume de la n&#233;cessit&#233; doit en fait &#234;tre surmont&#233; pour atteindre le royaume de la libert&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le royaume de la libert&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, toujours dans le contexte du secteur de l'immobilier et de la construction, la sacro-sainte libert&#233; du march&#233; limite, de fait, les possibilit&#233;s d'acc&#232;s pour l'ensemble de la population. Et de ce point de vue, je pense que c'est une perspective socialiste de faire ce que Polanyi sugg&#232;re, c'est-&#224;-dire que nous collectivisions l'acc&#232;s &#224; la libert&#233;, l'acc&#232;s au logement. Nous mettons un terme au fait qu'il ne peut &#234;tre obtenu que par le march&#233;, mais nous le faisons entrer dans le domaine public. Vivre dans le domaine public est notre slogan. C'est l'une des id&#233;es de base du socialisme dans le syst&#232;me actuel &#8211; mettre le plus possible de choses en commun, dans le domaine public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que pour atteindre le socialisme, il faut renoncer &#224; son individualit&#233; et au moins &#224; quelque chose. Eh bien, dans une certaine mesure, c'est peut-&#234;tre vrai ; mais il y a, comme l'a soulign&#233; Polanyi, une plus grande libert&#233; &#224; atteindre si nous allons au-del&#224; des cruelles r&#233;alit&#233;s des libert&#233;s du march&#233; individualis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui j'ai bien lu dans Marx que notre t&#226;che consiste &#224; maximiser le domaine de la libert&#233; individuelle, mais que cela ne peut se faire qu'&#224; condition que le domaine de la n&#233;cessit&#233; soit satisfait&#8230; La t&#226;che d'une soci&#233;t&#233; socialiste n'est pas de r&#233;glementer tout ce qui se passe dans la soci&#233;t&#233; ; pas du tout. La t&#226;che d'une soci&#233;t&#233; socialiste est de veiller &#224; ce que tous les besoins fondamentaux soient satisfaits afin que les gens puissent ensuite librement choisir de faire ce qu'ils veulent quand ils le veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demandez aujourd'hui &#224; quelqu'un : &#171; Combien de temps libre avez-vous ? &#187;, la r&#233;ponse est invariablement : &#171; Je n'ai presque pas de temps libre &#224; cause de ceci, de cela, et de tout le reste &#187;. Or si la vraie libert&#233; ne s'exerce que dans un monde o&#249; nous aurions du temps libre pour faire ce que nous voulons, mettons d&#232;s aujourd'hui en &#339;uvre un projet socialiste d'&#233;mancipation qui la propose, cette libert&#233;, comme un &#233;l&#233;ment central de sa mission politique ! C'est une chose &#224; laquelle nous pouvons et devons tous travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; &#224; l'origine sur le site de la revue Jacobin. Traduction vers le n&#233;erlandais : la r&#233;daction de Grenzeloos. Traduction vers le fran&#231;ais Hamel et Fran&#231;ois de la Gauche anticapitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;Notes[&#8722;]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8593;1 Capital, Livre 3, Chapitre 48, paragraphe 2, point 3.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; la crise climatique, Justin Trudeau est irresponsable et manipulateur </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Face-a-la-crise-climatique-Justin-Trudeau-est-irresponsable-et-manipulateur</link>
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		<dc:date>2020-11-25T16:39:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 19 novembre dernier, le gouvernement Trudeau d&#233;posait le projet de C-12 visant l'atteinte de la carboneutralit&#233; pour 2050. La carboneutralit&#233; c'est une posture. 120 pays en ont d&#233;j&#224; accept&#233; le principe. M&#234;me le plan Legault, plus que verd&#226;tre, parle de cet objectif. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce projet de loi promet de nouvelles cibles pour 2030, plus ambitieuses que celles qui existent d&#233;j&#224;, mais ne les fixe pas. Aucune nouvelle cible n'est m&#234;me propos&#233;e pour 2025 au grand dam des groupes environnementalistes. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-67-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton45845-f74ed.png?1782055158' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 19 novembre dernier, le gouvernement Trudeau d&#233;posait le projet de C-12&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loi concernant la transparence et la responsabilit&#233; du Canada dans le cadre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; visant l'atteinte de la carboneutralit&#233; pour 2050. La carboneutralit&#233; c'est une posture. 120 pays en ont d&#233;j&#224; accept&#233; le principe. M&#234;me le plan Legault, plus que verd&#226;tre, parle de cet objectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce projet de loi promet de nouvelles cibles pour 2030, plus ambitieuses que celles qui existent d&#233;j&#224;, mais ne les fixe pas. Aucune nouvelle cible n'est m&#234;me propos&#233;e pour 2025 au grand dam des groupes environnementalistes. Le projet de loi affirme que des cibles devront &#234;tre fix&#233;es tous les cinq ans de 2030 &#224; 2045 pour juger p&#233;riodiquement l'&#233;volution des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne propose aucun plan d'action pr&#233;cis pour parvenir &#224; ces &#233;ventuelles cibles de r&#233;duction de GES. Depuis 2015, apr&#232;s cinq ans au pouvoir, le gouvernement du Parti lib&#233;ral du Canada n'a encore &#233;labor&#233; aucun plan concret. Et c'est bien pourquoi le Canada n'a jamais respect&#233; une seule cible climatique au fil des ans. Pire, le Canada a connu une hausse des &#233;missions de GES entre 2016 et 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'il a pris le pouvoir, le gouvernement de Justin Trudeau a toujours favoris&#233; la croissance des &#233;nergies fossiles. &#171; En 2017, le chantre canadien du climat, Justin Trudeau, a d&#233;clar&#233; devant un rassemblement de dirigeants du p&#233;trole et du gaz &#224; Houston qu'aucun pays qui trouverait 173 milliards de barils de p&#233;trole ne les laisserait sous terre [Applaudissements]. Nous allons d&#233;velopper cette ressource. Notre job est d'assurer que ce soit fait de mani&#232;re responsable, s&#233;curis&#233;e et durable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zetkin collective Le fascisme fossile. &#201;ditions, La Fabrique, 2020, pages (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et pourtant l'industrie des &#233;nergies fossiles produit plus de GES qu'il y a 30 ans alors que la quasi-totalit&#233; de la croissance est imputable aux sables bitumineux qui ont connu une augmentation de 456% depuis 1990.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La loi climatique propos&#233;e par le gouvernement Trudeau manque de substance, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et malgr&#233; ces r&#233;alit&#233;s incontournables, le gouvernement n'a pas arr&#234;t&#233; d'appuyer le secteur des hydrocarbures. Il a achet&#233; le projet d'expansion du pipeline Transmountain, il a appuy&#233; le projet de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; LNG. Son gouvernement a multipli&#233; les d&#233;r&#233;glementations qui vont &#224; l'encontre de la protection de l'environnement. Il a fourni pr&#232;s de 500 millions $ &#224; Coastal GasLink pour aider &#224; financer son gazoduc. Il a permis que les forages en mer au large de Terre-Neuve soient exempt&#233;s d'une &#233;valuation environnementale f&#233;d&#233;rale. Le gouvernement Trudeau s'&#233;tait f&#233;licit&#233; de la position de Donald Trump qui avait accord&#233; un permis de construction en territoire am&#233;ricain du pipeline Keystone XL qui va permettre de transporter 30 millions de barils de p&#233;trole annuellement de l'Alberta au Texas. Aujourd'hui le gouvernement Trudeau a bon espoir de convaincre le pr&#233;sident Biden de revenir sur le refus du gouvernement Obama de construire ce pipeline. L'ambassadrice canadienne aux &#201;tats-Unis, Kirsten Hillman a m&#234;me soutenu que le gouvernement Trudeau pourrait convaincre le pr&#233;sident Biden de revenir sur la d&#233;cision d'interdire la construction de ce pipeline en argumentant que l'industrie p&#233;troli&#232;re avait beaucoup &#339;uvr&#233; pour r&#233;duire son empreinte environnementale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le gouvernement Trudeau soutient Keystone XL, Jo&#235;l-Denis Bellavance, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la politique de Trudeau peut bien pr&#233;tendre &#234;tre sensible aux changements climatiques et affirmer qu'il &#234;tre pr&#234;t &#224; tenir compte des recommandations du GIEC. Il n'en est rien. Il se contente de faire l'&#233;talage de bonnes intentions, mais il ne fait rien pour parvenir &#224; r&#233;duire significativement les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre au Canada. Il retarde la d&#233;carbonisation de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement Trudeau et le n&#233;gationnisme implicatoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Trudeau ne reprend pas &#224; son compte le n&#233;gationnisme litt&#233;ral de Maxime Bernier du Parti populaire du Canada qui pr&#233;tend que la crise climatique n'existe pas. Il refuse m&#234;me le n&#233;gationnisme interpr&#233;tatif des chefs conservateurs Andrew Sheer ou Erin O'Toole ou Jason Kenny de l'Alberta qui acceptent l'existence de la crise climatique, mais ces derniers en sous-estiment l'importance. Le premier ministre Trudeau lui est bien pr&#234;t &#224; reconna&#238;tre la gravit&#233; de la crise climatique, mais cette reconnaissance n'entra&#238;ne aucune r&#233;action &#224; la mesure des probl&#232;mes. L'obligation d'intervenir dans l'urgence par des moyens radicaux est tout simplement &#233;cart&#233;e et remplac&#233;e par un greenwashing visant &#224; r&#233;duire le foss&#233; psychique et moral entre ce que l'on sait et ce que l'on fait. Et c'est l&#224; le mode de fonctionnement psychologique non seulement de Trudeau, mais de l'ensemble de la gouvernance capitaliste. Car, au fond de leur aveuglement, c'est le refus d'accepter la r&#233;alit&#233; capitaliste de la crise climatique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zetkin collective Fascisme fossile, &#201;ditions La Fabrique, pages 293-300&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est le refus d'accepter la n&#233;cessit&#233; d'en finir avec l'exploitation des &#233;nergies fossiles et avec un syst&#232;me qui d&#233;t&#233;riore la source de toute richesse, la nature et les &#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des d&#233;cennies maintenant, la classe dominante et des gouvernements &#224; leur service ont fait la d&#233;monstration de leur volont&#233; de refuser de prendre au s&#233;rieux l'urgence de la lutte aux changements climatiques. Cette r&#233;alit&#233; doit nous conduire &#224; enfin rompre avec toute position attentiste &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi un v&#233;ritable plan de lutte aux changements climatiques et de transition &#233;conomique et &#233;nerg&#233;tique devrait &#224; la fois &#234;tre un plan d'action visant la mobilisation populaire la plus large et la plus d&#233;termin&#233;e contre les initiatives capitalistes qui d&#233;truisent l'environnement et un plan de lutte pour un gouvernement populaire qui rompt tout lien avec la classe dominante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Loi concernant la transparence et la responsabilit&#233; du Canada dans le cadre de ses efforts pour atteindre la carboneutralit&#233; en 2050&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zetkin collective &lt;i&gt;Le fascisme fossile&lt;/i&gt;. &#201;ditions, La Fabrique, 2020, pages 289-296&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La loi climatique propos&#233;e par le gouvernement Trudeau manque de substance, disent des experts&lt;/i&gt;, Alexandre Shields, Le Devoir, 20 novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le gouvernement Trudeau soutient Keystone XL, Jo&#235;l-Denis Bellavance, La Presse+, 25 novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zetkin collective &lt;i&gt;Fascisme fossile&lt;/i&gt;, &#201;ditions La Fabrique, pages 293-300&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bilan du Conseil National de Qu&#233;bec solidaire des 20 et 21 novembre 2020</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bilan-du-CN-des-20-et-21-novembre-2020</link>
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		<dc:date>2020-11-25T10:23:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Frappier, Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec solidaire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Conseil national de Qu&#233;bec solidaire a permis une r&#233;flexion n&#233;cessaire concernant l'exercice d&#233;mocratique. Il a &#233;galement ouvert de nouvelles perspectives concernant les nations autochtones et a dress&#233; le chemin menant &#224; la prochaine campagne &#233;lectorale en mettant en place le fonctionnement pour &#233;laborer la plateforme &#233;lectorale. &lt;br class='autobr' /&gt; Mais il n'a pas donn&#233; l'occasion de discuter d'une v&#233;ritable analyse de la conjoncture ni de prendre le pouls de la situation afin de proc&#233;der &#224; l'&#233;valuation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-solidaire-22-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec solidaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton45841-eb6dd.png?1782055159' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Conseil national de Qu&#233;bec solidaire a permis une r&#233;flexion n&#233;cessaire concernant l'exercice d&#233;mocratique. Il a &#233;galement ouvert de nouvelles perspectives concernant les nations autochtones et a dress&#233; le chemin menant &#224; la prochaine campagne &#233;lectorale en mettant en place le fonctionnement pour &#233;laborer la plateforme &#233;lectorale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais il n'a pas donn&#233; l'occasion de discuter d'une v&#233;ritable analyse de la conjoncture ni de prendre le pouls de la situation afin de proc&#233;der &#224; l'&#233;valuation des autres partis politiques ni du bilan du gouvernement Legault. Les pr&#233;sentations d'ouvertures ont plus soulign&#233; le travail de la direction de QS avec les travailleurs et travailleuses essentiel-le-s et de celui du caucus des d&#233;put&#233;-e-s sur les lignes de piquetage et dans les manifestations. Le rapport de l'aile parlementaire exprimait bien le travail effectu&#233;, mais ne portait aucun regard bilan de la p&#233;riode politique en temps de pand&#233;mie ni de la mont&#233;e populaire du gouvernement Legault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bloc sur la campagne politique &#8212; un plan pour une relance verte et solidaire au Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloc sur la campagne politique a &#233;t&#233; le premier mis en discussion. Cela n'&#233;tait pas pr&#233;vu dans un premier temps, mais l'ordre du jour avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; red&#233;fini par le Comit&#233; de Coordination National (CCN) suite aux demandes de plusieurs associations. La reprise de la campagne politique par le CCN ainsi que la proposition d'urgence en r&#233;ponse &#224; la mise &#224; jour &#233;conomique gouvernementale montrent que la direction du parti avait bien compris le signal donn&#233; par le CN d'urgence de septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat a &#233;t&#233; mal engag&#233; lorsque la proposition soumise par l'association d'Hochelaga-Maisonneuve, indiquant que l'embauche de 250 000 personnes dans le secteur public soit la revendication centrale de la campagne politique, a &#233;t&#233; battue. Cette d&#233;cision a cr&#233;&#233; une certaine confusion. Un autre amendement soumis par diff&#233;rentes associations proposait que la revendication de 250 000 emplois dans le secteur public adopt&#233;e au CN extraordinaire de septembre 2020 soit int&#233;gr&#233;e &#224; notre campagne politique pour &lt;i&gt;&#171; une relance juste, verte et pour un pays solidaire &#187;&lt;/i&gt;. Le comit&#233; synth&#232;se notait qu'elle &#233;tait non retenue parce que d&#233;j&#224; adopt&#233;e au CN de septembre. Nous avons eu confirmation que cette r&#233;solution n'est pas remise en question. Dans la m&#234;me foul&#233;e cependant, m&#234;me l'id&#233;e d'une d&#233;marche de consultation avec L'IRIS et d'autres organisations sociales a &#233;t&#233; d&#233;faite, ce qui est en fait irr&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a &#233;t&#233; rejet&#233; en fait, c'est une bataille politique sur une cible pr&#233;cise pour de mauvaises raisons. La gauche s'est vraiment pi&#233;g&#233;e en liant la cible &#224; 250 000 emplois au lieu de poser la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre une cible bas&#233;e sur des chiffres pr&#233;cis sortis d'une collaboration avec les organisations syndicales, populaires, f&#233;ministes et jeunes. Cela pose un probl&#232;me important. Mais la d&#233;cision toujours en vigueur du CN de septembre d'int&#233;grer la campagne pour la cr&#233;ation d'emplois dans le secteur public &#224; note campagne politique existe toujours et nous donne un point d'appui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, la &lt;i&gt;motion d'urgence&lt;/i&gt; en r&#233;ponse &#224; la mise &#224; jour &#233;conomique gouvernementale propos&#233;e par le CCN et adopt&#233;e par le Conseil National, a comme objet principal de demander au gouvernement Legault &#224; renoncer &#224; toute forme d'aust&#233;rit&#233; ou de compression budg&#233;taire et de faire un r&#233;investissement historique dans les services publics. Cela doit incontestablement passer par un investissement massif en emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais la direction de QS aurait int&#233;r&#234;t &#224; apporter des pr&#233;cisions &#224; cet &#233;gard. Dans son communiqu&#233; de presse publi&#233; au lendemain du CN, Qu&#233;bec solidaire apporte une explication d&#233;taill&#233;e des revenus tir&#233;s par les mesures fiscales adopt&#233;es, mais n'indique pas de quelle fa&#231;on et o&#249; elles devraient &#234;tre investies dans les services publics. Par exemple il serait important que le parti se prononce sur les revendications des centrales et sur le comportement du gouvernement Legault dans ces n&#233;gociations. Il est tout m&#234;me un peu &#233;tonnant que cela ne soit pas encore fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de rappeler que la campagne contre le projet GNL Qu&#233;bec avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; adopt&#233;e au Conseil national de septembre dernier. On peut d'ailleurs constater avec le r&#233;cent communiqu&#233; de Qu&#233;bec solidaire que cette campagne est d&#233;j&#224; en action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la d&#233;mocratie, un fil &#224; plomb de ce CN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie a &#233;t&#233; un fil &#224; plomb de ce CN et cela &#224; 4 niveaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. &lt;i&gt;La reconnaissance d'une commission nationale autochtone&lt;/i&gt; et la volont&#233; de traduire la plate-forme du parti dans les diff&#233;rentes langues autochtones montrent une ouverture &#224; la r&#233;alit&#233; autochtone et est un point fort dans l'&#233;volution d&#233;mocratique du parti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. &lt;i&gt;Un rapport sur la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; constitue une reconnaissance d'une s&#233;rie de probl&#232;mes au niveau de la d&#233;mocratie dans le parti. Le rapport pr&#233;sente de nombreuses situations probl&#233;matiques et propose des solutions int&#233;ressantes, entre autres l'&#233;tablissement d'un outil horizontal de communication entre les associations et entre les membres. La place des &lt;i&gt;r&#233;seaux militants&lt;/i&gt; reste peu ou pas d&#233;finie (budget, droit de d&#233;l&#233;gation, importance de leur construction). Le rapport ne s'adresse pas &#224; la probl&#233;matique de croissance &#224; laquelle ont &#233;t&#233; confront&#233;s tous les partis de gauche, soit l'augmentation du pouvoir de l'aile parlementaire par rapport &#224; celui du parti et des membres. Il nous semble que cette question est fondamentale &#224; l'&#233;tape actuelle de notre d&#233;veloppement. N&#233;anmoins 60 propositions ont &#233;t&#233; faites, ce qui constitue une contribution non n&#233;gligeable en ce d&#233;but de d&#233;bat sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. Le travail amorc&#233; sur le &lt;i&gt;code d'&#233;thique et la politique de pr&#233;vention et de r&#233;solution des conflits&lt;/i&gt; repr&#233;sente une avanc&#233;e importante. Une r&#233;flexion est avanc&#233;e pour aider les groupes opprim&#233;-e-s qui ont moins acc&#232;s &#224; la parole ou aux possibles recours envers des comportements ou injustices commis aupr&#232;s des membres. Les r&#233;sultats des travaux du comit&#233; seront soumis au Conseil national de mai 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d. &lt;i&gt;La d&#233;marche de la production de la plate-forme &#233;lectorale&lt;/i&gt; cherche &#224; impliquer membres et sympathisant-e-s dans la d&#233;finition des orientations. Cette intention est fort importante et correspond &#224; une volont&#233; d'une d&#233;mocratisation v&#233;ritable du fonctionnement du parti sur cette question. &#192; cet effet il faut saluer l'adoption de l'amendement de l'association de Viau qui indique que Qu&#233;bec solidaire encouragera la tenue d'assembl&#233;es citoyennes par les associations locales ou r&#233;gionales ainsi que par les collectifs et r&#233;seaux militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le processus a &#233;t&#233; quelque peu confus. Le cahier de proposition du CCN comprenait deux textes de r&#233;f&#233;rences &lt;i&gt;Le Qu&#233;bec a besoin d'un changement de cap&lt;/i&gt; pr&#233;par&#233; par la Commission politique et &lt;i&gt;Principes de la transition solidaire&lt;/i&gt; issu d'une discussion lors d'une journ&#233;e de r&#233;flexion. Fait inusit&#233;, aucun des deux textes n'&#233;tait inclus dans les propositions formul&#233;es dans le cahier, on serait port&#233; &#224; se demander quelle &#233;tait leur utilit&#233; ? C'est le comit&#233; synth&#232;se qui a int&#233;gr&#233; dans son rapport la r&#233;f&#233;rence au document &lt;i&gt;Principes de la transition solidaire&lt;/i&gt;, et suite aux amendements de plusieurs associations,&lt;i&gt; Le Qu&#233;bec a besoin d'un changement de cap&lt;/i&gt;. On peut se questionner sur le leadership politique des membres du CCN dans cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre question est qu'est-il advenu du plan de transition tr&#232;s &#233;labor&#233; adopt&#233; par le CCN en 2018 et qui a servi de base &#224; la campagne &#233;lectorale ? Ce plan &lt;i&gt;Maintenant ou jamais&lt;/i&gt;, devait &#224; l'origine &#234;tre soumis &#224; une instance nationale, mais il avait &#233;t&#233; finalis&#233; trop tard pour permettre une discussion avant les &#233;lections. Plusieurs instances avaient pourtant demand&#233; &#224; ce qu'il soit soumis au d&#233;bat lors d'une prochaine instance nationale, car ce plan ne d&#233;finissait pas seulement les perspectives pour une campagne &#233;lectorale pr&#233;cise, mais tra&#231;ait un cheminement d'une transiton &#233;conomique et &#233;cologique jusqu'en 2050. Avec la sortie du &lt;i&gt;Plan pour une &#201;conomie Verte&lt;/i&gt; de Fran&#231;ois Legault, ce d&#233;bat s'av&#233;rera incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le collectif pour la la&#239;cit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question complexe &#224; discuter et &#224; trancher. Retirer l'accr&#233;ditation &#224; une instance n'est pas chose &#224; consid&#233;rer &#224; la l&#233;g&#232;re et il &#233;tait important de r&#233;it&#233;rer l'importance du droit &#224; la dissidence et &#224; la l&#233;gitimit&#233; de collectifs repr&#233;sentant les opinions minoritaires au sein du parti. Il aurait &#233;t&#233; certainement plus appropri&#233; de reconsid&#233;rer l'accr&#233;ditation du collectif la&#239;cit&#233; dans le cadre d'un retour sur le r&#244;le des collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait les collectifs avaient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s &#224; la naissance de Qu&#233;bec Solidaire afin de permettre aux diff&#233;rentes composantes et courants politiques qui avaient joint QS d'exister formellement et d'&#234;tre reconnus. La principale condition &#233;tait de ne pas pr&#233;senter de candidature sous leur propre banni&#232;re lors des &#233;lections. La situation a beaucoup chang&#233; et il serait s&#251;rement appropri&#233; de revoir nos statuts afin d'actualiser et red&#233;finir leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plusieurs associations s'&#233;taient plaintes et plusieurs membres s'&#233;taient sentis ostracis&#233;s par la propagande du collectif, particuli&#232;rement celles qui portaient le hijab. Cela avait &#233;galement un effet envers la population &#224; l'ext&#233;rieur de Qu&#233;bec solidaire. C'est dans ce sens qu'il a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; que le collectif ne respectait pas les valeurs du parti, et ce malgr&#233; de nombreuses rencontres de la direction de QS avec le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'angle mort : la place de l'ind&#233;pendance aux prochaines &#233;lections&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'angle mort de ce CN a &#233;t&#233; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Alors que le dernier congr&#232;s avait &#233;t&#233; celui du parach&#232;vement de la fusion avec Option nationale, ce CN a &#233;t&#233; celui du silence sur la question nationale et sur l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. La question n'est pas qu'on doive parler d'ind&#233;pendance &#224; chaque fois, mais l'&#233;tablissement d'un cadre strat&#233;gique en vue des &#233;lections est difficilement envisageable sans consid&#233;rer la question le r&#244;le de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral. Par ailleurs un plan environnemental pour faire face &#224; la crise climatique ne peut se limiter &#224; une gestion provincialiste et doit inclure la perspective de rupture avec l'&#201;tat canadien et une perspective internationaliste. C'est dans un tel cadre que doit se situer notre perspective ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons demeurer silencieux alors que le PQ fait une rupture avec sa pratique des derni&#232;res d&#233;cennies d'&#233;carter l'enjeu de l'ind&#233;pendance &#224; chaque &#233;lection. Le Conseil national du PQ qui se tenait au m&#234;me moment a clairement affirm&#233; le fait que le PQ ferait de la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance un enjeu des prochaines &#233;lections g&#233;n&#233;rales. Le projet ind&#233;pendantiste du PQ divise la question de l'ind&#233;pendance d'un projet de soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et promeut une vision identitaire au d&#233;triment des populations ethnoculturelles. Qu&#233;bec solidaire est le seul partr &#224; avoir un projet inclusif qui permet de r&#233;aliser une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire dans un Qu&#233;bec ind&#233;pendant. Toute cette probl&#233;matique ne peut &#234;tre &#233;cart&#233;e de la d&#233;finition de la prochaine plate-forme &#233;lectorale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> N&#233;gociation dans les secteurs public et parapublic : Une action intersyndicale qui a des allures de front commun</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Negociation-dans-les-secteurs-public-et-parapublic-45842</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Negociation-dans-les-secteurs-public-et-parapublic-45842</guid>
		<dc:date>2020-11-25T08:53:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 25 novembre 2020 passera &#224; l'histoire comme la journ&#233;e retenue par les huit grandes organisations syndicales[1], qui regroupent environ 500 000 des 560 000 salari&#233;Es syndiqu&#233;Es des secteurs public et parapublic, pour &#171; d&#233;noncer fermement &#187; &#224; l'unisson, &#171; l'attitude du gouvernement &#187; dans la pr&#233;sente ronde de n&#233;gociation. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous le savons, les conventions collectives dans ces deux secteurs vitaux de notre vie en soci&#233;t&#233; sont &#233;chues depuis le 31 mars 2020. Nous sommes &#224; la quatri&#232;me date (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH78/arton45842-55a43.png?1782055160' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 25 novembre 2020 passera &#224; l'histoire comme la journ&#233;e retenue par les huit grandes organisations syndicales[1], qui regroupent environ 500 000 des 560 000 salari&#233;Es syndiqu&#233;Es des secteurs public et parapublic, pour &#171; d&#233;noncer fermement &#187; &#224; l'unisson, &#171; l'attitude du gouvernement &#187; dans la pr&#233;sente ronde de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous le savons, les conventions collectives dans ces deux secteurs vitaux de notre vie en soci&#233;t&#233; sont &#233;chues depuis le 31 mars 2020. Nous sommes &#224; la quatri&#232;me date butoir annonc&#233;e par le gouvernement pour convenir d'une entente et depuis, il n'y a toujours aucune v&#233;ritable entente de principe acceptable &#224; soumettre aux membres. La n&#233;gociation commence &#224; pr&#233;senter des allures d'un processus qui tra&#238;ne en longueurs. Tout se passe comme si le gouvernement a cibl&#233; les groupes avec qui il veut conclure en priorit&#233; et pour ce qui est des autres, il les laisse en attendant piaffer d'impatience. D'o&#249; l'impression, de plus en plus r&#233;pandue, du c&#244;t&#233; syndical, que le gouvernement ne fait pas de v&#233;ritables efforts en vue &#171; de faire avancer les n&#233;gociations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont &#171; &lt;i&gt;deux actions de visibilit&#233; &#224; grand d&#233;ploiement &#187; qui sont pr&#233;vues pour aujourd'hui : &#171; l'une au pied du pont Jacques Cartier &#224; Montr&#233;al et l'autre &#224; la place George-V &#224; Qu&#233;bec &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici dans sa version int&#233;grale le communiqu&#233; &#233;mis par les huit organisations syndicales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;gociations du secteur public : les syndicats sonnent l'alarme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec doit d&#233;poser des offres acceptables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QU&#201;BEC, le 25 nov. 2020 - &lt;i&gt;Les organisations syndicales (CSN, CSQ, FIQ, APTS, FTQ, FAE, SFPQ, SPGQ) repr&#233;sentant plus de 500 000 travailleuses et travailleurs du secteur public unissent aujourd'hui leurs voix pour d&#233;noncer fermement l'attitude du gouvernement. Ce dernier n'a toujours pas pr&#233;sent&#233; d'offres susceptibles de faire avancer les n&#233;gociations dans le but de renouveler les conventions collectives &#233;chues le 31 mars 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses - repr&#233;sentant plus de 75 % du personnel des services publics - et les travailleurs en ont assez des &#171; mercis &#187; de 13 heures lors des points de presse. Le personnel profite de deux actions de visibilit&#233; &#224; grand d&#233;ploiement - l'une au pied du pont Jacques-Cartier &#224; Montr&#233;al et l'autre &#224; la place George-V &#224; Qu&#233;bec, adjacente au Secr&#233;tariat du Conseil du Tr&#233;sor - pour sonner l'alarme. Il r&#233;clame ainsi des offres concr&#232;tes pour r&#233;sorber la crise qui s&#233;vit dans les services publics depuis bien avant la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En point de presse, les leaders syndicaux (Jacques L&#233;tourneau, CSN ; Sonia Ethier, CSQ ; Nancy B&#233;dard, FIQ ; Andr&#233;e Poirier, APTS ; Daniel Boyer, FTQ ; Sylvain Mallette, FAE ; Christian Daigle, SFPQ ; Line Lamarre, SPGQ) ont mis en garde le gouvernement quant aux dangers d'une rupture de service dans les r&#233;seaux publics et aux cons&#233;quences catastrophiques qu'aurait un retour &#224; l'aust&#233;rit&#233; pour toute la population du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les faits, nous sommes d&#233;j&#224; en bris de service dans les r&#233;seaux avec notamment des interventions chirurgicales et des suivis qui sont report&#233;s ou carr&#233;ment annul&#233;s. Il n'y a plus de temps &#224; perdre, le gouvernement doit reconna&#238;tre l'apport essentiel des travailleuses et travailleurs des services publics en d&#233;posant des offres qui permettent d'attirer et de retenir le personnel. Il doit, sans attendre, bonifier la r&#233;mun&#233;ration et am&#233;liorer les conditions de travail &#187;, d&#233;clarent les leaders syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nos organisations ont pr&#233;sent&#233; des solutions aux diff&#233;rentes tables de n&#233;gociations. Elles r&#233;pondent tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment aux besoins des services publics et permettent de valoriser et de reconna&#238;tre le travail du personnel. Ce n'est pas seulement les travailleuses et travailleurs qui souffrent des ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; des gouvernements pr&#233;c&#233;dents, c'est toute la population du Qu&#233;bec qui en paie le prix &#187;, ajoutent les leaders syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le personnel est &#233;c&#339;ur&#233; des conditions d'exercice d'emploi &#233;puisantes, de la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre, de la non-reconnaissance du travail accompli et des sacrifices que toutes et tous font chaque jour. La capacit&#233; &#224; offrir des soins et des services de qualit&#233; est intimement li&#233;e aux conditions de travail et de r&#233;mun&#233;ration. Il n'y a plus de temps &#224; perdre, Qu&#233;bec doit d&#233;poser des offres valables afin de mettre derri&#232;re nous cette n&#233;gociation et de se concentrer sur la lutte contre la pand&#233;mie &#187;, concluent les leaders syndicaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : CSN, CSQ, FIQ, APTS, FTQ, FAE, SFPQ, SPGQ&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.newswire.ca/fr/news-releases/negociations-du-secteur-public-les-syndicats-sonnent-l-alarme-875503307.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.newswire.ca/fr/news-releases/negociations-du-secteur-public-les-syndicats-sonnent-l-alarme-875503307.html&lt;/a&gt;. Consult&#233; le 25 novembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvan Perrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;yvan_perrier@hotmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Il s'agit des organisations suivantes : APTS, CSQ, CSN, FAE, FIQ, FTQ, SFPQ et SPGQ.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#8203; Zone rouge pour le climat et la justice sociale &#224; Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/%E2%80%8B-Zone-rouge-pour-le-climat-et-la-justice-sociale-a-Quebec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/%E2%80%8B-Zone-rouge-pour-le-climat-et-la-justice-sociale-a-Quebec</guid>
		<dc:date>2020-11-24T09:04:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Presse-toi &#224; gauche !</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le samedi 21 novembre dernier, plus de 150 personnes se r&#233;unissaient &#224; la Place d'Youville &#224; Qu&#233;bec &#224; l'appel du REPAC- 03-12 et de la Coalition &#233;tudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) pour d&#233;noncer le Plan pour une &#201;conomie Verte (PEV) du gouvernement Legault et le m&#233;pris du gouvernement Legault pour la justice sociale et climatique. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Plan &#034;vert&#034; du gouvernement de la CAQ est loin d'atteindre les objectifs de r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre (GES) fix&#233; par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton45829-e5495.png?1782055161' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le samedi 21 novembre dernier, plus de 150 personnes se r&#233;unissaient &#224; la Place d'Youville &#224; Qu&#233;bec &#224; l'appel du &lt;i&gt;REPAC- 03-12&lt;/i&gt; et de la &lt;i&gt;Coalition &#233;tudiante pour un virage environnemental et social (CEVES)&lt;/i&gt; pour d&#233;noncer le Plan pour une &#201;conomie Verte (PEV) du gouvernement Legault et le m&#233;pris du gouvernement Legault pour la justice sociale et climatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Plan &#034;vert&#034; du gouvernement de la CAQ est loin d'atteindre les objectifs de r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre (GES) fix&#233; par le GIEC. Il ne permet m&#234;me pas d'atteindre la moiti&#233; de la cible que s'&#233;tait fix&#233; le gouvernement Couillard, soit une r&#233;duction de 37,5% des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Ce Plan pour une &#201;conomie Verte ne fait d'ailleurs aucune annonce d'investissements dans les services publics (sant&#233;, &#233;ducation, action communautaire autonome) alors que ce sont eux, qui permettent &#224; la population de passer &#224; travers la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Legault refuse de prendre acte de l'urgence climatiquee. Il refuse d' abandonner les projets &#224; forte &#233;mission de GES (GNL, Qu&#233;bec Laurentia, etc.) et de renforcer d&#232;s maintenant et de fa&#231;on durable le filet social (services publics et programmes sociaux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestant-e-s sont venus rappeler au gouvernement Legault que le climat et la justice sociale sont en zone rouge et que des mesures radicales doivent &#234;tre prises d&#232;s maintenant pour r&#233;pondre &#224; ces urgences. Nous publions ci-dessous deux courts vid&#233;os de cette manifestation qui a d&#233;montr&#233; la d&#233;termination &#224; agir des diff&#233;rents groupes sociaux, communautaires, &#233;tudiants, f&#233;ministes, syndicaux et &#233;cologistes qui se sont rassembl&#233;s ce 21 novembre 2020 &#224; Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/9V-pW6E2OiA&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Zone rouge pour le climat : contre le &lt;i&gt;Plan pour une &#201;conomie Verte&lt;/i&gt; du gouvernement Legault&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/n2y-SLpCKRA&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prise de parole des groupes de la Zone rouge pour le climat &#224; Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La loi 21, une occasion manqu&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-loi-21-une-occasion-manquee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-loi-21-une-occasion-manquee</guid>
		<dc:date>2020-11-24T08:38:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;lisabeth Germain</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous voil&#224; de nouveau en train de manifester contre cette Loi 21, suite de l'interminable saga sur la la&#239;cit&#233; au Qu&#233;bec, en r&#233;alit&#233; une interminable mascarade sur l'islam. &lt;br class='autobr' /&gt; Manifestation contre la loi 21, 2020-11-21 &#201;lisabeth Germain &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est en jeu, au fond, c'est notre projet de soci&#233;t&#233;. Et quand je dis &#171; nous &#187;, je parle de nous toutes et tous qui habitons ce bout de plan&#232;te que nous appelons Qu&#233;bec. De nous toutes et tous qui avons notre mot &#224; dire sur ce que deviendra notre vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Question-nationale-" rel="directory"&gt;Question nationale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH70/arton45774-c576b.jpg?1782055162' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='70' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous voil&#224; de nouveau en train de manifester contre cette Loi 21, suite de l'interminable saga sur la la&#239;cit&#233; au Qu&#233;bec, en r&#233;alit&#233; une interminable mascarade sur l'islam.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Manifestation contre la loi 21, 2020-11-21&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;lisabeth Germain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en jeu, au fond, c'est notre projet de soci&#233;t&#233;. Et quand je dis &#171; nous &#187;, je parle de nous toutes et tous qui habitons ce bout de plan&#232;te que nous appelons Qu&#233;bec. De nous toutes et tous qui avons notre mot &#224; dire sur ce que deviendra notre vie commune sur ce territoire, peu importe depuis combien de temps nous l'habitons. Toutes et tous, nous avons &#224; recevoir son histoire. Mais surtout, nous avons &#224; dessiner son pr&#233;sent et son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas de consensus et c'est normal. Il y aura toujours des d&#233;saccords. On a des perceptions diff&#233;rentes, des points d'ancrage diff&#233;rents, des priorit&#233;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant un si&#232;cle, le Qu&#233;bec a &#233;t&#233; sous la f&#233;rule de l'&#233;glise catholique. Puis, nous avons fait &#233;clater les cadres. Dans les ann&#233;es 1960-70, le monde &#233;tait en &#233;bullition, pas juste le Qu&#233;bec. Tout le monde d&#233;couvrait tout le monde, au-del&#224; des fronti&#232;res g&#233;ographiques, politiques et culturelles. Des verrous ont saut&#233;, partout : la&#239;cisation, d&#233;colonisation, pens&#233;e orientale p&#233;n&#233;trant en Occident, premiers pas sur la lune, &#201;tat providence, informatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie a continu&#233;. Au Qu&#233;bec, seules des minorit&#233;s sont rest&#233;es attach&#233;es &#224; leur religion. Pour la plupart, nos horizons sont devenus tout autres. Les &#233;glises, synagogues et autres, ne tenaient plus gu&#232;re de place dans nos r&#233;flexions et dans notre vie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, il y a eu septembre 2001. Tout &#224; coup, l'Islam est apparu sous un jour terrifiant. Pas de nuance : tous les musulmans sont devenus suspects et on s'est mis &#224; les redouter, m&#234;me au Qu&#233;bec o&#249; ils ne formaient qu'une infime minorit&#233; (1,5 %) de la population. En 2011, leur proportion avait doubl&#233;. Les pr&#233;jug&#233;s et la d&#233;sinformation, eux, avaient augment&#233; &#224; une vitesse exponentielle. Plusieurs ont transpos&#233; ici des analyses bas&#233;es sur la France et son histoire colonialiste. Beaucoup se sont mis &#224; croire &#224; un envahissement d&#233;mographique musulman et &#224; un danger larv&#233; pour nos modes de vie, notre syst&#232;me juridique, nos libert&#233;s civiles et sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le voile port&#233; par des musulmanes est devenu le symbole de cet islam, qu'il fallait litt&#233;ralement d&#233;voiler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un pass&#233; de ressentiment contre la domination de l'&#233;glise a refait surface, exacerbant la r&#233;action. Il s'agirait d&#233;sormais de prot&#233;ger nos acquis la&#239;cs !&lt;br class='autobr' /&gt;
On appelle donc &#224; la rescousse la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat, f&#233;minisme, valeurs qu&#233;b&#233;coises, patrimoine, devoir de neutralit&#233;, pour b&#226;tir une loi compliqu&#233;e qui nous &#233;vitera de craindre que nos enfants soient embrigad&#233;s dans la religion musulmane par la simple vue d'enseignantes portant le foulard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant pis pour les libert&#233;s broy&#233;es, tant pis pour le vivre ensemble mis &#224; mal, tant pis pour les personnes dont la vie et les droits sont pass&#233;s &#224; la moulinette !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais quelle belle occasion manqu&#233;e de prendre en compte les changements &#233;normes que nous vivons &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te et qui appellent &#224; creuser la r&#233;flexion, &#224; mobiliser le meilleur de nos forces et &#224; construire des soci&#233;t&#233;s &#233;cologiques, c'est-&#224;-dire qui prennent soin des humain&#183;es autant que de la terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Continuons donc &#224; lutter, ensemble, et &#224; chercher les voies d'une d&#233;mocratie soucieuse d'inclure les diff&#233;rences pour s'en enrichir. Avan&#231;ons avec force et bienveillance dans cette histoire mondiale chaotique en nous assignant pour but de faire place &#224; la vie, &#224; toutes nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/events/360905628303729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.facebook.com/events/360905628303729&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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