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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Qu&#233;bec solidaire doit se donner une cible de 65% de r&#233;duction des &#233;missions de GES</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quebec-solidaire-doit-se-donner-une-cible-de</link>
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		<dc:date>2021-09-28T09:11:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son projet de plateforme pr&#233;sent&#233; &#224; son 15e congr&#232;s qui se tiendra du 19 au 21 novembre prochain, il est propos&#233; que pour lutter contre les changements climatiques, &#034;Qu&#233;bec solidaire s'engage &#224; adopter une Loi sur le climat pour r&#233;duire d'au moins 45% les gaz &#224; effet de serre par rapport au niveau de 1990, d'ici 2030, en vue d'atteindre la carboneutralit&#233; en 2050.&#034; Ce proposition est en de&#231;&#224; des n&#233;cessit&#233;s pos&#233;es par l'urgence climatique. C'est pourquoi, il nous semble n&#233;cessaire de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-21&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-28&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton49723-083fb.png?1781560007' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son projet de plateforme pr&#233;sent&#233; &#224; son 15e congr&#232;s qui se tiendra du 19 au 21 novembre prochain, il est propos&#233; que pour lutter contre les changements climatiques, &#034;Qu&#233;bec solidaire s'engage &#224; adopter une Loi sur le climat pour r&#233;duire d'au moins 45% les gaz &#224; effet de serre par rapport au niveau de 1990, d'ici 2030, en vue d'atteindre la carboneutralit&#233; en 2050.&#034; Ce proposition est en de&#231;&#224; des n&#233;cessit&#233;s pos&#233;es par l'urgence climatique. C'est pourquoi, il nous semble n&#233;cessaire de fixer la cible &#224; au moins 65%. Nous voulons ici expliquer rapidement les fondements d'une telle position.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. La plupart des pays capitalistes avanc&#233;s ont une cible sup&#233;rieure au 45% propos&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les 27 pays de l'Union europ&#233;enne ont fix&#233; une cible d'&#171; au moins 55% &#187; d'ici 2030 afin d'atteindre la neutralit&#233; carbone. M&#234;me si cette cible est &#171; nette &#187; puisqu'elle inclut les &#171; puits de carbone &#187; naturels comme les for&#234;ts et les sols dans le calcul des &#233;missions.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#192; l'ouverture du Sommet international sur le climat, Joe Biden a annonc&#233; son intention de r&#233;duire les GES des &#201;tats-Unis &#224; 50% d'ici 2030, par rapport au niveau de 2005.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Le gouvernement Trudeau a annonc&#233; en avril dernier &#224; ce m&#234;me Sommet international une r&#233;duction de 40 &#224; 45% des &#233;missions de gaz &#224; effets (GES) d'ici 2030. L'ann&#233;e de r&#233;f&#233;rence pour le calcul est 2005. La pr&#233;c&#233;dente cible &#233;tait de 30%.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#034;Mais il n'a pas voulu limiter la croissance du secteur p&#233;trolier et gazier, qui est un poids lourd pour le bilan carbone canadien, soit 26% des &#233;missions. (Ibid) Pire, les &#233;missions ont augment&#233; chaque ann&#233;e entre 2016 et 2019.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Le gouvernement du Qu&#233;bec a gard&#233; l'objectif d'une baisse de 37,5% entre 1990 et 2030 &#233;tabli par le gouvernement Couillard. Le gouvernement Legault a reconnu que le PEV ne pourrait permettre d'atteindre que la moiti&#233; de cet objectif.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La cible fix&#233;e par ces diff&#233;rents pays et le Qu&#233;bec est moins ambitieuse que ce qu'exige la science du climat. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le GIEC, il n'y a absolument rien qui peut remplacer les r&#233;ductions imm&#233;diates de gaz &#224; effet de serre dans l'atmosph&#232;re.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les grandes ONG environnementales (Greenpeace, R&#233;seau action climat, parle d'au moins 60% d'ici 2030 par rapport &#224; 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Le capital fossile freine des deux pieds les initiatives concr&#232;tes pour atteindre des cibles ambitieuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital fossile (les entreprises p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res), les industries qui en d&#233;pendent (industrie automobile, plus g&#233;n&#233;ralement de transport et d'armement) cherche &#224; bloquer les cibles &#233;lev&#233;es et les politiques qui permettraient d'atteindre de telles cibles. &#171; &lt;i&gt;Cette transition va entra&#238;ner des pertes pour les activit&#233;s &#233;conomiques dans les industries polluantes et pour les investisseurs financiers qui portent les actifs de ces entreprises. C'est ainsi que d'&#233;normes r&#233;serves fossiles ne seront jamais br&#251;l&#233;es. Ces actifs abandonn&#233;s ou &#233;chou&#233;s &#187; (standed assets) seront d&#233;valoris&#233;s, cr&#233;ant des pertes financi&#232;res tr&#232;s &#233;lev&#233;es. L'importance de ces pertes est li&#233;e &#224; l'objectif climatique recherch&#233;. Plus les cibles sur la hausse de temp&#233;ratures acceptables sont exigeantes, plus ressources fossiles deviendront &#171; &#233;chou&#233;es &#187; et donc non utilis&#233;es. &#8230; Or pour un objectif de hausse de la temp&#233;rature moyenne de 2 degr&#233;s C sur la plan&#232;te, au moins la moiti&#233; des ressources fossiles doit &#234;tre abandonn&#233;e, pour un objectif de 1,5 degr&#233; C, c'est plus de 80%. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Aglietta, Natacha Valla, Le futur de la monnaie, Odile Jacob, f&#233;vrier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est pourquoi le capital fossile et ses alli&#233;s vont freiner des deux pieds la transition vers une &#233;conomie bas carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Il s'agit d'une surench&#232;re sur la hauteur des cibles, mais d'une compr&#233;hension de la radicalit&#233; des moyens qui devront &#234;tre mis en oeuvre devant l'urgence climatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de faire de la surench&#232;re au niveau de la hauteur des cibles. L'ensemble des gouvernements n&#233;olib&#233;raux posent la carboneutralit&#233; pour 2050, mais se donnent peu de moyens pour y parvenir. Jusqu'ici aucune des cibles fix&#233;es par ces gouvernements n'a &#233;t&#233; atteinte. La hauteur des cibles doit indiquer la radicalit&#233; des moyens qui doivent &#234;tre envisag&#233;s, mais il est certain que fixer des objectifs faibles signifie viser des actions faibles qui ne seront pas &#224; la hauteur des d&#233;fis qui sont devant nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la COP26 (&#224; Glasgow, en novembre), d&#233;cidait d'appliquer les engagements pris jusqu'ici par les diff&#233;rents signataires de l'Accord de Paris, l'augmentation des temp&#233;ratures d&#233;passeraient les 2 degr&#233;s et l'humanit&#233; devrait affronter de terribles perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plafond fix&#233; &#224; Paris serait d&#233;pass&#233;, l'acidification et la d&#233;soxyg&#233;nation des oc&#233;ans continueront d'augmenter avec des cons&#233;quences n&#233;gatives sur la vie marine... Selon le rapport sp&#233;cial 1,5&#176;C du GIEC, atteindre z&#233;ro &#233;missions nettes de CO2 en 2050 n&#233;cessite de r&#233;duire les &#233;missions mondiales de 59% avant 2030 (65% dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, vu leur responsabilit&#233; historique) .&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Tanuro,&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Une v&#233;ritable bifurcation des modes de production, de consommation et de distribution de la richesse est n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; la crise climatique, il faut enclencher au plus t&#244;t une v&#233;ritable r&#233;volution des modes de production (de l'&#233;nergie, des transports, en agriculture&#8230;), des modes de consommation et d'&#233;change et la distribution plus &#233;galitaire de la richesse sociale afin de prendre en compte la transition climatique dans une conception int&#233;gr&#233;e &#233;cologie/environnement. Cela implique :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	L'acc&#233;l&#233;ration de la fin de l'utilisation des sources d'&#233;nergies non renouvelables ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la primaut&#233; et la g&#233;n&#233;ralisation des &#233;nergies renouvelables sous contr&#244;le public ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	le d&#233;p&#233;rissement de l'autosolo comme moyen de transport privil&#233;gi&#233; et le transport public collectif et gratuit comme moyen principal de mobilit&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la multiplication des initiatives visant l'&#233;conomie d'&#233;nergie dans le domaine b&#226;ti (dans les secteurs industriel, commercial, institutionnel et r&#233;sidentiel) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la transformation d'une agriculture industrielle agro-exportatrice vers une agriculture &#233;cologique de proximit&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la fin de l'obsolescence planifi&#233;e et l'obligation de la durabilit&#233; et de la qualit&#233; des produits industriels ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	le d&#233;veloppement de l &#8216;&#233;conomie des circuits courts et la relocalisation d'urgence des productions essentielles (m&#233;dicaments, vaccins, alimentation et ensemble des productions li&#233;es &#224; la transition). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la sobri&#233;t&#233; dans l'utilisation des ressources ce qui passe par l'&#233;limination des productions inutiles et la rupture avec la surconsommation et une publicit&#233; qui cherche essentiellement &#224; l'entretenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; des axes de bifurcation vers une soci&#233;t&#233; bas carbone qui fonde une cible ambitieuse de r&#233;duction des GES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Une responsabilit&#233; historique dans le basculement du climat &#224; assumer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cible de 65% de r&#233;duction des &#233;missions de GES tient compte de la responsabilit&#233; historique des anciens pays industrialis&#233;s. Les r&#233;ductions &#224; l'&#233;chelle du Qu&#233;bec doivent aussi comprendre le soutien apport&#233; aux pays du Sud pour r&#233;duire leurs &#233;missions de GES.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france24.com/fr/europe/20201211-l-union-europ%C3%A9enne-se-fixe-de-nouveaux-objectifs-de-r%C3%A9duction-d-%C3%A9missions-de-gaz-%C3%A0-effet-de-serre&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.france24.com/fr/europe/20201211-l-union-europ%C3%A9enne-se-fixe-de-nouveaux-objectifs-de-r%C3%A9duction-d-%C3%A9missions-de-gaz-%C3%A0-effet-de-serre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/societe/environnement/599319/trudeau-promet-de-reduire-les-ges-du-canada-de-40-a-45-d-ici-2030&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ledevoir.com/societe/environnement/599319/trudeau-promet-de-reduire-les-ges-du-canada-de-40-a-45-d-ici-2030&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/societe/environnement/599319/trudeau-promet-de-reduire-les-ges-du-canada-de-40-a-45-d-ici-2030&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ledevoir.com/societe/environnement/599319/trudeau-promet-de-reduire-les-ges-du-canada-de-40-a-45-d-ici-2030&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/societe/environnement/599319/trudeau-promet-de-reduire-les-ges-du-canada-de-40-a-45-d-ici-2030&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ledevoir.com/societe/environnement/599319/trudeau-promet-de-reduire-les-ges-du-canada-de-40-a-45-d-ici-2030&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-04-23/reduction-des-emissions-de-ges/pourquoi-se-fixer-un-objectif-inatteignable.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-04-23/reduction-des-emissions-de-ges/pourquoi-se-fixer-un-objectif-inatteignable.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-08-09/nouveau-rapport-du-giec/il-est-minuit-moins-une.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2021-08-09/nouveau-rapport-du-giec/il-est-minuit-moins-une.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Aglietta, Natacha Valla, &lt;i&gt;Le futur de la monnaie&lt;/i&gt;, Odile Jacob, f&#233;vrier 2021, p. 160&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Tanuro, &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Au-bord-du-gouffre-le-scenario-que-le-GIEC-ne-modelise-pas&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.pressegauche.org/Au-bord-du-gouffre-le-scenario-que-le-GIEC-ne-modelise-pas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'art par les femmes afghanes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-art-par-les-femmes-afghanes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-art-par-les-femmes-afghanes</guid>
		<dc:date>2021-09-28T06:50:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruna Alasia</dc:creator>


		<dc:subject>Afghanistan</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sonita Alizadeh est une rappeuse et une militante contre le mariage forc&#233;, n&#233;e &#224; H&#233;rat en Afghanistan en 1996. Elle &#233;chappe &#224; 10 ans &#224; un premier mariage forc&#233; (le mariage pr&#233;coce &#233;tant consid&#233;r&#233; comme un moyen de prot&#233;ger l'honneur d'une jeune fille dans la tradition afghane). Elle atterrit dans un centre pour enfants r&#233;fugi&#233;s qui la scolarise et l'emploie &#224; mi-temps comme femme de m&#233;nage. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afghanistan-27-+" rel="tag"&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH143/arton49541-bf44d.jpg?1781560007' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='143' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sonita Alizadeh est une rappeuse et une militante contre le mariage forc&#233;, n&#233;e &#224; H&#233;rat en Afghanistan en 1996. Elle &#233;chappe &#224; 10 ans &#224; un premier mariage forc&#233; (le mariage pr&#233;coce &#233;tant consid&#233;r&#233; comme un moyen de prot&#233;ger l'honneur d'une jeune fille dans la tradition afghane). Elle atterrit dans un centre pour enfants r&#233;fugi&#233;s qui la scolarise et l'emploie &#224; mi-temps comme femme de m&#233;nage.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;500&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/PKm3TNzQPy8&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/19/sonita-alizadeh-mariees-a-vendre-brides-for-sale-lartiste-shamsia-hassani-et-autre-texte/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/09/19/sonita-alizadeh-mariees-a-vendre-brides-for-sale-lartiste-shamsia-hassani-et-autre-texte/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se met &#224; &#233;crire du rap pour exprimer sa col&#232;re face au sort qui est r&#233;serv&#233; aux jeunes filles dans son pays. Elle chante ses textes devant ses copines et fait du porte-&#224;-porte pour essayer de trouver un producteur pour ses po&#232;mes mis en musique. C'est &#224; ce moment que la r&#233;alisatrice Rokhsareh Ghaem Maghami se met &#224; tourner un documentaire sur Sonita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'art change l'esprit des gens et les gens changent le monde (Art changes people's minds and people change the world.)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'artiste. Shamsia Hassani&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e en avril 1988, est la premi&#232;re femme artiste graffeur d'Afghanistan. &#192; travers ses &#339;uvres, Shamsia d&#233;peint les femmes afghanes dans une soci&#233;t&#233; domin&#233;e par les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son art donne aux femmes afghanes un visage diff&#233;rent, un visage avec du pouvoir, des ambitions et la volont&#233; d'atteindre des objectifs. Le personnage f&#233;minin utilis&#233; dans ses &#339;uvres repr&#233;sente un &#234;tre humain fier, fort et capable d'apporter des changements positifs dans la vie des gens. Au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie de l'apr&#232;s-guerre en Afghanistan, les &#339;uvres de Shamsia ont apport&#233; une &#233;norme vague de couleurs et d'appr&#233;ciation &#224; toutes les femmes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses &#339;uvres ont inspir&#233; des milliers de femmes dans le monde entier et ont donn&#233; un nouvel espoir aux artistes afghanes dans le pays. Elle a incit&#233; des centaines d'Afghans &#224; faire preuve de cr&#233;ativit&#233; gr&#226;ce &#224; son festival de graffitis, ses cours d'art et ses expositions dans diff&#233;rents pays du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art change l'esprit des gens et les gens changent le monde (Art changes people's minds and people change the world.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mostra de Venise 2021 : l'appel des r&#233;alisatrices Karimi et Mani&lt;br class='autobr' /&gt;
pour venir en aide aux artistes afghans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anim&#233;e par le journaliste Giuliano Battiston, qui depuis 2007 se consacre &#224; l'Afghanistan &#224; travers ses voyages, ses recherches et ses essais, une table ronde a eu lieu au Festival international du film de Venise pour soutenir les artistes afghans. Les deux jeunes r&#233;alisatrices Sahraa Karimi et Sahra Mani, qui ont fui leur pays apr&#232;s la prise du pouvoir par les talibans, &#233;taient pr&#233;sentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le panel &#233;tait compos&#233; de membres de la Coalition internationale pour les cin&#233;astes en danger (ICFR), Vanja Kaludjercic (Directrice artistique du Festival international du film de Rotterdam), Orwa Nyrabia (Directeur artistique du Festival international du film documentaire d'Amsterdam), ainsi que Mike Downey et Matthijs Wouter Knol (respectivement Pr&#233;sident et Directeur ex&#233;cutif de l'Acad&#233;mie europ&#233;enne du cin&#233;ma).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; invit&#233;e lors de la 76&#232;me &#233;dition du Festival de Venise en 2019, la r&#233;alisatrice Sahraa Karimi, premi&#232;re femme pr&#233;sidente de l'Institut du film afghan (AFO), a r&#233;cemment lanc&#233; un appel afin de sensibiliser le monde et en particulier les m&#233;dias, les gouvernements et les organisations humanitaires quant &#224; la crise actuellement travers&#233;e par son pays. Elle a retrac&#233; l'avanc&#233;e de son travail avec notamment deux documentaires historiques importants, la deuxi&#232;me &#233;dition d'un prix cin&#233;matographique et des ateliers pour les jeunes. Le 15 ao&#251;t 2021, tout s'est arr&#234;t&#233; soudainement, en l'espace de quelques heures, juste le temps de rassembler quelques affaires et fuir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les archives cin&#233;matographiques sont d&#233;sormais sous le contr&#244;le des talibans, qui consid&#232;rent les actions culturelles comme des op&#233;rations militaires. Sahraa Karimi pleure et demande aux journalistes d'aider son peuple en diffusant ce qui se passe en Afghanistan. Elle pense que les talibans essaient de montrer un c&#244;t&#233; plus &#171; ouvert &#187; mais sont en r&#233;alit&#233; cruels : avec eux au pouvoir, le cin&#233;ma est interdit, tout comme la musique et l'art, alors qu'elle est convaincue que seules l'&#233;ducation et la culture peuvent vaincre la guerre. &#192; l'heure actuelle, des milliers d'artistes en Afghanistan risquent leur vie. En larmes, Sahraa Karimi interpelle la presse : &#171; Avez-vous vu La Liste de Schindler ? Imaginez qu'une chose similaire se produise en Afghanistan &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa consoeur Sahra Mani, pr&#233;sente &#224; Venise avec un projet au March&#233; de la Coproduction de la Mostra, ajoute qu'il n'a jamais &#233;t&#233; facile de travailler en Afghanistan en raison d'un gouvernement et d'un syst&#232;me judiciaire corrompus. Elle explique que les gens sortaient le matin sans savoir s'ils rentreraient chez eux le soir &#224; cause des bombardements, si bien qu'elles avaient pris l'habitude de conserver deux copies de leur travail : une dans leur pays et une autre ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aussi est persuad&#233;e que le seul moyen d'arr&#234;ter la guerre est d'investir dans l'art et la culture. Malheureusement l'&#233;cole de musique est aujourd'hui occup&#233;e par les talibans qui ont d&#233;truit tous les instruments. Elle pense que les &#233;tudiants de musique seront form&#233;s pour devenir des terroristes et lance un avertissement : selon elle, si les gens sous-estiment ce qui se passe en Afghanistan, ce poison pourrait s'infiltrer dans d'autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les personnes du panel ont r&#233;v&#233;l&#233; la situation dramatique des cin&#233;astes et des artistes afghans en g&#233;n&#233;ral. Ils ont d&#233;montr&#233; l'importance de cr&#233;er des couloirs humanitaires, de leur accorder le statut de r&#233;fugi&#233; politique, et la n&#233;cessit&#233; de leur assurer un h&#233;bergement une fois arriv&#233;s en Europe. Tous, sans distinction, ont demand&#233; la collaboration des journalistes pour diffuser les initiatives humanitaires et susciter une grande r&#233;sonance dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruna Alasia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction de l'italien, Cl&#233;mence Berger&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressenza.com/it/2021/09/venezia-2021-le-registe-karimi-e-mani-chiedono-aiuto-ai-giornalisti-per-gli-artisti-afghani/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pressenza.com/it/2021/09/venezia-2021-le-registe-karimi-e-mani-chiedono-aiuto-ai-giornalisti-per-gli-artisti-afghani/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pressenza.com/fr/2021/09/mostra-de-venise-2021-lappel-des-realisatrices-karimi-et-mani-pour-venir-en-aide-aux-artistes-afghans/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pressenza.com/fr/2021/09/mostra-de-venise-2021-lappel-des-realisatrices-karimi-et-mani-pour-venir-en-aide-aux-artistes-afghans/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le projet de marchandiser la nature, essai critique d'H&#233;l&#232;ne Tordjman</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-projet-de-marchandiser-la-nature-essai-critique-d-Helene-Tordjman</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-projet-de-marchandiser-la-nature-essai-critique-d-Helene-Tordjman</guid>
		<dc:date>2021-09-27T07:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Notre coll&#232;gue et amie, H&#233;l&#232;ne Tordjman, vient de publier La croissance verte contre la nature, Critique de l'&#233;cologie marchande (La D&#233;couverte, 2021). Ce livre fera date parce qu'il rassemble une documentation tr&#232;s &#224; jour sur la conceptualisation et la mise en pi&#232;ces de la nature par un capitalisme menant au bord de l'asphyxie plan&#233;taire, pour la nature mais aussi pour les humains. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant que la crise &#233;cologique est av&#233;r&#233;e, que le r&#233;chauffement du climat n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton49574-e3487.jpg?1781560008' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Notre coll&#232;gue et amie, H&#233;l&#232;ne Tordjman, vient de publier &lt;a href=&#034;https://www.editionsladecouverte.fr/la_croissance_verte_contre_la_nature-9782348067990&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La croissance verte contre la nature, Critique de l'&#233;cologie marchande&lt;/a&gt; (La D&#233;couverte, 2021). Ce livre fera date parce qu'il rassemble une documentation tr&#232;s &#224; jour sur la conceptualisation et la mise en pi&#232;ces de la nature par un capitalisme menant au bord de l'asphyxie plan&#233;taire, pour la nature mais aussi pour les humains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/ecologie/le-projet-de-marchandiser-la-nature-essai-critique-dhelene-tordjman.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que la crise &#233;cologique est av&#233;r&#233;e, que le r&#233;chauffement du climat n'est plus discut&#233; et que les alarmes sur la perte de biodiversit&#233; se multiplient, on pourrait croire que tout est dit. Peut-&#234;tre, mais r&#233;unir en un volume une synth&#232;se aussi d&#233;taill&#233;e, pr&#233;cise et r&#233;f&#233;renc&#233;e &#224; la fois sur les multiples atteintes &#224; la nature et sur les fausses solutions qui y sont apport&#233;es est une belle r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une critique de la marchandisation de la nature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probl&#233;matique g&#233;n&#233;rale du livre est de montrer que s'engager dans la voie d'une r&#233;ponse marchande &#224; la crise &#233;cologique ne peut qu'approfondir cette derni&#232;re. Le livre est structur&#233; en six chapitres, plus une conclusion charpent&#233;e qui est, en fait, un septi&#232;me chapitre, j'y reviendrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier chapitre, l'auteure fait le proc&#232;s du projet de faire des nanotechnologies, des biotechnologies, des sciences de l'information et de la cognition (en sigle, les NBIC) des &#171; technologies performantes pour augmenter la performance humaine &#187; (p. 21). Autrement dit, il y a l&#224; un projet transhumaniste, une utopie au mauvais sens du terme. Car &#171; d&#233;velopper de tels outils de transformation suppose de penser dans un m&#234;me mouvement la mati&#232;re, le vivant, la cognition, les &#233;cosyst&#232;mes, la biosph&#232;re et les galaxies &#187; (p. 27). Mais, &#171; puisque, par d&#233;finition, il est &#224; peu pr&#232;s impossible de pr&#233;voir les trajectoires des syst&#232;mes complexes, l'ambition d'instrumentaliser par la science et la technique les processus biologiques, les dynamiques climatiques et g&#233;ologiques ou les institutions sociales avec l'intention d'en ma&#238;triser les r&#233;sultats agr&#233;g&#233;s devrait appara&#238;tre vaine &#187; (p. 28). Malheureusement, aussi bien aux &#201;tats-Unis qu'en Europe, ou bien au Forum de Davos, tous les bons esprits rivalisent d'imagination pour &#171; lib&#233;rer la valeur &#233;conomique de la nature &#187; au nom de &#171; tout cela est &#8220;bio&#8221; puisque c'est vivant &#187; (p. 47). Si &#171; une telle fr&#233;n&#233;sie scientiste et prom&#233;th&#233;enne &#187; est consid&#233;r&#233;e comme la solution &#224; la d&#233;gradation de l'&#233;tat &#233;cologique de la plan&#232;te &#187; (p. 49), c'est parce qu'on raisonne &#171; comme si l'on pouvait s&#233;parer les effets positifs et n&#233;gatifs, garder les premiers et r&#233;gler les seconds s&#233;par&#233;ment. Or, comme l'a montr&#233; Jacques Ellul d&#232;s 1954, un des caract&#232;res de la technique moderne est son &#8220;ins&#233;cabilit&#233;&#8221; : elle forme un syst&#232;me, un tout, et ses effets ne d&#233;pendent pas de l'usage que l'on en fait, ils lui sont inh&#233;rents &#187; (p. 49-50).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'exemple des agrocarburants, le deuxi&#232;me chapitre illustre l'impasse techniciste d&#233;voil&#233;e pr&#233;c&#233;demment. &#171; On y voit &#224; l'&#339;uvre l'auto-accroissement et l'autonomie de la technique qui produisent des dynamiques autocentr&#233;es ou autor&#233;f&#233;rentielles, ne r&#233;pondant qu'aux questions que la technique se pose &#224; elle-m&#234;me &#187; (p. 55). Il s'ensuit que &#171; la croissance verte [&#8230;] ne rompt pas avec l'extractivisme et l'id&#233;ologie industrielle &#187; (p. 55). Et, des agrocarburants de premi&#232;re g&#233;n&#233;ration aux &#171; avanc&#233;s &#187;, rien n'est vraiment chang&#233;. Pas plus que &#171; la combinaison de la bio&#233;nergie, dont les agrocarburants font partie, et la capture et le stockage du carbone &#187; (p. 93). On retrouvera ce probl&#232;me avec l'agriculture industrielle car &#171; manger ou conduire, il faut choisir &#187; (p. 70).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se r&#233;f&#233;rant &#224; Marx et &#224; Polanyi, H&#233;l&#232;ne Tordjman montre dans son troisi&#232;me chapitre que la fabrication de semences &#171; augment&#233;es &#187; produit de &#171; nouvelles enclosures &#187; capables de d&#233;poss&#233;der les paysans de tout pouvoir et savoir. Privation des denr&#233;es v&#233;g&#233;tales et institutions de droits permettent de normaliser techniquement les semences : la brevetabilit&#233; des organismes vivants est en cours. &#171; Un g&#232;ne simplement d&#233;couvert n'est pas brevetable, mais s'il est isol&#233; et caract&#233;ris&#233; gr&#226;ce &#224; l'ing&#233;niosit&#233; technique et scientifique d'Homo industrialus, il le devient &#187; (p. 113-114). &#171; Avant la domination de la g&#233;n&#233;tique, la description des vari&#233;t&#233;s prot&#233;g&#233;es se faisait au niveau ph&#233;notypique, celui de leurs caract&#233;ristiques physiques. De plus en plus, les descriptions se font au niveau g&#233;notypique : ce qui est appropri&#233; est l'information g&#233;n&#233;tique codant pour ses caract&#233;ristiques physiques. Ce d&#233;placement de perspective engendre une forme de d&#233;mat&#233;rialisationdes vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales, qui sont per&#231;ues comme de l'information, et non plus comme des plantes. Il est ainsi plus facile de les r&#233;ifier, et leur industrialisation semble moins probl&#233;matique. &#187; (p. 149).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les quatri&#232;me et cinqui&#232;me chapitres de son livre, H&#233;l&#232;ne Tordjman critique la transformation de la nature en &#171; capital naturel &#187; &#8211; &#171; derni&#232;re &#233;tape en date d'un processus de r&#233;ification de la nature entam&#233; aux d&#233;buts de l'&#233;poque moderne &#187; (p. 160) &#8211; et sa r&#233;duction &#224; des &#171; services &#233;cosyst&#233;miques &#187;. Elle rappelle l'id&#233;e sous-jacente &#224; l'&#233;conomie n&#233;oclassique de l'environnement selon laquelle il suffit de fixer des prix pour internaliser les effets externes n&#233;gatifs, car &#171; une telle vision est qu'on ne prot&#233;gerait que ce qui a une valeur mon&#233;taire et, sym&#233;triquement, qu'il serait loisible de d&#233;truire ce qui n'en a pas puisque cela ne co&#251;te rien : le calcul utilitariste dans sa version &#233;troitement &#233;conomique. Autrement dit, nous aurions jusque-l&#224; d&#233;truit la nature car nous ne nous rendions pas compte de sa valeur. &#187; (p. 157-158). Un tel &#233;difice conceptuel exige, pour &#234;tre op&#233;rationnel, un &#171; foisonnement &#187; d'institutions, propres &#224; instaurer une &#171; gouvernance internationale &#187; imposant une &#171; soft law &#187; venant d'acteurs &#171; non &#233;lus &#187; (p. 176-177), &#224; l'instar du TEEB (The Economics of Ecosystems and Biodiversity), champion des &#171; valeurs &#233;conomiques de la biodiversit&#233; &#187; (p. 182).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque du capitalisme financiaris&#233; se constitue &#171; une nouvelle classe de marchandises fictives &#187; faite de &#171; s&#233;quences g&#233;n&#233;tiques, vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales et races animales, processus naturels, collection d'&#233;chantillons biologiques, bases de donn&#233;es d'informations s&#233;quentielles num&#233;riques, services rendus par les &#233;cosyst&#232;mes &#187; (p. 190). Lorsqu'on r&#233;ussit &#224; &#171; d&#233;couper la biosph&#232;re en entit&#233;s discr&#232;tes &#187;, alors on peut proc&#233;der &#224; la &#171; d&#233;finition &#187;, puis &#224; &#171; l'&#233;valuation mon&#233;taire &#187; et &#224; la &#171; valorisation &#187; (p. 191) de la nature et de ses services. Et l'auteure de rappeler le lancement de ces processus par la c&#233;l&#232;bre &#233;tude de Robert Costanza en 1997, &#233;valuant l'ensemble des services &#233;cosyst&#233;miques mondiaux, en d&#233;pit des innombrables probl&#232;mes m&#233;thodologiques de mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me chapitre d'H&#233;l&#232;ne Tordjman se demande si l'on peut &#171; faire confiance &#224; la finance &#187; (p. 245). Sa r&#233;ponse est &#233;videmment n&#233;gative. Et elle explique en d&#233;tail les m&#233;canismes de plus en plus sophistiqu&#233;s mis au point par les financiers, susceptibles, aux dires de ces derniers, d'orienter l'investissement vers des activit&#233;s &#171; vertes &#187; (p. 249). Leur imagination est d&#233;bordante : indices boursiers soutenables, obligations vertes, obligations catastrophes (ou cat bonds, voire pandemic bonds), produits d&#233;riv&#233;s adoss&#233;s &#224; la nature, titrisation, benchmark pour &#233;tablir des standards et labels d'&#233;valuation, etc. L'auteure donne de multiples exemples de grandes soci&#233;t&#233;s anticipant la survenue de risques sociaux ou environnementaux, non pas pour circonscrire ces risques, mais pour en tirer parti financi&#232;rement : &#171; Les risques sociaux et environnementaux ne sont des risques que dans la mesure o&#249; ils ont un impact sur la r&#233;putation des entreprises et sont susceptibles de faire baisser leur valeur actionnariale &#187; (p. 277). Le hic pour la finance est que &#171; ces diff&#233;rents outils ne font pas dispara&#238;tre les risques, ils les transf&#232;rent simplement d'une classe d'agents &#224; une autre ; il faut toujours quelqu'un en bout de cha&#238;ne pour les assumer &#187; (p. 282).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer son livre, H&#233;l&#232;ne Tordjman propose une conclusion &#233;toff&#233;e, qu'on peut consid&#233;rer &#8211; je le disais plus haut &#8211; comme un septi&#232;me et dernier chapitre. En effet, elle choisit de pr&#233;senter une voie pouvant servir d'exemple &#224; d&#233;velopper face &#224; l'entreprise de marchandisation de la nature. Il s'agit de la transformation du mod&#232;le de production agricole dominant pour aller vers une agrobiologie. Se r&#233;f&#233;rant aux concepts d&#233;velopp&#233;s tant par Oliver de Schutter, ancien rapporteur du droit &#224; l'alimentation pour les Nations unies, que par des agronomes comme Marc Dufumier, &#171; la connaissance des relations fonctionnelles permettant &#224; un agrosyst&#232;me de se reproduire sans apport de la chimie de synth&#232;se, progresse tous les jours, et cette connaissance peut &#234;tre mise &#224; profit par les paysans, en particulier gr&#226;ce &#224; des programmes de recherche participative &#187; (p. 302). La mise en pratique de l'agrobiologie se d&#233;cline en diversification et rotation des cultures, agroforesterie, agriculture et &#233;levage int&#233;gr&#233;s, gestion et conservation des sols et de l'eau, lutte biologique et m&#233;canique contre les ravageurs et les maladies, et semences paysannes (p. 305). &#201;conomiquement, cela signifie une substitution du travail paysan &#224; la m&#233;canisation &#224; outrance. H&#233;l&#232;ne Tordjaman n'a pas de mal &#224; montrer que l'autorisation accord&#233;e &#224; la fili&#232;re betteraves de d&#233;roger &#224; l'interdiction des n&#233;onicotino&#239;des, au nom de l'emploi, &#171; est destin&#233;e &#224; soutenir un syst&#232;me qui vise &#224; d&#233;truire les emplois &#187; (p. 326). On est aux antipodes d'une &#233;volution vers des pratiques autogestionnaires que l'auteure appelle de ses v&#339;ux et qu'elle situe &#224; tout instant ainsi : &#171; il n'y a pas beaucoup de sens &#224; diff&#233;rencier effets environnementaux et effets sociaux de l'agriculture productiviste qu'il faut embrasser d'un m&#234;me mouvement &#187; (p. 61), ce qui, je vais y revenir, est tr&#232;s marxien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un livre qui invite &#224; la r&#233;flexion et &#224; la discussion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t d'un livre se mesure aussi &#224; la discussion qu'il permet d'ouvrir. Voici quelques-unes des questions qui me viennent &#224; l'esprit en lisant celui-ci, dont je r&#233;p&#232;te qu'il est passionnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;l&#232;ne Tordjman se situe dans la perspective d'auteurs anciens qui ont &#233;t&#233; parmi les pionniers de la r&#233;flexion &#233;cologique, notamment Ivan Illich et Jacques Ellul. Elle se r&#233;f&#232;re fr&#233;quemment &#224; eux pour critiquer le caract&#232;re techniciste de la civilisation industrielle, au travers du concept de contre-productivit&#233; illichien ou de celui d'autonomie de la technique ellu&#233;en. Cependant, elle sait bien que la th&#232;se tr&#232;s d&#233;terministe de la technique d'Ellul a &#233;t&#233; discut&#233;e et le reste encore. Le paradoxe de cet auteur n'est pas mince, puisqu'il entend actualiser la pens&#233;e de Marx, mais il aboutit &#224; une vision encore plus d&#233;terministe que celle longtemps en vigueur dans le marxisme traditionnel au sujet du d&#233;veloppement des forces productives dont devaient d&#233;couler toutes les transformations superstructurelles, appauvrissant certainement la pens&#233;e de Marx lui-m&#234;me. Cette discussion ancienne pourrait &#234;tre reli&#233;e &#224; la probl&#233;matique d&#233;velopp&#233;e dans ce livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela d'autant plus qu'H&#233;l&#232;ne Tordjman s'avance sur le plan &#233;pist&#233;mologique en &#233;crivant : &#171; Marcel Mauss, Joseph Schumpeter, Karl Polanyi ou Louis Dumont avaient d&#233;j&#224; en leur temps insist&#233; sur l'intrication des institutions, des repr&#233;sentations collectives et des id&#233;ologies, et ce dans toutes les soci&#233;t&#233;s, qu'elles soient traditionnelles ou modernes. Pour le dire autrement, l'opposition, classique en sciences sociales, entre mat&#233;rialisme et id&#233;alisme n'a plus lieu d'&#234;tre : structures &#233;conomiques, institutions et id&#233;ologies sont en interaction permanente, ou, mieux, sont les diff&#233;rentes facettes d'une m&#234;me dynamique. &#187; (p. 159). Dans cette liste d'auteurs, Marx est &#233;vacu&#233;, lui le th&#233;oricien de la dialectique ? Et quid des luttes de classes dans cette &#171; dynamique &#187; ? Et que dire de la pr&#233;tendue disparition de l'opposition entre mat&#233;rialisme et id&#233;alisme philosophiquement parlant, qui est justement l'un des sch&#233;mas de l'id&#233;alisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit une deuxi&#232;me question. La d&#233;nonciation de la marchandisation de la nature met-elle en cause l'ordre marchand ou l'ordre capitaliste ? On sait, depuis Marx, que les deux ordres ne sont pas identiques. Le premier pr&#233;c&#232;de dans l'histoire le second, ce dernier se distinguant par l'instauration de rapports sociaux fond&#233;s sur la salarisation d'une main-d'&#339;uvre prol&#233;taris&#233;e ne poss&#233;dant que sa force de travail [1]. Ce qui pourrait mettre en porte-&#224;-faux H&#233;l&#232;ne Tordjman qui &#233;crit : &#171; Dans le mode de production capitaliste, les d&#233;tenteurs de capitaux veulent les valoriser, c'est-&#224;-dire tentent d'accro&#238;tre leur valeur, au travers de l'&#233;change marchand &#187; (p. 12, soulign&#233; par moi, JMH). L'&#233;change marchand de quoi ? Dans le capitalisme, il s'agit de l'&#233;change marchand de la force de travail et pas seulement des biens marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quel ordre se situe la critique d'H&#233;l&#232;ne Tordjman ? Au premier &#8211; le marchand &#8211; si l'on en reste au sous-titre de son ouvrage et qui revient souvent sous sa plume. Mais, elle prend acte aussi que &#171; Ce mod&#232;le proc&#232;de de la m&#234;me vision et des m&#234;mes structures socio-&#233;conomiques mises en place &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle, celles d'un capitalisme industriel domin&#233; par une qu&#234;te fr&#233;n&#233;tique de ressources et de rendement, o&#249; le progr&#232;s technique est le moyen de ses fins. Ce mode de production nous a men&#233;s l&#224; o&#249; nous en sommes &#187; (p. 98). C'est dire que la responsabilit&#233; des &#171; &#233;conomistes &#187; est bien en de&#231;&#224; de celle qu'il convient de critiquer : &#171; L'id&#233;e [de march&#233;s de carbone dans le protocole de Kyoto] provient d'une vision du monde des &#233;conomistes, qui consid&#232;rent le march&#233; comme un outil neutre apte &#224; servir des buts tr&#232;s diff&#233;rents, y compris la lutte contre la pollution et le r&#233;chauffement climatique &#187; (p. 224). Or, il faut voir, il me semble, la vision &#171; &#233;conomiciste du monde &#187; (p. 239) comme celle de la classe capitaliste, au-del&#224; de la justification pseudo-scientifique donn&#233;e par les &#233;conomistes n&#233;oclassiques qui dominent la discipline. En revanche, on approuvera l'auteure quand elle dit : &#171; La finance verte s'inscrit en droite ligne du ph&#233;nom&#232;ne analys&#233; tout au long de ce livre : instrumentaliser les forces du capitalisme pour une &#8220;croissance verte et inclusive&#8221;, c'est-&#224;-dire pour &#8220;r&#233;parer&#8221; les d&#233;g&#226;ts de ce m&#234;me capitalisme &#187; (p. 290).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on en vient &#224; une troisi&#232;me question. S'il est vrai, comme le soutient l'auteure, que la financiarisation de la nature, au travers de ladite &#171; finance verte &#187; est une pi&#232;ce de la financiarisation g&#233;n&#233;rale de l'&#233;conomie mondiale depuis pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle, d'o&#249; vient cette derni&#232;re ? Malgr&#233; l'exploration m&#233;thodique des &#233;l&#233;ments faisant de la nature une marchandise dans ce livre, rien n'est dit de la crise du syst&#232;me productif capitaliste, dont les deux contradictions flagrantes du syst&#232;me se rejoignent aujourd'hui : d'un c&#244;t&#233;, le social, avec une chute de la croissance de la productivit&#233; du travail toujours &#224; l'origine de la valeur pour le capital ; de l'autre, l'&#233;cologique, avec une difficult&#233; grandissante pour faire rendre gorge &#224; la nature [2]. Crise du syst&#232;me ne produisant pas une rentabilit&#233; du capital jug&#233;e suffisante, et dont la financiarisation n'est qu'un palliatif trompeur et &#233;ph&#233;m&#232;re. Une illusion pour &#171; r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts du capitalisme &#187;, sur laquelle je rejoins totalement l'auteure. L'absence de mention des liens entre les aspects socio-&#233;conomiques et les aspects &#233;cologiques de la crise qui sont nou&#233;s par la finalit&#233; ultime de l'accumulation infinie du capital est pourtant un th&#232;me cher &#224; l'auteure puisqu'elle &#233;crivait auparavant dans un article : &#171; Ce qui frappe dans l'analyse qui est g&#233;n&#233;ralement faite de la crise du capitalisme contemporain est qu'elle traite de mani&#232;re s&#233;par&#233;e les questions &#233;conomiques et les questions &#233;cologiques. &#187; [3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un probl&#232;me central : &#171; valeur de la nature &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le questionnement de la logique profonde du capitalisme permet d'examiner un probl&#232;me central du livre d'H&#233;l&#232;ne Tordjman : celui de la &#171; valeur de la nature &#187;. Bien entendu, j'admets d'avance que ce que je vais dire peut &#234;tre critiqu&#233; &#224; son tour. Mais je pense qu'H&#233;l&#232;ne Tordjman ne traite pas vraiment ce que recouvre la th&#233;orisation de ladite valeur de la nature dans la litt&#233;rature de l'&#233;conomie n&#233;oclassique de l'environnement, dans celle la plus courante de l'Ecological Economics, dont on retrouve les ambigu&#239;t&#233;s, sinon les impens&#233;s, dans les &#233;crits et postures de l'&#233;cologie politique. Autant je partage avec H&#233;l&#232;ne Tordjman les critiques faites &#224; l'internalisation des effets externes de l'utilisation de la nature, aux m&#233;thodes d'&#233;valuation contingentes ou de dispositions marginales &#224; payer, des valeurs mon&#233;taires desdits services &#233;cosyst&#233;miques, de la compensation, critiques d&#233;j&#224; anciennes (comme celle portant sur la taxe imagin&#233;e par Arthur Pigou [4] en 1920, ou bien celle de David Pearce [5] sur les effets pervers de la compensation mon&#233;taire des d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques), autant je pense que s'interroger sur la &#171; vraie valeur &#187; de la nature, la &#171; vraie valeur de la pollinisation &#187; (p. 213), la &#171; vraie valeur d'un r&#233;cif coralien &#187; (p. 219), la &#171; vraie valeur d'une for&#234;t tropicale &#187; (p. 224) est une recherche vaine. &#171; S'il est impossible de concevoir qu'un syst&#232;me de prix puisse refl&#233;ter les valeurs relatives d'un service par rapport &#224; un autre &#187; (p. 241), &#224; quoi sert le concept de &#171; vraie valeur de la nature &#187; ? Pour ma part, je pense qu'il est une mani&#232;re d'accr&#233;diter l'id&#233;e qu'il y aurait une valeur &#233;conomique intrins&#232;que de la nature, qui pourrait &#234;tre ajout&#233;e &#224; d'autres &#233;l&#233;ments (et il n'en manque pas si l'on en croit le dernier rapport de l'Unesco sur la &#171; valeur de l'eau &#187; [6]). Cette id&#233;e est sous-jacente &#224; la r&#233;duction de la nature &#224; du &#171; capital naturel &#187;, fort bien analys&#233;e, celle-l&#224;, par H&#233;l&#232;ne Tordjman. Mais si la logique du mode de production capitaliste est en cause dans la destruction de la nature, alors il faut relier la critique de cette destruction &#224; la logique de la production de valeur pour accumuler sans cesse du capital. Et je pense que, pour sortir de l'imbroglio th&#233;orique n&#233;oclassique auquel succombent malheureusement trop d'&#233;cologistes et trop d'&#233;conomistes sensibles &#224; l'&#233;cologie [7], il faut reprendre l'essentiel de la critique de l'&#233;conomie politique de Marx qui seule permet de distinguer richesse et valeur, valeur d'usage et valeur marchande, et, au final, de consid&#233;rer comme incommensurables les diff&#233;rents registres [8], a fortiori quand certains rel&#232;vent de l'&#233;thique ou de la philosophie et d'autres de l'&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des rapports internationaux et des cercles de recherche sur l'&#233;conomie de l'environnement sont encombr&#233;s de cette qu&#234;te de la &#171; valeur intrins&#232;que &#187; de la nature. John Dewey avait mis &#224; bas cette notion &#224; propos d'un autre domaine, mais cela peut s'appliquer ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a une ambigu&#239;t&#233; dans l'usage des adjectifs &#8220;inh&#233;rent&#8221;, &#8220;intrins&#232;que&#8221; et &#8220;imm&#233;diat&#8221;, qui alimente une conclusion erron&#233;e. [&#8230;] L'erreur consiste &#224; penser que ce qu'on qualifie ainsi est ext&#233;rieur &#224; toute relation et peut &#234;tre, par cons&#233;quent, tenu pour absolu. [&#8230;] L'id&#233;e que ne pourrait &#234;tre qualifi&#233; d'inh&#233;rent que ce qui est d&#233;nu&#233; de toute relation avec tout le reste n'est pas seulement absurde : elle est contredite par la th&#233;orie m&#234;me qui relie la valeur des objets pris comme fins au d&#233;sir et &#224; l'int&#233;r&#234;t. Cette th&#233;orie con&#231;oit en effet express&#233;ment la valeur de l'objet-fin comme relationnelle, de sorte que, si ce qui est inh&#233;rent c'est ce qui est non relationnel, il n'existe, si l'on suit ce raisonnement, strictement aucune valeur intrins&#232;que. [&#8230;] &#192; strictement parler, l'expression &#8220;valeur intrins&#232;que&#8221; comporte une contradiction dans les termes. &#187; [9]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une perspective socio-&#233;cologique, le refus de la notion de valeur &#233;conomique intrins&#232;que signifie, d'une part, qu'on ne peut additionner ce qui rel&#232;ve de l'&#233;conomie et ce qui rel&#232;ve de la philosophie, et, d'autre part, que la valeur est un rapport social. Cela est vrai aussi bien pour les marchandises que pour les biens &#233;rig&#233;s en biens communs. D&#232;s lors, les travaux d'Andr&#233; Orl&#233;an peuvent servir &#224; H&#233;l&#232;ne Tordjman de r&#233;f&#233;rence pour rendre compte des &#233;valuations autor&#233;f&#233;rentielles sur les march&#233;s financiers. Et, comme la financiarisation aboutit &#224; une catastrophe, on comprend que celle-ci se reproduit par &#171; la transposition directe de la th&#233;orie financi&#232;re standard &#224; ces nouveaux objets d&#233;finis par la science &#187; (p. 220), comme ceux de la nature. Mais la th&#232;se keyn&#233;sienne de l'&#233;valuation autor&#233;f&#233;rentielle dans le monde de la finance n'est pas d'un grand secours pour comprendre l'enjeu &#233;cologique associ&#233; &#224; l'enjeu social [10]. D'ailleurs, les travaux des institutionnalistes et des post-keynesiens sont encore assez peu d&#233;velopp&#233;s sur la soutenabilit&#233; sociale et &#233;cologique [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il me semble n&#233;cessaire de distinguer davantage les trois niveaux que sont la mon&#233;tisation, la marchandisation et la financiarisation de la nature. Par exemple, si la collectivit&#233;, agissant en r&#233;gie, d&#233;cide de faire payer l'acheminement et l'assainissement de l'eau, elle lui fixe un prix, mon&#233;taire par d&#233;finition, &#224; hauteur de qu'elle pense n&#233;cessaire pour couvrir ce co&#251;t. Si elle abandonne ce service &#224; une entreprise priv&#233;e, l'eau n'est pas simplement mon&#233;taris&#233;e, elle est marchandis&#233;e avec tout ce que cela comprend comme exigence de rentabilit&#233; pour les actionnaires. Si l'eau devient le support de titres financiers, on entre dans la troisi&#232;me phase de la financiarisation, critiqu&#233;e &#224; juste titre par H&#233;l&#232;ne Tordjman. Mais, cela est d'un niveau radicalement diff&#233;rent de la mon&#233;tisation rendue indispensable par la couverture du co&#251;t de production. Les modalit&#233;s du prix en fonction par exemple des conditions sociales de l'usage de l'eau peuvent &#234;tre soumises &#224; d&#233;lib&#233;ration politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons pour terminer un dernier th&#232;me sur lequel H&#233;l&#232;ne Tordjman insiste &#224; plusieurs reprises, celui de la substitution du travail au capital, qu'il faudrait entreprendre pour sortir de l'engrenage techniciste et pour, r&#233;p&#232;te-t-elle plusieurs fois, r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s (p. 63, 317, 334). &#171; Seule la mise en &#339;uvre de processus de production intensifs en travail et peu intensifs en capital peut permettre de r&#233;soudre au fond, structurellement, le probl&#232;me des in&#233;galit&#233;s sociales &#187; (p. 334). Est-ce bien convaincant ? Premi&#232;rement, les in&#233;galit&#233;s sociales &#233;taient-elles moindres il y a un si&#232;cle ou deux quand les processus productifs &#233;taient beaucoup moins intensifs en capital technique qu'aujourd'hui ? Deuxi&#232;mement, autant on comprend que r&#233;duire la productivit&#233; individuelle du travail permise par l'am&#233;lioration des techniques peut s'inscrire dans une perspective de partage de l'emploi et d'all&#232;gement de la pression sur les ressources, autant le doute s'installe s'il s'agit de r&#233;duire aussi la productivit&#233; de l'heure de travail parce que cela n&#233;cessiterait une discussion sur la pertinence de la perte d'efficacit&#233; des processus productifs. On n'&#233;chappe donc pas &#224; penser &#224; tout moment l'articulation entre les quatre variables que sont l'&#233;volution de la production, celle de la productivit&#233; horaire du travail, celle du nombre d'emplois et celle de la dur&#233;e individuelle moyenne du travail [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion, en forme de dernier chapitre, d'H&#233;l&#232;ne Tordjman, consacr&#233;e &#224; l'agriculture est &#233;clairante &#224; ce propos. Bien entendu, le passage d'une agriculture industrielle polluante et d&#233;vastatrice des sols, de l'eau, des paysages et des humains &#224; une agrobiologie est un exemple parfait d'une strat&#233;gie &#224; construire. Mais c'est sans doute l'exemple le plus simple &#224; comprendre et &#224; mettre en &#339;uvre techniquement (les obstacles sociaux dus notamment au lobby du syndicat agricole majoritaire ne sont certes pas minces). Est-ce aussi simple pour la transformation de l'industrie ? Si je fais du v&#233;lo, je peux entretenir et r&#233;parer celui-ci, mais je suis incapable de le fabriquer ; il est vrai qu'on peut imaginer que cette fabrication puisse &#234;tre organis&#233;e dans des ateliers &#224; dimension artisanale plut&#244;t que par des industries de grande taille et lointaines. Mais si je prends aussi le train, la production de locomotives et de wagons pose la question du type d'industrie dont nous aurons besoin dans la soci&#233;t&#233; post-capitaliste et post-productiviste, ce qui n'est pas aussi simple que de supprimer dans un laps de temps faible les pesticides dans l'agriculture. C'est la raison pour laquelle pour &#171; r&#233;sister au rouleau compresseur de la modernit&#233; agricole et [agir] pour mettre en &#339;uvre des pratiques alternatives &#187; (p. 339), la soci&#233;t&#233; doit penser en m&#234;me temps la transformation sociale et &#233;cologique de l'ensemble de l'appareil productif, dans lequel l'industrie devra trouver une place. La critique de l'id&#233;ologie techniciste n'&#233;puise pas l'analyse de l'industrie si l'on se situe dans une perspective de transition v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on referme le livre d'H&#233;l&#232;ne Tordjman, on se dit qu'on dispose avec lui d'une base de travail impressionnante, tant par les informations rassembl&#233;es que par les discussions qui s'ensuivent. Que le lecteur soit confiant, c'est un livre dense mais &#233;crit parfaitement, et, ce qui accro&#238;t le plaisir, avec des notes d'humour ici et l&#224;, qui rendent cr&#233;dible l'&#171; optimisme de la volont&#233; &#187; par lequel H&#233;l&#232;ne Tordjman termine son livre avec ce mot c&#233;l&#232;bre. (Article publi&#233; sur le blog de Jean-Marie Harribey dans Alternatives &#233;conomiques le 11 juillet 2021)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] K. Marx, Le Capital, Livre I, 1867, par exemple, dans &#338;uvres, tome I, Paris, Gallimard, La Pl&#233;iade, 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] C'est ce que j'ai essay&#233; de montrer dans J.-M. Harribey, Le trou noir du capitalisme, Pour ne pas y &#234;tre aspir&#233;, r&#233;habiliter le travail, instituer les communs et socialiser la monnaie, Lormont, Le Bord de l'eau, 2020 ; et En finir avec le capitalovirus, L'alternative est possible, Paris, Dunod, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] H&#233;l&#232;ne Tordjman, &#171; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/regulation/9456&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La crise contemporaine, une crise de la modernit&#233; technique&lt;/a&gt; &#187;, Revue de la R&#233;gulation, n&#176; 10, 2e semestre, automne 2011. Bien s&#251;r, le d&#233;bat n'est pas clos pour savoir s'il s'agit seulement d'une crise due &#224; la technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] A.C. Pigou, L'&#233;conomie de bien-&#234;tre, 1920, Paris, Dalloz, 1958.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] D.W. Pearce, Environmental Economics, London, Longman, 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] J.-M. Harribey,&#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.alternatives-economiques.fr/harribey/2021/04/07/le-discours-sur-la-valeur-de-l-eau-ne-vaut-pas-grand-chose&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le discours sur la valeur de l'eau ne vaut pas grand-chose&lt;/a&gt; &#187;, 7 avril 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#192; preuve l'utilisation fr&#233;quente par les &#233;conomistes &#233;cologistes de fonctions de production de type Cobb-Douglas pour tenter d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de mesurer l'apport productif de l'environnement &#224; la production de valeur &#233;conomique. Pour une critique, voir J.-M. Harribey, La richesse, la valeur et l'inestimable, Fondements d'une critique socio-&#233;cologique de l'&#233;conomie capitaliste, Paris, Les Liens qui lib&#232;rent, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] C'est le th&#232;me de mon livre La richesse, la valeur et l'inestimable, op. cit. Voir aussi A. Douai et G. Plumecocq, L'&#233;conomie &#233;cologique, Paris, La D&#233;couverte, Rep&#232;res, 2017. Recension dans J.-M. Harribey, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/economie-ecologique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;conomie &#233;cologique tiraill&#233;e de tous c&#244;t&#233;s&lt;/a&gt; &#187;, Contretemps, 8 septembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] John Dewey [2011 (1981)], La formation des valeurs (Th&#233;orie de la valuation), Paris, Les Emp&#234;cheurs de penser en rond, La D&#233;couverte, p. 108 &#224; 110.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] La &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/regulation/9483;%20https://journals.openedition.org/regulation/9502&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revue de la R&#233;gulation&lt;/a&gt; a fait &#233;cho au d&#233;bat que j'ai eu avec Andr&#233; Orl&#233;an sur ces sujets ; j'ai propos&#233; une synth&#232;se dans &#171; &lt;a href=&#034;http://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/monnaie-valeur.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Du travail &#224; la monnaie, essai de perspective sociale de la valeur, Examen critique de la vision autor&#233;f&#233;rentielle de la valeur et de la monnaie&lt;/a&gt; &#187;, &#201;conomie et Institutions, n&#176; 26, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &#201;. Berr, V. Monvoisin, J.-F. Ponsot (dir.), L'&#233;conomie post-keyn&#233;sienne, Histoire, th&#233;ories et politiques, Paris, Seuil, 2018. Recension dans J.-M. Harribey, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/harribey-economie-post-keynesienne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;conomie post-keyn&#233;sienne en bonne voie&lt;/a&gt; &#187;, Contretemps, 21 f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Pour une discussion sur ce probl&#232;me, voir dans le livre collectif de F. Jany-Catrice et D. M&#233;da (dir.), L'&#233;conomie au service de la soci&#233;t&#233;, Autour de Jean Gadrey, J.-M. Harribey, &#171; &lt;a href=&#034;http://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/autour-de-gadrey.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De la productivit&#233; &#224; la valeur : un probl&#232;me de mesure ou de paradigme ?&lt;/a&gt; &#187;, Paris, Institut Veblen, Les Petits matins, 2019, p. 129-138.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;Sauver la ville : Projet Montr&#233;al et le d&#233;fi de transformer une m&#233;tropole moderne&#034; de Daniel Sanger</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sauver-la-ville-Projet-Montreal-et-le-defi-de-transformer-une-metropole-moderne</link>
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		<dc:date>2021-09-27T07:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, bien peu auraient mis&#233; sur Projet Montr&#233;al, parti politique n&#233; du mariage improbable entre un bureaucrate des transports et un petit groupe de pi&#233;tons militants. Pourtant, le 5 novembre 2017, les Montr&#233;alais.e.s choisissent Val&#233;rie Plante pour diriger l'h&#244;tel de ville, la premi&#232;re mairesse de l'histoire de Montr&#233;al. Apr&#232;s une course &#224; la direction d&#233;chirante, il s'agissait d'une perc&#233;e inattendue pour ce parti tant critiqu&#233; par les automobilistes et les chroniqueurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L93xH150/arton49589-ab21f.png?1781560009' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, bien peu auraient mis&#233; sur Projet Montr&#233;al, parti politique n&#233; du mariage improbable entre un bureaucrate des transports et un petit groupe de pi&#233;tons militants. Pourtant, le 5 novembre 2017, les Montr&#233;alais.e.s choisissent Val&#233;rie Plante pour diriger l'h&#244;tel de ville, la premi&#232;re mairesse de l'histoire de Montr&#233;al. Apr&#232;s une course &#224; la direction d&#233;chirante, il s'agissait d'une perc&#233;e inattendue pour ce parti tant critiqu&#233; par les automobilistes et les chroniqueurs qui aiment ridiculiser &#171; la clique du Plateau &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249; Projet Montr&#233;al doit d&#233;fendre son premier bilan devant l'&#233;lectorat montr&#233;alais, Daniel Sanger revient avec franchise sur l'&#233;pop&#233;e de ce parti audacieux qui consid&#232;re que la responsabilit&#233; d'une administration municipale va bien au-del&#224; de l'offre habituelle des services municipaux de base : abandon du mod&#232;le du &#171; tout &#224; l'auto &#187;, transformation de Montr&#233;al en ville verte, conviviale et &#224; &#233;chelle humaine, d&#233;veloppement de logements abordables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mi-chemin entre le reportage journalistique, l'histoire orale et les m&#233;moires, riche en anecdotes, Sauver la ville raconte de l'int&#233;rieur l'ascension au pouvoir du parti, ses succ&#232;s, ses &#233;checs et ses tiraillements, tout en retra&#231;ant le r&#244;le de ses principaux protagonistes : comment Val&#233;rie Plante est-elle devenue candidate &#224; la mairie ? Pourquoi certains conseillers et conseill&#232;res ont-ils quitt&#233; le navire ? Pourquoi l'exp&#233;rience de Richard Bergeron au sein du comit&#233; ex&#233;cutif de Denis Coderre s'est-elle av&#233;r&#233;e d&#233;sagr&#233;able ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'appuyant sur des dizaines de t&#233;moignages d'anciens et actuels partisans et adversaires de Projet Montr&#233;al, ce r&#233;cit reconstitue aussi l'historique de la politique municipale montr&#233;alaise des 30 derni&#232;res ann&#233;es, tout en soulevant des questions cruciales de gouvernance municipale : quels sont les avantages et inconv&#233;nients des partis politiques au municipal ? Quel degr&#233; de d&#233;centralisation est excessif ? Comment trouver l'&#233;quilibre entre consultation et action ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant le r&#244;le et la capacit&#233; d'action des villes dans un contexte de changements climatiques, Daniel Sanger montre comment Projet Montr&#233;al est devenu l'un des plus importants mouvements municipaux au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste et &#233;crivain prim&#233; bas&#233; &#224; Montr&#233;al, Daniel Sanger a pris une pause de deux ans pour travailler avec Projet Montr&#233;al en 2010. Une aventure qui aura fini par durer neuf ans. Il a &#233;crit pour The Economist, Saturday Night, Walrus et de nombreux autres magazines et journaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;504 pages &#8211; en librairie le 29 septembre 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Covid-19 : Manifeste pour une expertise f&#233;ministe de la sant&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Covid-19-Manifeste-pour-une-expertise-feministe-de-la-sante</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Covid-19-Manifeste-pour-une-expertise-feministe-de-la-sante</guid>
		<dc:date>2021-09-27T07:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joelle Palmieri</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre de l'&#233;v&#233;nement 10days4ideas &#224; Bruxelles, j'ai le plaisir d'intervenir le 1er septembre 2021 &#224; 14h dans un atelier organis&#233; par Peggy Pierrot et intitul&#233; &#171; COVID-19, pour en finir avec la sid&#233;ration &#187;. L'&#233;change avec les autres invit&#233;&#183;es permettra de pr&#233;senter mon dernier livre, &#171; La douleur impens&#233;e : autopsie f&#233;ministe de la fibromyalgie, une &#8220;maladie de femmes&#8221; &#187;, chez M &#201;diteur. Il sort en librairie au Qu&#233;bec le 8 septembre et le 22 octobre en Europe (en pr&#233;vente (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L93xH150/arton49562-8cafb.jpg?1781560009' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de l'&#233;v&#233;nement 10days4ideas &#224; Bruxelles, j'ai le plaisir d'intervenir le 1er septembre 2021 &#224; 14h dans un atelier organis&#233; par Peggy Pierrot et intitul&#233; &#171; COVID-19, pour en finir avec la sid&#233;ration &#187;. L'&#233;change avec les autres invit&#233;&#183;es permettra de pr&#233;senter mon dernier livre, &#171; La douleur impens&#233;e : autopsie f&#233;ministe de la fibromyalgie, une &#8220;maladie de femmes&#8221; &#187;, chez M &#201;diteur. Il sort en librairie au Qu&#233;bec le 8 septembre et le 22 octobre en Europe (en pr&#233;vente d'ores-et-d&#233;j&#224; sur les plateformes de vente en ligne).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'autobiographie, forte &#224; propos, chute sur un manifeste f&#233;ministe pr&#244;nant les savoirs des femmes malades, davantage porteuses d'expertise sur le soin que seules destinataires de politiques sanitaires. Cette conclusion vient compl&#233;ter des analyses du contexte o&#249; se situe le parcours de la combattante dont j'ai l'exp&#233;rience. Le parcours comme les analyses mettent en lumi&#232;re la hi&#233;rarchisation des pathologies, la r&#233;quisition du vivant par les &#171; m&#226;les dominants &#187; et l'agnotologie de genre qui vert&#232;bre les professions de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Communiqu&#233; de l'&#233;v&#233;nement&lt;br class='autobr' /&gt;
COVID-19, pour en finir avec la sid&#233;ration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nos cultures occidentales, on tente sans cesse de nier notre fragilit&#233;, de l'&#233;loigner. On vit dans le mythe d'une possible ma&#238;trise du monde, nous abreuvant de l'id&#233;e que seule la domination techno-scientifique est l'avenir de l'humanit&#233;. Face au COVID, nous cultivons ainsi une forme de m&#233;lancolie, qui nous a paralys&#233;, &#233;teint, soumis aux seules mesures s&#233;curitaires et sanitaires. Or la pr&#233;sence de la mort et les corps qui trahissent, c'est le quotidien des malades chroniques, des personnes handi, des subalternes. Comment vit-on avec la maladie, les handicaps, les catastrophes, les accidents qui viennent d&#233;jouer les plans tout trac&#233;s de vie individuel et collectives ? Qu'est-ce que les mondes de l'imaginaire peuvent nous aider &#224; d&#233;ployer pour ne pas rester accul&#233;&#183;e&#183;s, pour d&#233;passer la sid&#233;ration face &#224; l'effondrement des corps et des projets ? Quels imaginaires politiques peut-on mobiliser face &#224; nos (impressions de) diminution de capacit&#233; d'action et par extension, vis-&#224;-vis de notre vieillissement et de notre finitude ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La projection du film Absolute Beginner de Fabrizzio Terranova &#8211; qui pr&#233;sentent le parcours de membres du Collectif Ding Ding Dong dont la d&#233;marche est de construire une expertise et des pratiques depuis leur exp&#233;rience pour vivre au mieux avec la maladie de Huntington &#8211; servira de point de d&#233;part &#224; une discussion anim&#233;e par Peggy Pierrot et ses invit&#233;&#183;e&#183;s. Une apr&#232;s-midi, pour conjurer le sort, penser des strat&#233;gies pour lutter contre l'effroi provoqu&#233; par la pand&#233;mie ou l'effondrement environnemental, inventer d'autres modes de productions de savoir, retrouver notre capacit&#233; d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peggy Pierrot enseigne la th&#233;orie des m&#233;dias et la narration &#224; l'Erg. Elle &#233;crit aussi et pousse des disques de temps &#224; autre. La sociologie, les mauvais genres et les logiciels libres lui servent de boussole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervenant&#183;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Marianne Mulakoz&#233; &lt;a href=&#034;https://www.mulakoze.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mulakoze.com/&lt;/a&gt; Bloggeuse, styliste et militante handi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Association Corps Cool avec le projet Fat friendly &lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/fatfriendlyasbl/?hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.instagram.com/fatfriendlyasbl/?hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Jo&#235;lle Palmieri, politologue et journaliste, autrice de &#171; La douleur impens&#233;e : Autopsie f&#233;ministe de la fibromyalgie, une &#8220;maladie de femmes&#8221; &#187; , chez M &#201;diteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Ding Ding Dong, avec Emilie Hermant + Carlos Bustamente de Parasismique &lt;a href=&#034;https://www.parasismique.be/a-propos/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.parasismique.be/a-propos/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus : &lt;a href=&#034;https://10.days4ideas.be/fr/home&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://10.days4ideas.be/fr/home&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; gauche de l'impossible d'Edwy Plenel</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-gauche-de-l-impossible-d-Edwy-Plenel</link>
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		<dc:date>2021-09-27T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ditions La D&#233;couverte</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; gauche de l'impossible est un plaidoyer contre les raccourcis qui, faisant miroiter des succ&#232;s &#233;lectoraux imm&#233;diats, &#233;pousent la culture politique dominante, celle-l&#224; m&#234;me qu'une gauche &#233;mancipatrice devrait mettre en cause : verticalit&#233; du pouvoir, c&#233;sarisme pr&#233;sidentiel, intol&#233;rance au pluralisme, absence de culture d&#233;mocratique, m&#233;pris des mobilisations populaires, rejet des causes communes de l'&#233;galit&#233;, incompr&#233;hension des nouvelles luttes &#233;cologistes, antiracistes et f&#233;ministes. &lt;br class='autobr' /&gt; La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L96xH150/arton49575-92405.jpg?1781560010' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; gauche de l'impossible est un plaidoyer contre les raccourcis qui, faisant miroiter des succ&#232;s &#233;lectoraux imm&#233;diats, &#233;pousent la culture politique dominante, celle-l&#224; m&#234;me qu'une gauche &#233;mancipatrice devrait mettre en cause : verticalit&#233; du pouvoir, c&#233;sarisme pr&#233;sidentiel, intol&#233;rance au pluralisme, absence de culture d&#233;mocratique, m&#233;pris des mobilisations populaires, rejet des causes communes de l'&#233;galit&#233;, incompr&#233;hension des nouvelles luttes &#233;cologistes, antiracistes et f&#233;ministes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La catastrophe ne se conjugue pas au futur, elle est dans le pr&#233;sent : un pr&#233;sent d'ali&#233;nation et de domination o&#249; s'entrem&#234;lent les d&#233;sastres s&#233;curitaires, sanitaires, &#233;cologiques, sociaux et d&#233;mocratiques. Il ne s'agit plus de l'&#233;viter, mais de l'affronter en cessant de s'illusionner : la r&#233;ponse ne viendra pas d'en haut, d'experts pr&#233;tendus ou de gouvernants discr&#233;dit&#233;s, mais du sursaut de la soci&#233;t&#233;, de ses inventions et de ses mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la gauche politique est en peine, c'est parce qu'elle s'est d&#233;tach&#233;e de la soci&#233;t&#233; qui la l&#233;gitimait pour s'identifier &#224; l'&#201;tat dont elle revendique la gestion. Or &#234;tre de gauche, sur la dur&#233;e, ce n'est pas vouloir absolument le pouvoir, c'est d'abord d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; contre les abus des pouvoirs, qu'ils soient &#233;tatiques, politiques ou &#233;conomiques, sociaux ou culturels, entrem&#234;lant domination sociale, discrimination raciste et oppression patriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'effondrement menace, dans un m&#233;lange de destruction du vivant et de d&#233;shumanisation du monde favorable aux fuites en avant autoritaires et identitaires, la porte &#233;troite du salut est dans ce pari sur l'impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edwy Plenel, &lt;a href=&#034;https://www.editionsladecouverte.fr/a_gauche_de_l_impossible-9782348041969&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; gauche de l'impossible&lt;/a&gt;, Ed. La D&#233;couverte, 2021, EAN : 9782348041969&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;lections f&#233;d&#233;rales 2021, l'&#233;lection d'un gouvernement en sursis et les d&#233;fis qui sont devant nous ! </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Elections-federales-2021-l-election-d-un-gouvernement-en-sursis-et-les-defis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Elections-federales-2021-l-election-d-un-gouvernement-en-sursis-et-les-defis</guid>
		<dc:date>2021-09-23T11:44:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Frappier, Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 20 septembre dernier, Justin Trudeau a r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire un gouvernement minoritaire. Ce gouvernement est en sursis et sera d'abord pr&#233;occup&#233; par sa prochaine r&#233;&#233;lection alors qu'il sera confront&#233; tant par la poursuite de la crise sanitaire, l'approfondissement de la crise &#233;conomique et la multiplication des cons&#233;quences de la crise climatique qui a d&#233;montr&#233; cette derni&#232;re ann&#233;e les d&#233;sastres qu'elle pouvait causer et l'urgence de s'y attaquer. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#201;tat canadien tiraill&#233; par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH111/arton49627-e9fc4.png?1781560010' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 20 septembre dernier, Justin Trudeau a r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire un gouvernement minoritaire. Ce gouvernement est en sursis et sera d'abord pr&#233;occup&#233; par sa prochaine r&#233;&#233;lection alors qu'il sera confront&#233; tant par la poursuite de la crise sanitaire, l'approfondissement de la crise &#233;conomique et la multiplication des cons&#233;quences de la crise climatique qui a d&#233;montr&#233; cette derni&#232;re ann&#233;e les d&#233;sastres qu'elle pouvait causer et l'urgence de s'y attaquer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat canadien tiraill&#233; par des tendances centrifuges&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les huit derni&#232;res &#233;lections f&#233;d&#233;rales ont d&#233;bouch&#233; sur cinq gouvernements minoritaires : Paul Martin en 2004, Stephen Harper en 2006 et 2008, Justin Trudeau en 2019 et 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela refl&#232;te la forte r&#233;gionalisation de l'&#233;lectorat et la diversit&#233; des bases &#233;conomiques de ces diff&#233;rentes r&#233;gions. Les provinces des prairies (l'Alberta, la Saskatchewan et dans une moindre mesure le Manitoba) forment une r&#233;gion bas&#233;e sur une &#233;conomie extractiviste (&#233;nergies fossiles, exploitation agricole extensive) qui est entr&#233;e en crise avec le d&#233;veloppement de la crise &#233;cologique et le r&#233;chauffement climatique. Le capital fossile qui dirige ces provinces a essay&#233; et essaie encore de nier la r&#233;alit&#233; de la crise et d&#233;fend bec et ongles leurs immenses investissements dans l'exploitation du p&#233;trole et du gaz. La population dont les emplois d&#233;pendent pour une large part de ce type d'&#233;conomie est mobilis&#233;e par des partis conservateurs qui pr&#233;sentent leur avenir comme le maintien de cette &#233;conomie extractiviste. Cela se traduit par un vote massif pour les candidat-e-s du Parti conservateur du Canada (PCC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef du PCC, Erin O'Toole a bien tent&#233; de recentrer son parti sur la r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre, sur le contr&#244;le des armes &#224; feu, sur l'avortement, mais ce recentrage en plus d'&#234;tre d'une grande timidit&#233; &#233;tait min&#233; par les bases de son parti et de son caucus qui rappelait les positions droiti&#232;res de ce parti sur cet enjeu. Ce recentrage a &#233;t&#233; un &#233;chec. Le PCC a vu son &#233;lectoral stagner au Qu&#233;bec malgr&#233; l'appui de Fran&#231;ois Legault et &#234;tre incapable de la moindre perc&#233;e significative dans les grands centres urbains et particuli&#232;rement &#224; Toronto qui joue un r&#244;le strat&#233;gique important &#224; cause du grand nombre de comt&#233;s qu'on y retrouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise du PCC constitue un terreau fertile pour l'extr&#234;me droite. Le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier est pass&#233; de 1,6% en 2019 &#224; 5,2% des votes au Canada et de 1%5 &#224; 2,8% au Qu&#233;bec. Il a principalement capitalis&#233; sur la mobilisation antivaccin. Certains pensent que si la pand&#233;mie s'estompe, il perdra son emprise. Rien n'est moins certain, m&#234;me si dans quatre ans la pand&#233;mie est &#233;radiqu&#233;e, la hausse des temp&#233;ratures et des catastrophes climatiques combin&#233;e &#224; l'appauvrissement des populations du Sud global obligeront des parties importantes de ces populations &#224; migrer vers le Nord. Il est certain que l'extr&#234;me droite en fera son combat. La plateforme du PPC &#224; cet effet est assez explicite, elle r&#233;duit l'immigration jusqu'&#224; 75 % et &#233;limine le multiculturalisme en tant que politique. Les nouveaux arrivants seraient interrog&#233;s pour s'assurer qu'ils adh&#232;rent aux &#171; valeurs et normes soci&#233;tales canadiennes &#187;, qui sont &#171; celles d'une civilisation occidentale contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nationale qu&#233;b&#233;coise donne une dynamique particuli&#232;re aux choix &#233;lectoraux de sa population. Les d&#233;faites accumul&#233;es par le mouvement ind&#233;pendantiste ces derni&#232;res ann&#233;es a provoqu&#233; la d&#233;composition du bloc souverainiste et la red&#233;finition du nationalisme qu&#233;b&#233;coise sur une base d'un nationalisme identitaire qui sait s'accommoder avec le f&#233;d&#233;ralisme canadien non sans difficult&#233;s cependant. Car ce dernier se veut centralisateur et particuli&#232;rement peu pr&#233;occup&#233; de respecter les champs de comp&#233;tences du Qu&#233;bec. La CAQ a &#233;t&#233; le moteur de cette red&#233;finition et son chef, Fran&#231;ois Legault, a appel&#233; &#224; voter pour le PCC car Erin O'Toole avait manifest&#233; son intention de respecter l'autonomie de la province. Cet appel, &#224; un enjeu plut&#244;t abstrait pour la majorit&#233; de la population est rest&#233; sans effet v&#233;ritable. Le poids de la question nationale a trouv&#233; son expression dans le Bloc qu&#233;b&#233;cois qui s'est d&#233;fini comme le d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts du Qu&#233;bec &#224; la Chambre des communes. Il a jou&#233; du nationalisme en stigmatisant le m&#233;pris du Parti lib&#233;ral du Canada pour l'autonomie du Qu&#233;bec et d&#233;fendant la capacit&#233; du Qu&#233;bec de faire mieux que le Canada anglais. Ce positionnement lui a permis de faire &#233;lire 34 d&#233;put&#233;-e-s et de miner ainsi s&#233;rieusement la capacit&#233; du PLC de former un gouvernement majoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la r&#233;conciliation avec les nations autochtones a occup&#233; une position marginale dans ses &#233;lections. Le nombre de d&#233;put&#233;-e-s pouvant &#234;tre envoy&#233; au Parlement canadien y &#233;tant sans doute pour beaucoup dans cette situation. Le gouvernement Trudeau avait, en dehors de ces postures compatissantes et de ses excuses larmoyantes, n'avait pas &#233;t&#233; capable de fournir de l'eau potable &#224; l'ensemble des communaut&#233;s, promesse qu'il avait faite en 2015. L'actualit&#233; du caract&#232;re colonial de l'&#201;tat canadien ne devait surtout pas &#234;tre l'objet de d&#233;bat ouvert et important. Et ce fut bien le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces contradictions r&#233;gionales et nationales, il faut mentionner les contradictions de classe. La classe laborieuse au Canada a su pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts s'organiser syndicalement et se donner un parti r&#233;formiste de masse, le Nouveau parti d&#233;mocratique. Il a pu gagner, &#224; certaines occasions le pouvoir gouvernemental dans certaines provinces du Canada anglais. Son mod&#233;rantisme est rest&#233; cependant tr&#232;s profond. Il a pour cela souvent &#233;t&#233; per&#231;u comme le flanc gauche du PLC car il n'est pas capable de s'en distinguer radicalement pour les &#171; progressistes. C'est pourquoi, &#224; chaque fois que la menace de la prise du pouvoir par le PCC devenait possible, le PLC appelait au vote strat&#233;gique et au ralliement de l'&#233;lectorat social-d&#233;mocrate au PLC. Au Qu&#233;bec, per&#231;u comme un parti canadien-anglais, il s'est toujours fait le d&#233;fenseur de l'unit&#233; canadienne et s'est refus&#233; de d&#233;fendre de fa&#231;on cons&#233;quente le droit &#224; l'autod&#233;termination du Qu&#233;bec. Ce n'est donc pas &#233;tonnant qu'il ait fait &#233;lire un seul candidat malgr&#233; plusieurs bonnes candidatures marqu&#233;es &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes des diff&#233;rents mouvements sociaux particuli&#232;rement du mouvement &#233;cologique et du mouvement contre la violence faite aux femmes et pour leurs droits et du mouvement antiraciste ont cr&#233;&#233; les conditions d'un rejet des valeurs conservatrices. Le PLC, le NPD et le Bloc ont eu tendance &#224; reprendre de fa&#231;on plus ou moins d&#233;magogique leurs revendications. Le pseudo recentrage d'Erin O'Toole s'est donc heurt&#233; &#224; des sensibilit&#233;s que ces mouvements ont construites dans la population canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cause de sa crise interne, de ses prises de position incons&#233;quentes, y compris sur le terrain des revendications &#233;cologiques, de son incompr&#233;hension totale de la situation du Qu&#233;bec dans la f&#233;d&#233;ration canadienne, le Parti vert du Canada a manqu&#233; une occasion de savoir exprimer la radicalisation qui se d&#233;veloppe dans la population canadienne sur les questions de la crise climatique. Le nombre de votes obtenus par le Parti vert du Canada est pass&#233; de 6,5 % en 2019 &#224; 2,3 % en 2021 malgr&#233; qu'il ait r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire deux d&#233;put&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;En somme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme les constats que l'on peut tirer de ces &#233;lections sont les suivants : Le PLC sort affaibli de cette &#233;lection. Il peut compter pour sa survie sur le refus des partis d'opposition de se relancer rapidement dans les &#233;lections. Mais il devra se recomposer et sans doute changer de chef pour les prochaines &#233;lections. Le recentrage du Parti conservateur sous la gouverne de son nouveau chef n'a pas donn&#233; les r&#233;sultats escompt&#233;s et laisse sa base insatisfaite. La droite du PCC cherchera &#224; reprendre la main sur le parti cr&#233;ant une impasse historique pour le d&#233;veloppement de ce dernier et sa prise du pouvoir. Le NPD sans rupture significative avec son r&#233;formisme teint&#233; de populisme bon teint et d'un &#233;cologisme qui se cantonne dans le soutien au capitalisme vert, sans un saut qualitatif dans sa compr&#233;hension de l'&#201;tat canadien comme prison des peuples, est appel&#233; &#224; stagner au rang de tiers parti et se contentera de r&#244;le de flanc gauche du gouvernement lib&#233;ral. Le Bloc a d&#233;j&#224; offert sa collaboration au gouvernement de Justin Trudeau qui g&#232;re le pays au profit de la grande bourgeoisie canadienne. Il ne pourra sortir du sillon trac&#233; par le gouvernement Legault et jouer le r&#244;le de la cinqui&#232;me roue du carrosse du nationalisme identitaire. Il servira en &#171; d&#233;fendant &#187; les int&#233;r&#234;ts de la &#171; nation qu&#233;b&#233;coise &#187; sur des bases r&#233;trogrades de repoussoir aux perspectives de construction d'un soutien &#224; la lutte pour le droit &#224; l'autod&#233;termination dans le Rest of Canada (ROC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des perspectives pour la gauche &#233;cosocialiste et d&#233;coloniale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche &#233;cosocialiste a des d&#233;fis consid&#233;rables pour d&#233;passer la portion congrue qu'elle occupe dans la politique canadienne. Ce d&#233;passement passera par une s&#233;rie de t&#226;ches strat&#233;giques qu'il ne faut plus maintenant repousser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction d'une vaste alliance dans la lutte aux changements climatiques pour r&#233;pondre &#224; la crise climatique est la premi&#232;re t&#226;che strat&#233;gique &#224; relever. Cette alliance pourrait se donner comme t&#226;che de d&#233;masquer la rh&#233;torique mensong&#232;re de Justin Trudeau qui se d&#233;finit comme un vert, mais qui m&#232;ne des politiques de compromis avec le capital fossile. Pour permettre la rupture de la population des Prairies, il faudrait qu'une telle alliance d&#233;veloppe un plan de reconversion &#233;conomique et de cr&#233;ation d'emplois verts pour surmonter la situation de crise dans laquelle cette population se retrouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des secteurs de la gauche canadienne ont tent&#233; &#224; plusieurs reprises dans l'histoire de tirer le NPD sur la gauche. Ces tentatives ont &#233;chou&#233;. L'ouverture d'un d&#233;bat sur la construction d'une alternative &#224; la gauche au NPD est absolument n&#233;cessaire pour que la gauche puisse d&#233;passer son &#233;tat de fragmentation r&#233;gionale et de repli local. La possibilit&#233; d'ouvrir la construction d'une alternative &#224; l'&#233;chelle pancanadienne n&#233;cessitera un saut qualitatif dans la compr&#233;hension de la question nationale et du caract&#232;re colonial de l'&#201;tat canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de lib&#233;ration nationale du Qu&#233;bec pourrait &#234;tre un catalyseur de la prise de conscience du caract&#232;re colonial de l'&#201;tat canadien, mais cela n&#233;cessitera de d&#233;passer l'impasse actuelle du nationalisme qu&#233;b&#233;cois et que soit form&#233; un nouveau bloc ind&#233;pendantiste sur des bases de classe visant une ind&#233;pendance d'un Qu&#233;bec pluriel et antiraciste. La mobilisation sociale autour d'une telle perspective pourrait avoir un effet inspirant et dans le cas qui nous occupe la lutte contre la domination des corporations comme les mini&#232;res, des institutions financi&#232;res et de l'&#201;tat n&#233;ocolonial et p&#233;trolier canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces t&#226;ches politiques sont immenses mais incontournables si nous voulons &#234;tre en mesure de faire face aux d&#233;fis politiques importants qui sont devant nous. Il faut maintenant d&#233;finir dans les d&#233;bats larges et f&#233;d&#233;rateurs, les conditions qui permettront de jeter les premiers jalons de la r&#233;alisation de ces t&#226;ches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La bataille de 2022</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-bataille-de-2022</link>
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		<dc:date>2021-09-22T22:56:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Renaud</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Septembre 22, 2021 - Dans un an, apr&#232;s les &#233;lections f&#233;d&#233;rales et municipales, ce sera au tour des &#233;lections &#224; l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec. Celle de 2018 avait &#233;t&#233; un point tournant pour Qu&#233;bec solidaire qui s'&#233;tait hiss&#233;, une fois la poussi&#232;re retomb&#233;e, &#224; la troisi&#232;me place dans notre &#233;chiquier politique. Comment pouvons-nous faire en sorte que QS fasse des gains significatifs quatre ans plus tard, dans un paysage politique relativement stable et bien rempli ? &lt;br class='autobr' /&gt; Quatre camps (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH70/arton49626-1d60a.png?1781560010' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='70' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Septembre 22, 2021 - Dans un an, apr&#232;s les &#233;lections f&#233;d&#233;rales et municipales, ce sera au tour des &#233;lections &#224; l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec. Celle de 2018 avait &#233;t&#233; un point tournant pour Qu&#233;bec solidaire qui s'&#233;tait hiss&#233;, une fois la poussi&#232;re retomb&#233;e, &#224; la troisi&#232;me place dans notre &#233;chiquier politique. Comment pouvons-nous faire en sorte que QS fasse des gains significatifs quatre ans plus tard, dans un paysage politique relativement stable et bien rempli ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre camps incompatibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas par hasard que le paysage politique qu&#233;b&#233;cois se divise entre quatre principaux partis. Chacun dispose de son terrain sp&#233;cifique dans un syst&#232;me r&#233;sultant d'une division sur deux axes : ind&#233;pendance vs f&#233;d&#233;ralisme, conservatisme identitaire vs inclusion. La CAQ incarne un f&#233;d&#233;ralisme conservateur, le PLQ un f&#233;d&#233;ralisme inclusif, le PQ un ind&#233;pendantisme conservateur, et QS un ind&#233;pendantisme inclusif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti conservateur dispute &#224; la CAQ son coin f&#233;d&#233;raliste et conservateur, ce qui le place dans une position difficile, &#224; moins d'un effondrement, peu probable, du parti de Fran&#231;ois Legault. L'ind&#233;pendantisme conservateur du PQ est aussi, sur bien des aspects, une radicalisation de l'id&#233;ologie caquiste, &#224; laquelle on ajoute un ind&#233;pendantisme rituel. Durant la campagne f&#233;d&#233;rale, les OUI Qu&#233;bec, lieu de coordination des efforts du PQ, du Bloc et des m&#233;tap&#233;quistes, ont avanc&#233; qu'il fallait faire l'ind&#233;pendance pour se r&#233;server le droit de continuer &#224; pratiquer une politique discriminatoire avec la Loi sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat (loi 21). Ce type de discours rend totalement impossible une convergence sur la question de l'ind&#233;pendance entre QS et le PQ, en plus de miner nos efforts de reconstruction d'un mouvement ind&#233;pendantiste progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QS ne peut pas faire de gains significatifs simplement en faisant appel aux gens qui sont d&#233;j&#224; dans son &#8220;coin&#8221; sur ces deux questions. Il faut viser les gens qui ne s'identifient fermement ni &#224; l'unit&#233; canadienne ni &#224; l'ind&#233;pendance ou qui ont de la difficult&#233; &#224; se positionner dans le d&#233;bat entre le nationalisme conservateur et une vision pluraliste et inclusive de la nation. Bref, il faut rejoindre les gens qui n'ont pas d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233; pour quel parti voter sur la seule base de cette double polarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oser &#234;tre &#224; la hauteur de la situation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y arriver, la campagne devra &#234;tre &#224; la hauteur des grands d&#233;fis de notre &#233;poque et s'inscrire r&#233;solument dans la conjoncture. Bien entendu, l'urgence climatique sera en t&#234;te de liste. Sur ce terrain, QS doit se d&#233;marquer clairement par des cibles ambitieuses de r&#233;duction des GES. (Les 45% de r&#233;duction en 2030, repris de la campagne de 2018 dans la proposition de la commission politique, ne suffisent plus apr&#232;s quatre ans de d&#233;t&#233;rioration de la situation globale. La commission th&#233;matique sur l'environnement propose 65%, ce qui permettrait de respecter les crit&#232;re du trait&#233; de Paris.) &#192; cette cible doivent correspondre un ensemble de mesures qui permettent de l'atteindre : infrastructures vertes, nationalisations, transport actif et transport en commun, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment incontournable du contexte est sans conteste la pand&#233;mie et tout ce qu'elle a r&#233;v&#233;l&#233; sur le plan des in&#233;galit&#233;s sociales et de la fragilit&#233; de notre syst&#232;me de sant&#233; et de services sociaux. Des propositions fortes et claires doivent annoncer la fin des politiques d'aust&#233;rit&#233;, la pleine reconnaissance des m&#233;tiers du soin et du travail des femmes, ainsi que l'inclusion dans ces services d'une population travailleuse diversifi&#233;e (minorit&#233;s visibles, personnes vivant avec des handicaps, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour une ind&#233;pendance inclusive et internationaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser une transition rapide et juste, nous aurons besoin de tous les pouvoirs d'un &#201;tat ind&#233;pendant. En effet, il ne sera pas possible de prot&#233;ger notre &#233;conomie contre les pressions des march&#233;s financiers et les r&#232;gles antid&#233;mocratiques des trait&#233;s de libre-&#233;change si nous n'avons pas le contr&#244;le des institutions financi&#232;res (notamment en cr&#233;ant notre banque centrale et une monnaie qu&#233;b&#233;coise) et de la politique &#233;trang&#232;re, incluant l'ensemble des trait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son tour, l'ind&#233;pendance sera impensable sur la base du nationalisme conservateur qui domine pr&#233;sentement la politique qu&#233;b&#233;coise. Mettre de l'avant une vision inclusive du Qu&#233;bec d'aujourd'hui et du pays &#224; construire est non seulement juste, du point de vue des droits de la personne et de la lutte contre toutes les oppressions, mais strat&#233;giquement sage dans une perspective ind&#233;pendantiste. Cette vision doit aussi aller de pair avec une solidarit&#233; sans faille envers les luttes des peuples autochtones et des peuples du Sud global contre le n&#233;ocolonialisme et pour la justice climatique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'urgence climatique, les trois autres partis s'entendent sur l'id&#233;e que la transition vers une &#233;conomie plus verte ne doit pas remettre en cause la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des principaux moyens de production ou le pouvoir des march&#233;s financiers. On pr&#233;f&#232;re continuer &#224; d&#233;passer les limites objectives de la plan&#232;te que de d&#233;passer celles, historiques et contestables, du capitalisme. Les politiques permettant une transition rapide et juste vont &#224; l'encontre de l'orthodoxie &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale, de l'acceptation de facto des in&#233;galit&#233;s de genre (par exemple la procrastination infinie autour de l'&#233;quit&#233; salariale ou du temps suppl&#233;mentaire obligatoire), et de la vision capitaliste de l'immigration (cheap labour, citoyens de seconde zone&#8230;). C'est pourquoi il n'y a pas de terrain d'entente possible entre QS et les trois autres principaux partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir la r&#233;alit&#233; en face&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, durant la campagne de 2022, nous devrons oser dire des v&#233;rit&#233;s difficiles &#224; entendre et &#233;viter la langue de bois. L'urgence climatique c'est maintenant et il faut sortir de l'&#233;conomie fossile au plus vite. L'&#201;tat canadien est contr&#244;l&#233; par les grandes banques et les p&#233;troli&#232;res, il n'est pas r&#233;formable de l'int&#233;rieur et doit &#234;tre renvers&#233; par les efforts combin&#233;s des luttes autochtones, d'un mouvement ind&#233;pendantiste qu&#233;b&#233;cois inclusif et des luttes de toutes les forces sociales progressistes sur l'&#206;le de la Tortue. Cette r&#233;volution &#233;conomique et politique sera difficile, mais &#231;a en vaut la peine si on veut &#233;viter le d&#233;sastre climatique et ses cons&#233;quences probables : le militarisme, l'autoritarisme, bref ce que Andr&#233; Gorz appelait le techno-fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec solidaire doit donc se pr&#233;senter comme le seul parti qui prend au s&#233;rieux l'urgence climatique et est pr&#234;t &#224; prendre les grands moyens pour que le Qu&#233;bec fasse sa part, donne l'exemple et prenne un leadership dans la lutte mondiale pour une &#233;conomie &#233;cologique. Il doit donc aussi offrir &#224; la population une vision f&#233;ministe et de classe des services publics et des programmes sociaux. Il ne s'agit pas modestement d'&#233;viter la d&#233;t&#233;rioration des services et un approfondissement des in&#233;galit&#233;s, mais de concevoir les services publics et le secteur public de l'&#233;conomie en g&#233;n&#233;ral comme les moteurs d'une transformation de nos modes de vie et comme des leviers pour mettre fin &#224; des injustices de toutes sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger principal pour QS dans la pr&#233;sente conjoncture n'est donc pas celui d'une radicalit&#233; excessive qui retournerait la gauche dans la marge, mais celui de l'insignifiance de slogans creux, sur le mod&#232;le du NPD et des autres vieux partis sociaux-d&#233;mocrates. Les autres partis seront toujours meilleurs que QS sur le terrain de la raisonnabilit&#233;, de la mod&#233;ration, etc. Il faut s'assumer comme le parti des changements fondamentaux qui s'imposent, comme le parti de la r&#233;volution qu&#233;b&#233;coise. Nos adversaires vont nous traiter de &#8220;woke&#8221; et d'utopistes. Mais le vrai r&#233;alisme doit commencer par la reconnaissance de la r&#233;alit&#233; de l'urgence climatique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Syndicalisme et conflictualit&#233; sociale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syndicalisme-et-conflictualite-sociale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Syndicalisme-et-conflictualite-sociale</guid>
		<dc:date>2021-09-22T12:34:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; est rarement un tout statique ou immuable. Les bouleversements qui ont caract&#233;ris&#233; les soci&#233;t&#233;s o&#249; s'est mis-en place et o&#249; s'est propag&#233; &#224; son ensemble le mode de production capitaliste ont &#233;t&#233; profonds. Ces changements d'ailleurs ne sont pas le fruit d'une g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e. Ils r&#233;sultent d'une dynamique qui a n&#233;cessairement un aspect conflictuel. Nous sommes, que nous le voulions ou non, dans certains cas, les h&#233;ritiers de certains processus de transformations et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-syndical-quebecois-" rel="directory"&gt;Mouvement syndical qu&#233;b&#233;cois&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH68/arton49614-b1d42.jpg?1781560011' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='68' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; est rarement un tout statique ou immuable. Les bouleversements qui ont caract&#233;ris&#233; les soci&#233;t&#233;s o&#249; s'est mis-en place et o&#249; s'est propag&#233; &#224; son ensemble le mode de production capitaliste ont &#233;t&#233; profonds. Ces changements d'ailleurs ne sont pas le fruit d'une g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e. Ils r&#233;sultent d'une dynamique qui a n&#233;cessairement un aspect conflictuel. Nous sommes, que nous le voulions ou non, dans certains cas, les h&#233;ritiers de certains processus de transformations et de changements qui remontent aussi loin que le XVIIIe si&#232;cle. Pour comprendre ce qui est en cause lors des conflits de travail, certaines notions sociales, historiques, &#233;conomiques, politiques et juridiques sont parfois n&#233;cessaires et utiles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre la conflictualit&#233; sociale sous le capitalisme, il faut n&#233;cessairement la mettre en lien avec les &#233;l&#233;ments suivants : le capitalisme, le lib&#233;ralisme &#233;conomique, les trois premi&#232;res grandes R&#233;volutions industrielles, la cr&#233;ation et la g&#233;n&#233;ralisation du salariat, les caract&#233;ristiques du rapport salarial (exploitation, domination, subordination et oppression), les luttes de r&#233;sistance des salari&#233;Es, la place des communaut&#233;s religieuses dans certaines institutions sociales, la cr&#233;ation de l'&#201;tat, les lois sociales et la l&#233;gislation du travail, les d&#233;cisions des tribunaux en mati&#232;re de droit social, les deux grandes guerres mondiales, la Soci&#233;t&#233; des Nations et l'Organisation internationale du travail (OIT), la crise des ann&#233;es trente, la D&#233;claration de Philadelphie, la Soci&#233;t&#233; du savoir, la Soci&#233;t&#233; post-industrielle, la Soci&#233;t&#233; de consommation, le fordisme, l'institutionnalisation du syndicalisme, la &#171; Formule Rand &#187;, la prise en charge par l'&#201;tat du financement ou (et) de la gestion de certains services publics, parapublics et p&#233;ripublics, la syndicalisation dans le service civil (le secteur public) et l'&#233;largissement des libert&#233;s syndicales dans les secteurs de la sant&#233; et de l'&#233;ducation, la division sexuelle du travail, la pr&#233;sence des femmes sur le march&#233; du travail et la mont&#233;e du f&#233;minisme, le passage du Welfare State &#224; la crise de l'&#201;tat-providence et l'adoption par les gouvernements de politiques inspir&#233;es du mon&#233;tarisme et du n&#233;o-lib&#233;ralisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; au sein de laquelle domine le mode de production capitaliste et le r&#232;gne du salariat est rarement une soci&#233;t&#233; pacifi&#233;e o&#249; le conflit industriel (le conflit qui se cr&#233;e &#224; l'occasion du travail r&#233;mun&#233;r&#233;) est absent. Il y a bien eu, de la part du l&#233;gislateur, durant la p&#233;riode couverte par les ann&#233;es 1799 &#224; 1872, une tentative de nier l'existence du conflit au sein des entreprises (p&#233;riode que nous qualifions de &#171; lib&#233;ralisme totalitaire &#187; durant laquelle triomphait, en raison des Combination Act, de la Loi des ma&#238;tres et des apprentis et de la Loi des ma&#238;tres et des serviteurs le &#171; despotisme d'usine &#187;). Ces pi&#232;ces l&#233;gislatives ont la particularit&#233; d'avoir &#233;chou&#233;. La Loi des unions ouvri&#232;res, adopt&#233;e par le parlement f&#233;d&#233;ral en 1872, a eu pour effet de l&#233;galiser les associations syndicales dans les entreprises priv&#233;es jusque-l&#224; consid&#233;r&#233;es comme un d&#233;lit criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage syndical dans les soci&#233;t&#233;s industrielles et post-industrielles s'est constitu&#233; &#224; travers l'histoire des R&#233;volutions industrielles et des caract&#233;ristiques de la composition de la main-d'&#339;uvre salari&#233;e (secteur primaire, secteur secondaire et secteur tertiaire). Il y a d'abord eu des associations d'homme de m&#233;tier, des unions industrielles (les cols bleus) et des syndicats dans le secteur des services (les cols blancs, les cols roses). Il y a aussi eu, au sein des organisations syndicales des clivages fond&#233;s sur la religion (syndicats catholiques) ou l'orientation politique dont le but ultime &#233;tait la suppression du salariat (syndicats rouges). Qui dit pluralisme syndical dit aussi rapports tant&#244;t de collaboration/coop&#233;ration (alliances) et tant&#244;t de concurrence/comp&#233;tition (rivalit&#233;) entre les organisations des salari&#233;Es syndiqu&#233;Es. Pour comprendre la conflictualit&#233; sociale, il faut aussi prendre en consid&#233;ration la composition et les caract&#233;ristiques de la main-d'&#339;uvre (hommes/femmes, vieux/jeunes, population native/population immigrante, salari&#233;Es s&#233;dentaires/salari&#233;Es nomades, salari&#233;Es racis&#233;Es, statuts au travail, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conflit et vision simmelienne du conflit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'Antiquit&#233; &#233;gyptienne &#224; l'&#232;re contemporaine en passant par la Renaissance, du mode de production esclavagiste au mode de production capitaliste en passant par la transition du f&#233;odalisme au capitalisme, une chose est constante dans l'histoire de l'humanit&#233; : la pr&#233;sence du conflit, et sa pr&#233;gnance surtout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sociologues ont beau se casser la t&#234;te et faire preuve de la plus grande ing&#233;niosit&#233;, quand vient le temps de forger un qualificatif susceptible de rendre compte de la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons (soci&#233;t&#233; postindustrielle ; soci&#233;t&#233; des loisirs ; soci&#233;t&#233; bureaucratique, technologique, de consommation ; soci&#233;t&#233; bloqu&#233;e, en mutations, ouverte, ferm&#233;e ; soci&#233;t&#233; du savoir ; etc.), il nous semble que la moindre des choses est d'ajouter que la soci&#233;t&#233; moderne &#8211; ou postmoderne, c'est selon &#8211; est d'abord et avant tout une soci&#233;t&#233; conflictuelle, comme celles qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, qualifier la soci&#233;t&#233; ainsi est aussi insuffisant que les autres appellations mentionn&#233;es pr&#233;c&#233;demment. Par contre, cela a le m&#233;rite suivant : cette appellation-ci nous fait r&#233;aliser, au d&#233;part, qu'une soci&#233;t&#233; ne se saisit pas uniquement par un champ d'activit&#233;s (industriel, bureaucratique, technologique), mais renvoie aussi &#224; des activit&#233;s humaines et sociales. Or, celles-ci se produisent g&#233;n&#233;ralement dans le trouble et ce n'est qu'&#224; travers ces moments de perturbations que des changements et des ruptures se produisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vocabulaire courant ne manque pas de mots pour d&#233;signer les affrontements auxquels nous faisons face tout au long de notre parcours de vie : concurrence, comp&#233;tition, guerre, r&#233;volution, lutte, combat, bataille, querelle, dispute, m&#233;sentente, rivalit&#233;, d&#233;saccord, etc. Le conflit correspond &#224; une situation relationnelle qui se structure autour d'un antagonisme. Il prend forme autour d'un enjeu qui a pour effet de polariser les positions des parties en pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu connu, le sociologue allemand Georg Simmel (1858-1918) a n&#233;anmoins d&#233;velopp&#233; un point de vue original sur le conflit qui m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te[1]. Simmel soutient qu'il n'y a pas &#171; d'unit&#233; sociale dans laquelle les mouvements convergents des &#233;l&#233;ments ne soient aussi inextricablement m&#234;l&#233;s &#224; des mouvements divergents &#187;. Il d&#233;finit sociologiquement le conflit comme un moment de socialisation qui sert &#224; r&#233;soudre les tensions entre les contraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Simmel, la soci&#233;t&#233; est le produit d'actions r&#233;ciproques et contradictoires des individus. Elle ne peut donc exister que dans le conflit permanent. Celui-ci donne &#224; une personne le sentiment de ne pas &#234;tre compl&#232;tement domin&#233;e dans une relation sociale. C'est ce qui lui permet, entre autres choses, de r&#233;sister &#224; la domination et &#224; l'ali&#233;nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience historique nous fournit maints exemples qui illustrent que la soci&#233;t&#233; n'existe que dans une succession d'affrontements qui alternent avec des accalmies qui s'accompagnent de solutions provisoires. Simmel identifie trois solutions aux conflits : la victoire (dans ce cas, il y a domination momentan&#233;e de l'un des protagonistes sur l'autre) ; la r&#233;signation (la lassitude vient &#224; bout des deux parties, sans d&#233;gager de v&#233;ritable vainqueur) et le compromis (qui s'accompagne d'une entente provisoire et pr&#233;caire qui permet aux groupes antagonistes de se pr&#233;senter en vainqueur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces trois portes de sortie, Simmel est d'avis que c'est le compromis qui est la meilleure issue. Il y voit m&#234;me une &#171; des plus grandes inventions de l'humanit&#233; &#187;. Le compromis est vu par l'intellectuel allemand comme permettant le maintien de l'unit&#233; dans l'opposition, tout en autorisant la possibilit&#233; d'un nouveau conflit, d&#233;bouchant sur de nouvelles n&#233;gociations et par cons&#233;quent de nouveaux compromis. C'est la sortie de crise qui alimente la coh&#233;sion de diff&#233;rentes parties de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Georg Simmel ne d&#233;finit pas clairement le conflit, il le pose n&#233;anmoins comme une forme de socialisation dont les causes r&#233;sident dans &#171; la haine et l'envie, la mis&#232;re et la convoitise, qui sont v&#233;ritablement l'&#233;l&#233;ment de dissociation &#187; (p. 265). Malgr&#233; cela, il le per&#231;oit de mani&#232;re tr&#232;s positive. Il &#233;crit &#224; ce sujet qu'&#171; une fois que le conflit a &#233;clat&#233; [&#8230;], il est en fait un mouvement de protection contre le dualisme qui s&#233;pare, et une voie qui m&#232;nera &#224; une sorte d'unit&#233;, quelle qu'elle soit &#187; et &#171; en lui m&#234;me, le conflit est d&#233;j&#224; la r&#233;solution de tensions entre les contraires &#187; (p. 265).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Conflictualit&#233; et changement social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc se m&#233;fier des &#171; conformopathes &#187;, ces &#234;tres allergiques &#224; toute turbulence d&#233;mocratique. Ces personnes n'ont rien compris &#224; la dynamique de la vie en soci&#233;t&#233; et du changement social. Elles sont les relais de ces leaders pathologiques et path&#233;tiques qui s'imaginent que leurs d&#233;cisions doivent susciter l'adh&#233;sion unanime. Il y a un r&#233;el danger &#224; vouloir d'une soci&#233;t&#233; pacifi&#233;e et apathique. C'est beaucoup par le choc puis la r&#233;solution de ses antagonismes qu'une soci&#233;t&#233; &#233;volue. Il importe donc de se m&#233;fier et de s'opposer &#224; l'unanimisme st&#233;rilisant qui est &#224; la source d'un conservatisme momifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvan Perrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 septembre 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Georg Simmel, &#171; Le conflit &#187;, dans Sociologie. &#201;tudes sur les formes de la socialisation, Paris, Presses universitaires de France, 2013, p. 265-346.&lt;br class='autobr' /&gt;
Zone contenant les pi&#232;ces jointes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Bloc qu&#233;b&#233;cois, la voix l'autonomisme tranquille</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Bloc-quebecois-la-voix-l-autonomisme-tranquille</link>
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		<dc:date>2021-09-22T07:55:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections f&#233;d&#233;rales 2021</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Bloc qu&#233;b&#233;cois a r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire 34 d&#233;put&#233;-e-s. (&#224; confirmer) . Il avait une cible plus audacieusede 40 &#233;lu-e-s, mais il est parvenu &#224; r&#233;aliser et m&#234;me &#224; d&#233;passer ce que son parti avait r&#233;alis&#233; en octobre 2019 alors qu'il faisait &#233;lire 32 d&#233;put&#233;-e-s. Dans ces &#233;lections, le Bloc a clairement d&#233;fini son cr&#233;neau : l'autonomisme provincial. Cette orientation se d&#233;finit comme la d&#233;fense d'un f&#233;d&#233;ralisme coop&#233;ratif et asym&#233;trique qui respecte les comp&#233;tences du Qu&#233;bec et qui cherche (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-federales-2021-+" rel="tag"&gt;&#201;lections f&#233;d&#233;rales 2021&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-09-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-09-21&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton49611-4b517.png?1781560011' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Bloc qu&#233;b&#233;cois a r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire 34 d&#233;put&#233;-e-s. (&#224; confirmer) . Il avait une cible plus audacieusede 40 &#233;lu-e-s, mais il est parvenu &#224; r&#233;aliser et m&#234;me &#224; d&#233;passer ce que son parti avait r&#233;alis&#233; en octobre 2019 alors qu'il faisait &#233;lire 32 d&#233;put&#233;-e-s. Dans ces &#233;lections, le Bloc a clairement d&#233;fini son cr&#233;neau : l'autonomisme provincial. Cette orientation se d&#233;finit comme la d&#233;fense d'un f&#233;d&#233;ralisme coop&#233;ratif et asym&#233;trique qui respecte les comp&#233;tences du Qu&#233;bec et qui cherche aussi &#224; les renforcer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des postures nationalistes identitaires nourrissent l'essor de cet autonomisme. Son chef, Yves Fran&#231;ois Blanchet sait bien encapsuler ses messages &#224; cette fin. Il va &#234;tre, a-t-il r&#233;p&#233;t&#233;, le d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts du Qu&#233;bec. Il va d&#233;fendre ce qui est bon pour le Qu&#233;bec. Il va se dresser contre ce qui est mauvais pour le Qu&#233;bec. C'est ainsi qu'il a mouss&#233; puis surf&#233; sur la vague d'indignation face au m&#233;pris du Qu&#233;bec affich&#233; par une animatrice lors du d&#233;bat des chefs au r&#233;seau anglais en en faisant un m&#233;pris g&#233;n&#233;ral, profond et durable de tout le Canada anglais envers le Qu&#233;bec. Retourner le &lt;i&gt;Qu&#233;bec bashing&lt;/i&gt; pour un faire un instrument du ralliement identitaire des nationalistes autour du Bloc rel&#232;ve du grand art. Et Yves-Fran&#231;ois Blanchet c'est r&#233;v&#233;l&#233; fort habile &#224; ce niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, Yves-Fran&#231;ois Blanchet se veut un politicien responsable. Il se donne comme mission de porter &#224; la Chambre des communes les consensus &#233;tablis &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Il veut d&#233;fendre les soins des ain&#233;-e-s et l'augmentation des transferts en sant&#233; dans le respect des comp&#233;tences du Qu&#233;bec et des provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son mentor, le premier ministre du Qu&#233;bec, n'est pas ind&#233;pendantiste. Il est f&#233;d&#233;raliste. Il a appel&#233; &#224; voter pour le Parti conservateur du Canada. Il a m&#234;me contribu&#233;, en fondant la CAQ, &#224; la d&#233;composition du bloc souverainiste et &#224; l'effondrement de l'influence du Parti qu&#233;b&#233;cois qui ne cesse de d&#233;p&#233;rir suite &#224; l'accumulation des d&#233;faites auxquelles il a pr&#233;sid&#233;. Le Bloc qu&#233;b&#233;cois est maintenant le porte-parole non pas du Qu&#233;bec, mais de la CAQ et de son chef autonomiste et f&#233;d&#233;raliste. Yves-Fran&#231;ois Blanchet ne pr&#233;tend pas au titre de Capitaine Qu&#233;bec, comme Fran&#231;ois Legault aime se pr&#233;senter, mais son fid&#232;le alli&#233;. Il a m&#234;me su d&#233;fendre le caract&#232;re &#233;cologique du troisi&#232;me lien. Il ne s'est pas offusqu&#233; du soutien du premier ministre du Qu&#233;bec au Parti conservateur d'&#201;rin O'Toole. Il n'a pas tent&#233; de tirer au clair la signification d'un tel soutien en ce qui concerne sa d&#233;fense de l'environnement, sur sa volont&#233; d'assurer le contr&#244;le des armes &#224; feu, ou sur l'accord sur le financement des garderies&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours de fin soir&#233;e &#233;lectorale, Yves Fran&#231;ois Blanchet s'est montr&#233; dispos&#233; &#224; collaborer avec le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau. Et pour montrer qu'il ne s'agit pas que de phrases creuses, il s'est empress&#233; d'ajouter :&lt;i&gt; &#171; Je vais contacter chacun des chefs pr&#233;sents &#224; la Chambre des communes. Nous devons avoir une discussion pour que le parlement fonctionne. Il faudra que ce parlement ait une dur&#233;e acceptable. Il faudra laisser certaines rancoeurs du pass&#233; derri&#232;re nous (?) parce que c'est clairement ce que les Qu&#233;b&#233;cois et les Canadiens ont r&#233;it&#233;r&#233; comme volont&#233;. La collaboration est de rigueur et nous nous y pr&#234;terons de bonne gr&#226;ce. Pourquoi ? Parce que nous sommes toujours en pand&#233;mie. Parce que nous devons assur&#233;ment entreprendre maintenant la transition &#224; la fois &#233;conomique et &#233;cologique. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yves-Fran&#231;ois Blanchet a encore, dans ce discours, affirm&#233; le caract&#232;re d'opposition loyale du Bloc &#224; la Chambre des communes. Il cantonne ainsi le Bloc &#224; un r&#244;le de groupe de pression sur le gouvernement et sur les autres partis f&#233;d&#233;ralistes &#224; Ottawa. Il pr&#233;sente la reprise de certaines de ses positions comme ses propres r&#233;alisations. En agissant comme la mouche du coche, il renonce &#224; remettre en question la domination de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral sur la nation qu&#233;b&#233;coise et contribue &#224; faire croire que le f&#233;d&#233;ralisme canadien peut r&#233;pondre aux revendications du Qu&#233;bec si on y met les pressions suffisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me discours, il a laiss&#233; entendre, sans prononcer le mot ind&#233;pendance, qu'un jour un Qu&#233;bec qui est fort pourra faire le choix qu'il souhaite et qu'il ne laisse que soup&#231;onner. Pourquoi une telle pudeur ? C'est que le Bloc qu&#233;b&#233;cois n'est plus un porte-parole du souverainisme qu&#233;b&#233;cois sur la sc&#232;ne f&#233;d&#233;rale, m&#234;me si il est peut-&#234;tre &#233;lectoralement payant de maintenir la confusion &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte effective pour la lib&#233;ration nationale du Qu&#233;bec ne peut pas compter sur le Bloc qu&#233;b&#233;cois qui s'est mis au service du gouvernement caquiste lequel s'est ralli&#233; au f&#233;d&#233;ralisme canadien. Le Bloc qu&#233;b&#233;cois a renonc&#233; &#224; d&#233;fendre une rupture ouverte avec l'&#201;tat canadien, instrument de minorisation politique du Qu&#233;bec. Cela devrait ouvrir les yeux aux ind&#233;pendantistes qui ne veulent pas se contenter des belles formules alambiqu&#233;es du chef du Bloc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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