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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La loi 21 et l'&#233;lection de 2022</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-loi-21-et-l-election-de-2022</link>
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		<dc:date>2021-11-22T16:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Renaud</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;cente campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale a bien d&#233;montr&#233; que la Loi sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat (loi 21) adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec en juin 2019 constitue un enjeu politique incontournable. Le Bloc qu&#233;b&#233;cois a alors d&#233;cid&#233; de faire de la d&#233;fense de cette loi un enjeu d'identit&#233; nationale et d'autonomie qu&#233;b&#233;coise face au f&#233;d&#233;ral. Rappelons qu'en plus du caucus de la CAQ, celui du PQ a vot&#233; en bloc pour cette loi, tandis que le PLQ et Qu&#233;bec solidaire ont vot&#233; contre. Est-ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH149/arton50338-d733e.png?1674683590' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;cente campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale a bien d&#233;montr&#233; que la Loi sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat (loi 21) adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec en juin 2019 constitue un enjeu politique incontournable. Le Bloc qu&#233;b&#233;cois a alors d&#233;cid&#233; de faire de la d&#233;fense de cette loi un enjeu d'identit&#233; nationale et d'autonomie qu&#233;b&#233;coise face au f&#233;d&#233;ral. Rappelons qu'en plus du caucus de la CAQ, celui du PQ a vot&#233; en bloc pour cette loi, tandis que le PLQ et Qu&#233;bec solidaire ont vot&#233; contre. Est-ce qu'une loi adopt&#233;e dans la controverse et la division il y a deux ans peut faire partie de notre identit&#233; ? Ce n'est pas s&#233;rieux. Mais ce qui est clair est que le camp nationaliste conservateur, qui regroupe maintenant la CAQ, le PQ et le Bloc, a d&#233;cid&#233; d'en faire un cheval de bataille. La direction des OUI-Qu&#233;bec est m&#234;me all&#233;e jusqu'&#224; en faire un argument en faveur de l'ind&#233;pendance. Quelle honte ! On ne pouvait que constater l'incompatibilit&#233; du projet ind&#233;pendantiste inclusif de QS et du projet nationaliste conservateur incarn&#233; par l'axe CAQ-PQ-BQ-Qu&#233;b&#233;cor.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;12 novembre 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que pouvons-nous anticiper comme positionnements lors des &#233;lections qu&#233;b&#233;coises de l'automne 2022 ? Bien entendu, la CAQ va en faire un &#233;l&#233;ment central de son discours nationaliste autonomiste, divorc&#233; de toute perspective ind&#233;pendantiste. Le PQ va probablement reprendre la rh&#233;torique douteuse des OUI-Qu&#233;bec et utiliser l'argument du pr&#233;tendu &#8220;mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois de la&#239;cit&#233;&#8221; dans son discours ind&#233;pendantiste de moins en moins convaincant. Les Lib&#233;raux ont indiqu&#233; leur intention de laisser mourir les clauses d&#233;rogatoires qui doivent &#234;tre renouvel&#233;es tous les cinq ans. Ce qui laisse en place les articles discriminatoires sur le port de signes religieux, mais en les rendant beaucoup plus vuln&#233;rables face aux contestations judiciaires. Bref, ce parti qui se pr&#233;tend un grand d&#233;fenseur des libert&#233;s individuelles et des droits des minorit&#233;s a d&#233;cid&#233; d'&#233;viter la patate chaude et de renvoyer la question aux tribunaux. N'ont-ils rien appris de tout ce qui s'est pass&#233; depuis la crise imaginaire des accommodements raisonnables il y a 15 ans ? Ce sont pr&#233;cis&#233;ment des jugements de tribunaux mal compris qui avaient d&#233;clench&#233; la crise, dont le gouvernement lib&#233;ral de l'&#233;poque s'est lav&#233; les mains, encore une fois, en mettant sur pied la commission Bouchard-Taylor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Qu&#233;bec solidaire, cet enjeu constitue une occasion en or de mettre de l'avant la strat&#233;gie que j'avais &#233;voqu&#233;e lors du conseil national de 2015 : QS doit &#234;tre un meilleur d&#233;fenseur des droits de la personne que les Lib&#233;raux et un meilleur promoteur du projet ind&#233;pendantiste que le PQ. Pour ce faire, nous devons affirmer clairement notre intention non seulement de retirer les clauses d&#233;rogatoires de cette loi (les retirer d&#232;s que possible, pas les laisser expirer en juin 2024), mais aussi d'&#233;liminer les articles qui emp&#234;chent des personnes d'exercer certaines professions pour cause de visibilit&#233; religieuse. Cette position devrait &#234;tre articul&#233;e en lien avec notre vision inclusive de la future citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise et notre engagement en faveur de l'interculturalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi j'appuie sans h&#233;sitation la formulation de l'option A dans le d&#233;bat sur la plateforme qui s'en vient lors du congr&#232;s. L'option B qui parle de &#8220;suspendre&#8221; les articles concernant le port de signes religieux et de renvoyer la question de leur caract&#232;re discriminatoire &#224; la cour d'appel est une fausse bonne id&#233;e. D'abord, sur le plan politique, cette formulation sous-entend que QS, comme parti politique, n'est pas certain du caract&#232;re discriminatoire de ce texte de loi. Alors, pourquoi notre caucus a-t-il vot&#233; contre en brandissant des drapeaux du Qu&#233;bec au Salon bleu ? Personne ne va croire que nous n'avons pas une opinion bien arr&#234;t&#233;e sur la question. Aussi, est-ce qu'on croit qu'un jugement issu d'une cour dont les membres sont nomm&#233;s par le gouvernement f&#233;d&#233;ral aura la moindre influence sur l'opinion publique nationaliste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument qui revient chez les partisans de cette option B est que le jugement en question pourrait cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent utile pour la suite des choses, voire m&#234;me mettre fin au d&#233;bat. C'est s'illusionner sur la nature du d&#233;bat politique dans lequel nous sommes depuis au moins 2006. Le nationalisme conservateur est fond&#233; pr&#233;cis&#233;ment sur le rejet des chartes des droits et des jugements des tribunaux fond&#233;s sur ces chartes (que ce soit la qu&#233;b&#233;coise ou la canadienne, qui disent sensiblement les m&#234;mes choses). Les clauses d&#233;rogatoires en b&#233;ton incluses dans la loi 21 servent pr&#233;cis&#233;ment &#224; affirmer la sup&#233;riorit&#233; du politique sur le juridique et le droit d'une majorit&#233; l&#233;gislative de brimer les droits des minorit&#233;s. Le jugement Blanchard, le premier &#224; s'&#234;tre prononc&#233; sur la question, affirmait justement que les clauses sur les signes religieux sont injustifi&#233;es dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique ET que les clauses d&#233;rogatoires ne lui permettaient pas de suspendre l'application de ces m&#234;mes articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls un changement dans le rapport de force politique et la mobilisation de notre camp en faveur des droits de toutes et tous peut changer la situation et mettre fin &#224; cette loi qui fait des personnes portant des signes d'appartenance religieuse des citoyennes et citoyens de seconde zone. Revenons &#224; l'esprit et la lettre de la Charte des droits et libert&#233;s de la personne, adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; par l'Assembl&#233;e nationale. Toutes les Qu&#233;b&#233;coises et tous les Qu&#233;b&#233;cois ont les m&#234;mes droits. La discrimination arbitraire est ill&#233;gale chez nous. Un point c'est tout.&lt;/p&gt;
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		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le S&#233;nat italien fait couler la loi contre l'homophobie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Senat-italien-fait-couler-la-loi-contre-l-homophobie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Senat-italien-fait-couler-la-loi-contre-l-homophobie</guid>
		<dc:date>2021-11-16T13:14:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>H&#233;l&#232;ne Marra</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>LGBT</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Initialement approuv&#233; par le Parlement, le projet de loi contre l'homophobie a &#233;t&#233; rejet&#233; par le S&#233;nat qui, &#224; la demande des deux partis d'extr&#234;me droite (La Lega et Fratelli d'Italia), a vot&#233; la &#171; tagliola &#187; (le couperet) mettant &#224; l'arr&#234;t l'examen du texte. &lt;br class='autobr' /&gt; Hebdo L'Anticapitaliste - 589 (04/11/2021) &lt;br class='autobr' /&gt;
Par H&#233;l&#232;ne Marra &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;cision a g&#233;n&#233;r&#233; une vague de protestations dans tout le pays. Les organisateurs de la Pride parlent d'une v&#233;ritable trahison et d&#233;plorent le primat accord&#233; aux jeux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-LGBTI-" rel="directory"&gt;Mouvement LGBTI+&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-LGBT-+" rel="tag"&gt;LGBT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-11-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-11-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton50229-9411b.jpg?1675510200' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Initialement approuv&#233; par le Parlement, le projet de loi contre l'homophobie a &#233;t&#233; rejet&#233; par le S&#233;nat qui, &#224; la demande des deux partis d'extr&#234;me droite (La Lega et Fratelli d'Italia), a vot&#233; la &#171; tagliola &#187; (le couperet) mettant &#224; l'arr&#234;t l'examen du texte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hebdo L'Anticapitaliste - 589 (04/11/2021)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par H&#233;l&#232;ne Marra&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision a g&#233;n&#233;r&#233; une vague de protestations dans tout le pays. Les organisateurs de la Pride parlent d'une v&#233;ritable trahison et d&#233;plorent le primat accord&#233; aux jeux politiciens sur les droits et la vie des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des institutions hors du temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote galvanise l'extr&#234;me droite de Matteo Salvini (La Lega) et de Giorgia Meloni (Fratelli d'Italia) ainsi que leurs alli&#233;s, Silvio Berlusconi et Matteo Renzi (Italia Viva). Sorti du Parti D&#233;mocrate, ce dernier essaie d'occuper un espace &#224; droite. Le calcul de Renzi semble &#234;tre li&#233; &#224; un jeu d'alliances en vue de l'&#233;lection du pr&#233;sident de la R&#233;publique. Afin de cacher les accords internes, le vote s'est tenu en secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;ni&#232;me d&#233;monstration de l'&#233;cart qui se creuse de plus en plus entre les institutions et la soci&#233;t&#233; civile. En boucle sur le web, le drapeau arc-en-ciel des M&#229;neskin1, applaudis au Bowery Ballroom de New York, et l'exultation honteuse des s&#233;nateurs ayant enterr&#233; le projet de loi Zan, semblent symboliser le foss&#233; entre ces deux mondes inconciliables. Attendue depuis plus de 20 ans, la loi Zan2 aurait constitu&#233; un tout &#171; premier pas vers une loi sur l'autod&#233;termination du genre &#187;, selon les mots des organisations LGBTI qui se sont mobilis&#233;es dans plus de 48 villes en rassemblant &#224; chaque fois des dizaines de milliers de personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos vies, pas leurs jeux de pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la pr&#233;sidente de l'Arcigay, &#171; &lt;i&gt;le projet de loi Zan abordait des points importants comme la formation et l'acceptation de la diversit&#233; dans les diff&#233;rentes sph&#232;res de la vie sociale.&lt;/i&gt; &#187; Actuellement, en Italie, il n'y a pas de centres et de personnels comp&#233;tents pour g&#233;rer les questions li&#233;es aux diff&#233;rences sexuelles et &#224; l'identit&#233; de genre et sensibiliser la population, surtout les plus jeunes, aux probl&#232;mes de discrimination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat tr&#232;s riche qui a accompagn&#233; l'&#233;laboration du projet de loi ne va pas &#234;tre enterr&#233; avec le vote r&#233;trograde du S&#233;nat. Il a r&#233;ussi &#224; faire sortir des lieux acad&#233;miques des concepts comme &#171; identit&#233; &#187; et &#171; r&#244;le de genre &#187; en les s&#233;parant du sexe et de l'orientation sexuelle. La r&#233;flexion autour de ces th&#232;mes m&#232;ne &#224; questionner &#233;galement la hi&#233;rarchie sociale qui pr&#233;tend associer les hommes &#224; la force, la comp&#233;tition et la gestion des affaires &#233;conomiques et politiques en r&#233;duisant en m&#234;me temps les femmes &#224; un r&#244;le subalterne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir est de voir na&#238;tre un mouvement large qui lutte contre toutes les formes d'oppression et d'exploitation. Les manifestations et les sit-in qui se sont produits dans tout le pays pour contester l'effondrement de la loi Zan ont &#233;t&#233; suivis par un rassemblement de 10 000 personnes &#224; Rome contre le G20. Les jeunes de Fridays for Future, les No Tav et les organisations d'extr&#234;me gauche ont d&#233;fil&#233; &#224; c&#244;t&#233; des travailleurEs de Alitalia et des ouvrierEs de l'usine GKN de Florence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;v&#233;nements positifs dans un contexte g&#233;n&#233;ral peu rassurant pour l'Italie o&#249; l'extr&#234;me droite gagne en confiance et les luttes sociales peinent &#224; se d&#233;canter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1.&lt;br class='autobr' /&gt; Groupe de rock danois vainqueur de l'Eurovision, tr&#232;s populaire dans la jeunesse italienne.&lt;br class='autobr' /&gt; 2.&lt;br class='autobr' /&gt; Le projet de loi a pris le nom de son promoteur, le d&#233;put&#233; d&#233;mocrate Alessandro Zan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La pand&#233;mie mondiale et le monde d'apr&#232;s : apprentissages et r&#233;v&#233;lations peuvent-ils aider &#224; construire un autre monde ? Un d&#233;fi pour l'Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-pandemie-mondiale-et-le-monde-d-apres-apprentissages-et-revelations-peuvent</link>
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		<dc:date>2021-11-16T11:56:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Genevi&#232;ve Duch&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e 2020 on comprend qu'un &#233;v&#232;nement grave survient, une &#233;pid&#233;mie virale vient de Chine que l'on nommera COVID. Tr&#232;s vite tout f&#251;t comme suspendu dans beaucoup de parties du monde. La l&#233;talit&#233; du virus est telle, &#233;valuation de 5 millions de morts aujourd'hui, et les sympt&#244;mes et cons&#233;quences si d&#233;vastatrices que des gouvernements, et dans des temps diff&#233;rents, ont, apr&#232;s la Chine, d&#233;cid&#233; le confinement. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots Publi&#233; le 9 novembre 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton50323-98d46.jpg?1677991432' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e 2020 on comprend qu'un &#233;v&#232;nement grave survient, une &#233;pid&#233;mie virale vient de Chine que l'on nommera COVID. Tr&#232;s vite tout f&#251;t comme suspendu dans beaucoup de parties du monde. La l&#233;talit&#233; du virus est telle, &#233;valuation de 5 millions de morts aujourd'hui, et les sympt&#244;mes et cons&#233;quences si d&#233;vastatrices que des gouvernements, et dans des temps diff&#233;rents, ont, apr&#232;s la Chine, d&#233;cid&#233; le confinement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/09/la-pandemie-mondiale-et-le-monde-dapres-apprentissages-et-revelations-peuvent-ils-aider-a-construire-un-autre-monde-un-defi-pour-leurope/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 9 novembre 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois dans l'Histoire de l'Humanit&#233;, dans beaucoup de pays mais pas dans tous, &#233;taient plac&#233;es en priorit&#233; la pr&#233;vention et la sant&#233; des &#234;tres humains, avant l'activit&#233; &#233;conomique, tout en cherchant &#224; pr&#233;server la satisfaction des &#171; besoins essentiels &#187;. Ainsi, nous &#233;tions confront&#233;s &#224; un fait social total qui touchait tout le monde et tous les secteurs de l'activit&#233; humaine. La plan&#232;te risquait de sombrer dans deux trous noirs &#224; la fois : celui de la pand&#233;mie qu'on ne sait pas, au d&#233;but et pendant plusieurs mois, r&#233;ellement traiter (absence de m&#233;dicament efficace et de vaccin) en dehors des mesures de pr&#233;vention drastiques mais qui ralentissent toute activit&#233; ; et le trou noir de la crise &#233;conomique qui touche &#224; la fois l'offre et la demande, et un grand nombre de secteurs. La croissance fran&#231;aise par exemple a chut&#233; de 13,6% au deuxi&#232;me trimestre 2020 apr&#232;s une baisse de 5,9% au premier trimestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, les citoyen&#183;nes pris&#183;es dans leurs r&#244;les diff&#233;rents de parent&#183;es, producteur&#183;trices, intellectuel&#183;les, militant&#183;es etc. ont appris &#224; vivre dans les contraintes et ont fait des apprentissages. Beaucoup d'entre eux ont &#233;t&#233; douloureux, ch&#244;mage, appauvrissement, famine dans une grande partie du monde et difficult&#233;s de satisfaire les besoins premiers pour certains groupes sociaux, crainte pour son entreprise et son devenir, enfermement dans de petits appartements, violences sexuelles et sexistes exacerb&#233;es, isolement, difficult&#233;s pour suivre des &#233;tudes, privation de pratiques culturelles essentielles etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ont &#233;t&#233; brutalement r&#233;v&#233;l&#233;s (comme pour une photo avant le num&#233;rique) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; L'insuffisance des investissements publics et des services publics, le sous-&#233;quipement et le sous-effectif des h&#244;pitaux en France par exemple et la gestion catastrophique des &#233;tablissements pour personnes &#226;g&#233;es et d&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; En m&#234;me temps nous saluions tous les soirs &#224; nos fen&#234;tres par des applaudissements l'extr&#234;me mobilisation de l'ensemble du personnel m&#233;dical, de tous niveaux, malgr&#233; le m&#233;pris avec lequel elles et ils sont trait&#233;&#183;es depuis des ann&#233;es alors que r&#233;guli&#232;rement le recours &#224; des manifestations, &#224; des gr&#232;ves, &#224; des alertes sur la p&#233;nurie de personnel li&#233;e au niveau des salaires et aux conditions de travail, indiquent leur malaise et les risques sanitaires pris. L'apr&#232;s crise nous montre que la le&#231;on n'est pas entendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La grande d&#233;pendance du march&#233; mondial et des cha&#238;nes de valeurs &#233;parpill&#233;es pour une recherche de profitabilit&#233; toujours plus importante, le manque de mat&#233;riel m&#233;dical, les concurrences dans l'acc&#232;s &#224; certains produits (curare, masques). Cette observation de d&#233;pendance se poursuit dans la reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Les grandes in&#233;galit&#233;s de niveau et de conditions de vie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; L'in&#233;gale exposition au danger de la contamination au d&#233;triment de celles et ceux qui ne pouvaient t&#233;l&#233;travailler et &#233;taient oblig&#233;&#183;es de prendre les transports en commun et souvent les plus mal pay&#233;&#183;es et les plus pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La visibilisation de la place des femmes dans les professions du &#171; care &#187;, dans les travaux indispensables mais les plus pr&#233;caires et mal pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La visibilisation des discriminations et du racisme g&#233;n&#233;ralis&#233;s dans les pays multiethniques par les assignations aux travaux essentiels et pr&#233;caris&#233;s, par le nombre de victimes du COVID au Br&#233;sil et aux Etats-Unis par exemple o&#249; 90% des victimes sont pour 60% afro-am&#233;ricaines et pour 30% latino-am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut une p&#233;riode d'explosion des in&#233;galit&#233;s de classes, genre et g&#233;n&#233;rations1. Et la pauvret&#233;, en France par exemple, malgr&#233; les mesures prises, s'enkyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des apprentissages semblant plus positifs ont eu lieu aussi tant au niveau de la gestion politique de la crise que des pratiques de solidarit&#233;, d'attention &#224; l'autre, mises en &#339;uvre par les citoyen&#183;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on regarde de plus pr&#232;s, beaucoup d'apprentissages ont acc&#233;l&#233;r&#233; des &#233;volutions qui &#233;taient &#224; l'&#339;uvre avant la crise : d&#233;veloppement du num&#233;rique appliqu&#233; partout, prise en compte de l'&#233;cologie et questionnements politiques sur l'organisation de la vie &#233;conomique et sociale mondiales par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette situation de crise a r&#233;v&#233;l&#233; ou &#233;clair&#233; les faiblesses et l'injustice de notre syst&#232;me social et &#233;conomique et ce, partout, puisque mondialis&#233;, est-ce que ces prises de conscience vont permettre de faire mieux apr&#232;s la crise ? Les r&#233;flexions que la crise a engendr&#233;es, les mesures exp&#233;riment&#233;es, peuvent-elles aider &#224; dessiner des possibles dans les enjeux colossaux auxquels nous sommes confront&#233;&#183;es pour la survie de l'humanit&#233; tant dans sa dimension mat&#233;rielle que relationnelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tent&#233; dans ma communication2 d'apporter des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse : d'abord l'&#233;tude des aspects de la vie des gens et ses changements durables ; ensuite j'ai &#233;tudi&#233; le r&#244;le de l'Europe dans la crise et la n&#233;cessaire reconstruction d'une Europe solidaire et proposant un autre mod&#232;le ; enfin j'ai r&#233;fl&#233;chi aux conditions du changement liant l'&#233;volution du capitalisme, la d&#233;mocratie et les rapports sociaux et les relations internationales et ce dans l'urgence des urgences, celle de la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici je ne reprends pas tout et j'apporte davantage de questionnements que de r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord de la vie des gens pendant les confinements, je retiendrai l'usage des nouvelles technologies sans aborder dans ce r&#233;sum&#233; le t&#233;l&#233;travail qui est une question mieux connue par ailleurs, ensuite je tenterai de donner la dimension des &#233;volutions n&#233;cessaires pour l'UE et des enjeux majeurs pour elle dans la donne internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I &#8211; Comment communiquer, comment travailler, comment faire soci&#233;t&#233;, si on ne peut plus se d&#233;placer ou se rencontrer ? Les confinements impos&#233;s ont activ&#233; les r&#233;ponses rendues possibles par l'existence des technologies de la communication, la num&#233;risation et l'intelligence artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les plus r&#233;tif&#183;ves ont r&#233;alis&#233; des achats de mat&#233;riel et des apprentissages rapides. Les besoins relationnels, affectifs ont pouss&#233; les individu&#183;es et les familles &#224; s'organiser autour de la tablette, de l'ordinateur et ou du t&#233;l&#233;phone pour des ap&#233;ritifs &#224; distance et des &#233;changes avec les petits enfants. Tant mieux qu'&#224; ce moment difficile et anxiog&#232;ne, le progr&#232;s technologique nous ait permis de &#171; sauver &#187; nos liens. Mais quelques le&#231;ons plus n&#233;gatives sont &#224; tirer de la p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Une partie des plus ag&#233;&#183;es et des territoires ont &#233;t&#233; exclus de cette possibilit&#233;, ce qui a &#233;t&#233; particuli&#232;rement observ&#233; lorsqu'il a fallu passer par l'ordinateur pour avoir des rendez-vous vaccinaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; L'&#233;loignement et la communication par &#233;cran sur de longs mois ont r&#233;v&#233;l&#233; le besoin taraudant de vrais contacts en pr&#233;sentiel non seulement pour les artistes qui avaient besoin de leur public mais pour tout le monde. Nous &#233;tions sevr&#233;&#183;es de ces moments d'&#233;changes que sont les partages de repas, de cette n&#233;cessit&#233; de se voir &#171; en vrai &#187;, de sentir la pr&#233;sence de l'autre, de saisir les signaux infra d&#233;tectables de la communication humaine, de ressentir les vibrations de l'existence de l'autre, de tout ce qui fait que nos &#233;changes d&#233;passent de loin en &#233;paisseur, sens et sensations les seuls mots ou raisonnements &#233;chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on est qu'il faudrait d&#233;finitivement comprendre que nous sommes avant tout des &#234;tres sociaux et prendre soin de la vie ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette p&#233;riode d'usage massif de ces moyens miraculeux de communication mais qui ont un co&#251;t brut pour l'environnement tr&#232;s &#233;lev&#233; (l'empreinte carbone d'un courriel stock&#233; sur un serveur est infiniment plus lourde que celle d'une feuille de papier), je soulignerai une probl&#233;matique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; celle de nos addictions &#224; certaines informations ou stimuli audiovisuels et la place qu'elles tiennent dans l'activit&#233; de notre cerveau : Les progr&#232;s scientifiques et technologiques, les progr&#232;s sociaux et l'allongement de la dur&#233;e de vie ont lib&#233;r&#233; un temps tr&#232;s important d'utilisation de notre cerveau. Qu'en faisons-nous ? Questionne le sociologue G&#233;rard Bronner3. Le mettons-nous au profit, de la n&#233;cessit&#233; de surmonter le &#171; destin &#233;volutionnaire de l'humanit&#233; &#187;, &#224; savoir sa disparition ou celle de la civilisation qu'elle a cr&#233;&#233;e, celle de l'anthropoc&#232;ne destructeur ? La lib&#233;ration du temps de notre cerveau qui peut ouvrir &#224; la cr&#233;ativit&#233; artistique et scientifique, &#224; la contemplation intellectuelle, &#224; une disponibilit&#233; n&#233;cessaire aux processus de prises de d&#233;cisions d&#233;mocratiques, est la condition du progr&#232;s humain. Le probl&#232;me est que ce temps est en partie vol&#233;, &#171; siphonn&#233; &#187; par les &#233;crans. La concurrence sur le march&#233; cognitif surd&#233;velopp&#233; par internet permet de d&#233;voiler certaines de nos aspirations profondes et les effets d&#233;l&#233;t&#232;res de la concurrence entre croyances et pens&#233;e m&#233;thodique, souligne le sociologue. Les premi&#232;res, les croyances, sont favoris&#233;es. Par ailleurs des &#233;tudes sur les vid&#233;os et films vus, sur les sites fr&#233;quent&#233;s, montrent aussi que trois domaines sont particuli&#232;rement cherch&#233;s : la pornographie (un tiers des vid&#233;os regard&#233;es chaque jour dans le monde), le danger et le conflit. Le sexe est massivement vu et v&#233;cu &#224; partir de vid&#233;os la plupart extr&#234;mement violentes vis-&#224;-vis des femmes. Les produits de la peur, les alertes, nous attirent particuli&#232;rement, et nous l'avons v&#233;cu avec la pand&#233;mie en particulier &#224; propos de la vaccination ; ces r&#233;actions n'ayant rien &#224; voir avec le traitement rationnel des risques. De plus notre go&#251;t pour les situations agonistiques entretient la col&#232;re, un bon support &#233;motionnel pour g&#233;n&#233;rer de l'indignation qui est parfois utile mais parfois et m&#234;me souvent aussi la base de comportements agressifs, d'insultes voire d'appels au meurtre. Peur et col&#232;re entretenues, sans recul et sans analyses cr&#233;ent un sentiment de rage et de vivre dans un monde &#233;pouvantable. Ceci va entrainer la construction de &#171; r&#233;cits pour rendre compte de ce sentiment &#187;, complotisme, attribution des maux de l'humanit&#233; &#224; une cat&#233;gorie de la population, obsession s&#233;curitaire, nostalgie du pass&#233;, l&#233;gitimation de l'autoritarisme. Les cons&#233;quences sont connues. Cette embolisation de nos cerveaux laisse la voie libre aux manipulations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II &#8211; Au d&#233;but de la crise, l'Union Europ&#233;enne &#224; peine sortie de la crise du Brexit a &#233;t&#233; particuli&#232;rement absente et a fait montre de d&#233;sordre et de grandes diff&#233;rences dans les d&#233;cisions prises, dans les politiques mises en place et les repr&#233;sentations de l'&#233;pid&#233;mie elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question en ce printemps 2020 &#233;tait : quel sera le comportement et le r&#244;le de l'Europe divis&#233;e dans ce nouveau monde alors que l'obligation d'humanit&#233; avait eu raison dans beaucoup de pays des dogmes lib&#233;raux ? Retour de l'Etat providence, remise en question de la marchandisation du monde et reconnaissance de l'importance des services publics, explosion du dogme de l'&#233;quilibre budg&#233;taire et des politiques r&#233;cessionnistes. Ces bouleversements et remises en question sous la pression du danger et du d&#233;fi sanitaires ont diffus&#233; de fa&#231;on inattendue dans les rouages europ&#233;ens, Banque Centrale Europ&#233;enne comprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne reviens pas sur le plan de relance dont vous avez suivi l'&#233;laboration et le d&#233;but de son application ni sur le bras de fer que jouent certains pays qui remettent en question l'Etat de droit et qui mettent en danger l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ruptures avec le dogme n&#233;o-lib&#233;ral, ce plan de relance novateur vont-ils faire &#233;cole durable ? Ces nouveaux horizons de politique &#233;conomique et sociale vont-ils persister ? Vont-ils &#234;tre partag&#233;s par suffisamment de pays pour ressouder l'Europe ? La solidarit&#233; en Europe devrait am&#233;liorer le sort des populations durement touch&#233;es par la crise et renforcer l'&#233;conomie de chaque pays. Sera-t-elle suffisante pour &#233;loigner les tentations totalitaires et fascisantes et ainsi permettre, si les forces citoyennes sont suffisamment mobilis&#233;es, la construction d'une Europe sociale, d&#233;mocratique et &#233;mancipatrice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont &#224; retenir les difficult&#233;s d'approvisionnement en vaccins produits par l'industrie pharmaceutique largement aid&#233;e pour la recherche par des fonds publics mais s'appropriant les brevets et les profits &#233;normes g&#233;n&#233;r&#233;s par la crise. Cela montre la n&#233;cessit&#233; de construire une politique commune de pr&#233;vention &#233;tay&#233;e sur des progr&#232;s dans la gestion et la qualit&#233; des syst&#232;mes de sant&#233; nationaux. La sant&#233; publique ne peut &#234;tre que collective et elle fait partie des biens communs &#224; pr&#233;server hors de la logique du march&#233; et de la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit par exemple dans cette crise de mettre l'industrie pharmaceutique sous contr&#244;le social et d'organiser un syst&#232;me mondial de vaccination public, universel et gratuit. L'universalisme des droits humains n'est pas une religion ou une id&#233;e impos&#233;e par les dominant&#183;es, c'est la r&#233;alisation concr&#232;te de l'&#233;galit&#233; pour chacun&#183;e et pour tous&#183;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec du respect des droits humains est patent, m&#234;me en Europe, mais faut-il les abandonner pour autant alors que les replis identitaires manipul&#233;s par des oppresseurs constituent une menace pour la paix et le terreau de violences destructrices ? Dans un sondage r&#233;cent4, la d&#233;finition de l'UE qui recueille le plus d'opinions favorables est celle d'une Union &#171; phare de la d&#233;mocratie et des droits humains, qui fait de l'Etat de droit et du respect des r&#232;gles d&#233;mocratiques sa priorit&#233; &#187;. Voil&#224; qui peut rendre optimiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne peut-elle avoir la volont&#233;, donc l'unit&#233;, et le poids n&#233;cessaire dans le monde pour transformer cette mondialisation, r&#233;duire le productivisme, imposer des priorit&#233;s dans les domaines de l'&#233;cologie et de la justice sociale et faire contrepoids aux deux pays dominants qui structurent de fait la politique mondiale et les &#233;changes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur les institutions de l'Union europ&#233;enne ne manquent pas. Ils portent tant sur la complexit&#233; du syst&#232;me institutionnel qu'il est difficile de faire appr&#233;hender par les citoyen&#183;nes, que sur son efficacit&#233; ou encore son caract&#232;re d&#233;mocratique. Ni une f&#233;d&#233;ration, ni un seul pays, ni seulement accord de libre-&#233;change ou &#171; march&#233; commun &#187;, l'Union europ&#233;enne d&#233;fie les r&#232;gles connues et pratiqu&#233;es jusqu'alors pour l'efficacit&#233; et la puissance. Ainsi le consensus et les d&#233;cisions sont difficiles &#224; engendrer. L'UE est certes une utopie concr&#232;te mais qui, h&#233;las, a constitutionnalis&#233; le n&#233;o-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant la pand&#233;mie, l'Union europ&#233;enne traversait une crise de d&#233;fiance, mesur&#233;e par les sondages, par l'abstention aux &#233;lections du Parlement europ&#233;en et surtout par la mont&#233;e des partis europhobes lors des scrutins nationaux. Bien qu'une majorit&#233; de citoyen&#183;nes se disent toujours favorables &#224; l'Union europ&#233;enne, son fonctionnement actuel ne satisfait pas nombre d'entre elles&#183;eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michael Walzer, philosophe politique, propose &#171; un nouveau constitutionnalisme &#233;conomique &#187; capable de d&#233;limiter les biens communs (sant&#233;, &#233;ducation, environnement, justice sociale) qui doivent &#234;tre exclus de la sph&#232;re marchande. Michel Aglietta d&#233;clare : &#171; La vraie richesse des nations est leur capital public &#187;. Thomas Piketty5 met en garde sur les dynamiques socio-in&#233;galitaires qui ouvrent l'espace des conflits identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question est alors : Faut-il en finir (ou peut-on en finir) avec le syst&#232;me capitaliste ? ou faut-il essayer de le transformer en rompant avec l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale sans forc&#233;ment remettre en question la libert&#233; d'entreprendre et le march&#233; ? et dans les deux cas pour quel projet concret et avec quelles forces sociales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est mall&#233;able, il chemine avec et nourrit diff&#233;rents syst&#232;mes politiques, comme il s'est d&#233;ploy&#233; sur le patriarcat tout en transformant certaines de ses caract&#233;ristiques. Est-ce que sa dynamique d'exploitation et de creusement des in&#233;galit&#233;s pourrait &#234;tre limit&#233;e. On voit &#224; l'&#339;uvre des changements importants dans le mod&#232;le am&#233;ricain avec l'influence d'&#233;conomistes favorables &#224; la nouvelle th&#233;orie mon&#233;taire et &#224; la d&#233;pense publique6, on le voit aussi timidement dans l'accord pass&#233; entre 136 pays pour une taxation minimale des profits des multinationales. Ces changements ne remettent pas en question le capitalisme. D'autres tendances sont l&#224;. Il est &#224; remarquer la poursuite pendant la crise actuelle de projet de d&#233;localisation d'activit&#233;s (Michelin en France par exemple), de distributions aux actionnaires de profits tr&#232;s &#233;lev&#233;s avec pour r&#233;sultat que les riches ont continu&#233; &#224; s'enrichir alors que les pauvres s'appauvrissaient davantage. Il est &#224; remarquer aussi les transformations profondes du travail et son intensification tant dans le salariat que par des formes d'externalisation aux entreprises et d'utilisation de travailleurs ind&#233;pendants. Le capitalisme de plateforme7 qui pi&#233;tine les droits fondamentaux des travailleurs, repr&#233;sente un nouveau stade de la rationalisation et de l'exploitation du travail. Le d&#233;veloppement du t&#233;l&#233;travail pourrait accro&#238;tre cette exploitation en isolant les travailleurs et en r&#233;duisant le nombre de salari&#233;&#183;es et donc la responsabilit&#233; des employeurs &#224; l'&#233;gard de celles et ceux qui font leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut surveiller aussi la mise en &#339;uvre d'un capitalisme libertarien8 par une fraction du capital, ou une fraction de la bourgeoisie, celle form&#233;e par la deuxi&#232;me financiarisation de l'&#233;conomie &#224; partir de 1990 (hedge founds, fonds de capital-investissement, fonds d'actif immobiliers) et qui s'enrichit sur la sp&#233;culation immobili&#232;re, le d&#233;pe&#231;age d'entreprises et les contrats hors bourse. Cette fraction de la finance contrairement &#224; la City de Londres (premi&#232;re financiarisation), a apport&#233; son soutien et ses dons aux tenants du Brexit au Royaume-Uni. On la retrouve derri&#232;re Trump qui en est lui-m&#234;me, et Bolsonaro au Br&#233;sil. Leur volont&#233; est la d&#233;r&#233;gulation totale de l'&#233;conomie, la d&#233;r&#232;glementation de la finance donc, le primat &#224; la libert&#233; &#233;conomique quelles que soient les cons&#233;quences sociales, la disparition de l'intervention de l'Etat hormis pour la protection de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Les tenants de ce libertarisme veulent un monde d'individu&#183;es libres d'accumuler et o&#249; il n'y a plus d'articulation entre actions individuelles et bien commun. Ce qui aboutira &#224; un r&#233;gime autoritaire ; seule la r&#233;pression peut faire tenir ensemble des int&#233;r&#234;ts et des places aussi &#233;loign&#233;es et antagoniques. Des groupes de r&#233;flexion s'organisent autour de ces orientations qui promeuvent l'euro-scepticisme et le climato-n&#233;gationnisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons donc que rendre le capitalisme plus vivable (si c'est possible ?) &#8211; c'est la voie r&#233;formiste &#8211; et capable de faire face aux exigences radicales pour la r&#233;paration et la pr&#233;servation du monde vivant demande des d&#233;mocraties fortes et des changements politiques nationaux et internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aura pas de transition &#233;cologique sans changements sociaux et culturels profonds, sans implication massive et militante des citoyen&#183;nes. Il faut surveiller dans ce domaine la croyance en la &#171; croissance verte &#187; bas&#233;e sur une &#233;cologie marchande et le remodelage de la nature par des techniques de plus en plus puissantes et envahissant les recoins les plus intimes des processus vitaux9. Mais il faut aussi &#233;viter le retour fantasm&#233; &#224; la pr&#233;histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet avenir largement ind&#233;termin&#233; sont en jeu la r&#233;alit&#233; de la d&#233;mocratie, la force des institutions qui la garantissent, la mobilisation des citoyen&#183;nes, la nature et le dynamisme des luttes sociales partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s COVID ne sera pas forc&#233;ment tr&#232;s diff&#233;rent de l'avant avec de multiples dangers accrus au contraire : choc des civilisations, colonialisme chinois, renforcement du souverainisme identitaire, coexistence du protectionnisme et de l'acharnement concurrentiel, et formes de luttes sociales qui &#233;miettent et cloisonnent au lieu de rassembler les forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie a montr&#233; l'augmentation des tendances conspirationnistes et illib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coexistent la d&#233;fiance croissante &#224; l'&#233;gard des repr&#233;sentants d&#233;mocratiquement &#233;lus et d'innombrables mouvements de protestation populaire. Le politique n'est pas mort. Cela montre l'existence de la r&#233;volte et de mobilisations souvent durables. Cela montre qu'il y a une demande explicite pour une autre dynamique d&#233;mocratique que la seule forme repr&#233;sentative qui construit des &#233;lites d&#233;sincarn&#233;es et non repr&#233;sentatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en m&#234;me temps nous assistons &#224; des clivages de plus en plus importants, des fragmentations, des s&#233;parations de &#171; causes &#187;, des replis identitaires d'o&#249; naissent non pas le d&#233;bat et la d&#233;lib&#233;ration n&#233;cessaires &#224; toute vie d&#233;mocratique mais de la violence, de la volont&#233; de la mort de l'autre, de la haine, quand ce n'est pas l'exc&#232;s d'un politiquement correct de la &#171; cancel culture &#187;10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation a largement &#233;t&#233; construite par une d&#233;sinterm&#233;diation de la vie sociale et politique voulue par les gouvernements de toute sorte, du centre droit aux gouvernements populistes, qui laminent les institutions comme les syndicats et ne sont plus &#224; l'&#233;coute des associations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'utopie est &#224; l'&#339;uvre partout et dans de multiples groupes11 pour produire diff&#233;remment, travailler diff&#233;remment, partager, d&#233;fier les r&#232;gles de rentabilit&#233; et de la mondialisation lib&#233;rale, animer un territoire local. Mais ces initiatives &#233;parpill&#233;es suffiront-elles &#224; montrer et &#224; construire une voie de vie ensemble diff&#233;rente alors que la profusion des libres acc&#232;s aux images, aux &#233;changes, aux v&#233;rit&#233;s auto-d&#233;clar&#233;es et l'hyst&#233;rie de la mise en sc&#232;ne de soi dans les r&#233;seaux sociaux absorbent une partie importante de notre temps et donc de nos possibilit&#233;s de r&#233;flexion, de prise de distance et de construction d'autres possibles ? Lorsque des erreurs sont diffus&#233;es les d&#233;mentis occupent une place tr&#232;s faible dans les media par rapport &#224; celle occup&#233;e par l'&#233;mission de b&#234;tises et contre-v&#233;rit&#233;s. &#171; La d&#233;magogie cognitive est le processus intellectuel id&#233;al pour conduire un individu de la frustration au populisme &#187;12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de laisser faire ou de trop mollement d&#233;fendre une r&#233;gulation multilat&#233;rale et une solidarit&#233; internationale vis &#224; vis des plus pauvres, l'Europe doit agir. Elle ne peut prendre sa place et contrecarrer son d&#233;clin que si elle agit &#224; la fois au niveau interne et au niveau mondial. Il lui faut construire l'unit&#233; en son sein en r&#233;duisant &#224; la marginalit&#233; les mouvements d'extr&#234;me droite et fascisants. Elle a pour cela le potentiel &#233;conomique pour d&#233;velopper la protection sociale et la richesse d'un terreau de cultures diff&#233;rentes pour la cr&#233;ativit&#233;. Au niveau mondial, elle se doit de d&#233;finir et montrer la voie vers la d&#233;mocratie et l'&#233;galit&#233; r&#233;elles qui sont au c&#339;ur des combats contre le racisme, comme des combats contre la domination masculine et contre l'exploitation. &#171; Cette perspective d&#233;mocratique radicale est la seule &#224; m&#234;me de donner un contenu concret &#224; l'universalisme &#187;13 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne doit arracher de ses projets son embourbement dans la &#171; consanguinit&#233; identitaire &#187;, accueillir les immigr&#233;&#183;es en pr&#233;servant leur dignit&#233; et renforcer ses propres potentiels par la vari&#233;t&#233; des apports. Elle doit aussi faire en sorte de r&#233;duire les violences, les guerres, les atteintes &#224; l'environnement et la pauvret&#233; qui augmentent les trafics, la traite des &#234;tres humains et les trajets meurtriers de l'exil. Les personnes immigr&#233;es ont besoin de protection pas de fil de fer barbel&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, en fait, de r&#233;inventer le progressisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de le faire mais sans se laisser leurrer par une &#171; anthropologie na&#239;ve &#187;, celle de penser que les &#234;tres humains ont une nature &#171; bonne &#187;, orient&#233;e vers l'autre, g&#233;n&#233;reuse et pr&#233;f&#233;rant l'action collective aux plaisirs individuels et addictifs. Les syst&#232;mes oppressifs, les manipulations publicitaires ou politiques ne se construisent pas seuls. Go&#251;t pour la violence, le pouvoir, et l'&#233;gocentrisme font partie de nos caract&#233;ristiques humaines profondes, il serait vain de l'ignorer ou d'en faire le seul r&#233;sultat d'un syst&#232;me &#224; changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'Europe peut faire mieux que se laisser narguer par les autocrates de Turquie et de Russie, qu'&#234;tre le faire-valoir des Etats-Unis et la colonie prochaine de la Chine. C'est &#224; ses citoyen&#183;nes de d&#233;cider des objectifs et des formes de son devenir, de soutenir les strat&#233;gies adapt&#233;es &#224; cette ambition et d'exiger pour le faire une r&#233;elle participation d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Genevi&#232;ve Duch&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; (dit en pl&#233;ni&#232;re) de ma communication (24 pages) au 27&#232;me conf&#233;rence ERECO-PGV. Universidade Europeia IPAM, Porto, Portugal, octobre 2021 : Les apprentissages issus de la pand&#233;mie de la covid-19. Quels futurs se dessinent pour les territoires, les citoyens et les entreprises en Europe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Cayouette-Rembli&#232;re Joanie, Lambert Anne (Dir.), 2021, L'explosion de in&#233;galit&#233;s, Classes, genre et g&#233;n&#233;rations face &#224; la crise sanitaire, Pr&#233;fac&#233; par Dominique M&#233;da, Ed. L'aube, 446 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 En cours de publication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 In &#171; Apocalypse cognitive, Ed. PUF, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Sondage men&#233; en avril 2021 par les instituts Yougov et Datapraxis. 17200 personnes dans 12 pays des 27 pays de l'UE (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Danemark, Espagne, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Su&#232;de) ont &#233;t&#233; interrog&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 &#171; Capital et Id&#233;ologie &#187;, Seuil, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Voir l'ouvrage de St&#233;phanie Kelton, &#171; le mythe du d&#233;ficit. La th&#233;orie moderne de la monnaie et la naissance de l'&#233;conomie du peuple &#187; Le mythe du d&#233;ficit : La Th&#233;orie moderne de la monnaie et la naissance de l'&#233;conomie du peuple. Les Liens qui lib&#232;rent, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Conf&#233;rence de Dominique M&#233;da et Sarah Abdelmour, &#171; Nouveaux travailleurs des appli. 18 mai 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Marl&#232;ne Benquet, Th&#233;o Bourgeron, &#171; La finance autoritaire vers la fin du n&#233;o-lib&#233;ralisme &#187;. Raisons d'agir, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 H&#233;l&#232;ne Trodjman, &#171; La croissance verte contre nature, critique de l'&#233;cologie marchande &#187;. La D&#233;couverte, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 Pour ma part je distingue ce mouvement qui se r&#233;pand dans les universit&#233;s am&#233;ricaines et qui arrive en France, de la juste r&#233;volte et r&#233;sistance des victimes de violences et de discriminations et des mouvements collectifs qui les d&#233;noncent et veulent les abolir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Voir Jean-Louis Laville et Mich&#232;le Riot-Sarcey, &#171; Le r&#233;veil de l'utopie &#187;. Ed. Atelier, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 G&#233;rard Bronner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 Alain Accaro in &#171; Le petit bourgeois gentilhomme ; Sur les pr&#233;tentions h&#233;g&#233;moniques des classes moyennes. Agone, 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;claration internationale de la Marche Mondiale des Femmes suite &#224; sa Rencontre internationale &#8211; 31 octobre 2021</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Declaration-internationale-de-la-Marche-Mondiale-des-Femmes-suite-a-sa</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Declaration-internationale-de-la-Marche-Mondiale-des-Femmes-suite-a-sa</guid>
		<dc:date>2021-11-16T11:53:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marche mondiale des femmes</dc:creator>


		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous, les femmes du Sud et du Nord de la Marche Mondiale des Femmes, nous nous sommes r&#233;unies pour participer &#224; notre 12&#232;me Rencontre Internationale, malgr&#233; le contexte difficile d'une pand&#233;mie mondiale. Nous sommes venues de 50 pays de toutes les r&#233;gions du monde, pour partager nos luttes et construire une analyse commune pour renforcer nos actions au moment pr&#233;sent. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots Publi&#233; le 10 novembre 2021 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-11-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-11-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton50322-8e763.png?1674830294' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous, les femmes du Sud et du Nord de la Marche Mondiale des Femmes, nous nous sommes r&#233;unies pour participer &#224; notre 12&#232;me Rencontre Internationale, malgr&#233; le contexte difficile d'une pand&#233;mie mondiale. Nous sommes venues de 50 pays de toutes les r&#233;gions du monde, pour partager nos luttes et construire une analyse commune pour renforcer nos actions au moment pr&#233;sent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 10 novembre 2021&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/10/declaration-internationale-de-la-marche-mondiale-des-femmes-suite-a-sa-rencontre-internationale-31-octobre-2021/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/10/declaration-internationale-de-la-marche-mondiale-des-femmes-suite-a-sa-rencontre-internationale-31-octobre-2021/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie a mis en &#233;vidence les in&#233;galit&#233;s sous-jacentes et les multiples crises du syst&#232;me, la marchandisation et la privatisation du service public, la d&#233;gradation de l'environnement et la crise &#233;cologique qui alimente la crise climatique. Nous sommes confront&#233;es &#224; l'aggravation du conflit entre le capital et la vie. L'exploitation augmente et les femmes sont les plus touch&#233;es. Les int&#233;r&#234;ts des entreprises passent avant la sant&#233;, comme nous le constatons &#224; travers l'acc&#232;s in&#233;gal aux vaccins dans le monde, des services publics m&#233;diocres et l'infime attention port&#233;e aux autres maladies et &#224; la sant&#233; sexuelle et reproductive. Les entreprises multinationales pillent et volent les terres, sans aucun respect pour les droits humains, et imposent des dettes ill&#233;gitimes aux peuples de tous les continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e des gouvernements autoritaires et des forces conservatrices et fondamentalistes a fait reculer les droits pour lesquels nous nous sommes battues. Nous sommes confront&#233;es &#224; une violence et &#224; une militarisation croissantes pour contr&#244;ler nos territoires, nos vies, notre travail politique, nos corps et nos sexualit&#233;s. Les nouvelles formes de colonialisme se refl&#232;tent dans les politiques migratoires racistes, la fermeture des fronti&#232;res, la criminalisation des r&#233;fugi&#233;-e-s et l'augmentation des blocus &#233;conomiques, politiques et financiers contre les peuples dont les gouvernements ne se plient pas aux int&#233;r&#234;ts de ce syst&#232;me pr&#233;dateur. Le capitalisme avance dans une perspective n&#233;olib&#233;rale conservatrice, fondamentaliste et autoritaire, imposant un projet de mort et criminalisant les mouvements sociaux qui osent s'y opposer, tout en proposant de fausses solutions, comme le capitalisme vert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs du capital, patriarcal et raciste, imposent consciemment et d&#233;lib&#233;r&#233;ment une s&#233;rie de politiques qui privil&#233;gient les droits de la minorit&#233; &#224; ceux de la majorit&#233; de l'humanit&#233;.Cela a entra&#238;n&#233; la d&#233;t&#233;rioration des conditions de vie et a aggrav&#233; la marginalisation et la discrimination des communaut&#233;s les plus d&#233;favoris&#233;es : r&#233;fugi&#233;-e-s, travailleur-euse-s agricoles, travailleur-euse-s migrant-e-s, LGBTQI+, personnes &#226;g&#233;es, non-propri&#233;taires, personnes handicap&#233;es, corps racialis&#233;s etc. Simultan&#233;ment, ces politiques ont engendr&#233; des crises dans les secteurs du logement et ont r&#233;duit les services de sant&#233; sexuelle et reproductive, accentuant la vuln&#233;rabilit&#233; des femmes et des identit&#233;s f&#233;minines face aux violences bas&#233;es sur le genre ainsi que l'exclusion &#233;conomique. Les &#201;tats align&#233;s sur le capitalisme ont r&#233;pondu aux crises en renfor&#231;ant les discours individualistes et leurs politiques patriarcales, racistes, h&#233;t&#233;ronormatives, en utilisant la militarisation, l'exclusion des fronti&#232;res et la criminalisation de la migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, nous, les femmes, nous avons r&#233;pondu &#224; la pand&#233;mie en renfor&#231;ant la solidarit&#233; pour assurer les conditions de vie et fournir de la nourriture, des soins de sant&#233; et un acc&#232;s minimal aux produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, tout en r&#233;sistant et en nous organisant, en exigeant des politiques publiques pour faire face &#224; la pand&#233;mie telles que l'acc&#232;s au logement, aux soins de sant&#233; et aux vaccins, aux actifs productifs ainsi que des politiques pour prot&#233;ger l'emploi, les droits des travailleur-euse-s et les revenus pendant le confinement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, Marche Mondiale des Femmes, nous r&#233;sistons au syst&#232;me capitaliste et patriarcal et d&#233;non&#231;ons la politique interventionniste de l'imp&#233;rialisme, le sionisme et toutes les formes d'occupations racistes et n&#233;ocolonialistes, les fondamentalismes religieux et les tentatives de cooptation des luttes f&#233;ministes. Nous r&#233;affirmons notre engagement &#224; continuer en marche, &#224; r&#233;sister pour vivre et pour transformer les syst&#232;mes qui g&#233;n&#232;rent la pauvret&#233; et la violence envers les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;affirmons le pouvoir de notre organisation aux niveaux local, r&#233;gional et national comme fondement de la force de notre mouvement internationaliste. Nous appelons toutes les femmes, groupes et organisations de femmes &#224; continuer &#224; s'organiser et &#224; accumuler du pouvoir &#224; travers des processus d'organisation populaire, d'&#233;ducation et de communication populaire, de construction d'actions collectives et d'&#233;conomie f&#233;ministe en descendant dans la rue. Nous reconnaissons le pouvoir des r&#233;seaux sociaux et nous &#233;lisons Capire pour &#234;tre la voix qui connecte chaque femme engag&#233;e avec notre mouvement et nos alliances pour la d&#233;fense d'une vie digne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes positionn&#233;es en pla&#231;ant le principe de durabilit&#233; de la vie au centre, en r&#233;affirmant que nous sommes &#233;cod&#233;pendantes et interd&#233;pendantes. Nous voulons vivre en harmonie avec la nature et construire de nouvelles relations sociales bas&#233;es sur la r&#233;ciprocit&#233; des soins et le renforcement des biens communs. Nous nous engageons &#233;galement &#224; lutter contre les f&#233;minicides, contre toute violence sexiste et contre la marchandisation du corps des femmes. &#192; partir des visions politiques que nous avons accumul&#233;es et de nos exp&#233;riences de lutte internationaliste, nous continuons engag&#233;es dans la construction du f&#233;minisme avec des mouvements alli&#233;s au niveau local, r&#233;gional et international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes solidaires avec toutes les femmes et peuples en lutte pour leur souverainet&#233; et leur autod&#233;termination : d'Afghanistan, de Palestine, du Soudan, du Kurdistan, du Sahara occidental, de Cabo Delgado, ainsi que les femmes mapuche, du peuple Q'eqchi du Guatemala, du Honduras, du Salvador, de Cuba et du Venezuela, et toutes les femmes migrantes exil&#233;es qui sont contraintes de fuir leur pays et subissent toutes les formes de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;affirmons que la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la justice, la paix et la solidarit&#233; sont nos valeurs fondamentales et nous appelons &#224; une solidarit&#233; continue avec les femmes et les peuples qui luttent pour l'autod&#233;termination de leurs corps et de leurs territoires. Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;fl&#233;chir &#224; nos besoins pour changer l'&#233;conomie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Reflechir-a-nos-besoins-pour-changer-l-economie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Reflechir-a-nos-besoins-pour-changer-l-economie</guid>
		<dc:date>2021-11-15T13:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Romaric Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un ouvrage r&#233;cemment paru, les &#201;conomistes atterr&#233;s posent une question qui peut sembler triviale mais est essentielle : de quoi avons-nous vraiment besoin ? Poser la question, c'est d&#233;j&#224; changer la logique de l'&#233;conomie. Entretien avec la coordinatrice de l'ouvrage, Mireille Bruy&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; 7 novembre 2021 | tir&#233; de mediapart.fr-20211107&amp;M_BT=733272004833] &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune r&#233;flexion &#233;conomique d'envergure aujourd'hui ne peut se passer d'une r&#233;flexion sur les besoins. Au moment o&#249; le syst&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-11-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-11-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton50277-b8034.png?1677991432' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un ouvrage r&#233;cemment paru, les &#201;conomistes atterr&#233;s posent une question qui peut sembler triviale mais est essentielle : de quoi avons-nous vraiment besoin ? Poser la question, c'est d&#233;j&#224; changer la logique de l'&#233;conomie. Entretien avec la coordinatrice de l'ouvrage, Mireille Bruy&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;7 novembre 2021 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/071121/reflechir-nos-besoins-pour-changer-l-economie?utm_source=20211107&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=QUOTIDIENNE&amp;utm_content=&amp;utm_term=&amp;xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mediapart.fr&lt;/a&gt;-20211107&amp;M_BT=733272004833]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune r&#233;flexion &#233;conomique d'envergure aujourd'hui ne peut se passer d'une r&#233;flexion sur les besoins. Au moment o&#249; le syst&#232;me productif cherche une &#171; innovation &#187; magique qui lui permette de continuer de produire toujours plus et &#224; maintenir les rapports sociaux sans se soucier des contraintes environnementales, ceux qui pr&#244;nent la sobri&#233;t&#233; et la remise en cause de ces rapports doivent n&#233;cessairement poser la question des besoins au centre de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, le sociologue Razmig Keucheyan avait d&#233;j&#224; pos&#233; les termes du probl&#232;me dans Les Besoins artificiels (&#233;ditions Zone). Cette ann&#233;e, le collectif des &#201;conomistes atterr&#233;s s'empare &#224; son tour de cet enjeu, par ailleurs difficile, en cherchant &#224; ouvrir des champs concrets. Dans ce livre collectif titr&#233; De quoi avons-nous vraiment besoin ? (&#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent), ils explorent les moyens de poser a priori cette question des besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les grandes questions &#233;voqu&#233;es &#8211; se nourrir, se loger, se soigner, se cultiver, s'&#233;duquer et produire &#8211; se dessine un profond changement de logique. Il s'agit de prendre la question &#233;conomique &#224; l'envers de la mani&#232;re dont elle est d'ordinaire pos&#233;e : partir des besoins pour produire l'essentiel, plut&#244;t que de produire d'abord pour cr&#233;er ensuite des besoins utiles &#224; la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit livre riche est donc un moyen utile de sortir de l'enfermement intellectuel actuel, dans lequel l'entreprise, le march&#233; et le profit sont consid&#233;r&#233;s comme le point de d&#233;part de toute solution, alors m&#234;me qu'ils sont au c&#339;ur du probl&#232;me. Ouvrir, comme le fait le collectif, la question des besoins de fa&#231;on concr&#232;te, c'est d'abord ouvrir les voies d'une alternative &#233;conomique et sociale, d'un nouveau &#171; vivre-ensemble &#187; plus respectueux des hommes et de la nature. La coordinatrice de l'ouvrage, l'&#233;conomiste Mireille Bruy&#232;re, de l'universit&#233; de Toulouse II, r&#233;pond aux questions de Mediapart sur les finalit&#233;s et les enjeux de cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;fl&#233;chir aux besoins, c'est d'abord remettre en cause les m&#233;thodes de l'&#233;conomie orthodoxe qui estime que la r&#233;partition des ressources est r&#233;gl&#233;e par le march&#233;. &#192; l'inverse, la m&#233;thode adopt&#233;e dans ce livre est de soumettre l'ensemble du syst&#232;me &#233;conomique au pr&#233;alable des besoins.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mireille Bruy&#232;re &lt;/strong&gt; : Enti&#232;rement. Nous avons tent&#233; de rapprocher la question de la production de celle de la consommation, et de les tenir le plus possible ensemble. Une telle m&#233;thode permet de renouveler la pens&#233;e &#233;cologique, sociale et politique, parce que, pendant tr&#232;s longtemps, l'&#233;conomie s'est constitu&#233;e autour de l'id&#233;e qu'elle n'&#233;tait qu'une question d'efficacit&#233; productive et que les besoins, d&#232;s lors, &#233;taient ext&#233;rieurs &#224; la discipline. Bien s&#251;r, nous restons des &#233;conomistes, nous ne sommes pas devenus des anthropologues ou des sociologues. Mais si l'on veut renouveler la discipline &#233;conomique face aux enjeux actuels, il nous faut partir de cette d&#233;finition des besoins. Car d&#233;finir les besoins, c'est aussi d&#233;finir un mode productif et une organisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le rapport coordonn&#233; par Olivier Blanchard et Jean Tirole, les questions du moment sont uniquement abord&#233;es sous l'angle des prix, notamment l'environnement, o&#249; l'on propose un prix du carbone pour r&#233;gler la crise. Pourquoi cette r&#233;ponse vous para&#238;t-elle insuffisante ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut apporter deux r&#233;ponses &#224; cela. La premi&#232;re est que, un des points communs des &#201;conomistes atterr&#233;s, c'est pr&#233;cis&#233;ment le rejet de cette marchandisation compl&#232;te de la soci&#233;t&#233;. Nous sommes favorables &#224; maintenir des pans de la soci&#233;t&#233; en dehors du march&#233;. Mais au-del&#224; de cette critique classique, je pense qu'il faut &#233;largir la question. Par ailleurs, nous avons de plus en plus de mal &#224; d&#233;finir le contenu de la bifurcation &#233;cologique. On se rend compte que l'id&#233;e de transition &#233;cologique, donc d'une &#233;volution en douceur, est de moins en moins tenable au regard des enjeux. D'o&#249; cette id&#233;e de bifurcation. Mais, dans ce cas, on ne peut plus s'appuyer sur ce qui est d&#233;j&#224; l&#224;, en particulier les prix. Si l'on dit que l'on va s'appuyer sur des prix, on va alors s'appuyer sur les co&#251;ts existants et les salaires existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des probl&#232;mes m&#233;thodologiques li&#233;s notamment aux taux d'actualisation qui sont des choix politiques, on voit bien que si l'on part des valeurs &#233;conomiques d&#233;j&#224; institu&#233;es, on a beaucoup de chance de ne rien changer. On se contente de rajouter des outils &#224; des institutions qui, d&#233;j&#224;, posent probl&#232;me. Ce que nous avons essay&#233; de faire, c'est de poser la question des institutions elles-m&#234;mes et non pas de rester au c&#339;ur de ces institutions &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, l'&#201;tat peut &#234;tre un outil, mais aussi un frein. On constate d&#233;sormais que l'opposition habituelle, celle qui oppose le march&#233; &#224; la puissance publique, n'est plus toujours pertinente. Car nous sommes amen&#233;s de plus en plus &#224; faire une critique de l'&#201;tat tel qu'il est aujourd'hui. Le d&#233;litement de l'&#201;tat social, et son remplacement par un &#201;tat de plus en plus centralis&#233;, autoritaire et bureaucratique, pose de nombreuses difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit dans le chapitre sur la sant&#233; du livre, &#171; Se soigner &#187;. La sant&#233; est un service public, mais les politiques de service public posent un probl&#232;me. Il ne s'agit donc pas simplement d'&#233;tendre les services publics, sans r&#233;fl&#233;chir &#224; leur contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On ne peut donc pas bifurquer sans remettre en cause le cadre g&#233;n&#233;ral de l'&#233;conomie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, et en particulier celui des prix et l'organisation du circuit &#233;conomique. Si l'&#233;conomie est au service des hommes, il faut partir de l'ext&#233;rieur de l'&#233;conomie, r&#233;pondre aux questions de ce qu'est le vivre-ensemble et nos valeurs communes pour ensuite voir comment les atteindre. &#201;videmment, nous partons de l&#224; o&#249; nous sommes aujourd'hui, mais nous avons fait le pari que le point de d&#233;part, ce n'est pas l'&#233;conomique, c'est ce qui est ext&#233;rieur &#224; l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;ponse &#224; une telle d&#233;marche est souvent la m&#234;me : si ce n'est pas le march&#233; qui d&#233;termine les besoins, alors il faudra les d&#233;terminer de fa&#231;on autoritaire. Et l'on s'expose souvent &#224; voir resurgir les spectres du sovi&#233;tisme. Peut-on &#233;chapper &#224; cette alternative ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on vient de le dire, on ne doit pas s'enfermer d'embl&#233;e dans une alternative entre le march&#233; et l'&#201;tat. Notre d&#233;marche consiste donc &#224; s'appuyer sur la soci&#233;t&#233; civile dans toute sa diversit&#233;. Nous essayons de voir ce qui se passe dans cette soci&#233;t&#233; civile, qui ne se confond pas avec l'&#201;tat. Il y aura bien s&#251;r, dans cette bifurcation, un &#201;tat, plus d&#233;mocratique, mais l'&#201;tat n'est pas l'unique repr&#233;sentant de la soci&#233;t&#233; civile et de ses besoins. C'est ainsi que nous voulons renouveler la pens&#233;e &#233;conomique. D&#232;s lors, notre critique de l'&#201;tat ne se situe pas dans une simple alternative au march&#233;, mais bien plut&#244;t dans le cadre d'une d&#233;mocratisation des institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat doit donc &#234;tre port&#233; au c&#339;ur m&#234;me des institutions de l'&#201;tat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, &#224; l'int&#233;rieur de l'appareil d'&#201;tat, il existe des conflits. Ces conflits sont de plus en plus difficiles &#224; mener car le rapport de force pour maintenir des politiques au service de la soci&#233;t&#233; civile et non des march&#233;s, des profits ou de la comp&#233;tition, est souvent d&#233;favorable. Mais il est important de souligner que cette lutte se concentre sur un enjeu de diff&#233;rence de rationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de la sant&#233;, les revendications des soignants ne sont pas que des revendications de salaire ou cat&#233;gorielles, mais elles portent bien davantage sur la question du sens de ce que sont le soin et le service public de la sant&#233;. Il existe l&#224; une remise en question de la rationalit&#233; manag&#233;riale qui a infus&#233; dans le service public et qui s'est empar&#233;e de la notion d'efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que disent les soignants, ici, c'est que ce n'est pas de cette efficacit&#233;-l&#224; dont nous voulons. Il ne s'agit pas de ne pas vouloir &#234;tre efficace dans l'organisation du travail, mais de s'interroger sur ce qui doit construire cette efficacit&#233;. Bien s&#251;r, cela s'articule &#224; des questions &#233;conomiques, &#224; des questions de moyens. Mais cet enjeu s'inscrit lui-m&#234;me dans une contestation des finalit&#233;s du syst&#232;me public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chapitre &#171; Se nourrir &#187; du livre met en &#233;vidence un ph&#233;nom&#232;ne souvent n&#233;glig&#233; : le syst&#232;me de production produit lui-m&#234;me les besoins qui lui sont n&#233;cessaires. C'est en cela qu'une pens&#233;e des besoins ne peut s'articuler qu'en dehors de ce syst&#232;me m&#234;me. Mais comment alors traiter de la question de la consommation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question donne du sens politique &#224; notre d&#233;marche. Nous avons cherch&#233; &#224; tout prix &#224; &#233;viter l'id&#233;e qui voudrait que poser la question des besoins revienne &#224; stigmatiser des classes populaires qui ne feraient pas ce qu'il faut en termes &#233;cologiques. Cela a &#233;t&#233; le cas lors du mouvement des &#171; gilets jaunes &#187;, o&#249; l'on a entendu qu'il fallait des politiques coercitives car ces gens ne voulaient que consommer. Notre d&#233;marche consiste au contraire &#224; dire qu'il existe un lien fort entre production et consommation, et que le sens de ce lien est l'expansion et l'accumulation g&#233;n&#233;rale des profits. Et, en r&#233;alit&#233;, ce que l'on observe, c'est que la hausse du pouvoir d'achat s'accompagne d'une plus forte contrainte &#224; la consommation. Les classes les plus modestes ont de plus en plus de d&#233;penses pr&#233;-engag&#233;es ou contraintes. Ainsi, si le pouvoir d'achat d'un ouvrier est plus important que dans les ann&#233;es 1960, sa capacit&#233; d'arbitrer et de choisir est beaucoup plus r&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode de production nous enferme dans des fili&#232;res et des syst&#232;mes : on le voit dans les questions num&#233;riques. On a donc une quantit&#233; &#233;norme &#224; consommer sans avoir la vraie possibilit&#233; du choix. Cela remet en cause la vision de l'&#233;conomie classique, selon laquelle le choix appartient au consommateur et l'&#233;conomiste ne fait que constater ledit choix. Mais il n'y a pas de vrai constat des besoins. Au reste, l'exp&#233;rience de la Convention sur le climat a montr&#233; que lorsque l'on demande aux gens ce dont ils ont vraiment besoin, ils ne r&#233;pondent pas, comme on peut s'y attendre, par toujours plus de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela modifie profond&#233;ment la nature des choix que l'on est amen&#233; &#224; faire : le choix passif du consommateur face aux produits n'est pas celui de la collectivit&#233; face &#224; la production.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut effectivement comprendre le choix, non pas comme consommateur face &#224; deux produits identiques ayant des marques diff&#233;rentes, mais comme choix politique que nous prenons collectivement. Nous avons insist&#233; sur le fait que nous devons placer la question des besoins au niveau de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Ce sont des choix globaux : d&#232;s que l'on identifie un usage et une consommation, la question de savoir comment les produire, et donc selon quels rapports sociaux, se pose imm&#233;diatement. Il y a une responsabilisation de la consommation vis-&#224;-vis des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m&#232;ne &#224; une forme de conscience : si l'on consomme de fa&#231;on irr&#233;fl&#233;chie des produits, cela conduit &#224; des irresponsabilit&#233;s et &#224; une course &#224; toujours plus de croissance. On le voit effectivement dans l'agriculture, o&#249; les innovations visent l'augmentation &#224; la fois de la rentabilit&#233; et de la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette critique globale inclut par cons&#233;quent celle des modalit&#233;s de production, qui est l'objet d'un chapitre que vous avez cosign&#233;, &#171; Produire ensemble &#187;. La premi&#232;re question qui surgit, cependant, est de savoir si la forme entreprise est capable de saisir ce changement de priorit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle qu'elle existe aujourd'hui, la forme entreprise pose effectivement probl&#232;me. D'autant que ce n'est pas une forme juridique qui est capable d'englober l'ensemble des travailleurs qui sont effectivement subordonn&#233;s aux institutions productives. On sait que l'on est dans des syst&#232;mes int&#233;gr&#233;s qui lient les travailleurs les uns aux autres dans des formes juridiques floues et que les grandes entreprises dominent la cha&#238;ne globale de valeur. R&#233;soudre ce probl&#232;me est cependant tr&#232;s complexe et demanderait des forces importantes au niveau international pour conduire &#224; des relocalisations. Mais le probl&#232;me est aussi un probl&#232;me d'ing&#233;nierie, car les probl&#232;mes techniques ne doivent pas &#234;tre sous-estim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a depuis longtemps fait des propositions pour donner plus de d&#233;mocratie dans l'entreprise, de pouvoir aux salari&#233;s, jusqu'&#224; la coop&#233;rative m&#234;me. C'est sans doute un horizon, mais avant, on peut renforcer les droits des salari&#233;s non seulement dans la r&#233;partition des salaires, mais aussi dans la d&#233;finition des strat&#233;gies. Mais il s'agit aussi de faire intervenir les usagers, les consommateurs, les membres des collectivit&#233;s territoriales. Il s'agit donc l&#224; encore de rapprocher la production et la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r, c'est qu'on ne peut rien envisager sous une forme mondialis&#233;e. La premi&#232;re condition, c'est la relocalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous identifiez d'ailleurs dans le chapitre trois grands obstacles &#224; tout vrai changement : la mondialisation, la concentration et la financiarisation. &#202;tre conscients de ces obstacles, c'est d&#233;j&#224; pouvoir avancer vers la bifurcation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre d&#233;marche cherche effectivement, sur le plan politique, &#224; d&#233;finir cet objectif de production &#224; partir des besoins et &#224; identifier les verrous &#224; cette &#233;volution. Et on met en avant des verrous qui, souvent, sont moins pris en consid&#233;ration comme la taille des entreprises ou les politiques de relocalisation. Il me semble important de ne pas les oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit parfois que l'on &#233;choue sur les questions &#233;conomiques parce que, par exemple, on ne s'est pas interrog&#233;s sur la mani&#232;re dont on relocalise. Les savoirs productifs des travailleurs, mais aussi des ing&#233;nieurs et des cadres, sont essentiels &#224; ces transformations. On sait que le basculement de ces deux derni&#232;res cat&#233;gories a &#233;t&#233; la cl&#233; dans la victoire du n&#233;olib&#233;ralisme, il semble donc important que la lutte politique porte aussi sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque chapitre du livre dessine en creux les limites du syst&#232;me actuel, condamn&#233; &#224; une forme de fuite en avant qui n'apporte, dans les faits, aucune solution.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le constate partout. Ce que nous avons voulu montrer, c'est que, s'il y a la possibilit&#233; d'une fuite en avant, c'est qu'il y a des in&#233;galit&#233;s. Ce n'est pas seulement que le mod&#232;le productif produit des in&#233;galit&#233;s comme un effet ind&#233;sirable, c'est qu'il a besoin de ces in&#233;galit&#233;s comme condition de son effectivit&#233;. Il n'y a pas, par exemple, de possibilit&#233;s de d&#233;veloppement des plateformes num&#233;riques sans les in&#233;galit&#233;s qui permettent de fournir de la main-d'&#339;uvre pour les emplois de livreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fuite en avant est ancr&#233;e dans les institutions productives. Ce qui conduit &#224; un effort n&#233;cessaire de penser la sortie, m&#234;me si, ensuite, l'essentiel reste &#224; faire. Il ne s'agit donc pas de sortir de l'&#233;conomie pour la d&#233;truire. Mais pour avoir une bonne &#233;conomie, saine, il faut articuler l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur de cette &#233;conomie. Et il s'agit ensuite de soumettre cela au d&#233;bat public. Nous proposons une vision des besoins sociaux et &#233;cologiques, et on esp&#232;re que la soci&#233;t&#233; civile s'en saisisse pour qu'un d&#233;bat se d&#233;veloppe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenons aux services publics. C'est un champ important qui est cens&#233; se situer en dehors de la marchandisation de la soci&#233;t&#233; et qui, donc, repose en th&#233;orie sur une d&#233;finition a priori des besoins. Mais pour y parvenir, ne faut-il pas autant d&#233;s&#233;tatiser que d&#233;marchandiser les services publics ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de Fabienne Orsi, qui a &#233;crit le chapitre &#171; Se soigner &#187; avec Benjamin Coriat, montrent que la propri&#233;t&#233; publique est effectivement devenue la propri&#233;t&#233; d'&#201;tat. La question fondamentale est donc : comment peut-on mettre la notion de communs dans le service public ? Il ne s'agit pas d'affaiblir les services publics comme certains le craignent, mais au contraire, il s'agit de les prot&#233;ger et les renforcer. Car alors les services publics r&#233;pondront r&#233;ellement aux besoins de la soci&#233;t&#233;. C'est pourquoi le terme &#171; d&#233;s&#233;tatiser &#187; me semble une bonne fa&#231;on d'exprimer ce que l'on a voulu dire pour les services publics. Cela revient &#224; dire qu'il faut d&#233;mocratiser le service public et le rendre plus proche des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette d&#233;mocratisation passe aussi par une remise en cause du contenu des services publics. On l'a &#233;voqu&#233; pour la sant&#233;, mais c'est aussi vrai pour l'&#233;ducation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le grand projet de l'&#233;ducation, c'est l'&#233;mancipation des jeunes, c'est en faire des citoyens. Aujourd'hui, on voit que cela est compl&#233;ment &#233;cras&#233; par des objectifs de comp&#233;titivit&#233;, de comp&#233;tences et de rentabilit&#233; des formations. C'est une forme de marchandisation rampante qui est encourag&#233;e par l'&#201;tat. Et c'est cela qu'il faut remettre en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition a priori des besoins ne s'oppose-t-elle pas &#224; l'un des grands th&#232;mes de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle actuelle : le pouvoir d'achat. Ne faut-il pas d'abord interroger le contenu de ce qu'on peut acheter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est clairement ici sur la cr&#234;te. Il ne faut pas avoir un discours centr&#233; sur l'augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires. L'objet n'est pas d'augmenter la consommation sans s'interroger sur la nature de cette consommation. C'est pourquoi je pense que l'enjeu est l'aplatissement des in&#233;galit&#233;s. C'est d'ailleurs un projet qui &#233;tait au centre des premiers mouvements ouvriers : d&#233;finir des &#233;carts salariaux et des salaires maximaux. &#201;videmment, il faudra relever les salaires les plus faibles, ceux qui sont souvent les plus utiles. Mais en assurant un niveau de vie d&#233;cent, il faudra combattre les in&#233;galit&#233;s par le haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Finalement, partir des besoins, c'est remettre en cause l'organisation capitaliste de la production, celle o&#249; la priorit&#233; est donn&#233;e &#224; la production de profits et &#224; l'accumulation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on prend l'ensemble de nos propositions, de nombreux fondements du capitalisme sont effectivement remis en cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Un cri de rage contre l'inaction climatique des gouvernements</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-cri-de-rage-contre-l-inaction-climatique-des-gouvernements</link>
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		<dc:date>2021-11-11T17:48:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>PTAG !</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;os</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En marge de la COP26, le 6 novembre dernier, une manifestation regroupant plusieurs centaines de personnes s'est aussi d&#233;roul&#233;e &#224; Qu&#233;bec. Des groupes communautaires, f&#233;ministes, &#233;tudiants ont pris la parole pour la &#171; justice sociale et climatique &#187;. PTAG a retenu l'intervention de Noah Ducharme, repr&#233;sentante de la Coalition &#233;tudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) qui exprimait un v&#233;ritable cri de rage contre l'inaction climatique des gouvernements.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Quebec-110-" rel="directory"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Videos-333-+" rel="tag"&gt;Vid&#233;os&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-11-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-11-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/ONNDeGtnEkY&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En marge de la COP26, le 6 novembre dernier, une manifestation regroupant plusieurs centaines de personnes s'est aussi d&#233;roul&#233;e &#224; Qu&#233;bec. Des groupes communautaires, f&#233;ministes, &#233;tudiants ont pris la parole pour la &#171; justice sociale et climatique &#187;. PTAG a retenu l'intervention de Noah Ducharme, repr&#233;sentante de la Coalition &#233;tudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) qui exprimait un v&#233;ritable cri de rage contre l'inaction climatique des gouvernements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le jour de quel souvenir ?</title>
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		<dc:date>2021-11-11T12:43:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S. Victor</dc:creator>


		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 11 novembre 1918, les puissances de l'&#233;poque signent l'arr&#234;t des combats qui durent depuis 1914. On devrait dire le carnage, car cette foire d'empoigne entre &#201;tats capitalistes et imp&#233;rialistes fait plus de 20 millions de morts. Dans les tranch&#233;es sordides, des centaines de milliers de jeunes passent &#224; l'abattoir. Des r&#233;sistants, des pacifistes, des gens qui tentent de d&#233;serter, il y a en a plein. Les chanceux aboutissent dans des prisons au moins aussi sordides que les tranch&#233;es. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/arton50328-9f5b4.png?1679047621' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 11 novembre 1918, les puissances de l'&#233;poque signent l'arr&#234;t des combats qui durent depuis 1914. On devrait dire le carnage, car cette foire d'empoigne entre &#201;tats capitalistes et imp&#233;rialistes fait plus de 20 millions de morts. Dans les tranch&#233;es sordides, des centaines de milliers de jeunes passent &#224; l'abattoir. Des r&#233;sistants, des pacifistes, des gens qui tentent de d&#233;serter, il y a en a plein. Les chanceux aboutissent dans des prisons au moins aussi sordides que les tranch&#233;es. Les malchanceux sont ex&#233;cut&#233;s comme des b&#234;tes. De moins en moins, les soldats, mais aussi les gens ne croient plus aux g&#233;n&#233;raux mercenaires, aux politicards et plumitifs de service qui incitent &#224; la haine contre les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non &#224; la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a des limites &#224; l'ignominie. En 1917, les soldats et les matelots se r&#233;voltent en Russie. Dans d'immenses manifestations, les femmes sont au premier rang : non &#224; la guerre ! non &#224; la mis&#232;re ! En octobre, l'abominable r&#233;gime tsariste est renvers&#233;. Le nouveau pouvoir sovi&#233;tique tente de parler aux soldats de l'Allemagne et de la France et des autres &#201;tats coalis&#233;s : arr&#234;tez la boucherie ! Le message atteint sa cible, surtout en Allemagne o&#249; c'est une grande r&#233;volte. L&#224; aussi, le peuple renverse la monarchie. Les g&#233;n&#233;raux n'ont d'autre choix que de capituler. Les puissances c&#233;l&#232;brent malhonn&#234;tement la &#171; victoire &#187; des coalis&#233;s en sachant que rien n'est r&#233;gl&#233;, comme le d&#233;montre l'histoire subs&#233;quente quelques d&#233;cennies plus tard avec la Deuxi&#232;me Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mensonge continue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; jour de l'armistice &#187; faussement nomm&#233; est rappel&#233; &#224; chaque ann&#233;e, dans une surench&#232;re malhonn&#234;te qui nie l'histoire. Des &#171; coquelicots rouges &#187; servent &#224; cr&#233;er un &#171; consensus &#187; autour de l'arm&#233;e et des &#171; vaillants soldats &#187; qui nous &#171; d&#233;fendent. Depuis cette trag&#233;die, le Canada, alli&#233; subalterne des &#201;tats-Unis (et ant&#233;rieurement de l'Angleterre), est impliqu&#233; dans toutes les guerres imp&#233;rialistes, en Cor&#233;e, au Vietnam, au Moyen-Orient, en Yougoslavie et ailleurs. Le Canada est co-responsable des massacres, plus r&#233;cemment en Afghanistan alors qu'il est clair, d&#232;s le d&#233;but, que cette invasion avait beaucoup moins &#224; faire avec la &#171; d&#233;fense des femmes &#187; que les r&#234;ves de grandeur de Washington de proc&#233;der &#224; une &#171; r&#233;ing&#233;nierie &#187; de la r&#233;gion. Aujourd'hui, on poursuit avec la vaste op&#233;ration &#233;tats-unienne pour encercler la Chine, soutenir les dictatures et les &#201;tats sanguinaires en Isra&#235;l, en Arabie saoudite, en Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervenir contre les peuples&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'autre bout du spectrum, l'&#201;tat canadien, soutenu par son arm&#233;e d'intellectuels-mercenaires et de journalistes complaisants, est toujours parmi les premiers pour condamner la &#171; violence &#187;, surtout quand elle vient des pauvres. En Alg&#233;rie, en Afrique du Sud et en Angola &#224; l'&#233;poque, en Palestine et au Kurdistan aujourd'hui, les puissances condamnent les r&#233;sistants qui deviennent des &#171; terroristes &#187;. Or en r&#233;alit&#233;, des mouvements de lib&#233;ration ont l&#233;gitimement le droit de s'opposer aux arm&#233;es d'occupation. &#202;tre contre la guerre, contre la militarisation, requiert de faire des distinctions, car des guerres &#171; justes &#187;, il y en a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se souvenir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je termine en rappelant la triste histoire de l'Espagne r&#233;publicaine, &#233;cras&#233;e par des g&#233;n&#233;raux criminels et l'&#201;glise catholique, dans les ann&#233;es 1930. &#192; l'&#233;poque, Hitler et Mussolini investissent massivement leurs arm&#233;es contre la r&#233;publique. L'Angleterre, les &#201;tats-Unis, le Canada et les autres se disent &#171; neutres &#187; devant cette r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale de la Deuxi&#232;me guerre mondiale. Cependant, beaucoup de monde refuse cette injustice. Un peu partout dans le monde, des travailleurs, des enseignants, des soldats et des matelots r&#233;volt&#233;s se portent volontaires pour combattre le fascisme. Ces &#171; brigades internationales &#187; envoy&#233;es par les mouvements sociaux et politiques comprennent plus de 1 200 volontaires du Qu&#233;bec et du Canada dans la fameux bataillon &#171; Mackenzie-Papineau &#187; (les &#171; Mac-Pap). Ils combattent avec les R&#233;publicains dans une guerre impossible et plus de la moiti&#233; d'entre eux p&#233;rissent pour la d&#233;mocratie. Apr&#232;s la d&#233;faite de la R&#233;publique et l'extirpation des survivants brigadistes, ceux-ci sont menac&#233;s de &#171; poursuites &#187; par le gouvernement canadien. D'autres sont ostracis&#233;s par l'&#201;glise catholique qui clame que les dictateurs Franco et Mussolini d&#233;fendent la &#171; civilisation chr&#233;tienne &#187;. Si vous tenez &#224; vous souvenir aujourd'hui, pensez aux h&#233;ros du MacPap.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les D&#233;mocrates s'unissent aux R&#233;publicains pour attaquer et affaiblir les progressistes, mais le mouvement ouvrier et syndical r&#233;pond avec force</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-Democrates-s-unissent-aux-Republicains-pour-attaquer-et-affaiblir-les</link>
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		<dc:date>2021-11-11T01:44:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Donald Cuccioletta</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans mon dernier blogue (#14), j'avais signal&#233; le livre &#171; American Marxism &#187;, soutenu par FOX News et le Parti r&#233;publicain, o&#249; l'auteur attaque, avec une litanie de &#171; Fake News &#187;, les progressistes et socialistes au sein du Parti d&#233;mocrate et dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine en g&#233;n&#233;ral. Maintenant, c'est autour du Parti d&#233;mocrate d'attaquer les progressistes &#233;lu-e-s, ainsi que ceux et celles qui ont l'intention de se pr&#233;senter aux &#233;lections de mi-mandat en 2022 et qui sont soutenu-e-s par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton50327-1297e.jpg?1674695099' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans mon &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Le-Maccarthysme-de-retour-pour-detruire-la-gauche-socialiste?var_mode=calcul&#034;&gt;dernier blogue (#14)&lt;/a&gt;, j'avais signal&#233; le livre &#171; American Marxism &#187;, soutenu par FOX News et le Parti r&#233;publicain, o&#249; l'auteur attaque, avec une litanie de &#171; Fake News &#187;, les progressistes et socialistes au sein du Parti d&#233;mocrate et dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine en g&#233;n&#233;ral. Maintenant, c'est autour du Parti d&#233;mocrate d'attaquer les progressistes &#233;lu-e-s, ainsi que ceux et celles qui ont l'intention de se pr&#233;senter aux &#233;lections de mi-mandat en 2022 et qui sont soutenu-e-s par le soi-disant caucus progressiste du Parti d&#233;mocrate. Nous voyons comment ces deux partis, qui contr&#244;lent le processus &#233;lectoral et les principales institutions gouvernementales aux &#201;tats-Unis, sont l'envers de la m&#234;me m&#233;daille et luttent contre tout changement progressiste pour la population am&#233;ricaine. Heureusement, la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine r&#233;pond &#224; ces attaques, depuis la venue au pouvoir de Joe Biden en 2020, avec une s&#233;rie de gr&#232;ves &#224; travers le pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'&#233;lection de Biden en 2020, une organisation nomm&#233;e &#171; Payday's Report &#187; fait le d&#233;compte des gr&#232;ves qui traversent le pays, avec un outil appel&#233; le &#171; COVID-19 Strike Wave Interactive Map &#187;. En date d'octobre 2021, la carte d&#233;nombrait 1 600 gr&#232;ves dans l'ensemble du pays. Les petites, moyennes et grandes entreprises ont vu leurs travailleurs et leurs travailleuses prendre les lignes de piquetage surtout pour de meilleures conditions de travail. Depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie, les conditions de travail se sont effectivement empir&#233;es, avec des rotations de quart de travail sans avertissement et des diminutions d'&#233;quipe qui ont forc&#233; les syndiqu&#233;-e-s &#224; faire la gr&#232;ve, mais aussi, dans plusieurs cas, &#224; quitter leur travail. La confrontation vise non seulement des entreprises aux mains des R&#233;publicains, mais aussi celles aux mains des D&#233;mocrates. Nous sommes actuellement t&#233;moins d'une remont&#233;e de la lutte de classes aux &#201;tats-Unis, et d'une augmentation du radicalisme dans les syndicats, en particulier dans ceux o&#249; la majorit&#233; des membres sont issu-e-s des communaut&#233;s hispanophones et afro-am&#233;ricaines. Le mouvement syndical am&#233;ricain conna&#238;t depuis quelques ann&#233;es une remont&#233;e importante dans les adh&#233;sions, notamment avec l'aide des militants et des militantes socialistes, qui se sont implant&#233;-e-s dans divers lieux de travail ou qui offrent un soutien au sein de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les industries comme Kellogg et John Deere, les salaires sont tr&#232;s bas, mais il y a aussi un syst&#232;me &#224; deux niveaux mis en place pour miner la solidarit&#233; entre les travailleurs et les travailleuses. Ceux et celles qui ont plus d'anciennet&#233; et une certaine permanence ont effectivement droit &#224; de meilleurs salaires et b&#233;n&#233;fices que les jeunes, les nouveaux travailleurs et les nouvelles travailleuses, qui sont avant tout des temporaires avec des promesses d'atteindre &#233;ventuellement de meilleures conditions de travail et salariales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me invent&#233; durant les ann&#233;es 1970 a &#233;t&#233; mis en place pour r&#233;duire le nombre de travailleurs et travailleuses &#8212; avec les multiples fusions de compagnies qui ont men&#233; &#224; la formation de larges conglom&#233;rats &#8212; et avoir plus de pouvoir sur les employ&#233;-e-s. Mais ultimement, ce syst&#232;me a &#233;t&#233; mis en place pour emp&#234;cher la syndicalisation dans les grandes usines apr&#232;s les fusions, et pour consolider la division entre les travailleurs et les travailleuses sur la base des salaires et des conditions de travail. Ce n'est pas par hasard que les syndicats ont connu une baisse dans les ann&#233;es 1970 et que les profits ont augment&#233; pour la classe capitaliste. Ce syst&#232;me existe toujours, et il a &#233;t&#233; repris avec un nouveau discours enthousiaste par nul autre que Amazon, une des compagnies le plus antisyndicales au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le num&#233;ro du New York Times dat&#233; du 24 octobre 2021, les journalistes ont d&#233;montr&#233; comment les travailleurs, mais surtout les travailleuses, sont trait&#233;-e-s comme des esclaves. La majorit&#233; des travailleuses chez Amazon sont des Afro-Am&#233;ricaines monoparentales, selon l'enqu&#234;te du Times. Amazon, qui d&#233;clare avec fiert&#233; atteindre des profits de plusieurs milliards annuellement, cong&#233;die les travailleurs et les travailleuses qui osent parler de syndicalisme et qui demandent des cong&#233;s parentaux et m&#233;dicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines employ&#233;es ont d&#233;voil&#233;, dans l'enqu&#234;te du Times, que souvent leurs ch&#232;ques de paie sont r&#233;duits de 90 $ &#224; 120 $ sur un salaire hebdomadaire de 450 $, parce qu'elles avaient une urgence m&#233;dicale pour un des leurs enfants. Cette pratique est courante dans les entrep&#244;ts d'Amazon. Quand les employ&#233;es contestent ces r&#233;ductions arbitraires, Amazon les tra&#238;ne en cours avec leurs avocats. Devinez qui l'emporte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation s'empire pour la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine. Biden veut faire passer son plan social, pour tenter de d&#233;montrer qu'il est un progressiste, mais en m&#234;me temps il f&#233;licite les grandes compagnies comme Amazon de soutenir l'&#233;conomie am&#233;ricaine. Ce que Biden ne dit pas, c'est que ces f&#233;licitations pour Amazon sont aussi des f&#233;licitations pour l'ensemble de la classe capitaliste. En passant, Jeff Bezos, PDG d'Amazon et du Washington Post, a soutenu Biden aux &#233;lections de 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour l'ensemble du pays circule depuis quelques mois. Au d&#233;but de la pand&#233;mie, l'id&#233;e avait rencontr&#233; un certain &#233;cho, et dans certains &#201;tats l'id&#233;e a pris racine et des syndicats ont connu des succ&#232;s locaux, avec la lutte men&#233;e &#224; la base par les travailleurs et les travailleuses. Avec la fin, pour plusieurs travailleurs et travailleuses, des prestations de ch&#244;mage et des autres b&#233;n&#233;fices pour suppl&#233;menter leurs revenus, il semble que l'id&#233;e d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reprend de l'ampleur, mais une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale sans l'appui des directions syndicales s'av&#233;rerait probablement un &#233;chec. Le mouvement syndical am&#233;ricain se d&#233;veloppe, mais demeure relativement faible. Les directions syndicales, surtout dans les grandes centrales comme les Teamsters, l'AFL-CIO et les D&#233;bardeurs, sont tr&#232;s contr&#244;l&#233;es par des leaders attach&#233;-e-s au Parti d&#233;mocrate, ou encore &#224; un certain banditisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'id&#233;e d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale continue &#224; faire son chemin, il faut aussi, comme le disent certains militants et certaines militantes, jumeler cette gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; une lutte pour une nouvelle d&#233;mocratie syndicale, un rejet du contr&#244;le des grandes centrales par le Parti d&#233;mocrate et un nettoyage du banditisme. Si cette lutte ne fait pas partie int&#233;grante de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, cette derni&#232;re va s'av&#233;rer une action n&#233;cessaire, mais qui ne parviendra pas &#224; reconstruire un syndicalisme v&#233;ritablement militant et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale continue de circuler, et avec les n&#233;gociations pr&#233;vues pour 2022 dans le secteur de l'enseignement primaire et secondaire (nous devons nous rappeler des gr&#232;ves rotatives qui ont d&#233;but&#233; &#224; Chicago et qui se sont r&#233;pandues ensuite &#224; travers le pays), une gr&#232;ve pourrait servir de catalyseur pour les travailleurs et les travailleuses, ainsi que pour la gauche socialiste. Les socialistes, avec l'appui des progressistes, pourraient jouer un r&#244;le de soutien dans certaines circonstances et un r&#244;le de direction dans d'autres circonstances. &#192; suivre, certainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lotta Continua.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Legault &#224; la COP26, entre posture environnementaliste et fr&#233;n&#233;sie affairiste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Legault-a-la-COP26-entre-posture-environnementaliste-et-frenesie-affairiste</link>
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		<dc:date>2021-11-10T22:05:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Legault s'est rendu &#224; la COP26. Il poursuivait deux objectifs : pr&#233;senter son gouvernement comme un leader sur le terrain des luttes climatiques et rencontrer des investisseurs permettant de d&#233;velopper au Qu&#233;bec une &#233;conomie verte comme nouvelle source d'enrichissement pour la classe entrepreneuriale. &lt;br class='autobr' /&gt; Une strat&#233;gie de communication &#233;labor&#233;e pour soigner son image verte &lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Legault a bien compris que la sensibilisation de la population du Qu&#233;bec &#224; la crise climatique ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-11-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-11-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton50326-da36f.png?1704869793' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Legault s'est rendu &#224; la COP26. Il poursuivait deux objectifs : pr&#233;senter son gouvernement comme un leader sur le terrain des luttes climatiques et rencontrer des investisseurs permettant de d&#233;velopper au Qu&#233;bec une &#233;conomie verte comme nouvelle source d'enrichissement pour la classe entrepreneuriale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une strat&#233;gie de communication &#233;labor&#233;e pour soigner son image verte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Legault a bien compris que la sensibilisation de la population du Qu&#233;bec &#224; la crise climatique ne pouvait lui permettre de faire preuve d'insensibilit&#233; envers la crise climatique. En 2016, il avait d&#233;nonc&#233; l'abandon par le gouvernement Couillard de l'exploitation du p&#233;trole sur l'&#238;le d'Anticosti. En 2018, son programme &#233;lectoral &#233;tait pratiquement muet sur le sujet. Les mobilisations &#233;cologistes, dont les importantes manifestations de 2019, dont celle de 500 000 personnes &#224; Montr&#233;al, lui avaient d&#233;montr&#233; qu'il ne pouvait plus rester insensible &#224; des pr&#233;occupations largement r&#233;pandues dans la population qu&#233;b&#233;coise. La pr&#233;sentation &#224; l'automne de son &#171; Plan pour une &#201;conomie Verte &#187; (PVE), accroch&#233; &#224; la cible tout &#224; fait insuffisante fix&#233;e par le gouvernement Couillard d'une r&#233;duction de 37,5 % des &#233;missions de GES pour 2030 et la place accord&#233;e aux investissements priv&#233;s grassement soutenus par l'argent public dans ce Plan avaient illustr&#233; les limites de sa conversion &#224; un n&#233;cessaire virage vert de l'&#233;conomie du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour le premier ministre, l'&#233;conomie verte est pour une bonne part affaire d'image et de posture. Son voyage &#224; la COP26 devait servir &#224; illustrer la nouvelle image qu'il veut bien se donner. &#171; C'est le Qu&#233;bec a-t-il aim&#233; &#224; r&#233;p&#233;ter qui &#233;met le moins de GES par habitant des 60 &#201;tats et provinces f&#233;d&#233;r&#233;s d'Am&#233;rique du Nord &#187;. L'abandon de GNL-Quebec, un projet d&#233;sastreux au niveau environnemental a &#233;t&#233; abandonn&#233; par le gouvernement Legault alors qu'il &#233;tait en train de faire naufrage au niveau de son financement. Il n'h&#233;site pas &#224; en faire un geste fort de son gouvernement pour en tirer avantage. L'annonce de l'interdiction de toute exploration et exploitation des hydrocarbures au Qu&#233;bec &#233;tait un engagement facile &#233;tant donn&#233; le caract&#232;re marginal des gisements existants sur le territoire. Pour peaufiner son image, il s'est empress&#233; de rejoindre &lt;i&gt;Beyond Oil and Gas&lt;/i&gt; (BOGA) initiative lanc&#233;e par le Danemark et le Costa Rica visant &#224; mener les pays &#224; cesser l'exploitation des combustibles fossiles &#224; une date pr&#233;cise. Le gouvernement Legault se pr&#233;sente &#233;galement comme un pionnier en ce qui concerne la bourse du carbone (SPEDE) lanc&#233;e par le gouvernement Charest en 2011 qui a contribu&#233; tr&#232;s marginalement &#224; la r&#233;duction d'&#233;missions de GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe, Legault s'en fait le champion et pr&#233;tend s'appuyer sur cette initiative pour pr&#233;senter le Qu&#233;bec comme un leader sur la lutte aux changements climatiques. Ses projets de vente d'&#233;lectricit&#233; aux &#201;tats de nouvelle Angleterre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article de Joyce Nelson : Pourquoi le grand pari du Qu&#233;bec sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et d'&#233;lectrification des transports publics finissent par esquisser le nouveau portrait d'environnementaliste du premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La COP26, une occasion d'affaires et de recherches d'investissements pour une croissance verte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Legault a de l'ambition pour les entrepreneurs du Qu&#233;bec. Il veut mousser le potentiel du Qu&#233;bec en mati&#232;re d'investissements dans les &#233;nergies vertes. S'il reconna&#238;t qu'il n'est pas r&#233;aliste qu'on fabrique des voitures &#233;lectriques, en faisant la comp&#233;tition aux grandes entreprises de l'automobile, il est pr&#234;t &#224; soutenir financi&#232;rement des entreprises du Qu&#233;bec ou d'ailleurs qui pourraient fabriquer des batteries au lithium rentrant dans leur construction des autos &#233;lectriques. Il est aussi enthousiasm&#233; par le secteur de l'hydrog&#232;ne vert qu'on peut d&#233;velopper au Qu&#233;bec gr&#226;ce &#224; l'importance de l'&#233;nergie hydro&#233;lectrique dans notre mix &#233;nerg&#233;tique. Cet hydrog&#232;ne pourrait &#234;tre utilis&#233; pour faire fonctionner particuli&#232;rement camions et v&#233;hicules lourds. D'ailleurs, d&#233;j&#224;, le gouvernement Couillard envisageait de d&#233;velopper cette fili&#232;re et avait &#233;tabli des liens avec Toyota &#224; cette fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant vert des entreprises qu&#233;b&#233;coises est consid&#233;r&#233; par le Premier ministre comme une pr&#233;occupation importante si l'on veut conserver et renforcer la capacit&#233; concurrentielle des entreprises qu&#233;b&#233;coises. Il s'agit de cr&#233;er les conditions pour que ces entreprises puissent prendre une meilleure part du march&#233; international. L'am&#233;lioration des exportations de ces entreprises n'&#233;vitera pas cette conversion. Le d&#233;veloppement du secteur num&#233;rique de l'&#233;conomie, une ambition de son ministre Pierre Fitzgibbon, s'inscrit &#233;galement dans cette logique de modernisation et de la croissance de la production de richesses. C'est pourquoi l'argent public sera au rendez-vous et ce sont des milliards de dollars qui sont offerts aux entreprises. Le gouvernement Legault encapsule son orientation de sa politique industrielle sous le mot d'ordre trompeur &lt;i&gt;&#171; plus de richesse, moins de GES &#187;&lt;/i&gt;. Cette expression r&#233;sume bien le projet du capitalisme vert du gouvernement Legault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Legault, un horizon born&#233; par le capitalisme vert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Produire plus, vendre plus. Consommer plus, exporter plus. Faire plus de profits et assurer la croissance la plus imp&#233;tueuse possible. Accumuler de plus en plus de richesses. Voil&#224; la logique du capitalisme vert. Dans cette logique, il suffirait de changer les bases technologiques de la production d'&#233;nergies, de d&#233;passer les &#233;nergies fossiles pour que la crise du climat soit r&#233;solue. Mais, une bonne part du capital d&#233;fend avec becs et ongles la n&#233;cessit&#233; de repousser &#224; plus tard la sortie des &#233;nergies fossiles. Les subventions aux &#233;nergies fossiles continuent de pr&#233;valoir sur le soutien &#224; la production d'&#233;nergies renouvelables. Le gaz naturel est pr&#233;sent&#233;, y compris par le gouvernement de la CAQ, comme une &#233;nergie de transition. Il y a un sous-investissement dans les &#233;nergies renouvelables dont le contr&#244;le est laiss&#233; aux entreprises priv&#233;es. Les subventions gouvernementales &#224; l'achat d'autosolos &#233;lectriques ne remettent nullement en question un mode de consommation &#233;nergivore et destructeur des ressources. L'obsolescence programm&#233;e et la non r&#233;parabilit&#233; des appareils augmentent la consommation inutilement. Le consum&#233;risme actuel d&#233;coule du productivisme qui cherche &#224; produire toujours plus pour vendre plus. Il est nourri par une publicit&#233; omnipr&#233;sente qui se moque du gaspillage des ressources de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les changements n&#233;cessaires pour faire face &#224; la crise climatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience &#233;cologiste de Legault reste compl&#232;tement en de&#231;&#224; des d&#233;fis pos&#233;s par la crise climatique. Pour r&#233;pondre &#224; cette crise, il sera n&#233;cessaire d'en finir avec le mod&#232;le de croissance sans fin et l'utilisation sans compter de l'&#233;nergie et des ressources naturelles. Il faudra produire moins, partager plus et orienter cette production vers les besoins essentiels de la population, besoins d&#233;finis par la d&#233;lib&#233;ration d&#233;mocratique et collective. Ce n'est pas seulement le mode de production capitaliste qui devra &#234;tre mis en question, mais &#233;galement le mode de consommation qui en d&#233;coule. : mode de transport centr&#233; sur l'autosolo, r&#233;gimes alimentaires bas&#233;s sur la consommation de la viande, productions inutiles et dangereuses (militaires et autres), un commerce lointain qui &#233;crase l'&#233;conomie de proximit&#233;. Sans parler du n&#233;cessaire d&#233;passement des rapports de pr&#233;dation avec la nature (d&#233;forestation, surp&#234;che) qui conduisent &#224; la perte de la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits parlent. Nous ne pouvons pas nous fier au patronat et &#224; un gouvernement n&#233;olib&#233;ral comme le gouvernement Legault pour mener la lutte contre les bouleversements climatiques et l'effondrement de la biodiversit&#233;. Au contraire, le capitalisme vert n'est qu'un capitalisme qui cherche &#224; masquer la destruction de la nature pour continuer cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les solutions r&#233;elles ne viendront pas des &#233;lites &#233;conomiques et des &#233;lites politiques qui les prot&#232;gent.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur procrastination &#224; faire face &#224; la crise climatique depuis des d&#233;cennies le d&#233;montre. Les solutions sortiront de la mobilisation des nombreux mouvements sociaux qui sont appel&#233;s &#224; converger : mouvements anti-extractivistes, mouvements des f&#233;ministes contre le patriarcat, mouvements autochtones pour la d&#233;fense de la Terre-m&#232;re, mouvements anticolonialistes contre la pr&#233;dation des multinationales, mouvements de la jeunesse pour la sauvegarde de la plan&#232;te, mouvement contre l'agrobusiness et pour une agriculture &#233;cologique,... Et pour assurer cette convergence, les forces &#233;conomiques, politiques et sociales qui sont les principales responsables de la crise environnementale catastrophique qui minent notre avenir devront &#234;tre identifi&#233;es et affront&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article de Joyce Nelson : &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Pourquoi-le-grand-pari-du-Quebec-sur-l-hydroelectricite-est-une-mauvaise&#034;&gt;Pourquoi le grand pari du Qu&#233;bec sur l'hydro&#233;lectricit&#233; est une mauvaise nouvelle pour le climat&lt;/a&gt;, dans ce num&#233;ro&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Terres non c&#233;d&#233;es, rappel de l' obligation &#224; red&#233;finir l'avenir en partenaires &#233;gaux</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Terres-non-cedees-rappel-de-l-obligation-a-redefinir-l-avenir-en-partenaires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Terres-non-cedees-rappel-de-l-obligation-a-redefinir-l-avenir-en-partenaires</guid>
		<dc:date>2021-11-10T18:21:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Frappier</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Premi&#232;res nations</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-11-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dalie Giroux est professeure et auteure, elle enseigne la th&#233;orie politique &#224; l'Institut d'&#233;tudes f&#233;ministes et de genre et &#224; l'&#201;cole d'&#233;tudes politiques de l'Universit&#233; d'Ottawa depuis 2003. Elle r&#233;pond ici aux questions de Presse-toi &#224; gauche concernant la question des terres non c&#233;d&#233;es et de la lutte commune des nations autochtones et du mouvement populaire au Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt; Voici le contexte et les questions. D'abord il y a la d&#233;claration du Club de Hockey Les Canadiens concernant les terres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Premieres-nations-" rel="directory"&gt;Premi&#232;res nations&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Premieres-nations-965-+" rel="tag"&gt;Premi&#232;res nations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-11-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-11-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton50321-30b9b.png?1674679795' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dalie Giroux est professeure et auteure, elle enseigne la th&#233;orie politique &#224; l'Institut d'&#233;tudes f&#233;ministes et de genre et &#224; l'&#201;cole d'&#233;tudes politiques de l'Universit&#233; d'Ottawa depuis 2003. Elle r&#233;pond ici aux questions de Presse-toi &#224; gauche concernant la question des terres non c&#233;d&#233;es et de la lutte commune des nations autochtones et du mouvement populaire au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voici le contexte et les questions. D'abord il y a la d&#233;claration du Club de Hockey Les Canadiens concernant les terres non c&#233;d&#233;es. Cela a cr&#233;&#233; un d&#233;bat o&#249; les chroniqueurs de la droite nationaliste comme Facal, Martineau, etc. ont d&#233;chir&#233; leur chemise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi une institution conservatrice comme Les Canadiens fait-il cette d&#233;claration ? Est-ce vraiment pour reconnaitre les nations autochtones et le tort caus&#233; par le colonialisme blanc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi y a-t-il une g&#233;n&#233;ralisation de cette d&#233;claration de terres non c&#233;d&#233;es &#224; la fois dans la gauche et dans l'establishment, comme c'est le cas avec la Cie Molson ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que cela aide &#224; construire la lutte, ou cela conduit-il &#224; une banalisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou serait-ce plus pour la gauche non autochtone, un symbole, un rappel que nous avons une obligation de red&#233;finir l'avenir en partenaires &#233;gaux ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique de reconnaissance de territoire s'inscrit dans un renouv&#232;lement des rituels politiques du mainstream canadien &#224; l'&#232;re de la &#171; r&#233;conciliation &#187; annonc&#233;e par le gouvernement du Canada dans la foul&#233;e, notamment de l'importante Commission v&#233;rit&#233; et r&#233;conciliation et de l'Enqu&#234;te nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassin&#233;es. C'est un processus de red&#233;finition de la norme diplomatique qui atteint une sorte d'aboutissement en ce moment, alors que des personnages corporatifs importants adoptent ce type de pratiques. Les institutions qui ont une figure publique, qui op&#232;rent dans des espaces publics (gouvernements et minist&#232;res, institutions d'&#233;ducation, institutions culturelles, m&#233;dias) ont largement effectu&#233; ce tournant depuis une d&#233;cennie. Il y a dans cette pratique une dimension essentiellement symbolique, certains y verront de l'opportunisme, ou un effet de mode. C'est peut-&#234;tre en partie le cas, mais il reste que cela a la qualit&#233; de donner une visibilit&#233; aux enjeux autochtones, une contemporan&#233;it&#233;. Il y a une inscription du pr&#233;sent dans la r&#233;alit&#233; d'un territoire pr&#233;colombien et d'une pr&#233;sence continue de l'autochtonie. Et cela envoie aussi un message d'inclusion aux communaut&#233;s autochtones (qui est je crois g&#233;n&#233;ralement appr&#233;ci&#233; par de nombreuses personnes au sein de celles-ci), qui indique qu'un certain dialogue est peut-&#234;tre maintenant possible. Ce n'est certes pas une panac&#233;e, mais je ne vois pas pourquoi la g&#233;n&#233;ralisation de ces pratiques devrait donner lieu &#224; l'exercice de d&#233;ni de l&#233;gitimit&#233; de la revendication des territoires traditionnels qui a cours dans les m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois actuellement. Le pouvoir monopolis&#233; semble plut&#244;t nerveux autour de ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelle place prend dans ce contexte la conqu&#234;te coloniale britannique envers la population blanche d'origine fran&#231;aise ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un &#233;pisode de l'histoire coloniale du continent &#8211; o&#249; les petites mains du colonialisme fran&#231;ais (les engag&#233;s, les filles du roy, les habitants-soldats, les domestiques) ont &#233;t&#233; assujettis par le biais d'un trait&#233; sign&#233; entre la France et l'Angleterre &#224; l'Empire britannique. Ce dont il s'agit lorsqu'on inclut dans cette conversation la question des territoires traditionnels autochtones, c'est de l'occupation pr&#233;colombienne de ce territoire, de l'histoire complexe de la continuation sous les r&#233;gimes coloniaux successifs du titre au territoire des peuples autochtones, et de la mani&#232;re dont ces r&#233;gimes, dont le Canada comme le Qu&#233;bec h&#233;ritent juridiquement, politiquement, &#233;conomiquement et culturellement, ont structur&#233; la trajectoires des communaut&#233;s autochtones contemporaines. En ce sens, la &#171; conqu&#234;te &#187;, lorsqu'on l'aborde &#224; partir du prisme des territoires traditionnels, du point de vue d'une subjectivit&#233; politique autochtone contemporaine, constitue certes un &#233;l&#233;ment de contexte important pour raconter avec pr&#233;cision et justice l'histoire coloniale de l'Am&#233;rique du nord, mais ce n'est pas le principe organisateur du paradigme qui cherche &#224; s'&#233;tablir. En somme : les Canadien fran&#231;ais forment une population qui a &#233;t&#233; exploit&#233;e dans le cadre de l'imp&#233;rialisme britannique et du capitalisme nord-am&#233;ricain qui en est issu, mais ils se sont int&#233;gr&#233;s en tant que Qu&#233;b&#233;cois &#224; l'&#233;conomie globale en tant que classe moyenne qui a pu compter sur le contr&#244;le partiel d'un &#233;tat et d'un territoire pour assurer sa prosp&#233;rit&#233; et l'expression de sa culture. La question de la colonisation des peuples autochtones et la spoliation de leurs territoires sous les r&#233;gimes politiques successifs qui ont fait l'histoire du Qu&#233;bec reste enti&#232;re &#8211; son actualit&#233; politique est tr&#232;s r&#233;elle, et les injustices, qui prennent la forme d'une exclusion abjecte et d'un racisme persistant, sont concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quel est le sens r&#233;el de l'id&#233;e de terres non c&#233;d&#233;es. &#192; quoi cela fait-il r&#233;f&#233;rence ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le r&#233;gime colonial britannique, depuis la Proclamation royale de 1763, les terres autochtones ne peuvent &#234;tre que c&#233;d&#233;es &#224; la Couronne, sous la forme d'un trait&#233; (elles ne peuvent pas &#234;tre vendues &#224; des particuliers). C'est de cette disposition que sont issus les trait&#233;s num&#233;rot&#233;s du 19e si&#232;cle, par lesquels plusieurs communaut&#233;s autochtones, de l'Ontario jusqu'au Nord-Ouest ont c&#233;d&#233; leurs territoires traditionnels, dans des conditions de n&#233;gociation pour dire le moins, extr&#234;mement d&#233;favorables, en &#233;changes de modestes &#233;moluments et de mesures de protections sociales, dont l'uniformisation graduelle a donn&#233; lieu &#224; l'actuelle Loi sur les Indiens. Le gouvernement canadien a g&#233;n&#233;ralement sign&#233; des trait&#233;s dans les zones o&#249; &#233;taient projet&#233;es des activit&#233;s d'industrialisation du territoire et de capture des ressources naturelles (passage du chemin de fer, foret, minerai &#8211; c'est une d&#233;marche classique de ce que Marx appelait &#171; clearing of estates &#187;). Les trait&#233;s modernes (dont la Convention de la Baie James constitue le premier du genre) d&#233;coulent de la m&#234;me logique juridique et &#233;conomique, avec &#224; la cl&#233; des conditions de cession plus d&#233;centes, notamment par la participation aux retomb&#233;es du d&#233;veloppement &#233;conomique et par des &#233;l&#233;ments d'auto-gouvernance. Dans l'ancienne Nouvelle-France, ce genre de trait&#233; n'existe pas, et le droit colonial, jusqu'en 1996 alors que cette interpr&#233;tation a &#233;t&#233; renvers&#233;e par un juge qu&#233;b&#233;cois, estimait que le titre autochtone devait &#234;tre tenu pour &#233;teint. Dans tous les cas, cela signifie, et c'est une revendication qui remonte au milieu du 20e si&#232;cle chez les peuples autochtones, et qui prend une forme officielle au d&#233;but des ann&#233;es 1970 avec la mise en place du programme de revendications particuli&#232;res et globales par le gouvernement canadien, qu'un nombre important de territoires traditionnels, notamment au Qu&#233;bec et en Colombie-Britannique, n'ont jamais &#233;t&#233; c&#233;d&#233;s. C'est dire que le colonisateur et son h&#233;ritier, le gouvernement du Canada, et pour ce qui nous concerne le gouvernement du Qu&#233;bec, n'ont jamais &#233;tabli, selon leur propre droit, leur pleine souverainet&#233; sur ces territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e de territoire non-c&#233;d&#233;, au del&#224; de la dimension juridique, a &#233;galement une dimension politique au del&#224; du symbolisme institutionnel dont je parlais plus haut. C'est un outil pour les militant.e.s autochtones et leurs alli&#233;s pour forcer une conversation sur la question de la pr&#233;sence autochtone contemporaine, et en particulier sur les usages qui sont faits de ces territoires, et au premier chef, leur exploitation industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comme tu le mentionnais dans ton article publi&#233; dans les NCS &#171; L'identification collective indig&#232;ne allait au mode de vie, qui permettait &#224; tous et toutes les membres du groupe de vivre librement dans un territoire donn&#233;. Cette qualit&#233; du territoire compris comme usage se mesure mal en kilom&#232;tres carr&#233;s ou en tonnes de minerai, et ne rel&#232;ve absolument pas d'un art de l'arpentage ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Algonquins du Lac Barri&#232;re consid&#232;rent quant &#224; eux que la terre n'appartient &#224; personne. &#171; Nous la prot&#233;geons pour les g&#233;n&#233;rations futures, tous peuvent l'occuper en la respectant et en s'assurant de la p&#233;rennit&#233; de ses ressources. Mais nos gouvernements voient ce m&#234;me territoire non pas comme un pr&#233;cieux &#233;cosyst&#232;me &#224; respecter, mais comme un bien &#224; dilapider &#187; (Michel Thusky).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors comment penser l'avenir ? Parce-que c'est &#224; cette question qu'il faut aussi r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment vois-tu la lutte commune des nations autochtones et du mouvement populaire au Qu&#233;bec pour se r&#233;approprier le contr&#244;le de la terre, (VS les mini&#232;res, industries foresti&#232;res, industrialisation&#8230;) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au Canada ? Avec des dynamiques de luttes diff&#233;rentes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je trouve qu'il faut faire attention, lorsqu'on parle de la question des territoires traditionnels, de se d&#233;p&#234;cher de dire, comme l'a fait le Ministre Marc Miller r&#233;cemment, que les peuples autochtones n'ont pas une conception privative du territoire. C'est certainement vrai, et il est tout &#224; fait important et int&#233;ressant de s'&#233;duquer &#224; ces modalit&#233;s autres de relations aux autres et &#224; la terre, de r&#233;fl&#233;chir &#224; notre habitation coloniale &#224; partir de cette perspective. Mais la situation actuelle n'est pas celle qui pr&#233;valait &#224; l'&#233;poque pr&#233;colombienne &#8211; nous sommes sur une sc&#232;ne partag&#233;e, o&#249; les rapports de pouvoir institu&#233;s structurent la r&#233;alit&#233; dans laquelle nous vivons et agissons, et il faudra compter sur l'ensemble des facteurs qui d&#233;finissent la situation pour repenser l'enjeu territorial autochtone et une quelconque d&#233;marche de d&#233;colonisation qui irait au-del&#224; des p&#233;titions de principe. Il y a un travail important &#224; faire, en collaboration avec toutes les parties concern&#233;es, et pas seulement les repr&#233;sentants des institutions coloniales (auxquelles il faut joindre les conseils de bande, qui sont un pouvoir d&#233;l&#233;gu&#233; d'un minist&#232;re f&#233;d&#233;ral) pour &#233;tablir un nouveau paradigme pour aborder la question de l'injustice territoriale qui est au c&#339;ur de ce conflit des souverainet&#233;s qui est au fondement m&#234;me de notre occupation juridique, politique, &#233;conomique et culturelle du territoire. C'est notre mani&#232;re de vivre qui est en question &#8211; parce que le rapport au territoire, qui s'exprime dans les d&#233;coupages onto-juridiques que nous en faisons, d&#233;terminent en grande partie la mani&#232;re que nous avons de vivre. Rappelons-nous que lors de la &#171; crise ferroviaire &#187; de f&#233;vrier 2020 (dr&#244;le d'appellation contr&#244;l&#233;e pour une mobilisation plurielle dans tout le territoire canadien en appui aux revendications des chefs traditionnels wet'suwet'en), les politiciens de tous les paliers ont cri&#233; &#224; une atteinte au mode de vie des Canadiens &#8211; cela, essentiellement, parce que la cha&#238;ne d'approvisionnement en biens de consommation d'origine industrielle a &#233;t&#233; ralentie. L'enjeu est l&#224;, et il s'inscrit dans une n&#233;cessaire re-conceptualisation de l'&#233;conomie et de la culture &#224; laquelle nous sommes de toutes fa&#231;ons forc&#233;s par la d&#233;t&#233;rioration rapide des &#233;cosyst&#232;mes mondiaux et donc des sources de vie qui s'op&#232;rent dans l'&#233;conomie et la culture actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux alliances possibles, elles sont importantes et n&#233;cessaires. Disant cela, il faut aussi rappeler que les terrains de lutte sont multiples et complexes. Je doute qu'on puisse aller tr&#232;s loin dans notre capacit&#233; d'agir concr&#232;tement si on choisit de trop g&#233;n&#233;raliser les termes (&#171; autochtones &#187;, &#171; gauche &#187;, etc). Chaque lutte comprend sa dynamique particuli&#232;re, et les enjeux locaux, de proximit&#233;, dans des territoires concrets, me semblent les plus importants pour ce qui est de l'apprentissage et de l'orientation politique dans le cadre de ces mobilisations. Il faut prendre le temps de mailler les luttes locales, de cr&#233;er des ponts, et de distinguer les niveaux d'intervention, qui exigent des modalit&#233;s d'action et m&#234;me des vocabulaires diff&#233;rents. Int&#233;grer la perspective des territoires traditionnels dans les luttes, et dans la mani&#232;re de poser les probl&#232;mes politiques qui nous concernent toutes et tous, cela passe par une compr&#233;hension fine et nuanc&#233;e de la sc&#232;ne, des acteurs, des cadres juridiques, des possibles politiques, et aussi des limites et des ambig&#252;it&#233;s qui ne manquent pas de d&#233;finir chacune de ces situations. &#192; ce titre, la connaissance que les Qu&#233;b&#233;cois ont historiquement d&#251; d&#233;velopper du r&#233;gime constitutionnel britannique pourrait constituer non pas la base d'un rejet des revendications autochtones au nom de cette blessure nationale qui n'est pas referm&#233;e et d'une poursuite du colonialisme en notre propre nom, mais plut&#244;t un ensemble de connaissances &#224; remobiliser dans une d&#233;marche de cr&#233;ation d'alliances autour d'enjeux et d'objectifs qui seraient d&#233;finis par de nouveaux collectifs, dont il faut imp&#233;rativement embrasser le pluralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Andr&#233; Frappier&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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