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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Macron r&#233;&#233;lu, continuons le combat</title>
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		<dc:creator>NPA</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce soir, en conclusion de cette non-campagne et comme sympt&#244;me d'une crise d&#233;mocratique sans pr&#233;c&#233;dent, Macron a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu. Avec 58 %, son lib&#233;ralisme autoritaire l'a donc emport&#233; sur le lib&#233;ralisme crypto-fasciste et raciste port&#233; par Le Pen. Le &#171; tout-sauf-Macron &#187; ne l'a pas emport&#233; sur le &#171; tout-sauf-Le-Pen &#187;, et c'est tant mieux pour notre camp social, tant cette derni&#232;re repr&#233;sentait un danger mortel. &lt;br class='autobr' /&gt; NPA &lt;br class='autobr' /&gt;
24 avril 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pire a donc &#233;t&#233; &#233;vit&#233; : en politique plus qu'ailleurs, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-presidentielles-en-France-+" rel="tag"&gt;&#201;lections pr&#233;sidentielles en France&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton52532-d4aa8.jpg?1675564900' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce soir, en conclusion de cette non-campagne et comme sympt&#244;me d'une crise d&#233;mocratique sans pr&#233;c&#233;dent, Macron a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu. Avec 58 %, son lib&#233;ralisme autoritaire l'a donc emport&#233; sur le lib&#233;ralisme crypto-fasciste et raciste port&#233; par Le Pen. Le &#171; tout-sauf-Macron &#187; ne l'a pas emport&#233; sur le &#171; tout-sauf-Le-Pen &#187;, et c'est tant mieux pour notre camp social, tant cette derni&#232;re repr&#233;sentait un danger mortel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;NPA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 avril 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire a donc &#233;t&#233; &#233;vit&#233; : en politique plus qu'ailleurs, deux maux, m&#234;mes tr&#232;s graves, doivent toujours &#234;tre hi&#233;rarchis&#233;s. D'un c&#244;t&#233; une droite dure, ultra lib&#233;rale technocratique, polici&#232;re, li&#233;e aux vieux partis de gouvernement, &#224; l'&#201;tat et ses appareils, aux firmes du CAC40, mais sans base sociale de masse et d&#233;test&#233;e par une grande partie du pays. De l'autre une extr&#234;me droite populiste mais liss&#233;e, d&#233;magogique et menteuse, en qu&#234;te de respectabilit&#233;, avec malheureusement une certaine base populaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un taux d'abstention de 28 %, il s'agit du second score le plus important de l'histoire de la Ve R&#233;publique... derri&#232;re l'&#233;lection de 1969. Pr&#232;s d'un tiers des &#233;lecteurs ne veulent m&#234;me plus jouer cette com&#233;die. Le taux de vote blanc et nul ne sera connu que plus tard, mais il pourrait a priori atteindre aussi un record. La crise politique, d&#233;mocratique, qui met en cause la l&#233;gitimit&#233; de ce pr&#233;sident &#224; nouveau mal &#233;lu, s'accentue. Son bilan n&#233;gatif est sans appel, et ce second mandat s'annonce comme un approfondissement des attaques sociales, d&#233;mocratiques et id&#233;ologiques r&#233;actionnaires. Le boulevard pour l'extr&#234;me droite devrait donc encore s'&#233;largir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a urgence &#224; tracer une perspective d'&#233;mancipation, &#224; construire une gauche de combat. Le NPA est favorable &#224; ce que dans les prochaines &#233;lections l&#233;gislatives, il y ait des candidatures d'union pour faire face &#224; la droite et &#224; l'extr&#234;me droite, sur la base d'un programme de contestation du macronisme et de rupture avec les politiques capitalistes. C'est la raison pour laquelle nous avons r&#233;pondu positivement &#224; l'invitation &#224; discuter avec l'Union populaire, avec la ferme volont&#233; d'aboutir &#224; des candidatures unitaires &#224; gauche. Mais c'est aussi, et peut-&#234;tre surtout, le troisi&#232;me tour social qui s'ouvre dans la rue, sur nos lieux de travail et d'&#233;tudes, &#224; commencer contre la &#171; r&#233;forme &#187; annonc&#233;e de nos r&#233;gimes de retraites. Des luttes sociales &#224; construire pour r&#233;sister &#224; l'offensive de Macron II, condition indispensable pour changer la donne durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tout cela, nous aurons besoin &#224; la fois d'unit&#233; et de radicalit&#233;. Partis, syndicats, associations et collectifs &#233;cologistes, antiracistes, f&#233;ministes, LGBTI : il faut construire un front commun et durable de notre classe, articulant mobilisations de rue et batailles id&#233;ologiques, en particulier contre l'extr&#234;me droite. De ce front et des luttes multiples pourrait alors &#233;merger une force politique anticapitaliste, antifasciste, f&#233;ministe, &#233;cologiste et internationaliste, pour la transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233;. C'est n&#233;cessaire et c'est urgent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montreuil le 24 avril 2022&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Ne vous r&#233;signez pas ! Au 3e tour les 12 et 19 juin, un autre monde est possible</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ne-vous-resignez-pas-Au-3e-tour-les-12-et-19-juin-un-autre-monde-est-possible</link>
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		<dc:date>2022-04-26T10:52:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc M&#233;lenchon</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 24 avril 2022, Jean-Luc M&#233;lenchon s'exprimait &#224; l'issue du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Retrouvez le texte de son allocution. &lt;br class='autobr' /&gt; 24 avril 2022 | tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article62229 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pour ce second tour, Madame Le Pen et M. Macron repr&#233;sentaient &#224; peine plus du tiers des &#233;lecteurs inscrits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les urnes ont tranch&#233;. Mme Le Pen est battue. La France a refus&#233; clairement de lui confier son avenir. Et c'est une tr&#232;s bonne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-presidentielles-en-France-+" rel="tag"&gt;&#201;lections pr&#233;sidentielles en France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-04-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-04-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton52549-02195.png?1675564900' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 24 avril 2022, Jean-Luc M&#233;lenchon s'exprimait &#224; l'issue du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Retrouvez le texte de son allocution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;24 avril 2022 | tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article62229&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article62229&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour ce second tour, Madame Le Pen et M. Macron repr&#233;sentaient &#224; peine plus du tiers des &#233;lecteurs inscrits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les urnes ont tranch&#233;. Mme Le Pen est battue. La France a refus&#233; clairement de lui confier son avenir. Et c'est une tr&#232;s bonne nouvelle pour l'unit&#233; de notre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; pr&#233;sent, M. Macron est le plus mal &#233;lu des pr&#233;sidents de la 5e R&#233;publique. Sa monarchie pr&#233;sidentielle survit par d&#233;faut, et sous la contrainte d'un choix biais&#233;. Il surnage dans un oc&#233;an d'abstention et de bulletins blancs et nuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma pens&#233;e se tourne vers les futures victimes de cette situation. Les personnes qui vivent du RSA, et devraient travailler gratuitement pendant 20 heures. Les personnes us&#233;es qui partiront &#224; la retraite trois ans plus tard. Les personnes prises &#224; la gorge financi&#232;rement et qui ne verront pas les prix &#234;tre bloqu&#233;s. Les personnes qui savent &#224; quel point l'inaction &#233;cologique de M. Macron est un crime. Les personnes qui voient avec tristesse l'Etat d&#233;truit et le pays vendu &#224; la d&#233;coupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A toutes et &#224; tous je dis : ne vous r&#233;signez pas. Au contraire : entrez dans l'action franchement, massivement. La d&#233;mocratie peut nous donner de nouveau le moyen de changer de cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me tour commence ce soir. Les 12 et 19 juin ont lieu les &#233;lections l&#233;gislatives. Vous pouvez battre Macron et choisir un autre chemin. Les 12 et 19 juin, un autre monde est encore possible si vous &#233;lisez une majorit&#233;, je dis bien une majorit&#233;, de d&#233;put&#233;s de la nouvelle Union populaire qui doit s'&#233;largir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bloc populaire qui s'est constitu&#233; autour de ma candidature &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle est dans ce pays, dor&#233;navant, le tiers-Etat qui peut tout changer, s'il se rassemble et s'il s'&#233;largit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 12 et 19 juin, en vous appelant &#224; m'&#233;lire comme Premier ministre, je vous appelle en v&#233;rit&#233;, &#224; faire vivre un nouvel avenir en commun pour notre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courage ! Action ! D&#233;termination ! Refus toujours de la fatalit&#233; et de la r&#233;signation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la France. Vive la R&#233;publique ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 24.04.2022 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://melenchon.fr/2022/04/24/presidentielle-2022-prise-de-parole-de-jean-luc-melenchon-melenchon3etour/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://melenchon.fr/2022/04/24/presidentielle-2022-prise-de-parole-de-jean-luc-melenchon-melenchon3etour/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le supplice et les conditions de la r&#233;surrection</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-supplice-et-les-conditions-de-la-resurrection</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-supplice-et-les-conditions-de-la-resurrection</guid>
		<dc:date>2022-04-26T10:51:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph Confavreux</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette campagne &#233;lectorale a &#233;t&#233; un chemin de croix et il est donc logique qu'elle se termine en supplice. Si celui-ci demeure pr&#233;f&#233;rable &#224; la catastrophe, c'est parce qu'il laisse entrevoir l'espoir, difficile, d'une r&#233;surrection. &lt;br class='autobr' /&gt; 24 avril 2022 | tir&#233; de mediapart.fr | Photo S&#233;bastien Calvet / Mediapart https://www.mediapart.fr/journal/france/240422/le-supplice-et-les-conditions-de-la-resurrection &lt;br class='autobr' /&gt;
Autant le premier tour laissait, &#224; celles et ceux qui se reconnaissent toujours dans ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-presidentielles-en-France-+" rel="tag"&gt;&#201;lections pr&#233;sidentielles en France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-04-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-04-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton52555-4de50.png?1675564900' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette campagne &#233;lectorale a &#233;t&#233; un chemin de croix et il est donc logique qu'elle se termine en supplice. Si celui-ci demeure pr&#233;f&#233;rable &#224; la catastrophe, c'est parce qu'il laisse entrevoir l'espoir, difficile, d'une r&#233;surrection.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;24 avril 2022 | tir&#233; de mediapart.fr | Photo S&#233;bastien Calvet / Mediapart&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/240422/le-supplice-et-les-conditions-de-la-resurrection&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/france/240422/le-supplice-et-les-conditions-de-la-resurrection&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant le premier tour laissait, &#224; celles et ceux qui se reconnaissent toujours dans ce qu'on peut encore appeler la gauche, un &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/240422/le-supplice-et-les-conditions-de-la-resurrection&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sentiment de rage&lt;/a&gt;, autant ce second tour ressemble davantage &#224; ce qu'on sait du supplice : dur&#233;e, douleur et asphyxie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin de croix qui nous a men&#233;s l&#224; o&#249; nous en sommes compte sans doute plus d'&#233;tapes que les 14 stations r&#233;f&#233;renc&#233;es par la tradition chr&#233;tienne : de la division initiale des gauches &#224; la candidature d'un chroniqueur fascisto&#239;de de CNews ; de la non-campagne d'un pr&#233;sident port&#233; par &#171; l'effet drapeau &#187; &#224; la strat&#233;gie de normalisation r&#233;ussie de Marine Le Pen ; des illusions de la &#171; Primaire populaire &#187; aux campagnes affligeantes de Yannick Jadot et Anne Hidalgo ; de la strat&#233;gie solitaire de Jean-Luc M&#233;lenchon &#224; la tactique incendiaire d'Emmanuel Macron ; du bifteck de Fabien Roussel au doigt d'honneur d'&#201;ric Zemmour, du crash de P&#233;cresse en plein Z&#233;nith au show ann&#233;es 1980 du pr&#233;sident-candidat &#224; La D&#233;fense ; de l'absence de d&#233;bats d'avant le premier tour &#224; un d&#233;bat d'entre-deux-tours consternant ; des th&#233;matiques n&#233;glig&#233;es aux obsessions ressass&#233;es&#8230; Chacun&#183;e d'entre nous a sans doute aujourd'hui en t&#234;te un moment marquant comme une &#233;tape vers le calvaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le supplice, lui, est prot&#233;iforme. Il est d'abord constitu&#233; par le poids des suffrages qui se sont port&#233;s sur Marine Le Pen : pr&#232;s de 42 %. Bien que le d&#233;bat d'entre-deux-tours ait montr&#233; qu'elle ne pouvait prendre le dessus sur un candidat de droite, non seulement en raison de ses limites personnelles, mais parce qu'elle d&#233;fendait toujours un programme de droite en mati&#232;re &#233;conomique et d'extr&#234;me droite en mati&#232;re sociale, et qu'il lui &#233;tait ainsi, par exemple, structurellement impossible de d&#233;fendre &#224; la fois les &#171; gilets jaunes &#187; et la police, le Front national ripolin&#233; en Rassemblement national &#224; 42 % des voix, c'est juste gla&#231;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y compris en imaginant qu'il serait possible de faire la part, voire de retrancher, ce qui t&#233;moigne ici d'un vote de col&#232;re contre le pr&#233;sident sortant et un syst&#232;me politique &#224; bout de souffle, de ce qui rel&#232;ve d'une adh&#233;sion pleine et enti&#232;re au programme lep&#233;niste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat est encore plus sid&#233;rant si l'on d&#233;place le regard outre-mer : Marine Le Pen entre 60 et 70 % des suffrages exprim&#233;s, dans des territoires hant&#233;s plus encore que l'Hexagone par les questions raciales et postcoloniales, c'est proprement inimaginable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le supplice a ensuite &#233;t&#233; le timbre de voix d'Emmanuel Macron, qu'il faudra encore entendre cinq ans, surtout pour celles et ceux qui ont, pour contrer Le Pen, gliss&#233; un bulletin &#224; son nom dans l'urne aujourd'hui. On conna&#238;t son bilan. On se souvient du reniement de sa promesse effectu&#233;e au soir du second tour de l'&#233;lection de 2017 de ne pas consid&#233;rer les suffrages s'&#233;tant port&#233;s sur son nom comme un &#171; blanc-seing &#187;. On ne voit plus pour quelles raisons il serait encore possible de croire &#224; une parole aussi logorrh&#233;ique que d&#233;mon&#233;tis&#233;e, et son discours de ce soir n'y a pas &#233;chapp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la mati&#232;re, les symboles en disent d'ailleurs sans doute davantage que les paroles. Force est alors de constater qu'Emmanuel Macron est pass&#233;, de 2017 &#224; 2022, du Louvre au Champ-de-Mars, c'est-&#224;-dire d'un ancien palais de la royaut&#233; confisqu&#233; &#224; la R&#233;volution pour donner &#224; voir les chefs-d'&#339;uvre de la Nation au peuple, &#224; un lieu qui, m&#234;me s'il accueillit deux importants moments r&#233;volutionnaires &#8211; la f&#234;te de la F&#233;d&#233;ration le 14 juillet 1790 et la f&#234;te de l'&#202;tre supr&#234;me en 1794 &#8211; demeure un ancien terrain de man&#339;uvre militaire, surtout connu pour la &#171; fusillade du Champ-de-Mars &#187;, d&#233;cr&#233;t&#233;e en 1791 &#224; l'&#233;gard du peuple r&#233;volutionnaire assembl&#233; l&#224; par les autorit&#233;s parisiennes, ou, deux si&#232;cles plus tard, le &#171; concert de la fraternit&#233; &#187; organis&#233; sous l'&#233;gide de Nicolas Sarkozy le 14 Juillet suivant son &#233;lection de 2007, avec Michel Polnareff en t&#234;te d'affiche. Voire, plus trivialement, mais tout aussi significativement, comme le lieu de promenade pr&#233;f&#233;r&#233; de la tr&#232;s haute bourgeoisie et de ses nounous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le supplice prend, enfin, la forme de l'abstention : plus de 26 % au premier tour de l'&#233;lection d&#233;terminante de la politique fran&#231;aise, et encore quelques points de plus au second, alors qu'il s'agissait d'emp&#234;cher une candidate d'extr&#234;me droite d'acc&#233;der &#224; l'&#201;lys&#233;e. Il faudra attendre les remont&#233;es fines pour conna&#238;tre les param&#232;tres de cette abstention, mais il est d'ores et d&#233;j&#224; &#233;vident que sa structuration sera lourde de d&#233;terminants sociaux, g&#233;ographiques, &#233;conomiques et g&#233;n&#233;rationnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut alors bien faire le constat que nous n'habitons plus dans de v&#233;ritables d&#233;mocraties repr&#233;sentatives, mais de nouvelles formes de d&#233;mocraties censitaires, ou ce n'est certes plus l'imp&#244;t qui conditionne le droit de vote, mais le &#171; cens cach&#233; &#187; qui conditionne le recours aux urnes, pour reprendre une expression du politiste Daniel Gaxie dans un livre datant &#8211; d&#233;j&#224; &#8211;- de 1978 et centr&#233; sur les in&#233;galit&#233;s culturelles, alors qu'elles se combinent sans doute dans le rejet du jeu &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pari m&#233;lancolique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure du supplice, peut-on conserver quelques raisons d'esp&#233;rer des formes de r&#233;surrection, surtout quand on ne croit ni au spirituel ni au surnaturel ? On aimerait pouvoir convoquer de nouveau les mots du philosophe trotskiste Daniel Bensa&#239;d, rappelant dans &lt;i&gt;Le Pari m&#233;lancolique&lt;/i&gt; que &lt;i&gt;&#171; les lendemains, chantants ou non, ne sont pas pr&#233;visibles avec exactitude &#187; et que &#171; renoncer aux pr&#233;dictions hasardeuses n'annule pas l'imp&#233;ratif de changer l'ordre existant. L&#224; o&#249; persiste le conflit, demeurent aussi le choix, la d&#233;cision, le risque raisonn&#233; entre plusieurs issues, et l'obligation in&#233;luctable d'agir &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aimerait pouvoir, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/041116/gauche-surmonter-les-defaites&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avec l'historien Enzo Traverso&lt;/a&gt;, juger que le sentiment de d&#233;faite et la m&#233;lancolie qui nous &#233;treignent aujourd'hui peuvent constituer non pas des prisons, mais des points d'appui pour pr&#233;parer le futur, dans la mesure o&#249; &lt;i&gt;&#171; la tristesse et le deuil, le sentiment &#233;crasant de l'&#233;chec, des amis et des camarades perdus, des occasions rat&#233;es, des acquis d&#233;truits, du bonheur vol&#233; ont accompagn&#233; l'histoire du socialisme, depuis ses d&#233;buts, comme la doublure dialectique de l'extase r&#233;volutionnaire o&#249; tout devient possible, lorsqu'on &#233;prouve le plaisir d'agir ensemble et de s'&#233;panouir dans l'action collective &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces mots-l&#224; r&#233;sonnent aujourd'hui sans doute davantage sur le registre de la consolation que de la r&#233;surrection, tant demeurent opaques les formes que celle-ci pourrait prendre, tant cette d&#233;sastreuse s&#233;quence &#233;lectorale nous oblige &#224; red&#233;finir l'ensemble de notre condition politique, oscillant entre les tourments de l'intimit&#233; et les difficult&#233;s du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, beaucoup se projettent d&#233;j&#224; dans un &#171; troisi&#232;me tour &#187; compos&#233; par les &#233;lections l&#233;gislatives de juin, et quelques autres dans un &#171; troisi&#232;me tour bis &#187; ou un &#171; quatri&#232;me tour &#187; qui se jouerait non dans les urnes, mais dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le soul&#232;vement des gilets jaunes demeure un exemple r&#233;cent d'irruption du r&#233;el capable de d&#233;jouer en quelques semaines 20 ann&#233;es d'analyses de sciences politiques. Comme le rappelait r&#233;cemment, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/161121/trois-ans-apres-les-gilets-jaunes-pourquoi-la-vie-chere-ne-mobilise-plus&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans ces colonnes&lt;/a&gt;, Erik Neveu, professeur &#224; Sciences Po-Rennes, &lt;i&gt;&#171; m&#234;me quand on passe une partie de son temps &#224; analyser les mouvements sociaux, on est pris &#224; contre-pied par ce qui se produit et on se demande pourquoi certaines choses ne se produisent pas &#187;&lt;/i&gt;. Ou, pour reprendre les mots de l'historienne Danielle Tartakowsky, &lt;i&gt;&#171; on analyse toujours apr&#232;s coup la fa&#231;on dont naissent les r&#233;volutions et les explosions sociales &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait donc absurde de d&#233;duire de la faiblesse historique des syndicats fran&#231;ais ou de l'atonie des mobilisations sociales des derniers mois l'impossibilit&#233; d'une r&#233;volte. Mais on ne peut pas non plus faire comme si celle des gilets jaunes, pourtant in&#233;dite par son ampleur et sa nature, n'avait pas &#233;t&#233; bris&#233;e, de trois mani&#232;res diff&#233;rentes : une r&#233;pression politique et polici&#232;re hors norme &#224; l'&#233;chelle de ce qu'&#233;tait le maintien de l'ordre en France depuis des d&#233;cennies ; un &#171; grand d&#233;bat &#187; que le pr&#233;sident voudrait d&#233;sormais &#171; permanent &#187; en forme de monologue plus que de dialogue et constituant au mieux une redistribution de la parole sans redistribution du pouvoir, ainsi que&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/280919/ce-que-nous-appris-le-mouvement-des-gilets-jaunes?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'a analys&#233; le politiste Laurent Jeanpierre&lt;/a&gt; ; et une division du mouvement lui-m&#234;me sur la question de trouver ou non une traduction &#233;lectorale &#224; sa contestation du pouvoir en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on a du mal &#224; projeter un espoir politique dans la rue, les urnes des l&#233;gislatives n'ont pas non plus tout pour ouvrir un horizon. M&#233;lenchon a justement synth&#233;tis&#233; les choses en jugeant qu'on ne pouvait pas permettre &#224; Le Pen de prendre le pays ni laisser le pouvoir &#224; Macron. La premi&#232;re &#233;tape est pass&#233;e. La seconde reste plus que jamais en suspens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les gauches donnent aujourd'hui quelques timides signes qu'elles seraient d&#233;sormais conciliables et &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/230422/elections-legislatives-les-gauches-seraient-elles-devenues-reconciliables&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;conciliable&lt;/a&gt;s. Mais le rapport de force leur demeure tr&#232;s d&#233;favorable. Et &#171; l'h&#233;g&#233;monie &#187; de LFI un signe certes important que la gauche ne continuera d'exister qu'en proposant une rupture forte avec l'existant, mais aussi possiblement une impasse, tant elle semble se d&#233;ployer aujourd'hui sur un champ de ruines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de termes d&#233;sormais prudents en provenance des &#233;cologistes, des socialistes ou des communistes, qui ont quelques raisons de se faire petits, et de quelques signes de magnanimit&#233; du c&#244;t&#233; des Insoumis &#8211; ainsi que de la reconnaissance fort tardive que les programmes contiennent plus de convergences que de divergences &#8211;, on voit encore mal ce qui peut d&#233;sormais se &#171; reconstruire &#187; apr&#232;s une d&#233;faite qui demeure collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si M&#233;lenchon a men&#233; une excellente campagne et accru son score de plus de 700 000 votantes et votants entre 2017 et 2022, cela constitue certes une prouesse, mais elle demeure relative apr&#232;s cinq ans de casse sociale et de col&#232;re politique sous le premier quinquennat Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra, en premier lieu et en tout cas, clarifier les choses sur le sujet qui va dominer les prochains temps, &#224; savoir la guerre en Ukraine, maintenant que cette &#233;lection d&#233;primante est termin&#233;e. Pourra-t-on alors mettre sous le tapis les d&#233;clarations indignes d'Anne Hidalgo et Yannick Jadot accusant le leader de La France insoumise de complicit&#233; avec Poutine ? Et le leader insoumis compte-t-il, de son c&#244;t&#233;, apr&#232;s avoir r&#233;it&#233;r&#233;, dimanche soir, sa demande faite aux Fran&#231;ais&#183;es de l'&#233;lire &#171; premier ministre &#187;, &#233;claircir ce qu'il ferait alors en mati&#232;re de livraisons d'armes &#224; la r&#233;sistance ukrainienne ? Ou bien la pr&#233;tendue diplomatie non align&#233;e des Insoumis continuera-t-elle de se laver les mains du fait que l'Ukraine aurait &#233;t&#233; encore plus &#233;cras&#233;e et l'Europe plus menac&#233;e qu'aujourd'hui sans les livraisons d'armes occidentales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni proph&#233;tie ni r&#233;signation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ne veut ni jouer au proph&#232;te, ni se complaire dans une pose doloriste en contemplant ses stigmates, il est bien &#233;videmment n&#233;cessaire d'imaginer et favoriser des &#233;lections de juin qui n'ob&#233;iraient pas &#224; la logique l&#233;gitimiste de la Ve R&#233;publique, qui n'a jamais vu un scrutin l&#233;gislatif suivant tout juste un vote pr&#233;sidentiel ne pas donner de majorit&#233; au locataire de l'&#201;lys&#233;e. Et d'&#234;tre conscient que l'espoir d'une dynamique qui rompe avec notre &#232;re mortif&#232;re ne se jouera pas seulement dans les isoloirs, mais bien dans les mobilisations de la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, qu'elles prennent la forme de manifestations, d'auto-organisations ou de soul&#232;vements. Mais il faut sans doute aussi se projeter aussi un peu plus loin ou un peu ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un &#233;cart r&#233;duit &#224; 18 points entre Macron et Le Pen, alors qu'il &#233;tait de 28 en 2017, et les m&#234;mes causes produisant les m&#234;mes effets, il n'y a gu&#232;re de raison que la prochaine fois ne soit pas la bonne pour l'extr&#234;me droite. Surtout si elle sait prendre en compte le fait que la France est quasiment pr&#234;te pour un pouvoir autoritaire &#224; la Orb&#225;n, mais pas non plus pour un retour &#224; Vichy. Et surtout dans l'hypoth&#232;se qu'un&#183;e candidat&#183;e de son camp, plus habile, strat&#233;gique ou charismatique ne parvienne &#224; d&#233;tr&#244;ner la dynastie Le Pen, qui a montr&#233; ses limites en mati&#232;re de conqu&#234;te du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il n'existe gu&#232;re de raisons non plus que le &#171; lib&#233;ralisme autoritaire &#187; incarn&#233; par Emmanuel Macron et dans lequel nous sommes de plus en plus immerg&#233;s &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/macron-droite-toute&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ne continue&lt;/a&gt; de briser les classes populaires, diviser la soci&#233;t&#233;, d&#233;structurer les solidarit&#233;s, creuser les in&#233;galit&#233;s et radicaliser les col&#232;res et ne fasse office de passage plus que de barrage envers l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit pas ce qu'on pourrait attendre d'un pr&#233;sident qui a catalys&#233; la verticale du pouvoir propre &#224; la Ve R&#233;publique et qui, lors de son discours inaugural du 7 mai 2017, avait promis de ne pas consid&#233;rer les suffrages s'&#233;tant port&#233;s sur son nom au second tour comme un &#171; blanc-seing &#187;, mais consid&#233;rait encore r&#233;cemment qu'il n'y avait pas eu, alors, de front r&#233;publicain, sans compter toutes les fois o&#249; il a promis de se &#171; r&#233;inventer &#187; sans rien changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut n&#233;anmoins se souvenir &#224; cet instant que ce r&#233;gime politique dans lequel nous sommes de plus en plus immerg&#233;s, qu'on le nomme &#171; n&#233;olib&#233;ralisme &#187; ou &#171; lib&#233;ralisme autoritaire &#187;, n'a pas gagn&#233; ses batailles en se d&#233;ployant comme une id&#233;ologie totalisante et sur un front homog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe Gr&#233;goire Chamayou, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/191018/dans-la-tete-du-capital?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;qui en a fait la gen&#232;se&lt;/a&gt;, a montr&#233; que celui-ci s'&#233;tait forg&#233; comme une r&#233;ponse aux aspirations d&#233;mocratiques des soci&#233;t&#233;s et aux mobilisations des ann&#233;es 1960, comme le rappelle le fameux texte publi&#233; en 1975 par la &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_trilat%C3%A9rale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Commission trilat&#233;rale&lt;/a&gt;, intitul&#233; &lt;i&gt;La Crise de la d&#233;mocratie. Rapport sur la gouvernabilit&#233; des d&#233;mocraties,&lt;/i&gt; dont Samuel Huntington fut un des principaux auteurs, avec le Fran&#231;ais Michel Crozier, et qui expliquait cette &#171; crise &#187; par l'intensit&#233; de la vie d&#233;mocratique et les revendications sociales et soci&#233;tales qui mena&#231;aient non seulement de rendre les &#201;tats &#171; &lt;i&gt; ingouvernables &lt;/i&gt; &#187;, mais aussi d'attenter aux principes de la libre entreprise et aux profits du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, pr&#233;cise Chamayou, &lt;i&gt;&#171; on a souvent tendance &#224; r&#233;duire la grande r&#233;action, celle qui s'est pr&#233;par&#233;e dans les ann&#233;es 1970 avant de se d&#233;ployer plus concr&#232;tement dans les ann&#233;es 1980, &#224; sa composante &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale. C'est une erreur. Intellectuellement, le mouvement est beaucoup plus composite. On contre-attaque en ordre dispers&#233;, chacun s'effor&#231;ant de colmater les br&#232;ches sur son terrain, sans coordination centrale ni unit&#233; doctrinaire &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse de &lt;i&gt; &#171; faire &#233;talage de sa bonne volont&#233; &#233;thique afin d'&#233;viter la contrainte juridique &#187;&lt;/i&gt;, de renverser la th&#233;orie de la valeur pour externaliser les co&#251;ts environnementaux et sociaux des pollutions industrielles ou de &lt;i&gt;&#171; promouvoir des formes d'engagement domestiqu&#233;es, susceptibles de satisfaire le d&#233;sir d'agir qui se faisait jour tout en le r&#233;orientant dans une direction non antagonique, compatible avec les int&#233;r&#234;ts des industriels plut&#244;t qu'en conflit avec eux &#187;&lt;/i&gt; en d&#233;veloppant un discours de responsabilisation individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que ce &#171; &lt;i&gt; lib&#233;ralisme autoritaire&lt;/i&gt; &#187; s'est impos&#233;, sans doute faut-il s'inspirer de cette mani&#232;re de faire feu de tout bois et de b&#226;tir des fronts composites pour esp&#233;rer le contrer. On pourrait alors aussi bien miser sur les solidarit&#233;s qui r&#233;sistent au d&#233;sengagement social et au tournant r&#233;pressif de l'&#201;tat, sur les exp&#233;rimentations qui rompent d&#232;s aujourd'hui avec nos modes d'existence en mati&#232;re d'&#233;cologie, m&#234;me si elles peinent &#224; faire syst&#232;me, sur les mobilisations traditionnelles des structures syndicales ou associatives m&#234;me affaiblies ou sur le travail d'un nombre maximum de d&#233;put&#233;&#183;es d'opposition si le pr&#233;sident devait de nouveau obtenir une majorit&#233; aux prochaines l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voire imaginer qu'il soit possible de faire bouger Macron sur la question structurante de l'urgence climatique, non pas parce que&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/030322/bilan-macron-le-quinquennat-de-l-inaction-climatique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son bilan ne serait pas d&#233;plorable&lt;/a&gt; ou qu'on croirait &#224; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/210422/entre-macron-et-le-pen-une-ecologie-superficielle-et-sans-relief&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa pr&#233;tendue &#171; mue &#233;cologique &#187;&lt;/a&gt;, mais en se fondant sur deux traits caract&#233;ristiques de sa personnalit&#233; : une arrogance telle qu'elle lui fait penser qu'il pourrait &#224; lui seul &#171; make our planet great again &#187; et un certain sens de l'Histoire qui pourrait lui donner envie de ne pas rester dans les manuels du futur comme le simple porte-serviette d'une oligarchie industrielle et financi&#232;re ayant men&#233; le monde &#224; sa perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre les &#233;lections, tout contre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous ces espoirs, petits ou grands, ne pourront se concr&#233;tiser sans parvenir &#224; d&#233;verrouiller un processus &#233;lectoral prenant trop souvent la forme d'une course &#224; l'ab&#238;me. Tout a &#233;t&#233; dit du syst&#232;me particuli&#232;rement mortif&#232;re de la Ve R&#233;publique, surtout depuis que les l&#233;gislatives succ&#232;dent imm&#233;diatement &#224; la pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on provocante, mais convaincante, le chercheur belge David Van Reybrouck avait publi&#233; il y a quelques ann&#233;es &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/250514/david-van-reybrouck-contre-les-elections-pour-la-democratie?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un livre intitul&#233; Contre les &#233;lections&lt;/a&gt;, o&#249; il jugeait que le vote non seulement n'&#233;tait pas suffisant &#224; la d&#233;mocratie, mais peut-&#234;tre pas n&#233;cessaire non plus, tant il en venait &#224; polariser les soci&#233;t&#233;s, et o&#249; il pr&#244;nait plut&#244;t diff&#233;rentes formes de participation et de tirages au sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment sortir de cet &#233;tau qui nous rappelle &#224; intervalles r&#233;guliers que les &#233;lections sont trop souvent un rituel d&#233;mon&#233;tis&#233;, voire un pi&#232;ge pr&#233;sidentiel, mais aussi que, pour le dire &lt;a href=&#034;https://legrandcontinent.eu/fr/2022/04/22/conversation-avec-jan-werner-muller/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme le politiste Jan-Werner M&#252;ller r&#233;cemment&lt;/a&gt;, que &lt;i&gt;&#171; si dans une d&#233;mocratie les r&#233;sultats politiques sont incertains, le processus, lui, reste fiable. Cela ne signifie pas que l'on ne peut pas le modifier, bien s&#251;r, mais c'est une diff&#233;rence fondamentale avec les autocraties, o&#249; les r&#233;sultats sont toujours assez pr&#233;visibles &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formes institutionnelles &#8211; au premier rang desquelles l'introduction d'une plus grande proportionnalit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale &#8211;, qui permettraient d'&#233;viter l'&#233;crasement de la politique fran&#231;aise par le suffrage pr&#233;sidentiel, sont sur la table et s'av&#232;rent aussi urgentes que n&#233;cessaires : modification du calendrier &#233;lectoral, combinaison de proc&#233;dures &#233;lectorales et de structures participatives tir&#233;es au sort ; pond&#233;ration des votes permettant de ne pas donner toute sa voix &#224; tel ou tel mais de r&#233;partir ses suffrages, tirage au sort, droit de vote des &#233;trangers aux &#233;lections locales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si elles sont prioritaires, elles ne suffiront pas &#224; conjurer ce fait vertigineux que les d&#233;mocraties repr&#233;sentatives dans lesquelles nous avons grandi se trouvent aujourd'hui face au &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/101018/democraties-liberales-la-metamorphose-ou-la-disparition&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dilemme de leur m&#233;tamorphose ou de leur disparition&lt;/a&gt;. La r&#233;solution de cette alternative ne se r&#233;sume pas &#224; une &#233;quation institutionnelle. Pour d&#233;crire la fin somnambulique de l'Empire austro-hongrois, l'&#233;crivain Hermann Broch avait forg&#233; la notion d'&#171; &lt;i&gt;apocalypse joyeuse &lt;/i&gt; &#187; : une formule qui p&#232;se plus que jamais au-dessus de nos t&#234;tes et de nos d&#233;mocraties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui n'a pas de raison, pour autant, de pousser au d&#233;faitisme ou &#224; la r&#233;signation. Dans ce qui constitue probablement &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/271121/david-wengrow-aujourd-hui-semble-ne-plus-avoir-d-imagination-sur-ce-que-pourraient-etre-les-alterna&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'essai le plus stimulant de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e&lt;/a&gt; &lt;i&gt;(Au commencement &#233;tait&#8230; Une nouvelle histoire de l'humanit&#233;,&lt;/i&gt; Les liens qui lib&#232;rent, 2021), l'anthropologue David Graeber et l'arch&#233;ologue David Wengrow explorent les mutations infinies, depuis la pr&#233;histoire, des formes d'organisation sociale et des aspirations d&#233;mocratiques et &#233;galitaires, pour aboutir &#224; un r&#233;cit nettement plus chaotique, moins cadenass&#233; ou t&#233;l&#233;ologique que celui qui s'est impos&#233; jusqu'&#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils y rappellent que :&lt;i&gt; &#171; Si, comme beaucoup le pensent aujourd'hui, l'avenir de notre esp&#232;ce d&#233;pend de notre aptitude &#224; inventer autre chose &#8211; par exemple un syst&#232;me o&#249; &#234;tre riche ne donnerait pas automatiquement le pouvoir et o&#249; personne ne s'entendrait dire que ses besoins ou son existence m&#234;me ne valent rien &#187;, il est possible de &#171; sortir d'un carcan conceptuel si &#233;troit que nous ne parvenons plus &#224; concevoir la possibilit&#233; m&#234;me de nous r&#233;inventer &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph Confavreux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title> La France dit non a l'extr&#234;me droite !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-France-dit-non-a-l-extreme-droite</link>
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		<dc:date>2022-04-26T10:51:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Omar Haddadou</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La logique mortif&#232;re ne passera pas ! Les Fran&#231;ais (es) ont r&#233;&#233;lu ce dimanche 24 avril, hors cohabitation, Emmanuel Macron pour un second quinquennat avec 58, 55% de voix contre 42,40 en faveur de la candidate RN, Marine Le Pen. Elle pourrait ne pas reprendre la pr&#233;sidence du parti. La Gauche fourbe d&#233;j&#224; ses armes pour les L&#233;gislatives. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton52561-13922.png?1675564900' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La logique mortif&#232;re ne passera pas ! Les Fran&#231;ais (es) ont r&#233;&#233;lu ce dimanche 24 avril, hors cohabitation, Emmanuel Macron pour un second quinquennat avec 58, 55% de voix contre 42,40 en faveur de la candidate RN, Marine Le Pen. Elle pourrait ne pas reprendre la pr&#233;sidence du parti. La Gauche fourbe d&#233;j&#224; ses armes pour les L&#233;gislatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De Paris, Omar HADDADOU&lt;br class='autobr' /&gt;
photo Omar Haddadou Bureau de Vote &#224; Romainville, 24 avril 2022&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;Un score honorable. Le plus fastidieux reste &#224; venir ! &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Il s'est quand m&#234;me pay&#233; une petite frousse Emmanuel Macron, au moment o&#249; la dynamique de sa rivale Marine Le Pen s'envolait juste apr&#232;s le premier tour. Derri&#232;re leurs &#233;crans, les Immigr&#233;s (es) retenaient leur souffle. Au firmament, Zemmour tr&#233;pignait d'enthousiasme d'aller dicter c&#233;r&#233;monieusement sa politique d'une France racis&#233;e, en esp&#233;rant un portefeuille minist&#233;riel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce dimanche 24 avril, l'urne se voulait cart&#233;sienne : Balayer les extr&#233;mismes ! Premier Pr&#233;sident de la V R&#233;publique fran&#231;aise r&#233;&#233;lu hors cohabitation, avec 58, 55% de voix, Emmanuel Macron exulte en remerciant toutes et tous ceux qui lui ont accord&#233; leur confiance pour vaincre Marine Le Pen : &lt;i&gt;&#171; Je sais que nombre de nos compatriotes ont vot&#233; ce jour pour moi, non pour soutenir les id&#233;es que je porte, mais pour faire barrage &#224; celles de l'extr&#234;me Droite. Je veux les remercier et leur dire que j'ai conscience que leur vote m'oblige pour les ann&#233;es &#224; venir &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vainqueur de l'&#233;lection 2022 doit &#234;tre investi pour un second mandat avant le 13 mai &#224; minuit, date de la fin de son premier quinquennat, au 55, rue du Faubourg Saint-Honor&#233;, &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une victoire c&#233;l&#233;br&#233;e avec sobri&#233;t&#233; singuli&#232;re et un discours succinct de 9 minutes. L'&#233;ch&#233;ance de la refondation s'annonce difficile et le plus jeune chef de l'Etat fran&#231;ais en a bien conscience : &#171; Les ann&#233;es &#224; venir ne seront &#224; coup s&#251;r pas tranquilles &#187; pr&#233;vient Emmanuel Macron avant de poursuivre : &#171; &lt;i&gt; Nul ne sera laiss&#233; au bord du chemin. Je ne suis plus le candidat d'un clan, mais le Pr&#233;sident de tous. La col&#232;re et les d&#233;saccords doivent trouver une r&#233;ponse, ce sera ma responsabilit&#233;. Il ne peut y avoir de combat sans alliances et le bloc national doit s'unir. Je sais ce que je vous dois&#8230; &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les 100 premiers jours de cette reconduite &#224; la t&#234;te de l'Etat, Macron plaide pour un mandat &#233;cologique o&#249; les citoyens seront &#171; mieux consult&#233;s &#187;. Sur le volet &#233;conomique, deux dossiers sont d'ores et d&#233;j&#224; sur la table, &#224; savoir le pouvoir d'achat incluant la mise en place pour les m&#233;nages d'un &#171; paquet de pouvoir d'achat contre l'inflation &#187;, et le tr&#232;s explosif dossier des retraites qui fait d&#233;bat sur l'&#226;ge de d&#233;part et la revalorisation des pensions. Aider les Fran&#231;ais (es) &#224; faire face &#224; la hausse des prix, tel est l'objectif affich&#233; du locataire de L'Elys&#233;es, alors que la hausse tarifaire s'installe de 4,5 %, notamment dans les produits alimentaires et les carburants. L'Ex&#233;cutif est appel&#233; &#224; r&#233;pondre urgemment aux attentes des citoyens afin d'&#233;viter tout remake de la col&#232;re des Gilets jaunes, des Syndicats et de la Jeunesse. Aux commandes, la Gauche n'a pas le droit &#224; l'erreur. &lt;br class='autobr' /&gt; Sonn&#233;e par la d&#233;convenue dominicale, Marine le Pen, apr&#232;s avoir savour&#233; la l&#233;vitation exquise du triomphe et de la m&#233;diatisation des semaines durant, se console de la bataille l&#233;gislative des 12 et 19 juin 2022 en promettant de repartir du bon pied et &#224; toute biture pour une majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale : &#171; Le score historique du Rassemblement national (RN), place notre camp dans d'excellentes dispositions pour les L&#233;gislatives &#187; fait-elle savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devin, l'espace d'une intervention film&#233;e, &#201;ric Zemmour lui, ergote : &#171; &lt;i&gt;Je voyais la d&#233;faite de Le Pen venir depuis des ann&#233;es. H&#233;las, h&#233;las, h&#233;las ! C'est la huiti&#232;me fois que la d&#233;faite frappe le nom Le Pen ! &#187;. &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Le leader de La France Insoumise - fervent d&#233;fenseur de la Justice sociale et de la retraite &#224; 60 ans - Jean-Luc M&#233;lenchon, Monsieur &#171; Pas une voix pour Marine Le Pen &#187;, &#171; Elisez-moi Premier Ministre ! &#187; a d&#233;j&#224; les pieds sur le starting-block du 3&#232;me tour. La s&#233;quence politique restant ouverte, il temp&#234;te : &#171; &lt;i&gt;Madame Le Pen est battue. La France a refus&#233; clairement de lui confier son avenir. Et c'est une tr&#232;s bonne nouvelle pour l'unit&#233; du peuple. Les 12 et 19 juin un autre monde est possible si vous &#233;lisez une majorit&#233;, de d&#233;put&#233;s de la nouvelle Union populaire qui doit s'&#233;largir &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les &#233;lecteurs de M&#233;lenchon, 3&#232;me force politique du pays, ont vot&#233; &#224; 38% pour Macron au second tour. Un apport des suffrages exprim&#233;s qui a pes&#233; tout son poids pour &#233;viter le sc&#233;nario catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demain, pas tout &#224; fait affranchi des iniquit&#233;s, sera-t-il meilleur ? &#171; &lt;i&gt; Das ist die Frage !&lt;/i&gt; &#187; C'est toute la question !&lt;br class='autobr' /&gt;
O.H&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;liquescence d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Deliquescence-democratique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Deliquescence-democratique</guid>
		<dc:date>2022-04-19T15:36:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jimmy St-Gelais</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une course haletante se profile entre les deux candidats au deuxi&#232;me tour de la pr&#233;sidentielle fran&#231;aise, Emmanuel Macron et Marine Le Pen &#8211; qui s'affrontent pour une seconde fois au deuxi&#232;me tour &#8211; et le r&#233;sultat pourrait bien tracer le chemin qu'empruntera le mod&#232;le de la d&#233;mocratie lib&#233;rale dans le monde lors des prochaines d&#233;cennies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un pr&#233;sident Donald Trump qui a &#233;branl&#233; les fondations des institutions d&#233;mocratiques aux &#201;tats-Unis par ses actions ainsi que son non-respect du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton52476-857f2.jpg?1675564900' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une course haletante se profile entre les deux candidats au deuxi&#232;me tour&lt;br class='autobr' /&gt;
de la pr&#233;sidentielle fran&#231;aise, Emmanuel Macron et Marine Le Pen &#8211; qui&lt;br class='autobr' /&gt;
s'affrontent pour une seconde fois au deuxi&#232;me tour &#8211; et le r&#233;sultat&lt;br class='autobr' /&gt;
pourrait bien tracer le chemin qu'empruntera le mod&#232;le de la d&#233;mocratie&lt;br class='autobr' /&gt;
lib&#233;rale dans le monde lors des prochaines d&#233;cennies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s un pr&#233;sident Donald Trump qui a &#233;branl&#233; les fondations des&lt;br class='autobr' /&gt;
institutions d&#233;mocratiques aux &#201;tats-Unis par ses actions ainsi que son&lt;br class='autobr' /&gt;
non-respect du jeu d&#233;mocratique et qui a eu une r&#233;sonance toxique dans&lt;br class='autobr' /&gt;
les autres d&#233;mocraties de la plan&#232;te, une &#233;ventuelle victoire de Marine&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Pen fragiliserait encore plus un syst&#232;me politique d&#233;j&#224; mis &#224; mal&lt;br class='autobr' /&gt;
par le d&#233;senchantement des &#233;lecteurs se traduisant par un cynisme&lt;br class='autobr' /&gt;
entourant la chose politique et une m&#233;fiance envers les politiciens. Nous&lt;br class='autobr' /&gt;
avons pu d'ailleurs noter une diminution en Occident du taux de&lt;br class='autobr' /&gt;
participation aux &#233;lections depuis les ann&#233;es 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, en toile de fond, il y a aussi toute la symbolique qu'am&#232;nerait&lt;br class='autobr' /&gt;
une victoire de l'id&#233;ologie d'extr&#234;me droite de Marine Le Pen en France&lt;br class='autobr' /&gt;
qui fut, rappelons-le, la deuxi&#232;me d&#233;mocratie lib&#233;rale de l'histoire&lt;br class='autobr' /&gt;
(1789) apr&#232;s que la toute premi&#232;re d&#233;mocratie lib&#233;rale, issue&lt;br class='autobr' /&gt;
pareillement d'une r&#233;volution (1775), les &#201;tats-Unis, ait aussi fleurt&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
avec une telle d&#233;rive id&#233;ologique antid&#233;mocratique avec la pr&#233;sidence&lt;br class='autobr' /&gt;
de Donald Trump. Il est difficile de faire pire comme image de&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;liquescence de la d&#233;mocratie lib&#233;rale lorsqu'une grande partie des&lt;br class='autobr' /&gt;
populations des deux premi&#232;res nations qui l'ont adopt&#233;e semblent vouloir&lt;br class='autobr' /&gt;
lui tourner le dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus inqui&#233;tant est que ces mouvements n&#233;ofascistes en sols&lt;br class='autobr' /&gt;
am&#233;ricain et fran&#231;ais cherchent &#224; saper les traditions d&#233;mocratiques et&lt;br class='autobr' /&gt;
de libert&#233; qui se sont d&#233;velopp&#233;es depuis le si&#232;cle des Lumi&#232;res (1715&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; 1789), particuli&#232;rement en France, en faisant fi du fait que c'est &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
partir de ce moment charni&#232;re que la civilisation occidentale a rejet&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'autoritarisme politique h&#233;rit&#233; de l'ancien r&#233;gime m&#233;di&#233;val tout en&lt;br class='autobr' /&gt;
mettant en valeur la connaissance. En effet, cet ancien r&#233;gime se&lt;br class='autobr' /&gt;
caract&#233;risait par une soci&#233;t&#233; ferm&#233;e aux id&#233;es du progr&#232;s et par une&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernance absolutiste (incarn&#233;e par le Roi) tr&#232;s autoritaire et&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;nu&#233;e de respect envers les libert&#233;s fondamentales ainsi que les droits&lt;br class='autobr' /&gt;
politiques que nous consid&#233;rons comme acquis de nos jours et que certains&lt;br class='autobr' /&gt;
partis politiques aimeraient bien &#233;dulcorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, ironie de l'histoire, profitant des largesses de la d&#233;mocratie&lt;br class='autobr' /&gt;
lib&#233;rale qu'ils m&#233;prisent pourtant, voici que ces mouvements politiques&lt;br class='autobr' /&gt;
d'extr&#234;me droite aspirent &#224; r&#233;tablir un r&#233;gime autocratique,&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;r&#233; comme idyllique, en canalisant un vote de protestation autour&lt;br class='autobr' /&gt;
de leur cause dans l'espoir de faire &#233;lire leurs chefs aux penchants&lt;br class='autobr' /&gt;
autoritaires au sommet de l'&#201;tat, tels de nouveaux monarques, qui r&#234;vent&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis toujours de se d&#233;barrasser de l'h&#233;ritage du lib&#233;ralisme politique&lt;br class='autobr' /&gt;
afin d'imposer leurs programmes politiques r&#233;actionnaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jimmy St-Gelais&lt;br class='autobr' /&gt;
St-J&#233;r&#244;me&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France. &#171; Effondrement &#224; droite, menace de l'extr&#234;me droite, espoir pour une alternative &#224; gauche &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/France-Effondrement-a-droite-menace-de-l-extreme-droite-espoir-pour-une</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/France-Effondrement-a-droite-menace-de-l-extreme-droite-espoir-pour-une</guid>
		<dc:date>2022-04-19T11:42:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;on Cr&#233;mieux</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme en 2017, le second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2022 opposera Marine Le Pen &#224; Emmanuel Macron. Il aura obtenu presque 27,85%, Le Pen 23,15% et M&#233;lenchon 21,95% (pourcentages sur les voix exprim&#233;es) [1]. &lt;br class='autobr' /&gt; 13 avril 2022 | tir&#233; du site alencontre.org &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la victoire de Macron au deuxi&#232;me tour appara&#238;t moins automatique qu'en 2017 (o&#249; il avait obtenu 66% des voix au 2e tour) et ce nouveau duel identique ne doit pas masquer les diff&#233;rences profondes de la situation &#233;lectorale &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme en 2017, le second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2022 opposera Marine Le Pen &#224; Emmanuel Macron. Il aura obtenu presque 27,85%, Le Pen 23,15% et M&#233;lenchon 21,95% (pourcentages sur les voix exprim&#233;es) [1].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;13 avril 2022 | tir&#233; du site &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/france/france-effondrement-a-droite-menace-de-lextreme-droite-espoir-pour-une-alternative-a-gauche.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;alencontre.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la victoire de Macron au deuxi&#232;me tour appara&#238;t moins automatique qu'en 2017 (o&#249; il avait obtenu 66% des voix au 2e tour) et ce nouveau duel identique ne doit pas masquer les diff&#233;rences profondes de la situation &#233;lectorale &#224; l'issue du premier tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, l'abstention fait un bon de progression de plus de 4% avec 26,3% des inscrits. On assiste depuis 2007 &#224; une augmentation r&#233;guli&#232;re des abstentions, pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle comme pour les &#233;lections l&#233;gislatives qui suivent (plus de 50% en 2017). Les jeunes (de 18 &#224; 35 ans) se sont abstenus &#224; plus de 40% (29% il y a cinq ans) et les ouvriers &#224; plus de 33% (29% il y a cinq ans). L'abstention repr&#233;sente grosso modo un quart des inscrits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de cela, ces &#233;lections marquent un nouvel effondrement des deux partis traditionnels de la Ve R&#233;publique, le PS et le parti gaulliste Les R&#233;publicains (LR). A eux deux, ils ne regroupent que 6,5% des voix exprim&#233;es. En 2017, &#224; l'issue du quinquennat de Fran&#231;ois Hollande, le PS avait perdu presque les 4/5 de ses voix. L&#224;, en 2022, la candidate LR (Val&#233;rie P&#233;cresse), avec 4,78% aura perdu les 3/4 des voix obtenues en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dix ans et deux &#233;lections pr&#233;sidentielles, ces deux partis socles se sont effondr&#233;s. Le syst&#232;me pr&#233;sidentiel vient de d&#233;vorer ceux qui l'ont engendr&#233;. L'&#233;lectorat de Macron avait d&#233;j&#224; b&#233;n&#233;fici&#233; en 2017 de l'apport d'une majeure partie de l'&#233;lectorat traditionnel du PS. En 2022, la majeure partie de celui-ci a vot&#233; M&#233;lenchon ou Macron et l'&#233;lectorat gaulliste s'est r&#233;parti majoritairement vers Macron mais aussi vers Eric Zemmour (Reconqu&#234;te).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux exemples illustrent ces glissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui de Paris, ville majoritairement PS depuis 20 ans, Hollande y recueillait presque 35% en 2012. L&#224;, la candidate du PS, Anne Hidalgo, elle-m&#234;me maire de Paris, recueille 2,17% des voix quand Macron rassemble 35% et M&#233;lenchon 30%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple, Neuilly sur Seine, banlieue chic de la capitale, bastion historique du parti gaulliste et de la droite traditionnelle depuis la Lib&#233;ration, dont Nicolas Sarkozy fut maire pendant vingt ans. En 2017, Fran&#231;ois Fillon, le candidat gaulliste, recueillait 64,92% des voix et Macron 23%. En 2022, Macron double ses voix, fr&#244;lant la majorit&#233; absolue, Zemmour recueille presque 19% et Val&#233;rie P&#233;cresse seulement 15% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux exemples illustrent la triple polarisation in&#233;dite apparue dans cette &#233;lection, ass&#233;chant les autres candidatures avec, de part et d'autre de Macron, l'extr&#234;me droite et Jean-Luc M&#233;lenchon, un candidat d&#233;clar&#233; de la gauche radicale. Tant Macron que Le Pen et M&#233;lenchon seront apparus comme &#171; le vote utile &#187; pour une cat&#233;gorie de l'&#233;lectorat, marginalisant sous les 10% ou m&#234;me les 5% les neuf autres candidatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron s'est nettement consolid&#233; comme le candidat du bloc bourgeois. Le MEDEF, l'organisation du patronat, a comme en 2017 affirm&#233; en 2022 son soutien &#224; Macron qui suit en tous points les orientations n&#233;olib&#233;rales et dont les nouveaux points de programme apparus satisfont les groupes capitalistes, que ce soient sur les baisses de pr&#233;l&#232;vements, les aides &#224; l'entreprise, ou la poursuite des offensives lib&#233;rales visant la sant&#233; et l'Education nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron s'est consolid&#233; vis-&#224;-vis de l'&#233;lectorat r&#233;actionnaire depuis 2017, en se montrant capable de s'opposer aux mobilisations des gilets jaunes et &#224; celles des jeunes des quartiers populaires contre les violences polici&#232;res, &#224; celle des populations des Antilles, de la Kanaky et de la Corse, s'affirmant comme d&#233;fenseur des forces de r&#233;pression. Aussi, face &#224; la crise sans fin du PS comme des LR, sa candidature &#224; ce poste est apparue la plus fiable. Il en a r&#233;sult&#233; un clair renforcement de son &#233;lectorat par un apport de voix venant des LR, tout en gardant l'essentiel des voix venant de la social-d&#233;mocratie parmi les classes sup&#233;rieures du salariat et les retrait&#233;s ais&#233;s, apparaissant comme un gage de stabilit&#233; et m&#234;me comme un rempart vis-&#224;-vis de l'extr&#234;me droite. D&#232;s lors, y compris dans des &#233;lectorats votant traditionnellement pour la droite ou la social-d&#233;mocratie dans d'autres consultations (municipales ou r&#233;gionales), Macron est apparu, dans le cadre du syst&#232;me hyper-pr&#233;sidentiel fran&#231;ais, comme un garant de s&#233;curit&#233;, au-del&#224; des classes poss&#233;dantes, pour les couches sociales &#233;pargn&#233;es, pour l'essentiel, par la pr&#233;carit&#233; et les difficult&#233;s du quotidien. Ce besoin de stabilit&#233; a &#233;t&#233; &#233;videmment renforc&#233; par la pand&#233;mie et la guerre en Ukraine. La sp&#233;cificit&#233; du syst&#232;me &#233;lectoral fran&#231;ais, o&#249; la gestion du syst&#232;me gouvernemental est le fait exclusif d'un individu et non d'une repr&#233;sentation proportionnelle dans une assembl&#233;e, aura entra&#238;n&#233; l'&#233;croulement des partis qui ont construit ce syst&#232;me ces soixante derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me droite a &#233;t&#233; spectaculairement renforc&#233;e dans cette campagne &#233;lectorale avec la consolidation du Rassemblement national (RN) et l'irruption de la candidature d'Eric Zemmour. Macron et les principaux m&#233;dias ont largement cultiv&#233; les th&#232;mes identitaires et s&#233;curitaires dans les mois pr&#233;c&#233;dant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Tout comme Fran&#231;ois Mitterrand qui avait fait de Jean-Marie Le Pen son &#171; meilleur ennemi &#187; dans les ann&#233;es 1980, Macron a cultiv&#233; l'id&#233;e d'un nouveau duel in&#233;vitable avec Marine Le Pen, se pr&#233;sentant comme rempart vis-&#224;-vis de l'extr&#234;me droite, et pensant b&#233;n&#233;ficier une nouvelle fois du fiasco qu'avait connu la candidate du RN lors du second tour de 2017. Aussi, depuis longtemps, des personnalit&#233;s d'extr&#234;me-droite cherchaient &#224; sortir de ce pi&#232;ge en avan&#231;ant le projet d'une recomposition de la droite de la droite, en construisant une alliance de l'aile la plus r&#233;actionnaire des LR avec des courants de l'extr&#234;me droite, visant &#224; prolonger l'union r&#233;alis&#233;e lors des manifestations anti LGBTI+ de La Manif pour tous contre le mariage homosexuel et la PMA (procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e), alliance notamment avec les proches de Fran&#231;ois Fillon. Construire donc une alternative, cultivant l'homophobie et l'islamophobie ainsi qu'un culte d&#233;complex&#233; des valeurs traditionalistes fran&#231;aises, et accueillant sans probl&#232;me les courants n&#233;onazis que Le Pen tient &#224; l'&#233;cart par souci de respectabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cet alliage, avec le soutien du groupe de m&#233;dias de Vincent Bollor&#233; et celui de Marion Mar&#233;chal, ni&#232;ce de Marine Le Pen, est sortie la campagne d'un journaliste pol&#233;miste de la presse de droite venant de la droite gaulliste, Eric Zemmour, diffusant sans complexe depuis des ann&#233;es les id&#233;es les plus r&#233;actionnaires, condamn&#233; plusieurs fois pour ses propos racistes et islamophobes, d&#233;bordant donc Le Pen sur sa droite, mais tendant la main aux courants les plus fascisants des LR pour une recomposition politique. Il aura eu son heure de gloire par une omnipr&#233;sence m&#233;diatique &#224; l'automne 2021, avan&#231;ant l'id&#233;e qu'une troisi&#232;me candidature de Marine Le Pen conduirait &#224; un nouvel &#233;chec. Finalement, c'est le retour en boomerang de cet argument qui a marginalis&#233; Zemmour, le vote Le Pen apparaissant au contraire, pour l'&#233;lectorat lep&#233;niste traditionnel, comme le seul moyen de faire chuter Macron. C'est cet argument du &#171; vote utile &#187; qui aura limit&#233; &#224; 7% l'impact &#233;lectoral de Zemmour et aussi celui du troisi&#232;me candidat d'extr&#234;me droite, Nicolas Dupont-Aignan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet se solde donc pour l'instant par un &#233;chec. Mais, malheureusement, ce premier tour aura confirm&#233; le vote Le Pen comme le premier vote exprim&#233; parmi les employ&#233;s et les ouvriers et sa forte pr&#233;sence dans les milieux populaires, notamment dans le Nord, l'Est et le pourtour m&#233;diterran&#233;en. D'ailleurs, pour essayer de renforcer son poids &#233;lectoral dans l'&#233;lectorat populaire, elle aura mis l'accent sur son image de &#171; seule candidate pouvant battre Macron &#187; en d&#233;veloppant un discours insistant moins sur les questions s&#233;curitaires ou d'immigration que sur la question de l'augmentation du pouvoir d'achat par une baisse de la fiscalit&#233; et des cotisations sociales sur les bas salaires. Tout en cultivant cette image populaire, elle aura tout fait pour appara&#238;tre cr&#233;dible vis-&#224;-vis du MEDEF et totalement compatible avec les cadres de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveaut&#233; de ce premier tour aura &#233;t&#233; &#233;galement le double mouvement de l'effacement quasi total du PS du panorama pr&#233;sidentiel et la consolidation &#233;lectorale de Jean-Luc M&#233;lenchon (La France insoumise, Union populaire pour la campagne &#233;lectorale). L&#224; aussi, ce troisi&#232;me &#171; vote utile &#187; aura siphonn&#233; les autres candidatures &#224; gauche, non seulement celle d'Anne Hidalgo, candidate du PS ramen&#233;e &#224; 1,75%, mais aussi celles d'EELV (Europe Ecologie Les Verts), du Parti communiste fran&#231;ais (PCF), du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et de Lutte ouvri&#232;re (LO). Dans des villes et des quartiers populaires ou aux Antilles, beaucoup se seront empar&#233;s du vote M&#233;lenchon pour faire barrage &#224; l'extr&#234;me droite d&#232;s le 1er tour et &#233;viter de devoir une nouvelle fois voter Macron pour &#233;liminer la menace de Le Pen. Mais le vote M&#233;lenchon a aussi &#233;t&#233; celui de la jeunesse des quartiers confront&#233;e au racisme, aux discriminations et aux violences polici&#232;res. Ainsi, en r&#233;gion parisienne, il aura conquis une premi&#232;re place dans l'ancienne ceinture rouge, perdue par le PCF depuis les ann&#233;es 2000, d&#233;passant les 50% &#224; Montreuil, La Courneuve, Aubervilliers, et totalisant pr&#232;s de 50% dans le d&#233;partement populaire de Seine Saint-Denis. De m&#234;me, l'&#233;volution de son discours sur le nucl&#233;aire et la place du combat pour le climat aura permis que son vote apparaisse aussi comme un vote pour l'action contre les changements climatiques et premier vote chez les jeunes de 18 &#224; 35 ans. Tout cela aura domin&#233;, effa&#231;ant pour beaucoup sa sympathie affich&#233;e pour Poutine, notamment lors des massacres en Syrie, et sa position ambigu&#235; sur l'agression russe en Ukraine. Ainsi, les semaines pr&#233;c&#233;dant le scrutin, une polarisation croissante s'est op&#233;r&#233;e &#224; gauche pour renforcer le vote M&#233;lenchon et rendre possible son accession au second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en prenant les habits pr&#233;sidentiels, M&#233;lenchon aura us&#233; abusivement de la personnalisation de cette &#233;lection et de sa fonction, personnalisation correspondant au caract&#232;re &#171; gazeux &#187; de son mouvement, La France Insoumise (LFI), r&#233;seau d'action sans aucune structuration d&#233;mocratique. M&#233;lenchon aura lui-m&#234;me, pour cette campagne, construit une coexistence ambivalente entre cette personnalisation et la mise sur pied autour de lui d'un large collectif, le &#171; Parlement de l'Union populaire &#187;, visant &#224; jouer le r&#244;le de passerelle entre le candidat et les mouvements sociaux. En cela, il r&#233;it&#233;rait l'attitude du PCF &#224; la fin des ann&#233;es 1990, cherchant &#224; s'affirmer comme le porte-parole du mouvement social dans les institutions en int&#233;grant sur ses listes des porte-parole du mouvement syndical et altermondialiste. De m&#234;me, la France insoumise a voulu, depuis le d&#233;but de la campagne, imposer le vote M&#233;lenchon comme le seul vote utile &#224; gauche, en ciblant explicitement les autres candidatures de gauche, alors que lui-m&#234;me aura annonc&#233; sa propre candidature depuis novembre 2020 sans jamais chercher &#224; mener le moindre d&#233;bat avec les autres forces de gauche et d'extr&#234;me gauche. D&#232;s lors, l'&#233;chec de M&#233;lenchon &#224; quelques encablures du deuxi&#232;me tour est aussi celui d'une politique h&#233;g&#233;moniste et n'est pas en premier lieu de la responsabilit&#233; des autres mouvements de gauche pr&#233;sents dans cette &#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, son &#233;chec et la division des forces de gauche qui pourtant rassemblent, additionn&#233;es, un nombre de voix comparable &#224; celui de l'extr&#234;me droite (31,94% pour les forces de gauche face aux 32,28% de l''extr&#234;me droite) posent d&#233;sormais sur la place publique un probl&#232;me politique. Des forces sociales, des courants militants, cherchent &#224; surpasser les &#233;checs et les trahisons de la gauche social-d&#233;mocrate et sa soumission au lib&#233;ralisme capitaliste. Le d&#233;bat sur cet &#233;chec et sur les axes d'une n&#233;cessaire mobilisation politique et sociale face aux d&#233;g&#226;ts du capitalisme n'a pas eu lieu. Le refus de se r&#233;signer &#224; cette situation &#233;tait un des messages essentiels de Philippe Poutou et de la campagne du NPA face &#224; l'urgence anticapitaliste. Aussi, le succ&#232;s de M&#233;lenchon prouve la r&#233;alit&#233; et la vigueur de ces forces, mais ses limites viennent aussi de l'absence de volont&#233; de convergences et d'actions communes. Malheureusement, pour l'instant, au-del&#224; du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, il semble &#233;vident pour la France insoumise que le seul avenir politique &#224; gauche doit se faire sous la banni&#232;re de l'Union populaire, &#224; commencer par les &#233;lections l&#233;gislatives de juin prochain pour lesquelles l'essentiel de leurs candidat&#183;e&#183;s ont d'ores et d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;s afin de maintenir et d'augmenter leur groupe parlementaire &#224; l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la prochaine &#233;tape est le second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. M&#234;me si les premiers sondages donnent Macron vainqueur, les &#233;carts sont bien plus &#233;troits qu'en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;lectorat populaire, certains iront rejoindre l'abstention, mais beaucoup vont mettre dans l'urne un bulletin Macron, pour faire barrage &#224; Le Pen, comme cela a &#233;t&#233; le cas en 2017. Ce choix se fera &#224; contrec&#339;ur m&#234;me si, apr&#232;s avoir men&#233; cinq ans d'attaques violentes contre les classes populaires, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; le fid&#232;le d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts capitalistes, Macron cherche entre les deux tours &#224; se parer d'un langage social et d'un vernis antifasciste pour se gagner des voix &#224; gauche, amendant m&#234;me partiellement son projet de nouvelles attaques contre les retraites. Cet apport de voix venant de la gauche est, avec les abstentionnistes du premier tour, la seule r&#233;serve &#233;lectorale qui lui reste pour gagner le second tour, ayant d&#233;j&#224; gagn&#233; l'essentiel des voix venant de la droite traditionnelle. Mais beaucoup, dans les classes populaires, ne pourront pas oublier les attaques orchestr&#233;es contre les gilets jaunes, les jeunes des banlieues, les violences polici&#232;res impunies, la r&#233;forme de l'assurance ch&#244;mage et la promesse de nouvelles attaques contre les retraites, les cadeaux incessants aux groupes capitalistes, le m&#233;pris colonial envers les populations des Antilles, de Kanaky et de Corse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une &#233;ventuelle &#233;lection de Marine Le Pen ne serait pas anodine, malgr&#233; la fa&#231;ade de respectabilit&#233; dont elle a voulu se parer les derni&#232;res semaines dans le pays, se servant m&#234;me de Zemmour comme faire-valoir pour manifester sa mod&#233;ration. Elle est l'h&#233;riti&#232;re et la d&#233;positaire de tous les courants les plus r&#233;actionnaires de l'extr&#234;me droite fran&#231;aise, et comporte dans ses rangs les id&#233;ologues et les d&#233;fenseurs des th&#232;ses racistes, x&#233;nophobes, h&#233;riti&#232;re aussi des courants les plus hostiles au mouvement ouvrier, aux luttes d'&#233;mancipation des peuples. Elle repr&#233;sente la b&#233;quille du grand patronat fran&#231;ais pour lui apporter son soutien lorsque les classes populaires se l&#232;vent, descendent dans la rue, pour d&#233;fendre ses droits et que l'ordre est menac&#233;. Elle prend alors fait et cause pour les forces de r&#233;pression, contre les manifestants, comme elle l'a fait lors des manifestations des gilets jaunes en novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, en aucun cas, un bulletin Le Pen ne pourrait &#234;tre une arme pour se d&#233;fendre face aux attaques men&#233;es ou &#224; venir de Macron. Au contraire, l'&#233;lection de la candidate du RN serait synonyme d'une aggravation qualitative de la situation des classes laborieuses, de divisions approfondies du camp des exploit&#233;&#183;e&#183;s et des opprim&#233;&#183;e&#183;s, faites d'une exacerbation des discriminations et des attaques contre les classes populaires racis&#233;es, synonyme aussi de nouvelles attaques contre les droits collectifs des salari&#233;&#183;e&#183;s et de leurs organisations, contre les libert&#233;s d&#233;mocratiques. De m&#234;me, un score &#233;lev&#233; en sa faveur, loin d'&#234;tre un avertissement pour sanctionner la politique r&#233;actionnaire de Macron, serait un encouragement suppl&#233;mentaire pour celui-ci sur les chemins de sa politique ultralib&#233;rale et s&#233;curitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, m&#234;me si la combativit&#233; sociale s'est largement manifest&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es en m&#233;tropole et dans les Outre-mer, dans les quartiers et les entreprises, la construction politique de notre camp social pour agir et d&#233;fendre un projet d'&#233;mancipation est un chantier sur les d&#233;combres de la social-d&#233;mocratie. Le succ&#232;s &#233;lectoral de M&#233;lenchon peut &#234;tre un point d'appui s'il n'est pas synonyme d'arrogance et de volont&#233; h&#233;g&#233;monique et d'absence de d&#233;bat. Dans tous les cas, la force affirm&#233;e de l'extr&#234;me droite et les annonces de nouvelles attaques de Macron contre les retraites et le syst&#232;me public de sant&#233;, la surdit&#233; et la passivit&#233; gouvernementale devant l'urgence climatique, la d&#233;t&#233;rioration galopante du pouvoir d'achat montrent l'urgence de la construction, sans attendre, d'un front d'action politique commun autour des urgences de l'heure, du combat contre le capitalisme. Cette question se posera d&#232;s les prochaines semaines quel que soit le r&#233;sultat du deuxi&#232;me tour. (Article re&#231;u ce 13 avril 2022)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Si on rapporte les r&#233;sultats du 1er tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au nombre d'inscrits, on obtient les pourcentages suivants : abstention : 26,3%, E. Macron : 20,1%, M. Le Pen : 16,7%, J.-L. M&#233;lenchon : 15,8%, E. Zemmour : 5,1%. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Christian Rioux et l'extr&#234;me droite : entre paresse et adh&#233;sion</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Christian-Rioux-et-l-extreme-droite-entre-paresse-et-adhesion</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Christian-Rioux-et-l-extreme-droite-entre-paresse-et-adhesion</guid>
		<dc:date>2022-04-19T11:14:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marcos Ancelovici</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans sa chronique du 15 avril 2022, Christian Rioux, correspondant du Devoir &#224; Paris, semble un peu d&#233;sorient&#233;. Il affirme en effet que Marine Le Pen n'est pas d'extr&#234;me droite et qu'elle propose m&#234;me un programme &#233;conomique de gauche. Quelques &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. Marcos Ancelovici est professeur de sociologie &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al (UQAM). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans sa chronique du 15 avril 2022, le correspondant du Devoir &#224; Paris s'efforce de d&#233;diaboliser et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-presidentielles-en-France-+" rel="tag"&gt;&#201;lections pr&#233;sidentielles en France&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/arton52467-841aa.png?1675564901' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans sa chronique du 15 avril 2022, Christian Rioux, correspondant du Devoir &#224; Paris, semble un peu d&#233;sorient&#233;. Il affirme en effet que Marine Le Pen n'est pas d'extr&#234;me droite et qu'elle propose m&#234;me un programme &#233;conomique de gauche. Quelques &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/marcos-ancelovici/blog/160422/christian-rioux-et-l-extreme-droite-entre-paresse-et-adhesion?at_medium=custom3&amp;at_campaign=67&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;. Marcos Ancelovici est professeur de sociologie &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al (UQAM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa chronique du 15 avril 2022, le correspondant du Devoir &#224; Paris s'efforce de d&#233;diaboliser et de normaliser Marine Le Pen. Non seulement cette derni&#232;re ne serait pas d'extr&#234;me droite, mais elle aurait en plus un &#171; programme &#233;conomique de gauche &#187; et serait une grande d&#233;mocrate. Christian Rioux prend bien soin d'omettre enti&#232;rement la mesure phare de Marine Le Pen, soit la &#171; priorit&#233; nationale &#187;. Alors, pas d'extr&#234;me droite Marine Le Pen ? Regardons-y de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le spectre de la &#171; priorit&#233; nationale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une de ses mesures phares est l'instauration de la &#171; priorit&#233; nationale &#187;, c'est-&#224;-dire la priorit&#233; d'acc&#232;s &#224; l'emploi, au logement, aux aides sociales, etc., aux personnes de nationalit&#233; fran&#231;aise. La mesure touchera &#233;galement les personnes binationales. Le &lt;a href=&#034;https://mlafrance.fr/pdfs/projet-controle-de-limmigration.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;programme de Marine Le Pen&lt;/a&gt; explique ainsi que : &#171; La loi pourra &#233;galement interdire l'acc&#232;s &#224; des emplois dans l'administration, des entreprises publiques et des personnes morales charg&#233;es d'une mission de service public aux personnes qui poss&#232;dent la nationalit&#233; d'un autre &#201;tat. &#187; Bref, la France de Marine Le Pen est possessive et revendique le monopole de l'all&#233;geance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure implique, entre autres, une ethnicisation de la nation. D'ailleurs, dans son programme Marine Le Pen annonce la couleur, si je puis dire : &#171; Le droit du Peuple fran&#231;ais de demeurer lui-m&#234;me impose des mesures appropri&#233;es en mati&#232;re de nationalit&#233;, identit&#233;, patrimoine et lutte contre le communautarisme. &#187; Elle encha&#238;ne en pr&#233;conisant la suppression du droit du sol au profit de la transmission de la nationalit&#233; par filiation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, Marine Le Pen s'oppose &#224; l'&#233;galit&#233; et introduit explicitement une hi&#233;rarchisation sur la base de crit&#232;res de nationalit&#233;. En plus d'&#234;tre grossi&#232;rement x&#233;nophobe, une telle mesure va directement &#224; l'encontre de la D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et du pr&#233;ambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui interdisent de subordonner l'acc&#232;s aux droits fondamentaux &#224; la nationalit&#233;. Par exemple, le pr&#233;ambule de la Constitution du 27 octobre 1946 affirme que &#171; Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut &#234;tre l&#233;s&#233;, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, comme le souligne &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/070422/le-projet-presidentiel-de-marine-le-pen-foule-aux-pieds-les-droits-fondamentaux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lucie Delaporte dans M&#233;diapart&lt;/a&gt;, la mise en place de la &#171; priorit&#233; nationale &#187; &#171; aurait des cons&#233;quences d&#233;vastatrices pour des millions de personnes. Priver potentiellement pr&#232;s de 5 millions de r&#233;sidents &#233;trangers, parmi lesquels 38 % d'Europ&#233;ens, de l'acc&#232;s au travail, au logement social, au RSA, aux allocations familiales ou aux soins m&#233;dicaux (hors situation d'urgence) provoquerait un chaos social difficile &#224; imaginer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle mesure requiert une r&#233;vision de la Constitution. Pour cela, Le Pen ne pourra pas passer par l'Assembl&#233;e nationale et le S&#233;nat&#8212;comme l'exige l'article 89 de la &lt;a href=&#034;https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Constitution de 1958&lt;/a&gt; en vigueur&#8212;car elle n'aura probablement pas la majorit&#233; n&#233;cessaire m&#234;me si elle est &#233;lue pr&#233;sidente. Elle entend donc invoquer l'article 11 de la Constitution pour contourner les institutions et mettre en place un r&#233;f&#233;rendum, comme l'avait fait de Gaulle en 1962 (comme le rappelle d'ailleurs Rioux dans sa chronique, comme si cela suffisait &#224; rendre la d&#233;marche l&#233;gitime et d&#233;mocratique). &#192; l'&#233;poque, de Gaulle avait ignor&#233; l'avis d&#233;favorable du Conseil constitutionnel. Or, selon &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2022/article/2022/04/15/quand-marine-le-pen-se-heurte-au-mur-de-la-constitution_6122365_6059010.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Levade&lt;/a&gt;, la pr&#233;sidente de l'Association fran&#231;aise de droit constitutionnel, &#171; Si Marine Le Pen d&#233;cidait de passer outre les d&#233;cisions du Conseil constitutionnel, on serait &#224; la limite du coup d'&#201;tat &#187;, coup d'&#201;tat qui serait &#171; susceptible de justifier une destitution &#187; (&#224; ce sujet, voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/politique/elections/en-realite-marine-le-pen-veut-contourner-le-parlement-20220414_R6NMRL7AIBFCDP6MDBVC3EWH5I/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'entrevue avec le constitutionnaliste et professeur de droit public &#224; l'Universit&#233; Paris 1, Dominique Rousseau&lt;/a&gt;). Bref, on repassera pour la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un programme &#233;conomique de gauche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du r&#233;gime politique, Marine Le Pen propose-t-elle un programme &#233;conomique de gauche, comme l'affirme Rioux ? Regardons d'abord le salaire minimum (le SMIC). Tandis que Jean-Luc M&#233;lenchon propose de le porter de 1269 &#224; 1400 euros net par mois, Le Pen, elle, a annonc&#233; qu'elle ne l'augmenterait pas et qu'elle miserait plut&#244;t sur des incitations fiscales pour les entreprises qui accepteraient d'augmenter de 10% le salaire de leurs employ&#233;.es. Certes, Marine Le Pen pr&#233;tend faire passer le minimum retraite de 917 &#224; 1000 euros par mois. C'est une augmentation. Mais Emmanuel Macron propose, lui, un minimum &#224; 1100 euros par mois tandis que M&#233;lenchon monte jusqu'&#224; 1400 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, comme le rappelle &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/290322/non-le-programme-economique-de-marine-le-pen-n-est-pas-de-gauche&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Romaric Godin&lt;/a&gt;, journaliste &#224; M&#233;diapart, malgr&#233; le saupoudrage de quelques mesures sur le pouvoir d'achat : &#171; Tr&#232;s clairement, l'approche &#233;conomique globale de Marine Le Pen penche (&#8230;) &#224; droite, d'autant que (&#8230;) les grandes positions de 2017 sur la retraite &#224; 60 ans, la d&#233;fense du droit du travail et les 35 heures ont disparu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, lorsqu'on regarde l'&#233;galit&#233; homme-femme&#8212;enjeu qu'on pourrait associer &#224; un programme &#233;conomique de gauche&#8212;on constate que Marine Le Pen est favorable aux in&#233;galit&#233;s et &#224; la domination masculine. Au niveau national, elle est plut&#244;t discr&#232;te sur la question. Au Parlement europ&#233;en, en janvier 2020, les membres de son parti ont vot&#233; contre une r&#233;solution sur les &#233;carts salariaux entre les femmes et les hommes et, en mars 2022, ils se sont abstenus d'appuyer un rapport appelant &#224; un &#171; renforcement de l'application du principe de l'&#233;galit&#233; des r&#233;mun&#233;rations entre hommes et femmes pour un m&#234;me travail ou un travail de m&#234;me valeur &#187;. (voir l'article de L&#233;na&#239;g Bredoux et Marine Turchi &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/130422/votes-programme-discours-les-postures-anti-femmes-de-marine-le-pen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, Marine Le Pen appr&#233;hende le statut des femmes principalement &#224; partir du prisme de la nation. Comme elle l'explique dans son programme &#233;lectoral : &#171; J'assume tr&#232;s clairement faire [le choix] de la natalit&#233;, celui de la continuit&#233; de la nation et de la transmission de notre civilisation gr&#226;ce &#224; notre mod&#232;le familial. Il s'agit d'inciter les familles fran&#231;aises &#224; concevoir plus d'enfants &#187;. Et lorsqu'elle &#233;voque les violences sexuelles et sexistes, c'est g&#233;n&#233;ralement pour les r&#233;duire &#224; un produit d&#233;riv&#233; de l'immigration, comme si les autres cat&#233;gories de la population &#233;taient exemptes de telles tares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques &#233;l&#233;ments sugg&#232;rent que Christian Rioux a non seulement du mal &#224; reconnaitre l'extr&#234;me droite mais aussi &#224; distinguer sa gauche de sa droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre paresse et adh&#233;sion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa chronique, le correspondant du Devoir affirme que dans la mesure o&#249; l'extr&#234;me droite serait un &#171; qualificatif que personne (&#8230;) n'arrive &#224; d&#233;finir pr&#233;cis&#233;ment &#187;, il serait paresseux, voire malhonn&#234;te et abusif, de d&#233;cr&#233;ter que Le Pen est d'extr&#234;me droite. Pourtant, pas la peine de s'engager dans de grands d&#233;bats s&#233;mantiques pour constater que le programme de Le Pen et l'histoire de son parti transpirent la x&#233;nophobie, le racisme, le sexisme et l'autoritarisme &#224; plein nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, plut&#244;t que de discuter s&#233;mantique, nous devrions nous demander pourquoi le correspondant du Devoir cherche &#224; normaliser, &#224; rendre acceptables, de telles positions. Serait-ce parce qu'il y adh&#232;re lui-m&#234;me ? Et on devrait aussi s'interroger sur les motivations d'un quotidien qui tient &#224; tout prix &#224; le maintenir en poste alors qu'il a pouss&#233; vers la sortie &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/668421/mes-adieux-au-devoir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Francine Pelletier&lt;/a&gt;, une chroniqueuse qui a eu le malheur d'&#233;crire quelques chroniques ambigu&#235;s sur la pand&#233;mie. Pourtant, jusqu'&#224; maintenant, la peste brune a tu&#233; bien davantage que la covid&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;sidentielle 2022 : M&#233;lenchon s'installe dans l'espace communiste, mais pas que&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Presidentielle-2022-Melenchon-s-installe-dans-l-espace-communiste-mais-pas-que</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Presidentielle-2022-Melenchon-s-installe-dans-l-espace-communiste-mais-pas-que</guid>
		<dc:date>2022-04-19T11:13:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Martelli</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec 21,95% des voix, Jean-Luc M&#233;lenchon a consolid&#233; son leadership sur la gauche. D&#233;cortiquant avec pr&#233;cision les r&#233;sultats du premier tour, Roger Martelli analyse le ph&#233;nom&#232;ne M&#233;lenchon et la fa&#231;on dont il s'installe dans les habits du PCF. &lt;br class='autobr' /&gt; 14 avril 2022 | tir&#233; de regards.fr http://www.regards.fr/actu/article/presidentielle-2022-comprendre-les-votes-du-premier-tour &lt;br class='autobr' /&gt;
Le vote du 10 avril est le coup d'envoi d'un immense bouleversement politique. Elle est loin la France de la &#171; bande des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH97/arton52442-29fdb.png?1674679826' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec 21,95% des voix, Jean-Luc M&#233;lenchon a consolid&#233; son leadership sur la gauche. D&#233;cortiquant avec pr&#233;cision les r&#233;sultats du premier tour, Roger Martelli analyse le ph&#233;nom&#232;ne M&#233;lenchon et la fa&#231;on dont il s'installe dans les habits du PCF.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;14 avril 2022 | tir&#233; de regards.fr&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/actu/article/presidentielle-2022-comprendre-les-votes-du-premier-tour&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.regards.fr/actu/article/presidentielle-2022-comprendre-les-votes-du-premier-tour&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote du 10 avril est le coup d'envoi d'un immense bouleversement politique. Elle est loin la France de la &#171; bande des quatre &#187; des ann&#233;es 1970-1980 avec le Parti socialiste de Fran&#231;ois Mitterrand, le Parti communiste de Georges Marchais, le RPR de Jacques Chirac et l'UDF de Val&#233;ry Giscard d'Estaing. Depuis plus longtemps la vie politique s'&#233;tait habitu&#233;e au dualisme de la droite et de la gauche. Or nous voil&#224; d&#233;sormais, non pas devant deux ou quatre p&#244;les, mais face &#224; trois familles plus ou moins identifi&#233;es et d'importance voisine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6559 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L488xH400/1f5ddaf181ed4c05-9134ae4e-e48ad.png?1717477362' width='488' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re famille est la gauche, qui est sortie dimanche de sa torpeur. &#192; partir des ann&#233;es 1970, on l'avait vu osciller entre 36 et 47% des suffrages exprim&#233;s au premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. En 2017, elle a &#233;t&#233; ramen&#233;e, gr&#226;ce &#224; l'outsider Macron et &#224; son refus du clivage fondateur, au niveau bien plus modeste de 27,7%. Depuis, les scrutins dits &#171; interm&#233;diaires &#187; (cantonal, r&#233;gional ou europ&#233;en) ne donnaient aucun signe d'un retour possible aux scores de gauche d'antan et les sondages, depuis plus d'un an, sugg&#233;rait inlassablement que cette gauche restait enlis&#233;e dans une fourchette de 25 &#224; 28%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; l'arriv&#233;e, la gauche a gagn&#233; 3,9 points. Le total des suffrages accord&#233;s &#224; Yannick Jadot et &#224; Anne Hidalgo retrouve certes &#224; peine les 6,3% de Beno&#238;t Hamon en 2017, tandis que Nathalie Arthaud et Philippe Poutou voient leur base &#233;lectorale se r&#233;duire encore de 0,4 points. Le gain provient de Jean-Luc M&#233;lenchon (+1,9 points, obtenus cette fois sans le PC), auxquels s'ajoutent les voix du secr&#233;taire national du PCF, Fabien Roussel (2,4 points). Au total, la &#171; gauche de gauche &#187; (25,2%) a confort&#233; son poids dans la gauche fran&#231;aise. Avec M&#233;lenchon, on trouve donc &#224; nouveau une force largement dominante &#224; gauche ; mais ce n'est plus ni le PC, depuis longtemps marginalis&#233;, ni le PS, d&#233;sormais subclaquant.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le bilan du premier tour est donc simple. Trois candidats trustent les trois quarts des suffrages et chacun domine son camp. Le Pen a jugul&#233; les turbulences d'une extr&#234;me droite renforc&#233;e ; Macron, le chef solitaire, a &#233;cras&#233; ce qui restait de la droite organis&#233;e ; M&#233;lenchon a consolid&#233; son leadership sur la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, on sait que Macron a progressivement &#233;rod&#233; le champ de la droite issue du chiraquisme ; en 2022, l'&#233;rosion laisse la place &#224; l'effondrement. Pourtant, la victoire macronienne s'av&#232;re &#224; double tranchant. Le Jupiter &#233;lys&#233;en pensait que, devenu chef de guerre, il allait se repa&#238;tre des d&#233;pouilles et d&#233;passer un seuil de 30% confortant d&#233;finitivement son h&#233;g&#233;monie. En fait, en m&#234;me temps que la malheureuse Val&#233;rie P&#233;cresse voyait ses chances s'amenuiser dans les sondages, le Pr&#233;sident lui-m&#234;me a perdu peu &#224; peu de son avance. Au bout du compte, avec 28%, il progresse autant que la gauche (+3,9 points), mais le total de la droite dite classique recule de 9 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion est vite tir&#233;e : c'est l'extr&#234;me droite qui b&#233;n&#233;ficie de la d&#233;b&#226;cle de Val&#233;rie P&#233;cresse. Marine Le Pen en est la premi&#232;re b&#233;n&#233;ficiaire. Les commentaires insistent souvent sur la d&#233;faite d'&#201;ric Zemmour. Par rapport &#224; ses immenses ambitions de d&#233;part, il peut certes &#234;tre extr&#234;mement d&#233;&#231;u. Mais il a ouvert la voie au passage d'une partie de la droite vers l'extr&#234;me droite, il a banalis&#233; malgr&#233; lui le discours de Le Pen qui ne se privait pas de d&#233;noncer les &#171; exag&#233;rations &#187; du journaliste entr&#233; dans l'ar&#232;ne et il est le seul &#224; avoir d&#233;pass&#233; les 5%, loin derri&#232;re le trio gagnant de t&#234;te. Au bout du compte, il a boost&#233; l'extr&#234;me droite et a contribu&#233; &#224; ce que ce camp augmente son score de plus de cinq points par rapport &#224; 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan du premier tour est donc simple. Trois candidats trustent les trois quarts des suffrages et chacun domine son camp. Marine Le Pen a gagn&#233; la bataille de l'extr&#234;me droite, en montrant que la pr&#233;gnance id&#233;ologique de cette famille &#8211; l'inqui&#233;tude, la protection nationale et la fermeture &#8211; pouvait se transformer en capital politique et &#233;lectoral. Emmanuel Macron a confirm&#233; qu'il &#233;tait devenu le chef de file d'une droite conjuguant le lib&#233;ralisme &#233;conomique, l'autorit&#233; et la &#171; globalisation &#187; ; mais sa victoire est au prix d'une d&#233;sorganisation politique que LREM a &#233;t&#233; bien incapable d'exploiter. Quant &#224; Jean-Luc M&#233;lenchon, il a install&#233; un peu plus l'id&#233;e qu'il &#233;tait la personnalit&#233; centrale &#224; gauche. Ses errements strat&#233;giques post-2017, sa posture h&#233;g&#233;monique et et son refus de la gauche &#8211; la &#171; g&#244;che &#187; &#8211;, l'ont contraint &#224; redoubler d'effort. Sa derni&#232;re ligne droite, impeccable, a permis son succ&#232;s et, d'une certaine mani&#232;re a masqu&#233; la grande faiblesse de la gauche. Au total, Le Pen a jugul&#233; les turbulences d'une extr&#234;me droite renforc&#233;e ; Macron, le chef solitaire, a &#233;cras&#233; ce qui restait de la droite organis&#233;e ; M&#233;lenchon a consolid&#233; son leadership sur la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour sur le ph&#233;nom&#232;ne M&#233;lenchon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun individu n'est &#224; lui seul le deus ex machina de ce qui sort des mouvements tumultueux de la soci&#233;t&#233;. Mais Jean-Luc M&#233;lenchon est celui qui a r&#233;ussi &#224; donner le coup de pouce permettant de surmonter la question lancinante de plus de deux d&#233;cennies : comment raccorder la critique sociale souvent bouillonnante &#171; d'en bas &#187; et un syst&#232;me politique manifestement ankylos&#233; ? Du coup, il a donn&#233; &#224; la campagne pr&#233;sidentielle le souffle de cet engagement populaire massif que le PC d'autrefois &#233;tait le seul &#224; entretenir. Par la ma&#238;trise des relais que constituent les r&#233;seaux sociaux, il est parvenu &#224; toucher et a contribu&#233; &#224; ce qui frappe aujourd'hui les observateurs : les cat&#233;gories populaires actives continuent certes &#224; bouder davantage que les autres le chemin des urnes, mais &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/actu/article/la-jeunesse-emmerde-le-front-national-mais-aussi-emmanuel-macron&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la jeunesse, elle, a vot&#233;&lt;/a&gt;comme elle ne l'avait jamais fait auparavant. Elle l'a fait en votant largement M&#233;lenchon, comme le montrent tous les sondages.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH365/759c5694482e546a-14e1f546-7eb07.png?1717477362' width='500' height='365' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le vote M&#233;lenchon a confirm&#233; la texture nationale acquise en 2017. Aujourd'hui, il est au-dessus de 13% dans la totalit&#233; des d&#233;partements. Il a donc renforc&#233; ses lignes de force ; il les a en m&#234;me temps d&#233;plac&#233;es. En 2017, sur les dix d&#233;partements o&#249; il avait les plus forts pourcentages, trois seulement &#233;taient franciliens ; d&#233;sormais ils sont au nombre de sept. D&#232;s 2012, le vote M&#233;lenchon s'&#233;tait install&#233; au c&#339;ur de la France m&#233;tropolitaine. Il le fait plus encore aujourd'hui, ce dont t&#233;moignent avec &#233;clat l'arriv&#233;e de Paris et du Rh&#244;ne dans le peloton de t&#234;te (30% et 25%). Jean-Luc M&#233;lenchon fait des scores historiques en banlieue parisienne et s'installe ainsi dans les habits du PC. En revanche, il fl&#233;chit dans des territoires longtemps marqu&#233;s par la culture politique communiste (Aisne, Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, Cher, Dordogne, Allier, Pas-de-Calais) qui ne rel&#232;vent pas totalement de la sociabilit&#233; banlieusarde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH420/b9903327617e0b7d-e4eb3662-629d2.png?1717477362' width='500' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La potion am&#232;re du PC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF a laiss&#233; entendre &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/actu/article/pcf-les-paris-d-un-congres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#232;s son Congr&#232;s de la fin 2018&lt;/a&gt; qu'il y aurait une candidature communiste. Il invoquait deux raisons pour cela : l'attitude d'un M&#233;lenchon maltraitant et m&#233;prisant ses alli&#233;s communistes ; le fait que, selon lui, les absences du candidat communiste dans le scrutin le plus structurant (quatre fois depuis 1965) avait contribu&#233; &#224; son recul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce second argument est historiquement discutable : depuis 1981, l'&#233;lectorat communiste se contracte que le PC soit pr&#233;sent ou non &#224; la pr&#233;sidentielle. En revanche, dans un paysage politique &#233;clat&#233; &#224; gauche, la candidature communiste n'&#233;tait pas au d&#233;part moins l&#233;gitime que les autres. Ce choix relevait du pari, et pas des proc&#232;s en l&#233;gitimit&#233; ou ill&#233;gitimit&#233;. Un pari se gagne ou se perd : celui-l&#224; a &#233;t&#233; perdu et ce n'est pas une surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, le Parti communiste a-t-il obtenu une certaine reconnaissance de son secr&#233;taire national dans l'espace public. Fabien Roussel a attir&#233; l'attention par son dynamisme et son optimisme, son sens de la r&#233;partie et son choix &#8211; a priori discutable &#8211; de prendre le contre-pied sur des sujets &#171; chauds &#187; (le nucl&#233;aire, la la&#239;cit&#233;, l'alimentation) pour faire la diff&#233;rence avec ses concurrents de gauche. Dans un sondage Ifop post-&#233;lectoral, Roussel est plac&#233; au troisi&#232;me rang de ceux dont la campagne a &#233;t&#233; jug&#233;e &#171; bonne &#187;, derri&#232;re Le Pen et M&#233;lenchon. En tout cas, une partie de l'actif militant a sembl&#233; se retrouver dans ce style et, au d&#233;but de l'ann&#233;e, les sondages se mettaient m&#234;me &#224; sugg&#233;rer une consolidation des intentions de vote, qui fr&#244;l&#232;rent parfois &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/actu/article/jadot-et-pecresse-endettes-ces-appels-aux-dons-qui-passent-mal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'eldorado des 5%.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la bonne opinion n'est pas le vote et les espoirs communistes ont &#233;t&#233; d&#233;&#231;us. Le 10 avril, Roussel doit se contenter d'un petit 2,4% qui le situe entre le mauvais r&#233;sultat de Robert Hue en 1995 (3,4%) et le catastrophique score de Marie-George Buffet en 2007 (1,9%). Le PCF, scrutin apr&#232;s scrutin, se maintient dans les eaux de la marginalit&#233; (2,7% aux l&#233;gislatives de 2017 ; 2,5% aux europ&#233;ennes de 2019).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L400xH452/0cabf66a34d0a5a8-103b1521-74f53.png?1717477362' width='400' height='452' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Roussel fait mieux que la moyenne nationale dans 45 d&#233;partements : &#224; l'exception attendue du Nord, ils correspondent &#224; des territoires d'implantation communiste forte, mais historiquement moins industriels et urbains que les &#233;cosyst&#232;mes de la &#171; banlieue rouge &#187;. Sur l'ensemble du territoire m&#233;tropolitain, Fabien Roussel gagne 0,4 point sur Marie-George Buffet et il fait m&#234;me un peu mieux que cette augmentation moyenne dans 59 d&#233;partements, qui ne correspondent pas vraiment au visage classique de l'implantation communiste (Corr&#232;ze, Allier, Haute-Vienne&#8230;), ou m&#234;me qui se sont souvent caract&#233;ris&#233;s par la faiblesse historique du vote communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, proportionnellement, il recule dans les territoires de forte influence ancienne et notamment en &#206;le-de-France, sur le pourtour m&#233;diterran&#233;en, dans le Centre et l'Auvergne. Son recul b&#233;n&#233;ficie bien s&#251;r &#224; M&#233;lenchon, qui explose dans les espaces m&#233;tropolitains, notamment de la r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6563 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH395/aceb98fc9f72ad38-f38ddf43-d64cb.png?1717477362' width='500' height='395' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le communisme municipal r&#233;siste-t-il mieux que les autres ? &#192; peine. Les tableaux ci-dessous en donnent la mesure. Ces totalisations portent sur un peu plus de 130 communes de plus de 3500 habitants qui ont un maire communiste ou &#171; apparent&#233; &#187;, le tout repr&#233;sentant une population d'environ 2 millions d'habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ensemble, Fabien Roussel obtient 5,6% &#8211; deux fois son score national &#8211; et M&#233;lenchon 21,6%. Mais la ventilation des votes varie avec la taille de la commune : le score de M&#233;lenchon passe ainsi de 30% en moyenne dans les villes de plus de 10.000 habitants &#224; tout juste 20% dans les communes qui ont entre 3500 et 5000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les zones m&#233;tropolis&#233;es, et plus particuli&#232;rement chez les jeunes et dans les quartiers populaires, le vote M&#233;lenchon progresse de 3,4 points depuis 2017 et le vote Roussel recule de 1,4 point sur le vote Buffet de 2017. Du coup, dans cette tranche de communes le vote Roussel et le vote M&#233;lenchon s'additionnent et permettent &#224; la gauche d'enregistrer une progression de six points, tandis que la droite recule et que l'extr&#234;me droite progresse moins qu'ailleurs. Au contraire, dans les communes moins peupl&#233;es, Roussel recule sur Buffet, mais M&#233;lenchon perd plus encore. Du coup, la gauche dans son ensemble stagne ou recule l&#233;g&#232;rement ; quant au fl&#233;chissement de la droite classique, il est y compens&#233; par une pouss&#233;e plus forte de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6564 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L450xH400/bb33077b95d02279-7bfb29df-4699b.png?1717477363' width='450' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le panorama de l'&#206;le-de-France accentue encore le trait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6565 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH432/9c728cfb06b03cff-00af5302-c3619.png?1717477363' width='500' height='432' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La moyenne des abstentions dans chaque ville dissimule d'importantes in&#233;galit&#233;s internes. L'analyse par bureau de vote montrerait sans nul doute d'importantes diff&#233;rences de mobilisation, les quartiers jeunes et populaires ayant port&#233; une progression spectaculaire du vote M&#233;lenchon. Dans les villes franciliennes communistes, le leader de l'Union populaire passe en effet de 33,3% &#224; 44,4%, soit une augmentation de pr&#232;s d'un tiers de son niveau de 2017. En revanche, Roussel est en retrait sensible sur le vote Buffet de 2007, passant de 5,1% &#224; 3,4%, soit une baisse d'un tiers. Dans le m&#234;me temps, Marine Le Pen et Macron marquent le pas, en perdant environ un dixi&#232;me de leur r&#233;sultat de 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, le communisme municipal a montr&#233; une fois de plus une diversification qui alt&#232;re son image et sa coh&#233;rence historique. Les villes moyennes &#233;loign&#233;es des centres m&#233;tropolitains sont tent&#233;es par une certaine image de l'identit&#233; communiste qui limite le transfert vers un vote M&#233;lenchon. Par contre, les banlieues rouges plus jeunes sont port&#233;es &#224; utiliser le vote M&#233;lenchon, ce qui peut en faire un substitut possible du style communiste municipal. Au total, l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des comportements &#233;lectoraux dans les villes communistes tend &#224; s'accro&#238;tre, mais au risque d'une divergence accentuant la fragilisation entam&#233;e en 1984.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premier tour, premi&#232;re &#233;tape&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier tour de la pr&#233;sidentielle laisse les ruines du dispositif politique qui a &#171; fait &#187; l'histoire politique de la Cinqui&#232;me R&#233;publique. Le PCF a confirm&#233; la profondeur de son d&#233;clin national, sans que le temps paraisse venu d'un r&#233;ancrage territorial. Le PS et les R&#233;publicains, ces pivots de l'affrontement droite-gauche depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980, sont au bord de l'effacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En chiffres bruts, le bilan de ce premier tour est limpide : la droite, sous toutes ses formes cumul&#233;es, est archi majoritaire. Emmanuel Macron est en t&#234;te dans un peu plus du tiers des communes de la France m&#233;tropolitaine, Marine Le Pen dans pr&#232;s de 60% et Jean-Luc M&#233;lenchon dans un peu plus de 8% d'entre elles. Toujours en m&#233;tropole, Macron est en t&#234;te dans 265 circonscriptions l&#233;gislatives, Le Pen dans 205 et M&#233;lenchon dans 105. Comment cela se traduira-t-il aux l&#233;gislatives, dans quelles configurations politiques et pour quelles majorit&#233;s ? On le saura dans quelques mois et, entre temps, le second round pr&#233;sidentiel contribuera, d'une fa&#231;on ou d'une autre, &#224; remodeler le paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas de figure, des enjeux redoutables attendent les forces politiques, existantes ou &#224; venir. Les turbulences du monde et le paroxysme annonc&#233; de la crise &#233;cologique en sont les plus imm&#233;diats. Les effets d&#233;structurants des in&#233;galit&#233;s en compliqueront la solution. Mais au-del&#224;, dans l'espace proprement politique, un double enjeu s'affirme : comment et autour de quel projet r&#233;unifier des forces sociales &#233;clat&#233;es ? Cette complexit&#233; est bien plus grande que ne le sugg&#232;rent les visions dualistes du haut et du bas, du in et du out, ou du centre et de la p&#233;riph&#233;rie. &#192; cela s'ajoute un enjeu sp&#233;cifique pour la gauche : elle est &#224; la fois revigor&#233;e et d&#233;s&#233;quilibr&#233;e. Elle vivait historiquement, depuis plus d'un si&#232;cle, sur la concurrence entre une gauche port&#233;e vers la rupture et une autre attir&#233;e davantage par l'accommodement. Ce dilemme a-t-il disparu ? Doit-il &#234;tre poursuivi, et, si oui, sous quelle forme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Martelli&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France. Analyse critique du vote aux pr&#233;sidentielles en 2017 et 2022</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/France-Analyse-critique-du-vote-aux-presidentielles-en-2017-et-2022</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/France-Analyse-critique-du-vote-aux-presidentielles-en-2017-et-2022</guid>
		<dc:date>2022-04-19T11:13:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexander Neumann</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour avoir une image claire des r&#233;sultats &#233;lectoraux, je pars des chiffres absolus en voix pour les comparer avec l'&#233;lection pr&#233;c&#233;dente (une m&#233;thode qui me vient du fondateur du d&#233;partement de sciences politiques de Paris 8, Jean-Marie Vincent). &lt;br class='autobr' /&gt; 13 avril 2022 | tir&#233; du site alencontre.org &lt;br class='autobr' /&gt;
Les faits marquants qui apparaissent pour le premier tour de la pr&#233;sidentielle sont, &#224; mon sens, la mont&#233;e importante de la gauche en soutien aux luttes, l'effondrement de la droite bourgeoise, et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-presidentielles-en-France-+" rel="tag"&gt;&#201;lections pr&#233;sidentielles en France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-04-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-04-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton52443-887f2.png?1675564902' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour avoir une image claire des r&#233;sultats &#233;lectoraux, je pars des chiffres absolus en voix pour les comparer avec l'&#233;lection pr&#233;c&#233;dente (une m&#233;thode qui me vient du fondateur du d&#233;partement de sciences politiques de Paris 8, Jean-Marie Vincent).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;13 avril 2022 | tir&#233; du site &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/france/france-analyse-critique-du-vote-aux-presidentielles-en-2017-et-2022.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;alencontre.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits marquants qui apparaissent pour le premier tour de la pr&#233;sidentielle sont, &#224; mon sens, la mont&#233;e importante de la gauche en soutien aux luttes, l'effondrement de la droite bourgeoise, et la polarisation relativement faible de ce groupe par les discours explicitement racistes de Zemmour. Cela dans un contexte o&#249; les droites perdent presque 3 millions de voix dans leur totalit&#233;, compar&#233; &#224; 2017. En revanche, l'effet Gilets jaunes a bien eu lieu, de mani&#232;re massive, et se conjugue avec une mont&#233;e de la gauche, qui gagne 1 550 000 voix au total (malgr&#233; l'effondrement du PS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abstention et effondrements &#224; droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier fait &#233;lectoral est l'abstention qui passe de 10,5 millions d'inscrits &#224; 13 millions en 2022. L'abstention de 2,5 millions d'&#233;lecteurs frappe la droite dans sa globalit&#233;. Je ne confonds pas Macron et Le Pen, mais pour donner une id&#233;e globale des &#233;volutions du champ politique, je compare ici le score total des diff&#233;rentes droites en 2017 et 2022 (car elles connaissent des transferts de voix internes, par exemple entre Les R&#233;publicains (LR) et Macron, LR et Zemmour, etc.). Au total, les droites perdent ainsi 2 831 000 voix, donc presque trois millions. Le total des droites passe de 25 641 000 voix au premier tour de 2017 &#224; 22 810 000 voix en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Macron ne profite pas pleinement de l'implosion de la droite traditionnelle, et du potentiel des votes Fillon/P&#233;cresse, car il gagne en tout et pour tout 1 million de voix sur la droite, passant de 8,7 &#224; 9,7 millions cette fois, aid&#233; par l'effet nationaliste li&#233; au contexte international et par de nombreux ralliements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abstention de 2,5 millions d'&#233;lecteurs et &#233;lectrices frappe enti&#232;rement la droite r&#233;actionnaire, bourgeoise et traditionnelle (hors extr&#234;me droite), si l'on compare le score cumul&#233; de Fillon/Dupont-Aignan/Cheminade/Asselineau avec le score de P&#233;cresse/Dupont Aignan en 2022. Ce groupe passe de 25,7% &#224; seulement 6,7% de l'&#233;lectorat en 2022 (P&#233;cresse/Dupont-Aignan). Comme Le Pen ne perd aucune voix entretemps, le fait Zemmour peut &#234;tre vu comme la radicalisation raciste ou fasciste d'une partie tr&#232;s minoritaire de ce groupe r&#233;actionnaire traditionnel, bourgeois et &#226;g&#233;. Cette faible proportion (7% sur un potentiel de 25%) contraste avec la surm&#233;diatisation &#233;vidente et la surestimation sondagi&#232;re de Zemmour. Le fantasme raciste de Zemmour, qui a sp&#233;cul&#233; sur un &#171; vote cach&#233; &#187; et une restructuration du champ politique autour de son discours, ne s'est pas concr&#233;tis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me droite progresse clairement au premier tour, si l'on consid&#232;re les scores de Le Pen et de Zemmour (2,4 mio pour ce dernier), mais sa progression globale dans la soci&#233;t&#233; reste toute relative, car elle se fait enti&#232;rement au d&#233;triment du groupe r&#233;actionnaire plus traditionnel qui perd des millions de voix en m&#234;me temps. Marine Le Pen profite faiblement de cette dislocation r&#233;actionnaire, passant de 7,7 millions &#224; 8,1 millions de voix. Le score cumul&#233; de l'extr&#234;me droite, Zemmour inclus, correspond presque exactement au nombre de voix de l'extr&#234;me droite au second tour de 2017 : 10,5 millions de voix pour Le Pen. Il faut certes aujourd'hui y ajouter l'apport de 700 000 voix de Dupont Aignan qui appelle &#224; voter pour elle. Tous les commentateurs s'accordent sur le fait que Marine Le Pen a obtenu son score haut par contraste avec le racisme explicite de Zemmour, tandis qu'elle a progress&#233; en escamotant son arrimage &#224; l'extr&#234;me droite, en parlant de chats et de pouvoir d'achat. Rappelons que des fascismes historiques ont progress&#233; gr&#226;ce &#224; une propagande raciste ouverte, explicite et massive, alors qu'ici l'extr&#234;me droite trouve sa limite lorsque son racisme est fortement revendiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des chiffres, &#224; savoir la perte nette de presque 3 millions d'&#233;lecteurs &#224; droite, et au vu de la contre-performance des droites r&#233;actionnaires et racistes les plus expos&#233;es, il est raisonnable de dire que la droitisation de la soci&#233;t&#233; n'existe pas dans les urnes, globalement. Il s'agit davantage d'un souhait de journalistes de droite et du d&#233;sir d'un Zemmour qui a imagin&#233; un &#171; vote cach&#233; &#187; &#8211; qui n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Progression nette &#224; gauche et effet Gilets jaunes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233;, la gauche gagne plus de 1,5 million de voix si l'on compare la campagne M&#233;lenchon de 2017 (7 millions de voix) avec les scores cumul&#233;s en 2022 de M&#233;lenchon (7,7 millions de voix) et de la candidature PCF auparavant en soutien de M&#233;lenchon (Roussel : 800 000 voix), donc 8,5 millions pris ensemble. Un gain de 4,6% suppl&#233;mentaires. Il est vrai qu'une petite partie de cette progression provient des autres p&#244;les de la gauche qui baissent l&#233;g&#232;rement, d'environ 230 000. Le score du centre-gauche reste identique &#224; 6,3%, mais cela implique une perte de 100 000 voix par rapport &#224; 2017 (jadis Hamon soutenu par le PS, EELV et Jadot) compar&#233; aux candidatures Jadot et Hildago : 2,2 millions de voix actuellement. L'extr&#234;me gauche NPA/LO passe de 630 000 &#224; quelque 500 000 voix en 2022 (1,3%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, l'effet Gilets jaunes &#8211; et gr&#232;ves anti-Macron &#8211; a donc bien eu lieu, puisque la gauche qui a encourag&#233; ces luttes progresse fortement d'un point de vue global. Alors que le PS &#8211; qui ne les a pas soutenues &#8211; tombe &#224; 600 000 voix. Le score total des gauches culmine n&#233;anmoins &#224; 9,6 millions de voix aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoute &#224; cela l'effet de la candidature Lassalle (politiquement issu de la r&#233;sistance au nazisme et du centre-droit), port&#233;e cette fois par un &#233;lectorat populaire tr&#232;s marqu&#233; par la mobilisation des Gilets jaunes, surtout dans son fief des Pyr&#233;n&#233;es. Ax&#233;e sur l'introduction du r&#233;f&#233;rendum d'initiative citoyen (RIC), de l'allocation jeunes et sur l'opposition au recul de l'&#226;ge l&#233;gal de retraite, cette candidature centriste passe de 1,2% &#224; 3,1% et de 430 000 voix &#224; 1,1 million en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fallait estimer un effet &#171; Gilets jaunes &#187; sur le plan &#233;lectoral, ce serait donc un m&#233;lange de la progression d'environ 1,5 million d'&#233;lecteurs et &#233;lectrices &#224; gauche, de 700 000 chez Lassalle. Tableau renforc&#233; par l'abstention de quelques millions d'&#233;lecteurs qui ont d&#233;sert&#233; la droite traditionnelle &#8211; sans rejoindre Macron ou l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dynamique, jeunesse, mouvement &#233;galitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La progression nette de la gauche de lutte intervient malgr&#233; un contexte d&#233;favorable, l'absence de convergences &#224; gauche ou d'&#233;lans unitaires, l'absence de d&#233;bat public clair et une priorit&#233; m&#233;diatique accord&#233;e &#224; des th&#232;mes de droite, la sortie lente et progressive de la chape de plomb du Covid, la sid&#233;ration face &#224; la guerre en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche, d&#233;sormais largement expurg&#233;e de sa composante n&#233;olib&#233;rale, retrouve son niveau apr&#232;s 68, avec 31% comme aux &#233;lections de 1969. A l'&#233;poque, tous les regards &#233;taient tourn&#233;s vers la construction de mouvements &#233;galitaires, port&#233;s par la jeunesse, compatibles avec le syndicalisme de lutte, afin d'&#233;carter les vieilles droites militaristes, colonialistes et patronales. Aujourd'hui, la gauche arrive nettement en t&#234;te chez les jeunes de moins de 30 ans, consolide le vote populaire, les positions pro-syndicales, et gagne en dynamisme, y compris sur le plan antifasciste. Gilets jaunes et mouvements d&#233;mocratiques, gr&#232;ves massives et interprofessionnelles contre les r&#233;formes Macron, contre la destruction des services publics et la s&#233;lection &#224; l'Universit&#233;, manifestations de masse contre les violences polici&#232;res et le racisme, marches pour le climat, mobilisations f&#233;ministes, pacifistes : les derni&#232;res ann&#233;es sont et restent marqu&#233;es par des mouvements &#233;galitaires. Elles ont trouv&#233; un d&#233;but de traduction palpable dans la construction de la gauche, et dans le discr&#233;dit de la droite, y compris dans les urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours m&#233;diatique de droite, qui pr&#233;tend &#224; tort que la soci&#233;t&#233; se &#171; droitise &#187; en bloc, que la jeunesse serait polaris&#233;e par l'extr&#234;me droite (discours totalement erron&#233;) ou encore que les classes populaires seraient tent&#233;es en bloc par le fascisme n'est que propagande r&#233;actionnaire. Ce discours ne s'est v&#233;rifi&#233; dans aucun mouvement majeur, ni dans les urnes. Ce n'est pas parce que ce discours est r&#233;p&#233;t&#233; cent fois qu'il devient vrai. Aux r&#233;gionales, municipales et au premier tour des pr&#233;sidentielles, ce discours r&#233;actionnaire s'est trouv&#233; &#224; chaque fois contredit par la r&#233;alit&#233; des chiffres. De m&#234;me, aucun transfert de voix significatif ne peut &#234;tre constat&#233; entre les candidatures de gauche et de droite (extr&#234;me). La lubie d'une circulation des votes populaires entre M&#233;lenchon et Le Pen n'a jamais &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e empiriquement. D'ailleurs, les deux candidatures ont progress&#233; parall&#232;lement, et non par vases communicants, ce qui ne semble pas perturber les journalistes de droite qui proclament une circularit&#233; entre ces candidatures. Certes, il existe un vote de droite ou d'extr&#234;me droite, minoritaire, chez les syndiqu&#233;s, mais ce constat est d&#233;j&#224; tr&#232;s ancien (voir les &#233;tudes sur L'ouvrier conservateur de Jacques Capdevielle et Ren&#233; Mouriaux, La personnalit&#233; autoritaire, de Theodor W. Adorno, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de s'affranchir de la propagande r&#233;actionnaire, qui ne nous aide en rien &#224; combattre les dangers r&#233;els des mouvements racistes et fascistes &#8211; dans les mouvements, dans la rue, dans le syndicalisme et aux &#233;lections. Certes, la crise capitaliste actuelle nourrit des r&#233;flexes autoritaires de toutes sortes, r&#233;els, qu'il s'agit de conjuguer par des mobilisations d&#233;mocratiques, mais rien ne prouve pour l'instant que les fascistes sont en train de gagner la partie. Disons au contraire que la soci&#233;t&#233; commence objectivement &#224; se gauchiser, &#224; se f&#233;miniser, &#224; s'&#233;cologiser, &#224; se rajeunir politiquement, &#224; se d&#233;sint&#233;resser des obsessions identitaires des mass media, &#224; s'internationaliser. Cela n'emp&#234;chera pas la majorit&#233; des flics, des patrons et cadres du priv&#233;, des retrait&#233;s de la moyenne bourgeoisie, de voter &#224; droite. Mais changer de disque nous fera du bien et nous facilitera le dialogue avec la jeunesse qui commence &#224; tourner &#224; gauche. (Article re&#231;u le 13 avril 2022)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alexander Neumann est professeur &#224; Paris 8 (Vincennes, Saint-Denis)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Humiliation civique</title>
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		<dc:date>2022-04-19T11:12:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Barbara Cardin</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections pr&#233;sidentielles en France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#199;a y est, nous y sommes, retour au commencement pour les citoyens fran&#231;ais, press&#233;s de choisir encore une fois entre la peste et le chol&#233;ra. &lt;br class='autobr' /&gt; On y a cru pourtant &#8230; quand on a vu, dans les derni&#232;res semaines de campagne, un &#233;lan populaire in&#233;dit autour des valeurs sociales et &#233;cologiques, quand on a vu les intentions de vote pour Jean Luc M&#233;lenchon s'emballer, quand a vu les habitants des quartiers et les jeunes se mobiliser &#8230; enfin ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis il y a eu cette soir&#233;e interminable, Lepen et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-04-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-04-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#199;a y est, nous y sommes, retour au commencement pour les citoyens fran&#231;ais, press&#233;s de choisir encore une fois entre la peste et le chol&#233;ra.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On y a cru pourtant &#8230; quand on a vu, dans les derni&#232;res semaines de campagne, un &#233;lan populaire in&#233;dit autour des valeurs sociales et &#233;cologiques, quand on a vu les intentions de vote pour Jean Luc M&#233;lenchon s'emballer, quand a vu les habitants des quartiers et les jeunes se mobiliser &#8230; enfin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a eu cette soir&#233;e interminable, Lepen et M&#233;lenchon au coude &#224; coude et l'espoir qui ne cessait de grimper &#224; chaque d&#233;cimale suppl&#233;mentaire. &#192; 20h les r&#233;sultats sont annonc&#233;s, alors qu'encore de nombreux bureaux de vote n'ont pas fini leur d&#233;pouillement. Mais les m&#233;dias ne veulent pas tra&#238;ner, il faut vite annoncer le duel tant attendu Macron-Lepen, au cas o&#249; il y ait une surprise de derni&#232;re minute ! Et &#231;a a failli arriver quand, au milieu de la nuit, l'&#233;cart entre Lepen et M&#233;lenchon n'&#233;tait plus qu'&#224; 0,8%. C'&#233;tait vraiment une soir&#233;e tr&#232;s particuli&#232;re, pleine d'&#233;motion, mais aussi de fiert&#233; et d'espoir. Oui, on a perdu ! Mais au del&#224; de &#231;a, la gauche a fait un score de plus de 5% sup&#233;rieur &#224; ce qu'annon&#231;aient les sondages. Dans les DOM TOM, M&#233;lenchon fait plus de 50%, et il s'impose largement dans les grandes villes de France, hors capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors pourquoi ? Comment ? Comment a-t-on pu perdre avec une telle dynamique, avec un tel programme &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes, la ruralit&#233;, c'est l&#224; que Marine Lepen fait un carton plein, dans ces territoires abandonn&#233;s o&#249; des habitants appauvris sont isol&#233;s devant leur t&#233;l&#233;vision et gav&#233;s de d&#233;sinformation. Dans mon village de 600 habitants (sans aucun &#233;tranger) c'est Lepen qui l'emporte, comme dans les villages voisins... Pourtant le programme de la gauche &#233;tait beaucoup plus en leur faveur. C'est incompr&#233;hensible. Les &#233;tudes nous montrent d'ailleurs que le vote Lepen est majoritaire chez ceux qui se disent insatisfaits de leur quotidien, c'est un vote de col&#232;re et de frustration, pas un vote de conviction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis &#233;videmment, comme beaucoup le pressentaient, ce sont les voix des petits partis de gauche qui ont manqu&#233;. 400 000 voix seulement ! Si les communistes avaient fait alliance c'&#233;tait gagn&#233;. Tant de pertes pour si peu de raisons &#8230; Et Jadot ? Cet &#233;colo en plastique qui a pass&#233; la moiti&#233; de sa campagne &#224; d&#233;nigrer M&#233;lenchon, le seul candidat qui proposait &#233;galement un programme &#233;cologiste ! Les quinze derniers jours avant le vote, il ne prenait m&#234;me plus la peine de d&#233;fendre ses id&#233;es ou son programme, il ne cessait de r&#233;p&#233;ter que M&#233;lenchon &#233;tait un danger et qu'il fallait lui faire barrage, quitte &#224; se retrouver de nouveau avec un pr&#233;sident condamn&#233; pour inaction climatique. Il n'a d'ailleurs pas attendu longtemps pour retourner sa veste &#8230; &#224; 20h02, bien avant que les r&#233;sultats ne soient officialis&#233;s, il appelait d&#233;j&#224; &#224; soutenir Macron !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le peuple fran&#231;ais le puni pour sa trahison &#8230; il ne d&#233;passe pas les 5% n&#233;cessaires pour un remboursement des frais de campagne ! Et voil&#224; cet indigne personnage qui, non content d'&#234;tre largement responsable de la d&#233;faite des id&#233;es &#233;cologistes, vient faire la manche. Il r&#233;clame l'aide financi&#232;re des fran&#231;ais pour l'aider &#224; &#233;ponger ses dettes !!! Quelle ind&#233;cence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme Val&#233;rie P&#233;cresse d'ailleurs &#8230; la papesse conservatrice a obtenu le pire score jamais enregistr&#233; par la droite ! Au del&#224; de l'amertume de la d&#233;faite, quel d&#233;lice de voir notre Versaillaise, qui r&#233;cemment d&#233;clarait qu'il fallait en finir avec l'assistanat, mendier devant les journalistes. &#171; Je suis endett&#233;e personnellement &#224; hauteur de 5 millions d'euros, chouine-t-elle, j'ai besoin de l'aide des fran&#231;ais &#187; ! Ne baisse pas les bras Valoch', toi qui nous expliquais il y a peu qu'on peut faire beaucoup de choses avec 1&#8364;50 par jour, voici l'occasion de mettre &#224; l'&#233;preuve tes th&#233;ories !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que cette &#233;lection nous d&#233;montre, la fin du vieux sch&#233;ma politique droite r&#233;publicaine contre gauche socialiste (qui ne d&#233;passe m&#234;me pas les 2% et acte son d&#233;c&#232;s). La France se polarise entre deux soci&#233;t&#233;s radicalement oppos&#233;es, entre deux extr&#234;mes, et les lib&#233;raux, ''au milieu'' se frottent les mains. Il y a aujourd'hui trois blocs quasi &#233;gaux, le projet ultra lib&#233;ral de Macron, le projet ultra s&#233;curitaire de l'extr&#234;me droite et le projet socio-&#233;cologique de la gauche radicale. Et il est &#233;vident que notre mode de scrutin ne correspond pas &#224; cette r&#233;alit&#233;, en excluant le troisi&#232;me bloc pour seulement quelques voix de moins, c'est un tiers de la population que l'on exclut de la vie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, que nous apprennent les &#233;tudes sur la sociologie du vote ? Beaucoup de choses &#8230; Outre la scission entre villes et campagnes dont j'ai parl&#233; plus haut, appara&#238;t une guerre des g&#233;n&#233;rations qui semble s'exacerber. Les 18-34 ans, concern&#233;s par l'&#233;cologie, ont soutenu M&#233;lenchon (32%). Chez les 35-64, c'est Le Pen qui l'emporte &#224; 29%. Et les + de 65 ans ont tr&#232;s largement choisi Macron &#224; 41%. Sans les plus &#226;g&#233;s, Macron restait sur le carreau ! En m&#234;me temps, quelle crainte y a-t-il &#224; voter pour la retraite &#224; 65 ans quand on a eu la sienne &#224; 55 ? Pourquoi se priver de taper sur les ch&#244;meurs quand on a connu le plein emploi ? Pourquoi laisser l'&#233;cole gratuite &#224; ces flemmards de jeunes qui ne valent rien ? Pourquoi se soucier de l'&#233;cologie puisqu'on ne sera plus l&#224; pour vivre la catastrophe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette atroce v&#233;rit&#233; qui ressort de cette &#233;lection, les plus &#226;g&#233;s ne veulent pas de changement, ils veulent finir leur vie telle qu'ils l'ont v&#233;cue, dans la surconsommation et l'insouciance de l'exc&#232;s. Pour ce privil&#232;ge ils sont pr&#234;ts &#224; sacrifier l'avenir de leurs petits enfants sans le moindre remord, oubliant bien vite que ces deux derni&#232;res ann&#233;es, c'est leurs petits enfants qui ont sacrifi&#233; leurs plus belles ann&#233;es pour prot&#233;ger les anciens, ces anciens qui en remerciement, leur plante un couteau dans le dos. Cela de pr&#233;sage rien de bon &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et n'oublions pas &#233;videmment les honneurs au premier parti de France ; l'abstention (28,4%). Donc si l'on est honn&#234;te, les valeurs qui pr&#233;valent dans ce pays sont l'indiff&#233;rence et la d&#233;sillusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'int&#233;resser aussi au r&#244;le des sondages dans la d&#233;faite de la gauche. Je vous en parlais il y a peu, les sondages minimisent par principe les scores de la gauche &#8230; et cela semble normal &#224; tout le monde ! Ici il y a plus de cinq point d'&#233;cart entre le score r&#233;el de M&#233;lenchon et celui que nous annon&#231;aient les sondages. Je connais personnellement des gens qui m'ont dit : &#171; M&#233;lenchon n'est qu'&#224; 16%, il n'a aucune chance de passer. Je pr&#233;f&#232;re faire un vote de c&#339;ur pour le NPA &#187; et qui, apr&#232;s les r&#233;sultats m'ont avou&#233; que s'ils avaient su qu'un parti de gauche avait une chance, ils n'auraient pas h&#233;sit&#233; ! Il est urgent de s'interroger sur le r&#244;le des sondages, sur leur m&#233;thodologie et plus largement sur notre mode de scrutin. Si l'on persiste &#224; rejeter le parti de la jeunesse, cela va mal finir &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant dit, la question qui nous emp&#234;che tous de dormir en ce moment est simple : on fait quoi maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, nous voil&#224; pris en otage entre deux mondes inacceptables. Je dois l'avouer, j'ai un instant consid&#233;r&#233; la possibilit&#233; de voter Marine Lepen. Ce moment d'&#233;garement n'a pas dur&#233; longtemps mais pourtant &#8230; moi qui ait toujours lutt&#233; contre les id&#233;es d'extr&#234;me droite, j'ai song&#233; &#224; voter pour eux. Comprenez vous la violence de la chose ?! J'ai l'impression d'&#234;tre un mouton coinc&#233; entre l'abattoir et le boucher. Voter Macron je ne peux pas &#8230; pas apr&#232;s tout ce qu'il nous a fait subir, pas apr&#232;s son recul sur les &#233;nergies renouvelables, pas avec sa philosophie de pompier pyromane qui pense que le r&#233;chauffement climatique se r&#233;soudra par une overdose de technologie, pas avec son massacre de l'&#233;ducation nationale, de l'h&#244;pital public, avec ses attaques contre la presse, etc &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, emport&#233;e par mon &#233;c&#339;urement, je me suis dit : &#171; Ils veulent Lepen ? Et bien donnons leur ! Laissons la faire n'importe quoi, laissons tomber les masques et, quand ils se rendront compte de ce qu'elle est, on en sera enfin d&#233;barrass&#233;e ! &#187; A cela venait s'ajouter quelques arguments solides : si Macron perd le pouvoir il finira devant les tribunaux et les lib&#233;raux seront discr&#233;dit&#233;s, laissant le champ libre &#224; un renouveau politique. Un parti d'extr&#234;me droite au pouvoir r&#233;veillera &#224; coup s&#251;r un sursaut d&#233;mocratique aux &#233;lections l&#233;gislatives et peut-&#234;tre pourront nous leur imposer une cohabitation &#8230; Il faut d'urgence d&#233;mystifier Lepen aux yeux des classes populaires afin que plus personne ne puisse l'utiliser pour un braquage &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut me comprendre, la premi&#232;re fois de ma vie que j'ai vot&#233; c'&#233;tait Chirac contre Lepen, et depuis mon pouvoir de citoyenne est syst&#233;matiquement invalid&#233; par la menace de l'extr&#234;me droite. J'ai fini par ne voir en eux qu'un &#233;pouvantail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis la m&#233;moire m'est revenue, je me suis rappel&#233;e les origines de ce parti, cr&#233;e par d'anciens SS, soutenu par des n&#233;onazis. Je me suis souvenue qu'il y a &#224; peine un mois, des militants d'extr&#234;me droite ont froidement assassin&#233; un jeune homme qui avait eu le courage de d&#233;fendre un homme de couleur victime de leur violence. Je me suis rappel&#233;e que 80% des effectifs de police soutenaient l'extr&#234;me droite, sans parler des bataillons n&#233;onazis dans l'arm&#233;e. Non, m&#234;me en d&#233;sespoir de cause, m&#234;me pour abattre le lib&#233;ralisme, je ne peux pas prendre le risque de voir l'histoire se r&#233;p&#233;ter, je ne peux pas cautionner les ratonnades, les lynchages, la violence et le racisme. Ce serait comme ouvrir la boite de Pandore &#8230; Pourrait-on alors la refermer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, cette id&#233;e est de plus en plus en vogue chez ceux que M&#233;lenchon appelle les &#171; f&#226;ch&#233;s mais pas fachos &#187;, ceux qui ont subi dans leur chair les maltraitances de Macron. Et plus les appels &#224; voter Lepen dans le seul but de d&#233;gager Macron se multiplient, plus en retours les intentions de vote pour Macron augmentent. Il est l&#224; le v&#233;ritable pi&#232;ge qu'ils nous ont tendu &#8230; il suffirait de voter blanc, de s'abstenir, pour que notre pr&#233;sident(e) ne soit &#233;lu(e) que par une poign&#233;e de citoyens et que sa l&#233;gitimit&#233; ne soit jamais acquise. Puis le combat se finirait aux l&#233;gislatives en imposant une cohabitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gens ont tellement peur de Macron qu'ils se jettent aveugl&#233;ment dans la gueule du loup et, quoi que d&#233;go&#251;t&#233;s, donnent &#224; l'extr&#234;me droite un peu plus de poids. Et plus l'extr&#234;me droite p&#232;se, plus le fameux barrage r&#233;publicain semble &#224; beaucoup une n&#233;cessit&#233;, les poussant &#224; voter macron le nez bouch&#233;. Au final, il risque de repasser avec une large majorit&#233; et d'asseoir un pouvoir qu'il sera de plus en plus difficile d'attaquer. Durant les cinq prochaines ann&#233;es ils rejoueront la m&#234;me tactique ; imposer dans le d&#233;bat public les id&#233;es du rassemblement national, d&#233;diaboliser Lepen, lui donner du pouvoir, entretenir la peur &#8230; cela monopolisera encore les d&#233;bats, ne laissant plus de place aux vrais sujets qui pr&#233;occupent les fran&#231;ais. Et dans 5 ans, rebelote &#8230; C'est un braquage d&#233;mocratique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au jour de trop, jusqu'au jour o&#249; leur jeu se retournera contre eux &#8230; et surtout contre nous, &#233;ternelles victimes des ambitions des puissants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ma part c'est termin&#233;. Je refuse de l&#233;gitimer l'un ou l'autre de ces bourreaux, Macron a amen&#233; Lepen aux portes du pouvoir, qu'il ne compte pas sur moi pour affronter son monstre, qu'il se d&#233;brouille ! Et advienne que pourra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelque soit le gagnant de cette &#233;lection, la France sera perdante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins je veux finir sur une note d'espoir. Un &#233;lan populaire s'est r&#233;veill&#233;, depuis lundi la Sorbonne est occup&#233;e par une jeunesse qui refuse de laisser les plus &#226;g&#233;s d&#233;cider de leur avenir. Il y aurait beaucoup de choses &#224; dire sur cette jeunesse l&#224;. Certains les jugent incultes, flemmards et &#233;go&#239;stes &#8230; &#231;a n'est pas ce que je vois. Moi je vois une jeunesse qui se tient debout malgr&#233; l'adversit&#233; que leur impose cette soci&#233;t&#233; malade, je vois une jeunesse consciente des enjeux climatiques, je vois une jeunesse pr&#234;te &#224; reprendre un flambeau qui ne s'&#233;teindra jamais. Moi je crois en eux, et je suis convaincue que notre r&#244;le est de les respecter et de leur donner confiance et espoir. L'avenir, c'est eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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