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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Pendant qu'il re&#231;oit le sommet sur la biodiversit&#233;, Justin Trudeau promet plus de subsides &#224; l'industrie mini&#232;re</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pendant-qu-il-recoit-le-sommet-sur-la-biodiversite-Justin-Trudeau-promet-plus</link>
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		<dc:date>2022-12-20T08:08:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Owen Schalk</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-20</dc:subject>
		<dc:subject>COP15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelque changement que la COP15 puisse apporter, rien n'aura de sens sans que les droits des Premi&#232;res nations du Canada ne soient respect&#233;s. La conf&#233;rence des Nations Unies sur la biodiversit&#233;, aussi connue sous le sigle COP15, s'est ouverte le 7 d&#233;cembre courant &#224; Montr&#233;al. Des d&#233;l&#233;gu&#233;s.es de presque 200 pays sont pr&#233;sents.es pour d&#233;cider combien d'entre eux pourront se diriger vers un d&#233;veloppement durable en accord avec la Convention sur la biodiversit&#233; des Nations Unies sign&#233;e au point (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-67-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-12-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-12-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-COP15-+" rel="tag"&gt;COP15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton55373-fa800.jpg?1781411138' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelque changement que la COP15 puisse apporter, rien n'aura de sens sans que les droits des Premi&#232;res nations du Canada ne soient respect&#233;s. La conf&#233;rence des Nations Unies sur la biodiversit&#233;, aussi connue sous le sigle COP15, s'est ouverte le 7 d&#233;cembre courant &#224; Montr&#233;al. Des d&#233;l&#233;gu&#233;s.es de presque 200 pays sont pr&#233;sents.es pour d&#233;cider combien d'entre eux pourront se diriger vers un d&#233;veloppement durable en accord avec la Convention sur la biodiversit&#233; des Nations Unies sign&#233;e au point de d&#233;part par 150 pays au Sommet de la terre de 1992 &#224; Rio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Owen Shalk, Canadian Dimension, 12 d&#233;cembre 2022&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction, Alexandra Cyr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La conservation de la biodiversit&#233;, l'utilisation durable des composantes de la biodiversit&#233; et le partage juste et &#233;quitable des b&#233;n&#233;fices parvenant de l'utilisation des ressources g&#233;n&#233;tiques &#187; sont les principaux objectifs adopt&#233;s &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours d'ouverture de la COP15, M. Trudeau a soulign&#233; avec une emphase exag&#233;r&#233;e &#171; l'ouverture du Canada et sa diversit&#233;, la beaut&#233; de ses paysages &#187; : &#171; Quand les gens pensent au Canada, partout dans le monde, ils pensent aux paysages, &#224; la richesse et la valeur de notre nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; oblig&#233; de s'interrompre quand un groupe d'Am&#233;rindiens.nes qui d&#233;fendent la terre, s'est regroup&#233; au centre de la salle et ont d&#233;roul&#233; une banni&#232;re o&#249; on pouvait lire : &#171; G&#233;nocide envers les indig&#232;nes &#233;gale &#201;cocide. Pour sauver la biodiversit&#233;, cessez d'envahir nos terres &#187;. Avec les tambours en accompagnement, ils ont scand&#233; : &#171; Le Canada occupe les terres des Premi&#232;res nations &#187; et &#171; Trudeau est un colonisateur &#187;. Ils ont &#233;t&#233; expuls&#233;s par la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Premier ministre a saisi cette opportunit&#233; pour vanter le Canada une fois de plus : &#171; Comme vous le voyez, le Canada est un pays o&#249; r&#232;gne la libert&#233; d'expression o&#249; les individus et les communaut&#233;s ont le droit de s'exprimer ouvertement, fortement et nous les remercions de partager leurs perspectives avec nous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le non-dit dans cette rencontre, c'est que le Canada qui vante ainsi son statut de champion de la protection environnementale, est proportionnellement plus destructeur que les autres pays de G7. Cette destruction est intimement intriqu&#233;e dans le processus colonial de d&#233;possession des peuples indig&#232;nes qui sont surveill&#233;s, criminalis&#233;s et expuls&#233;s de leurs terres pour ouvrir le chemin aux industries d'extraction mini&#232;res et des &#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Nations Unies ont m&#234;me condamn&#233; le traitement que le Canada r&#233;serve aux indig&#232;nes qui d&#233;fendent leurs terres et, &#224; de multiples reprises, lui ont demand&#233; de cesser de criminaliser leurs activit&#233;s en d&#233;fense de leur culture, de la biodiversit&#233; et de l'int&#233;grit&#233; &#233;cologique. Il est particuli&#232;rement important de s'arr&#234;ter sur ces actions et de les consid&#233;rer dans la foul&#233;e de la COP15. Les territoires indig&#232;nes comptent approximativement pour 22% des terres de la plan&#232;te et contiennent 80% de sa biodiversit&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette biodiversit&#233; que le gouvernement canadien jure que le monde entier prot&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des journalistes ont &#233;t&#233; d&#233;tenus.es pour avoir rapport&#233; la r&#233;pression inflig&#233;e au d&#233;fendeurs.ses de la terre au Canada. Entre autre lors de la r&#233;sistance du peuple Wet'suwet'en contre la construction d'un ol&#233;oduc dans le nord de la Colombie Britannique. Deux journalistes qui &#233;taient pr&#233;sents lors de l'attaque de la Gendarmerie canadienne contre une petite maison au camp Coyote sur les terres de cette nation, ont &#233;t&#233; d&#233;tenus et emp&#234;ch&#233;s de rapporter les agissements de cette police sur le site. Un courriel interne a justifi&#233; l'action de la Gendarmerie par une &#8216;soit disant partialit&#233;' de la part des journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, un de ces journalistes, Amber Bracken, rappelait : &#171; il y avait des policiers portant l'uniforme bleu normal mais il y en avait aussi qui portaient une version verte, de type militaire. Ce sont ceux-l&#224; qui &#233;taient &#233;quip&#233;s de fusils d'assaut et de mat&#233;riel tactique. Partout au Canada, cette sc&#232;ne est devenue notoire : des chiens policiers aboyant et g&#233;missant pendant que les officiers entraient dans la petite structure avec des haches et des tron&#231;onneuses pour arr&#234;ter sept personnes non arm&#233;es et pacifiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs.ses de la terre ont aussi fait face &#224; la police durant leur protestation contre un projet minier dommageable pour l'environnement. (Il faut se rappeler) un cas fameux qui a eu lieu en 2008, seize ans apr&#232;s la signature de la convention de Rio par le Canada. L'&#201;tat canadien a arr&#234;t&#233; six dirigeants de la nation Kiichenumaykoosib Inninuwug (Big Trout Lake), pour avoir protest&#233; contre une mine install&#233;e sur leurs terres. Des conflits du genre sont encore d'actualit&#233; aujourd'hui au pays ; l'&#201;tat colonial et l'industrie d'extraction d'un c&#244;t&#233; et les d&#233;fenseurs.ses de la terre qui demandent des consultations dignes de ce nom et le respect de la biodiversit&#233; de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ring of Fire, en Ontario est un exemple parmi d'autres. L&#224;, les communaut&#233;s am&#233;rindiennes se sont oppos&#233;s &#224; l'exploitation mini&#232;re et ont accus&#233; le gouvernement provincial de duplicit&#233; en tentant de passer outre aux mesures &#233;valuatives de l'environnement &#233;labor&#233;es par ces communaut&#233;s et pour ne pas tenir compte de ce que la destruction de ces tourbi&#232;res qui agissent comme des puits de carbone, auraient comme effet sur la crise climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de 2022, les chefs d'Attawapiskat, d'Eabametoong, de Fort Albany, de Kashechewan et Neskantaga, ont &#233;crit conjointement au Ministre de l'environnement M. Guilbeault, pour lui dire : &#171; le d&#233;veloppement de l'industrie mini&#232;re ne fera pas que d&#233;truire des puits de carbone mais il rel&#226;chera d'immenses r&#233;serves de carbone poussant ainsi les changements climatiques vers une nouvelle catastrophe &#187;. Le chef d'Attawapiskat, M. David Nokogee a d&#233;clar&#233; que les auteurs de la lettre &#171; n'avaient re&#231;u aucune r&#233;ponse &#187; de la part du ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus t&#244;t, ce mois-ci, une &#233;tude de Justice and Corporate Accountability Project, a fait la comparaison entre les donn&#233;es des Nations Unies quant &#224; la criminalisation des d&#233;fenseurs.ses de la terre au Canada. Cette &#233;tude, intitul&#233;e : The Two Faces of Canadian Diplomacy : Undermining Human Rights and Environnement Defenders to Support Canadian Mining, fait la d&#233;monstration que l'aveuglement volontaire du gouvernement canadien face aux crimes commis par l'industrie mini&#232;re a men&#233; &#224; des menaces envers les communaut&#233;s locales, &#224; la criminalisation des peuples oppos&#233;s aux projets, &#224; des attaques, des arrestations et des meurtres. Un des co-auteurs du rapport, Charis Kamphuis d&#233;clare : &#171; Partout dans le monde les droits humains et les d&#233;fendeurs.ses de l'environnement prot&#232;gent la biodiversit&#233; et cherchent des solutions &#224; la crises &#233;cologique globale&#8230;Mais nous avons des preuves &#233;crasantes qu'au Canada, les autorit&#233;s ignorent syst&#233;matiquement leurs propres politiques quand vient le temps de tenir les industries imputables et de soutenir la protection des d&#233;fendeurs.ses (de la terre). Ces politiques sont donc sans effet &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la publication de cette &#233;tude, M. Jamie Kneen de Mining Watch Canada a divulgu&#233; ses conclusions sur le sommet en cours : &#171; Nous sommes t&#233;moins des importants engagements des repr&#233;sentants.es officiels.les du Canada &#224; la COP15 sur la biodiversit&#233;. Mais ce rapport expose clairement que le Canada ne se soumet pas &#224; ses propres politiques quand vient le temps de soutenir les peuples qui d&#233;dient leur vie &#224; la protection de l'environnement en prenant de grands risques personnels &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que l'id&#233;e d'une transition vers des &#233;nergies renouvelables devient populaire dans les pays occidentaux, le gouvernement f&#233;d&#233;ral et ceux des provinces ont d&#233;velopp&#233; le concept de &#171; strat&#233;gies mini&#232;res critiques &#187; qui permettra d'augmenter l'extraction dans les ann&#233;es &#224; venir. Le plus r&#233;cent document &#224; ce sujet a &#233;t&#233; livr&#233; dans la foul&#233;e du sommet en cours ; il met en &#233;vidence l'importance de l'industrie mini&#232;re et &#233;largit le r&#244;le que le gouvernement canadien va jouer pour soutenir cette industrie au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mining Watch nous donne ce r&#233;sum&#233; du document en question : &#171; La strat&#233;gie mini&#232;re critique du Canada souligne fortement la valeur ajout&#233;e de l'industrie, les standards exigeants pour l'environnement et la protection des droits humains, ceux des Am&#233;riniens.nes et de l'&#233;conomie circulaire. Et c'est bienvenu. Toutefois, ces principes ne s'appuient pas sur des propositions cons&#233;quentes de mises en action et sont presque rendues inutiles eut &#233;gard &#224; l'exigence de confiance commune pour augmenter et acc&#233;l&#233;rer l'extraction des mati&#232;res premi&#232;res pour le march&#233; mondial. Il ne s'y trouve aucune reconnaissance des effets concrets des accords de Paris sur le climat, encore moins des limites plan&#233;taires d&#233;j&#224; sous pression qui sont l&#224; derri&#232;re les grands discours sur le recyclage et l'&#233;conomie circulaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ses d&#233;buts, l'&#201;tat canadien a toujours soutenu son industrie mini&#232;re au pays et &#224; l'&#233;tranger. Plusieurs affirment d'ailleurs que ces int&#233;r&#234;ts &#233;taient ceux qui motivaient la cr&#233;ation du pays. Maintenant, &#224; l'&#233;poque des &#171; &#233;nergies renouvelables &#187; le soutien &#224; cette industrie a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e &#171; soutenable &#187; sans grande attention &#224; l'exigence d'adaptation &#224; la foule de crises &#233;cologiques auxquelles l'humanit&#233; fait face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vocable &#171; Strat&#233;gie mini&#232;re critique &#187; au Canada revient donc &#224; dire que rien ne change. Mining Watch nous explique : &#171; l'extraction, le traitement et l'exp&#233;dition des mati&#232;res premi&#232;res qui limitent les processus manufacturiers des usines, reconstituent avec plus de force la valeur ajout&#233;e des processus. (Mais) il ne permet pas de pr&#233;voir les mesures que le Canada pourrait y ajouter pour prendre en compte la crise climatique de mani&#232;re pratique. De fait, il fait la promotion de mesures qui l'empireront et qui en plus, creuseront les autres crises plan&#233;taires comme celles de la biodiversit&#233;, de la politique, de l'&#233;conomie, des in&#233;galit&#233;s, de la d&#233;mocratie, des migrations et de la s&#233;curit&#233; humaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que M. Trudeau dit devant la COP15 que &#171; la nature est menac&#233;e &#187; de fait, elle est attaqu&#233;e par le document diffus&#233; par son gouvernement sur la &#171; Strat&#233;gie mini&#232;re critique &#187; qui ne pr&#233;sente pas de solutions ad&#233;quates &#224; la d&#233;gradation &#233;cologique et aux droits des d&#233;fenseurs.ses de la terre. Pire encore, cette strat&#233;gie contient de nombreux cadeaux &#224; l'industrie qui contribue aux attaques contre la nature que le Premier ministre d&#233;plore. Ces cadeaux comprennent des subsides et des r&#233;ductions d'imp&#244;t comme celui de 30% du cr&#233;dit pour l'exploration de min&#233;raux critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce document, le gouvernement s'engage aussi &#224; &#171; acc&#233;l&#233;rer des projets de d&#233;veloppement responsables &#187;, mais quelle est sa d&#233;finition du mot &#171; responsable &#187; ? C'est plut&#244;t mince comme d&#233;finition si on se r&#233;f&#232;re &#224; l'approbation du projet Marathon Palladium qui comporte &#171; des impacts environnementaux significatifs &#187; d&#251;ment mentionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Val&#233;rie Courtois, directrice de l'Indigenous Leadership Initiative, du Canada et membre de la communaut&#233; Innu de Mashteuiatsh au Qu&#233;bec, reconnait qu'au Canada, &#171; la vaste majorit&#233; des propositions de conservation et d'initiatives de gestion (de territoires), sont dirig&#233;es conjointement avec les peuples indig&#232;nes &#187;. Mais cela ne suffit pas. N'importe quel changement qui pourra ressortir de la COP15 devra &#234;tre implant&#233; en respectant les droits des Premi&#232;res nations partout au pays, dont les r&#233;gions o&#249; l'industrie mini&#232;re veut avoir acc&#232;s. Autrement ils n'auraient aucun sens. Tant que ces compagnies imposent leurs lois, et tant que les politiques canadiennes encouragent la d&#233;possession sans qu'on ne le reconnaisse, les paroles de M. Trudeau &#224; la COP15 ne seront que rideaux de fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la conf&#233;rence, Ta'Kaiya Blaney, une militante de la nation Tla-Amin a interrompu M. Trudeau en lui disant : cette manifestation &#171; &#233;tait notre moyen de vous dire en tant que peuple indig&#232;ne de la c&#244;te ouest du pays, que vous ne respectez pas nos lois, que vous ne respectez pas celles de la terre et que nous ne pouvons plus accepter vos promesses vides. Des promesse vides, de fausses solutions et des cibles fictives qui ne font que passer le poids des probl&#232;mes aux g&#233;n&#233;rations futures et que c'est inacceptable. Et elle ajoute : &#171; je ne suis pas ici pour demander de la reconnaissance. J'y suis pour me battre pour notre souverainet&#233; et c'est tr&#232;s diff&#233;rent. Je ne demande pas aux Nations Unies ou au Canada de nous reconnaitre en tant que nation avec tous nos avoirs et nos droits. Je leur demande de cesser de nous envahir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note : Owen Schalk est un &#233;crivain de Winnipeg. Il s'int&#233;resse principalement aux th&#233;ories de l'imp&#233;rialisme, du n&#233;ocolonialisme et du sous-d&#233;veloppement engendr&#233;s par le capitalisme et &#224; l'application de ces th&#233;ories. Il s'int&#233;resse aussi au r&#244;le inh&#233;rant du Canada dans ce contexte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La d&#233;faite des pays du Sud par le capital instrumentalisant les Autochtones</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-defaite-des-pays-du-Sud-par-le-capital-instrumentalisant-les-Autochtones</link>
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		<dc:date>2022-12-20T08:06:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Bonhomme</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-20</dc:subject>
		<dc:subject>COP15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui aurait pari&#233; que la COP15 sur la biodiversit&#233;, qui doit s'est termin&#233;e &#224; Montr&#233;al ce lundi-ci (19 d&#233;cembre), allait achopp&#233; sur la question du financement n'aurait rien risqu&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; La probl&#233;matique du sprint final s'entend comme suit : &lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif principal de la conf&#233;rence de Montr&#233;al est de conclure un accord sur la pr&#233;servation de 30 % des terres et des oc&#233;ans du monde d'ici 2030. Mais la COP15 tente &#233;galement de parvenir &#224; un accord sur la mani&#232;re dont cet objectif devrait &#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-COP15-+" rel="tag"&gt;COP15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton55407-0a0ee.png?1781411138' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qui aurait pari&#233; que la COP15 sur la biodiversit&#233;, qui doit s'est termin&#233;e &#224; Montr&#233;al ce lundi-ci (19 d&#233;cembre), allait achopp&#233; sur la question du financement n'aurait rien risqu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La probl&#233;matique du sprint final s'entend comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'objectif principal de la conf&#233;rence de Montr&#233;al est de conclure un accord sur la pr&#233;servation de 30 % des terres et des oc&#233;ans du monde d'ici 2030. Mais la COP15 tente &#233;galement de parvenir &#224; un accord sur la mani&#232;re dont cet objectif devrait &#234;tre financ&#233;, et il y a un certain nombre de d&#233;saccords, notamment sur la cr&#233;ation d'un nouveau fonds pour la biodiversit&#233;. Le Br&#233;sil et d'autres pays demandent aux pays d&#233;velopp&#233;s de s'engager &#224; verser de l'aide aux pays en voie de d&#233;veloppement d'au moins 100 milliards de dollars am&#233;ricains par an, soit 1 % du PIB mondial, jusqu'en 2030. [&#8230;] &#171; Une grande partie de la perte de biodiversit&#233; dans les pays du Sud est caus&#233;e par le mode de consommation des pays du Nord &#187;, alors &#171; c'est une question de justice et de solidarit&#233; sociale &#187; [&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
Le montant de 100 milliards de dollars repr&#233;sente une fraction de ce qui doit &#234;tre vers&#233; pour mettre en &#339;uvre le cadre de travail qui est n&#233;goci&#233; &#224; Montr&#233;al. La Convention sur la diversit&#233; biologique (CDB) de l'ONU &#233;value &#224; 700 milliards de dollars am&#233;ricains par ann&#233;e le montant n&#233;cessaire au financement des activit&#233;s &#233;conomiques et des mesures de protection qui permettront de renverser le d&#233;clin de la biodiversit&#233;. De cette somme, 500 milliards de dollars proviendraient de subventions gouvernementales &#034;nocives&#034; qui seraient redirig&#233;es vers des activit&#233;s et des mesures qui vont favoriser la biodiversit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(La Presse canadienne, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1941689/cop15-biodiversite-financement-chine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;COP15 : Berlin et Kigali appel&#233;s en renfort pour d&#233;nouer l'impasse du financement&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 15/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse des pays du vieil imp&#233;rialisme ne s'est pas fait attendre par la bouche du co pr&#233;sident de la COP, le ministre de l'Environnement du Canada qu'ont appuy&#233; ses coll&#232;gues britannique et europ&#233;en qui venaient d'arriver avec la centaine d'autres ministres de l'Environnement :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les pays d&#233;velopp&#233;s sont cat&#233;goriques sur le fait qu'ils ne peuvent pas tout financer. &#171; C'est faisable, mais pas seulement avec de l'argent public &#187;, a d&#233;clar&#233; M. Guilbeault en entrevue avec La Presse canadienne. Les pays d&#233;velopp&#233;s comptent sur le financement du secteur priv&#233; et la philanthropie pour aider &#224; combler l'&#233;cart, bien que M. Guilbeault ait reconnu que l'analyse de rentabilisation n'est pas aussi facile &#224; faire pour conserver la nature que pour d&#233;velopper des technologies propres afin d'aider &#224; ralentir le changement climatique. [&#8230;] &lt;br class='autobr' /&gt;
Zac Goldsmith, le ministre britannique de l'&#201;nergie, du Climat et de l'Environnement, a d&#233;clar&#233; jeudi que pour mettre l'ampleur des besoins en perspective, le total annuel de l'ensemble des aides gouvernementales &#8211; pas seulement pour la nature et le climat &#8211; est de 160 milliards de dollars am&#233;ricains. &#171; Donc, m&#234;me si nous quadruplions toute l'aide mondiale et la mettions enti&#232;rement dans la nature, nous n'y arriverions toujours pas en mati&#232;re de r&#233;duction de cet &#233;cart &#187;, a ajout&#233; M. Goldsmith.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'argent mis &#224; part, il y a aussi un d&#233;saccord sur la mani&#232;re dont les fonds seraient effectivement d&#233;caiss&#233;s. Les pays d&#233;velopp&#233;s veulent un nouveau fonds pour la biodiversit&#233;, car ils disent que les m&#233;canismes existants sont trop lents. Les nations plus riches ne veulent pas cr&#233;er un nouveau fonds. Virginijus Sinkevicius, le commissaire europ&#233;en &#224; l'environnement, a indiqu&#233; qu'il savait que le plus grand besoin &#233;tait de rendre les flux financiers plus efficaces, mais cela ne n&#233;cessite pas n&#233;cessairement un nouveau fonds.&lt;br class='autobr' /&gt;
(La Presse canadienne, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1941731/cop15-biodiversite-negociations-financement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;COP15 : les ministres tentent de faire avancer les n&#233;gociations sur la biodiversit&#233;&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 15/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pays riches, tout en faisant des aum&#244;nes, s&#232;ment la zizanie entre pays les pays du Sud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la COP sur la biodiversit&#233; est beaucoup moins m&#233;diatis&#233;e que celle sur le climat &#8212; aucun chef d'&#201;tat ne s'y est pr&#233;sent&#233; sauf bri&#232;vement celui du pays h&#244;te &#8212; la pression pour un financement autonome ad&#233;quat ne vient essentiellement que des ONG pr&#233;sentes hormis les pays du Sud. Comme les COP sur le climat ne sont pas encore venus &#224; bout d'abonder au niveau de 100 milliards $US l'an &#224; partir de 2020 le fonds en faveur des pays d&#233;pendants pr&#233;vu pour la mitigation climatique, sans compter le nouveau fonds pour les pertes et dommages &#224; pourvoir d&#233;cid&#233; par la COP27, celui pour la biodiversit&#233; semble hors course d&#232;s la ligne de d&#233;part. Ce n'est pas le coup anti-diplomatique du brusque d&#233;part de la salle de r&#233;union d'une soixantaine de d&#233;l&#233;gations de pays du Sud, sous le leadership du Br&#233;sil, qui changera la donne. Comme l'avoue la vice-secr&#233;taire g&#233;n&#233;rales de l'ONU :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La vice-secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale des Nations unies a d&#233;clar&#233; que la tension actuelle autour du financement public pour sauver la nature d&#233;coule d'un &#171; d&#233;ficit de confiance &#187;, parce que les pays les plus riches n'ont pas tenu leurs promesses de financement envers les pays en d&#233;veloppement dans le pass&#233;. (La Presse canadienne, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1941835/cop15-deficit-confiance-mine-discussion-nations-unies-promesses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un &#171; d&#233;ficit de confiance &#187; mine les discussions &#224; la COP15, selon l'ONU&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 16/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En plus, les pays du vieil imp&#233;rialisme sont en mesure de semer la zizanie au sein des pays du Sud en distinguant, non sans raison, les pays &#233;mergents des autres pays du Sud :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mais les riches pays donateurs d'Europe et du Nord s'opposent &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau fonds. Ils disent que la Chine, le Br&#233;sil et d'autres grandes &#233;conomies, qui ont connu une croissance substantielle au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es depuis que les trait&#233;s environnementaux de l'ONU ont &#233;t&#233; conclus, devraient contribuer beaucoup plus. Le financement des donateurs de l'ONU pour la biodiversit&#233; est actuellement cibl&#233; sur des r&#233;gions cl&#233;s pour prot&#233;ger les &#233;cosyst&#232;mes vitaux et arr&#234;ter les dommages en cours. La Chine, le Br&#233;sil, l'Inde, le Mexique et l'Indon&#233;sie sont les cinq principaux b&#233;n&#233;ficiaires historiques du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et figureront parmi les cinq premiers pour le prochain cycle de financement de 5,3 milliards de dollars (4,3 milliards de livres sterling) de 2022 &#224; 2026. Les nations riches en biodiversit&#233; d'Afrique, d'Asie et d'Am&#233;rique latine soutiennent qu'elles devraient obtenir plus d'argent pour payer la conservation. (Patrick Greenfield and Phoebe Weston,&lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/environment/2022/dec/14/walkouts-and-tensions-as-row-over-finance-threatens-to-derail-cop15-talks&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Walkouts and tensions as row over finance threatens to derail Cop15 talks&lt;/a&gt;, The Guardian, 14/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour faire bonne figure apr&#232;s la sortie fracassante de la soixantaine de d&#233;l&#233;gations, &lt;i&gt;&#171; [j]eudi, 14 pays, dont la France et l'Allemagne, ont justement pris des engagements financiers qui totalisent quelques milliards de dollars. &#8216;'Mais il y a 31 pays qui contribuent &#224; l'aide au d&#233;veloppement. O&#249; sont les autres ? Ils sont tous &#224; la COP15, mais on attend toujours des engagements publics, ce qui fait douter certains pays par rapport &#224; leurs intentions en mati&#232;re de solidarit&#233; internationale'', selon Eddy Perez, directeur de la diplomatie climatique internationale au R&#233;seau action-climat Canada. &#187;&lt;/i&gt; (Alexandre Shields, &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/societe/774941/116-pays-plaident-pour-la-protection-de-30-des-milieux-naturels-d-ici-2030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sprint diplomatique pour parvenir &#224; un accord &#224; la COP15&lt;/a&gt;, Le Devoir, 17/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pays africains rejettent l'accord final accordant une aide en bas du minimum vital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous un halo de victoire pour sauver la biodiversit&#233; de la plan&#232;te, les pays du vieil imp&#233;rialisme, de connivence avec les pays &#233;mergents, alliance symbolis&#233;e par la co-pr&#233;sidence Chine-Canada momentan&#233;ment r&#233;concili&#233;s pour les circonstances, ont r&#233;ussi &#224; imposer un consensus aux pays du Sud non &#233;mergents, notamment aux pays africains dont trois ont explicitement et fortement rejet&#233; le consensus :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;gociateur de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo a sembl&#233; bloquer l'accord final pr&#233;sent&#233; par la Chine, d&#233;clarant &#224; la pl&#233;ni&#232;re qu'il ne pouvait pas soutenir l'accord dans sa forme actuelle... [...] Cependant, quelques instants plus tard, le ministre chinois de l'environnement et la Cop15 le pr&#233;sident, Huang Runqiu, a signal&#233; que l'accord &#233;tait accept&#233; et convenu, et la pl&#233;ni&#232;re a &#233;clat&#233; en applaudissements. Les n&#233;gociateurs du Cameroun, de l'Ouganda et de la RDC ont exprim&#233; leur incr&#233;dulit&#233; quant &#224; la mise en place de l'accord. La RDC a d&#233;clar&#233; qu'elle s'&#233;tait officiellement oppos&#233;e &#224; l'accord, mais un avocat de l'ONU a d&#233;clar&#233; que non. Le n&#233;gociateur du Cameroun l'a qualifi&#233; de &#171; fraude &#187;, tandis que l'Ouganda a d&#233;clar&#233; qu'il y avait eu un &#171; coup d'&#201;tat &#187; contre la Cop15. (Patrick Greenfield and Phoebe Weston, &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/environment/2022/dec/19/cop15-historic-deal-signed-to-halt-biodiversity-loss-by-2030-aoe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cop15 : historic deal struck to halt biodiversity loss by 2030&lt;/a&gt;, The Guardian, 19/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On comprend la frustration des pays du Sud non &#233;mergents quand on r&#233;alise que l'accord final cens&#233; &#234;tre l'&#233;quivalent de l'Accord de Paris pour le climat aux dires des pays riches ne mettra dans la cagnotte qu'un ridicule 20 milliards $US d'ici 2025 lequel se haussera &#224; 30 milliards $US de 2025 &#224; 2030. On peut penser que ce sera encore moins quand on sait que l'actuel Fonds mondial pour l'environnement, dont le fonctionnement est jug&#233; tr&#232;s d&#233;ficient par les pays les moins d&#233;velopp&#233;s car il b&#233;n&#233;ficie surtout aux pays &#233;mergents, et qui sera responsable des nouvelles allocations par un m&#233;canisme formellement diff&#233;rent, d&#233;bourse d&#233;j&#224; une dizaine de milliards l'an pour la biodiversit&#233;. Parler de doublement et triplement comme le fait le ministre de l'Environnement du Canada ressort de la mystification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour fin de comparaison, le programme de plantation de deux milliards d'arbres sur dix ans du gouvernement f&#233;d&#233;ral canadien est estim&#233; &#224; environ 2.5 milliards $US. On en r&#233;alise que les engagements financiers du Nord vers le Sud de l'Accord Kunming-Montr&#233;al sont une goutte d'eau dans la mer d'autant plus qu'ils impliquent &#171; aussi les pays en transition &#187; comme contributeurs. &#171; Certainement dans la cat&#233;gorie ennuyeuse mais importante, le monde d&#233;pense au moins 1,8 billion de dollars (1,3 billion de livres sterling) chaque ann&#233;e en subventions gouvernementales entra&#238;nant l'an&#233;antissement de la faune et une augmentation du r&#233;chauffement climatique, selon une &#233;tude r&#233;alis&#233;e plus t&#244;t cette ann&#233;e. &#187; (Patrick Greenfield and Phoebe Weston, &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/environment/2022/dec/19/cop15-key-points-of-nature-deal-at-a-glance-aoe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cop15 : key points of the nature deal at a glance&lt;/a&gt;, The Guardian, 19/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tel un h&#233;g&#233;mon au-dessus des flots tumultueux, les &#201;U se lavent les mains de toute l'affaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce sont les &#201;tats-unis qui par leur pr&#233;sence absente portent au comble le double jeu des pays imp&#233;rialistes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis, m&#234;me s'ils ne font pas partie de la n&#233;gociation, faute d'avoir ratifi&#233; la Convention sur la diversit&#233; biologique, jouent un r&#244;le crucial dans l'&#233;quation financi&#232;re susceptible de d&#233;bloquer l'accord. &#171; Nous avons r&#233;approvisionn&#233; le Fonds pour l'environnement mondial cette ann&#233;e, la contribution am&#233;ricaine a &#233;t&#233; plus importante que jamais &#187;, a soulign&#233; lundi l'ambassadrice am&#233;ricaine pour l'environnement, Monica Medina. (Alexandre Shields, &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/environnement/774469/le-financement-au-coeur-des-negociations-pour-la-biodiversite-a-la-cop15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le financement, nerf de la guerre pour pr&#233;server la biodiversit&#233;&lt;/a&gt;, Le Devoir, 14/12/22)&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici deux faits extraordinaires concernant la convention sur la diversit&#233; biologique, dont les membres se r&#233;unissent actuellement &#224; Montr&#233;al pour discuter de la crise &#233;cologique mondiale. La premi&#232;re est que, sur les 198 &#201;tats du monde, 196 y sont parties. La seconde est l'identit&#233; de ceux qui ne le sont pas. Faites une supposition. Cor&#233;e du Nord ? Russie ? Mauvais. Les deux ont ratifi&#233; la convention il y a des ann&#233;es. L'un est le Saint-Si&#232;ge (le Vatican). L'autre est les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'un des nombreux trait&#233;s internationaux majeurs que les &#201;tats-Unis ont refus&#233; de ratifier. Parmi les autres figurent des instruments cruciaux tels que le statut de Rome sur les crimes internationaux, les trait&#233;s interdisant les bombes &#224; fragmentation et les mines terrestres, la convention sur la discrimination &#224; l'&#233;gard des femmes, la convention de B&#226;le sur les d&#233;chets dangereux, la convention sur le droit de la mer, l'interdiction des essais nucl&#233;aires trait&#233;, la convention sur la politique de l'emploi et la convention relative aux droits des personnes handicap&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans certains cas, c'est l'un des rares &#224; refuser : les autres sont g&#233;n&#233;ralement soit des &#201;tats appauvris avec peu de capacit&#233; administrative, soit des dictatures vicieuses. C'est la seule nation ind&#233;pendante sur Terre &#224; ne pas avoir ratifi&#233; la convention relative aux droits de l'enfant. C'est peut-&#234;tre parce qu'il est le seul pays &#224; condamner des enfants &#224; la r&#233;clusion &#224; perp&#233;tuit&#233; sans lib&#233;ration conditionnelle, parmi de nombreuses autres politiques brutales. Alors que d'autres respectent les r&#232;gles, la nation la plus puissante refuse. Si ce pays &#233;tait une personne, nous l'appellerions un psychopathe. Comme ce n'est pas une personne, nous devrions l'appeler ce qu'elle est : un &#201;tat voyou.&lt;br class='autobr' /&gt;
(George Monbiot, &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/commentisfree/2022/dec/09/us-world-climate-collapse-nations?CMP=greenlight_email&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The US is a rogue state leading the world towards ecological collapse&lt;/a&gt;, The Guardian, 9/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme un train en cache un autre, le d&#233;bat sur les fonds masquent celui sur les mesures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat &#233;pique sur les fonds risque d'occulter maints points litigieux mais non moins cruciaux sur les 23 grands engagements en jeu dont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les subventions n&#233;fastes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement, les gouvernements d&#233;pensent chaque ann&#233;e de 500 &#224; 1000 milliards de dollars pour des &lt;i&gt;&#171; subventions n&#233;fastes pour l'environnement &#187;&lt;/i&gt; dans les secteurs des p&#234;cheries, de l'agriculture et des &#233;nergies fossiles. Un objectif d&#233;battu &#224; la COP15 concerne la r&#233;duction ou l'&#233;limination de ces subventions, possiblement d'ici 2030. (Alexis Riopel, &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/environnement/774661/biodiversite-les-principaux-enjeux-a-surveiller-a-la-cop15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les principaux enjeux &#224; surveiller &#224; la COP15&lt;/a&gt;, Le Devoir, 15/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'accord final (cible18) s'engage &#224; &#171; substantiellement et progressivement les r&#233;duire d'au moins 500 milliards de dollars am&#233;ricains par an d'ici 2030 &#187; ce qui para&#238;t &#234;tre une avanc&#233;e majeure surtout quand on compare cet engagement &#224; celui du soutien mon&#233;taire des pays riches &#224; ceux pauvres. Selon l'ONU, ces d&#233;penses n&#233;fastes pourraient &#234;tre aussi &#233;lev&#233;es que 1 000 milliards $US dont les deux tiers pour le soutien &#224; l'&#233;nergie, le tiers pour celui &#224; l'agro-industrie et un r&#233;siduel pour les p&#234;cheries commerciales (UNEP, &lt;a href=&#034;https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/41335/state_finance_nature_summary.pdf?sequence=1&amp;isAllowed=y&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;State of Finance for Nature&lt;/a&gt; &#8211; 2022). On devine que cet engagement concerne une transition vers le capitalisme vert tout &#233;lectrique, &#224; bien distinguer d'une &#233;conomie de prendre soin (care) &#224; consommation r&#233;duite tant d'&#233;nergie que de mat&#233;riaux, et vers la &#171; nouvelle agriculture &#187; (KPMG, &lt;a href=&#034;https://home.kpmg/ca/fr/home/insights/2021/06/next-generation-of-farming-is-here.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La nouvelle g&#233;n&#233;ration de l'agriculture&lt;/a&gt;) &#224; haute technologie &#224; bien distinguer de l'agriculture biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les pesticides et engrais :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pesticides, agriculture et pollution : Le texte n&#233;goci&#233; &#224; Montr&#233;al &#233;voque une r&#233;duction de deux tiers de l'utilisation des pesticides. Cette cible ambitieuse rencontre toutefois beaucoup de r&#233;sistance : de nombreux pays, dont la Chine, l'Inde, la Turquie et le Mexique, s'y opposent. La Chine et le Japon s'opposent &#233;galement &#224; une proposition chiffr&#233;e au sujet des engrais. Dans l'&#233;bauche d'entente, il est &#233;galement question de favoriser le passage vers une agriculture &#171; durable &#187;. Selon le m&#233;dia sp&#233;cialis&#233; Carbon Brief, le Canada se serait oppos&#233; &#224; une mention des r&#233;gimes &#171; &#224; base v&#233;g&#233;tale &#187; dans le texte. (Alexis Riopel, &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/environnement/774661/biodiversite-les-principaux-enjeux-a-surveiller-a-la-cop15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les principaux enjeux &#224; surveiller &#224; la COP15&lt;/a&gt;, Le Devoir, 15/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'Accord final (cible 7), dit qu'il faut &#171; r&#233;duire de moiti&#233; au moins le risque global li&#233; aux pesticides et aux produits chimiques hautement dangereux, notamment gr&#226;ce &#224; une lutte antiparasitaire int&#233;gr&#233;e, fond&#233;e sur la science, en tenant compte de la s&#233;curit&#233; alimentaire et des moyens de subsistance &#187;. &#192; remarquer qu'il n'est plus question des deux tiers et que la r&#233;duction de &#171; moiti&#233; &#187; s'applique aux &#171; risques &#187; et non &#224; la quantit&#233;. Nuance ! Ce qui fait que &#171; [l]es observateurs ont exprim&#233; leur d&#233;ception face au langage plus faible que pr&#233;vu sur la consommation et l'utilisation des pesticides, deux facteurs importants de perte de biodiversit&#233;. &#187; (Patrick Greenfield and Phoebe Weston, &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/environment/2022/dec/19/cop15-historic-deal-signed-to-halt-biodiversity-loss-by-2030-aoe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cop15 : historic deal struck to halt biodiversity loss by 2030&lt;/a&gt;, The Guardian, 19/12/22) Quant aux engrais fossiles, il n'en est nulle question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'utilisation des ressources g&#233;n&#233;tiques :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es g&#233;n&#233;tiques sont un enjeu majeur, mais m&#233;connu, des n&#233;gociations &#224; la COP15. Les pays doivent se mettre d'accord sur une mani&#232;re de partager les b&#233;n&#233;fices issus des produits d&#233;riv&#233;s d'ADN pr&#233;lev&#233; dans la nature. Les industries alimentaires, pharmaceutiques et cosm&#233;tiques sont en effet tr&#232;s int&#233;ress&#233;es par le g&#233;nome des organismes. Diff&#233;rents syst&#232;mes de redevances sont consid&#233;r&#233;s, mais les pays ne s'entendent pas pour l'instant. (Alexis Riopel,&lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/environnement/774673/les-donnees-genetiques-un-enjeu-majeur-et-meconnu-des-negociations-a-la-cop15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les principaux enjeux &#224; surveiller &#224; la COP15&lt;/a&gt;, Le Devoir, 15/12/22)&lt;br class='autobr' /&gt;
Compte tenu de la progression exponentielle de la science g&#233;n&#233;tique dans les derni&#232;res ann&#233;es, une mise &#224; jour des r&#232;gles du jeu s'impose. [&#8230;] D&#233;j&#224;, le protocole de Nagoya, entr&#233; en vigueur en 2014, encadre le partage et l'acc&#232;s aux ressources g&#233;n&#233;tiques. Toutefois, il le fait sur une base mat&#233;rielle : les pays doivent s'entendre lorsqu'un &#233;chantillon destin&#233; &#224; &#234;tre s&#233;quenc&#233; en laboratoire traverse une fronti&#232;re. Les technologies ont cependant &#233;volu&#233; : il est maintenant possible d'extraire une s&#233;quence g&#233;n&#233;tique gr&#226;ce &#224; un appareil portatif sur le terrain, puis de la t&#233;l&#233;verser sur Internet. Le protocole de Nagoya &#8212; ratifi&#233; par 137 parties, mais pas le Canada &#8212; s'adapte mal aux temps qui changent. (Alexis Riopel, &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/environnement/774673/les-donnees-genetiques-un-enjeu-majeur-et-meconnu-des-negociations-a-la-cop15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les donn&#233;es g&#233;n&#233;tiques, un enjeu majeur &#8211; et m&#233;connu &#8211; des n&#233;gociations &#224; la COP15&lt;/a&gt;, Le Devoir, 15/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#171; g&#233;n&#233;tique &#187; revient quinze fois dans le texte de l'Accord de 14 pages (But &#8216;C' et cible 13) tellement il y a de gains p&#233;cuniers sous le tapis. Les journalistes experts du Guardian en concluent qu'&lt;i&gt;&#171; [&#224;] Montr&#233;al, un accord a &#233;t&#233; trouv&#233; pour d&#233;velopper un m&#233;canisme de financement sur la DSI [information sur les s&#233;quences num&#233;riques] dans les ann&#233;es &#224; venir, qui a &#233;t&#233; salu&#233; comme une victoire historique pour les &#201;tats africains qui ont appel&#233; &#224; sa cr&#233;ation avant le sommet. &#187;&lt;/i&gt; (Patrick Greenfield and Phoebe Weston, &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/environment/2022/dec/19/cop15-key-points-of-nature-deal-at-a-glance-aoe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cop15 : key points of the nature deal at a glance&lt;/a&gt;, The Guardian, 19/12/22). Ma propre lecture n'y a vu qu'une expression de culpabilit&#233; vis-&#224;-vis du savoir traditionnel autochtone lequel &#233;talage n'engage cependant &#224; rien de concret hormis des v&#339;ux pieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'exploitation des fonds marins :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Des scientifiques et des groupes &#233;cologistes ont profit&#233; de la tribune de la conf&#233;rence de l'ONU sur la biodiversit&#233; (COP15) pour presser les &#201;tats &#224; fermer la porte &#224; l'exploitation mini&#232;re des fonds marins internationaux. Si certains semblent vouloir se rallier &#224; cette position, le Canada, lui, confirme au Devoir qu'il reste ouvert &#224; l'extraction, mais &#224; condition qu'elle se fasse dans le cadre d'une &#171; r&#233;glementation rigoureuse &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Deep Ocean Stewardship Initiative (DOSI), qui regroupe des experts des &#233;cosyst&#232;mes marins, a fait valoir dans le cadre de la COP15 qu'il serait pour le moins pr&#233;matur&#233; d'aller de l'avant avec des autorisations d'exploitation des ressources mini&#232;res. [&#8230;] La Deep Sea Conservation Coalition, qui plaide pour une meilleure protection de la haute mer, va plus loin dans ses mises en garde contre l'exploitation &#224; des centaines, voire &#224; des milliers de m&#232;tres de profondeur. Selon le regroupement, cette industrie provoquerait des pertes importantes pour la biodiversit&#233; marine et l'extinction d'esp&#232;ces qui sont encore aujourd'hui m&#233;connues.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Alexandre Shields,&lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/environnement/774594/cop15-des-groupes-ecologistes-pressent-les-etats-a-fermer-la-porte-a-l-exploitation-miniere-des-fonds-marins&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des groupes &#233;cologistes pressent les &#201;tats &#224; fermer la porte &#224; l'exploitation mini&#232;re des fonds marins&lt;/a&gt;, Le Devoir, 14/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; L'Accord n'aborde pas ce point pour la plus grande satisfaction des transnationales mini&#232;res et financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les r&#233;gimes alimentaires :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement canadien s'oppose &#224; un passage du cadre mondial sur la biodiversit&#233; en vertu duquel les &#201;tats devraient r&#233;duire l'empreinte carbone des r&#233;gimes alimentaires et le gaspillage. C'est le cas d'un passage o&#249; l'on mentionne qu'il faudrait r&#233;duire de moiti&#233; l'empreinte carbone des r&#233;gimes alimentaires et de la consommation par habitant. Le Canada est au nombre des pays qui s'opposent &#224; l'adoption d'un tel libell&#233;. [&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que les d&#233;l&#233;gu&#233;s s'attardent &#224; la question des r&#233;gimes alimentaires &#224; la COP15 n'est pas &#233;tranger au fait que l'agriculture intensive, dont les populations d&#233;pendent pour se nourrir, soit une des plus grandes causes du d&#233;clin de la biodiversit&#233;. Les syst&#232;mes alimentaires sont responsables de 60 % de la perte de la biodiversit&#233; terrestre, de 24 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre et de 33 % de la d&#233;gradation des sols sur le globe.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'instar du Canada, l'Argentine et le Paraguay &#8211; des pays o&#249; l'industrie de la viande est un pilier de l'&#233;conomie &#8211; s'opposent eux aussi &#224; la cible portant sur l'empreinte carbone des r&#233;gimes alimentaires. Le Canada, qui produit environ 2 % du b&#339;uf consomm&#233; sur la plan&#232;te, fait en outre partie des plus grands exportateurs de viande rouge et de b&#233;tail au monde. &#192; lui seul, le Qu&#233;bec est le troisi&#232;me exportateur mondial de porc.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Val&#233;rie Boisclair et &#201;lisa P. Serret, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1941397/cop15-cadre-mondial-biodiversite-canada-regimes-alimentaires-empreinte-viande?fromApp=appInfoIos&amp;partageApp=appInfoiOS&amp;accesVia=partage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;COP15 : le Canada s'oppose &#224; une mention sur l'empreinte des r&#233;gimes alimentaires&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 15/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'Accord (cible 16) , demande de &lt;i&gt;&#171; r&#233;duire l'empreinte globale de la consommation de mani&#232;re &#233;quitable, notamment en r&#233;duisant de moiti&#233; le gaspillage alimentaire mondial, en r&#233;duisant consid&#233;rablement la surconsommation et la r&#233;duction substantielle de la production de d&#233;chets&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Cette rare cible chiffr&#233;e m&#233;rite d'&#234;tre mentionn&#233;e m&#234;me si l'appel &#224; une agriculture compatible avec la biodiversit&#233; (cible 10) est d'une g&#233;n&#233;ralit&#233; sans effet pratique. Nulle part, il n'est question de r&#233;gime carn&#233;, pourtant une cause clef dans la destruction des habitats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la sant&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ombre des d&#233;bats sur le financement &#224; la COP15, des experts de la sant&#233; d&#233;plorent que la corr&#233;lation entre la protection de la biodiversit&#233; et les bienfaits pour la sant&#233; humaine soit trop peu abord&#233;e lors des n&#233;gociations. La proximit&#233; avec la nature, rappelle-t-elle, r&#233;duit les risques de maladies, d'hypertension et de d&#233;tresse psychologique, en plus de diminuer la sensation d'isolement. (Val&#233;rie Boisclair, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1941908/cop15-sante-bienfaits-biodiversite-cadre-mondial-negociations-montreal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La sant&#233; rel&#233;gu&#233;e au second plan &#224; la COP15 sur la biodiversit&#233;&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 17/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La cible 12 de l'Accord malgr&#233; sa g&#233;n&#233;ralit&#233; qui n'engage &#224; rien a au moins le m&#233;rite de mentionner la biodiversit&#233; urbaine dont les friches pollu&#233;es pourraient b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enjeu des 30% d'aires prot&#233;g&#233;es reste la principale monnaie d'&#233;change pour l'obtention de fonds&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout de m&#234;me, l'enjeu du 30% reste central mais il est loin d'avoir &#233;t&#233; r&#233;gl&#233; pour autant :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La principale autorit&#233; climatique mondiale, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC), a d&#233;clar&#233; en f&#233;vrier que la sauvegarde de la biodiversit&#233; n&#233;cessite que 30 &#224; 50 % des terres et des mers de la Terre soient r&#233;serv&#233;es &#224; la nature. Certains &#233;cologistes pensent que les pays devraient viser le chiffre haut de gamme de 50 %. Karl Burkart, directeur adjoint de l'ONG One Earth, a compar&#233; ce chiffre &#224; la plus haute ambition de l'accord de Paris de limiter le r&#233;chauffement climatique &#224; 1,5&#176;C. &#034;Pour moi, 30% ressemble vraiment au 2C et 50% au 1,5C&#034;, a-t-il d&#233;clar&#233; lors d'une conf&#233;rence de presse tenue vendredi au sommet. Un test cl&#233; de l'objectif 30x30 sera de savoir si les terres s&#233;lectionn&#233;es pour la protection sont ou non riches en nature pour commencer. Les pays ne sont pas d'accord sur la question de savoir si la conservation doit se concentrer sur les &#171; zones cl&#233;s pour la biodiversit&#233; &#187;, les &#171; zones d'importance &#233;cologique ou biologique &#187;, les &#171; &#233;cosyst&#232;mes menac&#233;s &#187; ou aucune des r&#233;ponses ci-dessus. Les partis &#224; Montr&#233;al ne sont pas d'accord non plus sur la question de savoir si l'objectif de 30 % devrait s'appliquer au monde dans son ensemble ou si chaque pays devrait &#234;tre responsable de la protection de 30 % de ses terres.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un des plus grands probl&#232;mes entourant l'objectif 30x30 est ce qu'il signifie pour les droits des peuples autochtones, qui sont les gardiens d'environ 80 % de la biodiversit&#233; mondiale, mais seulement de 20 % de ses terres. Historiquement, la conservation a forc&#233; les peuples autochtones &#224; quitter leurs terres et caus&#233; d'innombrables violations des droits humains. Le texte actuel du cadre reconna&#238;t les droits des peuples autochtones et le r&#244;le essentiel qu'ils jouent dans la conservation, mais des questions subsistent quant &#224; la mani&#232;re dont cette partie de l'objectif sera mise en &#339;uvre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les choses deviennent encore plus &#233;pineuses lorsque l'on consid&#232;re comment l'oc&#233;an s'int&#232;gre dans l'image de la conservation. Environ 60 % des mers de la Terre ne rel&#232;vent pas des juridictions nationales. Et l'organisme de l'ONU sur la nature n'a aucun pouvoir sur la haute mer, car les signataires du trait&#233; ne peuvent mener des actions qu'&#224; l'int&#233;rieur de leurs propres fronti&#232;res nationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Daisy Dunne and Dr Giuliana Viglione, Should humanity set aside 30% of the Earth for nature alone ? One Cop15 plan says yes, Down to Earth &#8212; The Guardian, 13/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Si la cible du 30% (cible 3) a finalement &#233;t&#233; confirm&#233;e &#171; en particulier [pour] les zones d'importance particuli&#232;re pour la biodiversit&#233; et les fonctions et services &#233;cosyst&#233;miques &#187; ce &#224; quoi a &#233;t&#233; ajout&#233;e une cible pr&#233;sum&#233;ment diff&#233;rente de 30% (cible 2) pour la restauration de &#171; zones d'&#233;cosyst&#232;mes terrestres, aquatiques int&#233;rieurs, c&#244;tiers et marins d&#233;grad&#233;s &#187;, elle ne s'applique pas &#224; chaque pays mais &#224; la terre enti&#232;re dont la vaste zone de l'oc&#233;an profond ce qui laisse place au d&#233;filement politique pour les pays r&#233;calcitrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crises de la biodiversit&#233; et climatique se conjuguent l'une l'autre car la nature absorbe 50% du CO2&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; l'intime relation entre crise climatique et celle de la biodiversit&#233; d'o&#249; la double priorit&#233; du Sommet de la terre en 1992, il est alarmant que la seconde soit &#224; ce point marginalis&#233;e alors que plus de 50% du CO2 d'origine humaine est annuellement absorb&#233; par la nature :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'objectif principal des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; Montr&#233;al est de s'entendre sur un nouvel ensemble de r&#232;gles pour prot&#233;ger les &#233;cosyst&#232;mes, avec des objectifs qui doivent &#234;tre atteints d'ici 2030. [...] C'est une t&#226;che colossale. Les optimistes esp&#232;rent que le sommet produira quelque chose de semblable &#224; l'accord de Paris, l'accord de 2015 qui a vu presque tous les pays promettre d'accro&#238;tre leurs efforts pour r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre et att&#233;nuer le changement climatique. Les pessimistes notent que rien de semblable n'a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en trois d&#233;cennies de n&#233;gociations internationales sur la biodiversit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les humains &#233;mettent environ 37 milliards de tonnes de dioxyde de carbone chaque ann&#233;e, ainsi que d'autres gaz &#224; effet de serre. En absorbant le carbone, les plantes s&#233;questrent 11 milliards de tonnes par an, tout en lib&#233;rant de l'oxyg&#232;ne. 10 milliards de tonnes suppl&#233;mentaires de carbone se dissolvent dans les oc&#233;ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1992, un immense &#171; Sommet de la Terre &#187; tenu &#224; Rio de Janeiro a produit un trio de conventions de l'ONU pour faire face &#224; un triptyque de calamit&#233;s environnementales : changement climatique, biodiversit&#233; et d&#233;sertification. [...] La biodiversit&#233; a &#233;t&#233; n&#233;glig&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
(The Economist, &lt;a href=&#034;https://www.economist.com/the-economist-explains/2022/12/09/why-is-there-another-cop-happening?etear=science_nl_4&amp;utm_id=1421417&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Why is there another COP happening ?&lt;/a&gt;, 9/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les t&#233;nors des pays du vieil imp&#233;rialisme pr&#233;sentent l'Accord de Kunming-Montr&#233;al comme &#233;tant &#171; historique &#187; &#8212; mot dont l'abus devient sans limite &#8212; parce qu'&#233;quivalent &#224; l'Accord de Paris sur le climat. D'un, ne faudrait-il pas se garder une petite g&#234;ne avant de faire une telle comparaison tellement ce dernier accord est insuffisant et galvaud&#233;. De deux, le pr&#233;sent accord, malgr&#233; l'utilisation de quelques cibles chiffr&#233;es mais contournables, invite certes &#224; une reddition &#233;l&#233;mentaire de comptes mais ne contient aucun m&#233;canisme pour ce faire et encore moins une obligation, pas plus d'ailleurs que pour l'Accord de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La marchandisation de la nature par le capital financier risque de tirer son &#233;pingle du jeu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours avant l'&#233;ch&#233;ance, la COP15 avan&#231;ait &#224; pas de tortue tellement elle paraissait dysfonctionnelle :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me par les normes glaciales des n&#233;gociations de l'ONU sur la biodiversit&#233;, la Cop15 a &#233;t&#233; lente. Nous avons progress&#233; sur des parties de l'accord qui ne sont pas si controvers&#233;es, mais nous avons laiss&#233; tous les aspects difficiles aux derniers jours d'un processus qui a dur&#233; trois ans. Derri&#232;re des portes closes, les pays semblent tout aussi dysfonctionnels. Le groupe africain semble non coordonn&#233;, les Latino-Am&#233;ricains semblent divis&#233;s, les Europ&#233;ens ne sont pas constructifs, les Canadiens n'ont pas &#233;t&#233; utiles dans les pourparlers et les Chinois sont silencieux. Mais c'&#233;tait cens&#233; &#234;tre le moment parisien de la nature et il semble que cette ambition soit repouss&#233;e dans les ann&#233;es 2030 et 2040. La Chine [pr&#233;sidant cette COP qui devait avoir lieu en Chine] ne fournit pas le leadership dont nous avons besoin pour une perc&#233;e en ce moment. Elle a toujours &#233;t&#233; calme dans les n&#233;gociations de l'ONU sur la biodiversit&#233;, mais ce n'est pas le r&#244;le normal d'un pr&#233;sident de COP.&lt;br class='autobr' /&gt;
(The Secret Negotiator, &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/environment/2022/dec/14/cop15-was-meant-to-be-natures-paris-moment-but-greta-thunberg-blah-blah-blah&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cop15 was meant to be nature's Paris moment, but Greta Thunberg's &#8216;blah, blah, blah' cry is proving right&lt;/a&gt;, The Guardian, 14/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut toujours compter pour faire aboutir ce d&#233;roulement chaotique sur le capital financier aux aguets lequel peut compter sur des &#171; amis &#187; au sein des ONG :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pour Tony Juniper, ancien vice-pr&#233;sident des Amis de la Terre, [&#8230;] les d&#233;cideurs seront pr&#234;ts &#224; agir seulement s'ils comprennent bien que la protection de la biodiversit&#233; a une valeur &#233;conomique. Selon les estimations actuelles, a insist&#233; M. Juniper, les &#233;cosyst&#232;mes de notre plan&#232;te offrent des avantages d'une valeur estim&#233;e entre 125 000 et 140 000 milliards de dollars par an, soit l'&#233;quivalent de plus de 1,5 fois le PIB mondial. (Alexandre Shields, &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/environnement/774469/le-financement-au-coeur-des-negociations-pour-la-biodiversite-a-la-cop15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le financement, nerf de la guerre pour pr&#233;server la biodiversit&#233;&lt;/a&gt;, Le Devoir, 14/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer en effet malgr&#233; un d&#233;roulement laborieux et lent d&#233;plor&#233; tant de l'int&#233;rieur, m&#234;me par le ministre de l'Environnement canadien, que de l'ext&#233;rieur par en particulier la jeunesse (Jean-Thomas L&#233;veill&#233;,&lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-12-16/cop15-sur-la-biodiversite/des-jeunes-pressent-les-pays-de-surmonter-leurs-desaccords.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des jeunes pressent les pays de surmonter leurs d&#233;saccords&lt;/a&gt;, La Presse, 16/12/22), la COP15 se soit termin&#233;e &#224; temps et en plus sur la base d'un document de travail &#224; peine modifi&#233; pr&#233;sent&#233; par la pr&#233;sidence 24 heures avant l'adoption du document final ? Il est pourtant clair que les exigences voulues par les pays du Nord, lesquelles sont contraignantes avant tout pour les pays du Sud d&#233;bordants de biodiversit&#233;, ont &#233;t&#233; accept&#233;es, &#224; quelques exceptions africaines pr&#232;s, par ces derniers pays qui eux n'y ont pas trouv&#233; leur compte en termes mon&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le double jeu des pays &#233;mergents, dans l'antichambre de l'imp&#233;rialisme ou en faisant carr&#233;ment partie, y est certainement pour beaucoup. On peut aussi ajouter que les petits pays insulaires tr&#232;s contestataires lors des n&#233;gociations sur le climat ont &#233;t&#233; discrets peut-&#234;tre parce qu'ils ne sont pas techniquement en mesure de respecter la norme du 30% d'aires prot&#233;g&#233;es. On peut faire l'hypoth&#232;se de la pesanteur des &#171; milliardaires &#187; d&#233;nonc&#233;s par le d&#233;ploiement de banderoles quelques jours avant la fin de la COP (Lila Dussault, &lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-12-15/cop15-sur-la-biodiversite/l-influence-de-milliardaires-dans-les-negociations-denoncee.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'influence de milliardaires dans les n&#233;gociations d&#233;nonc&#233;e&lt;/a&gt;, La Presse, 15/12/22). Ce sont eux qui sont en mesure de b&#233;n&#233;ficier de la richesse g&#233;n&#233;tique de la biodiversit&#233; tropicale et ce sont aussi eux qui sont en mesure de profiter de la conversion de la nature en capital &#224; prot&#233;ger contre argent sonnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien lire le libell&#233; de l'Accord au sujet de l'appui financier, en particulier le surprenant 200 milliards $US venu de nulle part et qui n'a jamais fait probl&#232;me :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Augmenter substantiellement et progressivement le niveau des ressources financi&#232;res de toutes les sources, de mani&#232;re efficace, opportune et facilement accessible, y compris les ressources nationales, internationales, publiques et priv&#233;es, conform&#233;ment &#224; l'article 20 de la Convention, pour mettre en &#339;uvre les strat&#233;gies et plans d'action nationaux pour la biodiversit&#233;, d'ici 2030 en mobilisant au moins 200 milliards de dollars am&#233;ricains par an, notamment en : a) Accroissant le total des ressources financi&#232;res internationales li&#233;es &#224; la diversit&#233; biologique provenant des pays d&#233;velopp&#233;s, y compris l'aide publique au d&#233;veloppement, et des pays qui assument volontairement les obligations des pays d&#233;velopp&#233;s faisant parti de l'Accord, aux pays en d&#233;veloppement, en particulier les pays les moins avanc&#233;s et les petits &#201;tats insulaires en d&#233;veloppement, ainsi qu'aux les pays &#224; &#233;conomie en transition, &#224; au moins 20 milliards de dollars US par an d'ici 2025, et &#224; au moins 30 milliards de dollars US par an d'ici 2030 ;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une lecture attentive de ce charabia, qui n'est pas d&#251; &#224; sa traduction en fran&#231;ais, indique la provenance entre autres priv&#233;e non seulement de ce montant annuel de 200 milliards $US qui n'a jamais fait probl&#232;me mais aussi &#8212; &#171; y compris l'aide publique au d&#233;veloppement &#187; mais pas seulement &#8212; pour les politiquement litigieuses sommes de 20 puis 30 milliards $US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Accord Kunming-Montr&#233;al fait certes la part belle aux peuples autochtones bien qu'ils n'aient pas eu voix au chapitre. Le mot &#171; autochtone &#187; (indigenous) est mentionn&#233; vingt fois dans ce document de 14 pages. On se dit que leurs connaissances de la nature et de ses &#171; services &#187; combin&#233;es &#224; leur d&#233;nuement mat&#233;riel et politique en font aux yeux des banquiers des proies faciles et utiles pour la mise en valeur et la protection du &#171; capital-nature &#187;. D'autant plus que ce ne sont pas les pingres &#201;tats n&#233;olib&#233;raux qui les soutiendront comme le d&#233;montre la citation pr&#233;c&#233;dente. C'est oublier leur r&#233;silience et leur combativit&#233; qui pourraient vaincre si les peuples &#171; blancs &#187; surmontaient leur racisme afin de les appuyer dans la rue et dans les urnes. Attendent-ils d'&#234;tre au pied du mur pour le faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 19 d&#233;cembre 2022&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.marcbonhomme.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.marcbonhomme.com&lt;/a&gt; ; bonmarac@videotron.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>AGISSONS ! Manifeste pour la biodiversit&#233;, la justice sociale et &#233;cologique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/AGISSONS-Manifeste-pour-la-biodiversite-la-justice-sociale-et-ecologique</link>
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		<dc:date>2022-12-20T08:04:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> R&#233;seau international pour l'innovation sociale et &#233;cologiste</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-20</dc:subject>
		<dc:subject>COP15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cela fait 50 ans que l'ONU organise des conf&#233;rences internationales pour d&#233;battre des enjeux environnementaux. Le cycle de n&#233;gociation intergouvernementale des COP pour la mise en &#339;uvre des conventions sur le climat et la biodiversit&#233; a &#233;t&#233; lanc&#233; il y a 30 ans. Pourtant, aucun de ces processus techniques et diplomatiques n'est en mesure de freiner la disparition massive d'esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, et de faire face &#224; l'urgence climatique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples de la Terre, et particuli&#232;rement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-12-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-12-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-COP15-+" rel="tag"&gt;COP15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton55305-48df4.png?1781411139' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait 50 ans que l'ONU organise des conf&#233;rences internationales pour d&#233;battre des enjeux environnementaux. Le cycle de n&#233;gociation intergouvernementale des COP pour la mise en &#339;uvre des conventions sur le climat et la biodiversit&#233; a &#233;t&#233; lanc&#233; il y a 30 ans. Pourtant, aucun de ces processus techniques et diplomatiques n'est en mesure de freiner la disparition massive d'esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, et de faire face &#224; l'urgence climatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les peuples de la Terre, et particuli&#232;rement les peuples autochtones, ont conscience depuis longtemps des constats scientifiques qui s'accumulent d&#233;sormais dans les nombreux rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC) et de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversit&#233; et les services &#233;cosyst&#233;miques (IPBES) : les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre se poursuivent, la temp&#233;rature de la plan&#232;te continue d'augmenter, la biodiversit&#233; animale et v&#233;g&#233;tale s'amenuise chaque jour davantage en raison de l'extinction de plus en plus massive des diff&#233;rentes esp&#232;ces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps n'est plus au marchandage et aux sp&#233;culations. Le temps est &#224; l'action.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, mouvements sociaux et organisations de la soci&#233;t&#233; civile mondiale r&#233;unis &#224; l'occasion de la COP15 sur la biodiversit&#233; &#224; Montr&#233;al, appelons &#224; :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; D&#233;coloniser nos esprits et nos territoires pour sortir du paradigme du d&#233;veloppement et de la croissance &#224; tout prix afin de ne plus consid&#233;rer le vivant comme une ressource &#224; exploiter mais plut&#244;t un commun &#224; respecter et &#224; d&#233;fendre ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Rejeter les fausses solutions technologiques de g&#233;o-ing&#233;nierie qui sont mises de l'avant pour r&#233;soudre les crises &#233;cologiques mais qui ne font que perp&#233;tuer le paradigme dominant ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Sanctionner les gouvernements et les autorit&#233;s locales et internationales qui ne mettent pas en &#339;uvre des mesures concr&#232;tes de pr&#233;servation de la biodiversit&#233; et de lutte contre les changements climatiques ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Favoriser une transition juste, &#233;quitable et inclusive, c'est-&#224;-dire transformer radicalement nos &#233;conomies tout en cr&#233;ant des opportunit&#233;s de travail d&#233;cent et en ne laissant personne de c&#244;t&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; D&#233;noncer et attaquer en justice les entreprises et les acteurs &#233;conomiques qui poursuivent des activit&#233;s nuisibles &#224; l'&#233;quilibre des &#233;cosyst&#232;mes et qui entravent la transition juste ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; R&#233;duire notre consommation dans une perspective de sobri&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tique et refuser tout nouveau projet de production d'&#233;nergie fossile pour prioriser la transition &#233;nerg&#233;tique des &#233;conomies tout en assurant la satisfaction des besoins fondamentaux de tout.e.s dans toutes les r&#233;gions du monde ; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Poursuivre la lutte contre les in&#233;galit&#233;s de classe et de genre et renforcer l'&#233;quit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle en liant les revendications de justice sociale et de justice &#233;cologique ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Stopper la destruction des &#233;cosyst&#232;mes naturels par l'agriculture industrielle et financer la transition vers une agriculture paysanne, locale, agro&#233;cologique et exempte de surexploitation animale ; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Co-construire des collectivit&#233;s r&#233;silientes &#224; l'&#233;chelle locale qui incarnent les principes de justice sociale et &#233;cologique et s'organisent autour d'institutions d&#233;mocratiques et de pratiques d'&#233;conomie solidaire ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Renforcer la solidarit&#233; entre les peuples du monde afin de faire face collectivement aux d&#233;fis de l'adaptation aux changements climatiques et au d&#233;clin de la biodiversit&#233;, par des &#233;changes de connaissances ou de technologies, des transferts de moyens en paiement de la dette &#233;cologique due aux pays du Sud victimes de la surexploitation mais aussi l'offre de terres d'accueil pour les r&#233;fugi&#233;s climatiques ; &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Miser sur la diversit&#233; des cultures et des visions du monde, sur les traditions des&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premiers Peuples et les ambitions de transformations sociales des jeunes, pour &#233;laborer des solutions territorialement ancr&#233;es et adapt&#233;es aux diff&#233;rents contextes et aux d&#233;fis historiques qui nous confrontent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu des graves dommages caus&#233;s et de l'urgence d'agir, il est d&#233;sormais clair que la n&#233;cessaire transition &#233;cologique et sociale qui s'impose sera subie plut&#244;t que choisie. En ces temps difficiles, nous avons besoin de courage politique, d'espoir, de solidarit&#233; et de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons collectivement le devoir d'assumer la dette historique que nous h&#233;ritons de l'&#232;re industrielle occidentale et qui s'impose &#224; nous. Nous avons la responsabilit&#233; de nous mobiliser et d'agir en cons&#233;quence pour construire un monde meilleur pour les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'y arriverons pas seul.e.s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AGISSONS ENSEMBLE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour tous les signataires&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;cembre 2022&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour prendre contact avec le R&#233;seau international pour l'innovation sociale et &#233;cologique (R&#207;SE)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bilan COP15 - La CAQ rate plusieurs occasions de prot&#233;ger la nature</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bilan-COP15-La-CAQ-rate-plusieurs-occasions-de-proteger-la-nature-55403</link>
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		<dc:date>2022-12-20T08:04:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aile parlementaire de Qu&#233;bec solidaire</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-20</dc:subject>
		<dc:subject>COP15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que la COP15 se conclura dans les prochains jours &#224; Montr&#233;al, Qu&#233;bec solidaire revient sur les cinq plus grandes opportunit&#233;s manqu&#233;es par le gouvernement de la CAQ pour prot&#233;ger la biodiversit&#233; qu&#233;b&#233;coise. &lt;br class='autobr' /&gt; Parler des deux c&#244;t&#233;s de la bouche &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La CAQ nous a servi son hypocrisie environnementale &#224; plusieurs sauces dans les derniers jours : r&#233;p&#233;ter encore une fois sa cible pour les aires prot&#233;g&#233;es, mais ne pas r&#233;ellement annoncer d'aires prot&#233;g&#233;es dans le Sud, ajouter des esp&#232;ces en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-12-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-12-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-COP15-+" rel="tag"&gt;COP15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton55403-ee2ac.png?1781411139' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la COP15 se conclura dans les prochains jours &#224; Montr&#233;al, Qu&#233;bec solidaire revient sur les cinq plus grandes opportunit&#233;s manqu&#233;es par le gouvernement de la CAQ pour prot&#233;ger la biodiversit&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parler des deux c&#244;t&#233;s de la bouche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La CAQ nous a servi son hypocrisie environnementale &#224; plusieurs sauces dans les derniers jours : r&#233;p&#233;ter encore une fois sa cible pour les aires prot&#233;g&#233;es, mais ne pas r&#233;ellement annoncer d'aires prot&#233;g&#233;es dans le Sud, ajouter des esp&#232;ces en p&#233;ril sur une liste, mais ne pas donner plus de mordant &#224; la Loi sur les esp&#232;ces menac&#233;es ou vuln&#233;rables. Le gouvernement de Fran&#231;ois Legault se dit nationaliste, mais ne prot&#232;ge ni le territoire ni les esp&#232;ces vivantes qui l'habitent &#187;, d&#233;clare Gabriel Nadeau-Dubois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prot&#233;ger le caribou forestier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La protection du caribou forestier &#233;tait sur toutes les l&#232;vres pendant la COP15 &#224; l'exception de celles des caquistes ! La n&#233;gligence de la CAQ pour la protection du caribou forestier est alarmante. On attend toujours que le gouvernement mette en &#339;uvre les recommandations du rapport d'experts ind&#233;pendants sur le caribou &#187;, se d&#233;sole Alejandra Zaga Mendez, responsable solidaire en mati&#232;re d'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une aire prot&#233;g&#233;e pour la rivi&#232;re Magpie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les barrages imaginaires de Fran&#231;ois Legault jettent une ombre au-dessus de la C&#244;te-Nord qui se demande bien quelle rivi&#232;re sera harnach&#233;e par ces id&#233;es lanc&#233;es en l'air. La CAQ a manqu&#233; l'occasion de rassurer la communaut&#233; qui se mobilise depuis des ann&#233;es autour de la rivi&#232;re Magpie o&#249; il faut une aire prot&#233;g&#233;e pour sauvegarder ce joyau naturel &#187;, souligne Alejandra Zaga Mendez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stopper l'&#233;talement urbain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pire menace environnementale au Qu&#233;bec est l'&#233;talement urbain et la CAQ en est complice en finan&#231;ant des projets comme le 3e lien. Il faut viser z&#233;ro perte nette de milieux humides, forestiers et agricoles si on veut v&#233;ritablement prot&#233;ger la nature qu&#233;b&#233;coise, pas multiplier les projets autoroutiers destructeurs &#187;, d&#233;fend Etienne Grandmont, responsable solidaire en mati&#232;re de transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moratoire sur les nouveaux claims miniers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gouvernement de la CAQ refuse de d&#233;cr&#233;ter un moratoire sur les nouveaux claims miniers pr&#232;s de nos parcs nationaux, dans les zones de vill&#233;giature et dans les zones habit&#233;es alors que &#231;a fait des ann&#233;es que les municipalit&#233;s et les communaut&#233;s tirent la sonnette d'alarme ! Le Qu&#233;bec n'est pas le Far West, nos ressources ne sont pas un bar ouvert, nos r&#233;gions ne servent pas juste &#224; extraire, c'est le temps de respecter notre monde et notre environnement &#187;, affirme Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des manifestant.e.s bloquent des travaux au Bois&#233; Steinberg et exigent la fin du projet de prolongement du boulevard de l'Assomption</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Des-manifestant-e-s-bloquent-des-travaux-au-Boise-Steinberg-et-exigent-la-fin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Des-manifestant-e-s-bloquent-des-travaux-au-Boise-Steinberg-et-exigent-la-fin</guid>
		<dc:date>2022-12-20T08:04:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-20</dc:subject>
		<dc:subject>COP15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Montr&#233;al, le 15 d&#233;cembre 2022 &#8211; Dans le cadre des mobilisations entourant la tenue de la COP15 &#224; Montr&#233;al, une quarantaine de personnes bloque actuellement des travaux de caract&#233;risation des sols men&#233;s par la Ville de Montr&#233;al au Bois&#233; Steinberg, dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Elles exigent la fin du projet de prolongement du boulevard de l'Assomption et la protection de l'enti&#232;ret&#233; du Bois&#233; Steinberg. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le prolongement du boulevard de l'Assomption est un projet men&#233; conjointement par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton55348-cfb1b.png?1781411140' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Montr&#233;al, le 15 d&#233;cembre 2022 &#8211; Dans le cadre des mobilisations entourant la tenue de la COP15 &#224; Montr&#233;al, une quarantaine de personnes bloque actuellement des travaux de caract&#233;risation des sols men&#233;s par la Ville de Montr&#233;al au Bois&#233; Steinberg, dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Elles exigent la fin du projet de prolongement du boulevard de l'Assomption et la protection de l'enti&#232;ret&#233; du Bois&#233; Steinberg.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le prolongement du boulevard de l'Assomption est un projet men&#233; conjointement par la Ville de Montr&#233;al et le minist&#232;re des Transports du Qu&#233;bec. Il vise &#224; augmenter le transport des marchandises par camion en facilitant les acc&#232;s au Port de Montr&#233;al. &#171; Bien qu'aucun trac&#233; n'ait &#233;t&#233; d&#233;voil&#233; pour l'instant, plusieurs indices laissent pr&#233;sager que le boulevard traversera le Bois&#233; Steinberg du nord au sud, dans cette portion o&#249; nous bloquons actuellement des travaux de caract&#233;risation des sols &#187;, explique Cassandre Charbonneau-Jobin, co-porte-parole du mouvement citoyen Mobilisation 6600 Parc nature MHM. Ce type de travaux, effectu&#233; dans le cadre de l'achat du terrain par la Ville, est g&#233;n&#233;ralement pr&#233;alable &#224; la construction d'infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Le projet de prolongement du boulevard de l'Assomption est compl&#232;tement anachronique &#187;, rench&#233;rit Ana&#239;s Houde, co-porte-parole du mouvement. &#171; La mairesse Val&#233;rie Plante d&#233;clarait cette semaine &#224; la COP15 qu'il faut que la protection de la nature devienne le crit&#232;re central de toutes les d&#233;cisions, que c'est la seule et unique approche responsable pour garantir notre avenir. Comment son administration peut-elle envisager d&#233;truire un espace de biodiversit&#233; comme le Bois&#233; Steinberg pour construire une route, dans un quartier d&#233;j&#224; d&#233;favoris&#233; sur les plans socio-&#233;conomique et environnemental ? Il faut restaurer ce bois&#233; dont le milieu humide a &#233;t&#233; remblay&#233; &#224; plusieurs reprises par le MTQ sans compensation &lt;/i&gt; &#187;, continue-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement citoyen voit dans ce projet routier une autre manifestation des injustices environnementales qui touchent l'est de Montr&#233;al. Dans Hochelaga, le taux de canop&#233;e est de moins de 15% (et dans ce secteur de Longue-Pointe, il est de moins de 5%). La population souffre de la pr&#233;sence de nombreux &#238;lots de chaleur, des nuisances li&#233;es aux activit&#233;s du Port et &#224; la rue Notre-Dame et plus r&#233;cemment, &#224; l'arriv&#233;e de Ray-Mont Logistiques. La population a une esp&#233;rance de vie 9 ans inf&#233;rieure &#224; la population de l'ouest de l'&#238;le. Pourtant, les projets industriels et routiers s'accumulent, au d&#233;triment de la sant&#233; et de la qualit&#233; de vie des habitant.e.s. &#171; &lt;i&gt;Dans l'Ouest, on agrandit le Parc du Mont-Royal, ici on construit des routes et des plateformes logistiques. Pourtant, nous aussi avons le droit &#224; la sant&#233; et &#224; une vie paisible. Ce n'est pas d'une autre route dont les gens d'Hochelaga ont besoin, c'est d'un parc nature !&lt;/i&gt; &#187;, a affirm&#233; Cassandre Charbonneau-Jobin. Le mouvement revendique la cr&#233;ation d'un Parc nature dans le quadrilat&#232;re Hochelaga/Dickson/Notre-Dame et Vimont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestant.e.s ont annonc&#233; qu'ils et elles quitteraient les lieux lorsque la mairesse Val&#233;rie Plante se serait engag&#233;e &#224; prot&#233;ger l'enti&#232;ret&#233; du Bois&#233; Steinberg et &#224; mettre fin au projet de prolongement du boulevard de l'Assomption.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; propos de Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM est un mouvement citoyen qui lutte depuis 2016 pour la pr&#233;servation des espaces verts, de la sant&#233; et de la qualit&#233; de vie de la population d'Hochelaga-Maisonneuve. Il revendique la cr&#233;ation d'un Parc nature dans le quartier. - 30 -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobilisation pour la biodiversit&#233; dans le cadre de la COP15 : Une manifestation prend d'assaut le terrain de Ray-Mont Logistiques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mobilisation-pour-la-biodiversite-dans-le-cadre-de-la-COP15</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Mobilisation-pour-la-biodiversite-dans-le-cadre-de-la-COP15</guid>
		<dc:date>2022-12-20T08:03:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-20</dc:subject>
		<dc:subject>COP15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rassembl&#233;.e.s pour la &#171; Manif-action Non aux conteneurs ! Oui &#224; la biodiversit&#233; ! &#187;, des citoyen.ne.s et militant.e.s pour la justice environnementale se sont rendus sur le terrain de Ray-Mont Logistiques dans Hochelaga-Maisonneuve, ce dimanche, pour bloquer les travaux de l'entreprise. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Ce que nous vivons dans Hochelaga avec Ray-Mont Logistiques, c'est la manifestation locale d'une dynamique mondiale : des entreprises d&#233;poss&#232;dent les communaut&#233;s de leurs espaces verts pour implanter des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton55304-fdffd.png?1781411140' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rassembl&#233;.e.s pour la &#171; Manif-action Non aux conteneurs ! Oui &#224; la biodiversit&#233; ! &#187;, des citoyen.ne.s et militant.e.s pour la justice environnementale se sont rendus sur le terrain de Ray-Mont Logistiques dans Hochelaga-Maisonneuve, ce dimanche, pour bloquer les travaux de l'entreprise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Ce que nous vivons dans Hochelaga avec Ray-Mont Logistiques, c'est la manifestation locale d'une dynamique mondiale : des entreprises d&#233;poss&#232;dent les communaut&#233;s de leurs espaces verts pour implanter des activit&#233;s industrielles polluantes, incompatibles avec la protection de la biodiversit&#233; et de la sant&#233; des populations &lt;/i&gt; &#187; a affirm&#233; Ana&#239;s Houde, co-porte-parole du mouvement citoyen Mobilisation 6600 Parc-nature MHM. Organis&#233;e en collaboration avec la Coalition &#201;tudiante pour un Virage Environnemental et Social (CEVES) et la Coalition anticapitaliste et &#233;cologiste contre la COP15 (CAEC), la manifestation a pour but de d&#233;noncer l'emprise qu'exercent le d&#233;veloppement industriel et routier sur nos milieux de vie. &#171; Les entreprises visent uniquement leur profit et la croissance de leurs activit&#233;s. Nous exigeons plut&#244;t des projets pens&#233;s pour le b&#233;n&#233;fice des collectivit&#233;s : de l'agriculture urbaine visant l'autonomie alimentaire des quartiers, des espaces de jeu libre pour les familles, une ville verte construite pour ses habitant.e.s. C'est pourquoi nous bloquons Ray-Mont Logistiques aujourd'hui ! &#187; a affirm&#233; L&#233;onard Leclerc, porte-parole de la CEVES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la COP15 qui se d&#233;roule &#224; Montr&#233;al, Mobilisation 6600 r&#233;it&#232;re sa demande pour que le ministre de l'Environnement du Canada Steven Guilbeault, le ministre de l'Environnement du Qu&#233;bec Benoit Charette et la Mairesse de Montr&#233;al Val&#233;rie Plante s'allient pour la cr&#233;ation d'un Parc-nature dans le secteur Assomption-sud, dans Hochelaga-Maisonneuve. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas d'un parc &#224; conteneurs dont Hochelaga-Maisonneuve a besoin. C'est d'un parc-nature &lt;/i&gt; &#187; a martel&#233; Cassandre Charbonneau-Jobin, co-porte-parole du mouvement. &#171; &lt;i&gt; Ce que nous vivons dans Hochelaga est un exemple frappant d'injustice environnementale : la population d&#233;favoris&#233;e de notre quartier subit plus de nuisances et a moins acc&#232;s &#224; la nature que celle des quartiers plus riches &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le mouvement citoyen profite de la manifestation pour d&#233;noncer le projet de prolongement du boulevard l'Assomption chapeaut&#233; par la Ville de Montr&#233;al, qui menace directement de destruction le Bois&#233; Steinberg dans Hochelaga. Bien que l'administration refuse de d&#233;voiler les d&#233;tails du projet et pr&#233;tend travailler &#224; la protection du bois&#233;, plusieurs indices laissent pr&#233;sager que le boulevard le traversera du nord au sud, dans la portion la plus &#224; l'est, o&#249; des analyses de sols sont pr&#233;vus cette semaine. Il semble que 19 000 v&#233;hicules circuleraient chaque jour sur cette nouvelle route. &#171; Alors que dans le cadre de la COP15, la Ville de Montr&#233;al r&#233;it&#232;re publiquement ses engagements en mati&#232;re de protection de la biodiversit&#233;, comment peut-elle envisager abattre des arbres et an&#233;antir un &#233;cosyst&#232;me pour construire une route et augmenter le trafic routier ? C'est d'une incoh&#233;rence totale &#187; affirme Ana&#239;s Houde. Le prolongement du boulevard l'Assomption vise notamment &#224; desservir les camions charg&#233;s de conteneurs sortant du Port de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM est un mouvement citoyen q ui lutte depuis 2016 pour la pr&#233;servation des espaces verts, de la sant&#233; et de la qualit&#233; de vie de la population d'Hochelaga-Maisonneuve. Il revendique la cr&#233;ation d'un Parc nature dans leur quartier.&lt;br class='autobr' /&gt; - 30 -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Biodiversit&#233; : &#224; la COP15, un accord historique mais tout reste &#224; faire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Biodiversite-a-la-COP15-un-accord-historique-mais-tout-reste-a-faire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Biodiversite-a-la-COP15-un-accord-historique-mais-tout-reste-a-faire</guid>
		<dc:date>2022-12-20T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jade Bourgery</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-20</dc:subject>
		<dc:subject>COP15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s dix jours et une nuit de marathon diplomatique, 196 &#201;tats sont parvenus &#224; un accord historique sur la biodiversit&#233; ce lundi 19 d&#233;cembre. Des voix s'&#233;l&#232;vent pour critiquer le flou du texte qui risque de rendre difficile la mise en &#339;uvre de ses objectifs. &lt;br class='autobr' /&gt; 19 d&#233;cembre 2022 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme l'accord de la derni&#232;re chance, celui qui scellerait quatre ann&#233;es de d&#233;bats pour la protection de la biodiversit&#233; &#224; l'heure d'une sixi&#232;me extinction de masse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-COP15-+" rel="tag"&gt;COP15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton55398-1f041.png?1781411140' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s dix jours et une nuit de marathon diplomatique, 196 &#201;tats sont parvenus &#224; un accord historique sur la biodiversit&#233; ce lundi 19 d&#233;cembre. Des voix s'&#233;l&#232;vent pour critiquer le flou du texte qui risque de rendre difficile la mise en &#339;uvre de ses objectifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 d&#233;cembre 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/191222/biodiversite-la-cop15-un-accord-historique-mais-tout-reste-faire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mediapart.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme l'accord de la derni&#232;re chance, celui qui scellerait quatre ann&#233;es de d&#233;bats pour la protection de la biodiversit&#233; &#224; l'heure d'une sixi&#232;me extinction de masse provoqu&#233;e par l'humain. Lundi 19 d&#233;cembre, les 196 pays pr&#233;sents &#224; Montr&#233;al dans le cadre de la COP15 pour la biodiversit&#233; sont parvenus &#224; un accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte comporte 23 cibles et quatre grands objectifs mondiaux &#224; l'horizon 2050 : les menaces sur la biodiversit&#233;, son utilisation et sa gestion durable, l'acc&#232;s et le partage des avantages issus des ressources g&#233;n&#233;tiques et les moyens de mise en &#339;uvre de l'accord. Elle avait pour but de faire &#233;merger un nouveau cadre mondial pour la protection de la biodiversit&#233; et de renforcer la s&#233;rie d'objectifs &#233;tablis par les accords d'Aichi de 2010 au Japon, consid&#233;r&#233;s comme un &#233;chec neuf ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Protection de 30 % de la plan&#232;te, un fonds pour la biodiversit&#233; renforc&#233;, une r&#233;duction de moiti&#233; des risques li&#233;s aux pesticides, ce texte, sign&#233; dans la nuit de dimanche &#224; lundi, est consid&#233;r&#233; comme historique par les dirigeants du monde entier pour &lt;i&gt;&#171; arr&#234;ter et inverser la perte de la biodiversit&#233; &#187;&lt;/i&gt; d'ici &#224; 2030. Initialement pr&#233;vue en 2020 &#224; Kunming en Chine, cette COP a &#233;t&#233; repouss&#233;e &#224; de multiples reprises en raison de la pand&#233;mie de Covid-19. Finalement, c'est au Canada qu'elle s'est d&#233;roul&#233;e ce mois-ci, toujours sous pr&#233;sidence chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays se sont engag&#233;s sur une feuille de route visant notamment &#224; prot&#233;ger 30 % des terres, oc&#233;ans, zones c&#244;ti&#232;res et eaux internationales d'ici &#224; 2030. Une ambition port&#233;e par la Coalition pour une haute ambition, dont la France et le Costa Rica ont &#233;t&#233; &lt;i&gt;&#171; les meneurs cl&#233;s &#187;&lt;/i&gt; pendant les discussions selon S&#233;bastien Treyer, directeur de l'Iddri (Institut du d&#233;veloppement durable et des relations internationales). Ces 30 % d'aires prot&#233;g&#233;es sont au niveau plan&#233;taire, chaque pays ne devra pas atteindre 30 %, &lt;i&gt;&#171; la biodiversit&#233; est mondiale mais les &#201;tats sont souverains, chacun doit faire de son mieux &#187;,&lt;/i&gt; pr&#233;cise-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sujet &#224; controverse pour le Br&#233;sil et l'Argentine, friands d'herbicides pour leurs cultures du soja, la r&#233;duction &#224; 50 % des risques li&#233;s aux pesticides a &#233;t&#233; valid&#233;e par les 196 pays. Le but &#233;tant de &lt;i&gt;&#171; r&#233;duire le risque de pollution &#224; un niveau qui ne sera plus nuisible pour la biodiversit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, souligne &lt;a href=&#034;https://www.cbd.int/doc/c/7a5e/1d9a/f8718d1a5dd9828dba764053/cop-15-item9a-nonpaper-president-en.pdf?utm_campaign=FR+ACT+COP15&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=autopilot&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le texte&lt;/a&gt;. Une proposition &#224; nuancer pour S&#233;bastien Treyer : &lt;i&gt;&#171; Le fait qu'on soit sur le risque et non pas la quantit&#233; peut &#234;tre une mauvaise chose si on pense &#224; l'Argentine ou le Br&#233;sil qui pourront, &#224; tout moment, &#233;voquer leur difficult&#233; &#224; mesurer les risques li&#233;s &#224; leurs pesticides, ce qui retardera l'&#233;ch&#233;ance. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord aborde aussi la r&#233;orientation des subventions publiques nuisibles pour la nature qui s'&#233;l&#232;vent &#224; au moins &lt;a href=&#034;https://bteam.org/our-thinking/news/study-governments-are-subsidizing-the-destruction-of-nature-to-the-tune-of-1-8-trillion-each-year&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1 800 milliards de dollars par an&lt;/a&gt;. Une &lt;i&gt;&#171; r&#233;duction d'au moins 500 milliards de dollars par an d'ici 2030 &#187;&lt;/i&gt; est pr&#233;vue mais elles resteraient &lt;i&gt;&#171; &#224; identifier d'ici 2025 &#187;&lt;/i&gt;. Pourtant, elles sont d&#233;j&#224; bien connues du public : les subventions aux &#233;nergies fossiles, &#224; la surp&#234;che ou &#224; l'agriculture intensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;coblanchiment&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;gal de sa cousine pour le climat, la COP pour la biodiversit&#233; s'est divis&#233;e sur le sujet des financements par les pays du Nord vers les pays en d&#233;veloppement. 30 milliards de dollars (environs 28 milliards d'euros) d'aide annuelle &#224; la conservation pour les pays en d&#233;veloppement ont finalement &#233;t&#233; d&#233;bloqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un montant bien en de&#231;&#224; des volont&#233;s du groupe africain et plusieurs pays en d&#233;veloppement qui &lt;a href=&#034;https://www.gabonreview.com/cop-15-sur-la-biodiversite-les-negociations-de-geneve-dans-limpasse/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;demandaient&lt;/a&gt; depuis mars 2022, &lt;i&gt;&#171; 100 milliards par an dans un premier temps pour ensuite atteindre les 700 milliards de dollars d'ici 2030 et au-del&#224; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes entreprises devront aussi montrer patte blanche. L'accord exige qu'elles &lt;i&gt;&#171; surveillent, &#233;valuent et divulguent les risques et impacts sur la biodiversit&#233; de leurs portefeuilles, op&#233;rations et cha&#238;nes d'approvisionnement et de valeur &#187;&lt;/i&gt; afin de fournir au public la possibilit&#233; de faire des choix &#233;coresponsables &#233;clair&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mesure contrebalanc&#233;e par la notion de &lt;i&gt;&#171; solutions fond&#233;es sur la nature &#187;&lt;/i&gt; pr&#233;sente dans le texte pour l'ONG Les Amis de la Terre. Nele Marien, coordinatrice du programme For&#234;ts et biodiversit&#233; de l'organisation estime que ce point promeut &lt;i&gt;&#171; l'&#233;coblanchiment et permet de compenser la destruction de l'environnement &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Rochette, chercheur, l'avait soulign&#233; dans un &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/171222/biodiversite-la-cop-compte-rebours-pour-trouver-un-compromis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entretien&lt;/a&gt; &#224; Mediapart : &lt;i&gt;&#171; &#192; l'Iddri, nous plaidons pour qu'au-del&#224; des objectifs soit mis en place un syst&#232;me de transparence qui permette, d'ici 2030, de regarder r&#233;guli&#232;rement la trajectoire des pays en mati&#232;re de biodiversit&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Dans ce sens, le texte sign&#233; &#224; Montr&#233;al pr&#233;voit que tous les deux ans les &#201;tats signataires soient &#233;valu&#233;s sur les progr&#232;s effectu&#233;s individuellement. S&#233;bastien Treyer pr&#233;cise cependant que ce laps de temps sera trop court pour permettre d'&#233;laborer une deuxi&#232;me strat&#233;gie si n&#233;cessaire et qu'il n'existe pas &lt;i&gt;&#171; de m&#233;canisme demandant le rehaussement de l'ambition des pays. Si on voit que la trajectoire n'est pas bonne, les &#201;tats pourront aller plus loin mais ce n'est pas une obligation &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#199;a sauve les meubles &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re, Huang Runqiu, ministre chinois de l'&#233;cologie et de l'environnement et pr&#233;sident de la COP15, a qualifi&#233; l'accord d'&lt;i&gt;&#171; ambitieux et &#233;quilibr&#233; &#187;&lt;/i&gt;. La validation du texte est cependant loin d'avoir fait l'unanimit&#233;. Avant son adoption, la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo a pris la parole et s'est prononc&#233;e contre la validation du texte &#224; la suite du refus de cr&#233;ation d'un fonds sp&#233;cial pour la biodiversit&#233; &#224; destination des pays du Sud. Une &#171; ligne rouge &#187; pour la France, selon &lt;a href=&#034;https://twitter.com/oscar_soria/status/1603168431418875904?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1603168431418875904%7Ctwgr%5Ebb0e18805584876c87b015bf56c2bbf4983b9a6d%7Ctwcon%5Es1_&amp;ref_url=https%3A%2F%2Fwww.mediapart.fr%2Fjournal%2Fecologie%2F171222%2Fbiodiversite-la-cop-compte-rebours-pour-trouver-un-compromis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un tweet&lt;/a&gt; du coordinateur de l'ONG Avaaz, Oscar Soria. Finalement, la Colombie a propos&#233; une solution interm&#233;diaire, un fonds d&#233;di&#233; sous l'&#233;gide de celui pour l'environnement mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cameroun, lui, a d&#233;nonc&#233; &lt;i&gt;&#171; un vice de proc&#233;dure &#187;&lt;/i&gt; et condamne un &#171; passage en force &#187; de la loi par la Chine. Tout comme l'Ouganda, le pays estime n'avoir pas pu exercer son &lt;i&gt;&#171; droit souverain &#187;&lt;/i&gt;. En effet, diff&#233;rentes d&#233;cisions ont &#233;t&#233; accept&#233;es ensemble, comme un &#171; paquet &#187;, et non s&#233;par&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le minist&#232;re de la transition &#233;cologique et de la coh&#233;sion des territoires, repr&#233;sent&#233; sur place par Christophe B&#233;chu &#224; Montr&#233;al, salue l'adoption de l'accord mais regrette &lt;i&gt;&#1086373;&#171; l'absence d'engagement chiffr&#233; sur l'augmentation de la surface des espaces naturels d'ici 2050, des engagements insuffisants sur la protection des esp&#232;ces &#187; ainsi que &#171; l'absence d'objectifs chiffr&#233;s pour la r&#233;duction de l'empreinte &#233;cologique ainsi que le respect des limites plan&#233;taires &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de Greenpeace, An Lambrechts, cheffe de la d&#233;l&#233;gation de l'organisation &#224; la COP15, &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/environnement/accord-de-la-cop-15-la-france-et-lue-sauto-congratulent-les-ong-mitigees-20221219_SUUJTLRJ3ZHFJBORCXCCOXWXNA/?redirected=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;estime&lt;/a&gt; que &lt;i&gt;&#171; dans l'ensemble, la COP15 n'a pas r&#233;ussi &#224; fournir l'ambition, les outils ou les financements n&#233;cessaires pour mettre fin &#224; l'extinction massive &#187;&lt;/i&gt;. Si l'objectif de 30 par 30 consiste &#224; prot&#233;ger 30 % des terres d'ici 2030, le texte ne pr&#233;sente pas d'interdiction d'activit&#233;s nuisibles sur ces zones prot&#233;g&#233;es. &lt;i&gt;&#171; En l'&#233;tat ce n'est qu'un chiffre vide. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un communiqu&#233;, l'association Bloom appuie sur le fait qu'&lt;i&gt;&#171; aucune mention de la p&#234;che industrielle comme premi&#232;re source de destruction des &#233;cosyst&#232;mes marins &#187;&lt;/i&gt; n'est pr&#233;sente dans le texte. Elle bl&#226;me &#233;galement l'absence d'&lt;i&gt;&#171; interdiction des activit&#233;s industrielles au sein des aires marines &#224; restaurer ou &#224; prot&#233;ger &#187;&lt;/i&gt;. Toujours selon l'association, la France aurait &lt;i&gt;&#171; r&#233;ussi &#224; saboter l'accord mondial sur la biodiversit&#233; &#187;, alors qu'elle consacre &#171; pr&#232;s de la moiti&#233; de son temps &#224; exploiter les aires marines dites &#8220;prot&#233;g&#233;es&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur France Info, Pierre Cannet, directeur des campagnes &#224; WWF, estime que cet accord &lt;i&gt;&#171; ne casse pas la baraque mais sauve les meubles &lt;/i&gt; &#187; m&#234;me s'il salue que &lt;i&gt;&#171; des probl&#232;mes sont point&#233;s du doigt &#8211; comme les pollutions des pesticides &#8211; et des solutions comme l'agro&#233;cologie sont avanc&#233;es &#187;&lt;/i&gt;. L'ONG appelle les &#201;tats &#224; se mobiliser &lt;i&gt;&#171; au plus haut niveau &#187; et &#224; &#171; redoubler d'efforts et acc&#233;l&#233;rer leurs actions nationales &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jade Bourgery&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La tentative de cooptation des autochtones pour le profit des banques </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-tentative-de-cooptation-des-autochtones-pour-le-profit-des-banques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-tentative-de-cooptation-des-autochtones-pour-le-profit-des-banques</guid>
		<dc:date>2022-12-13T08:08:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Bonhomme</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-13</dc:subject>
		<dc:subject>COP15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'avant du rassemblement, des d&#233;l&#233;gations autochtones du Qu&#233;bec et de l'Ouest canadien, mais aussi d'Am&#233;rique du Sud et d'Afrique, ouvraient le pas. [&#8230;] La marche a rassembl&#233; 3500 personnes, selon le Collectif COP15, la CBD Alliance et le Global Youth Biodiversity Network, ainsi que Greenpeace Canada, responsables de l'&#233;v&#232;nement &#187; (Lila Dussault, Une foule rassembl&#233;e pour la biodiversit&#233; &#224; Montr&#233;al, La Presse, 10/12/22). Y &#233;tait pr&#233;sent la Coalition &#171; Bloquons la COP &#187; dont une centaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-12-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-12-13&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-COP15-+" rel="tag"&gt;COP15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton55275-01c5a.png?1781411140' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#192; l'avant du rassemblement, des d&#233;l&#233;gations autochtones du Qu&#233;bec et de l'Ouest canadien, mais aussi d'Am&#233;rique du Sud et d'Afrique, ouvraient le pas. [&#8230;] La marche a rassembl&#233; 3500 personnes, selon le Collectif COP15, la CBD Alliance et le Global Youth Biodiversity Network, ainsi que Greenpeace Canada, responsables de l'&#233;v&#232;nement &#187;&lt;/i&gt; (Lila Dussault, &lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-12-10/grande-marche-pour-le-vivant/une-foule-rassemblee-pour-la-biodiversite-a-montreal.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une foule rassembl&#233;e pour la biodiversit&#233; &#224; Montr&#233;al&lt;/a&gt;, La Presse, 10/12/22). Y &#233;tait pr&#233;sent la Coalition &#171; Bloquons la COP &#187; dont une centaine avait manifest&#233; en milieu de semaine entra&#238;nant une gr&#232;ve de 20 000 &#233;tudiant-e-s (Lila Dussault et Henri Ouellette-V&#233;zina, &lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-12-07/des-manifestants-s-opposent-a-l-ouverture-de-la-cop15.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des manifestants s'opposent &#224; l'ouverture de la COP15&lt;/a&gt;, La Presse, 7/12/22).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On aurait esp&#233;r&#233; bien davantage de participation &#233;tant donn&#233; l'importance de l'enjeu de la biodiversit&#233; tout autant crucial pour la survie de l'humanit&#233; que l'enjeu climatique (&lt;a href=&#034;https://onedrive.live.com/?authkey=%21ABBMuapqPX423mI&amp;v=photos&amp;id=53BD8E11FA5D143E%212884&amp;cid=53BD8E11FA5D143E&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mon album de photos&lt;/a&gt;). D'autant plus que les n&#233;gociations pi&#233;tinent y compris sur la question n&#233;vralgique du 30% :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le ministre f&#233;d&#233;ral de l'Environnement, Steven Guilbeault, a admis vendredi que les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s jusqu'ici &#224; la COP15, &#224; Montr&#233;al, ne vont pas aussi vite qu'il le souhaiterait. &#192; l'issue de pr&#232;s d'une semaine de d&#233;lib&#233;rations, les n&#233;gociateurs sont parvenus &#224; des accords sur 3 des 22 objectifs, dont l'un des principaux objectifs du Canada : faire en sorte que les peuples autochtones soient consult&#233;s et jouent un r&#244;le dans les nouveaux accords de conservation. [&#8230;] Bien que 120 des plus de 190 pays pr&#233;sents se soient mis d'accord sur des objectifs tels que la conservation de 30 % des terres et des eaux de la plan&#232;te d'ici 2030, un accord demeure incertain. [&#8230;] Le Canada a quatre cibles principales &#224; cette COP15. Il souhaite un accord pour arr&#234;ter et inverser la perte de biodiversit&#233; d'ici 2030, pour prot&#233;ger au moins 30 % des terres et des oc&#233;ans dans le m&#234;me laps de temps, pour financer les pays en d&#233;veloppement de mani&#232;re ad&#233;quate, afin de leur permettre d'atteindre les m&#234;mes objectifs, et pour inclure la participation des Autochtones. (La Presse canadienne, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1940225/ministre-steven-guilbeault-admet-progres-lents-cop15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le ministre Steven Guilbeault admet que les progr&#232;s sont lents &#224; la COP15&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 10/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pr&#233;sence autochtone est partout sauf au sein des instances d&#233;cisionnelles &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question et la pr&#233;sence autochtones entourent tant la COP15 que sa contestation. &lt;i&gt;&#171; L'Initiative de leadership autochtone et diverses autres organisations seront pr&#233;sentes lors du sommet, notamment gr&#226;ce &#224; un &#034;village autochtone&#034; qui sera tenu du 9 au 11 d&#233;cembre le long de la promenade du Vieux-Port de Montr&#233;al. Ce village sera ouvert &#224; tous et proposera une dizaine d'&#233;v&#233;nements, notamment des cercles de discussions, des conf&#233;rences et des c&#233;r&#233;monies traditionnelles &#187;&lt;/i&gt; (Gabrielle Paul, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1937544/cop15-onu-autochtone-territoire-protection&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La COP15, une occasion de faire entendre les &#171; gardiens de la terre &#187; autochtones&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 7/12/22). Mais les Autochtones ne font pas partis du processus menant aux cruciales d&#233;cisions :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans un communiqu&#233;, trois de ces leaders [autochtones] ont insist&#233; pour que le prochain cadre mondial sur la biodiversit&#233; garantisse leur participation &#224; la prise de d&#233;cision concernant leurs territoires. &#034;La seule fa&#231;on &#233;thique et &#233;cologiquement viable de prot&#233;ger la nature est de reconna&#238;tre les droits des peuples autochtones qui y vivent et qui utilisent leurs connaissances traditionnelles pour la prot&#233;ger depuis des d&#233;cennies&#034; [&#8230;] &#034;Repr&#233;sentant moins de 5 % de la population mondiale, les peuples autochtones parviennent &#224; prot&#233;ger 80 % de la biodiversit&#233; existante, et ce, malgr&#233; les violations constantes de leurs droits et la criminalisation de leurs pratiques traditionnelles&#034;, poursuit le communiqu&#233;. &#187; [&#8230;] &#034;Reconnaissez nos droits et notre expertise, et nous ferons ce que nous avons toujours fait : continuer &#224; prot&#233;ger la for&#234;t et les terres d'o&#249; nous venons, non seulement pour nous-m&#234;mes, mais pour toutes les formes de vie sur Terre&#034;, conclut de son c&#244;t&#233; Orpha Yoshua, une Autochtone de Papouasie occidentale en Indon&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce serait d'autant plus important que le leadership autochtone critique fortement le crucial 30% :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Des organisations internationales ont d&#233;j&#224; r&#233;clam&#233; une refonte des objectifs de la conf&#233;rence, dont celui dit des &#171; 30x30 &#187; qui vise &#224; d&#233;clarer 30 % de la plan&#232;te comme aires prot&#233;g&#233;es d'ici 2030. Cet objectif pourrait &#171; d&#233;vaster les vies des peuples autochtones et avoir un effet hautement destructeur sur les moyens de subsistance d'autres communaut&#233;s d&#233;pendantes des terres &#187;, selon une d&#233;claration publi&#233;e par Amnistie internationale, Survival International, Minority Rights Group International et Rainforest Foundation UK. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les aires prot&#233;g&#233;es, qui constituent la base du mod&#232;le de conservation actuel tel que dict&#233; par les pays occidentaux, sont &#224; l'origine de nombreuses expulsions entra&#238;nant famine, maladies et de multiples violations des droits humains, telles que des meurtres, des viols et des actes de torture en Afrique et en Asie notamment &#187;, est-il expliqu&#233; dans la d&#233;claration. &#171; Il existe peu de preuves que les aires prot&#233;g&#233;es existantes ont effectivement prot&#233;g&#233; les &#233;cosyst&#232;mes et qu'elles devraient donc &#234;tre &#233;tendues, et cet objectif est fix&#233; sans &#233;valuation de leurs impacts sociaux et humains &#187;, est-il &#233;galement &#233;crit. (Gabrielle Paul,&lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1940061/onu-biodiversite-objectifs-aires-protegees&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Prot&#233;gez nos territoires &#187;, r&#233;clament &#224; nouveau des Autochtones lors de la COP15&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 9/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Anne Larigauderie, la secr&#233;taire administrative de l'IPBES (selon l'acronyme anglais) soit le &#171; GIEC de la biodiversit&#233; &#187; va dans le m&#234;me sens :&lt;i&gt; &#171; Bien des pays d&#233;clarent sur papier qu'ils prot&#232;gent des territoires, mais, apr&#232;s, il n'y a pas suffisamment de ressources disponibles pour faire respecter les r&#232;glements &#187;, indique Mme Larigauderie. Il faut aussi, croit-elle, que les 196 pays membres de la Convention sur la diversit&#233; biologique se donnent des balises pour que les zones prot&#233;g&#233;es soient des endroits significatifs d'un point de vue &#233;cologique et &#171; pas juste ce qui reste &#187;&lt;/i&gt;. (Alexi Riopel, &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/environnement/774139/environnement-sans-cibles-chiffrees-la-cop15-serait-un-echec&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sans cibles chiffr&#233;es, la COP15 serait &#171; un &#233;chec &#187;&lt;/a&gt;, Le Devoir, 10/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'art de la cooptation des directions autochtones par le gouvernement canadien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple canadien enfonce davantage la critique. Le gouvernement canadien associe les directions autochtones &#224; sa politique d'extension d'aires prot&#233;g&#233;es mais &#224; ses conditions : &lt;i&gt;&#171; Le premier ministre Justin Trudeau a de son c&#244;t&#233; annonc&#233; mercredi matin l'octroi de 800 millions de dollars pour financer quatre projets de conservation men&#233;s par des Autochtones dans le nord du Canada. L'annonce porte sur des zones totalisant pr&#232;s d'un million de kilom&#232;tres carr&#233;s dans le nord de la Colombie-Britannique, dans le nord de l'Ontario, au Nunavut, ainsi que dans les Territoires du Nord-Ouest &#187;&lt;/i&gt; (Radio-Canada, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1939351/nations-unies-environnement-conference-nature&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;COP15 : le soutien des banques canadiennes aux &#233;nergies fossiles montr&#233; du doigt&lt;/a&gt;, 7/12/22). Ces grandes aires seront donc dans le nord sans arbres. Mais ce n'est pas la seule condition :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas pour autant qu'on ne pourrait pas y faire de l'exploitation mini&#232;re, par exemple, a expliqu&#233; le premier ministre, qui r&#233;pondait &#224; la question d'un journaliste. &#171; Il y a actuellement une opportunit&#233; pour le Canada de fournir les min&#233;raux dont nous avons tous besoin pour la transition vers un monde carboneutre. [&#8230;] Alors que la totalit&#233; des projets financ&#233;s par Ottawa se trouve dans le nord du pays, qu'en est-il des projets de protection dans le sud du pays ? Les demandes ne manquent pourtant pas. Dans la r&#233;gion de Montr&#233;al, certains demandent que les terrains aux alentours de l'a&#233;roport Trudeau soient prot&#233;g&#233;s de tout d&#233;veloppement afin de prot&#233;ger les champs d'ascl&#233;piades qui permettent au papillon monarque de se reproduire. (Mathias Marchal,&lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1939377/ottawa-800-autochtones-conservation-grand-ours-omushkego&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ottawa versera 800 M$ pour quatre projets de conservation men&#233;s par des Autochtones&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 7/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me pour la grande friche industrielle du centre-est de Montr&#233;al que le Port de Montr&#233;al, sous juridiction f&#233;d&#233;rale, est en train de s'accaparer par interm&#233;diaires interpos&#233;s au d&#233;triment du quartier limitrophe qu'il assourdit, r&#233;chauffe et enlaidit. Mais malheureusement l'organisation citoyenne concern&#233;e ne d&#233;nonce pas Ottawa pr&#233;f&#233;rant s'en prendre aux interm&#233;diaires au point de faire une petite manifestation de quartier (&lt;a href=&#034;https://onedrive.live.com/?authkey=%21ALqSnIDiF8YjPds&amp;v=photos&amp;id=53BD8E11FA5D143E%212943&amp;cid=53BD8E11FA5D143E&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mon album de photos&lt;/a&gt;) au lieu de se joindre &#224; la grande manifestation du Collectif COP15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au Nord arbor&#233;, Ottawa a trouv&#233; un petit million :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement f&#233;d&#233;ral octroie une aide financi&#232;re d'un million de dollars sur quatre ans au Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon, en Abitibi-T&#233;miscamingue, pour pr&#233;parer une demande de d&#233;signation d'aire prot&#233;g&#233;e d'utilisation durable aupr&#232;s de Qu&#233;bec. [&#8230;] Le projet rendrait donc possibles l'acc&#232;s aux ressources naturelles et l'&#233;tablissement de camps familiaux. Ceux-ci permettent la transmission interg&#233;n&#233;rationnelle et le maintien de l'identit&#233; et de la langue anishnabe. La communaut&#233; veut aussi privil&#233;gier sur ce territoire le d&#233;veloppement de projets de mise en valeur de la biodiversit&#233;, par l'utilisation, la valorisation et l'exploitation durable des produits forestiers non ligneux, comme les champignons, les noix, les petits fruits, les plantes sauvages ainsi que de la microsylviculture. [&#8230;] &lt;br class='autobr' /&gt;
Ronald Brazeau dit aussi craindre que la fin prochaine de certains moratoires ne menace le territoire vis&#233; par le projet d'aire prot&#233;g&#233;e. Selon lui, l'industrie foresti&#232;re souhaite effectuer des travaux de r&#233;colte sur le site, en &#233;voquant la menace de la tordeuse des bourgeons de l'&#233;pinette. Il soutient aussi que le territoire fait d&#233;j&#224; l'objet de demandes de titres miniers. [&#8230;] On voit souvent partout au Qu&#233;bec, quand il y a un projet d'aire prot&#233;g&#233;e, on rentre, on rase tout et apr&#232;s &#231;a, il ne reste plus rien. (Martin Guindon, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1939953/cop-15-abitibi-caribous-forestiers-foret&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ottawa soutient financi&#232;rement Lac-Simon dans son projet d'aire prot&#233;g&#233;e&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 9/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les banques et les grands pollueurs exploiteront le savoir-faire autochtone &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'arrivera-t-il quand les gestionnaires autochtones de ces aires prot&#233;g&#233;es essaieront, dans le cadre d'une soci&#233;t&#233; marchande dont l'argent est l'alpha et l'om&#233;ga, de tenir &#224; l'&#233;cart les entreprises foresti&#232;res et mini&#232;res ? O&#249; trouveront-ils les fonds &#8212; les &#171; ressources disponibles &#187; comme le dit la patronne de l'IPBES &#8212; pour acheter le &#171; droit &#187; de ne pas ravager la nature ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le compte rendu de la r&#233;union de juin du groupe de travail &#171; cadre global de la biodiversit&#233; &#187; charg&#233; de pr&#233;parer cette convention, un point a inqui&#233;t&#233; un certain nombre d'observateurs. &#192; la page 24 du document, le groupe de travail recommande, pour augmenter les ressources financi&#232;res li&#233;es &#224; la d&#233;fense de la biodiversit&#233;, de &#171; stimuler les sch&#233;mas innovants tels que les paiements pour les services des &#233;cosyst&#232;mes, les obligations vertes, la compensation de la biodiversit&#233;, les cr&#233;dits carbone&#8230; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce passage traduit une vision tr&#232;s en vogue dans certaines organisations &#233;cologiques et souvent r&#233;sum&#233;e sous le terme d'&#171; &#233;conomie positive de la nature &#187;. Son point de d&#233;part se fonde sur deux suppositions : l'&#233;chec des r&#233;gulations traditionnelles et l'existence de choix rationnels bas&#233;s sur les transactions financi&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, la r&#233;ponse devient &#233;vidente : il convient de donner &#224; la nature un &#171; prix &#187; et on lui donnera une &#171; valeur &#187;. Les m&#233;canismes de march&#233; viendront r&#233;guler l'usage de la nature dans un sens &#171; positif &#187; puisqu'il sera moins co&#251;teux de prot&#233;ger la nature que de la d&#233;truire, comme c'est actuellement le cas. Une des organisations les plus en pointe sur le sujet est le WWF, qui a publi&#233; une &#171; proposition pour &#233;tablir une feuille de route vers l'&#233;conomie positive de la nature &#187; (Romaric Godin, &lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64941#nh1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La COP biodiversit&#233; tent&#233;e par la marchandisation des &#233;cosyst&#232;mes&lt;/a&gt;, ESSF, 6/12/22).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On peut compter sur les banques canadiennes pour &#234;tre &#224; l'avant-garde de cette cooptation du savoir-faire autochtone :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les banques reconnaissent un march&#233; en croissance lorsqu'elles le voient, et elles en voient de plus en plus un dans l'achat, la vente et la g&#233;n&#233;ration de compensations carbone. [&#8230;] [Ce march&#233;] devrait cependant atteindre plus de 50 milliards de dollars d'ici 2030, estime le cabinet de conseil McKinsey &amp; Co., tandis que l'ancien gouverneur de la Banque du Canada [et d'Angleterre], Mark Carney, parlait seulement l'ann&#233;e derni&#232;re que le march&#233; pourrait d&#233;passer les 100 milliards de dollars d'ici la fin de la d&#233;cennie &#187; (Ian Bickis &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.thestar.com/business/2022/11/06/canadian-banks-readying-for-carbon-offsets-to-go-big-even-as-doubts-remain.html?_hsmi=234679544&amp;_hsenc=p2ANqtz-9zyejCCgyHtZqQmqXD9l-iHLf4zZORYcFlVxt4bKzlbvPU3cYSAHxsQJd9RqnosyfZua_iDeqVJgCbSgen2EoCsptKxw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Canadian Press, Canadian banks readying for carbon offsets to go big, even as doubts remain&lt;/a&gt;, Toronto Star, 6/11/22).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau march&#233; de &#171; droits &#187; encadrera la gestion autochtone, pour ne pas dire la dominera, ce qui permettra d'imposer des exceptions pour les mines &#224; ciel ouvert du nouvel extractivisme du tout-&#233;lectrique et Dieu-sait-quoi. L'envers de la m&#233;daille consistera &#224; gratifier les grandes entreprises polluantes du ciment, de l'acier, des hydrocarbures qui n'en finiront plus d'agoniser, et des banques les finan&#231;ant de droits de polluer contre argent sonnant pour soi-disant prot&#233;ger la nature. Pour ce faire, il faut bien s&#251;r r&#233;duire la nature ou ses &#171; services &#187; &#224; une marchandise &#233;changeable sur les march&#233;s. Les grandes banques canadiennes n'attendent que le d&#233;veloppement de ce march&#233; pour y transiter &#224; pas de tortue leurs investissements fossiles toujours croissants :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8230;les cinq plus grandes banques canadiennes ont nettement augment&#233; leurs investissements dans les combustibles fossiles en 2021. La Banque Royale du Canada (RBC) aurait m&#234;me doubl&#233; son aide &#224; cette industrie l'an dernier. Selon Banking on Climate Chaos, les investissements de la RBC dans les &#233;nergies fossiles sont pass&#233;s de 19 &#224; 39 milliards de dollars entre 2020 et 2022, selon l'ouvrage. [&#8230;] les grandes banques canadiennes figurent aujourd'hui parmi les 20 plus importants bailleurs de fonds des combustibles fossiles au niveau mondial. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons qu'entre 2019 et 2021, les pays du G20 et les banques multilat&#233;rales de d&#233;veloppement ont d&#233;pens&#233; pas moins de 55 milliards de dollars am&#233;ricains en soutien financier public au secteur des combustibles fossiles. C'est presque deux fois plus que le soutien annuel accord&#233; par ces m&#234;mes pays aux &#233;nergies renouvelables. [&#8230;] Le Canada serait au deuxi&#232;me rang des pays du G20 pour les subventions aux combustibles fossiles. (Radio-Canada, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1939351/nations-unies-environnement-conference-nature&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;COP15 : le soutien des banques canadiennes aux &#233;nergies fossiles montr&#233; du doigt&lt;/a&gt;, 7/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni les cibles chiffr&#233;es ni les trois prescriptions du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU ne vont suffire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas pour autant jeter par-dessus bord les cibles chiffr&#233;es dont le 30% n'est pas la seule :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Parmi la vingtaine de cibles d&#233;battues &#224; Montr&#233;al pour arriver &#224; un &#233;ventuel cadre mondial sur la biodiversit&#233;, celle de prot&#233;ger 30 % du territoire d'ici 2030 fait souvent figure de priorit&#233;. D'autres cibles chiffr&#233;es se retrouvent aussi dans l'&#233;bauche d'accord : r&#233;duire de moiti&#233; le taux d'introduction d'esp&#232;ces invasives, r&#233;duire de moiti&#233; les fuites d'engrais dans l'environnement, diminuer de deux tiers l'utilisation de pesticides, par exemple. La patronne de l'IPBES d&#233;plore que, dans les premiers jours de la COP15, certains pays ont signifi&#233; qu'ils &#171; ne veulent aucun chiffre dans les cibles &#187;. Ces positions peuvent encore &#233;voluer, &#233;videmment, mais un tel d&#233;nouement serait &#171; dramatique &#187;, de l'avis de Mme Larigauderie. Sans cibles chiffr&#233;es, &#171; on n'a pas de feuille de route, on ne peut rien mesurer. Ce serait un &#233;chec &#187;, tranche-t-elle. (Alexi Riopel, &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/environnement/774139/environnement-sans-cibles-chiffrees-la-cop15-serait-un-echec&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sans cibles chiffr&#233;es, la COP15 serait &#171; un &#233;chec &#187;&lt;/a&gt;, Le Devoir, 10/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ensuite il faut en faire le suivi : &lt;i&gt;&#171; Le pacte mondial pour sauver la nature, qui fait l'objet de n&#233;gociations &#224; la COP15, sera condamn&#233; &#224; l'&#233;chec quelles que soient ses ambitions si les pays ne se mettent pas d'accord sur de v&#233;ritables m&#233;canismes d'application et de r&#233;vision des engagements, ont d&#233;nonc&#233; samedi les d&#233;fenseurs de l'environnement. [&#8230;] Or, le texte actuel sur la biodiversit&#233; &#034;exhorte&#034; seulement les pays &#224; tenir compte d'une &#233;valuation mondiale pr&#233;vue dans quatre ans, et ce, sans engagement sur un &#233;ventuel effort national si jamais la trajectoire n'&#233;tait pas maintenue &#187;&lt;/i&gt; (Agence France Presse, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1940408/cop15-mecanismes-application-revision-wwf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;COP15 : les d&#233;fenseurs de l'environnement craignent que l'accord ne soit inop&#233;rant&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 11/12/22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-ce que tout cela serait suffisant ? Le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations unies semble en douter :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les phrases-chocs se sont succ&#233;d&#233; dans le discours du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, &#224; l'ouverture de la Conf&#233;rence des parties (COP15) sur la biodiversit&#233;, &#224; Montr&#233;al, mardi. &#171; L'humanit&#233; est une arme de destruction massive contre la nature. &#187; &#171; Oublions les r&#234;veries de certains milliardaires : il n'y a pas de plan&#232;te B. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Antonio Guterres a r&#233;clam&#233;, en fait, trois actions concr&#232;tes. D'abord, de la part des gouvernements, des plans d'action nationaux qui englobent tous les minist&#232;res, tant les finances que l'alimentation, l'&#233;nergie et les infrastructures. Deuxi&#232;mement, de la part des entreprises et des investisseurs, il a dit s'attendre &#224; ce qu'ils soient &#171; des alli&#233;s de la nature et non des ennemis &#187;. [&#8230;] Finalement, Antonio Guterres a invit&#233; les pays d&#233;velopp&#233;s &#224; apporter un soutien financier massif aux pays du Sud, qui sont les gardiens des richesses naturelles de la plan&#232;te. (Radio-Canada,&lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1939005/conference-parties-cop-15-convention-protection-biodiversite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;COP15 : Antonio Guterres r&#233;clame un &#171; pacte de paix avec la nature &#187;&lt;/a&gt;, 6/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour parler franchement, on peut douter des trois prescriptions du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. On conna&#238;t la port&#233;e trop courte des volontaires plans nationaux climatiques encore constat&#233;e &#224; la COP27 et peut-&#234;tre irr&#233;m&#233;diablement un &#233;chec. De la part des grandes entreprises priv&#233;es, on a vu pr&#233;c&#233;demment l'orientation des banques et on a constat&#233; la mainmise des firmes fossiles sur la COP27. Quant au soutien aux pays d&#233;pendants, on attend encore le 100 milliards $ annuels des vieux pays imp&#233;rialistes pour soutenir leur plan de lutte climatique et de savoir le qui-comment-pour-quoi du nouveau fonds de pertes et dommages cr&#233;&#233; &#224; l'arrach&#233; &#224; la COP27 pour la sauver des eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'h&#244;te canadien et son comp&#232;re qu&#233;b&#233;cois sont parmi les cancres de la classe en faillite &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;te canadien de la COP15, avec le Qu&#233;bec qui n'est pas loin derri&#232;re, est un bon exemple de ces &#233;checs appliqu&#233;s &#224; la gestion foresti&#232;re laquelle est fondamentale pour la pr&#233;servation de la biodiversit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[L]'organisme am&#233;ricain National Resources Defence Council (NRDC) a donn&#233; les pires notes &#224; ce trio de cancres. Le Canada arrive bon troisi&#232;me, apr&#232;s le Br&#233;sil (destructeur &#233;hont&#233; de la for&#234;t amazonienne) et la Russie (la for&#234;t russe repr&#233;sente un cinqui&#232;me de la for&#234;t mondiale, mais on y sacrifie de pr&#233;cieux hectares au profit de l'extraction de gaz, de p&#233;trole et d'or ainsi que de l'exploitation foresti&#232;re). [&#8230;] Ce n'est pas un hasard si ces mauvais &#233;l&#232;ves d&#233;tenaient &#224; eux seuls, en 2020, 65 % de l'&#233;tendue foresti&#232;re encore intacte sur la plan&#232;te, avec des richesses spectaculaires en biodiversit&#233; observ&#233;es autant en territoire bor&#233;al que tropical. H&#233;las, trois fois h&#233;las ! Comme si ce vaste territoire leur donnait l'impression qu'ils en avaient davantage &#224; gaspiller, les trois comp&#232;res sont ceux qui ont le plus r&#233;duit la zone foresti&#232;re intouch&#233;e entre 2000 et 2020. &lt;br class='autobr' /&gt;
En annon&#231;ant cette semaine un plan de protection de la biodiversit&#233; sur lequel, en toute franchise, on ne doit pas cracher, Qu&#233;bec avait une belle occasion d'inscrire en priorit&#233; des mesures de sauvegarde du caribou forestier. Ce que le ministre de l'Environnement Benoit Charette n'a pas fait, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale. (Marie-Andr&#233;e Chouinard &#8212; &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/774124/protection-des-forets-l-arbre-qui-cache-la-foret&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditorial, L'arbre qui cache la for&#234;t&lt;/a&gt;, Le Devoir, 10/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est assez piteux que le Canada ren&#226;cle face &#224; des exigences de l'Union europ&#233;enne consid&#233;r&#233;e comme le bon &#233;l&#232;ve de la classe m&#234;me si tout le monde a failli l'examen entre autres par rapport au statut du nucl&#233;aire et de gaz dit naturel consid&#233;r&#233;s comme &#233;nergie de transition :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En marge de la COP15, le Parlement europ&#233;en et les &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne (UE) ont trouv&#233; un accord, mardi, visant &#224; interdire la commercialisation sur le march&#233; europ&#233;en d'une s&#233;rie de produits de base li&#233;s &#224; la d&#233;forestation dans le monde. Le cacao, le caf&#233;, le soja, mais aussi l'huile de palme, le bois, la viande bovine et le caoutchouc sont concern&#233;s, ainsi que plusieurs mati&#232;res associ&#233;es (cuir, ameublement, papier imprim&#233;, charbon de bois...). [&#8230;] Le Canada, qui a conclu en 2016 une entente de libre-&#233;change avec l'Europe, s'oppose &#224; l'application de cette nouvelle r&#233;glementation, qui entra&#238;nerait des frais suppl&#233;mentaires et des exigences de tra&#231;abilit&#233; p&#233;nibles pour les entreprises canadiennes, selon un document diplomatique obtenu par La Presse. (Radio-Canada, &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1939307/sommet-protection-especes-ecosysteme-faune-flore&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;COP15 : la qu&#234;te d'un nouvel accord sur la biodiversit&#233;&lt;/a&gt;, 6/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La science n'a pas capitul&#233; mais elle a ses exigences socio-politiques qui ne sont pas banales &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que la science n'a pas capitul&#233; sur la possibilit&#233; de l'humanit&#233; de s'en sortir&#8230; moyennant certaines conditions :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#8230;est-il vraiment possible d'arr&#234;ter cette grande d&#233;gringolade de la biodiversit&#233; ? De stopper l'effondrement de la vie sur Terre avant 2050 ? [&#8230;] Pour r&#233;pondre &#224; cette question, David Lecl&#232;re s'est appuy&#233; sur son expertise en mod&#233;lisation des sols et, comme la t&#226;che &#233;tait immense et complexe, il s'est aussi associ&#233; avec une soixantaine de chercheurs, issus d'une quarantaine d'&#233;quipes de recherche. [&#8230;] David Lecl&#232;re et ses coll&#232;gues ont &#233;valu&#233; sept sc&#233;narios, sept avenirs possibles, &#233;labor&#233;s &#224; partir du travail fait depuis des d&#233;cennies pour mod&#233;liser le climat. [&#8230;] &lt;br class='autobr' /&gt;
Le sc&#233;nario le plus ambitieux, lui, incorpore en plus des modes plus durables, o&#249; on produit plus sur moins de terres. &#192; cela s'ajoutent une r&#233;duction du gaspillage alimentaire et une di&#232;te plus v&#233;g&#233;tale. &#171; On remplace la consommation de viande et de lait par des prot&#233;ines d'origine v&#233;g&#233;tale, &#224; l'exception des r&#233;gions pour lesquelles on sait qu'il y a clairement une d&#233;ficience en production de prot&#233;ines. Aussi, on intensifie de mani&#232;re soutenable les rendements &#187;, ajoute David Lecl&#232;re. [&#8230;] &lt;br class='autobr' /&gt;
Son article &#171; Bending the curve of terrestrial biodiversity needs an integrated strategy &#187;&#034; publi&#233; dans Nature a suscit&#233; &#233;norm&#233;ment d'enthousiasme, et a g&#233;n&#233;ralis&#233; l'emploi de l'expression bending the curve, ou renverser le d&#233;clin. Mais cet article a aussi ajout&#233; une bonne dose de r&#233;alisme, car pour atteindre ces objectifs, il faudra mettre en place des changements profonds. &#171; Il faut absolument, entre autres, s'engager dans une transformation plus globale d'un syst&#232;me alimentaire, de la ferme &#224; la fourchett &#187;&#034;, affirme David Lecl&#232;re. [&#8230;] &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mod&#233;lisations r&#233;v&#232;lent aussi que si on se contente d'&#233;tendre les aires prot&#233;g&#233;es, sans autre modification dans les modes de production, on pourrait faire face &#224; une augmentation importante des prix agricoles. [&#8230;] Et &#224; ces efforts doivent s'ajouter ceux pour le climat. [&#8230;] Bref, ces travaux ont rendu les cibles ambitieuses plus acceptables pour certains gouvernements, parce qu'elles sont d&#233;sormais soutenues par la science. L'id&#233;e d'inverser la courbe est &#224; pr&#233;sent infus&#233;e dans le premier des quatre grands objectifs du cadre mondial pour la biodiversit&#233; qui sera n&#233;goci&#233; &#224; Montr&#233;al. (Binh An Vu Van,&lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/4991/evolution-biodiversite-frein&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Freiner le d&#233;clin de la biodiversit&#233;, possible ?&lt;/a&gt;, Radio-Canada, 6/12/22)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au bout de la ligne se trouve le blocage capitaliste qu'une conf&#233;rence alternative a effleur&#233;e &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence &#171; D&#233;croissance : les premiers jalons &#224; poser d'ici cinq ans &#187; organis&#233; en marge de la COP15 et &#224; laquelle participaient le professeur &#201;ric Pineault, membre de l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM et pr&#233;sident de son comit&#233; de la recherche, et Bill McKibben, auteur, militant &#233;cologiste am&#233;ricain et fondateur de l'association 350.org qui remporta pour cela le Prix Nobel alternatif, plaida la n&#233;cessit&#233; de changer notre conception de l'&#233;conomie pour y int&#233;grer des notions de d&#233;croissance.&lt;i&gt; &#171; Stopper l'effondrement du vivant ne se fera pas sans revoir les fondements de notre &#233;conomie [&#8230;] Pour y arriver, nous devrons repenser la transition &#233;nerg&#233;tique, r&#233;duire le temps de travail, transformer l'agriculture, modifier notre alimentation et revoir notre conception de la propri&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt; (Francis H&#233;bert-Bernier, &lt;a href=&#034;https://pivot.quebec/2022/12/08/cinq-etapes-vers-la-decroissance-pour-preserver-la-biodiversite/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cinq &#233;tapes vers la d&#233;croissance pour pr&#233;server la biodiversit&#233;&lt;/a&gt;, Pivot, 8/12/22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce dernier point est suavement dit ! Eh oui, il faut &#171; d&#233;passer le capitalisme &#187;, pour ne pas dire le renverser, comme le dit Qu&#233;bec solidaire dans son programme qui ramasse de la poussi&#232;re sur quelque tablette. &#192; l'occasion de la manifestation du Collectif COP15, les porte-parole Solidaire ont r&#233;clam&#233; &lt;i&gt;&#171; [u]n moratoire temporaire imm&#233;diat sur les claims miniers dans le sud du Qu&#233;bec &#187; &lt;/i&gt;selon La Presse. Pourquoi seulement dans le Sud. Faut-il abandonner le vaste Nord autochtone aux &#171; free for all &#187; minier &#224; bon march&#233; ? Et pourquoi temporaire ? La revendication de Climat-Qu&#233;bec, le petit parti de l'ex-ministre p&#233;quiste et ex-cheffe du Bloc qu&#233;b&#233;cois Martine Ouellet de prot&#233;ger les 83 aires d&#233;j&#224; pr&#233;vues dans le Sud par des communaut&#233;s, et ce qu'avait r&#233;clam&#233; La Grande Marche pour la protection des for&#234;ts de l'&#233;t&#233; 2021, para&#238;t plus appropri&#233; et cons&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 12 d&#233;cembre 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.marcbonhomme.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.marcbonhomme.com&lt;/a&gt; ; bonmarc@videotron.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La COP biodiversit&#233; tent&#233;e par la marchandisation des &#233;cosyst&#232;mes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-COP-biodiversite-tentee-par-la-marchandisation-des-ecosystemes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-COP-biodiversite-tentee-par-la-marchandisation-des-ecosystemes</guid>
		<dc:date>2022-12-13T08:07:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Romaric Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-13</dc:subject>
		<dc:subject>COP15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la COP15 de la biodiversit&#233; de Montr&#233;al, qui s'ouvre le 7 d&#233;cembre, les Nations unies pourraient promouvoir un m&#233;canisme global de compensation des atteintes &#224; la biodiversit&#233; par leur marchandisation. Un m&#233;canisme illusoire et dangereux. &lt;br class='autobr' /&gt; 6 d&#233;cembre 2022 | tir&#233; de M&#233;diapart &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la Cop27, voici la Cop15, convention des Nations unies pour la biodiversit&#233;, qui se tiendra &#224; Montr&#233;al, au Canada, du 7 au 19 d&#233;cembre prochain. Cette convention fait l'objet de discussions intenses depuis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-12-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-12-13&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-COP15-+" rel="tag"&gt;COP15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton55250-8eb07.png?1781411141' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la COP15 de la biodiversit&#233; de Montr&#233;al, qui s'ouvre le 7 d&#233;cembre, les Nations unies pourraient promouvoir un m&#233;canisme global de compensation des atteintes &#224; la biodiversit&#233; par leur marchandisation. Un m&#233;canisme illusoire et dangereux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;6 d&#233;cembre 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/061222/la-cop-biodiversite-tentee-par-la-marchandisation-des-ecosystemes#:~:text=&#201;cosyst&#232;mes%20et%20pollution-,La%20COP%20biodiversit&#233;%20tent&#233;e%20par%20la%20marchandisation%20des%20&#233;cosyst&#232;mes,Un%20m&#233;canisme%20illusoire%20et%20dangereux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Cop27, voici &lt;a href=&#034;https://www.unep.org/fr/events/conference/conference-des-nations-unies-sur-la-biodiversite-cop-15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la Cop15&lt;/a&gt;, convention des Nations unies pour la biodiversit&#233;, qui se tiendra &#224; Montr&#233;al, au Canada, du 7 au 19 d&#233;cembre prochain. Cette convention fait l'objet de discussions intenses depuis deux ans pour tenter de freiner un aspect crucial et souvent n&#233;glig&#233; de la crise &#233;cologique : la d&#233;t&#233;rioration de la biodiversit&#233;, ce que l'on appelle la &#171; sixi&#232;me extinction &#187; des esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &lt;a href=&#034;https://www.cbd.int/doc/c/3303/d892/4fd11c27963bd3f826a961e1/wg2020-04-04-en.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans le compte rendu de la r&#233;union de juin&lt;/a&gt;du groupe de travail&lt;i&gt;&#171; cadre global de la biodiversit&#233; &#187;&lt;/i&gt; charg&#233; de pr&#233;parer cette convention [1], un point a inqui&#233;t&#233; un certain nombre d'observateurs. &#192; la page 24 du document, le groupe de travail recommande, pour augmenter les ressources financi&#232;res li&#233;es &#224; la d&#233;fense de la biodiversit&#233;, de &lt;i&gt;&#171; stimuler les sch&#233;mas innovants tels que les paiements pour les services des &#233;cosyst&#232;mes, les obligations vertes, la compensation de la biodiversit&#233;, les cr&#233;dits carbone&#8230; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage traduit une vision tr&#232;s en vogue dans certaines organisations &#233;cologiques et souvent r&#233;sum&#233;e sous le terme d'&#171; &#233;conomie positive de la nature &#187;. Son point de d&#233;part se fonde sur deux suppositions : l'&#233;chec des r&#233;gulations traditionnelles et l'existence de choix rationnels bas&#233;s sur les transactions financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la r&#233;ponse devient &#233;vidente : il convient de donner &#224; la nature un &#171; prix &#187; et on lui donnera une &#171; valeur &#187;. Les m&#233;canismes de march&#233; viendront r&#233;guler l'usage de la nature dans un sens &#171; positif &#187; puisqu'il sera moins co&#251;teux de prot&#233;ger la nature que de la d&#233;truire, comme c'est actuellement le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des organisations les plus en pointe sur le sujet est le WWF, qui a &lt;a href=&#034;https://wwf.panda.org/wwf_news/?5681466/Nature-Positive-Economy-Roadmap&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publi&#233;&lt;/a&gt;une &lt;i&gt;&#171; proposition pour &#233;tablir une feuille de route vers l'&#233;conomie positive de la nature &#187;&lt;/i&gt; [2]. On y lit que &lt;i&gt;&#171; des march&#233;s de la nature bien gouvern&#233;s dans lesquels les entreprises ou les consommateurs paient pour le capital naturel inclus dans les biens qu'ils produisent ou consomment [sont] une fa&#231;on de commencer &#224; &#233;valuer la nature dans les transactions &#233;conomiques &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, la marchandisation du vivant serait une garantie de sa sauvegarde. &lt;i&gt;&#171; Les march&#233;s peuvent &#234;tre une force pour le bien &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume le WWF. Cette id&#233;e de mesurer et &#233;valuer mon&#233;tairement le &#171; capital naturel &#187; est aussi au c&#339;ur du projet de loi de restauration de la nature de juin 2022 de la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biodiversit&#233; et sa &lt;i&gt;&#171; compensation &#187;&lt;/i&gt; promue par le groupe de travail des Nations unies et l'UE sont un des m&#233;canismes de cette &lt;i&gt;&#171; &#233;conomie positive de la nature &#187;&lt;/i&gt; parmi les plus avanc&#233;s. L'id&#233;e circule depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2010. Des projets ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mis en place au niveau local et l'Union europ&#233;enne et le Royaume-Uni travaillent &#224; des organisations &#224; grande &#233;chelle. Le but est d'obtenir &lt;i&gt;&#171; une augmentation nette de la biodiversit&#233; en 2030 &#187;.&lt;/i&gt; Mais beaucoup d'observateurs, et notamment le Green Finance Observatory (GFO), une ONG critique de la finance verte, y voient un &#233;chec et un danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Une compensation &#171; &#233;quivalente ou sup&#233;rieure &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment fonctionne la &#171; compensation biodiversit&#233; &#187; ? Une fa&#231;on d'en prendre conscience concr&#232;tement est le projet de compensation de la biodiversit&#233; appel&#233; &#171; la banque de l'habitat naturel &#187;, d&#233;velopp&#233; par la Commission europ&#233;enne entre 2010 et 2014 et &lt;a href=&#034;https://greenfinanceobservatory.org/wp-content/uploads/2019/05/50-shades-biodiversity-final.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;analys&#233; par le GFO&lt;/a&gt; [3]. Ce projet ne s'est pas traduit dans la l&#233;gislation europ&#233;enne, mais il est utilis&#233; par certaines institutions et, selon le GFO, il pourrait repr&#233;senter une forme de mod&#232;le pour les sch&#233;mas &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son principe &#233;tait celui d'une compensation non pas seulement &lt;i&gt;&#171; &#233;quivalente &#187;&lt;/i&gt;, mais &lt;i&gt;&#171; &#233;quivalente ou sup&#233;rieure &#187;&lt;/i&gt;. Le niveau g&#233;ographique de cette compensation &#233;tait toutefois beaucoup plus &#233;lev&#233; qu'&#224; l'ordinaire puisqu'il se situait au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, et de fa&#231;on concr&#232;te, le m&#233;canisme permet de compenser un projet destructeur de biodiversit&#233; en Espagne, par exemple, par un projet &#171; &#233;quivalent ou sup&#233;rieur &#187; en Roumanie. Mais le terme &#171; &#233;quivalent ou sup&#233;rieur &#187; implique plusieurs cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il suppose une traduction du milieu de biodiversit&#233; en une mesure capable de fixer des &#233;quivalences entre les diff&#233;rents dommages caus&#233;s. Ensuite, puisque la compensation peut &#234;tre sup&#233;rieure, ce m&#233;canisme permet d'&#233;changer des &lt;i&gt;&#171; cr&#233;dits biodiversit&#233; &#187;&lt;/i&gt; qui seraient le produit des projets &lt;i&gt;&#171; compensateurs &#187;&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;&#171; valeur sup&#233;rieure &#187;&lt;/i&gt;. C'est dans le traitement de ces cr&#233;dits que s'inscrit l'id&#233;e d'une &#171; banque &#187; o&#249; les cr&#233;dits peuvent &#234;tre &#233;chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, le m&#233;canisme s'inscrit dans une proc&#233;dure qui donne la priorit&#233; &#224; d'autres m&#233;thodes. Il faut donc d'abord &#233;viter les projets ayant un impact n&#233;gatif sur la biodiversit&#233;, puis r&#233;duire les impacts, enfin prendre des mesures de r&#233;habilitation de la biodiversit&#233;. La compensation n'intervient alors qu'en derni&#232;re instance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La logique du &#171; capital naturel &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois ce cadre pos&#233;, les probl&#232;mes se multiplient &#224; tous les niveaux. Le premier est celui d'&#233;tablir les m&#233;thodes d'&#233;quivalence, autrement dit les mesures des pertes de biodiversit&#233;. L&#224; aussi, la m&#233;thode est complexe et se divise en plusieurs crit&#232;res. On peut en passer par une simple num&#233;ration du nombre d'individus ou d'esp&#232;ces touch&#233;s, mais on peut &#233;galement &#233;valuer un dommage en comparaison avec un milieu &#233;quivalent. Ces m&#233;thodes sont privil&#233;gi&#233;es sur le papier, mais elles ne permettent pas r&#233;ellement d'alimenter le m&#233;canisme de compensation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc en venir in&#233;vitablement &#224; des &#233;quivalences mon&#233;taires, les seules &#224; permettre des comparaisons abstraites et donc &#224; la fois la compensation universelle et l'&#233;tablissement d'un march&#233;. Immanquablement, un syst&#232;me de compensation a tendance &#224; chercher des comparaisons indirectes. Un habitat naturel d&#233;truit, m&#234;me partiellement, est difficilement reproductible &#224; l'identique ailleurs. Il faut donc en passer par des &#171; compensations &#187; plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour &#233;valuer ces compensations, il faut une r&#233;f&#233;rence commune. Et c'est l&#224; que l'on retrouve la mon&#233;tisation de la biodiversit&#233;. Il n'y a rien de plus logique. D&#232;s lors que l'on marchandise la nature, on proc&#232;de au ph&#233;nom&#232;ne d&#233;crit par Marx dans le chapitre 1 du&lt;i&gt; Capital&lt;/i&gt; : pour pouvoir comparer des marchandises profond&#233;ment diff&#233;rentes et en r&#233;alit&#233; incomparables, on a recours &#224; une &#171; forme-&#233;quivalent &#187; qui est une r&#233;f&#233;rence universelle, l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ce cas, comment faire entrer la complexit&#233; de la biodiversit&#233;, r&#233;alit&#233; par nature non produite, dans les cat&#233;gories mon&#233;taires ? M&#234;me si cela semble une gageure, les tenants de &#171; l'&#233;conomie positive de la nature &#187; ne s'en laissent pas conter.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Si la valeur mon&#233;taire est cens&#233;e, au d&#233;part, &#234;tre un outil pour prot&#233;ger les habitats et les &#233;cosyst&#232;mes, elle devient rapidement une fin en soi.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La logique principale est celle de consid&#233;rer la biodiversit&#233; sous l'angle d'un ensemble de &#171; services &#187;. D&#232;s lors, l'&#233;valuation mon&#233;taire est r&#233;alis&#233;e par plusieurs m&#233;thodes. Dans certains cas, on r&#233;duit les habitats &#224; une forme de ressources d&#233;j&#224; &#233;chang&#233;es sur les march&#233;s : par exemple, tel type de bois ou de poisson. Il suffit de traduire ce qui est d&#233;truit en valeur de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d'autre cas, par exemple les habitats d'esp&#232;ces rares ou prot&#233;g&#233;es, l'&#233;valuation mon&#233;taire directe n'est pas possible. Il faut donc recourir &#224; des exp&#233;dients. Et ceux qui sont utilis&#233;s sont particuli&#232;rement contestables. On y trouve deux autres grandes m&#233;thodes : celle des &lt;i&gt;&#171; pr&#233;f&#233;rences r&#233;v&#233;l&#233;es&lt;/i&gt; &#187; et celle des &lt;i&gt;&#171; pr&#233;f&#233;rences d&#233;clar&#233;es &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re s'appuie sur les valeurs de march&#233;s environnantes. Par exemple, la diff&#233;rence entre le prix d'un appartement donnant sur le site et celui d'un appartement sans vue permettrait d'&#233;tablir une &#171; &lt;i&gt; valeur &lt;/i&gt; &#187; du site. Ou bien on &#233;value les co&#251;ts de voyage des visiteurs du site, qui traduiraient sa valeur. La seconde m&#233;thode passe par des &#233;tudes d&#233;claratives. On demande au public le prix qu'il serait pr&#234;t &#224; accepter pour subir un changement d'environnement, ou bien de choisir entre plusieurs options et plusieurs prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces op&#233;rations sont ensuite retrait&#233;es et traduites dans un prix en monnaie courante. C'est aussi pour cette raison que le projet de loi de l'Union europ&#233;enne de 2022 demande aux &#201;tats membres &lt;i&gt;&#171; de produire des statistiques sur la taille des &#233;cosyst&#232;mes, leur &#233;tat de sant&#233; et les b&#233;n&#233;fices qu'ils produisent pour les entreprises et les citoyens &#187;.&lt;/i&gt; L'objectif &#233;tant clairement &#233;tabli de d&#233;gager d&#232;s 2024 des &lt;i&gt;&#171; valeurs mon&#233;taires &#187;&lt;/i&gt; pour les &#171; services d'&#233;cosyst&#232;mes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le comprend, cette logique semble rapidement inverser les priorit&#233;s. Si la valeur mon&#233;taire est cens&#233;e, au d&#233;part, &#234;tre un outil pour prot&#233;ger les habitats et les &#233;cosyst&#232;mes, elle devient rapidement une fin en soi. C'est l&#224; aussi un processus classique de la marchandisation : la r&#233;f&#233;rence est f&#233;tichis&#233;e et finit par dicter sa loi. D&#232;s lors, comme le souligne le Green Finance Observatory, la nature n'est plus per&#231;ue que comme &#171; fournisseur de services &#187;, sous un angle qui, bien &#233;videmment, est incapable de prendre en compte la complexit&#233; de la question de la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'illusion de la compensation biodiversit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la question de la biodiversit&#233; ne saurait se r&#233;sumer &#224; une vision anthropocentr&#233;e et m&#234;me, pourrait-on dire, &lt;i&gt;&#171; capitalocentr&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Un &#233;cosyst&#232;me n'est pas un simple fournisseur de service &#233;conomique et de plaisir touristique. C'est un ensemble coh&#233;rent interd&#233;pendant et souvent, pour cette raison, quasi unique. Une telle r&#233;alit&#233; rend impossibles toute comparaison et, partant, toute compensation, sauf &#224; accepter une abstraction qui de facto accepte la destruction des &#233;cosyst&#232;mes au nom d'une r&#233;alit&#233; mon&#233;taire sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de compensation trahit une vision d&#233;miurgique qui suppose que l'homme serait capable, par la puissance mon&#233;taire, de recr&#233;er &#224; l'identique ou &lt;i&gt;&#171; en mieux &#187;&lt;/i&gt; ce qui a &#233;t&#233; d&#233;truit. C'est une vision qui fait de l'homme une forme de divinit&#233; cr&#233;atrice. Or, en l'&#233;tat, la science ne permet pas de saisir l'ensemble de la complexit&#233; d'un &#233;cosyst&#232;me. La majeure partie des esp&#232;ces animales demeure inconnue. C'est ce que Fr&#233;d&#233;ric Hache, directeur du GFO, appelle une &lt;i&gt;&#171; illusion de substituabilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Mais cette illusion ne vient pas du ciel, elle vient pr&#233;cis&#233;ment de la traduction mon&#233;taire des &#233;cosyst&#232;mes, autrement dit de leur transformation en &lt;i&gt;&#171; capital naturel &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible de reproduire ou de recr&#233;er [...] 6 000 ans d'interactions entre plantes, climat m&#233;diterran&#233;en et p&#226;turages ovins transhumains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Thierry Dutoit, responsable scientifique de la r&#233;serve de Cossure&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au reste, cette illusion a clairement &#233;t&#233; confirm&#233;e par les quelques essais concrets qui ont &#233;t&#233; men&#233;s. Dans son ouvrage qui traite entre autres de ce sujet,&lt;i&gt; La Croissance verte contre la nature &lt;/i&gt; (La D&#233;couverte, 2021), &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/140521/l-illusion-de-la-croissance-verte&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;conomiste H&#233;l&#232;ne Tordjman&lt;/a&gt; rend compte de l'exp&#233;rience de &#171; compensation &#187; men&#233;e sous l'&#233;gide de la Caisse des d&#233;p&#244;ts (CDC) dans la plaine de la Crau [4], pr&#232;s de l'&#233;tang de Berre, zone ravag&#233;e par les infrastructures de transport, de logistique et d'industrie. La CDC a acquis 357 hectares &#224; Cossure pour pr&#233;server la biodiversit&#233; et, comme une &lt;i&gt;&#171; banque d'habitat naturel &#187;&lt;/i&gt;, elle vendait &#224; des am&#233;nageurs locaux des &lt;i&gt;&#171; cr&#233;dits d'actifs naturels &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan de cette exp&#233;rience est &#171; mitig&#233; &#187;, pr&#233;cise H&#233;l&#232;ne Tordjman. Certains oiseaux sont revenus sur le site, mais l'&#233;cosyst&#232;me semble impossible &#224; restaurer. &lt;i&gt;&#171; Il est impossible de reproduire ou de recr&#233;er, dans l'&#233;tat des connaissances scientifiques actuelles, 6 000 ans d'interactions entre plantes, climat m&#233;diterran&#233;en et p&#226;turages ovins transhumains &#187;&lt;/i&gt;, concluait Thierry Dutoit, le responsable scientifique de la r&#233;serve de Cossure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, les destructions et la b&#233;tonisation alentour n'ont pas m&#234;me &#233;t&#233; frein&#233;es. D&#232;s lors, le syst&#232;me pourrait appara&#238;tre comme une forme de blanc-seing pr&#233;occupant pour permettre des destructions au nom d'une illusoire compensation. C'est d'ailleurs un des points qui inqui&#232;te le plus ses opposants. Le GFO estime ainsi que la compensation ne r&#233;duit pas la destruction comme elle le pr&#233;tend, bien au contraire. En abandonnant les mesures de r&#233;gulation, la compensation appara&#238;t comme une forme de &#171; droit &#224; la destruction &#187;. Dans le meilleur des cas, cela conduit au d&#233;placement des probl&#232;mes, mais nullement &#224; leur r&#232;glement. Or on a vu que, malgr&#233; l'illusion mon&#233;taire, ce qui est d&#233;truit ne se recr&#233;e pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute le risque, par ailleurs document&#233;, que les zones de &#171; compensation &#187; fassent l'objet d'accaparement et de sp&#233;culation, notamment dans les pays les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la logique de marchandisation de la compensation repose sur une double illusion : celle de la substituabilit&#233; de l'existant et celle de l'efficacit&#233; du march&#233;. Compte tenu du peu de fondement scientifique de ces deux principes, on ne peut exclure l'hypoth&#232;se que la compensation vise davantage &#224; pr&#233;server le syst&#232;me d'accumulation capitaliste que la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aurait l&#224; rien d'&#233;tonnant, dans un capitalisme qui recherche en permanence des relais de croissance et des sources de revenus. D&#232;s lors, envisager l'ensemble des syst&#232;mes naturels et des &#233;cosyst&#232;mes comme un &#171; capital &#187; et, partant, comme une &#171; classe d'actifs &#187;, est une opportunit&#233; remarquable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La Croissance verte contre la nature&lt;/i&gt;, H&#233;l&#232;ne Tordjman souligne ainsi que les tentatives d'&#233;valuation du &lt;i&gt;&#171; capital naturel &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; proc&#232;dent par une transposition de la th&#233;orie financi&#232;re standard &#224; ces nouveaux objets d&#233;finis par la science &#187;&lt;/i&gt;. La question centrale de la valeur est celle des revenus potentiels que toucherait l'investisseur devenu propri&#233;taire de l'&#233;cosyst&#232;me concern&#233;. Un processus qui conduit &#224; une privatisation de la nature et &#224; son exploitation en vue de r&#233;aliser des profits serait ainsi con&#231;u comme un moyen de sauvegarder la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, il s'agit avant tout de &lt;i&gt;&#171; cr&#233;er un nouveau terrain de jeu &#187;&lt;/i&gt; &#224; la finance, comme le dit Fr&#233;d&#233;ric Hache. Il n'est d'ailleurs pas &#233;tonnant de voir le Royaume-Uni se mobiliser fortement autour de la cr&#233;ation d'un syst&#232;me de compensation. C'est en effet une perspective all&#233;chante pour la place financi&#232;re londonienne, &#224; la recherche d'un second souffle. Selon le World Economic Forum, organisateur du Forum de Davos, le &#171; capital naturel &#187; repr&#233;senterait un march&#233; potentiel de pas moins de 10 000 milliards de dollars&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de compensation de la biodiversit&#233; a donc beau &#234;tre s&#233;duisant sur le papier, il semble davantage ouvrir la porte &#224; une forme d'accumulation primitive de la nature transform&#233;e en capital. En cela, le projet de cr&#233;er un m&#233;canisme d'&#233;change des cr&#233;dits de compensation parach&#232;verait cette vision en permettant d'autoriser la sp&#233;culation et le contr&#244;le des cr&#233;dits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains auraient sans doute beaucoup &#224; gagner &#224; cette &#171; &#233;conomie positive &#187;, mais on voit mal comment un tel projet pourrait freiner la sixi&#232;me extinction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romaric Godin&lt;br class='autobr' /&gt;
P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Mediapart. 6 d&#233;cembre 2022 &#224; 10h49 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/061222/la-cop-biodiversite-tentee-par-la-marchandisation-des-ecosystemes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/061222/la-cop-biodiversite-tentee-par-la-marchandisation-des-ecosystemes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles de Romaric Godin sur Mediapart :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/biographie/romaric-godin-0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/biographie/romaric-godin-0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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