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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#171; L'&#233;cocide capitaliste &#187; en d&#233;bat</title>
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		<dc:date>2026-08-17T06:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le sociologue marxiste Alain Bihr propose une tr&#232;s ample analyse de la catastrophe &#233;cologique plan&#233;taire dans un nouvel ouvrage dont le titre r&#233;sume parfaitement le contenu : L'&#233;cocide capitaliste (Page 2 / Syllepse, 2026). &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de A l'Encontre 25 avril 2026 Photo : Couverture du tome 1. Les trois tomes sont parus en 2026. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrage se compose de trois tomes, dont les quelque 1200 pages repr&#233;sentent un travail remarquable de documentation, de synth&#232;se et d'analyse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier volume (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-28&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L100xH150/couv-vol-1-683x1024-ed4d1.jpg?1781031235' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le sociologue marxiste Alain Bihr propose une tr&#232;s ample analyse de la catastrophe &#233;cologique plan&#233;taire dans un nouvel ouvrage dont le titre r&#233;sume parfaitement le contenu : &lt;i&gt;L'&#233;cocide capitaliste&lt;/i&gt; (Page 2 / Syllepse, 2026).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/ecologie/lecocide-capitaliste-en-debat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A l'Encontre&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
25 avril 2026 Photo : Couverture du tome 1. Les trois tomes sont parus en 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage se compose de trois tomes, dont les quelque 1200 pages repr&#233;sentent un travail remarquable de documentation, de synth&#232;se et d'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier volume dresse un &#233;tat des lieux. Il examine de nombreuses facettes de la catastrophe : changement climatique, atteintes multiples aux milieux naturels globaux (oc&#233;ans, zones humides, for&#234;ts), d&#233;gradation des &#233;l&#233;ments (terre, eaux, air, &#233;nergie), appauvrissement de la biodiversit&#233;, menaces sur la sant&#233; humaine. Cet examen met du m&#234;me coup en &#233;vidence l'&#233;chec des politiques capitalistes de &#171; d&#233;veloppement durable &#187; bas&#233;es sur les solutions de march&#233; ainsi que sur les m&#233;canismes de compensation qui &#171; au mieux ne sont pas &#224; la hauteur des probl&#232;mes, quand elles ne les aggravent pas purement et simplement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me volume, sous-titr&#233; &#171; la nature en proie au capital &#187;, d&#233;montre que la catastrophe est bien le produit des rapports capitalistes de production bas&#233;s sur l'expropriation des producteurs. Cette expropriation (&#171; le grand d&#233;chirement &#187;, selon une expression trop peu connue de Marx !) est en effet &#224; la base de l'ali&#233;nation de la nature et de la perte de conscience de l'appartenance &#224; la nature, qui caract&#233;risent la soci&#233;t&#233; contemporaine. L'auteur insiste sur le fait que le mode capitaliste d'appropriation de la nature s'op&#232;re par le truchement de ses modes d'appropriation du travail, les deux dimensions &#233;tant d&#232;s lors indissociables. Comme les autres auteurs &#233;comarxistes ou &#233;cosocialistes, il s'attache &#224; d&#233;montrer que la qu&#234;te absurde de la croissance illimit&#233;e sur une plan&#232;te finie d&#233;coule imp&#233;rativement de la n&#233;cessit&#233; pour le capital de se reproduire &#224; une &#233;chelle toujours &#233;largie, de sorte que la course au profit implique in&#233;vitablement de vampiriser &#224; la fois le travail et la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me volume &#171; met l'&#233;cocide capitaliste en perspective historique &#187;. Bihr abonde dans le sens des travaux soutenant que la dynamique &#233;cocidaire du capital s'est manifest&#233;e d&#232;s la p&#233;riode protocapitaliste, &#224; la fin du Moyen Age. Il retrace son extension et son acc&#233;l&#233;ration &#224; travers la premi&#232;re &#171; r&#233;volution industrielle &#187; et celles qui l'ont suivie, en montrant les implications de chacun de ces moments historiques du capital sur les syst&#232;mes agraires et les &#233;cosyst&#232;mes. Cette vision historique inclut une pr&#233;sentation de l'&#233;volution de la pens&#233;e &#233;conomique aux prises avec l'&#233;cologie &#8211; depuis Malthus jusqu'&#224; Daly, en passant par les n&#233;oclassiques, Jevons, Lauderdale, l'&#233;conomie &#233;cologique, les th&#233;oriciens de la valeur-&#233;nergie, sans oublier Georgescu-Roegen et son approche par l'entropie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce volume d&#233;bouche sur quatre chapitres examinant le lien entre la catastrophe &#233;cologique et la crise de reproduction du capital, au terme desquels l'auteur s'appuie sur la th&#233;orie des &#171; ondes longues &#187; pour confirmer que la crise est bien de nature syst&#233;mique : &#171; Contrairement aux (crises &#233;cologiques) pr&#233;c&#233;dentes, cette crise ne peut pas &#234;tre surmont&#233;e par le capital ; il ne peut au mieux (en se &#171; verdissant &#187;) qu'en ralentir le rythme de d&#233;veloppement, sans pour autant mettre fin &#224; la d&#233;gradation continue et cumulative des conditions de la vie humaine sur Terre, qui est en quelque sorte inscrite dans sa logique intrins&#232;que &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion g&#233;n&#233;rale de l'ouvrage est intitul&#233;e &#171; Le communisme ou la mort &#187;. L'auteur &#233;carte l'id&#233;e que la catastrophe &#233;cologique puisse provoquer l'effondrement du capitalisme. Plut&#244;t qu'un effondrement, il envisage &#171; une sorte d'apocalypse &#187; dont les &#171; quatre cavaliers seraient le chaos &#233;cologique, la paup&#233;risation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la maladie, la guerre, le tout conduisant &#224; des formes barbares de domination et de r&#233;gulation sociopolitique &#187;. Pour Alain Bihr, &#171; la crise multiforme du capitalisme nous place en d&#233;finitive non plus seulement face &#224; la c&#233;l&#232;bre alternative pos&#233;e par Rosa Luxemburg entre le socialisme ou la barbarie mais, d'une mani&#232;re plus radicale, face &#224; celle entre le communisme ou la mort. Tout simplement parce que la catastrophe &#233;cologique qui l'accompagne ne se limite pas &#224; d&#233;grader les conditions de vie, elle menace plus fondamentalement la possibilit&#233; m&#234;me de vie sur Terre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;videmment impossible, dans le cadre d'une recension comme celle-ci, d'examiner en d&#233;tail tous les d&#233;veloppements d'un ouvrage th&#233;orique aussi volumineux, qui embrasse de tr&#232;s nombreuses mati&#232;res avec rigueur, d'une fa&#231;on aussi fouill&#233;e et aussi riche (bien que parfois, &#224; mon sens, avec un luxe de d&#233;tails excessif).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sum&#233; ci-dessus ne fait pas justice &#224; cette richesse. Les personnes d&#233;j&#224; convaincues du caract&#232;re capitaliste de la catastrophe &#233;cologique pourraient en conclure erron&#233;ment que &lt;i&gt;L'&#233;cocide capitaliste&lt;/i&gt; ne leur apprendra rien de neuf. Or, l'ouvrage, outre la masse de faits et de donn&#233;es qu'il rapporte, comporte de pr&#233;cieux &#233;l&#233;ments d'analyse susceptibles d'enrichir la pens&#233;e &#233;cosocialiste ou &#233;comarxiste. A titre personnel, j'ai ainsi appr&#233;ci&#233; les d&#233;veloppements du Tome III sur l'&#233;volution des contradictions de la pens&#233;e &#233;conomique face au d&#233;fi &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant fondamentalement d'accord avec l'analyse par Alain Bihr de la catastrophe &#233;cologique comme produit in&#233;vitable du mode de production capitaliste, ainsi qu'avec sa conclusion strat&#233;gique &#233;cosocialiste/&#233;cocommuniste r&#233;volutionnaire, je me limiterai &#224; trois r&#233;flexions, d'importance fort in&#233;gale en pr&#233;cisant qu'elles ne temp&#232;rent nullement l'appr&#233;ciation d'ensemble sur l'int&#233;r&#234;t et l'utilit&#233; de l'ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re r&#233;flexion : la critique marxiste ne suffit pas toujours &#224; &#171; marquer le point &#187; dans des d&#233;bats qui mobilisent les sciences exactes (l'auteur de ces lignes en a fait l'exp&#233;rience). Alain Bihr a raison de dire que Georgescu-Roegen et ses partisans &#171; m&#233;connaissent les rapports capitalistes de production &#187;, mais il vaut mieux, en plus, se tenir &#224; l'&#233;cart de leur analyse de la crise &#233;cologique vue sous l'angle de la hausse de l'entropie. Que les ressources min&#233;rales soient &#233;puisables est une &#233;vidence, mais on n'&#233;claire rien en introduisant l'entropie dans cette discussion, car l'augmentation de celle-ci n'est pas une caract&#233;ristique intrins&#232;que de la mati&#232;re, contrairement &#224; ce qu'affirme Georges-Roegen, dont la vision eschatologique s'accommode bien de propositions concr&#232;tes assez insignifiantes et moralisatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me r&#233;flexion : l'id&#233;e que le capitalisme impliquerait le passage d'une appropriation formelle de la nature &#224; une appropriation r&#233;elle m&#233;rite discussion. Pour Alain Bihr, l'appropriation r&#233;elle consiste en ceci que le capital force la nature &#224; produire ce qu'elle ne produit pas spontan&#233;ment, &#224; ne pas produire ce qu'elle produit spontan&#233;ment, et &#224; produire des simulacres d'elle-m&#234;me plus directement appropriables. Or, si c'est de cela qu'il s'agit, il faut conclure que le passage &#224; l'appropriation r&#233;elle a co&#239;ncid&#233; avec les premi&#232;res s&#233;lections d'esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales et animales, ce qui signifie qu'il est beaucoup plus vieux que le capitalisme. On pourrait dire que le ph&#233;nom&#232;ne a &#233;t&#233; amplifi&#233; par le capitalisme (surtout dans la p&#233;riode r&#233;cente, avec les biotechnologies), mais il ne constitue pas un marqueur du passage &#224; la dynamique &#233;cocidaire du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, Alain Bihr proc&#232;de par analogie avec le raisonnement qui am&#232;ne Marx &#224; poser que le machinisme a permis au capital de passer d'une subsomption formelle du travail &#224; une subsomption r&#233;elle, dans laquelle le travailleur n'a plus ni ma&#238;trise ni compr&#233;hension du proc&#232;s de production, de sorte qu'il n'est plus que le porteur d'une force de travail abstraite, un accessoire de la machine soumis &#224; la science qui se dresse face &#224; lui comme une force hostile aux mains du capitaliste. Bihr rejoint d&#232;s lors Jason Moore dans l'id&#233;e que le capitalisme a produit non seulement un travail abstrait mais aussi une &#171; nature abstraite &#187;. Une nature &#224; son image, &#171; vampiris&#233;e &#187;. L'analogie me semble trompeuse. La subsumption, c'est la soumission dans laquelle ce qui est soumis est int&#233;gr&#233; &#224; ce qui soumet. Or, la nature n'est pas int&#233;gr&#233;e et pas int&#233;grable au capital. Elle ne l'est que dans les fantasmes des &#233;conomistes, mais suit obstin&#233;ment ses propres lois. Comme disait Engels : &#171; ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature, elle se venge sur nous de chacune d'elles &#187;. La catastrophe &#233;cologique incarne pr&#233;cis&#233;ment cette vengeance redoutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me r&#233;flexion est un &#233;tonnement. Le d&#233;passement des limites &#233;cologiques, climatiques en particulier, implique forc&#233;ment que la remise en cause du productivisme/consum&#233;risme capitaliste se fasse dans le respect d'une &#171; d&#233;croissance juste &#187; de la consommation finale d'&#233;nergie, donc de la transformation et du transport de mati&#232;re. &lt;i&gt;L'&#233;cocide capitaliste&lt;/i&gt;, dans ses conclusions, n'&#233;voque pas la question, m&#234;me en termes g&#233;n&#233;raux. C'est pourtant sous cette contrainte objective qu'il s'agit de penser un projet &#233;cosocialiste &#233;mancipateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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		<title>D&#233;claration de la Marche mondiale des femmes </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Declaration-de-la-Marche-mondiale-des-femmes</link>
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		<dc:date>2026-06-16T13:07:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marche mondiale des femmes</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Partout, les femmes s'organisent. Des travailleuses de l'industrie textile aux d&#233;fenseuses de la terre, des mouvements f&#233;ministes aux communaut&#233;s de base, nous tissons des liens de solidarit&#233; au-del&#224; des fronti&#232;res. Nous renfor&#231;ons un f&#233;minisme internationaliste et de base, ancr&#233; dans la r&#233;sistance, la solidarit&#233; et le pouvoir collectif. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Infolettre sp&#233;ciale 24 avril &#127759; Coordination du Qu&#233;bec de la Marche Mondiale des Femmes &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 24 avril est une journ&#233;e de lutte, de m&#233;moire et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Partout, les femmes s'organisent. Des travailleuses de l'industrie textile aux d&#233;fenseuses de la terre, des mouvements f&#233;ministes aux communaut&#233;s de base, nous tissons des liens de solidarit&#233; au-del&#224; des fronti&#232;res. Nous renfor&#231;ons un f&#233;minisme internationaliste et de base, ancr&#233; dans la r&#233;sistance, la solidarit&#233; et le pouvoir collectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Infolettre sp&#233;ciale 24 avril &#127759;&lt;br class='autobr' /&gt;
Coordination du Qu&#233;bec de la Marche Mondiale des Femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 avril est une journ&#233;e de lutte, de m&#233;moire et de solidarit&#233; f&#233;ministe internationale. Elle s'inscrit dans notre calendrier commun de r&#233;sistance, une journ&#233;e o&#249; nous nous unissons au-del&#224; des fronti&#232;res pour d&#233;noncer le pouvoir des soci&#233;t&#233;s transnationales sur nos corps, notre travail et nos territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comm&#233;morons cette journ&#233;e en raison de l'effondrement du Rana Plaza, qui a co&#251;t&#233; la vie &#224; plus d'un millier de travailleuses de l'industrie textile. Elles produisaient pour des marques mondiales telles que Zara, Mango, C&amp;A, etc., au sein d'un syst&#232;me qui privil&#233;gie le profit au d&#233;triment de la vie. Le Rana Plaza n'&#233;tait pas un accident. C'&#233;tait le r&#233;sultat d'un syst&#232;me mondial d'exploitation qui perdure encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, la violence des soci&#233;t&#233;s transnationales n'a fait que s'aggraver. Des industries textiles au Bangladesh aux zones d'exportation au Sri Lanka, les femmes continuent de subir des salaires bas, des conditions de travail dangereuses et la r&#233;pression lorsqu'elles s'organisent. Le m&#234;me syst&#232;me qui a caus&#233; la mort au Rana Plaza continue de fonctionner, intensifi&#233;, &#233;tendu et normalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s transnationales sont pr&#233;sentes dans tous les aspects de nos vies. Dans les v&#234;tements que nous portons, dans la nourriture que nous consommons, dans la terre et l'eau dont nous d&#233;pendons. Dans les territoires c&#244;tiers, l'aquaculture et la p&#234;che industrielle d&#233;truisent les &#233;cosyst&#232;mes, polluent les eaux et d&#233;placent des communaut&#233;s. Les femmes sont laiss&#233;es seules pour assurer la survie dans ces conditions, nourrir leurs familles, reconstruire les communaut&#233;s et r&#233;sister face &#224; la destruction &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, nous sommes confront&#233;s &#224; l'expansion du complexe militaro-industriel, l'un des plus grands pollueurs au monde et un pilier central de ce syst&#232;me. La militarisation, l'extractivisme et la convergence des pouvoirs des entreprises agissent de concert, aggravant les in&#233;galit&#233;s, acc&#233;l&#233;rant l'effondrement climatique et renfor&#231;ant la domination patriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements et les entreprises r&#233;pondent &#224; la crise non pas par la justice, mais par le contr&#244;le. La crise climatique est trait&#233;e comme un &#171; probl&#232;me de s&#233;curit&#233; &#187;, justifiant davantage de fronti&#232;res, davantage de surveillance et davantage de militarisation, souvent en alliance directe avec les entreprises transnationales. La crise devient un nouveau terrain de profit. Sous le couvert de l'innovation et du progr&#232;s, les entreprises et les &#201;tats &#233;tendent les syst&#232;mes de surveillance, de contr&#244;le et de guerre. Les g&#233;ants de la technologie et les industries militaires sont de plus en plus &#233;troitement li&#233;s, fa&#231;onnant un monde o&#249; la violence se cache derri&#232;re la technologie et est pr&#233;sent&#233;e comme in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques contre le Venezuela, notamment l'enl&#232;vement du pr&#233;sident Maduro et de la d&#233;put&#233;e Cilia Flores, ainsi que les sanctions en cours contre Cuba, montrent comment l'imp&#233;rialisme op&#232;re aujourd'hui, par le biais de pressions &#233;conomiques, de coercition politique et d'intervention directe. Les femmes de ces territoires maintiennent la vie et la r&#233;sistance dans des conditions de plus en plus difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Sahel, la militarisation est impos&#233;e comme solution &#224; la crise, mais elle ne fait qu'aggraver l'instabilit&#233;. Les conflits arm&#233;s, les interventions &#233;trang&#232;res et les luttes pour les ressources se poursuivent, tandis que les femmes sont confront&#233;es aux d&#233;placements, &#224; la violence et &#224; l'exclusion des processus d&#233;cisionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre contre l'Iran met encore davantage en &#233;vidence la logique violente de l'imp&#233;rialisme, o&#249; l'intervention militaire et les int&#233;r&#234;ts g&#233;opolitiques priment sur la vie des populations. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2026, des frappes et des repr&#233;sailles &#224; grande &#233;chelle ont caus&#233; des destructions massives, des pertes civiles et une instabilit&#233; r&#233;gionale, tout en d&#233;clenchant une crise &#233;nerg&#233;tique mondiale et en aggravant les difficult&#233;s &#233;conomiques &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les femmes qui d&#233;fendent la vie sont prises pour cibles. De l'assassinat de Berta C&#225;ceres &#224; la r&#233;pression et &#224; l'arrestation d'Esra I&#351;&#305;k, nous observons une tendance mondiale &#224; la criminalisation des femmes qui r&#233;sistent. D&#233;fendre la terre, l'eau et la vie est devenu dangereux, mais c'est aussi l&#224; que la r&#233;sistance se renforce le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes confront&#233;s &#224; un syst&#232;me mondial unique, o&#249; les entreprises, les &#201;tats et le pouvoir militaire agissent de concert. Un syst&#232;me qui transforme la vie en marchandise, exploite la main-d'&#339;uvre, d&#233;truit la nature et traite des communaut&#233;s enti&#232;res comme jetables.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous construisons &#233;galement une r&#233;ponse mondiale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous affirmons que d&#233;fendre la terre, c'est d&#233;fendre la vie. Que s'opposer &#224; la militarisation est une lutte f&#233;ministe. Que la justice climatique ne peut exister sans remettre en cause les entreprises transnationales et les puissances imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons la fin du complexe militaro-industriel et des syst&#232;mes qui le soutiennent. Nous exigeons justice pour celles et ceux qui ont perdu la vie au Rana Plaza et dans toutes les formes de violence d'entreprise. Nous exigeons la fin des sanctions, des occupations et des interventions imp&#233;rialistes. Nous exigeons une justice climatique fond&#233;e sur la bienveillance, la souverainet&#233; et la vie collective, et non sur le contr&#244;le et le profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Jacmel, le centenaire de Ren&#233; Depestre s'ouvre sous le signe de la culture et du num&#233;rique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-Jacmel-le-centenaire-de-Rene-Depestre-s-ouvre-sous-le-signe-de-la-culture-et</link>
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		<dc:date>2026-05-05T08:31:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Smith Prinvil</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jacmel, Ha&#239;ti &#8212; La ville de Jacmel a accueilli le 17 avril 2026 le lancement officiel des c&#233;l&#233;brations du centenaire de Ren&#233; Depestre, figure majeure de la litt&#233;rature ha&#239;tienne et francophone. Organis&#233; par la Grenadiers Foundation, l'&#233;v&#233;nement a pris la forme d'une comm&#233;moration hybride, m&#234;lant &#224; la fois hommage litt&#233;raire, innovation technologique et participation citoyenne. &lt;br class='autobr' /&gt; Par Smith PRINVIL &lt;br class='autobr' /&gt;
D'une part, loin d'un format traditionnel, l'activit&#233; a privil&#233;gi&#233; une approche immersive (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Haiti-+" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L100xH150/rene_depestre__25-02-2017_-cf5c7.jpg?1781039764' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jacmel, Ha&#239;ti &#8212; La ville de Jacmel a accueilli le 17 avril 2026 le lancement officiel des c&#233;l&#233;brations du centenaire de Ren&#233; Depestre, figure majeure de la litt&#233;rature ha&#239;tienne et francophone. Organis&#233; par la Grenadiers Foundation, l'&#233;v&#233;nement a pris la forme d'une comm&#233;moration hybride, m&#234;lant &#224; la fois hommage litt&#233;raire, innovation technologique et participation citoyenne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par Smith PRINVIL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, loin d'un format traditionnel, l'activit&#233; a privil&#233;gi&#233; une approche immersive visant &#224; r&#233;activer la m&#233;moire de l'&#233;crivain. En effet, po&#232;te de l'exil, des r&#233;volutions et des identit&#233;s diasporiques, Depestre demeure une r&#233;f&#233;rence essentielle dans les r&#233;flexions sur les h&#233;ritages coloniaux et les trajectoires culturelles du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le moment central de la journ&#233;e a &#233;t&#233; la pr&#233;sentation d'une intelligence artificielle baptis&#233;e H.E.S.T.E.R., qui a particuli&#232;rement retenu l'attention du public. Con&#231;ue par de jeunes d&#233;veloppeurs ha&#239;tiens, cette technologie propose une exploration interactive de la vie et de l'&#339;uvre de l'auteur. Ainsi, selon les organisateurs, l'objectif est de diversifier l'acc&#232;s &#224; la litt&#233;rature sans se substituer &#224; la lecture, notamment aupr&#232;s des jeunes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'activit&#233; a int&#233;gr&#233; plusieurs dispositifs participatifs, notamment des concours d'&#233;criture, une fresque murale, des quiz culturels et des &#233;changes ouverts avec le public. Dans cette continuit&#233;, la Grenadiers Foundation a annonc&#233; un projet &#233;ditorial intitul&#233; &#171; 134 articles en 134 jours &#187;, destin&#233; &#224; prolonger la r&#233;flexion autour de l'h&#233;ritage de Depestre bien au-del&#224; du lancement officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, des performances artistiques ont ponctu&#233; la soir&#233;e, avec des lectures et des interpr&#233;tations de textes de l'auteur. Celles-ci ont mis en lumi&#232;re le r&#244;le central de l'oralit&#233; dans la tradition culturelle ha&#239;tienne, mais aussi dans la transmission vivante de la po&#233;sie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, dans un contexte national marqu&#233; par des d&#233;fis sociaux et institutionnels persistants, cette initiative s'inscrit dans une volont&#233; plus large de faire de Jacmel un espace d'exp&#233;rimentation culturelle. En articulant patrimoine litt&#233;raire et outils num&#233;riques, les organisateurs cherchent ainsi &#224; renouveler les formes de transmission et de circulation du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, ce lancement marque le d&#233;but d'une s&#233;rie d'activit&#233;s pr&#233;vues sur la dur&#233;e du centenaire, pens&#233;e non comme une simple comm&#233;moration ponctuelle, mais comme un processus continu de mise en valeur de l'&#339;uvre de Ren&#233; Depestre et de son actualit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; souligner que cette initiative s'inscrit dans une dynamique port&#233;e par le diplomate Evence Jean-Louis, identifi&#233; comme le principal instigateur de ce mouvement, dont la vision et l'impulsion ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la concr&#233;tisation de cette d&#233;marche culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les journalistes internationaux sont invit&#233;s &#224; redoubler d'efforts pour mettre en lumi&#232;re le sort r&#233;serv&#233; aux femmes afghanes par les talibans</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-journalistes-internationaux-sont-invites-a-redoubler-d-efforts-pour-mettre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-journalistes-internationaux-sont-invites-a-redoubler-d-efforts-pour-mettre</guid>
		<dc:date>2026-05-05T07:03:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rukhshana.com</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Afghanistan</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Couvrir l'actualit&#233; en Afghanistan est devenu extr&#234;mement difficile, mais les journalistes doivent de toute urgence trouver des moyens de rendre compte de la campagne men&#233;e par les talibans pour faire dispara&#238;tre les femmes du pays. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
Tel &#233;tait le message transmis samedi par un panel de femmes journalistes, organis&#233; par Rukhshana Media dans le cadre du Festival international du journalisme de P&#233;rouse, afin de discuter de leur travail et d'examiner les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
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/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-28&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afghanistan-27-+" rel="tag"&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Medias-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/table_femme_journal-caf84.jpg?1781104608' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Couvrir l'actualit&#233; en Afghanistan est devenu extr&#234;mement difficile, mais les journalistes doivent de toute urgence trouver des moyens de rendre compte de la campagne men&#233;e par les talibans pour faire dispara&#238;tre les femmes du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/25/les-journalistes-internationaux-sont-invites-a-redoubler-defforts-pour-mettre-en-lumiere-le-sort-reserve-aux-femmes-afghanes-par-les-talibans/?jetpack_skip_subscription_popup&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel &#233;tait le message transmis samedi par un panel de femmes journalistes, organis&#233; par Rukhshana Media dans le cadre du Festival international du journalisme de P&#233;rouse, afin de discuter de leur travail et d'examiner les moyens par lesquels les m&#233;dias peuvent faire entendre la voix des Afghanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alex Crawford, correspondante sp&#233;ciale pour Sky News, s'est dite choqu&#233;e par le peu de protestations observ&#233;es en dehors de l'Afghanistan face aux efforts des talibans visant &#224; effacer les femmes de la vie publique, et a exhort&#233; le public &#224; faire tout son possible pour faire circuler le message sur ce qui se passe.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis aussi coupable que n'importe qui d'autre, car ma r&#233;daction a tendance &#224; m'envoyer l&#224; o&#249; tombent les bombes. Les bombes ne tombent peut-&#234;tre pas en Afghanistan, mais le pays est en train d'exploser de l'int&#233;rieur &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La culture est en train d'&#234;tre d&#233;truite, les femmes sont en train d'&#234;tre effac&#233;es, et nous devons trouver des moyens plus inventifs de couvrir ces &#233;v&#233;nements et essayer de les imposer &#224; l'ordre du jour, car cela ne va pas dispara&#238;tre et la situation semble s'aggraver consid&#233;rablement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mme Crawford, qui couvre l'Afghanistan depuis plus de vingt ans, a d&#233;clar&#233; qu'on ne lui avait pas accord&#233; de visa pour y retourner apr&#232;s avoir r&#233;alis&#233; un reportage dans une maternit&#233; o&#249; des m&#232;res adolescentes lui avaient confi&#233; qu'elles craignaient de mourir en raison des taux de mortalit&#233; maternelle du pays, parmi les plus &#233;lev&#233;s au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, a-t-elle expliqu&#233;, les journalistes &#233;tranger&#183;es souhaitant se rendre en Afghanistan pour couvrir l'actualit&#233; doivent indiquer aux autorit&#233;s les sujets qu'elles et ils souhaitent traiter, et il lui a &#233;t&#233; clairement signifi&#233; que les reportages sur l'interdiction de l'&#233;ducation des filles impos&#233;e par les talibans il y a plus de quatre ans &#233;taient hors de question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zahra Joya, fondatrice de Rukhshana Media, a d&#233;clar&#233; que le travail de reportage en Afghanistan &#233;tait tr&#232;s difficile en raison du niveau de censure, ainsi que de l'autocensure des journalistes. Les report&#232;res de Rukhshana, qui travaillent anonymement pour leur s&#233;curit&#233;, sont n&#233;anmoins en danger &#171; &lt;i&gt;car nous recueillons des informations que les talibans ne veulent jamais voir divulgu&#233;es &lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les Afghanes &#171; &lt;i&gt;continuent de se battre par tous les moyens possibles &#187;, et cela donne de l'espoir, a d&#233;clar&#233; Zahra Joya. Elle a r&#233;fut&#233; ce qu'elle a qualifi&#233; de discours dominant en Occident, selon lequel les femmes en Afghanistan seraient habitu&#233;es &#224; l'asservissement et ne souhaiteraient pas la libert&#233;. &#171; Ma question est la suivante : qui ne souhaite pas la libert&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle demand&#233; avec force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amie Ferris-Rotman, ancienne correspondante en cheffe de Reuters en Afghanistan et membre fondatrice du conseil d'administration de Rukhshana, a soulign&#233; que la couverture m&#233;diatique des violences sexuelles g&#233;n&#233;ralis&#233;es contre les femmes afghanes avait &#233;t&#233; &#233;tonnamment faible et a mis en avant une collaboration entre Rukhshana et le Guardian qui a r&#233;v&#233;l&#233; le viol collectif d'une femme dans une prison afghane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La table ronde, que l'on peut visionner ici, &#233;tait anim&#233;e par Meera Selva, directrice g&#233;n&#233;rale d'Internews Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://rukhshana.com/en/international-journalists-urged-to-do-more-to-highlight-taliban-treatment-of-afghan-women/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rukhshana.com/en/international-journalists-urged-to-do-more-to-highlight-taliban-treatment-of-afghan-women/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
traduit par DE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plus grave qu'une crise &#233;cologique, un &#233;cocide capitaliste selon Alain Bihr</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Plus-grave-qu-une-crise-ecologique-un-ecocide-capitaliste-selon-Alain-Bihr</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Plus-grave-qu-une-crise-ecologique-un-ecocide-capitaliste-selon-Alain-Bihr</guid>
		<dc:date>2026-05-04T06:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Harribey</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le sociologue Alain Bihr publie L'&#233;cocide capitaliste (Page 2 &amp; Syllepse, 2026). Une v&#233;ritable somme d'environ 1250 pages dans laquelle il entreprend d'&#233;tablir une synth&#232;se de l'&#233;tat des savoirs sur les multiples dimensions de ce qu'on appelle couramment crise &#233;cologique : changement du climat, effondrement de la biodiversit&#233;, pollutions, &#233;puisement des ressources, etc. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il s'agit d'un &#233;tat des savoirs particulier, replac&#233; dans un cadre th&#233;orique qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_le_2026-04-27_a_20.08_52-1e4a0.png?1781055964' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le sociologue Alain Bihr publie L'&#233;cocide capitaliste (Page 2 &amp; Syllepse, 2026). Une v&#233;ritable somme d'environ 1250 pages dans laquelle il entreprend d'&#233;tablir une synth&#232;se de l'&#233;tat des savoirs sur les multiples dimensions de ce qu'on appelle couramment crise &#233;cologique : changement du climat, effondrement de la biodiversit&#233;, pollutions, &#233;puisement des ressources, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/jmharribey/blog/230426/plus-grave-qu-une-crise-ecologique-un-ecocide-capitaliste-selon-alain-bihr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit d'un &#233;tat des savoirs particulier, replac&#233; dans un cadre th&#233;orique qui en donne le v&#233;ritable sens, c'est-&#224;-dire l'origine profonde : l'accumulation capitaliste, &#224; la fois &#171; &#233;cocidaire et anthropocidaire &#187; (I-32)[1]. Ce cadre th&#233;orique est celui donn&#233; par les concepts de Marx, mais, on le verra, pas toujours avec la mani&#232;re dont ils sont interpr&#233;t&#233;s par le marxisme habituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une introduction qui donne le ton &#171; Le vampirisme du capital &#187;, cet ouvrage est constitu&#233; de trois volumes : le premier est titr&#233; &#171; Une catastrophe &#233;cologique plan&#233;taire &#187;, le deuxi&#232;me &#171; La nature en proie au capital &#187;, et le troisi&#232;me &#171; Perspectives historiques &#187;, compl&#233;t&#233; par des annexes. Vu l'ampleur de l'ouvrage, cette recension n'a pas d'autre ambition que de donner &#224; voir son originalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I- Une catastrophe &#233;cologique plan&#233;taire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier volume est compos&#233; de trois parties. La premi&#232;re pr&#233;sente un &#171; &#233;tat des lieux &#187; sur le changement climatique, les atteintes aux milieux naturels globaux, l'appauvrissement de la biodiversit&#233; et les menaces sur la sant&#233; humaine. Le lecteur qui n'aurait pas d&#233;j&#224; une connaissance des multiples d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques et humains de &#171; l'&#233;cocide &#187; pourra trouver l&#224; une synth&#232;se de ses &#233;l&#233;ments. Avec toutefois une nuance : la plupart des r&#233;f&#233;rences sollicit&#233;es par Alain Bihr sont d&#233;j&#224; anciennes et le plus souvent de seconde main[2], alors que les rapports du GIEC ou de l'IPES, constamment mis &#224; jour, sont connus et facilement accessibles, du moins dans leur version pour les d&#233;cideurs, mais assez peu cit&#233;s par l'auteur, en comparaison des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de cette partie est donc ailleurs. Il est dans l'esquisse de la th&#232;se qui fait aujourd'hui presque consensus : le d&#233;r&#232;glement du climat est d'origine anthropique, essentiellement par l'&#233;mission de GES. Mais ceci n'&#233;puise pas l'originalit&#233; de l'auteur, car, pour lui, il faut aller plus au fond des choses : ce d&#233;r&#232;glement, tout comme l'ensemble des autres atteintes aux &#233;quilibres naturels, sont directement imputables &#224; la logique de reproduction sans cesse plus &#233;largie du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par petites touches, au fur et &#224; mesure de l'inventaire des d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques, Alain Bihr pr&#233;sente les lin&#233;aments de la th&#233;orie marxienne des rapports de production capitalistes dans lesquels il croit trouver un &#171; angle mort &#187; (I-32) chez Marx lui m&#234;me, &#224; savoir que ce dernier n'aurait pas (ou pas suffisamment) montr&#233; que [le capital] soumet la nature tout comme le travail humain au m&#234;me r&#233;gime mortif&#232;re, consistant &#224; absorber leur puissance productrice tout en les appropriant &#224; sa nature abstraite de valeur en proc&#232;s &#187; (I-32). Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser. Quoi qu'il en soit, pour l'instant, Alain Bihr note que l'ambition affich&#233;e des institutions internationales f&#233;rue de &#171; d&#233;veloppement durable &#187; est, via &#171; la croissance bleue &#187; ou &#171; l'&#233;conomie bleue &#187;, d'&#171; extraire de la valeur des oc&#233;ans et des r&#233;gions c&#244;ti&#232;res &#187; (I-82).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque qu'Alain Bihr qualifie d'&#171; inestimable &#187; la valeur du silence (I-127)[3] en face du bruit. Mais suivent une s&#233;rie de propos plus ambigus quand il semble reprendre &#224; son compte les notions de &#171; valeur instrumentale &#187;, de &#171; valeur patrimoniale &#187;, de &#171; valeur en et par elle-m&#234;me &#187; de la biodiversit&#233; (I-138-139). L'utilisation &#224; cet endroit du concept de &#171; valeur &#187; risque d'entra&#238;ner le lecteur dans la confusion n&#233;oclassique avec le non-sens de &#171; valeur intrins&#232;que &#187;[4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie se conclut par le diagnostic d'une catastrophe plan&#233;taire, au sens da la th&#233;orie des syst&#232;mes, qui justifie que l'on parle de &#171; point de bifurcation ou point de bascule marquant une discontinuit&#233; &#187; (I-181). Sur les neuf &#171; fronti&#232;res &#187; (ou &#171; seuils &#187; plan&#233;taires &#187;), trois ont &#233;t&#233; franchies : le changement climatique, l'&#233;rosion de la biodiversit&#233; et le cycle de l'azote ; et trois se rapprochent : l'acidification des oc&#233;ans, l'usage des r&#233;serves en eau douce et l'usage des sols[5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie diss&#232;que le d&#233;veloppement durable, qui se situe entre des &#171; demi-mesures et des promesses sans lendemain &#187;, et est qualifi&#233; de &#171; nouvel &#233;vangile capitaliste &#187; (I-187) et de &#171; pare-feu de l'establishment &#187; (I-195). La Conf&#233;rence l'ONU &#224; Stockholm en 1972 et le rapport au Club de Rome la m&#234;me ann&#233;e avaient pourtant contribu&#233; &#224; &#171; jeter le trouble &#187; (I-188) au sujet de la croissance &#233;conomique sans limites[6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ne faille pas sous-estimer quelques progr&#232;s comme la r&#233;sorption du trou d'ozone, l'att&#233;nuation des pluies acides, la suppression de l'essence au plomb et les mesures contre la pollution atmosph&#233;rique dans les villes, leur relatif succ&#232;s tient au fait qu'ils ne posaient ni probl&#232;me technique ni probl&#232;me socio-&#233;conomique (I-225).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la lutte contre le changement climatique est l'objet &#171; d'une procrastination doubl&#233;e d'un sabotage &#187; (I-229). Cela bien que le risque de d&#233;r&#232;glement soit connu depuis le XIXe si&#232;cle, que les COP s'encha&#238;nent sans succ&#232;s ; l'Accord de Paris &#171; salu&#233; comme un &#034;accord historique&#034;, propre &#224; &#034;sauver le climat&#034;, pr&#233;sente au contraire de singuli&#232;res limites qui en ob&#232;rent la port&#233;e &#187; (I-239). Les &#233;missions de GES augmentent et les tentatives de Fonds vert pour aider les pays pauvres n'aboutissent pas. Parce que &#171; cette absence de volont&#233; des &#034;grands&#034; de ce monde renvoie plus fondamentalement &#224; des contraintes structurelles objectives &#187; (I-251). &#192; commencer par le conflit d'int&#233;r&#234;ts entre le Nord global (les formations centrales dites &#034;d&#233;velopp&#233;es&#034;) et le Sud global (les formations semi-p&#233;riph&#233;riques et p&#233;riph&#233;riques, dites &#034;en voie de d&#233;veloppement&#034; ou &#034;&#233;mergentes&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la transition &#233;nerg&#233;tique est &#171; une v&#233;ritable quadrature du cercle &#187; ((I-254) car il vaut mieux &#171; sauver le capital plut&#244;t que le climat &#187; (I-258). C'est ce qui entra&#238;ne un &#171; jusqu'au-boutisme du business as usual &#187; (I-261) que l'auteur traite dans la troisi&#232;me partie de son premier volume. Le principe fondamental de l'approche dominante est de fixer un prix aux externalit&#233;s n&#233;gatives en vue de &#171; l'int&#233;gration dans le calcul &#233;conomique la contribution de la nature &#224; la production de la richesse sociale &#187; (I-264), confondant une fois de plus richesse et valeur. Sont pr&#233;sent&#233;s ensuite par Alain Bihr les m&#233;canismes des march&#233;s du carbone dont l'inefficacit&#233; est connue depuis plusieurs d&#233;cennies et d&#233;nonc&#233;e par de multiples &#233;tudes[7]. Il s'ensuit la vacuit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes de compensation, l'illusion d'un prix de la tonne de CO2, et au final tous les subterfuges de la valeur &#233;cologique de la biodiversit&#233; qui ne peut &#234;tre que r&#233;duite au co&#251;t des op&#233;rations de compensation. Ignorer l'impossible substitution entre des entit&#233;s incommensurables ne peut qu'aboutir &#224; une conception faible de la soutenabilit&#233;. &#192; juste titre, Alain Bihr d&#233;nonce le fait que &#171; pr&#233;tendre trouver une solution &#224; la catastrophe &#233;cologique dans la valorisation (la mise en valeur) g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la nature constitue une v&#233;ritable absurdit&#233; puisque c'est pr&#233;cis&#233;ment la valorisation de la nature qui est &#224; la racine de cette crise &#187; (I-298). Ceci est certainement le point n&#233;vralgique de la critique de l'&#233;conomie n&#233;oclassique de l'environnement, mais que l'auteur pr&#233;f&#232;re renvoyer en annexe, sans doute &#224; tort parce que, comme il l'&#233;crit presque aussit&#244;t, &#171; qu'il s'agisse de r&#233;duire les &#233;missions de GES ou de pr&#233;server la biodiversit&#233;, ces derni&#232;res n'ont pas tant pour but d'atteindre les objectifs d&#233;clar&#233;s que, tout simplement, d'ouvrir de nouveaux champs &#224; la valorisation du capital. Et, si elles sont largement inefficaces sous le premier angle, elles sont au contraire une r&#233;ussite sous le second &#187;. (I-300).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, la d&#233;nomm&#233;e aujourd'hui &#171; transition &#233;nerg&#233;tique &#187; est illusoire, comme l'a montr&#233; Jean-Baptiste Fressoz. Pire, tous les projets &#224; base de solutions techniques &#171; ont un d&#233;nominateur commun : transformer la terre en machine pilotable &#187;, comme le dit Fr&#233;d&#233;ric Neyrat cit&#233; par Alain Bjhr (I-351).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les approches pr&#233;tendument &#233;thiques n'y changent rien car les individus appel&#233;s &#224; faire des &#171; petits gestes &#187; sont rendus responsables des effets des structures sociales (I-361). Quant aux d&#233;n&#233;gations n&#233;gationnistes, elles n'expriment que le cynisme des classes dominantes[8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II- La nature en proie au capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me volume du livre d'Alain Bihr en est, &#224; notre avis, le c&#339;ur, parce que c'est ici qu'il d&#233;veloppe toute la trame de l'&#233;cocide &#224; l'aide des concepts marxiens. Quatre parties composent ce tome. Successivement sont analys&#233;es l'ali&#233;nation capitaliste de la nature, son appropriation, l'hubris, et l'abstraction de la nature. En bref, il va s'agir d'ouvrir &#171; la cage d'acier (Max Weber) &#187; (II-9) pour v&#233;ritablement comprendre car si, nos dirigeants ne font rien, c'est parce qu'ils sont prisonniers des rapports de production, qui constituent pour eux un cadre intangible et un horizon ind&#233;passable &#187; (II-9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier &#233;l&#233;ment dans la premi&#232;re partie de ce deuxi&#232;me volume (mais nomm&#233;e quatri&#232;me) : la d&#233;possession des travailleurs de leurs moyens de production brise leur rapport &#224; la nature qui pr&#233;valait avant l'&#233;poque capitaliste. C'est ainsi que le capital a pu se d&#233;velopper. Les travailleurs sont alors contraints de travailler en vendant leur force de travail, et, de plus, sont contraints dans leur travail car les finalit&#233;s de celui-ci leur &#233;chappent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi peut &#234;tre pr&#233;sent&#233; le fond de l'approche marxienne : &#171; Le propre du concept de rapports sociaux de production est d'articuler &#233;troitement les rapports des &#234;tres humains entre eux avec les rapports qu'ils entretiennent avec la nature. Par cons&#233;quent, tout bouleversement intervenant au sein des premiers ne peut manquer de retentir sur les seconds, et vice versa. &#187; (II-27).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la disparition des communaut&#233;s rurales, le mouvement M-A-M dispara&#238;t comme point de d&#233;part et point d'arriv&#233;e de valeurs d'usage (II-31). Dans le capitalisme, le surtravail devient la condition du travail n&#233;cessaire. Le rapport &#224; la nature est bris&#233; par la p&#233;n&#233;tration du capital dans l'agriculture, &#171; soucieux d'accro&#238;tre l'intensit&#233; et la productivit&#233; du travail &#187; (II-35)[9]. Il en r&#233;sulte non seulement la transformation des pratiques alimentaires, mais aussi une &#171; alt&#233;ration de la nature en nous &#187; (II-46) et donc &#171; une rupture de l'unit&#233; symbiotique entre l'humanit&#233; et la nature &#187; (II-49) m&#233;diatis&#233;e par le travail. Cependant, il faut comprendre le m&#233;tabolisme de l'humain avec la nature non pas comme ayant subi une rupture &#224; proprement parler, ce sont les modalit&#233;s et les formes sp&#233;cifiques de l'unit&#233; qui sont rompues. D'o&#249; une repr&#233;sentation r&#233;ifi&#233;e de la nature dans le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le moment pour Alain Bihr d'examiner en d&#233;tail la question du m&#233;tabolisme, notion forg&#233;e par le chimiste Justus von Liebig. Ce dernier va convaincre Marx qu'il existe bien des rendements d&#233;croissants dans l'agriculture, en d&#233;pit de l'augmentation des apports suppl&#233;mentaires de travail, d'eau, d'&#233;nergie, etc. Il existe donc des limites impos&#233;es par la Terre. L'humanit&#233; reste dans le &#171; royaume de la n&#233;cessit&#233; &#187;. Mais Alain Bihr critique John Bellamy Foster de diffuser l'id&#233;e d'une &#171; faille m&#233;tabolique &#187;, car la relation m&#233;tabolique est une n&#233;cessit&#233; : il s'agit d'une &#171; perturbation &#187; (II-89) et non pas d'une rupture, l'auteur reprenant &#224; son compte l'id&#233;e de &#171; d&#233;gradation &#187; des sols plut&#244;t que leur &#233;puisement (II-91). La discussion devient subtile et perd peut-&#234;tre en pertinence car l'ancienne relation de l'homme pr&#233;capitaliste avec la nature a bien &#233;t&#233; rompue, selon Alain Bihr lui-m&#234;me. &#192; cet endroit, il semble reprocher &#224; Foster deux choses contraires : d'un c&#244;t&#233;, de trop &#233;tendre la faille et, de l'autre, de la r&#233;duire au sol. &#192; notre avis, Foster ne fait pas de la faille m&#233;tabolique une cause de l'accumulation du capital mais une cons&#233;quence de celle-ci, comme Alain Bihr finit par le dire lui aussi (II-98).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie de ce volume (nomm&#233;e cinqui&#232;me) est consacr&#233;e &#224; l'appropriation capitaliste de la nature, qui signifie la subordination de la nature &#224; la forme valeur. Cela constitue la base du marxisme ; nous pensons que, &#224; l'encontre d'Alain Bihr (II-101), ce n'est pas m&#233;connu par les marxistes, leur probl&#232;me est que, historiquement, ils n'en ont tir&#233; aucune cons&#233;quence politique et strat&#233;gique. On peut m&#234;me signaler que Jason Moore, longuement approuv&#233; par Alain Bihr (sauf II-106, note 3), se trompe sur la valeur en maints endroits. Plusieurs auteurs ont object&#233; &#224; Moore qu'il ne pouvait faire de la nature la source de la valeur, rendant de ce fait inop&#233;rante la distinction entre valeur d'usage et valeur[10]. Cette distinction reste cruciale pour bien saisir que le travail produisant des services peut &#234;tre productif au sens capitaliste, ainsi que le rappelle Alain Bihr (II-110).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appropriation r&#233;elle de la nature par le capital (c'est-&#224;-dire sa construction en socio-nature) est dissimul&#233;e par le ph&#233;nom&#232;ne des externalit&#233;s dont il ne tient pas compte dans le calcul &#233;conomique. &#192; vrai dire, cette non-int&#233;gration signifie son impossibilit&#233; puisque la nature n'a pas de valeur. Seul le co&#251;t de production de certains &#233;l&#233;ments puis&#233;s dans la nature peut &#234;tre pris en compte. Et l'&#233;largissement du concept de travail &#224; la nature est selon nous un critiquable. Les difficult&#233;s de l'exploitation conjointe de la force de travail et de la nature en vue de produire de la valeur pour le capital peuvent &#234;tre lues &#224; notre sens comme la racine de la crise syst&#233;mique actuelle[11]. Parmi ces difficult&#233;s, le non-recyclage int&#233;gral des ressources renvoie &#224; l'entropie que l'auteur n'examine pas ici mais renvoie &#224; la fin du troisi&#232;me volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une observation d'Alain Bihr est particuli&#232;rement int&#233;ressante &#224; propos de l'acc&#233;l&#233;ration de la rotation du capital comme indice de l'appropriation r&#233;elle de la nature par le capital : &#171; abolir l'espace par le temps et abolir le temps par l'espace &#187; (II-137), c'est-&#224;-dire raccourcir le temps de d&#233;placement et densifier et concentrer les activit&#233;s. Mais il n'est pas juste de consid&#233;rer que la rotation du capital est le plus souvent ignor&#233;e (II-133, note 8) car elle est pr&#233;cis&#233;ment prise en compte dans les analyses circuitistes marxo-post-keyn&#233;siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Bihr consacre deux chapitres pour montrer que l'appropriation de la nature conduit d'une part &#224; &#171; forcer &#187; celle-ci &#224; ne pas produire ce qu'elle produit spontan&#233;ment et, r&#233;ciproquement d'autre part, &#224; la forcer &#224; produire ce qu'elle ne produit pas spontan&#233;ment. C'est l'occasion pour l'auteur de documenter certains d&#233;g&#226;ts constitu&#233;s par les mat&#233;riaux artificiels (b&#233;ton, plastique, textiles synth&#233;tiques), par les OGM. Le tout, en s'appropriant le mat&#233;riau g&#233;n&#233;tique permettant de reproduire artificiellement la nature apr&#232;s avoir d&#233;truit la nature premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me partie de ce volume (nomm&#233;e sixi&#232;me) est un approfondissement th&#233;orique concernant l'hubris capitaliste qui r&#233;sulte de la contradiction entre les limites de l'&#233;cosph&#232;re et la reproduction &#233;largie du capital. En termes courants, il s'agit du productivisme capitaliste car un capitalisme purement rentier se renierait. L'auteur remarque aussi que productivisme et consum&#233;risme sont indissociables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que la loi dite de la valeur par Marx est une abstraction du travail. Alain Bihr consacre la quatri&#232;me partie (septi&#232;me) de son deuxi&#232;me volume &#224; ce que plusieurs marxistes contemporains (dont Moore) ont appel&#233; l'abstraction de la nature, c'est-&#224;-dire sa r&#233;ification conduisant &#224; la &#171; (d&#233;)valoriser &#187; (II-369). &#171; D&#232;s lors que la valeur s'autonomise sous forme de la monnaie, toute chose, qu'elle ait &#233;t&#233; produite ou non comme une marchandise, peut &#234;tre trait&#233;e comme une marchandise en &#233;tant pourvue d'un prix. &#187; (II-370). Ainsi, on va de la nature marchandis&#233;e &#224; la nature capitalis&#233;e : cela accentue la contradiction entre valeur d'usage et valeur et &#171; la d&#233;valorisation est &#224; la fois ontologique et axiologique &#187; (II-386)[12]. Le r&#233;sultat est une nature &#171; vampiris&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure qu'on s'avance vers la fin du deuxi&#232;me volume de ce livre, on se confronte &#224; la question de la valeur de la nature dont le traitement est renvoy&#233; en annexe. Or, d'ores et d&#233;j&#224;, Alain Bihr rappelle que &#171; ce que Marx n'a d'ailleurs cess&#233; de r&#233;p&#233;ter : si la nature ne contribue en rien &#224; la formation de la valeur, elle est un &#233;l&#233;ment (une condition, un facteur) indispensable &#224; la production des valeurs d'usage, bien davantage encore que le travail humain qui ne saurait op&#233;rer sans elle &#187; (II-389). Remarquons toutefois qu'il est impossible de comparer quantitativement les apports respectifs du travail et de la nature &#224; la production de valeurs d'usage puisque, par d&#233;finition, la valeur d'usage elle-m&#234;me n'est pas quantifiable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'emp&#234;che, l'apport d&#233;cisif d'Alain Bihr ici est de montrer que, comme pour le travail, le capital fragmente, homog&#233;n&#233;ise et uniformise la nature, la transformant en &#171; socio-nature &#187; adapt&#233;e aux exigences de la reproduction du capital. La nature paie le prix du vampirisme du capital qui &#171; n'est pas moins ravageur quand il s'attaque &#224; la nature en tant que cosmos que quand il s'en prend &#224; elle en tant que physis &#187; (II-399).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III- Perspectives historiques (et th&#233;oriques)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les deux premiers volumes pr&#233;sentent un ensemble th&#233;matique homog&#232;ne, le troisi&#232;me est plus disparate. La premi&#232;re partie &#171; nomm&#233; huiti&#232;me) pr&#233;sente une br&#232;ve histoire de l'&#233;cocide capitaliste, la deuxi&#232;me (neuvi&#232;me) est &#233;galement historique mais sur le plan de l'&#233;conomie politique confront&#233;e &#224; la question de la nature, la troisi&#232;me (dixi&#232;me) propose une synth&#232;se th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'&#233;cocide capitaliste permet &#224; l'auteur de dater les premiers d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques d&#232;s le premier &#226;ge du capitalisme, notamment avec la d&#233;forestation, la concentration fonci&#232;re, la sp&#233;cialisation agraire et l'expansion coloniale[13]. Bien s&#251;r, la machine &#224; vapeur donne le coup d'envoi de la d&#233;nomm&#233;e r&#233;volution industrielle, trop souvent r&#233;duite &#224; cette technique en oubliant la transformation parall&#232;le des rapports sociaux de production. En effet, la machine &#224; vapeur a lib&#233;r&#233; le capital des contraintes de l'intermittence, le charbon est appropriable, ce qui est plus difficile pour l'eau et le vent, et elle peut &#234;tre install&#233;e l&#224; o&#249; la main-d'&#339;uvre est abondante. Alain Bihr fait sienne la th&#232;se de Fressoz selon laquelle le charbon ne remplace pas le bois mais s'y ajoute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le p&#233;trole et l'&#233;lectricit&#233;, s'ouvre la deuxi&#232;me r&#233;volution industrielle qui d&#233;ploie un nouveau syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique avec le p&#233;trole et l'&#233;lectricit&#233;, avec l'invention de nouveaux moteurs. Avec ces nouvelles &#233;nergies, les industries chimique et automobile prennent leur essor. La &#171; qu&#234;te fr&#233;n&#233;tique de puissance &#187; (III-41) qui s'exprime n'est pas sans revers : l'imp&#233;rialisme colonialiste et deux guerres mondiales entre grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale s'ouvre la p&#233;riode de la &#171; grande acc&#233;l&#233;ration fordiste &#187; (III-67), avec une croissance &#233;conomique qui devient &#171; une obsession, un imp&#233;ratif cat&#233;gorique en m&#234;me temps qu'un mirage, dans lequel vont communier aussi bien les classes populaires que les milieux patronaux et gouvernementaux &#187; (III-68). S'entrem&#234;lent alors une d&#233;bauche d'&#233;nergie avec un p&#233;trole &#171; or noir &#187;, une concentration et une centralisation de la propri&#233;t&#233;, une m&#233;canisation et une chimisation de l'industrie, pendant qu'une r&#233;volution verte est tent&#233;e dans le tiers-monde. Il s'ensuit une g&#233;n&#233;ralisation des d&#233;g&#226;ts, d&#233;j&#224; document&#233;s dans le premier volume. &#201;mergent les premi&#232;res critiques &#233;cologiques, mais &#224; l'&#233;poque sans que cela imprime dans les rangs socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que survient la &#171; surench&#232;re n&#233;olib&#233;rale &#187; (III-89) pour tenter de surmonter la crise du r&#233;gime fordiste. Deux objectifs sont poursuivis par les classes dominantes : augmenter le taux de plus-value, c'est-&#224;-dire diminuer la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e, ce qui suppose d'accro&#238;tre la dur&#233;e du travail et/ou son intensit&#233; (plus-value absolue) ou bien de bloquer les salaires par rapport &#224; la productivit&#233; du travail (plus-value relative) (III-89-90). Or, malgr&#233; l'intensification du travail, la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale est marqu&#233;e par une croissance de la productivit&#233; de plus en plus faible[14]. L'autre caract&#233;ristique de la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale est l'emprise du capital financier focalis&#233; sur le court terme et qui impose le moins-disant social et &#233;cologique dans les pays du centre et l'ajustement structurel &#224; la p&#233;riph&#233;rie. &#192; noter &#233;galement que &#171; les &#201;tats &#233;mergents sont les vecteurs de la mondialisation du productivisme et du consum&#233;risme &#187; (III-99).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie de ce troisi&#232;me volume (d&#233;nomm&#233;e neuvi&#232;me) propose un retour sur les b&#233;gaiements et le d&#233;ni de l'&#233;conomie politique classique sur la nature[15]. Malthus croit que la pauvret&#233; est due &#224; des lois naturelles et divines, mais pas du tout aux rapports sociaux. Alain Bihr se demande pourquoi Marx a-t-il &#233;t&#233; si violent contre Malthus. Peut-&#234;tre parce que si Malthus avait raison avec sa loi de la population, le communisme serait impossible. Aujourd'hui, est-il l&#233;gitime de renouer avec Malthus alors que la transition d&#233;mographique mondiale est &#224; l'&#339;uvre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;conomie politique, c'est au tour de l'&#233;conomie n&#233;oclassique d'&#234;tre critiqu&#233;e. Mais, d'une part, les tares de cette th&#233;orie sont bien connues et d&#233;j&#224; largement r&#233;pertori&#233;es dans le deuxi&#232;me volume. Le lecteur pourra alors se les rem&#233;morer : conditions de l'optimum imaginaires, absurdit&#233; des &#233;valuations contingentes et de la valeur intrins&#232;que de la nature, taux d'actualisation d&#233;pr&#233;ciant l'avenir. Le changement climatique est l'occasion de souligner l'irr&#233;alisme sinon l'absurdit&#233; des estimations de variations du PIB avec des sc&#233;narios fous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie n&#233;oclassique est donc pass&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de la question environnementale. Pourtant, le paradoxe de Lauderdale (la fortune priv&#233;e n'est pas la richesse publique) avait intrigu&#233; Ricardo qui, logiquement, distinguait richesse et valeur. Et pourquoi fait-on comme si le paradoxe de Jevons ne s'imposait pas ? Parce que l'effet rebond est consubstantiel &#224; la n&#233;cessit&#233; d'&#233;largir sans cesse la reproduction du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en vient maintenant &#224; l'un des concepts les plus absurdes qui fait pourtant l'unanimit&#233; chez les n&#233;oclassiques de l'environnement et m&#234;me chez beaucoup d'&#233;cologistes : le capital naturel. Il est li&#233; &#224; celui de substituabilit&#233; des facteurs de production et donc &#224; la vision faible de la soutenabilit&#233; &#233;cologique[16]. Et Alain Bihr souligne que le concept de capital est inadapt&#233; &#224; la nature, ne serait-ce parce qu'on ne peut pas la mesurer, et si on la mesure, c'est en la mon&#233;tisant[17]. En bref, &#171; ce concept est marqu&#233; au coin du f&#233;tichisme capitaliste &#187; (III-187). C'est certainement la raison pour laquelle &#171; le second principe de la thermodynamique interdit radicalement de faire de l'&#233;nergie un &#233;talon stable &#8211; ce que les partisans de la th&#233;orie &#233;nerg&#233;tique de la valeur ont superbement ignor&#233; &#187; (III-196).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le moment choisi par Alain Bihr pour pr&#233;senter la th&#232;se de Nicholas Georgescu-Roegen qui a propos&#233; d'appliquer la deuxi&#232;me loi de la thermodynamique (l'entropie) &#224; l'&#233;conomie. L'auteur en donne une pr&#233;sentation tout &#224; fait convenable, m&#234;me si on peut regretter qu'elle vienne presque en fin d'ouvrage alors que la question de l'entropie appliqu&#233;e &#224; la fois &#224; la mati&#232;re et &#224; l'&#233;nergie a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e &#224; plusieurs reprises auparavant. Est-ce d&#251; de la part de l'auteur &#224; l'&#233;cart existant entre l'ambition th&#233;orique de Georgescu-Roegen et les limites r&#233;formatrices de ses propositions ? Comme Georgescu-Roegen n'&#233;voque jamais les conditions sociales de leur r&#233;alisation et qu'il fait preuve d'une ignorance crasse de Marx[18], on comprend qu'Alain Bihr l'ait plac&#233; pr&#232;s des impasses les plus couramment rencontr&#233;es dans la litt&#233;rature &#233;cologiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni croissance &#233;ternelle, ni d&#233;croissance sans fin, ni &#233;conomie stationnaire ? Resterait-il aussi peu de place pour une alternative ? Les pr&#233;conisations de Georgescu-Roegen et de Herman Daly en termes d'&#233;conomie stationnaire sont incompatibles avec les contraintes d'accumulation capitaliste : un &#171; oxymore utopiste &#187; (III-211). D'o&#249; le recours &#224; la morale, voire &#224; la sagesse spirituelle. Sauf si on revient sur le lien tr&#232;s fort entre la crise &#233;cologique et la crise de production du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'objet de la derni&#232;re partie de l'ouvrage (la dixi&#232;me). Pour Alain Bihr, la crise &#233;cologique est facteur de crise pour le capital lui-m&#234;me. Donc il existerait un rapport r&#233;ciproque entre les deux : le capital cause la crise &#233;cologique ; la crise &#233;cologique cause la crise du capital. Mais cette r&#233;ciprocit&#233; n'est-elle pas d&#233;mentie du fait que la crise &#233;cologique est un pur produit du proc&#232;s de reproduction du capital, ainsi que l'a r&#233;p&#233;t&#233; de tr&#232;s nombreuses fois l'auteur ? Cela met en doute l'hypoth&#232;se que l'&#233;cologie serait une &#171; limite externe &#187; (III-232). En effet, soit on adopte l'id&#233;e de cette ext&#233;riorit&#233; aux rapports sociaux capitalistes (c'&#233;tait la th&#232;se de James O'Connor), soit on va jusqu'au bout du fameux &#171; m&#233;tabolisme &#187;, c'est-&#224;- dire &#224; l'unicit&#233; et &#224; l'indissociabilit&#233; du l'exploitation de la force de travail et de celle de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapitre sur le &#171; retour sur l'actuelle crise structurelle &#187; (III-233) est donc bienvenu pour la discussion. Pour Alain Bihr, il y a une crise chronique de r&#233;alisation qui s'est substitu&#233;e &#224; une crise de valorisation (III-235). Je n'ai jamais &#233;t&#233; convaincu par cette dichotomie. On peut montrer &#224; l'aide des sch&#233;mas de la reproduction de Marx qu'une crise de suraccumulation dans la section des biens de production est le pendant de la crise de r&#233;alisation dans la section des biens de consommation. D'ailleurs, Alain Bihr note plus loin que &#171; la demande &#233;tant chroniquement insuffisante, les perspectives de r&#233;alisation m&#233;diocres ou m&#234;me probl&#233;matiques, cela ne peut que freiner l'investissement &#187; (III-236)[19].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction des politiques n&#233;olib&#233;rales est en revanche bien cadr&#233;e : les sauvetages &#233;tatiques emp&#234;chent la purge du capital en exc&#232;s. Il existe un &#233;cart croissant entre les besoins sociaux et leur mode capitaliste de satisfaction (th&#232;se de Michel Husson), d'autant qu'il y a un d&#233;port de la demande sociale vers des services qualitatifs, en m&#234;me temps que les NTIC ne jouent pas de r&#244;le d'entra&#238;nement (th&#232;se de Robert Gordon). En somme, moindre part des salaires dans la valeur ajout&#233;e, part croissante des services et ralentissement de la productivit&#233; font syst&#232;me : c'est le probl&#232;me du capital, qui lui fait craindre une stagnation s&#233;culaire. Le paradoxe est l&#224; : en d&#233;pit de la faiblesse des gains de productivit&#233;, le mode n&#233;olib&#233;ral de restriction salariale fut le seul moyen de relever le taux de profit, du moins dans la phase 1980-2007[20].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie pourrait-elle servir de nouveau tremplin au capital ? Des opportunit&#233;s existent : l'&#233;largissement du champ des activit&#233;s (par exemple, le d&#233;gel et l'ouverture de la banquise), la r&#233;paration des d&#233;g&#226;ts, des rentes dues aux catastrophes, la financiarisation, le verdissement des &#233;conomies. Mais les &#171; Green New Deal &#187; aux &#201;tats-Unis ou en Europe font pour l'instant chou blanc. Les GND sont irr&#233;alisables v&#233;ritablement dans le capitalisme parce que, en r&#233;alit&#233;, les politiques visent trois objectifs : r&#233;tablir la profitabilit&#233;, liquider les acquis sociaux et prot&#233;ger les institutions financi&#232;res et les banques de la d&#233;valorisation des leurs actifs (th&#232;se encore de Husson).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, la crise &#233;cologique va-t-elle &#233;trangler le capital ? demande Alain Bihr. Le capital financier est menac&#233; et l'immobilier risque la d&#233;valorisation. Sur un plan g&#233;n&#233;ral, les conditions de valorisation du capital sont compromises d&#232;s lors que la productivit&#233; du travail n'augmente plus suffisamment Qu'en sera-t-il avec l'intelligence artificielle ? Personne ne le sait, Alain Bihr ne peut donc en parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-on alors en face d'une crise structurelle ou d'une crise syst&#233;mique ? La premi&#232;re mettrait seulement en jeu un r&#233;am&#233;nagement des rapports sociaux, la seconde signifierait une remise en cause des principes m&#234;mes de fonctionnement du capitalisme (III-313). De notre point de vue, cette distinction porte en r&#233;alit&#233; sur l'orientation politique davantage que sur la nature de la crise elle-m&#234;me. En tout cas, un nouveau cycle Kondratiev n'appara&#238;t pas, du moins dans les pays du centre, car on le per&#231;oit dans la semi-p&#233;riph&#233;rie (pays &#233;mergents). Le capital ne para&#238;t pas en mesure de d&#233;velopper la productivit&#233; ni de r&#233;pondre aux besoins sociaux, sauf si, ajouterions-nous, il parvient &#224; privatiser l'ensemble des services non marchands, donc &#224; proc&#233;der &#224; une extension de son champ de valorisation &#224; d&#233;faut d'intensification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion g&#233;n&#233;rale de son immense ouvrage, qu'il titre &#171; le communisme ou la mort &#187; (III-323), Alain Bihr &#233;voque plusieurs sch&#233;mas d'&#233;volution possibles. Le premier est l'effondrement. La th&#232;se de Jared Diamond p&#232;che, elle aussi, par l'oubli des rapports sociaux, en fait, elle &#233;largit celle de Malthus. Alain Bihr semble donner raison &#224; Paul Burkett (III-332) pour qui la force de travail serait la seule valeur d'usage indispensable &#224; la reproduction du capital. Mais, si c'&#233;tait vrai, cela d&#233;mentirait compl&#232;tement toute la construction th&#233;orique pr&#233;c&#233;dente, sans parler de celle de Marx. Il s'ensuit un deuxi&#232;me probl&#232;me th&#233;orique qui contredirait une bonne part de l'ouvrage s'il s'av&#233;rait : &#171; Le capital(isme) ne risque pas de s'effondrer de sit&#244;t sous l'impact de la catastrophe &#233;cologique plan&#233;taire qu'il a lui-m&#234;me produite, pas plus que sous le poids de ses contradictions internes &#187; (III-335).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres sc&#233;narios sont envisag&#233;s : la paup&#233;risation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la guerre et la dictature. Mais le plus important est l'&#233;cosocialisme. Le bilan des luttes est insuffisant parce qu'il n'y a pas de mouvement d'ensemble. D'un c&#244;t&#233;, l'&#233;cologisme m&#233;conna&#238;t les rapports de production et donc d&#233;politise l'&#233;cologie ; de l'autre, la tradition socialiste a longtemps ignor&#233; l'&#233;cologie. La d&#233;possession de la terre de la terre subie par le prol&#233;tariat l'a coup&#233; de la nature et ne l'a familiaris&#233; qu'avec le travail industriel. Son exp&#233;rience sociale &#171; a &#233;t&#233; domin&#233;e par l'abstraction g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; laquelle le capital soumet le monde social &#187; (III-361). Le r&#233;sultat est que, au sein du fordisme, le prol&#233;tariat a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233; au productivisme &#233;chevel&#233;. De cela, la vulgate marxiste, teint&#233;e de scientisme, a &#233;t&#233; inconsciente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot de la fin d'Alain Bihr s'en d&#233;duit : &#171; La crise multiforme actuelle du capitalisme nous place en d&#233;finitive non plus seulement face &#224; la c&#233;l&#232;bre alternative pos&#233;e par Rosa Luxemburg entre le socialisme ou la barbarie mais, d'une mani&#232;re plus radicale, face &#224; celle entre le communisme ou la mort. Tout simplement parce que la catastrophe &#233;cologique qui l'accompagne ne se limite pas &#224; d&#233;grader les conditions de vie, elle menace plus fondamentalement la possibilit&#233; m&#234;me de la vie sur Terre. &#187; (III-364).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Bihr compl&#232;te son ouvrage par quatre annexes et un glossaire. Les annexes &#233;taient-elles indispensables apr&#232;s un expos&#233; aussi d&#233;taill&#233; et pr&#233;cis ? Sans doute pour conforter le lecteur, parvenu au bout d'un tel ensemble ? Par exemple, les concepts de rapports sociaux de production et de rapports capitalistes de production sont longuement pr&#233;sent&#233;s dans le premier volume : d'un c&#244;t&#233;, rapports des humains &#224; la nature et rapports des humains entre eux ; de l'autre, l'encha&#238;nement : expropriation des producteurs &#8211;&gt; force de travail marchandis&#233;e &#8211;&gt; appropriation des moyens de production &#8211;&gt;g&#233;n&#233;ralisation de la forme valeur du travail social &#8211;&gt; plus-value &#8211;&gt; accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annexe sur &#171; Nature et valeur &#187; (III-383) se justifie peut-&#234;tre parce que la question est lancinante tout au long de l'ouvrage. Une autre solution aurait pu &#234;tre de cr&#233;er des encadr&#233;s dans le corps du texte plut&#244;t que de renvoyer les courtes synth&#232;ses en annexes. Pour ce qui concerne la valeur et la nature, on retient que la valeur exprime le travail social valid&#233; par la vente des marchandises. &#201;galement que la nature n'a pas de valeur, &#171; ce qui n'emp&#234;che pas que ces m&#234;mes r&#233;alit&#233;s puissent se voir attribuer un prix par capitalisation de la rente que leur appropriation privative peut valoir &#224; leurs propri&#233;taires d&#232;s lors qu'elles fonctionnent comme moyens de production ni reproductibles ni substituables du fait de leur unicit&#233; ou de leur raret&#233; &#187; (III-385). Deux remarques &#224; ce propos : afin d'&#233;viter le risque de confusion dans le lectorat qui pourrait retomber dans la croyance que la nature cr&#233;e de la valeur, il vaut mieux &#233;viter le verbe &#171; d&#233;terminer &#187; (III-388-389) pour indiquer l'influence de la plus ou moins grande fertilit&#233; d'un sol ou bien l'efficacit&#233; des moyens mat&#233;riels ; on pourrait alors distinguer le fait que la nature peut influencer la grandeur de valeur unitaire, et celui de la cr&#233;ation de valeur[21].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de notre recension, disons sans retenue qu'Alain BHir a r&#233;alis&#233; un travail remarquable. Pas seulement par son ampleur, mais surtout par la coh&#233;rence de la probl&#233;matique construite : sans une analyse des rapports sociaux de production capitalistes, l'&#233;cocide est incompr&#233;hensible ; on se doute que le d&#233;passement de ladite crise &#233;cologique exigera celui de ces rapports qui inextricablement enlacent le travail et la nature. C'est la raison pour laquelle, fondamentalement, l'&#171; angle mort &#187; de Marx qu'annon&#231;ait Alain Bihr au tout d&#233;but de l'ouvrage dans l'introduction g&#233;n&#233;rale ne r&#233;appara&#238;t plus ensuite, sinon dans la mise en cause de l'analyse marxiste traditionnelle, rest&#233;e sourde au fait que &#171; le proc&#232;s de travail forme donc une sorte d'unit&#233; dialectique (&#224; la fois coop&#233;rative et conflictuelle) entre l'&#234;tre humain et la nature : les deux coop&#232;rent au sein d'un proc&#232;s dans lequel, simultan&#233;ment, la nature se trouve transform&#233;e par l'&#234;tre humain, donc ni&#233;e par lui au moins dans sa forme originelle, l'&#234;tre humain op&#233;rant cependant lui-m&#234;me dans ce proc&#232;s comme une force naturelle &#187; (I-30), &#233;crit Alain Bihr, juste avant de citer Marx expliquant la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois formul&#233;es les nuances ou questions au fil de cette somme sans pareille, nous pensons qu'il y a dans cet ouvrage mati&#232;re pour fournir un cadre th&#233;orique coh&#233;rent &#224; tous ceux qui pensent que nous sommes d&#233;munis face &#224; la catastrophe plan&#233;taire qui frappe autant les humains que la nature. Notre seule retenue tient &#224; la forme de ce grand ouvrage qui oblige &#224; des r&#233;p&#233;titions et &#224; une structuration des parties et des chapitres parfois peu claire. Bref, il ne manque qu'un index pour faciliter la recherche dans ce qui ressemble &#224; une petite encyclop&#233;die.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] J'ai lu ce livre sur fichier pdf que l'auteur m'a adress&#233;. La pagination est celle de ce fichier. Entre parenth&#232;ses comme ici, le volume en chiffres romains, la page en chiffres arabes. Je num&#233;rote les trois parties de ma recension conform&#233;ment aux trois volumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Pourquoi une abondance de telles r&#233;f&#233;rences alors que le lecteur attendrait de voir les sources premi&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La mise en &#233;vidence du concept d'inestimable se trouve, me semble-t-il, dans La richesse, la valeur et l'inestimable, Fondements d'une critique socio-&#233;cologique de l'&#233;conomie capitaliste, Les Liens qui lib&#232;rent, 2013, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/ouvrages/livre-richesse-entier.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/ouvrages/livre-richesse-entier.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir ma critique souvent r&#233;p&#233;t&#233;e : La richesse, la valeur et l'inestimable, op.cit. ; Le trou noir du capitalisme, Le Bord de l'eau, 2020 ; En qu&#234;te de valeur(s), &#201;d. du Croquant, 2024 ; &#171; Au c&#339;ur de la crise sociale et &#233;cologique du capitalisme : la contradiction entre richesse et valeur &#187;, Actuel Marx, n&#176; 57, 1er semestre 2015, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/richesse-valeur-actuelmarx.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/richesse-valeur-actuelmarx.pdf&lt;/a&gt; ; &#171; Sur fond de crise socio-&#233;cologique du capitalisme, la th&#233;orie de la valeur revisit&#233;e &#187;, Revue fran&#231;aise de socio-&#233;conomie, n&#176; 24, juin 2020, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/theorie-valeur-revisitee.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/theorie-valeur-revisitee.pdf&lt;/a&gt; ; &#171; La valeur est de retour &#187;, AOC, 14 mai 2025, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/valeur-de-retour.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/valeur-de-retour.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Les neuf fronti&#232;res sont : le changement climatique, l'&#233;rosion de la biodiversit&#233;, le changement de l'usage des sols, les cycles de l'eau douce, le cycles biog&#233;ochimiques de l'azote et du phosphore, l'acidification de l'oc&#233;an, la concentration en a&#233;rosols, l'ozone stratosph&#233;rique, les nouvelles pollutions. L'intervalle entre le plancher et le plafond de l'utilisation des ressources a &#233;t&#233; imag&#233;e par Kate Raworth dans La th&#233;orie du donut, L'&#233;conomie de demain en 7 principes, 2017, J'ai lu, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Contrairement &#224; une l&#233;gende tenace entretenue par certains auteurs fran&#231;ais, il n'y a strictement aucune diff&#233;rence entre l'anglais sustainable development et les deux traductions en fran&#231;ais par d&#233;veloppement soutenable ou d&#233;veloppement durable ; en particulier, les deux termes fran&#231;ais entretiennent le m&#234;me dilemme entre soutenabilit&#233; (ou durabilit&#233;) forte ou faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Voir quelques-unes des premi&#232;res : Ren&#233; Passet, L'&#233;conomique et le vivant, Payot, 1979, Economica, 1996 ; et J.-M. Harribey, &#171; La prise en compte des ressources naturelles et de l'environnement dans le mod&#232;le n&#233;oclassique d'&#233;quilibre g&#233;n&#233;ral : &#233;l&#233;ments de critique &#187;, &#201;conomies et soci&#233;t&#233;s, F, n&#176; 35, 4/1997, p. 57-70, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/soutenabilite/orstom.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/soutenabilite/orstom.pdf&lt;/a&gt;. Par exemple, la critique du taux d'actualisation fut connue bien avant la contribution d'Olivier Godard de 2015, cit&#233; par Alain Bihr (I-397).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Alain Bihr met sur le m&#234;me plan certains m&#233;dias, par exemple Le Monde, Le Figaro, Les &#201;chos, L'Expansion et L'Express pour diffuser les th&#232;ses climato-n&#233;gationnistes (I-390). Cela aurait m&#233;rit&#233; un plus de nuance et de discernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Fid&#232;le &#224; la tradition marxiste, Alain Bihr distingue intensification du travail et augmentation de la productivit&#233;. Je crois avoir montr&#233; que la premi&#232;re est l'une des causes de la seconde (cf. La richesse, la valeur et l'inestimable, op. cit. et &#171; &#201;l&#233;ments pour une th&#233;orie marxienne de l'&#233;galit&#233; &#233;conomique : Th&#233;orie de la valeur-travail et r&#233;partition des revenus &#187;, Colloque &#171; Actuel Marx aujourd'hui : fondements et critiques de l'&#233;conomie politique &#187;, Paris, 27 au 28 novembre 1997, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/egalite.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/egalite.pdf&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Voir J.-M. Harribey, &#171; Pourquoi le concept de capitaloc&#232;ne est-il l'objet de controverses th&#233;oriques et &#233;pist&#233;mologiques au sein m&#234;me de la th&#233;orie marxiste ? &#187; Conf&#233;rence Historical Materialism, Paris, 26-28 juin 2025, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/conference-hm.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/conference-hm.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Voir la formalisation math&#233;matique simple que j'ai propos&#233;e montrant que la variation du taux de profit pouvait &#234;tre d&#233;compos&#233;e en la somme d'une variable sociale de r&#233;partition de la valeur (comparaison des salaires &#224; la productivit&#233; du travail) et d'une variable technico-mat&#233;rielle d'acc&#232;s d'efficacit&#233; des moyens de production et d'acc&#232;s aux ressources. Cf. &#171; L'impact cumul&#233; des crises sociale et &#233;cologique du capitalisme sur le devenir de la croissance : la fin programm&#233;e de celle-ci ? &#187;, Colloque &#171; Recherche et r&#233;gulation : La Th&#233;orie de la R&#233;gulation &#224; l'&#233;preuve des crises &#187;, Paris, 10-12 juin 2015, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/soutenabilite/fin-croissance-rr.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/soutenabilite/fin-croissance-rr.pdf&lt;/a&gt; ; ainsi que Le trou noir du capitalisme, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un probl&#232;me un peu technique est abord&#233; par Alain Bihr de fa&#231;on semble-t-il contradictoire &#224; deux endroits &#233;loign&#233;s de son ouvrage : d'un c&#244;t&#233;, il explique que les mat&#233;riaux artificiels valorisent le capital en augmentant la productivit&#233; du travail et en diminuant le composition organique du capital (II-204) ; de l'autre, l'augmentation de la masse des mati&#232;res premi&#232;res par unit&#233; de travail contribue &#224; l'augmentation de la composition organique du capital (II-275).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] &#192; ce propos, on peut regretter qu'Alain Bihr, dans cet immense ouvrage, ne dise rien du d&#233;bat qui oppose les anthropologues au sujet de la nature. Les noms de L&#233;vi-Strauss, Descola ou de Graeber, en d&#233;saccord entre eux, n'apparaissent pas une seule fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Rappelons qu'Alain BIhr s'&#233;tait illustr&#233; par une autre &#233;norme somme sur la naissance du capitalisme : Le premier &#226;ge du capitalisme (1415-1763), L'expansion europ&#233;enne, tome 1, Pages 2, Syllepse, 2018, 696 pages ; Le premier &#226;ge du capitalisme, La marche de l'Europe occidentale vers le capitalisme, tome 2, Pages 2, Syllepse, 2019, 804 pages ; Le premier &#226;ge du capitalisme, Un premier monde capitaliste, tome 3, Pages 2, Syllepse, 2019, volumes 1 et 2, 1762 pages. J'avais fait une recension du premier tome dans &#171; &#192; la naissance du capitalisme, il y eut l'expansion commerciale et coloniale &#187;, Les Possibles, n&#176; 19, Hiver 2019, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/cr-alain-bihr-capitalisme.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/cr-alain-bihr-capitalisme.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] C'est ce que dira plus loin Alain Bihr. Pourtant, ici, il parle d'augmentation de la productivit&#233; (III-91).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] B&#233;gaiements et d&#233;ni sont de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Au contraire d'Alain Bihr (III-178), Je ne connais pas beaucoup d'&#233;conomistes n&#233;oclassiques partisans de la soutenabilit&#233; forte, je n'en connais m&#234;me aucun, si je mets de c&#244;t&#233; ceux qui ont pris leurs distances avec le corpus standard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] L'auteur reprend ici certains &#233;l&#233;ments du deuxi&#232;me volume (7e partie, chapitre 2 sur la nature (d&#233;)valoris&#233;e). Compte tenu de l'ampleur et de la port&#233;e de l'ouvrage, peut-&#234;tre e&#251;t-il fallu pr&#233;ciser que la valeur ne s'entend que mon&#233;taire, c'est-dire que sa r&#233;alisation d&#233;pend, au plan macro&#233;conomique, de l'anticipation mon&#233;taire du surplus social. Cf. &#171; Karl Marx, Charles Dumont et &#201;dith Piaf : &#034;rien de rien&#034; ou la r&#233;alisation mon&#233;taire de la production capitaliste &#187;, Blog Alternatives &#233;conomiques, 16 mai 2018, repris sous le titre &#171; La r&#233;alisation mon&#233;taire de la production capitaliste et donc du profit : &#034;Non, rien de rien&#8230;&#034; &#187;, Les Possibles, n&#176; 17, &#233;t&#233; 2018, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/realisation-monetaire.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/valeur/realisation-monetaire.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] J'avais not&#233; aussi cette ignorance dans &#171; &#192; la d&#233;couverte de Georgescu-Roegen avec Antoine Missemer&#8230; &#187;, &#201;conomie rurale, n&#176; 342, 2014, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/soutenabilite/missemer-ngr.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/soutenabilite/missemer-ngr.pdf&lt;/a&gt;, et dans &#171; Nicholas Georgescu-Roegen : la d&#233;croissance sans limite ? &#187;, Blog Alternatives &#233;conomiques, 24 novembre 2023, &lt;a href=&#034;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/soutenabilite/ngr-decroissance-sans-limite.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://harribey.u-bordeaux.fr/travaux/soutenabilite/ngr-decroissance-sans-limite.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Dans ce chapitre, il y a plusieurs choses qui m&#233;riteraient discussion. 1) On ne voit pas pourquoi la consommation des biens de luxe ne serait pas en soi une composante du proc&#232;s de production du capital. 2) L'auteur distingue la &#171; valeur ajout&#233;e &#187; de la &#171; valeur nouvelle cr&#233;&#233;e par le travail vivant &#187;. Si l'on compte uniquement la valeur ajout&#233;e nette au sens de la comptabilit&#233; nationale, les deux notions sont strictement synonymes. 3) L'&#233;pargne abonde et cro&#238;t dans le monde, pourquoi l'auteur &#233;crit-il que le taux d'&#233;pargne baisse ? (III-238).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Le c&#233;l&#232;bre graphique de Michel Husson, que reprend Allain Bihr (III-252), montrant le hiatus entre productivit&#233; et taux de profit entre 1980 et 2007 s'arr&#234;te malheureusement &#224; la fin de la d&#233;cennie 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] La m&#234;me clarification serait n&#233;cessaire aussi dans le deuxi&#232;me volume (II-104).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travailler en Chine, 2026 : vue d'ensemble depuis le bas</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Travailler-en-Chine-2026-vue-d-ensemble-depuis-le-bas</link>
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		<dc:creator> Andrea Ferrario</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Chine</dc:subject>
		<dc:subject>Monde du travail et syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Intelligence artificielle, stages forc&#233;s, d&#233;c&#232;s dus au surmenage, ouvriers agricoles &#226;g&#233;s dans les champs. Un voyage &#224; travers les conditions de travail en Chine &#224; partir de sources chinoises &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/24/travailler-en-chine-2026-vue-densemble-depuis-le-bas/?jetpack_skip_subscription_popup &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours du dernier mois, la cha&#238;ne militante LaborInfo a publi&#233; une s&#233;rie d'articles sur les conditions de travail (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-mouvement-syndical-international-" rel="directory"&gt;Le mouvement syndical international&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-28&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Monde-ouvrier-et-syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/trav_chinois-2-0c227.webp?1781032860' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Intelligence artificielle, stages forc&#233;s, d&#233;c&#232;s dus au surmenage, ouvriers agricoles &#226;g&#233;s dans les champs. Un voyage &#224; travers les conditions de travail en Chine &#224; partir de sources chinoises&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/24/travailler-en-chine-2026-vue-densemble-depuis-le-bas/?jetpack_skip_subscription_popup&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/24/travailler-en-chine-2026-vue-densemble-depuis-le-bas/?jetpack_skip_subscription_popup&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du dernier mois, la cha&#238;ne militante LaborInfo a publi&#233; une s&#233;rie d'articles sur les conditions de travail en Chine, provenant de sources tr&#232;s diverses. On y trouve des enqu&#234;tes du Qilu Evening News et du China Youth Daily, des reportages de CBN/Yicai et de LatePost, des analyses de Huxiu, des donn&#233;es du Beijing Youth Daily, un documentaire en plusieurs &#233;pisodes de la cha&#238;ne Jidian et une analyse du China Workers' Liberation Daily, un journal d'orientation marxiste. Pris individuellement, chacun de ces articles raconte un fragment sp&#233;cifique du monde du travail chinois. Lus ensemble, ils composent un tableau plus large et plus coh&#233;rent que leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; ne le laisserait supposer, car ils convergent tous vers une r&#233;alit&#233; structurelle qui traverse diff&#233;rents secteurs, g&#233;n&#233;rations et zones g&#233;ographiques du pays, du village agricole du Yunnan au bureau high-tech de Shenzhen, de l'institut professionnel du Henan au plateau de tournage de Hengdian. Il s'agit de la vuln&#233;rabilit&#233; structurelle des travailleurs chinois face &#224; n'importe quel interlocuteur, qu'il s'agisse d'une entreprise priv&#233;e, d'une plateforme num&#233;rique, d'un &#233;tablissement scolaire ou d'un donneur d'ordre agricole.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intelligence artificielle comme machine d'expulsion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi tous les facteurs qui redessinent le march&#233; du travail chinois, l'intelligence artificielle est le plus visible et le plus discut&#233;. Trois des articles recueillis par LaborInfo analysent ses effets sous diff&#233;rents angles au sein de deux secteurs contigus : celui des &#171; short dramas &#187;, ces s&#233;ries en &#233;pisodes tr&#232;s courts con&#231;ues pour &#234;tre visionn&#233;es sur smartphone qui, en Chine, ont g&#233;n&#233;r&#233; un march&#233; estim&#233; &#224; plus de 50 milliards de yuans en 2025, et celui des jeux vid&#233;o. Il en r&#233;sulte un tableau &#224; plusieurs niveaux o&#249; le ph&#233;nom&#232;ne appara&#238;t bien plus complexe qu'un simple remplacement des travailleurs par l'IA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier niveau est celui de l'impact imm&#233;diat sur l'emploi. &#192; Hengdian, le district du Zhejiang qui abrite les plus grands studios de cin&#233;ma du pays et qui a fonctionn&#233; pendant des ann&#233;es comme p&#244;le de production pour l'industrie des s&#233;ries courtes, le travail s'est brusquement rar&#233;fi&#233; au cours des premiers mois de 2026. Les groupes de messagerie par lesquels les acteurs et les figurants recevaient leurs convocations sur les plateaux, qui jusqu'&#224; il y a quelques mois encore &#233;taient satur&#233;s de notifications, sont devenus silencieux. Selon les estimations qui circulent parmi les professionnels du secteur, le nombre de productions en prise de vues r&#233;elles lanc&#233;es a chut&#233; de pr&#232;s de 80% par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, et le volume total des engagements a plus que diminu&#233; de moiti&#233;. L'arriv&#233;e des mini-s&#233;ries g&#233;n&#233;r&#233;es par l'intelligence artificielle a rendu superflue une grande partie de la cha&#238;ne de production traditionnelle, des acteurs aux techniciens des effets sp&#233;ciaux. Certains travailleurs se sont reconvertis dans la livraison de repas &#224; domicile ou la vente en direct en streaming, d'autres sont retourn&#233;s dans leurs villes d'origine. Ceux qui sont rest&#233;s attendent une reprise que personne n'est en mesure de garantir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me niveau concerne un probl&#232;me qui pr&#233;c&#232;de l'intelligence artificielle et que son apparition a rendu ing&#233;rable. Le secteur des courts m&#233;trages dramatiques traversait d&#233;j&#224; une crise de liquidit&#233;s li&#233;e au fonctionnement m&#234;me de son mod&#232;le &#233;conomique. Les plateformes de distribution avaient attir&#233; les soci&#233;t&#233;s de production en offrant un &#171; &lt;i&gt;minimum garanti &lt;/i&gt; &#187; pour chaque titre livr&#233;, un m&#233;canisme qui a encourag&#233; une course &#224; la quantit&#233; au d&#233;triment de la qualit&#233;. Certaines soci&#233;t&#233;s ont exploit&#233; ces fonds pour multiplier les plateaux actifs simultan&#233;ment, fragmentant ainsi les ressources et abaissant les normes. Lorsque les plateformes ont suspendu le m&#233;canisme des minimums garantis, la cha&#238;ne des paiements s'est rompue. Les fonds &#233;taient vers&#233;s par tranches successives, et souvent les premi&#232;res versements couvraient &#224; peine les co&#251;ts logistiques, tandis que les r&#233;mun&#233;rations du personnel d&#233;pendaient de versements ult&#233;rieurs qui, dans de nombreux cas, ne sont jamais arriv&#233;s. Il en r&#233;sulte un ph&#233;nom&#232;ne d'insolvabilit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui touche des centaines de travailleurs dans des villes comme Xi'an, Zhengzhou et Chengdu, toutes consid&#233;r&#233;es comme des capitales de la production de courts m&#233;trages dramatiques. Cam&#233;ramans, acteurs et figurants attendent depuis des mois le paiement de leurs prestations d&#233;j&#224; effectu&#233;es, et certaines soci&#233;t&#233;s de production sont devenues injoignables. Dans ce contexte, l'arriv&#233;e de l'intelligence artificielle a ajout&#233; une incitation suppl&#233;mentaire &#224; suspendre les productions traditionnelles, car le co&#251;t d'une mini-s&#233;rie g&#233;n&#233;r&#233;e par l'IA peut &#234;tre dix fois moins &#233;lev&#233; que celui d'une production avec de vrais acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me niveau concerne la restructuration planifi&#233;e dans l'industrie technologique &#233;tablie. NetEase, l'un des plus grands groupes chinois du secteur des jeux vid&#233;o, a int&#233;gr&#233; l'intelligence artificielle dans l'ensemble de la cha&#238;ne de d&#233;veloppement, de la conception artistique aux mod&#232;les 3D, de l'animation aux tests, annon&#231;ant des gains d'efficacit&#233; pouvant atteindre 300% &#224; certaines &#233;tapes. Les postes les plus touch&#233;s sont ceux en sous-traitance, qui repr&#233;sentent dans le secteur chinois du jeu vid&#233;o entre 20% et 30% des effectifs des moyennes et grandes entreprises et couvrent des fonctions op&#233;rationnelles telles que le service client, les essais de base et une partie de la production graphique. Selon les analyses du secteur, un employ&#233; qui utilise des outils d'IA &#233;quivaut, en termes de productivit&#233;, &#224; trois employ&#233;s qui ne les utilisent pas, tandis que le co&#251;t quotidien des outils d'IA pour une entreprise de cinq cents personnes s'&#233;l&#232;ve &#224; environ cinquante mille yuans par mois, soit l'&#233;quivalent du salaire d'une dizaine de programmeurs de niveau interm&#233;diaire. Ce ph&#233;nom&#232;ne ne concerne pas uniquement NetEase. Des entreprises telles que miHoYo, Perfect World, Yoozoo Games et 37Games ont toutes lanc&#233; des processus similaires d'int&#233;gration de l'IA dans la production. Il s'agit d'une restructuration &#224; l'&#233;chelle industrielle dans laquelle la promesse selon laquelle l'IA g&#233;n&#233;rera de nouveaux emplois reste pour l'instant sans fondement. Le remplacement est &#224; sens unique, et les travailleurs &#233;vinc&#233;s des postes de base ne trouvent pas de r&#233;affectation au sein du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui relie ces trois niveaux, c'est un &#233;l&#233;ment commun. Dans tous les cas, les premiers &#224; payer le prix de cette transformation sont les travailleurs aux contrats les plus pr&#233;caires, &#224; savoir les figurant.es, les ind&#233;pendant.es, les sous-traitant.es, des personnes d&#233;pourvues de toute protection formelle et de tout pouvoir de n&#233;gociation. La convention d'autor&#233;gulation sign&#233;e en f&#233;vrier 2026 par trente-huit acteurs du secteur des micro-drames, qui pr&#233;voit le paiement ponctuel et int&#233;gral des salaires ainsi que la mise en place de d&#233;p&#244;ts de garantie, n'a jusqu'&#224; pr&#233;sent pas eu d'effets concrets sur les conditions de ces travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56037 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/ia_chinois1.jpg?56037/b1dd8e16dc77a3fbc84983fa0eb8cb100f9239cf955eb4a176d883a629b1e9fe&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH372/b1dd8e16dc77a3fb-3d3dcb8a-cb5a2.jpg?1781032862' width='500' height='372' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes, entre travail forc&#233; et fuite vers la stabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression que l'intelligence artificielle exerce sur les travailleurs d&#233;j&#224; actifs sur le march&#233; se r&#233;percute, par des m&#233;canismes diff&#233;rents, sur la g&#233;n&#233;ration qui tente d'entrer sur le march&#233; du travail. Deux des articles recueillis par LaborInfo dressent un portrait de la condition des jeunes Chinois aux deux extr&#233;mit&#233;s oppos&#233;es du syst&#232;me &#233;ducatif, et le tableau qui en ressort est celui d'un &#233;tau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'extr&#233;mit&#233; la plus basse, celle de l'enseignement professionnel, le cas du Coll&#232;ge professionnel des sciences et technologies de Xinyang, dans la province du Henan, illustre une pratique r&#233;pandue et attest&#233;e depuis des ann&#233;es. L'&#233;tablissement a envoy&#233; des &#233;tudiant.es de deuxi&#232;me ann&#233;e travailler en usine &#224; des t&#226;ches sans aucun rapport avec leur cursus, en mena&#231;ant de retirer cinquante cr&#233;dits universitaires &#224; celles et ceux qui refusaient et en leur faisant signer des &#171; &lt;i&gt;lettres d'engagement volontaire&lt;/i&gt; &#187; dont le caract&#232;re volontaire &#233;tait manifestement fictif. L'environnement de travail avait &#233;t&#233; d&#233;crit comme d&#233;grad&#233; et le travail consistait en des t&#226;ches r&#233;p&#233;titives &#224; la cha&#238;ne. Sous la pression de l'opinion publique, l'&#233;cole est revenue sur sa position officielle en d&#233;clarant que la participation &#233;tait facultative et a rappel&#233; les &#233;tudiant&#183;e&#183;s, mais le m&#233;canisme sous-jacent reste inchang&#233;. Dans des cas similaires document&#233;s pr&#233;c&#233;demment, comme celui du lyc&#233;e professionnel Jiangxi de technologie des &#233;nergies nouvelles, il est apparu que les &#233;tablissements pr&#233;l&#232;vent des commissions sur les salaires des &#233;tudiant&#183;e&#183;s de l'ordre de 10 &#224; 30%, parfois par l'interm&#233;diaire d'agences d'int&#233;rim qui pr&#233;l&#232;vent une commission suppl&#233;mentaire. Le r&#232;glement du minist&#232;re de l'&#201;ducation de 2022 sur la gestion des stages des &#233;l&#232;ves des &#233;tablissements professionnels interdit explicitement ces pratiques, mais l'application de ces r&#232;gles est largement inefficace. Dans le cas du Henan, les journalistes qui ont contact&#233; les autorit&#233;s scolaires locales n'ont obtenu aucune r&#233;ponse. L'&#233;cole professionnelle fonctionne, en r&#233;alit&#233;, comme une agence de placement de main-d'&#339;uvre &#224; bas co&#251;t d&#233;guis&#233;e en &#233;tablissement d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'autre extr&#233;mit&#233;, celle des dipl&#244;m&#233;s des universit&#233;s g&#233;n&#233;ralistes, le ph&#233;nom&#232;ne est similaire dans la forme et analogue dans le fond. Selon le livre blanc publi&#233; par 51job en mars 2026, 25,1% des dipl&#244;m&#233;.es de l'ann&#233;e ont choisi de postuler &#224; des postes dans le secteur public, c'est-&#224;-dire &#224; des concours pour devenir fonctionnaires, &#224; des organismes publics ou &#224; des postes d'enseignant.e, soit une augmentation de 2,6 points de pourcentage par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. La part des dipl&#244;m&#233;.es qui choisissent d'entrer sur le march&#233; du travail priv&#233; a baiss&#233;, bien que l&#233;g&#232;rement, passant de 36,6% &#224; 36,2%. La nouveaut&#233; la plus significative est la croissance de ce qu'on appelle le &#171; slow employment &#187;, qui concerne 10,3% des nouveaux dipl&#244;m&#233;s et consiste en un report d&#233;lib&#233;r&#233; de la recherche d'emploi dans l'attente de conditions plus favorables, avec une augmentation de pr&#232;s d'un point de pourcentage en un an seulement. Parall&#232;lement, la propension &#224; poursuivre ses &#233;tudes, tant en Chine qu'&#224; l'&#233;tranger, a diminu&#233;, ce qui sugg&#232;re que le choix d'attendre n'est pas motiv&#233; par une ambition acad&#233;mique mais par des consid&#233;rations d&#233;fensives. Le suivi du parcours post-embauche des dipl&#244;m&#233;.es de 2024 confirme la fragilit&#233; de l'emploi priv&#233; chez les jeunes. Le taux d'abandon le plus &#233;lev&#233; est enregistr&#233; dans le secteur de la restauration, de l'h&#244;tellerie et du tourisme, avec 20,6%, suivi de l'immobilier et de la logistique. Les secteurs les plus aptes &#224; retenir les nouveaux embauch&#233;s sont la finance, l'&#233;nergie et les services professionnels, tous per&#231;us comme plus stables et mieux prot&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien entre ces deux extr&#234;mes est &#233;vident. Les &#233;l&#232;ves des &#233;tablissements professionnels et les dipl&#244;m&#233;.es des universit&#233;s occupent des positions sociales diff&#233;rentes, mais les deux groupes r&#233;agissent de la m&#234;me mani&#232;re face &#224; ce vide. Le march&#233; du travail priv&#233; chinois n'offre pas aux jeunes des conditions per&#231;ues comme acceptables, et les r&#233;ponses qui en d&#233;coulent &#8211; l'exploitation directe pour les plus faibles et la fuite vers la stabilit&#233; pour les plus qualifi&#233;.es &#8211; sont les deux faces d'une m&#234;me insuffisance structurelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56038 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/ia_chinois2.jpg?56038/229a096b68fc5e93a31138228795f045e7d681db093e555022aab28e0e11fe61&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH394/229a096b68fc5e93-fce47aa6-eb00d.jpg?1781032862' width='500' height='394' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;p&gt;La vie comme prolongement du travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celles et ceux qui sont d&#233;j&#224; int&#233;gr&#233;s au march&#233; du travail, la question se d&#233;place alors de l'acc&#232;s &#224; l'exercice quotidien de l'activit&#233; professionnelle, et le tableau qui se dessine ici est celui d'une perm&#233;abilit&#233; croissante entre le temps de travail et le temps de vie, avec des cons&#233;quences mesurables sur la sant&#233; physique et mentale des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te men&#233;e par le Centre de recherche sociale du China Youth Daily aupr&#232;s de 1 335 salari&#233;s, publi&#233;e en mars 2026, a r&#233;v&#233;l&#233; que 77,5% des personnes interrog&#233;es per&#231;oivent la fronti&#232;re entre leur vie personnelle et leur travail comme floue. 52,5% continuent de r&#233;pondre &#224; des messages professionnels apr&#232;s la fin de leur journ&#233;e de travail, 45,7% renoncent &#224; leurs projets du week-end pour des raisons professionnelles, 44,5% re&#231;oivent r&#233;guli&#232;rement des communications professionnelles via WeChat, par t&#233;l&#233;phone ou par e-mail en dehors des heures de travail, et 42,8% sont convoqu&#233;.es pour des activit&#233;s professionnelles pendant leurs p&#233;riodes de repos. 65% des personnes interrog&#233;es d&#233;clarent avoir l'impression que leur vie est &#171; &lt;i&gt;envahie &lt;/i&gt; &#187; par le travail. Ce chiffre est transversal, mais touche particuli&#232;rement les jeunes travailleurs et ceux des grandes villes, o&#249; la pression concurrentielle est plus intense. 55,8% attribuent cette &#233;rosion des fronti&#232;res &#224; la diffusion des outils de communication instantan&#233;e, qui rendent chaque employ&#233;.e joignable &#224; tout moment et effacent de fait la s&#233;paration entre espace professionnel et espace domestique. Dans ce contexte, la journ&#233;e de travail de huit heures h&#233;rit&#233;e du pass&#233; appara&#238;t comme une convention de plus en plus &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par les travailleurs chinois du secteur tertiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de cette situation sur la sant&#233; sont document&#233;es dans un long reportage de LatePost consacr&#233; au ph&#233;nom&#232;ne de la mort subite due au surmenage, initialement publi&#233; en 2021 et republi&#233; de mani&#232;re significative par LaborInfo en 2026, ce qui confirme la persistance et l'aggravation du probl&#232;me. La seule donn&#233;e &#233;pid&#233;miologique disponible &#224; l'&#233;chelle nationale remonte &#224; une &#233;tude de 2006 men&#233;e par l'h&#244;pital Fuwai de l'Acad&#233;mie chinoise des sciences m&#233;dicales, qui estimait &#224; 544 000 le nombre de d&#233;c&#232;s soudains par an, soit une incidence de 41,8 cas pour 100 000 habitant.es. Cette statistique, qui n'a jamais &#233;t&#233; mise &#224; jour et qui est encore cit&#233;e dans les rapports officiels de 2020 sur les maladies cardiovasculaires, est consid&#233;r&#233;e par les observateurs du secteur comme largement d&#233;pass&#233;e, des estimations officieuses situant le total annuel &#224; plus d'un million de cas. L'&#226;ge moyen des personnes victimes d'un infarctus du myocarde a progressivement baiss&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, passant de 60 &#224; 70 ans dans les ann&#233;es 1980 &#224; des cas de plus en plus fr&#233;quents chez les 20-40 ans. Les m&#233;decins des urgences signalent comme facteurs r&#233;currents le tabagisme, le manque de sommeil chronique, les horaires de travail prolong&#233;s et le stress psychologique constant. La litt&#233;rature m&#233;dicale internationale a depuis longtemps &#233;tabli un lien entre le stress psychologique et &#233;motionnel et les anomalies cardiaques potentiellement mortelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse institutionnelle reste insuffisante sur ces deux fronts. En mati&#232;re de protection du temps libre, les recommandations qui ressortent des enqu&#234;tes elles-m&#234;mes se concentrent sur la capacit&#233; individuelle &#224; g&#233;rer son temps, faisant porter la responsabilit&#233; sur le travailleur individuel et laissant intacte la structure organisationnelle &#224; l'origine du probl&#232;me. En mati&#232;re d'urgence sanitaire, la couverture en d&#233;fibrillateurs automatiques externes dans les lieux publics et sur les lieux de travail en Chine reste bien inf&#233;rieure &#224; celle des pays &#224; revenu &#233;lev&#233;. Shenzhen, la ville la mieux &#233;quip&#233;e du pays, dispose de 17,5 appareils pour 100 000 habitants, contre 700 aux &#201;tats-Unis et 276 au Japon. La culture d'entreprise de la &#171; disponibilit&#233; permanente &#187; et la culture du &#171; 996 &#187; (travailler de 9 heures du matin &#224; 9 heures du soir, six jours sur sept) continuent d'agir comme un facteur environnemental que les travailleurs individuels peuvent tout au plus att&#233;nuer, mais pas modifier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56039 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/ia_chinois3.jpg?56039/51e1ec392ddb6d065fc39ca465780519572a2c2d5c3e23e2957ec52d1734115d&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH350/51e1ec392ddb6d06-7b79bbee-9ced7.jpg?1781032863' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retour &#224; la terre, fin d'un cycle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que dans les villes, le travail se transforme ou dispara&#238;t sous la pression de l'intelligence artificielle et de la pr&#233;carit&#233; contractuelle, dans les campagnes chinoises s'ach&#232;ve un cycle long qui trouve ses racines dans l'exode rural des derni&#232;res d&#233;cennies. Le dernier article du recueil de LaborInfo rapporte les conclusions d'un reportage documentaire dont les auteurs ont visit&#233; plus d'un millier de villages et hameaux entre 2021 et 2025, d&#233;couvrant partout la m&#234;me configuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans ont c&#233;d&#233; les droits de gestion de leurs terres &#224; des entrepreneurs locaux ou ext&#233;rieurs, souvent originaires des r&#233;gions c&#244;ti&#232;res orientales, et travaillent d&#233;sormais comme ouvriers agricoles &#224; la journ&#233;e sur les champs qui leur appartenaient autrefois. Le sch&#233;ma se r&#233;p&#232;te du Guangdong au Heilongjiang, des plantations de canne &#224; sucre du Lingnan aux champs de ma&#239;s de la plaine du nord de la Chine et aux cultures de th&#233; du Jiangxi. La r&#233;mun&#233;ration horaire du travail agricole oscille entre 10 et 20 yuans de l'heure, avec des pics plus &#233;lev&#233;s pour les t&#226;ches les plus p&#233;nibles. Il n'y a pas de contrats, le paiement est quotidien et en esp&#232;ces, et la main-d'&#339;uvre est compos&#233;e presque exclusivement de femmes d'&#226;ge m&#251;r et de personnes &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique &#233;conomique qui sous-tend ce syst&#232;me est simple. Cultiver soi-m&#234;me des c&#233;r&#233;ales sur de petites parcelles ne rapporte que des revenus minimes, avec un revenu horaire qui peut descendre &#224; quelques yuans apr&#232;s d&#233;duction des co&#251;ts des semences, des engrais et des pesticides. Les cultures commerciales &#224; plus forte valeur ajout&#233;e, comme les fleurs, le th&#233; ou les fruits, n&#233;cessitent des investissements en capital, des comp&#233;tences techniques de pointe et des d&#233;bouch&#233;s commerciaux dont le petit agriculteur ne dispose pas. La location de la terre &#224; un entrepreneur, qui varie de 500 &#224; 1 300 yuans par mu et par an selon la zone et la qualit&#233; du sol, garantit un revenu s&#251;r et imm&#233;diat, aussi modeste soit-il. Le programme national de remembrement a acc&#233;l&#233;r&#233; le processus, en aplanissant les talus entre les petites parcelles et en les regroupant en grands champs adapt&#233;s &#224; la m&#233;canisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes qui travaillent encore dans les champs sont, dans la grande majorit&#233; des cas, celles qui n'ont pas d'autre choix. Ce sont les m&#234;mes travailleurs migrants qui, dans leur jeunesse, ont travaill&#233; sur les chantiers de construction des villes de la c&#244;te est et qui, pass&#233;s la soixantaine, ont &#233;t&#233; exclus du secteur du b&#226;timent parce que les ma&#238;tres d'ouvrage ne veulent pas prendre en charge la responsabilit&#233; civile li&#233;e &#224; l'emploi de main-d'&#339;uvre &#226;g&#233;e. De retour au village, ils et elles acceptent n'importe quel emploi disponible. Certaines personnes ramassent dans les champs les d&#233;chets laiss&#233;s par les moissonneuses, une pratique de glanage qui a parfois des cons&#233;quences tragiques lorsque les personnes &#226;g&#233;es s'approchent trop pr&#232;s des machines en marche. L'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne est amplifi&#233;e par le d&#233;peuplement des campagnes. Les jeunes travaillent en ville, ne reviennent que quelques jours par an pour le Nouvel An lunaire et parlent mandarin, tandis que le dialecte local dispara&#238;t. Les liens familiaux se distendent, les maisons restent ferm&#233;es et sont envahies par les mauvaises herbes, les tombes des anc&#234;tres se d&#233;sagr&#232;gent et deviennent impossibles &#224; identifier. Dans certains villages, des personnes &#226;g&#233;es isol&#233;es meurent dans les champs et restent &#224; la vue de tout le monde pendant des jours, car personne ne vient les chercher.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/ia_chinois4.jpg?56040/71f4b0cd8364daaa1c29dc9ced302323c89d85d20b30c8032486ce3d4ff21689&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/ia_chinois4.jpg?56040/71f4b0cd8364daaa1c29dc9ced302323c89d85d20b30c8032486ce3d4ff21689' width='500' height='623' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier article publi&#233; par LaborInfo compl&#232;te le tableau esquiss&#233; par les pr&#233;c&#233;dents. La personne &#226;g&#233;e, travailleur migrant, qui retourne au village et accepte de travailler comme ouvrier agricole sur ses propres terres est le point d'arriv&#233;e d'un parcours qui commence avec les jeunes &#233;tudiant.es en formation professionnelle envoy&#233;.es &#224; l'usine et passe par l'employ&#233;.e du secteur technologique qui r&#233;pond &#224; des messages professionnels &#224; deux heures du matin. &#192; chaque &#233;tape, le d&#233;nominateur commun est l'absence d'outils collectifs de protection et le fait que l'emploi est r&#233;duit &#224; une transaction individuelle dans laquelle le travailleur est toujours la partie la plus faible. L'intelligence artificielle acc&#233;l&#232;re ce processus dans le secteur urbanis&#233; et technologique, le march&#233; foncier le reproduit dans les campagnes, le syst&#232;me &#233;ducatif y pr&#233;pare d&#232;s l'&#233;cole. La convention d'autor&#233;gulation du secteur des micro-drames, le r&#232;glement minist&#233;riel sur les stages, les recommandations des experts sur la gestion du temps sont autant d'outils qui restent lettre morte ou qui font porter la responsabilit&#233; sur l'individu, sans toucher aux conditions structurelles &#224; l'origine du probl&#232;me. Ce que la synth&#232;se de LaborInfo met en &#233;vidence, c'est la simultan&#233;it&#233; et l'interconnexion de ces crises, et le fait que dans chacune d'elles, le co&#251;t est r&#233;percut&#233;, avec une pr&#233;cision calcul&#233;e, sur celles et ceux qui produisent la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andrea Ferrario&lt;br class='autobr' /&gt;
Source &#8211; Andrea Ferrario, 15 avril 2026 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://andreaferrario1.substack.com/p/lavorare-in-cina-2026-una-panoramica&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://andreaferrario1.substack.com/p/lavorare-in-cina-2026-una-panoramica&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l'aide de Deeplpro&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78545&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78545&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plus de 840 000 d&#233;c&#232;s par an li&#233;s aux risques psychosociaux au travail</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Plus-de-840-000-deces-par-an-lies-aux-risques-psychosociaux-au-travail</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Plus-de-840-000-deces-par-an-lies-aux-risques-psychosociaux-au-travail</guid>
		<dc:date>2026-04-28T10:00:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Organisation internationale du Travail (OIT)</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Monde du travail et syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un nouveau rapport mondial montre comment un travail mal con&#231;u ou mal g&#233;r&#233; &#8212; notamment des exigences &#233;lev&#233;es, de longues heures de travail et l'ins&#233;curit&#233; de l'emploi &#8212; nuit &#224; la sant&#233; des travailleurs et &#224; l'&#233;conomie. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
Fichiers &#224; t&#233;l&#233;charger : PDF 12.85 MB &lt;br class='autobr' /&gt;
GEN&#200;VE (OIT Infos) &#8211; Plus de 840 000 personnes meurent chaque ann&#233;e de pathologies li&#233;es &#224; des risques psychosociaux, tels que les longues heures de travail, l'ins&#233;curit&#233; de l'emploi et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-mouvement-syndical-international-" rel="directory"&gt;Le mouvement syndical international&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-28&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Monde-ouvrier-et-syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L110xH150/travail-2-681da.webp?1781051181' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un nouveau rapport mondial montre comment un travail mal con&#231;u ou mal g&#233;r&#233; &#8212; notamment des exigences &#233;lev&#233;es, de longues heures de travail et l'ins&#233;curit&#233; de l'emploi &#8212; nuit &#224; la sant&#233; des travailleurs et &#224; l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/26/plus-de-840-000-deces-par-an-lies-aux-risques-psychosociaux-au-travail/?jetpack_skip_subscription_popup&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ilo.org/sites/default/files/2026-04/Le%20milieu%20de%20travail%20sur%20le%20plan%20psychosocial%20%C3%A9volutions%20et%20pistes%20d%E2%80%99action%20mondiales.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fichiers &#224; t&#233;l&#233;charger :&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
PDF 12.85 MB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GEN&#200;VE (OIT Infos) &#8211; Plus de 840 000 personnes meurent chaque ann&#233;e de pathologies li&#233;es &#224; des risques psychosociaux, tels que les longues heures de travail, l'ins&#233;curit&#233; de l'emploi et le harc&#232;lement sur le lieu de travail, selon un nouveau rapport mondial de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Ces risques psychosociaux li&#233;s au travail sont principalement associ&#233;s aux maladies cardiovasculaires et aux troubles mentaux, y compris le suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport constate &#233;galement que ces risques sont responsables de pr&#232;s de 45 millions d'ann&#233;es de vie ajust&#233;es sur l'incapacit&#233; (DALYs) perdues chaque ann&#233;e, refl&#233;tant les ann&#233;es de vie en bonne sant&#233; perdues en raison de maladies, de handicaps ou de d&#233;c&#232;s pr&#233;matur&#233;s. Ils entra&#238;neraient en outre des pertes &#233;conomiques &#233;quivalentes &#224; 1,37% du produit int&#233;rieur brut (PIB) mondial chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intitul&#233; &lt;a href=&#034;https://www.ilo.org/fr/publications/le-milieu-de-travail-sur-le-plan-psychosocial-evolutions-et-pistes-daction&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le milieu de travail sur le plan psychosocial : &#201;volutions et pistes d'action mondiale&lt;/a&gt;, le rapport met en lumi&#232;re l'impact croissant de la mani&#232;re dont le travail est con&#231;u, organis&#233; et g&#233;r&#233; sur la s&#233;curit&#233; et la sant&#233; des travailleurs. Il avertit que les facteurs de risques psychosociaux &#8212; notamment les longues heures de travail, l'ins&#233;curit&#233; de l'emploi, des exigences &#233;lev&#233;es associ&#233;es &#224; un faible contr&#244;le, ainsi que les violences et le harc&#232;lement au travail &#8212; peuvent cr&#233;er des environnements de travail nocifs s'ils ne sont pas correctement pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'environnement psychosocial de travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport d&#233;finit l'environnement psychosocial de travail comme l'ensemble des &#233;l&#233;ments li&#233;s &#224; l'organisation du travail et aux interactions professionnelles : la mani&#232;re dont les emplois sont con&#231;us, le travail organis&#233; et g&#233;r&#233;, ainsi que les politiques, pratiques et proc&#233;dures qui encadrent l'activit&#233; professionnelle. Pris individuellement ou combin&#233;s, ces &#233;l&#233;ments influencent la sant&#233; et le bien-&#234;tre des travailleurs, ainsi que la performance des organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de mieux comprendre les risques psychosociaux, le rapport propose trois niveaux interd&#233;pendants de l'environnement de travail :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Premi&#232;rement, la nature m&#234;me du travail, incluant les exigences, les responsabilit&#233;s, l'ad&#233;quation avec les comp&#233;tences des travailleurs, l'acc&#232;s aux ressources, ainsi que la conception des t&#226;ches en termes de sens, de vari&#233;t&#233; et d'utilisation des comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Deuxi&#232;mement, l'organisation et la gestion du travail, couvrant la clart&#233; des r&#244;les, les attentes, l'autonomie, la charge de travail, le rythme de travail, ainsi que la supervision et le soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Troisi&#232;mement, les politiques, pratiques et proc&#233;dures plus larges qui r&#233;gissent le travail. Celles-ci incluent les modalit&#233;s d'emploi et d'organisation du temps de travail, la gestion des changements organisationnels, la surveillance num&#233;rique, les processus d'&#233;valuation et de r&#233;mun&#233;ration, les politiques et syst&#232;mes de gestion en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; et sant&#233; au travail, les proc&#233;dures de pr&#233;vention de la violence et du harc&#232;lement au travail, ainsi que les m&#233;canismes de consultation et de participation des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport souligne que les risques psychosociaux d&#233;coulent de ces &#233;l&#233;ments et peuvent &#234;tre pr&#233;venus gr&#226;ce &#224; des approches organisationnelles s'attaquant &#224; leurs causes profondes. Il insiste &#233;galement sur l'importance d'int&#233;grer la gestion de ces risques dans les syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; et sant&#233; au travail, soutenus par le dialogue social entre gouvernements, employeurs et travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'OIT a estim&#233; les 840 000 d&#233;c&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chiffre de plus de 840 000 d&#233;c&#232;s par an repose sur deux sources principales de donn&#233;es. La premi&#232;re concerne la pr&#233;valence mondiale de cinq grands facteurs de risques psychosociaux au travail : la tension professionnelle (fortes exigences associ&#233;es &#224; un faible contr&#244;le), le d&#233;s&#233;quilibre efforts-r&#233;compenses, l'ins&#233;curit&#233; de l'emploi, les longues heures de travail, ainsi que le harc&#232;lement et les violences au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde source est constitu&#233;e de travaux scientifiques d&#233;montrant comment ces risques augmentent la probabilit&#233; de pathologies graves telles que les maladies cardiaques, les accidents vasculaires c&#233;r&#233;braux et les troubles mentaux, y compris le suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces niveaux de risque ont ensuite &#233;t&#233; appliqu&#233;s aux donn&#233;es mondiales les plus r&#233;centes en mati&#232;re de mortalit&#233; et de sant&#233; issues de l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) et de l'&#233;tude Global Burden of Disease (GBD), afin d'estimer le nombre de d&#233;c&#232;s et de DALYs imputables &#224; ces risques chaque ann&#233;e. Cette approche a permis &#224; l'OIT de quantifier &#224; la fois le fardeau humain et &#233;conomique, notamment en &#233;valuant les pertes de productivit&#233; traduites en co&#251;ts pour le PIB li&#233;s aux ann&#233;es de vie en bonne sant&#233; perdues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le rapport synth&#233;tise un vaste ensemble de donn&#233;es montrant que les risques psychosociaux sont associ&#233;s &#224; un large &#233;ventail de troubles mentaux et physiques chez les travailleurs, notamment la d&#233;pression, l'anxi&#233;t&#233;, les maladies m&#233;taboliques, les troubles musculo-squelettiques et les troubles du sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une exposition g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de nombreux risques psychosociaux ne sont pas nouveaux, les transformations majeures du monde du travail &#8212; notamment la num&#233;risation, l'intelligence artificielle, le t&#233;l&#233;travail et les nouvelles formes d'emploi &#8212; red&#233;finissent l'environnement psychosocial de travail. Ces &#233;volutions peuvent intensifier les risques existants ou en cr&#233;er de nouveaux si elles ne sont pas correctement encadr&#233;es. Dans le m&#234;me temps, elles peuvent offrir des opportunit&#233;s d'am&#233;lioration de l'organisation du travail et de flexibilit&#233; accrue, soulignant la n&#233;cessit&#233; d'une action proactive.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les risques psychosociaux deviennent l'un des d&#233;fis les plus importants pour la s&#233;curit&#233; et la sant&#233; au travail dans le monde du travail contemporain &#187;, a d&#233;clar&#233; Manal Azzi, responsable de l'&#233;quipe des politiques et syst&#232;mes de SST &#224; l'OIT. &#171; Am&#233;liorer l'environnement psychosocial de travail est essentiel non seulement pour prot&#233;ger la sant&#233; mentale et physique des travailleurs, mais aussi pour renforcer la productivit&#233;, la performance des organisations et le d&#233;veloppement &#233;conomique durable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En agissant de mani&#232;re proactive pour traiter ces risques, conclut le rapport, les pays et les entreprises peuvent cr&#233;er des environnements de travail plus sains, b&#233;n&#233;fiques &#224; la fois pour les travailleurs et les organisations, tout en renfor&#231;ant la productivit&#233; et la r&#233;silience &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ilo.org/fr/resource/actualites/plus-de-840-000-deces-par-lies-aux-risques-psychosociaux-au-travail&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ilo.org/fr/resource/actualites/plus-de-840-000-deces-par-lies-aux-risques-psychosociaux-au-travail&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'organisation queer-f&#233;ministe d'Ukraine &#171; Bilkis &#187; publie un magazine consacr&#233; &#224; la violence &#224; l'&#233;gard des lesbiennes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-organisation-queer-feministe-d-Ukraine-Bilkis-publie-un-magazine-consacre-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-organisation-queer-feministe-d-Ukraine-Bilkis-publie-un-magazine-consacre-a</guid>
		<dc:date>2026-04-28T09:16:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bilkis, groupe f&#233;ministe</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/26/lorganisation-queer-feministe-dukraine-bilkis-publie-un-magazine-consacre-a-la-violence-a-legard-des-lesbiennes/?jetpack_skip_subscription_popup &lt;br class='autobr' /&gt;
Les autrices n'encouragent pas les femmes &#224; &#234;tre ob&#233;issantes et &#224; plaire aux hommes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bilkis vient de publier un magazine consacr&#233; &#224; la violence de genre &#224; l'&#233;gard des lesbiennes. Il s'agit du deuxi&#232;me num&#233;ro, qui s'inscrit dans la lign&#233;e des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/26/lorganisation-queer-feministe-dukraine-bilkis-publie-un-magazine-consacre-a-la-violence-a-legard-des-lesbiennes/?jetpack_skip_subscription_popup&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/26/lorganisation-queer-feministe-dukraine-bilkis-publie-un-magazine-consacre-a-la-violence-a-legard-des-lesbiennes/?jetpack_skip_subscription_popup&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autrices n'encouragent pas les femmes &#224; &#234;tre ob&#233;issantes et &#224; plaire aux hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilkis vient de publier un magazine consacr&#233; &#224; la violence de genre &#224; l'&#233;gard des lesbiennes. Il s'agit du deuxi&#232;me num&#233;ro, qui s'inscrit dans la lign&#233;e des discussions sur la culture queer et le f&#233;minisme, dans l'esprit des magazines du d&#233;but des ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publication de 36 pages, richement illustr&#233;es, comprend : 5 t&#233;moignages personnels de survivantes, une liste d'organisations luttant contre la VGB [violence fond&#233;e sur le genre] &#224; l'encontre des lesbiennes*, un jeu de bingo sur les relations saines et toxiques. Les pages contiennent &#233;galement deux entretiens. La psychoth&#233;rapeute Margarita explique comment se prendre en charge apr&#232;s avoir subi des violences. Et la cin&#233;aste Alisa Kovalenko, r&#233;alisatrice du film &#171; Traces &#187;, aborde la mani&#232;re de r&#233;aliser des films sur les violences sexuelles en p&#233;riode de conflit.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout au long de notre vie, nous avons entendu des propos de m&#233;pris et de d&#233;valorisation &#224; notre &#233;gard. On nous a d'abord dit que nous allions &#171; grandir &#187; et que nos sentiments pour les filles n'&#233;taient que de l'amiti&#233;, et que nous n'avions pas encore vraiment trouv&#233; d'homme &#171; normal &#187; &#187; &#8211; &#233;crit Lesya Koroliuk, co&#233;ditrice du journal.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les autrices n'encouragent pas les femmes &#224; &#234;tre ob&#233;issantes et &#224; plaire aux hommes. Elles r&#233;interpr&#232;tent le r&#244;le central des hommes dans la vie de chaque femme et critiquent le fait que la violence &#224; l'&#233;gard des femmes queer reste souvent invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation du deuxi&#232;me num&#233;ro a eu lieu dans le cadre du festival du film queer Sunny Bunny &#224; Kyiv, o&#249; les personnes int&#233;ress&#233;es ont re&#231;u gratuitement un exemplaire imprim&#233;. La version &#233;lectronique sera disponible ult&#233;rieurement sur le site web de Bilkis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilkis est une organisation queer-f&#233;ministe fond&#233;e en 2019. Ses militantes d&#233;fendent les droits des femmes et les droits des personnes LGBTQI+.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acc&#232;s au magazine &#8211;&lt;a href=&#034;https://www.fembilkis.com/%D0%B6%D1%83%D1%80%D0%BD%D0%B0%D0%BB-%D0%B1%D1%96%D0%BB%D0%BA%D1%96%D1%81&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
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		<title>Petite carcasse Chroniques d'une &#233;rosion</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Petite-carcasse-Chroniques-d-une-erosion</link>
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		<dc:date>2026-04-28T09:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Beau-Ferron</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Petite carcasse Chroniques d'une &#233;rosion Catherine Beau-Ferron &#183; avec des illustrations de l'autrice | r&#233;cit Parution le 28 avril 2026 au Qu&#233;bec | 30 octobre 2026 en Europe &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut savoir que certains trous noirs se baladent dans la rue, baisent, pr&#233;parent de la quiche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette enqu&#234;te m&#233;taphorique sur les trous noirs et leurs impacts, une narratrice amn&#233;sique tente de comprendre comment on peut piller une &#226;me sans jamais hausser la voix. Quelque part entre la science et le r&#234;ve, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L114xH150/c1_petitecarcasse-75b02.jpg?1781035888' class='spip_logo spip_logo_right' width='114' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petite carcasse Chroniques d'une &#233;rosion&lt;br class='autobr' /&gt;
Catherine Beau-Ferron &#183; avec des illustrations de l'autrice | r&#233;cit&lt;br class='autobr' /&gt;
Parution le 28 avril 2026 au Qu&#233;bec | 30 octobre 2026 en Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que certains trous noirs se baladent dans la rue, baisent, pr&#233;parent de la quiche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette enqu&#234;te m&#233;taphorique sur les trous noirs et leurs impacts, une narratrice amn&#233;sique tente de comprendre comment on peut piller une &#226;me sans jamais hausser la voix. Quelque part entre la science et le r&#234;ve, parmi les foug&#232;res, les rochers tranchants, la vie sous-marine et les amours vraies, la militante et artiste visuelle Catherine Beau-Ferron raconte l'absence &#224; soi et la d&#233;tresse. Un r&#233;cit qui explore la violence conjugale sous l'une de ses formes les plus insidieuses.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Catherine Beau-Ferron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous marchons le long de la plage &#224; la recherche de mat&#233;riaux. Il n'y a personne. Nous ramassons des algues s&#233;ch&#233;es, du foin de mer mort, de petits et moyens morceaux de bois de gr&#232;ve que nous rassemblons en tas. Nous nous assoyons ensuite dans le sable et commen&#231;ons sans trop de strat&#233;gie &#224; construire une boule. Des questions nous traversent : sera-t-elle assez ronde, assez solide ? R&#233;sistera-t-elle &#224; la pluie ? Nous tentons des hypoth&#232;ses un peu molles tout en sachant que la construction d'un soleil est d'un autre ordre : les atomes sont bruts et d&#233;fieront les lois terrestres du bricolage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Artiste visuelle, militante f&#233;ministe queer et autrice d'origine montr&#233;alaise, Catherine Beau-Ferron r&#233;side aujourd'hui dans le Bas-Saint-Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Elections locales en Cisjordanie et dans une seule ville de Gaza : quels sont les enjeux, quels d&#233;bats ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Elections-locales-en-Cisjordanie-et-dans-une-seule-ville-de-Gaza-quels-sont-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Elections-locales-en-Cisjordanie-et-dans-une-seule-ville-de-Gaza-quels-sont-les</guid>
		<dc:date>2026-04-28T08:06:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ibtisam Mahdi, Shatha Yaish</dc:creator>


		<dc:subject>Isra&#235;l - Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>
		<dc:subject>Conflit Isra&#233;lo-palestinien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Samedi 25 avril, les Palestiniens se rendront aux urnes pour des &#233;lections locales concernant les municipalit&#233;s et les conseils de village de toute la Cisjordanie occup&#233;e, ainsi qu'une seule ville de la bande de Gaza assi&#233;g&#233;e, Deir Al-Balah. Ces &#233;lections marquent le premier retour aux urnes depuis les scrutins locaux &#233;chelonn&#233;s organis&#233;s en Cisjordanie en 2021 et 2022 ; &#224; Gaza, quant &#224; elle, les habitants voteront lors d'&#233;lections officielles pour la premi&#232;re fois depuis 20 ans, date &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-28&lt;/a&gt;, 
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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Samedi 25 avril, les Palestiniens se rendront aux urnes pour des &#233;lections locales concernant les municipalit&#233;s et les conseils de village de toute la Cisjordanie occup&#233;e, ainsi qu'une seule ville de la bande de Gaza assi&#233;g&#233;e, Deir Al-Balah. Ces &#233;lections marquent le premier retour aux urnes depuis les scrutins locaux &#233;chelonn&#233;s organis&#233;s en Cisjordanie en 2021 et 2022 ; &#224; Gaza, quant &#224; elle, les habitants voteront lors d'&#233;lections officielles pour la premi&#232;re fois depuis 20 ans, date &#224; laquelle ont eu lieu les derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives palestiniennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://alencontre.org/divers/elections-locales-en-cisjordanie-et-dans-une-seule-ville-de-gaza-quels-sont-les-enjeux-quels-debats.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Cisjordanie, o&#249; l'on compte plus d'un million d'&#233;lecteurs inscrits, 365 listes &#233;lectorales se disputent des si&#232;ges au sein de 183 collectivit&#233;s locales, selon la Commission &#233;lectorale centrale. Deux syst&#232;mes &#233;lectoraux sont en vigueur : la repr&#233;sentation proportionnelle pour les municipalit&#233;s et un syst&#232;me majoritaire pour les conseils de village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des listes se pr&#233;sentent ind&#233;pendamment des grands partis, tandis qu'un petit nombre d'entre elles sont align&#233;es sur le Fatah, le parti du pr&#233;sident de l'Autorit&#233; palestinienne (AP) Mahmoud Abbas. En raison des nouvelles r&#233;glementations impos&#233;es par Mahmoud Abbas, qui exigent des candidats qu'ils adh&#232;rent au programme de l'Organisation de lib&#233;ration de la Palestine (OLP), aucune liste n'est explicitement affili&#233;e au Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les candidats ont mis l'accent sur des promesses bien connues : am&#233;lioration des services municipaux, d&#233;veloppement des infrastructures et plus grande transparence dans la gouvernance locale. Mais la comp&#233;tition est in&#233;gale : dans les centres urbains dens&#233;ment peupl&#233;s comme Naplouse et Ramallah &#8211; cette derni&#232;re &#233;tant le centre administratif de l'AP &#8211;, une seule liste se pr&#233;sente, s'assurant ainsi la victoire par d&#233;faut. En revanche, &#224; Ya'bad, une ville situ&#233;e pr&#232;s de J&#233;nine et comptant un dixi&#232;me de la population de Naplouse, 12 listes se disputent les 13'000 &#233;lecteurs inscrits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne s'est d&#233;roul&#233;e dans l'ombre du g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; actuellement par Isra&#235;l &#224; Gaza et, en Cisjordanie, de la mont&#233;e en fl&#232;che de la violence des colons, de l'aggravation des tensions &#233;conomiques et de l'acc&#233;l&#233;ration rapide de l'annexion. Au cours de la semaine pr&#233;c&#233;dant les &#233;lections, des colons isra&#233;liens ont tu&#233; trois Palestiniens dans deux villages pr&#232;s de Ramallah : Aws Hamdi Naasan, 14 ans, et Jihad Abu Naiem, 35 ans, dans une &#233;cole &#224; Al-Mughayyir ; et Odeh Awawdeh, 25 ans, &#224; Deir Dibwan. Quelques jours plus tard, des soldats isra&#233;liens ont abattu Yousef Sameh Ishtayeh, 15 ans, &#224; Naplouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux Palestiniens ont &#233;galement critiqu&#233; les nouvelles r&#232;gles &#233;lectorales publi&#233;es par l'Autorit&#233; palestinienne en novembre dernier, qu'ils consid&#232;rent comme une tentative visant &#224; restreindre toute participation politique significative et &#224; &#233;liminer toute concurrence. Pourtant, des milliers de personnes, tant en Cisjordanie qu'&#224; Gaza, sont impatientes de voter afin d'am&#233;liorer leurs conditions de vie, m&#234;me &#224; petite &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il faut bien commencer quelque part &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rana Abu Farha Rishmawi, pr&#233;sentatrice de t&#233;l&#233;vision locale bien connue, se pr&#233;sente sur une liste municipale dans sa ville natale de Beit Sahour, une localit&#233; &#224; majorit&#233; chr&#233;tienne du sud de la Cisjordanie. Elle est pleinement consciente de ce qu'elle appelle les &#171; circonstances difficiles &#187; entourant le scrutin, mais elle a tent&#233; d'entrer en contact avec les &#233;lecteurs et &#233;lectrices sur les r&#233;seaux sociaux pour pr&#233;senter son programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste de Rana Abu Farha Rishmawi, &#171; Shabab Al-Balad &#187; (&#171; Jeunesse de la ville &#187;), est men&#233;e par un ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Fatah &#224; Beit Sahour. Parmi ses priorit&#233;s figure le &#171; renforcement du r&#244;le des femmes et des jeunes aux postes de d&#233;cision au sein de la municipalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me pr&#233;sente pour deux raisons &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233; au magazine +972. &#171; La premi&#232;re est qu'il s'agit d'un processus d&#233;mocratique, et je souhaite &#234;tre t&#233;moin et soutenir la d&#233;mocratie en action. Je vois cela comme une occasion d'encourager les gens &#224; prendre part &#224; la prise de d&#233;cision. &#187; Expliquant que les habitant&#183;e&#183;s se plaignent souvent de la domination des autorit&#233;s officielles telles que l'Autorit&#233; palestinienne, elle a soulign&#233; : &#171; Cette fois-ci, la d&#233;cision leur appartient. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me raison qu'elle a &#233;voqu&#233;e est &#171; le besoin de renouveau : de nouvelles voix, de nouvelles visions et de nouvelles id&#233;es. Notre pays a besoin d'un travail concret et de nombreuses r&#233;formes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rana Abu Farha Rishmawi ne se fait aucune illusion quant au contexte g&#233;n&#233;ral. &#171; Je comprends parfaitement la situation politique et &#233;conomique g&#233;n&#233;rale, y compris le financement limit&#233; et l'impact des colonies [isra&#233;liennes] &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;, ajoutant qu'elle ne disposait pas &#171; d'une baguette magique pour changer la r&#233;alit&#233; du jour au lendemain. Mais il faut bien commencer quelque part. C'est mieux que de baisser les bras. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une grande partie de la Cisjordanie, cependant, les attentes sont faibles. De nombreux Palestiniens voient peu de chances que les &#233;lections locales modifient de mani&#232;re significative leur vie quotidienne, alors que les attaques des colons sont devenues monnaie courante et qu'un r&#233;seau de postes de contr&#244;le et de barri&#232;res militaires isra&#233;liens &#233;touffe la vie sociale et &#233;conomique des habitants. Pour beaucoup, la survie a pris le pas sur la participation politique, et nombreux sont ceux qui doutent que ces &#233;lections aient un quelconque impact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Islam Bader, originaire d'H&#233;bron, caissier dans un caf&#233; de Ramallah, consid&#232;re n&#233;anmoins que voter en vaut la peine &#8211; m&#234;me si cela implique un p&#233;riple difficile vers sa ville natale, &#224; travers de multiples postes de contr&#244;le et barrages routiers militaires isra&#233;liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que je devrais aller &#224; H&#233;bron pour voter &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233;. &#171; C'est peut-&#234;tre une chance pour nous d'am&#233;liorer la situation dans ma ville. Certaines personnes s'en moquent, mais la situation est vraiment difficile, et je pense que nous devrions nous en soucier. Nous devons choisir les bonnes personnes et nous garder de tout parti pris tribal ou familial. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;pourvues de toute substance politique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ville de Qalqiliya, au nord, aucune liste n'a &#233;t&#233; enregistr&#233;e, ce qui en fait la seule ville de Cisjordanie sans candidats. Les factions locales auraient selon certaines informations d&#233;cid&#233; de ne pas se pr&#233;senter, ce qui refl&#232;te des divisions plus larges quant &#224; la l&#233;gitimit&#233; et &#224; l'utilit&#233; du processus dans les conditions politiques actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des &#233;lections locales sont envisag&#233;es depuis un certain temps &#8211; en partie parce qu'elles constituent le m&#233;canisme le plus simple pour tenter d'insuffler une l&#233;gitimit&#233; institutionnelle &#224; l'Autorit&#233; palestinienne, et en partie parce que la Palestine n'est pas en mesure d'organiser des &#233;lections nationales &#187;, a expliqu&#233; Tahani Mustafa, chercheuse invit&#233;e au sein du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord du Conseil europ&#233;en des relations &#233;trang&#232;res, et charg&#233;e de cours en relations internationales au King's College de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;lections, a-t-elle d&#233;clar&#233;, &#171; ne concernent pas tant l'id&#233;ologie, le dogme ou la politique, mais plut&#244;t la prestation de services &#8211; surtout &#224; un moment o&#249; Isra&#235;l tente de rendre la vie sur le territoire si insupportable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La port&#233;e limit&#233;e de l'influence des &#233;lections a &#233;t&#233; renforc&#233;e par de r&#233;centes modifications l&#233;gislatives. Le 19 novembre, le pr&#233;sident Abbas a publi&#233; un d&#233;cret annulant la loi r&#233;gissant les &#233;lections locales. Les nouvelles r&#232;gles exigent des candidats qu'ils signent une d&#233;claration dans laquelle ils s'engagent &#224; respecter le programme de l'OLP et ses obligations internationales.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56046 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH368/3fce109ee4aecf30-509bc4dc-e5ed9.png?1781110319' width='500' height='368' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les organisations de la soci&#233;t&#233; civile ont condamn&#233; cette disposition, arguant qu'elle restreint la participation politique et viole les protections inscrites dans le droit international, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques [entr&#233; en vigueur en 1976], auquel l'&#201;tat de Palestine est partie. Les d&#233;tracteurs affirment &#233;galement qu'elle contredit la D&#233;claration d'ind&#233;pendance palestinienne et la Loi fondamentale palestinienne, qui garantissent toutes deux le pluralisme politique et le droit de participer aux affaires publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tahani Mustafa a fait valoir que ces &#233;lections pouvaient &#233;galement &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme une tentative de l'Autorit&#233; palestinienne &#8211; qui n'a pas organis&#233; d'&#233;lections l&#233;gislatives depuis la victoire du Hamas sur le Fatah en 2006 &#8211; de r&#233;pondre aux attentes internationales. &#171; Ces &#233;lections ont &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment con&#231;ues pour &#234;tre d&#233;pourvues de toute substance politique &#187;, a-t-elle expliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de ces changements de r&#232;gles semble limit&#233;e. Un sondage r&#233;alis&#233; en mars par l'Institut pour le progr&#232;s social et &#233;conomique a r&#233;v&#233;l&#233; que seul un Palestinien sur quatre avait entendu parler du nouveau d&#233;cret d'Abbas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu des conditions &#233;conomiques et de la situation politique actuelles, a d&#233;clar&#233; Tahani Mustafa, les &#233;lecteurs se pr&#233;occupent avant tout des r&#233;sultats concrets. &#171; Je ne pense pas que les &#233;lecteurs et &#233;lectrices palestiniens eux-m&#234;mes s'int&#233;resseraient &#224; quoi que ce soit d'autre qu'&#224; des candidats se pr&#233;sentant sur la base de leur capacit&#233; &#224; fournir de meilleurs services. C'est apparemment l&#224; que se situent les priorit&#233;s des gens &#224; l'heure actuelle. &#187; Elle a toutefois not&#233; que les comportements &#233;lectoraux sont souvent influenc&#233;s par &#171; des liens factionnels, tribaux et familiaux &#8211; parfois aussi par des pots-de-vin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nous voulons simplement &#234;tre pris en compte &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'accueil ti&#232;de et &#224; l'apathie g&#233;n&#233;rale qui entourent les &#233;lections en Cisjordanie, l'atmosph&#232;re dans la ville de Deir Al-Balah, situ&#233;e au centre de la bande de Gaza, est nettement diff&#233;rente. C'est la seule localit&#233; de la bande de Gaza o&#249; des &#233;lections ont lieu : plus de la moiti&#233; de l'enclave reste sous occupation militaire isra&#233;lienne directe, et Deir Al-Balah a subi moins de d&#233;g&#226;ts que d'autres villes situ&#233;es au-del&#224; de la &#171; ligne jaune &#187;. (Un communiqu&#233; de la Commission &#233;lectorale centrale indiquait qu'elle esp&#233;rait &#171; mener &#224; bien le processus d&#233;mocratique dans toutes les collectivit&#233;s locales de la bande de Gaza d&#232;s que les conditions s'am&#233;lioreront, en cr&#233;ant un environnement propice &#224; la tenue d'&#233;lections &#187;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la victoire &#233;lectorale du Hamas en 2006 et sa prise de contr&#244;le de la bande de Gaza qui s'en est suivie, la gouvernance locale a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e par des nominations administratives plut&#244;t que par des &#233;lections. Vingt ans plus tard, il n'y a peut-&#234;tre que 70'000 &#233;lecteurs &#233;ligibles &#8211; en raison de l'obligation pour les participants d'&#234;tre originaires de Deir Al-Balah &#8211; mais les &#233;lections ont suscit&#233; un vif int&#233;r&#234;t aupr&#232;s du public, avec quatre listes en lice pr&#233;sentant au total 64 candidats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les march&#233;s, dans les files d'attente pour le pain et lors des rassemblements devant les abris temporaires, le scrutin est un sujet de conversation r&#233;current. Les d&#233;bats sur les avantages de participer ou de boycotter les &#233;lections sont anim&#233;s. Parall&#232;lement, des habitants ont signal&#233; avoir re&#231;u sur leur t&#233;l&#233;phone portable des messages de menace &#233;manant des services de renseignement isra&#233;liens, affirmant que, quel que soit le r&#233;sultat des &#233;lections, Isra&#235;l resterait ma&#238;tre &#224; Deir Al-Balah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khalil Abu Samra, un mukhtar (chef de communaut&#233;) &#226;g&#233; de 52 ans, a d&#233;clar&#233; que sa d&#233;cision de se pr&#233;senter sur la liste &#171; L'avenir de Deir Al-Balah &#187; r&#233;pondait &#224; des appels de la communaut&#233;, compte tenu notamment des &#171; circonstances exceptionnelles &#187;. Il reste prudent quant aux attentes : plut&#244;t que de faire des promesses grandiloquentes, Khalil Abu Samra a d&#233;clar&#233; &#224; +972 qu'il avait l'intention de se concentrer sur le r&#233;tablissement des services de base tels que la distribution d'eau et les r&#233;seaux d'assainissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde n'est pas convaincu que ce processus soit appropri&#233;. Samar Joudeh, 35 ans, a d&#233;clar&#233; que son mari la pressait de voter pour un ami se pr&#233;sentant aux &#233;lections, mais qu'elle restait partag&#233;e. &#171; Nous voulons vivre, mais nous ne devons pas oublier l'enjeu plus large &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pourquoi organisons-nous des &#233;lections ici alors que le reste de la bande de Gaza ne le peut pas ? Pourquoi faisons-nous une distinction dans un droit qui appartient &#224; chaque Palestinien ? Nous sommes toujours en &#233;tat de guerre. Voulons-nous faire croire au monde que tout est revenu &#224; la normale ? Que la guerre est finie et que les probl&#232;mes de Gaza sont r&#233;solus ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, d&#233;plac&#233;s depuis d'autres parties de la bande d&#233;vast&#233;e, disent se sentir totalement exclus. Samer Omar, qui a fui le quartier de Zaytoun &#224; Gaza en octobre 2025 et vit d&#233;sormais &#224; Deir Al-Balah, a d&#233;clar&#233; que la question n'&#233;tait pas de savoir si les &#233;lections &#233;taient justifi&#233;es ou non, mais plut&#244;t qui pouvait y prendre part. &#171; Nous voulons simplement &#234;tre inclus. Nous voyons les publicit&#233;s de campagne, nous voyons les candidats s'adresser aux jeunes, et nous sommes compl&#232;tement exclus de l'&#233;quation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;voqu&#233; une rencontre r&#233;cente dans un restaurant o&#249; un militant s'est approch&#233; de sa table pour encourager les gens &#224; voter. &#171; Je l'ai interrompu et lui ai dit que nous venions tous du nord. L'homme s'est lev&#233; sans m&#234;me s'excuser et s'est dirig&#233; vers une autre table. D&#232;s qu'il s'est assis, il leur a demand&#233; : &#8220;&#202;tes-vous de Deir Al-Balah ou d&#233;plac&#233;s ?&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ahmad Hallas, un d&#233;plac&#233; de 34 ans originaire du quartier de Shuja'iya &#224; Gaza, a fait part d'une frustration similaire. &#171; Nous avons perdu nos maisons. Mais cette guerre veut tout nous prendre. M&#234;me notre voix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; par le magazine +972 le 24 avril 2026 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Shatha Yaish&lt;/strong&gt; est une journaliste couvrant J&#233;rusalem-Est et la Cisjordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ibtisam Mahdi&lt;/strong&gt; est une journaliste ind&#233;pendante originaire de Gaza, sp&#233;cialis&#233;e dans les reportages sur les questions sociales, en particulier celles concernant les femmes et les enfants. Elle travaille &#233;galement avec des organisations f&#233;ministes &#224; Gaza dans le domaine du reportage et de la communication.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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