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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Venezuela - Le d&#233;clin du projet politique de Chavez</title>
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		<dc:date>2010-09-21T08:17:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miguel Sorans</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-09-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, des milliers de militants anti-imp&#233;rialistes et anticapitalistes du monde entier ont suivi avec enthousiasme l'exp&#233;rience politique de ladite R&#233;volution Bolivarienne. Ils esp&#233;raient que le projet annonc&#233; de &#171; Socialisme du XXIe si&#232;cle &#187; dirig&#233; par Hugo Chavez et soutenu par Fidel Castro et par la direction cubaine, aboutirait &#224; un succ&#232;s, voire qu'il surmonterait l'&#233;chec du socialisme bureaucratique et stalinien qui s'est effondr&#233; avec la chute du Mur de Berlin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;V&#233;n&#233;zuela&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-09-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-09-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L118xH150/arton5351-45547.jpg?1781505827' class='spip_logo spip_logo_right' width='118' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, des milliers de militants anti-imp&#233;rialistes et anticapitalistes du monde entier ont suivi avec enthousiasme l'exp&#233;rience politique de ladite R&#233;volution Bolivarienne. Ils esp&#233;raient que le projet annonc&#233; de &#171; Socialisme du XXIe si&#232;cle &#187; dirig&#233; par Hugo Chavez et soutenu par Fidel Castro et par la direction cubaine, aboutirait &#224; un succ&#232;s, voire qu'il surmonterait l'&#233;chec du socialisme bureaucratique et stalinien qui s'est effondr&#233; avec la chute du Mur de Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces expectatives ont &#233;t&#233; nourries par les discours &#171; socialistes &#187; et &#171; anticapitalistes &#187; du Pr&#233;sident Chavez ainsi que par les m&#233;dias capitalistes du monde qui les mettent en &#233;vidence et qui se montrent scandalis&#233;s par la soi-disant orientation du chavisme &#171; vers le communisme &#187; ; sans mentionner les &#171; menaces diverses &#187; faites par les Etats-Unis [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation r&#233;elle du Venezuela et du projet politique et &#233;conomique de Chavez est fort diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s important que les dignes combattants pour la cause des travailleurs et travailleuses comme du socialisme dans le monde disposent d'&#233;l&#233;ments d'information pour pouvoir tirer leurs propres conclusions de ce qui est d&#233;j&#224; un projet en d&#233;clin ; un projet &#233;taye le capitalisme au Venezuela, sous le couvert d'un discours anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement au Venezuela m&#234;me que ces expectatives commencent &#224; s'&#233;mousser et que le d&#233;senchantement s'&#233;tend parmi la population travailleuse. Alors que celle-ci a d&#233;j&#224; v&#233;cu onze ans d'un gouvernement soi-disant &#171; ouvrier &#187; et &#171; socialiste &#187;, les probl&#232;mes de fond du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien restent sans solution, voire s'aggravent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chavez pactise avec les multinationales du p&#233;trole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne est tr&#232;s diff&#233;rente du pr&#233;tendu socialisme de Chavez. Au d&#233;but 2010, le gouvernement bolivarien a c&#233;d&#233; &#224; des multinationales des concessions p&#233;troli&#232;res du Bassin de l'Or&#233;noque [2], qui est la zone o&#249; se trouveraient les r&#233;serves p&#233;troli&#232;res les plus importantes du monde. Parmi ces multinationales il y a Chevron [Etats-Unis], Mitsubishi [Japon], Repsol [Etats espagnol], ENI [Italie], Sinupec [Chine], une compagnie japonaise &#233;tatique comme Gas and Metals Corporation (JOGMEC) et des maisons de courage comme Mitsui et Marubeni Corporations [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les blocs concessions pourraient produire entre 400 et 480 mille barils de p&#233;trole par jour. Tout cela sous couvert de faire du PDVSA (Petroleos de Venezuela SA) une entreprise mixte. Dans son discours, Chavez a expliqu&#233; que les transnationales &#171; comptent sur la garantie de leur investissement et des b&#233;n&#233;fices que celle-ci leur rapportera, ainsi que sur le rapatriement des capitaux &#187; (note officielle de la Presse Pr&#233;sidentielle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier, face &#224; la crise &#233;conomique, le gouvernement a en outre appliqu&#233; un ajustement capitaliste classique. Il a d&#233;cr&#233;t&#233; un remboursement dur pour favoriser les entreprises et l'exportation p&#233;troli&#232;re et pour abaisser les salaires des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela traverse une crise qui s'exprime sur le terrain &#233;conomique mais qui s'aggrave et se complexifie &#233;galement en se combinant avec la crise r&#233;currente du secteur &#233;lectrique, avec une crise politique et une rotation permanente des fonctionnaires d'Etat ainsi qu'avec une crise bancaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Banque Centrale du Venezuela vient de publier un rapport qui refl&#232;te la profondeur de la crise &#233;conomique que traverse le pays. Le produit int&#233;rieur brut est tomb&#233; de 3.5% au cours du premier semestre de 2010. La consommation priv&#233;e s'est contract&#233;e de 2.4% par rapport &#224; 2009, alors que l'inflation se situait en juillet &#224; 1.4%, portant &#224; plus de 20% le taux d'inflation sur un, ce qui laisse pr&#233;sager qu'elle atteindra pr&#232;s ou plus de 30% &#224; la fin 2010, soit le taux d'inflation le plus &#233;lev&#233; du continent [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la situation des travailleurs et des travailleuses et du peuple plus g&#233;n&#233;ral ne s'am&#233;liore pas ; la d&#233;t&#233;rioration du niveau de vie des masses est sous le coup de la r&#233;cession &#233;conomique. Elle dure d&#233;j&#224; depuis plus de 18 mois cons&#233;cutifs. Le recul de l'activit&#233; &#233;conomique se combine avec une forte inflation, un ph&#233;nom&#232;ne peu fr&#233;quent que les &#233;conomistes appellent &#171; stagflation &#187;. Par ailleurs, la consommation priv&#233;e a recul&#233; depuis de 2.4% &#8211; un peu moins d'une ann&#233;e &#8211; ce qui a &#233;vit&#233; une inflation encore plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise et les aliments pourris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usure acc&#233;l&#233;r&#233;e du gouvernement a &#233;t&#233; favoris&#233;e de mani&#232;re exponentielle par la d&#233;couverte honteuse, le 29 mai 2010, d'aliments pourris. Il s'agissait de plus de 130 mille tonnes de nourriture, une quantit&#233; suffisante pour alimenter la population v&#233;n&#233;zu&#233;lienne pendant un mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; le r&#233;seau mafieux de distribution de l'entreprise de production partielle et surtout de distribution d'aliments PDVAL [Producci&#243;n y Distribuci&#243;n Venezolana de Alimentos, qui doit distribuer des biens de base ; viande, lait, et autres], subsidiaire de PDVSA, dans des fonctionnaires et des &#171; bolibourgeois &#187; [terme qui d&#233;signe ceux qui se sont enrichis durant le gouvernement bolivarien de Chavez, en captant une part de la rente p&#233;troli&#232;re, gr&#226;ce &#224; leurs connexions dans l'appareil d'Etat] menaient un n&#233;goce &#171; socialiste &#187; lucratif . Ces derniers &#233;laboraient des rapports certifiant que les produits &#233;taient p&#233;rim&#233;s de mani&#232;re &#224; pouvoir g&#233;n&#233;rer de nouveaux ordres d'achat. Une fois les fonds obtenus, il leur &#233;tait &#233;gal de laisser pourrir ce qu'ils n'arrivaient pas &#224; &#233;couler sur le march&#233; noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des jours et des semaines, le gouvernement a tent&#233; en vain de minimiser et de banaliser les faits. Les arguments expos&#233;s par les diff&#233;rents fonctionnaires n'atteignaient pas leur objectif, car, au fil des semaines, les V&#233;n&#233;zu&#233;liens apprenaient de nouvelles &#171; d&#233;couvertes &#187; et la quantit&#233; de nourriture d&#233;compos&#233;e augmentait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet incident a eu un impact extr&#234;mement n&#233;gatif sur ladite opinion publique, et toucha leur appr&#233;ciation des comp&#233;tences administratives et organisationnelles du gouvernement, de leur contr&#244;le, surtout dans un domaine aussi sensible. Sensible pour un pays qui est un importateur net d'aliments et qui a &#233;t&#233; harcel&#233;, ces derni&#232;res ann&#233;es, par une crise d'approvisionnement des biens [d'o&#249; l'effort type PDVAL] et qui subit actuellement le taux d'inflation le plus &#233;lev&#233; du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#234;me les travailleurs des entreprises militaires se mobilisent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etonnamment les conflits syndicaux ont &#233;galement atteint les travailleurs des entreprises militaires comme Cavim (Compagnie Anonyme V&#233;n&#233;zu&#233;lienne d'Industries Militaires) et les employ&#233;s civils [donc non-li&#233;s au statut militaire] de l'H&#244;pital Militaire de Caracas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas, il s'agit de travailleurs qui se sont mobilis&#233;s et ont bloqu&#233; des routes en revendiquant l'application de 18 articles du contrat collectif viol&#233;s par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cavim produit des substances chimiques et des explosifs qui ne sont pas exclusivement destin&#233;s aux activit&#233;s militaires, puisqu'elles contribuent aussi au d&#233;veloppement de l'industrie sid&#233;rurgique, hydro&#233;lectrique, mini&#232;re et surtout p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs r&#233;clament le droit &#224; la retraite ainsi qu'une augmentation salariale de 40%. Ils soul&#232;vent aussi le fait que 8% des b&#233;n&#233;fices bruts de l'entreprise servent au financement de la retraite des militaires, alors que le personnel de l'entreprise de Moron ne per&#231;oit pas le m&#234;me avantage. Une s&#233;ance de n&#233;gociation &#233;largie aura lieu le 17 septembre. Le dirigeant de la lutte, Alexus Polanco (dirigeant r&#233;gional de Ccura et de la UNT-Union nationale des travailleurs) a &#171; invit&#233; les travailleurs des entreprises en situation de sous-traitance de Pequivent, Planta Centro, Refineria El Palito et Bolipuertos &#224; poursuivre la mobilisation jusqu'&#224; imposer des r&#233;unions larges de n&#233;gociation comme l'ont obtenu les travailleurs de Cavim &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'H&#244;pital Militaire, les travailleurs civils exigent l'annulation de leurs dettes. Le Minist&#232;re de la D&#233;fense maintient que ces dettes, en tant que telles, ont trait &#224; des prestations sociales, au paiement d'avances faites par l'Etat et &#224; des bons pour les vacances. Les travailleurs assurent qu'ils ont subi des menaces de la part de la direction de l'institution, qui les accusait d'une s&#233;rie de forfaits pour tenter d'&#233;chapper au paiement des dettes. La Ministre de la Sant&#233;, Eugenia Sander, se limitait &#224; ce sujet &#224; affirmer que les travailleurs &#233;taient certainement manipul&#233;s par des secteurs de la droite dans le cadre du processus &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents faits mettent en &#233;vidence les positions antisyndicales d'un gouvernement qui se dit socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Menaces de licenciement pour des prises de position de classe dans le secteur p&#233;trolier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre face de la politique de non-respect par le gouvernement des droits des travailleurs est la criminalisation des protestations comme la pers&#233;cution des dirigeants ouvriers qui d&#233;fendent l'autonomie [face au gouvernement et &#224; ses instances] et la d&#233;mocratie syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sph&#232;res dirigeantes de l'entreprise p&#233;troli&#232;re PDVSA, par exemple, ont lanc&#233; une offensive contre plusieurs dirigeants syndicaux du courant CCURA [Resolution du Courant Classiste Unitaire R&#233;volutionnaire et Autonome] et de l'Unit&#233; Socialiste de Gauche (USI), dont la figue dirigeante reconnue est Orlando Chirino.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Jos&#233; Bodas de CCURA-P&#233;trole et Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration Unitaire de Travailleurs du P&#233;trole et du Gaz du Venezuela (FUTPV), existe la menace qu'on entame un processus en vue de son licenciement. Quant &#224; Robert Gonzalez, le secr&#233;taire ex&#233;cutif de la FUTPV et dirigeant de la Raffinerie de El Palito (Etat de Carabobo), au centre du pays, il est depuis juillet 2010 interdit d'entrer dans l'entreprise, sans qu'il ait re&#231;u la moindre notification officielle pour l'informer s'il est licenci&#233; ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me registre, le PDVSA a lanc&#233; un processus de licenciement contre Luis Diaz, dirigeant du syndicat p&#233;trolier de Puerto La Cruz, &#224; l'est du pays. Il y a quelques mois, Elfraly Pastran, d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Pr&#233;vention dans la Raffinerie de El Palito avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; licenci&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que le gouvernement cherche &#224; affaiblir les forces du &#171; classisme combatif &#187; parmi les travailleurs p&#233;troliers. Ces actions font &#233;galement partie d'une criminalisation &#224; laquelle le gouvernement de Chavez soumet toute protestation ouvri&#232;re et populaire. Dans l'Etat de Bolivar, Rub&#233;n Gonzalez, Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral du Syndicat des mines de fer (entreprise d'Etat), est en prison depuis plus d'une ann&#233;e pour avoir &#233;t&#233; &#224; la t&#234;te de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;lections du 26 septembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte complexe de r&#233;cession &#233;conomique, de conflits et de luttes ouvri&#232;res et populaires que se tiendront, le 26 septembre 2010, les &#233;lections pour renouveler la composition de l'Assembl&#233;e Nationale, dont les r&#233;sultats restent incertains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport &#224; ce qu'elle &#233;tait lors des processus &#233;lectoraux pr&#233;c&#233;dents, il est &#233;vident que la situation du gouvernement de Chavez et du PSUV [Parti Socialiste Uni du Venezuela] n'est pas du tout commode. L'usure gouvernementale est &#233;vidente ; toutes les enqu&#234;tes le confirment. N&#233;anmoins Chavez conserve encore un soutien populaire significatif, certainement en baisse, mais encore important. D'o&#249; le fait que le r&#233;sultat &#233;lectoral est ouvert. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette incertitude qui constitue la nouvelle donne des prochaines &#233;lections parlementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, quels que soient les r&#233;sultats, la crise &#233;conomique se poursuivra et les probl&#232;mes sociaux continueront &#224; s'aggraver. Il sera donc n&#233;cessaire de continuer &#224; mobiliser le peuple et les travailleurs pour leurs revendications, de mani&#232;re ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chavez repr&#233;sente un nouvel &#233;chec du nationalisme bourgeois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens profond de cette crise est l'&#233;chec du projet r&#233;formiste de gouverner en soutenant une &#233;conomie d'&#171; entreprises mixtes &#187;, avec les transnationales du p&#233;trole et d'autres secteurs de l'&#233;conomie ; avec l'appui du capital financier et sans toucher ni exproprier la grande bourgeoisie [5] ni les grands propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces projets ont historiquement d&#233;j&#224; &#233;chou&#233; historiquement. Cela a &#233;t&#233; le cas avec le p&#233;ronisme en Argentine, avec le r&#233;gime de Velasco Alvarado au P&#233;rou, de Lazaro Cardenas et du PRI au Mexique ou des sandinistes au Nicaragua, au-del&#224; des sp&#233;cificit&#233;s de chacun de ces r&#233;gimes et de leur contexte historique nationale et international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orlando Chirino l'avait d&#233;j&#224; pr&#233;vu en 2005 : &#171; Le projet du Pr&#233;sident Chavez continue &#224; cimenter cette illusion qu'il est possible de d&#233;velopper un projet nationaliste bourgeois. Cela est utopique (...) Un projet fond&#233; sur la suppos&#233;e fonction sociale du capital n'est pas nouveau, et malheureusement ce n'est pas non plus du socialisme &#187; (dans le livre, Orlando Chirino, Reponde,, juin 2005, Caracas, pp. 66-67).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pronostic s'est r&#233;alis&#233;. La crise &#233;conomique globale du capitalisme a fini par montrer la face anti-ouvri&#232;re et anti-populaire du projet et de la pratique politiques du chavisme. (traduction A l'encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* L'auteur est membre du Conseil de r&#233;daction de Revista Correspondencia International, organe de la UIT-CI. Nous publions cet article dans le cadre d'un d&#233;bat n&#233;cessaire et qui doit &#234;tre ouvert sur la situation au Venezuela et &#224; Cuba, entre autres. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Ces menaces justement ressenties par les militante&#183;e&#183;s anti-imp&#233;rialistes des pays dits du centre qui peuvent mesurer l'ampleur de la campagne &#171; anti-chaviste &#187; et la r&#233;p&#233;tition des menaces imp&#233;rialistes diverses. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ce bassin de 55'314 km2 regorge de p&#233;trole lourd et du p&#233;trole extra-lourd, longtemps n&#233;glig&#233;s en raison du co&#251;t bien plus &#233;lev&#233; de leur extraction et de leur raffinage. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. En avril 2009, un accord a &#233;t&#233; pass&#233; avec le Japon avec un engagement de ce dernier d'effectuer des investissements &#224; hauteur de 33,5 milliards de dollars dans des projets gaziers et p&#233;troliers. En fin mars 2009, des n&#233;gociations &#233;taient men&#233;es entre le pr&#233;sident de PVDSA et ministre de l'Energie et du p&#233;trole ; Rafael Ramirez, lors d'un voyage en Asie. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Cela renvoie &#224; un ensemble de probl&#232;mes. La d&#233;valuation du &#171; bolivar &#187;, en janvier 2010, avec double taux de change par rapport au dollar (2,6 bolivars/1 dollar), pour des biens essentiels (sant&#233;, alimentation, etc.) et 4,3 bolivars/1 dollar pour des automobiles, des boissons, des produits de t&#233;l&#233;communication, l'&#233;lectrom&#233;nager, le textile, etc.). En fait, sur la base de la rente p&#233;troli&#232;re, la &#171; sur&#233;valuation &#187; du bolivar &#233;tait importante et a dur&#233; longtemps. Ce qui se mesurait (alors !) dans la diff&#233;rence de pouvoir d'achat du &#171; bolivar &#187; en dehors du Venezuela (ce n'est plus tr&#232;s actuel depuis quelques mois dans un bureau de change au Br&#233;sil !), par rapport &#224; son &#171; pouvoir d'achat &#187; (face au panier de la m&#233;nag&#232;re) au Venezuela.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La politique du gouvernement n'a pas abouti &#224; cr&#233;er une capacit&#233; de production de certains biens pouvant r&#233;pondre &#224; la demande effective. L'appareil productif est rest&#233; (et reste) marqu&#233; par son histoire de sous-produit d'un &#171; pays de rente p&#233;troli&#232;re &#187;, importateur de &#171; presque tout &#187;. Il est peu efficace, comme la politique administrative n&#233;o-gouvernementale. Et les investissements &#8211; ampleur, s&#233;lection, timing &#8211; n'ont pas permis de faire des pas significatifs pour changer cela. Ce qui, par ailleurs, demande du temps. La d&#233;valuation est d&#232;s lors v&#233;cue, concr&#232;tement, par des secteurs entiers de la population, comme &#224; l'origine d'une inflation qui touche des biens qui ne sont pas class&#233;s comme prioritaires, lors de l'instauration du double taux de change : &#233;lectrom&#233;nagers, textiles, chaussures, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils sont demand&#233;s et n&#233;cessaires. Donc, ils sont plus chers que par le pass&#233; ! L'appareil productif ne r&#233;pond pas &#224; une grande partie de cette demande sociale consid&#233;r&#233;e n&#233;cessaire ; demande dont la structure comme l'&#233;ventail sont aussi le fruit d'une histoire de la &#171; d&#233;pendance &#187;, y compris parmi les couches sociales &#171; peu favoris&#233;s &#187;. Se posent ainsi des probl&#232;mes : de redistribution de richesse au plan fiscal (question du march&#233; noir des devises, entre autres), de d&#233;veloppement d'une production agricole appuy&#233;e de mani&#232;re efficace au plan technique (agronomes, formation, distribution de la production) ; d'investissements macro et micro-&#233;conomiques.&#8232;Les proclamations sur le &#171; contr&#244;le populaire des prix &#187; sont sans grands effets pratiques sans de telles mesures. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Parmi les &#171; nationalisations &#187; &#8211; &#224; ne pas confondre avec les expropriations &#8211; il y a eu celle d'une usine du groupe cimentier suisse Holcim.&#8232;Holcim est la propri&#233;t&#233; d'un des principaux industriels et capitalistes suisses : Thomas Schmidheiny. Il est le descendant d'une dynastie qui a aussi fait sa fortune dans la production de produits mortif&#232;res &#224; base d'amiante. Ces produits portaient le nom de &#171; marque &#187; et de production :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eternit. Des milliers de travailleurs sont morts et meurent des suites de &#171; l'aspiration &#187; de fibres d'amiante : avec un cancer de la pl&#232;vre (poumon). &lt;br class='autobr' /&gt;
Holcim est l'un des trois leaders du monde dans le ciment et les produits annexes, avec un chiffre d'affaires de 21 milliards (21'000 millions de francs suisses) en 2009.&#8232;Holcim, en Am&#233;rique du sud, est tr&#232;s fortement pr&#233;sent au Br&#233;sil, en Colombie, au Chili, en Argentine, en Equateur ; en Am&#233;rique centrale : au Guatemala, au Nicaragua, au Costa Rica et au Salvador . Et, &#233;videmment, au Mexique.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, les capacit&#233;s de production de ciment (en tonnes) se montaient : &#224; 10,9 millions au Mexique ; &#224; 3,5 en Equateur ; &#224; 4,5 au Br&#233;sil et &#224; 2,9 au Venezuela. Le centre de gravit&#233; du groupe se d&#233;place, depuis quelques ann&#233;es, vers la r&#233;gion Asie-Pacifique.&#8232;Au Mexique est implant&#233; fortement un concurrent transnationalis&#233; d'Holcim, bas&#233; historiquement au Nord du Mexique, d&#232;s 1909 : Cemex. Un autre concurrent &#8211; dans un march&#233; oligopolistique o&#249; les accords, de fait, sur les prix, suivant les march&#233;s, sont courants &#8211; est la transnationale d'origine fran&#231;aise Lafarge.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2009, Holcim a d&#233;pos&#233; une plainte contre la nationalisation, avec compensation, devant le Tribunal d'arbitrage international de la Banque mondiale, plainte contre le gouvernement du Venezuela. Le Tribunal vient finalement de r&#233;clamer au gouvernement Chavez : 650 millions de dollars comme compensation de la nationalisation intervenue en juin 2008. Une somme de 260 millions de dollars a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; vers&#233;e par le gouvernement du Venezuela.&#8232;L'acquisition de la technologie et du process (production) ne semblait &#234;tre un tel enjeu impossible &#224; ma&#238;triser pour &#171; devoir &#187; payer cette somme, de loin pas. Cela, d'autant plus si le projet de nationalisation avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; &#171; efficacement &#187;, bien &#224; l'avance, avec l'appui d'un noyau d'ouvriers, de techniciens et ing&#233;nieurs (m&#234;me r&#233;duit en nombre), afin de pr&#233;parer la prise en mains de l'unit&#233; productive et pouvoir n&#233;gocier, si n&#233;cessaire, dans une situation de forces meilleure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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