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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le Sud de l'Am&#233;rique est en flamme, et au Nord que fait-on ?</title>
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		<dc:date>2019-11-12T13:25:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-11-12</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;pressions polici&#232;res massives au Chili et coup d'&#201;tat feutr&#233; en Bolivie, mobilisations insurrectionnelles en &#201;quateur et &#233;meutes populaires en Ha&#239;ti men&#233;es pour l'un et l'autre &#224; l'encontre de gouvernements n&#233;olib&#233;raux soumis aux diktats du FMI ou corrompus, mais aussi dures confrontations de rues entre camps antagoniques au Venezuela ou au Nicaragua, sans parler des situations tendues ou agit&#233;es en Argentine ou au Br&#233;sil : l'Am&#233;rique latine semble soudainement secou&#233;e par de violentes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-11-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-11-12&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton41117-97fbe.jpg?1676538407' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;pressions polici&#232;res massives au Chili et coup d'&#201;tat feutr&#233; en Bolivie, mobilisations insurrectionnelles en &#201;quateur et &#233;meutes populaires en Ha&#239;ti men&#233;es pour l'un et l'autre &#224; l'encontre de gouvernements n&#233;olib&#233;raux soumis aux diktats du FMI ou corrompus, mais aussi dures confrontations de rues entre camps antagoniques au Venezuela ou au Nicaragua, sans parler des situations tendues ou agit&#233;es en Argentine ou au Br&#233;sil : l'Am&#233;rique latine semble soudainement secou&#233;e par de violentes convulsions sociales et politiques. Comme si partout, de larges secteurs de la population n'en pouvaient plus et qu'il fallait que la situation change radicalement !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Certes il ne s'agit pas, &#224; chaque fois des m&#234;mes facteurs en jeu. Si au Chili, en Ha&#239;ti et en &#201;quateur, on se bat clairement contre les dicktats n&#233;olib&#233;raux de gouvernements marqu&#233;s &#224; droite &#224; la botte des USA, au Venezuela, en Bolivie et au Nicaragua les choses sont plus complexes : au-del&#224; de la sp&#233;cificit&#233; de chacun de ces pays et des men&#233;es d'une droite revancharde soutenue en sous-main par les yankies, il y a aussi les d&#233;ceptions n&#233;es des politiques men&#233;es depuis une dizaine d'ann&#233;es par la gauche, bien loin des espoirs de transformation sociale et des aspirations d&#233;mocratiques qu'elle avait pu soulever en son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins que le contexte de fond reste le m&#234;me : un contexte social et &#233;conomique chaotique o&#249; la monopolisation des richesses dans les mains de quelques-uns et la mont&#233;e grandissante des in&#233;galit&#233;s se combinent pour exacerber toutes les contradictions, sociales, politiques, &#233;cologiques et culturelles, que peut nourrir un capitalisme d&#233;pendant et p&#233;riph&#233;rique soumis aux implacables diktats de grands conglom&#233;rats imp&#233;rialistes made in... US, Europe ou China.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense ce soir &#224; ce qui se passe au sud de l'Am&#233;rique : au Chili en flamme et o&#249; se multiplient de dramatiques et massives atteintes aux droits humains ; ou encore au coup d'&#233;tat civico-policier qui vient d'&#234;tre perp&#233;tr&#233; contre &#201;vo Morales en Bolivie, avec l'appui complice de l'OEA. Et sans que le gouvernement de Justin Trudeau n'en soit scandalis&#233; et n'ait song&#233; &#224; se distancier &#8211; ne serait-ce que minimalement&#8212; des positions des USA en la mati&#232;re : soutien sans faille d'un c&#244;t&#233; au pr&#233;sident Pinera &#8212;&#233;mule en son temps de Pinochet et adepte &#224; tous crins du n&#233;olib&#233;ralisme-, et de l'autre c&#244;t&#233;, volont&#233;s permanentes d'en d&#233;coudre avec le premier pr&#233;sident indig&#232;ne de la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le sud de l'Am&#233;rique est en flamme, &#224; n'en pas douter, c'est de loin ce que nous pouvons faire de mieux : tancer, forcer nos gouvernements &#8211;celui du Qu&#233;bec, celui du Canada&#8212; &#224; sortir de leur r&#233;serve, &#224; prendre leur responsabilit&#233; et &#224; d&#233;noncer haut et fort ces formidables d&#233;nis de justice et de d&#233;mocratie. Et pour cela, que faisons-nous ici, la gauche, pour manifester concr&#232;tement notre solidarit&#233;,et surtout pour ici m&#234;me faire reculer le n&#233;olib&#233;ralisme et faire avancer la cause de l'&#233;galit&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Venezuela : Maduro r&#233;&#233;lu sur fond d'abstention massive</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Venezuela-Maduro-reelu-sur-fond-d-abstention-massive</link>
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		<dc:date>2018-05-22T12:01:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Guillaudat</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-05-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nicol&#225;s Maduro a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu pr&#233;sident du Venezuela le 20 mai 2018. Mais le moins que l'on puisse dire est que cette r&#233;&#233;lection est, contrairement aux apparences, un mauvais r&#233;sultat pour le successeur de Ch&#225;vez. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour cette &#233;lection pr&#233;sidentielle, quatre candidats avaient &#233;t&#233; retenus par le Conseil national &#233;lectoral. Outre Maduro, on trouvait Henri Falc&#243;n, ancien chaviste de la premi&#232;re heure (il avait &#233;t&#233; membre du Mouvement bolivarien r&#233;volutionnaire avec Hugo Ch&#225;vez) qui, apr&#232;s avoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton34929-5deec.png?1676538407' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nicol&#225;s Maduro a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu pr&#233;sident du Venezuela le 20 mai 2018. Mais le moins que l'on puisse dire est que cette r&#233;&#233;lection est, contrairement aux apparences, un mauvais r&#233;sultat pour le successeur de Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour cette &#233;lection pr&#233;sidentielle, quatre candidats avaient &#233;t&#233; retenus par le Conseil national &#233;lectoral. Outre Maduro, on trouvait Henri Falc&#243;n, ancien chaviste de la premi&#232;re heure (il avait &#233;t&#233; membre du Mouvement bolivarien r&#233;volutionnaire avec Hugo Ch&#225;vez) qui, apr&#232;s avoir rompu avec le chavisme en 2010, avait d&#233;cid&#233; de cr&#233;er Avanzada Progresista en 2012, parti qui a int&#233;gr&#233; la coalition de l'opposition de droite. Mais difficile d'&#234;tre cr&#233;dible pour un candidat qui demande dans son programme l'aide du FMI, ennemi jur&#233; de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187;&#8230; Les deux autres candidats, de moindre envergure nationale, &#233;taient Javier Bertucci, ancien pasteur &#233;vang&#233;liste et homme d'affaires cit&#233; dans les Panama Papers, et Reinaldo Quijada, repr&#233;sentant un courant de gauche issu du chavisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La MUD, regroupement des principaux partis d'opposition, avait &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e de l'&#233;lection par d&#233;cision du Tribunal supr&#234;me de justice du 25 janvier 2018. Son principal repr&#233;sentant, Henrique Capriles Radonski, avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; quinze ans d'in&#233;ligibilit&#233; le 7 avril 2017, suite &#224; son implication suppos&#233;e dans l'affaire Odebrecht, vaste r&#233;seau de corruption &#224; l'&#233;chelle du continent latino-am&#233;ricain d&#233;couvert au Br&#233;sil dans le cadre d'une autre affaire de corruption, celle de P&#233;trobras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu les obstacles pour emp&#234;cher les candidatures des principaux partis d'opposition, la MUD a d&#233;cid&#233; de boycotter les &#233;lections. Seule une fraction de celle-ci, autour d'Avanzada Progresista, du COPEI (parti historique du Venezuela cr&#233;&#233; en 1946) et de quelques petites organisations, a d&#233;cid&#233; d'y participer en pr&#233;sentant la candidature d'Henri Falc&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mauvais r&#233;sultat pour Maduro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident en activit&#233; a obtenu 6,2 millions de voix en 2018 contre 7,6 millions en 2013. Falc&#243;n recueille 1,9 millions de suffrages, Javier Bertucci, presque un million et Reinaldo Quijada moins de 40 000. La participation n'a &#233;t&#233; que de 46% contre pr&#232;s de 80% &#224; la pr&#233;c&#233;dente &#233;lection pr&#233;sidentielle de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;sultat de Maduro est mauvais pour plusieurs raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, en rapportant son r&#233;sultat aux nombre d'inscritEs, Maduro est &#233;lu par seulement 28% des inscritEs, score de loin le plus faible depuis la premi&#232;re &#233;lection de Ch&#225;vez en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les partisans de Maduro ont veill&#233; pendant toute la dur&#233;e d'ouverture des bureaux de votes &#224; amener les &#233;lecteurEs, notamment ceux qui travaillent dans les administrations, sans r&#233;ussir &#224; d&#233;passer la barre des 50% de votantEs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une arme redoutable a pourtant &#233;t&#233; utilis&#233;e pour convaincre les &#233;lecteurEs d'aller voter : le Carnet de la patrie. Cr&#233;&#233; en 2017 comme une sorte de carte d'identit&#233; sociale, il regroupe les donn&#233;es individuelles de son ou sa propri&#233;taire, comme les revenus, les droits et les inscriptions aux missions sociales. Le jour de l'&#233;lection, devant chaque bureau de vote,ce s&#233;same &#233;tait demand&#233; au stand du &#171; point rouge &#187;, tenu par des chavistes, en &#233;change d'un panier de denr&#233;es. Ces carnets donnent aussi acc&#232;s aux CLAP (comit&#233;s locaux d'approvisionnement), g&#233;r&#233;s par le pouvoir, qui distribuent des aliments de base &#224; la population en cette p&#233;riode de p&#233;nurie dramatique. Pour unE V&#233;n&#233;zu&#233;lienE, ne pas voter pr&#233;sentait un risque d'&#234;tre &#171; blacklist&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette pression, plus de la moiti&#233; des &#233;lecteurEs ne se sont pas d&#233;plac&#233;s aux urnes. Les &#233;lecteurEs semblent davantage pr&#233;occup&#233;s par les longues heures d'attente qu'ils doivent effectuer tous les jours devant des magasins &#224; la recherche de nourriture ou de m&#233;dicaments. Mais cela traduit aussi un d&#233;sint&#233;r&#234;t largement majoritaire dans la population pour des promesses &#233;lectorales bien &#233;loign&#233;es du v&#233;cu quotidien. Ni l'opposition de droite ni les chavistes ne semblent cr&#233;dibles pour r&#233;sorber la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse du r&#233;sultat de Maduro a &#233;galement des implications dans son propre camp. Depuis quelques ann&#233;es, notamment depuis la mort de Ch&#225;vez, il a cherch&#233; &#224; organiser son propre courant de fid&#232;les, loin de la garde rapproch&#233;e d'Hugo Ch&#225;vez. Pour l'&#233;lection de la pr&#233;sidence &#224; l'Assembl&#233;e nationale constituante en 2017, il a ainsi pouss&#233; Delcy Rodriguez contre le candidat pressenti Diosdado Cabello. Puis il s'est appuy&#233; sur le mouvement Somos Venezuela pour le transformer en parti politique en janvier 2018, encadr&#233; par ses proches. Cette volont&#233; de contourner le parti de Ch&#225;vez, le PSUV (Parti socialiste uni du Venezuela), sur lequel il n'a pas la main, est une op&#233;ration rendue plus d&#233;licate par ce faible score.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, m&#234;me si Maduro est pr&#233;sent&#233; par les m&#233;dias occidentaux comme le &#171; Diable &#187;, il existe un v&#233;ritable d&#233;bat d'orientation entre lui, plus enclin &#224; chercher un compromis, et Diosdado Cabello, partisan d'une plus grande fermet&#233; contre l'opposition. D&#232;s le soir du r&#233;sultat, le nouveau pr&#233;sident s'est adress&#233; aux autres candidats ainsi qu'aux dirigeants de l'opposition pour les convier &#224; une grande r&#233;union de dialogue national, restreinte le lendemain aux seuls participants &#224; l'&#233;lection. Mais il n'est pas s&#251;r qu'il re&#231;oive une r&#233;ponse positive comme le montre la premi&#232;re d&#233;claration de Falc&#243;n &#224; l'annonce de son score o&#249; il proclame qu'il ne reconnait pas cette &#233;lection, assurant avoir enregistr&#233; avec son &#233;quipe 142 589 irr&#233;gularit&#233;s, et exigeant un nouveau scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi un tel d&#233;sint&#233;r&#234;t pour ces &#233;lections ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2014, le Venezuela a &#233;t&#233; frapp&#233; par une grave crise &#233;conomique qui trouve ses racines dans le mod&#232;le de croissance impos&#233; par le r&#233;gime. Fond&#233; sur la seule exploitation des hydrocarbures, dont les revenus fournissent l'essentiel des financements des programmes sociaux, ce mod&#232;le rentier a vol&#233; en &#233;clat avec la chute des prix du baril de p&#233;trole. La crise ouverte a &#233;t&#233; exacerb&#233;e par la faiblesse du tissu &#233;conomique v&#233;n&#233;zu&#233;lien. La plupart des marchandises sont import&#233;es car les ressources du p&#233;trole n'ont pas &#233;t&#233; utilis&#233;es pour moderniser le tissu industriel et agricole. Si elles ont l&#233;gitimement financ&#233; les aides sociales, elles ont aussi et surtout financ&#233; la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le gouvernement a choisi la fuite en avant en pratiquant un extractivisme outrancier o&#249; les ressources du sous-sol sont promises &#224; une exploitation faisant peu de cas des droits des populations, des salari&#233;Es travaillant dans les entreprises mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res, ou de l'environnement. C'est principalement le cas avec la r&#233;cente adoption de la loi de protection des investissements &#233;trangers, d&#233;nonc&#233;e par l'&#233;crivain chaviste Luis Britto Garcia comme une &#171; loi du lobby n&#233;o-lib&#233;ral &#187;, pr&#233;c&#233;d&#233;e de celle qui permet la cr&#233;ation de zones &#233;conomiques sp&#233;ciales d&#233;rogeant aux droits constitutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan mon&#233;taire, la parit&#233; multiple du bolivar a fait exploser la sp&#233;culation sur la monnaie permettant aussi bien au patronat qu'&#224; la bolibourgeoisie, fraction de la bourgeoisie issue du pouvoir chaviste, de r&#233;aliser des fortunes colossales, le tout dans un environnement &#233;conomique o&#249; le secteur priv&#233; est largement dominant, notamment dans le secteur bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques ann&#233;es, le Venezuela s'est trouv&#233; plong&#233; dans une telle crise que les acquis sociaux des premi&#232;res ann&#233;es du chavisme sont balay&#233;s par la p&#233;nurie des aliments et des m&#233;dicaments ou par la v&#233;tust&#233; des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inflation est de plusieurs milliers de % et les augmentations de salaires sont loin de la rattraper. Et ce ne sont pas les r&#233;ponses de la droite qui peuvent attirer les &#233;lecteurEs. Entre des promesses de mesures d'aust&#233;rit&#233;, les demandes &#171; d'aide &#187; au FMI et des politiques de contraction des missions sociales, rien de bien enthousiasmant pour un peuple qui a d&#233;j&#224; connu de telles mesures, notamment dans les ann&#233;es 1980/1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la droite ne convainc pas, les partis chavistes non plus. Malgr&#233; les annonces gouvernementales quotidiennes d'un complot &#233;tatsunien comme seule explication de la crise, les V&#233;n&#233;zu&#233;lienEs ne sont pas dupes. Ils constatent, chez les dirigeants des entreprises publiques, dans les institutions et l'arm&#233;e, le d&#233;veloppement d'une bourgeoisie qui s'enrichit et qui profite de la ruine du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un panorama aussi sombre, il est tout &#224; fait compr&#233;hensible que s'effrite la base sociale du r&#233;gime, ce qui se mesure par le fort taux d'abstention et la faiblesse du nombre d'&#233;lecteurEs qui ont vot&#233; Maduro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Guillaudat, le 21 mai 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Br&#233;sil assouplit la l&#233;gislation contre le travail forc&#233; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Bresil-assouplit-la-legislation-contre-le-travail-force</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Bresil-assouplit-la-legislation-contre-le-travail-force</guid>
		<dc:date>2017-11-07T15:34:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Mathieu Albertini</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-11-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;20 octobre 2017 | tir&#233; de mediapart.fr Pouss&#233; par le puissant lobby agricole, le gouvernement a fait para&#238;tre un d&#233;cret qui restreint la d&#233;finition du travail esclave. Le budget consacr&#233; &#224; la lutte contre ce fl&#233;au avait d&#233;j&#224; baiss&#233; de moiti&#233; entre 2016 et 2017. Et le nombre de personnes &#8220;lib&#233;r&#233;es&#8221; s'est effondr&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.&#8211; &#171; Ce d&#233;cret enterre la lutte contre le travail forc&#233;. Rien d'aussi radical n'avait &#233;t&#233; tent&#233; jusqu'alors &#187;, s'emporte Mauricio (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton32605-efbd1.png?1674687365' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;20 octobre 2017 | tir&#233; de mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Pouss&#233; par le puissant lobby agricole, le gouvernement a fait para&#238;tre un d&#233;cret qui restreint la d&#233;finition du travail esclave. Le budget consacr&#233; &#224; la lutte contre ce fl&#233;au avait d&#233;j&#224; baiss&#233; de moiti&#233; entre 2016 et 2017. Et le nombre de personnes &#8220;lib&#233;r&#233;es&#8221; s'est effondr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rio de Janeiro (Br&#233;sil), de notre correspondant.&#8211;&lt;i&gt; &#171; Ce d&#233;cret enterre la lutte contre le travail forc&#233;. Rien d'aussi radical n'avait &#233;t&#233; tent&#233; jusqu'alors &#187;&lt;/i&gt;, s'emporte Mauricio Brito, procureur au MPT (minist&#232;re public du travail, tribunal ind&#233;pendant du gouvernement). Le d&#233;cret sign&#233; lundi 16 octobre par le ministre du travail du gouvernement Temer change la d&#233;finition du &#8220;travail esclave&#8221; et &lt;i&gt;&#171; rend presque impossible toute condamnation pour esclavagisme &#187;&lt;/i&gt;, continue le procureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre facteurs sont utilis&#233;s dans le code p&#233;nal br&#233;silien pour caract&#233;riser l'esclavage : le travail forc&#233;, la restriction de la libert&#233; de d&#233;placement, la journ&#233;e de travail &#233;puisante et les conditions d&#233;gradantes. Cette d&#233;finition tr&#232;s adapt&#233;e aux pratiques actuelles a fait du pays une r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de lutte contre ce fl&#233;au. N'importe laquelle de ces conditions est juridiquement suffisante pour d&#233;finir le &#8220;travail esclave&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le d&#233;cret revient sur cette d&#233;finition, en faisant de l'interdiction d'aller et venir une condition obligatoire pour pouvoir constater &lt;i&gt;&#171; une journ&#233;e &#233;puisante &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; des conditions d&#233;gradantes &#187;&lt;/i&gt;. Le fr&#232;re Xavier Plassat, de la CPT (Commission pastorale de la terre), d&#233;nonce une absurdit&#233; : &lt;i&gt;&#171; Les esclavagistes n'ont plus besoin de cha&#238;nes pour fonctionner. C'est une vision totalement pass&#233;iste qui n'a plus aucun lien avec la r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Un inspecteur du travail rencontr&#233; lors d'un congr&#232;s va dans le m&#234;me sens :&lt;i&gt; &#171; En dix ans de travail, je n'ai constat&#233; qu'une seule fois la pr&#233;sence syst&#233;matique de gardes arm&#233;s emp&#234;chant les travailleurs d'aller et venir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de d&#233;finition est applaudi par le groupe parlementaire d&#233;fendant le lobby agricole, qui soutient ce projet depuis plusieurs ann&#233;es afin &lt;i&gt;&#171; d'&#233;viter les abus des inspecteurs du travail &#187;&lt;/i&gt;. En d&#233;but d'ann&#233;e, lorsque le gouvernement &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/280317/bresil-la-liste-noire-de-l-esclavage-que-temer-ne-veut-pas-publier?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;refusait de publier la liste noire du travail esclave&lt;/a&gt;, qui recense les entreprises prises en flagrant d&#233;lit d'esclavagisme, Xavier Plassat craignait d&#233;j&#224; ce changement de d&#233;finition qui mettrait fin &#224; vingt-deux ans de victoires difficiles. Le d&#233;cret s'attaque d'ailleurs &#233;galement &#224; cette liste noire. C'est d&#233;sormais le ministre du travail qui d&#233;cidera quelles entreprises y figureront.&lt;i&gt; &#171; La liste perd son caract&#232;re technique pour devenir politique et perd ainsi toute cr&#233;dibilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, constate le fr&#232;re Xavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une forte mobilisation contre un d&#233;cret tr&#232;s mal construit &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tout le monde a &#233;t&#233; surpris... On ne pensait pas qu'il oserait aller aussi loin, aussi vite &#187;&lt;/i&gt;, l&#226;che Xavier Plassat. Le d&#233;cret a &#233;t&#233; publi&#233; sans aucune concertation avec les organes concern&#233;s par la lutte contre le travail esclave. &lt;i&gt;&#171; Mais cette pr&#233;cipitation repr&#233;sente sa principale faiblesse. C'est critiquable sur le fond comme sur la forme : un cumul d'ignorance, d'autoritarisme et d'incomp&#233;tence &#187;&lt;/i&gt;, continue-t-il. M&#234;me au sein du gouvernement, des voix discordantes se font entendre. La secr&#233;taire aux droits de l'homme a d&#233;nonc&#233; publiquement l'ill&#233;galit&#233; de ce d&#233;cret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MPT a d'ailleurs demand&#233; la r&#233;vocation de ce d&#233;cret &lt;i&gt;&#171; extr&#234;mement inconsistant qui va &#224; l'encontre du code p&#233;nal, des accords internationaux et de la premi&#232;re condamnation historique du Br&#233;sil &#224; l'OEA&lt;/i&gt; [Organisation des &#201;tats am&#233;ricains &#8211; ndlr] &lt;i&gt;en d&#233;cembre 2016... &#187;&lt;/i&gt;. Le Br&#233;sil fut consid&#233;r&#233; comme responsable d'avoir tol&#233;r&#233; sur son territoire le travail forc&#233; de 85 travailleurs exploit&#233;s dans les ann&#233;es 2000 sur la propri&#233;t&#233; de la&lt;i&gt; fazenda&lt;/i&gt; Brasil Verde. &lt;i&gt;&#171; Cette condamnation interdit sp&#233;cifiquement au pays de revenir sur sa l&#233;gislation&lt;/i&gt;, explique Mauricio Brito. &lt;i&gt;Or c'est exactement l'inverse qui se passe. Apparemment, &#231;a n'a pas suffi pour arr&#234;ter ce gouvernement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur veut donc aller plus loin : &lt;i&gt;&#171; Nous pensons donc d&#233;poser une nouvelle plainte &#224; l'OEA contre ce d&#233;cret. Ce genre de condamnation est tr&#232;s important : les r&#233;percussions sont tr&#232;s n&#233;gatives &#224; l'international, tout sp&#233;cialement pour les relations commerciales. &#187;&lt;/i&gt; Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Michel Temer craint le plus. Un journal local conservateur s'est d'ailleurs fendu d'un &#233;dito tr&#232;s remont&#233; contre le d&#233;cret, en d&#233;taillant les cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour les exportations br&#233;siliennes. L'ONU et l'OIT ont &#233;galement critiqu&#233; ce d&#233;cret, augmentant ainsi la pression internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette lev&#233;e de boucliers, Xavier Plassat voit mal le d&#233;cret rester longtemps en vigueur : &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si on ne sait jamais jusqu'o&#249; peut aller Michel Temer, il peut r&#233;sister longtemps, et avec 3 % de popularit&#233;, il n'est plus &#224; une mesure impopulaire pr&#232;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un arrangement pour sauver, encore une fois, le mandat de Temer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promulgation de ce d&#233;cret est intervenue &#224; la veille du vote d'une commission de d&#233;put&#233;s statuant sur la seconde d&#233;nonciation contre Michel Temer, accus&#233; d'obstruction &#224; la justice et de mise en place d'organisation criminelle. Avant le vote, le pr&#233;sident par int&#233;rim a re&#231;u jusqu'&#224; 40 d&#233;put&#233;s en une seule journ&#233;e. Dans l'urgence, le d&#233;cret est sorti mal ficel&#233; mais il a rempli son objectif : montrer &#224; la &lt;i&gt;bancada ruralista&lt;/i&gt; et &#224; ses 200 d&#233;put&#233;s jusqu'o&#249; Michel Temer &#233;tait pr&#234;t &#224; aller. Gr&#226;ce &#224; ce soutien massif, la commission a vot&#233; contre la mise en examen du pr&#233;sident. Si la chambre des d&#233;put&#233;s confirme ce vote, comme ce devrait &#234;tre le cas gr&#226;ce aux man&#339;uvres de Temer, l'accusation sera enterr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine pr&#233;c&#233;dente, le gouvernement avait d&#233;j&#224; fait un geste vers ce groupe parlementaire en limogeant Andr&#233; Roston, chef de la division d'&#233;radication du travail esclave, &lt;i&gt;&#171; sans justification apparente &#187;&lt;/i&gt; selon Mauricio Brito. Tr&#232;s critique, notamment contre la baisse des budgets allou&#233;s &#224; la lutte contre le travail forc&#233;, Andr&#233; Roston &#233;tait devenu g&#234;nant pour une partie de l'industrie agroalimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2016 et 2017, ce budget a diminu&#233; de moiti&#233;, passant de 3,2 millions de reais (1 million d'euros) &#224; 1,6 million. Depuis septembre, l'ensemble des fonds a &#233;t&#233; d&#233;pens&#233; et les op&#233;rations ne sont plus possibles. Pour le moment, seulement 167 personnes ont &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;es du travail esclave en 2017 et, sans op&#233;ration, ce nombre devrait stagner. En 2013, 2 808 personnes avaient &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une offensive globale de la &lt;i&gt;bancada ruralista&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blairo Maggi, ministre de l'agriculture et fervent d&#233;fenseur du lobby agro-industriel, est intervenu pour d&#233;fendre le gouvernement : &lt;i&gt;&#171; Personne n'est en faveur de l'esclavage, mais &#234;tre p&#233;nalis&#233; pour des questions id&#233;ologiques ou parce que l'inspecteur est de mauvaise humeur, ce n'est pas juste. &#187; Or, selon Xavier Plassat, c'est justement ce lobby qui est &#171; profond&#233;ment r&#233;actionnaire et enferm&#233; dans un cadre id&#233;ologique. Les inspecteurs du travail ont toujours &#233;t&#233; attaqu&#233;s sur ce th&#232;me, mais rien n'a jamais &#233;t&#233; prouv&#233; malgr&#233; une commission d'enqu&#234;te parlementaire dirig&#233;e par les ruralistes &#187;.&lt;/i&gt; Gilmar Mendes, ami de longue date de Michel Temer et membre du STF, la plus haute juridiction br&#233;silienne, a cependant lui aussi insist&#233; sur ce point en d&#233;clarant que la d&#233;finition du travail esclave devait &#234;tre &lt;i&gt;&#171; objective, sans id&#233;ologie &#187;&lt;/i&gt;. En pleine pol&#233;mique caus&#233;e par le d&#233;cret, il a ensuite ironis&#233; : &lt;i&gt;&#171; Je me soumets moi-m&#234;me &#224; une journ&#233;e de travail &#233;puisante, mais avec plaisir. Je ne crois pas que ce soit de l'esclavage &#187;&lt;/i&gt;, provoquant la col&#232;re des inspecteurs du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fr&#232;re Xavier assure que d'autres secteurs, qui souhaitent &#233;viter toute publicit&#233; n&#233;gative, discutent des modalit&#233;s pour emp&#234;cher le travail esclave dans leur processus de production. &lt;i&gt;&#171; Mais pas le lobby agricole qui tente de d&#233;cr&#233;dibiliser toute tentative en ce sens, toujours en d&#233;non&#231;ant de suppos&#233;s biais id&#233;ologiques&#8230; Cette bancada d&#233;fend les comportements insens&#233;s d'une minorit&#233;. &#199;a renvoie &#224; tout ce que repr&#233;sente l'oligarchie terrienne au Br&#233;sil, au pouvoir depuis toujours... &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cette&lt;/i&gt; bancada &lt;i&gt;est plus puissante que jamais, avec des ramifications dans tous les partis politiques, et elle ne cessera jamais de pousser son avantage &#187;&lt;/i&gt;, se d&#233;sole Mauricio Brito. En mai dernier, un projet de loi sur le travail rural a notamment cherch&#233; &#224; permettre aux entreprises de r&#233;mun&#233;rer leurs salari&#233;s sous quelque forme que ce soit, par exemple contre un toit et de la nourriture seulement. &lt;i&gt;&#171; En somme, un retour &#224; l'esclavage du XIXe si&#232;cle ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;trangle Xavier Plassat. Le d&#233;put&#233; &#224; l'origine de cette proposition, membre actif de la bancada ruralista, assure que de tels projets sont &lt;i&gt;&#171; incompris car les normes du minist&#232;re du travail sont &#233;labor&#233;es en milieu urbain et m&#233;prisent la culture rurale &#187;&lt;/i&gt;. Le projet de loi a &#233;t&#233; rejet&#233;, mais le d&#233;put&#233; travaille sur une nouvelle version.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Chili, luttes sociales et processus constituant en Am&#233;rique latine</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Chili-luttes-sociales-et-processus-constituant-en-Amerique-latine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Chili-luttes-sociales-et-processus-constituant-en-Amerique-latine</guid>
		<dc:date>2015-06-23T13:05:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Gaudichaud, Giulia Willig, Sergio Grez</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-06-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous nous sommes entretenus avec Sergio Grez, professeur d'histoire &#224; l'Universit&#233; du Chili (Santiago) et avec Franck Gaudichaud, ma&#238;tre de conf&#233;rences en civilisation latino-am&#233;ricaine &#224; l'Universit&#233; de Grenoble (et actuellement chercheur invit&#233; &#224; l'Universit&#233; du Chili), sur la situation politique et sociale de ce pays, dans la foul&#233;e du grand mouvement &#233;tudiant de 2011. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; solidarit&#233;S &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Giulia Willig &#8211; O&#249; en est le mouvement &#233;tudiant chilien aujourd'hui ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Franck Gaudichaud : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton22673-94eb3.png?1674695710' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous nous sommes entretenus avec Sergio Grez, professeur d'histoire &#224; l'Universit&#233; du Chili (Santiago) et avec Franck Gaudichaud, ma&#238;tre de conf&#233;rences en civilisation latino-am&#233;ricaine &#224; l'Universit&#233; de Grenoble (et actuellement chercheur invit&#233; &#224; l'Universit&#233; du Chili), sur la situation politique et sociale de ce pays, dans la foul&#233;e du grand mouvement &#233;tudiant de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; solidarit&#233;S &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Giulia Willig &#8211; O&#249; en est le mouvement &#233;tudiant chilien aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Franck Gaudichaud&lt;/strong&gt; : historiquement, le mouvement &#233;tudiant au Chili a toujours &#233;t&#233; un acteur social tr&#232;s important, y compris contre la dictature. En d&#233;mocratie &#171; n&#233;olib&#233;rale &#187;, il y a eu une recomposition des luttes &#233;tudiantes, le point culminant &#233;tant l'ann&#233;e 2011 avec une mobilisation massive autour des revendications pour une &#233;ducation gratuite, publique et de qualit&#233;. Aujourd'hui, le mouvement a eu du mal &#224; affronter le nouveau sc&#233;nario politique avec l'&#233;lection de Bachelet, qui a r&#233;cup&#233;r&#233; en partie certaines grandes revendications, par exemple sur la r&#233;forme de l'&#233;ducation, mais en les int&#233;grant, de mon point de vue, dans une perspective sociale-lib&#233;rale qui ne rompt absolument pas avec la d&#233;mocratie n&#233;olib&#233;rale construite en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les luttes de 2011-2012, tr&#232;s massives et radicales, qui ont fait trembler tout le syst&#232;me politique, l'ann&#233;e derni&#232;re a &#233;t&#233; une phase d'ajustement, puisque la CONFECH (fa&#238;ti&#232;re des syndicats &#233;tudiants) a d&#251; affronter un sc&#233;nario dans lequel le gouvernement proposait &#171; par en haut &#187; des r&#233;formes et non plus le mouvement.La direction du mouvement &#233;tudiant est en partie tomb&#233;e dans le pi&#232;ge du &#171; dialogue &#187; tendu par le minist&#232;re de l'Education. D'autre part, certains leaders du mouvement &#233;tudiant de 2011, comme Camila Vallejo (PC) par exemple, sont au parlement et/ou dans la coalition gouvernementale. Cette ann&#233;e, on voit que les syndicats &#233;tudiants ont repris du tonus, avec une dynamique de lutte et des orientations plus claires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment int&#233;ressant, c'est que depuis qu'une partie des leaders de 2011 ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s au parlement et/ou &#224; l'&#233;x&#233;cutif, ce sont des forces politiques &#224; la gauche du Parti communiste qui dominent la CONFECH, donc ind&#233;pendantes de la coalition gouvernementale. Parmi elles, la Gauche autonome &#171; antilib&#233;rale &#187; (Izquierda autonoma), le Front des &#233;tudiants libertaires (FEL), l'Union nationale &#233;tudiante (UNE) ou encore de petites organisations r&#233;volutionnaires. C'est donc la gauche de la gauche qui a du poids au sein de la CONFECH, ce qui peut annoncer une ann&#233;e d'affrontements plus directs avec Bachelet. Cela dit, il y a des limites &#224; cette apparente &#171; radicalit&#233; &#187; : politiques tout d'abord, mais aussi en termes de repr&#233;sentativit&#233;, puisque le taux d'abstention lors des votations &#233;tudiantes est tr&#232;s &#233;lev&#233;, autour de 60 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sergio Grez&lt;/strong&gt; : le mouvement &#233;tudiant chilien pour une &#233;ducation publique, gratuite et de qualit&#233; pour toutes et tous conna&#238;t, comme tous les mouvements sociaux, des avanc&#233;es et des reculs. Apr&#232;s la fin 2011, il a v&#233;cu un certain reflux, d&#251; aux r&#233;sultats des mobilisations de cette ann&#233;e. Il a eu la sensation de ne rien avoir obtenu comme r&#233;sultat concret. N&#233;anmoins, le mouvement a continu&#233; avec pas mal de force en 2012. L'ann&#233;e 2013 a &#233;t&#233; calme, en bonne partie parce que c'&#233;tait une ann&#233;e &#233;lectorale, ce qui est g&#233;n&#233;ralement peu propice aux mouvements sociaux. Puis en 2014, Bachelet est arriv&#233;e au gouvernement pour la deuxi&#232;me fois avec, il faut le souligner, avec seulement 25 % des voix potentielles, puisque le taux d'abstention a atteint 60 %. La nouvelle coalition au pouvoir, l'ancienne Concertaci&#243;n travestie en &#171; Nouvelle Majorit&#233; &#187; (Nueva Mayor&#237;a) &#224; laquelle s'est int&#233;gr&#233;e le Parti communiste (PC), a repris, avec pas mal de fourberie, certains mots d'ordre du mouvement &#233;tudiant, ce qui a nourri des espoirs au sein du mouvement social, a fortiori depuis l'int&#233;gration du PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2014 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des mobilisations assez faibles et par le dialogue avec le ministre de l'Education de l'&#233;poque, Nicolas Eyzaguirre. Ancien militant du PC, membre du PPD (Parti pour la d&#233;mocratie), c'est un &#233;conomiste assez renomm&#233; de tendance n&#233;olib&#233;rale, ancien haut fonctionnaire du FMI ; il a &#233;galement occup&#233; un poste important &#224; Canal 13, l'une des principales cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision qui appartient au groupe Luksic (premi&#232;re fortune chilienne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'arriv&#233;e au pouvoir de Bachelet, et d'Eyzaguirre &#224; l'&#233;ducation, a sans doute donn&#233; un souffle au mouvement &#233;tudiant, il s'est &#224; mon avis retrouv&#233; pris au pi&#232;ge d'un dialogue de sourds. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de mobilisations, mais qu'elles ont &#233;t&#233; peu nombreuses et relativement faibles. Le mouvement &#233;tudiant n'a pratiquement rien obtenu en 2014, sauf une d&#233;rogation &#224; un d&#233;cret qui rendait l'organisation des &#233;tu&#173;diant&#183;e&#183;s plus difficile. C'est la seule conqu&#234;te de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2015 s'annonce meilleure : plusieurs grandes mobilisations ont d&#233;j&#224; eu lieu depuis le mois d'avril, manifestations auxquelles se sont joints d'autres ci&#173;toyen&#183;ne&#183;s, profitant de cette conjoncture pour manifester leur d&#233;saccord fondamental avec la politique du gouvernement. Le 21 mai dernier, Bachelet tenait un discours pr&#233;sidentiel devant le Congr&#232;s &#224; Valparaiso, alors qu'une mobilisation massive se d&#233;roulait dans les rues, confront&#233;e &#224; une r&#233;pression particuli&#232;rement forte. Une jeune fille a &#233;t&#233; gri&#232;vement bless&#233;e, tandis qu'un autre manifestant se trouve aujourd'hui encore dans le coma. Cela n'est pas sans rappeler la r&#233;pression polici&#232;re du gouvernement de droite de Pi&#241;era, mais aussi celle du premier gouvernement Bachelet contre le mouvement des &#171; pingouins &#187; de 2011 (mouvement des &#233;tudiants du secondaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &#233;tudiant commence donc &#224; se r&#233;veiller, plusieurs facult&#233;s sont en gr&#232;ve et les mobilisations se succ&#232;dent. Je pense que le mouvement &#233;tudiant va donner le ton cette ann&#233;e, puisqu'il refuse la r&#233;forme de l'&#233;ducation propos&#233;e par le gouvernement. Il refuse que la gratuit&#233; soit obtenue par le biais des bourses, comme le veut le gouvernement. Il revendique la gratuit&#233; en tant que droit social universel garanti par l'Etat et consacr&#233; par la Constitution. La mobilisation des &#233;tu&#173;diant&#183;e&#183;s est donc intrins&#232;quement li&#233;e &#224; la revendication pour le changement de Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, le mouvement &#233;tudiant porte des revendications plus larges que celles qui touchent &#224; l'&#233;ducation&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FG&lt;/strong&gt; : il n'y a pas vraiment de rupture entre 2011 et aujourd'hui : les &#233;tu&#173;diant&#183;e&#183;s continuent de revendiquer une &#233;ducation publique gratuite et de qualit&#233;, ce qui revient aussi &#224; questionner la r&#233;forme Bachelet qui ne remet pas en cause le march&#233; de l'&#233;ducation, mais seulement compte introduire de la gratuit&#233; pour les &#233;tudiants en le subventionnant encore plus largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications actuelles approfondissent aussi ce qui a &#233;t&#233; tent&#233; en 2011 : lier leurs demandes concr&#232;tes &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, en d&#233;fendant par exemple la nationalisation des ressources naturelles et du cuivre, ou encore une r&#233;forme fiscale redistributrice, bien loin de celle pr&#233;conis&#233;e par Michelle Bachelet, qui &#233;pargne la plupart des grands patrons. C'est pour cette raison qu'ils appellent &#224; une unification des luttes sociales et populaires. Il y a une tentative encore timide en ce sens au sein de la Plateforme pour l'&#233;ducation (Mesa por la educaci&#243;n), afin d'essayer d'obtenir le soutien des travailleurs ou des pobladores (mouvement des pauvres des villes). C'est un processus int&#233;ressant, m&#234;me si l'on voit que c'est encore difficile &#224; mettre en place. Il faut rappeler que nous sommes dans un contexte o&#249; la CUT, la principale centrale syndicale, est domin&#233;e par la d&#233;mocratie chr&#233;tienne (DC) et le PC, qui n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; cr&#233;er des difficult&#233;s &#224; &#171; leur &#187; gouvernement. Les faiblesses du mouvement syndical des tra&#173;vail&#173;leurs&#183;euses se r&#233;percutent aussi sur les possibilit&#233;s de cr&#233;er un arc de forces plus large, de &#171; classe &#187;. N&#233;anmoins, il y a dans le mouvement syndical des secteurs de rupture qui se d&#233;veloppent, notamment r&#233;cemment les Unions portuaires, et qui appellent clairement &#224; dynamiser les conflits travail-capital, tout en soutenant un changement du mod&#232;le d'&#233;ducation, les appels &#224; la nationalisation des ressources naturelles, la fin des retraites domin&#233;es par les fonds de pension priv&#233;s, le droit &#224; l'autod&#233;termination du peuple Mapuche, etc. La demande qui pourrait f&#233;d&#233;rer tous ces secteurs est la revendication d'une Assembl&#233;e constituante, populaire et d&#233;mocratique&#8230; mais la route est encore longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SG&lt;/strong&gt; : depuis 2011, le mouvement &#233;tudiant est parvenu &#224; porter en avant le th&#232;me de l'&#233;ducation, ce qui est d&#233;j&#224; une grande avanc&#233;e. Jusqu'au d&#233;but de l'ann&#233;e 2011, personne au Chili n'osait traiter de l'&#233;ducation comme d'un sujet politique essentiel. Gr&#226;ce &#224; la mobilisation, en quelques mois, cette situation s'est profond&#233;ment modifi&#233;e. Aujourd'hui, tout le monde, de l'extr&#234;me gauche &#224; l'extr&#234;me droite, est d'accord pour dire qu'il s'agit d'un th&#232;me fondamental. En m&#234;me temps, le mouvement &#233;tudiant est parvenu &#224; faire &#233;merger d'autres questions &#224; propos de la question du financement de l'&#233;ducation. Ils ont avanc&#233; des propositions tr&#232;s concr&#232;tes et &#233;labor&#233;es de mani&#232;re s&#233;rieuse, en particulier le projet de r&#233;forme fiscale et de nationalisation du cuivre. Certains secteurs en sont arriv&#233;s aujourd'hui &#224; revendiquer une Assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, d'un point de vue pratique, il faut reconna&#238;tre que depuis 2011 il n'y a pas eu d'avanc&#233;es notoires dans la construction de liens entre mouvements sociaux. Il y a eu des tentatives faites par le mouvement &#233;tudiant pour aller vers d'autres mouvements sociaux, par exemple les Mapuches, le mouvement des enseignants, &#233;videmment, et parfois avec certaines luttes de travailleurs, par exemple avec ceux des ports. Mais &#224; mon avis, ces relations sont encore faibles, il n'y a pas de liens stables, organiques et permanents entre ces mouvements sociaux : c'est quelque chose qui doit encore &#234;tre d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les autres mouvements sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SG&lt;/strong&gt; : Parmi les mouvements les plus importants actuellement, il y a d'abord celui des Mapuches, qui n'est pas strictement social puisqu'il comporte une revendication politique nationale, pour l'autonomie et la reconqu&#234;te de certains droits qui leur ont &#233;t&#233; ni&#233;s, en particulier le droit &#224; la terre et les droits politiques. Il y a aussi un mouvement assez fort contre le centralisme de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des travailleurs des ports est tr&#232;s int&#233;ressant. Au Chili, la mer a &#233;t&#233; privatis&#233;e, elle appartient &#224; sept grands groupes &#233;conomiques, tandis qu'on n'a laiss&#233; que des petites portions du littoral aux p&#234;cheurs artisanaux. Le mouvement s'est organis&#233; depuis quelques ann&#233;es autour des Unions portuaires, qui n'ont pas de statut l&#233;gal mais regroupent des syndicats qui en ont un. Elles ont men&#233; des gr&#232;ves et mobilisations tr&#232;s importantes en 2014. C'est un mouvement remarquable, car d'un point de vue politique, il est parvenu &#224; menacer les int&#233;r&#234;ts des grands exportateurs (fruits, bois). Mais aussi parce qu'il est parvenu &#224; mobiliser les tra&#173;vail&#173;leurs&#183;euses tout au long des c&#244;tes, en solidarit&#233; avec travailleurs du port de Mejillones, qui demandaient &#224; disposer d'une heure pour leur repas de midi au lieu des 30 minutes actuelles. La quasi-&#173;totalit&#233; de celles et ceux des ports s'est mobilis&#233;e pour les soutenir. C'est un mouvement qui a su raviver les traditions de solidarit&#233; parmi les sa&#173;la&#173;ri&#233;&#183;e&#183;s, bris&#233;e par la dictature, et de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale par le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral de la d&#233;mocratie actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'&#233;tat des forces de la gauche radicale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FG&lt;/strong&gt; : tout d'abord, il faut dire que l'&#233;tat actuel &#8211; encore fragile &#8211; des luttes de classes est une premi&#232;re limite pour favoriser la reconstitution de forces politiques de la gauche anticapitaliste, qui restent tr&#232;s dispers&#233;es et divis&#233;es. Dans ce contexte, il est difficile d'envisager une unification &#171; &#224; froid &#187; de gauches radicales, dont les contours restent &#224; d&#233;finir. Par exemple, si on parle du mouvement &#233;tudiant, il y a eu des tentatives, comme le Bloc de conducci&#243;n, qui regroupait jusqu'&#224; peu la gauche autonome (Izquierda Autonoma), l'Union nationale &#233;tudiante (UNE) et le Front des &#233;tudiants libertaires (FEL). Ensemble, ils disposaient d'une h&#233;g&#233;monie sur le mouvement &#233;tudiant. Mais ce front qu'on peut qualifier &#171; d'anti-n&#233;olib&#233;ral &#187; s'est disloqu&#233; il y a quelques mois. Plus g&#233;n&#233;ralement, l'unification est difficile entre de nombreux petits groupes ou collectifs issus de diverses cultures politiques qui ont une influence souvent limit&#233;e &#224; tel ou tel secteur. Ces forces sont encore tr&#232;s minoritaires, mais elles ont grandi depuis 2011, aliment&#233;es par le renouveau des luttes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est de savoir comment d&#233;velopper, aujourd'hui au Chili, une gauche anticapitaliste et autogestionnaire, ni dogmatique ni obs&#233;d&#233;e par les &#233;lections, capable de mettre en d&#233;bat un programme politique clair, de transition, mais aussi &#224; court terme des actions unitaires utiles aux renforcement des mouvements populaires. Ceci afin de d&#233;passer les revendications sectorielles, mais aussi l'entre soi militant et l'esprit d'appareil. Cela reste difficile alors que des questions strat&#233;giques essentielles sont sujettes &#224; controverse : comment faire face au nouveau cycle politique marqu&#233; par le &#171; transformisme &#187; du gouvernement Bachelet, dans une perspective anticapitaliste ? Mais aussi, qui sont les &#171; sujets &#187; de la transformation sociale pour laquelle nous nous battons dans le Chili actuel ? Les gauches radicales ou r&#233;volutionnaires chiliennes ont aussi parfois de la peine &#224; int&#233;grer des th&#232;mes comme l'&#233;cologie ou l'&#233;co&#173;socialisme, le f&#233;minisme, ou &#224; mener un travail internationaliste concret, ce qui freine son &#233;laboration strat&#233;gique. Si l'on veut r&#233;sumer &#224; grands traits le paysage de ces gauches politiques encore tr&#232;s morcel&#233;es, on trouve des organisations qui viennent de ce qu'on peut appeler le &#171; nouveau mirisme &#187; [du nom du MIR, principale organisation r&#233;volutionnaire de l'&#232;re Allende, ndr] et qui va des antilib&#233;raux aux forces radicales gu&#233;varistes ; un courant libertaire tr&#232;s large, allant des anarchistes aux libertaires pr&#244;nant une &#171; rupture d&#233;mocratique &#187; ; il y aussi toutes les forces qui viennent de ruptures du mouvement communiste et du &#171; rodriguisme &#187; [du nom du Front Patriotique Manuel Rodriguez, ndr] ; et enfin un courant trotskiste bien pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SG&lt;/strong&gt; : il y a, &#224; mon avis, un morcellement excessif. Au Chili, nous avons une gauche plus sociale que politique. Bien s&#251;r, derri&#232;re la gauche sociale, il y a des formations politiques plus ou moins grandes, mais elles sont tr&#232;s &#233;parpill&#233;es et n'ont pas la capacit&#233; de se mettre d'accord, m&#234;me dans le cas o&#249; il y a des convergences de fond sur bon nombre de questions. Les &#233;lections de 2013 sont un bon exemple de cela : lorsqu'il y a eu quatre candidatures pr&#233;sidentielles &#171; de gauche &#187; ou progressistes sur neuf au total, qui toutes ont d&#233;fendu l'Assembl&#233;e constituante, mais n'ont pas &#233;t&#233; capables de s'unir. Chaque groupe pousse en avant ses int&#233;r&#234;ts de chapelle. La gauche radicale n'est pas capable de regarder les choses avec un peu plus de hauteur, de perspicacit&#233; et de g&#233;n&#233;rosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, au sein du mouvement &#233;tudiant par exemple, il y a des tentatives d'union, comme &#231;a a &#233;t&#233; le cas avec le Bloc de conducci&#243;n, qui regroupait jusqu'&#224; peu la gauche autonome (Izquierda Autonoma), l'Union nationale &#233;tudiante (UNE) et le Front des &#233;tudiants libertaires (FEL). Ensemble, ils disposaient d'une h&#233;g&#233;monie sur le mouvement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle analyse peut-on faire du gouvernement Bachelet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FG&lt;/strong&gt; : le gouvernement de Bachelet est un gouvernement r&#233;formiste dans le cadre du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral instaur&#233; &#224; la fin de la dictature. J'ai parl&#233; &#224; ce titre d'un &#171; transformisme social-&#173;lib&#233;ral &#187; [1]. D'une certaine mani&#232;re, l'&#233;x&#233;cutif r&#233;pond aux luttes et &#224; 2011 en essayant de stabiliser ce mod&#232;le par des r&#233;formes partielles. C'est l&#224; un point de pol&#233;mique direct avec les analyses que fait le PC. Aujourd'hui, le gouvernement doit affronter une crise de l&#233;gitimit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent depuis 1990, avec d'immenses affaires de corruption &#224; r&#233;p&#233;tition qui ont &#233;clabouss&#233; tout le monde politique au cours des derniers mois. Cela a r&#233;v&#233;l&#233; le niveau d'int&#233;gration entre les grandes entreprises, le capital et l'ensemble du personnel politique. Tous ont re&#231;u de l'argent des grands groupes comme Penta, Soquimich, entreprises privatis&#233;es ou cr&#233;es durant la dictature. Or, la r&#233;ponse de Bachelet a essentiellement consist&#233; &#224; changer de cabinet, en lui donnant une connotation encore plus conservatrice qu'avant : on assiste au retour des vieux cadres de la Concertaci&#243;n (coalition centriste n&#233;e &#224; la fin de la dictature, anc&#234;tre de l'actuelle Nueva Mayoria) aux postes cl&#233;s du pouvoir gouvernemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de sociologues ont consid&#233;r&#233; le gouvernement de Bachelet comme le signe d'une ouverture, d'un certain renouveau. Si un nouveau cycle politique a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;r&#233; &#8211; par en bas &#8211; par les luttes sociales, c'est la continuit&#233; au sommet. D'ailleurs, les milieux patronaux et le Mercurio (principal quotidien, marqu&#233; &#224; droite, ancien soutien de Pinochet) ne s'y trompent pas : ils ne cessent de louer le Premier ministre, celui de l'&#201;conomie ou encore de l'Int&#233;rieur. Cela explique pourquoi Bachelet n'a fait presque aucune annonce lors de son discours pr&#233;sidentiel du 21 mai dernier. Tout le monde a not&#233; qu'elle n'a pas &#233;voqu&#233; d'Assembl&#233;e constituante, ce qui confirme ce qu'on savait d&#233;j&#224;, &#224; savoir qu'il y aura bien une &#171; nouvelle Constitution &#187; qui, pour m&#233;moire, est toujours celle introduite par Pinochet en 1981, mais sans Assembl&#233;e constituante. Il y aura probablement des &#171; consultations citoyennes &#187;, mais le gros du travail sera fait dans l'enceinte ferm&#233;e du parlement, avant d'&#234;tre &#233;ventuellement soumis &#224; un pl&#233;biscite. Pour le reste, les points les plus noirs se confirment, sur la r&#233;forme du travail par exemple, qui est d&#233;nonc&#233;e, y compris d&#233;sormais aussi en partie par la CUT. Dans le domaine de l'&#233;ducation, l'objectif est d'arriver &#224; 60 % d'&#233;ducation gratuite en 2018, mais toujours dans le cadre du march&#233;. C'est donc l'Etat qui va subventionner ce service qui, dans un premier temps, exclura les &#233;tudiants des universit&#233;s priv&#233;es, ce qui est probl&#233;matique puisque c'est l&#224; qu'on trouve paradoxalement le plus d'&#233;tudiants, et souvent les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SG&lt;/strong&gt; : C'est un gouvernement r&#233;formiste qui a pour but de corriger certains aspects du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral pour lui donner une assise sociale et politique plus large et plus stable. Si on analyse chacune des r&#233;formes, que ce soit au sujet de l'&#233;ducation, de la fiscalit&#233;, du travail, du syst&#232;me de pensions ou encore de la sant&#233;, il s'agit de petits changements, mais qui ne visent pas &#224; rompre fondamentalement avec le mod&#232;le actuel. Bien s&#251;r, on assiste &#224; une augmentation des d&#233;penses sociales depuis fin de la dictature, mais ce sont des d&#233;penses qui profitent finalement bien souvent aux capitalistes. Dans le cas de l'&#233;ducation, par exemple, le gouvernement propose d'augmenter les bourses, avec lesquelles les &#233;tudiants peuvent ensuite faire leur choix sur le march&#233; de l'&#233;ducation. Il s'agit l&#224; de subsides &#224; la demande. Aujourd'hui, l'Etat ne fournit que 10 &#224; 15 % de leurs besoins aux universit&#233;s publiques, alors que sous Allende, la part publique se montait &#224; 80 % ! C'est la m&#234;me chose pour la sant&#233; : comme les h&#244;pitaux publics ne peuvent subvenir &#224; tous les besoins, on donne des subsides aux patients pour se faire soigner dans les cliniques priv&#233;es. Finalement, cela accro&#238;t les profits des institutions priv&#233;es et affaiblit le secteur public. C'est &#231;a le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, et en ce sens, le gouvernement de Bachelet ne diff&#232;re pas de la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le syst&#232;me de pensions h&#233;rit&#233; de la dictature, ce n'est pas un syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale, mais des assurances priv&#233;es bas&#233;es sur la capitalisation individuelle. Il n'y a pas de r&#233;partition solidaire. Or, ce que propose Bachelet, c'est que l'Etat encadre ce syst&#232;me afin de garantir de meilleures prestations ! Mais cela ne changera rien sur le fond. Il faut au contraire rendre l'argent aux tra&#173;vail&#173;leurs&#183;euses, et cr&#233;er pour cela un syst&#232;me de pension par r&#233;partition, juste et solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite a d'ailleurs bien compris qu'elle n'avait pas grand-chose &#224; craindre du gouvernement Bachelet. Ses repr&#233;sentants s'opposent &#224; certaines choses, mais dans le fond, ils soutiennent la politique qu'elle m&#232;ne. En r&#233;alit&#233;, la droite classique conna&#238;t une crise profonde, non seulement &#224; cause des affaires de corruption r&#233;p&#233;t&#233;es, mais aussi et surtout parce que la Nueva Mayoria est en train de lui voler son r&#244;le de repr&#233;sentation des classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Frank, quelle est la position du Parti communiste, int&#233;gr&#233; au gouvernement, mais qui continue d'avoir une forte implantation dans les mouvements sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FG&lt;/strong&gt; : Sa position est assez complexe. C'est le parti le plus disciplin&#233; de la coalition gouvernementale, qui applique les d&#233;cisions et appuie Bachelet quoi qu'il arrive, plus clairement que la DC ou le Parti socialiste (PS), qui ont exprim&#233; publiquement leurs critiques. D'ailleurs, le PC a &#233;t&#233; r&#233;compens&#233; pour cela dans le nouveau cabinet, puisqu'il a obtenu deux minist&#232;res. Pourtant, il n'y a pas de dissidence organis&#233;e &#8211; ce que le parti ne tol&#232;re pas &#8211; mais des critiques mezzo voce &#224; la base, y compris de cadres communaux, par rapport aux orientations n&#233;olib&#233;rales de la coalition. Par exemple, sur la r&#233;forme du travail, jug&#233;e tr&#232;s probl&#233;matique, ou sur l'Assembl&#233;e constituante, dont la convocation est repouss&#233;e aux calendes grecques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des figures comme Camila Vallejo, qui avait une certaine autonomie de parole, ont approuv&#233; le discours pr&#233;sidentiel sans sourciller, hormis le regret qu'il n'y ait pas d'Assembl&#233;e constituante. Le pari du PC est de continuer ce retour au gouvernement, avec l'id&#233;e que les r&#233;formes en cours sont un premier pas. D'o&#249; le d&#233;bat de fond : est-ce un premier pas vers une premi&#232;re d&#233;mocratisation du n&#233;olib&#233;ralisme, comme le PC le d&#233;fend, ou au contraire une tentative de stabiliser le syst&#232;me h&#233;rit&#233; de Pinochet menac&#233; par la recomposition des luttes sociales, comme le voit la gauche radicale ? Enfin, l'int&#233;gration bureaucratique du PC est tr&#232;s importante, puisqu'il d&#233;tient de nombreux postes de cadres sup&#233;rieurs dans l'appareil d'Etat, mais aussi la vice-pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e nationale. De plus, il tire profit, notamment financi&#232;rement, de sa participation au pouvoir, ce qui l'a consolid&#233; comme parti institutionnel. Donc, toute rupture, si rupture il devait y avoir, serait d'autant plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, le PC reste un acteur du mouvement social, avec une capacit&#233; d'organisation dans certains secteurs. Les Jeunesses communistes ont une solide pr&#233;sence dans le mouvement &#233;tudiant ; une partie du mouvement syndical est sous influence du PC (le secteur minier par ex.), qui d&#233;tient la pr&#233;sidence de la CUT et du Coll&#232;ge des professeurs. On dit d'ailleurs que le PC est la force sociale du gouvernement, afin d'essayer de canaliser le mouvement populaire. Cela ne l'emp&#234;che pas d'appeler &#224; des mobilisations, mais elles le sont en faveur du gouvernement et de ses r&#233;formes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;pression des mobilisations, en particulier &#233;tudiantes, semble s'&#234;tre accentu&#233;e ces derniers temps. Deux jeunes ont notamment &#233;t&#233; brutalement agress&#233;s par les forces de l'ordre au cours d'une manifestation.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FG&lt;/strong&gt; : le climat se tend effectivement, les pratiques r&#233;pressives se multiplient. Ceci n'est pas apparu avec Bachelet bien s&#251;r, c'est un probl&#232;me historique r&#233;current et une pratique d'Etat. Mais en ce qui concerne les r&#233;centes violences contre les &#233;tu&#173;diant&#183;e&#183;s, avec un jeune entre la vie et la mort, il ya bien une responsabilit&#233; directe du gouvernement et du ministre de l'Int&#233;rieur. C'est d'ailleurs aussi le cas dans le sud du pays contre les Mapuches. A ce propos, r&#233;cemment, un carabinier infiltr&#233; a reconnu avoir &#233;t&#233; &#224; l'origine d'incendies criminels, dans le cadre d'activit&#233;s dict&#233;es par les services secrets. Un jeune Mapuche, accus&#233; &#224; tort, a pass&#233; 11 mois en prison&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SG&lt;/strong&gt; : le pouvoir, quel qu'il soit, celui de Pi&#241;era ou de Bachelet, joue le jeu de la carotte et du b&#226;ton. D'un c&#244;t&#233; il r&#233;prime, et de l'autre, il lance des appels au dialogue. Le gouvernement actuel est un sp&#233;cialiste des &#171; plateformes de dialogue &#187; sur de nombreux sujets. Sa strat&#233;gie consiste &#224; dialoguer longuement, sans r&#233;ellement aboutir &#224; des choses concr&#232;tes. Et parfois, il accorde de petites concessions, en particulier maintenant, avec le mouvement &#233;tudiant, o&#249; il dispose d'ailleurs d'une &#171; cinqui&#232;me colonne &#187; form&#233;e par les mi&#173;li&#173;tant&#183;e&#183;s communistes. Cela n'existait pas &#224; l'&#233;poque de Pi&#241;era, o&#249; le PC faisait clairement partie de l'opposition. Camila Vallejo, ancienne leader du mouvement &#233;tudiant, aujourd'hui d&#233;put&#233;e communiste, l'avait d'ailleurs dit clairement : &#171; nous aurons un pied dans la rue, l'autre dans le gouvernement &#187;. Or, on voit bien les contradictions que cela suscite aujourd'hui : on ne peut pas &#224; la fois &#234;tre du c&#244;t&#233; des &#233;tu&#173;diant&#183;e&#183;s et du gouvernement qui les r&#233;prime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est le ministre de l'Int&#233;rieur que Bachelet vient de nommer dans son nouveau cabinet ? Il s'agit de Burgos, un d&#233;mocrate-chr&#233;tien, qui &#233;tait l'une des t&#234;tes de l'Oficina dans les ann&#233;es 1990. Il s'agissait des services secrets cr&#233;&#233;s par la Concertaci&#243;n pour d&#233;manteler l'opposition de gauche qui avait pris les armes durant la dictature, et qui avait refus&#233; de les d&#233;poser au moment de la transition, ne faisant pas confiance &#224; la nouvelle d&#233;mocratie. Ces groupes ont &#233;t&#233; infiltr&#233;s par leurs anciens camarades, notamment sous les ordres de Burgos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peut-on dire de plus sur la r&#233;forme de la Constitution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SG&lt;/strong&gt; : Le Chili a d&#233;j&#224; amorc&#233; un pro&#173;cessus constituant, mais l'en&#173;jeu porte actuellement sur la mani&#232;re de mener cette r&#233;forme. Il y a deux fa&#231;ons de le faire : l'une qui consiste &#224; &#233;laborer une constitution par le biais d'une commission nomm&#233;e par le pouvoir, de la faire approuver par le parlement, et enfin seulement de la faire voter en bloc &#224; l'occasion d'un pl&#233;biscite populaire. L'autre fa&#231;on consiste &#224; &#233;lire une Assembl&#233;e constituante. Il s'agirait l&#224; d'un corps libre et souverain, dont les travaux seraient limit&#233;s dans le temps, et qui repr&#233;senterait de mani&#232;re bien plus d&#233;mocratique la population. Selon de r&#233;centes enqu&#234;tes d'opinion, 60 % des Chi&#173;lien&#183;nes seraient favorable &#224; un tel processus. Le probl&#232;me c'est qu'il n'existe pas aujourd'hui de cadre institutionnel l&#233;gal qui permette d'instaurer une Assembl&#233;e constituante. Il faudrait pour cela trouver un subterfuge, et cela ne pourra se faire qu'avec une forte pression sociale et politique de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2011, le mot d'ordre en faveur d'une Assembl&#233;e constituante rencontre un soutien grandissant dans la population. Actuellement, nous organisons une &#233;cole des constituants, destin&#233;e &#224; former des cadres pour expliquer aux gens l'int&#233;r&#234;t de d&#233;fendre cette id&#233;e, pour montrer que c'est le lieu o&#249; leurs int&#233;r&#234;ts pourraient &#234;tre d&#233;fendus. La r&#233;flexion se m&#232;ne aussi sur le moyen de mener un tel processus. L'id&#233;e serait par exemple d'introduire un quorum des deux tiers pour voter un changement constitutionnel, et si ce quorum n'est pas atteint, de proc&#233;der &#224; des votes sur des sujets pr&#233;cis, au lieu de ne se prononcer que sur un paquet ficel&#233; final. Cela permettrait d'assurer une v&#233;ritable participation d&#233;mocratique la plus large possible, selon l'ancien slogan de l'&#233;poque de l'Unit&#233; populaire : &#171; crear poder popular &#187; (litt&#233;ralement &#171; cr&#233;er du pouvoir populaire &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Cf. (en espagnol) : F. Gaudichaud, &#171; Las fisuras del neoliberalismo. Trabajo, &#8249; Democracia protegida &#8250; y conflictos de clases &#187;, CLACSO, abril 2015 sur biblioteca.clacso.edu.ar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#171; Am&#233;rique latine : Luttes sociales et processus constituant &#187;. Paru en Suisse en Cahier &#233;mancipationS dans &#171; solidarit&#233;S &#187; n&#176; 270 (11/06/2015). &lt;a href=&#034;http://www.solidarites.ch/journal/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.solidarites.ch/journal/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chili. Le mouvement &#233;tudiant bouscule la sc&#232;ne politique (II)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sergio Grez Toso</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2015-06-16</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il arrive souvent dans l'Histoire qu'un mouvement social qui para&#238;t vaincu continue &#224; se d&#233;velopper souterrainement, soignant ses blessures et recomposant ses forces en attendant une conjoncture favorable pour se manifester &#224; nouveau. C'est ce qui arriva au Chili avec le mouvement &#233;tudiant pendant l'administration Bachelet et le premier an du gouvernement de droite de S&#233;bastian Pinera (mars 2010-mars 2014). Pendant tout ce temps, des mobilisations p&#233;riodiques se succ&#233;d&#232;rent. Devenues presque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-06-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-06-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton22568-c5284.png?1676538407' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il arrive souvent dans l'Histoire qu'un mouvement social qui para&#238;t vaincu continue &#224; se d&#233;velopper souterrainement, soignant ses blessures et recomposant ses forces en attendant une conjoncture favorable pour se manifester &#224; nouveau. C'est ce qui arriva au Chili avec le mouvement &#233;tudiant pendant l'administration Bachelet et le premier an du gouvernement de droite de S&#233;bastian Pinera (mars 2010-mars 2014). Pendant tout ce temps, des mobilisations p&#233;riodiques se succ&#233;d&#232;rent. Devenues presque routini&#232;res, elles ne r&#233;ussirent pas &#224; placer l'&#233;ducation dans l'agenda public. N&#233;anmoins, les discr&#233;dits du syst&#232;me &#233;ducationnel, notamment les in&#233;galit&#233;s et l'endettement des familles des &#233;tudiants, pr&#233;paraient d&#233;j&#224; une nouvelle explosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de cet article : &lt;a href=&#034;http://www.pressegauche.org/spip.php?article22468&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pressegauche.org/spip.php?article22468&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'explosion de 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci se produisit pendant le deuxi&#232;me trimestre 2011, quand la Conf&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants de Chili (CONFECH) &#8211; organisme qui regroupe les f&#233;d&#233;rations des &#233;tudiants des universit&#233;s qui int&#232;grent le Conseil des Recteurs des Universit&#233;s Chiliennes (CRUCH), connues aussi comme les &#171; universit&#233;s traditionnelles &#187; &#8211; appela a des mobilisations dans les rues &#224; Santiago pour les 28 avril et 12 mai. Les &#233;tudiants commenc&#232;rent par poser les questions de financement, d&#233;nonc&#232;rent les retards dans la remise des bourses et des probl&#232;mes avec la Carte nationale &#233;tudiante (TNE) qui octroie des r&#233;ductions de tarif sur les transports publics. Tr&#232;s rapidement, les &#233;tudiants ont commenc&#233; &#224; questionner le mod&#232;le &#233;ducationnel dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le mois de juin 2011, des manifestations massives eurent lieu dans les principales villes du pays. On y r&#233;clamait des r&#233;formes du syst&#232;me &#233;ducationnel et le renforcement du r&#244;le de l'&#201;tat dans l'&#233;ducation. Le mouvement atteignit une force et une ampleur sans pr&#233;c&#233;dents depuis le retour de la d&#233;mocratie. Les &#233;tudiants secondaires, qui avaient d&#233;j&#224; pos&#233; la question de la gratuit&#233; de l'&#233;ducation l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, joignirent les mobilisations et commenc&#232;rent &#224; r&#233;aliser des occupations de leurs lyc&#233;es et d'autres interventions tr&#232;s semblables &#224; celles de la &#171; R&#233;volution des pingouins &#187;. Plus tard, on assiste &#224; l'incorporation des &#233;tudiants des lyc&#233;es priv&#233;s payants, des Centres de Formation Technique (CFT), des Instituts Professionnels (IP), des universit&#233;s priv&#233;es, des parents des &#233;l&#232;ves, en plus des professeurs et travailleurs des diff&#233;rents niveaux de l'&#233;ducation (primaire, secondaire et universitaire), ainsi que des citoyens et citoyennes en g&#233;n&#233;ral. Il ne s'agissait plus seulement des &#233;tudiants, mais bien d'un Mouvement pour l'&#233;ducation publique (MEP) qui obtiendra le soutien de 80% de la population, d'apr&#232;s les enqu&#234;tes d'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la force du mouvement, le gouvernement &#233;tablit des nouveaux fonds pour financer l'&#233;ducation et des m&#233;canismes plus simples pour l'acc&#232;s aux cr&#233;dits &#233;tudiants. Les organisations &#233;tudiantes et l'association professionnelle des professeurs (Colegio de Profesores) rejet&#232;rent les propositions du gouvernement exigeant des mesures substantielles et non plus des simples r&#233;formes au mod&#232;le d'&#171; &#233;ducation mercantile &#187; impos&#233;e par la dictature. Ces mesures signifiaient, d'apr&#232;s les &#233;tudiants et d'autres membres du Mouvement pour l'&#233;ducation publique, la r&#233;forme du syst&#232;me d'acc&#232;s aux universit&#233;s afin d'assurer l'&#233;galit&#233; de chances ; une augmentation importante des d&#233;penses publiques pour l'&#233;ducation sup&#233;rieure et la d&#233;mocratisation de ses institutions. Il exigeait aussi l'interdiction du profit &#233;tabli par la loi ; la surveillance de la qualit&#233; de l'enseignement et, en tant qu'objectif g&#233;n&#233;ral, la gratuit&#233; de l'&#233;ducation universitaire. Par rapport &#224; l'&#233;ducation primaire et secondaire on exigea, entre autres mesures, la d&#233;-municipalisation et l'&#233;tatisation de l'&#233;ducation sous contr&#244;le communautaire. Ensuite, on demanda l'interdiction du profit dans l'&#233;ducation et la d&#233;rogation de la Loi g&#233;n&#233;rale d'&#233;ducation pour permettre un r&#233;el changement de la structure de l'&#233;ducation publique. Finalement, on exigea un tarif &#233;tudiant pendant toute l'ann&#233;e avec la Carte nationale &#233;tudiante, un plan de reconstruction pour les &#233;tablissements d'&#233;ducation endommag&#233;s par le s&#233;isme de 2010, les am&#233;liorations des lyc&#233;es techniques-professionnels et le contr&#244;le des pratiques professionnelles de leurs &#233;tudiants [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour financer la gratuit&#233; et les am&#233;liorations de la qualit&#233; de l'&#233;ducation les &#233;tudiants propos&#232;rent la renationalisation du cuivre et une r&#233;forme fiscale. L'ensemble de ces mesures peut &#234;tre r&#233;sum&#233; dans le mot d'ordre &#171; Pour une &#233;ducation publique, gratuite, la&#239;que, d&#233;mocratique, &#233;galitaire et de qualit&#233; &#187; qui r&#233;unit les diff&#233;rents groupes constitutifs du Mouvement pour une &#233;ducation publique, organis&#233;s autour du mouvement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'&#233;lan et la cr&#233;ativit&#233; montr&#233;e par les &#233;tudiants, l'intransigeance du gouvernement (qui paria sur la r&#233;pression), la manipulation m&#233;diatique, les pressions politiques et financi&#232;res sur les &#233;tablissements publics d'&#233;ducation publiques &#8211; en plus de l'usure et de la fatigue naturelle des &#233;tudiants, des professeurs et d'autres travailleurs de l'&#233;ducation apr&#232;s des longs mois d'arr&#234;t, d'occupations, d'assembl&#233;es et de manifestations &#8211; mirent un terme &#224; cette premi&#232;re p&#233;riode de mobilisations avec des r&#233;sultats ambigus et des sentiments contradictoires chez leurs protagonistes [2].&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; match nul &#187; avec le gouvernement &#233;tait pr&#233;visible &#224; partir du moment o&#249; il est devenu clair que d'autres acteurs sociaux ne renforceraient pas d'une mani&#232;re active le mouvement pour l'&#233;ducation publique et que, malgr&#233; les sympathies qu'il &#233;veillait dans la soci&#233;t&#233;, il n'y aurait pas de mobilisations massives des travailleurs, et encore moins des arr&#234;ts de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la sensation de d&#233;faite qui s'est empar&#233;e de vastes franges des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, depuis lors les mobilisations et les protestations entre 2012 et 2014 furent moins nombreuses et avec un impact m&#233;diatique inf&#233;rieur &#224; l'ann&#233;e 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chemins de la politisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2011 restera inscrite dans l'histoire du Chili comme celle d'un nouveau r&#233;veil des mouvements sociaux apr&#232;s deux d&#233;cennies de l&#233;thargie. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2011 et jusqu'&#224; nos jours, les mouvements sociaux se sont succ&#233;d&#233; avec une &#233;tonnante rapidit&#233; au Chili, et de fa&#231;on massive et persistante. Pour faire une synth&#232;se rapide, mais incompl&#232;te, il faut citer les mouvements de protestation r&#233;gional et local de Magallanes, Ays&#233;n, Arica, Calama, Tocopilla y Freirina, les mobilisations contre le m&#233;ga projet hydro&#233;lectrique d'HidroAys&#233;n, les marches pour le respect de la diversit&#233; sexuelle, les gr&#232;ves des travailleurs du cuivre (entreprises d'Etat et du priv&#233;), les gr&#232;ves des fonctionnaires du fisc, les mouvements de protestation des p&#234;cheurs artisanaux contra la privatisation de la mer, et les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales des travailleurs des ports, sans oublier les luttes permanentes des Mapuches pour la r&#233;cup&#233;ration de leurs terres et la reconqu&#234;te de leur autonomie et de leur libert&#233;. Mais, sans aucun doute, le mouvement le plus massif et qui a eu le plus grand retentissement social, culturel et politique, a &#233;t&#233; le mouvement pour l'&#233;ducation publique dont les &#233;tudiants sont la colonne vert&#233;brale et la principale composante [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale vertu de ce mouvement (outre le fait d'avoir inscrit avec force la question de l'&#233;ducation au rang des priorit&#233;s politiques) a-t-elle &#233;t&#233; son apport &#224; la repolitisation de la soci&#233;t&#233; chilienne, en permettant la r&#233;activation de certains secteurs sociaux et en remettant en question des certitudes, des valeurs, des normes, des institutions et des fa&#231;ons d'agir qui semblaient &#234;tre devenues &#171; naturelles &#187; &#224; des millions de citoyens soumis &#224; l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique du n&#233;olib&#233;ralisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a moins de deux ann&#233;es encore, seule une minorit&#233; de Chiliens remettait en cause le fait que l'&#201;tat n'ait qu'un r&#244;le secondaire dans une &#233;ducation aux fins lucratives. Aujourd'hui ce sont des millions qui exigent, aux c&#244;t&#233;s des &#233;tudiants, une &#233;ducation d'&#233;tat gratuite, la&#239;que, d&#233;mocratique, &#233;galitaire et de qualit&#233;. Le changement a &#233;t&#233; radical. De la m&#234;me fa&#231;on, demander un r&#233;f&#233;rendum pour des choix importants concernant les citoyens, la renationalisation du cuivre, une r&#233;forme fiscale pour financer des solutions aux probl&#232;mes sociaux les plus cruciaux, la convocation d'une Assembl&#233;e constituante pour que les peuples du Chili puissent pour la premi&#232;re fois dans leur histoire exercer leur souverainet&#233;, &#233;taient, il y a peu de temps encore, des r&#234;ves de gauchistes imp&#233;nitents sans grand &#233;cho social. Or, aujourd'hui, ces th&#232;mes sont incontournables. M&#234;me la &#171; caste politique &#187; qui a voulu monopoliser la repr&#233;sentation citoyenne pendant ces derni&#232;res d&#233;cennies doit &#8211; tout &#224; fait contre ses inclinations et ses int&#233;r&#234;ts &#8211; en tenir compte, soit pour les r&#233;futer, soit pour simuler un accord pour mieux contenir les exigences exprim&#233;es par la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons &#224; une crise de l&#233;gitimit&#233; du mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral et du syst&#232;me de d&#233;mocratie restreinte, sous surveillance et de basse intensit&#233;, administr&#233;e, depuis 1990, conjointement par les anciens partisans de la dictature et ses opposants mod&#233;r&#233;s. Parall&#232;lement, est croissante la remise en question des vieilles formes &#171; par d&#233;l&#233;gation &#187; de faire de la politique, &#224; travers de repr&#233;sentations institutionnelles coup&#233;es des bases sociales, fortement centralis&#233;es et hi&#233;rarchiques. Les jeunes et d'autres acteurs sociaux ont pr&#233;f&#233;r&#233; construire peu &#224; peu, depuis des ann&#233;es, des formes plus d&#233;mocratiques et horizontales comme les collectifs sociopolitiques, les assembl&#233;es territoriales et locales, les coordinations sectorielles, r&#233;gionales et nationales de collectifs, des organisations sociales dont les politiques sont d&#233;finies collectivement et o&#249; il n'est pas rare que les dirigeants et les porte-parole soient chang&#233;s par leur base si celle-ci le juge utile. Le syst&#232;me politique binominal, l'&#233;litisme de la politique &#171; professionnelle &#187; et les abus de la &#171; classe politique &#187; ont engendr&#233; leurs propres fossoyeurs : une citoyennet&#233; populaire et de classe moyenne de plus en plus investie. La crise du syst&#232;me est profonde m&#234;me si elle n'est pas encore en &#171; phase terminale &#187;[4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous avons pu l'observer, le mouvement &#233;tudiant chilien des derni&#232;res ann&#233;es s'est engag&#233; sur la voie de sa propre politisation et a contribu&#233; &#224; la politisation de l'ensemble de la soci&#233;t&#233; chilienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politisation du mouvement &#233;tudiant a &#233;t&#233; le r&#233;sultat des exp&#233;riences accumul&#233;es durant les derni&#232;res d&#233;cennies, particuli&#232;rement apr&#232;s la duperie et la &#171; trahison &#187; du gouvernement de M. Bachelet envers le mouvement des &#171; pingouins &#187; de 2006. Elle a aussi &#233;t&#233; le d&#233;nouement logique de sa r&#233;flexion sur les probl&#232;mes de l'&#233;ducation puisque les &#233;tudiant&#183;e&#183;s ont compris que ceux-ci trouvent leur point de d&#233;part dans le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral impos&#233; par la dictature et administr&#233; avec des correctifs destin&#233;s &#224; le consolider pendant vingt ans par les gouvernements de la Concertation. Le mouvement &#233;tudiant a compris qu'il ne s'agit pas de &#171; corriger &#187; certains aspects du syst&#232;me de l'&#171; &#233;ducation de march&#233; &#187; mais de le remplacer par une &#233;ducation gratuite et de qualit&#233; pour tous. Ce raisonnement a conduit au postulat que l'Etat doit cesser d'&#234;tre simplement subsidiaire pour assumer un r&#244;le de garant principal du droit &#233;galitaire &#224; l'&#233;ducation. Pour cela, si l'on s'appuie sur le raisonnement du mouvement &#233;tudiant, il est indispensable de changer la Constitution du g&#233;n&#233;ral Pinochet &#8211;r&#233;form&#233;e au cours des vingt-trois derni&#232;res ann&#233;es sur plus de 190 points, sans que pour autant soit alt&#233;r&#233; son caract&#232;re autoritaire et n&#233;olib&#233;ral &#8211; au profit d'une Constitution d&#233;mocratique assurant les droits sociaux tels que l'&#233;ducation, la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; sociale (retraites). Mais, face &#224; l'impossibilit&#233; de changer le texte constitutionnel en raison des quorums parlementaires tr&#232;s &#233;lev&#233;s exig&#233;s par la Constitution en vigueur, les &#233;tudiants ont conclu, avec d'autres secteurs de la citoyennet&#233;, &#224; la n&#233;cessit&#233; de convoquer une Assembl&#233;e constituante pour modifier &#224; la racine le syst&#232;me institutionnel politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, en empruntant les voies de leur propre politisation, les &#233;tudiants ont expos&#233; &#224; d'autres secteurs de la population la n&#233;cessit&#233; de d&#233;battre des fins de la soci&#233;t&#233; et des moyens de la rendre plus juste, solidaire et d&#233;mocratique. En convoquant le gouvernement et le Parlement, ils ont mis &#224; nu les faiblesses et les incoh&#233;rences de la &#171; classe politique &#187; et du syst&#232;me politique fond&#233; sur la Constitution de 1980. Par leur exemple, ils ont &#233;galement contribu&#233; &#224; montrer le chemin &#224; d'autres acteurs sociaux qui ont commenc&#233; &#224; revendiquer leurs droits avec plus de force. La lutte et la contestation sociale et politique ont cess&#233; d'&#234;tre au Chili les pi&#232;ces de mus&#233;e qu'elles ont &#233;t&#233; durant la majeure partie du temps des gouvernements de la Concertation. Probablement sans se le proposer tr&#232;s consciemment, le mouvement &#233;tudiant a d&#233;velopp&#233; des actions p&#233;dagogiques de politisation envers le reste de la soci&#233;t&#233; chilienne. Avec leur &#233;lan, leur joie, leur cr&#233;ativit&#233; et leur combativit&#233;, les &#233;tudiants ont &#233;t&#233; capables de faire entendre leur malaise &#224; l'ensemble de la population, variant les formes d'occupation de l'espace public, obligeant les m&#233;dias &#224; informer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs d&#233;clarations, pamphlets, pancartes, leur musique, leurs danses, leurs couleurs, leurs performances, leurs &#171; interventions urbaines &#187;, leurs gr&#232;ves de la faim, leurs blocages de rues et leurs barricades ont secou&#233; l'opinion publique, attirant un grand appui social. Dans des forums, d&#233;bats et d&#233;clarations &#224; la presse, les dirigeants &#233;tudiants ont fait montre d'une incroyable expertise, faisant taire avec leurs arguments les &#171; professionnels de la politique &#187;, journalistes et sp&#233;cialistes de l'&#233;ducation d&#233;fenseurs du mod&#232;le en place. Il en a d&#233;coul&#233; une prise de conscience citoyenne croissante autour de la n&#233;cessit&#233; de changer l'injuste et catastrophique syst&#232;me &#233;ducatif r&#233;gnant dans le pays. La critique des &#233;tudiants au mod&#232;le &#233;ducatif et les solutions qu'ils ont propos&#233;es ont &#233;t&#233; un premier pas pour &#233;tablir de mani&#232;re didactique le lien entre les maux de l'&#233;ducation, le mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral dans sa totalit&#233; et la d&#233;mocratie sous tutelle dont souffre la majeure partie de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde &#233;lection de Michelle Bachelet comme pr&#233;sidente de la R&#233;publique, en mars 2014, a cr&#233;&#233; un nouveau contexte politique dans la mesure o&#249; son programme de gouvernement inclut un certain nombre de revendications mises en avant par le mouvement &#233;tudiant &#8211; la gratuit&#233; de l'&#233;ducation et un terme devant &#234;tre mis &#224; un syst&#232;me &#233;ducatif visant le profit &#8211; bien qu'elle l'ait fait d'une fa&#231;on tr&#232;s ambigu&#235; et sans indications claires sur l'orientation vers un d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me &#171; d'&#233;ducation de march&#233; &#187; mais, simplement, en direction d'une r&#233;gulation destin&#233;e &#224; limiter certains de ses aspects les plus irritants et les plus inacceptables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, par exemple, il semblerait que les nouvelles autorit&#233;s gouvernementales affirment vouloir r&#233;aliser dans quelques ann&#233;es leur promesse de gratuit&#233; de l'&#233;ducation au moyen de l'octroi de vouchers [&#171; bons &#187;] et de bourses pour que les &#233;tudiant&#183;e&#183;s universitaires ach&#232;tent des services sur le march&#233; &#233;ducatif, sans modifier grandement les bases du syst&#232;me. Pour ce qui a trait &#224; l'&#233;ducation scolaire, les critiques des &#233;tudiant&#183;e&#183;s adress&#233;es &#224; la r&#233;forme du syst&#232;me &#233;ducatif de Bachelet signalent qu'elle maintien la logique de subvention. Le mouvement &#233;tudiant refuse cette politique, soutenant qu'il se destine &#224; peine &#224; r&#233;guler les gains, alors qu'il propose, en revanche, que l'&#233;ducation doit &#234;tre garantie au titre d'un droit social pour toutes et tous et que les contributions &#233;tatiques ne doivent pas &#234;tre vers&#233;es aux familles pour que celles-ci se fassent concurrence sur le &#171; march&#233; de l'&#233;ducation &#187; (favorisant ainsi, &#224; nouveau, les entreprises &#233;ducatives priv&#233;es) mais plut&#244;t aux institutions publiques d'&#233;ducation de mani&#232;re &#224; les renforcer et &#224; garantir la gratuit&#233; en m&#234;me temps que la qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, le mouvement &#233;tudiant a signal&#233; les ambigu&#239;t&#233;s de la d&#233;finition &#171; d'&#233;ducation publique &#187; utilis&#233;e par le ministre de l'Education Nicol&#225;s Eyzaguirre &#8211; ancien ministre des Finances du gouvernement de Ricardo Lagos, ancien directeur du d&#233;partement de l'h&#233;misph&#232;re occidental, c'est-&#224;-dire des Am&#233;riques, du Fonds mon&#233;taire international et ancien directeur d'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision d&#233;tenue par le plus grand conglom&#233;rat &#233;conomique du pays &#8211; qui laisse les portes ouvertes pour que les institutions priv&#233;es ( celles qui ne sont pas soumises &#224; la surveillance de l'Etat et qui ne nomment pas leurs directions de mani&#232;re d&#233;mocratique et n'orientent pas leurs recherches en direction des besoins du pays) puissent acc&#233;der au financement de l'Etat du seul fait de d&#233;clarer leur &#171; vocation de service public &#187;[5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation de Bachelet selon laquelle dans un avenir proche &#171; il ne sera pas possible de faire des profits avec des ressources publiques &#187; est rejet&#233;e par les organisations &#233;tudiantes du fait que cette interdiction est en contradiction avec l'id&#233;e d'une &#233;ducation comme droit social dans la mesure o&#249; cette derni&#232;re ne peut se r&#233;duire &#224; l'origine de son financement. En effet, en sa qualit&#233; de droit fondamental, l'&#233;ducation ne peut &#234;tre commercialis&#233;e, sans parler du fait que la proposition gouvernementale laisse des espaces dans lesquels les priv&#233;s puissent continuer &#224; faire des profits gr&#226;ce au commerce de l'&#233;ducation [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiant&#183;e&#183;s refusent &#233;galement la r&#233;alisation de la r&#233;forme &#233;ducative sans une participation effective des acteurs sociaux (&#233;tudiant&#183;e&#183;s, enseignant&#183;e&#183;s, travailleurs de l'&#233;ducation et, plus g&#233;n&#233;ralement, les habitant&#183;e&#183;s), &#233;labor&#233;e &#224; &#171; portes ferm&#233;es &#187; par les experts du gouvernement, ces derniers essayant d'harmoniser des int&#233;r&#234;ts antagoniques (ceux de l'immense majorit&#233; de la population et ceux des entrepreneurs de l'&#233;ducation). Ils exigent la d&#233;mocratisation des institutions &#233;ducatives, une stabilit&#233; dans les conditions de travail des enseignants et une carri&#232;re d'enseignement qui ne se fonde pas sur la comp&#233;tence, mais plut&#244;t sur l'exp&#233;rience et la collaboration des ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de quatorze mois du deuxi&#232;me gouvernement Bachelet, sa r&#233;forme tant annonc&#233;e de l'&#233;ducation semble &#234;tre au point mort, soumise &#224; un feu crois&#233;. Du c&#244;t&#233; de la droite, tout d'abord, en provenance des secteurs plus conservateurs, r&#233;ticents devant le plus petit changement qui menace r&#233;ellement ou symboliquement son h&#233;g&#233;monie sociale, politique et culturelle ou qui en limite les exc&#232;s les plus scandaleux par lesquels ils obtiennent leurs b&#233;n&#233;fices &#233;conomiques. Ensuite, de la gauche du mouvement social, en particulier &#233;tudiant, qui per&#231;oit avec une clart&#233; croissante que les promesses de campagne &#233;lectorale de Michelle Bachelet et son programme de gouvernement ne sont que des titres vides de tout contenu. Les grandes manifestations &#233;tudiantes et d'autres secteurs de la population ont d&#233;j&#224; fait entendre leurs protestations dans les principales villes chiliennes tout au long de l'ann&#233;e 2014, ainsi qu'en avril et en mai 2015. Elles sont l'expression du mal-&#234;tre indiscutable vis-&#224;-vis des politiques gouvernementales en mati&#232;re d'&#233;ducation, r&#233;ticentes &#224; effectuer une rupture radicale du mod&#232;le &#171; d'&#233;ducation de march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &#233;tudiant chilien a &#233;t&#233; une contribution importante &#224; la repolitisation de la population, mettant en d&#233;bat sur une &#233;chelle massive la question &#233;ducative, &#171; d&#233;naturalisant &#187; le mod&#232;le de &#171; l'&#233;ducation de march&#233; &#187; ainsi que le syst&#232;me &#233;conomique et politique sur lequel il s'appuie. Il n'a, cependant, pas encore &#233;t&#233; en mesure de produire une politique d'accumulation de forces (qu'elles soient propres ou qu'il s'agisse d'alli&#233;s en provenance d'autres mouvements sociaux) suffisamment forte pour mettre en &#233;chec les partisans du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devra d&#233;sormais &#234;tre capable d'&#233;viter les obstacles qui le guettent, afin de ne tomber ni dans la confiance na&#239;ve dans le syst&#232;me institutionnel h&#233;rit&#233; de la dictature, ni dans les tentations &#233;galement pu&#233;riles du maximalisme, des actions marginales, du culte de la violence aveugle et de l'avant-gardisme de petits groupes qui tendent &#224; supplanter avec leurs actions le mouvement de masse [7]. Si le mouvement &#233;tudiant arrive &#224; esquiver les deux dangers, il aura fait une contribution extraordinaire au d&#233;passement du n&#233;olib&#233;ralisme et &#224; la refondation politique du Chili. Mais la solution ne d&#233;pend pas seulement des &#233;tudiant&#183;e&#183;s. D'autres acteurs sont n&#233;cessaires, en particulier les travailleurs organis&#233;s. Tant que cela n'aura pas lieu, les propres avanc&#233;es du mouvement &#233;tudiant pourront &#234;tre renvers&#233;es par les forces qui d&#233;fendent le statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;preuve de force entre les partisans du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral d'&#233;ducation de march&#233; et ceux qui con&#231;oivent l'&#233;ducation comme un droit social garanti par l'Etat de mani&#232;re &#233;galitaire pour toutes et tous est loin d'&#234;tre r&#233;solue au Chili. Nous pouvons, en toute certitude, affirmer que ce conflit se prolongera pendant plusieurs ann&#233;es, se m&#234;lant &#224; d'autres conflits qui sont l'expression de la contradiction existant entre le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral &#233;conomique et de soci&#233;t&#233; et les aspirations de la majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; &#224; ce que des droits sociaux deviennent des garanties dans des domaines aussi essentiels que l'&#233;ducation, les soins, la pr&#233;voyance et le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte sociale et politique s'annonce int&#233;ressante pour les prochaines ann&#233;es au Chili. (Traduction de A l'Encontre et de l'auteur ; Sergio Grez Toso est docteur en histoire et professeur &#224; l'Universit&#233; du Chili. Cette contribution a &#233;t&#233; faite dans le cadre du Forum international qui s'est tenu &#224; Lausanne du 20 au 22 mai 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Asamblea Coordinadora de Estudiantes Secundarios, Propuesta para la Educaci&#243;n que queremos, Santiago, sin fecha ; Petitorio CONES (Coordinadora Nacional de Estudiantes Secundarios) : &lt;a href=&#034;http://infoderechouchile.blogspot.com/2011/06/petitorio-cones-coordinadora-nacional.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://infoderechouchile.blogspot.com/2011/06/petitorio-cones-coordinadora-nacional.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Sergio Grez Toso, &#8220;Chile 2012 : el movimiento estudiantil en la encrucijada&#8221;, Le Monde Dipomatique, edici&#243;n chilena, N&#176;126, Santiago, enero-febrero 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Sergio Grez Toso, &#8220;Un nuevo amanecer de los movimientos sociales en Chile&#8221;, The Clinic, N&#176;409, Santiago, 1 de septiembre de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Grez, &#171; Un nuevo amanecer&#8230; &#187;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Camila Miranda, &#171; Radiograf&#237;a cr&#237;tica a la reforma educacional de Bachelet &#187;, Santiago, 2 avril 2014 : &lt;a href=&#034;http://ciperchile.cl/2014/04/02/reforma-educacional-la-hoja-de-ruta-que-propone-la-fech/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ciperchile.cl/2014/04/02/reforma-educacional-la-hoja-de-ruta-que-propone-la-fech/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Grez, &#171; Chile 2012&#8230; &#187;, op. cit. ; Boric, op. cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chili. Le mouvement &#233;tudiant bouscule la sc&#232;ne politique (I)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Chili-Le-mouvement-etudiant-bouscule-la-scene-politique-I</link>
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		<dc:date>2015-06-09T11:47:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sergio Grez Toso</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-06-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une forme nouvelle d'accumulation capitaliste fut install&#233;e par le feu et le sang par la dictature civil et militaire chilienne. Le mod&#232;le de d&#233;veloppement mis en place &#224; la fin des ann&#233;es 1930 &#8211; qui impliquait une forte intervention de l'&#201;tat dans le d&#233;veloppement &#233;conomique et social &#224; partir d&#180;une strat&#233;gie de substitution des importations &#8211; fut remplac&#233; par un mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral. Des grands secteurs d'activit&#233; &#233;conomique furent transf&#233;r&#233;s de l'&#201;tat vers le secteur priv&#233;. De (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-06-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-06-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton22468-063e1.jpg?1676538407' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une forme nouvelle d'accumulation capitaliste fut install&#233;e par le feu et le sang par la dictature civil et militaire chilienne. Le mod&#232;le de d&#233;veloppement mis en place &#224; la fin des ann&#233;es 1930 &#8211; qui impliquait une forte intervention de l'&#201;tat dans le d&#233;veloppement &#233;conomique et social &#224; partir d&#180;une strat&#233;gie de substitution des importations &#8211; fut remplac&#233; par un mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral. Des grands secteurs d'activit&#233; &#233;conomique furent transf&#233;r&#233;s de l'&#201;tat vers le secteur priv&#233;. De plus, la d&#233;r&#233;glementation caract&#233;ristique du n&#233;olib&#233;ralisme outrancier s'empara du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; des privatisations des entreprises d'&#201;tat, les d&#233;nomm&#233;es &#171; sept modernisations &#187; de la dictature chang&#232;rent le visage du Chili. Il faut bien les nommer, car elles furent les composantes de cette r&#233;volution capitaliste, ironiquement d&#233;nomm&#233;e &#171; libertaire &#187; par l'un de ses principaux inspirateurs, le ministre du Travail et de la Pr&#233;voyance sociale de la dictature, Jos&#233; Pi&#241;era [1]. Elles furent les r&#233;formes du Code du travail et de la pr&#233;voyance sociale vers un syst&#232;me des pensions bas&#233; sur une capitalisation individuelle. Ensuite, les r&#233;formes qui privatis&#232;rent l'&#233;ducation, la sant&#233; et celles qui ont vis&#233; &#224; la modernisation du syst&#232;me judiciaire. Finalement, le &#171; r&#233;arrangement agricole &#187; qui a renforc&#233; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#224; la campagne et la r&#233;forme administrative destin&#233;e &#224; &#171; rendre plus agile le secteur &#233;tatique en r&#233;duisant sa taille &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat transf&#233;ra de cette mani&#232;re plusieurs de ses attributions et fonctions &#233;conomiques et sociales aux grands capitalistes qui accumul&#232;rent d'&#233;normes ressources financi&#232;res sorties des poches de tous les Chiliens. La pr&#233;voyance sociale, la sant&#233; et l'&#233;ducation furent donc des secteurs particuli&#232;rement lucratifs que la dictature sut mettre sous le contr&#244;le h&#233;g&#233;monique des principaux groupes &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus d'installer un changement radical sur le terrain socio-&#233;conomique, ces modernisations provoqu&#232;rent de profonds changements culturels dont les retentissements continuent &#224; r&#233;sonner quatre d&#233;cennies apr&#232;s le coup d'&#201;tat et plus de vingt-trois ans depuis le commencement du cycle des gouvernements post-dictatoriaux. La principale transformation culturelle provoqu&#233;e par la dictature et par le mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral a &#233;t&#233; d&#233;finie par le sociologue Tom&#225;s Moulian comme &#171; l'affaiblissement de l'esprit ou de l'&#233;tat d'&#226;me soci&#233;tal, dont les expressions les plus importantes sont la tendance associative et la &#171; politicit&#233;/politisation &#187; qui caract&#233;risa pendant longtemps la soci&#233;t&#233; chilienne &#187;[2]. A sa place, &#171; l'individualisme concurrentiel et l'obsession acqu&#233;reuse ont &#233;rod&#233; l'efficacit&#233; de ces m&#233;canismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le nouveau contexte, on privil&#233;gie les strat&#233;gies individuelles, le retour vers le priv&#233;, la prise de position en tant que spectateur de l'action, le d&#233;crochage de la sph&#232;re publique, l'obsession pour la concurrence et la r&#233;ussite mat&#233;rielle, la transformation de la consommation en source de prestige, d&#233;connect&#233; d'une rationalit&#233; des besoins &#187;[3]. Dans cette soci&#233;t&#233; moul&#233;e par la dictature et ent&#233;rin&#233;e sous les gouvernements de la Concertation pour la D&#233;mocratie, coalition qui gouverna le Chili entre mars 1990 et mars 2010, &#171; priment les strat&#233;gies individuelles d'avancement et de mobilit&#233;, et ne reconnaissent pas ou encore se punissent les strat&#233;gies associatives. Il s'est impos&#233; une sorte de &#171; loi de la jungle &#187; que l'&#201;tat ne saurait r&#233;glementer, puisqu'on lui a ni&#233; la l&#233;gitimit&#233; pour le faire. C'est pour cela que les conditions propres du &#171; capitalisme sauvage &#187;, notamment la vuln&#233;rabilit&#233; des travailleurs et l'ampleur du segment des pauvres, ne tendent pas &#224; s'att&#233;nuer, mais au contraire deviennent la &#171; mani&#232;re d'&#234;tre &#187; du capitalisme contemporain, c'est-&#224;-dire se sont transform&#233;es en modalit&#233;s en quelque sorte constantes. &#187;[4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle soci&#233;t&#233; se construit en lien avec le march&#233; mondialis&#233;, c'est-&#224;-dire aussi avec un renforcement du caract&#232;re concurrentiel des m&#233;dias, faisant na&#238;tre un champ nouveau de structuration du domaine public, car les logiques de r&#233;gulation des march&#233;s se d&#233;lient des mod&#232;les objectifs, de m&#234;me que les m&#233;dias, noy&#233;s dans une concurrence globale et d&#233;mentielle, se laissent r&#233;gir par le rating associ&#233; &#224; la spectacularisation[5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transition et d&#233;politisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;politisation de la soci&#233;t&#233; qui r&#233;sulte de ces changements culturels trouve en grande partie son explication dans les caract&#233;ristiques &#171; minimalistes &#187; de la transition chilienne vers la d&#233;mocratie. Cette transition fut le r&#233;sultat des n&#233;gociations entre les secteurs mod&#233;r&#233;s de l'opposition et les repr&#233;sentants de la dictature, o&#249; ces derniers r&#233;ussirent &#224; imposer leurs conditions. Mais cela s'explique aussi par la chute du &#171; socialisme r&#233;el &#187; en Europe de l'Est, qui laissa au niveau politique et id&#233;ologique des orphelins chez les partis et les mouvements sociaux qui avaient trouv&#233; dans ces exp&#233;riences des &#233;l&#233;ments pour nourrir leur imaginaire et leurs convictions. Comme le dit si bien Moulian, la perception en vigueur dans le Chili actuel c'est que &#171; les hommes ne font pas l'histoire &#187; puisque celle-ci a un destin fatal mani&#233; dans les ombres par des puissances incontr&#244;lables, tels que les march&#233;s et les m&#233;dias &#187;[6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir d'un regard semblable, &#193;lvaro Cuadra signale que la soci&#233;t&#233; chilienne d'aujourd'hui serait une soci&#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;e de consommateurs dont les caract&#233;ristiques sont l'amn&#233;sie, la d&#233;politisation, le consensus social, la consommation, la r&#233;ussite et l'individualisme. Le tout dans une atmosph&#232;re de bigoterie ultraconservatrice qui rev&#234;t d'un simulacre de pr&#233;tendue spiritualit&#233; un monde dans lequel toutes les pratiques sociales sont devenues mercantilis&#233;es, depuis les loisirs jusqu'&#224; l'&#233;ducation &#187;. De m&#234;me que dans la plupart des soci&#233;t&#233;s bourgeoises, dans la soci&#233;t&#233; chilienne la gestion du pouvoir se r&#233;v&#232;le dans la r&#233;pression polici&#232;re face &#224; toute protestation, &#171; dans la s&#233;duction de la publicit&#233; et la consommation somptuaire, mais aussi par le spectacle &#224; travers l'exub&#233;rance m&#233;diatique &#187;[7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces caract&#233;ristiques du Chili actuel trouvent leur fondement et leur explication dans le type de transition depuis la dictature jusqu'&#224; la d&#233;mocratie lib&#233;rale. La dictature ne fut pas renvers&#233;e, mais remplac&#233;e par une d&#233;mocratie sous tutelle, surveill&#233;e et de basse intensit&#233; qui maintint le mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral et la Constitution de Pinochet reform&#233;e qui fut impos&#233;e par la fraude de 1980. Dans la foul&#233;e du grand cycle de r&#233;voltes populaires de 1983-1987 s'est ouvert un processus de n&#233;gociations entre la dictature et les repr&#233;sentants de l'opposition mod&#233;r&#233;e (D&#233;mocratie chr&#233;tienne, une faction du Parti socialiste, le Parti radical, entre autres) par l'entremise de l'&#201;glise catholique, les grands capitalistes et le gouvernement des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces n&#233;gociations d&#233;bouch&#232;rent sur un accord pour une transition ordonn&#233;e et &#171; pacifique &#187;, qui avait pour but d'emp&#234;cher un soul&#232;vement de masse, encourag&#233; par les forces de la gauche plus radicale. De cette mani&#232;re, la dictature put imposer ses rythmes et ses institutions &#224; la future d&#233;mocratie. Le syst&#232;me politique chilien fut ainsi structur&#233; par la Constitution reform&#233;e de 1980 et par le syst&#232;me binominal des &#233;lections parlementaires, qui permit &#224; la minorit&#233; de droite d'exercer un droit de veto pendant les vingt ann&#233;es suivantes, bloquant toute r&#233;forme substantielle qui n'avait pas son consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces caract&#233;ristiques du syst&#232;me politique, en plus de l'incons&#233;quence et du manque de courage politique des dirigeants de la Concertation, qui ont permis la consolidation d'un syst&#232;me garantissant la permanence du mod&#232;le &#233;conomique impos&#233; par la dictature. De plus, le mod&#232;le &#233;conomique vida la d&#233;mocratie repr&#233;sentative de contenu r&#233;el et imposa une sorte de duopole politique, avec la droite traditionnelle et la Concertation. Ces derni&#232;res sont avantag&#233;es par le syst&#232;me binominal dans les &#233;lections des d&#233;put&#233;s et des s&#233;nateurs, laissant sans repr&#233;sentation au Parlement les forces minoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re &#171; pacifique &#187; de la transition chilienne fut donc acquis au prix d'&#233;normes concessions de l'opposition mod&#233;r&#233;e face aux forces dictatoriales. Ces derni&#232;res conserv&#232;rent leurs institutions, le mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral et, en cons&#233;quence, &#233;touff&#232;rent les possibilit&#233;s d'une d&#233;mocratie plus approfondie [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les mouvements sociaux v&#233;curent une profonde d&#233;pression pendant une grande partie des vingt ans de gouvernement de la Concertation. Non seulement &#224; cause des effets &#171; naturels &#187; du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral, qui tend &#224; transformer les citoyens en simples consommateurs et &#224; d&#233;truire le tissu social, jusqu'&#224; le faire devenir un agr&#233;gat d'individus, dont les espoirs d'am&#233;lioration du niveau de vie passent presque exclusivement par leur acc&#232;s au march&#233; sur la base de leur effort individuel, mais aussi par d'autres raisons. Une d'elles &#8211; et l'une des plus puissantes au d&#233;but des ann&#233;es 1990 &#8211; fut le souvenir de la terreur dictatoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre raison est la propre structure constitutionnelle h&#233;rit&#233;e de la dictature, notamment le Code du travail, qui &#233;touffe presque compl&#232;tement les actions revendicatives des travailleurs, en permettant aux patrons d'engager de la main-d'&#339;uvre de replacement pendant la dur&#233;e des gr&#232;ves. Ces &#233;l&#233;ments ont inhib&#233; pendant longtemps l'expression des demandes sociales. En plus, les partis et gouvernements de la Concertation se sont appliqu&#233;s constamment &#224; d&#233;mobiliser et d&#233;politiser la population, surtout les secteurs populaires, en qu&#234;te de la &#171; gouvernabilit&#233; &#187; du syst&#232;me. Les gouvernements de Patricio Aylwin (1990-1994), Eduardo Frei Ruiz-Tagle (1994-2000), Ricardo Lagos (2000-2006) et Michelle Bachelet (2006-2010) ont cherch&#233; &#225; r&#233;duire au minimum l'expression les revendications sociales, en employant divers moyens tels que la cooptation des dirigeants sociaux, l'organisation des &#171; tables rondes de dialogue &#187; parfaitement st&#233;riles, la r&#233;pression ouverte, les pressions politiques et la pratique du client&#233;lisme &#224; travers des mesures d'assistance et des &#171; correctifs &#187; sociaux au mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La combinaison de tous ces &#233;l&#233;ments a produit la d&#233;politisation, l'exacerbation de l'individualisme et la d&#233;mobilisation de la soci&#233;t&#233;. Tous ces &#233;l&#233;ments ont &#233;t&#233; catalogu&#233;s par certains analystes comme une v&#233;ritable &#171; mutation anthropologique &#187;, d&#233;crite comme une s&#233;rie de d&#233;placements : &#171; de la notion de citoyen vers la notion de consommateur, de la notion de communaut&#233; vers le concept d'individu ; de la notion de conscience de classe ou conscience historique vers la notion d'auto-conscience, parmi d'autres &#187;[9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ducation et le mouvement &#233;tudiant sous le r&#233;gime n&#233;olib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement &#233;tudiant, ces facteurs se sont combin&#233;s avec d'autres plus sp&#233;cifiques, tels que les changements dans l'&#233;ducation introduits par la dictature. Dans le cas de l'&#233;ducation sup&#233;rieure, la nouvelle politique stimula la cr&#233;ation de nombreuses universit&#233;s priv&#233;es. Celles-ci pass&#232;rent de six en 1973 &#224; plus de quarante en 1998. En plus, le r&#233;gime de Pinochet r&#233;forma compl&#232;tement les universit&#233;s d'&#201;tat, &#233;tablissant des universit&#233;s r&#233;gionales &#224; partir du morcellement de l'Universit&#233; du Chili et de l'Universit&#233; Technique de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences les plus nuisibles de cette nouvelle politique furent l'imposition aux universit&#233;s d'Etat de l'obligation de financer la plupart de leurs besoins de ressources par le biais des frais d'inscription et de scolarit&#233;. Cette politique entra&#238;na une concurrence entre les universit&#233;s publiques et entre celles-ci et les universit&#233;s priv&#233;es, afin d'enr&#244;ler des &#233;tudiants avec des bonnes qualifications dans les tests de s&#233;lection, ce qui leur permet d'obtenir l'Apport fiscal indirect (AFI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'enseignement primaire et secondaire, la dictature imposa la &#171; municipalisation &#187;, c'est-&#224;-dire le transfert des &#233;coles et lyc&#233;es depuis le Minist&#232;re de l'&#233;ducation vers les administrations communales, accentuant ainsi les diff&#233;rences de qualit&#233; de l'&#233;ducation en fonction des revenus de chaque municipalit&#233;. En m&#234;me temps, &#224; partir des ann&#233;es 1980, l'&#201;tat stimula le d&#233;veloppement d'un secteur d'&#233;coles &#171; priv&#233;es-subventionn&#233;es &#187; entre les mains d'entrepreneurs motiv&#233;s par la recherche du profit qui, outre ce qu'ils encaissent pour l'&#233;ducation donn&#233;e aux enfants et jeunes, touchent des subventions du gouvernement en tant que prix attribu&#233; &#224; leur &#171; fonction co-&#233;ducatrice &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; du mod&#232;le d'&#233;ducation de march&#233; durant les gouvernements post-dictatoriaux a provoqu&#233;, depuis 1997, diverses explosions du mouvement &#233;tudiant aussi bien secondaire qu'universitaire, les deux plus importantes &#233;tant la &#171; r&#233;volution des pingouins &#187; de 2006, c'est-&#224;-dire les &#233;tudiants du secondaire appel&#233;s de ce nom &#224; cause de la couleur de leur uniforme, et le mouvement de 2011 (universitaire, &#233;coles techniques, et secondaire) qui se prolongea jusqu'&#224; nos jours avec des degr&#233;s d'intensit&#233; variables. Les causes du m&#233;contentement &#233;tudiant et de leurs revendications sont multiples, mais elles poss&#232;dent un d&#233;nominateur commun : le rejet de &#171; l'&#233;ducation de march&#233; &#187;, caract&#233;ristique mod&#232;le lib&#233;ral s'affirmant de mani&#232;re imp&#233;rative au Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; r&#233;volution des pingouins &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la fin avril et le d&#233;but juin 2006 a eu lieu la mobilisation sociale la plus large depuis la fin de la dictature. Apr&#232;s seulement un mois et demi de gouvernement de Michelle Bachelet, des milliers, et plus tard des centaines de milliers de &#171; pingouins &#187; se sont d&#233;clar&#233;s en gr&#232;ve, ont occup&#233; leurs lyc&#233;es et sont descendus dans les rues dans tout le pays. Leurs revendications &#233;taient l'&#233;limination de la Journ&#233;e Scolaire Compl&#232;te, l'acc&#233;l&#233;ration de la distribution du laissez-passer &#233;tudiant qui permet d'utiliser les transports publics en payant un tarif r&#233;duit ainsi que la gratuit&#233; du Test de S&#233;lection Universitaire. La politisation du mouvement des &#171; pingouins &#187; fut tr&#232;s rapide, passant de revendications mineures et corporatives &#224; la remise en question du mod&#232;le d'&#233;ducation n&#233;olib&#233;rale. Les pingouins &#233;largirent leurs revendications en exigeant des bourses, la fin de la &#171; municipalisation &#187; de l'enseignement et la r&#233;int&#233;gration des &#233;tablissements scolaires au minist&#232;re d'&#201;ducation. Ils demandaient aussi la r&#233;habilitation mat&#233;rielle des &#233;tablissements et la d&#233;rogation de la Loi organique constitutionnelle d'&#233;ducation (LOCE) de la dictature, &#233;chafaudage l&#233;gal qui soutenait le mod&#232;le d'&#171; &#233;ducation mercantile &#187;, dont les principales caract&#233;ristiques sont, jusqu'&#224; aujourd'hui, la privatisation, l'enrichissement des entrepreneurs priv&#233;s et l'in&#233;galit&#233; la plus extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Bachelet (celui de 2006-2010) a r&#233;pondu par la r&#233;pression, assortie de quelques petites concessions et des man&#339;uvres destin&#233;es &#224; neutraliser la force du mouvement. Parmi ces man&#339;uvres, des mesures comme la gratuit&#233; du Test de S&#233;lection Universitaire pour les plus pauvres et la lib&#233;ration du laissez-passer &#233;tudiant de mani&#232;re illimit&#233;e pendant toute l'ann&#233;e, s'additionn&#232;rent &#224; l'annonce d'une Commission consultative pr&#233;sidentielle sur l'&#233;ducation. Ces mesures et la cr&#233;ation de cette Commission o&#249; devaient trouver place &#171; tous les acteurs sociaux &#187; &#8211; incluant les repr&#233;sentants des &#233;tudiants&#8211; r&#233;ussirent &#224; d&#233;samorcer les mobilisations dans la deuxi&#232;me semaine de juin[10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les manifestations et un certain climat d'agitation se sont maintenus jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2006, le mouvement n'a pas obtenu la concr&#233;tisation de ses principaux objectifs. Les &#233;tudiants furent &#171; noy&#233;s &#187; dans la Commission consultative pr&#233;sidentielle nomm&#233;e par Bachelet. Seuls douze &#233;tudiants (six du secondaire et six de l'universit&#233;) furent convoqu&#233;s pour d&#233;lib&#233;rer &#224; c&#244;t&#233; de cinquante-quatre repr&#233;sentants du gouvernement, des politiciens professionnels, des entrepreneurs de l'&#233;ducation, des porte-parole des diff&#233;rents groupes d'int&#233;r&#234;t. La LOCE de Pinochet fut &#171; maquill&#233;e &#187; pour devenir la Loi g&#233;n&#233;rale d'&#233;ducation (LGE). Et a &#233;t&#233; maintenue la municipalisation des &#233;tablissements scolaires ainsi que l'obtention de profits par les entrepreneurs dans l'&#233;ducation primaire et secondaire[11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les pingouins furent vaincus par l'astuce de la man&#339;uvre de Bachelet, le co&#251;t politique pour son gouvernement et pour les partis de la Concertation fut &#233;norme. La popularit&#233; de la Pr&#233;sidente chuta dans les enqu&#234;tes et sa coalition perdit prise sur les &#233;tudiants du secondaire. Ces derniers se sentirent trahis par le gouvernement Bachelet. Nombreux de ces pingouins formeront la colonne vert&#233;brale du mouvement qu'&#233;branlera le Chili pendant les ann&#233;es 2011 et 2012, faisant sentir son &#233;cho dans tout le monde. Une s&#233;rie de ph&#233;nom&#232;nes nouveaux apparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi eux, nous pouvons nommer l'auto-organisation bas&#233;e dans le fonctionnement par assembl&#233;es, l'emploi des &#171; r&#233;seaux sociaux &#187; et des nouvelles technologies de la communication, de l'information, l'autogestion et une tendance &#224; l'autonomisme qui avait d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; appara&#238;tre dans les mobilisations de 2001. Une mani&#232;re nouvelle de revendiquer et de faire de la politique couvait dans la jeunesse lyc&#233;enne. (Traduction A l'Encontre et de l'auteur ; Sergio Grez Toso est docteur en histoire et professeur &#224; l'Universit&#233; du Chili. Cette contribution a &#233;t&#233; faite dans le cadre du Forum international qui s'est tenu &#224; Lausanne du 20 au 22 mai 2015. L'expos&#233; de Sergio Grez est divis&#233; en deux parties pour en faciliter la lecture sur le site).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Mar&#237;a Ang&#233;lica Bulnes, entrevista a Jos&#233; Pi&#241;era, &#8220;Jos&#233; Pi&#241;era : Dar un golpe de tim&#243;n, crear esquemas nuevos&#8230;&#8221;, Qu&#233; Pasa, Santiago, 27 de diciembre de 1979 al 2 de enero de 1980, pp. 6-11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Tom&#225;s Moulian, Contradicciones del desarrollo pol&#237;tico chileno. 1920-1990, Santiago, Lom Ediciones, 2009, p. 129.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Ib&#237;d., pp. 129 et 130.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Ibid., p. 130.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#193;lvaro Cuadra, &#8220;Chile : una arqueolog&#237;a del presente&#8221;, en Carlos Ossa Swears (editor), Escrituras del malestar. Chile del Bicentenario, Santiago, 2011, p. 219.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Felipe Portales, Chile : una democracia tutelada, Santiago, Editorial Sudamericana, 2000 ; Gregorio Angelcos y Carlos D&#237;az, Chile una democracia de oligarqu&#237;as, Santiago, Ediciones Documentas, 2005 ; Moulian, Contradicciones&#8230;, op. cit., pp. 117-131.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Cuadra, op. cit., p. 218.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Ibid. ; Tamara Guti&#233;rrez Portillo y Cristina Caviedes Reyes, Revoluci&#243;n ping&#252;ina. &#171; La primera gran movilizaci&#243;n del siglo XXI en Chile &#187;, Santiago, Editorial Ay&#250;n, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ibidem.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand le gang des &#171; has been &#187; d'Am&#233;rique latine et d'Espagne se mobilise contre le Venezuela</title>
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		<dc:date>2015-05-05T11:53:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Lemoine</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-05-05</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 9 avril, en pr&#233;lude au Sommet des Am&#233;riques, en compagnie des ex-chefs d'Etat Felipe Calder&#243;n (Mexique), Jorge Quiroga (Bolivie) et de l'ancien chef du gouvernement espagnol Jos&#233; Mar&#237;a Aznar, l'ex-pr&#233;sident colombien Andr&#233;s Pastrana a pr&#233;sent&#233; en grandes pompes aux m&#233;dias, dans les salons d'un luxueux h&#244;tel, une &#171; D&#233;claration de Panam&#225; &#187;. Egalement sign&#233; par d'autres ex-gouvernants latino-am&#233;ricains, ce texte d&#233;nonce &#171; la grave alt&#233;ration d&#233;mocratique et constitutionnelle dont souffre le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH105/arton21991-9540e.png?1676538407' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 9 avril, en pr&#233;lude au Sommet des Am&#233;riques, en compagnie des ex-chefs d'Etat Felipe Calder&#243;n (Mexique), Jorge Quiroga (Bolivie) et de l'ancien chef du gouvernement espagnol Jos&#233; Mar&#237;a Aznar, l'ex-pr&#233;sident colombien Andr&#233;s Pastrana a pr&#233;sent&#233; en grandes pompes aux m&#233;dias, dans les salons d'un luxueux h&#244;tel, une &#171; D&#233;claration de Panam&#225; &#187;. Egalement sign&#233; par d'autres ex-gouvernants latino-am&#233;ricains, ce texte d&#233;nonce &#171; la grave alt&#233;ration d&#233;mocratique et constitutionnelle dont souffre le Venezuela &#187; et &#171; exige l'imm&#233;diate remise en libert&#233; des prisonniers politiques et le r&#233;tablissement des conditions n&#233;cessaires pour l'exercice des droits fondamentaux et des libert&#233;s publiques dans ce pays &#187;. B&#233;n&#233;ficiant d'une ample publicit&#233;, cette d&#233;claration a &#233;t&#233; remise aux participants au Sommet, &#224; l'Organisation des Etats am&#233;ricains (OEA) et &#224; l'Organisation des Nations unies (ONU). &#171; Nous faisons cela pour attirer l'attention de la communaut&#233; internationale sur ce qui se passe au Venezuela avec les droits de l'homme &#187;, a d&#233;clar&#233; Andr&#233;s Pastrana.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut que se f&#233;liciter de voir d'aussi &#233;minentes personnalit&#233;s politiques &#8211; dont la liste figure ci-dessous &#8211; se pr&#233;occuper pour la d&#233;mocratie et le respect des droits de l'homme &#224; Caracas, tant les comp&#233;tences et l'exp&#233;rience de chacun sont dignes du plus grand respect. Qu'on en juge&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233;s Pastrana. &lt;/strong&gt; Pr&#233;sident colombien de 1998 &#224; 2002, p&#233;riode pendant laquelle, d'apr&#232;s la Commission des droits de l'homme de l'ONU, la situation des droits en question s'est consid&#233;rablement aggrav&#233;e, essentiellement du fait de la mont&#233;e en puissance des groupes paramilitaires li&#233;s &#224; l'arm&#233;e et agissant en toute impunit&#233; dans l'ensemble du pays. La signature, avec Washington, du &#171; plan Colombie &#187; (sans que le Congr&#232;s national n'ait &#233;t&#233; consult&#233;) a eu pour principale cons&#233;quence de prolonger et radicaliser le conflit arm&#233; interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Felipe Calder&#243;n. &lt;/strong&gt; Personne n'aurait pu imaginer que son sexennat (2006-2012) conduirait le Mexique &#224; une situation aussi &#233;pouvantable : sa d&#233;sastreuse strat&#233;gie de militarisation de la lutte contre les narcotrafiquants a fait exploser l'usage de la torture par les forces arm&#233;es, s'est sold&#233;e par 60 000 morts violentes auxquelles on rajoutera plus de 26 000 &#171; disparitions &#187;, sans faire aucunement reculer le crime organis&#233;. En revanche, le taux de la population vivant sous le seuil de pauvret&#233; (moins de 100 dollars par mois) est pass&#233; de 43 % &#224; 46 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Quiroga.&lt;/strong&gt; N'a jamais &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident de Bolivie ; vice-pr&#233;sident, il n'a acc&#233;d&#233; bri&#232;vement &#224; la fonction (du 7 ao&#251;t 2001 au 6 ao&#251;t 2002) que parce que le pr&#233;sident Hugo Banzer, victime d'un cancer, a d&#251; d&#233;missionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jos&#233; Mar&#237;a Aznar.&lt;/strong&gt; Chef du gouvernement espagnol du 4 mai 1996 au 17 avril 2004 ; on lui doit la &#171; position commune &#187; de l'Union europ&#233;enne (UE) adopt&#233;e en 1996 &#8211; sanctions limitant les &#233;changes politiques, diplomatiques et culturels avec Cuba &#8211; au nom de l'alignement sur la politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis. D&#232;s le 12 avril 2002, au nom de l'UE dont il assurait la pr&#233;sidence en tant que pr&#233;sident du gouvernement espagnol (mais dont il n'avait consult&#233; aucun dirigeant), Aznar a reconnu, en compagnie de George W. Bush, le gouvernement putschiste du patron des patrons v&#233;n&#233;zu&#233;lien Pedro Carmona, qui avait particip&#233; la veille au coup d'Etat contre Hugo Ch&#225;vez. Son expertise en mati&#232;re de &#171; droits de l'homme &#187; lui a permis de devenir conseiller de Barrick Gold, num&#233;ro un mondial dans l'extraction mini&#232;re de l'or, et d'int&#233;grer le conseil d'administration de News Corporation, l'empire de Rupert Murdoch (The Times, Wall Street Journal, Fox News, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eduardo Duhalde. &lt;/strong&gt; Vice-pr&#233;sident de l'ultralib&#233;ral Carlos Menem de 1989 &#224; 1991, Duhalde n'a pas &#233;t&#233; &#233;lu, mais, en pleine crise de la dette, est devenu chef de l'Etat &#171; int&#233;rimaire &#187; de l'Argentine &#8211; nomm&#233; par l'Assembl&#233;e l&#233;gislative apr&#232;s la d&#233;mission de Fernando de la R&#250;a &#8211; du 2 janvier 2002 au 25 mai 2003. Alors qu'il se trouvait &#224; la Casa Rosada (la pr&#233;sidence), la police a r&#233;prim&#233; brutalement les manifestants, notamment lors de ce qui est demeur&#233; dans les m&#233;moires sous le nom de &#171; massacre de Avalleneda &#187; (deux morts, trente-trois bless&#233;s par balles). Devant l'indignation populaire, il a d&#251; organiser des &#233;lections anticip&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sebasti&#225;n Pi&#241;era.&lt;/strong&gt; Dot&#233; d'une fortune de 2,4 milliards de dollars, ce &#171; Berlusconi chilien &#187; (2010-2014), qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; faire entrer d'anciens collaborateurs du r&#233;gime militaire du g&#233;n&#233;ral Augusto Pinochet dans son gouvernement, a durement r&#233;prim&#233; en 2011 les innombrables manifestations &#233;tudiantes &#8211; certaines d'entre elles se terminant par des centaines d'arrestations (870 le 4 ao&#251;t) &#8211; qui r&#233;clamaient une &#233;ducation publique, gratuite et de qualit&#233;. Contre les Mapuches &#8211; communaut&#233;s autochtones qui prot&#232;gent leurs terres ancestrales de l'expansion de projets d'exploitation foresti&#232;re &#8211;, le pouvoir a appliqu&#233; la loi anti-terroriste h&#233;rit&#233;e de la dictature de Pinochet. En vertu de l'article 269 de la loi Hinzpeter, ceux qui participaient aux &#171; d&#233;sordres de l'ordre public &#187; ou tout autres actes de violence pouvaient &#234;tre punis d'une peine de prison de 541 jours &#224; trois ans de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#193;lvaro Uribe. &lt;/strong&gt; Proche du &#171; narco &#187; Pablo Escobar lorsqu'il &#233;tait maire de Medell&#237;n (1982), principal promoteur et initiateur des Coop&#233;ratives de s&#233;curit&#233; rurale &#8211; les Convivir, ult&#233;rieurement ralli&#233;es aux paramilitaires &#8211; quand il a exerc&#233; la fonction de gouverneur de l'Antioquia (1995-1997). Ses deux mandats pr&#233;sidentiels (2002-2006 ; 2006-2010) ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par une succession de scandales sanglants. Dans celui dit &#171; de la parapolitique &#187;, plus de soixante d&#233;put&#233;s et s&#233;nateurs (dont son cousin Mario Uribe) appartenant &#224; sa mouvance politique ont &#233;t&#233; mis en examen, en d&#233;tention ou condamn&#233;s (trente-deux) pour leurs liens avec les narcoparamilitaires des Autod&#233;fenses unies de Colombie (AUC). Dans le cadre des &#171; chuzadas &#187;, le pr&#233;sident de la Cour supr&#234;me, ainsi que de nombreux magistrats, journalistes et opposants ont &#233;t&#233; espionn&#233;s par la police politique (D&#233;partement administratif de s&#233;curit&#233; ; DAS). La pratique des &#171; faux positifs &#187; a vu des membres de l'arm&#233;e colombienne assassiner des civils innocents &#8211; 2 700 d'apr&#232;s le parquet g&#233;n&#233;ral (en septembre 2011) &#8211; afin de les faire passer pour des gu&#233;rilleros morts en combat. Chef de la s&#233;curit&#233; et homme de confiance d'Uribe au Palacio de Nari&#241;o (le palais pr&#233;sidentiel), le g&#233;n&#233;ral Mauricio Santoyo, a &#233;t&#233; condamn&#233; en d&#233;cembre 2012, aux Etats-Unis, &#224; treize ans d'incarc&#233;ration pour ses liens avec le narcotrafic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belisario Betancur. &lt;/strong&gt; Sous sa pr&#233;sidence, le 6 novembre 1985, un commando du M-19 a investi le Palais de justice de Bogot&#225;, o&#249; si&#233;geait la Cour supr&#234;me, retenant en otage plus de 300 personnes. Alors que les gu&#233;rilleros exigeaient de n&#233;gocier avec le pr&#233;sident, celui-ci refusa et l'assaut donn&#233; par l'arm&#233;e se transforma en boucherie : une centaine de morts, gu&#233;rilleros pour la plupart, onze juges de la Cour supr&#234;me et des employ&#233;s du palais, auxquels s'ajoutent onze disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Miguel &#193;ngel Rodr&#237;guez.&lt;/strong&gt; Pr&#233;sident du Costa Rica de 1998 &#224; 2002, bri&#232;vement (un mois !) secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Organisation des Etats am&#233;ricains (OEA) en 2004, il a &#233;t&#233; condamn&#233; le 27 avril 2011 &#224; cinq ans de prison pour corruption aggrav&#233;e (un pot-de-vin de 819 000 dollars pour l'adjudication d'un contrat de t&#233;l&#233;phonie mobile &#224; Alcatel), avant d'&#234;tre acquitt&#233; en appel. Contestant cette d&#233;cision, la Cour supr&#234;me l'a remis en examen en novembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rafael &#193;ngel Calder&#243;n.&lt;/strong&gt; Pr&#233;sident du Costa Rica de 1990 &#224; 1994. Accus&#233; d'avoir per&#231;u des commissions sur l'achat de mat&#233;riel m&#233;dical effectu&#233; en 2002 pour le compte de la s&#233;curit&#233; sociale, il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; cinq ans de prison, pour corruption, en octobre 2009, et n'a pu prendre part, comme il le souhaitait, &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laura Chinchilla.&lt;/strong&gt; Lorsqu'elle a quitt&#233; la pr&#233;sidence du Costa Rica, le 8 mai 2014, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des enseignants inondait les rues de manifestants d&#233;non&#231;ant des retards de salaires. Il restera de son mandat le scandale qui a &#233;clat&#233; lorsque a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; que, en mars et mai 2013, &#224; cause de l'incurie de son ministre de la Communication et du chef des services de renseignements (qui ont d&#251; d&#233;missionner), elle a utilis&#233;, pour un d&#233;placement officiel, puis un voyage priv&#233; au P&#233;rou, un jet mis &#224; sa disposition par Gabriel Morales Fallon, un homme d'affaires colombien soup&#231;onn&#233; dans son pays d'&#234;tre li&#233; &#224; des trafiquants de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#211;scar Arias&lt;/strong&gt;. Lui aussi ex-pr&#233;sident du Costa Rica, il a re&#231;u le prix Nobel de la paix en 1987 pour son r&#244;le dans les processus de paix en Am&#233;rique centrale (Salvador, Nicaragua, Guatemala) &#8211; bien qu'il ait en permanence tent&#233; de marginaliser le Nicaragua sandiniste. Pour &#233;viter que l'OEA (domin&#233;e par des gouvernements de gauche et de centre gauche) ne g&#232;re la crise n&#233;e au Honduras apr&#232;s le renversement, en juin 2009, du pr&#233;sident Manuel Zelaya, il s'est vu confier le r&#244;le de &#171; m&#233;diateur &#187; gr&#226;ce aux man&#339;uvres de la secr&#233;taire d'Etat Hillary Clinton. Jouant la montre, il a permis aux putschistes de consolider leurs positions tout en emp&#234;chant le retour de Zelaya dans son pays avant l'organisation d'&#233;lections sous contr&#244;le (le 29 novembre 2009) permettant de &#171; laver &#187; le &#171; golpe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luis Alberto Monge&lt;/strong&gt;. &#201;lu pr&#233;sident du Costa Rica en 1982. Bien que d&#233;clarant son pays neutre, il a ferm&#233; les yeux sur les activit&#233;s des groupes antisandinistes en &#233;change d'une importante aide &#233;conomique des Etats-Unis de Ronald Reagan. C'est durant son mandat que l'ambassadeur am&#233;ricain Lewis Tamb et la CIA, avec l'appui des forces de s&#233;curit&#233; costariciennes, ont ouvert une piste d'atterrissage utilis&#233;e pour approvisionner le Front sud de la &#171; contra &#187; en armes &#8211; financ&#233;es par le trafic de coca&#239;ne organis&#233; en lien avec le cartel de Medell&#237;n par la CIA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Osvaldo Hurtado. &lt;/strong&gt; Vice-pr&#233;sident &#233;quatorien, arriv&#233; au pouvoir sans &#234;tre &#233;lu, apr&#232;s la mort, en 1981, dans un accident d'avion, du chef de l'Etat progressiste Jaime Rold&#243;s. Candidat &#224; trois reprises &#224; la magistrature supr&#234;me, il a chaque fois &#233;t&#233; battu ; lors de sa derni&#232;re tentative, en 2002, il a rassembl&#233;&#8230; moins de 1 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucio Guti&#233;rrez.&lt;/strong&gt; Pr&#233;sident &#233;quatorien destitu&#233; par le Parlement le 20 avril 2005, au terme d'un soul&#232;vement populaire, il a &#233;t&#233; impliqu&#233; dans la tentative de coup d'Etat foment&#233; le 30 septembre 2010 par des policiers mutins contre le pr&#233;sident Rafael Correa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alfredo Cristiani.&lt;/strong&gt; Au pouvoir au Salvador de 1989 &#224; 1994, il a &#233;t&#233; &#233;lu sous les couleurs de l'Alliance r&#233;publicaine nationaliste (Arena), parti associ&#233; aux escadrons de la mort d'extr&#234;me droite fond&#233;s par le major Roberto D'Aubuisson pour &#233;touffer toute opposition. Sous son mandat, au pr&#233;texte de lutter contre la gu&#233;rilla du Front Farabundo Marti de lib&#233;ration nationale (FMLN), l'arm&#233;e a assassin&#233; six pr&#234;tres j&#233;suites, dont le recteur de l'Universit&#233; Centram&#233;ricaine (UCA), Ignacio Ellacuria, tr&#232;s impliqu&#233; dans la recherche de la paix. Pour apaiser l'indignation de la communaut&#233; internationale, Cristiani a promis que les responsables seraient jug&#233;s. La plupart seront acquitt&#233;s par un jury en 1991, avant que Cristiani ne d&#233;cr&#232;te une amnistie en avril 1993... quelques jours avant la publication d'un rapport d'enqu&#234;te des Nations Unies d&#233;montrant la compromission des plus hautes autorit&#233;s de l'arm&#233;e (et des Etats-Unis). Lorsque, &#224; New York, le 31 d&#233;cembre 1992, un accord de paix a &#233;t&#233; sign&#233; avec le FMLN, Cristiani n'a pas paraph&#233; personnellement le document.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Armando Calder&#243;n Sol. &lt;/strong&gt; Successeur d'Alfredo Cristiani &#224; la pr&#233;sidence du Salvador (1994-1999) pour le compte, lui aussi, de l'Arena dont il est l'un des fondateurs. Son gouvernement s'est essentiellement distingu&#233; par l'ampleur des &#171; r&#233;formes &#187; et des privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vicente Fox. &lt;/strong&gt; Pr&#233;sident de Coca-Cola pour le Mexique et l'Am&#233;rique latine, il a &#233;t&#233; &#233;lu pour six ans chef de l'Etat du Mexique le 2 juillet 2000, pour le compte du Parti d'action nationale (PAN). Dans son z&#232;le n&#233;olib&#233;ral, il a multipli&#233; les privatisations (eau, &#233;lectricit&#233;, parcs naturels, sites arch&#233;ologiques, etc.), dans le contexte des m&#233;ga-projets continentaux pr&#233;vus par le Plan Puebla - Panama (PPP), lui-m&#234;me con&#231;u en vue de la concr&#233;tisation de la Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques (ZLEA), ch&#232;re aux Etats-Unis. Ces projets se heurtant &#224; une vive r&#233;sistance, la r&#233;pression s'est d&#233;cha&#238;n&#233;e &#224; travers la militarisation et l'&#233;mergence de groupes paramilitaires, en particulier dans les &#201;tats (Chiapas, Guerrero, Michoac&#225;n, Oaxaca) o&#249; survit 80% de la population indig&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alejandro Toledo.&lt;/strong&gt; A la t&#234;te du P&#233;rou de 2001 &#224; 2006, ennemi des entreprises publiques et continuateur des politiques n&#233;olib&#233;rales du dictateur Alberto Fujimori, qui a fui le pays, il s'est montr&#233; particuli&#232;rement complaisant avec le capital &#233;tranger. Il a termin&#233; son mandat tr&#232;s impopulaire, les P&#233;ruviens lui reprochant de ne pas avoir b&#233;n&#233;fici&#233; des fruits de la croissance alors que l'&#233;conomie &#233;tait au mieux depuis cinq ans. Se repr&#233;sentant &#224; la pr&#233;sidentielle d'avril 2011 (remport&#233;e par Ollanta Humala), il n'a obtenu que 16 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luis Alberto Lacalle.&lt;/strong&gt; Repr&#233;sentant l'aile droite du parti Blanco, partisan d&#233;clar&#233; des politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales, il a &#233;t&#233; pr&#233;sident de l'Uruguay de 1990 &#224; 1995. Le 13 d&#233;cembre 1992, un r&#233;f&#233;rendum d'initiative populaire a annul&#233; (avec pr&#232;s de 75 % des voix) cinq des trente-deux articles de sa loi g&#233;n&#233;rale sur les privatisations, laborieusement approuv&#233;e apr&#232;s seize mois de d&#233;bat. Le 28 ao&#251;t 1994, ce peuple d&#233;cid&#233;ment insoumis, rejettera (63 % des voix) une r&#233;forme constitutionnelle confuse pr&#233;voyant, entre autres, une r&#233;forme du syst&#232;me &#233;lectoral et des prestations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicol&#225;s Ardito Barletta.&lt;/strong&gt; Technocrate panam&#233;en, vice-pr&#233;sident de la Banque mondiale pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes (1978-1984), vainqueur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de mai 1984, il a &#233;t&#233; pouss&#233; &#224; la d&#233;mission le 28 septembre 1985 par le g&#233;n&#233;ral Manuel Antonio Noriega.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mireya Moscoso. &lt;/strong&gt; A gouvern&#233; le Panama de 1999 &#224; 2004 et a d&#233;fray&#233; la chronique du fait de son go&#251;t pour les v&#234;tements de luxe et les bijoux pay&#233;s sur le budget de l'Etat. Un temps inqui&#233;t&#233;e pour l'usage irr&#233;gulier, par une fondation que dirigeaient des proches, d'un don de 45 millions de dollars effectu&#233; par Taiwan, elle a r&#233;ussi &#224; se sortir de ce mauvais pas. Proche alli&#233;e des Etats-Unis, elle a, sur demande pressante de Washington, le 26 ao&#251;t 2004, dernier jour de son mandat, amnisti&#233; &#171; pour raisons humanitaires &#187; le terroriste anticastriste Luis Posada Carriles. Arr&#234;t&#233; alors qu'il pr&#233;parait un attentat &#224; la bombe contre Fidel Castro en visite au Panam&#225; en novembre 2000, il avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; huit ann&#233;es d'incarc&#233;ration. Agent de la CIA, auteur intellectuel de l'attentat contre un DC-8 de la Cubana de Aviaci&#243;n qui fit soixante-treize victimes, &#224; La Barbade, en 1976, Posada Carriles vit actuellement, en toute impunit&#233;, &#224; Miami (o&#249; r&#233;side &#233;galement Mireya Moscoso).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tous ces signataires de la &#171; D&#233;claration de Panam&#225; &#187;, regroup&#233;s au sein de l'Initiative d&#233;mocratique d'Espagne et des Am&#233;riques (IDEA), s'est joint le &#171; socialiste &#187; Felipe Gonz&#225;lez. Au sein de cette belle brochette, il ne d&#233;pare pas. Le 26 septembre 1983, alors chef du gouvernement espagnol, il a d&#233;cor&#233; l'amiral Rub&#233;n Franco, l'un des chefs de la dictature argentine (depuis condamn&#233; pour &#171; vol de b&#233;b&#233;s &#187;), de la Grande Croix de l'Ordre du M&#233;rite A&#233;ronautique. Le contre-amiral Ciro Garc&#237;a, collaborateur du dictateur Jorge Videla, li&#233; aux services de renseignements, recevra &#233;galement de ses mains la m&#234;me distinction. C'est &#233;galement sous le gouvernement de Gonz&#225;lez que, de 1983 &#224; 1986, &#233;manation du pouvoir, l'escadron de la mort des Groupes antiterroristes de lib&#233;ration (GAL) ont assassin&#233; dix-sept s&#233;paratistes basques sur le sol fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien que [leur ] prise de position soit purement symbolique, a comment&#233; le politologue Daniel Lansberg-Rodriguez dans la revue am&#233;ricaine Foreign Policy (reprise sans une once de r&#233;flexion par Courrier International), elle contribue &#224; d&#233;monter le r&#233;cit officiel de la solidarit&#233; entre pays latino-am&#233;ricains face &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. &#187; Ce qui s'appelle prendre ses d&#233;sirs pour des r&#233;alit&#233;s. En effet, cette bande de &#171; has been &#187; d&#233;pourvus de l&#233;gitimit&#233; pour donner des le&#231;ons &#224; qui que ce soit a &#233;t&#233; clairement d&#233;savou&#233;e par les chefs d'Etat en exercice. Face au d&#233;cret du pr&#233;sident Barack Obama qualifiant le Venezuela de &#171; menace pour la s&#233;curit&#233; nationale des Etats-Unis &#187;, tant l'Union des nations sud-am&#233;ricaine (Unasur) que la Communaut&#233; des Etats latino-am&#233;ricains et cara&#239;bes (Celac) ont manifest&#233; un rejet unanime et, d&#233;clarant que l'ing&#233;rence des Etats-Unis dans la r&#233;gion &#171; cr&#233;e une tr&#232;s forte tension &#187;, ont r&#233;clam&#233; son abrogation [1]. Par ailleurs, lors du Sommet des Am&#233;riques que la machine &#224; simplifier m&#233;diatique a r&#233;sum&#233; &#224; &#171; l'historique poign&#233;e de main entre Ra&#250;l Castro et Obama &#187;, les pressions et interventions am&#233;ricaines ont &#233;t&#233; vigoureusement d&#233;nonc&#233;es par les chefs d'Etat de la Bolivie (Evo Morales), de l'Equateur (Rafael Correa), du Venezuela (Nicol&#225;s Maduro) et de l'Argentine (Cristina Kirchner), avec l'assentiment de leurs homologues continentaux et insulaires &#8211; la Communaut&#233; des Cara&#239;bes (Caricom ; treize Etats) se distinguant dans sa solidarit&#233; avec Caracas. Enfin, et apr&#232;s qu'Obama ait abandonn&#233; l'assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re pour &#233;viter d'entendre les critiques adress&#233;es aux Etats-Unis, aucune &#171; d&#233;claration finale &#187; n'a &#233;t&#233; sign&#233;e, faute de consensus entre &#171; yankees &#187; et &#171; latinos &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Maurice Lemoine : auteur de Les enfants cach&#233;s du g&#233;n&#233;ral Pinochet. Pr&#233;cis de coups d'Etat modernes et autres tentatives de d&#233;stabilisation, Don Quichotte, Paris, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lire Christophe Ventura, &#171; La faute de Barack Obama en Am&#233;rique latine &#187;, M&#233;moire des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Quand-le-gang-des-has-been-d&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.medelu.org/Quand-le-gang-des-has-been-d&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.alainet.org/fr/articulo/168995&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alainet.org/fr/articulo/168995&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;curit&#233; alimentaire en Ha&#239;ti : Situation alarmante mais stable</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Securite-alimentaire-en-Haiti-Situation-alarmante-mais-stable</link>
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		<dc:date>2015-05-05T11:52:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Marino Bruno</dc:creator>


		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-05-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;P-au-P, 27 avril 2015 [AlterPresse] --- M&#234;me si une certaine stabilit&#233; est enregistr&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale, l'am&#233;lioration des conditions de s&#233;curit&#233; alimentaire est lente, analyse le directeur de la Coordination nationale de la s&#233;curit&#233; alimentaire (Cnsa), Gary Mathieu, dans une interview accord&#233;e &#224; AlterPresse ce lundi 27 avril. &lt;br class='autobr' /&gt;
30/04/2015 &lt;br class='autobr' /&gt; La situation n'a ni empir&#233;, ni r&#233;ellement am&#233;lior&#233;, souligne l'ing&#233;nieur-agronome, relevant, en termes de tendance, une certaine stabilit&#233;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Haiti-+" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-05-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-05-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH58/arton21992-e3f05.jpg?1675743157' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='58' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;P-au-P, 27 avril 2015 [AlterPresse] --- M&#234;me si une certaine stabilit&#233; est enregistr&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale, l'am&#233;lioration des conditions de s&#233;curit&#233; alimentaire est lente, analyse le directeur de la Coordination nationale de la s&#233;curit&#233; alimentaire (Cnsa), Gary Mathieu, dans une interview accord&#233;e &#224; AlterPresse ce lundi 27 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30/04/2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation n'a ni empir&#233;, ni r&#233;ellement am&#233;lior&#233;, souligne l'ing&#233;nieur-agronome, relevant, en termes de tendance, une certaine stabilit&#233;, depuis 2013 et 2014, en ce qui concerne la s&#233;curit&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, tout de m&#234;me, lieu de s'alarmer, estime la Cnsa, plaidant pour une r&#233;duction graduelle du nombre de personnes en ins&#233;curit&#233; alimentaire en Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 millions de gens se trouvent en ins&#233;curit&#233; alimentaire, selon les estimations de la Cnsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2014, la Coordination nationale de la s&#233;curit&#233; alimentaire annon&#231;ait une hausse de l'ins&#233;curit&#233; alimentaire pour d&#233;but 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ha&#239;ti, il existe entre 600 mille &#224; 1 million de personnes, r&#233;parties dans les 140 communes, qui se retrouvent, g&#233;n&#233;ralement, dans une ins&#233;curit&#233; alimentaire &#233;lev&#233;e, rappelle Gary Mathieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gens sont localis&#233;s, pour la plupart, dans des communes class&#233;es vuln&#233;rables, situ&#233;es dans le bas Nord-Ouest, l'arrondissement de Belle Anse (Sud Est), &#224; la Gon&#226;ve (l'Ouest), dans le haut Artibonite et le Plateau Central (Centre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;cheresse continue d'entra&#238;ner une perte des semences, plant&#233;es dans le Plateau central, et, du coup, une ins&#233;curit&#233; alimentaire aigu&#235;, signale le porte-parole du Mouvement national des paysans du congr&#232;s de Papaye (sigle cr&#233;ole Mpnkp) et &#233;galement du Mouvement des paysans de Papaye (Mpp), Chavannes Jean-Baptiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vivres, comme le manioc et la patate douce, se font de plus en plus rares, rapporte Jean-Baptiste, signalant de petits soulagements dans le d&#233;partement du Plateau central, avec l'apparition (depuis f&#233;vrier 2015) de diverses vari&#233;t&#233;s de mangues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#234;me si la pluie tombe au mois de mai, l'ins&#233;curit&#233; alimentaire se poursuivra jusqu'au mois d'ao&#251;t &#187;, augure le Mpnkp, relevant &#171; combien les actions du gouvernement &#187;, dans le cadre de la campagne de printemps 2015, ont, plut&#244;t, &#171; accouch&#233; d'une souris &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;coltes de cette campagne de printemps (2015) repr&#233;sentent environ 50% de la production annuelle au niveau national, selon la Cnsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part quelques distributions de marmites de pois, aucune campagne agricole importante n'a &#233;t&#233; effectu&#233;e par le gouvernement actuel, fustige le Mpnkp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est extr&#234;mement important, pour le Minist&#232;re de l'agriculture et du d&#233;veloppement rural (Marndr), d'investir davantage, au cours de la saison de printemps, en vue d'augmenter la production alimentaire, esp&#232;re la Cnsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cnsa appelle &#224; la mise en place d'un programme de protection sociale, pour les familles les plus vuln&#233;rables, susceptible de leur permettre de b&#233;n&#233;ficier d'emplois durables, de soins de sant&#233; et d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle encourage la poursuite de la politique de stabilisation des prix, adopt&#233;e, en septembre 2012, apr&#232;s la cr&#233;ation d'une commission de stabilisation des prix, sous l'ancien premier ministre Laurent Salvador Lamothe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le climat n'est pas trop favorable &#224; une am&#233;lioration des conditions de s&#233;curit&#233; alimentaire, ceci pour diff&#233;rentes r&#233;gions du pays &#187;, indique un bulletin d'avril 2015, publi&#233; sur le site de la Cnsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cause de la perte des r&#233;coltes d'automne et d'hiver, de nombreuses zones dans la p&#233;ninsule du Sud, l'Ouest, le Nord et le Plateau central se retrouvent en situation de stress, pouvant s'&#233;tendre jusqu'au mois de juin (2015), donc jusqu'aux prochaines r&#233;coltes, pr&#233;cise le bulletin de la Cnsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un suivi tr&#232;s soutenu de la situation alimentaire est, toutefois, n&#233;cessaire dans le bas Nord-Ouest et certaines communes dans le Sud-Est, o&#249; des conditions climatiques adverses font grimper rapidement l'ins&#233;curit&#233; alimentaire parmi les m&#233;nages pauvres &#187;, recommande la Cnsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2015, des repr&#233;sentants d'organisations paysannes ont alert&#233; sur une terrible ins&#233;curit&#233; alimentaire qui s&#233;vit, notamment dans la paysannerie, en Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 avril 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.alterpresse.org/spip.php?article18134#.VUJGyPB1yyc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alterpresse.org/spip.php?article18134#.VUJGyPB1yyc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.alainet.org/fr/articulo/169322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.alainet.org/fr/articulo/169322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le maire opposant au pouvoir du Venezu&#233;la est arr&#234;t&#233; pour son r&#244;le dans une tentative de coup d'&#201;tat </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-maire-opposant-au-pouvoir-du-Venezuela-est-arrete-pour-son-role-dans-une</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-maire-opposant-au-pouvoir-du-Venezuela-est-arrete-pour-son-role-dans-une</guid>
		<dc:date>2015-02-24T13:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rachael Boothroyd</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-02-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Caracas. Antonio Ledezma, maire opposant au pouvoir et politicien de droite depuis longtemps, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les services de renseignements v&#233;n&#233;zu&#233;liens sous l'accusation de participation &#224; un plan de coup d'&#201;tat contre le gouvernement Maduro d&#233;mocratiquement &#233;lu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rachael Boothroyd, venezuelanalysis.com, 19 f&#233;vrier 2015, &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction, Alexandra Cyr, &lt;br class='autobr' /&gt; Ce plan pour commettre un coup d'&#201;tat a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; la semaine derni&#232;re par les forces de s&#233;curit&#233;. Quelques heures avant, des officiers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;V&#233;n&#233;zuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-02-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-02-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH107/arton21002-d1a5a.jpg?1676172485' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Caracas. Antonio Ledezma, maire opposant au pouvoir et politicien de droite depuis longtemps, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les services de renseignements v&#233;n&#233;zu&#233;liens sous l'accusation de participation &#224; un plan de coup d'&#201;tat contre le gouvernement Maduro d&#233;mocratiquement &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachael Boothroyd, venezuelanalysis.com, 19 f&#233;vrier 2015,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction, Alexandra Cyr,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce plan pour commettre un coup d'&#201;tat a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; la semaine derni&#232;re par les forces de s&#233;curit&#233;. Quelques heures avant, des officiers de l'arm&#233;e de l'air, soutenus par les &#201;tats-Unis, pr&#233;paraient des attaques a&#233;riennes contre des points strat&#233;giques dans la capitale. Ils esp&#233;raient provoquer l'assassinat du Pr&#233;sident et ainsi r&#233;ussir &#224; changer le r&#233;gime politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident a ensuite d&#233;clar&#233; : &#171; Antonio Ledezma, sur ordre du Procureur public, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; aujourd'hui. Il sera poursuivi pour le syst&#232;me judiciaire v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Il devra r&#233;pondre de tous les crimes commis contre la paix et la s&#233;curit&#233; du pays et de la Constitution&#8230;Nous en avons assez des conspirations, nous voulons travailler en paix &#187; ! Son auditoire l'a applaudi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine derni&#232;re, M. Ledezma, actuellement maire du district m&#233;tropolitain de la capitale, Caracas a sign&#233; une d&#233;claration appelant &#224; &#171; Une entente pour une transition nationale &#187; conjointement avec d'autres politiciens de l'opposition : Mme Maria Corina Machando et M. Leopoldo Lopez, le leader du Parti &#8216;Voluntad Popular' actuellement emprisonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document appelle les V&#233;n&#233;zu&#233;liens-nes &#224; s'unir pour renverser le Pr&#233;sident &#233;lu, M. Maduro et &#224; &#233;laborer un programme d'action pour un &#233;ventuel gouvernement provisoire. On y pr&#233;voit le retour des &#171; exil&#233;s-es &#187;, des poursuites contre les membres actuels du gouvernement et d'&#233;tablir des contacts avec les institutions financi&#232;res internationales dont le Fond mon&#233;taire international. Cet appel a &#233;t&#233; divulgu&#233; le 11 f&#233;vrier courant, quelques jours avant la tentative de coup d'&#201;tat et qui devait mettre en marche le plan contenu dans la d&#233;claration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat constitutionnaliste Jesus Silva a d&#233;clar&#233; &#224; Venezuelanalysis que : &#171; Cette d&#233;claration n'a aucune base juridique. C'est un putsch, une conspiration malheureusement qui a atteint des milliers d'opposants-es endoctrin&#233;s-es pour s'attaquer &#224; la d&#233;mocratie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrestation de M. Ledezma arrive dans une vague de plusieurs autres dont des officiers de l'arm&#233;e de l'air impliqu&#233;s dans le plan. M. Diosadado Cabello, pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale a d&#233;clar&#233; mercredi soir que l'arrestation de M. Ledezma &#233;tait survenue apr&#232;s des r&#233;v&#233;lations faites par un de ces officiers au cours de son interrogatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette confession, il d&#233;clarait que M. Ledezma avait particip&#233; l'an dernier &#224; un plan pour &#171; &#233;liminer &#187; M. L. Lopez le leader de l'opposition dans le but de cr&#233;er un &#171; chaos &#187; et de d&#233;stabiliser le gouvernement. Un d&#233;put&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale, M. Julio Borges, aurait aussi tremp&#233; dans ce plan. Cela a pr&#233;cipit&#233; une intervention gouvernementale au d&#233;but de 2014. &#192; l'&#233;poque, l'&#233;pouse de M. Lopez, Mme Lilian Tintori avait d&#233;clar&#233; que le gouvernement avait agi pour prot&#233;ger son mari. Contrairement &#224; M. Ledezma, M.Borges ne peut &#234;tre poursuivi : les d&#233;put&#233;s b&#233;n&#233;ficient de l'immunit&#233; parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#8230;..coup, &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les d&#233;tails sur le r&#244;le exact de M. Ledezma dans cette tentative de coup d'&#233;tat ne sont pas clairs, il semble que son implication aille au-del&#224; de ce qu'il veut bien dire. Imm&#233;diatement apr&#232;s l'annonce de la conspiration jeudi dernier, l'administration Maduro a laiss&#233; entendre que d'autres arrestations &#233;taient &#224; venir. Elles viseront les t&#234;tes pensantes de cette op&#233;ration ; il manque de preuves en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le Pr&#233;sident, l'enqu&#234;te a mis au jour un message cod&#233; d'un important leader d'un certain parti. Il est r&#233;dig&#233; dans une langue &#233;trang&#232;re. La traduction a d&#233;voil&#233; des d&#233;tails et des &#233;l&#233;ments importants du futur coup d'&#233;tat. L'arrestation du r&#233;dacteur de ce message est sur le point d'avoir lieu. Les comploteurs &#233;taient pr&#234;ts &#224; le lire. Il devait &#234;tre transmis &#224; une personne d&#233;termin&#233;e. Le Pr&#233;sident d&#233;voilera son nom au moment appropri&#233;. Ce message &#233;tait celui qui devait &#234;tre lu publiquement apr&#232;s un bombardement qui aurait annonc&#233; une &#171; r&#233;volte &#187; des forces arm&#233;es contre le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des arrestations et de possibles poursuites &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la presse internationale a largement rapport&#233; que le Maire avait &#233;t&#233; maltrait&#233; lors de son arrestation par les Services de renseignements, une vid&#233;o de sa d&#233;tention a &#233;t&#233; publi&#233;e. On y voit M. Ledezma r&#233;sistant quelque peu, non arm&#233;, escort&#233; hors de son bureau par des gardes arm&#233;s. Des photos diffus&#233;es par l'agence Ultimas Noticias montrent du verre cass&#233; sur le sol du bureau du maire. Cela sous-entend que les agents du gouvernement sont entr&#233;s dans ce bureau par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Ledezma a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; dans les quartiers g&#233;n&#233;raux des Services de renseignement sur la Plaza Venezuela &#224; Caracas. Quelques centaines de ses partisans-nes ont protest&#233; contre son arrestation au pied de l'&#233;difice. L'ancien candidat &#224; la pr&#233;sidence et gouverneur de l'&#201;tat de Miranda, M. H. Capriles Radonski, les a rejoints. Les rues se sont vid&#233;es un peu plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire Ledezma devrait comparaitre en cour pour qu'un juge d&#233;termine si les preuves sont suffisantes pour qu'il soit soumis &#224; un proc&#232;s formel. Selon Mtre Silva : &#171; M. Ledezma &#233;tant maire il ne b&#233;n&#233;ficie pas de l'impunit&#233; qu'ont les d&#233;put&#233;s, les gouverneurs et les autres dirigeants-es du pouvoir public. Les r&#232;gles l&#233;gales pr&#233;voient qu'il devrait subir un proc&#232;s bas&#233; sur les accusations du procureur public et &#234;tre d&#233;fendu par son propre avocat au cours des prochaines 48 heures &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que M. Ledezma est impliqu&#233; dans une tentative de renversement violent du gouvernement. En 2002, il a particip&#233; &#224; la tentative de coup qui a renvers&#233; le gouvernement Chavez pendant 47 heures. L'ann&#233;e derni&#232;re il a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; plusieurs fois comme &#171; l'alli&#233; principal &#187; dans le complot terroriste de M. Lorent Saleh. M. Saleh est actuellement sous les verrous. Il s'agit d'un des militants clandestins qui fournissaient les armes &#224; ceux et celles qui menaient la bataille sur les barricades l'an dernier. Ces batailles ont fait au moins 43 morts-es. Il planifiait une op&#233;ration meurtri&#232;re de grande ampleur avec l'aide de paramilitaires colombiens. Il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; avant qu'il ait pu mettre son plan &#224; ex&#233;cution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une trajectoire politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surnomm&#233; &#171; le vampire &#187; dans la population, M. Ledezma a commenc&#233; sa carri&#232;re politique en 1973 en devenant membre du Parti d'Action d&#233;mocratique. En 1989 il est devenu Gouverneur du district f&#233;d&#233;ral de Caracas en soutenant directement un des soul&#232;vements les plus violents de l'histoire du Service de police m&#233;tropolitain de Caracas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce corps de police a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; en 2010. Il &#233;tait responsable de violations des droits humains, il tirait couramment sur les &#233;tudiants-es protestataires non arm&#233;s-es, il r&#233;primait syst&#233;matiquement les vendeurs-euses dans la rue, les retrait&#233;s-es et les ch&#244;meurs-euses. Il a aussi proc&#233;d&#233; &#224; des disparitions de militants-es tout &#224; fait normalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours de cette p&#233;riode que M. Ledezma a supervis&#233; l'op&#233;ration &#171; Caracazo &#187; qui a fait plus de 3,000 victimes par d&#233;c&#232;s ou disparition organis&#233;es par les forces de s&#233;curit&#233;. Cette action faisait partie d'une vague de protestations violentes contre le programme d'aust&#233;rit&#233; du gouvernement. C'est au cours de cette p&#233;riode que la classe ouvri&#232;re v&#233;n&#233;zu&#233;lienne a qualifi&#233; M. Ledezma d'&#171; assassin d'&#233;tudiants-es &#187;. Il a fond&#233; le nouveau parti de droite &#171; L'alliance du brave peuple &#187; et en est le chef actuel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au P&#233;rou, pendant que les dirigeants discutent du climat, les mouvements &#233;cologistes sont durement r&#233;prim&#233;s</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Perou-pendant-que-les-dirigeants-discutent-du-climat-les-mouvements</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Perou-pendant-que-les-dirigeants-discutent-du-climat-les-mouvements</guid>
		<dc:date>2014-12-09T13:16:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Viviana Varin</dc:creator>


		<dc:subject>P&#233;rou</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-12-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les dirigeants de la plan&#232;te se retrouvent &#224; Lima, capitale du P&#233;rou, pour une nouvelle conf&#233;rence sur le climat, un an avant celle de Paris. Particuli&#232;rement menac&#233; par le r&#233;chauffement, ce pays d'Am&#233;rique du sud est pourtant loin d'&#234;tre exemplaire. Face aux mobilisations de la soci&#233;t&#233; civile et des peuples autochtones contre les multiples projets miniers d&#233;vastateurs, le gouvernement n'h&#233;site pas &#224; durcir la l&#233;gislation pour r&#233;primer violemment et impun&#233;ment toute contestation. Et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Perou-+" rel="tag"&gt;P&#233;rou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-12-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-12-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton20198-ba8dc.jpg?1676538407' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les dirigeants de la plan&#232;te se retrouvent &#224; Lima, capitale du P&#233;rou, pour une nouvelle conf&#233;rence sur le climat, un an avant celle de Paris. Particuli&#232;rement menac&#233; par le r&#233;chauffement, ce pays d'Am&#233;rique du sud est pourtant loin d'&#234;tre exemplaire. Face aux mobilisations de la soci&#233;t&#233; civile et des peuples autochtones contre les multiples projets miniers d&#233;vastateurs, le gouvernement n'h&#233;site pas &#224; durcir la l&#233;gislation pour r&#233;primer violemment et impun&#233;ment toute contestation. Et consid&#232;re tout contestataire comme un &#171; terrucos &#187;, un terroriste. La COP 20 se d&#233;roule d'ailleurs au sein m&#234;me du quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e p&#233;ruvienne, le Pentagonito &#8211; le petit Pentagone &#8211;, haut lieu de tortures et de disparitions lors de la guerre civile...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de Basta Mag.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; En finir avec les promesses et passer aux actes &#187;. Tel a &#233;t&#233; le message du pr&#233;sident p&#233;ruvien, Ollanta Humala, le 23 septembre dernier, lors du sommet sur le climat, organis&#233; par les Nations unies &#224; New-York. Le P&#233;rou accueille jusqu'au 12 d&#233;cembre la 20&#232;me Conf&#233;rence des Nations unies sur le changement climatique (COP 20), un an avant le rassemblement de Paris. S&#233;gol&#232;ne Royal et Laurent Fabius s'y envolent d'ailleurs ce 10 d&#233;cembre pour y repr&#233;senter la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident p&#233;ruvien a soulign&#233; l'importance de l'&#233;v&#233;nement pour le pays, tout comme sa responsabilit&#233; : &#171; Aujourd'hui, c'est &#224; mon tour de r&#233;unir l'alliance mondiale la plus importante de l'histoire pour la d&#233;fense de notre avenir, l'avenir de nos enfants, de nos peuples, de la plan&#232;te et pour la d&#233;fense de la qualit&#233; de vie &#224; laquelle nous aspirons toutes et tous &#187; [1]. De belles intentions. Car dans les faits, le P&#233;rou est loin, tr&#232;s loin, d'agir dans la bonne direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son &#233;lection en 2011, le pr&#233;sident Humala et ses diff&#233;rents gouvernements n'ont jamais fait de la protection de l'environnement une priorit&#233;, au contraire. Alors que le P&#233;rou est un des pays les plus vuln&#233;rables au changement climatique, le gouvernement ne cesse de mettre en place des mesures &#233;conomiques destructrices. Il se dote &#233;galement d'instruments juridiques lui permettant d'aller plus loin dans sa strat&#233;gie de r&#233;pression, face aux mobilisations croissantes contre les projets d'exploitation mini&#232;re, p&#233;troli&#232;re, ou foresti&#232;re, men&#233;s aux d&#233;pens des besoins de l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#171; permis de tuer &#187; face aux mobilisations sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis janvier 2014, la police et l'arm&#233;e ont re&#231;u le feu vert pour mater les mobilisations par la force gr&#226;ce la promulgation d'une loi sp&#233;ciale. Aucun policier ni militaire ne pourra &#234;tre jug&#233; s'il blesse ou tue une personne. Ce qui renforce ainsi la culture de la violence d'&#201;tat. Cette modification du code p&#233;nal a suscit&#233; l'inqui&#233;tude de l'opinion publique ainsi que de la Defensoria del Pueblo, l'institution &#233;tatique charg&#233;e de la protection et de la d&#233;fense des droits humains). Au niveau international, l'Onu s'est prononc&#233; pour son annulation [2] car les possibles cons&#233;quences sont dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte o&#249; les conflits sociaux ne cessent de se multiplier, ce &#171; permis de tuer &#187; ouvre la porte &#224; une r&#233;pression polici&#232;re et militaire sans recours. Les bavures et l'impunit&#233; des forces de l'ordre pourraient prendre une ampleur consid&#233;rable puisque les conflits sociaux-environnementaux sont extr&#234;mement nombreux dans le pays. Rien qu'au premier semestre 2014, 211 conflits ont &#233;t&#233; r&#233;pertori&#233;s par le 14&#232;me rapport de l'Observatoire des conflits miniers au P&#233;rou. Bien qu'en baisse par rapport aux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, ce nombre reste &#233;lev&#233;. Et les craintes sont fortes quant &#224; la r&#233;activation de nombre d'entre eux, notamment en raison de la r&#233;cente approbation de mesures &#233;conomiques plus que pol&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un sous-sol exploit&#233; &#224; tout va&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 juillet 2014, le Congr&#232;s a adopt&#233; le &#034;Paquetazo&#034;, une s&#233;rie de d&#233;crets visant &#224; relancer l'&#233;conomie. Car la croissance s'est ralentie : elle n'est plus que de 4% en 2014, alors qu'elle atteignait les 8 &#224; 9% dans les ann&#233;es 2000. Les extraordinaires r&#233;serves du sous-sol p&#233;ruvien, exploit&#233;es &#224; tout va, n'y font rien. Le P&#233;rou, class&#233; parmi les cinq premiers producteurs mondiaux d'argent, de cuivre, de zinc, d'&#233;tain, de plomb et d'or, subit l'actuelle baisse du prix des mati&#232;res premi&#232;res (lire notre interview &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Les-pollutions-engendrees-par-l&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.bastamag.net/Les-pollutions-engendrees-par-l&lt;/a&gt;). Puisque les prix chutent, il faut accro&#238;tre les volumes, supprimer les freins &#224; la croissance. Et permettre aux multinationales, parfois d'origine fran&#231;aise, d'exploiter encore un peu plus les ressources de l'Amazonie (lire notre enqu&#234;te &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Une-nouvelle-menace-pese-sur-l&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.bastamag.net/Une-nouvelle-menace-pese-sur-l&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;cents d&#233;crets r&#233;duisent l'importance des &#233;tudes environnementales. Ils limitent les capacit&#233;s d'action de l'organisme en charge d'appliquer les sanctions environnementales (l'OEFA, Organismo de evaluaci&#243;n y fiscalizaci&#243;n ambiental) ; et ils retirent au minist&#232;re de l'Environnement la comp&#233;tence de cr&#233;er des zones naturelles prot&#233;g&#233;es pour la transf&#233;rer au conseil des ministres, domin&#233; par le minist&#232;re de l'&#201;nergie et des mines. Ces mesures ont &#233;t&#233; port&#233;es par l'ex-ministre de l'&#233;conomie, remplac&#233; le 14 septembre dernier par Alonso Segura, un ancien directeur ex&#233;cutif du FMI pour la r&#233;gion sud-am&#233;ricaine. Tout est un symbole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures vont &#224; l'encontre des promesses &#233;lectorales de &#171; grande transformation &#187; d'Ollanta Humala. Son &#233;lection, en juillet 2011, &#233;tait bas&#233;e sur un programme de soutien et d'am&#233;lioration de la qualit&#233; de vie des paysans et des communaut&#233;s les plus vuln&#233;rables, situ&#233;es dans les r&#233;gions andines et amazoniennes, largement abandonn&#233;es par les politiques publiques, et souvent opprim&#233;es. Pour une partie des P&#233;ruviens, l'&#233;lection d'Humala repr&#233;sentait le changement esp&#233;r&#233;, apr&#232;s vingt ans de conflit arm&#233; suivis de deux gouvernements de droite favorisant les ajustements structurels et les politiques n&#233;olib&#233;rales d'ouverture aux investissements &#233;trangers. L'arriv&#233;e au pouvoir d'Ollanta Humala n'a rien chang&#233;. Un exemple parmi tant d'autres des renoncements du pr&#233;sident p&#233;ruvien : celui de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des paysans touch&#233;s par l'extension de la mine aurif&#232;re de Conga, dans le nord du Pays (lire notre reportage &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/L-or-du-Perou-attire-de-nouveaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.bastamag.net/L-or-du-Perou-attire-de-nouveaux&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers l'exploitation des gaz de schiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette non-transformation &#233;tait pr&#233;visible. A l'image d'autres pays latino-am&#233;ricains, o&#249; sont arriv&#233;s au pouvoir des gouvernements dits &#034;progressistes&#034;, la priorit&#233; reste encore et toujours la croissance &#233;conomique. Les d&#233;sormais classiques accords de libre-&#233;change continuent &#224; &#234;tre sign&#233;s, avec les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne. Leur principe : limiter les barri&#232;res douani&#232;res afin d'accentuer les &#233;changes commerciaux avec le P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; terme, les exportateurs de produits industriels ou de la p&#234;che seront exon&#233;r&#233;s du paiement de tarifs douaniers et les march&#233;s des produits agricoles seront consid&#233;rablement ouverts, explique la Commission europ&#233;enne (&lt;a href=&#034;http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-173_fr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://europa.eu/rapid/press-release_IP-13-173_fr.htm&lt;/a&gt;). &#192; la fin de la p&#233;riode de transition, les exportateurs de ces secteurs auront ainsi &#233;conomis&#233; plus de 500 millions d'euros, rien qu'en droits de douane. &#187; Si les &#233;changes commerciaux s'accroissent, il y a fort &#224; parier que la lib&#233;ralisation de ces secteurs ne contribuera pas &#224; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s sociales et &#233;conomiques au P&#233;rou. Mais les int&#233;r&#234;ts de l'Union europ&#233;enne, eux, seront bien garantis [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, le P&#233;rou continue de soutenir sans r&#233;serve les projets destructeurs, via son Minist&#232;re de l'&#233;nergie et des mines [4]. En mars 2014, il demandait la suppression des &#233;tudes d'impact environnemental pour les exploitations d'hydrocarbures. Plus r&#233;cemment encore, il a annonc&#233; une future exploitation des gaz de schiste via la fracturation hydraulique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche et la soci&#233;t&#233; civile assimil&#233;es aux terroristes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la domination n&#233;olib&#233;rale s'ajoute une culture de la r&#233;pression. Dictatures et violences politiques ont fa&#231;onn&#233; le pays. Entre 1980 et 2000, un conflit arm&#233; a oppos&#233; la dictature d'Alberto Fujimori aux gu&#233;rillas mao&#239;stes men&#233;es par le Sentier lumineux et le Mouvement R&#233;volutionnaire Tupac Amar&#250;. Ce conflit interne a caus&#233; la mort de 70 000 personnes et a traumatis&#233; le pays, notamment la r&#233;gion Ayacucho, situ&#233;e au c&#339;ur des Andes, berceau du Sentier lumineux. La population, majoritairement paysanne y a &#233;t&#233; particuli&#232;rement touch&#233;e par la terreur instaur&#233;e tant par le groupe arm&#233; que par les escadrons militaires anti-subversion mis en place par l'&#201;tat. Le Pr&#233;sident p&#233;ruvien, ancien militaire, est d'ailleurs accus&#233; d'avoir lui-m&#234;me particip&#233; &#224; cette terreur [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce conflit a laiss&#233; des traces sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233; civile p&#233;ruvienne et sur sa capacit&#233; &#224; se mobiliser pour faire valoir ses droits. Ce ph&#233;nom&#232;ne ne s'explique pas seulement par la peur des forces de l'ordre, mais aussi par la peur d'&#234;tre assimil&#233; aux terroristes membres des groupes arm&#233;s se revendiquant d'extr&#234;me gauche. Ceux-ci sont d&#233;sign&#233;s de mani&#232;re p&#233;jorative par le terme &#034;terrucos&#034;. &#034;Terruco&#034;, n&#233;ologisme p&#233;ruvien issu du nom &#034;terroriste&#034;, a d'abord &#233;t&#233; utilis&#233; durant le conflit arm&#233;. &#034;Terruco&#034; d&#233;signe d&#233;sormais les personnes suspect&#233;es de sympathiser avec les id&#233;ologies de ces groupes terroristes. Et cette cat&#233;gorie ne cesse de s'&#233;largir : le qualificatif s'&#233;tend aux gens se reconnaissant dans des id&#233;es et valeurs de gauches. R&#233;cemment, les d&#233;fenseurs des droits humains et de l'environnement y ont &#233;t&#233; inclus (lire notre article).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volte contre les grands projets de l'&#201;tat p&#233;ruvien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs de l'environnement sont parfois s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233;s, notamment quand ils remettent en cause les cons&#233;quences d'un accord de libre-&#233;change. C'est ce qui s'est pass&#233; en 2009, &#224; Bagua, dans l'Amazonie du Nord du pays. Des communaut&#233;s autochtones awajun-wampis se sont &#233;lev&#233;es contre une s&#233;rie de d&#233;crets l&#233;gislatifs &#233;mis par l'ex-pr&#233;sident, dans le cadre du trait&#233; de libre-&#233;change avec les &#201;tats-Unis. Ces d&#233;crets autorisaient la privatisation de leurs terres pour l'exploitation &#224; grande &#233;chelle du p&#233;trole, du gaz et des ressources mini&#232;res. Apr&#232;s plusieurs mois de blocage, un affrontement avec les forces de police a caus&#233; la morts de 33 personnes, 10 autochtones et 23 policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une issue tragique qui a largement attir&#233; l'attention des m&#233;dias nationaux et internationaux. Il en est de m&#234;me pour le proc&#232;s qui a d&#233;but&#233; le 14 mai dernier. Parmi les 53 civils accus&#233;s, 23 sont des autochtones. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le procureur a requis la perp&#233;tuit&#233; pour sept des civils accus&#233;s, mais aucune charge n'a &#233;t&#233; requise contre les 12 policiers, eux aussi impliqu&#233;s dans les affrontements. Ce proc&#232;s symbolise l'opposition entre les peuples autochtones andins et le littoral o&#249; vivent les &#233;lites h&#233;rit&#233;es du syst&#232;me colonial, l&#224; o&#249; sont concentr&#233;s les pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une soci&#233;t&#233; gangr&#233;n&#233;e par le racisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P&#233;rou est gangren&#233; par le racisme. Un syst&#232;me de discrimination et d'exclusion y est institutionnalis&#233;. La majorit&#233; autochtone et m&#233;tiss&#233;e, les &#034;cholos&#034; (terme p&#233;joratif par lequel elle est d&#233;sign&#233;e), repr&#233;sente environ 80% de la population. Elle est constamment discrimin&#233;e et marginalis&#233;e par la minorit&#233; blanche de la c&#244;te, souvent de descendance espagnole. La fragmentation est bas&#233;e sur la classe sociale et la diff&#233;rentiation ethnique ; l'une et l'autre se superposant. A Lima, ces discriminations se mat&#233;rialisent dans la g&#233;ographie de la ville : les populations blanches vivent dans les quartiers s&#233;curis&#233;es, le long de la c&#244;te ; les populations autochtones et m&#233;tiss&#233;es peuplent les bidonvilles, dans des zones souvent arides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne semble pouvoir mettre fin aux pr&#233;jug&#233;s associ&#233;s aux populations autochtones, consid&#233;r&#233;es comme arri&#233;r&#233;es et pauvres, mais surtout incultes et ignorantes. Des pr&#233;jug&#233;s qui transparaissent dans les discours politiques et m&#233;diatiques, ainsi que dans la fa&#231;on dont elles sont prises en compte. Bien souvent, &#224; la lutte pour la d&#233;fense de leurs ressources, de leur mode de vie et de leur culture, s'ajoute la lutte contre la d&#233;l&#233;gitimation de leurs revendications, pourtant coh&#233;rentes avec la protection des ressources et la promotion d'un mod&#232;le de vie soutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pays particuli&#232;rement expos&#233; au r&#233;chauffement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte &#233;conomique, environnemental et social que le P&#233;rou accueille la COP 20. 2014 a ainsi &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e &#171; Ann&#233;e de la promotion de l'industrie responsable et de l'engagement contre le changement climatique &#187;. Une belle fa&#231;ade pour un gouvernement qui a choisi d'acc&#233;l&#233;rer encore un peu plus l'exploitation de ses r&#233;serves naturelles. &#171; Un message contradictoire est en train d'&#234;tre transmis, d&#233;plore Jos&#233; de Echave, chercheur &#224; l'ONG Cooperacci&#243;n et ex vice-ministre de l'environnement de l'actuel gouvernement, car nous avions justement comme t&#226;che, en tant que pays, celle de faire avancer l'agenda national en mati&#232;re environnementale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perte de la faune et de la flore amazonienne et andine, fin des cultures vivri&#232;res traditionnelles, mais surtout, r&#233;duction drastique des ressources en eau, affectant in&#233;vitablement les dynamiques socio-&#233;conomiques du pays : le P&#233;rou se situe au troisi&#232;me rang des pays les plus vuln&#233;rables au changement climatique, selon le Tyndall Centre, institut de recherche britannique sur le changement climatique. La moiti&#233; des 30 millions de P&#233;ruviens vivent sur le littoral, menac&#233; par la mont&#233;e du niveau de la mer. Un P&#233;ruvien sur trois d&#233;pend des glaciers pour son approvisionnement en eau, glaciers qui ont perdu un tiers de leur volume. Sans oublier que 90% de la population vit dans des zones soumises &#224; des risques de s&#233;cheresse [6]. Le minist&#232;re de l'Environnement reconna&#238;t l'urgence de la situation. Mais les mesures ne suivent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une soci&#233;t&#233; civile qui se renforce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'inertie du gouvernement, la soci&#233;t&#233; civile se mobilise chaque fois davantage, comme par exemple &#224; Puno, o&#249; les communaut&#233;s aymaras sont parvenues &#224; geler l'exploitation de la mine de cuivre Santa Ana, op&#233;r&#233;e par l'entreprise canadienne Bear Creek et qui a engag&#233; une proc&#233;dure d'arbitrage en ao&#251;t 2014. Ou encore &#224; Espinar, o&#249; des manifestations ont &#233;clat&#233; en 2012, afin de condamner la multinationale suisse de l'or, Xstrata pour la contamination en m&#233;taux lourds des cours d'eau. Le maire d'Espinar s'&#233;tait lui-m&#234;me mobilis&#233; et avait pour cela &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; deux ans de prison, accusation d&#233;clar&#233;e nulle le 21 novembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le contexte socio-&#233;conomique d&#233;montre &#224; quel point les enjeux environnementaux et climatiques sont li&#233;s &#224; l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux droits, le gouvernement continue d'associer la protection de l'environnement &#224; un obstacle, voire &#224; un danger : la COP 20 aura lieu au sein m&#234;me du quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e p&#233;ruvienne, le Pentagonito &#8211; le petit Pentagone &#8211;, haut lieu de tortures et de disparitions lors du conflit arm&#233;... Tout un symbole !&lt;br class='autobr' /&gt;
Viviana Varin [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Extrait du discours du Pr&#233;sident Humala lors du Sommet sur le Climat des Nation unies, New-York, 23 septembre 2014 (Traduction Viviana Varin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Communiqu&#233; (&lt;a href=&#034;http://acnudh.org/2014/01/peru-acnudh-manifiesta-preocupacion-sobre-ley-que-regula-uso-de-armas-por-parte-de-fuerzas-armadas-y-de-seguridad/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://acnudh.org/2014/01/peru-acnudh-manifiesta-preocupacion-sobre-ley-que-regula-uso-de-armas-por-parte-de-fuerzas-armadas-y-de-seguridad/&lt;/a&gt;) du Haut Commissariat aux droits de l'Homme des Nations Unies, 16 janvier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Lire le rapport d'Attac (&lt;a href=&#034;https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports-37/articles/pourquoi-laccord-de-libre-echange-ue-colombieperou-ne-doit-pas-etre-ratifie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports-37/articles/pourquoi-laccord-de-libre-echange-ue-colombieperou-ne-doit-pas-etre-ratifie&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Il repr&#233;sente 20% du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Lire l'article de Mediapart et l'article de Basta !.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Lire aussi cet article (&lt;a href=&#034;http://www.cncd.be/Le-Perou-en-campagne-nationale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cncd.be/Le-Perou-en-campagne-nationale&lt;/a&gt;) du Centre national de coop&#233;ration au d&#233;veloppement en Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Viviana Varin travaille pour le r&#233;seau de solidarit&#233; internationale Ritimo (&lt;a href=&#034;http://www.ritimo.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ritimo.org&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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