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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Lom&#233;, m&#233;diateur ou relais discret de Bamako ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lome-mediateur-ou-relais-discret-de-Bamako</link>
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		<dc:date>2026-06-02T10:29:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Mohamed Ag Ahmedou</dc:creator>


		<dc:subject>08_03 - 3 ou 6 articles</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Togo</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;ception &#224; Lom&#233; d'une d&#233;l&#233;gation du Front de Lib&#233;ration de l'Azawad (FLA) ouvre une nouvelle s&#233;quence diplomatique dans la crise malienne. Derri&#232;re l'image d'une m&#233;diation togolaise pr&#233;sent&#233;e comme neutre, plusieurs interrogations &#233;mergent : Faure Gnassingb&#233; agit-il r&#233;ellement comme facilitateur ind&#233;pendant ou comme canal discret des autorit&#233;s de Bamako ? Et le FLA peut-il r&#233;ellement faire confiance &#224; un &#201;tat togolais accus&#233; d'avoir d&#233;j&#224; coop&#233;r&#233; avec la junte malienne contre les int&#233;r&#234;ts (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Togo-+" rel="tag"&gt;Togo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-06-02&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L137xH150/mali-6-5fe6c.webp?1780396243' class='spip_logo spip_logo_right' width='137' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;ception &#224; Lom&#233; d'une d&#233;l&#233;gation du Front de Lib&#233;ration de l'Azawad (FLA) ouvre une nouvelle s&#233;quence diplomatique dans la crise malienne. Derri&#232;re l'image d'une m&#233;diation togolaise pr&#233;sent&#233;e comme neutre, plusieurs interrogations &#233;mergent : Faure Gnassingb&#233; agit-il r&#233;ellement comme facilitateur ind&#233;pendant ou comme canal discret des autorit&#233;s de Bamako ? Et le FLA peut-il r&#233;ellement faire confiance &#224; un &#201;tat togolais accus&#233; d'avoir d&#233;j&#224; coop&#233;r&#233; avec la junte malienne contre les int&#233;r&#234;ts azawadiens ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par Mohamed AG Ahmedou journaliste avec la contribution de Tabazambozite, Analyste politique de l'Azawad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs jours, les regards se tournent vers le Togo apr&#232;s la r&#233;ception &#224; Lom&#233; d'une d&#233;l&#233;gation du Front de Lib&#233;ration de l'Azawad (FLA), compos&#233;e notamment de Almou Ag Mohamed et de son charg&#233; des relations ext&#233;rieures, Abdarahmane Ag Galla. Officiellement, les autorit&#233;s togolaises &#233;voquent une initiative destin&#233;e &#224; favoriser le dialogue et la stabilit&#233; r&#233;gionale dans un Sahel en pleine recomposition s&#233;curitaire.Mais derri&#232;re cette diplomatie discr&#232;te, les interrogations se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une analyse largement relay&#233;e dans les milieux sah&#233;liens, l'analyste politique azawadien Tabazambozite estime que le pr&#233;sident togolais Faure Gnassingb&#233; tente progressivement de s'imposer comme un nouvel interm&#233;diaire incontournable dans les crises sah&#233;liennes, profitant de ses relations &#233;troites avec plusieurs juntes militaires de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon cette lecture, Lom&#233; servirait aujourd'hui d'interface politique indirecte entre Bamako et certains groupes arm&#233;s op&#233;rant dans l'Azawad connu sous le nom nord du Mali, dans un contexte marqu&#233; par la d&#233;t&#233;rioration continue de la situation s&#233;curitaire et les difficult&#233;s croissantes du pouvoir du colonel Assimi Go&#239;ta.Cette initiative intervient en effet au moment o&#249; la junte malienne traverse l'une des p&#233;riodes les plus d&#233;licates depuis sa prise du pouvoir. Les pertes militaires enregistr&#233;es dans le nord, l'instabilit&#233; persistante autour de Kidal et l'enlisement progressif des partenaires russes sur plusieurs fronts ont profond&#233;ment fragilis&#233; la strat&#233;gie s&#233;curitaire de Bamako.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plusieurs observateurs, il para&#238;t difficile d'imaginer que les autorit&#233;s togolaises aient pris seules l'initiative de recevoir officiellement des repr&#233;sentants du FLA sans coordination pr&#233;alable avec Bamako. Beaucoup y voient plut&#244;t une tentative de la junte malienne d'ouvrir discr&#232;tement des canaux de discussion sans assumer publiquement un dialogue direct avec les groupes arm&#233;s.Mais cette s&#233;quence soul&#232;ve aussi une autre interrogation, plus sensible encore, le FLA lui-m&#234;me peut-il r&#233;ellement faire confiance au Togo ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car dans les milieux proches des mouvements azawadiens, certains rappellent un pr&#233;c&#233;dent qui continue d'alimenter la m&#233;fiance. En mai 2025, selon plusieurs sources s&#233;curitaires et sah&#233;liennes, une importante logistique attribu&#233;e au FLA aurait &#233;t&#233; saisie au port de Lom&#233; avant d'&#234;tre remise aux autorit&#233;s maliennes.Pour de nombreux cadres et sympathisants azawadiens, cet &#233;pisode constitue un pr&#233;c&#233;dent lourd de sens. Il aurait d&#233;montr&#233;, selon eux, que l'&#201;tat togolais demeure avant tout align&#233; sur les int&#233;r&#234;ts des r&#233;gimes sah&#233;liens en place et ne dispose pas de la neutralit&#233; historique qu'avaient pu incarner certains m&#233;diateurs r&#233;gionaux du pass&#233;.Dans plusieurs cercles sah&#233;liens, la comparaison revient souvent avec le r&#244;le jadis jou&#233; par l'ancien pr&#233;sident burkinab&#232; Blaise Compaor&#233;, &#233;paul&#233; par des figures comme Djibril Bassol&#233; ou le g&#233;n&#233;ral Gilbert Diend&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Malgr&#233; les controverses qui entouraient leurs m&#233;thodes, ces acteurs disposaient d'un ancrage ancien dans les r&#233;seaux sah&#233;liens, d'une connaissance approfondie des &#233;quilibres tribaux et militaires ainsi que de canaux de confiance &#233;tablis avec les diff&#233;rentes parties.&#192; l'inverse, plusieurs analystes consid&#232;rent que le Togo ne poss&#232;de ni cette profondeur historique ni cette cr&#233;dibilit&#233; r&#233;gionale dans la gestion des crises maliennes et azawadiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre hypoth&#232;se circule &#233;galement dans les milieux s&#233;curitaires, Lom&#233; chercherait peut-&#234;tre avant tout &#224; d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts s&#233;curitaires.Depuis plusieurs ann&#233;es, le Togo fait face &#224; une mont&#233;e des attaques jihadistes dans sa r&#233;gion septentrionale. Les op&#233;rations du JNIM dans le nord togolais ont profond&#233;ment inqui&#233;t&#233; les autorit&#233;s de Lom&#233;, qui redoutent un enracinement durable de l'insurrection dans les zones frontali&#232;res avec le Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette logique, certains observateurs avancent que Faure Gnassingb&#233; pourrait chercher &#224; &#233;tablir, &#224; travers le FLA, des canaux indirects avec les groupes influents pr&#233;sents dans l'espace sah&#233;lien afin d'obtenir une forme de d&#233;sescalade s&#233;curitaire sur le territoire togolais.Autrement dit, une forme de transaction politique implicite pourrait &#233;merger, le Togo faciliterait certains &#233;changes entre Bamako et le FLA, tandis que le FLA pourrait, de son c&#244;t&#233;, contribuer &#224; ouvrir des passerelles indirectes avec des acteurs li&#233;s aux dynamiques jihadistes r&#233;gionales.Aucune preuve publique ne permet &#224; ce stade de confirmer un tel sc&#233;nario. Mais cette hypoth&#232;se circule d&#233;sormais ouvertement dans plusieurs cercles diplomatiques et s&#233;curitaires ouest-africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, &#224; Bamako, l'annonce de cette rencontre de Lom&#233; semble avoir provoqu&#233; une nervosit&#233; inhabituelle dans les milieux proches du pouvoir militaire.Le communicant Boubou Mabel Diawara, consid&#233;r&#233; par de nombreux observateurs comme l'un des principaux relais m&#233;diatiques de la junte malienne, a multipli&#233; dans la nuit du 25 mai des attaques verbales contre les autorit&#233;s togolaises, allant jusqu'aux menaces et aux insultes publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plusieurs analystes, cette r&#233;action particuli&#232;rement agressive traduit surtout les contradictions internes du pouvoir malien face &#224; cette diplomatie parall&#232;le. Car si Bamako a effectivement mandat&#233; discr&#232;tement Lom&#233; pour ouvrir des discussions indirectes avec certains mouvements politiques et arm&#233;s, il devient politiquement difficile pour la junte d'assumer publiquement cette strat&#233;gie sans fragiliser son discours officiel fond&#233; depuis plusieurs ann&#233;es sur la seule option militaire.Cette ambigu&#239;t&#233; nourrit aujourd'hui un climat de confusion r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, le pouvoir malien continue d'affirmer vouloir &#233;craser militairement les mouvements politiques et arm&#233;s de l'Azawad. De l'autre, plusieurs signaux laissent appara&#238;tre une recherche discr&#232;te de canaux politiques susceptibles de limiter l'enlisement s&#233;curitaire.Dans ce contexte, la m&#233;diation togolaise appara&#238;t moins comme une d&#233;monstration de puissance diplomatique que comme le sympt&#244;me d'un basculement strat&#233;gique plus profond dans la crise sah&#233;lienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;ritable question demeure d&#233;sormais enti&#232;re, Lom&#233; peut-il r&#233;ellement devenir un m&#233;diateur cr&#233;dible dans le dossier malien ou ne sert-il que de fa&#231;ade diplomatique &#224; des n&#233;gociations indirectes men&#233;es sous pression par des r&#233;gimes sah&#233;liens fragilis&#233;s par l'&#233;volution du rapport de force sur le terrain ?&lt;br class='autobr' /&gt;
******&lt;/p&gt;
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		<title>Jubil&#233; de la Cedeao. Un anniversaire dans la temp&#234;te</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Jubile-de-la-Cedeao-Un-anniversaire-dans-la-tempete</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Jubile-de-la-Cedeao-Un-anniversaire-dans-la-tempete</guid>
		<dc:date>2025-08-26T12:41:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amandine Gnangu&#234;non</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2025-08-26</dc:subject>
		<dc:subject>Nig&#233;ria</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Chine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 28 mai, la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest a f&#234;t&#233; son cinquanti&#232;me anniversaire dans un contexte r&#233;gional et international profond&#233;ment instable, marqu&#233; par des mutations g&#233;opolitiques et des recompositions d'alliances. Pour l'organisation, qui a souvent &#233;t&#233; pionni&#232;re en mati&#232;re d'int&#233;gration, ce jubil&#233; est synonyme de remise en question aussi urgente que profonde. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de confiance &#224; l'&#233;gard de la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Togo-+" rel="tag"&gt;Togo&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 28 mai, la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest a f&#234;t&#233; son cinquanti&#232;me anniversaire dans un contexte r&#233;gional et international profond&#233;ment instable, marqu&#233; par des mutations g&#233;opolitiques et des recompositions d'alliances. Pour l'organisation, qui a souvent &#233;t&#233; pionni&#232;re en mati&#232;re d'int&#233;gration, ce jubil&#233; est synonyme de remise en question aussi urgente que profonde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Jubile-de-la-Cedeao-Un-anniversaire-dans-la-tempete&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de confiance &#224; l'&#233;gard de la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), comme &#224; l'&#233;gard d'autres institutions r&#233;gionales, n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne isol&#233;. Elle s'inscrit dans un paysage de reconfiguration plus large de l'ordre international, qui voit les partenariats ext&#233;rieurs se multiplier et se diversifier sur le continent africain. La Chine, la Russie, la Turquie, l'Union europ&#233;enne (UE) ou encore les &#201;tats-Unis proposent des mod&#232;les d'engagement aux logiques concurrentes et au service de leurs int&#233;r&#234;ts qui ont progressivement fragment&#233; l'espace ouest-africain. L'intensification des violences li&#233;es aux groupes arm&#233;s djihadistes, la r&#233;surgence des coups d'&#201;tat militaires, la mont&#233;e du sentiment anti-interventionniste et les pressions &#233;conomiques ont &#233;galement contribu&#233; &#224; fragiliser la capacit&#233; de la Cedeao &#224; promouvoir un mod&#232;le de coh&#233;sion r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de r&#233;affirmation de la souverainet&#233; nationale et d'une qu&#234;te de reconnaissance internationale, la diversification des partenariats est, certes, source d'opportunit&#233;s. Elle rend cependant plus complexe encore la construction d'un projet r&#233;gional commun dans la dur&#233;e. D&#233;j&#224; fragilis&#233;e par des tensions internes et des difficult&#233;s &#224; faire respecter ses normes, l'organisation a &#233;t&#233; prise de court. Elle n'a pas su r&#233;pondre efficacement aux frustrations des citoyens ouest-africains que les juntes militaires au pouvoir au Mali, au Niger et au Burkina Faso ont su, elles, exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retrait coordonn&#233; de la Cedeao de ces trois pays, effectif depuis le 29 janvier, constitue pour l'institution un tournant historique. Pour la premi&#232;re fois, trois &#201;tats membres fondateurs se retirent en m&#234;me temps, d&#233;non&#231;ant publiquement une organisation d&#233;connect&#233;e des aspirations populaires et de leurs priorit&#233;s s&#233;curitaires. Ce d&#233;part retentissant met en lumi&#232;re les tensions qui traversent la Cedeao depuis plusieurs ann&#233;es. Con&#231;ue autour d'un ambitieux projet d'int&#233;gration &#233;conomique et politique, l'organisation peine aujourd'hui &#224; faire l'unanimit&#233; parmi ses membres. Les critiques r&#233;currentes sur son fonctionnement &#8211; jug&#233; trop intergouvernemental, peu inclusif et instrumentalis&#233; par certains chefs d'&#201;tat &#8211; vont jusqu'&#224; menacer sa l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus d'une d&#233;cennie de d&#233;bats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinquante ans apr&#232;s sa cr&#233;ation, cette crise politique peut aussi devenir une chance. Le temps du bilan est arriv&#233; : que reste-t-il du projet fondateur d'int&#233;gration ? Quels acquis pr&#233;server ? Et, surtout, quelles orientations nouvelles impulser pour restaurer la confiance, red&#233;finir les priorit&#233;s et adapter les outils institutionnels aux nouvelles r&#233;alit&#233;s ? Ce tournant historique exige des choix ambitieux et difficiles. La capacit&#233; de l'organisation &#224; se r&#233;inventer sera d&#233;terminante tant pour sa propre survie que pour l'avenir du mod&#232;le de coop&#233;ration r&#233;gionale qu'elle incarnait en Afrique de l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence de la Cedeao n'a pas &#233;t&#233; le fruit d'une inspiration soudaine, ni l'&#339;uvre d'un individu, d'un &#201;tat ou d'un groupe d'&#201;tats. Elle est plut&#244;t le produit de plus d'une d&#233;cennie de d&#233;bats patients et de discussions continues, dans lesquels chaque &#201;tat et chaque dirigeant de la r&#233;gion ont &#233;t&#233;, &#224; un moment ou &#224; un autre, plus ou moins &#233;troitement impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une premi&#232;re tentative avort&#233;e, pilot&#233;e par le pr&#233;sident lib&#233;rien William Tubman en 1965, il faut attendre la fin de la guerre du Biafra, en 1970, pour que les chefs d'&#201;tat du Nigeria (le g&#233;n&#233;ral Yakubu Gowon), du Togo (le g&#233;n&#233;ral Gnassingb&#233; Eyad&#233;ma) et du B&#233;nin (le g&#233;n&#233;ral Mathieu K&#233;r&#233;kou) relancent activement l'id&#233;e d'une communaut&#233; &#233;conomique sous-r&#233;gionale, en avril 1972. Le Togo y voit un int&#233;r&#234;t strat&#233;gique : tirer parti de sa position g&#233;ographique entre le Ghana et le Nigeria et promouvoir la stabilit&#233; r&#233;gionale comme condition pr&#233;alable &#224; un commerce entre &#201;tats. L'exemple du Togo rappelle que la personnalit&#233; des dirigeants ouest-africains a toujours &#233;t&#233; un facteur d&#233;terminant dans la transformation de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fruit d'un contexte r&#233;gional et international&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cedeao voit le jour le 28 mai 1975 &#224; Lagos, au Nigeria, avec pour objectif de &#171; promouvoir la coop&#233;ration et le d&#233;veloppement dans tous les domaines de l'activit&#233; &#233;conomique [&#8230;] dans le but d'&#233;lever le niveau de vie de ses peuples, d'accro&#238;tre et de maintenir la stabilit&#233; &#233;conomique, de renforcer les relations entre ses membres et de contribuer au progr&#232;s et au d&#233;veloppement du continent africain &#187;. Ce qui ressort clairement de la liste des seize &#201;tats membres, c'est que la Cedeao r&#233;unit une grande diversit&#233; de pays, tant en termes de puissance &#233;conomique et militaire que de r&#233;gimes politiques. Cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; a toujours fa&#231;onn&#233; les dynamiques internes de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses valeurs fondatrices sont le panafricanisme et le non-alignement, qui refl&#232;tent la volont&#233; des &#201;tats ouest-africains de s'autod&#233;terminer r&#233;gionalement et de se pr&#233;server de l'emprise des grandes puissances ext&#233;rieures. &#192; l'&#233;poque, l'influence de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne (CEE) sur la Cedeao est indirecte et elle se manifeste principalement par la reconnaissance de la pertinence du mod&#232;le et de l'exp&#233;rience europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion ouest-africaine poss&#232;de une longue tradition de coop&#233;ration, sous des formes vari&#233;es, dont certaines remontent &#224; la p&#233;riode coloniale. Les premiers mod&#232;les d'institutions r&#233;gionales africaines orient&#233;es vers le d&#233;veloppement &#233;conomique ont vu le jour &#224; la fin des ann&#233;es 1950. C'est le cas de plusieurs organisations regroupant d'anciens territoires colonis&#233;s par la France comme le Conseil de l'entente, cr&#233;&#233; en 1959 et toujours en activit&#233; sous la direction de la C&#244;te d'Ivoire, la F&#233;d&#233;ration du Mali, n&#233;e la m&#234;me ann&#233;e et rapidement dissoute, en 1960, ou encore l'Union douani&#232;re de l'Afrique de l'Ouest, remplac&#233;e par l'Union douani&#232;re et &#233;conomique de l'Afrique de l'Ouest en 1966, puis par la Communaut&#233; &#233;conomique de l'Afrique de l'Ouest en 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un foisonnement propice au &#171; Forum shopping &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, la Commission &#233;conomique des Nations unies pour l'Afrique1 r&#233;pertoriait pr&#232;s de trente organisations r&#233;gionales coexistantes en Afrique de l'Ouest. Face &#224; cette galaxie d'institutions aux mandats parfois redondants, elle appelle &#224; une rationalisation, c'est-&#224;-dire &#224; une meilleure coordination, voire &#224; la fusion de certaines structures pour gagner en efficacit&#233; et en lisibilit&#233;. En 2013, un premier pas est franchi avec la signature de l'accord &#233;tablissant le Cadre de consultation, de coop&#233;ration et de partenariat entre les organisations intergouvernementales d'Afrique de l'Ouest. Mais il est insuffisant. La rationalisation institutionnelle reste un chantier inachev&#233; refl&#233;tant les contradictions persistantes entre ambitions d'int&#233;gration r&#233;gionale et opportunisme national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette multi-appartenance, bien que t&#233;moignant d'un fort int&#233;r&#234;t des acteurs politiques pour la coop&#233;ration r&#233;gionale, a surtout donn&#233; lieu &#224; une pratique dite de &#171; Forum shopping &#187; permettant aux &#201;tats de s'investir, parmi une multitude d'organisations dont ils sont membres, dans celles qui r&#233;pond le mieux &#224; leurs int&#233;r&#234;ts du moment. C'est ce qu'a d&#233;montr&#233;, par exemple, le recours &#224; la Commission du bassin du lac Tchad pour d&#233;ployer la Force multinationale mixte de lutte contre Boko Haram. De m&#234;me, le Burkina Faso et le Niger, deux des trois pays ayant quitt&#233; la Cedeao, sont membres de plus de huit organisations intergouvernementales en Afrique de l'Ouest2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pluralit&#233; d'appartenances offre aux &#201;tats une marge de man&#339;uvre diplomatique non n&#233;gligeable : elle leur permet de r&#233;orienter leur coop&#233;ration r&#233;gionale vers d'autres cadres institutionnels plus flexibles, moins contraignants politiquement ou davantage align&#233;s sur leurs int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques du moment, tout en maintenant une pr&#233;sence dans les dynamiques r&#233;gionales. Cependant, ce foisonnement a surtout engendr&#233; un imbroglio institutionnel, caract&#233;ris&#233; par des chevauchements de mandats, une dispersion et un gaspillage des ressources humaines et financi&#232;res aboutissant &#224; une inefficacit&#233; op&#233;rationnelle encore observable aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cadre de r&#233;f&#233;rence en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses premi&#232;res ann&#233;es, jusqu'en 1990, la Cedeao se concentre principalement sur l'int&#233;gration &#233;conomique. Elle est la premi&#232;re organisation du continent &#224; mettre en &#339;uvre la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, avec la signature du Protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de r&#233;sidence et d'&#233;tablissement en 1979. En pleine guerre froide, le Protocole de non-agression de 1978 et le Protocole relatif &#224; l'assistance en mati&#232;re de d&#233;fense de 1981 sont les deux premiers instruments sans lien avec le d&#233;veloppement &#233;conomique. Ils visent &#224; prot&#233;ger les &#201;tats membres contre toute d&#233;stabilisation &#233;manant d'un autre &#201;tat. Le Protocole de 1981 pr&#233;voit d'ailleurs la mise en place des Forces arm&#233;es alli&#233;es de la Communaut&#233;, avant-go&#251;t de l'actuelle Force en attente (FAC). Mais ces deux protocoles n'ont jamais &#233;t&#233; mis en &#339;uvre, et il faut attendre les ann&#233;es 1990 pour qu'un virage vers la coop&#233;ration s&#233;curitaire s'op&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces ann&#233;es-l&#224;, les r&#233;formes politiques de l'organisation sont influenc&#233;es par l'&#233;volution du contexte international marqu&#233; par l'essor de l'ordre lib&#233;ral d&#233;mocratique. Alors m&#234;me que la plupart de ses &#201;tats membres sont encore gouvern&#233;s par des r&#233;gimes militaires, la Cedeao s'aligne progressivement sur les nouvelles exigences de gouvernance d&#233;mocratique. En 1991, les chefs d'&#201;tat et de gouvernement adoptent la D&#233;claration de principes politiques, qui affirme leur adh&#233;sion aux principes de la d&#233;mocratie, des droits de l'homme et de l'&#201;tat de droit. Cette reconnaissance au plus haut niveau institutionnel permet d'inscrire ces principes &#224; l'agenda de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode est aussi marqu&#233;e par le glissement progressif d'un agenda purement &#233;conomique vers un r&#244;le accru dans les domaines politique et s&#233;curitaire. L'id&#233;e sous-jacente est que la promotion de la bonne gouvernance et des principes d&#233;mocratiques dans les &#201;tats membres favorisera un environnement politique stable et pr&#233;visible permettant d'attirer les investissements directs &#233;trangers et de stimuler la croissance &#233;conomique r&#233;gionale. Le lien s&#233;curit&#233;-d&#233;veloppement est &#233;nonc&#233; pour la premi&#232;re fois en 1993 dans le trait&#233; r&#233;vis&#233;. L'inclusion des conflits intra&#233;tatiques dans le champ d'action de la Cedeao accro&#238;t significativement son autorit&#233; supranationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;res immixtions dans des conflits arm&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette p&#233;riode, l'organisation joue un r&#244;le central dans la gestion des conflits arm&#233;s au Liberia (1990-1997), en Sierra Leone (1997-2000) et en Guin&#233;e-Bissau (1998-2008). Les interventions de l'Ecowas3 Monitoring Group (Ecomog) constituent un moment charni&#232;re dans la gestion du maintien de la paix par les organisations r&#233;gionales africaines. Ces op&#233;rations relancent un d&#233;bat ancien, port&#233; d&#232;s 1963 par Kwame Nkrumah, sur la n&#233;cessit&#233; d'une capacit&#233; continentale de r&#233;ponse aux crises. Si l'Ecomog a permis de limiter l'ampleur de certaines catastrophes humanitaires, le bilan de ses interventions reste cependant contrast&#233;, en raison d'un manque d'exp&#233;rience militaire, de lacunes logistiques, d'une coordination insuffisante entre les &#201;tats contributeurs et entre les structures de commandement ainsi que d'une volont&#233; politique limit&#233;e4. S'y ajoutent des faiblesses institutionnelles, un flou sur le r&#244;le m&#234;me de l'Ecomog et des accusations de corruption ou d'ing&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tirant les le&#231;ons, la Cedeao abandonne progressivement le principe de non-ing&#233;rence tant d&#233;battu au moment de l'intervention au Liberia5. Cette orientation est consolid&#233;e en 1999 par l'adoption du M&#233;canisme pour la pr&#233;vention, la gestion, la r&#233;solution des conflits, le maintien de la paix et la s&#233;curit&#233;. Il conf&#232;re notamment au pr&#233;sident de la Commission le pouvoir d'intervenir rapidement en cas de crise, sans attendre l'approbation pr&#233;alable des chefs d'&#201;tat. Mais l'exercice de ce pouvoir reste limit&#233; par un processus complexe qui implique l'adoption d'un mandat juridique, des man&#339;uvres diplomatiques et le soutien (ou l'absence de soutien) des &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;volutions montrent comment la Commission de la Cedeao s'est progressivement engag&#233;e dans la promotion de la d&#233;mocratie et dans la lutte contre des menaces s&#233;curitaires de plus en plus diverses. Elle a ainsi tent&#233; de faire &#233;voluer une vision centr&#233;e sur la r&#233;ponse militaire vers un horizon plus large, dit de s&#233;curit&#233; humaine, prenant en compte les vuln&#233;rabilit&#233;s politiques, &#233;conomiques, sociales, sanitaires, agricoles et environnementales des populations. Toutefois, cette ambition s'est heurt&#233;e &#224; la persistance d'une vis&#233;e centr&#233;e sur la s&#233;curit&#233; des &#201;tats, dominante depuis les ann&#233;es 1990. La mont&#233;e de l'ins&#233;curit&#233; en Afrique de l'Ouest, notamment dans les pays du Sahel, d&#233;montre les limites d'une approche principalement militaire6 et constitue un tournant dans l'histoire r&#233;cente de la Cedeao.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Approfondir l'int&#233;gration pour affronter les nouveaux d&#233;fis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2000, l'organisation a continu&#233; d'approfondir l'int&#233;gration r&#233;gionale tout en r&#233;pondant &#224; des d&#233;fis contemporains de plus en plus complexes. La cr&#233;ation de l'Architecture africaine de paix et de s&#233;curit&#233; (APSA) en 2002 par l'Union africaine (UA), dont la Cedeao est l'un des piliers, a renforc&#233; la priorit&#233; accord&#233;e aux questions de s&#233;curit&#233;, parfois au d&#233;triment du projet d'int&#233;gration &#233;conomique initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consciente du lien &#233;troit entre gouvernance et instabilit&#233;, l'organisation adopte en 2001 le Protocole additionnel sur la d&#233;mocratie et la bonne gouvernance r&#233;affirmant que les carences en mati&#232;re d&#233;mocratique figurent parmi les causes profondes des conflits dans la r&#233;gion. Elle est une nouvelle fois pionni&#232;re en mati&#232;re de pr&#233;vention des conflits avec la cr&#233;ation du m&#233;canisme d'alerte pr&#233;coce plus connu sous l'acronyme anglais Ecowarn (Ecowas Early Warning and Response Network). Ce dispositif permet &#224; l'organisation de surveiller en permanence l'&#233;tat de la s&#233;curit&#233; humaine dans la r&#233;gion gr&#226;ce &#224; 77 points focaux issus de la soci&#233;t&#233; civile, r&#233;partis dans les quinze pays (cinq par pays et sept pour le Nigeria). Le r&#233;seau est coordonn&#233; par un repr&#233;sentant national du R&#233;seau ouest-africain pour l'&#233;dification de la paix, ou Wanep (West Africa Network for Peacebuilding). Les observateurs nationaux collectent chaque semaine des donn&#233;es locales et les soumettent &#224; la direction de l'alerte pr&#233;coce, situ&#233;e au si&#232;ge de la Cedeao, &#224; Abuja. Cette direction surveille, collecte, contr&#244;le et analyse ces donn&#233;es afin de fournir des recommandations aux diff&#233;rentes parties prenantes de la Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, la Cedeao d&#233;cide de d&#233;centraliser ce dispositif. L'objectif est de privil&#233;gier les actions aux niveaux national, d&#233;partemental et communautaire et de faire en sorte que l'organisation n'intervienne qu'en dernier ressort. En 2017, la d&#233;centralisation d&#233;marre avec l'ouverture &#224; Bamako du premier centre national de coordination du m&#233;canisme d'alerte pr&#233;coce et de r&#233;ponse. Le processus s'est poursuivi, et, en juin 2025, tous les &#201;tats membres disposaient d'un centre, &#224; l'exception du B&#233;nin, du Cap-Vert, du S&#233;n&#233;gal et du Togo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#201;tats membres ma&#238;tres de l'agenda&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, la Cedeao repose sur une architecture institutionnelle complexe combinant des organes politiques et techniques. Cette configuration peu lisible de l'ext&#233;rieur rend son fonctionnement difficile &#224; appr&#233;hender, notamment pour les partenaires internationaux, les observateurs et les citoyens ouest-africains eux-m&#234;mes. En 2007, le Secr&#233;tariat ex&#233;cutif de la Cedeao est transform&#233; en Commission afin de lui donner plus de moyens pour agir. La Commission joue un r&#244;le central de coordination entre cinq institutions r&#233;gionales (Parlement, Cour de justice, Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest-Giaba, Organisation ouest-africaine de la sant&#233;, Banque d'investissement et de d&#233;veloppement de la Cedeao) et quatorze agences sp&#233;cialis&#233;es traitant de domaines aussi vari&#233;s que la monnaie, l'agriculture, l'&#233;nergie, le genre ou la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la coop&#233;ration &#233;conomique et s&#233;curitaire est son activit&#233; la plus connue et la plus visible, la Cedeao ne s'y r&#233;duit pas. Malgr&#233; des avanc&#233;es majeures dans les interventions r&#233;gionales, &#224; l'image de la Gambie en 2017 sous le leadership du S&#233;n&#233;gal7, elle reste critiqu&#233;e pour les irr&#233;gularit&#233;s et le caract&#232;re ad hoc de ses processus de prise de d&#233;cision. L'opportunisme &#224; court terme de ses &#201;tats membres s'est traduit par la formation de coalitions ad hoc, comme le G5 Sahel en 2014 ou l'Initiative d'Accra en 2017. Ces initiatives militaires port&#233;es par des &#201;tats ont rel&#233;gu&#233; au second plan les efforts au profit d'une planification strat&#233;gique engag&#233;s en 2004 avec le projet de force en attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission est un acteur majeur dans l'&#233;laboration des politiques dans les divers domaines qu'elle tente de coordonner8. Toutefois, malgr&#233; son &#233;troite collaboration avec les &#201;tats membres, ces derniers restent les principaux responsables de l'&#233;laboration de l'agenda. Ce ph&#233;nom&#232;ne est particuli&#232;rement perceptible dans le domaine de la pr&#233;vention des conflits. Bien que la Commission ait d&#233;velopp&#233; un arsenal d'outils d&#233;di&#233;s, dont Ecowarn, les dirigeants ouest-africains privil&#233;gient g&#233;n&#233;ralement une approche r&#233;active face aux crises ouvertes plut&#244;t que proactive en n&#233;gligeant les signaux et les indicateurs d'alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autonomie financi&#232;re et d&#233;pendance externe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de se donner les moyens de l'autonomie financi&#232;re, les &#201;tats membres lancent le pr&#233;l&#232;vement communautaire, m&#233;canisme unique en Afrique. Mis en place sous la forme d'une taxe de 0,5 % appliqu&#233;e sur les importations en provenance de pays non membres, ce pr&#233;l&#232;vement constitue une source importante de revenus qui permet de financer entre 70 et 90 % du budget op&#233;rationnel annuel de l'organisation9. Mais malgr&#233; l'instauration de ce pr&#233;l&#232;vement communautaire, pr&#233;sent&#233; comme un instrument de souverainet&#233; financi&#232;re, les appels r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; la r&#233;gularisation des contributions des &#201;tats membres laissent entrevoir des manquements fr&#233;quents et des retards de paiement qui fragilisent la stabilit&#233; budg&#233;taire de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, de nombreux projets strat&#233;giques, notamment dans les domaines de la paix et de la s&#233;curit&#233;, des infrastructures ou du d&#233;veloppement sectoriel (agriculture, climat, sant&#233;), restent fortement d&#233;pendants de financements ext&#233;rieurs. L'Union europ&#233;enne, la Banque africaine de d&#233;veloppement, la Banque mondiale, ainsi que des partenaires bilat&#233;raux comme la France ou l'Allemagne jouent un r&#244;le central en mati&#232;re de financement, d'appui technique et de coordination des projets de la Cedeao. Le Fonds pour la paix, destin&#233; &#224; financer les op&#233;rations de soutien &#224; la paix r&#233;guli&#232;res ou exceptionnelles, illustre bien cette hybridation. Aliment&#233; par le pr&#233;l&#232;vement communautaire, il b&#233;n&#233;ficie &#233;galement de contributions volontaires des &#201;tats membres et du soutien d'une multitude de bailleurs de fonds internationaux tels que les Nations unies, le Japon ou la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette configuration soul&#232;ve des tensions structurelles. D'un c&#244;t&#233;, l'organisation peut se pr&#233;valoir, mieux que d'autres sur le continent, d'une relative autonomie budg&#233;taire dans le financement de ses co&#251;ts de fonctionnement gr&#226;ce &#224; son syst&#232;me communautaire, mais, de l'autre, elle reste fortement tributaire de l'aide internationale, notamment pour ses missions les plus visibles et politiquement sensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;fis des conflits transfrontaliers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme les guerres civiles dans l'Union du fleuve Mano dans les ann&#233;es 1990, la crise du Sahel, qui &#233;clate au Mali en 2012, et ses effets de d&#233;bordement dans les &#201;tats c&#244;tiers ont constitu&#233; un test pour la capacit&#233; de la Cedeao &#224; pr&#233;venir et &#224; g&#233;rer les conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les op&#233;rations de la force Ecomog, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1990, ont d&#233;montr&#233; sa capacit&#233; &#224; s'engager rapidement. Dans un contexte de fin de guerre froide, la force s'inscrit dans une tendance croissante vers une &#171; appropriation &#187; locale de la gestion des conflits permettant une r&#233;ponse plus contextualis&#233;e et plus l&#233;gitime. La Cedeao est en mesure de d&#233;ployer des contingents de ses pays membres dans les zones de conflits plus rapidement et &#224; moindre co&#251;t que les missions de maintien de la paix qui prennent le relais. &#192; partir de 2004, le projet de Force en attente acc&#233;l&#232;re l'interop&#233;rabilit&#233; entre les forces de s&#233;curit&#233; nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais malgr&#233; ces avanc&#233;es, l'organisation fait face &#224; des capacit&#233;s op&#233;rationnelles et exp&#233;ditionnaires limit&#233;es qui la rendent fortement d&#233;pendante du soutien logistique et financier de bailleurs de fonds ext&#233;rieurs. Les niveaux de formation et d'&#233;quipement varient consid&#233;rablement d'un &#201;tat membre &#224; l'autre, ce qui nuit &#224; l'efficacit&#233; et &#224; l'harmonisation des interventions. Par ailleurs, une forme de concurrence institutionnelle entre l'UA et la Cedeao dans le d&#233;ploiement des troupes complique parfois la coordination des efforts. Enfin, le mod&#232;le d'op&#233;rations de paix dirig&#233;es par des acteurs africains reste inadapt&#233; pour r&#233;pondre pleinement aux menaces terroristes croissantes dans la r&#233;gion, du fait de moyens logistiques limit&#233;s, d'un manque de coordination op&#233;rationnelle et de mandats souvent trop restrictifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte contre le terrorisme, une rupture dans l'agenda&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 2010, et plus pr&#233;cis&#233;ment apr&#232;s la crise s&#233;curitaire au Mali et ses d&#233;veloppements, la Cedeao se voit rel&#233;gu&#233;e &#224; un r&#244;le secondaire dans la lutte contre le terrorisme. Le sentiment g&#233;n&#233;ral est que ses outils ne sont ni pleinement fonctionnels ni effectivement mis en &#339;uvre. En 2013, les &#201;tats membres d&#233;finissent une politique commune et adoptent une strat&#233;gie en mati&#232;re de lutte contre le terrorisme. En 2014, une strat&#233;gie Sahel voit le jour, intitul&#233;e Programme de coh&#233;rence et d'actions r&#233;gionales pour la stabilit&#233; et le d&#233;veloppement des zones sahariennes-sah&#233;liennes (PCAR). Mais aucune de ces deux strat&#233;gies ne sera r&#233;ellement op&#233;rationnalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCAR, en particulier, ne verra pas le jour, faute d'ad&#233;quation entre les ambitions affich&#233;es et les moyens financiers mobilis&#233;s. Son int&#233;r&#234;t r&#233;sidait pourtant dans la volont&#233; de proposer un cadre d'action ouest-africain coh&#233;rent, capable de coordonner des organisations jusque-l&#224; actives de mani&#232;re fragment&#233;e ou dans des formats ad hoc. &#192; l'inverse, les strat&#233;gies d&#233;velopp&#233;es par d'autres acteurs, tels que l'Union europ&#233;enne, les Nations unies ou la Banque africaine de d&#233;veloppement, mieux dot&#233;s en ressources humaines, financi&#232;res et politiques, se r&#233;v&#232;lent plus attractives10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, les chefs d'&#233;tat-major des arm&#233;es de la Cedeao, les chefs des services de s&#233;curit&#233; et les chefs des services de renseignements identifient plusieurs obstacles majeurs &#224; la mise en &#339;uvre de la Strat&#233;gie de lutte contre le terrorisme de l'organisation : un faible engagement des &#201;tats membres, des retards dans l'adoption et la mise en &#339;uvre des mesures de pr&#233;vention imagin&#233;es, un faible niveau de partage du renseignement entre les &#201;tats ainsi qu'une implication insuffisante des acteurs de la soci&#233;t&#233; civile dans les efforts de pr&#233;vention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un manque de moyens et de souverainet&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre argument voit dans l'intergouvernementalisme excessif de la Cedeao, son talon d'Achille depuis sa cr&#233;ation, l'un des principaux freins &#224; son fonctionnement efficace. Ce caract&#232;re intergouvernemental transpara&#238;t dans le pouvoir exerc&#233; avant tout par la Conf&#233;rence des chefs d'&#201;tat, organe politique o&#249; prime la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts nationaux sur les objectifs d'int&#233;gration r&#233;gionale. La r&#233;putation de la Commission de la Cedeao en mati&#232;re de d&#233;fense de la d&#233;mocratie a ainsi &#233;t&#233; mise &#224; mal lorsque certains dirigeants se sont oppos&#233;s &#224; la r&#233;vision du Protocole de 2001 visant &#224; limiter les mandats pr&#233;sidentiels ou lorsque l'organisation a adopt&#233; une position ambivalente face aux modifications constitutionnelles en C&#244;te d'Ivoire ou au Togo11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la force en attente a &#233;t&#233; d&#233;laiss&#233;e au profit d'une coop&#233;ration militaire r&#233;gionale qui appara&#238;t de plus en plus comme un sous-produit de la s&#233;curit&#233; des r&#233;gimes. Paradoxe de l'histoire, l'Ecomog a toujours &#233;t&#233; cit&#233;e comme un exemple de premi&#232;re coalition ad hoc ayant permis &#224; la Cedeao de construire sa cr&#233;dibilit&#233; et sa l&#233;gitimit&#233; en mati&#232;re s&#233;curitaire. Deux d&#233;cennies plus tard, la crise au Sahel a remis &#224; l'ordre du jour les coalitions ad hoc : le G5 Sahel, l'Initiative d'Accra et la Force multinationale mixte ont r&#233;uni des &#201;tats confront&#233;s &#224; un probl&#232;me de s&#233;curit&#233; commun, notamment &#224; leurs fronti&#232;res. Ces formats souples permettent un d&#233;ploiement rapide dans un cadre qui respecte davantage la souverainet&#233; nationale tout en offrant des ressources cibl&#233;es et une forme de l&#233;gitimit&#233; politique. Si ces coalitions ont parfois montr&#233; leurs limites en mati&#232;re de durabilit&#233; et d'efficacit&#233;, leur mont&#233;e en puissance t&#233;moigne n&#233;anmoins d'une perte de confiance dans les m&#233;canismes classiques de la Cedeao, per&#231;us comme trop rigides ou obsol&#232;tes, notamment sa Force en attente, rarement mobilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la d&#233;pendance financi&#232;re de la Commission et des &#201;tats membres pour la mise en &#339;uvre des projets et des d&#233;ploiements r&#233;gionaux s'est accompagn&#233;e d'une influence politique ext&#233;rieure qui a progressivement affect&#233; la souverainet&#233; r&#233;gionale, voire brouill&#233; les priorit&#233;s strat&#233;giques au profit des agendas des bailleurs de fonds. Cette m&#234;me d&#233;pendance a fait l'objet de critiques r&#233;currentes sur l'interf&#233;rence ext&#233;rieure dans les affaires &#233;conomiques et politiques des &#201;tats membres, notamment dans des contextes de fragilit&#233; ou de transition. La cr&#233;ation du G5 Sahel continue d'&#234;tre per&#231;ue comme une initiative port&#233;e &#224; bout de bras par les pays europ&#233;ens tout en &#233;tant concurrente &#8211; ou du moins parall&#232;le &#8211; des efforts de s&#233;curit&#233; de la Cedeao. Bien que les partenaires ext&#233;rieurs affirment laisser la direction politique et strat&#233;gique aux acteurs de la r&#233;gion, l'impression demeure que leurs d&#233;cisions orientent l'agenda au d&#233;triment du r&#244;le africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et les peuples dans tout &#231;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233;e en 2007, la &#171; Vision 2020 &#187; de la Cedeao marque une volont&#233; claire de transformation : passer d'une &#171; Cedeao des &#201;tats &#187; &#224; une &#171; Cedeao des peuples &#187;. La &#171; Vision 2050 &#187; de la Cedeao r&#233;affirme cette ambition avec pour objectif de renforcer l'int&#233;gration r&#233;gionale tout en r&#233;pondant aux d&#233;fis &#233;mergents, en misant sur un d&#233;veloppement durable, inclusif et participatif. Or, malgr&#233; un cadre normatif ambitieux et une vis&#233;e progressiste, la construction d'une v&#233;ritable Cedeao des peuples se heurte &#224; des r&#233;sistances &#233;tatiques, &#224; une faiblesse des leviers institutionnels et &#224; une distance encore marqu&#233;e entre l'organisation et ses citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la Commission peut se pr&#233;valoir de sa proximit&#233; avec les organisations de la soci&#233;t&#233; civile ouest-africaine. En 2004, elle a sign&#233; un partenariat avec le West Africa Network for Peacebuilding (Wanep), qui fait partie int&#233;grante de son dispositif d'alerte pr&#233;coce. Cependant, l'implication active des citoyens et des organisations de la soci&#233;t&#233; civile dans les processus d&#233;cisionnels demeure marginale, et les espaces de dialogue restent r&#233;duits, &#224; l'image de la libert&#233; d'expression dans certains &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour renforcer sa l&#233;gitimit&#233;, la Cedeao doit prioriser une communication concr&#232;te et une gouvernance participative. Actuellement, de nombreux citoyens ouest-africains ignorent les missions et les b&#233;n&#233;fices tangibles de l'organisation, ce qui suscite indiff&#233;rence et m&#233;fiance. Par exemple, peu de commer&#231;ants comprennent que la libre circulation des biens permise par la Cedeao influe directement sur leurs revenus ou que la carte d'identit&#233; biom&#233;trique facilite leurs d&#233;placements transfrontaliers. La Cedeao est souvent per&#231;ue comme une entit&#233; technocratique ou un &#171; club de chefs d'&#201;tat &#187; &#233;loign&#233;s des r&#233;alit&#233;s quotidiennes. Une transformation est donc cruciale pour replacer les populations au c&#339;ur du projet d'int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les reproches des citoyens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des discours, la Cedeao manque encore de ressources humaines et financi&#232;res pour assurer un suivi rigoureux dans la mise en application des d&#233;cisions, y compris lorsqu'il s'agit de rappeler &#224; l'ordre les &#201;tats membres qui ne les respectent pas. Les nombreux protocoles sur la libre circulation, la gouvernance ou l'int&#233;gration &#233;conomique restent d'application in&#233;gale, et leurs manquements ont rarement &#233;t&#233; sanctionn&#233;s. Cette lacune se traduit concr&#232;tement sur le terrain. Par exemple, les citoyens se heurtent encore fr&#233;quemment &#224; des tracasseries administratives ou &#224; des contr&#244;les abusifs aux fronti&#232;res, m&#234;me lorsqu'ils poss&#232;dent la carte d'identit&#233; biom&#233;trique de la Cedeao. Ce d&#233;calage entre les engagements r&#233;gionaux et la r&#233;alit&#233; nationale affaiblit la cr&#233;dibilit&#233; de l'organisation et nourrit la frustration. Dans les ann&#233;es &#224; venir, l'une des priorit&#233;s devrait &#234;tre de recentrer les efforts sur un bilan honn&#234;te des actions entreprises et de renforcer les m&#233;canismes de suivi et de redevabilit&#233;, afin que les d&#233;cisions soient r&#233;ellement adapt&#233;es et appliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la Commission et ses agences sp&#233;cialis&#233;es doivent imp&#233;rativement corriger l'in&#233;galit&#233; dans la r&#233;partition des b&#233;n&#233;fices de l'int&#233;gration r&#233;gionale. Les populations de plusieurs pays riches en ressources naturelles, comme le Mali (or) ou le Nigeria (p&#233;trole), d&#233;noncent leur exclusion des retomb&#233;es &#233;conomiques, voyant souvent la richesse se concentrer entre les mains de quelques &#233;lites. Le d&#233;senchantement et le rejet de la gouvernance se sont manifest&#233;s &#224; travers des mouvements citoyens comme Y'en a marre au S&#233;n&#233;gal ou Le Balai citoyen au Burkina Faso. Cette frustration a nourri un scepticisme croissant &#224; l'&#233;gard de la Cedeao et de son action au service des peuples. Pour renforcer un sentiment d'appartenance r&#233;gionale, l'organisation doit concentrer ses efforts sur la visibilit&#233; des politiques de redistribution et d&#233;velopper la communication sur les b&#233;n&#233;fices concrets de l'int&#233;gration, notamment dans les zones transfrontali&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle de la Cedeao intervient dans un contexte mondial marqu&#233; par une remise en question du multilat&#233;ralisme, fragilis&#233; tant par le repli souverainiste de certains &#201;tats que par les limites de la coop&#233;ration internationale face &#224; des crises complexes (pand&#233;mies, guerres, reconfiguration des alliances strat&#233;giques, etc.). Dans cet environnement incertain, les organisations r&#233;gionales devraient jouer un r&#244;le crucial de stabilisation et de projection collective. Or la paralysie partielle de la Cedeao fragilise cette posture, alors m&#234;me que l'Afrique de l'Ouest fait face &#224; des d&#233;fis multiples : ins&#233;curit&#233;, in&#233;galit&#233;s croissantes, transitions politiques contest&#233;es, pression d&#233;mographique et vuln&#233;rabilit&#233; aux chocs ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne pas &#171; casser la calebasse &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pays membres, les enjeux d'int&#233;gration vont bien au-del&#224; du seul cadre institutionnel, la Cedeao offrant des leviers essentiels pour faciliter les &#233;changes, harmoniser les politiques &#233;conomiques, attirer les investissements et promouvoir des projets structurants &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale. Dans un espace o&#249; la majorit&#233; des pays sont enclav&#233;s et d&#233;pendants de corridors transfrontaliers, en particulier les trois pays qui viennent d'en claquer la porte, l'absence de coordination r&#233;gionale freinera encore davantage la croissance et l'inclusion &#233;conomique. La d&#233;sint&#233;gration partielle de la Cedeao pourrait ainsi compromettre les objectifs de r&#233;duction de la pauvret&#233; et d'&#233;mergence &#233;conomique en ralentissant les dynamiques de march&#233; commun, de mobilit&#233; et de mutualisation des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consciente de ces risques, l'organisation a r&#233;cemment adopt&#233; une posture plus conciliante &#224; l'&#233;gard des membres de l'Alliance des &#201;tats du Sahel en laissant ouverte la porte du dialogue. Le maintien de la libre circulation des personnes est vital, et les deux organisations n'ignorent pas leur interd&#233;pendance &#233;conomique et sociale profonde. Malgr&#233; les tensions politiques actuelles, la Cedeao souhaite montrer l'importance de pr&#233;server l'esprit de solidarit&#233; communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va donc de l'avenir collectif des soci&#233;t&#233;s ouest-africaines de repenser leur int&#233;gration en conjuguant souverainet&#233; nationale et coop&#233;ration r&#233;gionale au service du d&#233;veloppement humain. La survie et la pertinence de la Cedeao d&#233;pendront de sa capacit&#233; &#224; se r&#233;former, &#224; entendre les voix discordantes et &#224; faire &#233;voluer ses instruments vers plus de flexibilit&#233;, de l&#233;gitimit&#233; et d'impact pour les populations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;claration des mouvements sociaux du B&#233;nin, du Burkina-Faso, du Cameroun, du Mali, de la RDC et du Togo</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Declaration-des-mouvements-sociaux-du-Benin-du-Burkina-Faso-du-Cameroun-du-Mali</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Declaration-des-mouvements-sociaux-du-Benin-du-Burkina-Faso-du-Cameroun-du-Mali</guid>
		<dc:date>2022-10-18T10:53:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>CADTM Afrique</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Cameroun</dc:subject>
		<dc:subject>Togo</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>B&#233;nin</dc:subject>
		<dc:subject>Burkina Faso</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-10-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Comit&#233; pour l'Abolition des Dettes Ill&#233;gitimes (CADTM/Afrique) et son organisation membre le Cercle de l'Autopromotion pour le D&#233;veloppement Durable (CADD-B&#233;nin) ont organis&#233; un s&#233;minaire de formation &#224; l'endroit de la soci&#233;t&#233; civile b&#233;ninoise sous le th&#232;me &#171; L'impact de la Dette Publique sur les droits humains et les alternatives possibles &#187; du 04 au 07 octobre 2022 &#224; Diamond H&#244;tel &#224; Cotonou. Ce s&#233;minaire de formation a r&#233;uni des d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;es venus du Burkina Faso, du Mali, du Cameroun, du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cameroun-+" rel="tag"&gt;Cameroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Togo-+" rel="tag"&gt;Togo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Republique-Democratique-du-Congo-+" rel="tag"&gt;R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Benin-+" rel="tag"&gt;B&#233;nin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Burkina-Faso-1752-+" rel="tag"&gt;Burkina Faso&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-10-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-10-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH68/arton54451-85d62.jpg?1674711861' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='68' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Comit&#233; pour l'Abolition des Dettes Ill&#233;gitimes (CADTM/Afrique) et son organisation membre le Cercle de l'Autopromotion pour le D&#233;veloppement Durable (CADD-B&#233;nin) ont organis&#233; un s&#233;minaire de formation &#224; l'endroit de la soci&#233;t&#233; civile b&#233;ninoise sous le th&#232;me &#171; L'impact de la Dette Publique sur les droits humains et les alternatives possibles &#187; du 04 au 07 octobre 2022 &#224; Diamond H&#244;tel &#224; Cotonou. Ce s&#233;minaire de formation a r&#233;uni des d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;es venus du Burkina Faso, du Mali, du Cameroun, du Togo et de la R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo. Il a connu &#233;galement la participation effective des organisations de la soci&#233;t&#233; civile b&#233;ninoise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Declaration-des-mouvements-sociaux-du-Benin-du-Burkina-Faso-du-Cameroun-du-Mali&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convocation de ce s&#233;minaire intervient dans un contexte o&#249; la dette publique de la plupart des Etats africains ne cesse de croitre depuis leur adh&#233;sion aux Programmes d'ajustement structurel. Prenant donc le cas du pays h&#244;te de la rencontre, les communications ont montr&#233; les raisons qui soutiennent depuis 2013 la croissance de la dette publique du B&#233;nin. Ainsi, cette dette s'est inscrite en hausse en 2014 par exemple et en 2015. En effet, elle est pass&#233;e de 1.461,81 milliards de FCFA en 2014 &#224; 2.080,54 milliards de FCFA en 2015 avec un Ratio du Stock de la dette rapport&#233; au PIB qui est pass&#233; de 31% &#224; 41% au cours de la p&#233;riode sous revue soit une augmentation de 10 points de pourcentage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les statistiques du march&#233; des Titres publics de l'UEMOA publi&#233;es au second trimestre de 2019, d&#233;j&#224; en 2015, pr&#232;s de 40% de la dette provient des instruments &#224; taux d'int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs &#224; 6%. Cette situation r&#233;sulte des &#233;missions d'obligations du Tr&#233;sor et des pr&#234;ts des banques locales qui tirent les taux d'int&#233;r&#234;t de la dette vers le haut. Au m&#234;me moment son produit int&#233;rieur brut se chiffrait &#224; -8,00%. Toujours selon la m&#234;me source, m&#234;me si le solde budg&#233;taire total du B&#233;nin a connu une tendance baissi&#232;re de 2014 &#224; 2019, il est rest&#233; tout de m&#234;me structurellement tr&#232;s d&#233;ficitaire. Sur la m&#234;me p&#233;riode il est pass&#233; de -394,0 &#224; -185,6. Durant les quatre derni&#232;res ann&#233;es, le B&#233;nin a rembours&#233; au titre du service de sa dette publique 1.256 milliards de francs CFA compos&#233;s 1092 milliards de principal et 164 milliards d'int&#233;r&#234;ts. Il est important de rappeler selon le bulletin statistique de la dette publique du second trimestre 2022 de la Caisse autonome d'amortissement que le stock de la dette publique du B&#233;nin se chiffrait &#224; 5438,70 milliards en fin juin 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les Etats africains consacrent chaque ann&#233;e une part importante de leurs recettes fiscales au service de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le service de la dette gr&#232;ve gravement les budgets allou&#233;s aux secteurs sociaux, compromettant ainsi la promotion des droits humains les plus &#233;l&#233;mentaires des masses laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, alors que de nombreux &#201;tats du sud traversaient une crise de la dette, les cr&#233;anciers Club de Paris et Londres ont mandat&#233; leurs huissiers Banque Mondiale et le Fonds Mon&#233;taire International pour imposer les programmes d'ajustement structurel aux pays dits d&#233;biteurs. C'est en cela que presque tous les &#201;tats d'Afrique, surtout ceux au Sud du Sahara, ont connu une cure drastique de leurs &#233;conomies dont la cons&#233;quence est l'enlisement de ces pays dans le sous-d&#233;veloppement. Par exemple, avant 1980, la sant&#233; au B&#233;nin recevait 10% des allocations budg&#233;taires, avec la promotion des services universels de base : la multiplication des centres de sant&#233; aux niveaux r&#233;gional et sous-pr&#233;fectoral. Mais l'ajustement structurel, avec ses restrictions budg&#233;taires, a conduit le gouvernement &#224; juguler les allocations &#224; ce secteur, provoquant une d&#233;t&#233;rioration de la qualit&#233; des soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1987 et 1991 les allocations au secteur de la sant&#233; ont constamment baiss&#233;, passant de 8,8 % du budget national en 1987 &#224; 3,3 % en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les PAS ont influenc&#233; le secteur de l'emploi au B&#233;nin. On note l'essor de l'&#233;conomie informelle sur l'&#233;conomie formelle avec la capacit&#233; pour le secteur informel de cr&#233;er plus d'emplois. Entre 1987 et 1994, les r&#233;formes &#233;conomiques, l'arr&#234;t du recrutement dans la fonction publique, la r&#233;duction des effectifs dans le cadre des PAS et la restructuration des entreprises ont profond&#233;ment boulevers&#233; le march&#233; du travail. Beaucoup d'ex-fonctionnaires n'ont pas pu trouver un emploi dans le secteur priv&#233; et se sont ru&#233;s vers le secteur informel. Ceux qui ont pu se faire une place dans le secteur priv&#233; ont &#233;t&#233; tr&#232;s vite confront&#233;s au sous-emploi, puis au ch&#244;mage. Ainsi, la population active dans le secteur informel est pass&#233;e de 69,5 % en 1990 &#224; 89,6 % en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois jours qu'a dur&#233; ce s&#233;minaire, les participant&#183;es ont pass&#233; en revue tous les th&#232;mes qui avaient &#233;t&#233; inscrits &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des communications en panels ou en conf&#233;rences ont &#233;t&#233; livr&#233;es par des del&#233;gu&#233;&#183;es internationaux du CADTM/Afrique et des sommit&#233;s du monde universitaire et professionnels du B&#233;nin. En effet, le mardi 04 octobre, jour de l'ouverture du pr&#233;sent s&#233;minaire, les conf&#233;renciers et les pan&#233;listes se sont succ&#233;d&#233; dans l'animation des th&#233;matiques suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Les concepts d&#233;finitionnels de la dette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- &#201;tat des lieux de la Dette publique au B&#233;nin et sa gestion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Dette et programmes d'ajustement structurels un duo infernal contre la promotion des droits humains (Education, Sant&#233; et Emploi&#8230;) en Afrique : Cas sp&#233;cifique du B&#233;nin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- La dette des pays de la zone francs CFA face &#224; l'Euro et au Dollar, quelle saign&#233;e &#233;conomique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, mercredi 05 octobre 2022 les participant&#183;es ont eu droit aux communications suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Crimes &#233;conomiques et financiers (Fraude et &#233;vasion fiscales, Corruption, d&#233;tournement de deniers publics et enrichissement illicite), quelle incidence sur le r&#233;-endettement des pays africains ? Acteurs, facteurs et ampleur : cas du B&#233;nin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- R&#244;le et place des m&#233;dias dans l'information de l'opinion publique dans la contraction de la dette publique, le suivi des emprunts et leur efficacit&#233; dans le d&#233;veloppement socio&#233;conomique des &#201;tats membres du CADTM/ Afrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- La l&#233;gitimit&#233; des discours de l'annulation de la dette de Fid&#232;le Castro et de Thomas Sankara &#224; l'aune des &#233;checs des politiques n&#233;olib&#233;rales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Les institutions de Breton Woods, chronique d'une s&#233;rie de fausses solutions (PAS et ses d&#233;riv&#233;s, IPPTE, IADM et ISSD) comme une panac&#233;e &#224; l'endettement de l'Afrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- L'interaction de la dette souveraine et des crises climatiques dans les pays du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les travaux de ce s&#233;minaire ont &#233;t&#233; couronn&#233;s par l'animation des th&#233;matiques suivantes le 06 octobre 2022 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Politique de microcr&#233;dit au B&#233;nin : pratiques et d&#233;rives ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Audit citoyen de la dette, un outil efficace au service de la relance d'un d&#233;veloppement socio&#233;conomique durable ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Audit citoyen de la dette en &#233;quateur, au Mali et en Gr&#232;ce : trois exp&#233;riences, deux &#233;checs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Constitutionalisation de la dette publique des pays membres du CADTM/Afrique : Enjeux et d&#233;fis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les principales recommandations de ces trois journ&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pertinence des probl&#233;matiques analys&#233;es au cours de la formation nous am&#232;ne &#224; r&#233;affirmer la n&#233;cessit&#233; d'&#233;largir la collaboration entre les mouvements sociaux des pays du Sud d'une part, et d'autre part entre ceux du Nord et du Sud pour contrecarrer les forces pr&#233;datrices qu'elles soient des classes dominantes en Afrique ou en Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par voie de cons&#233;quence, nous, mouvements sociaux r&#233;unis durant ces trois jours remarquons une fois de plus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que les institutions de Microcr&#233;dits/Finances classiques ont &#233;chou&#233;, qu'elles ont trahi la pens&#233;e de Muhammad Yunus, cr&#233;ateur des microcr&#233;dits et qu'au lieu de lutter contre la pauvret&#233;, nous enfoncent davantage dans l'extr&#234;me pauvret&#233;, le stress, l'humiliation et la violence ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'au-del&#224; du discours trompeur des dirigeants du G8, parlant de l'annulation de la dette publique en cette p&#233;riode de crise sanitaire, alors qu'il s'agit d'un report de paiement, qu'une vague de crise de la dette remet certains &#201;tats africains dans l'impossibilit&#233; d'assurer le bien-&#234;tre de leurs populations &#224; travers le respect des droits humains fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatant la r&#233;currence et l'intensit&#233; des crises climatiques en Afrique qui nous r&#233;unissent dans notre diversit&#233;, nous appelons &#224; l'union des dirigeants africains et du monde entier ; &#224; prendre &#224; bras le corps les questions de changement climatique et &#224; faire en sorte que la justice climatique soit rendue de toute urgence ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatant l'abandon progressif par les parlementaires de l'UEMOA de leurs r&#244;les de l&#233;gislateurs notamment en ce qui concerne la ratification des accords de pr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ensemble des raisons susmentionn&#233;es, nous mouvements sociaux participants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Plaidons aupr&#232;s des plus hautes autorit&#233;s du B&#233;nin, la reprise de l'octroi d'agr&#233;ment aux structures ou regroupements qui accordent des conditions de pr&#234;ts beaucoup plus favorables aux populations appauvries que des institutions de microcr&#233;dits classiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Encourageons la transformation des tontines traditionnelles en coop&#233;ratives d'&#233;pargne et de cr&#233;dit autog&#233;r&#233;es &#224; taux z&#233;ro et non client&#233;listes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Plaidons aupr&#232;s des plus hautes autorit&#233;s du B&#233;nin pour la r&#233;alisation d'un audit citoyen de la dette ext&#233;rieure publique et priv&#233;e ainsi que de la dette int&#233;rieure du B&#233;nin, pour en d&#233;terminer les parts ill&#233;gitimes, ill&#233;gales, odieuses et insoutenables et pour proc&#233;der &#224; leur abolition pure et simple en les r&#233;investissant dans les secteurs sociaux de base&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Plaidons pour l'annulation imm&#233;diate, totale et inconditionnelle de la dette par tous les cr&#233;anciers, institutions financi&#232;res internationales, gouvernements et cr&#233;anciers priv&#233;s pour permettre aux populations de faire face aux multiples crises ; une l&#233;gislation plus forte pour rendre obligatoire la participation des cr&#233;anciers priv&#233;s &#224; l'annulation de la dette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Plaidons aux plus hautes autorit&#233;s des pays de l'UEMOA &#224; encadrer strictement le recours &#224; l'endettement dans les constitutions des diff&#233;rents pays membres comme l'ont fait l'Equateur et la Bolivie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- L'endettement public financera exclusivement des programmes et projets d'investissement dans le domaine des infrastructures ou des projets qui g&#233;n&#232;reront des ressources permettant le remboursement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- On ne recourra &#224; l'endettement public que dans les cas o&#249; les rentr&#233;es fiscales et les ressources issues de la coop&#233;ration et de la r&#233;ciprocit&#233; internationales sont insuffisantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8- On veillera &#224; ce que l'endettement public n'affecte pas la souverainet&#233; nationale, les droits humains, le bien-&#234;tre et la pr&#233;servation de l'environnement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9- On veillera &#224; ce que les accords de ren&#233;gociation ne contiennent aucune forme tacite ou &#233;crite d'anatocisme ou d'usure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10- Demandons des r&#233;parations pour les dommages caus&#233;s aux pays africains et &#224; la nature du fait de la contraction, de l'utilisation et du paiement des dettes ill&#233;gitimes, ill&#233;gales, odieuses et des conditions impos&#233;es pour garantir leur recouvrement ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11- Plaidons pour la sortie imm&#233;diate et sans conditions du Franc CFA et la cr&#233;ation d'une monnaie unique africaine ind&#233;pendante ou bien des monnaies nationales avec des banques centrales nationales qui fixent la parit&#233; de leurs monnaies en fonction des fondamentaux &#233;conomiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12- R&#233;duire le taux d'int&#233;r&#234;t appliqu&#233; au sein des institutions de microcr&#233;dits de 24 &#224; 4, 23 % comme l'ont fait le S&#233;n&#233;gal, la C&#244;te d'Ivoire, la Guin&#233;e Conakry, le Niger et le Togo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13- R&#233;duire le seuil du ratio dette-PIB fix&#233; par l'UEMOA de 70 &#224; 40%&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14- Augmenter la part de l'&#233;tat dans l'exploitation des ressources naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15- Amener les administrateurs des IFI &#224; rendre compte devant les parlements des pays qu'ils repr&#233;sentent ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16- Red&#233;finir la place et le r&#244;le des IFI dans la gouvernance mondiale en les rattachant &#224; l'ONU car les IFI sont des organisations sp&#233;cialis&#233;es, et ont des comp&#233;tences limit&#233;es, alors que l'ONU est une organisation universelle, ayant pour r&#233;f&#233;rence la d&#233;claration universelle des droits de l'homme ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17- Assainir les Finances publiques en Luttant s&#233;rieusement contre la corruption, la fraude et l'&#233;vasion fiscales, la d&#233;linquance financi&#232;re et l'enrichissement illicite sous toutes leurs formes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Togo, les femmes sont au c&#339;ur du d&#233;veloppement et du changement politique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Togo-les-femmes-sont-au-coeur-du-developpement-et-du-changement-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Togo-les-femmes-sont-au-coeur-du-developpement-et-du-changement-politique</guid>
		<dc:date>2018-11-27T12:58:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Florence Massena</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Togo</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-11-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Quand une femme r&#233;ussit, c'est tout le village qui r&#233;ussit. &#187; C'est avec ces mots que la rappeuse togolaise Milly Parkeur commen&#231;ait son discours &#224; l'intention de filles et gar&#231;ons de villages au Togo en juin dernier au sujet du consentement dans les rapports sexuels. Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest d'environ 7,8 millions d'habitants, les femmes continuent d'affronter au quotidien des d&#233;fis &#233;conomiques et sociaux, alors qu'elles constituent le pilier du changement et de la prosp&#233;rit&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Togo-+" rel="tag"&gt;Togo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Editionm-du-2018-11-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-11-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH64/arton37003-0db4f.jpg?1679048063' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='64' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Quand une femme r&#233;ussit, c'est tout le village qui r&#233;ussit. &#187; C'est avec ces mots que la rappeuse togolaise Milly Parkeur commen&#231;ait son discours &#224; l'intention de filles et gar&#231;ons de villages au Togo en juin dernier au sujet du consentement dans les rapports sexuels. Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest d'environ 7,8 millions d'habitants, les femmes continuent d'affronter au quotidien des d&#233;fis &#233;conomiques et sociaux, alors qu'elles constituent le pilier du changement et de la prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.equaltimes.org/au-togo-les-femmes-sont-au-coeur#.W_xFhieNxcA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Equal Times&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt-deux pour cent des Togolaises &#226;g&#233;es de 20 &#224; 24 ans se sont mari&#233;es pour la premi&#232;re fois avant l'&#226;ge de 18 ans, et 22 pour cent des femmes &#226;g&#233;es de 15 &#224; 49 ans ont subi la violence physique et/ou sexuelle de leur partenaire intime au moins une fois dans leur vie. En outre, en 2016, le Togo a &#233;t&#233; class&#233; 134e &#224; l'Indice de l'in&#233;galit&#233; fond&#233;e sur le sexe par ONU Femmes, indice qui traduit les in&#233;galit&#233;s entre femmes et hommes en mati&#232;re de sant&#233; reproductive, de pouvoir politique, de r&#233;ussite dans le domaine &#233;ducatif et de participation sur le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tourn&#233;e de villages &#233;loign&#233;s &#233;tait organis&#233;e par le label musical togolais African Real Music Industry (ARMI) en collaboration avec le bureau togolais de l'ONG Plan International. Elle se fondait sur la chanson Toi et moi contre le monde de Milly Parkeur (dont le vrai nom est Glawdys Mensah-Neglopke), qui traite de la probl&#233;matique du consentement sexuel et des grossesses pr&#233;coces. &#171; Nous voulions utiliser son image, son exemple, pour montrer que les femmes peuvent r&#233;ussir et r&#233;aliser leurs r&#234;ves &#187;, a dit le fondateur d'ARMI, &#171; Atomik &#187; Etse Edem Prudencio &#224; Equal Times. &#171; Une grossesse pr&#233;coce emp&#234;che les filles d'avoir les m&#234;mes possibilit&#233;s que les gar&#231;ons, car elles doivent quitter l'&#233;cole. Pourtant, les femmes contribuent &#224; l'&#233;volution du Togo, et ce serait bien plus facile si elles recevaient une &#233;ducation. &#187; D'apr&#232;s des donn&#233;es de l'UNICEF, 14 pour cent des femmes &#226;g&#233;es de 20 &#224; 24 ans ont d&#233;j&#224; eu un enfant avant l'&#226;ge de 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#201;tudiante en droit en plus d'&#234;tre une chanteuse renomm&#233;e, Milly Parkeur cite le po&#232;te &#201;gyptien Hafez Ibrahim lorsqu'elle explique son engagement aux c&#244;t&#233;s de Plan International : &#171; La m&#232;re est une &#233;cole. &#201;duquez-la, et vous pr&#233;parez une grande nation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dit que dans son exp&#233;rience, ce sont les m&#232;res qui transmettent les valeurs aux jeunes, ce qui explique pourquoi une m&#232;re peut exercer une influence positive sur tout son entourage : &#171; Les femmes travaillent, elles donnent &#224; manger &#224; leur famille et elles occupent une place importante dans l'&#233;conomie &#187;, rappelle-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bureau au Togo de Plan International compte de nombreux projets destin&#233;s &#224; renforcer les capacit&#233;s des filles et des femmes, qu'il s'agisse de modules de formation &#224; l'exercice de la citoyennet&#233; et &#224; la participation politique ou de programmes sur l'&#233;mancipation &#233;conomique, la sant&#233;, l'&#233;ducation ou encore sur la pr&#233;vention des mariages pr&#233;coces. &#171; Les femmes togolaises sont au c&#339;ur du d&#233;veloppement &#187;, dit Atsu Komi G. Eklu, conseill&#232;re charg&#233;e des partenariats avec la soci&#233;t&#233; civile au bureau de Plan International au Togo. &#171; Mais les d&#233;fis que les femmes doivent relever limitent leurs activit&#233;s et les rendent plus vuln&#233;rables du point de vue &#233;conomique. Par exemple, les femmes sont sous-repr&#233;sent&#233;es en politique : sur 26 ministres au gouvernement, seulement six sont des femmes, 17 membres du Parlement sur 91, et deux pr&#233;f&#232;tes territoriales sur 39. &#187; Mme Eklu dit &#224; Equal Times que : &#171; L'&#233;ducation est essentielle pour l'&#233;galit&#233; entre femmes et hommes au Togo, mais celle-ci n'arrivera jamais tant que l'on n'aura pas analys&#233; puis chang&#233; les croyances n&#233;gatives et les normes sociales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation et la sensibilisation sont des activit&#233;s qui peuvent se d&#233;velopper en ligne, comme l'a d&#233;couvert l'avocate Mikafui Akue au d&#233;but de l'ann&#233;e. Sur la base de son exp&#233;rience personnelle, ayant travaill&#233; sur les droits de la femme avec des organisations locales et internationales, Mme Akue s'est peu &#224; peu attach&#233;e &#224; partager son savoir et ses exp&#233;riences en la mati&#232;re. &#171; [Lorsque j'&#233;tais plus jeune] j'ai eu acc&#232;s &#224; une bonne &#233;ducation et je n'avais pas l'impression d'&#234;tre victime de discrimination &#187; confie-t-elle &#224; Equal Times. &#171; Mais je me souviens qu'&#224; l'&#233;cole, une &#233;tudiante avait &#233;t&#233; viol&#233;e par son professeur, et cela m'a oblig&#233;e &#224; reconsid&#233;rer la question. Du coup je suis devenue co-chef de file d'une association d'&#233;tudiants, puis j'ai travaill&#233; avec des ONG, notamment pour donner des conseils juridiques &#224; des femmes victimes de violence conjugale. En outre, je suis devenue m&#232;re en juillet 2017. Tout ceci m'a amen&#233;e &#224; vouloir davantage m'impliquer personnellement et &#224; &#339;uvrer &#224; b&#226;tir un meilleur avenir pour ma fille. &#187; Sur son blog, Mme Akue parle des droits des femmes, met en exergue la r&#233;ussite de certaines Togolaises et aborde les d&#233;fis quotidiens que les filles et les femmes doivent relever ; en outre, elle dispense des conseils sur la mani&#232;re de surmonter ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle souligne que les femmes ont toujours eu une place importante dans la politique togolaise &#171; avant m&#234;me l'ind&#233;pendance [d'avec la France en 1960] &#187;. Elle poursuit : &#171; De nos jours, les femmes font partie de l'opposition [contre le Pr&#233;sident Faure Gnassignb&#233;, qui est au pouvoir depuis la mort de son p&#232;re en mai 2005, ce qui fait que la dynastie Gnassignb&#233; r&#232;gne depuis 50 ans] mais elles sont rarement en premi&#232;re ligne, alors que ce sont souvent les premi&#232;res &#224; apporter un financement aux groupes d'opposition. Elles sont aussi capables de mobiliser les foules lors des manifestations, mais on continue de les voir comme des acteurs de second rang dans la sph&#232;re politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes en politique : une n&#233;cessit&#233; dans les moments charni&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes telles que la militante politique et blogueuse Farida Nabourema font partie de l'histoire politique du Togo. Alors qu'elle avait 13 ans, le p&#232;re de Mme Nabourema avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les services de l'ancien pr&#233;sident, Eyadema Gnassingb&#233;, et c'est cet &#233;v&#233;nement qui l'a pouss&#233;e &#224; se mobiliser politiquement. Dans les ann&#233;es 90, apr&#232;s avoir adh&#233;r&#233; &#224; l'Union des forces de changement, le parti politique de son p&#232;re, elle a fait partie d'un mouvement &#233;tudiant qui exigeait le changement politique dans le pays. Elle s'est aussi ralli&#233;e &#224; bon nombre de manifestations organis&#233;es par l'opposition. Elle a m&#234;me fond&#233;, en 2011, le mouvement Faure doit partir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ma mission est de d&#233;noncer l'injustice subie par le peuple togolais et de mobiliser la jeunesse &#187;, dit-elle &#224; Equal Times. &#171; Les femmes ont organis&#233; des protestations, elles ont m&#234;me fait une gr&#232;ve du sexe et des manifestations o&#249; elles se rendaient nues, utilisant des symboles culturels et religieux dans leur lutte contre la dictature de Gnassignb&#233; &#187;. D&#233;sormais en exil (elle refuse de dire dans quel pays pour des raisons de s&#233;curit&#233;), Mme Nabourema continue de diffuser son message en ligne et dans le cadre de conf&#233;rences internationales sur la paix et la d&#233;mocratie. Autre figure politique pro&#233;minente, Kafui Adjamagbo-Johnson a m&#234;me &#233;t&#233; candidate &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2010 et repr&#233;sente d&#233;sormais une importante coalition de partis d'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes togolaises ont manifest&#233;s nues deux fois : en ao&#251;t 2012, &#224; l'issue de la semaine de gr&#232;ve du sexe d'une semaine qui avait &#233;t&#233; convoqu&#233;e par le collectif &#171; Sauvons le Togo &#187; en vue de mobiliser les hommes contre le Pr&#233;sident Gnassingb&#233; puis, pour les m&#234;mes raisons, en septembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors que des &#233;lections l&#233;gislatives sont pr&#233;vues le 20 d&#233;cembre, la participation des femmes &#224; la politique est plus importante que jamais. La situation politique et sociale actuelle est tendue ; en effet les protestations augmentent depuis 2017, et d&#233;sormais on exige que soit adopt&#233; un amendement &#224; la Constitution afin de limiter &#224; deux le nombre de mandats pr&#233;sidentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils commencent &#224; d&#233;stabiliser Gnassingb&#233; &#187;, affirme Mathias Hounkpe, administrateur de programme pour Open Society West Africa (Osiwa). &#171; Avant, les gens manifestaient uniquement &#224; Lom&#233; [la capitale du Togo], mais maintenant les protestations se font un peu partout. M&#234;me dans le fief de Gnassingb&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier, la Communaut&#233; &#233;conomique de Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a entam&#233; une m&#233;diation aupr&#232;s du gouvernement et en juillet une feuille de route a &#233;t&#233; adopt&#233;e concernant une profonde r&#233;forme politique &#224; mettre en &#339;uvre avant le mois de d&#233;cembre. &#171; Je crois que le d&#233;lai a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; en vue de faire pression sur le pouvoir &#187;, dit M. Hounkpe. &#171; Le 23 septembre, le comit&#233; de suivi des r&#233;formes a d&#233;cid&#233; de restructurer la commission &#233;lectorale afin que des mesures r&#233;alistes soient pr&#233;vues. Compte tenu de tout cela, je pense que l'on peut raisonnablement s'attendre &#224; ce que les &#233;lections se tiennent plut&#244;t en f&#233;vrier ou en mars. &#187; Reste encore &#224; savoir si les r&#233;formes seront adopt&#233;es avant ou apr&#232;s les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Hounkpe pense que cette fois-ci les &#233;lecteurs se rendant aux urnes seront plus nombreux (pour les s&#233;natoriales de 2013, 46,93 pour cent de la population &#233;lectorale avait vot&#233;, contre 84,92 pour cent en 2007) justement gr&#226;ce &#224; la participation des femmes dans les manifestations de protestation et au sein du mouvement d'opposition. &#171; C'est tr&#232;s simple. En g&#233;n&#233;ral, les femmes ont peur pour les membres de leur famille qui vont manifester ou qui expriment leur opposition. En revanche, si ce sont elles qui protestent et se mobilisent, cela pousse non seulement les jeunes mais aussi les plus &#226;g&#233;s &#224; se joindre &#224; la lutte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; traduit de l'anglais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les m&#233;dias alternatifs, moyen de lutte contre le syst&#232;me capitaliste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-medias-alternatifs-moyen-de-lutte-contre-le-systeme-capitaliste</link>
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		<dc:date>2011-12-13T12:56:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Dodji Bokodjin</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Togo</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-12-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les capitalistes appellent &#171; libert&#233; de la presse &#187; la libert&#233; de corruption de la presse par les riches, la libert&#233; d'utiliser la richesse pour fabriquer de toute pi&#232;ce et falsifier la suppos&#233;e &#171; opinion publique &#187;. Les d&#233;fenseurs de la &#171; d&#233;mocratie pure &#187; se manifestent aussi dans ce cas comme des d&#233;fenseurs du plus immonde et v&#233;nal syst&#232;me de domination des riches sur les m&#233;dias de masse, et en deviennent des menteurs qui trompent le peuple et qui, avec des phrases belles mais fausses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-12-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-12-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH142/arton8933-db882.jpg?1675058505' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='142' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les capitalistes appellent &#171; libert&#233; de la presse &#187; la libert&#233; de corruption de la presse par les riches, la libert&#233; d'utiliser la richesse pour fabriquer de toute pi&#232;ce et falsifier la suppos&#233;e &#171; opinion publique &#187;. Les d&#233;fenseurs de la &#171; d&#233;mocratie pure &#187; se manifestent aussi dans ce cas comme des d&#233;fenseurs du plus immonde et v&#233;nal syst&#232;me de domination des riches sur les m&#233;dias de masse, et en deviennent des menteurs qui trompent le peuple et qui, avec des phrases belles mais fausses jusqu'&#224; la moelle, le d&#233;tournent de la t&#226;che historique concr&#232;te de lib&#233;rer la presse de sa soumission au capital &#187; Oscar Arias, pr&#233;sident du Costa Rica.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces mots du pr&#233;sident du Costa Rica, r&#233;v&#232;lent la place que les m&#233;dias occupent dans le monde actuel pour que les &#171; riches du monde &#187; d&#233;ploient tout leur arsenal financier pour les contr&#244;ler. Depuis quelques d&#233;cennies, les Technologie de l'Information et de la Communication (TIC) ont pris une importance capitale dans le quotidien de toute la population mondiale. Toute initiative, projet ou action ne peut connaitre de r&#233;ussite s'il n'y a pas une communication ad&#233;quate autour du sujet. Internet, t&#233;l&#233;vision, presse &#233;crite, radio&#8230; tous diffusent &#224; longueur de journ&#233;e des informations sur les divers sujets qui alimentent l'actualit&#233; du monde. Et la population, dans la plupart des cas, prend pour &#171; v&#233;rit&#233; biblique &#187; les informations v&#233;hicul&#233;es par les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la plupart des &#171; grands m&#233;dias &#187; sont au service d'un syst&#232;me qui a pour principal objectif, la domination des pays du Sud pour une appropriation de leurs ressources mini&#232;res, financi&#232;res et humaines. Les m&#233;dias qui voudraient montrer une r&#233;sistance dans la mise en application du plan aust&#232;re des capitalistes sont rapidement submerg&#233;s par des dollars, et tombent dans le pi&#232;ge bien affin&#233; des financiers du monde. En 1880 &#224; New-York, le journaliste John Swinton confessait que &#171; le travail des journalistes consiste &#224; utiliser le mensonge pur et simple, pervertir, diffamer et adorer le &#171; Mammon &#187; (l'argent) &#224; ses pieds, pour d&#233;truire la v&#233;rit&#233;, et pour vendre son pays et son humanit&#233; pour manger chaque jour. Cela, vous le savez et je le sais, mais quelle est cette illusion de c&#233;l&#233;brer une presse ind&#233;pendante ? Nous sommes les instruments et les vassaux de ces riches qui se cachent dans les coulisses. Nous sommes des marionnettes pour ceux qui en tirent les ficelles, et nous dansons. Nos talents, nos potentiels et nos vies sont propri&#233;t&#233;s d'autres hommes. Nous sommes des prostitu&#233;s intellectuels &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce paysage hautement corrompu, quelques m&#233;dias s'efforcent encore de ne pas succomber &#224; la tentation et luttent pour une distribution &#233;quitable des ressources de la plan&#232;te, l'av&#232;nement des &#201;tats de droit et une v&#233;ritable d&#233;mocratie adapt&#233;e au contexte africain, avec une justice &#233;quitable. D'autres encore sont engag&#233;s pour la cause des domin&#233;s et arrivent &#224; constituer un contre-pouvoir r&#233;el des dirigeants. Pambazuka news est l'un de ces m&#233;dias qui, de part ses articles, son espace d'expression, &#233;claire les peuples africains et du monde entier sur le syst&#232;me de gouvernance en faveur de quelques dirigeants au pouvoir en Afrique. Il montre, par les analyses de ses correspondants partout dans le monde, les voies et moyens emprunt&#233;s par les &#171; riches &#187; du monde pour imposer une domination accrue sur les &#171; pauvres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que les peuples ne sont pas assez inform&#233;s, ou sont mal inform&#233;s sur le syst&#232;me de fonctionnement &#233;rig&#233; en loi par les n&#233;olib&#233;raux et qui sont respect&#233;s &#224; la lettre par des dirigeants africains &#224; la solde de ce syst&#232;me. C'est l&#224; toute l'importance des m&#233;dias libres ou alternatifs qui &#339;uvrent pour une &#233;ducation dites &#171; citoyenne &#187; car le pouvoir v&#233;ritable appartient au peuple. L'existence de ces m&#233;dias constitue un probl&#232;me pour &#171; les mercenaires &#187; africains car ils donnent des informations jug&#233;es sensibles par les pouvoirs en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pambazuka news milite pour sortir l'Afrique du joug colonialiste et de la domination des mafias de la fran&#231;afrique. Les articles en trois (03) langues diff&#233;rentes est une opportunit&#233; unique que seul, des m&#233;dias &#171; commerciaux &#187; poss&#232;dent. Ceci est un atout consid&#233;rable car des milliers de lecteurs &#224; travers le continent africain arrivent &#224; saisir le sens v&#233;ritable des actions pos&#233;es par leurs gouvernants. Il convient de pr&#233;ciser que le journal Pambazuka news donne la possibilit&#233; &#224; des mouvements sociaux, ONG, associations, artistes militants et activistes des droits de l'Homme qui sont boycott&#233;s par les grands m&#233;dias de vulgariser leurs diff&#233;rentes actions ou activit&#233;s men&#233;es dans le sens du v&#233;ritable d&#233;veloppement de l'Afrique. Il constitue une tribune o&#249; tous les articles provenants des quatre coins du continent sont publi&#233;s sans distinction aucune. Quitte aux acteurs et militants du continent d'en profiter et de faire valoir notre droit et de demander des comptes aux avides du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution au Maghreb et dans le monde arabe a montr&#233; que seul le peuple peut choisir son dirigeant ; et ce pouvoir est inali&#233;nable. Mais, pour que ce peuple arrive &#224; montrer sa d&#233;termination dans le choix de son dirigeant, il faut qu'il soit suffisamment inform&#233;, &#233;duqu&#233; et form&#233; pour revendiquer ses droits. Le grand d&#233;fi est d'arriver &#224; concurrencer les m&#233;dias mainstream qui passent &#224; longueur de journ&#233;e des t&#233;l&#233;novelas pour endormir le peuple ou encore qui font la propagande des dirigeants mafieux. Ce d&#233;fi peut &#234;tre relev&#233; avec beaucoup d'abn&#233;gation et de travail de la part de militants du monde. Heureusement, les m&#233;dias alternatifs constituent un moyen de diffusion d'informations, riches et vraies, sans discrimination, ceci pour impulser le d&#233;veloppement du continent noir. Les messages v&#233;hicul&#233;s par ces m&#233;dias sont diff&#233;rents, voire s'opposent &#224; ceux des m&#233;dias mainstream. Cette tendance doit &#234;tre maintenue car c'est l&#224; que r&#233;side la force des m&#233;dias alternatifs. L'uruguayo-v&#233;n&#233;zu&#233;lien Aram Ahoronian, un des fondateurs de teleSUR, met en garde contre les dangers qui guettent les m&#233;dias alternatifs en disant : &#171; il ne sert &#224; rien d'avoir de nouveaux m&#233;dias, de nouvelles t&#233;l&#233;s, si nous n'avons pas de nouveaux contenus, si nous continuons &#224; copier les formes dominantes. Il ne sert &#224; rien d'avoir de nouveaux m&#233;dias si nous ne croyons pas &#224; la n&#233;cessit&#233; de nous voir avec nos propres yeux. Parce que lancer des m&#233;dias nouveaux pour r&#233;p&#233;ter le message de l'ennemi, c'est &#234;tre complice de l'ennemi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'avoir un forum social mondial des m&#233;dias libres pour vulgariser les actions et consolider les acquis de ces m&#233;dias. L'importance de ce forum r&#233;side dans la mobilisation qui sera autour de l'&#233;v&#232;nement et &#224; chaque &#233;dition suscitera le partage d'exp&#233;riences et des &#233;changes d'id&#233;es qui permettront &#224; chaque structure d'agir localement et de d&#233;velopper d'autres initiatives d'information. Les informations donn&#233;es et les messages pass&#233;s doivent &#234;tre ceux correspondant &#224; chaque milieu et qui doivent agir v&#233;ritablement sur les actions des communaut&#233;s concern&#233;es. Penser globalement et agir localement, tel doit &#234;tre le leitmotiv des m&#233;dias alternatifs. L'avenir de l'Afrique en d&#233;pend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Dodji Bokodjin est sociologue, membre d'Attac Togo / CADTM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Memorandum sur la situation politique actuelle au Togo</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Memorandum-sur-la-situation-politique-actuelle-au-Togo</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Memorandum-sur-la-situation-politique-actuelle-au-Togo</guid>
		<dc:date>2010-08-24T12:18:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Fabre</dc:creator>


		<dc:subject>Togo</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la droite ligne de sa logique de d&#233;stabilisation de l'opposition, qui l'a conduit r&#233;cemment &#224; interdire aux responsables de l'UFC et du Front R&#233;publicain pour l'Alternance et la Changement (FRAC) de se rendre &#224; Kpalim&#233; et &#224; Ts&#233;vi&#233;, le gouvernement maintient toujours autour du si&#232;ge de l'UFC, un dispositif policier qui en emp&#234;che l'acc&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Le pr&#233;sent m&#233;morandum fait le point sur les derniers &#233;v&#232;nements politiques au Togo, cr&#233;&#233;s par l'ing&#233;rence inacceptable du gouvernement dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Togo-+" rel="tag"&gt;Togo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton5130-e81f4.jpg?1676792979' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la droite ligne de sa logique de d&#233;stabilisation de l'opposition, qui l'a conduit r&#233;cemment &#224; interdire aux responsables de l'UFC et du Front R&#233;publicain pour l'Alternance et la Changement (FRAC) de se rendre &#224; Kpalim&#233; et &#224; Ts&#233;vi&#233;, le gouvernement maintient toujours autour du si&#232;ge de l'UFC, un dispositif policier qui en emp&#234;che l'acc&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sent m&#233;morandum fait le point sur les derniers &#233;v&#232;nements politiques au Togo, cr&#233;&#233;s par l'ing&#233;rence inacceptable du gouvernement dans les affaires internes de l'Union des Forces de Changement (UFC). En effet, au sein de l'UFC, un conflit oppose M. Gilchrist Olympio au Bureau National qui l'a exclu provisoirement pour fautes lourdes apr&#232;s la signature d'un accord avec le RPT sans l'aval du Parti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour mettre fin &#224; ce dysfonctionnement, le Bureau National de l'UFC a d&#233;cid&#233; de convoquer un Congr&#232;s extraordinaire. Par lettre en date du vendredi 30 juillet 2010, le Bureau National a inform&#233; le Ministre de l'Administration Territoriale et son coll&#232;gue de la S&#233;curit&#233; qu'il organise, conform&#233;ment aux pr&#233;rogatives que lui conf&#232;rent les statuts du Parti, un congr&#232;s extraordinaire le Mardi 10 ao&#251;t 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lundi 9 Ao&#251;t 2010, veille du Congr&#232;s, soit douze jours apr&#232;s la r&#233;ception de ce courrier, les Ministres Bodjona et Titikpina cosignent une lettre dans laquelle ils informent le Bureau National de l'UFC que Monsieur Gilchrist Olympio, ex-pr&#233;sident national de l'UFC, organise lui aussi un congr&#232;s extraordinaire le jeudi 12 ao&#251;t 2010 et que &#171; la seule convocation r&#233;guli&#232;re du congr&#232;s extraordinaire de l'UFC est celle rev&#234;tue de la signature du pr&#233;sident national, en l'occurrence celle du 12 ao&#251;t 2010. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux ministres, ayant visiblement compris qu'ils ne pouvaient l&#233;galement emp&#234;cher le Bureau National de tenir ses assises, ont conclu leur lettre en l'exhortant &#224; &#171; une n&#233;cessaire concertation &#187; avec Monsieur Gilchrist Olympio.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 10 Ao&#251;t 2010 au matin, date du Congr&#232;s, alors que les militants affluaient de partout vers le lieu du Congr&#232;s et que de nombreux participants s'impatientaient dans les rues avoisinant le Foyer de l'Eglise Evang&#233;lique Presbyt&#233;rienne de Ny&#233;konakpo&#233;, des gendarmes et des policiers en armes ont donn&#233; l'assaut par des passages &#224; tabac et des tirs de grenades lacrymog&#232;nes &#233;tiquet&#233;es &#8216;'SNPE / CARTOUCHES PROPULSIVES'', occasionnant des bless&#233;s dont plusieurs graves. Les grenades utilis&#233;es ont &#233;t&#233; reconnues comme &#233;tant non conventionnelles par des experts en la mati&#232;re. La r&#233;pression s'est poursuivie toute la journ&#233;e avec de nombreuses arrestations arbitraires. Toute la ville de Lom&#233; &#233;tait quasiment en &#233;tat de si&#232;ge. Plusieurs militants et sympathisants ainsi que de simples passants sont arr&#234;t&#233;s et d&#233;f&#233;r&#233;s &#224; la prison civile de Lom&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que se poursuivaient la r&#233;pression violente et les exactions de toutes sortes perp&#233;tr&#233;es par les gendarmes et les policiers contre les militants et sympathisants de l'UFC, les travaux du Congr&#232;s de l'UFC se d&#233;roulaient conform&#233;ment au plan de repli du Comit&#233; d'Organisation. Des d&#233;l&#233;gu&#233;s de haut niveau provenant de trente cinq f&#233;d&#233;rations sur les quarante que compte le parti au Togo, ont pris part aux travaux. A l'issue du Congr&#232;s, la liste du Bureau National r&#233;am&#233;nag&#233; a &#233;t&#233; rendue publique lors d'une conf&#233;rence de presse anim&#233;e &#224; la permanence des d&#233;put&#233;s de l'UFC &#224; Lom&#233; par le Pr&#233;sident National Jean-Pierre Fabre et le Pr&#233;sident du Congr&#232;s M. Patrick Lawson entour&#233;s de Me Isabelle Am&#233;ganvi, 2&#232;me Vice Pr&#233;sidente et de Mme Mana Sokpoli, Pr&#233;sidente des Dames des Forces de Changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; l'article 17 de la Charte des partis politiques, le secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral du parti a fait parvenir, par trois fois y compris par voie d'huissier, les statuts modifi&#233;s du parti et la liste du Bureau National au Minist&#232;re de l'Administration Territoriale qui a refus&#233; de les r&#233;ceptionner. Un d&#233;p&#244;t du m&#234;me dossier par l'interm&#233;diaire du Premier Ministre, Chef de gouvernement, a essuy&#233; le m&#234;me refus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a lieu de relever qu'au m&#234;me moment o&#249; le pouvoir en place a tent&#233; d'emp&#234;cher par tous les moyens, y compris par la violence aveugle des policiers et des gendarmes, le Congr&#232;s du Bureau National du mardi 10 Ao&#251;t 2010, celui ill&#233;galement convoqu&#233; le 12 Ao&#251;t 2010 par M. Gilchrist Olympio, d&#233;finitivement exclu du parti par le Congr&#232;s, a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien ostentatoire du pouvoir RPT et d'une protection polici&#232;re d&#233;mesur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce conflit interne &#224; l'UFC, le gouvernement RPT prend le parti de soutenir M. Gilchrist Olympio. Cette ing&#233;rence est inacceptable. Il ne revient pas au gouvernement de prendre parti dans les conflits internes aux partis politiques et d'imposer ses diktats en usant d'arguments fantaisistes et fallacieux qui cachent mal son intention r&#233;elle de d&#233;truire l'opposition d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la droite ligne de sa logique de d&#233;stabilisation de l'opposition, qui l'a conduit r&#233;cemment &#224; interdire aux responsables de l'UFC et du Front R&#233;publicain pour l'Alternance et la Changement (FRAC) de se rendre &#224; Kpalim&#233; et &#224; Ts&#233;vi&#233;, le gouvernement maintient toujours autour du si&#232;ge de l'UFC, un dispositif policier qui en emp&#234;che l'acc&#232;s. De m&#234;me, le mercredi 11 Ao&#251;t 2010, il a emp&#234;ch&#233; la s&#233;ance hebdomadaire de pri&#232;res au Temple M&#233;thodiste Salem de Lom&#233;, par un dispositif policier injustifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte politique cr&#233;&#233; par l'attitude partisane du gouvernement met en p&#233;ril l'exercice des activit&#233;s politiques dans notre pays. L'Union des Forces de Changement est convaincue que la communaut&#233; internationale demeure &#224; l'&#233;coute de l'&#233;volution de la situation politique actuelle au Togo et souhaite que cette &#233;coute soit plus vigilante et plus exigeante, notamment au regard du d&#233;ficit d&#233;mocratique persistant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Togo : Bavures polici&#232;res et arrestations au menu &#224; Lom&#233;</title>
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		<dc:date>2010-08-17T12:34:22Z</dc:date>
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		<dc:subject>Togo</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;Beaucoup de militants de l'UFC et autres sympathisants de l'opposition &#233;taient mobilis&#233;s ce matin &#224; l'appel de l'UFC. Ils ont &#233;t&#233; violemment dispers&#233;s par des jets de gaz lacrymog&#232;ne. On d&#233;nombre de nombreux bless&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Sc&#232;ne de violences ce matin (10 ao&#251;t NDLR) au quartier Ny&#233;konakpo&#232;, o&#249; devait se tenir le congr&#232;s extraordinaire convoqu&#233; par le Bureau national de l'UFC, contest&#233; par Gilchrist Olympio et interdit par les ministre Bodjona et Titikpina. Pr&#233;vu pour se tenir ce matin au Foyer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton5070-d8c2f.jpg?1675779538' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Beaucoup de militants de l'UFC et autres sympathisants de l'opposition &#233;taient mobilis&#233;s ce matin &#224; l'appel de l'UFC. Ils ont &#233;t&#233; violemment dispers&#233;s par des jets de gaz lacrymog&#232;ne. On d&#233;nombre de nombreux bless&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sc&#232;ne de violences ce matin (10 ao&#251;t NDLR) au quartier Ny&#233;konakpo&#232;, o&#249; devait se tenir le congr&#232;s extraordinaire convoqu&#233; par le Bureau national de l'UFC, contest&#233; par Gilchrist Olympio et interdit par les ministre Bodjona et Titikpina. Pr&#233;vu pour se tenir ce matin au Foyer de l'Eglise Evang&#233;lique Presbyt&#233;rienne du Togo &#224; Ny&#233;konakpo&#233;, &#224; Lom&#233;, le congr&#232;s extraordinaire convoqu&#233; par le Bureau national de l'Union des Force de Changement ( UFC) a &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233; ce matin, &#224; Lom&#233;. Un communiqu&#233; conjointement sign&#233; par les ministres Pascal Bodjona de l'Administration du territoire et le Col. Atcha Titikpina de la S&#233;curit&#233;, a interdit la veille, la tenue de ce congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les deux ministres, militants du Rpt et tr&#232;s proches collaborateurs de Faure Gnassingb&#233;, seul Gilchrist Olympio, pr&#233;sident de l'UFC, peut signer un acte pour convoquer un congr&#232;s du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temporairement exclu du parti pour faute grave, suite &#224; sa d&#233;cision unilat&#233;rale d'entrer au gouvernement d'union et de large comp&#233;tence, Gilchrist Olympio a convoqu&#233; un congr&#232;s pour les 11 et 12 ao&#251;t 2010. Un congr&#232;s convoqu&#233; par le Bureau national qu'il a recompos&#233; seul, en remplacement de celui &#233;lu au dernier congr&#232;s du parti, tenu en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, des gendarmes ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s t&#244;t pour &#233;riger des cordons &#224; l'entr&#233;e des diff&#233;rentes rues, menant au lieu pr&#233;vu pour le congr&#232;s et au si&#232;ge du parti. Dans les locaux du si&#232;ge du parti &#224; Lom-Nava, des d&#233;l&#233;gu&#233;s du parti venus de l'int&#233;rieur du pays et qui y &#233;taient, ont escalad&#233; les murs des maisons voisines pour &#233;chapper aux gendarmes. D'autres jeunes qui ont mont&#233; la garde la veille dans l'enceinte de l'Eglise Evang&#233;lique Presbyt&#233;rienne, y sont rest&#233;s. Des informations font &#233;tat de ce que des personnes en tenue civile, escaladent les murs, sous la protection des gendarmes, pour des raisons qu'ont ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de militants de l'UFC et autres sympathisants de l'opposition &#233;taient mobilis&#233;s ce matin &#224; l'appel de l'UFC. Ils ont &#233;t&#233; violemment dispers&#233;s par des jets de gaz lacrymog&#232;ne. On d&#233;nombre de nombreux bless&#233;s. A bord de voitures banalis&#233;es dont une 4X4 immatricul&#233;e RT 9746 AG, des hommes habill&#233;s en tenue civile violentent et embarquent les militants habill&#233;s en jaune avec logo de l'UFC. C'est le cas d'un jeune homme surpris sur l'esplanade de l'UTB circulaire. Violent&#233; &#224; coups de matraques et autres cordelettes, il a &#233;t&#233; jet&#233; dans une voiture de la gendarmerie. La sc&#232;ne se passait aux environs de 9H30, en pr&#233;sence d'une foule hurlant sa col&#232;re. Ces violences sont constat&#233;es par les observateurs du Bureau du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Droits de l'Homme ( HCDH).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par deux fois, le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UFC, Jean-Pierre Fabre est arriv&#233; sur les lieux pr&#233;vus pour la tenue du congr&#232;s. Sa voiture a &#233;t&#233; prise dans une course de chasse poursuite, avec jets de gaz. Idem pour le pr&#233;sident du parti, Obuts (dissout) Agb&#233;yom&#233; Kodjo. Chaque apparition de ces leaders soul&#232;ve des ovations de la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;chauffour&#233;es ont dur&#233; environ quatre heures au quartier Ny&#233;konakpo&#233;. On ignore si la tension va baisser dans la journ&#233;e. Les militants attendent toujours la tenue du congr&#232;s. Selon le secr&#233;taire &#224; la communication de l'UFC, Eric Dupuy, le congr&#232;s aura bien lieu dans la journ&#233;e. Il a d&#233;plor&#233; l'arrestation de certains d&#233;l&#233;gu&#233;s du parti, venus de l'int&#233;rieur. &#171; Les Togolais doivent remercier Gilchrist Olympio d'accepter que les Togolais soient victimes de brimades pour le conforter dans son alliance avec le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux environs de 9H10, Un officier fran&#231;ais, qui s'est pr&#233;sent&#233; comme un conseiller du R&#233;giment des Commandos de la Garde Pr&#233;sidentielle (RCGP), a vu sa voiture en peu abim&#233; alors qu'il insistait pour passer malgr&#233; l'attroupement des militants sur la voie. Ce dernier pr&#233;textant qu'un journaliste a pris sa photo, ce dernier a menac&#233; de faire appel aux militaires du RCGP pour venir &#171; mettre l'ordre &#187;. Malgr&#233; les protestations des journalistes, il a fouill&#233; en vain le film de l'appareil, sans voir son image. &#171; Vous effac&#233; la photo ou je mets un coup sur l'appareil &#187;, a menac&#233; cet officier fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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