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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Il faut une Banque du Sud</title>
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		<dc:date>2010-09-28T12:40:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Objectifs du mill&#233;naire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-09-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident du Comit&#233; pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde, &#201;ric Toussaint, anticipe que les conditions se cr&#233;ent vers l'&#233;clatement d'une nouvelle crise. &lt;br class='autobr' /&gt; Quelle est la situation actuelle de la dette ext&#233;rieure dans le monde ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation que nous vivons est ambigu&#235;. L'impression dominante est que la crise de la dette appartient au pass&#233;. Pour s'en convaincre, on fait valoir que les gouvernements des grands pays du Sud paient de mani&#232;re anticip&#233;e leur dette au FMI. C'est le cas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-09-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-09-28&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH125/arton5402-ec43b.png?1681530240' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='125' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident du Comit&#233; pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde, &#201;ric Toussaint, anticipe que les conditions se cr&#233;ent vers l'&#233;clatement d'une nouvelle crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la situation actuelle de la dette ext&#233;rieure dans le monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation que nous vivons est ambigu&#235;. L'impression dominante est que la crise de la dette appartient au pass&#233;. Pour s'en convaincre, on fait valoir que les gouvernements des grands pays du Sud paient de mani&#232;re anticip&#233;e leur dette au FMI. C'est le cas du Br&#233;sil, de l'Argentine, du Mexique, de la Tha&#239;lande et de l'Indon&#233;sie. Mais la situation est contradictoire car en r&#233;alit&#233;, les conditions sont r&#233;unies pour aboutir &#224; une nouvelle crise. Tout d'abord, la dette ext&#233;rieure du Tiers Monde a augment&#233; de plus de 250 milliards de dollars (USD) en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les pays du Sud que je viens de mentionner paient de mani&#232;re anticip&#233;e leur dette au FMI, &#233;mettent des titres de la dette publique ou contractent de nouvelles dettes aupr&#232;s de banques priv&#233;es. La dette ext&#233;rieure priv&#233;e et publique des pays du Sud s'&#233;l&#232;ve maintenant &#224; pr&#232;s de 3 000 milliards de dollars. La part publique de cette dette ext&#233;rieure atteint la moiti&#233; de cette somme, soit 1 500 milliards d'USD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second facteur &#224; mettre en &#233;vidence est que la dette publique interne a consid&#233;rablement augment&#233; au cours de ces dix derni&#232;res ann&#233;es. Dans un pays comme le Mexique par exemple, le syst&#232;me bancaire national est &#224; pr&#233;sent totalement contr&#244;l&#233; par les banques des &#201;tats-Unis, qui ont achet&#233; les banques du Mexique quand celles-ci furent privatis&#233;es. En Argentine et en Colombie, les banques nationales sont contr&#244;l&#233;es par les banques espagnoles. Cela signifie que la dette publique interne est pratiquement d&#233;tenue par les m&#234;mes cr&#233;anciers que la dette publique externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela il faut ajouter deux autres ph&#233;nom&#232;nes. Le taux d'int&#233;r&#234;t international augmente. Le taux d'int&#233;r&#234;t &#233;tait tr&#232;s bas dans les ann&#233;es 2001-2002 car les &#201;tats-Unis avaient adopt&#233; une politique keyn&#233;sienne face &#224; la faillite de grandes entreprises nord-am&#233;ricaines qui &#233;taient terriblement endett&#233;es. Pour qu'elles s'en sortent, ils ont baiss&#233; les taux d'int&#233;r&#234;ts. Ils ont aussi baiss&#233; les taux d'int&#233;r&#234;ts pour maintenir le niveau de consommation des m&#233;nages am&#233;ricains. Ils y sont en effet parvenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la r&#233;cup&#233;ration de l'&#233;conomie nord-am&#233;ricaine a eu lieu &#224; partir de 2002. Depuis juin 2004, la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale des &#201;tats-Unis augmente &#224; nouveau le taux d'int&#233;r&#234;t, suivie par la Banque Centrale Europ&#233;enne et la Banque Centrale du Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un m&#234;me temps, les pays les plus industrialis&#233;s et la Chine tentent de faire baisser les prix de leurs importations de mati&#232;res premi&#232;res. S'ils parviennent &#224; faire baisser les prix mondiaux des mati&#232;res premi&#232;res, les pays du Sud seront tr&#232;s affect&#233;s &#233;conomiquement et financi&#232;rement. D'une part, cela signifie moins de revenus d'exportations pour les pays du Sud, et d'autre part, plus de paiement &#224; leurs cr&#233;anciers du fait des taux d'int&#233;r&#234;ts &#233;lev&#233;s. Dans ces conditions, il est probable que dans deux ou trois ans, la crise de la dette se r&#233;p&#232;te dans les pays dont les &#233;conomies sont largement d&#233;pendantes des exportations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pouvez-vous dire de la dette ext&#233;rieure des &#201;tats-Unis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis est le pays le plus endett&#233; aux niveaux interne et externe. La dette ext&#233;rieure des &#201;tats-Unis &#233;quivaut &#224; la somme de la dette ext&#233;rieure de l'ensemble de tous les pays dits &#171; en d&#233;veloppement &#187;, o&#249; vivent 85% de la population mondiale. Ce qui est aberrant et scandaleux, c'est que ces m&#234;mes pays du Sud pr&#234;tent de l'argent aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour financer sa dette, les &#201;tats-Unis vendent des bons du Tr&#233;sor. Plus de 1 000 milliards de dollars en bons du Tr&#233;sor sont achet&#233;s par les pays &#171; en d&#233;veloppement &#187;. Je dis que c'est scandaleux et absurde du point de vue de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Avec cette op&#233;ration d'achat de bons, ils ont une r&#233;mun&#233;ration &#224; un taux de 4-5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment, ces m&#234;mes pays &#233;mettent des titres de leur dette ext&#233;rieure et paient un taux d'int&#233;r&#234;t de 8-10%. C'est une perte absolue. D'o&#249; mon positionnement sur la n&#233;cessit&#233; d'une Banque du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement tenir compte du fait que la dette interne des &#201;tats-Unis atteint 30 000 milliards de dollars, soit 10 fois sa dette externe. La dette des foyers repr&#233;sente plus d'un tiers de ce montant. Les entreprises des &#201;tats-Unis, le Gouvernement F&#233;d&#233;ral et les &#201;tats sont &#233;galement tr&#232;s endett&#233;s. Ces donn&#233;es d&#233;montrent que l'annulation totale de la dette ext&#233;rieure publique des pays en d&#233;veloppement ne repr&#233;senterait qu'un effort minime de la part de la banque priv&#233;e ou publique internationale puisque les plus grands d&#233;biteurs sont les pouvoirs publics, les entreprises et les familles du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En totalisant la dette des pays d&#233;velopp&#233;s et sous-d&#233;velopp&#233;s, quel est le montant total de la dette ext&#233;rieure mondiale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur totalit&#233;, les dettes externes et internes au niveau mondial s'&#233;l&#232;vent &#224; plus de 60 000 milliards de USD. La part externe atteint 10 000 milliards. La grande partie de la dette correspond &#224; la dette publique interne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous mentionnez la Banque du Sud. Que pouvez-vous nous dire &#224; ce sujet ? Les pays du Sud disposent d'une quantit&#233; tr&#232;s &#233;lev&#233;e de r&#233;serves en dollars, en euros, en yens. Il est vrai que l'USD est la principale monnaie de r&#233;serve internationale. Mais &#224; quoi assistons-nous en ce moment ? L'euro remplace progressivement le dollar comme monnaie de r&#233;serve. Pourquoi ? Parce que le dollar se d&#233;pr&#233;cie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, les Banques Centrales d'autres pays commencent maintenant &#224; changer les dollars contre des euros. Ainsi, la d&#233;valuation du dollar va se poursuivre, les r&#233;serves internationales en euros, en yens, et dans une certaine mesure en livres sterling et en francs suisses, vont augmenter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut un front des pays du Sud qui placent leurs r&#233;serves non pas en bons des &#201;tats-Unis mais dans une Banque du Sud. Les pays du Sud pourraient &#233;galement cr&#233;er une monnaie commune, ou tout du moins une monnaie commune entre les nations de l'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes dans le cadre de l'ALBA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, l'ALBA doit se doter d'une banque de l'ALBA, une Banque de l'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes. Il faut d'autres projets communs en Am&#233;rique latine et aux Cara&#239;bes : l'Universit&#233; commune ; TELESUR, qui est une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision commune. Tout cela avance petit &#224; petit. Mais il arrive un moment o&#249; il faut faire un pas d&#233;cid&#233; en avant et la Banque du Sud doit &#234;tre une de ses avanc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils la cr&#233;aient, les pays d'Am&#233;rique Latine pourraient abandonner d&#233;finitivement le Fonds Mon&#233;taire International. Cuba est le seul pays d'Am&#233;rique Latine &#224; n'&#234;tre pas membre du Fonds Mon&#233;taire International et de la Banque Mondiale. En quoi cela peut-il servir au Venezuela d'&#234;tre membre de la Banque Mondiale et du FMI ? Le Venezuela et les autres pays en d&#233;veloppement ne disposent pas de suffisamment de droits de votes pour influencer les d&#233;cisions de la Banque Mondiale et du FMI puisque ces deux organismes sont totalement contr&#244;l&#233;s par les &#201;tats-Unis, le Japon et l'Union Europ&#233;enne. Ils pourraient donc sortir de la Banque Mondiale et du FMI et avoir une banque multilat&#233;rale commune sous le contr&#244;le total des pays d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles fonctions remplirait la Banque du Sud ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque du Sud financerait des projets communs dans l'infrastructure, l'industrialisation, la transformation des exportations. Et &#233;videmment, elle d&#233;velopperait le march&#233; interne. Il y a beaucoup &#224; faire pour d&#233;velopper le march&#233; interne d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes. En r&#233;sum&#233;, une Banque du Sud appuierait, gr&#226;ce &#224; ses financements, les pouvoirs publics nationaux et locaux, les communaut&#233;s indig&#232;nes, les entreprises publiques, les coop&#233;ratives. Il ne s'agirait pas d'une banque pour financer le grand capital national et international. La Banque du Sud serait un instrument tr&#232;s puissant pour le projet de d&#233;veloppement du Socialisme du XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview d'Eric Toussaint par Fidel Vascos Gonzales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Source : Granma Internacional, La Havane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#201;ric Toussaint est le pr&#233;sident du Comit&#233; pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde. Ce Comit&#233;, dont le si&#232;ge est en Belgique, est un r&#233;seau international constitu&#233; de comit&#233;s locaux pr&#233;sents dans 23 pays de 4 continents. &#201;ric Toussaint est un participant assidu de la Rencontre Internationale d'&#201;conomistes sur les Probl&#232;mes du D&#233;veloppement, qui se tient tous les ans &#224; La Havane.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le CADTM exige l'annulation de la dette du Sud</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-CADTM-exige-l-annulation-de-la-dette-du-Sud</link>
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		<dc:date>2010-09-28T12:39:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>CADTM</dc:creator>


		<dc:subject>Objectifs du mill&#233;naire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-09-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour le r&#233;seau CADTM, les OMD &#233;taient d&#232;s le d&#233;part vou&#233;s &#224; l'&#233;chec car ils ne sont pas contraignants pour les &#201;tats, contrairement aux politiques dict&#233;es par le FMI et la Banque mondiale, dont l'application docile par les gouvernements du Sud conditionne les all&#232;gements de dettes et les nouveaux pr&#234;ts. &lt;br class='autobr' /&gt; Du 20 au 22 septembre 2010 se d&#233;roule &#224; New-York, au si&#232;ge des Nations unies, le Sommet mondial sur les Objectifs du mill&#233;naire pour le d&#233;veloppement (OMD) dont le but annonc&#233; est de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-09-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-09-28&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH67/arton5399-8764d.png?1681530240' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='67' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour le r&#233;seau CADTM, les OMD &#233;taient d&#232;s le d&#233;part vou&#233;s &#224; l'&#233;chec car ils ne sont pas contraignants pour les &#201;tats, contrairement aux politiques dict&#233;es par le FMI et la Banque mondiale, dont l'application docile par les gouvernements du Sud conditionne les all&#232;gements de dettes et les nouveaux pr&#234;ts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du 20 au 22 septembre 2010 se d&#233;roule &#224; New-York, au si&#232;ge des Nations unies, le Sommet mondial sur les Objectifs du mill&#233;naire pour le d&#233;veloppement (OMD) dont le but annonc&#233; est de &#034;permettre une acc&#233;l&#233;ration des progr&#232;s en vue de la r&#233;alisation des OMD &#034;. Car &#224; seulement 5 ans de l'&#233;ch&#233;ance, le tableau dress&#233; par le dernier rapport de l'ONU de juin 2010 est pour le moins sombre. A ce stade, seul un OMD sur huit (&#034; r&#233;duire de moiti&#233;, de 1990 &#224; 2015, la proportion de la population dont le revenu est inf&#233;rieur &#224; 1 dollar par jour &#034;) pourrait &#234;tre atteint gr&#226;ce &#224; la Chine et l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la crise &#233;conomique mondiale est pass&#233;e par l&#224;. Mais elle ne peut expliquer toute seule cette situation inacceptable o&#249; la majorit&#233; des &#234;tres humains de la plan&#232;te, tr&#232;s majoritairement bas&#233;e au Sud, est priv&#233;e de ses droits fondamentaux tels que le droit &#224; l'eau ou &#224; l'&#233;ducation, et plus g&#233;n&#233;ralement d&#233;poss&#233;d&#233;e de son droit &#224; la vie. En effet, les &#034; &#233;meutes de la faim &#034; et la crise environnementale existaient avant l'&#233;clatement de la crise mondiale, dont l'enti&#232;re responsabilit&#233; repose sur les pays riches du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le r&#233;seau CADTM, les OMD &#233;taient d&#232;s le d&#233;part vou&#233;s &#224; l'&#233;chec car ils ne sont pas contraignants pour les &#201;tats, contrairement aux politiques dict&#233;es par le FMI et la Banque mondiale, dont l'application docile par les gouvernements du Sud conditionne les all&#232;gements de dettes et les nouveaux pr&#234;ts. Or, ces deux Institutions financi&#232;res internationales, contr&#244;l&#233;es par les pays occidentaux du fait notamment de la r&#233;partition des droits de vote, sont utilis&#233;es comme &#171; cheval de Troie &#187; pour imposer les politiques n&#233;o-lib&#233;rales servant en priorit&#233; les int&#233;r&#234;ts de leurs entreprises transnationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fondamentalement, l'&#233;chec des OMD est intrins&#232;quement li&#233; &#224; la nature du syst&#232;me actuel : le capitalisme, incapable de satisfaire les besoins des peuples. Comment expliquer qu'en d&#233;pit de l'augmentation exponentielle des richesses mondiale, l'extr&#234;me pauvret&#233; a doubl&#233; en Afrique subsaharienne entre 1981 et 2005 ? Cette question nous renvoie directement aux racines m&#234;me du syst&#232;me actuel qui ne vise ni la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s ni le d&#233;veloppement. Soulignons que l'&#233;radication de la pauvret&#233; est possible mais qu'elle ne peut qu'&#234;tre le r&#233;sultat d'un processus de d&#233;veloppement r&#233;ussi reposant sur une juste r&#233;partition des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le r&#233;seau CADTM, un changement radical est donc n&#233;cessaire pour, d'une part, permettre aux &#201;tats du Sud et du Nord de respecter leurs engagements de protection des droits humains tels que le Pacte international sur les droits &#233;conomiques, sociaux et culturels (PIDESC) de 1966 (ratifi&#233; par 159 &#201;tats) et, d'autre part, garantir le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes consacr&#233; par plusieurs textes internationaux dont la D&#233;claration de l'ONU sur le droit au d&#233;veloppement de 1986. Ce changement passe in&#233;vitablement par l'annulation totale et sans conditions de la dette publique ext&#233;rieure des pays en d&#233;veloppement. La situation est d'autant plus urgente qu'une nouvelle crise de la dette du Sud est en pr&#233;paration, comme cons&#233;quence de la crise &#233;conomique mondiale. Le service annuel de la dette risque, par cons&#233;quent, d'accaparer une part encore plus importante des maigres budgets des pays du Sud, au d&#233;triment des d&#233;penses publiques vitales pour le d&#233;veloppement humain sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant une initiative internationale pour l'annulation totale et inconditionnelle de cette dette, les &#201;tats doivent imp&#233;rativement prendre des mesures de mani&#232;re unilat&#233;rale. Ces mesures peuvent, en outre, s'inscrire dans le cadre du huiti&#232;me OMD &#034; Mettre en place un partenariat mondial pour le d&#233;veloppement &#171; qui pr&#233;voit de &#187; Traiter globalement le probl&#232;me de la dette des pays en d&#233;veloppement par des mesures d'ordre national et international propres &#224; rendre leur endettement viable &#224; long terme &#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pays du Nord doivent donc au minimum :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; suspendre imm&#233;diatement le remboursement de la dette du Sud (avec gel des int&#233;r&#234;ts)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; auditer cette dette pour annuler la part ill&#233;gitime (celle qui n'a pas profit&#233; aux populations) sans inscrire, comme l'a fait le Norv&#232;ge en 2006, les montants annul&#233;s dans l'aide publique au d&#233;veloppement (APD) pour la gonfler artificiellement. Soulignons que, malgr&#233; cette pratique, les pays de l'OCDE n'ont consacr&#233; en 2009 que 97,5 milliards d'euros &#224; l'APD, soit 0,31 % de leur revenu national cumul&#233;, bien loin des 0,7% promis depuis des ann&#233;es. Les flux financiers qui partent du Sud vers le Nord sont largement sup&#233;rieurs &#224; l' &#171; aide &#187; des pays riches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; verser des r&#233;parations pour la dette historique, &#233;cologique et culturelle qu'ils ont &#224; l'&#233;gard du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures indispensables mais non suffisantes, fond&#233;es sur la justice et non sur une quelconque g&#233;n&#233;rosit&#233; du Nord, impliquent pour les pays du Nord de s'attaquer &#224; leur propre dette publique en en suspendant imm&#233;diatement le remboursement pour donner la priorit&#233; &#224; la coop&#233;ration internationale et aux d&#233;penses publiques dans les secteurs sociaux &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Intervention aux Nations unies sur les Objectifs du Mill&#233;naire pour le D&#233;veloppement (OMD)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Intervention-aux-Nations-unies-sur-les-Objectifs-du-Millenaire-pour-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Intervention-aux-Nations-unies-sur-les-Objectifs-du-Millenaire-pour-le</guid>
		<dc:date>2010-09-28T12:39:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Objectifs du mill&#233;naire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-09-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette conf&#233;rence a &#233;t&#233; prononc&#233;e devant une session sp&#233;ciale de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies &#224; New York le 15 septembre 2010 [1]. &lt;br class='autobr' /&gt; I. En d&#233;pit du fait que les objectifs du mill&#233;naire soient d&#233;mesur&#233;ment modestes, ils ne seront m&#234;me pas atteints. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au niveau mondial la r&#233;duction limit&#233;e du pourcentage de la population vivant avec moins de 1,25 dollars par jour r&#233;sulte de l'&#233;volution en Chine et en Inde [La Chine et l'Inde ne sont pas des mod&#232;les. [2], pays qui n'ont pas appliqu&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Objectifs-du-millenaire-+" rel="tag"&gt;Objectifs du mill&#233;naire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-09-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-09-28&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L126xH150/arton5400-323ee.png?1681530240' class='spip_logo spip_logo_right' width='126' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette conf&#233;rence a &#233;t&#233; prononc&#233;e devant une session sp&#233;ciale de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies &#224; New York le 15 septembre 2010 [1].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. En d&#233;pit du fait que les objectifs du mill&#233;naire soient d&#233;mesur&#233;ment modestes, ils ne seront m&#234;me pas atteints.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau mondial la r&#233;duction limit&#233;e du pourcentage de la population vivant avec moins de 1,25 dollars par jour r&#233;sulte de l'&#233;volution en Chine et en Inde [La Chine et l'Inde ne sont pas des mod&#232;les. [2], pays qui n'ont pas appliqu&#233; le consensus de Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; a les possibilit&#233;s mat&#233;rielles de garantir &#224; chaque &#234;tre humain le respect des droits humains fondamentaux bien au-del&#224; des modestes Objectifs du Mill&#233;naire. Il est &#233;vident que ce n'est pas un manque de ressources qui constitue le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. L'explication qui pr&#233;vaut dans les documents produits par les institutions comme la Banque mondiale, le FMI, l'OCDE&#8230; n'est pas convaincante et sert &#224; consolider des politiques qui sont &#224; l'origine de la crise car elles ont fragilis&#233; les pays en d&#233;veloppement qui les ont accept&#233;es.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recommandations ou impositions de ces institutions d&#233;coulent de plusieurs dogmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est relatif au financement du d&#233;veloppement par l'endettement. Cela conduit la grande majorit&#233; des pays en d&#233;veloppement &#224; adopter un comportement absurde. En effet, bien que les pays en d&#233;veloppement, - principalement les exportateurs de mati&#232;res premi&#232;res et la Chine - d&#233;tiennent l'immense majorit&#233; des r&#233;serves internationales (en dollars surtout) r&#233;pertori&#233;es de par le monde, ils continuent de s'endetter. Que font ils ? Ils ach&#232;tent des bons du Tr&#233;sor des Etats-Unis, c'est-&#224;-dire qu'ils pr&#234;tent au gouvernement am&#233;ricain. Ils d&#233;posent ces bons du Tr&#233;sor dans les coffres de leur banque centrale et &#233;mettent ensuite des titres de la dette publique &#224; Wall Street ou sur leur march&#233; interne. C'est totalement absurde : en effet, les bons du Tr&#233;sor ont un rendement tr&#232;s faible alors que les bons que les pays en d&#233;veloppement &#233;mettent qui sont en dollars r&#233;mun&#232;rent les cr&#233;anciers avec des taux beaucoup plus &#233;lev&#233;s [3]. Les dirigeants de ces pays feraient beaucoup mieux de ne pas s'endetter et d'utiliser leurs r&#233;serves pour des investissements productifs et des d&#233;penses sociales pour am&#233;liorer les conditions de vie de leurs populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second dogme est celui du libre &#233;change et de la libre circulation des capitaux, des biens et des services. Cette libert&#233; de circulation ne s'applique pas dans les pays les plus industrialis&#233;s aux travailleurs et aux personnes en g&#233;n&#233;ral ce qui est en contradiction compl&#232;te avec la th&#233;orie n&#233;olib&#233;rale. En effet, il faut rappeler qu'Adam Smith, r&#233;f&#233;rence des n&#233;olib&#233;raux, &#233;tait lui, en faveur de la libert&#233; de circulation et d'&#233;tablissement des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me dogme compl&#232;tement en contradiction avec la r&#233;alit&#233; est l'id&#233;e selon laquelle donner aux pauvres un meilleur acc&#232;s au march&#233; permet de mettre fin &#224; la pauvret&#233; alors que l'&#233;radication de la pauvret&#233; est du ressort de l'Etat par la mise en &#339;uvre de changements structurels mettant fin &#224; l'injustice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le n&#233;faste des politiques macro-&#233;conomiques connues comme le consensus de Washington a &#233;t&#233; mis en lumi&#232;re &#224; de nombreuses reprises au cours des 20 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : la crise alimentaire de 2007-2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007-2008, le nombre de personnes souffrant de la faim a augment&#233; de 140 millions. Cette augmentation a &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'une forte hausse des prix des denr&#233;es alimentaires [4]. Dans beaucoup de pays en d&#233;veloppement, cette augmentation du prix des aliments au d&#233;tail a atteint 50%.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi cette augmentation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part les pouvoirs publics du Nord ont augment&#233; leurs aides et leurs subventions aux agrocarburants (mal nomm&#233;s biocarburants alors qu'ils n'ont rien de bio, rien d' &#171; &#233;cologique &#187;). Il est ainsi devenu tout &#224; coup rentable de remplacer des cultures destin&#233;es &#224; l'alimentation humaine par des cultures de fourrage et d'ol&#233;agineux ou de d&#233;tourner une partie de la r&#233;colte de grains (mais, bl&#233;&#8230;) vers la production d'agrocarburants. Il en a r&#233;sult&#233; une r&#233;duction de l'offre d'aliments sur le march&#233; mondial et de ce fait une augmentation des prix au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, depuis l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re en 2007 aux Etats-Unis et par ricochet au reste du monde, la sp&#233;culation des grands investisseurs (fonds de pension, banques d'investissement, hedge funds&#8230;) s'est d&#233;plac&#233;e vers les march&#233;s o&#249; se n&#233;gocient les contrats des denr&#233;es alimentaires de base &#8211; en particulier 3 bourses am&#233;ricaines sp&#233;cialis&#233;es dans le march&#233; &#224; terme de grains : Chicago, Kansas City et Minneapolis-.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays en d&#233;veloppement &#8211; du fait des politiques impos&#233;es par le FMI et la Banque mondiale depuis la crise de la dette qui les a priv&#233; de toute forme de protection indispensable &#8211; se sont trouv&#233;s particuli&#232;rement vuln&#233;rables. En effet, ces politiques ont conduit &#224; la r&#233;duction des surfaces destin&#233;es aux cultures vivri&#232;res, &#224; la sp&#233;cialisation dans un ou deux produits d'exportation, &#224; la disparition des syst&#232;mes de stabilisation des prix, &#224; l'abandon de la production autosuffisante de c&#233;r&#233;ales et &#224; la r&#233;duction de leurs r&#233;serves, &#224; l'affaiblissement des &#233;conomies du fait d'une extr&#234;me d&#233;pendance des march&#233;s mondiaux, d'une forte r&#233;duction des budgets sociaux, de la suppression des subventions aux produits de base, de l'ouverture des march&#233;s qui aboutit &#224; la mise en concurrence injuste des petits producteurs locaux avec les multinationales&#8230; Ma&#238;tres dans l'art du pillage, les institutions mises en cause reconnaissent certaines erreurs pour mieux rester au centre du jeu international. Alors qu'elles ont commis le crime d'imposer un mod&#232;le &#233;conomique qui a d&#233;lib&#233;r&#233;ment priv&#233; les populations pauvres des protections indispensables et les a laiss&#233; &#224; la merci des sp&#233;culateurs les plus sauvages un timide mea culpa dans un document semi confidentiel ne peut &#233;videmment suffire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la FAO, la situation s'est am&#233;lior&#233;e en 2010 [5] mais il est clair que l'Objectif 1 des OMD ne sera pas atteint en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir rapidement analys&#233; les causes de la crise alimentaire de 2007-2008, il est pertinent de citer Fantu Cheru, expert ind&#233;pendant de la Commission des droits humains des Nations unies &#224; Gen&#232;ve qui d&#233;j&#224; en 1999 &#233;crivait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'ajustement structurel va au-del&#224; de la simple imposition d'une s&#233;rie de politiques macro-&#233;conomiques au niveau national. Il s'agit d'un projet politique, une strat&#233;gie de transformation consciente de transformation sociale au niveau mondial pour fa&#231;onner le monde selon les desideratas des entreprises transnationales. Les programme d'ajustement structurel servent donc de &#171; courroies de transmission &#187; pour faciliter le processus de mondialisation par la lib&#233;ralisation et la d&#233;r&#233;glementation et en r&#233;duisant la fonction de l'Etat dans le d&#233;veloppement national. &#187; [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Il ne faut pas croire que ces politiques ont &#233;t&#233; abandonn&#233;es.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la Banque mondiale et le FMI affirment qu'elles ont remplac&#233; les recettes du consensus de Washington par d'autres politiques, les faits d&#233;mentent ces affirmations. Tant ces institutions que l'OCDE continuent les m&#234;mes recommandations qui sont bien souvent des impositions. Ca a &#233;t&#233; y compris le cas en Haiti [7] ou au Pakistan [8] en 2010, pays dont les citoyens ont &#233;t&#233; tr&#232;s durement affect&#233;s par des catastrophes naturelles. Le FMI continue &#233;galement d'appuyer des dictatures : en septembre 2010 il a d&#233;cid&#233; d'octroyer un cr&#233;dit de 192 millions de dollars au r&#233;gime dictatorial du Honduras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. La crise &#233;conomico-financi&#232;re internationale de 2007 est-elle derri&#232;re nous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois facteurs qui all&#232;gent le poids de la crise pour les Pays en d&#233;veloppement. Ces trois facteurs qui peuvent se d&#233;grader rapidement sont : 1. les prix &#233;lev&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res (d'o&#249; d&#233;coule le haut niveau des r&#233;serves internationales) ; 2. de bas taux d'int&#233;r&#234;t et des primes de risque pays &#233;galement basses ; 3. des flux de capitaux vers les bourses des pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les banques centrales des principaux pays industrialis&#233;s (R&#233;serve f&#233;d&#233;rale des Etats-Unis, Banque centrale europ&#233;enne, Banque d'Angleterre, Banque du Japon) d&#233;cideront d'augmenter les taux d'int&#233;r&#234;t, cela fera brutalement augmenter le co&#251;t de refinancement de la dette externe des pays en d&#233;veloppement et les prix des mati&#232;res premi&#232;res pourraient chuter car le prix est aujourd'hui d&#233;pendant de l'immense liquidit&#233; mon&#233;taire internationale et de la sp&#233;culation. De plus, si l'&#233;conomie chinoise entre en crise, cela pourrait &#233;galement produire une chute des prix des mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. Il est n&#233;cessaire de revenir aux recommandations contenues dans la D&#233;claration sur le droit au d&#233;veloppement adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale le 4 d&#233;cembre 1986 dans sa r&#233;solution 41/128.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire d'agir tant au niveau de la Communaut&#233; internationale que chaque Etat souverain (qui peut prendre des mesures unilat&#233;rales bas&#233;es sur le droit international).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 1 de la D&#233;claration des Nations unies sur le droit au d&#233;veloppement stipule ce qui suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2. &#171; Le droit humain au d&#233;veloppement implique &#233;galement la pleine r&#233;alisation du droit des peuples &#224; l'auto-d&#233;termination qui inclut selon les dispositions relatives aux deux Pactes internationaux sur les droits humains, l'exercice de leur droit inali&#233;nable &#224; la pleine souverainet&#233; sur toutes leurs richesses et ressources naturelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 8 pr&#233;cise &#171; Il faut r&#233;aliser les r&#233;formes &#233;conomiques et sociales ad&#233;quates afin d'&#233;radiquer toutes les injustices sociales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI. Recommandations ou alternatives concr&#232;tes qui peuvent &#234;tre mises en place soit par la communaut&#233; internationale soit par les Etats souverains.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les taxes globales : un exemple de celles-ci serait la taxe de type Tobin (sur les transactions financi&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmenter l'aide au d&#233;veloppement pour atteindre 0,7% du PIB des pays les plus industrialis&#233;s (en 2010, les pays de l'OCDE y d&#233;die 0,35% soit la moiti&#233; de leur engagement ; il s'agit de plus d'un chiffre tr&#232;s sur&#233;valu&#233;) et la convertir en un fonds de r&#233;paration pour les dommages caus&#233;s aux peuples du Sud pendant les 5 derniers si&#232;cles de pillage et de domination de la part des puissances du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopter une nouvelle discipline financi&#232;re en interdisant les transactions avec les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliquer dans chaque pays une r&#233;forme fiscale redistributive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendre aux peuples du Sud les biens mal acquis par les &#233;lites dominantes de ces pays qui les ont plac&#233;s dans les pays du Nord et les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duire drastiquement les d&#233;penses d'armement et investir les sommes &#233;pargn&#233;es dans des politiques sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;aliser des audits de la dette publique pour d&#233;terminer la partie ill&#233;gitime et l'annuler ou la r&#233;pudier. La Norv&#232;ge a en 2006 annul&#233; unilat&#233;ralement la dette de 5 pays du Sud ( Equateur, P&#233;rou, Jama&#239;que, Egypte et Sierra Leone).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Norv&#232;ge a consid&#233;r&#233; que les cr&#233;dits octroy&#233;s n'ont pas servi au d&#233;veloppement de ces 5 pays, elle a reconnu qu'ils ont &#233;t&#233; octroy&#233;s en r&#233;alit&#233; pour aider l'industrie norv&#233;gienne de construction et d'exportation de bateaux. L'Equateur a 2007 institu&#233; une commission d'audit int&#233;gral sur la dette publique interne et externe (dont j'ai fait partie) qui a travaill&#233; de juillet 2007 &#224; septembre 2008. Sur base des conclusions de l'audit, l'Equateur a d&#233;cid&#233; de suspendre unilat&#233;ralement le paiement de 3,2 milliards de dollars de dette sous forme de bons et a ainsi pu &#233;conomiser plus de 2 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se doter de nouvelles institutions au niveau r&#233;gional : l'exemple de la Banque du Sud. Il est de plus n&#233;cessaire de remplacer les institutions comme la Banque mondiale et le FMI par des institutions v&#233;ritablement d&#233;mocratiques respectant la Charte des Nations unies et tous les pactes et trait&#233;s internationaux relatifs aux droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cup&#233;rer le contr&#244;le sur les ressources naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;aliser une r&#233;forme agraire en distribuant les terres &#224; celles et ceux qui les travaillent et en garantissant la souverainet&#233; alimentaire.La crise climatique en cours affecte et affectera tous les peuples mais sp&#233;cialement ceux du Sud de la plan&#232;te. Il faut s'inspirer des conclusions du sommet des peuples sur le changement climatique qui s'est tenu &#224; Cochabamba en avril 2010 &#224; l'initiative du gouvernement bolivien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui il est possible d'&#233;radiquer la pauvret&#233; et l'injustice mais &#224; l'int&#233;rieur d'un nouvel ordre international et avec un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement respectueux de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;New York, le 15 septembre 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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