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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#034;Mad Men&#034;, la s&#233;rie d'une Am&#233;rique cr&#233;pusculaire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mad-Men-la-serie-d-une-Amerique-crepusculaire</link>
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		<dc:date>2010-10-19T12:08:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hassina Mecha&#239;</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;l&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;D&#232;s le g&#233;n&#233;rique, la note est donn&#233;e : un homme cravat&#233;, &#171; costumis&#233; &#187;, voit son lieu de travail s'&#233;crouler lentement dans une d&#233;liquescence funeste. Puis il tombe ind&#233;finiment d'un gratte-ciel, le long de publicit&#233;s g&#233;antes pour l'american way of life. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s le g&#233;n&#233;rique, la note est donn&#233;e : un homme cravat&#233;, &#171; costumis&#233; &#187;, voit son lieu de travail s'&#233;crouler lentement dans une d&#233;liquescence funeste. Puis il tombe ind&#233;finiment d'un gratte-ciel, le long de publicit&#233;s g&#233;antes pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tele-+" rel="tag"&gt;T&#233;l&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-10-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-10-19&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton5647-5536a.jpg?1675063390' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s le g&#233;n&#233;rique, la note est donn&#233;e : un homme cravat&#233;, &#171; costumis&#233; &#187;, voit son lieu de travail s'&#233;crouler lentement dans une d&#233;liquescence funeste. Puis il tombe ind&#233;finiment d'un gratte-ciel, le long de publicit&#233;s g&#233;antes pour l'american way of life.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s le g&#233;n&#233;rique, la note est donn&#233;e : un homme cravat&#233;, &#171; costumis&#233; &#187;, voit son lieu de travail s'&#233;crouler lentement dans une d&#233;liquescence funeste. Puis il tombe ind&#233;finiment d'un gratte-ciel, le long de publicit&#233;s g&#233;antes pour l'american way of life.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au long de la chute, se devinent des slogans, comme autant de lambeaux d'une splendeur pass&#233;e : &#171; Enjoy the best America has to offer &#187; ou encore &#171; It's the gift that never fails &#187;. L'esprit de l'Am&#233;rique, son tropisme mercantile s'&#233;croulent dans un foisonnement de publicit&#233;s de papier glac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de symboles, donc, pour cette chute finale du haut de ce que l'on imagine &#234;tre l'Empire State Building, litt&#233;ralement le b&#226;timent de l'&#201;tat-Empire. Comme de vagues r&#233;miniscences, s'interposent alors d'autres images de chutes greff&#233;es dans notre inconscient collectif iconographique : celles de corps tombant le long des Twin Towers 11 septembre 2001 ; celles de statues &#233;rig&#233;es &#224; la gloire de dictateurs, d'&#201;tats ou d'Empires. Le N&#233;m&#233;sis cr&#233;pusculaire qui viendrait apr&#232;s l'Hybris imp&#233;rial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette s&#233;rie raconte le quotidien d'une agence de publicit&#233; new-yorkaise dans les ann&#233;es 60. Au-del&#224; de l'histoire de ses personnages, elle d&#233;crit avec une rare acuit&#233; les relations humaines, familiales, sociales, raciales de cette &#233;poque. C'est l'&#226;ge d'or de l'Am&#233;rique triomphante, forte &#233;conomiquement, puissante militairement et omnipr&#233;sente culturellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une &#233;poque quasi mythologique pour l'Am&#233;rique, celle o&#249; les femmes et les hommes portent chapeaux mous et ont les cheveux laqu&#233;s ou ultra-brillantin&#233;s. Le v&#234;tement y est un fort marqueur, jupes empes&#233;es (pas de pantalons pour les femmes) et costumes boutonn&#233;s. La mise y est de mise, et le v&#234;tement fait de chacun l'arch&#233;type d'une classe sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement une s&#233;rie o&#249; l'on fume et l'on boit &#224; tout va, &#224; toute heure, car alors on ignorait que fumer tue. Boire excessivement y est &#233;galement un signe de vigueur sociale et non plus comme aujourd'hui le sympt&#244;me de probl&#232;mes existentiels. In vino virilitas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports entre hommes et femmes sont, sous nos regards contemporains, marqu&#233;s d'une misogynie si crue qu'elle en devient presque na&#239;ve. La femme y ondule, louvoie, se plie ; elle est souvent renvoy&#233;e &#224; ses colifichets de m&#233;nag&#232;re et &#224; sa seule utilit&#233; organique et sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les petits Blancs, s&#251;rs d'eux, appellent les Noirs &#171; negroes &#187; et ne semblent m&#234;me pas apercevoir cette cohorte silencieuse de petites mains - liftier, femmes de m&#233;nage, cireurs de chaussures - lesquels jettent parfois sur cette arrogance blanche un regard o&#249; le m&#233;pris le dispute &#224; la r&#233;signation douloureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mad Men , c'est la s&#233;rie qui pr&#233;sente une &#233;poque b&#233;nie de toute-puissance et d'innocence, diffus&#233;e dans une Am&#233;rique post-bushienne qui sombre et qui doute, qui se mortifie et est mortifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est un choc entre deux Am&#233;riques : celle qui tombe et regarde dans le reflet cathodique son glorieux pass&#233; - miroir, miroir, dis-moi qui &#233;tait la plus puissante ? En c'est en cela que Mad Men , comme toute s&#233;rie &#224; succ&#232;s, est un sympt&#244;me, une immense psych&#233; cathodique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute s&#233;rie peut devenir un spectacle au sens de Debord. Elle peut ainsi traduire un inconscient collectif, une cristallisation des mouvements profonds d'une soci&#233;t&#233;. Et qui plus que l'Am&#233;rique, dans laquelle l'image est ic&#244;ne, pouvait produire ces s&#233;ries qui disent tellement d'elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyez plut&#244;t. Sous le r&#232;gne du nasillard cowboy ultra-lib&#233;ral Reagan, la s&#233;rie texane Dallas c&#233;l&#233;brait le pouvoir de l'argent et du darwinisme social. &#192; l'image de la famille Ewing, c'&#233;tait alors l'Am&#233;rique du p&#233;trole et du dollar arrogant. C'&#233;tait celle o&#249; l'Empire-JR laissait &#233;clater &#224; la face du monde entier son ambivalence morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint C&#244;te ouest qui traduira les profondes aspirations de repli de l'Am&#233;rique. Cette s&#233;rie fut le spin off de Dallas, tout comme d'une certaine fa&#231;on Bush p&#232;re, vice-pr&#233;sident de Reagan, &#233;tait de fait le produit d&#233;riv&#233; de son pr&#233;d&#233;cesseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'esprit de Dallas est celui de la famille, celui de C&#244;te ouest est surtout celui de la communaut&#233;, de l'Am&#233;rique qui se love sur elle et sur ses probl&#232;mes internes, dans la suburb* des classes moyennes. Ce que ne comprendra pas Bush p&#232;re qui avait ax&#233; sa pr&#233;sidence sur les relations internationales : &#171; It's the economy, stupid &#187;, lui lancera son vainqueur, Bill Clinton. Cet obscur gouverneur de l'Arkansas, &#201;tat de l'int&#233;rieur s'il en est, approfondira ainsi le repli de l'Am&#233;rique sur elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la s&#233;rie qui marquera durablement le double mandat de Clinton sera Friends : l'histoire d'une bande d'adulescents vivant dans une quasi autarcie existentielle. Rien ne vient perturber leur vie ferm&#233;e, ni les m&#233;andres du monde, ni la maladie, ni la mort. C'est l'Am&#233;rique sympathique mais fonci&#232;rement &#233;go&#239;ste qui transparait alors : farces sur farces et aucune ouverture vers l'Autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;rique de la peur, de la parano&#239;a sera celle de Bush fils. Les deux s&#233;ries embl&#233;matiques en seront &#233;videmment 24h chrono et Desperate Housewives. 24H chrono illustrera une Am&#233;rique traumatis&#233;e par le 11 septembre : dans un monde terrifiant, toutes les m&#233;thodes, y compris la torture, semblent bonnes pour se d&#233;fendre. La s&#233;rie Desperate Housewives sera le versant de la peur int&#233;rieure : dans la paisible suburb pastellis&#233;e, le danger se renouvelle continuellement, souvent sous la forme la plus anodine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la transition menant de Bush Junior &#224; Obama, deux s&#233;ries retiennent l'attention : Dexter et Damages. Dexter ou l'histoire d'un expert en m&#233;decine l&#233;gale le jour, qui tue des psychopathes monstrueux la nuit : un serialkiller de serialkillers en somme, tout comme l'Am&#233;rique, toute bard&#233;e de l&#233;galisme, pr&#233;tendra user des m&#233;thodes de terroristes pour combattre le terrorisme. &#201;tat voyou malgr&#233; elle contre les &#171; Vrais &#187; &#201;tats voyous. Damages aussi est la s&#233;rie de l'autojustification : elle montre une avocate, mettant au service de causes qu'elles estiment justes, des m&#233;thodes plus que contestables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux s&#233;ries peuvent &#234;tre ainsi consid&#233;r&#233;es comme la justification subliminale d'Abou Ghra&#239;b ou de Guantanamo. Loin du manich&#233;isme l&#233;nifiant habituel, ces deux s&#233;ries brouillent les rep&#232;res moraux classiques, l&#233;gitimant l'ill&#233;gal dans le cas de Dexter et l&#233;galisant l'ill&#233;gitime dans le cas de Damages .&lt;br class='autobr' /&gt;
Mad Men est, quant &#224; elle, la s&#233;rie des ann&#233;es Obama, qui en est para&#238;t-il un grand fan. Paradoxal fan d'ailleurs, car cette s&#233;rie d&#233;crit une Am&#233;rique blanche et m&#233;prisante des minorit&#233;s dans laquelle jamais Afro-Am&#233;ricain n'aurait pu &#234;tre &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Mad men &#233;voluent dans une soci&#233;t&#233; raciste, misogyne, enfum&#233;e, alcoolique, cynique, sans l'hygi&#233;nisme javellis&#233; actuel et se moquant grassement des r&#232;gles de la di&#233;t&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A brave old world, donc, un pass&#233; d'apparence tr&#232;s empes&#233;, tr&#232;s codifi&#233; mais bousculant paradoxalement les certitudes contemporaines. Tout se passe comme si cette mise en ab&#238;me cathodique sugg&#233;rait que, finalement la lib&#233;ration sexuelle, la reconnaissance des minorit&#233;s, le lib&#233;ralisme au sens politique du terme, ont g&#233;n&#233;r&#233; aussi les r&#232;gles sociales rigides du politiquement correct tr&#232;s rigide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'on se dit aussi que le succ&#232;s ph&#233;nom&#233;nal de cette s&#233;rie aux &#201;tats-Unis tient peut-&#234;tre &#224; un curieux sentiment de transgression pour cette Am&#233;rique contemporaine stratifi&#233;e, m&#233;dus&#233;e par le politiquement acceptable. Les femmes humili&#233;es, les Noirs ignor&#233;s, la reproduction des &#233;lites fi&#232;rement affirm&#233;e, voil&#224; qui ravive de (bons ?) vieux souvenirs, donc, pour l'Am&#233;rique actuelle qui doute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi sous pr&#233;texte de cette reconstitution, Mad Men lib&#232;re parfois une vision moisie de l'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces Mad Men, ce sont aussi ceux de L'empire, de l'&#201;tat empire, phare du monde qui semble &#224; notre &#233;poque peu &#224; peu s'&#233;teindre. Ces hommes vivent &#224; l'apog&#233;e de l'Empire am&#233;ricain, ils font et ils sont l'Am&#233;rique toute-puissante, l'Empire du sens et des sens, au carrefour des puissances. Pourtant, le fait que d&#232;s le g&#233;n&#233;rique tout s'&#233;croule au milieu d'un artifice d'images de la soci&#233;t&#233; de consommation sugg&#232;re que ce qui a fait la force de l'Am&#233;rique, son consum&#233;risme, sera &#233;galement l'origine de sa chute. Hypoth&#232;se confirm&#233;e a posteriori par la crise des subprimes et de la surconsommation &#224; temp&#233;rament. C'est ainsi la chute de l'Empire &#224; cr&#233;dit qui nous est annonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; imaginer que les sc&#233;naristes sugg&#232;rent qu'il faudrait revenir aux fondamentaux de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine des ann&#233;es 60 pour que les USA redeviennent un Empire, il n'y qu'un pas symbolique, sc&#233;naristique, &#224; franchir. Mad Men, c'est donc l'Empire 24 images seconde, l'empire &#224; son nadir**, qui n'est plus qu'une s&#233;rie &#224; succ&#232;s, miroir d'une r&#233;alit&#233; qui n'est plus&#8230;comme une reductio ad television.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;rie d&#233;riv&#233;e ou spin-off (aussi utilis&#233; en France) est une s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e ou bande dessin&#233;e qui se d&#233;roule dans le m&#234;me univers de fiction qu'une s&#233;rie pr&#233;c&#233;dente, mais avec de nouveaux personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Une suburb est le nom donn&#233; aux &#201;tats-Unis pour d&#233;crire les banlieues p&#233;riph&#233;riques relativement r&#233;centes des villes, compos&#233;es de pavillons individuels entour&#233;s de jardins. Ces suburbs sont g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s grandes et &#233;loign&#233;es du centre, une voiture &#233;tant quasiment indispensable pour sortir de la banlieue et pouvoir aller en ville ou ailleurs. Ces suburbs font parties int&#233;grante de l'american way of life, symbolisant la r&#233;ussite, le r&#234;ve am&#233;ricain, la tranquillit&#233;, et la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;** Le nadir (de l'arabe nazir : oppos&#233; ) en astronomie est le point de la sph&#232;re c&#233;leste repr&#233;sentatif de la direction verticale descendante, en un lieu donn&#233; (par opposition &#224; z&#233;nith). Par extension, peut signifier &#171; le point le plus bas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en ligne sur Sisyphe, le 13 octobre 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Grey's Anatomy, NCIS : les s&#233;ries sont de bons petits soldats</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Grey-s-Anatomy-NCIS-les-series-sont-de-bons-petits-soldats</link>
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		<dc:date>2010-10-12T12:12:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Telling</dc:creator>


		<dc:subject>T&#233;l&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tandis que l'industrie cin&#233;matographique hollywoodienne porte un regard de plus en plus critique sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan, les s&#233;ries am&#233;ricaines tombent encore souvent dans l'&#233;loge caricatural des GI's pr&#234;ts &#224; se sacrifier pour d&#233;fendre les valeurs des Etats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt; Tandis que l'industrie cin&#233;matographique hollywoodienne porte un regard de plus en plus critique sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan, les s&#233;ries am&#233;ricaines tombent encore souvent dans l'&#233;loge caricatural des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton5552-b7d17.jpg?1674882189' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tandis que l'industrie cin&#233;matographique hollywoodienne porte un regard de plus en plus critique sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan, les s&#233;ries am&#233;ricaines tombent encore souvent dans l'&#233;loge caricatural des GI's pr&#234;ts &#224; se sacrifier pour d&#233;fendre les valeurs des Etats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tandis que l'industrie cin&#233;matographique hollywoodienne porte un regard de plus en plus critique sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan, les s&#233;ries am&#233;ricaines tombent encore souvent dans l'&#233;loge caricatural des GI's pr&#234;ts &#224; se sacrifier pour d&#233;fendre les valeurs des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jeudi 30 septembre, la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision am&#233;ricaine Fox diffusait le premier &#233;pisode de la saison 6 de Bones. Loin d'&#234;tre encens&#233;e par la critique -et absente des palmar&#232;s des Emmy Awards-, la s&#233;rie est pourtant l'une des plus populaires outre-Atlantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette rentr&#233;e, on retrouve l'agent Seeley Booth (David Boreanaz) de retour d'Afghanistan, o&#249; il s'&#233;tait rendu pour former les troupes. L'occasion r&#234;v&#233;e pour les sc&#233;naristes de nous infliger un flash back patriotique sur les aventures afghanes du h&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur fond de musique orientale, le t&#233;l&#233;spectateur assiste &#224; une op&#233;ration militaire men&#233;e -de main de ma&#238;tre par l'agent Booth- pour retrouver l'enfant d'un interpr&#232;te afghan, kidnapp&#233; par les talibans.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'entreprise est, bien s&#251;r, un succ&#232;s. L'enfant est sauv&#233; des mains de ses ravisseurs qui le mena&#231;aient de mort. Sa m&#232;re, une belle Afghane, pleure et remercie les soldats am&#233;ricains pour leur intervention, tout en maudissant cette guerre qui lui a pris son mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un soutien ind&#233;fectible aux troupes am&#233;ricaines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette repr&#233;sentation patriotique et clich&#233;e de la guerre n'est pas inhabituelle &#224; la t&#233;l&#233;vision am&#233;ricaine. Saison apr&#232;s saison, les s&#233;ries les plus populaires aux Etats-Unis r&#233;p&#232;tent leur soutien ind&#233;fectible aux troupes bas&#233;es en Irak et en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, &#224; la fin de la cinqui&#232;me saison de Grey's Anatomy, l'interne George O'Malley d&#233;cide de s'engager dans l'arm&#233;e comme chirurgien, Arizona, p&#233;diatre de l'h&#244;pital, d&#233;fend sa d&#233;cision -d&#233;voilant ainsi la position des sc&#233;naristes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce que George fait est dangereux, terrifiant et courageux. Il va servir son pays. Il va risquer sa vie pour sauver celles des hommes et des femmes qui font que nous pouvons dormir en s&#233;curit&#233;. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon fr&#232;re est mort en Irak, donc en ce qui me concerne, George est un patriote, c'est un h&#233;ros et je suis heureuse qu'il existe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marronnier du stress post-traumatique des v&#233;t&#233;rans&lt;br class='autobr' /&gt;
Les sc&#233;naristes des s&#233;ries am&#233;ricaines -qui ne se sont apparemment toujours pas remis du g&#233;nial &#171; Taxi Driver &#187; de Martin Scorsese- ont trouv&#233; l'angle id&#233;al pour aborder les conflits am&#233;ricains : le stress post-traumatique des soldats.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s que FBI Port&#233;s disparus, NCIS, Esprits criminels ou encore Grey's Anatomy abordent la guerre d'Irak ou d'Afghanistan, c'est via la figure d'un v&#233;t&#233;ran traumatis&#233; par les horreurs de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Grey's Anatomy, c'est le Major Hunt, v&#233;t&#233;ran de la guerre d'Irak, qui fait office de h&#233;ros tortur&#233;. Insomniaque, les &#233;v&#232;nements qu'il a subis pendant la guerre le hantent quotidiennement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nuit, alors qu'il revisite son pass&#233; militaire, il tente ainsi d'&#233;trangler sa compagne, l'interne Cristina Yang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je soutiens les hommes qui se battent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;rie NCIS, consacr&#233;e au monde militaire, a abord&#233; les guerres d'Afghanistan et d'Irak &#224; plusieurs reprises. Dans l'&#233;pisode 10 de la saison 5, les cr&#233;ateurs utilisent une fois de plus la figure du v&#233;t&#233;ran traumatis&#233; pour traiter du conflit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Caporal Worth, h&#233;ros de la guerre d'Irak qui doit bient&#244;t recevoir la &#171; silver medal &#187;, s'enfuit de l'h&#244;pital o&#249; il est trait&#233; pour ses syndromes post-traumatiques et agresse un membre de l'&#233;quipe du NCIS. Face &#224; la col&#232;re de ses coll&#232;gues, l'agent d&#233;fend son agresseur :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est un marine, qui &#233;tait pr&#234;t &#224; tout abandonner pour son pays. Nous avons une responsabilit&#233; envers lui ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de l'&#233;pisode, un &#233;change entre Gibbs -le chef de la division- et l'attach&#233; de presse d'un s&#233;nateur r&#233;sume ce qui semble &#234;tre la position des cr&#233;ateurs de la s&#233;rie sur le conflit. Gibbs attaque l'antipathique homme politique :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Tout ce qui vous importe, c'est de vendre cette guerre ! &#187;&#8232;- &#171; Vous ne soutenez pas la guerre ? &#187;&#8232;- &#171; Je soutiens les hommes qui se battent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sc&#233;naristes esquissent ainsi une l&#233;g&#232;re critique de la responsabilit&#233; des politiques dans les conflits irakiens et afghans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seule condamnation acceptable pour ceux qui veulent soutenir co&#251;te que co&#251;te les soldats, au risque de nuire &#224; la qualit&#233; de leur s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Montrer les soldats tels qu'ils sont &#187;, le pari de Generation Kill&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rupture avec cette vision uniforme et patriotique, Generation Kill, l'excellente mini-s&#233;rie de 2008 de la cha&#238;ne HBO, traite des premiers jours du conflit irakien &#224; travers les yeux des soldats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sc&#233;nario est tir&#233; d'un livre de Evan Wright, journaliste du magazine am&#233;ricain Rolling Stone qui avait suivi une compagnie de marines pendant l'invasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin du mythe des soldats h&#233;ros, la s&#233;rie montre les marines dans leur quotidien. Des sc&#232;nes de combats &#224; d'autres plus banales, on d&#233;couvre une partie de la jeunesse am&#233;ricaine embarqu&#233;e dans un conflit qui la d&#233;passe.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la sortie de la s&#233;rie aux Etats-Unis, Evan Wright, auteur du roman &#233;ponyme &#224; l'origine du programme, expliquait sa d&#233;marche :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Apr&#232;s la diffusion du premier &#233;pisode de Generation Kill [&#8230;] je crois que certaines personnes ont &#233;t&#233; choqu&#233;es que les marines d'aujourd'hui ne parlent pas comme Tom Hanks dans un film sur la Seconde Guerre mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;rit&#233;, c'est que les marines de 22 ans sont plong&#233;s dans la m&#234;me culture que ceux de 22 ans qui ne sont pas marines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon intention [&#8230;] n'est pas de les glorifier, ni de les rabaisser, mais juste de les montrer tels qu'ils sont. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;aliste, Generation Kill se d&#233;tache du point de vue d&#233;magogue adopt&#233; par une majorit&#233; des s&#233;ries am&#233;ricaines. Les h&#233;ros de la mini-s&#233;rie apparaissent alors plus humains, donc plus courageux que les Captain America tortur&#233;s de Bones, NCIS ou Grey's Anatomy.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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