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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Jubil&#233; de la Cedeao. Un anniversaire dans la temp&#234;te</title>
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		<dc:creator>Amandine Gnangu&#234;non</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2025-08-26</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le 28 mai, la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest a f&#234;t&#233; son cinquanti&#232;me anniversaire dans un contexte r&#233;gional et international profond&#233;ment instable, marqu&#233; par des mutations g&#233;opolitiques et des recompositions d'alliances. Pour l'organisation, qui a souvent &#233;t&#233; pionni&#232;re en mati&#232;re d'int&#233;gration, ce jubil&#233; est synonyme de remise en question aussi urgente que profonde. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de confiance &#224; l'&#233;gard de la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/capture_d_e_cran_le_2025-08-25_a_10.50_08-03d8c.png?1781124726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 28 mai, la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest a f&#234;t&#233; son cinquanti&#232;me anniversaire dans un contexte r&#233;gional et international profond&#233;ment instable, marqu&#233; par des mutations g&#233;opolitiques et des recompositions d'alliances. Pour l'organisation, qui a souvent &#233;t&#233; pionni&#232;re en mati&#232;re d'int&#233;gration, ce jubil&#233; est synonyme de remise en question aussi urgente que profonde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Jubile-de-la-Cedeao-Un-anniversaire-dans-la-tempete&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de confiance &#224; l'&#233;gard de la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), comme &#224; l'&#233;gard d'autres institutions r&#233;gionales, n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne isol&#233;. Elle s'inscrit dans un paysage de reconfiguration plus large de l'ordre international, qui voit les partenariats ext&#233;rieurs se multiplier et se diversifier sur le continent africain. La Chine, la Russie, la Turquie, l'Union europ&#233;enne (UE) ou encore les &#201;tats-Unis proposent des mod&#232;les d'engagement aux logiques concurrentes et au service de leurs int&#233;r&#234;ts qui ont progressivement fragment&#233; l'espace ouest-africain. L'intensification des violences li&#233;es aux groupes arm&#233;s djihadistes, la r&#233;surgence des coups d'&#201;tat militaires, la mont&#233;e du sentiment anti-interventionniste et les pressions &#233;conomiques ont &#233;galement contribu&#233; &#224; fragiliser la capacit&#233; de la Cedeao &#224; promouvoir un mod&#232;le de coh&#233;sion r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de r&#233;affirmation de la souverainet&#233; nationale et d'une qu&#234;te de reconnaissance internationale, la diversification des partenariats est, certes, source d'opportunit&#233;s. Elle rend cependant plus complexe encore la construction d'un projet r&#233;gional commun dans la dur&#233;e. D&#233;j&#224; fragilis&#233;e par des tensions internes et des difficult&#233;s &#224; faire respecter ses normes, l'organisation a &#233;t&#233; prise de court. Elle n'a pas su r&#233;pondre efficacement aux frustrations des citoyens ouest-africains que les juntes militaires au pouvoir au Mali, au Niger et au Burkina Faso ont su, elles, exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retrait coordonn&#233; de la Cedeao de ces trois pays, effectif depuis le 29 janvier, constitue pour l'institution un tournant historique. Pour la premi&#232;re fois, trois &#201;tats membres fondateurs se retirent en m&#234;me temps, d&#233;non&#231;ant publiquement une organisation d&#233;connect&#233;e des aspirations populaires et de leurs priorit&#233;s s&#233;curitaires. Ce d&#233;part retentissant met en lumi&#232;re les tensions qui traversent la Cedeao depuis plusieurs ann&#233;es. Con&#231;ue autour d'un ambitieux projet d'int&#233;gration &#233;conomique et politique, l'organisation peine aujourd'hui &#224; faire l'unanimit&#233; parmi ses membres. Les critiques r&#233;currentes sur son fonctionnement &#8211; jug&#233; trop intergouvernemental, peu inclusif et instrumentalis&#233; par certains chefs d'&#201;tat &#8211; vont jusqu'&#224; menacer sa l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus d'une d&#233;cennie de d&#233;bats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinquante ans apr&#232;s sa cr&#233;ation, cette crise politique peut aussi devenir une chance. Le temps du bilan est arriv&#233; : que reste-t-il du projet fondateur d'int&#233;gration ? Quels acquis pr&#233;server ? Et, surtout, quelles orientations nouvelles impulser pour restaurer la confiance, red&#233;finir les priorit&#233;s et adapter les outils institutionnels aux nouvelles r&#233;alit&#233;s ? Ce tournant historique exige des choix ambitieux et difficiles. La capacit&#233; de l'organisation &#224; se r&#233;inventer sera d&#233;terminante tant pour sa propre survie que pour l'avenir du mod&#232;le de coop&#233;ration r&#233;gionale qu'elle incarnait en Afrique de l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence de la Cedeao n'a pas &#233;t&#233; le fruit d'une inspiration soudaine, ni l'&#339;uvre d'un individu, d'un &#201;tat ou d'un groupe d'&#201;tats. Elle est plut&#244;t le produit de plus d'une d&#233;cennie de d&#233;bats patients et de discussions continues, dans lesquels chaque &#201;tat et chaque dirigeant de la r&#233;gion ont &#233;t&#233;, &#224; un moment ou &#224; un autre, plus ou moins &#233;troitement impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une premi&#232;re tentative avort&#233;e, pilot&#233;e par le pr&#233;sident lib&#233;rien William Tubman en 1965, il faut attendre la fin de la guerre du Biafra, en 1970, pour que les chefs d'&#201;tat du Nigeria (le g&#233;n&#233;ral Yakubu Gowon), du Togo (le g&#233;n&#233;ral Gnassingb&#233; Eyad&#233;ma) et du B&#233;nin (le g&#233;n&#233;ral Mathieu K&#233;r&#233;kou) relancent activement l'id&#233;e d'une communaut&#233; &#233;conomique sous-r&#233;gionale, en avril 1972. Le Togo y voit un int&#233;r&#234;t strat&#233;gique : tirer parti de sa position g&#233;ographique entre le Ghana et le Nigeria et promouvoir la stabilit&#233; r&#233;gionale comme condition pr&#233;alable &#224; un commerce entre &#201;tats. L'exemple du Togo rappelle que la personnalit&#233; des dirigeants ouest-africains a toujours &#233;t&#233; un facteur d&#233;terminant dans la transformation de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fruit d'un contexte r&#233;gional et international&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cedeao voit le jour le 28 mai 1975 &#224; Lagos, au Nigeria, avec pour objectif de &#171; promouvoir la coop&#233;ration et le d&#233;veloppement dans tous les domaines de l'activit&#233; &#233;conomique [&#8230;] dans le but d'&#233;lever le niveau de vie de ses peuples, d'accro&#238;tre et de maintenir la stabilit&#233; &#233;conomique, de renforcer les relations entre ses membres et de contribuer au progr&#232;s et au d&#233;veloppement du continent africain &#187;. Ce qui ressort clairement de la liste des seize &#201;tats membres, c'est que la Cedeao r&#233;unit une grande diversit&#233; de pays, tant en termes de puissance &#233;conomique et militaire que de r&#233;gimes politiques. Cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; a toujours fa&#231;onn&#233; les dynamiques internes de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses valeurs fondatrices sont le panafricanisme et le non-alignement, qui refl&#232;tent la volont&#233; des &#201;tats ouest-africains de s'autod&#233;terminer r&#233;gionalement et de se pr&#233;server de l'emprise des grandes puissances ext&#233;rieures. &#192; l'&#233;poque, l'influence de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne (CEE) sur la Cedeao est indirecte et elle se manifeste principalement par la reconnaissance de la pertinence du mod&#232;le et de l'exp&#233;rience europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion ouest-africaine poss&#232;de une longue tradition de coop&#233;ration, sous des formes vari&#233;es, dont certaines remontent &#224; la p&#233;riode coloniale. Les premiers mod&#232;les d'institutions r&#233;gionales africaines orient&#233;es vers le d&#233;veloppement &#233;conomique ont vu le jour &#224; la fin des ann&#233;es 1950. C'est le cas de plusieurs organisations regroupant d'anciens territoires colonis&#233;s par la France comme le Conseil de l'entente, cr&#233;&#233; en 1959 et toujours en activit&#233; sous la direction de la C&#244;te d'Ivoire, la F&#233;d&#233;ration du Mali, n&#233;e la m&#234;me ann&#233;e et rapidement dissoute, en 1960, ou encore l'Union douani&#232;re de l'Afrique de l'Ouest, remplac&#233;e par l'Union douani&#232;re et &#233;conomique de l'Afrique de l'Ouest en 1966, puis par la Communaut&#233; &#233;conomique de l'Afrique de l'Ouest en 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un foisonnement propice au &#171; Forum shopping &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, la Commission &#233;conomique des Nations unies pour l'Afrique1 r&#233;pertoriait pr&#232;s de trente organisations r&#233;gionales coexistantes en Afrique de l'Ouest. Face &#224; cette galaxie d'institutions aux mandats parfois redondants, elle appelle &#224; une rationalisation, c'est-&#224;-dire &#224; une meilleure coordination, voire &#224; la fusion de certaines structures pour gagner en efficacit&#233; et en lisibilit&#233;. En 2013, un premier pas est franchi avec la signature de l'accord &#233;tablissant le Cadre de consultation, de coop&#233;ration et de partenariat entre les organisations intergouvernementales d'Afrique de l'Ouest. Mais il est insuffisant. La rationalisation institutionnelle reste un chantier inachev&#233; refl&#233;tant les contradictions persistantes entre ambitions d'int&#233;gration r&#233;gionale et opportunisme national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette multi-appartenance, bien que t&#233;moignant d'un fort int&#233;r&#234;t des acteurs politiques pour la coop&#233;ration r&#233;gionale, a surtout donn&#233; lieu &#224; une pratique dite de &#171; Forum shopping &#187; permettant aux &#201;tats de s'investir, parmi une multitude d'organisations dont ils sont membres, dans celles qui r&#233;pond le mieux &#224; leurs int&#233;r&#234;ts du moment. C'est ce qu'a d&#233;montr&#233;, par exemple, le recours &#224; la Commission du bassin du lac Tchad pour d&#233;ployer la Force multinationale mixte de lutte contre Boko Haram. De m&#234;me, le Burkina Faso et le Niger, deux des trois pays ayant quitt&#233; la Cedeao, sont membres de plus de huit organisations intergouvernementales en Afrique de l'Ouest2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pluralit&#233; d'appartenances offre aux &#201;tats une marge de man&#339;uvre diplomatique non n&#233;gligeable : elle leur permet de r&#233;orienter leur coop&#233;ration r&#233;gionale vers d'autres cadres institutionnels plus flexibles, moins contraignants politiquement ou davantage align&#233;s sur leurs int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques du moment, tout en maintenant une pr&#233;sence dans les dynamiques r&#233;gionales. Cependant, ce foisonnement a surtout engendr&#233; un imbroglio institutionnel, caract&#233;ris&#233; par des chevauchements de mandats, une dispersion et un gaspillage des ressources humaines et financi&#232;res aboutissant &#224; une inefficacit&#233; op&#233;rationnelle encore observable aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cadre de r&#233;f&#233;rence en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses premi&#232;res ann&#233;es, jusqu'en 1990, la Cedeao se concentre principalement sur l'int&#233;gration &#233;conomique. Elle est la premi&#232;re organisation du continent &#224; mettre en &#339;uvre la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, avec la signature du Protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de r&#233;sidence et d'&#233;tablissement en 1979. En pleine guerre froide, le Protocole de non-agression de 1978 et le Protocole relatif &#224; l'assistance en mati&#232;re de d&#233;fense de 1981 sont les deux premiers instruments sans lien avec le d&#233;veloppement &#233;conomique. Ils visent &#224; prot&#233;ger les &#201;tats membres contre toute d&#233;stabilisation &#233;manant d'un autre &#201;tat. Le Protocole de 1981 pr&#233;voit d'ailleurs la mise en place des Forces arm&#233;es alli&#233;es de la Communaut&#233;, avant-go&#251;t de l'actuelle Force en attente (FAC). Mais ces deux protocoles n'ont jamais &#233;t&#233; mis en &#339;uvre, et il faut attendre les ann&#233;es 1990 pour qu'un virage vers la coop&#233;ration s&#233;curitaire s'op&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces ann&#233;es-l&#224;, les r&#233;formes politiques de l'organisation sont influenc&#233;es par l'&#233;volution du contexte international marqu&#233; par l'essor de l'ordre lib&#233;ral d&#233;mocratique. Alors m&#234;me que la plupart de ses &#201;tats membres sont encore gouvern&#233;s par des r&#233;gimes militaires, la Cedeao s'aligne progressivement sur les nouvelles exigences de gouvernance d&#233;mocratique. En 1991, les chefs d'&#201;tat et de gouvernement adoptent la D&#233;claration de principes politiques, qui affirme leur adh&#233;sion aux principes de la d&#233;mocratie, des droits de l'homme et de l'&#201;tat de droit. Cette reconnaissance au plus haut niveau institutionnel permet d'inscrire ces principes &#224; l'agenda de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode est aussi marqu&#233;e par le glissement progressif d'un agenda purement &#233;conomique vers un r&#244;le accru dans les domaines politique et s&#233;curitaire. L'id&#233;e sous-jacente est que la promotion de la bonne gouvernance et des principes d&#233;mocratiques dans les &#201;tats membres favorisera un environnement politique stable et pr&#233;visible permettant d'attirer les investissements directs &#233;trangers et de stimuler la croissance &#233;conomique r&#233;gionale. Le lien s&#233;curit&#233;-d&#233;veloppement est &#233;nonc&#233; pour la premi&#232;re fois en 1993 dans le trait&#233; r&#233;vis&#233;. L'inclusion des conflits intra&#233;tatiques dans le champ d'action de la Cedeao accro&#238;t significativement son autorit&#233; supranationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;res immixtions dans des conflits arm&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette p&#233;riode, l'organisation joue un r&#244;le central dans la gestion des conflits arm&#233;s au Liberia (1990-1997), en Sierra Leone (1997-2000) et en Guin&#233;e-Bissau (1998-2008). Les interventions de l'Ecowas3 Monitoring Group (Ecomog) constituent un moment charni&#232;re dans la gestion du maintien de la paix par les organisations r&#233;gionales africaines. Ces op&#233;rations relancent un d&#233;bat ancien, port&#233; d&#232;s 1963 par Kwame Nkrumah, sur la n&#233;cessit&#233; d'une capacit&#233; continentale de r&#233;ponse aux crises. Si l'Ecomog a permis de limiter l'ampleur de certaines catastrophes humanitaires, le bilan de ses interventions reste cependant contrast&#233;, en raison d'un manque d'exp&#233;rience militaire, de lacunes logistiques, d'une coordination insuffisante entre les &#201;tats contributeurs et entre les structures de commandement ainsi que d'une volont&#233; politique limit&#233;e4. S'y ajoutent des faiblesses institutionnelles, un flou sur le r&#244;le m&#234;me de l'Ecomog et des accusations de corruption ou d'ing&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tirant les le&#231;ons, la Cedeao abandonne progressivement le principe de non-ing&#233;rence tant d&#233;battu au moment de l'intervention au Liberia5. Cette orientation est consolid&#233;e en 1999 par l'adoption du M&#233;canisme pour la pr&#233;vention, la gestion, la r&#233;solution des conflits, le maintien de la paix et la s&#233;curit&#233;. Il conf&#232;re notamment au pr&#233;sident de la Commission le pouvoir d'intervenir rapidement en cas de crise, sans attendre l'approbation pr&#233;alable des chefs d'&#201;tat. Mais l'exercice de ce pouvoir reste limit&#233; par un processus complexe qui implique l'adoption d'un mandat juridique, des man&#339;uvres diplomatiques et le soutien (ou l'absence de soutien) des &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;volutions montrent comment la Commission de la Cedeao s'est progressivement engag&#233;e dans la promotion de la d&#233;mocratie et dans la lutte contre des menaces s&#233;curitaires de plus en plus diverses. Elle a ainsi tent&#233; de faire &#233;voluer une vision centr&#233;e sur la r&#233;ponse militaire vers un horizon plus large, dit de s&#233;curit&#233; humaine, prenant en compte les vuln&#233;rabilit&#233;s politiques, &#233;conomiques, sociales, sanitaires, agricoles et environnementales des populations. Toutefois, cette ambition s'est heurt&#233;e &#224; la persistance d'une vis&#233;e centr&#233;e sur la s&#233;curit&#233; des &#201;tats, dominante depuis les ann&#233;es 1990. La mont&#233;e de l'ins&#233;curit&#233; en Afrique de l'Ouest, notamment dans les pays du Sahel, d&#233;montre les limites d'une approche principalement militaire6 et constitue un tournant dans l'histoire r&#233;cente de la Cedeao.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Approfondir l'int&#233;gration pour affronter les nouveaux d&#233;fis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 2000, l'organisation a continu&#233; d'approfondir l'int&#233;gration r&#233;gionale tout en r&#233;pondant &#224; des d&#233;fis contemporains de plus en plus complexes. La cr&#233;ation de l'Architecture africaine de paix et de s&#233;curit&#233; (APSA) en 2002 par l'Union africaine (UA), dont la Cedeao est l'un des piliers, a renforc&#233; la priorit&#233; accord&#233;e aux questions de s&#233;curit&#233;, parfois au d&#233;triment du projet d'int&#233;gration &#233;conomique initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consciente du lien &#233;troit entre gouvernance et instabilit&#233;, l'organisation adopte en 2001 le Protocole additionnel sur la d&#233;mocratie et la bonne gouvernance r&#233;affirmant que les carences en mati&#232;re d&#233;mocratique figurent parmi les causes profondes des conflits dans la r&#233;gion. Elle est une nouvelle fois pionni&#232;re en mati&#232;re de pr&#233;vention des conflits avec la cr&#233;ation du m&#233;canisme d'alerte pr&#233;coce plus connu sous l'acronyme anglais Ecowarn (Ecowas Early Warning and Response Network). Ce dispositif permet &#224; l'organisation de surveiller en permanence l'&#233;tat de la s&#233;curit&#233; humaine dans la r&#233;gion gr&#226;ce &#224; 77 points focaux issus de la soci&#233;t&#233; civile, r&#233;partis dans les quinze pays (cinq par pays et sept pour le Nigeria). Le r&#233;seau est coordonn&#233; par un repr&#233;sentant national du R&#233;seau ouest-africain pour l'&#233;dification de la paix, ou Wanep (West Africa Network for Peacebuilding). Les observateurs nationaux collectent chaque semaine des donn&#233;es locales et les soumettent &#224; la direction de l'alerte pr&#233;coce, situ&#233;e au si&#232;ge de la Cedeao, &#224; Abuja. Cette direction surveille, collecte, contr&#244;le et analyse ces donn&#233;es afin de fournir des recommandations aux diff&#233;rentes parties prenantes de la Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, la Cedeao d&#233;cide de d&#233;centraliser ce dispositif. L'objectif est de privil&#233;gier les actions aux niveaux national, d&#233;partemental et communautaire et de faire en sorte que l'organisation n'intervienne qu'en dernier ressort. En 2017, la d&#233;centralisation d&#233;marre avec l'ouverture &#224; Bamako du premier centre national de coordination du m&#233;canisme d'alerte pr&#233;coce et de r&#233;ponse. Le processus s'est poursuivi, et, en juin 2025, tous les &#201;tats membres disposaient d'un centre, &#224; l'exception du B&#233;nin, du Cap-Vert, du S&#233;n&#233;gal et du Togo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#201;tats membres ma&#238;tres de l'agenda&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, la Cedeao repose sur une architecture institutionnelle complexe combinant des organes politiques et techniques. Cette configuration peu lisible de l'ext&#233;rieur rend son fonctionnement difficile &#224; appr&#233;hender, notamment pour les partenaires internationaux, les observateurs et les citoyens ouest-africains eux-m&#234;mes. En 2007, le Secr&#233;tariat ex&#233;cutif de la Cedeao est transform&#233; en Commission afin de lui donner plus de moyens pour agir. La Commission joue un r&#244;le central de coordination entre cinq institutions r&#233;gionales (Parlement, Cour de justice, Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest-Giaba, Organisation ouest-africaine de la sant&#233;, Banque d'investissement et de d&#233;veloppement de la Cedeao) et quatorze agences sp&#233;cialis&#233;es traitant de domaines aussi vari&#233;s que la monnaie, l'agriculture, l'&#233;nergie, le genre ou la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la coop&#233;ration &#233;conomique et s&#233;curitaire est son activit&#233; la plus connue et la plus visible, la Cedeao ne s'y r&#233;duit pas. Malgr&#233; des avanc&#233;es majeures dans les interventions r&#233;gionales, &#224; l'image de la Gambie en 2017 sous le leadership du S&#233;n&#233;gal7, elle reste critiqu&#233;e pour les irr&#233;gularit&#233;s et le caract&#232;re ad hoc de ses processus de prise de d&#233;cision. L'opportunisme &#224; court terme de ses &#201;tats membres s'est traduit par la formation de coalitions ad hoc, comme le G5 Sahel en 2014 ou l'Initiative d'Accra en 2017. Ces initiatives militaires port&#233;es par des &#201;tats ont rel&#233;gu&#233; au second plan les efforts au profit d'une planification strat&#233;gique engag&#233;s en 2004 avec le projet de force en attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission est un acteur majeur dans l'&#233;laboration des politiques dans les divers domaines qu'elle tente de coordonner8. Toutefois, malgr&#233; son &#233;troite collaboration avec les &#201;tats membres, ces derniers restent les principaux responsables de l'&#233;laboration de l'agenda. Ce ph&#233;nom&#232;ne est particuli&#232;rement perceptible dans le domaine de la pr&#233;vention des conflits. Bien que la Commission ait d&#233;velopp&#233; un arsenal d'outils d&#233;di&#233;s, dont Ecowarn, les dirigeants ouest-africains privil&#233;gient g&#233;n&#233;ralement une approche r&#233;active face aux crises ouvertes plut&#244;t que proactive en n&#233;gligeant les signaux et les indicateurs d'alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autonomie financi&#232;re et d&#233;pendance externe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de se donner les moyens de l'autonomie financi&#232;re, les &#201;tats membres lancent le pr&#233;l&#232;vement communautaire, m&#233;canisme unique en Afrique. Mis en place sous la forme d'une taxe de 0,5 % appliqu&#233;e sur les importations en provenance de pays non membres, ce pr&#233;l&#232;vement constitue une source importante de revenus qui permet de financer entre 70 et 90 % du budget op&#233;rationnel annuel de l'organisation9. Mais malgr&#233; l'instauration de ce pr&#233;l&#232;vement communautaire, pr&#233;sent&#233; comme un instrument de souverainet&#233; financi&#232;re, les appels r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; la r&#233;gularisation des contributions des &#201;tats membres laissent entrevoir des manquements fr&#233;quents et des retards de paiement qui fragilisent la stabilit&#233; budg&#233;taire de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, de nombreux projets strat&#233;giques, notamment dans les domaines de la paix et de la s&#233;curit&#233;, des infrastructures ou du d&#233;veloppement sectoriel (agriculture, climat, sant&#233;), restent fortement d&#233;pendants de financements ext&#233;rieurs. L'Union europ&#233;enne, la Banque africaine de d&#233;veloppement, la Banque mondiale, ainsi que des partenaires bilat&#233;raux comme la France ou l'Allemagne jouent un r&#244;le central en mati&#232;re de financement, d'appui technique et de coordination des projets de la Cedeao. Le Fonds pour la paix, destin&#233; &#224; financer les op&#233;rations de soutien &#224; la paix r&#233;guli&#232;res ou exceptionnelles, illustre bien cette hybridation. Aliment&#233; par le pr&#233;l&#232;vement communautaire, il b&#233;n&#233;ficie &#233;galement de contributions volontaires des &#201;tats membres et du soutien d'une multitude de bailleurs de fonds internationaux tels que les Nations unies, le Japon ou la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette configuration soul&#232;ve des tensions structurelles. D'un c&#244;t&#233;, l'organisation peut se pr&#233;valoir, mieux que d'autres sur le continent, d'une relative autonomie budg&#233;taire dans le financement de ses co&#251;ts de fonctionnement gr&#226;ce &#224; son syst&#232;me communautaire, mais, de l'autre, elle reste fortement tributaire de l'aide internationale, notamment pour ses missions les plus visibles et politiquement sensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;fis des conflits transfrontaliers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme les guerres civiles dans l'Union du fleuve Mano dans les ann&#233;es 1990, la crise du Sahel, qui &#233;clate au Mali en 2012, et ses effets de d&#233;bordement dans les &#201;tats c&#244;tiers ont constitu&#233; un test pour la capacit&#233; de la Cedeao &#224; pr&#233;venir et &#224; g&#233;rer les conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les op&#233;rations de la force Ecomog, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1990, ont d&#233;montr&#233; sa capacit&#233; &#224; s'engager rapidement. Dans un contexte de fin de guerre froide, la force s'inscrit dans une tendance croissante vers une &#171; appropriation &#187; locale de la gestion des conflits permettant une r&#233;ponse plus contextualis&#233;e et plus l&#233;gitime. La Cedeao est en mesure de d&#233;ployer des contingents de ses pays membres dans les zones de conflits plus rapidement et &#224; moindre co&#251;t que les missions de maintien de la paix qui prennent le relais. &#192; partir de 2004, le projet de Force en attente acc&#233;l&#232;re l'interop&#233;rabilit&#233; entre les forces de s&#233;curit&#233; nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais malgr&#233; ces avanc&#233;es, l'organisation fait face &#224; des capacit&#233;s op&#233;rationnelles et exp&#233;ditionnaires limit&#233;es qui la rendent fortement d&#233;pendante du soutien logistique et financier de bailleurs de fonds ext&#233;rieurs. Les niveaux de formation et d'&#233;quipement varient consid&#233;rablement d'un &#201;tat membre &#224; l'autre, ce qui nuit &#224; l'efficacit&#233; et &#224; l'harmonisation des interventions. Par ailleurs, une forme de concurrence institutionnelle entre l'UA et la Cedeao dans le d&#233;ploiement des troupes complique parfois la coordination des efforts. Enfin, le mod&#232;le d'op&#233;rations de paix dirig&#233;es par des acteurs africains reste inadapt&#233; pour r&#233;pondre pleinement aux menaces terroristes croissantes dans la r&#233;gion, du fait de moyens logistiques limit&#233;s, d'un manque de coordination op&#233;rationnelle et de mandats souvent trop restrictifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte contre le terrorisme, une rupture dans l'agenda&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 2010, et plus pr&#233;cis&#233;ment apr&#232;s la crise s&#233;curitaire au Mali et ses d&#233;veloppements, la Cedeao se voit rel&#233;gu&#233;e &#224; un r&#244;le secondaire dans la lutte contre le terrorisme. Le sentiment g&#233;n&#233;ral est que ses outils ne sont ni pleinement fonctionnels ni effectivement mis en &#339;uvre. En 2013, les &#201;tats membres d&#233;finissent une politique commune et adoptent une strat&#233;gie en mati&#232;re de lutte contre le terrorisme. En 2014, une strat&#233;gie Sahel voit le jour, intitul&#233;e Programme de coh&#233;rence et d'actions r&#233;gionales pour la stabilit&#233; et le d&#233;veloppement des zones sahariennes-sah&#233;liennes (PCAR). Mais aucune de ces deux strat&#233;gies ne sera r&#233;ellement op&#233;rationnalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCAR, en particulier, ne verra pas le jour, faute d'ad&#233;quation entre les ambitions affich&#233;es et les moyens financiers mobilis&#233;s. Son int&#233;r&#234;t r&#233;sidait pourtant dans la volont&#233; de proposer un cadre d'action ouest-africain coh&#233;rent, capable de coordonner des organisations jusque-l&#224; actives de mani&#232;re fragment&#233;e ou dans des formats ad hoc. &#192; l'inverse, les strat&#233;gies d&#233;velopp&#233;es par d'autres acteurs, tels que l'Union europ&#233;enne, les Nations unies ou la Banque africaine de d&#233;veloppement, mieux dot&#233;s en ressources humaines, financi&#232;res et politiques, se r&#233;v&#232;lent plus attractives10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, les chefs d'&#233;tat-major des arm&#233;es de la Cedeao, les chefs des services de s&#233;curit&#233; et les chefs des services de renseignements identifient plusieurs obstacles majeurs &#224; la mise en &#339;uvre de la Strat&#233;gie de lutte contre le terrorisme de l'organisation : un faible engagement des &#201;tats membres, des retards dans l'adoption et la mise en &#339;uvre des mesures de pr&#233;vention imagin&#233;es, un faible niveau de partage du renseignement entre les &#201;tats ainsi qu'une implication insuffisante des acteurs de la soci&#233;t&#233; civile dans les efforts de pr&#233;vention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un manque de moyens et de souverainet&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre argument voit dans l'intergouvernementalisme excessif de la Cedeao, son talon d'Achille depuis sa cr&#233;ation, l'un des principaux freins &#224; son fonctionnement efficace. Ce caract&#232;re intergouvernemental transpara&#238;t dans le pouvoir exerc&#233; avant tout par la Conf&#233;rence des chefs d'&#201;tat, organe politique o&#249; prime la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts nationaux sur les objectifs d'int&#233;gration r&#233;gionale. La r&#233;putation de la Commission de la Cedeao en mati&#232;re de d&#233;fense de la d&#233;mocratie a ainsi &#233;t&#233; mise &#224; mal lorsque certains dirigeants se sont oppos&#233;s &#224; la r&#233;vision du Protocole de 2001 visant &#224; limiter les mandats pr&#233;sidentiels ou lorsque l'organisation a adopt&#233; une position ambivalente face aux modifications constitutionnelles en C&#244;te d'Ivoire ou au Togo11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la force en attente a &#233;t&#233; d&#233;laiss&#233;e au profit d'une coop&#233;ration militaire r&#233;gionale qui appara&#238;t de plus en plus comme un sous-produit de la s&#233;curit&#233; des r&#233;gimes. Paradoxe de l'histoire, l'Ecomog a toujours &#233;t&#233; cit&#233;e comme un exemple de premi&#232;re coalition ad hoc ayant permis &#224; la Cedeao de construire sa cr&#233;dibilit&#233; et sa l&#233;gitimit&#233; en mati&#232;re s&#233;curitaire. Deux d&#233;cennies plus tard, la crise au Sahel a remis &#224; l'ordre du jour les coalitions ad hoc : le G5 Sahel, l'Initiative d'Accra et la Force multinationale mixte ont r&#233;uni des &#201;tats confront&#233;s &#224; un probl&#232;me de s&#233;curit&#233; commun, notamment &#224; leurs fronti&#232;res. Ces formats souples permettent un d&#233;ploiement rapide dans un cadre qui respecte davantage la souverainet&#233; nationale tout en offrant des ressources cibl&#233;es et une forme de l&#233;gitimit&#233; politique. Si ces coalitions ont parfois montr&#233; leurs limites en mati&#232;re de durabilit&#233; et d'efficacit&#233;, leur mont&#233;e en puissance t&#233;moigne n&#233;anmoins d'une perte de confiance dans les m&#233;canismes classiques de la Cedeao, per&#231;us comme trop rigides ou obsol&#232;tes, notamment sa Force en attente, rarement mobilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la d&#233;pendance financi&#232;re de la Commission et des &#201;tats membres pour la mise en &#339;uvre des projets et des d&#233;ploiements r&#233;gionaux s'est accompagn&#233;e d'une influence politique ext&#233;rieure qui a progressivement affect&#233; la souverainet&#233; r&#233;gionale, voire brouill&#233; les priorit&#233;s strat&#233;giques au profit des agendas des bailleurs de fonds. Cette m&#234;me d&#233;pendance a fait l'objet de critiques r&#233;currentes sur l'interf&#233;rence ext&#233;rieure dans les affaires &#233;conomiques et politiques des &#201;tats membres, notamment dans des contextes de fragilit&#233; ou de transition. La cr&#233;ation du G5 Sahel continue d'&#234;tre per&#231;ue comme une initiative port&#233;e &#224; bout de bras par les pays europ&#233;ens tout en &#233;tant concurrente &#8211; ou du moins parall&#232;le &#8211; des efforts de s&#233;curit&#233; de la Cedeao. Bien que les partenaires ext&#233;rieurs affirment laisser la direction politique et strat&#233;gique aux acteurs de la r&#233;gion, l'impression demeure que leurs d&#233;cisions orientent l'agenda au d&#233;triment du r&#244;le africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et les peuples dans tout &#231;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233;e en 2007, la &#171; Vision 2020 &#187; de la Cedeao marque une volont&#233; claire de transformation : passer d'une &#171; Cedeao des &#201;tats &#187; &#224; une &#171; Cedeao des peuples &#187;. La &#171; Vision 2050 &#187; de la Cedeao r&#233;affirme cette ambition avec pour objectif de renforcer l'int&#233;gration r&#233;gionale tout en r&#233;pondant aux d&#233;fis &#233;mergents, en misant sur un d&#233;veloppement durable, inclusif et participatif. Or, malgr&#233; un cadre normatif ambitieux et une vis&#233;e progressiste, la construction d'une v&#233;ritable Cedeao des peuples se heurte &#224; des r&#233;sistances &#233;tatiques, &#224; une faiblesse des leviers institutionnels et &#224; une distance encore marqu&#233;e entre l'organisation et ses citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la Commission peut se pr&#233;valoir de sa proximit&#233; avec les organisations de la soci&#233;t&#233; civile ouest-africaine. En 2004, elle a sign&#233; un partenariat avec le West Africa Network for Peacebuilding (Wanep), qui fait partie int&#233;grante de son dispositif d'alerte pr&#233;coce. Cependant, l'implication active des citoyens et des organisations de la soci&#233;t&#233; civile dans les processus d&#233;cisionnels demeure marginale, et les espaces de dialogue restent r&#233;duits, &#224; l'image de la libert&#233; d'expression dans certains &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour renforcer sa l&#233;gitimit&#233;, la Cedeao doit prioriser une communication concr&#232;te et une gouvernance participative. Actuellement, de nombreux citoyens ouest-africains ignorent les missions et les b&#233;n&#233;fices tangibles de l'organisation, ce qui suscite indiff&#233;rence et m&#233;fiance. Par exemple, peu de commer&#231;ants comprennent que la libre circulation des biens permise par la Cedeao influe directement sur leurs revenus ou que la carte d'identit&#233; biom&#233;trique facilite leurs d&#233;placements transfrontaliers. La Cedeao est souvent per&#231;ue comme une entit&#233; technocratique ou un &#171; club de chefs d'&#201;tat &#187; &#233;loign&#233;s des r&#233;alit&#233;s quotidiennes. Une transformation est donc cruciale pour replacer les populations au c&#339;ur du projet d'int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les reproches des citoyens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des discours, la Cedeao manque encore de ressources humaines et financi&#232;res pour assurer un suivi rigoureux dans la mise en application des d&#233;cisions, y compris lorsqu'il s'agit de rappeler &#224; l'ordre les &#201;tats membres qui ne les respectent pas. Les nombreux protocoles sur la libre circulation, la gouvernance ou l'int&#233;gration &#233;conomique restent d'application in&#233;gale, et leurs manquements ont rarement &#233;t&#233; sanctionn&#233;s. Cette lacune se traduit concr&#232;tement sur le terrain. Par exemple, les citoyens se heurtent encore fr&#233;quemment &#224; des tracasseries administratives ou &#224; des contr&#244;les abusifs aux fronti&#232;res, m&#234;me lorsqu'ils poss&#232;dent la carte d'identit&#233; biom&#233;trique de la Cedeao. Ce d&#233;calage entre les engagements r&#233;gionaux et la r&#233;alit&#233; nationale affaiblit la cr&#233;dibilit&#233; de l'organisation et nourrit la frustration. Dans les ann&#233;es &#224; venir, l'une des priorit&#233;s devrait &#234;tre de recentrer les efforts sur un bilan honn&#234;te des actions entreprises et de renforcer les m&#233;canismes de suivi et de redevabilit&#233;, afin que les d&#233;cisions soient r&#233;ellement adapt&#233;es et appliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la Commission et ses agences sp&#233;cialis&#233;es doivent imp&#233;rativement corriger l'in&#233;galit&#233; dans la r&#233;partition des b&#233;n&#233;fices de l'int&#233;gration r&#233;gionale. Les populations de plusieurs pays riches en ressources naturelles, comme le Mali (or) ou le Nigeria (p&#233;trole), d&#233;noncent leur exclusion des retomb&#233;es &#233;conomiques, voyant souvent la richesse se concentrer entre les mains de quelques &#233;lites. Le d&#233;senchantement et le rejet de la gouvernance se sont manifest&#233;s &#224; travers des mouvements citoyens comme Y'en a marre au S&#233;n&#233;gal ou Le Balai citoyen au Burkina Faso. Cette frustration a nourri un scepticisme croissant &#224; l'&#233;gard de la Cedeao et de son action au service des peuples. Pour renforcer un sentiment d'appartenance r&#233;gionale, l'organisation doit concentrer ses efforts sur la visibilit&#233; des politiques de redistribution et d&#233;velopper la communication sur les b&#233;n&#233;fices concrets de l'int&#233;gration, notamment dans les zones transfrontali&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle de la Cedeao intervient dans un contexte mondial marqu&#233; par une remise en question du multilat&#233;ralisme, fragilis&#233; tant par le repli souverainiste de certains &#201;tats que par les limites de la coop&#233;ration internationale face &#224; des crises complexes (pand&#233;mies, guerres, reconfiguration des alliances strat&#233;giques, etc.). Dans cet environnement incertain, les organisations r&#233;gionales devraient jouer un r&#244;le crucial de stabilisation et de projection collective. Or la paralysie partielle de la Cedeao fragilise cette posture, alors m&#234;me que l'Afrique de l'Ouest fait face &#224; des d&#233;fis multiples : ins&#233;curit&#233;, in&#233;galit&#233;s croissantes, transitions politiques contest&#233;es, pression d&#233;mographique et vuln&#233;rabilit&#233; aux chocs ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne pas &#171; casser la calebasse &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pays membres, les enjeux d'int&#233;gration vont bien au-del&#224; du seul cadre institutionnel, la Cedeao offrant des leviers essentiels pour faciliter les &#233;changes, harmoniser les politiques &#233;conomiques, attirer les investissements et promouvoir des projets structurants &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale. Dans un espace o&#249; la majorit&#233; des pays sont enclav&#233;s et d&#233;pendants de corridors transfrontaliers, en particulier les trois pays qui viennent d'en claquer la porte, l'absence de coordination r&#233;gionale freinera encore davantage la croissance et l'inclusion &#233;conomique. La d&#233;sint&#233;gration partielle de la Cedeao pourrait ainsi compromettre les objectifs de r&#233;duction de la pauvret&#233; et d'&#233;mergence &#233;conomique en ralentissant les dynamiques de march&#233; commun, de mobilit&#233; et de mutualisation des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consciente de ces risques, l'organisation a r&#233;cemment adopt&#233; une posture plus conciliante &#224; l'&#233;gard des membres de l'Alliance des &#201;tats du Sahel en laissant ouverte la porte du dialogue. Le maintien de la libre circulation des personnes est vital, et les deux organisations n'ignorent pas leur interd&#233;pendance &#233;conomique et sociale profonde. Malgr&#233; les tensions politiques actuelles, la Cedeao souhaite montrer l'importance de pr&#233;server l'esprit de solidarit&#233; communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va donc de l'avenir collectif des soci&#233;t&#233;s ouest-africaines de repenser leur int&#233;gration en conjuguant souverainet&#233; nationale et coop&#233;ration r&#233;gionale au service du d&#233;veloppement humain. La survie et la pertinence de la Cedeao d&#233;pendront de sa capacit&#233; &#224; se r&#233;former, &#224; entendre les voix discordantes et &#224; faire &#233;voluer ses instruments vers plus de flexibilit&#233;, de l&#233;gitimit&#233; et d'impact pour les populations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De Serval &#224; Barkhane : le bilan confisqu&#233; de dix ans d'interventions militaires au Sahel</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/De-Serval-a-Barkhane-le-bilan-confisque-de-dix-ans-d-interventions-militaires</link>
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		<dc:date>2024-10-15T06:59:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;gory Daho, Marc-Antoine P&#233;rouse de Montclos</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;n&#233;gal</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2024-10-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La France a annonc&#233; en juin 2024 l'all&#232;gement du dispositif de pr&#233;-positionnement de ses arm&#233;es en Afrique subsaharienne : les effectifs seront r&#233;duits &#224; environ 300 hommes au Tchad et une centaine dans chacune des bases existant au Gabon, au S&#233;n&#233;gal et en C&#244;te d'Ivoire. &#192; sa mani&#232;re, cette d&#233;cision ent&#233;rine l'&#233;chec de dix ans d'interventions militaires au Sahel. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique en lutte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le bilan complet et officiel des op&#233;rations Serval et Barkhane reste n&#233;anmoins &#224; dresser. Cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Gabon-+" rel="tag"&gt;Gabon&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/capture_d_e_cran_le_2024-10-14_a_19.23_11-57665.png?1781052045' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La France a annonc&#233; en juin 2024 l'all&#232;gement du dispositif de pr&#233;-positionnement de ses arm&#233;es en Afrique subsaharienne : les effectifs seront r&#233;duits &#224; environ 300 hommes au Tchad et une centaine dans chacune des bases existant au Gabon, au S&#233;n&#233;gal et en C&#244;te d'Ivoire. &#192; sa mani&#232;re, cette d&#233;cision ent&#233;rine l'&#233;chec de dix ans d'interventions militaires au Sahel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/mali/article/de-serval-a-barkhane-le-bilan-confisque-de-dix-ans-d-interventions-militaires&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique en lutte&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan complet et officiel des op&#233;rations Serval et Barkhane reste n&#233;anmoins &#224; dresser. Cette question a nourri les d&#233;bats d'un colloque qui a &#233;t&#233; organis&#233; en avril par l'Institut Pour la Paix &#224; l'Universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;ni de l'&#233;chec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec de l'op&#233;ration Barkhane est incontestable si l'on en juge par l'activit&#233; des groupes djihadistes au Sahel et l'arriv&#233;e au pouvoir de putschistes au Niger, au Mali et au Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les autorit&#233;s gouvernementales, militaires et parlementaires refusent cependant de le reconna&#238;tre. Dans une interview accord&#233;e au Point le 23 ao&#251;t 2023, Emmanuel Macron proclamait ainsi le &#171; succ&#232;s &#187; des interventions militaires fran&#231;aises au Sahel :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Si l'on prend de la hauteur, la France a eu raison de s'engager au c&#244;t&#233; d'&#201;tats africains pour lutter contre le terrorisme&#8230; Si nous ne nous &#233;tions pas engag&#233;s, avec les op&#233;rations Serval puis Barkhane, il n'y aurait, sans doute, plus de Mali, plus de Burkina Faso, je ne suis m&#234;me pas s&#251;r qu'il y aurait encore le Niger &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus t&#244;t, le 7 ao&#251;t 2023, le ministre des Arm&#233;es S&#233;bastien Lecornu r&#233;futait &#233;galement l'id&#233;e d'un &#233;chec de Barkhane, estimant que &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=RVCBcN2SXdM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; c'est une faute de dire cela &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de leur devoir de r&#233;serve, les militaires fran&#231;ais ont &#233;t&#233; moins prolixes &#224; ce sujet. La plupart de ceux qui se sont exprim&#233;s en public n'en ont pas moins conclu &#224; un &#171; bilan globalement positif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les op&#233;rations Serval puis Barkhane, soutenait par exemple l'un d'entre eux, ont rempli la mission qui leur &#233;tait fix&#233;e &#187;. Au Mali, en 2013, les soldats fran&#231;ais auraient &#233;vit&#233; que les djihadistes du nord s'emparent de la capitale Bamako, et ils auraient ensuite permis aux casques bleus des Nations unies de se d&#233;ployer &#224; l'int&#233;rieur du pays, m&#234;me si les troupes de Serval n'&#233;taient en fait pas pr&#233;sentes dans les r&#233;gions du centre qui allaient devenir un haut lieu de l'activit&#233; des groupes insurrectionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me ceux qui s'essayent &#224; l'auto-critique ne d&#233;passent pas les enseignements d&#233;j&#224; soulign&#233;s &#224; propos de l'usage de la force en Afghanistan (exc&#232;s d'optimisme et d&#233;faut d'anticipation de l'apr&#232;s-crise, m&#233;connaissance des r&#233;alit&#233;s locales et d&#233;faut de coordination avec les secteurs diplomatiques et humanitaires, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'absence de critiques du Parlement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis Paris, les parlementaires, quant &#224; eux, ont &#233;t&#233; fort peu critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il s'agisse de la plus grosse intervention outre-mer de l'arm&#233;e fran&#231;aise depuis la guerre d'Alg&#233;rie, les op&#233;rations Serval puis Barkhane n'ont fait l'objet que de deux rapports l&#233;nifiants, publi&#233;s en 2013 et en 2021, qui visaient surtout &#224; accorder un quitus &#224; l'&#201;lys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[D&#233;j&#224; plus de 120 000 abonnements aux newsletters The Conversation. Et vous ? Abonnez-vous aujourd'hui pour mieux comprendre les grands enjeux du monde.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe d'un engagement militaire dans la lutte contre le terrorisme au Sahel n'a jamais &#233;t&#233; remis en cause, contrairement aux conclusions de la commission pr&#233;sid&#233;e par l'historien Vincent Duclert, qui a point&#233; la &#171; faillite de l'analyse &#187; et &#171; l'aveuglement &#187; des d&#233;cideurs &#224; l'origine de l'op&#233;ration Turquoise pendant le g&#233;nocide rwandais de 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a finalement fallu attendre jusqu'en 2023 pour qu'un rapport admette timidement &#171; l'&#233;chec de la lutte contre le terrorisme au Sahel &#187;. Encore ce constat &#233;tait-il aussit&#244;t temp&#233;r&#233; par l'affirmation que les responsabilit&#233;s &#233;taient aussi celles &#171; des dirigeants africains eux-m&#234;mes &#187;. Le contraste n'en est que plus saisissant avec les parlementaires britanniques qui ne se sont pas priv&#233;s d'&#233;pingler les gouvernements de Tony Blair puis David Cameron pour avoir entra&#238;n&#233; leur pays dans des guerres inutiles et dispendieuses en Irak en 2003 puis en Libye en 2011 sur la base de &#171; postulats erron&#233;s &#187; et d'une &#171; compr&#233;hension incompl&#232;te de la situation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, malgr&#233; la r&#233;forme de 2008, qui leur permet de se prononcer sur une intervention militaire lorsqu'elle se prolonge au-del&#224; de quatre mois, les d&#233;put&#233;s n'ont jamais mis fin &#224; une op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 avril 2013, lorsqu'ils ont d&#251; se prononcer sur l'autorisation de prolongation de l'intervention fran&#231;aise au Mali, sur les 342 suffrages exprim&#233;s, aucun vote &#171; contre &#187; n'a &#233;t&#233; enregistr&#233;. Aucun groupe parlementaire n'a exprim&#233; d'opposition de fond. Les arguments s&#233;curitaires (il faut, ou plut&#244;t il fallait, intervenir pour soutenir un &#171; &#201;tat failli &#187;, et faire face &#224; une situation d'instabilit&#233; politique engendrant un risque de propagation) font autant consensus que les arguments id&#233;ologiques (responsabilit&#233;, morale ou historique, de la France ; cr&#233;dibilit&#233; sur la sc&#232;ne internationale ; maintien du rang). Les r&#233;ticences, sur la forme, du Groupe de la gauche d&#233;mocratique et r&#233;publicaine (GDR), se sont traduites par l'abstention lors du scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il encore une fois le rappeler ? Aucun des groupes que l'arm&#233;e fran&#231;aise a combattus au Sahel n'a jamais commis d'attentats outre-mer. Du point de vue de l'int&#233;r&#234;t national et de la lutte contre le terrorisme, les op&#233;rations Serval et Barkhane relevaient donc d'une guerre pr&#233;ventive, quitte &#224; exacerber le ressentiment des insurg&#233;s et leur envie de se venger par des attaques sur le sol m&#233;tropolitain. En 2013, le caract&#232;re global de la menace djihadiste avait &#233;t&#233; tr&#232;s manifestement exag&#233;r&#233;. Plus de dix ans apr&#232;s, il convient en cons&#233;quence de remettre en perspective les d&#233;clarations triomphales de l'&#201;lys&#233;e selon lesquelles les troupes de Serval puis de Barkhane auraient &#171; emp&#234;ch&#233; la cr&#233;ation de califats &#224; quelques milliers de kilom&#232;tres de nos fronti&#232;res &#187;, fait &#171; reculer les groupes terroristes au Sahel &#187;, sauv&#233; &#171; des milliers de vies sur place &#187; et prot&#233;g&#233; les Fran&#231;ais &#171; des menaces d'attentats sur [leur] sol &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les raisons d'un d&#233;ni de r&#233;alit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de chefs d'&#201;tat reconnaissent publiquement leurs erreurs strat&#233;giques. La France ne fait pas exception. D'autres raisons expliquent cependant le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; de l'ex&#233;cutif et de son entourage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le continent africain demeure la derni&#232;re terre d'&#233;lection et d'exaltation de ce qu'il reste d'une puissance moyenne. La grandeur et les obligations historiques de la France vis-&#224;-vis de ses anciennes colonies sont donc invoqu&#233;es pour contrer les analyses par trop d&#233;faitistes d'intellectuels parfois soup&#231;onn&#233;s de sympathies &#171; islamo-gauchistes &#187;, voire d'indulgence pour les terroristes. L'argument fatal est qu'apr&#232;s tout, les autres ont fait pire. Ainsi, ces op&#233;rations ont &#233;t&#233; beaucoup moins on&#233;reuses et mortif&#232;res pour les civils que les interventions militaires des &#201;tats-Unis en Afghanistan. Le retrait des troupes fran&#231;aises du Sahel a beau avoir &#233;t&#233; humiliant, il n'a en rien &#233;t&#233; comparable &#224; la d&#233;b&#226;cle de l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#224; Kaboul lorsque les talibans ont repris le pouvoir en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins frontaux dans leur d&#233;ni, les officiers sup&#233;rieurs continuent quant &#224; eux d'insister sur le bilan positif des premiers mois de l'op&#233;ration Serval, v&#233;ritable vitrine d'un art fran&#231;ais de faire la guerre. Elle a notamment t&#233;moign&#233; des m&#233;rites d'une cha&#238;ne d&#233;cisionnelle courte, des avantages d'un pr&#233;-positionnement des troupes en Afrique et d'une grande agilit&#233; logistique pour surprendre et devancer l'ennemi dans des temps tr&#232;s courts gr&#226;ce &#224; la mise en place d'un pont a&#233;rien articul&#233; &#224; des moyens a&#233;roterrestres. Selon la formule consacr&#233;e par les chefs de Serval et Barkhane, l'arm&#233;e fran&#231;aise aurait ainsi remport&#233; de francs &#171; succ&#232;s tactiques &#187; et elle ne serait pas responsable de l'absence de vision politico-strat&#233;gique &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction brutale : &#224; d&#233;faut de vaincre les organisations djihadistes au Sahel, les arm&#233;es auraient au moins r&#233;ussi &#224; ex&#233;cuter leurs principaux dirigeants. Les contradictions du recours aux assassinats cibl&#233;s sont pourtant point&#233;es par la doctrine fran&#231;aise de la contre-insurrection &#233;dict&#233;e en 2013, qui souligne que les strat&#233;gies d'attrition sont contreproductives car &#171; la base populaire dont disposent les insurg&#233;s leur fournit un r&#233;servoir de ressources humaines quasi in&#233;puisable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, on peut se demander pourquoi l'&#233;tat-major a d&#233;cid&#233; d'engager tant de forces terrestres alors que 80 % des pertes inflig&#233;es aux djihadistes ont &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'attaques men&#233;es par avion, par h&#233;licopt&#232;re ou par drone. En r&#233;alit&#233;, il s'agissait d'un combat sans fin et d'une guerre ingagnable face &#224; un ennemi insaisissable et invisible. Pour reprendre une expression souvent utilis&#233;e par les Am&#233;ricains en Afghanistan, les militaires fran&#231;ais n'ont fait que &#171; tondre la pelouse &#187; en attendant que la &#171; chienlit &#187; repousse, toujours plus fournie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan strat&#233;gique, l'arm&#233;e tricolore aurait pourtant pu se retirer dignement de la zone au moment de l'&#233;lection du pr&#233;sident malien Ibrahim Boubacar Ke&#239;ta en 2013, ou bien encore apr&#232;s l'&#233;limination des chefs djihadistes Abdelmalek Droukdel en 2020 puis Adnan Abou Walid al-Saharaoui en 2021. Au lieu de cela, l'&#201;lys&#233;e s'est ent&#234;t&#233; jusqu'au bout et a d&#251; se r&#233;soudre &#224; des d&#233;parts pr&#233;cipit&#233;s, sous la contrainte et &#224; la demande expresse de putschistes de plus en plus hostiles aux interf&#233;rences de l'ancienne puissance coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La faute des autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est plus facile de mettre la perte d'influence de la France au Sahel sur le compte de la propagande russe ou salafiste. Les autorit&#233;s ne manquent pas non plus de souligner les d&#233;faillances des partenaires europ&#233;ens, qui n'ont pas voulu accompagner les op&#233;rations Serval puis Barkhane &#224; la hauteur des moyens demand&#233;s. Enfin et surtout, elles insistent &#224; pr&#233;sent sur l'incurie des gouvernements de la zone, un argument qui, r&#233;trospectivement, semble d'autant plus curieux que la faiblesse des &#201;tats sah&#233;liens avait justement &#233;t&#233; invoqu&#233;e pour justifier le d&#233;clenchement de l'op&#233;ration Serval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir dans quelle mesure l'&#233;chec de Barkhane va constituer une rupture, quoi qu'il en soit par ailleurs des r&#233;cits de l'&#201;lys&#233;e sur le &#171; succ&#232;s &#187; de ses engagements dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Le gouvernement dit maintenant vouloir all&#233;ger son dispositif militaire au sud du Sahara. Mais la r&#233;duction des effectifs de l'arm&#233;e fran&#231;aise sur le continent est une tendance lourde. Au moment des ind&#233;pendances, d&#233;j&#224;, ils &#233;taient pass&#233;s de 60 000 hommes en 1960 &#224; moins de 7 000 en 1965, certes en grande partie du fait que les personnels africains avaient &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s dans les jeunes arm&#233;es nationales. Plus de soixante apr&#232;s, les militaires fran&#231;ais sont toujours pr&#233;sents en Afrique et ne semblent pas pr&#234;ts &#224; renoncer au principe de bases permanentes qui doivent leur permettre de continuer &#224; s'entra&#238;ner et de rester aguerris apr&#232;s leur d&#233;part de l'Afghanistan puis du Mali, du Burkina Faso et du Niger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons &#224; cela que le fiasco de l'op&#233;ration Turquoise au moment du g&#233;nocide rwandais de 1994 n'a nullement emp&#234;ch&#233; le montage de l'op&#233;ration Barkhane vingt ans plus tard. Aujourd'hui, rien ne d&#233;montre que l'&#201;lys&#233;e ait r&#233;ellement tir&#233; les le&#231;ons de ses &#233;checs si l'on en juge par la poursuite des coop&#233;rations militaires avec le Gabon, le B&#233;nin, la C&#244;te d'Ivoire et le S&#233;n&#233;gal, tous d'anciennes colonies. Le mot de la fin, &#224; cet &#233;gard, revient certainement &#224; ce g&#233;n&#233;ral qui, r&#233;cemment encore, vantait les m&#233;rites des formations propos&#233;es par l'arm&#233;e fran&#231;aise, &#171; comme nous l'avons fait &#224; Barkhane &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;gory Daho, Ma&#238;tre de Conf&#233;rences en science politique, Universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne et Marc-Antoine P&#233;rouse de Montclos, directeur de recherches, Institut de recherche pour le d&#233;veloppement (IRD)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est republi&#233; &#224; partir de The Conversation sous licence Creative Commons.&lt;/p&gt;
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		<title>Participation politique des femmes en C&#244;te d'Ivoire : une mission pour la paix</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Participation-politique-des-femmes-en-Cote-d-Ivoire-une-mission-pour-la-paix</link>
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		<dc:date>2021-06-22T06:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Bianca Pessoa et Tica Moreno, Solange Kon&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-06-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans l'entrevue, Solange Kon&#233; &#233;voque la participation politique des femmes, les d&#233;fis de la pand&#233;mie et les pratiques f&#233;ministes pour la paix &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : Entre les lignes et les mots 2021 - Lettre n&#176;25 - 20 juin : Notes de lecture, textes, p&#233;titions &lt;br class='autobr' /&gt;
La Marche Mondiale des Femmes (MMF) en C&#244;te d'Ivoire a d&#233;but&#233; en 2004. Le pays &#233;tait en guerre civile et les femmes de C&#244;te d'Ivoire se sont organis&#233;es pour participer &#224; une rencontre au Mali sur la participation des femmes aux processus de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cote-D-Ivoire-+" rel="tag"&gt;C&#244;te D'Ivoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-06-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-06-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L96xH150/arton48885-8135a.png?1781242470' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'entrevue, Solange Kon&#233; &#233;voque la participation politique des femmes, les d&#233;fis de la pand&#233;mie et les pratiques f&#233;ministes pour la paix&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/06/19/participation-politique-des-femmes-en-cote-divoire-une-mission-pour-la-paix/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt; 2021 - Lettre n&#176;25 - 20 juin : Notes de lecture, textes, p&#233;titions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Marche Mondiale des Femmes (MMF) en C&#244;te d'Ivoire a d&#233;but&#233; en 2004. Le pays &#233;tait en guerre civile et les femmes de C&#244;te d'Ivoire se sont organis&#233;es pour participer &#224; une rencontre au Mali sur la participation des femmes aux processus de paix. Lors de cette rencontre, une compagne de la MMF du Burkina Faso a exprim&#233; sa solidarit&#233; et son soutien aux femmes de C&#244;te d'Ivoire. C'est donc &#224; partir de la pratique de la solidarit&#233; internationale, constitutive de la Marche Mondiale des Femmes, que les femmes organis&#233;es en C&#244;te d'Ivoire ont connu et d&#233;cid&#233; de rejoindre le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solange Kon&#233;, membre du Comit&#233; International de la MMF, a parl&#233; avec Capire &#224; propos de la participation politique actuelle des femmes dans le pays et comment elles s'organisent dans la lutte pour la solidarit&#233; et la paix. Pour elle, &#171; dans la r&#233;solution des conflits, les femmes doivent &#234;tre vraiment parties prenantes. Il faut r&#233;fl&#233;chir de mani&#232;re concr&#232;te au rapport &#224; la violence faite aux femmes sur les champs de combat &#187;. D&#233;couvrez :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous comprenons que la participation politique des femmes qui se pr&#233;sentent &#224; des postes politiques est extr&#234;mement importante, car cela nous permet de changer la politique de l'int&#233;rieur. Mais en plus de cela, les processus &#233;lectoraux en g&#233;n&#233;ral nous donnent la possibilit&#233; d'&#233;lire un gouvernement plus repr&#233;sentatif qui tienne davantage compte de nos agendas &#233;conomiques. Est-il possible de faire une br&#232;ve analyse de la situation sur les processus politiques africains et la participation des femmes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les processus politiques en C&#244;te d'Ivoire sont tr&#232;s discriminatoires. Il y a plusieurs lois et textes qui disent &#171; on parle pour la femme &#187;, mais, en m&#234;me temps, dans le m&#234;me texte vous avez des articles qui bloquent les processus pour la participation des femmes. Par exemple, le quota de repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit qu'il faut au moins 30% de repr&#233;sentation des femmes aux assembl&#233;es &#233;lues. En m&#234;me temps, les processus &#233;lectoraux se font &#224; travers les r&#233;gions. Les femmes ne peuvent pas &#234;tre une priorit&#233; l&#224; o&#249; il n'y a qu'un seul poste. C'est le cas pour beaucoup de r&#233;gions. On a une loi qui n'a pas de sens, car elle ne peut pas &#234;tre appliqu&#233;e en raison de la r&#233;alit&#233; du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques dans notre pays ne mettent pas les femmes en avant. En g&#233;n&#233;ral, ce sont les hommes qui occupent les postes principaux. Les femmes restent dans l'ombre, ce qui n'est pas normal. Et si vous consid&#233;rez les institutions telles que l'Assembl&#233;e Nationale ou le Conseil &#201;conomique et Social, vous ne trouvez pas une seule femme &#224; la t&#234;te. Les femmes sont toujours dans les commissions, comme si elles n'&#233;taient pas capables de prendre des d&#233;cisions ou de r&#233;fl&#233;chir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des campagnes &#233;lectorales, les femmes sont limit&#233;es &#224; l'accueil des personnes. Ce sont elles qui vont recevoir les gens, chercher de l'eau etc. L&#224; o&#249; il y a les r&#233;flexions et o&#249; l'on prend les d&#233;cisions, elles sont minoritaires. S'il y a une votation, c'est contre elles. Politiquement, en tout cas, dans mon pays, la position de la femme est difficile et c'est ce que je d&#233;nonce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant le webinaire R&#233;sistance et solidarit&#233; f&#233;ministes dans le monde, vous avez fait remarquer qu'au moment des &#233;lections qui ont eu lieu cette ann&#233;e en C&#244;te d'Ivoire, le pourcentage de femmes aux &#233;lections l&#233;gislatives est pass&#233; de 10% &#224; 15%. Qui sont ces femmes et quelles sont leurs propositions ? Quelle est la raison de cette augmentation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi je ne consid&#232;re pas cela comme une augmentation parce qu'aujourd'hui les femmes ont des capacit&#233;s pour &#234;tre bien repr&#233;sent&#233;es. Elles existent. Il y a des femmes intellectuelles, entrepreneuses, politiques, agricultrices. Elles sont des leaders. Du point de vue du leadership, elles sont vraiment en train de prendre leurs places. Cela devrait aller de pair avec leurs repr&#233;sentations politiques. Mais, malheureusement, ce n'est pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reste encore sur la logique des choix des partis politiques. Les femmes ind&#233;pendantes ne peuvent pas gagner parce qu'elles n'ont pas d'argent. Pour &#234;tre candidat il faut avoir beaucoup d'argent. Financi&#232;rement, les femmes ne sont pas encore capables de prendre les places et d'organiser une campagne. Du point de vue du soutien, au niveau de la Marche Mondiale, nous essayons de regarder ce que nous pouvons faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#233;lections on commence &#224; trouver des moyens pour soutenir une femme pour qu'elle soit candidate aux &#233;lections l&#233;gislatives, municipales, r&#233;gionales, ou pr&#233;sidentielles. Je sais que c'est beaucoup d'argent, mais il faut qu'on commence de quelque part. Je voudrais vraiment &#233;voquer ici la solidarit&#233; entre nous pour propulser la situation des femmes en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une question vraiment importante : pour &#233;largir la participation politique des femmes, en particulier des femmes de gauche, du f&#233;minisme populaire, nous devons nous battre pour d&#233;mocratiser la politique, pour que l'&#233;lection ne d&#233;pende pas tellement de l'argent. Et en ce sens, nous voulons savoir quelle est la relation entre les parlementaires &#233;lus et le mouvement organis&#233; par les femmes ? Comment le mouvement s'articule pour la dispute politique pendant et apr&#232;s le processus &#233;lectoral ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, il n'y a pas un vrai lien entre les femmes politiques et les mouvements. Nous avons connu la crise, la guerre et il y a une sorte de cassure entre les femmes politiques et les femmes des mouvements. De sorte que les femmes politiques dans les partis au pouvoir ont tendance &#224; diaboliser les femmes des mouvements. Pour elles, nous sommes contre le gouvernement, nous sommes des opposantes et c'est vraiment compliqu&#233; de pouvoir travailler ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dommage parce que nous pensons que l'union fait la force. Mais on n'arrive pas encore &#224; faire ces liens-l&#224;. Nous venons de voir que toutes les &#233;lections se sont effectu&#233;es maintenant dans cette perspective, nous voulons nous approcher des femmes politiques. On peut avoir des id&#233;es qui ne sont pas forc&#233;ment des id&#233;es communes, mais nous avons beaucoup de combats communs. Nous avons beaucoup de choses que nous pouvons d&#233;fendre ensemble. L'Assembl&#233;e Nationale vient de mettre en place le pr&#233;sident. En juin de l'ann&#233;e derni&#232;re, des femmes s'y sont rendues pour proposer des activit&#233;s p&#233;riodiques ensemble autour des th&#232;mes de la promotion de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En tant que mouvement organis&#233; par des femmes, est-ce que vous avez des alliances avec les autres mouvements sociaux, comme ceux des paysannes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en contact avec l'association des femmes traders, qui sont les femmes qui font le commerce. Elles sont nombreuses. Nous sommes en lien avec les syndicats d'enseignants, avec les m&#233;dias et au mouvement li&#233; &#224; la cr&#233;ation de droit &#224; la terre. On pense qu'on doit s'approcher de tout cela. Droit &#224; la terre, &#233;conomique, politique, social. Faire des alliances est quelque chose de tr&#232;s fort pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons conna&#238;tre l'histoire de la lutte et de l'organisation des femmes en C&#244;te d'Ivoire. Pouvez-vous partager des histoires de lutte qui inspirent les femmes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la C&#244;te d'Ivoire allait prendre son ind&#233;pendance, il y a eu les forces coloniales. La plupart des hommes des partis politiques qui devaient prendre le pouvoir &#224; l'&#233;poque ont &#233;t&#233; envoy&#233;s en prison dans une ville &#224; c&#244;t&#233; d'Abidjan, qui s'appelle Grand-Bassam. &#192; l'&#233;poque c'&#233;tait une prison difficile et c'est l&#224;-bas qu'on envoyait les personnes qui &#233;taient r&#233;calcitrantes. Les hommes ont &#233;t&#233; envoy&#233;s en prison et les femmes sont devenues chefs de famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un moment donn&#233;, une des femmes leaders, qui s'appelle Marie Kore, a dit : &#171; &lt;i&gt;nous ne pouvons pas voir nos maris rester en prison, surtout sans savoir pourquoi. Est-ce que revendiquer son ind&#233;pendance est un crime ? Nous pensons que nous avons assez fait sur le colonialisme et qu'aujourd'hui nous voulons l'ind&#233;pendance du pays et c'est pour cela que nos &#233;poux sont en prison. Alors, les femmes, allons-y aussi &#224; la prison &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle a lanc&#233; son appel &#224; l'union, les femmes se sont pr&#233;sent&#233;es de partout. Des femmes qui savaient lire et &#233;crire, des femmes agricultrices, des femmes vendeuses, des femmes des milieux pauvres, des femmes des p&#234;cheurs. Elles ont march&#233; au moins 50 kilom&#232;tres et sont all&#233;es &#224; la prison o&#249; se trouvaient leurs maris. Elles ont march&#233; avec une d&#233;termination que les forces militaires n'ont pas pu arr&#234;ter. C'est comme &#231;a qu'elles ont pu lib&#233;rer leurs maris. Mari Kore, en C&#244;te d'Ivoire, c'est un symbole pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas penser la lutte f&#233;minine comme si c'&#233;tait quelque chose des femmes contre les hommes. Notre lutte c'est pour faire en sorte que nous sommes tous des &#234;tres humains. Il y a des hommes qui sont avec nous. Il y a des hommes qui viennent avec nous lorsque nous avons des activit&#233;s. Nous nous sommes alli&#233;es &#224; ces hommes qui reconnaissent notre lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant le webinaire, vous avez comment&#233; le cas de la Tanzanie. La vice-pr&#233;sidente a assum&#233; le poste pr&#233;sidentiel apr&#232;s la mort de John Magufuli et a r&#233;ussi &#224; g&#233;rer la pand&#233;mie dans le pays mieux que son pr&#233;d&#233;cesseur, qui &#233;tait en d&#233;ni de la r&#233;alit&#233; de la Covid-19. Pouvez-vous nous dire comment vous vous &#234;tes organis&#233;es pendant la pand&#233;mie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de la pand&#233;mie, les mouvements ont r&#233;alis&#233; &#233;norm&#233;ment d'actions pour les communaut&#233;s. Nous avons fait des communications pour la pr&#233;vention, pour passer le message sur ce qu'il fallait faire. Pendant et apr&#232;s le confinement il y a eu beaucoup de violence conjugale, sexuelle, violence avec les enfants etc. Nous avons d&#233;nonc&#233; tout cela. On a aussi contact&#233; les services m&#233;dicaux parce que les enfants et les femmes n'&#233;taient pas assur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a fait un sondage et on a interpell&#233; le gouvernement. On a fait une &#233;tude aussi sur l'impact de la Covid-19 sur des services de sant&#233; maternelle et infantile. Nous avons beaucoup travaill&#233; &#224; c&#244;t&#233; du Minist&#232;re de la Sant&#233;. Actuellement, c'est la vaccination. Tout le monde ne veut pas se faire vacciner. On essaie de leur expliquer que c'est important de le faire. De l'autre c&#244;t&#233; on essaie de mettre de la pression sur le gouvernement pour qu'il prenne en charge la qualit&#233; des vaccins et &#233;viter des cons&#233;quences plus graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie, le vaccin et la politique, en g&#233;n&#233;ral, ont &#233;t&#233; la cible des d&#233;sinformations et des fake news. Comment voyez-vous cette question et, aussi, je voulais vous demander si vous avez des strat&#233;gies de formation politique f&#233;ministe pour faire face &#224; ces strat&#233;gies de d&#233;sinformation de la droite et pour augmenter la participation populaire et f&#233;ministe dans la politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment il n'y a pas de vraie strat&#233;gie qui ressorte. La pand&#233;mie telle qu'elle se pr&#233;sente, c'est comme si elle prenait la force des personnes. On ne savait pas par o&#249; prendre les choses, les informations sont contradictoires et puis on ne conna&#238;t pas la situation, on ne l'a jamais v&#233;cue. On nous montre des images terrifiantes des situations graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait d&#233;j&#224; cette peur, une situation qui a d&#233;sarm&#233; les personnes, qui a fait que les gens n'&#233;taient pas au mieux de leur capacit&#233; pour agir et pour r&#233;fl&#233;chir &#224; des strat&#233;gies. Maintenant je constate que nous sommes dans une logique o&#249; le capitalisme va continuer &#224; nous mettre de la pression, parce que nous sommes en face du rapport de force des grands de ce monde-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, pour ce cas du vaccin, on se demande ici en Afrique : &#171; &lt;i&gt; Pourquoi est-ce qu'il y a le palu [paludisme] depuis longtemps, pourquoi est-ce qu'il y a le VIH depuis longtemps&#8230; mais pourquoi est-ce qu'il n'y a pas eu de vaccin pour le VIH tout de suite ? Et maintenant on a plein de vaccin pour la Covid. Cela montre qu'il y a beaucoup de non-dits.&lt;/i&gt; &#187; Ce sont des grosses industries qui cherchent encore des positionnements pour avoir plus de profit, on le per&#231;oit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nos pays on a dit que l'OMS [Organisation mondiale de la Sant&#233;] va nous soutenir, va nous donner les vaccins de Covax. Qui va donner des vaccins ici en C&#244;te d'Ivoire, au S&#233;n&#233;gal et pour d'autres pays ? Je constate que sont arriv&#233;es en C&#244;te d'Ivoire 500 mille doses de vaccin. C'est un vaccin &#224; deux doses pour chaque personne, &#231;a veut dire que c'est 250 mille personnes qui seront vaccin&#233;es sur les 25 millions de la C&#244;te d'Ivoire. Ce n'est qu'une goutte d'eau dans la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les mouvements sociaux, on se demande ce qu'il y a derri&#232;re cette gratuit&#233;. Le vaccin a &#233;t&#233; produit, il a un co&#251;t. On ne peut pas venir comme dans un pays et dire qu'il est offert gratuitement. Nous disons &#171; non &#187;. Il y a certainement quelque chose qui est derri&#232;re et on devrait chercher, comprendre et, ensemble, en tant que mouvements sociaux, savoir ce qui va ressortir et pouvoir agir l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce sont des choses pour venir renforcer la domination sur les populations pauvres, sur les femmes, nous serons l&#224; pour d&#233;noncer cette domination &#233;conomique et hyperpolitique. Nous sommes d'accord pour participer &#224; la lutte contre la pand&#233;mie, mais ce ne sera pas &#224; n'importe quel prix. Il faut qu'on leur dise cela. Donc, nous attendons, mais pas les bras crois&#233;s. On essaie de comprendre des choses. Et si sont des choses dans les rapports des forces, si les femmes et les enfants vont &#234;tre plus marginalis&#233;s, on ne sera pas d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233;e par Bianca Pessoa et Tica Moreno&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;vis&#233; par Andr&#233;ia Manfrin Alves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://capiremov.org/fr/entrevue/participation-politique-des-femmes-en-cote-divoire-une-mission-pour-la-paix/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://capiremov.org/fr/entrevue/participation-politique-des-femmes-en-cote-divoire-une-mission-pour-la-paix/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bilan calamiteux des pr&#233;sidents africains &#171; socialistes &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-bilan-calamiteux-des-presidents-africains-socialistes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-bilan-calamiteux-des-presidents-africains-socialistes</guid>
		<dc:date>2021-02-09T07:14:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Sahel</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Niger</dc:subject>
		<dc:subject>Guin&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-02-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Plus que d'autres, les quatre chefs d'Etat africains ( Gbagbo, Alpha Conde, Issoufou, IBK), qui ont milit&#233; dans l'Internationale socialiste (IS), ont aussi en commun soit d'avoir totalement &#233;chou&#233; dans leurs vaines tentatives de d&#233;mocratisation. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de MondAfrique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus que d'autres, les quatre chefs d'Etat africains ( Gbagbo, Alpha Conde, Issoufou, IBK), qui ont milit&#233; dans l'Internationale socialiste (IS), ont aussi en commun soit d'avoir totalement &#233;chou&#233; dans leurs vaines (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton46721-a48ea.jpg?1781242471' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus que d'autres, les quatre chefs d'Etat africains ( Gbagbo, Alpha Conde, Issoufou, IBK), qui ont milit&#233; dans l'Internationale socialiste (IS), ont aussi en commun soit d'avoir totalement &#233;chou&#233; dans leurs vaines tentatives de d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/le-bilan-calamiteux-des-presidents-africains-socialistes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MondAfrique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que d'autres, les quatre chefs d'Etat africains ( Gbagbo, Alpha Conde, Issoufou, IBK), qui ont milit&#233; dans l'Internationale socialiste (IS), ont aussi en commun soit d'avoir totalement &#233;chou&#233; dans leurs vaines tentatives de d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la belle &#233;poque, le &#171; camarade &#187; Gbagbo emmenait son ami Jack Lang dans les boites de nuit d'Abidjan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ivoirien Laurent Gbagbo fut en 2000 le premier des quatre dirigeants africains militant &#224; l'IS &#224; devenir pr&#233;sident de la r&#233;publique. Les dix ann&#233;es qu'il passera au pouvoir ne furent pas les plus enchant&#233;es de la C&#244;te d'Ivoire. Entre populisme et r&#233;bellion arm&#233;e de 2002, le &#171; camarade Laurent &#187;, comme on l'appelait dans les instances de l'IS, n'a pas affich&#233; de bilan &#224; la hauteur des esp&#233;rances suscit&#233;es par son arriv&#233;e &#224; la t&#234;te de la C&#244;te d'Ivoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre toute attente, le pouvoir du &#171; camarade Laurent &#187; a eu les meilleures relations avec le grand capital international : Bollor&#233;, Bouygues, Accord, etc. A sa d&#233;charge, ses d&#233;fenseurs affirment qu'il voyait dans les faveurs aux int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais une assurance-vie pour son r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, c'est cette m&#234;me France qui apportera en 2011 un soutien militaire d&#233;cisif &#224; la r&#233;bellion pour prendre le palais pr&#233;sidentiel et arr&#234;ter Gbagbo. Le &#171; camarade Gbagbo &#187; passera ainsi des ors de la r&#233;publique aux fers de la d&#233;tention pendant 8 ann&#233;es (2011-2019) &#224; la prison de la Cour p&#233;nale internationale de Scheveningen, aux Pays-Bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Guin&#233;e, voisine de la C&#244;te d'Ivoire, Alpha Cond&#233;, un autre membre en vue de l'Internationale socialiste, devient pr&#233;sident en 2010. Les deux mandats (2010-2020) de l'opposant historique n'ont pas combl&#233; les attentes des Guin&#233;ens. Outre l'&#233;chec &#233;conomique du &#171; camarade Alpha &#187;, qui n'aura pas r&#233;ussi &#224; assainir la mafia de l'attribution des permis miniers, les libert&#233;s individuelles ont connu un grand recul entre 210 et 2020. Au moins cent (100) personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es pendant la m&#234;me p&#233;riode par les forces de l'ordre guin&#233;ennes lors d'op&#233;rations de maintien de la paix. Quatre militants de l'opposition sont morts en d&#233;tention entre d&#233;cembre 2020 et janvier 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de ses deux premiers mandats, &#171; le camarade Alpha &#187; s'est embarqu&#233; dans une aventure de changement de la constitution qu'il finira par imposer au prix de la mort d'une quarantaine de ses compatriotes. Ce forcing pour le troisi&#232;me mandat lui vaudra de perdre ses derniers soutiens internationaux, y compris dans les rangs de l'IS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand deux &#171; camarades &#187; socialistes se retrouvent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins d'un an apr&#232;s Alpha Cond&#233;, &#171; le camarade Mahamadou Issoufou &#187; arrive au pouvoir en avril 2011 au Niger. En plus d'&#234;tre membres de l'IS, &#171; les camarades Alpha et Issoufou &#187; ont en commun d'&#234;tre des tr&#232;s proches de Fran&#231;ois Hollande, Premier Secr&#233;taire du Parti socialiste (PS) fran&#231;ais. A l'heure du bilan, Mahamadou Issoufou, qui quittera le pouvoir en avril prochain, n'a pas grand-chose &#224; mettre sur la table. Pendant ses dix ann&#233;es &#224; la t&#234;te du Niger, son pays est rest&#233; constamment dernier au classement de l'indice du d&#233;veloppement humain (IDH) des Nations unies. L'ins&#233;curit&#233; s'est aggrav&#233;e avec 3 r&#233;gions sur 8 plac&#233;es sous &#233;tat d'urgence et la corruption est &#224; son comble, comme en t&#233;moigne le scandale du d&#233;tournement de plus de 78 milliards de FCFA (pr&#232;s de 117 millions d'euros) au minist&#232;re de la d&#233;fense. Sur le plan des libert&#233;s, la gouvernance du &#171; camarade Issoufou &#187; n'a pas non plus &#233;t&#233; plus brillante, m&#234;lant r&#233;pression d'acteurs de la soci&#233;t&#233; civile, pers&#233;cution de journalistes et criminalisation de l'opposition politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Hollande, qui a fait toute sa carri&#232;re au PS fran&#231;ais, avait un faible pour les Africains de l'Internationale socialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour boucler la boucle des quatre camarades de l'IS devenus chefs d'Etat en Afrique, le Malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK) acc&#232;de au pouvoir en 2013 et pr&#234;te serment sous le regard complice de son ami Hollande devenu entretemps pr&#233;sident de la r&#233;publique fran&#231;aise. On sait ce qu'il advient ensuite des ann&#233;es de pouvoir de IBK.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien dirigeant de la F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants d'Afrique noire (FEANF, marqu&#233;e &#224; gauche) a install&#233; au c&#339;ur du pouvoir malien un syst&#232;me patrimonial, associant son fils Karim Keita, ses neveux, ses beaux-fr&#232;res. Il a port&#233; la corruption et le d&#233;tournement des deniers publics au z&#233;nith : entre 2012 et 2017 pas moins d'un milliard d'euros (plus de 650 milliards de FCFA) a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233; au Mali, selon un d&#233;compte &#233;tabli par une ONG canadienne. Confondant le bonheur des Maliens avec le sien, IBK s'est achet&#233; en 2014 un avion pr&#233;sidentiel &#224; pr&#232;s de 30 millions d'euros. Son r&#233;gime finit par &#234;tre emport&#233; par le coup d'Etat militaire du 18 ao&#251;t 2020.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;preuve du pouvoir, les &#171; socialistes africains &#187; de l'IS n'ont pas gu&#232;re brill&#233; : Gbagbo et IBK ont &#233;t&#233; chass&#233;s par les armes ; Alpha a confisqu&#233; la d&#233;mocratie pour s'adjuger un troisi&#232;me mandat ; Issoufou laisse un bien maigre h&#233;ritage &#224; son successeur qui sera connu le 21 f&#233;vrier prochain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;sidentielle en C&#244;te d'Ivoire : un troisi&#232;me mandat pour Ouattara, et maintenant ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Presidentielle-en-Cote-d-Ivoire-un-troisieme-mandat-pour-Ouattara-et-maintenant</link>
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		<dc:date>2020-11-03T07:00:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'observateur Paalga</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que l'opposition avait appel&#233; au boycott, le pr&#233;sident ivoirien devrait arracher son troisi&#232;me mandat. Mais &#224; quel prix ? Violences, coups bas, nouvelle crise politique&#8230; En C&#244;te d'Ivoire, l'histoire ne cesse, d&#233;plore ce journal burkinab&#233;, qui appelle une partie des &#8220;&#233;l&#233;phants&#8221; &#224; prendre leur retraite. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Courrier international. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelques semaines, depuis son exil fran&#231;ais, [l'ancien chef de la r&#233;bellion] Guillaume Soro disait &#224; qui voulait l'entendre que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton45449-77279.jpg?1781242472' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que l'opposition avait appel&#233; au boycott, le pr&#233;sident ivoirien devrait arracher son troisi&#232;me mandat. Mais &#224; quel prix ? Violences, coups bas, nouvelle crise politique&#8230; En C&#244;te d'Ivoire, l'histoire ne cesse, d&#233;plore ce journal burkinab&#233;, qui appelle une partie des &#8220;&#233;l&#233;phants&#8221; &#224; prendre leur retraite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/presidentielle-cote-divoire-un-troisieme-mandat-pour-ouattara-et-maintenant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Courrier international&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques semaines, &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/cote-divoire-depuis-paris-guillaume-soro-contre-attaque&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;depuis son exil fran&#231;ais&lt;/a&gt;, [l'ancien chef de la r&#233;bellion] Guillaume Soro disait &#224; qui voulait l'entendre que la pr&#233;sidentielle ivoirienne n'aurait pas lieu. Une antienne reprise &#224; l'envi et en ch&#339;ur par l'opposition, qui a d&#233;cr&#233;t&#233; la d&#233;sob&#233;issance civile et le boycott actif. Ils ne seront finalement pas parvenus &#224; emp&#234;cher totalement la tenue du scrutin, qui s'est d&#233;roul&#233; certes avec des &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/presidentielle-une-fin-de-campagne-electorale-tendue-en-cote-divoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;actes de violences et de vandalismes&lt;/a&gt; &#233;pars, mais pas dans le chaos g&#233;n&#233;ralis&#233; que tout le monde redoutait. Rien de bien nouveau en somme sur la lagune &#201;bri&#233;, puisque, depuis une trentaine d'ann&#233;es, &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/presidentielle-dix-ans-de-crise-en-cote-divoire-une-election-et-le-spectre-de-nouvelles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la C&#244;te d'Ivoire est abonn&#233;e aux &#233;lections tumultueuses&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la guerre de succession cons&#233;cutive &#224; la mort d'Houphou&#235;t-Boigny [en 1993], Henri Konan B&#233;di&#233; &#233;tait sorti vainqueur du bras de fer avec ADO [Alassane Dramane Ouattara, actuel pr&#233;sident et d&#233;j&#224; pr&#233;tendant &#224; la magistrature supr&#234;me]. En 2000, Laurent Gbagbo s'associe avec le g&#233;n&#233;ral Robert Gue&#239; pour exclure B&#233;di&#233; et Ouattara avant de rouler son &#8220;asso[ci&#233;]&#8221; dans la farine sur fond de violences inou&#239;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, les &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/presidentielle-en-cote-divoire-les-ex-presidents-bedie-et-gbagbo-face-ouattara&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;trois &#233;l&#233;phants de la faune politique ivoirienne&lt;/a&gt; [Ouattara, Gbagbo et B&#233;di&#233;] sont tous sur la ligne de d&#233;part, mais &#231;a se termine dans le fracas des armes. Bilan, 3 000 morts et le &#8220;Woody&#8221; [surnom de Laurent Gbagbo] exp&#233;di&#233; &#224; la CPI pendant que les vainqueurs sablent le champagne et roulent en carrosse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vaincre sans p&#233;ril&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tels les bandits d'un western qui se neutralisent mutuellement pour le partage du butin, ADO a [finalement] &#233;limin[&#233;] l'un apr&#232;s l'autre ses anciens alli&#233;s qui pensaient leur tour venu. Quand donc enfin les Ivoiriens auront-ils droit &#224; des &#233;lections inclusives et transparentes dont les r&#233;sultats ne souffriront aucune contestation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant ce jour b&#233;ni, contre vents et mar&#233;es, Alassane Dramane Ouattara aura tenu tant bien que mal son pari gr&#226;ce notamment &#224; 35 000 &#233;l&#233;ments des forces de l'ordre mobilis&#233;s pour la circonstance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cause de la politique de la chaise vide pratiqu&#233;e par l'opposition, la victoire d'ADO ne fai[sait] l'ombre d'aucun doute, m&#234;me si &#224; vaincre sans p&#233;ril on triomphe sans gloire. Mais de gloire, lui s'en fiche comme de sa premi&#232;re barboteuse, sinon apr&#232;s avoir jur&#233; qu'il ne renouvellerait pas son bail au palais de Cocody, il n'aurait pas pris pr&#233;texte du &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/presidentielle-en-cote-divoire-le-lion-gon-coulibaly-est-mort-et-maintenant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;c&#232;s subit de son Premier ministre et dauphin d&#233;sign&#233;&lt;/a&gt;, Amadou Gon Coulibaly, pour &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/cote-divoire-o-rage-o-desespoir-alassane-ouattara-candidat-un-troisieme-mandat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;se pr&#233;senter pour un troisi&#232;me mandat&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment n&#233;anmoins le condamner sans possibilit&#233; de r&#233;mission quand le Sphinx de Daoukro [surnom d'Henri Konan B&#233;di&#233;], qui n'a pourtant jamais brill&#233; par son intelligence et son flair politiques et qui ne r&#234;ve que de vengeance, s'est impos&#233; &#224; 86 ans porte-drapeau de son parti ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le bl&#226;mer quand Laurent Gbagbo, qui n'en a m&#234;me pas fini avec ses ennuis judiciaires puisqu'il attend son &#233;ventuel proc&#232;s en appel &#224; la Cour p&#233;nale internationale [il a &#233;t&#233; acquitt&#233; des charges de crimes contre l'humanit&#233; en premi&#232;re instance], lui aussi, tr&#233;pignait d'impatience d'en d&#233;coudre &#224; nouveau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'impossible r&#233;conciliation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sagesse aurait en fait voulu que tous les trois mettent de c&#244;t&#233; leur ego surdimensionn&#233; et leur haine recuite pour s'&#233;clipser et laisser la place &#224; une nouvelle g&#233;n&#233;ration. La sc&#232;ne politique ivoirienne en aurait &#233;t&#233; ipso facto assainie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste maintenant &#224; savoir ce que le vainqueur va faire de cette victoire programm&#233;e &#224; la Pyrrhus. Sa main tendue a peu de chance d'&#234;tre accept&#233;e puisque l'opposition a dit &#8220;ne pas reconna&#238;tre l'&#233;lection&#8221; et &#8220;appel[er] les Ivoiriens &#224; la mobilisation g&#233;n&#233;rale pour faire barrage &#224; la dictature&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc n'&#234;tre s&#251;r que d'une chose, coup d'&#201;tat constitutionnel ou pas, cette prolongation au prix d'un changement des r&#232;gles du jeu en plein match ne va pas servir la r&#233;conciliation nationale. Cela demeurera &#224; jamais la tache sombre des ann&#233;es ADO. Mais comme le dit si bien un proverbe de chez nous, &#8220;celui qui met le feu &#224; un cimeti&#232;re ne craint pas les hurlements des fant&#244;mes&#8221;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Covid-19. De Nairobi &#224; Dakar, pour appliquer le couvre-feu, la police fait r&#233;gner la terreur</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Covid-19-De-Nairobi-a-Dakar-pour-appliquer-le-couvre-feu-la-police-fait-regner</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Covid-19-De-Nairobi-a-Dakar-pour-appliquer-le-couvre-feu-la-police-fait-regner</guid>
		<dc:date>2020-04-07T07:19:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anna Sylvestre-Treiner</dc:creator>


		<dc:subject>Kenya</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-04-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Kenya, en Afrique du Sud ou encore au S&#233;n&#233;gal, les premiers jours de couvre-feu ont donn&#233; lieu &#224; des sc&#232;nes de violence. Bastonnades, humiliations, tirs de balles en caoutchouc&#8230; Des policiers ont us&#233; de moyens disproportionn&#233;s sous pr&#233;texte de lutter contre l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Courrier international. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Une nuit de terreur&#8221;, titrait le quotidien k&#233;nyan The Star samedi 28 mars, au lendemain de la premi&#232;re nuit du couvre-feu impos&#233; dans le pays pour tenter d'endiguer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-04-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-04-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH76/arton42922-41ae4.png?1781049865' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Kenya, en Afrique du Sud ou encore au S&#233;n&#233;gal, les premiers jours de couvre-feu ont donn&#233; lieu &#224; des sc&#232;nes de violence. Bastonnades, humiliations, tirs de balles en caoutchouc&#8230; Des policiers ont us&#233; de moyens disproportionn&#233;s sous pr&#233;texte de lutter contre l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/afrique-de-nairobi-dakar-pour-appliquer-le-couvre-feu-la-police-fait-regner-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Courrier international&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Une nuit de terreur&#8221;, titrait le &lt;a href=&#034;https://www.the-star.co.ke/covid-19/2020-03-28-first-night-of-terror-as-police-enforce-curfew/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quotidien k&#233;nyan The Star&lt;/a&gt; samedi 28 mars, au lendemain de la premi&#232;re nuit du couvre-feu impos&#233; dans le pays pour tenter d'endiguer l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19. De la capitale Nairobi &#224; Mombasa, des sc&#232;nes hallucinantes ont eu lieu. &#8220;D&#232;s 16 heures, soit deux heures avant l'heure du couvre-feu&#8221;, souligne le journal, des policiers ont commenc&#233; &#224; fondre sur les passants dans des d&#233;cha&#238;nements de violence. Coups de fouet, armes &#224; feu point&#233;s sur des civils&#8230; Sous pr&#233;texte de lutte contre l'&#233;pid&#233;mie, tous les moyens &#233;taient bons.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH456/f8f0e843d4a0a51a-70ff8e21-6b09b.png?1781049865' width='500' height='456' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le chaos s'est empar&#233; de ces villes alors que les habitants avaient du mal &#224; rentrer chez eux : les files d'attente &#233;taient interminables pour monter dans des bus ou des ferrys, qui prenaient moins de passagers que d'habitude pour respecter les distances entre les passagers. C'est alors que la police a s&#233;vi. &#8220;Des habitants de Mombasa ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par les forces de l'ordre, ceux qui attendaient leur bus &#233;taient arros&#233;s de gaz lacrymog&#232;nes, et m&#234;me battus&#8221;, &lt;a href=&#034;https://www.nation.co.ke/news/Police-brutality-marks-first-night-of-curfew/1056-5506668-xq0my7z/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapporte le Daily Nation&lt;/a&gt;, qui publie des images de personnes &#224; terres, humili&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des policiers sans foi ni loi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sc&#232;nes et m&#234;me scandale face &#224; des policiers sans foi ni loi en Afrique du Sud. Dans le pays africain le plus touch&#233; par le virus, &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/afrique-du-sud-un-malade-du-covid-19-poursuivi-pour-tentative-de-meurtre-apres-etre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un confinement strict a &#233;t&#233; impos&#233; jeudi 26 mars&lt;/a&gt; : interdiction d'acheter de l'alcool, des cigarettes, ou de sortir faire du sport. Si les contrevenants s'exposent &#224; une amende ou une arrestation, la police s'est parfois livr&#233;e &#224; des &#8220;actes de brutalit&#233;&#8221;, &lt;a href=&#034;https://www.timeslive.co.za/news/south-africa/2020-03-31-mzansi-reacts-to-police-army-brutality-during-lockdown-they-must-respect-the-law/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;crit le Sunday Times&lt;/a&gt;. &#8220;Des images de soldats et de policiers qui frappaient des gens ont circul&#233; sur les r&#233;seaux sociaux&#8221;, &lt;a href=&#034;https://www.nation.co.ke/news/Police-brutality-marks-first-night-of-curfew/1056-5506668-xq0my7z/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;poursuit News 24&lt;/a&gt;. &#8220;Le comportement de la police et de l'arm&#233;e durant les quatre premiers jours de confinement a &#233;t&#233; terni par la mort de trois personnes, vraisemblablement arr&#234;t&#233;es par les forces de l'ordre, ainsi que par de nombreuses plaintes concernant l'usage excessif de la force.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mal form&#233;es et souvent accus&#233;es d'&#234;tre peu r&#233;publicaines, les forces de l'ordre ouest-africaines ont elles aussi &#233;t&#233; coupables d'actes de violence. &#8220;Il nous a &#233;t&#233; donn&#233; de voir des images honteuses de policiers ou de gendarmes africains bastonnant de pauvres m&#232;res de famille, des pauvres passants, des sans-domiciles, illettr&#233;s pour certains, pour cause de coronavirus&#8221;, &lt;a href=&#034;https://www.connectionivoirienne.net/2020/03/25/abidjan-dakar-ouaga-ces-idiots-de-policiers-et-gendarmes-qui-frappent-les-gens/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'indigne Connection Ivoirienne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4880 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH699/107f94cacbdc5a49-0498fe1d-e68f0.png?1781049866' width='500' height='699' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dakar, Abidjan, Ouagadougou&#8230; &#8220;Cela a &#233;t&#233; des sc&#232;nes dignes d'une autre &#233;poque&#8221;, &lt;a href=&#034;https://www.dakaractu.com/Premier-jour-de-couvre-feu-au-Senegal-Ces-images-qu-on-n-aime-pas-voir-de-la-police_a185939.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'alarme Dakar Actu&lt;/a&gt;. &#8220;Cette guerre d&#233;clar&#233;e &#224; la pand&#233;mie requiert de tout le monde qu'il garde son calme, car il serait aberrant, par ces temps qui courent, de remplir les h&#244;pitaux de victimes de bavures polici&#232;res&#8221;, conclut-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En C&#244;te d'Ivoire, la mont&#233;e des eaux engloutit peu &#224; peu le village de p&#234;cheurs de Lahou-Kpanda</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-Cote-d-Ivoire-la-montee-des-eaux-engloutit-peu-a-peu-le-village-de-pecheurs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/En-Cote-d-Ivoire-la-montee-des-eaux-engloutit-peu-a-peu-le-village-de-pecheurs</guid>
		<dc:date>2018-06-11T19:06:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Youenn Gourlay</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Victime de l'&#233;rosion due au changement climatique et &#224; un barrage hydro&#233;lectrique, la langue de terre o&#249; s'accroche le village ivoirien de Lahou-Kpanda est rong&#233;e chaque ann&#233;e par les eaux montantes de l'oc&#233;an Atlantique. Seule solution : d&#233;faire le barrage... ou partir. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Reporterre. Lahou-Kpanda (C&#244;te d'Ivoire), reportage &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la plage de Lahou-Kpanda, les longues pirogues de p&#234;che peintes de drapeaux &#233;trangers et d'&#233;tendards de foot sont bloqu&#233;es sur le sable. Depuis quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cote-D-Ivoire-+" rel="tag"&gt;C&#244;te D'Ivoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton35175-020c4.jpg?1781242473' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Victime de l'&#233;rosion due au changement climatique et &#224; un barrage hydro&#233;lectrique, la langue de terre o&#249; s'accroche le village ivoirien de Lahou-Kpanda est rong&#233;e chaque ann&#233;e par les eaux montantes de l'oc&#233;an Atlantique. Seule solution : d&#233;faire le barrage... ou partir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/En-Cote-d-Ivoire-la-montee-des-eaux-engloutit-peu-a-peu-le-village-de-pecheurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reporterre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lahou-Kpanda (C&#244;te d'Ivoire), reportage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la plage de Lahou-Kpanda, les longues pirogues de p&#234;che peintes de drapeaux &#233;trangers et d'&#233;tendards de foot sont bloqu&#233;es sur le sable. Depuis quelques jours, la mer est &#171; g&#226;t&#233;e &#187; (d&#233;mont&#233;e), les vagues sont impressionnantes, et il est impossible de naviguer sur l'une des eaux les plus poissonneuses du pays. &#171; C'est devenu trop dangereux ici, je ne sais pas si on va rester &#187;, s'interroge Steven, l'un des nombreux p&#234;cheurs ghan&#233;ens, en pleine r&#233;paration d'un filet trou&#233;, &#171; pour passer le temps &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es, les assauts de la mer ne cessent de ronger les c&#244;tes de &#171; Lahou &#187;, petit bout de presqu'&#238;le coinc&#233; entre l'oc&#233;an Atlantique, le fleuve Bandama et la lagune Tagba. L'isthme, large de 2 km dans les ann&#233;es 1920, s'&#233;tend sur moins de 200 m&#232;tres aujourd'hui. La &#171; Cit&#233; aux trois eaux &#187;, ancien comptoir colonial fran&#231;ais et point de passage strat&#233;gique de la route des esclaves, subit les cons&#233;quences conjointes du r&#233;chauffement climatique et du barrage de Kossou construit dans les ann&#233;es 1970 pour &#233;lectrifier une partie du pays. Le fleuve, priv&#233; de d&#233;bit, ne peut plus faire tampon face &#224; une mer de plus en plus agit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de la trag&#233;die qui s'annonce, pr&#232;s de deux mille personnes s'accrochent encore &#224; cette fine bande de sable situ&#233;e &#224; 150 kilom&#232;tres &#224; l'ouest d'Abidjan. &#171; Ici, presque tout a &#233;t&#233; d&#233;truit par l'eau : l'administration, le chemin de fer, des centaines d'habitations, &#233;num&#232;re Albert Hobba, 63 ans, l'une des figures du village. &#192; part la p&#234;che, il n'y a presque plus de travail. Mais le cimeti&#232;re est encore l&#224; et les habitants ne veulent pas quitter leurs morts. &#187; Seules institutions encore pr&#233;sentes, l'&#233;glise, deux &#233;coles primaires et la maternit&#233;, o&#249; nait encore un b&#233;b&#233; tous les deux jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ma maison est dans la mer, elle a &#233;t&#233; engloutie il y a trois mois &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les cours, les petits-enfants de la famille Hobba et leurs amis jouent &#224; &#233;viter l'&#233;cume des vagues s'&#233;crasant sur les dunes. Albert, imposant et souriant, n'a pas voulu abandonner son village natal. &#171; On se plait ici. Il fait frais, la famille est l&#224;, les petits-enfants aussi, l'&#233;cole est &#224; deux pas et il y a moins de d&#233;penses qu'en ville. S'il faut partir, on trouvera une solution mais pour le moment on est l&#224;, c'est chez nous &#187;, argumente-t-il, un verre de koutoukou, une liqueur de vin de palme, &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques m&#232;tres des tombes, l'eau gagne du terrain, deux m&#232;tres en moyenne chaque ann&#233;e. Certains logements en bambou et feuilles de palmier mordent la falaise de sable form&#233;e par l'&#233;rosion et menacent de s'effondrer. Un peu plus loin, Nathana&#235;l, 36 ans, est d&#233;sempar&#233;. Ce p&#234;cheur vient de perdre sa case pour la cinqui&#232;me fois. &#171; Ma maison est dans la mer, dit-il les yeux vides. Elle a &#233;t&#233; engloutie il y a trois mois, je dois donc vivre du c&#244;t&#233; de la lagune, chez ma s&#339;ur, avec ma femme et mes trois enfants. On ne sait plus o&#249; aller &#187;, s'inqui&#232;te-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1973, pour &#233;viter le pire, la ville c&#244;ti&#232;re a &#233;t&#233; d&#233;localis&#233;e 18 km &#224; l'int&#233;rieur des terres, reprenant le nom originel de Grand-Lahou. Une partie de l'ethnie Avikam, d'origine ghan&#233;enne, a imm&#233;diatement regagn&#233; les terres foresti&#232;res. &#171; &#199;a n'a pas &#233;t&#233; facile au d&#233;but, de partir. Nous &#233;tions p&#234;cheurs et nous sommes devenus agriculteurs. Avant, les hectares n'&#233;taient pas chers et aujourd'hui, on vit bien. Pour ceux qui sont rest&#233;s [sur le littoral], c'est la mis&#232;re &#187;, raconte Emmanuel N'Guessan, 65 ans, chef de l'ethnie &#224; Grand-Lahou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juliette a 14 ans. Elle vit &#224; Lahou-Kpanda. Comme ses parents n'ont pas les moyens de lui payer le coll&#232;ge en ville, elle aide sa m&#232;re &#224; pr&#233;parer et &#224; vendre les petits sachets d'eau aux commer&#231;ants. &#171; Je ne veux pas rester ici, confie-t-elle. Je veux devenir coiffeuse &#224; Abidjan parce que j'aime tresser. &#187; Un sentiment partag&#233; par certains adultes du village du littoral. Amara, le directeur de l'&#233;cole, et Judith, la sage-femme, tout deux n&#233;s dans les terres, avouent avoir &#171; peur de rester &#187; &#224; Lahou-Kpanda et souhaitent &#171; partir dans les prochains mois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On attend toujours &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aujourd'hui, difficile de s'en aller : les prix en ville ont flamb&#233;. Tr&#232;s solidaires, les villageois de Lahou-Kpanda s'entraident donc pour d&#233;placer leur maison quelques m&#232;tres plus loin sur le sable et anticiper une nouvelle catastrophe. &#171; Depuis la toute premi&#232;re &#233;rosion survenue en 1929, nous ne construisons plus aucune maison en dur &#187;, raconte Albert Hobba. Le village s'est ainsi d&#233;plac&#233; plus d'une dizaine de fois sur deux kilom&#232;tres, en fonction de l'avanc&#233;e de l'embouchure et de l'&#233;rosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mois dernier, le gouvernement ivoirien a sign&#233; un accord avec les villageois pour qu'ils d&#233;m&#233;nagent cette fois de l'autre c&#244;t&#233; de la lagune, sur l'&#238;le Avikam. &#171; L'&#201;tat contourne le probl&#232;me, assure Alphonse Akadj&#233;, pr&#233;sident des p&#234;cheurs du village. On sait que Lahou-Kpanda va dispara&#238;tre un jour. Mais avant &#231;a, on veut que l'embouchure soit d&#233;plac&#233;e et endigu&#233;e pour redonner de la force au fleuve. Les p&#234;cheurs veulent vivre le long de la mer, pas ailleurs &#187;, assure le candidat &#224; la mairie de Grand-Lahou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque mondiale, l'&#201;tat ivoirien et m&#234;me le Royaume du Maroc y vont de leurs promesses pour rendre le lieu attractif et retarder l'in&#233;luctable. Le village a m&#234;me &#233;t&#233; cit&#233; en exemple des lieux victimes du r&#233;chauffement climatique lors de la COP21 de Paris en d&#233;cembre 2015 et un projet pilote de sauvetage a &#233;t&#233; dessin&#233; [1]. &#171; On attend toujours &#187;, soupire Alphonse Akadj&#233;, &#233;galement candidat &#224; la mairie de Grand-Lahou en d&#233;cembre &#171; pour faire bouger les choses et trouver des financements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement, la Banque mondiale a pr&#234;t&#233; 24 millions d'euros &#224; l'&#201;tat ivoirien pour lutter contre l'&#233;rosion qui menace les c&#244;tes du pays o&#249; vivent des millions d'Ivoiriens. &#171; Les projets changent chaque ann&#233;e, les investisseurs viennent mais personne ne met les 20 millions d'euros n&#233;cessaires, d&#233;plore Alphonse Akadj&#233;. Nous, &#224; la fin, on n'y croit plus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cet article est publi&#233; avec le soutien de la &lt;a href=&#034;http://fr.boell.org/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fondation Heinrich B&#246;ll&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La Fondation publie le 8 juin un Atlas de l'oc&#233;an. A &lt;a href=&#034;http://fr.boell.org/fr/atlas-de-locean&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici ou ici en t&#233;l&#233;chargement&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lutter contre la corruption par la d&#233;mocratie et la citoyennet&#233; en C&#244;te d'Ivoire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lutter-contre-la-corruption-par-la-democratie-et-la-citoyennete-en-Cote-d</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Lutter-contre-la-corruption-par-la-democratie-et-la-citoyennete-en-Cote-d</guid>
		<dc:date>2018-05-29T06:39:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexis Dieth</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-05-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par quel moyen politique lutte-t-on efficacement contre la corruption et le n&#233;potisme, ces figures sociales de la faiblesse humaine, qui impliquent toujours toutes les cat&#233;gories de la soci&#233;t&#233; et que certains types de r&#233;gimes politiques favorisent ? Lutte-t-on mieux contre la corruption dans les d&#233;mocraties r&#233;publicaines pluralistes ? &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par quel moyen politique lutte-t-on efficacement contre la corruption et le n&#233;potisme, ces figures sociales de la faiblesse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-05-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-05-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton34975-6ba4e.jpg?1781103228' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par quel moyen politique lutte-t-on efficacement contre la corruption et le n&#233;potisme, ces figures sociales de la faiblesse humaine, qui impliquent toujours toutes les cat&#233;gories de la soci&#233;t&#233; et que certains types de r&#233;gimes politiques favorisent ? Lutte-t-on mieux contre la corruption dans les d&#233;mocraties r&#233;publicaines pluralistes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/alexis-dieth/blog/230518/lutter-contre-la-corruption-par-la-democratie-et-la-citoyennete-en-cote-divoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quel moyen politique lutte-t-on efficacement contre la corruption et le n&#233;potisme, ces figures sociales de la faiblesse humaine, qui impliquent toujours toutes les cat&#233;gories de la soci&#233;t&#233; et que certains types de r&#233;gimes politiques favorisent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte-t-on mieux contre la corruption dans les d&#233;mocraties r&#233;publicaines pluralistes ou dans les dictatures communautaires et nationales-populistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En C&#244;te d'Ivoire certains acteurs politiques proposent aux ivoiriens, en guise de projet soci&#233;tal alternatif, un &#201;tat communautaire national-populiste et pr&#233;tendent &#233;radiquer radicalement la corruption et le n&#233;potisme au moyen d'une gouvernance vertueuse dans cette administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on peut l&#233;gitimement en douter en raison de l'exp&#233;rience sp&#233;cifique des Ivoiriens relativement &#224; la gouvernance du FPI, un parti national-populiste. Cette gouvernance fut caract&#233;ris&#233;e par une corruption end&#233;mique soutenue par un terrorisme d'&#201;tat entre 2000 et 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette suspicion l&#233;gitime est justifi&#233;e par le classement de la perception de la corruption dans la majorit&#233; des &#201;tats de la plan&#232;te. Les premi&#232;res places, dans le classement des &#201;tats les moins corrompus sont occup&#233;es par les d&#233;mocraties r&#233;publicaines pluralistes tandis que les dictatures communautaires et les autocraties occupent les derni&#232;res places. Quelle est la raison principale de cette diff&#233;rence ? Comment expliquer cette performance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre la corruption et le n&#233;potisme s'effectue toujours au moyen de la citoyennet&#233; et du respect du principe de publicit&#233; qui garantit la transparence dans la gestion du bien public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne lutte pas contre la corruption et le n&#233;potisme au moyen de l'ethno-nationalisme et du populisme, puisque ces r&#233;gimes politiques d&#233;truisent la citoyennet&#233; et d&#233;veloppent des logiques et des solidarit&#233;s de type clanique qu'abrite une culture du secret. Ces r&#233;gimes promeuvent les replis identitaires et les despotismes oligarchiques. Ils instituent l'exclusion, constitutionnalisent l'in&#233;galit&#233;, installent le r&#232;gne de la force au d&#233;triment du Droit, &#233;tablissent des privil&#232;ges et des statuts d'exception. Ils brisent le sentiment de commune appartenance, divisent la soci&#233;t&#233;, font pr&#233;valoir les int&#233;r&#234;ts particuliers, an&#233;antissent le sens du Bien public et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;ficiences favorisent l'appropriation priv&#233;e du bien public et le d&#233;tournement de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral vers des int&#233;r&#234;ts particuliers. Ainsi se d&#233;finissent la corruption et le n&#233;potisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lutte contre la corruption et le n&#233;potisme par la formation du sens civique et par le d&#233;veloppement du sentiment de commune appartenance nationale citoyenne. Ce sentiment et cette conscience permettent &#224; chaque membre de la cit&#233; de se sentir gardien de l'unit&#233; et de la p&#233;rennit&#233; de la collectivit&#233; nationale, responsable de l'int&#233;grit&#233; du Bien public et solidaire d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce socle citoyen de la cit&#233; d&#233;mocratique, qui s'&#233;difie sur le sentiment d'appartenance nationale commune, na&#238;t une justice impartiale donnant la priorit&#233; absolue &#224; la loi, et un &#201;tat efficient gouvernant selon les lois, serviteur de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et du Bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne lutte pas contre la corruption et le n&#233;potisme &#224; travers la d&#233;nonciation populiste et &#233;lectoraliste de la corruption, et en dissimulant par devers soi, en guise d'alternative politique, un r&#233;gime politique g&#233;n&#233;rateur de corruption et de n&#233;potisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne lutte pas contre la corruption et le n&#233;potisme au moyen d'un r&#233;gime qui &#233;rige le terroir en mod&#232;le politique normatif, divise, &#224; travers le discours et les les actes, le pays en ethnies, en confessions et en r&#233;gions hostiles les unes aux autres. Autrement dit, on ne lutte pas contre la corruption et le n&#233;potisme au moyen de l'anti-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lutte contre la corruption au moyen de la d&#233;mocratie qui permet de d&#233;velopper la citoyennet&#233;, de redresser l'&#201;tat par une critique rationnelle responsable, de limiter son exercice par les droits de l'homme, de le soumettre au service des besoins et des int&#233;r&#234;ts de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le prouve l'actualit&#233; quotidienne dans la C&#244;te d'Ivoire d&#233;mocratique de nos jours, on lutte contre la corruption et le n&#233;potisme par la libert&#233; de la critique citoyenne, par la d&#233;nonciation m&#233;diatique des agressions perp&#233;tr&#233;s contre le Bien public. L'El&#233;phant d&#233;cha&#238;n&#233;, version ivoirienne du canard encha&#238;n&#233;, est un bon exemple de cette d&#233;nonciation citoyenne. On lutte contre la corruption et le n&#233;potisme au moyen de la r&#233;action citoyenne des pouvoirs publics suite &#224; ces interpellations, de la r&#233;pression des d&#233;lits selon la loi en respectant les droits fondamentaux des pr&#233;venus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne lutte pas contre la corruption et le n&#233;potisme au moyen de la stigmatisation et du lynchage des cat&#233;gories sociales et des individus, &#224; partir de logiques communautaristes et populistes. On ne lutte pas contre ces maladies des corps sociaux au moyen de la stigmatisation populiste du gouvernement en faisant de l'&#201;tat, dans une logique de responsabilit&#233; collective, un ennemi de la soci&#233;t&#233;. On ne lutte pas contre ces maux au moyen de r&#233;gimes de non-droit et &#224; travers la propagande pr&#233;tendument anti-syst&#232;mes, l'arbitraire policier et les ex&#233;cutions militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays scandinaves occupent les premi&#232;res places du classement des pays les moins corrompus parce qu'ils s'approchent au plus pr&#232;s d'une gouvernance d&#233;mocratique qui allie le sens de la citoyennet&#233; et le respect des droits de l'homme &#224; la culture de la transparence qui garantissent le service du bien public et la promotion de l'&#233;galit&#233;. En C&#244;te d'Ivoire l'efficacit&#233; du combat contre la corruption et le n&#233;potisme passe par le d&#233;veloppement de la citoyennet&#233; et la lutte contre les in&#233;galit&#233;s au moyen de la d&#233;mocratie. Elle ne r&#233;side pas dans la constitutionnalisation de l'in&#233;galit&#233; et l'abrogation de la citoyennet&#233; au moyen du despotisme d'un &#201;tat communautaire dans un r&#233;gime national-populiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C&#244;te d'Ivoire : 5e Sommet Union africaine &#8211; Union europ&#233;enne : tout le monde d&#233;gage !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Cote-d-Ivoire-5e-Sommet-Union-africaine-Union-europeenne-tout-le-monde-degage</link>
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		<dc:date>2017-12-04T18:47:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>CADTM</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors qu'Abidjan (C&#244;te d'Ivoire) s'appr&#234;te &#224; recevoir les dirigeants de l'Union africaine et de l'Union europ&#233;enne &#224; l'occasion du sommet se tenant les 29 et 30 novembre 2017, le CADTM d&#233;nonce la r&#233;pression polici&#232;re et le d&#233;ni des droits fondamentaux &#224; laquelle ont &#233;t&#233; sujets les participant-e-s au Forum citoyen Afrique Europe organis&#233; par la CSCI (Convention de la soci&#233;t&#233; civile ivoirienne) ce mercredi 28 novembre. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Organisations de la soci&#233;t&#233; civile, mouvements (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cote-D-Ivoire-+" rel="tag"&gt;C&#244;te D'Ivoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-12-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-12-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton32984-73c1c.jpg?1781242474' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'Abidjan (C&#244;te d'Ivoire) s'appr&#234;te &#224; recevoir les dirigeants de l'Union africaine et de l'Union europ&#233;enne &#224; l'occasion du sommet se tenant les 29 et 30 novembre 2017, le CADTM d&#233;nonce la r&#233;pression polici&#232;re et le d&#233;ni des droits fondamentaux &#224; laquelle ont &#233;t&#233; sujets les participant-e-s au Forum citoyen Afrique Europe organis&#233; par la CSCI (Convention de la soci&#233;t&#233; civile ivoirienne) ce mercredi 28 novembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Cote-d-Ivoire-5eme-Sommet-Union&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisations de la soci&#233;t&#233; civile, mouvements sociaux et syndicats africains et europ&#233;ens se sont r&#233;unis du 26 au 28 novembre 2017 &#224; Treichville dans le cadre du Forum citoyen Afrique-Europe &#224; l'initiative de la CSCI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organis&#233; en marge du 5e sommet des Chefs d'&#201;tat de l'Union africaine et de l'Union europ&#233;enne, ce forum autoris&#233; qui s'&#233;tait tenu jusque-l&#224; sans incident, a vu les forces de l'ordre d&#233;barquer t&#244;t dans la matin&#233;e du 28 novembre pour disperser avec force les participant-e-s et interdire la conf&#233;rence de presse cl&#244;turant cet &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dr&#244;le de message envoy&#233; par les autorit&#233;s ivoiriennes et Alassane Ouattara &#8211; chef d'&#201;tat &#224; la solde des puissances imp&#233;rialistes et symbole d'une Fran&#231;afrique toujours vivace &#8211; &#224; destination des peuples africains. Ces chefs d'&#201;tat pr&#244;nant r&#233;guli&#232;rement &#171; d&#233;mocratie &#187;, &#171; bonne gouvernance &#187; et &#171; droits de l'homme &#187; &#8211; trois des priorit&#233;s &#224; l'ordre du jour de ce 5e sommet ayant pour th&#232;me &#171; Investir dans la jeunesse pour un avenir durable &#187; &#8211; interviennent d&#232;s que l'occasion se pr&#233;sente pour enterrer les revendications l&#233;gitimes et bafouer les droits fondamentaux des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin des salons feutr&#233;s, c'est pourtant au sein du Forum citoyen Afrique-Europe que les vrais enjeux &#233;taient trait&#233;s : absence quasi-totale de la protection sociale pour les populations africaines, accaparement des terres et des ressources naturelles dont le continent est la principale victime, destruction de l'agriculture familiale et de l'environnement au profit de l'agrobusiness, imposition d'accords commerciaux ne profitant qu'aux int&#233;r&#234;ts des dominants &#224; l'image des APE (Accords de partenariat &#233;conomique), d&#233;nonciation du processus de r&#233;-endettement au profit des banques locales et internationales. Loin des concepts creux &#233;voqu&#233;s &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224;, les mouvements sociaux africains dressaient depuis deux jours, la liste des responsabilit&#233;s de ces maux : politiques n&#233;olib&#233;rales men&#233;es par ces soi-disant repr&#233;sentants et plans d'ajustement structurel impos&#233;s par les institutions financi&#232;res internationales au nom du remboursement de dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que ce 5e sommet a de fortes chances d'acc&#233;l&#233;rer le d&#233;tournement de l'aide au d&#233;veloppement dans des politiques s&#233;curitaires visant &#224; annihiler les flux migratoires subsaharo-europ&#233;ens, en totale contradiction avec la libert&#233; du droit de circulation, le CADTM d&#233;nonce :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la r&#233;pression syst&#233;matique &#224; laquelle font face les populations africaines d&#232;s lors qu'elles expriment leurs revendications ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le d&#233;ni des droits les plus fondamentaux tels que la libert&#233; d'expression et le droit de r&#233;union ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la tenue de ces sommets totalement sourds aux revendications des populations mais qui devront en assumer le co&#251;t ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le remboursement des dettes ill&#233;gitimes h&#233;rit&#233;es de d&#233;cennies de spoliation et d'exploitation des ressources naturelles et humaines, et support&#233; par les populations africaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Burkina, Blaise Compaor&#233; &#233;chappe au proc&#232;s de sa soif de pouvoir</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Burkina-Blaise-Compaore-echappe-au-proces-de-sa-soif-de-pouvoir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Burkina-Blaise-Compaore-echappe-au-proces-de-sa-soif-de-pouvoir</guid>
		<dc:date>2017-05-09T08:07:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Carayol</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te D'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-05-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trente-deux ministres doivent &#234;tre jug&#233;s &#224; partir de lundi 8 mai, &#224; Ouagadougou. La justice leur reproche d'avoir fait appel &#224; l'arm&#233;e pour mettre fin aux manifestations contre la volont&#233; du pr&#233;sident Compaor&#233; de prolonger encore son mandat. La r&#233;pression aurait fait jusqu'&#224; une vingtaine de morts. Mais Compaor&#233;, lui, coule des jours tranquilles en C&#244;te d'Ivoire. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Mediapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un proc&#232;s exemplaire qui doit d&#233;buter ce lundi 8 mai, apr&#232;s deux r&#233;cents reportages, devant la Haute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cote-D-Ivoire-+" rel="tag"&gt;C&#244;te D'Ivoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-05-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-05-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton30792-56470.jpg?1781242474' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trente-deux ministres doivent &#234;tre jug&#233;s &#224; partir de lundi 8 mai, &#224; Ouagadougou. La justice leur reproche d'avoir fait appel &#224; l'arm&#233;e pour mettre fin aux manifestations contre la volont&#233; du pr&#233;sident Compaor&#233; de prolonger encore son mandat. La r&#233;pression aurait fait jusqu'&#224; une vingtaine de morts. Mais Compaor&#233;, lui, coule des jours tranquilles en C&#244;te d'Ivoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/030517/au-burkina-blaise-compaore-echappe-au-proces-de-sa-soif-de-pouvoir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un proc&#232;s exemplaire qui doit d&#233;buter ce lundi 8 mai, apr&#232;s deux r&#233;cents &lt;a href=&#034;http://information.tv5monde.com/en-continu/burkina-nouveau-report-du-proces-du-dernier-gouvernement-compaore-167951&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;reportages&lt;/a&gt;, devant la Haute cour de justice du Burkina Faso, &#224; Ouagadougou, la capitale. Une fois n'est pas coutume, il n'y aura, &#224; la barre, aucun lampiste. Seuls les &#171; grands quelqu'un &#187;, ces &#171; importants &#187; qui n'ont gu&#232;re &#233;t&#233; habitu&#233;s &#224; devoir r&#233;pondre de leurs actes, s'y succ&#233;deront. Les 32 pr&#233;venus &#233;taient tous ministres lors de l'insurrection populaire qui, les 30 et 31 octobre 2014, a violemment mis fin au r&#232;gne de Blaise Compaor&#233; et, par l&#224; m&#234;me, &#224; leurs privil&#232;ges. Poursuivis pour &#171; complicit&#233; de coups et blessures volontaires &#187; et &#171; complicit&#233; d'homicide volontaire &#187;, ils devront expliquer pourquoi, &#224; la veille de l'insurrection, lors du conseil des ministres, ils ont approuv&#233; &#224; l'unanimit&#233;, et en connaissance de cause, le choix de faire appel &#224; l'arm&#233;e pour contenir la col&#232;re du peuple, et, en l'occurrence, la r&#233;primer dans le sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 30 octobre 2014, dans un contexte tr&#232;s tendu, les d&#233;put&#233;s doivent se r&#233;unir pour adopter la modification de l'article 37 de la Constitution, qui interdit &#224; Compaor&#233; de briguer un nouveau mandat et donc de se repr&#233;senter &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle pr&#233;vue fin 2015. Rien de surprenant : cela faisait plusieurs mois que celui qui a dirig&#233; le pays d'une main de fer durant 27 ans avait laiss&#233; entendre qu'il ne comptait pas prendre sa retraite. Mais depuis l'annonce de ce vote, &#224; la h&#226;te, le 21 octobre, les manifestations se sont multipli&#233;es dans tout le pays. Le 28, une foule a inond&#233; les rues de Ouagadougou et d&#233;bord&#233; les forces de police. Le soir m&#234;me, au cours d'une r&#233;union de crise &#224; laquelle assistent le premier ministre, Luc Adolphe Tiao, le porte-parole du gouvernement, Alain-Edouard Traor&#233;, le ministre de la s&#233;curit&#233;, J&#233;r&#244;me Bougouma, le ministre des finances, Lucien Bembamba, ainsi que tout ce que les corps arm&#233;s comptent de chefs, il est d&#233;cid&#233; de prendre, pour le 30, une r&#233;quisition compl&#233;mentaire sp&#233;ciale devant permettre &#224; l'arm&#233;e de suppl&#233;er en cas de besoin gendarmes et policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La principale conclusion de cette rencontre a &#233;t&#233; de solliciter le concours de l'arm&#233;e en soutien aux forces de l'ordre, qui &#233;taient &#233;puis&#233;es par plusieurs jours de maintien de l'ordre lors des pr&#233;c&#233;dentes manifestations de l'opposition &#187;, pr&#233;cise l'ordonnance de renvoi (lire ci-dessous) devant la Haute cour de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 octobre, le ministre de la s&#233;curit&#233;, J&#233;r&#244;me Bougouma, expose ce choix aux autres ministres, qui ne s'y opposent pas : c'est ce qui leur vaut d'&#234;tre poursuivis aujourd'hui (les ministres qui n'ont pas assist&#233; &#224; cette r&#233;union, au nombre de deux, ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un non-lieu). Dans l'apr&#232;s-midi, plusieurs diplomates tentent de convaincre Compaor&#233; d'abandonner son projet. En vain. &#171; Il &#233;tait dans une impasse et n'avait qu'une id&#233;e : franchir le mur qui se pr&#233;sentait &#224; lui &#187;, nous expliquait il y a deux ans l'un de ses ministres. La r&#233;quisition est sign&#233;e dans la soir&#233;e par le premier ministre, transmise dans la foul&#233;e au chef d'&#233;tat-major, Honor&#233; Nab&#233;r&#233; Traor&#233;, et mise en &#339;uvre d&#232;s le 30 au matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pr&#233;vu ce jour-l&#224;, les policiers et les gendarmes, &#233;quip&#233;s de matraques, de gaz lacrymog&#232;nes et de canons &#224; eau, sont vite d&#233;bord&#233;s par la foule qui se dirige vers l'Assembl&#233;e nationale. Mais contrairement &#224; ce qu'esp&#233;rait l'entourage du pr&#233;sident, l'arm&#233;e aussi est incapable de contenir les manifestants. L'Assembl&#233;e est prise et bient&#244;t le si&#232;ge de la radio-t&#233;l&#233;vision burkinab&#233; (RTB). Plusieurs domiciles de dignitaires du r&#233;gime sont pris d'assaut. Puis la masse des m&#233;contents se dirige vers le palais pr&#233;sidentiel de Kosyam, situ&#233; dans le quartier moderne et excentr&#233; de Ouaga 2000. L'histoire aurait pu s'arr&#234;ter l&#224;. Au t&#233;l&#233;phone, plusieurs ministres exhortent Compaor&#233; &#224; se retirer. &#171; Ne peut-on arr&#234;ter les manifestants ? &#187;, leur r&#233;pond-il, comme coup&#233; de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans et demi apr&#232;s les faits, le nombre des victimes varie toujours selon les sources. Des associations ont comptabilis&#233; une trentaine de morts et plusieurs dizaines de bless&#233;s. La commission d'enqu&#234;te ind&#233;pendante charg&#233;e en 2015 de situer les responsabilit&#233;s sur les crimes commis lors de ces journ&#233;es de r&#233;volte &#233;voquait de son c&#244;t&#233; une vingtaine de morts, 8 d&#233;c&#232;s &#233;tant directement imput&#233;s aux forces de l'ordre, les autres &#233;tant li&#233;s aux saccages, incendies et autres tentatives d'&#233;vasion qui ont suivi l'insurrection (lire le rapport ci-dessous). L'ordonnance de renvoi prend en compte pour sa part 7 morts et 88 bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qualifi&#233; d'historique, ce proc&#232;s est attendu avec impatience par les Burkinab&#233;s. Certains, comme Paul Ou&#233;draogo, un jeune commer&#231;ant qui &#233;tait de l'insurrection en 2014, veulent y voir un moment de v&#233;rit&#233; qui &#171; permettra de savoir qui a donn&#233; l'ordre de tirer &#224; balles r&#233;elles &#187; sur les manifestants et de &#171; soulager les victimes et leurs familles &#187;. Mais ils regrettent l'absence du principal responsable. S'il figure sur la liste des accus&#233;s, Blaise Compaor&#233;, qui faisait &#233;galement office &#224; l'&#233;poque de ministre de la d&#233;fense (c'est &#224; ce titre qu'il est cit&#233; &#224; compara&#238;tre), n'assistera pas &#224; son proc&#232;s. Confortablement install&#233; &#224; Abidjan (C&#244;te d'Ivoire), Compaor&#233; n'a plus rien &#224; craindre de la justice de son pays. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce privil&#232;ge, il le doit d'abord &#224; la France. Le 31 octobre 2014, quand il se d&#233;cide enfin &#224; rendre le pouvoir et &#224; quitter le pays, apr&#232;s plusieurs heures de tergiversations, persuad&#233; d'avoir &#233;t&#233; &#171; trahi &#187; par l'&#233;tat-major et certains de ses ministres, Compaor&#233; fait appel &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise. Celle-ci dispose depuis plusieurs ann&#233;es d'une base pr&#232;s de Ouagadougou, dans laquelle se trouvent quelques dizaines de membres des forces sp&#233;ciales pr&#234;ts &#224; intervenir &#224; tout moment dans le Sahel. Compaor&#233; est d&#233;j&#224; en contact avec des responsables de l'ambassade de France lorsqu'il quitte le palais de Kosyam, aux alentours de midi. Sous bonne escorte (le convoi compte 28 v&#233;hicules), il prend alors la direction du Ghana, plein sud. Mais &#224; l'approche de P&#244;, une ville qu'il croyait acquise en sa faveur, il apprend que des manifestants l'y attendent de pied ferme. Le convoi se d&#233;porte et s'arr&#234;te au milieu des &#233;pineux. C'est alors que la France entre en jeu. Un h&#233;licopt&#232;re des forces sp&#233;ciales est envoy&#233; sur les lieux. L'appareil exfiltre Compaor&#233; et trois de ses proches, h&#233;liport&#233;s vers l'a&#233;rodrome de Fada N'Gourma, &#224; une centaine de kilom&#232;tres &#224; l'est, o&#249; les attend un avion fran&#231;ais venu de C&#244;te d'Ivoire. Le groupe embarque &#224; son bord et d&#233;colle en direction de Yamoussoukro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, au cours d'une r&#233;union en petit comit&#233;, l'ambassadeur de France, Gilles Thibault (aujourd'hui en poste au Cameroun), affirme avoir pris &#171; la bonne d&#233;cision &#187; en exfiltrant Compaor&#233;. &#171; Je ne voulais pas que l'on revive ce qui s'est pass&#233; en 1987 &#187;, dit-il en r&#233;f&#233;rence &#224; la prise de pouvoir de Compaor&#233; apr&#232;s l'assassinat du leader de la r&#233;volution, Thomas Sankara. &#171; On a donn&#233; un signal sur le continent : on aidera tous ceux qui quitteront le pouvoir &#187;, ajoute-t-il. Mais &#224; Ouagadougou, le signal per&#231;u a la r&#233;sonance de l'impunit&#233;. &#171; Pourquoi la France a-t-elle aid&#233; Blaise &#224; fuir ? Pourquoi nous avoir &#244;t&#233; la possibilit&#233; de l'arr&#234;ter et de le juger pour ses crimes ? &#187;, d&#233;nonce alors un acteur de la soci&#233;t&#233; civile en pointe dans le combat contre Compaor&#233;. Aujourd'hui encore, la frustration demeure. &#171; Peut-&#234;tre que sans cette intervention, Compaor&#233; serait en prison aujourd'hui et devrait r&#233;pondre aux questions des juges &#187;, souffle un proche de l'actuel pr&#233;sident, Roch Marc Christian Kabor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, l'ancien chef de l'&#201;tat passe des jours tranquilles en C&#244;te d'Ivoire, en compagnie de son &#233;pouse et de ses proches. Log&#233; &#224; Cocody, le quartier hupp&#233; d'Abidjan, dans une villa gracieusement pr&#234;t&#233;e par l'inamovible ministre de l'int&#233;rieur, Hamed Bakayoko, il re&#231;oit r&#233;guli&#232;rement la visite des principaux acteurs de la sc&#232;ne politique ivoirienne, &#224; commencer par son prot&#233;g&#233;, Guillaume Soro, ancien rebelle (que Compaor&#233; a fa&#231;onn&#233; et soutenu au d&#233;but des ann&#233;es 2000) devenu pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale. Il lui arrive aussi de se rendre dans la station baln&#233;aire d'Assinie, o&#249; son ami, le pr&#233;sident Alassane Ouattara, l'accueille volontiers dans sa propre r&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort de ces soutiens de poids, Compaor&#233; sait qu'il ne sera pas renvoy&#233; dans son pays tant qu'ils seront les ma&#238;tres de la C&#244;te d'Ivoire. Il n'a donc, pour l'heure, rien &#224; craindre du mandat d'arr&#234;t international lanc&#233; &#224; son encontre par les nouvelles autorit&#233;s burkinab&#233;s. Trop chevronn&#233; pour ignorer qu'un r&#233;gime peut tr&#232;s vite tomber, il a tout de m&#234;me pris une pr&#233;caution suppl&#233;mentaire en acqu&#233;rant la nationalit&#233; ivoirienne d&#232;s le mois de novembre 2014, soit quelques jours seulement apr&#232;s sa fuite&#8230; C'&#233;tait son droit en tant qu'&#233;poux d'une Ivoirienne &#8211; sa femme, Chantal Compaor&#233;, n&#233;e Terrasson de Foug&#232;re, qu'il a rencontr&#233;e en 1985 alors qu'il effectuait une mission en C&#244;te d'Ivoire, est issue d'une famille franco-ivoirienne de la haute bourgeoisie &#8211; et Ouattara s'est empress&#233; de la lui accorder. Il se trouve que la C&#244;te d'Ivoire n'extrade pas ses ressortissants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En son absence, le proc&#232;s qui d&#233;bute ce jeudi 4 mai perd une grande part de son int&#233;r&#234;t. Car personne n'est dupe au Burkina : la d&#233;cision de modifier la Constitution &#233;manait de lui, et de lui seul (pouss&#233; il est vrai par ses proches, dont son fr&#232;re, Fran&#231;ois Compaor&#233;, qui a lui aussi quitt&#233; le pays), et le choix de faire appel &#224; l'arm&#233;e ne pouvait &#234;tre que le sien. Un ancien de ses ministres, pass&#233; dans l'opposition quelques mois avant sa chute, rappelle que dans le Burkina de Compaor&#233;, comme dans de nombreux autres &#201;tats africains, un ministre n'avait que tr&#232;s peu de pouvoir. &#171; Nous faisions office, au mieux, de hauts fonctionnaires g&#233;rant les probl&#232;mes quotidiens, explique-t-il. Mais nous n'avions pas notre mot &#224; dire sur les grands sujets. Tout se d&#233;cidait &#224; Kosyam. M&#234;me le premier ministre n'&#233;tait qu'un chef d'orchestre sans r&#233;elles pr&#233;rogatives. &#187; Seule une poign&#233;e de ministres, parmi lesquels J&#233;r&#244;me Bougouma (ministre de la s&#233;curit&#233;), Lucien Bembamba (finances) et Djibril Bassol&#233; (affaires &#233;trang&#232;res), pouvait s'enorgueillir d'avoir l'oreille du pr&#233;sident. &#171; Les autres n'&#233;taient que des faire-valoir. Aucun d'entre eux n'aurait pu s'opposer &#224; Blaise, et surtout pas en conseil des ministres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que pr&#233;sident et ministre de la d&#233;fense, Compaor&#233; pensait avoir la haute main sur l'arm&#233;e, &#224; la t&#234;te de laquelle il avait plac&#233; un de ses proches, le g&#233;n&#233;ral Honor&#233; Nab&#233;r&#233; Traor&#233;. Mais il &#233;tait surtout le ma&#238;tre du R&#233;giment de la s&#233;curit&#233; pr&#233;sidentielle (RSP), une arm&#233;e dans l'arm&#233;e, consid&#233;r&#233;e comme la garde pr&#233;torienne du pr&#233;sident. Sur&#233;quip&#233;e et surpay&#233;e, cette force de 1 000 hommes n'ob&#233;issait qu'aux ordres de son chef, le g&#233;n&#233;ral Gilbert Diend&#233;r&#233;, le bras droit de Compaor&#233;, qui n'avait aucun lien hi&#233;rarchique avec l'&#233;tat-major de l'arm&#233;e dite &#171; r&#233;guli&#232;re &#187;. Or ce sont les hommes du RSP qui ont tir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de la commission d'enqu&#234;te ind&#233;pendante sur les &#233;v&#233;nements des 30 et 31 octobre et 1er et 2 novembre 2014, finalis&#233; en avril 2016, est &#224; ce sujet tr&#232;s clair : la police et la gendarmerie n'ont, ces jours-l&#224;, tir&#233; sur personne (et pour cause : elles n'&#233;taient pas &#233;quip&#233;es d'armes &#224; feu), l'arm&#233;e non plus (et pour cause : elle n'avait pas de munitions) ; seuls les hommes du RSP ont tir&#233; sur la foule. Devant le domicile de Fran&#231;ois Compaor&#233; le 30 octobre : un mort (l'ordonnance de renvoi devant la Haute cour de justice en &#233;voque trois). &#192; Ouaga 2000, tout pr&#232;s du palais pr&#233;sidentiel, le m&#234;me jour : quatre morts (deux, selon l'ordonnance de renvoi). Et devant la RTB, le 2 novembre : deux morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commission d'enqu&#234;te a cibl&#233; les responsabilit&#233;s. Elle cite notamment Blaise Compaor&#233; en tant que chef des arm&#233;es ; mais aussi celui qui prendra le pouvoir apr&#232;s sa fuite, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida (qui vit lui aussi en exil aujourd'hui, au Canada), en tant que chef des op&#233;rations du RSP ; le colonel-major Boureima Kere, en tant que chef de corps du RSP ; un capitaine, deux lieutenants et une douzaine de soldats du RSP&#8230; Ceux-ci seront absents du proc&#232;s. Gilbert Diend&#233;r&#233; et Honor&#233; Nab&#233;r&#233; Traor&#233;, le chef d'&#233;tat-major, seront bien appel&#233;s &#224; la barre, mais en tant que t&#233;moins seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les avocats des ministres ont beau jeu de d&#233;noncer &#171; un proc&#232;s politique &#187;. &#171; Il y a deux probl&#232;mes dans ce proc&#232;s, explique l'un d'eux, Me Mathieu Som&#233;. D'abord, les anciens ministres sont poursuivis pour complicit&#233;. Mais o&#249; sont les acteurs principaux, et notamment les militaires qui ont tir&#233; ? Ensuite, les magistrats reprochent aux ministres de ne pas s'&#234;tre oppos&#233;s &#224; la r&#233;quisition compl&#233;mentaire. Mais cette r&#233;quisition &#233;tait tout &#224; fait l&#233;gale. Par ailleurs, l'abstention ne peut en aucun cas constituer une infraction en mati&#232;re de complicit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat de Compaor&#233;, l'ancien b&#226;tonnier du barreau de Paris Pierre-Olivier Sur, un habitu&#233; des affaires franco-africaines (il a notamment d&#233;fendu Karim Wade au S&#233;n&#233;gal), &#233;voque de son c&#244;t&#233; une proc&#233;dure &#171; absurde &#187; et vici&#233;e. Et le parti de Compaor&#233;, le Congr&#232;s pour la d&#233;mocratie et le progr&#232;s (CDP), qui a difficilement surv&#233;cu au changement de r&#233;gime, d&#233;nonce une &#171; chasse aux sorci&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy-Herv&#233; Kam, un homme de droit (ancien magistrat, il est aujourd'hui avocat) dont le mouvement de la jeunesse qu'il repr&#233;sente, le Balai citoyen, a jou&#233; une r&#244;le important dans la chute de Compaor&#233;, r&#233;torque que les ministres avaient une responsabilit&#233; politique et que tel est l'enjeu de ce proc&#232;s. &#171; Je ne crois pas que ce proc&#232;s nous permettra d'en savoir plus sur les responsables de la r&#233;pression, estime-t-il. Il faudra pour cela attendre le proc&#232;s devant les juridictions de droit commun, qui finira bien par arriver [l'instruction est toujours en cours &#8211; ndlr]. Mais d&#233;sormais, au Burkina, tout le monde saura qu'un ministre pourra r&#233;pondre de ses actes devant la justice. &#187; Quant &#224; l'absence de Compaor&#233;, il croit y d&#233;celer une chance de d&#233;lier les langues. &#171; Peut-&#234;tre qu'en son absence, certains pr&#233;venus oseront parler &#187; Et charger Compaor&#233; ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, au lendemain de l'insurrection, certains d'entre eux avaient tent&#233; de se disculper. L'un d'eux, proche de Compaor&#233;, avait assur&#233; qu'il avait tout fait pour le dissuader de modifier la Constitution, avant et pendant les manifestations, mais que le pr&#233;sident ne voulait rien entendre. Un autre, qui fut au c&#339;ur du dispositif s&#233;curitaire, avait fait preuve d'une grande transparence en montrant &#224; un journaliste des vid&#233;os tourn&#233;es par la police et en revenant sur la chronologie des &#233;v&#233;nements minute par minute. Il &#233;tait &#233;vident, pour lui, qu'en donnant l'ordre aux forces arm&#233;es de ne pas tirer, et donc en contrevenant aux ordres du &#171; patron &#187;, un bain de sang avait &#233;t&#233; &#233;vit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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