<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_mot=341&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Exigeons des r&#233;ponses &#224; la Ministre Julie Boulet !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Exigeons-des-reponses-a-la-Ministre-Julie-Boulet</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Exigeons-des-reponses-a-la-Ministre-Julie-Boulet</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:41:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Action communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Front commun des personnes assist&#233;es sociales du Qu&#233;bec (FCPASQ) organise une action symbolique devant le Minist&#232;re de l'Emploi et de la Solidarit&#233; sociale. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Front commun des personnes assist&#233;es sociales du Qu&#233;bec (FCPASQ) organise une action symbolique devant le Minist&#232;re de l'Emploi et de la Solidarit&#233; sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fid&#232;le &#224; ses habitudes, ce m&#234;me Minist&#232;re continue de nous ignorer quant &#224; l'abolition des cat&#233;gories &#224; l'aide sociale, quant &#224; la demande de rendez-vous que nous lui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Evenements-68-" rel="directory"&gt;&#201;v&#233;nements&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Action-communautaire-+" rel="tag"&gt;Action communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Communiques-328-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton5801-cb879.jpg?1782133561' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Front commun des personnes assist&#233;es sociales du Qu&#233;bec (FCPASQ) organise une action symbolique devant le Minist&#232;re de l'Emploi et de la Solidarit&#233; sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Front commun des personnes assist&#233;es sociales du Qu&#233;bec (FCPASQ) organise une action symbolique devant le Minist&#232;re de l'Emploi et de la Solidarit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; ses habitudes, ce m&#234;me Minist&#232;re continue de nous ignorer quant &#224; l'abolition des cat&#233;gories &#224; l'aide sociale, quant &#224; la demande de rendez-vous que nous lui avons faite. Oserions-nous croire que la reconnaissance du droit &#224; l'aide sociale ne soit pas &#224; l'agenda de la nouvelle Ministre Julie Boulet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous devant le Minist&#232;re &#224; 10h45 (425, rue Saint-Amable)&lt;br class='autobr' /&gt;
Un d&#233;part sera organis&#233; &#224; 10h30 au 301, rue Carillon (inscriptions : 418-525-4983)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour informations : ROSE du Nord 418-622-2620&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le prix de la d&#233;sillusion</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-prix-de-la-desillusion</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-prix-de-la-desillusion</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:09:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Lacorne</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tandis que l'extr&#234;me droite conna&#238;t une mont&#233;e inqui&#233;tante avec le succ&#232;s du mouvement &#171; Tea Party &#187;, qui se renforce au sein du Parti R&#233;publicain, les cons&#233;quences de la d&#233;sillusion populaire face au bilan de l'administration Obama risquent de faire perdre aux D&#233;mocrates leur majorit&#233; au sein du Congr&#232;s lors des &#233;lections l&#233;gislatives du 2 novembre, dites de mi-mandat. Nous publions ci dessous un &#233;ditorial du &#171; Socialist Worker &#187;, journal de l'International Socialist Organisation (ISO) des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-44-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5764-d770a.jpg?1781837153' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tandis que l'extr&#234;me droite conna&#238;t une mont&#233;e inqui&#233;tante avec le succ&#232;s du mouvement &#171; Tea Party &#187;, qui se renforce au sein du Parti R&#233;publicain, les cons&#233;quences de la d&#233;sillusion populaire face au bilan de l'administration Obama risquent de faire perdre aux D&#233;mocrates leur majorit&#233; au sein du Congr&#232;s lors des &#233;lections l&#233;gislatives du 2 novembre, dites de mi-mandat. Nous publions ci dessous un &#233;ditorial du &#171; Socialist Worker &#187;, journal de l'International Socialist Organisation (ISO) des &#201;tats-Unis, ainsi qu'une analyse du mouvement &#171; Tea Party &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus d'un an, il est &#233;vident que les D&#233;mocrates vont subir une d&#233;route aux &#233;lections l&#233;gislatives de mi-mandat. La majorit&#233; des sondages d&#233;montrent que les candidats r&#233;publicains l'emportent face &#224; leurs adversaires d&#233;mocrates. En outre, la cote de popularit&#233; du pr&#233;sident Obama est au plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expert &#233;lectoral Charles Cook pr&#233;dit une &#171; vague &#187; qui va emporter la majorit&#233; d&#233;mocrate dans la Chambre des repr&#233;sentants. Bien que cela soit moins probable, les R&#233;publicains peuvent &#233;galement l'emporter au S&#233;nat &#233;galement. Si l'une de ces deux options, ou les deux, se r&#233;alise, cela marquerait l'un plus importants retournement &#233;lectoral de ces derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sondages illustrent &#233;galement qu'il existe une vaste &#171; br&#232;che d'enthousiasme &#187; entre ceux qui vont voter pour les R&#233;publicains et ceux qui vont voter pour les D&#233;mocrates. En effet, la droite est bien plus enthousiaste pour ces &#233;lections que ceux qui, en 2008, avaient vot&#233; pour Obama et le Parti D&#233;mocrate, ce qui indique que la base de ce dernier est d&#233;moralis&#233;e, d&#233;mobilis&#233;e et apparemment indiff&#233;rente aux r&#233;sultats des &#233;lections de novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine un an apr&#232;s que la crise &#233;conomique a d&#233;gonfl&#233; tous les mythes n&#233;olib&#233;raux et conservateurs sur le &#171; libre-march&#233; &#187;, donnant ainsi &#224; l'administration d&#233;mocrate une opportunnit&#233; historique pour changer de cap, il semble au contraire que rien n'a chang&#233;. Au lieu d'assister &#224; l'&#233;mergence d'un mouvement qui exige que les banquiers et les patrons payent pour la crise qu'ils ont provoqu&#233;e, c'est au contraire un mouvement d'une toute autre nature qui a &#233;merg&#233; avec le Tea Party, qui se prononce pour approfondir les m&#234;mes politiques qui sont &#224; la source de la crise. Les partisans d'Obama sont pass&#233; ainsi de l'esp&#233;rance &#224; la frustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s leur triomphe plus que probable, les R&#233;publicains diront que les &#201;tatsuniens rejettent le programme &#171; socialiste &#187; d'Obama. Mais l'explication r&#233;elle est bien moins id&#233;ologique, elle commence, bien entendu, avec l'&#233;tat catastrophique dans laquelle se trouve l'&#233;conomie US. N'importe quel parti au pouvoir, avec 10% des travailleurs au ch&#244;mage, ne peut esp&#233;rer gagner les faveurs &#233;lectorales des millions de personnes qui souffrent des cons&#233;quences sociales de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commme le souligne Steve Karnacki, sur Salon.com : &#171; L'&#233;norme agenda qu'Obama poursuit offre pas mal de cibles pour ses ennemis. Mais je ne crois pas que son indice de popularit&#233; aurait &#233;t&#233; tr&#232;s diff&#233;rent s'il avait cherch&#233; d'autres, ou moins d'objectifs dans son agenda. C'est l'&#233;tat de l'&#233;conomie qui fait que les &#233;lecteurs, dont les opinons sont dispos&#233;es &#224; changer, &#233;valuent de mani&#232;re n&#233;gative l'action du pr&#233;sident&#8230; Une &#233;conomie en bonne sant&#233; renverserait ce ph&#233;nom&#232;ne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que correcte dans son essence, cette analyse n'en est pas moins limit&#233;e. Pour comprendre r&#233;ellement pourquoi les D&#233;mocrates se dirigent vers une d&#233;route aux &#233;lections de novembre, il faut &#233;galement tenir compte de la d&#233;moralisation de leurs partisans au cours de ces deux derni&#232;res ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des millions de personnes, dans la base sociale des D&#233;mocrates, estiment qu'Obama n'a pas men&#233; &#224; bien les r&#233;formes promises et qu'il a, au contraire, adopt&#233; les politiques de Bush qu'ils ha&#239;ssent le plus comme la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; et la guerre d'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti D&#233;mocrate tente de ranimer sa base en agitant la menace repr&#233;sent&#233;e par les hordes du mouvement Tea Party et leur consolidation apr&#232;s le 2 novembre en cas de succ&#232;s r&#233;publicain. Mais les D&#233;mocrates ne peuvent absolument pas convaincre leurs partisans que l'administration Obama a &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa r&#233;thorique d' &#171; espoir &#187; et de &#171; changement &#187;. Et ce sont eux et Obama qui sont les seuls et uniques coupables pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces deux derni&#232;res ann&#233;es, les D&#233;mocrates ont eu la majorit&#233; dans les deux chambres du Congr&#232;s, ils ont dispos&#233;s pendant un temps de 60 votes au S&#233;nat, soit une majorit&#233; capable d'emp&#234;cher toute forme de blocage de la part de la droite. Ils ont eu l'opportunnit&#233; de changer la trajectoire politique pour toute une g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, avec Obama &#224; leur t&#234;te, ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; assumer le r&#244;le de r&#233;dempteurs d'un syst&#232;me &#233;conomique qui a ruin&#233; la classe ouvri&#232;re et qui &#233;tait il y a deux ans &#224; peine au bord de l'ab&#238;me. Il est vrai que c'est Bush qui a con&#231;u le plan de sauvetage &#233;conomique massif de Wall Street, mais c'est Obama qui l'a mis en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Obama s'est consacr&#233;e &#224; r&#233;pondre aux critiques venant de la droite, mais tout en d&#233;daignant ses plus fervents partisans. Obama a d&#233;&#231;u les &#233;cologistes lorsque, &#224; peine deux semaines avant la catastrophe du Golfe du Mexique, il a annonc&#233; son soutien &#224; la perforation p&#233;troli&#232;re des fonds marins. L'administration Obama avait d&#233;clar&#233; aux sans-papiers et &#224; leurs sympathisants qu'elle favoriserait une &#171; r&#233;forme migratoire int&#233;grale &#187; : dans la pratique, cette r&#233;forme a &#233;t&#233; sans cesse postpos&#233;e, et le nombre d'arrestations et d'expulsions de sans-papiers a atteint un niveau record. Malgr&#233; un appui &#233;crasant de l'opinion publique et, y compris, d'officiers de haut rang, afin d'en finir avec les mesures anti-LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) dans l'arm&#233;e, Obama n'a rien fait sur ce terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de tout cela, le gouvernement a pratiqu&#233; l'escalade guerri&#232;re en Afghanistan et s'est engag&#233; &#224; maintenir, malgr&#233; un suppos&#233; retrait, une pr&#233;sence militaire consid&#233;rable en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Obama et ses principaux conseillers cherchent &#224; savoir pourquoi leurs partisans ne sont plus aussi enthousiastes, ils n'ont qu'&#224; se regarder dans un miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que le gouvernement a sauv&#233; le syst&#232;me financier de la crise constitue une bien maigre consolation pour la majorit&#233; des &#201;tatsuniens qui souffrent du ch&#244;mage, de la perte de leur &#233;pargne-pension et de la perte de leur logement. Obama et les D&#233;mocrates ont l&#233;gitim&#233; des d&#233;penses publiques massives en faveur du secteur financier, mais sans modifier d'un iota la nature n&#233;olib&#233;rale de ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a soulign&#233; l'&#233;conomiste critique Paul Krugman, le plan de relance d'Obama a &#233;t&#233; trop faible que pour sortir l'&#233;conomie d'une r&#233;cession aussi grave. De plus, le gouvernement l'a r&#233;duit encore plus afin de tenter, inutilement, d'obtenir l'appui des R&#233;publicains en sa faveur. Ainsi, le ch&#244;mage n'a pas cess&#233; de cro&#238;tre sous Obama, alimentant la perception dans l'opinion publique que le &#171; gouvernement &#187; et les &#171; d&#233;penses publiques &#187; sont inefficaces. Si la crise de 2008 a discr&#233;dit&#233; les recettes n&#233;olib&#233;rales, la crise de 2009-2010 semble discr&#233;diter les solutions lib&#233;rales (dans le sens anglo-saxon du terme, c&#224;d plus &#224; &#171; gauche &#187;, NDT), celles du &#171; grand gouvernement &#187; (le &#171; Big government &#187; despotique et d&#233;pensier d&#233;cri&#233; par la droite, NDT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'administration Obama se prononce en faveur de la &#171; r&#233;duction du d&#233;ficit &#187;, de &#171; r&#233;formes des d&#233;penses &#187; (r&#233;duction des d&#233;penses au Plan Medicare et &#224; la S&#233;curit&#233; sociale), et promeut l'aust&#233;rit&#233;. Mais, bien que la Maison Blanche affirme qu'elle ne fait que r&#233;pondre &#224; la pr&#233;occupation de l'opinion publique vis-&#224;-vis du d&#233;ficit du budget f&#233;d&#233;ral, ces mesures ne font en r&#233;alit&#233; que r&#233;pondre &#224; l'agenda des grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon certains experts de l'opinion publique, les pr&#233;occupation vis-&#224;-vis de la dette, du d&#233;ficit ou du ch&#244;mage, refl&#232;tent en r&#233;alit&#233; une inqui&#233;tude face &#224; la crise &#233;conomique en g&#233;n&#233;ral et le sentiment que personne, que ce soit &#224; Washington ou ailleurs, ne se soucie vraiment des souffrances de la population. Les D&#233;mocrates, qui semblaient hier encore &#171; du c&#244;t&#233; du peuple &#187;, apparaissent aujourd'hui incapables de r&#233;pondre aux attentes des gens. Il est scandaleux que les R&#233;publicains ont bloqu&#233; l'extension des indemnit&#233;s de ch&#244;mage pour une p&#233;riode suppl&#233;mentaire de deux mois, plongeant ainsi des millions de personnes dans la mis&#232;re. Mais il est encore plus scandaleux que les D&#233;mocrates n'ont pas fait ce qu'il fallait pour les en emp&#234;cher ou pour leur faire payer politiquement le prix de ce blocage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'utiliser une r&#233;thorique combative et de classe, les D&#233;mocrates pensent que la chose la plus &#171; responsable &#187; &#224; faire est de &#171; r&#233;soudre les probl&#232;mes &#187; de l'Am&#233;rique des grandes entreprises. Mais ce type de pragmatisme &#8211; tout comme l'adoption de mesures de &#171; s&#233;curit&#233; des fronti&#232;res &#187; comme partie int&#233;grante de la r&#233;forme migratoire &#8211; ne fait que permettre aux R&#233;publicains de placer le d&#233;bat politique sans cesse plus vers la droite, c'est &#224; dire sur leur propre terrain. Le soutien des D&#233;mocrates en faveur d'une s&#233;curit&#233; des fronti&#232;res renforc&#233;e n'ouvre pas seulement la porte &#224; une r&#233;pression plus grande encore des migrants, mais elle cr&#233;&#233; en outre un atmosph&#232;re dans laquelle la droite peut l&#233;gitimer des politiques plus extr&#234;mes encore, comme le refus de la citoyennet&#233; &#233;tatsunienne aux enfants d'immigr&#233;s sans-papiers n&#233;s aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, l'&#233;l&#233;ment le plus absent a &#233;t&#233; un mouvement populaire qui fasse pression afin de mettre &#224; l'agenda les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re et pour contrebalancer les politiques en faveur des banquiers et des riches capitalistes. Pendant une grande partie du mandat d'Obama, les principales organisations &#171; lib&#233;rales &#187; &#8211; comme l'AFL-CIO, la NAACP et la Campagne pour les Droits Humains &#8211; ont jou&#233; un r&#244;le de &#171; bons petits soldats &#187; pour la Maison Blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : il n'y a eu aucun effort soutenu au niveau national afin de hausser le ton face &#224; la d&#233;terioration des conditions de vie pour des millions de personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; la grande d&#233;ception caus&#233;e par Obama et son administration, les gens de gauche et une grande partie de la base d&#233;mocrate ira voter &#224; contre-c&#339;ur pour le Parti D&#233;mocrate aux &#233;lections de novembre, m&#234;me si ce n'est que par crainte du Parti R&#233;publicain. Cependant, ratifier le status quo politique n'est pas la meilleure mani&#232;re de lutter contre la droite. C'est le statu quo lui-m&#234;me qu'il faut remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant qu'on ne construira pas des organisations capables de lutter efficacement pour nos revendications, nous resterons coinc&#233;s dans la m&#234;me voie sans issue entre un mal (le Parti R&#233;publicain) et un moindre mal (les D&#233;mocrates). Seule une alternative politique &#224; la gauche du Parti D&#233;mocrate offrira aux partisans de la justice sociale une forme ad&#233;quate de s'affranchir de ce dilemme pourri. Il est temps de construire l'alternative que nous voulons !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Tea Party, une vague de fond</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Tea-Party-une-vague-de-fond</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Tea-Party-une-vague-de-fond</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:08:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Lacorne</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les militants de la Tea Party s'imaginent entour&#233;s de &#171; welfare queens &#187; partout et tout le temps ; ils vivent dans la hantise d'un &#171; Big Government &#187; omnipr&#233;sent qui ruinera bient&#244;t l'Am&#233;rique. Mais ils n'offrent pas de mod&#232;le de sortie de crise, bien au contraire : freiner brutalement les d&#233;penses de l'Etat, d&#232;s cet automne, serait le meilleur moyen de prolonger la r&#233;cession. &lt;br class='autobr' /&gt; L'origine du mouvement ultraconservateur de la Tea Party est surprenante parce que improvis&#233;e : Rick Santelli, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-44-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton5765-fb0c2.jpg?1781837153' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les militants de la Tea Party s'imaginent entour&#233;s de &#171; welfare queens &#187; partout et tout le temps ; ils vivent dans la hantise d'un &#171; Big Government &#187; omnipr&#233;sent qui ruinera bient&#244;t l'Am&#233;rique. Mais ils n'offrent pas de mod&#232;le de sortie de crise, bien au contraire : freiner brutalement les d&#233;penses de l'Etat, d&#232;s cet automne, serait le meilleur moyen de prolonger la r&#233;cession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'origine du mouvement ultraconservateur de la Tea Party est surprenante parce que improvis&#233;e : Rick Santelli, journaliste sp&#233;cialis&#233; dans l'analyse de l'&#233;volution des cours de la Bourse de Chicago sur la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision CNBC, exprimait sa col&#232;re, le 19 f&#233;vrier 2009, contre les profiteurs des politiques f&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci, assurait-il, achetaient des maisons gr&#226;ce &#224; des cr&#233;dits immobiliers subventionn&#233;s par l'Etat ; ils abusaient du syst&#232;me sans subir la moindre sanction, au d&#233;triment des citoyens honn&#234;tes qui payaient leurs imp&#244;ts et remboursaient &#224; temps leurs pr&#234;ts hypoth&#233;caires. Il &#233;tait donc temps de r&#233;agir de la fa&#231;on la plus vigoureuse contre le pr&#233;sident am&#233;ricain, Barack Obama, et sa politique d'acc&#232;s facile &#224; la propri&#233;t&#233;. Pourquoi, alors, ne pas organiser, &#224; Chicago, une protestation du style de la Tea Party au mois de juillet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots &#233;taient l&#226;ch&#233;s : Rick Santelli proposait de faire revivre, au XXIe si&#232;cle, une &#233;meute comparable &#224; celle qu'avaient organis&#233;e les r&#233;volutionnaires am&#233;ricains, en 1773, pour protester contre les taxes impos&#233;es par la monarchie anglaise sur les exportations de th&#233; destin&#233;es aux colonies d'Am&#233;rique du Nord. Cette &#233;meute, appel&#233;e ironiquement Tea Party, consistait, alors, &#224; vider, dans le port de Boston, des sacs de th&#233; saisis par les insurg&#233;s am&#233;ricains sur des navires britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;bellion patriotique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel &#224; la Tea Party symbolisait, en 2010, une r&#233;bellion patriotique contre les exc&#232;s de l'Etat f&#233;d&#233;ral, contre le &#171; Big Government &#187;, la r&#233;incarnation moderne d'une monarchie abusive et d&#233;pensi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rappel farfelu de l'histoire am&#233;ricaine, cette r&#233;appropriation d'un pass&#233; lointain lanc&#233;e &#224; tout hasard par un journaliste passablement &#233;nerv&#233;, fut habilement saisi par des militants conservateurs, proches du Parti r&#233;publicain, qui d&#233;cid&#232;rent d'utiliser le label de la Tea Party pour signaler leur col&#232;re contre l'establishment washingtonien. Tr&#232;s d&#233;centralis&#233;, priv&#233; de t&#233;nors politiques, compos&#233; d'amateurs qui voulaient faire de la politique autrement, le mouvement apparaissait &#233;ph&#233;m&#232;re et vou&#233; &#224; l'&#233;chec &#224; cause de ses incoh&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en six mois, cette organisation a acquis une l&#233;gitimit&#233;, fond&#233;e sur de surprenants succ&#232;s &#233;lectoraux dans six Etats, lors des primaires s&#233;natoriales, en ao&#251;t. La cr&#233;dibilit&#233; du mouvement fut renforc&#233;e par le ralliement de personnalit&#233;s conservatrices comme Sarah Palin, l'ex-gouverneure de l'Alaska, ou Jim DeMint, le s&#233;nateur r&#233;publicain de la Caroline du Sud, qui ont cru se reconna&#238;tre dans un courant qui leur &#233;tait au d&#233;part &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sortez les sortants &#187; ; &#171; Affamez la b&#234;te &#187;, tels sont les slogans cl&#233;s d'une r&#233;volte qui s'inscrit plus directement encore dans la tradition historique de l'&#171; antif&#233;d&#233;ralisme &#187; - tradition d&#233;fendue par les adversaires du projet de Constitution f&#233;d&#233;rale, r&#233;dig&#233; &#224; Philadelphie, en 1787. La crainte des antif&#233;d&#233;ralistes &#233;tait qu'un Etat central trop puissant ne porte atteinte aux libert&#233;s individuelles des citoyens, menac&#233;s de ruine par de nouveaux imp&#244;ts f&#233;d&#233;raux destin&#233;s &#224; maintenir au pouvoir des parasites, imbus de grandeur et d&#233;vor&#233;s de pr&#233;tentions aristocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce nouveau pouvoir f&#233;d&#233;ral, &#233;crivait &#187;Brutus&#171; , le pseudonyme de l'un des leaders du mouvement antif&#233;d&#233;raliste, s'introduira dans tous les coins de la ville et de la soci&#233;t&#233;... et son langage sera toujours le m&#234;me, quelle que soit la classe d'hommes ou les circonstances. Il leur dira &#187;PAYER, PAYER&#171; &#187; (27 d&#233;cembre 1787).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants de la Tea Party, comme leurs anc&#234;tres antif&#233;d&#233;ralistes et les partisans de Ronald Reagan, dans les ann&#233;es 1980, ou ceux de Ross Perot (le candidat ind&#233;pendant &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1992), veulent moins d'Etat, moins d'imp&#244;ts et le retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire. Ils d&#233;noncent le co&#251;teux plan de sauvetage des banques, le plan de relance de l'&#233;conomie de 787 milliards de dollars (556,7 milliards d'euros), les d&#233;penses induites par le programme de r&#233;forme de l'assurance-maladie, les hausses d'imp&#244;ts pr&#233;vues pour les plus riches, dont les revenus d&#233;passent 250 000 dollars par an. Le programme politique des &#171; insurg&#233;s &#187; est manifestement d&#233;magogique et contradictoire, car il pr&#244;ne en m&#234;me temps la baisse des imp&#244;ts, l'abolition des droits de succession et la r&#233;duction du d&#233;ficit budg&#233;taire, tout en pr&#233;servant un seuil &#233;lev&#233; de d&#233;penses militaires et les principaux acquis sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus extr&#233;mistes pr&#244;nent la privatisation du retrait des aides aux ch&#244;meurs, la suppression de toute progressivit&#233; fiscale, l'abandon du plan de relance vot&#233; par le Congr&#232;s, la fermeture des minist&#232;res de l'&#233;ducation et de l'&#233;nergie, bref, un chacun pour soi g&#233;n&#233;ralis&#233;, sans la moindre consid&#233;ration pour les sujets les plus vuln&#233;rables de la soci&#233;t&#233; : les enfants, les ch&#244;meurs, les malades, les personnes &#226;g&#233;es, les nouveaux immigr&#233;s... Reagan d&#233;non&#231;ait jadis les &#171; welfare queens &#187;, ces &#171; reines de l'aide sociale &#187; qui abusaient des subventions de l'Etat dans les ghettos noirs en conduisant, pr&#233;tendait-il, des Cadillac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants de la Tea Party s'imaginent entour&#233;s de &#171; welfare queens &#187; partout et tout le temps ; ils vivent dans la hantise d'un &#171; Big Government &#187; omnipr&#233;sent qui ruinera bient&#244;t l'Am&#233;rique. Mais ils n'offrent pas de mod&#232;le de sortie de crise, bien au contraire : freiner brutalement les d&#233;penses de l'Etat, d&#232;s cet automne, serait le meilleur moyen de prolonger la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les candidats de la Tea Party sont des amateurs qui ignorent tout de la langue de bois, &#224; leurs risques et p&#233;rils. Quelques exemples significatifs : Christine O'Donnell, du Delaware, qui l'emporta dans les primaires s&#233;natoriales r&#233;publicaines contre un homme chevronn&#233; de la politique, Mike Castle, soutenu par les mod&#233;r&#233;s du parti de l'&#233;l&#233;phant (animal embl&#232;me des r&#233;publicains).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Opinions d&#233;lirantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine O'Donnell, comme Sarah Palin, s'exprime avec spontan&#233;it&#233; sur tout et n'importe quoi, sans faire preuve du moindre recul critique. D'o&#249; ces affirmations recueillies par la presse : il faut interdire la masturbation parce que c'est une forme d'adult&#232;re ; la preuve que Darwin a tort : on ne voit pas de singes se transformer en &#234;tres humains ; les pr&#233;servatifs sont inutiles : ils ne prot&#232;gent pas contre les maladies sexuellement transmissibles ; des scientifiques ont cr&#233;&#233; des souris qui fonctionnent avec des cerveaux humains...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A force de trop en dire ou de d&#233;mentir des propos r&#233;ellement tenus dans le pass&#233;, Mme O'Donnell devient la ris&#233;e des m&#233;dias, ce qui diminue ses chances de succ&#232;s lors des &#233;lections de novembre. Sharron Angle, la candidate victorieuse de la Tea Party lors des primaires s&#233;natoriales du Nevada, esp&#232;re l'emporter contre Harry Reid, le leader de la majorit&#233; d&#233;mocrate au S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Mme O'Donnell, c'est une n&#233;ophyte de la politique. F&#233;roce critique de l'establishment r&#233;publicain &#171; aussi d&#233;pensier que le camp d&#233;mocrate &#187;, elle souhaite abolir la plupart des r&#233;gimes d'assistance sociale. Elle s'oppose aussi &#224; toute couverture m&#233;dicale obligatoire pour les enfants autistes ou les femmes enceintes au pr&#233;texte que ces conditions ne sont pas des maladies. Enfin, elle est convaincue qu'Obama est un dangereux &#171; socialiste &#187;, dont le seul objectif est d'instaurer un Etat-providence de style europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les h&#233;ros de la Tea Party ne d&#233;fendent pas tous des opinions aussi d&#233;lirantes. Des candidats tr&#232;s conservateurs au poste de gouverneur comme Joe Miller, en Alaska, Rand Paul, dans le Kentucky, Marco Rubio, en Floride, et Rob Portman, dans l'Ohio, ont de bonnes chances de r&#233;ussir. En fait, la vague de fond du mouvement de la Tea Party est si forte que les r&#233;publicains peuvent esp&#233;rer emporter la majorit&#233; des si&#232;ges &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, d'apr&#232;s les derniers sondages du mois d'octobre. Une telle victoire conduirait &#224; une compl&#232;te paralysie l&#233;gislative, et elle compromettrait les chances de r&#233;&#233;lection de Barack Obama, en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains journalistes influents utilisent le flambeau de la Tea Party pour donner une nouvelle l&#233;gitimit&#233; &#224; leurs conceptions pour le moins bizarres de l'histoire des Etats-Unis. Le plus visible aujourd'hui est Glenn Beck, un collaborateur de Fox News, qui anime notamment une &#233;mission didactique intitul&#233;e les &#171; Vendredi des fondateurs &#187;. Lors de ces &#233;missions, Glenn Beck reconstruit, de fa&#231;on hyst&#233;rique, l'histoire des Etats-Unis en utilisant tous les rapprochements possibles et imaginables pour &#171; d&#233;truire &#187; ses adversaires politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barack Obama est ainsi d&#233;crit comme le tra&#238;tre par excellence, celui qui a rompu avec les P&#232;res fondateurs. Ses origines, disait Glenn Beck, le 28 ao&#251;t sur Fox News, sont celles de tous les progressistes de gauche : &#171; C'est 1848, Karl Marx, le socialisme ! &#187; Sinistre Coluche, Glenn Beck laissait entendre, en 2009, d'apr&#232;s l'enqu&#234;te men&#233;e par Dana Milbank pour le Washington Post, le 3 octobre, qu'Obama &#233;tait un partisan de l'eug&#233;nisme, comme Woodrow Wilson et comme Hitler, puisqu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; mettre en place, avec sa r&#233;forme du syst&#232;me d'assurance-maladie, des &#171; tribunaux de la mort &#187; : des m&#233;decins bureaucrates qui d&#233;cideraient du droit de vie et de mort en fonction des fonds disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me Glenn Beck se r&#233;appropriait la grande marche sur Washington de Martin Luther King, pour en faire, quarante-sept ans plus tard, le 28 ao&#251;t, une manifestation d&#233;di&#233;e aux militaires, aux patriotes et &#224; tous les conservateurs de la Tea Party. Cette parodie du mouvement des droits civiques avait pour titre : &#171; Restaurer l'honneur de l'Am&#233;rique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand discours de King, &#171; I have a dream &#187;, devenait, dans le remake de Beck, un discours insipide consacr&#233; &#171; aux bonnes choses qui ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es en Am&#233;rique &#187;. Pas question d'&#233;voquer les &#171; blessures de l'histoire &#187;, pr&#233;cisait Glenn Beck ; il fallait se concentrer sur l'avenir, sur &#171; l'histoire de l'Am&#233;rique qui est l'histoire de l'humanit&#233; &#187; tout enti&#232;re. Et surtout, expliquait-il, &#233;vitons de transformer nos enfants en &#171; esclaves des dettes de l'Etat f&#233;d&#233;ral &#187;. On ne pouvait mieux travestir la pens&#233;e de Martin Luther King.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ultraconservatisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel a &#233;t&#233; l'effet du mouvement de la Tea Party sur le Parti r&#233;publicain ? Les strat&#232;ges du Grand Old Party pouvaient craindre la scission d'un parti entre une aile mod&#233;r&#233;e, compos&#233;e de la majorit&#233; des sortants, et une faction radicale domin&#233;e par les tea partiers (partisans de la Tea Party). Il n'en est rien, parce que les &#233;lites du parti et leurs conseillers ont su coopter l'&#233;nergie du mouvement en l'ins&#233;rant dans des r&#233;seaux militants et financiers pr&#233;existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants de la Tea Party sont ainsi incit&#233;s &#224; se former &#224; la bonne gestion des campagnes &#233;lectorales dans des milliers de s&#233;minaires de cadres, organis&#233;s par des fondations priv&#233;es comme Citizens for a Private Economy, Americans for Tax Reform, Regular Folks United, Americans for Prosperity ou FreedomWorks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fondations, financ&#233;es par des partisans de l'ultralib&#233;ralisme - comme les milliardaires du Kansas, les fr&#232;res David et Charles Koch -, utilisent tout le savoir-faire de vieux professionnels de la politique. FreedomWorks, la plus influente de ces fondations, est ainsi dirig&#233;e par Dick Armey, l'ancien chef de la majorit&#233; r&#233;publicaine &#224; la Chambre des repr&#233;sentants. Mais l'int&#233;gration r&#233;ussie des militants de la Tea Party au sein du Grand Old Party a un co&#251;t : la droitisation de l'id&#233;ologie r&#233;publicaine et la marginalisation des candidats les plus mod&#233;r&#233;s, oblig&#233;s d'adopter un discours r&#233;pressif pour rester dans la course, ou de quitter un parti qui a cess&#233; de les appr&#233;cier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A terme, la droitisation du Parti r&#233;publicain aura un effet probable sur les candidatures d&#233;j&#224; officieusement annonc&#233;es pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012. Un mod&#233;r&#233; comme Mitt Romney sera s&#233;rieusement concurrenc&#233; par des candidats qui recevront l'aval ou revendiqueront l'appui du mouvement de la Tea Party. Les plus conservateurs, Newt Gingrich, Mike Huckabee et Sarah Palin, sont d&#233;sormais les &#171; &#233;toiles montantes &#187; du Parti r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'issue des &#233;lections du 2 novembre d&#233;pendra, en bonne partie, du degr&#233; de mobilisation des &#233;lecteurs les plus motiv&#233;s du Parti d&#233;mocrate : les jeunes, les Hispaniques, les Afro-Am&#233;ricains. Seront-ils plus nombreux &#224; voter que les tea partiers, estim&#233;s &#224; plus du tiers des &#233;lecteurs du Parti r&#233;publicain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de l'Etat-providence l'emporteront-ils contre les nouveaux anti-f&#233;d&#233;ralistes ? L'enjeu est de taille, car il s'agit de savoir si la majorit&#233; des &#233;lecteurs am&#233;ricains sera capable de surmonter cette maladie infantile de l'ultraconservatisme que le grand historien Richard Hofstadter qualifiait jadis de &#171; style parano&#239;aque en politique am&#233;ricaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Lacorne, n&#233; en 1945, est historien et sp&#233;cialiste d'histoire am&#233;ricaine, directeur de recherches au Centre d'&#233;tudes des relations internationales (CERI-Sciences Po). Il a dirig&#233; l'ouvrage &#171; Les Etats-Unis &#187; (Fayard, 2006). Il est l'auteur de nombreux livres, dont &#171; La Crise de l'identit&#233; am&#233;ricaine. Du melting-pot au multiculturalisme &#187; (Gallimard, 2003), et &#171; De la religion en Am&#233;rique &#187; (Gallimard, 2007).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Second tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Second-tour-des-elections-presidentielles</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Second-tour-des-elections-presidentielles</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:08:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paolo Gilardi</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le second tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles au Br&#233;sil s'est tient le 31 octobre et il est &#233;vident que Dilma Roussef, la candidate du PT (Parti des travailleurs) de l'actuel pr&#233;sident Lula Da Silva a &#233;t&#233; &#233;lue avec 55,9% des voix. Lors du 1er tour, Dilma Rousseff a obtenu 47.648.171 votes (46,9%) tandis que son opposant Jos&#233; Serra (du PSDB &#8211; Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne) a obtenu 33.130.316 voix (32,61%). Dispers&#233;e, la gauche radicale n'a pas pes&#233; dans les &#233;lections. Le PSOL (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton5766-ec28f.jpg?1781489543' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le second tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles au Br&#233;sil s'est tient le 31 octobre et il est &#233;vident que Dilma Roussef, la candidate du PT (Parti des travailleurs) de l'actuel pr&#233;sident Lula Da Silva a &#233;t&#233; &#233;lue avec 55,9% des voix. Lors du 1er tour, Dilma Rousseff a obtenu 47.648.171 votes (46,9%) tandis que son opposant Jos&#233; Serra (du PSDB &#8211; Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne) a obtenu 33.130.316 voix (32,61%). Dispers&#233;e, la gauche radicale n'a pas pes&#233; dans les &#233;lections. Le PSOL (Parti du socialisme et de la libert&#233;, formation anticapitaliste largement issu d'une scission du PT en 2004) pr&#233;sentait Plinio Arruda Sampaio au premier tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles, et a r&#233;uni 886.616 votes (0,87%) &#8212; &#224; comparer aux 6 millions de votes obtenus par sa candidate Helo&#239;sa Helena en 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le PSOL a par contre gagn&#233; 9 &#233;lus aux &#233;lections pour les d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux, d'&#201;tats et pour le S&#233;nat. Les scores du reste de la gauche anticapitaliste ont &#233;t&#233; plus faibles encore : le PSTU (Parti socialiste des travailleurs unifi&#233;, du courant trotskyste dit &#171; mor&#233;niste &#187;) pr&#233;sentait un syndicaliste de combat, Z&#233; Maria, qui n'a obtenu que 84.609 votes (0,08%). Le PCB (Part communiste br&#233;silien) pr&#233;sentait Ivan Pinheiro, qui a eu 39.136 voix, (0,04%). Enfin, le PCdoB (Parti communiste du Br&#233;sil), d'origine mao&#239;ste, a quant &#224; lui directement soutenu la candidature de Dilma Rousseff. Nous publions ci-dessous une interview de Carlos Bittencourt, dirigeant du PSOL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carlos Bittencourt, enseignant &#224; Rio de Janeiro et dirigeant du Parti du socialisme et de la libert&#233; revient sur les enjeux des &#233;lections pr&#233;sidentielles br&#233;siliennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est ton bilan du premier tour ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carlos Bittencourt : Malgr&#233; l'immense popularit&#233; de Lula, le fait qu'il faille un deuxi&#232;me tour est une d&#233;route des attentes des supporters les plus optimistes du gouvernement. Mais cela ne doit pas induire en erreur : le PT est le parti qui a fait &#233;lire le plus de d&#233;put&#233;s, tant sur le plan f&#233;d&#233;ral que sur celui des parlements des Etats. Il a aussi consolid&#233; sa base parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, cette h&#233;g&#233;monie p&#233;tiste n'est pas synonyme d'un positionnement plus &#224; gauche. C'est la droite qui fixe l'agenda politique du second tour, ainsi que le montre clairement la croisade contre la d&#233;criminalisation de l'avortement. Au deuxi&#232;me tour, le PSOL n'appuiera aucun des deux candidats et s'annonce d&#233;j&#224; comme l'opposition de gauche au nouveau gouvernement, quel qu'il soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la premi&#232;re &#233;lection de Lula en 2002, il &#233;tait confront&#233; &#224; l'existence de puissants mouvements sociaux. Huit ans de &#171; lulisme &#187; les ont anesth&#233;si&#233;s. Que va-t-il se passer maintenant ? Comment les reconstruire pour combattre l'acc&#233;l&#233;ration de la modernisation capitaliste du Br&#233;sil ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;pend de qui va gagner le 31. Si c'est le PT, il y a des chances que les effets de la narcose perdurent encore quelques temps. La gauche socialiste va probablement rester isol&#233;e, mais sans doute moins que sous Lula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, une victoire, peu probable, de Serra pourrait imposer au PT un tournant vers les mouvements sociaux avec une logique de confrontations partielles avec le gouvernement. Mais il ne faut pas se contenter de ces sp&#233;culations : construire une &#233;laboration radicale, critique du n&#233;olib&#233;ralisme et p&#233;dagogique, compr&#233;hensible pour les gens, c'est notre t&#226;che la plus imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Echec relatif de Dilma, renforcement du PT, et le PSOL ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne pr&#233;sidentielle de notre candidat Plinio Arruda Sampaio a &#233;t&#233; une tr&#232;s belle occasion de r&#233;affirmation des valeurs et des propositions socialistes. Malheureusement, la loi &#233;lectorale et la presse ont r&#233;duit la comp&#233;tition &#233;lectorale &#224; trois candidats avec Serra et Dilma comme repr&#233;sentants de l'establishment et Marina Silva (ancienne ministre de Lula, porte parole du parti Vert) dans le r&#244;le de &#171; troisi&#232;me force &#187;. C'est ce qui nous a marginalis&#233;s avec une r&#233;sultat autour de 1%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, au parlement nous enregistrons une petite augmentation de notre repr&#233;sentation. De plus, l'&#233;lection &#224; Rio de Janeiro de notre camarade Marcelo Freixo a une dimension massive. Marcelo est par ailleurs le protagoniste d'un film &#171; Tropas de elite &#187; qui relate les relations troubles entre police et politique dans l'Etat de Rio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les aspects les plus positifs sont sans doute le respect populaire que nous avons acquis &#224; travers notre pr&#233;sentation et un processus de multiplication des adh&#233;sions militantes. Le PSOL sort de ces &#233;lections &#171; plus parti &#187;, plus aguerri, avec une forte confiance dans sa capacit&#233; d'agir malgr&#233; les deux d&#233;faites importantes que sont la non r&#233;&#233;lection de Luciana Genro (d&#233;put&#233;e f&#233;d&#233;rale du Rio Grande do Sul) et d'Helo&#239;sa Helena (s&#233;natrice de l'Etat d'Alagoas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'incapacit&#233; de la gauche radicale de pr&#233;senter une candidature unique a aussi jou&#233; un r&#244;le. Et va peser sur la suite...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, certainement. Mais comme nous n'avons pas pu pr&#233;senter la candidature unifiante d'Helo&#239;sa Helena (qui avait recueilli presque 7 millions de voix en 2006), chaque petite force de la gauche radicale a choisi de pr&#233;senter son propre candidat dans un but d'auto-affirmation. Leurs scores &#233;lectoraux ont &#233;t&#233; infimes et le r&#233;sultat politique nul. Une recomposition de ces forces est &#224; dans l'ordre du possible, mais tout cela d&#233;pendra de la dynamique des luttes sociales...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Europe, toute la presse parle du &#171; miracle br&#233;silien &#187;, de la diminution de la pauvret&#233;. Qu'en est-il au juste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a r&#233;ellement eu une forte diminution du nombre des gens qui vivent dans une mis&#232;re extr&#234;me. Les programmes d'assistance ont jou&#233; un grand r&#244;le pour cela. Nous d&#233;fendons la n&#233;cessit&#233; d'une plus forte institutionnalisation de ces programmes pour qu'ils ne puissent pas &#234;tre d&#233;velopp&#233;s ou limit&#233;s sur simple d&#233;cision gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il y a une augmentation des revenus, ce qui n'est pas synonyme de diminution des in&#233;galit&#233;s. Une intense concentration des richesses a accompagn&#233; cette augmentation. Je pense que l'am&#233;lioration des revenus et la diminution du ch&#244;mage r&#233;sultent d'un repositionnement, y compris au niveau international, du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un &#233;v&#233;nement majeur pour l'Am&#233;rique latine</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-evenement-majeur-pour-l-Amerique-latine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-evenement-majeur-pour-l-Amerique-latine</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:07:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Charbonneau</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; voir le titre, vous vous dites s&#251;rement : &#034;Tiens, un article sur les &#233;lections br&#233;siliennes !&#034; Eh non ! Il ne s'agit pas d'&#233;lections. Il s'agit &#224; peine (!) de politique. Il s'agit plut&#244;t d'un &#233;v&#233;nement qui remue les sentiments profonds des hommes et des femmes d'Am&#233;rique latine et encore plus sp&#233;cialement celle du peuple argentin. &lt;br class='autobr' /&gt; Il s'agit de la disparition subite d'un ami et m&#234;me d'un fr&#232;re pour plusieurs. Il s'agit de la disparition d'un &#234;tre exceptionnel [1]. L'Argentine est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Argentine-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH133/arton5768-1b520.png?1782133561' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='133' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; voir le titre, vous vous dites s&#251;rement : &#034;Tiens, un article sur les &#233;lections br&#233;siliennes !&#034; Eh non ! Il ne s'agit pas d'&#233;lections. Il s'agit &#224; peine (!) de politique. Il s'agit plut&#244;t d'un &#233;v&#233;nement qui remue les sentiments profonds des hommes et des femmes d'Am&#233;rique latine et encore plus sp&#233;cialement celle du peuple argentin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'agit de la disparition subite d'un ami et m&#234;me d'un fr&#232;re pour plusieurs. Il s'agit de la disparition d'un &#234;tre exceptionnel [1]. L'Argentine est en deuil de Nestor Kirchner [2]. Non seulement l'Argentine, mais toute l'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nestor Kirchner, vous en avez vaguement entendu parler... Ouais, on a soulign&#233; entre deux entrefilets qu'il &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233;, mais bon&#8230; Kirchner&#8230; bah ! Ce n'est tout de m&#234;me pas le pr&#233;sident &#233;tats-unien, ou le pr&#233;sident de la France ou du Royaume-Uni !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, ce Kirchner, pour ce qu'on en a d&#233;j&#224; dit (AFP, Radio-Canada, CyberPresse), c'&#233;tait une sorte de &#034;croche populiste&#034; qui a laiss&#233; le pouvoir &#224; sa femme pour mieux contr&#244;ler le pays en arri&#232;re-sc&#232;ne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parlait de la &#034;dynastie&#034; Kirchner&#8230; Ginette Lamarche de Radio-Canada, se plaisait &#224; nommer Mme Cristina Fernandez et M. Nestor Kirchner, &#171; le couple K &#187; [3]. On disait qu'ils s'en mettaient plein les poches, lui et sa femme, qu'ils magouillaient tous les deux en cachant de l'argent ou en &#233;tant de m&#232;che avec des combines pharmaceutiques. Bref, la d&#233;valorisation classique des politiciens socialistes qui &#034;n&#233;gligent&#034; trop l'entreprise priv&#233;e et qui s'occupent trop de la pauvret&#233;, de la justice et de l'&#233;galit&#233;. Eh oui, Nestor Kirchner, &#224; l'instar des politiciens de gauche d'Am&#233;rique latine, a &#233;t&#233; souvent d&#233;shumanis&#233; pour le rendre conforme &#224; une caricature bien utile servant le discours de d&#233;nigrement des pr&#233;dateurs &#233;conomiques frustr&#233;s par ces politiques trop humaines et pas assez &#034;&#233;conomiques&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas trop alt&#233;rer cette caricature du &#171; croche populiste &#187;, Radio-Canada comme la majorit&#233; de nos m&#233;dias de masse, n'ont pas couvert les c&#233;r&#233;monies, manifestations et t&#233;moignages entourant cet &#233;v&#233;nement qui a terrass&#233; l'ensemble de l'Am&#233;rique latine allant des pr&#233;sidents jusqu'aux petites gens. Oui, un &#233;v&#233;nement majeur. Un &#233;v&#233;nement humain. Bien s&#251;r, cet &#233;v&#233;nement touche la politique, mais il touche encore plus les c&#339;urs. Nestor Kirchner &#233;tait avant tout, un Homme de c&#339;ur. Chaleureux, simple et sinc&#232;re. Il &#233;tait un humaniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un humanisme mis &#224; la disposition de ses concitoyens. Nestor Kirchner est celui qui a eu le courage de lutter pour sortir son pays du marasme et de la dictature du FMI et de la Banque mondiale, ces organismes outils utilis&#233;s par les pr&#233;dateurs &#233;conomiques internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tenant t&#234;te &#224; ces dictateurs de l'&#233;conomie mondiale, il est parvenu &#224; affirmer la souverainet&#233; de l'Argentine. Par cette prise de position courageuse, il a pu inverser les r&#244;les. Il a permis &#224; la population mise trop longtemps au service de l'&#233;conomie de se lib&#233;rer pour enfin mettre l'&#233;conomie &#224; leur propre service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nestor Kirchner a dit non aux plans d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;s par le FMI limitant ou an&#233;antissant les services sociaux et servant &#224; satisfaire le d&#233;sir insatiable de croissance des pr&#233;dateurs &#233;conomiques mondiaux. Il a su redonner la dignit&#233; &#224; sa population, il a su solidariser le peuple argentin en &#233;liminant l'exclusion des plus d&#233;munis. Les taux de pauvret&#233; et de ch&#244;mage ont chut&#233; de fa&#231;on remarquable. L'Argentine a pu ainsi sortir la t&#234;te haute d'une de ses pires crises de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il a eu le courage de juger les acteurs des terribles dictatures pass&#233;es. Les m&#232;res de la Place de Mai [4] ont enfin eu un alli&#233; &#224; la t&#234;te du gouvernement. Plus question d'amnistier ces tortionnaires et criminels des dictatures pass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; dans un survol tr&#232;s succinct les r&#233;alisations majeures de Nestor Kirchner. Des r&#233;alisations presque &#034;banales&#034; lorsqu'on consid&#232;re l'Homme. Ces r&#233;alisations ne sont que des cons&#233;quences &#034;normales&#034; d&#233;coulant de la qualit&#233; de cet Homme d'exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Argentins et Argentines pleurent un &#234;tre proche. Nestor Kirchner &#233;tait un Homme de c&#339;ur, qui avait des rapports chaleureux et sinc&#232;re non seulement avec ses concitoyens, mais aussi avec les dirigeants des autres pays. La presque totalit&#233; des dirigeants latino-am&#233;ricains s'est rendue en Argentine pour lui rendre un dernier hommage et pour souhaiter le meilleur des courages &#224; son &#233;pouse, la pr&#233;sidente Cristina Fernandez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une entrevue sur TeleSur, c'est avec les yeux bien aqueux que le pr&#233;sident Lula du Br&#233;sil t&#233;moigna de l'amiti&#233; qui le liait &#224; M. Kirchner. Il en fut de m&#234;me pour tous les pr&#233;sidents. Ils ont tous perdu non pas simplement un alli&#233; politique, mais un ami sinc&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers d'Argentins et d'Argentines ont d&#233;fil&#233; &#224; la Casa Rosada (si&#232;ge du pouvoir ex&#233;cutif) ou l'ont accompagn&#233; &#224; son dernier repos dans sa ville natale ou encore ont manifest&#233; dans les rues de plusieurs villes du pays. Certains pays ont m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'&#224; d&#233;clarer trois jours de deuil national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nestor Kirchner &#233;tant de la &#034;mauvaise&#034; (sic) id&#233;ologie, son d&#233;part n'a pas eu droit &#224; une couverture m&#233;diatique de la part de nos m&#233;dias au service du n&#233;olib&#233;ralisme. Malgr&#233; son ampleur, cet &#233;v&#233;nement a &#233;t&#233; totalement &#034;n&#233;glig&#233;&#034; par Radio-Canada. Aucun reporter sur place. Aucun reportage pouvant alt&#233;rer la caricature que notre Soci&#233;t&#233; d'&#201;tat forge concernant ces &#034;vilains&#034; dirigeants &#034;gauchistes&#034;. Quelle honte pour la qualit&#233; de l'information !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Charbonneau&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu&#233;bec&lt;br class='autobr' /&gt;
P.S. :&lt;br class='autobr' /&gt;
Nestor Kirchner, le 54e pr&#233;sident argentin (2003 &#224; 2007) est n&#233; &#224; Rio Gallegos (capitale de Santa Cruz, province de Patagonie), compl&#232;tement au sud de l'Argentine (vis-&#224;-vis les &#238;les Malouines).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut maire de, Rio Gallegos, de 1987 &#224; 1991, puis gouverneur de sa province natale, Santa Cruz, de 1991 &#224; 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; qu'il soit arriv&#233; deuxi&#232;me au premier tour de l'&#233;lection de 2003 (bien qu'il avait une r&#233;elle popularit&#233; et que les sondages le disaient gagnant), il parvient toutefois &#224; se faire &#233;lire au second tour alors que le meneur impopulaire, l'ex-pr&#233;sident Carlos Menem, se d&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, il c&#232;de sa place &#224; son &#233;pouse Cristina Fernandez.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2009, il est &#233;lu d&#233;put&#233; de la province de Buenos Aires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 4 mai 2010, il est nomm&#233; premier Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UNASUR (Uni&#243;n de Naciones Suramericanas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de ses premiers gestes importants (et courageux) suite &#224; son &#233;lection pr&#233;sidentielle fut de d&#233;cr&#233;ter anticonstitutionnelles les lois d'amnistie pass&#233;es sous Ra&#250;l Alfons&#237;n (1986 et 1987) ainsi que plusieurs amnisties individuelles d&#233;cr&#233;t&#233;es par Carlos Menem. Les m&#232;res de la Place de Mai [4 ] lui en sont tr&#232;s reconnaissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits de l'homme est un des th&#232;mes dont avait &#224; c&#339;ur Nestor Kirchner.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Hommage &#224; Nestor Kirchner 1950-2010&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=D5EujLcnv7U&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=D5EujLcnv7U&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#161;Viva N&#233;stor Kirchner !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?473977&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?473977&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Photos&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Photos/L-Argentine-pleure-Nestor-Kirchner/Des-milliers-de-larmes-recensees-222609/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Photos/L-Argentine-pleure-Nestor-Kirchner/Des-milliers-de-larmes-recensees-222609/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Reportage France 24&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Argentins rendent un dernier hommage &#224; Nestor Kirchner&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.france24.com/fr/20101030-depouille-kirchner-quitte-le-palais-presidentielle-sous-liesse-populaire-deces-rio-gallegos-inhumation-argentine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france24.com/fr/20101030-depouille-kirchner-quitte-le-palais-presidentielle-sous-liesse-populaire-deces-rio-gallegos-inhumation-argentine&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Maradona rend un dernier hommage &#224; Nestor Kirchner&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/People/Argentine-Maradona-rend-un-dernier-hommage-a-Nestor-Kirchner&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/People/Argentine-Maradona-rend-un-dernier-hommage-a-Nestor-Kirchner&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le couple &#034;K&#034; Ginette Lamarche &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.radio-canada.ca/nouvelles/international/carte-interactive/reportages/2009/09/11/002-3992.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.radio-canada.ca/nouvelles/international/carte-interactive/reportages/2009/09/11/002-3992.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Les m&#232;res de la Place de Mai (Madres de la Plaza de Mayo)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A8res_de_la_Place_de_mai&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A8res_de_la_Place_de_mai&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le cas de l'&#201;tat Espagnol</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-cas-de-l-Etat-Espagnol</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-cas-de-l-Etat-Espagnol</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:06:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Droite extr&#234;me</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions la suite de notre dossier consacr&#233; &#224; la droite extr&#234;me et &#224; l'extr&#234;me droite en Europe, avec une analyse plus particuli&#232;re du cas espagnol. L'&#201;tat espagnol semble &#224; premi&#232;re vue repr&#233;senter une &#171; exception &#187; en Europe puisqu'il n'existe pas de parti d'extr&#234;me droite ayant un poids &#233;lectoral notable. Mais c'est oublier les origines et la nature du Parti populaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Parti populaire espagnol : une droite mena&#231;ante &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les &#233;tudes comparatives effectu&#233;es depuis quelque (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droite-extreme-+" rel="tag"&gt;Droite extr&#234;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droite-extreme-en-Europe-+" rel="tag"&gt;L'extr&#234;me-droite dans le monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton5750-6708e.jpg?1781315044' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions la suite de notre dossier consacr&#233; &#224; la droite extr&#234;me et &#224; l'extr&#234;me droite en Europe, avec une analyse plus particuli&#232;re du cas espagnol. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat espagnol semble &#224; premi&#232;re vue repr&#233;senter une &#171; exception &#187; en Europe puisqu'il n'existe pas de parti d'extr&#234;me droite ayant un poids &#233;lectoral notable. Mais c'est oublier les origines et la nature du Parti populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Parti populaire espagnol : une droite mena&#231;ante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#233;tudes comparatives effectu&#233;es depuis quelque temps sur la r&#233;surgence de l'extr&#234;me droite ou de la droite radicale en Europe, on tend g&#233;n&#233;ralement &#224; consid&#233;rer que l'absence d'une force politique de ce type, repr&#233;sent&#233;e au Parlement, en Espagne, est un bon signe : cela pourrait s'expliquer par le discr&#233;dit du franquisme au sein de la population. Seules quelques analyses reconnaissent que cette sp&#233;cificit&#233; serait li&#233;e principalement au type de parti de droite majoritaire qui s'est form&#233; dans l'Etat espagnol. S'y ajoutent les obstacles issus d'un syst&#232;me &#233;lectoral o&#249; la gouvernabilit&#233; prime sur la repr&#233;sentativit&#233;, ce qui rend plus difficile l'entr&#233;e de nouvelles formations politiques au parlement. Nous partirons de ces particularit&#233;s pour tenter d'interpr&#233;ter cette &#171; anomalie espagnole &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement d'&#233;poque signal&#233; par la chute du bloc sovi&#233;tique, avec la vague de triomphalisme n&#233;olib&#233;ral et n&#233;oconservateur que l'on sait aux Etats-Unis et en Europe, co&#239;ncide avec l'&#233;clatement de scandales successifs de corruption et de terrorisme d'Etat impliquant le PSOE &#8211; en particulier, le cas du GAL [Groupe arm&#233; de lib&#233;ration : nom d'un &#171; escadron de la mort &#187; ayant &#224; son actif l'assassinat, en France et en Espagne, de r&#233;fugi&#233;.e.s politiques et de militant.e.s ind&#233;pendantistes basques, NDT].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode est aussi marqu&#233;e par une mobilisation syndicale unitaire et une relative mont&#233;e de Izquierda Unida [coalition &#233;lectorale impuls&#233;e par le PCE et d'autres secteurs de la gauche, apr&#232;s l'&#233;chec du r&#233;f&#233;rendum contre l'OTAN, NDT]. En revanche, le &#171; scandale Naseiro &#187;, qui touche une partie du nouveau groupe dirigeant du PP, va &#234;tre facilement neutralis&#233; par Aznar. [Cette affaire tourne autour d'&#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques de narcotrafiquants qui d&#233;bouchent sur la mise en &#233;vidence de financements ill&#233;gaux du PP, NDT].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mont&#233;e de &#171; l'aznarisme &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, et avec l'aide croissante des t&#233;l&#233;visions priv&#233;es qui commencent alors &#224; fonctionner, et de m&#233;dias comme El Mundo, la nouvelle &#233;quipe aznariste se sent la force d'actualiser son discours, fond&#233; sur les piliers traditionnels du nationalisme espagnol et de la d&#233;fense des privil&#232;ges de l'Eglise catholique, en faisant le silence sur ses origines franquistes et en mettant d'autres th&#232;mes au premier plan comme la &#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration d&#233;mocratique &#187; et un n&#233;olib&#233;ralisme plus agressif. En 1992, au lieu de relancer la Fondation C&#225;novas del Castillo (plus conservatrice), Aznar cr&#233;e la Fondation pour l'analyse et les &#233;tudes sociales (FAES), un nouveau think tank destin&#233; &#224; &#233;tayer un projet capable de se pr&#233;senter comme une solution de rechange &#224; l'usure de Felipe Gonzalez [avocat socialiste, Pr&#233;sident du gouvernement de 1982 &#224; 1996, NDT] aux yeux du grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie commence &#224; donner de bons r&#233;sultats &#224; partir des scrutins municipaux et r&#233;gionaux de 1995 et d&#233;bouche sur la victoire aux &#233;lections nationales de l'ann&#233;e suivante. N&#233;anmoins, la n&#233;cessit&#233; de pactiser avec les nationalistes catalans et basques [Convergencia i Unio (Catalogne), Partido nationalista vasco (Euzkadi), NDT] pour se maintenir au gouvernement att&#233;nue le d&#233;veloppement de ce projet, ce qui contraint le PP &#224; chercher une r&#233;f&#233;rence historique identitaire plus large que celle issue du franquisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette premi&#232;re l&#233;gislature, des efforts sont faits pour concilier les origines franquistes du mouvement avec des renvois &#224; la Restauration canoviste&#8202;l, &#224; Ortega y Gasset [philosophe espagnol, r&#233;publicain de droite, partisan discret du franquisme pendant la guerre civile, NDT] et m&#234;me &#8211; pour peu de temps, en raison de son la&#239;cisme et de sa diabolisation par le r&#233;gime franquiste &#8211; &#224; la figure de Manuel Aza&#241;a [r&#233;publicain mod&#233;r&#233;, Premier ministre de 1931 &#224; 1933, puis Pr&#233;sident de la r&#233;publique pendant la guerre civile, NDT].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut consid&#233;rer que c'est durant la seconde l&#233;gislature pr&#233;sid&#233;e par Aznar, et surtout apr&#232;s le 11 septembre 2001, que se manifeste ouvertement une pugnacit&#233; n&#233;oconservatrice qui se greffe, avec davantage de force, sur les racines d&#233;j&#224; tr&#232;s marqu&#233;es du PP. Ce n'est pas un hasard si le Groupe d'&#233;tudes strat&#233;giques (GEES) est coopt&#233; &#224; ce moment par la direction du parti comme think tank (et finalement int&#233;gr&#233; &#224; la FAES) pour justifier l'implication croissante d'Aznar dans la nouvelle g&#233;opolitique de Bush Jr et sa &#171; guerre globale contre la terreur &#187; (GEES, Qu&#233; piensan los &#171; neocons &#187; espa&#241;oles, Madrid, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les articles de cette &#233;quipe, anim&#233;e principalement par Rafael Bardaj&#237; et Ignacio Cosid&#243;, constituent le meilleur exemple d'une identification &#171; sans complexe &#187; avec les neocons &#233;tats-uniens, leur guerre &#171; de civilisation &#187; et leur pleine solidarit&#233; avec l'Etat d'Isra&#235;l. Cette p&#233;riode co&#239;ncide de surcro&#238;t avec la strat&#233;gie de confrontation avec le nationalisme basque et l'option d'une d&#233;route militaire d'ETA, apr&#232;s l'&#233;chec de la tr&#234;ve de 1998. Le nationalisme espagnol du PP se traduit par l'application de mesures et de lois d'exception &#8211; comme la loi sur les partis &#8211;, similaires &#224; celles adopt&#233;es par les Etats-Unis et l'Union europ&#233;enne. Cet alignement neocon se confirmera lors du sommet des A&#231;ores, qui &#8211; il ne faut pas l'oublier &#8211; symbolise la convergence avec la &#171; troisi&#232;me voie &#187; de Blair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Occuper la rue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour identifier le point d'inflexion du durcissement de la strat&#233;gie du PP, il faut &#233;videmment revenir aux effets de sa r&#233;ponse int&#233;ress&#233;e &#8211; et sans succ&#232;s &#8211; &#224; l'attentat du 11 mars 2004, ainsi qu'&#224; sa d&#233;route &#233;lectorale d'alors face au PSOE de Rodr&#237;guez Zapatero. D&#232;s lors, un sentiment collectif de &#171; victoire vol&#233;e &#187; se d&#233;veloppe dans les secteurs sociaux et m&#233;diatiques qui appuient le PP, et dans le parti lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le d&#233;but d'une nouvelle &#233;tape, o&#249; l'on proc&#232;de &#224; une reformulation du projet (directement &#224; partir de la FAES de Aznar), visant &#224; d&#233;l&#233;gitimer le r&#233;sultat des &#233;lections en recourant &#224; la &#171; th&#233;orie du complot &#187; et &#224; la &#171; strat&#233;gie de la tension &#187;. Cette strat&#233;gie donne des ailes (nouvelles) aux secteurs les plus extr&#233;mistes du PP, ainsi que de la droite m&#233;diatique et culturalo-religieuse, ce qui provoque une r&#233;duction de l'espace que peuvent occuper les groupes n&#233;ofascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ce moment, on peut observer un cycle de mobilisations extra-parlementaires, men&#233;es par un bloc social, politique et culturel de droite, large (et pluriel), o&#249; plus d'une fois la direction du PP n'est pas &#224; &#171; l'avant-garde &#187;. Elle embo&#238;te plut&#244;t le pas &#224; des initiatives provenant de l'Association des victimes du terrorisme, du Forum d'Ermua [association basque contre le terrorisme, r&#233;clamant une attitude ferme face &#224; ETA et &#224; Herri Batasuna, NDT], du Forum espagnol de la famille, de la hi&#233;rarchie catholique ou de secteurs de l'enseignement catholique.(&#178;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bloc se constitue en r&#233;ponse &#224; la strat&#233;gie de Rodr&#237;guez Zapatero. Apr&#232;s le retrait des troupes espagnoles d'Irak, ce dernier choisit de se lancer prudemment dans une avec le gouvernement tripartite catalan, et de rouvrir des n&#233;gociations avec ETA. Cela lui permet de compenser l'absence de diff&#233;rences substantielles avec la politique &#233;conomique du PP, alors qu'il est au service du m&#234;me &#171; mod&#232;le de croissance &#187;, bas&#233; sur la bulle immobili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son appel mod&#233;r&#233; en faveur d'une &#171; Espagne plurielle &#187; et de l'espoir d'un dialogue fructueux avec ETA finissent par &#233;chouer pour divers motifs ; cette orientation se combine avec un &#171; r&#233;formisme soci&#233;tal &#187; sur des th&#232;mes li&#233;s aux droits civils (mariage homosexuel, r&#233;forme de l'avortement) (Vidal Beneyto, J., Corrupci&#243;n y democracia, Madrid, 2010). Cela permet &#224; Rodr&#237;guez Zapatero de conserver ses appuis dans la gauche sociale et culturelle, mais ouvre en m&#234;me temps &#224; la droite de nouvelles opportunit&#233;s de &#171; guerres culturelles &#187;, tant au parlement que dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les d&#233;bats li&#233;s &#224; la m&#233;moire historique et au statut de la Catalogne contribuent &#224; mettre au premier plan des conflits qui s'enracinent dans le franquisme et la transition politique. Ceux-ci suscitent la crainte au sein du PP, aussi bien d'une revendication de la l&#233;gitimit&#233; r&#233;publicaine, que de la mise en question de &#171; l'int&#233;grit&#233; de l'Espagne comme nation unitaire &#187;. Il est certain que la r&#233;action au premier enjeu s'exprime de diverses mani&#232;res au sein de cette droite : alors que les &#171; nouveaux historiens &#187; (P&#237;o Moa et C&#233;sar Vidal en t&#234;te) revendiquent le bien-fond&#233; du soul&#232;vement franquiste face au &#171; coup d'Etat de 1934 &#187;, au &#171; d&#233;sordre r&#233;publicain &#187; et &#224; la &#171; menace communiste &#187;, d'autres &#8211; plus &#171; lib&#233;raux &#187; &#8211; se limitent &#224; banaliser le franquisme comme un ph&#233;nom&#232;ne in&#233;vitable, dans une p&#233;riode o&#249; l'Europe se trouvait d&#233;chir&#233;e par les menaces totalitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les deux arguments se combinent pour r&#233;cup&#233;rer le vieil &#171; anticommunisme &#187;, tout en d&#233;politisant le g&#233;nocide et la r&#233;pression franquiste, pour mettre, en d&#233;finitive toutes, les victimes sur le m&#234;me plan, afin de r&#233;duire la guerre civile &#224; un &#171; affrontement tragique &#187; qu'il faut &#171; oublier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;fense de &#171; l'unit&#233; de l'Espagne &#187;, apr&#232;s une courte phase de plaidoyer d'Aznar pour un &#171; patriotisme constitutionnel &#187; &#224; l'espagnole [d&#233;fense intransigeante de la constitution contre le terrorisme et tous ceux qui entendraient diviser l'Espagne, NDT], le discours du PP se limite &#224; moderniser un peu le langage traditionnel en d&#233;fendant le pays comme une &#171; nation de citoyens &#187; unifi&#233;e. Cette position recouvre en fait la simple pr&#233;servation d'un Etat d'autonomies, d&#233;j&#224; accept&#233; comme moindre mal, en d&#233;pit des r&#233;ticences exprim&#233;es par Fraga en 1978. De surcro&#238;t, le PP n'a-t-il pas fait une bonne exp&#233;rience de la &#171; r&#233;gionalisation &#187; dans les r&#233;gions autonomes qu'il contr&#244;le. (3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Droite populiste et matrice franquiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PP s'est aussi consolid&#233; comme agent de liaison entre int&#233;r&#234;ts publics et priv&#233;s, &#224; mesure qu'il conqu&#233;rait de larges parcelles de pouvoir institutionnel et adh&#233;rait &#224; une conception patrimoniale de celui-ci. Dans ces conditions, il a vu prosp&#233;rer en son sein &#8211; &#224; l'ombre des privatisations et de la bulle immobili&#232;re des deux derni&#232;res d&#233;cennies, et dans le but d'obtenir de nouvelles sources de financement priv&#233;es pour le parti &#8211; le &#171; politicien affairiste &#187;, comme l'ont prouv&#233; les divers scandales de corruption survenus ces derniers temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ni la longue listes de hauts responsables politiques impliqu&#233;s dans des cas comme l'Affaire G&#252;rtel [financement ill&#233;gal du PP, NDT], ni la faible direction de Mariano Rajoy [Pr&#233;sident du PP depuis 2004, NDT] ne paraissent hypoth&#233;quer la victoire &#233;lectorale probable du PP, compte tenu de l'usure rapide que conna&#238;t Rodr&#237;guez Zapatero, en raison de la crise &#233;conomique et sociale actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut seulement douter de l'utilit&#233; pour le PP de reproduire aujourd'hui sa vieille tactique de rejet du consensus (comme au temps du r&#233;f&#233;rendum sur l'OTAN) par rapport aux mesures du gouvernement &#171; socialiste &#187;. Et ce d'autant plus que ce gouvernement appara&#238;t comme la simple courroie de tansmission, non seulement du grand capital espagnol, mais aussi d'une politique dict&#233;e par l'Union europ&#233;enne et le Fonds mon&#233;taire international &#8211; politique partag&#233;e par ses alli&#233;s n&#233;olib&#233;raux allemands et fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PP compte plus de 700 000 membres. Il est capable de recueillir plus de dix millions de suffrages. Pourtant, ce n'est pas un parti de masse classique : son mod&#232;le d'organisation est pr&#233;sidentialiste, il instrumentalise les fonctions publiques et recourt aux moyens de communication pour s'adresser &#224; son &#233;lectorat. Ses membres participent peu aux prises de d&#233;cision et il n'admet pas l'existence de courants internes (bien que des &#171; clans &#187; et des fractions se d&#233;veloppent, li&#233;s &#224; des &#171; baronnies &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il influence un large &#233;lectorat qui peut se reconna&#238;tre dans les r&#233;ponses qu'il apporte aux divisions et conflits qui traversent la soci&#233;t&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. le &#171; sens commun &#187; n&#233;olib&#233;ral : priorit&#233; au priv&#233; face au public ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. le n&#233;oconservatisme culturel : contre l'esprit soixante-huitard, d&#233;fense de la famille patriarcale traditionnelle, refus de l'avortement, soutien &#224; l'enseignement de la religion catholique, ce qui n'exclut pas un &#171; f&#233;minisme &#187; d&#233;magogique face &#224; l'islam ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. le n&#233;oconservatisme g&#233;opolitique : pour une Europe atlantique et solidaire des Etats-Unis et de l'Etat sioniste d'Isra&#235;l ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le refus de toute r&#233;ouverture des &#171; vieilles blessures &#187; (le franquisme comme horizon incontournable) ou du questionnement sur la transition politique (convertie en mythe fondateur du r&#233;gime) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. la d&#233;fense de &#171; l'unit&#233; de l'Espagne &#187; comme nation, contre les tendances &#224; la d&#233;sagr&#233;gation et contre les &#171; privil&#232;ges &#187; des Basques et des Catalans, doubl&#233;e d'une intransigeance face au &#171; terrorisme &#187;, non seulement d'ETA, mais aussi de la gauche ind&#233;pendantiste basque ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. La tendance &#224; transformer les immigrant.e.s &#171; non-communautaires &#187; en boucs &#233;missaires face &#224; la crise, gr&#226;ce &#224; une &#171; politique du ressentiment &#187; ciblant l'&#171; ins&#233;curit&#233; &#187; et la peur de l'avenir, ou invoquant simplement le vote utile contre Zapatero (Aguilar, S., &#171; Despu&#233;s de la crisis del movimiento obrero : el conflicto social en la era de la globalizaci&#243;n &#187;, 2010 &lt;a href=&#034;http://hdl.handle.net/2445/10942&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hdl.handle.net/2445/10942&lt;/a&gt; ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on tient compte de cette combinaison de messages et de propositions, il para&#238;t aussi inad&#233;quat de consid&#233;rer le PP comme un parti de droite classique &#8211; similaire &#224; ceux de Sarkozy en France ou d'Angela Merkel en Allemagne &#8211; que de le rapprocher de l'extr&#234;me droite ou des &#171; n&#233;ofascismes &#187; europ&#233;ens montants. Avec les premiers, le PP diverge en raison de ses racines historiques, pour n'avoir pas reni&#233; ses ant&#233;c&#233;dents franquistes, symboliquement repr&#233;sent&#233;s par son pr&#233;sident d'honneur, Manuel Fraga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, il montre une disposition &#224; utiliser des formes de mobilisation extraparlementaires &#233;trang&#232;res aux partis de droite classiques, sauf dans des situations extr&#234;mes (comme Mai 1968, en France). Le PP se distingue aussi des formations d'extr&#234;me droite, parce que, m&#234;me s'il se fait l'&#233;cho d'une partie de leurs messages et de leurs formes de protestation, il ne le fait pas avec la combativit&#233; id&#233;ologique de ces groupes, ni ne met de tels enjeux au premier plan de son agenda politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une direction faible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re centrale, le PP cherche plus sp&#233;cialement &#224; &#233;largir son &#233;lectorat en profitant de la crise &#233;conomique et sociale, en se pr&#233;sentant comme la force qui peut garantir une meilleure &#171; confiance &#187; pour sortir de cette crise, autant &#171; les gagnants &#187; (&#171; les march&#233;s &#187;), qu'une partie des &#171; perdants &#187; (des secteurs des classes moyennes et populaires &#171; autochtones &#187;) de la globalisation n&#233;olib&#233;rale. Par contre, par rapport &#224; l'Italie, la principale diff&#233;rence r&#233;side notamment dans l'absence d'un dirigeant charismatique et d'une centralisation du pouvoir &#224; la Berlusconi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, au sein du bloc de pouvoir (sp&#233;cialement dans son aile m&#233;diatique, renforc&#233;e gr&#226;ce &#224; la TDT &#8211; t&#233;l&#233;vision digitale) dont fait partie le PP &#8211; et au sein du PP &#8211; on ne peut ignorer l'existence d'un large secteur d&#8216;extr&#234;me droite. Celui-ci pousse non seulement &#224; la radicalisation du discours et de la tactique de ses principaux dirigeant.e.s, mais exprime aussi son insatisfaction par rapport &#224; la faiblesse de la direction de Rajoy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#233;conise le retour d'Aznar ou une alternative incarn&#233;e par Esperanza Aguirre [Pr&#233;sidente actuelle de la Communaut&#233; de Madrid, NDT]. Une position bas&#233;e surtout sur la peur qu'une adversaire montante, comme Rosa D&#237;ez [Ancienne militante du PSOE, d&#233;put&#233;e du parti &#171; centriste &#187; Uni&#243;n, progreso y democracia (UPyD), NDT] &#8211; adepte d'un nationalisme espagnol agressif, mais &#233;tranger &#224; la matrice franquiste, et qui met un accent croissant sur la critique de la &#171; classe politique &#187; &#8211; puisse leur arracher une partie de leur &#233;lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute mani&#232;re, il est &#233;vident jusqu'ici que l'&#233;lectorat d'extr&#234;me droite a opt&#233; en faveur d'un &#171; vote strat&#233;gique &#187; pour le PP, sachant que les forces fragment&#233;es, plus proches de formations comme le Front national de Le Pen, au vu des obstacles du syst&#232;me &#233;lectoral en vigueur, n'ont aucune possibilit&#233; d'entrer au parlement espagnol. La question se pose diff&#233;remment au niveau local et m&#234;me r&#233;gional, comme on peut le voir avec Plataforma per Catalunya [Parti d'extr&#234;me-droite catalan, NDT].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conclusions n'emp&#234;chent pas de pr&#233;voir, autant une croissance continue de groupes d'extr&#234;me droite &#8211; qui tiennent des discours ouvertement x&#233;nophobes et recourent &#224; des formes d'actions violentes &#8211;, qu'un durcissement &#224; droite du PP. N&#233;anmoins, au cas o&#249; celui-ci retournerait au gouvernement central, avec un dirigeant comme Rajoy, dont l'autorit&#233; est faible, on ne peut exclure des tentatives de former de nouveaux partis sur sa droite, anim&#233;s par l'un ou l'autre des dirigeant.e.s m&#233;diatiques du bloc social qui a jusqu'ici appuy&#233; le PP. Un sc&#233;nario plus probable, si Rajoy n'obtient pas la majorit&#233; absolue et se voit contraint de s'allier aux droites nationalistes catalanes et basques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Concilier l'irr&#233;conciliable : un autre bilan du gouvernement Lula </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Concilier-l-irreconciliable-un-autre-bilan-du-gouvernement-Lula</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Concilier-l-irreconciliable-un-autre-bilan-du-gouvernement-Lula</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:06:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tania Faustino da Costa</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; quelques jours du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au Br&#233;sil, les enqu&#234;tes d'opinion annoncent une victoire de la dauphine du pr&#233;sident sortant Lula, Dilma Roussef. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s avoir recueilli 46,9 % des votes au premier tour, contre les 32,6 % du candidat du PSDB Jos&#233; Serra et les inattendus 19,3 % (19,6 millions de votes) obtenus par la candidate du Parti vert (PV) Marina Silva, Dilma a d&#251; faire face depuis la fin septembre &#224; un tout aussi surprenant tournant religieux dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton5772-69d88.png?1781944960' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; quelques jours du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au Br&#233;sil, les enqu&#234;tes d'opinion annoncent une victoire de la dauphine du pr&#233;sident sortant Lula, Dilma Roussef.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir recueilli 46,9 % des votes au premier tour, contre les 32,6 % du candidat du PSDB Jos&#233; Serra et les inattendus 19,3 % (19,6 millions de votes) obtenus par la candidate du Parti vert (PV) Marina Silva, Dilma a d&#251; faire face depuis la fin septembre &#224; un tout aussi surprenant tournant religieux dans la campagne. Avec l'appui de l'Assembl&#233;e de Dieu et un slogan qui affirme que &#171; Serra est du bien &#187;, le candidat du PSDB a entre autres &#171; accus&#233; &#187; Dilma d'appuyer la l&#233;galisation de l'IVG&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;interruption volontaire de grossesse&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (proc&#233;dure aujourd'hui accept&#233;e au Br&#233;sil seulement &#224; la suite d'un viol ou en cas de risque de vie de la femme enceinte), essayant de susciter la peur parmi la population de ce qui est consid&#233;r&#233; comme le plus grand pays catholique au monde. Les professions de foi se sont d&#232;s lors multipli&#233;es de la part des deux candidats. Encore avant le scrutin du premier tour, en ao&#251;t dernier, Dilma avait divulgu&#233; une &#171; lettre ouverte au peuple de Dieu &#187; o&#249; elle mettait en &#233;vidence ses valeurs chr&#233;tiennes &#8211; tout en rappelant que c'est au Congr&#232;s br&#233;silien de d&#233;cider de la d&#233;criminalisation de l'avortement ou de l'union de personnes du m&#234;me sexe. En principe, ces d&#233;bats d'intonation eccl&#233;siastique viseraient &#224; recueillir des voix des &#233;vang&#233;liques br&#233;siliens &#8211; Marina Silva &#233;tant elle-m&#234;me membre de l'Assembl&#233;e de Dieu. Notons toutefois qu'on passe ainsi &#224; c&#244;t&#233; des discussions sur l'environnement qui pourraient attirer des &#233;lecteurs du PV, ce qui est d'autant plus &#233;tonnant quand nous consid&#233;rons que les r&#233;sultats du premier tour indiquent que la majorit&#233; des &#233;lecteurs de Marina n'&#233;tait PAS constitu&#233;e par des &#233;vang&#233;liques. Notons encore que le slogan de Serra a &#233;t&#233;, quant &#224; lui, d&#233;fini au d&#233;but de l'ann&#233;e, bien avant que cette pol&#233;mique religieuse ne fasse la une des m&#233;dias br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas tard&#233; &#224; faire le lien entre la strat&#233;gie utilis&#233;e par le PSDB dans ces &#233;lections et celle employ&#233;e en 2002, ann&#233;e o&#249; Lula remportait la pr&#233;sidence pour la premi&#232;re fois. Jadis, c'&#233;tait la menace rouge qui planait, et la vision qu'une &#233;ventuelle victoire du Parti des Travailleurs (PT) chasserait les investisseurs du Br&#233;sil &#233;tait tr&#232;s r&#233;pandue. Vision que Lula avait r&#233;fut&#233;e aussi par l'entremise d'une lettre, sa fameuse &#171; lettre ouverte au peuple br&#233;silien &#187;, s'engageant &#224; maintenir la politique &#233;conomique du gouvernement n&#233;olib&#233;ral de Fernando Henrique Cardoso &#8211; promesse qu'il n'a pas seulement tenue, mais surpass&#233;e, appliquant des politiques &#233;conomiques plus orthodoxes que celles des gouvernements qui lui ont pr&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les choses ont chang&#233; depuis. De nos jours, la plupart des bilans dress&#233;s des huit ans de gouvernement Lula rendent compte de ses succ&#232;s, et m&#234;me son principal opposant, Jos&#233; Serra, n'ose plus brandir la menace rouge. Toutefois, il reste que Lula continue &#224; puiser constamment dans son image de repr&#233;sentant de la &#171; gauche &#187;, non seulement latino-am&#233;ricaine, mais aussi mondiale, certains allant jusqu'&#224; l'appeler &#171; socialiste &#187;. En concordance avec cette position, Lula met la &#171; justice sociale &#187; comme point central de son programme de gouvernement et se vante d'avoir r&#233;ussi une redistribution des revenus inou&#239;e dans l'histoire br&#233;silienne, &#224; travers la cr&#233;ation de 14,7 millions d'emplois, la r&#233;duction du ch&#244;mage &#224; 6 % et la plus grande augmentation du salaire minimum jamais conc&#233;d&#233;e au Br&#233;sil, tout &#231;a gr&#226;ce surtout &#224; la reprise de l'&#233;lan de croissance &#233;conomique &#8212; le taux pr&#233;vu pour 2010 est de 7,5 % &#8212; sans oublier certainement son programme phare, la Bourse-famille. Le gouvernement Lula appara&#238;t ainsi comme l'exemple premier d'une gauche qui a r&#233;ussi, une gauche pragmatique et r&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ces &#171; r&#233;alisations &#187; peuvent et sont effectivement questionn&#233;es, et nous ne faisons pas r&#233;f&#233;rence ici aux questionnements de la part des partis qui appuient Serra (notamment PSDB et DEM), qui d'ailleurs font de leur mieux pour rendre cr&#233;dible l'affirmation que leur gouvernement donnerait suite aux programmes de Lula. Regardons donc cela de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renfor&#231;ant les allures gauchistes de son gouvernement, Lula d&#233;clare avoir &#233;lev&#233; plus de 36 millions de personnes &#224; la classe moyenne, ainsi que d'avoir sorti 28 millions de personnes de la pauvret&#233;, ce qui a amen&#233; plusieurs personnes &#224; parler d'une &#171; nouvelle classe moyenne &#187; qui repr&#233;senterait plus de la moiti&#233; de la population br&#233;silienne. Or, il est important de rappeler que pour &#234;tre rang&#233; dans cette &#171; classe moyenne &#187;, il suffit d'avoir des revenus annuels d'au moins 9000 $ CA ! Seulement ceux et celles qui sont au-dessous de ce seuil sont effectivement consid&#233;r&#233;s comme &#171; pauvres &#187; au Br&#233;sil, et ceux-ci constituent d'ailleurs aujourd'hui un tiers de la population br&#233;silienne !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plusr&#233;cis&#233;ment, la &#171; classemoyenne &#187; repr&#233;senterait 6,3% de la population (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Une cat&#233;gorie qui englobe ceux et celles qui re&#231;oivent le salaire minimum au Br&#233;sil, puisque celui-ci, en d&#233;pit de son augmentation annonc&#233;e &#224; grand fracas, est maintenant d'environ 4000 $ CA par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, les pr&#233;tendues avanc&#233;es du gouvernement Lula sont minimes lorsqu'elles sont compar&#233;es aux gains des grands entrepreneurs, de grands propri&#233;taires terriens et des compagnies multinationales. S'il est vrai qu'actuellement le PIB pr&#233;sente un taux de croissance consid&#233;rable, il faut toutefois se demander qui grandit exactement. Nous avons assist&#233; ces huit derni&#232;res ann&#233;es &#224; une intensification de la concentration du capital au Br&#233;sil, et le r&#244;le BNDES (Banque nationale de d&#233;veloppement &#233;conomique, financ&#233;e par le Tr&#233;sor public) y est pour beaucoup. Pensons &#224; titre d'exemple aux fusions et acquisitions impliquant Aracruz et Votorantim, JBS, Vale do Rio Doce et Inco, Brasil Foods (Saida et Perdigao) ou Oi et Brasil Telecom, toutes compagnies ayant b&#233;n&#233;fici&#233; des ressources de cette institution. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, on peut mesurer la concentration des transferts conc&#233;d&#233;s par le BNDS par le constat que, depuis 2008, seulement 12 grandes compagnies ont dispos&#233; de 57 % des valeurs offertes par cette banque. Et cela, &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t, nous le savons, inf&#233;rieur &#224; celui que ces compagnies pourraient obtenir ailleurs, et &#233;videmment &#224; un taux tr&#232;s inf&#233;rieur &#224; celui offert &#224; l'&#233;crasante majorit&#233; de la population br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, on ne rappellera jamais assez le profit record des banques install&#233;es au Br&#233;sil. Lula lui-m&#234;me semble en &#234;tre fier et nous rappelle souvent : sous son gouvernement les profits des banques ont enregistr&#233; une hausse de 420 % &#224; comparer aux profits r&#233;alis&#233;s pendant les deux mandats pr&#233;c&#233;dents du PSDB. En outre, Lula pr&#233;tend avoir mis fin &#224; la d&#233;pendance historique du Br&#233;sil envers le Fonds Mon&#233;taire International, le FMI, &#224; travers le paiement de la dette externe br&#233;silienne, ce qui aurait permis au Br&#233;sil d'en devenir cr&#233;ancier. Or, le Br&#233;sil pr&#233;sente toujours une dette externe de plus de 240 milliards de dollars, et si le paiement d'une partie de cette dette a &#233;t&#233; possible, cela est d&#251; en partie &#224; sa conversion en dette &#171; interne &#187; &#224; travers l'&#233;mission des titres de dette publique. D'ailleurs, le paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette publique correspond &#224; 36 % du budget f&#233;d&#233;ral br&#233;silien, un montant que le candidat &#224; la pr&#233;sidence du PSOL (et un des fondateurs du PT) Plinio de Arruda Sampaio appelle plaisamment &#171; Bourse-banquier &#187;, et qui a fait l'objet d'une Commission d'enqu&#234;te parlementaire conclue l'ann&#233;e pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s participants &#224; cette enqu&#234;te ont fr&#233;quemment compar&#233; ce montant astronomique aux d&#233;penses avec la Bourse-famille, programme dont b&#233;n&#233;ficient 40 millions de Br&#233;siliens et qui repr&#233;sente seulement 1 % du budget f&#233;d&#233;ral. En ce qui concerne la sant&#233;, ce secteur a re&#231;u 5 % du budget f&#233;d&#233;ral, tandis que seulement 3 % ont &#233;t&#233; destin&#233;s aux services d'&#233;ducation. Rappelons encore qu'une des critiques les plus fr&#233;quentes r&#233;alis&#233;es &#224; l'endroit du gouvernement Lula est que celui-ci n'applique pas une politique d'universalisation de services, mais une politique sociale &#171; cibl&#233;e &#187; - avec une cible, nous le voyons, dont le seuil est tr&#232;s, tr&#232;s bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula revendique aussi avoir construit plus d'&#233;coles techniques et d'universit&#233;s que la totalit&#233; des pr&#233;sidents qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;. Pourtant, ce qu'il faut surtout voir, c'est la vision de l'enseignement qui est en question, une vision selon laquelle l'&#233;ducation doit r&#233;pondre aux besoins du march&#233; et viser surtout la professionnalisation des jeunes, &#224; la place d'une &#233;ducation globale qui viserait le d&#233;veloppement d'un esprit critique. Lula se prend d'ailleurs en tant qu'exemple, attribuant la possibilit&#233; de son arriv&#233;e au &#171; poste num&#233;ro un du pays &#187; au dipl&#244;me technicien obtenu &#224; l'&#226;ge de 18 ans sans qu'il ait compl&#233;t&#233; l'&#233;cole primaire. Il est important de pr&#233;ciser &#233;galement que quand Lula d&#233;fend que les jeunes aient un acc&#232;s plus ample &#224; l'universit&#233;, il fait allusion &#224; des programmes comme le &#171; ProUni &#187;, un programme de pr&#234;ts et bourses qui vise le financement des &#233;tudes universitaires dans les &#233;tablissements priv&#233;s, qui ont ainsi l'avantage d'&#234;tre dispens&#233;s du paiement de certains imp&#244;ts et la certitude de recevoir les frais de scolarit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons que le syst&#232;me d'&#233;ducation postsecondaire au Br&#233;sil est constitu&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument qui justifie un tel programme est que les universit&#233;s publiques ne sont pas dot&#233;es d'assez de places pour satisfaire la demande. N&#233;anmoins, y aura-t-il de nouvelles places dans les universit&#233;s publiques si l'on investit dans les priv&#233;es ? On peut en douter. Le Prouni a aussi &#233;t&#233; critiqu&#233; par des sp&#233;cialistes en &#233;ducation en raison de la faible proportion des bourses int&#233;grales par rapport aux pr&#234;ts, ce qui provoque l'endettement des &#233;tudiants, les for&#231;ant &#233;ventuellement &#224; abandonner leurs &#233;tudes. Sans compter la mauvaise qualit&#233; de l'enseignement offert en g&#233;n&#233;ral, et, quoique ces chiffres soient en chute depuis 2004, le fait que le Br&#233;sil compte encore 14 millions d'analphab&#232;tes, ou, m&#234;me le double si l'on compte les &#171; analphab&#232;tes fonctionnels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le gouvernement Lula aura aussi &#233;t&#233; marqu&#233; par l'absence d'une r&#233;forme fiscale qui enl&#232;verait les imp&#244;ts sur la consommation et taxerait davantage les plus riches, ainsi que par une grande concentration de terre toujours scandaleuse. L'encouragement de l'agron&#233;goce aura de sa part conduit &#224; la d&#233;forestation et de l'Amazonie et du cerrado, la savane br&#233;silienne propre au Centre-ouest du Br&#233;sil, r&#233;gion qui a fait de ce pays, il est vrai, le deuxi&#232;me producteur mondial de soya, mais aussi le deuxi&#232;me dans l'utilisation des OGM et le premier consommateur d'agrotoxiques au monde en termes absolus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pressions des compagnies agricoles install&#233;es au Br&#233;sil sont en effet tenues comme les principales responsables de la r&#233;vision du Code forestier br&#233;silien en discussion actuellement. On propose entre autres de flexibiliser l'exigence de protection des v&#233;g&#233;tations riveraines et d'att&#233;nuer la punition des coupables de d&#233;forestation. Chose certaine, ce gouvernement n'a pas brill&#233; par la protection de la nature br&#233;silienne, mais par de grands travaux controvers&#233;s qui y font atteinte. C'est sous ce gouvernement que les travaux fortement d&#233;battus de d&#233;viation de la rivi&#232;re S. Francisco ont commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi sous ce gouvernement que la construction en pleine Amazonie du troisi&#232;me plus gros barrage au monde, Belo Monte, a &#233;t&#233; approuv&#233;e. Outre les pr&#233;occupations quant &#224; l'&#233;cosyst&#232;me de la r&#233;gion et aux populations locales, on doit se demander qui jouira de ces constructions pharaoniques. Poser la question c'est un peu y r&#233;pondre, mais il est aussi pertinent de faire le lien entre ces investissements et le besoin criant de la moiti&#233; des foyers br&#233;siliens qui ne disposent pas d'un syst&#232;me d'&#233;gout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, l'image de &#171; gauche &#187; de l'actuel gouvernement doit beaucoup &#224; sa position pr&#233;tendument contraire aux privatisations. Une question qui rev&#234;t importance sp&#233;ciale &#224; l'heure actuelle, compte tenu de nouveaux gisements de p&#233;trole et de gaz d&#233;couverts au Br&#233;sil &#224; partir de 2005. Pour &#234;tre situ&#233;s en eau maritime profonde, jusqu'&#224; 8000 m&#232;tres de la surface et en dessous d'une &#233;paisse couche de sel, ces gisements re&#231;oivent le nom de &#171; pr&#233;sel &#187;. Si leur taille exacte n'est pas connue, on l'estime &#224; des dizaines de milliards de barils, et il n'est pas rare de constater l'affirmation que le Br&#233;sil pourrait d&#233;passer l'Arabie Saudite en termes de r&#233;serves d'hydrocarbures. Cela n'a pas &#233;chapp&#233; aux discussions de ce second tour de l'&#233;lection, o&#249; les deux candidats s'accusent mutuellement de vouloir privatiser celle qui est l'ic&#244;ne de la participation de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie br&#233;silienne, Petrobras. Apr&#232;s le d&#233;sastre provoqu&#233; par BP au golfe du Mexique oblige, il est l&#233;gitime de s'inqui&#233;ter des risques d'une exploitation dans des conditions si risqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au r&#233;chauffement de la plan&#232;te, le lecteur en tirera ses propres conclusions. Mais l'aspect qui nous para&#238;t indispensable d'aborder ici est que l'&#201;tat br&#233;silien ne d&#233;tient plus le monopole de l'exploitation de gaz et du p&#233;trole dans son territoire depuis 1997, date o&#249; le gouvernement FHC a jet&#233; les bases d'un mod&#232;le de concessions de licences de forage. Un monopole que la r&#233;cente capitalisation boursi&#232;re de Petrobras n'a pas restitu&#233; &#224; l'&#201;tat br&#233;silien, le mod&#232;le du gouvernement Lula &#233;tant celui de &#171; partage &#187; : pour g&#233;rer l'exploitation du gaz et du p&#233;trole du pr&#233;sel, le gouvernement br&#233;silien propose la cr&#233;ation d'une deuxi&#232;me compagnie, la Petro-sal, qui, sans s'occuper directement de l'exploitation ou de la commercialisation des produits du pr&#233;sel, aurait la responsabilit&#233; de contr&#244;ler les compagnies qui le feront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayons d'&#234;tre plus clairs : BP, Shell, Exxon, Devon, Total et d'autres compagnies p&#233;troli&#232;res sont d&#233;j&#224; en train de participer aux forages des puits dans le pr&#233;sel br&#233;silien &#8211; et, &#233;videmment, d'en profiter &#8211; au moment m&#234;me o&#249; vous lisez ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions encore &#233;voquer la r&#233;forme du syst&#232;me de retraites, le surpeuplement des prisons o&#249; sont &#224; ce moment environ un demi-million de Br&#233;siliens ou le fait que la moiti&#233; de la population br&#233;silienne n'a pas droit &#224; des avantages sociaux, puisqu'ils sont dans ce qu'on appelle le secteur &#171; informel &#187; (ce qui invite &#233;galement &#224; reconsid&#233;rer ce que signifie le taux de ch&#244;mage officiel). Mais nous esp&#233;rons que les exemples fournis auront suffi &#224; faire pr&#233;valoir notre point de vue. Sous un masque de progressisme se trouvent des politiques qui en fait favorisent largement les classes plus ais&#233;es au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'ancien dirigeant syndical, Lula se vante de sa capacit&#233; de r&#233;gler les conflits par des ententes. En effet, avec plus de 80 % d'approbation, le gouvernement Lula semble plaire &#224; la fois &#224; des banquiers et aux b&#233;n&#233;ficiaires de la Bourse-famille. Certains cr&#233;ditent ce fait remarquable au charisme et &#224; l'exp&#233;rience de vie du pr&#233;sident, &#224; son origine d'ouvrier migrant pauvre qui facilite sa connexion avec toute sorte de gens. Toutefois, il y a des int&#233;r&#234;ts qui sont cat&#233;goriquement irr&#233;conciliables, et rien ne garantit d'avance que le gouvernement qui lui succ&#233;dera sera en mesure de r&#233;p&#233;ter une telle prouesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montr&#233;al, le 27 octobre 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;interruption volontaire de grossesse&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plusr&#233;cis&#233;ment, la &#171; classemoyenne &#187; repr&#233;senterait 6,3% de la population &#233;conomiquement active, tandis que les &#171; pauvres &#187; repr&#233;senteraient 30,8% en 009 . Voir, entre autres, les &#233;tudes du Centrode Pol&#237;ticasSociais da Funda&#231;&#227;o Get&#250;lio Vargas &#224; Rio de Janeiro. Marcelo Cortes Neri (dir), A Pequena Grande D&#233;cada : Crise, Cen&#225;riose a Nova Classe M&#233;dia : Sum&#225;rio Executivo, Rio de Janeiro, FGV, CPS, 2010, 32p. [En ligne] &lt;a href=&#034;http://www.fgv.br/cps/c2010/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fgv.br/cps/c2010/&lt;/a&gt;. &#201;videmment, toutes les valeurs mentionn&#233;es d&#233;pendentdelacotationdesmonnaiesbr&#233;silienneetcanadienne.Nouslesavonstoutefoisarrondiesen les majorant dans ce texte &#224; l'unit&#233; sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons que le syst&#232;me d'&#233;ducation postsecondaire au Br&#233;sil est constitu&#233; par des &#233;tablissements d'enseignement publics f&#233;d&#233;raux, provinciaux ou municipaux financ&#233;s par l'&#201;tat et qui offrent une &#233;ducation gratuite aux &#233;tudiants, et des &#233;tablissements priv&#233;s o&#249; les &#233;tudiants doivent payer des frais de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ibge.gov.br/home/presidencia/noticias/noticia_visualiza.php?id_noticia=1708&amp;id_pagina=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ibge.gov.br/home/presidencia/noticias/noticia_visualiza.php?id_noticia=1708&amp;id_pagina=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'avortement, invit&#233; surprise de la pr&#233;sidentielle </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-avortement-invite-surprise-de-la-presidentielle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-avortement-invite-surprise-de-la-presidentielle</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:05:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Jacques Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au lieu d'aborder les enjeux cruciaux, la campagne &#233;lectorale &#173; du second tour de la pr&#233;sidentielle br&#233;silienne, qui a lieu dimanche, &#173; voit les deux candidats, Dilma Rousseff et Jos&#233; Serra, rivaliser d'engagements sur leur foi religieuse et contre la l&#233;galisation de l'avortement. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est devenu le lieu commun des commentaires apr&#232;s le premier tour : si Dilma Rousseff n'a pas pass&#233; la barre des 50%, c'est parce que les Eglises &#233;vang&#233;liques ont appel&#233; &#224; la boycotter &#224; cause de ses positions (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L101xH150/arton5749-fe54b.jpg?1781911726' class='spip_logo spip_logo_right' width='101' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au lieu d'aborder les enjeux cruciaux, la campagne &#233;lectorale &#173; du second tour de la pr&#233;sidentielle br&#233;silienne, qui a lieu dimanche, &#173; voit les deux candidats, Dilma Rousseff et Jos&#233; Serra, rivaliser d'engagements sur leur foi religieuse et contre la l&#233;galisation de l'avortement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est devenu le lieu commun des commentaires apr&#232;s le premier tour : si Dilma Rousseff n'a pas pass&#233; la barre des 50%, c'est parce que les Eglises &#233;vang&#233;liques ont appel&#233; &#224; la boycotter &#224; cause de ses positions pro-avortement. 20% des voix auraient alors bascul&#233; vers Marina Silva, la candidate des Verts, elle-m&#234;me fid&#232;le d'une de ces Eglises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une conversion douteuse &#224; la ligne anti-avortement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux candidats ont par cons&#233;quent ax&#233; leur campagne de second tour sur la promesse de ne pas l&#233;galiser l'interruption volontaire de grossesse (IVG).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette subite conversion est quand m&#234;me difficile &#224; avaler. Lorsqu'ils n'&#233;taient pas encore en campagne, les deux candidats avaient abord&#233; avec courage et d&#233;termination ce grave probl&#232;me social, dont l'interdiction provoque un d&#233;c&#232;s tous les deux jours au Br&#233;sil. Une r&#233;alit&#233; douloureuse que les Eglises, tant catholique qu'&#233;vang&#233;liques, veulent ignorer, surfant sur la culture profond&#233;ment religieuse des Br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, quand il &#233;tait ministre de la Sant&#233; du gouvernement Cardoso, Jos&#233; Serra a introduit la gratuit&#233; des IVG au sein du Syst&#232;me unique de sant&#233; (SUS), en cas de viol ou de danger de mort pour la m&#232;re. Une disposition que la loi de 1940 d&#233;j&#224; permettait mais qui n'&#233;tait pas appliqu&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
De son c&#244;t&#233;, Dilma Rousseff, alors ministre de la Maison civile -l'&#233;quivalent de la Premi&#232;re ministre- du gouvernement Lula avait soutenu le Programme national des droits de l'homme mis en consultation en d&#233;but d'ann&#233;e, et qui proposait la l&#233;galisation de l'avortement. Mention qui avait d&#251; &#234;tre retir&#233;e sous la pression de l'Eglise catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si l'avortement n'&#233;tait pas le centre du probl&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, tant Dilma Rousseff que Jos&#233; Serra ne manquent pas une occasion de dire et redire qu'ils sont oppos&#233;s &#224; la d&#233;criminalisation de l'avortement, dans l'espoir de conqu&#233;rir les 20 millions de voix qui se sont port&#233;es sur Marina Silva au premier tour. Une grande &#233;quivoque, tant sur le fond que sur la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le Br&#233;sil est la&#239;que &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marina Silva, en effet, n'a jamais fait de ce th&#232;me un argument &#233;lectoral. A l'issue du dernier d&#233;bat sur la cha&#238;ne TV Globo, avant le premier tour, elle confiait : &#171; J'ai mes propres convictions sur ce sujet, mais je ne veux pas les imposer&#8230; Le Br&#233;sil est un Etat la&#239;que, c'est donc un sujet qui ne peut &#234;tre tranch&#233; que par la soci&#233;t&#233;. Je ne veux pas faire de guerre sainte sur ce th&#232;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fine analyse du scrutin du 3 octobre, r&#233;alis&#233;e par l'institut de sondage Datafolha, r&#233;v&#232;le que la question de l'avortement n'a pas jou&#233; un r&#244;le significatif dans le d&#233;placement des voix vers Marina Silva. Le facteur d&#233;terminant a davantage &#233;t&#233; la r&#233;v&#233;lation du scandale de corruption impliquant Erenice Guerra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proche collaboratrice de Dilma Rousseff a remplac&#233; cette derni&#232;re au poste de chef de la Maison civile depuis le d&#233;but de la campagne &#233;lectorale, avant d'&#234;tre s&#232;chement &#233;cart&#233;e par le Pr&#233;sident Lula pour avoir favoris&#233; un contrat entre l'entreprise de son fils et le gouvernement, sur fond de pots de vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien un vote de protestation contre la corruption du pouvoir qui a favoris&#233; Marina Silva. Voil&#224; une donn&#233;e que les deux candidats encore en lice semblent ignorer superbement. Pourtant, c'est peut-&#234;tre sur cette dimension morale de la politique que va se faire le choix final. Et dans ce domaine, les t&#233;moignages et d&#233;nonciations qui courent sur Internet renvoient les deux pr&#233;tendants dos-&#224;-dos. Ni l'un ni l'autre n'auraient les mains compl&#232;tement propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'opposition va devoir se montrer inventive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on s'approche du 31 octobre, et plus se multiplient les d&#233;bats sur la fonction de l'Etat et le &#171; patrimonialisme &#187;, cette mani&#232;re dont les partis politiques br&#233;siliens s'approprient les postes-cl&#233;s de l'administration et des entreprises publiques et se les redistribuent entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le vainqueur, au lendemain du scrutin, l'opposition devra apprendre &#224; se recomposer sur des id&#233;es et non plus des personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; ce prix qu'elle pourra vraiment jouer son r&#244;le, en exer&#231;ant un jeu de contre-propositions d&#233;mocratiques, un peu &#224; la mani&#232;re des cabinets fant&#244;mes &#224; l'anglaise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Premi&#232;res conclusions apr&#232;s la mort de N&#233;stor Kirchner</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Premieres-conclusions-apres-la-mort-de-Nestor-Kirchner</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Premieres-conclusions-apres-la-mort-de-Nestor-Kirchner</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:05:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillermo Almeyra</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sa mort cr&#233;e une situation politique qui va &#234;tre marqu&#233;e &#8211; une fois la sc&#233;nographie hyperm&#233;diatis&#233;e des fun&#233;railles termin&#233;e &#8211; par une lutte au couteau pour la succession entre les clans mafieux du &#171; justicialisme &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Le d&#233;c&#232;s de l'ex-pr&#233;sident de l'Argentine (de mai 2003 &#224; d&#233;cembre 2007) suscite une mise en sc&#232;ne politique r&#233;v&#233;latrice de la &#171; gauche institutionnelle &#187; en Am&#233;rique latine. Elle le pr&#233;sente, avec quelques nuances, comme une figure politique de &#171; gauche &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour rappel, sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Argentine-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L120xH150/arton5746-51db8.jpg?1782133561' class='spip_logo spip_logo_right' width='120' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sa mort cr&#233;e une situation politique qui va &#234;tre marqu&#233;e &#8211; une fois la sc&#233;nographie hyperm&#233;diatis&#233;e des fun&#233;railles termin&#233;e &#8211; par une lutte au couteau pour la succession entre les clans mafieux du &#171; justicialisme &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s de l'ex-pr&#233;sident de l'Argentine (de mai 2003 &#224; d&#233;cembre 2007) suscite une mise en sc&#232;ne politique r&#233;v&#233;latrice de la &#171; gauche institutionnelle &#187; en Am&#233;rique latine. Elle le pr&#233;sente, avec quelques nuances, comme une figure politique de &#171; gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rappel, sa femme, Cristina Fernadez Kirchner lui a succ&#233;d&#233; &#224; la pr&#233;sidence de l'Argentine en 2008. Le &#171; clan Kirchner &#187; affirma son pouvoir. Les violents affrontements au sein du Parti justicialiste (p&#233;roniste) traduisaient et traduisent une phase &#8211; parmi d'autres &#8211; de la crise du p&#233;ronisme post-d&#233;cembre 2001 : l'argentinazo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s sa pr&#233;sidence du pays, N&#233;stor Kirchner s'empara de la pr&#233;sidence du Parti juticialiste. Il fut aussi &#233;lu d&#233;put&#233; de la province de Buenos-Aires, la principale circonscription &#233;lectorale du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les analystes s&#233;rieux du syst&#232;me politique argentin ne manquent pas de souligner son omnipr&#233;sence dans les institutions &#8211; politiques, Banque centrale et pouvoir judiciaire &#8211; lors de sa pr&#233;sidence ; puis sous la forme d'un team matrimonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une de El Observador &#8211; quotidien de la droite n&#233;olib&#233;rale de l'Uruguay &#8211; du 28 octobre 2010 s'&#233;tale sa photo embrassant le drapeau argentin et un titre : &#171; Le pouvoir se trouve sans propri&#233;taire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une reconnaissance explicite du type de r&#233;gime &#224; l'&#339;uvre en Argentine. Kirchner a construit sa carri&#232;re politique et sa fortune comme gouverneur de Santa-Cruz, autrement dit de la Patagonie. Tout cela n'emp&#234;che pas une grande partie de la &#171; gauche institutionnelle &#187; de qualifier Kirchner de d&#233;mocrate, de &#171; nationaliste et d'anti-imp&#233;rialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mort cr&#233;e une situation politique qui va &#234;tre marqu&#233;e &#8211; une fois la sc&#233;nographie hyperm&#233;diatis&#233;e des fun&#233;railles termin&#233;e &#8211; par une lutte au couteau pour la succession entre les clans mafieux du &#171; justicialisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de l'ex-pr&#233;sident N&#233;stor Kirchner modifie le panorama politique argentin &#224; une ann&#233;e de la fin du mandat de son &#233;pouse et successeure Cristina Fernandez Kirchner, dont le gouvernement se trouve tr&#232;s affaibli. En effet, Kirchner &#233;tait (tout comme sa femme) pr&#233;candidat pr&#233;sidentiel pour le Parti Justicialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les sondages indiquaient que si les &#233;lections avaient eu lieu maintenant, il aurait eu une avance de 10 points sur le candidat susceptible de recevoir le plus de votes. Il aurait ainsi gagn&#233; au premier tour avec plus de 40% des suffrages, soit 10% de plus que le candidat suivant. C'est la raison pour laquelle il aurait presque certainement &#233;t&#233; le candidat officiel &#224; la pr&#233;sidence, m&#234;me si, th&#233;oriquement, le kirchnerisme disait que ce pouvait &#234;tre aussi bien le &#171; pingouin ou la pingouine &#187;, sugg&#233;rant que Cristina Fernandez aurait pu se battre pour sa r&#233;&#233;lection, ce qu'elle fera maintenant, in&#233;vitablement, mais dans des conditions tr&#232;s difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du gouvernement de Carlos Menem (1989-1999), Kirchner avait &#233;t&#233; un fid&#232;le gouverneur de Patagonie, partisan de Menem. Il avait soutenu les privatisations (et il en avait profit&#233;), en particulier celle de Yacimientos Petroliferons Fiscales (YPF), l'entreprise nationale, car Santa Cruz, sa province d'origine, est riche en p&#233;trole [la Repsol d'Espagne mit la main sur l'essentiel d'YPF]. L'explosion populaire de d&#233;cembre 2001, pour laquelle il n'&#233;tait pas pr&#233;par&#233;, a hiss&#233; ce gouverneur de deuxi&#232;me cat&#233;gorie &#224; la pr&#233;sidence, avec le 20% des suffrages et comme alternative &#224; Menem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Kirchner est apparu face l&#224; un appareil p&#233;roniste en crise comme un &#171; homme du s&#233;rail &#187; apaisant, alors que la population le voyait comme un homme en rupture avec la droite p&#233;roniste et avec son appareil.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, aussi bien au cours de son gouvernement que pendant celui de Cristina Fernandez Kirchner, les plus hauts fonctionnaires &#233;taient &#8211; ou sont &#8211; issus de secteurs de ce pass&#233;. Kirchner a, y compris, construit des ponts en direction de la droite non p&#233;roniste, par exemple avec la funeste &#233;lection au poste de vice-pr&#233;sident de son &#233;pouse, du radical Julio Cobos, qui vote syst&#233;matiquement contre le gouvernement dont il fait partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la carri&#232;re politique de son &#233;pouse &#8211; qui &#233;tait d&#233;put&#233;e et s&#233;natrice et ne faisait partie que d'une fraction p&#233;roniste de deuxi&#232;me rang &#8211; celle de Kirchner lui faisait entretenir des contacts &#233;troits avec les gouverneurs p&#233;ronistes de droite, v&#233;ritables seigneurs f&#233;odaux, tout comme avec les maires de la province de Buenos Aires, qui, avec leur client&#233;lisme et leurs appareils, contr&#244;lent des millions de suffrages, et avec les bureaucrates syndicaux de la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail (CGT), &#233;galement de droite, corrompus et tr&#232;s souvent devenus des patrons. Mais ces derniers peuvent &#233;galement mobiliser des appareils &#171; organisateurs &#187; de clients pour les votations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les conditions sociales qui ont conduit &#224; l'&#233;lection de Kirchner (une protestation de masse qu'il a canalis&#233;e et sur laquelle il a chevauch&#233;, sans la repr&#233;senter, mais en s'appuyant sur elle) lui ont &#233;galement permis d'obtenir le soutien de secteurs progressistes de la classe moyenne non-p&#233;ronistes &#8211; ou du moins pas p&#233;ronistes de droite &#8211; ainsi que de quelques radicaux et socialistes et de beaucoup d'intellectuel. Ils le faisaient soit en ayant des illusions sur ses positions, soit le soutenaient comme &#233;tant le moindre mal face &#224; la droite &#171; gorille &#187; (r&#233;pressive) anti-Kirchner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;pouse, la pr&#233;sidente de la R&#233;publique, perd non seulement un strat&#232;ge et un conseiller essentiel, mais aussi cette charni&#232;re d&#233;cisive : pour n&#233;gocier avec les barons municipaux, toujours dispos&#233;s &#224; vendre leur soutien au plus offrant ; pour traiter avec les gouverneurs de droite ; pour chercher &#224; diviser les appareils des adversaires des p&#233;ronistes de droite ou de l'opposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple Kirchner a eu comme vice-pr&#233;sident de la R&#233;publique le motonaute Daniel Scioli, actuellement gouverneur de Buenos Aires, le district le plus peupl&#233; et ayant le plus de votants. Il est maintenant le candidat &#224; la pr&#233;sidence de la droite p&#233;roniste, et qui portera ombrage &#224; la pr&#233;sidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le kirchnerisme se trouve donc tr&#232;s affaibli et Cristina &#8211; m&#234;me si elle est comp&#233;tente, intelligente, &#233;nergique et bonne oratrice &#8211; pourra difficilement &#234;tre &#224; la fois timoni&#232;re de l'Etat dans les eaux agit&#233;es, directrice de la campagne &#233;lectorale pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles et organisatrice politique dans un parti qui ressemble beaucoup &#224; un &#233;tang plein de requins, sans id&#233;ologie, sans programme, sans principes, sans projets &#224; moyen ou &#224; court terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;conomique en Argentine est pour le moment bonne. Et la situation sociale, encore mauvaise, tend &#224; s'am&#233;liorer. Mais les &#233;lections auront lieu dans un an [automne 2011]. Avec la mort de l'ex-pr&#233;sident, le kirchn&#233;risme se trouve fortement diminu&#233;, et les illusions des secteurs &#171; progressistes &#187; de la classe moyenne subiront le m&#234;me sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ouvre ainsi une p&#233;riode de r&#233;am&#233;nagement et de recomposition des forces et des alliances dans la droite et le centre non-kirchn&#233;riste, ainsi que dans la conf&#233;d&#233;ration des tribus p&#233;ronistes. Cristina Fernandez devra livrer une bataille tr&#232;s dure si elle ne veut pas &#234;tre remplac&#233;e par un homme servant de passerelle entre, d'une part, les secteurs industriels et ruraux plus puissants et leurs expressions politiques et, d'autre part, la droite du p&#233;ronisme et du kirchn&#233;risme d'affaires, comme le gouverneur Daniel Scioli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ouvre de m&#234;me une ann&#233;e de promesses d'impunit&#233; et d'achat de consensus dans l'establishment. Mais cette ann&#233;e pourrait aussi permettre aux travailleurs et travailleuses de s'exprimer de mani&#232;re ind&#233;pendante et de s'organiser pour faire face &#224; cette profonde crise politique et syst&#233;mique, qui pourrait s'articuler avec une crise &#233;conomique, si la situation mondiale et europ&#233;enne en particulier s'aggravait et si la Chine &#171; refroidissait &#187; son &#233;conomie et restreignait ses importations de c&#233;r&#233;ales et de soja.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'histoire ne se r&#233;p&#232;te pas et m&#234;me si Nestor Kirchner &#233;tait loin d'&#234;tre un Peron, pas plus que Cristina Fernandez n'est une Isabel Martinez [Evita Peron], la mort du vieux leader en voie de d&#233;cadence a cr&#233;&#233; un vide. Apr&#232;s des jours de discours fun&#232;bres, r&#233;els ou non, et d'hypocrisie, le vide que laisse Nestor Kirchner deviendra &#233;vident et les chacals vont arriver. Pour le moment il faut attendre et observer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Guillermo Almeyra, d'origine argentine, a &#233;t&#233; professeur &#224; l'UNAM de Mexico-City et est &#233;ditorialiste pour le quotidien mexicain La Jornada.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le retour &#224; la normale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-retour-a-la-normale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-retour-a-la-normale</guid>
		<dc:date>2010-11-02T08:04:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maristella Svampa</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet entretien reprend une interview publi&#233;e en allemand dans l'hebdomadaire de gauche Freitag en juillet 2006 et dont l'auteure nous a confi&#233; l'original en espagnol. Nous l'avons compl&#233;t&#233; par six questions de la r&#233;daction de Mouvements formul&#233;es par Marc Saint-Up&#233;ry et auxquelles Maristella Svampa a eu l'amabilit&#233; de r&#233;pondre d&#233;but ao&#251;t. &lt;br class='autobr' /&gt; En d&#233;cembre 2001 et pendant les nombreux mois d'agitation populaire et d'incertitude qui suivirent la chute du gouvernement de Fernando De La R&#250;a, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Argentine-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton5748-82b2d.jpg?1782133561' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet entretien reprend une interview publi&#233;e en allemand dans l'hebdomadaire de gauche Freitag en juillet 2006 et dont l'auteure nous a confi&#233; l'original en espagnol. Nous l'avons compl&#233;t&#233; par six questions de la r&#233;daction de Mouvements formul&#233;es par Marc Saint-Up&#233;ry et auxquelles Maristella Svampa a eu l'amabilit&#233; de r&#233;pondre d&#233;but ao&#251;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2001 et pendant les nombreux mois d'agitation populaire et d'incertitude qui suivirent la chute du gouvernement de Fernando De La R&#250;a, renvers&#233; par une insurrection spontan&#233;e suscit&#233;e par la crise &#233;conomique, politique et sociale sans pr&#233;c&#233;dent qui secouait le pays, des millions d'Argentins sont descendus dans la rue en criant &#171; Que se vayan todos ! &#187; &#8211; &#171; Qu'ils s'en aillent tous ! &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce slogan &#233;tait adress&#233; &#224; une classe politique compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;e, et d'aucuns proph&#233;tisaient une recomposition radicale du paysage politique, une disparition totale de partis traditionnels et un r&#244;le majeur de la soci&#233;t&#233; civile et des mouvements sociaux. Quatre ans plus tard, le gouvernement du p&#233;roniste Nestor Kirchner, &#233;lu en mai 2003, jouit d'un soutien exceptionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sociologue argentine Maristella Svampa, auteure de nombreux ouvrages et articles sur le p&#233;ronisme, la dynamique de l'exclusion et les mouvements sociaux en Argentine, nous explique comment on est pass&#233; de l'effervescence sociale la plus spectaculaire qu'ait connu un pays occidental au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es &#224; un &#233;tat de &#171; normalit&#233; &#187; paradoxale et travers&#233;e de profondes contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer l'ample soutien dont b&#233;n&#233;ficie Kirchner au sein de la soci&#233;t&#233; argentine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maristella Svampa &#8211; Toutes les grandes crises engendrent des exigences tr&#232;s ambivalentes chez les gens : demandes de solidarit&#233;, d'auto-organisation, mais aussi demandes d'ordre et de normalit&#233;. D'un c&#244;t&#233;, la crise de 2001 a &#233;t&#233; la pire de notre histoire. De l'autre, elle a ouvert la voie &#224; l'&#233;mergence de nouveaux protagonistes sociaux et politiques : assembl&#233;es de quartier, piqueteros [1] N&#233;s au milieu des ann&#233;es 1990 en r&#233;action aux licenciements et autres formes d'organisation par le bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, ces nouveaux sujets n'ont pas r&#233;ussi &#224; construire une alternative politique et sociale. Attir&#233;s par la d&#233;mocratie directe et par une logique politique anti-institutionnelle, ils ne se posaient g&#233;n&#233;ralement pas la question d'un lien avec le syst&#232;me institutionnel. Il me semble que, faute de pouvoir construire un nouveau d&#233;bouch&#233; politique, ces demandes de solidarit&#233; ont fini par s'affaiblir et par d&#233;cliner &#224; partir de la fin de l'ann&#233;e 2002. C'est &#224; ce moment-l&#224;, alors que commence &#224; s'installer une forte demande de normalit&#233;, qu'appara&#238;t Kirchner, avec son slogan : &#171; Pour un pays s&#233;rieux, pour un pays normal [2]. La balle est pass&#233;e dans l'autre camp, celui du syst&#232;me institutionnel, en l'occurrence incarn&#233; par Kirchner et par la faction la plus &#171; progressiste &#187; du Parti justicialiste [3], porteur d'un discours diff&#233;rent de celui du &#171; m&#233;n&#233;misme &#187; [4] des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment Kirchner canalise-t-il ces demandes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, son discours a assum&#233; une partie de ces demandes de r&#233;novation politique. D'abord, au niveau &#233;conomique, il a cherch&#233; &#224; r&#233;cup&#233;rer une certaine marge de man&#339;uvre par rapport aux organismes internationaux. En deuxi&#232;me lieu, il a d&#233;capit&#233; la Cour supr&#234;me de Justice, symbole du m&#233;n&#233;misme et de la manipulation du pouvoir judiciaire. Enfin, il a d&#233;velopp&#233; une politique de condamnation ferme des violations des droits de l'homme commises par la dictature entre 1976 et 1983, revenant sur certaines mesures d'amnistie ou de pardon prise par ses pr&#233;d&#233;cesseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau discursif, il a largement assum&#233; la critique du n&#233;olib&#233;ralisme, qui avait &#233;t&#233; le point commun des grandes mobilisations de 2002. Cette dynamique a engendr&#233; une red&#233;finition de la sc&#232;ne politique, suscitant des r&#233;actions et des analyses assez diff&#233;renci&#233;es de la part des organisations sociales. Pour certaines d'entre elles, Kirchner &#233;tait vraiment diff&#233;rent, offrant la possibilit&#233; d'une nouvelle confluence entre p&#233;ronisme et discours &#233;mancipateur. Si ces organisations tendaient &#224; surestimer la productivit&#233; politique du gouvernement Kirchner, d'autres, au contraire, la sous-estimaient. Je pense en particulier aux organisations les plus ancr&#233;es dans une pens&#233;e anticapitaliste, qui, fortes du r&#244;le social sans pr&#233;c&#233;dent qu'elles avaient pu jouer en 2002, ont consid&#233;r&#233; que rien ne distinguait Kirchner de ses pr&#233;d&#233;cesseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, vous parlez souvent, dans vos analyses, de cette &#171; productivit&#233; politique du p&#233;ronisme &#187;. Qu'entendez-vous par l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi je fais r&#233;f&#233;rence, c'est &#224; la capacit&#233; du p&#233;ronisme, en tant qu'agent politique, de red&#233;finir la situation et, par l&#224; m&#234;me, de cr&#233;er une nouvelle sc&#232;ne politique, de produire des faits politiques nouveaux qui obligent l'ensemble des acteurs &#224; se repositionner. En ce sens, il ne faut pas oublier que la matrice id&#233;ologique du p&#233;ronisme est essentiellement pragmatique, quoi qu'en pensent les nostalgiques de la tradition national-populaire qu'il est cens&#233; incarner. Ce qui nous aide &#224; comprendre non seulement sa capacit&#233; d'absorption de nombre de facteurs apparents de nouveaut&#233; ou de rupture, mais aussi ses volte-face politico-id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, cette productivit&#233; a engendr&#233; diff&#233;rents types de lectures : mon coll&#232;gue, le politologue Juan Carlos Torre dit que le p&#233;ronisme est devenu &#171; un syst&#232;me politique par lui-m&#234;me &#187;, autosuffisant, car il est &#224; la fois gouvernement et opposition. Ernesto Laclau, quant &#224; lui, parle du p&#233;ronisme en tant que populisme comme d'un &#171; signifiant vide &#187;, d'une surface d'inscription des antagonismes culturels et politiques des uns et des autres, tous en dispute pour le doter de contenus diff&#233;rents, voire oppos&#233;s [5] en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que ce sont les polices de presque toutes les provinces qui ne r&#233;pondent pas au contr&#244;le du gouvernement central. Les polices provinciales, et en particulier la Bonaerense, incarnent la continuit&#233; avec les pratiques r&#233;pressives de la dictature militaire, tout en &#233;tant fortement atomis&#233;es et en ayant une tendance &#224; l'autonomisation. Cette situation a d&#233;bouch&#233; sur la constitution de v&#233;ritables r&#233;seaux mafieux articulant hi&#233;rarchie polici&#232;re, pouvoir politique et pouvoir judiciaire. On ne compte plus les tentatives de r&#233;formes de la Bonaerense au cours des derni&#232;res ann&#233;es ! Le&#243;n Arslanian, l'actuel ministre de la S&#233;curit&#233; de la province de Buenos Aires, qui avait d&#233;j&#224; fait une tentative de r&#233;forme en 1997, a cr&#233;&#233; une deuxi&#232;me police (la POL 2), enti&#232;rement ind&#233;pendante de la Bonaerense. Dot&#233;e d'une pr&#233;sence importante dans la rue, elle est cens&#233;e intervenir &#224; chaud pour r&#233;primer les d&#233;lits plus fr&#233;quents &#224; l'&#233;chelle du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;forme ne s'attaque pas directement aux r&#233;seaux mafieux, malgr&#233; quelques r&#233;ussites dans le domaine de la r&#233;pression de certains &#171; d&#233;lits complexes &#187; (&#224; savoir ceux qui impliquent une longue cha&#238;ne d'interd&#233;pendance entre petits d&#233;linquants et grandes mafias, comme le vol et le d&#233;mant&#232;lement de v&#233;hicules) et du d&#233;veloppement de m&#233;canismes de contr&#244;le en liaison avec la soci&#233;t&#233; civile. Tout comme dans d'autres domaines, le probl&#232;me reste celui de la fragmentation des politiques publiques. Comme dit mon coll&#232;gue Gabriel Kessler, qui conna&#238;t bien la question : il y a 25 provinces ; ce qu'il nous faudrait, c'est 25 r&#233;formes de la police !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Kirchner au pouvoir, peut-on envisager la possibilit&#233; d'une sortie du n&#233;olib&#233;ralisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, beaucoup de gens avaient compris que le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral avait engendr&#233; un niveau d'exclusion absolument intol&#233;rable. &#192; partir de 2003, l'exclusion a commenc&#233; &#224; &#234;tre per&#231;ue comme quasi &#171; naturelle &#187;, et c'est la pr&#233;sence quotidienne d'exclus dans la rue qui appara&#238;t comme &#233;tant &#171; intol&#233;rable &#187;. De telle sorte qu'au-del&#224; de la rh&#233;torique anti-n&#233;olib&#233;rale des gens et du gouvernement, on assiste &#224; une esp&#232;ce de naturalisation croissante des in&#233;galit&#233;s sociales. Le risque de voir se perp&#233;tuer ce mod&#232;le excluant est donc tr&#232;s grand. Le gouvernement Kirchner a choisi de mettre en &#339;uvre des &#171; plans &#187; sociaux de type assistantiel et n'ayant pas de caract&#232;re universel, sans parler de leur montant mis&#233;rable (50 euros par mois). Le message est clair : &#224; travers toute une batterie de politiques assistantielles focalis&#233;es sur les exclus, on fait bien comprendre &#224; ces derniers qu'ils doivent se r&#233;signer &#224; accepter leur position d'exclus au sein du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu d&#233;battre, par exemple, de la possibilit&#233; d'universaliser les programmes sociaux ou de cr&#233;er une forme de revenu citoyen (comme le proposaient certains), mais le gouvernement n'a m&#234;me pas voulu ouvrir ce d&#233;bat. Ce n'est que r&#233;cemment qu'il a accept&#233; la mise en &#339;uvre de n&#233;gociations collectives syndicats-patronat, apr&#232;s que la d&#233;valuation et l'inflation aient d&#233;vast&#233; les revenus de l'ensemble des salari&#233;s. Mais ces n&#233;gociations concernent les travailleurs du secteur formel, alors que l'Argentine a un pourcentage tr&#232;s &#233;lev&#233; de travailleurs au noir, informels ou pr&#233;caris&#233;s (44,3 %). Par ailleurs, le tissu social reste tr&#232;s fragile et les canaux de m&#233;diation institutionnelle font toujours d&#233;faut, ne l'oublions pas. Dans ce contexte, il n'est pas surprenant que les groupes et les organisations les plus divers utilisent l'action directe comme seul recours efficace pour faire pression sur l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du gouvernement et des cercles de pouvoir, cette centralit&#233; de l'action directe (blocages de routes, occupations, petites puebladas [6] pr&#233;occupe beaucoup. Mais tout le monde oublie qu'en Argentine, il n'y a pas eu de r&#233;forme politique, alors que c'&#233;tait justement une exigence implicite des mobilisations de 2001-2002 : la revendication d'un nouveau cadre institutionnel, fond&#233;e sur l'incorporation de formes de d&#233;mocratie directe et de d&#233;mocratie participative. Mais la r&#233;forme politique et les politiques universelles d'int&#233;gration sont deux th&#232;mes actuellement exclus de l'ordre du jour, alors qu'ils seraient indispensables pour repenser la forme &#224; travers laquelle un pays capitaliste p&#233;riph&#233;rique pourrait d'une mani&#232;re ou d'une autre d&#233;passer des limites du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral. De ce point de vue, il para&#238;t difficile d'affirmer que Kirchner d&#233;veloppe un programme post-n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une question qu'on peut se poser vu de l'ext&#233;rieur, c'est pourquoi, pr&#233;cis&#233;ment, Kirchner n'a pas engag&#233; une rationalisation minimale de l'archipel baroque des plans et diverses aides sociales. Est-ce que la r&#233;sistance &#224; l'universalisation est due &#224; un d&#233;sir plus ou moins tacite de pr&#233;server le potentiel client&#233;liste et manipulatoire des plans ? Ou bien s'agit-il d'une crainte concernant les possibles effets macro&#233;conomiques d'un embryon de revenu minimum universel (pressions inflationnistes, etc.) ? Comment le percevez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que cela refl&#232;te plut&#244;t la crainte de possibles effets inflationnistes. Pour le gouvernement &#8211; et en particulier pour les fonctionnaires du minist&#232;re de l'&#201;conomie &#8211; la question de la possible universalisation des aides sociales, de m&#234;me que celle de l'augmentation des salaires, est une v&#233;ritable bo&#238;te de Pandore. Le discours de la droite, de son c&#244;t&#233;, a souvent &#233;voqu&#233; le spectre de l'hyper-inflation, en particulier entre 2002 et 2004. Ensuite, il faut dire que la mise en place du plan &#171; Jefes y Jefas de Hogar &#187; [7] a constitu&#233;, dans les circonstances de l'&#233;poque, une reformulation importante de la politique sociale, presque un chemin vers son unification : cela concernait en effet pr&#232;s de deux millions de destinataires ! Mais ce programme, qui n'&#233;tait pas enti&#232;rement d&#233;nu&#233; d'aspiration &#224; l'universalit&#233;, a rapidement a perdu son &#233;lan initial. &#201;vacuant toute id&#233;e d'association avec un revenu minimum universel, il a d&#233;riv&#233; vers une politique assistantielle facilement manipulable par le parti au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les orientations de la Banque mondiale ne favorisaient nullement une politique publique ax&#233;e sur l'instauration d'un revenu universel, proposant en revanche le d&#233;veloppement de l'&#171; auto-organisation des pauvres &#187; &#224; travers des &#171; initiatives productives &#187; [8] (ateliers collectifs, coop&#233;ratives, etc.). C'est ainsi qu'&#224; partir du moment o&#249; le gouvernement abandonne toute id&#233;e d'universalisation, le renforcement de l'aide sociale commence &#224; passer par d'autres petits programmes sociaux et surtout par la multiplication de ces &#171; projets de production &#187;. D'o&#249; l'archipel de programmes sociaux qu'on contemple aujourd'hui, &#224; savoir une politique de balkanisation de l'aide sociale qui vise la consolidation du contr&#244;le de la production et la reproduction de la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais que faut-il penser de l'attitude de confrontation avec certaines multinationales ? Ne cr&#233;dibilise-t-elle pas le discours &#171; anti-n&#233;olib&#233;ral &#187; de Kirchner ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que la sortie de la convertibilit&#233; (un dollar=un peso) et la d&#233;valuation qui a suivi ont cr&#233;&#233; une nouvelle situation pour les multinationales, en particulier pour les entreprises qui g&#232;rent les services privatis&#233;s. D'abord parce que la d&#233;valuation a diminu&#233; la valeur de leurs actifs en dollars ; ensuite, parce que, dans le contexte de la crise, elles ont d&#251; accepter la &#171; cong&#233;lation &#187; de leurs tarifs. On en est l&#224; pour l'instant, et Kirchner a dit a plusieurs reprises que la ren&#233;gociation des contrats avec les entreprises privatis&#233;es n'aurait lieu qu'une fois que l'Argentine serait sortie de sa situation de d&#233;faut de paiement vis-&#224;-vis de ses cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui explique pourquoi, au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es, le gouvernement a subventionn&#233; les entreprises privatis&#233;es pour emp&#234;cher l'augmentation des tarifs des services publics. Il est bien conscient qu'une telle augmentation pourrait engendrer de graves conflits avec les classes populaires et les couches moyennes, fortement touch&#233;es par la crise, et il souhaite d'autant plus l'&#233;viter que l'Argentine est une soci&#233;t&#233; tr&#232;s encline &#224; adopter l'action directe comme strat&#233;gie de lutte et de pression. Cela dit, il est exact que le gouvernement a adopt&#233; une attitude de confrontation avec certaines multinationales, en particulier dans des situations de non-respect flagrant des contrats souscrits par ces entreprises. C'est le cas du service des eaux, qui &#233;tait g&#233;r&#233; par la compagnie fran&#231;aise Suez, du service postal (Correo Argentino), d'une ligne de chemin de fer (Ferrocarril San Mart&#237;n) et de l'espace hertzien contr&#244;l&#233; par la compagnie fran&#231;aise Thal&#232;s Spectrum (ex-Thomson CSF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette occasion que Kirchner a d&#233;velopp&#233; un discours extr&#234;mement virulent contre les entreprises privatis&#233;es, d&#233;non&#231;ant les &#233;normes b&#233;n&#233;fices qu'elles avaient accumul&#233;s pendant les ann&#233;es 1990. Ces irr&#233;gularit&#233;s ont d&#233;bouch&#233; sur une rupture des contrats et une r&#233;-&#233;tatisation des entreprises fautives. Mais ce sont l&#224; des cas exceptionnels. En r&#233;alit&#233;, la rh&#233;torique anti-n&#233;oliberale de Kirchner n'a pas &#233;t&#233; accompagn&#233;e par une politique coh&#233;rente de re-nationalisation, orient&#233;e vers une v&#233;ritable transformation du cadre des m&#233;canismes de r&#233;gulation. Or, il s'agit l&#224; d'une question tr&#232;s importante, en particulier en ce qui concerne le th&#232;me des ressources naturelles (le gaz et le p&#233;trole), qui continuent d'&#234;tre absents de l'horizon d'action du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer l'apparition d'organisations piqueteras pro-Kirchner ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces organisations ont une matrice anti-n&#233;olib&#233;rale mais pas anticapitaliste. En ce sens, elles sont li&#233;es &#224; la tradition national-populaire qu'incarnait de mani&#232;re paradigmatique le p&#233;ronisme des ann&#233;es 1950 et certains courants p&#233;ronistes des ann&#233;es 1970, tradition qui, bien entendu, a &#233;t&#233; compl&#232;tement marginalis&#233;e dans les ann&#233;es 1990. Kirchner donne un second souffle &#224; ce mod&#232;le qui, pour le d&#233;crire de mani&#232;re sch&#233;matique, propose une articulation entre le leader, les masses mobilis&#233;es et un &#201;tat de type national-populaire. Mais, dans la tradition argentine, la relation leader-masses a toujours impliqu&#233; une subordination totale des masses au style personnel du leader. Kirchner n'est pas une exception de ce point de vue. En r&#233;alit&#233;, je pense que cette tentative de ressusciter le mod&#232;le national-populaire est pour une bonne part une chim&#232;re aliment&#233;e par les vents progressistes qui parcourent l'Am&#233;rique latine depuis la constitution d'un p&#244;le de centre-gauche, avec Ch&#225;vez, Lula et Evo Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se traduit par une forte rh&#233;torique anti-n&#233;olib&#233;rale et des mouvements de centre-gauche qui cherchent &#224; recr&#233;er cette matrice national-populaire. Avec tous ses d&#233;fauts et ses imperfections, l'Argentine a incarn&#233; l'expression la plus vigoureuse du mod&#232;le d'&#171; &#201;tat providence latino-am&#233;ricain &#187;. Du coup, la tentation de le rappeler &#224; la vie est tr&#232;s forte, surtout dans un pays o&#249; le mod&#232;le populiste d'int&#233;gration a connu un tel succ&#232;s. Il ne s'agit pas pour autant d'une simple reproduction &#224; l'identique, puisque ce qui nous signale le retour de l'illusion populiste, c'est la n&#233;cessit&#233; de repenser le r&#244;le de l'&#201;tat dans le nouveau contexte de d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Puisqu'on parle de leadership, certains critiques de Kirchner parlent d'une concentration excessive de pouvoir, de la tendance &#224; gouverner par d&#233;crets, etc.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il faut tenir compte du fait qu'en Argentine, comme dans d'autres pays latino-am&#233;ricains, les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales se sont appuy&#233;es sur la tradition hyper-pr&#233;sidentialiste et sur le legs populiste, tout en les renfor&#231;ant souvent. Cela s'est traduit par la consolidation d'un mod&#232;le d&#233;cisionniste qui se manifeste par la concentration du pouvoir dans la personne du pr&#233;sident et le recours syst&#233;matique aux d&#233;crets pr&#233;sidentiels. Loin d'&#234;tre un trait conjoncturel, cette dynamique politique constitue l'une des cl&#233;s du nouveau mod&#232;le. En ce sens, Kirchner est loin d'incarner une volont&#233; de rupture ou de d&#233;mocratisation du pouvoir r&#233;publicain ; bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pendant les deux premi&#232;res ann&#233;es de son gouvernement, il a dict&#233; pas moins de 140 d&#233;crets dits &#171; de n&#233;cessit&#233; et d'urgence &#187;, soit plus que ceux sign&#233;s par les pr&#233;sidents De la R&#250;a et Menem dans le m&#234;me laps de temps. Plus r&#233;cemment, il a introduit des r&#233;formes qui consolident ce mod&#232;le de d&#233;mocratie d&#233;l&#233;gative et d&#233;cisionniste. Ces mesures concernent en particulier la composition du Conseil de la magistrature (qui supervise l'&#233;lection, le contr&#244;le et l'&#233;ventuelle destitution des juges) et la r&#233;glementation de l'&#233;mission des d&#233;crets pr&#233;sidentiels (dans le sens d'une l&#233;gitimation accrue de cette pratique), ainsi que la dite &#171; loi des super-pouvoirs &#187;, qui renforce l'autorit&#233; du chef de cabinet (sorte de Premier ministre). Ce dernier aura ainsi le pouvoir de r&#233;assigner des segments du budget sans aucun contr&#244;le du Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En parlant des vents progressistes qui parcourent l'Am&#233;rique latine. N'y a-t-il pas tout de m&#234;me une nouveaut&#233; importante &#8211; y compris par rapport &#224; la &#171; troisi&#232;me position &#187; p&#233;roniste classique (ou l'int&#233;grationnisme latino-am&#233;ricain restait pour bonne part sur le plan rh&#233;torique) &#8211;, dans le fait que le gouvernement Kirchner exploite apparemment assez intelligemment la nouvelle structure d'opportunit&#233;s internationales, malgr&#233; les difficult&#233;s, les frictions et les rat&#233;s conjoncturels de l'int&#233;gration continentale ? Je pense au Mercosur, &#224; la dynamique &#233;conomique et g&#233;opolitique avec le Br&#233;sil, avec Ch&#225;vez, avec Evo, etc.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que la constitution d'un espace latino-am&#233;ricain caract&#233;ris&#233; par la critique du n&#233;olib&#233;ralisme et la recherche d'alliances continentales est une nouveaut&#233;. Kirchner a fort bien exploit&#233; cette nouvelle conjoncture. Ajoutons &#224; cela que cette perspective latino-am&#233;ricaine divise le champ militant en Argentine : il y a ceux qui critiquent fortement Kirchner mais per&#231;oivent une opportunit&#233; historique au niveau continental, et ceux qui soutiennent Kirchner et voient une esp&#232;ce de continuit&#233; lin&#233;aire entre son action au niveau national et ce nouvel espace. Ce n'est pas une situation facile, et tout le monde est amen&#233; &#224; vivre cette ambivalence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; Cordoba, lors du dernier sommet du Mercosur, la CTA (Centrale des travailleurs argentins) [9] a particip&#233; &#224; des activit&#233;s officielles, mais aussi &#224; des activit&#233;s parall&#232;les, tandis que les secteurs les plus pro-gouvernementaux expliquaient que, d&#233;sormais, il n'&#233;tait plus n&#233;cessaire de promouvoir des forums parall&#232;les, vu qu'on avait des gouvernements &#171; populaires &#187;. Quoi qu'il en soit, nous sommes beaucoup &#224; penser que ce nouvel espace id&#233;ologique, et surtout la dynamique politico-&#233;conomique amorc&#233;e par le Mercosur, ouvrent la possibilit&#233; de penser et de mettre en commun les th&#232;mes-cl&#233;s d'un programme v&#233;ritablement post-n&#233;oliberal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s que les organisations piqueteras aient pratiquement perdu le soutien de la soci&#233;t&#233; argentine, elles se sont consacr&#233;es &#224; leurs projets productifs. L'&#233;conomie sociale peut-elle contribuer &#224; transformer le mod&#232;le ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie sociale peut avoir un impact au niveau micro-social, dans certains secteurs de la population, mais ce dont on a besoin en Argentine, c'est des propositions macro-sociales. Le d&#233;veloppement, sous une forme ou une autre, de l'&#233;conomie sociale a &#233;t&#233; important en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu les r&#233;seaux de troc, qui ont atteint &#224; une &#233;poque des millions des personnes. Nous avons aujourd'hui les usines r&#233;cup&#233;r&#233;es (suite &#224; une faillite ou &#224; un abandon des propri&#233;taires) et autog&#233;r&#233;es par les travailleurs, par exemple, qui sont plus de 150 et concernent plusieurs milliers de salari&#233;s. C'est une dynamique qui sert &#224; ouvrir des br&#232;ches dans le mod&#232;le, mais pas &#224; le transformer. Certaines exp&#233;riences ont beaucoup de potentialit&#233;s, dans la mesure o&#249; elles annoncent les grands traits d'un nouveau paradigme, mais cela dit, il faut reconna&#238;tre qu'elles ne continuent &#224; jouer qu'un r&#244;le assez modeste dans le processus de transformation du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensons &#224; tous les probl&#232;mes de consolidations que connaissent les initiatives &#233;conomiques promues par des collectifs de ch&#244;meurs, ou au faible impact macro-social des entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es, qui semblent par ailleurs &#234;tre entr&#233;es dans un processus d'institutionnalisation croissante, &#224; l'exception de quelques exp&#233;riences tr&#232;s connues dans les milieux militants et au niveau international, comme l'h&#244;tel Bauen de Buenos Aires ou surtout la fabrique de c&#233;ramique Zanon &#224; Neuqu&#233;n. Il est vrai que le gouvernement a stimul&#233; le d&#233;veloppement de petits projets productifs, mais leur accompagnement est d&#233;ficient en termes d'assistance technique et de formation. Et puis un des objectifs du gouvernement est aussi la d&#233;politisation de ces exp&#233;riences, qui sont souvent n&#233;es &#224; chaud, dans l'effervescence des nouveaux discours et des nouvelles pratiques politiques. En fin de compte le risque majeur, c'est que dans dix ans, nous nous retrouvions au milieu d'un v&#233;ritable cimeti&#232;re de petites initiatives productives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, les grandes art&#232;res de Buenos Aires sont beaucoup moins souvent bloqu&#233;es par les piqueteros. Le piquete est&#8211;il d&#233;pass&#233; en tant que forme de protestation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'octobre 2003, le gouvernement et les m&#233;dias ont d&#233;velopp&#233; une campagne virulente de diabolisation des piquetes, malheureusement renforc&#233;e par la maladresse tactique des organisations piqueteras. Ces derni&#232;res ont multipli&#233; les blocages de routes et les occupations &#224; un moment o&#249; la demande de normalit&#233; &#233;tait tr&#232;s forte de la part de la population de Buenos Aires. L'affrontement &#233;tait extr&#234;mement in&#233;gal. Il a suffi de quelques mois de campagne intense pour d&#233;l&#233;gitimer un type d'acteurs qui, de toutes fa&#231;ons, n'avait jamais &#233;t&#233; compl&#232;tement accept&#233; par la soci&#233;t&#233;. Ce n'est gu&#232;re qu'entre 2001 et 2002 que les piqueteros avaient acquis un certain statut de symbole de la lutte contre le n&#233;olib&#233;ralisme. Deux ans plus tard, les m&#234;mes organisations n'&#233;taient plus consid&#233;r&#233;es que comme un &#171; effet pervers &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme, et on voyait s'accumuler &#224; leur rencontre les accusations les plus vari&#233;es de client&#233;lisme, d'assistantialisme, de manipulation politique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau discours occultait et d&#233;l&#233;gitimait la dynamique de lutte pour les droits dont les piqueteros &#233;taient porteurs : droit au travail, droit &#224; une vie digne. Le gouvernement s'est employ&#233; &#224; discipliner et d&#233;sactiver la capacit&#233; de pression d'un mouvement dot&#233; d'une forte une pr&#233;sence dans la rue. Il a r&#233;ussi en bonne part en en s'appuyant sur les repr&#233;sentations les plus r&#233;trogrades des classes moyennes, en attisant les pr&#233;jug&#233;s de classe et de race afin de stigmatiser et de condamner des mouvements qui n'&#233;taient pourtant que l'expression d'une r&#233;alit&#233; sociale incontournable : la part du monde des exclus qui se refuse &#224; la r&#233;signation. Bref, en peu de temps, on a r&#233;ussi &#224; construire un consensus anti-piqueteros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, le gouvernement de Kirchner a toujours dit qu'il n'y aurait pas de r&#233;pression. Qu'en est-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; il y a un double discours. La politique de d&#233;fense des droits de l'homme, dont Kirchner s'est fait un porte-drapeau, est essentiellement tourn&#233;e vers le pass&#233;, pas vers le pr&#233;sent. Il est vrai qu'il n'y a pas eu de grand mouvement de r&#233;pression &#171; physique &#187;. Il s'agit plut&#244;t d'&#233;pisodes d&#233;centralis&#233;s dans diverses r&#233;gions du pays. Ce qui caract&#233;rise le gouvernement de Kirchner, c'est une dynamique de judiciarisation du traitement de la protestation sociale, de diabolisation et de stigmatisation m&#233;diatique, politique et sociale des organisations piqueteras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une diabolisation qui s'&#233;tend parfois &#224; diff&#233;rentes formes de conflits syndicaux, en particulier ceux qui sont les plus visibles dans l'espace public. On peut aussi parler d'une tentative de militarisation des zones de conflit social, avec deux th&#233;&#226;tres principaux. D'une part, on a la ville de Buenos Aires et en particulier ses banlieues, ce qu'on appelle le conurbano, &#224; savoir la grande ceinture de la capitale, o&#249; l'on trouve des zones d'extr&#234;me pauvret&#233; et o&#249; r&#233;sident un tiers des &#233;lecteurs argentins. Il s'est &#233;tabli une esp&#232;ce de fronti&#232;re entre cette p&#233;riph&#233;rie urbaine, per&#231;ue comme le repaire des classes dangereuses, et la ville de Buenos Aires, symbole du progr&#232;s et de la demande de normalit&#233;. Le deuxi&#232;me th&#233;&#226;tre de conflit concerne les zones p&#233;troli&#232;res du nord du pays et de la Patagonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si c'est dans ces r&#233;gions que sont apparus les premiers piquetes et les premi&#232;res insurrections de localit&#233;s enti&#232;res, vers 1996-1997. Il y a une relation tr&#232;s &#233;troite entre le mod&#232;le &#171; extractiviste &#187; de ces enclaves exportatrices et la d&#233;t&#233;rioration des droits sociaux. C'est l&#224; que se manifeste de fa&#231;on presque caricaturale la forte asym&#233;trie qui existe entre la faiblesse extr&#234;me des acteurs locaux et la puissance des firmes multinationales, dont l'h&#233;g&#233;monie est favoris&#233;e par les processus de privatisation et par la faible capacit&#233; de contr&#244;le du gouvernement central et des autorit&#233;s provinciales. Dans ces r&#233;gions, au nord comme au sud du pays, on a atteint un degr&#233; de conflictualit&#233; tr&#232;s &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte aussi &#171; globalis&#233; &#187;, l'&#201;tat national n'a que peu de moyens d'intervention, m&#234;me si, en g&#233;n&#233;ral, sa r&#233;ponse a &#233;t&#233; d'essayer de militariser les zones de conflit. En tout cas, cela d&#233;montre que l'avanc&#233;e de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale n'a pas &#233;t&#233; stopp&#233;e en Argentine ; c'est plut&#244;t le contraire qui est vrai, surtout en ce qui concerne l'exploitation des ressources naturelles (p&#233;trole, gaz, et de plus en plus, minerais). Cela dit, s'il est exact que, dans les zones p&#233;troli&#232;res, il y a affrontement in&#233;gal entre acteurs locaux et acteurs globaux, les travailleurs et les ch&#244;meurs s'y confrontent directement aux pouvoirs &#233;conomiques et peuvent m&#234;me faire peser la menace de paralyser la production (ce qui est arriv&#233; &#224; plusieurs reprises).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la capitale, les acteurs mobilis&#233;s adressent leurs revendications &#224; l'&#201;tat, pas aux acteurs &#233;conomiques ; et m&#234;me si la population &#171; int&#233;gr&#233;e &#187; ne tol&#232;re pas la pr&#233;sence des exclus, ceux-ci ne peuvent &#233;viter de se faire pr&#233;sents et visibles de mani&#232;re quotidienne dans le centre politique et financier du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours &#224; propos de r&#233;pression, ne dit-on pas toutefois qu'un des succ&#232;s de Kirchner est d'avoir remis un peu d'ordre r&#233;publicain dans une police &#233;minemment mafieuse et corrompue ? Je pense &#224; la Bonaerense [[La police de la province de Buenos Aires, qui contr&#244;le toute l'aire m&#233;tropolitaine de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] N&#233;s au milieu des ann&#233;es 1990 en r&#233;action aux licenciements massifs effectu&#233;s par la compagnie p&#233;troli&#232;re nationale YPF, les &#171; piquetes &#187;, blocages de route souvent accompagn&#233;s de campements provisoires et autog&#233;r&#233;s par les manifestants, se sont rapidement &#233;tendus dans le pays. Cette forme de protestation sociale a donn&#233; son nom &#224; des dizaines de mouvements regroupant des centaines de milliers de ch&#244;meurs en lutte, les piqueteros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'id&#233;e de &#171; pa&#237;s en serio &#187; a aussi la connotation de l'expression enfantine &#171; pour de vrai &#187; : &#171; un pays pour de vrai &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] p&#233;roniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Du nom de Carlos Menem, dirigeant p&#233;roniste, pr&#233;sident de la R&#233;publique de 1989 &#224; 1999. Personnage haut en couleur, ses deux mandats se sont caract&#233;ris&#233;s par un m&#233;lange de truculence populiste et de n&#233;olib&#233;ralisme agressif. Sa politique de privatisations massives et de d&#233;mant&#232;lement du secteur public a &#233;t&#233; marqu&#233;e par un degr&#233; de corruption sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] cf. E. LACLAU, La raz&#243;n populista, FCE, Buenos Aires, 2005 (version angl. : On populist reason, Verso, Londres, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Soul&#232;vements populaires concernant une localit&#233; ou un quartier entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Chefs de famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Emprendimientos productivos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] La CTA est n&#233;e en 1991 de la scission d'un groupe de syndicats appartenant &#224; la CGT p&#233;roniste. Bien qu'ayant aussi des liens avec certaines organisations piqueteras, la CTA est surtout forte dans les rangs du syndicalisme de la fonction publique. Certains de ses cadres et dirigeants sont plus proches du gouvernement Kirchner, d'autres assument une position tr&#232;s critique &#224; son &#233;gard, sans que cela se traduise par une division en tendances organiques pro ou anti-gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
