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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Au nom de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, UBS rach&#232;te Cr&#233;dit suisse</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-nom-de-l-interet-general-UBS-rachete-Credit-suisse</link>
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		<dc:date>2023-03-21T06:57:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martine Orange</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-03-21</dc:subject>
		<dc:subject>Suisse</dc:subject>
		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sous la pression de toutes les autorit&#233;s de r&#233;gulation, UBS accepte de racheter sa rivale pour 3 milliards de francs suisses. Le gouvernement helv&#233;tique apporte 9 milliards de garantie, avec l'espoir de restaurer la confiance. &lt;br class='autobr' /&gt; 19 mars 2023 | tir&#233; de mediapart.fr | Photo : &#169; Jakub Porzycki / NurPhoto via AFP https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/190323/au-nom-de-l-interet-general-ubs-rachete-credit-suisse &lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;dit suisse est mort. Apr&#232;s plus de cent soixante ans d'existence, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-03-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-03-21&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Suisse-+" rel="tag"&gt;Suisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/ubs-f7f3d.png?1781168276' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous la pression de toutes les autorit&#233;s de r&#233;gulation, UBS accepte de racheter sa rivale pour 3 milliards de francs suisses. Le gouvernement helv&#233;tique apporte 9 milliards de garantie, avec l'espoir de restaurer la confiance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 mars 2023 | tir&#233; de mediapart.fr | Photo : &#169; Jakub Porzycki / NurPhoto via AFP &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/190323/au-nom-de-l-interet-general-ubs-rachete-credit-suisse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/190323/au-nom-de-l-interet-general-ubs-rachete-credit-suisse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;dit suisse est mort. Apr&#232;s plus de cent soixante ans d'existence, la deuxi&#232;me banque helv&#233;tique n'a pas r&#233;sist&#233; aux cinq derniers jours de panique bancaire. Son d&#233;c&#232;s a &#233;t&#233; prononc&#233; le 19 mars au soir, dans l'urgence, apr&#232;s un week-end de tractations. Comme le souhaitaient les autorit&#233;s helv&#233;tiques, UBS a propos&#233; de reprendre son concurrent pour 3 milliard de francs suisses (3,02 milliards d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 mars, la capitalisation boursi&#232;re de Cr&#233;dit suisse s'&#233;levait encore &#224; 7 milliards de francs suisses. Mais les n&#233;gociateurs estimaient qu'ils n'avaient gu&#232;re de choix ni de marge de man&#339;uvre pour n&#233;gocier : il fallait plier devant les exigences d'UBS. Afin de faciliter l'op&#233;ration, la Banque centrale de Suisse s'est engag&#233;e &#224; mettre une ligne de cr&#233;dit de 100 milliards de francs suisses &#224; la disposition des deux &#233;tablissements bancaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette issue &#233;tait r&#233;clam&#233;e par nombre de r&#233;gulateurs et d'intervenants politiques et financiers. C'&#233;tait, selon eux, le seul moyen d'endiguer la mont&#233;e des tensions qui a saisi le syst&#232;me financier occidental depuis la faillite de la banque californienne SVB. &lt;i&gt;&#171; Une faillite de Cr&#233;dit suisse aurait aurait eu de graves cons&#233;quences pour le syst&#232;me financier internationa&lt;/i&gt;, a expliqu&#233; la ministre des finances suisse Karin Keller-Sutter dans la soir&#233;e. &lt;i&gt;C'&#233;tait de la responsabilit&#233; de la Suisse d'&#233;viter qu'un tel sc&#233;nario se mat&#233;rialise. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Estimant qu'il n'y avait pas une minute &#224; perdre, les autorit&#233;s helv&#233;tiques ont d&#233;cid&#233; de lever toutes les contraintes r&#233;glementaires et l&#233;gales pour r&#233;aliser au plus vite cet adossement bancaire : toutes les proc&#233;dures d'examen de cette concentration bancaire sont lev&#233;es et remises &#224; plus tard. Il est aussi pr&#233;vu de suspendre les r&#232;gles de gouvernance : les actionnaires, qui normalement doivent se prononcer sur ce rapprochement, n'auront pas leur mot &#224; dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crainte d'une panique bancaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la crise enflait chez Cr&#233;dit suisse, la direction d'UBS excluait encore le 16 mars de venir &#224; sa rescousse : pourquoi s'embarrasser d'un concurrent mal en point, qui risquerait de lui apporter des ennuis et retarderait sa progression en le contraignant &#224; mener des restructurations longues et co&#251;teuses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la banque n'a pas pu r&#233;sister longtemps aux diff&#233;rentes pressions. Car la confiance n'&#233;tait pas revenue. Alors que la Banque centrale de Suisse avait mis &#224; disposition de Cr&#233;dit suisse une ligne de 50 milliards de francs suisses pour l'aider et r&#233;tablir la confiance, d&#232;s le lendemain, Cr&#233;dit suisse enregistrait &#224; nouveau plus de 10 milliards de retraits de ses clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signaux tout aussi inqui&#233;tants : les CDS (credit default swaps), instruments financiers cens&#233;s couvrir les pertes en cas de faillite, continuaient &#224; progresser, malgr&#233; le soutien explicite de la Banque centrale suisse, pour friser les 1 000 points, un seuil de non-retour. De leur c&#244;t&#233;, les obligations convertibles en actions &#8211; les fameux CoCo (contingence convertible bonds) invent&#233;s apr&#232;s la crise de 2008 pour servir de matelas suppl&#233;mentaire aux banques en cas de d&#233;faillance &#8211; plongeaient &#224; Wall Street. Les craintes des d&#233;tenteurs de ces titres &#233;taient justifi&#233;es : les 16 milliards d'obligations vont &#234;tre totalement convertis et ils vont tout perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Banque centrale et le gouvernement suisses, une r&#233;action rapide s'imposait. &lt;i&gt;&#171; La Banque centrale et le gouvernement suisses sont totalement conscients qu'une d&#233;faillance de Cr&#233;dit suisse ou m&#234;me quelques pertes des d&#233;posants d&#233;truiraient la r&#233;putation de la Suisse comme place financi&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, expliquait en milieu de semaine Octavio Marenzi, analyste chez Opimas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un plan Switzerland AG&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien un plan con&#231;u par Switzerland AG qui a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; pour sauver, si ce n'est Cr&#233;dit suisse, au moins l'image financi&#232;re du pays. Samedi soir, une r&#233;union d'urgence s'est tenue &#224; Berne, avec les membres du gouvernement, les responsables gouvernementaux, ceux de la Banque centrale et les autorit&#233;s de r&#233;gulation, ainsi que les repr&#233;sentants du monde bancaire et financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plan marque en quelque sorte, comme le rappelle l'historien en &#233;conomie Adam Tooze, &lt;a href=&#034;https://adamtooze.substack.com/p/chartbook-202-what-went-wrong-at&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans un de ses derniers articles&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;&#171; la derni&#232;re phase de l'effort &#8211; d&#233;sormais en crise &#8211; de l'&#233;lite protestante de Zurich (Freisinn) de construire des champions mondiaux sur la base de relations politiques incestueuses en Suisse &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise sous pression pour sauver le Cr&#233;dit Suisse au nom de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, la direction d'UBS a impos&#233;, outre un prix tr&#232;s bas, certaines conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La banque a demand&#233; ainsi que le gouvernement suisse prenne &#224; sa charge tous les co&#251;ts l&#233;gaux et les pertes potentielles futures. Le gouvernement helv&#233;tique a accept&#233; d'apporter 9 milliards de francs suisses de garantie afin d'aider la banque &#224; faire face aux risques &#233;ventuels. &lt;a href=&#034;https://www.bloomberg.com/news/features/2022-11-22/credit-suisse-s-future-hinges-on-overcoming-a-fraught-past?srnd=premium-europe&amp;sref=fo6OHuy7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au c&#339;ur de nombreux scandales qui font l'objet de proc&#233;dures administratives et judiciaires&lt;/a&gt;, Cr&#233;dit suisse a d&#233;j&#224; provisionn&#233; 1,2 milliard de francs suisses pour faire face &#224; ces poursuites, et envisageait de provisionner &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me montant dans les semaines &#224; venir pour faire face aux multiples scandales de manipulation et de blanchiment notamment.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_41108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH384/d8d1877faf52784a-850c0016-ec95e.png?1781168276' width='500' height='384' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un r&#244;le de liquidateur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction d'UBS n'a pas cach&#233; qu'elle n'avait aucune intention de conserver l'ensemble des activit&#233;s &#8211; banque de d&#233;p&#244;t, gestion de fortune, banque d'investissement &#8211; du Cr&#233;dit suisse qui font souvent doublon avec les siennes, les deux banques qui se font face sur la Paradeplatz &#224; Zurich ayant suivi les m&#234;mes mod&#232;les d'expansion. Tout se met en place pour qu'UBS exerce en fait le r&#244;le de liquidateur de Cr&#233;dit suisse en g&#233;rant la situation dans le temps, ne conservant que les parties qui l'int&#233;ressent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers mois, Cr&#233;dit suisse envisageait lui-m&#234;me de se s&#233;parer de certaines activit&#233;s. Il travaillait notamment &#224; la cotation s&#233;par&#233;e de sa banque d'investissement First Boston, une activit&#233; &#224; la fois de conseil mais qui m&#232;ne aussi des op&#233;rations avec d'&#233;normes effets de levier. Dans les multiples rumeurs de ce week-end , le nom de BlackRock, le plus important gestionnaire d'actifs dans le monde, a &#233;t&#233; cit&#233; comme un &#233;ventuel repreneur. Celui-ci a d&#233;menti avoir le moindre int&#233;r&#234;t &#171; pour tout ou partie &#187; de Cr&#233;dit suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il y a d'autres branches qui suscitent bien des app&#233;tits, notamment celle de la gestion de fortune (Wealth Management) ou sa banque de d&#233;p&#244;t. Sans attendre, les requins de la finance commencent &#224; sortir dans l'espoir de participer au banquet des d&#233;pouilles de Cr&#233;dit suisse. La Deutsche Bank est notamment sur les rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reprise du Cr&#233;dit suisse s'annonce en tout cas d&#233;j&#224; comme un carnage social. Le chiffre de 10 000 suppressions d'emplois a &#233;t&#233; annonc&#233; pendant les n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une banque syst&#233;mique mais isol&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'effondrement de Cr&#233;dit suisse en milieu de semaine, les diff&#233;rentes autorit&#233;s de r&#233;gulation multiplient les messages pour rassurer le monde financier et les d&#233;posants : la chute d'une des plus grandes banques du monde, selon elles, n'aurait aucune r&#233;percussion sur le reste du syst&#232;me financier. Le cas m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233; : Cr&#233;dit suisse, &#224; les entendre, est un exemple unique d'une banque syst&#233;mique mais isol&#233;e, n'ayant aucune relation, aucun rapport de contrepartie avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation qui a saisi le monde financier et les responsables politiques depuis l'&#233;croulement de la deuxi&#232;me banque suisse, les multiples tractations qui se sont d&#233;roul&#233;es entre les banques centrales, les diff&#233;rents r&#233;gulateurs europ&#233;ens, am&#233;ricains, britanniques, notamment ces derniers jours, d&#233;notent une situation beaucoup plus compliqu&#233;e. Si les banques ont fortement r&#233;duit, voire coup&#233; leurs relations sur le march&#233; interbancaire avec Cr&#233;dit suisse, au fur et &#224; mesure que la banque s'enfon&#231;ait dans la crise, il y a &#224; c&#244;t&#233; tous les liens, toutes les contreparties dans les autres activit&#233;s financi&#232;res, beaucoup plus opaques et moins contr&#244;l&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon certaines estimations qui circulent, le montant notionnel des implications de Cr&#233;dit suisse sur le march&#233; des d&#233;riv&#233;s s'&#233;levait &#224; 14 641 milliards de francs suisses fin 2022. Le montant est colossal : il repr&#233;sente plus de 27 fois le bilan de la banque. Il convient cependant de le relativiser, il ne s'agit que de notionnel. Lorsque Lehman Brothers a fait faillite, son exposition sur les d&#233;riv&#233;s &#233;tait deux fois sup&#233;rieure &#224; celle de Cr&#233;dit suisse. Lorsque toutes les op&#233;rations ont &#233;t&#233; d&#233;boucl&#233;es au bout de cinq ans, on a compris que les pertes de Lehman &#233;taient finalement assez minimes : &#224; peine 5 milliards de dollars. Mais cela avait suffi &#224; plonger le monde dans la crise financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me m&#233;saventure pourrait advenir si Cr&#233;dit suisse s'effondrait. Toutes les banques europ&#233;ennes, et particuli&#232;rement celles, tr&#232;s actives sur le march&#233;, des d&#233;riv&#233;s comme la Deutsche Bank ou BNP Paribas, qui ont des contreparties avec Cr&#233;dit suisse, se retrouveraient dans de graves difficult&#233;s. D'o&#249; l'inqui&#233;tude et la nervosit&#233; des autorit&#233;s de r&#233;gulation et de responsables politiques se montrant de plus en plus pressants aupr&#232;s du gouvernement suisse afin de trouver rapidement une solution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les bonnes r&#233;solutions adopt&#233;es passent par-dessus bord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence de la situation peut sans doute justifier les choix pris. Le constat s'impose cependant : en quelques jours, pour r&#233;pondre d'abord &#224; l'effondrement de la SVB puis &#224; la chute de Cr&#233;dit suisse, les autorit&#233;s de r&#233;gulation et les gouvernements ont pris la d&#233;cision de passer par-dessus bord toutes les bonnes r&#233;solutions adopt&#233;es pendant la crise de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s la crise de 2008, les gouvernements avaient jur&#233; que les finances publiques, l'argent des contribuables, ne seraient plus sollicit&#233;es &#224; l'avenir pour venir au secours des banques. Cette r&#233;solution n'a pas tenu d&#232;s les premi&#232;res secousses dans le syst&#232;me bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pr&#233;cipitation, le gouvernement am&#233;ricain a d&#233;cid&#233; de passer outre son cadre l&#233;gal qui garantit les d&#233;p&#244;ts dans la limite de 250 000 dollars. Au nom de la d&#233;fense de la high-tech, il a annonc&#233; que l'int&#233;gralit&#233; des montants des d&#233;p&#244;ts chez SVB seraient garantie, y compris ceux des hedge funds, des fonds de capital-risque, etc. Le sauvetage sera &#224; la charge des finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le gouvernement suisse a accept&#233; de prendre sur les comptes des finances publiques les risques pris par Cr&#233;dit suisse, comme l'a exig&#233; UBS. Une nouvelle fois, les &#201;tats se retrouvent &#224; assumer et &#224; payer les turpitudes de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, il avait &#233;t&#233; promis apr&#232;s la crise de 2008 de mieux contr&#244;ler et encadrer les tr&#232;s grandes banques, et d'emp&#234;cher m&#234;me la constitution de ces g&#233;ants bancaires, &#171; trop grands pour faire faillite &#187; &#8211; &#171; too big to fail &#187; &#8211; qui font courir des risques accrus au syst&#232;me financier et se trouvent en position d'exercer un chantage permanent sur les banques centrales, les autorit&#233;s de r&#233;gulation et les gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement d'UBS et de Cr&#233;dit suisse, d&#233;cid&#233; dans l'urgence et par n&#233;cessit&#233;, s'inscrit &#224; rebours de cette ligne. L'union de ces deux banques syst&#233;miques va constituer un ensemble bancaire encore plus gros, plus incontr&#244;lable. Outre-Atlantique, les autorit&#233;s semblent suivre la m&#234;me pente. Alors que la faillite de SVB a mis sous tension les banques r&#233;gionales comme First Republic, elles penchent pour des rapprochements ou des adossements sur des g&#233;ants am&#233;ricains comme JPMorgan ou Bank of America, au risque de rendre ces monstres encore plus grands et de placer tout le syst&#232;me bancaire entre quelques mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec de telles mesures, l'al&#233;a moral et la capture du pouvoir par le monde financier ne sont pas pr&#232;s de dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Orange&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment la guerre en Ukraine a chang&#233; le monde de l'&#233;nergie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Comment-la-guerre-en-Ukraine-a-change-le-monde-de-l-energie</link>
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		<dc:date>2023-02-21T06:55:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martine Orange</dc:creator>


		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-02-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En un an, le conflit provoqu&#233; par la Russie a redessin&#233; de fond en comble les routes et les march&#233;s &#233;nerg&#233;tiques. Les &#201;tats-Unis ont remplac&#233; la Russie comme premier fournisseur de gaz en Europe. Le p&#233;trole russe coule d&#233;sormais vers l'Asie. Deux blocs mondiaux se font face. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but 2022, aucun.e sp&#233;cialiste de l'&#233;nergie n'aurait os&#233; parier sur un tel bouleversement. Il leur semblait m&#234;me impossible que des routes d'&#233;change, des flux mondiaux instaur&#233;s parfois depuis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-02-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-02-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/capture_d_e_cran_le_2023-02-20_a_13.41_11-7c9fa.png?1781168280' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En un an, le conflit provoqu&#233; par la Russie a redessin&#233; de fond en comble les routes et les march&#233;s &#233;nerg&#233;tiques. Les &#201;tats-Unis ont remplac&#233; la Russie comme premier fournisseur de gaz en Europe. Le p&#233;trole russe coule d&#233;sormais vers l'Asie. Deux blocs mondiaux se font face.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/170223/comment-la-guerre-en-ukraine-change-le-monde-de-l-energie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 2022, aucun.e sp&#233;cialiste de l'&#233;nergie n'aurait os&#233; parier sur un tel bouleversement. Il leur semblait m&#234;me impossible que des routes d'&#233;change, des flux mondiaux instaur&#233;s parfois depuis des d&#233;cennies, puissent &#234;tre boulevers&#233;s. Et pourtant ! En un an, la guerre d'Ukraine provoqu&#233;e par la Russie a redessin&#233; de fond en comble le monde de l'&#233;nergie, les modes d'approvisionnement et de consommation, les voies d'acheminement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le contr&#244;le du p&#233;trole, du gaz ou du charbon a toujours fait l'objet de f&#233;roces batailles politiques et g&#233;ostrat&#233;giques, et de guerres d'influence, les diff&#233;rentes productions ont continu&#233; malgr&#233; tout &#224; circuler dans le monde, afin de r&#233;pondre &#224; une demande elle aussi mondiale. Avec la guerre en Ukraine, toutes les pi&#232;ces de l'&#233;chiquier ont boug&#233;, instaurant de nouveaux circuits, rendant caduques du jour au lendemain des infrastructures lourdes, &#233;rigeant des fronti&#232;res dans la circulation mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nergie est devenue un th&#233;&#226;tre d'affrontements entre les &#201;tats-Unis et la Russie, respectivement premier et troisi&#232;me producteurs mondiaux de p&#233;trole, et de leurs alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_40500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-02-20_a_13.41_11.png?40500/fb24a4ffb3c44a30cd7dd9718251f8d942bcbe1ae34207b56093d4cea4c64f5c&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH373/fb24a4ffb3c44a30-b947d387-600ac.png?1781168281' width='500' height='373' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Premier fournisseur de l'Europe, le r&#233;gime de Vladimir Poutine, qui a b&#226;ti toute sa puissance et son &#233;conomie sur la rente gazi&#232;re et p&#233;troli&#232;re, a &#233;t&#233; le premier &#224; utiliser l'arme de l'&#233;nergie comme moyen de chantage et de r&#233;torsion, particuli&#232;rement face &#224; l'Europe. Celle-ci a tr&#232;s vite mesur&#233; son &#233;tat de d&#233;pendance : tout au long du printemps et de l'&#233;t&#233; 2022, Moscou et son bras arm&#233; Gazprom n'ont cess&#233; de jouer avec les nerfs des pays europ&#233;ens, mena&#231;ant de suspendre les arrivages gaziers pour les reprendre, avant de les suspendre &#224; nouveau, imposant de nouvelles r&#232;gles selon son bon vouloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis et leurs alli&#233;s europ&#233;ens ont r&#233;pliqu&#233;. Neuf paquets de sanctions ont &#233;t&#233; adopt&#233;s par les &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne et le G7 depuis le 24 f&#233;vrier 2022. Du &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/280222/la-russie-entre-dans-des-terres-financieres-inconnues&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;gel des avoirs&lt;/a&gt; de la Banque centrale de Russie &#224; l'&#233;tranger au plafonnement des prix du gaz et du p&#233;trole en passant par l'interdiction de tous les &#233;changes interbancaires internationaux par la Russie et l'embargo sur toutes les technologies et les &#233;quipements critiques, des mesures sans pr&#233;c&#233;dent ont &#233;t&#233; adopt&#233;es pour tenter de priver le r&#233;gime de Vladimir Poutine des ressources n&#233;cessaires pour financer son invasion en Ukraine. En vain, jusqu'&#224; maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement &#233;conomique de la Russie, &#171; en trois semaines &#187; comme l'avait promis le ministre des finances fran&#231;ais, Bruno Le Maire, fin f&#233;vrier 2022, n'a pas eu lieu. M&#234;me si l'&#233;conomie russe est durablement affaiblie, elle r&#233;siste malgr&#233; tout. La balance commerciale russe a atteint un exc&#233;dent record de 282,3 milliards de dollars (contre 170 en 2021) : la flamb&#233;e des prix de l'&#233;nergie lui a permis de compenser, et m&#234;me au-del&#224;, la baisse des volumes vendus.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'&#233;nergie fa&#231;onne l'ensemble de l'&#233;conomie, elle en est l'&#233;l&#233;ment constitutif essentiel.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres contribuent &#224; alimenter le d&#233;bat, qui n'est pas pr&#232;s de se tarir (lire &lt;a href=&#034;https://www.washingtonpost.com/business/2023/02/15/russia-sanctions-impact-ukraine-war/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;https://www.economist.com/leaders/2023/02/01/why-the-wests-oil-sanctions-on-russia-are-proving-to-be-underwhelming&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;), sur la pertinence des sanctions. Celles-ci sont revenues partiellement en boomerang et l'Europe en paie le prix fort. Dans un march&#233; tr&#232;s tendu, &#224; peine remis des chaos engendr&#233;s par la pand&#233;mie mondiale, cette guerre de l'&#233;nergie s'est traduite par une flamb&#233;e des cours sans pr&#233;c&#233;dent. En un an, les prix des hydrocarbures ont bondi de plus 75 % pour le p&#233;trole, plus de 200 % pour le gaz en moyenne. La crise &#233;nerg&#233;tique a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; pr&#232;s de 800 milliards d'euros au continent, selon les &lt;a href=&#034;https://oilprice.com/Energy/Energy-General/EU-Energy-Crisis-Bill-Nears-800-Billion.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;derniers calculs de l'institut Bruegel&lt;/a&gt;. Une partie substantielle de ces surco&#251;ts est venue alimenter les &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/080922/la-banque-centrale-europeenne-ouvre-la-voie-la-recession&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;superprofits des groupes p&#233;troliers&lt;/a&gt; et &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette explosion des co&#251;ts rappelle une donn&#233;e oubli&#233;e par beaucoup : plus que tout autre facteur, l'&#233;nergie fa&#231;onne l'ensemble de l'&#233;conomie, elle en est l'&#233;l&#233;ment constitutif essentiel. En quelques semaines, toute l'&#233;conomie europ&#233;enne, aux premi&#232;res loges de la guerre en Ukraine, et dans une moindre mesure l'&#233;conomie mondiale, a ressenti les secousses de ce choc &#233;nerg&#233;tique. Partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inflation, qui avait quasiment disparu depuis trois d&#233;cennies, et avait resurgi &#224; la sortie de la pand&#233;mie en raison des goulots d'&#233;tranglement, a bondi. En moyenne, elle s'est &#233;lev&#233;e &#224; plus de 10 % dans la zone euro mais avec des pointes &#224; 23 % en Lituanie, 15 % aux Pays-Bas. Tous les secteurs sont touch&#233;s, certains, notamment dans l'industrie lourde, d&#233;cidant m&#234;me de se mettre &#224; l'arr&#234;t, incapables de faire face &#224; des factures d'&#233;nergie exorbitantes. Les banques centrales occidentales ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/080922/la-banque-centrale-europeenne-ouvre-la-voie-la-recession&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;remonter les taux&lt;/a&gt;, faute d'autres instruments &#224; leur disposition, pour tenter de juguler la hausse des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe est parvenue &#224; &#233;viter, jusqu'&#224; pr&#233;sent, une r&#233;cession tant redout&#233;e. Mais les d&#233;g&#226;ts &#233;conomiques sont consid&#233;rables. Pour la premi&#232;re fois de son histoire, la zone euro, traditionnellement exportatrice nette, affiche un d&#233;ficit commercial de 2 87,3 milliards d'euros pour les onze premiers mois de l'ann&#233;e, selon les &lt;a href=&#034;https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/teiet210/default/table?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;donn&#233;es d'Eurostat&lt;/a&gt;. L'Allemagne, le moteur &#233;conomique de l'Europe, voit son mod&#232;le &#233;conomique et g&#233;opolitique &#233;branl&#233; : les fondations de la machine industrielle allemande, b&#226;tie sur une &#233;nergie peu ch&#232;re en provenance de Russie et exportant dans le monde entier, sont &#233;branl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce bouleversement &#233;nerg&#233;tique est aussi g&#233;opolitique. Les nouvelles voies d'acheminement du p&#233;trole et du gaz mises en place par la Russie pour contourner les sanctions, bien plus rapidement que ne l'avait escompt&#233; l'Occident, tracent un monde qui se fragmente, qui se r&#233;organise selon d'autres axes. Le refus de l'Opep comme celui de nombre de pays d'accompagner les sanctions arr&#234;t&#233;es par le G7 ou de s'y joindre dit encore plus que le premier vote de l'ONU demand&#233; pour condamner l'invasion russe : les d&#233;chirures mondiales sont b&#233;antes, mettant au jour un certain isolement occidental. Le monde se fracture et le secteur de l'&#233;nergie est le premier &#224; en rendre compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le grand renversement des flux gaziers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois de guerre d'Ukraine ont suffi pour atteindre un but que la diplomatie am&#233;ricaine n'&#233;tait pas parvenue &#224; r&#233;aliser en dix ans : le flot incessant du gaz russe vers l'Europe est interrompu. Alors que les livraisons gazi&#232;res repr&#233;sentaient plus de 50 % de la consommation gazi&#232;re europ&#233;enne, et parfois jusqu'&#224; 100 % pour des pays comme la Hongrie, la Tch&#233;quie ou la Finlande, les exportations de Gazprom vers l'Europe sont tomb&#233;es &#224; 7 % fin 2022, certains pays enclav&#233;s du continent n'ayant pas d'autre solution &#224; ce stade que de s'en remettre au gaz russe achemin&#233; par gazoduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pari europ&#233;en de se priver de gaz russe paraissait inaccessible &#224; beaucoup, lorsque la Commission europ&#233;enne, sous l'impulsion de la Pologne et des pays Baltes en particulier, fixa comme objectif de diminuer des deux tiers les achats &#224; l'automne, avant de les arr&#234;ter compl&#232;tement. La Russie livrait alors 155 milliards de m&#232;tres cubes par an au continent. Comment retrouver une telle quantit&#233; de gaz, indispensable aux &#233;conomies europ&#233;ennes, pour remplacer la Russie, premier producteur mondial, alors que les sources de substitution sont rares ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats membres de l'Union, persuad&#233;s jusqu'alors que le march&#233; suppl&#233;ait &#224; tout, ont d&#233;couvert leur vuln&#233;rabilit&#233; et compris leur incurie. Au nom des bienfaits de la concurrence, 90 % des capacit&#233;s de stockage en Europe &#233;taient d&#233;sormais aux mains du priv&#233; (y compris de Gazprom). Et quasiment vides : les exploitants, soumis &#224; aucune obligation ni contr&#244;le, estimant qu'il &#233;tait de bonne gestion de conserver des quantit&#233;s minimales afin de ne pas immobiliser inutilement de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Europ&#233;ens se sont aussi rendu compte qu'ils d&#233;pendaient du maillage des gazoducs russes, patiemment d&#233;velopp&#233;s et compl&#233;t&#233;s ces derni&#232;res d&#233;cennies, pour leurs approvisionnements gaziers. &#192; c&#244;t&#233;, ils n'avaient quasiment aucune infrastructure gazi&#232;re : tr&#232;s peu de ports m&#233;thaniers, et essentiellement en Europe du Sud (Espagne, France, Italie, l'Allemagne n'en ayant aucun), pas plus de stations de regaz&#233;ification, et un nombre tr&#232;s limit&#233; de m&#233;thaniers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_40501 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-02-20_a_13.42_53.png?40501/a01a57bedebb285f4fb2fb50b72c557cd04df58b36648635885852c374497e18&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH521/a01a57bedebb285f-de5f3a56-7d4d0.png?1781168282' width='500' height='521' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En quelques mois, tous les pays se sont mobilis&#233;s pour inverser la tendance, chercher d'autres approvisionnements. Ch&#233;quier &#224; la main, chacun est all&#233;, en ordre dispers&#233;, d&#233;marcher les autres pays producteurs - Norv&#232;ge, Qatar, Alg&#233;rie, &#201;tats-Unis, Azerba&#239;djan - pour obtenir de nouveaux contrats, afin de reconstituer au plus vite ses stocks. Tous les pays producteurs ont compris combien le rapport de force leur &#233;tait favorable et ont fait monter les ench&#232;res. Face &#224; des Europ&#233;ens paniqu&#233;s, la sp&#233;culation s'est d&#233;cha&#238;n&#233;e, chacun bataillant pour arracher une cargaison. Au plus fort des tensions, en septembre 2022 , le cours du gaz sur les march&#233;s spots europ&#233;ens a atteint 340 euros le m&#233;gawattheure, ce qui &#233;quivaut &#224; un prix du baril de p&#233;trole &#224; pr&#232;s de 500 dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La victoire du GNL am&#233;ricain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les achats de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) constituent d&#233;sormais l'essentiel des approvisionnements gaziers en Europe. Ils sont &lt;a href=&#034;https://www.ft.com/content/3b48c327-978d-4a82-9349-c4228fdf99bd&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en hausse de 58 %&lt;/a&gt; par rapport &#224; 2021. Les &#201;tats-Unis sont les b&#233;n&#233;ficiaires de ce renversement. Attir&#233;s par les prix stratosph&#233;riques en Europe, les producteurs am&#233;ricains ont massivement d&#233;laiss&#233; l'Asie, jusqu'alors leur premier march&#233;, d'autant que la Chine, en raison de sa politique z&#233;ro Covid, &#233;tait quasiment &#224; l'arr&#234;t. Les exportations de gaz de schiste vers l'Europe ont augment&#233; de plus de 171 % selon le &lt;a href=&#034;https://www.amisdelaterre.org/wp-content/uploads/2023/02/brief-presse-importations-gnl-france-2023.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dernier rapport des Amis de la Terre&lt;/a&gt;. Ils sont d&#233;sormais le premier fournisseur de l'Europe, tandis que la France, oubliant ses engagements pass&#233;s de ne pas acheter du gaz de schiste, est devenue le premier importateur de GNL, le revendant par la suite aux autres pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; un hiver particuli&#232;rement cl&#233;ment et des &#233;conomies d'&#233;nergie, l'Europe est parvenue &#224; traverser sans trop d'encombre une p&#233;riode tr&#232;s redout&#233;e par beaucoup. Les stocks gaziers sont encore tr&#232;s hauts et le prix du gaz est retomb&#233; &#224; 51 euros le MWh. Une embellie que beaucoup esp&#232;rent durable. Il faudra cependant passer d'autres hivers avant que l'Europe parvienne &#224; stabiliser et r&#233;organiser compl&#232;tement son march&#233; de l'&#233;nergie, pr&#233;viennent certains traders.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourra-t-elle le faire en se passant d&#233;finitivement de la Russie ? Le sabotage de Nord Stream 1 et Nord Stream 2, &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.thetimes.co.uk/article/us-bombed-nord-stream-gas-pipelines-claims-investigative-journalist-seymour-hersh-s730dnnfz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;attribu&#233; par le journaliste am&#233;ricain Seymour Hersh&lt;/a&gt; aux autorit&#233;s am&#233;ricaines avec l'appui de la Norv&#232;ge sans que ces r&#233;v&#233;lations suscitent la moindre r&#233;action des chancelleries occidentales &#8211;, a d&#233;truit pour une longue p&#233;riode les capacit&#233;s d'acheminement gazier de Moscou. M&#234;me si la Russie r&#233;pare ces infrastructures comme elle dit en avoir l'intention, difficile d'imaginer que ces &#233;changes &lt;a href=&#034;https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2022-12-12/europe-will-buy-russian-gas-again-but-one-thing-needs-to-happen-first?sref=fo6OHuy7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;puissent rena&#238;tre facilement&lt;/a&gt;. Gazprom a commenc&#233; de toute fa&#231;on &#224; changer la direction de ses exportations gazi&#232;res : il fournit &#224; plein le gazoduc qui relie d&#233;sormais sur 3 000 kilom&#232;tres la Russie &#224; la Chine. Et de grands travaux ont &#233;t&#233; engag&#233;s pour d&#233;velopper les infrastructures portuaires sur la c&#244;te est, afin de pouvoir y exporter du gaz vers l'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les nouvelles voies du p&#233;trole russe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jamais nous n'accepterons un plafonnement du prix de notre p&#233;trole. Et nous arr&#234;terons toutes les exportations vers les pays qui entendent nous l'imposer &#187;, avait pr&#233;venu Vladimir Poutine au lendemain du sommet du G7 annon&#231;ant que les exportations p&#233;troli&#232;res seraient interdites au-del&#224; d'un certain prix. Le dispositif, d&#233;fendu par les &#201;tats-Unis, vise &#224; limiter les rentr&#233;es financi&#232;res du r&#233;gime russe sans d&#233;stabiliser le march&#233; p&#233;trolier. Il est &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/051222/apres-l-embargo-sur-le-petrole-russe-l-europe-dans-le-brouillard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entr&#233; en vigueur le 5 f&#233;vrier&lt;/a&gt; : au-del&#224; de 60 dollars le baril et de 100 dollars pour les produits d&#233;riv&#233;s (diesel notamment), les pays du G7 et de l'Union europ&#233;enne, qui par ailleurs a banni tout achat de p&#233;trole russe, s'interdisent d'acheter, de transporter et d'assurer toute cargaison russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 f&#233;vrier, le ministre de l'&#233;nergie russe, Alexander Novak, annon&#231;ait que la production p&#233;troli&#232;re du pays allait diminuer de 500 000 barils par jour par mesure de r&#233;torsion. La mesure n'est pas pour d&#233;plaire aux pays producteurs : elle permet de maintenir la pression sur le march&#233; et de conserver des prix &#233;lev&#233;s. Dans la foul&#233;e, le cours du brent augmentait &#224; nouveau pour atteindre 86 dollars le baril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la commissaire europ&#233;enne charg&#233;e de l'&#233;nergie, Kadri Simson, la r&#233;action de Moscou est la preuve que les sanctions fonctionnent : l'industrie p&#233;troli&#232;re russe, coup&#233;e des technologies occidentales, a de plus en plus de difficult&#233;s &#224; fonctionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres, cependant, disent autre chose, &lt;a href=&#034;https://www.bloomberg.com/news/articles/2023-02-14/russia-did-most-oil-drilling-in-a-decade-even-as-sanctions-hit?srnd=premium-europe&amp;sref=fo6OHuy7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;note Bloomberg&lt;/a&gt;. M&#234;me si les grandes majors p&#233;troli&#232;res, Shell, BP, TotalEnergies, se sont s&#233;par&#233;es plus ou moins volontairement de leurs grandes explorations p&#233;troli&#232;res en Russie, en Sib&#233;rie notamment, privant en partie l'industrie p&#233;troli&#232;re russe des technologies de pointe qui risquent de la p&#233;naliser &#224; long terme, les p&#233;troliers russes continuent &#224; produire, &#224; forer &#224; un rythme soutenu. Selon l'Agence internationale de l'&#233;nergie, la production du pays a diminu&#233; en moyenne de dix mille barils par jour sur les onze premiers mois de l'ann&#233;e 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un effondrement de sa production au cours des deux premiers mois de la guerre, l'industrie p&#233;troli&#232;re russe est parvenue &#224; se relancer. Elle a surtout mis en place d'autres chemins et d'autres acheteurs pour exporter son brut. Ses tankers &lt;a href=&#034;https://www.wsj.com/articles/russias-war-on-ukraine-changed-global-oil-trade-here-is-what-it-looks-like-now-11674740567?mod=hp_lead_pos5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;empruntent moins la mer Noire&lt;/a&gt; et le canal de Suez mais partent plus de la c&#244;te est pour aller vers la Chine, Singapour, la Malaisie et surtout l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_40502 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/1-49.png?40502/c915e43e7bbe2f01c2dd5b481647282a8ff95df3bbb5ed7b00871974a77ae8e7&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH399/c915e43e7bbe2f01-84e3469a-e362f.png?1781168282' width='500' height='399' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Evolution du Brent sur un an (en dollars par baril). &#169; @Boursorama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acceptant de vendre son brut de r&#233;f&#233;rence, l'ural, avec des d&#233;cotes allant jusqu'&#224; 35 % - celles-ci seraient de moins en moins &#233;lev&#233;es ces derni&#232;res semaines, selon les confidences de traders &#224; Bloomberg &#8211;, &#224; condition que les cargaisons ne soient pas pay&#233;es en dollars afin d'&#233;chapper aux sanctions, les groupes russes ont vite trouv&#233; preneurs et m&#234;me suscit&#233; des vocations. Les raffineurs chinois, indiens, &#233;gyptiens ont vite compris l'int&#233;r&#234;t d'acheter du p&#233;trole russe au rabais pour le revendre sous une autre &#233;tiquette au prix fort. M&#234;me l'Arabie saoudite s'y est mise, achetant du p&#233;trole russe pour ses besoins int&#233;rieurs et revendant sa production &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le mois de juin, du p&#233;trole russe, officiellement banni, est revenu approvisionner la Grande-Bretagne et les &#201;tats-Unis, o&#249; il a &#233;t&#233; revendu sous une autre &#233;tiquette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un march&#233; p&#233;trolier toujours approvisionn&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une certaine fa&#231;on, cela arrange tout le monde : il n'y a pas de p&#233;nurie, ce qui permet de contenir les cours. M&#234;me s'il existe beaucoup de pays producteurs de p&#233;trole &#8211; &#224; la diff&#233;rence du gaz &#8211;, la place de la Russie, troisi&#232;me producteur mondial derri&#232;re les &#201;tats-Unis et l'Arabie saoudite, lui donne un r&#244;le essentiel sur le march&#233; p&#233;trolier : avec ses 10 millions de barils par jour en moyenne, elle assure un approvisionnement indispensable sur un march&#233; tendu o&#249; la demande mondiale ne faiblit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;occupation de ne pas d&#233;stabiliser le march&#233; p&#233;trolier a &#233;t&#233; constante chez les responsables politiques. &#192; commencer par l'Europe. M&#234;me si les &#201;tats membres &#233;taient beaucoup moins d&#233;pendants du p&#233;trole que du gaz russe, certains pays, notamment de l'Europe centrale, sont l&#224; aussi enti&#232;rement li&#233;s aux approvisionnements russes. Comme pour le gaz, ils se sont oppos&#233;s au moment de l'invasion de l'Ukraine &#224; un embargo imm&#233;diat sur le p&#233;trole russe. Plusieurs pays, notamment la Hongrie, la Tch&#233;quie, la Roumanie tout comme le Japon d'ailleurs, restent dispens&#233;s d'appliquer les mesures de plafonnement que s'imposent le G7 et l'Union europ&#233;enne. La Bulgarie, elle aussi exempt&#233;e, est m&#234;me devenue le &lt;a href=&#034;https://oilprice.com/Energy/Crude-Oil/How-Bulgaria-Became-The-Worlds-Third-Largest-Buyer-Of-Russian-Oil.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;troisi&#232;me acheteur mondial&lt;/a&gt; de p&#233;trole russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain a le m&#234;me souci. Alors que le gallon (3,78 litres) approchait les 5 dollars, il s'est violemment oppos&#233; aux projets europ&#233;ens de d&#233;clarer un bannissement total du p&#233;trole russe. Pour juguler la flamb&#233;e de l'essence, il a puis&#233; dans les r&#233;serves strat&#233;giques du pays pour les remettre sur le march&#233; : les deux tiers de ses r&#233;serves ont ainsi &#233;t&#233; distribu&#233;s entre juillet et novembre, permettant de ramener le prix du WTI, le brut de r&#233;f&#233;rence sur le march&#233; am&#233;ricain, &#224; 70 dollars le baril (contre plus de 120 dollars en juillet).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_40503 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-02-20_a_13.48_54.png?40503/0fec956d139ee005a8548d15dd0cb0659119ae45bff43440f74d81b3fea43875&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH372/0fec956d139ee005-db2dc0bb-1411f.png?1781168282' width='500' height='372' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Opep aux c&#244;t&#233;s de la Chine et de la Russie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite a &#233;t&#233; peu comment&#233;e en Europe et aux &#201;tats-Unis. Elle constitue cependant un s&#233;rieux avertissement. Reclus en Chine pendant plus de deux ans en raison de la pand&#233;mie, le pr&#233;sident chinois Xi Jinping a choisi d&#233;but d&#233;cembre de se rendre &#224; Riyad pour un de ses premiers d&#233;placements &#224; l'&#233;tranger. Il y fut re&#231;u avec faste par le prince Mohammed ben Salmane. Des dizaines de contrats et d'&#233;changes commerciaux, estim&#233;s &#224; plus de 26 milliards de dollars, ont &#233;t&#233; sign&#233;s &#224; l'issue de cette rencontre entre les deux dirigeants, cens&#233;e illustrer &#171; le partenariat des puissants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le lot, la Chine a sign&#233; des contrats p&#233;troliers de tr&#232;s long terme avec l'Arabie saoudite, lui garantissant une s&#233;curit&#233; d'approvisionnement, et payables en yuan. Pour la Chine, cela repr&#233;sente un pas d&#233;cisif dans la longue marche qu'elle a entreprise depuis 2015 pour &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/180118/la-chine-met-au-defi-le-dollar-roi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'extraire de la domination du dollar&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;pisode marque un nouveau revers des &#201;tats-Unis face &#224; l'Arabie saoudite et &#224; l'Opep. Les tensions avec le cartel des pays producteurs &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/150915/un-ete-economique-meurtrier-24-petrole-le-pari-perdu-de-larabie-saoudite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;remontent &#224; plusieurs ann&#233;es&lt;/a&gt;, quand ces pays ont r&#233;alis&#233; que les &#201;tats-Unis &#233;taient en train de les concurrencer sans m&#233;nagement avec la production d'huile et de gaz de schiste. Mais l'ann&#233;e 2022 a constitu&#233; un point de rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'invasion de l'Ukraine, la Maison Blanche esp&#233;rait que l'Opep abandonnerait la Russie et se rangerait dans le camp occidental en augmentant sa production afin de donner aux sanctions contre Moscou toute leur efficacit&#233;. Il n'en a rien &#233;t&#233;. Tout au long du printemps, le cartel a affich&#233; sa distance, se contentant d'&#234;tre spectateur dans le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233;, Joe Biden faisait lui-m&#234;me le d&#233;placement &#224; Riyad pour tenter d'aplanir les tensions avec l'Arabie saoudite, exacerb&#233;es depuis les attaques y&#233;m&#233;nites &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/170919/petrole-les-marches-decouvrent-la-vulnerabilite-de-riyad&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;contre les installations de l'Aramco&lt;/a&gt; et la condamnation du prince ben Salmane, d&#233;sign&#233; comme paria depuis l'&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/010321/assassinat-de-khashoggi-pourquoi-washington-accuse-mbs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;assassinat&lt;/a&gt; du journaliste Jamal Khashoggi. La r&#233;habilitation du prince saoudien par la Maison Blanche n'a rien chang&#233; &#224; l'affaire. Le pr&#233;sident am&#233;ricain est reparti de Riyad avec de vagues promesses de coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but octobre, la r&#233;ponse de l'Opep aux avances occidentales a &#233;t&#233; des plus limpides : le cartel continuait de d&#233;fendre ses seuls int&#233;r&#234;ts et restait aux c&#244;t&#233;s de la Russie. Il d&#233;cidait m&#234;me de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/071022/petrole-le-cartel-des-pays-producteurs-ajoute-sa-pierre-la-recession-mondiale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;duire sa production&lt;/a&gt; de 2 millions de barils par jour, officiellement en raison des nuages pesant sur l'&#233;conomie mondiale. Cette r&#233;duction lui permet surtout de maintenir des prix &#233;lev&#233;s et de reconstituer des r&#233;serves mises &#224; mal par l'inflation et la hausse du dollar. Mais cette d&#233;cision permet aussi &#224; la Russie de continuer &#224; b&#233;n&#233;ficier de substantielles rentr&#233;es d'argent, gr&#226;ce &#224; la vente de son p&#233;trole, m&#234;me au rabais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, l'Opep n'a pas boug&#233; d'un iota. Son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, le Kowe&#239;tien Haitham Al-Ghais, d&#233;fend les positions du cartel, expliquant que ses mesures permettaient de stabiliser le march&#233; p&#233;trolier dans un contexte difficile, ce qui est, selon lui, sa mission premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prince Mohammed ben Salmane se montre beaucoup moins diplomate. Lors du forum de Davos, il a insist&#233; sur ses ambitions de diversifier l'&#233;conomie saoudienne, de d&#233;velopper de &#171; nouvelles routes de la soie &#187; avec la Chine. Il a surtout confirm&#233; qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; abandonner le dollar comme seule monnaie de r&#233;f&#233;rence dans les &#233;changes p&#233;troliers et d'accepter d'autres devises. Ce qui fait peser une menace sur le &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/010123/1973-ce-choc-petrolier-qui-change-le-monde&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;statut du dollar&lt;/a&gt; comme seule monnaie de r&#233;serve internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message est clair. L'Arabie saoudite, apr&#232;s plus de quatre-vingts ans d'alignement, est en train de d&#233;finitivement s'&#233;manciper de la tutelle am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un commerce p&#233;trolier de plus en plus opaque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sanctions contre l'Irak de Saddam Hussein, contre l'Iran ou le Venezuela l'avaient d&#233;j&#224; mis en &#233;vidence : elles &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/230222/les-sanctions-contre-la-russie-une-arme-par-defaut&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ne sont jamais totales&lt;/a&gt;. Des organisations parall&#232;les, des trafics en tout genre, des interm&#233;diaires souvent peu recommandables surgissent de toutes parts pour permettre aux pays bannis de contourner les sanctions et d'&#233;couler leur production p&#233;troli&#232;re. Et ils y parviennent, enrichissant au passage les trafiquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie ne fait pas exception. Compte tenu de sa taille, elle suscite m&#234;me une d&#233;multiplication des voies parall&#232;les, des trafics. Jamais le commerce p&#233;trolier et gazier n'a &#233;t&#233; aussi opaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menac&#233;s par le gel de tous leurs avoirs, les groupes p&#233;troliers russes ont d&#233;cid&#233; tr&#232;s vite de c&#233;der ou de liquider leurs positions en Europe. En quelques mois, des dizaines d'actifs, repr&#233;sentant des centaines de millions de dollars, ont chang&#233; de main, atterrissant chez des propri&#233;taires inconnus. La grande raffinerie sicilienne d&#233;tenue par Louko&#239;l, le deuxi&#232;me groupe p&#233;trolier russe, a ainsi &#233;t&#233; vendue &#224; un fonds chypriote &#339;uvrant en coop&#233;ration avec le groupe de trading suisse Trafigura. Dans le m&#234;me temps, Gazprom ou Statoil se sont d&#233;barrass&#233;s d'outils industriels avant qu'ils ne soient saisis par les gouvernements europ&#233;ens, comme en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sont surtout les flottes de bateaux et de tankers, indispensables d&#233;sormais &#224; Moscou pour &#233;couler ses productions gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res, qui ont &#233;t&#233; l'objet de toutes les attentions du r&#233;gime de Vladimir Poutine. En quelques mois, des centaines de bateaux ont &#233;t&#233; achet&#233;s, d'autres ont chang&#233; de pavillon pour ne plus naviguer sous pavillon russe. Selon les estimations de Bloomberg, plus de 10 % de la flotte mondiale est d&#233;tenue par des propri&#233;taires inconnus, cach&#233;s dans des structures nich&#233;es dans des paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permet &#224; Moscou d'exporter ses productions dans le monde en toute impunit&#233;. Cela lui donne aussi d'autres moyens de pression sur le march&#233; de l'&#233;nergie : l'essentiel des &#233;changes &#233;nerg&#233;tiques circulant d&#233;sormais par voie maritime, la mainmise de la Russie et de ses soutiens sur une partie de la flotte mondiale accentue son contr&#244;le et lui permet d'en jouer. Faute de moyens de transport suffisants, le prix des tankers assurant le transport des produits p&#233;troliers en Atlantique s'est envol&#233; de 400 % la semaine derni&#232;re, &lt;a href=&#034;https://www.bloomberg.com/news/articles/2023-02-10/the-cost-of-shipping-gasoline-is-soaring-after-russia-sanctions?sref=fo6OHuy7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;selon Bloomberg&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les renoncements occidentaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pression, les pays occidentaux ne sont pas exempts de critiques, acceptant de passer par-dessus bord engagements climatiques et convictions morales pour assurer le court terme. &#192; la recherche de pays gaziers pouvant se substituer &#224; la Russie, la Commission europ&#233;enne a ainsi promu l'Azerba&#239;djan comme grand pays ami de l'Europe, parce qu'il peut fournir quelque 10 milliards de m&#232;tres cubes de gaz au continent gr&#226;ce au gazoduc trans-adriatique partant du sud du Caucase jusqu'en Italie. Cela justifie bien de fermer les yeux sur ce qui se passe en Arm&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, alors que le Qatar est d&#233;sormais un des principaux fournisseurs gaziers en Europe, les responsables europ&#233;ens se sont bien gard&#233;s de critiquer l'&#233;mirat pour ses violences sociales, ses pratiques environnementales et sa corruption au moment de la Coupe du monde de football. Ils sont encore plus embarrass&#233;s depuis l'irruption du &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/190123/au-parlement-europeen-l-apres-qatargate-ravive-le-spectre-d-une-alliance-entre-la-droite-et-l-extre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;scandale du Qatargate&lt;/a&gt; au Parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une volte-face surprenante, Washington est pr&#234;t aussi &#224; passer l'&#233;ponge sur le pass&#233;. Depuis l'&#233;t&#233; 2022, &#224; intervalles r&#233;guliers, la Maison Blanche &#233;voque ainsi la possibilit&#233; de lever l'embargo contre le Venezuela. Le pr&#233;sident am&#233;ricain caressait aussi l'espoir de faire rena&#238;tre l'accord nucl&#233;aire avec l'Iran afin de pouvoir lever l'embargo contre T&#233;h&#233;ran. La meurtri&#232;re r&#233;pression des manifestants contre le r&#233;gime totalitaire iranien, alors que T&#233;h&#233;ran fournit des drones &#224; la Russie pour poursuivre ses attaques contre l'Ukraine, a enterr&#233; le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout en mati&#232;re environnementale que le revirement est le plus spectaculaire. En d&#233;pit des engagements pris pour lutter contre les d&#233;r&#232;glements climatiques, la crise &#233;nerg&#233;tique, accentu&#233;e par l'invasion en Ukraine, n'a pas acc&#233;l&#233;r&#233; la transition vers les &#233;nergies renouvelables. Au contraire. Les pays europ&#233;ens se sont pr&#233;cipit&#233;s vers les vieilles recettes, rouvrant les centrales &#224; charbon et les centrales au fuel, red&#233;couvrant leur int&#233;r&#234;t pour le nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, Joe Biden, qui avait commenc&#233; son mandat en cherchant &#224; limiter les productions et les explorations p&#233;troli&#232;res sur le territoire, a fait volte-face. Il presse les producteurs et les grands groupes p&#233;troliers d'augmenter les forages de gaz et d'huile de schiste, de pousser au maximum la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promesses de r&#233;duire au plus vite la consommation des &#233;nergies fossiles, voire de les abandonner, se sont &#233;vanouies. L'horizon de changement fix&#233; &#224; 2030 a &#233;t&#233; repouss&#233; &#224; 2050, au mieux. Les majors p&#233;troli&#232;res l'ont bien compris : elles ont toutes r&#233;duit leurs investissements dans la transition &#233;cologique pour revenir &#224; leurs activit&#233;s traditionnelles. Elles savent qu'elles ont carte blanche pour forer, exploiter partout o&#249; c'est possible. Jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Orange&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Face &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique, l'Europe s'en remet, comme toujours, au march&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Face-a-la-crise-energetique-l-Europe-s-en-remet-comme-toujours-au-marche</link>
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		<dc:date>2022-10-25T07:03:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martine Orange</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-10-25</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le sommet europ&#233;en du 20 octobre, cens&#233; apporter des r&#233;ponses &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique, s'est conclu selon la vieille tradition : les d&#233;cisions sont repouss&#233;es &#224; plus tard, en esp&#233;rant que le march&#233; apportera les bonnes solutions. En attendant, les Europ&#233;ens se ruinent. &lt;br class='autobr' /&gt; 21 octobre 2022 &#224; 19h24 https://www.mediapart.fr/journal/international/211022/face-la-crise-energetique-l-europe-s-en-remet-comme-toujours-au-marche &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont promis de se revoir tr&#232;s vite. Au terme de 11 heures de r&#233;union, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton54570-59c6b.png?1781787790' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le sommet europ&#233;en du 20 octobre, cens&#233; apporter des r&#233;ponses &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique, s'est conclu selon la vieille tradition : les d&#233;cisions sont repouss&#233;es &#224; plus tard, en esp&#233;rant que le march&#233; apportera les bonnes solutions. En attendant, les Europ&#233;ens se ruinent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21 octobre 2022 &#224; 19h24&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/211022/face-la-crise-energetique-l-europe-s-en-remet-comme-toujours-au-marche&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/international/211022/face-la-crise-energetique-l-europe-s-en-remet-comme-toujours-au-marche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont promis de se revoir tr&#232;s vite. Au terme de 11 heures de r&#233;union, les responsables europ&#233;ens sont sortis soulag&#233;s du sommet cens&#233; apporter des r&#233;ponses d'urgence &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique europ&#233;enne. Le r&#233;sultat de ces longues tractations s'inscrit dans la vieille tradition europ&#233;enne. Des concessions ont &#233;t&#233; faites de part et d'autre : l'Allemagne a accept&#233; que le principe du plafonnement du prix du gaz soit mis &#224; l'&#233;tude ; la r&#233;forme du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;, avec la d&#233;sindexation partielle de la formation des prix, index&#233;s sur le gaz, comme le demandaient l'Italie, la France et la Belgique, a &#233;t&#233; repouss&#233;e ult&#233;rieurement afin de poursuivre des &#233;tudes plus approfondies ; de nouvelles r&#233;unions sont pr&#233;vues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et rien n'est d&#233;cid&#233; ! Mais les responsables europ&#233;ens se sont engag&#233;s &#224; &lt;i&gt;&#171; explorer toutes les pistes &#187;. &#171; C'est une tr&#232;s bonne et solide feuille de route &#187;, &lt;/i&gt;s'est f&#233;licit&#233;e la pr&#233;sidente de la Commission europ&#233;enne, Ursula von der Leyen. &lt;i&gt;&#171; Il y a une liste de mesures qu'il convient de travailler et d'approfondir &#187;&lt;/i&gt;, a poursuivi le pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en, Charles Michel. &lt;i&gt;&#171; La r&#233;union d'aujourd'hui a &#233;t&#233; un bon exercice pour s''&#233;couter les uns les autres et se faire confiance mutuellement. L'&#233;l&#233;ment humain, la confiance sont plus importants que les conclusions du Conseil &#187;&lt;/i&gt;, a d&#233;clar&#233; &#224; la sortie le premier ministre belge Alexander De Croo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car pour tous les chefs d'&#201;tat et de gouvernement, l'essentiel est sauf : l'Europe ne s'est pas divis&#233;e, comme certains le redoutaient. Elle maintient un front uni dans la guerre contre l'Ukraine face &#224; la Russie de Vladimir Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit mois apr&#232;s l'invasion de l'Ukraine, les &#201;tats membres sont toujours incapables de s'accorder sur des mesures d'urgence pour r&#233;pondre &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique, de fixer un cadre &#224; moyen et long terme sur leur strat&#233;gie &#233;nerg&#233;tique en liaison avec l'imp&#233;rative transition &#233;cologique. Car la crise &#233;nerg&#233;tique est appel&#233;e &#224; durer bien plus longtemps que ce que les responsables europ&#233;ens avaient anticip&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'Europe est parvenue &#224; reconstituer &#224; des prix stratosph&#233;riques ses stocks de gaz pour l'hiver 2022-2023 &#8211; ce qui devrait lui permettre en th&#233;orie d'&#233;chapper aux coupures et aux rationnements si la m&#233;t&#233;o se montre assez cl&#233;mente &#8211;, elle n'est pas du tout assur&#233;e qu'il en sera de m&#234;me pour les hivers suivants : la Chine, grande importatrice de gaz, est momentan&#233;ment presque absente du march&#233;, en raison de la mise au ralenti de sa machine &#233;conomique par les confinements successifs impos&#233;s par le r&#233;gime de P&#233;kin au nom de la politique du &#171; z&#233;ro Covid &#187;. Mais elle reviendra un jour ou l'autre. Reconstituer les stocks de gaz &#224; partir d'avril risque d'&#234;tre tr&#232;s compliqu&#233;, ont d&#233;j&#224; pr&#233;venu des intervenants sur le march&#233; gazier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de cette crise se font d&#233;j&#224; sentir dans toute l'Europe. De la Tch&#233;quie &#224; l'Italie, en passant par la Belgique, l'Allemagne, la Pologne ou la France, les m&#234;mes t&#233;moignages &#233;mergent de m&#233;nages qui ne peuvent d&#233;j&#224; plus faire face &#224; la valse des prix, d'entreprises qui sont &#233;trangl&#233;es par la flamb&#233;e des prix de l'&#233;nergie et menac&#233;es de faillite, d'autres qui pr&#233;f&#232;rent arr&#234;ter de produire. La r&#233;cession pointe, avec son lot de faillites et de ch&#244;meurs, &lt;a href=&#034;https://oilprice.com/Energy/Energy-General/Energy-Crisis-Poses-Existential-Threat-To-Europes-Industry.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la d&#233;sindustrialisation menace&lt;/a&gt; des r&#233;gions enti&#232;res et la col&#232;re sociale monte. Au risque de briser le soutien populaire des Europ&#233;ens &#224; la cause ukrainienne. Une discorde sur laquelle mise Vladimir Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; la guerre, l'&#233;ternelle croyance dans les bienfaits du march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela s'est v&#233;rifi&#233; encore lors du sommet du 20 octobre. Depuis le d&#233;but de l'invasion de l'Ukraine, les responsables europ&#233;ens se refusent &#224; admettre qu'ils sont en guerre. Certes, ce n'est pas un conflit arm&#233; classique. Mais c'est bien une guerre tout de m&#234;me, une guerre au moins &#233;conomique, avec ses sanctions et ses repr&#233;sailles, avec tous les moyens &#224; disposition pour faire mal &#224; l'adversaire. Et c'est bien une &#233;conomie de guerre qui s'est install&#233;e en Europe : l'inflation import&#233;e galopante, l'apparition de p&#233;nuries, les menaces de rationnements et de coupures en sont les signes les plus manifestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Europe &#8211; Commission et &#201;tats membres confondus &#8211; feint de ne pas s'en apercevoir. Mettre les mots sur les choses, ce serait reconna&#238;tre la l&#233;gitimit&#233; des moyens exceptionnels dont les &#201;tats ont us&#233; dans des circonstances comparables, c'est-&#224;-dire reprendre le contr&#244;le de l'&#233;conomie, imposer des r&#232;gles exceptionnelles, mettre entre parenth&#232;ses certaines lois du march&#233;. Les responsables europ&#233;ens pr&#233;f&#232;rent, eux, continuer de s'en remettre au march&#233;. Par conviction et par facilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la croyance ancr&#233;e dans les bienfaits du n&#233;olib&#233;ralisme, qui forme la matrice de la cr&#233;ation europ&#233;enne, le march&#233; permet, aux yeux des responsables europ&#233;ens, de transcender les diff&#233;rences historiques et g&#233;ographiques, de sublimer les oppositions politiques et les divergences diplomatiques. La &#171; main invisible &#187; et bienheureuse du march&#233; arbitre les divergences et pacifie les conflits, selon eux. On ne discute pas avec le march&#233;. Il a toujours raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf qu'en mati&#232;re d'&#233;nergie, le march&#233; n'est pas la bonne ni l'unique r&#233;ponse, et encore moins en situation de crise et de conflit. Il y a des imp&#233;ratifs strat&#233;giques et de s&#233;curit&#233; des populations et des &#233;conomies, et d&#233;sormais des obligations climatiques incontournables, qui ne peuvent &#234;tre tranch&#233;s par la seule &#233;volution des cours. Avec retard, les responsables europ&#233;ens constatent le co&#251;t exorbitant du fait d'avoir soumis leurs approvisionnements au seul r&#233;gime de l'offre et de la demande : ils ont aveugl&#233;ment laiss&#233; s'instaurer une d&#233;pendance dangereuse &#224; l'&#233;gard de la Russie de Vladimir Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, ils commencent &#224; comprendre ce qu'il en co&#251;te d'avoir abandonn&#233; sans obligation, sans r&#233;gulation, sans contr&#244;le des actifs aussi strat&#233;giques que les stockages gaziers. 90 % des stockages gaziers europ&#233;ens sont aux mains de groupes priv&#233;s, y compris &#233;trangers comme Gazprom. Au nom de l'optimisation du capital, ceux-ci ont r&#233;duit leurs r&#233;serves &#224; 10 % &#224; peine des capacit&#233;s, lorsque le prix du gaz &#233;tait &#224; 20 euros le MWh. Il a fallu les reconstituer dans l'urgence au prix de 150-200 euros le MWh pour avoir 92 % des r&#233;serves pleines avant l'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les effets limit&#233;s du signal-prix en mati&#232;re d'&#233;nergie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; de voir resurgir dans les discussions entre les partenaires europ&#233;ens le fameux concept signal-prix, cens&#233; guider les consommateurs. Le chancelier allemand Olaf Scholz et le premier ministre n&#233;erlandais Mark Rutte se sont montr&#233;s les plus allants pour en d&#233;fendre le principe. Selon eux, tout m&#233;canisme pour encadrer ou contr&#244;ler les prix de l'&#233;nergie est un mauvais signal envoy&#233; &#224; destination des consommateurs. Cela revient, ont-ils expliqu&#233;, &#224; les inciter &#224; consommer encore. Cette politique, ont-ils d&#233;fendu, va &#224; l'inverse du besoin des &#233;conomies d'&#233;nergie et de la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tous leurs partenaires europ&#233;ens ont fini par se rallier, bon gr&#233; mal gr&#233;, &#224; cette analyse. M&#234;me si des am&#233;nagements temporaires peuvent &#234;tre envisag&#233;s, la doctrine europ&#233;enne reste qu'il ne faut pas perturber le fonctionnement du march&#233;, qui reste le bon pilote, selon elle, des politiques &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le signal-prix ne fonctionne pas ou tr&#232;s peu dans le domaine de l'&#233;nergie, notamment pour l'&#233;lectricit&#233; et le gaz. D'abord parce que ce sont des biens essentiels, dont il est quasiment impossible de se passer dans la vie quotidienne, dans notre &#233;conomie moderne. Quel que soit le prix, il subsiste toujours une consommation incompressible pour les m&#233;nages. Ne pas le r&#233;guler et laisser toute la population expos&#233;e aux temp&#234;tes des march&#233;s, c'est accepter d'aggraver les difficult&#233;s pour nombre de m&#233;nages les plus pauvres et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;nerg&#233;tique europ&#233;enne a &#233;t&#233; b&#226;tie sur ce signal-prix. L'Europe paie plus cher depuis des ann&#233;es son &#233;lectricit&#233; et son gaz, compar&#233;e aux autres grandes &#233;conomies occidentales. Pourtant, cela n'a incit&#233; ni &#224; des baisses ou &#224; des &#233;conomies d'&#233;nergie &#8211; la consommation n'a cess&#233; d'augmenter et le seul chantier de l'isolation des habitations reste en devenir &#8211;, ni &#224; des investissements notables dans la transition &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les Europ&#233;ens n'agissent pas seulement en tant que consommateurs. Malgr&#233; le bouclier tarifaire qui a limit&#233; l'augmentation des prix de l'&#233;lectricit&#233; &#224; 4 % en France, la consommation d'&#233;lectricit&#233; a diminu&#233; de 14 % en ao&#251;t par rapport aux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Malgr&#233; les canicules successives, en l'absence de toute communication gouvernementale sur le sujet jusqu'&#224; la fin septembre, tout le monde a compris que la crise &#233;nerg&#233;tique &#233;tait une affaire s&#233;rieuse. Volontairement, nous avons commenc&#233; &#224; modifier nos habitudes et &#224; r&#233;viser nos modes de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plafonnement du prix du gaz repouss&#233; aux calendes grecques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; une des grandes victoires du sommet du 20 octobre, &#224; entendre les r&lt;br class='autobr' /&gt;
responsables europ&#233;ens : Olaf Scholz est revenu sur son refus initial et a accept&#233; qu'un plafonnement du prix du gaz soit mis &#224; l'&#233;tude. &#171; Je ne dis non &#224; rien, je ne dis pas oui &#187;, a nuanc&#233; &#224; la sortie du Conseil le chancelier allemand, tandis qu'Emmanuel Macron se f&#233;licitait que l'Europe soit parvenue &#224; surmonter ses d&#233;saccords et que l'Allemagne ne soit pas isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les apparences sont donc sauves. Au nom de l'unit&#233;, le principe d'un plafonnement est mis &#224; l'&#233;tude mais sa mise en place est repouss&#233;e &#224; plus tard. Sans doute aux calendes grecques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/280722/gaz-russe-un-si-long-hiver-tenir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'id&#233;e d'un plafonnement du prix du gaz&lt;/a&gt; circule depuis plusieurs mois dans les enceintes europ&#233;ennes. Plut&#244;t que d'encadrer les prix ou de mettre en place des m&#233;canismes de compensation communautaires, certains trouvent plus simple d'essayer d'intervenir sur le march&#233; de gros. L'Italie, la Belgique, la Gr&#232;ce et la Pologne s'en sont faites les principaux d&#233;fenseurs. Ces pays y voient un moyen de limiter l'envol&#233;e &#224; la fois des cours du gaz et de ceux de l'&#233;lectricit&#233;, index&#233;s sur ceux du gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que cette id&#233;e a &#233;merg&#233; au printemps, des sp&#233;cialistes du monde de l'&#233;nergie ont mis en garde les Europ&#233;ens. Le march&#233; du gaz, ont-ils r&#233;p&#233;t&#233;, est mondialis&#233;. &#192; l'inverse du march&#233; p&#233;trolier, il est en plus structurellement d&#233;ficitaire : l'offre ne suffit pas &#224; r&#233;pondre &#224; la demande croissante. L'arr&#234;t des approvisionnements russes a durci la situation. Dans ce contexte, tenter de limiter l'&#233;volution des cours, c'est prendre le risque de ne pas &#234;tre approvisionn&#233;. Une crainte qu'a reprise le chancelier allemand. &lt;i&gt;&#171; S'il devait y avoir un plafonnement des prix, y aura-t-il du gaz &#224; Zeebruges [terminal gazier belge&#8211; ndlr] ? Pourras-tu toujours m'en envoyer ? &#187;&lt;/i&gt;, a demand&#233; Olaf Scholz au premier ministre belge Alexander De Croo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de pouvoir peser plus sur les prix, la Commission europ&#233;enne pr&#233;conise de reprendre le dispositif instaur&#233; pour l'achat des vaccins contre le Covid et de grouper les achats des pays europ&#233;ens. Dans un premier temps, ces achats seraient limit&#233;s &#224; 15 % des besoins europ&#233;ens. Cette force de frappe peut-elle &#234;tre de nature &#224; freiner les cours ? L'Europe se retrouve en concurrence avec toutes les autres r&#233;gions importatrices, et notamment l'Asie. Si elle est parvenue &#224; remplir ses stocks ces derniers mois, c'est gr&#226;ce &#224; une politique de concurrence effr&#233;n&#233;e, men&#233;e &#224; ch&#233;quier ouvert. Tous les pays europ&#233;ens se sont pr&#233;cipit&#233;s en ordre dispers&#233; chez les pays producteurs &#8211; qui en Alg&#233;rie, qui au Qatar, qui au Canada ou aux &#201;tats-Unis. En panique, ils ont rafl&#233; les productions existantes &#224; des prix exorbitants, alimentant en partie une sp&#233;culation dont ils se plaignent aujourd'hui, choisissant d&#233;lib&#233;r&#233;ment d'ignorer les contre-coups de cette politique non coop&#233;rative : tous les pays, et notamment les plus pauvres, ont subi la m&#234;me flamb&#233;e des cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si demain l'Europe d&#233;cide d'appliquer un plafonnement des prix du gaz, ne se heurtera-t-elle pas &#224; la concurrence des autres pays importateurs, qui n'ont gu&#232;re appr&#233;ci&#233; l'attitude europ&#233;enne de ces derniers mois ? D'autant que les pays producteurs ne sont pas du tout d'accord avec ces choix. &lt;a href=&#034;https://www.ft.com/content/96611190-3c09-48b7-8ded-7b2651590f94&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'avertissement du Qatar&lt;/a&gt;, un des principaux pays gaziers, devrait attirer l'attention des Europ&#233;ens. En d&#233;but de semaine, le ministre de l'&#233;nergie qatari a fait savoir qu'il &#233;tait hors de question pour le pays de remettre en cause les contrats long terme qu'il avait sign&#233;s avec certains clients afin de d&#233;router des productions suppl&#233;mentaires vers l'Europe. &#171; Lancer des productions suppl&#233;mentaires, a-t-il ajout&#233;, suppose d'avoir une politique &#224; long terme car ce sont des investissements qui se rentabilisent sur 20 ou 30 ans. &#187; Les producteurs am&#233;ricains tiennent exactement le m&#234;me discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'Europe, d&#233;sireuse de sortir des &#233;nergies fossiles et d'acc&#233;l&#233;rer sa transition &#233;nerg&#233;tique, ne veut pas prendre des engagements &#224; long terme et assurer une visibilit&#233; aux producteurs. Incapable d'articuler une r&#233;ponse coh&#233;rente entre ses besoins &#224; court terme et ses projets &#224; moyen terme, de l'expliquer &#224; tous et de mettre en place des coop&#233;rations en dehors du continent, elle risque de se retrouver ballott&#233;e au gr&#233; de toutes les forces de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Refonte boursi&#232;re du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l'autre grand sujet des discussions du sommet. La r&#233;forme du march&#233; europ&#233;en de l'&#233;lectricit&#233;, dont les dysfonctionnements ont &#233;t&#233; largement document&#233;s bien avant la guerre en Ukraine, s'est impos&#233;e dans les discussions europ&#233;ennes. Depuis quelques semaines, la France est mont&#233;e en premi&#232;re ligne sur le dossier, en compagnie de l'Italie et de la Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur proposition est loin d'&#234;tre r&#233;volutionnaire : il ne s'agit pas de revenir aux prix annuels moyens de production tels qu'ils &#233;taient pratiqu&#233;s avant la &#171; lib&#233;ralisation &#187; du march&#233; de l'&#233;nergie et qui permettaient d'assurer des &#233;changes r&#233;gul&#233;s &#224; des prix stables entre les pays, car les interconnexions ont exist&#233; bien avant le march&#233; europ&#233;en de l'&#233;lectricit&#233;, contrairement &#224; ce que soutient la Commission europ&#233;enne. Il s'agit juste d'&#233;tendre &#224; l'ensemble des pays europ&#233;ens les r&#232;gles de d&#233;sindexation avec le gaz qui sont appliqu&#233;es en Espagne et au Portugal depuis l'&#233;t&#233;. Les effets de cette d&#233;sindexation sont frappants : en Espagne, le prix du MWh tourne autour de 100 euros, quand dans le reste de l'Europe, il est &#224; plus de 500 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;but de semaine, la pr&#233;sidente de la Commission europ&#233;enne, Ursula von der Leyen, &lt;a href=&#034;https://www.politico.eu/article/eu-energy-future-reverse-opec-for-gas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avait &#233;mis des r&#233;serves&lt;/a&gt; sur l'extension du m&#233;canisme espagnol et portugais &#224; toute l'Europe.&lt;i&gt; &#171; C'est une piste int&#233;ressante, avait-elle expliqu&#233;. Mais il convient de l'examiner plus &#224; fond. &#187; &lt;/i&gt;&#545345;Des distorsions de concurrence de nature &#224; porter atteinte au march&#233; europ&#233;en pourraient appara&#238;tre, selon elle. Ses r&#233;ticences font &#233;cho &#224; celles de l'Allemagne et de la Pologne notamment, qui craignent d'&#234;tre d&#233;savantag&#233;es par ce m&#233;canisme, car leur mix &#233;lectrique, bas&#233; sur le charbon et le gaz, diff&#232;re de celui de leurs voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la pr&#233;sidente de la Commission europ&#233;enne l'avait laiss&#233; entendre, ce changement simple des r&#232;gles sur le march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; a &#233;t&#233; repouss&#233; &#224; plus tard. L'Europe pr&#233;f&#232;re se lancer dans une grande refonte technique de son march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; mais selon les lois boursi&#232;res. Elle pr&#233;conise l'instauration de nouveaux mod&#232;les pour calculer les indices gaziers qui servent de r&#233;f&#233;rence, la cr&#233;ation de canaux d'&#233;volution des cours avec des coupe-circuits, le changement des r&#232;gles de garantie pour les acheteurs actuellement &#233;trangl&#233;s par les appels de marge. Bref, une usine &#224; gaz avec toutes les r&#233;f&#233;rences requises pour plaire au monde financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission europ&#233;enne esp&#232;re pr&#233;senter ses premi&#232;res pistes de r&#233;forme au printemps. En attendant, les Europ&#233;ens peuvent continuer &#224; se ruiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pays europ&#233;ens riches et les autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce par Berlin d'une enveloppe de 200 milliards d'euros pour aider les m&#233;nages et les entreprises allemandes &#224; faire face &#224; leurs factures d'&#233;nergie a frapp&#233; et choqu&#233; nombre de ses partenaires europ&#233;ens. Beaucoup y ont vu un subventionnement d&#233;loyal. Aussi imposante soit-elle, la somme n'est pourtant qu'une partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg. Depuis le d&#233;but de la crise &#233;nerg&#233;tique, les gouvernements europ&#233;ens ont d&#233;pens&#233; 576 milliards d'euros pour prot&#233;ger leur population, selon&lt;a href=&#034;https://www.bruegel.org/dataset/national-policies-shield-consumers-rising-energy-prices&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Institut Bruege&lt;/a&gt;l.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH388/101cff4e23a327b4-fad5f81f-6a3a0.png?1781787790' width='500' height='388' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais la diff&#233;rence entre les diff&#233;rents &#201;tats membres devient de plus en plus criante : il y a ceux qui peuvent mobiliser leurs finances publiques et les autres. Entre les aides, les all&#232;gements de taxes et le renflouement de certains groupes &#233;nerg&#233;tiques, l'Allemagne a d&#233;j&#224; engag&#233; 264 milliards, la France pr&#232;s de 76 milliards, l'Italie 62 milliards d'euros. &#192; l'autre bout, la Croatie, la Slov&#233;nie, la Gr&#232;ce ou l'Estonie n'ont quasiment rien d&#233;pens&#233;, laissant leur population prendre de plein fouet la crise &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#201;tats membres doivent avoir une capacit&#233; de d&#233;pense commune pour d&#233;fendre des conditions de concurrence &#233;quitables. Ce n'est pas une question de solidarit&#233;, mais de sauvegarde du march&#233; int&#233;rieur &#187;, a insist&#233; Mario Draghi aupr&#232;s de ses homologues, pr&#244;nant la mise en place urgente de fonds communautaires pour venir en assistance des &#201;tats membres les plus en difficult&#233;. Pour son dernier sommet europ&#233;en &#8211; il doit c&#233;der la pr&#233;sidence du Conseil italien &#224; Giorgia Meloni dans les jours qui viennent &#8211;, il est reparti avec la vague promesse de &#171; solutions communes au niveau europ&#233;en &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une d&#233;cennie, l'Europe a connu une crise financi&#232;re, une crise des dettes souveraines et de l'euro, une crise &#233;nerg&#233;tique et m&#234;me la guerre sur son continent. Mais elle n'est toujours pas capable de changer de logiciel. Que faut-il de plus ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Martine Orange&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le plan d'&#171; autosuffisance &#187; technologique de la Chine chancelle face &#224; la pression accrue des &#201;tats-Unis</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-plan-d-autosuffisance-technologique-de-la-Chine-chancelle-face-a-la-pression</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-plan-d-autosuffisance-technologique-de-la-Chine-chancelle-face-a-la-pression</guid>
		<dc:date>2022-10-04T07:01:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juan Chingo</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Chine</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-10-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois, les &#201;tats-Unis ont accru la pression sur l'industrie chinoise de fabrication de puces &#233;lectroniques. Celle-ci &#233;tait d&#233;j&#224; aux prises avec les contr&#244;les am&#233;ricains des exportations de l'&#232;re Trump, maintenus et augment&#233;s par l'actuel pr&#233;sident Biden. La conversion, d&#233;but ao&#251;t, d'un &#233;norme programme am&#233;ricain de subvention des semi-conducteurs additionn&#233;e &#224; la tentative de Washington d'isoler le pays avec la proposition d'alliance &#034;Chip 4&#034; avec les puissances des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Economie-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Chine-+" rel="tag"&gt;Chine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-10-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-10-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton54274-8e8ff.png?1781493746' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours des derniers mois, les &#201;tats-Unis ont accru la pression sur l'industrie chinoise de fabrication de puces &#233;lectroniques. Celle-ci &#233;tait d&#233;j&#224; aux prises avec les contr&#244;les am&#233;ricains des exportations de l'&#232;re Trump, maintenus et augment&#233;s par l'actuel pr&#233;sident Biden. La conversion, d&#233;but ao&#251;t, d'un &#233;norme programme am&#233;ricain de subvention des semi-conducteurs additionn&#233;e &#224; la tentative de Washington d'isoler le pays avec la proposition d'alliance &#034;Chip 4&#034; avec les puissances des semi-conducteurs que sont Ta&#239;wan, la Cor&#233;e du Sud et le Japon va conduire &#224; compliquer encore plus les efforts de la Chine pour atteindre l'&#034;autosuffisance&#034; technologique souhait&#233;e par son pr&#233;sident, Xi Jinping.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;7 septembre 2022 | tir&#233; de R&#233;volution permanente&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/Le-plan-d-autosuffisance-technologique-de-la-Chine-chancelle-face-a-la-pression-accrue-des-Etats&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.revolutionpermanente.fr/Le-plan-d-autosuffisance-technologique-de-la-Chine-chancelle-face-a-la-pression-accrue-des-Etats&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relocaliser la production de &#171; fabs &#187; et l'emp&#234;cher en Chine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les &#201;tats-Unis soient le leader mondial dans des secteurs cl&#233;s de l'industrie des semi-conducteurs, tels que la conception et les &#233;quipements de fabrication de puces, leur part dans la production &#224; proprement parler n'a cess&#233; de diminuer au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. La part des &#201;tats-Unis dans la fabrication mondiale de semi-conducteurs est pass&#233;e de 37 % dans les ann&#233;es 1990 &#224; environ 12 % en 2021, selon un r&#233;cent rapport de la Semiconductor Industry Association (SIA), un lobby am&#233;ricain. Parall&#232;lement, la part de la Chine dans la capacit&#233; mondiale de fabrication de semi-conducteurs pourrait atteindre 24 % d'ici 2030, contre 15 % aujourd'hui, bien que la plupart de ces puces soient relativement moins avanc&#233;es, selon la SIA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Chips and Science Act, adopt&#233;e en ao&#251;t avec le soutien des deux partis au Congr&#232;s, vise &#224; inverser cette tendance en encourageant les entreprises &#224; construire des usines de fabrication nationales, &#233;galement appel&#233;es &#171; fabs &#187;. Sur les 52,7 milliards de dollars d'investissement pour le secteur, 39 milliards sont destin&#233;s &#224; un soutien financier direct pour la construction et l'extension d'usines. Les 13 milliards de dollars restants seront utilis&#233;s &#224; d'autres fins, comme la recherche et la formation du personnel [1]. Cette somme importante renforce l'avance d&#233;j&#224; consid&#233;rable des &#201;tats-Unis en mati&#232;re de Recherche et D&#233;veloppement (R&amp;D). Les entreprises am&#233;ricaines de semi-conducteurs d&#233;pensent entre 35 et 40 milliards de dollars par an en R&amp;D, tandis que leurs rivaux chinois d&#233;pensent environ 2 milliards de dollars, bien que ce dernier chiffre soit susceptible d'augmenter rapidement. De plus, ils ont une autorisation de plus de 200 milliards de dollars de fonds scientifiques additionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peu probable que ces mesures r&#233;solvent tous les probl&#232;mes strat&#233;giques des Etats-Unis, li&#233;s &#224; des d&#233;cennies de d&#233;sindustrialisation et de d&#233;localisation &#224; l'&#233;tranger, et il semble difficile d'envisager que ces subventions incitent les entreprises ta&#239;wanaises et cor&#233;ennes &#224; apporter leurs technologies les plus avanc&#233;es aux &#201;tats-Unis. M&#234;me avec ces nouvelles installations, les &#201;tats-Unis resteront largement d&#233;pendants de la Chine pour le conditionnement des puces et pour la production de la plupart des produits &#233;lectroniques. Cependant, le financement aidera sans aucun doute Intel, qui est le seul producteur am&#233;ricain de puces avanc&#233;es, &#224; tenter de reprendre pied sur le plan technologique face &#224; TSMC de Ta&#239;wan, ce qui donnerait aux &#201;tats-Unis une capacit&#233; substantielle de fabrication de puces avanc&#233;es. Dans le m&#234;me temps, cela rendrait les &#201;tats-Unis moins d&#233;pendants de la production &#224; Ta&#239;wan, un foyer des tensions g&#233;opolitiques mondiales et soumis &#224; une extorsion politique et militaire constante de la part de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Chips and Science Act ne vise pas seulement &#224; augmenter la capacit&#233; de production aux &#201;tats-Unis, elle a &#233;galement pour but de mettre des b&#226;tons dans les roues de la Chine. Les fabricants de puces ne pourront b&#233;n&#233;ficier de ces subventions que s'ils s'abstiennent d'investir ou d'&#233;tendre toute installation de pointe en Chine - c'est-&#224;-dire celles qui produisent des puces dont les n&#339;uds de gravure sont inf&#233;rieurs &#224; 28 nanom&#232;tres [2] - pendant une d&#233;cennie. Ce choix difficile le sera particuli&#232;rement pour les entreprises non am&#233;ricaines, telles que les leaders du secteur, Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. Ltd. et la soci&#233;t&#233; sud-cor&#233;enne Samsung Electronics Co. - Ltd., qui ont d&#233;j&#224; beaucoup investi sur le march&#233; chinois. Selon des sources industrielles, Samsung et son compatriote SK Hynix, qui poss&#232;dent respectivement une usine de fabrication et une usine de conditionnement aux &#201;tats-Unis, r&#233;&#233;valuent leurs projets pour la Chine [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Restrictions plus strictes sur les exportations d'&#233;quipements de fabrication de puces&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; l'incorporation de cette nouvelle politique industrielle comme arme technologique contre le g&#233;ant asiatique, les &#201;tats-Unis ont renforc&#233; les restrictions sur l'acc&#232;s de la Chine aux &#233;quipements de fabrication de puces. Ainsi, le pr&#233;sident Joe Biden a maintenu et affin&#233; le r&#233;gime de contr&#244;le des exportations de Donald Trump pour freiner l'avanc&#233;e des puces chinoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington avait d&#233;j&#224; interdit la vente de la plupart des appareils capables de cr&#233;er des puces de 10 nanom&#232;tres ou moins sans licence. Cette mesure a sp&#233;cifiquement affect&#233; le premier fabricant sous contrat de Chine, Semiconductor Manufacturing International Corp (SMIC). Maintenant, selon Tim Archer, pr&#233;sident et PDG de Lam Research Corp, le d&#233;partement du commerce a &#233;tendu cette barri&#232;re aux &#233;quipements qui peuvent produire tout ce qui est plus grand et plus complexe que 14 nanom&#232;tres. M. Archer a d&#233;clar&#233; que l'interdiction est susceptible de s'appliquer non seulement &#224; SMIC, mais aussi &#224; d'autres installations de fabrication g&#233;r&#233;es par des fabricants de puces sous contrat op&#233;rant en Chine, y compris Taiwan Semiconductor Manufacturing Company [4]. Rick Wallace, PDG de KLA Corp., a &#233;galement confirm&#233; que son entreprise avait &#233;t&#233; inform&#233;e par le gouvernement am&#233;ricain de la modification des crit&#232;res d'octroi de licences pour les exportations de puces fabriqu&#233;es en Chine. Bien qu'il existe un certain nombre d'entreprises chinoises &#233;mergentes dans la fabrication de puces, aucune ne peut remplacer les produits de Lam ou de KLA. Sans acc&#232;s aux &#233;quipements am&#233;ricains avanc&#233;s de fabrication de puces, il faudra plus de temps aux entreprises chinoises de semi-conducteurs pour commencer &#224; produire en masse des puces de moins de 14 nanom&#232;tres, selon les experts du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t de cette ann&#233;e, les &#201;tats-Unis ont impos&#233; des exigences de licence sur trois technologies li&#233;es aux puces &#233;troitement d&#233;finies : les substrats d'oxyde de gallium et de diamant [5], les logiciels d'automatisation de la conception &#233;lectronique pour le d&#233;veloppement de certaines puces avanc&#233;es [6] et la technologie de combustion &#224; gain de pression (PGC) [7]. Dans le dernier rebondissement du tourniquet technologique, l'entreprise californienne de haute technologie Nvidia ne pourra plus vendre sa derni&#232;re puce, le mod&#232;le A100, &#224; la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'explique l'analyste &#233;conomique du quotidien fran&#231;ais Le Monde, Philippe Escande :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La derni&#232;re puce de Nvidia, le mod&#232;le A100, contient 54 milliards de transistors sur un petit carr&#233; de la taille d'un ongle. Elle peut effectuer cinq millions de milliards d'op&#233;rations par seconde. Sortie en 2020, elle a &#233;quip&#233; les superordinateurs du laboratoire am&#233;ricain du d&#233;partement de l'&#233;nergie, &#224; Argonne (Illinois), puis, tr&#232;s rapidement, les syst&#232;mes de reconnaissance d'images en Chine. Ce ne sera plus possible. La firme a annonc&#233;, jeudi 1er septembre, que le gouvernement am&#233;ricain lui interdisait &#224; pr&#233;sent de vendre le A100 aux Chinois, ainsi que ses autres mod&#232;les en cours de d&#233;veloppement. L'administration Biden sait que P&#233;kin est incapable de produire un composant aussi sophistiqu&#233; et ne le sera pas avant longtemps. Elle entend ainsi stopper l'avanc&#233;e chinoise en mati&#232;re d'intelligence artificielle. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De son c&#244;t&#233;, la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine AMD a &#233;galement d&#233;clar&#233; avoir re&#231;u de nouvelles exigences en mati&#232;re de licence qui emp&#234;cheront l'exportation de sa puce d'IA avanc&#233;e MI250 vers la Chine [9].&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce resserrement presque millim&#233;trique des contr&#244;les vise &#224; permettre aux fournisseurs am&#233;ricains de gagner de l'argent en vendant des technologies anciennes &#224; la Chine, tout en emp&#234;chant l'exportation de tout ce qui pourrait permettre &#224; la Chine de passer au premier plan mondial. Parall&#232;lement &#224; ces mesures d'extorsion &#233;conomique, et dans le m&#234;me but, les &#201;tats-Unis ont redoubl&#233; de pression sur les alli&#233;s pour mener une campagne coordonn&#233;e visant &#224; refuser &#224; la Chine l'acc&#232;s aux outils de fabrication de semi-conducteurs les plus avanc&#233;s : la lithographie &#224; ultraviolet profond (DUV), qui est fabriqu&#233;e principalement aux &#201;tats-Unis, aux Pays-Bas et au Japon, et la lithographie &#224; ultraviolet extr&#234;me (EUV) haut de gamme, qui est pratiquement un monopole de la soci&#233;t&#233; n&#233;erlandaise ASML. Ici, il y a encore beaucoup de r&#233;sistance, car la Chine est un march&#233; important pour ces soci&#233;t&#233;s d'&#233;quipement. Les Pays-Bas ne sont pas dispos&#233;s &#224; signer une interdiction de la technologie DUV, mais rejoindront probablement les &#201;tats-Unis et le Japon dans une interdiction de la technologie EUV plus tard cette ann&#233;e. Cela officialise une restriction que les Pays-Bas ont mise en place sous l'intense pression diplomatique des &#201;tats-Unis pour emp&#234;cher l'EUV d'atteindre la Chine. Cela refl&#232;te en partie une convergence progressive de l'UE vers la position am&#233;ricaine sur la Chine, notamment en ce qui concerne les contr&#244;les technologiques, facilit&#233;e en grande partie par la r&#233;cente guerre en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Chip 4 alliance et nouvelles cha&#238;nes d'approvisionnement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis ont &#233;galement propos&#233; r&#233;cemment l'alliance Chip 4 - qui comprend Ta&#239;wan, la Cor&#233;e du Sud et le Japon - qui cr&#233;erait une cha&#238;ne d'approvisionnement en semi-conducteurs centr&#233;e sur les &#201;tats-Unis et excluant la Chine continentale. Son objectif strat&#233;gique est de briser ou de diminuer qualitativement la d&#233;pendance actuelle vis-&#224;-vis des cha&#238;nes d'approvisionnement asiatiques. Mais l'unit&#233; de ces partenaires sera soumise &#224; des d&#233;fis majeurs. Pour l'instant, le Japon est le plus actif dans l'alignement de ses int&#233;r&#234;ts sur ceux des &#201;tats-Unis. Tous deux ont annonc&#233; fin juillet qu'ils allaient cr&#233;er un centre de recherche sur les semi-conducteurs charg&#233; de faire progresser le d&#233;veloppement de n&#339;uds de gravure &#224; 2 nanom&#232;tres d'ici 2025. Les deux pays ont &#233;galement annonc&#233; un nouveau syst&#232;me de dialogue minist&#233;riel dans le cadre d'un effort visant &#224; accro&#238;tre la communication. Pour leur part, la Cor&#233;e du Sud et Ta&#239;wan sont plus ambivalents quant &#224; leur adh&#233;sion &#224; l'alliance, car la Chine continentale reste un march&#233; et une base de production particuli&#232;rement importants pour les deux pays. Plus de 40 % des puces NAND produites par Samsung Electronics sont fabriqu&#233;es en Chine continentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement un march&#233; cl&#233; pour l'autre grand fabricant de puces m&#233;moire de Cor&#233;e du Sud, SK Hynix. Cependant, la pression est tr&#232;s forte : un haut fonctionnaire cor&#233;en cit&#233; par le Financial Times d&#233;clare :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Au fil du temps, un certain nombre d'investissements cor&#233;ens dans la fabrication de puces en Chine risquent d'&#234;tre abandonn&#233;s. &#034;Les barri&#232;res contre la Chine vont acc&#233;l&#233;rer le d&#233;placement des fabricants de puces cor&#233;ens de la Chine vers les &#201;tats-Unis&#034;, a d&#233;clar&#233; Kim Young-woo, responsable de la recherche chez SK Securities &#224; S&#233;oul et conseiller du gouvernement cor&#233;en sur la politique des semi-conducteurs. &#034;Ils ont repens&#233; leurs strat&#233;gies en raison de la guerre technologique entre les &#201;tats-Unis et la Chine et se penchent d&#233;sormais davantage sur les &#201;tats-Unis en raison des risques g&#233;opolitiques.&#034; Kim a ajout&#233; que les groupes cor&#233;ens tels que Samsung et SK Hynix &#034;construiront davantage d'usines aux &#201;tats-Unis car ils ne peuvent pas produire en masse des puces de pointe sans l'&#233;quipement et la technologie am&#233;ricains. S'ils doivent choisir entre les &#201;tats-Unis et la Chine, ils n'ont d'autre choix que de choisir les &#201;tats-Unis&#034; [10]. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces mouvements se concr&#233;tisent, les efforts de Washington pour encourager les grands fabricants de puces &#224; s'&#233;loigner de la Chine et &#224; se rapprocher des &#201;tats-Unis porteraient leurs fruits [11]. Mais les &#201;tats-Unis doivent calibrer leurs coups avec soin, en veillant &#224; ne pas aller trop loin. Leurs efforts pour restreindre l'acc&#232;s aux &#233;quipements plus anciens en Chine pourraient fracturer l'alliance [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La voie de l'autonomie proclam&#233;e par Xi Jinping et ses r&#233;cents revers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien arranger, cette offensive brutale des &#201;tats-Unis est combin&#233;e &#224; l'&#233;clatement de scandales de corruption et de pots-de-vin, qui remettent en question les ambitions de la Chine en mati&#232;re de fabrication de puces. En effet, plusieurs cadres sup&#233;rieurs li&#233;s au plus grand fond d'investissement de l'industrie chinoise des semi-conducteurs et &#224; un grand fabricant de puces ont fait l'objet d'une enqu&#234;te pour corruption, ce qui a &#233;branl&#233; le secteur qui est au c&#339;ur de la qu&#234;te d'autosuffisance technologique du pays. Comme le rapporte Dan Macklin, depuis la mi-juillet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'agence anti-corruption du Parti communiste chinois (PCC) a enqu&#234;t&#233; sur au moins huit cadres sup&#233;rieurs de l'industrie chinoise des semi-conducteurs, tous li&#233;s au China National Integrated Circuit Industry Investment Fund, surnomm&#233; le &#034;Big Fund&#034;. Les dirigeants faisant l'objet de l'enqu&#234;te sont Ding Wenwu (ancien pr&#233;sident du Big Fund), Diao Shijing (ancien pr&#233;sident du Big Fund) et Zhao Weiguo (ancien pr&#233;sident de la soci&#233;t&#233; holding du Big Fund, Tsinghua UniGroup). Plusieurs anciens employ&#233;s de Sino IC Capital (la soci&#233;t&#233; de gestion du Big Fund) ont &#233;galement fait l'objet d'une enqu&#234;te. Entre-temps, P&#233;kin a purg&#233; Xiao Yaqing, ancien chef du minist&#232;re de l'Industrie et des Technologies de l'information (MIIT), o&#249; Diao et Ding &#233;taient fonctionnaires. Xiao est devenu le premier ministre en exercice &#224; faire l'objet d'une enqu&#234;te depuis de nombreuses ann&#233;es, et le plus grand &#034;tigre&#034; &#224; tomber avant le 20e Congr&#232;s du Parti national de cette ann&#233;e [13]. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Big Fund a jou&#233; un r&#244;le central dans le d&#233;veloppement de l'industrie chinoise de la fabrication de puces en fournissant un financement stable et le soutien de l'&#201;tat &#224; des start-ups qui avaient du mal &#224; acc&#233;der &#224; des capitaux provenant d'autres sources, dans un secteur o&#249; le cycle d'investissement est tr&#232;s long et gourmand en liquidit&#233;s et o&#249; le march&#233; peut &#234;tre r&#233;ticent &#224; investir. Le Fonds a r&#233;alis&#233; des investissements qui ont propuls&#233; l'industrie chinoise des m&#233;moires au premier plan mondial et qui ont consid&#233;rablement augment&#233; la capacit&#233; de fabrication de la Chine dans les n&#339;uds de gravure plus avanc&#233;s (en particulier le n&#339;ud de 28 nm, qui est le n&#339;ud utilis&#233; par des puces d'utilisation plus commune) et ont cr&#233;&#233; une cha&#238;ne d'approvisionnement et un &#233;cosyst&#232;me de conception nationaux dynamiques. Cependant, la s&#233;rie de scandales a soulev&#233; des doutes quant &#224; l'efficacit&#233; et &#224; la valeur future du fonds. Les critiques se sont multipli&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es apr&#232;s que plusieurs projets tr&#232;s m&#233;diatis&#233;s dans lesquels le fonds a investi aient connu des probl&#232;mes. Ainsi, comme le dit Macklin, &#171; ...l'industrie a connu plusieurs &#233;checs retentissants, comme celui de Tsinghua UniGroup [14], qui a d&#251; &#234;tre sauv&#233; cette ann&#233;e apr&#232;s une longue crise d'insolvabilit&#233;. Une autre d&#233;b&#226;cle a &#233;t&#233; l'effondrement en 2020 de Wuhan Hongxin Semiconductor Manufacturing ; ses dirigeants auraient fui apr&#232;s avoir accumul&#233; des dettes de 19,6 milliards de dollars et produit &#224; peine plus qu'une coquille de b&#233;ton inachev&#233;e &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les arrestations peuvent signaler l'aboutissement d'un effort de deux ans pour nettoyer le gaspillage et la fraude dans le secteur, ce qui n'est pas surprenant dans un programme de politique industrielle aussi richement financ&#233;, il est douteux qu'elles refl&#232;tent un m&#233;contentement plus large quant &#224; la fa&#231;on dont la politique industrielle des semi-conducteurs est men&#233;e. C'est que, malgr&#233; quelques succ&#232;s [15], les investissements des grands fonds n'ont pas r&#233;ussi &#224; r&#233;duire de mani&#232;re significative la d&#233;pendance de la Chine vis-&#224;-vis des technologies import&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai expliqu&#233; dans mon article &#034;La place de la Chine dans la hi&#233;rarchie du capitalisme mondial&#034;, les semi-conducteurs sont le talon d'Achille des ambitions chinoises en mati&#232;re d'IA. Pire encore, les restrictions technologiques adopt&#233;es par les &#201;tats-Unis risquent de ralentir davantage la progression de ces entreprises vers une v&#233;ritable comp&#233;titivit&#233; dans les technologies de pointe. Ainsi, la nouvelle politique am&#233;ricaine, tout en permettant aux fabricants de puces chinois d'accro&#238;tre leur capacit&#233; &#224; produire des puces d'ancienne g&#233;n&#233;ration afin que les entreprises am&#233;ricaines puissent continuer &#224; vendre des &#233;quipements sur ce march&#233; lucratif, cherche &#224; emp&#234;cher ou &#224; ralentir les entreprises chinoises de produire des semi-conducteurs haut de gamme, garantissant ainsi un &#233;cart important et permanent entre le niveau technologique des &#201;tats-Unis et de leurs alli&#233;s et celui de la Chine. En bref, un coup ouvert au progr&#232;s technologique de la Chine, une batterie de mesures qui agissent comme un contre-coup apr&#232;s des ann&#233;es de couplage entre les grandes firmes technologiques am&#233;ricaines et le centre de production manufacturier chinois, mais qui pourraient &#234;tre mortelles : apr&#232;s que l'administration Trump a introduit des restrictions sur les exportations de puces en 2020, l'activit&#233; mondiale de Huawei dans le domaine des smartphones a &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;e [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pris dans leur ensemble, tous les &#233;l&#233;ments soulev&#233;s dans cet article mettent un grand point d'interrogation sur la volont&#233; du pays d'&#234;tre technologiquement autosuffisant. Comme le dit Li Yuan dans le New York Times :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie des puces est tr&#232;s complexe et interconnect&#233;e. Elle s'appuie sur une cha&#238;ne d'approvisionnement mondiale int&#233;gr&#233;e et fait appel &#224; l'expertise de diff&#233;rentes r&#233;gions : de la conception aux &#201;tats-Unis ; la fabrication &#224; Ta&#239;wan et en Cor&#233;e du Sud ; l'assemblage, le conditionnement et tests en Chine ; puis l'&#233;quipement aux Pays-Bas. Les avantages comparatifs de chaque r&#233;gion ont &#233;t&#233; construits sur des d&#233;cennies de d&#233;penses en capital et de recherche et d&#233;veloppement. Tout gouvernement qui envisage l'autosuffisance dans le secteur des semi-conducteurs doit faire face &#224; la dure r&#233;alit&#233;&#034;, a d&#233;clar&#233; dans une interview Christopher A. Thomas, chercheur principal non-r&#233;sident &#224; la Brookings Institution et ancien directeur g&#233;n&#233;ral d'Intel en Chine. Les semi-conducteurs repr&#233;sentent la plus haute forme de r&#233;alisation de l'ing&#233;nierie humaine. Ils sont la chose la plus difficile que nous ayons cr&#233;&#233;e en tant qu'esp&#232;ce. Comment un pays peut-il &#034;tout gagner&#034; a lui tout seul ? [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, le m&#234;me article cite Charles Kau, un v&#233;t&#233;ran ta&#239;wanais de l'industrie des semi-conducteurs qui a travaill&#233; des deux c&#244;t&#233;s du d&#233;troit de Ta&#239;wan, qui a d&#233;clar&#233; dans une r&#233;cente interview &#224; un journal qu'il avait essay&#233; &#224; plusieurs reprises de dire aux cadres de la haute technologie chinoise qu'il pourrait falloir 30 - voire 50 - ans pour que la Chine devienne un leader de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les obstacles presque insurmontables &#224; l'autosuffisance technologique chinoise montrent les &#233;normes obstacles &#224; l'&#233;mergence de nouvelles puissances imp&#233;rialistes au XXIe si&#232;cle. L'histoire dira si la Chine sera la seule exception &#224; cette &#034;loi d'airain&#034; qui a pr&#233;valu tout au long du si&#232;cle dernier. Dans l'imm&#233;diat, ce qui est clair, c'est que sur un nouveau front encore, les perspectives de la Chine se sont assombries (voir ici, ici, ici et ici). Ce n'est pas le meilleur sc&#233;nario pour la r&#233;&#233;lection ind&#233;finie de son Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral lors du tr&#232;s attendu 20e Congr&#232;s du Parti communiste chinois, qui s'ouvre le 16 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restez &#224; l'&#233;coute !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; [1] Il s'agit de montants consid&#233;rables, mais pas gigantesques selon les normes du secteur. Les 39 milliards de dollars d'aide &#224; l'investissement direct seraient suffisants pour construire deux usines ultramodernes ou peut-&#234;tre quatre usines ordinaires &#224; haut volume ; 29 usines &#224; haut volume sont actuellement en construction dans le monde, dont six aux &#201;tats-Unis, pour un investissement total de 80 &#224; 100 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Dans la fabrication des circuits int&#233;gr&#233;s, plus la valeur du nanom&#232;tre est faible, plus la technologie est avanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &#034;Samsung and SK Hynix rethink China exposure following US chips act&#034;, Financial Times 03/08/2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Selon ce cadre, les nouvelles exigences visent les fabricants sous contrat et excluent les puces &#224; m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &#034;Les &#201;tats-Unis augmentent les sanctions technologiques contre la Chine plus rapidement que pr&#233;vu&#034;, Asia Times, 02/09/2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &#034;Inside the software that will become the next battle front in US-China chip war&#034;, MIT Technology Review, 18/8/2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#034;Semi-conducteurs et puces : la course aux armements du XXIe si&#232;cle&#034;, S&amp;P Global, 1/9/2022. La technologie PGC peut &#234;tre utilis&#233;e dans des applications terrestres et a&#233;rospatiales, notamment les fus&#233;es et les syst&#232;mes hypersoniques. Cette technologie a le potentiel d'augmenter l'efficacit&#233; des moteurs &#224; turbine &#224; gaz de plus de 10 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#034;Les puces et le jeu de la guerre&#034;, Le Monde, 2/9/2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#034;AMD says U.S. told it to stop shipping top AI chip to China&#034;, Reuters 1/9/2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Idem note 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Selon le Financial Times, Samsung Electronics, le plus grand fabricant de puces-m&#233;moire au monde, a annonc&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re qu'il investirait 17 milliards de dollars dans une nouvelle usine au Texas, dans le but de rattraper son rival ta&#239;wanais TSMC dans le secteur de la fonderie. Entre-temps, Joe Biden a visit&#233; les installations du conglom&#233;rat cor&#233;en &#224; Pyeongtaek lors d'un voyage en Cor&#233;e du Sud en mai. En juillet, Chey Tae-won, pr&#233;sident de SK Hynix, soci&#233;t&#233; m&#232;re de SK Group, a tenu une r&#233;union virtuelle avec le pr&#233;sident am&#233;ricain pour annoncer des investissements de 22 milliards de dollars dans les semi-conducteurs, les batteries de v&#233;hicules &#233;lectriques et les technologies vertes aux &#201;tats-Unis, notamment une nouvelle usine d'emballage de puces avanc&#233;es. Dans ce nouveau contexte, l'usine de puces m&#233;moire Dram de SK Hynix &#224; Wuxi, dans l'est de la Chine, est consid&#233;r&#233;e comme l'installation appartenant &#224; la Cor&#233;e la plus vuln&#233;rable aux effets des restrictions am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Comme indiqu&#233;, la soci&#233;t&#233; n&#233;erlandaise ASML, premier fabricant mondial d'&#233;quipements de lithographie, a jusqu'&#224; pr&#233;sent &#233;t&#233; dispos&#233;e &#224; renoncer aux ventes d'EUV &#224; la Chine, &#233;tant donn&#233; l'abondance des commandes d'autres clients, mais faire pression sur elle pour qu'elle arr&#234;te les ventes d'DUV &#224; la Chine pourrait &#234;tre une demande beaucoup plus probl&#233;matique. Dans le m&#234;me temps, les grands fondeurs de puces tels que TSMC et Samsung Electronics pourraient soudainement trouver un int&#233;r&#234;t &#224; cr&#233;er des usines de pointe exemptes de technologies am&#233;ricaines pour servir le march&#233; chinois si Washington va de l'avant avec davantage de contr&#244;les sur tous les segments du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] &#034;What's Driving China's Chip Sector Crackdown ?&#034;, The Diplomat, 29/08/2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Tsinghua Unigroup, la plus grande soci&#233;t&#233; holding de semi-conducteurs de Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Les entreprises chinoises ont vant&#233; leurs avanc&#233;es technologiques : r&#233;cemment, SMIC, la principale fonderie chinoise, a d&#233;clar&#233; qu'elle pouvait d&#233;sormais fabriquer des puces sur un n&#339;ud de processus de 7 nm. YMTC, le champion chinois de la m&#233;moire, rattrape les leaders technologiques de la m&#233;moire flash. Ces deux affirmations doivent &#234;tre trait&#233;es avec prudence, car &#234;tre capable de produire des puces &#224; petite &#233;chelle dans le cadre de s&#233;ries exp&#233;rimentales n'est pas la m&#234;me chose que d'&#234;tre capable de les produire en grands volumes avec des rendements &#233;lev&#233;s sans d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] R&#233;cemment, son Ren Zhengfei a d&#233;clar&#233; dans un m&#233;mo aux employ&#233;s que la survie est le principal objectif de l'entreprise. &#034;Avec la survie comme principe principal, les entreprises marginales se r&#233;duiront et fermeront leurs portes&#034;, &#233;crit Ren. &#034;Le froid sera ressenti par tout le monde.&#034; Pr&#233;parant les esprits &#224; une nouvelle restructuration spectaculaire pour le g&#233;ant technologique bas&#233; &#224; Shenzhen, il a d&#233;clar&#233; que les 10 prochaines ann&#233;es seraient probablement douloureuses en raison des impacts de la guerre de la Russie avec l'Ukraine et du &#034;blocus continu&#034; des &#201;tats-Unis. Coupl&#233; aux effets de la pand&#233;mie de Covid-19, il n'y aura &#034;aucun point lumineux dans le monde&#034; au cours des trois &#224; cinq prochaines ann&#233;es, a-t-il &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] &#034;Xi Jinping's Vision for Tech Self-Reliance in China Runs into Reality&#034;, New York Times, 29/08/2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les cryptos en plein krach</title>
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		<dc:creator>Romaric Godin</dc:creator>


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		<dc:subject>Edition du 2022-05-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;La semaine derni&#232;re, le march&#233; des cryptoactifs a acc&#233;l&#233;r&#233; une baisse entam&#233;e depuis la fin mars. D&#233;sormais, ce sont les piliers du syst&#232;me, les stablecoins, qui sont touch&#233;s. Un sympt&#244;me d'une crise plus g&#233;n&#233;rale au sein du capitalisme. &lt;br class='autobr' /&gt; 16 mai 2022 | mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt; La f&#234;te semble bel et bien finie sur le march&#233; des cryptoactifs. Lundi 16 mai, sa valeur vedette, le fameux bitcoin, avait perdu pr&#232;s de 28 % par rapport &#224; la fin mars, &#224; 29 500 dollars. Depuis son plus-haut historique du 8 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton52878-a5aed.png?1781787790' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La semaine derni&#232;re, le march&#233; des cryptoactifs a acc&#233;l&#233;r&#233; une baisse entam&#233;e depuis la fin mars. D&#233;sormais, ce sont les piliers du syst&#232;me, les stablecoins, qui sont touch&#233;s. Un sympt&#244;me d'une crise plus g&#233;n&#233;rale au sein du capitalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;16 mai 2022 | &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/160522/les-cryptos-en-plein-krach&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mediapart.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#234;te semble bel et bien finie sur le march&#233; des cryptoactifs. Lundi 16 mai, sa valeur vedette, le fameux bitcoin, avait perdu pr&#232;s de 28 % par rapport &#224; la fin mars, &#224; 29 500 dollars. Depuis son plus-haut historique du 8 novembre 2021, &#224; pr&#232;s de 68 000 dollars, le prix du roi des cryptos a fondu de 57 %. Le 11 mai, il &#233;tait m&#234;me pass&#233; sous les 29 000 dollars, du jamais-vu depuis le 30 d&#233;cembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6688 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/graphique_crypto.png?6688/0df3141ff2b4461e9f3b84ec1afd5ed131b6a3ed807b45a2f563c96fe745bec3&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH218/0df3141ff2b4461e-e1c94f00-0d8df.png?1781787791' width='500' height='218' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La capitalisation du bitcoin depuis le 1er janvier. &#169; Coinmarket&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse est d'ailleurs assez g&#233;n&#233;rale. L'autre vedette du march&#233;, l'Ethereum, a atteint le 13 mai un point bas de dix mois, &#224; 2 014 dollars, soit 58 % de moins qu'en novembre 2021. Au total, la capitalisation totale du march&#233; est pass&#233;e de 3 300 &#224; 1 300 milliards de dollars sur la m&#234;me p&#233;riode. Sur la seule semaine du 9 mai, la chute fr&#244;le les 600 milliards de dollars, l'&#233;quivalent du PIB d'un pays comme l'Argentine ou la Suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, ce &#171; crash &#187; n'est pas le premier. En avril 2021, &#224; la suite d'un tour de vis de l'&#201;tat chinois sur les cryptos, le bitcoin avait d&#233;j&#224; perdu jusqu'&#224; 56 % en trois mois, passant sous les 30 000 dollars en juillet de l'an pass&#233;. Il avait finalement fortement rebondi, pour atteindre un nouveau record. Cette affaire avait confirm&#233; la foi in&#233;branlable des partisans des cryptos dans leurs actifs. La preuve semblait &#234;tre faite qu'ils &#233;taient capables de r&#233;sister &#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise profonde qui r&#233;v&#232;le la v&#233;rit&#233; des cryptos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en mars 2022, tout s'est &#224; nouveau effondr&#233;. Ce fait seul est venu confirmer l'aspect hautement volatil de ces actifs, capables en un an de perdre 56 %, puis de gagner 100 % pour &#224; nouveau perdre 57 %. Il est venu aussi confirmer que les &#171; cryptos &#187; ne sont pas ce que ses partisans pr&#233;tendaient qu'ils &#233;taient : de &#171; l'or moderne &#187; capable de prot&#233;ger contre l'inflation et les &#171; manipulations mon&#233;taires &#187; des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une d&#233;cision chinoise qui avait, l'an pass&#233;, provoqu&#233; un premier krach. Cette fois, c'est l'acc&#233;l&#233;ration de la hausse des prix &#224; la consommation qui a affaibli ce march&#233; en dessinant la possibilit&#233; d'un resserrement mon&#233;taire le privant de ressources pour alimenter la hausse. En parall&#232;le, l'inflation a incit&#233; certains d&#233;tenteurs &#224; vendre pour disposer soit de ressources suppl&#233;mentaires, soit d'actifs plus stables pour faire face &#224; la hausse des prix.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6689 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/graphique2-7.png?6689/012d77017a454ab1e8b7067bf3c16051265e534ec4c42e8f192116b07267e755' width='400' height='611' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;&lt;i&gt;Capitalisation du march&#233; global des cryptos. &#169; Coinmarket&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe libertarien des cryptos s'est donc effondr&#233; comme un ch&#226;teau de cartes. Loin de concurrencer les monnaies souveraines, ces actifs sont des objets financiers purement sp&#233;culatifs et en cela hautement sensibles aux conditions financi&#232;res sous-jacentes. Comme, depuis 2008, le secteur financier est sous perfusion massive des banques centrales, les cryptos ne sont donc pas une &#171; d&#233;fense &#187; contre les manipulations de march&#233;, mais au contraire une cons&#233;quence de ces derni&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avouera que l'affaire ne manque pas de piquant : ces &#171; monnaies &#187; qui devaient permettre d'&#233;chapper &#224; l'emprise et aux manipulations des pouvoirs publics n'&#233;taient bel et bien qu'une bulle aliment&#233;e par les banques centrales. Le retour de l'inflation a jou&#233; le r&#244;le de juge de paix : la plupart des acteurs ont jug&#233; que la hausse des prix et le possible resserrement mon&#233;taire sonnaient le glas de la hausse des cryptos et qu'il &#233;tait temps de prendre ses gains. Bref, les cryptos ont logiquement suivi depuis quelques semaines le chemin &#224; la baisse des march&#233;s financiers, notamment des actifs technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, l'affaire semble donc beaucoup plus s&#233;rieuse. Mardi 10 mai, les r&#233;sultats trimestriels de Coinbase, la plate-forme de transactions majeure des cryptos, ont montr&#233; que le volume des transactions, celui des utilisateurs et des actifs ont tous recul&#233;. Pourtant, entre janvier et mars, les prix avaient baiss&#233; par rapport aux plus-hauts de novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui tendrait &#224; indiquer que la mode est en train de passer. Les cryptos auraient atteint une sorte de point haut en termes d'int&#233;r&#234;t. Les montagnes russes de l'ann&#233;e 2021 en ont certainement d&#233;courag&#233; plus d'un et mis en doute le r&#233;cit d'une hausse in&#233;vitable et perp&#233;tuelle qui domine dans le milieu. Concr&#232;tement, cela signifie que &#171; l'arm&#233;e de r&#233;serve &#187; de nouveaux investisseurs venant &#171; acheter &#224; la baisse &#187; pour faire repartir le march&#233; est plus &#233;troite. La correction pourrait donc, en retour, &#234;tre moins vive. Si elle a lieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6690 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH325/5319661d899cf8d3-ad844e63-bf5bc.png?1781787791' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cours de l'action Coinbase. &#169; Copie d'&#233;cran Google&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or rien n'est moins s&#251;r, car le mouvement de correction sur les autres march&#233;s, en particulier sur les valeurs technologiques, ne montre pas de signe de repos. Pas davantage que l'acc&#233;l&#233;ration des prix aliment&#233;e par la crise sanitaire chinoise, la guerre en Ukraine et les effets de la premi&#232;re crise du Covid. Fed et BCE annoncent des resserrements mon&#233;taires et les revenus r&#233;els chutent un peu partout dans les pays avanc&#233;s. Si un des probl&#232;mes majeurs du march&#233; crypto est la demande d'actifs, on voit mal d'o&#249; viendra le salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au reste, cette nouvelle r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; illustr&#233;e par la semaine noire que ce march&#233; a connue &#224; partir du 9 mai et qui, pour la premi&#232;re fois, a touch&#233; une des &#171; infrastructures majeures &#187; des cryptos, les &#171; stablecoins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; stablecoins &#187; dans la tourmente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; jetons &#187; sont des cryptos qui garantissent une valeur stable en monnaie r&#233;elle. Ils sont tr&#232;s largement utilis&#233;s par les acteurs du march&#233; pour acheter et vendre des cryptos classiques. Il est en effet difficile de &#171; convertir &#187; directement des dollars en bitcoins ou en Ethereum, le processus peut prendre du temps et co&#251;ter cher. On passe alors par un &#171; stablecoin &#187; qui permet d'agir directement sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jetons sont donc des formes de &#171; bureaux de change &#187; du march&#233; des cryptos qui ont une fonction centrale : en assurer la liquidit&#233; g&#233;n&#233;rale, mais aussi en assurer la s&#233;curit&#233;. Lorsque vos bitcoins chutent, vous pouvez vous replier sur un stablecoin pour laisser passer l'orage et revenir ensuite. Ces actifs sont donc des sortes d'outils centraux dans le fonctionnement des march&#233;s. Leur capitalisation a atteint 180 milliards de dollars avant le krach, soit &#224; peu pr&#232;s 10 % de l'ensemble du march&#233; des cryptos. Mais, selon certaines sources, pr&#232;s de 70 % des transactions en bitcoins sont r&#233;alis&#233;es en stablecoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela ne fonctionne toutefois que si cet actif tient sa promesse : &#234;tre du quasi-cash dont la valeur est la m&#234;me que celle du dollar &#233;tats-unien. Et c'est bien ici que le b&#226;t blesse. Concr&#232;tement, les acteurs du march&#233; utilisent quatre grands stablecoins : Terra, USD Coin, Binance USD et Tether. Chacun a une fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re de garantir sa valeur. En p&#233;riode de gros temps, ces m&#233;thodes sont mises &#224; rude &#233;preuve. Et si ces garanties se r&#233;v&#232;lent fragiles, la chute est in&#233;vitable. C'est ce qui s'est produit la semaine pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re alerte est venue de Terra, le plus petit des quatre &#171; grands &#187; stablecoins, qui repr&#233;sente environ 10 % du march&#233;. Pour garantir le taux de change stable d'un dollar pour un Terra, ce jeton utilise un algorithme qui, selon l'argument de ses d&#233;fenseurs, lui permet d'&#234;tre enti&#232;rement ind&#233;pendant des march&#233;s financiers et des r&#233;gulations &#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour acheter des Terra, il faut passer par un autre crypto, le Luna. L'offre et la demande de ces deux actifs sont donc cens&#233;es s'&#233;quilibrer puisque le &#171; minage &#187; (cr&#233;ation) de l'un conduit automatiquement &#224; la destruction de l'autre. Si l'offre de Terra est trop forte, sa valeur chute et les investisseurs ont donc int&#233;r&#234;t &#224; acheter des Luna meilleur march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour favoriser l'ajustement et tenter de restaurer l'&#233;quilibre, un algorithme met en vente des Luna ou des Terra et compte sur les &#171; arbitragistes &#187;, des financiers sp&#233;cialis&#233;s dans les petits gains &#224; forts volumes, pour r&#233;aliser cet &#233;quilibre. Lorsque le Terra passe ainsi sous le dollar, l'algorithme met en vente des Luna &#233;quivalent &#224; un dollar de Terra. Les arbitragistes empochent la diff&#233;rence et l'offre de Terra se r&#233;duit, ramenant le prix vers le dollar.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6691 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/graphique_cours_du_luna.png?6691/f10a4cd18cf57b555a70e42ce5f2b7c856c29ad3865f7ababec5229af7a91b61&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/graphique_cours_du_luna.png?6691/f10a4cd18cf57b555a70e42ce5f2b7c856c29ad3865f7ababec5229af7a91b61' width='400' height='926' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cours du Luna sur un an. &#169; Coinmarket&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;canisme ne fonctionne que s'il y a toujours des acheteurs et des vendeurs qui croient que le syst&#232;me va tenir. Mais si ce n'est pas le cas, tout s'effondre. Si, soudain, il n'y a plus assez d'acheteurs, l'&#233;quilibre est impossible &#224; restaurer. Or si l'&#233;quilibre ne tient pas, le Terra et le Luna ne sont plus des stablecoins. D&#232;s lors, l'urgence devient de s'en d&#233;barrasser au plus vite. C'est ce qui s'est produit au cours des derni&#232;res semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 avril, le cours du Luna a pourtant atteint un plus-haut historique, &#224; 116 dollars, sous l'effet de la demande de stabilit&#233; des premi&#232;res baisses de la fin mars. Mais rapidement, les pertes sur le march&#233; des cryptos entra&#238;nent des sorties dudit march&#233;. On vend donc aussi ses Terra et ses Luna. Le cours d&#233;croche ainsi fin avril &#224; 80 dollars. &#192; ce moment, beaucoup commencent &#224; douter de la capacit&#233; du syst&#232;me &#224; s'&#233;quilibrer. Y a-t-il encore assez d'acteurs sur le march&#233; du Luna pour assurer l'ancrage du Terra au dollar ? Rien n'est moins s&#251;r. Par s&#233;curit&#233;, dans un contexte de baisse g&#233;n&#233;rale, on pr&#233;f&#232;re donc sortir du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 mai, le Luna passe sous les 50 dollars. Cette fois, rien ne peut arr&#234;ter la spirale &#224; la baisse. Le syst&#232;me s'&#233;vapore et le krach est in&#233;vitable. Le 12 mai, le Luna passe sous le dollar et est cot&#233; le 16 avril au matin 0,21 cent. Le Terra lui-m&#234;me devient inop&#233;rant. La capitalisation du Luna est ainsi pass&#233;e de 41 milliards de dollars &#224; 1,4 milliard de dollars en un mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement du Terra est un coup de semonce. Il montre qu'une partie des piliers du march&#233; sp&#233;culatif des cryptos reposait sur du vent. Les stablecoins ne sont pas du cash, comme beaucoup l'ont aveugl&#233;ment cru. Et d&#232;s lors, le doute est permis sur les autres acteurs de ce type, &#224; commencer par le plus important, le Tether.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le point faible du Tether&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tether est le stablecoin majeur. Il repr&#233;sente quasiment la moiti&#233; du march&#233; des stablecoins avec une capitalisation qui &#233;tait, il y a encore une semaine, sup&#233;rieure &#224; 80 milliards de dollars. En th&#233;orie, le Tether est beaucoup plus solide que le Terra. Pour garantir son cours, ses cr&#233;ateurs utilisent un syst&#232;me de r&#233;serves en dollars. Le syst&#232;me fonctionne donc comme un syst&#232;me d'ancrage mon&#233;taire classique. Lorsque le Tether perd de la valeur face au dollar, on rach&#232;te des Tether avec les dollars de la r&#233;serve. C'est exactement de cette fa&#231;on que, par exemple, la Banque centrale danoise garantit la valeur stable de la couronne en euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennui, c'est qu'ici on est dans le monde des cryptos, autrement dit dans un monde tr&#232;s faiblement r&#233;gul&#233;. Difficile donc de savoir comment le Tether est couvert. L'an pass&#233;, le r&#233;gulateur &#233;tats-unien des march&#233;s &#224; terme, la CFTC, avait condamn&#233; le gestionnaire de ce jeton &#224; 41 millions de dollars d'amende pour des &#171; d&#233;clarations fausses ou trompeuses &#187; sur ses r&#233;serves. Selon ses propres dires, seulement 4 % de ses r&#233;serves seraient en num&#233;raire, le reste &#233;tant en &#171; commercial papers &#187;, des titres de dettes commerciales &#224; court terme qui sont jug&#233;s &#233;quivalents &#224; du cash, mais qui n'en sont pas. Car pour obtenir du cash, il faut vendre ces titres. Tout d&#233;pend alors de la valeur de ces titres et de l'&#233;tat du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6692 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/graphique_du_thether.png?6692/3497d373adcbef686975bfa1f2b7c5ec8f3bdb98abadf997e07800b82b6a8f03&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH214/3497d373adcbef68-d9af4b46-02972.png?1781787791' width='500' height='214' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cours du Theter sur trois mois. &#169; Coinmarket&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En temps normal, nul ne se soucie de tout cela. Mais avec l'effondrement du Terra, le march&#233; a commenc&#233; &#224; douter de la stabilit&#233; de cet actif. La m&#233;fiance est contagieuse et, faute de vraie s&#233;curit&#233;, certains ont commenc&#233; &#224; r&#233;duire leur exposition. Le 11 mai, un milliard de dollars de Tether ont &#233;t&#233; vendus. Le 12 mai, c'est l&#224; aussi le &#171; crash &#187;. La valeur du Tether va subitement reculer dans la matin&#233;e de 4 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse va &#234;tre vite effac&#233;e, le Tether a finalement pu sauvegarder une grande partie de sa valeur, sinon son int&#233;gralit&#233;. Depuis vendredi, il &#233;volue &#224; 0,12 % en dessous de la parit&#233; avec le dollar, mais parvient &#224; maintenir cette valeur. Il n'emp&#234;che. Ce &#171; crash &#187; temporaire va laisser des traces. D'abord parce que si l'intervention a r&#233;tabli partiellement la parit&#233;, la capitalisation de cet actif a fortement recul&#233;. En une semaine, elle a fondu de pr&#232;s de 10 %, soit 8 milliards de dollars. Cette perte ne s'explique donc que par les ventes massives, reflet de la perte de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la valeur du Tether est &#224; nouveau test&#233;e massivement, on ignore donc ce qui se passera. Un des dirigeants de ce stablecoin a pr&#233;tendu disposer de 40 milliards de dollars de dette souveraine &#233;tats-unienne. Mais il n'y a l&#224; aucune preuve et le risque est aussi que l'entreprise ait acquis du commercial paper bon march&#233;, donc risqu&#233;. Comme il n'y a aucune garantie r&#233;gulatrice, chacun croira ou non ces d&#233;clarations. Mais le Tether n'est clairement pas &#224; l'abri d'une nouvelle offensive. Une des questions imm&#233;diates est de savoir si les investisseurs peuvent ou non accepter la d&#233;cote actuelle de 0,12 %, alors que la promesse du Tether est d'&#234;tre l'&#233;quivalent du cash.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles cons&#233;quences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces doutes et ces attaques contre les stablecoins qui ont acc&#233;l&#233;r&#233; la chute du march&#233; la semaine pass&#233;e. Et qui rendent un rebond &#224; la fois moins probable et, s'il a lieu, encore plus fragile. Dans ces conditions, la question des cons&#233;quences sur l'&#233;conomie r&#233;elle de ce krach des cryptos devient un sujet central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus importante d'entre elles est de savoir si l'effondrement des cryptos peut causer un effet domino au reste du syst&#232;me financier. On aurait alors une sorte de retour de flammes : la chute des march&#233;s produirait la chute des cryptos qui acc&#233;l&#233;rerait la chute des march&#233;s en pesant sur les b&#233;n&#233;fices du secteur financier. C'est souvent comme cela que se cr&#233;ent des spirales conduisant au pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, la r&#232;gle &#233;tait que le monde des cryptos &#233;tait plut&#244;t ferm&#233;. La possibilit&#233; de contagion &#233;tait donc r&#233;duite. Mais depuis quelques mois, la hausse des cours a attir&#233; de plus en plus d'investisseurs, y compris institutionnels, qui ont voulu leur part du g&#226;teau. Des d&#233;riv&#233;s ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par certaines grandes Bourses, &lt;a href=&#034;https://www.eurex.com/ex-en/markets/crypto&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme Deutsche B&#246;rse&lt;/a&gt;. Le rempart entre les cryptos et le reste de la finance est donc plus faible, m&#234;me si l'exposition directe des g&#233;ants de la finance reste faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans la finance moderne, les expositions &#171; directes &#187; ne sont pas toujours repr&#233;sentatives du risque. Le &#171; crypto crash &#187; peut d'abord causer une forme d'ins&#233;curit&#233; globale et de panique qui peut se transmettre aux autres march&#233;s. Cela est particuli&#232;rement vrai pour le secteur d&#233;j&#224; tr&#232;s touch&#233; des valeurs technologiques. D'ailleurs, &#224; cela peuvent s'ajouter des effets plus concrets o&#249; certains investisseurs sortiraient de ces deux march&#233;s pour limiter la casse. C'est dans ces effets de comportement que la contagion peut devenir r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6693 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/pres_salavador.png?6693/b65a278cc4f6fdd924ed5546e0860f4b222dc189486aac78c4d99a3782c36e54' width='430' height='657' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nayib Bukele le 1er juin 2021 devant le Congr&#232;s du Salvador. &#169; MARVIN RECINOS / AFP&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, certains vont &#234;tre frapp&#233;s plus directement. Et, naturellement, tous les regards &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/020222/liberalisme-autoritaire-et-bitcoin-la-recette-du-president-du-salvador&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;se tournent vers le Salvador&lt;/a&gt;, ce pays d'Am&#233;rique centrale dirig&#233; par un pr&#233;sident fanatique des cryptos, Nayib Bukele. Apr&#232;s avoir fait du bitcoin une des monnaies l&#233;gales du pays avec le dollar l'an pass&#233;, le gouvernement a soutenu massivement son usage. Son ambition est d&#233;sormais de cr&#233;er &#171; Bitcoin City &#187;, une ville o&#249; les taxes seront absentes et o&#249; le minage sera r&#233;alis&#233; gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie d'un volcan actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nayib Bukele qui, par ailleurs, est en pleine d&#233;rive autoritaire, ne s'en laisse pas conter par la baisse des march&#233;s. En bon adepte de la foi crypto, il y voit l'occasion d'acheter &#224; bon compte. Le Fonds national salvadorien a donc rachet&#233; la semaine pass&#233;e des bitcoins &#224; plus de 30 000 dollars. En tout, les pertes cumul&#233;es du Salvador sur ce march&#233; s'&#233;l&#232;vent &#224; 40 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennui, c'est que, depuis que le pays s'est lanc&#233; dans cette exp&#233;rience, il a perdu l'acc&#232;s aux march&#233;s financiers en dollars, qui reste la monnaie la plus utilis&#233;e du pays (le Salvador a renonc&#233; &#224; sa propre monnaie en 2001). Or le pays conna&#238;t un d&#233;ficit courant qui p&#232;se sur ses r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est d&#233;sormais de savoir si, compte tenu des pertes pass&#233;es et &#224; venir sur le bitcoin, le Salvador pourra faire face &#224; sa prochaine &#233;ch&#233;ance de remboursement de dette et rembourser les 800 millions de dollars qu'il doit payer en janvier 2023. Selon les agences de notation, m&#234;me si cette &#233;ch&#233;ance est pass&#233;e, la pression sur le financement de l'&#201;tat restera &#233;lev&#233;e. Le risque est donc moins que la baisse du bitcoin p&#232;se sur les utilisateurs salvadoriens du pays qui sont peu nombreux (&lt;a href=&#034;https://www.nber.org/system/files/working_papers/w29968/w29968.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme l'a prouv&#233; cette &#233;tude&lt;/a&gt;) que sur l'&#201;tat lui-m&#234;me, ce qui conduirait &#224; une crise de la dette et &#224; une violente aust&#233;rit&#233; et frapperait les plus fragiles parmi la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que signifie ce &#171; krach des cryptos &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelque chose malheur est bon. M&#234;me si Nayib Bukele re&#231;oit, lundi 16 mai 2022, 44 pays pour vanter ces actifs, cette crise et l'exemple salvadorien pourraient d&#233;courager la tentation de plusieurs pays &#233;mergents d'&#233;chapper au syst&#232;me financier international par les cryptos. Voil&#224; quelques semaines, la R&#233;publique centrafricaine avait suivi l'exemple du Salvador. Or, comme le d&#233;montre l'exemple centram&#233;ricain, cet espoir est un leurre : non seulement il met encore plus le pays &#224; la merci de la sp&#233;culation, mais il ne permet pas de se d&#233;barrasser de la d&#233;pendance au dollar et aux march&#233;s financiers internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6694 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/spec_des_cryptos.png?6694/f0e010ecb72b1b4213f5807424d0e2d13fc2f0e9b439e2f54342fe4432a1ea6d' width='400' height='597' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;monstration d'&#233;changes de cryptomonnaie &#224; la Thailand Crypto Expo &#224; Bangkok, le 14 mai 2022. &#169; Photo Anusak Laowilas / NurPhoto via AFP&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, le krach des cryptos est aussi une bonne nouvelle environnementale. Le &#171; minage &#187; et les op&#233;rations financi&#232;res sur ces actifs sont extraordinairement gourmands en ressources et en &#233;nergies, pour une utilit&#233; tr&#232;s r&#233;duite.&lt;a href=&#034;https://hbr.org/2021/05/how-much-energy-does-bitcoin-actually-consume&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;0,55 % de la production mondiale d'&#233;nergie&lt;/a&gt; est consacr&#233;e &#224; cette activit&#233;, ce qui peut sembler peu, mais qui est en r&#233;alit&#233; trop alors m&#234;me que le monde est entr&#233; dans une terrible crise &#233;nerg&#233;tique et cherche par tous les moyens &#224; r&#233;duire la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette crise, les cryptos apparaissent pour ce qu'ils sont r&#233;ellement : des tentatives de soutenir la rentabilit&#233; globale du syst&#232;me capitaliste soumis depuis 2008 &#224; une crise profonde du syst&#232;me productif, comme le signale l'&#233;conomiste Michael Roberts. Les cryptos ne sont qu'un &#233;ni&#232;me chapitre de cette tentative de soutenir l'accumulation en r&#233;gime de basse croissance. En se refermant, il met d'ailleurs en danger une autre tentative du m&#234;me type, les &#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/081221/marchandisation-du-virtuel-la-fuite-en-avant-du-systeme-economique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jetons non fongibles&lt;/a&gt; &#187;, ou NFT, dont les volumes avaient d&#233;j&#224; chut&#233; de 50 % au premier trimestre et qui sont encore davantage mis sous pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute ainsi qu'il faut comprendre cet effondrement des cryptoactifs. L'exp&#233;rience libertarienne s'est mu&#233;e en une b&#233;quille du syst&#232;me d'accumulation. Le r&#234;ve de remplacer un pouvoir mon&#233;taire politique par un pouvoir technologique a men&#233; &#224; une int&#233;gration renforc&#233;e au syst&#232;me financier sans contre-pouvoir. Tant que les banques centrales garantissaient une liquidit&#233; illimit&#233;e, les cryptos pouvaient faire illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;sormais les cryptos sont int&#233;gr&#233;s dans la crise globale du mode de gestion n&#233;olib&#233;ral du capitalisme. La fuite en avant du syst&#232;me a caus&#233; maintes bulles, de l'immobilier aux cryptos en passant par la technologie et les NFT. Aucune de ces bulles n'est en mesure de r&#233;gler le probl&#232;me principal du capitalisme contemporain : le ralentissement structurel des gains de productivit&#233; qui p&#232;se sur la rentabilit&#233; globale. In&#233;vitablement vient donc le moment o&#249; le r&#233;el se rappelle au sp&#233;culateur et o&#249; les ch&#226;teaux de cartes financiers s'effondrent. L'inflation a ici jou&#233; le r&#244;le de juge de paix. Le krach des cryptos n'est qu'un simple chapitre de cette crise de r&#233;gime. C'est donc moins l'&#233;mergence de ces actifs que leur crise qui constitue le berceau d'un monde nouveau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romaric Godin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre en Ukraine et les sanctions accentuent les tendances &#224; la crise de l'&#233;conomie mondiale</title>
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		<dc:date>2022-03-15T09:08:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathan Erderof</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre en Ukraine a provoqu&#233; une envol&#233;e des prix de nombreux produits. Une d&#233;stabilisation &#233;conomique aggrav&#233;e par les sanctions visant la Russie, et qui va d'abord frapper les populations et le monde du travail. &lt;br class='autobr' /&gt; 28 f&#233;vrier 2022 | tir&#233; de R&#233;volution permanente https://www.revolutionpermanente.fr/La-guerre-en-Ukraine-et-les-sanctions-accentuent-les-tendances-a-la-crise-de-l-economie-mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
Krach historique de la Bourse de Moscou et hausse du prix des mati&#232;res premi&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton51878-1ac2d.png?1781787791' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La guerre en Ukraine a provoqu&#233; une envol&#233;e des prix de nombreux produits. Une d&#233;stabilisation &#233;conomique aggrav&#233;e par les sanctions visant la Russie, et qui va d'abord frapper les populations et le monde du travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 2022 | tir&#233; de R&#233;volution permanente&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/La-guerre-en-Ukraine-et-les-sanctions-accentuent-les-tendances-a-la-crise-de-l-economie-mondiale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.revolutionpermanente.fr/La-guerre-en-Ukraine-et-les-sanctions-accentuent-les-tendances-a-la-crise-de-l-economie-mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Krach historique de la Bourse de Moscou et hausse du prix des mati&#232;res premi&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intensification de la guerre et l'invasion des troupes russes sur le sol ukrainien, jeudi 24 f&#233;vrier, a affol&#233; les march&#233;s mondiaux. En t&#233;moigne la chute impressionnante de pr&#232;s de 45% de l'indice de r&#233;f&#233;rence boursier russe Moex &#224; l'ouverture des march&#233;s jeudi dernier, avant une stabilisation autour des 25 % de baisse. La Banque de Moscou avait auparavant d&#251; interrompre ses &#233;changes apr&#232;s que le rouble soit tomb&#233; &#224; un niveau historiquement bas en comparaison du dollar. A l'&#233;chelle mondiale l'effondrement des principaux march&#233;s boursiers (Etats-Unis -3%, Europe -4%) est venu illustrer la forte inqui&#233;tude qui p&#232;se sur les secteurs financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; des mati&#232;res premi&#232;res est apparu sur ce terrain comme &#233;tant le barom&#232;tre le plus r&#233;v&#233;lateur de la crise qui traverse le vieux continent. Particuli&#232;rement dans l'&#233;nergie o&#249; le cours du baril de p&#233;trole a pass&#233; la barre des 100 dollars pour la premi&#232;re fois depuis 2014. Mais l'approvisionnement du gaz est davantage encore source de tracas. Sur le march&#233; n&#233;erlandais, r&#233;f&#233;rence continentale, le prix du m&#233;gawatheure a grimp&#233; de 40%, jusqu'&#224; 125 euros, dans la droite lign&#233;e d'un affolement des prix du secteur depuis la reprise &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; des c&#233;r&#233;ales, en hausse continue depuis plusieurs mois, a lui aussi &#233;t&#233; particuli&#232;rement stimul&#233; par la situation ukrainienne. Mercredi, le soja a &#233;t&#233; &#233;valu&#233; &#224; 648 dollars la tonne, tr&#232;s proche du record de 2012. Le cours du bl&#233; a lui &#233;t&#233; propuls&#233;, jeudi, &#224; un prix in&#233;dit de 344 euros la tonne sur le march&#233; europ&#233;en. A Chicago, le bosson de bl&#233; s'est n&#233;goci&#233; &#224; 9,4375 dollars, soit une hausse de 5,7%, le maximum autoris&#233; par le march&#233;. L'inqui&#233;tude est vive, alors que la Russie est devenue en 2018 le premier exportateur mondial de bl&#233;, que l'Ukraine suit en quatri&#232;me position. Ensemble, la Russie et l'Ukraine repr&#233;sentent 19% des exportations mondiales de c&#233;r&#233;ales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette f&#233;brilit&#233; a &#233;galement contamin&#233; le secteur des huiles, alors que l'Ukraine produit plus de la moiti&#233; de l'huile de tournesol au niveau mondial et que la hausse du prix du p&#233;trole, qui a entra&#238;n&#233; celle des hydrocarburants, a aussi jou&#233; son r&#244;le. Jeudi, le colza a atteint sur Euronext la valeur de 780 euros la tonne, soit quasiment son record de f&#233;vrier dernier. Enfin, la fili&#232;re des m&#233;taux n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; la fi&#232;vre g&#233;n&#233;rale, puisque l'aluminium a atteint un nouveau record historique, les investisseurs craignant une rupture d'approvisionnement alors que le groupe russe Rusal est le deuxi&#232;me producteur mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;action &#233;pidermique dans des fili&#232;res o&#249; nombre de mati&#232;res premi&#232;res &#233;taient d&#233;j&#224; en surchauffe qui montre le poids de la Russie et de l'Ukraine dans le jeu &#233;conomique mondial tant les puissances imp&#233;rialistes, notamment l'Allemagne, sont d&#233;pendants des ressources russes. A titre d'exemple, sur les six derni&#232;res ann&#233;es, la Russie a livr&#233; pr&#232;s de 40% du gaz consomm&#233;e par les pays de l'Union Europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'inflation galopante premi&#232;re cons&#233;quence de la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'inflation mondiale &#233;tait d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233;e comme un indicateur inqui&#233;tant de l'&#233;conomie mondiale, la situation ouverte par la guerre en Ukraine a ouvert la voie &#224; un saut dans les dynamiques d&#233;j&#224; en cours. Les volatilit&#233;s boursi&#232;res actuelles illustrent l'incertitude provoqu&#233;e par la situation ukrainienne. Elles sont probablement les signes avant-coureurs de tendances g&#233;n&#233;rales &#224; la crise dans le monde, dont l'amplitude d&#233;pendra des suites du conflits et sont encore impossibles &#224; mesurer et &#224; pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d&#233;j&#224; pr&#233;sumer que les objectifs de croissance du FMI, d&#233;j&#224; revus &#224; la baisse en janvier dernier suite &#224; l'irruption du variant Omicron, sont d'ores et d&#233;j&#224; tr&#232;s compromis. Victor Beker, directeur de la CENE, juge ainsi que &#171; l'estimation du FMI d'une augmentation du PIB mondial de 4,4% d'ici 2022 devrait &#234;tre r&#233;examin&#233;e. L'ampleur de l'examen d&#233;pendra de l'intensit&#233; et de la dur&#233;e du conflit. Les pires perspectives sont, bien s&#251;r, pour le continent europ&#233;en &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me veine, G&#233;d&#233;on Rachmann explique dans le Financial Times craindre qu'&#171; une rupture &#233;conomique entre la Russie et l'Occident [n'ait] &#233;galement de graves cons&#233;quences pour l'Europe et les Etats-Unis. Avant m&#234;me que ce conflit n'&#233;clate, les prix de l'&#233;nergie montaient en fl&#232;che. Si la Russie coupe l'approvisionnement en gaz de l'Europe (sic), les consommateurs et l'industrie en souffriront durement. Les effets directs se feront le plus sentir dans les pays les plus d&#233;pendants du gaz russe, en particulier l'Allemagne et l'Italie. Mais l'ensemble du monde occidental pourrait basculer dans la r&#233;cession et l'inflation. Et les dirigeants politiques occidentaux sont beaucoup plus vuln&#233;rables &#224; l'opinion publique que Poutine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;tude publi&#233;e avant le d&#233;clenchement du conflit, le National Institute for Economic and Social Research (NIESR) estime que &#171; Les implications g&#233;n&#233;rales... rappellent quelque peu la crise &#233;nerg&#233;tique des ann&#233;es 1970 &#187;. Et de souligner que &#171; Les hausses de prix et une offre r&#233;duite avaient alors gravement perturb&#233; l'activit&#233; &#233;conomique mondiale et entra&#238;n&#233; une acc&#233;l&#233;ration de l'inflation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure il semble difficile de se faire un jugement d&#233;finitif sur la question tant l'impact &#233;conomique d&#233;pendra de la dur&#233;e du conflit en Ukraine. La s&#233;v&#233;rit&#233; des sanctions impos&#233;es par Washington et Bruxelles dans le temps sera &#233;galement d&#233;cisive pour l'ampleur des r&#233;percussions du conflit sur les autres &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une situation aggrav&#233;e par les sanctions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce terrain, la guerre &#233;conomique de l'OTAN contre la Russie s'est intensifi&#233;e ces derniers jours. Les dirigeants de l'Union europ&#233;enne r&#233;unis en sommet, jeudi soir, ont durci les sanctions contre la Russie. &#171; Les dirigeants russes devront faire face &#224; un isolement sans pr&#233;c&#233;dent &#187; a lanc&#233; la pr&#233;sidente de la Commission Ursula von der Leyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi, le d&#233;partement du Tr&#233;sor, suivi par l'UE, a ainsi annonc&#233; immobiliser les actifs de la Banque centrale russe d&#233;tenus aux Etats-Unis et imposer des sanctions au Fonds d'investissement direct russe, un fond souverain dirig&#233; par un proche alli&#233; de Poutine. Ces nouvelles mesures visant &#224; limiter la capacit&#233; de la Russie &#224; utiliser ses fonds internationaux pour limiter l'impact des sanctions adopt&#233;es par les Etats-Unis et ses alli&#233;s de l'OTAN marquent un nouveau saut dans l'offensive contre la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre mesure d'importance, le blocage du syst&#232;me interbancaire SWIFT pour les banques russes, qui jusqu'alors avait constitu&#233; un point d'accrochage entre les Etats-Unis et l'Europe (notamment l'Allemagne) a finalement &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;. Ici aussi, la capacit&#233; des banques russes &#224; mener des affaires internationales devrait &#234;tre s&#233;rieusement entam&#233;e, puisqu'il faudra compter sur des accords bilat&#233;raux avec des banques &#171; alli&#233;es &#187; ou sur de vieilles technologies comme les fax.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoutent des sanctions &#224; &#171; combustion lente &#187; -selon le mot de Michael Roberts. Les Etats-Unis et l'UE veulent couper l'approvisionnement de la Russie en puces et se semi-conducteurs. L'objectif est de faire stopper les importations essentielles &#224; la Russie dans son avancement militaire mais aussi &#171; de d&#233;grader ses capacit&#233;s industrielles sur des ann&#233;es &#187; explique le pr&#233;sident am&#233;ricain, Joe Biden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel impact sur l'&#233;conomie russe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;conomie nationale russe ne fait pas partie de nos premi&#232;res pr&#233;occupations, car le terme fait en r&#233;alit&#233; r&#233;f&#233;rence aux profits des oligarques russes, l'impact de cette crise se fera essentiellement sentir sur le monde du travail, mais aussi les petits patrons qui p&#226;tiront de la pression du grand patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles mesures de sanctions viennent s'ajouter &#224; une s&#233;rie d'interdictions d'exportations et de commerce, &#224; la suspension des transactions avec certaines banques, et au ciblage de Vladimir Poutine et des oligarques qui gravitent autour de lui et dont les avoirs &#224; l'&#233;tranger sont syst&#233;matiquement gel&#233;s. Elles toucheront durement l'&#233;conomie Russe qui a cependant cherch&#233; &#224; r&#233;duire cet impact suivant plusieurs modalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le note Le Monde &#171; Depuis le d&#233;but du conflit dans l'est de l'Ukraine, en 2014, et les premi&#232;res sanctions occidentales, la Russie a patiemment renforc&#233; sa capacit&#233; de r&#233;sistance &#233;conomique. Les r&#233;serves de sa banque centrale, qui s'&#233;taient effondr&#233;es de 500 milliards de dollars (444 milliards d'euros) en 2014 &#224; 350 milliards de dollars en 2015, sont remont&#233;es &#224; 630 milliards de dollars &#187;. Dans le m&#234;me sens, la Russie va chercher &#224; approfondir ses liens &#233;conomiques avec la Chine au travers notamment des contrats d'hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, parce que l'Europe est trop d&#233;pendante de la Russie pour lui couper une source importante de revenus, le d&#233;partement du Tr&#233;sor a annonc&#233; une d&#233;rogation pour garantir la poursuite des transactions li&#233;es aux exportations &#233;nerg&#233;tiques de la Russie et d&#233;livr&#233; &#171; une licence g&#233;n&#233;rale &#187; pour autoriser certaines transactions li&#233;es &#224; l'&#233;nergie avec la Banque centrale russe. &#171; Cette d&#233;rogation signifie &#187; selon le New York Times &#171; que les paiements &#233;nerg&#233;tiques continueront &#224; circuler, ce qui att&#233;nue les risques pour les march&#233;s &#233;nerg&#233;tiques mondiaux et pour l'Europe, qui est fortement tributaire des exportations russes de p&#233;trole et de gaz. Les responsables am&#233;ricains ont d&#233;clar&#233; qu'ils souhaitaient que les prix de l'&#233;nergie restent stables et qu'ils ne voulaient pas d'une flamb&#233;e des prix au profit de M. Poutine. Ils ont toutefois indiqu&#233; qu'ils envisageaient des mesures qui emp&#234;cheraient la Russie d'acqu&#233;rir les technologies dont elle a besoin pour &#234;tre un leader de la production &#233;nerg&#233;tique &#224; long terme. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'annonce du gel des avoirs de la banque centrale russe pourrait d&#233;s&#233;quilibrer l'ensemble du march&#233; mondial. Si la mesure s'av&#233;rait efficace, cela signifie que les r&#233;serves de change russes en dollars ne pourraient pas &#234;tre utilis&#233;es du tout pour soutenir le rouble sur les march&#233;s internationaux. Steven Hamilton, professeur &#224; l'universit&#233; am&#233;ricaine George-Washington et ancien du Tr&#233;sor australien, cit&#233; par Le Monde explique &#224; ce sujet : &#171; Immobiliser la banque centrale d'un pays majeur est compl&#232;tement fou, et sans pr&#233;c&#233;dent. &#187; Jusqu'alors une telle mesure n'avait jamais &#233;t&#233; mise en place pour un pays du G20 et seuls des pays qui ne peuvent &#234;tre compar&#233;s sur le terrain &#233;conomique comme le Venezuela, la Cor&#233;e du Nord et l'Iran avaient subi ce sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel impact sur les classes populaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une fois de plus ce sont bien les classes populaires russes qui par effet ricochet souffriront le plus des sanctions occidentales. Derri&#232;re les oligarques qui, bien que relativement amoindris, sauront sauver leurs milliards, c'est la population russe qui paiera le prix fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est ce ne sont pas les sanctions qui vont emp&#234;cher une quelconque guerre ou escalade, dont l'OTAN elle-m&#234;me est responsable en derni&#232;re instance. En effet, bien que plac&#233; depuis 2014 sous le couperet de mesures restrictives de la part des puissances occidentales, Poutine n'a pas &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233; le moins du monde de poursuivre et intensifier l'offensive en Ukraine. Le seul r&#233;sultat concret de cette politique : le pouvoir d'achat de la classe ouvri&#232;re russe, en recul de pr&#232;s de 10% depuis une d&#233;cennie. Aux antipodes du discours officiel qui cherche &#224; faire passer ces mesures iniques pour un combat l&#233;gitime contre la barbarie -r&#233;elle- de l'invasion russe, ces sanctions visent en premi&#232;re instance &#224; d&#233;fendre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et ses alli&#233;s de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les sanctions de l'OTAN pourraient acc&#233;l&#233;rer les tendances &#224; la crise de l'&#233;conomie mondiale. Si pour l'instant aucune certitude ne s'impose, la situation doit &#234;tre suivie avec la plus grande attention, car ces nouvelles difficult&#233;s entra&#238;neraient de nouvelles attaques contre la classe ouvri&#232;re &#224; l'international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, nous appelons &#224; affronter la possibilit&#233; de cette guerre r&#233;actionnaire &#224; travers la mobilisation pour le retrait imm&#233;diat des troupes russes hors de l'Ukraine, mais aussi contre l'OTAN et les sanctions impos&#233;es par les puissances imp&#233;rialistes. L'Ukraine est une monnaie d'&#233;change dans ce jeu, ce sont les masses exploit&#233;es du monde entier qui pourraient en payer le prix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le n&#233;cessaire d&#233;bat d&#233;mocratique sur l'action des banques centrales</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-necessaire-debat-democratique-sur-l-action-des-banques-centrales</link>
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		<dc:date>2022-02-01T06:59:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martine Orange</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-02-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que les banques centrales sont devenues des actrices politiques majeures de l'&#233;conomie et de la finance mondiales, peut-on encore maintenir la fiction que la politique mon&#233;taire n'est qu'une simple affaire technique ? Pour &#201;ric Monnet, auteur de &#171; La Banque Providence &#187;, il est urgent de d&#233;mocratiser les questions mon&#233;taires, afin de mettre les banques centrales au service de tous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette chronique est le premier article d'une nouvelle s&#233;rie intitul&#233;e &#171; La biblioth&#232;que Mediapart de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-02-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-02-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton51235-1e400.png?1781787791' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les banques centrales sont devenues des actrices politiques majeures de l'&#233;conomie et de la finance mondiales, peut-on encore maintenir la fiction que la politique mon&#233;taire n'est qu'une simple affaire technique ? Pour &#201;ric Monnet, auteur de &#171; La Banque Providence &#187;, il est urgent de d&#233;mocratiser les questions mon&#233;taires, afin de mettre les banques centrales au service de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette chronique est le premier article d'une nouvelle s&#233;rie intitul&#233;e &#171; La biblioth&#232;que Mediapart de l'&#233;conomie &#187;. Celle-ci regroupera les lectures que la r&#233;daction juge importantes. Elle permettra de constituer une collection de textes de r&#233;f&#233;rence qui permettront d'&#233;clairer les grands d&#233;bats et les grands probl&#232;mes dans le domaine de l'&#233;conomie et du social.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;26 janvier 2022 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/260122/le-necessaire-debat-democratique-sur-l-action-des-banques-centrales&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/economie/260122/le-necessaire-debat-democratique-sur-l-action-des-banques-centrales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle fois, les banques centrales se retrouvent au centre de toutes les attentions. &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/251121/aux-etats-unis-le-second-mandat-du-president-de-la-fed-sera-bien-different-du-premier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bouscul&#233;es&lt;/a&gt; par la mont&#233;e inattendue de l'inflation, elles sont somm&#233;es de s'expliquer sur leurs intentions et leur future politique mon&#233;taire. Le pr&#233;sident de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, Jerome Powell, a d&#233;j&#224; durci le ton, promettant d'augmenter les taux d'int&#233;r&#234;t rapidement, tandis que Christine Lagarde, pr&#233;sidente de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), temporise, estimant qu'il n'est pas encore temps de supprimer les outils de soutien mis en place pour faire face &#224; la crise li&#233;e au Covid-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'invitant dans le d&#233;bat, le &lt;a href=&#034;https://blogs.imf.org/2022/01/10/emerging-economies-must-prepare-for-fed-policy-tightening/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fonds mon&#233;taire international&lt;/a&gt;(FMI) et la Banque mondiale mettent en garde sur les effets de bord que risque de provoquer tout changement de cap mon&#233;taire, notamment dans les pays &#233;mergents, dont certains sont lourdement endett&#233;s en dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette petite chronique de d&#233;but d'ann&#233;e 2022 vient rappeler la place d&#233;mesur&#233;e qu'ont acquise les banques centrales occidentales au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. Depuis la crise financi&#232;re de 2008, elles sont devenues les personnages dominants du syst&#232;me &#233;conomique et financier mondial : leurs d&#233;cisions ou simplement leurs paroles d&#233;placent des milliards. Certains disent m&#234;me qu'elles sont ma&#238;tres du monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH366/fe4638110037606c-3e43787d-e2738.png?1781787792' width='500' height='366' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Christine Lagarde et Jerome Powell au G20 finances &#224; Buenos Aires en 2018. &#169; EITAN ABRAMOVICH / AFP&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce r&#244;le politique, tr&#232;s &#233;loign&#233; des missions premi&#232;res des banques centrales, n'est jamais d&#233;battu par les politiques et les gouvernements. La monnaie, et plus g&#233;n&#233;ralement la politique mon&#233;taire, est un sujet tabou. Et il ne saurait &#234;tre question de toucher au principe, grav&#233; dans le marbre, de l'ind&#233;pendance des banques centrales.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6356 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH334/faae0aef5583fed3-a4859308-e81a4.png?1781787792' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on encore maintenir cette fiction que la politique mon&#233;taire ne serait qu'une affaire technique, r&#233;serv&#233;e &#224; quelques sp&#233;cialistes, qui devrait &#234;tre exclue de tout d&#233;bat d&#233;mocratique ? C'est la question centrale que pose dans un livre r&#233;cent, La Banque Providence (Le Seuil), &#201;ric Monnet, sp&#233;cialiste de l'histoire des politiques mon&#233;taires au XXe si&#232;cle, directeur d'&#233;tudes &#224; l'EHESS et professeur &#224; l'&#201;cole d'&#233;conomie de Paris. Pour lui, il devient urgent de d&#233;mocratiser les banques centrales, leur politique mon&#233;taire et la monnaie, pour les mettre au service de toutes et tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet est discut&#233; par les &#233;conomistes depuis plusieurs ann&#233;es. Alors que les banques centrales occidentales tiennent &#224; bout de bras le syst&#232;me financier international, et pour la Banque centrale europ&#233;enne la zone euro depuis la crise financi&#232;re de 2008, au point de se substituer aux &#201;tats, que les politiques qu'elles ont adopt&#233;es ont renforc&#233; un capitalisme globalis&#233; et financiaris&#233;, prosp&#233;rant sur des &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/110919/les-inegalites-trait-commun-du-capitalisme-neoliberal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;niveaux d'in&#233;galit&#233; jamais atteints&lt;/a&gt; depuis le d&#233;but du XXe si&#232;cle, il est l&#233;gitime, ont commenc&#233; &#224; pointer certains, de s'interroger sur les actions et les buts des politiques mon&#233;taires. D'autres moyens, profitant au plus grand nombre et non plus &#224; la frange des 1 % les plus riches comme actuellement, ne sont-ils pas susceptibles d'&#234;tre mis en &#339;uvre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2017, l'ancien secr&#233;taire am&#233;ricain au Tr&#233;sor, Larry Summers, figurant pourtant parmi les &#233;conomistes les plus orthodoxes de la plan&#232;te mais s'inqui&#233;tant de la stagnation s&#233;culaire de l'&#233;conomie am&#233;ricaine, s'est prononc&#233; &lt;a href=&#034;http://larrysummers.com/2017/09/28/central-bank-independence/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pour une remise en cause&lt;/a&gt; au moins partielle de l'ind&#233;pendance de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale. Compte tenu de l'importance politique de ses d&#233;cisions, la Fed devrait mener une politique plus coordonn&#233;e avec celle du gouvernement, tant leurs interventions sont d&#233;pendantes les unes des autres, expliquait-il alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le d&#233;bat se poursuit sous de nombreuses formes. Que ce soit sur &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/170420/la-bce-devrait-annuler-la-dette-des-etats&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'annulation des dettes li&#233;es au Covid&lt;/a&gt;, le&lt;a href=&#034;http://www.jezabel-couppey-soubeyran.fr/img/book/helico.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recours &#224; la monnaie h&#233;licopt&#232;re&lt;/a&gt;, ou m&#234;me le rachat de dettes publiques ou priv&#233;es, les interventions des banques centrales se retrouvent au c&#339;ur des r&#233;flexions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;flexions qui ne peuvent que grandir, alors que les banques centrales sont attendues pour r&#233;pondre &#224; tous les d&#233;fis qui s'annoncent. Apr&#232;s avoir jou&#233; les stabilisateurs en dernier ressort des &#233;conomies occidentales pendant la crise du Covid-19, les gouvernements comptent sur elles pour soutenir leurs politiques de sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles-m&#234;mes se sont attribu&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans le&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/080721/la-bce-prend-la-tete-de-la-revolution-climatique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;financement de la transition &#233;cologique&lt;/a&gt;. Mais au nom de qui ou de quoi d&#233;cideront-elles de soutenir une voie plut&#244;t qu'une autre ? Se pr&#233;cipiteront-elles pour apporter toute leur aide financi&#232;re &#224; un capitalisme num&#233;rique et technique qui semble &#234;tre le dernier mantra des &#233;lites, ou permettront-elles que d'autres chemins puissent &#234;tre emprunt&#233;s ? &#192; partir de quels crit&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes questions se posent avec l'&#233;mergence des cryptomonnaies, qui mettent au d&#233;fi la monnaie comme bien commun d'une soci&#233;t&#233;, le r&#244;le des banques et m&#234;me celui des banques centrales. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Leur action va n&#233;cessairement empi&#233;ter sur d'autres domaines de la politique &#233;conomique et sociale, et leur ind&#233;pendance juridique ne leur donne pas suffisamment de l&#233;gitimit&#233; pour agir seules dans ces nouveaux domaines &#187;, rel&#232;ve &#201;ric Monnet. Avant de dresser un constat simple : la d&#233;connexion entre les banques centrales et les citoyens &#171; n'est plus tenable &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La banque centrale ne peut se penser ind&#233;pendamment de l'&#201;tat-providence.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Monnet, directeur d'&#233;tudes &#224; l'EHESS&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette n&#233;cessit&#233; de faire entrer la politique mon&#233;taire dans le d&#233;bat d&#233;mocratique, de la mettre au service de toute la collectivit&#233;, s'inscrit dans la mission m&#234;me des banques centrales, selon &#201;ric Monnet. Par nature, celles-ci ont un r&#244;le de protection de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;, en garantissant d'abord la monnaie, mais aussi en assurant la stabilit&#233; financi&#232;re, explique l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#201;ric Monnet ajoute une autre fonction, plus contestable : apr&#232;s avoir &#233;t&#233; le bras arm&#233; des &#201;tats pour financer les guerres tout au long du XIXe et du d&#233;but du XXe si&#232;cle, les banques centrales assurent le financement de l'&#201;tat-providence apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, explique-t-il. D'o&#249; son concept de &#171; banque-providence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il indique que cette mission est assum&#233;e &lt;i&gt;&#171; de fa&#231;on implicite &#187;&lt;/i&gt;, l'id&#233;e d&#233;range, tant elle s'inscrit &#224; rebours des faits. Jamais le r&#244;le de soutenir l'&#201;tat-providence n'a &#233;t&#233; inscrit ni m&#234;me sous-entendu dans les statuts des banques europ&#233;ennes nationales, de la Banque centrale europ&#233;enne ou de la FED. Leur champ d'action est d'assurer la stabilit&#233; des prix &#8211; donc de lutter contre l'inflation &#8211; et la stabilit&#233; financi&#232;re. La R&#233;serve f&#233;d&#233;rale s'est vu adjoindre la responsabilit&#233; de soutenir la croissance et l'emploi. Mais elle est la seule dans ce cas. Le mandat de la BCE est r&#233;duit &#224; sa plus simple expression : la lutte contre l'inflation et la supervision du syst&#232;me financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pressentant ce que sa d&#233;finition a de d&#233;rangeant, &#201;ric Monnet tente d'&#233;claircir son propos : &lt;i&gt;&#171; La banque centrale ne peut se penser ind&#233;pendamment de l'&#201;tat-providence. Elle y contribue de mani&#232;re directe lorsqu'elle assure les conditions de financement de la dette publique. Elle l'est de mani&#232;re indirecte en pr&#233;servant les &#233;conomies contre une trop forte inflation ou contre les crises financi&#232;res et la d&#233;flation qui saperaient les fondements et l'organisation de l'&#201;tat. [&#8230;] On tend &#224; minimiser ou &#224; relativiser le r&#244;le qu'elle joue pour assurer la l&#233;gitimit&#233; et le financement des &#201;tats modernes. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais garantir le financement des &#201;tats et assumer celui de l'&#201;tat-providence, ce n'est pas la m&#234;me chose. D&#232;s leur cr&#233;ation au d&#233;but XIXe si&#232;cle, les banques centrales, form&#233;es alors comme des consortiums de banques priv&#233;es, se sont donn&#233; comme mission, &#224; c&#244;t&#233; de la cr&#233;ation de la monnaie, la surveillance de la dette publique. Ce dernier point s'est encore renforc&#233; apr&#232;s la fin de Bretton Woods et l'abandon des parit&#233;s fixes. Parce que la dette est une composante essentielle de la cr&#233;ation mon&#233;taire, une sorte de seconde monnaie &#233;changeable et fongible &#224; tout moment, permettant d'assurer une garantie en collat&#233;ral pour tous les acteurs financiers. Ceux-ci comme les banques centrales ont besoin des dettes publiques, mais ils entendent que celles-ci soient &#224; leur service, stables et pr&#233;visibles, afin de pr&#233;server la stabilit&#233; du syst&#232;me mon&#233;taire et financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce processus, si les banques centrales se sont trouv&#233;es associ&#233;es &#224; participer au financement de l'&#201;tat-providence, c'est par raccroc et encore de fa&#231;on &#233;loign&#233;e, parce qu'il existait, au sortir de la guerre, un certain consensus politique et social sur la construction d'un &#201;tat-providence (sant&#233;, ch&#244;mage, &#233;ducation, retraites), d'ailleurs financ&#233; essentiellement au d&#233;part par la fiscalit&#233; et les cotisations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la BCE, cette fonction a m&#234;me &#233;t&#233; exclue d'embl&#233;e : ses statuts lui interdisent tout financement des &#201;tats. Et ce n'est qu'avec la crise de la dette dans la zone euro au d&#233;but des ann&#233;es 2010 que l'institution mon&#233;taire europ&#233;enne est sortie de son cadre, en rachetant des dettes publiques en seconde main. Mais il en allait de la survie de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6357 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH328/2bf9685ef920c5e8-ff930726-22a0a.png?1781787792' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Devant le New York Stock Exchange, le taureau, symbole des march&#233;s boursiers en hausse. &#169; SPENCER PLATT / Getty Images via AFP&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au nom de la stabilit&#233; financi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si jamais il y a eu soutien des banques centrales &#224; l'&#201;tat-providence, celui-ci s'est de toute fa&#231;on totalement &#233;vanoui avec la mont&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme et &lt;i&gt;&#171; la croyance dans l'autor&#233;gulation des march&#233;s financiers &#187;&lt;/i&gt;, comme &#201;ric Monnet le reconna&#238;t lui-m&#234;me. Les banques centrales se sont alors &#233;rig&#233;es en cl&#233;s de vo&#251;te d'un capitalisme globalis&#233; et financiaris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transformation peut m&#234;me &#234;tre pr&#233;cis&#233;ment dat&#233;e : elle remonte au krach d'octobre 1987. Par peur d'un &#233;croulement financier, Alan Greenspan, alors pr&#233;sident de la Fed, d&#233;cida de sortir l'artillerie mon&#233;taire lourde. Des milliards de dollars furent d&#233;vers&#233;s en quelques jours dans les circuits financiers au nom de la stabilit&#233; du syst&#232;me financier. Depuis, &#224; chaque crise comme en 2008, mais aussi au moindre &#224;-coup, &#224; la moindre crise de nerfs des acteurs financiers, les banques centrales sont t&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/091019/la-fed-en-soutien-permanent-d-un-marche-monetaire-casse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;oujours pr&#234;tes &#224; intervenir&lt;/a&gt;, pour couvrir les sp&#233;culations d&#233;brid&#233;es, et fermer les yeux sur les bulles d'actifs d&#233;mentielles, voire pour les entretenir. Toujours au nom de la stabilit&#233; du syst&#232;me mon&#233;taire et financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles n'h&#233;sitent pas &#224; tordre le bras &#224; des gouvernements, &#224; dicter la forme et la nature&lt;i&gt; &#171; des r&#233;formes structurelles n&#233;cessaires &#187;&lt;/i&gt;. En la mati&#232;re, les pr&#233;sident&#183;es de la BCE sont all&#233;&#183;es le plus loin, remarque &#201;ric Monnet. En 2011, Jean-Claude Trichet consid&#233;ra comme son devoir d'adresser une lettre comminatoire &#224; Silvio Berlusconi, alors pr&#233;sident du Conseil italien, pour lui imposer les &#171; r&#233;formes imp&#233;ratives &#187;, toutes visant au d&#233;mant&#232;lement de pans entiers de l'&#201;tat-providence. Et souvent en s'appuyant sur des principes &#233;conomiques erron&#233;s, comme le &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/060613/grece-les-aveux-calcules-du-fmi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;fameux coefficient multiplicateur.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation de la BCE &#224; la tro&#239;ka dans le cadre du plan de &#171; sauvetage &#187; de la Gr&#232;ce et du m&#233;canisme de stabilit&#233; financi&#232;re constitue aussi une&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/210615/grece-les-creanciers-instaurent-la-strategie-de-la-terreur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;incursion sans pr&#233;c&#233;dent&lt;/a&gt; d'une banque centrale dans le domaine politique et social, loin de ses missions premi&#232;res. &lt;i&gt;&#171; Au cours de la premi&#232;re d&#233;cennie de l'existence de la zone euro [&#8230;], il est indubitable que la BCE a favoris&#233; une interpr&#233;tation de son mandat insistant sur l'&#233;conomie de march&#233; plus que sur les autres dimensions possibles de la politique europ&#233;enne, jusqu'&#224; attaquer certains principes de l'&#201;tat-providence &#187;&lt;/i&gt;, conc&#232;de l'auteur. Un choix qui, selon lui, pose un probl&#232;me de &lt;i&gt;&#171; l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, au nom de l'ind&#233;pendance de l'institution mon&#233;taire europ&#233;enne, cette politique, qui r&#233;coltait manifestement l'assentiment de l'ex&#233;cutif europ&#233;en, n'a jamais donn&#233; lieu &#224; d&#233;bat ou explication. Faute d'instances d&#233;lib&#233;ratives constitu&#233;es, il n'a jamais &#233;t&#233; possible de discuter des orientations de la BCE. Les seules contestations ont eu lieu devant la &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie/050520/la-cour-supreme-allemande-desarme-la-bce?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe&lt;/a&gt;, ce qui ne peut que cantonner la discussion dans une sph&#232;re juridique, en lieu et place d'un v&#233;ritable questionnement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes r&#233;serves peuvent &#234;tre exprim&#233;es sur la politique mon&#233;taire ultra-accommodante men&#233;e par la BCE &#224; destination des acteurs financiers. Entre le rachat des dettes priv&#233;es, par le biais de l'assouplissement quantitatif (quantitative easing), les conditions exceptionnelles &#8211; mais qui se prolongent depuis plus de sept ans d&#233;sormais &#8211;de financement et de refinancement des &#233;tablissements bancaires &#224; des taux n&#233;gatifs - ce qui revient, comme le rel&#232;ve &#201;ric Monnet, &#224; subventionner les secteurs bancaire et financier &#8211;, les aides hors norme donn&#233;es au monde financier finissent par interroger.&lt;i&gt; &#171; Puisque la Banque centrale op&#232;re toujours en pr&#234;tant au secteur financier, il est toujours l&#233;gitime de se demander si les faveurs accord&#233;es aux banques sont bien justifi&#233;es au nom de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et non pour sauvegarder des int&#233;r&#234;ts particuliers &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se r&#233;approprier l'&#233;valuation des politiques mon&#233;taires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser la question, c'est d&#233;j&#224; apporter un d&#233;but de r&#233;ponse. Alors que les bilans de banques centrales occidentales ont explos&#233; depuis la crise financi&#232;re de 2008 &#8211; celles-ci venant en soutien de tout &#8211;, les tombereaux de monnaie cr&#233;&#233;s par cette politique ont essentiellement &#233;t&#233; capt&#233;s par la sph&#232;re financi&#232;re, sans profiter au reste des acteurs &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette tendance qu'il convient d'inverser, selon l'auteur, afin de mettre la politique mon&#233;taire au service de toutes et tous. In&#233;vitablement, cela am&#232;ne &#224; inscrire les actions des banques centrales dans le champ politique, de les soumettre &#224; discussions et donc de toucher au sacro-saint principe de l'ind&#233;pendance. Il ne s'agit pas, pr&#233;cise-t-il, bien s&#251;r, de soumettre toutes les actions des banques centrales &#224; d&#233;lib&#233;ration : en cas de crise, de mouvements erratiques, celles-ci ont besoin de conserver toute leur libert&#233; d'intervention imm&#233;diate, et parfois leur myst&#232;re, afin de pouvoir d&#233;faire les d&#233;mons de la sp&#233;culation. Mais leurs actions &#224; long terme doivent pouvoir &#234;tre &#233;valu&#233;es, d&#233;battues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation, une ou deux fois par an, de la politique mon&#233;taire de la BCE devant le Parlement europ&#233;en ne s'apparente pas &#224; ce n&#233;cessaire contr&#244;le. Pour &#201;ric Monnet, il faut r&#233;inscrire le r&#244;le des banques centrales dans leur complexit&#233; et les interactions avec les politiques budg&#233;taires, fiscales, les banques priv&#233;es et autres institutions financi&#232;res, assurer la coordination avec les &#201;tats et leurs actions. Mais cela suppose aussi que les responsables politiques, les parlementaires et autres se dotent &#224; la fois d'une expertise, d'une capacit&#233; d'&#233;valuation et de contr&#244;le qu'ils n'ont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce livre a une utilit&#233;, c'est bien celle d'insister sur la n&#233;cessit&#233; pour les d&#233;mocraties de se r&#233;approprier les questions mon&#233;taires, qu'elles n'ont que trop abandonn&#233;es, et d'ouvrir le d&#233;bat sur l'&#233;valuation et le contr&#244;le de l'efficacit&#233; de leurs actions, et surtout au profit de qui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Monnet,&lt;i&gt; La Banque Providence.&lt;/i&gt; Collection &#171; La R&#233;publique des id&#233;es &#187;, Le Seuil, 106 pages, 11,80 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Orange&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Economie-d&#233;bat. Le G7 et son taux d'imposition de 15% : une demi-rupture</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Economie-debat-Le-G7-et-son-taux-d-imposition-de-15-une-demi-rupture</link>
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		<dc:date>2021-06-15T07:00:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexis Passadakis</dc:creator>


		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-06-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait aussi attendu qu'inefficace : bien s&#251;r, Joshua Bolton, le pr&#233;sident de la puissante Business Roundtable des Etats-Unis, a bruyamment d&#233;plor&#233; le vaste paquet d'investissements et de hausses d'imp&#244;ts de l'administration Biden avant m&#234;me qu'il ne soit rendu public. &#171; La hausse des imp&#244;ts est un obstacle &#224; la cr&#233;ation d'emplois et &#224; la croissance &#187;, a-t-il dit, reprenant le mantra n&#233;olib&#233;ral. En vain. &lt;br class='autobr' /&gt; 8 juin 2021 | tir&#233; du site alencontre.org (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-06-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-06-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton48777-7a450.png?1781488218' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait aussi attendu qu'inefficace : bien s&#251;r, Joshua Bolton, le pr&#233;sident de la puissante Business Roundtable des Etats-Unis, a bruyamment d&#233;plor&#233; le vaste paquet d'investissements et de hausses d'imp&#244;ts de l'administration Biden avant m&#234;me qu'il ne soit rendu public. &#171; La hausse des imp&#244;ts est un obstacle &#224; la cr&#233;ation d'emplois et &#224; la croissance &#187;, a-t-il dit, reprenant le mantra n&#233;olib&#233;ral. En vain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;8 juin 2021 | tir&#233; du site alencontre.org&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/economie/economie-debat-le-g7-et-son-taux-dimposition-de-15-une-demi-rupture.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/economie/economie-debat-le-g7-et-son-taux-dimposition-de-15-une-demi-rupture.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la loi de relance de 1900 milliards de dollars d&#233;j&#224; adopt&#233;e a &#233;t&#233; suivie par le d&#233;voilement d'un &#171; plan pour l'emploi &#187;, pr&#233;voyant 2000 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures sur huit ans, et d'un &#171; plan pour les familles &#187;, qui vise &#224; investir 1800 milliards de dollars sur dix ans dans les &#233;coles, les jardins d'enfants et les prestations parentales. Tout cela constitue un r&#233;alignement de la structure de la premi&#232;re &#233;conomie mondiale, financ&#233; par de nouvelles dettes et des augmentations d'imp&#244;ts. Aux Etats-Unis, l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s doit passer de 21% &#224; 28%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme doit &#234;tre accompagn&#233; d'un taux minimum mondial d'imposition des soci&#233;t&#233;s. L'id&#233;e derri&#232;re tout &#231;a : si les Etats-Unis augmentent les imp&#244;ts, les entreprises pourraient &#234;tre tent&#233;es de s'installer dans des pays &#224; faible taux d'imposition ou de partir imm&#233;diatement dans des paradis fiscaux. Ainsi, comme l'a propos&#233; la secr&#233;taire au Tr&#233;sor Janet Yellen en avril, un taux d'imposition des soci&#233;t&#233;s d'au moins 21% devrait entrer en vigueur au niveau international. La semaine derni&#232;re, l'administration Biden a revu ce chiffre &#224; la baisse, et vise d&#233;sormais 15%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un taux d'imposition minimum mondial vise explicitement &#224; ass&#233;cher le mod&#232;le &#233;conomique actuel des paradis fiscaux. Et comme si la Maison Blanche lisait les analyses du r&#233;seau international Tax Justice Network, critique de la mondialisation, ce taux d'imposition minimal est destin&#233; &#224; mettre un terme &#224; la &#171; course vers le bas &#187; &#8211; la comp&#233;tition internationale pour la r&#233;duction des imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques semaines encore, la proposition des dirigeants de l'OCDE en faveur d'un taux minimum de 12,5% circulait dans les forums de n&#233;gociation internationaux. Evaluation : pas tr&#232;s prometteuse. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, en r&#233;ponse au grand krach financier de 2007/2008, des discussions sur les taux d'imposition mondiaux des soci&#233;t&#233;s transnationales sont men&#233;es sans aucune perspective de succ&#232;s. Le concept final doit maintenant &#234;tre pr&#234;t en juillet 2021 pour la r&#233;union des ministres des Finances du G20 &#224; Venise. M&#234;me si de nombreux d&#233;tails ne sont pas encore clairs, cette initiative marque une rupture avec le r&#233;cit n&#233;olib&#233;ral de la &#171; concurrence fiscale &#187; souhaitable entre les Etats qui a pr&#233;valu pendant plus de 30 ans. [Voir ci-dessous le jugement plus r&#233;aliste d'Oxfam France dans son communiqu&#233; du 5 juin 2021.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin de l'offshore&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1970, le projet de mondialisation n&#233;olib&#233;rale repose sur un syst&#232;me de plus en plus complexe d'&#233;conomie offshore. Premi&#232;rement, les Etats ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment cr&#233;&#233; des espaces &#233;loign&#233;s de la r&#233;glementation &#233;tatique habituelle. Des zones de production pour l'exportation ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es dans les pays du Sud pour la production de biens mat&#233;riels. Dans ces zones, les taux d'imposition applicables, les normes environnementales et souvent le droit d'organiser des syndicats sont &#233;dulcor&#233;s, voire supprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, de plus en plus d'accords de protection des investissements ont introduit un syst&#232;me de tribunaux sp&#233;ciaux priv&#233;s exclusifs pour les investisseurs &#233;trangers. Cela permet aux entreprises &#233;trang&#232;res de poursuivre les Etats en dehors de la juridiction nationale si elles voient leurs attentes en mati&#232;re de profit r&#233;duites par une nouvelle r&#233;glementation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et troisi&#232;mement, &#224; mesure que les march&#233;s financiers se lib&#233;ralisaient, des juridictions offshore sp&#233;ciales d&#233;r&#233;glement&#233;es sont apparues : un r&#233;seau complexe de paradis fiscaux &#8211; parfois avec plus, parfois avec moins de secret bancaire &#8211;, de la City de Londres &#224; l'International Banking Facility de New York en passant par l'Irlande, les Pays-Bas ou Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le mouvement critique &#224; l'&#233;gard de la mondialisation s'est toujours engag&#233; &#224; ass&#233;cher les paradis fiscaux. Lorsque le r&#233;seau international Attac a &#233;t&#233; fond&#233; en 1997, c'&#233;tait l'une de ses deux revendications &#8211; avec l'introduction d'une taxe sur les transactions financi&#232;res. Cependant, ni le cycle de manifestations initi&#233; lors du sommet du G8 [en 2000 &#224; Nago au Japon] au tournant du mill&#233;naire, ni, dix ans plus tard, le choc du krach financier de 2007/08 et la crise &#233;conomique mondiale avec ses manifestations Occupy Wall Street et anti-aust&#233;rit&#233; n'ont pu permettre une perc&#233;e de ces revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en 2021, ce pilier de l'&#233;conomie offshore est &#233;branl&#233; sous la pr&#233;sidence d'un d&#233;mocrate am&#233;ricain conservateur et donc par le pouvoir h&#233;g&#233;monique du projet actuel de mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Quelles sont les raisons de ce virage de politique &#233;conomique ? La succession rapide et l'&#233;lan des politiques ainsi que des propositions de l'administration Biden repr&#233;sentent une tentative de remettre l'&#233;conomie des Etats-Unis sur la voie d'une croissance robuste apr&#232;s la &#171; Grande R&#233;cession &#187; de 2009 et la r&#233;cession due au coronavirus de 2020. En particulier, les investissements &#224; long terme pr&#233;vus dans les infrastructures en ruine et les d&#233;penses massives en mati&#232;re de recherche sont destin&#233;s &#224; jeter de nouvelles bases. En outre, le gouvernement am&#233;ricain consid&#232;re que sa pr&#233;tention au leadership mondial est gravement menac&#233;e par la mont&#233;e du capitalisme d'Etat chinois. La Chine veut devenir le num&#233;ro un, a d&#233;clar&#233; Joe Biden lors de sa premi&#232;re conf&#233;rence de presse en tant que pr&#233;sident, en affirmant avec agressivit&#233; : &#171; Cela n'arrivera pas sous ma pr&#233;sidence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression des forces progressistes a fait en sorte qu'une administration d&#233;mocrate ne puisse &#233;viter de faire des investissements effectifs dans l'action climatique. Et le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; l'&#233;gard du capitalisme n&#233;olib&#233;ral en tant que syst&#232;me social parmi des segments notables de la population des Etats-Unis signifie qu'il existe un espace politique pour ces politiques &#233;conomiques n&#233;o-keyn&#233;siennes. Les campagnes &#233;lectorales de Bernie Sanders, les luttes acharn&#233;es pour l'augmentation du salaire minimum, mais aussi les mouvements sociaux tels que le mouvement Black Lives Matter ont ainsi permis des changements programmatiques plus importants dans l'establishment d&#233;mocrate am&#233;ricain que ce &#224; quoi on aurait pu s'attendre au d&#233;part. Les d&#233;veloppements macro&#233;conomiques, les rivalit&#233;s g&#233;opolitiques et les luttes sociales de la base s'imbriquent pour cr&#233;er un potentiel de changement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chroniqueur Noah Smith du portail d'informations &#233;conomiques Bloomberg estime que la &#171; Bidenomics &#187; pr&#233;sente un haut degr&#233; de coh&#233;rence strat&#233;gique. Il vise &#224; d&#233;velopper une &#233;conomie &#224; deux voies : un secteur comp&#233;titif des firmes orient&#233; vers le monde entier et une &#233;conomie interne plus ample dans laquelle &#8211; avec un soutien par la redistribution &#8211; de nouveaux emplois sont cr&#233;&#233;s dans le secteur des soins et des infrastructures. L'historien de l'&#233;conomie Adam Tooze, en revanche, est beaucoup plus sceptique. Il consid&#232;re que le paquet d'investissement avec ses 250 milliards de dollars par an pour les huit prochaines ann&#233;es est bien trop faible. Cette &#233;valuation correspond &#224; l'augmentation pr&#233;vue par Joe Biden de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s aux Etats-Unis, qui passerait de 21% actuellement &#224; 28% seulement. Ce n'est qu'en 2017 que Trump l'a abaiss&#233; de 35% au taux appliqu&#233; actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y aura de la r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des &#233;valuations contradictoires, la Bidenomics sugg&#232;re un changement tectonique dans l'&#233;conomie politique de la mondialisation. Pour la p&#233;riode allant de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux ann&#233;es 1970, avec ses compromis de classe sociaux-d&#233;mocrates entre le capital et le travail, le politologue am&#233;ricain John Ruggie avait invent&#233; le terme de &#171; lib&#233;ralisme int&#233;gr&#233; &#187; : il entendait par l&#224; l'amalgame du libre-&#233;change et de l'Etat-providence, de l'&#233;conomie de march&#233; et de l'intervention de l'Etat dans l'&#233;conomie afin de r&#233;duire le ch&#244;mage. En cons&#233;quence, les contours actuellement &#233;mergents de la Bidenomics pourraient &#234;tre d&#233;crits comme un &#171; n&#233;olib&#233;ralisme int&#233;gr&#233; &#187;. Si, d'une part, le libre-&#233;change et les march&#233;s financiers mondialis&#233;s doivent &#234;tre maintenus en tant que piliers de la politique n&#233;olib&#233;rale, une nouvelle politique d'investissement strat&#233;gique de l'Etat assortie d'une redistribution de la richesse repr&#233;sente une rupture avec le mod&#232;le pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous tuons les paradis fiscaux. La partie est termin&#233;e &#187; : c'est ainsi que le chef du Centre de politique et d'administration fiscales (CTP) de l'OCDE, Pascal Saint-Amans, r&#233;sume la volont&#233; de Washington d'instaurer un taux d'imposition minimum mondial pour les entreprises. En fait, l'id&#233;e d'une souverainet&#233; fiscale nationale serait fortement restreinte. Les d&#233;tails et donc l'efficacit&#233; exacte d'une telle taxe n'ont pas encore &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;s. La France et l'Allemagne ont d&#233;j&#224; soutenu le concept, de m&#234;me que la Commission europ&#233;enne. Il est peu probable qu'il y ait des protestations coordonn&#233;es de petits paradis fiscaux comme le Panama ou les Bermudes contre une d&#233;cision du G20. Toutefois, les Etats membres de l'UE qui profitent de la &#171; concurrence fiscale &#187; internationale pourraient s'y opposer farouchement. Il reste &#233;galement &#224; voir quel sera le vote final du Congr&#232;s des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'imp&#244;t minimum sur les soci&#233;t&#233;s voit le jour, la question pour les mouvements sociaux et les syndicats est de savoir s'il restera principalement un instrument dans le cadre de la concurrence mondiale entre les Etats dans le cadre d'un &#171; n&#233;olib&#233;ralisme int&#233;gr&#233; &#187;. Ou s'il serait possible de l'utiliser comme tremplin pour un projet plus large de transformation socio-&#233;cologique globale. (Article publi&#233; dans l'hebdomadaire Der Freitag, 21/2021 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alexis Passadakis est politologue et actif au sein du r&#233;seau Attac&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Imp&#244;t minimum mondial sur les multinationales : un accord au rabais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par Quentin Parrinello, Oxfam France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les Etats-Unis avaient propos&#233; il y a un mois un taux minimum effectif de 21%, les pays du G7 ont adopt&#233; ce samedi 5 juin un compromis au rabais en s'accordant sur un taux de seulement 15%. Face au manque de soutien actif de plusieurs pays europ&#233;ens, dont la France, et la pression des paradis fiscaux, l'ambition a donc &#233;t&#233; largement &#233;corn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il &#233;tait plus que temps que les plus grandes &#233;conomies mondiales s'accordent sur un taux minimum d'imp&#244;t effectif pour les multinationales. Mais le taux de retenu de 15% est tout simplement trop bas. Comment peut-on penser qu'on va s'attaquer aux paradis fiscaux en &#233;tablissant un taux &#224; peine plus haut que celui de paradis fiscaux notoires comme la Suisse ou Singapour ? &#187; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La premi&#232;re proposition am&#233;ricaine d'un taux minimum effectif &#224; 21% constituait une premi&#232;re base de discussion qui pouvait &#234;tre am&#233;lior&#233;e. Mais face &#224; la pression des paradis fiscaux, et le manque d'ambition de certains pays europ&#233;ens comme la France, cette proposition a &#233;t&#233; abaiss&#233;e &#224; 15% et pourrait l'&#234;tre encore davantage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le manque de soutien actif de la France &#224; la premi&#232;re proposition de Joe Biden est un tr&#232;s mauvais calcul politique : la France serait l'une des plus grandes perdantes d'un passage de taux de 21% &#224; 15% avec des recettes fiscales attendues de 4,3 milliards d'euros, contre 16 milliards pour la proposition am&#233;ricaine. Au moment o&#249; le gouvernement s'interroge sur comment payer la facture du coronavirus, il vient de laisser filer l'opportunit&#233; de reprendre des dizaines de milliards d'euros d&#233;localis&#233;s dans les paradis fiscaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le contexte de crise &#233;conomique et sanitaire mondiale que nous vivons, les pays du G7 pr&#233;f&#232;rent prot&#233;ger l'int&#233;r&#234;t des transnationales et des paradis fiscaux, alors m&#234;me alors que les besoins de financement pour r&#233;pondre &#224; l'urgence sont &#233;normes et que de nombreuses transnationales ont r&#233;alis&#233; des b&#233;n&#233;fices exceptionnels durant la crise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le deuxi&#232;me probl&#232;me de cet accord c'est qu'il devrait essentiellement servir les int&#233;r&#234;ts des pays riches puisque les recettes tax&#233;es iraient dans les pays o&#249; les entreprises ont leur si&#232;ge social, alors que ce sont les pays en d&#233;veloppement qui sont les principales victimes des montages d'&#233;vasion fiscale. Les pays du G7 ne peuvent pas s'attendre &#224; ce que la majorit&#233; des autres pays se contentent des miettes de leur accord. &#187; (5 juin 2021)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Note compl&#233;mentaire de Pauline Lecl&#232;re pour Oxfam France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les pays en d&#233;veloppement sont priv&#233;s chaque ann&#233;e d'au moins 100 milliards de dollars du fait de l'&#233;vasion fiscale des transnationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ICRICT (Independent Commission for the Reform of International Corporate Taxation), une commission compos&#233;e d'experts ind&#233;pendants, de chercheurs et de repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile, appelle &#224; un taux minimum effectif mondial sur les transnationales de 25%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2019, le Cadre Inclusif de l'OCDE travaillant sur le plan BEPS (Base Erosion Profit Shfiting) a lanc&#233;, sous l'&#233;gide du G20, un nouveau round de n&#233;gociations sur la r&#233;forme de la fiscalit&#233; des transnationales &#224; l'&#232;re du num&#233;rique. Pr&#232;s de 140 pays participent aux n&#233;gociations. Ce round de n&#233;gociations comprend deux trains de r&#233;formes organis&#233;es autour de deux piliers : le premier pilier traite de la distribution des droits &#224; taxer (et notamment de la possibilit&#233; de taxer les entreprises du num&#233;rique) et le second pilier, de la mise en place d'un taux minimum effectif pour les transnationales. Le G20 doit trouver un accord politique sur les deux piliers d'ici &#224; juillet 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays en d&#233;veloppement, dont les recettes fiscales sont largement plus d&#233;pendantes de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s, ont pr&#233;sent&#233; plusieurs propositions dans le cadre des n&#233;gociations pour assurer un accord tenant compte de leurs int&#233;r&#234;ts. Il y a quelques semaines, le Forum des administrations fiscales africaines (ATAF), repr&#233;sentant 38 Etats africains, soumettait une nouvelle proposition sur la distribution des droits &#224; taxer. Le G24, repr&#233;sentant des dizaines de pays en d&#233;veloppement, a &#233;galement soumis plusieurs propositions de r&#233;formes pour un syst&#232;me fiscal plus juste. (5 juin 2021)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Le caract&#232;re d'&#171; accord au rabais &#187; est confirm&#233; &#224; leur fa&#231;on par les d&#233;clarations d'&#233;lus lib&#233;raux helv&#233;tiques qui insistent, comme le conseiller d'Etat Laurent Kurth, sur un &#233;l&#233;ment souvent n&#233;glig&#233; : &#171; Avant de parler du taux, il faut savoir de quelle mati&#232;re on parle pour l'imposition. &#187; Autrement dit, comment sont d&#233;finis les b&#233;n&#233;fices effectifs, une fois pris en compte les taux d'amortissement, leur dur&#233;e, etc. Quant au porte-parole n&#233;olib&#233;ral du canton de Gen&#232;ve, Christian L&#252;scher, il consid&#232;re que &#171; cela n'augmentera pas substantiellement la fiscalit&#233; &#233;tablie par les cantons pour les grosses soci&#233;t&#233;s et les PME, elles, ne seront pas touch&#233;es &#187;. (R&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;croissance : de nouveaux fondements pour l'&#233;conomie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Decroissance-de-nouveaux-fondements-pour-l-economie</link>
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		<dc:date>2020-05-19T11:46:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Projet de D&#233;croissance</dc:creator>


		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux internationaux de la D&#233;croissance publient conjointement dans une quinzaine de langues une lettre ouverte proposant cinq principes pour repenser en profondeur notre &#233;conomie. Cette lettre est soutenue par un millier de personnalit&#233;s universitaires, activistes, politiques ou artistes et 70 organisations de plus de 60 pays &#224; travers le monde. &lt;br class='autobr' /&gt; 13 mai 2020 | tir&#233; de mediapart.fr (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton43662-b0934.png?1781619202' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;seaux internationaux de la D&#233;croissance publient conjointement dans une quinzaine de langues une lettre ouverte proposant cinq principes pour repenser en profondeur notre &#233;conomie. Cette lettre est soutenue par un millier de personnalit&#233;s universitaires, activistes, politiques ou artistes et 70 organisations de plus de 60 pays &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;13 mai 2020 | tir&#233; de mediapart.fr&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/projet-de-decroissance/blog/120520/decroissance-de-nouveaux-fondements-pour-l-economie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/projet-de-decroissance/blog/120520/decroissance-de-nouveaux-fondements-pour-l-economie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Repenser le futur apr&#232;s la crise du coronavirus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie du coronavirus a d&#233;j&#224; fait d'innombrable victimes et on ne sait comment elle va se d&#233;velopper &#224; l'avenir. Alors que les personnes en premi&#232;re ligne assurent les soins et les activit&#233;s &#233;l&#233;mentaires, luttant ainsi contre la propagation du virus, une grande partie de l'&#233;conomie est au point mort. Cette situation m&#234;le, &#224; la fois, beaucoup de douleur et d'anxi&#233;t&#233; pour ceux que nous aimons et notre soci&#233;t&#233;. Cependant, il s'agit &#233;galement d'un moment important pour faire avancer de nouvelles id&#233;es collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise d&#233;clench&#233;e par le coronavirus a d&#233;j&#224; mis en &#233;vidence de nombreuses faiblesses de notre &#233;conomie capitaliste obs&#233;d&#233;e par la croissance : ins&#233;curit&#233; pour beaucoup, syst&#232;mes de sant&#233; affaiblis par des ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; et valorisation insuffisante de certaines professions parmi les plus essentielles. Ce syst&#232;me, fond&#233; sur l'exploitation des personnes et de la nature, particuli&#232;rement enclin aux crises, a n&#233;anmoins &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme normal. Certes, l'&#233;conomie mondiale produit plus que jamais, mais elle ne prend pas soin des humains et de la plan&#232;te. Bien au contraire, les richesses y sont th&#233;sauris&#233;es et la plan&#232;te ravag&#233;e. Des millions d'enfants meurent chaque ann&#233;e de causes &#233;vitables, 820 millions de personnes sont sous-aliment&#233;es, la biodiversit&#233; et les &#233;cosyst&#232;mes ne cessent de se d&#233;grader et, parall&#232;lement, les gaz &#224; effet de serre continuent de monter en fl&#232;che. Ces derni&#232;res cons&#233;quences de nos activit&#233;s &#233;conomiques sont les principaux vecteurs du violent changement climatique anthropique : &#233;l&#233;vation du niveau des mers, temp&#234;tes d&#233;vastatrices, s&#233;cheresses et incendies d&#233;vorant des r&#233;gions enti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des d&#233;cennies, les strat&#233;gies dominantes contre ces maux ont repos&#233;es sur des mythes : la distribution &#233;conomique est g&#233;r&#233;e par les forces de march&#233;s pour le bien commun, le d&#233;couplage et la croissance verte permettent une croissance &#233;conomique perp&#233;tuelle tout en att&#233;nuant la d&#233;gradation &#233;cologique. L'&#233;chec de ces th&#233;ories est criant. Nous avons maintenant l'occasion de nous appuyer sur les exp&#233;riences positives accompagnant la crise du coronavirus. La floraison de nouvelles formes de coop&#233;ration et de solidarit&#233;, la reconnaissance g&#233;n&#233;ralis&#233;e des services sociaux &#233;l&#233;mentaires tels que la sant&#233;, le soin, l'approvisionnement alimentaire et la collecte des d&#233;chets sont autant d'avanc&#233;es &#224; souligner. La pand&#233;mie a &#233;galement entra&#238;n&#233; des actions gouvernementales sans pr&#233;c&#233;dent en temps de paix moderne. Cela d&#233;montre que le changement est possible lorsque la volont&#233; d'agir est pr&#233;sente. On constate des mesures telles que : le remaniement incontestable des budgets, la mobilisation et la redistribution des fonds mon&#233;taires, l'expansion rapide des syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale et la mise &#224; disposition de logements pour les sans-abri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut n&#233;anmoins rester vigilants face aux tendances autoritaires qui se d&#233;veloppent. En effet, on constate notamment la g&#233;n&#233;ralisation de l'utilisation de la surveillance de masse et des technologies invasives, la fermeture des fronti&#232;res, les restrictions sur certains droits fondamentaux tel que celui de se r&#233;unir et l'exploitation de la crise par le capitalisme de catastrophe. Nous devons r&#233;sister fermement &#224; de telles dynamiques, et m&#234;me aller au del&#224;. Pour amorcer une transition vers un type de soci&#233;t&#233; radicalement diff&#233;rent, plut&#244;t que d'essayer d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de remettre en marche la machine de croissance destructrice, nous sugg&#233;rons de s'appuyer sur les le&#231;ons du pass&#233; et sur les initiatives sociales et de solidarit&#233; qui ont germ&#233;es dans le monde ces derniers mois. Contrairement &#224; ce qui s'est pass&#233; apr&#232;s la crise financi&#232;re de 2008, nous devons sauver les gens et la plan&#232;te plut&#244;t que de renflouer les entreprises, et sortir de cette crise par la suffisance plut&#244;t que par l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les signataires de cette lettre, proposons donc cinq principes pour la reprise de notre &#233;conomie et la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; juste. Pour d&#233;velopper de nouveaux fondements pour une &#233;conomie qui fonctionne pour toutes et tous, nous devons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Mettre la vie au centre de nos syst&#232;mes &#233;conomiques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de privil&#233;gier la croissance &#233;conomique et une production hautement co&#251;teuse en ressources, nous devons placer la vie et le bien-&#234;tre au centre de nos efforts. Si certains secteurs de l'&#233;conomie, comme la production de combustibles fossiles, l'arm&#233;e et la publicit&#233;, doivent &#234;tres &#233;vinc&#233;s au plus vite, il nous faut en favoriser d'autres tels que la sant&#233;, l'&#233;ducation, les &#233;nergies renouvelables et l'agriculture &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) R&#233;&#233;valuer radicalement les modalit&#233;s du travail (quantit&#233;, type, etc.) n&#233;cessaire pour une vie bonne pour tous et toutes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons davantage accentuer l'importance du &lt;a href=&#034;https://globalwomenstrike.net/open-letter-to-governments-a-care-income-now/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;travail de soins&lt;/a&gt; aux personnes et valoriser de mani&#232;re ad&#233;quate les professions qui se sont av&#233;r&#233;es essentielles durant la crise. Les travailleurs des industries destructrices doivent avoir acc&#232;s &#224; des formations pour un nouveau type de travail, celui-ci r&#233;g&#233;n&#233;rateur et plus propre, garantissant une transition juste. Dans l'ensemble, nous devons r&#233;duire le temps de travail moyen et introduire des programmes de partage du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Organiser la soci&#233;t&#233; autour de l'approvisionnement en biens et services essentiels.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que nous devions r&#233;duire le gaspillage en mati&#232;re de consommation et de d&#233;placement, les besoins humains fondamentaux, tels que le droit &#224; l'alimentation, au logement et &#224; l'&#233;ducation, doivent &#234;tre garantis pour tous via des services de base ou via des syst&#232;mes de revenu de base universels. En outre, un revenu minimum coupl&#233; &#224; un revenu maximum doit &#234;tre d&#233;fini et introduit d&#233;mocratiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4) D&#233;mocratiser la soci&#233;t&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie permettre &#224; toutes et tous de participer aux d&#233;cisions qui affectent leur vie, via notamment une plus grande participation des groupes sociaux marginalis&#233;s ainsi qu'&#224; travers l'int&#233;gration des &lt;a href=&#034;https://www.degrowth.info/en/2020/04/feminist-degrowth-collaborative-fada-reflections-on-the-covid-19-pandemic-and-the-politics-of-social-reproduction/?fbclid=IwAR0YkciFJDNEKco8ZKfhdexFNCvxHFK2ZFUtM3Vz-M1YGxSgVobIYLkx54E&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;principes f&#233;ministes&lt;/a&gt; dans la politique et dans le syst&#232;me &#233;conomique. Le pouvoir des grands groupes internationaux et du secteur financier doit &#234;tre drastiquement r&#233;duit par le biais d'une approbation et d'un contr&#244;le d&#233;mocratique. Les secteurs li&#233;s aux besoins fondamentaux comme l'&#233;nergie, l'alimentation, le logement, la sant&#233; et l'&#233;ducation doivent &#234;tre d&#233;marchandis&#233;s et d&#233;financiaris&#233;s. L'activit&#233; &#233;conomique fond&#233;e sur la coop&#233;ration, comme les coop&#233;ratives de travail, doit &#234;tre encourag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5) Baser les syst&#232;mes politiques et &#233;conomiques sur le principe de la solidarit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La redistribution et la justice &#8211;&lt;a href=&#034;https://report.gndforeurope.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;transnationale, intersectorielle et interg&#233;n&#233;rationnelle&lt;/a&gt; &#8211; doivent &#234;tre la base de la r&#233;conciliation entre les g&#233;n&#233;rations actuelles et futures, entre les groupes sociaux au sein des pays ainsi qu'entre les pays du Sud et du Nord. Les pays du Nord doivent, en outre, mettre fin aux formes actuelles d'exploitation et r&#233;parer celles du pass&#233;. La justice climatique doit &#234;tre le principe guidant une transformation socio-&#233;conomique rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que nous aurons un syst&#232;me &#233;conomique qui d&#233;pend de la croissance, une r&#233;cession sera d&#233;vastatrice. Ce dont le monde a besoin &#224; la place, c'est de la D&#233;croissance &#8211; une r&#233;duction planifi&#233;e mais modulable, durable et &#233;quitable de l'&#233;conomie menant &#224; un avenir o&#249; nous pourrons vivre mieux avec moins. La crise actuelle est brutale pour beaucoup, frappant les personnes vuln&#233;rables encore plus durement. Cependant, elle nous donne l'occasion de r&#233;fl&#233;chir. Elle peut nous faire prendre conscience de ce qui est r&#233;ellement important et a mis en &#233;vidence d'innombrables possibilit&#233;s &#224; partir desquelles nous r&#233;inventer. La D&#233;croissance, en tant que mouvement et que concept, a r&#233;fl&#233;chi &#224; ces questions depuis plus de dix ans et nous offre un cadre coh&#233;rent pour repenser la soci&#233;t&#233; sur la base d'autres valeurs, telles que la soutenabilit&#233;, la solidarit&#233;, l'&#233;quit&#233;, la convivialit&#233;, la d&#233;mocratie directe et la joie de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejoignez-nous dans ces d&#233;bats et partagez vos id&#233;es lors de la &lt;a href=&#034;https://www.degrowthvienna2020.org/en/landing-page/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conf&#233;rence de la D&#233;croissance de Vienne 2020&lt;/a&gt; et la &lt;a href=&#034;https://www.degrowth.info/en/globalday/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journ&#233;e Mondiale de la D&#233;croissance&lt;/a&gt; &#8211; pour construire ensemble une sortie volontaire et &#233;mancipatrice de nos addictions &#224; la croissance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidairement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lettre ouverte a &#233;t&#233; initi&#233;e par Nathan Barlow, Ekaterina Chertkovskaya, Manuel Grebenjak, Vincent Liegey, Fran&#231;ois Schneider, Tone Smith, Sam Bliss, Constanza Hepp, Max Hollweg, Christian Kerschner, Andro Rilovi&#263;, Pierre Smith Khanna, Jo&#235;lle Saey-Volckrick des r&#233;seaux internationaux de la D&#233;croissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Cette lettre est le r&#233;sultat d'un processus collaboratif au sein du r&#233;seau international de d&#233;croissance. Il a &#233;t&#233; sign&#233; par plus de 1 000 experts et 70 organisations de plus de 60 pays &#224; travers le monde.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver la&lt;a href=&#034;https://www.degrowth.info/en/our-projects/open-letter/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;liste des signataires ici.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Crise &#233;conomique :&#8194;la suite n'est pas &#233;crite</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Crise-economique-la-suite-n-est-pas-ecrite</link>
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		<dc:date>2020-05-19T09:58:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Wilno</dc:creator>


		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les indicateurs confirment la profondeur de la crise &#233;conomique. Celle-ci n'a comme pr&#233;c&#233;dent que celle de 1929. Mais elle pr&#233;sente des caract&#233;ristiques tout &#224; fait particuli&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Henri Wilno est membre du groupe de travail &#233;conomique du NPA et du comit&#233; de r&#233;daction de L'Anticapitaliste. &lt;br class='autobr' /&gt; 13 mai 2020 |tir&#233; du journal du Nouveau Parti Anticapitaliste https://npa2009.org/actualite/economie/crise-economique-la-suite-nest-pas-ecrite &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les activit&#233;s sont affect&#233;es par la crise. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton43660-49c81.png?1781787792' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tous les indicateurs confirment la profondeur de la crise &#233;conomique. Celle-ci n'a comme pr&#233;c&#233;dent que celle de 1929. Mais elle pr&#233;sente des caract&#233;ristiques tout &#224; fait particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Henri Wilno est membre du groupe de travail &#233;conomique du NPA et du comit&#233; de r&#233;daction de L'Anticapitaliste.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;13 mai 2020 |tir&#233; du journal du Nouveau Parti Anticapitaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://npa2009.org/actualite/economie/crise-economique-la-suite-nest-pas-ecrite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/actualite/economie/crise-economique-la-suite-nest-pas-ecrite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les activit&#233;s sont affect&#233;es par la crise. L'industrie en particulier voit son activit&#233; s'effondrer : d'apr&#232;s des captations satellites (fum&#233;es, temp&#233;ratures, &#233;mission de gaz &#224; effet de serre des principaux sites) qui permettent de suivre l'activit&#233; des industries lourdes (production d'acier, de ciment, d'&#233;lectricit&#233; et de p&#233;trole) des principales puissances mondiales (USA, Chine, Union europ&#233;enne, Inde), leur production aurait plong&#233; de 30 % entre janvier et mai. La Chine aurait certes rebondi mais, depuis d&#233;but avril, le niveau de sa production stagnerait &#224; 20 % au-dessous du niveau de janvier. Ces donn&#233;es sont approximatives et ne concernent pas l'ensemble de l'&#233;conomie, ni m&#234;me l'ensemble de l'industrie. Mais d'autres chiffres vont dans le m&#234;me sens : Bosch, un des g&#233;ants de l'&#233;quipement automobile, pr&#233;voit pour 2020 une baisse de la production automobile mondiale d'au moins 20 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des pr&#233;visions incertaines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI voit, pour sa part, la croissance du PIB (celui-ci comprend l'ensemble des activit&#233;s et pas seulement l'industrie) enregistrer un recul de 3 % pour l'ensemble du monde, de 5,9 % pour les &#201;tats-Unis, de 7,1 % pour l'Union europ&#233;enne et une hausse de seulement 1,2 % pour la Chine (ce qui est tr&#232;s faible pour ce pays). Les pays &#171; en d&#233;veloppement &#187; seront aussi en difficult&#233; : se conjugueront l'impact direct du coronavirus, la baisse des prix de certains produits de base (en particulier le p&#233;trole) et le poids de la dette ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pr&#233;visions chiffr&#233;es sont incertaines, et encore moins probable est la forte croissance annonc&#233;e pour 2021 : pour le FMI, l'&#233;conomie mondiale pourrait croitre de 5,8 % en 2021 ! Les dirigeants du monde parient en effet sur une reprise ayant la forme d'un V : apr&#232;s la r&#233;cession viendrait une reprise assez forte, impuls&#233;e par la fin du confinement et les divers cadeaux consentis aux banques et aux grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien n'est moins s&#251;r. La suite du sc&#233;nario n'est pas &#233;crite. Cette crise est tout &#224; fait particuli&#232;re. Si des nuages noirs s'&#233;taient d&#232;s 2019 accumul&#233;s sur l'&#233;conomie et la finance mondiale, l'&#233;l&#233;ment essentiel de ces premiers mois est le coronavirus et les d&#233;cisions auxquelles ont &#233;t&#233; contraints les diff&#233;rents &#201;tats de mettre &#224; l'arr&#234;t une partie de l'&#233;conomie. D&#233;cisions qui ont fait boule de neige bien au-del&#224; de la volont&#233; des gouvernements et du patronat. En effet, aucun &#201;tat moderne (sauf dans les situations de guerre ouverte) ne peut voir &#233;ventuellement mourir une fraction importante de sa population sans faire au moins semblant de faire quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise particuli&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes savent que les mesures d'endiguement de l'&#233;pid&#233;mie sont contradictoires avec la logique du profit. Ils font donc pression pour sortir du confinement et, au-del&#224;, pour all&#233;ger au maximum les contraintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes concr&#232;tes que prend la crise &#233;conomique diff&#232;rent de bien des mani&#232;res d'une crise classique. Certaines sont m&#234;me &#233;tonnantes, comme la remont&#233;e des march&#233;s financiers au mois d'avril : depuis le creux de la fin mars, le niveau moyen du cours des actions am&#233;ricaines a progress&#233; de 30 %. Les march&#233;s financiers pensent d'une certaine fa&#231;on que, contrairement aux populations, ils b&#233;n&#233;ficient d'une forme d'immunit&#233; collective gr&#226;ce aux montagnes de liquidit&#233;s d&#233;vers&#233;es par les banques centrales : &#171; Il ne faut jamais oublier que nous sommes dans un monde capitaliste, dont les principales institutions sont avant tout au service du syst&#232;me &#187; note un banquier am&#233;ricain cit&#233; par le Monde. Certes, cela peut ne pas durer et les banques sont en train de prendre leurs pr&#233;cautions pour ne pas &#234;tre fragilis&#233;es en cas d'une vague de non-remboursement de leurs cr&#233;dits par les entreprises ou les m&#233;nages. Quoi qu'il en soit, sauf krach financier majeur, le futur d&#233;pendra essentiellement de la suite de la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une seule certitude : les d&#233;g&#226;ts sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'est pas incertain, par contre, ce sont les d&#233;g&#226;ts sociaux de cette r&#233;cession. Des millions d'emplois vont &#234;tre supprim&#233;s partout dans le monde, le ch&#244;mage va atteindre des sommets : il touche d&#233;j&#224; de l'ordre d'un actif &#233;tatsunien sur cinq. Dans certains pays, comme la France, les dispositifs de ch&#244;mage technique permettent de limiter les d&#233;g&#226;ts visibles mais ils ne seront pas &#233;ternels. Des entreprises (surtout petites et moyennes) vont disparaitre, les plus grandes vont se restructurer, fermer des capacit&#233;s de production, licencier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mille mani&#232;res (pertes d'emplois, r&#233;duction des avantages acquis voire des salaires), les salari&#233;Es vont devoir payer la crise. Tandis que l'envol&#233;e des dettes publiques servira d'argument pour comprimer les avantages sociaux. Telles sont du moins les intentions des patrons et des gouvernements. Ni Trump, ni Macron, ni leurs cong&#233;n&#232;res n'ont l'intention de revenir sur les avantages fiscaux consentis aux plus riches et aux entreprises. Tout au plus, si les m&#233;contentements &#233;taient importants, accepteraient-ils peut-&#234;tre de mettre en place des pr&#233;l&#232;vements exceptionnels comme l'a sugg&#233;r&#233; en France Laurent Berger de la CFDT, qui n'a d&#233;cid&#233;ment besoin que de quelques miettes pour &#234;tre satisfait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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