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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La mobilisation contre la r&#233;forme des retraites s'amplifie, le gouvernement reste ferme</title>
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		<dc:date>2010-10-12T19:30:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claire Gu&#233;laud</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A l'exception de Marseille o&#249; les statistiques de manifestants continuent, selon les sources, de varier du simple au d&#233;cuple, il ne devrait pas y avoir, cette fois-ci, de pol&#233;miques trop vives sur les chiffrages des d&#233;fil&#233;s du 12 octobre. En d&#233;but d'apr&#232;s-midi, le minist&#232;re de l'int&#233;rieur et les syndicats s'accordaient sur une participation en hausse pour cette quatri&#232;me journ&#233;e d'action contre la r&#233;forme des retraites depuis la rentr&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La participation est l&#233;g&#232;rement plus forte que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5585-a16f7.jpg?1676792997' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'exception de Marseille o&#249; les statistiques de manifestants continuent, selon les sources, de varier du simple au d&#233;cuple, il ne devrait pas y avoir, cette fois-ci, de pol&#233;miques trop vives sur les chiffrages des d&#233;fil&#233;s du 12 octobre. En d&#233;but d'apr&#232;s-midi, le minist&#232;re de l'int&#233;rieur et les syndicats s'accordaient sur une participation en hausse pour cette quatri&#232;me journ&#233;e d'action contre la r&#233;forme des retraites depuis la rentr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La participation est l&#233;g&#232;rement plus forte que celle du 2 octobre&#034;, a conc&#233;d&#233;, &#224; la mi-journ&#233;e, le minist&#232;re de l'int&#233;rieur, qui a relev&#233; aussi &#034;la forte pr&#233;sence de lyc&#233;ens&#034;, ce qui ne manquera pas de pr&#233;occuper le gouvernement. Les principaux leaders syndicaux ont salu&#233; l'amplification de la mobilisation : c'est &#034;la plus forte journ&#233;e qu'on ait faite&#034;, ont-ils tous observ&#233; pointant, ici et l&#224;, les records de Rennes (entre 22 000 et 60 000 manifestants), Toulouse (entre 30 000 et 145 000) et Marseille (entre 24 500 et 230 000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On va vraisemblablement d&#233;passer les trois millions de manifestants&#034;, a indiqu&#233; Jean-Claude Mailly (FO). La CGT et la CFDT ont fait &#233;tat d'une participation en hausse de quelque 20 %, ce qui porterait, selon elles, le nombre total de manifestants &#224; pr&#232;s de 3,5 millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a fait observer Alain Olive (UNSA) au d&#233;part d'une manifestation parisienne particuli&#232;rement fournie (89 000 personnes selon la pr&#233;fecture de police et 330 000 selon les syndicats), l'acc&#233;l&#233;ration du calendrier parlementaire, avec l'adoption au S&#233;nat des deux articles du projet de loi relevant les bornes d'&#226;ge de la retraite de 60-65 ans &#224; 62-67 ans, &#034;n'a provoqu&#233; ni d&#233;couragement ni lassitude&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le gouvernement est dans l'impasse. Le sentiment de l'injustice de la r&#233;forme et son impopularit&#233; ne font que cro&#238;tre&#034;, s'est exclam&#233; Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que (CFDT), tandis que le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT saluait &#034;la d&#233;termination et un large engagement de tous les salari&#233;s&#034;. &#034;La CGT va continuer &#224; mobiliser&#034;, a ajout&#233; Bernard Thibault en pr&#233;cisant que les gr&#232;ves reconductibles constituaient l'une des modalit&#233;s possibles d'action dans les jours prochains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier ministre, Fran&#231;ois Fillon, a exclu mardi toute nouvelle concession et redit que le gouvernement &#233;tait &#034;d&#233;cid&#233; &#224; mener &#224; son terme la r&#233;forme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Faire la soudure&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel lanc&#233; par la premi&#232;re secr&#233;taire du Parti socialiste, Martine Aubry, au chef de l'Etat pour qu'il &#034;retire&#034; son projet a, bien s&#251;r, peu de chances d'&#234;tre entendu. Raymond Soubie, le conseiller social du pr&#233;sident, a imput&#233; la responsabilit&#233; du blocage actuel aux organisations syndicales : &#034;Malheureusement, a-t-il d&#233;clar&#233; &#224; Challenges, les syndicats posent comme pr&#233;alable &#224; tout accord l'abandon par le gouvernement du report de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite &#224; 62 ans, mesure pr&#233;conis&#233;e par toutes les organisations internationales.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-il maintenant se passer ? Comme le pr&#233;voyaient plusieurs syndicats, le taux de participation &#224; la gr&#232;ve, en hausse de 3 points dans les &#233;tablissements hospitaliers, est rest&#233; globalement assez faible dans les trois fonctions publiques (entre 15 % et 19 %, selon le minist&#232;re) comme le 23 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la SNCF a d&#233;nombr&#233; 40 % des gr&#233;vistes et elle s'attendait &#224; la reconduction du mouvement, mercredi, avec des perturbations de m&#234;me ampleur que mardi (un TGV sur trois, par exemple, entre Paris et la province). D'autres r&#233;seaux de transport urbain pourraient se trouver dans la m&#234;me situation. Les salari&#233;s de onze des douze raffineries fran&#231;aises en gr&#232;ve, mardi, sans que cela entra&#238;ne pour le moment de probl&#232;mes d'approvisionnement en carburants, pourraient aussi reconduire leur action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de mercredi, personne ne se risque &#224; faire des pr&#233;visions. Mais les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de cheminots du jeudi 14 octobre seront, &#224; l'&#233;vidence, importantes. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'ils jugeront avec leurs syndicats de l'&#233;tat de la mobilisation (en dehors de la SNCF) et se d&#233;cideront ou pas &#224; &#034;faire la soudure&#034; avec la nouvelle journ&#233;e de manifestations du 16 octobre. C'est &#233;galement jeudi que l'intersyndicale doit se r&#233;unir pour d&#233;cider des suites du mouvement, sachant que le S&#233;nat pourrait adopter le week-end prochain le projet de r&#233;forme des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les organisations syndicales doivent aller au bout de cette mobilisation tout en &#233;vitant les d&#233;bordements afin que cette fin de conflit soit &#224; l'image de ce qu'est le mouvement de contestation : fort et responsable&#034;, estimait mardi soir M. Olive de l'UNSA.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une semaine d'action d&#233;cisive pour les syndicats se pr&#233;pare</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-semaine-d-action-decisive-pour-les-syndicats-se-prepare</link>
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		<dc:date>2010-10-12T12:28:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>lemonde.fr</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La semaine s'annonce d&#233;cisive pour le projet de r&#233;forme des retraites dont l'examen se poursuit au S&#233;nat. En plus des deux nouvelles journ&#233;es d'action pr&#233;vues mardi et samedi, plusieurs syndicats des transports et de l'&#233;nergie ont brandi la menace d'une gr&#232;ve reconductible pour faire plier le gouvernement. &lt;br class='autobr' /&gt; La semaine s'annonce d&#233;cisive pour le projet de r&#233;forme des retraites dont l'examen se poursuit au S&#233;nat. En plus des deux nouvelles journ&#233;es d'action pr&#233;vues mardi et samedi, plusieurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-10-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-10-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton5576-095c7.jpg?1715687405' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La semaine s'annonce d&#233;cisive pour le projet de r&#233;forme des retraites dont l'examen se poursuit au S&#233;nat. En plus des deux nouvelles journ&#233;es d'action pr&#233;vues mardi et samedi, plusieurs syndicats des transports et de l'&#233;nergie ont brandi la menace d'une gr&#232;ve reconductible pour faire plier le gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La semaine s'annonce d&#233;cisive pour le projet de r&#233;forme des retraites dont l'examen se poursuit au S&#233;nat. En plus des deux nouvelles journ&#233;es d'action pr&#233;vues mardi et samedi, plusieurs syndicats des transports et de l'&#233;nergie ont brandi la menace d'une gr&#232;ve reconductible pour faire plier le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est le projet de loi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter de d&#233;samorcer la contestation, l'ex&#233;cutif a l&#226;ch&#233; un peu de lest sur la retraite de certaines m&#232;res de trois enfants et de parents de handicap&#233;s, des mesures aussit&#244;t jug&#233;es insuffisantes par les syndicats. Mais &#034;l'architecture du projet sur les mesures d'&#226;ge et sur l'&#233;quilibre financier&#034; ne changera pas, assur&#233; le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex&#233;cutif mise sur l'acc&#233;l&#233;ration du calendrier parlementaire pour d&#233;courager les manifestants. Apr&#232;s l'Assembl&#233;e nationale, le S&#233;nat a vot&#233; vendredi la mesure la plus contest&#233;e, le recul progressif de 60 &#224; 62 ans de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part, et pr&#233;voit d'achever l'examen du texte &#224; la fin de la semaine. La r&#233;forme devrait ainsi &#234;tre d&#233;finitivement adopt&#233;e par le Parlement avant la fin du mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les perturbations attendues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sc&#233;nario a pouss&#233; certains syndicats &#224; durcir leur opposition. Le trafic ferroviaire devrait &#234;tre affect&#233; d&#232;s mardi de fa&#231;on importante, l'ensemble des syndicats de cheminots appelant &#224; la gr&#232;ve. A la RATP, les perturbations devraient &#234;tre moindres, l'UNSA, deuxi&#232;me syndicat, n'appelant pas les conducteurs &#224; la gr&#232;ve. Dans 85 autres r&#233;seaux de transports urbains, des pr&#233;avis ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre secteur strat&#233;gique, les raffineries, l'&#233;ventuelle poursuite de la mobilisation fait planer la menace d'une p&#233;nurie de carburants. D'autant que quatre raffineries du sud-est pourraient devoir s'arr&#234;ter cette semaine du fait de l'absence d'approvisionnement des terminaux p&#233;troliers de la zone de Fos (Bouches-du-Rh&#244;ne), bloqu&#233;s depuis une quinzaine de jours contre la r&#233;forme portuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des gr&#232;ves reconductibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales n'appellent pas directement &#224; des gr&#232;ves reconductibles, laissant l'initiative &#224; leurs f&#233;d&#233;rations, qui se prononceront &#224; partir de mercredi matin. Des pr&#233;avis reconductibles au-del&#224; de mardi ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s dans certains secteurs (transports, &#233;nergie, chimie...) ou entreprises (La Poste, France T&#233;l&#233;com...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile d'&#233;valuer si les appels &#224; la reconduction, qui font d&#233;bat parmi les syndicats, seront suivis. Pour Jean-Louis Malys (CFDT), soit &#034;le mouvement risque de se durcir, de se crisper&#034; avec des gr&#232;ves illimit&#233;es, soit &#034;on garde notre atout principal&#034;, &#034;la popularit&#233; du mouvement&#034;, en ne bloquant pas le pays. L'enjeu est important. L'acc&#233;l&#233;ration de la mobilisation a d&#233;j&#224; suscit&#233; quelques r&#233;serves au sein du camp syndical. La CFE-CGC, syndicat de cadres, a ainsi d&#233;cid&#233; d'&#234;tre pr&#233;sente dans les manifestations de mardi mais a r&#233;serv&#233; sa r&#233;ponse sur la suite du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7 Fran&#231;ais sur 10 soutiennent le mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un sondage Ifop pour Sud-Ouest Dimanche, 71 % des Fran&#231;ais estiment en effet justifi&#233;e la journ&#233;e de mardi. Par contre, il ne sont que 31 % des Fran&#231;ais &#224; souhaiter un mouvement de gr&#232;ve reconductible &#224; partir de mardi, d'apr&#232;s un sondage Ipsos pour Europe 1 communiqu&#233; dimanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les lyc&#233;ens mobilis&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contestation s'est accrue dans les lyc&#233;es la semaine derni&#232;re. Le ministre de l'&#233;ducation, Luc Chatel, a d&#233;nonc&#233; des &#034;tentatives de r&#233;cup&#233;rations ou d'irresponsabilit&#233; de personnes qui veulent mettre les lyc&#233;ens en danger&#034;. &#034;Manifester sur la voie publique c'est dangereux&#034;, a-t-il soulign&#233; sur France Info. &#034;Les lyc&#233;ens n'ont rien &#224; faire dans la rue&#034;, a rench&#233;ri dimanche le chef des d&#233;put&#233;s UMP Jean-Fran&#231;ois Cop&#233; sur Radio J.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une seule solution, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-seule-solution-greve-generale-reconductible</link>
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		<dc:date>2010-10-12T12:28:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Pelletier</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Luttes sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a un nouvel &#233;largissement de la mobilisation, repr&#233;sentatif du rejet de la politique de Sarkozy par plus de 70 % de la population. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 2 octobre, beaucoup de nouveaux manifestants ont d&#233;fil&#233; dans plus de 200 villes sur tout le territoire. Les cort&#232;ges &#233;taient diff&#233;rents de ceux des 7 et 23 septembre. Moins de salari&#233;s venus des grandes entreprises, mais plus de salari&#233;s de cat&#233;gories et de m&#233;tiers qui ne peuvent faire gr&#232;ve ou ne sont pas organis&#233;s syndicalement, un public beaucoup (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L121xH150/arton5542-4f30d.png?1674687619' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a un nouvel &#233;largissement de la mobilisation, repr&#233;sentatif du rejet de la politique de Sarkozy par plus de 70 % de la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 2 octobre, beaucoup de nouveaux manifestants ont d&#233;fil&#233; dans plus de 200 villes sur tout le territoire. Les cort&#232;ges &#233;taient diff&#233;rents de ceux des 7 et 23 septembre. Moins de salari&#233;s venus des grandes entreprises, mais plus de salari&#233;s de cat&#233;gories et de m&#233;tiers qui ne peuvent faire gr&#232;ve ou ne sont pas organis&#233;s syndicalement, un public beaucoup plus large, et plus de jeunes. Plus familiale mais tout aussi d&#233;termin&#233;e. En fait, il s'agit bien d'un nouvel &#233;largissement de la mobilisation, repr&#233;sentatif du rejet de la politique de Sarkozy par plus de 70 % de la population. Mais apr&#232;s ce nouveau succ&#232;s nous ne devons pas nous arr&#234;ter l&#224;. Le gouvernement n'est pas d&#233;cid&#233; &#224; reculer sous la seule pression de l'opinion publique exprim&#233;e par les sondages et la participation aux manifestations. La septi&#232;me loi en dix ans sur l'immigration, les propos racistes des ministres et l'agitation de la menace terroriste ne permettent m&#234;me pas &#224; ce gouvernement de retrouver une quelconque l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc franchir un pas dans la mobilisation. Il n'y a pas d'autre solution pour bloquer ce plan de destruction de notre syst&#232;me de retraites, que de bloquer l'activit&#233; &#233;conomique et sociale du pays. Le gouvernement veut non seulement nous imposer une d&#233;faite sur les retraites, symbole de son quinquennat, mais aussi continuer par la casse de la S&#233;curit&#233; sociale, de l'&#233;cole, de l'h&#244;pital public, ce qui reste des 35 heures et par de nouvelles atteintes aux libert&#233;s publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s de nombreuses professions, de nombreuses r&#233;gions ont bien compris cette volont&#233; du gouvernement de nous attaquer sur tous les terrains.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est bien pourquoi beaucoup de mobilisations se d&#233;veloppent sans attendre les journ&#233;es nationales. Ainsi, plusieurs milliers d'infirmiers anesth&#233;sistes ont d&#233;fil&#233; vendredi 1er octobre dans les beaux quartiers de Paris, les dockers de plusieurs ports sont en gr&#232;ve non seulement pour leurs emplois et la p&#233;nibilit&#233; mais aussi, parce que pour eux aussi tout est li&#233;, pour les retraites. Plusieurs centaines de salari&#233;s de Ford-Bordeaux ont troubl&#233; la f&#234;te du Mondial de l'automobile en manifestant dans le Salon pour la sauvegarde de leurs emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, salari&#233;s et &#233;quipes syndicales restent marqu&#233;s par les &#233;checs et les reculs des derni&#232;res ann&#233;es. La derni&#232;re d&#233;claration de l'intersyndicale du 4 octobre cache mal le refus des principales conf&#233;d&#233;rations d'engager l'affrontement avec le gouvernement. Mais dans les entreprises, les bureaux, les quartiers, les &#233;coles, les h&#244;pitaux... la d&#233;gradation des conditions de vie et de travail, la politique raciste du gouvernement provoquent la col&#232;re et la r&#233;volte. Partout nous devons susciter, amplifier les mobilisations, les gr&#232;ves, les d&#233;brayages, les blocages. Il ne faut plus seulement d&#233;battre de la gr&#232;ve reconductible mais gagner partout l'engagement de la mobilisation sur cette voie. Face &#224; la chape de plomb m&#233;diatique, nous devons faire circuler les informations, prendre contact de secteur en secteur, de ville en ville. Moins que jamais le d&#233;veloppement de la gr&#232;ve reconductible ne sera le seul r&#233;sultat de consignes nationales ni de spontan&#233;it&#233;s locales. Si quelques d&#233;cisions fermes sont d'ores et d&#233;j&#224; prises dans cette direction (RATP) de nombreuses structures semblent pr&#234;tes &#224; s'y engager (SNCF, &#201;ducation, CGT Seine-Maritime, Bouches-du-Rh&#244;ne et Paris, intersyndicales Ville de Paris et plusieurs &#171; territoriaux &#187;, F&#233;d&#233;ration chimie CGT, etc.). L'action concert&#233;e des &#233;quipes syndicales et des militants convaincus et sinc&#232;rement engag&#233;s dans la construction de l'affrontement peut modifier le rapport de forces et faire reculer le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'attendons pas le 12 octobre, ne nous arr&#234;tons pas au 12 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Pelletier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retraites : les syndicats entre radicalisation et exasp&#233;ration</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Retraites-les-syndicats-entre-radicalisation-et-exasperation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Retraites-les-syndicats-entre-radicalisation-et-exasperation</guid>
		<dc:date>2010-10-12T12:28:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Noblecourt</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement syndical</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Signe d'exasp&#233;ration ou de radicalisation ? Les appels &#224; des gr&#232;ves reconductibles se multiplient : &#224; la SNCF, &#224; la RATP et dans les transports urbains, chez France T&#233;l&#233;visions, &#224; EDF, dans les ports et docks, la chimie, chez les marins. Ils traduisent une exasp&#233;ration des syndicats qui jugent que les journ&#233;es d'actions &#224; r&#233;p&#233;tition ne sont pas venues &#224; bout de l'inflexibilit&#233; de Nicolas Sarkozy et qu'il faut passer &#224; une &#233;tape sup&#233;rieure. &lt;br class='autobr' /&gt; Alors que les annonces de gr&#232;ves reconductibles &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5546-7a661.jpg?1675057801' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Signe d'exasp&#233;ration ou de radicalisation ? Les appels &#224; des gr&#232;ves reconductibles se multiplient : &#224; la SNCF, &#224; la RATP et dans les transports urbains, chez France T&#233;l&#233;visions, &#224; EDF, dans les ports et docks, la chimie, chez les marins. Ils traduisent une exasp&#233;ration des syndicats qui jugent que les journ&#233;es d'actions &#224; r&#233;p&#233;tition ne sont pas venues &#224; bout de l'inflexibilit&#233; de Nicolas Sarkozy et qu'il faut passer &#224; une &#233;tape sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que les annonces de gr&#232;ves reconductibles &#224; partir du 12 octobre fleurissent dans plusieurs secteurs, Nicolas Sarkozy a l&#226;ch&#233; un peu de lest, jeudi 7 octobre au matin, sur sa r&#233;forme des retraites. Sans toucher aux piliers de son projet, avec le report de l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part &#224; la retraite &#224; 62 ans et celui de la pension sans d&#233;cote &#224; 67 ans, le pr&#233;sident de la R&#233;publique a fait savoir qu'il demandait &#224; son ministre du travail, Eric Woerth &#8211; qui en a fait simultan&#233;ment l'annonce au S&#233;nat &#8211; de d&#233;poser deux amendements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier concerne les parents &#034;qui se sont arr&#234;t&#233;s au moins un an dans les trois ans suivant la naissance d'un de leurs enfants&#034;. Pour eux, l'&#226;ge de la retraite sans d&#233;cote sera maintenu &#224; 65 ans &#034;pendant une p&#233;riode transitoire de cinq ans&#034;. L'autre touche &#034;les parents d'enfants handicap&#233;s&#034; qui pourront conserver ce m&#234;me avantage &#034;de mani&#232;re p&#233;renne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le co&#251;t de ces concessions, souhait&#233;es par les s&#233;nateurs centristes, est estim&#233; &#224; 3,4 milliards d'euros, financ&#233; par de nouvelles recettes. La mont&#233;e de la fi&#232;vre sociale est &#224; l'origine de ces concessions qu'au d&#233;part l'Elys&#233;e comptait garder en r&#233;serve jusqu'&#224; la prochaine journ&#233;e nationale d'actions &#8211; la sixi&#232;me depuis la fin mai &#8211; du 12 octobre. Il est peu probable qu'elles suffisent &#224; faire fl&#233;chir la d&#233;termination de l'intersyndicale CGT-CFDT-FO-CFTC-UNSA-CFE-CGC-FSU-Solidaires qui demande une refonte compl&#232;te de la r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vote du s&#233;nat entre le 15 et le 19 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci doit se r&#233;unir vendredi 8 octobre pour d&#233;cider des suites de la mobilisation, sachant que le calendrier est de plus en plus serr&#233;, le vote du S&#233;nat devant intervenir entre le 15 et le 19 octobre. S'il est exclu qu'elle lance un appel interprofessionnel &#224; des gr&#232;ves reconductibles &#8211; &#034;ce n'est pas de la responsabilit&#233; d'une conf&#233;d&#233;ration&#034;, a d&#233;j&#224; rappel&#233; Jean-Claude Mailly, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Force ouvri&#232;re -, elle pourrait organiser une nouvelle journ&#233;e de manifestations le samedi 16 octobre. Jeudi, sur RTL, Bernard Thibault a &#233;cart&#233; tout mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe d'exasp&#233;ration ou de radicalisation ? Les appels &#224; des gr&#232;ves reconductibles se multiplient : &#224; la SNCF, &#224; la RATP et dans les transports urbains, chez France T&#233;l&#233;visions, &#224; EDF, dans les ports et docks, la chimie, chez les marins. Ils traduisent une exasp&#233;ration des syndicats qui jugent que les journ&#233;es d'actions &#224; r&#233;p&#233;tition ne sont pas venues &#224; bout de l'inflexibilit&#233; de Nicolas Sarkozy et qu'il faut passer &#224; une &#233;tape sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La contestation sur les retraites, note Marcel Grignard, num&#233;ro deux de la CFDT, est en train de devenir le r&#233;ceptacle &#224; un m&#233;contentement diffus&#034; alors que le comportement de l'Elys&#233;e &#034;est une forme violente de m&#233;pris vis-&#224;-vis des corps interm&#233;diaires&#034;. Pour autant, la radicalisation qui s'esquisse ne sera peut-&#234;tre pas au rendez-vous au lendemain de la journ&#233;e du 12 octobre. Le d&#233;p&#244;t d'un pr&#233;avis &#8211; qui n'est obligatoire que dans le secteur public, les entreprises priv&#233;es n'&#233;tant pas soumises &#224; cette r&#232;gle &#8211; ne signifie pas qu'il sera suivi d'effets. C'est une mani&#232;re de se couvrir juridiquement pour le cas o&#249; des salari&#233;s voudraient poursuivre la gr&#232;ve au lendemain du 12 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La CGT ne souhaite pas jouer la radicalisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#233;d&#233;ration CGT des cheminots qui, avec l'ensemble des syndicats de la SNCF, a d&#233;pos&#233; des pr&#233;avis de gr&#232;ve reconductible, fait preuve d'une grande prudence, en soulignant que c'est lors d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, convoqu&#233;es le 13 octobre au matin, que les cheminots d&#233;cideront ou non de poursuivre leur mouvement &#034;dans un cadre interprofessionnel et unitaire le plus large possible&#034;. Didier le Reste, le patron de la f&#233;d&#233;ration CGT, a d&#233;j&#224; pr&#233;venu que les cheminots n'entendaient pas &#234;tre les seuls &#224; porter une gr&#232;ve sur les retraites et n'&#233;taient pr&#234;ts &#224; continuer qu' &#034;&#224; condition d'&#234;tre dans un groupe de plusieurs locomotives, de plusieurs secteurs professionnels&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position est conforme &#224; celle de Bernard Thibault qui, soucieux de pr&#233;server son alliance privil&#233;gi&#233;e avec la CFDT qui m&#232;ne le bal au sein de l'intersyndicale, ne souhaite pas jouer le jeu de la radicalisation. Comme d'autres dirigeants syndicaux, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT consid&#232;re qu'une radicalisation risque de faire l'affaire de Nicolas Sarkozy qui ne serait pas m&#233;content d'affronter une &#233;preuve de force avec le secteur public et d'afficher, aux yeux de son &#233;lectorat, une inflexibilit&#233; &#224; l'arriv&#233;e victorieuse, comme cela s'&#233;tait produit, fin 2007, lors de r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 octobre, &#224; l'issue d'une r&#233;union de toutes les f&#233;d&#233;rations de la CGT, Bernard Thibault avait clairement pos&#233; la r&#232;gle que &#034;le principe d'arr&#234;ts de travail doit &#234;tre discut&#233; partout &#034;. La radicalisation, &#224; travers des gr&#232;ves reconductibles, est d'autant plus incertaine que dans le secteur public, et en particulier &#224; la SNCF et &#224; la RATP, le taux de gr&#233;vistes a diminu&#233; &#224; chaque journ&#233;e nationale d'actions, notamment de mani&#232;re sensible le 23 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la SNCF, l'h&#233;sitation risque d'&#234;tre d'autant plus grande que les cheminots ont men&#233; en avril, &#224; l'appel de la CGT et de SUD, une gr&#232;ve reconductible de deux semaines sur l'avenir du fret qui s'est sold&#233; par un &#233;chec sur toute la ligne. Il s'ajoute aussi le fait qu'en p&#233;riode de vaches maigres sur le pouvoir d'achat, les salari&#233;s y regarderont &#224; deux fois avant de se lancer dans une gr&#232;ve qui se solderait par de nouvelles pertes de salaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne pas se couper de l'opinion publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats, et d'abord la CGT et la CFDT, ont comme pr&#233;occupation majeure de ne pas se couper du soutien de l'opinion publique qui se confirme sondage apr&#232;s sondage. Or, une gr&#232;ve longue des transports, alors m&#234;me que la r&#233;forme des retraites ne s'appliquera pour les r&#233;gimes sp&#233;ciaux qu'&#224; partir du 1er janvier 2017, au lieu du 1er juillet 2011 pour l'ensemble des salari&#233;s et des fonctionnaires, risque de devenir vite impopulaire. De plus la loi qu'a fait voter Nicolas Sarkozy sur le service minimum, ou plut&#244;t le service garanti, dans les transports terrestres, limitera la port&#233;e d'un mouvement reconductible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle rend de fait impossible les sc&#233;narios de l'hiver 1986-1987, o&#249; la SNCF a connu la plus longue gr&#232;ve de son histoire &#8211; 29 jours &#8211; ou de 1995 o&#249; les cheminots ont paralys&#233; le trafic pendant une vingtaine de jours. La logique des gr&#232;ves reconductibles conduit aussi ses protagonistes &#224; demander le retrait pur et simple de la r&#233;forme des retraites, une position que seuls FO, Solidaires et la FSU d&#233;fendent au sein de l'intersyndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves reconductibles, compte tenu de la d&#233;termination de Nicolas Sarkozy, risquent donc d'aboutir &#224; une impasse, situation que Bernard Thibault et Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que veulent &#224; tout prix &#233;viter. &#034;Tout ce qui pourra &#234;tre gagn&#233;, on le mettra &#224; l'actif de la mobilisation&#034;, affirmait Eric Aubin, en charge du dossier des retraites &#224; la CGT, dans l'Humanit&#233;-Dimanche du 30 septembre. A d&#233;faut de faire capoter la r&#233;forme de Nicolas Sarkozy, les syndicats ne veulent pas sortir bredouilles de leur combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arracheront-ils de nouvelles concessions ? Bernard Thibault a commenc&#233; &#224; d&#233;placer le d&#233;bat sur le terrain politique, en pr&#233;venant dans l'Humanit&#233; du 4 octobre : &#034;Je pense qu'un gouvernement, quel qu'il soit, qui ignore &#224; ce point un mouvement social, se condamne pour les prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales&#034;. Rendez-vous en 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de la journ&#233;e d'action du 12 octobre</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-propos-de-la-journee-d-action-du-12-octobre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/A-propos-de-la-journee-d-action-du-12-octobre</guid>
		<dc:date>2010-10-12T12:27:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Chesnais</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement syndical</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les manifestations n'ont pas &#233;t&#233; simplement &#171; revendicatives &#187;. Elles ont eu une dimension politique. D'abord parce que l'&#226;ge et le niveau des retraites sont des questions qui &#233;clairent la place de chacun dans la production et dans la soci&#233;t&#233;. Ensuite parce que la conjonction entre contre-r&#233;forme des retraites et la tentative d'&#233;touffer l'affaire Woerth-Bettancourt &#224; laquelle Sarkozy est tr&#232;s &#233;troitement m&#234;l&#233;, a &#233;t&#233; per&#231;ue comme l'expression de la guerre de classe men&#233;e par celui-ci et l'UMP (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton5579-39b45.jpg?1715687405' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les manifestations n'ont pas &#233;t&#233; simplement &#171; revendicatives &#187;. Elles ont eu une dimension politique. D'abord parce que l'&#226;ge et le niveau des retraites sont des questions qui &#233;clairent la place de chacun dans la production et dans la soci&#233;t&#233;. Ensuite parce que la conjonction entre contre-r&#233;forme des retraites et la tentative d'&#233;touffer l'affaire Woerth-Bettancourt &#224; laquelle Sarkozy est tr&#232;s &#233;troitement m&#234;l&#233;, a &#233;t&#233; per&#231;ue comme l'expression de la guerre de classe men&#233;e par celui-ci et l'UMP pour le compte de l'oligarchie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s les journ&#233;es d'action avec gr&#232;ves et manifestations du 7 septembre et du 23 septembre et la manifestation du samedi 2 octobre, l'Intersyndicale dont font partie la CFDT, la CFTC, la CGT, la FSU, Solidaires et l'UNSA a appel&#233; &#224; une nouvelle journ&#233;e d'action mardi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur communiqu&#233;, ils disent vouloir &#171; faire du mardi 12 octobre une nouvelle journ&#233;e massive de gr&#232;ves et de manifestations pendant le d&#233;bat au S&#233;nat. Cette journ&#233;e trouvera toute sa place pour amplifier la mobilisation dans le cas o&#249; les parlementaires ne prendraient pas en compte ce qui s'est exprim&#233; dans l'action et si le Gouvernement restait intransigeant. Le Gouvernement porterait l'enti&#232;re responsabilit&#233; des suites que les salari&#233;s et leurs organisations entendront donner au 12 octobre &#187;. De son c&#244;t&#233;, Force Ouvri&#232;re (Mailly) qui n'a pas sign&#233; le communiqu&#233; parce qu'il &#171; ne mentionne pas clairement le retrait du projet de loi inacceptable et dangereux socialement &#187;, a r&#233;affirm&#233; la &#171; grande d&#233;termination FO &#224; obtenir ce retrait &#187; et d&#233;clar&#233; qu'il fallait &#171; faire du 12 octobre une journ&#233;e de gr&#232;ve et de manifestations massives &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que Samuel Holder l'a &#233;crit dans l'article &#171; El&#233;ments de discussion sur la crise politique et sociale en France &#187; [voir ci-dessous], le nombre &#233;lev&#233; de manifestants &#224; chacune des manifestations (plusieurs millions avec beaucoup de nouveaux chaque fois) exprime bien s&#251;r le rejet profond par les travailleurs de la contre-r&#233;forme des retraites. Mais il traduit aussi le fait que beaucoup de salari&#233;&#183;e&#183;s (dont le nombre va bien au-del&#224; de ceux qui ont manifest&#233; et qui sont d&#233;j&#224; nombreux), ainsi que des secteurs de la jeunesse lyc&#233;enne et &#233;tudiante, ont associ&#233; dans leur esprit un ensemble de raisons de manifester contre un pr&#233;sident et un gouvernement profond&#233;ment discr&#233;dit&#233;s, per&#231;us comme exclusivement au service des &#171; banques et des riches &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations n'ont pas &#233;t&#233; simplement &#171; revendicatives &#187;. Elles ont eu une dimension politique. D'abord parce que l'&#226;ge et le niveau des retraites sont des questions qui &#233;clairent la place de chacun dans la production et dans la soci&#233;t&#233;. Ensuite parce que la conjonction entre contre-r&#233;forme des retraites et la tentative d'&#233;touffer l'affaire Woerth-Bettancourt &#224; laquelle Sarkozy est tr&#232;s &#233;troitement m&#234;l&#233;, a &#233;t&#233; per&#231;ue comme l'expression de la guerre de classe men&#233;e par celui-ci et l'UMP pour le compte de l'oligarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une phase politique se cl&#244;t et un nouveau moment de la subjectivit&#233; politique est en train d'&#233;merger. Mais le mouvement qui fait surface en cet automne se d&#233;veloppera &#224; son propre rythme. Il faut lui en laisser le temps. Il est d&#233;j&#224; le r&#233;sultat de ce processus dense de combats militants, combats &#171; associatifs &#187; au sens g&#233;n&#233;rique du terme men&#233;s par et dans des secteurs de la soci&#233;t&#233; dont les m&#233;dias ne parlent pas, mais o&#249; les &#171; gens &#187; s'organisent contre l'exploitation, les injustices et les corruptions. C'est sans doute une des raisons pourquoi les manifestations des petites villes ont &#233;t&#233; si importantes en pourcentage de leur population. En pr&#233;sence de ce type de mouvement, la tache des militants n'est pas de chercher &#224; en h&#226;ter le m&#251;rissement artificiellement. Ce qu'il s'agirait plut&#244;t de faire serait de le nourrir par les id&#233;es et des d&#233;bats clairs et loyaux, de sorte que les salari&#233;s et les jeunes qui se &#171; politisent &#187; (au sens large du terme) puissent d&#233;gager eux-m&#234;mes les perspectives soci&#233;tales de futurs combats frontaux. Plus ce travail sera fait plus ces perspectives seront proches de celles de ce que tant de nous nous avons nomm&#233;es le &#171; socialisme &#187; ou le &#171; communisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tract [&#171; Adresse au travailleurs et travailleuses &#187;, sur ce site, dat&#233; 11 octobre] joint ici est d'une tr&#232;s grande importance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte traduit une volont&#233; politique qui exprime une r&#233;flexion tr&#232;s certainement &#224; l'&#339;uvre dans de tr&#232;s nombreux endroits ailleurs en France. Les travailleurs et pr&#233;caires de l'AG interprofessionnelle de la Gare de l'Est entendent cr&#233;er les conditions d'un contr&#244;le des travailleurs des modalit&#233;s et des rythmes de leur combat, dans l'imm&#233;diat celle de d&#233;cider ce qu'ils feront le 12 octobre au soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un contraste radical entre cette adresse et la confusion qui pr&#233;vaut ailleurs, une confusion qui se situe dans le sillage des orientations d&#233;cid&#233;es par les directions syndicales. La &#171; gr&#232;ve reconductible &#187; n'est pas la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. La &#171; gr&#232;ve reconductible &#187; est au mieux l'appel &#224; des secteurs pr&#233;cis de salari&#233;s &#224; se lancer dans la reconduction pour &#171; servir de locomotive &#187; aux autres. C'est l'extension de la journ&#233;e d'action avec gr&#232;ve &#224; un lendemain et peut-&#234;tre un surlendemain dans l'attente que d'autres secteurs suivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est un jaillissement qui na&#238;t au terme d'un long cheminement sous la forme d'une conviction partag&#233;es par des centaines de milliers de travailleurs et un large secteur de la jeunesse des facult&#233;s et des lyc&#233;es que le &#171; moment est venu &#187;, celui-ci &#233;tant la combinaison de refus des conditions mat&#233;rielles de vie, de sentiment qu'il y a peut-&#234;tre une br&#232;che chez ceux d'en haut et qu'il y a &#171; une vie &#224; gagner &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journ&#233;es d'action lanc&#233;es par l'Intersyndicale dans le contexte d'ann&#233;es et d'ann&#233;es de coop&#233;ration avec tous les gouvernements et avec celui de Sarkozy autant sinon plus que les autres, ne peuvent pas &#234;tre &#171; gauchies &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; mon d&#233;saccord avec l'article de Robert Pelletier post&#233;e en premi&#232;re page du site du NPA le 6 octobre 2010 [voir ci-apr&#232;s] avec le titre &#171; Une seule solution, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible &#187;. Il &#233;crit &#171; Partout nous devons susciter, amplifier les mobilisations, les gr&#232;ves, les d&#233;brayages, les blocages. Il ne faut plus seulement d&#233;battre de la gr&#232;ve reconductible mais gagner partout l'engagement de la mobilisation sur cette voie. Face &#224; la chape de plomb m&#233;diatique, nous devons faire circuler les informations, prendre contact de secteur en secteur, de ville en ville. Moins que jamais le d&#233;veloppement de la gr&#232;ve reconductible ne sera le seul r&#233;sultat de consignes nationales ni de spontan&#233;it&#233;s locales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un mot, l'issue repose, dit Pelletier, sur l'&#233;nergie, la force de conviction d'une couche d'avant-garde de militants politiques et syndicaux. C'est charger ceux-ci d'une responsabilit&#233; &#233;crasante. C'est aussi peser sur la pens&#233;e de ceux d'entre eux que le NPA influence le plus, d&#233;cider &#224; leur place en quelque sorte, et cela en dehors de toute discussion d'ensemble, que par rapport &#224; la question des retraites le &#171; moment est venu &#187;, celui o&#249;, en devenant des &#171; locomotives &#187;, ils pourraient redresser des rapports politiques de force dont Thibault (CGT), Ch&#233;r&#232;que (CFDT), Asch&#233;ri (FSU) et Mailly (FO) sont, dans le cas de la France, pour partie les artisans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on veut une analogie tr&#232;s imparfaite mais saisissable parce qu'encore dans beaucoup de m&#233;moires, ce &#224; quoi il faut associer et former ces militants, c'est &#224; processus bien plus difficile et de longue haleine dont le mod&#232;le serait le combat de 2005 contre le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Cette fois, l'enjeu serait de d&#233;gager avec les salari&#233;s et les jeunes qui se politisent, non plus ce dont on (eux et nous) ne veut pas, mais ce qu'on veut. Et cela en sachant que le jour o&#249; nous le sauront plus ou moins (car il y aura n&#233;cessairement comme dans chaque r&#233;volution un immense saut dans l'inconnu) qu'il n'y aura que nous collectivement pour le mettre en &#339;uvre. Sans d&#233;l&#233;gation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>El&#233;ments de discussion sur la crise politique et sociale en France</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Elements-de-discussion-sur-la-crise-politique-et-sociale-en-France</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Elements-de-discussion-sur-la-crise-politique-et-sociale-en-France</guid>
		<dc:date>2010-10-12T12:27:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samuel Holder</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

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&lt;p&gt;La question de la contre-r&#233;forme des retraites ne peut pas expliquer &#224; elle seule le nombre et la bonne humeur des manifestants, m&#234;me s'il est bien s&#251;r une raison fondamentale de faire gr&#232;ve et de descendre dans la rue. Un grand nombre de salari&#233;s (bien au-del&#224; de ceux qui ont manifest&#233;) et des secteurs de la jeunesse lyc&#233;enne et &#233;tudiante, ont associ&#233; dans leur esprit toutes les raisons l&#233;gitimes de manifester contre un pr&#233;sident et un gouvernement discr&#233;dit&#233;s, per&#231;us &#224; juste titre comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-240-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-10-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-10-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5578-465c0.jpg?1679047126' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question de la contre-r&#233;forme des retraites ne peut pas expliquer &#224; elle seule le nombre et la bonne humeur des manifestants, m&#234;me s'il est bien s&#251;r une raison fondamentale de faire gr&#232;ve et de descendre dans la rue. Un grand nombre de salari&#233;s (bien au-del&#224; de ceux qui ont manifest&#233;) et des secteurs de la jeunesse lyc&#233;enne et &#233;tudiante, ont associ&#233; dans leur esprit toutes les raisons l&#233;gitimes de manifester contre un pr&#233;sident et un gouvernement discr&#233;dit&#233;s, per&#231;us &#224; juste titre comme exclusivement au service des banques et des riches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Certains ingr&#233;dients d'une crise du r&#233;gime sarkozyste ont commenc&#233; &#224; se cristalliser depuis l'&#233;clatement de l'affaire Woerth-Bettencourt en juin dernier. La tentative de diversion x&#233;nophobe et s&#233;curitaire mont&#233;e pour d&#233;tourner l'attention du public de cette f&#226;cheuse affaire a &#233;chou&#233;. Elle a amplifi&#233; les critiques contre Sarkozy dans diff&#233;rents secteurs de la soci&#233;t&#233;, y compris au sein de la droite qui se trouve d'autant plus sous tension qu'elle a perdu les &#233;lections r&#233;gionales et s'inqui&#232;te pour les pr&#233;sidentielles de 2012.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce d&#233;but de crise dans les sph&#232;res du pouvoir a renforc&#233; d&#232;s le d&#233;but du mois de septembre des &#233;l&#233;ments d'une crise sociale probablement de longue dur&#233;e. Les grandes manifestations n'en sont que la partie &#233;merg&#233;e la plus visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si ce texte cherche &#224; d&#233;gager ce qui est sp&#233;cifique et nouveau dans la situation en France, il faut avoir d'embl&#233;e &#224; l'esprit que dans plusieurs pays europ&#233;ens, des probl&#232;mes de gouvernance internes existent, attis&#233;es par des contestations politiques et sociales. Les vieilles recettes par temps de crise de la x&#233;nophobie d'Etat et du renforcement des m&#233;thodes polici&#232;res se g&#233;n&#233;ralisent &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. Sarkozy ne se distingue sur ces terrains r&#233;actionnaires que par sa volont&#233; d'appara&#238;tre spectaculairement &#224; l'avant-garde de ses coll&#232;gues. Le volet policier, anti-immigr&#233;s et x&#233;nophobe des politiques des &#201;tats europ&#233;ens constitue l'emballage de rigueur pour faire passer les plans d'aust&#233;rit&#233; antisociaux n&#233;cessaires entre autres au sauvetage des banques et &#224; la s&#233;curisation de leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une affaire embl&#233;matique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Woerth-Bettencourt n'aura pas seulement &#233;t&#233; un r&#233;v&#233;lateur mais aussi un &#233;l&#233;ment important de la crise politique et sociale en cours. Une querelle de famille (une famille particuli&#232;rement fortun&#233;e) s'est transform&#233;e en une affaire d'Etat. A l'origine d'une crise dans une famille, un parti ou une institution, il y a toujours une personne (parfois plusieurs) qui &#171; ne marche plus &#187;, qui transgresse les r&#232;gles, qui se r&#233;volte contre les mensonges et les non-dits pour une raison ou une autre. En l'occurrence ce fut le majordome de Liliane Bettencourt. Ensuite quelques journalistes suffisamment ind&#233;pendants, au premier chef ceux de M&#233;diapart, ont publi&#233; une partie des bandes enregistr&#233;es et ont pouss&#233; l'enqu&#234;te plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un vieil adage marxiste r&#233;volutionnaire, les masses n'apprennent pas dans les livres mais au travers de leur propre exp&#233;rience. Les gens en auront entendu assez &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision sur cette affaire pour &#234;tre convaincus que dans le petit monde des Bettencourt, Sarkozy et Woerth, on se gave pendant qu'eux ils en bavent. L'affaire Woerth-Bettencourt aurait pu tomber &#224; plat comme bien d'autres mais elle a &#233;clat&#233; dans un contexte o&#249; la richesse de la haute bourgeoisie appara&#238;t particuli&#232;rement r&#233;voltante dans la mesure o&#249; les gouvernants &#224; leurs services font partie du m&#234;me monde et agressent s&#233;v&#232;rement les classes populaires par une s&#233;rie de mesures, dont celles sur les retraites. Au train o&#249; vont les choses tout le monde comprend qu'&#234;tre un gouvernant, c'est aussi fr&#233;quemment &#234;tre un avocat d'affaires et de toute fa&#231;on un avocat du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un cin&#233;aste ou un romancier avait imagin&#233; il y a quelques mois une fiction o&#249; un ministre du budget, &#233;tant en m&#234;me temps tr&#233;sorier du parti de droite majoritaire au parlement, allait chercher depuis des ann&#233;es, y compris en Suisse, des sommes cons&#233;quentes aupr&#232;s de la premi&#232;re fortune du CAC 40 pour alimenter la caisse de campagne du candidat &#224; la pr&#233;sidence qui a &#233;t&#233; &#233;lu, les critiques les mieux intentionn&#233;s auraient peut-&#234;tre trouv&#233; ce sc&#233;nario excessivement caricatural. Surtout s'il avait ajout&#233; que le m&#234;me ministre avait plac&#233; sa femme dans l'affaire l'Or&#233;al et avait arrang&#233; les affaires fiscales de Mme Bettencourt de fa&#231;on tr&#232;s avantageuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; caricaturale de cette affaire est apparue d'autant plus &#233;clatante quand on a appris que Sarkozy, lui-m&#234;me li&#233; &#224; Woerth et &#224; Liliane Bettencourt par des liens d'argent, a nomm&#233; un magistrat, le juge Courroye au nom pr&#233;destin&#233;, charg&#233; de mettre un coude sur le dossier pour emp&#234;cher de plus amples investigations. L'affaire elle-m&#234;me est plus parlante et implacablement d&#233;monstrative des liens mafieux entre capitalistes et gouvernants et la connivence d'une partie de l'appareil judiciaire qu'un lourd argumentaire militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La diversion x&#233;nophobe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis de la gauche gouvernementale se sont bien gard&#233;s de dire que le roi, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre nu, &#233;tait outrageusement rev&#234;tu de l'or du CAC 40 et qu'il &#233;tait discr&#233;dit&#233; comme chef d'Etat suppos&#233; &#234;tre impartial. Les preuves de la corruption du r&#233;gime en place sont de notori&#233;t&#233; publique mais ils ne le disent pas. Pas question de parler de Sarkogate. Ils n'ont m&#234;me pas r&#233;clam&#233; la d&#233;mission de Woerth comme ministre du Travail. Les appareils syndicaux encore moins. Thibault, Ch&#233;r&#232;que et les autres dirigeants se sont alarm&#233; au contraire des difficult&#233;s occasionn&#233;es par cette affaire au n&#233;gociateur avec qui il s'entendait plut&#244;t bien, &#224; savoir &#201;ric Woerth. Ils se sont born&#233;s &#224; d&#233;plorer qu'il ait &#171; la t&#234;te ailleurs que dans le dossier des retraites &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confr&#233;rie des gouvernants et des tr&#232;s riches est sous les feux de la rampe. Elle est en difficult&#233; politiquement. Avec un fair play tout &#224; fait r&#233;v&#233;lateur, les dirigeants syndicaux et les dirigeants de la gauche se sont bien gard&#233;s d'exploiter ces difficult&#233;s. Ils n'ont r&#233;clam&#233; r&#233;cemment la d&#233;mission que d'un sous-fifre, Bernard Accoyer, le pr&#233;sident du Parlement qui, sur ordre de l'&#201;lys&#233;e, a mis fin brutalement aux d&#233;bats portant sur les retraites.&lt;br class='autobr' /&gt;
La couardise des politiciens de gauche &#233;tant intrins&#232;quement ce qu'elle est, Sarkozy a eu un peu de marge de man&#339;uvre au cours de l'&#233;t&#233; pour tenter sa diversion x&#233;nophobe avec ses comparses Hortefeux et Besson. La burqa ne pouvant plus beaucoup leur servir, ils ont pris pour cible les Roms.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette campagne s'inscrit dans une campagne raciste et x&#233;nophobe de longue haleine, campagne id&#233;ologique et campagne de r&#233;pression, avec de nombreuses expulsions d'immigr&#233;s et de leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; depuis des mois l'&#233;quipe de Sarkozy cherchait &#224; d&#233;velopper ce qui existe dans ce domaine &#224; un &#233;tat plus ou moins latent au sein de toutes les classes sociales (&#171; les &#233;trangers, les gens pas comme nous, sont des d&#233;linquants &#187;) en agitant le th&#232;me d'une &#171; identit&#233; nationale &#187; des plus factice. La premi&#232;re phase a fait relativement un flop. Celle contre les Roms a suscit&#233; de multiples prises de position indign&#233;es. La surench&#232;re de Sarkozy sur ce terrain n'a fait qu'aggraver la crise politique en cr&#233;ant des divisions au sein de son &#233;lectorat et des prises de distances dans son camp politique. On ne peut pas consid&#233;rer pour autant qu'&#224; moyen ou &#224; long terme cette offensive n'aura pas des effets sociaux et pas seulement &#233;lectoraux en renfor&#231;ant le Front National et l'aile la plus r&#233;actionnaire de l'UMP. En soufflant sur les braises du racisme et de la x&#233;nophobie, les gens de ce r&#233;gime attisent des divisions, des hostilit&#233;s et des haines bien r&#233;elles qui pr&#233;parent des drames majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La signification des manifestations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations du 4 septembre pour protester contre cette x&#233;nophobie d'&#201;tat ont &#233;t&#233; plus importantes que ce &#224; quoi la plupart des militants s'attendaient. Malgr&#233; la proximit&#233; des dates, elles n'ont pas nui au succ&#232;s de celles du 7 septembre, au contraire. Le nombre des manifestants le 7 dans 230 villes ainsi que le 23 septembre et le 2 octobre est &#233;tonnamment important, si on a en m&#233;moire certaines s&#233;quences ant&#233;rieures de grandes manifestations &#224; l'appel des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations du printemps 2003 et celle de l'hiver et du printemps 2009 se sont termin&#233;es dans les deux cas par des fiascos d&#233;lib&#233;r&#233;ment organis&#233;s par les centrales syndicales ne voulant pas transformer ces essais. Elles ont laiss&#233; un fort ressentiment dans les secteurs du salariat les plus combatifs. N&#233;anmoins en ce mois septembre qui vient de s'achever, en d&#233;pit &#233;galement de s&#233;v&#232;res d&#233;faites dans plusieurs secteurs face &#224; leurs patrons, des salari&#233;s sont revenus dans la rue en nombre encore plus important &#224; l'appel de ces m&#234;mes centrales. Ils ne l'ont pas fait en tra&#238;nant les pieds mais plut&#244;t avec un air r&#233;joui sur les visages. Bien des militants en France nous ont suffisamment rebattus les oreilles sur la d&#233;moralisation des travailleurs et la baisse de leur &#171; niveau de conscience de classe &#187; pour qu'on se permette de souligner ce paradoxe, qui en d&#233;finitive n'est pas trop difficile &#224; expliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la contre-r&#233;forme des retraites ne peut pas expliquer &#224; elle seule le nombre et la bonne humeur des manifestants, m&#234;me s'il est bien s&#251;r une raison fondamentale de faire gr&#232;ve et de descendre dans la rue. Un grand nombre de salari&#233;s (bien au-del&#224; de ceux qui ont manifest&#233;) et des secteurs de la jeunesse lyc&#233;enne et &#233;tudiante, ont associ&#233; dans leur esprit toutes les raisons l&#233;gitimes de manifester contre un pr&#233;sident et un gouvernement discr&#233;dit&#233;s, per&#231;us &#224; juste titre comme exclusivement au service des banques et des riches. Il est donc r&#233;ducteur et absurde d'attribuer &#224; ces manifestations un contenu purement revendicatif, sans dimension politique, comme le souhaiteraient les leaders syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me pour les leaders du Parti socialiste qui s'attribuent &#224; eux-m&#234;mes une place de choix dans le champ politique &#171; noble &#187;, le terrain &#233;lectoral institutionnel, les conduisant &#224; pr&#233;parer les &#233;lections de 2012 en essayant de faire de moins remous possible et en cajolant les manifestants qui constituent pour eux &#171; des parts de march&#233; &#187; &#233;lectoral sur lesquels ils esp&#232;rent faire main basse le temps venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;flexions et les pancartes individuelles de certains manifestants sur le th&#232;me des retraites est au demeurant r&#233;v&#233;lateur d'une volont&#233; de mettre en cause notre condition humaine dans cette soci&#233;t&#233; o&#249; r&#232;gne la dictature du fric. Tel ouvrier du b&#226;timent affirmait simplement sur sa pancarte : &#171; Je ne veux pas mourir sur le chantier ! &#187;. Des manifestants disent &#224; leur fa&#231;on avec humour ou avec col&#232;re ce que beaucoup ressentent : &#171; Nous n'allons pas tenir le coup. Nous allons tomber malade (ou mourir au travail). Nous n'allons plus &#234;tre en mesure d'aider nos enfants (qui n'ont pas tous un emploi stable et un bon salaire). Nous n'aurons ni le temps ni les moyens de nous occuper de nos petits enfants. Donc notre vie va perdre encore un peu plus de son sens. &#187; Ce n'est pas seulement l'esp&#233;rance pour certains de quelques ann&#233;es de relatif bonheur comme retrait&#233;s qui s'envole. Les bases m&#234;me de l'existence o&#249; les liens et solidarit&#233;s entre les g&#233;n&#233;rations au sein des familles jouent un grand r&#244;le sont attaqu&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Intensification des critiques sociales, politiques et culturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat de crise d'une soci&#233;t&#233; ne se mesure pas seulement aux aspects visibles, m&#233;diatis&#233;es telles que les gr&#232;ves et les manifestations avec leur niveau quantitatif de participation. Les r&#233;sistances, les d&#233;sob&#233;issances individuelles ou collectives, mais aussi les d&#233;go&#251;ts et les formes de d&#233;couragement et d'apathie (ces diff&#233;rents &#233;l&#233;ments pouvant se combiner ou alterner) ne sont pas quantifiables ni ais&#233;ment rep&#233;rables. Il est impossible de saisir &#224; l'aide de formules sch&#233;matiques, g&#233;n&#233;ralisantes, une situation politique et sociale volatile et en rien homog&#232;ne. Ainsi certains salari&#233;s qui viennent de faire gr&#232;ve ou de participer &#224; une manifestation peuvent par ailleurs penser le plus grand mal des Roms ou des jeunes &#171; issus de l'immigration &#187;. Il est donc st&#233;rile de s&#233;lectionner les faits qui nous arrangent pour conforter une vision soit optimiste, soit pessimiste de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est frappant malgr&#233; tout, c'est l'intensification depuis quelques semaines des interventions critiques dans la presse, sur internet ou sur la sc&#232;ne culturelle mettant en cause le r&#233;gime de Sarkozy, les conditions de travail, la pr&#233;carit&#233;, le comportement du syst&#232;me financier, la politique s&#233;curitaire &#224; l'&#233;gard des immigr&#233;s, des jeunes et en g&#233;n&#233;ral des citoyens (notamment avec les gardes &#224; vue massives). Les prises de position critiques et indign&#233;es des &#171; &#233;conomistes atterr&#233;s &#187;, de sociologues, de chercheurs, d'artistes, de journalistes, de juges et d'avocats, de soignants, de psychiatres et psychanalystes se multiplient ainsi que les &#339;uvres cin&#233;matographiques, th&#233;&#226;trales ou romanesques d&#233;nonciatrices. Ce sympt&#244;me est d'autant plus &#224; prendre en compte que toutes ces &#339;uvres et prises de position suscitent un int&#233;r&#234;t de plus en plus vif et alimentent d&#233;bats et r&#233;flexions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contraste la pauvret&#233; des analyses, d&#233;clarations et propositions &#233;manant des partis et organisations politiques ayant pignon sur rue est frappante. Elle explique en grande partie la d&#233;saffection des jeunes et m&#234;me des moins jeunes &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux jeunes se politisent au travers de leur exp&#233;rience personnelle et celle de leurs ami(e)s, en allant chercher leur miel sur internet, en &#233;coutant des &#233;missions de radios et pour certains en voyant des films, en lisant des livres de critiques politiques, sociologiques ou philosophiques. A quelques rares exceptions, ils ne passent plus par les &#233;coles de formation des partis et organisations politiques de gauche et d'extr&#234;me gauche. C'est ainsi. Il n'y a pas mati&#232;re &#224; &#234;tre nostalgique du bon temps o&#249; les formateurs politiques disaient ce qu'il fallait lire, ce qu'il fallait penser et comment il fallait se comporter dans la vie. Politis&#233;s de fa&#231;on radicale &#224; gauche ou non, beaucoup de jeunes craignent le formatage et tiennent &#224; leur autonomie. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle dans une perspective de luttes multiformes pour l'&#233;mancipation de tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les calculs des appareils syndicaux et l'avenir du mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux difficult&#233;s qu'il a &#224; affronter et &#224; celles qu'il s'est cr&#233;&#233;es lui-m&#234;me, Sarkozy a pratiqu&#233; la surench&#232;re et un mode de d&#233;cision arbitraire provoquant diverses perturbations. Tout homme de pouvoir porte n&#233;cessairement en lui une certaine dose de d&#233;lire parano&#239;aque. On ne cherchera pas trop ici toutes les raisons ou m&#234;me la rationalit&#233; des actes d'un tel homme. Le pouvoir incarne une d&#233;raison par rapport aux aspirations &#233;mancipatrices. Mais il faut examiner les perturbations en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son comportement, Sarkozy contribue &#224; ruiner une fiction n&#233;cessaire pour la bonne marche des affaires de la bourgeoisie, &#224; savoir l'objectivit&#233; de l'Etat se situant au-dessus des classes et cens&#233; &#234;tre utile &#224; tout le monde. D'o&#249; les protestations de certains hauts fonctionnaires, universitaires, hommes politiques ou notables garant de la mystification de l'Etat comme instance objective et respectable par tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre perturbation concerne les relations entre les dirigeants syndicaux, avant tout de la CGT et de la CFDT avec le sommet de l'Etat. Depuis l'arriv&#233;e de Sarkozy au pouvoir, les relations &#233;taient bien &#233;tablies et bien huil&#233;es par l'entremise du conseiller aux affaires sociales de l'Elys&#233;e Raymond Soubie. Les dossiers chauds ont tous &#233;t&#233; trait&#233;s ensemble par ces gentlemen pour les saboter en douceur, notamment le mouvement des cheminots de l'automne 2007 et la mont&#233;e en puissance de la mobilisation salariale de janvier &#224; mars 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette occasion Soubie avait m&#234;me explicitement salu&#233; &#171; l'esprit de responsabilit&#233; &#187; des dirigeants de la CGT, de la CFDT, de la FSU, de l'UNSA et de FO, bien d'accord pour &#233;mietter le mouvement. Ch&#233;r&#232;que et Thibault ont donc actuellement de vrais motifs pour obliger Sarkozy &#224; revenir &#224; cette synergie dont tout le monde a eu &#224; se f&#233;liciter, sauf les salari&#233;s. En l'occurrence Sarkozy a pris pour l'instant la posture de Thatcher face au mouvement des mineurs et il n'est pas s&#251;r qu'il en sorte gagnant m&#234;me s'il parvient comme cela est probable &#224; faire passer sa contre-r&#233;forme sur les retraites. Reste &#224; savoir &#224; quel prix politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des salari&#233;s les dirigeants syndicaux ne sont pas pour l'instant inqui&#233;t&#233;s par une vigoureuse volont&#233; d'en d&#233;coudre et d'aller au-del&#224; des journ&#233;es d'action programm&#233;es. Les r&#233;unions locales sur divers secteurs n'ont pas indiqu&#233; une volont&#233; large de d&#233;bordement. Le ch&#244;mage et la menace de tomber dans la mis&#232;re p&#232;sent d'un grand poids qu'il serait ridicule de nier. Cette donn&#233;e a un caract&#232;re paralysant et c'est pourquoi il est trop unilat&#233;ral et &#224; terme g&#233;n&#233;rateur de d&#233;ceptions de tout miser sur la perspective d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une grande partie de la population est aux abois sur son avenir proche, ses capacit&#233;s &#224; &#171; gagner sa vie &#187;, &#224; payer son loyer et ses factures. Le monde des ch&#244;meurs interp&#233;n&#232;tre au sein m&#234;me des familles celui des salari&#233;s. La pr&#233;carit&#233; de l'emploi et du salaire frappent ou menacent tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre capacit&#233; de cr&#233;ation politique et sociale doit donc aller au-del&#224; de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Diverses formes de contestation concr&#232;te de la soci&#233;t&#233; capitaliste qui surgissent sans prendre garde nous y invitent, m&#234;me dans des lieux aussi improbables que la ville de Stuttgart avec son projet pharaonique de construction d'une nouvelle gare, et sans avoir &#233;t&#233; pr&#233;vues et pr&#233;format&#233;es par aucune avant-garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement actuel en France est d&#233;j&#224; suffisamment fort pour entamer un fort sentiment d'impuissance et pour donner davantage l'envie de ne pas se laisser faire quelle que soit sa position dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un conflit d'int&#233;r&#234;t patent et ouvert avec la classe dominante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exigences d'ordre g&#233;n&#233;ral s'expriment aussi dans les manifestations actuelles, en particulier celle d'une autre r&#233;partition des richesses. Le capital sous sa forme personnalis&#233;e &#8211; Bettencourt (L'Or&#233;al, avec Nestl&#233;), Bollor&#233; (parmi les plus grand groupes fran&#231;ais : allant de l'industrie, &#224; la logistique, en passant par les batteries &#233;lectriques), Pinault (groupe Pinault-Printemps-Redoute), Arnault (LVMH - Mo&#235;t Hennessy Louis Vuitton), etc.) active &#233;videmment cette id&#233;e de prendre dans les coffres de ces gens-l&#224; pour am&#233;liorer les salaires, les pensions et la s&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut qu'approuver s'il s'agit de cela et pas seulement d'une taxation ne faisant qu'&#233;gratigner leurs fortunes. Mais outre la question &#171; qui le fera ? &#187;, il est aussi important de voir que les richesses se r&#233;partissent in&#233;galement &#224; la suite d'un processus d'exploitation et de refoulement de nombreuses personnes dans la condition de ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc important d'examiner la question en amont, l&#224; o&#249; le capital sous sa forme abstraite et anonyme et en particulier financi&#232;re, se d&#233;ploie sans s'arr&#234;ter aux fronti&#232;res, s'&#233;panouit pour accumuler des profits en d&#233;truisant au passage des existences et notre environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment est peut-&#234;tre propice pour lancer quelques fus&#233;es utopiques, ouvrant une br&#232;che vers un futur possible. Soyons pour notre propre compte et pour l'int&#233;r&#234;t de toute la soci&#233;t&#233;, &#171; sans tabou et d&#233;complex&#233;s &#187;. Consid&#233;rons par exemple que pour ne pas &#234;tre d&#233;finitivement &#233;cras&#233;s par le talon de fer du capital financier et du capital en g&#233;n&#233;ral, nous devrons prendre le contr&#244;le des banques et autres &#233;tablissements financiers, qu'en France comme dans tous les pays, il faudra les nationaliser sans indemnit&#233; ni rachat. (3 octobre 2010)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Introduction au dossier</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Introduction-au-dossier</link>
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		<dc:date>2010-10-12T12:27:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Miguel Urb&#225;n Crespo et Luca Sebastiani</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Droite extr&#234;me</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis deux ans, dans un contexte - qui l'alimente - de crise &#233;conomique et sociale, l'Europe conna&#238;t une v&#233;ritable lame de fond de discours et de mesures x&#233;nophobes, islamophobes et racistes. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s Berlusconi en Italie, c'est Nicolas Sarkozy, en France, qui a multipli&#233; au cours de l'&#233;t&#233; les pogroms et les expulsions collectives anti-Roms dans la foul&#233;e d'un naus&#233;abond &#171; d&#233;bat &#187; sur l'identit&#233; nationale. Un projet de loi pr&#233;voit de d&#233;choir de la nationalit&#233; fran&#231;aise les personnes &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/arton5543-1fd20.png?1675289255' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux ans, dans un contexte - qui l'alimente - de crise &#233;conomique et sociale, l'Europe conna&#238;t une v&#233;ritable lame de fond de discours et de mesures x&#233;nophobes, islamophobes et racistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s Berlusconi en Italie, c'est Nicolas Sarkozy, en France, qui a multipli&#233; au cours de l'&#233;t&#233; les pogroms et les expulsions collectives anti-Roms dans la foul&#233;e d'un naus&#233;abond &#171; d&#233;bat &#187; sur l'identit&#233; nationale. Un projet de loi pr&#233;voit de d&#233;choir de la nationalit&#233; fran&#231;aise les personnes &#171; d'origine immigr&#233;e &#187; qui mettent en p&#233;ril la vie de repr&#233;sentants des forces de l'ordre et criminalise encore plus les sans-papiers. Aux &#201;tats-Unis, Sarah Palin et ses partisans r&#233;unis dans le mouvement &#171; Tea Party &#187; agitent la furie islamophobe contre la &#171; mosqu&#233;e de Ground Zero &#187;. En Belgique, comme en France, on interdit le port du foulard &#224; l'&#233;cole ou le voile int&#233;gral dans l'espace public, des mesures qui figurent en bonne place depuis longtemps dans les programmes des partis d'extr&#234;me droite. En Allemagne c'est un Thilo Sarrazin qui &#233;l&#232;ve le racisme identitaire en t&#234;te des &#171; pr&#233;occupations &#187; : membre du directoire de la Bundesbank et du SPD (parti socialiste allemand), il a publi&#233; un livre raciste et anti-musulmans, &#171; L'Allemagne court &#224; sa perte &#187;. Cet islamophobe croit par ailleurs &#224; l'existence d'un &#171; g&#232;ne juif &#187; et, s'il a d&#251; d&#233;missionner, il a suscit&#233; un fort courant de sympathie, au point que 18% des Allemands sond&#233;s ont affirm&#233; voter pour un parti qui d&#233;fendrait ses &#171; id&#233;es &#187;. En inscrivant dans sa l&#233;gislation l'interdiction de construire des minarets, la Suisse avait ouvert le bal. Le 28 novembre, ses citoyen-ne-s auront le choix entre la peste et le chol&#233;ra : l'initiative de l'UDC comme le contre-projet du Conseil f&#233;d&#233;ral proposent tous deux des mesures d'exception contre les &#171; &#233;trangers &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux ans, dans un contexte - qui l'alimente - de crise &#233;conomique et sociale, l'Europe conna&#238;t une v&#233;ritable lame de fond de discours et de mesures x&#233;nophobes, islamophobes et racistes. Sans surprise, c'est l'extr&#234;me droite qui en r&#233;colte avant tout les fruits. Dans presque toutes les &#233;lections r&#233;centes, elle a connu une progression spectaculaire et &#233;merge y compris dans des pays o&#249; elle n'&#233;tait qu'une force marginale. Comme l'histoire l'a dramatiquement d&#233;montr&#233;, une telle situation est lourde de p&#233;rils, non seulement pour ceux et celles qui servent de boucs &#233;missaires (les &#171; immigr&#233;s &#187;, les musulmans, les sans-papiers, les Roms&#8230;), mais &#233;galement pour l'ensemble du mouvement ouvrier et pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques les plus &#233;l&#233;mentaires. Une course de vitesse s'engage d&#233;sormais entre une droite 100% &#224; droite et une gauche 100% &#224; gauche. Afin de saisir, pour mieux le combattre, l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne repr&#233;sent&#233; par la &#171; nouvelle extr&#234;me droite &#187; et le contexte qui la nourrit, nous publions un dossier r&#233;alis&#233; essentiellement &#224; partir d'articles publi&#233;s par nos camarades espagnols et suisses des revues &#171; Viento Sur &#187; et &#171; Solidarit&#233;S &#187;. La premi&#232;re partie de ce dossier se penche sur l'influence des partis d'extr&#234;me droite, tandis que la seconde partie analysera en d&#233;tail trois ph&#233;nom&#232;nes politiques de &#171; droite extr&#234;me &#187; et d'extr&#234;me droite : le berlusconisme, le Parti populaire espagnol et l'UDC suisse (LCR-Web).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une Europe en crise, une extr&#234;me droite en regain</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-Europe-en-crise-une-extreme-droite-en-regain</link>
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		<dc:date>2010-10-12T12:26:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miguel Urb&#225;n Crespo</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Droite extr&#234;me</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Europe est en crise et nous assistons &#224; l'une des pires offensives antisociales de l'histoire r&#233;cente. La crise est utilis&#233;e comme pr&#233;texte pour justifier et appliquer l'agenda &#171; maximal &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, face &#224; ces attaques, la r&#233;action des organisations politiques et sociales de gauche est rest&#233;e relativement timide, comme si elles &#233;taient assourdies par le choc d'un cauchemar qui semble sans fin. &lt;br class='autobr' /&gt; Et l'extr&#234;me droite ? &#192; quelques rares exceptions pr&#232;s, la crise a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droite-extreme-en-Europe-+" rel="tag"&gt;L'extr&#234;me-droite dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-10-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-10-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton5544-e4e3c.jpg?1675744341' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Europe est en crise et nous assistons &#224; l'une des pires offensives antisociales de l'histoire r&#233;cente. La crise est utilis&#233;e comme pr&#233;texte pour justifier et appliquer l'agenda &#171; maximal &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, face &#224; ces attaques, la r&#233;action des organisations politiques et sociales de gauche est rest&#233;e relativement timide, comme si elles &#233;taient assourdies par le choc d'un cauchemar qui semble sans fin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et l'extr&#234;me droite ? &#192; quelques rares exceptions pr&#232;s, la crise a &#233;clat&#233; dans un contexte de recul g&#233;n&#233;ralis&#233; de la gauche sur tout le continent, tandis que, parall&#232;lement, depuis d&#233;j&#224; plus de deux d&#233;cennies, des formations n&#233;o-populistes de caract&#232;re totalitaire et x&#233;nophobe &#233;mergent. Depuis la mont&#233;e du Front national fran&#231;ais aux &#233;lections europ&#233;ennes de 1984, il s'est confirm&#233; que le FN n'&#233;tait pas une exception mais bien l'avant-garde d'une nouvelle extr&#234;me droite europ&#233;enne. &#192; la faveur de la crise actuelle et en l'absence d'une alternative de gauche cr&#233;dible, cette droite extr&#234;me gagne non seulement en force, en visibilit&#233; et en poids &#233;lectoral dans de nouveaux pays, o&#249; elle entre pour la premi&#232;re fois dans des parlements, mais en outre, elle se renforce et se consolide &#233;galement l&#224; o&#249; elle avait d&#233;j&#224; acquis des positions importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse de l'ensemble de l'extr&#234;me droite et de ses r&#233;sultats les plus r&#233;cents semble indiquer qu'elle a su, mieux que d'autres forces, traduire l'inqui&#233;tude et la protestation contre la crise et l'actuel mod&#232;le de construction europ&#233;enne. Lors des derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes, c'est elle qui a connu la plus forte progression &#233;lectorale, obtenant 37 eurod&#233;put&#233;s. Dans toutes les &#233;lections qui ont suivi, cette progression a &#233;t&#233; confirm&#233;e : aux &#233;lections l&#233;gislatives hongroises d'avril dernier, le parti Jobbik a obtenu 17% des votes. Aux &#233;lections r&#233;gionales fran&#231;aises du mois de mars, avec 11,6%, le FN a connu une spectaculaire remont&#233;e &#233;lectorale apr&#232;s son &#233;chec aux l&#233;gislatives de 2007 (4,29%). En Autriche, le FP&#214; a obtenu 16% aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, devenant le second parti ayant le plus de votes. En Italie, la Liga Norte est le parti le plus vot&#233; du nord du pays, avec 2,7 millions de suffrages. Aux Pays-Bas, le Parti de la libert&#233; a consolid&#233; ses bons r&#233;sultats &#233;lectoraux au scrutin europ&#233;en, en obtenant aux l&#233;gislatives de juin dernier 17% des votes, passant de 9 &#224; 24 d&#233;put&#233;s et devenant d&#233;sormais la troisi&#232;me force politique dans le parlement. Lors des derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives, le Vlaams Belang a obtenu 12,5% des votes en Flandre. (Le Vlaams Belang constitue une sorte d'exception dans le spectre de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne puisqu'il conna&#238;t un recul important depuis au moins deux &#233;lections, mais il maintient toutefois une base &#233;lectorale de masse. NDT)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette liste, on peut &#233;galement ajouter le succ&#232;s du British National Party anglais, qui a obtenu deux eurod&#233;put&#233;s ou encore le LAOS grec, avec 6% des votes et 15 &#233;lus aux l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2009. En Scandinavie, le Parti du peuple danois (DF) est, depuis 2001, l'indispensable soutien parlementaire du gouvernement lib&#233;ral-conservateur, tandis qu'en Norv&#232;ge, le Parti du progr&#232;s (FrP) est le deuxi&#232;me parti du pays. Le r&#233;sultat &#233;lectoral le plus r&#233;cent et notable de l'extr&#234;me droite est celui r&#233;alis&#233; par les &#171; D&#233;mocrates su&#233;dois &#187; qui ont obtenu 20 si&#232;ges avec 5,7% des votes aux l&#233;gislatives du 21 septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle liste ne peut g&#233;n&#233;rer qu'un sentiment d'intense inqui&#233;tude car elle indique clairement une tendance au renforcement et &#224; la consolidation d'une extr&#234;me droite qui, dans la majeure partie de l'Europe, r&#233;ussit &#224; capitaliser un vote protestataire contre l'ins&#233;curit&#233; sociale et &#233;conomique. D'autant plus que cette mont&#233;e n'est pas contre-balanc&#233;e &#8212; et s'explique ainsi en partie &#8212; ou disput&#233;e par une mont&#233;e &#233;quivalente des forces anticapitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le succ&#232;s de l'extr&#234;me droite ne se limite pas au seul terrain &#233;lectoral ; elle obtient &#233;galement des succ&#232;s importants dans le domaine id&#233;ologique, en imposant &#224; l'agenda politique ses th&#233;matiques et ses orientations puisque les grandes formations politiques conservatrices et social-lib&#233;rales europ&#233;ennes s'impr&#232;gnent, par contamination et par int&#233;r&#234;t &#233;lectoraliste, de plus en plus de ses discours. Ce processus a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; en France sous le nom de &#171; lep&#233;nisation des esprits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces organisations d'extr&#234;me droite, malgr&#233; toutes les diff&#233;rences entre elles qui sont le produit de contextes politiques, sociaux et &#233;conomiques divers, ont des caract&#233;ristiques communes qui permettent de parler d'une v&#233;ritable rupture avec les paradigmes du fascisme classique de la p&#233;riode de l'entre-deux guerres. On assiste &#224; l'&#233;mergence d'une extr&#234;me droite du XXIe si&#232;cle, n&#233;o-populiste et x&#233;nophobe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inmigration et x&#233;nophobie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des principaux traits d&#233;finissant cette nouvelle extr&#234;me droite est l'exaltation de la x&#233;nophobie, la peur et la haine de l'&#233;tranger pauvre et &#171; diff&#233;rent &#187;. Le national-populisme, &#233;l&#233;ment id&#233;ologique cl&#233; des nouvelles formations d'extr&#234;me droite, est une lecture sch&#233;matique et manich&#233;enne de la r&#233;alit&#233;, ais&#233;ment compr&#233;hensible et dans laquelle pr&#233;domine la figure d'un ou plusieurs boucs &#233;missaires et agents &#171; anti-populaires &#187; et anti-nationaux qui seraient &#224; la racine des maux dont souffre la &#171; communaut&#233; nationale &#187;. Tandis que le fascisme classique &#233;laborait un discours reposant en grande mesure sur l'exploitation des boucs &#233;missaires et des &#171; conspirations &#187; jud&#233;o-ma&#231;onniques et communistes, les nouvelles organisations d'extr&#234;me droite font de l'immigration en g&#233;n&#233;ral le bouc &#233;missaire des maux de notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre entre nationalisme, populisme et x&#233;nophobie s'est transform&#233;e en une recette politique &#224; succ&#232;s en vertu d'une s&#233;rie de conditions favorables. L'augmentation g&#233;n&#233;ralis&#233;e du ch&#244;mage et l'immigration en Europe depuis les ann&#233;es 1970 &#224; 1990 ont cr&#233;&#233; un climat propice &#224; l'extension des discours x&#233;nophobes. La concurrence, au lieu de la coop&#233;ration, entre les travailleurs &#171; de souche &#187; et ceux d'origine immigr&#233;e pour des ressources de plus en plus r&#233;duites (travail, logement, prestations sociales, etc.) dans un climat de r&#233;cession &#233;conomique et de d&#233;mant&#232;lement de &#171; l'&#201;tat-providence &#187;, tout cela a favoris&#233; l'extr&#234;me droite, lui permettant d'avancer des r&#233;ponses simplistes &#224; des probl&#232;mes complexes. Le traditionnel &#171; ennemi ext&#233;rieur &#187; &#8212; le communisme &#8212; a &#233;t&#233; remplac&#233; par un nouvel ennemi, cette fois-ci int&#233;rieur ; l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; immigr&#233;s &#187;, du moment qu'ils soient pauvres, sont pr&#233;sent&#233;s par l'extr&#234;me droite comme le nouvel ennemi de l'Europe du XXIe si&#232;cle. Tout en niant le droit universel des personnes &#224; chercher un avenir plus digne, les immigr&#233;s sont repr&#233;sent&#233;s comme des &#171; parasites &#187; qui viennent voler nos richesses et accaparer les maigres prestations sociales d'un &#201;tat-providence en d&#233;liquescence. L'extr&#234;me-droite exploite de mani&#232;re populiste la peur de l'&#233;tranger, de la diff&#233;rence, exalte une suppos&#233;e primaut&#233; nationale pour les &#171; autochtones &#187; et d&#233;nonce les autres partis comme &#233;tant favorables &#224; ces immigr&#233;s. En 1992, le slogan du FN fran&#231;ais aux &#233;lections pr&#233;sidentielles l'&#233;non&#231;ait clairement : &#171; Ils pr&#233;f&#232;rent les &#233;trangers. Nous pr&#233;f&#233;rons les Fran&#231;ais. Votez Fran&#231;ais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de l'extr&#234;me droite ne peut pas seulement se mesurer sur base de ses r&#233;sultats &#233;lectoraux ou de son accession au pouvoir comme dans les cas italien, autrichien, roumain, polonais ou suisse. Il faut surtout prendre en compte le fait qu'ils sont parvenus &#224; imposer sur l'agenda politique europ&#233;en les questions de l'immigration et de l'ins&#233;curit&#233; comme &#233;tant des &#171; probl&#232;mes fondamentaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, comme le souligne le politologue Piero Ignazi, l'exploitation habile de la th&#233;matique de l'immigration a permis &#224; l'extr&#234;me droite d'atteindre un vaste consensus entre des secteurs sociaux h&#233;t&#233;rog&#232;nes, en s'adressant &#224; la population en termes de &#171; valeurs &#187; et &#171; d'identit&#233; &#187;, et non plus en termes d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ou de classe. Cette strat&#233;gie leur a permis de d&#233;passer les fronti&#232;res sociales qui, il y a &#224; peine deux d&#233;cennies, semblaient insurmontables et, depuis plusieurs ann&#233;es, leur succ&#232;s influence les partis conservateurs classiques, en plein processus d'adaptation aux discours x&#233;nophobes. Pour leur part, les partis sociaux d&#233;mocrates convertis au social-lib&#233;ralisme ont &#233;galement abdiqu&#233; et c&#233;d&#233; aux sir&#232;nes x&#233;nophobes, en appliquant des politiques r&#233;gressives par rapport aux droits fondamentaux, pavant ainsi la voie &#224; la consolidation et &#224; l'extension des options politique d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'islamophobie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe dans le discours x&#233;nophobe contre l'immigration certaines diff&#233;rences. On assiste ainsi &#224; une mont&#233;e importante de l'islamophobie ; tous les immigr&#233;s ne sont pas ha&#239;s de la m&#234;me mani&#232;re par l'extr&#234;me droite. &#192; la fin de la Guerre froide, les puissances occidentales, &#201;tats-Unis en t&#234;te, avaient besoin d'un nouvel ennemi mondial pour remplacer le communisme et ce fut l'Islam. On a ainsi &#233;labor&#233; tout un discours qui nous pr&#233;sente le monde musulman comme un tout homog&#232;ne et atavique, incapable de progresser vers la modernit&#233;, &#224; l'oppos&#233; d'un Occident &#8212; ou d'une partie de l'Occident &#8212; pr&#233;sent&#233; comme seul digne repr&#233;sentant de la &#171; civilisation &#187;. Des th&#233;ories telles que le &#171; Choc des civilisations &#187; de Samuel P. Huntington, qui jouit d'une grande influence parmi les n&#233;o-conservateurs aux &#201;tats-Unis, d&#233;finit ainsi la culture musulmane : &#171; Partout, les relations entre les musulmans et les personnes d'autres civilisations ont &#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral antagonistes ; la majorit&#233; de ces relations ont &#233;t&#233; violentes dans le pass&#233; et une partie a &#233;t&#233; violente dans les ann&#233;es 1990. O&#249; que nous portions notre regard tout au long des fronti&#232;res de l'Islam, les musulmans ont des probl&#232;mes &#224; vivre de mani&#232;re pacifique avec leurs voisins (&#8230;). Les fronti&#232;res de l'Islam sont sanglantes, tout comme le sont ses zones et territoires internes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction de l'Islam comme nouvel ennemi mondial, tout particuli&#232;rement &#224; partir des attentats du 11 septembre 2001, a g&#233;n&#233;r&#233; un climat favorable pour les organisations d'extr&#234;me droite, qui ont commenc&#233; &#224; alimenter et &#224; exacerber le discours islamophobe dominant. Ainsi, la nouvelle extr&#234;me droite ne justifie plus son aversion envers les musulmans en termes racistes ou &#171; biologiques &#187;, au nom de la &#171; sup&#233;riorit&#233; d'une race sur une autre &#187;, mais bien en termes culturels et identitaires. La &#171; pr&#233;f&#233;rence nationale &#187; ne s'applique plus seulement sur le terrain du travail ou des droits sociaux, elle est &#233;largie au domaine culturel. Cela permet &#224; l'extr&#234;me droite de pr&#233;senter la religion musulmane comme &#233;tant radicalement incompatible avec les &#171; valeurs et l'identit&#233; europ&#233;ennes &#187; car elle subvertirait ses traditions, sa culture et ses racines. En outre, cela lui permet de brouiller les pistes en instrumentalisant des arguments &#171; progressistes &#187; dans les d&#233;bats sur le foulard ou le niqab, tout en assimilant purement et simplement l'Islam avec le terrorisme, comme le fait Geert Wilders, leader du parti islamophobe hollandais dans son documentaire &#171; Fitna &#187; (le Calvaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la majorit&#233; de ces partis lient &#233;troitement la communaut&#233; musulmane avec la croissance de la criminalit&#233; et de l'ins&#233;curit&#233; urbaines. C'est notamment le cas du Vlaams Belang, dont le rejet de l'immigration se concentre essentiellement &#224; l'encontre des musulmans qui sont collectivement rendus coupables du trafic de drogues et de l'ins&#233;curit&#233; urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'islamophobie et l'extr&#234;me droite : des noms, des dates, des faits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de la lutte contre l'islamisation, autrement dit l'islamophobie, est un th&#232;me largement f&#233;d&#233;rateur. Il est d'abord f&#233;d&#233;rateur des diff&#233;rents courants x&#233;nophobes, r&#233;actionnaires et nationalistes entre eux (Front national, Parti de la libert&#233;,Vlaams Belang, Lega Nord, FP&#214; et BZ&#214; autrichiens&#8230;), mais aussi de ces mouvements institutionnalis&#233;s avec des groupements &#224; l'id&#233;ologie clairement n&#233;onazie ou fasciste, qui gravitent autour d'eux. L'islamophobie se construit &#224; travers une s&#233;rie d'amalgames : le premier consiste &#224; assimiler toute pratique religieuse musulmane &#224; un islam violent, archa&#239;que et conqu&#233;rant ; le deuxi&#232;me identifie l'islam &#224; une religion &#233;trang&#232;re, culturellement incapable de s'int&#233;grer &#224; l'Europe &#171; chr&#233;tienne &#187; ou &#171; lib&#233;rale et moderne &#187; ; et le troisi&#232;me permet d'ajouter la guerre sainte et la menace s&#233;curitaire &#224; l'islam. Par connotation, &#171; islam &#187; devient ainsi &#233;quivalent de r&#233;trograde, d'envahisseurs doublement &#233;trangers et de terrorisme potentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 mars 2007, premi&#232;re apparition du blog &#171; Stop Islamisation of Europe &#187; inspir&#233; par l'&#233;g&#233;rie islamophobe &#233;tats-unienne Pamela Geller. &#171; Nous autres les silencieux qui ne nous plaignons jamais et sommes aujourd'hui gagn&#233;s par l'impatience nous avons perdu la foi en nos politiciens et entamons notre propre r&#233;sistance &#224; l'islamisation rampante de l'Europe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er mai 2007, l'UDC lance l'initiative &#171; contre la construction de minarets &#187;. Fin mai 2007, l'Office f&#233;d&#233;ral de la justice se demande &#171; si (&#8230;) une l&#233;gislation contre le racisme n'entame pas de mani&#232;re excessive le droit des Suisses &#224; la pr&#233;servation de leur propre identit&#233;, respectivement &#224; la d&#233;limitation par rapport aux &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 janvier 2008, &#224; l'initiative de Filip Dewinter, d&#233;put&#233; anversois et porte-parole du Vlaams Belang flamand, plusieurs mouvements nationaux et identitaires europ&#233;ens constituent l'organisation europ&#233;enne &#171; Les villes contre l'islamisation &#187; et cr&#233;ent une structure commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 juillet 2008, le Comit&#233; &#171; contre la construction de minarets &#187; a d&#233;pos&#233; son initiative &#224; la Chancellerie f&#233;d&#233;rale avec 114.895 signatures, 14 mois apr&#232;s son lancement le 1er mai 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 au 21 septembre 2008, la coalition des villes &#171; contre l'islamisation des villes europ&#233;ennes &#187; tient congr&#232;s &#224; Cologne contre la construction d'une mosqu&#233;e. L'extr&#234;me droite europ&#233;enne s'y presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 novembre 2009, la Suisse vote par r&#233;f&#233;rendum contre la construction des minarets et adopte, avec 57,5% des votes l'initiative de l'UDC qui s'inspire elle-m&#234;me de la r&#233;glementation &#171; anti-minarets &#187; de deux L&#228;nder autrichiens domin&#233;s par le FP&#214;, le Vorarlberg et la Carinthie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(D'apr&#232;s Karl Gr&#252;nberg et Peter Erich, journal &#171; Solidarit&#233;S &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;curit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ins&#233;curit&#233; urbaine est l'un des points centraux du discours x&#233;nophobe contre l'immigration et l'int&#233;gration, tous les partis d'extr&#234;me droite ass&#232;nent de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e la m&#234;me triade &#171; d&#233;linquance-ins&#233;curit&#233;-immigration &#187;. Ces partis cherchent &#224; d&#233;montrer qu'il existe un lien de cause &#224; effet entre l'augmentation de l'immigration et celle de la criminalit&#233;, se profilant ainsi comme des partisans de l'ordre et de la s&#233;curit&#233;, favorables &#224; une politique de &#171; tol&#233;rance z&#233;ro &#187; &#224; la fois contre l'immigration et la d&#233;linquance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'une vieille th&#233;matique, h&#233;rit&#233;e des fascismes de l'Entre-deux-guerres qui utilisaient la crainte des conflits ouvriers et la mont&#233;e du communisme pour mobiliser les secteurs de la petite et moyenne bourgeoisie en leur faveur, en se pr&#233;sentant comme un antidote au &#171; chaos et &#224; la r&#233;volution &#187;, comme les partis de la &#171; loi et de l'ordre &#187;. L'ennemi communiste et la peur de la r&#233;volution ont tout simplement &#233;t&#233; remplac&#233;s dans les discours et dans l'imaginaire de la nouvelle extr&#234;me droite par l'immigration et la d&#233;linquance. Une ennemi qui permet de mobiliser tout un &#233;lectorat frapp&#233; par la crise sociale et &#233;conomique et inquiet face aux changements acc&#233;l&#233;r&#233;s par la globalisation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours s&#233;curitaire est &#233;galement assum&#233; et partag&#233; par les partis de droite, conservateurs et sociaux-lib&#233;raux dans leur concurrence &#233;lectorale. De fait, l'une des raisons du succ&#232;s obtenu par Le Pen aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002 ne fut pas seulement le fait d'avoir r&#233;colt&#233; 16,8% des votes au premier tour &#8212; ce qui lui a permis, pour la premi&#232;re fois de l'histoire en France, de passer au second tour &#8212;, son v&#233;ritable succ&#232;s fut de parvenir &#224; imposer dans la campagne &#233;lectorale et &#224; tous les autres partis traditionnels les th&#232;ses du FN sur l'immigration et l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation autour du fantasme de l'ins&#233;curit&#233; urbaine et de son &#233;troite relation avec l'immigration a &#233;galement &#233;t&#233; utilis&#233;e dans des campagnes &#233;lectorales o&#249; l'extr&#234;me droite n'&#233;tait pourtant pas pr&#233;sente, comme dans le cas de l'&#201;tat espagnol, o&#249; le PP (Parti populaire) a mis en avant un discours et des mesures que Le Pen pourrait signer des deux mains. Autrement dit, la tendance extr&#234;mement dangereuse de l'adaptation des partis traditionnels aux discours et mesures x&#233;nophobes de l'extr&#234;me droite se confirme, y compris lorsqu'il n'existe pas de concurrence &#233;lectorale de cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces discours, fondamentalement destin&#233;s &#224; capter un vote protestataire ou de m&#233;contents, sert de bouillon de culture aux explosions de haine, de violences x&#233;nophobes et de &#171; chasse &#224; l'&#233;tranger &#187; qui se succ&#232;dent depuis quelques ann&#233;es en Europe. Au mois de mai dernier, les rumeurs sur l'enl&#232;vement d'un b&#233;b&#233; par une gitane &#224; Naples ont provoqu&#233; une orgie de violences racistes contre des campements roms. Des hommes arm&#233;s de barres de fer ont incendi&#233;s des caravanes et expuls&#233; les Gitans de leurs caravanes au cours de dizaines de raids, orchestr&#233;s par la mafia locale, la Camorra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas italien est particuli&#232;rement pr&#233;occupant, non seulement par l'ampleur de ce type d'agression mais aussi de par la r&#233;action du gouvernement de Berlusconi face &#224; ces &#233;v&#233;nements. &#171; C'est ce qui arrive quand les Gitans volent des b&#233;b&#233;s &#187; s'est content&#233; de r&#233;pondre le Ministre de l'int&#233;rieur Maroni, tandis que son coll&#232;gue et leader de la Liga Norte, Umberto Bossi, a tout bonnement d&#233;clar&#233; que &#171; Les gens font ce que la classe politique ne peut pas faire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;f&#233;rence nationale : un nationalisme int&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme de la nouvelle extr&#234;me droite n'a pas une vocation ext&#233;rieure, il n'est pas guid&#233; par la soif de construire un empire colonial ou d'annexer des territoires &#224; des &#201;tats voisins, comme ce fut le cas pour les fascismes de l'Entre-deux-guerres. Presque tous les vieux antagonismes et conflits territoriaux en Europe occidentale, qui impliquaient alors des pays tels que l'Allemagne et la France, ont cess&#233; d'exister depuis de nombreuses ann&#233;es. Dans ce contexte, l'extr&#234;me droite a du r&#233;nover son discours nationaliste, d'autant plus que son autre b&#234;te noire, la &#171; menace communiste &#187;, n'&#233;tait plus cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le nationalisme de la nouvelle extr&#234;me droite se structure d&#233;sormais essentiellement autour de l'exaltation et de la pr&#233;servation d'une &#171; identit&#233; nationale &#187; suppos&#233;e menac&#233;e par l'acc&#233;l&#233;ration du processus de la mondialisation de l'&#233;conomie, des cultures et des communications. On postule la d&#233;fense d'une identit&#233; nationale face aux processus &#171; d'uniformisation globale &#187; dans le but de capitaliser les craintes face &#224; ce dernier, comme le d&#233;clin de l'&#201;tat providence, les d&#233;localisations d'entreprises, la crise de l'ancien mod&#232;le du march&#233; du travail, et la peur face au d&#233;fi de l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau discours nationaliste de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne se pr&#233;sente ainsi comme un ph&#233;nom&#232;ne &#224; vocation int&#233;rieure, qui pr&#233;tend sauvegarder l'identit&#233; nationale contre l'immigration, la mondialisation, et le colonialisme culturel. Avec ce programme, il tente de mobiliser les peurs parmi des secteurs importants de la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne face &#224; l'ins&#233;curit&#233; que repr&#233;sente l'acc&#233;l&#233;ration du n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils avancent ainsi des r&#233;ponses simplistes et identitaires face &#224; des probl&#232;mes complexes auxquels les partis traditionnels ne peuvent ou ne veulent pas apporter des solutions. Dans ce sens, les partis d'extr&#234;me droite tentent de &#171; d&#233;passer &#187; la dichotomie traditionnelle &#171; gauche-droite &#187;, en mobilisant leur &#233;lectorat sur base de crit&#232;res d'identit&#233; et non de classe. Filip Dewinter, leader du Vlaams Belang, a affirm&#233; que son parti devait son succ&#232;s au fait d'avoir &#233;t&#233; capable de &#171; remplacer la vieille division entre le capital et le travail, par un nouvel axe qui oppose le peuple et son identit&#233; au multiculturalisme &#187; (Casals, X. (2003) Ultrapatriotas. Extrema derecha y nacionalismo de la guerra fr&#237;a a la era de la globalizaci&#243;n. Barcelona : Cr&#237;tica : 47).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; particratie &#187; et le vote protestataire. Cl&#233;s d'un nouveau populisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capacit&#233; de capter &#233;lectoralement ce qu'on appelle le &#171; vote protestataire &#187; a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la croissance et la consolidation d'une bonne partie des nouvelles formations d'extr&#234;me droite. Cette capacit&#233; est notamment due au fait que l'extr&#234;me droite a su habilement exploiter une s&#233;rie de circonstances nouvelles. La premi&#232;re d'entre elles provient d'un processus qui s'est &#233;tendu &#224; toute l'Europe au cours des derni&#232;res d&#233;cennies et dans lequel tant les partis traditionnels que les structures gouvernementales ont renforc&#233; le r&#244;le et la place jou&#233;s par des individus &#224; l'oppos&#233; des anciens modes de direction plus coll&#233;giales, surtout dans les vieux syst&#232;mes parlementaires o&#249; le charisme du chef du gouvernement n'&#233;tait pas un &#233;l&#233;ment indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a pu observer ce processus en France, o&#249; le leadership pr&#233;sidentiel s'est renforc&#233; avec la Ve R&#233;publique, mais aussi en Allemagne et en Italie. Ce processus du renforcement de la figure des leaders au d&#233;triment de l'id&#233;ologie, li&#233; &#224; une &#171; am&#233;ricanisation &#187; de la politique europ&#233;enne, a cr&#233;&#233; un contexte favorable pour la figure traditionnelle du leader absolu dans les formations d'extr&#234;me droite. La totalit&#233; de ces partis en Europe a fait reposer son succ&#232;s dans la popularisation d'un leadership fort et charismatique autour de sa figure de proue. Les cas les plus embl&#233;matiques sont ceux du FN avec Le Pen et de la Liste de Pim Fortuyn, qui s'est &#233;lectoralement construite exclusivement autour de sa personne. Cette &#171; d&#233;sid&#233;ologisation &#187; de la politique &#233;lectorale europ&#233;enne a favoris&#233; l'&#233;mergence d'un national-populisme r&#233;nov&#233; autour d'un leadership fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours populiste d'extr&#234;me droite mart&#232;le l'id&#233;e d'une &#171; trahison du peuple &#187; par les &#233;lites politiques, culturelles et &#233;conomiques, qui se pr&#233;occupent exclusivement de leurs int&#233;r&#234;ts de castes. De l&#224;, la n&#233;cessit&#233; d'une mobilisation du peuple afin que la communaut&#233; nationale r&#233;cup&#232;re son identit&#233; au nom de ses int&#233;r&#234;ts propres. La cl&#233; id&#233;ologique du populisme r&#233;side dans l'utilisation politique du terme &#171; peuple &#187; comme d'une communaut&#233; politique nationale. Un peuple id&#233;alis&#233; et form&#233; par une majorit&#233; d'hommes &#171; quelconques &#187; dot&#233;s d'un instinct et d'une sagesse politiques inn&#233;s qu'ils ne peuvent pas d&#233;velopper parce que les &#233;lites corrompues les ont trahis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; de ce peuple doit se r&#233;aliser au travers d'un mouvement qui d&#233;passe les partis et les classes. De cette conception d&#233;coule le fait que la majorit&#233; des formations politiques d'extr&#234;me droite n'a pas adopt&#233; le terme de &#171; parti &#187; mais bien ceux de front, bloc, mouvement, alliance, etc. En outre, cette conception de l'organisation politique renforce l'id&#233;e de rupture avec la lutte des classes comme moteur du conflit et des contradictions politiques, en faveur d'un rassemblement interclassiste con&#231;u dans l'esprit de l'extr&#234;me droite comme la forme d'expression la plus ad&#233;quate pour exprimer les int&#233;r&#234;t de la &#171; communaut&#233; nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple &#233;tait le mot le plus r&#233;p&#233;t&#233; par le fascisme de l'entre-deux guerres, le nazisme l'invoquait constamment et son id&#233;ologie &#233;tait indissociable de la &#171; Volksgemeinschaft &#187;, la &#171; communaut&#233; nationale populaire &#187;. La nouvelle extr&#234;me droite se r&#233;f&#232;re &#233;galement constamment au peuple, mais le terme a aujourd'hui une double signification : le peuple est toujours la &#171; communaut&#233; nationale &#187; mais, et il s'agit d'une diff&#233;rence fondamentale par rapport au fascisme classique, il est &#233;galement le d&#233;positaire d'une souverainet&#233; nationale &#233;touff&#233;e par une oligarchie politique et des institutions supra-&#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que le fascisme classique m&#233;prisait toute forme de d&#233;mocratie, l'extr&#234;me droite actuelle en fait aujourd'hui un cheval de bataille. Elle invoque, comme un &#233;l&#233;ment fondamental dans sa propagande &#233;lectorale, la n&#233;cessit&#233; de r&#233;cup&#233;rer la d&#233;mocratie bafou&#233;e par une oligarchie corrompue d&#233;sign&#233;e sous le terme de &#171; particratie &#187;. Le succ&#232;s &#233;lectoral de l'extr&#234;me droite sous la banni&#232;re d'une &#171; authentique d&#233;mocratie &#187; ne peut se comprendre qu'en soulignant le d&#233;ficit d&#233;mocratique des soci&#233;t&#233;s dans lequel il surgit et au sein desquelles on a assist&#233; &#224; une d&#233;l&#233;gitimisation de la politique et du politique et &#224; une d&#233;valorisation des id&#233;ologies. Le contexte du d&#233;clin de la gauche traditionnelle, du communisme officiel, de la social-d&#233;mocratie devenue social-lib&#233;rale et de la faiblesse de la gauche anticapitaliste, a fait que le vote protestataire qui s'exprime aujourd'hui contre les d&#233;ficits d&#233;mocratiques est essentiellement accapar&#233; par l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conqu&#234;te des mass media&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des principaux obstacles pour l'extr&#234;me droite &#224; l'heure d'exploiter et de renforcer son poids &#233;lectoral est constitu&#233; par les m&#233;dias. Sa relative absence dans les moyens de communication et particuli&#232;rement &#224; la t&#233;l&#233;vision a agi comme un contre-feu dans le cas espagnol, du moins jusqu'&#224; pr&#233;sent. De fait, la majorit&#233; des succ&#232;s rencontr&#233; par l'extr&#234;me droite europ&#233;enne ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par son entr&#233;e, en tant que groupe politique ou au travers de ses dirigeants, dans le circuit m&#233;diatique de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politologues Yves M&#233;ny et Yves Surel soulignent dans ce sens que les leaders du nouveau populisme d'extr&#234;me droite &#171; ont su utiliser &#224; merveille le talon d'Achille de la soci&#233;t&#233; m&#233;diatique, autrement dit son int&#233;r&#234;t quasi pathologique pour le scandale &#187;. En d&#233;finitive, les populismes nationaux, comme le souligne Moreau, sont des agences de mobilisation symbolique et requi&#232;rent une pr&#233;sence m&#233;diatique. Ils entrent en crise quand ils n'y trouvent pas de place ou que leur image m&#233;diatique ne fonctionne pas. (Casals 2003, :53)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; europ&#233;enne a d&#233;montr&#233; que, d&#232;s qu'ils parviennent &#224; atteindre une certaine notori&#233;t&#233; publique et &#224; acqu&#233;rir une certaine base sociale, il est quasiment impossible de les d&#233;loger de la sc&#232;ne m&#233;diatique. Une fois de plus, les cas de Le Pen, pionnier en la mati&#232;re, et de Pim Fortuyn aux Pays-Bas, sont embl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me droite d'aujourd'hui est le fruit d'un long processus de maturation, men&#233; depuis au moins deux d&#233;cennies et demi. Il s'agit d'une droite radicale distincte des fascismes de l'Entre-deux-guerres, mais qui conserve une bonne partie de leur cosmovision et de leur composition identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une extr&#234;me droite qui a su exploiter les contradictions du syst&#232;me lui-m&#234;me et du n&#233;olib&#233;ralisme de ces derni&#232;res d&#233;cennies, en mettant en avant un discours homog&#232;ne, simpliste mais suffisamment coh&#233;rent que pour opposer un paradigme social et politique propre sur lequel elle a consolid&#233; une base sociale diversifi&#233;e. Dans un contexte de crise &#233;conomique syst&#233;mique, d'aust&#233;rit&#233;, d'attaques contre les droits sociaux et les droits des travailleurs, de malaises divers, d'ins&#233;curit&#233; face &#224; l'avenir, il se cr&#233;e un terrain encore plus favorable pour une connexion entre ces probl&#232;mes complexes avec les r&#233;ponses simplistes et les boucs &#233;missaires mis en avant par des partis populistes d'extr&#234;me droite, qui remettent en question le syst&#232;me tout en restant dans son cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#234;tre particuli&#232;rement attentifs aux processus qui sont en train de se d&#233;rouler en Europe, non seulement par rapport aux exp&#233;riences anticapitalistes qui, timidement, commencent &#224; &#233;merger, mais aussi en tournant notre regard vers cette nouvelle extr&#234;me droite afin de mieux la combattre. Analyser les discours et les &#233;l&#233;ments cl&#233;s des succ&#232;s de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne est une t&#226;che urgente et indispensable afin d'affronter les d&#233;fis et les p&#233;rils qui risquent de surgir de la crise actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La catastrophe d'Ajka : annonc&#233;e, pr&#233;par&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-catastrophe-d-Ajka-annoncee-preparee</link>
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		<dc:date>2010-10-12T12:25:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Barbey</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les faits : lundi 4 octobre &#224; 12h00, rupture d'un r&#233;servoir, au moins 7 morts (&#224; Kolontar, lorsque le torrent de boue a d&#233;vast&#233; cette bourgade) et 160 bless&#233;s (avec br&#251;lures) par une vague de boues toxiques sur sept villages qui sont rendus inhabitables pour des dizaines d'ann&#233;es, car les terres, les nappes phr&#233;atiques sont d&#233;finitivement pollu&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; L'usine MAL (Magyar Aluminium), situ&#233;e &#224; Ajka, affirme sur son site [merci au traducteur !] : &#171; Environnement :&#8230;Notre soci&#233;t&#233; est profond&#233;ment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Hongrie-+" rel="tag"&gt;Hongrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-10-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-10-12&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L133xH150/arton5539-9ddf7.png?1675057786' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les faits : lundi 4 octobre &#224; 12h00, rupture d'un r&#233;servoir, au moins 7 morts (&#224; Kolontar, lorsque le torrent de boue a d&#233;vast&#233; cette bourgade) et 160 bless&#233;s (avec br&#251;lures) par une vague de boues toxiques sur sept villages qui sont rendus inhabitables pour des dizaines d'ann&#233;es, car les terres, les nappes phr&#233;atiques sont d&#233;finitivement pollu&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'usine MAL (Magyar Aluminium), situ&#233;e &#224; Ajka, affirme sur son site [merci au traducteur !] : &#171; Environnement :&#8230;Notre soci&#233;t&#233; est profond&#233;ment attach&#233;e &#224; minimiser les impacts n&#233;gatifs en respectant des normes europ&#233;ennes. Des technologies et un &#233;quipement modernes sont utilis&#233;s pour garantir des eaux naturelles et la protection de la puret&#233; de l'air. Tr&#232;s bien localis&#233;, bien b&#226;ti, un syst&#232;me de stockage fiable avec moniteur est con&#231;u pour le stockage des boues rouges [...]. La norme de syst&#232;me de management environnemental ISO 14001 a &#233;t&#233; introduite en 1999. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une synth&#232;se du marketing oblig&#233; de la firme privatis&#233;e qui doit affirmer sa rentabilit&#233; et de la politique de la droite dure &#8211; et m&#234;me extr&#234;me &#8211; qui fait le profil d'une d&#233;mocratie capitaliste et &#171; repr&#233;sentative &#187; exemplaire, donnant suite &#224; un r&#233;gime bureaucratique autoritaire, plac&#233; sous surveillance de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des br&#232;ches de plus en plus grandes s'&#233;largissent dans la digue du r&#233;servoir. C'est ce que Zoltan Illes, ministre de l'environnement, a affirm&#233; dimanche 10 octobre 2010 au matin (BBC-World, 10 octobre 2010). Quelque 500'000 m&#232;tres cube pourraient s'&#233;chapper si les travaux ne sont pas effectu&#233;s tr&#232;s vite et bien. Selon le quotidien Publico.es, du 10 octobre 2010, moins de 200 m&#232;tres s&#233;parent des &#171; piscines de boues toxiques &#187; d'Ajka Tosokber&#233;nd, p&#233;riph&#233;rie d'Ajka. Jamais la population n'a &#233;t&#233; &#171; consult&#233;e &#187; par l'usine MAL. Les moyens mis &#224; disposition par le gouvernement pour prot&#233;ger les populations sont ridicules. D&#233;risoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rappel, en octobre 2000, le gouvernememnt d'Hongrie affirmait dans un communiqu&#233; au sein de l'U : &#171; Un d&#233;sastre environnemental majeur a frapp&#233; la partie hongroise des rivi&#232;res Szamos et Tisza, avec des cons&#233;quences catastrophiques pour l'&#233;cologie qui affecteront directement la vie quotidienne de centaines de milliers de personnes pendant les ann&#233;es &#224; venir. Une quantit&#233; importante de cyanure (environ 100000 m&#232;tres cubes contamin&#233;s), qui s'est &#233;chapp&#233;e d'une installation industrielle dans la rivi&#232;re Szamos en Roumanie, est entr&#233;e sur le territoire hongrois le 1er f&#233;vrier 2000 et a atteint la rivi&#232;re Tisza le 3 f&#233;vrier 2000. Au point d'entr&#233;e, la concentration du cyanure a atteignait 32,2 milligrammes par litre, soit 180 fois plus que le seuil de pollution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le 30 janvier 2000, une digue li&#233;e &#224; une mine d'or, pr&#232;s d'Oredea, au nord-ouest de la Roumanie, s'&#233;tait rompue. Avec les cons&#233;quences d&#233;crites ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che pas, qu'en 2003, une soci&#233;t&#233; canadienne, S.C. Gold Corporation Rosia Montana &#8211; sise l&#233;galement dans la Cara&#239;be et &#224; la t&#234;te de laquelle se trouve un ex-roumain exil&#233; en Australie &#8211; engage un travail titanesque dans la r&#233;gion d'Oredea : &#171; S.C. Gold Corporation a obtenu de l'Etat roumain, contre 3 millions de dollars, les droits d'exploitation du gisement d'or et d'argent des montagnes alentour, d'une superficie de 80 kilom&#232;tres carr&#233;s, pour vingt-cinq ans. Aujourd'hui, c'est le deuxi&#232;me plus grand gisement d'or connu au monde. Selon les prospections, les montagnes rec&#232;lent pr&#232;s de 300 tonnes d'or, dont on peut en extraire de 80 &#224; 90 %. On y trouve aussi 1400 tonnes d'argent dont les deux tiers peuvent &#234;tre extraits. Il est vrai que, pour y arriver, il va falloir d&#233;loger les habitants de quatre communes. A Rosia Montana et dans les villages environnants, il faut en effet d&#233;molir 900 maisons. D'apr&#232;s les experts ind&#233;pendants, l'entreprise pourrait en tirer un profit de 2 milliards de dollars. &#187; (Courrier International, 23.01 2003). Or, ce projet &#8211; qui a re&#231;u tous les avantages habituels : imp&#244;ts, pas de droits de douane, cela dans le cadre de la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#8211; implique : &#171; l'utilisation massive du cyanure. Pour extraire l'or, l'entreprise tient &#224; cette technologie [qui consiste &#224; imbiber de cyanure le minerai &#224; faible teneur d'or, pr&#233;alablement broy&#233;], pourtant interdite par plusieurs directives europ&#233;ennes. La capacit&#233; de stockage des draineurs de cyanure pr&#233;vus dans le projet est cinq fois sup&#233;rieure &#224; celle de Baia Mare [dans les Maramures], cette autre mine d'or de Transylvanie, dont le nom est li&#233; &#224; une catastrophe &#233;cologique : le 30 janvier 2000, pr&#232;s de 100'000 m&#232;tres cubes d'effluents, soit 3 tonnes de cyanure, s'&#233;taient d&#233;vers&#233;s dans l'&#233;cosyst&#232;me, et l'on avait retrouv&#233; 1200 tonnes de poissons morts dans la rivi&#232;re Tisza [ou Tyza, en Ukraine]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits &#8211; auxquelles il faut ajouter les d&#233;placements de populations suite &#224; l'installation d'une mine et/ou suite &#224; un accident &#8211; l&#233;gitiment la perspective &#233;co-socialiste-d&#233;mocratique d&#233;fendue dans l'article. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe d'Ajka en Hongrie, o&#249; l'on a vu un d&#233;ferlement de boues rouges toxiques polluant sur plus de 100 kilom&#232;tres jusqu'au Danube, est une catastrophe qui aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e. De fait, cette catastrophe &#233;tait &#171; planifi&#233;e &#187;, &#171; annonc&#233;e &#187;. Il est parfaitement absurde &#8211; r&#233;gime bureaucratique autoritaire et privatisation sauvage l'expliquent &#8211; de stocker &#224; ciel ouvert ces boues rouges provenant du traitement du minerai d'aluminium, appel&#233; bauxite, afin d'en extraire l'alumine (oxyde d'aluminium qui dans un deuxi&#232;me temps sera trait&#233; pour en extraire le m&#233;tal aluminium).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est d'ailleurs pas le seul site &#224; faire cela, dans les Bouches-du-Rh&#244;ne, &#224; Gardane, le stockage est identique, sauf qu'il s'agit de boues s&#232;ches dans ce cas. En allant sur Google Maps, on l'aper&#231;oit tr&#232;s bien. Notons en passant que le nom de bauxite vient directement des Baux-de-Provence o&#249; elle a &#233;t&#233; d&#233;couverte par le chimiste Pierre Berthier en 1821.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait comment contr&#244;ler des digues de retenue, on sait comment les construire et on sait m&#234;me comment faire de ces boues rouges un produit stable pouvant &#234;tre utilis&#233; dans la construction. Le recyclage de ces boues est possible. Cela sous certaines r&#233;serves concernant la radioactivit&#233; qui peut &#234;tre pr&#233;sente, mais pas dans tous les cas. En effet, certaines de ces boues peuvent contenir une radioactivit&#233;, d'origine naturelle, un peu plus &#233;lev&#233;e du fait de la concentration des produits issus du processus industriel d'extraction de l'alumine. Mais dans l'ensemble, il s'agit de questions assez &#233;l&#233;mentaires relevant de travaux de g&#233;nie civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la question du contr&#244;le, on peut consid&#233;rer deux aspects. Le premier auquel on proc&#232;de au moyen de technologies ad&#233;quates connues. L'autre, tout aussi efficace et peu co&#251;teux &#8211; et qui devrait &#234;tre l&#233;galement obligatoire &#8211; r&#233;side dans le contr&#244;le et droit de veto exerc&#233;s par les salari&#233;&#183;e&#183;s de l'entreprise. Ils sont en permanence sur le site et sont capables de constater, au quotidien, l'&#233;volution du processus industriel et de son impact sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de l'aspect social que pr&#233;sentent la sant&#233; publique et le bien-&#234;tre qui sont des &#171; biens communs &#187;, ce contr&#244;le par les salari&#233;&#183;e&#183;s et les d&#233;cisions qui s'imposent devraient &#234;tre socialement transversales &#8211; puisque c'est le corps social dans son entier qui est concern&#233; &#8212; et ind&#233;pendant de la hi&#233;rarchie de l'entreprise. La sant&#233; publique et le bien-&#234;tre doivent &#234;tre au-dessus des int&#233;r&#234;ts particuliers de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette catastrophe en particulier et les catastrophes &#233;cologiques en g&#233;n&#233;ral qui d&#233;truisent la sant&#233; et le bien-&#234;tre des salari&#233;&#183;e&#183;s ainsi que la terre nourrici&#232;re (au sens propre du terme et sans le ton quelque peu lyrique sur lequel on prononce parfois cette expression) doivent &#234;tre int&#233;gr&#233;es aux mouvements revendicatifs et pens&#233;es sur un long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, dans le cas d'Ajka, ces boues rouges sont ce qui reste de l'extraction du maximum d'alumine. Ces boues contiennent un oxyde de fer qui leur donne sa couleur rouge, couleur que l'on retrouve dans l'h&#233;moglobine du sang ou dans la couleur ocre de villages comme Roussillon en Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y trouve encore un oxyde de titane, de calcium et de silicium ainsi que certains autres m&#233;taux lourds selon la provenance du minerai et les traitements subis. Divers scientifiques consid&#232;rent que le terme &#171; m&#233;taux lourds &#187; sert parfois &#224; cacher une autre facette : cette boue contient de l'hydroxyde de sodium. La solution issue de la dissolution de ce cristal est appel&#233;e soude, voire soude caustique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ces produits polluants sont des produits tr&#232;s stables, que l'on trouve en grandes quantit&#233;s sur des terres de culture et dans des proportions que la terre ne peut pas assimiler. Ils ne vont donc pas dispara&#238;tre comme cela. Ils vont rester l&#224; o&#249; ils sont et rendre les terres st&#233;riles. On peut facilement comprendre que la terre ne peut pas &#234;tre trait&#233;e comme l'eau dans une centrale de d&#233;pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce genre de catastrophe, comme celle d'Ajka, le long terme constitue donc une question lancinante et cauchemardesque puisqu'il va falloir traiter des espaces allant jusqu'&#224; 100 kilom&#232;tres de long, des ruisseaux, sans parler de l'infiltration de la pollution dans la nappe phr&#233;atique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le cas n'est pas le m&#234;me, mais on peut tout de m&#234;me se hasarder &#224; faire une comparaison : l'assainissement de la d&#233;charge de la chimie b&#226;loise, sur une surface de deux hectares &#224; Bonfol [1] pr&#232;s de B&#226;le, a demand&#233; la construction d'une halle couvrant plus de la moiti&#233; de la d&#233;charge ! Alors une pollution qui s'&#233;tend sur des kilom&#232;tres &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y pas que la pollution de la terre qui doit &#234;tre pens&#233;e sur un long terme. Il en va de m&#234;me pour les cours d'eau. En effet, la pollution d'une rivi&#232;re, d'un lac ou m&#234;me de la mer est une affaire &#224; tr&#232;s long terme et cela pour plusieurs raisons. Les produits toxiques s'infiltrent dans les sols en provenance de l'&#233;coulement de l'eau &#224; partir des champs, par la pluie ou l'arrosage par exemple. Puis les fonds de rivi&#232;res, des lacs ou des mers, qui ont absorb&#233; une grande quantit&#233; de polluants. rel&#226;chent lentement ces polluants dans l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces polluants ont au moins trois incidences directes. Premi&#232;rement, le polluant tue directement les &#234;tres vivants qui l'absorbent en se nourrissant. Deuxi&#232;mement, le/les polluants modifient ce que l'on appelle la &#171; tension superficielle de l'eau &#187;. Troisi&#232;mement, ils modifient le pH de l'eau. La tension superficielle de l'eau peut &#234;tre imagin&#233;e comme une sorte de &#171; peau &#187;, plus ou moins difficile &#224; traverser, permettant notamment les &#233;changes entre l'eau et l'oxyg&#232;ne de l'air. Ce qui arrive le plus souvent, c'est que l'eau va ainsi s'appauvrir en oxyg&#232;ne. La vie est donc petit &#224; petit &#233;touff&#233;e. Le pH indique le degr&#233; d'acidit&#233; de l'eau. Ce pH est dit neutre lorsqu'il vaut 7. C'est le cas de l'eau pure. Au-dessous de 7, on consid&#232;re que l'eau est acide ; au-dessus, on l'appelle basique. Une eau ne serait-ce que l&#233;g&#232;rement acide a pour effet de d&#233;truire les carapaces de certains coquillages, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intuition la plus &#233;l&#233;mentaire nous fait donc bien percevoir ici que ces questions ne se r&#233;gleront pas en deux coups de cuill&#232;re &#224; pot, qu'un changement social m&#234;me radical ne va pas d&#233;polluer la terre comme par miracle et que l'h&#233;ritage sera tr&#232;s lourd&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas notre propos de nous &#233;tendre ici sur la notion de catastrophe &#233;cologique. Mais il s'agit d'un domaine o&#249; le d&#233;bat au sein de la gauche manque, et plus particuli&#232;rement au sein de la gauche qui se dit anticapitaliste. Les mouvements &#171; &#233;troitement &#187; &#233;cologiques ne devraient pas exister en tant que tels, car ils sont le produit d'une vision partielle et &#171; hach&#233;e &#187; de la soci&#233;t&#233; et du mode de production et de reproduction de cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de revendications &#233;cologiques peuvent (et doivent) s'int&#233;grer dans une dynamique de sant&#233; au travail, de sant&#233; publique &#8211; donc de s&#233;curit&#233; sociale, au vrai sens du terme &#8211; ou encore, pour illustration de base, l'exigence &#171; de produits bios &#187; pour les enfants dans les cr&#232;ches.. Ce sont des faits d'&#233;vidence. On s'arr&#234;tera ici, mais ce ne sont pas les exemples et les domaines qui manquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour les cultivateurs de la r&#233;gion d'Ajka qui sont d&#233;sormais des &#171; licenci&#233;s &#187; ad aeternam, quelle perspective humaine et sociale reste-t-il, pour eux qui ont perdu leurs terres et les cultures ? Quel sera l'avenir de toute une r&#233;gion avec ses terres devenues st&#233;riles et ses nappes phr&#233;atiques pollu&#233;es jusqu'au Danube, y compris le fleuve lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute ce que le docteur Terence Hale, sur le site de NewScientist, souligne : les effets &#224; moyen et long terme sont sous-estim&#233;s. L'aluminium, par divers biais, est consid&#233;r&#233; comme un des nombreux facteurs dans le d&#233;veloppement de la maladie Alzheimer [2]. De quoi poser la question de la &#171; pollution &#187; sous l'angle d'un mode de production qui &#171; pille &#187; la force de travail, les &#234;tres humains qui la &#171; portent &#187; et le &#171; cadre naturel &#187;, plac&#233; qu'il est sous le fouet de la concurrence entre capitaux priv&#233;s et le profit accapar&#233;s par les &#171; possesseurs &#187; d&#233;cisifs ; les vrais d&#233;cideurs.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1. Projet d'assainissement de la D&#233;charge Industrielle de Bonfol, bci Betriebs-AG, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Aluminium and Alzheimer's disease, Alzheimer's Society&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site &#192; l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un bombe chimique &#224; retardement</title>
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		<dc:date>2010-10-12T12:25:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Donard</dc:creator>


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		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

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&lt;p&gt;C'est un endroit o&#249; je n'irais pas me promener sans masque&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Pourquoi sont-elles toxiques ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a deux niveaux de risque. Le premier est imm&#233;diat : ces boues contiennent de la soude &#8211; entre 3 et 12 kg par tonne d'aluminium produite, selon une &#233;tude de l'Ecole polytechnique de Montr&#233;al &#8211; et d'autres produits caustiques, comme de l'oxyde de calcium, ou chaux vive, r&#233;sultant des proc&#233;d&#233;s de traitement. Elles sont donc tr&#232;s corrosives. Une fois dilu&#233;es par les pr&#233;cipitations, ou dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton5540-a2894.jpg?1679047179' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un endroit o&#249; je n'irais pas me promener sans masque&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi sont-elles toxiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux niveaux de risque. Le premier est imm&#233;diat : ces boues contiennent de la soude &#8211; entre 3 et 12 kg par tonne d'aluminium produite, selon une &#233;tude de l'Ecole polytechnique de Montr&#233;al &#8211; et d'autres produits caustiques, comme de l'oxyde de calcium, ou chaux vive, r&#233;sultant des proc&#233;d&#233;s de traitement. Elles sont donc tr&#232;s corrosives. Une fois dilu&#233;es par les pr&#233;cipitations, ou dans les cours d'eau, elles cr&#233;ent un milieu tr&#232;s alcalin. En clair, un contact avec cette solution provoque des br&#251;lures et des l&#233;sions de la peau. A plus long terme, le probl&#232;me vient des &#233;l&#233;ments m&#233;talliques pr&#233;sents dans ces r&#233;sidus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lesquels, et avec quels risques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Il faudrait conna&#238;tre la composition chimique pr&#233;cise des boues qui se sont d&#233;vers&#233;es en Hongrie. Elle d&#233;pend du minerai de d&#233;part. G&#233;n&#233;ralement, on y trouve beaucoup d'oxydes de fer, de l'oxyde d'aluminium ou alumine, de la silice, du titane, du plomb, du chrome, peut-&#234;tre du mercure&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la pr&#233;sence d'un m&#233;tal en elle-m&#234;me ne signifie rien. Ce qui compte, c'est sa forme chimique et sa disponibilit&#233;. Par exemple, l'oxyde d'aluminium n'est pas toxique &#224; l'&#233;tat solide, mais, en solution, il devient tr&#232;s r&#233;actif et peut traverser les membranes biologiques. De m&#234;me, une certaine forme de chrome, le chrome VI, est extr&#234;mement canc&#233;rig&#232;ne. Pour le plomb et le mercure, tout d&#233;pend de leur concentration et de leur forme. Ce qui est s&#251;r, c'est que nous avons l&#224; des m&#233;taux potentiellement toxiques en large exc&#232;s. Pour la faune et la flore, ce sont des poisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La contamination de l'environnement va-t-elle persister ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La catastrophe qui frappe la Hongrie est une bombe chimique &#224; retardement. Toute la zone inond&#233;e sera fortement impact&#233;e et difficilement r&#233;cup&#233;rable avant plusieurs dizaines d'ann&#233;es. L'exemple de Minamata [ndlr : ville japonaise dont la population a &#233;t&#233; intoxiqu&#233;e par une pollution au mercure] montre que, pour ce type de contamination, c'est l'&#233;chelle de temps. Les boues vont s&#233;cher et il y aura alors un risque associ&#233; aux poussi&#232;res relargu&#233;es dans l'air. C'est un endroit o&#249; je n'irais pas me promener sans masque&#8230; Puis, aux prochaines pluies, les m&#233;taux seront remobilis&#233;s dans les sols et les cours d'eau. Les terrains ne seront pas cultivables, ou alors les fruits ou les l&#233;gumes seront charg&#233;s en m&#233;taux qui les rendront impropres &#224; la consommation. Nous manquons d'informations, mais je crains que toute la zone touch&#233;e ne soit sinistr&#233;e. (Le Monde 8.10.2010 &#8211; site 15h47)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11 octobre 2010)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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