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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>R&#233;mun&#233;ration excessive des hauts dirigeants</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Remuneration-excessive-des-hauts-dirigeants</link>
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		<dc:date>2017-04-04T09:31:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Grenier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-04-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'augmentation des r&#233;mun&#233;rations des hauts dirigeants chez Bombardier a fait les manchettes r&#233;cemment. Bien qu'une croissance de 50% des gains soit scandaleuse, le niveau m&#234;me des r&#233;mun&#233;rations, soit plusieurs millions appara&#238;t excessif. En effet, qui au Qu&#233;bec a besoin de millions pour vivre d&#233;cemment. Les &#233;carts de revenu entre les dirigeants et les travailleurs de la base sont maintenant rendus tellement grands qu'ils deviennent une v&#233;ritable injustice sociale. Cette situation va, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'augmentation des r&#233;mun&#233;rations des hauts dirigeants chez Bombardier a fait les manchettes r&#233;cemment. Bien qu'une croissance de 50% des gains soit scandaleuse, le niveau m&#234;me des r&#233;mun&#233;rations, soit plusieurs millions appara&#238;t excessif. En effet, qui au Qu&#233;bec a besoin de millions pour vivre d&#233;cemment. Les &#233;carts de revenu entre les dirigeants et les travailleurs de la base sont maintenant rendus tellement grands qu'ils deviennent une v&#233;ritable injustice sociale. Cette situation va, de plus, toujours en s'amplifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;s&#233;quilibre entra&#238;ne plusieurs cons&#233;quences ind&#233;sirables. D'abord les &#233;carts de revenu consid&#233;rables provoquent des sentiments de malaise et de g&#234;ne dans la population en g&#233;n&#233;ral. Ensuite, la grande majorit&#233; des gens riches, par leurs comportements ostentatoires, provoquent des sentiments d'envie, voire de jalousie, de la part de ceux qui poss&#232;dent moins. De plus, des r&#233;mun&#233;rations trop diff&#233;rentes entre la base et le sommet de la pyramide, creuse les &#233;carts entre les classes sociales, ce qui est malsain pour toute la soci&#233;t&#233;. En effet, ceci provoque toutes sortes de comportements ind&#233;sirables comme la d&#233;linquance, le vol, la criminalit&#233;, la corruption, etc. On a qu'&#224; observer, chez nos voisins du sud, la prolif&#233;ration des quartiers emmur&#233;s et surprot&#233;g&#233;s pour s'en convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes diff&#233;rences de niveau de vie entra&#238;nent aussi beaucoup de gens, qui n'en ont pas les moyens, dans une spirale de surconsommation, ce qui provoque un sommet in&#233;gal&#233; d'endettement. Finalement, la surconsommation des personnes riches et moins riches, mais qui veulent leur ressembler, est un v&#233;ritable drame sur le plan environnemental. Effectivement, et m&#234;me si on ne le dit pas souvent, la consommation et la d&#233;gradation de l'environnement sont intimement li&#233;es. Herv&#233; Kempf l'a bien d&#233;montr&#233; dans son livre &#171; Comment les riches d&#233;truisent la plan&#232;te &#187; (2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On utilise fr&#233;quemment l'argument voulant que d'autres dirigeants de banques ou compagnies gagnent plus. &#192; mon avis, c'est l&#224; une continuelle surench&#232;re qui n'a aucune base v&#233;ritablement logique et raisonnable. M&#234;me l'argument voulant que la r&#233;mun&#233;ration &#233;lev&#233;e se justifie pour garder en poste les gens comp&#233;tents, voire exceptionnels, ne tient pas la route. En effet, la cupidit&#233; est une tr&#232;s mauvaise valeur pour un bon leader. De plus, &#224; la notion de bonne gouvernance d'une entreprise est associ&#233;e une r&#233;mun&#233;ration raisonnable de ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En fait, il devrait exister un &#171; Revenu Maximum Acceptable &#187; (RMA), lequel ne devrait pas d&#233;passer 500 000$ annuellement, tout compris. Je ne connais personne au Qu&#233;bec qui ne puisse tr&#232;s bien vivre avec une telle r&#233;mun&#233;ration. Personnellement, je fonctionne &#224; l'aise, en vivant seul avec un revenu dix fois moins &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal Grenier, simplicitaire (adepte de la simplicit&#233; volontaire)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vaille que vaille : La Presse et les paradis fiscaux</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Vaille-que-vaille-La-Presse-et-les-paradis-fiscaux</link>
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		<dc:date>2016-01-26T08:15:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Deneault</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-01-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est &#224; croire que le traitement que fait le quotidien La Presse des paradis fiscaux est &#224; g&#233;om&#233;trie variable. Quand il s'agit de faire cas de la pr&#233;sence pass&#233;e de Qu&#233;becor ou de Qu&#233;becor World dans les paradis fiscaux, quitte &#224; r&#233;chauffer une information connue depuis longtemps pour mettre dans l'embarras l'ancien concurrent commercial devenu concurrent politique, l'enjeu appara&#238;t n&#233;vralgique. Toutefois, lorsqu'il s'agit d'en faire un enjeu de soci&#233;t&#233; large valant comme mod&#232;le explicatif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-01-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-01-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton24947-56141.jpg?1781965213' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est &#224; croire que le traitement que fait le quotidien La Presse des paradis fiscaux est &#224; g&#233;om&#233;trie variable. Quand il s'agit de faire cas de la pr&#233;sence pass&#233;e de Qu&#233;becor ou de Qu&#233;becor World dans les paradis fiscaux, quitte &#224; r&#233;chauffer une information connue depuis longtemps pour mettre dans l'embarras l'ancien concurrent commercial devenu concurrent politique, l'enjeu appara&#238;t n&#233;vralgique. Toutefois, lorsqu'il s'agit d'en faire un enjeu de soci&#233;t&#233; large valant comme mod&#232;le explicatif de la crise financi&#232;re et &#233;conomique contemporaine, des scribes sont appel&#233;s en renfort pour &#233;touffer la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de l'IRIS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est certes imp&#233;ratif de signaler le pass&#233; offshore des principales t&#234;tes d'affiche politiques &#224; Qu&#233;bec : Pierre Karl P&#233;ladeau comme ancien gestionnaire de Qu&#233;becor et Philippe Couillard comme m&#233;decin devant sa formation aux contribuables qu&#233;b&#233;cois, mais inscrivant son tr&#233;sor personnel &#224; Jersey, sans parler de Fran&#231;ois Legault, qui a fond&#233; la Coalition Avenir Qu&#233;bec avec Charles Sirois, un administrateur de la CIBC lorsque celle-ci se vantait de d&#233;localiser &#224; l'&#233;tranger des actifs aux fins de l'&#233;vitement fiscal (et Monsieur Legault, Monsieur Legault, s'il-vous-pla&#238;t, quelle entit&#233; d'Air Transat sous votre gouverne d&#233;tenait les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle et d'utilisation de la marque &#171; Air Transat &#187; et dans quelle l&#233;gislation &#233;tait-elle situ&#233;e&#8230; Monsieur Legault, s'il-vous-pla&#238;t&#8230; ?). Se trouve-t-on, rue Saint-Jacques, &#224; instrumentaliser une question &#224; des fins tactiques ? Ce ne serait pas la premi&#232;re fois. Cherche-t-on &#224; discr&#233;diter ici le discours p&#233;quiste, l'Opposition officielle comptant parmi les partisans d'un mandat d'initiative sur les paradis fiscaux au sein de la Commission des Finances, &#224; Qu&#233;bec ? &#192; l'absence de r&#233;ponse restent les interrogations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, La Presse semble &#224; l'aise avec la question offshore lorsqu'elle la r&#233;duit &#224; une affaire bien provinciale. Si vient le temps d'aborder le probl&#232;me sur un mode global et syst&#233;mique, le m&#234;me quotidien s'empresse, au contraire, d'inhiber toute prise de conscience publique. Soudainement, la reconnaissance du caract&#232;re scandaleusement injustifiable des paradis fiscaux et l'analyse des cons&#233;quences d&#233;l&#233;t&#232;res de l'activit&#233; de banques et industries s'y pr&#233;sentent comme aberrantes. Lorsqu'ils ne la ma&#238;trisent pas, la question des paradis fiscaux rend nerveux les id&#233;ologues. Dans l'&#233;dition du 19 octobre dernier, le chroniqueur Francis Vailles s'efforce ainsi par tous les moyens de minimiser le probl&#232;me (&#171; Le Qu&#233;bec et les paradis fiscaux &#187;). Le texte est remarquable de confusion. Les sources sont &#233;voqu&#233;es &#224; moiti&#233;, on n'explicite pas sur quoi portent les pourcentages cit&#233;s et la pens&#233;e est mise &#224; contribution pour neutraliser la pens&#233;e. &#171; Pour les pertes li&#233;es aux entreprises, le minist&#232;re des Finances s'en remet notamment &#224; une estimation du Fonds mon&#233;taire international (FMI). Selon une &#233;tude pr&#233;liminaire de cet organisme, les pertes d'imp&#244;ts li&#233;es au transfert des b&#233;n&#233;fices seraient de 5%, en moyenne, ce qui &#233;quivaudrait &#224; 200 millions pour le Qu&#233;bec. &#187; En tout le Qu&#233;bec perdrait, selon le scribe, moins d'un milliard de dollars par ann&#233;e en raison des activit&#233;s offshore, ce qui, s'empresse-t-il d'insister en pratiquant l'amalgame, est inf&#233;rieur &#224; ce que repr&#233;sentent les r&#233;clamations syndicales dans une n&#233;gociation ayant cours alors dans le secteur public au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, fort de cette m&#233;thodologie partiale et mal assimil&#233;e, Francis Vaille, en une poign&#233;e de signes, en serait &#224; expliquer aux pays membres de l'OCDE qu'ils se formalisent pour presque rien depuis des ann&#233;es des pertes massives que subissent les &#201;tats, &#233;tant donn&#233; des pratiques comptables qui sont devenues l&#233;gion dans le domaine de l'&#233;vitement fiscal, telles que celle du &#171; prix de transfert &#187;. Il en serait &#224; contredire l'ancien de la firme McKinsey, James Henry du Tax Justice Network, &#224; savoir que les actifs en circulation dans les paradis fiscaux exc&#232;dent les 20 000 milliards de dollars et permettent &#224; des entreprises, telles que celle qui d&#233;tient son journal, de jouir d'un r&#233;gime d'&#171; over-representation without taxation &#187; (sur-repr&#233;sentation sans imposition). Il pr&#233;tend r&#233;futer des comptables comme Brigitte Alepin, Allison Christians ou Marwah Rizqy qui voient en la concurrence fiscale entre pays une fa&#231;on &#233;vidente de neutraliser l'imp&#244;t sur le revenu des entreprises et de leur conf&#233;rer ainsi des privil&#232;ges. M&#234;me le consultant du gouvernement du Qu&#233;bec Luc Godbout, pourtant id&#233;ologiquement du c&#244;t&#233; du chroniqueur, reconna&#238;t cela comme une parfaite &#233;vidence aux pages 171 &#224; 176 de son rapport de mars 2015 sur la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penser les cons&#233;quences du recours aux paradis fiscaux par les multinationales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des sujets sur lesquels on ne devrait pas gratuitement entretenir la confusion, surtout si on pr&#233;tend au m&#233;tier d'informer. Voici une approche pour appr&#233;hender le manque &#224; gagner dans le tr&#233;sor public que les paradis fiscaux occasionnent. Il s'agit d'un d&#233;veloppement que le R&#233;seau Justice fiscale, en lien avec le Collectif &#201;chec aux paradis fiscaux, a d&#233;j&#224; soumis aux autorit&#233;s publiques. Au moins cinq points doivent conduire l'analyse de ce qu'il en co&#251;te aux Qu&#233;b&#233;cois.e.s parce que certains contribuables, tout particuli&#232;rement les grandes entreprises, contournent ais&#233;ment le fisc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des pertes fiscales par milliards de dollars&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Statistique Canada, les entreprises canadiennes ont plac&#233; 199 milliards de dollars dans les paradis fiscaux. Depuis 1990, la part d'actifs transf&#233;r&#233;s dans les paradis fiscaux par les grandes entreprises canadiennes a augment&#233; de 1 800 %[1]. &#192; l'&#233;chelle qu&#233;b&#233;coise, si on consid&#232;re que notre &#233;conomie repr&#233;sente 19,4 % de celle du Canada[2], c'est par hypoth&#232;se, au bas mot, 38,6 milliards de dollars qui &#233;chappent au traitement fiscal de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ann&#233;e 2011, Statistique Canada rel&#232;ve que &#171; 24 % des investissements directs canadiens &#224; l'&#233;tranger avaient &#233;t&#233; effectu&#233;s dans les 12 plus grands paradis fiscaux. En d'autres termes, le pays y perd 5 &#224; 8 milliards de dollars chaque ann&#233;e[3]. &#187; &#192; la seule Barbade, les Canadiens ont investi pr&#232;s de 71,2 milliards en date de 2014, ce qui fait de cette petite &#238;le le troisi&#232;me pays o&#249; les multinationales&#171; investissent &#187; le plus[4]&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Statistique Canada n'a d&#233;velopp&#233; aucune m&#233;thodologie pour d&#233;gager ces informations. L'agence nationale de statistique se dit elle-m&#234;me r&#233;duite aux divulgations que font les multinationales canadiennes concern&#233;es[5]. L'agence ne fait que les additionner. Compte tenu de l'opacit&#233; notoire du secret bancaire pr&#233;valant dans la plupart des paradis fiscaux, on peut consid&#233;rer ces donn&#233;es comme &#233;tant absolument minimales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement, ces 199 milliards de dollars concernent un stock d'argent immobilis&#233; dans de pr&#233;tendus &#171; investissements &#187;. En r&#233;alit&#233;, ces &#171; investissements &#187; n'en sont pas. Ils ne repr&#233;sentent aucune immobilisation ni aucun placement dans l'&#233;conomie r&#233;elle, mais simulent seulement ce genre de transactions. Il s'agit le plus souvent de transferts intragroupes motiv&#233;s par une facturation interne (autour des droits d'utilisation de sa marque ou de certains services officiellement d&#233;localis&#233;s dans la filiale offshore d'une multinationale) de fa&#231;on &#224; inscrire le plus de capitaux imposables possibles dans la l&#233;gislation o&#249; le taux d'imposition est nul ou quasi nul. C'est donc &#224; tort qu'on pr&#233;senterait ces montants investis comme s'additionnant au fil des ans. Par exemple, on ne saurait laisser entendre, en ce qui regarde les fonds canadiens &#224; la Barbade, qui sont pass&#233;s de 53 milliards de dollars en 2011 &#224; 71,2 milliards de dollars en 2014, que dix-huit milliards de dollars se seraient ajout&#233;s en un an au montant qui existait d&#233;j&#224;. En r&#233;alit&#233;, ces capitaux financiers se renouvellent continuellement par le canal offshore simplement pour &#234;tre exempt&#233;s de tout imp&#244;t avant de se trouver r&#233;investis ailleurs. Ces fonds se renouvelant, ils ne sont pas impos&#233;s ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une logique de dumping&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; des grandes entreprises dans les paradis fiscaux entra&#238;ne une autre forme de perte pour le tr&#233;sor public qu&#233;b&#233;cois. Celle-ci a trait &#224; la logique de dumping dans laquelle l'&#201;tat du Qu&#233;bec s'est laiss&#233; entra&#238;ner ces derni&#232;res ann&#233;es. Pour &#233;viter que plus de capitaux encore ne fuient facticement le Qu&#233;bec vers les paradis fiscaux, notre &#201;tat a eu tendance, &#224; certains &#233;gards, &#224; les imiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par exemple en pr&#233;textant explicitement la crainte d'une &#171; fuite des capitaux &#187; qu'en 2007 le ministre des Finances du Qu&#233;bec, Michel Audet, a d&#233;cid&#233;, de r&#233;duire la taxe sur les revenus de placements des entreprises d'un d&#233;j&#224; maigre 16,25 % au taux de 9,9%[6]. Par ailleurs, seuls 50 % des gains en capitaux sont toujours imposables. &#192; titre symbolique, dans le cadre d'un budget particuli&#232;rement aust&#232;re, le ministre qu&#233;b&#233;cois des Finances du Qu&#233;bec a tenu &#224; revoir tendanciellement &#224; la baisse le taux d'imposition provincial des entreprises, le faisant passer de 11,9 % &#224; 11,5 % entre 2017 et 2020. Il &#233;tait de 13 % en 1981 et, la m&#234;me ann&#233;e, de pr&#232;s de 38 % au palier f&#233;d&#233;ral &#8210; il y est de 15 % aujourd'hui. Ainsi, les entreprises ont vu pendant cette p&#233;riode le taux cumul&#233; de l'imp&#244;t sur le revenu diminuer de moiti&#233;, passant de presque 51 % &#224; moins de 26 %. Du reste, depuis 2011, la taxe sur le capital s'est trouv&#233;e &#224; peu pr&#232;s compl&#232;tement abolie alors qu'elle &#233;tait une des rares &#224; pouvoir neutraliser les d&#233;placements de revenus dans lesquels les institutions financi&#232;res sont pass&#233;es ma&#238;tres[7]. Simon Tremblay-Pepin estimait en 2013 &#224; 800 millions de dollars les pertes que la disparition de cette seule taxe entra&#238;nait dans les coffres de l'&#201;tat. S'ajoutent &#224; cela de nombreux avantages financiers offerts par Qu&#233;bec aux entreprises sur le mode de d&#233;ductions fiscales, de subventions publiques, d'investissements de soci&#233;t&#233;s nationales, voire de programmes de paiement diff&#233;r&#233; des imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a fait dire &#224; des chercheurs comptables de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al que &#171; le Qu&#233;bec est consid&#233;r&#233; comme &#233;tant un v&#233;ritable paradis fiscal pour les entreprises &#187;, compte tenu de la qualit&#233; des services que notre &#201;tat social offre aux soci&#233;t&#233;s et aux investisseurs, eux qui profitent au premier chef des infrastructures publiques, au vu d'un taux d'imposition bien faible[8]. Embl&#233;matiquement, une soci&#233;t&#233; telle que la pharmaceutique Valeant a quitt&#233; les &#201;tats-Unis pour s'installer &#224; Laval en 2014. Titrant en une Le Qu&#233;bec : Paradis fiscal, Le Journal de Montr&#233;al &#233;crivait : &#171; La compagnie multinationale Valeant Pharmaceutical a abaiss&#233; son taux d'imposition &#224; presque rien en d&#233;m&#233;nageant son si&#232;ge social &#224; Laval et a fait du Qu&#233;bec un v&#233;ritable paradis fiscal[9] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un service de la dette accru&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut concevoir d'un point de vue strictement logique que ce manque &#224; gagner pour le tr&#233;sor public, qui se manifeste par des d&#233;ficits budg&#233;taires r&#233;currents, entra&#238;ne des d&#233;penses suppl&#233;mentaires de la part du gouvernement du Qu&#233;bec au titre du service de la dette. Chaque ann&#233;e, pour boucler son budget, l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois emprunte &#224; des entit&#233;s financi&#232;res qu'il impose moins qu'auparavant, voire plus du tout. Les d&#233;penses d'int&#233;r&#234;t sur la dette ont repr&#233;sent&#233; 10,5 milliards de dollars en 2013-14. On assiste ainsi &#224; une inversion des rapports d'autorit&#233; : ce ne sont plus les institutions priv&#233;es qui financent l'&#201;tat pour les tr&#232;s nombreux services directs et indirects dont elles b&#233;n&#233;ficient, mais les contribuables captifs &#8210; essentiellement les petites entreprises, les salari&#233;s et les consommateurs &#8210; qui les financent afin de boucler le budget public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une augmentation ou une introduction de la tarification &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pertes du tr&#233;sor public contraignent souvent les Qu&#233;b&#233;cois.e.s &#224; financer deux fois les services publics auxquels ils ont droit : d'abord comme contribuables, par la voie de leurs imp&#244;ts, ensuite comme utilisateurs, sur la base de la tarification. Le Qu&#233;bec tend de plus en plus &#224; cr&#233;er ou &#224; hausser les frais conditionnels &#224; l'acc&#232;s &#224; certains services qu'il n'arrive plus &#224; financer sur une base autonome gr&#226;ce &#224; l'imp&#244;t sur le revenu. Cette r&#233;alit&#233; n'a pas seulement trait aux r&#233;visions &#224; la baisse du taux d'imposition g&#233;n&#233;ral des soci&#233;t&#233;s au Qu&#233;bec, mais &#233;galement aux m&#234;mes baisses qui ont &#233;t&#233; observ&#233;es au palier f&#233;d&#233;ral[10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des institutions publiques mises &#224; mal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique le revenu de la plupart des Qu&#233;b&#233;cois.e.s stagne, bien qu'ils contribuent de plus en plus &#224; l'assiette fiscale, ceux-ci assistent au d&#233;mant&#232;lement des services publics. Cette perte d'ordre qualitative repr&#233;sente ind&#233;niablement un des co&#251;ts &#233;galement d'ordre financier tels que les recours &#224; des services priv&#233;s en cas de manquement du syst&#232;me public, sans parler de contrecoups &#233;ventuels sur le plan de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de ces cinq enjeux, les pertes r&#233;elles que repr&#233;sentent pour la population qu&#233;b&#233;coise les transferts de fonds des soci&#233;t&#233;s dans les paradis fiscaux sont si conjecturales qu'elles paraissent difficiles &#224; mesurer. Oui, comme le souligne Francis Vailles, la situation est complexe. On s'explique d'autant plus mal que le chroniqueur de La Presse, pour l'aborder, se contente d'analyses simplistes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &#171; Canadian $$ in Tax Havens Reach $199 Billion &#187;, Ottawa Canadians for tax fairness, page consult&#233;e le 3 septembre 2015. Voir aussi : &#171; Positions d'investissement direct &#233;tranger en fin d'ann&#233;e &#187;, Ottawa, Statistique Canada, &#171; derni&#232;re modification &#187; : 24 avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#201;valuation faite par l'Institut de la statistique du Qu&#233;bec &#224; partir de cette source : &#171; Tableau 384-0038, Produit int&#233;rieur brut, en termes de d&#233;penses, provinciaux et territoriaux &#187;, Ottawa, Statistique Canada, site dat&#233; en vertu de sa derni&#232;re modification du 5 novembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3]L'information a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; l'occasion d'une audition au Parlement canadien par Statistique Canada. Mentionn&#233; par Lawrence Cannon, &#171; Avant-propos &#187;, Num&#233;ro sp&#233;cial : &#171; &#201;vitement fiscal et &#233;vasion fiscale France/Qu&#233;bec &#187;, Revue de planification fiscale et financi&#232;re Vol. 34, no 2, 2014, p. 210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4]&#171; Positions d'investissement direct &#233;tranger en fin d'ann&#233;e &#187;, Ottawa, Statistique Canada, &#171; derni&#232;re modification &#187; : 24 avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Statistique Canada, &#171; Guide de l'utilisateur pour le Syst&#232;me de comptabilit&#233; nationale du Canada &#187;, Ottawa, Gouvernement du canada, &#167; 6, date de la derni&#232;re modification : 5 mai 2010. &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.statcan.gc.ca/nea-cen/pub/guide/chap6ii-fra.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.statcan.gc.ca/nea-cen/pu...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Francis Vailles, &#171; Qu&#233;bec veut &#233;viter une fuite des capitaux &#187;, Montr&#233;al, La Presse, 21 f&#233;vrier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Simon Tremblay-Pepin, &#171; Jacques Parizeau, la taxe sur le capital et Francis Vailles &#187;, Montr&#233;al, L'institut de recherche et d'informations socio-&#233;conomiques (IRIS), 13 f&#233;vrier 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Gino Lambert, Sylvain Charron, Jean-Eddy P&#233;an, Le syst&#232;me fiscal qu&#233;b&#233;cois est-il vraiment progressiste ?, Chaire d'&#233;tudes socio-&#233;conomiques, Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, juin 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#201;ric Yvan Lemay, &#171; Paradis fiscal &#224; Laval, La compagnie d'origine am&#233;ricaine a fait passer son taux d'imposition de 36 &#224; 3% &#187;, Le Journal de Montr&#233;al, 26 ao&#251;t 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10]&#171; Jour de la solidarit&#233; fiscale, Pour une fiscalit&#233; du 21e si&#232;cle &#187;, Montr&#233;al, Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine (IREC), 18 juin 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rapport du collectif &#201;chec aux paradis fiscaux - S'attaquer aux paradis fiscaux pour renflouer les coffres de l'&#201;tat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rapport-du-collectif-Echec-aux-paradis-fiscaux-S-attaquer-aux-paradis-fiscaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Rapport-du-collectif-Echec-aux-paradis-fiscaux-S-attaquer-aux-paradis-fiscaux</guid>
		<dc:date>2014-05-12T17:04:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aile parlementaire de Qu&#233;bec solidaire</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-05-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;QU&#201;BEC, le 12 mai 2014 - Dans le rapport r&#233;dig&#233; par le professeur en droit fiscal de l'Universit&#233; Laval Andr&#233; Lareau et le chercheur du R&#233;seau pour la justice fiscale Alain Denault, le collectif &#201;chec aux paradis fiscaux (EPF) propose 7 solutions pour s'attaquer au laxisme du gouvernement f&#233;d&#233;ral en mati&#232;re de lutte aux paradis fiscaux. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis des ann&#233;es, Qu&#233;bec solidaire presse nos gouvernements d'agir contre les paradis fiscaux ! Au Canada, 170 milliards $ sont plac&#233;s &#224; l'abri de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Quebec-" rel="directory"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Fiscalite-+" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-05-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-05-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;QU&#201;BEC, le 12 mai 2014 - Dans le rapport r&#233;dig&#233; par le professeur en droit fiscal de l'Universit&#233; Laval Andr&#233; Lareau et le chercheur du R&#233;seau pour la justice fiscale Alain Denault, le collectif &#201;chec aux paradis fiscaux (EPF) propose 7 solutions pour s'attaquer au laxisme du gouvernement f&#233;d&#233;ral en mati&#232;re de lutte aux paradis fiscaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, Qu&#233;bec solidaire presse nos gouvernements d'agir contre les paradis fiscaux ! Au Canada, 170 milliards $ sont plac&#233;s &#224; l'abri de l'imp&#244;t. &#192; qui profite une telle complaisance ? Les gouvernements n'h&#233;sitent pas &#224; couper sans vergogne dans les services publics, au nom d'une aust&#233;rit&#233; que m&#234;me des organismes reconnus comme le FMI et l'OCDE estiment tr&#232;s dommageable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, MM. Harper et Couillard se font montrer o&#249; aller chercher les fonds n&#233;cessaires pour redresser nos finances, sans d&#233;truire nos services publics et l'environnement. &#192; quand une r&#233;elle volont&#233; politique pour contrer les bandits en cravate ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fiscalit&#233; : les taxes et le PIB</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Fiscalite-les-taxes-et-le-PIB</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Fiscalite-les-taxes-et-le-PIB</guid>
		<dc:date>2013-03-05T09:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Fortier, Simon Tremblay-Pepin</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-03-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons re&#231;u plusieurs r&#233;actions &#224; propos de notre analyse sur la comparaison de la charge fiscale nette des contribuables au Qu&#233;bec, au Canada et aux &#201;tats-Unis. Alain Dubuc, Francis Vailles, Youri Chassin et Jean-Claude Cloutier ont contest&#233; nos r&#233;sultats de diverses fa&#231;ons. Avant que ces critiques ne viennent nous avions tent&#233; d'&#233;clairer certaines confusions r&#233;pandues par un billet de blogue. Depuis, nous avons r&#233;pondu en partie (l'espace offert &#233;tant tellement mince !) &#224; MM. Dubuc et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Fiscalite-+" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-03-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-03-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton13355-8df08.jpg?1781632520' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons re&#231;u plusieurs r&#233;actions &#224; propos de notre analyse sur la comparaison de la charge fiscale nette des contribuables au Qu&#233;bec, au Canada et aux &#201;tats-Unis. Alain Dubuc, Francis Vailles, Youri Chassin et Jean-Claude Cloutier ont contest&#233; nos r&#233;sultats de diverses fa&#231;ons. Avant que ces critiques ne viennent nous avions tent&#233; d'&#233;clairer certaines confusions r&#233;pandues par un billet de blogue. Depuis, nous avons r&#233;pondu en partie (l'espace offert &#233;tant tellement mince !) &#224; MM. Dubuc et Vailles. Par ce billet nous voulons aller plus en profondeur sur les diverses critiques qui nous sont formul&#233;es et qui, &#224; notre avis, ratent leur cible et ne semblent pas comprendre notre propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de l'IRIS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous voulons ici nous concentrer sur deux accusations qui nous sont faites. La premi&#232;re nous accuse d'avoir une d&#233;finition limit&#233;e de la fiscalit&#233; au Qu&#233;bec, entre autres parce que nous n'avons pas inclus les taxes et tarifs dans la comparaison. Ensuite, nous souhaitons nous pencher sur le ratio entre le niveau d'imposition des particuliers et le produit int&#233;rieur brut, une m&#233;thode de calcul des niveaux d'imposition qui a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme plus porteuse que celle que nous utilisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les taxes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la parution de notre note, beaucoup de gens ont dit : &#171; oui, mais les taxes ? &#187;. Nous n'avons pas inclus les taxes dans nos calculs simplement parce pour des donn&#233;es de comparaison similaires, l'OCDE ne le faisait pas. Il aurait &#233;t&#233; fort peu probant d'ajouter des taxes au Qu&#233;bec alors que les donn&#233;es avec lesquelles nous le comparions ne comprenait pas les taxes.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, nous croyons qu'il est plus int&#233;ressant m&#233;thodologiquement d'analyser ces donn&#233;es de fa&#231;on distincte que de les amalgamer. Nous nous sommes d'ailleurs d&#233;j&#224; pench&#233;s sur la question des hausses de tarifs ailleurs, et nous avions alors d&#233;fendu qu'il s'agissait d'une fort mauvaise id&#233;e. Le choix m&#233;thodologique de recherche que nous avons fait visant &#224; fragmenter les charges fiscales nous permet, selon nous, de mieux comprendre le syst&#232;me fiscal qu&#233;b&#233;cois par la comparaison. Cela nous permet de r&#233;fl&#233;chir, &#224; terme, &#224; toutes les facettes de la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise afin d'avoir un d&#233;bat le plus large possible sur les choix politiques qui sont faits sur la fiscalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, &#233;tudier l'effet des taxes ne nous semble pas inint&#233;ressant et nous n'avons aucun probl&#232;me &#224; nous y livrer. Bien entendu, nous n'avons ni les ressources ni le temps de reproduire les syst&#232;mes de taxation de l'ensemble des pays &#233;tudi&#233;s dans notre note. Cependant, depuis que la demande nous en a &#233;t&#233; faite, nous avons pris le temps de comparer notre syst&#232;me de taxation avec l'Ontario pour l'ensemble des mod&#232;les choisis par l'OCDE &#8211; sauf les cas des familles monoparentales pour lesquelles l'Enqu&#234;te sur les d&#233;penses des m&#233;nages offre trop peu de donn&#233;es. Nous y avons ajout&#233; des revenus plus &#233;lev&#233;s, comme nous n'&#233;tions pas limit&#233;s aux m&#233;nages fix&#233;s par l'OCDE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'exposer les r&#233;sultats de l'analyse, il est important de pr&#233;senter ce que nous avons inclus dans le calcul du tableau qui suit. Nous pr&#233;sentons diff&#233;rents types de m&#233;nages (c&#233;libataire sans enfant, couple avec enfants et couple sans enfant) avec des revenus diff&#233;rents bas&#233;s sur le pourcentage du salaire annuel moyen de la province (Qu&#233;bec : 44 000$ ; Ontario : 49 000$). Pour chacun des cas nous avons calcul&#233; le poids en pourcentage du revenu brut des taxes de vente (TPS et TVQ) et des taxes sur l'essence (taxe d'accise et taxe d'essence provinciale), car il s'agit des taxes les plus importantes et dont le paiement est le plus g&#233;n&#233;ralis&#233;. Ce calcul s'effectue sur la consommation moyenne de chacun des m&#233;nages en tenant compte de la province dans laquelle ce m&#233;nage habite. Globalement, cette m&#233;thode nous permet de pr&#233;senter des conclusions sur la charge des taxes par rapport au revenu en prenant en compte le revenu, le co&#251;t de la vie et les diff&#233;rences des taux de taxation de l'Ontario et du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 1 : Part du salaire brut consacr&#233; au paiement des taxes de vente et des taxes sur l'essence, Qu&#233;bec et Ontario&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1583 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Tableau_1-2.png?1583/b465f7b2912a184e91b362a6f625bee42f89253a2ea7b11e61b4a1d276c4649d&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 40.8 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L104xH150/Tableau_1-2-be43e-80aaa.png?1781537950' width='104' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Source : Statistique Canada, Enqu&#234;te sur les d&#233;penses des m&#233;nages (EDM), Gouvernement du Qu&#233;bec, Gouvernement de l'Ontario, Ressources naturelles du Canada, calculs des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible de tirer deux conclusions principales &#224; la lecture du tableau. La premi&#232;re n'est pas vraiment une nouvelle, mais confirme que la taxation est une ponction fiscale r&#233;gressive. Tant au Qu&#233;bec qu'en Ontario, plus le revenu augmente, plus le poids relatif au revenu des taxes diminue.&lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde conclusion &#233;merge de l'analyse de la diff&#233;rence du poids des taxes de vente et d'essence entre l'Ontario et le Qu&#233;bec. La diff&#233;rence maximale n'atteint m&#234;me pas 1%. &#192; plusieurs reprises, la charge est presque &#233;gale. En ce qui concerne sp&#233;cifiquement ces taxes, les m&#233;nages &#233;tudi&#233;s sont l&#233;g&#232;rement plus tax&#233;s au Qu&#233;bec qu'en Ontario, mais &#224; des niveaux marginaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons, pour l'exercice, que l'Ontario a la m&#234;me charge fiscale nette que la moyenne canadienne et qu'on y ajoute les taxes que nous venons de calculer, pour ensuite comparer les situations du Qu&#233;bec et de l'Ontario. Concentrons-nous sur les cas qui sont pr&#232;s du revenu m&#233;dian qu&#233;b&#233;cois des familles concern&#233;es, soit les cas mentionn&#233;s dans notre billet, exception faite des familles monoparentales pour les raisons soulign&#233;es plus haut (or, comme le Qu&#233;bec avait un avantage de dix points de pourcentage sur le Canada &#224; propos de ces m&#233;nages, il est &#224; peu pr&#232;s impossible que l'ajout des taxes dans le calcul, qui repr&#233;sentent au maximum moins de 6% du revenu, soit d&#233;terminant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 2 : Charge fiscale nette, Qu&#233;bec et Ontario, incluant les taxes de vente et les taxes d'essence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1581 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Tableau_2.png?1581/00f534a87e7c210e7220c40d404a122592c42f82685078aaa74217334e1d81c6&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 22.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH111/Tableau_2-89c28-c75e5.png?1781537950' width='150' height='111' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour les cas se rapprochant des revenus m&#233;dians, l'ajout des taxes fait augmenter l'ensemble des charges fiscales nettes, mais ne change pas qui, d'entre les Qu&#233;b&#233;cois-es et les Ontarien-nes, a la charge fiscale nette la plus &#233;lev&#233;e. Plus important encore, l'ajout des taxes ne change pas de fa&#231;on d&#233;terminante la situation g&#233;n&#233;rale : ces m&#233;nages ont n&#233;anmoins des charges fiscales tr&#232;s similaires. Une comparaison rapide avec les autres cas &#233;tudi&#233;s dans notre note nous m&#232;ne &#224; la m&#234;me conclusion, les charges fiscales demeurant tr&#232;s proches les unes des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de comparer les taux de taxation et nous souhaiterions, si l'occasion nous en est donn&#233;e, pousser plus loin cette &#233;tude. Toutefois, &#224; premi&#232;re vue, les r&#233;sultats ne semblent pas aller &#224; l'encontre de nos principales conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, nous pourrions ajouter une s&#233;rie d'autres variables (imp&#244;ts fonciers, services de garde, valeur des services publics, parit&#233; de pouvoir d'achat, etc.) mais nous avons toutes les raisons de croire que la plupart de ces variables conforteraient nos hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le PIB et l'imp&#244;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son article, Alain Dubuc &#233;voque le poids de la fiscalit&#233; sur le PIB pour d&#233;terminer quels pays sont les plus impos&#233;s, un argument que met &#233;galement de l'avant Jean-Claude Cloutier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces intervenants n'ont pas tort de mentionner cet indicateur, qui n'est pas sans int&#233;r&#234;t. Il permet de prendre un indicateur stable et comparable et d'&#233;tablir une proportion v&#233;rifiable dans les diff&#233;rents pays. De ce point de vue, le Qu&#233;bec semblerait effectivement l&#233;g&#232;rement plus impos&#233; que ses voisins imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le montre le tableau 1, en 2009, si on se fie aux donn&#233;es de Statistique Canada, les imp&#244;ts pay&#233;s par les particuliers qu&#233;b&#233;cois correspondaient &#224; 12,63% de son PIB, alors qu'au Canada la proportion &#233;tait de 12,09%. Selon l'OCDE, ce taux &#233;tait de 8,1% aux Etats-Unis la m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 3 : Ratio entre l'imp&#244;t des particuliers et le PIB, Qu&#233;bec et Canada, 2009&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1582 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Tableau_3.png?1582/9cfb98f62ec73eb36fc95f6607bc5ef129354f3ae9fe18baa9210f4baa6fbe36&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 23.7 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/Tableau_3-270a7-ee915.png?1781537950' width='150' height='109' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sources : Statistique Canada, CANSIM, Tableau 385-0001 et Tableaux de donn&#233;es des comptes &#233;conomiques territoriaux et provinciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le signale aussi M. Dubuc, le Qu&#233;bec aurait donc des imp&#244;ts plus &#233;lev&#233;s que la Norv&#232;ge (10,3%) &#8211; il parle aussi de la Su&#232;de, mais toujours selon les chiffres de l'OCDE, en 2009, les Su&#233;dois &#233;taient l&#233;g&#232;rement au-dessus du Qu&#233;bec (13,4%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attendez, la Norv&#232;ge et la Su&#232;de ? Ces pays qui dans tous nos cas-types sont syst&#233;matiquement plus tax&#233;s que chez nous, et ce de plusieurs points ? &#201;trange non ? M&#234;me l'Allemagne obtient 9,5% selon l'OCDE &#224; quelques pas des Etats-Unis, alors qu'ils sont, avec le Danemark (26,3%), syst&#233;matiquement en bas de la liste de nos exemples-types, imposant un c&#233;libataire faisant 167% du revenu moyen &#224; 44% de son revenu (pr&#232;s de 15% de plus que chez nous !). Ils seraient donc moins impos&#233;s que nous ? &#192; l'inverse, la Nouvelle-Z&#233;lande, qui est un mod&#232;le de libert&#233; &#233;conomique &#8211; lire ici, entre autres, de bas taux d'imposition &#8211; selon le Economic Freedom Index du Fraser Institute, a un ratio imp&#244;t/PIB de 13%, soit un taux sup&#233;rieur &#224; celui du Qu&#233;bec. Pourtant, son taux d'imposition marginal maximal est &#224; 33% alors que celui du Qu&#233;bec est &#224; 53%. Les taux marginaux sont loin d'&#234;tre tout, mais une si importante diff&#233;rence devrait avoir une cons&#233;quence, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui peut expliquer ces situations ? Simplement le fait &#8211; oblit&#233;r&#233; par des pr&#233;sentations simplistes &#8211; qu'il n'y pas de lien causal direct entre le paiement des imp&#244;ts et la taille du PIB ; le lien est indirect et multifactoriel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PIB est un agr&#233;gat et une s&#233;rie de facteurs peuvent causer des variations d'un pays &#224; l'autre. D'abord, la productivit&#233; &#233;conomique qui n'est pas li&#233;e automatiquement aux salaires, ce qui explique une partie du cas Allemand. Les Allemands sont tr&#232;s tax&#233;s, mais leur &#233;conomie produit tellement de richesses que quand on compare le PIB avec les imp&#244;ts per&#231;us on a l'impression qu'ils le sont assez peu. Cependant, cela ne veut pas dire que les imp&#244;ts ne grugent pas une part tr&#232;s importante de leurs revenus personnels. Une simple comparaison du rapport imp&#244;ts/PIB occulte compl&#232;tement cette r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre variation qui influe sur le r&#233;sultat : la part des services qui sont offerts sans que du profit soit r&#233;alis&#233;. Voil&#224; qui d&#233;savantage de petits &#201;tats ayant d'importants services publics gratuits (comme le Danemark ou le Qu&#233;bec) en diminuant artificiellement leur PIB en comparaison avec les autres pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me chose pour la part de production de valeur qui n'est pas li&#233;e au travail (et donc &#224; l'augmentation des revenus personnels) dans le PIB. Cela donne un PIB plus grand sans pour autant qu'il y ait plus de revenus pour payer de l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne signifie pas que le ratio de l'imp&#244;t personnel sur le PIB n'est pas utile. Il peut nous donner une id&#233;e de la situation et ouvrir des pistes de recherche. Cependant, sur des comparatifs entre &#201;tats il trouve rapidement ses limites. Dans ce cas, il est bien t&#233;m&#233;raire d'affirmer que les Qu&#233;b&#233;cois-es sont les plus impos&#233;s en Am&#233;rique du Nord sur la simple diff&#233;rence de 0,54% de ce taux entre le Qu&#233;bec et le Canada. &#192; une si br&#232;ve distance, le taux pourrait bien changer de c&#244;t&#233; l'an prochain et toute l'hypoth&#232;se s'effondrerait. Sur cette seule base, il semble plus prudent de dire que les taux d'imposition sont tr&#232;s proches et comparables, ce que nous soutenons dans notre note. &#192; notre avis, la m&#233;thode comparative que nous avons emprunt&#233;e &#224; l'OCDE nous semble plus porteuse et plus pr&#233;cise pour se donner une id&#233;e de ce que la plupart des m&#233;nages paient effectivement en imp&#244;t au Qu&#233;bec, au Canada et aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les arguments utilis&#233;s pour attaquer et parfois vilipender notre note ne nous convainquent pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Qu&#233;b&#233;cois&#183;es : les plus impos&#233;&#183;es en Am&#233;rique du Nord ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-Quebecois-es-les-plus-impose-es-en-Amerique-du-Nord</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-Quebecois-es-les-plus-impose-es-en-Amerique-du-Nord</guid>
		<dc:date>2013-03-05T09:32:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Fortier, Simon Tremblay-Pepin</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-03-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On entend dire fr&#233;quemment que le fardeau fiscal des Qu&#233;b&#233;cois-es est trop lourd, et que le Qu&#233;bec serait le territoire ayant les taux d'imposition les plus &#233;lev&#233;s en Am&#233;rique du Nord. L'Institut de recherche et d'informations socio&#233;conomiques (IRIS) a souhait&#233;, dans cette note, v&#233;rifier la v&#233;racit&#233; de cette affirmation souvent pr&#233;sent&#233;e comme une &#233;vidence. Pour ce faire, nous comparerons l'imposition de diff&#233;rents m&#233;nages types au Qu&#233;bec et dans d'autres &#201;tats &#224; travers le monde pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Quebec-" rel="directory"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Fiscalite-+" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-03-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-03-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton13312-d471e.jpg?1781632521' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On entend dire fr&#233;quemment que le fardeau fiscal des Qu&#233;b&#233;cois-es est trop lourd, et que le Qu&#233;bec serait le territoire ayant les taux d'imposition les plus &#233;lev&#233;s en Am&#233;rique du Nord. L'Institut de recherche et d'informations socio&#233;conomiques (IRIS) a souhait&#233;, dans cette note, v&#233;rifier la v&#233;racit&#233; de cette affirmation souvent pr&#233;sent&#233;e comme une &#233;vidence. Pour ce faire, nous comparerons l'imposition de diff&#233;rents m&#233;nages types au Qu&#233;bec et dans d'autres &#201;tats &#224; travers le monde pour ensuite jeter un oeil sur l'&#233;volution de la fiscalit&#233; des particuliers au Qu&#233;bec depuis trente ans (1).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant d'&#233;tudier l'&#233;volution de la fiscalit&#233; des particuliers et de la comparer &#224; celle d'autres pays, il n'est pas mauvais de situer ce que rapporte cette fiscalit&#233; aux deux paliers de gouvernement concern&#233;s. Le graphique 1 montre que la fiscalit&#233; des particuliers est une part importante des revenus des deux paliers de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une confusion r&#233;pandue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, ceux et celles qui affirment que le taux d'imposition est tr&#232;s &#233;lev&#233; au Qu&#233;bec additionnent simplement les taux d'imposition des paliers de Qu&#233;bec et d'Ottawa, ce qui donne des taux d'imposition des Qu&#233;b&#233;cois&#183;es variant entre 31 % et 53 %. Or, ces chiffres n'ont rien &#224; voir avec ce que les contribuables paient en imp&#244;t. Par exemple, il est strictement impossible au Qu&#233;bec pour un individu de voir l'ensemble de ses gains impos&#233;s &#224; plus de 50 %. En effet, il y a une diff&#233;rence importante entre le taux th&#233;orique que sugg&#232;re cette simple addition (le &#171; taux marginal &#187;) et la charge fiscale nette des individus et des m&#233;nages (le &#171; taux effectif &#187;). Il y a plusieurs &#233;l&#233;ments fiscaux &#224; prendre en compte afin de bien distinguer ces deux taux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1558 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_1-2.png?1558/5245a5921c459a36590ca7f83f8c65946374cc4a8e94ea70c18cab02f027a749&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 48.8 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L87xH150/IRIS_graphique_1-2-2c80e-2c43b.png?1781212183' width='87' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'abord, le taux marginal est le taux d'imposition sur le dernier dollar impos&#233;, et non sur l'ensemble des revenus. Notre r&#233;gime fiscal fonctionne par paliers : chaque contribuable voit ses 40 000 $ premiers dollars de revenu impos&#233;s &#224; un taux tr&#232;s bas, m&#234;me s'il fait 200 000 $ en revenu total. Donc, m&#234;me si son dernier dollar est impos&#233; &#224; 50 %, il se peut bien que l'ensemble de ses revenus soit impos&#233; plut&#244;t &#224; un taux avoisinant les 20 %. C'est ce qu'on appelle l'imp&#244;t progressif. &#192; l'oppos&#233;, les taxes et les tarifs, dont la charge proportionnelle au revenu d'un individu ou d'un m&#233;nage diminue &#224; mesure que ses revenus augmentent, sont des modes de perception &#171; r&#233;gressifs &#187;. Par exemple, si on demande &#224; tous les m&#233;nages de payer 200 $, un m&#233;nage au revenu moyen sacrifie une plus grosse part de ses revenus pour le faire qu'un m&#233;nage plus riche.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1559 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_2.png?1559/294443967ac0760e4a4e5e7a3329f16345be2e41d35676773e6ad84dc78a282b&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 32.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/IRIS_graphique_2-cab7c-64a51.png?1781092596' width='150' height='93' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il faut prendre en consid&#233;ration le nombre imposant de cr&#233;dits et d'all&#232;gements fiscaux qui viennent &#233;galement r&#233;duire le revenu imposable, et ce principalement pour les revenus les plus &#233;lev&#233;s comme le montre le graphique 2. Enfin, il est n&#233;cessaire de tenir compte du statut des m&#233;nages (le fait d'&#234;tre c&#233;libataire ou en couple, avec ou sans enfant) pour bien comprendre le v&#233;ritable taux d'imposition, que nous appelons dans cette note la &#171; charge fiscale nette &#187;. Une fois ces facteurs pris en compte, l'examen de l'ensemble de la r&#233;alit&#233; fiscale au Qu&#233;bec donne &#224; l'affirmation comme quoi nous serions les plus impos&#233;s en Am&#233;rique du Nord l'apparence d'un slogan plut&#244;t que d'un fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re partie : comparaison entre le Qu&#233;bec et d'autres r&#233;gimes fiscaux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;thodologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'&#233;tablir une analyse comparative de la charge fiscale nette au Qu&#233;bec par rapport &#224; d'autres r&#233;gimes fiscaux, il est imp&#233;ratif d'&#233;laborer une m&#233;thodologie qui nous permette de faire cette comparaison sur des bases communes (2). Nous comparerons le Qu&#233;bec aux pays du G7 (&#201;tats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada (3)), aux pays scandinaves (Danemark, Norv&#232;ge, Finlande et Su&#232;de), qui sont souvent inclus dans le d&#233;bat sur la fiscalit&#233; au Qu&#233;bec comme pays de r&#233;f&#233;rence, et finalement &#224; l'Australie dont le PIB per capita est semblable &#224; celui du Qu&#233;bec (4). Afin de bien comparer la charge fiscale nette de ces pays et du Qu&#233;bec, nous empruntons les cas de m&#233;nages types d&#233;finis par l'OCDE (5). La cat&#233;gorisation des m&#233;nages types se fait selon la composition des m&#233;nages &#8211; c&#233;libataire avec ou sans enfants, couple avec ou sans enfant &#8211; et selon leur salaire (6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons emprunt&#233; la m&#233;thodologie de l'OCDE pour d&#233;terminer le salaire moyen au Qu&#233;bec sur les m&#234;mes bases que pour les pays de r&#233;f&#233;rence (7). Selon ce calcul, le salaire moyen annuel au Qu&#233;bec pour 2011 est estim&#233; &#224; 43 710 $. Pour le calcul de la charge fiscale qu&#233;b&#233;coise (8), nous consid&#233;rons l'imp&#244;t provincial et f&#233;d&#233;ral en y incluant certains cr&#233;dits d'imp&#244;t et cotisations obligatoires pour le Qu&#233;bec (9). De plus, il est n&#233;cessaire d'int&#233;grer au calcul les principaux cr&#233;dits d'imp&#244;t remboursables ainsi que les prestations et certaines mesures de soutien particuli&#232;res. On obtient ainsi la charge fiscale nette au Qu&#233;bec pour tous les m&#233;nages soumis &#224; cette analyse comparative (10). Il est &#233;galement &#224; noter que nous n'avons pas cr&#233;&#233; de cas type ayant droit &#224; des cr&#233;dits d'imp&#244;t non remboursables. Par cons&#233;quent, les donn&#233;es que nous obtenons ici repr&#233;sentent la charge fiscale nette maximale pouvant incomber aux m&#233;nages &#233;tudi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1560 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_3.png?1560/b1b8e4beb0944a2e4a203dd984ddb72fdf2b7b19675199332561695772bc3711&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 21.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/IRIS_graphique_3-dfb47-d4ce8.png?1781212183' width='150' height='90' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1561 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_4.png?1561/e0f77deed41793d2b5de6b388c90dbf671e6fb7995c616bb1d2b6a6b550a846d&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 20.6 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L64xH64/png-a88b2.svg?1781154732' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1563 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_5.png?1563/6ed9b9daeed5b95f4f5dd4ed89a416c9fe89cf23b6b8ce290515e2d2e97f21be&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 20.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L64xH64/png-a88b2.svg?1781154732' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les c&#233;libataires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous remarquons dans un premier temps avec l'analyse des m&#233;nages types des c&#233;libataires (graphiques 3, 4 et 5), c'est que le Qu&#233;bec impose peu les c&#233;libataires gagnant les deux tiers du salaire moyen (29 285 $ par ann&#233;e). &#192; 17 % de charge fiscale nette, ce cas type pr&#233;sente le deuxi&#232;me plus bas taux d'imposition, juste apr&#232;s l'Australie dont le taux est inf&#233;rieur &#224; celui du Canada et des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le positionnement change lorsque l'analyse porte sur les c&#233;libataires gagnant soit le salaire moyen (43 710 $ au Qu&#233;bec), soit 167 % du salaire moyen (72 995 $). Le Qu&#233;bec se positionne alors aux 7e et 6e rangs respectivement pour la plus faible charge fiscale. S'en d&#233;gage un premier &#233;l&#233;ment d'analyse de la situation qu&#233;b&#233;coise : la progressivit&#233; de notre charge fiscale se fait davantage en fonction du revenu brut de travail que dans les autres r&#233;gimes fiscaux &#233;tudi&#233;s (11). L'&#233;cart entre le pourcentage de la charge fiscale nette d'une personne gagnant les deux tiers du salaire moyen et celui des deux autres cas types est plus important au Qu&#233;bec que dans les autres pays analys&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, la diff&#233;rence au Qu&#233;bec entre la charge fiscale de la personne gagnant 29 285 $ et celle gagnant 72 995 $ est de 13 % tandis que cette diff&#233;rence au Canada et aux &#201;tats-Unis est respectivement de 9 % et de 10 %. Cette diff&#233;rence avec le Canada est attribuable &#224; certains soutiens contenus dans la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise, dont le cr&#233;dit pour personne vivant seule, ainsi qu'&#224; des cr&#233;dits d'imp&#244;t remboursables plus &#233;lev&#233;s tels que le cr&#233;dit sur l'imp&#244;t foncier (maintenant inclus dans le cr&#233;dit d'imp&#244;t pour solidarit&#233;) et le cr&#233;dit de TVQ ; tous deux offrent des montants maximums plus &#233;lev&#233;s que dans la plupart des autres provinces canadiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permet aux personnes ayant des revenus inf&#233;rieurs &#224; la moyenne provinciale d'&#234;tre plus avantag&#233;es au Qu&#233;bec que dans d'autres provinces et territoires canadiens. Par contre, ces personnes subissent plus fortement les hausses de taxes et tarifs observ&#233;es dans les derni&#232;res ann&#233;es au Qu&#233;bec et qui sont plus &#233;lev&#233;es que dans la majorit&#233; de l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les familles et les couples&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement pour les familles que le Qu&#233;bec se distingue le plus au niveau de la charge fiscale nette. Pour l'ensemble des cas &#233;tudi&#233;s, le Qu&#233;bec affiche des charges plus basses que la grande majorit&#233; des pays analys&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1564 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_6.png?1564/56fb9d75b67e3245bbe08e9f53b423062665fbbc5c269dc707e4d99cf2637e5b&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 23.2 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH145/IRIS_graphique_6-a22d9-05709.png?1781212183' width='150' height='145' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit au graphique 6, les familles monoparentales avec un salaire annuel de 29 285 $ obtiennent par le biais de l'imp&#244;t un suppl&#233;ment important &#224; leurs revenus. Ce suppl&#233;ment est apport&#233; par les politiques de soutien aux familles, qui sont plus g&#233;n&#233;reuses au Qu&#233;bec que dans les autres pays. C'est ce qui explique &#233;galement la charge fiscale nulle pour un couple avec un seul salaire de 43 710 $, comme le montre le graphique 7. Le Qu&#233;bec pr&#233;sente un avantage fiscal majeur pour ces familles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1565 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_rgaphique_7.png?1565/27a04d6fb2a713e1770adbad119a29fa98d463aed9fb4bc43ac1c528e8696e8a&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 21.8 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH140/IRIS_rgaphique_7-97818-fe461.png?1781212183' width='150' height='140' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me pour les m&#233;nages &#224; salaire plus &#233;lev&#233; pr&#233;sent&#233;s aux graphiques 8 et 9, la charge fiscale nette des familles en question n'est pas vraiment plus &#233;lev&#233;e au Qu&#233;bec qu'au Canada et aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1567 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_8.png?1567/cb3fa262211ba8cef423a37ad9427d2ba61e0e3b661d8ea2342a4ab407c155b0&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 23.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH143/IRIS_graphique_8-3e9a5-8f31f.png?1781212183' width='150' height='143' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1568 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_9.png?1568/b0befe74a373265d7057029c9f40be4edc6ffd07de73609fb20b459e8be0644c&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 23.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH145/IRIS_graphique_9-6aff1-8a36b.png?1781212183' width='150' height='145' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En effet, les diff&#233;rences avec ces pays oscillent entre 0,5 % et 2 %, parfois &#224; l'avantage du Qu&#233;bec, parfois &#224; l'avantage du Canada ou des &#201;tats-Unis. Une situation bien diff&#233;rente du cas des personnes c&#233;libataires dont le taux d'imposition varie beaucoup au Qu&#233;bec suivant leur revenu. Comme le montre le tableau 1, cette diff&#233;rence s'explique principalement par les politiques fiscales dans le cas des familles avec enfants, qui constituent une grande part de la population.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1570 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_tableau_1.png?1570/1e70d1ace65efafb3ef9e694439e80a47a51d20592996ddcc436efc3a5b90902&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 44.5 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH63/IRIS_tableau_1-9f051-5106d.png?1781212183' width='150' height='63' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce facteur explique &#233;galement, comme l'illustre le graphique 10, la charge nette fiscale plus importante pour un couple sans enfant (bien que cette diff&#233;rence ne d&#233;passe pas 3 % en regard de la situation au Canada et aux &#201;tats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1569 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_10.png?1569/d3c90b6a783d615e558a7a58f46f82b7c937839da75c28797c74c1770f29662e&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 22.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH140/IRIS_graphique_10-b218a-06163.png?1781212183' width='150' height='140' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'analyse des diff&#233;rents cas types nous permet de voir que le Qu&#233;bec n'est pas, au final, le territoire le plus impos&#233; en Am&#233;rique du Nord et affiche, au contraire, des charges fiscales nettes plus basses que la majorit&#233; des pays du G7, de l'Australie et des pays scandinaves. Dans plusieurs cas (personne vivant seule avec un salaire de 29 285 $ avec ou sans enfant et couple avec deux enfants gagnant 43 710 $), la charge fiscale qu&#233;b&#233;coise est nettement plus basse qu'aux &#201;tats-Unis et au Canada. Dans les deux autres cas types de m&#233;nages avec ou sans enfant &#233;tudi&#233;s, la diff&#233;rence entre le Qu&#233;bec et ses deux voisins n'est pas notable. C'est seulement pour les personnes vivant seules et ayant un salaire &#233;lev&#233; que le Qu&#233;bec se d&#233;marque significativement du Canada et des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de donner un chiffre pr&#233;cis sur quelle part de la population a un taux d'imposition effectif plus bas que les &#201;tats- Unis ou le Canada, car les situations d'imposition diff&#232;rent beaucoup d'un cas &#224; l'autre. Cependant, il est certain qu'il s'agit de la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois&#183;es. En effet, comme nous l'avons vu, avec un salaire de 29 285 $ une personne seule est moins impos&#233;e qu'au Canada ou aux &#201;tats-Unis. De la m&#234;me fa&#231;on, &#224; 72 995 $ une famille a un taux d'imposition &#233;quivalent &#224; celui du Canada et des &#201;tats-Unis. Or, la m&#233;diane des revenus au Qu&#233;bec est soit semblable soit inf&#233;rieure &#224; ces montants (12), ce qui signifie que 50 % de la population fait un revenu moins &#233;lev&#233; que ce montant et a donc un taux d'imposition plus bas ou &#233;gal au Canada et aux &#201;tats-Unis. Il est donc faux de pr&#233;tendre que le Qu&#233;bec est le territoire le plus impos&#233; en Am&#233;rique du Nord. Par contre, comme nous l'avons soulign&#233; ailleurs (13), la d&#233;cision politique prise ces derni&#232;res ann&#233;es d'opter pour des hausses de taxes et tarifs alourdit la charge impos&#233;e des personnes plus d&#233;munies et des familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me partie : L'&#233;volution de la fiscalit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois&#183;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;thodologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison de notre r&#233;gime fiscal avec ceux d'autres territoires ne nous informe pas de la fa&#231;on dont celui-ci a &#233;volu&#233; dans le temps. Dans cette deuxi&#232;me partie, nous tenterons de r&#233;sumer l'&#233;volution du taux d'imposition des Qu&#233;b&#233;cois&#183;es sur trente ans (de 1980 &#224; 2010). Il est important de mentionner que la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise a connu un nombre important de transitions pendant cette p&#233;riode. Par exemple, avant 1988 le syst&#232;me fiscal qu&#233;b&#233;cois comprenait 16 paliers d'imposition variant de 13 % &#224; 28 %. Apr&#232;s la r&#233;forme de 1988, il n'en comprenait plus que cinq, compris entre 16 % et 24 %. Enfin, une nouvelle r&#233;forme apport&#233;e en 1998 n'en a laiss&#233; que trois, &#233;chelonn&#233;s de 20 % &#224; 26 % (14). De 1998 &#224; 2008, la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise a donc connu d'importantes r&#233;formes de ses paliers d'imposition, qui ont men&#233; &#224; des pertes de revenus consid&#233;rables pour le gouvernement (15). En 2013, un quatri&#232;me palier a &#233;t&#233; ajout&#233;, et les taux varient maintenant de 16 % &#224; 25,75 % (16).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la section pr&#233;c&#233;dente, il ne sera pas question ici de m&#233;nages types. On &#233;valuera plut&#244;t comment la charge fiscale moyenne du f&#233;d&#233;ral et du provincial a des effets sur les diff&#233;rents niveaux de revenu de la population qu&#233;b&#233;coise. Ainsi, nous partagerons aux fins de cette analyse la population en cinq groupes &#233;gaux comprenant chacun 20 % de la population et ordonn&#233;s par revenus. Ces groupes, que nous appellerons quintiles, iront donc du quintile inf&#233;rieur (le plus pauvre) au quintile sup&#233;rieur (le plus riche). Nous essaierons ainsi de voir quelle part de la population a &#233;t&#233; favoris&#233;e par l'&#233;volution des revenus et de l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Part des revenus et part de l'imp&#244;t&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;buter, il nous faut regarder l'&#233;volution du partage des revenus entre les diff&#233;rents quintiles. Le graphique 11 permet de constater la part de l'ensemble des gains des Qu&#233;b&#233;cois&#183;es que s'approprient les diff&#233;rents quintiles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1571 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_11.png?1571/755de5de4cb897325c2627dcaf989d6ee59ac247f31b33541e0b2c3cfdb80c68&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 30.6 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L132xH150/IRIS_graphique_11-3d839-0314e.png?1781212183' width='132' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le voit, le quintile sup&#233;rieur voit sa part du revenu total &#233;voluer de fa&#231;on importante, passant de 45 % &#224; 52 % des revenus. Les 20 % des personnes les plus riches concentrent donc en leurs mains plus de 50 % de la richesse totale. &#192; l'inverse, tous les autres quintiles ont vu leur part descendre ou stagner depuis 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui permet de r&#233;&#233;quilibrer cette situation, c'est l'intervention de l'&#201;tat. Le graphique 12 pr&#233;sente la part du total de l'imp&#244;t (f&#233;d&#233;ral et provincial) pay&#233; par les Qu&#233;b&#233;cois&#183;es de chacun des quintiles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1572 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_12.png?1572/b3aa428c77a928e57c7f726450f4ccffa5b537439ed43800f41a0926f6f1fa05&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 31.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L134xH150/IRIS_graphique_12-de203-01dc8.png?1781212183' width='134' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la part du revenu du quintile le plus riche a augment&#233;, la part d'imp&#244;t qu'il paie a cr&#251; elle aussi. Leur croissance a d'ailleurs suivi un rythme similaire. La part du revenu total d&#233;tenue par les 20% de la population ayant les plus hauts revenus a augment&#233; de 6 points de pourcentage tandis que leur part de l'imp&#244;t global augmentait de 7 points de pourcentage. &#192; premi&#232;re vue, cette situation peut nous para&#238;tre juste : les riches s'enrichissent, mais paient &#233;galement une part grandissante de l'imp&#244;t. La richesse serait donc redistribu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la part de l'imp&#244;t total pay&#233; n'indique pas quelle part de son revenu on consacre au paiement de l'imp&#244;t. Si le gouvernement per&#231;oit moins d'imp&#244;t relativement &#224; la richesse produite, les riches peuvent payer une plus grande part des imp&#244;ts totaux tout en consacrant une plus petite part de leur revenu &#224; le faire. Le graphique 13 met en lumi&#232;re dans quelle mesure les diff&#233;rents quintiles ont pay&#233; plus ou moins d'imp&#244;ts en regard de leurs revenus au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es. Si l'on ne regarde que les ann&#233;es 1980 et 2010, le taux d'imposition effectif du cinqui&#232;me quintile est redevenu exactement le m&#234;me. Le trois quintiles du centre ont connu, eux, une l&#233;g&#232;re diminution de leur taux d'imposition, tandis que le premier quintile aurait connu une hausse importante. Statistique Canada nous met cependant en garde contre l'usage des donn&#233;es concernant ce quintile, souvent fauss&#233;es du fait que plusieurs postes de revenu sont nuls pour cette part de la population.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1573 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_13.png?1573/3d0c2cb5a8d488869059d2d86e352f3d3874bbe9db3d3ca806b8966514a38b65&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 37.1 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L124xH150/IRIS_graphique_13-cdcdf-1c584.png?1781212183' width='124' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas pour autant que les taux d'imposition ont stagn&#233;. En effet, de 1980 &#224; 1998 le taux d'imposition de tous les quintiles avait augment&#233; consid&#233;rablement, en particulier pour les quatri&#232;me et cinqui&#232;me quintiles dont la charge fiscale a alors cru de 5 et 6 points de pourcentage respectivement. Mais les politiques fiscales mises en place de 1998 &#224; 2010 ont fait compl&#232;tement dispara&#238;tre cette hausse de l'imposition &#224; caract&#232;re progressiste pour nous ramener aux taux de 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chaque quintile regroupe des centaines de milliers de contribuables, il peut se trouver &#224; l'int&#233;rieur de ces ensembles des dynamiques in&#233;galitaires. Comme le montre le graphique 14, la perspective est tout autre lorsque qu'on isole les contribuables les plus fortun&#233;s au sein des 20 % ayant les plus hauts revenus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1574 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_14.png?1574/96756d1b8bb011de30c5622df4c883a917327c3460409a00e065ab53a4a2df75&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 29.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L149xH150/IRIS_graphique_14-cc9ad-33ae8.png?1781212183' width='149' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, les 10 %, 5 % et 1 % ayant les plus hauts revenus ont vu leur taux d'imposition effectif diminuer respectivement de trois, trois et quatre points de pourcentage de 1982 &#224; 2010. La courbe de leur taux d'imposition conna&#238;t une variation similaire &#224; celle de l'ensemble de leur quintile, sauf qu'au lieu de voir la p&#233;riode 1998 &#224; 2010 ramener leurs taux d'imposition au niveau du d&#233;but des ann&#233;es 1980, ils sont revenus quelques points en dessous de ce palier (17). Les politiques fiscales de la derni&#232;re d&#233;cennie ont donc favoris&#233; les plus hauts revenus parmi le quintile le plus riche. Cette conclusion n'est pas surprenante : des recherches pr&#233;c&#233;dentes sur le traitement fiscal des revenus &#233;lev&#233;s au Canada indiquent qu'apr&#232;s une p&#233;riode de meilleure r&#233;partition des revenus entre 1950 et 1980, les personnes les plus riches ont &#233;t&#233; autoris&#233;es &#224; s'accaparer davantage de richesse &#224; partir des derni&#232;res ann&#233;es du si&#232;cle dernier (18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander comment il se fait que le taux d'imposition des plus riches stagne ou diminue alors que la part de l'imp&#244;t qu'ils paient augmente. Tel que mentionn&#233; plus t&#244;t, cette situation tient &#224; ce que la croissance des recettes fiscales n'a pas suivi celle de l'&#233;conomie et des plus hauts revenus. C'est ce qu'on peut constater au graphique 15 qui illustre la variation du rapport entre le PIB et les recettes fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1575 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_15.png?1575/396e39d778bc601eceb044d2a1ec7b649009a6f6c9e2b1484be64581628835ce&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 22.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L142xH150/IRIS_graphique_15-aeb33-9fc78.png?1781212183' width='142' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De 1991 &#224; 2012, la part des recettes fiscales f&#233;d&#233;rales et provinciales est de plus en plus faible dans l'&#233;conomie canadienne. Cette diminution de 1,2 % peut sembler n&#233;gligeable, mais sur des montants aussi imposants que le PIB (pr&#232;s de 1 450 G$ en 2012, au Canada), on parle de plusieurs milliards de dollars. En effet, si les recettes fiscales f&#233;d&#233;rales et provinciales &#233;taient demeur&#233;es proportionnelles aux taux de 1991, elles seraient aujourd'hui sup&#233;rieures de plus de 19 G$.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'effet de l'imp&#244;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les imp&#244;ts ont pour fonction de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, il est l&#233;gitime de v&#233;rifier, sur une longue p&#233;riode, si cet objectif est atteint. Il est aussi important de se demander si le r&#233;gime fiscal actuel r&#233;ussit &#224; freiner la tendance &#224; l'accroissement des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le graphique 16 pr&#233;sente les variations de la part de revenus capt&#233;e par les diff&#233;rents quintiles, avant et apr&#232;s imp&#244;ts et transferts.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1576 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_16.png?1576/1041523f5a5a1fd571a0c9eb23be4847c07c340ed0532226b7e68c5645059601&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 38.6 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L114xH150/IRIS_graphique_16-a306d-f6429.png?1781212183' width='114' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, la pr&#233;sence de l'imp&#244;t et des transferts a pour effet, dans l'ensemble de la p&#233;riode &#233;tudi&#233;e, de r&#233;duire les revenus des deux quintiles les plus riches (en particulier le cinqui&#232;me) et d'augmenter les revenus des trois quintiles les plus pauvres (en particulier le premier et le deuxi&#232;me). L'imp&#244;t a donc effectivement un effet de redistribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, de 1980 &#224; 2010 le cinqui&#232;me quintile r&#233;ussit &#224; capter une part grandissante de revenus, m&#234;me apr&#232;s l'application de l'imp&#244;t et des transferts fiscaux vers les quintiles les plus pauvres. De la m&#234;me fa&#231;on, tous les autres quintiles ont vu l&#233;g&#232;rement baisser leur part du revenu total. Donc, malgr&#233; sa capacit&#233; &#224; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, le r&#233;gime fiscal actuel n'est pas en mesure d'en freiner l'accroissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cette r&#233;alit&#233; se traduit-elle en dollars ? C'est ce qu'on peut constater avec les trac&#233;s des revenus moyens avant et apr&#232;s imp&#244;ts au graphique 17.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1577 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_graphique_17.png?1577/f0be5d0e3099ccb8297f421b80ae82103cdcefad3b19ef105243b04c4df6de9e&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 41.5 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/IRIS_graphique_17-72270-f2703.png?1781212183' width='116' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avant imp&#244;t, on constate que les quatre premiers quintiles voient leurs revenus diminuer, alors que le quintile sup&#233;rieur les voit cro&#238;tre de fa&#231;on importante. Si les revenus moyens des trois quintiles inf&#233;rieurs sont plus &#233;lev&#233;s apr&#232;s imp&#244;ts, leur progression ne diff&#232;re pas beaucoup de 1980 &#224; 2010. Au lieu d'une diminution, on peut parler d'une relative stagnation face au co&#251;t de la vie. Le quatri&#232;me quintile voit ses revenus l&#233;g&#232;rement r&#233;duits par l'effet des imp&#244;ts et transferts, mais ils demeurent relativement stables entre 1980 et 2010. Le quintile sup&#233;rieur voit son revenu diminuer substantiellement du fait de l'imp&#244;t, cependant son revenu conna&#238;t &#233;galement une imposante croissance de 16 % en dollars constants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, l'imp&#244;t que les Qu&#233;b&#233;cois&#183;es paient aux deux paliers de gouvernement permet de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s de revenus. Cependant, l'effet redistributif de l'imp&#244;t ne permet pas de freiner la tendance d'une hausse de revenus pour les plus riches, alors que les 80 % restant de la soci&#233;t&#233; voient plut&#244;t leurs revenus stagner ou diminuer. Cette tendance est d'autant plus marqu&#233;e depuis la fin des ann&#233;es 1990 alors que le taux d'imposition effectif des plus fortun&#233;s a grandement diminu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous venons de le voir, le portrait qui se d&#233;gage d'une &#233;tude approfondie de la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise est bien diff&#233;rent de celui associ&#233; &#224; certains pr&#233;jug&#233;s tenaces. En effet, les Qu&#233;b&#233;cois&#183;es ne sont pas la population la plus impos&#233;e au monde ou m&#234;me en Am&#233;rique du Nord. La majorit&#233; des contribuables sont en fait moins ou autant impos&#233;s qu'ils ne le seraient aux &#201;tats-Unis ou dans le reste du Canada. Voil&#224; qui met un b&#233;mol important au discours pr&#233;conisant plus de comp&#233;titivit&#233; fiscale au Qu&#233;bec. Parmi les 13 pays de l'OCDE, la charge fiscale de nos diff&#233;rentes cat&#233;gories de contribuables ne d&#233;passe jamais le 7e rang. Comment dans ces conditions affirmer que le Qu&#233;bec fait figure d'exception en imposant trop lourdement ses contribuables ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1578 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_tableau_2.png?1578/924145a77cb61fc58c116389f5cea21d74416391b0430c71484536727af09e84&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 19.8 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/IRIS_tableau_2-313f2-fc88b.png?1781212183' width='150' height='90' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'&#233;volution de la fiscalit&#233; au Qu&#233;bec nous montre que les plus hauts revenus ont vu baisser leurs taux d'imposition depuis la fin des ann&#233;es 1990. Si l'action de l'imp&#244;t vient diminuer le revenu des plus riche et hausser celui de plus pauvres, il n'a pas pour autant r&#233;ussi &#224; freiner la tendance &#224; l'&#233;largissement des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces perspectives donnent beaucoup plus de marge de manoeuvre au gouvernement qu'on ne l'admet g&#233;n&#233;ralement. Non seulement la fiscalit&#233; provinciale et f&#233;d&#233;rale pourrait-elle reprendre plus d'importance dans le PIB &#8211; ce qui aurait pour effet de fournir &#224; leurs tr&#233;sors respectifs un total de 19 G$ suppl&#233;mentaires &#8211; mais il serait &#233;galement possible d'imposer davantage les contribuables aux revenus les plus &#233;lev&#233;s, en particulier les 10 % les plus riches qui ont vu leurs taux d'imposition diminuer de 3 % depuis 1980, alors que leurs revenus ont consid&#233;rablement augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous avons d&#233;j&#224; propos&#233; ailleurs d'aller chercher davantage de revenus pour le gouvernement par le retour &#224; un syst&#232;me de paliers d'imposition plus nombreux (20). Le tableau 2 pr&#233;sente l'&#233;chelonnement que nous proposions, lequel nous permettait d'augmenter de 1,3 G$ les revenus du gouvernement du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit avec une augmentation du nombre de paliers ou une r&#233;duction des d&#233;ductions fiscales, il est donc fort possible pour le gouvernement d'augmenter sa marge de man&#339;uvre gr&#226;ce &#224; la fiscalit&#233; des particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 L'analyse de la fiscalit&#233; des particuliers au Qu&#233;bec fait suite &#224; une demande de consultation externe pr&#233;sent&#233;e &#224; l'IRIS par le Comit&#233; consultatif de lutte contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Pour ce faire nous empruntons la m&#233;thodologie d&#233;velopp&#233;e par Luc Godbout, Suzie St-Cerny et Chantal Amiot, que nous avons adapt&#233;e &#224; la derni&#232;re ann&#233;e d'imposition disponible, soit 2011. Godbout , Luc, Suzie St-Cern y et Chantal Amiot . Ann&#233;e d'imposition 2008 : Une charge fiscale nette plus faible et des imp&#244;ts sur le revenu plus &#233;lev&#233;s qu'ailleurs, est-ce possible ?, Chaire de recherche en fiscalit&#233; et finances publiques, Universit&#233; de Sherbrooke, 17 mars 2010. Cette m&#233;thodologie est bas&#233;e en majeure partie sur celle de l'OCDE : OCDE, Les imp&#244;ts sur les salaires &#8211; &#233;dition 2007-2008, 2009, p. 442 et s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Le calcul de l'OCDE inclut le Qu&#233;bec dans le calcul de la fiscalit&#233; du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Pour &#233;tudier nomm&#233;ment la situation de l'Am&#233;rique du Nord, il aurait fallu ajouter le Mexique. Or, ce pays n'est pas dans une situation &#233;conomique comparable aux autres territoires &#233;tudi&#233;s. De plus, les donn&#233;es de l'OCDE nous informent que ses taux sont de plusieurs points inf&#233;rieurs &#224; ceux des autres territoires nord-am&#233;ricains faisant l'objet de notre analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 OCDE, portail statistique : Imp&#244;t sur le revenu et cotisations de s&#233;curit&#233; sociale salariales, &lt;a href=&#034;http://stats.oecd.org/Index.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://stats.oecd.org/Index.aspx&lt;/a&gt; ?DataSetCode=AWCO MP&amp;Lang=fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Il est &#224; noter que la seule source de revenu qui est prise en compte pour le revenu total des diff&#233;rents cas types soumis &#224; l'&#233;tude dans cette note sont des revenus provenant d'un travail salari&#233; et que ces cas types ne poss&#232;dent donc aucun autre revenu que celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Godbout , Luc, Suzie St-Cern y et Chantal Amiot . Ann&#233;e d'imposition 2008 : Une charge fiscale nette plus faible et des imp&#244;ts sur le revenu plus &#233;lev&#233;s qu'ailleurs, est-ce possible ?, Chaire de recherche en fiscalit&#233; et finances publiques, Universit&#233; de Sherbrooke, 17 mars 2010, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Nous reprenons ici les &#233;l&#233;ments de calcul d&#233;finis dans Godbout , Luc, Suzie St-Cern y et Chantal Amiot . Ann&#233;e d'imposition 2008 : Une charge fiscale nette plus faible et des imp&#244;ts sur le revenu plus &#233;lev&#233;s qu'ailleurs, est-ce possible ?, Chaire de recherche en fiscalit&#233; et finances publiques, Universit&#233; de Sherbrooke, 17 mars 2010, p. 26-27.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Il s'agit des cr&#233;dits suivants :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; cr&#233;dit personnel (f&#233;d&#233;ral et Qu&#233;bec) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; cr&#233;dit pour &#233;quivalent de conjoint (f&#233;d&#233;ral) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; cr&#233;dit pour personne vivant seule (Qu&#233;bec) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; cotisations au RRQ (f&#233;d&#233;ral et Qu&#233;bec) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; cotisation &#224; l'assurance-emploi (f&#233;d&#233;ral et Qu&#233;bec) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; cotisation au r&#233;gime qu&#233;b&#233;cois d'assurance parentale ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; prestation fiscale pour le revenu de travail (f&#233;d&#233;ral) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; prime au travail (Qu&#233;bec).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 Il s'agit des cr&#233;dits suivants :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; cr&#233;dit d'imp&#244;t remboursable pour la TPS ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; cr&#233;dit d'imp&#244;t remboursable pour la TVQ (pour la premi&#232;re moiti&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'ann&#233;e fiscale ; pour la seconde moiti&#233;, nous avons fait le calcul en&lt;br class='autobr' /&gt;
fonction du remboursement moyen du cr&#233;dit d'imp&#244;t pour solidarit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
ajust&#233; &#224; la situation de chacun des m&#233;nages) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; prestation fiscale pour enfants (f&#233;d&#233;ral) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;&#8226; soutien aux enfants (Qu&#233;bec).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Bien que nous ne puissions faire la comparaison avec des salaires plus &#233;lev&#233;s vu les limites des donn&#233;es fournies par l'OCDE, la tendance d&#233;gag&#233;e par la progression de la charge fiscale des trois cas types expos&#233;s laisse croire que les c&#233;libataires ayant de hauts revenus auraient une charge fiscale plus importante au Qu&#233;bec que dans le reste de l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 En 2010, le revenu m&#233;dian des personnes seules &#233;tait de 19 900$, des familles monoparentales de 30 600$ celui des couple sans enfants &#233;tait de 45 700$ et celui de couples avec enfants 74 700$. Institut de la statistique du Qu&#233;bec , Revenus, in&#233;galit&#233;s et fabiles revenus, Qu&#233;bec, 1996-2010, &lt;a href=&#034;http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/famls_mengs_&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/famls_mengs_&lt;/a&gt; niv_vie/revenus_depense/revenus/mod1_p_1_3_5_0.htm [consult&#233; le 25 f&#233;vrier 2013].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 Fortier , Francis, Cr&#233;dit d'imp&#244;t pour solidarit&#233; : une mesure de lutte contre la pauvret&#233;, IRIS, d&#233;cembre 2012, &lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/&lt;/a&gt; publications/cis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 LAMBERT, CHARRON et P&#201;AN, Le syst&#232;me fiscal qu&#233;b&#233;cois est-il vraiment progressiste ?, UQAM, juin 2000, tableaux 1 et 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 HURTEAU, Philippe, D'o&#249; vient la &#171; crise &#187; des finances publiques ?, IRIS, mars 2008, p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 REVENU QU&#201;BEC, Taux d'imposition, &lt;a href=&#034;http://www.revenuquebec.ca/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.revenuquebec.ca/fr/&lt;/a&gt; citoyen/impots/rens_comp/taux.aspx [Consult&#233; le 17 f&#233;vrier 2013].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 De plus, les donn&#233;es accessibles par quintiles nous laissent croire que si nous disposions des donn&#233;es jusqu'en 1980, l'&#233;cart serait encore plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 Yalni zyan , Armin, The Rise of Canada's Richest 1 %, CCPA, 2010, p. 22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 Malheureusement, les donn&#233;es de Statistique Canada pour ces revenus ne sont disponibles qu'&#224; partir de 1982.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 COUTURIER, HURTEAU et TREMBLAY-PEPIN, Budget 2010 : Comment financer les services publics, IRIS, mars 2010, p. 10.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les cerises, la m&#233;diane, la moyenne et une erreur</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-cerises-la-mediane-la-moyenne-et-une-erreur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-cerises-la-mediane-la-moyenne-et-une-erreur</guid>
		<dc:date>2013-03-05T09:29:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Fortier, Simon Tremblay-Pepin</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-03-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons re&#231;u beaucoup de r&#233;actions &#224; notre note d'hier. Il semble y avoir une certaine confusion quant &#224; la m&#233;thode employ&#233;e. Nous voulons y r&#233;agir tout de suite, pour &#233;viter que le d&#233;bat se fasse sur des choses qui n'existent pas. Nous nous concentrerons sur deux questions : ce que certaines personnes qualifient de cherry picking et le doute soulev&#233; par plusieurs comme quoi nos donn&#233;es ne couvriraient pas une part suffisamment grande de la population. De plus, une erreur s'est gliss&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Fiscalite-+" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-03-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-03-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton13302-990d7.jpg?1781632522' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons re&#231;u beaucoup de r&#233;actions &#224; notre note d'hier. Il semble y avoir une certaine confusion quant &#224; la m&#233;thode employ&#233;e. Nous voulons y r&#233;agir tout de suite, pour &#233;viter que le d&#233;bat se fasse sur des choses qui n'existent pas. Nous nous concentrerons sur deux questions : ce que certaines personnes qualifient de cherry picking et le doute soulev&#233; par plusieurs comme quoi nos donn&#233;es ne couvriraient pas une part suffisamment grande de la population. De plus, une erreur s'est gliss&#233;e dans un graphique ; bien qu'elle ne change pas la tendance observ&#233;e et renforce en fait nos conclusions, nous tenions &#224; la signaler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de l'IRIS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le temps des cerises&#8230; bien choisies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression cherry picking en anglais d&#233;signe l'action de choisir des cas individuels qui confortent nos donn&#233;es plut&#244;t que de montrer l'ensemble de la situation. Certaines personnes semblent croire que c'est ce que nous avons fait dans la premi&#232;re partie de notre &#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que dans cette partie nous avons repris la m&#233;thodologie que l'OCDE utilise pour comparer les diff&#233;rents taux d'imposition. Cette m&#233;thode nous impose &#224; la fois des m&#233;nages types et des donn&#233;es (comment calculer le salaire, les imp&#244;ts, les d&#233;ductions, les cotisations, etc.). Comme on peut le constater apr&#232;s une rapide v&#233;rification, nous avons publi&#233; dans notre note socio-&#233;conomique non pas des cas bien choisis qui conforteraient nos donn&#233;es, mais bien l'ensemble des m&#233;nages-types rendus disponibles par l'OCDE. Dans certains cas l'imp&#244;t est plus bas au Qu&#233;bec, parfois il est plus bas ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que nous avons fait, c'est de reproduire cette m&#233;thode pour le Qu&#233;bec et l'inclure dans le calcul. Il est un peu exag&#233;r&#233; de reprocher &#224; l'IRIS les choix m&#233;thodologiques fait par l'OCDE : tant sur la quantit&#233; de m&#233;nages-types que sur les aspects inclus dans la fiscalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salaire moyen et revenu m&#233;dian&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les donn&#233;es que l'OCDE nous oblige &#224; utiliser, il y a le salaire moyen. C'est-&#224;-dire qu'au lieu de prendre le revenu moyen (qui comprend des gens qui ne font pas de revenus), l'OCDE utilise, en gros, la moyenne des salaires de ceux et celles qui en re&#231;oivent. Pour fin de comparaison avec les autres pays de l'OCDE, nous avons suivi cette proc&#233;dure. Dans ce cas la moyenne est pertinente, car elle est un outil de comparaison entre diff&#233;rents cas et non une tentative de savoir quelle part de la population a un taux d'imposition de quel niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, pour se donner une id&#233;e de quelle portion de la population il est question (car c'est ce qui est toujours difficile d'&#233;valuer avec des m&#233;nages-types pr&#233;cis) nous avons compar&#233; ces montants &#224; la m&#233;diane des revenus des m&#233;nages comparables. La m&#233;diane est une mesure de tendance centrale diff&#233;rente de la moyenne, elle est la donn&#233;e au centre de la population &#233;tudi&#233;e, c'est donc dire que 50% des gens font un revenu moins &#233;lev&#233; que la m&#233;diane et 50% des gens font un revenu plus &#233;lev&#233; que la m&#233;diane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, comparer nos m&#233;nages-types &#224; la m&#233;diane nous permet d'avoir une id&#233;e de quelle part de la population fait des revenus &#233;quivalents ou inf&#233;rieurs &#224; nos exemples. Le tableau 1 r&#233;sume cette comparaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 1 : Revenu m&#233;dian des m&#233;nages et revenu de m&#233;nages-types utilis&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1556 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/IRIS_Tableau_1.jpg?1556/dd522a1dab9dd3f298c0b73c7855a3d5e302f468f43af70bf89a25cf7c780101&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 24.5 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/IRIS_Tableau_1-c6a2d-fdf43.jpg?1781154732' width='150' height='100' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Source : Institut de la statistique du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous constatons c'est que le revenu m&#233;dian au Qu&#233;bec arrive soit au m&#234;me niveau que les exemples que nous avons utilis&#233; ou bien largement en-de&#231;&#224; des exemples utilis&#233;s (qui repr&#233;sentent la presque totalit&#233; des m&#233;nages totaux selon Statistique Canada). Donc, au moins 50% de ces types de m&#233;nages ont des revenus &#233;gaux ou inf&#233;rieurs aux m&#233;nages &#233;tudi&#233;s. Or, tous ces m&#233;nages &#233;tudi&#233;s ont des taux d'imposition plus bas que le Canada ou les &#201;tats-Unis. Une exception, les couples sans enfants dont la charge fiscale nette est l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieure (1,25%) &#224; celle des Etats-Unis. Or, dans leur cas, la m&#233;diane est &#224; 13 000$ plus basse que le salaire moyen utilis&#233; dans notre m&#233;nage type, nous pouvons s&#233;rieusement envisager qu'une bonne part des m&#233;nages au revenu m&#233;dian et sous le revenu m&#233;dian aura un taux d'imposition plus bas que celui du m&#233;nage &#233;tudi&#233; (au Qu&#233;bec, si on ram&#232;ne leur salaire au salaire m&#233;dian, leur taux d'imposition diminue de 5%, mais il nous est impossible de dire ce qu'il en est au Canada et aux Etats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le niveau d'imposition tend &#224; baisser en fonction du revenu et comme le Qu&#233;bec impose moins les bas revenus (comme le montre la comparaison des graphiques 3, 6 et 7 de notre note avec les autres graphiques), cette moiti&#233; des m&#233;nages a des taux d'imposition soit similaires, soit inf&#233;rieurs &#224; ceux de nos voisins imm&#233;diats. Comment alors peut-on affirmer que les Qu&#233;b&#233;cois-es sont les plus impos&#233;s en Am&#233;rique du Nord si une majorit&#233; sont soit au m&#234;me niveau d'imposition, soit &#224; un niveau plus bas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre erreur beaucoup entendue sur les ondes : cela ne veut pas dire que 50% des contribuables sont plus impos&#233;s qu'aux Etats-Unis et au Canada. Il est &#233;vident que certains le sont et que d'autres non, mais il est impossible d'en situer les proportions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Erratum&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait n&#233;anmoins une erreur qui s'est gliss&#233;e dans cette publication, une dont personne n'a parl&#233;, car ce n'est pas une donn&#233;e qui a &#233;t&#233; beaucoup discut&#233;e. Le graphique 15 comporte une erreur qui vient fausser ses donn&#233;es. Cependant, la tendance de l'imp&#244;t dans le PIB qu'il repr&#233;sentait ne change pas, seule les proportions changent et amplifient l'&#233;cart entre 1991 et 2010, ce qui vient donc renforcer nos conclusions. Voici le nouveau tableau, la note a &#233;t&#233; mise &#224; jour en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Graphique 15 : Imp&#244;ts sur le revenu, les b&#233;n&#233;fices et les gains en capital f&#233;d&#233;raux et provinciaux dans le PIB (1991-2010)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1557 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/IRIS_Tableau_2.png?1557/fef43c887c9eb693d089462f0d6c1b7e480cd595c852ffeabacd3cdb864259e7&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 38 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L64xH64/png-a88b2.svg?1781154732' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sources : Statistique Canada, CANSIM, Tableaux 385-0032 et 384-0002, calcul des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand merci &#224; Mario Jodoin (expert en graphiques) pour nous avoir signal&#233; cette erreur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En direct de Mediapart : l'&#233;vasion fiscale, sport... international</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-direct-de-Mediapart-l-evasion-fiscale-sport-international</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/En-direct-de-Mediapart-l-evasion-fiscale-sport-international</guid>
		<dc:date>2012-12-18T09:06:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mediapart.fr</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-12-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En direct de Mediapart : l'&#233;vasion fiscale... par Mediapart &lt;br class='autobr' /&gt; En direct de Mediapart : l'&#233;vasion fiscale... par Mediapart &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dernier d&#233;bat du vendredi 14 d&#233;cembre, anim&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Bonnaud et Martine Orange, a &#233;t&#233; consacr&#233; &#224; l'&#233;vasion fiscale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec : Antoine Peillon, auteur de Ces 600 milliards qui manquent &#224; la France (&#233;d. Seuil, mars 2012) (Lire Fraude fiscale : comment le pouvoir prot&#232;ge UBS) ; Thomas Coutrot, &#233;conomiste, membre d'Attac et des &#171; &#233;conomistes atterr&#233;s &#187;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Videos-" rel="directory"&gt;Vid&#233;os&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Fiscalite-+" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-12-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-12-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH150/arton12659-dbad1.png?1781965221' class='spip_logo spip_logo_right' width='144' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;240&#034; height=&#034;135&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/xvxsei&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xvxsei_en-direct-de-mediapart-l-evasion-fiscale-sport-international_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;En direct de Mediapart : l'&#233;vasion fiscale...&lt;/a&gt; &lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/Mediapart&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/xvxsei&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xvxsei_en-direct-de-mediapart-l-evasion-fiscale-sport-international_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;En direct de Mediapart : l'&#233;vasion fiscale...&lt;/a&gt; &lt;i&gt;par &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/Mediapart&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier d&#233;bat du vendredi 14 d&#233;cembre, anim&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Bonnaud et Martine Orange, a &#233;t&#233; consacr&#233; &#224; l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Antoine Peillon, auteur de Ces 600 milliards qui manquent &#224; la France (&#233;d. Seuil, mars 2012) (Lire Fraude fiscale : comment le pouvoir prot&#232;ge UBS) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Thomas Coutrot, &#233;conomiste, membre d'Attac et des &#171; &#233;conomistes atterr&#233;s &#187;, sp&#233;cialiste des questions du travail, de l'emploi et de la d&#233;mocratie ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Catherine Gaudard, responsable du playdoyer &#224; CCFD France Solidaire ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Xavier Harel, auteur de La grande &#233;vasion &#8211; le vrai scandale des paradis fiscaux (&#233;d. LLL, 2010).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pertes d'imp&#244;ts de 141 000 000 000$ selon l'&#233;mission Enqu&#234;te de Radio-Canada !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pertes-d-impots-de-141-000-000-000-selon-l-emission-Enquete-de-Radio-Canada</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Pertes-d-impots-de-141-000-000-000-selon-l-emission-Enquete-de-Radio-Canada</guid>
		<dc:date>2012-11-05T20:42:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Lavergne</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-10-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La plupart des gens de mon &#226;ge ont jou&#233; au Monopoly lorsqu'ils &#233;taient jeunes. Vous achetez quelques h&#244;tels puis vous n'avez plus qu'&#224; attendre que l'on passe sur vos propri&#233;t&#233;s pour r&#233;colter. Voil&#224; un jeu qui repr&#233;sente bien la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons o&#249; chacun re&#231;oit un petit capital &#224; la naissance qu'il doit faire profiter. Certains verront le jour dot&#233; d'une grande intelligence, d'autres na&#238;tront dans une famille qui leur laissera une fortune &#224; faire fructifier&#8230; d'autres (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Fiscalite-+" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-10-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-10-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La plupart des gens de mon &#226;ge ont jou&#233; au Monopoly lorsqu'ils &#233;taient jeunes. Vous achetez quelques h&#244;tels puis vous n'avez plus qu'&#224; attendre que l'on passe sur vos propri&#233;t&#233;s pour r&#233;colter. Voil&#224; un jeu qui repr&#233;sente bien la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons o&#249; chacun re&#231;oit un petit capital &#224; la naissance qu'il doit faire profiter. Certains verront le jour dot&#233; d'une grande intelligence, d'autres na&#238;tront dans une famille qui leur laissera une fortune &#224; faire fructifier&#8230; d'autres malheureusement seront parmi les 32 000 enfants qui meurent chaque minute, &#233;limin&#233;s tr&#232;s vite du jeu de la vie, car ils n'ont pas eu la chance de na&#238;tre dans la bonne famille ou le bon pays&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la vie comme au Monopoly, il y a le talent et la chance, mais ce qui fait avant tout la diff&#233;rence ce sont les r&#232;gles qui conditionnent le jeu. Par exemple, dans notre soci&#233;t&#233; moderne si vous faites des gains sur votre capital, ce revenu ne sera impos&#233; que sur 50 % du total gagn&#233;, contrairement &#224; ceux et celles qui d&#233;pendent d'un salaire qui lui, sera imposable &#224; 100 % ! Je me suis souvent demand&#233; comment il &#233;tait possible qu'une personne puisse gagner 40 000 $ par jour comme le PDG de Bell Canada ! Une personne peut-elle vraiment &#234;tre jusqu'&#224; 400 fois plus intelligente ou productive que celle qui gagne 100 $ par jour ? Je ne crois pas, comme au Monopoly, ce sont les &#171; r&#232;glements &#187; qui permettent cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, le parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec accordait une baisse d'imp&#244;t, qui a profit&#233; surtout aux mieux nantis et qui a fait perdre 907 millions de revenus au gouvernement. Mais celui-ci a eu t&#244;t fait de r&#233;cup&#233;rer cette somme en disant &#224; tous, peu importe leur revenu ou presque : &#171; passez &#224; GO et payez la taxe sant&#233; &#187;. Monsieur Charest r&#233;cidive en 2008 en abaissant la taxe sur le capital entra&#238;nant une autre perte de revenus de 869 millions. Le ministre f&#233;d&#233;ral des finances du gouvernement conservateur reconnaissait que les baisses d'imp&#244;ts des entreprises de 28 % &#224; 15 % depuis qu'ils sont au pouvoir a permis aux riches de disposer de 526 milliards&#8230; malheureusement pour&#171; jouer &#187; &#224; la bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les r&#232;gles de cette partie de Monopoly maintenant mondialis&#233;e, il y a les abris fiscaux. En effet, comme l'objectif du jeu c'est de faire en sorte que les riches soit encore plus riches il y a des r&#232;gles qui leur permettent de placer leur argent &#224; l'abri de l'imp&#244;t. Au Canada, chaque ann&#233;e, ces r&#232;gles permettent de sortir du pays 141 milliards de dollars (&#233;mission Enqu&#234;te), exempts d'imp&#244;ts. L'Afrique quant &#224; elle, qui peine &#224; nourrir sa population aura &#233;t&#233; saign&#233;e de 846 milliards$ de 1998 &#224; 2008. &#192; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, plus de 21 000 milliards &#233;chappent ainsi &#224; l'imp&#244;t. Cet argent retir&#233; de la &#171; partie &#187; fait en sorte qu'il y a moins d'argent de disponible. Ainsi les gens ach&#232;tent moins, puis les usines produisent moins, donc le ch&#244;mage augmente et les gouvernements s'endettent &#8230;et nous sommes en pr&#233;sence d'une crise mondiale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de Monopoly peut-&#234;tre enivrante et les joueurs &#233;limin&#233;s vont s&#251;rement s'en remettre, mais quand le jeu s'applique &#224; la soci&#233;t&#233;, les exclus deviennent des ch&#244;meurs, des assist&#233;s sociaux, des sans-abri. Les banques alimentaires tenteront de diminuer la souffrance dans les pays qui peuvent se le payer, mais cette mauvaise r&#233;partition de la richesse cr&#233;e un terrain fertile &#224; l'indignation, la violence, l'extr&#233;misme religieux, l'intol&#233;rance, au terrorisme et aux guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les r&#232;gles du jeu peuvent &#234;tre chang&#233;es ! C'est ce que tente de faire le gouvernement Marois en demandant aux mieux nantis de payer quelques centaines de dollars de plus, eux qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de centaines de millions de dollars de baisses d'imp&#244;ts depuis 10 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant que 82 000 contribuables se partagent environ 29 milliards de revenus &#171; d&#233;clar&#233;s &#187; chaque ann&#233;e, ce changement aux r&#232;gles apparait bien minime. &#201;videmment, les riches propri&#233;taires des m&#233;dias n'ont pas appr&#233;ci&#233; les diff&#233;rentes mesures annonc&#233;es et ils ont r&#233;ussi &#224; faire reculer le gouvernement en donnant la parole aux chambres de commerce et repr&#233;sentants des partis politiques qui d&#233;fendent leurs int&#233;r&#234;ts&#8230; les d&#233;s sont jet&#233;s pour que la partie continue comme avant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Lavergne&lt;br class='autobr' /&gt;
pierrelavergne@hotmail.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;vision de la fiscalit&#233; &#8211; Le gouvernement doit aussi toucher les banques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Revision-de-la-fiscalite-Le-gouvernement-doit-aussi-toucher-les-banques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Revision-de-la-fiscalite-Le-gouvernement-doit-aussi-toucher-les-banques</guid>
		<dc:date>2012-10-16T09:38:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et &#224; la privatisation des services publics</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Les 100 premiers jours du gouvernement p&#233;quiste</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-10-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;jouie de voir que les mobilisations populaires des derni&#232;res ann&#233;es ont port&#233; fruit, comme en t&#233;moignent la d&#233;faite &#233;lectorale du Parti lib&#233;ral ainsi que les r&#233;cents engagements du Parti qu&#233;b&#233;cois, la Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et &#224; la privatisation des services publics poursuit la lutte &#224; la privatisation et &#224; la tarification des services publics tout comme celle pour une meilleure redistribution de la richesse. &lt;br class='autobr' /&gt; Si le Parti qu&#233;b&#233;cois s'est engag&#233; &#224; abolir la taxe sant&#233;, la loi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton11939-96005.png?1781965222' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;jouie de voir que les mobilisations populaires des derni&#232;res ann&#233;es ont port&#233; fruit, comme en t&#233;moignent la d&#233;faite &#233;lectorale du Parti lib&#233;ral ainsi que les r&#233;cents engagements du Parti qu&#233;b&#233;cois, la Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et &#224; la privatisation des services publics poursuit la lutte &#224; la privatisation et &#224; la tarification des services publics tout comme celle pour une meilleure redistribution de la richesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si le Parti qu&#233;b&#233;cois s'est engag&#233; &#224; abolir la taxe sant&#233;, la loi 12, la hausse des droits de scolarit&#233; et qu'il n'haussera pas les tarifs d'Hydro-Qu&#233;bec, c'est en tr&#232;s grande partie gr&#226;ce &#224; la mobilisation populaire. Ceci d&#233;montre que l'action collective et la mobilisation demeurent les moyens privil&#233;gi&#233;s pour obtenir des changements sociaux positifs. Toutefois, la lutte &#224; la privatisation et &#224; la tarification des services publics tout comme celle pour une meilleure redistribution de la richesse sont loin d'&#234;tre termin&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, depuis l'annonce faite par le Parti qu&#233;b&#233;cois d'augmenter les imp&#244;ts des personnes gagnant 130 000$ et plus, nous avons pu constater une lev&#233;e de boucliers de la part d'une minorit&#233; qui ne veut pas se d&#233;lester de ses privil&#232;ges. &#171; Les &#233;lites profitent de leurs situations avantageuses pour utiliser les tribunes m&#233;diatiques et leurs vassaux afin de faire peur aux Qu&#233;b&#233;coises et Qu&#233;b&#233;cois. On tente de nous faire croire que les riches d&#233;serteront le Qu&#233;bec, que les riches paient d&#233;j&#224; beaucoup trop d'imp&#244;t, que cette hausse est injuste. Pourtant, ces personnes qui se plaignent aujourd'hui sont celles qui, hier, &#233;taient en accord avec la hausse des droits de scolarit&#233; de 1625$ par ann&#233;e pour des &#233;tudiantes et &#233;tudiants qui gagnent tout juste 12 000$ par an ! &#187; d&#233;nonce Denis L&#233;tourneux, l'un des porte-parole de la Coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette offensive des t&#233;nors de la droite, alors que les in&#233;galit&#233;s sociales et &#233;conomiques continuent de se creuser et que notre environnement est menac&#233;, t&#233;moigne d'un immobilisme que l'on ne peut se permettre. Il y a urgence d'agir afin d'assurer les droits fondamentaux de tous et toutes, notamment les droits &#233;conomiques, sociaux et culturels. &#192; ce sujet, le sommet sur l'&#233;ducation, promis par le Parti qu&#233;b&#233;cois, sera notamment un moment pour recentrer le d&#233;bat sur le droit &#224; l'&#233;ducation et rappeler que la gratuit&#233; scolaire est intrins&#232;quement reli&#233;e &#224; ce droit &#187;, souligne V&#233;ronique Laflamme, autre porte-parole de la Coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour une soci&#233;t&#233; plus juste et &#233;galitaire doit se poursuivre et il n'est pas question de c&#233;der au chantage et aux menaces des &#233;lites &#233;conomiques. &#171; En ce sens, la Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et &#224; la privatisation des services publics continuera de faire pression sur le gouvernement afin que le Qu&#233;bec sorte du mod&#232;le n&#233;oliberal pour se tourner vers des politiques o&#249; la solidarit&#233;, la protection de l'environnement, l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes et l'inclusion de tous et toutes seront au coeur de notre projet de soci&#233;t&#233; &#187; pr&#233;vient Lyse Cloutier de la Coalition montr&#233;alaise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trait&#233;s d'investissement, accords commerciaux et paradis fiscaux - Une inqui&#233;tante combinaison</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Traites-d-investissement-accords-commerciaux-et-paradis-fiscaux-Une-inquietante</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Traites-d-investissement-accords-commerciaux-et-paradis-fiscaux-Une-inquietante</guid>
		<dc:date>2012-10-16T09:37:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-10-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En apparence, les paradis fiscaux et les trait&#233;s commerciaux ont peu en commun. Les premiers sont d&#233;nonc&#233;s pour leur contribution majeure aux fuites fiscales et pour les secrets qu'ils cachent, bien qu'aucun gouvernement n'ait r&#233;solu de fa&#231;on significative de s'en prendre &#224; eux. Les seconds sont consid&#233;r&#233;s comme n&#233;cessaires &#224; l'&#232;re de la mondialisation, alors que les &#233;changes commerciaux sans restrictions assureraient &#224; tous la prosp&#233;rit&#233;. Lorsque les juristes de grandes entreprises (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton11920-5be3b.png?1781965222' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En apparence, les paradis fiscaux et les trait&#233;s commerciaux ont peu en commun. Les premiers sont d&#233;nonc&#233;s pour leur contribution majeure aux fuites fiscales et pour les secrets qu'ils cachent, bien qu'aucun gouvernement n'ait r&#233;solu de fa&#231;on significative de s'en prendre &#224; eux. Les seconds sont consid&#233;r&#233;s comme n&#233;cessaires &#224; l'&#232;re de la mondialisation, alors que les &#233;changes commerciaux sans restrictions assureraient &#224; tous la prosp&#233;rit&#233;. Lorsque les juristes de grandes entreprises combinent les &#171; avantages &#187; de l'un et de l'autre, toutefois, les r&#233;percussions sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233; sont alors importantes et il devient n&#233;cessaire d'en prendre la mesure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un regard plus attentif port&#233; sur les accords commerciaux, de m&#234;me que sur les trait&#233;s d'investissement, permet de constater qu'ils ne sont pas aussi avantageux pour les populations qu'on pourrait le croire. Ils sont n&#233;goci&#233;s en secret, ratifi&#233;s le plus souvent sans r&#233;elle consultation de la population et sont dans les faits difficilement r&#233;versibles. Les divers gouvernements du monde en n&#233;gocient toujours plus sans qu'aucun bilan s&#233;rieux n'ait &#233;t&#233; fait sur les avantages et les inconv&#233;nients du libre-&#233;change. Les accords commerciaux &#8211; des milliers de pages dans un langage juridique abscons &#8211; ne sont pas expliqu&#233;s par les gouvernements dont les membres parviennent difficilement &#224; en comprendre toutes les implications. Bref, la lanc&#233;e &#224; l'aveugle dans le libre-&#233;change se fait sans grand respect de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis fiscaux et les accords commerciaux r&#233;duisent tous deux la port&#233;e de l'&#201;tat de droit. Les premiers permettent qu'existe pour certains individus et entreprises la possibilit&#233; de lui &#233;chapper : en ne payant pas &#8211; ou peu &#8211; d'imp&#244;ts, en venant ainsi briser le principe d'&#233;galit&#233; entre tous les citoyens, en rendant inaccessibles certaines informations n&#233;cessaires pour exercer la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords commerciaux int&#232;grent eux aussi une tradition du secret dans leurs n&#233;gociations. Ils r&#233;duisent le pouvoir des gouvernements de mener des politiques commerciales et de d&#233;veloppement local en &#233;liminant les droits de douanes, en offrant les march&#233;s publics &#224; la concurrence internationale, en encourageant les privatisations. Ils permettent tr&#232;s souvent &#224; des entreprises de poursuivre les gouvernements &#8211; alors que l'inverse n'est pas possible. Si bien que l'autonomie des &#201;tats et les marges de man&#339;uvres des gouvernements se trouvent alors r&#233;duites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les d&#233;clarations des chefs d'&#201;tat en faveur du libre-&#233;change, il faut constater qu'apr&#232;s plus de quinze ans de ce r&#233;gime, la prosp&#233;rit&#233; promise n'est pas au rendez-vous : les salaires ont stagn&#233;, les crises se sont succ&#233;d&#233;es, les d&#233;localisations ont affect&#233; les populations les plus vuln&#233;rables, les &#233;carts entre riches et pauvres ont augment&#233; et l'environnement s'est d&#233;t&#233;rior&#233;. Les paradis fiscaux ont quant &#224; eux permis de gruger les revenus des &#201;tats et donn&#233; la possibilit&#233; &#224; un grand nombre d'entreprises d'&#233;chapper &#224; des r&#233;glementations &#233;tablies dans l'int&#233;r&#234;t public, en maintenant des filiales offshore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'on en dise, et malgr&#233; leurs diff&#233;rences fondamentales, il est plus que jamais n&#233;cessaire de s'attaquer &#224; l'un et &#224; l'autre si l'on souhaite vivre dans un monde plus juste. Mais il faut aussi comprendre quels sont leurs effets combin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les investisseurs contre l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis fiscaux s'introduisent dans certains aspects reli&#233;s aux trait&#233;s commerciaux surtout par la protection des investissements. Cette particularit&#233; de nombreux accords commerciaux a &#233;t&#233; connue du public par le chapitre 11 de l'ALENA. Non sans stup&#233;faction, plusieurs ont d&#233;couvert qu'une compagnie &#233;tatsunienne ou mexicaine pouvait poursuivre le gouvernement canadien si celui-ci la privait de profits anticip&#233;s. Le cas d'Ethyl Corporation a &#233;t&#233; maintes fois rapport&#233; : le Canada a d&#251; payer 13 millions de dollars en compensation &#224; la compagnie et retirer une loi interdisant un additif pour l'essence jug&#233; nuisible &#224; la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la consternation que ce cas et d'autres encore ont soulev&#233; chez certains, et malgr&#233; l'&#233;chec de l'Accord multilat&#233;ral sur l'investissement (AMI), qui devait reporter ce genre de mesure &#224; l'&#233;chelle internationale, &#233;limin&#233; &#224; cause de l'opposition de citoyens &#224; travers le monde, ces ententes ont la vie dure et se multiplient. On retrouve ces dispositions en faveur des investisseurs dans la plupart des accords de libre-&#233;change n&#233;goci&#233;s aujourd'hui &#8211; dont l'Accord &#233;conomique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union europ&#233;enne. Mais aussi, dans quelque 3000 trait&#233;s bilat&#233;raux sur l'investissement (TBI) n&#233;goci&#233;s ou en cours de n&#233;gociations dans le monde actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seules des compagnies &#233;trang&#232;res peuvent entreprendre des poursuites. Cela parce que ces dispositions ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es &#224; l'origine pour emp&#234;cher que des compagnies soient expropri&#233;es ou victimes de traitements injustes dans des pays aux gouvernements instables. Les compagnies comprendront tr&#232;s t&#244;t les avantages &#233;vidents qu'elles peuvent tirer des mesures qui en d&#233;coulent. On cherchera par la suite &#224; en &#233;tendre la port&#233;e. Une question se posera alors &#224; de nombreuses entreprises : si l'on peut profiter de ces trait&#233;s contre des gouvernements &#233;trangers, comment les utiliser contre son propre gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution : ouvrir une filiale dans un paradis fiscal inclus dans un trait&#233; et d&#233;clencher la poursuite &#224; partir de cette base. Un cas tr&#232;s r&#233;v&#233;lateur s'est produit &#224; l'OMC alors que le plus petit &#201;tat membre de cette organisation, Antigua et Barbuda (population : 88 000 habitants) a poursuivi le plus puissant, les &#201;tats-Unis, et a gagn&#233; contre une interdiction de jeux en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre cas significatif : celui d'AbitibiBowater contre le gouvernement canadien. Le r&#232;glement de la poursuite intent&#233; par la compagnie s'est &#233;lev&#233; &#224; 130 millions de dollars et a &#233;t&#233; le plus co&#251;teux dans le cadre de l'ALENA. La compagnie avait ferm&#233; ses installations de Grand Fall &#8211; Winsor &#224; Terre-Neuve et mis &#224; pied des centaines d'employ&#233;s. Le gouvernement de Terre-Neuve a alors tout simplement d&#233;cid&#233; de reprendre les actifs hydro&#233;lectriques et les droits sur les autres ressources qui avaient &#233;t&#233; lou&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233;, une d&#233;cision sage que n'a pas accept&#233;e la compagnie. Mais comment une telle compagnie, avec son si&#232;ge social &#224; Montr&#233;al, a-t-elle pu intenter cette poursuite ? Elle s'est constitu&#233;e en vertu des lois de l'&#201;tat du Delaware, un paradis fiscal notoire au c&#339;ur m&#234;me des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Costa Rica et le Panama&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canada a sign&#233; deux accords commerciaux avec des paradis fiscaux, l'un avec le Costa Rica en 2002 et l'autre avec le Panama en 2010. Aucune de ces ententes n'a fait beaucoup de bruit, et la seconde, bien que toute r&#233;cente, a &#233;t&#233; ratifi&#233;e dans un silence particuli&#232;rement inqui&#233;tant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces accords correspondent &#224; une politique du gouvernement canadien de conclure des trait&#233;s commerciaux bilat&#233;raux, ce qui semble devenir d'autant plus n&#233;cessaire pour lui que les n&#233;gociations multilat&#233;rales &#224; l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sont dans un cul-de-sac. On peut se demander toutefois si notre gouvernement ne se lance pas &#224; l'aveugle dans ce type de trait&#233;s, sans d&#233;velopper une v&#233;ritable r&#233;flexion sur ses choix. Il a ainsi ratifi&#233; un accord avec la Colombie, un pays peu respectueux des droits humains et cela, malgr&#233; l'importante d&#233;sapprobation de nombreuses organisations citoyennes et syndicales des deux pays. Un accord a aussi &#233;t&#233; sign&#233; avec Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de conclure des accords avec des paradis fiscaux soul&#232;ve aussi un questionnement &#233;thique : n'est-ce pas l&#224; une forme de l&#233;gitimation des politiques de ces pays, &#224; qui l'ont dit que leurs pratiques fiscales et leur secret bancaire ne d&#233;rangent pas ? Le cas du Panama est particuli&#232;rement inqui&#233;tant. Ce petit pays abrite quelque 400 000 soci&#233;t&#233;s, soit quatre fois plus que le Canada. Mais surtout, il est li&#233; au narcotrafic, offre des services financiers au crime organis&#233; et permet &#224; haute &#233;chelle de laver l'argent sale ; il s'est aussi sp&#233;cialis&#233; dans l'attribution tr&#232;s accommodante de pavillons de complaisance, qui permettent &#224; qui le veut de naviguer sans se pr&#233;occuper des lois [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accord a aussi des effets sur les r&#233;gulations canadiennes. Invit&#233; &#224; donner son avis par le Comit&#233; permanent du commerce international du Canada le 17 novembre 2010, Todd Tucker, directeur de la recherche de Public Citizen's Global Trade Watch, s'inqui&#233;tait du chapitre 9, portant justement sur la protection des investisseurs. Selon lui, &#171; des centaines de milliers d'entreprises am&#233;ricaines, chinoises, ca&#239;manaises et m&#234;me canadiennes peuvent contester la r&#233;glementation canadienne en faisant appliquer par leur filiale panam&#233;enne une planification agressive de la nationalit&#233; [2]. &#187; La &#171; protection &#187; des investisseurs contre des lois con&#231;ues dans l'int&#233;r&#234;t public pourrait ainsi avoir une port&#233;e plus grande que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pi&#232;ge des trait&#233;s bilat&#233;raux sur l'investissement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation Droits et d&#233;mocratie a d'ailleurs produit une importante &#233;tude sur le sujet : Droits humains et trait&#233;s bilat&#233;raux sur l'investissement par Luke Eric Peterson. L'auteur s'interroge sur les possibilit&#233;s de conflits entre les int&#233;r&#234;ts des investisseurs &#233;trangers prot&#233;g&#233;s par ces trait&#233;s et les droits des personnes qui vivent dans les pays d'accueil, ce qui se produit indubitablement, conclut-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa d&#233;monstration, l'auteur aborde la complexit&#233; de la grande toile form&#233;e par ces accords. Ainsi, les entreprises peuvent facilement se d&#233;faire de ce qui les lient &#224; leur pays d'origine pour poursuivre qui elles veulent, comme elles le veulent, sur des mati&#232;res tr&#232;s diverses, &#224; condition de trouver le TBI qui leur convient : &#171; M&#234;me lorsque le pays d'origine d'un investisseur a conclu un TBI avec le pays h&#244;te, l'investisseur peut choisir d'invoquer le trait&#233; d'un autre pays d'origine que le sien en structurant son investissement avec cr&#233;ativit&#233; [3]. &#187; (Notons bien l'euph&#233;misme dans l'usage du mot &#171; cr&#233;ativit&#233; &#187;.) Il donne l'exemple de la soci&#233;t&#233; Aeroport Development Corporation, qui a son si&#232;ge &#224; Montr&#233;al, mais qui s'est servie de filiales dans le paradis fiscal de Chypre pour avoir recours &#224; un TBI Chypre/Hongrie qui lui a permis d'attaquer le gouvernement hongrois dans un diff&#233;rend concernant la construction et l'exploitation d'un terminal &#224; l'a&#233;roport de Budapest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#233;tude, Peterson mentionne l'un des reproches souvent adress&#233; aux TBI : ces trait&#233;s imposent de dures obligations pour les &#201;tats, mais &#171; pas de contreparties ou d'obligations &#233;quivalentes aux investisseurs [4] &#187;. Ainsi les investisseurs peuvent poursuivre des &#201;tats contre des r&#233;glementations d'int&#233;r&#234;t public, par exemple pour prot&#233;ger l'environnement ou assurer le droit &#224; l'eau. Par contre, puisqu'ils sont lib&#233;r&#233;s de toutes obligations, ces trait&#233;s ne peuvent pas &#234;tre un moyen d'attaquer une compagnie, par exemple pour non-respect de certains droits ou pour fuites fiscales. Certes, il existe d'autres tribunaux pour ces d&#233;lits, dans les faits tr&#232;s peu mis en pratique. Mais les TBI, tr&#232;s utilis&#233;s par les entreprises, mettent les gouvernements sur la d&#233;fensive, renversent le rapport de force et envoient un dr&#244;le de signal : ce sont les investisseurs &#8211; naturellement bons &#8211; qui doivent se prot&#233;ger des gouvernements, et non pas les &#201;tats qui doivent prot&#233;ger les populations de la voracit&#233; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le recours aux TBI sont co&#251;teux et contribuent &#224; la mise en place d'une justice &#224; deux vitesses. Les poursuites se d&#233;roulent pendant deux ans ou plus, les frais d'avocats sont particuli&#232;rement &#233;lev&#233;s [5] et les sommes d&#233;bours&#233;es par les gouvernements en compensations aux compagnies qui les ont poursuivies sont importants : 912 millions de dollars pour 51 poursuites contre l'Argentine, 157 millions pour 28 poursuites contre le Canada dans le seul cadre de l'ALENA. Des sommes qui sont pay&#233;es &#224; m&#234;me l'imp&#244;t des contribuables. Un individu qui d&#233;nonce des actions douteuses ou carr&#233;ment ill&#233;gales d'une multinationale peut lui, par contre, faire face &#224; des poursuites abusives contre lesquelles il n'est pas arm&#233; pour se d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enjeux d&#233;mocratiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ais&#233; de constater &#224; quel point tant les trait&#233;s commerciaux que les paradis fiscaux conviennent aux int&#233;r&#234;ts des entreprises qui &#233;chappent aux contr&#244;les de l'&#201;tat. La combinaison des avantages des uns et des autres ne sont pas l'effet de juristes &#171; cr&#233;atifs &#187; qui utilisent des failles du syst&#232;me &#224; leur profit et contre celui de la population, mais bien de moyens accept&#233;s et voulus par les pouvoirs en place, qui trouvent convenable de donner &#224; la grande entreprise d'immenses privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il devient donc particuli&#232;rement imp&#233;ratif de mettre fin aux TBI et aux dispositions sur l'investissement dans les accords commerciaux. L'Australie a d&#233;cid&#233; quant &#224; elle de ne plus inclure ce genre de disposition dans les accords qu'elle n&#233;gocie en affirmant avec sagesse que les &#201;tats n'ont pas &#224; compenser pour les risques que prennent les investisseurs. Les n&#233;gociations de l'accord commercial entre le Canada et l'Union europ&#233;enne sont particuli&#232;rement significatives : puisque l'accord couvrira plus de secteur que l'ALENA, la port&#233;e de son chapitre sur l'investissement sera plus grande. Comme le Canada a manifest&#233; son intention de n&#233;gocier des accords commerciaux avec d'autres puissances &#233;conomiques, comme l'Inde et le Japon, il ne faudra pas que le mod&#232;le &#224; suivre soit celui d'une entente enti&#232;rement modul&#233;e selon les besoins de la grande entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la d&#233;mocratie et la protection de l'&#201;tat de droit doivent aujourd'hui rester des enjeux majeurs. Il devient donc essentiel de comprendre les structures mises en place par nos gouvernements qui justifient leur propre abdication devant leur devoir de diriger le pays dans l'int&#233;r&#234;t du plus grand nombre. Tant les m&#233;canismes de protection des investissements dans les trait&#233;s internationaux que les paradis fiscaux n'ont aucune raison d'&#234;tre, sinon de permettre &#224; une minorit&#233; de conserver d'immenses privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Alain Deneault et Claude Vaillancourt, &#171; Accord de libre-&#233;change entre le Canada et le Panama : s'acoquiner avec le paradis du narcotrafic &#187;, Le Devoir, 21 d&#233;cembre 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Luke Erik Peterson, Droits humains et trait&#233;s bilat&#233;raux sur l'investissement ; le r&#244;le du droit relatif aux droits humains dans l'arbitrage des diff&#233;rends entre investisseurs et &#201;tats, Droits et D&#233;mocratie, 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Ibid., p. 15&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Ibid., p. 14.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Lire &#224; ce sujet : Nick Buxton et al., Legalized profiteering ? How corporate lawyers are fuelling an investment arbitration boom, Amsterdam, Transnational Institute (TI) et Bruxelles : Corporate Europe Observatory (CEO), novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Claude Vaillancourt, ATTAC-Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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