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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Brasilia&#8211;Pretoria aller-retour : Gauches gouvernementales, transition, bureaucratie, corruption</title>
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		<dc:date>2016-04-26T11:32:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Gabriel</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Corruption</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-04-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, un PT fond&#233; en 1980. De l'autre, une coalition form&#233;e par l'ANC fond&#233; en 1912 et disons &#171; refond&#233; &#187; en 1955 autour de la Charte de Libert&#233; comme nouveau programme et du Parti communiste cr&#233;&#233; en 1921, stalinien de bout en bout. D'un c&#244;t&#233; une arriv&#233;e au pouvoir de mani&#232;re &#233;lectorale au plan national (&#233;lection de Lula comme pr&#233;sident en 2002), mais &#224; la suite de victoires locales et r&#233;gionales dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. De l'autre, une tr&#232;s longue lutte de lib&#233;ration qui d&#233;bouchera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corruption-+" rel="tag"&gt;Corruption&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-04-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-04-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton26105-3c60f.jpg?1676784870' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, un PT fond&#233; en 1980. De l'autre, une coalition form&#233;e par l'ANC fond&#233; en 1912 et disons &#171; refond&#233; &#187; en 1955 autour de la Charte de Libert&#233; comme nouveau programme et du Parti communiste cr&#233;&#233; en 1921, stalinien de bout en bout. D'un c&#244;t&#233; une arriv&#233;e au pouvoir de mani&#232;re &#233;lectorale au plan national (&#233;lection de Lula comme pr&#233;sident en 2002), mais &#224; la suite de victoires locales et r&#233;gionales dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. De l'autre, une tr&#232;s longue lutte de lib&#233;ration qui d&#233;bouchera sur de longues n&#233;gociations, la mise en place du principe &#171; un personne, une voie &#187; et un gouvernement ANC en 1994. Dans les deux cas par contre, des directions politiques qui se r&#233;clament du progressisme et du peuple. Dans les deux cas, elles s'appuient sur de puissantes organisations syndicales, la CUT au Br&#233;sil et le COSATU en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus int&#233;ressant encore est le fait que dans les ann&#233;es 80 et 90, ces deux mouvements ont symbolis&#233; de grands mouvements populaires (Avec Solidarnosc en Pologne) &#8211; alors que la situation sociale dans les pays les plus industrialis&#233;s se d&#233;gradait rapidement. En Afrique du Sud, au d&#233;but des ann&#233;es 80, les directions du jeune mouvement syndical ind&#233;pendant prenaient souvent le PT pour exemple quand elles voulaient s'opposer au r&#233;flexe pavlovien du Parti communiste d'&#234;tre le seul repr&#233;sentant possible du prol&#233;tariat. Aujourd'hui encore, le syndicat de la m&#233;tallurgie NUMSA, sorti du COSATU, dit qu'il voudrait construire un nouveau PT en rapport avec le vieil exemple br&#233;silien. Or, presque simultan&#233;ment, les deux r&#233;gimes sont s&#233;rieusement affaiblis par des scandales de corruption. L'affaire Petrobras pour le PT (pots de vins et autres fariboles), villa de luxe et compromission avec un groupe familial pour l'ANC. Contraste entre le nombre de z&#233;ros que comptent ces magouilles et situation de grave crise &#233;conomique dans les deux pays. Mais aussi similitude des politiques n&#233;o-lib&#233;rales. Sans oublier les deux coupes du monde de foot et leurs petits &#224;-c&#244;t&#233;s de dessous de table. Et tout naturellement, l' ouverture d'un espace nouveau pour les campagnes revanchardes de la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'affaire br&#233;silienne est largement connue, le cas de Jacob Zuma, pr&#233;sident de l'Afrique du Sud l'est moins. A peine arriv&#233; au pouvoir, celui-ci a fait faire des travaux dans une de ses propri&#233;t&#233;s qui d&#233;passaient largement quelques am&#233;nagements de s&#233;curit&#233; (15 millions d'euro notamment pour une piscine qui ne &#171; serait &#187; en fait qu'un r&#233;servoir de s&#233;curit&#233; en cas d'incendie &#8211; sic !) Puis apparut la famille Gupta, d'origine indienne et gros investisseur en Afrique du Sud. Le fait que les ministres &#233;taient nomm&#233;s par les Gupta a peu &#224; peu filtr&#233;. Tout r&#233;cemment, le vice-ministre des finances a r&#233;v&#233;l&#233; que la famille Gupta lui a directement propos&#233; de devenir ministre des finances. Proposition qu'il a refus&#233;e, illustrant au passage l'affaiblissement de Zuma au sein m&#234;me de son &#233;quipe. Or, une telle main mise sur le pr&#233;sident est comprise soit comme le fruit d'un &#233;change de bons proc&#233;d&#233;s financiers, soit comme une mise sous influence de type gourou. Zuma est d&#233;sormais au bord de la d&#233;mission. Et plus globalement, les gens sont exaspar&#233;s par la g&#233;n&#233;ralisation de la corruption dans les sph&#232;res du pouvoir, une campagne sur ce th&#232;me s'est mise en place l'an dernier parall&#232;lement &#224; celle des lib&#233;raux &#171; Zuma must fall &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne faut-il pas tirer les le&#231;ons de pareilles convergences ? La situation mondiale n'aide &#233;videmment pas la mobilisation vigilante des masses. C'est le point mort soulign&#233; par la r&#233;volution permanente. Les limites politiques de l'environnement, la possibilit&#233; ou pas de trans-cro&#238;tre d&#233;cident aussi des trajectoires. Mais il n'y a pas que cela. Si l'on convient intelligemment qu'une transition post-capitaliste est une longue p&#233;riode de compromis, d'allers et retours, d'h&#233;sitations, de pragmatisme, alors on convient que le march&#233;, ses m&#233;canismes, ses reprises d'accumulation ne disparaissent pas en un jour. Et avec eux les risques de corruption car pour le capital, cette derni&#232;re fait partie des r&#232;gles de l'offre et de la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela donne une importance consid&#233;rable au droit, &#224; la loi, aux institutions, aux pratiques de d&#233;l&#233;gation de pouvoir. Un bouleversement qui mette sous contrainte les lois persistantes du march&#233; et aussi les personnes ayant des responsabilit&#233;s publiques, sociales ou scientifiques. Transparence, contr&#244;le, v&#233;rification font donc partie de la lutte contre la bureaucratie. Ce vieux combat des trotskystes qui restera pour longtemps une n&#233;cessit&#233; universelle. La question bureucratique et la pr&#233;varication devancent de loin le rythme de la transition post march&#233;. Ce d&#233;squilibre agit comme une force de rappel &#224; l'encontre de toute progression du processus &#233;conomique de rupture, les champions populaires d'hier se transformant en combinards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il alors d&#233;fendre bec et ongles les profiteurs de cette corruption sous pr&#233;texte que la droite est aux aguets ? Je ne le pense pas. Dans une p&#233;riode de grand renouvellement et de refondation, danser sur ce fil est tr&#232;s dangereux. La gauche ne se refondera qu'en &#233;laborant aussi les premiers garde-fous sur ces questions et en se montrant intransigeantes d&#232;s maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le blogue de Claude Gabriel. 25 MARS, 2016 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.ensemble-fdg.org/content/brasilia-pretoria-aller-retour&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ensemble-fdg.org/content/brasilia-pretoria-aller-retour&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lobby et corruption, fer de lance du capitalisme </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lobby-et-corruption-fer-de-lance-du-capitalisme</link>
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		<dc:date>2014-07-02T11:52:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Tostain</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;os</dc:subject>
		<dc:subject>Corruption</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-07-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les conf&#233;rences des Amis du Monde diplomatique de l'H&#233;rault : Roger Lenglet, philosophe et lanceur d'alerte, sur le lobby et la corruption, fer de lance du capitalisme. Conf&#233;rence faite le 2 juin 2014 &#224; Montpellier. Film r&#233;alis&#233; par Serge Tostain des AMD 34. Juin 2014&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corruption-+" rel="tag"&gt;Corruption&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-07-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-07-01&lt;/a&gt;

		</description>


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&lt;p&gt;Les conf&#233;rences des Amis du Monde diplomatique de l'H&#233;rault : Roger Lenglet, philosophe et lanceur d'alerte, sur le lobby et la corruption, fer de lance du capitalisme. Conf&#233;rence faite le 2 juin 2014 &#224; Montpellier. Film r&#233;alis&#233; par Serge Tostain des AMD 34. Juin 2014&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retour &#224; la gabegie &#224; Montr&#233;al : Le nouveau comit&#233; ex&#233;cutif doit intervenir sur-le-champ</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Retour-a-la-gabegie-a-Montreal-Le-nouveau-comite-executif-doit-intervenir-sur</link>
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		<dc:date>2012-12-10T16:04:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Corruption</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-12-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques semaines &#224; peine apr&#232;s que la commission Charbonneau eut permis de r&#233;v&#233;ler qu'&#224; Montr&#233;al le prix des contrats a &#233;t&#233; gonfl&#233; d'au moins 30% pendant plusieurs ann&#233;es, on apprend que le directeur g&#233;n&#233;ral actuel de la ville, Guy H&#233;bert, appuy&#233; par le nouveau maire Michael Applebaum, a fait sauter les balises anticorruption qui avaient stopp&#233; cette gabegie depuis 2009. En &#233;liminant les mesures mises en place par deux anciens directeurs g&#233;n&#233;raux, Rachel Laperri&#232;re et Louis Roquet, il a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corruption-+" rel="tag"&gt;Corruption&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-12-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-12-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelques semaines &#224; peine apr&#232;s que la commission Charbonneau eut permis de r&#233;v&#233;ler qu'&#224; Montr&#233;al le prix des contrats a &#233;t&#233; gonfl&#233; d'au moins 30% pendant plusieurs ann&#233;es, on apprend que le directeur g&#233;n&#233;ral actuel de la ville, Guy H&#233;bert, appuy&#233; par le nouveau maire Michael Applebaum, a fait sauter les balises anticorruption qui avaient stopp&#233; cette gabegie depuis 2009. En &#233;liminant les mesures mises en place par deux anciens directeurs g&#233;n&#233;raux, Rachel Laperri&#232;re et Louis Roquet, il a dit qu'elles &#233;taient inutiles et paralysaient la ville. Il a aussi eu la t&#234;te de plusieurs hauts fonctionnaires qui ont r&#233;sist&#233; &#224; ce retour du laxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier les gestes pos&#233;s par M. H&#233;bert, le maire Applebaun dit que &#171; la ville c'est une business et que ce doit &#234;tre op&#233;rationnel &#187;. Quel beau sophisme ! Le nouveau comit&#233; ex&#233;cutif, o&#249; si&#232;gent dor&#233;navant des repr&#233;sentants des partis d'opposition Vision Montr&#233;al et Projet Montr&#233;al, doit donc intervenir sur-le-champ pour mettre fin &#224; cette nouvelle d&#233;rive. Sinon on devra malheureusement conclure qu'il n'y a pas plus d'espoir et que Montr&#233;al est atteinte d'une maladie incurable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Cliche,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montr&#233;al, 5 d&#233;cembre 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faire connaissance avec l'oligarchie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Faire-connaissance-avec-l-oligarchie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Faire-connaissance-avec-l-oligarchie</guid>
		<dc:date>2012-12-04T14:19:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Pin&#231;on, Monique Pin&#231;on-Charlot</dc:creator>


		<dc:subject>Corruption</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-12-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cupidit&#233;, recherche perp&#233;tuelle des rentes, copinage, retour d'ascenseurs. L'oligarchie comme classe sociale dominante a un esprit de corps d&#233;velopp&#233; et un sens de ses int&#233;r&#234;ts qui ne se d&#233;ment pas. La th&#233;orie des pommes pourries ou de l'exceptionnalit&#233; de la corruption et de la collusion a fait long feu. Dans cette oligarchie, on retrouve les riches entrepreuneurs, les grands commer&#231;ants, les banquiers ou autres financiers. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le tableau que la Commission Charbonneau dessine &#224; grands traits (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corruption-+" rel="tag"&gt;Corruption&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-12-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-12-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton12520-9503c.png?1676595884' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cupidit&#233;, recherche perp&#233;tuelle des rentes, copinage, retour d'ascenseurs. L'oligarchie comme classe sociale dominante a un esprit de corps d&#233;velopp&#233; et un sens de ses int&#233;r&#234;ts qui ne se d&#233;ment pas. La th&#233;orie des pommes pourries ou de l'exceptionnalit&#233; de la corruption et de la collusion a fait long feu. Dans cette oligarchie, on retrouve les riches entrepreuneurs, les grands commer&#231;ants, les banquiers ou autres financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau que la Commission Charbonneau dessine &#224; grands traits prend des allures de plus en plus inqui&#233;tant. La m&#233;fiance populaire envers les puissants et les politicienNEs &#224; leur service en est exacerb&#233;e. Les beaux principes de l'&#233;quit&#233;, de l'honneur, de la transparence, de l'honn&#234;tet&#233; volent mis&#233;rablement en &#233;clats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux fondements de ce qui appara&#238;t comme une d&#233;rive morale des &#233;lites, il y a d'abord la construction de leur pouvoir sur une formidable in&#233;galit&#233; qui n'a fait que se renforcer dans les derni&#232;res d&#233;cennies. La course des puissants pour s'accaparer l'enti&#232;ret&#233; de l'assiette au beurre se fait de plus en plus sans honte et sans retenue. L'oligarchie concentre dans ses mains les d&#233;cisions &#233;conomiques qui concernent l'avenir de tous et toutes, la majorit&#233; des d&#233;cisions politiques alors que les travailleurs et travailleuses (surtout) manuelles sont exclus de tous les lieux de pouvoir ; elle monopolise la prise de parole dans les grands m&#233;dias imprim&#233;s et &#233;lectroniques... Il n'est gu&#232;re &#233;tonnant que l'oligarchie se croit tout permis et qu'elle se permet en fait tout. L'oligarchie est une famille o&#249; l'on se reconna&#238;t et on l'on sait se solidariser au m&#233;pris du reste de la soci&#233;t&#233;. Et cette concentration du pouvoir &#233;conomique, politique et id&#233;ologique va bient&#244;t tout permettre et tout justifier pourvu que ses pr&#233;varications restent &#224; l'abri des regards de la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre oligarchie n'est pas suffisamment connue. Il y a va de l'autod&#233;fense des int&#233;r&#234;ts et de la dignit&#233; de la majorit&#233; populaire de mieux conna&#238;tre cette oligarchie, ses pratiques, ses us et coutumes et ses abus multiples. Une commission d'enqu&#234;te publique, c'est bien. Une commission d'enqu&#234;te populaire autog&#233;r&#233;e et permanente, c'est mieux. Plus, cela devient essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un programme de recherche sur l'oligarchie doit devenir une pr&#233;occupation quotidienne de la gauche politique et sociale comme nous le sugg&#232;re Michel Pin&#231;on et Monique Pin&#231;on-Charlot en conclusion d'un leur livre, &lt;strong&gt; Le pr&#233;sident des riches&lt;/strong&gt; ... Nous vous invitons &#224; lire ici une partie de la conclusion de ce livre qui d&#233;crit les t&#226;ches qui sont devant nous &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Rioux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un changement de soci&#233;t&#233;, allant vers plus de justice sociale, moins d'in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques, un acc&#232;s plus large au savoir et &#224; la culture, suppose de ma&#238;triser la connaissance des r&#233;seaux qui contr&#244;lent et asservis sent la grande majorit&#233; du peuple fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque citoyen doit s'int&#233;resser aux diff&#233;rentes composantes de l'oligarchie, en commen&#231;ant par celles dont le pouvoir s'exerce sur son lieu de r&#233;sidence et sur son lieu de travail. S'informer sur les appartenances politiques des &#233;lus, &#234;tre attentif aux relations qu'ils entretiennent avec les entrepreneurs de travaux publics, les promoteurs et les industriels. Dresser un tableau des interconnexions entre ces personnages importants, omnipr&#233;sents dans la presse locale, qui, ensemble, ont un pouvoir dont on ne peut prendre conscience qu'en additionnant leurs liens et leurs interrelations. Construire les r&#233;seaux et les faire conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travail de longue haleine peut-&#234;tre, mais qui, dans son &#233;laboration m&#234;me, am&#232;ne &#224; r&#233;fl&#233;chir sur sa propre position dans le monde social et permet de prendre un peu de distance par rapport &#224; sa vie personnelle, ainsi replac&#233;e dans la complexit&#233; des relations qui incluent, mais aussi excluent. Prendre le temps n&#233;cessaire &#224; la r&#233;flexion est d&#233;j&#224; une riposte &#224; la politique des effets d'annonce si ch&#232;re au pr&#233;sident. Cet arr&#234;t sur image est d&#233;j&#224; en lui-m&#234;me une forme de r&#233;sistance &#224; la saturation pr&#233;sidentielle et m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute biblioth&#232;que municipale ou d'entreprise devrait mettre &#224; la disposition de ses lecteurs les ouvrages de r&#233;f&#233;rence qui donnent d'utiles renseignements sur les r&#233;seaux des dirigeants. Le Who's Who, par exemple. Excellent ouvrage qui permet de recouper les informations sur les individus. De l'origine sociale aux diff&#233;rents postes occup&#233;s en passant par les &#233;coles fr&#233;quent&#233;es et les dipl&#244;mes obtenus, le Who's Who est une encyclop&#233;die biographique de toutes les &#233;lites fran&#231;aises. Les adresses professionnelles et priv&#233;es sont &#233;galement indiqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la pr&#233;sence dans cet ouvrage est de l'initiative de la r&#233;daction, la personnalit&#233; sollicit&#233;e pouvant toujours refuser d'y &#234;tre mentionn&#233;e, le Bottin mondain est, quant &#224; lui, un annuaire familial, o&#249; les familles nucl&#233;aires ont demand&#233; &#224; figurer, avec le soutien de deux parrains, la r&#233;daction se r&#233;servant un droit de refus. Les familles sont regroup&#233;es par patronyme, ce qui donne imm&#233;diatement une id&#233;e du r&#233;seau familial. L'ouvrage comprend de nombreuses pages pratiques et des publicit&#233;s qui donnent un bon aper&#231;u du mode de vie des familles privil&#233;gi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre registre, le palmar&#232;s annuel des cinq cents premi&#232;res fortunes professionnelles de France &#233;tabli par Challenges, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;, est une mine de renseignements clairement pr&#233;sent&#233;s. Les sites Internet sont enfin une source in&#233;puisable d'informations : sites d'entreprise, d'institution ou d'association, ils livrent des donn&#233;es dont l'acc&#232;s n'est pas ais&#233; par la voie traditionnelle de la biblioth&#232;que, de la revue ou du livre. Il en va ainsi des rapports d'activit&#233; des soci&#233;t&#233;s et des documents qu'elles sont tenues de publier. Pour les principales d'entre elles, ces informations, publiques, sont diffus&#233;es sur leur site institutionnel, sous la rubrique &#171; Document de r&#233;f&#233;rence &#187;, sous le th&#232;me &#171; Publications financi&#232;res &#187;. Ces donn&#233;es sont &#233;galement accessibles sur le site de l'Autorit&#233; des march&#233;s financiers (AMF)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) La vigilance, la curiosit&#233; et le travail de recherche dans ces masses de documents sont d&#233;j&#224; une partie du combat. Si les dominants peuvent b&#233;n&#233;ficier de revenus qui n'ont plus rien &#224; voir avec l'&#233;chelle des salaires, c'est, pour une part, parce qu'ils ne sont pas suffisamment connus. Ni leurs personnes ni les interrelations complexes qui les lient. Ne pas chercher &#224; en apprendre plus sur les dominants est une complicit&#233; involontaire avec la domination que l'on subit. Il est vrai que ces documents sur les entreprises, et les ouvrages consacr&#233;s au monde de la finance et &#224; l'&#233;conomie apparaissent souvent compliqu&#233;s, inaccessibles et bourr&#233;s d'anglicismes &#233;sot&#233;riques. Un jargon bien fait pour intimider et &#233;loigner les curieux. Cette mise &#224; distance de la France du travail prot&#232;ge des &#234;tres humains bien vivants derri&#232;re le paravent pudique des organigrammes abstraits et d&#233;sincarn&#233;s. Internet rec&#232;le toutefois une telle masse de donn&#233;es que l'on trouve presque toujours la r&#233;ponse recherch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;connaissance de la richesse et des riches est d'autant plus profonde qu'ils vivent entre eux, dans des quartiers &#224; part, v&#233;ritables ghettos dor&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
(...) Cette connaissance plus pr&#233;cise des puissants peut se diversifier presque &#224; l'infini et permettre de comprendre la force accumul&#233;e dans ce milieu par le simple rapprochement d'agents sociaux qui occupent des positions de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience aiguis&#233;e de la puissance de la domination pourrait aboutir &#224; une volont&#233; de sanctions contre ces organisations de fait qui, au sommet de la nation, en r&#232;glent la marche pour leur seul profit. Le travail sur les mots devrait trouver une pertinence avec l'application du terme &#171; bandes &#187; &#224; celles qui, depuis les beaux quartiers, s&#233;vissent en d&#233;truisant l'outil de travail, en fermant les usines pour cause de d&#233;localisation, en ruinant des vies humaines au nom de la rentabilit&#233; du capital. L'int&#233;grit&#233; des travailleurs est atteinte par la pr&#233;carisation de leur emploi et les remises en question de leurs droits sociaux, dont celui de la retraite attendue et m&#233;rit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; politique des ouvriers, des personnels de service, des employ&#233;s et de tous les travailleurs qui font tourner l'&#233;conomie r&#233;elle est stigmatis&#233;e aujourd'hui par la qualification r&#233;currente de populisme. Toute condamnation des in&#233;galit&#233;s de revenus, toute vell&#233;it&#233; contestataire &#224; l'&#233;gard de la sp&#233;culation financi&#232;re et du chantage &#224; la dette sont tax&#233;es de d&#233;magogiques. Populistes et d&#233;magogues flatteraient le peuple pour s'attirer ses bonnes gr&#226;ces et en particulier ses voix en prodiguant des promesses incons&#233;quentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais personne n'a jamais parl&#233; de &#034;bourgeoisisme&#034;. Pourtant, celui-ci existe bel et bien dans les partis de droite dont la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s de la haute soci&#233;t&#233; est le credo. Le n&#233;olib&#233;ralisme m&#233;riterait pourtant d'&#234;tre ainsi d&#233;sign&#233;. Mais la force id&#233;ologique des aventuriers de la finance est telle que leur d&#233;marche appara&#238;t comme allant de soi, et parler de bourgeoisisme &#224; leur sujet serait incongru.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Proximit&#233; n&#233;faste pour la d&#233;mocratie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Proximite-nefaste-pour-la-democratie</link>
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		<dc:date>2012-12-04T14:18:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise Breault </dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Corruption</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-12-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite aux sessions de la Commission Charbonneau, tout le monde conna&#238;t maintenant le club priv&#233; 357C et ceux qui le fr&#233;quentent dont plusieurs de nos &#233;lus. Nos repr&#233;sentants, dont Mme Beauchamp, ex-ministre, minimisent et banalisent : &#171; C'est bien normal que je rencontre les gens, cela fait partie de notre travail &#187;... Elle nous pense bien na&#239;fs faut croire. &lt;br class='autobr' /&gt; Bizarre qu'ils ne consid&#232;rent pas d'une aussi grande importance le fait de rencontrer les citoyens faisant partie de divers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corruption-+" rel="tag"&gt;Corruption&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-12-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-12-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH142/arton12482-3ede1.png?1674711684' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='142' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite aux sessions de la Commission Charbonneau, tout le monde conna&#238;t maintenant le club priv&#233; 357C et ceux qui le fr&#233;quentent dont plusieurs de nos &#233;lus. Nos repr&#233;sentants, dont Mme Beauchamp, ex-ministre, minimisent et banalisent : &#171; C'est bien normal que je rencontre les gens, cela fait partie de notre travail &#187;... Elle nous pense bien na&#239;fs faut croire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bizarre qu'ils ne consid&#232;rent pas d'une aussi grande importance le fait de rencontrer les citoyens faisant partie de divers organismes comme la Coalition oppos&#233;e &#224; la privatisation et &#224; la hausse des tarifications, Eau Secours !, l'Action bor&#233;ale, Fondation Rivi&#232;re, les Amis de la terre, etc. Ils n'ont m&#234;me pas daign&#233; rencontrer les &#233;tudiants pour les &#233;couter vraiment. Les citoyens qui ne &#171; brassent pas des affaires &#187; semblent moins les int&#233;resser....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les citoyens veulent un gouvernement plus transparent ; ce n'est pas par des rencontres dans des clubs priv&#233;s que cette transparence sera concr&#233;tis&#233;e. Curieusement on a de la difficult&#233; &#224; s'imaginer Ren&#233; L&#233;vesque invit&#233; par les gens d'affaire dans leur club s&#233;lect et priv&#233;, partageant avec eux un repas bien arros&#233;. Quand il envisageait de nationaliser les compagnies d'&#233;lectricit&#233;, d&#251; au pauvre service offert &#224; la population et &#224; la grande disparit&#233; des prix, il n'a pas donn&#233; rendez-vous aux pr&#233;sidents dans un club priv&#233;. C'est au grand jour, en pr&#233;sence de journalistes, qu'il les a rencontr&#233;s, expliqu&#233; les d&#233;ficiences du service d'alors et pr&#233;sent&#233; son projet de nationalisation. S'il avait &#233;t&#233; un &#171; chum &#187; habitu&#233; du 337C, aurait-il eu la distance n&#233;cessaire pour prendre cette courageuse d&#233;cision ? Gr&#226;ce &#224; lui, Hydro-Qu&#233;bec est maintenant notre fiert&#233; nationale et un moteur essentiel dans l'&#233;conomie du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons l'influence des lobbys officiels sur les d&#233;cisions de nos &#233;lus et comment cette influence va souvent &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts des citoyens. Que dire maintenant de tout ce lobby officieux, cach&#233;, secret, de plus en plus incestueux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette proximit&#233; au 337C, &#224; Sagard, au Domaine Forget,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; lors des divers forums &#233;conomique (de Davos, des Am&#233;riques), etc peut-on s'&#233;tonner de la baisse d'imp&#244;t de $800 millions octroy&#233;e par Charest aux mieux nantis, pour ensuite aller chercher dans les poches de tout le monde une taxe-sant&#233; annuelle de $200, une hausse des tarifs d'Hydro, une hausse des frais de scolarit&#233; ? C'est litt&#233;ralement un transfert massif de richesse, $1 milliard annuellement qui part du bas vers le haut, du peuple vers l'oligarchie. Proximit&#233; oblige...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est grand temps d'&#233;tablir des r&#232;gles claires concernant cette proximit&#233; n&#233;faste entre le monde politique et le monde des affaires. En premier lieu &#233;videmment, obligation pour tous d'&#234;tre inscrit au registre des lobbyistes. Deuxi&#232;mement, aucune rencontre avec les gens d'affaires qui ne soit consign&#233;e &#224; l'agenda officiel. Troisi&#232;mement : n&#233;cessit&#233; de produire un comte-rendu de chaque rencontre et accessible &#224; tous les journalistes et &#224; tous les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moins de corruption, il faut plus de transparence. Esp&#233;rons que cela fera partie des recommandations de la Commission Charbonneau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/politique/quebec/365380/le-just-watch-me-de-france-charbonneau&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ledevoir.com/politique/quebec/365380/le-just-watch-me-de-france-charbonneau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Blair Inc.</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Blair-Inc</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Blair-Inc</guid>
		<dc:date>2012-12-04T14:15:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ibrahim Warde</dc:creator>


		<dc:subject>Angleterre</dc:subject>
		<dc:subject>Corruption</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-12-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'HEURE du d&#233;jeuner, le 11 octobre dernier, M. Nicolas Sarkozy a fait &#224; New York son entr&#233;e dans le circuit tr&#232;s lucratif des conf&#233;renciers de prestige. Les propositions de prestations de ce type (r&#233;mun&#233;r&#233;es aux alentours de 100 000 euros) afflueraient d&#233;j&#224; sur le bureau de l'ancien pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise : selon le magazine L'Express, il en aurait re&#231;u &#171; soixante-dix depuis son d&#233;part de l'Elys&#233;e, en mai dernier &#187; (3 octobre 2012). &lt;br class='autobr' /&gt;
(Tir&#233; du journal Le monde diplomatique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Angleterre-+" rel="tag"&gt;Angleterre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corruption-+" rel="tag"&gt;Corruption&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-12-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-12-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton12510-b3c76.png?1676743121' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'HEURE du d&#233;jeuner, le 11 octobre dernier, M. Nicolas Sarkozy a fait &#224; New York son entr&#233;e dans le circuit tr&#232;s lucratif des conf&#233;renciers de prestige. Les propositions de prestations de ce type (r&#233;mun&#233;r&#233;es aux alentours de 100 000 euros) afflueraient d&#233;j&#224; sur le bureau de l'ancien pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise : selon le magazine L'Express, il en aurait re&#231;u &#171; soixante-dix depuis son d&#233;part de l'Elys&#233;e, en mai dernier &#187; (3 octobre 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tir&#233; du journal Le monde diplomatique, novembre 2012)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'acc&#232;s aux plus hautes fonctions publiques ne constituerait-il plus qu'une &#233;tape dans un plan de carri&#232;re dont l'enrichissement personnel marquerait l'aboutissement ? C'est en tout cas en ces termes que M. Sarkozy r&#233;fl&#233;chissait en 2008 &#224; son avenir, alors qu'il n'envisageait pas de briguer un second mandat : &#171; Alors moi, en 2012, j'aurai 57 ans, je me repr&#233;sente pas. Et quand je vois les milliards que gagne Clinton, moi, je m'en mets plein les poches ! Je fais &#231;a pendant cinq ans et ensuite je pars faire du fric comme Clinton (1). &#187; Endett&#233; &#224; hauteur de 11 millions de dollars lorsqu'il avait quitt&#233; la Maison Blanche, en janvier 2001, l'ancien pr&#233;sident am&#233;ricain &#233;tait devenu &#171; &#233;crivain et conf&#233;rencier &#187;. En un an, les revenus annuels du couple Clinton &#233;taient pass&#233;s de 358 000 &#224; 16 millions de dollars, gr&#226;ce au versement d'une avance pour ses M&#233;moires et &#224; la tarification g&#233;n&#233;reuse de ses conf&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le petit monde des anciens chefs d'Etat, la reconversion de l'ex-premier ministre britannique (1997-2007) Anthony Blair figure sans doute parmi les plus belles r&#233;ussites. Aussi fulgurante qu'acrobatique, sa carri&#232;re politique &#8211; entam&#233;e &#224; la gauche du Parti travailliste et conclue, lors de la guerre d'Irak, par une d&#233;monstration de docilit&#233; vis-&#224;-vis de l'administration am&#233;ricaine lui ayant valu le sobriquet de &#171; caniche de George Bush &#187; &#8211; lui ouvrait un avenir o&#249; bons sentiments et bonnes affaires feraient bon m&#233;nage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bien et le Mal, les beaux discours et les grands principes sont omnipr&#233;sents dans le &#171; syst&#232;me Blair &#187;. La religion l'a &#171; toujours passionn&#233; plus que la politique &#187;, confie-t-il dans ses M&#233;moires (2). A peine a-t-il quitt&#233; son poste de premier ministre qu'il rencontre Beno&#238;t XVI pour l'informer de son souhait d'abandonner l'anglicanisme et de se convertir au catholicisme &#8211; la rigueur th&#233;ologique fait peut-&#234;tre d&#233;faut dans une Eglise d'Angleterre qui a vu le jour uniquement pour permettre au roi Henri VIII un divorce que lui refusait le pape. Dans la galaxie des fondations et des organismes caritatifs qu'il a cr&#233;&#233;s, sa Fondation pour la foi, &#171; destin&#233;e &#224; encourager le respect et la compr&#233;hension entre les religions &#187;, en c&#244;toie d'autres &#224; vocation plus politique, comme l'Initiative pour la gouvernance en Afrique, qui entend &#171; am&#233;liorer l'efficacit&#233; des gouvernements &#187;. Mais l'objectif demeure le m&#234;me : m&#233;diatiser les bonnes oeuvres de l'ancien locataire du 10 Downing Street et lui assurer un approvisionnement constant en euros, dollars ou toute autre devise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Blair se montre plus discret sur d'autres de ses activit&#233;s : la qu&#234;te de plantureux contrats et la s&#233;duction de gros clients. Car, entre deux r&#233;unions destin&#233;es &#224; sauver les oiseaux ou &#224; promouvoir la foi, il a fond&#233; des entreprises beaucoup moins d&#233;sint&#233;ress&#233;es. Ainsi de Tony Blair Associates, qui vise &#224; &#171; offrir, dans une optique commerciale, un conseil strat&#233;gique sur les tendances politiques et &#233;conomiques et la r&#233;forme des Etats &#187;, ou de la soci&#233;t&#233; d'investissement Firerush Ventures No 3. L'ancien dirigeant travailliste dispense ses bons conseils &#224; la banque d'affaires am&#233;ricaine JP Morgan, &#224; l'assureur Zurich Financial Services, au gouvernement du Kowe&#239;t, au fonds d'investissement Mubadala d'Abou Dhabi, ainsi qu'&#224; une multitude d'institutions financi&#232;res internationales et d'Etats &#8211; avec une pr&#233;dilection pour les oligarques et kleptocrates du Proche-Orient, d'Afrique et de l'ancienne Union sovi&#233;tique. Les estimations du magot accumul&#233; par l'ancien homme d'Etat depuis sa reconversion varient entre 20 et 60 millions de livres sterling (entre 24 et 74 millions d'euros). Parfois d&#233;peint comme un financier rapace, M. Blair se dit &#171; bless&#233; &#187; : &#171; Je consacre les deux tiers de mon temps &#224; des activit&#233;s b&#233;n&#233;voles, ou au processus de paix au Proche-Orient, l&#224; aussi &#224; titre gracieux. &#187; Avant d'ajouter qu'il pourrait &#171; gagner beaucoup plus d'argent (3) &#187; s'il le souhaitait vraiment&#8230; Le fondateur du New Labour n'a jamais v&#233;ritablement quitt&#233; la sc&#232;ne politique. Le 27 juin 2007, le jour m&#234;me o&#249;, selon les termes d'un accord conclu un an plus t&#244;t avec son ministre de l'&#233;conomie Gordon Brown, il pr&#233;sentait sa d&#233;mission pour que ce dernier lui succ&#232;de, il est devenu repr&#233;sentant du Quartet (Etats-Unis, Union europ&#233;enne, Russie et Nations unies) au Proche-Orient. Sa mission : accompagner le &#171; processus de paix isra&#233;lo-palestinien &#187; et am&#233;liorer les conditions de vie dans les territoires occup&#233;s. Il s'y rend tr&#232;s rarement, et qualifier son bilan &#8211; essentiellement des exhortations larmoyantes pour que les uns et les autres fassent preuve de bonne volont&#233; &#8211; de &#171; modeste &#187; rel&#232;verait encore de l'euph&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fonction constitue pourtant un rouage essentiel dans un syst&#232;me o&#249; le b&#233;n&#233;volat s'av&#232;re lucratif. Le Quartet inclut tout ce qui compte dans les sph&#232;res politique et &#233;conomique. M. Blair peut donc &#224; tout moment avoir acc&#232;s &#224; n'importe quel dirigeant, y compris (et surtout) aux potentats du Golfe, principaux contributeurs financiers de l'entit&#233; palestinienne. Sans compter le carnet d'adresses qu'il s'est constitu&#233; au cours des dix ann&#233;es pass&#233;es au 10 Downing Street, ou les pr&#233;textes de contact que fournissent les nombreux organismes &#224; but non lucratif qu'il a cr&#233;&#233;s. La &#171; marque Blair &#187; se fonde ainsi sur le m&#233;lange des genres, la forme la plus achev&#233;e d'un capitalisme d'acc&#232;s qui se monnaye au prix fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde (19 septembre 2012) rapportait par exemple comment M. Blair est intervenu pour faciliter l'offre publique d'achat (OPA) du g&#233;ant des mati&#232;res premi&#232;res Glencore sur la soci&#233;t&#233; mini&#232;re Xstrata, dont le fonds souverain Qatar Holding est le deuxi&#232;me actionnaire. &#171; Par piti&#233;, faites quelque chose pour s&#233;duire le Qatar &#187;, l'avait implor&#233; M. Ivan Glasenberg. &#171; Sans plus attendre &#187;, relate le quotidien, M. Blair t&#233;l&#233;phona alors &#224; son ami Hamad Ben Jassim Al-Thani, premier ministre de l'&#233;mirat gazier et patron de Qatar Holding : &#171; A l'issue de cette conversation, rendez-vous est pris &#224; Londres entre les deux parties. &#187; L'OPA devrait aboutir &#224; la fin du mois de novembre. Montant des honoraires de M. Blair ? &#171; Plus d'un million de livres [1,24 million d'euros] (&#8230;) pour trois heures de travail. &#187; Les services d'un homme qui n'a pourtant jamais travaill&#233; dans le secteur priv&#233; suscitent l'int&#233;r&#234;t aussi bien d'entreprises convoitant de juteux contrats sur des march&#233;s difficiles que de fonds sp&#233;culatifs &#224; la recherche de tuyaux (sinon de d&#233;lits d'initi&#233;s). Paradoxe suppl&#233;mentaire : cette capitalisation sur un nom masque le labeur d'une centaine de &#171; petites mains &#187;, dont certaines appartenaient &#224; la garde rapproch&#233;e du premier ministre, tandis que d'autres sont issues de la City ou de Wall Street, ou d&#233;tach&#233;es de prestigieux cabinets de conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle confusion des registres ne permet pas toujours d'&#233;viter les maladresses. Premier ministre, M. Blair se porta garant de la &#171; transformation &#187; de Mouammar Kadhafi en homme d'Etat fr&#233;quentable &#8211; avec le succ&#232;s que l'on sait. Dans son nouveau r&#244;le d'interm&#233;diaire, il effectua par la suite de nombreux s&#233;jours &#224; Tripoli au titre de conseiller financier de la famille du dirigeant libyen et de consultant de la banque JP Morgan, pour une r&#233;mun&#233;ration estim&#233;e &#224; 2 millions de livres par an. Plus r&#233;cemment, il est entr&#233; en affaires avec M. Noursoultan Nazarba&#239;ev, qui dirige d'une main de fer le Kazakhstan, o&#249; il a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu en 2011 avec un score sup&#233;rieur &#224; 95 % des voix. C'est pour la bonne cause !, jure M. Blair, qui per&#231;oit 8 millions de livres par an pour &#171; former l'administration &#187; et &#171; r&#233;former le gouvernement &#187; de cette r&#233;publique en transition (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;al d&#233;mocratique ne souffre-t-il pas quelque peu lorsque le service public ne constitue plus une fin en soi, mais une simple &#233;tape dans un plan de carri&#232;re fond&#233; sur la perspective d'un enrichissement diff&#233;r&#233; ? Comme l'a expliqu&#233; le &#171; superlobbyiste &#187; d&#233;chu Jack Abramoff, le meilleur moyen pour une entreprise de corrompre un homme politique est de lui faire miroiter la perspective d'un emploi futur qui lui garantirait le pactole (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une r&#233;cente tribune sur les vertus de la philanthropie, M. Blair expliquait que &#171; travailler hors des contraintes du gouvernement &#233;tait enrichissant, stimulant et [lui] permettait potentiellement d'avoir une influence plus grande que lorsqu'[il &#233;tait] en politique (6) &#187;&#8230;xxx----&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le Point, Paris, 3 juillet 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Tony Blair, A Journey : My Political Life, Knopf, New York, 2010, p. 654.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) The Daily Telegraph, Londres, 30 septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) The Daily Telegraph, 22 octobre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Jack Abramoff, Capitol Punishment : The Hard Truth About Washington Corruption From America's Most Notorious Lobbyist, WND Books, New York, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) Huffingtonpost.com, 16 avril 2012.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Ibrahim Warde est professeur associ&#233; &#224; la Fletcher School of Law and Diplomacy (Medford, Massachusetts). Auteur de Propagande imp&#233;riale &amp; guerre financi&#232;re contre le terrorisme, Agone - Le Monde diplomatique, Marseille-Paris, 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;fiance envers l'Etat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Defiance-envers-l-Etat</link>
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		<dc:date>2012-12-04T14:14:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>


		<dc:subject>Corruption</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-12-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LES CHANCES d'un candidat &#224; la Maison Blanche ayant fait fortune dans la finance sp&#233;culative auraient d&#251; &#234;tre nulles quatre ans apr&#232;s une crise provoqu&#233;e par des banques priv&#233;es que les contribuables ont sauv&#233;es du d&#233;sastre. Mais l'incertitude du scrutin am&#233;ricain jusqu'aux derniers jours s'explique sans doute par la d&#233;fiance croissante envers les interventions de l'Etat (1). Laquelle tient &#224; plusieurs raisons. &lt;br class='autobr' /&gt;
(Tir&#233; du journal Le monde diplomatique de novembre 2012) &lt;br class='autobr' /&gt; D'abord, la flamb&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corruption-+" rel="tag"&gt;Corruption&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-12-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-12-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;LES CHANCES d'un candidat &#224; la Maison Blanche ayant fait fortune dans la finance sp&#233;culative auraient d&#251; &#234;tre nulles quatre ans apr&#232;s une crise provoqu&#233;e par des banques priv&#233;es que les contribuables ont sauv&#233;es du d&#233;sastre. Mais l'incertitude du scrutin am&#233;ricain jusqu'aux derniers jours s'explique sans doute par la d&#233;fiance croissante envers les interventions de l'Etat (1). Laquelle tient &#224; plusieurs raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tir&#233; du journal Le monde diplomatique de novembre 2012)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, la flamb&#233;e des d&#233;ficits budg&#233;taires, attis&#233;e par les d&#233;penses de deux guerres simultan&#233;es (Afghanistan et Irak), par le renflouement des banques, enfin par des r&#233;ductions d'imp&#244;ts aussi colossales qu'in&#233;galitaires, a plac&#233; la question de la dette publique au coeur de la vie politique (2). Mais, d&#233;sormais, &#224; ceux qui soupirent &#171; Nous aimerions bien, mais nous n'en avons plus les moyens &#187; se m&#234;lent ceux qui pensent aussi aux liaisons incestueuses entre gouvernements et entreprises priv&#233;es, au caract&#232;re provocateur des reconversions d'anciens chefs de l'ex&#233;cutif en lobbyistes ou en conf&#233;renciers de luxe (lire l'article d'Ibrahim Warde page 28). L'appr&#233;hension ancienne des g&#226;chis bureaucratiques, des interm&#233;diaires parasitaires, des grands projets inutiles (3) est alors d&#233;cupl&#233;e par le soup&#231;on de la v&#233;nalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; &#199;a co&#251;te trop cher et &#231;a ne marche pas &#187; constituait d&#233;j&#224; une arme de dissuasion redoutable contre toute action sociale de l'Etat. Que dire quand s'y adjoint la conviction que les &#233;lus sont devenus trop lointains, trop corrompus, trop li&#233;s aux int&#233;r&#234;ts d'une oligarchie pour servir le bien commun ? S'affi chant lib&#233;rale, la droite tire parti de ce discr&#233;dit. Et laisse chacun penser que, pour gouverner un pays, pour accro&#238;tre sa &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;, mieux vaut avoir fait ses preuves &#224; la t&#234;te d'une entreprise ou d'un fonds sp&#233;culatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur priv&#233;, les fraudes et les gaspillages sont pourtant l&#233;gion eux aussi. Qui dira le nombre d'ing&#233;nieurs, de comptables, de sociologues instruits aux frais de la collectivit&#233; qui, chaque jour, g&#226;chent leur talent &#224; fignoler le galbe d'un capot de voiture, le clinquant d'un emballage, le filtre d'une cigarette, ou qui inventent des contrats d'assurances exotiques, des placements pr&#233;serv&#233;s du fisc ? Le succ&#232;s financier de telles entreprises passe toujours avant l'utilit&#233; sociale de ce qu'elles produisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois un scandale &#233;clabousse un patron, parfois il en &#233;limine un autre, mais sans remettre en cause les structures qui ont enfant&#233; leur activit&#233; et dont ils ont tir&#233; leur puissance. En revanche, la pr&#233;varication d'un maire ou d'un ministre, la capitulation ostensible d'un gouvernement devant un lobby, le financement douteux d'une campagne &#233;lectorale rejaillissent aussit&#244;t sur l'Etat tout entier. Sapant sa l&#233;gitimit&#233; &#224; lever l'imp&#244;t, &#224; organiser un territoire, &#224; mobiliser une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu partout dans le monde, des peuples exc&#233;d&#233;s inclinent dans le sens du changement. Mais faute d'instruments, anciens ou nouveaux, pour r&#233;aliser leurs desseins, ils t&#226;tonnent, pi&#233;tinent, parfois font marche arri&#232;re. Et contredisent ainsi toutes leurs esp&#233;rances.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Lire Mani&#232;re de voir, n&#176; 125, &#171; O&#249; va l'Am&#233;rique ? &#187;, octobre-novembre 2012, en kiosques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Lire &#171; Une dette providentielle &#187;, Le Monde diplomatique, d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Lire Alain Devalpo, &#171; L'art des grands projets inutiles &#187;, Le Monde diplomatique, ao&#251;t 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cancer de la corruption</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-cancer-de-la-corruption</link>
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		<dc:date>2010-09-28T12:33:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arno J. Mayer</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-09-28</dc:subject>
		<dc:subject>Corruption</dc:subject>

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&lt;p&gt;Entre deux mandats, les plus hauts fonctionnaires s'en vont monnayer leur exp&#233;rience et leur r&#233;seau au sein du gouvernement, de l'entreprise et de la haute soci&#233;t&#233;. Les anciens pr&#233;sidents ouvrent le bal, empochant des sommes faramineuses pour baratiner des parterres d'hommes d'affaires. &lt;br class='autobr' /&gt; La corruption est un concept lest&#233; d'une forte charge pol&#233;mique, qui prend toute son ampleur rh&#233;torique dans les guerres de pouvoir. Instrument de mobilisation des foules, indiff&#233;rente au bien commun, elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-09-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-09-28&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Corruption-+" rel="tag"&gt;Corruption&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH134/arton5429-70e14.png?1679047174' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='134' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre deux mandats, les plus hauts fonctionnaires s'en vont monnayer leur exp&#233;rience et leur r&#233;seau au sein du gouvernement, de l'entreprise et de la haute soci&#233;t&#233;. Les anciens pr&#233;sidents ouvrent le bal, empochant des sommes faramineuses pour baratiner des parterres d'hommes d'affaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La corruption est un concept lest&#233; d'une forte charge pol&#233;mique, qui prend toute son ampleur rh&#233;torique dans les guerres de pouvoir. Instrument de mobilisation des foules, indiff&#233;rente au bien commun, elle sert avant tout &#224; d&#233;nigrer des &#233;lus ou &#224; &#233;vincer des rivaux politiques. Elle rel&#232;ve de la psychologie des masses et sa signification peut changer d'une civilisation, d'un si&#232;cle et d'un pays &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en formuler une critique pertinente, il ne suffit pas d'appr&#233;hender la corruption dans le contexte de la politique, car elle touche aussi bien &#224; l'&#233;conomie, &#224; la finance, &#224; l'&#233;glise, au sport, aux arts, &#224; l'&#233;ducation et aux relations sociales. Ici, politique et soci&#233;t&#233; sont &#233;troitement imbriqu&#233;es. Puisque la corruption affecte aussi bien la sph&#232;re politique que la soci&#233;t&#233; civile, le probl&#232;me ne tient pas tant &#224; la corruption en soi qu'&#224; ses proportions, &#224; sa virulence et &#224; sa banalisation. Les tentatives pour lui faire barrage sont diverses et vari&#233;es, qu'il s'agisse simplement de la contenir, ou bien de l'&#233;radiquer &#224; tout jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;fions-nous de ces parangons de vertu qui promettent d'&#233;purer une fois pour toutes les &#233;curies d'Augias. Bertolt Brecht, grand dramaturge de la corruption, remarquait : &#171; Trouvez-moi un fonctionnaire qui accepte un pot-de-vin, vous aurez trouv&#233; l'humanit&#233;. &#187; Brecht fuyait alors les r&#233;gimes fascistes qui, du fait m&#234;me de leur inhumanit&#233;, pr&#233;tendaient venir &#224; bout de la corruption. Or, pour nombre de r&#233;fugi&#233;s &#224; cette &#233;poque, comme pour M&#232;re Courage et ses enfants pendant la guerre de Trente Ans, &#171; la v&#233;nalit&#233; des hommes, c'est notre seule sauvegarde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semblerait que les soci&#233;t&#233;s dites primitives en aient &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;es : la sph&#232;re publique ne se distinguant pas de la sph&#232;re priv&#233;e, le don n'y &#233;tait pas entach&#233; de corruption. Les Egyptiens, les Babyloniens et les H&#233;breux, en revanche, connaissaient bien la corruption, en particulier celle des juges. Dans la Gr&#232;ce du IVe si&#232;cle avant J.-C., elle s'est d&#233;velopp&#233;e parall&#232;lement &#224; la cit&#233;, &#224; l'&#233;conomie et &#224; l'Etat. La Rome antique n'a pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e par la v&#233;nalit&#233;, bien que ce poison n'ait v&#233;ritablement infiltr&#233; la soci&#233;t&#233; et la politique que dans les derni&#232;res ann&#233;es de la R&#233;publique et au d&#233;but de l'expansion imp&#233;riale.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me la fonction d'empereur est parfois all&#233;e au plus offrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la simonie (trafic d'objets sacr&#233;s, de biens religieux ou de charges eccl&#233;siastiques) &#233;tait un fl&#233;au m&#233;di&#233;val, la v&#233;nalit&#233; des charges s'est n&#233;anmoins propag&#233;e en France et en Angleterre aux d&#233;buts de l'Europe moderne, en compl&#233;ment des charges h&#233;r&#233;ditaires. Les colonies d'outre-mer ouvraient alors des boulevards &#224; la corruption dans la m&#233;tropole et les lointaines provinces de l'empire. La corruption est et a toujours &#233;t&#233; inh&#233;rente, voire n&#233;cessaire, &#224; l'imp&#233;rialisme. Elle est la doublure du tissu institutionnel de l'empire, tirant profit de la vente de chartes, de concessions et de contrats pour exploiter et ponctionner les colonies. En somme, la corruption ne pr&#233;vaut pas de la m&#234;me fa&#231;on en tout temps et en tous lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les p&#233;riodes de mutation &#233;conomique et sociale, quand les structures &#233;tatiques et juridiques sont balbutiantes et que les moeurs se rel&#226;chent (comme aux Etats-Unis entre 1865 et 1890, dans les nouveaux Etats post-coloniaux du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie du Sud-Est, ou dans les anciens pays du bloc sovi&#233;tique apr&#232;s 1989), la corruption gagne du terrain et s'affiche de fa&#231;on &#233;hont&#233;e, comme une aubaine pour les suborneurs et les suborn&#233;s. Les petites magouilles ouvrent la voie &#224; la grande corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque o&#249; la fronti&#232;re des Etats-Unis se d&#233;pla&#231;ait vers l'Ouest, et en particulier &#224; partir de la guerre de S&#233;cession, l'Am&#233;rique s'est sp&#233;cialis&#233;e dans la corruption. Barons voleurs et capitaines d'industrie, r&#233;trospectivement salu&#233;s comme les fondateurs du capitalisme moderne, ont adoss&#233; leurs empires &#224; la corruption massive de l'Etat (local et f&#233;d&#233;ral). Profitant du laxisme ambiant, leurs pratiques frauduleuses ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en foires d'empoigne autour du trac&#233; des chemins de fer, des concessions publiques pour l'exploitation du bois, du minerai et du p&#233;trole, et des exon&#233;rations d'imp&#244;ts et des r&#233;glementations commerciales avantageuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parvenir &#224; leurs fins, les Cooke, Gould, Rockefeller, Huntington, Stanford, Frick et Carnegie n'ont pas l&#233;sin&#233; sur les pots-de-vin. Ils ont soudoy&#233; des s&#233;nateurs et repr&#233;sentants de l'un et l'autre parti, fauss&#233; les scrutins, achet&#233; les m&#233;dias et tourn&#233; la t&#234;te des intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces nouveaux magnats, dans l'espoir d'all&#233;ger d'autant les enveloppes, se sont pr&#233;sent&#233;s &#224; des postes publics, en brandissant leurs ch&#233;quiers pour accaparer le pouvoir politique. Au lieu de se mener la guerre sous les yeux &#233;baubis d'un Etat impuissant, les g&#233;ants industriels ont trouv&#233; int&#233;r&#234;t &#224; se regrouper en lobbies et &#224; fusionner. A la fin des ann&#233;es 1870, ses obscures man&#339;uvres destin&#233;es &#224; gonfler la Standard Oil vont faire de John D. Rockefeller un illustre hors-la-loi. Plus tard, soucieux de redorer son blason, le magnat du p&#233;trole choisit de faire don d'une partie de sa fortune douteuse &#224; des &#339;uvres de bienfaisance, ce qui lui vaudra cette saillie de Mark Twain : &#171; Les bonnes &#339;uvres rach&#232;tent les mauvaises consciences. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XXe si&#232;cle, alors que l'Am&#233;rique s'impose comme une puissance incontest&#233;e, la corruption atteint son apog&#233;e. D&#233;pourvu de la structure fortement centralis&#233;e de l'empire romain ou des empires europ&#233;ens, l'empire am&#233;ricain distendu engendre un complexe militaro-industriel qui engloutit des fonds publics dans des contrats militaires colossaux, dont l'histoire a montr&#233; qu'ils se pr&#234;taient particuli&#232;rement au copinage et aux manigances. Le d&#233;ploiement de ce syst&#232;me tentaculaire de d&#233;fense, qui peut compter sur des bases militaires et des alli&#233;s subalternes dans le monde entier, accompagne la mainmise de l'Am&#233;rique sur les mati&#232;res premi&#232;res, impliquant des contrats aussi lucratifs que corruptibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette emprise mondiale est intensifi&#233;e par la pr&#233;dominance am&#233;ricaine dans l'a&#233;ronautique, les t&#233;l&#233;communications, l'industrie pharmaceutique et l'informatique, qui appellent au commerce de brevet et au trafic d'influence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette d&#233;bauche de capitalisme financier o&#249; se sont vautr&#233;s les Etats-Unis et le reste du monde, la politique &#224; la papa s'est laiss&#233; gagner par le cancer de la corruption, &#224; la fois direct et contourn&#233;, l&#233;gal et ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la d&#233;sindustrialisation galopante de l'Am&#233;rique, on ne trouve plus gu&#232;re de s&#233;nateur pour repr&#233;senter l'Etat &#171; Boeing &#187; ni de PDG reconverti en secr&#233;taire d'Etat pour proclamer que &#171; ce qui est bon pour General Motors est bon pour l'Am&#233;rique &#187;. Nouveau mot d'ordre : &#171; Ce qui est bon pour l'Am&#233;rique est bon pour la plan&#232;te. &#187; Assur&#233;ment, la corruption est devenue syst&#233;mique aux Etats-Unis et elle ne concerne pas seulement des conglom&#233;rats, mais des agences de notation et d'audit. Sur le Vieux Continent aussi, elle pullule ; les affaires Vivendi et Parmalat y font &#233;cho au scandale Enron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart, les suborneurs sont des hommes en gris, employ&#233;s &#224; promouvoir la fortune de l'entreprise qui, en retour, d&#233;cidera de la leur. Aux c&#244;t&#233;s des lobbies et groupes de pression, loin devant les syndicats, ils graissent la patte aux politiciens de tous bords. Leurs amis r&#233;publicains et d&#233;mocrates, dont les &#233;lections et les nominations sont largement financ&#233;es, et donc biais&#233;es, par le monde de l'entreprise, ont investi les branches l&#233;gislatives, ex&#233;cutive et administrative du gouvernement, aux niveaux f&#233;d&#233;ral, &#233;tatique et local. Le sympt&#244;me le plus manifeste de l'enkystement des affaires dans la politique est la porosit&#233; des fronti&#232;res entre secteur public et priv&#233;. Sans cesser d'entretenir leurs relations au Capitole, les initi&#233;s ne s'interdisent pas quelques incartades pour le compte d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, en attendant un &#233;ventuel retour au pouvoir. Et pour &#233;toffer son CV, il est de bon ton de se greffer sur une universit&#233; ou un think tank.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre deux mandats, les plus hauts fonctionnaires s'en vont monnayer leur exp&#233;rience et leur r&#233;seau au sein du gouvernement, de l'entreprise et de la haute soci&#233;t&#233;. Les anciens pr&#233;sidents ouvrent le bal, empochant des sommes faramineuses pour baratiner des parterres d'hommes d'affaires. Tel candidat malheureux &#224; la pr&#233;sidence n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; se mettre &#224; la solde de Viagra et de Pepsi. Le XXIe si&#232;cle s'&#233;veille au son d'un nouveau concert de nations, qui bient&#244;t tomberont sous la coupe de plusieurs grandes puissances. Leurs syst&#232;mes politiques ont beau &#234;tre diff&#233;rents, elles sont toutes arrim&#233;es &#224; un m&#234;me capitalisme &#233;tatique. Les rivalit&#233;s ordinaires seront exacerb&#233;es par la ru&#233;e vers les ressources toujours plus rares que sont l'&#233;nergie, les denr&#233;es et l'eau, tandis que l'explosion d&#233;mographique restera le fait de pays en proie &#224; l'instabilit&#233; chronique et &#224; la mis&#232;re, dont certains sont dot&#233;s de ressources naturelles tr&#232;s pris&#233;es, sous contr&#244;le de petites &#233;lites locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce meilleur des mondes suscite les convoitises et offre un terrain propice &#224; la corruption end&#233;mique. L'hydre increvable promet de s'acclimater &#224; toutes les latitudes. Face &#224; la d&#233;bandade de l'Occident, il sied mal aux dirigeants hypocrites d'un monde opulent de d&#233;noncer la corruption comme le stigmate du tiers-monde. Faut-il leur rappeler que, sans la complicit&#233; de leurs interm&#233;diaires occidentaux, les pr&#233;dateurs financiers des r&#233;gions non occidentales n'auraient pu transf&#233;rer, blanchir et investir leur butin &#224; l'&#233;tranger, ni s'imposer comme les ma&#238;tres de la corruption dans des Etats embryonnaires ou vacillants, terrains de chasse des chevaliers d'industrie et autres canailles de tous horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Arno J. Mayer est professeur &#233;m&#233;rite d'histoire europ&#233;enne &#224; l'universit&#233; de Princeton. Penseur de la gauche am&#233;ricaine, il est n&#233; en 1926 au Luxembourg et vit aux Etats-Unis depuis 1944. Apr&#232;s avoir travaill&#233; sur la diplomatie europ&#233;enne, il publie en 1990 La Solution finale dans l'histoire (La D&#233;couverte), qui fera d&#233;bat. Son dernier ouvrage s'intitule De leurs socs ils ont forg&#233; des glaives. Histoire critique d'Isra&#235;l (Fayard, 2009).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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