<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_mot=542&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>50 femmes s'appr&#234;tent &#224; embarquer pour Gaza</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/50-femmes-s-appretent-a-embarquer-pour-Gaza</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/50-femmes-s-appretent-a-embarquer-pour-Gaza</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:54:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Journal des Alternatives</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Conflit Isra&#233;lo-palestinien</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le &#034;Maryam&#034;, un bateau de secours dont l'&#233;quipage est enti&#232;rement f&#233;minin, pr&#233;sentement &#224; quai au port libanais de Tripoli, s'appr&#234;te &#224; partir pour Gaza. Le navire, qui vise &#224; briser le blocus isra&#233;lien de ce territoire palestinien, transportera quelque 50 travailleuses sociales impatientes d'apporter une aide humanitaire aux femmes et aux enfants qui souffrent &#224; Gaza. &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;Nous nous sommes toutes senties appel&#233;es &#224; participer &#224; ce projet, unies par un vif sentiment d'injustice&#034;, dit Samar (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Palestine-+" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Conflit-Israelo-palestinien-+" rel="tag"&gt;Conflit Isra&#233;lo-palestinien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L110xH91/arton5059-cb575.jpg?1781028367' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le &#034;Maryam&#034;, un bateau de secours dont l'&#233;quipage est enti&#232;rement f&#233;minin, pr&#233;sentement &#224; quai au port libanais de Tripoli, s'appr&#234;te &#224; partir pour Gaza. Le navire, qui vise &#224; briser le blocus isra&#233;lien de ce territoire palestinien, transportera quelque 50 travailleuses sociales impatientes d'apporter une aide humanitaire aux femmes et aux enfants qui souffrent &#224; Gaza.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;Nous nous sommes toutes senties appel&#233;es &#224; participer &#224; ce projet, unies par un vif sentiment d'injustice&#034;, dit Samar Hajj, une des organisatrices du Maryam, nomm&#233; d'apr&#232;s le nom de la m&#232;re de J&#233;sus. Apr&#232;s l'incident du Mavi Marmaris, le bateau-secours attaqu&#233; par Isra&#235;l o&#249; 9 activistes turcs furent tu&#233;s, une des femmes qui assistaient &#224; notre r&#233;union hebdomadaire a salu&#233; Marie. Son exclamation a retenti comme une r&#233;v&#233;lation et nous avons d&#233;cid&#233; d'appeler notre bateau Maryam (Marie en arabe). Ce nom allait parfaitement &#224; un navire qui ne comprenait que des femmes&#034;, dit Hajj.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a re&#231;u quelque 500 demandes de participation mais le Maryam n'emportera qu'environ 50 femmes, dont la moiti&#233; sont des Libanaises, les autres &#233;tant Arabes, Europ&#233;ennes et quelques Am&#233;ricaines. &#034;Toutes les femmes qui embarqueront ont choisi de se nommer Maryam et se distingueront par un num&#233;ro : Maryam 1, Maryam 2 etc.&#034; ajoute Hajj. Maryam 1 est une avocate indienne d'un certain &#226;ge. &#034;Je suis les pr&#233;ceptes du Mahatma Gandhi qui a combattu toute forme d'oppression sans violence. Il &#233;tait aussi oppos&#233; &#224; l'occupation de la Palestine&#034;, dit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; d'elle, Maryam 2, ancienne biologiste d'origine libano-arm&#233;nienne, dit : &#034;J'ai &#233;t&#233; remu&#233;e par l'injustice criante dont sont victimes les Palestiniens&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant, les passag&#232;res du Maryam sont impatientes d'embarquer. &#034;Nous ne combattrons pas les Isra&#233;liens avec des armes, des pierres ou des couteaux mais avec notre libre volont&#233;&#034; dit Maryam 3, qui travaille dans le Gouvernement libanais .&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Et nous ne capitulerons pas&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
Adapt&#233; de &#171; Women Prepare to Set Sail Past Israel&#034;, &#233;crit par Mona Alami et publi&#233;par Inter Press Service (IPS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte int&#233;grale : &lt;a href=&#034;http://us.oneworld.net/article/3694..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://us.oneworld.net/article/3694..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distribu&#233; par PAJU (Palestiniens et Juifs Unis)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de Journal des Alternatives&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie : une d&#233;cennie de combats</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tunisie-une-decennie-de-combats</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Tunisie-une-decennie-de-combats</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:46:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui deux femmes incarc&#233;r&#233;es pour des raisons politiques en Tunisie, quand les prisons comptent des milliers d'hommes. Il n'en a pas toujours &#233;t&#233; ainsi. Dans les ann&#233;es quatre vingt dix, des dizaines de femmes ont connu l'emprisonnement pour leurs id&#233;es. Afef Bennaceur, connue aujourd'hui comme militante contre le ch&#244;mage, revient sur la d&#233;cennie pass&#233;e et sur ses combats actuels. &lt;br class='autobr' /&gt; Afef Bennaceur vous avez connu la prison dans les ann&#233;es quatre vingt dix ? Pour quelle raison (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton5071-de5fa.jpg?1782566648' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui deux femmes incarc&#233;r&#233;es pour des raisons politiques en Tunisie, quand les prisons comptent des milliers d'hommes. Il n'en a pas toujours &#233;t&#233; ainsi. Dans les ann&#233;es quatre vingt dix, des dizaines de femmes ont connu l'emprisonnement pour leurs id&#233;es. Afef Bennaceur, connue aujourd'hui comme militante contre le ch&#244;mage, revient sur la d&#233;cennie pass&#233;e et sur ses combats actuels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Afef Bennaceur vous avez connu la prison dans les ann&#233;es quatre vingt dix ? Pour quelle raison avez-vous &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B.&lt;/strong&gt; j'ai &#233;t&#233; emprisonn&#233;e pendant dix-huit mois pour avoir protest&#233; contre un programme de r&#233;forme de l'enseignement qui touchait aux int&#233;r&#234;ts des &#233;tudiants. Il s'agissait d'une protestation pacifique encadr&#233;e par l'Union G&#233;n&#233;rale des Etudiants de Tunisie (UGET), sous forme d'arr&#234;ts des cours et de manifestations dans la cour de l'Universit&#233; et les foyers universitaires jusqu'&#224; l'intervention des forces de l'ordre. Elles ont proc&#233;d&#233; &#224; des arrestations et je faisais partie de ceux qui ont &#233;t&#233; accus&#233;s d'organiser des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sans autorisation et de provoquer du d&#233;sordre, une proc&#233;dure qui est souvent utilis&#233;e par le pouvoir tunisien vis-&#224;-vis des &#233;tudiants et des activit&#233;s de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etiez-vous la seule femme dans cette affaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;A. B.&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt; J'avais alors vingt-deux ans et nous &#233;tions condamn&#233;es ma camarade Najwa Rizgui, qui n'avait pas vingt et un an, et moi-m&#234;me. Nous &#233;tions les deux seules femmes &#224; &#234;tre condamn&#233;es dans cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles &#233;taient les conditions d'incarc&#233;ration ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B.&lt;/strong&gt; Les conditions de notre arrestation n'&#233;taient pas ordinaires, car nous avons &#233;t&#233; enlev&#233;es dans la cour du foyer universitaire le 1er novembre 1994 &#224; quatorze heures. Nous avons &#233;t&#233; frapp&#233;es et tortur&#233;es, puis ils nous ont amen&#233;es au commissariat et nous y avons pass&#233; huit jours pendant lesquels nous &#233;tions syst&#233;matiquement tortur&#233;es au moyen de b&#226;tons, de buches et de tuyaux, tortur&#233;es jusqu'&#224; la perte de connaissance. Alors on nous aspergeait d'eau glac&#233;e alors qu'il faisait tr&#232;s froid, puis cela a &#233;t&#233; la prison de nouveau avec les menaces de viol et d'incarc&#233;ration des proches qui s'informaient de notre sort. Puis nous avons &#233;t&#233; condamn&#233;es injustement et ill&#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous pu reprendre une vie &#171; normale &#187; &#224; la sortie de la prison ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. B.&lt;/strong&gt; Apr&#232;s ma sortie de prison, on a essay&#233; de me soumettre &#224; une surveillance administrative et il m'&#233;tait interdit de circuler, mais j'ai refus&#233; de signer et j'ai continu&#233; mes &#233;tudes dans la ville de Kairouan, sous la surveillance et le harc&#232;lement constants de la police. Il m'&#233;tait impossible de travailler pour ces m&#234;mes raisons. La police a aussi tent&#233; de me priver de sources de revenus, de gagner ma vie et de vivre dignement. Elle a &#244;t&#233; mon nom de la liste de recrutement dans l'enseignement primaire sous pr&#233;texte que j'&#233;tais d&#233;tenue deux ans pour des raisons politiques. Le minist&#232;re a effac&#233; mon nom le jour m&#234;me o&#249; le syndicat l'avait impos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, j'ai essay&#233; de monter un petit commerce, mais on a souvent essay&#233; de m'emp&#234;cher de continuer par des vols ou l'envoi d'agents de contr&#244;le de la fiscalit&#233; !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous militez actuellement dans une structure de ch&#244;meurs ? Comment celle-ci s'est-elle constitu&#233;e ? A-t-elle une dimension nationale ou est-elle restreinte &#224; la r&#233;gion de Gafsa ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. B.&lt;/strong&gt; Nous avons pris, mon mari et moi, l'initiative de monter un comit&#233; r&#233;gional pour la d&#233;fense des ch&#244;meurs dipl&#244;m&#233;s et on a organis&#233; des manifestations, des gr&#232;ves de la faim et des protestations pacifiques pour revendiquer le droit au travail. D'autres comit&#233;s ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s dans tout le pays et cela a d&#233;bouch&#233; sur l'apparition de l'Union nationale des dipl&#244;m&#233;s. Le fuit de ces protestations et du travail du comit&#233; r&#233;gional de d&#233;fense des dipl&#244;m&#233;s a &#233;t&#233; le large mouvement de protestation des ch&#244;meurs dipl&#244;m&#233;s du bassin minier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fait que vous soyez une femme &#224; la t&#234;te de cette structure refl&#232;te-t-elle un fort pourcentage de femmes dipl&#244;m&#233;es au ch&#244;mage, ou est-ce d&#251; &#224; vos capacit&#233;s militantes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. B.&lt;/strong&gt; Le taux de ch&#244;mage est plus &#233;lev&#233; chez les femmes d'apr&#232;s les statistiques officielles. Comme j'habite en ville et que j'ai fait partie du mouvement estudiantin, je me suis trouv&#233;e au centre du mouvement des ch&#244;meurs dipl&#244;m&#233;s. Aussi mes camarades et moi avons donn&#233; une image des femmes dans la soci&#233;t&#233; civile. Ce que nous avons fait a facilit&#233; l'int&#233;gration des femmes dans les mouvements de protestation, dans les activit&#233;s sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous &#224; subir la r&#233;pression qui s'est abattue sur d'autres militants, comme Hassen Ben Abdallah qui est en prison maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B.&lt;/strong&gt; J'ai subi toutes formes de harc&#232;lement, la surveillance rapproch&#233;e de mon foyer et de mes amis et connaissances. Pendant les manifestations, j'ai &#233;t&#233; frapp&#233;e devant tout le monde. J'ai &#233;t&#233; tortur&#233;e par des cadres connus des forces de police. J'ai port&#233; plainte contre l'un d'entre eux. J'ai joint &#224; ma plainte un certificat m&#233;dical qui prescrivait une hospitalisation de dix-huit jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
De temps en temps, je suis interpell&#233;e et conduite au commissariat. Je continue de subir toutes formes de harc&#232;lement et je suis interdite d'emploi dans tous les secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre mari, Fahem Boukaddous, est emprisonn&#233;. Vous avez connu la prison et lui-m&#234;me est un ancien prisonnier politique. Pensez-vous que la prison &#171; a chang&#233; &#187; depuis les ann&#233;es 90 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. B.&lt;/strong&gt; J'ai &#233;t&#233; d&#233;tenue dans trois prisons : Sidi Ahmed &#224; Kairouan, la prison des femmes &#224; Messadine (Sousse) et celle de Mannouba &#224; Tunis. Mon mari a d&#233;j&#224; v&#233;cu lui aussi cette exp&#233;rience et il est actuellement &#224; la prison de Gafsa. Il avait &#233;t&#233; emprisonn&#233; par le pass&#233; &#224; la prison du 9 avril &#224; Tunis. La prison en Tunis a gard&#233; ses pires caract&#233;ristiques, ses conditions pr&#233;caires et invivables, les rapports inhumains et terrifiants avec les d&#233;tenus, les pressions, les transferts, les sanctions, l'interdiction des visites, le harc&#232;lement des proches, les humiliations. Sans parler de la pollution, des maladies et de la privation des droits &#233;l&#233;mentaires de la vie ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles r&#233;percussions cet emprisonnement a-t-il sur votre vie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. B.&lt;/strong&gt; Cette exp&#233;rience a boulevers&#233; ma vie. Apr&#232;s la perte de mon premier b&#233;b&#233;, je dois attendre maintenant encore quatre ans (soit la sortie de mon &#233;poux de la prison) pour pouvoir &#234;tre m&#232;re sachant que je cours le risque de ne plus pouvoir le devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, je vis dans une soci&#233;t&#233; conservatrice qui a une vision tr&#232;s s&#233;v&#232;re vis-&#224;-vis de la femme qui vit seule sans la protection d'un homme et sans enfants. Cette femme est souvent l'objet de soup&#231;ons et de pr&#233;jug&#233;s d'ordre moral. Aussi, je me trouve incapable de subvenir &#224; mes besoins &#233;l&#233;mentaires et de vivre dignement. Ce pays ne r&#233;compense notre amour qu'avec plus de terreur et de torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je suis certaine que le monde est vaste, comme notre pays d'ailleurs. Des hommes et des femmes sont capables de te prouver que tu n'es pas seule contre l'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Son emprisonnement a suscit&#233; des protestations au niveau international, mais qu'en est-il de la solidarit&#233; quotidienne et concr&#232;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.B.&lt;/strong&gt; Ces nouvelles vont susciter de vives r&#233;actions de soutien sur le plan mondial. C'est un apport int&#233;ressant et touchant, mais sur le plan concret, la volont&#233; de soutien et d'aide manifest&#233;es par plusieurs personnes, se heurte &#224; la peur de la police, sa terreur et son harc&#232;lement. Mais certaines voix libres du domaine syndical, juridique et politique trouvent le courage et l'audace d'exprimer leur attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propose recueillis le 12 ao&#251;t par Luiza Toscane&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Culture et mat&#233;rialisme de Raymond Williams</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Culture-et-materialisme-de-Raymond-Williams</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Culture-et-materialisme-de-Raymond-Williams</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:45:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Bergeron</dc:creator>


		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Lire &#224; gauche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#201;ditions Lux publiaient r&#233;cemment Culture et mat&#233;rialisme, une s&#233;rie de textes de Raymond Wiliams. Celui-ci, britannique, est au coeur de la refondation du marxisme anglais, de la publication de la New Left Review et de ce qu'on appelle les Cultural Studies. L'analyse des faits et ph&#233;nom&#232;nes culturels inspir&#233;e du marxisme fut l'une des plus importante contribution de Williams et de ses coll&#232;gues (Stuart Hall, E.P. Thompson, John Saville, Raphael Samuel, Perry Anderson, etc.). &lt;br class='autobr' /&gt; Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grande-Bretagne-+" rel="tag"&gt;Grande-Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lire-a-gauche-+" rel="tag"&gt;Lire &#224; gauche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L104xH150/arton5080-aed5f.jpg?1782566648' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#201;ditions Lux publiaient r&#233;cemment Culture et mat&#233;rialisme, une s&#233;rie de textes de Raymond Wiliams. Celui-ci, britannique, est au coeur de la refondation du marxisme anglais, de la publication de la &lt;i&gt;New Left Review&lt;/i&gt; et de ce qu'on appelle les &lt;i&gt;Cultural Studies&lt;/i&gt;. L'analyse des faits et ph&#233;nom&#232;nes culturels inspir&#233;e du marxisme fut l'une des plus importante contribution de Williams et de ses coll&#232;gues (Stuart Hall, E.P. Thompson, John Saville, Raphael Samuel, Perry Anderson, etc.).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#201;ditions Lux publiaient r&#233;cemment Culture et mat&#233;rialisme, une s&#233;rie de textes de Raymond Wiliams. Celui-ci, britannique, est au coeur de la refondation du marxisme anglais, de la publication de la &lt;i&gt;New Left Review&lt;/i&gt; et de ce qu'on appelle les &lt;i&gt;Cultural Studies&lt;/i&gt;. L'analyse des faits et ph&#233;nom&#232;nes culturels inspir&#233;e du marxisme fut l'une des plus importante contribution de Williams et de ses coll&#232;gues (Stuart Hall, E.P. Thompson, John Saville, Raphael Samuel, Perry Anderson, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s &lt;i&gt;Culture and society 1780-1950&lt;/i&gt;, Williams entend reprendre la critique culturelle anglaise de la civilisation capitaliste et industrielle dans une perspective romantique, la nostalgie d'un pass&#233; socioculturel mis &#224; bas par la modernit&#233; industrielle avec ces valeurs commerciales et m&#233;caniques. Ainsi tout un courant de pens&#233;e s'oppose radicalement &#224; la nouvelle soci&#233;t&#233; issue de la r&#233;volution industrielle. Il s'oppose &#224; la d&#233;gradation mercantile de la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Culture et mat&#233;rialisme, nous retrouvons une s&#233;rie de textes portant sur diff&#233;rents aspects de la culture pervertie par le capitalisme. Le livre couvre une s&#233;rie de sujets allant de l'analyse de la th&#233;orie marsixte des superstructures, du r&#244;le de la publicit&#233; dans les rapports marchands, de l'avant-garde artisitque, le darwinisme social et les moyens de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs apports th&#233;oriques importants sont pr&#233;sents dans ces textes : une importante critique du darwinisme social (seuls les forts doivent survivre), fort actuelle dans le contexte de capitalisme n&#233;olib&#233;ral mondialis&#233; et &#224; l'acc&#233;l&#233;ration des concurences ; l'analyse de la publicit&#233; non seulement comme art trompeur et envahissant mais surtout comme miroir artificiel de la soci&#233;t&#233; capitaliste menant une guerre psychologique sur les personnes ; l'&#233;tude de la culture &#171; non comme une figure de l'esprit ou de simples id&#233;es mais comme un ensemble de pratiques et d'institutions en rapport &#233;troit avec les classes sociales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faudrait passer sous silence l'introduction d'Anouk B&#233;langer qui replace de mani&#232;re int&#233;ressante la place de Williams dans l'ensemble des th&#233;oriciens du sujet expliquant la d&#233;marche de Williams comme un d&#233;passement marxiste du marxisme : &#171; l'une des interventions originales de Williams consiste &#224; mobiliser les th&#233;ories marxistes pour comprendre la culture et ce, dans un contexte o&#249; les intellectuels de gauche , dans le d&#233;bat qui oppose la base mat&#233;rielle de l'&#233;conomie &#224; la culture, ont rel&#233;gu&#233; cette derni&#232;re &#224; un simple reflet de l'autre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raymond Williams, Culture et mat&#233;rialisme, Lux &#233;diteur, coll. Humanit&#233;s, 2010, 253 pages&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;c&#232;s de l'historien Moshe Lewin</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Deces-de-l-historien-Moshe-Lewin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Deces-de-l-historien-Moshe-Lewin</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:45:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Gresh</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'historien Moshe Lewin est mort &#224; Paris le 14 ao&#251;t 2010. N&#233; en 1921 &#224; Vilnius, &#224; l'&#233;poque sous contr&#244;le polonais, il a grandi dans une famille juive et a subi tr&#232;s jeune l'ostracisme antis&#233;mite. &lt;br class='autobr' /&gt; L'historien Moshe Lewin est mort &#224; Paris le 14 ao&#251;t 2010. N&#233; en 1921 &#224; Vilnius, &#224; l'&#233;poque sous contr&#244;le polonais, il a grandi dans une famille juive et a subi tr&#232;s jeune l'ostracisme antis&#233;mite. Membre d'une organisation de jeunesse sioniste d'extr&#234;me gauche, il fuit l'arriv&#233;e des troupes nazies (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L107xH150/arton5091-68520.jpg?1782566648' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'historien Moshe Lewin est mort &#224; Paris le 14 ao&#251;t 2010. N&#233; en 1921 &#224; Vilnius, &#224; l'&#233;poque sous contr&#244;le polonais, il a grandi dans une famille juive et a subi tr&#232;s jeune l'ostracisme antis&#233;mite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'historien Moshe Lewin est mort &#224; Paris le 14 ao&#251;t 2010. N&#233; en 1921 &#224; Vilnius, &#224; l'&#233;poque sous contr&#244;le polonais, il a grandi dans une famille juive et a subi tr&#232;s jeune l'ostracisme antis&#233;mite. Membre d'une organisation de jeunesse sioniste d'extr&#234;me gauche, il fuit l'arriv&#233;e des troupes nazies en juin 1941 et est sauv&#233; par des soldats de l'Arm&#233;e rouge qui se replient devant l'avanc&#233;e allemande &#8211; ses parents seront massacr&#233;s, comme des milliers d'autres juifs, par des milices d'extr&#234;me droite, avant m&#234;me l'arriv&#233;e de la Wehrmacht. Il resta pourtant attach&#233; &#224; Vilnius o&#249; il est retourn&#233; durant l'&#232;re Gorbatchev (lire &#171; Une histoire oubli&#233;e &#187;, Le Monde diplomatique, ao&#251;t 1993).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il v&#233;cut en URSS durant toute la seconde guerre mondiale, occupant diff&#233;rents emplois ouvriers dans des fermes agricoles, avant d'entrer dans une &#233;cole de sous-officiers. Il d&#233;file le 9 mai 1945 &#224; Moscou pour la f&#234;te de la victoire. Ce s&#233;jour en URSS lui donna non seulement une connaissance intime de la langue russe &#8211; qu'il parlait couramment, comme le yiddish, le polonais, l'allemand, l'h&#233;breu, l'anglais et le fran&#231;ais &#8211; mais aussi de la soci&#233;t&#233; et du &#171; petit peuple &#187; pour qui il a toujours gard&#233; une profonde affection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant retrouv&#233; sa citoyennet&#233; polonaise, il s'installe &#224; Paris, d'o&#249; il organise l'&#233;migration juive clandestine en Palestine. Il est membre de Hachomer Hatza&#239;r, un parti sioniste marxiste, qui deviendra le Mapam en janvier 1948. C'est dans cette organisation qu'il fait la connaissance de Moshe Sneh, qui dirige le d&#233;partement de l'immigration ill&#233;gale de l'Agence juive. Il travaille avec lui en Isra&#235;l pour le journal du Mapam Al-Hamishmar, avant de le suivre, non sans r&#233;ticences, quand il d&#233;cide de rejoindre le Parti communiste, seul parti jud&#233;o-arabe isra&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moshe ne cachait pas les d&#233;sillusions de son exp&#233;rience isra&#233;lienne, ses r&#233;actions indign&#233;es quand il apprit comment, le 12 octobre 1953, un jeune officier encore inconnu, Ariel Sharon, avait conduit une exp&#233;dition punitive contre le village de Qibia, en Cisjordanie, tuant femmes, vieillards et enfants. Il y voyait une trahison des id&#233;aux pour lesquels il s'&#233;tait battu. Il fut enr&#244;l&#233; dans la guerre de 1956 contre l'Egypte de Nasser, campagne qu'il d&#233;sapprouvait, ce qui lui valut de passer en conseil de guerre ; mais il fut d&#233;livr&#233; par ses camarades soldats qui, bien que ne partageant pas ses id&#233;es, l'estimaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces d&#233;ceptions lui firent changer de voie et entamer des &#233;tudes &#224; l'universit&#233; de Tel-Aviv ; son professeur, impressionn&#233; par son m&#233;moire consacr&#233; &#224; Rabelais, obtint pour lui une bourse fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moshe d&#233;barque &#224; Paris et pr&#233;pare &#224; la Sorbonne une th&#232;se d'histoire sur la paysannerie sovi&#233;tique, soutenue en 1964 : elle sera publi&#233;e sous le titre La Paysannerie et le pouvoir sovi&#233;tique : 1928-1930 (Mouton, Paris-La Haye, 1966). Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; directeur d'&#233;tudes associ&#233; &#224; l'Ecole pratique des hautes &#233;tudes, il obtient un poste d'enseignant &#224; l'universit&#233; de Birmingham (1968-1978), puis une chaire d'histoire &#224; l'universit&#233; de Pennsylvanie, l'une des plus prestigieuses des Etats-Unis. Il prendra sa retraite en 1995 et viendra finalement s'installer en France, pays dont il avait la nationalit&#233; et auquel il &#233;tait profond&#233;ment attach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#339;uvre a port&#233; essentiellement sur l'Union sovi&#233;tique, m&#234;me si, dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, il a voulu approfondir son &#233;tude des racines russes de l'histoire sovi&#233;tique (il faisait des recherches sur la bureaucratie depuis le XVIIe si&#232;cle). Il s'int&#233;ressait aussi &#224; l'histoire comparative. Oppos&#233; &#224; la th&#232;se d'un seul totalitarisme, il estimait pourtant fructueuse l'&#233;tude parall&#232;le de la Russie et de l'Allemagne, et aussi celle du stalinisme et du nazisme. Il organisa plusieurs colloques avec l'historien britannique Ian Kershaw, dont l'un des r&#233;sultats fut Stalinism and Nazism : Dictatorships in Comparison, Cambridge University Press, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier livre qui le fit conna&#238;tre en France, Le Dernier combat de L&#233;nine (Minuit, 1967), revient sur les derniers mois d'activit&#233;s du fondateur de l'Etat sovi&#233;tique, sur sa critique des d&#233;rives du syst&#232;me, sur la n&#233;cessit&#233; de m&#233;nager la paysannerie et de se concilier les minorit&#233;s nationales et enfin sur son affrontement avec Staline. Tout en expliquant pourquoi il &#233;tait impossible de construire le socialisme sur les ruines de la Russie tsariste, Lewin montrait que diverses voies s'offraient aux bolcheviques et que la victoire de Staline dans les luttes internes du parti n'avait rien d'in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ferrailler contre les v&#233;rit&#233;s convenues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est &#233;videmment pas possible de r&#233;sumer son &#339;uvre en quelques lignes. Moshe Lewin a d&#233;velopp&#233; une analyse originale de la r&#233;volution d'Octobre (1917), de la prise du pouvoir par les bolcheviques qui &#233;taient, &#224; l'&#233;poque, selon lui, la seule force capable d'&#233;viter la d&#233;sint&#233;gration du pays et d'entamer la modernisation de la Russie (lire &#171; Octobre 1917 &#224; l'&#233;preuve de l'histoire &#187;, Le Monde diplomatique, novembre 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a surtout insist&#233; sur l'importance de l'&#233;tude du syst&#232;me social sovi&#233;tique et s'est toujours refus&#233; &#224; pratiquer une &#171; kremlinologie &#187; qui r&#233;duisait l'histoire du pays &#224; quelques dirigeants. Il a mis en lumi&#232;re les transformations profondes de l'URSS au cours de ce &#171; si&#232;cle sovi&#233;tique &#187;, notamment la transition d'une soci&#233;t&#233; paysanne &#224; une soci&#233;t&#233; urbaine, r&#233;futant la th&#232;se d'un &#171; immobilisme totalitaire &#187; (La transformation du syst&#232;me sovi&#233;tique. Essais sur l'histoire sociale de la Russie dans l'entre-deux guerres, Gallimard, 1987).&lt;br class='autobr' /&gt;
Une partie de son travail, dans la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1980, a port&#233; sur le d&#233;cryptage du &#171; ph&#233;nom&#232;ne Gorbatchev &#187; dont il a montr&#233;, justement, qu'il ne devait rien au hasard, mais refl&#233;tait les mutations de la soci&#233;t&#233;. Il raillait volontiers ceux qui, aveugl&#233;s par leurs &#339;ill&#232;res id&#233;ologique, ne voyaient dans l'URSS qu'un syst&#232;me fig&#233;, le mod&#232;le d'un totalitarisme indestructible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historien, homme de gauche, humaniste, internationaliste, chercheur passionn&#233;, Moshe n'h&#233;sitait pas &#224; aller &#171; contre le courant &#187;, &#224; ferrailler contre les v&#233;rit&#233;s convenues, &#224; d&#233;construire les mythes propag&#233;s par les auteurs du Livre noir du communisme (&#171; Pourquoi l'Union sovi&#233;tique a fascin&#233; le monde &#187;, Le Monde diplomatique, novembre 1997). Il s'int&#233;ressait &#224; ceux qui l'entouraient, et d'abord &#224; ses &#233;tudiants, qu'il avait form&#233;s et profond&#233;ment marqu&#233;s, et avec qui il a maintenu jusqu'&#224; la fin des relations chaleureuses. Il suivait la politique internationale et se passionnait pour les Etats-Unis o&#249; il avait v&#233;cu vingt ans. S'il n'h&#233;sitait pas &#224; comparer le pays de Reagan et Bush &#224; l'URSS de la p&#233;riode de &#171; stagnation &#187; brejn&#233;vienne, il appelait de ses v&#339;ux des changements et s'&#233;tait r&#233;joui de la victoire de Barack Obama &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Moshe collaborait depuis vingt ans au Monde diplomatique : son premier article dans notre mensuel, &#171; Avec ou sans M. Gorbatchev &#187;, date de juin 1990. Il avait, &#224; plusieurs reprises, discut&#233; avec l'ensemble de la r&#233;daction de l'URSS, de l'histoire, du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde diplomatique a publi&#233; son dernier ouvrage, &#233;crit directement en fran&#231;ais, Le Si&#232;cle sovi&#233;tique (avec les &#233;ditions Fayard, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article tir&#233; de la section Valise diplomatique du site Internet du mensuel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; l'occasion du cinquantenaire de la New Left Review</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-l-occasion-du-cinquantenaire-de-la-New-Left-Review</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/A-l-occasion-du-cinquantenaire-de-la-New-Left-Review</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:44:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Razmig Keucheyan</dc:creator>


		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Lire &#224; gauche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233;e en 1960, la NLR &#171; premi&#232;re mouture &#187; est anim&#233;e par des intellectuels critiques du &#171; vieux &#187; mouvement ouvrier issus majoritairement des Cultural Studies (Stuart Hall, E.P Thompson, Raymond Williams). L'&#233;quipe est rajeunie en 1962 avec l'arriv&#233;e d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'intellectuels qui reste en partie aux commandes de la revue aujourd'hui (Tariq Ali, Robin Blackburn, Alexander Cockburn, Perry Anderson). La NLR s'inscrit contre le sous-d&#233;veloppement th&#233;orique de la gauche britannique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grande-Bretagne-+" rel="tag"&gt;Grande-Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lire-a-gauche-+" rel="tag"&gt;Lire &#224; gauche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L105xH150/arton5081-62903.jpg?1781170175' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e en 1960, la NLR &#171; premi&#232;re mouture &#187; est anim&#233;e par des intellectuels critiques du &#171; vieux &#187; mouvement ouvrier issus majoritairement des Cultural Studies (Stuart Hall, E.P Thompson, Raymond Williams). L'&#233;quipe est rajeunie en 1962 avec l'arriv&#233;e d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'intellectuels qui reste en partie aux commandes de la revue aujourd'hui (Tariq Ali, Robin Blackburn, Alexander Cockburn, Perry Anderson). La NLR s'inscrit contre le sous-d&#233;veloppement th&#233;orique de la gauche britannique et son &#233;loignement du marxisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'inspirant des Temps modernes sartriens, la NLR est depuis 50 ans une revue de gauche radicale, ouverte au monde, attentive aux mouvements politiques et sociaux, mais aussi &#224; la culture, surtout depuis sa refonte en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; il y a une erreur de perspective &#224; vouloir analyser avec les lunettes de J&#252;rgen Habermas et de John Rawls une &#233;poque qui a produit Ernst J&#252;nger et Antonio Gramsci, Carl Schmitt et L&#233;on Trotski. &#187;&#8232;Enzo Traverso, 1914-1945. La guerre civile europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renouveau de l'&#233;dition critique que l'on constate en France &#224; l'heure actuelle a eu son &#233;quivalent dans la Grande-Bretagne des ann&#233;es 1960. Les &#233;ditions Amsterdam, Prairies ordinaires, Agone, la Fabrique, Zones ou Lignes (parmi d'autres), occupent dans le champ intellectuel fran&#231;ais contemporain une position analogue &#224; celle de la New Left Review (NLR) lors de sa fondation, il y a de cela cinquante ans. Prenant acte de la m&#233;diocrit&#233; de la production intellectuelle nationale, ces &#233;diteurs ind&#233;pendants ont entrepris depuis quelques ann&#233;es une vaste op&#233;ration de traductions de courants critiques &#233;trangers. Et ainsi port&#233; &#224; l'attention du public fran&#231;ais des auteurs de l'importance de Fredric Jameson, David Harvey, Mike Davis, Franco Moretti, Giorgio Agamben, Judith Butler, Slavoj Zizek, ou encore les subalternistes indiens. La France avait &#233;t&#233; pendant les trois premiers quarts du 20e si&#232;cle un pays novateur en mati&#232;re de pens&#233;e critique (marxisme inclus). D&#232;s la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1970, elle devient un centre mondial de la r&#233;action, &#224; la faveur de ce que l'historien &#233;tatsunien Michael Scott Christofferson a nomm&#233; le &#171; moment antitotalitaire &#187; [1]. La vague de traductions en cours conduira sans doute &#224; terme &#224; l'&#233;mergence de nouvelles g&#233;n&#233;rations d'intellectuels critiques bas&#233;s en France, nourris de ces r&#233;f&#233;rences venues de l'&#233;tranger. Comme le montre l'histoire de la NLR, celles-ci subiront d'importantes mutations au contact de l'environnement dans lequel elles arrivent, jusqu'&#224; donner lieu &#224; des courants de pens&#233;e sui generis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Naissance de la New Left Review&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La NLR na&#238;t en 1960 de la fusion des r&#233;dactions de The New Reasoner et de la Universities and Left Review. Ces publications rel&#232;vent de la &#171; first New Left &#187;, qui appara&#238;t autour de 1956. Cette ann&#233;e est celle de la crise de Suez, de l'&#233;crasement de l'insurrection de Budapest par les chars sovi&#233;tiques, et du rapport Khroutchev sur les crimes de Staline. La &#171; premi&#232;re &#187; nouvelle gauche est compos&#233;e d'intellectuels souvent membres du parti communiste britannique, mais qui rompent avec lui &#224; cette occasion. La critique du stalinisme et plus g&#233;n&#233;ralement du &#171; vieux &#187; mouvement ouvrier (communiste et social-d&#233;mocrate) en est une marque distinctive. Parmi les figures de la NLR des commencements, on trouve ainsi E.P. Thompson, Raymond Williams, Stuart Hall, Ralph Miliband, C. Wright Mills, Charles Taylor et Alasdair MacIntyre. La fine fleur de l'intelligentsia anglo-am&#233;ricaine de l'&#233;poque, en somme, des fondateurs des cultural studies que sont Williams et Hall &#224; l'historien de la classe ouvri&#232;re anglaise Thompson, en passant par les futurs philosophes politiques &#171; communautariens &#187; Taylor et MacIntyre. La d&#233;fense d'un socialisme &#171; humaniste &#187; aux accents romantiques - caract&#233;ristique commune de la nouvelle gauche mondiale - est la banni&#232;re sous laquelle se placent ces penseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;quipe plus jeune prend le relai d&#232;s 1962. C'est peu ou prou la m&#234;me qui, cinq d&#233;cennies plus tard, continue &#224; impulser &#224; la revue ses principales orientations. Elle inclut Tariq Ali, Robin Blackburn - qui dirigera la revue de 1983 &#224; 1999 -, Gareth Stedman Jones, Alexander Cockburn, Tom Nairn, Fred Halliday, ainsi que celui qui en prend la direction pour deux d&#233;cennies, et auquel l'histoire de la NLR est le plus &#233;troitement li&#233;e, Perry Anderson [2]. Le mod&#232;le dont s'inspire la nouvelle &#233;quipe est Les Temps modernes, fond&#233;s par Sartre et Beauvoir au sortir de la seconde guerre mondiale. Il s'agit de faire vivre une revue socialiste - &#224; certaines p&#233;riodes r&#233;volutionnaire - en un sens large mais radical, en prise avec les mouvements politiques et sociaux, mais r&#233;solument ind&#233;pendante. Une caract&#233;ristique de la NLR qui la rapproche de son illustre mod&#232;le (certes aujourd'hui m&#233;connaissable) est l'id&#233;e que la lutte des classes se livre autant dans la th&#233;orie et la culture que dans le champ politique proprement dit. C'est ainsi que depuis les origines, et sans doute davantage encore depuis les ann&#233;es 2000, les articles consacr&#233;s &#224; la litt&#233;rature (Franco Moretti, Roberto Schwarz), au cin&#233;ma (Peter Wollen, Fredric Jameson), ou &#224; l'art moderne et contemporain (Hal Foster, T.J. Clark), y figurent en bonne place. La cr&#233;ation d'un &#171; nouveau sens commun &#187;, selon l'expression d'un Gramsci dont les animateurs de la revue sont de fins connaisseurs, implique d'aborder l'analyse de la culture comme on aborde celle de la politique : en strat&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tropisme continental caract&#233;rise la NLR des premi&#232;res d&#233;cennies. Un constat fondateur qu'effectuent ses membres est que le marxisme britannique est sous-d&#233;velopp&#233;. Nulle trace dans la Grande-Bretagne du milieu du 20e si&#232;cle - et le monde anglo-saxon plus en g&#233;n&#233;ral - de courants de l'importance de l'Ecole de Francfort, des marxismes italiens (Gramsci, Della Volpe, l'op&#233;ra&#239;sme), de l'existentialisme sartrien, ou du structuralisme althuss&#233;rien. Les origines de ce sous-d&#233;veloppement th&#233;orique remontent au seuil de l'&#233;poque moderne. Perry Anderson et Tom Nairn ont d&#233;velopp&#233; l'id&#233;e - pass&#233;e &#224; la post&#233;rit&#233; sous le nom de &#171; th&#232;se d'Anderson-Nairn &#187; - selon laquelle la Grande-Bretagne a connu une r&#233;volution pr&#233;matur&#233;e au XVIIe si&#232;cle. Les &#233;l&#233;ments bourgeois &#233;tant quasiment absents de la soci&#233;t&#233; de l'&#233;poque, elle fut pour l'essentiel men&#233;e par l'aristocratie terrienne. Terrifi&#233;e par les cons&#233;quences de la r&#233;volution fran&#231;aise, et par la puissance de son propre prol&#233;tariat - exp&#233;riment&#233;e &#224; l'occasion du chartisme - la bourgeoisie anglaise n'a pas jou&#233; un r&#244;le moteur sur le plan &#233;conomique et culturel. N'ayant jamais r&#233;alis&#233; un changement social radical, elle n'a pas non plus eu &#224; le th&#233;oriser. C'est pourquoi la pens&#233;e sociologique, fille des r&#233;volutions des 18e et 19e si&#232;cles, n'a pas trouv&#233; en Grande-Bretagne un terreau fertile. La France, l'Allemagne et l'Italie ont quant &#224; elles g&#233;n&#233;r&#233; d'importantes th&#233;ories du changement et des fondements de l'ordre social, dont les &#339;uvres de Durkheim, Weber et Pareto (respectivement) sont les points hauts. Ceci a donn&#233; lieu par contrecoup &#224; l'&#233;mergence dans ces pays de puissants courants marxistes, versants prol&#233;tariens de la sociologie (bourgeoise). En Grande-Bretagne, les causes qui expliquent l'absence de la sociologie expliquent aussi celle du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La NLR se donne pour objectif de rem&#233;dier &#224; cette situation, en important et traduisant massivement les courants critiques continentaux. Les nombreuses variantes de marxisme sont bien s&#251;r &#224; l'honneur, mais le structuralisme ou certains courants de la psychanalyse traversent &#233;galement la Manche par son entremise. La NLR et New Left Books, la maison d'&#233;dition li&#233;e &#224; la revue - aujourd'hui Verso -, ont ainsi constitu&#233; la principale sinon seule voie d'entr&#233;e vers le monde anglo-saxon d'Antonio Gramsci, Theodor Adorno, Andr&#233; Gorz, Louis Althusser, Lucio Colletti, Galvano Della Volpe, Walter Benjamin, Henri Lefebvre, Nicos Poulantzas, Georg Lukacs, Karl Korsch, Paul Feyerabend, Ernest Mandel, ou Mikha&#239;l Bakhtine&#8230; Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, Perry Anderson constate que la greffe entam&#233;e deux d&#233;cennies plus t&#244;t a pris [3] . Le centre de gravit&#233; du marxisme bascule dans le dernier quart du 20e si&#232;cle dans le monde anglo-saxon. La NLR n'est certes pas le seul acteur &#233;ditorial &#224; pouvoir se pr&#233;valoir de ce succ&#232;s. D'autres revues (para)marxistes y ont contribu&#233;, parmi lesquelles Semiotext(e), Telos, New German Critique, Theory and Society, Radical Philosophy, Economy and Society et Critical Inquiry. Le marxisme a en outre &#233;t&#233; litt&#233;ralement expuls&#233; d'Europe de l'Ouest, et particuli&#232;rement de France lors de la &#171; grande catastrophe &#187; des ann&#233;es 1980. L'&#233;radication du marxisme continental a fait ressortir a contrario l'existence de marxismes dynamiques dans ces terres d'adoption. Mais l'on peut souhaiter aux &#233;diteurs fran&#231;ais qui traduisent aujourd'hui des auteurs anglo-saxons eux-m&#234;mes produits d'une vague ant&#233;rieure de traductions de penseurs continentaux vers l'anglais de rencontrer une fortune similaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'elle avait &#233;t&#233; jusque-l&#224; importatrice nette de th&#233;ories, la NLR commence alors &#224; en exporter. D&#232;s la fin des ann&#233;es 1960, plus de la moiti&#233; de son lectorat se trouve d&#233;j&#224; &#224; l'ext&#233;rieur de la Grande-Bretagne. La NLR est la premi&#232;re revue-monde, c'est-&#224;-dire la premi&#232;re revue - toute tendance politique confondue - dont le th&#233;&#226;tre des op&#233;rations est d'embl&#233;e mondial. Les Etats-Unis concentrent une part grandissante du lectorat, et font l'objet d'une attention de plus en plus soutenue de la part de la r&#233;daction. Le tropisme continental des premiers temps se transforme ainsi, &#224; partir de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1970, en tropisme &#233;tatsunien. C'est &#224; ce moment-l&#224; que certaines c&#233;l&#233;brit&#233;s am&#233;ricaines qui font la r&#233;putation de la revue jusqu'&#224; ce jour, comme Mike Davis ou Robert Brenner, int&#232;grent son comit&#233; &#233;ditorial. Fredric Jameson, qui y publie en 1984 son essai classique sur le postmodernisme [4] , fait &#233;galement son apparition. Perry Anderson lui-m&#234;me s'am&#233;ricanise &#224; cette &#233;poque, puisque quittant ses bureaux londoniens, il occupe d&#233;sormais une chaire d'histoire &#224; l'universit&#233; de Los Angeles en Californie (UCLA). Ce mouvement vers l'Ouest ne semble pas pr&#234;t de s'arr&#234;ter. L'Asie en g&#233;n&#233;ral, et la Chine en particulier, sont l'objet d'un nombre croissant d'articles au cours des ann&#233;es r&#233;centes. S'agit-il des signes annonciateurs d'un troisi&#232;me tropisme dans l'histoire de la NLR, &#224; savoir un tropisme chinois ? Quoiqu'il en soit, on chercherait en vain une r&#233;gion du monde, si recul&#233;e soit-elle, &#224; laquelle la revue n'ait pas consacr&#233; un article, et souvent plusieurs. Que la NLR s'exprime dans la lingua franca de notre temps lui conf&#232;re bien s&#251;r un avantage comparatif sur d'autres revues, en termes de diversit&#233; nationale des contributeurs aussi bien que de volume du lectorat (10'000 exemplaires de chaque num&#233;ro vendus &#224; l'heure actuelle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La NLR s'est caract&#233;ris&#233;e pendant un demi-si&#232;cle par un refus de la sp&#233;cialisation. Non pas naturellement que les articles soient &#233;crits par des incomp&#233;tents, mais le type de division du travail disciplinaire qui a cours dans le monde universitaire a toujours &#233;t&#233; activement combattu par la revue. Le refus de la sp&#233;cialisation n'est pas une coquetterie d'intellectuels aspirant &#224; formuler un avis sur tout. Du point de vue marxiste, il a un fondement pr&#233;cis. Le capitalisme est une totalit&#233; (contradictoire), dont la logique s'impose &#224; tous les secteurs de la vie sociale. Afin de le combattre, il est indispensable de situer la critique au niveau m&#234;me o&#249; op&#232;re le capital, c'est-&#224;-dire celui de la totalit&#233;. La lutte contre la fragmentation des savoirs est de ce fait un enjeu politique de premi&#232;re importance [5]. Elle est cependant d'autant plus difficile que la division du travail intellectuel s'accentue avec le temps, condition d'un syst&#232;me bas&#233; sur l'augmentation constante de la productivit&#233;. La r&#233;ponse socialiste &#224; ce d&#233;fi capitaliste est l'&#233;laboration collective - le general intellect -, seule &#224; m&#234;me de d&#233;fragmenter le savoir, et de l'&#233;lever au niveau de la totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mains sales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une revue socialiste ind&#233;pendante n'est pas loin d'&#234;tre une contradiction dans les termes. Le refus de s&#233;parer la th&#233;orie de la pratique est une condition du marxisme, comment une publication s'en r&#233;clamant pourrait-elle se passer de liens organiques avec des partis et syndicats ouvriers ? Cette contradiction a hant&#233; la NLR depuis les origines, comme elle a hant&#233; de nombreux collectifs intellectuels - Socialisme ou barbarie en est un autre - dans la seconde moiti&#233; du 20e si&#232;cle. Perry Anderson a consacr&#233; des pages lumineuses &#224; ce probl&#232;me. La rupture entre la th&#233;orie et la pratique se trouve au fondement du marxisme &#171; occidental &#187;, dont les repr&#233;sentants ne se trouvent plus, contrairement aux marxistes &#171; classiques &#187;, &#224; la t&#234;te d'organisations ouvri&#232;res [6]. En &#233;tablissant cette distinction dans les ann&#233;es 1970, Anderson appelle au d&#233;passement de cette contradiction dans le cas de la NLR elle-m&#234;me. La d&#233;faite historique du mouvement ouvrier dans les ann&#233;es 1990 a diminu&#233; l'acuit&#233; du probl&#232;me. L'ind&#233;pendance de la NLR &#233;tait en effet plus difficilement d&#233;fendable lorsque des organisations de masse existaient. Aujourd'hui, l'urgence est ailleurs, et sans doute avant tout dans le sauvetage d'un h&#233;ritage critique enseveli sous les d&#233;combres du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ind&#233;pendance de principe n'a pas emp&#234;ch&#233; la NLR de c&#233;der aux enthousiasmes successifs d'une &#233;poque riche en &#233;v&#233;nements politiques. Dans les ann&#233;es 1960, la position dominante au sein du comit&#233; &#233;ditorial est favorable au mod&#232;le &#171; polycentrique &#187; du parti communiste italien. Le PCI offre l'avantage par rapport &#224; ses homologues fran&#231;ais et britannique d'admettre en son sein des courants oppositionnels, tout en &#233;tant un authentique parti de masse. La figure tut&#233;laire est alors Antonio Gramsci, que la NLR contribue &#224; faire conna&#238;tre dans le monde anglo-saxon (on sait que les cultural studies en feront grand usage). Perry Anderson consacrera ult&#233;rieurement un ouvrage &#224; l'auteur des Cahiers de prisons, &#224; une &#233;poque o&#249; il aura toutefois pris quelques distances avec lui [7] . Au cours de cette premi&#232;re p&#233;riode, la revue d&#233;fend des id&#233;es proches de ce qui deviendra par la suite l' &#171; eurocommunisme &#187;, et particuli&#232;rement des versions de gauche de ce courant, &#233;labor&#233;e par exemple par Nicos Poulantzas. La Grande-Bretagne n'&#233;tant pas l'Italie, la NLR place quelques espoirs - rapidement d&#233;&#231;us - dans le premier gouvernement travailliste d'Harold Wilson (1964). La revue est &#233;galement partie prenante de la Campagne pour le d&#233;sarmement nucl&#233;aire (CND). Son int&#233;r&#234;t pour la question de l'armement nucl&#233;aire ne se d&#233;menti pas au fil des ans, puisqu'au cours des ann&#233;es 1980, elle accueille les r&#233;flexions d' E.P. Thompson consacr&#233;e &#224; l' &#171; ext&#233;rminisme &#187; comme stade terminal de la civilisation [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, la NLR se d&#233;porte vers la gauche, et se rapproche de conceptions plus classiquement l&#233;ninistes de la lutte des classes. Elle traverse d'abord un bref &#233;pisode mao&#239;ste et althuss&#233;rien, qui sera l'occasion d'une pol&#233;mique hom&#233;rique entre Perry Anderson et E.P. Thompson sur le r&#244;le de la &#171; th&#233;orie &#187; dans l'analyse historique et la politique r&#233;volutionnaire [9]. L'impact combin&#233; des mouvements &#233;tudiants en Occident et des luttes de lib&#233;ration dans le tiers-monde - le gu&#233;varisme et la r&#233;volution vietnamienne notamment - conduit la revue &#224; se rapprocher du trotskisme, en particulier de la IVe Internationale et de son th&#233;oricien belge Ernest Mandel. L'influence plus ancienne de l'historien Isaac Deutscher, collaborateur de Trotski r&#233;fugi&#233; en Angleterre, puis devenu son biographe, continue &#233;galement &#224; op&#233;rer. Certains membres de la NLR, parmi lesquels Tariq Ali, adh&#232;rent &#224; la IVe Internationale et y exercent pour un temps des fonctions de direction. M&#234;me si elle ouvrira largement ses colonnes &#224; Mandel et d'autres figures du trotskisme, la revue conserve son autonomie. Avec l'&#233;mergence de mouvements de masse apr&#232;s 1968, l'espoir s'installe de voir la coupure entre la th&#233;orie et la pratique enfin se r&#233;sorber. Il sera comme on sait de courte dur&#233;e. Alors que le thatch&#233;risme bat son plein, la NLR se rapproche de la gauche du parti travailliste, r&#233;unie autour de Tony Benn. La r&#233;sistance &#224; l'&#233;mergence de la &#171; troisi&#232;me voie &#187; blairiste se soldera elle aussi par un &#233;chec. Certains membres de la NLR participent &#224; cette &#233;poque &#224; des initiatives visant &#224; doter la Grande-Bretagne d'une constitution, ou d'y instaurer un scrutin proportionnel. La revue prend &#233;galement position, sous la plume de Perry Anderson, en faveur de l'adh&#233;sion de la Grande-Bretagne &#224; l'Europe, et d&#233;fend la n&#233;cessit&#233; de faire &#233;merger une Europe f&#233;d&#233;rale, dans laquelle pourraient se reconstituer les solidarit&#233;s ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Radicaliser le r&#233;alisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ab&#238;me s&#233;pare le monde actuel de celui dans lequel est n&#233; la NLR. Comme le dit Perry Anderson dans un &#233;ditorial paru &#224; l'occasion du quarantenaire de la revue, tout l'arri&#232;re-plan de r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques sur lequel elle reposait dans les ann&#233;es 1960 et 1970 a &#233;t&#233; balay&#233; par la contre-r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale. Qui aujourd'hui sait encore situer avec tant soit peu de pr&#233;cision l'un ou l'autre des penseurs traduits et comment&#233;s par la NLR &#224; l'&#233;poque ? A supposer m&#234;me que les jeunes g&#233;n&#233;rations s'y int&#233;ressent, elles auraient le plus grand mal &#224; se procurer leurs ouvrages m&#234;mes les plus connus. (Que le lecteur essaie seulement de mettre la main sur un exemplaire d'Histoire et conscience de classe, l'un des livres les d&#233;battus autour de 1968.) L'effacement de cette culture marxiste, qui avait p&#233;n&#233;tr&#233; le sens commun de secteurs non n&#233;gligeables de la population, s'est accompagn&#233; de la mont&#233;e en puissance, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des pens&#233;es critiques, de courants non-marxistes : poststructuralisme (Foucault, Deleuze, Derrida), sociologie critique de Bourdieu, deuxi&#232;me (Habermas, Apel) et troisi&#232;me (Honneth, Fraser) Ecoles de Francfort, &#233;tudes postcoloniales&#8230; L'h&#233;g&#233;monie dans l'ordre des th&#233;ories critiques dont a joui le marxisme pendant pr&#232;s d'un si&#232;cle n'est plus. Que l'on se r&#233;jouisse de ce fait ou qu'on le d&#233;plore, il cr&#233;e une situation nouvelle, dont les implications doivent &#234;tre pens&#233;es. C&#233;l&#233;brer un pluralisme enfin (re)trouv&#233; est un peu court, car apr&#232;s tout, c'est sur ses effets politiques r&#233;els qu'une th&#233;orie critique doit &#234;tre &#233;valu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La NLR - aujourd'hui dirig&#233;e par Susan Watkins, premi&#232;re femme &#224; exercer cette fonction - semble engag&#233;e depuis la chute du mur de Berlin dans un vaste inventaire de la situation actuelle. Celui-ci concerne aussi bien la g&#233;opolitique - l'&#233;mergence possible d'un &#171; Beijing Consensus &#187; &#224; la place du &#171; Washington Consensus &#187; - que l'&#233;volution du capitalisme et de ses crises, la culture contemporaine et son brouillage de la s&#233;paration entre culture &#171; exigeante &#187; et &#171; populaire &#187;, aussi bien que les dynamiques urbaines &#224; l'&#339;uvre &#224; l'&#233;chelle globale. L'analyse des mouvements sociaux n'est pas en reste, la question des acteurs concrets de l'&#233;mancipation &#233;tant pos&#233;e par la revue aujourd'hui comme par le pass&#233;. Une s&#233;rie d'articles s'inscrivant dans le sillage des Forums sociaux mondiaux - intitul&#233;e A Movement of Movements - a entrepris de cartographier les foyers de r&#233;sistance au n&#233;olib&#233;ralisme. Des entretiens avec le dirigeant &#171; sans-terre &#187; br&#233;silien Joao Pedro Stedile, le th&#233;oricien de l'Empire et de la Multitude Michael Hardt, ou le repr&#233;sentant de la &#171; nouvelle gauche chinoise &#187; Wang Hui, apportent des &#233;clairages sur les modalit&#233;s de cette r&#233;sistance. Quels rapports les mouvements sociaux actuels entretiennent-ils avec le mouvement ouvrier ? S'agit-il d'une continuation de ce dernier par d'autres moyens ? La centralit&#233; en leur sein des th&#233;matiques &#233;cologiques, f&#233;ministes et postcoloniales laisse-t-elle au contraire pr&#233;sager que l'histoire du mouvement ouvrier est achev&#233;e, et que l'on assiste &#224; l'&#233;mergence de mouvements d'un type nouveau ? Le r&#244;le d'une revue comme la NLR - et quelques autres - n'est pas le m&#234;me dans les deux cas. Dans le premier, elle t&#226;chera de rendre coh&#233;rent l'ancien et le nouveau, c'est-&#224;-dire plus pr&#233;cis&#233;ment de montrer que l'ancien, contrairement aux apparences, est actuel. Dans le second, elle doit d&#233;barrasser le nouveau de la gangue de l'ancien - du poids des morts qui p&#232;se sur l'esprit des vivants - afin qu'il exprime pleinement ce qui l'en diff&#233;rencie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Perry Anderson, un r&#233;alisme intransigeant est la principale vertu dont une revue critique doit faire preuve dans les circonstances pr&#233;sentes . Le r&#233;alisme doit &#234;tre &#171; intransigeant &#187; parce qu'aucun accommodement avec l'ordre existant n'est concevable. Le capitalisme consiste plus que jamais en l'organisation de l'injustice, la critique de ses fondements ne saurait par cons&#233;quent conna&#238;tre de r&#233;pit. Le bilan de la NLR &#224; cet &#233;gard est impeccable : cinq d&#233;cennies jalonn&#233;es de d&#233;faites de grande ampleur n'ont pas entam&#233; le tranchant de sa mise en cause de l'ordre &#233;tabli. Mais l'intransigeance doit aussi &#234;tre &#171; r&#233;aliste &#187;. Jusqu'&#224; preuve du contraire, le mouvement ouvrier a &#233;chou&#233; dans sa tentative d'instaurer une soci&#233;t&#233; socialiste, alors qu'en de nombreux endroits, l'&#233;mancipation a tourn&#233; au cauchemar. Le capitalisme traverse aujourd'hui l'une des plus graves crises de son histoire. Malgr&#233; l'&#233;closion &#231;a et l&#224; de r&#233;sistances aux politiques qui y ont conduit, aucune alternative globale ni de mouvement social capable de l'incarner ne se profile. Si le n&#233;olib&#233;ralisme est caduc en tant qu'id&#233;ologie de l&#233;gitimation, les politiques qui s'en r&#233;clament sont encore largement impl&#233;ment&#233;es &#224; l'&#233;chelle mondiale. Ne pas se raconter d'histoire est dans ce contexte une condition de la reconstruction d'une perspective g&#233;n&#233;rale d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par Mouvements, le 23 avril 2010. &lt;a href=&#034;http://www.mouvements.info/Un-realisme-intransigeant-A-l.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mouvements.info/Un-realisme-intransigeant-A-l.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La &#171; classe moyenne &#187; aux Etats-Unis est en train de se r&#233;tr&#233;cir dramatiquement</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-classe-moyenne-aux-Etats-Unis-est-en-train-de-se-retrecir-dramatiquement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-classe-moyenne-aux-Etats-Unis-est-en-train-de-se-retrecir-dramatiquement</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:42:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Michael Snyder</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;riques</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet article fournit des donn&#233;es utiles et illustratives de la r&#233;gression sociale. Il traduit la r&#233;action d'une partie de ce qu'on pourrait appeler la gauche &#233;tats-unienne, avec la dimension protectionniste propre &#224; des courants syndicaux, y compris combatifs. (R&#233;d. du site &#224; l'encontre) &lt;br class='autobr' /&gt; Les 22 statistiques pr&#233;sent&#233;es ici prouvent sans l'ombre d'un doute possible que la classe moyenne [selon la d&#233;finition de la sociologie dominante am&#233;ricaine ; elle inclut les ouvriers et ouvri&#232;res de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ameriques-+" rel="tag"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton5083-b1669.jpg?1781349584' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article fournit des donn&#233;es utiles et illustratives de la r&#233;gression sociale. Il traduit la r&#233;action d'une partie de ce qu'on pourrait appeler la gauche &#233;tats-unienne, avec la dimension protectionniste propre &#224; des courants syndicaux, y compris combatifs. (R&#233;d. du site &#224; l'encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les 22 statistiques pr&#233;sent&#233;es ici prouvent sans l'ombre d'un doute possible que la classe moyenne [selon la d&#233;finition de la sociologie dominante am&#233;ricaine ; elle inclut les ouvriers et ouvri&#232;res de l'automobile, ceux et celles de l'industrie syndiqu&#233;s, pour faire exemple] est en train d'&#234;tre syst&#233;matiquement &#233;limin&#233;e aux Etats-Unis. Les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres &#224; une vitesse stup&#233;fiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois, aux Etats-Unis, la classe moyenne la plus nombreuse et la plus prosp&#232;re dans l'histoire du monde, mais cela est en train de changer &#224; un rythme aveuglant. Pourquoi assistons-nous &#224; une transformation si fondamentale ? Eh bien, c'est que la mondialisation et le &#171; libre-&#233;change &#187; que nous vantaient nos politiciens et dirigeants du monde des affaires comme si bons pour nous ont eu quelques effets secondaires plut&#244;t d&#233;sastreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appara&#238;t qu'ils ne nous ont pas dit que &#171; l'&#233;conomie mondiale &#187; signifierait que les travailleurs de la classe moyenne des Etats-Unis seraient finalement mis directement en concurrence pour des emplois avec des gens de l'autre bout du monde o&#249; il n'y a pas de salaire minimum et tr&#232;s peu de r&#233;gulations. Les grandes firmes mondialis&#233;es ont grandement b&#233;n&#233;fici&#233; de l'exploitation de r&#233;servoirs de travailleurs du tiers-monde ces derni&#232;res d&#233;cennies, mais les travailleurs de la classe moyenne aux Etats-Unis, quant &#224; eux, ont vu les choses devenir de plus en plus dures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; les statistiques qui le prouvent :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 83 % de toutes les actions des entreprises aux Etats-Unis sont en mains de 1 % des gens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 61 % des habitants des Etats-Unis vivent &#171; toujours ou habituellement &#187; de leur salaire, un mois apr&#232;s l'autre, un salaire apr&#232;s l'autre, donc avec un statut non pr&#233;caris&#233;. En 2008 ce n'&#233;taient que 49 % et en 2007 43 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 66 % de la croissance des revenus entre 2001 et 2007 ont profit&#233; aux 1 % les plus riches des Etats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 36 % des habitants des Etats-Unis disent qu'ils ne versent rien du tout pour leur retraite [ne disposent pas de couverture retraite].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 43 % (chiffre stup&#233;fiant) des habitants des Etats-Unis poss&#232;dent moins de 10'000 dollars d'&#233;conomies mis de c&#244;t&#233; pour leur retraite.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; 24 % des travailleurs des Etats-Unis disent que durant l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e ils ont retard&#233; d'une ann&#233;e l'&#226;ge pr&#233;vu de leur d&#233;part en retraite.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Plus de 1,4 million d'habitants des Etats-Unis se sont d&#233;clar&#233;s en faillite personnelle en 2009, soit une augmentation de 32 % par rapport &#224; 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Seuls les 5 % les plus riches parmi les foyers des Etats-Unis ont obtenu un revenu suppl&#233;mentaire suffisant pour faire face &#224; la hausse des co&#251;ts du logement depuis 1975.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire des Etats-Unis, les banques [y compris celles sous contr&#244;le de l'Etat] poss&#232;dent une plus grande part en valeur nette de l'immobilier r&#233;sidentiel du pays que tous les habitants individuels des Etats-Unis r&#233;unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; En 1950, le rapport du salaire du manager moyen &#224; celui du travailleur moyen &#233;tait environ 30 &#224; 1. Depuis l'ann&#233;e 2000, ce rapport a explos&#233; &#224; entre 300 et 500 &#224; 1.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; En 2007, les 80 % des foyers aux Etats-Unis situ&#233;s dans les &#233;chelons inf&#233;rieurs de la fortune poss&#233;daient environ 7 % des actifs financiers liquides.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Les 50 % des revenus des m&#233;nages en dessous du niveau m&#233;dian poss&#232;dent aujourd'hui ensemble moins de 1 % de la richesse de la nation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Les bonus &#224; Wall Street sont, en moyenne, mont&#233;s en 2009 de 17 % par rapport &#224; 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Aux Etats-Unis, le salari&#233; de l'administration f&#233;d&#233;rale gagne d&#233;sormais 60 % de plus que le salari&#233; moyen dans le priv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le 1 % le plus riche des foyers aux Etats-Unis poss&#232;de presque le double des actifs des entreprises qu'il y a 15 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Aux Etats-Unis, aujourd'hui, le temps moyen n&#233;cessaire pour trouver un emploi est mont&#233; &#224; un record de 35,2 semaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Plus de 40 % des habitants des Etats-Unis qui ont effectivement un emploi travaillent aujourd'hui dans les services, o&#249; les salaires sont souvent tr&#232;s bas.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire des Etats-Unis, plus de 40 millions de personnes aux Etats-Unis ont droit &#224; des bons pour l'aide alimentaire (food stamps) et le D&#233;partement de l'agriculture pr&#233;voit que ce nombre va s'&#233;lever &#224; 43 millions en 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Voil&#224; avec &#171; qui &#187; les salari&#233;&#183;e&#183;s des Etats-Unis sont mis en concurrence : en Chine un travailleur du textile gagne approximativement 86 cents l'heure et au Cambodge un travailleur du textile gagne lui approximativement 22 cents l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Environ 21 % de tous les enfants aux Etats-Unis vivent en dessous du seuil de pauvret&#233; en 2010, c'est-&#224;-dire le taux le plus &#233;lev&#233; depuis 20 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Malgr&#233; la crise financi&#232;re, le nombre de millionnaires aux Etats-Unis a augment&#233; en 2009 de rien moins que 16 % pour atteindre 7,8 millions de personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Les 10 % les plus riches des habitants des Etats-Unis gagnent aujourd'hui environ 50 % du revenu national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un grand bruit d'aspiration&#8230; dans le pr&#233;cipice&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233;, c'est que les travailleurs des Etats-Unis peuvent bien &#234;tre les plus intelligents, les plus forts, les mieux &#233;duqu&#233;s ou les plus travailleurs, ils ne peuvent tout simplement pas concurrencer des gens qui &#224; l'autre bout du monde sont si d&#233;sesp&#233;r&#233;s qu'ils sont contraints &#224; travailler 10 &#224; 12 heures par jour pour moins d'un dollar l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, quelle entreprise raisonnable dans ce syst&#232;me va payer un travailleur aux Etats-Unis dix fois plus (plus le salaire indirect) pour faire le m&#234;me travail ? Le monde est en train de changer fondamentalement. La richesse et le pouvoir sont en train d'&#234;tre rapidement concentr&#233;s au sommet et les grandes entreprises transnationalis&#233;es font des quantit&#233;s &#233;normes d'argent. Entre-temps, la classe moyenne aux Etats-Unis est syst&#233;matiquement &#233;limin&#233;e tandis que les travailleurs des Etats-Unis sont lentement fondus dans le nouveau r&#233;servoir du travail &#171; mondial &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la plupart des habitants des Etats-Unis ont &#224; offrir sur le march&#233; d'autre que leur force de travail ? Pas grand-chose. La v&#233;rit&#233;, c'est que la plupart d'entre eux sont absolument d&#233;pendants de quelqu'un qui leur donnera un travail. Un employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aujourd'hui les travailleurs et travailleuses des Etats-Unis sont &#171; moins attractifs &#187; que jamais. Compar&#233;s au reste du monde, ils sont extr&#234;mement &#171; co&#251;teux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les entreprises d&#233;placent leurs activit&#233;s hors des Etats-Unis &#224; une vitesse qui coupe le souffle. Et comme le gouvernement ne les p&#233;nalise pas quand elles le font, elles n'ont en r&#233;alit&#233; aucune incitation &#224; rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est d&#233;velopp&#233;, c'est une situation qui voit les gens au sommet vivre tr&#232;s bien, tandis que la plupart des autres ont de plus en plus de difficult&#233;s &#224; s'en tirer. Pour chaque nouvel emploi cr&#233;&#233; aux Etats-Unis, il y a d&#233;sormais six personnes au ch&#244;mage et le nombre des personnes &#171; chroniquement inemploy&#233;es &#187; est absolument astronomique. Il n'y a tout simplement de loin pas assez d'emplois pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de ceux qui r&#233;ussissent &#224; trouver un travail s'aper&#231;oivent qu'ils gagnent moins qu'avant. En fait, un pourcentage de plus en plus grand de personnes aux Etats-Unis occupe des emplois &#224; bas salaires dans la distribution et les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais vous ne pouvez pas faire vivre une famille avec ce que vous gagnez en faisant griller des hamburgers chez McDonald ou en saluant les clients dans le supermarch&#233; WalMart du coin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est que la classe moyenne aux Etats-Unis est en train de mourir. Et une fois qu'elle aura disparu, &#231;a sera incroyablement difficile &#224; reconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Michael Snyder est l'&#233;diteur de theeconomiccollapseblog.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(10 ao&#251;t 2010)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contr&#244;le ouvrier et autogestion, &#171; faisons confiance au peuple&#8230; &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Controle-ouvrier-et-autogestion-faisons-confiance-au-peuple</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Controle-ouvrier-et-autogestion-faisons-confiance-au-peuple</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:41:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Josep Cruelles</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des &#233;lections l&#233;gislatives sont pr&#233;vues le 26 septembre prochain au Venezuela. Le scrutin vise &#224; &#233;lire la nouvelle Assembl&#233;e nationale. Presse-toi &#224; gauche publiera une s&#233;rie d'articles sur le pays et le processus en cours. Le pays que plusieurs voient comme le laboratoire du socialisme du XXIe si&#232;cle conna&#238;t des avanc&#233;es mais aussi plusieurs situations contradictoires. Nous souhaitons que les prochains t&#233;moignages pourront &#233;clairer davantage une situation cruciale pour l'avenir du mouvement (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;V&#233;n&#233;zuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton5073-10747.jpg?1781356701' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des &#233;lections l&#233;gislatives sont pr&#233;vues le 26 septembre prochain au Venezuela. Le scrutin vise &#224; &#233;lire la nouvelle Assembl&#233;e nationale. Presse-toi &#224; gauche publiera une s&#233;rie d'articles sur le pays et le processus en cours. Le pays que plusieurs voient comme le laboratoire du socialisme du XXIe si&#232;cle conna&#238;t des avanc&#233;es mais aussi plusieurs situations contradictoires. Nous souhaitons que les prochains t&#233;moignages pourront &#233;clairer davantage une situation cruciale pour l'avenir du mouvement anticapitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au milieu de la crise, la profonde crise du syst&#232;me capitaliste, quand celui-ci nous offre d&#233;j&#224; son rostre le plus cruel, quand la rage et parfois le sentiment d'impuissance envahissent ceux qui le combattent depuis des ann&#233;es et qui pr&#233;disaient ses cons&#233;quences, les lumi&#232;res d'espoir montrant qu'un autre monde est possible passent parfois inaper&#231;ues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Venezuela n'a pas eu trop d'admirateurs au sein de la gauche. Pour les organisations de la &#171; gauche institutionnelle &#187; il s'est toujours agi d'un processus g&#234;nant. Ne parlons pas de ces &#171; socialistes &#187; qui se sont align&#233;s contre Ch&#225;vez et en faveur de la droite v&#233;n&#233;zu&#233;lienne dans une alliance que Felipe Gonz&#225;lez a scell&#233;e avec l'ex-pr&#233;sident Carlos Andres Perez, artisan des r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales qui ont provoqu&#233; la r&#233;volte populaire appel&#233;e le &#171; Caracazo &#187;. C'est de l&#224; que vient le mouvement populaire qui a mis fin au syst&#232;me bipartite classique au Venezuela et qui a abouti &#224; la victoire &#233;lectorale de Ch&#225;vez. Depuis, douze consultations &#233;lectorales ont &#233;t&#233; gagn&#233;es et un r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; perdu (celui de la r&#233;forme constitutionnelle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'autre gauche ? Pour la multitude de groupes gardiens de l'orthodoxie ce processus, avec un r&#244;le peu &#233;vident des secteurs &#171; prol&#233;tariens &#187;, un r&#244;le d&#233;terminant jou&#233; par les militaires, avec ses h&#233;t&#233;rodoxies et, pourquoi le cacher, les nombreuses incongruit&#233;s de Ch&#225;vez, m&#233;rite d'&#234;tre &#171; excommuni&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, malgr&#233; tout, le &#171; processus &#187; avance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Venezuela on appelle &#171; processus &#187; cette tentative r&#233;volutionnaire qui rassemble tout ce que font les classes populaires : avec Ch&#225;vez, sans Ch&#225;vez et malgr&#233; Ch&#225;vez. C'est une formule qui d&#233;finit le mieux la r&#233;sultante des vecteurs contradictoires qui donnent aujourd'hui un r&#233;sultat positif. Ceux qui aspirent seulement &#224; une lecture solidaire et acritique ne peuvent en r&#233;alit&#233; comprendre ce que proposent les protagonistes du processus v&#233;n&#233;zu&#233;lien eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es, et en particulier durant les derniers mois, des &#233;v&#233;nements qui orientent le processus dans une direction prometteuse se sont pourtant produits. La r&#233;ponse du gouvernement &#224; l'accaparement d'aliments par les multinationales a &#233;t&#233; l'expropriation et la nationalisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi les sucreries, les laiteries, les rizi&#232;res, les entreprises cafeti&#232;res ou produisant la farine de ma&#239;s ont &#233;t&#233; transform&#233;es en entreprises socialistes de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux des plus importantes cha&#238;nes transnationales de supermarch&#233;s ont &#233;t&#233; nationalis&#233;es et plac&#233;es sous le contr&#244;le des travailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
La puissante cha&#238;ne colombienne &#171; &#201;xcito &#187; est devenue celle du &#171; Bicentenaire &#187; ; Face &#224; la crise &#233;nerg&#233;tique &#8212; r&#233;sultat de la l'ass&#232;chement historique du barrage de R&#237;o Gur&#237; (dont la centrale produit 70 % de l'&#233;nergie &#233;lectrique v&#233;n&#233;zu&#233;lienne) &#8212; la r&#233;ponse a &#233;t&#233; la r&#233;organisation de l'entreprise nationale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne Corpolec en la mettant sous contr&#244;le ouvrier et en &#233;cartant la vieille direction bureaucratique responsable des erreurs et de l'inefficacit&#233; de la planification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, le 13 mai dernier, un d&#233;cret a fait passer toute l'industrie extractive et m&#233;tallurgique sous le r&#233;gime de l'autogestion sous contr&#244;le ouvrier. Un acte sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La constituante ouvri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Corporac&#237;on Venezolana de Guayana (CVG), qui comprend 15 entreprises employant plus de 18 000 travailleurs et qui repr&#233;sente l'axe &#233;conomique et social d'une r&#233;gion incluant cinq &#201;tats et plus de la moiti&#233; du territoire v&#233;n&#233;zu&#233;lien, a &#233;t&#233; restructur&#233;e dans tous ses aspects. Les travailleurs ont &#233;lu leurs repr&#233;sentants en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et depuis ils analysent des propositions de mod&#232;les de gestion de la production, de la commercialisation, des conditions de travail et de la protection de l'environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les directions des entreprises ont &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233;es et l'autogestion sous le contr&#244;le ouvrier commence dans les mines, l'exploitation foresti&#232;re, le contr&#244;le &#233;cologique, les usines sid&#233;rurgiques et le secteur de l'aluminium avec ses industries transformatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une lutte longue. Sidor, l'entreprise la plus importante de la corporation, producteur de 25 % de l'acier liquide de l'Am&#233;rique latine, a toujours &#233;t&#233; un exemple, une esp&#232;ce de &#171; navire amiral &#187; du mouvement ouvrier v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales devant la porte n&#176; 3 furent, historiquement, le mod&#232;le de la d&#233;mocratie syndicale. C'est ici que les travailleurs, rassembl&#233;s &#224; quatre ou cinq mille, prenaient les d&#233;cisions et plus d'une fois les &#171; bases &#187; ont chang&#233; les d&#233;cisions des &#171; dirigeants &#187;. Une transnationale italo-argentine en avait &#233;t&#233;, jusqu'&#224; r&#233;cemment, l'actionnaire principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2008, apr&#232;s trois ans de blocage et 13 mois de n&#233;gociations, Sidor s'est mis en gr&#232;ve face &#224; l'intransigeance de l'entreprise et &#224; l'attitude complice du ministre du travail du gouvernement Ch&#225;vez, Jose Ram&#243;n Rivero. Ce dernier a essay&#233; d'imposer un arbitrage tripartite, qu'il avait cyniquement nomm&#233; &#171; ouvri&#233;riste &#187; et &#171; bolivarien &#187;. Lors des n&#233;gociations la proposition gouvernementale a &#233;t&#233; accept&#233;e, car la transnationale faisait front avec le ministre, et cela bien qu'elle soit en contradiction avec la Loi organique du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la d&#233;magogie d&#233;sesp&#233;r&#233;e du ministre et la tentative d'imposer un r&#233;f&#233;rendum ne retenant que la proposition patronale, l'assembl&#233; de base a prolong&#233; la gr&#232;ve de 48 h &#224; 80 h. C'est dans ce contexte que les travailleurs ont d&#251; faire face &#224; une r&#233;pression tr&#232;s violente de la Garde Nationale : 50 ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, plus de 15 bless&#233;s et 43 v&#233;hicules des ouvriers d&#233;truits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette situation, alors que le gouvernement gardait le silence, au milieu d'un d&#233;bat sur l'autonomie du mouvement ouvrier v&#233;n&#233;zu&#233;lien lors duquel certains n'ont pas oubli&#233; de justifier &#171; la duret&#233; contre les privil&#233;gi&#233;s &#187; au nom du socialisme, Ch&#225;vez a destitu&#233; Jose Ram&#243;n Rivero, nationalis&#233; Sidor et mis en route le &#171; Plan Guayana socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je joue dans le camp des travailleurs &#187; a dit Ch&#225;vez deux ans plus tard, lors d'une assembl&#233;e avec les travailleurs de Guayana. Il a annonc&#233; l'&#233;tatisation de davantage d'entreprises : Norpro de Venezuela (producteur de bauxite), Matesi (sid&#233;rurgie), Comsigua (sid&#233;rurgie) ainsi que celles qui transportent les mati&#232;res premi&#232;res des entreprises de base de Guayana. Il a expliqu&#233; qu'il n'a pas &#233;t&#233; possible d'arriver &#224; un accord pour racheter ces entreprises (dans le cas de Matesi le groupe propri&#233;taire a fait une offre qui quintuplait la valeur r&#233;elle) et que, par cons&#233;quence, il n'y avait pas d'autre alternative que la nationalisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une lutte contre la corruption, le gaspillage et l'inefficacit&#233;, en faveur d'un mod&#232;le de gestion qui s'appuie sur l'exp&#233;rience des travailleurs, sur leurs connaissances des probl&#232;mes et parie sur la sup&#233;riorit&#233; de l'intelligence collective. C'est un pas en direction du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a des d&#233;cisions qui &#233;chappent au cadre de l'entreprise. Ces entreprises exportent surtout les mati&#232;res premi&#232;res et les produits semi-finis qui sont transform&#233;s dans les pays industrialis&#233;s et que la population v&#233;n&#233;zu&#233;lienne ach&#232;te ensuite &#224; des prix &#233;lev&#233;s. Les entreprises fondamentales de Guayana doivent devenir fournisseurs de produits manufactur&#233;s, ce qui n&#233;cessite une conversion de l'industrie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. En ce sens la cr&#233;ation d'entreprises socialistes pour produire les produits manufactur&#233;s actuellement import&#233;s est une t&#226;che urgente pour acqu&#233;rir la souverainet&#233; et rompre avec la d&#233;pendance. Il existe d&#233;j&#224; un projet, annonc&#233; par Ch&#225;vez, pour le r&#233;aliser dans le bas Or&#233;noque, en relation avec la production du fer, de l'acier et de l'aluminium, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faisons confiance au peuple. Ces entreprises, il faut les relever, les faire produire, mettre un terme &#224; l'inefficacit&#233;, &#224; la corruption, au gaspillage. Elles doivent faire des b&#233;n&#233;fices&#8230; Le contraire serait une peine, une honte&#8230; nous devons d&#233;montrer la viabilit&#233; du projet socialiste, montrer que toute cette activit&#233; donne des r&#233;sultats, mais pour cela il faut changer compl&#232;tement le sch&#233;ma. &#187; (Hugo Ch&#225;vez Fr&#237;as) &#9632;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tensions entre la Colombie et le Venezuela</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tensions-entre-la-Colombie-et-le-Venezuela</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Tensions-entre-la-Colombie-et-le-Venezuela</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:41:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Conn Hallinan</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;counterpunch.org, 3 ao&#251;t 2010, &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction, Alexandra Cyr &lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous voulez comprendre ce qui se joue dans les r&#233;centes tensions entre la Colombie et le Venezuela, dites vous que les infos vous ont install&#233;Es derri&#232;re un &#233;cran de fum&#233;e. Puis rappelez-vous comment, il y a quelques mois, dans le d&#233;partement de Meta, juste au sud de Bogota, des enfants sont soudainement tomb&#233;s malades apr&#232;s avoir bu l'eau d'un ruisseau contamin&#233; par plus de 2,000 cadavres qui y avaient &#233;t&#233; jet&#233;s par l'arm&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;V&#233;n&#233;zuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton5074-8b489.jpg?1782566649' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;counterpunch.org, 3 ao&#251;t 2010,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction, Alexandra Cyr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous voulez comprendre ce qui se joue dans les r&#233;centes tensions entre la Colombie et le Venezuela, dites vous que les infos vous ont install&#233;Es derri&#232;re un &#233;cran de fum&#233;e. Puis rappelez-vous comment, il y a quelques mois, dans le d&#233;partement de Meta, juste au sud de Bogota, des enfants sont soudainement tomb&#233;s malades apr&#232;s avoir bu l'eau d'un ruisseau contamin&#233; par plus de 2,000 cadavres qui y avaient &#233;t&#233; jet&#233;s par l'arm&#233;e colombienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon l'&#233;tat major colombien, un charnier tout pr&#232;s de la base de La Macarena contient les corps de gu&#233;rill&#233;ros abattus entre 2002 et 2009 dans la guerre civile qui s&#233;vit dans le pays depuis des ann&#233;es. Mais nous savons aussi comment cette arm&#233;e est impliqu&#233;e dans des op&#233;rations dites de &#171; faux positifs &#187; c'est-&#224;-dire de falsification des preuves qui a fait scandale. Les repr&#233;sentants des groupes de droits humains sont presque convaincus que ces cadavres ne sont pas ceux de membres des FARC et de l'Arm&#233;e de lib&#233;ration nationale, les deux groupes d'insurg&#233;s qui luttent contre le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nom de &#171; faux positif &#187; a &#233;t&#233; donn&#233; aux op&#233;rations de l'arm&#233;e colombienne au cours desquelles elle tue des civils puis les habillent avec des uniformes des groupes rebelles dans le but de d&#233;montrer qu'elle r&#233;ussit dans sa strat&#233;gie contre insurrectionnelle. Elle peut ainsi recevoir plus d'aide des Etats-Unis. Selon la Comision de Derechos Humanos del Bajo Ariari et le Colectivo Orlando Fals Borda, les 2 000 cadavres dans le ruisseau sont le r&#233;sultat de ces actions. De m&#234;me pour les cadavres du charnier de La Macarena qui n'ont pas encore &#233;t&#233; identifi&#233;s. Mais on soup&#231;onne qu'ils sont ceux de militants du milieu rural ou de syndicalistes. Le nouveau pr&#233;sident &#233;lu de Colombie, M. Juan Manuel Santos, &#233;tait ministre de la d&#233;fense quand ces meurtres ont eu lieu. M. Santos a aussi supervis&#233; une courte invasion de l'&#201;quateur en 2008, o&#249; des rebelles ont &#233;t&#233; abattus. Cette invasion a &#233;t&#233; largement condamn&#233;e partout en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour amenuiser l'effet m&#233;diatique et politique de ces faits, le pr&#233;sident colombien, M. A. Uribei pratique la diversion sur une haute &#233;chelle. Alors que son ministre des affaires ext&#233;rieures, M. Luis Alfonso Hoyos affichait des photos et des informations secr&#232;tes sens&#233;es d&#233;montrer que le Venezuela h&#233;bergeait et prot&#233;geait 1,500 rebelles colombiens, un groupe d'ONG d'Am&#233;rique latine d&#233;voilait un vaste complot du D&#233;partement de l'administration de la s&#233;curit&#233;, (DAS) pour saboter le travail de journalistes, de juges, d'ONG, d'organisations internationales et d'opposants politiques. Parmi les sales moyens envisag&#233;s pour cette besogne, figuraient les menaces de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement am&#233;ricain a donn&#233; jusqu'ici plus de 7 milliards d'aide &#224; la Colombie. Il fournit aussi les outils technologiques de surveillance au DAS, donc il se peut bien qu'il se retrouve au milieu du scandale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se peut bien aussi qu'il se voit associ&#233; &#224; des meurtres de syndicalistes colombiens. Selon Kelly Nichollas du U.S. Office on Colombia, des t&#233;moignages au proc&#232;s de Jorge Noguera, ancien directeur du DAS, tendent &#224; d&#233;montrer que des Am&#233;ricains ont donn&#233; de la formation et de l'entrainement &#224; des membres des services secrets colombiens qui traquent les syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Colombie est le pays o&#249; les syndicalistes sont le plus en danger. Selon l'enqu&#234;te annuelle sur les droits syndicaux de la Conf&#233;d&#233;ration syndicale internationale (CSI), sur les 101 syndicalistes assassin&#233;s dans le monde en 2009, 48 &#233;taient Colombiens. Jusqu'&#224; maintenant, en 2010, 20 dirigeants syndicaux de plus ont &#233;t&#233; assassin&#233;s. C'est le cas d'Abdiel Ordonez, tr&#233;sorier du syndicat des travailleurs des prisons qui d&#233;non&#231;ait la corruption. Le gouvernement a refus&#233; de le prot&#233;ger alors qu'il recevait de nombreuses menaces. Il a &#233;t&#233; tir&#233; &#224; bout portant par des assassins &#224; moto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Encore une fois, d&#233;clare le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CSI, M. Guy Rider, la Colombie s'av&#232;re le pays o&#249; la lutte pour les droits fondamentaux des travailleurs-euses devient une condamnation &#224; mort, malgr&#233; ce qu'en dit la propagande gouvernementale. Les autorit&#233;s colombiennes doivent de toute urgence prendre des mesures concr&#232;tes pour garantir l'int&#233;grit&#233; physique des militants syndicaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La Commission Inter-am&#233;ricaine des droits humains proc&#232;de en ce moment &#224; une enqu&#234;te sur le maquillage des personnes assassin&#233;es. Ainsi, le fr&#232;re de l'ancien pr&#233;sident M. Uribe &#224; &#233;t&#233; accus&#233; de participation aux escadrons de la mort. M. Santiago Canton, un ancien dirigeant de la Commission des droits humains en Argentine, d&#233;clare : &#171; Si vous rassemblez tout cela, les ex&#233;cutions extra judiciaires, l'espionnage des d&#233;fenseurs des droits humains, vous voyez qu'il s'agit d'une constante au fil des ann&#233;es &#187;. Dans ce contexte, le gouvernement colombien a tout avantage &#224; jouer la diversion et &#224; tenter de d&#233;tourner l'attention publique vers le Venezuela&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que fait l'administration Obama dans tout &#231;a ? Premi&#232;rement, elle supporte fermement le gouvernement colombien lorsqu'il s'oppose &#224; la d&#233;cision du Venezuela de suspendre ses relations diplomatiques avec son voisin. Selon une enqu&#234;te du North American Congress on Latin America (NACLA), elle a aussi secr&#232;tement financ&#233; l'op&#233;ration d'opposition des m&#233;dias de droite v&#233;n&#233;zu&#233;liens contre le gouvernement Chavez. Des membres de la droite de Bolivie et du Nicaragua re&#231;oivent &#233;galement de l'argent des Etats-Unis. Selon Jeremy Bigwood, du NACLA, entre 2007 et 2009, le peu connu Bureau of Democracy, Human Rights and Labor du Secr&#233;tariat d'&#201;tat, a achemin&#233; 4 milliards de dollars &#224; ce genre de journalistes en Bolivie, au Nicaragua et au Venezuela. Ce faisant, le Secr&#233;tariat d'&#201;tat viole ses propres r&#232;gles qui exigent que &#171; toute publication recevant ce type de soutien doive le publier &#187;. Selon M. Bigwood le gouvernement am&#233;ricain renonce &#224; cette exigence en raison des priorit&#233;s dans les fonds d'assistance (PADF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Colombie est l'alli&#233; privil&#233;gi&#233; des Etats-Unis dans la r&#233;gion. Il est donc peu surprenant que le gouvernement de droite du pr&#233;sident Uribe se retrouve en terrain commun avec les Am&#233;ricains dans sa haine visc&#233;rale envers H. Chavez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie d'attaque contre le Venezuela est aussi un assaut contre la toute nouvelle Communaut&#233; des &#201;tats d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes (CELAC), la premi&#232;re organisation r&#233;gionale &#224; ne pas inclure les Etats-Unis, le Canada et aucun pays europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de sa r&#233;union de juillet dernier &#224; Caracas, la CELAC a confi&#233; &#224; M. Chavez et au nouveau pr&#233;sident chilien, le conservateur Sebastian Pinera, la co-pr&#233;sidence du forum qui doit r&#233;diger ses statuts et r&#232;glements. Cela peut sembler un assemblage surprenant. Mais, en Am&#233;rique Latine, la caricature que font les journaux am&#233;ricains du pr&#233;sident Chavez n'a pas cours. M. Alexander Main du Center for Economic and Policy de Washington soutient que : &#171; Chavez&#8230;s'est montr&#233; d'une grande capacit&#233; d'adaptation et pr&#234;t &#224; faire des compromis importants pour poursuivre la t&#226;che de l'int&#233;gration r&#233;gionale en Am&#233;rique Latine (&#8230;) Quant &#224; M. Pinera, son approche mesur&#233;e lorsqu'il s'agit de la politique ext&#233;rieure de son pays, montre qu'il est pr&#234;t &#224; agir de fa&#231;on pragmatique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union de Caracas a appel&#233; &#224; &#171; l'int&#233;gration politique, &#233;conomique, sociale et culturelle &#187;. Elle a aussi affirm&#233; le droit de &#171; chaque &#233;tat &#224; constituer son propre syst&#232;me politique sans subir de menaces d'agression ou de mesures coercitives &#187;. Il n'y a eu aucune r&#233;f&#233;rence au dit &#171; Consensus de Washington &#187; qui a caract&#233;ris&#233; la doctrine &#233;conomique am&#233;ricaine dans la r&#233;gion depuis plusieurs d&#233;cennies ; aucune mention non plus de libre &#233;change ou d'ouverture des march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'Am&#233;rique Latine gagne en capacit&#233; &#233;conomique et en ind&#233;pendance politique, il semble bien que la politique am&#233;ricaine soit enferr&#233;e dans sa vieille position du si&#232;cle dernier quand elle dominait le continent sans partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de r&#233;viser sa politique diplomatique pour s'ajuster &#224; la nouvelle r&#233;alit&#233;, Washington &#233;tend son pouvoir militaire. Bient&#244;t le gouvernement am&#233;ricain aura 7 bases op&#233;rationnelles en Colombie et il a r&#233;install&#233; la 4i&#232;me flotte dans la r&#233;gion. Ce sont des d&#233;cisions impopulaires en Am&#233;rique Latine. En plus, au lieu de suivre les conseils de plusieurs pays qui l'incitent &#224; d&#233;militariser la guerre contre la drogue, l'administration Obama a r&#233;cemment choisi de d&#233;ployer 46 vaisseaux de guerre et 7,000 soldats au Costa-Rica pour &#171; interdire &#187; le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. De 2000 &#224; 2009, 40% de l'aide am&#233;ricaine dans la r&#233;gion a &#233;t&#233; donn&#233;e aux militaires et aux organisations polici&#232;res. L'administration Obama a port&#233; cette part &#224; 47%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington et Bogota peuvent bien tenter de d&#233;truire l'image du Venezuela mais leur auditoire est mince et se r&#233;duit de jour en jour. Ils sont de plus en plus &#224; c&#244;t&#233; du sujet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Colombie : les derniers jours du pr&#233;sident</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Colombie-les-derniers-jours-du-president</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Colombie-les-derniers-jours-du-president</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:40:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Archibald Emorej</dc:creator>


		<dc:subject>Colombie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les paramilitaires n'ont jamais vraiment quitt&#233; la r&#233;gion, Edgar ne le sait que trop bien, et les menaces se font de plus en plus r&#233;p&#233;t&#233;es. Que se passera-t-il si tous sont d&#233;plac&#233;s au pr&#233;texte de la guerre ou accus&#233;s d'&#234;tre de la gu&#233;rilla, ou pire encore, accus&#233;s d'&#234;tre contre le progr&#232;s des envahisseurs &#233;trangers, de leurs &#233;normes machines, de leur contamination et de leurs destructions, bref : contre le fait que des riches &#233;trangers s'entendent avec quelques riches Colombiens pour tuer et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Colombie-+" rel="tag"&gt;Colombie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton5063-67b1b.jpg?1781531623' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les paramilitaires n'ont jamais vraiment quitt&#233; la r&#233;gion, Edgar ne le sait que trop bien, et les menaces se font de plus en plus r&#233;p&#233;t&#233;es. Que se passera-t-il si tous sont d&#233;plac&#233;s au pr&#233;texte de la guerre ou accus&#233;s d'&#234;tre de la gu&#233;rilla, ou pire encore, accus&#233;s d'&#234;tre contre le progr&#232;s des envahisseurs &#233;trangers, de leurs &#233;normes machines, de leur contamination et de leurs destructions, bref : contre le fait que des riches &#233;trangers s'entendent avec quelques riches Colombiens pour tuer et massacrer afin d'&#234;tre encore plus riches, comme on le leur a appris &#224; Harvard, Oxford ou Chicago.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce 7 ao&#251;t 2010, la Colombie f&#234;te le d&#233;part du &#8220;meilleur pr&#233;sident que le pays ait jamais connu&#8221;, comme se plaisent &#224; marteler tous les m&#233;dias sur tous les tons. C'est une date que s&#251;rement l'histoire effacera m&#234;me si pour l'heure la f&#234;te nationale du 7 ao&#251;t semble, elle, s'effacer devant les hourras qui accompagnent la retraite de l'enfant prodigue. Il est pourtant un autre anniversaire, hasard du calendrier, que votre serviteur pr&#233;f&#232;re vous rappeler. C'est avec &#233;motion m&#234;l&#233;e de rage que l'on comm&#233;more un bien plus triste &#233;v&#233;nement, celui de l'assassinat il y a onze ans de Jaime Garz&#243;n, humoriste &#224; la dent ac&#233;r&#233;, Colombien d&#233;fenseur des droits de l'Homme et patriote populaire. Et le temps n'y pourra rien, nous serons toujours tristes. Un des ses derniers sketchs (1) parodiait un professeur fou furieux appelant de ces v&#339;ux un gouvernement fasciste et un pr&#233;sident de la trempe du gouverneur d'Antioquia d'alors, Alvaro Uribe Velez. Sa proph&#233;tie lui co&#251;ta la vie et ce crime est et reste impuni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Colombie, on meurt de tout, m&#234;me lorsqu'on caricature l'oligarchie. Fut-elle si erron&#233;e la vision de Garz&#243;n qui voyait ce profiler le r&#232;gne d'un caudillo impliqu&#233; dans le paramilitarisme et la narcotrafic, un pantin des app&#233;tits nord-am&#233;ricains, un gouverneur qui se r&#234;vait pourfendeur de l'insurrection communiste &#224; n'importe quel prix ? Le pacte social selon Uribe : une poign&#233;e de main et une autre de pesos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer la popularit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent du ma&#238;tre aupr&#232;s des esclaves ? Comment comprendre que douze millions de colombiens ont vot&#233; contre eux-m&#234;mes, comme le notait un camarade lors d'une r&#233;union de travailleurs sociaux &#224; Bogot&#225; la semaine derni&#232;re. On en apprend de bien bonnes lors de ces r&#233;unions, par exemple qu'il ne faut pas prendre de photo des d&#233;chetteries du quartier de Ciudad Bolivar, un quartier populaire &#224; quinze minutes de taxi du palais pr&#233;sidentiel, parce que des francs tireurs vous tirent dessus... ah Ciudad Bolivar et ses quatre cents assassinats par an !...l'h&#233;ritage du pr&#233;sident peut-&#234;tre, mais je m'&#233;gare. Le matraquage m&#233;diatique ne peut pas tout expliquer. Les scandales en s&#233;rie, la corruption, les crimes contre l'humanit&#233;, les magouilles politiques n'ont jamais &#233;gratign&#233; le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours la faute &#224; quelques fonctionnaires de haut rang, un ministre d&#233;sordonn&#233;, un g&#233;n&#233;ral mouton noir, une broutille nous dit-on, rien &#224; voir avec le pr&#233;sident. Que ses fils soient impliqu&#233;s dans une histoire de trafique d'influence &#224; vous faire sauter n'importe quelle r&#233;publique, et bien c'est lui qui attaque en diffamation et fait pleurer dans les chaumi&#232;res, lui le bon p&#232;re de famille, le chef incontestable de la nation. Chez les Uribe on est fid&#232;le et la famille... la patrie, le travail... bref, il faut chercher bien plus loin que la simple image cet ind&#233;fectible soutien populaire parce que c'est bien celui-ci qui am&#232;ne les autres, les soutiens politiques et &#233;conomiques, r&#233;gionaux et internationaux, parfois &#224; contrec&#339;ur mais toujours respectueux de &#171; la d&#233;mocratie d'opinion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le magicien a b&#233;n&#233;fici&#233; d'un contexte historique favorable : il fait suite &#224; une flop&#233;e de pr&#233;sidents du s&#233;rail politico-&#233;conomique du pays, pr&#233;sidents de p&#232;re en fils enferm&#233;s dans leur tour d'ivoire et dans leurs vacances &#224; Miami, incapables en tout genre et plus habitu&#233;s aux d&#238;ners en ville qu'aux mains dans le cambouis. Uribe, lui, est un homme de l'&#233;lite, certes, mais de celle qui travaille, les grands propri&#233;taires terriens ; puissants donc, mais bouseux. Alors, lui a enfil&#233; les bottes, les chemises &#224; carreaux, poncho sur l'&#233;paule, et a pass&#233; ses deux mandats &#224; sillonner le pays jusqu'&#224; pas d'heure pour rencontrer le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le bonhomme ne vint pas les mains vides. Une poign&#233;e de main c'est d&#233;j&#224; bien dans des coins o&#249; on n'a jamais vue ne serait-ce qu'un fonctionnaire de quatri&#232;me zone, mais une poign&#233;e de pesos c'est toujours mieux. Voil&#224; le truc du magicien. Lorsque cela se passe au Venezuela, on dit que le pr&#233;sident est un populiste de petite envergure. Ici, c'est un miracle et on appelle cela un peu vite la d&#233;mocratie directe. Rien &#224; voir avec la d&#233;mocratie populaire, ce que certains na&#239;fs pensent &#234;tre une vraie d&#233;mocratie directe, simplement un lien direct entre le roi et les serfs. Un probl&#232;me avec les aides qui n'arrivent pas, la route encore inond&#233;e, l'essence frelat&#233; ou un &#233;vier bouch&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de probl&#232;me, le pr&#233;sident est l&#224; et vous met en relation avec sa cour de ministres et fonctionnaires qui suivent &#233;bahis le prince faire ce qu'ils croient &#234;tre de la bonne politique. Et la main au portefeuille, bien sur, gr&#226;ce &#224; un programme pr&#233;sidentiel appel&#233; &#171; familias en acci&#243;n &#187; qui n'a pas &#233;t&#233; cr&#233;e par Uribe mais qui l'a largement d&#233;velopp&#233; pour en faire rien de moins qu'une pompe &#224; fric pour arroser les pauvres et &#233;lecteurs. Et si peu se rendent compte que cet argent est l'argent de tous les Colombiens, que ce n'est pas une faveur mais que c'est un droit, et que la politique c'est une vision partag&#233;e et populaire, pas une repr&#233;sentation grotesque de la puissance de quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des secrets de sa toute puissante popularit&#233; r&#233;sida donc dans ces &#8220;consejos comunitarios&#8221;, r&#233;unions hebdomadaires avec le peuple, aux quatre vents et par tous les temps, retransmises &#233;videmment en &#171; direct-diff&#233;r&#233; &#187; selon le bon go&#251;t des producteurs, et aux intervenants bien choisis. Les partis politiques en ont v&#233;ritablement souffert, les associations et les interlocuteurs traditionnels aussi. Le pr&#233;sident, son peuple, un lien fort et direct, et rien d'autre. Puisqu'on vous dit chaque semaine que le peuple est content, que le pr&#233;sident travaille dur et pour tous, et que c'est un homme simple et droit. Tout le reste n'est que jalousie et mensonge. Les institutions, la constitution, la cour supr&#234;me, les d&#233;fenseurs des droits de l'Homme... puisqu'on vous dit que le peuple est content, vous &#234;tes anti-d&#233;mocrates ou quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confusion entre investissement &#233;tranger et saccage du pays. C'est peu de le dire camarades mais, pour l'&#233;lite, cette confusion n'a pas lieu d'&#234;tre, les deux concepts se fondent l'un dans l'autre comme le beurre dans les &#233;pinards. Les riches pourtant, et parce qu'ils sont d&#233;j&#224; riches, devraient bien &#234;tre le dernier souci d'un pr&#233;sident dont le peuple cr&#232;ve encore largement de faim. C'est que le bonhomme est bouseux, je vous l'ai dit, ou fait croire qu'il l'est, mais a tout de m&#234;me fait ces &#233;tudes &#224; Harvard. Fid&#232;le &#224; la tradition de soumission aux march&#233;s, l'investissement &#233;tranger fut l'un des trois th&#232;mes de ses mandats. Pour investir, ils ont investi. Enfin, &#171; pill&#233; &#187; serait plus juste. Plus un service public n'est debout : eau, &#233;lectricit&#233;, gaz, service public, &#233;ducation, sant&#233;, etc, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europ&#233;en n'est pas d&#233;pays&#233; en payant ses factures, ce sont les m&#234;mes logos que sur ses terres natales, et au m&#234;me tarif ! Elle est bien belle la mondialisation, mais c'est un progr&#232;s nous a dit le pr&#233;sident, alors on applaudit. Et il parait que si les riches sont plus riches, cela fait du bien a tout le pays, nous a encore dit le pr&#233;sident. Et oui, ils vont acheter plus, jouir plus certainement, alors forc&#233;ment le moins riche qui vend des produits import&#233;s pour les riches et leurs plaisirs est content. Le riche et le moins riche sont contents. Bon, cela laisse &#224; la marge 80 % de ceux qui ne peuvent m&#234;me pas se payer les produits import&#233;s &#224; cr&#233;dit, mais c'est parce qu'ils n'ont pas assez travaill&#233; ; partout dans le monde le pauvre est un sale fain&#233;ant, c'est sa faute perp&#233;tuelle, ai-je cru comprendre du pr&#233;sident Uribe. Vendre au rabais ce que des g&#233;n&#233;rations de syndicats et de mouvements sociaux ont b&#226;ti dans le sang et la sueur c'est bien mais cela ne dure qu'un temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors est venu celui des m&#233;ga-projets. Des barrages gigantesques &#224; vous tuer les 30 milles familles de p&#234;cheurs qui vivent sur les rives du fleuve, des travaux publiques ubuesques (pour le b&#233;n&#233;fice d'entreprises priv&#233;es) &#224; vous mettre les villes sens dessus-dessous pour quinze ans, des autoroutes pour que les camions charg&#233;s de bois pr&#233;cieux, d'or, d'&#233;meraude, de charbon, de coltan, de p&#233;trole, d'uranium, puissent rouler sans s'arr&#234;ter jusqu'aux ports exportateurs, comme au bon vieux temps des colonies, des plantations sans fin de palmes africaines pour que les camions roulent bio. Et si cela ne donne pas &#224; bouffer au moins cela d&#233;friche la jungle pour que ces horribles communistes ne s'y cachent pas avec leurs fusils, tout cela dans le plus grand trafic d'appel d'offre et de corruption, du plomb dans la t&#234;te de ceux qui s'organisent contre le progr&#232;s, et ma foi, on y vient, un peu de nettoyage paramilitaire si des sans terre, sans nom - surtout des sans pouvoir d'achat - barrent la route aux fameux investissements &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Colombie est l'un des pays au sous-sol le plus riche. Cela le pr&#233;sident l'avait bien compris parce que c'&#233;tait un bon &#233;l&#232;ve. On se souviendra toujours avec &#233;motion que Pablo Escobar admirait ce jeune prodige de la politique locale (enfin un bouseux dans les affaires) lorsque le jeune Uribe &#233;tait haut fonctionnaire dans l'agence nationale charg&#233;e des licences de vol et autres autorisations contr&#244;lant le trafic a&#233;rien. Depuis son hacienda luxueuse, Escobar regardait passer les avions charg&#233;s de coca&#239;ne en d&#233;clarant &#224; ses amis : ce jeune l&#224;, avec sa t&#234;te de premier de la classe, c'est un type comme cela qu'il faudrait mettre pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains disent sans plaisanter que malgr&#233; l'assassinat du gros, Uribe a bien &#233;t&#233; le pr&#233;sident du Cartel de Medell&#237;n. Mais je m'&#233;gare encore, revenons au sous-sol de la Colombie. Malgr&#233; leurs efforts, les espagnols d'abord et les colons en tous genres ensuite n'ont qu'&#224; peine entam&#233; les r&#233;serves en or et &#233;meraude du pays. Le p&#233;trole reste en grande partie &#224; d&#233;couvrir et un charbon de tr&#232;s bonne qualit&#233; affleure dans le nord-est du pays. Et voici que l'uranium et le coltan ont fait leur apparition. Si on se renseignait aupr&#232;s de Ashanti Gold ou de British Petroleum, il ne fait aucun doute que toutes ses richesses repr&#233;sentent en dollars de quoi r&#233;soudre tous les probl&#232;mes de malnutrition, d'analphab&#233;tisme, de manque de sant&#233; et de structures &#233;ducatives du pays, si ce n'est du continent. Enfin, virtuellement, parce que les gars de Ashanti ou de BP r&#233;servent l'argent arrach&#233; &#224; la terre &#224; bien d'autres divertissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le pr&#233;sident a des amis bien infiltr&#233;s dans les multinationales, il a d&#233;cid&#233; de faire du pays le premier pays minier de notre bonne vieille plan&#232;te &#224; l'horizon 2019. C'est un cadeau fabuleux pour les investissements &#233;trangers, tous auront le droit d'investir-piller le pays en ne payant que des taxes illusoires ; et tout l'argent partira &#224; l'&#233;tranger parce que c'est bien le principe de l'investissement-pillage &#233;tranger. Aux Colombiens, il ne restera que les trous dans le sol, la nature d&#233;vast&#233;e, des emplois de mis&#232;re pour quelques ann&#233;es et un grenier vide lorsqu'ils se r&#233;veilleront du cauchemar. Mais &#224; l'heure du bilan de Uribe, les &#233;trangers sont contents, le pr&#233;sident est content, alors m&#234;me le peuple est content.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edgar, lui, n'est pas content. Il fait partie des dizaines de milliers de Colombiens qui vivent de la mine artisanale dans le pays. Lui, il cherche de l'or dans le nord-est d'Antioquia, une r&#233;gion de jungle et de collines o&#249; les affiches de la gu&#233;rilla sont fi&#232;rement accroch&#233;es sur toutes les maisons des villages isol&#233;s. Nous verrons cela plus tard. Edgar, lui, et les quatre balles qui se baladent dans son corps depuis que les paramilitaires ont voulu le faire taire, lui et sa f&#226;cheuse manie d'organiser les mineurs pour d&#233;fendre leurs droits, eh bien Edgar est fort pr&#233;occup&#233; de l'avenir que lui r&#233;serve cette lubie de faire de la Colombie le premier pays minier en 2019. Il est Colombien, pourtant il n'est pas content.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire qu'il ne regarde pas beaucoup la t&#233;l&#233; et qu'il vit en plein c&#339;ur d'une zone de conflit. Edgar n'est pas contre le progr&#232;s, il aimerait bien que la sant&#233;, l'&#233;ducation, les services de l'&#233;tat, la justice m&#234;me, et quelques infrastructures &#233;l&#233;mentaires, des routes, des canalisations d'eau, etc, arrivent dans les villages du Guamoc&#243;. Pourtant il doute qu'ouvrir les portes aux envahisseurs &#233;trangers soit la solution. Il sait bien que la monstrueuse quantit&#233; d'argent s'envolera &#224; l'&#233;tranger et la petite part qui reste sera aval&#233;e par l'&#201;tat et distribu&#233;e aux riches. C'est que Edgar n'est pas le dernier pour t'expliquer le principe d'accumulation de capital par les bourgeois. Ce qui le pr&#233;occupe le plus ce sont les milliers de mineurs qui vivent de la mine artisanale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau code minier entr&#233; en vigueur il y a quelques jours font d'eux des ill&#233;gaux sans titre d'exploitation. Les multinationales, elles, ont des titres de propri&#233;t&#233; et le droit d'exploiter gr&#226;ce au pr&#233;sident Uribe. En fait, les mineurs vivent de fait sur ces propri&#233;t&#233;s. Mineurs, p&#234;cheurs, paysans, que va-t-il se passer ? Les paramilitaires n'ont jamais vraiment quitt&#233; la r&#233;gion, Edgar ne le sait que trop bien, et les menaces se font de plus en plus r&#233;p&#233;t&#233;es. Que se passera-t-il si tous sont d&#233;plac&#233;s au pr&#233;texte de la guerre ou accus&#233;s d'&#234;tre de la gu&#233;rilla, ou pire encore, accus&#233;s d'&#234;tre contre le progr&#232;s des envahisseurs &#233;trangers, de leurs &#233;normes machines, de leur contamination et de leurs destructions, bref : contre le fait que des riches &#233;trangers s'entendent avec quelques riches Colombiens pour tuer et massacrer afin d'&#234;tre encore plus riches, comme on le leur a appris &#224; Harvard, Oxford ou Chicago.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident dit que c'est bien, et son h&#233;ritage fi&#232;rement revendiqu&#233; est d'avoir pr&#233;par&#233; la Colombie &#224; &#234;tre un pays moderne, enfin pill&#233; d'une fa&#231;on plus moderne. Le pr&#233;sident est content, des millions de Colombiens sont contents sans trop savoir pourquoi, parce qu'on leur a dit de l'&#234;tre certainement. Mais ce qui est sur, c'est que des millions de Colombiens sont extr&#234;mement m&#233;contents et eux savent exactement pourquoi. La guerre civile n'aurait plus lieu. Outre le pacte social et les investissements &#233;trangers, le pr&#233;sident Uribe avait promis de mettre fin au conflit interne, et pas n'importe comment, en &#233;crasant l'insurrection communiste par l'instauration de la &#171; s&#233;curit&#233; d&#233;mocratique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque une vengeance personnelle due au fait que le papa du pr&#233;sident s'est fait &#171; judicialiser &#187; un jour qu'il faisait le mariole en refusant de payer l'imp&#244;t r&#233;volutionnaire et s'&#233;tait mis en t&#234;te de recevoir les gu&#233;rilleros &#224; coups de fusil.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est que le papa du pr&#233;sident, grand ami de Pablo Escobar, fomentait d&#233;j&#224; un plan pour en finir avec ces rouges et leur strat&#233;gie militaro-sociale de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Parmi toute la classe politique colombienne, &#224; l'heure des n&#233;gociations de paix dans la zone d&#233;militaris&#233;e de San Vicente del Cagu&#225;n, d&#233;partement du Meta, en 1998-2001, Alvaro Uribe est le seul &#224; ne pas avoir &#233;t&#233; serrer la pince de Marulanda, Reyes, Cano, Trinidad, el Mono Jojoy et consorts. Il fut le seul &#224; fustiger la tentative de paix et de l&#224; a commenc&#233; &#224; b&#226;tir son image de dur de dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne tra&#238;na pas pour qu'il devint l'enfant ch&#233;ri des uniformes en tous genres, l&#233;gaux comme ill&#233;gaux. Son th&#232;me de campagne en 2002 : du sang, du sang et encore du sang. Et quelles qu'en soient les cons&#233;quences il faut &#233;craser les rouges rebaptis&#233;s terroristes pour les besoins du spectacle mondial. Pour ce qui est des cons&#233;quences nous verrons plus tard, revenons au bilan par cette simple question : quid de la gu&#233;rilla ? La r&#233;alisation des deux premi&#232;res promesses de sa strat&#233;gie, le pacte social comme l'investissement &#233;tranger, r&#233;clamait au minimum que la force publique puisse se d&#233;placer dans un pays alors contr&#244;l&#233; &#224; plus de 50% par la gu&#233;rilla (en fait les gu&#233;rillas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il s'installe &#224; la Casa Nari&#241;o (le palais pr&#233;sidentiel) le processus de guerre totale est d&#233;j&#224; enclench&#233;. Le plan Colombia a &#233;t&#233; sign&#233; par son pr&#233;d&#233;cesseur Pastrana et les paramilitaires se sont d&#233;j&#224; r&#233;unis sous un commandement unifi&#233;, les AUC (Autodefensas Unidas de Colombia). Uribe est associ&#233; au paramilitarisme mais il faut reconna&#238;tre qu'il n'a rien invent&#233;. Cette fa&#231;on para-estatal de faire la loi remonte &#224; la colonie espagnole et aux hommes de main des grands propri&#233;taires terriens. Historiquement, l'&#233;tat colombien n'a jamais brill&#233; par sa force et les caciques locaux ont toujours dispos&#233; d'une petite brigade pour se prot&#233;ger et prot&#233;ger leurs affaires. Et comme Uribe est de ces gens l&#224;, mieux qu'aucun autre il a toujours consid&#233;r&#233; cette forme de justice comme naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que gouverneur de l'&#233;tat de Antioquia dans les ann&#233;es 90, il a mis en place les Convivir, v&#233;ritables milices l&#233;gales de lutte contre la subversion. La Cour Supr&#234;me annula la l&#233;galit&#233; de ces phalanges mais le mal &#233;tait fait, c'est-&#224;-dire que toutes les forces fascistes du pays y ont vu un signe pour la l&#233;galisation prochaine du paramilitarisme. Et ainsi cela a &#233;t&#233;. Bien que Uribe passe pour le faiseur de paix en signant la loi Justicia y Paz en 2005, loi qui d&#233;mantela les structures paramilitaires, il est en fait celui qui les a laiss&#233;s agir en paix, puis leur a offert une totale impunit&#233;. Mais revenons &#224; la gu&#233;rilla. Les AUC n'ont jamais lutt&#233; contre la gu&#233;rilla, en tout cas jamais en montant des op&#233;rations militaires d'envergure. Les paras &#233;taient et restent sp&#233;cialis&#233;s dans la lutte anti-subversive, c'est-&#224;-dire, selon la bonne vieille &#233;cole fran&#231;aise, en terreur et massacres contre les civils, vols et viols, destructions et couvre-feux sous peine de d&#233;capitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces horreurs, on peut noter les fours cr&#233;matoires, les plus grandes fosses communes depuis le troisi&#232;me Reich, les crucifixions fa&#231;on Rome antique, les cadavres &#233;ventr&#233;s et charg&#233;s de pierres pour couler plus vite, les mutilations et d&#233;membrements, et d'autres saloperies que r&#233;serve le fasciste &#224; ceux qui ne le sont pas. Si cela n'a pas directement affect&#233; les forces de la gu&#233;rilla, cela a &#233;videmment affect&#233; ses zones de repli et ravitaillement, ses informateurs et ses soutiens logistiques. On peut imaginer la grande peine de la gu&#233;rilla &#224; &#234;tre impuissante face au massacre de son peuple. Je te rassure lecteur, si tu as une boule de rage dans le ventre, les combattants communistes ont fait payer cher &#224; ces salauds au brassard AUC, n'en d&#233;plaisent au pr&#233;sident qui s'en va, et si tu te balades en Colombie tout le monde te parlera de ces embuscades o&#249; sont tomb&#233;s les paras par dizaines et dizaines, et de prisonniers il ne fut pas question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois pass&#233;e l'&#233;quipe de tueurs ill&#233;gaux, d&#233;boul&#232;rent les tueurs asserment&#233;s. Uribe a multipli&#233; les forces militaires comme les forces de police. L'arm&#233;e colombienne est la seconde arm&#233;e du continent am&#233;ricain apr&#232;s les &#201;tats-Unis et de loin la plus rompue au combat. Son armement vient essentiellement des m&#234;mes nord-am&#233;ricains et de l'&#233;tat d'Isra&#235;l avec lequel elle partage de nombreux programmes d'entra&#238;nement en plus de l'armement. Les fusils colombiens de l'arm&#233;e sont en fait des fusils isra&#233;liens fabriqu&#233;s sous licence directement en Colombie. Donc le pr&#233;sident, gr&#226;ce &#224; l'argent yankee et surfant sur la vague de la lutte contre le terrorisme, a multipli&#233; les brigades et les bataillons, r&#233;arm&#233; tout son monde et fait de la force a&#233;rienne une v&#233;ritable machine de guerre adapt&#233;e &#224; la guerre dans la jungle (h&#233;licopt&#232;res et avions de surveillance) ; en plus de la quantit&#233;, le saut qualitatif des forces arm&#233;es colombiennes a &#233;t&#233; impressionnant : guerre &#233;lectronique, avions renifleurs et &#233;quip&#233;s pour la d&#233;tection nocturne, &#233;coutes des communications gr&#226;ce &#224; un Awac gringo survolant en permanence le territoire, etc, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, avec tout cela, le quadrillage du territoire est assur&#233; sur les grands axes de communications du pays. Les lignes de bus voyagent la nuit en caravane, les a&#233;roports ne sont ferm&#233;s que pour cause de mauvais temps et les mati&#232;res premi&#232;res sortent du pays sans trop de probl&#232;me. Plus personne ne s'est fait enlever pour collusion avec l'&#233;tat bourgeois, et les graffitis pro-fariano (FARC-EP) ne sortent plus gu&#232;re de l'universit&#233;. Il y a toujours des puits de p&#233;trole qui sautent ici et l&#224;, des mines qui font leur office en arrachant une jambe de militaire, mais la grande majorit&#233; du territoire est tenue en joue par l'impressionnante machine de guerre. A voyager dans le pays, il faut s'habituer aux blind&#233;s le long des routes, aux files de militaires qui rentrent et qui sortent de la jungle, &#224; voyager dans les transports &#224; c&#244;t&#233; d'un uniforme et &#224; tomber sur un barrage tous les 50 kilom&#232;tres et tous les 5 kilom&#232;tres dans les zones de conflit... les zones de conflit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'avec tout cela, elle existe encore la gu&#233;rilla ? Claro compa&#241;ero ! Et je dirai tr&#232;s simplement - et parce que ce ne sont pas un groupe de bandeloros &#224; l'&#233;cart du peuple et de ses aspirations mais bien l'arm&#233;e du peuple en tant que telle, le EP de Farc-EP - que tant que les causes du conflit existeront, la gu&#233;rilla existera. Certes, la situation est bien plus compliqu&#233;e qu'il y a une dizaine d'ann&#233;es, et l'&#233;tat policier (pardon : la &#171; s&#233;curit&#233; d&#233;mocratique &#187;) mis en place par le pr&#233;sident Uribe a fait son office en refoulant la gu&#233;rilla dans les zones recul&#233;es du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simplement, il reste que sur 30% du pays- les zones les plus inaccessibles - la gu&#233;rilla est plus ou moins chez elle. Les fondamentaux de la guerre de gu&#233;rilla ont &#233;t&#233; remis au go&#251;t du jour : le mouvement perp&#233;tuel, la morsure et la retraite. La force de frappe reste explosive. La gu&#233;rilla est l&#224; depuis plus de 60 ans, rien ne lui impose de se jeter dans la bataille par une charge h&#233;ro&#239;que et suicidaire ; elle a fait le dos rond, laiss&#233; passer l'orage terrifiant souffl&#233; depuis Washington, et elle attend sans nul doute des jours meilleurs pour relancer de grandes offensives. Il reste que pas un jour ne se passe sans combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de mai, l'&#233;tat fait part de 300 gu&#233;rilleros abattus. La gu&#233;rilla en reconna&#238;t 50 mais annonce, elle, plus de 300 ennemis morts au combat. Difficile &#224; v&#233;rifier. La guerre civile est donc bien pr&#233;sente, &#224; chaque carrefour, dans chaque mouvement, dans chaque geste de la vie quotidienne colombienne. Les informations sur la guerre d&#233;gueulent des stations de radio r&#233;serv&#233;es de l'arm&#233;e nationale, de la police et de la justice. Les militaires sont partout, les h&#233;licopt&#232;res de combat survolent en permanence les villes et les campagnes et m&#234;me les avions de combat sillonnent en rugissant le ciel de la capitale. Les revues de la gu&#233;rilla passent sous le manteau, le parti communiste clandestin comme le mouvement bolivarien et le mouvement de la jeunesse bolivarienne ont toujours une activit&#233; soutenue pour qui sait les trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat policier est quant &#224; lui sans piti&#233;, pr&#232;s de 7 500 prisonniers politiques croupissent dans les prisons. Le tarif minimum est de 7 ans pour r&#233;bellion. Non, la guerre civile n'a pas pris fin. Elle a m&#234;me largement d&#233;bord&#233; les fronti&#232;res traditionnelles de ses acteurs historiques. Une des grandes strat&#233;gies d'Uribe a &#233;t&#233; d'impliquer dans le conflit la population qui ne l'&#233;tait pas. Des milliers de &#171; gardes forestiers &#187; ont &#233;t&#233; recrut&#233;s et des millions d'informateurs, r&#233;mun&#233;r&#233;s par l'&#233;tat, sont l&#224; pour &#233;touffer la critique et la v&#233;rit&#233;. Le bombardement m&#233;diatique ne cesse de diffamer et de corrompre l'id&#233;ologie de la gu&#233;rilla. Ils furent bandits communistes, narcotrafiquants, aujourd'hui terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un mois ne se passe sans qu'on annonce la mort d'Alfonso Cano, et pas un mois ne se passe sans que ce dernier ou son &#233;tat major envoie une carte ou une vid&#233;o pour tenter de percer la chape de plomb de la censure. La derni&#232;re vid&#233;o en date a fait le tour des m&#233;dias. Alfonso Cano a appel&#233; le nouveau gouvernement de Juan Manuel Santos &#224; dialoguer pour trouver une fin n&#233;goci&#233;e au conflit interne. Tous les analystes y ont vu une faiblesse de la gu&#233;rilla, tous les chiens du pouvoir ont trouv&#233; le num&#233;ro un des Farc-Ep maigre et fatigu&#233;, rien de tr&#232;s nouveau. La v&#233;rit&#233; est que la gu&#233;rilla a renouvel&#233; sa d&#233;termination pour la paix en Colombie, mais pas &#224; n'importe quel prix, pas au prix de l'oubli et de l'injustice sociale, et par l&#224; m&#234;me elle a affirm&#233; encore une fois son ind&#233;fectible foi en la lutte arm&#233;e pour contrer l'aile la plus fasciste de l'oligarchie, celle qui s'est, sous le r&#232;gne du pr&#233;sident Uribe, accapar&#233;e tous les rouages de l'&#233;tat colombien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crimes et ch&#226;timents de l'&#232;re Uribe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix &#224; payer pour ce bilan est un carnage sans pr&#233;c&#233;dent, une violation constante des droits des acteurs sociaux, d&#233;fenseurs des droits de l'Homme, syndicalistes, professeurs et militants de la gauche vraie et radicale, une militarisation de la soci&#233;t&#233; jusque dans les esprits, une folle course en avant dans le trou noir n&#233;o-lib&#233;ral, l'abandon des couches les plus vuln&#233;rables de la soci&#233;t&#233; aux errements d'un monde moderne qui les nie, et une culture toujours plus sordide port&#233;e aux nues, celle du chef incontest&#233;, celle du trafiquant au bon c&#339;ur, celle du machisme et du patriotisme comme tristes nouveaut&#233;s pour le vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle qui commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Uribe, le Congr&#232;s acquis &#224; sa cause, avec plus de 70% de ses membres sous investigations judiciaires pour liens pr&#233;sum&#233;s avec les tueurs paramilitaires, a sombr&#233; dans le chaos sans pour autant faire vaciller les institutions. Le nouveau Congr&#232;s &#224; venir commence sa l&#233;gislature avec 30% de ses membres toujours sous investigation pour les m&#234;mes motifs. C'est un des h&#233;ritages du pr&#233;sident Uribe, &#224; savoir la normalisation de la philosophie paramilitaire, l'acceptation de la politique du sang et de la loi du plus fort et des plus inqui&#233;tants, la mise sous tutelle de la justice, c'est &#224; dire son b&#226;illonnement. La lutte contre le trafic de drogue n'a pas vraiment &#233;t&#233; &#224; l'ordre du jour sous l'&#232;re Uribe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Colombie reste le plus grand exportateur de coca&#239;ne du monde. Aucun plan s&#233;rieux de substitution des cultures &#224; vocation illicite n'a &#233;t&#233; mis sur la table, simplement la poursuite de la criminalisation des paysans et la fumigation sauvage dont le but a plus &#233;t&#233; de d&#233;placer les populations que de lutter contre les grands pontes du trafic international. Le d&#233;placement de population est rest&#233; lui &#224; l'ordre du jour, pla&#231;ant le pays devant l'Afghanistan et l'Irak dans cette triste liste. Rien n'est fait pour la protection de ces populations ou pour le retour en toute s&#233;curit&#233; sur leurs terres. La concentration des terres dans les mains des grands propri&#233;taires s'est accentu&#233;e, aucune r&#233;forme agraire n'est &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations internationales se sont d&#233;grad&#233;es avec tous les pays du bloc continental, la guerre contre le voisin bolivarien est &#224; l'ordre du jour et les attaques sourdes se sont multipli&#233;es &#224; un rythme effrayant. Accusations, diffamations, violations des espaces a&#233;riens, bombardements ill&#233;gaux en territoire &#233;tranger, la militarisation de la soci&#233;t&#233; aidant, la guerre patriotique est une possibilit&#233; construite sans rel&#226;che par le pr&#233;sident Uribe, &#224; la grande satisfaction de la puissance imp&#233;rialiste nord-am&#233;ricaine. Certes le trait&#233; de libre &#233;change (TLC) a &#233;chou&#233; avec ces derniers sous la pression d'organismes non-gouvernementaux effray&#233;s des crimes et violations r&#233;p&#233;t&#233;s des forces militaires colombiennes, mais l'Oncle Sam s'est rattrap&#233; en transformant la Colombie en porte-avion insubmersible, et le pr&#233;sident Uribe s'est consol&#233; avec un trait&#233; de libre-&#233;change avec l'Europe qui semble-t-il n'a rien &#224; foutre - elle - des crimes contre l'Humanit&#233; du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, on peut dire sans sourciller que le pr&#233;sident Uribe a r&#233;alis&#233; le r&#234;ve de tous les dictateurs du vingti&#232;me si&#232;cle, &#224; savoir : &#233;tablir une dictature sous les habits formelles d'une d&#233;mocratie de droit. Ce n'est pas une mince affaire et c'est ce qui fait de lui un homme des plus respect&#233;s par les extr&#234;mes droites du monde entier. Du Honduras au Chili, du Mexique au P&#233;rou, pour ne parler que de l'Am&#233;rique Latine, c'est avec grande minutie que l'on &#233;tudie ces ann&#233;es noires o&#249; le fascisme s'est &#233;tendu et s'est fait entendre par tous sans qu'un seul contre-pouvoir, sans qu'aucune voix de justice ne puisse entamer l'armure du mal absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confondant le progr&#232;s et le lynchage capitaliste, m&#234;lant nationalisme et patriotisme, &#233;levant le pouvoir absolu d'un seul au-dessus du droit du peuple, rempla&#231;ant l'&#233;ducation populaire par un paternalisme incestueux, rien n'est plus sombre dans ce tableau que le concert de voix qui s'&#233;l&#232;ve pour f&#234;ter le &#171; meilleur pr&#233;sident que le pays ait jamais connu &#187;. Le plus d&#233;concertant est bien que le bonhomme, loin de dispara&#238;tre du paysage politique, se place pour de longues ann&#233;es &#224; venir comme d&#233;fenseur de son bilan, de sa strat&#233;gie, de sa philosophie archa&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nul doute que toute tentative de r&#233;forme, de changement et bien &#233;videmment de r&#233;volution - fut-elle d&#233;mocratique et citoyenne - seront sous la menace forte d'un coup d'&#233;tat militaire qui le ram&#232;nerait au pouvoir, accompagn&#233; des tambours de la guerre et des cris d'hyst&#233;rie collective contre le terrorisme gauchiste. C'est ainsi : le dernier jour du Pr&#233;sident n'est pas encore arriv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note. (1) Jaime Garz&#243;n dans ses oeuvres &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=_FCk..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=_FCk..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un Forum Social des Am&#233;riques pour d&#233;finir &#171; un agenda commun &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-Forum-Social-des-Ameriques-pour-definir-un-agenda-commun</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-Forum-Social-des-Ameriques-pour-definir-un-agenda-commun</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:40:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxim Combes</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;riques</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Etablir un agenda commun pour notre r&#233;gion des Am&#233;riques afin de surmonter la d&#233;cadence et le d&#233;clin du capitalisme qui s'observent dans de nombreux pays est ce qui va nous occuper lors de ce 4e Forum Social des Am&#233;riques &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Etablir un agenda commun pour notre r&#233;gion des Am&#233;riques afin de surmonter la d&#233;cadence et le d&#233;clin du capitalisme qui s'observent dans de nombreux pays est ce qui va nous occuper lors de ce 4e Forum Social des Am&#233;riques &#187;. C'est par ces mots que la prix Nobel de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-54-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ameriques-+" rel="tag"&gt;Am&#233;riques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L112xH150/arton5072-8c9e0.jpg?1781349585' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Etablir un agenda commun pour notre r&#233;gion des Am&#233;riques afin de surmonter la d&#233;cadence et le d&#233;clin du capitalisme qui s'observent dans de nombreux pays est ce qui va nous occuper lors de ce 4e Forum Social des Am&#233;riques &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Etablir un agenda commun pour notre r&#233;gion des Am&#233;riques afin de surmonter la d&#233;cadence et le d&#233;clin du capitalisme qui s'observent dans de nombreux pays est ce qui va nous occuper lors de ce 4e Forum Social des Am&#233;riques &#187;. C'est par ces mots que la prix Nobel de la Paix guat&#233;malt&#232;que (1992) Rigoberta Mench&#250; s'est exprim&#233;e ce mercredi 12 ao&#251;t 2010, en conclusion de la marche d'ouverture r&#233;unissant 4000 personnes dans les rues d'Asuncion. Une manifestation bariol&#233;e et comportant une forte pr&#233;sence de la Marche Mondiale des Femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 500 activit&#233;s sont au programme des quatre jours de ce IVe forum social des Am&#233;riques [1] et des 600 organisations enregistr&#233;es, venant principalement d'Am&#233;rique du Sud, mais &#233;galement d'Am&#233;rique du Nord ou d'Europe. Les diff&#233;rents sc&#233;narios possibles face &#224; la crise du capitalisme seront mis en avant et largement discut&#233;s : post-n&#233;olib&#233;ralisme, socialisme, &#171; Bien-vivre &#187;, transformation civilisationnelle, etc&#8230; Un campement important de la Via Campesina est &#233;galement attendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ritable d&#233;fi organisationnel dans une des villes les plus in&#233;galitaires d'Am&#233;rique du Sud, ce forum a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; d'int&#233;r&#234;t national par Fernando Lugo, l'&#233;v&#234;que des pauvres devenu pr&#233;sident en mettant fin &#224; la dictature, mais aujourd'hui confront&#233; &#224; un Parlement oppos&#233; &#224; sa politique. Pour Edgardo Lander, sociologue et intellectuel critique v&#233;n&#233;zu&#233;lien, un des objectifs de ce forum est de &#171; renforcer les organisations et r&#233;seaux du peuple paraguayen et de mieux les connecter &#224; ceux du reste du continent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion entre les mouvements sociaux et les gouvernements progressistes d'Am&#233;rique du Sud sera d'ailleurs pr&#233;sente au sein du Forum puisque Evo Morales et Fernando Lugo, si son &#233;tat de sant&#233; le lui permet), sont attendus ce samedi, lors d'une conf&#233;rence portant sur le th&#232;me &#171; Souverainet&#233;s et Int&#233;gration : Notre Am&#233;rique est en marche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dialogue avec des repr&#233;sentants officiels de gouvernements d'Am&#233;rique du Sud fut &#233;galement au c&#339;ur de la rencontre des 9 et 10 ao&#251;t, &#171; Un dialogue n&#233;cessaire pour d&#233;mocratiser la communication et stimuler l'int&#233;gration &#187; [2] &#224; l'initiative de r&#233;seaux et organes de presse communautaires, pr&#244;nant la d&#233;mocratie de participation, ainsi que des mouvements sociaux. La d&#233;claration finale [3] exige des gouvernements qu'ils fassent de la question de la communication une priorit&#233; face &#224; l'h&#233;g&#233;monie des m&#233;dias de communication priv&#233;s, dans le respect des m&#233;dias de communications autonomes, alternatifs et d&#233;mocratiques existants. Un enjeu de taille en Am&#233;rique Latine. Occasion donn&#233;e &#224; plus de 50 &#233;missions de radios communautaires, d&#233;mocratiques et participatives du Paraguay de s'unir autour de l'initiative Marandu afin de r&#233;aliser une couverture aussi large que possible du forum social et d'en faire une &#171; communication politique alternative &#224; l'h&#233;g&#233;monie m&#233;diatique commerciale &#187;. Tout un programme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
