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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Sarkozy : x&#233;nophobie, crise capitaliste et r&#233;ponse de la gauche radicale</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#192; l'encontre</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Parce qu'il a &#233;chou&#233; dans sa politique s&#233;curitaire, parce qu'il enregistre des &#233;checs &#233;lectoraux, parce qu'il entend interdire toute enqu&#234;te impartiale sur des faits mettant en cause le financement de sa campagne &#233;lectorale, et parce qu'il aggrave l'ins&#233;curit&#233; sociale et &#233;conomique de millions de Fran&#231;ais tout en favorisant jusqu'&#224; la caricature les plus nantis, le pr&#233;sident de la R&#233;publique et son gouvernement ont manifestement d&#233;cid&#233; d'agiter les vieux refrains des ann&#233;es 1930, destin&#233;s &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L112xH150/arton5017-512e0.jpg?1707431652' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce qu'il a &#233;chou&#233; dans sa politique s&#233;curitaire, parce qu'il enregistre des &#233;checs &#233;lectoraux, parce qu'il entend interdire toute enqu&#234;te impartiale sur des faits mettant en cause le financement de sa campagne &#233;lectorale, et parce qu'il aggrave l'ins&#233;curit&#233; sociale et &#233;conomique de millions de Fran&#231;ais tout en favorisant jusqu'&#224; la caricature les plus nantis, le pr&#233;sident de la R&#233;publique et son gouvernement ont manifestement d&#233;cid&#233; d'agiter les vieux refrains des ann&#233;es 1930, destin&#233;s &#224; attiser la haine contre les &#233;trangers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En se livrant, &#224; quelques jours d'intervalle, &#224; un discours discriminatoire contre les Gens du voyage et les citoyens europ&#233;ens que sont les Roms, puis en recherchant chez les &#233;trangers et les personnes d'origine &#233;trang&#232;re les causes de l'ins&#233;curit&#233;, Nicolas Sarkozy est en train de menacer les fondements m&#234;mes de la R&#233;publique. Ce ne sont pas les d&#233;linquants que&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy poursuit, ce sont les Fran&#231;ais d'origine &#233;trang&#232;re et les &#233;trangers, qu'il d&#233;signe comme les boucs &#233;missaires de tous nos maux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est ici en cause, ce n'est plus le d&#233;bat l&#233;gitime en d&#233;mocratie sur la mani&#232;re d'assurer la s&#251;ret&#233; r&#233;publicaine, c'est l'expression d'une x&#233;nophobie av&#233;r&#233;e. Quelle que soit la l&#233;gitimit&#233; que conf&#232;re l'&#233;lection, aucun responsable politique ne d&#233;tient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus &#233;l&#233;mentaires de la R&#233;publique, et de d&#233;signer &#224; la vindicte des millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la R&#233;publique et son gouvernement mettent ainsi en &#339;uvre une strat&#233;gie de la tension, esp&#233;rant sans doute retrouver un &#233;lectorat perdu, au risque de mettre en p&#233;ril la paix civile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; lors du Journal d'information de 8 heures sur France culture sur le contenu de la &#171; guerre nationale contre les voyous &#187; d&#233;clar&#233;e par Nicolas Sarkozy &#8211; une guerre qui lie ouvertement ins&#233;curit&#233; et immigration, d&#233;linquance et &#233;trangers ou sans-papiers, qui place les &#171; amis &#187; (ses &#171; amis &#187;) d'un c&#244;t&#233;, les &#171; ennemis &#187; de l'autre &#8211; Jean-Pierre Dubois, professeur de droit constitutionnel, explique : &#171; Monsieur Sarkozy pointe du doigt un certain nombre de boucs &#233;missaires ; cette fois ce sont les Fran&#231;ais qui &#233;taient &#233;trangers et qui ont &#233;t&#233; naturalis&#233;s. Il s'agit d'une mesure g&#233;n&#233;rale qui vise tous les &#233;trangers qui ont commis certaines infractions. C'est-&#224;-dire que lorsque deux personnes auront commis la m&#234;me infraction, l'un &#233;tant Fran&#231;ais de naissance, l'autre Fran&#231;ais par naturalisation, les deux personnes ne seront pas trait&#233;es &#224; &#233;galit&#233;. Monsieur Sarkozy avait dit qu'il combattait la double peine ; il avait m&#234;me pr&#233;tendu l'avoir supprim&#233;e. Or, c'est une super-double peine monstrueuse qu'il propose l&#224;. Et le retrait automatique de la nationalit&#233; &#224; une cat&#233;gorie de personnes, &#231;a n'a pas de pr&#233;c&#233;dent depuis la Seconde Guerre mondiale. Je ne sais pas si Monsieur Sarkozy se rappelle que son p&#232;re a &#233;t&#233; naturalis&#233;. Je me demande s'il n'a pas compl&#232;tement oubli&#233; ses propres origines. Cette id&#233;e de faire deux cat&#233;gories de Fran&#231;ais et de faire une in&#233;galit&#233; dans la punition face &#224; la m&#234;me infraction est absolument insupportable. Si le Parlement fait cette loi, j'esp&#232;re bien que le Conseil constitutionnel l'annulera ; mais c'est dramatique pour les institutions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distraire l'opinion de la relation entre la contre-r&#233;forme des retraites et l'affaire Woerth-Bettencourt, regagner du terrain &#233;lectoral sur la droite extr&#234;me &#8211; au moment o&#249; Marine Le Pen monte dans les sondages ! &#8211; font certainement partie de l'attirail politico-m&#233;diatique du gouvernement Sarkozy-Fillon et du &#171; premier cercle &#187; des poss&#233;dants de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela renvoie &#224; des traits plus g&#233;n&#233;raux de la situation socio-politique en Europe : la cascade de mesures d'aust&#233;rit&#233; frappant le salaire socialis&#233; (retraites, ch&#244;mage, allocations diverses, services publics effectifs&#8230;) ; les brutales restructurations d'entreprises ; la gestion tr&#232;s brutale de la force de travail afin d'accro&#238;tre l'extraction de plus-value absolue et relative, cela dans une p&#233;riode de semi-stagnation de la demande finale ; tout cela exige l'affirmation d'un pouvoir fort, autoritaire et r&#233;pressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; la n&#233;cessit&#233; d'une compr&#233;hension, pour la dite gauche radicale, de lier aussi bien dans la pratique, l'explication que dans la formulation interactive des revendications : 1&#176; les exigences d&#233;mocratiques qui renvoient, entre autres, aux espaces n&#233;cessaires et utiles aux mobilisations prot&#233;iformes des salari&#233;&#183;e&#183;s et des opprim&#233;&#183;e&#183;s ; 2&#176; les &#233;l&#233;ments propres &#224; l'expression et &#224; la d&#233;fense des besoins socio-&#233;conomiques qui se heurtent, &#224; la fois, aux orientations des oligarchies au pouvoir et &#224; leur syst&#232;me de d&#233;fense d'une propri&#233;t&#233; priv&#233;e de plus en plus concentr&#233;e ; 3&#176; &#224; partir de l&#224;, la d&#233;fense et illustration d'une perspective socialiste, cela dans un contexte de crise du capitalisme international. Une crise qui d&#233;bouche sur des affrontements concurrentiels durs entre firmes transnationales et &#171; blocs &#233;conomiques &#187;, avec, physiologiquement, des tendances &#224; des basculements des centres d'accumulation du capital &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; la x&#233;nophobie et &#224; la politique du pilori : libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Face-a-la-xenophobie-et-a-la-politique-du-pilori-liberte-egalite-fraternite</link>
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		<dc:date>2010-08-10T12:40:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une avalanche de discours et d'annonces provocatrices s'est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu'au plus haut niveau de l'Etat, on entend des propos qui &#233;taient jusqu'&#224; pr&#233;sent l'apanage de l'extr&#234;me droite. &lt;br class='autobr' /&gt; Le pr&#233;sident de la R&#233;publique, lui-m&#234;me, montre du doigt des communaut&#233;s et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les &#233;trangers, les Fran&#231;ais qui ne sont pas &#171; de souche &#187;, les parents d'enfants d&#233;linquants, etc. Ce faisant, il ne lutte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH76/arton5018-16fc7.jpg?1674703771' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une avalanche de discours et d'annonces provocatrices s'est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu'au plus haut niveau de l'Etat, on entend des propos qui &#233;taient jusqu'&#224; pr&#233;sent l'apanage de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la R&#233;publique, lui-m&#234;me, montre du doigt des communaut&#233;s et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les &#233;trangers, les Fran&#231;ais qui ne sont pas &#171; de souche &#187;, les parents d'enfants d&#233;linquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la d&#233;linquance, qui est r&#233;pr&#233;hensible pour tout individu sans distinction de nationalit&#233; ou d'origine : il met d&#233;lib&#233;r&#233;ment en cause les principes qui fondent l'&#233;galit&#233; r&#233;publicaine, alors que d&#233;j&#224; une crise sociale et &#233;conomique d'une extr&#234;me gravit&#233; menace la coh&#233;sion de la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques jours, les plus hautes autorit&#233;s de l'Etat sont pass&#233;es de l'exploitation des pr&#233;jug&#233;s contre les Gens du voyage au lien, d&#233;sormais proclam&#233;, entre immigration et d&#233;linquance, puis &#224; la remise en cause de la nationalit&#233; fran&#231;aise dans des termes in&#233;dits depuis 1945. Ce qui est &#224; l'&#339;uvre dans cette d&#233;marche s'inscrit dans une logique de d&#233;sint&#233;gration sociale porteuse de graves dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit plus du d&#233;bat l&#233;gitime en d&#233;mocratie sur la mani&#232;re d'assurer la s&#251;ret&#233; r&#233;publicaine, mais bien d'une volont&#233; de d&#233;signer comme a priori dangereuses des millions de personnes &#224; raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la l&#233;gitimit&#233; que conf&#232;re l'&#233;lection, aucun responsable politique n'a re&#231;u mandat de violer les principes les plus &#233;l&#233;mentaires sur lesquels la R&#233;publique s'est construite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que le seuil ainsi franchi nous inqui&#232;te pour l'avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l'attachement aux principes fondamentaux de la R&#233;publique la&#239;que, d&#233;mocratique et sociale, rappelons avec force que l'article 1er de la Constitution &#171; assure l'&#233;galit&#233; devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion &#187;, et que toutes propositions qui m&#233;conna&#238;traient cette r&#232;gle fondatrice de la d&#233;mocratie constituent une atteinte &#224; la paix civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'accepterons sous aucun pr&#233;texte que le n&#233;cessaire respect de l'ordre public soit utilis&#233; pour cr&#233;er des distinctions entre les habitants de ce pays et d&#233;signer des boucs &#233;missaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons donc l'ensemble des citoyens de ce pays &#224; manifester publiquement leur opposition aux strat&#233;gies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de &#171; guerre &#187; qui menacent le vivre ensemble. A cet effet, nous proposerons dans les prochains jours &#224; la signature en ligne un &#171; Appel citoyen &#187; refusant toute politique de la peur ou de la haine. Et nous appelons &#224; un grand rassemblement citoyen &#224; l'occasion du 140e anniversaire de la R&#233;publique, le samedi 4 septembre Place de la R&#233;publique &#224; Paris, &#224; 14h00, et partout en France, pour dire ensemble notre attachement &#224; la libert&#233;, &#224; l'&#233;galit&#233; et &#224; la fraternit&#233; qui sont et qui resteront notre bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Signataires : AC ! Agir ensemble contre le ch&#244;mage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de d&#233;fense des droits de l'Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarit&#233; (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association r&#233;publicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise d&#233;mocratique du travail (CFDT), Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (CGT), La Conf&#233;d&#233;ration Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emma&#252;s France, Europe Ecologie, F&#233;d&#233;ration pour une alternative sociale et &#233;cologique (Fase), F&#233;d&#233;ration des associations de solidarit&#233; avec les travailleurs immigr&#233;s (FASTI), F&#233;d&#233;ration nationale des associations d'accueil et de r&#233;insertion sociale (FNARS), F&#233;d&#233;ration SUD Education, F&#233;d&#233;ration syndicale unitaire (FSU), F&#233;d&#233;ration des Tunisiens pour une citoyennet&#233; des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d'Asile, Gauche unitaire, Groupe d'information et de soutien des immigr&#233;s (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l'Homme (LDH), Ligue de l'enseignement, Marches europ&#233;ennes, M&#233;decins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l'amiti&#233; entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste fran&#231;ais (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), R&#233;seau d'alerte et d'intervention pour les droits de l'Homme (RAIDH), R&#233;seau Education Sans Fronti&#232;re (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Union europ&#233;enne - Crise fiscale ou de distribution ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Union-europeenne-Crise-fiscale-ou-de-distribution</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Union-europeenne-Crise-fiscale-ou-de-distribution</guid>
		<dc:date>2010-08-10T12:40:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#214;zlem Onaran</dc:creator>


		<dc:subject>Crise &#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est un nouvel &#233;pisode de la crise mondiale : la lutte pour distribuer les co&#251;ts de la crise. Cette crise est le r&#233;sultat de l'accroissement de l'exploitation et des in&#233;galit&#233;s depuis les ann&#233;es 1980 &#224; travers le monde. &lt;br class='autobr' /&gt; Le n&#233;olib&#233;ralisme a tent&#233; de r&#233;soudre la crise de l'&#226;ge d'or du capitalisme en attaquant fortement les travailleurs. Le r&#233;sultat en a &#233;t&#233; un dramatique d&#233;clin du pouvoir de n&#233;gociation des travailleurs et de la part du travail dans les revenus mondiaux apr&#232;s 1980. Mais ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Fiscalite-+" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH128/arton5021-20e5a.jpg?1679020960' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='128' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un nouvel &#233;pisode de la crise mondiale : la lutte pour distribuer les co&#251;ts de la crise. Cette crise est le r&#233;sultat de l'accroissement de l'exploitation et des in&#233;galit&#233;s depuis les ann&#233;es 1980 &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme a tent&#233; de r&#233;soudre la crise de l'&#226;ge d'or du capitalisme en attaquant fortement les travailleurs. Le r&#233;sultat en a &#233;t&#233; un dramatique d&#233;clin du pouvoir de n&#233;gociation des travailleurs et de la part du travail dans les revenus mondiaux apr&#232;s 1980. Mais ce d&#233;clin de la part du travail fut pour le syst&#232;me capitaliste la source potentielle d'une crise de r&#233;alisation de la plus-value. La r&#233;duction du pouvoir d'achat des travailleurs a limit&#233; leur capacit&#233; de consommer. La d&#233;faillance de la demande et les d&#233;r&#232;glements financiers ont r&#233;duit l'investissement malgr&#233; la croissance de la rentabilit&#233;. Ainsi, le n&#233;olib&#233;ralisme a seulement remplac&#233; la baisse du taux de profit et les probl&#232;mes de suraccumulation des ann&#233;es 1970 par le probl&#232;me de r&#233;alisation. Les innovations financi&#232;res et la consommation &#224; cr&#233;dit, tir&#233;e par l'endettement croissant, n'ont offert qu'une solution &#224; court terme &#224; cette crise potentielle de la r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;t&#233; 2007 cette solution s'est &#233;galement effondr&#233;e. La crise a &#233;t&#233; mod&#233;r&#233;e par une aide apport&#233;e aux banques et par des cadeaux fiscaux. Maintenant les sp&#233;culateurs financiers et les corporations parlent d'une crise &#171; fiscale &#187; ou d'une &#171; crise de la dette publique &#187; et pressent les gouvernements dans divers pays, depuis la Gr&#232;ce jusqu'&#224; la Grande-Bretagne, pour qu'ils r&#233;duisent les d&#233;penses afin d'&#233;viter des imp&#244;ts sur leurs profits et leur richesse. En acceptant ces r&#233;ductions, les gouvernements agissent comme si ces m&#234;mes sp&#233;culateurs n'&#233;taient pas les b&#233;n&#233;ficiaires des d&#233;cennies de politiques n&#233;olib&#233;rales et les principaux responsables de la crise. Les coupes des d&#233;penses publiques ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es comme &#171; r&#233;duisant les pertes &#187; pour voiler le fait que la dette publique n'est que le r&#233;sultat des aides fournies aux banques, des cadeaux fiscaux anticycliques et des pertes des imp&#244;ts dus &#224; la crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pression sur les salaires associ&#233;e aux compressions budg&#233;taires est pr&#233;sent&#233;e comme une grande nouveaut&#233; ! Cependant, la pression visant une r&#233;duction de la dette publique constitue une grande menace pour la sortie de la crise. M&#234;me en admettant que le fond de la r&#233;cession a &#233;t&#233; atteint, le retour &#224; l'expansion, une fois les aides fiscales arr&#234;t&#233;s, est pour le moins discutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;duction des salaires et d&#233;s&#233;quilibres globaux en Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant source dans la r&#233;duction des salaires, la crise de r&#233;alisation est li&#233;e aux d&#233;s&#233;quilibres globaux. Le mod&#232;le de la consommation tir&#233;e par l'endettement a g&#233;n&#233;r&#233; une balance des paiements d&#233;ficitaire dans des pays comme les &#201;tats-Unis et la Grande-Bretagne. Ce d&#233;ficit a &#233;t&#233; financ&#233; par les exc&#233;dents des pays d&#233;velopp&#233;s tels ceux de l'Allemagne et du Japon, ceux des pays &#233;mergents comme la Chine et la Cor&#233;e du Sud ou ceux des pays du Moyen-Orient, riches en p&#233;trole. Dans la plupart des cas ces exc&#233;dents des comptes courants ont &#233;t&#233; rendus possibles par la r&#233;duction des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte europ&#233;en, la strat&#233;gie de r&#233;duction des salaires et d'exc&#233;dents des comptes courants de pays tels que l'Allemagne a provoqu&#233; des d&#233;ficits de la balance des paiements et un endettement croissant, public ou priv&#233;, &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la zone euro, en particulier en Gr&#232;ce, au Portugal, en Espagne et en Irlande, ou en Europe de l'Est, en particulier en Hongrie, dans les &#201;tats baltes, en Roumanie et en Bulgarie ; mais aussi dans certains pays centraux, comme la Grande-Bretagne et l'Italie. La crise a mis &#224; nu les diff&#233;rences historiques au sein de l'Europe, transformant maintenant la crise mondiale en crise europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a une fois de plus d&#233;montr&#233; que l'Union europ&#233;enne, avec ses institutions actuelles, est une union des banques et des corporations. La Banque centrale europ&#233;enne (BCE), qui agit en tant que pr&#234;teur en dernier ressort aux banques europ&#233;ennes priv&#233;es, n'a pas jou&#233; ce r&#244;le dans le cas des gouvernements de la zone euro du fait de son statut l&#233;gal. Elle n'a pas le droit d'acheter directement aux &#201;tats membres les bons du Tr&#233;sor. Non seulement les banques ont &#233;t&#233; sauv&#233;s par la BCE, mais aussi leur environnement macro-&#233;conomique a &#233;t&#233; soutenu par la politique fiscale expansionniste et anticyclique pour emp&#234;cher la r&#233;cession de se transformer en Grande D&#233;pression. Maintenant, ce sont encore les m&#234;mes banques qui exigent des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s au nom du risque de d&#233;faut des gouvernements dont les d&#233;ficits budg&#233;taires et la dette publique sont &#233;lev&#233;s. Elles menacent m&#234;me de refuser le cr&#233;dit &#224; ceux qui ne parviendraient pas &#224; r&#233;duire ce risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des pays comme la Gr&#232;ce, o&#249; l'endettement public et le d&#233;ficit budg&#233;taire sont &#233;lev&#233;s et la balance des paiements fortement d&#233;ficitaire, l'attaque des sp&#233;culateurs a conduit le pays au bord d'une crise de la dette publique. Avant la Gr&#232;ce, en 2009, les pays est-europ&#233;ens avaient subi la m&#234;me attaque. Apr&#232;s la Gr&#232;ce, l'attention des sp&#233;culateurs se tourne vers le Portugal et l'Espagne&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, qui a fait des pays europ&#233;ens p&#233;riph&#233;riques des march&#233;s pour les pays centraux sans aucune perspective de rattrapage, constitue la racine du probl&#232;me actuel. L'absence d'un budget europ&#233;en suffisamment important et des transferts fiscaux significatifs ciblant des investissements rentables &#224; la p&#233;riph&#233;rie ont emp&#234;ch&#233; une convergence de la productivit&#233; par rapport aux pays centraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pacte de stabilit&#233; et de croissance, ainsi que les r&#232;glements de la concurrence de l'Union europ&#233;enne, ont limit&#233; la mise en &#339;uvre de politiques industrielles nationales. En l'absence d'une politique industrielle et d'investissements capables d'accro&#238;tre la productivit&#233;, incapables apr&#232;s l'adoption de l'euro d'augmenter leur comp&#233;titivit&#233; relative en d&#233;valuant leur monnaie, les strat&#233;gies concurrentielles ont &#233;t&#233; fond&#233;es, pour l'essentiel, sur la mod&#233;ration salariale, la d&#233;r&#233;glementation et la pr&#233;carisation du march&#233; du travail. Mais m&#234;me cette mod&#233;ration salariale n'a pas sauv&#233; les pays comme la Gr&#232;ce, le Portugal, l'Irlande ou l'Espagne, alors que l'Allemagne s'&#233;tait engag&#233;e dans une politique salariale et une d&#233;r&#233;glementation du march&#233; du travail beaucoup plus agressive. La part du travail dans le revenu a brutalement diminu&#233; en Europe (voir sch&#233;ma 1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2000 et 2007 le co&#251;t unitaire nominal de la main-d'&#339;uvre a diminu&#233; de 0,2 % en Allemagne, alors qu'il progressait de 2 % en France, de 2,3 % en Grande-Bretagne et entre 3,2 % et 3,7 % en Italie, en Espagne, en Irlande et en Gr&#232;ce. C'est en particulier dans les pays p&#233;riph&#233;riques que le co&#251;t nominal de la main-d'&#339;uvre a progress&#233; plus rapidement qu'en Allemagne, du fait d'un taux d'inflation plus &#233;lev&#233;. Cela ne signifie pourtant pas qu'il n'y avait pas une mod&#233;ration salariale dans ces pays : au cours des d&#233;cennies 1990 et 2000 les augmentations de la productivit&#233; ont largement d&#233;pass&#233; celles des salaires r&#233;els dans tous les pays occidentaux de l'Union europ&#233;enne. Non seulement en Allemagne, mais aussi en Italie, en Espagne et au Portugal les salaires r&#233;els ont diminu&#233; au cours des ann&#233;es 2000, bien que l'&#233;cart ait &#233;t&#233; le plus important en Allemagne. Le grand avantage concurrentiel de l'Allemagne &#233;tait d&#251; &#224; la r&#233;duction des salaires bien plus qu'&#224; une augmentation de la productivit&#233;, car cette derni&#232;re fut modeste : inf&#233;rieure, par exemple, &#224; celle observ&#233;e au cours de la p&#233;riode 1991-2007 aussi bien en Grande-Bretagne qu'en Irlande, en Gr&#232;ce et au Portugal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de la demande int&#233;rieure faible, due aux salaires r&#233;duits, les exportations furent la principale source de la croissance en Allemagne, ce qui a conduit &#224; une balance de paiement exc&#233;dentaire au d&#233;triment de celles de pays p&#233;riph&#233;riques de l'Union. Car l'Allemagne joue en Europe le r&#244;le mondial de la Chine : exc&#233;dent commercial, &#233;pargne &#233;lev&#233;e et une demande int&#233;rieure basse. Dans les pays p&#233;riph&#233;riques, c'est la demande tir&#233;e par l'endettement priv&#233; qui a combl&#233; l'&#233;cart entre les exportations faibles et les importations fortes. En Gr&#232;ce, et &#224; un moindre degr&#233; au Portugal, les d&#233;ficits budg&#233;taires ont augment&#233; en m&#234;me temps que l'endettement des m&#233;nages et des entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qui est &#224; l'origine de la crise de la dette publique dans la p&#233;riph&#233;rie de l'UE, telle qu'elle a &#233;clat&#233; en Gr&#232;ce en d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les sp&#233;culations sur le d&#233;faut de paiement de la Gr&#232;ce et l'&#233;ventualit&#233; de sa sortie de la zone euro et apr&#232;s des mois de tergiversations et de crainte envers la Cour constitutionnelle allemande (capable d'annuler tout plan de renflouement comme contraire aux Trait&#233;s), les &#201;tats de la zone euro ont d&#233;cid&#233; de r&#233;agir fin mars 2010. Un paquet financier comprenant un pr&#234;t substantiel du FMI et une majorit&#233; de pr&#234;ts bilat&#233;raux coordonn&#233;s des &#201;tats de la zone euro a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; pour &#171; soutenir la Gr&#232;ce &#187;. Tout versement financier &#224; la Gr&#232;ce est conditionn&#233; par des mesures d'aust&#233;rit&#233; r&#233;alis&#233;es par le gouvernement grec, &#233;valu&#233;es par la Commission europ&#233;enne et la BCE. Les pr&#234;ts ne seront disponibles qu'&#224; la condition que la Gr&#232;ce ne puisse pas emprunter sur les march&#233;s financiers et ce, &#224; un taux de p&#233;nalisation. Mais les sp&#233;culateurs ont jug&#233; cette &#171; aide &#187; insuffisante pour r&#233;soudre le probl&#232;me d'insolvabilit&#233; de la Gr&#232;ce et &#233;viter un d&#233;faut de paiement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2010, alors que les technocrates du FMI et de la zone euro n&#233;gociaient les conditions de cr&#233;dit, le taux d'int&#233;r&#234;t des obligations d'&#201;tat de la Gr&#232;ce en deux ans a grimp&#233; jusqu'&#224; 15 % et les bons du tr&#233;sor grecs ont atteint le statut d'obligations pourries (junk bonds). La contagion a commenc&#233; &#224; menacer l'Espagne et le Portugal, dont les obligations ont &#233;galement &#233;t&#233; d&#233;class&#233;es ; en Irlande le taux d'int&#233;r&#234;t a grimp&#233; et les regards se sont tourn&#233;s vers les probl&#232;mes de dette publique dans les pays centraux, comme l'Italie, la Belgique, la Grande-Bretagne et m&#234;me les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation du paquet de garanties financi&#232;res ne pourra que renvoyer le probl&#232;me &#224; plus tard. L'Union europ&#233;enne ne remet pas en question ce qui a provoqu&#233; les d&#233;ficits, elle ignore les probl&#232;mes structurels concernant les divergences de la productivit&#233; et les balances commerciales d&#233;ficitaires provoqu&#233;es par la politique visant &#224; rendre mendiants ses voisins conduite par les gouvernements allemands. On estime que le paquet originel de 30 milliards d'euros, pr&#233;vu par les gouvernements de la zone euro, correspond aux dettes grecques aupr&#232;s des banques europ&#233;ennes &#8212; en majorit&#233; allemandes et fran&#231;aises &#8212; qui seraient perdantes si la Gr&#232;ce devait restructurer sa dette [1]. Autrement dit, les gouvernements de la zone euro ont sauv&#233; leurs propres banques&#8230; Et sous la pression de la sp&#233;culation bancaire le montant initialement annonc&#233; a &#233;t&#233; transform&#233; en premi&#232;re partie d'un paquet plus grand &#233;tal&#233; sur trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les politiciens de l'UE, c'est l'Irlande qui a servi de mod&#232;le pour le cas grec. L'Irlande avait d&#233;j&#224; r&#233;duit de 5 % &#224; 15 % les salaires du secteur public, r&#233;duit les allocations sociales et d'autres d&#233;penses dans le but de diminuer le d&#233;ficit budg&#233;taire de 12,5 % en 2009 &#224; 2,9 % en 2014. Cette brutale aust&#233;rit&#233; lui a valu des f&#233;licitations pour avoir &#171; restaur&#233; la confiance des march&#233;s &#187; sans l'aide de l'UE. Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; les sp&#233;culateurs d'exiger des taux d'int&#233;r&#234;t plus &#233;lev&#233;s sur les bons irlandais apr&#232;s la contagion de la crise grecque. La Lettonie fut un autre mod&#232;le, c&#233;l&#233;br&#233; pour sa &#171; discipline &#187;, qui a g&#233;r&#233; une v&#233;ritable d&#233;valuation, sans abandonner sont taux de change rigide mais en effectuant des profondes coupes dans les salaires et les d&#233;penses publiques, au prix d'une r&#233;duction du PIB de 25 % en deux ans et d'un ch&#244;mage qui atteint un taux de 22,9 % en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est maintenant demand&#233; &#224; la Gr&#232;ce de r&#233;duire son d&#233;ficit budg&#233;taire de 13,6 % du PIB en 2009 &#224; 3 % en 2013, en effectuant des coupes dramatiques dans les d&#233;penses, les salaires du secteur public, l'augmentation de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite, celle des imp&#244;ts, la vente des terrains publics et &#8212; la seule mesure correcte dans ce paquet &#8212; la lutte contre l'&#233;vasion fiscale. Les mesures d'aust&#233;rit&#233; vont &#233;craser les travailleurs. Pourtant il est peu clair comment ces mesures d'aust&#233;rit&#233; pourraient sauver la Gr&#232;ce de l'insolvabilit&#233; : alors que la r&#233;cession va s'approfondir, les revenus fiscaux vont diminuer et, en d&#233;pit des graves restrictions, le d&#233;ficit budg&#233;taire ne va pas s'am&#233;liorer. Les taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s vont &#233;galement peser sur l'insolvabilit&#233; &#224; long terme. The Economist The Economist du 27 mars 2010, &#171; Greece's bail-out maths &#187;. estime que le PIB nominal de la Gr&#232;ce sera en 2014 inf&#233;rieur de 5 % et, si le d&#233;ficit budg&#233;taire est r&#233;duit en m&#234;me temps &#224; 2,6 % du PIB, la dette publique s'&#233;l&#232;vera quand m&#234;me &#224; 153 % du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de la zone euro, la Grande-Bretagne constitue un autre acteur important dans la course entre les pays centraux sur la mani&#232;re et le moment choisi pour r&#233;duire le d&#233;ficit budg&#233;taire. Bien que son d&#233;ficit soit l'un des plus &#233;lev&#233;s dans l'Union europ&#233;enne (11,7 % du PIB en 2009), le bruit fait autour de la dette publique de Grande-Bretagne est surprenant si l'on prend en compte que sa maturit&#233; moyenne est de 13,7 ans, que le taux d'int&#233;r&#234;t est historiquement bas et que le rapport de la dette au PIB est de 68,6 %. Par ailleurs, une partie de l'accroissement de la dette publique britannique est le fruit d'une baisse du PIB du fait de la r&#233;cession. Fin 2009 la r&#233;cession britannique a mu&#233; en stagnation ; les restrictions des d&#233;penses publiques, &#224; ce stade, transformeraient la stagnation en une r&#233;cession plus profonde. Le pr&#233;sum&#233; effet positif de la r&#233;duction du d&#233;ficit budg&#233;taire est fond&#233; sur l'argument qu'une r&#233;duction des emprunts de l'&#201;tat conduirait &#224; une baisse des taux d'int&#233;r&#234;t, relan&#231;ant la consommation et les investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions actuelles, alors que les consommateurs essayent de r&#233;duire leur endettement, les investissements sont remis &#224; plus tard du fait de l'incertitude concernant la reprise &#233;conomique. Les taux d'int&#233;r&#234;t sont d&#233;j&#224; bas. Cet argument est donc d&#233;nu&#233; de toute pertinence. Le d&#233;clin des revenus et de la confiance, les pertes d'emploi et la pression exerc&#233;e par l'endettement accumul&#233; r&#233;duisent la consommation des m&#233;nages. Ni les investissements, ni la consommation ne vont repartir m&#234;me si les banques d&#233;tendent l'acc&#232;s au cr&#233;dit. Dans de telles circonstances les discours concernant la crise fiscale sont plus une excuse des lobbies du business pour &#233;viter une hausse des imp&#244;ts et financer ainsi le d&#233;ficit budg&#233;taire et une propagande visant &#224; faire payer les co&#251;ts de la crise par les salari&#233;s au travers des r&#233;ductions de leurs revenus, de leurs emplois, de leurs services sociaux et pour cr&#233;er le sentiment d'une &#171; urgence nationale &#187; afin de pouvoir casser les bastions syndicaux restants dans le secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans d'aust&#233;rit&#233; dans toute l'Union europ&#233;enne imposent un mod&#232;le de demande chroniquement basse &#224; tous les pays. Les cons&#233;quences r&#233;cessives des r&#233;ductions des salaires peuvent conduire le probl&#232;me de la dette vers l'insolvabilit&#233; tant du secteur priv&#233; que du secteur public. Dans le pass&#233;, en Allemagne, la faible demande int&#233;rieure avait &#233;t&#233; compens&#233;e par une forte demande &#224; l'exportation. Mais il n'est pas possible de transformer toute l'Europe en mod&#232;le allemand fond&#233; sur l'aust&#233;rit&#233; et la r&#233;duction des salaires car, sans le d&#233;ficit des autres, les exportations allemandes vont, elles aussi, stagner. Lorsque la p&#233;riph&#233;rie du monde sortira de la r&#233;cession, sa demande pourra aider pendant quelque temps les exportations allemandes, mais tous les pays ne peuvent &#234;tre gagnants &#224; ce jeu-l&#224;. C'est particuli&#232;rement le cas de la p&#233;riph&#233;rie europ&#233;enne o&#249; la contraction de la demande int&#233;rieure signifie une stagnation prolong&#233;e ou m&#234;me une r&#233;cession, ce qui est loin d'assurer une stabilit&#233; &#233;conomique ou politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salaires r&#233;els ont d&#233;j&#224; diminu&#233; en 2008-2009 (en comparaison avec 2007) en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, en Su&#232;de, en Hongrie, dans les pays baltes et en Roumanie. L'Irlande, la Gr&#232;ce, le Portugal et l'Espagne pr&#233;parent une r&#233;duction s&#233;v&#232;re des salaires r&#233;els en 2010. L'augmentation importante et durable du ch&#244;mage est susceptible d'aggraver encore les pertes de revenus. En 2009 le ch&#244;mage a augment&#233; de 1,9 % dans la zone euro et de 2,3 % en Grande-Bretagne. Les augmentations particuli&#232;rement importantes du ch&#244;mage ont eu lieu en Irlande et en Espagne (respectivement de +6 % et +6,7 %) du fait de l'effondrement du secteur de la construction et de la suppression des emplois temporaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'attend &#224; ce que le ch&#244;mage continue &#224; cro&#238;tre et persiste. Les entreprises pourraient se servir de la r&#233;cession pour rationaliser une strat&#233;gie d'augmentation de la productivit&#233; et commencer une nouvelle vague de r&#233;duction d'emplois ou bien geler les embauches longtemps apr&#232;s la reprise. Si les entreprises augmentent le temps de travail et retardent les embauches cela va r&#233;duire les chances des ch&#244;meurs et des jeunes &#224; la recherche d'un premier emploi. Ainsi la crise conduira &#224; une augmentation du ch&#244;mage de longue dur&#233;e et poussera des travailleurs d&#233;courag&#233;s en dehors du march&#233; du travail. Il y a &#233;galement les probl&#232;mes du ch&#244;mage structurel dans les secteurs de l'industrie automobile et de la construction, o&#249; la crise a seulement mis &#224; jour les goulots d'&#233;tranglement existants. La reprise &#233;conomique ne conduira pas n&#233;cessairement &#224; la cr&#233;ation des emplois dans ces secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour une Europe internationaliste !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le co&#251;t des mesures de &#171; sauvetage &#187; est bien connu, on ne voit aucune tentative d'en faire payer les responsables et les riches. La taxe sur les primes bancaires en Grande-Bretagne ne vise qu'un aspect marginal du probl&#232;me. La crise &#233;conomique se combine avec la crise &#233;cologique prouvant que le capitalisme est instable et insoutenable &#224; la fois &#233;conomiquement, &#233;cologiquement et politiquement. Les luttes &#233;mergeant en Europe peuvent &#234;tre un levier pour l'&#233;laboration d'une alternative internationaliste &#224; sa crise. Les politiques, qui dans tous les pays de l'Union europ&#233;enne visent la r&#233;duction des salaires, s'en prennent aux travailleurs de tous ces pays. L'argument que la crise en Gr&#232;ce est une crise des d&#233;penses publiques, populaire en Allemagne, ne fait que tenter de cacher que c'est la perte des salaires, des allocations de ch&#244;mage et des droits de retraite des travailleurs allemands, au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, qui a cr&#233;&#233; une large part des d&#233;s&#233;quilibres en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;voiler cette r&#233;alit&#233; constitue une &#233;tape dans la construction d'une alliance des travailleurs pour une autre Europe. Une solution internationaliste permettrait de construire un front plus puissant, tant au c&#339;ur que dans la p&#233;riph&#233;rie, que ne pourraient le faire des alternatives nationales, comme celle, sugg&#233;r&#233;e pour la Gr&#232;ce par Lapavitsas et ses coll&#232;gues [2], fond&#233;e sur une sortie de l'euro et un programme anti-capitaliste. Une solution nationale dans un petit pays est condamn&#233;e &#224; l'isolement et &#224; la persistance des probl&#232;mes de sous-d&#233;veloppement &#224; long terme. Par ailleurs, dans la situation actuelle en Europe, les orientations politiques anti-europ&#233;ennes et anti-euro serviront plus les droites nationalistes que la strat&#233;gie anti-capitaliste au service des travailleurs. La gauche a plus &#224; gagner d'une alternative internationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise exige une r&#233;orientation politique vers un mod&#232;le &#233;conomique socialiste, participatif et d&#233;mocratiquement planifi&#233;, dont le point de d&#233;part est repr&#233;sent&#233; par les urgentes questions de l'emploi, de la distribution et de la soutenabilit&#233; &#233;cologique. Cela implique de lutter pour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des emplois publics dans les transports publics, dans l'isolation du parc des logements existants, dans la construction des immeubles auto-suffisants &#233;nerg&#233;tiquement, dans l'&#233;nergie renouvelable, dans l'&#233;ducation, les soins aux enfants, les maisons de repos, la sant&#233; et les services communautaires et sociaux ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;duction substentielle du temps de travail (parall&#232;lement &#224; la croissance historique de la productivit&#233; du travail) sans perte de salaire pour r&#233;aliser le plein-emploi et un taux de croissance compatible avec les objectifs de r&#233;duction de l'&#233;mission du carbone ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un contr&#244;le des salaires et des embauches dans les firmes priv&#233;es, une r&#233;appropriation des entreprises en faillite sous contr&#244;le des travailleurs avec l'aide des cr&#233;dits publics ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un salaire minimum coordonn&#233; &#224; l'&#233;chelle de l'Union europ&#233;enne ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un syst&#232;me europ&#233;en d'allocation de ch&#244;mage, permettant une redistribution entre les r&#233;gions &#224; faible et &#224; fort taux de ch&#244;mage ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un budget europ&#233;en &#224; la hauteur de 5 % du PIB de l'UE, financ&#233; par des imp&#244;ts europ&#233;ens progressifs sur les revenus ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une coordination europ&#233;enne des syst&#232;mes fiscaux en ce qui concerne les imp&#244;ts sur les entreprises, les droits de succession, la richesse et le revenu, pour imposer un syst&#232;me d'imp&#244;ts progressif dont le taux d'imposition de la tranche la plus &#233;lev&#233;e devrait &#234;tre de 90 %, ce qui correspond aux revenus de 1 % les plus riches ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un imp&#244;t progressif sur la d&#233;tention des bons du Tr&#233;sor, avec la tranche la plus &#233;lev&#233;e impos&#233;e &#224; 100 % en faveur de la restructuration de la dette publique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abolition du Pacte de stabilit&#233; et de croissance ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation de la BCE en une v&#233;ritable banque centrale, capable de pr&#234;ter aux &#201;tats membres de m&#234;me que la Banque europ&#233;enne de reconstruction et du d&#233;veloppement ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalisation du secteur bancaire et des autres secteurs strat&#233;giques &#8212; &#233;nergie, transport, logement, &#233;ducation, sant&#233;, s&#233;curit&#233; sociale &#8212; g&#233;r&#233;s avec la participation d&#233;mocratique et sous le contr&#244;le des travailleurs et des concern&#233;s (consommateurs, repr&#233;sentants r&#233;gionaux etc.) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le sur les capitaux en Europe et sur ses fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#214;zlem Onaran Avril 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ONARAN &#214;zlem&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] The Economist du 17 avril 2010,&#171; Greece's sovereign debt crisis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] cf. C. Lapavitsas, N. Kaltenbrunner, D. Lindo, J. Michell, J.P. Painceira, E. Pires, J. Powell, A. Stenfors, N. Teles &#171; Eurozone crisis : not just a Greek virus &#187;, Research on Money and Finance Occasional Report, 2010, School of Oriental and African Studies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans Inprecor N&#176; 562-563, juin-juillet 2010. Traduit par J.-M. (de l'anglais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#214;zlem Onaran, chercheuse en &#233;conomie, enseigne &#224; l'Institut de l'&#233;conomie du travail de Wirtschafts Universit&#228;t Wien. Elle a publi&#233;, entre autres, T&#252;rkiye Emek Piyasasinin Yapisi ve Issizlik (Ch&#244;mage et sous-emploi en Turquie, avec Hacer Ansal, Suat Kucukciftci et Benan Zeki Orbay), Istanbul 2000. Elle collabore r&#233;guli&#232;rement &#224; Yeniyol (Cours nouveau), organe de la section turque de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pologne, ao&#251;t 1980 : un exemple d'auto organisation ouvri&#232;re</title>
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		<dc:date>2010-08-10T12:39:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cyril Smuga </dc:creator>


		<dc:subject>Pologne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 1er juillet 1980, en d&#233;cidant en catimini d'une augmentation des prix de la viande distribu&#233;e dans les magasins d'entreprise, la bureaucratie polonaise d&#233;clenchait la plus grande crise politique depuis 1948. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s les premi&#232;res gr&#232;ves, c'est plus d'une centaine d'entreprises qui ont d&#233;bray&#233; courant juillet, souvent en &#233;lisant leurs repr&#233;sentants. Les bulletins ron&#233;ot&#233;s de l'opposition se faisaient les porte-parole du mouvement, popularisant les revendications et les formes de lutte les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH62/arton5022-1bc66.jpg?1677465098' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='62' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 1er juillet 1980, en d&#233;cidant en catimini d'une augmentation des prix de la viande distribu&#233;e dans les magasins d'entreprise, la bureaucratie polonaise d&#233;clenchait la plus grande crise politique depuis 1948.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s les premi&#232;res gr&#232;ves, c'est plus d'une centaine d'entreprises qui ont d&#233;bray&#233; courant juillet, souvent en &#233;lisant leurs repr&#233;sentants. Les bulletins ron&#233;ot&#233;s de l'opposition se faisaient les porte-parole du mouvement, popularisant les revendications et les formes de lutte les plus avanc&#233;es (1). Lublin, une ville industrielle de l'Est de la Pologne, &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres de la fronti&#232;re sovi&#233;tique, fut paralys&#233;e pendant quelques jours par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Mais le travail a repris avant que les diverses entreprises aient pu organiser une direction commune de la gr&#232;ve. Fin juillet, les bureaucrates commenc&#232;rent &#224; accorder les avantages arrach&#233;s par les gr&#233;vistes &#224; des entreprises non encore touch&#233;es par le mouvement, o&#249; l'exemple des victoires d'autres travailleurs risquait d'&#234;tre suivi. Ce fut le cas notamment &#224; Poznan, o&#249; les travailleurs de Cegielski (locomotives et moteurs de navires) arrach&#232;rent la victoire pour presque toutes les entreprises de la ville, comme ils l'avaient d&#233;j&#224; fait en juin 1956 (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;ler l'application des revendication&lt;/strong&gt;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a marqu&#233; ce mouvement en particulier, d&#232;s les premiers jours, ce fut la volont&#233; des travailleurs de contr&#244;ler l'application des revendications qu'ils ont arrach&#233;es. A Ursus (3), pr&#232;s de Varsovie, la commission ouvri&#232;re &#233;lue durant la gr&#232;ve s'est maintenue. A Lublin, les cheminots obtinrent le renouvellement des syndicats locaux. A Bielsko-Biala et Tychy, les 15 000 ouvriers de l'usine automobile FSM (4), s'&#233;tant aper&#231;us que les promesses qui leur avaient &#233;t&#233; faites apr&#232;s une premi&#232;re gr&#232;ve (les 16, 17 et 18 juillet 1980) n'&#233;taient pas r&#233;alis&#233;es, d&#233;brayaient d&#233;but ao&#251;t. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me de ceux de WSK Swidnik (5), qui, apr&#232;s avoir d&#233;bray&#233; et sign&#233; un accord d&#233;but juillet, s'arr&#234;t&#232;rent &#224; nouveau deux semaines plus tard. Ils avaient compris qu'ils pouvaient obtenir plus que les 7 % d'augmentation de salaire qui leur avaient &#233;t&#233; accord&#233;s. Ils obtinrent 15 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition, en particulier le KSS-KOR, popularisait le mouvement, montrant qu'il est possible de gagner. Ailleurs, c'est l'incurie m&#234;me des bureaucrates, soucieux de donner le moins possible, qui a favoris&#233; l'extension des gr&#232;ves. Ainsi &#224; Bierun Stary, dans une entreprise de mati&#232;res synth&#233;tiques o&#249; 170 travailleurs sur les 2000 que l'entreprise employait avaient fait gr&#232;ve le 1er ao&#251;t, la direction a c&#233;d&#233; en accordant 20 % d'augmentation&#8230; pour les seuls 170 gr&#233;vistes ! L'histoire s'est r&#233;p&#233;t&#233;e dans une verrerie de Walbrzych. A Varsovie, la victoire des &#233;boueurs, qui apr&#232;s avoir obtenu une augmentation de salaire de 700 zlotys r&#233;clamaient une prime pour travail insalubre, &#233;tait au centre de toutes les conversations. De m&#234;me le fait que les cheminots de Lublin obtinrent des &#233;lections libres dans le syndicat (officiel), avec le droit de pr&#233;senter autant de candidats qu'ils voudront, est devenu un exemple ailleurs. Dans un pays o&#249; la &#171; coutume &#187; veut que le bureau syndical sortant pr&#233;sente une liste bloqu&#233;e, unique, dans laquelle il y a parfois &#8212; preuve de d&#233;mocratie aigu&#235; &#8212; une place r&#233;serv&#233;e pour les propositions de l'assembl&#233;e, le choc fut de taille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une d&#233;claration du 10 ao&#251;t le KOR parlait de 150 entreprises touch&#233;es par les gr&#232;ves depuis d&#233;but juillet. Il soulignait leur &#171; bonne organisation &#187; et la &#171; solidarit&#233; &#187; des ouvriers. Il mettait en avant la cr&#233;ation dans certaines entreprises &#171; d'authentiques repr&#233;sentations ouvri&#232;res &#187; pr&#233;parant de nouvelles &#233;lections syndicales &#171; afin que les travailleurs soient r&#233;ellement repr&#233;sent&#233;s dans les comit&#233;s d'entreprise &#187; et appelait les travailleurs &#224; &#171; approfondir leur solidarit&#233; &#187;. &#171; Dans le cas contraire &#187;, &#233;crivait-il, &#171; les autorit&#233;s vont s'efforcer d'&#233;touffer sans piti&#233; le mouvement ouvrier comme cela fut le cas en juin 1976 &#187; (6). L'appel sera entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gdansk, jeudi 14 ao&#251;t, 6 heures du matin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chantier naval &#171; L&#233;nine &#187; de Gdansk, la situation &#233;tait tendue depuis quelques jours. Le 10 ao&#251;t, la direction avait licenci&#233; Anna Walentynowicz, militante du Comit&#233; provisoire pour la constitution des syndicats libres du littoral baltique, alors qu'elle &#233;tait en arr&#234;t-maladie. Motif : faute professionnelle. Mais les travailleurs savaient qu'Anna payait ainsi pour la gr&#232;ve contre la hausse des prix qui, d&#233;but juillet, avait paralys&#233; un d&#233;partement du chantier naval. Les discussions fusent, on se rappelle qu'Anna, mut&#233;e en d&#233;cembre 1979 apr&#232;s une manifestation de plus de cinq mille travailleurs &#224; l'occasion de l'anniversaire du massacre des gr&#233;vistes de 1970 (7), a &#233;t&#233; r&#233;int&#233;gr&#233;e gr&#226;ce &#224; la solidarit&#233;. La gr&#232;ve &#233;tait dans l'air, il ne manquait qu'une impulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 14 ao&#251;t, 6 heures du matin : les militants du Comit&#233; distribuent plusieurs milliers de tracts et le dernier num&#233;ro du bulletin Robotnik , qui rend compte des gr&#232;ves de juillet et raconte comment ceux d'Ursus s'&#233;taient organis&#233;s (8) . Parmi eux, Lech Walesa, ancien dirigeant de la gr&#232;ve de 1970, bien connu dans l'usine. Lui aussi avait &#233;t&#233; licenci&#233;. Quelques minutes plus tard, les travailleurs du d&#233;partement K-3 se r&#233;unissent en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Ils d&#233;cident de d&#233;brayer, confectionnent une banderole qui exige la r&#233;int&#233;gration d'Anna Walentynowicz, forment un cort&#232;ge qui se rend devant les bureaux de la direction. Les autres d&#233;partements d&#233;brayent, l'un apr&#232;s l'autre. Vers 8 heures la gr&#232;ve est totale. Les gr&#233;vistes, mass&#233;s devant le b&#226;timent de la direction, tiennent une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, &#233;lisent un comit&#233; de gr&#232;ve apr&#232;s avoir discut&#233; d'une liste de revendications et de 11 points :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. R&#233;int&#233;gration imm&#233;diate d'Anna Walentynowicz &#224; son poste ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. 2000 zlotys pour tous ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Alignement des allocations familiales sur celles de la milice ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Alignement de toutes les retraites sur le r&#233;gime le plus favorable ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Publication imm&#233;diate par la presse, la radio, la TV d'informations exactes sur les gr&#232;ves ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Construction d'un monument &#224; la m&#233;moire des martyrs ouvriers de d&#233;cembre 1970 devant l'entr&#233;e du chantier naval ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Dissolution du Conseil d'entreprise du syndicat [officiel] ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Suppression du r&#233;seau des magasins &#171; commerciaux &#187; [vendant entre autres la viande et la charcuterie 100 % au-dessus du prix officiel] ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Retour et r&#233;int&#233;gration de Lech Walesa, licenci&#233; pr&#233;c&#233;demment ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Dissolution des syndicats officiels &#224; l'&#233;chelle nationale ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Lib&#233;ration imm&#233;diate de tous les prisonniers politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur du chantier naval &#171; L&#233;nine &#187;, lui aussi un ancien membre du comit&#233; de gr&#232;ve de d&#233;cembre 1970 &#8212; symbole des mille et une fa&#231;ons qu'emploie la bureaucratie pour d&#233;truire toute repr&#233;sentation ouvri&#232;re ind&#233;pendante &#8212; re&#231;ut le comit&#233; de gr&#232;ve. Il accepta la r&#233;int&#233;gration d'Anna et celle de Lech Walesa, ainsi que le principe de construction d'un monument &#224; la m&#233;moire des assassin&#233;s en d&#233;cembre 1970. Il a promis que les organes d'information publieront des informations sur la gr&#232;ve. Une voiture, mise &#224; la disposition des gr&#233;vistes par la direction, partit chercher Anna Walentynowicz chez elle. Elle a &#233;t&#233; coopt&#233;e au comit&#233; de gr&#232;ve, ainsi que Lech Walesa. Pour le reste : &#171; Mais nous ne pouvons d&#233;cider du reste, laissez-nous le temps de consulter&#8230; On vous r&#233;pondra sous huit jours. &#187; La question du pouvoir central, seul responsable de la situation et seul habilit&#233; &#224; d&#233;cider, &#233;clatait aux yeux de tous. &#171; La situation de notre patrie est difficile. Seul le travail patient, acharn&#233;, la r&#233;alisation des objectifs du plan, peuvent l'am&#233;liorer. Reprenez le travail, nous continuerons &#224; discuter avec vous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Discuter ici et maintenant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve revint devant l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale vers 16 heures. Les propositions du directeur ont &#233;t&#233; accueillies par des sifflets des ouvriers. &#171; C'est ici et maintenant que l'on doit discuter ! &#187;, lan&#231;ait un ouvrier. Applaudissements. Tous sentaient que leur force, dont le retour parmi eux de Walentynowicz et Walesa &#233;tait la preuve, se fondait sur leur unit&#233;. S'ils se s&#233;paraient, reprenaient le travail, ils perdraient l'initiative. Une nouvelle proposition, acclam&#233;e par la foule, &#233;tait faite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Installons un syst&#232;me de sonorisation qui permette, gr&#226;ce au r&#233;seau de m&#233;gaphones de l'usine, que chaque gr&#233;viste entende les discussions avec EUX. &#187; Le comit&#233; de gr&#232;ve &#233;largi fut r&#233;&#233;lu ainsi qu'un service d'ordre charg&#233; d'assurer l'ordre et la s&#233;curit&#233; durant l'occupation. On reconnaissait ses membres par un brassard jaune. Ils formaient les piquets, contr&#244;laient tous les camions &#224; l'entr&#233;e et &#224; la sortie du chantier naval. Une d&#233;cision historique fut prise : &#171; Pendant la gr&#232;ve on ne boit pas ! &#187; (9) Pr&#232;s de 15 000 travailleurs &#233;taient alors pr&#233;sents en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, car l'&#233;quipe de l'apr&#232;s-midi &#233;tait arriv&#233;e. Il &#233;tait 16h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde n&#233;gociation d&#233;marrait &#224; 17 heures. La sonorisation permit &#224; tous les gr&#233;vistes de suivre son d&#233;roulement. Ils intervenaient fr&#233;quemment, pour compl&#233;ter les explications des membres du comit&#233; de gr&#232;ve ou pour r&#233;pondre aux dires des bureaucrates. La direction tenta de reprendre l'avantage : royal, le directeur lan&#231;a du haut de sa fonction :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous vous accordons 1200 zlotys d'augmentation pour tous ainsi qu'un point de plus sur l'&#233;chelle des salaires. Reprenez le travail pour&#8230; &#187; Il ne put finir, des cris &#171; On conna&#238;t ! &#187;, &#171; &#199;a va comme &#231;a ! &#187; ont fus&#233;. Le secr&#233;taire du parti du chantier s'engagea par &#233;crit sur la non-r&#233;pression des gr&#233;vistes, signa l'accord pour le monument et fit un appel &#224; la reprise du travail &#171; au nom des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, du pays&#8230; &#187; On le remit &#224; sa place : &#171; La classe ouvri&#232;re, c'est nous ! &#187;. Les n&#233;gociation &#233;taient interrompues &#224; nouveau, la direction n'ayant rien de plus &#224; proposer. &#171; Nous en discuterons avec les autorit&#233;s comp&#233;tentes&#8230; laissez-nous le temps, une &#224; deux semaines&#8230; &#187; Tout se brisa sur la libert&#233; des &#233;lections syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale avec les membres du comit&#233; de gr&#232;ve. Les revendications ont &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; reprise imm&#233;diate des n&#233;gociations ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; le comit&#233; de gr&#232;ve doit &#234;tre un organe permanent et il doit se maintenir apr&#232;s la reprise du travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; tous ceux qui ont &#233;t&#233; licenci&#233;s depuis 1970 doivent &#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233;s (une liste circule, on se rappelle les noms des camarades, en un rien de temps elle compte d&#233;j&#224; plusieurs dizaines de noms) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; le point 10 de la liste des revendications est reformul&#233; pour qu'il n'y ait pas d'&#233;quivoque possible : Dissolution de CRZZ (10). La n&#233;gociation reprit, puis fut de nouveau suspendue &#224; 23 heures pour la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;l&#233;gations d'autres entreprises de la ville commen&#231;aient &#224; arriver, acclam&#233;es. Ceux du Port du Nord &#8212; immense terminal pour la houille et les hydrocarbures, construit au d&#233;but des ann&#233;es 1970 &#8212; expliquaient qu'ils &#233;taient aussi en gr&#232;ve et propos&#232;rent un &#233;change de repr&#233;sentants entre les deux comit&#233;s de gr&#232;ve. Puis, ceux des autobus et tramways sont venus pour informer qu'ils avaient d&#233;cid&#233; de commencer la gr&#232;ve le lendemain. Le 15 ao&#251;t les entreprises entraient en gr&#232;ve l'une apr&#232;s l'autre. D'abord, celles en coop&#233;ration avec le chantier naval &#8212; comme &#171; Elmor &#187;, qui avait d&#233;j&#224; d&#233;bray&#233; d&#233;but juillet &lt;br /&gt;&#8212; puis les autres. Dans la soir&#233;e la gr&#232;ve, g&#233;n&#233;rale &#224; Gdansk, commen&#231;ait &#224; s'&#233;tendre &#224; la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gdansk &#224; l'ensemble du littoral de la Baltique, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises en gr&#232;ve, &#224; l'instar de celles du Port du Nord, commenc&#232;rent &#224; envoyer leurs repr&#233;sentants au chantier naval &#171; L&#233;nine &#187; : pour mener des n&#233;gociations en commun, lorsque les d&#233;l&#233;gu&#233;(e)s ont &#233;t&#233; &#233;lus et mandat&#233;s ou &#171; pour voir comment il faut faire &#187; quand ce sont des groupes de travailleurs qui n'ont pas la m&#234;me tradition de luttes. &#171; Les trois premiers jours ont &#233;t&#233; les plus durs &#187;, explique un d&#233;l&#233;gu&#233; du Chantier naval &#171; Commune de Paris &#187; de Gdynia. &#171; Personne ne savait vraiment comment faire. Le 17 ao&#251;t, un tout petit groupe de jeunes s'est r&#233;uni et a fait le tour des ateliers. Ils se sont mis imm&#233;diatement en contact avec ceux de Gdansk, ont adopt&#233; les m&#234;mes revendications et des d&#233;l&#233;gu&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;lus dans chaque atelier &#187; (11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les communications t&#233;l&#233;phoniques entre Gdansk-Gdynia-Sopot &#8212; la &#171; triville &#187; &#8212; et le reste du pays furent coup&#233;es, le 15 ao&#251;t vers 13 heures la r&#233;gion comptait d&#233;j&#224; plus de 50 000 gr&#233;vistes. Le r&#233;tablissement des communications devint imm&#233;diatement l'ultimatum des gr&#233;vistes, sans la r&#233;alisation duquel ils refus&#232;rent de continuer les n&#233;gociations. &#171; Nous sommes fermement d&#233;cid&#233;s &#224; poursuivre notre mouvement jusqu'&#224; la satisfaction de nos revendications &#187;, expliquait Anna Walentynowicz, r&#233;sumant le sentiment g&#233;n&#233;ral. Le comit&#233; de gr&#232;ve passa de dix personnes au d&#233;but du mouvement &#224; plus de 100. &#171; D&#233;mocratie &#187; devint le mot-cl&#233; de la gr&#232;ve. En tant que revendication d'abord &#8212; c'est le sens de toutes les &#171; pr&#233;cisions &#187; apport&#233;es aux revendications initiales, mais aussi en tant que moyen de lutte le plus efficace, que les travailleurs d&#233;couvrirent massivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi [16 ao&#251;t] les n&#233;gociations reprenaient, malgr&#233; le blocus t&#233;l&#233;phonique. Un vice-Premier ministre, Tadeusz Pyka, &#233;tait arriv&#233; de Varsovie pour mener les n&#233;gociations aux c&#244;t&#233;s de la direction et de Tadeusz Fiszbach, secr&#233;taire d&#233;partemental du parti. Ils propos&#232;rent 1500 zlotys d'augmentation si le travail reprenait. Le comit&#233; de gr&#232;ve refusa. Mais les d&#233;l&#233;gu&#233;s des ateliers, &#233;lus la veille &#224; la demande du directeur &#171; pour que votre repr&#233;sentation soit plus d&#233;mocratique &#187; (sic), h&#233;sitaient : 1500 zlotys, ce n'est pas rien ! Dehors, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; l'&#233;coute des n&#233;gociations gr&#226;ce &#224; la sonorisation manifesta sa d&#233;sapprobation &#8212; &#171; Deux mille, deux mille ! &#187; &#8212; et son approbation de celui qui devint la figure centrale du comit&#233; de gr&#232;ve : &#171; Walesa ! Walesa ! Qu'il vive cent ans ! &#187; (ce cri deviendra d'ailleurs le leitmotiv du mouvement, la fa&#231;on la plus claire de manifester la repr&#233;sentativit&#233; du comit&#233; de gr&#232;ve). Les n&#233;gociations suspendues &#224; nouveau, une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale houleuse commen&#231;ait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si vous reprenez le travail, personne n'obtiendra quelque chose ailleurs &#187;, expliquait un repr&#233;sentant du d&#233;p&#244;t des bus. Puis il r&#233;v&#233;lait aux travailleurs du chantier que le m&#234;me vice-Premier ministre leur avait propos&#233; 2100 zlotys d'augmentation, &#224; condition qu'ils reprennent le travail sans en informer les autres. Walesa reprit l'argument : &#171; Nous n'avons pas le droit de l&#226;cher ceux qui se sont mis en gr&#232;ve pour nous soutenir. Nous devons continuer la gr&#232;ve jusqu'&#224; la victoire de tous ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tonnerre d'applaudissements. Il proposa aussi d'&#233;lire de nouveaux d&#233;l&#233;gu&#233;s des ateliers, car les premiers ne repr&#233;sentaient plus le mouvement. Nouveaux applaudissements. Les travailleurs du chantier naval venaient de renouer avec une vieille tradition du mouvement ouvrier : le principe de r&#233;&#233;lection des repr&#233;sentants &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les n&#233;gociateurs gouvernementaux ont disparus, la gr&#232;ve, qui avait failli s'arr&#234;ter, trouvait un nouveau souffle. Pour couper l'herbe sous les pieds de toute manoeuvre de division &#8212; car partout les directions annonc&#232;rent que &#171; L&#233;nine &#187; avait repris le travail &#8212; une nouvelle forme d'organisation fut propos&#233;e. Les d&#233;l&#233;gations des autres usines, accourues aux nouvelles, l'approuv&#232;rent. Une plate-forme commune et un comit&#233; central de gr&#232;ve &#8212; qui prendra le nom du Comit&#233; de gr&#232;ve interentreprises (MKS) &#8212; allaient &#234;tre cr&#233;&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &#171; L&#233;nine &#187;, un millier d'h&#233;sitants sont rentr&#233;s chez eux. Car pour tous il devint clair que les n&#233;gociations avaient chang&#233; de niveau : c'est directement au gouvernement que s'en prenaient les travailleurs. Les questions de salaires, de prix, de retraites &#8212; &#224; l'origine de la gr&#232;ve &#8212; passaient au second plan. Avant toute autre chose c'&#233;taient des garanties politiques de leur r&#233;alisation que les travailleurs exigeaient &#224; partir de ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tard dans la nuit la plate-forme de revendications commune apparaissait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; droit de gr&#232;ve ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; respect des libert&#233;s d'opinion, d'expression et de publication ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; application des Conventions internationales concernant les libert&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
syndicales (ratifi&#233;es par la bureaucratie polonaise) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#233;lections libres avec la garantie de repr&#233;sentation de tous les courants &lt;br class='autobr' /&gt;
politiques ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; liquidation des magasins &#171; commerciaux &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; liquidation des privil&#232;ges de l'appareil et des forces de r&#233;pression ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; libre acc&#232;s aux m&#233;dias pour toutes les &#201;glises ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d&#233;bat national sur les moyens de sortir de la crise &#233;conomique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; respect de l'ind&#233;pendance du pouvoir judiciaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; garantie de l'approvisionnement du march&#233; et donc exportation des seuls exc&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la liste des 21 revendications, seulement trois &#233;taient sp&#233;cifiquement mat&#233;rielles : 2000 zlotys d'augmentation &#233;gale pour tous, celle des frais de d&#233;placement professionnel et l'&#233;chelle mobile des salaires. Les militants de l'opposition &#8212; dont certains tels Anna Walentynowicz, Lech Walesa et Andrzej Gwiazda &#233;taient &#233;lus au comit&#233; de gr&#232;ve ou, comme Bogdan Borusewicz, un des fondateurs du KOR, jouissaient d'une estime r&#233;elle aupr&#232;s des travailleurs &#8212; furent d&#233;pass&#233;s et paniqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Jamais ils n'accepteront &#231;a ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la liste de revendications &#233;tablie signifiait l'affrontement politique direct avec la bureaucratie et eux ne se sentaient ni assez forts ni pr&#234;ts &#224; une telle &#233;ventualit&#233;. Le KOR n'a-t-il pas affirm&#233; depuis toujours qu'il fallait organiser la soci&#233;t&#233; sans se soucier du pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Walesa intervint en premier : &#171; Jamais ils n'accepteront &#231;a ! Il ne peut s'agir l&#224; de conditions sine qua non pour la reprise du travail ! &#187; Il sera entendu et approuv&#233;, mais l'espoir de voir formuler un programme alternatif qui trace la voie d'une autre Pologne, sans le pouvoir ha&#239; des bureaucrates, sera le plus fort. Deux niveaux de discussion s'entrem&#234;laient : celui de la tactique et celui de la strat&#233;gie globale du changement. &#171; Oui, c'est vrai, ils n'accepteront pas &#231;a. Mais c'est ce qu'on veut, il faut le dire ! Qui, sinon, le dira ? &#187;, lan&#231;ait un ouvrier dans la foule. &#171; Oui, bien dit ! &#187;, entendit-on autour de lui. La discussion fut difficile. C'est que les gr&#233;vistes apprenaient tout sur le tas : le contenu de la soci&#233;t&#233; &#224; laquelle ils aspirent et la tactique de la lutte ? Des arguments &#224; l'emporte-pi&#232;ce ont fus&#233;. Bogdan Borusewicz : &#171; Demander des &#233;lections pluralistes, c'est du maximalisme. Si le Parti c&#233;dait, Moscou interviendrait. Il ne faut pas de revendications qui, soit acculent le pouvoir &#224; la violence, soit entra&#238;nent sa d&#233;composition. C'est la liquidation de la censure qui a entra&#238;n&#233; l'intervention &#224; Prague. Il faut leur laisser une porte de sortie ! &#187;. Un d&#233;l&#233;gu&#233; l'intrrompit : &#171; On leur laisse une porte de sortie puisqu'on les laisse gouverner ! &#187; Borusewicz encha&#238;na : &#171; Il faut plus de revendications &#233;conomiques et des revendications politiques n&#233;gociables, par exemple la lib&#233;ration des prisonniers politiques en donnant leurs noms &#187; (12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; l'&#233;laboration des revendications, dans chaque entreprise, l'organisation de la gr&#232;ve avan&#231;ait. Des comit&#233;s de gr&#232;ve furent &#233;lus partout et envoy&#232;rent une repr&#233;sentation au chantier naval &#171; L&#233;nine &#187;. C'est l&#224; que l'assembl&#233;e des repr&#233;sentants a form&#233; le comit&#233; de gr&#232;ve interentreprises (MKS) fort de quelques quatre cent personnes. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s faisaient la navette entre &#171; L&#233;nine &#187; et leur entreprise, rendaient compte du d&#233;roulement de la gr&#232;ve et des n&#233;gociations. Ils pouvaient &#234;tre r&#233;voqu&#233;s &#224; tout moment. L'usage des magn&#233;tophones &#224; cassette s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;. Ainsi, dans chaque bo&#238;te, tous les travailleurs pouvaient suivre le d&#233;roulement des travaux du MKS et des n&#233;gociations, enregistr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La MKS avait en outre toute pr&#233;rogative pour conduire la gr&#232;ve. Il formait des commissions de travail &#8212; entretien, information, liens avec les journalistes pr&#233;sents sur place, s&#233;curit&#233; &#8212; et d&#233;cidait si certaines entreprises devaient continuer &#224; travailler pour assurer les besoins des &lt;br class='autobr' /&gt;
gr&#233;vistes. Ainsi la raffinerie produisait, au ralenti, l'essence n&#233;cessaire aux transports, des bus et des trains circulaient, l'industrie alimentaire d&#233;passait les plus hautes normes (fix&#233;es par les bureaucrates auparavant) pour assurer l'approvisionnement de la population. La &#171; tri-ville &#187; (Gdansk, Gdynia, Sopot) vivait au rythme de la gr&#232;ve, au rythme que les gr&#233;vistes avaient d&#233;cid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener les n&#233;gociations et diriger la gr&#232;ve d'heure en heure, le MKS &#233;lit en son sein un pr&#233;sidium de 13 personnes. Au fur et &#224; mesure que le mouvement s'&#233;tendait &#8212; le 18 ao&#251;t un p&#233;rim&#232;tre de 100 kilom&#232;tres autour de Gdansk &#233;tait d&#233;j&#224; en gr&#232;ve &#8212; le MKS grossissait. A la fin de la gr&#232;ve on comptera pr&#232;s de 1000 d&#233;l&#233;gu&#233;(e)s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 18 ao&#251;t, alors que le vice-Premier ministre charg&#233; des n&#233;gociations s'enfermait dans la pr&#233;fecture, accroch&#233; &#224; la ligne directe avec Varsovie, au chantier plus personne ne l'attendait. Les discussions fusaient : sur la plate-forme, mais aussi sur tout ce que la gr&#232;ve avait fait d&#233;couvrir, la d&#233;mocratie, le syndicalisme, le r&#244;le des travailleurs dans la marche du pays. Les militants du comit&#233; provisoire pour la constitution des syndicats libres (13) &#8212; qui s'appelle &#171; Syndicat libre &#187; depuis le samedi 16 ao&#251;t, lorsqu'au cours d'une interruption des n&#233;gociations sa fondation fut officiellement annonc&#233;e &#8212; donnent des cours de formation syndicale. Le chantier naval ressemblait ainsi &#224; la Sorbonne de mai 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syndicat libre c'est le contr&#244;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les revendications, tout le monde &#233;tait d'accord : &#171; Le plus important, c'est le syndicat libre ! &#187; Mais tous les espoir refoul&#233;s des 21 revendications ressortaient dans les discussions sur le r&#244;le du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le syndicat libre, c'est le contr&#244;le des choix &#233;conomiques &#224; tous les niveaux : local, r&#233;gional, national. Il faut un nouveau plan et c'est comme &#231;a qu'on le fera &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un nouveau syndicat, ind&#233;pendant de l'&#201;tat et du gouvernement, avec son journal propre, est la seule voie pour sortir le pays de la crise. Certes, la situation &#233;conomique est tr&#232;s compliqu&#233;e&#8230; mais qui, sinon les travailleurs, peut dire qui a raison ? Un nouveau syndicat &#233;vitera bien des erreurs ! &#187;. &#171; Nous faisons des investissements improductifs, nous d&#233;pensons mal notre argent. Les travailleurs, tous les Polonais doivent pouvoir choisir tout ce qui est n&#233;cessaire. Certaines r&#233;formes &#233;conomiques seront peut-&#234;tre dures, mais un syndicat libre et son contr&#244;le sur toutes les activit&#233;s &#233;conomiques du gouvernement sont les seules garanties pour nous sortir de l&#224; &#187;. &#171; Une entreprise de pr&#233;fabriqu&#233;s pr&#232;s d'ici tourne &#224; 50 %. Le gouvernement a d&#233;cid&#233; d'en construire une autre &#224; c&#244;t&#233;. C'est absurde. Elle est inutile. Peut-&#234;tre que le Comit&#233; central [du parti] ne le sait pas, mais nous, les ouvriers, nous le voyons tous les jours. &#187; Toutes ces id&#233;es, avanc&#233;es le 26 ao&#251;t lors des n&#233;gociations avec le nouveau repr&#233;sentant du gouvernement, le vice-Premier ministre Mieczyslaw Jagielski, sont n&#233;es de ces discussions, souvent &#224; b&#226;tons rompus, durant les premiers jours de l'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces journ&#233;es, durant lesquelles la bureaucratie, visiblement divis&#233;e, &#233;tait incapable de se r&#233;soudre &#224; une d&#233;cision &#8212; c&#233;der ou r&#233;primer &#8212;, o&#249; les journaux polonais changeaient de ton du jour au lendemain au gr&#233; des rapports de forces au sein du comit&#233; central (14), les gr&#233;vistes prenaient de plus en plus conscience du sens de leur lutte : quelle que soit la solution finale, le compromis qu'il faudra faire, cette gr&#232;ve n'est qu'un d&#233;but. Apr&#232;s, avec le syndicat, il faudra continuer. Jusqu'o&#249; ? La question restait en suspens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les informations sur l'extension des gr&#232;ves &#233;taient suivies avec une attention toute particuli&#232;re. Les postes capables de capter les radios &#233;trang&#232;res &#233;taient pris d'assaut. A Gdansk, chacun pouvait se rendre compte du renforcement du mouvement. Ceux qui, h&#233;sitant un moment, &#233;taient partis du chantier, sont revenus, occuper de nouveau. Mais ailleurs ? Ce n'est que le mardi 19 ao&#251;t qu'&#224; Gdansk les gr&#233;vistes surent avec certitude qu'&#224; Szczecin la gr&#232;ve &#233;tait aussi g&#233;n&#233;rale depuis trois jours et qu'&#224; l'image de Gdansk un MKS avait &#233;t&#233; constitu&#233;, que les gr&#233;vistes avaient aussi rejet&#233; les premi&#232;res propositions, insignifiantes, du pouvoir et qu'ils avaient plac&#233; au premier plan la question du syndicat libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signes de solidarit&#233; &#233;taient attendus avec la plus grande impatience. En t&#233;moigne l'accueil r&#233;serv&#233; &#224; Claude Sardais, repr&#233;sentant de la CFDT, acclam&#233; et port&#233; en triomphe quand il est arriv&#233; porteur d'un message de solidarit&#233; et de 11 000 francs fran&#231;ais de soutien. C'&#233;tait &#233;galement le ton lorsqu'une d&#233;l&#233;gation d'une mine de charbon de Sil&#233;sie arriva pour s'informer et demander conseil. Et, le 20 ao&#251;t, lorsqu'&#224; Varsovie le KOR annon&#231;ait 300 000 gr&#233;vistes en tout dans le pays, &#224; Gdansk les gr&#233;vistes attendaient encore avec impatience que quelque d&#233;l&#233;gation, &#233;chapp&#233;e de l'&#233;tau policier, vienne apporter des nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, apr&#232;s le discours t&#233;l&#233;vis&#233; d'Edward Gierek, le premier secr&#233;taire du Parti, le 19 ao&#251;t, le mouvement de gr&#232;ve s'&#233;tait &#233;tendu. Outre Szczecin, la ville d'Elblag (15) s'&#233;tait dot&#233;e d'un MKS. Et tout le littoral baltique entre Gdansk et Szczecin &#8212; autour de 300 kilom&#232;tres &#8212; &#233;tait en effervescence. Des d&#233;brayages de solidarit&#233; se multipliaient dans toute la Pologne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Sil&#233;sie, dans les mines, des &#171; comit&#233;s ouvriers &#187; semi-clandestins avaient fait leur apparition, pr&#234;ts &#224; se d&#233;clarer officiellement si ceux de Gdansk avaient besoin de leur aide. C'est que si Gierek s'&#233;tait montr&#233; incapable d'offrir aux travailleurs en lutte quoi que ce soit d'autre qu'un discours creux, par sa seule apparition, il a fait sentir la gravit&#233; de la situation. Un premier secr&#233;taire faisant son autocritique et parlant des gr&#232;ves, annon&#231;ant que certaines revendications sont justes et que d'autres le remettent en cause, &#171; conseillant &#187; de ne pas aller trop loin car il y a des choses sur lesquelles il n'y a pas de compromis possible &#8212; bref, &#233;talant la peur de sa caste &#8212; ce n'&#233;tait pas tous les jours qu'il &#233;tait possible de voir &#231;a &#224; la TV. Les travailleurs, conscients de leur force, ne se laissaient plus berner par les discours cyniques d'un bureaucrate aux abois. L'arrestation des militants du KOR et les &#233;ditoriaux mena&#231;ants sur les &#171; &#233;l&#233;ments antisocialistes &#187; ont fait le reste. Une majorit&#233; d'ouvriers polonais avait compris qu'une &#233;preuve de force &#233;tait dans l'air et que son issue pouvait leur &#234;tre favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation demeurait pourtant incertaine. La TV polonaise mentionnait longuement les gr&#232;ves de Gdansk et Szczecin, devenues impossibles &#224; cacher, soulignant &#224; quel point elles g&#234;naient les &#171; petites gens &#187;, des employ&#233;s devant se lever deux heures plus t&#244;t pour se rendre au travail, des m&#232;res de famille n'arrivant pas &#224; faire leur courses (comme s'il y avait l&#224; un changement !), des &#233;coliers d&#233;sireux de se rendre en classe, etc. Elle pr&#233;sentait de longues interviews d'ouvriers au travail, ailleurs en Pologne, qui expliquaient que travailler est la seule mani&#232;re pour am&#233;liorer &#171; la situation d&#233;sastreuse du pays &#187;. Elle a m&#234;me rendu compte d'une hom&#233;lie tr&#232;s ambigu&#235; (et rendue encore plus ambigu&#235; par le censeur) du cardinal-primat de Pologne, Stefan Wyszynski, qui tentait de r&#233;concilier le loup et les brebis. Mais les travailleurs n'&#233;taient pas dupes. Ils voyaient qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est possible et attendaient le signal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne viendra pas. A Gdansk le MKS se refusait &#224; toute aventure. S&#251;r de gagner ou refusant de montrer son incertitude, il attendait calmement les propositions constructives du pouvoir. Il approvisionnait m&#234;me, au compte-goutte, la police en essence. Comme le dira plus tard Walesa, lors du dernier round des n&#233;gociations, en parlant du Comit&#233; central du parti, &#171; je dis qu'en ce moment, ce n'est pas la plus haute instance politique &#187; , r&#233;sumant ainsi ce sentiment qui s'affirmait au fur et &#224; mesure que la gr&#232;ve durait et que la direction du Parti montrait son incapacit&#233;. Il fut m&#234;me question &#8212; apr&#232;s que Tadeusz Pyka, &#171; appel&#233; &#224; d'autres fonctions &#224; Varsovie &#187;, ait laiss&#233; la place de chef de la commission gouvernementale de n&#233;gociations &#224; un autre vice-Premier ministre, Mieczyslaw Jagielski, et que ce dernier ait repris les n&#233;gociations avec le MKS le 21 ao&#251;t &#8212; que le comit&#233; de gr&#232;ve lance un appel aux travailleurs de Pologne : &#171; Nous ne sommes pas pour l'extension des gr&#232;ves qui risquent de pousser le pays &#224; la limite de l'effondrement, n'entreprenez pas de nouvelles gr&#232;ves &#187; , disait en substance ce communiqu&#233;, avant de pr&#233;ciser : &#171; Si nous n'obtenons pas de r&#233;sultats d'ici trois ou quatre jours, alors, que les gr&#232;ves s'&#233;tendent ! &#187; Et il r&#233;p&#233;tait que la question la plus importante &#233;tait celle du syndicat libre. Au dernier moment, craignant que tout le monde interpr&#232;te un tel communiqu&#233; comme signifiant que le pouvoir s'est d&#233;plac&#233; de Varsovie &#224; Gdansk, du Comit&#233; central au MKS, le gouvernement s'est oppos&#233; &#224; sa t&#233;l&#233;diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Meczyslaw Jagielski : &#171; J'accepte, je signe ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nomm&#233; le 21 ao&#251;t chef de la commission gouvernementale, alors que le Premier ministre Edward Babiuch venait de sauter, Jagielski a fait une entr&#233;e remarqu&#233;e &#224; Gdansk en annon&#231;ant &#224; la radio locale : &#171; Nous pouvons accepter de suite certaines de vos revendications. Quant aux autres, nous expliquerons pourquoi cela nous est impossible. &#187; Il accepta &#233;galement de se rendre au chantier naval pour n&#233;gocier avec le MKS. Entour&#233; d'&#171; experts &#187;, il a facilit&#233; l'arriv&#233;e &#224; Gdansk d'intellectuels ind&#233;pendants, que les gr&#233;vistes ont accept&#233; comme &#171; experts &#187; pouvant les aider, sur les questions juridiques notamment. Le pouvoir esp&#233;rait qu'entre gens du m&#234;me monde, les &#171; experts &#187; pourront s'entendre plus facilement. En vain : le MKS n'a &#224; aucun moment l&#226;ch&#233; des mains la direction des n&#233;gociations et a utilis&#233; les &#171; experts &#187; pour expliquer aux travailleurs les questions juridiques compliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le n&#233;gociateur gouvernemental se montrait intransigeant sur la question du syndicat libre, tentant d'orienter la question vers une &#171; lib&#233;ralisation &#187; des syndicats officiels. Dans l'appareil, apr&#232;s que le Premier ministre Babiuch ait &#233;t&#233; vir&#233;, l'heure &#233;tait au branle-bas de combat. D&#233;j&#224;, au d&#233;but de la gr&#232;ve du chantier naval, quand le MKS prit en main le fonctionnement de la tri-ville, des d&#233;sertions isol&#233;es de bureaucrates apeur&#233;s s'&#233;taient produites. Tel ce monsieur, num&#233;ro deux du service du personnel du chantier naval &#171; L&#233;nine &#187;, avant la gr&#232;ve, ma&#238;tre du sort de 17 000 travailleurs, qui monta &#224; la tribune pour expliquer qu'il &#171; est avec les ouvriers en gr&#232;ve &#187; et qu'il &#171; avait toujours ressenti de la sympathie &#187; pour eux. Mais, craignant &#224; la fois les travailleurs et leurs propres &#171; camarades &#187;, la majorit&#233; des cadres de l'appareil s'&#233;tait tue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de tr&#232;s dures luttes avaient vu le jour au sein m&#234;me de l'appareil central, entre les partisans de la &#171; mani&#232;re dure &#187;, qui avaient fait acheminer &#224; Gdansk des renforts de policiers anti &#233;meutes et des gaz paralysants, pr&#233;parant l'investissement du chantier naval par la force, et ceux qui pensaient encore pouvoir s'en sortir en magouillant. Le Ve pl&#233;num du Comit&#233; central, qui s'est tenu le 30 ao&#251;t, fut particuli&#232;rement divis&#233;. Le huis clos fut total, m&#234;me les st&#233;no ne purent entrer. Si ce pl&#233;num n'annon&#231;ait pas (encore) la d&#233;mission de Gierek, ce dernier le devait &#224; sa position internationale et au d&#233;lai n&#233;cessaire pour lui trouver un rempla&#231;ant accept&#233; par les divers secteurs de la caste au pouvoir. Il fallait aussi &#233;viter de donner l'impression de prendre une telle d&#233;cision &#171; &#224; chaud &#187;, sous la pression des &#233;v&#233;nements, c'est-&#224;-dire en c&#233;dant devant une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin parmi la base du Parti ouvrier unifi&#233; polonais (POUP, au pouvoir), l'effervescence n'&#233;tait pas moindre. Un manifeste exigeant un renouveau y circulait, porteur d&#233;j&#224; de plusieurs dizaines de signatures. On estimait par ailleurs que 40 % des d&#233;l&#233;gu&#233;s du MKS avaient leur carte du parti en poche. Et des r&#233;unions de cellule ou de cadres interm&#233;diaires furent annul&#233;es en nombre : &#171; On &#187; avait &#171; peur de ne pas pouvoir r&#233;pondre aux questions &#187; de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les derniers jours des br&#232;ches sont &#233;galement apparues dans les forces de r&#233;pression. Ainsi les gr&#233;vistes ont rendu publique une communication entre policiers capt&#233;e par la radio, o&#249; ces derniers annon&#231;aient que des officiers de l'arm&#233;e distribuaient un tract de soutien aux gr&#233;vistes. Par ailleurs le bulletin quotidien du MKS, Solidarnosc (&#171; Solidarit&#233; &#187;), a p&#233;n&#233;tr&#233; dans certaines casernes. Le 31 ao&#251;t, une d&#233;l&#233;gation de soldats, annon&#231;ant que des militaires faisaient une gr&#232;ve de la faim en solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes, s'&#233;tait m&#234;me rendue au chantier naval (16).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux jours de discussions au finish, au cours desquelles Jagielski tenta vainement de vider de leur contenu les revendications politiques, d'en att&#233;nuer la signification, allant m&#234;me jusqu'&#224; essayer de signer et de faire signer une copie, dans laquelle le terme &#171; ind&#233;pendant &#187; rapport&#233; au syndicat autog&#233;r&#233; avait disparu, la bureaucratie c&#233;da sur toute la ligne. Le syndicat libre &#233;tait cr&#233;&#233;, recevait des locaux officiels, s'appr&#234;tait &#224; publier un journal (17). Le droit de gr&#232;ve &#233;tait reconnu. Les gr&#233;vistes et &#171; les personnes les aidant &#187; se voyaient garantir l'impunit&#233;. Les prisonniers politiques devaient &#234;tre lib&#233;r&#233;s. Le pr&#233;sidium du MKS se transformait en direction provisoire du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, sur les questions mat&#233;rielles, l'accord sign&#233; n'&#233;tait pas aussi net, le gouvernement s'engageait &#224; pr&#233;senter &#224; une date pr&#233;cise un programme d&#233;taill&#233; de leur r&#233;alisation, reconnaissant ainsi une autorit&#233; plus haute que la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, il se voyait oblig&#233; d'accepter une discussion nationale sur les moyens de sortir le pays de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tous les travailleurs la victoire &#233;tait totale. La reconnaissance de syndicats ind&#233;pendants du pouvoir, non limit&#233;s g&#233;ographiquement, ouvrait pour leur vie et pour leurs luttes une nouvelle p&#233;riode. Ils pouvaient accumuler leurs forces et pr&#233;parer de nouveaux combats. Mieux, ils pourraient contr&#244;ler pas &#224; pas les pratiques du gouvernement et, le cas &#233;ch&#233;ant, le censurer. Le contenu de l'accord correspondait &#224; ce niveau de conscience : si les travailleurs avaient recul&#233; devant l'id&#233;e de la prise du pouvoir et affirmaient que leur gr&#232;ve n'&#233;tait pas politique, ils consid&#233;raient en m&#234;me temps comme &#233;tant les pr&#233;rogatives du syndicat la plupart des fonctions d'un v&#233;ritable pouvoir ouvrier. &#171; Une fois l'accord sign&#233;, rien n'est termin&#233;, tout commence &#187; , lan&#231;ait Walesa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout en Pologne des d&#233;l&#233;gations ouvri&#232;res demandaient l'enregistrement d'une nouvelle association. Son nom ? &#171; Syndicat ind&#233;pendant autog&#233;r&#233; ! &#187;. Si&#232;ge social ? &#171; 13 rue Marchlewskiego, Gdansk ! &#187; (18)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Pologne, la r&#233;volution politique venait de commencer. Le pouvoir, en d&#233;bandade, a c&#233;d&#233; une premi&#232;re fois. Prochaine &#233;ch&#233;ance, le congr&#232;s national du &#171; Syndicat ind&#233;pendant autog&#233;r&#233; &#187; que le MKS de Gdansk pr&#233;pare pour dans quelques semaines (19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La victoire des mineurs de Sil&#233;sie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs d&#233;l&#233;gations de mineurs de Sil&#233;sie s'&#233;taient rendues au chantier naval &#171; L&#233;nine &#187; de Gdansk durant la seconde semaine de gr&#232;ve, t&#233;moigner leur solidarit&#233; mais aussi demander des conseils : &#171; Devons-nous nous mettre en gr&#232;ve ? &#187; Malgr&#233; les consignes de mod&#233;ration re&#231;ues, avant que l'accord ne soit sign&#233; &#224; Gdansk, des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; en Sil&#233;sie. Le 28 ao&#251;t la mine de Jastrzebie d&#233;marrait le mouvement, suivie en espace de deux jours par 26 autres mines et 27 usines. A l'exemple de Gdansk, les 300 000 gr&#233;vistes formaient un comit&#233; de gr&#232;ve interentreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Haute Sil&#233;sie, r&#233;gion d'ancienne industrialisation, connaissait un tel mouvement pour la premi&#232;re fois depuis des d&#233;cennies. Avant la guerre, les syndicats contr&#244;l&#233;s par la d&#233;mocratie chr&#233;tienne &#233;taient peu enclins &#224; faire gr&#232;ve. Puis les hauts salaires et les avantages sociaux la mirent &#224; l'abri de 1956, 1970 comme de la gr&#232;ve de 1976. En juin 1980, la bureaucratie avait accord&#233; une augmentation de salaires importante aux mineurs et aux sid&#233;rurgistes, d&#233;samor&#231;ant par avance le m&#233;contentement qui a suivi la hausse des prix du 1er juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis &#171; l'atmosph&#232;re de Gdansk a jou&#233;. Comme &#231;a durait, &#231;a nous a permis de r&#233;fl&#233;chir &#224; ces syndicats libres et &#224; la libert&#233; d'expression, de comprendre ce que nous pensions au fond de nous-m&#234;mes. Et puis la mauvaise gestion, l'inflation &#8220;qui mange les heures suppl&#233;mentaires&#8220; ont fait que les travailleurs ont dit &#8220;Non !&#034; &#187; (20)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait significatif, parmi les dirigeants de la gr&#232;ve il y avait de nombreux membres du parti. B. Guetta, l'envoy&#233; sp&#233;cial du quotidien Le Monde &#224; Jastrzebie, rapporte le dialogue suivant : &#171; Vous &#234;tes un tra&#238;tre au Parti, alors ? &#8212; Certainement pas, je suis fid&#232;le au Parti, mais comme le disait L&#233;nine, qui n'&#233;tait pas un idiot, le but est de donner le pouvoir &#224; la classe ouvri&#232;re. Moi, je ne veux pas m'acheter une Mercedes ni m&#234;me une Volskwagen, mais je veux que les femmes des gr&#233;vistes n'aient pas &#224; faire la queue devant les magasins et que les gens vivent convenablement. &#187; Et cet autre qui ajoute : &#171; Le syst&#232;me en tant que tel est le meilleur qu'on puisse imaginer. Mais il faut changer la fa&#231;on dont est exerc&#233; le pouvoir et que ces gens, qui ont des comptes bancaires en Occident, cessent de s'enrichir et commencent &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'il faut faire pour que le pays soit ce qu'il devrait &#234;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revendication particuli&#232;rement explosive en Sil&#233;sie, o&#249; la tradition des bureaucrates de s'enrichir en abusant des biens sociaux &#233;tait d&#233;j&#224; longue. Gierek l'avait &#233;largie &#224; l'ensemble de la Pologne seulement en 1971, mais en tant que Premier secr&#233;taire du Parti dans la r&#233;gion depuis 1957, il y jouissait d'une r&#233;putation aussi certaine que fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 septembre, le pouvoir accordait au MKS de Sil&#233;sie les 21 revendications de Gdansk. De plus, les mineurs obtenaient le samedi comme jour f&#233;ri&#233; &#224; partir de 1981, la retraite &#224; 50 ans pour ceux qui travaillent au fond, la suppression du travail en &#171; quatre &#233;quipes de six heures &#187;, le rel&#232;vement des allocations familiales au niveau de celles de la milice et la dissolution du syndicat officiel local. Le fond de caisse du syndicat officiel local passait au syndicat libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordination avec les ouvriers du littoral et la constitution d'un syndicat ind&#233;pendant &#224; l'&#233;chelle nationale devenait &#224; l'ordre du jour. &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 2-4 septembre 1980&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; sous le titre &#171; La victoire au bout de la grande gr&#232;ve &#187; dans Inprecor n&#176; 84 du 11 septembre 1980. Cyril Smuga &#233;tait le pseudonyme de Jan Malewski, alors journaliste de Rouge, l'hebdomadaire de la Liguecommuniste r&#233;volutionnaire (LCR, section fran&#231;aise de la IVe Internationale), actuellement r&#233;dacteur d'Inprecor et membre du Bureau ex&#233;cutif de laIVe Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES 21 REVENDICATIONS DU COMIT&#201; DE GR&#200;VE INTERENTREPRISES (MKS)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Reconnaissance des syndicats libres et ind&#233;pendants du Parti et des employeurs, sur la base de la Convention n&#176; 87 de l'OIT (Organisation internationale du travail), ratifi&#233;e par la Pologne ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Garantir le droit &#224; la gr&#232;ve, &#224; la s&#233;curit&#233; des gr&#233;vistes et des personnes qui les aident ; &lt;br class='autobr' /&gt;
3. Respecter les libert&#233;s d'expression, de publication et d'impression, garanties par la Constitution. Arr&#234;t de la r&#233;pression des publications ind&#233;pendantes et acc&#232;s aux m&#233;dias de toutes les &#201;glises ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. R&#233;tablissement des droits des personnes licenci&#233;es apr&#232;s les gr&#232;ves de 1970 et 1976 et des &#233;tudiants exclus de l'enseignement sup&#233;rieur &#224; cause de leurs opinions politiques ; lib&#233;ration de tous les prisonniers politiques, y compris Edmund Zadrozynski, Jan Kozlowski et Marek Kozlowski ; cessation des repr&#233;sailles pour raison d'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Diffusion par les mass medias de l'information sur la cr&#233;ation du comit&#233; de gr&#232;ve interentreprises et publication de ses revendications ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Lancement d'actions r&#233;elles ayant pour but de sortir le pays de la crise, comme par exemple : diffusion publique de toutes les informations sur la situation socio-&#233;conomique de la Pologne et possibilit&#233; donn&#233;e &#224; tous les milieux et couches sociales de participer &#224; la discussion sur le programme des r&#233;formes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Payer tous les gr&#233;vistes comme pendant les p&#233;riodes de cong&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Augmentation du salaire de base de chaque travailleur de 2000 zlotys par mois en compensation de l'augmentation du prix de la viande ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. &#201;chelle mobile des salaires ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Garantie de l'approvisionnement du march&#233; int&#233;rieur en produits alimentaires et limitation de l'exportation aux surplus ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Introduction des cartes de rationnement pour la viande jusqu'&#224; la stabilisation du march&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Suppression des prix commerciaux et des ventes en devises &#233;trang&#232;res sur le march&#233; int&#233;rieur ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. D&#233;signation des managers en se fondant uniquement sur leur qualification et non sur l'appartenance au parti. Suppression des privil&#232;ges de la police (MO),&lt;br class='autobr' /&gt;
de la S&#233;curit&#233; (SB) et de l'appareil du parti par l'&#233;galisation des allocations familiales et la suppression du syst&#232;me des ventes sp&#233;ciales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Droit &#224; la retraite apr&#232;s trente-cinq ans de travail, &#224; 50 ans pour des femmes et &#224; 55 ans pour les hommes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Suppression des diff&#233;rences entre les deux syst&#232;mes de pensions et de retraites par alignement sur le plus favorable ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Am&#233;lioration des conditions de travail des services m&#233;dicaux afin d'assurer aux travailleurs les services dont ils ont besoin ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Cr&#233;ation de cr&#232;ches et d'&#233;coles maternelles en nombre suffisant pour les enfants des m&#232;res qui travaillent ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Extension de la dur&#233;e du cong&#233; maternel r&#233;mun&#233;r&#233; &#224; trois ans ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Limitation du temps d'attente pour l'attribution de logements ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Augmentation des indemnit&#233;s de d&#233;placement de 40 &#224; 100 zlotys et de la prime de s&#233;paration ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Compensation dans les usines travaillant &#224; plein temps de l'absence du samedi libre par l'allongement de la p&#233;riode de cong&#233; ou par l'introduction de jours f&#233;ri&#233;s particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'opposition polonaise, alors organis&#233;e au sein du Comit&#233; de d&#233;fense des ouvriers (KOR) devenu Comit&#233; d'autod&#233;fense sociale (KSS-KOR), du Mouvement de d&#233;fense des Droits de l'Homme et du Citoyen (ROPCiO) et de la Conf&#233;d&#233;ration de la Pologne Ind&#233;pendante (KPN), publiait depuis 1976 clandestinement de nombreux bulletins ainsi que des livres. Le bulletin du KOR adress&#233; aux travailleurs, &#171; Robotnik &#187; (&#171; Ouvrier &#187;), avait publi&#233; dans un num&#233;ro sp&#233;cial diffus&#233; fin 1979 et d&#233;but 1980 &#224; plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires, un programme d'action qui culminait avec la revendication de syndicats libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La gr&#232;ve et la manifestation des travailleurs de cette entreprise, portant alors le nom de ZISPO (Entreprise m&#233;tallurgique Joseph Staline de Poznan), qui produisait alors les locomotives vapeur, d'abord durement r&#233;prim&#233;s &#8212; le premier ministre Cyrankiewicz, ancien social-d&#233;mocrate qui avait organis&#233; l'int&#233;gration du Parti socialiste polonais au sein du parti stalinien unique en 1948, avait alors d&#233;clar&#233; : &#171; Ceux qui l&#232;vent la main sur le pouvoir populaire doivent savoir que cette main leur sera coup&#233;e ! &#187; &#8212; ont ouvert le processus d'une r&#233;volution des conseils ouvriers qui a culmin&#233; en octobre 1956 (&#171; Octobre polonais &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Cette usine des tracteurs, employant plusieurs dizaines de milliers de travailleurs, dont la gr&#232;ve de juin 1976, durement r&#233;prim&#233;e, a conduit les intellectuels opposants &#224; cr&#233;er le KOR en septembre 1976, devint le bastion du syndicalisme ind&#233;pendant au cours des ann&#233;es 1980. Elle a &#233;t&#233; liquid&#233;e au cours des ann&#233;es 1990 &#224; la suite de la restauration du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Produisant sous licence la Fiat 126p, privatis&#233;e en 1992 au profit de la Fiat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Fabrique d'h&#233;licopt&#232;res dont les gr&#233;vistes ont &#233;t&#233;, avec les cheminots, &#224; l'origine de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la r&#233;gion de Lublin en juillet 1980. En janvier 2010 l'usine a &#233;t&#233; privatis&#233;e au profit d'Augusta-Westland, qui a acquis 87,62 % des parts pour 82,2 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. En juin 1976 des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; contre la hausse des prix alimentaires, notamment &#224; Ursus (tracteurs), o&#249; les gr&#233;vistes ont bloqu&#233; la ligne internationale de chemin de fer Paris-Moscou, &#224; Radom (m&#233;tallurgie), o&#249; des manifestations et des affrontements de rue avec la police ont eu lieu, et &#224; Plock (p&#233;trochimie). Les autorit&#233;s c&#233;d&#232;rent sur les prix, mais multipli&#232;rent les arrestations et les condamnations des travailleurs gr&#233;vistes. L'opposition intellectuelle a alors pris la d&#233;fense des travailleurs r&#233;prim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. En d&#233;cembre 1970, &#224; la suite de la hausse des prix des produits alimentaires, des gr&#232;ves et des manifestations ont &#233;clat&#233; dans les ports de la Baltique, Gdansk, Gdynia et Szczecin. Rassembl&#233;s devant les si&#232;ges d&#233;partementaux du parti au pouvoir, les travailleurs les ont pris de force lorsque les bureaucrates refus&#232;rent de n&#233;gocier. La milice (5 000) et l'arm&#233;e (27 000 soldats, 500 chars et 700 transporteurs blind&#233;s) ont tir&#233;, tuant au moins 39 manifestants et en blessant 1 164. Plus de 3 000 furent emprisonn&#233;s. Le premier secr&#233;taire du parti, Wladyslaw Gomulka (port&#233; au pouvoir en octobre 1956) a &#233;t&#233; destitu&#233; le 20 d&#233;cembre 1970, remplac&#233; par Edward Gierek. Ce dernier a rencontr&#233; les gr&#233;vistes &#224; Gdansk et Szczecin (en janvier 1971) parvenant &#224; les convaincre que la hausse des prix ne pouvait &#234;tre annul&#233;e, faute de produits. En f&#233;vrier 1971 les ouvri&#232;res de l'industrie textile de Lodz ont fait gr&#232;ve, refusant de n&#233;gocier tant que la hausse de prix ne sera pas annul&#233;e. Elles obtinrent gain de cause : les prix des principaux produits alimentaires furent bloqu&#233;s &#224; leur niveau d'avant la hausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Le compte-rendu de la gr&#232;ve d'Ursus par Robotnik a &#233;t&#233; publi&#233; dans Inprecor n&#176; 82/83 du 31 juillet 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Cela &#233;claire singuli&#232;rement les explications des bureaucrates sur l'alcoolisme des ouvriers&#8230; D&#232;s que ceux-ci commen&#231;aient &#224; jouer le r&#244;le qui est le leur, s'occuper des affaires du pays, &#171; l'alcoolisme &#187;, comme le &#171; d&#233;sespoir &#187;, disparaissait. Durant les dix-huit jours de gr&#232;ve les 15 000 &#224; 17 000 gr&#233;vistes du chantier ne boiront pas une goutte d'alcool. Ce fut au tour des bureaucrates de trinquer ! En 1980 et 1981 la consommation d'alcool fut r&#233;duite de plus d'un tiers. Elle augmenta fortement apr&#232;s le coup d'&#201;tat du 13 d&#233;cembre 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Nom de la centrale officielle, unique, des syndicats. Dans l'appareil bureaucratique elle se distinguait par son r&#244;le de voie de garage pour les bureaucrates &#233;cart&#233;s de la direction : ils gardaient leurs privil&#232;ges, leurs honneurs, etc. et&#8230; pouvaient se consacrer &#224; leur &#171; hobby &#187; favori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Interview &#224; Rouge n&#176; 933 du 29 ao&#251;t 1980. Jean-Yves Touvais (pseudonyme de Jean-Yves Potel), journaliste de Rouge, &#233;tait dans le chantier naval &#171; L&#233;nine &#187; &#224; Gdansk en ao&#251;t 1980 et permit &#224; cet hebdomadaire de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire d'informer ses lectrices et lecteurs sur le d&#233;veloppement de cette gr&#232;ve historique plus compl&#232;tement que la plupart des quotidiens (Le Monde, avec Bernard Guetta, son envoy&#233; sp&#233;cial pr&#233;sent dans le chantier naval, faisant une remarquable exception !). Jean-Yves Potel a publi&#233; en 1981 un remarquable essai/reportage sur les gr&#232;ves d'ao&#251;t 1980, Sc&#232;nes de gr&#232;ve en Pologne (nouvelle &#233;dition : &#201;ditions Noir sur Blanc, Lausanne-Paris 2006, 25 &#8364;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Cette discussion a &#233;t&#233; rapport&#233;e par Bernard Guetta dans Le Monde dat&#233; du 19 ao&#251;t 1980. A noter que Bogdan Borusewicz, militant exp&#233;riment&#233; dans l'opposition depuis 1968, faisait la preuve des limites de cette exp&#233;rience lorsque la situation change brutalement, regardant vers le pass&#233; (intervention en Tch&#233;coslovaquie en 1968) alors que le rapport de forces entre la bureaucratie et la classe ouvri&#232;re changeait brusquement : les travailleurs apprenaient en un jour plus que durant des ann&#233;es, d&#233;couvrant leur puissance jusque l&#224; potentielle, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait dans l'air, l'URSS &#233;tait emp&#234;tr&#233;e dans la guerre en Afghanistan&#8230; Il venait de formuler &#171; la crainte de l'intervention sovi&#233;tique &#187; qui durant les seize mois suivants conduira les militants du KOR, qui avaient jou&#233; jusque l&#224; le r&#244;le de l'avant-garde, &#224; tenter d'imposer &#171; l'autolimitation &#187; &#224; la r&#233;volution polonaise, &#224; s'opposer &#224; la dynamique du mouvement de masse, de freiner les initiatives spontan&#233;es ou propos&#233;es par d'autres militants (&#171; la gr&#232;ve active &#187;, c'est-&#224;-dire la prise du contr&#244;le de la production et de la distribution par les travailleurs auto-organis&#233;s, la question de la prise du pouvoir central par les masses organis&#233;es dans le puissant mouvement social et syndical que constituerait le syndicat ind&#233;pendant autog&#233;r&#233; &#171; Solidarnosc &#187; et le mouvement des conseils ouvriers qui se coordonnait &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale et nationale en 1981, la n&#233;cessit&#233; de faire p&#233;n&#233;trer ce mouvement dans les casernes en exigeant le droit syndical pour la troupe&#8230;) et, finalement, &#224; s'av&#233;rer incapables de pr&#233;parer le mouvement &#224; l'affrontement in&#233;vitable dont la bureaucratie a pu choisir la date et reprendre l'initiative en instaurant l'&#233;tat de guerre le 16 d&#233;cembre 1981. Le programme d'action &#233;labor&#233; par les militants du KOR et publi&#233; dans Robotnik culminait en effet avec la revendication du syndicat libre. Une fois cette revendication r&#233;alis&#233;e, les militants du KOR n'avaient plus de programme&#8230; alors que la cohabitation entre un pouvoir ouvrier naissant et le pouvoir de la bureaucratie de plus en plus r&#233;duit &#224; son appareil de r&#233;pression n'&#233;tait pas possible &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Ce comit&#233; comptait, avant la gr&#232;ve, une vingtaine de militants, plus ou moins actifs (ainsi, Lech Walesa, participait peu aux r&#233;unions de discussion et de formation, mais &#233;tait souvent le premier &#224; lancer les tracts du haut d'un toit&#8230;) et un r&#233;seau de contacts, mais fut capable d'organiser des manifestations (interdites) de plusieurs milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Tout en gardant une constante : &#171; Selon l'Agence PAP, dans la journ&#233;e d'aujourd'hui, dans certaines entreprises de la tri-ville, les arr&#234;ts de travail continuaient &#187; (ce qu'on se racontait comme une bonne blague &#224; Gdansk !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Distante de moins de 100 km au est-sud-est de Gdansk, alors 110 000 habitants et pr&#233;fecture du d&#233;partement de m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Malheureusement les liens avec les soldats de cette importante arm&#233;e de conscription n'ont pas &#233;t&#233; poursuivis par les dirigeants du syndicat issu de la gr&#232;ve. La dur&#233;e du service militaire a &#233;t&#233; prolong&#233;e par le gouvernement pour &#233;viter que la troupe ne soit p&#233;n&#233;tr&#233;e par la nouvelle g&#233;n&#233;ration qui avait connu les premiers mois de la r&#233;volution et pour y garder ceux qui, isol&#233;s dans les casernes, n'ont pas eu l'occasion de sentir le vent de la libert&#233; qui soufflait dans le pays. Le syndicat &#171; Solidarnosc &#187; s'est refus&#233; &#8212; sous l'influence de la th&#232;se d'autolimitation n&#233;cessaire &#8212; de revendiquer le droit syndical dans les casernes. La bureaucratie a ainsi pu compter sur son arm&#233;e pour r&#233;aliser le coup d'&#201;tat et briser le mouvement en d&#233;cembre 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Imm&#233;diatement des milliers de bulletins syndicaux &#8212; distribu&#233;s en son sein, mais le Syndicat ind&#233;pendant autog&#233;r&#233; &#171; Solidarit&#233; &#187; compta tr&#232;s vite dix millions de membres (sur quatorze millions de personnes en &#226;ge de travailler) &#8212; sont apparus, dans la plupart des grandes usines et dans les structures r&#233;gionales du syndicat (qui a repris la structure des comit&#233;s de gr&#232;ve interentreprises dans tout le pays). Mais il faudra attendre plusieurs mois pour que paraisse, soumis &#224; la censure, l'hebdomadaire du syndicat. Quant au quotidien, il ne verra le jour qu'en 1989, apr&#232;s un accord sur la restauration du capitalisme et de la d&#233;mocratie parlementaire entre une direction syndicale qui s'&#233;tait largement autonomis&#233;e de sa base et la bureaucratie &#233;tatique qui transformait ses privil&#232;ges de fonction (instables) en privil&#232;ges de propri&#233;t&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Adresse du premier local du syndicat libre &#224; Gdansk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Ainsi se terminait l'article, &#233;crit le 2 septembre 1980. Ce qui suit est un postscriptum &#233;crit le soir du 4 septembre et rajout&#233; au dernier moment dans Inprecor n&#176; 84. La premi&#232;re r&#233;union nationale des d&#233;l&#233;gu&#233;s des syndicats libres en cours de constitution a eu lieu le 17 septembre &#224; Gdansk. Au cours de cette rencontre Karol Modzelewski, opposant de longue date et auteur avec Jacek Kuron d'un v&#233;ritable programme de r&#233;volution antibureaucratique &#8212; &#171; La lettre ouverte au POUP &#187; (publi&#233;e en fran&#231;ais d'abord en tant que suppl&#233;ment &#224; la revue Quatri&#232;me Internationale puis par les &#233;ditions Fran&#231;ois Maspero) a r&#233;ussi &#224; persuader les pr&#233;sents qu'il faut construire un syndicat national unifi&#233; et a propos&#233; le nom : &#171; Solidarnosc &#187;. Le syndicat sera, apr&#232;s de nouveaux combats, officiellement enregistr&#233; le 10 novembre 1980. Son premier congr&#232;s national a eu lieu en deux temps, les 5-10 septembre 1981 et les 26 septembre -7 octobre &#224; Gdansk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Cette citation et les suivantes sont extraites du reportage de Bernard Guetta par dans Le Monde dat&#233; du 5 septembre 1980.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Russie - Chronique de la violence et d'une justice arbitraire</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Evguenia Tchirikova</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors que les incendies font rage aux alentours de Moscou et que les temp&#233;ratures d&#233;passent tous les records pour la r&#233;gion, &#224; Khimki, petite ville voisine, c'est un tout autre combat qui est en train d'&#234;tre men&#233;. Cela fait en effet plusieurs ann&#233;es que le mouvement de d&#233;fense de la for&#234;t de Khimki, compos&#233; majoritairement de citoyens, se bat pour emp&#234;cher la destruction du dernier poumon de la ceinture de Moscou au profit de la construction d'une autoroute reliant Moscou &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton5019-635bc.jpg?1679020942' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les incendies font rage aux alentours de Moscou et que les temp&#233;ratures d&#233;passent tous les records pour la r&#233;gion, &#224; Khimki, petite ville voisine, c'est un tout autre combat qui est en train d'&#234;tre men&#233;. Cela fait en effet plusieurs ann&#233;es que le mouvement de d&#233;fense de la for&#234;t de Khimki, compos&#233; majoritairement de citoyens, se bat pour emp&#234;cher la destruction du dernier poumon de la ceinture de Moscou au profit de la construction d'une autoroute reliant Moscou &#224; Saint-P&#233;tersbourg.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;but des travaux entam&#233;s sans autorisation l&#233;gale a suscit&#233; l'indignation des habitants de Khimki, ainsi que de nombreux citoyens et repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile, majoritairement moscovites, venus sur place les soutenir. Sans cette mobilisation d'une ampleur inattendue il aurait suffit d'une semaine pour raser la for&#234;t de Khimki. Les militants s'accrochent mais la ville est depuis lors le th&#233;&#226;tre d'une violence pas seulement polici&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent. (NdT.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confrontation physique entre les repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile et les forces de l'ordre associ&#233;es &#224; des structures criminelles parties &#224; la construction de l'autoroute Moscou-Saint-P&#233;tersbourg a commenc&#233; d&#232;s le d&#233;but de l'abattage de la for&#234;t de Khimki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 juillet, &#224; l'endroit des travaux o&#249; les militants &#233;cologistes avaient mont&#233; un camp de protestation, un inconnu a agress&#233; le leader du mouvement de d&#233;fense de la for&#234;t de Khimki, Evguenia Tchirikova. Il l'a frapp&#233; &#224; la main de mani&#232;re &#224; casser son t&#233;l&#233;phone portable et l'a ensuite heurt&#233; &#224; l'aide du pare-choc de sa Jeep.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une plainte a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e aupr&#232;s de la police le jour m&#234;me mais au jour d'aujourd'hui (le 7aout) on n'a aucune nouvelle du d&#233;veloppement de l'affaire. D&#232;s le d&#233;part, des points de surveillance par des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es de gardiennage ont &#233;t&#233; install&#233;s pr&#232;s du camp pour effrayer les militants. Les gardiens faisaient r&#233;guli&#232;rement des rondes dans le camp pour prof&#233;rer des menaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juillet, ces m&#234;mes gardiens sont entr&#233;s dans le camp et ont menac&#233;s les activistes avec des matraques en fer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 22 juillet, des activistes se sont rendus pacifiquement &#224; la Mairie pour remettre une p&#233;tition. La police les a brutalement dispers&#233;s et 5 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 juillet, la soci&#233;t&#233; &#171; Po-teplotekhnik &#187;, en charge de la d&#233;forestation, a engag&#233; un sous-traitant (l'entreprise &#171; Lestorg &#187;) et renfor&#231;&#233; la surveillance. Mais en plus du personnel de s&#233;curit&#233; &#171; officiel &#187;, fourni par l'entreprise priv&#233;e &#171; Vityaz &#187;, des inconnus &#224; l'apparence criminelle et ne portant aucun signe d'appartenance &#224; une agence de s&#233;curit&#233; l&#233;gale ont &#233;t&#233; engag&#233;s. Ces individus &#233;taient tr&#232;s agressifs, ils ont m&#234;me tent&#233; de s'en prendre &#224; un journaliste de la BBC et de &#171; Radio Svoboda &#187;, afin d'emp&#234;cher les tournages vid&#233;o. Les activistes ont tout de m&#234;me pu se frayer un passage jusqu'au lieu d'abattage et obtenir l'interruption des travaux &#171; jusqu'&#224; pr&#233;sentation des documents d'autorisation &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la nuit du 22 au 23, un nouveau camp fut install&#233; l&#224; o&#249; avaient commenc&#233; d'autres travaux. Au lev&#233; du jour une cinquantaine de personnes portant des masques blancs se sont introduites dans le camp. Il s'agissait de jeunes hommes bien b&#226;tis, probablement des membres de clubs de supporters et de groupements n&#233;onazis. Ils mena&#231;aient les activistes de mort. La d&#233;forestation a pu reprendre sous leur surveillance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un d&#233;tachement de la police est arriv&#233; sur place mais est reparti sans m&#234;me r&#233;gler la situation ni &#233;tablir l'identit&#233; des hommes masqu&#233;s. C'est &#224; ce moment que la leader du mouvement de d&#233;fense de la for&#234;t de Khimki, Evgenia Tchirikova, ainsi que d'autres militants, se sont vu oblig&#233;s de se jeter sous les roues d'une voiture de police, afin de pr&#233;server la s&#233;curit&#233; des activistes qui allaient se retrouver seuls &#224; seuls avec des criminels plus forts qu'eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s l'arriv&#233;e sur place des cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision, les hommes masqu&#233;s ont commenc&#233; &#224; faire preuve de beaucoup plus de retenue. Certains militants ont tent&#233; d'&#233;tablir le dialogue avec eux, leur expliquant qu'ils &#233;taient utilis&#233;s pour d&#233;fendre un projet ill&#233;gal et empreint de corruption. Profitant de la confusion, certains activistes ont de nouveau r&#233;ussi &#224; p&#233;n&#233;trer le lieu de l'abattage et &#224; arr&#234;ter les travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; cela, et malgr&#233; le fait qu'aucun document d'autorisation n'avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;, des divisions de police et des forces sp&#233;ciales (OMON) ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es pour la protection des ouvriers au travail. Les hommes masqu&#233;s n'int&#233;ressaient visiblement pas les policiers arriv&#233;s dans le camp le 23 juillet. Ils ont donc commenc&#233; &#224; arr&#234;ter sauvagement les militants et les journalistes se trouvant aux alentours du lieu d'abattage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de son arrestation la journaliste de &#171; Novaya Gazeta &#187; Elena Kostioutchenko a &#233;t&#233; s&#233;rieusement bless&#233;e aux vert&#232;bres cervicales. Margarita Popovka a pour sa part &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;e jusque dans le combis par des policiers qui la tenaient par les cheveux. Comme les hommes en uniforme refusaient d'&#233;noncer la cause de l'arrestation et m&#234;me de se pr&#233;senter, cela ressemblait beaucoup plus &#224; un enl&#232;vement qu'&#224; une op&#233;ration de police de routine. La d&#233;forestation a ensuite continu&#233; sous la surveillance conjointe de la police, de l'entreprise priv&#233;e de s&#233;curit&#233; et de militaires dont on ignore la provenance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 26 juillet, des activistes sont arriv&#233;s sur place avec le d&#233;put&#233; de la Douma d'Etat Anton Belakov. Une fois de plus, l'absence de documents autorisant la destruction de la for&#234;t a pu &#234;tre confirm&#233;e. De plus, m&#234;me la pr&#233;sence du d&#233;put&#233; n'a pu emp&#234;cher le recours &#224; la violence : l'activiste Dionis Georgis a &#233;t&#233; attaqu&#233; par des hommes arm&#233;s sans insigne permettant de les identifier, qui l'ont jet&#233; sur le sol et l'ont rou&#233; de coups de pieds. Les policiers pr&#233;sents sur instance du d&#233;put&#233; se sont vus contraints de les arr&#234;ter. Aucune plainte n'a cependant suivi. De toute &#233;vidence, les agresseurs ont &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;s par la police d&#232;s que occasion de le faire en l'absence des cam&#233;ras et de t&#233;moins s'est pr&#233;sent&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 juillet &#224; 17 heures devait avoir lieu une rencontre entre Mr. A.T Semtchenko, le directeur de l'entreprise &#171; Po-teplotekhnik &#187; en charge des travaux de d&#233;forestation, et des repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile ainsi que des citoyens. Mais au dernier moment les d&#233;fenseurs du projet ont de nouveau refus&#233; le dialogue. Les citoyens hors d'eux se sont alors rendus &#224; la for&#234;t de Khimki, pour tenter de faire barrage de leur corps &#224; l'abattage ill&#233;gal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers 19 heures, un des militants, Mikha&#239;l Matveev, s'est enfonc&#233; dans la for&#234;t jusqu'au lieu d'abattage. Il fut alors agress&#233; par un groupe d'hommes portant des masques noirs. Il a &#233;t&#233; jet&#233; sur le sol et battu. On lui demandait qui il &#233;tait et d'o&#249; il venait, la carte m&#233;moire ainsi que la batterie de son appareil photo lui ont &#233;t&#233; vol&#233;es. Quand on l'a finalement laiss&#233; partir, Mikha&#239;l s'est adress&#233; aux agents de police en poste sur la chauss&#233;e avoisinante. Mais ceux-ci ont refus&#233; d'inspecter la for&#234;t, r&#233;torquant &#171; qu'il n'y avait personne &#187;, et ont refus&#233; de prendre sa d&#233;position. Apr&#232;s un certain temps, un autre activiste, Alexandre Glibin, pu de nouveau apercevoir un groupe d'hommes masqu&#233;s, mais ils &#233;taient accompagn&#233;s d'employ&#233;s de l'agence de s&#233;curit&#233; priv&#233;e et de la police.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est plus ou moins &#224; ce moment que des groupements de jeunes anarchistes et antifascistes ont attaqu&#233; la Mairie de Khimki. La police n'a pu s'interposer et a m&#234;me du d&#233;serter les lieux. Le camp des militants &#233;cologistes sur le lieu d'abattage est ensuite devenu la cible des forces de police, bien qu'aucun d'entre eux n'ait pu prendre part &#224; l'attaque de la Mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 22 heures, une quinzaine de personnes se trouvaient pr&#232;s de la zone de travaux ill&#233;gaux dans la for&#234;t de Khimki. Les activistes donnaient des interviews aux journalistes et montaient leurs tentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tachement de la police compos&#233; d'une quarantaine de personne fit une apparition surprise. Ils d&#233;clar&#232;rent que, sur ordonnance du Gouverneur de l'Oblast de Moscou, les activistes devaient quitter la for&#234;t. Indiquant les restes d'un feu de bois &#233;teint depuis longtemps, ils accus&#232;rent les d&#233;fenseurs de la for&#234;t d'allumer du feu. Malgr&#233; l'absurdit&#233; des d&#233;clarations de la police, et vu l'&#233;vidente in&#233;galit&#233; des forces, les militants commenc&#232;rent &#224; rassembler leurs affaires et &#224; sortir de la for&#234;t. Mais &#224; ce moment, un combis fit son apparition au coin de la chauss&#233;e. Les policiers ordonn&#232;rent &#224; toutes les personnes qui venaient de quitter la for&#234;t d'y monter. &#192; la question de savoir de quoi &#233;taient accus&#233;s les militants, ils r&#233;pondirent &#171; nous vous expliquerons plus tard &#187;. Les activistes mont&#232;rent de force dans le combis et furent conduits au bureau de police n&#176;2 de Khimki. 15 personnes furent arr&#234;t&#233;es. D'entre eux, 5 journalistes et un assistant de d&#233;put&#233; ont &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;s. Les 9 personnes restantes ont pass&#233; la nuit et la matin&#233;e dans des cachots &#233;touffants. Les militants ont &#233;t&#233; fouill&#233;s devant l'entr&#233;e de leur ge&#244;le. Eveguenia Tchirikova et Elena Maximova ont &#233;t&#233; contraintes de se d&#233;shabiller. Les autres activistes se sont vu priv&#233;s de leurs objets personnels, y compris de leur t&#233;l&#233;phone portable. Evguenya demanda &#224; &#234;tre rel&#226;ch&#233;e car ses 2 enfants mineurs d'&#226;ge (9 et 4 ans) &#233;taient rest&#233;s &#224; la maison. Ce &#224; quoi les policiers sous l'ordre du commandant Chkouratov ont r&#233;pondu par la n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, 14 personnes ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es du poste de police vers le tribunal situ&#233; au 1, Rue Spartakov &#224; Khimki. Il s'est av&#233;r&#233; qu'ils &#233;taient accus&#233;s de &#171; manifestation non-autoris&#233;e &#187;, &#171; allumage de feu de bois &#187; et &#171; opposition &#224; la police &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge est apparu vers 16 heures et l'audience a commenc&#233;. &#192; la fin des d&#233;bats, vers 19 heures, une seule affaire avait &#233;t&#233; trait&#233;e. De plus, le juge n'a pas jug&#233; utile de consulter les d&#233;positions de certains t&#233;moins ni les nombreuses photos et vid&#233;os pr&#233;sent&#233;es. Toute l'accusation a &#233;t&#233; fond&#233;e sur les d&#233;clarations de deux policiers. Au final, Elena Maximova a &#233;t&#233; jug&#233;e coupable et condamn&#233;e &#224; une amende de 700 roubles. La police mena&#231;ait de ramener ceux qui n'&#233;taient pas pass&#233; en jugement au poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachant que cela &#233;tait ill&#233;gal, les activistes demand&#232;rent au juge une convocation leur permettant de se pr&#233;senter eux-m&#234;mes en temps indiqu&#233; au tribunal. Le juge r&#233;pondit par un &#171; je ne vous retiens pas &#187; et des convocations en bonne et due forme furent remises aux activistes, qui quitt&#232;rent le tribunal vers 19-20 heures et rejoignirent leurs maisons respectives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en chemin, ils se rendirent compte qu'ils avaient &#233;t&#233; pris en filature. Une partie d'entre eux parvint &#224; se cacher, mais ils ont du quitter Khimki. Trois personnes furent &#224; nouveau arr&#234;t&#233;es sous pr&#233;texte de &#171; remise de convocation &#187;. Ils ont finalement pass&#233; quelques heures dans des voitures de police puis au poste. De plus, pour une raison inconnue, au lieu de leur remettre une convocation on leur a ordonn&#233; de se pr&#233;senter au poste de police le lendemain matin &#224; 9 heures, faute de quoi ils pourraient bien &#234;tre poursuivis au tribunal p&#233;nal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour suivant des raids ont &#233;t&#233; men&#233;s par la police dans les appartements des militants, surtout dans le but d'effrayer leurs parents et de d&#233;terminer o&#249; ils se trouvaient. Les policiers n'ont pas vraiment pu justifier les raisons de leur arriv&#233;e. Le 30 juillet la police s'est &#233;galement rendue &#224; la demeure de certains militants : chez Alexandre Mitenkov &#224; 6 heures du matin, chez des parents d'Evguenia Tchirikova vers 9h. C'est l&#224; qu'a commenc&#233; la campagne d'intimidation permanente des activistes et des membres de leurs familles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant ce temps la d&#233;forestation suivait son cours. Des repr&#233;sentants des mouvements sociaux et des figures politiques de Moscou commenc&#232;rent &#224; se rendre sur place afin de s'y interposer. Le 31 juillet le leader du parti &#171; Yabloko &#187;, Sergue&#239; Mitrokhin, se trouvait sur les lieux. Il se tenait avec son assistant sur un tas de rondins. Voyant le commandant Chkouratov, chef du commissariat n&#176;2 de Khimki, escalader pour venir le rejoindre, Sergue&#239; Mitrokhin se mit &#224; descendre. Alors qu'il descendait le commandant Chkouratov le frappa dans le dos et il tomba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 juillet vers 17 heures, le d&#233;fenseur de la for&#234;t Guennadi Rodin fut arr&#234;t&#233; dans la for&#234;t de Khimki. Le chef de la police, apr&#232;s avoir vu son t-shirt &#171; la Russie est pour la for&#234;t de Khimki &#187; a ordonn&#233; qu'il soit arr&#234;t&#233; sur le champ. Il monta de force dans une voiture et fut conduit au commissariat n&#176;2 de Khimki. D'autres activistes et des connaissances de Guennadi, ainsi que des journalistes et d&#233;fenseurs des droits de l'homme appel&#232;rent le commissariat n&#176;2 pour savoir ce qu'il en &#233;tait de lui. Mais la police leur r&#233;pondit qu'il n'y avait aucun Guennadi Rodin au poste. Sous la pression de la soci&#233;t&#233; civile, les policiers lui ont permis de rencontrer ses proches vers 21h. Ils ont pu lui apporter de la nourriture. &#192; 2h du matin il fut rel&#226;ch&#233;, les policiers lui ayant arrach&#233; la promesse de se pr&#233;senter au poste lundi &#224; 9h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, dans la nuit du 31 au 1er ao&#251;t, vers une heure du matin, le d&#233;fenseur de la for&#234;t Youri Vladimirovitch Petin fut agress&#233; dans la for&#234;t de Khimki. &#192; ce moment l'abattage battait son plein. Alors que Youri tentait de s'approcher des travaux ill&#233;gaux il fut aveugl&#233; par une lampe de poche et frapp&#233; &#224; la t&#234;te. Quand il revint &#224; lui on lui demanda qui il &#233;tait, d'o&#249; il venait et s'il entretenait des rapports avec les antifascistes. Youri fut ensuite d&#233;pouill&#233; : on lui prit son appareil photo, son t&#233;l&#233;phone portable et sa pompe &#224; v&#233;lo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 1er ao&#251;t la campagne d'intimidation des activistes fut prolong&#233;e. Au matin trois policiers se sont pr&#233;sent&#233;s chez des proches d'Evguenia Tchirikova lui donnant l'ordre de se rendre &#224; 11h le 2 ao&#251;t au commissariat situ&#233; au 4, Rue Gogol, en tant que t&#233;moins. Cependant, la convocation ne portait ni la mention, ni le num&#233;ro de l'affaire pour laquelle ils &#233;taient appel&#233;s. Les policiers s'adressaient au fr&#232;re d'Evguenia, l'obligeant &#224; signer la convocation &#224; sa place et mena&#231;ant de poursuites p&#233;nales si elle ne se pr&#233;sentait pas. L'objectif &#233;vident de ces actes &#233;tait d'emp&#234;cher Evguenya d'assister &#224; la r&#233;union des habitants de Khimki pr&#233;vue le 2 ao&#251;t sur le champ Starbeevski.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour une dizaine d'hommes arm&#233;s s'en sont pris au militant Sergue&#239; Agueev, qui &#233;tait en train de montrer le lieu d'abattage au correspondant d'un magazine allemand. Ils l'ont menac&#233; physiquement et exig&#233; l'arr&#234;t de la visite et de la s&#233;ance photo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 ao&#251;t sur le champ Starbeevski devait avoir lieu une rencontre pacifique entre les repr&#233;sentants du mouvement de d&#233;fense de la for&#234;t et de simples citoyens, pour discuter de la situation et chercher de futures solutions au probl&#232;me. Mais cette r&#233;union a &#233;t&#233; brutalement dispers&#233;e par les forces sp&#233;ciales. Plus de 10 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es, dont Sergue&#239; Mitrokhin et d'autres acteurs de la soci&#233;t&#233; civile de Moscou et Khimki. Au commissariat on tenta une nouvelle fois de confisquer aux activistes leurs t&#233;l&#233;phones portables et leurs affaires personnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t, les forces sp&#233;ciales de la banlieue de Moscou arr&#234;t&#232;rent grossi&#232;rement Evguenia Tchirikova alors qu'elle sortait du Centre de la presse ind&#233;pendante. En violation de la loi sur la police, la force physique a &#233;t&#233; employ&#233;e alors qu'elle ne tentait m&#234;me pas de se cacher ou de s'opposer &#224; son arrestation. Les policiers refus&#232;rent de se pr&#233;senter ou d'&#233;noncer la raison de son arrestation. Il apparu plus tard qu'elle avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e dans le but de &#171; d&#233;poser un t&#233;moignage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 ao&#251;t, apr&#232;s que les t&#233;moignages aient &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s au d&#233;partement des affaires int&#233;rieures de la ville de Khimki (Rue Gogol n&#176;6), Evguenia Tchirikova et Yaroslav Nikitenko se sont vu pri&#233;s par un groupe de policiers de les accompagner au tribunal. Yaroslav Nikitenko refusa car aucune convocation ou attestation ne lui avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e. Il fut alors jet&#233; vulgairement &#224; l'arri&#232;re du combis, avec recours &#224; la force. Il fut fouill&#233; sans raison apparente et son t&#233;l&#233;phone portable lui fut confisqu&#233;. Evguenia Tchirikova non-plus ne s'est pas vue remettre de convocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tribunal a une fois de plus ignor&#233; les d&#233;clarations d'autres t&#233;moins et toute l'accusation a &#233;t&#233; fond&#233;e sur les d&#233;clarations de quelques policiers. Evguenia Tchirikova a &#233;t&#233; condamn&#233;e &#224; 2300 roubles et d'amende et Yaroslav Nikitenko &#224; 800 roubles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Espagne : une r&#233;forme du code du travail qui facilite et qui banalise le licenciement</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Espagne-une-reforme-du-code-du-travail-qui-facilite-et-qui-banalise-le</link>
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		<dc:date>2010-08-10T12:38:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le capital europ&#233;en a d&#233;j&#224; &#233;labor&#233; une strat&#233;gie pour affronter la profonde et multidimensionnelle crise capitaliste qui a tellement d&#233;concert&#233;, ici [dans l'Etat espagnol] et ailleurs. Le pouvoir des grandes firmes transnationales &#8211; en particulier dans le secteur financier et des assurances, disposant d'un arsenal de pressions &#233;conomiques et politiques &#8211; a inflig&#233; un coup d'&#233;tat aux gouvernements en s'arrogeant la souverainet&#233;. Du moins aux gouvernements de l'Union Europ&#233;enne (UE) et des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton5033-4bf23.jpg?1675071745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le capital europ&#233;en a d&#233;j&#224; &#233;labor&#233; une strat&#233;gie pour affronter la profonde et multidimensionnelle crise capitaliste qui a tellement d&#233;concert&#233;, ici [dans l'Etat espagnol] et ailleurs. Le pouvoir des grandes firmes transnationales &#8211; en particulier dans le secteur financier et des assurances, disposant d'un arsenal de pressions &#233;conomiques et politiques &#8211; a inflig&#233; un coup d'&#233;tat aux gouvernements en s'arrogeant la souverainet&#233;. Du moins aux gouvernements de l'Union Europ&#233;enne (UE) et des diff&#233;rents pays qui la composent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le contexte politique de l'ajustement n&#233;olib&#233;ral &#233;conomique, social et syndical international&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir du Capital, qui compte d&#233;j&#224; avec de nombreux march&#233;s dans les pays &#233;mergents &#224; un co&#251;t tr&#232;s bas, o&#249; il investit, exige que l'ensemble des pays avanc&#233;s des conditions d'investissement devant rejoindre celles de la p&#233;riph&#233;rie la plus rentable : la Chine, l'Inde, la Cor&#233;e du Sud, etc. Le Capital a d&#233;cid&#233; de rendre plus rentable l'&#233;conomie europ&#233;enne sur le dos d'une exploitation de la force de travail, au d&#233;triment des droits de la majorit&#233; sociale et en particulier des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette priv&#233;e des banques s'est transform&#233;e en une volumineuse dette publique. Parce que le d&#233;ficit public s'est accru, ce qui s'explique par les nombreux &#171; stimuli fiscaux &#187; (abaissements d'imp&#244;ts, subventions accrues au capital, certaines orientations d'investissements publics, etc....) et par le renflouement du syst&#232;me financier. Maintenant les agents sp&#233;culateurs du syst&#232;me financier, en particulier allemands et fran&#231;ais, apr&#232;s avoir abandonn&#233; des secteurs en crise et &#224; la recherche de nouvelles victimes, s'orientent vers le march&#233; des titres de la dette de certains pays. Ils jouent &#224; tirer vers le haut les taux int&#233;r&#234;ts comme ceux de la dette publique de Gr&#232;ce ou de l'Espagne, sur les march&#233;s sp&#233;cialis&#233;s, ce qui menace de ruiner les Etats. Les agents financiers (banques, assurances&#8230;), qui ont &#233;t&#233; sauv&#233;s par le secteur public et qui ont obtenu un financement bon march&#233;, utilisent ces ressources pour manipuler &#224; la baisse la valeur de la dette publique et engranger des b&#233;n&#233;fices plus importants. Pendant ce temps, ils ne lib&#232;rent pas le cr&#233;dit pour alimenter d'autres domaines o&#249; ils seraient n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre cons&#233;quence en est la d&#233;stabilisation de l'euro, qui est d&#233;j&#224; en train de remettre en question le cadre de l'Union europ&#233;enne. Et qui pourrait bien, dans les ann&#233;es qui viennent, inciter soit &#224; une int&#233;gration mon&#233;taire avec le dollar, soit au retour des vieilles monnaies nationales. Mais le plus important est que ce pouvoir mafieux exerce un chantage (o&#249; compte sur les complicit&#233;s dont il dispose) sur la souverainet&#233; politique, qui a &#233;t&#233; c&#233;d&#233;e aux gouvernements par les urnes, pour &#233;viter toute r&#233;sistance &#224; ses exigences de politiques d'ajustement en sa faveur et au d&#233;triment de la classe travailleuse et de la majorit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements europ&#233;ens ont adopt&#233; la d&#233;cision de mobiliser d'&#233;normes ressources pour sauver les banques de l'insolvabilit&#233; et pour r&#233;tablir leur rentabilit&#233;, sous pr&#233;texte de stimuler le flux des cr&#233;dits, qui n'a d'ailleurs retrouv&#233; la fluidit&#233; requise. De la m&#234;me mani&#232;re, ils ont renonc&#233; &#224; entreprendre des r&#233;formes fiscales progressives pour augmenter la capacit&#233; de relance publique ayant des traits redistributifs. En Espagne on a &#233;limin&#233; l'imp&#244;t sur le patrimoine, en grande partie l'imp&#244;t sur les successions et sur les donations, on a r&#233;duit l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s, on a supprim&#233; des all&#233;gements fiscaux tout en maintenant les amnisties fiscales pour les grandes fortunes. On a seulement mis&#233; sur l'augmentation de la TVA et des imp&#244;ts sp&#233;ciaux, tous indirects, r&#233;gressifs et non-redistributifs. On n'a pas non plus renonc&#233; aux diverses subventions vers&#233;es &#224; des secteurs ayant de forts groupes de pression &#8211; l'automobile, par exemple &#8211; et on soutient le fond de restructuration des banques (Fondo de Reestructuracion Ordenada Bancaria - FROB), suite &#224; la crise des banques hypoth&#233;caires (Cajas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faible pression fiscale et la chute de l'activit&#233; &#233;conomique ont cr&#233;&#233; un contexte de formidable ass&#232;chement des recettes et des revenus publics qui explique en premier lieu le d&#233;ficit public engendr&#233;. Mais il faut &#233;galement dire que les volumes de la dette publique de certains pays, et en particulier de l'Espagne, ne sont pas aussi importants que ce qu'on a bruyamment pr&#233;tendu. Ce qui est grave, c'est l'attitude sp&#233;culative et tra&#238;tresse du secteur financier. Et son op&#233;ration contre des pays individuels qui n'ont pas pu compter sur le soutien n&#233;cessaire de la part des institutions publiques europ&#233;ennes. En d&#233;finitive, ce sont les politiques r&#233;cessives qu'on est en train de dicter qui vont effectivement augmenter le volume et le co&#251;t de la dette au cours des prochaines ann&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &#233;chelle europ&#233;enne on s'est concert&#233; pour la cr&#233;ation d'un nouveau fond, avec des apports des grands pays. Ceux-ci d&#233;cident d'activer la planche &#224; billets sans autre appui que le sceau de la BCE (Banque Centrale Europ&#233;enne), en un mod&#232;le de politique mon&#233;taire expansif qui se r&#233;v&#232;le inutile dans ce contexte &#8211; plus la participation du FMI &#8211; pour financer les pays menac&#233;s par la sp&#233;culation, en &#233;change de l'obligation de politiques d'ajustement draconiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, au lieu de miser sur le secteur public pour stimuler l'&#233;conomie &#224; partir d''investissements publics financ&#233;s avec les imp&#244;ts, ou sur l'augmentation des salaires et des services publics, on a mis&#233; de le faire en endettant la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re, en combinant les restrictions salariales et l'aust&#233;rit&#233; en mati&#232;re de d&#233;penses publiques. Maintenant l'endettement redevient une sorte de fuite en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette politique a &#233;trangl&#233; avec la crise d'importants secteurs priv&#233;s et celle s m&#233;nages, elle contribuera d&#233;sormais &#224; ass&#233;ner le coup de gr&#226;ce au secteur public en Europe pour pulv&#233;riser l'Etat social en rendant sa situation financi&#232;re insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait eu beaucoup d'alternatives, mais on a choisi de se r&#233;fugier dans les recettes n&#233;olib&#233;rales. On aurait pu remettre en place une banque publique, on aurait pu r&#233;guler le syst&#232;me financier, on aurait pu en finir avec les paradis fiscaux. Pour des pays comme l'Espagne on aurait pu, avec une pression fiscale minime, augmenter les imp&#244;ts sur le capital et sur revenus rentiers les plus &#233;lev&#233;s, faire des investissements publics bien planifi&#233;s et soutenables qui auraient pu avoir des effets multiplicateurs (sur la croissance du Produit int&#233;rieur brut - PIB) et ayant un int&#233;r&#234;t social. Mais la d&#233;mocratie formelle bourgeoise n'a plus rien de d&#233;mocratique. Les gouvernements sont &#8211; certains avec plus de r&#233;ticence et d'autres plus loyalement &#8211; pratiquement des marionnettes du Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parenth&#232;se du Pacte de stabilit&#233; et de croissance (PSC) est termin&#233;e ; on en a fini avec la stricte fiction d'un retour vers un certain mod&#232;le de keynesianisme. On revient &#224; la sacro-sainte norme d'un d&#233;ficit public de 3%. En Espagne, on veut diminuer le d&#233;ficit public, proche du 12% du PIB, pour devenir un &#233;l&#232;ve exemplaire. Et on a commenc&#233; cette t&#226;che en optant pour une voie antisociale. Le programme d'aust&#233;rit&#233;, qui rognera 50'000 millions d'euros (50 milliards) en quatre ans, le coup de ciseau de 15'000 millions d'euros (15 milliards) qui s'appliquera aux salaires des fonctionnaires, &#224; l'investissement public et &#224; un gel des pensions, et bient&#244;t l'augmentation de l'&#226;ge de la retraite, et actuellement &#224; la r&#233;forme du Code du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des mesures nuisibles. Mais le plus important est l'orientation et l'ampleur des mesures entreprises, compte tenu l'objectif vis&#233; et l'orientation fix&#233;e pour l'atteindre. En effet, le fait de vouloir appliquer ce mod&#232;le, cette orientation signifie que les agressions pr&#233;vues ne constituent que la premi&#232;re d'une s&#233;rie d'&#233;tapes, s&#233;rie qui sera encore plus importante si nous entrons en d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que la lutte sera longue. Et il s'agira de contester non seulement une r&#233;forme ou une coupe budg&#233;taire, mais toute l'orientation politique du projet bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en attendant, nous allons examiner et &#233;valuer ci-dessous la r&#233;forme du code du travail propos&#233;e par le gouvernement du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), le 16 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;valuation de la r&#233;forme du Code du Travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel projet du gouvernement constitue une agression importante contre la r&#233;gulation des rapports de travail et les droits des travailleurs et des travailleuses. En outre, certains aspects se trouvent encore &#224; un stade d'&#233;laboration impr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, le contenu de la r&#233;forme est encore vague en ce qui concerne certains des indicateurs et des proc&#233;dures. Par exemple, un des indicateurs qui n'est pas clair est celui qui permettrait de cautionner une entreprise en ce qui concerne les causes &#233;conomiques qui justifieraient un licenciement objectif, avec 20 jours d'indemnisation pour licenciement. Dans le texte d&#233;finitif cela n'appara&#238;t pas clairement, m&#234;me si dans les m&#233;dias on &#233;voquait six mois de pertes. Si c'&#233;tait le cas, ce serait une condition arbitraire, d'abord parce que tous les six mois les entreprises n'&#233;tablissent que des rapports de gestion internes et qu'ils sont &#233;tablis selon des normes h&#233;t&#233;rog&#232;nes et qu'on n'utiliserait alors pas la r&#233;f&#233;rence de la comptabilit&#233; annuelle selon les normes du Registre du Commerce. Sans compter le fait que les rapports, qu'ils soient pour six mois ou pour trois ans, ne constituent que des informations conjoncturelles. Et que le capital &#233;tablit sa comptabilit&#233; &#224; &#233;chelle du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas non plus clair si l'augmentation graduelle de l'indemnisation de licenciement pour un contrat de travail et de service affecterait &#233;galement le contrat temporaire. Il en va de m&#234;me en ce qui concerne la dur&#233;e des bonifications pour contrat pour jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, devant l'absence de soutien suffisant, le gouvernement ne peut approuver le projet comme D&#233;cret royal, mais uniquement comme projet de loi, ce qui implique un risque que les groupes conservateurs au Parlement en durcissent encore davantage les contenus [finalement le d&#233;cret-loi a &#233;t&#233; adopt&#233; le 17 juin 2010]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, dans l'&#233;tat actuel le document peut encore subir &#8211; et subira probablement &#8211; des changements qui feront que certaines des questions qui sont analys&#233;es ici devront encore &#234;tre nuanc&#233;es par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les principaux contenus de la R&#233;forme du code de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de r&#233;forme modifie diff&#233;rents chapitres qui se r&#233;f&#232;rent &#224; l'acc&#232;s, &#224; la dur&#233;e et &#224; la fin des rapports de travail, ainsi que des aspects concernant la n&#233;gociation collective et l'organisation du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re conclusion qu'on peut tirer de ce projet de r&#233;forme est que, de mani&#232;re globale elle va dans le sens suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; de faciliter et rendre moins cher le licenciement, en particulier pour les contrats &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d'impulser les relations de travail par des agents priv&#233;s (r&#244;le des bo&#238;tes d'int&#233;rim, de bo&#238;tes de placement) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d'augmenter la pr&#233;carisation de certaines modalit&#233;s contractuelles pour les jeunes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d'accorder encore davantage de pouvoir aux patrons dans la gestion interne de l'organisation du travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; de faciliter la s&#233;paration d'accords salariaux n&#233;goci&#233;s au sein des entreprises, en d&#233;naturant ainsi l'efficacit&#233; relative des conventions collectives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les aspects compensatoires de la r&#233;forme n'atteignent pas l'ampleur de ce qui pr&#233;c&#232;de, leur impact est bien moindre, et ils n'ont qu'un effet de distraction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rench&#233;rissement ridicule des contrats temporaires, les limites impos&#233;es &#224; l'extension du contrat de travail et de service ou l'encha&#238;nement des contrats, le mod&#232;le allemand pour r&#233;duire la journ&#233;e de travail et le salaire en cas de danger de licenciement et d'autres mesures du m&#234;me acabit n'ont qu'un effet m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des changements dans le syst&#232;me d'acc&#232;s au rapport de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mesures se d&#233;gagent dans ce chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.- Les aides li&#233;es &#224; des contrats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif au d&#233;part &#233;tait de concentrer ces aides sur les groupes &#171; qui en avaient le plus besoin &#187;, en particulier les jeunes, les femmes et d'autres groupes d&#233;favoris&#233;s. En r&#233;alit&#233; elles se concentrent sur les jeunes entre 16 et 30 ans qui sont au ch&#244;mage depuis plus de 12 mois, sans scolarit&#233; obligatoire ou sans formation professionnelle, sur des personnes de plus de 45 ans au ch&#244;mage depuis plus d'une ann&#233;e, ainsi que sur des mutations de contrats de formation, de rel&#232;ve et de remplacement pour cause de retraite, auxquels on ajoutera un certain montant s'il s'agit de femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les conditions pour que les entreprises puissent obtenir les aides sont l'augmentation les contrats &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e et le maintien du travail &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e durant la p&#233;riode d'aide, soit environ trois ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agira au total de 2'800 millions d'euros (2,8 milliards) qui ne serviront qu'&#224; modifier la position dans la file d'attente devant les bureaux de ch&#244;mage de certains groupes par rapport &#224; d'autres. Ils serviront &#224; abaisser gracieusement les co&#251;ts du travail pour les entrepreneurs sans pour autant stimuler la cr&#233;ation d'emplois. Cet argent serait mieux utilis&#233; pour la cr&#233;ation d'emplois publics ou pour des aides &#224; l'adaptation au poste de travail ou pour des appuis sp&#233;cifiques d'accompagnement en faveur de groupes ayant des difficult&#233;s, telles les personnes ayant un handicap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.- Privatisation partielle de la m&#233;diation du travail priv&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet l&#233;galise l'intervention des agences de placement priv&#233;es. Elles pourront d&#233;velopper des travaux, si elles y sont autoris&#233;es, en collaboration (externalisation) avec les services publics de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les ETT (agences d'emploi et de travail temporaire) pourront agir dans des secteurs qui leur &#233;taient jusqu'&#224; maintenant interdits pour des raisons de s&#233;curit&#233; au travail : la construction, la sant&#233;, etc... La seule limite sera que la n&#233;gociation collective devra d&#233;terminer si l'agence peut pratiquer et quels seront les termes de son activit&#233;. Cette question est tr&#232;s probl&#233;matique et r&#233;gressive, car elle suppose le transfert au priv&#233; de la gestion de l'acc&#232;s &#224; l'emploi et la s&#233;lection de personnel sur des crit&#232;res priv&#233;s, ce qui suppose le d&#233;veloppement de mod&#232;les discriminatoires et l'ouverture d'un important march&#233; pour &#171; quelque chose &#187; qui devrait &#234;tre un droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services publics de l'Emploi continueront &#224; fonctionner comme jusqu'ici, mais en externalisant une partie de leurs fonctions. Selon les propositions du gouvernement, leur r&#244;le devrait augmenter. Aujourd'hui ils ne g&#232;rent que 2% des placements. Et ils se consacrent essentiellement &#224; la gestion des prestations de ch&#244;mage, &#224; faire un peu d'orientation professionnelle ou &#224; r&#233;partir des fonds pour la formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui se passe actuellement, et &#224; ce qui se passera avec cette r&#233;forme,les services publics devraient &#234;tre le principal outil d'&#233;tablissement de relations de travail, avec un fonctionnement qui rendrait plus rationnel et plus fluide l'acc&#232;s &#224; l'emploi et &#224; la formation dans les domaines &#233;conomiques les plus indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils devraient rendre plus objectifs et plus transparents les crit&#232;res de s&#233;lection du personnel et miser sur le d&#233;veloppement avec davantage d'initiatives dans le domaine des politiques de l'emploi. Ils pourraient &#233;galement &#8211; pourquoi pas ? &#8211; jouer le r&#244;le d'employeur direct dans un &#233;lan vers une &#171; &#233;conomie sociale &#187;, par exemple en comptant sur les montants des aides qui servent maintenant &#224; subventionner le Capital et &#224; abaisser les co&#251;ts du travail, sans grands r&#233;sultats.&lt;br class='autobr' /&gt; Permanence : modifications dans le syst&#232;me contractuel et flexibilit&#233; de l'organisation du travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.- Les modifications n&#233;gatives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contrats de formation. Malgr&#233; le fait qu'ils pourront compter avec les prestations de ch&#244;mage,il y aura une aide de 100% pour la cotisation &#224; la s&#233;curit&#233; sociale. On admettra cette formule pour des jeunes jusqu'&#224; 24 ans &#8211; s'ils sont au ch&#244;mage &#8211; (avant c'&#233;tait jusqu'&#224; 21 ans, et 25 jusqu'au 31.12.2011, et durant la premi&#232;re ann&#233;e l'on admet un salaire inf&#233;rieur au SMI (salaire minimum interprofessionnel). L'entreprise devra augmenter le personnel pour pouvoir offrir des emplois selon cette formule. Il faudra assurer un 15% de formation th&#233;orique par journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des contrats avec pratique. On &#233;largit l'&#233;ventail des groupes pouvant b&#233;n&#233;ficier de ce type de contrat. Il ne faudra plus seulement un dipl&#244;me, le certificat de travail (exp&#233;rience acquise) sera aussi valable. Et il faudra qu'ils aient &#233;t&#233; obtenus dans les cinq derni&#232;res ann&#233;es. Ils seront d'une dur&#233;e variant entre 6 et 24 mois, avec un salaire entre 60 et 75% du salaire fix&#233; par la convention durant la premi&#232;re ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.- Modifications positives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rench&#233;rissement graduel de l'indemnit&#233; de licenciement lors d'un contrat temporaire de 8 &#224; 12 jours sur une p&#233;riode donn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sauf pour les contrats int&#233;rimaires et de formations, il est pr&#233;vu une indemnisation allant jusqu'&#224; 12 jours &#224; partir de 2014. Elle sera de 10 jours en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rench&#233;rissement n'emp&#234;chera pas qu'il continuera &#224; &#234;tre plus attractif d'engager &#224; titre temporaire, car cela restera tout de m&#234;me meilleur march&#233;. D'ailleurs, cet abaissement du co&#251;t du personnel employ&#233; pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e est proportionnellement beaucoup plus important (touchant 75% de la population salari&#233;e) que le rench&#233;rissement des licenciements du personnel temporaire, m&#234;me si la rotation de ces derniers supposera d'allouer davantage de ressources &#224; cette indemnisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement du FOGASA (Fondo de Garantia Salarial &#8211; Fonds de garantie salarial) pour le licenciement d'un employ&#233; ayant un contrat aid&#233; serait en 2014 &#233;gal au co&#251;t du licenciement pour &#171; raisons objectives &#187; d'un temporaire ou d'une personne avec un contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Cette voie est rendue plus facile par cette r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pour la premi&#232;re fois, il y a une limite dans le temps de l'utilisation du Contrat de travail et de services.. A partir de maintenant, d&#232;s les 24 mois (avec une extension de 12 mois, par convention sectorielle), ces contrats se transformeront en contrats &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Limitation &#224; l'encha&#238;nement du contrat temporaire et sa transformation en contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Il existe un &#233;largissement des cas o&#249; un encha&#238;nement des contrats entra&#238;ne le droit &#224; un emploi &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Selon le projet, si sur une p&#233;riode de 30 mois une personne se trouve employ&#233;e durant plus de 24 mois, avec ou sans solution de continuit&#233;, la possibilit&#233; de conversion en un contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e existera que ce soit dans le m&#234;me poste de travail ou dans des postes diff&#233;rents, avec la m&#234;me entreprise ou dans un groupe d'entreprises, avec deux contrats ou davantage, y compris un contrat de mise &#224; disposition (c'est-&#224;-dire un contrat &#233;tabli par une entreprise temporaire en faveur d'une entreprise), ou dans des situations de reprise d'une entreprise. Le nouveau Code peut r&#233;guler des syst&#232;mes de pr&#233;vention afin qu'un m&#234;me poste de travail ne soit pas occup&#233; abusivement par diff&#233;rentes personnes ayant un contrat temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le mod&#232;le allemand. R&#233;duction de la journ&#233;e de travail et du salaire, combin&#233;e avec une prestation de ch&#244;mage avec indemnisation (ch&#244;mage partiel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet favorise cette solution de ch&#244;mage partiel (qui n'affecte que 1,5% de l'ensemble des d&#233;cisions de licenciements), misant sur des suspensions partielles du contrat, et comme solution temporaire, on admet une r&#233;duction de la journ&#233;e de travail d'entre 10 et 70%, pendant une dur&#233;e n'exc&#233;dant pas une ann&#233;e, compens&#233;e par une prestation partielle de ch&#244;mage. On appliquera une aide de 50% aux cotisations patronales, jusqu'&#224; un taux maximum de 80% lorsqu'on incorpore des activit&#233;s de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; En ce qui concerne la flexibilit&#233; de l'organisation du travail, le projet modifie le r&#232;glement des conditions n&#233;goci&#233;es pour changer les conditions collectives de l'organisation du travail, notamment en mati&#232;re de mobilit&#233; g&#233;ographique&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Des modifications substantielles des conditions de travail. Heures de travail journali&#232;res, distribution irr&#233;guli&#232;re du temps de travail et de l'horaire, travail en &#233;quipe, syst&#232;mes de r&#233;mun&#233;ration et syst&#232;me du travail et du rendement ainsi que des fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait d&#233;j&#224; un trou &#233;norme de flexibilit&#233; patronale dans le Statut des Travailleurs. Maintenant on veut flexibiliser encore davantage : dans les cas o&#249; il n'y aura pas d'accord avec les syndicats on fera appel &#224; un arbitrage qui pourra &#234;tre volontaire), avec des crit&#232;res tellement laxistes (&#171; favoriser la comp&#233;titivit&#233; sur le march&#233; ou une meilleure r&#233;ponse aux exigences de la demande &#187;) qu'il est &#224; craindre que cela ne serve qu'&#224; donner davantage de pouvoir au patron en mati&#232;re d'organisation du travail. A part cela, on raccourcit les d&#233;lais de la p&#233;riode de consultation, qui ne sera que de 15 jours au maximum.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au niveau personnel, le travailleur n'aura le droit de r&#233;silier son contrat qu'avec une indemnisation de 20 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin de la relation de travail et licenciement meilleur march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Abaissement de l'indemnisation de licenciement. G&#233;n&#233;ralisation du contrat aid&#233; avec indemnisation de 33 jours par ann&#233;e de travail et 24 mensualit&#233;s au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On laissera comme app&#226;t destin&#233; &#224; &#171; retenir le personnel strat&#233;gique &#187; le contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e apr&#232;s 45 jours, et en particulier pour les hommes de 30 &#224; 45 ans employ&#233;s ou ayant subi moins de trois mois de ch&#244;mage et les femmes employ&#233;es entre 30 et 45 ans et toutes celles employ&#233;es pr&#233;alablement avec un contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Les entreprises qui auraient licenci&#233; de mani&#232;re non-fond&#233;e ne pourront pas embaucher au moyen d'un contrat aid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FOGASA subviendra &#224; hauteur de 8 jours d'indemnisation par ann&#233;e de travail pour les licenciements intervenant dans les contrats aid&#233;s d'une dur&#233;e de plus d'un an. Cela implique un abaissement du co&#251;t important pour les entreprises et une charge salariale indirecte &#224; supporter par la collectivit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le licenciement disciplinaire (pour faute professionnelle), d&#233;clar&#233; juridiquement comme &#233;tant non fond&#233;, du contrat aid&#233;, passera de 45 jours &#224; 33 jours avec un maximum de 24 mensualit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; d'invoquer des causes &#233;conomiques (&#171; qui ne soient pas conjoncturelles &#187;). Dans les m&#233;dias on a parl&#233; de &#171; six mois de perte &#187;, mais cela sera fix&#233; par des d&#233;marches parlementaires) pour le licenciement pour raisons &#233;conomiques &#8211; licenciements collectifs &#8211; de 20 jours par ann&#233;e. Cette mesure se transforme en passoire pour rendre meilleur march&#233; les licenciements dans les emplois li&#233;s &#224; des mesures de ch&#244;mage partiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste &#224; d&#233;finir l'apport r&#233;gulier du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, il sera cr&#233;&#233; un fond qui servira &#224; financer un droit des travailleurs et des travailleuses, tout au long de leur vie active, &#224; un certain nombre de jours de salaire, en fonction des ann&#233;es de service ; cette indemnit&#233; pourra &#234;tre vers&#233;e en cas de licenciement, de mobilit&#233; g&#233;ographique ou de d&#233;veloppement d'activit&#233;s de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si nous ignorons la port&#233;e de ce fond, on peut affirmer qu'avec celui-ci on va perdre en partie la fonction d'obstacle qu'exerce l'indemnisation actuellement. En effet, l'apport patronal r&#233;gulier aura plusieurs cons&#233;quences. Ce fond sera nourri aussi bien par des entreprises en crise que par les autres, et va faire qu'il sera plus facile de licencier, m&#234;me s'il existe d&#233;j&#224; des fonds n&#233;cessaires pour indemniser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;crochage salarial et d&#233;naturation de la n&#233;gociation collective&lt;br class='autobr' /&gt;
Il vaut la peine de souligner les conditions d'une plus grande flexibilit&#233; pour que les entreprises fassent appel &#224; la dite &#171; Clause d'inapplication salariale &#187;. La convention peut d&#233;finir les conditions de son application, mais les entreprises pourront faire appel lorsque &#171; se verront affect&#233;es les perspectives de stabilit&#233; ou de maintien de l'emploi &#187;. En cas d'absence d'accord, on ferait appel &#224; un arbitrage, ce qui r&#233;duirait de mani&#232;re notable l'efficacit&#233; de la n&#233;gociation collective en mati&#232;re salariale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 29 septembre 2010 et le combat social &#224; long terme qui d&#233;bute&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le 29 septembre 2010 avec un processus de mobilisation (30 juin, 8 septembre, etc...) peut &#234;tre un bon mod&#232;le, malgr&#233; la d&#233;mobilisation qu'entra&#238;nera la p&#233;riode estivale au milieu de ces mobilisations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est n&#233;cessaire de bien pr&#233;parer la gr&#232;ve, et pour cela le malaise social doit s'exprimer. Or, ce n'est pas par g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e que se fera une prise de conscience, une organisation et une lutte collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela exige des explications, des d&#233;bats, de la propagande et des d&#233;clarations publiques pour que les gens voient non seulement les raisons de se mobiliser, mais qu'ils se rendent compte qu'il s'agira d'un processus qui n&#233;cessitera un important soutien social pour animer et soutenir la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un atout particuli&#232;rement important est la co&#239;ncidence avec la mobilisation europ&#233;enne appel&#233;e par la CES (Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats) pour le m&#234;me jour. Il conviendrait d'encourager le nombre le plus &#233;lev&#233; possible de mouvements de gr&#232;ve dans les pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;valuer la gr&#232;ve, il faudra tenir compte des facteurs suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La r&#233;ussite ne doit pas &#234;tre mesur&#233;e en termes de la participation de gr&#233;vistes, mais plut&#244;t en termes de port&#233;e en ce qui concerne la paralysie de l'appareil de production, car c'est l&#224; l'arme principale pour faire pression sur le gouvernement. Pour ce faire, il est d'importance cl&#233; de paralyser certains secteurs de l'&#233;conomie : transports, moyens de communication, industrie, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il est tr&#232;s probable que cette initiative ne suffira pas &#224; renverser les mesures pr&#233;vues. Il est possible que devant l'envergure des politiques du Capital, il soit n&#233;cessaire d'aller au-del&#224; d'une gr&#232;ve symbolique et expressive et qu'il faille adopter des initiatives d'occupation de centres de travail, de penser &#224; de nouvelles manifestations et gr&#232;ves, peut-&#234;tre &#224; caract&#232;re illimit&#233;, jusqu'&#224; ce que les objectifs soient atteints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il est n&#233;cessaire d'obtenir une unit&#233; d'action pour gagner cette bataille de longue dur&#233;e, et il conviendra de profiter de tout appel &#224; une protestation, de toutes les initiatives de d&#233;bat, etc... qui se pr&#233;senteront. A ce propos, la co&#239;ncidence avec des initiatives de syndicats nationalistes [en Catalogne, dans le Pays Basque, etc.] et minoritaires sera particuli&#232;rement opportune, m&#234;me si, en m&#234;me temps, il est n&#233;cessaire de demander que ceux-ci se joignent aux luttes des syndicats majoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il est important de d&#233;passer m&#234;me les objectifs limit&#233;s et d&#233;fensifs de certains secteurs, en introduisant une p&#233;dagogie avec une perspective sur l'importance de ce conflit, en en politisant l'interpr&#233;tation et l'orientation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel Albarracin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALBARRACIN Daniel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Traduction A l'encontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Daniel Albarracin est &#233;conomiste aupr&#232;s des CCOO (Commissions ouvri&#232;res) et professeur &#224; l'Universit&#233; Carlos III. Il a contribu&#233; avec deux articles au num&#233;ro 5/6 de la revue La br&#232;che. L'article &#233;crit le 16 juin 2010 est pour l'essentiel conforme aux d&#233;cisions finales adopt&#233;es par le D&#233;cret-loi du 17 juin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hongrie - capitalisme productif ou capitalisme sp&#233;culatif ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Hongrie-capitalisme-productif-ou-capitalisme-speculatif</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Hongrie-capitalisme-productif-ou-capitalisme-speculatif</guid>
		<dc:date>2010-08-10T12:38:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Bibeau</dc:creator>


		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Et pourquoi ce premier ministre hongrois ne r&#233;ussira-t-il pas &#224; appliquer sa propre recette d'un capitalisme &#171; productif &#187; pour sauver son pays du chaos &#233;conomique sp&#233;culatif et du capitalisme &#171; sp&#233;culatif &#187; ? Ce sont ses propres expressions. Serait-ce que les gens sont trop imb&#233;ciles, trop avides, trop aveugles pour cesser de faire ce qui les m&#232;nes directement &#224; la catastrophe &#233;conomique ? &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai retranscrit ci-dessous un extrait d'un discours du premier ministre hongrois que je vais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH108/arton5031-20d25.jpg?1707431652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et pourquoi ce premier ministre hongrois ne r&#233;ussira-t-il pas &#224; appliquer sa propre recette d'un capitalisme &#171; productif &#187; pour sauver son pays du chaos &#233;conomique sp&#233;culatif et du capitalisme &#171; sp&#233;culatif &#187; ? Ce sont ses propres expressions. Serait-ce que les gens sont trop imb&#233;ciles, trop avides, trop aveugles pour cesser de faire ce qui les m&#232;nes directement &#224; la catastrophe &#233;conomique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai retranscrit ci-dessous un extrait d'un discours du premier ministre hongrois que je vais analyser avec vous afin de bien comprendre ce que ce magistrat ne comprend pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi tous les pays europ&#233;ens n'appliquent-ils pas la recette du premier ministre de Hongrie ? Et pourquoi ce premier ministre hongrois ne r&#233;ussira-t-il pas &#224; appliquer sa propre recette d'un capitalisme &#171; productif &#187; pour sauver son pays du chaos &#233;conomique sp&#233;culatif et du capitalisme &#171; sp&#233;culatif &#187; ? Ce sont ses propres expressions. Serait-ce que les gens sont trop imb&#233;ciles, trop avides, trop aveugles pour cesser de faire ce qui les m&#232;nes directement &#224; la catastrophe &#233;conomique ? Non, l'intelligence &#233;tant statistiquement &#233;quitablement distribu&#233;e de par le monde, la Hongrie n'en poss&#232;de ni plus ni moins que sa part. L'explication de cette contradiction est ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier constat : Le premier ministre de Hongrie a raison de souligner que le capitalisme sp&#233;culatif engendre la production &#171; d'argent &#187; inflationniste (monnaie, valeur de l'or, valeurs comptables et valeur boursi&#232;re). Le premier ministre hongrois identifie ci-dessous que les valeurs comptables d&#233;passent de vingt fois la valeur des marchandises et des valeurs r&#233;elles disponibles sur le march&#233; mondial. Pour simplifier et pour le dire diff&#233;remment &#8211; la demande &#8211; disposerait de vingt fois trop d'argent sur le march&#233; mondial par rapport &#224; &#8211; l'offre &#8211; c'est-&#224;-dire aux biens et aux marchandises disponibles cons&#233;quence directe de la sp&#233;culation inflationniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me constat : Prenez note qu'au m&#234;me moment deux tiers (2/3) de l'humanit&#233; ne dispose pas d'assez d'argent pour s'acheter de quoi manger, boire, se loger et s'habiller convenablement. Des millions de gens de par le monde vivent avec moins de 2 $ par jour alors qu'il y a vingt fois trop d'argent en circulation ! &#201;tonnant non ? Comment expliquer cette distorsion des lois du march&#233; libre et concurrentiel ? C'est que le march&#233; capitaliste n'est pas libre et concurrentiel.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me constat : Il est vrai qu'a une certaine &#233;poque le capitalisme &#171; productif &#187; (au cours des ann&#233;es cinquante et soixante du pr&#233;c&#233;dent mill&#233;naire notamment) engendrait moins de ch&#244;mage et les diff&#233;rentes soci&#233;t&#233;s d&#233;velopp&#233;es mettaient alors sur pied des services publics pour tous. L'&#233;conomie &#233;tait alors en expansion, mais tout de m&#234;me soumise &#224; des crises cycliques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors pourquoi abandonner cette recette gagnante et se lancer dans la sp&#233;culation st&#233;rile et destructrice qui n'engendre que l'accumulation de montagne de frics de pacotille sans r&#233;elle valeur sur le march&#233; ? (1 ) Pourquoi vingt fois trop de capital par rapport &#224; la valeur des richesses produites disponibles ? En fait, pourquoi le capitalisme sp&#233;culatif ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les lois du capitalisme sont des forces r&#233;elles et in&#233;luctables qui ne d&#233;pendent pas du bon vouloir d'un banquier, d'un sp&#233;culateur, d'un premier ministre, d'un pr&#233;sident, d'un &#171; juif &#187; sioniste ou d'un arabe milliardaire du p&#233;trole, d'un m&#233;chant capitaliste ou de la volont&#233; de Bill Gates ou de Warran Buffet. Ce sont de vrais lois sociales et macros &#233;conomiques, de vrais forces, comme la loi de la gravit&#233; en physique, ou encore les lois de l'&#233;rosion g&#233;omorphologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois qui r&#233;gissent l'&#233;conomie capitaliste ne sont pas : &lt;br class='autobr' /&gt;
a) la loi de la concurrence parfaite &#8211; la main invisible &#8211; surtout pas en soci&#233;t&#233; capitaliste monopoliste ou :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) la loi de l'offre et de la demande &#8211; puisqu'il y a vingt fois plus d'offre de capital que de demande. Ces lois &#233;conomiques in&#233;luctables sont : i) la loi de la course au profit maximum ; ii) la loi de la baisse tendancielle des taux de profits ; iii) la loi de la paup&#233;risation de la majorit&#233; et de l'accumulation d'immense richesse dans les mains d'une minorit&#233; de plus en plus restreinte et riche, minorit&#233; qui poss&#232;de le capital et les moyens de production alors que l'immense majorit&#233; ne poss&#232;de que sa force de travail pour survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait fi de ces lois, qui ne les appliques pas et qui ne s'y soumet pas est balay&#233; de la sc&#232;ne de l'histoire par le syst&#232;me &#233;conomique, &#231;a s'appelle un d&#233;p&#244;t de bilan ou encore une faillite.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme sp&#233;culatif na&#238;t inexorablement du d&#233;veloppement du capitalisme productif. &#192; titre d'exemple, la Chine qui actuellement d&#233;veloppe un capitalisme productif &#233;voluera vers un capitalisme sp&#233;culatif (la tonte des coupons), elle se heurtera alors &#224; la premi&#232;re puissance sp&#233;culative mondiale, celle qui &#233;met ce trop plein d'argent &#8211; de dollars &#8211; ce qui lui permet de parasiter sur cette sp&#233;culation boursi&#232;re mondiale, de se maintenir comme premi&#232;re puissance consommatrice de biens alors que c'est la soci&#233;t&#233; la plus endett&#233;e du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Hongrie n'est pas &#224; m&#234;me de renverser ces lois syst&#233;miques in&#233;luctables pas plus que la Chine ou les &#201;tats-Unis ne peuvent les faire. Voil&#224; pourquoi l'imp&#233;rialisme c'est la guerre, au sud Liban, en Palestine occup&#233;e, au Soudan, en Afghanistan, en Irak, en Birmanie, en Tch&#233;tch&#233;nie, au Pakistan, au Cachemire, au N&#233;pal, en Colombie, au Congo, au Y&#233;men, en Somalie, etc. etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Citation du premier ministre hongrois.&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le processus le plus important que nous devions prendre en compte est que l'&#233;conomie mondiale se dirige dans une nouvelle direction. Il semble que le capitalisme productif a un nouvel avenir et que l'&#233;poque du capitalisme sp&#233;culatif touche &#224; sa fin. Nous savons tous que la raison principale de la crise &#233;conomique qui &#233;trangle le monde consiste en la chose suivante : une sur&#233;valuation r&#233;git le march&#233; mondial. L'argent disponible dans le commerce mondial outrepasse plus de vingt fois le montant des valeurs r&#233;elles. Il s'en suit que toutes les valeurs r&#233;elles dans les livres de compte et les bilans sont sur&#233;valu&#233;es. Des bulles se forment, entra&#238;nant l'&#233;conomie dans des crises successives. H&#233;las, ces crises ne s'arr&#234;tent pas &#224; la fronti&#232;re hongroise. &#187;&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mesdames et Messieurs, la Hongrie ne peut r&#233;ussir dans ce monde moderne en transformation rapide, qu'&#224; condition de nous tourner vers le capitalisme productif et d'utiliser &#224; notre avantage le processus global. Je veux dire par l&#224; que nous devons de mani&#232;re croissante, et avec grande d&#233;termination, refouler la sp&#233;culation et nous orienter vers le capitalisme productif. Pour bien me faire comprendre, je n'ai pas besoin d'aller dans les d&#233;tails : le capitalisme productif est li&#233; au travail alors que le capitalisme sp&#233;culatif est li&#233; &#224; la sp&#233;culation. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mesdames et Messieurs, le point cl&#233; est que nous pouvons op&#233;rer une telle diff&#233;renciation. Je propose que lors de la mise en place de ce nouveau syst&#232;me &#233;conomique, nous d&#233;signions comme sp&#233;culatives toutes les activit&#233;s par lesquelles quelqu'un gagne de l'argent en nuisant &#224; autrui. Et lorsque quelqu'un gagne de l'argent en cr&#233;ant une r&#233;elle valeur qui profite aux autres et &#224; la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re, alors cela peut &#234;tre d&#233;fini comme du travail. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mesdames et Messieurs, je suis convaincu que ce n'est qu'avec ce type de capitalisme productif que nous pourrons cr&#233;er dans les dix prochaines ann&#233;es 1 million de nouveaux emplois en Hongrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) La valeur d'un bien ou d'un service correspondant &#224; la quantit&#233; de travail n&#233;cessaire &#224; sa production sociale, l'argent disponible devrait donc &#233;quivaloir &#224; cette valeur, ce qui n'est pas du tout le cas sous le capitalisme sp&#233;culatif, ou si vous pr&#233;f&#233;rez sous l'imp&#233;rialisme stade supr&#234;me du capitalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Italie - &#192; Pise, le Hub de la guerre</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Italie-A-Pise-le-Hub-de-la-guerre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Italie-A-Pise-le-Hub-de-la-guerre</guid>
		<dc:date>2010-08-10T12:37:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manlio Dinucci</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le projet est pr&#233;sent&#233; comme un investissement important qui, relan&#231;ant le r&#244;le strat&#233;gique de la base pisane, pourra avoir d'importantes retomb&#233;es &#233;conomiques sur le territoire. &#171; L'a&#233;roport militaire nouvelle richesse pour Pise &#187;, titre Il Tirreno (journal r&#233;gional pisan, NdT) (3 ao&#251;t), pr&#233;voyant que le Hub, en mesure de recevoir jusqu'&#224; 30 mille militaires par mois, cr&#233;era un notable secteur auxiliaire dont la capacit&#233;, familles suivant les militaires comprises, est estim&#233;e &#224; 50-60 mille (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton5029-41be6.jpg?1675743057' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le projet est pr&#233;sent&#233; comme un investissement important qui, relan&#231;ant le r&#244;le strat&#233;gique de la base pisane, pourra avoir d'importantes retomb&#233;es &#233;conomiques sur le territoire. &#171; L'a&#233;roport militaire nouvelle richesse pour Pise &#187;, titre Il Tirreno (journal r&#233;gional pisan, NdT) (3 ao&#251;t), pr&#233;voyant que le Hub, en mesure de recevoir jusqu'&#224; 30 mille militaires par mois, cr&#233;era un notable secteur auxiliaire dont la capacit&#233;, familles suivant les militaires comprises, est estim&#233;e &#224; 50-60 mille personnes. Pour une ville qui n'atteint pas les 90.000 habitants. Ce projet, qui bouleverse la vocation touristique du territoire en misant sur le militaire, est impos&#233; &#224; toute la ville sans que ses habitants aient &#233;t&#233; consult&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'a&#233;roport militaire de Pise deviendra le Hub national des forces arm&#233;es, soit l'unique base a&#233;rienne d'o&#249; transiteront tous les r&#233;giments envoy&#233;s dans les diff&#233;rentes &#171; missions internationales &#187; : annonc&#233; par le porte-parole de la 46&#232;me Brigade a&#233;rienne, major Giorgio Mattia. Les travaux commenceront en mai prochain et le Hub deviendra op&#233;rationnel d'ici 2013. Les travaux d'amplification de l'escale pr&#233;voient une structure pouvant recevoir environ 30.000 hommes parfaitement &#233;quip&#233;s, pour une dur&#233;e d'au moins un mois. La structure, a pr&#233;cis&#233; le porte-parole, refl&#232;tera en tout et pour tout les grands hub civils avec services de check in et check out, prise en charge des bagages et autres services &#224; terre qui pourront &#234;tre g&#233;r&#233;s par des entreprises civiles. A une diff&#233;rence pr&#232;s : ce ne sont pas des touristes en t-shirt avec des cannes &#224; p&#234;che qui y transiteront mais des militaires en treillis avec des fusils mitrailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet est pr&#233;sent&#233; comme un investissement important qui, relan&#231;ant le r&#244;le strat&#233;gique de la base pisane, pourra avoir d'importantes retomb&#233;es &#233;conomiques sur le territoire. &#171; L'a&#233;roport militaire nouvelle richesse pour Pise &#187;, titre Il Tirreno (journal r&#233;gional pisan, NdT) (3 ao&#251;t), pr&#233;voyant que le Hub, en mesure de recevoir jusqu'&#224; 30 mille militaires par mois, cr&#233;era un notable secteur auxiliaire dont la capacit&#233;, familles suivant les militaires comprises, est estim&#233;e &#224; 50-60 mille personnes. Pour une ville qui n'atteint pas les 90.000 habitants. Ce projet, qui bouleverse la vocation touristique du territoire en misant sur le militaire, est impos&#233; &#224; toute la ville sans que ses habitants aient &#233;t&#233; consult&#233;s. &#192; coup s&#251;r, par contre, ce projet a re&#231;u l' &#171; OK &#187; enthousiaste de l'administration communale, pr&#233;sid&#233;e par le maire Marco Filippeschi (Pd, nouveau &#171; centre-gauche &#187;, NdT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Filippeschi, en novembre dernier, qui a annonc&#233; que la base &#233;tats-unienne de Camp Darby, situ&#233;e entre l'a&#233;roport de Pise et le port de Livourne, a d' &#171; importantes perspectives &#187; et que &#171; les Am&#233;ricains (Etats-uniens, NdT) estiment que cette implantation est tr&#232;s importante et veulent continuer &#224; y investir &#187;. En attendant y investissent aussi la R&#233;gion Toscane et les municipalit&#233;s de Pise et Livourne qui, en agrandissant le Canal des Navicelli, permettent &#224; la base d'acc&#233;l&#233;rer les liaisons avec le port de Livourne et d'accro&#238;tre sa capacit&#233; : de fa&#231;on &#224; approvisionner plus rapidement en forces terrestres et a&#233;riennes les zones m&#233;diterran&#233;enne, africaine et moyen-orientale. Dans ce m&#234;me cadre vient s'ins&#233;rer le projet du Hub de Pise : le fait qu'il sera en mesure de d&#233;placer jusqu'&#224; 30.000 militaires par mois, le triple de ceux que l'Italie d&#233;ploie &#224; l'&#233;tranger, indique que la structure pourra &#234;tre utilis&#233;e aussi par les forces arm&#233;es &#233;tats-uniennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silence par contre sur le fait que l'impact environnemental de l'a&#233;roport est d&#233;j&#224; aujourd'hui &#224; la limite du soutenable. La 46&#232;me Brigade, dot&#233;e d'avions C-130J de Lockheed Martin, qui, en transportant en continu des troupes et du mat&#233;riel en Afghanistan et sur d'autres th&#233;&#226;tres d'op&#233;rations, effectue aujourd'hui plus de 10 mille mouvements annuels d'avions militaires, auxquels s'ajoutent ceux effectu&#233;s pour le compte de Camp Darby, dont le montant est secret. Dans le m&#234;me a&#233;roport, dont la gestion est militaire, s'effectuent plus de 40.000 mouvements annuels d'avions civils. De plus en plus souvent, les C-130J et d'autres avions survolent &#224; base altitude les zones habit&#233;es, insouciants de la pollution qu'ils provoquent que les autorit&#233;s ignorent habituellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger d'accidents augmente en m&#234;me temps, accidents comme celui qui s'est produit en novembre dernier, quand un gigantesque C-130J, modifi&#233; en avion citerne pour l'approvisionnement de chasseurs bombardiers en vol, est tomb&#233; sur une ligne ferroviaire juste apr&#232;s le d&#233;collage, &#233;vitant de peu une trag&#233;die. La r&#233;alisation du Hub, v&#233;ritable ville militaire &#224; l'int&#233;rieur de la cit&#233;, qui demandera plus d'espace et la d&#233;molition probable d'&#233;difices civils, ne pourra qu'accro&#238;tre &#233;norm&#233;ment ce type d'impact. Nous sommes donc en pr&#233;sence du projet de militarisation d'un territoire, qui d&#233;passe largement celui du redoublement de la base de Vicence, duquel pourront tirer profit certains secteurs &#233;conomiques locaux, mais pas l'&#233;conomie ni la population de la ville dans leur ensemble. Une &#171; grande &#339;uvre &#187; militaire, dont l'&#233;norme co&#251;t phagocytera d'autres deniers publics, tandis que, &#224; Pise aussi, on fait des coupes dans les fonds pour l'universit&#233;, la sant&#233; et d'autres secteurs. Un investissement de plus sur la &#171; ressource guerre &#187;, derri&#232;re le paravent des &#171; missions humanitaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans l'&#233;dition du 4 ao&#251;t 2010 de il manifesto (sous le titre : Treillis et fusils, la guerre de Pise) &lt;a href=&#034;http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in&lt;/a&gt; edicola/numero/20100804/pagina/03/pezzo/283996/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mythes et mensonges sur Hiroshima et Nagasaki</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mythes-et-mensonges-sur-Hiroshima-et-Nagasaki-5024</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Mythes-et-mensonges-sur-Hiroshima-et-Nagasaki-5024</guid>
		<dc:date>2010-08-10T12:37:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ataulfo Riera</dc:creator>


		<dc:subject>Nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Diff&#233;rentes th&#232;ses s'affrontent pour expliquer les motivations r&#233;elles du bombardement atomique d'Hiroshima et de Nagasaki (les 6 et 9 ao&#251;t 1945) par les Etats-Unis, les amenant ainsi &#224; commettre un crime contre l'Humanit&#233;. La pol&#233;mique ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une simple querelle entre historiens : au-del&#224; de la simple question du &#171; pourquoi ? &#187;, il y a toute l'implication qui se cache derri&#232;re la r&#233;ponse. &lt;br class='autobr' /&gt; Implication tr&#232;s actuelle car les &#201;tats-Unis sont d&#233;sormais la seule (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH103/arton5024-e64b0.jpg?1674710626' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Diff&#233;rentes th&#232;ses s'affrontent pour expliquer les motivations r&#233;elles du bombardement atomique d'Hiroshima et de Nagasaki (les 6 et 9 ao&#251;t 1945) par les Etats-Unis, les amenant ainsi &#224; commettre un crime contre l'Humanit&#233;. La pol&#233;mique ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une simple querelle entre historiens : au-del&#224; de la simple question du &#171; pourquoi ? &#187;, il y a toute l'implication qui se cache derri&#232;re la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Implication tr&#232;s actuelle car les &#201;tats-Unis sont d&#233;sormais la seule superpuissance atomique capable de frapper o&#249; que ce soit dans le monde et ils se doteront bient&#244;t, avec le syst&#232;me de d&#233;fense anti-missile, d'un outil capable de supprimer toute dissuasion nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se officielle, celle que tous les enfants &#233;tasuniens apprennent par coeur &#224; l' &#233;cole et qui, derni&#232;rement encore, a &#233;t&#233; r&#233;affirm&#233;e par le S&#233;nat des &#201;tats-Unis, explique que l'usage de la bombe atomique en 1945 a permis de pr&#233;cipiter la fin d'une guerre sanglante, de perdre moins d'argent et d'&#233;pargner des milliers de vies humaines. Le pr&#233;sident Truman, qui prit la d&#233;cision finale, affirma que son geste avait sauv&#233; la vie de pr&#232;s de 250.000 &#034;boys&#034;. Apr&#232;s la guerre, dans ses &#034;M&#233;moires&#034;, ce chiffre monta &#224; 500.000 (1). D'autres ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; avancer des chiffres de l'ordre de 1... &#224; 3 millions de vies &#233;pargn&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les tenants de cette th&#232;se, au cas o&#249; les troupes U.S auraient d&#233;barqu&#233; au Japon, les soldats nippons, fanatiques et partisans d'une guerre &#224; outrance, auraient oppos&#233; une r&#233;sistance suicidaire et jusqu'au-boutiste. De plus, les soldats japonais auraient &#233;t&#233; &#233;paul&#233;s par des millions de civils tout autant fanatis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet argument est toujours repris actuellement par certains historiens : &#171; Sans aucun doute (sic), la population civile d&#233;fendra pied &#224; pied le sol de la m&#232;re patrie. Les militaires lui confieront des explosifs, des pieux en bois. Tous les moyens seront bons pour tuer des ennemis &#187;. Conclusion ? &#171; Truman n'a pas le choix &#187; (2). Le pr&#233;sident Truman nous est ainsi souvent pr&#233;sent&#233; comme un homme sens&#233;, qui a pris une d&#233;cision difficile mais juste. Et un historien bourgeois de nous le d&#233;montrer : &#034;Des soldats am&#233;ricains mouraient par milliers chaque jour (?). L'apitoiement n'&#233;tait pas de mise. Truman n'avait pas le choix. Sa d&#233;cision lui a co&#251;t&#233;&#034;. (3). Il s'agit ici de l'argument &#171; moral &#187; de la th&#232;se officielle qui accorde &#224; la bombe atomique le m&#233;rite paradoxal d'avoir sauv&#233; des vies humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre argument nous dit que la bombe atomique a permis aux Japonais de comprendre la formidable capacit&#233; de destruction des &#201;tats-Unis : &#171; Nous d&#233;truirons compl&#232;tement la puissance qui permet au Japon de poursuivre la guerre &#187; menace Truman le 6 ao&#251;t 1945. Sachant cela, les Japonais n'auraient plus eu aucune raison de lutter. Autre &#233;l&#233;ment corollaire ; la destruction d'Hiroshima et de Nagasaki, outre l'impact psychologique de l'&#233;v&#233;nement, aurait permis &#224; l'Empereur Hiro-Hito d'imposer honorablement la paix &#224; ses chefs de guerre &#171; jusqu'au-boutistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette s&#233;rie de dogmes officiels, plusieurs historiens ont os&#233; les d&#233;monter pi&#232;ce par pi&#232;ce. Le premier d'entre eux, Gar Alperovitz, politologue &#233;tasunien, soutient depuis 1965 que son pays a fait usage de la bombe pour faire peur &#224; Staline, dont les &#171; vis&#233;es expansionnistes &#187; mena&#231;aient les int&#233;r&#234;ts (grandissants) des &#201;tats-Unis dans le Sud-est asiatique et en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;500.000...1.000.000 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument des 500.000 (ou plus) vies &#233;pargn&#233;es ne tient absolument pas debout. Un rapport des strat&#232;ges militaires am&#233;ricains pr&#233;voyant le co&#251;t humain d'une invasion du japon (pr&#233;vue pour le 1er septembre 45) contient de tout autres chiffres. R&#233;dig&#233; par le Chef d' Etat-Major, le g&#233;n&#233;ral Marshall, et dat&#233; du 18 juin 1945, il estime avec pr&#233;cision les pertes am&#233;ricaines &#224;... 46.000 hommes au maximum. (4). Ce rapport, qui n'a seulement &#233;t&#233; rendu public qu'en 1985, &#233;tait adress&#233; au pr&#233;sident Truman, celui-ci a donc sciemment menti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les chiffres fantaisistes du pr&#233;sident et consorts reposaient sur l'argument que les Japonais, civils et militaires, se battraient jusqu'&#224; la mort. Or, pour ce qui est des soldats, ce fanatisme, r&#233;el &#224; une certaine &#233;poque du conflit, commen&#231;ait &#224; se fissurer. Alors que durant les batailles pr&#233;c&#233;dentes les soldats japonais se faisaient tuer sur place plut&#244;t que de se rendre, lors de l'importante bataille d'Okinawa au mois de juin 1945, plus de 7.000 d'entre eux se sont constitu&#233; prisonniers. Du jamais vu. Suivant en cela le code d'honneur militaire japonais, bon nombre d'officiers &#233;taient effectivement des jusqu'au-boutistes, mais une bonne partie des hommes de troupe &#233;tait fatigu&#233;e des combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux civils, l'argument est tout simplement absurde : le peuple japonais &#233;tait totalement &#224; bout apr&#232;s presque 13 ann&#233;es de guerre (d'abord avec la Chine, puis avec les Alli&#233;s) : privations, mis&#232;re, faim, souffrance et mort sous les tapis de bombes largu&#233;s par les bombardiers am&#233;ricains (plus de 21 millions de Japonais ont &#233;t&#233; d'une fa&#231;on ou d'une autre touch&#233;s par ces bombardements massifs), etc. Un tel peuple n'aspirait plus qu'&#224; la paix et l'on peut difficilement se l'imaginer fon&#231;ant droit vers des chars &#233;tasuniens avec des &#034;pieux en bois&#034; (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bombe et le sacrifice d'Hiroshima et de Nagasaki ont-ils au moins permis de pr&#233;cipiter la fin de la guerre (d'au moins un an nous dit-on) en d&#233;montrant le potentiel destructif des &#201;tats-Unis ? Rien de plus faux. Le Japon avait d&#233;j&#224; virtuellement perdu la guerre car il &#233;tait tout bonnement mat&#233;riellement incapable de la poursuivre. Le potentiel militaire nippon &#233;tait pratiquement d&#233;truit : 90% des b&#226;timents de la marine de guerre et de la flotte marchande reposait au fond l'oc&#233;an, ce qui, pour une &#238;le d&#233;pourvue de ressources et de mati&#232;res premi&#232;res strat&#233;giques indispensable &#224; l'industrie de guerre, comme le p&#233;trole par exemple, &#233;quivalait &#224; une agonie rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aviation quant &#224; elle ne comportait plus qu'un petit nombre de pilotes adolescents, peu instruits (du fait du manque de carburant, l'instruction &#233;tait r&#233;duite au-dessous du minimum) et d&#233;sesp&#233;r&#233;s. La plupart n'&#233;taient d'ailleurs plus assign&#233;s qu'&#224; des missions suicides &#034;kamikazes&#034; peu rentables militairement vu la sup&#233;riorit&#233; mat&#233;rielle des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &#171; La d&#233;fense anti-a&#233;rienne s'&#233;tait totalement effondr&#233;e &#187; (6), ce qui explique la facilit&#233; avec laquelle des impressionnantes escadres de bombardiers US p&#233;n&#233;traient dans le ciel nippon. Ces bombardements terroristes, aveugles et co&#251;teux en vies humaines - c'&#233;tait leur but ; celui de Tokyo du 9 mars 1945 a ainsi fait plus de 125.000 morts, soit plus de victimes directes qu'&#224; Hiroshima ! - avaient compl&#232;tement d&#233;structur&#233; les entreprises et la machine de guerre japonaise. Tokyo &#233;tait ras&#233;e &#224; 50%, Yokohama, le principal port du pays, &#224; 85%, Kobe &#224; 56%. Quarante pour-cent des ouvriers avaient abandonn&#233; leur travail pour fuir la ville et ses bombardements. R&#233;sultat, l'activit&#233; industrielle des 5 grands centres nerveux japonais &#233;tait annihil&#233;e &#224; un taux de 80% (7). Imaginer dans ces conditions que le Japon pouvait encore soutenir le conflit pendant une ann&#233;e ou plus rel&#232;ve donc de la pure fantaisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une bombe sans poids&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justification de l'usage de la bombe en tant qu'argument &#034;de poids' pour forcer la d&#233;cision du pouvoir nippon de capituler est souvent avanc&#233;e. L&#224; aussi, elle ne repose sur rien de s&#233;rieux. D&#232;s le mois d'avril 1945 en effet, l'Empereur &#233;tait persuad&#233; qu'il fallait n&#233;gocier et conclure la paix au plus vite. Durant le mois de mai, une tentative de contact entre Japonais et Am&#233;ricains avait eu lieu via les diplomates nippons en poste &#224; Berne. Vu l'&#233;chec de ces d&#233;marches, la diplomatie japonaise privil&#233;giera ensuite des n&#233;gociations d&#233;tourn&#233;es via Moscou. Le 22 juin, alors que l'&#238;le strat&#233;gique d'Okinawa (elle &#233;tait la derni&#232;re &#233;tape avant le Japon) &#233;tait d&#233;finitivement perdue, les d&#233;marches s'acc&#233;l&#232;rent : &#034;l''Empereur invita le Conseil supr&#234;me de direction de la guerre &#224; entamer des n&#233;gociations officielles de paix, si possible en utilisant les bons offices de la Russie&#034; (8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les Japonais mettaient tous leurs espoirs de paix sur les Russes sans se douter qu'&#224; la Conf&#233;rence inter-alli&#233;s de Yalta, Moscou avait promis aux Alli&#233;s occidentaux de d&#233;clarer la guerre au Japon six mois apr&#232;s la d&#233;faite nazie en Europe. Misant ainsi toutes leurs cartes sur Moscou, la douche froide de l'invasion de la Mandchourie occup&#233;e par l'Arm&#233;e rouge le 9 ao&#251;t 1945 fut le v&#233;ritable coup de gr&#226;ce qui amena les Japonais &#224; la reddition, et non la destruction d'Hiroshima et de Nagasaki qui, pour terrible qu'elle fut, ne provoqua pas autant de victimes ni de destructions que les bombardements classiques d&#233;crits plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s &#233;tasuniennes savaient parfaitement tout cela. Un rapport secret des services sp&#233;ciaux am&#233;ricains (d&#233;couvert en 1988) qui relate les discussions au sein du pouvoir nippon, nous apprend que &#034;les recherches montrent que [au sein du cabinet japonais] il fut peu question de l'usage de la bombe atomique par les &#201;tats-Unis lors des discussions menant &#224; la d&#233;cision d'arr&#234;ter les combats. [sans l'usage de la bombe], les Japonais auraient capitul&#233;s apr&#232;s l'entr&#233;e en guerre de l'URSS&#034; (9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre fait est &#224; mettre en lumi&#232;re avec ce qui pr&#233;c&#232;de. Si les &#201;tats-Unis tenaient tant &#224; pr&#233;cipiter la fin de la guerre et r&#233;pugnaient &#224; employer la Bombe, pourquoi diable dans leur ultimatum adress&#233; aux Japonais le 26 juillet 1945 n'est-il fait nulle part mention du futur statut de l'Empereur en cas de reddition ? Lors de la r&#233;daction de ce document (au cours de la conf&#233;rence inter-alli&#233;s &#224; Potsdam), plusieurs conseillers du pr&#233;sident ont fait remarquer &#224; ce dernier l'importance de cette question : les Japonais &#233;taient pr&#234;ts &#224; se rendre &#224; condition que les &#201;tats-Unis donnent la garantie que l'Empereur, consid&#233;r&#233; comme un demi-dieu, puisse rester sur le tr&#244;ne. Apr&#232;s d&#233;bat, Truman et Byrnes, son bras droit, ont finalement d&#233;cid&#233; en pleine connaissance de cause de ne pas faire mention du statut de l'Empereur dans l'ultimatum... Les Japonais, pour qui la chute de l'Empereur constituait le d&#233;shonneur supr&#234;me, repouss&#232;rent donc sans surprise ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le 10 ao&#251;t, lorsque les Japonais offrent officiellement leur reddition tout en demandant que Hiro-Hito et la monarchie soient maintenues, les &#201;tats-Unis accepteront sans sourciller &#224; cette demande. On peut donc se demander pourquoi il ne l'ont pas mentionn&#233; 15 jours plus t&#244;t, ce qui leur aurait permis d'&#233;viter d'utiliser la Bombe et de sacrifier inutilement des centaines de milliers vies humaines. La r&#233;ponse est &#233;vidente, Truman et Cie savaient pertinemment que les Japonais refuseraient l'ultimatum de Potsdam et qu'ils auraient l&#224; l'occasion et la justification &#171; morale &#187; d'employer la bombe atomique. En v&#233;rit&#233;, comme on le verra plus loin, la plus crainte de Truman &#224; cette &#233;poque n'&#233;tait pas d'employer la bombe atomique, mais bien tout au contraire de ne pas avoir le temps ni l'occasion de le faire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut par ailleurs conna&#238;tre certaines de ses d&#233;clarations pour se faire une id&#233;e du personnage tel qu'il fut, loin de cette fable d'un &#171; homme tortur&#233; par une d&#233;cision difficile qui lui a co&#251;t&#233; &#187;. Lorsqu'il apprit le succ&#232;s du bombardement d'Hiroshima, Truman d&#233;clara joyeusement &#224; ses proches : &#171; Les gars, on leur &#224; balanc&#233; un concombre de 20.000 tonnes sur la gueule !&#034; (10). On est loin ici de la phrase &#034;historique&#034;, grave et pes&#233;e que l'on pourrait attendre d'un homme sens&#233; qui a pris un d&#233;cision aussi terrible pour l'humanit&#233;. Peu de temps apr&#232;s, &#224; un journaliste qui lui demande &#034;Quel a &#233;t&#233; votre plus grand remord dans votre vie ? &#034;, Truman r&#233;pondra : &#034;Ne pas m'&#234;tre mari&#233; plus t&#244;t&#034; ! (11) On voit l&#224; combien lui aura &#034;co&#251;t&#233;&#034; son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles furent donc les v&#233;ritables raisons qui motiv&#232;rent Truman et sa clique ? Plusieurs facteurs entrent en compte (12) et la th&#232;se d'Alperovitz en apporte plusieurs. Mais elle est insuffisante quant &#224; sa conclusion. Pour Alperovitz, les &#233;tasuniens jugeaient que les rapports de forces, &#224; l'heure d'un nouveau partage imp&#233;rialiste du monde, &#233;taient par trop favorables &#224; l'URSS et qu'il fallait stopper &#034;l'expansionnisme&#034; sovi&#233;tique. La possession (et la d&#233;monstration pratique) d'une arme de destruction sans &#233;quivalent &#233;tait donc un atout important aux mains des Etats-Unis non pas pour terminer la Seconde guerre mondiale mais bien pour entrer de plein pieds dans ce qui allait devenir la Guerre froide en menant une politique de &#171; refoulement &#187; de &#171; l'expansionnisme rouge &#187;. C'est effectivement &#224; la conf&#233;rence de Potsdam que les &#233;tasuniens vont commencer &#224; modifier sensiblement leur ligne de conduite par rapport &#224; l'&#171; Oncle Joe &#187; comme la presse am&#233;ricaine appelait Staline. Et c'est justement &#224; ce moment que Truman - qui sait depuis peu que la bombe atomique est op&#233;rationnelle - en r&#233;digeant un ultimatum inacceptable pour les Japonais, d&#233;cidait d'employer la bombe comme un atout strat&#233;gique majeur face &#224; Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'explication donn&#233;e par Alperovitz d'une r&#233;action motiv&#233;e par &#171; l' expansionnisme sovi&#233;tique &#187; est plus qu'&#224; nuancer car elle sous-entend une volont&#233; de la part des Sovi&#233;tiques de dominer et d'envahir la plan&#232;te. Ce qui, lorsque l'on conna&#238;t la pratique et la nature du r&#233;gime stalinien, est enti&#232;rement faux. La bureaucratie sovi&#233;tique se contentait en fait de cr&#233;er un glacis strat&#233;gique protecteur autour de ses fronti&#232;res et sabotait par contre toute possibilit&#233; r&#233;volutionnaire en dehors de ce glacis strat&#233;gique g&#233;ographiquement circonscrit - au sein duquel d'ailleurs il s'agissait avant tout de modifier les r&#233;gimes sociaux et politique de mani&#232;re bureaucratique, et non par le biais d'authentiques r&#233;volutions. A la fin de la guerre, les Partis communistes staliniens, aux ordres de Moscou, ont ainsi, en France, en Italie et dans plusieurs pays coloniaux, &#233;touff&#233;s les germes ou la marche en avant de la r&#233;volution. Rappelons &#233;galement que Staline s'opposa avec v&#233;h&#233;mence &#224; la r&#233;volution chinoise de Mao.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La politique dite de refoulement (qui provoquera directement la guerre de Cor&#233;e et du Vietnam) n'est pas une r&#233;plique &#224; une pr&#233;tendue politique d'expansion de Staline, mais bien le signe de la volont&#233; des &#201;tats-Unis de dominer le monde&#034; (13). Le v&#233;ritable expansionnisme &#233;tait &#233;tasunien et non sovi&#233;tique. La bombe atomique (et son usage sur Hiroshima et Nagasaki) &#233;tait une arme politique (et elle ne peut l'&#234;tre vu sa nature), c'&#233;tait une arme au service de l'imp&#233;rialisme &#233;tasunien afin de s'assurer le statut d'une superpuissance mondiale sans partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans La Gauche en ao&#251;t 2000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(I) Fr&#233;d&#233;ric Clairmont, &#034;Mani&#232;re de voir&#034; n&#176; 12 du &#034;Monde Diplomatique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Andr&#233; Kaspi, &#034;Fallait-il bombarder Hiroshima ?&#034;, &#034;L 'Histoire&#034; n&#176; 188, mai 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Andr&#233; Kaspi, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Vincent Jauvert, &#034;Le Nouvel Observateur&#034; 13-19 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) &#034;... les civils japonais n'en pouvaient plus. En l'espace de 5 mois, la 21e escadre de bombardiers avait transform&#233; la vie quotidienne du Japon en une &#226;pre lutte pour simplement survivre (..). Les attaques a&#233;riennes am&#233;ricaines r&#233;p&#233;t&#233;es s'&#233;taient concentr&#233;es sur les quartiers ouvriers (..) huit millions de personnes &#233;taient d&#233;sormais sans abri. &#034; William Craig, &#034;La Chute du Japon&#034;, Ed. Laffont, pages 178-179.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) F. Clairmont, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) &#201;ric Peter, &#034;La Br&#232;che&#034;, ao&#251;t 1985. I -(8) W. Craig, op. cit, page 65.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(9) F. Clairmont, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(10) &#034;La Nueva Espana&#034;, 6 ao&#251;t 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11) &#034;La Nueva Espana&#034;, 6 'ao&#251;t 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(12) Un de ces facteurs, pas tr&#232;s souvent cit&#233;, est celui du racisme des dirigeants am&#233;ricains envers les Japonais. Il suffit de voir les films de cette &#233;poque (et m&#234;me par apr&#232;s) : les Japonais y sont tous montr&#233;s sous des traits cruels, fanatiques, capables des pires atrocit&#233;s sans sourciller, bref, inhumains. Le pr&#233;sident Roosevelt pensait le plus s&#233;rieusement du monde que la &#034;cruaut&#233;&#034; des Japonais &#233;tait due aux petites dimensions de leur cr&#226;ne ! Enfin, Byrnes, le bras droit du pr&#233;sident Truman, qui lui conseilla ardemment d'utiliser la bombe, &#233;tait un politicien raciste et anti-communiste notoir&lt;br class='autobr' /&gt;
(13) &#201;ric Peter, op. cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'heure est &#224; l'abolition de l'arme nucl&#233;aire</title>
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		<dc:date>2010-08-10T12:36:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouvement pour la paix</dc:creator>


		<dc:subject>armement nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>Japon</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

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&lt;p&gt;65 ans apr&#232;s les bombardements atomiques des villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki[1], pour le Mouvement de la Paix, l'enjeu est clair &#171; L'heure est &#224; l'abolition de l'arme nucl&#233;aire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; 65 ans apr&#232;s les bombardements atomiques des villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki[1], pour le Mouvement de la Paix, l'enjeu est clair &#171; L'heure est &#224; l'abolition de l'arme nucl&#233;aire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Apr&#232;s la conf&#233;rence de r&#233;vision du Trait&#233; de non-prolif&#233;ration nucl&#233;aire en mai dernier, les grands chantiers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Japon-+" rel="tag"&gt;Japon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-10&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton5023-88b68.jpg?1677388709' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;65 ans apr&#232;s les bombardements atomiques des villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki[1], pour le Mouvement de la Paix, l'enjeu est clair &#171; L'heure est &#224; l'abolition de l'arme nucl&#233;aire &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;65 ans apr&#232;s les bombardements atomiques des villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki[1], pour le Mouvement de la Paix, l'enjeu est clair &#171; L'heure est &#224; l'abolition de l'arme nucl&#233;aire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s la conf&#233;rence de r&#233;vision du Trait&#233; de non-prolif&#233;ration nucl&#233;aire en mai dernier, les grands chantiers au plan international sont la mise au point d'une convention d'&#233;limination des armes nucl&#233;aires et la mise en &#339;uvre au Moyen-Orient d'une zone sans armes nucl&#233;aires, avec comme premier pas concret une conf&#233;rence internationale en 2012. &#187; pr&#233;cise Roland Nivet[2], membre de la coordination nationale du Mouvement de la Paix et pr&#233;sent &#224; Hiroshima.&lt;br class='autobr' /&gt;
La grande majorit&#233; des peuples, des Etats et des institutions soutiennent maintenant la vision d'un Monde d&#233;barrass&#233; des armes nucl&#233;aires, dont les cons&#233;quences de l'utilisation volontaire ou accidentelle seraient fatales pour la Plan&#232;te et les &#234;tres qui la peuplent. &#171; Nous nous f&#233;licitons que le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU en fasse un axe prioritaire et qu'il participe en 2010 aux comm&#233;morations des deux villes martyres &#187; poursuit le dirigeant pacifiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous appr&#233;cions que la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne aient enfin d&#233;cid&#233; d'une pr&#233;sence officielle aux comm&#233;morations de 2010, &#171; nous aurions pu nous attendre &#224; ce que notre pays y annonce sa participation active aux processus internationaux &#187; indique le Mouvement de la Paix qui coordonne pour la France la Campagne internationale pour abolir l'arme nucl&#233;aire (ICAN[3]). Au lieu de cela, la France contribue &#224; la violation du Trait&#233; de non-prolif&#233;ration nucl&#233;aire, notamment par son programme de nouveaux missiles M51. &#171; C'est un obstacle majeur pour la dynamique en faveur du d&#233;sarmement nucl&#233;aire qui est en train de se cr&#233;er &#187; rel&#232;ve Roland Nivet. &#171; Cette politique favorise la prolif&#233;ration des armes nucl&#233;aires en permettant &#224; quelques Etats tel l'Iran ou la Cor&#233;e du Nord de justifier de positions tr&#232;s dangereuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort des engagements pris lors de la Conf&#233;rence d'examen du Trait&#233; de non-prolif&#233;ration nucl&#233;aire &#224; l'ONU en mai dernier, &#224; laquelle pr&#232;s de 250 citoyens Fran&#231;ais[4] ont particip&#233;, le Mouvement de la Paix - en coop&#233;ration avec de nombreux partenaires internationaux - appelle &#224; renforcer l'action en vue de l'abolition de l'arme nucl&#233;aire. Les comit&#233;s locaux de l'organisation pacifiste organisent de nombreuses initiatives en France en ce d&#233;but ao&#251;t[5].&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#232;s de 40 000 signatures[6] - demandant &#224; la France de prendre de r&#233;elles initiatives et de soutenir &#224; l'ONU, le mod&#232;le de convention d'&#233;limination des armes nucl&#233;aires (visant &#224; abolir l'arme nucl&#233;aire dans les 15 ans venir) &#8211; ont &#233;t&#233; envoy&#233;es au Pr&#233;sident de la R&#233;publique. &#171; Le Mouvement de la Paix et les organisations de la Campagne internationale pour abolir l'arme nucl&#233;aire appellent &#224; poursuivre et intensifier la campagne jusqu'&#224; l'option z&#233;ro ! &#187; conclut Roland Nivet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] 240 000 victimes &#224; la fin 1945. Combien depuis ? Cela beaucoup de victimes pour une arme de dissuasion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#224; suivre sur : &lt;a href=&#034;http://pourunmondesansarmesnucleaires.over-blog.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://pourunmondesansarmesnucleaires.over-blog.com/&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
[3] &lt;a href=&#034;http://www.icanfrance.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.icanfrance.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] 24 organisations Fran&#231;aises &#233;taient pr&#233;sentes, avec de nombreux &#233;lu(e)s&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] voir annexe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &lt;a href=&#034;http://www.icanfrance.org/cyberpetition.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.icanfrance.org/cyberpetition.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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