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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Une guerre sociale nouvelle s'ouvre en Europe</title>
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		<dc:date>2010-08-03T09:24:01Z</dc:date>
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		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis les 8 et 9 mai 2010 &#8212; c'est-&#224;-dire la r&#233;union d'urgence de la BCE, d'ECOFIN et du FMI afin d'&#233;tablir un plan de renflouement de divers pays de l'UE &#8212; tous les gouvernements annoncent des plans d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire &#171; pour sauver la zone euro &#187;. Une guerre de classe d'une ampleur nouvelle est d&#233;clar&#233;e en Europe : ce qui reste de l'&#201;tat social, issu de la p&#233;riode d'apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, doit &#234;tre d&#233;mantel&#233;, &#224; l'exception d'un &#171; filet social &#187; type Banque mondiale. &lt;br class='autobr' /&gt; 1. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-03&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L95xH150/arton4986-1b213.jpg?1781724419' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les 8 et 9 mai 2010 &#8212; c'est-&#224;-dire la r&#233;union d'urgence de la BCE, d'ECOFIN et du FMI afin d'&#233;tablir un plan de renflouement de divers pays de l'UE &#8212; tous les gouvernements annoncent des plans d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire &#171; pour sauver la zone euro &#187;. Une guerre de classe d'une ampleur nouvelle est d&#233;clar&#233;e en Europe : ce qui reste de l'&#201;tat social, issu de la p&#233;riode d'apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, doit &#234;tre d&#233;mantel&#233;, &#224; l'exception d'un &#171; filet social &#187; type Banque mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. Le 10 mai, un banquier britannique avait trouv&#233; une bonne formule politique : &#171; Il est plus facile de vendre un tel plan en disant qu'il doit servir &#224; sauver la Gr&#232;ce, l'Espagne et le Portugal, que d'avouer qu'il doit d'abord sauver et aider les banques. &#187; Ces banques (allemandes, fran&#231;aises, espagnoles&#8230;) d&#233;tenaient une montagne de titres de dette publique des pays &#171; &#233;branl&#233;s &#187; (Gr&#232;ce, Portugal, Espagne...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Citigroup, l'exposition des banques am&#233;ricaines face &#224; la Gr&#232;ce, l'Irlande, l'Italie, le Portugal et l'Espagne s'&#233;l&#232;ve &#224; quelque 190 milliards d'euros. Le vendredi 7 mai fut un massacre : personne ne se trouvait en face des banques et autres investisseurs qui voulaient se d&#233;faire de leurs titres. &#171; Il n'y avait plus de march&#233; &#187;, comme l'avouait un op&#233;rateur aupr&#232;s de la BCE, sous le couvert de l'anonymat. Et les bilans des banques camouflent encore des montagnes de produits toxiques, &#233;valu&#233;s &#224; un prix artificiel. L'organe de contr&#244;le bancaire allemand (Bafin) estimait &#224; 800 milliards de dollars les &#171; produits toxiques &#187; encore d&#233;tenus par les instituts bancaires (Financial Times, 24 mai 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il rappeler que sur les 16 membres de l'eurozone, seuls six sont gratifi&#233;s &#8212; si l'on peut utiliser ce verbe &#8212; par les agences de notation de la signature AAA ? Ce sont l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas. Une sorte de &#171; noyau dur &#187; &#8212; le Club des AAA &#8212; de l'eurozone, m&#234;me si la France est parfois consid&#233;r&#233;e comme &#224; la fronti&#232;re de ce domaine o&#249; l'Allemagne dispose d'un pouvoir &#233;loquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle note permet d'ailleurs &#224; l'Agence fran&#231;aise du Tr&#233;sor (AFT) &#8212; agence de gestion de la dette de l'Etat fran&#231;ais &#8212; d'&#233;mettre un emprunt de 5 milliards d'euros &#224; &#233;ch&#233;ance d'avril 2060, donc 50 ans, souscrit &#224; environ 90 % par des investisseurs non fran&#231;ais. Le 21 mai 2010, l'emprunt d'&#201;tat fran&#231;ais le plus r&#233;put&#233; &#8212; l'Obligation assimilable du Tr&#233;sor (OAT) &#8212; trouvait des emprunteurs acceptant 2,93 % de taux d'int&#233;r&#234;t. De quoi susciter quelques r&#233;actions du c&#244;t&#233; de la Gr&#232;ce quand les taux d'int&#233;r&#234;t de &#171; ses &#187; emprunts &#224; 10 ans oscillent autour des 10 %. Et que des obligations grecques arrivant &#224; &#233;ch&#233;ance en mars 2012 avaient un rendement brut de 7,27 %, cela compar&#233; &#224; celles de la France (avec la m&#234;me maturit&#233;) : 0,61 % (24 Ore/Il Sole, 24 mai 2010). Entre les &#233;conomies du &#171; centre de l'UE &#187; &#8212; ou quasi au centre, comme la France &#8212; et celles ins&#233;r&#233;es &#224; la p&#233;riph&#233;rie, la diff&#233;rence est nette. Le discours sur la convergence europ&#233;enne en prend un coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Il y a l&#224; de m&#234;me la d&#233;monstration d'une des fonctions de l'euro : il est devenu une monnaie ayant acquis une place importante&#8230; mais dans les encours d'obligations internationales. Et donc, dans la possibilit&#233; des march&#233;s (c'est-&#224;-dire des divers investisseurs financiers) d'exercer une pression forte en tant que cr&#233;anciers sur les d&#233;biteurs. Quelque deux &lt;br class='autobr' /&gt;
tiers de la dette fran&#231;aise est acquise en dehors de la France. Certes, il est possible que des capitaux fran&#231;ais r&#233;fugi&#233;s au Luxembourg ou en Suisse en constituent de m&#234;me une fraction des acqu&#233;reurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos, on peut examiner ci-dessous la carte qui a &#233;t&#233; publi&#233;e dans la NZZ am Sonntag (10 mai 2010) et dans le New York Times. Elle illustre les montants de la dette publique et les d&#233;pendances crois&#233;es des d&#233;biteurs-cr&#233;anciers des diff&#233;rents pays de l'Union europ&#233;enne (UE). Cette &#233;volution, accentu&#233;e au cours des derni&#232;res ann&#233;es, traduit la lib&#233;ralisation des flux de capitaux ainsi que l'envol du &#171; cr&#233;dit-dette &#187; visant &#224; r&#233;pondre aux difficult&#233;s de reproduction du syst&#232;me et de la soci&#233;t&#233; capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un th&#232;me, pour ce qui a trait &#224; sa &#171; substance &#187;, expliqu&#233; par Marx dans le Livre III du Capital. Marx y insiste sur la nature de capital fictif des titres de la dette (1), fictif, mais bien r&#233;el. Ce constat &#233;claire, en partie, la &#171; vaste coupe dans les d&#233;penses publiques &#187;, une des conditions pour d&#233;gager un solde budg&#233;taire primaire permettant de faire face &#224; la &#171; charge &#187; d'une dette qui enregistre, pour partie, une socialisation des pertes d'&#171; acteurs &#233;conomiques priv&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Donc est bien termin&#233;e, au plan du discours politique, la p&#233;riode du G20 de septembre 2009 &#224; Pittsburgh. Alors Sarkozy proclamait : &#171; Il faut refonder le capitalisme &#187; ; &#171; Il faut tordre le cou &#224; la sp&#233;culation &#187;. Les march&#233;s &#8212; c'est-&#224;-dire les banques, les fonds d'investissements financiers, les fonds de pension, les assurances, les grandes firmes transnationales tr&#232;s mondialis&#233;es &#8212; ont simplement montr&#233; qui est vraiment aux commandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario est assez clair. Banques, assurances et fonds de placement ont &#233;t&#233; sauv&#233;s de la faillite en 2008 par les &#201;tats et donc par les salari&#233;s-contribuables. Depuis 2009, ces acteurs financiers ont de nouveau fait de bonnes affaires. Banques et hedge funds &#8212; qui se font une concurrence forte &#224; l'&#233;chelle internationale &#8212; veulent neutraliser une baisse possible &#8212; et m&#234;me anticip&#233;e &#8212; de leurs revenus en provenance des actions et dividendes, car la relance est tr&#232;s faible. Pour cela, un objectif s'impose : assurer la ponction des int&#233;r&#234;ts sur la dette publique et consolider les gains issus des op&#233;rations sp&#233;culatives sur les monnaies (taux de change volatil) et sur les dettes (titres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des strat&#233;gies sp&#233;culatives (d'attaque et d'anticipation) consiste &#224; vendre &#224; d&#233;couvert des titres d'Etat &#8212; sans en avoir la propri&#233;t&#233; et en les prenant sous forme de pr&#234;ts &#224; ceux qui les d&#233;tiennent dans leur portefeuille &#8212; des pays les plus vuln&#233;rables. L'op&#233;ration se fait, en g&#233;n&#233;ral, en deux phases. Par exemple, vendre pour 5 millions d'euros des obligations d'&#201;tat &#224; 88,76 euros, en encaissant 4,3 millions d'euros. Puis, trois jours apr&#232;s, une fois le titre descendu &#224; 87,76 euros, le racheter en gagnant la diff&#233;rence entre les deux prix, moins la commission pay&#233;e pour avoir emprunt&#233; ces titres. Les op&#233;rations avec les CDS (credit default swap) sont du m&#234;me type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. De ce point de vue, Paul Krugman voit juste lorsqu'il explique que, contrairement &#224; la sainte doctrine officielle, l'attrait des investisseurs pour les obligations &#233;tats-uniennes &#224; 10 ans &#8212; dont le taux d'int&#233;r&#234;t se situait &#224; moins de 3,3 % le vendredi 21 mai 2010 &#8212; avait pour origine : &#171; La hausse du pessimisme par rapport aux perspectives d'une relance &#233;conomique, pessimisme qui a fait que les investisseurs s'&#233;loignaient de toute chose qui leur paraissait risqu&#233;e pour se r&#233;fugier dans l'apparente s&#233;curit&#233; de la dette du gouvernement am&#233;ricain. &#187; (El Pais, 23 mai 2010)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'aust&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e adopt&#233;e en Europe &#8212; au moment o&#249; la relance rel&#232;ve du voeu &#8212; conduise &#224; une d&#233;pression &#233;conomique et sociale, comme le reconnaissent divers &#233;conomistes peu h&#233;t&#233;rodoxes, n'entre pas dans les pr&#233;occupations des &#171; op&#233;rateurs &#187;. Ce souci appartient aux gouvernements &#8212; de centre-droit ou centre-gauche &#8212; qui devront soit s'appuyer directement sur des appareils bureaucratiques syndicaux, soit utiliser leurs &#171; h&#233;sitations &#187; pour purger le syst&#232;me et faire accepter la purge. Tout cela en invoquant &#171; l'unit&#233; nationale &#187;, la &#171; sauvegarde du pays &#187;, la &#171; n&#233;cessaire modernisation productive et administrative &#187;, car la vigueur du choc va en d&#233;stabiliser plus d'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. En d&#233;cembre 2009, le Bulletin mensuel de la BCE, dans son &#233;ditorial, affirmait d&#233;j&#224; deux buts prioritaires pour l'UE. 1&#176; Le premier : flexibiliser la l&#233;gislation du travail en Europe. Le FMI dans son rapport consacr&#233; &#224; la Gr&#232;ce, datant de mai 2008, insistait avec force sur ce m&#234;me objectif. Traduisons : liquider les droits du travail restants, cela dans un contexte de ch&#244;mage et d'emploi de plus en plus pr&#233;caris&#233;, afin de r&#233;duire &#171; les co&#251;ts salariaux &#187; ; 2&#176; Le second : la r&#233;duction draconienne des d&#233;ficits et dettes publics. Cela dans un temps tr&#232;s bref et massivement : passer de -14,3 % de d&#233;ficit du PIB en 2009 pour l'Irlande &#224; -2,9 % en 2014 ; de 11,2 % pour l'Espagne &#224; -3 % en 2013 ; de -9,3 % &#224; -2,8 % en 2013 pour le Portugal. De quoi r&#233;duire les services publics (&#233;ducation et sant&#233;, etc.), les salaires et le nombre de salari&#233;&#183;e&#183;s du secteur &#233;tatique et para&#233;tatique, les pensions des retrait&#233;s. Et favoriser les privatisations dans certains secteurs, avec la possibilit&#233; d'en tester la rentabilit&#233; au cours d'une p&#233;riode de PPP : participation-publique-priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Roumanie en donne d&#233;j&#224; l'exemple. Depuis le 1er juin 2010, les salaires du secteur public vont baisser de 25 % et les retraites de 15 %. Cela dans un pays o&#249; le salaire minimum est d'environ 150 euros par mois ! L'exp&#233;rience a &#233;t&#233; men&#233;e avec une vigueur similaire dans les &lt;br class='autobr' /&gt;
pays Baltes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. L'hyst&#233;rie des &#171; experts &#187; contre les d&#233;ficits fait silence sur quatre &#233;l&#233;ments : 1&#176; Les origines des d&#233;ficits et dettes publics, c'est-&#224;-dire la crise de 2007-2009, le renflouement des banques et l'aide aux industries et &#224; la construction. 2&#176; Sans ces amortisseurs (d&#233;penses publiques et transferts sociaux), la chute du PIB n'aurait pas &#233;t&#233; de 5 % mais de 10 %, en France. 3&#176; La r&#233;duction du d&#233;ficit public en Su&#232;de dans les ann&#233;es 1990 &#8212; toujours invoqu&#233;e, comme exemple &#8212; a &#233;t&#233; possible &#224; cause de la croissance durant cette d&#233;cennie et parce que les transferts sociaux partaient de tr&#232;s haut. De plus, la Su&#232;de a pu d&#233;valuer sa monnaie (la couronne) pour exporter. Et elle disposait de capacit&#233;s d'exportations. 4&#176; Mais la Gr&#232;ce, l'Espagne, le Portugal&#8230; n'ont pas de souverainet&#233; mon&#233;taire (d&#233;valuer et &#233;mettre sa monnaie) et, dans la zone euro, il n'y a pas de politique &#233;conomique et budg&#233;taire commune &lt;br class='autobr' /&gt;
et &#171; solidaire &#187;. Leur &#171; souverainet&#233; &#187; est mise en question, comme les droits &#233;l&#233;mentaires de d&#233;finir leur budget qui traduisent, &#224; leur fa&#231;on, un &#171; choix de soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, aujourd'hui, est impos&#233;e par &#171; les march&#233;s &#187; et les dominants des pays du centre de l'UE (l'Allemagne avec son hinterland et ses alli&#233;s) une politique d'aust&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale, avec un poids particulier impos&#233; aux populations des pays &#171; p&#233;riph&#233;riques &#187;. Et cela au nom &lt;br class='autobr' /&gt;
d'une relance de la dynamique d'exportation. Elle s'appuierait sur la contraction des salaires directs et indirects, avec l'objectif de r&#233;duire les co&#251;ts unitaires du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demande comment dans tous les pays de l'UE, ensemble, les salaires peuvent &#234;tre coup&#233;s et les unit labour costs r&#233;duits ; cela en vue d'augmenter les revenus issus des exportations pour faire face &#224; la charge de la dette. Pour l'essentiel, les exportations s'effectuent pourtant au sein de l'UE. Un cannibalisme s&#233;lectif se met en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un choix du capital allemand (et de ses alli&#233;s proches) qui, d'une part, utilise &#224; son avantage la division internationale du travail au sein de l'UE et, d'autre part, envisage de d&#233;placer, progressivement, le centre de gravit&#233; de ses exportations en dehors de l'UE, tout en gagnant des parts de march&#233; au sein de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique de d&#233;flation sociale comp&#233;titive fera des millions de morts sociaux. Elle imposera des d&#233;cisions &#233;chappant totalement aux r&#232;gles les plus &#233;l&#233;mentaires de la d&#233;mocratie bourgeoise parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la BCE (Banque centrale europ&#233;enne) accepte des titres d&#233;grad&#233;s de la dette publique que poss&#232;dent les banques. Et ces derni&#232;res se refinancent aupr&#232;s de la BCE pour moins de 1 % de taux d'int&#233;r&#234;t et continuent des op&#233;rations sp&#233;culatives sur des dettes et les monnaies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Le New York Times (Steven Erlanger) du 23 mai 2010, en premi&#232;re, &#233;crit : le &#171; mod&#232;le social europ&#233;en &#187; est mis en cause. L'issue des batailles &#224; venir &#8212; au cours de cette guerre &#8212; est avant tout d'ordre social et politique. C'est le salariat europ&#233;en qui dispose des traditions &lt;br class='autobr' /&gt;
socio-politiques les plus grandes &#8212; malgr&#233; tous les revers pass&#233;s &#8212; qui est vis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations d&#233;fensives unitaires &#8212; refus des coupes et rejet de la dette (avec une ouverture des livres de comptes publics et priv&#233;s), un syst&#232;me d'imp&#244;t diff&#233;rent, etc. &#8212; sont d&#233;cisives. Cela pour accumuler des forces et donner le sentiment d'une capacit&#233; de r&#233;sistance et de contre-attaque. Ne pas subir &#171; la politique du choc &#187; qui assomme. Dans la foul&#233;e, des questions &#233;l&#233;mentaires et essentielles viendront sur l'avant-sc&#232;ne politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut les formuler ainsi : pour orienter l'investissement vers la production de biens et de services r&#233;pondant aux besoins sociaux et &#233;cologiques, il est n&#233;cessaire de disposer d'une ma&#238;trise par les salari&#233;&#183;e&#183;s des ressources qu'ils produisent ; d'un service bancaire public contr&#244;l&#233; d&#233;mocratiquement ; d'un contr&#244;le sur le fonctionnement des entreprises, sur l'appropriation de la richesse comme sur sa r&#233;partition, et d'une r&#233;duction du temps de travail. Donc : quelles sont les priorit&#233;s que les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes se donnent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; de la situation ne doit pas conduire &#224; renoncer &#224; une perspective socialiste, au fond celle des &#201;tats-Unis socialistes d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle perspective s'enracine d'ailleurs dans les probl&#232;mes que les salari&#233;&#183;e&#183;s rencontrent. Sans cela, un retournement de situation politique dramatique n'est pas &#224; exclure, au bout d'un certain temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lausanne, le 25 mai 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Charles-Andr&#233; Udry, &#233;conomiste, animateur des &#201;ditions Page deux et de la revue politique en ligne A l'encontre (&lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.alencontre.org/&lt;/a&gt;), estmembre du Mouvement pour le socialisme (Suisse). Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit le 25 mai 2010 pour un hebdomadaire grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#171; L'accumulation du capital de la dette publique ne signifie rien d'autre [...] que le d&#233;veloppement d'une classe de cr&#233;anciers de l'&#201;tat qui sont autoris&#233;s &#224; pr&#233;lever pour eux certaines sommes sur le montant des imp&#244;ts [...]. Ces faits montrent que m&#234;me une accumulation de dettes arrive &#224; passer pour une accumulation de capital [...]. &#187; Karl Marx, Le Capital, Livre III, Tome II, p.138-139, &#201;ditions sociales, 1959. Autrement dit, l'argent remis aux &#201;tats par leurs cr&#233;anciers est d&#233;doubl&#233; par les titres qui le repr&#233;sentent : obligations, bons du Tr&#233;sor, etc. Ces titres dupliquent cet argent, mais, comme celui-ci est d&#233;pens&#233; en grande partie de mani&#232;re improductive&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; pour payer la charge de la dette, par exemple &#8212; ils ne repr&#233;sentent m&#234;me pas du capital en fonction. Ces titres ne sont que du capital fictif. Les &#201;tats cr&#233;ent donc du capital financier fictif. Mais les dirigeants de ces &#201;tats d&#233;noncent l'&#171; exub&#233;rance &#187; financi&#232;re irrationnelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la croissance des dettes publiques a pour origine les difficult&#233;s de reproduction du syst&#232;me et de la soci&#233;t&#233; capitalistes. D'un c&#244;t&#233;, renflouement des banques au bord de la faillite &#8212; qui, elles, ont gonfl&#233; la masse des cr&#233;dits, donc ont particip&#233; &#224; l'accroissement du capital financier fictif, en tant qu'agents &#233;conomique priv&#233;s &#8212; et aides aux &#171; branches priv&#233;es &#187; en difficult&#233; (l'automobile avec ses sous-traitants, la construction). De l'autre c&#244;t&#233;, &#171; d&#233;penses sociales &#187; pour amortir les effets (en termes de demande) des r&#233;cessions et viser &#224; stabiliser le pouvoir en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, aujourd'hui, ce sont ces amortisseurs sociaux qui sont attaqu&#233;s. Priorit&#233; aux &lt;br class='autobr' /&gt;
cr&#233;anciers ! Un test social et politique d'une envergure historique &#224; l'&#233;chelle &lt;br class='autobr' /&gt;
europ&#233;enne pour les dominants... et pour les salari&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le capital passe &#224; l'attaque</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-capital-passe-a-l-attaque</link>
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		<dc:date>2010-08-03T09:23:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jan Malewski</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

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&lt;p&gt;Aust&#233;rit&#233; ! Alors que la crise capitaliste a rebondi sous la forme d'une crise de dette souveraine, qui s'&#233;tend de la Gr&#232;ce vers les autres pays de l'Union europ&#233;enne, les gouvernements du noyau dur de cette Union ont d&#233;cid&#233; d'imposer partout une politique d'aust&#233;rit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent. &lt;br class='autobr' /&gt; Il s'agit, ni plus ni moins, de d&#233;manteler ce qui reste des acquis des &#171; &#201;tats providence &#187;, que le capital europ&#233;en a d&#251; octroyer &#224; l'issue de la seconde guerre mondiale, craignant la puissance du mouvement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton4985-b9179.jpg?1781076079' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aust&#233;rit&#233; ! Alors que la crise capitaliste a rebondi sous la forme d'une crise de dette souveraine, qui s'&#233;tend de la Gr&#232;ce vers les autres pays de l'Union europ&#233;enne, les gouvernements du noyau dur de cette Union ont d&#233;cid&#233; d'imposer partout une politique d'aust&#233;rit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'agit, ni plus ni moins, de d&#233;manteler ce qui reste des acquis des &#171; &#201;tats providence &#187;, que le capital europ&#233;en a d&#251; octroyer &#224; l'issue de la seconde guerre mondiale, craignant la puissance du mouvement ouvrier et cherchant &#224; l&#233;gitimer ses &#201;tats en reconstruction. Le but annonc&#233;, c'est une r&#233;duction de 20 % du pouvoir d'achat des classes populaires, le d&#233;mant&#232;lement des droits de retraite, de la s&#233;curit&#233; sociale et la dislocation-privatisation des services publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tat, instrument n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, le capital utilise ses appareils &#233;tatiques et ses appareil para-&#233;tatiques internationaux (le FMI, la Banque mondiale, la Banque centrale europ&#233;enne, la Commission europ&#233;enne&#8230;). Il s'est appuy&#233; pour cela sur les th&#233;ories n&#233;olib&#233;rales, qui, contrairement au lib&#233;ralisme classique, ne consid&#232;rent pas que &#171; le march&#233; &#187; et &#171; la concurrence &#187; soient &#171; le cours naturel des choses &#187;, mais qu'il s'agit de &#171; quelque chose qu'il faut construire &#187; (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en laissant parler leurs propagandistes sur la diminution du r&#244;le de l'&#201;tat, pour justifier ainsi les d&#233;r&#233;glementations et construire ce que les n&#233;olib&#233;raux consid&#232;rent comme l'essence du march&#233; &#8212; la concurrence &#8212;, les dirigeants n&#233;olib&#233;raux se sont attel&#233;s &#224; modifier le r&#244;le des &#201;tats et des structures para-&#233;tatiques. Pierre Dardot synth&#233;tise ainsi ce tournant, en cours depuis plus d'un quart de si&#232;cle : &#171; Ce r&#244;le-l&#224; est assez nouveau, dans la mesure o&#249;, dans la tradition d'un certain lib&#233;ralisme, (&#8230;) on avait une image qui r&#233;sumait un peu tout et qui &#233;tait celle de l'&#201;tat &#8220;veilleur de nuit&#8221;. L'&#201;tat veilleur de nuit a d'abord et avant tout pour fonction d'assurer la s&#233;curit&#233; des biens et des personnes priv&#233;s. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;olib&#233;raux (&#8230;) consid&#232;rent que l'action de l'&#201;tat est quelque chose de tr&#232;s important. Ils assument sans aucun complexe l'id&#233;e que l'&#201;tat a &#224; intervenir dans le domaine de l'&#233;conomie. (&#8230;) Il doit intervenir d'abord pour cr&#233;er l&#224; o&#249; elle n'existe pas, et ensuite pour faire respecter l&#224; o&#249; elle existe, la norme de la concurrence, puisque c'est pr&#233;cis&#233;ment la norme du march&#233;. C'est un &#201;tat qui &#233;dicte des r&#232;gles sur le plan du fonctionnement de l'&#233;conomie, ce n'est pas du tout un &#201;tat qui reste compl&#232;tement en retrait et &#8220;laisse faire&#8221;. &#187; (2) L'objectif des appareils &#233;tatiques et para-&#233;tatiques ainsi con&#231;us, c'est de &#171; transformer toutes les relations sociales &#187;, comme Nicolas Sarkozy l'a dit, &#224; propos de la loi sur l'auto-entreprenariat, devant les mille premiers auto-entrepreneurs qu'il avait invit&#233;s, ou, comme l'avait formul&#233; Margaret Thatcher bien avant lui, &#171; de changer ou transformer le c&#339;ur et l'&#226;me &#187; (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; consensus de Washington &#187;, les trait&#233;s de l'Union europ&#233;enne, de Maastricht &#224; Lisbonne, les multiples &#171; r&#233;formes &#187; &#8212; visant &#224; d&#233;manteler las acquis des r&#233;formes progressistes, donc en r&#233;alit&#233; des contre-r&#233;formes &#8212; vot&#233;es dans les Parlements nationaux ont permis de pr&#233;parer le terrain et de commencer la transformation de la soci&#233;t&#233;, de cr&#233;er les conditions pour &#171; que les individus soient plac&#233;s dans des situations telles qu'ils ne puissent pas faire autre chose que d'agir dans le sens qui est pr&#233;cis&#233;ment souhait&#233; (&#8230;), obtenir des individus par ces incitations qu'ils se conduisent comme on veut qu'ils se conduisent, sans avoir &#224; le leur rappeler sans cesse et sans avoir &#224; leur commander sans cesse ce qu'ils doivent faire. &#187; (4). Ainsi, il ne s'agit pas de liquider le syst&#232;me des retraites, mais de le vider de son contenu, en r&#233;duisant leur montant de fa&#231;on &#224; obliger les individus &#224; &#171; choisir &#187; le recours &#224; des Fonds de pensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pas privatiser compl&#232;tement le syst&#232;me de sant&#233;, mais supprimer tous les services qui peuvent &#234;tre rentabilis&#233;s de mani&#232;re &#224; d&#233;velopper le secteur priv&#233; que les citoyens devront &#171; choisir &#187;. Ne pas supprimer les logements sociaux, mais en accro&#238;tre les loyers de mani&#232;re &#224; pousser tous ceux qui peuvent encore &#233;conomiser un peu (et m&#234;me au-del&#224;, comme l'a montr&#233; la r&#233;cente crise de l'immobilier) &#224; s'endetter pour acheter des logements. Non supprimer le droit public, mais en conserver la coquille vid&#233;e de sa substance &#171; en faisant en sorte que ce soit le droit priv&#233; qui l'emporte de plus en plus, y compris &#224; l'int&#233;rieur de l'organisation de l'&#201;tat et de ses services administratifs (&#8230;), de telle sorte que pr&#233;cis&#233;ment les agents du service public deviennent eux-m&#234;mes des &#233;quivalents des auto-entrepreneurs ou plut&#244;t de petits entrepreneurs de soi &#187; (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les tests r&#233;alis&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire de ce que de nombreux observateurs annon&#231;aient fin 2008, les interventions des &#201;tats venant au secours des profits des banques et des secteurs &#171; strat&#233;giques &#187; de l'industrie, n'&#233;taient nullement une rupture avec cette conception du r&#244;le des appareils &#233;tatiques. Il s'agissait d'une intervention dans le domaine de l'&#233;conomie, au service des secteurs dominants du capital, de mani&#232;re &#224; reconstituer les conditions de leur fonctionnement. Les appareils &#233;tatiques et les institutions internationales prenaient la rel&#232;ve du capital priv&#233; en crise, garantissant ainsi les profits des secteurs dominants. Le r&#233;tablissement rapide des profits bancaires en 2009 en a &#233;t&#233; le r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps il s'agissait de tester, d'abord dans les pays p&#233;riph&#233;riques les plus touch&#233;s &#8212; en Irlande, en Lettonie, en Lituanie, en Hongrie, en Islande &#8212;, de nouveaux m&#233;canismes de &#171; gouvernance &#187;, des attaques brutales contre les acquis du salariat. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; jug&#233; positif. Des centaines de milliers de personnes &#233;taient descendues dans les rues pour protester, mais les &#201;tats ont tenu bon, m&#234;me si, ici o&#249; l&#224;, les gouvernements ont d&#251; passer la main &#224; d'autres, poursuivant la m&#234;me politique, ou que les partis gouvernementaux ont enregistr&#233; quelques &#233;checs &#233;lectoraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois les salaires nominaux dans la fonction publique ont &#233;t&#233; r&#233;duits : d&#232;s 2008 (puis &#224; nouveau en 2009) en Irlande de 5 % &#224; 15 %, en Islande (r&#233;duction de 5% &#224; 10 %) et en Hongrie (salaires gel&#233;s pour deux ans, suppression du 13&#232;me mois en octobre 2008), d&#232;s 2009 en Lettonie (en septembre, r&#233;duction de 50 % des salaires des enseignants) et en Lituanie (r&#233;duction de 20 % &#224; 30 %). Depuis les m&#234;mes mesures sont en train d'&#234;tre impos&#233;es en Gr&#232;ce (r&#233;duction des salaires de l'ordre de 25 % toutes mesures d&#233;j&#224; annonc&#233;es confondues et leur gel pour 5 ans), en Espagne (r&#233;duction des salaires de 5 % suivi du gel), au Portugal (gel pour 4 ans), en Roumanie (baisse de 25 %)&#8230; Le projet visant en France &#224; augmenter dans la fonction publique les &#171; cotisations &#187; (6) de retraite des salari&#233;s n'a d'autre but que celui de r&#233;duire les salaires des fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'Europe l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite et le nombre d'ann&#233;es devant &#234;tre travaill&#233;es ont &#233;t&#233; augment&#233;s ou sont en cours d'augmentation, pour r&#233;duire les pensions vers&#233;es. En Lettonie le gouvernement a &#233;t&#233; au-del&#224;, d&#233;cidant de baisser le montant nominal des pensions de 10 % &#224; 70 % au 1er janvier 2010. La loi vot&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e &#171; ill&#233;gale &#187; par la Cour constitutionnelle, saisie par 9 000 retrait&#233;s &#8212; &#224; refaire donc, mais la br&#232;che a &#233;t&#233; ouverte. Le gouvernement roumain a d&#233;j&#224; annonc&#233; une baisse des pensions de 15 %, le gouvernement grec les a gel&#233;es tout en envisageant de faire passer l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite &#224; 67 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me de la TVA. La restauration du capitalisme dans les pays de l'Est avait d'abord permis de tester le m&#233;canisme, dans des conditions, il est vrai, de grande confusion &#8212; il &#233;tait possible d'annoncer une &#171; modernisation &#187; et &#171; une mise &#224; niveau &#187;. Cet imp&#244;t indirect et particuli&#232;rement in&#233;galitaire &#8212; il touche beaucoup plus lourdement les revenus modestes et permet ainsi les r&#233;ductions consid&#233;rables des imp&#244;ts sur le capital (et donc aussi la propagande sur &#171; la baisse des imp&#244;ts &#187;) sans r&#233;duire les recettes budg&#233;taires &#8212; a &#233;t&#233; &#233;tabli au d&#233;but des ann&#233;es 1990 dans toute l'Europe de l'Est, augmentant de m&#234;me les prix (et donc r&#233;duisant les salaires r&#233;els) de 18 % &#224; 20 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e la m&#234;me mesure a &#233;t&#233; mise en place en Islande (24,5 % en 1990). Un peu plus tard, du fait de la guerre, en Croatie (23 % en 1998), en Bosnie (17 % en 2006) et au Kosovo (16 %). La r&#233;ussite de l'op&#233;ration inspire les gouvernements de la &#171; vieille Europe &#187; : depuis 1994 en Allemagne le taux normal de TVA a &#233;t&#233; augment&#233; de 4 % (et de nouvelles augmentations se pr&#233;parent), en France de 1 %, &#224; Chypre de 5 %, en Gr&#232;ce de 5 %, &#224; Malte de 3 %, au Portugal de 5 %, en Espagne de 1 % (et une nouvelle augmentation est annonc&#233;e), en Hongrie de 5 %, en Estonie de 2 %, en Lettonie et en Lituanie de 3 %&#8230; Il semble que le taux pour l'instant maximal au sein de l'Union europ&#233;enne (25%), appliqu&#233; au Danemark, en Su&#232;de et depuis peu en Hongrie, constitue l'objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les augmentations touchent &#233;galement les taux r&#233;duits (par exemple plus 5 % en R&#233;publique Tch&#232;que depuis 2004, plus 2 % en Gr&#232;ce en mai), r&#233;serv&#233;s dans certains pays aux produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. A tout cela il faut ajouter les r&#233;ductions des allocations sociales, les r&#233;ductions de l'emploi dans les services publics, les transferts sur les budgets locaux des d&#233;penses centrales sans les accompagner d'un transfert &#233;quivalent de recettes&#8230; Autrement dit, au nom de la &#171; lutte contre la crise &#187;, il s'agit de poursuivre, en passant &#224; une vitesse sup&#233;rieure, ce qui a &#233;t&#233; &#224; l'origine de la crise actuelle : le d&#233;clin de la part du travail dans les revenus globaux depuis 1980 (7). Les choix du gouvernement irlandais sont de ce point de vue exemplaire. La cure d'aust&#233;rit&#233; a pr&#233;serv&#233; un seul acquis, celui du capital : l'imp&#244;t ultra-r&#233;duit de 12,5 % sur les b&#233;n&#233;fices a &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233; ! Le 8 juin le gouvernement hongrois de Viktor Orban, qui a r&#233;cemment remplac&#233; le gouvernement social-d&#233;mocrate impopulaire apr&#232;s les pr&#233;c&#233;dentes mesures d'aust&#233;rit&#233;, a suivi l'exemple : le nouveau plan d'aust&#233;rit&#233;, qui comprend le gel des salaires de la fonction publique et de nouveaux imp&#244;ts de 16 % pour tous, pr&#233;voit &#233;galement de r&#233;duire de 19 % &#224; 10 % les imp&#244;ts sur les b&#233;n&#233;fices inf&#233;rieurs &#224; 1,77 million d'euros !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attaques coordonn&#233;es, r&#233;ponses &#233;clat&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, toutes ces attaques n'ont pas &#233;t&#233; simultan&#233;es au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Dans un cadre commun, d&#233;termin&#233; &#224; l'&#233;chelle de l'Union (par exemple au travers du dit &#171; Pacte de stabilit&#233; et de croissance &#187;), chaque gouvernement europ&#233;en pouvait adapter sa politique aux conditions particuli&#232;res de son pays, agissant &#224; son rythme sur des leviers des imp&#244;ts, des d&#233;penses sociales, des salaires et de l'emploi public, etc. Cela correspond &#224; des contraintes objectives :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* L'Union europ&#233;enne n'est pas un &#201;tat achev&#233; au sens classique et les choix qui ont orient&#233; la construction de cet appareil supranational tiennent compte du fait qu'il y a &#171; des capitalismes europ&#233;ens &#187;, des int&#233;r&#234;ts de chaque classe capitaliste au plan national et au plan international, mais pas &#171; un capitalisme europ&#233;en &#187; en tant que tel. La mondialisation capitaliste a projet&#233; directement au plan mondial les &#233;conomies et les projets de chaque bourgeoisie. Les plus grandes entreprises et les banques europ&#233;ennes se sont crois&#233;es avec des entreprises am&#233;ricaines ou de pays &#233;mergents dans le transport a&#233;rien, l'automobile, l'industrie pharmaceutique&#8230; S'il existe quelques grands groupes proprement europ&#233;ens, tel EADS, ils font exception. Les classes dominantes europ&#233;ennes se sont saisies du march&#233; unique pour conqu&#233;rir de nouvelles parts de march&#233; dans le monde globalis&#233; plut&#244;t que pour construire une Europe &#233;conomiquement, socialement et politiquement int&#233;gr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Apr&#232;s le d&#233;but des mobilisations europ&#233;ennes &#8212; les marches europ&#233;ennes lors du sommet de l'UE &#224; Amsterdam en 1994, suivies de plusieurs manifestations syndicales au cours des ann&#233;es qui ont suivi, ainsi que la gr&#232;ve de d&#233;cembre 1995 en France &#8212; et l'&#233;chec de la tentative de l&#233;gitimer une orientation politique n&#233;olib&#233;rale &#224; l'&#233;chelle de l'Union au travers du Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, les gouvernements europ&#233;ens se sont gard&#233;s de susciter une r&#233;ponse sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise capitaliste mondiale a cependant acc&#233;l&#233;r&#233; le processus. Apr&#232;s avoir exig&#233; que la Gr&#232;ce, le Portugal et l'Espagne pratiquent une aust&#233;rit&#233; brutale, Angela Merkel vient d'annoncer de nouvelles mesures en Allemagne dont la r&#233;duction des emplois dans la fonction publique (10 000 &#224; 15 000 emplois supprim&#233;s d'ici 2014), de nouvelles taxes et la r&#233;duction des prestations sociales (allocations familiales, allocations de ch&#244;mage, etc.), pour ne pas &#171; d&#233;favoriser la comp&#233;titivit&#233; &#187; de l'industrie allemande. Le nouveau gouvernement conservateur britannique pr&#233;pare une baisse draconienne des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le gouvernement Sarkozy, devant tenir compte de son impopularit&#233;, a choisi le terrain des retraites pour passer &#224; l'attaque, tout en pr&#233;parant aussi en catimini un budget d'aust&#233;rit&#233; pour 2011. La norme n&#233;olib&#233;rale de la concurrence est ainsi une spirale descendante sans fin : d'abord on exige que les clients se serrent la ceinture, puis il faut la serrer &#224; ceux qui produisent et ainsi de suite. Si la politique d'aust&#233;rit&#233; annonc&#233;e en Allemagne n'est pas d&#233;faite, elle s'&#233;tendra aux autres pays du centre, puis justifiera de nouvelles coupes sombres dans les pays p&#233;riph&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse de r&#233;ponses du salariat &#224; l'&#233;chelle de l'Union europ&#233;enne aux coups de butoir successifs en Irlande, en Hongrie et dans les pays baltes, puis en Gr&#232;ce, en Espagne et au Portugal a chang&#233; la donne. On assiste &#224; une g&#233;n&#233;ralisation simultan&#233;e des attaques contre les travailleurs. La gestion de cette crise est un r&#233;v&#233;lateur : l'Europe n&#233;olib&#233;rale est un carcan, et l'euro un instrument de discipline salariale et sociale, r&#233;alisant son projet commun de mani&#232;re &#233;clat&#233;e, pays par pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adapt&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; socio-&#233;conomique et politique de chaque pays, les grandes lignes des plans d'aust&#233;rit&#233; reprennent les m&#234;mes axes : r&#233;duction des d&#233;ficits, gel des d&#233;penses, r&#233;duction du nombre d'emplois publics, baisse des salaires, baisse des retraites, allongement de la dur&#233;e du travail en diff&#233;rant l'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part &#224; la retraite. L'objectif de r&#233;duction des d&#233;ficits va jusqu'&#224; l'exigence allemande &#8212; relay&#233;e par la France &#8212; de faire contr&#244;ler les budgets de chaque &#201;tat par les institutions europ&#233;ennes, en fait par l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommet de l'UE, malgr&#233; les tensions persistantes entre les dynamiques divergentes de chaque classe capitaliste sur le plan national et international, du fait de la place occup&#233;e dans l'&#233;conomie mondiale et dans la division du travail &#8212; la puissance financi&#232;re du capital britannique, le r&#244;le du capital allemand sur le march&#233; des biens d'&#233;quipement industriels, les sp&#233;cialisations du capital fran&#231;ais adoss&#233; &#224; l'&#201;tat dans le nucl&#233;aire, l'industrie d'armements, l'a&#233;ronautique ou les transports&#8230; &#8212;, les int&#233;r&#234;ts de classe imm&#233;diats pr&#233;valent. Nous avons affaire &#224; une politique coordonn&#233;e, une guerre de classe du capital contre le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reprendre l'initiative&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en va pas, pour le moment du moins, de m&#234;me du c&#244;t&#233; des travailleurs. Dans les pays baltes, puis en Gr&#232;ce, en Roumanie, au Portugal, en Espagne les attaques gouvernementales ont provoqu&#233; des mobilisations populaires importantes, souvent des manifestations d'ampleur historique. Mais elles restent &#233;clat&#233;es, dans le temps et dans l'espace. Et les batailles men&#233;es ne se signalent pas (encore ?) par la capacit&#233; de formuler une r&#233;ponse revendicative &#224; la hauteur de la crise et des agressions des plans d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, la nouvelle simultan&#233;it&#233;, m&#234;me relative, des attaques du capital, devrait aider &#224; la coordination des r&#233;sistances. Les plans d'aust&#233;rit&#233; convergent, suscitent des mobilisations dans chaque pays, il ne manque que la volont&#233; ou l'imagination pour r&#233;aliser un &#171; tous ensemble ! &#187; europ&#233;en. La Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats (CES) s'est pour le moment limit&#233;e &#224; proposer une manifestation &#224; Bruxelles, le 29 septembre prochain &#8212; un mercredi, c'est-&#224;-dire qu'en absence d'un appel &#224; la gr&#232;ve &#224; l'&#233;chelle de l'UE il s'agirait d'un &#233;ni&#232;me d&#233;placement dans la capitale europ&#233;enne de quelques milliers de permanents syndicaux. Pourtant les plans d'aust&#233;rit&#233; annonc&#233;s mettent en danger y compris les avantages acquis des bureaucrates syndicaux&#8230; Et les syndicats de l'&#201;tat espagnol appellent &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ce m&#234;me jour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Du c&#244;t&#233; du mouvement social, la crise a des effets contradictoires &#187;, &#233;crit Michel Husson (8). &#171; D'un c&#244;t&#233;, elle donne raison aux critiques d'un syst&#232;me dont les fondements m&#234;mes sont percut&#233;s par une crise dont l'ampleur d&#233;montre l'instabilit&#233; chronique et l'irrationalit&#233; croissante. Mais, d'un autre c&#244;t&#233;, elle contraint les luttes &#224; une posture de d&#233;fense souvent &#233;clat&#233;e. Cette tension a toujours exist&#233; mais elle est port&#233;e &#224; son paroxysme par la crise : il faut &#224; la fois se battre pied &#224; pied contre les mesures de &#8220;sortie de crise&#8220; et ouvrir une perspective alternative radicale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de la crise implique une modification significative de la r&#233;partition des revenus, au d&#233;triment du capital et en faveur du travail. Il faut r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s : d'un c&#244;t&#233; par l'augmentation de la masse salariale, tant les salaires directs que les salaires socialis&#233;s (la protection sociale), de l'autre par une modification de la fiscalit&#233; au d&#233;triment des dividendes, qui n'ont aucune justification &#233;conomique ni utilit&#233; sociale. La r&#233;duction des d&#233;ficits budg&#233;taires n'est possible que par la fiscalisation de toutes les formes de revenus qui ont &#233;t&#233; dispens&#233;es d'imp&#244;ts &#224; la suite des &#171; r&#233;formes &#187; n&#233;olib&#233;rales. &#171; Les justifications, aussi bien techniques que politiques, d'une nationalisation du syst&#232;me bancaire sont &#224; nouveau apparues avec force : le plan de sauvetage de l'euro est en fait un nouveau plan de sauvetage des banques europ&#233;ennes, qui d&#233;tiennent en grande partie la dette grecque et celle d'autres pays menac&#233;s de sp&#233;culation. Pour mettre &#224; plat toutes ces dettes entrem&#234;l&#233;es, la meilleure solution serait une nationalisation int&#233;grale, permettant une fois pour toutes de compenser, r&#233;&#233;chelonner ou solder ces dettes. Les dettes publiques, outre l'impact m&#233;canique de la crise sur les recettes, correspondent pour l'essentiel au cumul des cadeaux fiscaux aux entreprises et aux rentiers. La logique voudrait qu'elles soient annul&#233;es, ou largement restructur&#233;es. &#187; (9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la &#171; crise de la dette &#187; il faut donc des solutions radicales. Des propositions dans ce sens existent : &#171; Annulation de la dette publique, audit citoyen pour annuler cette dette, expropriation des banques pour les transf&#233;rer au secteur public, nationalisation des banques ou service public bancaire unifi&#233; sous contr&#244;le des travailleurs et des peuples &#187;, voil&#224; quelques revendications qui sont avanc&#233;es par le Comit&#233; d'annulation de la dette du tiers- monde (CADTM) ou des appels internationaux soutenus par la gauche r&#233;volutionnaire britannique, le Bloc de gauche portugais, le Parti polonais du travail ou le Nouveau parti anticapitaliste de France (10). De telles revendications constituent &#171; un pont &#187;, ouvrent un passage, entre les mobilisations d&#233;fensives contre les mesures visant le d&#233;mant&#232;lement des acquis et les aspirations &#224; &#171; un autre monde possible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant la radicalit&#233; des solutions &#224; la crise capitaliste que l'ampleur de l'offensive lanc&#233;e par les repr&#233;sentants du capital en Europe imposent la construction d'un rapport de forces social. A la fois la faiblesse des traditions de mobilisations europ&#233;ennes et les postures &#233;clat&#233;es des mobilisations d&#233;fensives actuelles dans divers pays, comme le conservatisme &#171; national &#187; qui domine les organisations ouvri&#232;res, politiques et syndicales, et l'affaiblissement relatif des forces altermondialistes en Europe (11), impliquent que les anticapitalistes fassent preuve d'imagination et de capacit&#233; d'initiative en s'attelant &#224; cette t&#226;che. Cela signifie &#224; la fois oser prendre l'initiative d'actions europ&#233;ennes, regroupant celles des forces politiques, syndicales et associatives d&#233;j&#224; pr&#234;tes, m&#234;me si de telles actions seront au d&#233;but minoritaires, afin d'indiquer la voie d'une mobilisation possible (12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi saisir toutes les occasions &#8212; m&#234;me si elles apparaissent routini&#232;res, comme la manifestation &#224; l'appel de la CES en septembre prochain &#8212; pour en faire des mobilisations les plus massives et les nourrir de revendications radicales que la situation impose, en particulier l'exigence de l'annulation de la dette publique (13) et de la socialisation du syst&#232;me bancaire et de cr&#233;dit, une revendication que la justification par les gouvernements des plans d'aust&#233;rit&#233; et le caract&#232;re ill&#233;gitime de la dette aux yeux des masses rend aujourd'hui naturellement compr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique aussi pour les anticapitalistes d'&#233;tablir des liens de solidarit&#233; et de coop&#233;ration entre les mobilisations nationales contre les plans d'aust&#233;rit&#233; qui se d&#233;veloppent dans divers pays, dans le but de lutter ensemble contre les plans d'aust&#233;rit&#233; de l'Union europ&#233;enne. Car si, comme l'indiquent les sondages, la grande majorit&#233; des travailleurs europ&#233;ens est hostile aux diverses mesures d'aust&#233;rit&#233;, elle est aussi d&#233;sorient&#233;e et manque de confiance dans la possibilit&#233; de s'y opposer. Les exp&#233;riences des mobilisations &#233;clat&#233;es et &#233;parpill&#233;es des derni&#232;res ann&#233;es, men&#233;es de mani&#232;re routini&#232;re par les directions syndicales, qui n'ont en g&#233;n&#233;ral pas permis de bloquer la politique n&#233;olib&#233;rale &#8212; &#224; l'exception, significative, de la mobilisation contre le payement de la dette en Islande, qui apr&#232;s avoir impos&#233; l'organisation d'un r&#233;f&#233;rendum a vu 93,2 % des votants rejeter le projet gouvernemental &#8212; p&#232;sent aujourd'hui. En sortant de la routine, des initiatives europ&#233;ennes de lutte peuvent aider &#224; changer ce climat. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Cf. Pierre Dardot (auteur, avec Christian Laval, de La Nouvelle Raison du monde, La D&#233;couverte, Paris 2009), &#171; Qu'est-ce que la rationalit&#233; n&#233;olib&#233;rale ? Sa g&#233;n&#233;alogie, la question de la d&#233;mocratie, le projet alternatif &#187; (r&#233;union mensuelle du &#171; Club socialisme maintenant &#187; du 13 mars 2010) : &lt;a href=&#034;http://www.socialisme-maintenant.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.socialisme-maintenant.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Le terme de &#171; cotisations &#187; est dans ce cas un abus, car les fonctionnaires en France ne disposent pas d'une caisse de retraite (contrairement aux salari&#233;s du priv&#233;) mais c'est le budget de l'&#201;tat qui prend en charge leurs retraites et les ressources de ce budget ne peuvent &#234;tre affect&#233;es &#224; l'avance. Autrement dit, en augmentant ces &#171; cotisations &#187; l'&#201;tat r&#233;duit simplement ses co&#251;ts salariaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Voir &#224; ce sujet l'article d' &#214;zlem Onaran dans ce num&#233;ro d'Inprecor en p. ( ???)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Michel Husson, &#171; Quelles r&#233;ponses progressistes &#187;, article &#224; para&#238;tre dans &#171; Les temps nouveaux &#187;, disponible sur &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/&lt;/a&gt; et sur &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/%EF%BB%BFQuelles-reponses-progressistes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/%EF%BB%BFQuelles-reponses-progressistes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Voir en pp ??? de ce num&#233;ro d'Inprecor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Dont t&#233;moigne la relative faiblesse du dernier Forum social europ&#233;en &#224; Malm&#246; (Su&#232;de) en septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. L'appel des eurod&#233;put&#233;s de gauche &#224; des manifestations massives et coordonn&#233;es dans la semaine du 21 au 27 juin 2010 (cf. p. &#8230;) va dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Le CADTM propose une d&#233;marche allant dans ce sens &#8212; exigence d'un &#171; moratoire unilat&#233;ral (sans accumulation d'int&#233;r&#234;ts de retard) sur le paiement de la dette souveraine, le temps de r&#233;aliser un audit (avec participation citoyenne) des emprunts publics &#187; &#8212; pour &#171; sur la base des r&#233;sultats de l'audit (&#8230;) annuler la dette ill&#233;gitime &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Su&#232;de - Reconvertir l'industrie automobile en crise</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Suede-Reconvertir-l-industrie-automobile-en-crise</link>
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		<dc:date>2010-08-03T09:23:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lars Henriksson</dc:creator>


		<dc:subject>Su&#232;de</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'industrie automobile a une expertise dans la logistique, l'ing&#233;nierie de production et de la conception &#224; la production, et le contr&#244;le de qualit&#233; qui pourrait &#234;tre appliqu&#233;e &#224; tout autre type de production. Et une production de masse efficiente est exactement ce dont nous avons besoin si nous voulons remplacer l'&#233;conomie fond&#233;e sur l'&#233;nergie fossile. Les processus complexes et &#233;conomes mis en oeuvre aujourd'hui dans l'industrie automobile pourraient &#234;tre appliqu&#233;s &#224; la production (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5007-84d48.jpg?1781528712' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'industrie automobile a une expertise dans la logistique, l'ing&#233;nierie de production et de la conception &#224; la production, et le contr&#244;le de qualit&#233; qui pourrait &#234;tre appliqu&#233;e &#224; tout autre type de production. Et une production de masse efficiente est exactement ce dont nous avons besoin si nous voulons remplacer l'&#233;conomie fond&#233;e sur l'&#233;nergie fossile. Les processus complexes et &#233;conomes mis en oeuvre aujourd'hui dans l'industrie automobile pourraient &#234;tre appliqu&#233;s &#224; la production d'&#233;oliennes et d'autres &#233;quipements pour la production d'&#233;nergie renouvelable, de tramways, de trains, d'autres v&#233;hicules et de syst&#232;mes pour des organisations de transport durable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec la r&#233;cession &#233;conomique et la crise de l'environnement, la question des plans alternatifs pour une production durable socialement utile n'a jamais &#233;t&#233; aussi pertinente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la crise financi&#232;re a frapp&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re toute cette &#233;conomie de gaspillage, la surproduction dans le secteur de l'automobile est devenue &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'industrie automobile su&#233;doise, cette crise fut particuli&#232;rement s&#233;rieuse. Elle concerne en effet deux des plus petits parmi les grands constructeurs automobiles mondiaux, les deux appartenant &#224; des soci&#233;t&#233;s am&#233;ricaines en difficult&#233;, et les deux fabriquant des grosses voitures de semi luxe, grandes consommatrices de carburant. Dans un pays de 9 millions d'habitants, les deux constructeurs automobiles furent en faillite avec les cons&#233;quences sur toute la cha&#238;ne de sous-traitants, ainsi que deux soci&#233;t&#233;s de transport en crise &#224; Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;ologie dominante divis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise automobile en cours est ainsi devenue un enjeu politique important en Su&#232;de. Comme partout ailleurs dans le monde, il y eut, parmi les courants d'opinion dominants, deux orientations principales sur ce qui devait &#234;tre fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une d'elles se rapportait &#224; la &#171; destruction cr&#233;atrice &#187;, ent&#233;rinant le fait que le march&#233; avait rendu son verdict, et que certaines soci&#233;t&#233;s &#233;taient condamn&#233;es &#224; mort. Selon cette th&#232;se, le jugement du march&#233; n'a pas &#224; &#234;tre modifi&#233;, car que cela ne ferait qu'empirer les choses. Une variante verte de cette orientation expliquait : &#171; Les voitures sont pr&#233;judiciables au climat. Nous n'avons pas besoin d'elles ou des soci&#233;t&#233;s qui les fabriquent. Il est bon que l'industrie automobile s'en aille &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre orientation pr&#233;conise le soutien &#224; l'industrie. Pour elle, le gouvernement doit subventionner les entreprises pour les aider &#224; traverser ces temps difficiles et les rendre pr&#234;tes &#224; augmenter leur production lorsque les choses reviendront &#224; la normale. Il appartient au gouvernement de fournir des pr&#234;ts aux entreprises, d'&#233;dicter des primes &#224; la casse et des all&#233;gements fiscaux. En Su&#232;de, cela a &#233;t&#233; la ligne de la social-d&#233;mocratie, de l'industrie elle-m&#234;me, de nombreux analystes &#233;conomiques et des syndicats. Les dirigeants de mon syndicat y ont apport&#233; leur &#171; contribution &#187; en signant un accord qui a temporairement r&#233;duit les salaires et le temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux approches de la crise sont d&#233;sastreuses. L'hypoth&#232;se fondamentale derri&#232;re la position de soutien &#224; l'industrie est fausse. Il n'y aura aucun retour &#224; la normale, et en tout cas pas sous la forme d'une expansion sans fin de la production de voitures. Le transport routier est responsable d'environ 20 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre dans l'Union europ&#233;enne (UE), le transport &#233;tant le secteur o&#249; les &#233;missions augmentent le plus rapidement. M&#234;me s'il n'y avait pas la n&#233;cessit&#233; d'arr&#234;ter le changement climatique, le temps de la voiture reine est en cours d'ach&#232;vement. Le pic maximum de production de p&#233;trole sera atteint dans un proche avenir et cette &#233;nergie &#224; bon march&#233; ne sera bient&#244;t plus disponible. En fait, un syst&#232;me de transport bas&#233; sur l'utilisation massive de l'automobile ne peut pas continuer sur les moyen et long termes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Illusoire voiture verte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de l'industrie &#8212; la voiture verte, &#233;conome en carburant, et utilisant des carburants renouvelables &#8212; est une illusion. Il est vrai que les &#233;missions moyennes de CO2 par kilom&#232;tre des voitures neuves sont en baisse, avec sur la p&#233;riode 1995-2002 une diminution de 13 % en moyenne de la consommation de carburant des voitures neuves dans les pays de l'UE. Mais il y a eu une augmentation de la consommation totale de carburant de 7 % en raison de l'augmentation du trafic (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agrocarburants ne sont pas une solution. Par exemple, dans des for&#234;ts riches en Su&#232;de, le DME, un diesel synth&#233;tique &#224; base de bois est pr&#233;sent&#233; comme l'avenir. Cependant, pour remplacer la consommation de p&#233;trole de nombre actuel de voitures sur la route avec le DME, il serait n&#233;cessaire d'exploiter par an six milliards d'hectares de for&#234;t. Les autres types d'agrocarburants alternatifs propos&#233;s, comme l'&#233;thanol, demandent trop de terres cultivables et d'eau. En outre, la production d'&#233;thanol &#224; partir du ma&#239;s, ou du diesel &#224; partir du soja, entre directement en conflit avec la production d'alimentation pour les populations les plus &lt;br class='autobr' /&gt;
pauvres de la plan&#232;te. Qu'en est-il de la voiture &#233;lectrique ou du moteur &#224; hydrog&#232;ne ? Ni l'hydrog&#232;ne, ni l'&#233;lectricit&#233; ne sont une source d'&#233;nergie. Au contraire, ils n&#233;cessitent un apport d'&#233;nergie provenant d'autres sources. Aujourd'hui, les deux tiers de l'&#233;lectricit&#233; mondiale sont produits par des centrales fonctionnant au charbon et au p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela signifie que le volume du transport, et plus particuli&#232;rement du transport routier, doit s'adapter &#224; un niveau compatible avec les exigences d'une consommation durable sur le long terme. Et ce sera la fin de l'industrie automobile que nous connaissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconversion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la crise &#233;conomique, qui est loin d'&#234;tre termin&#233;e, va restructurer l'industrie automobile d'une fa&#231;on dramatique. L'orientation, qui autorise les productions automobiles non comp&#233;titives &#224; fermer, est en fait la pire d'un point de vue pratique, social et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Su&#232;de, les industries se sont succ&#233;d&#233;es. Dans les ann&#233;es 1960 quand l'industrie textile a &#233;t&#233; d&#233;localis&#233;e, et dans les ann&#233;es 1970 et 1980 lorsque la m&#234;me chose est arriv&#233;e aux chantiers navals, d'autres secteurs ont connu une croissance. Cela a concern&#233; l'industrie automobile et plus particuli&#232;rement les services publics. Ce &#171; changement structurel &#187; a &#233;t&#233; la politique officielle des syndicats et du parti social-d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, aujourd'hui, il n'y a pas d'autres industries qui soient en croissance, et le secteur public doit lui aussi faire face &#224; des compressions en terme de budget et d'emplois. Dans une &#233;conomie comme celle de la Su&#232;de, la destruction imm&#233;diate de l'industrie automobile serait un d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, une industrie comme l'industrie automobile, n'est pas un tas de machines et de b&#226;timents. C'est avant tout une organisation d'&#234;tres humains. Alors que l'humanit&#233; est confront&#233;e au plus grand d&#233;fi qu'elle a connu jusqu'&#224; pr&#233;sent &#8212; changer l'&#233;conomie et la production qui depuis 250 ans sont fond&#233;es sur l'utilisation d'&#233;nergies fossiles &#8212; nous avons besoin de toutes les ressources mobilisables pour y r&#233;pondre. Ce serait un gaspillage compl&#232;tement irresponsable que de d&#233;truire compl&#232;tement un complexe industriel qui a &#233;t&#233; construit et d&#233;velopp&#233; depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie automobile a une expertise dans la logistique, l'ing&#233;nierie de production et de la conception &#224; la production, et le contr&#244;le de qualit&#233; qui pourrait &#234;tre appliqu&#233;e &#224; tout autre type de production. Et une production de masse efficiente est exactement ce dont nous avons besoin si nous voulons remplacer l'&#233;conomie fond&#233;e sur l'&#233;nergie fossile. Les processus complexes et &#233;conomes mis en oeuvre aujourd'hui dans l'industrie automobile pourraient &#234;tre appliqu&#233;s &#224; la production d'&#233;oliennes et d'autres &#233;quipements pour la production d'&#233;nergie renouvelable, de tramways, de trains, d'autres v&#233;hicules et de syst&#232;mes pour des organisations de transport durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de l'automobile sont r&#233;guli&#232;rement mis &#224; contribution dans les changements et les transformations des outils de production. Dans les derni&#232;res d&#233;cennies, de nouveaux mod&#232;les ont &#233;t&#233; introduits &#224; une vitesse absurde : ma&#238;trise de nouveaux outillages et formations acc&#233;l&#233;r&#233;es sont devenues partie int&#233;grante de la vie quotidienne des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des pr&#233;c&#233;dents historiques pour la reconversion des industries. Dans les mois qui avaient suivi l'attaque de 1941 sur Pearl Harbor par les Japonais, le gouvernement am&#233;ricain a interdit la production de voitures priv&#233;es et a ordonn&#233; &#224; l'industrie automobile de se mettre au service de la production de guerre. Ford et les autres constructeurs ont ob&#233;i (et gagn&#233; &#224; l'occasion beaucoup de dollars) en appliquant leurs connaissances de la production de masse &#224; celle de chars et de bombardiers. La m&#234;me chose s'est produite en Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer : l'industrie automobile est un outil fantastique et polyvalent qui n'est pas fatalement li&#233; &#224; la fabrication d'automobiles. Elle pourrait jouer un r&#244;le important dans la conversion des entreprises en entreprises respectueuses de l'environnement et neutres en ce qui concerne l'effet dioxyde de carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choix politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en fin de compte la question du climat n'est pas une question de technologie. Il s'agit de politique, c'est-&#224;-dire de la lutte des classes. Et c'est pour cela que les travailleurs de cette industrie menac&#233;e doivent intervenir. Nous devons nous unir et nous battre pour nos emplois, mais c'est un tr&#232;s dur combat et presque impossible &#224; gagner. C'est pourquoi il faut se tourner vers la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral pour qu'elle nous soutienne et intervienne. Nous devons expliquer que les dirigeants d'entreprise, qui font de la mendicit&#233; pour obtenir de l'aide aupr&#232;s de l'&#201;tat, ont abdiqu&#233; de leur droit &#224; diriger l'industrie automobile. L'&#201;tat ne devrait pas subventionner leur gestion responsable d'une production destructrice, mais devrait plut&#244;t nationaliser l'industrie et la reconvertir pour cr&#233;er des emplois s&#251;rs et une production qui nous aide &#224; sortir de l'&#233;conomie fossile. Voil&#224; une plate-forme pour une large alliance sociale, &#224; la fois pour sauver les emplois et la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il possible de construire cette alliance pour mettre en avant, &#224; l'atelier et au-del&#224;, des demandes de production alternatives ? Si oui, comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape est de donner confiance en eux aux travailleurs, en apprenant &#224; lutter collectivement pour toutes les revendications, m&#234;me les plus imm&#233;diates. Si nous nous contentons de parler de grands projets sans nous engager dans les combats de tous les jours, nous serons consid&#233;r&#233;s comme des bavards tra&#231;ant des plans sur la com&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me &#233;tape devrait &#234;tre d'&#233;laborer des plans concrets indiquant comment convertir les diff&#233;rents secteurs de l'&#233;conomie. En 1980, nous avons eu un r&#233;f&#233;rendum sur l'&#233;nergie nucl&#233;aire en Su&#232;de et une des choses les plus importantes que le mouvement pour l'environnement r&#233;alisa fut de proposer une plan &#233;nerg&#233;tique alternatif, montrant en d&#233;tail comment l'&#233;nergie nucl&#233;aire pourrait &#234;tre supprim&#233;e et remplac&#233;e par des &#233;nergies renouvelables. Ce fut un outil tr&#232;s important dans la campagne pour la formation des militants et pour donner confiance en soi &#224; la population engag&#233;e dans le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2009, des militants de l'environnement, des groupes de citoyens, des chercheurs et des repr&#233;sentants syndicaux de diff&#233;rents pays europ&#233;ens (y compris Bob Crow du RMT en Grande-Bretagne) se sont r&#233;unis &#224; Cologne, en Allemagne, pour discuter d'un syst&#232;me de transport durable. La conf&#233;rence a publi&#233; la D&#233;claration de Cologne contre la privatisation du rail et pour le transport durable. Un plan concret, &#171; RailEurope2025 &#187; a &#233;t&#233; avanc&#233; pour transformer en 15 ans les transports europ&#233;ens afin de r&#233;duire les &#233;missions de CO2 de 75 %, ce qui r&#233;duirait le total des &#233;missions de moiti&#233;. Ce type de plan pourrait &#234;tre utilis&#233; par les syndicats et d'autres mouvements sociaux pour exercer des pressions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me &#233;tape la plus importante serait de relier ces plans alternatifs &#224; ce qui peut se pr&#233;parer dans les lieux de travail, et &#224; la production effective d'autres solutions alternatives, comme cela avait &#233;t&#233; mis en pratique dans les ann&#233;es 1970 en Grande-Bretagne &#224; Lucas Aerospace. M&#234;me si cette lutte fut finalement d&#233;faite, elle eut des r&#233;percussions importantes &#224; travers le monde entier et en a encore aujourd'hui. A la fin des ann&#233;es 1970, il y eut une crise en Su&#232;de dans la construction navale, la sid&#233;rurgie, et les derniers restes de l'industrie textile. Pendant cette p&#233;riode, la demande d'une production alternative &#233;tait devenue largement r&#233;pandue et porteuse d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais presque toutes les tentatives de sauver des emplois sous ce mot d'ordre ont &#233;chou&#233; parce que pour presque tout le monde une production alternative signifiait une autre production rentable. La fa&#231;on dont nous pouvons utiliser la notion de production alternative doit souligner que nous voulons utiliser nos comp&#233;tences pour produire des biens n&#233;cessaires et socialement utiles, ind&#233;pendamment du fait qu'ils soient rentables au sens capitaliste du terme. Ce fut la force du Plan Lucas. Un autre aspect s&#233;duisant de l'exp&#233;rience Lucas a &#233;t&#233; de montrer ce qui peut arriver lorsque les travailleurs sortent des habitudes de tous les jours. &#192; la fin du XVIIIe si&#232;cle Thomas Paine avait r&#233;sum&#233; cela comme suit : &#171; Les r&#233;volutions cr&#233;ent le g&#233;nie et le talent, mais ces &#233;v&#233;nements ne font que les mettre en avant. Il y a, dans l'homme, des potentialit&#233;s enfouies et endormies, et qui, &#224; moins que quelque chose ne les excite pour l'action, vont sombrer avec lui, dans cet &#233;tat, jusqu'&#224; &#224; la tombe &#187; (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence syndicale qui s'est tenue en 2009 dans le cadre de la campagne contre le changement climatique a d&#233;cid&#233; de former un comit&#233; afin de commencer &#224; &#233;laborer un plan de reconversion &#224; partir de participations locales. Voil&#224; une voie &#224; suivre. &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Lars Henriksson, syndicaliste &#224; Volvo, est membre du Socialistiska Partiet (section su&#233;doise de la IVe Internationale). Cet article reprend l'intervention de l'auteur &#224; la conf&#233;rence &#171; Climat et Capitalisme &#187; organis&#233;e &#224; Londres le 12 Septembre 2009 par &#171; Green Left &#187; et &#171; Socialist Resistance &#187; (section britannique de la IVe Internationale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par J.-C.V..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Erling Holden, Achieving Sustainable Mobility : Everyday and Leisure-time Travel in &lt;br class='autobr' /&gt;
the EU, Ashgate Publishing Ltd., Hampshire 2007. &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Thomas Paine, Rights of Man, II, 1792 (Traduction fran&#231;aise : Thomas Paine, Les &lt;br class='autobr' /&gt;
Droits de l'Homme, Belin Poche, Paris 2009)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Hongrie d&#233;fie le FMI</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Hongrie-defie-le-FMI</link>
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		<dc:date>2010-08-03T09:23:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Duval</dc:creator>


		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Fonds Mon&#233;taire International</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le premier ministre, Viktor Orban, monte au cr&#233;neau et r&#233;ussit &#224; calmer les sp&#233;culations en remerciant le FMI pour son &#171; aide de trois ans &#187; tout en indiquant que &#171; l'accord sur le pr&#234;t expirait en octobre, et qu'il n'y avait donc rien &#224; suspendre. &#187;. &#171; Les banques &#233;taient &#224; l'origine de la crise mondiale, il est normal qu'elles contribuent au r&#233;tablissement &#187; de la situation, a-t-il soulign&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; La Hongrie qui assurera pour 6 mois &#224; partir du 1er janvier 2011 la pr&#233;sidence de l'UE (Union (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton4994-91492.jpg?1781603533' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le premier ministre, Viktor Orban, monte au cr&#233;neau et r&#233;ussit &#224; calmer les sp&#233;culations en remerciant le FMI pour son &#171; aide de trois ans &#187; tout en indiquant que &#171; l'accord sur le pr&#234;t expirait en octobre, et qu'il n'y avait donc rien &#224; suspendre. &#187;. &#171; Les banques &#233;taient &#224; l'origine de la crise mondiale, il est normal qu'elles contribuent au r&#233;tablissement &#187; de la situation, a-t-il soulign&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Hongrie qui assurera pour 6 mois &#224; partir du 1er janvier 2011 la pr&#233;sidence de l'UE (Union Europ&#233;enne), subit tr&#232;s fortement les cons&#233;quences d'une crise financi&#232;re qui n'en finit pas. Pourtant pas si &#233;loign&#233;e des objectifs de Maastricht en mati&#232;re de d&#233;ficit (3,8 % en 2008), la Hongrie devient le premier pays de l'Union europ&#233;enne &#224; obtenir un soutien financier de la Tro&#239;ka FMI, UE et Banque mondiale. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2008, un plan de 20 milliards d'euros est d&#233;cid&#233; pour la Hongrie : 12,3 milliards d'euros sont pr&#234;t&#233;s par le FMI ; 6,5 par l'Union europ&#233;enne et 1 par la Banque mondiale. Le stock de la dette s'accroit m&#233;caniquement. Outre la perte s&#232;che en paiement des int&#233;r&#234;ts qui alourdit le d&#233;ficit, les conditions sont s&#233;v&#232;res pour la population : hausse de 5 points de la TVA, aujourd'hui &#224; 25 % ; &#226;ge l&#233;gal de d&#233;part &#224; la retraite port&#233; &#224; 65 ans ; gel des salaires des fonctionnaires pour deux ans ; suppression du treizi&#232;me mois des retrait&#233;s ; baisses des aides publiques &#224; l'agriculture et aux transports publics&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'extr&#234;me droite entre au Parlement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Hongrie, auparavant gouvern&#233;e par les sociaux-d&#233;mocrates, avait r&#233;ussi &#224; sauvegarder un syst&#232;me social relativement protecteur, mais l'application, sur injonction du FMI, de telles mesures d'aust&#233;rit&#233; a m&#233;content&#233; la population et b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; la droite conservatrice qui a remport&#233; les &#233;lections l&#233;gislatives d'avril 2010. Pourtant, la victoire du nouveau premier ministre conservateur, Viktor Orban, est aussit&#244;t salu&#233;e par l'agence de notation Fitch Ratings qui estime que son parti, le Fidesz, obtenant la majorit&#233; n&#233;cessaire pour modifier la Constitution, &#171; repr&#233;sente une opportunit&#233; pour introduire des r&#233;formes structurelles &#187; |1|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sociaux-d&#233;mocrates ont ainsi connu une d&#233;faite historique et ont ouvert un boulevard &#224; l'extr&#234;me-droite (Jobbik) qui est entr&#233;e au Parlement pour la premi&#232;re fois avec un score de 16,6 %. A peine arriv&#233; &#224; la t&#234;te de l'Etat, le gouvernement lance des d&#233;clarations alarmistes sur la situation financi&#232;re du pays &#233;voquant une sous-estimation des comptes par l'ex&#233;cutif pr&#233;c&#233;dent ramenant le d&#233;ficit &#224; 7,5 % du PIB, bien plus que les 3,8 % escompt&#233;s par le FMI. Coup de bluff ou falsification de comptes ? Le lendemain 5 juin 2010, un vent de panique fait chuter les Bourses de Londres, Paris, Budapest&#8230;et l'euro se d&#233;pr&#233;cie dans la crainte de difficult&#233;s semblable &#224; celles de la Gr&#232;ce. Le gouvernement sous pression tente alors de se reprendre et multiplie les communiqu&#233;s pour calmer tant bien que mal les sp&#233;culateurs survolt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Taxer le capital ou le travail ?&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;duire son d&#233;ficit &#224; 3,8% du PIB en 2010 comme le r&#233;clame le FMI et l'UE, le gouvernement pr&#233;pare l'instauration d'une taxe temporaire sur l'ensemble du secteur financier, qui permettrait de pr&#233;lever 0,45% de l'actif net des banques (calcul&#233;e non pas sur les b&#233;n&#233;fices, mais sur le chiffre d'affaires), de taxer &#224; hauteur de 5,2% les revenus des compagnies d'assurance et de 5,6 % pour les autres entit&#233;s financi&#232;res (bourse, agents financiers, g&#233;rants de fonds d'investissement&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Hongrie surench&#233;rit ainsi sur Obama qui a timidement &#233;voqu&#233; une taxe de seulement 0,15 % sur les banques. Mais cette mesure qui devrait rapporter environ 650 millions d'euros de recettes annuelles pendant deux ans (en 2010 et 2011), soit environ 0,8 % du PIB selon le gouvernement, ne plait pas aux banques : celles-ci font pression et menacent de retirer leurs investissements en Hongrie. Quand au FMI, il stoppe toute n&#233;gociation et menace de fermer le robinet du cr&#233;dit accord&#233; en 2008. Le plan devant initialement expirer en mars 2010 avait pourtant &#233;t&#233; prolong&#233; jusqu'&#224; octobre de la m&#234;me ann&#233;e. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien &#233;videmment le projet de taxe sur le secteur financier, v&#233;ritable pomme de discorde entre le FMI et la Hongrie, qui bloque la poursuite du pr&#234;t. Le Fonds estime que le pays doit prendre des mesures en ad&#233;quation avec le dogme n&#233;olib&#233;ral en cours : entendez par l&#224; taxer les pauvres avant de taxer les banques : certes, les pauvres ont peu d'argent mais il y a beaucoup de pauvres... N'auriez vous pas remarqu&#233; le cynisme &#224; l'&#339;uvre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le projet de plafonnement des r&#233;mun&#233;rations dans la fonction publique, salaire du gouverneur de la banque centrale compris, est tout &#224; fait aux antipodes des recommandations du Fonds qui pr&#233;f&#232;re un nivellement par le bas en r&#233;duisant ou gelant les salaires comme en Gr&#232;ce ou en Roumanie par exemple. Attention &#224; ne pas se faire d'illusion pour autant de la part d'un parti au pouvoir qui avait d&#233;j&#224; favoris&#233; la p&#233;n&#233;tration du n&#233;olib&#233;ralisme dans les ann&#233;es 1990&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est soit la taxe bancaire, soit l'aust&#233;rit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christoph Rosenberg, qui conduisait la d&#233;l&#233;gation du FMI en Hongrie, a indiqu&#233; que l'organisation internationale souhaitait obtenir davantage de pr&#233;cisions sur le budget de l'ann&#233;e prochaine : &#034;Lorsque nous viendrons la prochaine fois, &#224; moins que nous ne venions la semaine prochaine, le gouvernement aura logiquement avanc&#233; sur le budget 2011 et ce sera un budget tr&#232;s important&#034;, a-t-il dit |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus le FMI s'appr&#234;te &#224; revoir la copie du gouvernement et intervenir directement dans l'&#233;laboration du budget hongrois au d&#233;pend de toute souverainet&#233;. En attendant, le FMI estime que le pays va devoir prendre &#171; des mesures suppl&#233;mentaires &#187; d'aust&#233;rit&#233; pour parvenir aux objectifs de d&#233;ficit qu'il a lui-m&#234;me fix&#233;. De son c&#244;t&#233;, le ministre de l'Economie Gyorgy Matolcsy d&#233;clare lors d'un entretien : &#171; Nous avons dit que nous ne pouvions pas mettre en place de nouvelles mesures de rigueur [...].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait cinq ans que nous appliquons des mesures d'aust&#233;rit&#233;, c'est pourquoi nous en sommes l&#224; &#187;. &#171; Nous allons imposer la taxe bancaire, nous savons que c'est un lourd fardeau suppl&#233;mentaire, mais nous savons &#233;galement que nous pouvons atteindre (l'objectif) d'un d&#233;ficit de 3,8% &#187;, &#171; C'est soit la taxe bancaire, soit l'aust&#233;rit&#233; &#187;, a-t-il par ailleurs ajout&#233; |3|. Afin de se prot&#233;ger d'une extr&#234;me droite en pleine ascension lors des prochaines &#233;lections municipales d&#233;but octobre, la droite conservatrice au pouvoir veut &#233;viter des mesures trop impopulaires et rejette toute poursuite de n&#233;gociation avec le Fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Rupture consomm&#233;e entre la Hongrie et le FMI ?&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juillet le FMI suspend la n&#233;gociation et par voie de cons&#233;quence, le versement de nouvelles tranches. Dans un premier temps, la sanction des march&#233;s ne s'est pas fait attendre et la monnaie nationale, le forint reculait d'environ 2,4% &#224; l'ouverture, tandis que la Bourse perdait plus de 4%. Le premier ministre, Viktor Orban, monte au cr&#233;neau et r&#233;ussit &#224; calmer les sp&#233;culations en remerciant le FMI pour son &#171; aide de trois ans &#187; tout en indiquant que &#171; l'accord sur le pr&#234;t expirait en octobre, et qu'il n'y avait donc rien &#224; suspendre. &#187;. &#171; Les banques &#233;taient &#224; l'origine de la crise mondiale, il est normal qu'elles contribuent au r&#233;tablissement &#187; de la situation, a-t-il soulign&#233; |4|. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle loi sur la taxe financi&#232;re qui pr&#233;voit par ailleurs une r&#233;duction de l'imp&#244;t sur les petites et moyennes entreprises (PME) de 16 &#224; 10 %, est approuv&#233;e haut la main (301 votes en faveur et seulement 12 contre) le 22 juillet par le Parlement domin&#233; par le Fidesz de M. Orban. Sans surprise, d&#232;s le lendemain, les agences de notation financi&#232;re Moody's et Standard and Poor's placent la note de la dette souveraine hongroise sous surveillance avec un possible abaissement &#224; la cl&#233;. Le r&#244;le de ces agences, juges et parties d'un syst&#232;me sp&#233;culatif mortif&#232;re, est r&#233;sum&#233; en peu de temps : on am&#233;liore la note lors de l'accession du gouvernement conservateur au pouvoir en l'estimant sur la voie de l'aust&#233;rit&#233; capitaliste et quand on se rend compte que les mesures prennent un chemin divergeant du dogme n&#233;olib&#233;ral, on s'appr&#234;te &#224; l'abaisser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le journal &#8220;Le Monde&#8221; soutient les cr&#233;anciers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux dire du journal fran&#231;ais Le Monde |5| dans son &#233;dition du 20 juillet, il faut soutenir l'insoumission affich&#233;e du gouvernement hongrois envers le FMI et d&#233;fendre l'id&#233;e qu'il en fasse de m&#234;me avec son autre cr&#233;ancier, l'Union europ&#233;enne. Prendre ses distances envers ces cr&#233;anciers ne constitue en rien une insulte envers le peuple hongrois qui devra in fine rembourser une dette dont les conditions impos&#233;es par le FMI et l'UE sont d&#233;j&#224; un lourd fardeau pour la population. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il faut aller au-del&#224; d'une simple rupture diplomatique en proposant par exemple un front de pays unis contre le paiement de la dette, car comme l'a si bien dit Sankara, ancien pr&#233;sident du Burkina Faso, quelques mois avant d'&#234;tre assassin&#233; : &#171; La dette ne peut pas &#234;tre rembours&#233;e parce que d'abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en s&#251;rs. Par contre si nous payons, c'est nous qui allons mourir. Soyons-en s&#251;rs &#233;galement. (&#8230;) Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serais pas l&#224; &#224; la prochaine conf&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, avec le soutien de tous, dont j'ai besoin, (applaudissements) avec le soutien de tous, nous pourrons &#233;viter de payer. Et en &#233;vitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources &#224; notre d&#233;veloppement. &#187; |6| Seule une mobilisation populaire r&#233;clamant la v&#233;rit&#233; sur la destination des sommes emprunt&#233;es au m&#234;me titre que la satisfaction des revendications en termes de salaires, emplois ou protection sociale permettra de faire payer le co&#251;t de la crise aux v&#233;ritables responsables de celles&#8211;ci. C'est pourquoi il est primordial pour les peuples d'Europe et d'ailleurs, d'auditer ces dettes entach&#233;es d'ill&#233;galit&#233;s pour en r&#233;pudier le paiement. C'est un premier pas vers la souverainet&#233; qui permettrait d'envoyer les &#233;normes fonds d&#233;di&#233;s au remboursement de la dette vers les v&#233;ritables besoins des populations en mati&#232;re de sant&#233;, d'&#233;ducation ou de pensions de retraite, de sauvegarder leurs services publics plut&#244;t que de les offrir aux entreprises priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Hongrie : Fitch salue le r&#233;sultat &#233;lectoral, Le Figaro, 26 avril 2010 : &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| &lt;a href=&#034;http://tempsreel.nouvelobs.com/actu..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://tempsreel.nouvelobs.com/actu..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| &lt;a href=&#034;http://fr.reuters.com/article/frEur..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.reuters.com/article/frEur..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| &lt;a href=&#034;http://www.lesechos.fr/info/inter/a..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lesechos.fr/info/inter/a..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| &#171; M. Orban affiche ouvertement une insultante d&#233;sinvolture &#224; l'adresse de ses cr&#233;anciers &#187;, Le Monde, 19 juillet 2010. &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/article..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lemonde.fr/idees/article..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Discours de Thomas SANKARA &#224; Addis-Abeba, le 29 Juillet 1987, quelques mois avant sa mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mettre fin &#224; la justice sommaire qui s'abat sur les antifascistes russes</title>
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		<dc:date>2010-08-03T09:22:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce 30 juillet, les activistes du mouvement antifasciste Maxime Solopov et Alexe&#239; Gasparov ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; Moscou sans aucune accusation. Maxime et Alexe&#239; sont connus pour &#234;tre les porte-paroles d'un mouvement de jeunes en plein essor contre les actes de violence nazie ayant particip&#233; activement ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; la mise en lumi&#232;re des liens qui existent entre les structures &#233;tatiques, la police et l'extr&#234;me droite en Russie. &lt;br class='autobr' /&gt; Leur arrestation fait suite &#224; une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton5011-36619.jpg?1781724419' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce 30 juillet, les activistes du mouvement antifasciste Maxime Solopov et Alexe&#239; Gasparov ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; Moscou sans aucune accusation. Maxime et Alexe&#239; sont connus pour &#234;tre les porte-paroles d'un mouvement de jeunes en plein essor contre les actes de violence nazie ayant particip&#233; activement ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; la mise en lumi&#232;re des liens qui existent entre les structures &#233;tatiques, la police et l'extr&#234;me droite en Russie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Leur arrestation fait suite &#224; une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements dramatiques qui se sont d&#233;roul&#233; en juillet dans le cadre de la lutte contre la destruction de la for&#234;t de Khimki, non loin de Moscou. Les repr&#233;sentants du monde des affaires et l'administration locale ayant un int&#233;r&#234;t &#224; voir la for&#234;t abattue pour faire construire une autoroute reliant Moscou &#224; Saint-P&#233;tersbourg &#8211; projet d'une valeur de plusieurs millions &#8211; ont lanc&#233; une campagne violente et de grande ampleur contre les groupes d'initiative de la ville et les militants &#233;cologistes. Le 23 juillet, des collaborateurs d'agences de s&#233;curit&#233; priv&#233;es et un groupe de supporters de football d'extr&#234;me-droite engag&#233; par une entreprise de construction ont brutalement donn&#233; l'assaut sur un camp de protestation pacifiste, et ce, sous le regard passif de la police. Dans la semaine qui a suivit le 26 juillet, les attaques contre les manifestants ont continu&#233; alors que les travaux de d&#233;forestation avan&#231;aient toujours un peu pus chaque jour. La for&#234;t de Khimki un est des plus grands espaces verts &#224; proximit&#233; directe de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 juillet, un groupe de pr&#232;s de 400 militants antifascistes radicaux a men&#233; une action symbolique pour d&#233;noncer les d&#233;bordements des hommes d'affaires, de la police et des nazis. Des p&#233;tards ont &#233;t&#233; lanc&#233;s contre un b&#226;timent de l'administration de la ville de Khimki, qui porte directement la responsabilit&#233; des &#233;v&#233;nements qui ont lieu autour de la for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action a &#233;t&#233; men&#233;e en une minute montre en main et la police n'a pas pu r&#233;agir ni arr&#234;ter qui que ce soit. Malgr&#233; l'absence totale de donn&#233;s quant &#224; l'identit&#233; des participants &#224; l'action, au bout de 24 heures la police a proc&#233;d&#233; &#224; des perquisitions et &#224; des arrestations de personnes dont la seule faute est de maintenir publiquement des positions antifascistes et anticapitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la presse, l'attaque contre l'administration de Khimki a &#233;t&#233; particuli&#232;rement prise &#224; c&#339;ur dans les hautes sph&#232;res, jusqu'&#224; l'Administration du pr&#233;sident russe, qui cherche d&#233;sormais des coupables &#224; n'importe quel prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Connaissant les m&#233;thodes de travail de la police et des services sp&#233;ciaux russes, il ne fait aucun doute que dans l'affaire en cours, l'utilisation de moyens de pression physique et psychologique, voire de la torture, ne sont pas &#224; exclure. De plus, pour le moment l'enqu&#234;te ne dispose d'aucun &#233;l&#233;ment de preuve concernant la participation de Maxime et Alexe&#239; &#224; l'attaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire sans exag&#233;ration que l'avenir du mouvement antifasciste &#224; Moscou d&#233;pend de l'issue de cette affaire. Les repr&#233;sentants de la police ont d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; &#224; la presse &#171; qu'il est temps de les mettre &#224; leur place &#187; et de briser un mouvement croissant qui &#233;chappe au contr&#244;le des autorit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous appelons tous les activistes de gauche et du mouvement ouvrier, les antifascistes et les &#233;cologistes &#224; s'&#233;lever contre la justice sommaire appliqu&#233;e &#224; Alexe&#239; et Maxime par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassemblement d'initiatives citoyennes, &#233;cologistes et politiques pour la d&#233;fense des prisonniers politiques de Khimki&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;QUE POUVEZ-VOUS FAIRE DES MAINTENANT ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Envoyer une lettre de protestation ou t&#233;l&#233;phoner aux adresses suivantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
Moscow Region Prosecutor's Office Malyi Kiselnyi per., d. 5 107031 Moscow Russian Federation news@mosoblproc.ru&lt;br class='autobr' /&gt;
Khimki Prosecutor's Office ul. Mayakovskogo, d. 30 141400 Khimki, Moscow Region Russian Federation +7 (495) 571-6235&lt;br class='autobr' /&gt;
Khimki Department of Internal Affairs (current location of detainees) ul. Gogolia, d. 6 141400 Khimki, Moscow Region Russian Federation +7 (495) 572-0202 (Duty Officer) +7 (495) 572-1209 (Administrative Office)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Remettre des lettres de protestation aux ambassades ou consulats de la F&#233;d&#233;ration de Russie dans votre r&#233;gion ou, mieux encore, organiser des actions pour exiger la lib&#233;ration imm&#233;diate de Maxim Solopov and Alexei Gaskarov.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Envoyer un courriel au pr&#233;sident : &lt;a href=&#034;http://eng.letters.kremlin.ru/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://eng.letters.kremlin.ru/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Diss&#233;miner aussi largement que possible l'information.&lt;br class='autobr' /&gt;
Campagne sur Facebook : Freedom for Russian antifascists Alexei Gaskarov &amp; Maxim Solopov ! &lt;a href=&#034;http://www.facebook.com/group.php?g..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.facebook.com/group.php?g..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sarkozy distingue deux cat&#233;gories de Fran&#231;ais</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sarkozy-distingue-deux-categories-de-Francais</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Sarkozy-distingue-deux-categories-de-Francais</guid>
		<dc:date>2010-08-03T09:22:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micha&#235;l Hajdenberg</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 30 juillet la Ligue [fran&#231;aise] des droits l'homme publiait le communiqu&#233; suivant : &#171; Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a pris la lourde responsabilit&#233; [le 30 juillet &#224; Grenoble] de faire des &#233;trangers et des personnes d'origine &#233;trang&#232;re ceux et celles qui seraient responsables de l'ins&#233;curit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Parce qu'il a &#233;chou&#233; dans sa politique s&#233;curitaire, parce qu'il enregistre des &#233;checs &#233;lectoraux, parce qu'il entend interdire toute enqu&#234;te impartiale sur des faits mettant en cause le financement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L98xH150/arton4970-2dfb7.jpg?1781152112' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 30 juillet la Ligue [fran&#231;aise] des droits l'homme publiait le communiqu&#233; suivant : &#171; Le pr&#233;sident de la R&#233;publique a pris la lourde responsabilit&#233; [le 30 juillet &#224; Grenoble] de faire des &#233;trangers et des personnes d'origine &#233;trang&#232;re ceux et celles qui seraient responsables de l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parce qu'il a &#233;chou&#233; dans sa politique s&#233;curitaire, parce qu'il enregistre des &#233;checs &#233;lectoraux, parce qu'il entend interdire toute enqu&#234;te impartiale sur des faits mettant en cause le financement de sa campagne &#233;lectorale, et parce qu'il aggrave l'ins&#233;curit&#233; sociale et &#233;conomique de millions de Fran&#231;ais tout en favorisant jusqu'&#224; la caricature les plus nantis, le pr&#233;sident de la R&#233;publique et son gouvernement ont manifestement d&#233;cid&#233; d'agiter les vieux refrains des ann&#233;es 1930, destin&#233;s &#224; attiser la haine contre les &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se livrant, &#224; quelques jours d'intervalle, &#224; un discours discriminatoire contre les Gens du voyage et les citoyens europ&#233;ens que sont les Roms, puis en recherchant chez les &#233;trangers et les personnes d'origine &#233;trang&#232;re les causes de l'ins&#233;curit&#233;, Nicolas Sarkozy est en train de menacer les fondements m&#234;mes de la R&#233;publique. Ce ne sont pas les d&#233;linquants que Nicolas Sarkozy poursuit, ce sont les Fran&#231;ais d'origine &#233;trang&#232;re et les &#233;trangers, qu'il d&#233;signe comme les boucs &#233;missaires de tous nos maux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est ici en cause, ce n'est plus le d&#233;bat l&#233;gitime en d&#233;mocratie sur la mani&#232;re d'assurer la s&#251;ret&#233; r&#233;publicaine, c'est l'expression d'une x&#233;nophobie av&#233;r&#233;e. Quelle que soit la l&#233;gitimit&#233; que conf&#232;re l'&#233;lection, aucun responsable politique ne d&#233;tient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus &#233;l&#233;mentaires de la R&#233;publique, et de d&#233;signer &#224; la vindicte des millions de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la R&#233;publique et son gouvernement mettent ainsi en &#339;uvre une strat&#233;gie de la tension, esp&#233;rant sans doute retrouver un &#233;lectorat perdu, au risque de mettre en p&#233;ril la paix civile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; lors Journal d'information de 8 heures sur France culture sur le contenu de la &#171; guerre nationale contre les voyous &#187; d&#233;clar&#233;e par Nicolas Sarkozy &#8211; une guerre qui lie ouvertement ins&#233;curit&#233; et immigration, d&#233;linquance et &#233;trangers ou sans-papiers qui place les &#171; amis &#187;, ses &#171; amis &#187; d'un c&#244;t&#233;, les &#171; ennemis &#187; de l'autre &#8211; Jean-Pierre Dubois, professeur de droit constitutionnel, explique : &#171; Monsieur Sarkozy pointe du doigt un certain nombre de boucs &#233;missaires ; cette fois ce sont les Fran&#231;ais qui &#233;taient &#233;trangers et qui ont &#233;t&#233; naturalis&#233;s. Il s'agit d'une mesure g&#233;n&#233;rale qui vise tous les &#233;trangers qui ont commis certaines infractions. C'est-&#224;-dire que lorsque deux personnes auront commis la m&#234;me infraction, l'un &#233;tant Fran&#231;ais de naissance, l'autre Fran&#231;ais par naturalisation, les deux personnes ne seront pas trait&#233;es &#224; &#233;galit&#233;. Monsieur Sarkozy avait dit qu'il combattait la double peine ; il avait m&#234;me pr&#233;tendu l'avoir supprim&#233;e. Or, c'est une super-double peine monstrueuse qu'il propose l&#224;. Et le retrait automatique de la nationalit&#233; &#224; une cat&#233;gorie de personnes, &#231;a n'a pas de pr&#233;c&#233;dent depuis la Seconde Guerre mondiale. Je ne sais pas si Monsieur Sarkozy se rappelle que son p&#232;re a &#233;t&#233; naturalis&#233;. Je me demande s'il n'a pas compl&#232;tement oubli&#233; ses propres origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e de faire deux cat&#233;gories de Fran&#231;ais et de faire une in&#233;galit&#233; dans la punition face &#224; la m&#234;me infraction est absolument insupportable. Si le Parlement fait cette loi, j'esp&#232;re bien que le Conseil constitutionnel l'annulera ; mais c'est dramatique pour les institutions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distraire l'opinion de la relation entre la contre-r&#233;forme des retraites et l'affaire Woerth-Bettencourt, regagner du terrain &#233;lectoral sur la droite extr&#234;me &#8211; au moment o&#249; Marine Le Pen monte dans les sondages ! &#8211; font certainement partie de l'attirail politico-m&#233;diatique de gouvernement Sarkozy-Fillon et du &#171; premier cercle &#187; des poss&#233;dants de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela renvoie &#224; des traits plus g&#233;n&#233;raux de la situation socio-politique en Europe : la cascade de mesures d'aust&#233;rit&#233; frappant le salaire socialis&#233; (retraites, ch&#244;mages, allocations diverses, services publics effectifs&#8230;) ; les brutales restructurations d'entreprises ; la gestion tr&#232;s brutale de la force de travail afin d'accro&#238;tre l'extraction de plus-value absolue et relative, cela dans une p&#233;riode de semi-stagnation de la demande finale ; tout cela exige l'affirmation d'un pouvoir fort, autoritaire et r&#233;pressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; la n&#233;cessit&#233; d'une compr&#233;hension, pour la dite gauche radicale, de lier aussi bien dans la pratique, l'explication que dans la formulation interactive des revendications : 1&#176; les exigences d&#233;mocratiques qui renvoient, entre autres, aux espaces n&#233;cessaires et utiles aux mobilisations prot&#233;iformes des salari&#233;&#183;e&#183;s et des opprim&#233;&#183;e&#183;s ; 2&#176; les &#233;l&#233;ments propres &#224; l'expression et &#224; la d&#233;fense des besoins socio-&#233;conomiques qui se heurtent, &#224; la fois, aux orientations des oligarchies au pouvoir et &#224; leur syst&#232;me de d&#233;fense d'une propri&#233;t&#233; priv&#233;e de plus en plus concentr&#233;e ; 3&#176; &#224; partir de l&#224;, la d&#233;fense et illustration d'une perspective socialiste, cela dans un contexte de crise du capitalisme international. Une crise qui d&#233;bouche sur des affrontements concurrentiels durs entre firmes transnationales et &#171; blocs &#233;conomiques &#187;, avec, physiologiquement, des tendances &#224; des basculements des centres d'accumulation du capital &#224; l'&#233;chelle mondial. (R&#233;daction du site A l'encontre.)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;A Grenoble, ce 30 juillet 2010, Nicolas Sarkozy a l&#226;ch&#233; une bombe au milieu de son discours sur l'ins&#233;curit&#233; : &#171; La nationalit&#233; doit pouvoir &#234;tre retir&#233;e &#224; toute personne d'origine &#233;trang&#232;re qui aurait volontairement port&#233; atteinte &#224; la vie d'un fonctionnaire de police, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique &#187;, a dit le pr&#233;sident.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien dans cette phrase ni dans son contexte ne laisse &#224; penser que Nicolas Sarkozy fait r&#233;f&#233;rence aux seuls Fran&#231;ais ayant acquis la nationalit&#233; fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or jusqu'&#224; pr&#233;sent, le champ d'application de la proc&#233;dure de d&#233;ch&#233;ance se limitait aux Fran&#231;ais ayant acquis la nationalit&#233; fran&#231;aise par naturalisation ou par mariage (rappelons que seules les personnes poss&#233;dant une autre nationalit&#233; que la nationalit&#233; fran&#231;aise peuvent &#234;tre d&#233;chues, afin que les cas d'apatridie ne se multiplient pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'on en croit Nicolas Sarkozy, on pourrait imaginer demain un Fran&#231;ais de 30 ou 50 ans, n&#233; en France et qui a toujours &#233;t&#233; fran&#231;ais, &#234;tre priv&#233; de sa nationalit&#233; si un de ses a&#239;eux est &#233;tranger. &#171; Si c'est bien ce que le pr&#233;sident a voulu dire, alors il cr&#233;e une nationalit&#233; &#233;ternellement conditionnelle pour des Fran&#231;ais qui auraient des anc&#234;tres &#233;trangers, explique l'historien Nicolas Weil, sp&#233;cialiste du droit de la nationalit&#233;. &#171; On cr&#233;e deux cat&#233;gories de Fran&#231;ais. Ce serait du jamais vu depuis la p&#233;riode la plus noire de notre histoire, et &#224; rebours de toute l'&#233;volution de la s&#233;curisation de la nationalit&#233; depuis la Seconde Guerre mondiale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que veut dire le mot &#171; origine &#187; ? Apr&#232;s combien de g&#233;n&#233;rations d'anc&#234;tres ayant v&#233;cu en France consid&#233;rera-t-on que l'on n'est plus &#171; d'origine &#187; &#233;trang&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut r&#233;p&#233;ter trois fois les termes du discours &#224; Michel Tubiana, de la Ligue des droits de l'Homme, pour le convaincre que le pr&#233;sident a vraiment employ&#233; ces mots : &#171; Je refuse de l'entendre. Ce n'est pas possible : il doit y avoir une ambigu&#239;t&#233;. La tonalit&#233; d'ensemble du discours est une tonalit&#233; des ann&#233;es trente. Mais ces mesures-l&#224;, ce sont les ann&#233;es quarante ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le constitutionnaliste Dominique Rousseau n'est pas moins surpris. Il juge qu'une telle loi serait anticonstitutionnelle et cite &#224; l'appui de sa d&#233;monstration l'article 1 de la Constitution de 1958 : &#171; (La France) assure l'&#233;galit&#233; devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. On ne peut donc pas faire de distinction entre Fran&#231;ais de souche et Fran&#231;ais d'origine &#233;trang&#232;re. Cela porterait atteinte &#224; l'&#233;galit&#233; entre Fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; mineurs d&#233;linquants &#187; vis&#233;s &#233;galement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Priver une personne n&#233;e fran&#231;aise de la nationalit&#233; fran&#231;aise ? La stup&#233;faction est telle qu'on s'interroge : le pr&#233;sident a-t-il vraiment cette ambition ? Certes, son discours est &#233;crit ; chaque expression est pes&#233;e. Mais quand m&#234;me. N'emploierait-il pas ces mots seulement pour faire pol&#233;mique ? Une autre hypoth&#232;se, dans ce cas, est que le pr&#233;sident n'envisagerait de changer la loi &#171; que &#187; pour ceux qui ont acquis la nationalit&#233; fran&#231;aise au cours de leur vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'instant, l'article 25 du code civil pr&#233;voit quatre cas pour lesquels le gouvernement peut d&#233;choir tout individu de sa nationalit&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1&#176; S'il est condamn&#233; pour un acte qualifi&#233; de crime ou d&#233;lit constituant une atteinte aux int&#233;r&#234;ts fondamentaux de la nation ou constituant un acte de terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2&#176; S'il est condamn&#233; pour un acte qualifi&#233; de crime ou d&#233;lit pr&#233;vu et r&#233;prim&#233; par le chapitre II du titre III du livre IV du Code p&#233;nal [atteinte &#224; l'administration publique commise par des personnes exer&#231;ant une fonction publique, concussion, corruption, d&#233;tournement de fonds publics].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3&#176; S'il est condamn&#233; pour s'&#234;tre soustrait aux obligations r&#233;sultant pour lui du code du service national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4&#176; S'il s'est livr&#233; au profit d'un Etat &#233;tranger &#224; des actes incompatibles avec la qualit&#233; de Fran&#231;ais et pr&#233;judiciables aux int&#233;r&#234;ts de la France [espionnage].&lt;br class='autobr' /&gt;
Auparavant une cinqui&#232;me hypoth&#232;se &#233;tait pr&#233;vue : &#171; S'il a &#233;t&#233; condamn&#233; en France ou &#224; l'&#233;tranger pour un acte qualifi&#233; de crime par la loi fran&#231;aise et ayant entra&#238;n&#233; une condamnation &#224; une peine d'au moins cinq ann&#233;es d'emprisonnement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi Chev&#232;nement [Jean-Pierre Chev&#232;nement, ministre de l'Int&#233;rieur de 1997 &#224; 2000 du gouvernement &#171; socialiste &#187; de Lionel Jospin] du 16 mars 1998 a supprim&#233; ce dernier cas. Nicolas Sarkozy voudrait-il le r&#233;introduire &#224; sa fa&#231;on ? Cela n'aurait bien &#233;videmment pas du tout la m&#234;me port&#233;e que dans la premi&#232;re hypoth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre interrogation majeure : le chef de l'Etat a souhait&#233; &#171; que l'acquisition de la nationalit&#233; fran&#231;aise par un mineur d&#233;linquant au moment de sa majorit&#233; ne soit plus automatique &#187;. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la loi de 1993 pr&#233;voit que &#171; nul ne peut acqu&#233;rir la nationalit&#233; fran&#231;aise ou &#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233; dans cette nationalit&#233; s'il a &#233;t&#233; l'objet soit d'une condamnation pour crimes ou d&#233;lits constituant une atteinte aux int&#233;r&#234;ts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, soit, quelle que soit l'infraction consid&#233;r&#233;e, s'il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; une peine &#233;gale ou sup&#233;rieure &#224; six mois d'emprisonnement, non assortie d'une mesure de sursis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me article pr&#233;cise toutefois que &#171; (c)es dispositions ne sont pas applicables &#224; l'enfant mineur susceptible d'acqu&#233;rir la nationalit&#233; fran&#231;aise &#187;. Le pr&#233;sident semble vouloir retirer cette restriction. Tentera-t-il &#233;galement d'&#233;largir le spectre des condamnations pouvant emp&#234;cher d'acqu&#233;rir la nationalit&#233; ? L'expression tr&#232;s vague qu'il a employ&#233;e, &#171; mineur d&#233;linquant &#187;, peut le laisser penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me en faisant voter par le Parlement un tel changement ainsi que celui sur &#171; l'origine &#233;trang&#232;re &#187;, et m&#234;me si ces amendements n'&#233;taient pas censur&#233;s par le conseil constitutionnel, le pr&#233;sident pourrait &#234;tre frein&#233; : les proc&#233;dures de retrait et de perte de la nationalit&#233; doivent toutes &#234;tre approuv&#233;es par le Conseil d'Etat. Et il n'est pas s&#251;r que celui-ci accepte de modifier en profondeur sa jurisprudence.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Article publi&#233; sur le site Mediapart qui, aujourd'hui, m&#233;rite un soutien.&lt;br class='autobr' /&gt;
(31 juillet 2010)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Or&#233;al - Antis&#233;mitisme et anti-ma&#231;onnisme</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-Oreal-Antisemitisme-et-anti-maconnisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-Oreal-Antisemitisme-et-anti-maconnisme</guid>
		<dc:date>2010-08-03T09:22:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thierry Meyssan</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 15 f&#233;vrier 1941, &#224; la demande de la SS, le MSR de Deloncle fusionne avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel D&#233;at. Le patron de L'Or&#233;al, Eug&#232;ne Schueller, devient la personnalit&#233; &#233;conomique de r&#233;f&#233;rence. Son livre, La R&#233;volution de l'&#233;conomie, se classe dans les ouvrage de r&#233;f&#233;rence du fascisme fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est par un bref communiqu&#233;, diffus&#233; le 3 f&#233;vrier 2004 dans la nuit, que le g&#233;ant de la cosm&#233;tique L'Or&#233;al a annonc&#233; la restructuration de son capital [1]. La famille (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L108xH150/arton4989-21514.jpg?1781068737' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 15 f&#233;vrier 1941, &#224; la demande de la SS, le MSR de Deloncle fusionne avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel D&#233;at. Le patron de L'Or&#233;al, Eug&#232;ne Schueller, devient la personnalit&#233; &#233;conomique de r&#233;f&#233;rence. Son livre, La R&#233;volution de l'&#233;conomie, se classe dans les ouvrage de r&#233;f&#233;rence du fascisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est par un bref communiqu&#233;, diffus&#233; le 3 f&#233;vrier 2004 dans la nuit, que le g&#233;ant de la cosm&#233;tique L'Or&#233;al a annonc&#233; la restructuration de son capital [1]. La famille Bettencourt et le groupe Nestl&#233;, qui d&#233;tenaient ensemble la majorit&#233; de L'Or&#233;al par l'interm&#233;diaire du holding de contr&#244;le Gasparal, la poss&#233;deront d&#233;sormais directement. Ce tour de passe-passe &#233;tant accompagn&#233; d'un engagement de conservation de titres, les Bettencourt b&#233;n&#233;ficieront d'un abattement de 50 % de la valeur taxable &#224; l'imp&#244;t sur la fortune (ISF). Ils ne seront pas tenus de payer de frais pour cette transaction gr&#226;ce aux nouvelles dispositions introduites &#224; leur intention dans la &#171; loi pour l'initiative &#233;conomique &#187; du 1er ao&#251;t 2003 [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Or&#233;al est aujourd'hui &#233;valu&#233; &#224; 43,6 milliards d'euros. Les Bettencourt d&#233;tiennent 11,99 milliards ; Nestl&#233; 11,5 milliards ; les 20,11 milliards restants flottants en Bourse. La fortune personnelle de Lilliane Bettencourt, h&#233;riti&#232;re du fondateur de L'Or&#233;al, &#233;tait estim&#233;e en 2002 &#224; 17,2 milliards d'euros. Ce qui en fait la personne la plus riche de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une entreprise qui veut se payer la R&#233;publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Or&#233;al a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, en 1907, par un petit entrepreneur, Eug&#232;ne Schueller. Il absorbe Monsavon, en 1928, puis les peintures Valentine, les shampoings Dop, le magazine Votre Beaut&#233;. D&#233;rivant lentement &#224; la droite la plus extr&#234;me, Schueller se fait conna&#238;tre par ses th&#233;ories &#233;conomiques sur le &#171; salaire proportionnel &#187;. Dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e du capitalisme lib&#233;ral et des syndicats, les ouvriers toucheraient un triple salaire : un salaire d'activit&#233;, un salaire familial calcul&#233; en fonction de leur nombre d'enfants, et un salaire de productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 f&#233;vrier 1934, en r&#233;action &#224; un retentissant scandale politico-financier, les ligues d'anciens combattants de la Grande guerre manifestent devant la Chambre des d&#233;put&#233;s &#224; Paris pour obtenir la d&#233;mission du gouvernement Daladier. Sous l'impulsion des fascistes, le rassemblement tourne &#224; l'insurrection et tente de renverser la R&#233;publique au profit du colonel de La Rocque qui refuse le r&#244;le qu'on veut lui faire jouer. Divers autres &#233;chauffour&#233;es surviennent dans les semaines suivantes, y compris une tentative de lynchage de L&#233;on Blum en marge de l'enterrement d'un historien monarchiste, de sorte que, le 18 juin, le gouvernement prononce la dissolution des ligues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement, un groupe de militants fascistes, pour la plupart issus de la XVIIe section des Camelots du roi, rompt avec le philosophe monarchiste Charles Maurras et d&#233;cide de passer &#224; la clandestinit&#233;. Ils constituent l'Organisation secr&#232;te d'action r&#233;volutionnaire nationale (OSARN). Il y a l&#224; autour d'Eug&#232;ne Deloncle, Aristide Corre, Jean Filliol, Jacques Corr&#232;ze, bient&#244;t rejoints par Gabriel Jeantet, Fran&#231;ois M&#233;t&#233;nier et le docteur Henri Martin. Le colonel de La Rocque met en garde les anciens adh&#233;rents des ligues contre une infiltration de leur mouvement par des &#171; groupes de trahison &#187;, c'est-&#224;-dire par des fascistes agissant pour le compte de l'&#233;tranger, l'Italie et l'Allemagne en l'occurrence [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'OSARN se structure rapidement en groupes locaux et en syst&#232;me hi&#233;rarchis&#233; extr&#234;mement cloisonn&#233;, de sorte qu'en dehors des chefs, les membres de l'organisation ignorent tout de son ampleur, de ses objectifs r&#233;els, des moyens et soutiens dont elle dispose. Certaines cellules du complot, dont les Chevaliers du glaive, dirig&#233;s &#224; Nice par Joseph Darnant et Fran&#231;ois Durand de Grossouvre, adoptent un rituel et un costume inspir&#233;s du Klu Klux Klan &#233;tats-unien, ce qui vaudra &#224; l'OSARN d'&#234;tre d&#233;sign&#233; par les monarchistes sous le sobriquet de &#171; La Cagoule &#187; [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ami intime d'Eug&#232;ne Deloncle, Eug&#232;ne Schueller met ses moyens personnels &#224; disposition du complot. Plusieurs r&#233;unions de l'&#233;quipe dirigeante se tiennent dans son bureau au si&#232;ge de L'Or&#233;al. Un groupe de jeunes gens, r&#233;sidant &#224; l'internat des p&#232;res maristes (104, rue de Vaugirard &#224; Paris), fr&#233;quente les chefs du complot et se joint &#224; certaines de leurs actions sans pour autant adh&#233;rer formellement &#224; l'OSARN. Il s'agit de Pierre Guillain de B&#233;nouville, Claude Roy, Andr&#233; Bettencourt et Fran&#231;ois Mitterrand. Robert Mitterrand, fr&#232;re de Fran&#231;ois, &#233;pouse la ni&#232;ce d'Eug&#232;ne Deloncle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;checs et divisions sur fond d'antis&#233;mitisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un an et demi, l'OSARN formalise ses relations avec le gouvernement de Benito Mussolini en Italie, puis avec celui d'Adolf Hitler en Allemagne. Pour leur compte, il achemine des armes &#224; Francisco Franco en Espagne et &#233;limine des r&#233;fugi&#233;s politiques en France. En &#233;change, il obtient un appui financier et logistique consid&#233;rable. L'organisation tente un coup d'&#201;tat dans la nuit du 15 au 16 novembre 1937, qui &#233;choue. Au lendemain et dans les semaines qui suivent, le complot est mis &#224; jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des perquisitions permettent de d&#233;couvrir des caches d'armes r&#233;parties sur tout le territoire. Ce sont au total des centaines de fusils-mitrailleurs, des milliers de fusils et d'uniformes, des dizaines de milliers de grenades, des centaines de milliers de munitions, tous import&#233;s d'Italie et d'Allemagne, qui sont d&#233;couverts. Le pr&#233;sident du Conseil, &#201;douard Daladier, freine l'enqu&#234;te lorsqu'il appara&#238;t que l'OSARN a d&#233;velopp&#233; ses r&#233;seaux parmi les officiers sup&#233;rieurs et jusqu'&#224; l'&#233;tat-major. En effet, il ne para&#238;t pas possible de d&#233;capiter l'arm&#233;e fran&#231;aise alors que la menace de guerre se pr&#233;cise. Il a tort, puisque la Guerre mondiale est effectivement d&#233;clar&#233;e et que la France capitule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une partie des &#171; cagoulards &#187;, hostiles &#224; la domination &#233;trang&#232;re, rejoint de Gaulle, la plupart d'entre eux se f&#233;licite de la victoire du fascisme et s'engage dans la Collaboration. En septembre 1940, Eug&#232;ne Deloncle et Eug&#232;ne Schueller cr&#233;ent le Mouvement social r&#233;volutionnaire (dont l'acronyme MSR se prononce &#171; aime et sert &#187;) avec le soutien de l'ambassadeur du Reich, Otto Abetz, et l'approbation personnelle du chef de la Gestapo, Reinhardt Heydrich. Les r&#233;unions de la direction du MSR se tiennent au si&#232;ge de L'Or&#233;al (14, rue Royale &#224; Paris). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de l'organisation indique &#171; Nous voulons construire la nouvelle Europe en coop&#233;ration avec l'Allemagne nationale-socialiste et tous les autres nations europ&#233;ennes lib&#233;r&#233;s comme elles du capitalisme lib&#233;ral, du juda&#239;sme, du bolch&#233;visme et de la franc-ma&#231;onnerie (&#8230;) r&#233;g&#233;n&#233;rer racialement la France et les Fran&#231;ais (&#8230;) donner aux juifs qui seront conserv&#233;s en France un statut s&#233;v&#232;re les emp&#234;chant de polluer notre race (&#8230;) cr&#233;er une &#233;conomie socialiste (&#8230;) qui assure une juste distribution des produits en faisant augmenter les salaires en m&#234;me temps que la production &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re application de ce programme, Deloncle organise le plasticage de sept synagogues parisiennes, dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941. Subsidiairement, une organisation dans l'organisation est cr&#233;&#233;e avec l'aide du SS Theo Dannecker, repr&#233;sentant Adolf Eichmann : la Communaut&#233; fran&#231;aise dont le but est de &#171; lib&#233;rer compl&#232;tement (la France) de ces ferments de corruption que sont les juifs et les Francs-ma&#231;ons &#187;. C'est ce groupe secret qui organise la spoliation des juifs souvent au profit personnel de ses membres. Parmi eux, on rel&#232;ve Jacques Corr&#232;ze d&#233;j&#224; cit&#233; et Jean Filliol, le tueur de la &#171; Cagoule &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au jeune Andr&#233; Bettencourt, il devient le patron fran&#231;ais de la PropagandaStaffel. Il est plac&#233; sous la triple tutelle du ministre de la propagande, Joseph Goebbels, de la Wehrmacht et de la Gestapo. Il a la haute main sur toutes les publications fran&#231;aises, qu'elles soient collaborationnistes ou nazies. Il dirige lui-m&#234;me La Terre fran&#231;aise, une publication explicitement nazie destin&#233;e aux familles rurales, qui pr&#233;conise la r&#233;&#233;ducation des intellectuels d&#233;cadents par le retour forc&#233; &#224; &#171; la terre qui ne ment pas &#187;. Il y emploie l'agronome Ren&#233; Dumont. Par ailleurs, Bettencourt offre r&#233;guli&#232;rement les colonnes de ses journaux &#224; Schueller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La solution Bettencourt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 f&#233;vrier 1941, &#224; la demande de la SS, le MSR de Deloncle fusionne avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel D&#233;at. Le patron de L'Or&#233;al, Eug&#232;ne Schueller, devient la personnalit&#233; &#233;conomique de r&#233;f&#233;rence. Son livre, La R&#233;volution de l'&#233;conomie, se classe dans les ouvrage de r&#233;f&#233;rence du fascisme fran&#231;ais. Le 15 juin 1941, dans son discours au congr&#232;s de l'organisation au Palais de la Mutualit&#233;, il appelle &#224; &#171; une r&#233;volution pr&#233;liminaire &#224; la fois d'&#233;puration et de redressement &#187; qui ne peut &#171; &#234;tre que sanglante. Elle consistera tout simplement &#224; fusiller vite cinquante ou cent grands personnages &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 juin 1941, le Reich attaque l'Union sovi&#233;tique. Deloncle et Schueller d&#233;cident de cr&#233;er la L&#233;gion des volontaires fran&#231;ais (LVF) pour combattre le bolch&#233;visme sur le front de l'Est et de la placer sous l'autorit&#233; de Jacques Corr&#232;ze. Tous ses membres pr&#234;tent serment d'all&#233;geance au f&#252;hrer. Ils tentent de s'appuyer sur cette puissante formation arm&#233;e pour &#233;liminer leur adversaire politique Pierre Laval et leur alli&#233; et n&#233;anmoins rival Marcel D&#233;at. Le 27 ao&#251;t 1941, &#224; l'occasion d'une c&#233;r&#233;monie de d&#233;part d'un contingent de la LVF sur le front russe, ils organisent un double attentat au cours duquel Laval et D&#233;at sont bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La Terre Fran&#231;aise &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;Le 20 d&#233;cembre 1941, Andr&#233; Bettencourt, qui n'ignore rien des d&#233;bats en cours &#224; Berlin, &#233;crit dans l'&#233;ditorial de No&#235;l de La Terre fran&#231;aise : &#171; Un jour, trente ans plus tard, les juifs s'imagineront pourtant gagner la partie. Ils avaient r&#233;ussi &#224; mettre la main sur J&#233;sus et l'avaient crucifi&#233;. En se frottant les mains, ils s'&#233;taient &#233;cri&#233;s : &#171; que son sang retombe sur nous et nos enfants &#187;. Vous savez d'ailleurs de quelle mani&#232;re il est retomb&#233; et retombe encore. Il faut que s'accomplissent les prescriptions du livre &#233;ternel &#187;. En effet, quelques jours plus tard la Conf&#233;rence de Wansee d&#233;cide la &#171; solution finale &#187; : des millions de personnes vont &#234;tre extermin&#233;es dans le plus grand secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue des affrontements internes &#224; la mouvance nazie fran&#231;aise, c'est en d&#233;finitive Deloncle qui tombe en disgr&#226;ce. Eug&#232;ne Schueller se pr&#233;cipe alors, le 18 mars 1942, &#224; l'ambassade du Reich pour se d&#233;solidariser de son ami. L'entretien est d&#251;ment consign&#233; dans les archives allemandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'OSS s'en m&#232;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille de Stalingrad inverse le cours des &#233;v&#233;nements. D&#233;sormais le Reich n'est plus invincible. Andr&#233; Bettencourt se rapproche de son ami Fran&#231;ois Mitterrand qui exerce diverses fonctions &#224; Vichy o&#249; il partage son bureau avec Jean Ousset, le responsable du mouvement de jeunesse de la L&#233;gion fran&#231;aise des combattants de Joseph Darnand. Ils seraient alors entr&#233;s en r&#233;sistance au sein d'un Mouvement national des prisonniers de guerre et d&#233;port&#233;s (MNPGD) dont l'activit&#233; a &#233;t&#233; officiellement reconnue quarante ans plus tard par l'administration Mitterrand, mais sur laquelle les historiens s'interrogent toujours. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 1942, Andr&#233; Bettencourt est envoy&#233; par Eug&#232;ne Schueller &#171; aryaniser &#187; la soci&#233;t&#233; Nestl&#233; en Suisse, dont le patron de L'Or&#233;al est devenu l'un des actionnaires principaux. Il profite de ses d&#233;placements pour rencontrer Allen Dulles et Max Schoop des services secrets &#233;tats-uniens (OSS). En 1944, ils lui donnent 2,5 millions de francs de l'&#233;poque pour financer leur r&#233;seau. On ignore tout, encore aujourd'hui, de l'usage de cette somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eug&#232;ne Deloncle est assassin&#233;. Mais les crimes des cagoulards ne prennent pas fin pour autant, pas m&#234;me avec le d&#233;barquement alli&#233; en Normandie. Le 10 juin 1944, Jean Filliol conduit la division SS Das Reich &#224; Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) o&#249; elle massacre 644 habitants dans des conditions particuli&#232;rement horribles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parce qu'ils le valaient bien...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Lib&#233;ration, les cagoulards de Londres sauvent les cagoulards de Vichy. Gr&#226;ce au t&#233;moignage d'Andr&#233; Bettencourt et de Fran&#231;ois Mitterrand, Eug&#232;ne Schueller est relax&#233; au motif qu'il aurait aussi &#233;t&#233; r&#233;sistant. L'Or&#233;al devient le refuge des vieux amis. Fran&#231;ois Mitterand est engag&#233; comme directeur du magazine Votre Beaut&#233;. Andr&#233; Bettencourt rejoint la direction du groupe. Avec l'aide de l'Opus Dei, une confr&#233;rie catholique franquiste, Henri Deloncle (fr&#232;re d'Eug&#232;ne) d&#233;veloppe L'Or&#233;al-Espagne o&#249; il emploie Jean Filliol. Quant &#224; Jacques Corr&#232;ze, il devient patron de l'Or&#233;al-&#201;tats-Unis. En 1950, Andr&#233; Bettencourt &#233;pouse Liliane, la fille unique d'Eug&#232;ne Schueller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rue Saint-Dominique, le bureau d'Andr&#233; Bettencourt lorsqu'il dirigait la PropagandaStaffel, devient une r&#233;sidence de l'Opus Dei. Tandis que Robert Mitterrand s'installe rue Dufrenoy dans l'immeuble qui abritera le si&#232;ge de l'Opus en France. Cette &#339;uvre est politiquement dirig&#233;e par Jean Ousset.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Bettencourt a poursuivi une brillante carri&#232;re. Journaliste, il a cr&#233;&#233; en 1945 le Journal agricole, pour les anciens lecteurs de La Terre fran&#231;aise. Sa carri&#232;re politique l'a conduit plusieurs fois au Parlement et au Gouvernement. Il a ainsi pu renouer avec ses activit&#233;s pass&#233;es en devenant secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'Information (1954-55), poste cr&#233;&#233; par son ami Fran&#231;ois Mitterrand, en 1948, et o&#249; ils auront tous deux forg&#233; la presse fran&#231;aise contemporaine. Les deux hommes sont ins&#233;parables, au point qu'en 1986 lorsque Mitterrand devenu socialiste et pr&#233;sident de la R&#233;publique doit cohabiter avec une Assembl&#233;e de droite, il h&#233;site &#224; choisir Andr&#233; Bettencourt comme Premier ministre. Mais craignant le retour des fant&#244;mes du pass&#233;, il s'abstient. Cependant, ce pass&#233; reste pr&#233;sent.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit &#224; partir des archives personnelles de l'auteur, des recherches financ&#233;es par Michel Sitbon, et des documents qui lui ont &#233;t&#233; aimablement remis par le regrett&#233; David Frydman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Un nouvel accord entre les actionnaires majoritaires de L'Or&#233;al, communiqu&#233; de L'Or&#233;al, 3 f&#233;vrier 2004, 23h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2 La loi pour l'initiative &#233;conomique a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e au Parlement par le secr&#233;taire d'&#201;tat aux Petites et moyennes entreprises, Renaud Dutreil, en d&#233;cembre 2002, et adopt&#233;e le 1er ao&#251;t 2003 sous le num&#233;ro 2003-721. Cf. Journal officiel du 5 ao&#251;t 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Cf. Le Flambeau du 21 novembre 1936&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] La paternit&#233; de ce surnom est attribu&#233;e &#224; Maurice Pujo. Thierry Meyssan : Analyste politique fran&#231;ais, pr&#233;sident-fondateur du R&#233;seau Voltaire et de la conf&#233;rence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique &#233;trang&#232;re dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publi&#233; : L'Effroyable imposture 2, &#233;d. JP Bertand (2007).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Oppositions politiques et d&#233;fis pour Evo Morales</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Oppositions-politiques-et-defis-pour-Evo-Morales</link>
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		<dc:date>2010-08-03T09:21:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eduardo Paz Rada</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La pression de nouvelles formes d'action politique et sociale, le manque d'une strat&#233;gie nationale et les maladresses et la perte de contr&#244;le du gouvernement, ainsi que les revendications, qui prolif&#232;rent dans diverses r&#233;gions et secteurs, se d&#233;gagent comme des &#233;l&#233;ments nouveaux dans un panorama o&#249; l'on commence &#224; entrevoir des probl&#232;mes plus importants provoqu&#233;s y compris par des secteurs proches du gouvernement. &lt;br class='autobr' /&gt; Au cours de ces cinq derni&#232;res ann&#233;es, les transformations politiques et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L119xH150/arton5001-0b006.jpg?1781724420' class='spip_logo spip_logo_right' width='119' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pression de nouvelles formes d'action politique et sociale, le manque d'une strat&#233;gie nationale et les maladresses et la perte de contr&#244;le du gouvernement, ainsi que les revendications, qui prolif&#232;rent dans diverses r&#233;gions et secteurs, se d&#233;gagent comme des &#233;l&#233;ments nouveaux dans un panorama o&#249; l'on commence &#224; entrevoir des probl&#232;mes plus importants provoqu&#233;s y compris par des secteurs proches du gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours de ces cinq derni&#232;res ann&#233;es, les transformations politiques et sociales r&#233;alis&#233;es par le gouvernement de Evo Morales Ayma, avec le soutien massif, majoritaire et actif des secteurs populaires de la Bolivie &#8211; qui, &#224; partir de l'ann&#233;e 2000, se sont mobilis&#233;s pour leurs propres revendications &#8211; ont modifi&#233; radicalement le contexte politique. Elles ont cr&#233;&#233; une nouvelle configuration des forces politiques qui luttent pour contr&#244;ler les instances de d&#233;cision &#224; l'&#233;chelle nationale et r&#233;gionale et les segments des appareils de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle gestion du pr&#233;sident et de son parti, le Mouvement vers le socialisme (MAS), amorc&#233;e en janvier dernier (2010-2015), a d&#233;marr&#233; avec le grand avantage d'une victoire &#233;lectorale : 54% des suffrages. Ce qui lui a offert le contr&#244;le majoritaire de l'Assembl&#233;e l&#233;gislative, et surtout de la d&#233;faite d&#233;finitive des partis et des organisations conservateurs et n&#233;olib&#233;raux. Cette situation a provoqu&#233; l'&#233;mergence de nouvelles forces et de nouvelles formes d'action politique, aussi bien dans le cadre du syst&#232;me officiel qu'a l'ext&#233;rieur de celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression de nouvelles formes d'action politique et sociale, le manque d'une strat&#233;gie nationale et les maladresses et la perte de contr&#244;le du gouvernement, ainsi que les revendications, qui prolif&#232;rent dans diverses r&#233;gions et secteurs, se d&#233;gagent comme des &#233;l&#233;ments nouveaux dans un panorama o&#249; l'on commence &#224; entrevoir des probl&#232;mes plus importants provoqu&#233;s y compris par des secteurs proches du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les nouvelles oppositions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition se manifeste en deux grands blocs. Un des blocs est compos&#233; des gouverneurs des d&#233;partements de Santa Cruz, de Tarija et de Beni, des maires de six sur les neuf capitales d&#233;partementales et des d&#233;put&#233;s et s&#233;nateurs conservateurs, qui repr&#233;sentent les secteurs oligarchiques et traditionnels. Ce bloc pr&#244;ne une opposition radicale au gouvernement &#8211; qu'il qualifie de totalitaire &#8211; et &#224; ses d&#233;cisions. Il revendique la d&#233;mocratie repr&#233;sentative traditionnelle et la &#171; libert&#233; &#187; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre bloc est form&#233; par quelques mouvements sociaux et indig&#232;nes, des organisations communautaires, des syndicats, des f&#233;d&#233;rations communales, des associations de diverses professions, d'ex-alli&#233;s comme le Movimiento Sin Miedo (MSM &#8211; Mouvement sans peur) et de dissidents du MAS, ainsi que par des groupes ayant des revendications particuli&#232;res et qui consid&#232;rent que le gouvernement ne les repr&#233;sente plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette perspective qu'une nouvelle force politique d'opposition &#224; Evo Morales a surgi, compos&#233;e de personnes qui disent vouloir &#171; sauver le processus de transformation et ses leaders d'origine &#187;. A sa t&#234;te on trouve Filemon Escobar, ex-dirigeant des mineurs [1] et ex-s&#233;nateur du MAS, Roman Loayza (ex-s&#233;nateur, ex&#233;cutif de la Conf&#233;d&#233;ration de paysans de Bolivie et ex-chef la fraction parlementaire du MAS), Lino Villca (ex-s&#233;nateur du mas) et Felipe Quispe Huanca (dirigeant de la Conf&#233;d&#233;ration de paysans de Bolivie et ex-d&#233;put&#233; du Mouvement indien Pachacuti).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Escobar, qui &#233;tait consid&#233;r&#233; comme le mentor d' Evo Morales, a d&#233;clar&#233; que la nouvelle &#233;lite qui entoure le pr&#233;sident est form&#233;e de ministres kharas (blancs) dirig&#233;s par le vice-president Alvaro Garcia Linera, qui ont, selon lui, d&#233;natur&#233; le projet des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le processus inachev&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 2000, les forces populaires de Bolivie se sont mobilis&#233;es contre les politiques n&#233;olib&#233;rales et les partis traditionnels. En 2003 a eu lieu un soul&#232;vement populaire majeur (la &#171; guerre du gaz &#187;) qui a renvers&#233; le syst&#232;me de partis politiques, a abouti &#224; l'expulsion violente l'ex-pr&#233;sident Gonzalo Sanchez de Lozada [2]. Cela a permis de propulser Evo Morales &#224; la direction avec un programme de nationalisation des hydrocarbures, d'une Assembl&#233;e constituante et de la mobilisation contre la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalisation du secteur des hydrocarbures, le 1er mai 2006, s'est transform&#233;e en une r&#233;organisation des contrats pass&#233;s avec les transnationales du p&#233;trole. Ces derni&#232;res, sous la direction de la puissante firme br&#233;silienne Petrobras, orientent la politique p&#233;troli&#232;re du gouvernement depuis 2007. Les revenus de l'exportation du gaz ont permis au gouvernement de mettre en &#339;uvre un syst&#232;me d'allocations et d'actions de soutien aux secteurs vuln&#233;rables de la soci&#233;t&#233; bolivienne, en diff&#233;rant les projets d'industrialisation et de consommation de masse d'&#233;nergie &#224; bon march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e constituante a pour sa part permis d'avancer dans l'&#233;laboration de la nouvelle constitution politique de l'Etat plurinational incorporant les autonomies d&#233;partementales, r&#233;gionales, indig&#232;nes et municipales. Celles-ci ont g&#233;n&#233;r&#233; des attentes d&#233;mesur&#233;es sur tout le territoire national et ont d&#233;bord&#233; le gouvernement lui-m&#234;me. La reconnaissance de 36 nations indig&#232;nes fictives, d'origine paysanne &#8211; et cela sous l'impulsion d'ONG et de fondations europ&#233;ennes qui &#233;taient des conseillers de la Constituante &#8211; a non seulement amplifi&#233; ces espoirs, mais a aussi entra&#238;n&#233; le danger d'une d&#233;sint&#233;gration nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anti-imperialisme et capital transnational&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance court-circuite les projets int&#233;grationistes bolivariens [en r&#233;f&#233;rence au projet de Chavez] tendant vers l'unit&#233; de la grande patrie, puisqu'au lieu d'impulser le rapprochement et de renforcer les liens entre les peuples, elle tend, avec sa consigne d'administrer des &#171; territoires libres &#187;, a renforc&#233; les forces de d&#233;sagr&#233;gation qui fragmentent le territoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Evo Morales a particip&#233; activement &#224; l'Alternative bolivarienne des Am&#233;riques (ALBA) et &#224; l'Union de nations sud-am&#233;ricaines (Unasur) avec des discours anti-imp&#233;rialistes muscl&#233;s, aux cotes de Hugo Chavez [Venezuela], de Rafael Correa [Equateur] et de Raul Castro [Cuba].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alliances r&#233;gionales latino-am&#233;ricaines et sud-am&#233;ricaines et la d&#233;fense de la feuille de coca, important secteur agricole de Bolivie, face &#224; la politique interventionniste des &#201;tats-Unis, ont radicalis&#233; les positions du gouvernement. Ainsi, lors de la crise s&#233;paratiste [des quatre d&#233;partements de la demi-lune, les plus riches : Santa-Cruz, Beni&#8230;] de 2008, cela a provoqu&#233; une grave crise diplomatique &#8211; qui dure encore &#8211; et l'expulsion de l'ambassadeur de Washington, Philip Goldberg [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ce derniers mois, face &#224; la marche d'indig&#232;nes de la Conf&#233;d&#233;ration indig&#232;ne de l'orient bolivien (Cidob), les autorit&#233;s nationales ont menac&#233; l'agence &#233;tats-unienne &#8211; USAID &#8211; d'expulsion &#224; cause de son appui aux ONG qui soutiennent la marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins les capitaux financiers, bancaires et agroindustriels et les transnationales p&#233;troli&#232;res et mini&#232;res se sont maintenus en Bolivie. Ils captent et emportent d'importants profits en exploitant les ressources naturelles, en les exportant en tant que mati&#232;res premi&#232;res, en monopolisant la terre et en contr&#244;lant l'&#233;pargne et les ressources &#233;conomiques du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les profils du gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contenu et la strat&#233;gie du gouvernement d'Evo Morales, la caract&#233;risation du processus et les priorit&#233;s comme les objectifs &#233;conomiques, sociaux et politiques, soul&#232;vent une s&#233;rie de questions et donnent lieu a quelques controverses, malgr&#233; le silence qu'observe le chef de l'Etat en la mati&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces tendances &#8211; aussi bien au sein du gouvernement qu'en dehors de lui &#8211; ont suscit&#233; un d&#233;bat id&#233;ologique autour des caract&#233;ristiques du processus. Il y a ceux qui consid&#232;rent qu'il est en continuit&#233; avec le projet &#233;conomique et politique lib&#233;ral et ceux qui d&#233;clarent qu'il s'agit d'un processus &#224; caract&#232;re communautaire. Certains proposent un id&#233;al socialiste du XXIe si&#232;cle [r&#233;f&#233;rence &#224; une th&#233;matique de Chavez] et d'autres posent que le capitalisme d'&#233;tat constitue une phase pr&#233;alable &#224; la consolidation de l'unit&#233; nationale [allusion &#224; l'orientation de Alvaro Garcia Linera, le vice-pr&#233;sident].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le nationalisme, le populisme, le latinoamericanisme et l'indig&#233;nisme sont quelques-uns des qualificatifs utilis&#233;s pour d&#233;finir le r&#233;gime d'Evo Morales, qui combine sa direction forte avec le soutien de certains secteurs sociaux comme celui des planteurs de coca, des fermiers, des petits paysans, des femmes et des assemblees de quartier [dans diverses villes], m&#234;me si les d&#233;cisions les plus importantes sont prises dans son cabinet et avec l'&#233;quipe plus restreinte de ses collaborateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre d&#233;bat s'est ouvert entre, d'une part, ceux qu'on appelle les industrialistes, qui consid&#232;rent indispensable de progresser dans la transformation productive du pays en s'appuyant sur l'industrialisation des ressources naturelles &#8211; en particulier p&#233;troli&#232;res, mini&#232;res et foresti&#232;res &#8211; et l'int&#233;gration par le biais d'un r&#233;seau routier de toutes les r&#233;gions, et, d'autre part, les conservationnistes, qui pr&#244;nent le maintien d'une politique de d&#233;fense des r&#233;serves &#233;cologiques sous l'administration des autonomies indig&#232;nes. Ce d&#233;saccord a provoqu&#233; un affrontement avec des ONG et groupes internationaux qui remettent en question le gouvernement, comme cela s'est passe a Cochabamba &#224; l'occasion du sommet mondial des peuples en d&#233;fense de la m&#232;re terre [voir &#224; ce propos les articles publi&#233;s sur ce site en avril, mai et juin 2010]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;fis qui s'affirment&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le gouvernement affronte des d&#233;fis majeurs, dans une conjoncture o&#249; son soutien populaire s'est r&#233;duit et o&#249; les concessions faites au capital &#233;tranger, le retard des projets de coh&#233;sion nationale et l'absence d'un projet historique d'ensemble r&#233;v&#232;lent des faiblesses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; le fait qu'elles ont une base sociale de soutien dans les secteurs indig&#232;nes et paysans, les politiques de d&#233;veloppement agricole et d'autosuffisance comme de souverainet&#233; alimentaire font d&#233;faut &#224; cause du frein mis &#224; une r&#233;forme agraire qui affecterait les grands propri&#233;taires terriens et qui redistribuerait effectivement les terres. Par ailleurs, les projets d'industrialisation des importantes r&#233;serves de gaz, de lithium, de fer et d'autres min&#233;raux ont pris du retard, alors que des transnationales dans ces secteurs continuent &#224; op&#233;rer et n&#233;gocient d'autres contrats, dans le cadre du traditionnel mod&#232;le &#233;conomique d'exportation de mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements ainsi que les r&#233;formes des structures sociales, juridiques et culturelles sont &#233;vidents et tr&#232;s importants. Cependant les changements et les r&#233;formes en relation avec la sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;conomie et l'insertion internationale d&#233;pendante de l'&#233;conomie bolivienne sont absents et deviennent peu &#224; peu le talon d'Achille du gouvernement d'Evo Morales. (Traduction A l'Encontre)&lt;br class='autobr' /&gt;
* Eduardo Paz Rada est sociologue. Il enseigne &#224; l'Universit&#233; Mayor de San Andr&#233;s, &#224; La Paz (Bolivie). Il a publi&#233; cette analyse pour ALAI (Americ&#224; Latina en Movimiento).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Filemon Escobar (ne en 1936), l'ex-s&#233;nateur du Mas de Cochabamba, a &#233;t&#233; longtemps un des dirigeants de la F&#233;d&#233;ration syndicale de mineurs de Bolivie (FSMTB). Il cr&#233;a au d&#233;but des ann&#233;es 1980 &#171; son &#187; parti : Vanguardia Obrera. Il s'est longtemps r&#233;clam&#233; (40 ans) du trotkysme et a milit&#233; dans les rangs du POR dirig&#233; par Guillermo Lora (d&#233;c&#233;d&#233; en mai 2009). Escobar fut attaqu&#233; par Lora, en 1975, pour &#171; d&#233;viation nationaliste &#187;. En 2008, Filemon Escobar a &#233;crit un ouvrage faisant le bilan politique de sa carri&#232;re et de son &#233;volution, au titre &#233;vocateur : De la revolucion al pachakuti. El aprendizaje del respeto reciproco entre blancos et indianos. (red.) Pachkuti fait r&#233;f&#233;rence au courant indig&#233;niste de gauche. Dans cet ouvrage, F. Escobar explique la n&#233;cessit&#233; de rompre avec le sch&#233;matisme consistant &#171; &#224; copier les exp&#233;riences politiques d'origine ext&#233;rieure &#187; et de comprendre en quoi, citant un auteur du XIXe si&#232;cle, &#171; les Blancs doivent s'&#233;duquer pour comprendre les Indiens &#187;. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Gonzalo Sanchez de Lozada, incrimin&#233; pour la r&#233;pression tr&#232;s dure qu'il ordonna en 2003, se trouve en exil dor&#233; aux Etats-Unis. Il parle d'ailleurs mieux l'anglais que l'espagnol. Le gouvernement de Morales affirme que les Etats-Unis refusent d'expulser Lozada. Ce &#224; quoi l'administration Obama repond : si une demande d'extradition est faite, elle examinera la requ&#234;te. C'est ce que rapporte Pablo Stefanoni, le 3 juin 2010. Pablo Stefanoni est directeur du monde diplomatique en Bolivie et est correspondant du quotidien argentin Clarin pour la Bolivie. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Philipp Goldberg a &#233;t&#233; accus&#233;, en 2008, de conspirer contre le gouvernement d'Evo Morales, ce qui historiquement est assez traditionnel pour les ambassadeurs des Etats-Unis bas&#233; &#224; La Paz et font face &#224; des gouvernements qui ne sont pas &#224; leur botte. P. Goldberg a d&#251; quitter son poste &#224; La Paz. Un des sujets pr&#233;sents de conflit avec le gouvernement des Etats-Unis est, entre autres, le refus de renouvellement de l'ATPDEA (Andean Trade Promotion and Drug Eradication Act), un accord qui permet aux pays Andins d'exporter certains produits aux Etats-Unis, avec des droits de douane r&#233;duits quasiment &#224; z&#233;ro en compensation de l'&#233;radication de la coca. Ce fut un sujet des n&#233;gociations lors de la r&#233;cente visite &#224; La Paz &#8211; d&#233;but juin 2010 &#8211; d'Arturo Valenzuela, sous-secr&#233;taire d'Etat pour les affaires de l'h&#233;misph&#232;re de l'administration Obama. Il ne fut pas re&#231;u par Evo Morales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tremblement de terre politique et retour des &#8220;Chicago boys&#8221; au Chili</title>
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		<dc:date>2010-08-03T09:20:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franck Gaudichaud</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s du centre-gauche esp&#233;raient que l'imposante popularit&#233; de la Pr&#233;sidente Bachelet et ses r&#233;centes r&#233;formes en faveur des plus pauvres pourraient faire oublier le passif de d&#233;cennies de social-lib&#233;ralisme : justice pour les victimes de la dictature &#171; dans la mesure du possible &#187;, alors que la loi d'amnistie de 1978 est toujours en vigueur et que Pinochet est d&#233;c&#233;d&#233; sans avoir &#233;t&#233; jug&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Une d&#233;faite qui vient de loin &lt;br class='autobr' /&gt;
Jeudi 11 mars, le milliardaire Sebastian Pi&#241;era a succ&#233;d&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton5008-c02dc.jpg?1781724420' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s du centre-gauche esp&#233;raient que l'imposante popularit&#233; de la Pr&#233;sidente Bachelet et ses r&#233;centes r&#233;formes en faveur des plus pauvres pourraient faire oublier le passif de d&#233;cennies de social-lib&#233;ralisme : justice pour les victimes de la dictature &#171; dans la mesure du possible &#187;, alors que la loi d'amnistie de 1978 est toujours en vigueur et que Pinochet est d&#233;c&#233;d&#233; sans avoir &#233;t&#233; jug&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Une d&#233;faite qui vient de loin&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 11 mars, le milliardaire Sebastian Pi&#241;era a succ&#233;d&#233; officiellement &#224; la pr&#233;sidente socialiste Michelle Bachelet. Elu chef de l'Etat, en janvier, le leader de R&#233;novation nationale (RN) conquiert la premi&#232;re magistrature au nom de la coalition &#171; Alliance pour le Changement &#187; (qui regroupe n&#233;olib&#233;raux et ultraconservateurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que nous le rappelions au moment de l'&#233;lection, c'est un tournant historique et politique : le dernier pr&#233;sident de droite &#233;lu &#233;tait Jorge Alessandri, en&#8230; 1958. Se r&#233;f&#233;rant &#224; la transition d&#233;mocratique qui mit fin &#224; la dictature du g&#233;n&#233;ral Augusto Pinochet (1973-1989), certains analystes n'h&#233;sitent pas &#224; parler d'une &#171; deuxi&#232;me transition &#187;. Apr&#232;s dix-sept ans d'un terrorisme d'Etat contre-r&#233;volutionnaire qui mit fin &#224; l'exp&#233;rience de l'Unit&#233; populaire de Salvador Allende, et &#224; deux d&#233;cennies d'une d&#233;mocratie sous tutelle issue d'une &#171; transition pact&#233;e &#187;, conduite par la Concertation des partis pour la d&#233;mocratie &#8212; coalition entre le Parti socialiste (PS) et de le Parti d&#233;mocrate chr&#233;tien (DC) &#8212;, le peuple chilien conna&#238;trait d&#233;sormais les joies de l'alternance&#8230; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au terne ex-pr&#233;sident Eduardo Frei (DC), le m&#233;diatique Pi&#241;era -&#171; Berlusconi chilien &#187; avec bronzage permanent et dents &#233;clatantes- a promis monts et merveilles &#224; grands coups d'ing&#233;nierie marketing et t&#233;l&#233;visuelle : croissance soutenue de 6% destin&#233;e &#224; faire oublier la crise capitaliste mondialis&#233;e, cr&#233;ation d'un million d'emplois, combat de la pauvret&#233; et surtout, accompagn&#233; d'un discours s&#233;curitaire bien aiguis&#233;, fin de la d&#233;linquance (du moins celles des classes populaires car les cols blancs ne seront s&#251;rement pas inqui&#233;t&#233;s&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite est am&#232;re pour la Concertation qui croyait pouvoir encore faire jouer la logique du &#171; vote utile &#187; face aux fant&#244;mes d'une droite marqu&#233;e au fer rouge par son appui &#224; la dictature. Mais Pi&#241;era, s'affirmant &#171; humaniste &#187;, a su rappel&#233; qu'il avait vot&#233; &#171; non &#187; &#224; Pinochet en 1988, sans pour autant pouvoir se d&#233;partir de son pass&#233; de nouveau riche issu du r&#233;gime militaire, ni de son alliance avec l'Union d&#233;mocratique ind&#233;pendante (UDI), droite r&#233;actionnaire &#171; pinochetiste &#187; (proche de l'Opus Dei et premi&#232;re force au Congr&#232;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s du centre-gauche esp&#233;raient que l'imposante popularit&#233; de la Pr&#233;sidente Bachelet et ses r&#233;centes r&#233;formes en faveur des plus pauvres pourraient faire oublier le passif de d&#233;cennies de social-lib&#233;ralisme : justice pour les victimes de la dictature &#171; dans la mesure du possible &#187;, alors que la loi d'amnistie de 1978 est toujours en vigueur et que Pinochet est d&#233;c&#233;d&#233; sans avoir &#233;t&#233; jug&#233; ; &#171; &#233;conomie sociale de march&#233; &#187; o&#249; le social est trop souvent un faire valoir destin&#233; &#224; faire accepter un projet macro-&#233;conomique fondamentalement au service du grand capital ; absence de volont&#233; politique au moment de mettre d&#233;finitivement fin &#224; la constitution autoritaire de 1980 ; accords multiples avec la droite au Parlement ; politique environnementale d&#233;sastreuse car soumise au caprice des transnationales ; r&#233;pression non d&#233;mentie des revendications historiques du peuple Mapuche et autisme face aux revendications &#233;tudiantes et salariales&#8230; [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce rythme comment s'&#233;tonner qu'il y ait toujours plus de citoyens qui s'&#233;loignent des urnes et des grands partis institutionnels (31 % des Chiliens en &#226;ge de voter, soit 3,8 millions de personnes, ne sont m&#234;me pas inscrits sur les registres &#233;lectoraux) et que ceux qui se d&#233;placent pour mettre un bulletin dans l'urne aient majoritairement choisit &#171; l'original &#187; (un patron milliardaire ambitieux) plut&#244;t que pour &#171; la copie &#187; (un s&#233;nateur DC dont la pr&#233;sidence n'a pas laiss&#233; de bons souvenirs aux classes populaires et aux organismes de d&#233;fense des Droits humains) ? Frei a bien essay&#233; d'agiter un chiffon rouge entre les deux tours : &#171; Au cours de la campagne, nos adversaires ont toujours dit que la Concertaci&#243;n est au bout du rouleau parce qu'elle a d&#233;j&#224; gouvern&#233; pendant 20 ans. Mais eux-m&#234;mes ont &#233;t&#233; au pouvoir pendant 17 ans et le Chili s'est beaucoup mieux port&#233; avec la Concertaci&#243;n que durant leurs ann&#233;es [de dictature, NdE] &#187;. Cela n'a pas suffit, pas plus d'ailleurs que l'appui re&#231;u du Parti communiste et de sa coalition, Juntos Podemos&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dernier jour de Bachelet. Privatiser le littoral de la mer australe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il fallait essayer d'expliquer pourquoi la Concertation est honnie de toute une partie du mouvement social et critiqu&#233;e par de nombreux militants de gauche (y compris du Parti socialiste) ; s'il fallait tenter de montrer de quoi le social-lib&#233;ralisme est-il le nom au Chili, on pourrait alors s'en tenir au denier jour de la pr&#233;sidence Bachelet. Ce 10 mars 2010, c'est avec l'approbation du dernier ex&#233;cutif de la Concertation qu'est paraph&#233;e la r&#233;forme de la Loi g&#233;n&#233;rale de p&#234;che et d'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif ? Tout simplement, venir en aide aux transnationales de saumon d'&#233;levage qui ont inond&#233; les c&#244;tes du sud du pays depuis des ann&#233;es et connaissent de graves difficult&#233;s. Crise sanitaire tout d'abord, cons&#233;quence d'un mode de production aberrant qui a d&#233;vast&#233; une partie du littoral &#224; coup de colorant, hormones, antibiotiques, surp&#234;che (pour nourrir les saumons !). Crise &#233;conomique ensuite. Alors que cette industrie &#233;tait cens&#233;e &#234;tre un des moteurs de l'&#233;conomie, elle a &#233;t&#233; engag&#233;e sur la voix d'une rentabilit&#233; &#224; tout prix, bas&#233;e sur une exportation de masse aux quatre coins de la plan&#232;te (Japon, Etats-Unis, UE). Le d&#233;veloppement exponentiel d'un virus (virus ISA) a affect&#233; toute la cha&#238;ne, et c'est ce mod&#232;le d'&#233;levage intensif enti&#232;rement d&#233;pendant du march&#233; mondial s'est affaiss&#233; violemment [3]. Cette &#171; agonie du saumon &#187; a provoqu&#233; une chute de la production de plus de 30% entre 2007 et 2008 et le licenciement de milliers travailleurs (plus de 15.000) [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vues les conditions offertes, en 20 ans, les capitaux ont afflu&#233; de toute part, &#224; commencer par la transnationale hollandaise Nutreco (plus grosse productrice mondiale) mais aussi des entreprises norv&#233;giennes, japonaises, canadiennes et espagnoles. Le patronat chilien n'est pas en reste puisqu'il d&#233;tient 55% de la fili&#232;re. N'en d&#233;plaise aux &#233;cologistes et aux p&#233;cheurs artisanaux (dont la vie a &#233;t&#233; ruin&#233;e), le Chili est devenu le second producteur de la plan&#232;te, avec plus de 650 000 tonnes de saumon en 2007 et, en valeur, cette denr&#233;e repr&#233;sente le 4&#176; poste d'exportation nationale [5]. Rapidement c'est un v&#233;ritable lobby du saumon qui a fait son apparition au sein des institutions et de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, alors que le secteur affiche d&#233;sormais une dette de deux milliards de dollars, la proposition du gouvernement Bachelet a &#233;t&#233; de garantir le d&#233;blocage d'un fonds public de 450 millions de dollars. Les banques restant m&#233;fiantes, le projet de loi pr&#233;voit aussi une modification des r&#232;gles de production, un meilleur confinement des poissons, une rotation r&#233;guli&#232;re dans les lieux d'&#233;levage et&#8230; la concession de milliers d'hectares de mer et de terre ferme offerte comme garantie hypoth&#233;caire aupr&#232;s des banques ! Comme le rappellent les responsables de la campagne &#171; Sauvons la mer chilienne &#187;, &#171; Jamais dans l'histoire aucun pays n'avait permis d'hypoth&#233;quer la mer. Ce n'est pas seulement un scandale, c'est aussi le renoncement de notre pays &#224; la souverainet&#233; sur son territoire &#187; [6]. Au lieu de s'inscrire dans le sillage d'Allende qui avait expropri&#233; les grandes compagnies de cuivre (&#8220;le salaire du Chili&#8221;), le gouvernement Bachelet se sera montr&#233; beaucoup moins glorieux aux yeux de l'histoire&#8230; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les premiers jours de Pi&#241;era. Le retour des &#171; Chicago boys &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Se van los capataces y vuelve el patr&#243;n &#187; : les contrema&#238;tres partent et le patron revient&#8230; [8]. C'est le sentiment d'une partie des citoyens avec cette &#233;lection. En effet, la majeure partie du personnel politique de la Concertation n'&#233;tait pas issu du milieu des affaires, bien que ses membres dirigeants s'en soient rapidement rapproch&#233;s au contact du pouvoir. Le pr&#233;sident socialiste Ricardo Lagos n'avait-il d'ailleurs pas &#233;t&#233; proclam&#233;, &#224; la fin de son mandat, comme l'un des meilleurs hommes politiques du XX&#176; si&#232;cle par le syndicalisme patronal chilien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'arriv&#233;e de Pi&#241;era repr&#233;sente la fin d'une m&#233;diation politique : d&#233;sormais, c'est un capitaliste d&#233;complex&#233; qui tient les r&#234;nes du pays. Certes, ce que certains sociologues nomment la d&#233;mocratie &#171; des compromis &#187; ou encore &#171; du consensus &#187; [9] va se poursuivre, avec ses divers accords entre droite et gauche, alors que &#171; l'Alliance pour le changement &#187; ne poss&#232;de pas de majorit&#233; absolue au parlement [10]. Il n'emp&#234;che : ce grand patron compte bien gouverner pour les siens. A la t&#234;te d'une fortune de plus d'un milliard de dollars et plac&#233; au 701&#232;me rang du classement Forbes des personnes les plus riches du monde, son groupe est pr&#233;sent dans la t&#233;l&#233;vision (Chilevision), la banque, la sant&#233;, la grande distribution, l'&#233;nergie, le transport a&#233;rien (Lan Chile) et m&#234;me le football un club tr&#232;s populaire (&#171; Colo Colo &#187;) [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grand admirateur du Pr&#233;sident fran&#231;ais Sarkozy, S. Pi&#241;era compte administrer l'Etat comme il g&#232;re ses entreprises, alors que la c&#244;te de ses actions en bourse a connu une envol&#233;e remarqu&#233;e d&#232;s l'annonce de son &#233;lection. Si l'on regarde qui sont les actuels ministres [12], il est int&#233;ressant de noter que le nouveau pr&#233;sident a choisit de choyer avant tout les &#233;lites &#233;conomiques plut&#244;t que la droite politique. Pablo Longueira, fondateur de la UDI, s'en est d'ailleurs &#233;mu, ce qui pourrait laisser augurer des tensions entre n&#233;olib&#233;raux et ultraconservateurs dans un futur proche. &#171; En effet, le nouveau cabinet minist&#233;riel ressemble par certains c&#244;t&#233;s &#224; un v&#233;ritable conseil d'administration du pays ! Le Pr&#233;sident avait beaucoup insist&#233; sur sa volont&#233; de former un &#171; gouvernement des meilleurs &#187; [&#8230;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, 13 des 22 ministres ne sont pas des militants. Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de conviction politique, mais au moins n'en ont-ils pas fait leur profession. Finalement, le politicien le plus aguerri est probablement Jaime Ravinet, ancien de la Concertation (DC) qui redevient ministre de la D&#233;fense [&#8230;]. S'ils ne sont pas de purs politiques, d'o&#249; proviennent donc les nouveaux ministres ? Principalement du secteur priv&#233; et du monde universitaire. Si ce gouvernement n'incarne pas la &#171; transversalit&#233; &#187; annonc&#233;e, au sens de la repr&#233;sentation de diff&#233;rentes sensibilit&#233;s politiques, il est par contre g&#233;n&#233;reusement &#233;quilibr&#233; du point de vue de la repr&#233;sentation des groupes et familles qui p&#232;sent dans l'&#233;conomie chilienne. Alfredo Moreno, membre du directoire de Falabella (grande distribution) et de Penta (banque), devient ainsi ministre des Affaires Etrang&#232;res. Son exp&#233;rience en mati&#232;re de diplomatie est surtout fond&#233;e sur son r&#244;le dans l'expansion internationale de l'entreprise, notamment vers le P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence Goldborne, ancien directeur g&#233;n&#233;ral d'un concurrent direct dans la grande distribution (Cencosud), h&#233;rite du minist&#232;re des mines, secteur cl&#233; dans le pays du premier producteur mondial de cuivre. Magdalena Matte, issue d'une prestigieuse famille connue pour son opposition au gouvernement de Salvador Allende, occupera le portefeuille du logement. Au Sernam (Service National de la Femme), on trouvera Carolina Schmidt, qualifi&#233;e par le pass&#233; par une revue du monde des affaires de &#171; premi&#232;re dame des Luksic &#187;, famille qui appara&#238;t au 76&#232;me rang du classement Forbes &#187; [13]. Les autres responsables de portefeuille sont des universitaires (6 d'entre eux sont titulaires d'un doctorat). 16 membres du gouvernement ont &#233;tudi&#233; dans les amphith&#233;&#226;tres de la tr&#232;s conservatrice Universit&#233; Catholique et une majorit&#233; exhibe fi&#232;rement des dipl&#244;mes d'universit&#233;s &#233;tasuniennes, particuli&#232;rement d'Harvard et de Chicago.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une sorte de retour d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration de &#8220;Chicago boys&#8221;, pr&#234;te &#224; perfectionner le mod&#232;le d&#233;but&#233; en dictature par leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, nourris dans les ann&#233;es 70 au biberon des &#233;conomistes Milton Friedman et Arnold Harberger, pionniers du n&#233;olib&#233;ralisme [14]. Le meilleur repr&#233;sentant de ces id&#233;ologues de combat est sans aucun doute Juan Andr&#233;s Fontaine, nomm&#233; ministre de l'&#233;conomie. Directeur du Centre d'&#233;tudes publiques (CEP), l'un des principaux r&#233;servoirs d'id&#233;e de la droite lib&#233;rale, Fontaine est li&#233; au groupe Matte et membre du directoire de plusieurs grandes entreprises. Ce gouvernement est ainsi form&#233; par une majorit&#233; d'hommes, sans presque aucune exp&#233;rience politique mais qui repr&#233;sentent &#224; merveille la dimension de classe qu'ils se proposent de d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la terre tremble. Strat&#233;gie du choc n&#233;olib&#233;ral contre reconstruction d&#233;mocratique et solidaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A en croire que les dieux eux m&#234;me en fr&#233;missent de col&#232;re ! C'est dans un pays partiellement d&#233;truit et une population mis &#224; mal par un s&#233;isme (puis un tsunami) d'une magnitude exceptionnelle, que S. Pi&#241;era a d&#251; assumer ses premiers moments de gouvernance. La droite n'aura pas pu f&#234;ter trop ouvertement sa victoire. Comme le soulignait la journaliste Claire Martin : &#171; Pas de cotillon ni de c&#233;l&#233;bration. La prise de pouvoir de Sebastian Pinera sera ce jeudi 11 mars d'une sobri&#233;t&#233; exemplaire &#187;. La trag&#233;die qui a fait plus de 800 morts et terroris&#233;e les habitants de la r&#233;gion du Maule et B&#237;o-B&#237;o a boulevers&#233; l'agenda du pr&#233;sident qui a appel&#233; &#224; &#171; s&#233;cher ses larmes &#187; et &#224; se mettre au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex&#233;cutif a d'abord tout fait pour &#233;touffer la d&#233;faillance compl&#232;te de l'ONEMI, organisme li&#233; au minist&#232;re de l'int&#233;rieur et &#224; la marine qui est charg&#233; d'organiser les &#233;vacuations en cas de danger de tsunami. Les familles des centaines de disparus et noy&#233;s crient pourtant au scandale devant l'incomp&#233;tence de l'administration et l'arrogance de l'Amiral Edmundo Gonz&#225;lez qui en est responsable [15]. Selon certaines estimations, ce ne sont pas moins de 30 milliards de dollars qui devront &#234;tre investis au cours des prochaines ann&#233;es pour reconstruire les infrastructures et la droite pourrait en profiter pour avancer une logique de &#171; strat&#233;gie du choc &#187;. D'autant qu'elle a de l'exp&#233;rience en la mati&#232;re. Noami Klein a rappel&#233; &#224; quel point dans des moments de grande vuln&#233;rabilit&#233;, de d&#233;sorganisation suite &#224; des catastrophes naturelles ou des coups d'&#233;tat, les individus comme les soci&#233;t&#233;s peuvent &#234;tre plus facilement soumis &#224; des th&#233;rapies de choc &#233;conomique ou des formes croissantes d'autoritarisme [16].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;ployant plus de 10 000 militaires dans le sud du pays et en d&#233;clarant l'Etat de si&#232;ge dans certaines r&#233;gions au nom de la lutte contre les &#171; saccages &#187;, &#224; grand renforts de reportages t&#233;l&#233;vis&#233;s, le signal est clair. La priorit&#233; a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; une intervention s&#233;curitaire muscl&#233;e d&#233;fendant la grande propri&#233;t&#233; priv&#233;e, notamment celle des cha&#238;nes de distribution (telle L&#237;der qui appartient &#224; Wall-Mart), alors que dans de nombreuses zones affect&#233;es, souvent tr&#232;s pauvres, aucune action publique d'urgence n'avait &#233;t&#233; mis en place et que les services de base (comme l'eau potable ou l'&#233;lectricit&#233;) n'&#233;taient pas encore r&#233;tablis. Le chaos, une assistance d&#233;fectueuse produit du mod&#232;le semi-public chilien, les manques de ravitaillement et la sp&#233;culation de certains commer&#231;ants peu scrupuleux ne pouvaient manquer de favoriser les comportements d'angoisse, y compris de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais certaines sc&#232;nes de pillage ou d'achat compulsif, y compris dans le grand Santiago (pourtant peu affect&#233; par le s&#233;isme), ont aussi mis en lumi&#232;re certains comportements collectifs marqu&#233;s par le &#171; chacun pour soi &#187; d'une soci&#233;t&#233; &#233;clat&#233;e et anomique, dont le terreau est compos&#233; d'un m&#233;lange toxique de valeurs ultraindividualistes, d'appels &#224; la consommation permanente (mais &#224; cr&#233;dit) combin&#233;s avec une brutale fracture sociale et un pass&#233; autoritaire, toujours pr&#233;sent en filigrane [17]. Sans aucun doute, il faudra dans les mois &#224; venir prendre plus de temps pour d&#233;crypter ce qu'il s'est pass&#233; durant ces journ&#233;es, mais il n'est pas exag&#233;r&#233; d'affirmer, qu'une fois de plus, le mythe du &#171; jaguar &#187; de l'Am&#233;rique du sud, celui du pays riche et &#171; d&#233;velopp&#233; &#187;, a &#233;t&#233; mis &#224; nu dans toutes ses immenses contradictions : le Chili reste l'un des dix pays les plus in&#233;galitaire de la plan&#232;te [18].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, Pi&#241;era s'appr&#234;te &#224; appliquer une politique de &#171; capitalisme du d&#233;sastre &#187; (Noami Klein) o&#249; les discours &#171; d'union nationale &#187; sont au service d'une perspective de reconstruction qui se fera au profit de la bourgeoisie [19]. D&#233;j&#224; les grandes man&#339;uvres on d&#233;but&#233;. Au sein du cercle proche du pouvoir ont retrouve plusieurs personnages clefs des entreprises de construction du pays. Certains d'entre eux ont men&#233; par le pass&#233; des actions immobili&#232;res importantes avec le groupe de l'actuel pr&#233;sident, dont l'intendant (pr&#233;fet) de la r&#233;gion Maule (l'une des plus touch&#233;es par la catastrophe), le ministre de l'&#233;conomie et l'intendant de Santiago. Fernando Echeverr&#237;a est d'ailleurs pass&#233; directement de la Chambre chilienne de la construction (syndicat patronal) &#224; l'intendance de la r&#233;gion m&#233;tropolitaine ! Pour les sp&#233;culateurs immobiliers les plus en vue (dont l'ami d'enfance de Pi&#241;era, Carlos Alberto D&#233;lano) les prochaines ann&#233;es s'annoncent on ne peut plus juteuses, m&#234;me si par &#171; malchance &#187; leur responsabilit&#233; p&#233;nale est actuellement engag&#233;e du fait de la mauvaise qualit&#233; des &#233;difices construits (et qui ont mal r&#233;sist&#233; au tremblement de terre)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des projets fleurissent de partout et aiguisent les app&#233;tits, ainsi dans l'historique quartier Br&#233;sil de Santiago. Le Minist&#232;re des travaux publics (MOP) est quant &#224; lui aux mains du lobby de l'Association des concessionnaires d'&#339;uvres et d'infrastructures publiques (COPSA). &#171; Nous voulons parler un peu avec le nouveau ministre et avec le Pr&#233;sident Pi&#241;era pour que toutes ses routes, mais aussi ces &#233;coles, h&#244;pitaux, prisons et b&#226;timents publics qui se sont &#233;croul&#233;s, soient transform&#233;s en concessions &#187; a d&#233;clar&#233; le dirigeant de la COPSA (et cousin de Pi&#241;era). Ce &#224; quoi r&#233;pondait le lendemain matin le ministre du MOP : &#171; Le processus de concessions a aid&#233; au d&#233;veloppement du pays et je crois qu'il pourrait aider d&#233;sormais &#224; la reconstruction &#187; [20]. Dans un Chili o&#249; quasiment tous les champs sociaux sont d&#233;j&#224; domin&#233;s par le secteur priv&#233; et des logiques de rentabilit&#233; imm&#233;diates, de telles d&#233;clarations donnent le tournis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconstruire les alternatives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce sc&#233;nario du pire o&#249; la catastrophe g&#233;ophysique r&#233;troalimente le tremblement de terre politique, plusieurs lueurs d'espoirs pointent le bout de leur nez. Certes, le mouvement ouvrier, la Centrale unitaire des travailleurs, la gauche radicale, les associations de quartiers ne sont plus que l'ombre de ce qu'ils &#233;taient avant le coup d'Etat de 1973. Cependant, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, la &#171; gueule de bois &#187; de la transition pact&#233;e semble s'&#233;loigner et une nouvelle g&#233;n&#233;ration de militants se mobilise et renouvelle les r&#233;pertoires de l'action collective, en lien avec l'exp&#233;rience des plus anciens. De multiples initiatives de solidarit&#233; active parcourent le pays, bien loin du show t&#233;l&#233;vis&#233; du &#171; t&#233;l&#233;thon &#187;, sponsoris&#233; par les m&#234;mes entreprises qui pensent s'enrichir gr&#226;ce au s&#233;isme. Syndicats, collectifs &#233;tudiants, associations de femmes ou indig&#232;nes, militants de gauche tentent, &#224; contre-courant, de montrer que la notion de solidarit&#233; est encore possible face &#224; la morgue du &#171; tout march&#233; &#187; [21].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que le d&#233;clare Carlos Gajardo, dirigeant social de la commune de La Florida (Santiago), &#171; L'heure est &#224; la r&#233;flexion lorsqu'on parle de reconstruction. Voulons-nous reconstruire un pays o&#249; pr&#233;dominent les d&#233;cisions de quelques uns, l'emploi pr&#233;caire, le client&#233;lisme, la corruption ? Ou bien faire ce qui correspond &#224; un peuple digne : exiger la reconstruction du pays sur les bases de la solidarit&#233;, la justice sociale et la souverainet&#233; nationale ? &#187; [22]. L'alternative se pose effectivement en ces termes : choc n&#233;olib&#233;ral par en haut ou reconstruction solidaire par en bas ? N&#233;anmoins, pour que le retour en fanfare de la droite ne soit qu'un mauvais souvenir et qu'il n'annonce pas un retour de b&#226;ton plus ample sur le plan r&#233;gional, ce gouvernement et ses alli&#233;s devront &#234;tre combattus sur leur terrain : celui de la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra ainsi poser la question de la reconstruction politique d'une gauche populaire et combative : une &#171; politique de l'opprim&#233; &#187; (selon la belle formule de Daniel Bensa&#239;d), qui ne renonce pas &#224; son ind&#233;pendance devant les atermoiements de la Concertation et qui sache briser la fatalit&#233; de la fragmentation en proposant des alternatives concr&#232;tes. Nul doute qu'un gouvernement progressiste aurait pu mettre en branle un autre projet de reconstruction, financ&#233; notamment par une taxe imm&#233;diate (royalty) sur les entreprises mini&#232;res transnationales, qui exploitent les multiples concessions sans quasiment rien laisser. Une telle fiscalit&#233;, pourtant tr&#232;s mod&#233;r&#233;e, rapporterait au bas mot la coquette somme de 2,5 milliards par an [23]. Plus largement, c'est une v&#233;ritable re-nationalisation du cuivre sous contr&#244;le des salari&#233;s, comme des services de base (eau, &#233;lectricit&#233;, communication, transports) qui devrait &#234;tre annonc&#233;e comme mesure d'urgence sociale et nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;cision de salut public soutenue par une imposition sur les revenus des transnationales, des classes ais&#233;es et &#224; la mobilisation du mouvement social et syndical pour d&#233;fendre une telle politique. Cette dynamique suffirait &#224; d&#233;marrer une reconstruction g&#233;r&#233;e alors au travers d'un organisme public ad hoc, sous contr&#244;le des populations concern&#233;es et favorisant les multiples initiatives d'auto-organisation qui ont surgit &#231;&#224; et l&#224;. Cette &#233;preuve que traverse le peuple chilien serait, dans ces conditions, une opportunit&#233; de refondation d&#233;mocratique et, pour les gauches sociales et politiques, l'occasion de reprendre le chemin des ouvriers des cordons industriels lorsqu'ils clamaient durant l'Unit&#233; populaire : &#171; Cr&#233;er, cr&#233;er, pouvoir populaire ! &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Franck Gaudichaud, juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GAUDICHAUD Franck&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Pour une analyse de l'&#233;lection, voir sur ESSF : F. Gaudichaud, &#171; Un entrepreneur multimillionnaire &#224; la t&#234;te du Chili &#187;. Voir aussi la s&#233;lections d'articles que nous avons r&#233;alis&#233; (avec Mario Amoros) pour Rebelion.org : &#171; Elecciones Presidenciales 2009-2010 &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/apartado.ph...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org/apartado.ph...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Voir &#171; Le Chili. Un pays mod&#232;le ? &#187; in F. Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-am&#233;ricain. Gauches, mouvements sociaux et n&#233;olib&#233;ralisme en Am&#233;rique latine, Paris, Textuel, 2008, pp. 315-336.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir le dossier &#171; Industria salmonera en Chile &#187; de l'OLCA (Observatorio Latinoamericano de Conflictos Ambientales), &lt;a href=&#034;http://www.olca.cl/oca/chile/region...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.olca.cl/oca/chile/region...&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Dar&#237;o Zambra B., &#171; La agon&#237;a del salm&#243;n &#187;, La Naci&#243;n Domingo, 15 mars 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Arnaldo P&#233;rez Guerra, &#8220;Chile : Salmoneras, crecimiento a cualquier costo&#8221;, 28 ao&#251;t 2003, &lt;a href=&#034;http://www.ecoportal.net/content/vi..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ecoportal.net/content/vi..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Cette loi pourrait d'ailleurs &#234;tre d&#233;clar&#233;e inconstitutionnelle puisqu'un recours a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; par 34 d&#233;put&#233;s et 12 s&#233;nateurs devant le tribunal constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Certains journalistes et militants ont m&#234;me eu le mauvais gout de faire le parall&#232;le avec le G&#233;n&#233;ral Pinochet qui avait lui aussi la veille de son d&#233;part, fait passer subrepticement (et en dictature) une loi l&#233;onine favorisant les int&#233;r&#234;ts de l'&#233;ducation priv&#233;e dans le syst&#232;me scolaire du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] M. Bercerra, &#171; Se van los capataces y vuelve el patr&#243;n &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.elciudadano.cl/2010/01/1...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.elciudadano.cl/2010/01/1...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] M. A. Garret&#243;n, Alfredo Alejandro Gugliano (coord.), Democracia en las Am&#233;ricas : desaf&#237;os, peligros, expectativas, Editora Universidad Cat&#243;lica de Pelotas, Brasil, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] La droite obtient 55 d&#233;put&#233;s sur 120 et 17 s&#233;nateurs sur 38 : http://especiales.americaeconomia.c...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Pi&#241;era a annonc&#233; qu'il pensait se s&#233;parer des propri&#233;t&#233;s qui pourraient repr&#233;senter un conflit d'int&#233;r&#234;t avec son r&#244;le de Pr&#233;sident de la R&#233;publique, &#224; commencer par ses actions au sein de Lan Chile. Une annonce qui m&#233;rite d'&#234;tre suivie de pr&#232;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Pour voir la composition compl&#232;te du gouvernement : &lt;a href=&#034;http://www.elciudadano.cl/2010/02/0..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.elciudadano.cl/2010/02/0..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Antoine Maillet, &#171; Nouveau gouvernement chilien : le monde des affaires au pouvoir ? &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.opalc.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.opalc.org&lt;/a&gt;, 15 F&#233;vrier 2010. Voir &#233;galement C. Rivas Arenas, &#171; Asesor de A. Edwards y ejecutivo de Falabella es el nuevo canciller &#187;, El Mostrador.cl, 10 de febrero 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] F. Marin, &#171; El regreso de los Chicago Boys &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.elciudadano.cl/2010/02/2...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.elciudadano.cl/2010/02/2...&lt;/a&gt;. Plus d'une d&#233;cennie avant le coup d'&#233;tat du 11 septembre 1973, quelques dizaines d'&#233;tudiants de l'universit&#233; catholique avaient &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s pour suivre une formation &#224; l'Ecole d'&#233;conomie de l'Universit&#233; de Chicago, dirig&#233;e par Milton Friedman. Peu de temps apr&#232;s le coup d'Etat, ces brillants &#233;conomistes purent commencer &#224; appliquer de mani&#232;re pionni&#232;re le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, un projet qui avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; d&#232;s mai 1973, au travers d'un rapport connu comme &#171; el ladrillo &#187;. Ce long texte annon&#231;ait la plupart des r&#233;formes &#233;conomiques de la dictature militaire. Voir : Juan Gabriel Vald&#233;s, Pinochet's economists : the Chicago school in Chile, Cambridge University Press, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] T. Tricot, &#171; El criminal &#8220;error&#8221; de la Armada &#187;, Bar&#243;metro Internacional, 18 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] N. Klein, La Strat&#233;gie du choc, Actes Sud, Paris, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] J. Meneses, &#171; Anatom&#237;a de un desastre &#187;, 16 mars 2010, &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org/noticia.php...&lt;/a&gt;. Sur le mod&#232;le de soci&#233;t&#233; de consommation propos&#233; aux chiliens, voir l'essai du sociologue Tomas Moulian : El consumo me consume, LOM, Santiago, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Voir les textes que nous avons r&#233;unis (avec Mario Amoros) pour Rebelion.org sur ce sujet : &#171; Un terremoto destruye el mito chileno &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/mostrar.php...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org/mostrar.php...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] &#171; La tempestad social que se aproxima &#187;, Editorial de la revue Punto Final, edici&#243;n N&#186; 705, 19 de marzo 2010 et V. Haya de la Fuente, &#171; Que el terremoto no sea excusa &#187;, Le Monde diplomatique (Chili), N&#176; 106, avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Francisca Skoknic y Juan Pablo Figueroa &#171; Los hombres del Presidente. Los v&#237;nculos de Pi&#241;era con las empresas de los edificios da&#241;ados &#187;, CIPER Chile, 18 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Parmi de nombreuses autres, citons les initiatives en faveur de la reconstruction des locaux de syndicats portuaires, notamment du port de Talcahuano, tr&#232;s touch&#233; par le tsunami qui a aboutit &#224; la cr&#233;ation du Regroupement des syndicats pour la reconstruction de Talcahuano (voir aussi l'action lanc&#233;e par l'ONG &#171; Plataforma Nexos &#187; : &lt;a href=&#034;http://www.plataforma-nexos.cl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.plataforma-nexos.cl&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Carlos Gajardo &#193;lvarez, &#171; A reconstruir un Chile solidario &#187;, 25 mars 2010, &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org/noticia.php...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] C Cademartori, &#171; El royalty de la miner&#237;a del cobre debe financiar la reconstrucci&#243;n &#187;, 25 mars 2010, &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org/noticia.php..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Article aussi disponible en espagnol (Revista Viento Sur : &lt;a href=&#034;http://www.vientosur.info/articulos..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vientosur.info/articulos..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Franck Gaudichaud est Maitre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; Grenoble 3. Membre du collectif d'information &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org&lt;/a&gt; et auteur de &#8220;Poder popular y cordones industriales. Testimonios sobre la din&#225;mica del movimiento popular urbano 1970-1973&#8221; (LOM, Chili, 2004), il a dirig&#233; le livre collectif : &#8220;Le Volcan latino-am&#233;ricain : Gauches, mouvements sociaux et n&#233;olib&#233;ralisme&#8221;, Textuel, Paris, 2008. Contact : franck.gaudichaud@u-grenoble3.fr.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La reconstruction d'Ha&#239;ti entrav&#233;e par les propri&#233;taires fonciers, </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-reconstruction-d-Haiti-entravee-par-les-proprietaires-fonciers</link>
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		<dc:date>2010-08-03T09:20:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick &#201;lie</dc:creator>


		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation, &lt;br class='autobr' /&gt;
Le retard &#224; remettre des abris permanents aux victimes du tremblement de terre du 12 janvier dernier en Ha&#239;ti, nous a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; dans les m&#233;dias, entre-autre par l'absence de cadastre et donc la difficult&#233; &#224; identifier les vrais propri&#233;taires des terrains o&#249; la construction est possible. Or, si cette explication n'est pas fausse, elle ne donne pas le portrait exact de la situation. Le 14 juillet dernier, democracynow.org a consacr&#233; toute son &#233;mission &#224; la situation en Ha&#239;ti (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Haiti-+" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton4966-79618.png?1781724420' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sentation,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retard &#224; remettre des abris permanents aux victimes du tremblement de terre du 12 janvier dernier en Ha&#239;ti, nous a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; dans les m&#233;dias, entre-autre par l'absence de cadastre et donc la difficult&#233; &#224; identifier les vrais propri&#233;taires des terrains o&#249; la construction est possible. Or, si cette explication n'est pas fausse, elle ne donne pas le portrait exact de la situation. Le 14 juillet dernier, democracynow.org a consacr&#233; toute son &#233;mission &#224; la situation en Ha&#239;ti dont celle-l&#224;. Nous vous offrons donc une traduction de ce segment instructif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Cyr, traductrice,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sharif Abdel Kouddous, journaliste, DN : Six mois apr&#232;s le tremblement de terre bien des Ha&#239;tiens nous ont dit avoir vu peu de changements sur le terrain, malgr&#233; les millions promis pour l'aide &#224; la reconstruction. Selon le Washington Post seules 2% de ces sommes ont &#233;t&#233; vers&#233;es &#224; ce jour. (&#8230;) L'ex-pr&#233;sident Clinton est le co-pr&#233;sident de la Commission int&#233;rimaire pour la reconstruction d'Ha&#239;ti. (L'autre &#233;tant le pr&#233;sident ha&#239;tien, M. Ren&#233; Pr&#233;val). (&#8230;) Il a d&#233;clar&#233; que la Commission voulait que plus de pauvres aient acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233;. Cette r&#233;alit&#233; de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re est au c&#339;ur de l'effort de reconstruction dans le pays. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'acc&#232;s &#224; un logement permanent pour le million et demi de personnes que le tremblement de terre &#224; jet&#233; dans la rue, est un r&#234;ve lointain. &lt;br class='autobr' /&gt;
La sortie des camps de tentes n'est m&#234;me pas vraiment planifi&#233;e. O&#249; irons tous ces gens ? O&#249; les m&#232;neront les propri&#233;taires du sol ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Amy Goodman, DN : Nous avons longuement discut&#233; de ce probl&#232;me avec Patrick &#201;lie, militant de longue date pour la d&#233;mocratie en Ha&#239;ti. Il est actuellement conseiller aupr&#232;s du pr&#233;sident Pr&#233;val. Il a &#233;t&#233; ministre dans le gouvernement Aristide.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick &#201;lie : Il semble bien que tous soient d'accord en Ha&#239;ti pour consid&#233;rer qu'on ne peut reconstruire Port-au-Prince tel qu'elle &#233;tait. Donc, il faut planifier autrement. Ceci comporte l'obligation de prendre des d&#233;cisions cr&#232;ve-c&#339;ur. Comme : allons-nous d&#233;placer une partie de la population en expropriant des terrains fragiles pour que personne ne s'y installe ? D&#233;j&#224; les probl&#232;mes surgissent. La propri&#233;t&#233; fonci&#232;re est un chaos total ici. Et cela est li&#233; aux agissements de l'&#233;lite ha&#239;tienne depuis des si&#232;cles. Elle s'est appropri&#233; les terres, surtout au moment de l'ind&#233;pendance, &#224; la fin de l'esclavage. Alors que le sol aurait d&#251; &#234;tre propri&#233;t&#233; collective, elle s'est empar&#233; de vastes territoires poussant les ex-esclaves et les paysans vers les montagnes puisqu'ils ne voulaient plus travailler dans les plantations selon l'ancien r&#233;gime. En passant, cela explique aussi le probl&#232;me de la d&#233;forestation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, en ce moment, la discussion est vive autour des droits de propri&#233;t&#233;. Et il est pour ainsi dire impossible de r&#233;soudre ce probl&#232;me par les lois existantes. Je ne sais pas si l'&#201;tat est suffisamment fort pour se saisir du probl&#232;me et tenter de le r&#233;soudre par d&#233;cret, de d&#233;cider ce qu'il faut faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(&#8230;) A. G. : Nous discuterons maintenant avec Kim Ives, journaliste &#224; Ha&#239;ti libert&#233;. Dans son dernier article il &#233;crit que le tremblement de terre a : &#171; &#8230;r&#233;v&#233;l&#233; que les probl&#232;mes de ce pays ne sont pas d'abord g&#233;ologiques mais bien de classes &#187;. Parlez-nous, s.v.p. de la question fonci&#232;re dans ce pays.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Ives : Pour commencer, comme vous pouvez les constater on a demand&#233; aux loups de garder la bergerie ! C'est la bourgeoisie qui a la responsabilit&#233; de replacer les sans-abris. Or, elle poss&#232;de les meilleures terres aux alentours de Port-au-Prince et une vaste majorit&#233; de celles o&#249; peuvent se construire de nouvelles villes o&#249; les gens pourraient avoir acc&#232;s &#224; des logements de qualit&#233;. Mais elle ne donnera pas ces terrains. Ces propri&#233;taires ont donn&#233; un endroit comme Corail dont ils assurent eux-m&#234;mes l'usage. Mais ils gardent les meilleurs terrains et mettent en vente les pires ou les moins bons au prix fort. Et c'est le peuple qui trinque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. A. K. : Quand vous dites &#171; ils &#187; vous parlez de la commission pour la reconstruction ? Pouvez-vous nous dire qui compose cette commission ? &#201;galement, pouvez-vous nous parler, parce que c'est ce n'est pas suffisamment diffus&#233;, du fait que le parlement ha&#239;tien, &#224; la mi-mars a vot&#233; une cession de pouvoirs &#224; cette commission ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. I. C'est exact. Ils ont pour ainsi dire commis un suicide parlementaire en transf&#233;rant ces pouvoirs &#224; cette Commission. Elle est form&#233;e de banquiers et de gouvernements &#233;trangers, am&#233;ricains, fran&#231;ais et canadiens, qui &#233;taient derri&#232;re le coup d'&#233;tat qui a limog&#233; J.B. Aristide en 2004. Ils contr&#244;lent cette commission &#224; toutes fins pratiques avec treize autres membres, tous issus de l'&#233;lite du pays. On y trouve un individu comme R&#233;ginald Boulos, chef d'une grande famille bourgeoise qui &#233;tait derri&#232;re les coups d'&#233;tat de 1991, 1994 et 2004. Donc ce sont de grandes familles qui sont maintenant en charge de la reconstruction du pays conjointement avec le FMI, la Banque mondiale et la Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement. Dans mon esprit ceci est l'&#233;quivalent, pour Ha&#239;ti, du sauvetage financier des banques am&#233;ricaines. Essentiellement, ils vont empocher les milliards pr&#233;vus pour la cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.G. : Nous entendrons maintenant l'opinion de Maitre Mario Joseph, avocat des droits humains (&#8230;) Il a eu des propos s&#233;v&#232;res envers la Commission de reconstruction d'Ha&#239;ti.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.J. : La cr&#233;ation de cette commission est en fait un coup d'&#233;tat sans arme. Il s'agit du m&#234;me type d'op&#233;ration : la bourgeoisie et des &#233;trangers s'unissent pour renverser le pouvoir l&#233;gitime. Ils veulent maintenir le vieux syst&#232;me. Ils vont reconstruire mais sans le peuple. Ils ont le droit de saisir des terres et de les transmettre sans que nous n'ayons rien &#224; dire. C'est un coup d'&#233;tat l&#233;gal, si on peut dire, parce qu'ils ont re&#231;u ces pouvoirs par d&#233;cret. Il y a eu beaucoup de pressions exerc&#233;es sur le parlement, par M. Clinton et d'autres, pour qu'il l&#233;galise ce coup d'&#233;tat. Mais, le peuple ha&#239;tien n'a pas confiance parce que &#231;a c'est fait sans lui, sans aucune transparence et que ces gens n'ont de compte &#224; rendre &#224; personne. Le parlement qui devrait contr&#244;ler le gouvernement, n'a plus de mandat maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.G. : Sur quoi au juste la commission, M. Clinton et les autres membres, ont-ils du pouvoir ? Quel est l'enjeu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.J. : i(Les membres de cette commission) se plaignent que les sommes promises n'ont pas encore &#233;t&#233; vers&#233;es. C'est environ 11 milliards de dollars. C'est beaucoup d'argent. Mais ils vont le renvoyer dans leurs pays et en plus ils vont en recevoir sous la table aussi. Le peuple ha&#239;tien ne tirera rien de cela. (Pour faire accepter la loi, le Pr&#233;sident Pr&#233;val a invoqu&#233; l'urgence). Il n'y avait pas vraiment d'urgence. Il est encore en poste pour six ou sept mois. La loi (&#233;tablissant les pouvoirs de la Commission), durera dix-huit mois. Tout &#231;a est ridicule ! Ce n'est qu'une manoeuvre pour faire de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.G. : (&#8230;) Kim Ives, Mario Joseph parle de coup d'&#233;tat sans arme. Que comprenez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K.I. : Essentiellement, c'est que les banques internationales, les anciens pouvoirs coloniaux ont pris la place du gouvernement ha&#239;tien. Ils sont tous int&#233;ress&#233;s &#224; mettre la main sur des contrats pour reconstruire le pays : le palais pr&#233;sidentiel, les routes, les infrastructures, qui ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Ce sont des contrats qui vont &#234;tre attribu&#233;s &#224; des compagnies comme Halliburton, DynCorp, Brown&amp;Root, Blackwater, tous ceux qui grenouillent autour du Pentagone, qui sont all&#233;s faire ce travail en Afghanistan et en Irak apr&#232;s les bombardements de l'arm&#233;e am&#233;ricaine. (&#8230;Les membres de la Commission) veulent la contr&#244;ler pour que ces contrats aillent &#224; des entreprises de leurs pays. Et, bien s&#251;r, l'&#233;lite ha&#239;tienne veut quelques miettes de ce pactole. Un homme d'affaire aurait d&#233;clar&#233; &#224; Ha&#239;ti libert&#233; qu'environ 15% des contrats seraient r&#233;serv&#233;s &#224; des entrepreneurs ha&#239;tiens qui seront &#233;videmment des membres de la bourgeoisie ; des gens comme M. Vorbe et d'autres. Et en plus ce sont ces m&#234;mes gens qui sont propri&#233;taires de terrains comme ceux entre Tabarre et Route des Fr&#232;res qui sont parfaits pour la r&#233;installation. Mais ils veulent les garder pour y construire leurs usines d'assemblage, leurs luxueux appartements et leurs bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.K. : Kim, vous &#233;crivez que cet enjeu de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re est vraiment au c&#339;ur du probl&#232;me. Quand nous &#233;tions &#224; Port-au-Prince, tout le monde disait : o&#249; vont donc aller tous ces gens ? Il y a des camps de tentes sur pratiquement toutes les rues de la ville et tout autour. Tous les militantsES de l'aide humanitaire, les organisateursTRICES communautaires, tous les gens sur le terrain r&#233;p&#233;taient : o&#249; donc vont aller tous ces gens ? Vous nous avez expliqu&#233; comment la bourgeoisie ha&#239;tienne d&#233;tient une quantit&#233; importante de terrains id&#233;aux pour la reconstruction. Mais en fait, le gouvernement ha&#239;tien et la Commission int&#233;rimaire les excluent du bien commun. Pouvez-vous nous expliquer cette division ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K.I. : C'est ce que nous avons constat&#233; lorsque nous sommes all&#233;s &#224; Gonthier. Voil&#224; une communaut&#233; rurale de 72,000 personnes qui vivent pr&#232;s de la fronti&#232;re dominicaine. Ils utilisent des terres publiques en commun et les cultivent. Le maire nous a expliqu&#233; que cela dure depuis 80 ans. Ils produisent des aliments. R&#233;cemment, arrive un homme d'affaire qui r&#233;clame les terres avec de faux papiers. Il entre avec un bulldozer et chasse les paysans. Ils r&#233;pondent en brulant la machine et en bloquant la route. Eh ! bien, la police les pourchasse en ce moment. (&#8230;) Ils ont jet&#233; le maire en prison parce qu'il supportait ses administr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;A.G. : Kim, nous sommes aussi all&#233;s &#224; Gonthier. Le maire, M. Ralph Lapointe, &#233;tait tout juste sorti de prison apr&#232;s avoir soutenu les fermiers dans cette lutte pour la terre. Nous l'avons rencontr&#233; chez-lui. Il nous a expliqu&#233; ce qui &#233;tait arriv&#233;. Il nous a permis de l'identifier mais il a peur. Il ne voulait pas que son visage soit vu.ii&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le maire Lapointe : Je suis Ralph Lapointe et je suis maire de Gonthier. (&#8230;) Nous sommes dans une longue histoire. &#192; titre de maire je dois d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de l'&#201;tat dans le comt&#233;. (Ici) l'&#201;tat est propri&#233;taire de terres. Il y a des gens qui sont venus pour mettre ces terres en vente. Je ne suis pas d'accord avec cela. Ils se sont r&#233;cemment appropri&#233; des terres que les paysans cultivaient depuis 80 ans. Les paysans ont brul&#233; leurs tracteurs, un de leurs bulldozer parce qu'ils n'&#233;taient pas d'accord avec cette main mise sur les terres publiques. Alors ils m'ont demand&#233; d'aller au tribunal (pour tenter de faire renverser la situation). Au moment o&#249; j'ai mis le pied au tribunal, j'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Mais, gr&#226;ce au soutient de la population de Gonthier, j'ai &#233;t&#233; remis en libert&#233; quelque heures plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.G. : De quel c&#244;t&#233; se place la police ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Maire, : En g&#233;n&#233;ral la police se situe du c&#244;t&#233; de ceux qui ont de l'argent. Elle n'est pas du c&#244;t&#233; des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.G. : (&#8230;) Kim Ives, pouvez-vous nous situer l'affaire de Gonthier dans ce qui se passe en g&#233;n&#233;ral en Ha&#239;ti en ce moment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K.I. : (Gonthier) est un microcosme. Voil&#224; un officier du gouvernement, d&#251;ment &#233;lu par sa communaut&#233; qui est pour ainsi dire prisonnier chez-lui en ce moment. Il n'ose pas sortir ; il craint pour sa vie. Ceux qui ont mis la main sur les terres l'ont menac&#233;. Le directeur g&#233;n&#233;ral de son bureau est dans la m&#234;me situation. C'est la guerre ! Une guerre de classe pour l'acc&#232;s &#224; la terre, le moyen de production dans ce pays. C'est le moyen principal qui a servi &#224; Ha&#239;ti au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es. Ha&#239;ti peut s'auto suffire en aliments ; mais ce n'est pas le cas en ce moment. Pourtant il le peut. Il est fondamental que le peuple ait acc&#232;s &#224; la terre pour produire la nourriture pour qu'il puisse s'alimenter sans &#234;tre d&#233;pendant des importations des Etats-Unis ou d'ailleurs ; pour qu'il puisse aussi construire les maisons permanentes de sorte qu'&#224; l'&#233;poque des ouragans, dans les mois &#224; venir, il soit &#224; l'abri. Mais &#231;a ne sera pas le cas. Nous allons nous retrouver dans une catastrophe plus horrible que celle d'il y a six mois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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