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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Nous r&#233;clamons une enqu&#234;te !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif d'auteur-e-s *</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>G-20</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-07-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les arrestations de masse qui ont eu lieu lors du G20 semblent s'inscrire dans une tendance vers la criminalisation de la dissidence au Canada. Les forces polici&#232;res canadiennes ont de plus en plus recours aux arrestations de masse durant les manifestations politiques, ne rel&#226;chant les manifestants qu'ensuite, apr&#232;s la tenue de l'&#233;v&#233;nement faisant l'objet de la contestation, et dans plusieurs cas, sans le moindre chef d'accusation. &lt;br class='autobr' /&gt; Monsieur le Ministre de la S&#233;curit&#233; publique Vic Toews, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-07-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-07-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les arrestations de masse qui ont eu lieu lors du G20 semblent s'inscrire dans une tendance vers la criminalisation de la dissidence au Canada. Les forces polici&#232;res canadiennes ont de plus en plus recours aux arrestations de masse durant les manifestations politiques, ne rel&#226;chant les manifestants qu'ensuite, apr&#232;s la tenue de l'&#233;v&#233;nement faisant l'objet de la contestation, et dans plusieurs cas, sans le moindre chef d'accusation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Monsieur le Ministre de la S&#233;curit&#233; publique Vic Toews, Nous vous &#233;crivons pour exprimer notre d&#233;sarroi en r&#233;action aux comptes-rendus qui ont &#233;t&#233; faits de la conduite du Groupe int&#233;gr&#233; de la s&#233;curit&#233; du G8 et du G20 (ci-apr&#232;s le &#171; GIS &#187;) pendant le sommet du G20 qui a r&#233;cemment eu lieu &#224; Toronto. Nous vous enjoignons de m&#234;me &#224; poser des gestes concrets afin d'assurer que les libert&#233;s civiles au Canada ne soient pas min&#233;es lors de manifestations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre de professeurs de droit et d'avocats, mais surtout en tant que citoyens, nous sommes extr&#234;mement pr&#233;occup&#233;s par les rapports qui nous parviennent de violations massives des libert&#233;s civiles qui auraient &#233;t&#233; commises par des membres du GIS et nous vous exhortons &#224; lancer une enqu&#234;te ind&#233;pendante sur les fouilles, saisies et arrestations effectu&#233;es dans le cadre des manifestations au sommet du G20, ainsi que sur les conditions de d&#233;tention des personnes arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Triste tendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les arrestations de masse qui ont eu lieu lors du G20 semblent s'inscrire dans une tendance vers la criminalisation de la dissidence au Canada. Les forces polici&#232;res canadiennes ont de plus en plus recours aux arrestations de masse durant les manifestations politiques, ne rel&#226;chant les manifestants qu'ensuite, apr&#232;s la tenue de l'&#233;v&#233;nement faisant l'objet de la contestation, et dans plusieurs cas, sans le moindre chef d'accusation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la police ait la responsabilit&#233; d'arr&#234;ter les individus qui sont directement impliqu&#233;s dans la destruction de biens (que ce soit dans le cadre d'une manifestation ou non), cela ne justifie aucunement les arrestations de masse. Cette tactique est non seulement une violation claire des libert&#233;s d'opinion, d'expression, d'association et de r&#233;union, mais constitue &#233;galement une forme de d&#233;tention arbitraire qui viole le droit &#224; la pr&#233;somption d'innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, ayant not&#233; le recours de la police canadienne &#224; de telles arrestations massives et le caract&#232;re arbitraire de celles-ci au sens du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Comit&#233; des droits de l'homme de l'ONU a exhort&#233; le Canada &#224; s'assurer que le droit des personnes de participer pacifiquement &#224; des manifestations sociales soit respect&#233; et &#224; s'assurer que seuls ceux et celles qui commettent des actes criminels soient arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 900 arrestations ont &#233;t&#233; faites durant le sommet du G20 ; il semble qu'une majorit&#233; &#233;crasante ait &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;e sans chefs d'accusation. Ces faits tendent &#224; d&#233;montrer que le Canada a fait fi de l'exhortation du Comit&#233; de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Motif raisonnable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des arrestations de masse, des rapports d'observateurs ind&#233;pendants, comme ceux de l'Association canadienne des libert&#233;s civiles, indiquent que des membres du GIS ont syst&#233;matiquement fouill&#233; et d&#233;tenu des citoyens sans motif raisonnable. Si la preuve vid&#233;o et les t&#233;moignages directs rapport&#233;s dans les m&#233;dias traditionnels ou alternatifs sont repr&#233;sentatifs des tactiques du GIS, ces violations se chiffrent certainement dans les milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans au moins certains des cas, des membres du GIS ont pr&#233;tendu avoir express&#233;ment re&#231;u, par le biais d'un r&#232;glement adopt&#233; en vertu de la Loi sur la protection des ouvrages publics de l'Ontario, le pouvoir de placer en d&#233;tention et de fouiller des citoyens sans motif raisonnable. Comme vous le savez, le chef de police de Toronto, M. Bill Blair, a par la suite admis que les membres du GIS s'&#233;taient tromp&#233;s quant aux pouvoirs qui leur avaient &#233;t&#233; conf&#233;r&#233;s par ce r&#232;glement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Droits facultatifs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les comptes-rendus des conditions dans le centre de d&#233;tention improvis&#233; de l'avenue Eastern sont extr&#234;mement troublants. Des t&#233;moignages cr&#233;dibles qui attestent du surpeuplement du centre, de l'approvisionnement insuffisant en nourriture et en eau fra&#238;che, de menaces de mauvais traitements de la part de membres du GIS, dont des menaces de viol envers des d&#233;tenues f&#233;minines, nous portent &#224; croire que le droit &#224; la s&#233;curit&#233; de la personne des d&#233;tenus a &#233;t&#233; viol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tenus se sont aussi apparemment vu refuser le droit &#224; un avocat ainsi que le droit d'&#234;tre inform&#233;s de la raison de leur d&#233;tention. Les droits pr&#233;vus &#224; la Charte canadienne des droits et libert&#233;s ne sont pas facultatifs. Dans une soci&#233;t&#233; libre et d&#233;mocratique, il est imp&#233;ratif que les libert&#233;s civiles soient respect&#233;es par la police, m&#234;me lorsque cela leur complique la t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Ministre, nous ne pouvons concilier les t&#233;moignages oculaires et les rapports provenant des m&#233;dias sur les manifestations du G20 avec votre d&#233;claration du 28 juin 2010, o&#249; vous affirmiez que le GIS a agi avec &#171; professionnalisme &#187; et o&#249; vous remerciez les membres du GIS pour leur &#171; travail exceptionnel &#187;. Nous vous demandons donc d'ouvrir une enqu&#234;te compl&#232;te et ind&#233;pendante sur les actes pos&#233;s par le GIS durant le G20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ont sign&#233; ce texte une quarantaine de professeurs de droit et avocats du Canada :&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Finn Makela, Sharryn J. Aiken, Sibel Ataogul, D. G. Bell, Pierre Bosset, Pierre Brun, Marie-France Bureau, Catherine Choquette, Michael Cohen, Steve Coughlan, Blair Crew, Hugo Cyr, Maneesha Deckha, Annick Desjardins, Julie Desrosiers, Mathieu Devinat, Richard Devlin, Schulich Bernard Duhaime, Brenda Gunn, Andrew L. Hitchcock, Freya Kodar, Jasminka Kalajdzic, Fannie Lafontaine, J. Chris Levy, Alexandra Law, Margaret McCallum, Jean-Fr&#233;d&#233;rick M&#233;nard, Nicole O'Byrne, Jacques Papy, Steven Penney, Patricia Peppin, Melanie Randall, Denise R&#233;aume, Annie Rochette, Simon Roy, Giuseppe Sciortino, Elizabeth Sheehy, James Stribopoulos, Don Stuart, Marie-Eve Sylvestre, Fran&#231;ois Tanguay-Renaud, Robert T&#233;trault, &#201;dith V&#233;zina, Rosemary Cairns Way, Larry C. Wilson.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Chronique d'un fiasco annonc&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Chronique-d-un-fiasco-annonce</link>
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		<dc:date>2010-07-08T14:03:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Plihon</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>G-20</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-07-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le G20 qui s'est tenu &#224; Toronto les 26 et 27 juin s'est achev&#233; par un &#233;chec que les gouvernements n'ont m&#234;me pas cherch&#233; &#224; masquer. On est loin des d&#233;clarations tonitruantes du G20 de Londres d'avril 2009 qui avaient affirm&#233; urbi et orbi que les grands de ce monde allaient construire &#171; un nouvel ordre mondial &#187; ! &lt;br class='autobr' /&gt; Lors de la soir&#233;e d&#233;bat &#171; Face &#224; la crise : d&#233;sarmons la finance &#187; organis&#233;e par Attac le 19 juin &#224; Paris, et qui a rassembl&#233; plus de 300 personnes dans une salle bond&#233;e, nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-G-20-+" rel="tag"&gt;G-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-07-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-07-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le G20 qui s'est tenu &#224; Toronto les 26 et 27 juin s'est achev&#233; par un &#233;chec que les gouvernements n'ont m&#234;me pas cherch&#233; &#224; masquer. On est loin des d&#233;clarations tonitruantes du G20 de Londres d'avril 2009 qui avaient affirm&#233; urbi et orbi que les grands de ce monde allaient construire &#171; un nouvel ordre mondial &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de la soir&#233;e d&#233;bat &#171; Face &#224; la crise : d&#233;sarmons la finance &#187; organis&#233;e par Attac le 19 juin &#224; Paris, et qui a rassembl&#233; plus de 300 personnes dans une salle bond&#233;e, nous avions annonc&#233; que ce G20 serait une mascarade et un &#233;chec. Nous ne prenions pas trop de risques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune des mesures annonc&#233;es lors du G20 de Londres n'a re&#231;u un d&#233;but d'application. La lutte contre les paradis fiscaux s'est traduite par le classement de ces derniers en trois groupes &#8211; blanc, gris et noir &#8211; ce qui revient &#224; consid&#233;rer qu'il y aurait de &#171; bons &#187; paradis fiscaux : les paradis &#171; blancs &#187; dans laquelle se trouvent tous les paradis europ&#233;ens dont Luxembourg et Monaco &#8230; Concernant les fonds sp&#233;culatifs (hedge funds), la Commission europ&#233;enne a fait semblant de s'attaquer au sujet en proposant que les gestionnaires de hedge funds soient enregistr&#233;s (ce qui reviendrait &#224; &#171; normaliser &#187; ces acteurs). Mais le gouvernement britannique a refus&#233; cette timide proposition, car cela aurait nui &#224; la City &#8211; la place financi&#232;re de Londres &#8211; o&#249; le nombre de fonds sp&#233;culatifs est le plus &#233;lev&#233; au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre mesure envisag&#233;e pour &#171; moraliser &#187; la finance : r&#233;former les march&#233;s de gr&#233; &#224; gr&#233;, qui ne font l'objet d'aucun contr&#244;le, en leur imposant des chambres de compensation qui auraient permis de briser leur opacit&#233;. Que constate-t-on ? Les march&#233;s de gr&#233; &#224; gr&#233; continuent de faire leurs d&#233;g&#226;ts en toute libert&#233; : c'est en effet &#224; partir du plus grand des march&#233;s de gr&#233; &#224; gr&#233; &#8211; celui des CDS (Credit Default Swaps) - que les attaques sp&#233;culatives contre la dette publique grecque ont &#233;t&#233; lanc&#233;es en 2010 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression des mouvements sociaux et du mouvement altermondialiste, les gouvernements ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de s'attaquer &#224; la question des taxes sur les transactions financi&#232;res (TTF). Cette conversion tardive s'est faite d'une mani&#232;re parfois path&#233;tique, ce qui montrait que la question n'est pas vraiment prise au s&#233;rieux. Il suffit de se rappeler &#224; ce sujet la d&#233;claration de B. Kouchner, qui a affirm&#233; se rallier &#224; la TTF dans une tribune dans le journal Le Monde, &#224; condition que celle-ci soit volontaire, et qu'elle ne perturbe pas les march&#233;s financiers ! B. Kouchner avait tout compris&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI a &#233;t&#233; mandat&#233; &#224; l'issue du G20 de Pittsburg pour faire des propositions au sujet des TTF. L&#224; aussi, cela relevait de la man&#339;uvre politique quand on sait que D. Strauss-Kahn, directeur du FMI, a toujours affirm&#233; son incr&#233;dulit&#233; face aux TTF, fid&#232;le en cela &#224; la doxa n&#233;o (socio) lib&#233;rale. Les conclusions du FMI ont &#233;t&#233; conformes &#224; ce que l'on pouvait attendre. Plut&#244;t qu'une TTF jug&#233;e inadapt&#233;e, le FMI a propos&#233; un syst&#232;me de taxation des banques. Mesure inefficace et dangereuse car il &#233;tait propos&#233; que les taxes pr&#233;lev&#233;es sur les banquiers servent &#224; abonder un &#171; fonds de secours &#187; destin&#233; &#224; aider les banques en difficult&#233;, c'est-&#224;-dire les banques qui auront sp&#233;cul&#233; &#8230; Bravo M. Strauss-Kahn !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, cette proposition de taxation des banques n'a pas &#233;t&#233; adopt&#233;e &#224; Toronto par le G20 car plusieurs pays y &#233;taient oppos&#233;s &#8230; Notons que Sarkozy et Merkel avaient d&#233;clar&#233; soutenir cette proposition &#8230; sachant qu'elle serait rejet&#233;e lors du G20. Man&#339;uvre qui n'a tromp&#233; personne. De d&#233;ni en d&#233;ni, ainsi vont ceux qui gouvernent le monde. Nous savions &#224; l'avance que le G20 de Toronto serait un non-&#233;v&#232;nement car les choses sont claires depuis longtemps : les &#233;lites politiques ont fait alliance avec les &#233;lites financi&#232;res et ne sont pas dispos&#233;es &#224; changer la logique actuelle de la finance qui domine le monde au profit des d&#233;tenteurs (et des profiteurs) du capital financier. Cela saute aux yeux quand on constate que l'objectif prioritaire de nos gouvernants est de &#171; rassurer les march&#233;s &#187;, et non de leur imposer des r&#232;gles contraignantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conclusion s'impose : tant que nous n'auront pas cr&#233;&#233; un rapport de force nous permettant d'imposer un d&#233;sarmement des march&#233;s, les G20 se suivront et se ressembleront. Une note d'espoir : la crise a &#233;t&#233; l'occasion d'une prise de conscience d'une partie croissante des populations de la plan&#232;te sur les m&#233;faits de la finance et sur le cynisme et la duplicit&#233; de ceux qui nous gouvernent. Cette prise de conscience constitue un levier sur lequel nous devons nous appuyer dans notre travail d'&#233;ducation populaire. C'est dans cette perspective qu'Attac France lance &#224; la rentr&#233;e une campagne &#171; Changer les banques, changer de banque &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bon d&#233;barras</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bon-debarras</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bon-debarras</guid>
		<dc:date>2010-07-06T12:46:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jose Mercader</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2010-07-06</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Arts-visuels-caricatures-dessins-peintures-" rel="directory"&gt;Arts visuels (caricatures, dessins, peintures)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-07-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-07-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L111xH150/arton1076-aa75c.jpg?1677126467' class='spip_logo spip_logo_right' width='111' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le football comme forme du politique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-football-comme-forme-du-politique</link>
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		<dc:date>2010-07-06T12:26:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Vassort</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Coupe du monde de football</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-07-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La situation de crise, que conna&#238;t depuis quelques ann&#233;es l'Afrique du Sud, dispara&#238;t dans les festivit&#233;s pr&#233;par&#233;es qui font taire les oppositions. Le football comme n&#233;cessaire outil de gouvernement anti-d&#233;mocratique, voil&#224; sans doute l'une des hypoth&#232;ses les plus pr&#233;gnantes de ces derni&#232;res ann&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; L'organisation de la Coupe du monde en Afrique du Sud est l'occasion de d&#233;velopper des fantasmes multiples sur la force d&#233;mocratique de l'institution footballistique. Principale manifestation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coupe-du-monde-de-football-+" rel="tag"&gt;Coupe du monde de football&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-07-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-07-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L149xH150/arton4854-7a564.png?1674693935' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La situation de crise, que conna&#238;t depuis quelques ann&#233;es l'Afrique du Sud, dispara&#238;t dans les festivit&#233;s pr&#233;par&#233;es qui font taire les oppositions. Le football comme n&#233;cessaire outil de gouvernement anti-d&#233;mocratique, voil&#224; sans doute l'une des hypoth&#232;ses les plus pr&#233;gnantes de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'organisation de la Coupe du monde en Afrique du Sud est l'occasion de d&#233;velopper des fantasmes multiples sur la force d&#233;mocratique de l'institution footballistique. Principale manifestation sportive, la Coupe du monde de football serait l'occasion, comme il y a quinze ans la Coupe du monde de rugby (1995), d'offrir l'image d'une possible r&#233;conciliation du peuple sud-africain dans toutes ses composantes. La proposition est, malgr&#233; tout, invers&#233;e et ce sont les Blancs qui sont invit&#233;s &#224; se r&#233;jouir autour du sport pratiqu&#233; par les Noirs. Derri&#232;re cette r&#233;conciliation suppos&#233;e sont r&#233;it&#233;r&#233;es les id&#233;es les plus communes et les mieux convenues sur les bienfaits potentiels d'une telle organisation pour l'&#233;conomie locale, pour le syst&#232;me politique et social, pour l'int&#233;gration du pays au sein du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dimension politique du sport, soutenue par le discours des personnes les plus influentes du pays, Nelson Mandela, Desmond Tutu, Frederik De Klerk[1], est relay&#233;e partout dans le monde, par les m&#233;dias, les institutions politiques et &#233;conomiques et souvent d&#233;sormais par les intellectuels eux-m&#234;mes. La situation de crise, que conna&#238;t depuis quelques ann&#233;es l'Afrique du Sud, dispara&#238;t dans les festivit&#233;s pr&#233;par&#233;es qui font taire les oppositions. Le football comme n&#233;cessaire outil de gouvernement anti-d&#233;mocratique, voil&#224; sans doute l'une des hypoth&#232;ses les plus pr&#233;gnantes de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La force du discours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;it&#233;rations discursives ont, tant dans l'environnement politique que dans celui du sport, force de preuves. Ainsi chacun verse, concernant la pratique sportive, dans la posture la plus vulgaire, affirmation d'un soi-disant d&#233;sir collectif g&#233;n&#233;ral et unanime. Le dernier exemple de cet &#233;tat de fait, et qui peut servir d'analyseur du syst&#232;me, est constitu&#233; par le choix du pays qui organisera le Championnat d'Europe des nations de football 2016. Pour cette occasion, le 28 mai 2010, Nicolas Sarkozy, devant le comit&#233; de s&#233;lection de l'UEFA (Union Europ&#233;enne de Football Association), a plaid&#233; en faveur de la candidature fran&#231;aise &#224; l'organisation de ce Championnat. Cette candidature semble, comme le rappelle Sarkozy lui-m&#234;me, avoir fait l'objet d'une &#233;tude strat&#233;gique en fonction de moyens et de finalit&#233;s vis&#233;es &#233;conomiques, politiques et id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi d&#233;clare-t-il : &#171; Nous, nous pensons en France que le sport est une r&#233;ponse &#224; la crise. C'est justement parce qu'il y a une crise, qu'il y a des probl&#232;mes, qu'il faut mobiliser tout le pays vers l'organisation de grands &#233;v&#233;nements &#187; a-t-il d&#233;clar&#233; &#171; et qu'est ce qu'il y a de plus fort que le sport et, &#224; l'int&#233;rieur du sport, qu'est-ce qu'il y a de plus fort que le football ? [&#8230;] C'est une d&#233;cision pour nous strat&#233;gique qui engage tout le pays face &#224; la crise [&#8230;]. Ce n'est pas un engagement de la F&#233;d&#233;ration, ce n'est pas un engagement de la Ligue, c'est un engagement de tout un peuple. On a envie de recevoir en France. [&#8230;] Il n'y a pas la gauche et la droite, il n'y a pas le sud et le nord, il n'y a pas l'est et l'ouest, il y a tout un pays mobilis&#233; pour avoir cet &#233;v&#233;nement &#187;[2]. Pour comprendre ce que repr&#233;sente une Coupe du monde, comme celle qui se d&#233;roule en Afrique du Sud, il faut comprendre la posture de Sarkozy face au sport, particuli&#232;rement le football.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La banalit&#233; du discours n'a d'&#233;gale que son efficacit&#233; politique et sans doute sa dangerosit&#233;. Lorsque Sarkozy d&#233;clare : &#171; Nous, nous pensons en France que le sport est une r&#233;ponse &#224; la crise. C'est justement parce qu'il y a une crise, qu'il y a des probl&#232;mes, qu'il faut mobiliser tout le pays vers l'organisation de grands &#233;v&#233;nements &#187;, nous percevons la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er une identit&#233; bas&#233;e sur un d&#233;sir collectif de transformation de la soci&#233;t&#233; afin de r&#233;pondre aux difficult&#233;s que la crise &#233;conomique et politique fait &#233;merger, particuli&#232;rement au sein des populations les plus vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est sans doute n&#233;cessaire, pour interpr&#233;ter ce discours, de plonger dans le contexte politique fran&#231;ais et dans la structure des r&#233;ponses &#224; la crise apport&#233;es par Nicolas Sarkozy et le gouvernement de Fran&#231;ois Fillon. Que faut-il comprendre par &#171; c'est justement parce qu'il y a une crise, qu'il y a des probl&#232;mes, qu'il faut mobiliser tout le pays vers l'organisation de grands &#233;v&#233;nement &#187; ? Sans doute faut-il admettre que le pays, entr&#233; en r&#233;cession, va conna&#238;tre une p&#233;riode de rigueur &#233;conomique et budg&#233;taire susceptible d'agresser une partie non n&#233;gligeable de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas le sens des d&#233;cisions prises dans le cadre de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances) et de la RGPP (r&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques) qui visent, sous couvert d'&#233;conomie budg&#233;taire, &#224; la destruction des services publics d'&#233;ducation, de sant&#233;, des transports, des &#233;nergies, de la gestion des eaux ? Il en va de m&#234;me pour ce qui concerne le d&#233;bat sur l'&#226;ge de la retraite et le nombre d'anuit&#233;s de cotisation. Dans ce cadre, dans cette dimension politique, les &#171; grands &#233;v&#233;nements &#187; sportifs sont les spectacles &#233;voqu&#233;s par Guy Debord qui &#233;crivait que &#171; le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, m&#233;diatis&#233; par des images &#187;[3]. Il existe donc au travers des &#233;v&#233;nements, de leur spectacularisation, non pas seulement des images en tant que celles-ci seraient hors de la vie mais un processus, &#171; un rapport social &#187; que les images permettent de porter &#224; connaissance et de d&#233;velopper. L'accumulation des images/spectacles concoure &#224; l'&#233;loignement du v&#233;cu par la r&#233;it&#233;ration permanente de la situation spectaculaire ce qui fait que dor&#233;navant, &#171; toute la vie des soci&#233;t&#233;s dans lesquelles r&#232;gnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles &#187;[4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle fait donc soci&#233;t&#233;, tout en &#233;tant une partie de celle-ci et, comme le signale Guy Debord, en participant, instrumentalement, de son unification. Mais &#171; en tant que partie de la soci&#233;t&#233;, il est express&#233;ment le secteur qui concentre tout regard et toute conscience. Du fait m&#234;me que ce secteur est s&#233;par&#233;, il est le lieu du regard abus&#233; et de la fausse conscience &#187;[5]. Du regard abus&#233; &#224; la fausse conscience[6], le spectacle dissimule l'essence soci&#233;tale derri&#232;re des images qui se substituent &#224; la r&#233;alit&#233; quotidienne de l'homme moderne et au fondement du processus capitaliste de production. Cet homme devient alors l'objet passif du quotidien car &#171; le spectacle se pr&#233;sente comme une &#233;norme positivit&#233; indiscutable et inaccessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne dit rien de plus que &#8220;ce qui appara&#238;t est bon, ce qui est bon appara&#238;t&#8221;. L'attitude qu'il exige par principe est cette acceptation passive qu'il a d&#233;j&#224; en fait obtenu par sa mani&#232;re d'appara&#238;tre sans r&#233;plique, par son monopole de l'apparence &#187;[7]. Cette passivit&#233; est l'instrument indispensable &#224; l'&#233;laboration d'un regard abus&#233;, de la fausse conscience et de la fausse identit&#233;. Le d&#233;tournement de la r&#233;alit&#233; n'est possible que dans la passivit&#233; accept&#233;e face au spectacle. C'est en tant que divertissement, donc d&#233;tournement, que &#171; les grands &#233;v&#233;nements &#187; sportifs, particuli&#232;rement footballistique, participant de la soci&#233;t&#233; du spectacle, adviennent en tant qu'instruments de l'&#233;laboration id&#233;ologique, active et passive. En ce sens la soci&#233;t&#233; du spectacle et l'id&#233;ologie du divertissement ne reposent pas sur le mod&#232;le de la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &#8211; bien que faisant suite aux th&#233;ories de Siegfried Kracauer, de Walter Benjamin, de Max Horkheimer et de Th&#233;odor W. Adorno, nous avons une id&#233;e plus pr&#233;cise de ce que peuvent devenir les arts et la culture &#224; l'&#233;poque de la reproduction industrielle &#8211; mais sur la marchandisation de la vie dans sa globalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance id&#233;ologique du spectacle est telle que Nicolas Sarkozy &#233;voque tout d'abord le soutien de &#171; tout un peuple &#187;, acc&#233;l&#233;rant la marchandisation id&#233;ologique des populations puis affirme, avec raison, que le pays, en pareille occasion, ne conna&#238;t plus ni de droite ni de gauche ce qui, pour le personnel politique semble confirm&#233; par les d&#233;clarations du maire socialiste de Paris, Bertrand Delano&#235;. Ce dernier, &#224; la suite de tous les &#233;lus UMP, esp&#232;re que cet &#233;v&#233;nement sera &#171; celui de la convivialit&#233;, de la f&#234;te, des &#233;motions et des valeurs partag&#233;es &#187;[8], alors que Martine Aubry estime que cette d&#233;signation est &#171; un honneur &#187;[9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en se reposant sur ces bases que le pays s'appr&#234;te &#224; utiliser des budgets publics pour la r&#233;novation ou la construction de stades. 1,7 milliard d'euros seraient para&#238;t-il n&#233;cessaires pour cette op&#233;ration, mais l'histoire montre que ces estimations sont souvent sous-&#233;valu&#233;es[10]. Il est probable que les d&#233;penses totales s'&#233;l&#232;veront plus que de raison (3, 4 milliards d'euros ou plus). Nicolas Sarkozy avait-il cela en t&#234;te lorsqu'il copinait avec les anciens joueurs de football que son Zidane, Karembeu ou Djorkaeff ? Arnaud Lagard&#232;re, ami du Pr&#233;sident, fils de Jean-Luc et pr&#233;sident du groupe Lagard&#232;re ne l'a pas oubli&#233;, lui qui d&#233;clare le 1er juin que l'organisation du Championnat d'Europe des nations &#171; tombe vraiment bien &#187; pour ses affaires[11]. Le march&#233; sportif est &#233;valu&#233; aujourd'hui &#224; plus de 100 milliards de dollars, il est, comme le rappelle Lagard&#232;re, &#171; l'un des rares march&#233;s en croissance &#187;. Il ne s'agit donc plus pour les hommes d'affaires de se comporter en m&#233;c&#232;nes mais de faire du sport l'une des branches les plus actives, proportionnellement l'une des plus rentables de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le football, particuli&#232;rement la Coupe du monde, poss&#232;de une dimension politique de d&#233;politisation des masses, et permet une appropriation par le capital de l'ensemble des espaces &#233;conomiques, g&#233;ographiques et sociaux. Il semble donc logique que les institutions politiques participant du d&#233;veloppement capitaliste participe du d&#233;veloppement footballistique. En cela le discours sur le sport participe des strat&#233;gies de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exploitation africaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud n'est donc pas le fruit du hasard. Pays riche qui poss&#232;de une population pauvre, elle repr&#233;sente l'id&#233;al de l'exploitation de l'homme par l'homme pour l'appropriation des ressources naturelles. Le mythe de la nation &#171; arc-en-ciel &#187;, soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique post-Apartheid a fait long feu et, d&#233;sormais, la soci&#233;t&#233; sud-africaine reproduit, dans un contexte diff&#233;rent de celui de l'Apartheid, les &#171; crimes barbares, le fl&#233;au des viols, des vols et des escroqueries, l'enrichissement ind&#233;cent d'un petit nombre, la reconversion comme forme d'impunit&#233;, les fonctions officielles comme exercice de r&#233;cup&#233;ration, l'effondrement des services indispensables, le renforcement et la poursuite du racisme, l'absence de morale publique et m&#234;me de sens commun &#187;[12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la situation politico-&#233;conomique ne suffit pas pour permettre au pays de trouver une nouvelle voie, l'institution sportive est toujours pr&#233;sente pour faire croire &#224; l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; nouvelle, plus juste et plus ouverte. C'&#233;tait le cas de la Coupe du monde de rugby en 1995 qui s'est disput&#233;e en Afrique du Sud. Sur la Coupe du monde de football 2010 reposent les m&#234;mes discours et les m&#234;mes strat&#233;gies de d&#233;veloppement &#233;conomique, politique et social et de l'&#233;ternelle r&#233;conciliation des peuples sud-africains. Pourtant aucun de ces &#171; secteurs &#187; ne b&#233;n&#233;ficiera d'un effet Coupe du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle Afrique peut profiter d'une telle organisation ? Celle dont la pauvret&#233; a explos&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies ? Celle dont un tiers des habitants vivent avec moins d'un demi-dollar par jour ? Celle qui voit se multiplier les guerres civiles ? Celles des enfants des dictateurs et assassins Mobutu, Taylor, Idi Amin, Mugabe ou Bokassa ? Celle ravag&#233;e par les famines comme celle de 2002 qui au Malawi, en Zambie, au nord de l'Afrique du Sud, au Botswana, au Lesotho, dans certaines r&#233;gions du Zimbabwe et de l'Angola mena&#231;ait plus de 14 millions d'enfants, d'hommes et de femmes de &#171; mort imm&#233;diate &#187;[13] ? Celle du sida ? De quelle Coupe du monde s'agit-il ? Celle de la violence, de la pauvret&#233;, de la x&#233;nophobie et des viols ? Celle des grandes entreprises occidentales, du capitalisme triomphant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coupe du monde de football est organis&#233;e entre les fusils de la police, de l'arm&#233;e, des milices priv&#233;es, et les barbel&#233;s des zones prot&#233;g&#233;es, inaccessibles &#224; la majorit&#233; de la population. La s&#233;gr&#233;gation sociale qui a remplac&#233; la s&#233;gr&#233;gation raciale participe du d&#233;veloppement de toutes les criminalit&#233;s. La ville de Johannesburg &#8212; l'une des &#171; capitales mondiales du crime &#187;[14] se distingue particuli&#232;rement par ses disparit&#233;s &#233;conomiques et sociales, et pour les exactions qui s'y d&#233;roulent. &#171; Le c&#233;l&#232;bre quartier de Hillbrow proche du centre de Johannesburg, l'un des rares quartiers qui apr&#232;s avoir &#233;t&#233; enti&#232;rement blanc jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1980, est devenu enti&#232;rement noir aujourd'hui. Il rassemble sur environ un kilom&#232;tre carr&#233; presque tous les maux de la soci&#233;t&#233; urbaine : pauvret&#233;, promiscuit&#233;, trafic de drogue, prostitution, corruption, criminalit&#233;, auxquels s'est ajout&#233;e la pand&#233;mie du sida &#187;[15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; violence &#187; limite les libert&#233;s de d&#233;placements, le d&#233;veloppement &#233;conomique local et celui de liens sociaux harmonieux et &#233;quilibr&#233;s. &#171; Chaque jour on rel&#232;ve plus de 300 meurtres ou agressions violentes dans le pays. Selon le tr&#232;s s&#233;rieux magazine allemand Der Spiegel, on compte chaque ann&#233;e en Afrique du Sud, 18 500 meurtres, 20 500 tentatives d'assassinat, 55 000 viols, 227 000 agressions violentes et au moins 5 000 enl&#232;vements &#187;[16]. Philippe Gervais-Lambony note qu'avec une fourchette de 20 000 &#224; 25 000 meurtres par an cela correspond &#224; un taux de 25 % plus &#233;lev&#233; qu'aux &#201;tats-Unis[17]. De m&#234;me, l'auteur remarque qu'il y a dans le pays 4 millions de permis de port d'armes et peut-&#234;tre plus d'un million d'armes &#224; feu ill&#233;gales, ce qui repr&#233;sente huit fois plus d'armes que n'en poss&#232;dent la police et l'arm&#233;e r&#233;unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re ces violences criminelles se cache le d&#233;sarroi d'une population qui voit cro&#238;tre les in&#233;galit&#233;s et qui, parfois, produit elle-m&#234;me ces violences collectives et politiques. Ainsi en 2008 et 2009 des &#233;meutes se sont d&#233;clar&#233;es, des groupes d'hommes d&#233;cidant du nettoyage ethnique des quartiers d&#233;sh&#233;rit&#233;s et rendant les &#233;trangers responsables du ch&#244;mage end&#233;mique. C'est ainsi que le capital organise la division des travailleurs et des populations vuln&#233;rables. Des &#171; milices &#187; arm&#233;es de lances, de couteaux, d'armes &#224; feu, se pr&#233;sentaient devant le domicile des &#233;trangers. La situation de ces derniers est pourtant d'une pr&#233;carit&#233; absolue, pourtant, les habitats de fortune ont tout de m&#234;me &#233;t&#233; saccag&#233;s par ces milices autoproclam&#233;es, les portes d&#233;fonc&#233;es, les cabanes faites de t&#244;les, de caisses de bois et de plastique, d&#233;truites et leurs habitants jet&#233;s dans la rue, s'ils ne sont pas tu&#233;s[18].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ambiance, la Coupe de monde est l'occasion, comme toutes organisation sportive de niveau mondial, d'accro&#238;tre l'ordre policier et la militarisation de l'espace. &#171; Pour que les criminels ne cherchent &#224; profiter de l'&#233;v&#233;nement, 40 000 policiers ont &#233;t&#233; recrut&#233;s : au total 190 000 hommes en bleu seront pr&#233;sents, sans compter les gardes priv&#233;s de s&#233;curit&#233;. Le directeur de la police, Bheki Cele, a promis [&#8230;] qu'il &#8220;ne restera plus aux criminels qu'un tr&#232;s, tr&#232;s petit espace, et nous allons couper l'oxyg&#232;ne dans cet espace&#8221;. Les d&#233;penses de s&#233;curit&#233; s'&#233;l&#232;veront &#224; 1,3 milliard de rands (117 millions d'euros), et des tribunaux d'exception traiteront de tous les cas li&#233;s au Mondial &#187;[19]. J&#233;r&#244;me Valcke, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la FIFA d&#233;clare m&#234;me que &#171; le chef de la police est venu [le] remercier en disant qu'il n'aurait jamais obtenu autant de budgets pour avoir plus d'h&#233;licopt&#232;res, plus de syst&#232;mes de protection sous-marine, plus de syst&#232;mes de protection au niveau des fronti&#232;res, des fusils d'assaut, des snipers &#187;[20] sans la Coupe du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du Sud n'arrive pas &#224; investir pour r&#233;duire les s&#233;gr&#233;gations mais, par l'effet du football, peut investir sur la militarisation de l'espace. Cela s'organise d'ailleurs dans une &#233;trange harmonie puisque la coop&#233;ration internationale, qui a tant de mal &#224; mettre en place les aides pour lutter contre les grandes pand&#233;mies, l'extr&#234;me pauvret&#233;, les famines ou effacer la dette des pays les plus pauvres, fonctionne parfaitement lorsqu'il s'agit de football et de puissance polici&#232;re puisque les forces de l'ordre sud-africaines se sont form&#233;es aupr&#232;s des forces de police europ&#233;enne[21]. N&#233;anmoins, cela ne rassure en rien puisque la violence &#233;mane souvent des forces de l'ordre elle-m&#234;me, comme le rappelle la journaliste fran&#231;aise, Sophie Bouillon, prix Albert Londres 2008 qui, arr&#234;t&#233;e &#224; Johannesburg en compagnie d'un ami zimbabw&#233;en a subit toute la violence polici&#232;re. Son ami a &#233;t&#233; frapp&#233; &#224; coups de pied et de poing, puis ils ont &#233;t&#233; asperg&#233;s de spray au poivre, arr&#234;t&#233;s et emprisonn&#233;s. Ils ont subi les insultes racistes et le pouvoir presque sans limite de policiers blancs car ils sont &#233;trangers et que l'un d'eux vient du Zimbabwe[22].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;curit&#233; est l'un des principaux sujets d'inqui&#233;tudes, m&#234;me pour les journalistes ou les &#233;quipes nationales de football. Ainsi certains journalistes sont accompagn&#233;s de gardes du corps arm&#233;s[23] qui laissent leurs armes &#224; l'entr&#233;e des camps d'entra&#238;nement des &#233;quipes de football. L'h&#244;tel o&#249; s&#233;journe l'&#233;quipe de France est prot&#233;g&#233; de barbel&#233;s &#233;lectrifi&#233;s et une fois dans l'enceinte de l'&#233;tablissement, pour aller voir l'&#233;quipe, il faut encore prendre une navette et passer trois barrages successifs de police et des policiers patrouillent autours du terrain de football de l'h&#244;tel[24]. Cela n'emp&#234;che pas des journalistes, deux portugais et un espagnol, de subir une agression &#224; main arm&#233;e pendant leur sommeil dans un h&#244;tel de Magaliesburg. La police songerait d&#233;sormais &#224; mettre en place des escortes pour les journalistes lorsque la nuit tombe[25].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coupe du monde de football, d&#232;s les premiers jours de comp&#233;tition, redouble les violences r&#233;currentes du pays. Comme cela &#233;tait pr&#233;vu[26], les m&#233;contentements sont &#233;cras&#233;s. Ainsi les manifestations de stadiers, qui voient leur salaire baiss&#233; de moiti&#233; lors des jours sans match alors que les heures de travail ne diminuent pas (de 26 &#224; 13 euros pour des journ&#233;es d&#233;butant &#224; 6 heures du matin pour se finir &#224; minuit sans solution pour rentrer dormir), ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et la police anti-&#233;meute est intervenue en tirant balles en caoutchouc et gaz lacrymog&#232;nes. Plusieurs stadiers auraient &#233;t&#233; hospitalis&#233;s et une femme serait d&#233;c&#233;d&#233;e, m&#234;me si la FIFA (pourquoi elle ?) d&#233;ment cette information[27].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De peur de la contagion des revendications et manifestations, la FIFA a demand&#233; la prise en charge des stades par la police ce qui a &#233;t&#233; fait dans quatre stades sur les dix de la comp&#233;tition. De ce fait, les travailleurs ont &#233;t&#233; licenci&#233;s, les responsables de la FIFA estimant que cela ne les regardait pas. Loin de la Coupe du monde, mais pourtant si proche, &#224; la sortie de Johannesburg, le township de Diepsloot, comme beaucoup d'autres, est pauvre, tr&#232;s pauvre et conna&#238;t une grande violence. Ici aucune trace des milliards de dollars d&#233;pens&#233;s pour l'&#233;v&#233;nement, pas de travail, seul un &#233;cran g&#233;ant &#224; &#233;t&#233; install&#233; sans que la population ne puisse y aller puisque la nuit tomb&#233;e &#171; on se ferait tuer &#187;[28]. Meurtres pour des cigarettes, viols et, pour les policiers une constatation : &#171; La nuit, on ne peut rien faire. Nous ne sommes pas assez nombreux et on ne voit rien dans les ruelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour, les interventions sont trop d&#233;licates et encore plus dangereuses &#187;[29]. Depuis quelques temps la population s'organise et fait r&#233;gner la mob justice, la loi de la foule. Une victime d&#233;signe un coupable et la population le lynche dans la rue. Le coupable l'est-il toujours ? De ce fait, &#171; la nuit il faut faire attention aux mauvais gar&#231;ons et, le jour, il faut faire attention &#224; ne pas &#234;tre pris pour un mauvais gar&#231;on &#187;[30]. La Coupe du monde organise donc l'espace des violences et de l'ordre policier sans jamais permettre quelque &#171; r&#233;conciliation &#187; que cela soit sauf dans les fantasmes des journalistes sportifs qui fr&#233;quentent les stades (et pourtant l'&#233;quipe de France en 2010 n'est pourtant pas un mod&#232;le de r&#233;conciliation) mais pas la rue sud-africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La FIFA : un capitalisme antid&#233;mocratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du Sud a, depuis sa p&#233;riode d'Apartheid, construit sa r&#233;putation sur l'existence des townships, quartiers de &#171; s&#233;paration &#187; dont certains quartiers se sont &#233;rig&#233;es comme tous les bidonvilles du monde, &#171; de bric et de broc &#187;, de mat&#233;riaux que les populations trouvaient pour se &#171; b&#226;tir &#187; un abri. Leur pauvret&#233; est souvent le r&#233;sultat de la &#171; s&#233;paration &#187; raciale qui perdure du fait de la s&#233;gr&#233;gation sociale. Chaque ville connait ces quartiers pauvres ou tr&#232;s pauvres. Le taux de ch&#244;mage du pays stagne aux alentours de 40 % de la population active et, contrairement &#224; ce qu'avaient annonc&#233; les dirigeants de l'African National Congress (ANC), non seulement il n'y a pas davantage de travail pour les plus d&#233;munis mais, de 1994 &#224; 2007, le pays a perdu un million et demi d'emplois[31]. Depuis 2007, la situation ne s'est pas am&#233;lior&#233;e et les &#233;meutes de 2008 et 2009, qui se reproduiront peut-&#234;tre apr&#232;s la Coupe du monde, &#233;v&#233;nement qui participe de la d&#233;gradation sociale et &#233;conomique du pays, sont le r&#233;sultat d'un nouvel appauvrissement des populations des townships qui ne voient plus dans la politique des dirigeants de l'ANC l'assurance de sortir du marasme et de toutes les formes de s&#233;gr&#233;gation. Le pays qui a perdu, sous le coup de la crise &#233;conomique g&#233;n&#233;ralis&#233;e, pr&#232;s de 300 000 emplois entre janvier et ao&#251;t 2009 voit sa situation &#233;trangement s'assombrir[32].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds mon&#233;taire international (FMI), qui se trompe rarement dans ce cas de figure, a d&#233;cid&#233; depuis quelques ann&#233;es d'investir sur l'Afrique subsaharienne et une note de synth&#232;se datant de d&#233;cembre 2000[33] laissait clairement comprendre quelles &#233;taient les strat&#233;gies de cette institution humaniste. Parmi les recommandations, se trouve cette derni&#232;re : &#171; [&#8230;] instaurer un climat plus propice &#224; l'investissement et &#224; la production dans le secteur priv&#233;. Cela permettra &#224; ces pays d'am&#233;liorer leur productivit&#233; et leur comp&#233;titivit&#233; et de mieux tirer parti de la mondialisation de l'&#233;conomie &#187;[34]. Voil&#224; qui est clair, l'Afrique est un terrain de jeu pour le capital mondialis&#233;. Les investissements et la production ne se comprennent, de ce fait, que par le secteur priv&#233; et les effets ne peuvent &#234;tre que des effets de croissance, aucune autre voie n'est envisageable pour le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, la FIFA est parfaitement &#224; son aise. Son histoire, son implantation plan&#233;taire d&#233;montre que son existence m&#234;me est totalement d&#233;termin&#233;e par le d&#233;veloppement capitaliste et sa croissance mondiale. Les interrelations entretenues par la FIFA avec les entreprises transnationales ou supranationales r&#233;v&#232;lent la nature du d&#233;veloppement concomitant du capitalisme et du sport mondial : dans chaque espace g&#233;ographique et entre chacun d'entre eux s'instituent des &#233;changes financiers qui visent &#224; la reproduction et &#224; l'accroissement du capital de l'institution footballistique. Ceci ne peut se faire que par l'organisation d'une exploitation r&#233;currente des ressources et des populations, d'un chantage r&#233;el et de pressions permanentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette puissance, la FIFA la doit &#224; ses 207 adh&#233;rents et &#224; un formidable chiffre d'affaires. En 1998, le chiffre d'affaires g&#233;n&#233;r&#233; par le football &#224; travers le monde &#233;tait &#224; peu pr&#232;s de 185 milliards d'euros[35], en 2010 il serait approximativement de 889, 5 milliards[36]. Entre 2003 et 2006, la FIFA aurait sans doute aspir&#233; aupr&#232;s de ses partenaires pr&#232;s de 1384,34 millions d'euros pour des d&#233;penses s'&#233;levant &#224; 1269,15 millions, la diff&#233;rence repr&#233;sentant le r&#233;sultat positif d'une association &#224; but non lucratif. Cela permet &#224; son pr&#233;sident d'occuper pendant la Coupe du monde 2006 en Allemagne une somptueuse suite de 420 m&#178; lou&#233;e 20 000 euros par jour. Aujourd'hui, &#171; les vingt-quatre membres du comit&#233; ex&#233;cutif et ses sept vice-pr&#233;sidents de la FIFA sont probablement mieux r&#233;tribu&#233;s que ceux de n'importe quelle entreprise multinationale du secteur concurrentiel. Son pr&#233;sident Sepp Blatter, dont la r&#233;mun&#233;ration reste &#8220;secret-d&#233;fense&#8221; &#233;margerait &#224; pr&#232;s de quatre millions de dollars par an &#187;[37].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coupe du monde 2010 se joue dans dix stades diff&#233;rents dont certains sont construits pour l'occasion et d'autres r&#233;nov&#233;s. Le plus important sera celui de Johannesburg dont la capacit&#233; pourra atteindre 94 000 places et le plus petit accueillera 40 000 personnes. Ces infrastructures surdimensionn&#233;es, en regard de la capacit&#233; &#233;conomique des Sud-Africains, sont appel&#233;es &#224; &#234;tre sous-exploit&#233;es et donc &#224; devenir une charge importante pour la population (15 millions d'euros par an[38]). D'autant que, comme le d&#233;nonce l'ex-compagnon de Mandela, Dennis Brutus, &#171; quand on construit d'&#233;normes stades, on d&#233;tourne des ressources [&#8230;] qui auraient pu servir &#224; construire des &#233;coles ou des h&#244;pitaux &#187;[39]. L'organisation, qui comme toujours, para&#238;t &#234;tre &#233;conomiquement int&#233;ressante pour l'organisateur, permettra des b&#233;n&#233;fices pour l'&#233;conomie priv&#233;e et sera d&#233;ficitaire pour l'&#233;conomie publique. Le sociologue Ashwin Desai, estime que &#171; le drame, c'est que les fonds publics ont &#233;t&#233; pill&#233;s pour toute une p&#233;riode de notre histoire. Les gens continueront de vivre dans des bidonvilles, les emplois ne seront pas durables. C'est un grossier d&#233;tournement de fonds &#187;[40]. Mais, appareil de la fausse conscience[41], en tant qu'appareil strat&#233;gique capitaliste (ASC)[42], certains peuvent encore croire, comme le prix Nobel Desmond Tutu, que la Coupe du monde servira l'unit&#233; et la r&#233;conciliation[43].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps la FIFA, &#201;tat-football, impose sa loi dans des p&#233;rim&#232;tres qu'elle s'approprie : elle impose contractuellement un &#171; acc&#232;s exclusif &#224; ses partenaires commerciaux qui, en &#233;change, ont vers&#233; 1 milliard de dollars de royalties en 2010 &#187;[44] et exclue les travailleurs sud-africains de ce march&#233; potentiel. Les stades sont devenus des lieux de haute surveillance &#233;conomique. Ainsi quelques jeunes femmes habill&#233;es de robes orange, couleur de la marque de bi&#232;re hollandaise Bavaria mais &#233;galement du maillot des Pays-Bas ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et interrog&#233;es plusieurs heures dans les bureaux de la FIFA, soup&#231;onn&#233;es de faire une concurrence d&#233;loyale. Deux d'entre elles doivent passer devant le tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ornement des masses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abrutissement g&#233;n&#233;ralis&#233; des populations les constitue en masse ou, comme l'a &#233;crit Hannah Arendt, en &#171; populace moderne toujours plus nombreuse &#8211; c'est-&#224;-dire les d&#233;class&#233;s de toutes les couches sociales &#187;[45] qui ne se retrouvent que dans la gr&#233;garisation de la vie qui se r&#233;pand au travers des stades, des f&#234;tes hallucin&#233;es (rave-party) ou des f&#234;tes d'&#201;tat (Nuits blanches, F&#234;te du cin&#233;ma, F&#234;te de la musique, etc&#8230;). Aujourd'hui, la Coupe du monde en Afrique du Sud fait tomber quelques masques. L'&#233;quipe de France de football pluriethnique et unie n'est plus qu'un pauvre fantasme. Les joueurs se d&#233;chirent au rythme de leurs int&#233;r&#234;ts individuels et cela met en lumi&#232;res les erreurs conceptuelles de ceux qui essaient de repriser les b&#233;ances que la violence de la comp&#233;tition institue et des sociologues qui, nombreux, n'imaginaient pas que la comp&#233;tition, pour sportive qu'elle soit, reste capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chasse au bouc &#233;missaire, victime expiatoire, participe de ce spectacle en donnant aux fauves m&#233;diatiques la substance permettant de dig&#233;rer tout le reste. Le spectacle, l'ornement de la masse, comme le nommait Siegfried Kracauer, peut encore f&#233;d&#233;rer de mani&#232;re gr&#233;gaire, mais la lucidit&#233; ne peut plus &#234;tre absente des d&#233;tours politiques que cet ornement prend pour g&#233;n&#233;rer une domination toujours plus grande en France comme ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Afrique du Sud, elle, se r&#233;veillera sans doute, &#224; la fin de la comp&#233;tition, avec la &#171; gueule de bois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;penses effectu&#233;es, le peu de retomb&#233;es financi&#232;res auront appauvri le pays, particip&#233; de l'accroissement des disparit&#233;s &#233;conomiques, sociales et politiques. Mais, plus grave sans doute, en 1995, le rugby, sport de blancs avait men&#233; le pays &#224; la victoire. Si, en 2010, le football, sport de noirs, devait voir l'&#233;quipe nationale &#233;limin&#233;e au premier tour, alors tous les vieux d&#233;mons ressortiront peut-&#234;tre avec plus de virulences qu'aujourd'hui car les rumeurs circulent d&#233;j&#224; : &#171; les Sud-Africains ont promis de reprendre les violences contre les &#233;trangers d&#232;s la fin du Mondial &#187;[46]. Le racisme n'a pas de couleur ni de patrie, mais il repose toujours sur une comp&#233;tition r&#233;elle ou fantasm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir sur le sujet, Ronan David, Fabien Lebrun, Patrick Vassort, Footafric. Coupe du monde, capitalisme et n&#233;ocolonialisme, Montreuil, &#201;ditions L'&#201;chap&#233;e, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lepoint.fr&lt;/a&gt;, 28 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Guy Debord, La Soci&#233;t&#233; du spectacle, Paris, Gallimard, 1996, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Ibidem., p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Ibid., paragraphe 3, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Joseph Gabel, La Fausse conscience, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, 1962.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Guy Debord, La Soci&#233;t&#233; du spectacle, op. cit., p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] L'&#201;quipe, 29 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Patrick Vassort, Sexe, drogue et mafias. Sociologie de la violence sportive, Bellecombe-en Bauges, Le Croquant, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] L'&#201;quipe, 1er juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Breyten Breytenbach, Le Monde du milieu, Arles, Actes Sud, 2009, p. 45.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Jean Ziegler, L'Empire de la honte, Paris, Fayard, 2005, p. 291.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Patrick Bond, &#171; Johannesburg. De l'or et des gansters &#187;, in Mike Davis et Daniel B. Monk, Paradis infernaux. Les villes hallucin&#233;es du n&#233;o-capitalisme, Paris, Les Prairies Ordinaires, 2008, p. 168.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Richard Samin, &#171; Populisme et x&#233;nophobie dans Welcome to Our Hillbrow de Phaswane Mpe &#187;, in C&#233;cile Perrot, Michel Prum et Thierry Vircoulon (sous la direction de), L'Afrique du Sud &#224; l'heure de Jacob Zuma. La fin de la nation arc-en-ciel ?, Paris, L'Harmattan, 2009, p. 132.&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] L'Express. L'hebdo des francophones du grand Toronto, 24 au 30 avril 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Philippe Gervais-Lambony, L'Afrique du Sud, Paris, Le Cavalier Bleu, 2009, p. 94.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Le Monde, 19 mai 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.liberation.fr&lt;/a&gt;, 5 d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lemonde.fr&lt;/a&gt;, 19 janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Jeune Afrique, 31 d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Lib&#233;ration, 19 janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] L'&#201;quipe, 9 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] L'&#201;quipe, 8 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] L'&#201;quipe, 11 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Voir sur le sujet, Ronan David, Fabien Lebrun, Patrick Vassort, Footafric. Coupe du monde, capitalisme et n&#233;ocolonialisme, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Lib&#233;ration, 17 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le Figaro, 11 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Philippe Gervais-Lambony, L'Afrique du Sud, op. cit., p. 117.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] Ibidem, p. 118.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[33] Fonds mon&#233;taire international, &#171; Acc&#233;l&#233;rer la croissance et r&#233;duire la pauvret&#233; en Afrique Subsaharienne. Le r&#244;le du FMI &#187;, Note de synth&#232;se, d&#233;cembre 2000. A consulter sur &lt;a href=&#034;http://www.imf.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.imf.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[34] Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] Le Monde, 1er juin 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[36] Le Monde, 10 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[37] J&#233;r&#244;me Jessel et Patrick Mendelewitsch, La Face cach&#233;e du foot Business, Paris, Flammarion, 2007, p. 37.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[38] Le Monde, 10 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[39] &lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lepoint.fr&lt;/a&gt;, 14 d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[40] &lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lepoint.fr&lt;/a&gt;, 14 d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[41] Joseph Gabel, La Fausse conscience. Essai sur la r&#233;ification, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, 1962.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] Voir Patrick Vassort, &#201;pist&#233;mologie. Le cas de la sociologie du sport, Paris, L'Harmattan, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[43] &lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lepoint.fr&lt;/a&gt;, 14 d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[44] Le Monde, 10 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[45] Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme. Eichmann &#224; J&#233;rusalem, Paris, Gallimard, 2002, p. 228.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[46] Lib&#233;ration, 14 juin 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.contretemps.eu/" class="spip_out"&gt;Le site de la revue Contretemps&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#8220;Vers la R&#233;paration des Dettes et la Construction d'Alternatives&#8221;.</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Vers-la-Reparation-des-Dettes-et-la-Construction-d-Alternatives</link>
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		<dc:date>2010-07-06T12:26:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dette</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-07-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous, repr&#233;sentants de mouvements sociaux, organisations populaires, religieuses, environnementales, professionnelles, politiques, de diversit&#233; sexuelle, et de coalitions contre la dette provenant de 10 pays d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes, r&#233;unis &#224; Managua, au Nicaragua, du 16 au 18 juin 2010, c&#233;l&#233;brons notre IIIe Assembl&#233;e r&#233;gionale de Jubil&#233; Sud/Am&#233;riques. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous sommes des femmes et hommes, des paysan(ne)s, des travailleur(se)s, des indig&#232;nes, des militants populaires, qui font face (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/arton4858-902c2.jpg?1677126467' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous, repr&#233;sentants de mouvements sociaux, organisations populaires, religieuses, environnementales, professionnelles, politiques, de diversit&#233; sexuelle, et de coalitions contre la dette provenant de 10 pays d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes, r&#233;unis &#224; Managua, au Nicaragua, du 16 au 18 juin 2010, c&#233;l&#233;brons notre IIIe Assembl&#233;e r&#233;gionale de Jubil&#233; Sud/Am&#233;riques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes des femmes et hommes, des paysan(ne)s, des travailleur(se)s, des indig&#232;nes, des militants populaires, qui font face et r&#233;sistent &#224; l'avanc&#233;e du capital sur nos territoires, cultures et vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rem&#233;morant les dix ann&#233;es de lutte que vient de f&#234;ter Jubil&#233; Sud, et apr&#232;s avoir d&#233;battu de l'&#233;troite relation qui existe entre les nouvelles conditions d'endettement impos&#233;es dans la r&#233;gion, l'avanc&#233;e des trait&#233;s de libre-&#233;change en Am&#233;rique Centrale et aux Cara&#239;bes, ainsi que dans la r&#233;gion andine et le Mercorsur, sign&#233;s avec les Etats-Unis et l'Union Europ&#233;enne, et l'effet nocif accumul&#233; par les dettes &#233;cologiques, sociales, historiques, culturelles et climatiques, nous, les participants et participantes, r&#233;solvons de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Continuer &#224; approfondir l'analyse des causes et cons&#233;quences historiques de la dette ext&#233;rieure comme m&#233;canisme de domination imp&#233;rialiste, dont les impacts &#233;conomiques, politiques, sociaux, et environnementaux se sont &#233;tendus dans nos vies et dans le futur de nos peuples et pays. De m&#234;me, il faut aborder des strat&#233;gies de lutte pour obtenir justice face &#224; l'ill&#233;gitimit&#233; de la dette, et pour trouver des solutions r&#233;elles &#224; ses s&#233;quelles, en construisant des alternatives de financement souverain en faveur de la vie, de la nature et des droits collectifs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ratifier et impulser l'appel &#224; la r&#233;alisation d'Audits participatifs et int&#233;graux des dettes r&#233;clam&#233;es &#224; nos pays, en soulignant l'importance des succ&#232;s d&#233;j&#224; obtenus dans ce domaine, comme la r&#233;alisation d'un audit par le gouvernement de l'&#201;quateur, la continuit&#233; de l'Audit Citoyen au Br&#233;sil, la constitution de la Commission d'Enqu&#234;te Parlementaire sur la Dette dans ce pays, et la d&#233;cision du gouvernement du Paraguay de faire auditer les dettes binationales d'Itaip&#250; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Incorporer au travail une vision actuelle qui corrobore la croissance exponentielle des dettes, tant ext&#233;rieures qu'int&#233;rieures, que la conjoncture actuelle de crise mondiale impose &#224; nos pays. De plus, il faut continuer &#224; approfondir la r&#233;flexion sur les th&#232;mes transversaux qui aujourd'hui confluent autour des origines historiques de la dette, ses causes structurelles, et les th&#232;mes qui lui sont relatifs, comme la dette &#233;cologique et climatique, le libre-&#233;change, la militarisation et la criminalisation des luttes sociales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Consolider et r&#233;affirmer cet espace de r&#233;sistance r&#233;gionale et Sud-Sud pour continuer &#224; d&#233;fendre les droits de l'Homme fondamentaux et les droits collectifs &#224; une vie digne et un &#171; bon vivre &#187;, ainsi que les droits de la nature, dans le but de soutenir les luttes actuelles que d&#233;veloppent les mouvements, organisations et coalitions de base des pays du Sud ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Continuer &#224; refuser &#233;nergiquement toute forme de suppos&#233; all&#232;gement de la dette, qui implique de nouveaux endettements, conditionnalit&#233;s et engagements sur la base de l'expropriation de nos ressources naturelles, &#224; l'initiative des gouvernements du Nord et de leurs Institutions Financi&#232;res Internationales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Reconna&#238;tre l'importance strat&#233;gique de la r&#233;alisation de cette assembl&#233;e, dans un contexte international qui ouvre de nouveaux horizons au renforcement des alliances entre les peuples et mouvements en r&#233;sistance dans le Sud, conjointement &#224; nos alli&#233;s au Nord ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Valoriser les d&#233;fis qui se pr&#233;sentent au niveau r&#233;gional, et qui cr&#233;ent de nouvelles opportunit&#233;s pour amplifier et consolider les liens de collaboration, solidarit&#233; et int&#233;gration d'un nouveau type, qui peut donner de la puissance &#224; l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des m&#233;canismes historiques de domination coloniale et de pillage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que Jubil&#233; Sud/Am&#233;riques, et en vue de comm&#233;morer le 28 juin le premier anniversaire du Coup d'&#201;tat que l'imp&#233;rialisme et les oligarchies ont impos&#233; au peuple hondurien, nous manifestons de nouveau notre rejet &#224; tout acte de r&#233;pression et de rupture du processus d&#233;mocratique, &#224; l'endettement ill&#233;gitime accumul&#233; par la dictature, et r&#233;affirmons notre soutien inconditionnel &#224; la r&#233;sistance historique du peuple hondurien et de ses organisations de masse en lutte pour r&#233;cup&#233;rer le droit sacr&#233; &#224; la libert&#233;. Nous manifestons notre rejet &#224; la reconnaissance du gouvernement de Porfirio Lobo, surgi d'&#233;lections ill&#233;gitimes, tout comme &#224; toute action indirecte qui pr&#233;tende reconna&#238;tre l'actuel gouvernement du Honduras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;affirmons notre rejet &#224; l'occupation &#233;conomique et militaire d'Ha&#239;ti, nous soutenons son peuple dans sa lutte pour sa souverainet&#233;, son autod&#233;termination et sa vie, et nous rejetons aussi toute tentative de d&#233;stabilisation et renversement des processus de changement commenc&#233;s dans la r&#233;gion, comme celui dont sont les protagonistes le peuple et le gouvernement de Cuba depuis plus de 50 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans ce contexte de crise et nouvel endettement, nous lan&#231;ons un appel aux peuples et mouvements populaires d'Am&#233;rique Latine et des Cara&#239;bes &#224; se reconna&#238;tre comme les v&#233;ritables cr&#233;anciers de dettes historiques, sociales, &#233;cologiques, financi&#232;res et climatiques, &#224; unir leurs forces et efforts dans la r&#233;sistance contre ce syst&#232;me de famine, de mis&#232;re et de r&#233;pression, et &#224; continuer la lutte pour construire un autre monde possible !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Managua, 19 juin 2010. _ JUBIL&#201; SUD/AM&#201;RIQUES&lt;br class='autobr' /&gt;
Jubil&#233; Sud/ Am&#233;riques&lt;br class='autobr' /&gt;
Mis en ligne le 29 juin 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dictature a un an</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-dictature-a-un-an</link>
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		<dc:date>2010-07-06T12:25:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Charbonneau</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Honduras</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-07-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a quelques jours, le 28 juin dernier, la nouvelle dictature hondurienne c&#233;l&#233;brait son premier anniversaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a un an, on assassinait la voix du peuple, on interdisait une consultation populaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a un an, on tuait l'espoir de milliers d'Honduriennes et d'Honduriens de vivre un jour meilleur en ayant plus d'&#233;quit&#233;, de justice et de dignit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a un an, au Honduras, une dictature des temps modernes s'installait par un coup d'&#201;tat militaire et surtout &#171; m&#233;diatique &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L118xH150/arton4855-abfae.png?1677126467' class='spip_logo spip_logo_right' width='118' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques jours, le 28 juin dernier, la nouvelle dictature hondurienne c&#233;l&#233;brait son premier anniversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, on assassinait la voix du peuple, on interdisait une consultation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, on tuait l'espoir de milliers d'Honduriennes et d'Honduriens de vivre un jour meilleur en ayant plus d'&#233;quit&#233;, de justice et de dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, au Honduras, une dictature des temps modernes s'installait par un coup d'&#201;tat militaire et surtout &#171; m&#233;diatique &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 30 juin 2009, quelques heures apr&#232;s avoir &#233;t&#233; expuls&#233; en pyjama manu militari de sa r&#233;sidence, de son poste et de son pays par des militaires masqu&#233;s, Manuel Zelaya livre un vibrant discours devant l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies. [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentants des 192 pays qui l'&#233;coutent attentivement lui apportent leur soutien sans r&#233;serve. [2] Apr&#232;s coup, nous devons nous rendre &#224; l'&#233;vidence que certains faisaient preuve d'une hypocrisie totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat fut militaire, mais surtout &#171; m&#233;diatique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que tout d&#233;montrait &#224; quel point la d&#233;mocratie &#233;tait pi&#233;tin&#233;e honteusement, les m&#233;dias ont r&#233;ussi le tour de force de rendre ce coup d'&#201;tat &#034;l&#233;gitime&#034; et m&#234;me &#034;l&#233;gal&#034;. Pire, dans bien des cerveaux, ils ont r&#233;ussi &#224; rendre la premi&#232;re victime de cet acte barbare, Manuel Zelaya, responsable du coup d'&#201;tat. Les m&#233;dias sont d&#233;finitivement l'arme de notre &#233;poque. La manipulation de l'opinion a atteint une efficacit&#233; remarquable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enseignement du coup du Honduras.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s cette attaque inadmissible contre la d&#233;mocratie la plus &#233;l&#233;mentaire, apparemment tout baigne dans l'huile ! Les m&#233;dias de masse laissent entendre qu'enfin le &#034;calme&#034; est revenu dans ce pauvre pays. On ne dit mot de cette dictature des temps modernes. Pourtant, elle tient la population hondurienne sous sa botte militaire et m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soldats de l'information parlent du cirque ayant servi &#224; mettre en place le nouveau pr&#233;sident fantoche vou&#233; &#224; servir l'oligarchie et les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains comme ayant &#233;t&#233; une &#034;&#233;lection&#034; valable. On tente de balayer sous le tapis les exactions, les atteintes aux droits humains, les atteintes &#224; la libert&#233; d'expression et &#224; la libert&#233; de presse. Le coup d'&#201;tat du Honduras nous a jet&#233; en pleine figure &#224; quel degr&#233; nos (sic) m&#233;dias &#034;officiels&#034; font preuve de d&#233;rive id&#233;ologique et combien on nous malinforme et m&#234;me &#034;d&#233;sinforme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce coup doit nous servir &#224; r&#233;aliser &#224; quel point l'arme m&#233;diatique est redoutable et &#224; quel point nous sommes vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez qu'un tel acte ait &#233;t&#233; commis par la gauche pour renverser un gouvernement de droite l&#233;gitimement &#233;lu. Pensons &#224; un coup d'&#201;tat en Colombie ou au P&#233;rou. Nos soldats m&#233;diatiques auraient d&#233;nonc&#233; sans rel&#226;che le manquement &#224; la d&#233;mocratie. Ils auraient eu bien raison. On ne bafoue pas ainsi la d&#233;mocratie. Cependant, nous constatons que lorsqu'il s'agit de mettre en place des gouvernements de droites conciliants (!) nos valeureux journalistes ferment les yeux sur les manquements flagrants et les actes hautement r&#233;pr&#233;hensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pratiquement au m&#234;me moment que les &#233;v&#233;nements du Honduras, l'Iran vivait des moments de d&#233;stabilisation politique. La m&#234;me arme ayant servi contre la population hondurienne servait cette fois contre le gouvernement iranien. L'&#233;tude de la couverture m&#233;diatique des deux &#233;v&#233;nements est tr&#232;s r&#233;v&#233;latrice [3] En consommant l'information de nos m&#233;dias de masse, on constate qu'on ressent beaucoup plus que l'on en apprend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait tr&#232;s peu de l'Histoire l'Iran comme on sait tr&#232;s peu de l'Histoire du Honduras. Nos m&#233;dias s'appliquent &#224; ne pas nous faire comprendre et &#224; ne pas approfondir la source des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on conna&#238;t trop d'&#233;l&#233;ments, notre jugement devient plus difficile &#224; aiguiller. Conna&#238;tre l'Histoire hondurienne, entendre &#171; compl&#232;tement &#187; le discours de Zelaya &#224; l'ONU, entendre ses interventions explicites dans les m&#233;dias, entendre la population s'exprimer et conna&#238;tre &#224; fond le d&#233;roulement des &#233;v&#233;nements qui ont men&#233; au coup nous permettrait de remettre en question le discours &#034;&#233;ditorial&#034; de nos bonzes m&#233;diatiques. La saine information nous pr&#233;munirait contre la manipulation de notre opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;finitivement, le coup du Honduras et la tentative de d&#233;stabilisation politique de l'Iran nous enseignent que l'arme m&#233;diatique est all&#232;grement utilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les m&#233;dias de masse, on a soulign&#233; du bout des l&#232;vres cette date tragique pour la d&#233;mocratie hondurienne. &#034;Nos&#034; grands sp&#233;cialistes de l'Am&#233;rique latine ne sont m&#234;me pas en Am&#233;rique pour souligner ce triste jour (notre Jean-Michel Leprince fait du reportage en Espagne !). Aucun reporter sur place au Honduras pour constater les d&#233;g&#226;ts faits par le r&#233;gime en place. La population hondurienne est sortie dans la rue pour dire au monde entier que m&#234;me apr&#232;s une ann&#233;e de dictature elle r&#233;sistait toujours. Nous avons eu droit &#224; une couverture &#034;minime&#034; de cette manifestation. Aucun reportage en profondeur ne nous a d&#233;crits la derni&#232;re ann&#233;e v&#233;cue par les Honduriennes et les Honduriens. On tente plut&#244;t de normaliser la dictature en habit de d&#233;mocratie. Cependant, la grande majorit&#233; de l'Am&#233;rique latine ne reconna&#238;t pas la derni&#232;re &#233;lection faite par le r&#233;gime putschiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233; , le fameux prix Nobel de la Paix 2009 et puissant pr&#233;sident &#233;tats-unien n'a pas lev&#233; le petit doigt pour respecter la volont&#233; du peuple hondurien et ni les r&#232;gles les plus &#233;l&#233;mentaires de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue ann&#233;e de dictature, les atteintes aux droits humains se sont multipli&#233; dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale de la communaut&#233; internationale ce qui d&#233;montre une fois de plus que l'opinion est manipul&#233;e par l'arme m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuf journalistes ont &#233;t&#233; assassin&#233;s dont huit depuis la prise de pouvoir de Porfirio Lobo [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Gabriel Fino Noriega &lt;br class='autobr' /&gt;
Reporter pour Radio Estelar&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassin&#233; le 3 juillet 2009 au Honduras &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Joseph Hernandez Ochoa &lt;br class='autobr' /&gt;
Animateur de l'&#233;mission &#171; Encuentros &#187; sur la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision Canal 51&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassin&#233; le 1 mars 2010 au Honduras &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 David Meza Montesinos &lt;br class='autobr' /&gt;
Radio El Patio, Radio Am&#233;rica&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassin&#233; le 11 mars 2010 &#224; La Ceiba, Honduras &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Nah&#250;m Palacios Arteaga &lt;br class='autobr' /&gt;
Directeur de l'information de la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision Canal 5 del Agu&#225;n&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassin&#233; le 14 mars 2010 au Honduras &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Manuel Ju&#225;rez &lt;br class='autobr' /&gt;
Journaliste travaillant pour les stations de radio Exc&#233;lsior et Super 10.&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassin&#233; le 26 mars 2010 au Honduras &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Jos&#233; Bayardo Mairena &lt;br class='autobr' /&gt;
Journalistes pour les stations de radio Exc&#233;lsior et Super 10.&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassin&#233; le 26 mars 2010 au Honduras &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Luis Antonio Ch&#233;vez Hern&#225;ndez &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentateur sur Radio W105&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassin&#233; le 13 avril 2010 au Honduras &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 Jorge Alberto Orellana &lt;br class='autobr' /&gt;
Journaliste pour la t&#233;l&#233;vision publique hondurienne&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassin&#233; le 20 avril 2010 au Honduras &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 Luis Arturo Mondrag&#243;n Moraz&#225;n &lt;br class='autobr' /&gt;
Propri&#233;taire et r&#233;dacteur en chef du Canal 19&lt;br class='autobr' /&gt;
Assassin&#233; le 14 juin 2010 au Honduras &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douzes syndicalistes ont subi le m&#234;me sort. [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de citoyens ont &#233;t&#233; aussi assassin&#233;s. Plusieurs sont &#034;disparus&#034;. [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions faire la longue liste des atrocit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des atrocit&#233;s dont on ne nous parle pas. Le Honduras n'est pas l'Iran. On cherche &#224; d&#233;stabiliser l'Iran et on cherche &#224; normaliser le Honduras, voil&#224; le travail de ces vaillants soldats de l'information (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, la marche des peuples d'Am&#233;rique latine vers la d&#233;mocratie v&#233;ritable va de l'avant. Elle a &#233;t&#233; longue et difficile et elle continue inexorablement. La population hondurienne continuera de r&#233;clamer qu'on entende sa voix pour obtenir plus d'&#233;galit&#233; et de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les victimes du coup d'&#201;tat r&#233;clament des commissions d'enqu&#234;te [7]&lt;br class='autobr' /&gt;
et un an apr&#232;s le coup d'&#201;tat, le Honduras r&#233;siste toujours. [8]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier le Honduras. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sa population n'a pas dit son dernier mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Charbonneau&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu&#233;bec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Discours complet de Manuel Zelaya &#224; l'ONU (d&#233;but &#224; 2h45 environ)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://webcast.un.org/ramgen/ondemand/ga/63/2009/ga090630am-orig.rm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://webcast.un.org/ramgen/ondemand/ga/63/2009/ga090630am-orig.rm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Los 192 pa&#237;ses de la ONU exigen el retorno de Zelaya al poder, quien agradece el apoyo (extrait du discours de Zelaya)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?27505&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?27505&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Onu demande le retour imm&#233;diat du pr&#233;sident Zelaya &#224; son poste&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/actufr/articles/115/article_82318.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rfi.fr/actufr/articles/115/article_82318.asp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Information et id&#233;ologie&lt;br class='autobr' /&gt;
Honduras : L'id&#233;ologie au service du Putsch&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/Honduras-L-ideologie-au-service-du-Putsch.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.legrandsoir.info/Honduras-L-ideologie-au-service-du-Putsch.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Committee to Protect Journalists&lt;br class='autobr' /&gt;
10 Journalists Killed in Honduras/Motive Unconfirmed&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://cpj.org/killed/americas/honduras/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cpj.org/killed/americas/honduras/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;morial UNESCO des journalistes assassin&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=16998&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=-481.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=16998&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=-481.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Honduras : &#171; Douze syndicalistes ont &#233;t&#233; tu&#233;s depuis le coup d'Etat &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=15780&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=15780&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Vid&#233;o victimes du coup d'&#201;tat au Honduras au 10 mars 2010&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.telesurtv.net/noticias/videos_demanda/player_video.php?ckl=4490&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.telesurtv.net/noticias/videos_demanda/player_video.php?ckl=4490&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Honduras : las v&#237;ctimas del golpe piden justicia con una seria Comisi&#243;n de investigaci&#243;n&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.tercerainformacion.es/spip.php?article15130&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.tercerainformacion.es/spip.php?article15130&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Un an apr&#232;s le coup d'Etat, le Honduras r&#233;siste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entretien avec le pr&#233;sident Manuel Zelaya&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=19953&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=19953&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honduras : la repression silencieuse&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/ameriques/20100629-honduras-repression-silencieuse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rfi.fr/ameriques/20100629-honduras-repression-silencieuse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afghanistan : le limogeage du g&#233;n&#233;ral Stanley McChrystal</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Afghanistan-le-limogeage-du-general-Stanley-McChrystal</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Afghanistan-le-limogeage-du-general-Stanley-McChrystal</guid>
		<dc:date>2010-07-06T12:24:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Martin</dc:creator>


		<dc:subject>Afghanistan</dc:subject>
		<dc:subject>Afghanistan</dc:subject>
		<dc:subject>Afghanistan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-07-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le limogeage du g&#233;n&#233;ral Stanley McChrystal, de son poste de commandant en Afghanistan et son remplacement par le g&#233;n&#233;ral David Petraeus n'est pas, comme le disent les apologistes politiques d'Obama, une d&#233;fense de principe du contr&#244;le du monde civil sur l'arm&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Mondialisation.ca, Le 3 juillet 2010 WSWS &lt;br class='autobr' /&gt; Ce n'est pas non plus, comme voudrait nous le faire croire la ligne officielle &#233;manant de la Maison blanche, juste un changement de personne et non de politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout porte &#224; croire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afghanistan-27-+" rel="tag"&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afghanistan-+" rel="tag"&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afghanistan-238-+" rel="tag"&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-07-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-07-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH121/arton4860-a5258.png?1677126467' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='121' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le limogeage du g&#233;n&#233;ral Stanley McChrystal, de son poste de commandant en Afghanistan et son remplacement par le g&#233;n&#233;ral David Petraeus n'est pas, comme le disent les apologistes politiques d'Obama, une d&#233;fense de principe du contr&#244;le du monde civil sur l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mondialisation.ca, Le 3 juillet 2010&lt;br class='autobr' /&gt;
WSWS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce n'est pas non plus, comme voudrait nous le faire croire la ligne officielle &#233;manant de la Maison blanche, juste un changement de personne et non de politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout porte &#224; croire que ce changement de commandement est la cons&#233;quence d'une insatisfaction grandissante des m&#233;thodes contre-insurrectionnelles de McChrystal qui n'ont pas r&#233;ussi &#224; d&#233;loger les forces de gu&#233;rilla conduites par les Talibans et qui contr&#244;lent la plus grande partie du sud et de l'est de l'Afghanistan. Cela pr&#233;sage une augmentation drastique du niveau de violence militaire am&#233;ricaine et particuli&#232;rement du taux de victimes civiles parmi la population afghane. Leur &#171; crime &#187; est de sympathiser et de soutenir l'insurrection anti-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petraeus se pr&#233;pare d&#233;j&#224;, selon un reportage, &#224; modifier les r&#232;gles de combat pour permettre un plus grand usage de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un article du journal britannique Independant de dimanche, McChrystal devenait de plus en plus pessimiste quant aux perspectives de succ&#232;s, notamment apr&#232;s avoir d&#251; remettre &#224; plus tard l'offensive pr&#233;vue dans la ville cl&#233; du sud, Kandahar, bastion des Talibans. Il en aurait rendu compte au ministres de la D&#233;fense de l'OTAN au d&#233;but du mois et &#171; averti qu'il ne fallait pas s'attendre &#224; un quelconque progr&#232;s dans les six prochains mois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal &#233;crit : &#171; Selon des sources inform&#233;es, c'est ce compte-rendu autant que l'article du Rolling Stone qui ont convaincu M. Obama de limoger &#187; McChrystal. L'article poursuit, &#171; On a consid&#233;r&#233; que le g&#233;n&#233;ral &#233;tait '&#224; contre-courant' dans sa mise en garde aux ministres quand il leur a dit de ne pas s'attendre &#224; des r&#233;sultats rapides et qu'ils &#233;taient confront&#233;s &#224; 'une insurrection grandissante et qui ne se laisse pas abattre.' &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne m&#233;diatique a commenc&#233; aux Etats-Unis, avec pour fer de lance le New York Times, disant que McChrystal porte un int&#233;r&#234;t excessif aux victimes civiles afghanes prises dans la guerre qui se durcit entre les forces am&#233;ricaines et de l'OTAN et les forces de gu&#233;rilla men&#233;es par les Talibans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a commenc&#233; par un article du 22 juin de C.J. Chivers qui d&#233;crit la frustration grandissante parmi les officiers sup&#233;rieurs, sous-officiers et simples soldats en Afghanistan qui se disent &#171; menott&#233;s &#187; par McChrystal. Les tactiques du g&#233;n&#233;ral entraveraient soi-disant &#171; la puissance de feu du c&#244;t&#233; des forces occidentales - frappes a&#233;riennes, attaques &#224; la roquette guid&#233;e, barrages d'artillerie et m&#234;me feu de mortier - pour assister les troupes au sol. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce th&#232;me a &#233;t&#233; repris par diff&#233;rents correspondants du Times dans des commentaires en ligne sur le site Internet du journal, Robert Mackey, John Burns et Dexter Filkins l'ont tous repris &#224; l'unisson, puis par les chroniqueurs du journal, qu'ils soient lib&#233;raux ou conservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bob Herbert, chroniqueur lib&#233;ral, s'est soudain d&#233;couvert une vocation de conseiller en tactiques militaires dans une chronique samedi intitul&#233;e &#171; Pire qu'un cauchemar. &#187;Il y d&#233;nonce la strat&#233;gie contre-insurrectionnelle de McChrystal et Petraeus, d&#233;clarant que leurs partisans &#171; semblent avoir perdu de vue un aspect fondamental de la guerre : on ne va pas &#224; la guerre &#224; petits pas. On va &#224; la guerre pour &#233;craser l'ennemi. On le fait avec f&#233;rocit&#233; et le plus rapidement possible. Si on ne le fait pas, si on a des cas de conscience, ou si on ne sait pas le faire, alors on ne part pas en guerre. Les hommes qui ont pris d'assaut les plages de Normandie n'essayaient pas de gagner le coeur et l'esprit de qui que ce soit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il poursuit : &#171; Parmi les inconv&#233;nients de cette prudence &#224; la bataille il y a ce manque de volont&#233; d&#233;rangeant de fournir &#224; nos propres troupes de combat la couverture des frappes a&#233;riennes et d'artillerie qu'ils pensent &#234;tre n&#233;cessaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ross Douthat, chroniqueur conservateur au Times a soulev&#233; la m&#234;me question lundi arguant que &#171; le succ&#232;s est notre ticket pour quitter &#187; l'Afghanistan. Le gouvernement Obama &#171; ne choisit pas entre rester en Afghanistan et se retirer du combat. Il choisit entre deux fa&#231;ons de rester, &#224; savoir une impasse qui se prolonge ou bien une victoire militaire franche. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douthat fait remarquer que l'article du Rolling Stone qui a &#233;t&#233; le d&#233;clencheur du licenciement de McChrystal &#233;tait &#171; ostensiblement une critique de la contre-insurrection, critique antiguerre et de gauche. &#187; Mais en fait, il donnait voix aux &#171; critiques que la strat&#233;gie en cours accorde trop d'importance &#224; la vie d'Afghans innocents. &#187; Il cite un autre analyste dont il r&#233;sume l'article comme &#233;tant une critique de la strat&#233;gie actuelle &#171; parce qu'elle ne permet pas &#224; nos soldats de tuer suffisamment de personnes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pourrait sembler quelque peu exag&#233;r&#233; de dire que le g&#233;n&#233;ral McChrystal, commandant de longue date des forces d'Op&#233;rations sp&#233;ciales, et responsable de l'assassinat de milliers d'insurg&#233;s durant ses ann&#233;es en Irak, soit consid&#233;r&#233; comme insuffisamment assoiff&#233; de sang. La logique d'une telle critique a &#233;t&#233; expliqu&#233;e en d&#233;tail dans une analyse significative du num&#233;ro de juillet 2010 du Washington Quaterly, le magazine du Center for Strategic and International Studies (Centre d'&#233;tudes strat&#233;giques et internationales), un groupe de r&#233;flexion politique majeur de la capitale am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecrit par Lorenzo Zambernardi, universitaire italien travaillant &#224; pr&#233;sent aux Etats-Unis, l'article discute de ce qu'il appelle &#171; le trilemne impossible de la contre-insurrection. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zambernardi argue : &#171; La contre-insurrection implique trois objectifs principaux, mais dans la pratique r&#233;elle un contre-insurrectionnel a besoin de choisir deux de ces trois objectifs... Le trilemne impossible de la contre-insurrection est que, dans ce type de conflit, il est impossible d'accomplir simultan&#233;ment : 1)la protection des forces, 2) la distinction entre des ennemis combattants et non combattants, et 3) l'&#233;limination physique des insurg&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ce sch&#233;ma, McChrystal avait choisi les second et troisi&#232;me objectifs, avec pour cons&#233;quence le pic de victimes am&#233;ricaines et de l'OTAN et l'insatisfaction croissante parmi les simples soldats &#224; qui on donne l'ordre de prendre de plus grands risques pour &#233;viter de faire des victimes civiles. L'alternative, &#233;crit l'auteur, est de se concentrer plut&#244;t sur les premier et troisi&#232;me objectifs. &#171; Un Etat peut prot&#233;ger ses forces arm&#233;es tout en d&#233;truisant les insurg&#233;s, mais uniquement en tuant aveugl&#233;ment des civils, comme l'ont fait les Ottomans, les Italiens et les nazis respectivement dans les Balkans, en Libye et en Europe de l'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait peut-&#234;tre qualifier ce choix, que l'auteur appelle plus tard &#171; une politique de barbarie &#187; d' &#171; option Hitler. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette direction qu'a prise &#224; pr&#233;sent la politique am&#233;ricaine en Afghanistan : une escalade spectaculaire de la violence dans une guerre qui s'est toujours caract&#233;ris&#233;e par une brutalit&#233; extr&#234;me et le m&#233;pris de la destruction de vies innocentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la r&#233;ponse de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#224; son &#233;chec &#224; supprimer l'opposition populaire en Afghanistan &#224; la guerre et &#224; l'occupation n&#233;o-coloniale de Washington. La motivation pour accro&#238;tre le bain de sang na&#238;t de ce que l'insurrection anti am&#233;ricaine jouit d'un soutien populaire massif. Cette lutte des masses afghanes contre l'occupation &#233;trang&#232;re est enti&#232;rement l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de civils afghans ont &#233;t&#233; tu&#233;s en plus de neuf ans de guerre, dans ce qui est le plus long engagement militaire de l'histoire am&#233;ricaine. Les frappes a&#233;riennes am&#233;ricaines ont touch&#233; des c&#233;l&#233;brations de mariage, des sorties familiales et m&#234;me des c&#233;r&#233;monies d'enterrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers d'Afghans ont &#233;t&#233; captur&#233;s et d&#233;tenus et tortur&#233;s dans le tristement c&#233;l&#232;bre camp de prisonniers de Bagram et autres lieux de par le pays. Les missiles pr&#233;dateurs am&#233;ricains ont &#233;t&#233; lanc&#233;s &#224; partir de drones sur des villages des deux c&#244;t&#233;s de la fronti&#232;re entre l'Afghanistan et le Pakistan, faisant des centaines et probablement des milliers de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce bain de sang qu'Obama a publiquement pr&#233;sent&#233; comme &#233;tant la &#171; bonne guerre &#187; lors de sa campagne pr&#233;sidentielle et que l'aile lib&#233;rale du Parti d&#233;mocrate embrasse avec enthousiasme jusqu'&#224; ce jour, malgr&#233; l'opposition populaire grandissante aux Etats-Unis. Ceux qui prennent les d&#233;cisions de continuer et d'accro&#238;tre ce conflit se rendent coupables de crimes de guerre. Ceux qui fournissent les justifications politiques pour &#171; vendre &#187; cette guerre aux Am&#233;ricains sont leurs complices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article original, WSWS, paru le 29 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Articles de Patrick Martin publi&#233;s par Mondialisation.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un forum social aux &#201;tats-Unis</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-forum-social-aux-Etats-Unis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-forum-social-aux-Etats-Unis</guid>
		<dc:date>2010-07-06T12:22:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Haeringer</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Forum Social Mondial </dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-07-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Forum social des Etats Unis (USSF) qui s'est tenu &#224; Detroit, du 22 au 26 juin 2010, a &#233;t&#233; un grand succ&#232;s. Retour sur le processus, avec l'un de ses organisateurs, Michael Leon Guerrero. &lt;br class='autobr' /&gt; Mouvements : Comment as-tu commenc&#233; &#224; participer aux mobilisations altermondialistes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Michael Leon Guerrero : En 2002, je travaillais pour une organisation bas&#233;e au Nouveau Mexique, le &#171; South-West organizing project &#187;. Nous menions des projets locaux, principalement aupr&#232;s des Chicanos et des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-44-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Forum-Social-+" rel="tag"&gt;Forum Social Mondial &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-07-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-07-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L98xH150/arton4861-c278e.png?1676792967' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Forum social des Etats Unis (USSF) qui s'est tenu &#224; Detroit, du 22 au 26 juin 2010, a &#233;t&#233; un grand succ&#232;s. Retour sur le processus, avec l'un de ses organisateurs, Michael Leon Guerrero.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mouvements : Comment as-tu commenc&#233; &#224; participer aux mobilisations altermondialistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michael Leon Guerrero&lt;/strong&gt; : En 2002, je travaillais pour une organisation bas&#233;e au Nouveau Mexique, le &#171; South-West organizing project &#187;. Nous menions des projets locaux, principalement aupr&#232;s des Chicanos et des Latinos, sur la justice environnementale et la justice sociale, sur le racisme, et tout un tas d'autres probl&#232;mes locaux. Nous avions cependant une dimension internationale, nous menions des projets de solidarit&#233; internationale. Et, bien s&#251;r, nous avions pris part &#224; la &#171; Bataille de Seattle &#187;, en d&#233;cembre 1999. Je n'y &#233;tais personnellement pas, et je n'avais jusqu'alors pas beaucoup particip&#233; aux mobilisations du mouvement altermondialiste. Ma premi&#232;re exp&#233;rience, &#231;a donc &#233;t&#233; le Forum Social Mondial. J'ai fait partie de la d&#233;l&#233;gation de la quarantaine d'organisations &#233;tats-uniennes qui ont particip&#233; au FSM 2002. Cette exp&#233;rience m'a transform&#233; et a chang&#233; ma vie. Je n'avais encore jamais vu de mouvements de ce genre, des organisations de cette &#233;chelle, aussi importantes. &#199;a a lanc&#233; des discussions extr&#234;mement int&#233;ressantes dans la d&#233;l&#233;gation US : nous nous sommes demand&#233; ce que nous faisions mal, ou ce que nous ne faisions pas du tout. Pourquoi n'avions-nous pas de mouvements de cette taille aux USA ? Pourquoi nos organisations n'arrivaient-elles pas &#224; d&#233;passer un certain stade dans leur d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. : Tu parlais de Seattle... Le contre-sommet, les manifestations, et leur impact m&#233;diatique n'avaient pas permis de construire des alliances avec les mouvements transnationaux, comme de cr&#233;er des liens entre organisations &#224; l'int&#233;rieur des USA ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michael Leon Guerrero&lt;/strong&gt; : Le probl&#232;me, c'est que Seattle ne repr&#233;sentait pas la diversit&#233; des mouvements aux USA. Quelle &#233;tait la couleur de Seattle ? Blanche, pour l'essentiel. Les mouvements afro-am&#233;ricains et latinos n'&#233;taient pas pr&#233;sents, ou pas suffisamment, de m&#234;me que les mouvements indig&#232;nes. Ce constat n'est pas tant une critique envers nos alli&#233;s &#171; blancs &#187;, qu'une question pour nous-m&#234;mes. Les communaut&#233;s de couleurs &#233;taient tr&#232;s actives dans les mobilisations contre l'Alena. Nous avions m&#234;me construit des liens tr&#232;s forts avec des organisations mexicaines, et au Canada. Et bien s&#251;r, cinq ans avant Seattle, nous avions &#233;t&#233; tr&#232;s marqu&#233;s par les zapatistes. Que s'&#233;tait-il pass&#233; au cours de ces cinq ann&#233;es pour que nous ne nous sentions pas concern&#233;s ? Nous avions perdu ces liens. &lt;br class='autobr' /&gt;
De retour de Porto Alegre, nous avons donc d&#233;cid&#233; de poursuivre ces discussions. En juin 2002, nous nous sommes donc r&#233;unis &#224; Chicago et avons cr&#233;&#233; &#171; Grassroots Global Justice &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
GGJ est un r&#233;seau tr&#232;s souple, confront&#233; &#224; deux d&#233;fis. D'une part parvenir &#224; construire un mouvement fort aux USA, autrement dit contribuer &#224; relier des organisations, des groupes et des mouvements extr&#234;mement isol&#233;s et fragment&#233;s. D'autre part, &#234;tre beaucoup plus proactifs dans nos relations avec les mouvements internationaux : en tant qu'organisations de base, notre participation &#233;tait intermittente et inconstante. Il &#233;tait clair que nous devions nous connecter &#224; des mouvements sociaux internationaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avions pas beaucoup de moyens, mais nous sommes parvenus &#224; rassembler des fonds pour permettre la participation de repr&#233;sentants de mouvements sociaux au Forum Social Mondial. Le premier objectif, c'&#233;tait de permettre &#224; des militants de d&#233;couvrir ce processus et d'en savoir plus sur le mouvement altermondialiste. Nous sommes parvenus &#224; financer la participation de 120 leaders d'organisations de base. Nous avons ainsi pu participer aux diff&#233;rents forums mondiaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et en 2004 nous avons commenc&#233; &#224; penser &#224; ce que nous pourrions faire de plus pour renforcer les mouvements aux USA. Pour cela, nous avons transform&#233; GGJ en organisation, et avons cr&#233;&#233; Grassroots Global Justice Alliance, qui rassemblait plus de 40 organisations, une cinquantaine d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. : Mais les discussions sur l'organisation d'un Forum Social aux &#201;tats-Unis &#233;tait ant&#233;rieures. Notamment au sein du Conseil International du FSM, dont plusieurs membres vous poussaient &#224; le faire rapidement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michael Leon Guerrero&lt;/strong&gt; : Les pressions &#233;taient fortes, c'est vrai. Beaucoup de membres du Conseil international nous disaient qu'il &#233;tait indispensable d'avoir un Forum aux USA. Ils voulaient que nous l'organisions avant les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2004. Et nous leur avons r&#233;pondu que c'&#233;tait trop t&#244;t, compte tenu de l'&#233;tat de nos mouvements. Si nous avions appel&#233; imm&#233;diatement &#224; l'organisation d'un Forum, il n'aurait pas repr&#233;sent&#233; la diversit&#233; des USA. Tout simplement parce que personne, en dehors de quelques militants, ne savait alors ce qu'&#233;tait un forum social. Nous pensions qu'il &#233;tait indispensable de commencer par un processus de conscientisation, pour permettre aux mouvements de conna&#238;tre la dynamique. Je crois que notre intuition &#233;tait bonne. Au cours de ce processus, de nombreux groupes nous ont demand&#233; &#224; quoi pouvait bien servir une telle initiative, en quoi elle diff&#233;rait d'une conf&#233;rence. Ils ne voulaient pas participer, si c'&#233;tait pour venir quelques jours, &#233;couter des gens parler, puis rentrer chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc organis&#233; une r&#233;union en 2004, avec une cinquantaine d'organisations, pour voir si un forum serait un bon moyen de renforcer nos mouvements. Nous en avons conclu que oui, et donc d&#233;cid&#233; de faire ce forum en 2006. Nous avons alors cr&#233;&#233; le National Planning Committee (NPC). Un peu avant l'&#233;t&#233; 2005, nous avons d&#233;cid&#233; d'organiser ce forum &#224; Atlanta, en G&#233;orgie. C'&#233;tait quelques semaines avant que l'ouragan Katrina ne d&#233;vaste la Nouvelle-Orleans. Plus de 50 000 personnes ont d&#251; fuir, pour s'installer &#224; Atlanta. Toutes les organisations locales impliqu&#233;es dans la pr&#233;paration du Forum &#233;taient d&#233;bord&#233;es. Nous avons donc d&#233;cid&#233; de repousser le forum d'une ann&#233;e, pour leur laisser le temps de reprendre pied.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais que &#231;a a frustr&#233; certains membres du Conseil International, qui attendaient ce forum avec impatience, mais nous n'avions pas le choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. : La premi&#232;re &#233;dition du forum des &#201;tats-Unis a eu lieu en 2007, &#224; un moment o&#249; de nombreux militants alter se disaient lass&#233;s, et d&#233;senchant&#233;s par la dynamique des forums. Certains commen&#231;aient &#224; douter de l'int&#233;r&#234;t des forums. Mais les militants internationaux comme nationaux pr&#233;sents &#224; Atlanta (quelques mois apr&#232;s Nairobi) en sont revenus enthousiastes, estimant que l'exp&#233;rience du Forum Social des USA devait inspirer l'ensemble de la dynamique, et pourrait permettre de lui redonner sens et int&#233;r&#234;t.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michael Leon Guerrero&lt;/strong&gt; : Je crois que c'est d&#251; au fait que nous avons introduit quelques changements, quelques modifications dans le processus des forums. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avons pas choisi une ville politiquement &#171; proche &#187; de l'esprit des forums, comme pouvait l'&#234;tre Porto Alegre. Atlanta, la G&#233;orgie, et plus g&#233;n&#233;ralement le sud des USA ne sont pas particuli&#232;rement progressistes... Ce sont au contraire les endroits les plus r&#233;actionnaires des. Mais nous estimions important de mettre en avant les luttes locales, et de soutenir. Les luttes actuelles comme les historiques, d'ailleurs : Atlanta est le berceau du mouvement pour les droits civiques, et, depuis, la r&#233;gion a subi de plein fouet les effets de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre changement que nous avons introduit, c'est que nous sommes partis des communaut&#233;s les plus marginalis&#233;es, des groupes les moins susceptibles de venir au forum. Et nous nous avons tent&#233; de les mettre au centre du forum. C'&#233;tait important de les inclure d&#232;s le d&#233;part, ne serait-ce que pour construire une relation de confiance. Si le forum avait &#233;t&#233; per&#231;u comme un espace pour, par exemple, des militants environnementalistes blancs, nous aurions eu d'&#233;normes difficult&#233;s &#224; inclure ces communaut&#233;s par la suite. Nous avons donc d&#233;cid&#233; de commencer de l&#224;, par la base, et de n'inviter qu'ensuite les autres organisations &#224; participer &#224; la pr&#233;paration du forum. C'est notamment pour cela que le processus a &#233;t&#233; si long. Nous avions vraiment besoin de ces trois ann&#233;es, pour pouvoir d&#233;buter par des discussions interpersonnelles, d'organisation &#224; organisation, pour expliquer le sens des forums sociaux, ce qu'ils repr&#233;sentent, et pourquoi il est important d'y prendre part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons &#233;galement organis&#233; de nombreux forums r&#233;gionaux. Ce f&#251;t un processus tr&#232;s enrichissant, mais aussi tr&#232;s complexe. Nous avons ainsi voulu organiser un forum du Nord-Ouest, dans la r&#233;gion de Seattle. C'&#233;tait un processus tr&#232;s large, vraiment int&#233;ressant. Mais ses organisateurs l'ont annul&#233; une semaine seulement avant qu'il ne se tienne : le &#171; native american caucus &#187; (les mouvements indig&#232;nes des USA) se sont retir&#233;s du processus, et &#171; youth caucus &#187; (le comit&#233; de la jeunesse) les a suivi par solidarit&#233;. Ils estimaient ne pas &#234;tre respect&#233;s par les autres organisations et avaient le sentiment que les engagements pris par le NPC concernant leur participation n'avaient pas &#233;t&#233; tenus. Les organisateurs ont donc pr&#233;f&#233;r&#233; annuler, consid&#233;rant que ce forum n'avait aucun sens si les repr&#233;sentants des peuples natifs et les organisations de jeunes n'y participaient pas. C'&#233;tait un vrai &#233;chec, qui a compliqu&#233; les choses, y compris au niveau national. Nous avons d&#251; reconstruire une relation de confiance avec ces organisations, qui n'&#233;taient pas seulement impliqu&#233;es dans le forum du Nord Ouest, mais participaient aux travaux du NPC. Nous avons d&#251; prendre le temps de d&#233;faire des n&#339;uds politiques tr&#232;s complexes. Tout &#231;a dans un cadre (le NPC) qui rassemble des organisations qui ne se parlaient pas, ou ne se parlaient plus depuis des ann&#233;es, que nous &#233;tions parvenu &#224; r&#233;unir lentement...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Forum r&#233;gional du Sud-Est nous a beaucoup servi. Il a donn&#233; le ton de ce qu'allait &#234;tre Atlanta. Les participants &#233;taient pour l'essentiel des afro-am&#233;ricains et des latinos. C'&#233;tait sans doute l'une des toutes premi&#232;res fois de l'histoire des USA que des organisations de ces diff&#233;rentes communaut&#233;s travaillaient ensemble aussi durablement. Les participants &#233;taient des membres de groupes de base, des sans-logement, des ch&#244;meurs, etc. &#199;a a compl&#232;tement transform&#233; la dynamique. Quand les autres mouvements ont vu ce forum, ils se sont dits que le forum leur ressemblait, et qu'il pouvait leur &#234;tre utile. Nous avions convi&#233; des organisations d'autres r&#233;gions &#224; venir, et elles ont pu s'en inspirer pour construire le processus dans leurs propres r&#233;gions, villes ou communaut&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons ensuite organis&#233; un &#171; forum de la fronti&#232;re &#187;. C'&#233;tait une &#233;tape dans l'organisation du forum des USA, mais nous avons fait ce forum au Mexique, de l'autre c&#244;t&#233;. Il a &#233;videmment rassembl&#233; de nombreuses organisations du Sud-Ouest des USA et du Mexique, mais c'&#233;tait &#233;galement un forum tr&#232;s international, avec des participants de toute l'Am&#233;rique latine. Nous avons en outre r&#233;dig&#233; un texte, le &#171; we believe statement &#187;, en compl&#233;ment de la Charte des Principes du FSM, pour pr&#233;ciser les valeurs du forum des USA, notamment notre choix de mettre les communaut&#233;s marginalis&#233;es au c&#339;ur du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;dition du Forum a rassembl&#233; plus de 12000 participants, d&#233;passant nos attentes. Nous en sommes repartis unis plut&#244;t que divis&#233;s. C'&#233;tait donc un vrai succ&#232;s. Nous savions que le forum n'&#233;tait pas qu'un &#233;v&#233;nement, mais un processus, qui allait transformer la mani&#232;re dont nous travaillons ensemble et qui allait pousser des groupes &#224; travailler ensemble. Je me souviens avoir particip&#233; &#224; des r&#233;unions &#224; Los Angeles, ou encore &#224; Chicago, au cours desquels j'ai demand&#233; aux participants s'ils se r&#233;unissaient souvent. Et j'ai d&#233;couvert que &#231;a n'&#233;tait pas le cas. Les groupes du Nord de la ville ne rencontraient quasiment jamais les groupes du Sud. Et c'est comme &#231;a un peu partout &#224; travers le pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Forum a m&#234;me d&#233;bouch&#233; sur la cr&#233;ation de nouvelles organisations, comme l'Alliance Nationale des Travailleurs Domestiques (National Domestic Workers Alliance), qui joue un r&#244;le clef dans le forum de Detroit. Ils ont gagn&#233; de nombreuses luttes au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es. &#192; Detroit, ils organisent un &#171; Congr&#232;s des travailleurs pr&#233;caires &#187; (excluded workers' congress), qui n'est pas ouvert aux seuls travailleurs domestiques, mais aux saisonniers, aux chauffeurs de taxi, aux ouvriers agricoles, bref aux travailleurs de tous les secteurs qui ne b&#233;n&#233;ficient d'aucune protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. : Vous avez &#233;galement introduit des changements par rapport au FSM en int&#233;grant au forum des &#171; assembl&#233;es de mouvements &#187;, qui, contrairement au forum lui-m&#234;me, peuvent s'accorder sur des d&#233;clarations finales, des appels &#224; mobilisation, des communiqu&#233;s de presse, etc.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michael Leon Guerrero : Il y a toujours eu cette tension, dans le FSM, entre le forum comme &#171; espace ouvert &#187;, et le forum comme espace qui puisse prendre position, discuter de strat&#233;gies et plans d'action. Nous avons d&#233;cid&#233; de ne pas trancher, mais de maintenir cette tension. Nous pensons que le forum est un espace o&#249; l'on doit pouvoir faire les deux. En tant qu'organisateurs, nous devons donc fournir l'espace et les ressources pour le permettre. &#192; Atlanta, pour &#234;tre franc, &#231;a n'a pas tr&#232;s bien fonctionn&#233;. Nous avons fait des erreurs. Il y a eu des probl&#232;mes sur la mani&#232;re dont les d&#233;cisions ont &#233;t&#233; prises dans le cadre des ces &#171; assembl&#233;es populaires des mouvements &#187; (people's movement assemblies), et sur le suivi de ces d&#233;cisions - pour la plupart laiss&#233;es en l'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. : Quand avez-vous d&#233;cid&#233; d'organiser un deuxi&#232;me forum ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michael Leon Guerrero : Nous l'avons fait tr&#232;s tard, quelques semaines seulement avant Atlanta. Nous ne voulions pas en discuter avant. Mais &#224; mesure que le forum approchait, nous nous sommes rendus compte que nous ne pouvions pas laisser les participants repartir sans proposer quelque chose. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand nous nous sommes r&#233;unis pour commencer &#224; le pr&#233;parer, nous avons eu de longues discussions sur le meilleur moyen de lui donner de l'&#233;lan. Nous avons d&#233;cid&#233; de donner aux participants la possibilit&#233; d'organiser leurs propres rassemblements : des forums r&#233;gionaux, des forums locaux, des rassemblements par secteurs, ou encore des Assembl&#233;es Populaires de Mouvements. Ces derni&#232;res sont devenues la forme de participation privil&#233;gi&#233;e au processus vers Detroit. Il y a eu une trentaine d'assembl&#233;es ces derniers mois, et une cinquantaine sont pr&#233;vus pendant le forum lui-m&#234;me. La seule limite &#224; l'organisation d'une Assembl&#233;e, c'est qu'elle doit &#234;tre port&#233;e par au moins cinq groupes diff&#233;rents. Elles vont d&#233;boucher sur une &#171; Assembl&#233;e populaire nationale &#187; au dernier jour du forum. Chaque assembl&#233;e pourra y pr&#233;senter ses r&#233;solutions, recommandations, etc. Je ne sais pas du tout ce qui va en sortir : un agenda des luttes ? des d&#233;clarations ? des campagnes ? Mais ce qui est s&#251;r, c'est que les groupes ont commenc&#233; &#224; travailler ensemble en amont du forum. Ils ne vont donc pas se rencontrer pour la premi&#232;re fois au forum. &#199;a devrait permettre d'aller plus loin dans &#224; l'avenir. C'est primordial, parce que c'est un moment critique pour nos mouvements : nous sommes au milieu du mandat d'Obama, et nous ne savons pas comment nous allons nous positionner, ce qui va se passer en 2012. Nous devons nous organiser pour faire face &#224; la mar&#233;e noire dans le golfe du Mexique, continuer &#224; construire le mouvement anti-guerre, sans parler des luttes sociales locales, et de ce qui se passe en Arizona. Et, bien s&#251;r, nous devons nous saisir des avanc&#233;es &#224; l'&#233;chelle internationale : comment nous saisir, dans les mouvements nord-am&#233;ricains, de ce qui s'est pass&#233; &#224; Cochabamba ? Ce sont les d&#233;bats actuels. Nous avons cr&#233;&#233; un espace pour que ses discussions puissent avoir lieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons &#233;galement renforcer nos liens avec les syndicats. Ils &#233;taient distants &#224; Atlanta, ils sont plus actifs ici, mais restent encore en retrait. De m&#234;me, les mouvements environnementaux, et tous ceux qui travaillent sur la justice climatique sont encore trop peu pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. : Et du c&#244;t&#233; des mouvements indig&#232;nes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michael Leon Guerrero&lt;/strong&gt; : Ils sont tr&#232;s pr&#233;sents. Il y a un groupe de travail pour les mouvements des peuples natifs dans le NPC. Leur pr&#233;sence est fondamentale pour d&#233;finir le cadre g&#233;n&#233;ral du forum. Leur r&#244;le est d'autant plus important qu'ils sont moteurs sur les questions climatiques. Apr&#232;s Cochabamba, nous disposons d'un espace mondial o&#249; remettre en cause le capitalisme, les m&#233;canismes de march&#233;, etc. Il y a des divisions dans le mouvement pour la justice climatique sur la question du march&#233;. Les mouvements indig&#232;nes sont en premi&#232;re ligne pour nous rappeler que le march&#233; carbone ne nous aidera pas &#224; sauver la plan&#232;te, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. : Quelle serait la prochaine &#233;tape ? &#192; une &#233;poque, certains membres du Conseil International poussaient &#224; l'organisation d'un Forum Social Mondial aux USA.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michael Leon Guerrero&lt;/strong&gt; : Nos organisations ne sont pas d'accord avec &#231;a. Ne serait-ce qu'&#224; cause des probl&#232;mes de visas. De nombreuses organisations ne pourraient pas venir - du Mexique, sans doute, mais aussi de Cuba, par exemple. &#199;a n'a aucun sens d'organiser un FSM si certains participants ne peuvent venir. &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, je pense que le Mexique est l'un des points les plus lointains dans la g&#233;ographie altermondialiste. Les organisations qui ont les moyens d'aller au Br&#233;sil y sont rares. Aux USA ou au Canada, nous pouvons mobiliser des fonds pour nous y rendre. C'est un vrai &#233;chec politique de ne pas &#234;tre parvenus &#224; avoir une repr&#233;sentation plus importante des mouvements mexicains dans les forums sociaux. D'autant que ce qui se passe au Mexique actuellement a un vrai impact mondial : la COP16 de Cancun en novembre prochain, les luttes de migrants &#224; la fronti&#232;re avec les USA, etc. Le Mexique est donc un pays clef. Nous nous demandons de ce fait si nous ne devrions pas organiser un Forum Social Nord-Am&#233;ricain, plut&#244;t que de faire un nouveau Forum des USA. Les organisations canadiennes sont d'accord, de m&#234;me que les mouvements &#233;tats-uniens. Et pour la premi&#232;re fois, les mexicains nous disent qu'ils pourraient en organiser un. C'est l'une des pistes, l'une des meilleures choses qui pourraient sortir de Detroit.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Un autre regard sur cette rencontre, &#224; d&#233;couvrir sur le site du collectif de photographes &#224;-vif(s).&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; par Mouvements, le 25 juin 2010. &lt;a href=&#034;http://www.mouvements.info/Un-forum-social-aux-Etats-Unis.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mouvements.info/Un-forum-social-aux-Etats-Unis.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;pondre &#224; cet article&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un passionnant Forum social des &#201;tats-Unis</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-passionnant-Forum-social-des-Etats-Unis</link>
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		<dc:date>2010-07-06T12:21:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gustave Massiah </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Forum Social Mondial </dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-07-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Forum Social des Etats Unis (USSF) qui s'est tenu &#224; Detroit, du 22 au 26 juin 2010, a &#233;t&#233; un grand succ&#232;s, un des &#233;v&#233;nements majeurs de l'Ann&#233;e globale d'action 2010 du FSM. &lt;br class='autobr' /&gt; Plus de 15000 personnes ont particip&#233; &#224; l'USSF (13500 inscrits payants au matin du deuxi&#232;me jour). Environ 2000 associations, pour plupart des mouvements de base, ont anim&#233; 1300 ateliers et initiatives autog&#233;r&#233;es. Le plateau culturel a &#233;t&#233; activement pr&#233;sent et anim&#233;. L'enthousiasme des participants a &#233;t&#233; constant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-44-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Forum-Social-+" rel="tag"&gt;Forum Social Mondial &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-07-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-07-06&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L98xH150/arton4862-ccf00.png?1677126467' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Forum Social des Etats Unis (USSF) qui s'est tenu &#224; Detroit, du 22 au 26 juin 2010, a &#233;t&#233; un grand succ&#232;s, un des &#233;v&#233;nements majeurs de l'Ann&#233;e globale d'action 2010 du FSM.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plus de 15000 personnes ont particip&#233; &#224; l'USSF (13500 inscrits payants au matin du deuxi&#232;me jour). Environ 2000 associations, pour plupart des mouvements de base, ont anim&#233; 1300 ateliers et initiatives autog&#233;r&#233;es. Le plateau culturel a &#233;t&#233; activement pr&#233;sent et anim&#233;. L'enthousiasme des participants a &#233;t&#233; constant pendant tout le forum, particuli&#232;rement pour la marche de d&#233;part et les c&#233;r&#233;monies d'ouverture et de cl&#244;ture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les participants &#233;taient &#224; une tr&#232;s grande majorit&#233; tr&#232;s jeune. La mixit&#233; &#233;tait totale du point de vue du genre, des &#226;ges et des origines. On y retrouvait m&#234;l&#233;s toutes les composantes de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, des natives, des europ&#233;ens, des afro-am&#233;ricains, des latinos, des asiatiques et, moins nombreux, des arabes. La pr&#233;sence commune n'annulait pas les contradictions, dans les r&#233;f&#233;rences et les pr&#233;occupations. Des discussions ont &#233;t&#233; fortes notamment sur les contradictions entre les afro-am&#233;ricains et les natives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le choix de Detroit a mis la crise au centre des d&#233;bats. La ville est bombard&#233;e par la crise. Pr&#232;s de 40% des b&#226;timents sont abandonn&#233;s, mur&#233;s et en ruine. Seul le centre a &#233;t&#233; r&#233;habilit&#233; ; ailleurs les maisons sont en lambeaux dans des quartiers entiers. Une partie significative de la population n'a pas acc&#232;s &#224; l'eau et &#224; l'&#233;lectricit&#233;. Les coupures sont fr&#233;quentes. Les services publics sont en crise permanente, &#224; la d&#233;rive, avec le passage de la population de 2 millions d'habitants &#224; 0,8 millions. Des &#233;coles &#224; l'abandon sont nombreuses. Pendant le forum la municipalit&#233; a annonc&#233; son intention d'arr&#234;ter l'entretien et de fermer 120 parcs et jardins. La crise, d'abord celle de l'industrie automobile am&#233;ricaine, a commenc&#233; il y a d&#233;j&#224; longtemps. Elle a &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e par la crise immobili&#232;re et &#233;conomique en cours. Detroit est ainsi un exemple achev&#233; du mod&#232;le capitaliste et de sa crise. Detroit est aussi une des villes des Etats-Unis qui a &#233;t&#233; marqu&#233;e dans toute son histoire par des grandes luttes ouvri&#232;res et par des r&#233;voltes urbaines. Plusieurs des leaders de ces luttes ont &#233;t&#233; pr&#233;sents au forum et ont particip&#233; &#224; ce passage entre les g&#233;n&#233;rations militantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact du forum sur la ville a &#233;t&#233; relativement faible, sauf dans certains secteurs. Les m&#233;dias locaux ont fait mod&#233;r&#233;ment &#233;tat du forum. La population de la ville est concentr&#233;e sur ses probl&#232;mes et sur les difficult&#233;s de la vie quotidienne. Un des participants a fait &#233;tat de la contradiction entre &#171; high tech &#187;, une grande part des participants avait leur ordinateur, et &#171; low-tech &#187;, une partie des habitants &#233;taient priv&#233;s d'eau et d'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact sur les Etats-Unis est le pari majeur de l'USSF. La naissance d'un mouvement social am&#233;ricain est un enjeu consid&#233;rable. Des premiers pas ont &#233;t&#233; effectu&#233;s. La d&#233;termination et l'&#233;nergie des mouvements de base &#233;taient impressionnants. Ils venaient de toutes les parties des Etats-Unis et portaient toutes les mobilisations en cours dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement social am&#233;ricain se construit &#224; partir des mouvements de base, des &#171; grass-roots &#187;. Il s'organise sur les grandes questions de la vie politique, la pauvret&#233;, l'emploi, les femmes, les discriminations, les migrants, l'environnement, la guerre, l'imp&#233;rialisme US, etc. Il discute de la situation politique et de la sc&#232;ne politique formelle mais avec une volont&#233; affirm&#233;e de pr&#233;server son autonomie. Dans les discussions sur la situation politique, je retiens deux analyses sur la droite US et sur la pr&#233;sidence Obama.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re concerne la droite US, son implantation, sa strat&#233;gie de financement et d'organisation de ses mouvements de base, ses offensives id&#233;ologiques, son contr&#244;le des m&#233;dias et de la bataille des id&#233;es, sa capacit&#233; de jouer sur la peur et la x&#233;nophobie. La droite US n'a pas &#233;t&#233; affaiblie, elle conserve toutes ses chances de conqu&#233;rir la majorit&#233; du S&#233;nat et la Maison Blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la pr&#233;sidence Obama, les discussions &#233;taient nombreuses mais je ne les ai pas trouv&#233;es tr&#232;s passionn&#233;es. Pas de grande attente mais pas non plus de grande d&#233;ception. Le rappel que de voir des africains &#224; la Maison Blanche reste important sur le plan symbolique et que la bataille pour un syst&#232;me public de sant&#233; n'&#233;tait pas n&#233;gligeable. Le rappel aussi que le poids des structures administratives et politiques et des pesanteurs de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et que l'action coordonn&#233;e des grands groupes de pression, les militaires, les multinationales, les m&#233;dias, &#233;taient omnipr&#233;sents. Une analyse r&#233;sumait bien un certain attentisme : aux Etats-Unis, un gouvernement de &#171; centre-gauche &#187; au sens am&#233;ricain du terme, ne remet pas longtemps en cause la l&#233;gitimit&#233; de la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs questions controvers&#233;es ont &#233;t&#233; soulev&#233;es sur les rapports entre les mouvements et la sc&#232;ne politique : comment discuter des &#233;lections ; comment articuler la priorit&#233; aux questions sociales et environnementales internes avec la remise en cause de la position dominante de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ; etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui a marqu&#233; l'USSF, c'est la pr&#233;sence massive des mouvements de base, des &#171; grass-roots &#187;. Elle a &#233;t&#233; accompagn&#233;e de m&#233;thodes correspondant &#224; la culture am&#233;ricaine, tr&#232;s participative : parole partag&#233;e, un homme, une femme, priorit&#233; de parole aux &#171; minorit&#233;s &#187;, pas plus de deux interventions par personne, &#233;clatement en groupes de discussion apr&#232;s les premi&#232;res interventions, manifestation bruyante de solidarit&#233; et d'approbation, interventions slam&#233;es, etc. L'ambiance g&#233;n&#233;rale qui se d&#233;gageait &#233;tait celle d'une tr&#232;s large assembl&#233;e &#233;clat&#233;e et tr&#232;s d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#232;mes de d&#233;bat port&#233;s par les mouvements recoupaient assez largement ceux des autres forums avec des forts caract&#232;res sp&#233;cifiques accentu&#233;s par les exp&#233;riences des mouvements de base. Ainsi par exemple sur les migrants, les ateliers partaient de la fronti&#232;re mexicaine, des diff&#233;rentes r&#233;gions, de &#171; des ponts pas des murs &#187;, etc. Ce qui &#233;tait central c'&#233;tait le r&#233;f&#233;rendum en Arizona, la criminalisation des migrants, le slogan repris partout &#171; we are not illegal, we are human being ! &#187; Le sommet sur la pauvret&#233; a &#233;t&#233; inaugur&#233; par la marche des pauvres depuis la Nouvelle Orl&#233;ans et par le Tribunal des femmes contre la pauvret&#233;. Les mouvements de femmes ont &#233;t&#233; pr&#233;sents dans tous les d&#233;bats. Les mouvements des natives et des afro-am&#233;ricains ont &#233;t&#233; tr&#232;s pr&#233;sents et tr&#232;s &#233;cout&#233;s. Les questions du ch&#244;mage ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par &#171; Jobs with justice &#187;. Les syndicats &#233;taient tr&#232;s pr&#233;sents, Unite mais aussi AFL CIO. L'environnement a &#233;t&#233; abord&#233; par plusieurs aspects, l'eau et Climate justice. L'&#233;ducation et la sant&#233; ont &#233;t&#233; tr&#232;s largement suivies. La question de la violence a surtout &#233;t&#233; abord&#233;e &#224; partir des armes. Le mouvement contre la guerre &#233;tait largement pr&#233;sent. La Palestine et l'Am&#233;rique Latine ont &#233;t&#233; abord&#233;s dans un tr&#232;s grand nombre d'ateliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les d&#233;bats organis&#233;s, celui entre Immanuel Wallerstein et Grace Boggs, une des grandes figures des luttes am&#233;ricaines qui a f&#234;t&#233; ses quatre vingt quatorze ans a attir&#233; plusieurs centaines de jeunes am&#233;ricains fascin&#233;s et tr&#232;s soucieux d'inscrire leurs engagements dans la m&#233;moire des luttes sociales am&#233;ricaines et dans les d&#233;bats intellectuels sur la compr&#233;hension du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois s&#233;ances pl&#233;ni&#232;res ont &#233;t&#233; organis&#233;es. La premi&#232;re, &#171; de Detroit aux Etats-Unis &#187;, a port&#233; sur les luttes sociales &#224; Detroit sur les mots d'ordre : Another world is possible, another US is necessary, another Detroit is happening. La deuxi&#232;me &#171; des Etats-Unis au monde &#187; a donn&#233; la parole &#224; des repr&#233;sentants des mouvements en lutte dans le monde et aux migrants. Un moment tr&#232;s fort a &#233;t&#233; la d&#233;claration d'une soldate afro-am&#233;ricaine du mouvement des v&#233;t&#233;rans contre la guerre en Irak, rappelant les mouvements contre la guerre au Vietnam. La troisi&#232;me s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re a port&#233; sur les alternatives autour des r&#233;sistances et des pratiques d'&#233;mancipation. On a pu noter une tr&#232;s grande convergence avec les propositions d'alternatives discut&#233;es dans les diff&#233;rents forums depuis celui de Porto Alegre en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des innovations les plus int&#233;ressantes a &#233;t&#233; celle des People Movements Assembly, les Assembl&#233;es de mouvements populaires. Cette proposition est de m&#234;me nature que celle des Assembl&#233;es qui ont eu lieu &#224; Bel&#233;m. Elles sont orient&#233;es vers deux pr&#233;occupations majeures : des propositions d'action et la solidarit&#233;. Par rapport &#224; Bel&#233;m, elles ont fait l'objet de pr&#233;parations par des rencontres et des r&#233;unions des groupes de base avant le forum. Par exemple, l'assembl&#233;e Climate justice a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e par une cinquantaine de r&#233;unions dans diff&#233;rentes r&#233;gions des Etats Unis. Il y a eu environ 50 assembl&#233;es qui ont eu lieu avant le forum et 52 assembl&#233;es pendant le forum. Celles qui le voudront pourront continuer apr&#232;s le forum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre nationale des People movements assembly a &#233;t&#233; comparable, en plus dynamique, &#224; l'Assembl&#233;e des assembl&#233;es de Bel&#233;m. Elle a commenc&#233; par un film collectif donnant &#224; voir les travaux des assembl&#233;es et ensuite des interventions courtes (effectivement courtes) citant les propositions d'action des principales assembl&#233;es. La d&#233;marche n'est pas encore aboutie, mais les progr&#232;s sont nets depuis Bel&#233;m.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons aussi une consolidation du processus &#224; travers la cr&#233;ation d'une association des fondations et associations qui veulent soutenir le processus de l'USSF et du FSM. Pr&#232;s de trente soutiens (funders) ont d&#233;cid&#233; de travailler en commun dans le respect de l'autonomie des mouvements de l'USSF et de son processus. Ils ont affirm&#233; leur intention de soutenir l'&#233;mergence d'un mouvement social am&#233;ricain, construit &#224; partir des &#171; grass-roots &#187; et de la diversit&#233; et affirmant une n&#233;cessaire transformation radicale de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et de la soci&#233;t&#233; mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me USSF a confirm&#233; et d&#233;pass&#233; les espoirs du premier USSF &#224; Atlanta. C'est un processus difficile qui se d&#233;ploie depuis Seattle. On lira dans l'excellente interview de Michael Guerrero, un des organisateurs du forum, interview&#233; par Nicolas Haeringer, reprise ci-dessous la difficile et passionnante histoire de ce processus et l'espoir qu'il suscite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisateurs et les participants de l'USSF sont d'accord l&#224;-dessus. Le renouveau du mouvement social et citoyen des Etats-Unis n'aurait pas &#233;t&#233; possible sans le processus du Forum Social Mondial. C'est une v&#233;rification, au-del&#224; des difficult&#233;s et des limites, de l'actualit&#233; et de la vigueur du processus du FSM. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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