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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Lancement d'un appel contre la r&#233;pression en Tha&#239;lande</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lancement-d-un-appel-contre-la-repression-en-Thailande</link>
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		<dc:date>2010-06-22T08:45:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Sabai, Pierre Rousset</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233; internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui s'est abattue sur les opposants tha&#239;landais et les exactions du r&#233;gime n'ont pas suscit&#233; les r&#233;actions de solidarit&#233; et les condamnations internationales que la situation exigeait. Le pouvoir garde ainsi les mains libres et peut &#233;touffer tout mouvement d&#233;mocratique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les nouvelles de Tha&#239;lande sont alarmantes : Des centaines de personnes d&#233;tenues pour violation du d&#233;cret d'urgence, y compris des enfants ; des bless&#233;s encha&#238;n&#233;s &#224; leur lit d'h&#244;pital ; plusieurs assassinats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-internationale-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Thailande-+" rel="tag"&gt;Tha&#239;lande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-06-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-06-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH115/arton4798-de4a1.jpg?1781302916' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;pression qui s'est abattue sur les opposants tha&#239;landais et les exactions du r&#233;gime n'ont pas suscit&#233; les r&#233;actions de solidarit&#233; et les condamnations internationales que la situation exigeait. Le pouvoir garde ainsi les mains libres et peut &#233;touffer tout mouvement d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les nouvelles de Tha&#239;lande sont alarmantes : Des centaines de personnes d&#233;tenues pour violation du d&#233;cret d'urgence, y compris des enfants ; des bless&#233;s encha&#238;n&#233;s &#224; leur lit d'h&#244;pital ; plusieurs assassinats de dirigeants locaux des Chemises rouges. Le pays s'enfonce dans un r&#233;gime autoritaire et militaire. Les &#233;lites en sont m&#234;me &#224; envisager le report des &#233;lections de 6 ans, accordant ainsi au Premier Ministre Abhisit Vejjajiva la possibilit&#233; de diriger le pays 10 ans contre l'avis de la majorit&#233; des tha&#239;landais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; tha&#239;landaise est profond&#233;ment in&#233;gale &#224; tous points de vue. Les Chemises rouges ont manifest&#233; haut et fort leur volont&#233; de combattre les injustices dont ils sont victimes : ils expriment un mouvement de classe ainsi que des diversit&#233;s r&#233;gionales, s'opposant &#224; l'establishment de Bangkok.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement des Chemises rouges n'est pas sans divisions et probl&#232;mes. Certains soutiennent le retour de l'ancien Premier Ministre Thaksin Shinawatra, un politicien corrompu. Mais dans sa tr&#232;s grande majorit&#233;, ce mouvement exprime la r&#233;volte des laiss&#233;s pour compte de la soci&#233;t&#233; qui exigent d&#233;mocratie et justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En manifestant dans les rues de Bangkok, les Chemises rouges n'ont fait qu'exercer un droit &#233;l&#233;mentaire : exprimer ses opinions politiques et ses revendications. Abhisit Vejjajiva porte l'enti&#232;re responsabilit&#233; de la r&#233;pression et des morts car, plut&#244;t que d'organiser de v&#233;ritables n&#233;gociations, il a pari&#233; sur le d&#233;litement du mouvement, sans succ&#232;s. Puis, il a ressorti l'arsenal juridique r&#233;pressif (accusations de complot contre la monarchie et de terrorisme), pour finalement organiser un bain de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel a deux objectifs tr&#232;s simples : impulser la solidarit&#233; au plan international et appeler le r&#233;gime tha&#239;landais &#224; arr&#234;ter la r&#233;pression dont sont victimes les Chemises rouges, &#224; respecter les libert&#233;s fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'une centaine de professeurs d'universit&#233;, chercheurs, &#233;crivains, journalistes, militants associatifs, syndicaux et politiques, &#233;lus, de toutes les r&#233;gions du monde ont d&#233;j&#224; sign&#233; l'appel. De nouvelles signatures sont attendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danielle Sabai et Pierre Rousset&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour voir l'appel et les signatures, cliquez ici : &lt;br class='autobr' /&gt;
Appel contre la r&#233;pression en Tha&#239;lande&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour signer l'appel , &#233;crire &#224; : solidaritythailand@gmail.com&lt;br class='autobr' /&gt;
(Pensez &#224; donner votre pr&#233;nom, nom, qualit&#233; et le pays)&lt;br class='autobr' /&gt;
La liste des signataires sera r&#233;guli&#232;rement mise &#224; jour sur le site d'ESSF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel est envoy&#233; au gouvernement tha&#239;landais, aux ambassades tha&#239;landaises, aux organismes internationaux de d&#233;fenses des droits humains...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est important de le faire conna&#238;tre dans de nouveaux r&#233;seaux militants et de r&#233;unir de nouvelles signatures d'&#233;lus, d'universitaires, de repr&#233;sentants de mouvements sociaux ou syndicaux, politiques ou de d&#233;fense des droits humains... et ce dans le plus grand nombre de pays possible. Chacune et chacun peut y aider.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Attaque de la droite et aust&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Attaque-de-la-droite-et-austerite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Attaque-de-la-droite-et-austerite</guid>
		<dc:date>2010-06-22T08:43:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mise &#224; mort de la retraite &#224; 60 ans avec passage de l'&#226;ge l&#233;gal &#224; 62 ou 63 ans, allongement de la dur&#233;e de cotisation, augmentation des cotisations des fonctionnaires, ce qui &#233;quivaut &#224; une baisse de salaire, traitement individualis&#233; de la p&#233;nibilit&#233; : le gouvernement a d&#233;cid&#233; de taper fort et sur tous les param&#232;tres. &lt;br class='autobr' /&gt; Alors pour la gauche, pour toute la gauche, syndicale ou politique, pour l'ensemble du mouvement social, ce n'est pas le moment de tergiverser. C'est le moment de jeter (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Retraites-+" rel="tag"&gt;Retraites&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Retraites-540-+" rel="tag"&gt;Retraites&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-06-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-06-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L125xH150/arton4801-73b0e.png?1781302916' class='spip_logo spip_logo_right' width='125' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mise &#224; mort de la retraite &#224; 60 ans avec passage de l'&#226;ge l&#233;gal &#224; 62 ou 63 ans, allongement de la dur&#233;e de cotisation, augmentation des cotisations des fonctionnaires, ce qui &#233;quivaut &#224; une baisse de salaire, traitement individualis&#233; de la p&#233;nibilit&#233; : le gouvernement a d&#233;cid&#233; de taper fort et sur tous les param&#232;tres.&#8232;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors pour la gauche, pour toute la gauche, syndicale ou politique, pour l'ensemble du mouvement social, ce n'est pas le moment de tergiverser. C'est le moment de jeter toutes nos forces dans la bataille, d'y aller toutes et tous ensemble, parce que c'est maintenant et sur ce terrain des retraites que se joue le rapport de forces entre une poign&#233;e de capitalistes et un gouvernement tout &#224; son service d'un c&#244;t&#233; et l'immense majorit&#233; de la population qui refuse de travailler plus longtemps de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans h&#233;siter, il faut r&#233;ussir la journ&#233;e de gr&#232;ve et de manifestations du 24 juin. Le gouvernement doit recevoir imm&#233;diatement la r&#233;ponse &#224; son projet de loi. Elle doit &#234;tre massive et cat&#233;gorique. Sa r&#233;forme des retraites, c'est NON. Nous en exigeons le retrait pur et simple.&#8232;Les suites d&#233;pendent du succ&#232;s du 24. Mais ce succ&#232;s d&#233;pend aussi des suites. La motivation pour r&#233;ussir le 24 sera d'autant plus forte que cette journ&#233;e appara&#238;tra comme une premi&#232;re riposte inscrite dans un plan de mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prochain rendez-vous ne peut pas attendre mi ou fin septembre. Pour ne pas laisser retomber la pression nous avons besoin d&#232;s maintenant d'une strat&#233;gie pour construire une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, un mouvement prolong&#233; de blocage de l'&#233;conomie. Cela ne se fait pas en un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans les entreprises, dans les syndicats, dans les collectifs unitaires, des &#233;quipes militantes se mobilisent et peuvent pendant tout l'&#233;t&#233;, &#234;tre pr&#233;sentes partout, prendre des initiatives, comme les &#171; lundis au soleil &#187; pr&#233;vus &#224; Paris, pour maintenir et faire grandir un climat de mobilisation g&#233;n&#233;rale afin d'&#234;tre pr&#234;ts pour le d&#233;bat parlementaire qui d&#233;butera le 7 septembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La rigueur g&#233;n&#233;ralis&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-rigueur-generalisee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-rigueur-generalisee</guid>
		<dc:date>2010-06-22T08:43:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Fran&#231;ois Grond</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>
		<dc:subject>Politique d'aust&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Politique d'aust&#233;rit&#233; et r&#233;sistances populaires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque jour qui passe, un nouveau plan d'aust&#233;rit&#233; est annonc&#233; dans un des pays de l'Union europ&#233;enne (UE). &#192; cette attaque coordonn&#233;e contre nos principaux acquis sociaux, il faut riposter &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. Sous la menace d'une baisse de la note des agences de notation concernant la capacit&#233; des &#201;tats &#224; rembourser leurs dettes, les gouvernements annoncent des coupes claires sans pr&#233;c&#233;dent dans les d&#233;penses publiques. &lt;br class='autobr' /&gt; La chanceli&#232;re allemande a pr&#233;sent&#233; un plan d'&#233;conomies de 80 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-06-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-06-22&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Politique-d-austerite-+" rel="tag"&gt;Politique d'aust&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Politique-d-austerite-et-resistances-populaires-+" rel="tag"&gt;Politique d'aust&#233;rit&#233; et r&#233;sistances populaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton4802-d4804.png?1781302916' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque jour qui passe, un nouveau plan d'aust&#233;rit&#233; est annonc&#233; dans un des pays de l'Union europ&#233;enne (UE). &#192; cette attaque coordonn&#233;e contre nos principaux acquis sociaux, il faut riposter &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. Sous la menace d'une baisse de la note des agences de notation concernant la capacit&#233; des &#201;tats &#224; rembourser leurs dettes, les gouvernements annoncent des coupes claires sans pr&#233;c&#233;dent dans les d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La chanceli&#232;re allemande a pr&#233;sent&#233; un plan d'&#233;conomies de 80 milliards d'euros en quatre ans qui sert aussi &#224; faire pression sur les autres &#201;tats pour qu'ils suivent la m&#234;me voie. L'Espagne a adopt&#233; un plan d'&#233;conomies budg&#233;taires de 50 milliards d'euros d'ici fin 2013. Le gouvernement Berlusconi a annonc&#233; 24 milliards sur la p&#233;riode 2011-2012. Fran&#231;ois Fillon suit le mouvement ce week-end en pr&#244;nant 100 milliards de r&#233;duction du d&#233;ficit public (50 milliards de r&#233;duction de d&#233;penses et 50 milliards de nouvelles recettes) d'ici 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'Espagne &#224; l'Irlande, de la Roumanie au Royaume-Uni, tous les pays entrent dans la m&#234;me danse macabre. Il n'y a donc pas qu'une crise grecque comme annonc&#233;e par certains commentateurs, ni m&#234;me un probl&#232;me qui ne toucherait que les fameux PIGS &#8211; selon l'acronyme infamant utilis&#233; par les march&#233;s financiers pour cibler le Portugal, l'Irlande, la Gr&#232;ce et l'Espagne &#8211; mais bien une crise financi&#232;re et politique qui touche l'ensemble de l'Union Europ&#233;enne (UE) et l'euro.&#8232;S'ils sont appliqu&#233;s, ces plans d'aust&#233;rit&#233; auront des effets sociaux et politiques d&#233;vastateurs : diminution ou blocage des salaires des fonctionnaires, baisses massives dans les d&#233;penses publiques comme par exemple l'&#201;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles se traduiront par une baisse du pouvoir d'achat, une augmentation du ch&#244;mage, une r&#233;duction accentu&#233;e du p&#233;rim&#232;tre d'intervention des services publics ou de nouveaux reculs dans le remboursement des soins. D'ores et d&#233;j&#224; les plans grecs et roumains sont sans pr&#233;c&#233;dent dans leur co&#251;t social depuis la d&#233;pression &#233;conomique des ann&#233;es 1930. Ces nouvelles purges d&#233;multiplient le mouvement de d&#233;mant&#232;lement de l' &#171; &#201;tat social &#187; entam&#233; depuis pr&#232;s de 30 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, c'est le c&#339;ur des acquis sociaux du xxe si&#232;cle, comme le syst&#232;me de retraites, qui est dans le collimateur du capitalisme. Parce que la population ne doit pas payer une crise et une dette qui ne sont pas les siennes, l'urgence est &#224; la mobilisation g&#233;n&#233;rale pour bloquer ces plans, en convergence dans l'UE et dans chaque pays.&#8232;Fin 2008, les bonimenteurs qui nous gouvernent avaient annonc&#233; la fin du capitalisme sauvage, des march&#233;s tout-puissants, des d&#233;r&#233;glementations qui avaient permis l'&#233;clatement de la crise bancaire et financi&#232;re. Dans un discours &#224; Toulon, Sarkozy s&#8216;&#233;tait particuli&#232;rement illustr&#233; dans cet exercice visant &#224; annoncer &#171; que tout change pour que rien ne change &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an et demi apr&#232;s, les march&#233;s sauv&#233;s par l'intervention massive des &#201;tats font de nouveau la loi et dictent &#224; leurs &#171; sauveurs &#187; leur politique &#233;conomique. Ayant accentu&#233; leurs dettes pour sauver les banques, les &#201;tats sont d&#233;sormais contraints de se d&#233;sendetter. Les structures lib&#233;rales qui permettent, par la libre circulation des capitaux dans l'UE et dans le march&#233; mondial, la mise en concurrence des syst&#232;mes sociaux et fiscaux sont toujours en place. Le mod&#232;le bas&#233; sur une g&#233;n&#233;ralisation de la concurrence est en crise. La monnaie, construite sur seize &#201;tats aux politiques et aux r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques divergentes &#233;galement. Face au d&#233;placement du centre de gravit&#233; du capitalisme vers l'Asie, la mont&#233;e des pays &#233;mergents, l'UE appara&#238;t comme le maillon faible des centres du monde capitaliste. Le r&#244;le d&#233;volu aujourd'hui au FMI en Europe, alors qu'il s&#233;vissait auparavant essentiellement dans le tiers monde, est r&#233;v&#233;lateur de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix est assum&#233; de r&#233;soudre cette crise par un nivellement brutal des populations europ&#233;ennes aux niveaux sociaux du march&#233; mondial. Dit autrement, il s'agit de d&#233;manteler les acquis des travailleurs accumul&#233;s depuis des d&#233;cennies de luttes du mouvement ouvrier, pour pouvoir les aligner sur ceux des autres p&#244;les du monde capitaliste. On le voit, il s'agit d'un choix lourd de cons&#233;quences qui implique de comprendre les enjeux de la crise afin d'organiser &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne la r&#233;sistance et la construction d'une alternative anticapitaliste et antiproductiviste socialiste.&#8232;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'enjeu des retraites</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-enjeu-des-retraites</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-enjeu-des-retraites</guid>
		<dc:date>2010-06-22T08:43:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Friot</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bernard Friot publie en mars chez l'&#233;diteur La Dispute un livre sous le titre L'enjeu des retraites. Ce titre neutre cache un livre tr&#232;s militant qui revient sur une question o&#249; selon les m&#233;dias &#171; tout serait dit &#187;. Le livre renouvelle le regard sur le &#171; bonheur du retrait&#233; &#187;, celui qui b&#233;n&#233;ficie du &#171; salaire continu&#233; &#187; et dont le travail est enfin lib&#233;r&#233; du capital. Bernard Friot nous livre ici la primeur de son analyse. &lt;br class='autobr' /&gt; J'appr&#233;cie la possibilit&#233; de parler ici du livre que je publie en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Retraites-540-+" rel="tag"&gt;Retraites&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-06-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-06-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton4804-803ac.png?1781302916' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bernard Friot publie en mars chez l'&#233;diteur La Dispute un livre sous le titre L'enjeu des retraites. Ce titre neutre cache un livre tr&#232;s militant qui revient sur une question o&#249; selon les m&#233;dias &#171; tout serait dit &#187;. Le livre renouvelle le regard sur le &#171; bonheur du retrait&#233; &#187;, celui qui b&#233;n&#233;ficie du &#171; salaire continu&#233; &#187; et dont le travail est enfin lib&#233;r&#233; du capital. Bernard Friot nous livre ici la primeur de son analyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'appr&#233;cie la possibilit&#233; de parler ici du livre que je publie en mars. L'enjeu central des retraites est l'&#233;mancipation du travail de la valeur travail. Toutes les institutions n&#233;cessaires &#224; cette &#233;mancipation existent d&#233;j&#224;. Elles sont le fruit d'une construction pragmatique. Il faut leur donner aujourd'hui une densit&#233; th&#233;orique afin d'en faire le fondement d'un discours alternatif &#224; l'argumentaire dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de retraites, l'affaire semble entendue et ne pas souffrir de d&#233;bat : il y a un probl&#232;me des retraites. Un probl&#232;me d&#233;mographique, d'abord. Avec le passage d'un actif pour un retrait&#233; &#224; un pour deux d'ici 50 ans, la question selon la pr&#233;sidente du Medef, ne serait &#171; ni de droite ni de gauche, mais arithm&#233;tique &#187;. Un probl&#232;me comptable, ensuite : les d&#233;ficits actuels et surtout pr&#233;vus seraient tels qu'il faudrait dans l'urgence &#171; sauver le r&#233;gime par r&#233;partition &#187; en r&#233;duisant ses prestations, &#224; &#171; compl&#233;ter &#187; par de la capitalisation. Un probl&#232;me moral, enfin : il faudrait r&#233;tablir la &#171; solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle &#187; car nous serions en train de nous constituer des droits qui obligeront nos enfants &#224; nous payer dans l'avenir des pensions d'un trop fort niveau compte tenu de ce qu'ils pourront produire. Et Madame Parisot n'est pas la seule &#224; nous le dire : les gouvernements successifs de droite et de gauche nous le disent depuis vingt ans, les experts nous le r&#233;p&#232;tent de rapports en rapports, et le consensus est partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut combattre pour briser ce consensus. C'est le sens de ce livre. Le r&#233;sultat de mes recherches et de mes r&#233;flexions peut se r&#233;sumer dans les propositions suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le but des r&#233;formateurs est de mettre fin aux retraites comme &#171; salaire continu&#233;&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme poursuivie avec une grande continuit&#233; au moyen d'une succession de dispositions r&#233;glementaires et l&#233;gislatives par les gouvernements fran&#231;ais successifs depuis 1987 a pour but de mettre fin au syst&#232;me des retraites en tant que &#171; salaire continu&#233; &#187;. Celui-ci est aux c&#244;t&#233;s de l'assurance-maladie la composante centrale du &#171; salaire socialis&#233; &#187; dont j'ai fait l'histoire et la th&#233;orie dans un livre pr&#233;c&#233;dent . Apr&#232;s l'abandon du syst&#232;me de l'&#233;pargne retraite par le gouvernement de Vichy en 1941, la pension des salari&#233;s du priv&#233; va progressivement se rapprocher du &#171; traitement continu&#233; &#187; de la fonction publique. Les droits des fonctionnaires reposent sur leur qualification (leur grade) et non sur leur emploi (leur poste) : attach&#233; &#224; leur personne, leur grade ne s'&#233;teint pas avec leur cessation d'activit&#233; et leur pension, calcul&#233;e sur la base de leur dernier (et meilleur) salaire, est en permanence revaloris&#233;e selon la valeur courante de l'indice qui a servi &#224; leur calcul. Elle est bien du salaire continu&#233;, et ce mod&#232;le de la fonction publique sera transpos&#233; dans les entreprises &#224; statut (SNCF, EDF-GDF, pour prendre les plus importantes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme remplacement du meilleur salaire de la personne, index&#233; sur le mouvement moyen des salaires, il sert d'horizon pour les salari&#233;s du secteur priv&#233; dont la pension va se rapprocher du salaire continu&#233; avec r&#233;f&#233;rence aux 10 meilleures ann&#233;es et indexation sur les salaires. Cette progression est assur&#233;e par une hausse constante du taux de cotisation, qui passe de 8 &#224; 25% du salaire brut ente 1945 et les ann&#233;es 1980. Juste avant la r&#233;forme, l'&#233;chantillon inter r&#233;gimes des retrait&#233;s donne le taux de remplacement du dernier salaire net par la premi&#232;re pension nette des retrait&#233;s &#224; carri&#232;re compl&#232;te n&#233;s en 1930 : il est en moyenne, pour le secteur priv&#233;, de 84%. Certes, tous les retrait&#233;s n'ont pas une carri&#232;re compl&#232;te, les femmes en particulier, mais les femmes peuvent esp&#233;rer, avec l'am&#233;lioration du taux d'emploi des cohortes arrivant &#224; la retraite dans les ann&#233;es 2000, une nette am&#233;lioration de leur situation. Ce sont les femmes que la r&#233;forme, qui stoppe cette progression, vise en premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui justifie de parler de &#171; r&#233;forme &#187; au singulier est la constance de la d&#233;termination r&#233;formatrice des gouvernements, de gauche comme de droite, qui partagent et poursuivent un projet expos&#233; clairement depuis 1991 dans le Livre Blanc de Michel Rocard. Qu'on en juge : Chirac indexe les pensions du secteur priv&#233; sur les prix par une mesure r&#233;glementaire de 1987 qu'en 1993 Balladur transforme en loi pour cinq ans, loi que Jospin p&#233;rennise en 1998, que Raffarin &#233;tend &#224; la fonction publique en 2003 et Fillon aux r&#233;gimes sp&#233;ciaux (SNCF, EDF-GDF...) en 2008. Rocard &#233;nonce en 1991 les principes de s&#233;paration entre contributif et non contributif, de durcissement des conditions de retraite &#224; taux plein &#224; 60 ans, d'extension de la p&#233;riode du salaire de r&#233;f&#233;rence et d'allongement de la dur&#233;e d'une carri&#232;re compl&#232;te que B&#233;r&#233;govoy, qui en d&#233;pose en 1992 le projet de loi, n'a pas le temps de mettre en &#339;uvre et dont Balladur r&#233;alise en 1993 une premi&#232;re &#233;tape que compl&#232;te Raffarin en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jupp&#233; rate en 1995 la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux que Fillon r&#233;alise en 2008 ; sa loi sur les fonds de pension n'a pas de d&#233;crets d'application quand il perd le pouvoir et Jospin l'abroge pour cr&#233;er un fonds de r&#233;serve et une formule d'&#233;pargne salariale qui servira de matrice &#224; l'&#233;pargne retraite que met en place Raffarin, avec en prime un fonds de pension obligatoire dans la fonction publique. Jospin refuse &#224; ses alli&#233;s communistes une loi rendant possible la retraite pleine avant 60 ans pour les travailleurs &#224; carri&#232;re longue, car il entend en faire la monnaie d'&#233;change de la r&#233;forme du r&#233;gime des fonctionnaires que son &#233;chec aux pr&#233;sidentielles ne lui donnera pas l'occasion de mener &#224; bien, mais que Raffarin n&#233;gocie avec la CFDT un fameux 16 mai 2003 &#8230; contre la retraite avant 60 ans pour les travailleurs ayant cotis&#233; quarante ans. Jospin installe en 2001 un Conseil d'orientation des retraites qui produit depuis le r&#233;f&#233;rentiel consensuel de la r&#233;forme, celles de 2003, de 2008, et celle &#224; venir dont il vient de tracer les grands traits dans son rapport de janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme peut donc se r&#233;sumer en deux objectifs centraux : donner un coup d'arr&#234;t quantitatif au mouvement de continuation du salaire dans la pension &#224; partir de 60 ans et qualitativement, d&#233;lier la pension du salaire pour la lier &#224; l'&#233;pargne, au revenu diff&#233;r&#233; et &#224; l'allocation tut&#233;laire, trois formes de ressources r&#233;solument non salariales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Qu'est-ce un retrait&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un retrait&#233; est celui qui n'est pas un &#171; vieux &#187;. Voici quelques d&#233;cennies en effet, dans le langage courant, les fonctionnaires ou les cadres &#226;g&#233;s, qui ont les premiers acc&#233;d&#233; &#224; la retraite, n'&#233;taient pas d&#233;sign&#233;s comme &#171; vieux &#187;, terme r&#233;serv&#233; aux ouvriers ou aux employ&#233;s qui n'ont touch&#233; une pension pr&#233;sentant un r&#233;el taux de remplacement de leur salaire qu'au cours des ann&#233;es 1970. Aujourd'hui encore, &#171; vieux &#187; d&#233;signe davantage une femme qu'un homme, non pas d'abord parce que les femmes meurent plus &#226;g&#233;es, mais parce qu'elles acc&#232;dent plus difficilement &#224; la pension de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un retrait&#233; est d'autant moins un &#171; vieux &#187; et d'autant plus un &#171; retrait&#233; &#187; qu'il touche une part &#233;lev&#233;e de son salaire d'activit&#233;. Et cette pension est un salaire &#224; vie. Quoi qu'il fasse, ce salaire est irr&#233;vocable. Il le touche chaque mois sans qu'il craigne de le perdre et sans que des comptes lui soient demand&#233;s sur sa l&#233;gitimit&#233;. Et que fait-il avec ce salaire &#224; vie ? S'il est en bonne sant&#233;, s'il a conserv&#233; de sa vie professionnelle ou cr&#233;&#233; depuis un r&#233;seau social porteur de projets, il travaille. Ce sont ces retrait&#233;s qui le disent : ils &#171; n'ont jamais autant travaill&#233; &#187;, ils &#171; n'ont jamais &#233;t&#233; aussi heureux de travailler &#187;. Certes il ne s'agit l&#224; que d'une forte minorit&#233;, mais sur les bient&#244;t quinze millions de retrait&#233;s, cela fait du monde ! Cela en fait des enfants qui voient leurs grands parents heureux au travail alors qu'ils constatent que leurs parents, eux, s'y &#233;puisent, partag&#233;s entre l'amertume, l'angoisse et la rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si la r&#233;forme des pensions avait &#224; voir avec cette exp&#233;rience contradictoire du bonheur et du malheur au travail ? Quel est le secret du bonheur des retrait&#233;s au travail ? Entre les conditions dans lesquelles les actifs et les retrait&#233;s sont au travail, quelle est la diff&#233;rence qui explique que la source de malheur pour les uns est une source de bonheur pour les autres ? Cette diff&#233;rence saute aux yeux : le salaire des retrait&#233;s est irr&#233;vocable, ils n'ont pas d'emploi et n'ont pas &#224; se pr&#233;senter sur un march&#233; du travail, ils ne produisent pas sous la dictature du temps de travail : en un mot, c'est leur qualification personnelle qu'ils d&#233;ploient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le &#171; sauvons les retraites ! &#187; des r&#233;formateurs prend un tout autre sens. Non pas faire face &#224; un vieillissement et un choc d&#233;mographique dont mon livre montre qu'ils sont fantasm&#233;s, mais ramener les vieux &#224; la maison. R&#233;affirmer que la retraite est du temps de loisirs bien m&#233;rit&#233; apr&#232;s une longue vie de travail. Que le travail est affaire d'emploi et donc d'employeurs et de march&#233; du travail. Que les choses s&#233;rieuses se font entre actionnaires, dirigeants &#171; de grand talent &#187; et &#233;ditorialistes &#233;conomistes, et qu'il faut laisser les seniors s'amuser dans le bac &#224; sable de leurs &#171; activit&#233;s &#187;. Rappeler aux salari&#233;s qu'ils sont titulaires non pas d'une qualification leur donnant droit de regard sur les fins et les moyens du travail, mais d'un gagne pain g&#233;n&#233;rant un droit &#224; un revenu diff&#233;r&#233; apr&#232;s leur dernier emploi. Bref remettre les pendules &#224; l'heure du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Ce que la r&#233;forme nous dit au sujet du capitalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est cette forme sp&#233;cifique d'organisation de la production qui la mesure &#8211; qui lui donne valeur - par le temps de travail moyen n&#233;cessaire. Le travail n'a pas de valeur. Il est, sous sa forme abstraite pr&#233;sente dans toute production la mesure de la valeur. Les marchandises valent le temps de travail n&#233;cessaire &#224; leur production, non pas le temps individuel, mais le temps moyen que r&#233;v&#232;le le prix auquel elles s'&#233;changent. Seul le capitalisme mesure la production par le travail, parce qu'il s'est construit sur la base d'un rapport social abstrait : le rapport d'&#233;change entre des vendeurs et acheteurs de &#171; forces de travail &#187; vou&#233;es &#224; produire des marchandises, c'est-&#224;-dire des biens ou services mesur&#233;s non pas par leur utilit&#233; mais par la quantit&#233; de travail abstrait qu'ils incorporent. Le march&#233; du travail d&#233;finit les individus comme forces de travail &#171; demandeuses d'emploi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces forces de travail ne peuvent &#234;tre mises en &#339;uvre qu'&#224; l'initiative d'employeurs qui les ach&#232;tent sur le march&#233; et les mettent en &#339;uvre selon la logique de la valeur travail pour la production de marchandises, seules g&#233;n&#233;ratrices du profit. Pour qu'il y ait profit, il faut que tout, travailleurs et produits, soit transform&#233; en marchandise, et que ce soit donc le d&#233;nominateur commun &#224; ces marchandises, &#224; savoir le temps de travail abstrait n&#233;cessaire &#224; leur fabrication, qui devienne la mesure de toute chose. D'o&#249; la dictature du temps de travail que va introduire la comp&#233;tition inter-capitaliste. L'organisation de la production sur la base d'une telle abstraction est marqu&#233;e par une contradiction essentielle : elle &#233;mancipe le capital des modalit&#233;s traditionnelles du travail, ce qui est la source d'une dynamique infinie dans la production de marchandises, tandis que se creusent les effets de l'exploitation de producteurs d&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs capacit&#233;s cr&#233;atrices et vou&#233;s &#224; produire des marchandises qui leur &#233;chappent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous sommes bien plus riches qu'il y a quarante ans (le PIB a doubl&#233; en euros constants), mais nous vivons bien plus mal cette dimension d&#233;cisive de notre existence qu'est le travail. Le constat d'une consommation plus large ne compense plus l'exp&#233;rience am&#232;re de l'incertitude, du d&#233;sint&#233;r&#234;t, du m&#233;pris et de la fatigue au travail, d'autant que le doute s'est install&#233; sur la consommation de produits dont le caract&#232;re toujours plus marchand alt&#232;re la qualit&#233; ou la finalit&#233;. Bref, les apories d'une production dynamique qui mutile les personnes et d&#233;voie les produits sont en train d'&#233;clater au grand jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bonheur au travail des retrait&#233;s est que, pr&#233;cis&#233;ment, dot&#233;s de l'assurance d'un salaire &#224; vie, ils travaillent lib&#233;r&#233;s du joug de la valeur travail. Cette exp&#233;rience est massive, mais non dite dans l'espace public : nombre de retrait&#233;s la vivent m&#234;me comme un privil&#232;ge dont ils sont g&#234;n&#233;s quand ils comparent leur bonheur au travail et le malheur au travail de tant &#171; d'actifs &#187;. Il importe que ce bonheur priv&#233; devienne public, en d&#233;montrant que ce que vivent les retrait&#233;s au travail peut devenir la norme universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. La qualification personnelle des retrait&#233;s permet de lib&#233;rer le travail de &#171; l'emploi &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire continu&#233; repose sur une qualification personnelle. Dans la minorit&#233; significative des retrait&#233;s qui sont au travail, selon des formes et sur des objets qu'ils d&#233;cident, on trouve des personnes qui mobilisent trois atouts : une pension en r&#233;el rapport avec leurs meilleurs salaires, des capacit&#233;s transversales reconnues qu'ils vont pouvoir transposer (le gestionnaire d'une petite entreprise qui va devenir juge au tribunal de commerce ou la prof de comptabilit&#233; tr&#233;sori&#232;re d'un club sportif amateur), un r&#233;seau personnel de pairs qu'en g&#233;n&#233;ral ils avaient constitu&#233; avant leur retraite, ou qu'ils ont pu construire dans les premi&#232;res ann&#233;es de leur retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les trois ingr&#233;dients indispensables de la qualification personnelle, celle qui est attach&#233;e &#224; la personne, et non pas &#224; l'emploi, et qui peut effectivement se mettre en &#339;uvre dans la libert&#233; : l'absence de l'un des trois rend plus difficile la &#171; seconde carri&#232;re &#187; des retrait&#233;s. Arm&#233;s d'une qualification personnelle, les retrait&#233;s sont en mesure de travailler hors du carcan de la valeur travail : ils n'ont besoin ni de se pr&#233;senter sur un march&#233; du travail, ni de se soumettre &#224; un employeur, ni de transformer leur production en marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activit&#233;s des retrait&#233;s sont-elles du travail ? Oui si on d&#233;sassocie le travail de l'emploi. Il n'y a pas d'essence du travail, ce qui est d&#233;sign&#233; comme &#171; travail &#187; est contingent, fort diff&#233;rent d'une soci&#233;t&#233; &#224; une autre ou d'un si&#232;cle &#224; l'autre. C'est en permanence l'objet du d&#233;bat public. La logique de l'emploi veut que tout travail qui &#233;chappe &#224; la mesure par le temps n'en soit pas vraiment et n'ait pas &#224; &#234;tre pay&#233;. Or, parce que l'emploi, qui r&#233;duit les personnes &#224; des forces de travail soumises &#224; la valeur travail, a &#233;t&#233; aussi, historiquement, le vecteur de la socialisation du salaire &#224; travers la cotisation sociale et la qualification des postes, la d&#233;finition du travail est aujourd'hui tiraill&#233;e entre l'emploi et le salaire socialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; travail &#187;, est-ce la part de notre activit&#233; vou&#233;e &#224; produire des marchandises pour alimenter le capital (emploi), ou est-ce la part de notre activit&#233; qui met en &#339;uvre notre qualification (salaire socialis&#233;) ? La r&#233;cente mise en emploi de tout une s&#233;rie d'activit&#233;s de service aux personnes les a transform&#233;es en travail, et de la plus mauvaise fa&#231;on pour la derni&#232;re vague d'entre elles, les services au domicile, contemporaine de la transformation des emplois en jobs, car le salaire socialis&#233; li&#233; &#224; ces emplois est faible. Contradictoirement, le constat que la pension se rapproche d'un salaire continu&#233; conduit &#224; consid&#233;rer comme du travail les activit&#233;s des pensionn&#233;s men&#233;es hors de tout emploi. Et &#224; en tirer toutes les cons&#233;quences quant au changement de sens du mot travail dont est porteur le fait d'assumer comme travail des activit&#233;s d&#233;livr&#233;es du march&#233; du travail et de la valeur travail. Nous pouvons, &#224; partir de l'exp&#233;rience des retrait&#233;s, imposer un autre fondement de la reconnaissance sociale du travail : non plus l'emploi mais la qualification des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Les confusions autour de la &#171; solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument classique selon lequel les retrait&#233;s ne travaillent pas dit qu'ils d&#233;pendent du travail des actifs lequel serait &#224; l'origine de la cotisation vieillesse. Cet argument est faux. La pr&#233;notion qui veut que &#171; les actifs financent les inactifs &#187;, et que la cotisation sociale soit une &#171; taxe sur le travail &#187; repose sur la confusion entre flux de monnaie et flux de valeur. La valeur a son support dans la richesse produite, la monnaie est l'expression de la valeur mais non son support. Le travail des retrait&#233;s cr&#233;e de la richesse &#224; laquelle est attribu&#233;e une valeur, et les pensions sont l'expression mon&#233;taire de cette valeur. La valeur attribu&#233;e au travail des retrait&#233;s n'a pas de mesure marchande, elle est mesur&#233;e par leur qualification personnelle, &#224; laquelle, comme pour toute qualification, est associ&#233; un salaire, la pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'illusion du &#171; transfert social &#187;, en tant que transfert de valeur d'un groupe &#224; un autre, vient du mode de cr&#233;ation mon&#233;taire dans nos &#233;conomies capitalistes. La forme qu'impose le capital &#224; la cr&#233;ation mon&#233;taire est d&#233;cisive parce que la tyrannie de la valeur travail, cl&#233; de l'extorsion du profit, n'est possible que si la production est marchande. Ne cr&#233;er de monnaie qu'&#224; l'occasion de l'anticipation du chiffre d'affaires des entreprises, c'est donc disposer de la force de rappel qui en permanence impose la loi du capital. Si seules les marchandises sont l'occasion de cr&#233;ation mon&#233;taire, alors toute reconnaissance du travail non marchand, toute reconnaissance du travail non subordonn&#233; &#224; la valeur travail, a deux cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part elle entra&#238;ne une hausse du prix des marchandises, qui doivent inclure la reconnaissance suppl&#233;mentaire de ce travail qui ne trouve pas sa reconnaissance directe ; et cette hausse est en permanence d&#233;nonc&#233;e comme obstacle &#224; la comp&#233;titivit&#233; des entreprises en p&#233;riode de mondialisation de la concurrence afin de rogner sur les &#171; co&#251;ts du travail &#187;. D'autre part cette reconnaissance se fait concr&#232;tement par des &#171; transferts &#187; mon&#233;taires sous forme d'imp&#244;ts et de cotisations sociales qui sont en permanence disqualifi&#233;s comme &#171; pr&#233;l&#232;vements obligatoires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette expression de combat repose sur l'assimilation erron&#233;e des flux mon&#233;taires et des flux de valeur. Comme la monnaie n'est cr&#233;&#233;e qu'&#224; l'occasion du prix attribu&#233; aux marchandises des entreprises capitalistes (par le jeu des anticipations de ce prix par les banques pr&#234;teuses &#224; ces entreprises), celle qui mesure la valeur de la richesse cr&#233;&#233;e par les retrait&#233;s transite par ces marchandises, et donc un flux mon&#233;taire passe des titulaires d'emploi du secteur capitaliste vers les pensionn&#233;s &#224; travers la cotisation vieillesse. Mais il ne s'agit pas d'un transfert de valeur : ce sont bien les retrait&#233;s qui produisent la richesse &#224; laquelle est attribu&#233;e la valeur correspondant &#224; leur qualification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Le probl&#232;me d&#233;mographique est un fantasme, l'augmentation du taux de cotisation patronale est possible et n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le consensus sur l'existence d'un choc d&#233;mographique, argument fondateur de la r&#233;forme des retraites, s'enracine dans l'absurde conviction que nos soci&#233;t&#233;s vieillissent et que le rapport entre les g&#233;n&#233;rations est un enjeu social majeur. Or les notions de g&#233;n&#233;ration et de vieillesse, qui ont &#233;videmment un sens dans le champ de la biographie ou dans celui de la famille, n'ont aucune pertinence dans celui de la soci&#233;t&#233;. Aujourd'hui, y compris dans un cadre statistique qui fait des retrait&#233;s des inactifs, nos soci&#233;t&#233;s de longue vie sont plus productives que les soci&#233;t&#233;s &#224; faible esp&#233;rance de vie, dont les PIB par t&#234;te sont plus faibles, ce qui d&#233;truit l'argument d&#233;mographique. Et, s'agissant de la production de la richesse, les actifs et les retrait&#233;s ne sont pas dans un rapport de g&#233;n&#233;ration : ils ont le m&#234;me statut de salari&#233;s pay&#233;s &#224; la qualification, sauf que les actifs travaillent en subordination &#224; un employeur et les retrait&#233;s non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pr&#233;cis&#233;ment, l'originalit&#233; inou&#239;e de la retraite avec salaire continu&#233; est qu'elle a r&#233;solu le &#171; probl&#232;me de la vieillesse &#187; en transformant les &#171; vieux &#187; en salari&#233;s. La pension comme salaire continu&#233; est la premi&#232;re d&#233;naturalisation d'ampleur d'une caract&#233;ristique biographique, et son abstraction porte en germe un fort enrichissement de la citoyennet&#233;. On comprend que &#171; le retour des vieux &#187; (on dira seniors bien s&#251;r) est l'horizon obsessionnel des r&#233;formateurs, qu'ils n'ont de cesse de nourrir &#224; nouveau la probl&#233;matique g&#233;n&#233;rationnelle. Car le gros du fonds de commerce r&#233;formateur depuis le Livre Blanc Rocard est la peinture apocalyptique des d&#233;ficits gigantesques que le vieillissement d&#233;mographique va g&#233;n&#233;rer dans les r&#233;gimes de retraite en r&#233;partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une construction fantasm&#233;e, y compris si l'on raisonne dans les cadres statistiques rangeant les retrait&#233;s dans les inactifs. D'une part parce qu'un rapport d&#233;mographique n'est pas un rapport &#233;conomique : dire que le rapport des plus de 60 ans sur les 20-59 ans va doubler n'a pas d'int&#233;r&#234;t, d&#232;s lors que le rapport des inoccup&#233;s sur les occup&#233;s (le seul qui ait une signification &#233;conomique) va rester relativement stable au cours des prochaines d&#233;cennies. D'autre part parce que le choc d&#233;mographique repose sur le postulat d'absence de gains de productivit&#233;. Or on peut produire autant avec un actif pour un retrait&#233; qu'avec deux actifs pour un retrait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le raisonnement selon lequel le recul de la part des actifs occup&#233;s rendra impossible le financement des retraites en r&#233;partition est aussi absurde que si l'on avait pr&#233;dit au d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle la famine pour la France du 21&#232;me parce que la part des paysans allait se r&#233;duire &#224; moins de 3% de la population. Depuis plus de soixante ans, nos r&#233;gimes de pension par socialisation du salaire nous montrent que nous avons assum&#233; sans aucun probl&#232;me une croissance du poids des pensions dans le PIB tr&#232;s sup&#233;rieure &#224; sa croissance future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des cinquante derni&#232;res ann&#233;es, les pensions sont pass&#233;es de 5% &#224; 12% du PIB, alors qu'au cours des cinquante prochaines, elles devraient passer de 12% &#224; 20% si l'on supprimer les r&#233;formes men&#233;es depuis 1987 : le poids de pensions a &#233;t&#233; multipli&#233; par 2,4 de 1950 &#224; 2000, il devrait l'&#234;tre par 1,7 seulement d'ici 2050. A moins de fonder les calculs sur une perspective de stagnation du PIB ce qu'aucun des r&#233;formateurs ne fait, cette d&#233;c&#233;l&#233;ration (alors que le discours du choc d&#233;mographique suppose une acc&#233;l&#233;ration fantasm&#233;e) signifie &#233;videmment une plus grande facilit&#233; demain &#224; absorber la hausse du poids des pensions, alors m&#234;me qu'elle l'a &#233;t&#233; sans difficult&#233; jusqu'ici. Cette facilit&#233; s'explique simplement : le PIB doublant de volume tous les quarante &#224; cinquante ans, la progression plus rapide d'un de ses &#233;l&#233;ments s'accompagne de la progression, et non pas de la r&#233;gression, de la richesse disponible pour les autres composantes. Dans un PIB qui augmente, il n'y a pas besoin de d&#233;shabiller les actifs pour habiller les retrait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;strong&gt;7. La lutte contre l'&#233;pargne retraite doit se poursuivre&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;monstration de la nocivit&#233; de l'accumulation financi&#232;re, qui n'a entra&#238;n&#233; aucune croissance de l'investissement mais contribu&#233; fortement &#224; la bulle sp&#233;culative, n'emp&#234;che pas les r&#233;formateurs de continuer &#224; pr&#233;coniser l'&#233;pargne retraite avec deux arguments. Le premier est &#171; l'&#233;quit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle &#187; : les droits &#224; pensions que se constitue la g&#233;n&#233;ration aujourd'hui au travail seront une charge excessive pour la g&#233;n&#233;ration future. Il faut donc que chaque g&#233;n&#233;ration, au moins partiellement, finance ses propres pensions par de l'&#233;pargne qui sera liquid&#233;e lors de son entr&#233;e en retraite. D'autant plus que &#8211; second argument &#8211; le travail va manquer relativement aux besoins &#224; satisfaire (on reconna&#238;t l&#224; la rh&#233;torique du &#171; probl&#232;me d&#233;mographique &#187;), et nous serons heureux lorsque viendra la disette d'avoir &#233;pargn&#233; des fonds que nous pourrons alors liquider pour compenser le d&#233;ficit en travail. Ces deux arguments sont faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monnaie d&#233;pos&#233;e pour l'&#233;pargne sert &#224; acheter des titres financiers qui n'ont en eux-m&#234;mes aucune valeur. Mais - et c'est l'origine de la croyance dans leur capacit&#233; &#224; congeler de la valeur - ils sont des titres de propri&#233;t&#233; dot&#233;s de droits &#224; valoir sur la monnaie en circulation le jour o&#249; ils seront liquid&#233;s. Si la monnaie ne pr&#233;existe pas &#224; cette transformation des titres en monnaie, les titres ne valent rien. Or c'est le travail courant qui rend possible cette cr&#233;ation de monnaie pr&#233;alable &#224; la liquidation des titres. Autrement dit, &#224; supposer que les retraites soient assur&#233;es par l'&#233;pargne des fonds de pensions, la vente de titres n&#233;cessaire &#224; la transformation de l'&#233;pargne en pensions en 2040 sera fonction de la monnaie dont disposeront alors les actifs d&#233;sireux de les acheter pour se constituer eux-m&#234;mes des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette monnaie sera l'&#233;quivalent de ce qu'ils auront produit par leur travail de l'ann&#233;e 2040. Dans ce cas, l'&#233;pargne ne sert &#224; rien puisque les actifs auraient pu affecter &#224; un r&#233;gime en r&#233;partition cette monnaie utilis&#233;e pour acheter des titres. Qu'on soit en r&#233;partition ou en capitalisation, c'est toujours le travail de l'ann&#233;e qui produit la richesse correspondant &#224; la monnaie qui finance les pensions de l'ann&#233;e. L'&#233;pargne ne peut donc en aucun cas &#234;tre un substitut du travail, ni permettre &#224; chaque g&#233;n&#233;ration de financer ses pensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa promotion repose en r&#233;alit&#233; sur deux choses. D'une part, la propri&#233;t&#233; de titres permet de ponctionner de la monnaie sur le travail du monde entier, alors que la r&#233;partition est r&#233;duite &#224; l'espace national des r&#232;gles politiques du droit du travail : magie du raisonnement imp&#233;rial. D'autre part, comme le rendement des titres est, hors les situations de crise financi&#232;re aig&#252;e, sup&#233;rieur au taux de croissance, la rente progresse plus vite que les salaires et donc que les cotisations pour la retraite, qui progressent moins vite que le taux de croissance : faire valoir en faveur de la capitalisation qu'il est plus rentable d'&#233;pargner que de cotiser, c'est avouer tr&#232;s ing&#233;nument que toute &#233;pargne retraite est un vol sur le travail d'autrui, et qu'il est infiniment plus rentable d'avoir un portefeuille de titres que de travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promouvoir la propri&#233;t&#233; d'usage suppose de s'attaquer &#224; la propri&#233;t&#233; lucrative, dont la pension comme salaire continu&#233; montre l'inutilit&#233;. La propri&#233;t&#233; lucrative est d&#233;fendue par les r&#233;formateurs au nom de l'investissement, qui suppose, disent-ils, des investisseurs. Or qu'est-ce qu'un investisseur ? Le discours courant, soigneusement entretenu par le discours savant, dit qu'il apporte un indispensable capital. Rien n'est plus faux. Un investisseur n'apporte rien. Un investisseur qui &#171; apporte &#187; par exemple un million d'euros pour une entreprise n'a pas un million d'euros en billets dans une valise, pas plus que les titres dont il est porteur ne sont dot&#233;s, par une curieuse m&#233;taphysique, d'une quelconque valeur : ce sont des titres de propri&#233;t&#233; lucrative qui vont lui donner le droit de ponctionner un million sur la valeur attribu&#233;e au travail d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un investisseur est un parasite qui a le droit de ponctionner une partie de la valeur de la production contemporaine pour transformer les producteurs ainsi expropri&#233;s en forces de travail et les contraindre &#224; produire les marchandises qu'il a d&#233;cid&#233; de produire, bref &#224; travailler sous le joug de la valeur travail. Un investisseur nous vole et nous ali&#232;ne dans la m&#234;me op&#233;ration. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'exp&#233;rience r&#233;ussie de la cotisation vieillesse, on a la d&#233;monstration &#224; grande &#233;chelle de l'int&#233;r&#234;t qu'il y a &#224; se passer d'investisseurs financiers. Cette cotisation est la fa&#231;on d'assurer sans &#233;pargne des engagements massifs et de long terme, comparables &#224; l'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le mod&#232;le de la cotisation sociale, on peut parfaitement financer sans &#233;pargne l'investissement. S'il est possible de financer la pension au plus grand b&#233;n&#233;fice des r&#233;gimes et des pensionn&#233;s sans aucune logique d'&#233;pargne et de pr&#234;ts, il est possible de financer l'investissement de la m&#234;me fa&#231;on en affectant une cotisation &#233;conomique au salaire (de l'ordre de 35 % du salaire brut), pr&#233;lev&#233;e sur la valeur ajout&#233;e comme les cotisations sociales ou le salaire direct. Cette cotisation serait collect&#233;e par des caisses d'investissement qui financeraient sans taux d'int&#233;r&#234;t, puisqu'il n'y aurait pas d'accumulation priv&#233;e du capital. Accumulation financi&#232;re, cr&#233;dit bancaire, pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t, bourse, toutes ces institutions peuvent &#234;tre remplac&#233;es en transposant pour le financement de l'investissement l'exp&#233;rience de la cotisation sociale, ce qui est &#233;vident puisque tout investissement est financ&#233; sur la production courante. La cotisation sociale a d&#233;barrass&#233; notre quotidien individuel des usuriers, la cotisation &#233;conomique d&#233;barrassera notre quotidien collectif de la bourse et des banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Le &#171; revenu diff&#233;r&#233; &#187; et la &#171; solidarit&#233; nationale &#187; confortent les institutions du capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme tente d'interrompre la mont&#233;e en puissance de cette institution salariale en modifiant le sens des r&#233;gimes de retraite en r&#233;partition : d'une pension en r&#233;partition assurant la continuation du salaire &#224; une pension en r&#233;partition assurant un revenu diff&#233;r&#233; doubl&#233; d'une solidarit&#233; nationale. Car ce bin&#244;me, lui, conforte les institutions du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en effet deux formes contradictoires de r&#233;gimes de retraite en r&#233;partition, le r&#233;gime salarial et le r&#233;gime de pr&#233;voyance. La pension comme continuation du salaire (r&#233;gime salarial) repose soit sur le maintien de la qualification personnelle du fonctionnaire, soit sur l'attribution au retrait&#233; du priv&#233; de la qualification moyenne de ses meilleurs emplois : elle pose les personnes comme des salari&#233;s dot&#233;s d'une capacit&#233; &#224; produire. Au contraire, la pension comme revenu diff&#233;r&#233; (r&#233;gime de pr&#233;voyance) repose sur des droits proportionnels aux cotisations de la carri&#232;re avec un pouvoir d'achat garanti : elle pose les personnes comme des employables dot&#233;s d'une capacit&#233; de gain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur de la r&#233;forme des retraites vise &#224; passer de la premi&#232;re &#224; la seconde forme de r&#233;partition. Elle dispose pour cela de trois leviers : le gel des taux de cotisations, l'indexation sur les prix et la mont&#233;e de la contributivit&#233; entendue dans le sens de &#171; la neutralit&#233; actuarielle individuelle &#187; (pour chacun, le total des cotisations de la carri&#232;re doit &#234;tre &#233;gal au total des pensions). Une cotisation dont le taux est stabilis&#233; sur le long terme fonde en r&#233;partition, selon un calcul strictement contributif, une pension dont le pouvoir d'achat est garanti par son indexation sur les prix : voil&#224; les trois caract&#233;ristiques d'un revenu diff&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses promoteurs savent bien que, fond&#233; sur un calcul individuel sans r&#232;gles de compensations (comme des validations de trimestres sans cotisations) et tenant compte des p&#233;riodes de tr&#232;s faible salaire dans les carri&#232;res professionnelles, il laisse sans ressources suffisantes tous ceux et surtout toutes celles qui n'ont pu se constituer un compte de cotisations suffisant. C'est pourquoi la promotion de la neutralit&#233; actuarielle est toujours doubl&#233;e d'un plaidoyer pour une large solidarit&#233; nationale finan&#231;ant, &#224; c&#244;t&#233; du revenu diff&#233;r&#233;, un &#171; minimum contributif &#187; garanti et des &#171; prestations non contributives &#187; (minimum vieillesse, bonifications pour enfants). Le discours r&#233;formateur se pr&#233;sente ainsi avec la double vertu de la justice de prestations strictement contributives et de la solidarit&#233; avec les &#171; pauvres &#187;. Il y a l&#224; une r&#233;gression consid&#233;rable par rapport au salaire continu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gression en mati&#232;re de justice, d'abord. Faire de la pension la contrepartie du pass&#233; de mes cotisations, et donc de mon travail subordonn&#233;, et non de l'actualit&#233; de ma qualification (et donc de mon travail &#233;mancip&#233;) suppose et conforte le march&#233; du travail, l'emploi, la marchandise, la subordination et la propri&#233;t&#233; lucrative. Ni&#233; dans sa qualification de producteur, l'employable pr&#233;voyant est maintenu &#224; l'&#233;tat de mineur &#233;conomique, en permanence &#224; la merci de l'employeur qui le pose comme titulaire d'un gagne pain dont il tire un revenu. La pr&#233;voyance est ce qui reste lorsqu'on a d&#233;shabill&#233; le salari&#233; de l'essentiel, sa qualification. La multiplication des comptes notionnels s'impose alors pour assurer une s&#233;curit&#233; et une capacit&#233; de rebondir &#224; un travailleur plac&#233;, y compris &#224; l'int&#233;rieur de son entreprise, sur un march&#233; du travail qui le soumet en permanence au soup&#231;on de distance &#224; l'emploi qu'il occupe ou auquel il postule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime salarial est au contraire porteur de l'attribution d'une qualification &#224; chaque personne, sans exception sous quelque pr&#233;texte que ce soit, avec poursuite ind&#233;finie du salaire. La contribution de chacun &#224; ses ressources repose non pas sur sa capacit&#233; &#224; &#233;pargner une partie des gains acquis comme force de travail (la &#171; contributivit&#233; &#187; des r&#233;formateurs), mais sur sa capacit&#233; &#224; participer &#224; la d&#233;finition des objets d'un travail lib&#233;r&#233; de la marchandise et de la valeur travail. Son rapport &#224; l'avenir repose alors sur l'entretien de sa qualification et non pas sur un patrimoine susceptible de fournir un revenu alternatif &#224; la r&#233;mun&#233;ration des emplois : en effet, la distinction entre emploi et hors emploi, constitutive du bin&#244;me r&#233;mun&#233;ration/pr&#233;voyance, est d&#233;pass&#233;e dans le continuum de la qualification. Il s'agit l&#224; de nouveaux continents du d&#233;ploiement de la personnalit&#233; humaine &#224; d&#233;couvrir. A l'inverse, le r&#233;gime de la pr&#233;voyance nous enferme dans le pass&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gression en mati&#232;re de solidarit&#233;, ensuite. L'invitation &#224; la solidarit&#233; avec des personnes victimis&#233;es est sans doute une des dimensions les plus perverses de la r&#233;forme. En posant des personnes comme &#171; pauvres &#187;, &#171; victimes &#187; ayant droit &#224; solidarit&#233;, elle naturalise la disqualification des producteurs inh&#233;rente au capitalisme. Le capitalisme fait de l'actionnaire et du &#171; dirigeant de grand talent &#187; qu'il a mis &#224; la t&#234;te de l'entreprise les seuls acteurs, les seuls sujets de la production. Les salari&#233;s sont alors des mineurs sociaux r&#233;duits au statut de victimes s'ils ne parviennent pas &#224; conserver leur employabilit&#233; : victimes des in&#233;vitables suppressions d'emplois et non moins in&#233;vitables d&#233;localisations, victimes d'une formation insuffisante, victimes de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant de victimes ont droit &#224; la solidarit&#233; nationale, responsabilit&#233; des pouvoirs publics. Le couple actionnaire/victime est ainsi en permanence r&#233;activ&#233;, naturalis&#233;, parce qu'il est indispensable au maintien des institutions du capital. Il n'y a pas de possibilit&#233; d'un droit de propri&#233;t&#233; lucrative ou de tyrannie de la valeur travail sans un d&#233;ni - qui d&#233;finit pr&#233;cis&#233;ment la victime- du droit de la qualification au c&#339;ur du salaire. Alors qu'au contraire la solidarit&#233; salariale repose sur la promotion de la qualification pour tous, fondatrice d'une solidarit&#233; entre &#233;gaux : non pas celle des pr&#233;voyants vers ceux qu'ils vont qualifier de pauvres, mais celle de la d&#233;lib&#233;ration politique dans l'attribution de la qualification &#224; chacun et dans le souci de son exercice effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. Le d&#233;veloppement progressiste des retraites est un enjeu politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes revendicatifs, le d&#233;veloppement progressiste des pensions comme salaire continu&#233; suppose un argumentaire avec un volet n&#233;gatif et un volet positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le volet n&#233;gatif devrait &#234;tre de refuser tout ce qui fait obstacle &#224; la poursuite du salaire et appuie le bin&#244;me revenu diff&#233;r&#233;/solidarit&#233; nationale : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la stabilit&#233;, voire le recul pour les bas salaires, du taux de cotisation ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'indexation sur les prix des salaires pris en compte pour le calcul de la pension et des pensions liquid&#233;es ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'inscription des cotisations dans des comptes individuels comme &#224; l'ARRCO et &#224; l'AGIRC, le d&#233;placement de l'objectif gestionnaire du taux de remplacement du meilleur salaire vers le taux de rendement des cotisations ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la distinction entre la part contributive et la part non contributive de la pension, la CSG et le Fonds de solidarit&#233; vieillesse, le minimum contributif, la mise en cause des bonifications pour enfants et de la r&#233;version ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la neutralit&#233; actuarielle individuelle comme id&#233;al de justice avec la r&#233;f&#233;rence de la pension &#224; l'ensemble de la vie active et non au seul meilleur salaire ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'abandon de l'&#226;ge l&#233;gal (sauf comme &#226;ge plancher qu'il faudrait &#233;lever au-del&#224; de 60 ans) et l'allongement de la dur&#233;e de cotisation, les d&#233;cotes et surcotes ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la distinction entre pension publique et pension professionnelle, l'&#233;pargne salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le volet positif devrait avoir trois axes :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; promouvoir l'affirmation de la pension comme salaire continu&#233; dans les r&#233;gimes actuels : pas de pensions inf&#233;rieures au Smic, indexation sur les salaires, augmentation annuelle du taux de cotisation patronale (et salariale si le salaire brut est augment&#233; &#224; proportion), calcul de la pension nette sur la base de 100% du meilleur salaire net pour une carri&#232;re compl&#232;te de 150 trimestres valid&#233;s, liquidation sans d&#233;cote de la retraite &#224; 60 ans ou le jour de la cessation d'activit&#233; s'il est post&#233;rieur (ou ant&#233;rieur &#224; 60 ans pour les travaux p&#233;nibles), &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pousser &#224; une politique de soutien de la qualification personnelle des retrait&#233;s dans la sph&#232;re publique et pas seulement priv&#233;e, collectivement et pas seulement individuellement : soutenir leurs r&#233;seaux de pairs, les aider &#224; d&#233;finir des objets de travail, &#224; constituer ou rejoindre des collectifs de travail, financer des projets. Il s'agit d'encourager les retrait&#233;s &#224; faire entreprise et &#224; inventer ainsi les chemins nouveaux d'une production lib&#233;r&#233;e de la valeur travail. Une telle responsabilit&#233; est certes tr&#232;s heureuse, mais a besoin d'un dispositif politique pour pouvoir s'exercer, dont les droits li&#233;s &#224; un &#226;ge politique sont un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif : 60 ans, l'&#226;ge d'entr&#233;e en retraite, doit devenir un &#226;ge politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10. Une revendication unitaire : la qualification personnelle pour tous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le troisi&#232;me axe du volet positif. La libert&#233; et le bonheur des retrait&#233;s au travail doivent devenir le fait de tous ceux qui sont au travail, et c'est d'ailleurs la condition de leur maintien chez les retrait&#233;s eux-m&#234;mes. A leur exemple, la qualification personnelle doit pour tous remplacer l'emploi comme support des droits sociaux et &#233;conomiques. On mesure combien cette proposition et la pr&#233;c&#233;dente r&#233;&#233;valuent le r&#244;le des retrait&#233;s, ce qui suppose de s'appuyer fermement sur leur statut de salari&#233; pour en finir avec leur traitement comme &#171; seniors &#187; pr&#233;conis&#233;, lui, par les r&#233;formateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualification personnelle, nouveau support des droits aujourd'hui inscrits dans l'emploi, est un droit collectif (tout comme la pension, dont le montant est personnel, est un droit collectif). Elle est d&#233;j&#224; anticip&#233;e chez les retrait&#233;s et dans la fonction publique. Elle sera attribu&#233;e &#224; toute personne, par exemple d&#232;s la fin du lyc&#233;e, et elle progressera sans ruptures ni reculs jusqu'&#224; sa mort. Elle a quatre composantes indissociables :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'attestation (non scolaire car l'&#233;cole certifie mais ne qualifie pas) de la ma&#238;trise d'un ensemble de capacit&#233;s transversales &#224; plusieurs m&#233;tiers appartenant aux champs correspondant par exemple aux six ou sept conventions collectives interprofessionnelles en d&#233;bat aujourd'hui (communication, &#233;ducation et culture, &#233;nergie, transports,&#8230;) pour d&#233;passer l'&#233;miettement conventionnel ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un niveau de salaire correspondant au niveau des capacit&#233;s reconnues ; par exemple, dans une hi&#233;rarchie des qualifications de 1 &#224; 4 correspondant &#224; une &#233;chelle des salaires de 1 &#224; 5, un premier niveau de qualification avec un salaire d&#233;marrant &#224; 2000 euros net par mois, un second niveau avec un salaire d&#233;marrant &#224; 4000 euros, un troisi&#232;me niveau au salaire de d&#233;part de 6000 euros, et un quatri&#232;me niveau au salaire de d&#233;part de 8000 euros, pour une hi&#233;rarchie salariale allant de 2000 &#224; 10000 euros net.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un r&#233;seau de pairs pour rester en permanence socialis&#233; dans le champ de la qualification dont on est titulaire ; par exemple une association professionnelle, un r&#233;seau d'acteurs locaux, un r&#233;seau international de sp&#233;cialistes, qui sont le support d'&#233;changes, de services, d'&#233;diction de r&#232;gles d'exercice et de leur contr&#244;le, de mutualisation d'outils, de formation, de valorisation d'activit&#233;s individuelles des membres.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le droit &#224; une institution repr&#233;sentative pour faire valoir ses droits au respect et &#224; la progression de sa qualification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualification (et donc le salaire qui va avec) est un attribut de la personne, elle ne peut pas lui &#234;tre retir&#233;e et elle ne peut que progresser au cours de la vie. La qualification personnelle est le contraire de la s&#233;curisation des parcours professionnels, qui laisse la portion congrue aux droits transf&#233;r&#233;s de l'emploi vers la personne puisqu'il ne s'agit que des droits li&#233;s &#224; une certaine s&#233;curisation de la mobilit&#233; de travailleurs devant en permanence prouver leur &#171; employabilit&#233; &#187; (les comptes &#233;pargne en mati&#232;re de formation, de pensions, de couverture sant&#233;, le droit au reclassement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &#233;galement le contraire du revenu universel. Le revenu universel (au sens de distribution universelle d'un forfait de plus ou moins haut niveau selon les projets, disons entre le RMI et le SMIC) pose les personnes comme porteuses de besoins qui pourraient &#234;tre, pour un premier &#233;tage, financ&#233;s par le revenu d'un patrimoine collectif dont l'Etat est le gardien et sur lequel chacun a un droit de tirage. A cet aval donn&#233; &#224; une institution du capital aussi fondamentale que la propri&#233;t&#233; lucrative, le revenu universel ajoute le fait que, &#171; premier ch&#232;que &#187;, forfaitaire, constitutif des ressources individuelles, il appelle un &#171; second ch&#232;que &#187;, fonction de la contribution de l'individu &#224; la production et donc confortera le march&#233; du travail et la valeur travail. Le revenu universel est ainsi l'antagoniste du salaire universel, qui lui nous d&#233;livre du march&#233; du travail, de la disqualification des producteurs pos&#233;s comme &#234;tres de besoins, de la fiction du revenu, de la valeur travail et de la propri&#233;t&#233; lucrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On mesure combien la qualification personnelle est cr&#233;atrice d'&#233;galit&#233;. Elle supprime le march&#233; du travail et donc la subordination de demandeurs d'emploi &#224; des employeurs, elle fait acc&#233;der toute personne au statut commun de titulaire d'une qualification et du salaire qui lui est li&#233;. Elle unifie par le haut les revendications des retrait&#233;s, des &#233;tudiants, des fonctionnaires, des ch&#244;meurs, des intermittents du spectacle, des salari&#233;s du priv&#233;, dont ceux des TPE et de tous les d&#233;serts syndicaux, des travailleurs ind&#233;pendants. En particulier, elle permet de mener une action de promotion de la fonction publique en revendiquant l'extension &#224; tous les salari&#233;s de la distinction entre grade et poste, ce qui veut dire, pour tous, la reconnaissance de la qualification, l'absence de ch&#244;mage, la ma&#238;trise individuelle de la mobilit&#233;. Tant il est vrai que c'est la production de tous les biens et de tous les services qui m&#233;rite d'&#234;tre assur&#233;e par des salari&#233;s lib&#233;r&#233;s de l'emploi et de la marchandise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11. La n&#233;cessit&#233; d'une vision forte du salaire comme institution proprement politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de sortir du discours convenu du salaire identifi&#233; &#224; la r&#233;mun&#233;ration du travail subordonn&#233;. Combattre l'argumentaire r&#233;formateur est impossible sans une forte vision du salaire comme institution politique qui enrichit la citoyennet&#233; par l'attribution &#224; chaque personne d'une qualification personnelle et par le financement salarial de l'&#233;conomie. Nous nous inscrivons ainsi dans une tout autre perspective que le plein emploi. Notre qualification et donc notre salaire ne doivent plus d&#233;pendre des d&#233;cisions d'employeurs sur un march&#233; du travail. La nostalgie du bon emploi n'est pas bonne conseill&#232;re pour nous aider &#224; affronter la transformation des emplois en jobs qu'op&#232;re la r&#233;forme. Vaincre la r&#233;forme ne se fera pas dans le retour &#224; un vrai plein emploi. Car nous avons mieux &#224; faire qu'&#224; renouer avec la phase progressiste de l'emploi, quand, au tournant des ann&#233;es 1970, il a &#233;t&#233; la matrice du salaire socialis&#233;, car c'&#233;tait au prix exorbitant de la subordination &#224; des employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas non plus de &#171; s&#233;curiser &#187; la condition des travailleurs. Le vocabulaire de la s&#233;curit&#233; a int&#233;rioris&#233; le fait que dans le capitalisme les travailleurs sont des mineurs sociaux : ils sont r&#233;cus&#233;s comme &#233;tant les producteurs, et ils ont droit non pas &#224; la direction de l'&#233;conomie mais &#224; la s&#233;curit&#233; du revenu et de l'emploi. L'enjeu des retraites, c'est pr&#233;cis&#233;ment de sortir de la revendication de s&#233;curit&#233; du revenu et de l'emploi pour promouvoir une nouvelle figure du travailleur en mesure de soutenir notre aspiration commune &#224; diriger l'&#233;conomie et de sortir enfin de l'&#233;conomisme de la valeur-travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualification est ainsi un attribut politique qui enrichit la citoyennet&#233;, au m&#234;me titre que le droit de vote. Tout comme le suffrage universel a ouvert &#224; chacun l'&#226;ge de la majorit&#233; politique et fond&#233; un premier stade de la citoyennet&#233;, la qualification universelle ouvrira &#224; chacun l'&#226;ge de la majorit&#233; salariale et fondera une extension qualitative de la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La force de la classe ouvri&#232;re mise au service du nationalisme et de la bourgeoisie</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au temps de l'apartheid, l'ANC camouflait sa politique de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie derri&#232;re les mots de libert&#233; et de suffrage universel, mais son but &#233;tait de g&#233;rer les affaires de celle-ci au gouvernement, et rien d'autre &lt;br class='autobr' /&gt; . Au bout du compte les luttes de la classe ouvri&#232;re noire dans les ann&#233;es 1970 et 1980 n'ont abouti qu'&#224; changer la couleur de peau du personnel politique au service de l'exploitation capitaliste, et encore pas de tous. Et les hommes qui composent les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L92xH150/arton4792-f7f01.png?1781302916' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au temps de l'apartheid, l'ANC camouflait sa politique de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie derri&#232;re les mots de libert&#233; et de suffrage universel, mais son but &#233;tait de g&#233;rer les affaires de celle-ci au gouvernement, et rien d'autre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;. Au bout du compte les luttes de la classe ouvri&#232;re noire dans les ann&#233;es 1970 et 1980 n'ont abouti qu'&#224; changer la couleur de peau du personnel politique au service de l'exploitation capitaliste, et encore pas de tous. Et les hommes qui composent les rouages de l'appareil d'&#201;tat sont rest&#233; en partie les m&#234;mes, au service d'une bourgeoisie, toujours blanche dans sa grande majorit&#233;. Ce que les nationalistes noirs ont chang&#233;, c'est tr&#232;s peu de choses. En tout cas, la classe exploiteuse s'y est tr&#232;s bien adapt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant en Afrique du Sud des militants se sont lanc&#233; &#224; chaque g&#233;n&#233;ration dans la lutte pour bouleverser cette soci&#233;t&#233; injuste. Des intellectuels blancs et noirs ont &#233;t&#233; capables de rompre avec le conformisme raciste et social et ont r&#233;ussi &#224; trouver le lien avec les travailleurs noirs opprim&#233;s. Et surtout la classe ouvri&#232;re sud-africaine a fait surgir des militants noirs en quantit&#233;. Ensemble ils ont affront&#233; courageusement la r&#233;pression quasi permanente tout au long du 20&#232;me si&#232;cle. Mais ils se sont rang&#233;s pour la plupart derri&#232;re la politique des dirigeants staliniens. Le parti communiste a fait le choix de mettre ses militants et leur influence sur la classe ouvri&#232;re au service des nationalistes noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'apartheid, le PC a cantonn&#233; la combativit&#233; des travailleurs, d&#232;s qu'elle d&#233;bouchait sur des revendications politiques, sur un terrain exclusivement nationaliste. Il a frein&#233; les luttes &#224; partir du moment o&#249; l'ANC est arriv&#233;e au pouvoir. Il a fourni des ministres aux gouvernements anti-ouvriers depuis 1994, et a m&#234;me contribu&#233;, par l'interm&#233;diaire de ses cadres qui jouaient un grand r&#244;le dans la bureaucratie syndicale, &#224; la cr&#233;ation d'une couche de parasites bourgeois, noirs de peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti communiste a une grande responsabilit&#233; dans la situation politique actuelle en Afrique du Sud. D'autant plus grande qu'il aurait pu choisir de mener une politique bien diff&#233;rente s'il n'avait pas substitu&#233; le stalinisme au marxisme, troqu&#233; l'internationalisme pour le nationalisme, et pr&#233;f&#233;r&#233; la construction du parti bourgeois qu'est l'ANC &#224; la perspective de la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans le d&#233;vouement des militants communistes, il n'est pas s&#251;r que l'ANC aurait surv&#233;cu en tant qu'organisation &#224; la r&#233;pression sous l'apartheid. Et lors de la mobilisation des masses, et particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re, pendant plus d'une d&#233;cennie &#224; partir des ann&#233;es 1970, il n'&#233;tait pas &#233;crit d'avance que cette &#233;nergie militante soit canalis&#233;e derri&#232;re l'ANC, en bonne partie gr&#226;ce aux efforts du PC. Le PC a d&#233;lib&#233;r&#233;ment entrav&#233; toute possibilit&#233; de d&#233;veloppement de la conscience de classe qui aurait pu permettre aux travailleurs de comprendre que l'ANC d&#233;fendait le pouvoir de la bourgeoisie blanche tout autant que les tenants de l'apartheid. Et alors que les travailleurs se heurtaient au cours de chacune des vagues de mobilisation &#224; l'appareil d'&#201;tat, le PC a mis tout son poids pour que les masses ne se donnent pas comme but le renversement de cet &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant dans les townships en r&#233;bellion, les travailleurs s'&#233;taient d&#233;barrass&#233;s de la pr&#233;sence quotidienne de la police blanche et de ses suppl&#233;tifs noirs. Ils n'&#233;taient &#224; la merci des raids meurtriers des forces de r&#233;pression que parce qu'ils n'avaient pas les armes qu'ils r&#233;clamaient en vain au PC et &#224; l'ANC. Ayant repouss&#233; l'&#201;tat hors de leurs townships, les travailleurs contestaient beaucoup d'aspects de la soci&#233;t&#233; bourgeoise au travers des comit&#233;s qui fleurissaient. Il n'&#233;tait pas hors de leur port&#233;e de se gouverner eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;videmment impossible de savoir si sous la direction d'un parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien r&#233;ellement communiste, les luttes de la classe ouvri&#232;re auraient pu d&#233;boucher sur une r&#233;volution. Mais il est certain que tous les appareils politiques ayant eu de l'influence sur le prol&#233;tariat ont pes&#233; pour que le mouvement n'aille pas jusqu'au bout de ses possibilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu &#233;tait d'autant plus important que la lutte du prol&#233;tariat sud-africain b&#233;n&#233;ficiait d'une large sympathie parmi les opprim&#233;s du monde entier. Pendant une dizaine d'ann&#233;e il symbolisa pour beaucoup la lutte d&#233;termin&#233;e et courageuse contre l'oppression. Et dans toute une partie du continent africain, cette lutte &#233;tait palpable aussi bien au travers des militants sud-africains en exil que par le biais des travailleurs africains immigr&#233;s en Afrique du Sud. Dans les pays limitrophes les pauvres &#233;taient oppos&#233;s dans leur lutte pour l'ind&#233;pendance nationale &#224; l'&#201;tat sud-africain &#233;galement, ennemi qu'ils partageaient avec leurs fr&#232;res des townships de Soweto et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la classe ouvri&#232;re sud-africaine est bien moins politis&#233;e. Et elle est absorb&#233;e par les probl&#232;mes quotidiens que pose sa survie mat&#233;rielle. Mais elle reste toujours la classe ouvri&#232;re la plus nombreuse d'Afrique et la plus organis&#233;e. L'ann&#233;e 2009 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par un regain des luttes gr&#233;vistes contre les licenciements, mais aussi pour l'augmentation des salaires dans les mines, les transports et la construction. Alors ce que nous esp&#233;rons, c'est que le r&#244;le moteur dans la lutte de classe contre la bourgeoisie qu'elle n'a pas pu jouer dans le pass&#233;, la classe ouvri&#232;re puisse le tenir &#224; l'avenir, et s'en servir pour le renversement de l'ordre capitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Coupe du monde, une ali&#233;nation plan&#233;taire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Coupe-du-monde-une-alienation-planetaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-Coupe-du-monde-une-alienation-planetaire</guid>
		<dc:date>2010-06-22T08:40:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabien Ollier</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Sports</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fabien Ollier est directeur de la revue Quel sport ? Il a publi&#233; un grand nombre d'ouvrages participant de la critique radicale du sport dont notamment L'Int&#233;grisme du football en 2002, Footmania en 2007, Le Livre noir des J.O. de P&#233;kin en 2008. A quelques jours de l'ouverture de la Coupe du monde de football, Fabien Ollier dresse un &#233;tat des lieux sans concession de cette grand-messe plan&#233;taire orchestr&#233;e par &#171; la toute-puissante multinationale priv&#233;e de la FIFA &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Vous comparez le sport (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fabien Ollier est directeur de la revue Quel sport ? Il a publi&#233; un grand nombre d'ouvrages participant de la critique radicale du sport dont notamment L'Int&#233;grisme du football en 2002, Footmania en 2007, Le Livre noir des J.O. de P&#233;kin en 2008. A quelques jours de l'ouverture de la Coupe du monde de football, Fabien Ollier dresse un &#233;tat des lieux sans concession de cette grand-messe plan&#233;taire orchestr&#233;e par &#171; la toute-puissante multinationale priv&#233;e de la FIFA &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous comparez le sport en g&#233;n&#233;ral, le football en particulier, &#224; une ali&#233;nation plan&#233;taire. Que vous inspire la Coupe du monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabien Ollier : Il suffit de se plonger dans l'histoire des Coupes du monde pour en extraire la longue infamie politique et la strat&#233;gie d'ali&#233;nation plan&#233;taire. Le Mondial sud-africain ne fait d'ailleurs pas exception &#224; la r&#232;gle. L'expression du capital le plus pr&#233;dateur est &#224; l'&#339;uvre : les multinationales partenaires de la FIFA et diverses organisations mafieuses se sont d&#233;j&#224; abattues sur l'Afrique du Sud pour en tirer les plus gros b&#233;n&#233;fices possibles. Un certain nombre de journalistes qui ont travaill&#233; en profondeur sur le syst&#232;me FIFA ont mis en &#233;vidence le mode de fonctionnement plut&#244;t crapuleux de l'organisation. Ce n'est un secret pour personne aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il y a une certaine ind&#233;cence &#224; faire croire que la population profitera de cette manne financi&#232;re. Le nettoyage des quartiers pauvres, l'expulsion des habitants, la r&#233;novation luxueuse de certains townships ont &#233;t&#233; contr&#244;l&#233;s par des &#171; gangs &#187; qui n'ont pas l'habitude de reverser les b&#233;n&#233;fices. Avec la majorit&#233; de la population vivant avec moins de 2 euros par jour, cet &#233;talage de richesse est pour le moins contestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ploiement s&#233;curitaire cens&#233; maintenir l'ordre, assurer une soi-disant paix civile n'est autre en r&#233;alit&#233; que la construction d'un v&#233;ritable Etat de si&#232;ge, un Etat &#171; big brother &#187;. Les h&#233;licos, les milliers de policiers et de militaires ne sont l&#224; que pour contr&#244;ler, parquer la mis&#232;re et prot&#233;ger le luxe, pour permettre aux pseudo-passionn&#233;s de football de &#171; vibrer &#187;. La mobilisation de masse des esprits autour des &#233;quipes nationales induit la mise en place d'une hyst&#233;rie collective obligatoire. Tout cela rel&#232;ve d'une diversion politique &#233;vidente, d'un contr&#244;le id&#233;ologique d'une population. En temps de crise &#233;conomique, le seul sujet qui devrait nous concerner est la sant&#233; de nos petits footballeurs. C'est pitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, les Fran&#231;ais sont plut&#244;t critiques avec leur &#233;quipe nationale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste plut&#244;t &#224; la r&#233;duction de chaque citoyen en analyste de caf&#233; des sports par un processus d'identification. C'est un support&#233;risme obligatoire d&#233;guis&#233; en &#171; pens&#233;e critique &#187;, dans les bons comme dans les pires moments. Il existe en r&#233;alit&#233; une propension du plus grand nombre &#224; r&#233;clamer sa part d'opium sportif. Mais pour que le d&#233;samour des Fran&#231;ais &#224; l'&#233;gard des &#233;quipes de mercenaires millionnaires &#233;volue en v&#233;ritable prise de conscience, je souhaite que l'&#233;quipe de France ne passe pas le premier tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur mani&#232;re de jouer si mal tout en &#233;talant de mani&#232;re ind&#233;cente un rythme de vie particuli&#232;rement naus&#233;abond est la preuve d'une morgue terrible vis-&#224;-vis de quelques principes &#233;thiques et moraux &#233;l&#233;mentaires. Malheureusement, chaque victoire de l'&#233;quipe de France fait reculer de plusieurs centim&#232;tres la pens&#233;e critique dans ce pays. Je n'appr&#233;cie pas le d&#233;veloppement du totalitarisme sportif. Nous venons d'en finir avec Roland-Garros, le Mondial prend place et nous aurons ensuite le Tour de France. Le syst&#232;me des retraites peut &#234;tre pulv&#233;ris&#233; en silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment appr&#233;hendez-vous alors le succ&#232;s fran&#231;ais en 1998 analys&#233; et c&#233;l&#233;br&#233; par de nombreux intellectuels comme un &#233;v&#233;nement positif d&#233;passant le simple cadre sportif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de l'&#233;quipe de France a g&#233;n&#233;r&#233; une d&#233;faite de la pens&#233;e. De nombreux intellectuels ont choisi de descendre dans les vestiaires au lieu de s'emparer de domaines sociopolitiques d'importance. Ils mettent en &#339;uvre une pens&#233;e caricaturale qui consiste &#224; constater am&#232;rement les d&#233;rives du sport mais &#224; noyer le tout dans un discours id&#233;aliste sur les &#171; valeurs positives &#187; du sport : &#171; Oui, le sport entra&#238;ne parfois des comportements limites mais je ne peux pas faire autrement que de m'y laisser prendre &#187;. Trop d'intellectuels ont succomb&#233; aux &#171; passions vibratoires &#187; et aux &#171; extases &#187; sportives ; ce sont eux qui l&#233;gitiment &#224; pr&#233;sent l'horreur sportive g&#233;n&#233;ralis&#233;e : violences, dopage, magouilles, cr&#233;tinisme des supporters, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre th&#232;se r&#233;fute l'id&#233;e du football ou du sport en g&#233;n&#233;ral comme simple reflet de la soci&#233;t&#233; avec son lot de violences.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, une grande partie de ceux qui d&#233;fendent le sport et le football les d&#233;douanent en leur conf&#233;rant un simple effet miroir d'une soci&#233;t&#233; violente. &#171; On ne peut pas demander au football d'&#234;tre moins violent que la soci&#233;t&#233; &#187;. A mon sens, il n'est pas seulement le reflet, le football est &#233;galement producteur de violences sociales, g&#233;n&#233;rateur de violences nouvelles. Il impose un mod&#232;le de darwinisme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela tient &#224; sa structure m&#234;me : le football est organis&#233; en logique de comp&#233;tition et d'affrontement. Jouer ce spectacle par des acteurs surpay&#233;s devant des smicards et des ch&#244;meurs est aussi une forme de violence. Une logique contradictoire se fait d'ailleurs jour. D'un c&#244;t&#233;, les supporters ont conscience du fait que les sportifs gagnent des sommes folles par rapport au n&#233;ant qu'ils produisent mais de l'autre c&#244;t&#233;, dans une soif d'identification li&#233;e &#224; leur propre mis&#232;re, il y a une impossibilit&#233; &#224; ne pas &#171; r&#234;ver &#187; devant cette marchandise vivante qui d&#233;montre que l'on peut se hisser au sommet de l'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une autre image d'Epinal du football lui attribue un r&#244;le d'exutoire des nationalismes et des guerres.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La symbolisation de la guerre n'existe pas dans les stades, la guerre est pr&#233;sente. Le football exacerbe les tensions nationalistes et suscite des &#233;motions patriotiques d'un vulgaire et d'une absurdit&#233; &#233;clatants. Je r&#233;fute l'id&#233;e d'un proc&#232;s de civilisation. Le sport provoque une forme de violence diff&#233;rente, moins &#233;vidente qu'une bombe mais ne participe absolument pas &#224; un recul de la violence. Il y a de multiples coups d'&#233;pingle &#224; la place d'un grand coup d'&#233;p&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous regrettez le ralliement de la gauche aux valeurs de droite l&#233;gu&#233;es par le sport de pointe. En quoi consiste-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sport est ind&#233;niablement politique. A ce titre, il g&#233;n&#232;re des valeurs politiques. Il est int&#233;ressant d'essayer de savoir si ces valeurs sont de droite ou de gauche. Il me semble que la gauche a rompu avec ses valeurs pour se rallier au mod&#232;le de droite fond&#233; sur le principe de rendement, de hi&#233;rarchie et de comp&#233;tition. Voir Marie-George Buffet d&#233;noncer le foot-spectacle et se retrouver en finale de la Coupe du monde 98 v&#234;tue du maillot et criant ses encouragements &#224; l'&#233;quipe de France, c'est assez schizophr&#233;nique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une d&#233;faite politique de la gauche vis-&#224;-vis de la strat&#233;gie de d&#233;veloppement capitalistique effectu&#233;e par le sport de pointe &#224; travers les multinationales priv&#233;es qui l'organisent tels que la FIFA, l'UEFA et le CIO. L'exemple de l'attribution de l'Euro 2016 &#224; la France est frappant. A gauche, les Verts, le PCF ont sign&#233; une lettre de soutien &#224; la FFF. Par cet acte, ils ont fourni un blanc-seing &#224; toute forme de dilapidation de l'argent public. En p&#233;riode de crise, comment la gauche peut-elle ne pas &#234;tre sensible &#224; l'attribution d'une enveloppe d'1,7 milliard d'euros &#224; la r&#233;novation des stades ? Il para&#238;t incroyable que cela soit des multinationales priv&#233;es qui d&#233;cident de ce qu'un Etat doit mettre en &#339;uvre en mati&#232;re de politique &#233;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fabien Ollier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Anthony Hernandez&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://quelsport.org/" class="spip_out"&gt;Le site de la revue Quel sport ?&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique du sud - Derri&#232;re la Coupe du Monde</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Afrique-du-sud-Derriere-la-Coupe-du-Monde</link>
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		<dc:date>2010-06-22T08:40:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Luttes syndicales</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis les &#233;lections de 1994, l'Apartheid appartient d&#233;finitivement au pass&#233;. Le pouvoir est pass&#233; des mains de l'ancien r&#233;gime uniquement &#171; blanc &#187; au gouvernement de l'ANC (Congr&#232;s national africain), un parti &#171; mixte &#187; dont les noirs forment l'essentiel de la base. Mais tout n'est pas r&#233;gl&#233; pour autant pour la population noire. &lt;br class='autobr' /&gt; L'Afrique du Sud est un des pays o&#249; les &#233;carts de richesses sont parmi les plus grands. Cette r&#233;partition entre richesse et pauvret&#233; demeure profond&#233;ment &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L134xH150/arton4800-cbbfe.png?1781302916' class='spip_logo spip_logo_right' width='134' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les &#233;lections de 1994, l'Apartheid appartient d&#233;finitivement au pass&#233;. Le pouvoir est pass&#233; des mains de l'ancien r&#233;gime uniquement &#171; blanc &#187; au gouvernement de l'ANC (Congr&#232;s national africain), un parti &#171; mixte &#187; dont les noirs forment l'essentiel de la base. Mais tout n'est pas r&#233;gl&#233; pour autant pour la population noire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Afrique du Sud est un des pays o&#249; les &#233;carts de richesses sont parmi les plus grands. Cette r&#233;partition entre richesse et pauvret&#233; demeure profond&#233;ment &#171; racialis&#233;e &#187;. 90 % des terres agricoles appartiennent &#224; des blancs. 3, 6 % de la population blanche vivent sous le seuil de pauvret&#233; contre 49 % des noirs. &#192; ce niveau, le changement essentiel de l'&#232;re post-Apartheid n'a pas &#233;t&#233; l'am&#233;lioration des conditions de vie du plus grand nombre. Il r&#233;side plut&#244;t dans la mont&#233;e rapide d'une petite &#233;lite &#171; noire &#187;, une bourgeoisie affairiste s'enrichissant gr&#226;ce aux liens avec le pouvoir politique et (bien souvent) gr&#226;ce &#224; la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle bourgeoisie a laiss&#233; la grande majorit&#233; de la population noire, dont elle est issue, derri&#232;re elle. Les frustrations de nombreux habitants en sont d'autant plus grandes. Les in&#233;galit&#233;s criantes engendrent d'ailleurs une criminalit&#233; extr&#234;me et souvent tr&#232;s violente.&#8232;Cependant, l'approche de la Coupe du monde a eu des effets b&#233;n&#233;fiques pour une partie des travailleurs et des pauvres. Non pas par la seule joie de voir leur pays organiser les matchs : un billet d'entr&#233;e co&#251;te dix salaires hebdomadaires d'un travailleur pauvre. Ni gr&#226;ce aux miettes tomb&#233;es de la table des riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avant tout, gr&#226;ce &#224; l'am&#233;lioration des conditions de lutte qu'a favoris&#233;e l'approche du championnat.&#8232;Les 15 et 16 mai, 46 000 salari&#233;s des transports ont commenc&#233; une gr&#232;ve dans les chemins de fer et les ports, exigeant notamment une augmentation des salaires de 15 %. Les exportations (m&#233;taux, fruits, vins&#8230;) ont &#233;t&#233; paralys&#233;es ou frein&#233;es pendant deux semaines. La gr&#232;ve s'est termin&#233;e le 27 mai par un accord salarial. Les syndicats luttent aussi contre des menaces de privatisation dans les transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis f&#233;vrier, plusieurs grands mouvements sociaux ont eu lieu dans les &#171; townships &#187; (bidonvilles) pour demander l'am&#233;lioration des conditions de vie. Le 13 avril, 130 000 salari&#233;s des services communaux avaient entam&#233; une gr&#232;ve &#224; l'appel du syndicat Samwu, paralysant les transports locaux. &#192; Johannesburg ou auCap, des &#171; services d'urgence &#187; ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s pour garantir l'approvisionnement des magasins pendant les pr&#233;paratifs de la Coupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2009, 70 000 travailleurs occup&#233;s &#224; &#233;riger les six nouveaux stades (dont une partie construite par Bouygues) sont entr&#233;s en gr&#232;ve pour am&#233;liorer leurs conditions salariales. Les ma&#238;tres d'&#339;uvre, soucieux de finir les travaux &#224; temps, ont d&#251; l&#226;cher du lest.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La gr&#232;ve des stadiers r&#233;prim&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-greve-des-stadiers-reprimee</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement de gr&#232;ve des stadiers de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud a pris mardi de l'ampleur, touchant d&#233;sormais cinq des 10 lieux de comp&#233;tition, dont Ellis Park et Soccer City &#224; Johannesburg. Quelque 2000 stadiers ont de nouveau manifest&#233; &#224; Durban (sud) pour protester contre une r&#233;duction des salaires impos&#233;e par leur employeur, sous contrat avec le comit&#233; d'organisation du Mondial. &lt;br class='autobr' /&gt; La police a annonc&#233; mardi qu'elle prenait d&#233;sormais en charge la s&#233;curit&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L114xH150/arton4805-086fd.png?1781302917' class='spip_logo spip_logo_right' width='114' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement de gr&#232;ve des stadiers de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud a pris mardi de l'ampleur, touchant d&#233;sormais cinq des 10 lieux de comp&#233;tition, dont Ellis Park et Soccer City &#224; Johannesburg. Quelque 2000 stadiers ont de nouveau manifest&#233; &#224; Durban (sud) pour protester contre une r&#233;duction des salaires impos&#233;e par leur employeur, sous contrat avec le comit&#233; d'organisation du Mondial.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La police a annonc&#233; mardi qu'elle prenait d&#233;sormais en charge la s&#233;curit&#233; des rencontres &#224; Durban et au Cap &#8212; o&#249; doivent avoir lieu en juillet les demi-finales du Mondial &#8212;, ainsi qu'&#224; Port Elizabeth et Johannesburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche, la police avait violemment dispers&#233; une premi&#232;re manifestation de stadiers &#224; Durban, &#224; l'issue du match Allemagne-Australie .&lt;br class='autobr' /&gt;
Mardi, la manifestation sous haute surveillance polici&#232;re a d&#233;but&#233; pr&#232;s du stade Moses Mabhida de Durban et s'est poursuivie par un rassemblement devant une gare ferroviaire du centre-ville. Les manifestants, dont le nombre s'est progressivement accru, ont ensuite regagn&#233; sans incident le stade, o&#249; la police les a regroup&#233;s sur un terrain cl&#244;tur&#233;. On ne d&#233;plorait pas d'incidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On veut notre argent &#187;, proclamaient notamment les banderoles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les stadiers r&#233;clament la somme promise par leur employeur, soit 1500 rands (160 euros) par match. Mais l'entreprise sous contrat pour assurer la s&#233;curit&#233; des stades, Stallion Security Consortium, n'a jusqu'&#224; pr&#233;sent vers&#233; que 190 rands (20 euros) par rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous ne sommes pas en guerre &#187; contre les spectateurs &#187;, a soulign&#233; un porte-parole des stadiers, Sibusiso Mthethwa. &#171; Nous aimons nos visiteurs. Nous les prot&#233;gerons m&#234;me si nous sommes &#224; l'ext&#233;rieur du stade &#187;, a-t-il assur&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Mais nous demandons &#224; la F&#233;d&#233;ration internationale de football de confirmer les chiffres, combien nous allons gagner par match, parce que ces gens (Stallion) sont en train de nous voler &#187;, a-t-il ajout&#233;. D'apr&#232;s David Skhumbo, un autre leader du mouvement, les n&#233;gociations salariales avec Stallion se sont interrompues mardi matin, sans aucun progr&#232;s. La direction de l'entreprise s'est refus&#233;e &#224; tout commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Johannesburg, plusieurs centaines de stadiers se sont mis en gr&#232;ve mardi vers 12h30 (10h30 gmt) et &#233;taient rassembl&#233;s devant le stade d'Ellis Park, o&#249; doit se d&#233;rouler &#224; partir de 20h30 (18h30 gmt) le match entre le Br&#233;sil et la Cor&#233;e du Nord. Un des stadiers, qui a requis l'anonymat par crainte de repr&#233;sailles, a d&#233;clar&#233; toucher seulement 190 rand (20 euros) pour dix heures de travail, ajoutant que le salaire a baiss&#233; depuis son embauche le 27 mai. Lui se dit pr&#234;t &#224; travailler pour 500 rand (53 euros). &#171; S'ils disent non, il n'y aura pas de s&#233;curit&#233; &#187; dans les stades, a-t-il ajout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, plusieurs centaines de stadiers de Soccer City, la principale enceinte de football du Mondial, se sont mis en gr&#232;ve mardi. Plus de 1000 policiers vont &#234;tre mobilis&#233;s pour assurer la s&#233;curit&#233; de la rencontre Br&#233;sil-Cor&#233;e du Nord &#224; Ellis Park, selon la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi, le pr&#233;sident du Comit&#233; d'organisation, Danny Jordaan, a d&#233;clar&#233; respecter les droits des stadiers, mais a qualifi&#233; d'&#171; inacceptables &#187; les perturbations occasionn&#233;es les jours de matches. Les autorit&#233;s &#171; n'h&#233;siteront pas &#224; agir en de telles circonstances &#187; , a-t-il averti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment militer sans s'&#233;puiser ? </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Comment-militer-sans-s-epuiser</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Comment-militer-sans-s-epuiser</guid>
		<dc:date>2010-06-22T08:36:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Fournier</dc:creator>


		<dc:subject>Opinion</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>

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&lt;p&gt;Comment faire l'amour &#224; un n&#232;gre sans s'&#233;puiser ? Comment militer sans s'&#233;puiser ? N'ayant pas l'exp&#233;rience de Dany Laferri&#232;re, je lui laisse le soin de r&#233;pondre &#224; la premi&#232;re question pour me concentrer sur la seconde. &lt;br class='autobr' /&gt; L'auteur est organisateur communautaire retrait&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; On entend parfois des b&#233;n&#233;voles ou des militants (souverainistes, sociaux-d&#233;mocrates, f&#233;ministes, &#233;cologistes, altermondialistes, pacifistes, etc.) nous dire : j'en fais trop, cela n'a pas d'allure, je suis &#233;puis&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment faire l'amour &#224; un n&#232;gre sans s'&#233;puiser ? Comment militer sans s'&#233;puiser ? N'ayant pas l'exp&#233;rience de Dany Laferri&#232;re, je lui laisse le soin de r&#233;pondre &#224; la premi&#232;re question pour me concentrer sur la seconde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'auteur est organisateur communautaire retrait&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On entend parfois des b&#233;n&#233;voles ou des militants (souverainistes, sociaux-d&#233;mocrates, f&#233;ministes, &#233;cologistes, altermondialistes, pacifistes, etc.) nous dire : j'en fais trop, cela n'a pas d'allure, je suis &#233;puis&#233;. R&#233;fl&#233;chissons ensemble sur des moyens concrets pour &#233;viter cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment respecter nos limites ? D'abord, il faut les &#233;tablir ces limites. Je me souviens de chauffeurs b&#233;n&#233;voles dans un centre de b&#233;n&#233;volat. Ils s'&#233;taient engag&#233;s &#224; conduire des personnes &#224; l'h&#244;pital, pour des traitements, deux jours par semaine. On leur a demand&#233; ensuite de le faire trois, puis quatre jours par semaine. Ils n'ont pas os&#233; dire non. Ils se sont d&#233;courag&#233;s et ont d&#233;croch&#233; compl&#232;tement. Grosse perte pour l'organisme. Il est important, pour les organismes communautaires, de respecter les limites que les b&#233;n&#233;voles ont fix&#233;es. Il faut mettre cela par &#233;crit, au besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un b&#233;n&#233;vole, un militant, doit bien conna&#238;tre les motivations qui l'ont amen&#233; &#224; offrir ses services. Il doit conna&#238;tre ses forces, et ce qui lui fait plaisir. S'il accepte de faire des t&#226;ches qui ne sont pas dans ses forces, il s'usera plus vite. Le b&#233;n&#233;volat, le militantisme doivent se faire dans le plaisir. Quand il y a de la complicit&#233; dans un groupe, c'est plus facile de faire du b&#233;n&#233;volat. &#201;videmment, on peut d&#233;velopper de nouvelles forces, de nouvelles connaissances, dans un organisme, mais il y a des zones o&#249; nous ne sommes pas &#224; l'aise et qu'il faut respecter. Que faire en cas de d&#233;bordement ? Lancer un appel &#224; toutes et &#224; tous via le bulletin de liaison de l'organisme, recruter de nouveaux b&#233;n&#233;voles, inlassablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand l'organisme pour lequel on milite ne conna&#238;t pas lui-m&#234;me ses limites, il est difficile qu'il respecte celles de ses b&#233;n&#233;voles. Nos organismes doivent apprendre &#224; dire non, lorsqu'ils sont sollicit&#233;s pour des t&#226;ches qui ne rel&#232;vent pas de leurs priorit&#233;s. Nos organismes sont hypersollicit&#233;s (tables de concertation, consultations, pr&#233;sentation de m&#233;moires, etc.). Il faut savoir refuser. Danielle Fournier, de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, Lise Gervais, de Relais Femmes et Christine Boulet du Centre des femmes l'H&#233;ritage, de Louiseville. ont bien d&#233;montr&#233;, dans leur &#233;tude &#171; Le beau risque &#187; (2003), que les groupes doivent choisir avec soin leurs lieux de concertation s'ils ne veulent pas n&#233;gliger leur mission de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Allons-y avec une comparaison. Des &#233;tudes en sociologie du travail ont d&#233;montr&#233; la corr&#233;lation suivante entre la dur&#233;e hebdomadaire du travail et la satisfaction au travail. Grosso modo, les personnes les plus satisfaites (le premier sous-groupe) sont celles qui travaillent disons autour de 5 % de plus que les heures requises normalement (par hypoth&#232;se 37 heures, alors que leur semaine de travail est de 35 heures). Tout se passe comme si leur entourage leur envoyait ce message : tu travailles bien, on a besoin de toi un peu plus. Le deuxi&#232;me sous-groupe de niveau de satisfaction (un peu moins satisfait) : les personnes qui font exactement les heures requises (disons 35 heures). Le troisi&#232;me sous-groupe, le plus insatisfait : les bourreaux de travail (50 heures&#8230;). Ce sont des moyennes, bien s&#251;r. Par analogie (mais avec des heures moins nombreuses !), la le&#231;on &#224; tirer de ceci pour les militants et les b&#233;n&#233;voles : faire des petits extras, c'est bien, c'est m&#234;me valorisant ; toutefois, ne jamais dire non, s'&#233;puiser dans le b&#233;n&#233;volat, c'est malsain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces quelques r&#233;flexions valent pour tous les &#226;ges de la vie mais sont probablement particuli&#232;rement pertinentes pour les retrait&#233;s : la soci&#233;t&#233; a grand besoin de leur implication citoyenne, pratiqu&#233;e dans la s&#233;r&#233;nit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'objectif de militer sans se fatiguer ? Militer longtemps et efficacement. Car il peut sembler paradoxal, en ce qui concerne le militantisme (mais non dans le cas du b&#233;n&#233;volat), de vouloir conjuguer engagement et s&#233;r&#233;nit&#233;, le militantisme se nourrissant habituellement d'urgence, de crise, d'agitation, de passion et de f&#233;brilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le probl&#232;me, c'est qu'il y a une crise &#9472; et m&#234;me des crises &#9472; aujourd'hui et qu'il y en aura encore d'autres demain : il faut se garder des &#233;nergies pour &#234;tre d'attaque face &#224; ces nouvelles crises qui surgiront immanquablement. Et si on veut militer longtemps, avec t&#233;nacit&#233;, et avec quelques succ&#232;s, il faut chercher, &#224; t&#226;tons et dans le doute constant, &#224; concilier la capacit&#233; d'agir dans l'imm&#233;diat et dans le long terme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mar&#233;e noire en Louisiane : la part de responsabilit&#233; du gouvernement am&#233;ricain</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Maree-noire-en-Louisiane-la-part-de-responsabilite-du-gouvernement-americain</link>
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		<dc:date>2010-06-22T08:33:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-06-22</dc:subject>

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&lt;p&gt;En ce moment, le pr&#233;sident Obama tient des propos durs envers BP mais une nouvelle enqu&#234;te approfondie sur la mani&#232;re dont son administration est intervenue dans ce d&#233;sastre, montre que c'est sa mauvaise gestion ant&#233;rieure, ses d&#233;lais et son manque de supervision qui a permis que la situation soit hors de contr&#244;le. &lt;br class='autobr' /&gt; Traduction et mise en forme &#233;crite : Alexandra Cyr &lt;br class='autobr' /&gt;
Un article intitul&#233; &#171; The Spill, the Scandal and the President &#187;, est publi&#233; dans le dernier num&#233;ro de Rolling Stone. Son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L100xH150/arton4795-3d667.png?1781302917' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ce moment, le pr&#233;sident Obama tient des propos durs envers BP mais une nouvelle enqu&#234;te approfondie sur la mani&#232;re dont son administration est intervenue dans ce d&#233;sastre, montre que c'est sa mauvaise gestion ant&#233;rieure, ses d&#233;lais et son manque de supervision qui a permis que la situation soit hors de contr&#244;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traduction et mise en forme &#233;crite : Alexandra Cyr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article intitul&#233; &#171; The Spill, the Scandal and the President &#187;, est publi&#233; dans le dernier num&#233;ro de Rolling Stone. Son auteur, Tom Dickinson, est correspondant politique du magazine. Il &#233;crit : &#171; Si Georges W. Bush a pav&#233; la voie &#224; ce d&#233;versement, c'est l'administration actuelle qui a donn&#233; le feu vert pour que BP proc&#232;de &#187;. L'article examine comment le secr&#233;taire &#224; l'int&#233;rieur, Ken Salazar a laiss&#233; en place les proc&#233;dures favorables aux p&#233;troli&#232;res install&#233;es par l'administration Bush et en fin de compte laisser faire BP, une compagnie qui a le pire dossier en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, et des meurtres &#224; son actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DN, AmyGoodman : Tom Dickinson, soyez le bienvenu &#224; notre &#233;mission. Qu'est-ce qui vous a le plus &#233;tonn&#233; dans cette enqu&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T.D. : Bonne question. Il y a eu toutes sortes de surprises dans ce travail. Ce sont, je crois bien, les faits comme tels qui ont &#233;t&#233; surprenant. J'ai &#233;crit, dans le pass&#233;, un article plut&#244;t na&#239;f &#224; propos de Ken Salazar quand il a &#233;t&#233; assign&#233; &#224; son poste et qu'il est apparu avec son grand chapeau blanc, sa petite cravate en cordon et qu'il a d&#233;clar&#233; qu'il &#233;tait le nouveau sh&#233;rif en ville. J'ai discut&#233; personnellement avec lui de son intention de nettoyer le MMS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mineral Management Service, l'agence f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine charg&#233;e de g&#233;rer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, une des premi&#232;res choses qu'il a faite en entrant en service, fut d'aller rencontrer le personnel de l'agence et de leur donner un avertissement : &#171; &#201;coutez- moi bien, ces comportements qui ont eu cour depuis des ann&#233;es vont maintenant cesser &#187;. Il m'a personnellement assur&#233; qu'il ne s'agissait pas seulement de l'aspect &#233;thique des mani&#232;res de faire qu'il visait mais, d'un changement en profondeur et complet des pratiques et des r&#232;gles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il a chang&#233;. Je pense que le plus surprenant fut qu'au cours de sa premi&#232;re ann&#233;e de gestion, Ken Salazar a ouvert une surface record du golfe du Mexique au forage. Donc, en m&#234;me temps qu'il retirait les droits de forage dans les parcs nationaux et ailleurs au sol, qu'il revenait sur les droits d'extraction dans les roches schisteuses, il poussait &#224; fond les droits de forage en mer sans pour autant avoir fait modifi&#233; le MMS pour qu'il soit autre chose qu'un magasin de bonbons pour les p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DN, J.G. : Mais, Tom Dickinson, vous soulignez aussi qu'il n'y aurait pas d&#251; y avoir de surprise l&#224;. Ken Salazar, lorsqu'il &#233;tait s&#233;nateur, encourageait l'exploration et l'exploitation p&#233;troli&#232;re en mer. Qu'en est-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T.D. Oui en effet. En 2006, il a &#233;t&#233; le promoteur d'un projet de loi qui a ouvert huit millions d'&#226;cres &#224; l'industrie et il a fait pression sur le pr&#233;sident Bush pour qu'il permette aux compagnies de r&#233;gler leurs baux de mani&#232;re acc&#233;l&#233;r&#233;e. Quelqu'un m'a expliqu&#233; qu'il y a, d'une certaine fa&#231;on, deux Ken Salazar : un sur terre et un autre en mer. D'&#233;vidence, il a une propension pour l'exploitation en mer. Je ne peux mesurer exactement ce qui suit, mais je pense qu'en tant que Westerner, il est plus sensible aux dommages que le d&#233;veloppement de cette industrie peut faire aux paysages de l'ouest, et ma foi, il a d&#233;plac&#233; le probl&#232;me loin de son cher coin de pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DN, A.G. : Revenons au point de d&#233;part de votre article : le 27 mai, un mois apr&#232;s le d&#233;but du d&#233;versement lorsque le pr&#233;sident fait un discours depuis l'aile est de la Maison blanche. Retracez-nous, &#224; partir de l&#224; la marche des implications et responsabilit&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T. D. Donc le pr&#233;sident se l&#232;ve et d&#233;clare : &#171; Nous prenons charge. Il n'y a plus personnes d'autre sur qui rejeter les responsabilit&#233;s &#187;. C'est essentiellement ce qu'il a dit. Il a aussi pris acte que les r&#233;formes au MMS n'avaient pas &#233;t&#233; men&#233;es avec assez de diligence et qu'il en assumait la responsabilit&#233;. Et il a aussi d&#233;clar&#233; : &#171; Ma faute a &#233;t&#233; de prendre la parole des p&#233;troli&#232;res &#224; l'effet qu'elles savaient ce qu'elles faisaient et qu'elles avaient un plan pour venir &#224; bout du pire sc&#233;nario &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme nous le d&#233;montre la r&#233;alit&#233;, c'&#233;tait la derni&#232;re chose &#224; faire. Mais, le MMS est responsable de l'examen des pires sc&#233;narios et des plans de nettoyage des d&#233;g&#226;ts des p&#233;troli&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et, pour ce qui est de BP qui parle de tout nettoyer, jusqu'au moindre mollusque&#8230;ils ont un plan qui concerne un d&#233;versement de 250,000 barils par jour, soit un Exxon Valdez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du nom d'un bateau qui a &#233;chou&#233; sur les c&#244;tes de l'Alaska il y a vingt ans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; par jour. Ils proclament pouvoir r&#233;ussir un tel nettoyage ; mais c'est ridicule, compl&#232;tement risible. Et en plus, on d&#233;couvre qu'il n'y a pas de supervision de ce plan de la part du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, maintenant, Ms Obama et Salazar prennent toute la responsabilit&#233;. Ils s'en vont les yeux grands ouverts et proclament : &#171; Nous savons qu'il y a un probl&#232;me l&#224; &#187;. En fait, il y a un moment qu'ils ont quelque chose &#224; voir avec cette responsabilit&#233;. Avant m&#234;me que M. Obama soit asserment&#233;, il a d&#233;clar&#233; : &#171; Voici mon grand ami Ken Salazar. Il va s'assurer que le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur soit plus qu'un service aux compagnies et aux int&#233;r&#234;ts particuliers &#187;. Et Ken Salazar a mis son grand chapeau blanc et d&#233;clar&#233; qu'il &#233;tait le sh&#233;rif qui arrivait en ville ! Qu'il allait d&#233;busquer la criminalit&#233; interne li&#233;e au p&#233;trole : le personnel qui avait des liens avec celui des p&#233;troli&#232;res, avec ses dirigeants et les &#233;liminer. Le degr&#233; de corruption est tel dans cette agence qu'on ne peut pas la surestimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, Ken Salazar, avec son chef de cabinet, ancien &#8216;attorney general' du Colorado, a travaill&#233; sur la criminalit&#233; jusqu'&#224; un certain point mais le &#8216;nettoyage' n'a pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont laiss&#233; en place de hauts dirigeants imbib&#233;s de la culture du d&#233;veloppement par le p&#233;trole. Alors, quand il annon&#231;ait les r&#233;formes au MMS, dans le bureau de l'agence en Alaska, un g&#226;teau a &#233;t&#233; servi sur lequel on pouvait lire : &#171; Drill Baby, Drill ! &#187;. La pourriture de ce service d&#233;passe de beaucoup les seuls probl&#232;mes de criminalit&#233; ; les dirigeants n'y sont promus que dans la mesure o&#249; ils abandonnent toute r&#233;f&#233;rence scientifique et s'arrangent pour faciliter les &#233;missions de droits. Donc, c'est l&#224; leur culture. Mais le m&#233;nage devait &#234;tre fait. Au lieu, ils ont donn&#233; une pouss&#233;e sans pr&#233;c&#233;dent aux forages en mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut quand m&#234;me dire, au b&#233;n&#233;fice de Ken Salazar, qu'il s'est d&#233;barrass&#233; de toutes les ouvertures aux forages que l'administration Bush avait &#233;mises pour toutes les c&#244;tes. Les compagnies ont cr&#251; r&#234;ver pendant un moment. Mais c'&#233;taient des d&#233;cisions de derni&#232;res minutes qui n'&#233;taient pas appel&#233;es &#224; &#234;tre ex&#233;cut&#233;es. (&#8230;) Il faut donc donner cr&#233;dit &#224; Ken Salazar qui les a &#233;limin&#233;es mais en coupant la poire en deux selon des param&#232;tres politiques : des autorisations pour les &#201;tats d&#233;mocrates et aucune pour les r&#233;publicains soit les c&#244;tes du Pacifique, celles de l'Atlantique au nord du New-Jersey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, avec le pr&#233;sident, il est apparu sur une base de l'aviation, devant un F-18 et un drapeau am&#233;ricain d&#233;mesur&#233;, dans une mise en sc&#232;ne ressemblant au fameux &#171; Mission Accomplish &#187; et ils ont d&#233;clar&#233; : &#171; Nous travaillons sur cette situation (les ouvertures de droits de forages) depuis un an maintenant. Ce n'est pas facile, mais nous sommes pr&#234;ts &#224; proc&#233;der &#187;. Et Salazar ajoute : &#171; Nos projections fonctionnent. Et le MMS est capable de g&#233;rer &#231;a &#187;. Quelques jours plus tard, le pr&#233;sident de son propre chef, d&#233;clare que les plateformes sont s&#233;curitaires. Donc, ils ont assum&#233; tout &#231;a juste avant l'accident et sans avoir proc&#233;d&#233; aux reformes fondamentales absolument n&#233;cessaires. En fait ils ont laiss&#233; en place les r&#232;gles &#233;tablies par l'administration Bush. Ce sont des r&#232;gles compliqu&#233;es mais, par lesquelles les compagnies, se procurent une &#233;tude environnementale de la r&#233;gion, une des surfaces vis&#233;es par les baux d'exploitation et une pour chaque projet. Elles se munissent ensuite d'un bon de renonciation, une sorte de permis d'&#233;viter les obligations d'examen des contingences environnementales. Donc BP a b&#233;n&#233;fici&#233; de ces proc&#233;dures. Les permis de forage &#233;taient &#233;mis selon ces r&#232;gles. Les deux premiers niveaux ont &#233;t&#233; r&#233;vis&#233;s par le MMS et M. Salazar a d&#233;clar&#233; : &#171; Nous avons r&#233;vis&#233; le premier et le deuxi&#232;me niveau. Inutile de revoir le troisi&#232;me puisque les deux autres l'ont &#233;t&#233; &#187;. Mais les deux premi&#232;res r&#233;visions n'&#233;taient que de la cochonnerie. Elles n'&#233;taient pas r&#233;alistes. Elles tenaient les possibilit&#233;s d'explosion pour peu probables avec peu de risques. Je peux toujours comprendre que ce soit peu probable mais peu risqu&#233;, c'est absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DN A.G., (&#8230;) Juan Gonzalez, dans votre chronique dans le New-York Daily News de ce matin, vous avez des informations tr&#232;s int&#233;ressantes&#8230;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DN J.G.,&lt;/strong&gt; Oui et je voudrais les r&#233;sumer ici pour que Tom Dickinson puisse y r&#233;agir. Je fais &#233;tat d'une &#233;tude de Walter Hang, de la compagnie Toxic Targeting qui a son si&#232;ge dans le nord de l'&#201;tat de New-York. Cette firme se sp&#233;cialise dans le d&#233;nombrement des traces de rejets de p&#233;trole &#224; travers le pays, des rejets dangereux. Or, au cours des derni&#232;res dix ann&#233;es, ils ont &#233;t&#233; capables de d&#233;busquer dans les bases de donn&#233;es du gouvernement, des notations pour litt&#233;ralement des milliers de rejets et d&#233;versements dans le golfe du Mexique. Le nombre de d&#233;versements dangereux s'est notoirement accru au cours des ann&#233;es Bush. Je crois qu'il y a eu environ 330 d&#233;versements dans le golfe depuis 1964 ; la moiti&#233; au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es soit les ann&#233;es de la pr&#233;sidence de M. G.W. Bush et les premi&#232;res du pr&#233;sident Obama. BP est la compagnie qui a rapport&#233; la majorit&#233; de ces d&#233;versements au cours de cette p&#233;riode, soit vingt-trois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces chiffres font &#233;tat de toutes sortes de circonstances pour ces d&#233;versements. Comme, ceux provoqu&#233;s par des avaries &#224; des plateformes lors du passage d'ouragans, des puits dont on a perdu le contr&#244;le, des bris de tuyaux de remont&#233;e du p&#233;trole qui se brisent, des bateaux qui ont sombr&#233; ou qui sont entr&#233;s en collision avec des plateformes et qui ont sombr&#233; ensuite, etc. Le plus &#233;tonnant c'est ce rapport du MMS qui signale que suite &#224; l'ouragan Ike en 2008, une compagnie avait avis&#233; qu'elle avait perdu trace d'une de ses plateformes qui avait &#233;t&#233; d&#233;tach&#233;e par l'ouragan. La d&#233;rive a dur&#233; cinq mois. Elle a &#233;t&#233; retrouv&#233;e en mars 2009 parce qu'un bateau est entr&#233; en collision avec elle. Elle &#233;tait largement submerg&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces chiffres et leur progression auraient d&#251; sonner la cloche au gouvernement et les alarmer sur la survenue probable d'un d&#233;sastre majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(Tom Dickinson), vous avez aussi r&#233;pertori&#233; d'autres incidents graves dans lesquels BP a &#233;t&#233; impliqu&#233;e. Pouvez-vous nous en dire plus ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;T.D.,&lt;/strong&gt; Oui, pour ce qui est de l'augmentation des accidents : NOAA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;National Oceanic and Atmospheric Administration.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a constat&#233; en r&#233;visant la version simplifi&#233;e des r&#232;glements pour l'ouverture des permis de forage en mer de l'administration Bush par celle du pr&#233;sident Obama, que les donn&#233;es utilis&#233;es &#233;taient ant&#233;rieures aux ouragans Katrina et Rita. Donc ils sous-estimaient largement le nombre de d&#233;versements en &#233;valuant les risques et ils sous-estimaient &#233;galement le risque global d'un grand d&#233;versement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport &#224; ce que vous dites de BP : cette compagnie a un comportement de criminel multi r&#233;cidiviste. Elle a &#233;t&#233; reconnue coupable en 1999 je crois, pour s'&#234;tre intentionnellement d&#233;barrass&#233; de p&#233;trole ou de sous produits du p&#233;trole en pleine nature en Alaska. Elle l'a aussi &#233;t&#233; en 2005 lors du d&#233;sastre qu'a constitu&#233; l'explosion d'une de ses raffineries qui a provoqu&#233; la mort de quinze travailleurs et cents soixante-dix bless&#233;s graves. Il a &#233;t&#233; reconnu que BP avait diminu&#233; significativement les mesures s&#233;curitaires et retir&#233; des moyens li&#233;s &#224; la s&#233;curit&#233; dans un effort de r&#233;duction de ses co&#251;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
BP devait &#234;tre le maitre d'&#339;uvre lors du d&#233;versement de l'Exxon Valdez en 1990. Elle &#233;tait &#224; la t&#234;te du consortium charg&#233; des activit&#233;s n&#233;cessaires dans cette situation. La d&#233;cision avait &#233;t&#233; prise tr&#232;s t&#244;t apr&#232;s l'accident parce qu'Exxon n'avait pas les &#233;quipements requis pour la t&#226;che. Tr&#232;s vite Exxon s'est rendu compte que BP n'&#233;tait un bon partenaire et l'a remerci&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
BP a &#233;t&#233; responsable de ce qui &#233;tait jusqu'ici le pire d&#233;versement apr&#232;s l'Exxon Valdez, soit celui de la baie de Prudhoe. Un de ses ol&#233;oducs bris&#233; par la rouille a laiss&#233; couler le p&#233;trole. Il n'avait tout simplement pas &#233;t&#233; entretenu correctement. Encore une fois pour restreindre les co&#251;ts. &lt;br class='autobr' /&gt;
BP est caract&#233;ris&#233;e par une histoire criminelle inimaginable : elle tourne les coins ronds, elle met constamment &#224; risque la vie et la s&#233;curit&#233; de ses travailleurs et finalement il y a des morts. En plus, elle fait des torts incalculables &#224; notre environnement et au bien-&#234;tre collectif de la nation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est &#224; cette sorte de criminel qu'on donne la charge de tenter d'arr&#234;ter le d&#233;sastre ! Je ne comprends pas ! Je ne comprends tout simplement pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DN A.G., Tom Dickinson vous soulignez dans votre article que ce puits qui a explos&#233; dans le golfe du Mexique est un des plus riches de la zone. Parlez-nous un peu de cela.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T.D. C'est que j'ai eu une conversation avec un de ces grands patrons de l'industrie r&#233;cemment et il semblait dire qu'en comparaison, ce puits &#233;tait plus productif que les autres. Il faisait une sorte de r&#233;vision des capacit&#233;s et il n'y avait qu'un petit nombre de puits tr&#232;s productifs dans cette zone. Il semble que BP avait mis la main sur le pactole mais, ils ont tout bousill&#233;. Et maintenant nous sommes pris avec une sale bombe qui se d&#233;verse dans ces eaux et nous n'avons aucune indication que l'&#233;coulement cessera avant tard en ao&#251;t, peut-&#234;tre en septembre ou octobre. Personne ne semble &#234;tre capable de donner une id&#233;e juste du moment o&#249; les puits de d&#233;rivation qui sont en forage en ce moment seront pr&#234;ts. En plus, personne ne semble savoir s'ils vont jouer leur r&#244;le au premier ou au deuxi&#232;me essai. Je pense que quand ils ont tent&#233; cette man&#339;uvre dans la mer du Timor de l'Est il a fallu un dizaine d'essais pour arriver &#224; quelque chose. Et ils n'&#233;taient pas en mer profonde. Donc, le probl&#232;me n'est pas pr&#234;t de se r&#233;gler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ND, A.G., Tom Dickinson, merci beaucoup d'avoir &#233;t&#233; avec nous aujourd'hui. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ADDENDA :&lt;/strong&gt; Dans son adresse &#224; la nation du 15 juin courant, le pr&#233;sident Obama a trait&#233; sp&#233;cifiquement des graves lacunes et de la corruption qui affecte le MMS. Il a reconnu que les r&#233;formes qui y ont eu court n'ont pas &#233;t&#233; suffisantes et s'est engag&#233; &#224; ce que l'exercice soit repris et approfondi. Il a nomm&#233; &#224; cet effet un nouveau responsable. Voici une traduction de cette partie de son discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sident Obama&lt;/strong&gt; : (&#8230;) Nous avons d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; agir dans le service charg&#233; de r&#233;guler les forages et d'&#233;mettre les permis, le MMS. Depuis des dizaines d'ann&#233;es, cette agence est devenue le porte &#233;tendard d'une philosophie erron&#233;e hostile &#224; toute r&#233;gulation et qui affirme que les entreprises devraient &#233;tablir les r&#232;gles elles m&#234;me et s'auto discipliner. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des membres de l'industrie p&#233;troli&#232;re ont &#233;t&#233; charg&#233;s de la supervision, dans cette agence. Les p&#233;troli&#232;res ont inond&#233; les responsables de cadeaux et de faveurs. Dans les faits, elles ont pris en charge leurs propres inspections et &#233;labor&#233; leurs propres r&#232;glements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Ken Salazar a &#233;t&#233; nomm&#233; secr&#233;taire &#224; l'int&#233;rieur, une de ses premi&#232;res t&#226;ches a &#233;t&#233; de se d&#233;barrasser du pire de la corruption qui affectait le MMS. Mais, nous sommes oblig&#233;s de constater maintenant, que le probl&#232;me &#233;tait bien plus profond que ce qu'il n'y paraissait. Et les r&#233;formes ne se sont pas faites &#224; la vitesse n&#233;cessaire. Donc, M. Salazar et moi introduisons des forces nouvelles pour terminer cette t&#226;che. M. Michael Bromwich, ancien procureur f&#233;d&#233;ral d&#233;termin&#233; et inspecteur g&#233;n&#233;ral, y est affect&#233;. Il devra, au cours des prochains mois, faire de cette agence une v&#233;ritable agence de surveillance de l'industrie p&#233;troli&#232;re, non plus son partenaire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note introduite et traduction de l'extrait : A. Cyr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mineral Management Service, l'agence f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine charg&#233;e de g&#233;rer l'exploitation des ressources mini&#232;res aux USA, dont le p&#233;trole. N.d.t.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Du nom d'un bateau qui a &#233;chou&#233; sur les c&#244;tes de l'Alaska il y a vingt ans maintenant, y laissant une mar&#233;e noire dont la nature ne s'est pas encore remise. N.d.t.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;National Oceanic and Atmospheric Administration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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