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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Manifestations contre la vie ch&#232;re &#224; Ha&#239;ti</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Manifestations-contre-la-vie-chere-a-Haiti</link>
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		<dc:date>2010-05-19T21:15:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Bergeron</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-05-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les manifestations contre la vie ch&#232;re et la collaboration du gouvernement Pr&#233;val avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain s'intensifient dans plusieurs r&#233;gions d'Ha&#239;ti et la seule r&#233;ponse des autorit&#233;s a &#233;t&#233; la r&#233;pression et les gestes antid&#233;mocratiques. &lt;br class='autobr' /&gt; Des milliers de manifestant/es ont d&#233;fil&#233; &#224; Port-au-Prince et dans plusieurs villes en r&#233;clamant l'acc&#233;l&#233;ration de la distribution de l'aide alimentaire et la cr&#233;ation d'emplois tout en fustigeant l'administration Pr&#233;val pour sa collaboration avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Haiti-+" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-05-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-05-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les manifestations contre la vie ch&#232;re et la collaboration du gouvernement Pr&#233;val avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain s'intensifient dans plusieurs r&#233;gions d'Ha&#239;ti et la seule r&#233;ponse des autorit&#233;s a &#233;t&#233; la r&#233;pression et les gestes antid&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des milliers de manifestant/es ont d&#233;fil&#233; &#224; Port-au-Prince et dans plusieurs villes en r&#233;clamant l'acc&#233;l&#233;ration de la distribution de l'aide alimentaire et la cr&#233;ation d'emplois tout en fustigeant l'administration Pr&#233;val pour sa collaboration avec les puissances imp&#233;rialistes, son incomp&#233;tence et sa volont&#233; de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible au m&#233;pris des r&#232;gles constitutionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces manifestations sont durement r&#233;prim&#233;es par les forces de l'ordre ha&#239;tiennes et les militaires am&#233;ricains pr&#233;sents depuis tout ce qui prend l'air d'un coup de force sous l'oeil complice de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mobilisations sont les cons&#233;quences de l'inertie gouvernementale dans la distribution de l'aide internationale et la corruption, du m&#233;pris affich&#233; par l'administration Pr&#233;val pour les droits d&#233;mocratique et la souverainet&#233; d'Ha&#239;ti, abandonnant l'&#238;le aux puissances imp&#233;rialistes qui, sous couvert de l'aide humanitaire, tentent le coup du n&#233;o-colonialisme (10 000 marines am&#233;ricains sont d&#233;barqu&#233;s sur l'&#238;le d&#232;s le 13 janvier), Ha&#239;ti occupant une position strat&#233;gique face &#224; Cuba et au V&#233;nezuela, sans parler des rumeurs entourant la pr&#233;sence de nappes de p&#233;trole sous ou autour d'Ha&#239;ti, des gisements de bauxite, d'iridium et d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition d&#233;nonce notamment l'improvisation dans la reconstruction, les tentatives de maintenir la population et les organismes communautaires et syndicales hors des processus de d&#233;cisions sur l'orientation de la reconstruction et la r&#233;pression de ces mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentants des organismes populaires du secteur agricole pointent particuli&#232;rement les tentatives d'introduction d'OGM dans les semences qui sont offertes dans le cadre de l'aide internationale, une &#171; gracieuset&#233; &#187; de Mosanto. Ces rumeurs ont &#233;t&#233; d&#233;menties par le ministre de l'agriculture, mais lorsqu'on conna&#238;t les pratiques de Mosanto, il y a de quoi s'interroger sur la cr&#233;dibilit&#233; de ces propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#233;seau National de D&#233;fense des Droits Humains d&#233;nonce le d&#233;placement des victimes du tremblement de terre de janvier dernier vers des zones sans &#233;lectricit&#233; et d&#233;pourvues de services de base et d'activit&#233;s &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus globalement, les organismes communautaires et syndicaux d&#233;noncent les lenteurs des op&#233;rations visant &#224; reconstruire Ha&#239;ti. Selon la radio Signal Ha&#239;ti, les rues sont encore encombr&#233;es de grabats, des corps sont encore sous les d&#233;combres, des &#233;difices menacent toujours de s'&#233;crouler menacant la vie de nombreuses personnes et la saison des cyclones risque de faire des dommages encore plus lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis d'opposition, les mouvements sociaux et syndicaux organisent des manifestations visant &#224; forcer l'acc&#233;l&#233;ration de la distribution de l'aide alimentaire et humanitaire ainsi que la d&#233;mission de Ren&#233; Pr&#233;val, complice de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et europ&#233;en dont les forces militiares ont d'ore et d&#233;j&#224; pris le contr&#244;le du pays. Parmi ces mouvements, certains souhaitent le retour d'exil de l'ex-pr&#233;sident Jean-Bertrand Aristide, d&#233;tron&#233; par un coup de force am&#233;ricain. Cette revendication est loin de faire l'unanimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, la centrale syndicale Bataye Ouvriye m&#232;ne une campagne importante de solidarit&#233; internationale tout en assurant une opposition populaire &#224; la d&#233;terioration des conditions de travail et de vie des classes populaires qui subissent le plus durement les effets du tremblement de terre du 12 janvier dernier. La centrale syndicale revendique &#233;galement la d&#233;soccupation imm&#233;diate d'Ha&#239;ti et le retrait des troupes militaires &#233;trang&#232;res, l'annulation de la dette ext&#233;rieure et des r&#233;formes d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.batayouvriye.org/Francais/" class="spip_out"&gt;Pour visiter le site Internet de Bataye Ouvriye :&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s Copenhague, Cochabamba comme alternative ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Apres-Copenhague-Cochabamba-comme-alternative</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Apres-Copenhague-Cochabamba-comme-alternative</guid>
		<dc:date>2010-05-18T11:11:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Houtart</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-05-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Convoqu&#233;e par Evo Morales, suite &#224; l'&#233;chec de la Conf&#233;rence des Nations-unies sur le climat &#224; Copenhague, pr&#233;alablement &#224; celle de Cancun (Mexique) en d&#233;cembre 2010, cette conf&#233;rence se tint &#224; Cochabamba, ville rest&#233;e c&#233;l&#232;bre pour son combat contre la privatisation de l'eau en 1990.Un accord boiteux avait &#233;t&#233; conclu &#224; Copenhague et impos&#233; par quelques grands pays, un certain nombre d'entre eux, dont la Bolivie et l'Equateur, ayant refus&#233; de le signer. &lt;br class='autobr' /&gt; L'originalit&#233; de la d&#233;marche fut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-05-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-05-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/arton4667-e19ca.png?1676729532' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Convoqu&#233;e par Evo Morales, suite &#224; l'&#233;chec de la Conf&#233;rence des Nations-unies sur le climat &#224; Copenhague, pr&#233;alablement &#224; celle de Cancun (Mexique) en d&#233;cembre 2010, cette conf&#233;rence se tint &#224; Cochabamba, ville rest&#233;e c&#233;l&#232;bre pour son combat contre la privatisation de l'eau en 1990.Un accord boiteux avait &#233;t&#233; conclu &#224; Copenhague et impos&#233; par quelques grands pays, un certain nombre d'entre eux, dont la Bolivie et l'Equateur, ayant refus&#233; de le signer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'originalit&#233; de la d&#233;marche fut d'avoir convoqu&#233; ensemble, mouvements sociaux et gouvernements. En fait, seuls deux chefs d'Etat furent pr&#233;sents, Evo Morales et Hugo Chavez et deux vice-pr&#233;sidents, celui de Cuba et celui du Burundi. Les d&#233;l&#233;gations officielles furent au nombre de 47, plus quelques organisations internationales, tel le secr&#233;tariat des Nations-unies Il y eut 147 nationalit&#233;s pr&#233;sentes et quelques 35.500 inscrits, ce qui d&#233;passa de loin les 15.000 attendus. Plus de 800 europ&#233;ens et un certains nombre d'Africains et d'Asiatiques furent emp&#234;ch&#233; d'y prendre part, &#224; cause de l'interruption du trafic a&#233;rien, due &#224; l'activit&#233; volcanique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;rence se tint &#224; l'UNIVALLE, une universit&#233; priv&#233;e d'un faubourg de la ville, qui avait mis son campus et des centaines d'&#233;tudiants au service de cette activit&#233;. Dix sept groupes de travail (mesas) sur le th&#232;me central pr&#233;par&#232;rent la d&#233;claration finale et r&#233;dig&#232;rent des rapports sur des th&#232;mes, tels que les donn&#233;es scientifiques, les causes structurelles des changements climatiques, les migrations et la dette climatiques, les Droits de la terre-M&#232;re, un Referendum mondial sur le climat, l'installation d'un Tribunal p&#233;nal international sur les d&#233;lits contre la nature, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dix-huiti&#232;me groupe de travail, non-officiel, se r&#233;unit &#224; l'ext&#233;rieur du campus, dans une salle de restaurant. Il traita dune question non-abord&#233;e au sein de la Conf&#233;rence : la contradiction entre la d&#233;fense de la nature (la Pacha-Mama) et les politiques extractives (p&#233;trole, gaz, mines) des pays progressistes de l'Am&#233;rique latine. Des critiques tr&#232;s dures y furent &#233;mises par des groupes &#233;cologistes et indig&#232;nes, qui en g&#233;n&#233;ral, cependant, reconnaissaient le bien fond&#233; des politiques sociales de ces m&#234;mes pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut aussi des centaines d'ateliers autog&#233;r&#233;s, organis&#233;s par des mouvements sociaux ou des ONG, traitant de questions diverses, telles que le r&#244;le des Banques internationales (Banque mondiale, Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement, etc.) la culture et les changements climatiques, les glaciers, l'eau, les effets sur la sant&#233;, les peuples indig&#232;nes, plus de nombreux cas concrets, comme le Yasuni en Equateur (r&#233;gion de haute biodiversit&#233; habit&#233;e par des peuples indig&#232;nes et qui rec&#232;le une &#233;norme r&#233;serve de p&#233;trole que le gouvernement est pr&#234;t &#224; ne pas exploiter, si la Communaut&#233; internationale lui accorde la moiti&#233; du gain financier que cela aurait rapport&#233; au pays) ou les exploitations mini&#232;res au Canada, Etats-Unis, Australie et Am&#233;rique latine. L'Assembl&#233;e des Mouvements sociaux aborda aussi divers aspects de ces th&#232;mes et c'est la Via Campesina qui joua le r&#244;le central, avec son pr&#233;sident indon&#233;sien et le MST (Mouvement des Paysans sans Terre) du Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier jour, une r&#233;union commune entre repr&#233;sentants des pays et des organisations internationales et les mouvements et ONG (soci&#233;t&#233; civile) permit de pr&#233;senter les rapports de synth&#232;se des divers groupes , qui furent comment&#233;es par les repr&#233;sentants des gouvernements. C'est l&#224; que le Ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de l'Equateur, Ricardo Plati&#241;o, signala que son pays et la Bolivie, avaient respectivement subi une r&#233;duction de 2,5 millions et de 3 millions de dollars de la coop&#233;ration des Etats-Unis pour n'avoir pas sign&#233; le document de Copenhague. Il annon&#231;a que l'Equateur &#233;tait pr&#234;t &#224; accorder aux Etats-Unis une somme de 2,5 millions de dollars, s'ils ratifiaient le protocole de Kyoto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours d'inauguration, Evo Morales, donna le ton de la Conf&#233;rence. C'est le mode de d&#233;veloppement, domin&#233; par les principes du capitalisme, qui est en jeu, car il est destructeur de la Terre-M&#232;re et des communaut&#233;s humaines. Hugo Chavez ajouta &#224; la cl&#244;ture, que seul le socialisme pouvait apporter une r&#233;ponse compl&#232;te. Evo Morales illustra d'exemples symboliques les cons&#233;quences insolites d'un mod&#232;le productiviste, se demandant pourquoi les Europ&#233;ens devenaient chauves, alors que les indig&#232;nes de l'Am&#233;rique latine conservaient leur chevelure et attribuant malencontreusement des changements d'orientation sexuelle chez les hommes, dus aux hormones f&#233;minines pr&#233;sentes dans la nourriture des poulets industriellement produits. La presse bolivienne particuli&#232;rement hostile au r&#233;gime du pr&#233;sident Morales, s'empara de cette aubaine m&#233;diatique, pour en faire la une des journaux. La presse internationale ne fut pas en reste, du New York Times au Pa&#237;s, exprimant une fois de plus &#224; quel niveau se situe la communication sociale, quand il s'agit de d&#233;nigrer un projet qui remet en jeu le syst&#232;me dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la c&#233;r&#233;monie d'ouverture, la repr&#233;sentante du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations-Unies fit un discours tr&#232;s engag&#233;. Malgr&#233; cela, elle fut hu&#233;e par une grande partie de l'assembl&#233;e, non sur le contenu de son discours, mais parce qu'elle repr&#233;sentait une institution qui avait perdu son prestige et sa cr&#233;dibilit&#233; suite &#224; la Conf&#233;rence de Copenhague.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;claration finale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration finale comprend, apr&#232;s avoir constat&#233; un certain nombre de faits, &#224; la fois une s&#233;rie de principes et des propositions concr&#232;tes. Il s'agit en premier lieu de d&#233;clarer la Terre-M&#232;re, source de vie et d'affirmer le principe d'harmonie et d'&#233;quilibre entre tous et par tous. Sur cette base, le syst&#232;me capitaliste doit &#234;tre remis en question, car il a sem&#233; la d&#233;pr&#233;dation et la mort et donc bris&#233; l'harmonie avec la nature et contredit le respect de la vie. En effet, il imposa une logique de comp&#233;titivit&#233;, de progr&#232;s et de croissance illimit&#233;e, en recherche de profit sans fin, s&#233;parant l'homme de la nature, &#233;tablissant un r&#233;gime de domination sur cette derni&#232;re et convertissant tout en marchandise. Il faut, au contraire, cr&#233;er un nouveau syst&#232;me, bas&#233; sur les principes de compl&#233;mentarit&#233;, de solidarit&#233; et d'&#233;quit&#233;, du bien-&#234;tre collectif et de la satisfaction des besoins de tous, en harmonie avec la Terre-M&#232;re et consid&#233;rer l'&#234;tre humain pour ce qu'il est et non pas pour ce qu'il poss&#232;de. En effet, il ne peut y avoir d'&#233;quilibre avec la nature que s'il y a &#233;quit&#233; entre les &#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan pratique, une s&#233;rie de propositions seront transmises &#224; la Conf&#233;rence des Nations-unies &#224; Cancun : la ratification par tous les pays industrialis&#233;s du protocole de Kyoto ; la r&#233;duction de 50 % d'&#233;mission de CO2 pour 2050, sur base de la situation de 1990 ; une limite de 1 degr&#233; centigrade d'augmentation de la temp&#233;rature de la plan&#232;te et non de deux, comme pr&#233;vu &#224; Copenhague ; une charte des Droits des migrants climatiques ; un encouragement &#224; l'&#233;ducation sur les questions climatiques et environnementales. Un ensemble de mesures concr&#232;tes seront aussi propos&#233;es &#224; Cancun, telles que l'&#233;laboration d'une D&#233;claration universelle du Bien Commun de la Terre-M&#232;re et de l'Humanit&#233;, dont un projet fut r&#233;dig&#233; et pr&#233;sent&#233; par le P&#232;re Miguel D'Escoto, ancien pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations-Unies, comme base d'une r&#233;forme de l'ONU ; un Referendum mondial, sur le respect et le droit de la nature, dont les questions avaient &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es par le groupe de travail form&#233; &#224; cet effet et enfin la constitution d'un Tribunal p&#233;nal international sur les crimes contre le climat et l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Questions pendantes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le sommet de Cochabamba a permis de poser des questions fondamentales et de progresser dans la pens&#233;e et dans les propositions politiques, il reste, comme dans tout processus en cours, un certain nombre de questions qu'il faudra r&#233;soudre dans l'avenir. Il est bon d'en signaler deux, l'une d'ordre th&#233;orique et l'autre d'ordre pratique, les r&#233;flexions qui suivent servant d'hypoth&#232;ses de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan th&#233;orique c'est la conception des rapports entre l'humanit&#233; et la nature qui est en cause et donc aussi le vocabulaire utilis&#233;. Ce n'est peut-&#234;tre pas tellement le mot Terre-M&#232;re, qui a posa probl&#232;me. En effet celui-ci a &#233;t&#233; adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations-unies en 2009, quand le 22 avril, date choisie d'ailleurs pour cl&#244;turer le sommet de Cochabamba, fut d&#233;clar&#233; : jour de la terre-M&#232;re. Cependant, certaines voix se sont &#233;lev&#233;es, au cours de la Conf&#233;rence, pour demander une extension du concept. C'est plut&#244;t le texte de l'introduction du document de la Conf&#233;rence et certains discours, qui de mani&#232;re tr&#232;s explicite, d&#233;passaient l'expression m&#233;taphorique, pour attribuer &#224; la Terre-M&#232;re, les caract&#233;ristiques d'une personne vivante, capable d'&#233;couter, de r&#233;agir, d'&#234;tre aim&#233;e et pour cette raison d'&#234;tre un sujet de droit. La d&#233;claration finale demande de revaloriser la sagesse et les savoirs ancestraux des peuples indig&#232;nes et de &#171; reconna&#238;tre la Terre-M&#232;re comme un &#234;tre vivant, avec lequel nous avons une relation indivisible, interd&#233;pendante, compl&#233;mentaire et spirituelle &#187;. La D&#233;claration parle, entre autres, du droit de la terre-M&#232;re &#224; la vie et &#224; l'existence ; d'&#234;tre respect&#233;e ; de continuer ses cycles et processus vitaux libre d'alt&#233;rations humaines ; de maintenir son identit&#233; et int&#233;gralit&#233; avec ses &#234;tres diff&#233;renci&#233;s et en interaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est &#233;videmment pas question de remettre en question la n&#233;cessaire harmonie entre nature et genre humain et l'imp&#233;ratif de la r&#233;g&#233;n&#233;rescence de la plan&#232;te, ni d'avaliser le concept capitaliste d'exploitation destructrice de la nature, en fonction d'un d&#233;veloppement con&#231;u comme une croissance mat&#233;rielle illimit&#233;e. Il ne s'agit pas non plus de nier la n&#233;cessit&#233; de revoir une philosophie de ce rapport qui ignore les autres esp&#232;ces vivantes et la capacit&#233; de reproduction de l'&#233;quilibre de la nature. On ne peut accepter non plus de m&#233;priser et de marginaliser des cultures qui peuvent apporter &#224; l'humanit&#233; d'aujourd'hui une salutaire critique, tant du rapport d'exploitation v&#233;hicul&#233; par la logique du capitalisme, que de l'individualisme exacerb&#233; du mod&#232;le de consommation et des autres comportements qui caract&#233;rise cette derni&#232;re. Mais il s'agit de reconna&#238;tre qu'il existe des cultures diff&#233;rentes. Vouloir exprimer le changement n&#233;cessaire, uniquement dans les termes d'une pens&#233;e symbolique, qui tend &#224; identifier le symbole &#224; la r&#233;alit&#233;, signifie se heurter &#224; une culture caract&#233;ris&#233;e par une pens&#233;e analytique, qui replace la causalit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes dans leur champ sp&#233;cifique, que ce soit physique ou social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux cultures coexistent aujourd'hui. La premi&#232;re avec une richesse d'expression, qui rappelle la force du symbole et la r&#233;alit&#233; de l'id&#233;el, particuli&#232;rement utile dans le domaine des rapports &#224; la nature et dont les param&#232;tres pratiques sont parfaitement traduisibles en savoirs, en comportements et en politiques, mais dont la cosmovision est difficilement assimilable par une culture urbaine et industrielle, o&#249; que ce soit dans le monde. La seconde qui, certes, a r&#233;duit la culture &#224; une rationalit&#233; instrumentale ou &#224; une simple superstructure (une cerise sur le g&#226;teau, dirait Maurice Godelier) et donc renforc&#233; la logique du capitalisme et contribu&#233; &#224; sa reproduction, mais qui a aussi permis un d&#233;veloppement important des connaissances, utiles pour r&#233;soudre des probl&#232;mes pratiques et politiques. En r&#233;agissant contre les contradictions du capitalisme, qui conduisent l'humanit&#233; et la nature au d&#233;sastre, ne serait-il pas sage de permettre l'expression de diverses cultures et d'appliquer le principe de la multi-culturalit&#233; dans toutes ses dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un simple d&#233;but de r&#233;flexion, sans pr&#233;tention d'imposer un cadre de pens&#233;e sur ce probl&#232;me, mais pour ouvrir la discussion et arriver &#224; des solutions permettant une lutte commune dans la diversit&#233; et le respect mutuel. C'est notamment important pour l'aspect juridique. Comment d&#233;finir ce que signifie le Droit de la Terre-M&#232;re et parler d'un Tribunal international de Justice climatique et environnemental ? Evidemment les conceptions juridiques peuvent &#233;voluer et le respect d'un &#233;quilibre naturel est indispensable. Encore faut-il savoir si l'on utilise une m&#233;taphore pour exprimer une r&#233;alit&#233; concr&#232;te ou si l'on cr&#233;e de nouveaux concepts pour d&#233;finir l'harmonie n&#233;cessaire. Tout cela a des cons&#233;quences sur la mani&#232;re de dire le droit, de pr&#233;ciser les responsabilit&#233;s et d'appliquer des sanctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question est celle pos&#233;e par le groupe dix-huit, c'est-&#224;-dire la contradiction entre les politiques extractives et la d&#233;fense de la nature. Il est &#233;vident que l'activit&#233; extractive comporte un certain degr&#233; de destruction naturelle et que la production et l'utilisation de ces ressources naturelles entraine des dommages &#233;cologiques. Par ailleurs on ne peut demander au Venezuela de cesser demain l'exploitation du p&#233;trole, ni &#224; la Bolivie celle du gaz ou &#224; l'Equateur de fermer ses mines imm&#233;diatement. Les revenus de ces activit&#233;s forment la base des politiques nouvelles, notamment sur les plans sociaux et culturels. Une solution pourrait &#234;tre d'utiliser de mani&#232;re op&#233;rationnelle le concept de transition et de le d&#233;finir en termes politiques. Il s'agirait de quatre orientations fondamentales. Tout d'abord d&#233;velopper une &#233;conomie centr&#233;e, non sur l'extraction pour l'exportation, mais sur le march&#233; interne. Cela ne se fait &#233;videmment pas du jour au lendemain et cela suppose le moyen et le long terme. Plusieurs pays prennent d&#233;j&#224; des mesures dans ce sens. Ensuite, &#233;tablir des r&#232;gles strictes du point de vue &#233;cologique et social, de fa&#231;on &#224; limiter les d&#233;g&#226;ts &#224; la nature et &#224; respecter les droits des populations. En troisi&#232;me lieu, exiger des pays industriels (le Nord) en faveur desquels la majeure partie de cette extraction se r&#233;alise, de r&#233;duire leur consommation de ressources naturelles, de r&#233;duire leurs &#233;missions de gaz &#224; effet de serre et de financer les efforts des pays du Sud pour la protection de la nature et le respect des droits sociaux. Finalement &#233;tablir des normes internationales dans ces domaines, sanctionn&#233;es par un tribunal international, afin d'&#233;vider que ceux qui respectent strictement les principes de protection et d'&#233;quit&#233;, soient p&#233;nalis&#233;s &#233;conomiquement. Sur cette base, des progr&#232;s r&#233;els pourraient &#234;tre accomplis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les le&#231;ons de Cochabamba&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation populaire pour l'harmonie entre l'humanit&#233; et la nature (la Terre-M&#232;re) est une condition indispensable pour que les responsables politiques prennent les d&#233;cisions qui s'imposent. A cet effet, le diplomate mexicain en charge de la pr&#233;paration de la Conf&#233;rence de Cancun, Mr de Alba, a souhait&#233; la bienvenue &#224; tous les mouvements sociaux. Certains parmi la d&#233;l&#233;gation mexicaine ne cachaient pas cependant leur inqui&#233;tude, craignant que la pr&#233;sence des mouvements ne remette en question la tranquillit&#233; des d&#233;bats. Les pr&#233;sidents Morales et Chavez ont assur&#233; qu'ils pr&#233;senteraient les conclusions de Cochabamba dans l'enceinte officielle. Le dossier n'est pas cl&#244;t et c'est peut-&#234;tre le plus important.
&lt;br /&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
Source : Nouveaux cahiers du socialisme&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.cadtm.org" class="spip_out"&gt;http://www.cadtm.org&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>HA&#207;TI : Les enjeux cach&#233;s de la trag&#233;die : domination versus autod&#233;termination</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/HAITI-Les-enjeux-caches-de-la-tragedie-domination-versus-autodetermination</link>
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		<dc:date>2010-05-18T11:10:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor H. Ramos</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-05-18</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au-del&#224; de la catastrophe que repr&#233;sente le tremblement de terre du 12 janvier, il importait de se pencher plus longuement sur les raisons du d&#233;sastre. C'est &#224; cette analyse que s'att&#232;le l'anthropologue Victor H. Ramos, paraguayen r&#233;sident actuellement &#224; Qu&#233;bec, dans ce texte dense et &#233;clairant qui prolonge, par certains c&#244;t&#233;s, la mise en perspective historique propos&#233;e dans le num&#233;ro de DIAL d'avril 2008 [1] &lt;br class='autobr' /&gt; Lundi 1er mars 2010, mis en ligne par Dial (Diffusion de l'information sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-International-69-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Haiti-+" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-05-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-05-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au-del&#224; de la catastrophe que repr&#233;sente le tremblement de terre du 12 janvier, il importait de se pencher plus longuement sur les raisons du d&#233;sastre. C'est &#224; cette analyse que s'att&#232;le l'anthropologue Victor H. Ramos, paraguayen r&#233;sident actuellement &#224; Qu&#233;bec, dans ce texte dense et &#233;clairant qui prolonge, par certains c&#244;t&#233;s, la mise en perspective historique propos&#233;e dans le num&#233;ro de DIAL d'avril 2008 [1]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lundi 1er mars 2010, mis en ligne par Dial (&lt;a href=&#034;http://www.alterinfos.org/spip.php?article4237&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Diffusion de l'information sur l'Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha&#239;ti d&#233;vast&#233;, souffrant et sto&#239;que sert de toile de fond &#224; la repr&#233;sentation du th&#233;&#226;tre de l'absurde g&#233;opolitique le plus d&#233;concertant, dont la sc&#232;ne est la plan&#232;te globalis&#233;e ! Des images de villes &#171; bombard&#233;es &#187; et de beaucoup trop de morts dus au s&#233;isme, mais qui &#224; lui seul n'explique pas la gravit&#233; de cette trag&#233;die. Catastrophe qui nous fait terriblement mal, nous indigne, nous interpelle. Elle &#233;veille aussi un grand et spontan&#233; &#233;lan de solidarit&#233; citoyenne de quatre points cardinaux de la Terre. &#192; c&#244;t&#233; de cette noble expression de la &#171; tendresse des peuples &#187;, un autre mouvement moins spontan&#233; et moins noble, prend sa place de plus en plus clairement : les puissances qui jouent du coude pour mieux se positionner strat&#233;giquement dans Ha&#239;ti &#171; trag&#233;di&#233;. &#187; Les m&#233;dias de masse contr&#244;l&#233;s par les transnationales jouent plus aux d&#233;sinformateurs qu'aux informateurs. Ils transmettent plus de bruit &#8211; dans le sens communicationnel &#8211; que de l'information&#8230; comme ils le font r&#233;guli&#232;rement dans presque tous les &#233;v&#233;nements o&#249; il est question d'enjeux g&#233;opolitiques (armes de destruction massive&#8230;). Ils diffusent des informations non confirm&#233;es ou carr&#233;ment fausses ou bien occultent des faits importants qui ne cadrent pas dans leur &#171; Matrice &#187; qui maquille et d&#233;forme la r&#233;alit&#233;. On insiste beaucoup sur la cause &#171; naturelle &#187; de cette trag&#233;die, la &#171; mal&#233;diction ha&#239;tienne &#187;, le &#171; mauvais sort &#187; qui s'acharne sur Ha&#239;ti, etc. On parle aussi de la pauvret&#233;, voire la mis&#232;re d'Ha&#239;ti sans qu'une analyse s&#233;rieuse donne des explications sur les origines et les causes de cette pauvret&#233;, ni sur la d&#233;sarticulation de l'&#201;tat ha&#239;tien, processus d'affaiblissement de longue haleine, aggrav&#233; les vingt derni&#232;res ann&#233;es et acc&#233;l&#233;r&#233; depuis le coup d'&#201;tat contre le pr&#233;sident Jean-Bertrand Aristide de l'ann&#233;e 2004. Devant ce manque d'objectivit&#233; et d'analyse rationnelle, nous posons quelques questions de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il que l'ancienne &#171; perle des Antilles &#187; des colonies fran&#231;aises, &#171; le joyau de la couronne fran&#231;aise &#187; se trouve-t-il aujourd'hui parmi les pays les plus pauvres de la plan&#232;te ? Comment accepter qu'un pays autosuffisant en aliments jusqu'aux ann&#233;es 80 soit aujourd'hui une soci&#233;t&#233; qui d&#233;pend &#224; plus de 60 % de l'importation pour se nourrir ? Comment comprendre que le premier pays ind&#233;pendant de l'Am&#233;rique latine et &#171; grand fr&#232;re &#187; solidaire des gestes de l'ind&#233;pendance des pays continentaux (P&#233;tion avait aid&#233; Bolivar, exil&#233; en Ha&#239;ti, en 1815 et en 1816 en lui fournissant des combattants exp&#233;riment&#233;s et tout ce dont il avait besoin pour reprendre sa lutte contre les Espagnols) se trouve au XXIe si&#232;cle dans la situation d'un pays sous tutelle ayant perdu une bonne partie de son autod&#233;termination comme pays ? Comment expliquer que ce peuple vainqueur de l'arm&#233;e de Napol&#233;on, ne soit m&#234;me plus aujourd'hui en condition d'organiser par soi-m&#234;me sa police ? Sauf les m&#233;dias alternatifs, les m&#233;dias de masse se questionnent rarement en profondeur sur ces probl&#232;mes et ils ne donnent encore moins une r&#233;ponse coh&#233;rente qui puisse aider &#224; comprendre les causes structurelles de cette situation et de la mainmise des puissances actuelles sur Ha&#239;ti, avec la complicit&#233; d'une &#233;lite ha&#239;tienne affairiste, corrompue et colonis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les veines ouvertes d'Ha&#239;ti&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans son pass&#233; de premi&#232;re R&#233;publique ind&#233;pendante que se trouve une partie des causes structurelles de la prostration &#233;conomique et sociale de ce pays pionnier des libert&#233;s qu'est Ha&#239;ti. La France de Charles X a impos&#233; &#224; Ha&#239;ti ind&#233;pendant et lib&#233;r&#233; de l'esclavage la tristement fameuse &#171; dette de l'ind&#233;pendance &#187; : Ha&#239;ti a pay&#233; (de 1825 &#224; 1915) la somme immense de plus de 21 milliards de dollars de 2004, afin de la &#171; d&#233;dommager &#187; pour la perte de sa colonie la plus rentable. Mais cette dette ill&#233;gitime a &#233;t&#233; assortie d'autres mesures pour prolonger la mainmise fran&#231;aise sur Ha&#239;ti, telles que le contr&#244;le du syst&#232;me financier ha&#239;tien en obligeant ce pays &#224; donner en monopole toutes les transactions et op&#233;rations bancaires &#224; une banque fran&#231;aise, cela jusqu'au d&#233;but du XXe si&#232;cle. &#192; cela, il faut ajouter l'accord d'exclusivit&#233; pour les produits fran&#231;ais, la suppression ou la diminution de droits de douane, le bas prix pour le caf&#233; et autres biens ha&#239;tiens. Ce paquet de mesures contraignantes et d&#233;stabilisatrices pour l'&#233;conomie et pour l'&#201;tat ha&#239;tien naissant, qui ressemble aux n&#233;fastes Programmes d'ajustement structurel actuels du Fonds mon&#233;taire international (FMI) et de la Banque mondiale, a d&#232;s le d&#233;part hypoth&#233;qu&#233; sa possibilit&#233; de capitalisation, de cr&#233;ation d'infrastructures, de scolarisation et formation de sa population, bref, de se d&#233;velopper comme un pays ind&#233;pendant qui a une &#233;conomie avec une orientation propre, un &#201;tat avec des institutions en condition de r&#233;pondre aux besoins de ses citoyens et une soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e. La rouill&#233;e et inesth&#233;tique cha&#238;ne de fer de l'esclavage a &#233;t&#233; chang&#233; pour la nouvelle &#171; cha&#238;ne d'argent &#187;, plus belle et, surtout, plus efficace pour extorquer de l'argent dans les temps du capitalisme en plein essor au d&#233;but du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s presque un si&#232;cle de mise &#224; sac de la &#171; perle des Antilles &#187; par la France, le gouvernement des &#201;tats-Unis envahit Ha&#239;ti avec ses Marines en 1915 et ils y restent jusqu'&#224; 1934. La politique &#233;tats-unienne pour convertir Ha&#239;ti en un domaine am&#233;ricain de plantation de bananes et de canne &#224; sucre &#233;chouera devant la r&#233;sistance du peuple ha&#239;tien qui a &#233;t&#233; assassin&#233; par centaines et bombard&#233; de fa&#231;on massive, ce qui a caus&#233; des milliers de victimes. Pour compl&#233;ter cette domination brutale, la Citibank prend la place de la banque fran&#231;aise et Ha&#239;ti passe dans la zone d'influence &#233;tats-unienne. Satellisation qui promeut l'import-export et qui conduit au d&#233;veloppement d'une bourgeoisie compradore [2], tuant du m&#234;me coup dans l'&#339;uf la possibilit&#233; de cr&#233;ation de manufactures et d'industries dot&#233;es d'une assise nationale et de l'apparition concomitante d'une bourgeoisie nationale. Le pion interne cl&#233; pour le maintien d'Ha&#239;ti et de son &#233;conomie dans la d&#233;pendance la plus affaiblissante qui soit est cette bourgeoisie compradore. Associ&#233;e en situation de moindre pouvoir avec les compagnies &#233;trang&#232;res, elle s'identifie de plus en plus avec les int&#233;r&#234;ts ext&#233;rieurs et elle est pr&#234;te &#224; &#171; vendre son &#226;me &#187; facilement et sans remords, et &#224; se corrompre, pourvu que &#171; les affaires marchent &#187;, c'est-&#224;-dire que ses affaires marchent. Cette bourgeoisie antinationale &#233;tait la complice des Duvalier et elle est l'alli&#233;e des actuels proph&#232;tes de la globalisation. Voici l'opinion de Jean-Jacques Honorat sur cette bourgeoisie, personnage qui ne peut &#234;tre soup&#231;onn&#233; de gauchiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Renforc&#233;s au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es par l'adjonction d'une aile assembleuse et par la p&#233;n&#233;tration plus grande du capital technique et financier transnational, ils sont arriv&#233;s &#224; formuler sans ambages leur projet antinational : interdire la production locale de tout ce qu'ils peuvent importer, renforcer la vocation caf&#233;i&#232;re du pays, d&#233;truire la production vivri&#232;re pour soumettre totalement la demande nationale &#224; leur capacit&#233; d'importation, surexploiter la main d'&#339;uvre nationale au profit des compagnies multinationales qu'ils repr&#233;sentent. &#187; De la stagnation actuelle de l'histoire, New York, 1982, p. 7.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cit&#233; par Leslie Jean-Robert P&#233;an in Ha&#239;ti : l'ensauvagement macoute et ses cons&#233;quences, p. 446.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les veines d'Ha&#239;ti, et de Notre Am&#233;rique, ouvertes avec la conqu&#234;te et la colonisation sont plus que jamais ouvertes pour et par les nouveaux conqu&#233;rants du &#171; libre march&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Libre-&#233;change et &#171; d&#233;mocratie &#187; en Ha&#239;ti : g&#233;opolitique des puissances&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En cette &#233;poque de globalisation transnationale, le &#171; libre-&#233;change &#187; int&#232;gre les pays dans son orbite tout en les d&#233;sarticulant comme entit&#233;s souveraines avec int&#233;r&#234;ts propres. La &#171; d&#233;mocratie &#187; a &#233;t&#233; d&#233;natur&#233;e et elle est devenue le gouvernement de l'oligarchie, par l'oligarchie et pour l'oligarchie transnationale. Ce &#171; libre-&#233;change &#187; qui asservit les peuples et cette &#171; d&#233;mocratie &#187; des oligarchies transnationales sans patrie ni foyer placent Ha&#239;ti, et nous tous, dans &#171; le meilleur des mondes &#187; domin&#233;s par&#8230; le march&#233; mondial, seul monde possible selon cette id&#233;ologie unidimensionnelle qui tend vers un totalitarisme de march&#233;, appuy&#233; sur une arm&#233;e transnationale &#224; son service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En relation directe avec l'ouverture d'Ha&#239;ti vers le &#171; libre-&#233;change &#187; et son compl&#233;ment la &#171; d&#233;mocratie &#187; n&#233;olib&#233;rale impos&#233;e par la force, examinons quelques faits des derniers temps qui permettent de comprendre l'effondrement socio-&#233;conomique et la d&#233;sarticulation de l'&#201;tat ha&#239;tien, incapable d'accomplir ses fonctions de base, et encore moins de prendre les mesures n&#233;cessaires pour s&#233;curiser ses infrastructures avant le tremblement de terre, anticip&#233; par les sp&#233;cialistes, et dont les autorit&#233;s ha&#239;tiennes &#233;taient pr&#233;venues. Apr&#232;s la &#171; saign&#233;e historique &#187; d'Ha&#239;ti, et avec la succession du dictateur Fran&#231;ois Duvalier par son fils Jean-Claude &#226;g&#233; de seulement 19 ans, en 1971, sont adopt&#233;es des mesures qui d&#233;truisent les bases de l'agriculture et de l'&#233;levage traditionnel et qui instaurent la d&#233;pendance alimentaire. Par exemple, l'extermination du porc cr&#233;ole ha&#239;tien et son remplacement par des porcs import&#233;s, sous pr&#233;texte d'&#233;viter une imminente &#171; peste porcine &#187; africaine qui ne s'est jamais r&#233;pandue v&#233;ritablement en Ha&#239;ti. Le cochon noir ha&#239;tien &#233;tait facile &#224; &#233;lever, se contentant des restes de l'agriculture de subsistance des paysans pauvres et il &#233;tait consid&#233;r&#233; comme &#171; la banque &#187; de ces paysans ne co&#251;tant presque rien &#224; &#233;lever et se vendant tr&#232;s bien. Les paysans n'ont jamais &#233;t&#233; d&#233;dommag&#233;s pour leurs animaux extermin&#233;s. Les porcs import&#233;s n&#233;cessitent des soins particuliers, une nourriture riche en calories et des m&#233;dicaments import&#233;s, tous hors de la port&#233;e de ces paysans avec peu de moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les zones urbaines, une main d'&#339;uvre abondante, sans syndicats et le r&#233;gime de terreur du dictateur Baby Doc &#8211; surnom de Jean-Claude Duvalier &#8211; permettaient de compter sur des salaires extr&#234;mement bas et sur des travailleurs tr&#232;s vuln&#233;rables. Conditions id&#233;ales pour transformer Ha&#239;ti des ann&#233;es 1980 en la &#171; Taiwan des Cara&#239;bes &#187; ayant comme objectif l'exportation agricole et la production d'usines de montage de pi&#232;ces &#233;lectroniques. Les salaires, d&#233;j&#224; tr&#232;s bas, chut&#232;rent de 56 % pendant ces ann&#233;es. Ces salaires de mis&#232;re ont, logiquement, fait diminuer un peu le ch&#244;mage, mais ont augment&#233; le nombre de travailleurs pauvres&#8230; Les profits des entreprises &#233;tats-uniennes et ha&#239;tiennes ont &#233;t&#233; tr&#232;s importants. D'autre part, la production intensive de poulet-viande s'est effondr&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1990 &#224; cause principalement de l'importation de morceaux de poulets provenant du surplus de l'&#233;levage industriel des &#201;tats-Unis. Il faut souligner que cette production avicole industrielle locale est totalement d&#233;pendante de l'importation de la nourriture et des m&#233;dicaments, de la fluctuation de leurs prix, du transport, etc. La production agricole locale qui apportait tout ce dont avaient besoin les Ha&#239;tiens est aujourd'hui en grave crise &#224; cause de la fameuse doctrine du &#171; libre-&#233;change &#187; qui a laiss&#233; la porte ouverte &#224; l'importation de produits subventionn&#233;s, principalement des &#201;tats-Unis, et a impos&#233; les trois Plans d'ajustements structurels qui, parmi d'autres mesures d&#233;sastreuses pour Ha&#239;ti, ont r&#233;duits &#224; 3% les droits de douanes ! &#8211; privant l'&#201;tat de ressources indispensables. Cette ouverture asym&#233;trique du march&#233; int&#233;rieur ha&#239;tien a d&#233;truit le r&#233;seau traditionnel de production agricole et d'&#233;levage. Les petits paysans sans ressources et d&#233;pouill&#233;s de leurs moyens de production viennent grossir les ch&#244;meurs &#224; Port-au-Prince et dans les autres villes importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, l'implantation de cultures et de manufactures calqu&#233;es sur les mod&#232;les des pays d&#233;velopp&#233;s, dont les intrants et les technologies d&#233;pendent des importations et du savoir-faire exog&#232;ne, a enfonc&#233; encore plus l'ensemble de l'&#233;conomie ha&#239;tienne dans la d&#233;pendance. L'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale appliqu&#233;e en Ha&#239;ti a &#233;t&#233; implant&#233;e principalement par la Banque mondiale, le Fonds mon&#233;taire international et l'USAID (United States Agency for International Development, &#171; Agence des &#201;tats-Unis pour le d&#233;veloppement international &#187;), avec la complicit&#233; de l'&#233;lite ha&#239;tienne colonis&#233;e et rapace et d'une partie des &#233;conomistes et de sp&#233;cialistes divers format&#233;s et programm&#233;s selon les diktats des organismes de d&#233;veloppement au service, dans les faits, des corporations transnationales et des pays riches. Cette &#171; religion &#187; du libre-&#233;change tous azimuts a compl&#233;t&#233; l'&#339;uvre de d&#233;structuration de longue haleine de l'&#233;conomie d'Ha&#239;ti et consolid&#233; la d&#233;pendance socio-&#233;conomique et alimentaire de ce petit pays des Cara&#239;bes. Jetons maintenant un &#339;il sur le processus de domination politico-id&#233;ologique d'Ha&#239;ti, qui va de pair avec sa d&#233;structuration socio-&#233;conomique, et sa mise sous tutelle par le biais de la d&#233;fense de la &#171; d&#233;mocratie &#187; par des coups d'&#201;tat &#224; r&#233;p&#233;tition et par son invasion actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand les moyens sont les fins&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre l'impact qu'ont les moyens de communication modernes sur nos vies, Marshall McLuhan avait lanc&#233; dans les ann&#233;es 1960 sa fameuse formule &#171; le m&#233;dium est le message &#187;. Si nous voulons comprendre la trag&#233;die ha&#239;tienne, qui se situe plus sur le plan g&#233;opolitique que g&#233;ologique, et pouvoir saisir les v&#233;ritables fins des interventions &#233;trang&#232;res en Ha&#239;ti, nous pouvons dire en paraphrasant McLuhan que les moyens sont les fins. Sans aller plus loin que quelques cas des vingt derni&#232;res ann&#233;es, les moyens utilis&#233;s par les &#233;lites affairistes et les int&#233;r&#234;ts ext&#233;rieurs pour contr&#244;ler le gouvernement d'Ha&#239;ti et la soci&#233;t&#233; ha&#239;tienne a &#233;t&#233; la force sous diff&#233;rentes formes : violence civile, groupes arm&#233;s, assassinats et coups d'&#201;tat. Les fins, vous le savez d&#233;j&#224;, &#233;taient toutes nobles&#8230; et trompeuses. Cette derni&#232;re phase du contr&#244;le d'Ha&#239;ti commence quand le cur&#233; sal&#233;sien Jean-Bertrand Aristide est &#233;lu pr&#233;sident en 1990, &#224; l'encontre de tous les pronostics des sp&#233;cialistes qui donnaient gagnant Marc Bazin, ancien repr&#233;sentant de la Banque mondiale et l'homme du gouvernement des &#201;tats-Unis. Le discours de gauche et les mesures du gouvernement d'Aristide pour r&#233;pondre aux graves probl&#232;mes de base de la population, son combat contre la corruption, ses efforts pour revitaliser les structures de l'&#201;tat ha&#239;tien et le renforcement des organisations populaires allaient &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie compradore locale et ne cadraient pas du tout avec le r&#244;le traditionnel que le gouvernement des &#201;tats-Unis attribue aux gouvernements des pays sous son influence. Il est alors renvers&#233; par un coup d'&#201;tat dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Raoul C&#233;dras en septembre 1991, action appuy&#233;e par la Maison blanche de Bush p&#232;re. Selon plusieurs organismes internationaux, cette dictature a tu&#233; plus de 4000 personnes, instaur&#233; un r&#233;gime de terreur et an&#233;anti les organisations populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la deuxi&#232;me victoire d'Aristide en 2000, la saga d'interventions d&#233;tourn&#233;es et directes du gouvernement des &#201;tats-Unis, avec la collaboration du gouvernement fran&#231;ais, le kidnapping du pr&#233;sident ha&#239;tien par les forces sp&#233;ciales des &#201;tats-Unis le 29 f&#233;vrier 2004 et la mise sous tutelle d'Ha&#239;ti avec la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Ha&#239;ti (MINUSTAH), vient compl&#233;ter &#224; plusieurs niveaux la d&#233;structuration &#233;conomique et sociale du pays : d&#233;stabilisation &#171; d&#233;mocratique &#187; par des forces internes dont le plus connu est le Groupe des 184, dirig&#233; par l'homme de G. W. Bush, Andr&#233; Apaid, fils de l'industriel &#233;tats-unien du m&#234;me nom, soutien du dictateur Duvalier et farouche opposant d'Aristide. Ce groupe et d'autres entrent en action en complicit&#233; avec des forces externes telles que la National Endowment for Democracy (NED, &#171; Fondation nationale pour la d&#233;mocratie &#187;) et la Brookings Institution, organismes &#233;tats-uniens sp&#233;cialis&#233;s en op&#233;rations de ce genre, finan&#231;ant et aidant &#224; cr&#233;er des groupes d'opposition &#171; d&#233;mocratique &#187;, dans ce cas-ci en Ha&#239;ti. En symbiose avec ce genre d'opposition, les conspirateurs internes et externes utilisent la d&#233;stabilisation militaire en organisant des groupes arm&#233;s tels que les rebelles du Front de r&#233;sistance nationale (FRN) dirig&#233;s par l'ancien commissaire Guy Philippe, aid&#233; par Louis Jodel Chamblain, ancien chef d'escadron de la mort et du Front pour l'avancement et le progr&#232;s ha&#239;tiens (FRAPH), une organisation paramiliaire, ainsi que par le criminel Wilfort Ferdinand dit Tiwil, ancien membre de l'Arm&#233;e cannibale (sic). Ils ont contribu&#233; &#224; d&#233;velopper la subversion, cr&#233;er l'instabilit&#233; et &#224; ouvrir les portes aux forces &#233;tats-uniennes d'intervention destin&#233;es &#224; &#171; prot&#233;ger &#187; la population et &#224; r&#233;tablir l'ordre et la d&#233;mocratie&#8230; en enlevant le pr&#233;sident Aristide, derni&#232;re &#233;tape de l'intervention militaire directe du gouvernement de Bush. Il faut souligner qu'Aristide a facilit&#233; ces op&#233;rations de d&#233;stabilisation par manque de clart&#233; sur l'orientation politique de son gouvernement, par ses claudications devant l'&#233;lite ha&#239;tienne, le FMI et la Banque mondiale, par la confusion et le d&#233;sespoir cr&#233;&#233;s au sein du peuple par des mesures n&#233;olib&#233;rales antipopulaires et par la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que l'&#233;conomie ha&#239;tienne a &#233;t&#233; d&#233;sarticul&#233;e gr&#226;ce aux recettes du &#171; libre-&#233;change &#187; et aux privatisations tous azimuts du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement (BID), maintenant que sa capacit&#233; d'autosatisfaction alimentaire est d&#233;truite, que les organisations populaires sont an&#233;anties et l'&#201;tat d&#233;structur&#233;, la mise en tutelle d'Ha&#239;ti a &#233;t&#233; parachev&#233;e avec l'arriv&#233;e de la MINUSTAH en 2004. Ceci a l'avantage de garder les apparences d'une action internationale, tout en &#233;tant, dans les faits, une mainmise du gouvernement des &#201;tats-Unis sur Ha&#239;ti. C'est dans cette situation d'infraction gravissime au principe fondamental de l'autod&#233;termination des peuples et des lois internationales de non-intervention dans les affaires internes d'un pays que le s&#233;isme du 12 janvier a mis au d&#233;couvert non seulement les faiblesses des structures des &#233;difices et maisons ha&#239;tiennes, mais surtout la d&#233;structuration d'une soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re et la mise sous tutelle d'un &#201;tat ind&#233;pendant, le premier &#224; briser les cha&#238;nes de la colonisation et de l'esclavage en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La reconstruction d'Ha&#239;ti, enjeux d'ing&#233;nierie sociale et g&#233;opolitique : paradigmes et strat&#233;gies de la domination versus paradigmes et strat&#233;gies de l'autod&#233;termination&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La reconstruction d'Ha&#239;ti est plus de l'ordre de l'ing&#233;nierie sociale et g&#233;opolitique que du g&#233;nie civil. Pour ce dernier, il y a des normes reconnues, claires et pr&#233;cises &#224; suivre qui permettent de b&#226;tir d'une fa&#231;on s&#251;re et adapt&#233;e aux conditions sp&#233;cifiques des zones &#224; risque sismique et qu'un ma&#238;tre d'&#339;uvre fait respecter. Cependant, pour ce qui est de l'ing&#233;nierie sociale et de la g&#233;opolitique, m&#234;me si les normes et les lois locales et internationales existent, les principes de base ont &#233;t&#233; d&#233;natur&#233;s, travestis ou carr&#233;ment ignor&#233;s par les plus forts et les puissances ! Et c'est de cette ing&#233;nierie-l&#224; que d&#233;pend v&#233;ritablement toute la reconstruction mat&#233;rielle et sociale d'Ha&#239;ti. Aucune reconstruction mat&#233;rielle, sur laquelle les efforts se concentrent aujourd'hui, ne saura r&#233;sister aux secousses sociales, politiques et &#233;conomiques qui se feront sentir assez rapidement si une ing&#233;nierie sociale et g&#233;opolitique bas&#233;e sur la souverainet&#233; du peuple ha&#239;tien et sur la justice sociale n'est pas appliqu&#233;e. Malheureusement, les forces en pr&#233;sence en Ha&#239;ti (arm&#233;e et agences &#233;tats-uniennes, FMI, Banque mondiale, BID, USAID, etc.) laissent peu de place &#224; une reconstruction socio-&#233;conomique d'inclusion et de justice sociale, de renforcement de la souverainet&#233; de l'&#201;tat ha&#239;tien et d'autod&#233;termination du peuple ha&#239;tien et de ses organisations. Pire encore, dans la nouvelle perspective g&#233;opolitique de la &#171; domination du spectre complet &#187; du gouvernement des &#201;tats-Unis rendue publique en 2000 et connue sous le nom de &#171; Joint Vision 2020 &#187;, les actions r&#233;alis&#233;es en Ha&#239;ti dans la derni&#232;re d&#233;cennie cadrent parfaitement avec les quatre axes qui articulent cette &#171; cosmovision &#187; guerri&#232;re des relations des &#201;tats-Unis avec le reste du monde, dont l'objectif central est d'assurer leur h&#233;g&#233;monie sur le plan militaire, &#233;conomico-technologique, politique et culturel-id&#233;ologique. H&#233;g&#233;monie pour &#171; universaliser &#187;, pour imposer par tous les moyens n&#233;cessaires une unique vision anthropologique, &#233;conomique et politique &#8211; non celle du peuple &#233;tats-unien, mais bien celle de la nouvelle bourgeoisie transnationale de plus en plus sans fronti&#232;res et&#8230; sans patrie. En d'autres mots, c'est plus une guerre contre les peuples que contre les &#201;tats, contre les contestataires, les dissidents de l'ordre transnational capitaliste et contre les cultures diff&#233;rentes au mod&#232;le homog&#232;ne du march&#233; transnational dans lequel les sp&#233;cificit&#233;s sociales constituent un risque de &#171; grippage &#187; du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en face de cette redoutable machine de domination et de standardisation, il y a les citoyennes, les citoyens d'Ha&#239;ti et les peuples de tous les pays de la plan&#232;te, y compris celui des &#201;tats-Unis, qui ont aussi leur &#171; Joint Vision &#187;, leur Vision commune totalement diff&#233;rente de celle du syst&#232;me actuel. Vision et pratiques alternatives articul&#233;es autour des paradigmes de la souverainet&#233; des peuples, de la coop&#233;ration et de l'unit&#233; dans la pluralit&#233; respectueuse des diff&#233;rences culturelles. Cette vision alternative est depuis longtemps une pratique qui, partant des petites actions individuelles et locales, est en train de s'articuler, de se mettre de plus en plus en r&#233;seau local-global ! Vision et pratiques qui sont n&#233;es et enracin&#233;es dans le monde contemporain du &#171; village global &#187;, de la cybern&#233;tique, des synergies complexes. Cette Vision commune est en harmonie avec le contexte de notre plan&#232;te en interd&#233;pendance croissante et en interrelation structur&#233;e, situation qui ouvre et &#233;largit les &#171; possibles &#187; d'un monde divers et pluridimensionnel, diff&#233;rent du supermarch&#233; mondial standardis&#233;, unidimensionnel et militaris&#233; qu'on veut nous imposer. En r&#233;alit&#233;, ce qui est en jeu en Ha&#239;ti est beaucoup plus que la reconstruction mat&#233;rielle et sociale d'un pays. L'enjeu v&#233;ritable est l'application r&#233;ussie ou non de la &#171; r&#233;ing&#233;nierie &#187;, du &#171; reformatage &#187; d'Ha&#239;ti selon la logique d'un programme de contr&#244;le h&#233;g&#233;monique, mais qui vise le reste du monde, nous tous. Ce programme est bas&#233; sur la vision ancienne, et tr&#232;s partiale et partielle, du guerrier, de la domination de la nature et des autres &#234;tres humains, de la comp&#233;tition &#224; outrance, de la peur de l'autre, de la diff&#233;rence. Cette perspective rudimentaire et simpliste est de plus en plus en contradiction avec nous en tant que personnes habitant leurs localit&#233;s et le village global de fa&#231;on croissante, riche et simultan&#233;e ! Elle est en rupture avec nos soci&#233;t&#233;s profond&#233;ment reli&#233;es les unes aux autres comme membres de la nouvelle collectivit&#233; globale, demeure de l'humanit&#233; plurielle et solidaire en chantier. Elle est &#224; contrecourant des dynamiques de coop&#233;ration que les d&#233;fis &#233;cologiques et socio-&#233;conomiques sans fronti&#232;res appellent de fa&#231;on pressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette perspective d'enracinement dans la r&#233;alit&#233; contemporaine d'imbrications riches et complexes de nos destin&#233;es particuli&#232;res et communes que l'autod&#233;termination et non la domination, la coop&#233;ration et non la comp&#233;tition, doivent guider les actions concr&#232;tes de la reconstruction mat&#233;rielle et sociopolitique d'Ha&#239;ti. Nous souscrivons enti&#232;rement &#224; la d&#233;claration des mouvements sociaux nationaux et internationaux en relation &#224; la situation d'Ha&#239;ti qui affirment : &#171; Le moment est venu pour que les gouvernements qui participent &#224; la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Ha&#239;ti (MINUSTAH), les Nations unies et en particulier les &#201;tats-Unis, le Canada et la France, revoient de fond en comble les politiques erron&#233;es qu'ils ont appliqu&#233;es en Ha&#239;ti. &#187; [&#8230;] &#171; La soci&#233;t&#233; ha&#239;tienne, ses organisations, ses mouvements sociaux et ses repr&#233;sentants au sein de l'&#201;tat, doivent &#234;tre les protagonistes de l'effort international de reconstruction de leur pays. Ils doivent &#234;tre les premiers &#224; &#234;tre &#233;cout&#233;s et entendus, et doivent conserver la ma&#238;trise finale et souveraine des d&#233;cisions prises sur leur destin&#233;e. &#187; [3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela signifie concr&#232;tement :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La mise en branle d'un processus de renforcement de la souverainet&#233; de l'&#201;tat ha&#239;tien, avec le peuple comme fondement de cette autod&#233;termination, par le r&#233;cup&#233;ration imm&#233;diate de la direction de la reconstruction mat&#233;rielle, &#233;conomique et sociale et par le raffermissement et d&#233;veloppement de ses minist&#232;res, organismes et agences d'&#201;tat, etc., afin d'&#234;tre en condition de fonctionner comme un &#201;tat souverain normal et non sous tutelle. Les arm&#233;es &#233;trang&#232;res doivent quitter Ha&#239;ti selon un calendrier &#233;tabli sur la base de son autod&#233;termination int&#233;grale au sujet de l'&#233;conomie, la politique, les finances et la s&#233;curit&#233; du pays.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La participation du peuple ha&#239;tien dans la reconstruction mat&#233;rielle et sociale de son pays en tant que porteur de solutions et d'apports riches propres &#224; sa culture et &#224; son environnement et non comme simples man&#339;uvres des corporations transnationales &#233;trang&#232;res qui sont &#224; la recherche de profits importants et faciles.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La reconstruction de l'&#233;conomie ha&#239;tienne en fonction des int&#233;r&#234;ts et des besoins fondamentaux du peuple ha&#239;tien et non pas de l'&#233;lite interne cupide et encore moins selon l'id&#233;ologie et les int&#233;r&#234;ts des organismes qui sont &#224; la racine de la d&#233;structuration &#233;conomique et sociale d'Ha&#239;ti tels que la Banque mondiale, le FMI, la BID, l'USAID et autres.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'annulation totale de la dette d'Ha&#239;ti, dont une partie importante a &#233;t&#233; contract&#233;e par la dictature des Duvalier. Les pr&#234;ts octroy&#233;s apr&#232;s ce r&#233;gime de fer ont &#233;t&#233; faits dans le cadre de la n&#233;faste id&#233;ologie du &#171; libre-&#233;change &#187;, des Plans d'ajustement structurel, etc., mesures impos&#233;es par les organismes nomm&#233;s pr&#233;c&#233;demment. Ces pr&#234;ts ont surtout servi &#224; d&#233;truire l'&#233;conomie ha&#239;tienne traditionnelle qui, tout en ayant besoin d'&#234;tre am&#233;lior&#233;e, r&#233;ussissait &#224; combler les besoins de base de la soci&#233;t&#233;. Les chants de sir&#232;nes de cette id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale ont convaincu une partie de Ha&#239;tiens et ont impos&#233; aux autres son mod&#232;le bas&#233; sur une &#233;conomie d'exportation-importation, sur l'ouverture totale de son march&#233; int&#233;rieur, sur les bienfaits des investissements &#233;trangers qui &#171; donnent du travail &#187;, occultant l'autre c&#244;t&#233; de la m&#233;daille que constitue l'accroissement de la d&#233;pendance alimentaire, des technologies et intrants contr&#244;l&#233;s par les corporations &#233;trang&#232;res, l'appauvrissement des travailleurs &#224; cause de salaires de mis&#232;re, la diminution des recettes de l'&#201;tat par les avantages de toutes sortes donn&#233;es aux compagnies nationales et de l'ext&#233;rieur.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'abolition de l'Accord de partenariat &#233;conomique (APE) impos&#233; en 2008 par l'Union europ&#233;enne &#224; Ha&#239;ti, qui instaure la lib&#233;ralisation totale des mouvements de capitaux, de marchandises, de services et des brevets. Avec les Programmes d'ajustements structurels et les privatisations du FMI, cet accord l&#233;onin livre l'&#233;conomie et l'&#201;tat ha&#239;tiens pieds et poings li&#233;s en p&#226;ture aux corporations &#233;trang&#232;res et &#224; la bourgeoisie antinationale. La mise sous tutelle d'Ha&#239;ti n'est que le r&#233;sultat de la destruction &#233;conomique, sociale et politique de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais soyons r&#233;alistes. Dans l'imm&#233;diat et le moyen terme, ce qui sera appliqu&#233; en Ha&#239;ti sera surtout ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; pratiqu&#233; sur le terrain avant le s&#233;isme, c'est-&#224;-dire les lignes directrices du n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;structurant, de la g&#233;opolitique d'h&#233;g&#233;monie du gouvernement des &#201;tats-Unis. La &#171; Joint Vision &#187; imp&#233;riale, &#233;voqu&#233;e ci-dessus, qui fait d'Ha&#239;ti une pi&#232;ce strat&#233;gique derri&#232;re Cuba et pr&#232;s du Venezuela, centre des alternatives &#233;conomiques, financi&#232;res, &#233;nerg&#233;tiques et id&#233;ologiques rassembl&#233;es dans l'&#171; ALBA &#187; qui met en cause l'h&#233;g&#233;monie du n&#233;olib&#233;ralisme en Am&#233;rique latine et cherche &#224; se lib&#233;rer de l'emprise des &#201;tats-Unis. Cette perspective guerri&#232;re des relations entre les &#234;tres humains et les pays pourra l'emporter pour le moment. Mais le contexte d'approfondissement de l'interd&#233;pendance multiple et structur&#233;e du &#171; village global &#187; et les d&#233;fis contemporains qui ne connaissent pas de fronti&#232;res, rend dysfonctionnel ce genre d'approche primitive de la confrontation et les strat&#233;gies h&#233;g&#233;moniques qui r&#232;gnent en Ha&#239;ti. La perspective des puissances est tourn&#233;e vers le pass&#233; et marche dos au futur. La perspective alternative est enracin&#233;e dans le pr&#233;sent et avance en ayant devant soi le futur comme une grande fen&#234;tre ouverte &#224; tous les possibles. Les d&#233;fis que nous avons en Ha&#239;ti et dans le monde, seront relev&#233;s par cette derni&#232;re parce qu'elle est plus cr&#233;ative et parce qu'elle est en diapason avec son environnement socioculturel et naturel contemporain. Ses paradigmes et ses logiques sont coh&#233;rents, rationnels et sont porteurs des r&#233;ponses ad&#233;quates aux grands d&#233;fis sp&#233;cifiques et globaux de l'heure. Ha&#239;ti peut encore nous surprendre &#8211; c'est le premier pays d'Am&#233;rique o&#249; a commenc&#233; la lib&#233;ration de l'emprise du vieux paradigme de l'h&#233;g&#233;monie et de la domination &#8211;, comme il l'a fait en 1804 en se lib&#233;rant du colonialisme et de l'esclavagisme. Les Ha&#239;tiens, et avec eux tous les humains et la nature sortiront gagnants en r&#233;pondant aux d&#233;fis actuels, non pas par la confrontation comme le font les puissants, mais par la formule &#171; gagnant gagnant &#187; de l'autod&#233;termination des peuples, de la justice sociale, du dialogue et de la coop&#233;ration. Ces &#233;l&#233;ments constituent les paradigmes du village global, habitat du citoyen et de l'humanit&#233; du XXIe si&#232;cle, qui a besoin de tous ses membres avec leurs g&#233;nies sp&#233;cifiques pour r&#233;soudre, ensemble, les probl&#232;mes croissants et complexes auxquels nous sommes confront&#233;s et qui placent notre survie et notre &#233;panouissement personnel et social au c&#339;ur de la destin&#233;e commune de notre esp&#232;ce. Ha&#239;ti autod&#233;termin&#233;, c'est un pas important vers l'humanit&#233; lib&#233;r&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dial &#8211; Diffusion d'information sur l'Am&#233;rique latine &#8211; D 3097.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir DIAL 2994 &#8211; &#171; HA&#207;TI - Bref retour sur une histoire mouvement&#233;e &#187; et 2995 - &#171; HA&#207;TI - Culture paysanne et d&#233;veloppement rural &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Selon le Grand Robert, un comprador, ou compradore, est un &#171; commer&#231;ant (national ou &#233;tranger) servant les int&#233;r&#234;ts d'occupants coloniaux ou n&#233;ocolonialistes, dans un pays soumis &#224; ces int&#233;r&#234;ts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] D&#233;claration de Montr&#233;al sur la situation en Ha&#239;ti, &lt;a href=&#034;http://www.papda.org/article.php3?i...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.papda.org/article.php3?i...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tha&#239;lande : &#201;tat de guerre dans le centre de Bangkok</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Thailande-Etat-de-guerre-dans-le-centre-de-Bangkok</link>
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		<dc:date>2010-05-18T11:09:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Sabai</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-05-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise politique que traverse la Tha&#239;lande n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Les discours sur ce pays o&#249; &#171; tout le monde vit en harmonie et o&#249; il n'existe pas de lutte de classes mais un peuple uni derri&#232;re son souverain ador&#233; &#187; n'ont rien &#224; voir avec la r&#233;alit&#233;. Durant plusieurs d&#233;cennies, le peuple tha&#239;landais a &#233;t&#233; asservi par des r&#233;gimes autoritaires ou des dictatures et un roi &#224; leur service. &lt;br class='autobr' /&gt; Les &#233;lites tha&#239;landaises n'ont cependant pas r&#233;ussi &#224; emp&#234;cher des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise politique que traverse la Tha&#239;lande n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Les discours sur ce pays o&#249; &#171; tout le monde vit en harmonie et o&#249; il n'existe pas de lutte de classes mais un peuple uni derri&#232;re son souverain ador&#233; &#187; n'ont rien &#224; voir avec la r&#233;alit&#233;. Durant plusieurs d&#233;cennies, le peuple tha&#239;landais a &#233;t&#233; asservi par des r&#233;gimes autoritaires ou des dictatures et un roi &#224; leur service.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lites tha&#239;landaises n'ont cependant pas r&#233;ussi &#224; emp&#234;cher des soul&#232;vements r&#233;guliers contre l'ordre &#233;tabli, dont ceux de 1973, 1976, 1992, r&#233;prim&#233;s dans des bains de sang. Depuis 2005, la Tha&#239;lande fait face &#224; une nouvelle crise politique profonde, plus longue que les pr&#233;c&#233;dentes, et dont l'issue ne pourra pas &#234;tre comme par le pass&#233;, l'&#233;touffement des aspirations du peuple tha&#239;landais. Le boom &#233;conomique de la p&#233;riode 1986-1996 a entra&#238;n&#233; des mutations irr&#233;versibles de la soci&#233;t&#233;, notamment la formation d'une classe ouvri&#232;re d'environ 7 millions de membres et des r&#233;formes politiques structurelles. Contrairement aux crises pr&#233;c&#233;dentes, le petit peuple tha&#239;landais - paysans, ouvriers urbains et les classes moyennes de Bangkok, les moins riches - longtemps laiss&#233;s pour compte, a pris conscience de son poids politique et s'est mis &#224; revendiquer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que ces lignes sont &#233;crites, les forces militaires organisent depuis trois jours une violente r&#233;pression contre les Chemises rouges retranch&#233;es dans le quartier de Rachaprasong dans le centre de Bangkok. Selon de nombreux t&#233;moignages de journalistes &#233;trangers et d'habitants de la capitale, les militaires tirent sur les manifestants &#224; balles r&#233;elles. Plusieurs civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s par des snipers embusqu&#233;s. Les affrontements ont commenc&#233; le jeudi 13 mai apr&#232;s que le responsable en charge de la s&#233;curit&#233; du camp de Rachaprasong, Sae Deng, a &#233;t&#233; gri&#232;vement bless&#233; &#224; la t&#234;te par une balle tir&#233;e par un sniper. Le gouvernement refuse d'endosser cette tentative d'assassinat mais il para&#238;t &#233;vident que seul un tireur d'&#233;lite pouvait avoir une telle pr&#233;cision et ne pas blesser le journaliste du International Herald Tribune avec qui Sae Deng s'entretenait quand il a &#233;t&#233; frapp&#233;. On d&#233;plore d&#233;j&#224; une cinquantaine de morts mais il est probable que le nombre r&#233;el ne sera jamais connu car selon Asian Human Right Commission, l'arm&#233;e a emport&#233; de nombreux corps et refuse de le reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Abhisit avait fait une offre aux Chemise rouges la semaine derni&#232;re. La presse nationale et internationale s'est faite l'&#233;cho d'un accord possible qui satisferait les deux parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abhisit a propos&#233; un &#171; plan de route &#187; en cinq points dont le principal &#233;tait des &#233;lections le 14 novembre. Il &#233;tait difficile aux dirigeants des Chemises rouges de refuser en bloc le plan. Mais Abhisit n'offrait aucune garantie. Il refusait de donner une date de dissolution du parlement et de revenir sur les accusations de terrorisme et de complot contre la monarchie. Dans ces conditions, tout en affirmant accepter le plan et vouloir n&#233;gocier sa mise en route, les Chemises rouges ont refus&#233; de quitter le quartier qu'ils occupaient depuis 6 semaines. M&#234;me s'il est tr&#232;s difficile d'avoir des informations sur le sujet, il appara&#238;t aussi que l'UDD a eu des tractations difficiles en son sein sur la position &#224; adopter face &#224; la proposition d'Abhisit. En d&#233;but de semaine, les dirigeants des Chemises rouges ont exig&#233; que le vice premier ministre Suthep Thaugsuban soit jug&#233; pour les affrontements du 10 avril qui ont fait une vingtaine de morts. Une demande que le gouvernement s'est empress&#233; d'utiliser pour revenir sur sa proposition d'&#233;lection et justifier la r&#233;pression qui a d&#233;but&#233; jeudi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est tr&#232;s complexe et changeante et il est difficile de savoir comment elle va &#233;voluer dans les jours et les semaines &#224; venir. Dans l'imm&#233;diat, tous les scenarios sont envisageables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression peut provisoirement faire cesser les manifestations des Chemises rouges. L'arm&#233;e peut aussi rencontrer des r&#233;sistances importantes, voire un d&#233;veloppement de la mobilisation en province. Dans ce cas, une d&#233;mission du gouvernement est probable avec &#224; la clef des &#233;lections. Mais, il est aussi possible qu'une partie de l'arm&#233;e prenne pr&#233;texte de la situation pour imposer un nouveau coup d'&#201;tat. Une lutte ouverte entre diff&#233;rentes factions de l'arm&#233;e n'est pas &#224; exclure dans ce cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impasse dans laquelle se trouve le conflit n'est malheureusement pas surprenante : Le plan d'Abhisit de sortie de crise &#233;tait-il sinc&#232;re ? La proposition soul&#232;ve de nombreux doutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s les informations divulgu&#233;es par la presse, Abhisit faisait partie des durs du gouvernement qui voulaient imposer la r&#233;pression plut&#244;t que des n&#233;gociations. Au sein du gouvernement, d'autres ministres ne voulaient pas non plus d'&#233;lections qu'ils sont &#224; peu pr&#232;s s&#251;rs de perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La date des &#233;lections, le 14 novembre, posait aussi probl&#232;me. L'int&#233;r&#234;t d'une dissolution imm&#233;diate du parlement, outre sa valeur symbolique, est qu'elle permettait &#224; l'&#233;quipe gagnante d'&#234;tre au pouvoir le 1er octobre au moment du remaniement annuel de l'&#201;tat major de l'arm&#233;e. La proposition d'Abhisit lui permettait de gagner du temps et d'&#234;tre en poste &#224; ce moment strat&#233;gique. Plus fondamentalement, pour que des &#233;lections soient organis&#233;es, il faut qu'il y ait des garanties pour qu'elles soient justes et d&#233;mocratiques et que leur r&#233;sultat soit accept&#233; par tous. Or, les Chemises jaunes n'ont pas fait myst&#232;re qu'elles refusaient les &#233;lections propos&#233;es. Les &#233;lites ne sont toujours pas pr&#234;tes &#224; faire des concessions. De plus, aucune &#233;volution d&#233;mocratique ne verra le jour tant que la monarchie et l'arm&#233;e, main dans la main, n'accepteront aucune opposition &#224; leur omnipotence. D&#232;s lors, on peut imaginer qu'une nouvelle victoire &#233;lectorale des Chemises rouges aurait entra&#238;n&#233; des manifestations des Chemises jaunes pour renverser le nouveau gouvernement &#233;lu. Dans l'imm&#233;diat, le jeu d&#233;mocratique semble &#234;tre compl&#232;tement gripp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin et c'est sans doute le plus important : l'&#233;chec de cette tentative de sortie de crise est sans doute r&#233;v&#233;lateur du fait que la majorit&#233; des tha&#239;landais ne croient plus que seules des &#233;lections mettront fin &#224; la crise. Il faudrait un changement politique plus profond. Le probl&#232;me est que des d&#233;cennies de r&#233;pression font qu'aujourd'hui il n'y a pas de partis politiques du mouvement ouvrier susceptibles de se porter candidats au pouvoir et d'offrir une solution politique progressiste &#224; la crise. Nombre de dirigeants des anciens partis ouvriers, social d&#233;mocrates ou communistes d'ob&#233;dience mao&#239;ste, de syndicats ouvriers et d'associations de paysans ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par les diff&#233;rents r&#233;gimes dictatoriaux. Le mouvement ouvrier ne s'en est toujours pas remis. C'est pourquoi la contestation politique prend la forme in&#233;dite des Chemises rouges : un mouvement politique qui n'est ni un parti ni une association, h&#233;t&#233;rog&#232;ne et travers&#233; de contradictions mais dont l'essentiel et son lien organique avec le peuple. Il faut saluer le courage de ces dizaines de milliers de paysans et d'ouvriers venus occup&#233;s les centres commerciaux et d'affaires de Bangkok depuis de nombreuses semaines et qui subissent aujourd'hui les assauts de l'arm&#233;e. Ils m&#233;ritent notre soutien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Danielle Sabai, le 16 mai 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SABAI Danielle&lt;br class='autobr' /&gt;
* Article &#233;crit pour l'hebdomadaire du NPA, &#171; Tout est &#224; nous &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;sistance sociale en Gr&#232;ce : bilan et perspectives</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-resistance-sociale-en-Grece-bilan-et-perspectives</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-resistance-sociale-en-Grece-bilan-et-perspectives</guid>
		<dc:date>2010-05-18T11:07:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dimitris Fasfalis</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-05-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; le succ&#232;s de la mobilisation du 5 mai, la r&#233;sistance sociale en Gr&#232;ce peine &#224; percer la censure m&#233;diatique. Quand ce n'est pas le mensonge, c'est le silence que les m&#233;dias lui r&#233;servent, &#224; l'image de l'&#233;ditorial de Lib&#233;ration le 6 mai dernier : &#171; La spirale du pire. Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui d&#233;g&#233;n&#232;re, une banque incendi&#233;e, trois victimes et des manifestations destin&#233;es &#224; se poursuivre. &#187; Les amalgames et les raccourcis trompeurs r&#233;ussiront sans doute &#224; disqualifier le mouvement social (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-05-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-05-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L123xH150/arton4665-4d440.png?1678768183' class='spip_logo spip_logo_right' width='123' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; le succ&#232;s de la mobilisation du 5 mai, la r&#233;sistance sociale en Gr&#232;ce peine &#224; percer la censure m&#233;diatique. Quand ce n'est pas le mensonge, c'est le silence que les m&#233;dias lui r&#233;servent, &#224; l'image de l'&#233;ditorial de Lib&#233;ration le 6 mai dernier : &#171; La spirale du pire. Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui d&#233;g&#233;n&#232;re, une banque incendi&#233;e, trois victimes et des manifestations destin&#233;es &#224; se poursuivre. &#187; Les amalgames et les raccourcis trompeurs r&#233;ussiront sans doute &#224; disqualifier le mouvement social aux yeux de plusieurs. Il importe donc d'&#233;tudier la br&#232;ve histoire du mouvement de r&#233;sistance en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 5 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de cette journ&#233;e de gr&#232;ve interprofessionnelle et de manifestations ne fait pas de doute. L'appel &#224; la gr&#232;ve de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs grecs (GSEE) et du syndicat de la fonction publique (ADEDY) a &#233;t&#233; massivement suivi par les salari&#233;s du public et du priv&#233;. A l'exception de Larissa, toutes les grandes villes grecques ont vu des manifestations contre le plan d'aust&#233;rit&#233; : Tripoli, Patra, Volos, Ioannina, Igoumenitsa, H&#233;rakleion, et aussi Thessalonique o&#249; des milliers de manifestants ont battu le pav&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; Ath&#232;nes cependant que les manifestations ont &#233;t&#233; les plus importantes : la mar&#233;e humaine qui s'est empar&#233;e des rues de la capitale a rassembl&#233; pr&#232;s de 250 000 personnes. Les cort&#232;ges refl&#233;taient la diversit&#233; de la classe ouvri&#232;re de la m&#233;tropole : salari&#233;s du priv&#233;, comme ceux des Chantiers navals de Skaramanga, salari&#233;s des services publics, comme les enseignants ou encore ceux de l'ex-entreprise publique d'&#233;lectricit&#233; (DEH), ch&#244;meurs et retrait&#233;s, &#233;tudiants et lyc&#233;ens, travailleurs immigr&#233;s et collectifs de sans-papiers. Les slogans des diff&#233;rents cort&#232;ges exprimaient tous le refus des travailleurs de payer pour la crise d&#233;clench&#233;e par le capital financier : &#171; Non &#224; la temp&#234;te anti-ouvri&#232;re &#187;, &#171; Non &#224; la flexibilit&#233;, oui aux 35 heures &#187;, &#171; Salari&#233;s, soulevez-vous ! Ils nous prennent tout &#187;, &#171; Nous avons pay&#233; leurs profits, nous ne paierons pas leur crise &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avgi, 6 mai 2010.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johanna, trente ans, est venue manifester pour &#171; dire non au FMI. Ils veulent nous faire croire qu'il est n&#233;cessaire qu'il d&#233;barque ici, mais je n'y crois pas une seconde. La situation va empirer : ils baissent nos salaires, suppriment les emplois de vacataires, r&#233;duisent les pensions. Qui accepterait un tel traitement ? &#187; Un sentiment profond d'injustice anime les manifestants. Yannis, trente ans, professeur d'une grande &#233;cole : &#171; Tout le monde sent qu'il n'y a pas de justice. De l'argent, il y en a mais on ne veut pas aller le chercher o&#249; il est&#8230; Je ne vois pas ce qu'il est possible de faire : ils ne nous ont propos&#233; qu'une seule option &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Humanit&#233;, 6 mai 2010.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ilias Vretakou, vice-pr&#233;sident d'ADEDY, a expliqu&#233; les enjeux du mouvement contre le plan de rigueur dans son discours aux manifestants : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous envoyons d'Ath&#232;nes un message de combat et de r&#233;sistance aux travailleurs de tous les pays d'Europe, contre la barbarie des march&#233;s du capital, des gouvernements et de l'Union europ&#233;enne. Le gouvernement, le FMI, l'Union europ&#233;enne ont d&#233;cid&#233; de conduire les travailleurs, la soci&#233;t&#233; grecque, &#224; la barbarie sociale la plus sauvage que nous ayons jamais v&#233;cu. Ils aplanissent les travailleurs et la soci&#233;t&#233;. On nous vole nos salaires, on nous vole nos retraites, on nous vole nos droits du travail et de protection sociale, on nous vole notre droit &#224; la vie. Ils imposent la jungle des relations de travail, ils abolissent le salaire de base le plus bas, ils d&#233;veloppent le contrat de premi&#232;re embauche, ils lib&#233;ralisent les licenciements, ils diminuent les allocations sociales, diminuent le taux horaire des heures suppl&#233;mentaires. Ils donnent la possibilit&#233; aux employeurs de jeter &#224; la rue un vieux salaAvgi,ri&#233; et avec le m&#234;me argent d'embaucher trois ou quatre jeunes pr&#233;caires. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;6 mai 2010.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De vifs applaudissements ont notamment salu&#233; le message de solidarit&#233; de Claus Matecki, responsable du syndicat allemand DGB, et de Paul Fourier de la CGT (France) qui avait d&#233;clar&#233; : &#171; Aujourd'hui, nous sommes tous Grecs ! Merci et bon courage. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Humanit&#233;, 6 mai 2010.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Coalition de la gauche radicale (Syriza) et le Parti communiste grec (KKE) ont une pr&#233;sence importante dans la manifestation, les socialistes (Pasok) en sont absents m&#234;me si le plan d'aust&#233;rit&#233; a suscit&#233; des remous au sein de l'aile gauche du parti. Parmi les manifestants, nombreux sont ceux qui ont vot&#233; socialiste en octobre 2009. Ils sont aujourd'hui d&#233;&#231;us et en col&#232;re de d&#233;couvrir que la gauche victorieuse aux &#233;lections l&#233;gislatives a capitul&#233; face &#224; la politique n&#233;olib&#233;rale du capital. Dimitra, retrait&#233;e de la r&#233;gion d'Ath&#232;nes, n'a pas de mots assez durs lorsqu'elle parle de Georges Papandr&#233;ou (premier ministre socialiste). Elle esp&#233;rait qu'avec la victoire des socialistes &#171; les choses s'am&#233;liorent &#187;. &#171; Quand je pense que j'ai vot&#233; pour cet abruti ! &#187; s'exclame-t-elle aujourd'hui.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Humanit&#233;, 11 mai 2010.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant pour cible les symboles de la culture marchande et du capitalisme financier, des jeunes portant des cagoules (ceux qu'on appelle les &#171; koukoulofori &#187;) ont retenu l'attention des m&#233;dias. La banque Marfin sur l'avenue Egnatia a &#233;t&#233; incendi&#233;e et trois de ses employ&#233;s y ont trouv&#233; la mort. Oblig&#233;s par leur employeur de travailler en d&#233;pit de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, ils &#233;taient enferm&#233;s &#224; cl&#233; dans l'&#233;tablissement ce qui, en l'absence d'un plan d'&#233;vacuation, a rendu d'autant plus difficile leur sortie de l'immeuble en flammes. La r&#233;ponse du mouvement social a &#233;t&#233; sans ambigu&#239;t&#233;. Le soir m&#234;me du 5 mai, le pr&#233;sident de l'ADEDY a expliqu&#233; que ces &#171; pratiques fascistes ont pour but de faire peur aux gens &#224; l'heure o&#249; le combat de masse est n&#233;cessaire afin de barrer la route aux mesures qui plongent la vie des Grecs dans le malheur. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avgi, 6 mai 2010.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le lendemain, c'est une foule endeuill&#233;e qui s'est rassembl&#233;e &#224; la place Syndagma, devant le Parlement grec, pour s'opposer &#224; l'adoption du plan de rigueur par les d&#233;put&#233;s de l'Assembl&#233;e nationale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avgi, 7 mai 2010.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exasp&#233;ration populaire &#224; l'&#233;gard du gouvernement socialiste de G. Papandr&#233;ou n'est pas &#233;trang&#232;re &#224; ces violences. Le plan d'aust&#233;rit&#233; impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce par les march&#233;s financiers, le FMI et l'Union europ&#233;enne est un d&#233;ni flagrant de la souverainet&#233; nationale et de la d&#233;mocratie. D'autre part, le gouvernement reste inflexible depuis f&#233;vrier et refuse d'entendre le message de la rue. Il renforce m&#234;me l'autoritarisme du plan. Les mesures d'application du plan seront donc prises par ordonnances du ministre des Finances sans interf&#233;rence parlementaire. L'Assembl&#233;e nationale ne sera que consult&#233;e pour la mise en application du plan qu'elle a adopt&#233; le 6 mai dernier. Autant de m&#233;pris du peuple et de la d&#233;mocratie rendent l&#233;gitimes aux yeux de certains le recours &#224; la violence. Au final, le parti de l'ordre dirig&#233; par les socialistes a donc pour corollaire la violence des &#171; koukouloforoi &#187; dans les mobilisations sociales. Au-del&#224; des encagoul&#233;s, le manque de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique du plan d'aust&#233;rit&#233; alimente un anti-parlementarisme prononc&#233; au sein d'une partie du mouvement. Des slogans comme &#171; Qu'il br&#251;le ! Qu'il br&#251;le le Parlement ! &#187;, &#171; Qu'il br&#251;le ce bordel de Parlement ! &#187; ou encore &#171; Donnez les voleurs au peuple ! &#187; ont &#233;t&#233; scand&#233;s &#224; plusieurs reprises dans la manifestation du 5 mai. Quelques dizaines de manifestants ont d'ailleurs tent&#233; de percer le cordon s&#233;curitaire du Parlement, avant d'&#234;tre violemment repouss&#233;s par la police.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avgi, 6 mai 2010.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant et apr&#232;s le 5 mai&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 mai a &#233;t&#233; un succ&#232;s parce qu'il a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; : la mobilisation unitaire et massive n'a pas &#233;t&#233; une riposte spontan&#233;e de la population, mais plut&#244;t l'aboutissement de deux mois et demi de journ&#233;es d'action des syndicats ouvriers. D&#232;s le 24 f&#233;vrier, le mouvement syndical s'est engag&#233; dans l'opposition au plan de rigueur annonc&#233;, refusant ainsi de laisser aux classes dirigeantes et leurs porte-parole le monopole de l'information et de la politique. C'est justement ce travail critique, men&#233; par des mobilisations dans les rues et les lieux de travail, qui a permis au mouvement social d'incarner d'autres sc&#233;narios possibles que celui &#233;crit par le capital financier. Dans la foul&#233;e, l'id&#233;e r&#233;actionnaire faisant du plan un mal n&#233;cessaire a &#233;t&#233; &#233;branl&#233;e, ouvrant la voie &#224; une riposte populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 f&#233;vrier, une premi&#232;re gr&#232;ve interprofessionnelle intervient en r&#233;ponse aux mesures d'aust&#233;rit&#233; propos&#233;es par le gouvernement. Elle r&#233;serve du m&#234;me coup un accueil &#224; la hauteur des circonstances aux &#233;missaires de l'Union europ&#233;enne d&#233;p&#234;ch&#233;s &#224; Ath&#232;nes pour inspecter les comptes du pays. Dans les rues, 45 000 manifestants battent le pav&#233; &#224; Ath&#232;nes ; &#224; Thessalonique, ils sont 10 000. Dans un des cort&#232;ges &#224; Ath&#232;nes, Dimitri, vingt-huit ans et ing&#233;nieur en g&#233;nie civil, explique les raisons de la mobilisation : &#171; Nous voulons un travail, un salaire correct et une v&#233;ritable assurance sociale. Notre pays doit respecter des normes de l'Union europ&#233;enne qui sont injustes. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Humanit&#233;, 25 f&#233;vrier.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Une deuxi&#232;me gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 24 heures a eu lieu le 11 mars, accompagn&#233;e de manifestations dans les principales villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les journ&#233;es de gr&#232;ve interprofessionnelle &#8211; le 24 f&#233;vrier, le 11 mars et le 5 mai &#8211; constituent sans doute les moments forts des mobilisations populaires contre l'offensive n&#233;olib&#233;rale, toute une s&#233;rie de mobilisations plus restreintes ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant pour construire une dynamique de mobilisation et pour assurer la continuit&#233; du mouvement. Fabien Perrier, envoy&#233; sp&#233;cial de l'Humanit&#233;, d&#233;crit l'atmosph&#232;re d'agitation sociale qui r&#232;gne &#224; Ath&#232;nes &#224; la fin avril : &#171; A Ath&#232;nes, chaque jour, les rues bruissent des cris des manifestants ou des diff&#233;rents corps professionnels en col&#232;re. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Humanit&#233;, 27 avril.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Plusieurs de ces mobilisations ont &#233;t&#233; des moyens pour pr&#233;parer les journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; venir. Le 5 mars a &#233;t&#233; par exemple une journ&#233;e de rassemblements dans plusieurs villes afin d'amorcer la mobilisation de la gr&#232;ve interprofessionnelle du 11 mars. Le rassemblement du 5 mars &#224; Volos r&#233;unissait non seulement des syndicalistes mais aussi des salari&#233;s licenci&#233;s de la METKA, avant de se terminer en un concert de solidarit&#233; de plusieurs artistes. De m&#234;me, le 1er mai a permis de relancer les mobilisations de masse avant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 5 mai. Le syndicat de la fonction publique (ADEDY) appelait &#224; la gr&#232;ve d&#232;s le 4 mai pour la m&#234;me raison. L'appel a &#233;t&#233; suivi et a donn&#233; lieu &#224; des manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mobilisations ont &#233;galement permis d'engager la bataille pour gagner l'opinion. Plusieurs actions du mouvement ont &#233;t&#233; des r&#233;ponses adress&#233;es au gouvernement &#224; chaque tournant de la crise. Ainsi, aussit&#244;t que Georges Papandr&#233;ou, premier ministre, s'est adress&#233; aux m&#233;dias le 25 avril pour signaler l'activation du m&#233;canisme europ&#233;en de soutien financier, des centaines de manifestants ont r&#233;pondu dans les rues du centre-ville d'Ath&#232;nes par leur slogan : &#171; Cet abattoir du FMI la lutte du peuple le d&#233;truira ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avgi, 25 avril 2010.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Deux jours plus tard, le 27 avril, les fonctionnaires &#233;taient en gr&#232;ve et des enseignants campaient sur la place Syndagma, devant le Parlement, pour d&#233;noncer la saign&#233;e subie par l'&#233;ducation. Parall&#232;lement, le port du Pir&#233;e &#233;tait bloqu&#233; par une gr&#232;ve de 24 heures des marins &#224; l'appel de leur syndicat. Petit &#224; petit, ce qui paraissait avant comme une fatalit&#233; aux yeux de la majorit&#233; devient une question de rapports de forces. Un sondage du journal To Vima &#233;tablissait l'opinion en d&#233;saccord avec les r&#233;ductions de salaire &#224; 79,5%.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Humanit&#233;, 5 mai 2010.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;Au sein du mouvement social, ses participants prennent de l'assurance et l'id&#233;e que l'issue de la lutte n'est pas &#233;crite d'avance enregistre des progr&#232;s. Despina, vingt-sept ans, n'est pas all&#233;e manifester le 4 mai aux c&#244;t&#233;s des fonctionnaires. Mais elle souligne n&#233;anmoins que &#171; ceux qui se mobilisent ont raison : ils ont tout compris. Les fonctionnaires sont les premiers [dans la ligne de mire du gouvernement] ; c'est toute la Gr&#232;ce qui va souffrir. Les syndicats sont unis, le pouvoir commence &#224; trembler. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Humanit&#233;, 5 mai 2010.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que saluer ce mouvement de r&#233;sistance contre la dictature du capital financier. Les mobilisations des deux derniers mois ont &#233;t&#233; dignes des traditions h&#233;rit&#233;es des combats contre la dictature des colonels (1967-74) et de la R&#233;sistance. Plusieurs questions demeurent cependant en suspens. Tout d'abord, celle de la strat&#233;gie des grandes centrales syndicales : face &#224; un gouvernement qui refuse d'entendre les cris de protestation du peuple, et qui, de surcro&#238;t, b&#226;illonne le parlement pour mettre en &#339;uvre un plan &#233;dict&#233; par les march&#233;s de capitaux, les gr&#232;ves interprofessionnelles de 24 heures ne risquent-elles pas de devenir la preuve aux yeux de tous de l'impuissance du mouvement ? Combien de temps le gouvernement socialiste et ses alli&#233;s de l'Union europ&#233;enne pourraient-ils tenir face &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e et conduite par des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales populaires ? Ensuite, vient une deuxi&#232;me question : comment assurer la continuit&#233; du mouvement sans un organe d&#233;mocratique central qui porte la voix de ses diff&#233;rentes composantes dans les rues, les lieux de travail, les m&#233;dias et les quartiers ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux questions nous semblent cruciales car elles d&#233;termineront dans les semaines &#224; venir la r&#233;ussite ou l'&#233;chec du mouvement &#224; &#233;largir le champ du possible et ainsi battre la fatalit&#233; de la r&#233;gression sociale dont le sort est li&#233; &#224; celui de la barbarie n&#233;olib&#233;rale. L'enjeu est de taille : l'avenir imm&#233;diat de l'Etat social en Europe est aujourd'hui d&#233;cid&#233; dans les rues d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avgi, 6 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Humanit&#233;, 6 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;6 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Humanit&#233;, 6 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Humanit&#233;, 11 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avgi, 6 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avgi, 7 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avgi, 6 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Humanit&#233;, 25 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Humanit&#233;, 27 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avgi, 25 avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Humanit&#233;, 5 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Humanit&#233;, 5 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi des milliers de femmes continuent-elles &#224; marcher ? </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pourquoi-des-milliers-de-femmes-continuent-elles-a-marcher</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Pourquoi-des-milliers-de-femmes-continuent-elles-a-marcher</guid>
		<dc:date>2010-05-18T11:02:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Vanden Daelen </dc:creator>


		<dc:subject>Marche mondiale des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-05-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2010, aux quatre coins de la plan&#232;te, les rues r&#233;sonneront des pas et des voix de milliers d'activistes de la Marche mondiale des femmes (MMF). Elles seront en marche contre le patriarcat et le capitalisme. Syst&#232;mes d'oppression des femmes et d'exploitation de tou-te-s qui se renforcent et se conjuguent avec le racisme, le sexisme, la misogynie, la x&#233;nophobie, l'homophobie, le colonialisme, l'imp&#233;rialisme, l'esclavagisme, le travail forc&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Les militantes de la MMF, unies dans leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Marche-mondiale-des-femmes-204-+" rel="tag"&gt;Marche mondiale des femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-05-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-05-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2010, aux quatre coins de la plan&#232;te, les rues r&#233;sonneront des pas et des voix de milliers d'activistes de la Marche mondiale des femmes (MMF). Elles seront en marche contre le patriarcat et le capitalisme. Syst&#232;mes d'oppression des femmes et d'exploitation de tou-te-s qui se renforcent et se conjuguent avec le racisme, le sexisme, la misogynie, la x&#233;nophobie, l'homophobie, le colonialisme, l'imp&#233;rialisme, l'esclavagisme, le travail forc&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les militantes de la MMF, unies dans leur volont&#233; de d&#233;faire ces syst&#232;mes perp&#233;tuant pauvret&#233;, exclusion et violence ont, pour leur 3&#232;me Action Internationale, articul&#233; leurs luttes, analyses et revendications autour de quatre champs d'actions d&#233;finis collectivement. Ainsi de mars &#224; octobre 2010, les femmes de la MMF marcheront pour la fin des violences envers les femmes, pour leur autonomie &#233;conomique, pour la paix et la d&#233;militarisation ainsi que pour les biens communs et les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous serons en marche jusqu'&#224; ce que toutes les femmes puissent vivre sans subir des actes ou des menaces de violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences envers les femmes sont structurelles : elles sont l'expression des rapports de force historiques qui ont abouti &#224; la domination des femmes par les hommes, par les groupes d'hommes, par les institutions patriarcales ou encore, par les &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le 20&#232;me si&#232;cle a permis l'avancement des droits des femmes, aucune soci&#233;t&#233; n'est &#224; l'abri de la violence envers les femmes car nulle part l'&#233;galit&#233; pleine et r&#233;elle entre les sexes n'est atteinte. Contrairement aux id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, la violence envers les femmes est une r&#233;alit&#233; transnationale et transculturelle. Elle est subie dans toutes les classes sociales, les cultures, les religions, les situations g&#233;opolitiques. Il n'y a aucune exception et la r&#232;gle se confirme malheureusement tous les jours. A chaque instant, partout dans le monde, des femmes sont humili&#233;es, abus&#233;es, agress&#233;es, viol&#233;es, battues, exploit&#233;es, tu&#233;es, le plus souvent par les hommes qui les entourent et ce, depuis des mill&#233;naires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la violence soit plus pr&#233;sente dans la sph&#232;re priv&#233;e sous la forme des viols incestueux et conjugaux, des mutilations g&#233;nitales, de l'infanticide, des mariages forc&#233;s, des coups, du contr&#244;le psychologique, des crimes d'&#171; honneur &#187;, etc., elle s'exprime &#233;galement dans la sph&#232;re publique via le harc&#232;lement sexuel ou moral au travail, les agressions sexuelles, le viol collectif, le trafic sexuel, la pornographie, l'esclavage, les st&#233;rilisations forc&#233;es, etc. Tout cela entretient l'exclusion des femmes de l'espace public faisant de celui-ci la chasse gard&#233;e des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences envers les femmes trouvent leurs racines dans le syst&#232;me patriarcal et le capitalisme qui imposent un besoin de contr&#244;le, d'appropriation et d'exploitation du corps des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriarcat se fonde sur deux principes : la notion selon laquelle les femmes sont inf&#233;rieures aux hommes tout en leur appartenant et la hi&#233;rarchisation sexuelle des r&#244;les. Afin d'imposer ce syst&#232;me de domination du masculin sur le f&#233;minin et de le maintenir, la violence ou la menace de violence est utilis&#233;e comme outil de contr&#244;le, comme punition pour avoir d&#233;rog&#233; aux r&#232;gles &#233;tablies par le patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode de production capitaliste se mod&#232;le parfaitement au patriarcat : il s'appuie sur la d&#233;termination patriarcale des r&#244;les &#171; naturels &#187; assign&#233;s aux deux sexes pour exploiter les femmes &#224; son plus grand profit. Les femmes sont consid&#233;r&#233;es comme une main-d'&#339;uvre tr&#232;s bon march&#233;, mall&#233;able et corv&#233;able &#224; souhait, toujours disponible pour s'occuper des autres et ex&#233;cuter le travail que cela engendre. Le capitalisme, en cr&#233;ant des in&#233;galit&#233;s suppl&#233;mentaires entre hommes et femmes, favorise l'accroissement des violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'exploitation de leur corps et de leur travail par le capitalisme, outre la domination patriarcale, les femmes ont encore &#224; subir les discriminations racistes susceptibles de g&#233;n&#233;rer des violences. Face &#224; l'interp&#233;n&#233;tration et au renforcement mutuel des syst&#232;mes capitalistes, patriarcaux et racistes, la MMF ne peut envisager l'&#233;limination des violences envers les femmes sans exiger l'&#233;radication pure et simple des ces trois modes d'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences envers les femmes et la misogynie se sont intensifi&#233;es avec la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Il existe une corr&#233;lation directe entre la signature d'accords de libre-&#233;change (comme l'ALENA - accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain) et un accroissement des f&#233;minicides&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assassinats de femmes en raison de leur sexe&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus en plus de femmes paient de leurs vies parce qu'elles travaillent dans des maquillas (zones franches &#233;tablies suite aux accords de libre-&#233;change o&#249; elles sont salari&#233;es mais avec des conditions de travail &#233;pouvantables) au lieu d'&#234;tre &#224; la maison et de rester financi&#232;rement d&#233;pendantes comme l'exige la culture patriarcale. Suite aux injonctions des Institutions financi&#232;res internationales, on assiste partout dans le monde &#224; une forte d&#233;t&#233;rioration des droits reproductifs (acc&#232;s &#224; la contraception, &#224; des IVG&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interruption volontaire de grossesse&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans de bonnes conditions, etc.) et des soins de sant&#233; en direction des femmes alors que les services sociaux sont privatis&#233;s ou supprim&#233;s. Enfin, la mondialisation n&#233;olib&#233;rale a donn&#233; au commerce sexuel une dimension plan&#233;taire. En trois d&#233;cennies, la prostitution &#8211;tout comme le trafic des femmes et des enfants tomb&#233;Es dans les pi&#232;ges des r&#233;seaux maffieux &#8211; ont connu un essor consid&#233;rable. Ces deux fl&#233;aux sont synonymes d'exploitation et de violences aggrav&#233;es envers les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au constat accablant que les violences privent les femmes de leur autonomie, minent leur int&#233;grit&#233; physique, morale, psychologique et intellectuelle, les emp&#234;chent de travailler, de lutter, de se divertir&#8230; bref, de vivre, la Marche mondiale des femmes se mobilise pour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les gouvernements int&#232;grent dans leurs l&#233;gislations les Conventions internationales favorables aux droits des femmes et en appliquent les contenus ; assurer des activit&#233;s de sensibilisation et d'&#233;ducation populaire sur les causes de la violence afin d'en pr&#233;venir les manifestations ; encourager l'auto-organisation des femmes et soutenir les associations qui travaillent directement avec des femmes victimes de discriminations, d'abus et de violences ; assurer la visibilit&#233; aux violences faites aux femmes afin de rompre la culture du silence qui les entoure ; veiller au jugement et &#224; la condamnation effective des auteurs de violences envers les femmes ; parvenir &#224; ce que les mouvements sociaux se solidarisent publiquement avec les luttes f&#233;ministes contre les violences faites aux femmes et entreprennent un travail de d&#233;nonciation et de mobilisation contre ces violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous serons en marche jusqu'&#224; ce que toutes les femmes acc&#232;dent &#224; l'autonomie &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie &#233;conomique des femmes se r&#233;f&#232;re &#224; leur capacit&#233; &#224; pourvoir elles-m&#234;mes &#224; leurs besoins et &#224; d&#233;cider de la meilleure fa&#231;on d'y parvenir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui encore et partout dans le monde, de nombreux obstacles entravent l'autonomie &#233;conomique des femmes. Dans certains pays, communaut&#233;s ou familles, selon la loi ou la coutume, l'autorisation du p&#232;re, du mari ou d'un homme de la famille est n&#233;cessaire pour que les femmes puissent exercer une activit&#233; r&#233;mun&#233;r&#233;e. De plus, les femmes doivent toujours g&#233;rer leur temps et disponibilit&#233;s entre leurs occupations familiales et le travail r&#233;mun&#233;r&#233;. Elles se trouvent, de ce fait, souvent confin&#233;es dans des emplois &#224; temps partiel ou informels qui leur permettent d'aller chercher les enfants &#224; l'&#233;cole, de les emmener au dispensaire de sant&#233;, etc. Les femmes sont en outre toujours moins scolaris&#233;es que les hommes et les filles rencontrent bien souvent des difficult&#233;s pour poursuivre leur scolarit&#233;. Cet acc&#232;s in&#233;galitaire &#224; la formation hypoth&#232;que grandement leur autonomie &#233;conomique future. Enfin et surtout, la violence et/ou la menace de violence mine compl&#232;tement l'autonomie &#233;conomique des femmes. Elle d&#233;truit les formes de subsistance, condamne des populations enti&#232;res au ch&#244;mage, emprisonne les femmes chez elles et promeut les fondamentalismes de tous types (qui &#224; leur tour r&#233;duisent la libert&#233; de circulation des femmes et leurs possibilit&#233;s de parvenir &#224; l'autonomie &#233;conomique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'organisation du syst&#232;me capitaliste n&#233;olib&#233;ral est fond&#233;e sur l'exploitation du travail des femmes &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes gagnent syst&#233;matiquement &#224; travail &#233;gal moins que leurs coll&#232;gues hommes et occupent un travail typiquement pr&#233;caire : horaires flexibles, heures suppl&#233;mentaires non pay&#233;es, travail &#224; temps partiel ou contrats &#224; courte dur&#233;e, syndicalisation non autoris&#233;e, fin du respect des droits acquis (la sant&#233; au travail, la journ&#233;e des 8 heures, la l&#233;gislation sur le travail de nuit, etc.), absence de s&#233;curit&#233; sociale, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation n&#233;olib&#233;rale en s'exer&#231;ant au d&#233;triment des familles et des Etats pauvres, jette un nombre sans cesse croissant de femmes sur les chemins de l'exil &#233;conomique. Elles migrent vers les pays riches o&#249; elles seront employ&#233;es et souvent exploit&#233;es comme domestiques, auxiliaires maternelles ou pire, dans l'industrie du sexe ; &lt;br class='autobr' /&gt;
La privatisation des services et les coupes dans les d&#233;penses publiques destin&#233;es &#224; la sant&#233;, &#224; l'&#233;ducation, &#224; des services de garde d'enfants, &#224; l'eau ainsi qu'&#224; des politiques d'assainissement basique ont entra&#238;n&#233; une forte augmentation du travail domestique et communautaire non pay&#233; des femmes ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme accentue pour son plus grand profit la division sexuelle du travail qui attribue aux hommes un travail productif (la production de marchandises) et aux femmes un travail reproductif (les soins aux personnes) en &#233;tablissant une hi&#233;rarchie o&#249; le travail productif est plus important, plus valoris&#233; que le travail reproductif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lutte pour l'autonomie &#233;conomique des femmes du Sud comme du Nord, les militantes de la Marche mondiale des femmes exigent : &lt;br class='autobr' /&gt;
Des emplois dignes, sans harc&#232;lement ni discriminations (nationalit&#233;, sexe, incapacit&#233;, etc.) ; la protection sociale universelle garantissant un revenu en cas de maladie, de ch&#244;mage, de retraite, de cong&#233; de maternit&#233; et de paternit&#233;, etc. ; l'&#233;galit&#233; salariale ainsi que la r&#233;mun&#233;ration du travail f&#233;minin en zones rurales ; l'instauration d'un salaire minimum juste ; l'acc&#232;s des femmes &#224; la terre, aux semences, &#224; l'eau et aux mati&#232;res premi&#232;res ; une organisation &#233;galitaire des t&#226;ches domestiques et des soins ; une r&#233;duction du temps de travail sans diminution des salaires afin que toutes et tous puissent jouir de plus de temps libre pour leur b&#233;n&#233;fice propre et pour leur engagement communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous marcherons contre la militarisation et pour la fin imm&#233;diate des conflits arm&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; d&#233;favoris&#233;es dans le syst&#232;me patriarcal, les femmes paient le plus lourd tribut des guerres. Non seulement, elles sont, avec les enfants, les premi&#232;res victimes civiles des conflits arm&#233;s mais les soldats se servent de leurs corps comme d'un v&#233;ritable champ de bataille. De fait, de l'Antiquit&#233; &#224; nos jours, le viol massif des femmes fait partie int&#233;grante de la guerre. Il constitue ni plus ni moins une arme utilis&#233;e soit pour humilier, d&#233;shonorer et d&#233;moraliser l'ennemi, soit comme moyen de propagande militaire ou, plus r&#233;cemment, comme politique de nettoyage ethnique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme en Bosnie-Herz&#233;govine au cours de la guerre en ex-Yougoslavie&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme acte de g&#233;nocide au Rwanda, comme terreur politique en Ha&#239;ti ou encore comme symbole de la victoire. Les cons&#233;quences de cette brutalit&#233; ne se limitent pas aux plans physique (d&#233;chirures, fistules, SIDA et autres maladies sexuellement transmissibles ou grossesses) et psychologique (d&#233;pression, perte d'auto-estime, culpabilit&#233;, etc.). Une femme qui a &#233;t&#233; viol&#233;e est souvent mise &#224; l'&#233;cart par sa communaut&#233; (il en est de m&#234;me pour son enfant fruit du viol) et rejet&#233;e par son mari et sa famille ; elle porte la faute d'avoir subi une violence extr&#234;me. Pour de nombreuses femmes, les seules issues possibles sont soit le silence - quand c'est possible &#8211; soit la d&#233;n&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences sexuelles se superposent &#224; d'autres calvaires pour les femmes en temps de guerre. Lors des conflits arm&#233;s, la prostitution dans l'entourage des bases ou des campements militaire cro&#238;t syst&#233;matiquement, les d&#233;placements forc&#233;s obligent les femmes &#224; quitter leur foyer pour aller grossir les camps de r&#233;fugi&#233;-e-s, les armes en circulation augmentent drastiquement renfor&#231;ant la culture de la force et de la violence, les int&#233;grismes s'intensifient et fragilisent la situation des femmes, la violence domestique s'amplifie &#233;galement, au nom de la s&#233;curit&#233; nationale, les libert&#233;s fondamentales sont r&#233;duites et enfin, les budgets militaires gr&#232;vent les d&#233;penses publiques, ce qui participe au d&#233;labrement des conditions de vie des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la guerre, aux conflits arm&#233;s et &#224; la militarisation, expressions de la violence devenue naturelle dans les syst&#232;mes patriarcaux et capitalistes, la Marche mondiale des femmes revendique : &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;duction des d&#233;penses militaires ; la condamnation de l'utilisation syst&#233;matique du corps des femmes comme butin de guerre ; la punition des auteurs de violences envers les femmes durant les conflits (arm&#233;es, forces paramilitaires, gu&#233;rillas, casques bleus de l'ONU, maris ou parents) ; la reconnaissance et la valorisation des femmes comme protagonistes &#224; part enti&#232;re des processus de paix, de reconstruction et de maintien de la paix dans leur propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous serons en marche jusqu'&#224; ce que notre droit aux biens communs et aux services publics soit reconnu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits concernant l'environnement ou la lutte pour l'acc&#232;s aux services publics mobilisent les femmes &#233;tant donn&#233; la position, socialement construite, qu'elles occupent dans la soci&#233;t&#233;. Les femmes sont encore et toujours les principales responsables de l'alimentation et de l'&#233;ducation de leurs familles, de l'approvisionnement en eau et en &#233;nergie de leurs foyers, des soins aux malades, du ramassage du bois, etc. Les syst&#232;mes capitaliste et patriarcal estiment que le temps des femmes est illimit&#233; et in&#233;puisable. La privatisation des services publics en exclut les personnes les plus pauvres mais d&#233;grade aussi fortement la qualit&#233; des quelques services relevant encore de l'&#201;tat. Tout ceci augmente exponentiellement la charge horaire de travail des femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pensons au temps pass&#233; dans les queues pour obtenir des aliments, de l'eau, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activistes de la MMF refusent la marchandisation des terres, de l'eau, des semences traditionnelles, des connaissances et des services publics (sant&#233;, assainissement, &#233;ducation, logement, transports). Pour contrer cette logique, elles proposent de substituer le paradigme dominant de d&#233;veloppement, fond&#233; sur l'int&#233;gration du syst&#232;me capitaliste et de la soci&#233;t&#233; de march&#233;, par le paradigme de la durabilit&#233; de la vie humaine &#171; vue comme une relation dynamique et harmonieuse entre l'humanit&#233; et la nature et entre les &#234;tres humains &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa lutte contre la marchandisation de l'environnement et la privatisation des services publics, la Marche mondiale des femmes r&#233;clame : &lt;br class='autobr' /&gt;
La promotion de sources d'&#233;nergies alternatives (biomasse, &#233;nergie solaire, &#233;oliennes &#8230;) et le rejet du nucl&#233;aire ; l'acc&#232;s universel aux biens communs et aux services publics ; la souverainet&#233; alimentaire et la promotion de l'agro&#233;conomie (agriculture biologique, etc.), la condamnation des responsables des d&#233;t&#233;riorations inflig&#233;es &#224; l'environnement et des modifications de la cha&#238;ne alimentaire ; des r&#233;parations des pays industriels pour la dette &#233;cologique qu'ils ont contract&#233;e aupr&#232;s des peuples du Sud ; le soutien aux pays o&#249; les cons&#233;quences du changement climatique et de l'agriculture chimique intensive ont amplifi&#233; les effets des d&#233;sastres naturels.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Assassinats de femmes en raison de leur sexe&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interruption volontaire de grossesse&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme en Bosnie-Herz&#233;govine au cours de la guerre en ex-Yougoslavie&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pensons au temps pass&#233; dans les queues pour obtenir des aliments, de l'eau, des soins m&#233;dicaux pour les enfants et personnes &#226;g&#233;es, au temps consacr&#233; &#224; l'&#233;ducation des enfants lorsque l'enseignement est de pi&#232;tre qualit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et depuis le 8 mars 2010 .. que s'est-il pass&#233; ? </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Et-depuis-le-8-mars-2010-que-s-est-il-passe</link>
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		<dc:date>2010-05-18T10:53:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-&#200;ve Duchesne</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>chronique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-05-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette chronique aura pour objectif de tracer un portrait mondial des actions f&#233;ministes men&#233;es dans la cadre de la 3e action internationale de la Marche mondiale des femmes (MMF). Environ deux fois par mois, vous recevrez un l&#233;ger topo afin de nous pr&#233;parer collectivement et solidairement au 17 octobre 2010, point culminant de cette action. Cette semaine : que s'est-il pass&#233; depuis le 8 mars dernier ? &lt;br class='autobr' /&gt; Un peu partout au Qu&#233;bec, des actions r&#233;gionales se sont organis&#233;es autour du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-International-67-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-chronique-+" rel="tag"&gt;chronique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-05-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-05-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette chronique aura pour objectif de tracer un portrait mondial des actions f&#233;ministes men&#233;es dans la cadre de la 3e action internationale de la Marche mondiale des femmes (MMF). Environ deux fois par mois, vous recevrez un l&#233;ger topo afin de nous pr&#233;parer collectivement et solidairement au 17 octobre 2010, point culminant de cette action. Cette semaine : que s'est-il pass&#233; depuis le 8 mars dernier ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un peu partout au Qu&#233;bec, des actions r&#233;gionales se sont organis&#233;es autour du lancement de la Marche 2010 : &lt;i&gt;En 2010, &#231;a va marcher !&lt;/i&gt;. Depuis, les femmes qu&#233;b&#233;coises se pr&#233;parent &#224; marcher de nouveau, cette fois sur le th&#232;me &#171; &lt;i&gt; Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche !&lt;/i&gt; &#187;, en organisant des marches r&#233;gionales et un rassemblement national &#224; Rimouski du 12 au 17 octobre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ailleurs dans le monde, les femmes aussi n'ont pas arr&#234;t&#233; de bouger. De l'Alg&#233;rie et du Maroc, dans le nord, &#224; l'Afrique du Sud et au Zimbabwe, dans le sud, plusieurs centaines de soeurs de la MMF ont &#233;t&#233; mobilis&#233;es sur le continent africain au d&#233;but du mois de mars pour lancer la Troisi&#232;me Action Internationale de la MMF et pour c&#233;l&#233;brer le 100&#232;me anniversaire de la d&#233;claration de la Journ&#233;e Internationale des Femmes. Des actions ont &#233;t&#233; organis&#233;es dans 14 pays de l'Afrique durant lesquelles se sont d&#233;roul&#233;es des marches et des manifestations dans les villes et les campagne, des tables rondes, le lancement d'une campagne, d'&#233;v&#233;nements et de discussions, des activit&#233;s culturelles, un sit-in, des s&#233;minaires de formation ainsi que des d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les Am&#233;riques, des citoyennes de 18 pays diff&#233;rents ont aussi march&#233; entre le 8 et le 18 mars. Notons, entre autre, une marche de 10 jours qui a eu lieu au Br&#233;sil. En Asie et en Oc&#233;anie, les femmes ont aussi &#233;t&#233; pr&#233;sentes dans les rues, particuli&#232;rement &#224; Lahore (au Pakistan) o&#249; une marche de 10 km a &#233;t&#233; faite par 1500 femmes. Des 13 pays du continent europ&#233;en qui nous avaient inform&#233; de leurs plans, seule la Catalogne n'a pas r&#233;ussi &#224; les mettre en oeuvre du fait de la forte chute de neige. Les activistes de la MMF des autres 12 pays se sont faites entendre dans les rues des capitales et d'autres villes. Entre autre, 6 marches nationales ont &#233;t&#233; organis&#233;es &#224; Bruxelles, &#224; Londres, &#224; Paris, &#224; Ath&#232;nes, &#224; Saint-Jacques de Compostelle et &#224; Berne en Suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des actions ont d&#233;j&#224; donn&#233; le ton &#224; cette 3e action internationale qui est loin d'&#234;tre termin&#233;e. &#192; chaque pas que les femmes feront, un peu plus de solidarit&#233; sera exprim&#233;e mondialement. Pour avoir plus d'informations concernant les actions de la MMF, vous pouvez visiter le site : &lt;a href=&#034;http://www.mmf2010.info&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mmf2010.info&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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