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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Tha&#239;lande : Nouvelle &#233;tape dans la &#171; guerre de classe &#187;</title>
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		<dc:date>2010-03-30T12:38:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Sabai</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Tha&#239;lande</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-03-30</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cela fait maintenant plus d'une semaine que les &#171; chemises rouges &#187; manifestent dans les rues de Bangkok. Venus principalement des provinces du nord et de l'est, jusqu'&#224; 150 000 manifestants ont d&#233;fil&#233; toute la semaine dans le calme et la bonne humeur pour demander la tenue d'&#233;lections l&#233;gislatives anticip&#233;es et le retour de la d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; du site d'Europe solidaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Les manifestants sont regroup&#233;s sous la banni&#232;re du &#171; Front uni pour la d&#233;mocratie et contre la dictature &#187; (UDD), un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH58/arton4463-783f8.png?1676772040' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='58' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait maintenant plus d'une semaine que les &#171; chemises rouges &#187; manifestent dans les rues de Bangkok. Venus principalement des provinces du nord et de l'est, jusqu'&#224; 150 000 manifestants ont d&#233;fil&#233; toute la semaine dans le calme et la bonne humeur pour demander la tenue d'&#233;lections l&#233;gislatives anticip&#233;es et le retour de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;tir&#233; du site d'Europe solidaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants sont regroup&#233;s sous la banni&#232;re du &#171; Front uni pour la d&#233;mocratie et contre la dictature &#187; (UDD), un mouvement large compos&#233; de supporters de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra (chass&#233; par un coup d'&#201;tat en septembre 2006), de r&#233;publicains et de militants pour la restauration de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; guerre de classe &#187;, comme la nomment les manifestants, est r&#233;v&#233;latrice de la profonde crise que traverse la Tha&#239;lande depuis le coup d'&#201;tat de septembre 2006. Le pays reste plus que jamais divis&#233; entre les &#233;lites de Bangkok et les milieux populaires et les pauvres, principalement des paysans et des ouvriers qui vivent dans les provinces du nord et de l'est du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fomentant un coup d'&#201;tat en 2006, les militaires tha&#239;landais, avec l'aval de la monarchie, avaient pour objectif de r&#233;tablir l'ancien ordre politique &#8211; accapar&#233; par la monarchie, la bureaucratie, les militaires et le parti d&#233;mocrate - et s&#233;rieusement &#233;branl&#233; par 5 ans de gouvernement Thaksin : Arriv&#233; au pouvoir pour d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts de milliardaire, Thaksin avait r&#233;ussi en quelques ann&#233;es &#224; dominer la vie politique et &#233;conomique. Dans un pays o&#249; business et politique sont &#233;troitement m&#234;l&#233;s, Thaksin mena&#231;ait directement les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et financiers de la famille royale et de &#171; grandes familles financi&#232;res &#187; non li&#233;es &#224; son clan. Dans le m&#234;me temps, il avait eu l'habilet&#233; de mener une politique en faveur des plus d&#233;munis, ce qui n'&#233;tait jamais arriv&#233; en Tha&#239;lande. Cela lui a valu un soutien ind&#233;fectible des classes populaires, soutien qui rentrait directement en concurrence avec la popularit&#233; du roi et cela, les &#233;lites de Bangkok ne pouvaient le supporter. Le roi est le garant de &#171; l'unit&#233; du pays &#187;, ce qui dans les faits s'est jusqu'&#224; r&#233;cemment traduit par un &#233;touffement de toutes revendications des classes populaires et le maintien du syst&#232;me en faveur de l'establishment. Thaksin a appris &#224; ses d&#233;pens qu'il est difficile et risqu&#233; de bouleverser les &#233;quilibres de pouvoir dans le syst&#232;me politique tha&#239;landais. Les &#233;lites ne sont pas pr&#234;tes &#224; accepter le verdict des urnes s'il ne va pas dans le sens du maintien de l'ordre traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le printemps 2006, trois gouvernements d&#233;mocratiquement &#233;lus, tous li&#233;s &#224; Thaksin, ont &#233;t&#233; renvers&#233;s par les militaires ou le pouvoir judiciaire avec l'appui de la monarchie. Le gouvernement actuel, dirig&#233; par le chef du parti d&#233;mocrate Abhisit Vejjajiva a &#233;t&#233; mis en place par les militaires en favorisant un renversement d'alliance au sein du parlement en d&#233;cembre 2008. Ce parti est minoritaire dans le pays et n'a pas remport&#233; d'&#233;lections depuis plus d'une d&#233;cennie. Il a soutenu le coup d'&#201;tat de 2006. Depuis, Abhisit s'est r&#233;v&#233;l&#233; un pr&#233;cieux alli&#233; de l'arm&#233;e sur de nombreux sujets. Mais, pour l'arm&#233;e et la royaut&#233;, les probl&#232;mes sont &#224; venir. Dans un an, des &#233;lections l&#233;gislatives auront lieu et le parti d&#233;mocrate ne semble pas en mesure de les remporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, dans ce contexte politique, qu'il faut comprendre la d&#233;cision de justice rendue &#224; la fin du mois de f&#233;vrier : 46,6 des 76,6 milliards de baths de Thaksin et de son ex-femme Pojama, gel&#233;s depuis le coup d'&#201;tat de 2006, ont &#233;t&#233; saisis par la justice. C'est un nouvel &#233;pisode dans la lutte que l'establishment m&#232;ne contre Thaksin. Les militaires ont d'abord cherch&#233; &#224; d&#233;truire le parti de Thaksin en ayant recours au pouvoir exorbitant de la justice tha&#239;landaise. La nouvelle constitution de 2007, &#233;crite sous la dict&#233;e des militaires, offre en effet la possibilit&#233; de dissoudre un parti si la justice consid&#232;re que l'un de ses membres a commis une faute. Cette possibilit&#233; a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; utilis&#233;e deux fois depuis 2006 &#224; l'encontre de Thaksin et de son parti, le Thai Rak Thai (TRT- les Tha&#239; aiment les Tha&#239;) et ensuite de son h&#233;ritier le People's Power Party (PPP - Parti du pouvoir du peuple). Malgr&#233; son exil, les militaires et la monarchie n'ont pas r&#233;ussi &#224; faire dispara&#238;tre Thaksin de la vie politique tha&#239;landaise, ils cherchent donc maintenant &#224; s'attaquer &#224; son autre instrument de pouvoir, l'argent, afin d'emp&#234;cher l'&#233;mergence de toute autre alternative politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette condamnation judiciaire a &#233;t&#233; v&#233;cue dans les classes populaires comme profond&#233;ment injuste et montrant combien la justice tha&#239;landaise est &#224; deux vitesses. Celle-ci n'a toujours pas traduit en justice les responsables de la prise d'assaut de l'a&#233;roport Suvarnabhumi, il y a plus d'un an et demi maintenant, tous des soutiens du coup d'&#201;tat ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la suite de ce verdict que les dirigeants de l'UDD ont d&#233;cid&#233; d'organiser les mobilisations actuelles. L'objectif num&#233;rique affich&#233;, r&#233;unir 1million de manifestants &#224; Bangkok, est loin d'&#234;tre atteint et le gouvernement ne c&#233;dera pas &#224; la demande de dissolution de l'assembl&#233;e. Mais, contrairement &#224; ce qu'&#233;crivent de nombreux commentateurs qui relaient l'information des classes dominantes, ce mouvement a atteint de nombreux objectifs politiques de premi&#232;re importance. En premier lieu, les &#171; chemises rouges &#187; sont d&#233;finitivement entr&#233;es sur la sc&#232;ne politique nationale et les vieilles &#233;lites ne peuvent plus ignorer leur poids et leurs revendications. En rassemblant 150 000 personnes, l'UDD a montr&#233; sa capacit&#233; de mobilisation et sa r&#233;elle popularit&#233;. Un tel mouvement, historique selon certains analystes, n'avait jamais &#233;t&#233; vu depuis que le pays est devenu une monarchie constitutionnelle en 1932. Autre avanc&#233;e, le Front a &#233;t&#233; capable d'&#233;largir sa base sociale. On ne peut plus dire que cette lutte oppose les &#171; rouges enrag&#233;s &#187; et &#171; hordes rurales &#187; des campagnes aux &#233;lites et classes moyennes de Bangkok. Ces qualificatifs m&#233;prisants ont &#233;t&#233; employ&#233;s par le &#171; Bangkok Post &#187; pour parler des &#171; chemises rouges &#187;. Une partie de ces classes moyennes a pris conscience du co&#251;t &#233;lev&#233; qu'&#224; repr&#233;sent&#233; le coup d'&#201;tat, tant en termes politiques qu'&#233;conomiques et elle soutient maintenant un mouvement qui cherche &#224; r&#233;tablir la d&#233;mocratie. Le syst&#232;me politique actuel est en pleine d&#233;composition et la mort du roi, qui &#224; l'&#226;ge de 82 ans est depuis plusieurs mois hospitalis&#233; pour insuffisance respiratoire, pourrait pr&#233;cipiter son effondrement. Les &#171; chemises rouges &#187; ne sont plus les seuls &#224; penser que seule une &#233;lection libre et un minimum de d&#233;volution du pouvoir aux provinces permettraient d'apporter des solutions &#224; la crise politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La popularit&#233; acquise par les &#171; chemises rouges &#187;, l'&#233;largissement des soutiens au mouvement, sont une &#233;tape nouvelle dans la longue lutte pour le r&#233;tablissement de la d&#233;mocratie et de la justice sociale. Les &#233;v&#233;nements actuels montrent qu'il ne s'agit plus d'une opposition entre diff&#233;rents secteurs de la bourgeoisie ou une opposition ville/campagne comme cela a souvent &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;. Les divisions sont profondes et bas&#233;es sur une remise en cause des privil&#232;ges des classes dominantes, autrement dit sur des diff&#233;rences de classe. Reste que les classes populaires tha&#239;landaises sont orphelines d'un parti politique qui repr&#233;sente r&#233;ellement leurs int&#233;r&#234;ts. Ce mouvement est un premier pas qui met fin &#224; l'exclusion des travailleurs de la sph&#232;re politique. Mais pour qu'il y ait une r&#233;elle d&#233;mocratisation de la soci&#233;t&#233; tha&#239;landaise, il leur faudra s'affranchir compl&#232;tement des populistes du type Thaksin et &#233;laborer un v&#233;ritable programme de transformation sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sens de la crise grecque</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-sens-de-la-crise-grecque</link>
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		<dc:date>2010-03-30T12:37:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Franchet</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-03-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; dit beaucoup de choses sur la crise et la Gr&#232;ce ces derni&#232;res semaines, des plus naus&#233;abondes [1] aux plus confuses. Il en r&#233;sulte un argumentaire exportable dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. Les m&#233;dias ont abondamment repris le message officiel qui tient en 5 chapitres : &lt;br class='autobr' /&gt;
1) La Gr&#232;ce a trich&#233; pour cacher une dette publique &#171; insoutenable &#187; ; 2) Elle est au bord de la cessation de paiement comme d'autres pays de la zone euro ; 3) L'Union europ&#233;enne compatit mais n'y peut rien si ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-03-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-03-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L147xH150/arton4465-d22b3.png?1677096839' class='spip_logo spip_logo_right' width='147' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; dit beaucoup de choses sur la crise et la Gr&#232;ce ces derni&#232;res semaines, des plus naus&#233;abondes [1] aux plus confuses. Il en r&#233;sulte un argumentaire exportable dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. Les m&#233;dias ont abondamment repris le message officiel qui tient en 5 chapitres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) La Gr&#232;ce a trich&#233; pour cacher une dette publique &#171; insoutenable &#187; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Elle est au bord de la cessation de paiement comme d'autres pays de la zone euro ;&lt;br class='autobr' /&gt;
3) L'Union europ&#233;enne compatit mais n'y peut rien si ce n'est encourager des plans de rigueur et demander la mise sous tutelle du pays ;&lt;br class='autobr' /&gt;
4) La Gr&#232;ce doit prendre des mesures d'aust&#233;rit&#233; pour r&#233;duire son d&#233;ficit public ;&lt;br class='autobr' /&gt;
5) La sortie de crise des pays d&#233;velopp&#233;s implique des plans d'aust&#233;rit&#233; et de rigueur de m&#234;me nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du Bulletin du CADTM France)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut d&#233;coder ce message id&#233;ologique destin&#233; en fait &#224; tous les peuples des pays du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1) La Gr&#232;ce a trich&#233; pour cacher une dette publique &#171; insoutenable &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui sans doute et cela r&#233;v&#232;le un &#201;tat gangr&#233;n&#233; par la corruption et les petits arrangements entre amis. Il semble &#233;tabli aujourd'hui que la banque am&#233;ricaine Goldman Sachs, par des montages complexes (swaps de devises) et des produit d&#233;riv&#233;s, ait permis au gouvernement grec de r&#233;duire fictivement sa dette publique de plus de 2 milliards d'euros [2] au moyen d'un pr&#234;t invisible. Cela avait permis &#224; la Gr&#232;ce d'entrer dans la zone euro. Il est &#233;galement &#233;tabli que les gouvernements successifs depuis 2001 ont ferm&#233; les yeux sur cette minoration de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elle n'est pas la seule et les pays de la zone euro font assaut d'hypocrisie en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, l'Italie a eu recours &#224; des swaps avec la banque J.P.Morgan pour r&#233;duire artificiellement son d&#233;ficit. Depuis, Berlusconi a c&#233;d&#233; pour 10 Mds d'euros les droits d'entr&#233;e des mus&#233;es nationaux &#224; une soci&#233;t&#233; financi&#232;re qui re&#231;oit en &#233;change 1,5 Mds d'euros par an pendant 10 ans. La France, elle, a &#233;mis en 2000 des emprunts et inscrit le remboursement des int&#233;r&#234;ts &#224; la fin d'une p&#233;riode de 14 ans. En 2004, Goldman Sachs et Deutsche Bank ont r&#233;alis&#233; un montage financier pour l'Allemagne appel&#233; &#171; Aries Vermoegensverwaltungs &#187;. L'Allemagne aurait ainsi emprunt&#233; &#224; des taux largement sup&#233;rieurs &#224; ceux du march&#233;, uniquement pour &#233;viter que la dette n'&#233;merge dans les comptes publics [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relativiser le &#171; gouffre abyssal &#187; de la Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce aurait donc un d&#233;ficit de 12,7% et non de 6% comme annonc&#233; par l'ancien gouvernement et une dette publique de 115% mais si on compare &#224; d'autres pays, il n'y a pas de quoi hurler avec les loups. Le co&#251;t du service de la dette &#233;tait de 14% du PIB en 1993, il est maintenant de 6% ! La situation des comptes de l'&#201;tat grec est certes loin de l'&#233;quilibre mais elle est moins d&#233;grad&#233;e comparativement &#224; d'autres pays du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tableau 1 : &#201;tat de la dette publique dans les principaux pays de la zone euro en % du Produit int&#233;rieur brut (PIB)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_576 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/grece_tableau1.png?576/1c99093332d89625e6698601278298b45bb535c4919ac784c6dd3b44e2a5fa47&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 19.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH65/grece_tableau1-574b6-6bc8b.png?1674876568' width='150' height='65' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ni la Commission europ&#233;enne, ni Eurostat et encore moins les agences de notation, n'ont de le&#231;ons &#224; donner &#224; la Gr&#232;ce !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2001, la Commission europ&#233;enne ne pouvait ignorer le peu de fiabilit&#233; des comptes pr&#233;sent&#233;s par la Gr&#232;ce. Elle n'avait qu'&#224; regarder les comptes des administrations centrales de ce pays pour mesurer le d&#233;ficit permanent du budget de l'&#201;tat grec, de voir la multiplication des commandes d'armements, d'appr&#233;cier le co&#251;t des Jeux Olympiques de 2004 et les comparer aux moyens budg&#233;taires et aux r&#233;serves d&#233;tenues par la Banque centrale grecque pour comprendre que la dette officielle (rendue pr&#233;sentable pour int&#233;grer la zone euro) n'&#233;tait pas celle annonc&#233;e. Elle ne pouvait l'ignorer mais en r&#233;alit&#233; ne voulait pas le d&#233;noncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration de la Gr&#232;ce dans la zone euro lui &#233;tait n&#233;cessaire pour des questions politiques et g&#233;ostrat&#233;giques. Les meilleurs avocats de la Gr&#232;ce &#233;taient, en 2001, la France (2e fournisseur en armement de la Gr&#232;ce) et l'Allemagne. Les banques de ces deux pays d&#233;tiennent aujourd'hui 80% de la dette grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du c&#244;t&#233; d'Eurostat, pas de le&#231;ons non plus &#224; donner !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'agence Bloomberg, Eurostat &#233;tait parfaitement au courant de cette op&#233;ration. C'est aussi au nom de r&#232;gles comptables bien arrangeantes que l'institut statistique de l'UE &#233;carte des encours des dettes publiques, les milliards d'euros donn&#233;s aux banques sans contrepartie dans le cadre des plans de sauvetage (d&#233;cision SEC de juin 2009). C'est le m&#234;me Eurostat qui permet de ne pas int&#233;grer dans l'encours de la dette publique les montants des emprunts lanc&#233;s par les &#201;tats (&#171; grand emprunt &#187; en France, emprunts grec et portugais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, les contribuables (ceux qui ne b&#233;n&#233;ficient pas des r&#233;ductions d'imp&#244;ts accord&#233;es aux classes ais&#233;es) devront bien r&#233;gler ces sommes d'une fa&#231;on ou d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant aux agences de notation, quelle fiabilit&#233; leur accorder ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont une cr&#233;dibilit&#233; sacr&#233;ment sujette &#224; caution, elles qui notaient au plus haut Lehman Brothers trois jours avant sa faillite et triple A, les subprimes titris&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes agences &#171; extralucides &#187; font pourtant la pluie et le beau temps sur les march&#233;s financiers, y compris ceux non r&#233;glement&#233;s dits OTC (Over The Counter &#8211; &#171; de gr&#233; &#224; gr&#233; &#187;) tels le march&#233; des produits toxiques ou des CDS (Credits Default Swaps- assurances contre le risque d'impay&#233;s). Elles sont intimement li&#233;es aux banques anglo-saxonnes (et notamment &#224; Goldman Sachs et &#224; Citibank).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces agences ne travaillent pas avec une boule de cristal, mais avec les donn&#233;es fournies par l'&#233;metteur de l'emprunt consid&#233;r&#233; ou de la mise sur le march&#233; de tel ou tel produit. Dans le cas qui nous occupe, elles n'ont abaiss&#233; la note des emprunts d'&#201;tat qu'une fois que de nouvelles donn&#233;es ont &#233;t&#233; fournies par le gouvernement grec lui-m&#234;me apr&#232;s le changement de majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt; 2) La Gr&#232;ce est au bord de la cessation de paiement comme d'autres pays de la zone euro&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le message a une fonction premi&#232;re : celle d'augmenter les taux de r&#233;mun&#233;ration (primes de risque) et donc les profits des pr&#234;teurs (dont Goldman Sachs et des hedge funds). L'emprunt &#233;mis par la Gr&#232;ce s'est ainsi n&#233;goci&#233; &#224; 6,40 % soit le double de ce qu'un cr&#233;ancier pouvait esp&#233;rer en la mati&#232;re. A noter que cet emprunt de 5 milliards d'euros a re&#231;u, lors de l'appel d'offre, 3 fois l'offre initiale [4]. Beau d&#233;menti de la part des financiers pour un pays consid&#233;r&#233; comme &#171; au bord de la cessation de paiement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie dominante a une propension &#224; comparer la situation du budget de l'&#201;tat avec celui d'un m&#233;nage ou d'une entreprise, ce qui n'a aucun sens. Un &#201;tat, &#224; la diff&#233;rence d'un m&#233;nage ou d'une entreprise, a toujours la possibilit&#233; d'augmenter ses recettes via l'imp&#244;t. C'est, avec une esp&#233;rance de vie bien sup&#233;rieure, une diff&#233;rence essentielle et la raison qui rend absurde cette comparaison. L'&#201;tat am&#233;ricain existe depuis 221 ans et accumule de la dette depuis 1837, soit 173 ann&#233;es cons&#233;cutives [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde raison d'&#234;tre de ce discours alarmiste est de pr&#233;parer l'opinion publique &#224; accepter une cure de r&#233;gression sociale et d'aust&#233;rit&#233;. Le gouvernement grec a aussi toute latitude de proc&#233;der &#224; une r&#233;forme en profondeur de la fiscalit&#233; pour abolir les cadeaux fiscaux et sociaux faits aux classes ais&#233;es et aux entreprises, imposer les revenus du capital et de la rente, bref d'augmenter ses recettes fiscales pour supprimer son d&#233;ficit budg&#233;taire. C'est bien une question de choix politique que le PASOK (Parti socialiste en Gr&#232;ce) choisit de ne pas faire parce qu'il est d'accord sur l'essentiel du n&#233;olib&#233;ralisme : le monde grec est et doit rester dans une &#233;conomie n&#233;olib&#233;rale de march&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques publiques men&#233;es depuis plusieurs dizaines d'ann&#233;es par les gouvernements successifs ont accru les d&#233;ficits publics et le stock de la dette publique. L'entr&#233;e dans la zone euro (2001) n'a fait qu'amplifier ce ph&#233;nom&#232;ne. (cf. les tableaux 2, 3 et 4 ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 2 : Comparaison des politiques fiscales de la Gr&#232;ce et de l'UE &#224; 27&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_576 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/grece_tableau1.png?576/1c99093332d89625e6698601278298b45bb535c4919ac784c6dd3b44e2a5fa47&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 19.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH65/grece_tableau1-574b6-6bc8b.png?1674876568' width='150' height='65' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 3 : Solde public (en % du PIB)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_577 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/grece_tableau_2.png?577/cca5e18c3e6a53c35cfe9fa34c2faea16027bab2d16979888f6c00355161d71c&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 12.5 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH46/grece_tableau_2-4f6cb-908de.png?1674876568' width='150' height='46' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 4 : Dette publique (en% du PIB)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_576 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/grece_tableau1.png?576/1c99093332d89625e6698601278298b45bb535c4919ac784c6dd3b44e2a5fa47&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 19.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH65/grece_tableau1-574b6-6bc8b.png?1674876568' width='150' height='65' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;3) L'Union europ&#233;enne compatit, mais n'y peut rien si ce n'est exiger des plans de rigueur et demander la mise sous tutelle du pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Banque centrale europ&#233;enne (BCE) n'a pas le droit de pr&#234;ter aux &#201;tats !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Banque centrale europ&#233;enne a pr&#234;t&#233; massivement aux banques priv&#233;es en 2008-2009 pour les sauver de la faillite, elle n'est pas autoris&#233;e &#224; en faire autant &#224; l'&#233;gard des pouvoirs publics des &#201;tats membres. C'est un comble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que l'article 123 du Trait&#233; de Lisbonne stipule l'interdiction faite &#224; la BCE et aux Banques centrales des &#201;tats membres de proc&#233;der &#224; &#171; l'acquisition directe aupr&#232;s [des autorit&#233;s publiques, des autres organismes ou entreprises publics des &#201;tats membres] des instruments de leur dette &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pas d'acquisition &#171; directe &#187; (et pas d'aide aux &#201;tats) mais des pr&#234;ts pr&#233;f&#233;rentiels sont pourtant accord&#233;s aux banques qui d&#233;posent en garantie &#8230; des titres des obligations des &#201;tats (dont ceux de l'&#201;tat grec !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belle hypocrisie que cette m&#233;canique permise par le Trait&#233; de Lisbonne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque Europ&#233;enne d'Investissement, dont on conna&#238;t l'amoralit&#233; dans les pays en d&#233;veloppement [6] ne peut pas non plus financer le d&#233;ficit grec ? Sur le papier, c'est vrai. Mais dans la &#171; vraie vie &#187;, elle finance bien des projets d'investissement discutables qui creusent le d&#233;ficit public et augmentent la dette publique comme les Jeux Olympiques de 2004 dont le co&#251;t total n'est toujours pas connu (estim&#233; entre 20 et 30 milliards d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4) La Gr&#232;ce doit prendre des mesures d'aust&#233;rit&#233; pour r&#233;duire son d&#233;ficit public&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; o&#249; les tenants du capitalisme &#233;conomique et financier veulent en venir ! Prenant pr&#233;texte d'une dette publique consid&#233;r&#233;e comme &#171; insoutenable &#187;, le gouvernement impose, au nom d'un assainissement budg&#233;taire, une cure d'aust&#233;rit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent &#224; sa population : fin des mesures de relance, gel des salaires des fonctionnaires en 2010, baisse de 10% des primes et de 30% des heures suppl&#233;mentaires dans la fonction publique, 10% de baisse aussi des d&#233;penses publiques dont 100 millions d'euros en moins pour l'&#233;ducation, r&#233;duction des d&#233;penses hospitali&#232;res, allongement de 2 ans de l'&#226;ge de d&#233;part en retraite qui passe ainsi &#224; 63 ans, gel des embauches, r&#233;duction des CDD dans la fonction publique, augmentation des taxes sur les combustibles, le tabac, les t&#233;l&#233;phones portables, hausse de 2 points de la TVA&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'Union europ&#233;enne en veut plus ! Elle exige des r&#233;formes structurelles qui concernent l'ensemble des administrations, la lib&#233;ralisation du march&#233; des marchandises, la flexibilisation du travail, des r&#233;formes en profondeur des retraites et de la sant&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bas mot, c'est 15% de ch&#244;mage au moins et une contraction de 7,5% du PIB qui attend le peuple grec &#224; court terme, selon les pr&#233;visions de la Deutsche Bank.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, d'autres solutions budg&#233;taires internes existent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomies attendues avec le plan d'aust&#233;rit&#233; sont de l'ordre de 5 Mds d'euros. D'autres choix sont pourtant possibles ! Ainsi, la Gr&#232;ce est le pays de l'UE dont les d&#233;penses militaires sont les plus importantes en pourcentage du PIB national. Elles atteignaient 9,642 Mds de dollars en 2006 [7]. En 2008, la Gr&#232;ce tenait le premier rang europ&#233;en avec 2,8% de son PIB consacr&#233; &#224; l'armement et ce chiffre n'inclut pas la totalit&#233; des d&#233;penses militaires [8]. Ce co&#251;t consid&#233;rable pour le budget de l'&#201;tat profite d'abord aux industries d'armements am&#233;ricaines et europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce est aussi le num&#233;ro 1 mondial des flottes commerciales avec plus de 4 000 navires qui ponctionnent chaque ann&#233;e l'&#201;tat grec de pr&#232;s de 6 Mds d'euros de TVA gr&#226;ce &#224; des m&#233;canismes avantageux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des gros employeurs ont transf&#233;r&#233; leurs actifs dans des soci&#233;t&#233;s off-shore chypriotes (et n'y sont impos&#233;s qu'au taux de 10%). L'&#233;glise grecque orthodoxe est exon&#233;r&#233;e d'imp&#244;t, bien que championne nationale de d&#233;tention de biens immobiliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques grecques ont per&#231;u 28 Mds d'euros de fonds publics au titre de plans de sauvetage sans aucune contrepartie et maintenant, elles sp&#233;culent contre la dette publique en toute impunit&#233;. Les moyens existent donc de faire autrement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils supposent une r&#233;forme en profondeur de la fiscalit&#233; mais le gouvernement PASOK, au service des capitalistes, a choisi de laisser les choses en l'&#233;tat et de faire payer les pauvres pour rester dans la zone euro, pourtant source de d&#233;r&#233;glementation et de perte de souverainet&#233; nationale, au nom de la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5) La sortie de crise des pays d&#233;velopp&#233;s implique des plans d'aust&#233;rit&#233; et de rigueur de m&#234;me nature&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s, le m&#234;me message est reproduit par les gouvernants et les m&#233;dias. Que ce soit au Portugal o&#249; le gouvernement s'est lanc&#233; dans un vaste programme de privatisation des services publics ; en Espagne, emp&#234;tr&#233;e dans la crise immobili&#232;re et qui conna&#238;t un taux de ch&#244;mage autour de 20% ; en Irlande dont le d&#233;ficit budg&#233;taire est voisin de celui de la Gr&#232;ce ; en Italie qui d&#233;tient le record de l'UE avec une dette publique &#224; 127% de son PIB ; ou encore au Royaume-Uni dont le d&#233;ficit d&#233;passe d&#233;sormais les 14,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres pays europ&#233;ens doivent s'attendre aussi &#224; passer &#224; la moulinette des plans d'aust&#233;rit&#233;. Les projets de r&#233;forme des r&#233;gimes de retraite et la casse des syst&#232;mes de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; sociale sont d&#233;j&#224; partout &#224; l'&#339;uvre en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est certaine : l'argent public, obtenu &#224; taux tr&#232;s faible par les grandes banques priv&#233;es aupr&#232;s de la Banque centrale europ&#233;enne, n'ira pas aux m&#233;nages ni aux entreprises. Les encours de cr&#233;dit ont massivement diminu&#233; en 2009 partout en Europe. Cet argent va d&#233;j&#224; et ira de nouveau &#224; la sp&#233;culation sur le &#171; risque souverain &#187;, la dette publique. Aujourd'hui, la Gr&#232;ce ; demain, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande. Apr&#232;s-demain, la Belgique, la France&#8230; La zone euro se trouve compl&#232;tement &#233;clat&#233;e et r&#233;v&#232;le son v&#233;ritable visage : c'est un syst&#232;me construit pour les &#233;conomies les plus riches sur le dos des plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Conclusions provisoires et six propositions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne est en faillite politique : avec une monnaie commune mais une concurrence fiscale et sociale entre ses &#201;tats membres, avec son march&#233; commun mais sans aucun m&#233;canisme de transfert de ressources des riches vers les pauvres, avec son dogme n&#233;olib&#233;ral qui &#233;crase les peuples, elle est incapable de fournir une r&#233;ponse &#224; la crise pour sa population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En retour, les peuples commencent &#224; organiser la riposte et se mobilisent : deux gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales massives et cons&#233;cutives en Gr&#232;ce, des manifestations monstres dans la plupart des grandes villes ; &#224; 93%, les Islandais ont refus&#233; le paiement des dettes priv&#233;es pr&#233;vu par la loi Icesave [9] ; des manifestations impressionnantes au Portugal ; des manifestations aussi le 23 mars qui marquent le d&#233;but d'un 3e tour social en France. Le vent se l&#232;ve partout en Europe et porte le refus des salari&#233;s, des retrait&#233;s et des pauvres, &#224; faire les frais de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui manque &#224; ces mobilisations, outre de rompre avec l'isolement des luttes, c'est un d&#233;bouch&#233; qui fasse le lien entre le social et la r&#233;ponse politique. Partout en Europe, les mouvements sociaux ont besoin de porter des &#233;l&#233;ments de programme alternatifs pour r&#233;pondre &#224; la crise syst&#233;mique, faisant le choix de la d&#233;fense et de l'&#233;largissement des droits collectifs contre la logique de la valorisation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question centrale pos&#233;e par ces &#171; crises-pr&#233;textes &#187; des dettes publiques au Nord tient en une autre r&#233;partition des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il faut tenir deux fers au feu : augmenter les salaires en pr&#233;levant sur les dividendes et mettre en &#339;uvre une r&#233;forme fiscale d'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmenter les salaires serait porteur d'un d&#233;sendettement des m&#233;nages et ouvrirait des d&#233;bouch&#233;s &#224; la production de biens et de services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement une r&#233;duction radicale du temps de travail avec maintien des salaires et embauches compensatoires. Cela permettrait de r&#233;pondre &#224; la fois au probl&#232;me du ch&#244;mage, &#224; celui du financement de la s&#233;curit&#233; sociale (gr&#226;ce &#224; l'augmentation du nombre de cotisants) et &#224; l'insuffisance de loisirs pour ceux qui travaillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;forme fiscale harmonis&#233;e &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne permettrait d'annuler les nombreuses niches fiscales, de r&#233;tablir une fiscalit&#233; progressive pour tous les revenus (imp&#244;ts sur le revenu et imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s), de r&#233;duire ou de supprimer les imp&#244;ts indirects qui frappent surtout les plus pauvres (TVA, taxes sur les produits p&#233;troliers), instaurerait un imp&#244;t exceptionnel sur les revenus financiers et sur le patrimoine des cr&#233;anciers de la dette, sans oublier la taxation des autres revenus du capital et de la rente immobili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique budg&#233;taire assainie de notre point de vue devra aussi annuler les nombreuses exon&#233;rations de cotisations sociales des entreprises, augmenter les cotisations des employeurs, et ainsi garantir un d&#233;veloppement de la protection sociale pour tous et un niveau correct des retraites et des pensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le syst&#232;me financier a fait la preuve de sa nocivit&#233; sociale. Il faut exproprier les banques ainsi que les autres organismes financiers, les transf&#233;rer vers le domaine public et les placer sous contr&#244;le citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi la n&#233;cessit&#233; de proc&#233;der &#224; un audit citoyen des dettes publiques, d'en mesurer la l&#233;gitimit&#233; ou l'ill&#233;gitimit&#233; (qu'ont-elles financ&#233; ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettons ces propositions en d&#233;bat pour d&#233;terminer un cahier de revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal Franchet&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;FRANCHET Pascal&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Des &#171; bons mots &#187; empreints de racisme comme le titre de l'article du journal Le Monde du 6 f&#233;vrier 2010 &#171; La &#8220;mauvaise Gr&#232;ce&#8221; met l'euro sous tension &#187;, &#224; l'acronyme &#171; PIGS &#187;, cochons en anglais (Portugal, Irlande, Gr&#232;ce et Espagne-Spain) invent&#233; par le tr&#232;s lib&#233;ral journal The Economist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#171; Avec la complicit&#233; de Godman Sachs, elle a ainsi am&#233;lior&#233; la pr&#233;sentation de ses comptes, et c'est ce qui lui est reproch&#233;. Pourtant ce gain a &#233;t&#233; marginal. Les transactions incrimin&#233;es, r&#233;alis&#233;es en 2001, auraient abaiss&#233; la dette grecque de 2,367 milliards d'euros, faisant passer celle-ci de 105,3 &#224; 103,7% du PIB sur la p&#233;riode concern&#233;e. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.irefeurope.org/content/l..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.irefeurope.org/content/l..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://www.lexpansion.com/Services/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lexpansion.com/Services/..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] D&#233;p&#234;che AFP du 4 mars 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &#171; Cessons de comparer le budget du gouvernement &#224; celui d'un m&#233;nage &#187;, par Randall Wray, &lt;a href=&#034;http://contreinfo.info/article.php3..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://contreinfo.info/article.php3..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Sur le site des Amis de la terre :&lt;a href=&#034;http://www.amisdelaterre.org/-Banqu..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.amisdelaterre.org/-Banqu..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] D&#233;penses militaires mondiales &lt;a href=&#034;http://www.julg7.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.julg7.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Source OTAN =&lt;a href=&#034;http://www.nato.int/docu/pr/2009/p0..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nato.int/docu/pr/2009/p0..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Voir Olivier Bonfond, J&#233;r&#244;me Duval, Damien Millet, Ouf, les Islandais ont dit non !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Pascal Franchet est vice-pr&#233;sident du CADTM France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Anniversaire des ind&#233;pendances africaines</title>
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		<dc:date>2010-03-30T12:37:01Z</dc:date>
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		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-03-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Samir Amin, 79 ans, n'a rien perdu de sa fougue militante. T&#234;te pensante du Tiers mondisme, proche de certains des p&#232;res des ind&#233;pendances, comme Modibo Keita, auteur d'une cinquantaine d'ouvrages politiques et &#233;conomiques, il traque le capitalisme et l'imp&#233;rialisme international sous toutes leurs formes. Interrog&#233; par Christophe Champin (RFI), il dresse le bilan de 50 ans de relations entre les &#201;tats africains et le reste du monde. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; du site du CADTM &lt;br class='autobr' /&gt;
R.F.I. : Faites-vous partie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-367-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-03-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-03-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L128xH150/arton4468-a2fd0.png?1677126469' class='spip_logo spip_logo_right' width='128' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Samir Amin, 79 ans, n'a rien perdu de sa fougue militante. T&#234;te pensante du Tiers mondisme, proche de certains des p&#232;res des ind&#233;pendances, comme Modibo Keita, auteur d'une cinquantaine d'ouvrages politiques et &#233;conomiques, il traque le capitalisme et l'imp&#233;rialisme international sous toutes leurs formes. Interrog&#233; par Christophe Champin (RFI), il dresse le bilan de 50 ans de relations entre les &#201;tats africains et le reste du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;tir&#233; du site du CADTM&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Faites-vous partie de ces pessimistes qui disent que les cinq d&#233;cennies de l'ind&#233;pendance sont cinq d&#233;cennies perdues ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samir Amin&lt;/strong&gt; : Je ne suis pas pessimiste et je ne pense pas que ce sont cinq d&#233;cennies perdues. Je reste extr&#234;mement critique, extr&#234;mement s&#233;v&#232;re &#224; l'&#233;gard des &#201;tats africains, des gouvernements, des classes dirigeantes, mais je suis encore plus critique &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me mondial qui est responsable, en grande partie, des &#233;checs africains. Vous savez la colonisation que l'on vante aujourd'hui a &#233;t&#233; une catastrophe historique. Au sortir de la colonisation, au Congo belge, il y avait neuf Congolais qui avaient effectu&#233; des &#233;tudes sup&#233;rieures. Apr&#232;s 30 ans du r&#233;gime de Mobutu, l'un des r&#233;gimes les plus ignobles qu'on ait eu dans l'histoire, ce chiffre se compte par centaines de mille. Autrement dit, le pire r&#233;gime africain a fait trois mille, cinq mille fois mieux que la belle colonisation belge. Il faut rappeler ces choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Quand vous pointez du doigt le syst&#232;me mondial qui a men&#233; en partie le continent africain l&#224; o&#249; il est aujourd'hui... que reprochez-vous particuli&#232;rement &#224; ce syst&#232;me mondial ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Au moment des ind&#233;pendances africaines, l'Afrique &#233;tait, et reste encore aujourd'hui, le &#171; ventre mou &#187;, la partie la plus vuln&#233;rable du syst&#232;me mondial. Et une partie vuln&#233;rable du syst&#232;me mondial est condamn&#233;e par la logique m&#234;me de ce syst&#232;me &#224; &#234;tre surexploit&#233;e. La surexploitation en Afrique, c'est principalement le pillage des ressources naturelles du continent. C'est-&#224;-dire que l'Afrique est utile pour le syst&#232;me mondial dans la mesure o&#249; elle est une source de richesses naturelles assez fabuleuses. L'Afrique utile, c'est l'Afrique sans les Africains. Les peuples africains pour le syst&#232;me mondial sont de trop. Ils ne font pas partie de cette frange des travailleurs, sauf les &#233;migr&#233;s bien entendu, que l'on surexploite. Ce qui est int&#233;ressant pour l'imp&#233;rialisme, pour l'appeler par son nom contemporain, ce sont les ressources naturelles de l'Afrique. Et pourquoi l'Afrique est vuln&#233;rable ? Parce que pr&#233;cis&#233;ment, apr&#232;s avoir reconquis son ind&#233;pendance, les pays africains ne se sont pas engag&#233;s suffisamment, pas engag&#233;s du tout m&#234;me, dans la voie d'une industrialisation acc&#233;l&#233;r&#233;e. Je dis le contraire de ce que l'on dit g&#233;n&#233;ralement : l'industrialisation, c'est pour plus tard. L'Afrique n'est pas m&#251;re pour l'industrialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On disait &#231;a de la Chine il y a cinquante ans. On disait &#231;a de la Cor&#233;e du Sud. Ce sont pr&#233;cis&#233;ment les pays qui se sont industrialis&#233;s, rentr&#233;s dans l'industrialisation, d'une fa&#231;on d&#233;cid&#233;e, qui sont aujourd'hui les pays &#233;mergents. Alors l'Afrique a pris cinquante ans de retard. Dans ces cinquante ans de retard, il y a une part importante de responsabilit&#233; des classes dirigeantes. Mais la faiblesse m&#234;me de ces classes dirigeantes, le fait qu'elles aient accept&#233; de se situer dans le statut d'&#201;tat client de l'Occident ne r&#233;duit pas la responsabilit&#233; des pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Est-ce qu'il n'y a pas aussi le risque de placer syst&#233;matiquement ces pays en position de victime. Les dirigeants aujourd'hui sont acteurs sur le continent africain.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Bien s&#251;r qu'ils sont acteurs ! Ce sont les alli&#233;s subalternes dans le syst&#232;me mondial, donc ils ont autant de responsabilit&#233; que leur patron. Mais leur patron a autant de responsabilit&#233; qu'eux. Prenons une question banale, celle de la corruption parce que tout le monde parle de la corruption et c'est vrai une bonne partie des politiciens africains sont corrompus &#224; l'extr&#234;me. Mais ceux qui les corrompent ne sont pas moins responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Revenons &#224; l'histoire.1960, ann&#233;e d'ind&#233;pendance pour de nombreux pays africains. Certains &#233;videmment ont acquis leur ind&#233;pendance plus t&#244;t, mais l'ann&#233;e 1960 est une ann&#233;e importante pour beaucoup de pays francophones et certains pays anglophones. O&#249; &#234;tes-vous pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette &#233;poque-l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Je suis pr&#233;cis&#233;ment en Afrique. J'avais &#233;t&#233; en &#201;gypte, dans mon pays, entre 1957 et 1960. En septembre 1960, je suis all&#233; &#224; Bamako. Je crois que c'&#233;tait le jour m&#234;me de la proclamation de l'ind&#233;pendance du pays, ou c'&#233;tait le lendemain. Donc d&#232;s le d&#233;part, j'avais fait le choix de mettre mes comp&#233;tences modestes au service du d&#233;veloppement de l'Afrique nouvelle, de l'Afrique ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Comment avez-vous v&#233;cu ce jour de l'ind&#233;pendance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Je l'ai v&#233;cu avec beaucoup d'enthousiasme et avec beaucoup d'attente. Enfin, ces pays ayant reconquis leur ind&#233;pendance allaient pouvoir s'engager dans un d&#233;veloppement digne de ce nom, c'est-&#224;-dire rapide, &#224; marche forc&#233;e, mais &#233;galement juste, b&#233;n&#233;ficiant &#224; l'ensemble du peuple, aux classes populaires. J'ai choisi d'aller au Mali pas par hasard. C'est parce que le gouvernement malien, le parti qui s'appelait l'Union soudanaise &#224; l'&#233;poque, avait fait des choix radicaux c'est-&#224;-dire un choix d'ind&#233;pendance, un choix d'ind&#233;pendance pas rh&#233;torique mais d'ind&#233;pendance r&#233;elle, en se battant sur le terrain pour obtenir la marge de man&#339;uvre la plus large possible et, l'histoire de ce parti en faisait un parti qui &#233;tait tr&#232;s largement &#224; l'&#233;coute des masses populaires, notamment de la paysannerie. Beaucoup de conditions &#233;taient r&#233;unies pour un bon d&#233;part. Et le d&#233;part n'a pas &#233;t&#233; mauvais, mais le pays restait extr&#234;mement vuln&#233;rable non pas seulement pour des raisons g&#233;ographiques : un tr&#232;s grand pays &#224; l'&#233;poque tr&#232;s peu peupl&#233; (il y avait 4 millions d'habitants &#224; peine), avec des fronti&#232;res &#233;normes et incontr&#244;lables, sans acc&#232;s &#224; la mer, donc toute sorte de raisons de vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;rive est venue rapidement. Dans cette d&#233;rive les classes dirigeantes locales ont une responsabilit&#233; particuli&#232;re parce qu'elles s'&#233;taient cr&#233;&#233; une marge de man&#339;uvre et elles ne l'ont pas utilis&#233;e de la meilleure mani&#232;re. La d&#233;rive vers le pouvoir, je ne dirais pas personnel, mais le pouvoir d'une &#233;lite et d'une minorit&#233;, y compris le pouvoir personnel a &#233;t&#233; tr&#232;s rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Il y a d'autres pays qui avaient fait un choix : la Guin&#233;e ou le Ghana pr&#244;naient une certaine ind&#233;pendance &#233;conomique notamment vis-&#224;-vis des anciens colonisateurs. Est-ce qu'&#224; l'&#233;poque, en observant ces pays, vous perceviez tous les probl&#232;mes qui allaient survenir dans les ann&#233;es 70-80 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Oui et non. Je n'aurais pas l'outrecuidance de dire que j'avais tout pr&#233;vu, mais j'ai vu assez rapidement les difficult&#233;s et les d&#233;rives possibles et qui se sont av&#233;r&#233;es de v&#233;ritables d&#233;rives, celle du Mali, mais &#233;galement celle du Ghana. J'ai &#233;t&#233; au Ghana et le Ghana m'a toujours fait une assez bonne impression c'est-&#224;-dire, en d&#233;pit des d&#233;rives, une capacit&#233; de se ressaisir, ce qui a &#233;t&#233; le cas, avec des hauts et des bas, bien entendu. La Guin&#233;e qui m'a donn&#233; d&#232;s le d&#233;part une impression d&#233;plorable, c'est-&#224;-dire l'impression d'un gouvernement et particuli&#232;rement d'un pr&#233;sident, extr&#234;mement autoritaire, S&#233;kou Tour&#233;, qui &#233;tait un bon politicien au sens o&#249; il savait man&#339;uvrer, il savait parfois faire les concessions qu'il fallait ou des choses de ce genre, il savait parfois n&#233;gocier au plan international, mais il n'avait aucune culture politique, aucune vision des v&#233;ritables difficult&#233;s et des exigences d'un d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minimum pour un d&#233;veloppement exige, exigeait et exige toujours, une certaine d&#233;mocratie pas au sens du blueprint (&#171; mod&#232;le &#187;, en fran&#231;ais), de la recette toute faite comme celle du multipartisme et des &#233;lections qui seront dans la plupart des cas tout &#224; fait bidons - pas seulement dans les conditions de l'Afrique, &#233;galement ailleurs, y compris en Europe, puisqu'on peut voter comme on veut en Europe et le r&#233;sultat est comme si on n'avait pas vot&#233; (rires) - mais au sens de la prise en consid&#233;ration de la dimension sociale, c'est-&#224;-dire d'une d&#233;mocratie associ&#233;e au progr&#232;s social, et non dissoci&#233; du progr&#232;s social, a fortiori associ&#233; &#224; une r&#233;gression sociale comme c'est le cas &#224; l'heure actuelle quand il y a quelques &#233;l&#233;ments de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Concevez-vous l'&#233;chec des politiques qui ont &#233;t&#233; men&#233;es dans ces pays comme un &#233;chec des id&#233;es que vous avez d&#233;fendues ou de l'application de ces id&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : L'argument qui consiste &#224; dire &#171; les id&#233;es &#233;taient bonnes mais leur application a &#233;t&#233; mauvaise &#187; n'est pas mon genre de raisonnement. Si l'application a &#233;t&#233; mauvaise, c'est que les id&#233;es n'&#233;taient pas parfaites. Je ne dirais pas qu'elles &#233;taient mauvaises. On peut penser que les grands principes choisis par un certain nombre de pays africains au lendemain des ind&#233;pendances &#233;taient des principes corrects, mais &#231;a ne suffit pas. Il faut aller plus loin. Il faut traduire ces principes en sous-principes, je dirais en m&#233;thodes d'action et l&#224;, on a vu tr&#232;s rapidement les contradictions appara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : L'Afrique a-t-elle une place dans la mondialisation... que vous critiquez, par ailleurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : L'Afrique doit trouver sa place. Si elle le doit, elle le peut. Mais c'est un peu th&#233;orique. Dans le court terme, l'Afrique reste extr&#234;mement vuln&#233;rable. Et comme je le disais, dans l'avenir visible, l'Afrique reste pour le monde entier, particuli&#232;rement pour les puissances d&#233;velopp&#233;es du capitalisme, une source de mati&#232;res premi&#232;res : que ce soient les hydrocarbures, que ce soit l'uranium, que ce soient les min&#233;raux rares, les m&#233;taux rares (&#231;a c'est tr&#232;s important pour l'avenir), ou que ce soient les terres agricoles ouvertes maintenant &#224; l'expansion de l'agri-business occidental, chinois, br&#233;silien et autre, que ce soit demain le soleil et donc l'&#233;lectricit&#233; lorsqu'elle pourra &#234;tre transf&#233;r&#233;e sur de longues distances, et que ce soit l'eau. Le capital international s'int&#233;resse exclusivement &#224; ces opportunit&#233;s. Pour le capital international, l'Afrique, les Africains n'existent pas. Le continent africain est un continent g&#233;ographique plein de ressources. Point. Et c'est contre cette id&#233;e que l'Afrique doit s'organiser pour non pas seulement refuser de se soumettre &#224; ce pillage, mais utiliser ces ressources naturelles pour son propre d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Apr&#232;s les ind&#233;pendances, diff&#233;rents chefs d'Etat ont tent&#233; de mettre en place des m&#233;thodes de d&#233;veloppement dit autocentr&#233; ou plus ind&#233;pendant des anciens colonisateurs : Julius Nyerere en Tanzanie, Kwame Nkrumah au Ghana&#8230; Ces mod&#232;les ne sont pas parvenus &#224; leurs buts. Aujourd'hui, on est dans cette p&#233;riode du tout capitalisme mondialis&#233;. Que faire en fait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Ces moyens et ces politiques ne sont pas parvenus &#224; leurs buts, c'est vrai, Mais les autres non plus. On a vant&#233; beaucoup &#224; l'&#233;poque le choix de Houphou&#235;t-Boigny et le choix de l'ouverture non r&#233;gul&#233;e et incontr&#244;l&#233;e de la C&#244;te d'Ivoire. Et o&#249; en est la C&#244;te d'Ivoire aujourd'hui ? Je crois que sa situation est bien pire que celle du Ghana, c'est-&#224;-dire que malgr&#233; tout, l'h&#233;ritage, la partie positive de ce que Nkrumah avait fait, c'est pour cette raison que le Ghana est dans une moins mauvaise situation aujourd'hui qu'un pays voisin et tr&#232;s comparable par ses richesses et par son type d'agriculture, de richesses naturelles, par sa taille, qu'est la C&#244;te d'Ivoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Quelle est aujourd'hui la marge de man&#339;uvre des &#201;tats africains pour trouver une voie m&#233;diane ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Cette marge de man&#339;uvre est en train de rena&#238;tre pr&#233;cis&#233;ment par le succ&#232;s des pays dits &#233;mergents : la Chine, l'Inde, le Br&#233;sil et d'autres pays moins importants comme la Cor&#233;e du Sud, ou en Afrique m&#234;me, l'Afrique du Sud (c'est le seul). Ces pays sont d&#233;j&#224; en conflit avec les pays de l'Occident. On l'a vu &#224; l'occasion de la visite d'Obama &#224; P&#233;kin et dans les suites de cette visite. Et ce conflit qui n'est pas seulement un conflit pour l'acc&#232;s aux ressources naturelles mais aussi pour l'acc&#232;s au march&#233;, l'acc&#232;s au financement, va aller en s'aggravant. Ce conflit constitue &#233;galement une garantie contre la poursuite du projet de contr&#244;le militaire de la plan&#232;te par les Etats-Unis de contr&#244;le militaire de la plan&#232;te qui est bien malade maintenant, ne soit pas poursuivi. M&#234;me s'il y a beaucoup de b&#233;mols &#224; mettre, ces pays &#233;mergents comprendront qu'ils ont int&#233;r&#234;t &#224; contribuer &#224; la renaissance, &#224; la reconstitution (il n'y a pas de reconstitution en histoire) de quelque chose comme Bandoeng, c'est-&#224;-dire je n'irai pas jusqu'&#224; dire un front commun mais une alliance tr&#232;s large m&#234;me avec les pays les plus vuln&#233;rables, avec les pays du continent africain, de fa&#231;on &#224; se renforcer collectivement et &#224; imposer un recul des ambitions occidentales et le pillage du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Beaucoup de pays africains se tournent vers la Chine, vers l'Inde, parfois comme si c'&#233;tait une planche de salut pour sortir de leur situation. N'est-ce pas une erreur ? La solution... ne serait-elle pas plut&#244;t de savoir jouer avec les diff&#233;rents partenaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Jouer avec les partenaires est un jeu dangereux. &#192; l'&#233;poque de Bandoeng, bien des pays y compris l'&#201;gypte nass&#233;rienne, ont voulu jouer du conflit entre les &#201;tats-Unis et l'Union sovi&#233;tique : jouant la carte sovi&#233;tique de temps en temps, la carte am&#233;ricaine &#224; un autre moment. Ils ont perdu sur les deux tableaux. Je crois qu'aujourd'hui, un pays qui engagerait&#8230; une diplomatie disons, active, qui s'engagerait &#224; jouer une carte chinoise un jour et une carte am&#233;ricaine le lendemain serait &#233;galement vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Je crois qu'il faut au contraire travailler &#224; reconstituer cette ligne des 77 (les 77 sont beaucoup plus nombreux aujourd'hui et le groupe des 77 s'appelle &#171; 77 + Chine &#187; aux Nations unies). Les Chinois proposent &#224; beaucoup de pays africains ce que l'Occident ne propose pas : la construction d'une gigantesque infrastructure qui est l'une des conditions d'un d&#233;veloppement possible, d'un d&#233;veloppement industriel, d'un d&#233;veloppement digne de ce nom, qui ne soit pas simplement quelques produits agricoles d'exportation dans des conditions mis&#233;rables, mais des infrastructures de transport, des chemins de fer, des routes, &#8230; Apr&#232;s tout, la seule grande construction de chemins de fer dans l'histoire moderne de l'Afrique apr&#232;s les ind&#233;pendances a &#233;t&#233; le Tanzam qui a &#233;t&#233; fait par les Chinois. Maintenant, il n'est pas impossible h&#233;las que dans la course aux ressources naturelles, les Chinois et les Br&#233;siliens et les autres ne se comportent pas tr&#232;s diff&#233;remment, d'une fa&#231;on tr&#232;s diff&#233;rente des Occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : L'Afrique ne risque-t-elle pas de se retrouver dans la m&#234;me configuration mais avec des partenaires diff&#233;rents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Non, je ne crois pas. Parce que les partenaires sont diff&#233;rents. Le partenaire chinois et le partenaire br&#233;silien ne sont pas dans la situation des &#201;tats-Unis ou de l&#8216;Europe. D'abord, ils n'ont pas un projet de contr&#244;le militaire de la plan&#232;te comme les &#201;tats-Unis. Si les &#201;tats-Unis ont un projet de contr&#244;le militaire de la plan&#232;te, h&#233;las l'Europe suit. L'Europe, c'est l'Otan et l'Otan, ce n'est rien d'autre que les alli&#233;s subalternes des &#201;tats-Unis. Ni la Chine, ni l'Inde, ni le Br&#233;sil, quelle que soit l'opinion qu'on puisse avoir sur la nature des classes dirigeantes et la nature des choix de d&#233;veloppement &#233;conomique et social de ces pays, ne sont pas dans la m&#234;me position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.F.I. : Beaucoup d'observateurs parlent d'une p&#233;riode historique qui serait dans une sorte de seconde ind&#233;pendance de l'Afrique, notamment pour l'Afrique francophone. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.A.&lt;/strong&gt; : Ce sont des grands mots. Nous sommes dans une deuxi&#232;me vague. Elle peut &#234;tre meilleure ou elle peut &#234;tre pire que la premi&#232;re - dans l'histoire c'est toujours ouvert &#8211;. L'Afrique avait commenc&#233; pas si mal en d&#233;pit du titre du livre de Ren&#233; Dumont, l'Afrique noire est mal partie. Elle &#233;tait mal partie sur certains points, sur certains plans, et Ren&#233; Dumont avait raison sur ce point, en ce qui concerne l'agriculture. Mais l'Afrique qui n'&#233;tait pas tellement mal partie en 1960 s'est enlis&#233;e tr&#232;s rapidement et je souhaite que ce qui s'annonce soit une deuxi&#232;me vague d'ind&#233;pendance, si on l'appelle ainsi, du continent africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Christophe Champin - RFI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Convocation &#224; l'Assembl&#233;e des Mouvements sociaux de Cochabamba</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Convocation-a-l-Assemblee-des-Mouvements-sociaux-de-Cochabamba</link>
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		<dc:date>2010-03-30T12:36:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;cologie</dc:subject>
		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-03-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous, militants et militantes de divers mouvements sociaux, pensons que l'&#233;poque actuelle est marqu&#233;e par la toute-puissance des Etats- Unis, de l'Union Europ&#233;enne et des multinationales. Ceci a &#233;t&#233; flagrant &#224; Copenhague o&#249; tr&#232;s peu de pays ont essay&#233; d'imposer un r&#233;sultat en d&#233;saccord avec la COP 15 et rien n'a &#233;t&#233; fait pour arr&#234;ter le r&#233;chauffement climatique et la crise climatique. &lt;br class='autobr' /&gt; L'augmentation de la pr&#233;sence militaire et des bases militaires dans diff&#233;rentes parties du monde, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecologie-+" rel="tag"&gt;&#201;cologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-International-67-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-03-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-03-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH132/arton4467-1fd1a.png?1677126469' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='132' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous, militants et militantes de divers mouvements sociaux, pensons que l'&#233;poque actuelle est marqu&#233;e par la toute-puissance des Etats- Unis, de l'Union Europ&#233;enne et des multinationales. Ceci a &#233;t&#233; flagrant &#224; Copenhague o&#249; tr&#232;s peu de pays ont essay&#233; d'imposer un r&#233;sultat en d&#233;saccord avec la COP 15 et rien n'a &#233;t&#233; fait pour arr&#234;ter le r&#233;chauffement climatique et la crise climatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'augmentation de la pr&#233;sence militaire et des bases militaires dans diff&#233;rentes parties du monde, les invasions et les occupations &#8221;humanitaires&#8221; indiquent bien que la guerre, l'occupation des march&#233;s et des terres, la pr&#233;sence militaire pour contr&#244;ler les ressources &#233;nerg&#233;tiques, l'eau, la biodiversit&#233; sont des strat&#233;gies de sortie de la crise de civilisation du capitalisme et de sa logique d&#233;pr&#233;datrice, raciste et patriarcale. Ces strat&#233;gies invoquent la crise climatique pour mener des n&#233;gociations ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;pondons en luttant pour le droit des peuples &#224; bien vivre sur leur terre, contre les fausses solutions &#224; la crise, contre la militarisation en tant que r&#233;ponse &#224; la crise, et contre les actions des multinationales. Ces multinationales, avec l'appui des gouvernements ou des institutions multilat&#233;rales comme la Banque mondiale, accaparent des terres pour la monoculture, privatisent l'air et cr&#233;ent des march&#233;s sp&#233;culatifs appel&#233;s &#8220;cr&#233;dits compensatoires du carbone&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; pourquoi nous, les mouvements sociaux, serons pr&#233;sents &#224; la Conf&#233;rence mondiale des Peuples sur le Changement climatique et les Droits de la Terre-M&#232;re, &#224; Cochabamba o&#249;, dans la logique de nos travaux, nous organiserons une Assembl&#233;e des Mouvements sociaux sur deux axes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; d&#233;bat et organisation de notre soutien aux propositions et initiatives des gouvernements engag&#233;s dans la protection des droits des peuples et de la nature ;&lt;br class='autobr' /&gt; d&#233;bat et organisation de notre programme en tant que mouvements sociaux&lt;br class='autobr' /&gt;
pour renforcer nos alternatives et notre r&#233;sistance &#224; l'expansion de la marchandisation des personne et de la nature, &#224; l'offensive des multinationales et &#224; la militarisation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_578 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/cochabamba.png?578/c4245face1d4d84447c93466f132fb4bb3cebbb95ae7d72ecbd4b1961f42f9ff&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 65.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH132/cochabamba-9565a-04c60.png?1674927566' width='150' height='132' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alianza Social Continental&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ATALC (Amigos de la Tierra Am&#233;rica Latina)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cebrapaz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Central Sindical de las Am&#233;ricas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Climate Justice Now !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CLOC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COMPA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fdim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcha Mundial das Mulheres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oclae&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Red CADTM AYNA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Via Campesina&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collectif-&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;forme de la sant&#233; aux &#201;tats-Unis : une fausse promesse </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Reforme-de-la-sante-aux-Etats-Unis-une-fausse-promesse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Reforme-de-la-sante-aux-Etats-Unis-une-fausse-promesse</guid>
		<dc:date>2010-03-30T12:33:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-03-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la prise de position diffus&#233;e le 22 mars 2010 par les responsables de l'association Physicians for a National Health Program (M&#233;decins pour un programme national de sant&#233;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette association regroupe 17000 m&#233;decins aux Etats-Unis. Elle lutte depuis des ann&#233;es pour la mise en place d'une assurance sant&#233; publique, nationale, garantissant &#224; toute la population une couverture compl&#232;te de ses d&#233;penses de sant&#233;. Sa prise de position invite &#224; un peu plus de r&#233;alisme dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-44-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-International-69-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-03-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-03-30&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH36/arton4464-d4ffe.png?1677126470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='36' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la prise de position diffus&#233;e le 22 mars 2010 par les responsables de l'association Physicians for a National Health Program (M&#233;decins pour un programme national de sant&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette association regroupe 17000 m&#233;decins aux Etats-Unis. Elle lutte depuis des ann&#233;es pour la mise en place d'une assurance sant&#233; publique, nationale, garantissant &#224; toute la population une couverture compl&#232;te de ses d&#233;penses de sant&#233;. Sa prise de position invite &#224; un peu plus de r&#233;alisme dans l'appr&#233;ciation de la port&#233;e de ce &#171; vote historique &#187;. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'adoption par le Congr&#232;s am&#233;ricain, le 21 mars 2010, d'une loi sur la sant&#233; a &#233;t&#233; largement pr&#233;sent&#233;e comme un &#171; vote historique &#187; vers la mise en place d'une couverture universelle de la population des Etats-Unis en mati&#232;re de d&#233;penses de sant&#233;. En 2008, 46,3 millions de personnes vivant aux Etats-Unis ne b&#233;n&#233;ficiaient d'aucune assurance sant&#233;. L'explosion du ch&#244;mage n'a pu qu'aggraver la situation : la majorit&#233; des personnes assur&#233;es le sont par l'interm&#233;diaire de leur employeur et perdent cette couverture essentielle en m&#234;me temps que leur emploi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;(Tir&#233; du site &#192; l'encontre)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous souhaiterions pouvoir nous joindre aux c&#233;l&#233;brations marquant l'adoption la nuit derni&#232;re par la Chambre des repr&#233;sentants de la loi sur la sant&#233;. Mais, en toute conscience, nous ne le pouvons pas. Nous ne pouvons pas nous contenter de voir que l'on propose des aspirines pour soigner un cancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle l&#233;gislation ne va pas &#233;liminer les racines du probl&#232;me : une industrie de l'assurance priv&#233;e mue par la recherche du profit. Elle va au contraire enrichir encore davantage ces compagnies d'assurance et renforcer leur pouvoir. Cette loi va contraindre des millions d'Am&#233;ricains &#224; acheter aux assureurs priv&#233;s de mauvais produits [assurantiels] et elle conduira au versement de vastes montants des deniers publics &#224; ces compagnies.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le battage m&#233;diatique qui a entour&#233; cette nouvelle loi sur la sant&#233; est d&#233;menti par les faits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 23 millions de personnes resteront sans assurance ces neuf prochaines ann&#233;es. Cela aura pour cons&#233;quences 23'000 d&#233;c&#232;s par an qui auraient pu &#234;tre &#233;vit&#233;s [avec une couverture universelle] et une somme incalculable de souffrances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des millions de membres de la classe moyenne seront mis sous pression pour acheter des polices d'assurance sant&#233; commerciales. Celles-ci leur co&#251;teront jusqu'&#224; 9,5% de leur revenu, mais ne couvriront en moyenne que 70% de leurs d&#233;penses de sant&#233;, les laissant expos&#233;s au risque d'&#234;tre ruin&#233;s s'ils sont s&#233;rieusement malades. Beaucoup trouveront que de telles polices d'assurances sont trop ch&#232;res pour qu'ils puissent se les permettre ou trop co&#251;teuses &#224; employer, compte tenu du niveau &#233;lev&#233; des franchises et des participations qui leur seront impos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies d'assurances priv&#233;es encaisseront au moins 447 milliards de dollars des contribuables destin&#233;s &#224; subventionner l'achat de leurs polices d'assurance. Cet argent renforcera leur pouvoir financier et politique et, ainsi, leur capacit&#233; de bloquer toute nouvelle r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi r&#233;duira de 40 milliards de dollars l'aide apport&#233;e par Medicare [1] aux h&#244;pitaux assurant des services de base accessibles aux non-assur&#233;s. Cela menacera les soins dispens&#233;s aux millions de personnes rest&#233;s sans assurance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes couvertes par le biais de leur employeur resteront prisonni&#232;res des r&#233;seaux de prestataires de soins limit&#233;s auxquels leur assurance donne droit ; elles feront face &#224; des co&#251;ts croissant et &#224; une &#233;rosion continue des prestations assur&#233;es. Beaucoup, voire la plupart ,devront progressivement payer des imp&#244;ts sur les prestations dont ils b&#233;n&#233;ficieront &#224; mesure que le co&#251;t des assurances augmentera [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les co&#251;ts de la sant&#233; continueront &#224; prendre l'ascenseur, comme l'exp&#233;rience faite dans l'Etat du Massachusetts [sur lequel la nouvelle loi est bas&#233;e] l'a largement d&#233;montr&#233; [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gulation des assurances tant vant&#233;e &#8211; &#224; savoir l'interdiction faite aux assureurs de refuser la couverture &#224; quelqu'un sur la base de son &#233;tat de sant&#233; &#8211; est cribl&#233;e de failles, qui sont la cons&#233;quence du r&#244;le central que les assureurs ont jou&#233; dans la formulation de la loi. Il sera ainsi possible d'imposer aux personnes plus &#226;g&#233;es des cotisations jusqu'&#224; trois fois plus &#233;lev&#233;es que celles demand&#233;es aux plus jeunes. De m&#234;me, les assurances couvrant majoritairement des femmes salari&#233;es pourront imposer jusqu'en 2017 des cotisations plus &#233;lev&#233;es et d&#233;finies en fonction du sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits des femmes en mati&#232;re de reproduction sont encore davantage &#233;rod&#233;s, suite &#224; l'interdiction faite &#224; ce que des prestations d'assurance couvrent des frais de sant&#233; li&#233;s &#224; des interruptions volontaires de grossesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait pas in&#233;vitable qu'il en soit ainsi. Les mesures positives contenues dans cette loi, comme le renforcement du financement des centres de sant&#233; communautaires, auraient pu &#234;tre mises en &#339;uvre en tant que telles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, l'extension de la couverture garantie par Medicaid [4] &#8211; un programme sous-financ&#233;, qui assure aux pauvres des soins en dessous des standard &#8211; aurait pu &#234;tre d&#233;cid&#233;e s&#233;par&#233;ment, accompagn&#233;e de mesures f&#233;d&#233;rales pour am&#233;liorer la qualit&#233; des prestations de ce programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au contraire, le Congr&#232;s et l'administration Obama ont charg&#233; les Am&#233;ricains d'un paquet co&#251;teux, comprenant : l'obligation co&#251;teuse de s'assurer individuellement, de nouveaux imp&#244;ts sur les plans d'assurance dont b&#233;n&#233;ficient les salari&#233;s, un nombre incalculable d'arrangements tr&#232;s avantageux pour les assurances priv&#233;es et les grandes pharmas et, enfin, le maintien d'un syst&#232;me fragment&#233;, ne fonctionnant pas, insupportable sur la dur&#233;e et qui p&#232;se aujourd'hui si lourd sur la sant&#233; et sur l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adoption de cette loi correspond &#224; des consid&#233;rations politiques et pas &#224; celles d'une solide politique de la sant&#233;. En tant que m&#233;decins, nous ne pouvons pas accepter cette inversion des priorit&#233;s. Nous recherchons des rem&#232;des ayant fait leurs preuves et qui aident effectivement les patients, pas des placebos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rem&#232;de [aux probl&#232;mes actuels] est bien connu. T&#244;t ou tard, notre nation devra adopter un syst&#232;me d'assurance sant&#233; national et unique, un Medicare am&#233;lior&#233; et couvrant toute la population. Seule une assurance unique peut garantir une couverture universelle, compl&#232;te et accessible &#224; toutes et &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rempla&#231;ant les assureurs priv&#233;s par un syst&#232;me de financement public et rationalis&#233;, notre nation pourrait &#233;pargner chaque ann&#233;es 400 milliards de dollars de co&#251;ts administratifs, qui sont autant de gaspillage inutile. Cela suffirait pour offrir une couverture sant&#233; &#224; toutes les personnes qui ne sont pas assur&#233;es aujourd'hui et pour am&#233;liorer la couverture de celles et ceux qui ont d&#233;j&#224; une assurance, sans avoir &#224; augmenter d'un seul centime la d&#233;pense globale des Etats-Unis pour la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, seul un syst&#232;me avec un seul payeur permet de disposer d'outils efficaces pour contr&#244;ler les co&#251;ts : achats en gros, honoraires n&#233;goci&#233;s, budgets globaux pour les h&#244;pitaux, planification des investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sondages montrent que deux tiers du public soutiennent une telle approche. Un sondage r&#233;cent r&#233;v&#232;le que 59% des m&#233;decins am&#233;ricains sont favorables &#224; une action publique pour mettre en place une assurance sant&#233; nationale. La seule chose qui manque pour le r&#233;aliser, c'est la volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales mesures de la nouvelle loi n'entreront en vigueur qu'en 2014. On pourrait conseiller d'attendre pour voir comment ces r&#233;formes se d&#233;velopperont. Mais nous ne pouvons pas attendre, ni nos patients. Les enjeux sont trop &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous engageons &#224; poursuivre notre combat pour le seul rem&#232;de &#233;quitable, financi&#232;rement responsable et humain, &#224; notre gabegie en mati&#232;re de sant&#233; : une assurance sant&#233; unique et nationale, une version am&#233;lior&#233; et valable pour toutes et tous de Medicare. (Traduction A l'Encontre)&lt;br class='autobr' /&gt;
1.. Medicare est un syst&#232;me national d'assurance maladie, mis en place en 1965 (sous l'administration ddu d&#233;mocrate Lyndon B. Johnson), garantissant une couverture sant&#233; de base &#224; toutes les personnes de plus de 65 ans. Il est principalement financ&#233; par une cotisation salariale, pr&#233;lev&#233;e pour moiti&#233; sur le salaire vers&#233; et pay&#233;e pour l'autre moiti&#233; directement par l'employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La plupart des personnes assur&#233;es pour leur sant&#233; aux Etats-Unis le sont par le biais de leur employeur. Les syst&#232;mes de managed care, en particulier les r&#233;seaux de soins HMO (Health Maintenance Organization), sont g&#233;n&#233;ralis&#233;s dans ce cadre : l'assurance ne donne alors acc&#232;s aux prestations que d'un nombre (tr&#232;s) limit&#233; de m&#233;decins ou d'h&#244;pitaux (il n'y pas de libre choix du m&#233;decin). Par ailleurs, jusqu'&#224; maintenant, les couvertures sant&#233; offertes par les entreprises &#233;taient d&#233;fiscalis&#233;es. La loi adopt&#233;e pr&#233;voit de les imposer &#224; l'avenir &#224; partir d'un certain montant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'Etat du Massassuchetts a introduit en 2006 une loi rendant obligatoire la conclusion d'une assurance sant&#233;. Cette obligation se retrouve au c&#339;ur de la loi adopt&#233;e le 22 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Medicaid, &#233;galement mis en place en 1965, assure une couverture sant&#233; minimale aux personnes dont le revenu ne d&#233;passe pas un certain seuil (en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s bas). Medicaid est g&#233;r&#233; par les Etats, contrairement &#224; Medicare, qui est f&#233;d&#233;ral. Les conditions d'acc&#232;s et le type de couverture varient fortement d'un Etat &#224; l'autre des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(24 mars 2010)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plus riche d'au moins six milliards de dollars</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Plus-riche-d-au-moins-six-milliards-de-dollars</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Plus-riche-d-au-moins-six-milliards-de-dollars</guid>
		<dc:date>2010-03-30T12:23:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jasmin</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-03-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;26 mars 2010 - Six jours &#224; peine apr&#232;s la conf&#233;rence de presse donn&#233;e conjointement &#224; l'Assembl&#233;e nationale par le professeur et coordonnateur de Sortons le Qu&#233;bec du Nucl&#233;aire Michel Duguay, par le d&#233;put&#233; de Qu&#233;bec Solidaire Amir Khadir, par le directeur de Nature Qu&#233;bec Christian Simard et par le pr&#233;sident des Artistes pour la Paix Pierre Jasmin le 18 mars dernier, Hydro-Qu&#233;bec abandonne son projet d'achat d'&#201;nergie Nouveau-Brunswick. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Qu&#233;bec vient donc de devenir plus riche d'au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;26 mars 2010 - Six jours &#224; peine apr&#232;s la conf&#233;rence de presse donn&#233;e conjointement &#224; l'Assembl&#233;e nationale par le professeur et coordonnateur de Sortons le Qu&#233;bec du Nucl&#233;aire Michel Duguay, par le d&#233;put&#233; de Qu&#233;bec Solidaire Amir Khadir, par le directeur de Nature Qu&#233;bec Christian Simard et par le pr&#233;sident des Artistes pour la Paix Pierre Jasmin le 18 mars dernier, Hydro-Qu&#233;bec abandonne son projet d'achat d'&#201;nergie Nouveau-Brunswick.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec vient donc de devenir plus riche d'au moins six milliards de dollars (additionnez le montant de la dette d'&#201;nergie NB et les d&#233;passements de co&#251;ts de la centrale nucl&#233;aire Pointe-Lepreau), sans compter qu'on se d&#233;barrasse de l'inqui&#233;tude immense qu'aurait caus&#233;e la gestion des deux mille tonnes de d&#233;chets radioactifs d'une centrale dont on ne sait combien de temps elle r&#233;ussira &#224; fonctionner SI JAMAIS on r&#233;ussit &#224; la r&#233;parer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu de courage, messieurs Charest et Vandal, imitez l'Ontario qui va d&#233;manteler plusieurs de ses CANDU et abandonnez aussi la reconstruction al&#233;atoire de Gentilly 2 et le Qu&#233;bec aura gagn&#233; un autre six milliards de dollars (co&#251;ts minimaux estim&#233;s de reconstruction mentionn&#233;s dans l'&#233;tude du professeur de l'Universit&#233; Laval et PhD en physique nucl&#233;aire M. Duguay, auxquels on aura ajout&#233; le prix d'une gestion minimale des d&#233;chets nucl&#233;aires d&#233;j&#224; produits).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est qu'avec l'adoption d'un moratoire sur l'exploitation &#233;ventuelle de mines d'uranium, que les Artistes pour la Paix tairont leurs inqui&#233;tudes mortelles &#224; propos du nucl&#233;aire civil, antichambre du nucl&#233;aire militaire. Quant &#224; ce dernier, le gouvernement canadien reste sourd &#224; toutes nos suggestions et m&#234;me aux admonestations exprim&#233;es ce matin dans le Globe &amp; Mail par Ed Broadbent, Jean Chr&#233;tien, Joe Clark et Lloyd Axworthy, en accord avec notre sentiment souhait&#233; de PAIX INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Jasmin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident des Artistes pour la Paix&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une philosophie de l'action et de l'&#233;mancipation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pour-une-philosophie-de-l-action-et-de-l-emancipation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Pour-une-philosophie-de-l-action-et-de-l-emancipation</guid>
		<dc:date>2010-03-30T11:51:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Pose</dc:creator>


		<dc:subject>Enjeux de la gauche en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-03-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; r&#233;cemment publi&#233; aux &#233;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233; (Montr&#233;al, 2009) Pour une philosophie de l'action et de l'&#233;mancipation, essai de Pierre Mouterde sur la philosophie, et plus particuli&#232;rement sur cette philosophie &#224; travers laquelle pourraient se retrouver ceux et celles qui aspirent &#171; aux temps pr&#233;sents &#187; &#224; un autre monde possible. Voici &#224; ce propos, une longue entrevue r&#233;alis&#233;e par Christian Pose, militant d&#233;croissant et altermondialiste, vivant actuellement au Japon. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous venons de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; r&#233;cemment publi&#233; aux &#233;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233; (Montr&#233;al, 2009) Pour une philosophie de l'action et de l'&#233;mancipation, essai de Pierre Mouterde sur la philosophie, et plus particuli&#232;rement sur cette philosophie &#224; travers laquelle pourraient se retrouver ceux et celles qui aspirent &#171; aux temps pr&#233;sents &#187; &#224; un autre monde possible. Voici &#224; ce propos, une longue entrevue r&#233;alis&#233;e par Christian Pose, militant d&#233;croissant et altermondialiste, vivant actuellement au Japon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous venons de voir que ton propos sur l'action et l'&#233;mancipation se voulait &#233;galement une articulation strat&#233;gique entre l'histoire collective, la territorialit&#233; et les conflits, &#224; ce point de jonction situ&#233; entre le monde complexe de l'ali&#233;nation (technosoci&#233;t&#233;) et du sujet. En ce sens, peux-tu expliquer l'int&#233;r&#234;t de poser son esprit sur le &#034;d&#233;veloppement des sciences&#034; plut&#244;t que sur les technosciences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui je m'appuie ici, en partie tout au moins, sur les r&#233;flexions anthropologiques de Leroy Gourhan et plus pr&#232;s de nous sur celles de Bernard Stiegler qui justement prend le contre-pied d'Heidegger, en affirmant que &#034;l'&#234;tre humain est un &#234;tre essentiellement technique&#034;. Stiegler ajoute m&#234;me &#224; propos de l'&#233;volution de l'homme, que c'est un peu comme si, avec elle, &#034;l'histoire de la vie devait se poursuivre par d'autres moyens que la vie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais de mon c&#244;t&#233; que ce qui caract&#233;rise l'&#234;tre humain, c'est d'avoir pu &#233;chapper &#224; ce qu'on pourrait appeler l'enfermement animal et au fait que chez ce dernier, l'outil fait partie int&#233;grante de son corps, le condamnant de fait &#224; ce qu'on pourrait appeler une sp&#233;cialit&#233; &#233;troite, le rendant du m&#234;me coup tr&#232;s d&#233;pendant de sa niche &#233;cologique originaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez l'&#234;tre humain, &#034;singe nu marchant debout&#034;, l'outil est d&#233;tach&#233; du corps et peut donc &#234;tre multipli&#233; &#224; l'infini, l'ouvrant ainsi aux possibles. Je rajouterai cependant que l'&#234;tre humain n'est pas seulement un producteur d'outils, il est aussi un producteur de signes (de rapports symboliques) et de rapports sociaux et que c'est la combinaison de ces trois types de productions qui fait sa sp&#233;cificit&#233; et d&#233;termine ce qui est sa nature propre. Mais on le voit bien, au prisme d'une telle d&#233;finition, sa nature qui n'est au point de d&#233;part, ni fix&#233;e, ni d&#233;termin&#233;e, va bien &#233;videmment &#234;tre profond&#233;ment marqu&#233;e par les caract&#233;ristiques et l'&#233;volution de ce r&#233;seau de signes, de rapports sociaux et d'outils. Tel est l'arri&#232;re fond philosophique &#224; partir duquel j'ai tent&#233; de reprendre &#224; mon compte cette distinction entre sciences et techno-sciences qu'il me semble tr&#232;s important de pouvoir faire aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait probl&#232;me en effet, ce n'est pas la science en soi &#8212;elle est justement une des expressions de la grandeur humaine&#8212;, ce n'est pas non plus la technique -puisqu'elle permet &#224; l'&#234;tre humain de s'ouvrir aux possibles et qu'elle est ce &#224; travers quoi il peut &#233;voluer. Ce qui fait probl&#232;me, c'est une certaine science et une certaine technique dont les d&#233;veloppements ont &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;s et surtout arraisonn&#233;s chaque fois plus par les logiques marchandes et productivistes du capitalisme historique. Cela se traduit par le fait d'abord que la science se voit assujettie &#233;troitement &#224; la technique, c'est &#224; dire au fait qu'elle n'est valoris&#233;e que dans la mesure o&#249; elle peut donner naissance &#224; des techniques qui marchent dans le syst&#232;me o&#249; elles se d&#233;ploient &#8212;d'o&#249; son nom de technosciences&#8212;. Puis par le fait que ces techniques toutes puissantes sont &#224; leur tour assujetties aux logiques d&#233;r&#233;gl&#233;es du profit capitaliste qui ne favorise le d&#233;veloppement que de ce qui est congruent &#224; sa logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi la technique n'est jamais neutre et qu'on ne peut en faire la critique, ni l'apologie sans faire en m&#234;me temps la critique du syst&#232;me au sein duquel elle s'ins&#232;re et qui en a d&#233;termin&#233; sa forme et son mouvement. Voil&#224; pourquoi aussi il faut distinguer entre des techniques qui &#224; certaines conditions peuvent avoir un caract&#232;re &#233;mancipateur (par exemple un certain type de technique solaire, &#233;olienne, informatique d&#233;velopp&#233; dans tel contexte, etc.) et d'autres qui au contraire, nous entra&#238;nent vers des logiques chaque fois plus mortif&#232;res (nucl&#233;aires, etc.). Cette distinction me para&#238;t importante, car ainsi on ne voue pas aux g&#233;monies la technique en soi &#8212;ainsi qu'ont eu tendance &#224; le faire chacun &#224; leur mani&#232;re des penseurs comme Ellul, Heidegger, Jonas. On cherche plus simplement &#224; d&#233;chiffrer les formes qui font probl&#232;me aujourd'hui et qu'on ne peut pas s&#233;parer du d&#233;veloppement capitaliste actuel. D'o&#249; d'ailleurs soit dit en passant, la n&#233;cessit&#233; de tout faire pour en finir avec le capitalisme, d'oser passer &#224; autre chose ! Mais ce faisant, on met n&#233;cessairement l'accent sur le fait que le probl&#232;me est d'abord et avant tout politique et strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Q- Cela dit les contraintes &#233;ducatives, familiales, universitaires, professionnelles, toute l'organisation sociale plan&#233;taire, urbaine &#224; 80% vers 2050, seront int&#233;gr&#233;es/assimil&#233;es anthropologiquement au progr&#232;s et aux d&#233;veloppement des technosciences... tandis que &#034;la port&#233;e sup&#233;rieure des sciences&#034; demeurera accessible &#224; une &#233;lite seulement, tout comme aujourd'hui. Tu &#233;criras : &#034;il faut saisir l'importance d&#233;cisive du travail th&#233;orique critique men&#233; au 19&#232;me si&#232;cle, par une &#233;trange constellation de penseurs &#8211; Marx, Nietzsche et Freud... &#034;. Ton prolongement est surprenant, peux-tu nous &#233;clairer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il s'agissait pour moi d'essayer de me situer de mani&#232;re plus pr&#233;cise, dans l'histoire de la philosophie occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quels auteurs se revendiquer ? &#192; partir de quelle tradition se d&#233;finir ? Car en philosophie, on ne part jamais de rien. On s'inscrit toujours dans un h&#233;ritage donn&#233;, qu'on le veuille ou non. Sans doute je pouvais m'inscrire dans celui de Marx, j'en ai &#233;voqu&#233; au d&#233;part une des raisons, moi qui ai toujours vu dans la 11i&#232;me th&#232;se de Feueurbach de Marx une perspective de recherche philosophique critique extr&#234;mement f&#233;conde : &#171; Les philosophes n'ont fait qu'interpr&#233;ter le monde ; mais ce qui importe c'est de le transformer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne me paraissait pas suffisant. Marx n'est pas tout, et son oeuvre elle-m&#234;me, est travers&#233;e par des tensions non totalement r&#233;solues. D'o&#249; cette id&#233;e &#8212;elle est en rien originale&#8212; de combiner son approche &#224; celles d'autres penseurs critiques clefs. C'est Derrida qui disait qu'on ne peut pas penser aujourd'hui sans passer par Marx (ne serait-ce que pour penser contre lui !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout naturellement, j'ai eu envie de rajouter : on ne peut pas penser aujourd'hui sans aussi passer par Nietzsche et Freud, ces 2 autres penseurs du soup&#231;on. Bien s&#251;r on pourrait me demander pourquoi m'arr&#234;ter &#224; des auteurs du 19i&#232;me si&#232;cle europ&#233;en, et qui plus est &#224; ces seuls trois auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ces 3 penseurs jouent un r&#244;le clef dans l'histoire de notre tradition philosophique occidentale &#8212;tout au moins est-ce ainsi que je les interpr&#232;te&#8212; parce qu'ils ont su &#8212;tout en se reconnaissant des valeurs de la modernit&#233;&#8212; les passer au crible de la critique rationnelle la plus rigoureuse. D'o&#249; leur nom de &#171; penseurs du soup&#231;on &#187;. Ils repr&#233;sentent ainsi une v&#233;ritable rupture d'avec le pass&#233;, un appel &#224; penser sur d'autres bases, et un appel dont nous sommes &#8212;quasiment deux si&#232;cles plus tard&#8212; encore redevables, ne serait-ce que parce que tant de penseurs continuent &#224; s'y r&#233;f&#233;rer tr&#232;s directement et que les d&#233;terminants qu'ils ont fait appara&#238;tre (la soci&#233;t&#233; de classes, la vie d&#233;clinante, le malaise dans la civilisation) continuent &#224; perdurer &#224; notre &#233;poque. D'o&#249; leur d&#233;nonciation de l'id&#233;alisme et du dualisme du gros de la tradition philosophique occidentale. D'o&#249; aussi leur penchant pour une immanence grandissante. D'o&#249; enfin leurs efforts &#8212;au nom d'une certaine conception de l'&#233;mancipation&#8212; pour mettre &#224; jour des parades aux probl&#232;mes de perte de pouvoir (Marx) ou de puissance (Nietzsche), de malaise (Freud) ou de d&#233;clin que semble conna&#238;tre &#224; leur &#233;poque l'&#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats : tout en cherchant &#224; se rapprocher de l'homme vivant (de l'homme enracin&#233; dans la vie et sa mat&#233;rialit&#233; sensible), ils vont vouloir annoncer des solutions de d&#233;passement aux maux qu'ils ont diagnostiqu&#233;s &#224; son sujet : pour Marx, la perspective d'une soci&#233;t&#233; sans classes ; pour Nietzsche l'exigence d'un surhomme-artiste cr&#233;ateur ; pour Freud, l'individu affranchi des n&#233;vroses, individuelles comme collectives issues des malaises de la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on le voit, ce qui est nouveau ici dans leur approche respective (au-del&#224; m&#234;me de leurs fortes diff&#233;rences), c'est que chacun &#224; leur mani&#232;re, ils changent de plan, en se tournant vers des pratiques nouvelles et un nouveau rapport au monde, cherchant &#224; prendre en compte les facteurs de fond conditionnant les substrats m&#234;me de l'&#234;tre humain : la vie et sa g&#233;n&#233;alogie chez Nietzsche ; les pratiques socioproductives et la lutte de classes chez Marx ; la sexualit&#233; et le d&#233;sir chez Freud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, leurs efforts semblent s'orienter autour d'une t&#226;che tout &#224; fait pratique : faire r&#233;appara&#238;tre les conditions concr&#232;tes et pratiques &#224; partir desquelles pourrait &#234;tre renouvel&#233;e la puissance humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Q - Tu associeras, par ailleurs, au chapitre 4 la &#171; Terre-M&#232;re &#187; et son culte dissident indig&#232;ne &#224; une ressource pour les luttes contemporaines. C'est un bel appel et une riche id&#233;e. En tant que rural d&#233;croissant je suis sensible a ton propos sur la Terre-M&#232;re qui implique un rapport aux &#034;forces primitives du monde et de l'homme&#034; et qui nourrit durablement la nature immanente de l'homme et son &#233;mancipation mais aussi son go&#251;t pour l'action collective ; la diff&#233;rence entre &#034;le primitif qui &#233;mancipe&#034; et &#034;le primitif qui tue&#034;. Mais en traitant la question sur des bases exclusivement eurocentristes et grecques, ne crains-tu pas de passer pr&#233;cis&#233;ment &#224; cot&#233; du m&#233;dium des luttes indig&#232;nes que tu voudrais spontan&#233;ment acquises &#224; l'universalit&#233; ? (&#8230;) Ne penses-tu pas que le m&#233;tissage des traditions d'&#233;mancipation et des luttes serait facilit&#233; par une d&#233;soccidentalisation de tes moyens ? Une indig&#233;nisation de tes moyens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui c'est l&#224; une tr&#232;s belle question et je m'y suis confront&#233; tr&#232;s concr&#232;tement. Lors d'une rencontre &#224; Guadalajara avec quelques sociologues de l'Am&#233;rique latine tr&#232;s engag&#233;s et alors que j'&#233;tais en train de clarifier mes id&#233;es &#224; ce propos, on m'a fait ce reproche : &#034;Mais les auteurs auxquels tu sembles te r&#233;f&#233;rer de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e (Marx, Nietzsche, Freud) appartiennent exclusivement &#224; l'univers europ&#233;en et occidental, et tu tombes ainsi dans le travers de l'europ&#233;ocentrisme ou de l'occidentalocentrisme, loin de cette recherche de l'universalit&#233; dont se targue pourtant la philosophie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a quelque chose de vrai dans cette critique, m&#234;me si ces 3 auteurs ont ind&#233;niablement particip&#233; &#224; la mise &#224; jour des limites et points aveugles de la pens&#233;e occidentale, ils n'y &#233;chappent pas compl&#232;tement. Et il serait facile de multiplier les citations &#224; cet &#233;gard ainsi que d'&#233;num&#233;rer les probl&#232;mes dont &#8211;en s'appuyant sur leurs noms&#8212;on a pu h&#233;riter : le stalinisme (au nom de Marx) ; la volont&#233; de puissance dominatrice (au nom de Nietzsche) ; l'institutionnalisation conservatrice de la psychanalyse (au nom de Freud).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en partie ce qui explique mon recours aux th&#232;ses de Walter Benjamin dans le chapitre 4 de Pour une philosophie de l'action et de l'&#233;mancipation. Car ces th&#232;ses &#8212;me semble-t-il&#8212; nous aident &#224; aller encore plus loin, &#224; radicaliser la critique, &#224; bousculer quelques-uns des points aveugles de l'univers philosophique occidental dominant, mais sans pour autant perdre cette perspective de la mat&#233;rialit&#233; ouverte qui me semble si importante, et cela justement parce qu'elle permet de d&#233;boucher sur des pr&#233;occupations d'ordre pratique dont nous avons tant besoin aujourd'hui pour affronter les probl&#232;mes qui sont les n&#244;tres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier en effet que si l'on veut changer le monde tel qu'il se donne &#224; nous concr&#232;tement, il faut savoir aussi &#234;tre, si je puis dire, bien &#171; terre &#224; terre &#187;, partir donc de ce que ce monde est effectivement (en ce d&#233;but de 21i&#232;me si&#232;cle marqu&#233; au fer rouge par un n&#233;olib&#233;ralisme conqu&#233;rant) pour convoquer les forces r&#233;elles qui puissent parvenir &#224; en modifier le cours. Autrement, on reste prisonnier de ce qu'on pourrait appeler une &#171; utopie chim&#233;rique &#187;, sans prise possible sur le monde. Position d'autant plus difficile &#224; tenir quand on a conscience de l'ampleur des d&#233;fis qui sont les n&#244;tres aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors dans ce contexte, pourquoi passer par Benjamin ? Certes Walter Benjamin (1898-1940) appartient aussi &#224; l'univers europ&#233;en, mais d'une mani&#232;re si paradoxale : il est en effet celui qui &#8212;je me r&#233;f&#232;re ici aux th&#232;ses sur le concept d'histoire de la fin de sa vie&#8212; nous permet de penser dans toute sa radicalit&#233; la critique de la vision de l'histoire &#171; des vainqueurs &#187; (autre mot pour parler de la classe dominante).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? En concevant l'histoire non pas comme une marche vers l'avant et le progr&#232;s (ce qui est l'essence m&#234;me de l'id&#233;ologie bourgeoise contemporaine), mais comme un amas de ruines et de catastrophes qu'elle laisse derri&#232;re elle et qui accompagne cette cohorte de vaincus (les exploit&#233;s, les sans voix, les sans-parts, les oubli&#233;s du Sud, etc.) dont les vainqueurs d'aujourd'hui veulent jusqu'&#224; nous faire oublier l'existence. Or si l'on tend, comme le pr&#233;tend la philosophie, &#224; l'universalit&#233;, on voit bien &#224; quoi une telle vision nous appelle : elle nous appelle &#224; &#171; brosser l'histoire &#224; rebrousse-poil &#187;, &#224; reprendre &#224; notre compte tout ce qui a &#233;t&#233; ainsi oubli&#233; et r&#233;duit &#224; l'&#233;tat de ruines par les vainqueurs d'hier et d'aujourd'hui : qu'on pense par exemple aux soci&#233;t&#233;s autochtones de l'Am&#233;rique, ou aux esclaves ha&#239;tiens du 18i&#232;me si&#232;cle et &#224; leurs descendants contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, elle nous appelle &#224; faire rena&#238;tre et revivre, pour l'ici et maintenant, les aspirations des vaincus d'hier et d'aujourd'hui, leurs aspirations &#224; un autre monde possible, avec tout ce qu'ils &#233;taient et veulent &#234;tre aujourd'hui. Sauf que cette reprise des aspirations oubli&#233;es des vaincus &#8212;parce qu'elle est con&#231;ue chez Benjamin, comme un effort pour transformer le pr&#233;sent&#8212; se donne d'abord sur un mode pratique. Notamment en se retrouvant &#233;ventuellement au coude &#224; coude dans de m&#234;mes luttes collectives contre la domination capitaliste n&#233;olib&#233;rale contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on pense ainsi &#224; l'importance d&#233;cisive des luttes paysannes, autochtones, f&#233;ministes, &#233;cologistes (ces nouveaux mouvements sociaux) et &#224; toutes les solidarit&#233;s indispensables qu'il reste &#224; tisser avec elles, au-del&#224; m&#234;me d'&#233;videntes diff&#233;rences en termes d'id&#233;ologies ou de visions du monde. Et ce sont ces pratiques communes &#8211;pour changer ensemble le pr&#233;sent&#8212; qui nous am&#232;nent tout naturellement &#224; oser nous questionner sur nos propres a priori philosophiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de ne pas voir, tout ce qu'ont pu apporter ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; la pens&#233;e de la gauche occidentalis&#233;e ou &#224; celle des r&#233;volutionnaires, les apports id&#233;ologiques par exemple des peuples autochtones des Am&#233;riques ! Mais impossible de ne pas voir aussi comment leurs luttes et expressions sont marqu&#233;es aussi par l'horizon occidental dans lequel elles se donnent pratiquement, ici et maintenant aux temps pr&#233;sents. Et le Sous Commandant Marcos du Chiapas en sait &#224; sa mani&#232;re quelque chose !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi r&#233;fl&#233;chir &#224; cette r&#233;appropriation &#8211;pour l'ici et maintenant&#8212;des aspirations des vaincus implique d'avoir la volont&#233; d'&#233;chapper &#8212;ainsi d'ailleurs que Marcos est parvenu &#224; le faire----&#224; un m&#233;tissage bon march&#233; ou au patchwork informe qui combine tout sans rien vraiment combiner et qui nous &#233;loigne des exigences laborieuses d'une critique f&#233;conde, c'est-&#224;-dire d'une conception qui puisse d&#233;boucher sur d'authentiques alternatives pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce niveau, je vois cet effort de r&#233;appropriation plut&#244;t comme une volont&#233; permanente d'interroger les cat&#233;gories qui ont &#233;t&#233; traditionnellement les n&#244;tres, a fortiori lorsqu'on se reconnaissait de la gauche ou de la r&#233;volution : celle d'une histoire tourn&#233;e inexorablement vers le progr&#232;s (progressiste) ; celle d'une nature dont on se veut &#8211;ainsi que le souhaitait Descartes&#8212;&#171; ma&#238;tre et possesseur &#187; ; celle enfin d'une humanit&#233; pens&#233;e &#224; partir du seul univers m&#226;le, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dire cela, ne veut pas dire pour autant passer &#224; c&#244;t&#233; des apports d'une certaine tradition occidentale, elle aussi bien souvent oubli&#233;e et minimis&#233;e ou travestie aujourd'hui. Qu'on songe &#224; ce propos &#224; une certaine conception grecque de la d&#233;mocratie (le pouvoir de l'&#233;gal sur l'&#233;gal), ou &#224; une certaine raison critique et scientifique occidentale (une raison ouverte &#224; tous les d&#233;passements, con&#231;ue comme s&#233;rie d'erreurs rectifi&#233;es), ou encore &#224; cette prise en compte affirmative de la r&#233;alit&#233; sensible et du devenir qui la hante inexorablement. En ce sens, la recherche d'une universalit&#233; plus grande (pens&#233;e par-del&#224; la seule philosophie occidentale) ne peut pas prendre la forme d'une synth&#232;se rapide et facile du genre &#171; une pinc&#233;e de &#171; m&#232;re terre &#187; , plus une pinc&#233;e de biopouvoir &#224; la Michel Foucault, et on m&#233;lange le tout, etc. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une synth&#232;se authentique comporte ses exigences (d'authentiques d&#233;passements), et surtout doit &#234;tre appr&#233;hend&#233;e me semble-t-il &#224; l'aune de la volont&#233; de mettre au jour ce qu'on pourrait appeler &#171; une universalit&#233; concr&#232;te &#187;, c'est-&#224;-dire une universalit&#233; qui s'exprimerait dans les faits, dans la r&#233;alit&#233;, parce qu'on serait parvenu, au fil de luttes collectives d&#233;cisives, &#224; accoucher pratiquement d'un monde qui redonnerait vie &#224; tout ce qui a &#233;t&#233; d&#233;fait dans le pass&#233;, un monde qui serait ainsi pratiquement plus ouvert &#224; la diversit&#233; et au renouvellement de la vie, infiniment plus tol&#233;rant et plus vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ce sens l&#224; par exemple que j'ai volontairement utilis&#233; la formule &#171; m&#232;re-terre &#187; dans mon livre, pour montrer comment cette proposition tir&#233;e de l'horizon philosophique des soci&#233;t&#233;s pr&#233;colombiennes pouvait rejoindre &#224; sa mani&#232;re les pr&#233;occupations &#233;cologiques contemporaines, celles par exemple de l'&#233;cosocialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc des passerelles &#224; trouver, &#224; tisser, &#224; d&#233;velopper entre ces univers si diff&#233;rents &#8230; plus que jamais ! Mais pas pour le plaisir de les penser th&#233;oriquement ou abstraitement, pour en permettre la r&#233;alisation ici et maintenant. En ce sens on peut dire que l'universalit&#233; n'est pas un probl&#232;me m&#233;taphysique, c'est un probl&#232;me pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur ce dernier point de &#034;la vie primitive&#034;, je trouve ici que le travail d'&#233;mancipation collective fourni par les th&#233;ologiens de la lib&#233;ration en Am&#233;rique Latine est tr&#232;s pertinent... accompagnant primitivement Dieu et le Dieu primitif aussi bien dans les profondeurs de la for&#234;t amazonienne, aupr&#232;s des peuples autochtones, que dans les favelas, authentiques camps de concentration dirig&#233;s d'une main de fer par les capos maffieux &#233;lus et dont Rio de Janeiro et Sao Paulo sont les expressions les plus cruelles. (&#8230;) Tr&#232;s pr&#233;sents au sein des dissidences populaires (eccl&#233;siales ou non), nos th&#233;ologiens du sud s'allieront au mouvement altermondialiste, que tu connais parfaitement, lors du 3&#232;me forum de Th&#233;ologie et de Lib&#233;ration de Belem ; ton dernier essai sera du reste pr&#233;fac&#233; par le P&#232;re Houtard.Tu citeras deux fois, je crois, la th&#233;ologie de la lib&#233;ration. Ce qui bien &#233;videmment ne peut &#234;tre le fruit d'un d&#233;sint&#233;r&#234;t de ta part, m'appara&#238;tra cependant comme un &#034;vide&#034; surprenant. Cette absence s'explique-t-elle par ton d&#233;veloppement ath&#233;e ou profane des causes ternaires de la souffrance de notre civilisation : l'ali&#233;nation capitaliste, le nihilisme, la n&#233;vrose ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui la th&#233;ologie de la lib&#233;ration m'a toujours beaucoup interrog&#233;, fascin&#233; m&#234;me. Et d'autant plus que j'ai eu l'occasion de travailler comme conseiller et consultant aupr&#232;s du Pr&#233;sident Aristide (ex pr&#234;tre et partisan de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration en Ha&#239;ti) alors qu'il &#233;tait en exil &#224; Washington, puis &#224; son retour, apr&#232;s juin 94, &#224; Port-au-Prince.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc pu voir de pr&#232;s le poids et la force d'un tel courant, plus sp&#233;cialement dans un pays ou la foi et la religion catholique restent tr&#232;s pr&#233;sentes. Et je dois dire que le constat final est assez partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un sens bien s&#251;r, cette conception d'un royaume de dieu &#224; construire ici et maintenant, cette mobilisation des opprim&#233;s con&#231;us comme peuple de dieu en marche, cette volont&#233; de lier la foi &#224; la transformation politique de la r&#233;alit&#233;, a tout pour s&#233;duire quelqu'un comme moi soucieux de transformations sociales pratiques. Mais en m&#234;me temps &#8212;et j'ai pu le v&#233;rifier ailleurs aussi&#8212; si ce type d'approche religieuse rompt ainsi avec cet &#171; opium du peuple &#187; que d&#233;non&#231;ait Marx, elle n'en reconduit pas moins des ph&#233;nom&#232;nes probl&#233;matiques dont le personnage d'Aristide pourrait &#234;tre tout &#224; fait le symbole. Car jamais dans les communaut&#233;s ha&#239;tiennes de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration (les Ti-l&#233;glize) n'a &#233;t&#233; remise en cause la place privil&#233;gi&#233;e qu'on accorde au pr&#234;tre (ce repr&#233;sentant de dieu) et partant le r&#244;le d&#233;mesur&#233; qu'il finit par jouer dans la vie de ses membres, investi qu'il est &#8211;comme p&#232;re&#8212; d'un pouvoir qu'aucun autre ne peut questionner comme tel, d'un pouvoir donc essentiellement non d&#233;mocratique. Avec toutes les d&#233;rives paternalistes possibles dont le parcours d'Aristide nous a montr&#233; la r&#233;alit&#233; ! C'est peut-&#234;tre un des facteurs qui explique cette d&#233;fiance que je continue &#224; avoir pour la religion, pour toutes les religions (la foi, c'est autre chose !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, dans mon livre il y a un point de d&#233;part r&#233;solument ath&#233;e, mais qui se veut pens&#233; loin de tout regard &#233;troit (ou sectaire) sur la foi et la religion. Apr&#232;s tout si Marx a vu, dans les religions europ&#233;ennes de son temps, &#171; un opium du peuple &#187;, il y a aussi vu &#171; le cri de d&#233;tresse de la cr&#233;ature opprim&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion est donc un ph&#233;nom&#232;ne complexe. Et ce qui me g&#234;ne en elle, ce n'est pas sa pr&#233;occupation pour l'&#234;tre humain ou son sens &#233;thique, ce n'est pas non plus son holisme et sa volont&#233; d'aider les &#234;tres humains &#224; vivre dans toutes les dimensions de leur vie. Non, de tout cela je crois, nous en avons &#8211;dans le monde d&#233;senchant&#233; qui est le n&#244;tre&#8212; &#233;minemment besoin. Non, ce qui me g&#234;ne, c'est cette n&#233;cessit&#233; qu'elle a toujours de passer &#8211;&#224; un moment ou &#224; un autre&#8212;par des m&#233;diations &#8211;non humaines&#8212; qui nous &#233;loignent de l'homme (dieu, un autre monde, une autre r&#233;alit&#233;, etc.), faisant l'&#233;conomie de celui-ci, de ses forces et ses possibles, lui &#244;tant de la puissance, finissant toujours par cautionner ou justifier des pouvoirs arbitraires (redevables de personne si ce n'est de dieu) et qui dans la r&#233;alit&#233; de l'histoire se sont montr&#233;s particuli&#232;rement odieux (voir l'inquisition !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remont&#233;e actuelle de l'int&#233;grisme (et pas seulement dans l'islam, mais dans le catholicisme, le juda&#239;sme, l'hindouisme, etc.) le confirme malheureusement, Mais l&#224; encore, pour l'ici et maintenant des temps pr&#233;sents, il ne s'agit pas ici d'une question de principe. Et si l'on peut travailler avec des th&#233;ologiens de la lib&#233;ration ou des partisans d'une foi tourn&#233;e vers le monde, &#224; s'employer ensemble &#224; changer le monde, &#224; mieux voir les limites de l'horizon capitaliste qui est le n&#244;tre, c'est tant mieux. Comme jamais nous avons besoin de nous remettre ensemble, pour agir sur une base commune, par del&#224; toutes nos diff&#233;rences&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors du Forum International de Philosophie du Venezuela de 2006, tu soutiendras les r&#233;formes du Pr&#233;sident Chavez. Peu apr&#232;s tu sembleras plus h&#233;sitant comme beaucoup, redoutant un &#034;chav&#233;zisme flambloyant&#034; et un retour au pouvoir unique militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet essai, le retour &#224; l'action philosophique fondamentale semble de toute &#233;vidence te rapprocher de la r&#233;alit&#233; bolivarienne et des grands d&#233;fis de l'Am&#233;rique latine. Peux-tu actualiser ta position ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas un &#171; chaviste &#187; pur et dur, au sens d'&#234;tre un disciple aveugle de Chavez qui ne jurerait que par cette exp&#233;rience, et cela m&#234;me si ces derni&#232;res ann&#233;es je suis all&#233; plusieurs fois au Venezuela (encore tout r&#233;cemment en d&#233;cembre), observant avec grand int&#233;r&#234;t ce qui s'y passait, tout en passant en m&#234;me temps par des phases d'enthousiasme mais aussi plus r&#233;cemment &#8211;je dois le dire&#8212; d'inqui&#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je consid&#232;re en effet que le processus bolivarien est un processus tr&#232;s important pour le continent latino-am&#233;ricain des ann&#233;es 2000 et qu'il pourrait inaugurer &#8211;avec ce qui se passe parall&#232;lement en Bolivie et en &#201;quateur&#8212;le d&#233;but d'une nouvelle p&#233;riode pour &#171; la gauche historique et en marche &#187; du continent. Une p&#233;riode qui lui permettrait de se sortir de cette &#232;re des &#171; d&#233;mocraties sous tutelle &#187; (durant laquelle les forces populaires du continent se sont trouv&#233;es sur la d&#233;fensive en &#233;mergeant lentement des d&#233;faites qu'elles avaient v&#233;cues sous les dictatures ou durant les guerres de basse intensit&#233;), et de reprendre quelque part l'initiative sociale et politique, en s'organisant autour d'un projet sociopolitique positif actualis&#233;, c'est-&#224;-dire en phase avec les d&#233;fis contemporains pos&#233;s par le d&#233;ploiement de l'&#233;conomie n&#233;olib&#233;rale mondialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; tous les c&#244;t&#233;s &#233;minemment int&#233;ressants de l'exp&#233;rience bolivarienne. Car sur bien des fronts, les r&#233;ussites ne manquent pas et paraissent m&#234;me tout &#224; fait spectaculaires compte tenu du vent de droite soufflant par ailleurs sur tant de pays de la plan&#232;te : processus participatif donnant naissance &#224; une nouvelle constitution particuli&#232;rement avanc&#233;e (1999) ; lancement de missions dans le domaine de la sant&#233;, de l'&#233;ducation et de la culture, rendant plus accessible aux secteurs populaires l'aide publique de l'&#201;tat, jusqu'&#224; pr&#233;sent grug&#233;e par la corruption et les politiques de privatisation n&#233;olib&#233;rale ; redistribution de la rente p&#233;troli&#232;re vers les plus d&#233;favoris&#233;s, faisant baisser de fa&#231;on significative les taux de pauvret&#233; et de grande pauvret&#233; ; constitution sous les auspices de l'Alba (Alternative bolivarienne pour les Am&#233;riques), de nouvelles formes de solidarit&#233;s internationales Sud-Sud notamment avec Cuba, l'&#201;quateur et la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il y a actuellement plusieurs questions pr&#233;occupantes. J'en ai parl&#233; dans un article r&#233;cent. Mais la plus importante est sans doute &#8212;outre l'oubli manifeste des questions touchant &#224; la vie quotidienne et en particulier &#224; l'ins&#233;curit&#233; grandissante (le taux d'homicide &#224; tripl&#233; depuis 1998)&#8212;le fait que c'est par le haut et &#224; travers la seule action &#171; politique &#187; du pr&#233;sident et de ses partisans regroup&#233;s dans le PSUV que sont impuls&#233;es &#8211;souvent en r&#233;action &#224; tel ou tel &#233;v&#233;nement d&#233;cri&#233; par la grande presse&#8212; les transformations jug&#233;es n&#233;cessaires, des transformations qui d'ailleurs restent en termes &#233;conomiques fort mod&#233;r&#233;es, comme si le geste ne suivait pas toujours exactement la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le peu de place d&#233;terminante qu'occupent aujourd'hui dans le processus actuel les mouvements sociaux (syndicats, organisations communautaires, paysannes, indig&#232;nes, f&#233;ministes, etc.), d'o&#249; le suivisme d'une majorit&#233; de militants de base du PSUV se gardant de toute critique envers leurs leaders, d'o&#249; aussi le r&#244;le absolument central du pr&#233;sident Chavez qui finit par s'immiscer dans la moindre des d&#233;cisions de l'&#201;tat et du parti. Et dans la perspective o&#249; l'on pense que le renouvellement de la gauche ne peut que passer par un renforcement des pratiques de d&#233;mocratie participative, on comprendra que cette tendance pose un sacr&#233; probl&#232;me. D'autant plus si, comme je l'ai soulign&#233;, au d&#233;but de cet entretien, la revalorisation du politique passe n&#233;cessairement par une prise en compte des mouvements sociaux et de leur propre pouvoir d'intervention. Pas de doute la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire le pouvoir de l'&#233;gal sur l'&#233;gal a ses exigences !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Q- &#171; Le pouvoir de l'&#233;gal sur l'&#233;gal &#187; jaillirait donc entre ces espaces de pure dissidence et de pure cr&#233;ation politique (&#8230;) comme une &#233;chapp&#233;e &#034;hors-les-lois&#034; vers l'immanence ? Peux-tu expliquer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement non, je ne le crois pas. Il est vrai que je m'appuie sur certaines th&#232;ses, tr&#232;s fortes, de Ranci&#232;re pour que l'on oublie pas que dans la tradition grecque, la d&#233;couverte de la d&#233;mocratie rec&#232;le un caract&#232;re &#233;minemment subversif, dans la mesure o&#249; elle rompt en termes conceptuels &#8211;de mani&#232;re radicale&#8212;avec les pouvoirs du sang, de l'argent et de l'expertise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie prise au sens plein du terme serait donc une d&#233;viation plus qu'une transition, une rupture plus qu'une lente &#233;volution. De prime abord elle appara&#238;t donc de l'ordre du jaillissement ! Et je crois qu'il ne faut pas avoir peur de rappeler de telles v&#233;rit&#233;s &#224; une &#233;poque o&#249; l'on ne fait que parler de d&#233;mocratie (c'est le r&#233;gime politique h&#233;g&#233;monique par excellence), tout en en foulant l'essentiel aux pieds : cette id&#233;e du pouvoir de l'&#233;gal sur l'&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;mocraties &#171; de basse intensit&#233; &#187; ou sous tutelle militaire en Am&#233;rique latine (ou peut-&#234;tre plus pr&#232;s de nous le pouvoir exorbitant des march&#233;s financiers) nous le rappellent sans ambigu&#239;t&#233; aucune. Ceci dit, je crois que cette approche reste insuffisante, surtout si on la pense &#224; l'aune des efforts men&#233;s aux temps pr&#233;sents par les couches populaires ou la soci&#233;t&#233; civile d'en bas pour tenter justement d'ouvrir de nouveaux espaces d&#233;mocratiques. C'est ce qui explique cette utilisation que je fais de certaines th&#232;ses de Gramsci concernant la conqu&#234;te ou plut&#244;t la reconqu&#234;te n&#233;cessaire &#8211;de la part des couches populaires&#8212; d'une contre-h&#233;g&#233;monie pour le 21i&#232;me si&#232;cle, car l'approfondissement de la d&#233;mocratie ne peut pas qu'&#234;tre synonyme de &#171; surgissement &#187; brutal et instantan&#233; des sans-parts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que dans la dur&#233;e qu'au 20i&#232;me si&#232;cle (globalement entre 1917 et 1970), les couches populaires (syndicats, mouvements sociaux, partis de gauche, &#201;tats dits socialistes, etc.) ont pu gagner peu &#224; peu des espaces sociaux et politiques grandissants &#224; l'&#233;chelle du monde. C'est ce que j&#8216;ai appel&#233; &#8211;dans le sillage des th&#232;ses de Gramsci&#8212; un mouvement ascendant de contre-h&#233;g&#233;monie des classes populaires. Un mouvement qui d'ailleurs s'est brutalement affaiss&#233; durant les ann&#233;es 80 &#224; la faveur du grand basculement du monde &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment. Et ce n'est donc que dans la dur&#233;e qu'on peut imaginer son red&#233;marrage en ce d&#233;but de 21i&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu l'horizon dans lequel nous devrions &#8211;me semble-t-il&#8212; penser les luttes sociales et politiques d'aujourd'hui : comment faire qu'elles aident &#224; la relance de ce nouveau mouvement ascendant d'h&#233;g&#233;monie pour le 21i&#232;me si&#232;cle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, on ne peut jamais mettre sur le m&#234;me plan une d&#233;mocratie sous tutelle (militaire ou internationale) telle que de nombreux r&#233;gimes latino-am&#233;ricains ont pu en endosser les oripeaux pendant les ann&#233;es 90-2000, avec une dictature militaire. Pour avoir v&#233;cu (et travaill&#233; comme journaliste) sous un r&#233;gime dictatorial (Chili), il m'est facile de mesurer les diff&#233;rences et d'opter bien &#233;videmment pour une d&#233;mocratie sous tutelle, aussi imparfaite par ailleurs soit cette derni&#232;re (les droits individuels, aussi r&#233;duits soient-ils par ailleurs, ne sont en rien inutiles). Le probl&#232;me, c'est plut&#244;t de vouloir en rester &#224; ce seul stade, ou de s'en contenter, consid&#233;rant que c'est l&#224;, comme on dit en qu&#233;b&#233;cois &#171; le boute du boute &#187;. Les exp&#233;riences V&#233;n&#233;zu&#233;lienne, &#233;quatorienne et bolivienne r&#233;centes, semblent indiquer qu'on peut d&#233;passer ce stade (en s'inscrivant justement dans la rupture, mais &#224; partir de nouvelles modalit&#233;s) et ainsi initier peut-&#234;tre un nouveau cycle historique de luttes infiniment plus prometteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Observons la question pr&#233;c&#233;dente sous un autre angle. Le droit et les lois nous prouvent tous les jours leur d&#233;loyaut&#233;, leur inefficace social. Slavoj Zizek, Jacques Ranci&#232;re, Yves Charles Zarka, Giorgio Agamben le disent avec force avec tant d'autres (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Q- Ici r&#233;siderait le m&#233;canisme de la &#034;puissance d&#233;figur&#233;e&#034; dont tu parles ? Un m&#233;canisme implacable qui conduira l'humanit&#233; aux catastrophes interdisant toute &#233;mancipation et toute r&#233;conciliation de l'homme avec lui-m&#234;me (stalinisme, nazisme, fascisme, imp&#233;rialisme, juridicisation du politique, n&#233;olib&#233;ralisme, etc...) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui bien s&#251;r le politique comme puissance &#233;mancipatrice a &#233;t&#233; confisqu&#233; (j'en ai &#233;voqu&#233; le c&#244;t&#233; tragique au tout d&#233;but de cet entretien), et plus particuli&#232;rement depuis le 11 septembre, mais je ne partage pas le point de vue d'Agamben pour autant sur &#171; la vie nue &#187; et ses rapports avec la politique d'exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce niveau, je serai beaucoup plus proche de celui &#8211;plus fid&#232;le &#224; la r&#233;alit&#233; politique empirique, me semble-t-il&#8212; de Ranci&#232;re. Car m&#234;me apr&#232;s le 11 septembre, m&#234;me apr&#232;s la multiplication de lois d'exception dans les pays du Nord et m&#234;me si nous ne vivons pas dans de v&#233;ritables d&#233;mocraties (&#231;a c'est &#233;vident !), il me para&#238;t difficile d'affirmer que nous vivrions dans &#171; des camps &#187;, comme semblent le supposer certains auteurs qui nous voient tous soumis &#224; la loi d'exception du gouvernement biopolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit Ranci&#232;re, nous vivons plut&#244;t &#171; dans des &#201;tats de droit oligarchique, c'est-&#224;-dire dans des &#201;tats o&#249; le pouvoir de l'oligarchie est limit&#233; par la double reconnaissance de la souverainet&#233; populaire et des libert&#233;s individuelles &#187;. Et cela est en termes strat&#233;giques ou pratiques, loin d'&#234;tre n&#233;gligeable, car on se laisse ainsi la possibilit&#233; d'occuper certains espaces (existant effectivement aujourd'hui encore), justement pour tenter de participer &#224; cette relance de ce mouvement ascendant de contre-h&#233;g&#233;monie dont j'ai parl&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Alter-Citoyens retournent &#224; l'&#233;cole du bien commun</title>
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