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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Gauches et droites latino-am&#233;ricaines dans un monde en crise</title>
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		<dc:creator>&#201;ric Toussaint, Franck Gaudichaud</dc:creator>


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&lt;p&gt;Nous publions la pr&#233;face r&#233;dig&#233;e par Franck Gaudichaud et &#201;ric Toussaint &#224; la demande de la revue cubaine Temas pour un livre coordonn&#233; par Julio C&#233;sar Guanche &#224; para&#238;tre en Argentine sous le titre Izquierdas y derechas en America latina. &lt;br class='autobr' /&gt; 19 juin 2024 | tir&#233; du site du CADTM | Photo : Emergentes + Hern&#225;n Vitenberg para Emergentes (CC BY-NC 4.0) https://www.cadtm.org/Gauches-et-droites-latino-americaines-dans-un-monde-en-crise &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde de ces derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; marqu&#233; par de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/gauches_et_droites_latinoamericaines-150de.png?1724151158' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions la pr&#233;face r&#233;dig&#233;e par Franck Gaudichaud et &#201;ric Toussaint &#224; la demande de la revue cubaine Temas pour un livre coordonn&#233; par Julio C&#233;sar Guanche &#224; para&#238;tre en Argentine sous le titre Izquierdas y derechas en America latina.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 juin 2024 | tir&#233; du site du CADTM | Photo : Emergentes + Hern&#225;n Vitenberg para Emergentes (CC BY-NC 4.0)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Gauches-et-droites-latino-americaines-dans-un-monde-en-crise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Gauches-et-droites-latino-americaines-dans-un-monde-en-crise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde de ces derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; marqu&#233; par de multiples crises. On pourrait parler d'une &#171; polycrise &#187; globale, intersectionnelle et interconnect&#233;e du capitalisme n&#233;olib&#233;ral : turbulences politiques et &#233;conomiques profondes, guerres et violences arm&#233;es, effondrement acc&#233;l&#233;r&#233; des &#233;cosyst&#232;mes et du climat, pand&#233;mies et extractivisme pr&#233;dateur, red&#233;finitions brutales des &#233;quilibres g&#233;opolitiques et tensions inter-imp&#233;rialistes, etc. Une fois de plus, l'humanit&#233; traverse des ouragans et des d&#233;fis majeurs dans un moment historique o&#249;, manifestement, sa survie m&#234;me en tant qu'esp&#232;ce et son (in)capacit&#233; &#224; habiter collectivement et pacifiquement cette plan&#232;te sont d'ores et d&#233;j&#224; en jeu. La grande r&#233;volutionnaire allemande Rosa Luxemburg d&#233;clarait, dans les ann&#233;es 1910, alors qu'il &#233;tait minuit dans le si&#232;cle dernier : socialisme ou barbarie ! Ce slogan r&#233;sonne tr&#232;s fort aujourd'hui [1], dans un contexte o&#249; les peuples et les mouvements populaires continuent de r&#233;sister, de se mobiliser, de d&#233;battre, de proposer, mais sans parvenir &#224; surmonter la fragmentation structurelle, ni - pour l'instant - &#224; voir des forces politiques &#233;mancipatrices ayant une r&#233;elle capacit&#233; &#224; accompagner, consolider ces r&#233;sistances et construire un cap &#224; moyen terme pour des alternatives d&#233;mocratiques et &#233;co-sociales &#171; raizal &#187;, pour citer le sociologue colombien Orlando Fals Borda (1925-2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si l'on observe les Am&#233;riques &#171; latines &#187; et les Cara&#239;bes au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, les terres de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Berta_C%C3%A1ceres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Berta C&#225;ceres&lt;/a&gt; (1971-2016), Jos&#233; Carlos Mari&#225;tegui (1894-1930) et &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marielle_Franco&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marielle Franco&lt;/a&gt; (1979-2018) semblent chercher de nouvelles voies sociales et politiques, r&#233;veillant les espoirs de la gauche mondiale, au-del&#224; de la chute du mur de Berlin et d'un n&#233;olib&#233;ralisme vorace. &#171; Tournant &#224; gauche &#187;, &#171; vague progressiste &#187;, &#171; fin du n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, &#171; mar&#233;e rose &#187; : l'inflexion sociopolitique v&#233;cue par de nombreux pays d'Am&#233;rique du Sud et d'Am&#233;rique centrale dans les ann&#233;es 2000 a surpris beaucoup d'observateurs et d'observatrices et m&#234;me fascin&#233; beaucoup d'autres, notamment en Europe [2]. Le d&#233;fi - en particulier pour des pays comme la Bolivie, le Venezuela et l'&#201;quateur, qui ont construit un narratif et une promesse &#171; transformatrice &#187; - &#233;tait de trouver des voies politico-&#233;lectorales et nationales-populaires avec une cl&#233; &#171; post-n&#233;olib&#233;rale &#187; et anti-imp&#233;rialiste. Pour certains militant.e.s et mouvements, il ne s'agissait pas seulement de &#171; d&#233;mocratiser la d&#233;mocratie &#187;, mais aussi de ne pas rester enferm&#233; dans un nouveau mod&#232;le fond&#233; sur l'extractivisme des mati&#232;res premi&#232;res, la soumission au march&#233; mondial et diverses formes de colonialisme interne et externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 20 ans apr&#232;s le d&#233;but de ce &#171; cycle &#187;, nous pouvons constater &#224; quel point cet objectif de transformation n'a pas &#233;t&#233; atteint, bien qu'&#224; des rythmes et des r&#233;alit&#233;s tr&#232;s diff&#233;rents selon les sc&#233;narios r&#233;gionaux et nationaux d'Abya Yala [3]. Obstacles et difficult&#233;s, d&#233;senchantement et d&#233;sillusion ont &#233;t&#233; communs &#224; plusieurs pays gouvern&#233;s par la gauche et le &#171; progressisme &#187;, sans qu'une dynamique homog&#232;ne ne soit perceptible. Parall&#232;lement, les forces conservatrices et les nouvelles extr&#234;mes droites ont su capitaliser sur ce contexte de crises multiples, pour imposer de nouveaux r&#233;cits politiques et culturels furieusement &#171; antiprogressistes &#187;, soutenus par les grands groupes m&#233;diatiques et par les oligarchies &#233;conomiques locales et imp&#233;riales, afin, in fine, de se poser en &#171; alternatives populaires &#187; : Javier Milei est le dernier maillon de cette cha&#238;ne r&#233;actionnaire globale [4]. Nayib Bukele Ortez, r&#233;&#233;lu &#224; la pr&#233;sidence du Salvador en f&#233;vrier 2024, a d&#233;velopp&#233; un style de gouvernement qui rappelle l'exp&#233;rience de la pr&#233;sidence de Rodrigo Duterte aux Philippines entre 2016 et 2022, durant laquelle des milliers d'ex&#233;cutions extrajudiciaires contre des secteurs populaires &#171; lump&#233;nis&#233;s &#187; ont &#233;t&#233; men&#233;es par les forces r&#233;pressives sous son contr&#244;le au nom de la lutte contre le trafic de drogue. Daniel Noboa, &#233;lu pr&#233;sident de l'&#201;quateur en 2023, pourrait tenter d'aller dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le montre ce livre, il est essentiel d'&#233;tablir un bilan critique et argument&#233; des derni&#232;res d&#233;cennies, du point de vue des sciences sociales et de leur m&#233;thodologie, en approfondissant et en d&#233;battant les essais et les publications qui tentent de d&#233;crypter l'Am&#233;rique latine d'aujourd'hui. L'objectif est d'analyser dans sa complexit&#233; changeante la p&#233;riode ouverte dans les ann&#233;es 2000 (avec l'&#233;lection d'Hugo Ch&#225;vez en 1999), produit des luttes sociales et populaires contre l'h&#233;g&#233;monie n&#233;olib&#233;rale de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. Un premier sursaut suivi d'une multiplicit&#233; de victoires &#233;lectorales permettant un relatif &#171; &#226;ge d'or &#187; (entre 2005 et 2011) de la gauche et des gouvernements progressistes, avec diverses formes d'&#201;tat compensateur et redistributeur, une baisse notable de la pauvret&#233; et de nouvelles formes de participation politique, p&#233;riode suivie d'un net reflux r&#233;gional, d'une baisse du prix des mati&#232;res premi&#232;res et d'une embellie conservatrice (2011-2018), marqu&#233;e - entre autres - par la crise profonde de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187;, d&#233;bouchant sur le moment chaotique post-pand&#233;mique des derni&#232;res ann&#233;es (2019-2023), o&#249; l'on a assist&#233; &#224; la victoire de Bolsonaro au Br&#233;sil, &#224; la confirmation des dynamiques de droite en &#201;quateur, mais aussi &#224; des soul&#232;vements populaires au Chili, en Ha&#239;ti, en Colombie, au P&#233;rou et en &#201;quateur. Dans le m&#234;me temps, une troisi&#232;me nouvelle &#171; vague &#187; de gauches institutionnelles( ou &#171; progressisme tardif &#187; selon &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/massimo-modonesi-_r_35_lettre_M_c_1124.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Massimo Modonesi)&lt;/a&gt;, clairement limit&#233;e (par rapport au d&#233;but du si&#232;cle), a commenc&#233; &#224; prendre forme au Chili avec l'&#233;lection de Gabriel Boric (2021), en Colombie avec la victoire de Gustavo Petro (2022), Honduras avec la pr&#233;sidence de Xiomara Castro (2022), Guatemala avec l'&#233;lection de Bernardo Ar&#233;valo en 2023 mais aussi - depuis 2018 - avec l'&#233;lection de Manuel L&#243;pez Obrador au Mexique ou en 2020 avec le retour d&#233;mocratique du Mouvement pour le Socialisme (MAS) en Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage collectif, coordonn&#233; par le chercheur &lt;a href=&#034;https://jcguanche.wordpress.com/hoja-de-vida/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julio C&#233;sar Guanche&lt;/a&gt; et publi&#233; par la revue cubaine Temas, nous invite &#224; comprendre ces processus &#224; partir de diff&#233;rents points de vue, g&#233;ographies et sensibilit&#233;s. L'int&#233;r&#234;t principal de cette publication est de couvrir les r&#233;alit&#233;s politiques et sociales de plusieurs pays : l'Argentine, le Br&#233;sil, le Chili, l'&#201;quateur, le Mexique, le P&#233;rou et Cuba, &#224; partir d'un examen critique des continuit&#233;s et des nouveaux ph&#233;nom&#232;nes dans la r&#233;gion, en particulier les transformations sociales et culturelles souterraines qui sous-tendent les changements politiques en cours. Ainsi, ce livre pluraliste traite des processus de gauche ou &#171; progressistes &#187; au pouvoir, ainsi que des processus conservateurs et r&#233;actionnaires. Il d&#233;crit les dimensions pl&#233;b&#233;iennes du populisme ou de l'extr&#234;me droite (en &#201;quateur, au Br&#233;sil et au P&#233;rou), et d&#233;crypte les contradictions des progressistes au pouvoir. Si les auteurs envisagent ici les aspects partisans et institutionnels (par exemple, &#224; propos de la droite &#233;quatorienne ou de la gauche chilienne et mexicaine), ce n'est pas sans laisser de c&#244;t&#233; le vaste champ des mobilisations collectives et de la soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e : mouvements sociaux afro-descendants, luttes f&#233;ministes et anti-f&#233;ministes, mouvements religieux fondamentalistes, mouvements indig&#232;nes sont tous pr&#233;sents dans cet opus. Sans aucun doute, la diversit&#233; des approches et des origines des chercheurs inclus ici, qui ont tous une longue histoire de travail et de vie dans diff&#233;rents pays de la r&#233;gion, permet au lecteur d'offrir une vision int&#233;ressante, plurielle et contrast&#233;e du continent &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politologue Noberto Bobbio, dans son ouvrage d&#233;sormais classique, &lt;a href=&#034;https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782020233248-droite-et-gauche-essai-sur-une-distinction-politique-norberto-bobbio/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Droite et gauche, essai sur une distinction politique&lt;/a&gt; [5] a soulign&#233; de mani&#232;re convaincante que la distinction des deux p&#244;les de ce bin&#244;me peut &#234;tre un bon point de d&#233;part pour r&#233;fl&#233;chir &#224; une carte politique. Dans cette distinction, Bobbio part de l'axe libert&#233;/&#233;galit&#233; pour classer les forces politiques : les droites revendiquant de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e le concept de &#171; libert&#233; &#187; (du march&#233; et/ou de l'individu en particulier) et les gauches celui d'&#171; &#233;galit&#233; &#187; (et d'&#233;mancipation sociale et collective). En transposant cette r&#233;flexion &#224; l'Am&#233;rique latine et aux Cara&#239;bes, et en rompant avec les visions eurocentriques, il serait n&#233;cessaire d'introduire un ensemble d'autres concepts pour penser cette distinction, tels que la colonialit&#233; du pouvoir et les conceptions nationales/plurinationales de l'&#201;tat, les notions de souverainet&#233; populaire et d'anti-imp&#233;rialisme, les droits des peuples indig&#232;nes et les rapports sociaux de race ou de genre, les mod&#232;les de d&#233;veloppement et les mod&#232;les socio-environnementaux, etc. Au-del&#224; de ces caract&#233;risations, ce sont surtout les zones grises et les recoins des espaces sociopolitiques latino-am&#233;ricains actuels que ce livre confirme, des espaces qui ne se r&#233;sument pas &#224; une simple dichotomie gauche/droite. Cette publication propose des versions actualis&#233;es de textes parus dans un dossier de la&lt;a href=&#034;https://temas.cult.cu/revista/revista_datos/3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Temas en 2022&lt;/a&gt;. Dans leur pr&#233;sentation, les coordinateurs notent &#224; juste titre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'arriv&#233;e de nouveaux gouvernements de gauche et de centre-gauche identifi&#233;s comme la &#171; mar&#233;e rose &#187; en Am&#233;rique latine et dans les Cara&#239;bes ne fait que renvoyer &#224; un ph&#233;nom&#232;ne &#233;lectoral, dont l'environnement politique est plus complexe. En son sein coexistent des diff&#233;rences strat&#233;giques, des croisements de bases sociales entre les zones de gauche et les zones conservatrices, comme le n&#233;o-&#233;vang&#233;lisme, le rejet de l'autoritarisme de certains mouvements progressistes, des critiques sur les questions de genre, la justice raciale et environnementale, les revendications des peuples indig&#232;nes, et d'autres sujets &#224; l'ordre du jour politique, comme la transition &#233;nerg&#233;tique, la perp&#233;tuation de l'extractivisme et sa corr&#233;lation avec un syst&#232;me de d&#233;mocratie populaire, qu'il s'appelle socialisme ou non&#171; . Bien qu'ils aient perdu des si&#232;ges au gouvernement, les courants conservateurs ont gagn&#233; une base populaire, comme le refl&#232;te non seulement leur repr&#233;sentation parlementaire, mais aussi le renforcement du consensus n&#233;olib&#233;ral parmi ces autres bases, sur la &#187;libert&#233;&#171; et la &#187;d&#233;mocratie&#171; et contre le &#187;populisme&#034;. Ces courants n'ont pas cess&#233; d'utiliser la r&#233;pression pour maintenir un r&#233;gime d'in&#233;galit&#233; caract&#233;ris&#233; par une grande d&#233;vastation sociale &lt;/i&gt; &#187;. [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, les r&#233;alit&#233;s latino-am&#233;ricaines montrent la turbulence des soci&#233;t&#233;s et de l'ensemble des forces politiques : une situation dans laquelle l'extr&#234;me droite &#171; libertarienne &#187; et &#171; anarcho-capitaliste &#187; est capable de faire un ratissage &#233;lectoral dans des secteurs populaires pr&#233;caires, alors que dans le m&#234;me temps, des courants politiques &#233;mergeant du c&#339;ur de la gauche incarnent des pratiques autoritaires ou sont d&#233;connect&#233;s des mouvements sociaux, f&#233;ministes ou &#233;cologistes. C'est ce que confirment plusieurs chapitres du livre et ce que souligne Daniel Kersffeld, rappelant que le progressisme a &#233;t&#233; marqu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es par diverses formes de caudillisme, de corruption, d'acceptation d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement extractiviste, ou encore par la mise en &#339;uvre de politiques de &#171; main de fer &#187; et de militarisation, qui semblaient jusqu'&#224; r&#233;cemment &#234;tre le &#171; patrimoine politique &#187; de la droite. Dans un autre chapitre, la chercheuse et militante f&#233;ministe antiraciste Alina Herrera Fuentes souligne que le conservatisme patriarcal ne vient pas seulement des rangs de la droite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les parcours nationaux des progressistes ont &#233;t&#233; et sont profond&#233;ment fragiles et discontinus. &#192; certaines p&#233;riodes et sur certaines questions, des progr&#232;s ont pu &#234;tre accomplis, mais ils se sont arr&#234;t&#233;s &#224; d'autres moments. Par exemple, alors que le taux de pauvret&#233; global a diminu&#233;, la f&#233;minisation de la pauvret&#233; a augment&#233; au cours de cette p&#233;riode. En d'autres termes, la pauvret&#233; a globalement diminu&#233;, mais les femmes ont moins b&#233;n&#233;fici&#233; que les hommes des politiques qui ont permis d'atteindre cet objectif (&lt;a href=&#034;https://www.unwomen.org/sites/default/files/Annual%20Report/Attachments/Sections/Library/UN-Women-annual-report-2017-2018-fr.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ONU Femmes 2017&lt;/a&gt;). Mais surtout, ce sont les politiques qui remettent en cause les normes traditionnelles de la famille et de la sexualit&#233; - comme l'avortement, le mariage homosexuel, la reconnaissance de l'identit&#233; de genre et, dans certains cas, la violence fond&#233;e sur le genre - qui ont &#233;t&#233; le plus entrav&#233;es par le conservatisme des dirigeants ou directement par les alliances entre les hommes politiques au pouvoir et le n&#233;oconservatisme religieux en expansion. Les preuves &#224; cet &#233;gard infirment l'hypoth&#232;se selon laquelle, par d&#233;finition, la politique de gauche remet en question les croyances et les hi&#233;rarchies conservatrices, avec une base religieuse implicite ou explicite &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, ces observations n'effacent pas le bilan positif des ann&#233;es 2000-2010 en termes de lutte contre la pauvret&#233;, de progr&#232;s des politiques publiques en mati&#232;re d'&#233;ducation, de sant&#233; ou de construction de logements, de conqu&#234;te de processus constituants originaux (Bolivie, &#201;quateur, Venezuela), l'&#233;lan bolivarien pour une int&#233;gration r&#233;gionale ind&#233;pendante des Etats-Unis (UNASUR, CELAC, ALBA), le d&#233;veloppement d'une nouvelle diplomatie Sud-Sud, notamment gr&#226;ce &#224; Hugo Ch&#225;vez, qui a tent&#233; de privil&#233;gier un axe de gauche anti-imp&#233;rialiste, et dans une certaine mesure &#224; Lula, qui a favoris&#233; l'accroissement de l'influence de son pays dans la r&#233;gion et l'axe des BRICS. En ce qui concerne les politiques internationales de Lula et de Dilma Rousseff, il serait utile de prendre en compte et d'actualiser l'analyse faite par l'auteur marxiste br&#233;silien Ruy Mauro Marini (1932-1997) dans les ann&#233;es 1960, lorsqu'il a qualifi&#233; le Br&#233;sil de &#171; sous-imp&#233;rialisme &#187;. Comme le note Claudio Katz :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ruy Mauro Marini ne s'est pas content&#233; de ressasser les vieilles d&#233;nonciations du r&#244;le oppressif des &#201;tats-Unis. Il a plut&#244;t introduit le concept controvers&#233; de &#187;sous-imp&#233;rialisme&#171; pour d&#233;crire la nouvelle strat&#233;gie de la classe dirigeante br&#233;silienne. Il a d&#233;crit les tendances expansionnistes des grandes entreprises affect&#233;es par l'&#233;troitesse du march&#233; int&#233;rieur et a per&#231;u leur promotion de politiques &#233;tatiques agressives pour faire des incursions dans les &#233;conomies voisines &#187;.&lt;/i&gt; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'Hugo Ch&#225;vez soutenait activement le projet ALBA avec Cuba, avec l'appui notamment de la Bolivie et de l'&#201;quateur, et jetait les bases d'une Banque du Sud, Lula a donn&#233; la priorit&#233; au renforcement du r&#244;le r&#233;gional et international du Br&#233;sil en tant que puissance r&#233;gionale, coordonnant l'intervention militaire en Ha&#239;ti (ce qui convenait parfaitement &#224; Washington) et participant activement au lancement des BRICS en 2009 avec la Russie, la Chine et l'Inde (auxquels s'est ajout&#233;e l'Afrique du Sud en 2011). Hugo Ch&#225;vez avait besoin de la protection du Br&#233;sil de Lula contre le danger pos&#233; par Washington, et esp&#233;rait beaucoup de son soutien &#224; la cr&#233;ation de la Banque du Sud. Bien que l'acte fondateur de la Banque ait &#233;t&#233; sign&#233; &#224; Buenos Aires - en d&#233;cembre 2007 - par les pr&#233;sidents br&#233;silien Lula, argentin N&#233;stor Kirchner, bolivien Evo Morales, v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez et paraguayen Nicanor Duarte Fruto, le Br&#233;sil a effectivement paralys&#233; la mise en &#339;uvre de la Banque [8]. La Banque du Sud n'a jamais fonctionn&#233; [9] et aucun cr&#233;dit n'a &#233;t&#233; accord&#233; au cours des quinze ann&#233;es qui ont suivi sa cr&#233;ation. En fait, Lula a favoris&#233; l'utilisation de la Banque Nationale de D&#233;veloppement &#201;conomique et Social (BNDES) pour la politique de cr&#233;dit dans la r&#233;gion. Cette banque accorde des cr&#233;dits &#224; de grandes entreprises br&#233;siliennes comme Odebrecht, Vale do Rio Doce, Petrobras, etc. afin qu'elles puissent &#233;tendre et renforcer leurs activit&#233;s &#224; l'&#233;tranger [10]. Par la suite, Lula a soutenu le lancement des activit&#233;s de la Nouvelle Banque de D&#233;veloppement (NBD) cr&#233;&#233;e par les BRICS, bas&#233;e &#224; Shanghai et pr&#233;sid&#233;e &#224; partir de 2023 par Dilma Rousseff [11]. Lula a &#233;galement favoris&#233; le Mercosur, qui correspondait aux int&#233;r&#234;ts du grand capital br&#233;silien. L'avortement de la Banque du Sud doit &#234;tre inclus dans l'&#233;valuation critique de la premi&#232;re vague du progressisme. De m&#234;me que l'isolement relatif de l'&#201;quateur en 2007-2009 dans sa d&#233;cision d'auditer sa dette et de suspendre le paiement d'une grande partie de celle-ci, en la d&#233;clarant ill&#233;gitime. L'&#201;quateur a remport&#233; une victoire &#233;clatante contre ses cr&#233;anciers priv&#233;s, mais son exemple n'a pas &#233;t&#233; suivi par les autres pays de la r&#233;gion, malgr&#233; les promesses faites lors de la r&#233;union des chefs d'&#201;tat de la r&#233;gion qui s'est tenue au Venezuela en juillet 2008, et contre la volont&#233; du pr&#233;sident Fernando Lugo (Paraguay) de suivre l'exemple de l'&#201;quateur [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; l'heure du bilan, on per&#231;oit toutes les nuances, les revers et les limites de ce premier cycle, tributaire d'&#233;quilibres fragiles et transitoires, qui a laiss&#233; place &#224; une recomposition de la droite et m&#234;me &#224; des figures fascisantes (Bolsonaro, Kast, Milei, A&#241;ez, Bukele, etc.). En fait, si ce livre parle de &#171; gauches et de droites &#187; au pluriel, il explore aussi la notion m&#234;me de &#171; progressisme &#187;. Cette caract&#233;risation est pr&#233;sente dans presque tous les chapitres, mais que signifie aujourd'hui le progressisme latino-am&#233;ricain : la crise du processus bolivarien au Venezuela, les timides r&#233;formes du jeune pr&#233;sident Boric au Chili, le &#171; populisme de gauche &#187; d'AMLO ? Ce mot est par excellence conceptuellement vaste et ambigu, devenant un mot insaisissable et en m&#234;me temps omnipr&#233;sent. En fait, il est int&#233;ressant de rappeler que &lt;i&gt;&#171; cette notion de progressisme appartient au langage par lequel, historiquement, la gauche marxiste a d&#233;sign&#233; les programmes et les forces sociales et politiques sociaux-d&#233;mocrates, populistes ou nationaux-populistes qui cherchaient &#224; transformer et &#224; r&#233;former le capitalisme en introduisant des doses d'intervention et de r&#233;gulation de l'&#201;tat et de redistribution des richesses : dans le cas de l'Am&#233;rique latine, avec un net accent anti-imp&#233;rialiste et d&#233;veloppementaliste. Ce dernier aspect, aujourd'hui pr&#233;sent&#233; comme le &#187;n&#233;o-d&#233;veloppementalisme &#171; , est li&#233; &#224; la notion de progr&#232;s et contribue &#224; d&#233;finir l'horizon et le caract&#232;re du projet, ainsi que les critiques qui, &#224; partir de perspectives environnementalistes, &#233;cosocialistes ou postcoloniales, remettent en question l'id&#233;e de progr&#232;s et de d&#233;veloppement, tant dans leurs expressions au cours des si&#232;cles pass&#233;s que dans leur prolongement au XXIe si&#232;cle &#187;.&lt;/i&gt; [13]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons que ce livre montre que des ambigu&#239;t&#233;s et des points de fuite peuvent &#233;galement &#234;tre trouv&#233;s lorsqu'il s'agit de d&#233;finir les droits du temps pr&#233;sent, le conservatisme ou m&#234;me la nouvelle extr&#234;me-droite. Cependant, ce que les cas de l'&#201;quateur analys&#233; par Franklin Ram&#237;rez Gallegos, du Br&#233;sil pr&#233;sent&#233; par Luiz Bernardo Peric&#225;s et du P&#233;rou (article de Damian A. Gonzales Escudero) soulignent, c'est qu'une base commune pour la consolidation et la radicalisation de la droite actuelle est la confrontation frontale avec le progressisme, que ce soit dans ses aspects nationaux-populaires ou de centre-gauche. C'est ce que confirme un pays, aujourd'hui sc&#233;nario capital de la r&#233;action continentale : l'Argentine, o&#249; la construction de la candidature &#171; outsider &#187; de Milei s'est appuy&#233;e sur la haine d'une partie de l'&#233;lectorat pour le p&#233;ronisme et le kirchnerisme, dans un contexte d'effondrement &#233;conomique, d'hyperinflation et de rejet de l'administration d'Alberto Fern&#225;ndez, qui n'a pas tenu ses promesses de d&#233;noncer la dette ill&#233;gitime et odieuse contract&#233;e par Mauricio Macri aupr&#232;s du FMI en 2018. Un autre pays qu'il serait int&#233;ressant d'inclure dans les r&#233;flexions est le Nicaragua de Daniel Ortega, car il offre l'exemple dramatique d'un pays gouvern&#233; par une force politique initialement issue d'une r&#233;volution (1979-1989) et qui incarne aujourd'hui la tutelle d'un clan familial r&#233;pressif, qui a voulu mettre en &#339;uvre un programme du FMI en 2018, provoquant une r&#233;bellion massive de la jeunesse et d'autres secteurs populaires, et qui a d&#233;cid&#233; de la r&#233;primer brutalement afin de rester au pouvoir [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici reconna&#238;tre un autre aspect original de ce livre : il inclut une r&#233;flexion sur la situation &#224; Cuba, une r&#233;flexion critique n&#233;cessaire quand Cuba et sa r&#233;volution ont &#233;t&#233; un &#171; phare &#187; central de l'imaginaire de la gauche latino-am&#233;ricaine et mondiale tout au long du vingti&#232;me si&#232;cle [15]. Manuel R. G&#243;mez revient sur l'histoire de la droite cubaine, en tant qu'instrument &#171; utile &#187; - mais non d&#233;cisif - de la politique &#233;tatique et imp&#233;riale des Etats-Unis, tant dans les p&#233;riodes de &#171; main de fer &#187; de Washington &#224; l'&#233;gard de l'&#238;le carib&#233;enne, que de rapprochement relatif et timide sous le mandat Obama. Quant &#224; Wilder P&#233;rez Varona, il pose &#224; juste titre la question suivante : dans quel sens peut-on parler de gauche et de droite &#224; Cuba aujourd'hui, compte tenu des sp&#233;cificit&#233;s de l'histoire cubaine depuis 1959 et de son r&#233;gime sociopolitique ? L&#224;, le terme m&#234;me de &#171; r&#233;volution &#187; est devenu flou, car &lt;i&gt;&#171; pendant des d&#233;cennies, le terme r&#233;volutionnaire a fusionn&#233; des relations tr&#232;s diverses. Tr&#232;s t&#244;t, cette condition a expuls&#233; toute opposition de la communaut&#233; politique nationale et l'a qualifi&#233;e de contre-r&#233;volutionnaire. L'utilisation du terme &#187;r&#233;volution&#171; a servi &#224; synth&#233;tiser une &#233;pop&#233;e exceptionnelle, dont les r&#233;alisations et les acquis ont r&#233;sist&#233; &#224; la bellig&#233;rance syst&#233;matique des &#201;tats-Unis. Son utilisation a souvent &#233;vit&#233; &#224; la fois l'analyse des contradictions du processus et de ses acteurs. La pr&#233;misse de l'unit&#233; face au si&#232;ge a externalis&#233; le conflit politique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler aujourd'hui, &#224; Cuba, en termes de gauche/droite renvoie en fait &#224; une question essentielle : celle de la repr&#233;sentation politique ou plut&#244;t de son d&#233;ficit, dans le contexte d'une soci&#233;t&#233; de plus en plus in&#233;galitaire et diff&#233;renci&#233;e, de l'&#233;largissement de la contestation et des exigences croissantes de changements dans les domaines &#233;conomique et culturel, mais aussi d'une v&#233;ritable d&#233;mocratisation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure cette br&#232;ve pr&#233;sentation, revenons &#224; notre constat initial. La &#171; polycrise &#187; mondiale et la prise de conscience que nous entrons dans une p&#233;riode de fortes turbulences qui se font sentir sur l'ensemble du continent. Ainsi, comme l'affirment Gabriel Vommaro et Gabriel Kessler, aujourd'hui&lt;i&gt; &#171; la polarisation id&#233;ologique avec des composantes affectives, le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ralis&#233; et la polarisation autour d'un leader &#233;mergent marquent la politique latino-am&#233;ricaine, dont les &#233;lectorats, comme sous d'autres latitudes, sont de plus en plus volatiles et insatisfaits &#187;&lt;/i&gt; [16] . Peut-&#234;tre avons-nous l&#224; une le&#231;on essentielle de ce livre collectif et des urgences qu'il signifie. Au-del&#224; des r&#233;gimes politiques, de droite comme de gauche, progressistes ou conservateurs, le malaise citoyen et le m&#233;contentement de ceux &#171; d'en bas &#187; s'amplifient. Mais il y a aussi du d&#233;sespoir si des alternatives d&#233;mocratiques locales et globales n'&#233;mergent pas, un d&#233;sespoir qui pourrait ouvrir la porte &#224; des forces de plus en plus violentes et r&#233;actionnaires, et m&#234;me &#224; la possibilit&#233; du fascisme [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#339;il du cyclone, les auteur.e.s de cet ouvrage contribuent &#224; l'analyse du moment crucial que nous vivons, &#224; une meilleure compr&#233;hension du pr&#233;sent et &#224; l'esquisse de perspectives d'avenir pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol par Christian Dubucq.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] 1. Andreas Malm, Corona, Climate, Chronic Emergency : War Communism in the Twenty-First Century, Londres, Verso, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] 2. Voir par exemple : Tariq Ali, Piratas del Caribe. El eje de la esperanza, Madrid, Foca ediciones, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] 3. Maristella Svampa, Del cambio de &#233;poca al fin de ciclo : gobiernos progresistas, extractivismo, y movimientos sociales en Am&#233;rica Latina, Buenos Aires, Edhasa, 2017 et Massimo Modonesi, &#171; La normalizaci&#243;n de los progresismos latinoamericanos &#187;, Jacob&#237;n Am&#233;rica Latina, juillet 2022, &lt;a href=&#034;https://jacobinlat.com/2022/07/04/la-normalizacion-de-los-progresismos-latinoamericanos&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jacobinlat.com/2022/07/04/la-normalizacion-de-los-progresismos-latinoamericanos&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] 4. Pablo Stefanoni, La r&#233;bellion est-elle pass&#233;e &#224; droite ? Paris, &#201;ditions La D&#233;couverte, 2022. Miguel Urban, Trumpismos : Neoliberales y Autoritarios. Radiograf&#237;a de la derecha radical, Madrid, Verso, 2024, &lt;a href=&#034;https://versolibros.com/products/trumpismos&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://versolibros.com/products/trumpismos&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] 5. Norberto Bobbio, Droite et gauche : essai sur une distinction politique, Seuil, Paris, 1996&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Temas, N&#176; 108-109, marzo-octubre 2022, &lt;a href=&#034;https://temas.cult.cu/revista/revista_datos/3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://temas.cult.cu/revista/revista_datos/3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Claudio Katz, La teor&#237;a de la dependencia cincuenta a&#241;os despu&#233;s, Argentine, Ed. Batalla de Ideas, 2018, p. 102.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#201;ric Toussaint, Banque du Sud et nouvelle crise internationale, Paris, 2008, CADTM/Syllepse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#201;ric Toussaint, La banque du Sud est une alternative, pas celle des BRICS, CADTM, 19 ao&#251;t 2014. Voir &#233;galement : &#201;ric Toussaint, &#171; L'exp&#233;rience interrompue de la Banque du Sud en Am&#233;rique latine et ce qui aurait pu &#234;tre mis en place comme politiques alternatives au niveau du continent &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/L-experience-interrompue-de-la-Banque-du-Sud-en-Amerique-latine-et-ce-qui&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/L-experience-interrompue-de-la-Banque-du-Sud-en-Amerique-latine-et-ce-qui&lt;/a&gt; , CADTM, 10 mai 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Caio Bugiato, &#171; A pol&#237;tica de financiamento do BNDES e a burguesia brasileira &#187;, in Cadernos do Desenvolvimento, &lt;a href=&#034;http://www.cadernosdodesenvolvimento.org.br/ojs-2.4.8/index.php/cdes/article/view/125/128&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadernosdodesenvolvimento.org.br/ojs-2.4.8/index.php/cdes/article/view/125/128&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &#201;ric Toussaint, &#171; Les BRICS et leur Nouvelle banque de d&#233;veloppement offrent-ils des alternatives &#224; la Banque mondiale, au FMI et aux politiques promues par les puissances imp&#233;rialistes traditionnelles ? &#187;, CADTM, 22 avril 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] &#201;ric Toussaint et Benjamin Lemoine, &#171; En &#201;quateur, des espoirs d&#233;&#231;us &#224; la r&#233;ussite. Les exemples de l'Afrique du Sud, du Br&#233;sil, du Paraguay et de l'&#201;quateur &#187;, CADTM, 3 ao&#251;t 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Franck Gaudichaud, Massimo Modonesi, Jeffery Webber, Fin de partie. Les exp&#233;riences progressistes dans l'impasse, (1998-2019), Paris, 2020, Syllepse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Nathan Legrand, &#201;ric Toussaint, &#171; Nicaragua, la otra revoluci&#243;n traicionada &#187;, CADTM, 30 janvier 2019, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Nicaragua-la-otra-revolucion-traicionada&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Nicaragua-la-otra-revolucion-traicionada&lt;/a&gt;. &#201;ric Toussaint, &#171; Nicaragua : L'&#233;volution du r&#233;gime du pr&#233;sident Daniel Ortega depuis 2007 &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Nicaragua-L-evolution-du-regime-du-president-Daniel-Ortega-depuis-2007&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Nicaragua-L-evolution-du-regime-du-president-Daniel-Ortega-depuis-2007&lt;/a&gt; , CADTM, 25 juillet 2018. &#201;ric Toussaint, &#171; Nicaragua : Poursuite des r&#233;flexions sur l'exp&#233;rience sandiniste des ann&#233;es 1980-1990 afin de comprendre le r&#233;gime de Daniel Ortega et de Rosario Murillo &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Nicaragua-Poursuite-des-reflexions-sur-l-experience-sandiniste-des-annees-1980&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/Nicaragua-Poursuite-des-reflexions-sur-l-experience-sandiniste-des-annees-1980&lt;/a&gt;, CADTM, 12 ao&#251;t 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Tanya Harmer, Alberto Mart&#237;n &#193;lvarez (dir.), Toward a Global History of Latin America's Revolutionary Left, Gainesville, University of Florida Press, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Dossier &#171; C&#243;mo se organiza el descontento en Am&#233;rica Laina ? Polarizaci&#243;n, malestar y liderazgos divisivos &#187;, Nueva Sociedad, N&#186; 310, mars-avril 2024, &lt;a href=&#034;https://nuso.org/articulo/310-como-se-organiza-el-descontento-en-america-latina/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://nuso.org/articulo/310-como-se-organiza-el-descontento-en-america-latina/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Dossier &#171; Ultraderechas, neofascismo o postfascismo &#187;, Cuadernos de Herramienta, avril 2024, &lt;a href=&#034;https://herramienta.com.ar/cuadernos-de-herramienta-las-ultraderechas-neofascismo-o-postfascismo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://herramienta.com.ar/cuadernos-de-herramienta-las-ultraderechas-neofascismo-o-postfascismo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'exp&#233;rience d'une &#233;cole f&#233;ministe virtuelle aux Am&#233;riques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-experience-d-une-ecole-feministe-virtuelle-aux-Ameriques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-experience-d-une-ecole-feministe-virtuelle-aux-Ameriques</guid>
		<dc:date>2022-12-20T11:52:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Helena Zelic</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique centrale</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;cole f&#233;ministe Berta C&#225;ceres de la Marche Mondiale des Femmes des Am&#233;riques s'est tenue de mai &#224; septembre 2022. Lors de r&#233;unions virtuelles bimensuelles, plus de quarante femmes de 22 pays de la r&#233;gion ont r&#233;fl&#233;chi ensemble aux syst&#232;mes d'oppression, &#224; l'&#233;conomie f&#233;ministe et &#224; la construction de mouvements. Nous partageons ci-dessous une vid&#233;o avec les discours des activistes de la Marche Mondiale des Femmes qui ont pris part &#224; l'&#201;cole, soit en tant que participantes, soit en tant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-12-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-12-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton55314-8aee5.jpg?1675796996' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;cole f&#233;ministe Berta C&#225;ceres de la Marche Mondiale des Femmes des Am&#233;riques s'est tenue de mai &#224; septembre 2022. Lors de r&#233;unions virtuelles bimensuelles, plus de quarante femmes de 22 pays de la r&#233;gion ont r&#233;fl&#233;chi ensemble aux syst&#232;mes d'oppression, &#224; l'&#233;conomie f&#233;ministe et &#224; la construction de mouvements. Nous partageons ci-dessous une vid&#233;o avec les discours des activistes de la Marche Mondiale des Femmes qui ont pris part &#224; l'&#201;cole, soit en tant que participantes, soit en tant qu'animatrices.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;450&#034; height=&#034;253&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/LXtNfLE1Jko&#034; title=&#034;(EN/ES/FR/PT) La experiencia de una escuela feminista virtual en las Am&#233;ricas&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/12/09/lexperience-dune-ecole-feministe-virtuelle-aux-ameriques/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;cole r&#233;gionale est une autre ramification de l'&#201;cole internationale d'organisation f&#233;ministe de Berta C&#225;ceres (IFOS, en anglais), organis&#233;e en 2021 par la Marche Mondiale des Femmes, Grassroots International, Grassroots Global Justice (GGJ) et le R&#233;seau international autochtone (IEN en anglais). &#171; Pour moi, cette capacit&#233; est tr&#232;s importante, que nous avons d&#233;montr&#233;e avec l'IFOS, avec celle des facilitatrices, et, bien s&#251;r, avec celle de la Marche des Am&#233;riques, d'aller au-del&#224; des limitations, et de les inverser compl&#232;tement &#187;, estime la V&#233;n&#233;zu&#233;lienne Alejandra Laprea.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;unir les participantes malgr&#233; les distances et les limitations du virtuel, l'&#201;cole des Am&#233;riques a propos&#233; diff&#233;rentes m&#233;thodologies. Comme le rapporte Alejandra P&#233;rez, du Chili : &#171; &lt;i&gt; Le travail en groupe, le partage des exp&#233;riences, la reconnaissance des savoirs et les expressions artistiques sont quelques-uns des &#233;l&#233;ments que nous utilisons pour amener les th&#232;mes propos&#233;s dans l'&#233;cole. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; partir de l&#224; que surgissent les r&#233;flexions, les &#233;motions et de nouvelles connaissances, &#224; chaque session&lt;/i&gt;. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Norma Cacho, &lt;i&gt;&#171; Nous sommes arriv&#233;es &#224; l'&#233;cole avec de nombreuses attentes m&#233;thodologiques et politiques et avec la ferme intention de faire de l'&#201;cole un espace pour approfondir le d&#233;bat, le dialogue, en particulier, sur l'&#233;conomie f&#233;ministe de la rupture, ce qui est notre proposition, notre projet politique en tant que mouvement &#187;. Pour la participante dominicaine Ligia Perez, le fait de faire partie de l'&#233;cole f&#233;ministe &#171; a permis et permettra de faciliter les processus d'incidence, d'&#234;tre en mesure d'&#233;tablir quels sont les conflits dans nos organisations, comment avancer, comment les &#233;tudier politiquement et, dans notre cas des femmes, &#224; nous voir, &#224; partir de l'&#233;conomie des soins, nous, les femmes, comme centre de la vie &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;daction par Helena Zelic&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit du portugais par Claire Laribe&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://capiremov.org/fr/experiences/lexperience-dune-ecole-feministe-virtuelle-aux-ameriques/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://capiremov.org/fr/experiences/lexperience-dune-ecole-feministe-virtuelle-aux-ameriques/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saisissez votre adresse e-mail&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la crise du &#171; progressisme &#187; au progr&#232;s des crises en Am&#233;rique latine</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/De-la-crise-du-progressisme-au-progres-des-crises-en-Amerique-latine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/De-la-crise-du-progressisme-au-progres-des-crises-en-Amerique-latine</guid>
		<dc:date>2020-05-12T16:00:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luis Rangel</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique centrale</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, les d&#233;bats sur l'Am&#233;rique latine au sein de la gauche internationale avaient tendance &#224; se focaliser sur les pays dont les gouvernements, avec des formes et des rythmes diff&#233;rents, ont pris une certaine distance avec les oligarchies traditionnelles de leurs pays (parfois plus dans les discours que dans la r&#233;alit&#233;) : Venezuela, Bolivie, Br&#233;sil, Argentine, &#201;quateur. En g&#233;n&#233;ral, sans oublier leur importance politique et &#233;conomique mais surtout en fonction de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-sud-1550-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton43555-1037d.png?1675796996' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, les d&#233;bats sur l'Am&#233;rique latine au sein de la gauche internationale avaient tendance &#224; se focaliser sur les pays dont les gouvernements, avec des formes et des rythmes diff&#233;rents, ont pris une certaine distance avec les oligarchies traditionnelles de leurs pays (parfois plus dans les discours que dans la r&#233;alit&#233;) : Venezuela, Bolivie, Br&#233;sil, Argentine, &#201;quateur. En g&#233;n&#233;ral, sans oublier leur importance politique et &#233;conomique mais surtout en fonction de la situation conjoncturelle, on insistait beaucoup sur le Venezuela, le Br&#233;sil ou l'Argentine. M&#234;me l'&#201;quateur semblait &#234;tre un &#233;l&#233;ment de plus de &#171; l'axe progressiste &#187;, en ce qui concernait les analyses internationales. Lorsque nous avons vu les exp&#233;riences progressistes tomber l'une apr&#232;s l'autre, se d&#233;grader, entrer en crise, les d&#233;bats ont alors tourn&#233; autour de &#171; la fin du cycle &#187; et de la droite mena&#231;ante et revancharde. Appels urgents &#224; contenir l'ennemi, unit&#233;&#8230; Sur quoi ? Pour quoi ? Avec qui ? Ennemi principal ou secondaire ? Au fil des mois la situation est beaucoup plus complexe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article a paru dans le n&#176; 672/673 de mars-avril de la revue Inprecor et a &#233;t&#233; republi&#233; sur le site du npa2009.org&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://npa2009.org/actualite/international/de-la-crise-du-progressisme-au-progres-des-crises-en-amerique-latine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/actualite/international/de-la-crise-du-progressisme-au-progres-des-crises-en-amerique-latine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se caract&#233;rise par au moins trois &#233;l&#233;ments :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. Un floril&#232;ge de r&#233;sistances populaires, massives, d'&#233;v&#232;nements, la force du peuple.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. Une extr&#234;me droite qui n'est plus un fant&#244;me mais une r&#233;alit&#233; terrifiante.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3. Un &#233;norme probl&#232;me d'horizons. Nous ne voulons pas cela ! crient les peuples&#8230; Mais alors, que voulons-nous ? Et, plus important&#8230; Comment allons-nous parvenir l&#224; o&#249; nous voulons aller ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tableau de la situation actuelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicaragua&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es le gouvernement Ortega-Murillo a approfondi (au cas o&#249; il y avait encore un doute) sa trahison compl&#232;te du sandinisme. En s'alliant avec la droite et les &#233;glises conservatrices. En 2018, il met en &#339;uvre une r&#233;forme des retraites qui d&#233;clenche un soul&#232;vement populaire, de rage, sans direction, auquel il r&#233;pond par la r&#233;pression et la prison pour les militantes f&#233;ministes, les jeunes activistes et les vieux combattants du FSLN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Puerto Rico&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s 2019, la grande vague a commenc&#233; avec l'&#233;t&#233; chaud dans la Cara&#239;be, &#224; la suite de fuites de conversations sur la messagerie Telegram du gouverneur d'alors, Ricardo Rossello, dans lesquelles il se moquait ouvertement des gens, de leurs douleurs et de leurs peines (ainsi que des &#171; blagues &#187; mysogines et homophobes) &#224; la suite de l'ouragan Maria qui a frapp&#233; l'&#238;le en 2017 (souvenons-nous des moments o&#249; Trump lan&#231;ait aux gens du papier hygi&#233;nique). La condition coloniale de l'&#238;le a fait que pendant des mois elle s'est retrouv&#233;e sans &#233;lectricit&#233;, sans que puisse parvenir l'aide internationale, et le m&#233;pris du gouvernement fut tel que les gens durent enterrer leurs morts quand et comme ils le pouvaient. Une mobilisation populaire a &#233;clat&#233; qui a finalement forc&#233; Ricardo &#224; d&#233;missionner apr&#232;s des manifestations monstres (auxquelles ont pris part des personnalit&#233;s comme Ricky Martin, BadBunny, Residente, etc., ce qui donne une id&#233;e de la profondeur sociale de l'explosion). &#192; son apog&#233;e, un tiers de la population recens&#233;e de l'&#238;le &#233;tait dans la rue. La chute de Rossello a signifi&#233; une victoire &#8211; en dansant &#8211; pour la premi&#232;re fois dans cette d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;rou&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre 2019, le pr&#233;sident p&#233;ruvien Martin Vizcarra a dissous le Congr&#232;s contre la majorit&#233; parlementaire Fujimoriste. Une crise politique profonde qui atteint la gouvernance institutionnelle elle-m&#234;me. Malgr&#233; les mobilisations de d&#233;cembre (la nuit de No&#235;l 2017 !), il s'agit d'une crise centrifuge o&#249; le niveau de mobilisation joue jusqu'ici un r&#244;le moins grand que la crise des oligarchies au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;quateur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une augmentation brutale du prix des carburants, comme celle v&#233;cue au d&#233;but de 2018 au Mexique, un d&#233;cret d'aust&#233;rit&#233; &#233;conomique dans lequel l'&#201;tat s'est livr&#233; compl&#232;tement au FMI et qui concernait &#233;galement les retraites et la dette, tout cela a fait &#233;clater une mobilisation sociale dont les peuples indig&#232;nes regroup&#233;s dans la CONAIE ont &#233;t&#233; les principaux protagonistes. Il est important d'en mentionner quelques &#233;l&#233;ments : 1) Le r&#244;le protagoniste des peuples indig&#232;nes. 2) La crise de l'expression locale du &#171; progressisme &#187; : le mouvement a pu sortir d'une sorte de &#171; campisme &#187;, o&#249; le mot d'ordre &#171; ni Lenin [Moreno] ni [Rafael] Correa &#187; a eu un enracinement profond, au-del&#224; des sph&#232;res militantes, sans pour autant que cela ait signifi&#233; automatiquement une alternative au pouvoir. 3) Une victoire, la seconde de l'ann&#233;e, au son de la fl&#251;te de Pan. Depuis des ann&#233;es des acteurs importants du mouvement populaire &#233;quatorien avaient pris leurs distances avec Rafael Correa, et il y a dans le gouvernement de Lenin Moreno, au-del&#224; des querelles personnelles, d'importantes continuit&#233;s avec le Correisme, et pas seulement parce qu'il fut son candidat et son vice-pr&#233;sident, &#224; tel point que l'accusation de &#171; trahison &#187; &#8211; formul&#233;e par Correa contre Moreno &#8211; tombe d'elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ha&#239;ti&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ha&#239;ti vit une explosion populaire contre le gouvernement de Jovenel Mo&#239;se depuis que la corruption cynique, provenant de l'accord lanc&#233; par Hugo Chavez en 2005, est apparue au grand jour. Le syst&#232;me Petrocaribe n'a toujours pas servi &#224; aider &#224; reconstruire Ha&#239;ti, 10 ans apr&#232;s le tremblement de terre qui l'a d&#233;vast&#233;, mais &#224; construire des h&#244;tels de luxe, des plages priv&#233;es, des bateaux de croisi&#232;re pendant que l'urgence humanitaire continue, sans aliments, sans les fournitures de base, avec des maladies incurables qui s'&#233;tendent sur cette nation qui porte encore le ch&#226;timent des oligarchies mondiales pour &#234;tre n&#233;e de la r&#233;bellion des esclaves qui la rendit ind&#233;pendante entre 1791 et 1804. Pendant ce temps le monde entier se tait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chili&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Du point de vue r&#233;gional, c'est avec la Bolivie l'&#233;picentre o&#249; les &#233;v&#233;nements et leur issue auront le plus grand impact sur tout le continent. La bulle n&#233;olib&#233;rale a &#233;clat&#233; (le Chili a toujours &#233;t&#233; le contre-exemple de la droite face au Venezuela). Une augmentation du prix du m&#233;tro et le mouvement qui s'y est oppos&#233;, men&#233; au d&#233;but par des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens, a d&#233;clench&#233; un mouvement massif, profond qui a mis au centre, parmi d'autres &#233;l&#233;ments, les retraites (un syst&#232;me privatis&#233; et pourri), l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation (il faut s'endetter &#224; l'infini pour acc&#233;der &#224; l'universit&#233;), l'offensive d'in&#233;galit&#233; sociale, la r&#233;pression politique et la remise en cause de la Constitution de Pinochet et du pacte de transition. Depuis des mois, les rues du Chili r&#233;clament de tout changer, d&#233;bordant non seulement l'oligarchie mais &#233;galement plusieurs des structures traditionnelles du mouvement social, dont les prises de position, par exemple celles de la CUT ou du Frente Amplio, ont &#233;t&#233; lamentables : le pr&#233;sident Pinera n'est pas tomb&#233; aussi &#224; cause de ce type d'attitudes. Une mobilisation en profondeur, qui a gagn&#233; jusqu'aux supporteurs de football &#8211; mais aussi les femmes, les artistes&#8230; &#8211; devenant un v&#233;ritable festival populaire. Un moment o&#249; les femmes furent en premi&#232;re ligne, s'organisant &#224; partir de plateformes f&#233;ministes et o&#249;, non sans contradictions, on peut penser qu'il y a une bonne synergie entre les espaces f&#233;ministes et d'autres espaces d'organisation. Un &#233;v&#232;nement, ou, comme le dit le nouvel hymne de la lutte au Chili, la danse de ceux qui sont de trop&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Argentine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la d&#233;faite du kirchnerisme en 2015, c'est maintenant Macri qui a connu la d&#233;route &#233;lectorale. Le &#171; progressisme local &#187;, le kirchnerisme, obtient une victoire par d&#233;faut, apparemment plus gr&#226;ce &#224; une implosion ext&#233;rieure qu'&#224; sa propre force, au milieu d'un appauvrissement g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Br&#233;sil&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La l&#233;gitimit&#233; de Bolsonaro se d&#233;grade tout en jouant avec l'&#233;quilibre climatique global dans la trag&#233;die amazonienne. Lula est parvenu &#224; sortir de prison, r&#233;orientant les d&#233;bats et les centres de gravit&#233; de la gauche br&#233;silienne. Marielle Franco, camarade du PSOL, conseill&#232;re de la ville de Rio, femme des favelas noire, lesbienne, a &#233;t&#233; assassin&#233;e en mars 2018 : un acte de r&#233;pression politique d'une opposante &#224; la militarisation des favelas &#224; Rio, &#224; laquelle Bolsonaro et ses acolytes sont li&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bolivie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout juste apr&#232;s la victoire &#233;quatorienne et la vague de col&#232;re populaire pleine d'espoir au Chili, la Bolivie a connu un coup d'&#201;tat qui pourrait se transformer en d&#233;faite historique de grande envergure, m&#234;me si bien s&#251;r tout d&#233;pend de la lutte en cours. Ni l'usure et les contradictions du gouvernement d'Evo Morales, ni la complexit&#233; du sc&#233;nario qui a pouss&#233; tacitement des secteurs du mouvement social du c&#244;t&#233; des factieux, ne peuvent excuser la terrible erreur des secteurs populaires qui se sont align&#233;s de fait ou par omission sur les putschistes. Mais c'est l'erreur politique d'Evo de ne pas avoir respect&#233; le r&#233;sultat d&#233;favorable du r&#233;f&#233;rendum de 2016 (que personne ne l'avait oblig&#233; &#224; faire) qui a ouvert la porte &#224; la droite ultra pour clamer &#224; la fraude &#233;lectorale aux derni&#232;res &#233;lections et a d&#233;chain&#233; les pires forces r&#233;actionnaires, racistes et ultraconservatrices, qui ont r&#233;alis&#233; le coup d'&#201;tat en organisant la violence de rue et militaire. Il y a eu une forte r&#233;sistance au coup tandis que le MAS l'acceptait tacitement &#8211; une acceptation forc&#233;e, en quelque sorte, de sa d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Colombie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au milieu de l'ann&#233;e 2019, la Colombie a laiss&#233; sur la touche Uribe lui-m&#234;me juste apr&#232;s le retour &#224; la lutte arm&#233;e de secteurs des FARC (et par cons&#233;quent des paramilitaires des Autod&#233;fenses unies &#8211; AUC &#8211; qui ne l'ont jamais quitt&#233;e) tandis que les assassinats de leaders sociaux ne s'arr&#234;tent pas. En partie produit d'une rage populaire accumul&#233;e, en partie &#224; cause de l'&#233;cho des r&#233;voltes r&#233;gionales, un autre r&#233;gime &#171; exemplaire &#187; de la droite continentale a &#233;t&#233; d&#233;stabilis&#233; lorsque le 21 novembre la gr&#232;ve nationale a commenc&#233;. &#192; la diff&#233;rence des cas de l'&#201;quateur ou du Chili (o&#249; les explosions furent &#171; inattendues &#187;), en Colombie on est arriv&#233; &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 21 novembre apr&#232;s des mois de pr&#233;paration. La r&#233;ponse &#224; la convocation (qui ne visait qu'une manifestation traditionnelle) a d&#233;pass&#233; toutes les attentes et a mis, l&#224; aussi, au centre de l'ordre du jour la population r&#233;clamant un changement g&#233;n&#233;ral dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Uruguay&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce qui semblait &#234;tre un pays de stabilit&#233; de longue haleine, apr&#232;s des d&#233;cades de &#171; gouvernement progressiste &#187;, en novembre la plateforme de droite a gagn&#233; les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Venezuela&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dramatique n&#339;ud v&#233;n&#233;zu&#233;lien ne pr&#233;sente pas de pistes de solution &#224; long terme. La crise institutionnelle s'approfondit avec l'&#233;lection d'une nouvelle direction de l'Assembl&#233;e nationale, qui exclut Guaido. L'opposition se trouve plong&#233;e dans sa propre crise interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Am&#233;rique centrale&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;vastation sociale y impose, &#224; des rythmes toujours plus acc&#233;l&#233;r&#233;s, l'&#233;migration &#224; des milliers de personnes, qui fuient pour sauver leur vie. Ils butent contre le mur transfrontalier accept&#233; par le pr&#233;sident m&#233;xicain Andr&#233;s Manuel L&#243;pez Obrador. Ce dernier offre des emplois sur la fronti&#232;re militaris&#233;e du sud du Mexique, alors que se multiplient les d&#233;portations, abus et r&#233;pressions de l'&#201;tat mexicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on voit ce sc&#233;nario g&#233;n&#233;ral, avec tous ces &#233;v&#233;nements politiques (et ceux non mentionn&#233;s) de grande profondeur dans chaque pays, il semble bien qu'il n'y ait pas d'autres mots pour le d&#233;crire : &#233;v&#233;nement, lutte, espoir contre d&#233;faites. Les fragiles structures plus ou moins r&#233;publicaines, qui ont &#233;t&#233; construites dans divers pays, &#224; contrec&#339;ur, par les oligarchies centenaires, s'effondrent sous nos yeux. Et les perspectives futures sont contradictoires et incertaines. Essayer de les comprendre implique un bon inventaire du pass&#233; imm&#233;diat et, de l&#224;, une tentative d'en tirer quelques le&#231;ons, quelques hypoth&#232;ses (au risque de g&#233;n&#233;ralisations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Les progressistes n'ont pas &#233;t&#233; si progressistes, la droite n'a pas &#233;t&#233; si d&#233;faite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas possible de comprendre les crises et la conjoncture en &#201;quateur, au Venezuela, au Br&#233;sil ou en Argentine, sans &#233;voquer les &#171; bons moments &#187; des gouvernements jouissant d'une l&#233;gitimit&#233; populaire, pronon&#231;ant des discours de gauche et conduisant des politiques redistributives. Mais il faut &#233;galement se r&#233;f&#233;rer &#224; leur histoire d'usure, de transition, de crises, de &#171; trahisons &#187; internes, de d&#233;faites &#233;lectorales, de coups d'&#201;tat et de reculs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un trait commun : avant ces gouvernements il y eut des luttes, des crises politiques, des insurrections populaires, des mobilisations exemplaires avec peu de victoires sociales. Au cours des p&#233;riodes d'ascension de ces gouvernements &#171; progressistes &#187;, les droites traditionnelles &#233;taient d&#233;sorient&#233;es et dispers&#233;es. Elles &#233;taient en contraste avec ces gouvernements qui d&#233;cr&#233;taient ici, mettaient en &#339;uvre l&#224;, rendaient hommage un jour et n&#233;gociaient un autre. Au fil des mois et des ann&#233;es, les espoirs qu'ils ont soulev&#233;s ont &#233;t&#233; frein&#233;s, les revendications populaires ont &#233;t&#233; englouties dans les administrations et, quand le moment exigeait une confrontation ouverte avec l'ordre ant&#233;rieur, les gouvernements optaient pour des &#171; issues responsables &#187; et demandaient du calme aux mouvements sociaux, somm&#233;s de dialoguer et d'&#233;couter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En relativement peu de temps au regard de l'ampleur des d&#233;faites subies, les droites ont ainsi pu se recycler, r&#233;nover et s&#233;lectionner parmi les faiblesses internes de ces gouvernements des &#233;l&#233;ments pour tenter de reprendre la main (avec des degr&#233;s de succ&#232;s divers). Il semble qu'elles n'aient pas pris en compte le fait que ces &#171; ann&#233;es de progr&#232;s &#187; n'&#233;taient pas une parenth&#232;se, mais des cycles politiques. Lorsque les Bolsonaro, les Macri et les Moreno se sont empar&#233;s des pr&#233;sidences, ils s'attendaient &#224; une stabilit&#233; politique&#8230; Mais, comme nous le voyons, ils doivent faire face &#224; des luttes et des r&#233;sistances. Ils ne pourront atteindre la stabilit&#233; sans &#233;craser les r&#233;sistances &#224; coups de th&#233;rapie intensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les uns n'ont pas &#233;t&#233; aussi loin &#224; gauche qu'ils le pr&#233;tendaient, et les autres ne sont pas revenus aussi forts qu'ils l'avaient r&#234;v&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le continent n'est pas seulement un endroit o&#249; les choses vont bien (ou mal sur le plan romantique)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les choses &#233;voluaient de cette fa&#231;on dans les pays ayant des gouvernements &#171; progressistes &#187;, ceux qui ne figuraient pas sur cette liste, en plus de constituer un chapelet de trag&#233;dies, avaient l'apparence de stabilit&#233; politique, &#171; de l'ordre et du progr&#232;s &#187;, et &#224; court terme on n'y voyait que peu de perspectives d'y mettre en cause le r&#244;le de marionnette de l'empire. La crise politique p&#233;ruvienne montre que les tensions sociales peuvent tourner en parall&#232;le avec les d&#233;ficiences structurelles propres aux r&#233;gimes politiques et aux pactes de gouvernement. Quand les analyses r&#233;gionales parlaient de virages &#224; gauche dans la r&#233;gion, on oubliait dans l'analyse continentale d'importants pays comme la Colombie, le Mexique et le Chili. Les feux des projecteurs se sont tourn&#233;s vers les &#171; retours des droites &#187; sans voir les &#233;ruptions et les tremblements de terre politiques. Donc, penser la r&#233;gion, au-del&#224; d'une estimation des grandes tendances g&#233;n&#233;rales, pr&#233;suppose de porter toujours l'attention sur la tendance contraire et distinguer les flux politiques, presque toujours en sens contraire les uns des autres, d&#233;pendant du moment et du pays ou groupe de pays auxquels on se r&#233;f&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les politiques publiques ne r&#233;solvent pas les contradictions de classe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements dits progressistes ont &#233;t&#233; et sont cela : des gouvernements. Rares sont les cas o&#249; l'ordre public a &#233;t&#233; boulevers&#233; sur le plan constitutionnel (Bolivie, Venezuela, &#201;quateur). Mais m&#234;me dans ces cas-l&#224;, l'action des gouvernements &#8211; et leur distanciation des oligarchies traditionnelles (au-del&#224; des ph&#233;nom&#232;nes sociaux dans leur entourage) &#8211; s'est concentr&#233;e sur des politiques publiques d'assistance dirig&#233;es vers les strates les plus paup&#233;ris&#233;es de la soci&#233;t&#233;. En faisant ici abstraction des implications symboliques de quelques-unes de ces mesures &#8211; comme le fait que la fille d'une famille populaire soit la premi&#232;re de sa famille aussi bien &#224; acc&#233;der &#224; l'&#233;ducation sup&#233;rieure qu'&#224; voyager en avion, et de l'affront que cela a pu signifier pour les oligarchies locales racistes &#8211; &#224; long terme et particuli&#232;rement quand les cycles &#233;conomiques ont montr&#233; des signes de changement, les contradictions de classes profondes autour des th&#232;mes cl&#233;s (l'utilisation et l'origine des revenus de l'extractivisme primaire, les dettes, les conditions pr&#233;caires du travail et de la retraite, entre autres) remontent &#224; la surface. Il ne s'agit pas, pour les socialistes, de se convertir en &#233;valuateurs populaires des politiques publiques (plusieurs d'entre elles correctes et indispensables si on pr&#233;tend vivre dans des soci&#233;t&#233;s garantes des droits sociaux de base), mais plut&#244;t de ne pas perdre de vue que ces politiques, aussi bien con&#231;ues et mises en &#339;uvre qu'elles puissent &#234;tre (y compris si on les d&#233;barrasse de tout type de client&#233;lisme et de germe de corruption qu'elles supposent), n'ont pas r&#233;ussi &#224; r&#233;soudre les contradictions sociales, bas&#233;es sur les conflits d'int&#233;r&#234;t de classe. Ind&#233;pendamment qu'elles aient &#233;t&#233; des op&#233;rations gouvernementales correctes ou incorrectes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Le prix &#224; payer pour les gouvernements gagnants est plus &#233;lev&#233; que celui pr&#233;vu dans le contrat (il y a toujours des int&#233;r&#234;ts et des lignes en tout petits caract&#232;res)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chemin des gouvernements progressistes vers les pr&#233;sidences et les majorit&#233;s parlementaires comprend d'abord g&#233;n&#233;ralement l'existence d'une p&#233;riode plus ou moins longue (et proche des &#233;lections) de fortes luttes sociales qui sans &#234;tre vaincues n'obtenaient pas non plus des victoires sociales. Sauf exception, comme dans le cas de la &#171; guerre de l'eau &#187; en Bolivie. En second lieu, un possible &#233;l&#233;ment commun a &#233;t&#233; le chemin sinueux et en pente raide des projets politiques, dans leur grande majorit&#233; hyper personnalis&#233;s, o&#249; une succession de d&#233;faites et de petites avanc&#233;es &#233;lectorales trouvait son aboutissement dans l'accession au gouvernement central. Dans certains cas, comme pour Lula et maintenant L&#243;pez Obrador, il a fallu attendre plus de deux &#233;lections pr&#233;sidentielles pour finalement r&#233;ussir l'&#233;preuve &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'un probl&#232;me d'acceptation populaire, cela semblait &#234;tre un probl&#232;me d'acceptation des sph&#232;res dirigeantes. Jusqu'&#224; quel point les oligarchies pourraient permettre ou pas un gouvernement diff&#233;rent de ceux avec lesquels non seulement ils s'entendaient mais aussi avec lesquels ils avaient de fortes relations &#233;conomiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parvenir au gouvernement et assurer le respect du r&#233;sultat &#233;lectoral par les oligarchies locales obligeait &#224; s'ouvrir &#224; la n&#233;gociation, &#224; int&#233;grer des cadres &#171; traditionnels &#187; &#224; certains postes cl&#233;s, &#224; &#233;tablir des lignes rouges entre lesquelles les nouveaux projets politiques pourraient jouir d'une certaine marge de libert&#233; conditionnelle. Les progressismes ont &#233;t&#233; conscients du prix &#224; payer pour acc&#233;der au gouvernement, ils se sont assis &#224; la table de n&#233;gociation et ont &#233;tabli les cadres de &#171; gouvernabilit&#233; &#187; gr&#226;ce auxquels ils pourraient entrer dans le palais pr&#233;sidentiel. Au d&#233;but, les marges accept&#233;es dans un tel accord pouvaient para&#238;tre raisonnables et ne pas compromettre l'essence des projets qu'ils arboraient : plus de justice sociale, de distribution des revenus, etc. Mais politiquement, &#224; moyen terme, il est devenu &#233;vident que c'&#233;tait leur capacit&#233; politique qui &#233;tait compromise et que c'est au sein des structures gouvernementales que se trouvent les sources des d&#233;sastres post&#233;rieurs. C'est le cas par exemple du r&#244;le de Lenin Moreno ou de Temer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Le campisme tue&#8230; et le sectarisme plus encore&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'attitude envers des gouvernements qui n'&#233;taient pas issus de l'oligarchie traditionnelle et envers leurs politiques, a caus&#233; un gros mal de t&#234;te &#224; la gauche latino-am&#233;ricaine. Bien qu'il y ait beaucoup de nuances et de changements selon la p&#233;riode o&#249; s'est pos&#233; le d&#233;bat au sein de la gauche latino-am&#233;ricaine, je crois que deux positions extr&#234;mes, aussi erron&#233;es l'une que l'autre, doivent &#234;tre prises en compte. D'un c&#244;t&#233;, ce que nous avons d&#233;fini comme &#171; campisme &#187; et, &#224; l'oppos&#233;, une posture sectaire. Bien que leurs conclusions politiques soient oppos&#233;es, les deux partagent une vision hyper simplifi&#233;e de processus complexes et contradictoires. Par cons&#233;quent ils en d&#233;duisent des postures g&#233;n&#233;rales et similaires pour pratiquement tout le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du campisme, la posture fondamentale est un h&#233;ritage de la pens&#233;e binaire, propre aux temps de la guerre froide : il y aurait un grand bloc &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187; qui affronterait en Am&#233;rique latine le grand pouvoir imp&#233;rialiste des &#201;tats-Unis. De cette fa&#231;on, tout gouvernement ou formation politique qui s'en distancie relativement (m&#234;me si ce n'est que de fa&#231;on occasionnelle et discursive) ferait partie d'un bloc, plus ou moins homog&#232;ne, qui se bat contre la CIA, la Maison Blanche et ses repr&#233;sentants latino-am&#233;ricains. Ils oublient, du coup, que si la pr&#233;sence imp&#233;rialiste des &#201;tats-Unis en Am&#233;rique latine est toujours pr&#233;valente, elle s'est complexifi&#233;e dans plusieurs pays, sp&#233;cialement &#224; partir de la p&#233;n&#233;tration de l'imp&#233;rialisme chinois dans la r&#233;gion. Peu de pays, comme le Mexique, peuvent toujours &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des satellites quasi absolus des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepartie, au lieu de constituer un bloc oppos&#233; aux oligarchies traditionnelles, les postures sectaires mettent l'accent sur les nombreuses contradictions des processus progressistes pour y voir simplement une nouvelle forme politique qui aurait pour fonction d'&#233;viter les &#171; v&#233;ritables r&#233;volutions &#187; (guid&#233;es par les sectaires, &#233;videmment). Des r&#233;volutions, in&#233;vitables et au coin de la rue, &#224; leurs yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du caract&#232;re erratique que peuvent avoir leurs analyses, les implications de ces postures se situent sur le terrain politique et ont souvent des cons&#233;quences s&#233;rieuses. Du c&#244;t&#233; campiste, ces visions ont conduit, par exemple, dans des espaces comme le Forum de Sao Paulo, &#224; la honteuse d&#233;fense de la dictature criminelle nicaraguayenne. En plus elles ne cherchent pas &#224; comprendre les contradictions des processus progressistes, qui sont des &#233;l&#233;ments explicatifs de leurs diff&#233;rentes crises &#8211; puisque le seul coupable serait le Pentagone. Des anciens militants sandinistes, des activistes f&#233;ministes et en g&#233;n&#233;ral un mouvement s'opposant &#224; des mesures draconiennes contre le syst&#232;me de retraites (que dans un autre contexte, c'est-&#224;-dire face &#224; un autre gouvernement, ils auraient appuy&#233; inconditionnellement) y ont &#233;t&#233; trait&#233;s de marionnettes de Washington. Les emprisonnements et le climat de r&#233;pression instaur&#233; par Ortega pour se maintenir au pouvoir ont &#233;t&#233; ignor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contrepartie sectaire, nous pouvons la voir dans diff&#233;rentes prises de position de la gauche latino-am&#233;ricaine doutant d'une &#233;vidence pourtant claire : la cons&#233;cration d'un coup d'&#201;tat en Bolivie. Pour la pens&#233;e sectaire il n'y a pas eu de coup d'&#201;tat (certains allant m&#234;me jusqu'&#224; se mettre du c&#244;t&#233; des hordes fascistes !), mais seulement un conflit politique produit de conflits &#171; d'en haut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, au Nicaragua comme en Bolivie, nous voyons des milliers de personnes mobilis&#233;es, en lutte et en r&#233;sistance qui mettent leur vie en jeu. Mettre des conditions &#224; la solidarit&#233;, &#224; l'information et au soutien a des cons&#233;quences graves et nos prises de position doivent toujours &#233;viter de tomber, sous l'effet de pressions conjoncturelles, aussi bien d'un c&#244;t&#233; que de l'autre. Nous devons toujours penser aux conditions n&#233;cessaires pour que les peuples avancent, r&#233;sistent et gagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une certaine fa&#231;on, comme depuis longtemps, nous socialistes r&#233;volutionnaires, nous nous retrouvons devant le drame de notre frustrante faiblesse organique. Si nous pouvons tirer quelques conclusions, c'est tout d'abord qu'il n'y a pas de sc&#232;ne politique, pour stable qu'elle puisse sembler, qui dure cent ans. Encore moins durant ces derni&#232;res ann&#233;es. La r&#233;gion latino-am&#233;ricaine a connu de fortes mutations et aujourd'hui l'issue est largement ouverte. Avec des signes contradictoires, les bonnes nouvelles porteuses d'espoir s'opposent &#224; des coups durs et aux d&#233;faites. N&#233;anmoins, le chemin pour construire des alternatives politiques ind&#233;pendantes de masse est certes complexe, mais l'exp&#233;rience latino-am&#233;ricaine en indique les possibilit&#233;s. Il est important de construire des ponts entre les orbites des mouvements et des r&#233;sistances (qui r&#233;sistent sans horizon politique) et les mis&#232;res du panorama politique. Il est &#233;galement central d'&#234;tre conscients du fait que, face aux crises que traversent diff&#233;rents pays latino-am&#233;ricains, la prise de position face &#224; ces &#233;v&#233;nements devra, malgr&#233; les contradictions, &#234;tre claire et sans aucun doute, la situation l'exige : nous ne pouvons pas h&#233;siter &#224; condamner le coup d'&#201;tat en Bolivie, ni &#224; qualifier Ortega de dictateur. Les exp&#233;riences latino-am&#233;ricaines devraient &#234;tre un miroir dans lequel les r&#233;volutionnaires de chaque pays se regardent pour pouvoir &#234;tre mieux pr&#233;par&#233;s pour les combats &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est souvent le cas des analyses continentales, le Mexique se pose en contre-exemple, en contre-tendance g&#233;n&#233;rale, toujours prisonnier de sa fronti&#232;re d&#233;moniaque avec l'empire, comme cela semble se r&#233;p&#233;ter aujourd'hui. Un dernier mot &#224; ce sujet, tir&#233; de Marx qui, dans les prologues du Capital, avertissait les orgueilleux nationalistes allemands, incr&#233;dules devant la possibilit&#233; que leur pays suive le chemin d&#233;crit dans le Capital pour l'Angleterre : &#171; C'est de toi que parle cette histoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Luis Rangel est militant du Parti r&#233;volutionnaire des travailleur&#183;es (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale. Traduit de l'espagnol par Fabrice Thomas.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Cet article a paru dans le n&#176; 672/673 de mars-avril de la revue Inprecor, disponible par abonnement. Si cette revue vous int&#233;resse, n'h&#233;sitez pas &#224; vous abonner en contactant la r&#233;daction &lt;inprecor@wanadoo.fr&gt; ou en &#233;crivant &#224; PECI-INPRECOR, 27 RUE TAINE, 75012 PARIS, FRANCE. Le prix de l'abonnement annuel est de 55,00 &#8364; pour l'Europe et l'Afrique du Nord, de 71,00 &#8364; pour le reste du monde. (&lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inprecor.fr&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Strat&#233;gie, trahison ou r&#233;alisme politique ?</title>
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		<dc:creator>Diane Dicaire</dc:creator>


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		<dc:subject>Edition du 2010-04-13</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite au coup d'&#233;tat du 28 juin dernier au Honduras, expulsant le pr&#233;sident l&#233;gitime Manuel Zelaya de son poste et aussi de son pays, les pays latins dans leur quasi-totalit&#233; avaient coup&#233; leurs liens avec ce pays. Les divers organismes r&#233;gionaux, OEA, Groupe de Rio, SICA, MERCOSUR..., ont &#233;galement expuls&#233; le pays de leurs instances. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis ce temps, des &#233;lections, qu'on peut &#224; peine qualifier de telles, ont &#233;t&#233; organis&#233;es dans une ambiance de violence, de censure m&#233;diatique et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton4540-4d21d.jpg?1675796996' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite au coup d'&#233;tat du 28 juin dernier au Honduras, expulsant le pr&#233;sident l&#233;gitime Manuel Zelaya de son poste et aussi de son pays, les pays latins dans leur quasi-totalit&#233; avaient coup&#233; leurs liens avec ce pays. Les divers organismes r&#233;gionaux, OEA, Groupe de Rio, SICA, MERCOSUR..., ont &#233;galement expuls&#233; le pays de leurs instances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis ce temps, des &#233;lections, qu'on peut &#224; peine qualifier de telles, ont &#233;t&#233; organis&#233;es dans une ambiance de violence, de censure m&#233;diatique et de boycott de la part de la R&#233;sistance. Il en est r&#233;sult&#233; la transmission du pouvoir &#224; Porfirio Lobo, homme d'affaires et grand propri&#233;taire terrien, en qualit&#233; de &#034;pr&#233;sident&#034; en remplacement de Roberto Micheletti dit &#034;Goriletti&#034;, surnom que lui ont valu ses escadres de &#034;gorilles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, presqu'un an apr&#232;s le coup d'&#233;tat, les seuls pays qui reconnaissent le gouvernement du Honduras sont les U.S.A. &#233;videmment, la Colombie et le Panama, &#233;videmment aussi. Ni l'Union Europ&#233;enne, ni le MERCOSUR (communaut&#233; &#233;conomique d'Am&#233;rique du Sud) ne le reconnaissent explicitement quoiqu'ils aient tent&#233; de remettre certaines n&#233;gociations sur pied. Les pays de gauche l'ont carr&#233;ment condamn&#233; et le V&#233;n&#233;zu&#233;la conteste m&#234;me la l&#233;gitimit&#233; du scrutin. Pour sa part, le SICA (Syst&#232;me d'int&#233;gration centroam&#233;ricain) avait &#233;galement ferm&#233; ses portes au Honduras et depuis ce moment en est rest&#233; pratiquement paralys&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est plus un secret pour quiconque, que les U.S.A. &#233;taient derri&#232;re le coup d'&#233;tat hondurien dans le but de freiner, voire m&#234;me renverser, la tendance int&#233;griste en Am&#233;rique latine et particuli&#232;rement les avanc&#233;es de l'ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Am&#233;rique) men&#233;es par Cuba et le V&#233;n&#233;zu&#233;la, ennemis jur&#233;s de la Maison Blanche. En seconde &#233;tape, le gouvernement a lanc&#233; une vaste offensive de pression diplomatique pour rompre l'isolement du Honduras. Peu &#224; peu les pays de la r&#233;gion ont commenc&#233; &#224; modifier leurs positions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surprise, cependant - certains pourraient le qualifier de choc - est le r&#233;cent effort concert&#233; de la part de deux pr&#233;sidents de gauche d'Am&#233;rique centrale, Alvaro Colom du Guatemala et Mauricio Funes d'El Salvador sur Daniel Ortega du Nicaragua afin de normaliser les relations avec leur voisin hondurien. Ils se sont rencontr&#233;s tous les trois &#224; cet effet jeudi dernier, 8 avril, dans la capitale nicaraguayenne, Managua. En outre, le SICA devait si&#233;ger justement dimanche dernier pour discuter, entre autres, de sa r&#233;activation et de la r&#233;incorporation du Honduras, mais les gouvernements du Guatemala et d'El Salvador ont annul&#233; la rencontre sous divers pr&#233;textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Ortega, qui a, jusqu'ici, m&#234;me seul, farouchement refus&#233; toute l&#233;gitimit&#233; et tout contact avec ce gouvernement usurpateur, a finalement re&#231;u Porfirio Lobo &#224; Managua ce dimanche 11 avril et s'est entretenu avec lui pendant trois heures. La rencontre s'est termin&#233;e par la signature d'une entente relativement aux eaux territoriales du Golfe de Fonseca qui est un sujet contentieux pour les deux pays ainsi que pour l'El Salvador. Cette rencontre a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e comme une reconnaissance tacite du pr&#233;sident Lobo, ce qui permettait de concr&#233;tiser finalement la r&#233;union tripartite (Nicaragua, Guatemala et El Salvador) du SICA pr&#233;vue pour dimanche afin de normaliser &#224; court terme les relations entre le Nicaragua et le Honduras et initier la r&#233;incorporation du Honduras au groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident guat&#233;malt&#232;que a cependant annul&#233; sa participation pour &#034;raisons de contretemps et probl&#232;mes d'horaire&#034; selon son porte-parole, ce qui entra&#238;n&#233; le report de la r&#233;union &#224; une date ult&#233;rieure. Les raisons invoqu&#233;es par Colom sont habituellement une fa&#231;on diplomatique de ne pas donner les v&#233;ritables raisons, elles ne seraient que des excuses polies qui rec&#232;lent d'autres raisons. On peut bien se demander lesquelles, mais &#224; ce stade-ci, il est difficile d'&#233;mettre quelque hypoth&#232;se que ce soit sur le sujet. Peut-&#234;tre le saura-t-on des les jours qui viennent. On pourra alors d&#233;cider quel choix s'applique : strat&#233;gie, trahison ou r&#233;alisme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce la fin de la gauche en Am&#233;rique centrale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dimanche aura &#233;t&#233; riche en &#233;v&#233;nements pour le pr&#233;sident nicaraguayen Daniel Ortega. Outre sa rencontre avec Porfirio Lobo du Honduras, il a prononc&#233; le discours de cl&#244;ture de la rencontre internationale des partis de gauche convoqu&#233;e par son propre parti, le FSLN (Front sandiniste de lib&#233;ration nationale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y participaient des d&#233;l&#233;gations de mouvements politiques et sociaux justement du Nicaragua, d'El Salvador, du Guatemala et du Honduras en plus de celles de Costa Rica, du Mexique, de Puerto Rico et de Cuba. D'autres y assistaient, en tant qu'invit&#233;s. Parmi celles-ci on pouvait compter entre autres, les d&#233;l&#233;gations du V&#233;n&#233;zu&#233;la, de Palestine, d'Iran, de la Libye et de la R&#233;publique arabe d&#233;mocratique saraou&#239;e. Malheureusement, on ne dit pas si Qu&#233;bec solidaire y &#233;tait pour repr&#233;senter le Qu&#233;bec !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les interventions ayant eu le plus d'impact, on a retenu celles des d&#233;l&#233;gu&#233;s de Puerto Rico qui ont mis en &#233;vidence le caract&#232;re colonial de la domination &#233;tatsunienne et ont r&#233;affirm&#233; leur engagement &#224; poursuivre leurs efforts en vue d'atteindre leur ind&#233;pendance pleine et enti&#232;re malgr&#233; les conditions difficiles qu'ils affrontent. Ils ont &#233;galement rappel&#233; combien d'autres peuples carib&#233;ens sont encore sous domination coloniale : Aruba, Bonaire, Guadeloupe, Martinique, les Iles Vierges britanniques et &#233;tats-uniennes entre autres. On a oubli&#233; la colonie - &#233;galement int&#233;gr&#233;e &#224; l'Am&#233;rique du nord - qui s'appelle le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur d&#233;claration, les participants ont aussi donn&#233; leur appui au peuple du Honduras qui poursuit sa lutte et sa r&#233;sistance malgr&#233; la r&#233;pression quotidienne. Rappelons-nous que cinq journalistes ont &#233;t&#233; tu&#233;s au cours du seul mois de mars, neuf personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es en fin de semaine dans un quartier pauvre de Tegucigalpa, le leader syndical des enseignants a &#233;t&#233; r&#233;cemment assassin&#233; et les paysans d'Aguan sont en voie d'&#234;tre d&#233;log&#233;s par l'arriv&#233;e massive de militaires arm&#233;s au service de grands propri&#233;taires terriens, dont Miguel Facuss&#233;, un des principaux personnages derri&#232;re le coup d'&#233;tat de juin dernier, qui veulent s'approprier et exploiter ces terres. Certains de ces paysans ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; assassin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les participants ont &#233;galement condamn&#233; la campagne m&#233;diatique contre Cuba et ont invit&#233; les forces progressistes &#224; exprimer leur solidarit&#233; avec l'Ile et &#224; d&#233;noncer l'ing&#233;rence croissante des U.S.A. dans les affaires internes de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des sessions de travail, les diverses d&#233;l&#233;gations ont fait part de leurs exp&#233;riences et ont convenu qu'en Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes, les forces progressistes et de gauche continuent &#224; progresser sur la voie de la consolidation de la transformation sociale du continent. Ils &#233;taient d'accord &#233;galement, que les USA n'allaient pas non plus contempler le ph&#233;nom&#232;ne passivement. En ce sens, lors de la cl&#244;ture de la rencontre, le groupe a exprim&#233; dans sa d&#233;claration, la n&#233;cessit&#233; de rester unis et de serrer les rangs plus que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il s'agit d'une lutte, dit le texte, qui n'a plus pour seul objectif, l'&#233;mancipation des opprim&#233;s mais de sauver l'humanit&#233; elle-m&#234;me, qui ne pourra plus survivre tr&#232;s longtemps si on ne change pas le syst&#232;me qui dirige pr&#233;sentement les destin&#233;es du monde entier et qui tient la civilisation humaine au bord du gouffre. C'est pour cette raison, poursuit le texte, que nous avons besoin d'une strat&#233;gie et d'une action communes de la part des forces qui luttent pour ce changement de syst&#232;me. Pour changer un monde globalis&#233;, il faut globaliser la lutte en vue de cet objectif et pour cela, globaliser &#233;galement l'espoir de cet autre monde n&#233;cessaire, qui ne sera possible que s'il est socialiste&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait donc voir dans ces commentaires une conviction que des progr&#232;s se font mais que la t&#226;che, comme les d&#233;fis ont pris de nouvelles proportions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants politiques de gauche sont-ils d'abord de gauche ou d'abord politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours de cl&#244;ture, Daniel Ortega affirmait que les peuples d&#233;fendent pr&#233;sentement des victoires strat&#233;giques comme la victoire de Cuba dont il a qualifi&#233; la r&#233;volution comme pierre angulaire de la r&#233;volution latino-am&#233;ricaine et carib&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander quelle ligne de pens&#233;e il pouvait bien avoir apr&#232;s avoir non seulement rencontr&#233; un symbole par excellence de la domination et de la r&#233;pression &#233;tatsunienne mais avoir en plus, sign&#233; une entente avec ce pr&#233;sident internationalement contest&#233;, apr&#232;s avoir ouvert la derni&#232;re porte interdisant la r&#233;int&#233;gration du Honduras au sein du SICA et tacitement l&#233;gitim&#233; ce gouvernement pantin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander quelle est sa logique, son raisonnement en tant que leader &#034;de gauche&#034;. Croit-il encore &#224; cette gauche progressiste qui appelle &#224; la globalisation de la r&#233;volution socialiste pour la survie de l'humanit&#233; ? Qu'en est-il des autres leaders ? &#034;La Gauche&#034; est-elle un but id&#233;ologique ou une voie rapide pour se faire &#233;lire ? ou encore rester au pouvoir apr&#232;s avoir perdu ses illusions ? Ou est-ce que ces convictions auraient une telle profondeur que malgr&#233; tous les actes politiques qui semblent les contredire, l'objectif n'est jamais perdu de vue ? On ne ferait que prendre des chemins d&#233;tourn&#233;s... Y aurait-il, par le biais de la r&#233;int&#233;gration du Honduras au sein de la famille d'Am&#233;rique centrale, une strat&#233;gie pour obliger ce gouvernement &#224; modifier en profondeur sa fa&#231;on de faire et en fin de compte ouvrir plut&#244;t la porte &#224; la R&#233;sistance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que les actes en disent plus long que les paroles. Dans le cas de la politique, je crois que ce sont les r&#233;sultats des actes qui ont le dernier mot !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sources : Telesur (V&#233;n&#233;zu&#233;la) et Prensa Latina (Cuba)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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