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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#201;gypte, la r&#233;volution au f&#233;minin</title>
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		<dc:date>2011-11-29T14:08:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hayat Kamal Idrissi</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-11-29</dc:subject>
		<dc:subject>Femmes &#233;gyptiennes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elles &#233;taient nombreuses &#224; investir la place Tahrir durant les 18 jours qu'a dur&#233; la r&#233;volution du Nil. Des femmes &#233;gyptiennes, engag&#233;es jusqu'&#224; l'os dans cette lutte contre l'injustice et la dictature. Oubliant leurs diff&#233;rences, les musulmanes et coptes, voil&#233;es ou t&#234;te nue, travailleuses ou ch&#244;meuses, se sont unies pour apporter leur soutien &#224; leurs compatriotes dans ce combat sans merci pour la libert&#233;. Une cause qui a unifi&#233; les Egyptiens et les Egyptiennes. Mais la r&#233;volution peut-elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton8802-57c50.jpg?1679049223' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elles &#233;taient nombreuses &#224; investir la place Tahrir durant les 18 jours qu'a dur&#233; la r&#233;volution du Nil. Des femmes &#233;gyptiennes, engag&#233;es jusqu'&#224; l'os dans cette lutte contre l'injustice et la dictature. Oubliant leurs diff&#233;rences, les musulmanes et coptes, voil&#233;es ou t&#234;te nue, travailleuses ou ch&#244;meuses, se sont unies pour apporter leur soutien &#224; leurs compatriotes dans ce combat sans merci pour la libert&#233;. Une cause qui a unifi&#233; les Egyptiens et les Egyptiennes. Mais la r&#233;volution peut-elle effacer les dissonances du pass&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Harc&#232;lement, la tare&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car n'oublions pas que si la place Tahrir a &#171; r&#233;concili&#233; &#187; momentan&#233;ment hommes et femmes d'&#201;gypte, elle n'a pu changer miraculeusement une r&#233;alit&#233; sociale, &#233;conomique et politique qui n'a que trop dur&#233;. L'incident du 15 f&#233;vrier 2011, dont a &#233;t&#233; victime la journaliste Lara Logan de la cha&#238;ne am&#233;ricaine CBS, a rappel&#233; le malheureux v&#233;cu des &#201;gyptiennes. Le harc&#232;lement sexuel des femmes est en effet une pratique courante et m&#234;me banalis&#233;e sous les cieux &#233;gyptiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit dans la rue, &#224; l'&#233;cole, sur les lieux du travail ou m&#234;me dans les moyens de transport, la femme &#233;gyptienne ne peut &#233;chapper aux assauts multiples d'hommes incapables d'accepter son immersion sur la place publique. Un constat confirm&#233; par les multiples enqu&#234;tes men&#233;es en &#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en 2008, le Centre &#233;gyptien pour les droits des femmes (ECWR) m&#232;ne une enqu&#234;te aupr&#232;s de 1010 femmes. Les r&#233;sultats sont &#233;difiants : 83% des &#201;gyptiennes et 98% des femmes &#233;trang&#232;res ont &#233;t&#233; victimes de harc&#232;lement sexuel en &#201;gypte. Du c&#244;t&#233; des hommes, 62% reconnaissaient &#234;tre coupables de harc&#232;lement &#224; l'encontre d'une femme. Un comportement que certains observateurs expliquent par le d&#233;sengagement du r&#233;gime Moubarak de la lutte contre les probl&#232;mes sociaux et sa concentration sur l'&#233;touffement de toute tentative de r&#233;bellion. Les sociologues, eux, &#233;voquent la mont&#233;e d'une interpr&#233;tation ultraconservatrice de l'Islam, qui influence consid&#233;rablement la condition des &#233;gyptiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le grand &#233;cart&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve en est qu'en 2010, &#224; Davos, l'Egypte fut class&#233;e 125e sur 135 pays quant aux &#233;carts entre hommes et femmes en mati&#232;re d'&#233;conomie, de politique, d'&#233;ducation et de sant&#233;. Un rang qui en dit long sur le v&#233;cu des &#233;gyptiennes. D'apr&#232;s un rapport du Population Council (organisation internationale non gouvernementale) sorti en 2010, 32% des Egyptiennes &#226;g&#233;es entre 15 et 29 ans sont au ch&#244;mage, contre 12% seulement de leurs compatriotes masculins. De m&#234;me, le taux d'alphab&#233;tisation des femmes reste largement inf&#233;rieur &#224; celui des hommes avec 59,7% contre 83,3%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forte discrimination qui se reproduit logiquement sur la sc&#232;ne politique. Sous le r&#233;gime de Moubarak, quatre femmes seulement si&#232;gent au parlement contre 450 hommes. Quant au gouvernement, seules quatre femmes &#233;taient ministres et aucun nom f&#233;minin ne figure sur la liste des 29 gouverneurs. Ce n'est qu'en avril 2010 que la d&#233;cision interdisant aux femmes de se pr&#233;senter pour &#234;tre juge &#224; la Haute Cour du pays a &#233;t&#233; enfin abrog&#233;e. A ces fortes in&#233;galit&#233;s s'ajoutent les mutilations g&#233;nitales f&#233;minines. Une pratique tr&#232;s r&#233;pandue en &#201;gypte, malgr&#233; son interdiction par la loi en 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Recommand&#233;e &#187; est un mot faible pour d&#233;crire l'attachement de la soci&#233;t&#233; et des familles &#233;gyptiennes &#224; l'excision de leurs filles. Une op&#233;ration risqu&#233;e, doubl&#233;e d'un traumatisme psychologique certain qu'on inflige aux femmes &#233;gyptiennes, pour qu'elles puisent coller &#224; la norme et r&#233;ussir &#224; trouver un mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, au bout d'une r&#233;volution porteuse de tous les espoirs, les filles du Nil se retrouvent encore une fois exclues du processus de cr&#233;ation d'une nouvelle Egypte. En effet, la commission charg&#233;e de r&#233;diger la nouvelle Constitution &#233;gyptienne est exclusivement masculine. Pas l'ombre d'une femme dans le nouveau paysage politique &#233;gyptien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire encore, l'un des huit juristes composant cette commission n'est autre que Sobhi Saleh, avocat et ex-d&#233;put&#233; des Fr&#232;res musulmans. De quoi inqui&#233;ter les &#201;gyptiennes qui protestent d&#233;j&#224; contre une clause pol&#233;mique qui dit que le pr&#233;sident &#233;gyptien ne peut pas &#234;tre mari&#233; &#224; une &#171; femme non-&#233;gyptienne &#187;. Ce qui implique, indirectement, qu'une femme ne peut jamais aspirer &#224; la charge supr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire se r&#233;p&#233;tera-t-elle ? Ou les h&#233;riti&#232;res de Cl&#233;op&#226;tre vont-elle arriver &#224; f&#233;miniser la r&#233;volution et &#224; prendre enfin leur destin en main ? Les jours &#224; venir apporteront les r&#233;ponses &#224; toutes ces interrogations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#201;gypte : les discriminations contre les femmes au travail</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Egypte-les-discriminations-contre-les-femmes-au-travail</link>
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		<dc:date>2011-11-29T14:08:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Union syndicale Solidaires </dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-11-29</dc:subject>
		<dc:subject>Femmes &#233;gyptiennes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne est tr&#232;s conservatrice, explique la sociologue &#233;gyptienne Val Moghadam [1] : dans le classement r&#233;alis&#233; en 2008 par le Forum &#233;conomique mondial, l'&#201;gypte arrive &#224; la 124e place sur 130 en ce qui concerne le sort r&#233;serv&#233; aux femmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fait r&#233;v&#233;lateur, du temps de Moubarak, 2 % seulement des &#233;lus au Parlement &#233;taient des femmes. Plus grave, la l&#233;gislation est tr&#232;s d&#233;favorable aux femmes, notamment au niveau du droit de la famille. Et comment ne pas parler de l'excision (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton8801-e5b1a.jpg?1677294735' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne est tr&#232;s conservatrice, explique la sociologue &#233;gyptienne Val Moghadam [1] : dans le classement r&#233;alis&#233; en 2008 par le Forum &#233;conomique mondial, l'&#201;gypte arrive &#224; la 124e place sur 130 en ce qui concerne le sort r&#233;serv&#233; aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait r&#233;v&#233;lateur, du temps de Moubarak, 2 % seulement des &#233;lus au Parlement &#233;taient des femmes. Plus grave, la l&#233;gislation est tr&#232;s d&#233;favorable aux femmes, notamment au niveau du droit de la famille. Et comment ne pas parler de l'excision qui toucherait entre 80 et 96 % d'entre elles (voir encart).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement f&#233;ministe qui avait commenc&#233; &#224; se former dans la foul&#233;e de la r&#233;volution de 1919 n'a pas surv&#233;cu &#224; l'autoritarisme de Nasser et de ses successeurs. [2] La mont&#233;e du fondamentalisme religieux a renforc&#233; les tendances obscurantistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat, &#224; la diff&#233;rence de plusieurs pays de la r&#233;gion - comme la Turquie, l'Iran, la Tunisie ou le Maroc &#8211; il n'existe pas aujourd'hui en &#201;gypte d'organisation de femme ayant un poids significatif. De nombreux obstacles existent donc &#224; la transformation des rapports entre les hommes et les femmes. La mont&#233;e des luttes depuis le d&#233;but du 21e si&#232;cle et le renversement de Moubarak constituent une occasion historique de modifier la donne. Nous nous limiterons ci-dessous aux processus en cours dans le monde du travail &#224; partir de l'&#233;tude de Joel Beinin et Marie Duboc publi&#233;e en janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pratique de l'excision en &#201;gypte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coutume existe depuis des mill&#233;naires. Elle est pratiqu&#233;e &#224; la fois chez les musulmans et les coptes. Des ONG et des f&#233;ministes ont longtemps men&#233; campagne contre cette pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Moukarak qui n'appr&#233;ciait gu&#232;re cette publicit&#233; faite &#224; l'&#201;gypte, a h&#233;sit&#233;, sous des pressions contradictoires. En 1996, une premi&#232;re loi a interdit l'excision...&#8221;sauf dans un cadre et pour des motifs m&#233;dicaux&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loi de juillet 2007, a finalement totalement prohib&#233; les mutilations g&#233;nitales f&#233;minines, mais cette loi est dans les faits peu respect&#233;e. Aujourd'hui, 50 % des femmes excis&#233;es, contre 15 % dans la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente, l'auraient &#233;t&#233; par du personnel de sant&#233;, pratiquant parfois le geste &#224; la limite du symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les articles d'Anne Marie Moulin, Elena Ambrosetti et Vincent Battesti dans &#8220;L'Egypte au pr&#233;sent&#8221;, Actes Sud (2011), pp 673, 770-772 et 870-871.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des conditions d'emploi d&#233;grad&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de leurs t&#226;ches domestiques, 46 % des femmes entre 15 et 64 ans ont un travail. Mais il s'agit d'un travail beaucoup plus d&#233;grad&#233; que celui des hommes. En 2006, les femmes ne repr&#233;sentaient en effet que 22 % des emplois formels, soit moins qu'au Maroc, en Tunisie, en Turquie, au Bahre&#239;n, en Iran, au Liban et au Y&#233;men. Au final, 83 % des femmes travaillant dans le sec- teur priv&#233; non agricole ont un emploi informel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des possibilit&#233;s d'emploi en chute libre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'emploi f&#233;minin dans le secteur formel a &#233;t&#233; historiquement concentr&#233; dans l'administration et les entreprises industrielles du secteur public, parce qu'ils offrent une dur&#233;e du travail plus courte, la garantie de l'emploi et l'acc&#232;s &#224; des services sociaux. De telles conditions sont davantage compatibles avec la deuxi&#232;me journ&#233;e de travail qu'elles doivent accomplir &#224; la maison : pr&#233;parer les repas, faire le m&#233;nage et s'occuper des enfants. En 2006, les administrations et les entreprises publiques employaient 38 % des femmes ayant un emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction de la taille du secteur public r&#233;sultant des politiques n&#233;olib&#233;rales a consid&#233;rablement diminu&#233; les possibilit&#233;s d'emploi pour les femmes. De plus, un nombre croissant de femmes ayant fait des &#233;tudes ont renonc&#233; &#224; travailler dans le priv&#233; &#224; cause du &#8220;climat inhospitalier&#8221; qui les attend et de l'importance de l'&#233;cart salarial entre hommes et femmes. R&#233;sultat, le taux officiel de ch&#244;mage f&#233;minin est environ quatre fois plus &#233;lev&#233; que celui des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1990, afin de r&#233;duire les effectifs dans les entreprises publiques avant de les privatiser, les hommes et les femmes ont &#233;t&#233; encourag&#233;s &#224; partir en pr&#233;retraite (&#224; 50 ans pour les hommes et &#224; 45 ans pour les femmes). Cela a cr&#233;&#233; une forme de ch&#244;mage d&#233;guis&#233; ayant particuli&#232;rement affect&#233; les femmes, car il leur est tr&#232;s difficile de retrouver un emploi dans le priv&#233; &#224; 45 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La discrimination salariale&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est tr&#232;s visible dans le secteur textile o&#249; elles repr&#233;sentent 35 % du total des emplois formels. Dans l'entreprise priv&#233;e Cotton Weaving Industries (Suez), le salaire de d&#233;part d'une femme est 16 % plus bas que pour un homme. Pour le m&#234;me travail, une femme ayant de l'exp&#233;rience touche 38 % de moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre forme de discrimination existe par le biais de la s&#233;gr&#233;gation des emplois en fonction du genre : les femmes sont en effet concentr&#233;es dans des secteurs o&#249;, &#224; m&#234;me niveau de formation et d'exp&#233;rience, les salaires sont moins &#233;lev&#233;s. Dans le pr&#234;t-&#224;-porter, les femmes repr&#233;sentent un peu plus de 50 % du total de la main-d'&#339;uvre. Les salaires y sont plus bas que dans le filage o&#249; la main-d'&#339;uvre est essentiellement masculine, ainsi que dans le tissage o&#249; les femmes repr&#233;sentent environ un tiers des effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'usine priv&#233;e Sayyad (Mahallah) fabriquant des v&#234;tements pour enfants, la majorit&#233; des 1 200 salari&#233;s de la production sont des femmes, mais on ne trouve que des hommes pour la maintenance et la ma&#238;trise, avec des salaires sup&#233;rieurs &#224; ceux des femmes. A l'usine priv&#233;e Tabacs Hennawi, les hommes et les femmes sont dans des activit&#233;s totalement distinctes, avec des salaires beau- coup plus faibles pour celles effectu&#233;es par les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la discrimination salariale envers les femmes n'existe officiellement pas dans le secteur public, cette s&#233;gr&#233;gation permet d'y recourir dans les faits. Dans l'entreprise Ghazl al-Mahallah, on ne trouve que des femmes dans le d&#233;partement pr&#234;t-&#224;-porter. Leur salaire de base est substantiellement plus bas que celui des hommes des autres d&#233;partements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des effets inattendus de la s&#233;gr&#233;gation des emplois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce proc&#233;d&#233; patronal a eu cependant des effets positifs inattendus : sur les lieux de travail exclusivement ou majoritairement f&#233;minins, il existe moins de pression sur les femmes pour les faire adh&#233;rer au mod&#232;le culturel suivant lequel elles doivent se soumettre &#224; l'autorit&#233; des hommes. Cela les a aid&#233;es &#224; se lever pour faire respecter leurs droits. Des leaders f&#233;minines ont &#233;merg&#233; et ont jou&#233; un grand r&#244;le dans la vague de gr&#232;ves qui a travers&#233; le pays au d&#233;but des ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela a facilit&#233; des convergences ult&#233;rieures entre hommes et femmes qui s'&#233;taient rar&#233;fi&#233;es depuis les ann&#233;es 1970, lorsque la remont&#233;e des islamistes avait commenc&#233; &#224; promouvoir des comportements sociaux plus conservateurs. La gr&#232;ve du textile de 2006 &#224; Mahallah fut, par exemple, d&#233;clench&#233;e par 3 000 ouvri&#232;res de la confection. Elles quitt&#232;rent leur poste de travail et se rendirent en manifestation dans les sections filage et tissage, o&#249; leurs coll&#232;gues hommes n'avaient pas arr&#234;t&#233; leurs machines. Elles pouss&#232;rent les hommes &#224; rejoindre la gr&#232;ve en chantant &#8220;O&#249; sont les hommes ? Les femmes sont l&#224; !&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'usine de v&#234;tements Mansura-Espa&#241;a, la grande majorit&#233; des salari&#233;s &#233;taient des femmes. Elles ont &#233;t&#233; la principale force motrice de la gr&#232;ve d'avril-juin 2007 qui a dur&#233; deux mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les autres formes de discrimination&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A formation et anciennet&#233; &#233;gales, les hommes sont davantage susceptibles d'obtenir une promotion que les femmes. Cette pratique repr&#233;sente une forme indirecte de discrimination salariale : l'absence de promotion d&#233;bouche en effet sur des salaires plus faibles pour les femmes pendant toute leur existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des animatrices des deux gr&#232;ves de Ghazl al-Mahallah d&#233;clare qu'en 24 ans, aucune femme n'a obtenu de promotion dans son secteur de travail, contrairement &#224; beaucoup d'hommes moins exp&#233;riment&#233;s. Cet exemple est confort&#233; par plusieurs &#233;tudes d&#233;montrant qu'un faible pourcentage de femmes b&#233;n&#233;ficient de promotions et de formations compl&#233;mentaires. Elles ont ensuite moins de probabilit&#233; de parvenir &#224; des positions d'encadrement. Les donn&#233;es les plus r&#233;centes et les plus compl&#232;tes sont bas&#233;es sur une enqu&#234;te de terrain men&#233;e par une &#233;quipe de l'association Femme Nouvelle [3] sur un &#233;chantillon de 600 travailleuses du public et du priv&#233;. L'&#233;tude constate que 35 % des femmes concern&#233;es ont pour contrema&#238;tres des hommes, 16 % des femmes, et 49 % des hommes ou des femmes. Le faible pourcentage de femmes au poste de contrema&#238;tre est plus prononc&#233; dans le secteur priv&#233; : 10 % des contrema&#238;tres sont des femmes, contre 22 % dans le secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de cette situation, 65 % des femmes de l'&#233;chantillon &#233;tudi&#233; ne se consid&#232;rent pas comme victimes de discrimination en ce qui concerne la promotion, la fa&#231;on d'&#234;tre trait&#233;e au travail, ou les salaires. L'explication la plus plausible du d&#233;calage entre ces formes de discrimination et la perception qu'en ont beaucoup de femmes est l'int&#233;riorisation des normes culturelles dominantes suivant lesquelles il est &#233;vident et naturel que les hommes soient pr&#233;f&#233;r&#233;s aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des discriminations existent &#233;galement au niveau des prestations sociales : &#224; l'usine Ghazl de Mahallah, seuls les hommes sont &#233;ligibles pour l'obtention d'un logement d'entreprise. Les m&#232;res c&#233;libataires et les femmes dont les maris n'appartiennent pas &#224; l'entreprise ne peuvent pas y pr&#233;tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le harc&#232;lement sexuel des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de l'association Femme nouvelle r&#233;v&#232;le qu'il est fr&#233;quent que les femmes soient harcel&#233;es sexuellement au travail ou lors du trajet entre leur domicile et l'entreprise. Selon une &#233;tude du Centre &#233;gyptien pour les droits des femmes, r&#233;alis&#233;e en 2008, 83 % des femmes ont &#233;t&#233; victimes de harc&#232;lement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 octobre 2008, les femmes &#233;gyptiennes ont remport&#233; une victoire lorsque, pour la premi&#232;re fois, un homme a &#233;t&#233; condamn&#233; pour harc&#232;lement sexuel. Sa peine a &#233;t&#233; de 3 ans de prison et de 5 000 Livres &#233;gyptiennes (6 &#224; 7 fois le salaire mensuel moyen) pour avoir agress&#233; sexuellement une femme dans la rue. M&#234;me si de nombreuses femmes esp&#232;rent que cela sera un tournant majeur dans la conscience sociale de ce probl&#232;me, il est toujours fr&#233;quent que les femmes aient des difficult&#233;s pour porter plainte pour harc&#232;lement : soit leur parole n'est pas prise en compte, soit on les tient pour responsable de ce qui s'est pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve ayant eu lieu en 1985 dans l'usine Misr-Iran de Suez est bien connue dans les milieux f&#233;minins comme exemple de harc&#232;lement sexuel sur le lieu de travail et la mani&#232;re pour s'y opposer. Nagat Rabi&#8216; &#233;tait une ses six &#233;lu-e-s au comit&#233; syndical local de cette usine comptant 3 000 salari&#233;s, dont 800 femmes. Ses coll&#232;gues femmes l'avaient pouss&#233;e &#224; se pr&#233;senter &#224; ce poste suite au fait que les jeunes contrema&#238;tres masculins essayaient de fa&#231;on r&#233;p&#233;titive d'obtenir des rendez-vous avec des femmes apr&#232;s le travail, puis pers&#233;cutaient et sanctionnaient celles qui refusaient. Les femmes partirent en gr&#232;ve, demandant la fin du harc&#232;lement sexuel par les contrema&#238;tres et la mise en place d'une cr&#232;che pour leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; syndical local apporta son soutien aux femmes et y ajouta d'autres revendications. Tous les salari&#233;s se joignirent &#224; la gr&#232;ve. Deux des dirigeantes de la gr&#232;ve furent licenci&#233;es. Le comit&#233; syndical les d&#233;fendit et porta plainte contre la compagnie. Quatre ans plus tard, les femmes obtinrent une pi&#232;tre indemnit&#233; de 300 Livres &#233;gyptiennes (environ le tiers du salaire mensuel &#233;gyptien moyen). Bien que cela ne fut qu'une victoire partielle, le fait que des femmes se soient rebell&#233;es et se soient battues pour leurs droits &#233;tait une avanc&#233;e substantielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La surexploitation des jeunes femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pourcentage important de travailleuses sont jeunes et c&#233;libataires, ce qui sert souvent d'argument pour leur payer des salaires faibles. Elles travaillent souvent afin de faire des &#233;conomies pour acheter des meubles et des appareils &#233;lectrom&#233;nagers avant leur mariage. Certaines d'entre elles arr&#234;tent ensuite de travailler, au moins tant que leurs enfants sont petits. Ces jeunes femmes sont souvent recrut&#233;es dans les campagnes et n'ont jamais travaill&#233; auparavant dans l'industrie ou un autre secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque la moiti&#233; des 600 femmes sur lesquelles l'association Femme Nouvelle a men&#233; son enqu&#234;te avaient moins de 30 ans. La tendance &#224; employer des femmes plus jeunes est plus prononc&#233;e dans le secteur priv&#233; (o&#249; 68 % des travailleuses ont moins de 30 ans), que dans le secteur public (o&#249; 25,6 % des femmes ont moins de 30 ans). Dans les entreprises priv&#233;es des secteurs du textile et de la confection, 84 % des femmes ont moins de 30 ans. Dans l'entreprise Indorama Shibin Spinning, privatis&#233;e en f&#233;vrier 2007, la nouvelle politique de recrutement encourage l'embauche de jeunes femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le management consid&#232;re qu'elles sont &#8220;plus dociles&#8221; que les hommes et pense que cela am&#233;liorera la discipline au travail et la productivit&#233;. Les jeunes femmes sont majoritaires dans la nouvelle unit&#233; de production ouverte en 2008. Pour esp&#233;rer &#234;tre embauch&#233;es, les candidates doivent avoir au maximum 25 ans, peser moins de 60 kilos et &#234;tre c&#233;libataires. Les femmes ayant ces caract&#233;ristiques sont suppos&#233;es &#234;tre plus facilement intimid&#233;es par leurs contrema&#238;tres masculins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Compagnie Suisse de V&#234;tements, l'&#226;ge moyen est de 23 ans. Dans une nouvelle usine &#233;tablie dans le sud du pays, seules des femmes seront embauch&#233;es. Le PDG explique que l'entreprise ne cherche pas &#224; exploiter les jeunes femmes. Au contraire, elle procurerait des possibilit&#233;s d'emploi &#224; des femmes d'origine rurale, des jeunes ou des divorc&#233;es plus &#226;g&#233;es, qui autrement ne trouveraient pas de travail. L'entreprise aiderait ainsi, selon lui, au d&#233;veloppement &#233;conomique de zones d&#233;sh&#233;rit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;mun&#233;ration totale nette d'une jeune ouvri&#232;re du textile est en g&#233;n&#233;ral comprise entre 200 et 450 Livres par mois (30 et 53 euros). Dans des r&#233;gions o&#249; il existe peu de possibilit&#233;s d'emplois, le haut de cette fourchette repr&#233;sente une somme relativement &#233;lev&#233;e pour une jeune femme non qualifi&#233;e habitant chez ses parents. N&#233;anmoins, 28 % des femmes questionn&#233;es se plaignent de l'absence d'augmentation de salaire permettant de compenser l'augmentation du co&#251;t de la vie. C'est de loin leur revendication la plus fr&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Beinin-Duboc (2010) pp 67-75, extraits choisis et traduits par Alain Baron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;http://www.solidarity-us.org/node/3185&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.solidarity-us.org/node/3185&lt;/a&gt;. Disponible sur ESSF (article 20522), Egypt : Women, Revolution and the Future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Sonia Dayan-Herzbrun : Huda Sharawi, F&#233;ministe et nationaliste &#233;gyptienne (1998). &lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/articleAsPDF/m..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.persee.fr/articleAsPDF/m..&lt;/a&gt;. 1225_1998_num_16_1_1184/article_mcm_1146-1225_1998_num_16_1_1184.pdf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir le texte qui lui est consacr&#233;e dans cette brochure. Sur ESSF (article 23534), Egypte : l'association Femme nouvelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Egypte : d&#233;couvrir l'association Femme nouvelle</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Egypte-decouvrir-l-association-Femme-nouvelle</link>
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		<dc:date>2011-11-29T14:07:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mona Ezzat, Nawla Darwiche</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-11-29</dc:subject>
		<dc:subject>Femmes &#233;gyptiennes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rencontre avec Nawla Darwiche, qui assure en ce moment la pr&#233;sidence de l'association Femmes nouvelles, et Mona Ezzat qui s'occupe notamment de l'organisation des campagnes. Cet article est une partie du dossier &#233;labor&#233; par Annick Coup&#233;, Julien Ente et Alain Baron pour l'Union syndicale Solidaires (France). &lt;br class='autobr' /&gt; Nawla Darwiche &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Femme Nouvelle&#8220; n'est pas une &#8220;association de services&#8221;, mais une organisation de &#8220;plaidoyer social&#8221;. La plupart de ses militantes ont des racines politiques de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Egypte-+" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-en-marche-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe en marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-11-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-11-29&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Femmes-egyptiennes-+" rel="tag"&gt;Femmes &#233;gyptiennes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton8797-1ba1d.jpg?1679047407' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rencontre avec Nawla Darwiche, qui assure en ce moment la pr&#233;sidence de l'association Femmes nouvelles, et Mona Ezzat qui s'occupe notamment de l'organisation des campagnes. Cet article est une partie du dossier &#233;labor&#233; par Annick Coup&#233;, Julien Ente et Alain Baron pour l'Union syndicale Solidaires (France).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nawla Darwiche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Femme Nouvelle&#8220; n'est pas une &#8220;association de services&#8221;, mais une organisation de &#8220;plaidoyer social&#8221;. La plupart de ses militantes ont des racines politiques de gauche et d&#233;fendent un f&#233;minisme ayant une port&#233;e sociale. M&#234;me si elle est assez connue, notre association a des moyens limit&#233;s. Pour contourner les atteintes &#224; la libert&#233; d'association, nous avons commenc&#233; &#224; exister en 1984 sous forme d'un comit&#233; ad-hoc, puis en 1991 sous la forme juridique de soci&#233;t&#233; &#224; but non lucratif. En 2003, nous avons tent&#233; d'&#234;tre reconnue comme ONG, mais au bout de 2 mois et 2 jours, le Minist&#232;re des Affaires sociales nous a inform&#233; par courrier que cela nous avait &#233;t&#233; refus&#233; sur avis des services de s&#233;curit&#233;. Nous avons alors lanc&#233; une grande campagne nationale et internationale et nous avons re&#231;u de nombreux soutiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, &#8220;Femme Nouvelle&#8221; s'occupe en Egypte de sujets tabous, comme par exemple les violences faites aux femmes. L'association a eu un r&#244;le pionnier en ce domaine. C'est en effet la premi&#232;re organisation qui se soit battue contre les agressions physiques, sexuelles et morales. La situation des femmes au travail s'est beaucoup aggrav&#233;e depuis 1993, raison suppl&#233;mentaire pour tenter de briser le mur du silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e des fondamentalistes est effrayante. Certaines d&#233;clarations des responsables des Fr&#232;res musulmans demandent, par exemple, que ceux-ci n'&#233;pousent que des femmes membres de la confr&#233;rie. Mais, simultan&#233;ment, un nouvel esprit est n&#233; sur la place Tahrir : il n'y a pas eu un seul cas de harc&#232;lement sexuel pendant les 18 jours qui ont fait tomber Moubarak. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me dans les autres villes. Pendant ces 18 jours, un Fr&#232;re musulman a m&#234;me d&#233;clar&#233; pr&#233;senter ses excuses aux femmes qu'il aurait pu offenser. Le jour des &#233;lections, il n'a pas &#233;t&#233; signal&#233; de cas de harc&#232;lement sexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre travail en direction des salari&#233;s est plus important que jamais car, depuis 2005, le nombre de mobilisations a franchi un seuil qualitatif. Nous sommes dans un moment historique o&#249; les militants des droits de l'Homme ont eu un r&#244;le d&#233;cisif &#224; jouer. En effet, depuis plus de 50 ans, l'Egypte a connu un v&#233;ritable vide politique avec des partis politiques fantoches. Si la soci&#233;t&#233; civile n'est pas &#224; la hauteur et n'a pas de rapports plus &#233;troits avec les masses, l'Egypte va revenir des dizaines d'ann&#233;es en arri&#232;re. Des progr&#232;s restent &#224; faire du c&#244;t&#233; des syndicats au niveau de la prise en compte de la dimension femme, notamment au niveau de la formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, notre association a d&#233;cid&#233; de mener une &#233;tude de terrain sur les ouvri&#232;res de l'industrie [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, &#224; ma connaissance, la premi&#232;re fois qu'un tel travail &#233;tait r&#233;alis&#233; en Egypte. Elle portait sur 600 salari&#233;es employ&#233;es dans trois secteurs o&#249; la concentration de main-d'&#339;uvre f&#233;mininine est &#233;lev&#233;e : textile, industrie pharmaceutique et assemblage de pi&#232;ces &#233;lectroniques. Les r&#233;sultats sont incroyables : nous n'imaginions pas un tel niveau de d&#233;tresse. A la fois en tant que salari&#233;e et en tant que femme. Nous avons organis&#233; trois tables rondes avec elles, et elles nous demandaient ce qu'elles devaient faire ainsi que ce que nous pouvions faire pour elles. Nous avons r&#233;pondu que nous n'agissons pas &#224; la place des gens, mais avec eux. On a publi&#233; un film documentaire avec les t&#233;- moignages de quatre ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne voulions pas nous contenter de faire des recherches et traiter ces femmes comme des &#8220;animaux de laboratoire&#8221;. Nous voulions les aider &#224; s'organiser. Depuis 2010, nous avons commenc&#233; une deuxi&#232;me &#233;tape de recherche, plus qualitative. Ce n'est pas le nombre de personnes &#233;tudi&#233;es qui nous int&#233;resse : ce n'est en effet pas notre fonction d'organiser les gens. L'association intervient dans des secteurs o&#249; il n'existe pas d'organisation syndicale. Elle fait le travail de prise de conscience, et elle met ensuite les ouvri&#232;res en contact avec la conf&#233;d&#233;ration ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre recherche a port&#233; sur les &#8220;Zones franches&#8221;, qui existent dans les quatre gouvernorats d'Alexandrie, Suez, Isma&#235;lia et Port-Sa&#239;d. Les femmes qui vien- nent travailler dans ces usines sont, en g&#233;n&#233;ral, originaires des zones rurales alentours. Elles sont doublement stigmatis&#233;es : sur leur lieu de travail, et dans la localit&#233; dont elles sont originaires. De plus, l&#224; o&#249; la densit&#233; de main-d'&#339;uvre f&#233;minine est &#233;lev&#233;e, l'encadrement est masculin et le harc&#232;lement sexuel r&#233;pandu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; de proc&#233;der ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; S&#233;lectionner des ONG de terrain pouvant procurer des formations ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Commencer &#224; travailler avec les ouvri&#232;res sur les questions de genre, de&lt;br class='autobr' /&gt;
droits syndicaux, leur expliquer comment s'y prendre pour cr&#233;er un syndicat, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de ce travail, des femmes d'autres secteurs nous ont alors contact&#233;s, comme par exemple des infirmi&#232;res, ou encore des femmes de m&#233;nage &#224; qui la loi interdit explicitement de former un syndicat. Et ces derni&#232;res nous ont demand&#233; de les aider &#224; en constituer un. On ne travaille pas seules dans notre coin. Au contraire, on cherche &#224; le faire en r&#233;seau avec d'autres organisations, comme par exemple celles faisant de l'aide juridique. Lorsque des femmes syndicalistes nous contactent, nous les mettons en contact avec des avocats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions &#233;galement des communiqu&#233;s de solidarit&#233;. Tous les quatre ans nous participons &#224; la session sur les droits de l'Homme organis&#233;e par l'ONU : en f&#233;vrier 2010, c'&#233;tait le cas de l'Egypte qui &#233;tait &#233;tudi&#233;. En plus de notre travail concernant les femmes, nous nous occupons &#233;galement d'autres sujets comme la libert&#233; d'organisation. &#8220;Femme nouvelle&#8221; a notamment contribu&#233; &#224; emp&#234;cher une aggravation de la loi r&#233;gissant les ONG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'organisation des campagnes - Mona Ezzat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches que nous avons effectu&#233;es depuis 4 &#224; 6 ans nous permettent de disposer de donn&#233;es s&#233;rieuses concernant la situation des femmes au travail [2]. Nous disposons maintenant d'un r&#233;seau d'informations de terrain ayant une certaine vision commune au sujet des droits des femmes. Les organisations avec lesquelles nous avons travaill&#233; sont pass&#233;es d'une attitude d'offre de services bas&#233;e sur la charit&#233;, &#224; une action de soutien aux revendications bas&#233;es sur les droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons, par exemple, contribu&#233; &#224; impliquer ces organisations de terrain dans une petite &#233;tude concernant le harc&#232;lement sexuel sur le lieu de travail. Au d&#233;but, la plupart de leurs membres n'&#233;taient pas conscientes de ces discri- minations. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, et elles cr&#233;ent dans leurs propres organisations des commissions sur la violence contre les femmes, les femmes au travail, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines ouvri&#232;res ont commenc&#233; &#224; avancer des revendications sp&#233;cifiques au genre, par exemple autour des droits li&#233;s &#224; la maternit&#233; : il n'y a, par exemple, pas de cong&#233; maternit&#233; dans les &#034;Zones &#233;conomique sp&#233;ciales&#8221;. Les ouvri&#232;res avec qui nous avons travaill&#233; ont aid&#233; d'autres &#224; en prendre conscience. Nous sommes face &#224; un v&#233;ritable ph&#233;nom&#232;ne boule de neige : de plus en plus de femmes contactent le d&#233;partement &#8220;campagnes&#8221; de notre association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les entreprises de Suez, apr&#232;s avoir travaill&#233; sur les droits humains, nous avons &#233;galement abord&#233; les droits de s'organiser et de se syndiquer. A un autre niveau, nous intervenons &#233;galement dans les milieux acad&#233;miques et politiques. Nous distribuons du mat&#233;riel, des communiqu&#233;s de presse, orga- nisons des conf&#233;rences, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons des contacts avec le Bureau international du travail (BIT), et bien entendu l'ONG Oxfam qui est notre bailleur de fonds. Ce que nous visons, &#224; l'avenir, c'est d&#233;velopper les possibilit&#233;s de leadership parmi les femmes travailleuses, qu'elles soient en capacit&#233; de n&#233;gocier, de faire du lobbying. A l'occasion du 1&#176; mai 2011, nous avons lanc&#233; parmi les femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
et les hommes une p&#233;tition comportant une s&#233;rie de revendications concernant les femmes au travail, et pas seulement les ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons que c'est important dans le cadre de la tentative de blocage du processus r&#233;volutionnaire. Le nouveau ministre du Travail peut &#234;tre un point d'appui : c'est un ancien expert du BIT, et il connait donc tr&#232;s bien les normes internationales en vigueur. Il organise en ce moment des &#8220;consultations&#8221;, mais il ne semble pas &#234;tre au courant que des associations de femmes existent en Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lecture : &lt;a href=&#034;http://whoisshe.wmf.org.eg/content/about-wmf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://whoisshe.wmf.org.eg/content/about-wmf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Certains des &#233;l&#233;ments de ces enqu&#234;tes sont reproduits dans le texte de ce num&#233;ro de la revue Solidaires International concernant les discriminations envers les femmes au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Certains des &#233;l&#233;ments de ces enqu&#234;tes sont reproduits dans le texte de ce num&#233;ro de la revue Solidaires International concernant les discriminations envers les femmes au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans Solidaires International n&#176;7, automne 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Traduction de Mona assur&#233;e par Fran&#231;oise Cl&#233;ment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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