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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les vieilles et les vieux avec les jeunes contre la hausse</title>
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		<dc:date>2012-05-15T08:58:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marc Piotte et al</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous, baby-boomers ou plus ag&#233;Es encore, appuyons les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants qui, au-del&#224; de la lutte l&#233;gitime contre la hausse des frais de scolarit&#233;, bataillent pour un &#201;tat qui soit au service de la population au lieu d'&#234;tre &#224; la merci des grandes entreprises. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les porte-parole du pouvoir vitup&#232;rent que la majorit&#233; des &#233;tudiants ne font pas la gr&#232;ve. Nous, nous avons connu la R&#233;volution tranquille. &#192; l'&#233;poque, ce n'est pas la majorit&#233; qui luttait pour un monde meilleur. Mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-18-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH122/arton10285-370d6.png?1781239429' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous, baby-boomers ou plus ag&#233;Es encore, appuyons les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants qui, au-del&#224; de la lutte l&#233;gitime contre la hausse des frais de scolarit&#233;, bataillent pour un &#201;tat qui soit au service de la population au lieu d'&#234;tre &#224; la merci des grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les porte-parole du pouvoir vitup&#232;rent que la majorit&#233; des &#233;tudiants ne font pas la gr&#232;ve. Nous, nous avons connu la R&#233;volution tranquille. &#192; l'&#233;poque, ce n'est pas la majorit&#233; qui luttait pour un monde meilleur. Mais lorsque l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois a finalement accept&#233; de favoriser l'&#233;galit&#233; en &#233;ducation et en sant&#233;, la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois et des Qu&#233;b&#233;coises s'est ralli&#233;e, fi&#232;re de ces acquis et confiante dans son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appuyons les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants qui, avec courage, t&#233;nacit&#233;, imagination et clairvoyance, poursuivent leur lutte, leur gr&#232;ve, leurs manifestations face &#224; un gouvernement sourd &#224; leurs revendications.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons connu le r&#233;gime de Duplessis, corrompu, autoritaire et partisan inconditionnel du march&#233;. Ce r&#233;gime a donn&#233; les ressources naturelles de la C&#244;te-Nord aux investisseurs &#233;trangers, tout en r&#233;primant f&#233;rocement tous ceux qui contestaient. Aujourd'hui, les m&#226;nes de Maurice Duplessis se sont r&#233;incarn&#233;s dans le conservateur/lib&#233;ral Jean Charest grand instigateur du Plan Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appuyons les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants qui, par leur lutte, nous am&#232;nent &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la soci&#233;t&#233; que nous voulons. Une soci&#233;t&#233; au service de l'&#233;conomie ? Ou une soci&#233;t&#233; o&#249; l'&#233;conomie n'est qu'un moyen, un moyen au service de nos int&#233;r&#234;ts collectifs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons pas quelle sera l'issue de la pr&#233;sente lutte des &#233;tudiants. Mais nous savons que ce gouvernement se retrouvera dans les poubelles de l'histoire et connaissons celles et ceux qui en seront les vidangeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, qui avons connu un temps o&#249; l'&#233;ducation &#233;tait un privil&#232;ge r&#233;serv&#233; aux nantis, affirmons que l'&#233;ducation est un droit qui doit &#234;tre &#224; la port&#233;e de toutes et tous. Nous sommes des vieilles et des vieux avec les jeunes contre la hausse des frais de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signatures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marc Piotte, G&#233;rald McKenzie, Marcel Duhaime, Jacques Pelletier, Laurent Girouard, Sylvie Vincent, Marie Leahey &#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;face &#224; la r&#233;&#233;dition de Questions F&#233;ministes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Preface-a-la-reedition-de-Questions-Feministes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Preface-a-la-reedition-de-Questions-Feministes</guid>
		<dc:date>2012-05-08T08:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sabine Lambert</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les femmes fran&#231;aises ont eu le droit de vote gr&#226;ce au g&#233;n&#233;ral de Gaulle en 1945, la pilule gr&#226;ce &#224; Lucien Neuwirth en 1967 et le droit &#224; l'avortement gr&#226;ce &#224; Simone Veil en 1975. &#187; Voil&#224; ce qu'on m'a racont&#233; au cours de ma scolarit&#233; : une femme, deux hommes et trois dates, tomb&#233;s du ciel comme par miracle. Pas une seule fois je n'ai entendu parler du Mouvement de lib&#233;ration des femmes. Le mouvement f&#233;ministe s'est donc longtemps r&#233;sum&#233;, pour moi, &#224; quelques images en noir et blanc : des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L112xH150/arton10113-51802.png?1781239429' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les femmes fran&#231;aises ont eu le droit de vote gr&#226;ce au g&#233;n&#233;ral de Gaulle en 1945, la pilule gr&#226;ce &#224; Lucien Neuwirth en 1967 et le droit &#224; l'avortement gr&#226;ce &#224; Simone Veil en 1975. &#187; Voil&#224; ce qu'on m'a racont&#233; au cours de ma scolarit&#233; : une femme, deux hommes et trois dates, tomb&#233;s du ciel comme par miracle. Pas une seule fois je n'ai entendu parler du Mouvement de lib&#233;ration des femmes. Le mouvement f&#233;ministe s'est donc longtemps r&#233;sum&#233;, pour moi, &#224; quelques images en noir et blanc : des manifestations, des banderoles et des femmes qui s'agitent, on ne saurait trop dire pourquoi, puisqu'il y avait eu le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, Lucien Neuwirth et Simone Veil. Il m'a fallu trouver des historiennes et des documentaristes f&#233;ministes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je pense notamment &#224; la documentariste f&#233;ministe Carole Roussopoulos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour enfin conna&#238;tre celles qui ont lutt&#233; avant nous ; pour les entendre nous dire : si vous oubliez nos luttes, &#171; ce n'est pas pour nous que c'est grave, mais pour celles qui suivront&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Delphy, &#171; Lib&#233;ration des femmes An X &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Celles qui suivront &#187;, c'est donc moi, c'est nous. Nous qui n'avons pas v&#233;cu le Mouvement de lib&#233;ration des femmes, nous qui sommes n&#233;es, &#224; peu de chose pr&#232;s, en m&#234;me temps que la revue Questions f&#233;ministes (1977-1980). Nous, les femmes auxquelles les sir&#232;nes m&#233;diatiques susurrent, que dis-je, hurlent, que nous sommes lib&#233;r&#233;es. Nous qui, lorsque nous affirmons que nous sommes toujours oblig&#233;es de nager &#224; contre-courant, en maintenant comme nous pouvons la t&#234;te hors de l'eau, entendons inlassablement la m&#234;me r&#233;ponse : &#171; Certes vous surnagez &#224; peine, mais avant, l'eau &#233;tait plus froide et le courant plus fort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devrions-nous nous r&#233;jouir, lorsque l'on se noie, de savoir que l'on se serait noy&#233; plus rapidement &#171; avant &#187; ? Devrions-nous nous r&#233;jouir, en r&#233;alisant qu'&#171; avant &#187;, le courant nous aurait emport&#233;es plus vite, si finalement, il nous emporte quand m&#234;me ? Eh bien oui, r&#233;jouissez-vous, nous dit-on, car le progr&#232;s est en marche. Les mentalit&#233;s ont &#233;volu&#233;. Les choses ont chang&#233;. La situation n'est plus la m&#234;me. Le pass&#233; c'est le pass&#233;. L'histoire a suivi son cours. Mais dites-nous donc o&#249; est ce fameux cours de l'histoire, qu'on aille le regarder passer, comme des vaches regarderaient passer le train. Oh, le joli wagon de l'histoire ancienne, avec ses affiches &#171; Moulinex lib&#232;re la femme &#187;, ses vieilles (ren)gaines et ses aiguilles &#224; tricoter sanguinolentes ! Tiens, mais ne serait-ce pas le patriarcat dans ce wagon ? C'est bien vrai qu'il a l'air m&#233;chant ! Et l&#224; ! Regardez, c'est le wagon du progr&#232;s, rempli de pilules contraceptives et de femmes souriantes ! Tout ceci n'est qu'une mascarade, un d&#233;cor de cin&#233;ma&#8230; le cin&#233;ma que nous jouent nos oppresseurs depuis trop longtemps, pour nous priver de notre histoire, pour effacer les militantes f&#233;ministes qui, centim&#232;tre apr&#232;s centim&#232;tre, ont arrach&#233; du terrain &#224; nos oppresseurs ; pour nous faire croire qu'il n'y a eu ni luttes, ni m&#234;me oppresseurs ; pour nous rel&#233;guer dans la solitude et la honte de ne pas y arriver, alors que l'on nous proclame libres de tout faire, de tout r&#233;ussir ; pour, enfin, nous faire oublier ce que nous devons &#224; celles qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;es, pour que l'on consid&#232;re ces femmes comme appartenant &#224; un autre monde, sans aucun point commun avec le n&#244;tre. En un mot, pour casser la solidarit&#233; entre les femmes et r&#233;duire &#224; n&#233;ant, une nouvelle fois, notre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oublier d'o&#249; nous venons, c'est nous condamner &#224; survivre sans figures, sans armes, isol&#233;es, &#233;clat&#233;es, &#233;parpill&#233;es, sans liens et sans lieux pour nous retrouver. C'est prendre le pari fou et absurde de recommencer sans cesse &#224; lutter en partant de z&#233;ro, car c'est exactement ce qui est arriv&#233; &#224; la g&#233;n&#233;ration qui nous a pr&#233;c&#233;d&#233;es : elles se sont retrouv&#233;es orphelines, sans figures tut&#233;laires, ou presque, et sans histoire. Il leur a donc fallu recommencer, par petits groupes et isol&#233;es, si bien que la renaissance du mouvement f&#233;ministe a &#233;t&#233; d&#233;licate et n'a tenu qu'&#224; un fil, celui qu'elles ont r&#233;ussi &#224; tisser entre elles, peu &#224; peu, sans se d&#233;courager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(Re)naissance du mouvement f&#233;ministe en France (1967-1977) : les racines de la revue Questions f&#233;ministes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, d&#232;s 1967, des groupes f&#233;ministes commencent &#224; se constituer, &#224; l'image de celui que Jacqueline Feldman et Anne Zelensky cr&#233;ent, FMA (F&#233;minin Masculin Avenir), rebaptis&#233; en 1969 F&#233;minisme Marxisme Action ; Christine Delphy et Emmanu&#232;le de Lesseps les rejoignent en 1968. Durant deux ann&#233;es, entre&#8239;1968 et&#8239;1970, elles se r&#233;unissent chaque semaine, organisent des d&#233;bats, notamment dans la Sorbonne occup&#233;e de 1968 et tentent d'interpeller la presse, sans r&#233;sultat. Cette absence totale de m&#233;diatisation les isole et rend impossible toute rencontre avec d'autres groupes comme le leur. Ils sont pourtant plusieurs &#224; exister, tel que celui auquel appartiennent notamment Gille et Monique Wittig. Cette derni&#232;re, qui rejoindra Questions f&#233;ministes un an apr&#232;s sa cr&#233;ation, r&#233;dige en mai&#8239;1970 le fameux &#171; Pour un mouvement de lib&#233;ration des femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quatre f&#233;ministes signent ce texte, Monique et Gille Wittig, ainsi que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, rebaptis&#233; &#171; Combat pour la lib&#233;ration de la femme &#187; par la r&#233;daction du journal, ainsi que des manifestations organis&#233;es par des femmes &#224; l'universit&#233; de Vincennes, jouent alors le r&#244;le de v&#233;ritables ponts entre les diff&#233;rents groupes. Beaucoup de femmes r&#233;alisent alors pour la premi&#232;re fois qu'elles ne sont pas seules, et les groupes f&#233;ministes jusqu'alors &#233;clat&#233;s commencent &#224; se rassembler. Mais c'est le 26&#8239;ao&#251;t 1970, lors de la fameuse manifestation de l'Arc de Triomphe, &#224; Paris, que le mouvement encore balbutiant va prendre une dimension jusque-l&#224; in&#233;dite. Ce jour-l&#224;, elles sont neuf f&#233;ministes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les neuf manifestantes &#233;taient : Cathy Bernheim, Monique Bourroux, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; mener une action symbolique qui va permettre au mouvement d'exister m&#233;diatiquement : munies de quatre banderoles (dont &#171; Un homme sur deux est une femme &#187; et &#171; Il y a plus inconnu encore que le soldat : sa femme &#187;), elles d&#233;posent une imposante gerbe de fleurs sous l'Arc de Triomphe, &#224; la m&#233;moire de la femme du soldat inconnu. Le lendemain, la presse annonce la naissance du &#171; Mouvement de lib&#233;ration de la femme fran&#231;aise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'annonce de la naissance du &#171; Mouvement de lib&#233;ration de la femme fran&#231;aise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le coq imb&#233;cile perch&#233; sur la Femme, au milieu de sa tr&#232;s nationale basse-cour, semble certes ind&#233;crottable, mais au moins, le mouvement existe m&#233;diatiquement. Il peut, d&#232;s lors, toucher et rassembler de plus en plus de femmes&#8230; ce qu'il fait, d&#232;s le mois de septembre&#8239;1970, lors d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale aux Beaux-Arts &#224; Paris, o&#249; plus d'une centaine de femmes sont pr&#233;sentes. Un an plus tard, le 20&#8239;novembre 1971, elles sont cette fois-ci des milliers &#224; battre le pav&#233;, en scandant des slogans tels que &#171; Les femmes dans la rue, pas dans la cuisine &#187;, &#171; Roul&#233;es par le patron, bais&#233;es &#224; la maison &#187;, &#171; Oui papa, oui ch&#233;ri, oui patron&#8230; Y'en a marre ! &#187;, ou encore r&#233;clamant &#171; La contraception et l'avortement libres et gratuits &#187;. Le mouvement a pris un bel essor et les militantes f&#233;ministes parviennent &#224; pr&#233;sent &#224; faire &#233;merger des probl&#233;matiques jusque-l&#224; maintenues dans le silence. Avec le &#171; Manifeste des 343 &#187;, par exemple, paru le 5&#8239;avril 1971 dans Le Nouvel Observateur, c'est la question de l'avortement qui est devenue, sous l'impulsion du mouvement f&#233;ministe, un sujet politique &#224; part enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mettre un pied dans la porte : la cr&#233;ation de la revue (1977)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;labor&#233; dans et par les mouvements de lib&#233;ration des femmes des ann&#233;es 1970, le projet politique des fondatrices de la revue Questions f&#233;ministes -propose aux femmes un autre horizon que celui du sexe biologique comme unique destin&#233;e ou celui de la r&#233;signation &#224; l'oppression. Ce projet politique ne consiste pas en une r&#233;forme, mais bien en l'abolition du syst&#232;me oppressif. Issues pour la moiti&#233; d'entre elles du f&#233;minisme r&#233;volutionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.Pour simplifier, les diff&#233;rents groupes qui existaient peuvent &#234;tre class&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les fondatrices de la revue s'inscrivent clairement dans une perspective radicale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Les fondatrices de la revue choisissent alors volontairement de substituer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; laquelle s'ajoute &#233;galement une lecture anti-essentialiste et mat&#233;rialiste. Ainsi, les femmes et les hommes ne sont pas pens&#233;s comme des essences, des cat&#233;gories statiques qui seraient issues de la nature, mais bien comme des cat&#233;gories sociales, fruits de rapports de pouvoir dynamiques, organis&#233;s en syst&#232;me : le syst&#232;me patriarcal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, avec cette revue, de contribuer &#224; d&#233;signer clairement l'oppression, de la mettre cr&#251;ment en lumi&#232;re, de la d&#233;crire dans tous ses aspects, d'en chercher les causes, les m&#233;canismes et les outils pour en sortir. Il s'agit, en somme, de proposer une th&#233;orie de l'oppression des femmes. Mais jusqu'en 1977, cette th&#233;orie est une th&#233;orie sans lieux de d&#233;bat th&#233;orique, ou presque. Les fondatrices de la revue, qui sont pourtant des &#233;crivaines et des chercheures, essuient de nombreux refus de publication, et cela malgr&#233; l'appui ind&#233;fectible de Simone de Beauvoir, devenue en 1977 directrice de publication de la revue. Plus d'une d&#233;cennie apr&#232;s la renaissance du mouvement f&#233;ministe en France, la confiscation de la parole des femmes agit toujours comme une chape de plomb. Comme l'&#233;crit Christine Delphy : &#171; Il ne suffisait pas de refuser la parole aux femmes ; il fallait, pour mieux r&#233;tablir l'ordre, faire parler des hommes sur les femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Delphy, &#171; Nos amis et nous. Fondements cach&#233;s de quelques discours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Au sein de l'Universit&#233;, comme l'&#233;crit Colette Guillaumin, le constat est en effet navrant : &#171; Une femme cit&#233;e : c'est l'exception ; une femme cit&#233;e avec pr&#233;cision comme les autres auteurs (qui eux sont des hommes et ont droit de nature &#224; toutes les pr&#233;cisions voulues en g&#233;n&#233;ral) : c'est le miracle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Guillaumin, &#171; De la transparence des femmes. Nous sommes toutes des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Dans ce contexte, l'urgence pour le mouvement f&#233;ministe d'avoir un lieu de d&#233;bat th&#233;orique devient &#233;clatante. Car ne pas investir le d&#233;bat th&#233;orique, c'est laisser le soin &#224; d'autres d'&#233;crire ce qu'est le mouvement f&#233;ministe, ce qu'il cherche, ce qu'il veut ; c'est laisser &#224; d'autres le droit de tracer des limites au f&#233;minisme. C'est laisser &#224; d'autres, enfin, la possibilit&#233; de maintenir dans l'ombre des pans entiers de l'oppression que nous subissons et de faire passer une r&#233;alit&#233; pour la r&#233;alit&#233;. Pour investir le d&#233;bat th&#233;orique, il a donc fallu mettre un pied dans la porte. Il a fallu fonder un lieu &#224; soi. Et quel lieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue Questions f&#233;ministes (1977-1980)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tournant les pages de ces num&#233;ros, je suis all&#233;e de surprise en -surprise, r&#233;alisant que les textes qui m'avaient tant marqu&#233;e se trouvaient, pour une grande partie, dans la m&#234;me revue. Je pense par exemple aux &#233;crits de Christine Delphy (&#171; Nos Amis et nous &#187;) et Nicole-Claude Mathieu (&#171; Masculinit&#233;/F&#233;minit&#233; &#187;), parus dans le premier num&#233;ro de la revue, en 1977 ; aux textes de Colette Guillaumin, (&#171; Pratique du Pouvoir et id&#233;e de nature &#187;), publi&#233;s dans les num&#233;ros deux et trois ; aux &#233;crits d'Emmanu&#232;le de Lesseps, &#171; Le Fait f&#233;minin : et moi ? &#187; (Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;5), ou encore, de la m&#234;me auteure, &#171; Sexisme et racisme &#187; et &#171; H&#233;t&#233;rosexualit&#233; et f&#233;minisme &#187;, parus dans le num&#233;ro sept, en 1980. Je pense &#233;galement aux articles de Monique Plaza, &#171; Pouvoir phallomorphique &#187; et &#171; La M&#234;me M&#232;re &#187;, (Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1 et&#8239;7), ou enfin &#224; ceux de Monique Wittig, &#171; Un jour mon prince viendra &#187;, &#171; La pens&#233;e straight &#187; et &#171; On ne na&#238;t pas femme &#187; (Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;2, 7 et&#8239;8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa fa&#231;on, chacun de ces textes permet &#224; la fois de prendre du recul par rapport &#224; l'id&#233;ologie naturalisante et ses principaux producteurs, mais fournit &#233;galement des cl&#233;s pour penser le sens que nous donnons &#224; notre recherche et &#224; notre engagement f&#233;ministe. Certains d'entre eux sont devenus de v&#233;ritables classiques de la pens&#233;e f&#233;ministe, par leur puissance, leur pouvoir heuristique mais &#233;galement par l'humour dont font preuve leurs auteures. Ainsi, la d&#233;couverte de la revue donne bien souvent lieu &#224; des r&#233;actions &#233;tonn&#233;es : des auteures f&#233;ministes peuvent donc &#234;tre dr&#244;les ! Qu'on s'&#233;tonne encore du fait que des f&#233;ministes puissent avoir de l'humour, alors que c'est un facteur essentiel de notre survie, passons&#8230; car ce qui est r&#233;ellement fascinant, c'est que des chercheures puissent s'en servir dans une revue th&#233;orique s&#233;rieuse, qui plus est sur des sujets graves. Il faut admettre, effectivement, que ce n'est pas habituel. Non que les autres revues soient ennuyeuses, entendons-nous&#8230; mais le moins que l'on puisse dire, c'est que leur lecture ne d&#233;clenche que tr&#232;s rarement de francs &#233;clats de rire. Eh bien, avec Questions f&#233;ministes, on rit. Mais ne nous y trompons pas, l'humour n'a jamais de l&#233;ger que l'apparence. Tr&#232;s souvent utilis&#233; au d&#233;triment des femmes, il permet ici, au contraire, de s'extraire des &#233;vidences naturalistes dans lesquelles nous baignons tout&#183;es, notamment par le recours &#224; l'absurde. L'humour met alors en suspens l'ordre des choses, celui sur lequel, d'habitude, on s'appuie pour rire des femmes et sur les femmes. Avec ces auteures, on rit de ce qui semblait aller de soi, de l'explicitation des impens&#233;s qui sous-tendent les productions scientifiques dominantes&#8230; et dont la seule mise au jour cr&#233;e un effet comique certain. Pour une fois que nos amis les dominants nous font rire, reconnaissons qu'il serait idiot de s'en priver. Comment, en effet, ne pas rire lorsqu'Emmanu&#232;le de Lesseps commente les propos de Freud t&#233;moignant de ses tentatives pour soigner un petit gar&#231;on, Hans, qui se pose des questions sur le sexe de sa m&#232;re et de sa petite s&#339;ur. Freud se propose alors d'expliquer &#224; Hans &#171; que sa m&#232;re et toutes les autres cr&#233;atures f&#233;minines [&#8230;] ne poss&#232;d[ent] pas du tout de fait-pipi &#187;. Freud remarque alors, d&#233;pit&#233;, que le jeune gar&#231;on &#171; se rebell[e] contre ces &#233;claircissements &#187; qui &#171; demeur[ent] sans r&#233;sultats th&#233;rapeutiques &#187;. &#171; On comprend pourquoi ! commente alors Emmanu&#232;le de Lesseps. Comment assimiler tout &#224; la fois ce tissus de propositions contradictoires : 1) les filles font pipi mais n'ont pas de fait-pipi ; 2) la diff&#233;rence entre le sexe f&#233;minin et le sexe masculin consiste dans le fait que le premier n'existe pas. &#187; On ouvre ensuite de grands yeux en lisant la suite des &#233;crits de Freud, cit&#233;s par l'auteure : &#171; Cet int&#233;r&#234;t fait de Hans un investigateur ; il vient ainsi &#224; d&#233;couvrir qu'on peut, d'apr&#232;s la pr&#233;sence ou l'absence de fait-pipi, distinguer le vivant de l'inanim&#233;. &#187; &#171; On en conclut, poursuit Emmanu&#232;le de Lesseps, que les femmes ne sont pas des &#234;tres anim&#233;s ; ou plus exactement : d'un c&#244;t&#233; elles le sont mais de l'autre elles ne le sont pas, puisque d'un c&#244;t&#233; elles ont un sexe mais de l'autre n'en ont pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanu&#232;le de Lesseps, &#171; Le fait f&#233;minin : et moi ? &#187;, Questions f&#233;ministes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et cela va sans doute de pair avec la volont&#233; des fondatrices de la revue de ne pas s'adresser qu'&#224; une &#233;lite sociale, &#233;crire le plus simplement possible et avoir recours &#224; l'humour permet de garder un lien avec le mouvement f&#233;ministe, de ne pas s&#233;parer la th&#233;orie du mouvement, de tenter de r&#233;aliser une synth&#232;se entre &#171; r&#233;volte, activisme, analyse et conscience&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Guillaumin, &#171; Femmes et th&#233;ories de la soci&#233;t&#233; : remarques sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cela participe ind&#233;niablement d'une volont&#233; de &#171; briser &#187; l'&#233;quation &#171; th&#233;orie &#233;quivaut [&#8230;] &#224; herm&#233;tisme&#8194;&#8211;&#8194;comme si le caract&#232;re incompr&#233;hensible d'un texte &#233;tait la preuve de sa &#8220;scientificit&#233;&#8221;, de son &#8220;s&#233;rieux&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une revue th&#233;orique f&#233;ministe radicale &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Certains articles cependant, ne pr&#234;tent absolument pas &#224; rire. Au fil de la lecture, le parti pris se r&#233;v&#232;le on ne peut plus clairement : d&#233;crire la r&#233;alit&#233; quotidienne de l'oppression des femmes, r&#233;alit&#233; qui n'avait g&#233;n&#233;ralement pas droit de s&#233;jour dans les autres revues, car certainement per&#231;ue comme vulgaire, prosa&#239;que, en un mot ignoble, c'est-&#224;-dire oppos&#233;e &#224; une r&#233;alit&#233; cens&#233;e &#234;tre noble, digne d'int&#233;r&#234;t, sup&#233;rieure. Les huit num&#233;ros abordent ainsi des th&#233;matiques tr&#232;s diverses : mutilations sexuelles, viols, violences, maternit&#233;, virilit&#233;, travail, justice, sexualit&#233;s, m&#233;dias, racisme, prostitution, pornographie,&#8239;etc. L'article intitul&#233; &#171; Violence et contr&#244;le social des femmes &#187;, &#233;crit par Jalna Hanmer, est par exemple le premier article en fran&#231;ais &#224; traiter, dans une revue, de la question des violencescontre les femmes. Refusant toute approche individualisante, l'article met au jour &#171; la signification, au niveau social structurel, de la violence des hommes contre les femmes &#187; et se propose de &#171; r&#233;&#233;valuer le r&#244;le de la violence dans les relations entre hommes et femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jalna Hanmer, &#171; Violence et contr&#244;le social des femmes &#187;, trad. de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il tente &#233;galement de d&#233;finir la violence, en englobant &#171; tous les comportements qui visent &#224; obtenir la soumission&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jalna Hanmer, ibid., p.&#8239;97.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cette violence visant &#224; obtenir la soumission, nous la rencontrons justement dans sa forme la plus brute &#224; travers, par exemple, le r&#233;cit que fait Marie-Andr&#233;e Marion de son viol, dans l'article &#171; Viol en proc&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie-Andr&#233;e Marion, &#171; Viol en proc&#232;s &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;8, mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; du num&#233;ro&#8239;8. Le ph&#233;nom&#232;ne des violences masculines parvient ainsi&#224; &#233;merger, puisque l'indicible donne enfin lieu &#224; un r&#233;cit publi&#233; ; mais &#233;galement parce qu'il commence &#224; &#234;tre analys&#233;, quantifi&#233; et d&#233;fini. Ce sont ainsi des pans entiers d'une r&#233;alit&#233; sociale qui, peu &#224; peu, deviennent visibles et permettent aux chercheures f&#233;ministes de poursuivre des recherches sur ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; ces premi&#232;res recherches et r&#233;cits, nous avons pu comprendre l'&#233;tendue des violences contre les femmes, ainsi que leur r&#244;le, longtemps sous-estim&#233;. L'&#233;mergence de ces premi&#232;res recherches a impuls&#233; de v&#233;ritables s&#233;ries de d&#233;voilements en cha&#238;ne quant &#224; ces violences, leurs formes, les lieux o&#249; elles s'exercent et les personnes qui en sont victimes, femmes comme enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aborder ces th&#233;matiques dans une revue th&#233;orique constitue donc d&#233;j&#224;, en soi, une critique du discours scientifique dominant : ce dernier contribuait &#224; masquer des pans entiers d'une r&#233;alit&#233; sociale, jusque-l&#224; condamn&#233;e &#224; rester dans l'obscurit&#233; de l'espace domestique, de ses chambres &#224; coucher ou, plus g&#233;n&#233;ralement, des lieux o&#249; se trament toutes sortes d'&#171; histoires de bonnes femmes &#187;. Mais la critique produite par les auteures de la revue ne s'arr&#234;te pas l&#224;, elle est &#233;galement tr&#232;s clairement formalis&#233;e dans des articles qui l'abordent frontalement : critiques des discours scientifiques sur les femmes (psychologie, psychanalyse, m&#233;decine, sciences sociales,&#8239;etc.) mais &#233;galement critiques de ces discours qui oublient les femmes, lorsque ces derni&#232;res sont effac&#233;es par &#171; le neutre &#187; ou &#171; le g&#233;n&#233;ral &#187;. Le G&#233;n&#233;ral, vous savez, c'est ce grand bonhomme couvert de m&#233;dailles, moustachu et ventripotent derri&#232;re lequel les femmes disparaissent en permanence ! C'est un gros bonhomme que l'on rencontre, h&#233;las, encore tr&#232;s souvent de nos jours. Lors d'un cours &#224; l'universit&#233;, d'un quelconque colloque ou de la lecture d'un ouvrage scientifique, par exemple, le G&#233;n&#233;ral prend bien souvent toute la place. Et, autant vous le dire tout de suite, le G&#233;n&#233;ral est bien un homme, m&#234;me s'il r&#233;pugne &#224; le dire clairement. Parfois, il se pousse un peu (sans le faire expr&#232;s), permettant alors au chercheur d'apercevoir de toutes petites femmes derri&#232;re lui. &#212; surprise ! Vous avez alors droit &#224; quelques minutes d'anthologie consacr&#233;es &#171; aux femmes &#187; (vous savez, dans le &#171; petit c &#187; du &#171; petit trois &#187; de la &#171; sous-partie quatre &#187;). La parenth&#232;se est alors referm&#233;e rapidement. On dit au revoiraux petites femmes, qui disparaissent &#224; nouveau (et pour combien de temps encore ?) derri&#232;re le G&#233;n&#233;ral. Comme l'&#233;crit Colette Guillaumin dans &#171; De la transparence des femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Vous vous rappelez &#224; l'&#233;cole ? &#8220;Pousse-toi, ton p&#232;re est pas vitrier ! Tu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, apparemment, &#171; nous sommes toutes des filles de vitri&#232;res &#187;. Oh, &#233;videmment, j'en entends d&#233;j&#224; dire que je suis injuste, et que beaucoup font des efforts, &#224; pr&#233;sent, pour penser aux femmes. Il est vrai qu'&#224; l'Universit&#233;, de nos jours, il existe beaucoup de chercheurs qui, dans leur grande mansu&#233;tude, laissent aux femmes le soin de balayer les quelques r&#233;sidus de genre qui tra&#238;nent dans les recoins de leurs laboratoires, apr&#232;s les grands travaux. Bien entendu, ces chercheurs sont ind&#233;niablement plus sympathiques que ceux qui consid&#232;rent que r&#233;aliser une enqu&#234;te sur une population en en oubliant la moiti&#233; (les femmes), ne constitue qu'un regrettable, certes, mais infime biais m&#233;thodologique&#8230; Ainsi, il est toujours possible de lire encore de nos jours des ouvrages de sociologie suppos&#233;s concerner une population (par exemple &#171; les jeunes &#187; ou &#171; les individus des classes populaires &#187;,&#8239;etc.), qui en r&#233;alit&#233;, ne traitent que d'une partie de cette population : les jeunes hommes ou les hommes de milieux populaires. Le probl&#232;me r&#233;el de cette d&#233;marche n'est pas que l'on travaille sur des hommes, mais bien que l'on pr&#233;sente les analyses qui en d&#233;coulent comme &#233;tant issues d'enqu&#234;tes traitant des jeunes-tout-court ou des milieux-populaires-tout-court. Ce qui est encore plus probl&#233;matique, c'est que ces enqu&#234;tes, effa&#231;ant sans le dire une moiti&#233; de la population, cach&#233;e par l'usage du G&#233;n&#233;ral (les jeunes-tout-court ou les milieux-populaires-tout-court), deviennent de v&#233;ritables classiques pour tout &#233;tudiant. Que dirait-on &#224; un botaniste s'il s'aventurait &#224; &#233;crire un ouvrage sur les l&#233;gumes, et que l'on d&#233;couvrait en le lisant que s'il ne traite en r&#233;alit&#233; que des carottes, &#231;a ne l'emp&#234;che pas d'en conclure que &#171; tous les l&#233;gumes sont de couleur orange, bourr&#233;s de b&#234;ta-carot&#232;neet surmont&#233;s de fanes &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Re-conna&#238;tre Questions f&#233;ministes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions pu esp&#233;rer que les choses aient r&#233;ellement chang&#233; en trente-cinq ans, au point qu'il soit devenu actuellement impossible de balayer, &#224; l'Universit&#233; comme ailleurs, la moiti&#233; de la population d'un revers de main. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Certes, il existe une recherche f&#233;ministe (ou sur le genre) en France&#8230; mais, au regard des autres pays, quelle place y occupe-t-elle ? Pour ne prendre que l'exemple des recherches sur les violences contre les femmes, comme le remarque Christelle Hamel, la France fait visiblement preuve d'une v&#233;ritable &#171; volont&#233; de ne pas savoir &#187;. Ainsi, &#233;crit-elle : &#171; Le Qu&#233;bec compte &#224; peine huit millions de personnes et ce sont [donc] plus de quarante-neuf enseignant&#183;es/chercheur&#183;es qui &#233;tudient &#224; plein-temps le ph&#233;nom&#232;ne des violences faites aux femmes, ainsi que trente-six &#233;tudiant&#183;es en doctorat et deux post-doctorant&#183;es financ&#233;s. En France, o&#249; l'on compte pr&#232;s de 64&#8239;millions d'habitants, soit huit fois plus qu'au Qu&#233;bec, il n'existe aucun centre de recherche sur les violences faites aux femmes et les chercheur&#183;es qui travaillent sur ce sujet se comptent sur les doigts de la main&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Christelle Hamel, &#171; Violences faites aux femmes : la volont&#233; de ne pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En France, les femmes victimes de violences restent quasi invisibles. Et lorsqu'on &#233;voque cette question, il y a toujours un&#183;e chercheur&#183;e, un&#183;e politique ou un&#183;e journaliste pour r&#233;pliquer qu'il faut &#171; cesser de victimiser les femmes &#187; ou nous expliquer que la violence, en r&#233;alit&#233;, ce n'est pas vraiment de la violence, mais une forme de s&#233;duction bien de chez nous. Cette v&#233;ritable volont&#233; politique de ne pas voir et de ne pas savoir, en France, a donc litt&#233;ralement brim&#233; la recherche f&#233;ministe, ne serait-ce que sur ces questions. Bien &#233;videmment, et fort heureusement, nous en savons plus aujourd'hui, tant qualitativement que quantitativement &#224; ce sujet, et cela gr&#226;ce notamment aux chercheur&#183;es &#233;trang&#232;r&#183;es et &#224; celles et ceux qui, en France, ont t&#233;moign&#233; d'une volont&#233; de savoir. Mais il n'en reste pas moins qu'en France, travailler sur ces probl&#233;matiques de violences aux c&#244;t&#233;s des associations et en tant qu'universitaire, c'est, comme l'&#233;crit Christelle Hamel, &#171; s'exposer &#224; l'accusation de &#8220;militantisme&#8221;, utilis&#233;e pour discr&#233;diter les recherches f&#233;ministes (ou sur le genre) en les excluant du domaine de la &#8220;scientificit&#233;&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Nous en sommes toujours l&#224;. Alors, &#224; la lecture de Questions f&#233;ministes, nous sommes oblig&#233;&#183;es de faire ce terrible constat : leurs critiques sont, plus de trente-cinq ans apr&#232;s, encore et toujours d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pourtant, h&#233;las, encore trop souvent devoir faire preuve d'une grande curiosit&#233; lors d'un parcours universitaire, en 2012, pour d&#233;couvrir les auteures que vous allez lire dans cet ouvrage. Il faut encore trop souvent les d&#233;couvrir seul&#183;es, parfois par hasard, car il est toujours possible de passer des ann&#233;es &#224; l'Universit&#233; fran&#231;aise sans les lire, ou pire, sans m&#234;me entendre leurs noms. Pourtant, il s'agit d'une revue internationale et pionni&#232;re en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;&#233;dition des huit num&#233;ros de la revue intervient donc comme une piq&#251;re de rappel et une occasion de renouer avec notre histoire. Cette lecture, c'est la possibilit&#233; pour nous, qui sommes n&#233;es en m&#234;me temps que cette revue et avons aujourd'hui une trentaine d'ann&#233;es, de nous saisir des armes qu'ont forg&#233;es nos a&#238;n&#233;es. Mais il y a un pr&#233;alable &#224; cela, car on ne se saisit pas d'armes sans savoir qu'en faire. Sommes-nous toujours d'accord avec les buts que visaient les fondatrices de la revue Questions f&#233;ministes ? Car elles ne visaient rien de moins que la destruction du syst&#232;me de genre. Cela nous semble-t-il toujours envisageable ou souhaitable actuellement ? Car l'entreprise est v&#233;ritablement radicale : il ne s'agit pas de chercher une potion magique pour rendre la r&#233;alit&#233; acceptable ou l'am&#233;nager au mieux, car on n'am&#233;nage pas l'oppression et on ne n&#233;gocie pas avec l'oppresseur. Pour supprimer la hi&#233;rarchie entre les sexes, il faut d&#233;truire la diff&#233;rence des sexes, et non la brandir telle une arme, comme le font de nombreuses femmes, sans s'apercevoir que le canon est en r&#233;alit&#233; tourn&#233; vers elles. Il faut d&#233;truire la diff&#233;rence des sexes, car tenter de &#171; jouer avec &#187;, ainsi que certaines femmes le pr&#244;nent aujourd'hui (&#171; jouer avec les st&#233;r&#233;otypes &#187;), revient &#224; croire que les individus peuvent prendre leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des structures sociales, ce qui est impossible. Il ne s'agit donc pas de coller un coup de barbouille sur un vieux mur, de faire comme s'il n'existait pas ou de s'amuser &#224; tourner autour. Il s'agit de casser ce mur, de &#171; forcer le si&#232;ge &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une revue th&#233;orique f&#233;ministe radicale &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais sommes-nous pr&#234;tes &#224; cette radicalit&#233; et &#224; l'ampleur de cette critique, nous qui avons grandi en suivant un train-train &#224; peine perturb&#233; par de petites r&#233;voltes rapidement &#233;touff&#233;es par quelques politiques-rustines ? Nous qui avons grandi &#224; une &#233;poque o&#249; les rapports de forces et les classes sociales sont cens&#233;s avoir disparu, une &#233;poque o&#249; on ne parle plus d'int&#233;r&#234;ts antagonistes mais de points de vue en &#233;volution, de n&#233;gociations, d'ajustements &#224; trouver ; une &#233;poque o&#249; se penser collectivement est devenu de plus en plus difficile. Sommes-nous pr&#234;tes &#224; prendre la mesure du projet politique propos&#233; par les fondatrices de la revue Questions f&#233;ministes, nous qui avons grandi avec le sentiment d'&#234;tre des &#171; presque-&#233;gales &#187; ? Car pour avoir envie de contester une oppression, encore faut-il avoir le sentiment d'&#234;tre opprim&#233;e. Avons-nous ce sentiment ? Cela n'a rien &#224; voir avec l'oppression r&#233;elle que nous subissons, car nous la subissons, mais avec la mani&#232;re dont nous l'identifions. Identifier son oppression est une chose terriblement difficile. Cela n&#233;cessite de renoncer &#224; une croyance rassurante, selon laquelle nous serions sorties d'affaire, ou presque. Cela n&#233;cessite d'&#234;tre attentives &#224; ce que nous vivons, et exigeantes pour nous-m&#234;mes : cela requiert d'apprendre &#224; ne plus nous contenter de ce que l'on veut bien nous laisser, une presque-&#233;galit&#233;, des presque-choix, une presque-libert&#233;. Car certes, la libert&#233; surveill&#233;e, c'est bien mieux que la prison, mais si rien ne justifiait la prison avant, qu'est-ce qui &#224; pr&#233;sent justifierait notre libert&#233; surveill&#233;e ? Et au nom de quoi devrions-nous l'accepter ? Au nom de quoi devrions-nous accepter de vivre avec ce fil &#224; la patte ? Ce fil qui vous entrave, c'est votre f&#233;minit&#233;, nous r&#233;pond-on, portez-le donc avec gr&#226;ce, comme votre sac &#224; main&#8230; et s'il vous pose un probl&#232;me, c'est que vous avez un probl&#232;me. C'est ainsi qu'on enferme &#224; nouveau les femmes, en les persuadant que si elles sont malheureuses ce n'est pas &#224; cause de la domination qu'elles subissent, mais bien parce qu'elles ont, individuellement, un probl&#232;me. Voil&#224; comment on fait croire &#224; des millions de femmes qui se posent les m&#234;mes questions, qu'elles sont seules &#224; se les poser. Voil&#224; comment on leur fait croire qu'elles ont des probl&#232;mes personnels &#224; r&#233;soudre &#233;ventuellement avec un&#183;e psy, ou dans les pages d'un livre de d&#233;veloppement personnel, alors qu'elles ont les probl&#232;mes que le patriarcat pose &#224; la moiti&#233; de la population du globe. C'est bien contre cet isolement et cette individualisation que le mouvement f&#233;ministe a lutt&#233;. C'est pourtant &#224; cette situation d'isolement, d'individualisation des probl&#232;mes et de pathologisation des souffrances psychologiques des femmes que l'on est revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, j'ai moi-m&#234;me rem&#226;ch&#233; ce qui n'&#233;tait qu'une impression floue, une petite voix en moi murmurant : &#171; Il y a toujours quelque chose qui ne tourne pas rond. &#187; Dans le milieu scolaire, dans ma famille, dans mon couple, en allumant la t&#233;l&#233;vision, la radio, en lisant les journaux, je ressentais une g&#234;ne qui ne parvenait pas &#224; s'exprimer. J'avan&#231;ais avec la d&#233;sagr&#233;able impression d'avoir un caillou dans ma chaussure sans parvenir &#224; le trouver pour l'en extirper. Ce que je dois aux chercheures et militantes f&#233;ministes dont vous allez lire les textes est difficile &#224; exprimer, car non seulement leurs textes ont dessill&#233; mes yeux, mais plus encore, j'ai eu le sentiment en les lisant, de ne plus &#234;tre seule. Ces &#233;crits ont eu un tel &#233;cho en moi, je me les suis si rapidement appropri&#233;s, que je ne parviens plus &#224; me souvenir de la fa&#231;on dont je pensais le monde social avant de les lire. C'est ce qui arrive lorsque l'on d&#233;couvre des analyses permettant r&#233;ellement de subvertir un ordre des choses qui, auparavant, nous paraissait naturel et in&#233;branlable. Or, me semble-t-il, c'est pr&#233;cis&#233;ment de cela dont nous avons besoin aujourd'hui : comprendre que l'histoire n'est pas finie et que ce qui nous semble immuable ne l'est aucunement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sabine Lambert est militante f&#233;ministe, &#233;tudiante en sociologie &#224; l'universit&#233; de Poitiers et membre du comit&#233; de r&#233;daction de la revue Nouvelles Questions F&#233;ministes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je pense notamment &#224; la documentariste f&#233;ministe Carole Roussopoulos (1945-2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Delphy, &#171; Lib&#233;ration des femmes An X &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;7, f&#233;vrier&#8239;1980, voir dans ce volume, p.&#8239;787. Article &#233;galement publi&#233; dans Christine Delphy, Un universalisme si particulier. F&#233;minisme et exception fran&#231;aise, Paris, Syllepse, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quatre f&#233;ministes signent ce texte, Monique et Gille Wittig, ainsi que Marcia Rothenburg et Margaret Stephenson, le reste de leur groupe refusant de s'y associer. Voir Christine Delphy, &#171; Les origines du Mouvement de lib&#233;ration des femmes en France &#187;, Nouvelles Questions F&#233;ministes, n&#176;&#8239;16-17-18, 1991, p.&#8239;140.}} &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parution de cet article dans L'Idiot international[[.L'Idiot International, journal pamphl&#233;taire cr&#233;e en 1969, cr&#233;&#233; par Jean-Edern Hallier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les neuf manifestantes &#233;taient : Cathy Bernheim, Monique Bourroux, Fr&#233;d&#233;rique Daber, Christine Delphy, Emmanu&#232;le de Lesseps, Christiane Rochefort, Janine Sert, Monique Wittig, Anne Zelensky. Voir Christine Delphy, ibid., p.&#8239;143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'annonce de la naissance du &#171; Mouvement de lib&#233;ration de la femme fran&#231;aise &#187; para&#238;t dans L'Aurore et Le Figaro. Voir Christine Delphy, ibid., p.&#8239;143.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;.Pour simplifier, les diff&#233;rents groupes qui existaient peuvent &#234;tre class&#233;s en trois grandes tendances : la tendance dite &#171; lutte des classes &#187; (pr&#244;nant la priorit&#233; de lalutte des classes sur la lutte des femmes), la tendance &#171; diff&#233;rentialiste &#187; ou &#171; essentialiste &#187; (postulant une diff&#233;rence de nature entre les sexes), et enfin, les &#171; f&#233;ministes r&#233;volutionnaires &#187;, dont sont issues plusieurs des fondatrices de la revue Questions f&#233;ministes (Christine Delphy, Emmanu&#232;le de Lesseps et Monique Wittig).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Les fondatrices de la revue choisissent alors volontairement de substituer au terme &#171; f&#233;minisme r&#233;volutionnaire &#187; celui de &#171; f&#233;minisme radical &#187;, afin de ne pas s'approprier les actions et r&#233;flexions des groupes &#171; f&#233;ministes r&#233;volutionnaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Delphy, &#171; Nos amis et nous. Fondements cach&#233;s de quelques discours pseudo-f&#233;ministes &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, p.&#8239;43 (les paginations indiqu&#233;es pour Questions f&#233;ministes sont celles du pr&#233;sent volume).}}. &#187; Les hommes parlent alors &#171; doublement &#224; notre place &#187;, &#233;crit-elle, ils parlent de nous, les femmes, et le font depuis des &#171; lieux d'o&#249; nous sommes proscrites[[Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Colette Guillaumin, &#171; De la transparence des femmes. Nous sommes toutes des filles de vitri&#232;res &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;4, novembre&#8239;1978, p.&#8239;456.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanu&#232;le de Lesseps, &#171; Le fait f&#233;minin : et moi ? &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;5, f&#233;vrier&#8239;1979, p.&#8239;528.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Colette Guillaumin, &#171; Femmes et th&#233;ories de la soci&#233;t&#233; : remarques sur les effets th&#233;oriques de la col&#232;re des opprim&#233;es &#187;, Sociologie et Soci&#233;t&#233;s, vol. 13, n&#176;&#8239;2, 1981, p.&#8239;19-32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Une revue th&#233;orique f&#233;ministe radicale &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, novembre&#8239;1977, p.&#8239;25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jalna Hanmer, &#171; Violence et contr&#244;le social des femmes &#187;, trad. de l'anglais, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, novembre&#8239;1977, p.&#8239;94.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jalna Hanmer, ibid., p.&#8239;97.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie-Andr&#233;e Marion, &#171; Viol en proc&#232;s &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;8, mai&#8239;1980, p.&#8239;966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Vous vous rappelez &#224; l'&#233;cole ? &#8220;Pousse-toi, ton p&#232;re est pas vitrier ! Tu me caches la vue.&#8221; Eh bien si, apparemment nous avons &#233;t&#233; engendr&#233;es par des vitri&#232;res, transparentes nous sommes : on nous voit &#224; travers, on pourrait m&#234;me dire qu'on ne nous voit pas du tout &#187;, Colette Guillaumin, &#171; De la transparence des femmes. Nous sommes toutes des filles de vitri&#232;re &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;4, novembre&#8239;1978, p.&#8239;456.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Christelle Hamel, &#171; Violences faites aux femmes : la volont&#233; de ne pas savoir &#187;, in Christine Delphy (coord.), Un troussage de domestique, Paris, Syllepse, 2011, p.&#8239;92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Une revue th&#233;orique f&#233;ministe radicale &#187;, Questions f&#233;ministes, n&#176;&#8239;1, novembre&#8239;1977, p.&#8239;38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chili : les &#233;tudiantEs de nouveau dans la rue </title>
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		<dc:date>2012-05-08T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ruben Andino Maldonado</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec les dirigeants de l'ANEF de la CUT, les &#233;tudiantEs des universit&#233;s priv&#233;es et publiques, les dirigeants de la Conf&#233;d&#233;ration des &#201;tudiants du Chili (CONFECH) ont pr&#233;sent&#233; les grandes lignes d'une proposition de r&#233;forme fiscale qui disent-ils, cherche &#224; changer la logique du syst&#232;me actuel sous la devise &#171; La vie ne doit pas &#234;tre une entreprise. &#187; La proposition conjointe de la plupart des &#233;tudiantEs et des secteurs syndicaux, cherchent &#224; rejoindre toute la classe politique pour r&#233;clamer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Chili-+" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton10143-e41e4.png?1781239429' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec les dirigeants de l'ANEF de la CUT, les &#233;tudiantEs des universit&#233;s priv&#233;es et publiques, les dirigeants de la Conf&#233;d&#233;ration des &#201;tudiants du Chili (CONFECH) ont pr&#233;sent&#233; les grandes lignes d'une proposition de r&#233;forme fiscale qui disent-ils, cherche &#224; changer la logique du syst&#232;me actuel sous la devise &#171; La vie ne doit pas &#234;tre une entreprise. &#187; La proposition conjointe de la plupart des &#233;tudiantEs et des secteurs syndicaux, cherchent &#224; rejoindre toute la classe politique pour r&#233;clamer des r&#233;formes qui visent &#224; mettre fin aux in&#233;galit&#233;s, &#224; travers une r&#233;partition plus &#233;quitable des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; de Punto final)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;tudiantEs et les dirigeants sociaux qui les accompagnent, sont d'accords sur les questions fondamentales, telles que la r&#233;cup&#233;ration du contr&#244;le &#233;tatique des revenus de l'exploitation des ressources naturelles de propri&#233;t&#233; publique &#8211; comme le cuivre &#8211; pour financer l'&#233;ducation et les autres besoins li&#233;s &#224; la sant&#233;, au transport et &#224; la d&#233;centralisation, ce qui est une n&#233;cessit&#233; urgente pour assurer un d&#233;veloppement &#233;quilibr&#233; et &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changer le syst&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la FECH, Gabriel Boric, a pr&#233;sent&#233; la proposition dans le contexte d'un ensemble de changements politiques, &#233;conomiques et sociaux pour changer la face du pays, en concluant : &#034;. Nous ne sommes pas ici pour r&#233;guler l'exc&#232;s, mais de changer l'essence&#034; Il a ajout&#233; que le gouvernement pr&#233;tendait limiter la discussion des modifications apport&#233;es aux initiatives qui visent &#224; approfondir un mod&#232;le qui tend &#224; la privatisation et minimise l'importance de l'&#233;ducation publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de la commission de r&#233;forme fiscale de la CONFECH, Aaron Nunez, a exig&#233; un changement structurel du r&#233;gime fiscal, en ajoutant que le mod&#232;le actuel &#034;est r&#233;gressif, car il aggrave la situation des pauvres, et donne des privil&#232;ges aux riches, qui peuvent &#233;viter de payer des imp&#244;ts. &#034; Il a dit que le mod&#232;le d'imposition en cours g&#233;n&#232;re des in&#233;galit&#233;s, que la plupart des recettes fiscales proviennent de strates &#233;conomiques ayant des faibles revenus, et que la Loi sur le revenu actuel encourage les grandes entreprises qui sont exon&#233;r&#233;es d'imp&#244;t, par l'utilisation de diff&#233;rents m&#233;canismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les axes de la proposition des &#233;tudiantEs sont les suivants : une augmentation du revenu de l'exploitation des ressources naturelles d&#233;tenues par l'ensemble du pays, une r&#233;forme de la loi sur l'imp&#244;t sur le revenu pour que les riches paient plus et qu'il y ait clairement une distinction entre plus-values et les revenus du travail, et des mesures visant &#224; renforcer le contr&#244;le du Service des imp&#244;ts par l'interm&#233;diaire du personnel d&#233;di&#233; &#224; accro&#238;tre les efforts de fiscalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;bat sur les imp&#244;ts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative fiscale des &#233;tudiantEs et des autres secteurs sociaux se r&#233;sume dans les deux cas d&#233;j&#224; soulev&#233;s. Une, provenant du gouvernement, qui vise &#224; lever entre 700 et 900 millions de dollars additionnels, et l'autre des forces de l'opposition, allant de la D&#233;mocratie chr&#233;tienne au Parti communiste, qui cherche &#224; ajouter &#224; la tr&#233;sorerie environ sept milliards de dollars, soit dix fois plus que la proposition gouvernementale. Cette proposition se rapproche de la proposition des &#233;tudiantEs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' &#233;conomiste de CENDA, Manuel Riesco, partage la vision de la proposition des &#233;tudiantEs et estime que s'ouvre un d&#233;bat int&#233;ressant. Nous consid&#233;rons important l'id&#233;e d'&#233;liminer le Fonds b&#233;n&#233;fices imposables (FUT), un m&#233;canisme qui permet aux employeurs d'&#233;viter de payer de l'imp&#244;t en diff&#233;rant le moment du retour de leurs b&#233;n&#233;fices. La proposition co&#239;ncide avec celle de l'opposition &#233;tudiante qui veut que le taux d'imposition soit calcul&#233; sur les b&#233;n&#233;fices totaux gagn&#233;s, et pas seulement sur les b&#233;n&#233;fices distribu&#233;s comme &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste Luis Sierra, professeur &#224; l'Universit&#233; de Santiago, partage l'avis de Riesco et a estim&#233; que l'&#233;limination de la FUT pourrait signifier pour le Tr&#233;sor public un r&#233;sultat annuel suppl&#233;mentaire d'au moins cinq milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Luis Sierra, la proposition des &#233;tudiantEs diff&#232;re de celle propos&#233;e par les partis politiques oppos&#233;s au gouvernement. Un syst&#232;me unique est propos&#233; pour tenir compte de l'assiette fiscale, qui remplacerait les quatorze r&#233;gimes existants, ce qui simplifie et rend transparent le syst&#232;me, et fournit plus de revenus au Tr&#233;sor. Un autre aspect novateur de la proposition des &#233;tudiantEs est qu'il &#233;tablit des objectifs de collecte de fonds associ&#233;s &#224; des gains marginaux de chaque secteur qui font l'extraction des ressources naturelles. Pour exploitation &#224; grande &#233;chelle, l'objectif serait de huit milliards de dollars annuellement, 250 millions pour la p&#234;che et d'un nouvel imp&#244;t pour compenser la pollution de l'air : entre un et deux milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gie : une nouvelle mobilisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le coup d'envoi de ses activit&#233;s en 2012, le CONFECH a organis&#233; en collaboration avec d'autres acteurs du secteur de l'&#233;ducation des d'&#233;v&#233;nements nationaux visant &#224; assurer la continuit&#233; des protestations formul&#233;es en 2011 sur les besoins &#233;ducatifs &#187;, qui n'ont pas encore trouv&#233; une r&#233;ponse ou au sein du gouvernement ou au Parlement &#187;, a d&#233;clar&#233; le pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants de l'universit&#233; catholique (FEUC), Noam Titelman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la FEUC a dit que &#034;la majorit&#233; des Chiliens a appuy&#233; la fin de l'ann&#233;e derri&#232;re la fin des profits pour l'enseignement sup&#233;rieur, mais il n'y a pas eu de solution. Ni pour l'endettement des familles et des &#233;tudiantEs, ni pour les probl&#232;mes d'acc&#232;s et qualit&#233; de l'&#233;ducation. Nous savons que si nous ne nous mobilisons pas le soutien public, nous ne serons pas entendus. &#171; Il a fait valoir que le pays doit &#171; passer d'un &#233;tat qui a un r&#244;le subsidiaire et qui a abdiqu&#233; sa responsabilit&#233; de garantir les droits fondamentaux, &#224; un &#201;tat qui consid&#232;re l'&#233;ducation comme un droit et non comme une marchandise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Titelman une fen&#234;tre s'est ouverte pour effectuer des changements profonds &#171; se serait une honte que les s&#233;nateurs ne fassent que de l&#233;g&#232;res modifications, surtout quand on voit de plus en plus leurs propres r&#233;mun&#233;rations. Nous voudrions que ces ressources soient utilis&#233;es pour la r&#233;forme structurelle et non pour des changements de pure forme comme ceux qui ont &#233;t&#233; propos&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;sent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un geste public familier se r&#233;alis&#233; par la CONFECH le 21 avril au Parc Almagro &#224; Santiago, s'inscrit dans la volont&#233; de r&#233;cup&#233;rer progressivement le caract&#232;re de masse atteint par le mouvement &#233;tudiant l'ann&#233;e derni&#232;re. L'activit&#233; a r&#233;uni plus de deux mille personnes et comptait parmi ses invit&#233;s des musiciens exceptionnels comme Manuel Garcia et Villa Cari&#241;o. On a donn&#233; le bilan de 2011 et les projections pour 2012, en se concentrant sur des th&#232;mes tels que la dur&#233;e de l'emprunt pour financer l'&#233;ducation, la fin du profit dans l'enseignement sup&#233;rieur et la d&#233;mocratisation de la gouvernance universitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi 21, &#224; Place Victoria de Valparaiso il y a eu des activit&#233;s entre midi et quatre heures de l'apr&#232;s-midi. Le public a appr&#233;ci&#233; un spectacle anim&#233; par des groupes musicaux. Cet apr&#232;s-midi-l&#224;, les &#233;l&#232;ves ont distribu&#233; de l'information sur les propositions &#233;tudiantes dans le centre commercial de Vina del Mar. Dans le parc Concepcion Equateur, il y a eu aussi un &#233;v&#233;nement culturel anim&#233; par des groupes de la r&#233;gion. Les &#233;l&#232;ves ont &#233;chang&#233; des informations sur leurs propositions pour 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces activit&#233;s ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;es par une action qui a &#233;t&#233; faite par les &#233;l&#232;ves du secondaire de la Region M&#233;tropolitaine le 19 avril &#224; la Plaza de Armas de Santiago, pour protester contre l'expulsion des d'&#233;l&#232;ves de lyc&#233;es publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tudiantEs universitaires et &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es ont organis&#233; conjointement la premi&#232;re manifestation &#233;tudiante, le 25 avril, qui a eu comme point de d&#233;part la Plaza Italia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelles strat&#233;gies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, les f&#233;d&#233;rations de sept universit&#233;s priv&#233;es ont adh&#233;r&#233; &#224; la CONFECH en plus de la F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants de l'Universit&#233; centrale qui avaient rejoint la Conf&#233;d&#233;ration l'an dernier. Les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantEs des universit&#233;s priv&#233;es r&#233;cemment ajout&#233;es sont : Bernardo O'Higgins, De Las Americas Concepcion, Vina del Mar, Diego Portales, Pedro de Valdivia &#224; Antofagasta, Santiago et Santo Tom&#225;s Adolfo Ib&#225;&#241;ez. En parall&#232;le, le CONFECH a renforc&#233; ses relations avec l'Assembl&#233;e de coordination des &#233;l&#232;ves du secondaire (Aces) et le coordonnateur national des &#233;l&#232;ves du secondaire (Cones).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de la CONFECH ont soumis au moins quatre sujets pour l'ordre du jour d'une conversation possible avec le ministre de l'&#201;ducation, Harald Beyer. Le premier point est l'inconv&#233;nient subi par les &#233;l&#232;ves du secondaire dont les inscriptions ont &#233;t&#233; annul&#233;es, le second est la fin du harc&#232;lement des &#233;l&#232;ves du secondaire r&#233;int&#233;gr&#233;s &#224; condition de ne pas participer &#224; leurs centres &#233;tudiants, et le troisi&#232;me se rapporte &#224; la clarification des modes de fonctionnement de la r&#233;duction de 5,6 &#224; 2% au coll&#232;ge du cr&#233;dit garanti et le quatri&#232;me concerne le retrait du projet sur l'ordre public, ce qui p&#233;nalise les marches et les manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#232;ves consid&#232;rent que la r&#233;forme fiscale et la suppression du projet qui p&#233;nalise les manifestations publiques, exigent l'engagement du gouvernement des deux chambres du Congr&#232;s. &#192; partir de maintenant jusqu'&#224; la prochaine &#233;lection, les deux candidats &#224; La Moneda comme ceux qui aspirent au S&#233;nat ou &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s devront int&#233;grer dans leur r&#233;pertoire d'arguments des propositions concr&#232;tes sur la fa&#231;on de parvenir &#224; une &#233;ducation publique de qualit&#233;. O&#249; qu'on aille, les candidatEs seront confront&#233;s aux &#233;tudiantEs, aux enseignantEs et aux parents.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans &#034;Punto final, &#233;dition n &#176; 756, le 27 avril 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.puntofinal.cl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.puntofinal.cl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;traduction BR&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur la violence &#233;tatique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sur-la-violence-etatique</link>
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		<dc:date>2012-05-07T11:07:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadia Alexan </dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je ne comprends pas pourquoi on parle toujours des d&#233;rapages de quelques casseurs/provocateurs qui infiltrent le mouvement &#233;tudiant, pendant qu'on laisse passer la violence syst&#233;mique de l'&#233;tat, sans jamais le critiquer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'appelle-t-on la pauvret&#233; du tiers de la population qu&#233;b&#233;coise ? N'est-ce pas de la violence ? Les malades qui n'ont pas de place dans les h&#244;pitaux, parce que les politiciens veulent privatiser par derri&#232;re ? Les enfants qui vont &#224; l'&#233;cole sans avoir d&#233;jeun&#233; ? Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je ne comprends pas pourquoi on parle toujours des d&#233;rapages de quelques casseurs/provocateurs qui infiltrent le mouvement &#233;tudiant, pendant qu'on laisse passer la violence syst&#233;mique de l'&#233;tat, sans jamais le critiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'appelle-t-on la pauvret&#233; du tiers de la population qu&#233;b&#233;coise ? N'est-ce pas de la violence ? Les malades qui n'ont pas de place dans les h&#244;pitaux, parce que les politiciens veulent privatiser par derri&#232;re ? Les enfants qui vont &#224; l'&#233;cole sans avoir d&#233;jeun&#233; ? Les logements insalubres et infest&#233;s de rats o&#249; les pauvres doivent se loger ? Les &#233;coles contamin&#233;es de moisissure o&#249; nos enfants doivent &#233;tudier ? Notre nourriture empoisonn&#233;e par un surplus de sucre, de gras et d'OGM nocifs pour la sant&#233;, et ceci pour enrichir une poign&#233;e de propri&#233;taires ? Le saccage de nos ressources, non renouvelables, pour le compte de quelques amis riches de nos &#233;lus ? Les mini&#232;res qui ne payent que 4 % en redevances ? Les multinationales qui ferment leurs usines mettant &#224; la porte des milliers de travailleurs, apr&#232;s avoir re&#231;u des subventions substantielles, pay&#233;es par les contribuables ? Les a&#238;n&#233;s qui n'ont pas de pensions de retraites, parce que leurs employeurs les ont gaspill&#233;es ? Les &#233;carts entre riches et pauvres de plus en plus grandissants ? Les pr&#234;te- noms que les corporations utilisent pour contourner la loi &#233;lectorale ? La corruption municipale en mati&#232;re de construction ? La souffrance des a&#238;n&#233;s maltrait&#233;s qui vivent dans les CHSLD, sans dignit&#233;, apr&#232;s avoir contribu&#233; au budget communal pendant toute leur vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imposition d'une fiscalit&#233; r&#233;gressive qui fait que les millionnaires paient le m&#234;me montant que les salari&#233;s, pour les m&#234;mes services, et la r&#233;duction des paliers d'imp&#244;ts de 16 &#224; 3 ? La sp&#233;culation des financiers sur le casino qu'on appelle la bourse ? La r&#233;mun&#233;ration exag&#233;r&#233;e des PDG de plus de 8 millions par ann&#233;e ? Les pots de vins habituels chez SNC Lavalin et les autres entreprises priv&#233;es ? Le blanchiment d'argent et l'&#233;vasion fiscale dans les paradis fiscaux pour les riches qui ne veulent pas payer leur juste part ? Ce sont toutes ces atrocit&#233;s commises par nos gouvernements qui font que les &#233;tudiants sont dans la rue, et qu'il faut appeler, eh oui, &#171; de la violence &#233;tatique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une petite imposition de 1 % sur les banques, les corporations et les mini&#232;res, qui font des profits faramineux, pourrait &#234;tre utilis&#233;e pour la gratuit&#233; universitaire, si la volont&#233; de nos politiciens &#233;tait au rendez-vous. Faire payer les pauvres n'est pas courageux, M. Charest, c'est plut&#244;t l&#226;che !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La derni&#232;re strat&#233;gie du gouvernement semble &#234;tre la suivante : attendre et capitaliser. </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-derniere-strategie-du-gouvernement-semble-etre-la-suivante-attendre-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-derniere-strategie-du-gouvernement-semble-etre-la-suivante-attendre-et</guid>
		<dc:date>2012-05-07T09:55:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joan S&#233;n&#233;chal</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Luttes &#233;tudiantes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Attendre de ses offres bidons qu'elles divisent et affaiblissent la position des &#233;tudiants. Esp&#233;rer du refus de ses offres qu'il exasp&#232;re les m&#233;dias et la population. &lt;br class='autobr' /&gt; Offres bidons et injonctions : une strat&#233;gie de terre br&#251;l&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
Attendre des juges et des demandeurs d'injonction qu'ils minent de l'int&#233;rieur le si&#232;ge des gr&#233;vistes. Qu'ils fassent craquer les &#233;tablissements mis en demeure en faisant pression sur les votes de reconduction de gr&#232;ve. Et au passage, capitaliser sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Attendre de ses offres bidons qu'elles divisent et affaiblissent la position des &#233;tudiants. Esp&#233;rer du refus de ses offres qu'il exasp&#232;re les m&#233;dias et la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Offres bidons et injonctions : une strat&#233;gie de terre br&#251;l&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attendre des juges et des demandeurs d'injonction qu'ils minent de l'int&#233;rieur le si&#232;ge des gr&#233;vistes. Qu'ils fassent craquer les &#233;tablissements mis en demeure en faisant pression sur les votes de reconduction de gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et au passage, capitaliser sur les explosions de grogne et de hargne, sur les blocages et les actes de d&#233;sob&#233;issance, sur les manifestations &#224; r&#233;p&#233;tition, sur les bris, sur les policiers bless&#233;s, sur les cris, sur les charges, sur les bombardements de gaz et d'obus en plastique, sur les jets de pierre, sur les yeux perdus, sur les citoyens &#233;corch&#233;s. Strat&#233;gie de sape. Strat&#233;gie de terre br&#251;l&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les injonctions, entre collusion et applications abusives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, une vingtaine de demandes d'injonction ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es, et ce, rappelons-le, par des &#233;tudiants d&#233;sireux de retourner en classe malgr&#233; les votes de gr&#232;ve majoritaires pris dans les assembl&#233;es auxquelles ils &#233;taient en droit de participer et de voter. Et sans doute ce nombre va-t-il d'augmenter, maintenant que les &#233;tudiants soi-disant responsables du Qu&#233;bec ont mis &#224; disposition un &#171; kit d'injonction clef en main &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me avec les injonctions, c'est que cet outil juridique est normalement destin&#233; &#224; des conflits locaux et ponctuels. Il est donc totalement inadapt&#233; dans le cas du mouvement de gr&#232;ve global et g&#233;n&#233;ralis&#233; que nous connaissons aujourd'hui. D'ailleurs, dans tous les jugements qu'ils &#233;mettent, qu'ils soient favorables ou d&#233;favorables aux demandeurs, les juges regrettent d'avoir &#224; prendre position dans ce conflit et signalent que cela ne devrait pas &#234;tre leur r&#244;le. Ces juges se disent pris entre le marteau et l'enclume : ils voudraient ne pas s'immiscer dans un conflit dont la nature est politique, mais face &#224; une demande valide, leurs mains sont li&#233;es et ils doivent statuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'il faut entendre l'appel de Fran&#231;ois Rolland, le juge en chef de la cour sup&#233;rieure du Qu&#233;bec, qui a demand&#233; &#224; son ministre, Jean-Marc Fournier, de centraliser et d'encadrer les demandes d'injonction. Et l'on a vu, de nouveau, le gouvernement refuser la patate chaude : encore une fois, plus le conflit dure et gangr&#232;ne, mieux cela vaut &#233;lectoralement parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notamment, une difficult&#233; que soulevait Fran&#231;ois Rolland, est que les jugements rendus sont parfois contradictoires entre eux : certaines demandes sont accept&#233;es et d'autres sont refus&#233;es, alors m&#234;me que les cas se ressemblent. Pourquoi ? C'est &#224; cause de la nature des droits qui sont en opposition dans ces demandes. D'un c&#244;t&#233;, il y a le droit des non gr&#233;vistes &#224; suivre leurs cours. De l'autre, il y a le droit des gr&#233;vistes &#224; voir leur vote de gr&#232;ve respect&#233;, et ceci, en vertu de rien de moins que la Charte des droits et libert&#233;s et de la Loi sur les accr&#233;ditations et les financements des associations d'&#233;l&#232;ves ou d'&#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains juges ont donc statu&#233; en faveur des gr&#233;vistes, consid&#233;rant leurs droits comme constitutionnellement plus &#171; forts &#187; que ceux des non-gr&#233;vistes. La plupart des autres juges ont statu&#233; en faveur des demandeurs d'injonction, consid&#233;rant les situations comme &#171; urgentes &#187; et les dommages encourus comme &#171; irr&#233;parables &#187;. Enfin, quelques autres juges sont all&#233;s beaucoup plus loin, exigeant non pas le retour en classe des seuls demandeurs d'injonction, mais de tous les &#233;tudiants des programmes concern&#233;s, voire de l'&#233;tablissement, pour des motifs de convenances administratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur ce point, on louche un peu... Comment faut-il comprendre le fait que ces injonctions tr&#232;s &#233;largies soient le fait de juges ayant des affinit&#233;s av&#233;r&#233;es avec le parti lib&#233;ral ? Certains ont &#233;t&#233; nomm&#233;s par le PLQ (Michel Caron, &#233;metteur de l'injonction au Conservatoire de Musique de Montr&#233;al). D'autres ont &#233;t&#233; conseillers juridiques du PLQ (Ga&#233;tan Dumas, qui a les deux mandamus d'injonction de l'Universit&#233; et du Cegep de Sherbrooke &#224; son actif). D'autres ont &#233;t&#233; d&#233;put&#233;s du PLQ (Jean-Guy Dubois, &#233;metteur de l'injonction pour le Cegep de St-Jean-sur-Richelieu et ancien d&#233;put&#233; lib&#233;ral de Richmond-Arthabaska).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces cas, on peut raisonnablement se demander si ces juges n'ont pas un int&#233;r&#234;t id&#233;ologique &#224; peser du poids de leurs fonctions aux c&#244;t&#233;s du gouvernement. Si les injonctions qu'ils &#233;mettent ont r&#233;ellement un fondement juridique objectif. Si, tout en pr&#233;tendant jouer les redresseurs de torts neutres ayant uniquement &#224; c&#339;ur les droits des &#171; victimes de cette inique gr&#232;ve &#187;, ils ne profitent pas de l'occasion pour poursuivre la bataille politique en terrain judiciaire - participant, par la m&#234;me occasion, d'une porosit&#233; des instances de pouvoir tr&#232;s probl&#233;matique pour l'&#233;quilibre de nos institutions d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contradictions. Collusion. Empi&#233;tement de droits fondamentaux. D&#233;ni des principes d&#233;mocratiques. Il ne faut donc pas s'&#233;tonner si les gr&#233;vistes d&#233;fient les injonctions en bloquant l'acc&#232;s de leurs &#233;tablissements. Certes, celles-ci ont un caract&#232;re l&#233;gal, mais du point de vue de ce tout qui pr&#233;c&#232;de, elles apparaissent comme ill&#233;gitimes, et leur application &#233;largie est m&#234;me potentiellement inconstitutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement, des gr&#233;vistes de l'UQO, qui risquaient d'&#234;tre p&#233;nalis&#233;s pour manquement d'examens, ont ainsi r&#233;pondu au juridique par le juridique, mettant la direction de leur universit&#233; sous le coup d'une mise en demeure qui la menace d'un recours collectif. En vertu de la Charte et de la loi sur les accr&#233;ditations des associations &#233;tudiantes, on ne peut en effet reprocher de manquer des cours &#224; des &#233;tudiants qui respectent un vote de gr&#232;ve majoritaire. Sur ce mod&#232;le, on peut sans doute imaginer une &#171; pluie &#187; de mises en demeure de la part de tous les gr&#233;vistes injustement p&#233;nalis&#233;s par des applications abusives d'injonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le temps, ce n&#339;ud coulant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela qu'il ne faut pas croire &#224; un r&#232;glement du conflit par les injonctions. Ce vers quoi l'on va, c'est &#224; la fois un enlisement judiciaire et une poursuite des blocages pour d&#233;fier les injonctions. Et il faut souligner &#224; quel point cette deuxi&#232;me voie est particuli&#232;rement d&#233;chirante et violente pour les communaut&#233;s scolaires, puisque camarades verts et camarades rouges s'affrontent devant les portes de leurs &#233;tablissements, et puisque les administrations peuvent &#234;tre forc&#233;s &#224; recourir &#224; la police pour faire arr&#234;ter leurs propres &#233;tudiants et leurs propres professeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est &#233;vident que le gouvernement ne s'attend pas &#224; ce que 200 injoncteurs fassent rentrer en classe les quelques 170 000 &#233;tudiants gr&#233;vistes que le Qu&#233;bec compte encore aujourd'hui. En revanche, il tire autant profit des rouges qui y r&#233;sistent, que des verts qui en font la demande. Et il esp&#232;re que les tensions entre eux s'enveniment encore davantage. Que les parents, les professeurs, les policiers et les administrations rentrent dans la m&#234;l&#233;e. Que l'apparence de justice qui se range aux c&#244;t&#233;s des demandeurs exasp&#232;re un peu plus la population et les m&#233;dias. Que l'on accuse les professeurs et les syndicats de pousser les jeunes &#224; la dissidence anarchiste, au terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; ses offres bidons, le gouvernement esp&#232;re que l'on traite toujours plus d'enfants g&#226;t&#233;s irresponsables ceux qui les rejettent sans faillir alors que tout est contre eux : Contre eux, le temps de la session qui file. Contre eux, les injoncteurs et leur proc&#233;duri&#232;re pusillanimit&#233;. Contre eux, la police, les juges, les administrations. Contre eux, les m&#233;dias, leurs sondages biais&#233;s, leurs chroniqueurs r&#233;actionnaires, leurs journalistes id&#233;ologiquement acquis et intellectuellement passifs. Contre eux, la population endett&#233;e et incompr&#233;hensive, sa peur de taxes suppl&#233;mentaires et sa haine de tout ce qui perturbe sa routine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il esp&#232;re ainsi que l'on m&#233;sentende encore davantage la voix de ces jeunes adultes qui, malgr&#233; tout, poursuivent leur lutte avec un courage et une inventivit&#233; &#224; toute &#233;preuve, le c&#339;ur enracin&#233; dans la certitude d'avoir raison et l'avenir de leur bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il esp&#232;re que le temps coule autour de leur cou comme le n&#339;ud d'une corde de pendaison, comme l'&#233;trangleur lacet de cuir d'un garrot. Il esp&#232;re que cette jeunesse plie ou oublie qu'elle est l'allumeuse d'un nouveau peuple, la d&#233;fricheuse de topographies inconnues, l'inventeuse d'autres possibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il esp&#232;re que l'on parle de tout sauf de l'&#233;l&#233;phant. De tout sauf du socle de la discorde. De tout sauf de ces pr&#233;tendus besoins de l'universit&#233;, que personne ne justifie, que personne n'explique, mais dont il semble si in&#233;vitable de faire porter le fardeau &#224; ceux qui veulent y entrer. De tout sauf de l'origine des dettes de cet &#201;tat qui ne peut soudain plus prendre en charge la transmission des connaissances et l'&#233;dification de sa jeunesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre ouverte &#224; Monique Leroux du Mouvement Desjardins : De l'&#233;quilibre dans les r&#233;mun&#233;rations des hauts dirigeants</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lettre-ouverte-a-Monique-Leroux-du-Mouvement-Desjardins-De-l-equilibre-dans-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Lettre-ouverte-a-Monique-Leroux-du-Mouvement-Desjardins-De-l-equilibre-dans-les</guid>
		<dc:date>2012-05-06T11:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Grenier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu&#233;bec, le 6 mai 2010. &lt;br class='autobr' /&gt;
Carrefour Desjardins a/s Monique F. Leroux &lt;br class='autobr' /&gt;
Objet : De l'&#233;quilibre dans les r&#233;mun&#233;rations des hauts dirigeants &lt;br class='autobr' /&gt;
Bonjour Mme Leroux, &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis quelques ann&#233;es, nous observons une mont&#233;e vertigineuse des r&#233;mun&#233;rations des principaux dirigeants des banques, compagnies d'assurances, caisses populaires, etc. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces d&#233;s&#233;quilibres cr&#233;ent un sentiment de malaise et de g&#234;ne dans la population. En effet, les &#233;carts de revenu entre les dirigeants et les travailleurs de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu&#233;bec, le 6 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carrefour Desjardins&lt;br class='autobr' /&gt;
a/s Monique F. Leroux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objet : De l'&#233;quilibre dans les r&#233;mun&#233;rations des hauts dirigeants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonjour Mme Leroux,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Depuis quelques ann&#233;es, nous observons une mont&#233;e vertigineuse des r&#233;mun&#233;rations des principaux dirigeants des banques, compagnies d'assurances, caisses populaires, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ces d&#233;s&#233;quilibres cr&#233;ent un sentiment de malaise et de g&#234;ne dans la population. En effet, les &#233;carts de revenu entre les dirigeants et les travailleurs de la base sont tellement grands qu'ils deviennent une injustice sociale. Cette situation, qui va d'ailleurs toujours en s'amplifiant, est favorable au d&#233;veloppement de comportements criminels dans notre soci&#233;t&#233;. Ceux-ci vont &#233;ventuellement se manifester de plus en plus, comme dans plusieurs pays o&#249; il y a beaucoup d'&#233;cart entre les classes sociales. De plus, il est d&#233;montr&#233; que la grande majorit&#233; des gens riches, par leurs comportements ostentatoires, provoquent des sentiments d'envie. Ces sentiments am&#232;nent beaucoup de gens dans une spirale ascensionniste de surconsommation ce qui cr&#233;e l'endettement excessif de plusieurs et ce qui est &#233;galement tr&#232;s mauvais pour l'environnement. Effectivement, et m&#234;me si on ne le dit pas souvent, la consommation et la d&#233;gradation de l'environnement sont intimement li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je ne crois pas qu'une r&#233;mun&#233;ration de 1,56 millions soit raisonnable Mme Leroux. On utilise fr&#233;quemment l'argument voulant que d'autres dirigeants de banques ou d'autres compagnies gagnent plus. &#192; mon avis, c'est l&#224; une continuelle surench&#232;re qui n'a aucune base v&#233;ritablement logique. M&#234;me la question de r&#233;mun&#233;ration &#233;lev&#233;e pour garder les gens comp&#233;tents voire exceptionnels ne tient pas la route, car la cupidit&#233; est une tr&#232;s mauvaise valeur pour un bon leader. En fait, la r&#233;mun&#233;ration des dirigeants devrait plut&#244;t &#234;tre bas&#233;e, en grande partie, sur les v&#233;ritables besoins, puis ensuite sur des consid&#233;rations comme la comp&#233;tence et les responsabilit&#233;s. Le revenu d'une personne ne devrait pas d&#233;passer 200 000$ &#224; 300 000$ pour les postes les plus prestigieux. Le premier ministre Charest ne re&#231;oit-il pas 257 000$ comme premier ministre et avec le boni du Parti Lib&#233;ral du Qu&#233;bec. &#192; mon avis, ces salaires sont amplement suffisants pour combler tous les besoins raisonnables dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	M&#234;me si vous n'&#234;tes pas la plus haute salari&#233;e au Qu&#233;bec, je m'adresse &#224; vous parce que vous &#234;tes la personne la plus susceptible de d&#233;marrer un mouvement de recul chez les hauts salari&#233;s. Pourquoi vous, mais d'abord parce que vous &#234;tes une femme et que les femmes sont habituellement plus connect&#233;es aux valeurs humaines que les hommes. Aussi parce que vous &#234;tes dans le monde de la coop&#233;ration et de la solidarit&#233; qui sont par d&#233;finition des valeurs communautaires. De plus dans un mouvement coop&#233;ratif, comme celui que vous dirigez, le partage &#233;quitable des profits n'est-il pas &#224; la base des principes de coop&#233;ration ? Finalement, parce que la Caisse d'&#233;conomie solidaire est ma caisse depuis plusieurs ann&#233;es et que mon compte de banque a toujours &#233;t&#233; dans une caisse populaire depuis mon enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si jamais vous acceptiez de renoncer &#224; une partie de ce salaire faramineux, vous pourriez provoquer un mouvement d'adh&#233;sion &#224; la caisse pour les gens, qui comme moi, cherchent une institution financi&#232;re et une compagnie d'assurance o&#249; on y fait une bonne gouvernance. Une bonne gouvernance est, entre autre, que les dirigeants ne s'octroient pas des salaires et bonis excessifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	J'esp&#232;re Mme Leroux que mes arguments auront su vous convaincre des m&#233;faits de comportements financiers pr&#233;dateurs et des bienfaits d'une approche raisonnable, g&#233;n&#233;reuse et &#233;quilibr&#233;e sur le plan des r&#233;mun&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal Grenier, pr&#233;sident&lt;br class='autobr' /&gt;
Groupe de simplicit&#233; volontaire de Qu&#233;bec&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des citoyens difficiles &#224; gouverner</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Des-citoyens-difficiles-a-gouverner</link>
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		<dc:date>2012-05-05T15:33:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Baby</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'aurais l'&#226;ge d'&#234;tre le grand p&#232;re de la plupart d'entre vous. En plus, j'ai &#233;t&#233; professeur d'universit&#233; pendant pr&#232;s de quarante ans. J'en ai vu, j'en ai v&#233;cu des g&#233;n&#233;rations de toutes sortes, de toutes les couleurs, qui m'ont ballott&#233; entre espoir et d&#233;ception. J'ai vu, j'ai v&#233;cu les hippies, la contestation des ann&#233;es 60, les communes, les ML, la r&#233;pression &#233;conomique des ann&#233;es 80, l'accalmie provoqu&#233;e des ann&#233;es 90, la lutte contre la ZL&#201;A qui fut un moment celle de tous les espoirs, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'aurais l'&#226;ge d'&#234;tre le grand p&#232;re de la plupart d'entre vous. En plus, j'ai &#233;t&#233; professeur d'universit&#233; pendant pr&#232;s de quarante ans. J'en ai vu, j'en ai v&#233;cu des g&#233;n&#233;rations de toutes sortes, de toutes les couleurs, qui m'ont ballott&#233; entre espoir et d&#233;ception. J'ai vu, j'ai v&#233;cu les hippies, la contestation des ann&#233;es 60, les communes, les ML, la r&#233;pression &#233;conomique des ann&#233;es 80, l'accalmie provoqu&#233;e des ann&#233;es 90, la lutte contre la ZL&#201;A qui fut un moment celle de tous les espoirs, le gel des frais et le d&#233;gel &#233;tudiant de 2005, l'&#233;nigmatique Occupy et quoi encore. Dans ce modeste r&#244;le de passeur de g&#233;n&#233;rations, je crois en avoir vu assez pour me faire une id&#233;e juste de ce qui peut durer et de ce qui n'aura pas de suite. Ce qui tue l'espoir d'un monde vraiment meilleur, c'est que les mouvements de jeunes s'essoufflent rapidement. Tout se passe comme s'ils n'&#233;taient que des rites de passages et qu'&#224; terme, ils entraient dans une dormance dont ils ne sortaient plus jamais. Chaque g&#233;n&#233;ration de jeunes retourne alors dans l'ombre, renie ses &#171; erreurs de jeunesse &#187;, rassure l'ordre social &#233;tabli et dispara&#238;t comme force sociale autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224; qu'une autre vague est apparue en f&#233;vrier. Le Carr&#233; rouge s'est point&#233; en multitude. &#171; Mon nom est L&#233;gion parce que nous sommes nombreux, dit le poss&#233;d&#233; des d&#233;mons, [&#8230;] que personne ne pouvait dompter ! &#187; [Marc 5 : 9] Il rassemble et il dure. Et ce Carr&#233; rouge, quelque chose me dit que ce n'est pas pareil. On vous appelle les Y ; moi, j'ose esp&#233;rer que vous serez l'alpha et l'om&#233;ga d'un monde &#224; construire. Je vois dans votre fa&#231;on d'&#234;tre dans la rue, votre constance, votre d&#233;termination, votre coh&#233;rence et votre coh&#233;sion, votre refus des &#233;tiquettes et des orthodoxies, votre enthousiasme r&#233;aliste, votre sens du partage et de la solidarit&#233;, vos convictions, vos valeurs et votre dialectique, toutes les raisons d'esp&#233;rer que vos luttes laisseront des traces durables. Et je vous en crois capables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien vous cacher, je me plais &#224; r&#234;ver que vous pr&#233;figurez ce que le grand Condorcet voyait comme l'ultime r&#233;sultante de l'Instruction publique, des citoyennes, des citoyens difficiles &#224; gouverner, c'est &#224; dire des citoyens vigilants, &#233;veill&#233;s et agissants qui refusent de se laisser tondre et qui ne laissent rien passer qui soit attentatoire aux valeurs dans lesquelles nous croyons, notamment celles de justice, d'&#233;galit&#233; et d'&#233;quit&#233;, de tol&#233;rance, d'ouverture, de partage et de solidarit&#233;. Quand vous entrerez de plain pied dans la vie active, un danger vous guette comme il guettait vos a&#238;n&#233;s, celui que vous rentriez tous et toutes dans le rang. Vous aurez donc un choix &#224; faire. Il faudra qu'un nombre suffisant d'entre vous demeurent leur vie durant des citoyens difficiles &#224; gouverner, comme l'ont &#233;t&#233; Madeleine Parent, Michel Chartrand, Pierre Bourgault et tant d'autres. Quelque chose me dit que les gens de la CLASSE en sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous constituerez alors une force sociale qui ne sera pas assujettie aux al&#233;as du vote et qui ouvrira le chemin au pouvoir populaire. Tout le monde n'a pas acc&#232;s valablement au pouvoir et la d&#233;mocratie conna&#238;t bien d'autres voies utiles que celles des urnes. Cette force parall&#232;le deviendra l'indispensable avant garde d'une d&#233;mocratie capable de faire le contrepoids d'une soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale par trop assujettie aux notations de cr&#233;dit. Ici encore je vous en crois capables. Ce que vous vivez pr&#233;sentement n'est donc qu'un d&#233;but. Alors, comme on disait dans les ann&#233;es 60, continuons le combat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Baby, sociologue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur &#233;m&#233;rite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; Laval&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine.Baby@fse.ualaval.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la r&#233;volte &#224; l'&#233;meute</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/De-la-revolte-a-l-emeute</link>
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		<dc:date>2012-05-05T14:10:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mohamed A Brahimi</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Dieu se rit des hommes qui se plaignent des cons&#233;quences alors qu'ils en ch&#233;rissent les causes. &#187; Bossuet Jacques B&#233;nigne &lt;br class='autobr' /&gt; Au commencement &#233;tait la r&#233;volte... &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans notre monde structur&#233; par l'exploitation et l'oppression, des masses de gens n'ont &#224; proprement parler aucune existence. Ils sont oblig&#233;s de subir l'humiliation quotidienne &#224; cause de leur statut social, racial ou politique. Ces gens sont pr&#233;sents dans ce monde mais absents des d&#233;cisions concernant son avenir. Ils sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Dieu se rit des hommes qui se plaignent des&lt;br class='autobr' /&gt; cons&#233;quences alors qu'ils en ch&#233;rissent les causes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Bossuet Jacques B&#233;nigne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au commencement &#233;tait la r&#233;volte...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre monde structur&#233; par l'exploitation et l'oppression, des masses de gens n'ont &#224; proprement parler aucune existence. Ils sont oblig&#233;s de subir l'humiliation quotidienne &#224; cause de leur statut social, racial ou politique. Ces gens sont pr&#233;sents dans ce monde mais absents des d&#233;cisions concernant son avenir. Ils sont les sans-parts, les sans-voix de ce monde. Les r&#232;gles qui nous sont impos&#233;es par la fin de l'histoire les obligent &#224; se r&#233;signer face &#224; leur destin. Le jour o&#249; ces gens commencent &#224; prendre la parole et &#224; se r&#233;volter, ils commencent &#224; exister. C'est ce que scandaient les masses r&#233;volutionnaires dans les rassemblements en &#201;gypte : on n'existait pas et maintenant on existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette conscience qui nous fait sortir de notre torpeur quotidienne pour confronter les forces qui veulent nous priver de nos droits. Plusieurs &#233;tudiants du Qu&#233;bec sont dans cet &#233;tat d'esprit : on &#233;tait couch&#233;s, on s'est lev&#233;s et d'un coup , on se soul&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parc &#201;milie Gamelin est devenu la place o&#249; les groupes antagonistes se rejoignent (retrait&#233;s et &#233;tudiants, travailleurs et intellectuels, nationalistes et f&#233;d&#233;ralistes&#8230;) pour lutter ensemble. Cette foule n'a pas de programme pr&#233;&#233;tabli. Elle souhaite juste faire part de sa col&#232;re face aux impasses de notre soci&#233;t&#233;. C'est &#224; partir de ce type d'&#233;v&#233;nements que s'ouvrent des possibilit&#233;s in&#233;dites. Dans son orgueil , Charest, le premier ministre du Qu&#233;bec, croit satisfaire &#224; une &#171; demande &#187; d'&#233;tudiants mais la col&#232;re qu'il provoque est beaucoup plus large. Elle d&#233;montre un probl&#232;me d'ordre syst&#233;mique. Indirectement, les manifestants montrent la limite de l'ensemble form&#233; par l'&#233;conomie de march&#233; et la d&#233;mocratie parlementaire, ensemble donn&#233; comme une norme ind&#233;passable. Chaque soir, on veut inventer notre propre r&#233;alit&#233;. Telle est la force cr&#233;atrice qui habite le mouvement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vivons-nous une p&#233;riode d'&#233;meutes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;ponse qui me vient &#224; l'esprit c'est oui. On n'a qu'&#224; penser aux &#233;v&#233;nements r&#233;cents en Gr&#232;ce, en Islande, en Angleterre&#8230; Au Qu&#233;bec, une tension forte peut &#234;tre palpable &#224; travers l'opposition au salon du Plan Nord ou &#224; la lutte &#233;tudiante contre les injonctions anti-gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vent de m&#233;contentement peut s'expliquer, bien entendu, par la crise syst&#233;mique du capitalisme qui dure depuis quatre ans. Celle-ci ram&#232;ne son lot d'impasses sociales et de mis&#232;re. Face &#224; cette situation, les faiblesses des r&#233;gimes politiques en place sont devenues manifestes, avec comme unique substance d'&#234;tre au service du syst&#232;me &#233;conomique dominant. Les diff&#233;rents acteurs politiques ont r&#233;ussi &#224; se d&#233;cr&#233;dit&#233; au pr&#232;s de la population toute alternative de gauche comme de droite. Le gouvernement Charest en est un bon exemple avec ses mesures d'aust&#233;rit&#233; dans plusieurs domaines (&#233;ducation , sant&#233; &#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est dans une s&#233;quence durant laquelle la logique de r&#233;volte n'est pas encore arrim&#233;e &#224; un projet r&#233;volutionnaire qui se pr&#233;senterait explicitement comme une alternative. C'est au cours de telles p&#233;riodes que les forces de la r&#233;action condamnent la violence spontan&#233;e des peuples contre le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce discours, il est important de rappeler aux &#233;tudiants que l'on ne peut pas d&#233;finir un mouvement populaire &#224; travers les d&#233;sirs m&#233;prisants des dirigeants. Les &#233;tudiants sont en train de cr&#233;er un nouvel espace de justice sociale et de d&#233;mocratie au sens noble du terme : le pouvoir du peuple. Dans ce cadre, on ne peut pas condamner les r&#233;volt&#233;s et les exclus du syst&#232;me ainsi que leurs actes de rage contre la vitrine d'une institution financi&#232;re ou n'importe quel signe d'injustice sociale. M&#234;me si ces actes ne sont pas encore des alternatives on doit les accepter et questionner le syst&#232;me qui les conditionne, &#224; savoir Le Capitalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre &#224; M. Hamad &#224; propos de votre position sur l'A&#201;CG</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lettre-a-M-Hamad-a-propos-de-votre-position-sur-l-AECG</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Lettre-a-M-Hamad-a-propos-de-votre-position-sur-l-AECG</guid>
		<dc:date>2012-05-05T11:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise Breault </dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bonjour M. Hamad, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cemment, j'ai &#233;cout&#233; attentivement le vid&#233;o o&#249; Mme Louise Beaudoin vous questionnait &#224; propos de l'A&#201;CG Canada-Europe. http://www.youtube.com/watch?v=OqBntswGPi8&amp;feature=youtu.be &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai appr&#233;ci&#233; le franc-parler de Mme Beaudoin, son int&#233;grit&#233; et sa d&#233;fense de la d&#233;mocratie. Malheureusement, face aux questions extr&#234;mement importantes qu'elles vous posaient vous vous &#234;tes d&#233;fil&#233; en refusant d'aborder les v&#233;ritables enjeux de cet accord en utilisant la langue de bois. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bonjour M. Hamad,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, j'ai &#233;cout&#233; attentivement le vid&#233;o o&#249; Mme Louise Beaudoin vous questionnait &#224; propos de l'A&#201;CG Canada-Europe. &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=OqBntswGPi8&amp;feature=youtu.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=OqBntswGPi8&amp;feature=youtu.be&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai appr&#233;ci&#233; le franc-parler de Mme Beaudoin, son int&#233;grit&#233; et sa d&#233;fense de la d&#233;mocratie. Malheureusement, face aux questions extr&#234;mement importantes qu'elles vous posaient vous vous &#234;tes d&#233;fil&#233; en refusant d'aborder les v&#233;ritables enjeux de cet accord en utilisant la langue de bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Hamad vous savez tr&#232;s bien que cet accord est anti-d&#233;mocratique tant pour son contenu que pour le processus suivi. Il est aberrant de constater qu'un accord qui affectera la vie de milliers de citoyens soit n&#233;goci&#233; sans que les citoyens soient au courant. Non seulement les citoyens sont exclus mais &#233;galement les d&#233;put&#233;s, alors que ce sont ceux qu'on on &#233;lus pour nous repr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette collusion entre politiciens et grandes Compagnies qui dictent leurs quatre volont&#233;s aux gouvernements de ce monde est d'un cynisme incroyable. Ensuite vous faites semblant de vous scandaliser que beaucoup de citoyens soient cyniques vis-&#224;-vis leurs politiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le gouvernement du Parti Qu&#233;becois a approuv&#233; les premiers &#171; accords de libre-&#233;change &#187;, il l'a fait en toute bonne foi. La r&#233;alit&#233; a d&#233;montr&#233; qu'avec ces accords les citoyens paient le prix fort dans cette courte folle au profit qu'est la globalisation. Ces accords ont &#233;t&#233; con&#231;us par l'oligarchie et uniquement pour prioriser leurs int&#233;r&#234;ts aux d&#233;pens des citoyens. Vous avez s&#251;rement lu cette citation de Percy Barvenik, ex-pr&#233;sident de ABB : &#171; Je d&#233;finirais la globalisation comme la libert&#233; pour mon groupe d'investir o&#249; il veut, le temps qu'il veut, pour produire ce qu'il veut, en s'approvisionnant et en vendant o&#249; il veut, et en ayant &#224; supporter le moins de contraintes possibles en mati&#232;re de droit du travail et de conventions sociales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franklin D. Roosevelt a dit en 1938 : &#171; La libert&#233; dans une d&#233;mocratie n'est pas assur&#233;e si le peuple tol&#232;re que la puissance priv&#233;e grandisse au point qu'elle devienne plus forte que l'&#233;tat lui-m&#234;me. Ce qui fondamentalement est le fascisme. &#187; Pr&#233;sentement la puissance priv&#233;e se cache derri&#232;re une apparence de d&#233;mocratie. Mais de moins en moins de citoyens sont dupes. Les &#233;lections sont la coquille de la d&#233;mocratie. Si entre chaque &#233;lection, les d&#233;cisions prises par le gouvernement ne le sont pas dans l'int&#233;r&#234;t collectif des citoyens, on peut dire alors qu'on a affaire &#224; une coquille ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous ne voulez pas que l'histoire juge votre gouvernement comme celui d'une coquille vide de d&#233;mocratie, il est urgent de choisir au plus vite de prendre le parti des gens et non des puissances de l'argent. Cons&#233;quemment d'exclure Hydro-Qu&#233;bec et TOUS les services publics de ces accords et d'int&#233;grer les d&#233;put&#233;s dans le processus et les d&#233;cisions de l'A&#201;CG Canada-Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une citoyenne qui a la d&#233;mocratie &#224; c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Fran&#231;oise Breault&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre ouverte aux &#233;chevins de Trois-Rivi&#232;res</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lettre-ouverte-aux-echevins-de-Trois-Rivieres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Lettre-ouverte-aux-echevins-de-Trois-Rivieres</guid>
		<dc:date>2012-05-05T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Duchesne</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Les plus grands triomphes&#8230;de propagande ont &#233;t&#233; accomplis, non pas en faisant quelque chose, mais en s'abstenant de faire. Grande est la v&#233;rit&#233;, mais plus grand encore, du point de vue pratique, est le silence au sujet de la v&#233;rit&#233;. En s'abstenant simplement de faire mention de certains sujets, en abaissant&#8230;un rideau de fer entre (les citoyens) et tels faits ou raisonnements que les chefs politiques locaux consid&#232;rent comme ind&#233;sirables, les propagandistes totalitaires (influencent) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les plus grands triomphes&#8230;de propagande ont &#233;t&#233; accomplis, non pas en faisant quelque chose, mais en s'abstenant de faire. Grande est la v&#233;rit&#233;, mais plus grand encore, du point de vue pratique, est le silence au sujet de la v&#233;rit&#233;. En s'abstenant simplement de faire mention de certains sujets, en abaissant&#8230;un rideau de fer entre (les citoyens) et tels faits ou raisonnements que les chefs politiques locaux consid&#232;rent comme ind&#233;sirables, les propagandistes totalitaires (influencent) l'opinion &#8230; &#187;* &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;ance publique du Conseil de Trois-Rivi&#232;res du 2012-04-16 nous confirme une fois de plus que l'attitude arrogante et m&#233;prisante et le comportement erratique du Maire L&#233;vesque rendent impossibles toute discussion sereine et tout d&#233;bat d&#233;mocratique dans ce qui devrait &#234;tre l'enceinte de la d&#233;mocratie pour les trifluvien-ne-s. &#192; moins d'&#234;tre totalement obnubil&#233;, tout observateur, de quelque all&#233;geance politique qu'il soit, ne peut qu'en faire le constat. En tant que citoyen, j'en appelle &#224; votre intelligence et &#224; votre int&#233;grit&#233; : on ne peut &#224; la fois se dire ou se croire d&#233;mocrate et approuver, ne serait-ce qu'en gardant silence, la fa&#231;on brutale et chaotique avec laquelle il m&#232;ne les s&#233;ances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un M. Gentes, qui souhaitait informer les &#233;chevins d'&#233;l&#233;ments importants avant le vote d'une r&#233;solution sur la vente d'un terrain, s'est fait rabrouer par le maire, celui-ci l'emp&#234;chant de s'exprimer. M&#234;me &#224; la p&#233;riode de questions, alors que ce citoyen &#233;tait en train de parler, le maire a subitement d&#233;clar&#233; la s&#233;ance lev&#233;e, malgr&#233; les protestations l&#233;gitimes du citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'&#233;chevin Sylvie Tardif tenta d'exprimer son point de vue, le maire n'a cess&#233; de l'interrompre &#224; tue-t&#234;te, au point m&#234;me d'emp&#234;cher l'audience d'entendre, et donc de comprendre quoi que ce soit aux propos de l'&#233;chevin. Quelques minutes plus tard, il r&#233;cidivait avec l'&#233;chevin Alain Croteau, nous emp&#234;chant encore une fois de bien comprendre les propos exprim&#233;s. Quand on lit la Griffe &#224; Beaudoin du Nouvelliste du 2012-04-19, on comprend mieux pourquoi le maire ne souhaitait pas qu'on aborde ce sujet ; le journaliste y relate les relents de magouille possible dans cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, pendant que l'&#233;chevin Andr&#233; No&#235;l faisait une d&#233;claration, le maire est all&#233; discuter avec un de ses conseillers, sans aucun &#233;gard pour l'&#233;chevin et l'assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un autre moment, c'est M. Philippe Giroul qui s'est fait grossi&#232;rement interrompre par les jappements du maire, alors qu'il tentait d'informer le Conseil des co&#251;ts &#233;ventuels de la fluoration de l'eau, citant l'exemple de Ville de Laval. Le maire l'a envoy&#233; promener sans r&#233;pondre intelligemment &#224; aucune de ses observations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, c'est ce qu'il fait &#224; chaque s&#233;ance, circulant, interrompant, vocif&#233;rant, sans &#233;couter qui que ce soit d'autre que lui-m&#234;me, sauf occasionnellement sur des sujets peu controvers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ma premi&#232;re visite au Conseil, alors que j'avais la na&#239;vet&#233; de croire que l'enceinte publique &#233;tait un lieu propice au dialogue avec les &#233;lus, le petit caporal** m'a litt&#233;ralement emp&#234;ch&#233; de parler de la d&#233;marche du RMQ-F&#201;SR*** concernant notamment le transport de d&#233;chets radioactifs sur le fleuve. J'apprenais ensuite qu'il avait volontairement n&#233;glig&#233; d'en informer les &#233;lus, malgr&#233; plusieurs relances de la part du Regroupement. C'&#233;tait son motif pour emp&#234;cher un citoyen d'utiliser sereinement son droit de parole dans l'enceinte de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire disait r&#233;cemment aimer Trois-Rivi&#232;res. Toutefois, il oublie qu'une ville, c'est d'abord les gens qui l'habitent, et ceux-l&#224; il ne les aime pas. Quand on aime, on respecte. L'enceinte du Conseil n'est pas le salon du maire, c'est le salon des citoyens. Les invit&#233;s n'y sont pas les citoyens, mais les &#233;lus que les citoyens veulent bien y accueillir, en ayant vot&#233; pour eux et en les honorant de leur pr&#233;sence et de leurs interventions. Le maire doit apprendre &#224; avoir un minimum d'&#233;gards envers ses h&#244;tes. Et ses acolytes ont le devoir de le lui rappeler. &#202;tre d&#233;mocrate, ce n'est pas seulement &#233;lire et se faire &#233;lire, c'est d'abord et surtout favoriser l'exercice de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(*)	Le meilleur des mondes, Aldous Huxley, pr&#233;f. &#233;d. de 1946, Livre de poche, 346-347, p. 19-20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(**)	&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Caporal&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Caporal&lt;/a&gt; &#171; Le Petit Caporal, surnom de l'empereur Napol&#233;on Ier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(***)	Regroupement municipal qu&#233;b&#233;cois pour un futur &#233;nerg&#233;tique socialement responsable&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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