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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Journ&#233;es d'&#233;tude : &#171; L'&#233;ducation pour faire soci&#233;t&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Journees-d-etude-L-education-pour-faire-societe</link>
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		<dc:date>2012-10-02T08:35:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ren&#233; Lapierre, Claire Fortier, Diane Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Profs contre la hausse</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-10-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mai dernier, lors d'une r&#233;union de Profs contre la hausse (PCLH), est n&#233;e l'id&#233;e de former un comit&#233; de Profs pour des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'&#233;ducation. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du journal des Profs contre la hausse, La Matraque) &lt;br class='autobr' /&gt; Trois principales raisons motivaient la formation de ce comit&#233;. D'abord, la gr&#232;ve &#233;tudiante a permis de d&#233;battre de plusieurs enjeux fort importants et nous voulions prendre le temps d'en approfondir un : nous sommes tous d'accord pour affirmer que nous nous opposons &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-136-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Profs-contre-la-hausse-754-+" rel="tag"&gt;Profs contre la hausse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-10-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-10-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L114xH150/arton11805-0980b.png?1781505655' class='spip_logo spip_logo_right' width='114' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mai dernier, lors d'une r&#233;union de Profs contre la hausse (PCLH), est n&#233;e l'id&#233;e de former un comit&#233; de Profs pour des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du journal des Profs contre la hausse, La Matraque)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois principales raisons motivaient la formation de ce comit&#233;. D'abord, la gr&#232;ve &#233;tudiante a permis de d&#233;battre de plusieurs enjeux fort importants et nous voulions prendre le temps d'en approfondir un : nous sommes tous d'accord pour affirmer que nous nous opposons &#224; la marchandisation de l'&#233;ducation, mais apr&#232;s plus d'un quart de si&#232;cle de colonisation n&#233;olib&#233;rale, quel sens voulons-nous (re)donner &#224; l'enseignement sup&#233;rieur et comment y parvenir ? De plus, une p&#233;tition, sign&#233;e par 17 451 personnes en avril r&#233;clamant un moratoire sur la hausse des droits de scolarit&#233; et des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'&#233;ducation, est rest&#233;e lettre morte du c&#244;t&#233; du gouvernement lib&#233;ral. Les consid&#233;rants de cette p&#233;tition mentionnaient, entre autres, que le d&#233;bat des droits de scolarit&#233; touche non seulement la dimension &#233;conomique mais aussi philosophique et sociale et qu'il faut construire une &#233;cole &#233;mancipatrice, ind&#233;pendante et citoyenne pour former des citoyens critiques et cr&#233;atifs. Nous voulons prendre les devants pour pr&#233;parer ces &#233;tats g&#233;n&#233;raux et cr&#233;er un espace de r&#233;flexion entre profs de c&#233;geps et d'universit&#233;s afin de pr&#233;ciser ces &#233;nonc&#233;s. Enfin, comme Guy Rocher le mentionnait lors d'une activit&#233; intersyndicale en mai dernier, il est exceptionnel de voir des profs des c&#233;geps et des universit&#233;s travailler ensemble. Ce groupe PCLH nous donne l'occasion d'une structure unique o&#249; des profs peuvent r&#233;fl&#233;chir, en toute coll&#233;gialit&#233;, avec un engagement politique certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organiser des &#233;tats g&#233;n&#233;raux rel&#232;ve d'un mandat de l'&#201;tat. Nous, Profs pour des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'&#233;ducation, voulons, lors de journ&#233;es d'&#233;tude, pr&#233;ciser ce que signifie enseigner et faire de la recherche au c&#233;gep et &#224; l'universit&#233; ainsi que discuter de leurs d&#233;finitions, de leur mission fondamentale, d'accessibilit&#233; et de financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous souhaitons r&#233;fl&#233;chir sur ce que nous voulons comme enseignement sup&#233;rieur, ce qu'on en a fait et ce qu'on a oubli&#233; en cours de route. Au Qu&#233;bec, l'&#233;ducation est malmen&#233;e. Les probl&#232;mes d'engorgement des urgences et du syst&#232;me de sant&#233; en g&#233;n&#233;ral ont occult&#233;, depuis plus d'un quart de si&#232;cle, l'importance que nous devrions lui accorder. Des d&#233;cisions politiques, prises depuis les ann&#233;es 1990 avec les Robillard, Marois et Legault comme ministres de l'&#201;ducation, se sont effectu&#233;es dans cette logique marchande : la d&#233;centralisation des c&#233;geps les a mis en comp&#233;tition, les comp&#233;tences permettent, entre autres, d'arrimer la formation au march&#233; du travail, la rationalisation des programmes s'effectue selon leur performance et les plans de r&#233;ussite pour le plus grand nombre commandent des objectifs mesurables afin de &#171; Prendre le virage du succ&#232;s &#187;. Dans les universit&#233;s, il est d&#233;sormais question d'assurance qualit&#233; associ&#233;e &#224; des standards d'efficience et d'efficacit&#233;. Qu'advient-il de la libert&#233; acad&#233;mique quand &#171; [&#8230;] la connexion entre l'universit&#233; et l'entreprise se fait chaque ann&#233;e de fa&#231;on toute naturelle &#187; ? L'&#233;ducation soumise aux exigences du march&#233; favorise d&#233;j&#224; dans plusieurs pays des d&#233;partements techniques au d&#233;triment de d&#233;partements de litt&#233;rature, philosophie ou sciences humaines. Des domaines des sciences pures associ&#233;s &#224; des savoirs fondamentaux sont n&#233;glig&#233;s au profit de ce qui est potentiellement &#171; brevetable &#187;. C'est tout ce mod&#232;le d'instrumentalisation commerciale de l'&#233;ducation dans le cadre de l'&#233;conomie du savoir, entrainant l'&#233;ducation dans des d&#233;rives &#233;conomicistes et technicistes, que le mouvement &#233;tudiant a remis en question depuis ce Printemps qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement &#233;tudiant a donc su &#233;lever le d&#233;bat bien au-dessus de la question de la hausse des droits de scolarit&#233; en ravivant deux id&#233;aux de la R&#233;volution tranquille : la gratuit&#233; scolaire &#224; l'universit&#233; et l'id&#233;e de l'&#233;mancipation individuelle et collective par l'&#233;ducation. Il est important que le savoir soit accessible &#224; tous ceux et celles qu'il int&#233;resse mais cette d&#233;mocratisation du savoir ne doit pas &#234;tre confondue avec une massification de l'universit&#233;. La mobilisation &#233;tudiante permet, dans l'espace public, de repenser le monde et s'effectue au nom des g&#233;n&#233;rations futures. Ces &#233;tudiantEs, non seulement leurs porte-parole mais tous ceux et celles entenduEs dans la rue ou dans les m&#233;dias, ont d&#233;montr&#233; cr&#233;ativit&#233;, solidarit&#233; et rigueur de pens&#233;e. Ces &#233;tudiantEs, que plusieurs consid&#233;raient comme amorphes, apolitiques, individualistes voire m&#234;me comme des &#171; demi-civilis&#233;s &#187;, ont pouss&#233; le Qu&#233;bec &#224; la maturit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s plus de six mois d'absence en classe pour plusieurs d'entre nous, il nous semble que nous ne pourrons plus enseigner ou &#233;tudier de la m&#234;me fa&#231;on. Cette gr&#232;ve &#233;tudiante laissera des marques. Les prochaines g&#233;n&#233;rations &#233;tudiantes seront en classe empreintes d'une nouvelle conscience sociale puisque cette gr&#232;ve aura permis de retrouver la capacit&#233; d'agir collectivement et l'espoir d'un monde meilleur. Il est encore possible de faire soci&#233;t&#233; et l'&#233;ducation est l'une des assises de ce grand projet. &#171; L'&#233;ducation pour faire soci&#233;t&#233; &#187; est le th&#232;me de ces premi&#232;res journ&#233;es d'&#233;tude qui se tiendront les 26 et 27 octobre 2012 au Pavillon J.A. De S&#232;ve, UQ&#192;M-DS-R510.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conf&#233;rence publique intitul&#233;e &#171; Quel projet &#233;ducatif pour le Qu&#233;bec ? &#187; permettra, le vendredi soir, de brosser un bref historique de l'&#233;volution du syst&#232;me d'&#233;ducation qu&#233;b&#233;cois depuis la R&#233;forme Parent dans le but de saisir comment le Qu&#233;bec a d&#233;vi&#233; de la d&#233;mocratisation alors mise de l'avant et d'identifier des fa&#231;ons d'y revenir. La journ&#233;e du samedi sera consacr&#233;e &#224; d&#233;battre des d&#233;rives technicistes et &#233;conomicistes de l'&#233;ducation. Enfin, les &#233;tudiantEs sont chaudement invit&#233;Es &#224; participer &#224; ces journ&#233;es d'&#233;tude. Le programme sera disponible sous peu ainsi que les pistes de r&#233;flexion qui y seront abord&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#9632;&#9632; Claire Fortier, Coll&#232;ge &#201;douard-Montpetit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632;&#9632; Diane Lamoureux, Universit&#233; Laval&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9632;&#9632; Ren&#233; Lapierre, Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al&lt;br class='autobr' /&gt;
&#9632;&#9632; Rafa&#235;lle Sinave, C&#233;gep de St-J&#233;r&#244;me&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Salut &#224; toi l'&#233;tudiantE</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Salut-a-toi-l-etudiantE</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Salut-a-toi-l-etudiantE</guid>
		<dc:date>2012-09-25T09:00:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux, Benoit Guilmain, St&#233;phane Thellen</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-09-25</dc:subject>
		<dc:subject>Profs contre la hausse</dc:subject>
		<dc:subject>Les 100 premiers jours du gouvernement p&#233;quiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions dans cette &#233;dition de Presse-toi &#224; gauche ! l'&#233;ditorial et deux autres articles tir&#233;s du journal des Profs contre la hausse. Ce journal est une contribution importante au bilan de cette lutte historique du mouvement &#233;tudiant et des perspectives qu'elle a esquiss&#233;es pour la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. (R&#233;daction de Presse-toi &#224; gauche !) &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; du journal :&#034;Ceci n'est pas LA MATRAQUE des profs contre la hausse&#034;, Automne 2012 &lt;br class='autobr' /&gt; Ce journal, nous le donnons aux &#233;tudiantEs qui ont su par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-de-solidarite-internationaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement de solidarit&#233; internationaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-09-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-09-25&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Profs-contre-la-hausse-754-+" rel="tag"&gt;Profs contre la hausse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Les-100-premiers-jours-du-gouvernement-pequiste-+" rel="tag"&gt;Les 100 premiers jours du gouvernement p&#233;quiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L143xH150/arton11711-a8d7f.png?1781424944' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions dans cette &#233;dition de Presse-toi &#224; gauche ! l'&#233;ditorial et deux autres articles tir&#233;s du journal des Profs contre la hausse. Ce journal est une contribution importante au bilan de cette lutte historique du mouvement &#233;tudiant et des perspectives qu'elle a esquiss&#233;es pour la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. (R&#233;daction de Presse-toi &#224; gauche !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; du journal :&#034;Ceci n'est pas LA MATRAQUE des profs contre la hausse&#034;, Automne 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce journal, nous le donnons aux &#233;tudiantEs qui ont su par leur mobilisation sans pr&#233;c&#233;dent dynamiser le paysage politique qu&#233;b&#233;cois. Leur parole luxuriante et leur opposition cr&#233;ative aux chantres de l'aust&#233;rit&#233; et de la &#171; juste part &#187; nous motivent dans notre propre pratique de la libert&#233; politique. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, professeurEs contre la hausse, d&#233;ployons ici nos plumes &#224; la fois analytiques, pol&#233;miques, po&#233;tiques et impressionnistes. Cette tribune cherche &#224; poursuivre la r&#233;flexion sur les enjeux socio-politiques soulev&#233;s par la gr&#232;ve &#233;tudiante. Par cet acte de parole, nous esp&#233;rons nourrir notre engagement politique commun en continuant de tisser les liens qui nous unissent d&#233;sormais en tant que compagnons de luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un printemps politique &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#234;ve d'un &#034;Printemps qu&#233;b&#233;cois&#034; s'est finalement accompli, &#224; la surprise de tous, y compris des grands r&#234;veurs. Le mouvement &#233;tudiant est parvenu &#224; imposer un grand d&#233;bat sur le projet n&#233;olib&#233;ral. Depuis plus de 30 ans l'&#339;uvre des n&#233;olib&#233;raux vise &#224; assujettir les services publics et l'ensemble des aspects de la vie en soci&#233;t&#233; aux imp&#233;ratifs du capitalisme financier et des corporations transnationales. Cette logique s'incarne aujourd'hui &#224; travers la &#171; r&#233;volution tarifaire &#187; impos&#233;e par le gouvernement du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a cr&#233;&#233; la surprise chez nos &#233;lites bien pensantes et qui a d&#233;rang&#233; le pouvoir, c'est qu'apr&#232;s plusieurs d&#233;cennies de fatalisme no future et de repli dans la sph&#232;re priv&#233;e &#034;we dont need no education&#034;, voil&#224; qu'&#233;merge un acteur politique fort parce que conscient et agissant. Par sa parole nouvelle et libre, le mouvement &#233;tudiant a r&#233;instaur&#233; l'id&#233;e m&#234;me du conflit, fondement du politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette libert&#233; politique r&#233;appropri&#233;e devait s'exprimer dans l'espace public, et c'est justement parce que l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral a &#233;t&#233; vid&#233; de sa substance politique que la rue a repris ses droits &#224; titre d'espace public et qu'elle a permis le rassemblement de toutes les tendances critiques de la soci&#233;t&#233;. &#192; leur fa&#231;on, &#233;tudiants, professeurs, parents, artistes, travailleurs et indign&#233;s, endeuill&#233;s de la d&#233;mocratie et de la libert&#233; d'expression, ont particip&#233; au d&#233;blocage de l'histoire en s'opposant &#224; la gouvernance n&#233;olib&#233;rale. Parce qu'il s'est inscrit dans la filiation des luttes des indign&#233;s, altermondialistes, f&#233;ministes, &#233;cologistes, le mouvement &#233;tudiant a moins provoqu&#233; un conflit entre les g&#233;n&#233;rations qu'une rupture avec l'ordre &#233;tabli. La force de ce mouvement a &#233;t&#233; de lancer un appel &#224; la solidarit&#233; afin que nous remettions l'Histoire en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Violence et intimidation des opposants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre par le gouvernement Charest et ses serviteurs pour faire barrage &#224; ce retour du politique, colmater la br&#232;che cr&#233;&#233;e par le mouvement &#233;tudiant, briser la jeunesse en essor. La violence dont nous avons &#233;t&#233; t&#233;moins &#224; l'&#233;gard des &#233;tudiantEs gr&#233;vistes et de tous ceux et celles qui leur ont &#233;t&#233; solidaires est &#224; la mesure de la volont&#233; du mouvement &#233;tudiant de s'engager dans la voie politique. Plus la r&#233;sistance institu&#233;e par l'action politique fut grande, plus la r&#233;pression de l'ordre planifi&#233; &#224; son &#233;gard aura &#233;t&#233; violente. Ce ne sont pas tant les &#233;tudiants eux-m&#234;mes qui ont &#233;t&#233; vis&#233;s mais plut&#244;t ce qu'ils incarnaient dans leurs revendications face &#224; la &#171; r&#233;volution tarifaire &#187; et surtout, leur volont&#233; d'imaginer de nouvelles fa&#231;ons d'habiter le monde. En ce sens, la brutalit&#233; polici&#232;re a constitu&#233; la face visible du matraquage de la d&#233;mocratie. Par chacune de leurs attaques, les lib&#233;raux-conservateurs vidaient le langage de son sens. Par chacune de leurs attaques, les m&#233;dias corporatistes participaient au m&#233;pris de la v&#233;rit&#233;. Par chacune de leurs attaques, les administrations d'enseignement ont fait des &#233;tudiants et des professeurs des &#171; intrus &#187; dans leur propre alma mater. Par chacune de leurs attaques, les tribunaux ont mis le feu aux portes des institutions scolaires. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brutalit&#233; &#233;tatique&lt;/strong&gt;. Pour nous, il est clair que le mouvement &#233;tudiant n'a jamais eu d'opposition politique. Alors que les &#233;tudiants argumentaient de mani&#232;re responsable comme gardien du bien public, le gouvernement mentait en leur crachant des slogans pr&#233;fabriqu&#233;s par des firmes priv&#233;es de marketing &#171; politique &#187; : &#171; 0,50$ par jour &#187;, &#171; boycott &#233;tudiant &#187;, &#171; juste part &#187;, &#171; la porte a toujours &#233;t&#233; ouverte &#187;, &#171; le carr&#233; rouge symbolise la violence et l'intimidation &#187;, la loi matraque &#171; pour rendre accessible les &#233;tudes et r&#233;tablir la paix sociale &#187; et plus r&#233;cemment &#171; la d&#233;mocratie c'est la majorit&#233; silencieuse contre le bruit de la rue &#187;. Tout cet arsenal rh&#233;torique d&#233;ploy&#233; par les officines minist&#233;rielles (&#201;ducation, Jeunesse, S&#233;curit&#233; publique, Justice, Finances, Conseil du Tr&#233;sor, Culture, Transports) vise &#224; &#233;radiquer la possibilit&#233; d'un d&#233;bat rationnel, remettant ainsi en question la possibilit&#233; m&#234;me de penser collectivement les fa&#231;ons de vivre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brutalit&#233; m&#233;diatique.&lt;/strong&gt; &#192; travers la diffusion de la propagande et du mensonge lib&#233;ral, les m&#233;dias corporatistes ont &#224; moult reprises fait violence &#224; la v&#233;rit&#233;. Qui n'a pas &#233;t&#233; abasourdi par l'&#233;cart entre ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu au fil des mois et sa repr&#233;sentation m&#233;diatique ? Qui n'a pas &#233;t&#233; troubl&#233; d'apprendre que la brutalit&#233; polici&#232;re n'&#233;tait que l'expression d'une mesure raisonnable, que le d&#233;sordre ne pouvait que provenir des manifestants, que les assembl&#233;es &#233;tudiantes &#233;taient des lieux o&#249; r&#233;gnaient l'intimidation et l'absence de transparence alors que nous assistions davantage &#224; une prise de parole libre, intelligente et critique ? Les m&#233;dias de masse ont ainsi contribu&#233; &#224; faire taire les d&#233;bats de fond s'engageant avec une &#233;tonnante &#171; rigueur &#187; dans une campagne de peur et de d&#233;l&#233;gitimation de la gr&#232;ve, du mouvement &#233;tudiant et de la rue comme espace public. Cela aura eu pour effet d'&#233;riger des barricades mentales emp&#234;chant de voir et de comprendre la r&#233;alit&#233; derri&#232;re le simulacre. Penser autrement, librement, au-del&#224; des images t&#233;l&#233;visuelles et propos journalistiques cens&#233;s donner un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; au r&#233;el, devenait ainsi un d&#233;fi intellectuel presque insurmontable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brutalit&#233; juridique. &#192; coup de maillet, notamment par l'activisme de certains juges qui produisaient &#224; la cha&#238;ne des injonctions clefs en main, le syst&#232;me judiciaire a non seulement d&#233;l&#233;gitim&#233; le r&#244;le historique des &#233;tudiants et des professeurs dans la gestion interne des &#233;tablissements scolaires, mais a aussi servi d'appareil pour contrer la gr&#232;ve en la sortant de sa dimension politique. Parce que ces injonctions sous-tendent la reconnaissance l&#233;gale du statut d'utilisateur-payeur de l'&#233;tudiant, elles ont aussi particip&#233; &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de la d&#233;rive marchande de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brutalit&#233; administrative&lt;/strong&gt;. Le pouvoir manag&#233;rial s'est manifest&#233; dans toute sa quintessence en confondant &#233;ducation et industrie de la diplomation, en enfermant les &#233;tudiants dans leur r&#244;le de clients, les professeurs dans celui de salari&#233;s prestataires de service, comme s'il n'y avait rien de relationnel et de civilisationnel dans le processus de transmission et d'acquisition de connaissances. Cela s'est manifest&#233; par des administrations qui ont tent&#233; de forcer un retour en classe sous la pression des forces polici&#232;res et des firmes de s&#233;curit&#233; priv&#233;es, comme s'il &#233;tait possible d'&#233;tudier et d'enseigner sous la contrainte et l'intimidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#233;tudiante nous rappelle que le dialogue et le conflit politique sont incompatibles avec la puissance n&#233;olib&#233;rale. La parole et l'action politique &#233;tudiante ont fait en sorte que tout le monde a d&#251; se compromettre, se positionner, d&#233;voiler ses all&#233;geances. Pendant que certains journalistes, administrateurs et juristes saisissaient les enjeux du Printemps qu&#233;b&#233;cois, d'autres y sont all&#233;s d'attaques m&#233;prisantes envers les &#233;tudiants et envers la soci&#233;t&#233;. Paternalisme, infantilisation d'une g&#233;n&#233;ration, diabolisation des symboles et des personnes, d&#233;sinformation et criminalisation de la dissidence auront &#233;t&#233; les armes utilis&#233;es pour diviser la population et mater la contestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vivre et penser &#224; travers une p&#233;dagogie des possibles &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique de la libert&#233; politique, port&#233;e par le r&#234;ve et l'utopie, nous aura fait vivre plusieurs transgressions. Nous nous sommes &#233;lanc&#233; dans la nuit, marcheurs solidaires. Nous avons &#233;t&#233; ivres ensemble. Nus devant les forces de r&#233;pression. Fragiles et forts &#224; la fois, nous avons cr&#233;&#233; durant cette gr&#232;ve un nouvel imaginaire politique. Cette complicit&#233; devrait permettre de maintenir ouverte les br&#232;ches qui pourront, pour peu que nous en saisissions l'opportunit&#233;, transformer radicalement la relation entre professeurs et &#233;tudiants. Donnons-nous la libert&#233; de nous extraire des r&#244;les pr&#233;d&#233;finis par des bureaucraties techno-p&#233;dagogiques en nous rappelant les fondements d'une &#233;ducation humaniste, tant &#224; travers notre rapport commun au savoir qu'&#224; travers notre relation privil&#233;gi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professeurEs contre la hausse continueront &#224; &#233;crire, &#224; manifester, &#224; faire de la d&#233;sob&#233;issance civile, &#224; se mobiliser et &#224; apprendre aupr&#232;s et avec les &#233;tudiants. Au-del&#224; de la promesse du PQ de r&#233;duire la hausse de 15% &#224; 2 ou 3% par ann&#233;e, la lutte en cours doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une victoire dans la mesure o&#249; le mouvement d'opposition au n&#233;olib&#233;ralisme continue de cro&#238;tre. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre mouvement s'inscrit dans le respect des individualit&#233;s et porte en lui la volont&#233; d'&#233;largir les solidarit&#233;s &#224; l'&#233;chelle de l'humanit&#233;. Nous partageons la responsabilit&#233; du bien commun. Pendant que les n&#233;olib&#233;raux d&#233;clarent : &#171; Je te ferai la guerre, je te ferai concurrence &#187;, nous disons au monde entier : &#171; salut &#224; toi &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Benoit Guilmain, Coll&#232;ge &#201;douard-Montpetit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Marie Le Saux, Coll&#232;ge de Maisonneuve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Thellen, C&#233;gep du Vieux Montr&#233;al&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La lutte, c'est classe contre classe </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-lutte-c-est-classe-contre-classe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-lutte-c-est-classe-contre-classe</guid>
		<dc:date>2012-09-25T08:59:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Pineault</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-09-25</dc:subject>
		<dc:subject>Profs contre la hausse</dc:subject>
		<dc:subject>Les 100 premiers jours du gouvernement p&#233;quiste</dc:subject>

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&lt;p&gt;Contexte d'&#233;conomie politique du conflit &#233;tudiant de 2012 et de la hausse des droits de scolarit&#233; au Qu&#233;bec &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; du journal :&#034;Ceci n'est pas LA MATRAQUE des profs contre la hausse&#034;, Automne 2012 &lt;br class='autobr' /&gt; La gr&#232;ve &#233;tudiante du printemps 2012 est fort probablement l'acte inaugural d'une nouvelle p&#233;riode de conflit social au Qu&#233;bec, analogue d'ailleurs aux luttes qui traversent les autres soci&#233;t&#233;s prises dans le m&#234;me &#233;puisement d'un r&#233;gime d'&#233;conomie politique n&#233;olib&#233;ral. Apr&#232;s trois d&#233;cennies de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-de-solidarite-internationaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement de solidarit&#233; internationaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-09-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-09-25&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Profs-contre-la-hausse-754-+" rel="tag"&gt;Profs contre la hausse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Les-100-premiers-jours-du-gouvernement-pequiste-+" rel="tag"&gt;Les 100 premiers jours du gouvernement p&#233;quiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/arton11708-a1a47.png?1782293409' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Contexte d'&#233;conomie politique du conflit &#233;tudiant de 2012 et de la hausse des droits de scolarit&#233; au Qu&#233;bec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; du journal :&#034;Ceci n'est pas LA MATRAQUE des profs contre la hausse&#034;, Automne 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#233;tudiante du printemps 2012 est fort probablement l'acte inaugural d'une nouvelle p&#233;riode de conflit social au Qu&#233;bec, analogue d'ailleurs aux luttes qui traversent les autres soci&#233;t&#233;s prises dans le m&#234;me &#233;puisement d'un r&#233;gime d'&#233;conomie politique n&#233;olib&#233;ral. Apr&#232;s trois d&#233;cennies de relative &#171; paix civile &#187; (1982 &#224; 2012) et d'encadrement n&#233;olib&#233;ral des conflits, le Qu&#233;bec pourrait entrer dans une &#232;re d'effervescence politique et culturelle o&#249;, de nouveau, il est permis d'esp&#233;rer une transformation fondamentale des rapports &#233;conomiques et sociaux. De tels changements ne se font pas sans soulever de fortes r&#233;sistances et les offensives sociales n&#233;cessaires pour les impulser doivent alors &#234;tre d'autant plus combatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; partir de telles analyses que l'ASS&#201;, puis la CLASSE, pr&#233;para la grande gr&#232;ve de 2012. D&#232;s le d&#233;part, il fallait lier la lutte contre la hausse &#224; une remise en question plus globale du mod&#232;le d'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral, en particulier la dite &#171; r&#233;volution culturelle &#187; de la tarification des services publics, la mise en place d'un r&#233;gime fiscal r&#233;gressif et les politiques de privatisation du patrimoine commun des Qu&#233;b&#233;cois et des Qu&#233;b&#233;coises ainsi que des peuples autochtones. Ce n'&#233;tait pas, du moins aux yeux de la CLASSE, uniquement une lutte contre la hausse. Un tel combat aurait certainement &#233;t&#233; d&#233;nou&#233; rapidement en hausse n&#233;goci&#233;e. Il s'agit plut&#244;t d'une lutte sociale pour la gratuit&#233; ainsi que pour une d&#233;marchandisation du syst&#232;me universitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dite &#171; radicalit&#233; &#187; de la CLASSE proviendrait, comme le veut l'adage, du fait que l'analyse qui cadrait son entr&#233;e en gr&#232;ve allait jusqu'&#224; la racine du probl&#232;me et le saisissait dans toute sa globalit&#233; : la hausse ainsi que les d&#233;rives marchandes et corporatives du syst&#232;me universitaire sont les effets d'une &#233;conomie politique n&#233;olib&#233;rale qui s'impose &#224; tous les aspects de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Cette &#233;conomie politique n'est pas l'invention des lib&#233;raux de Jean Charest, ils ont syst&#233;matis&#233; et adapt&#233; un mod&#232;le plus g&#233;n&#233;ral appliqu&#233; un peu partout en Am&#233;rique du Nord, dont certains aspects cl&#233;s avaient &#233;t&#233; mis en place par le PQ lors des sommets socio-&#233;conomiques post-r&#233;f&#233;rendaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien conservateur devenu nationaliste (Lucien Bouchard) passa ainsi le flambeau de l'aust&#233;rit&#233; et de la d&#233;r&#233;glementation concurrentielle &#224; l'ancien conservateur devenu lib&#233;ral (Jean Charest) qui, dans un premier temps, ne fit que d&#233;velopper dans toute sa coh&#233;rence ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; impliqu&#233; dans la politique de d&#233;ficit z&#233;ro du premier, pour ensuite acc&#233;l&#233;rer et globaliser la mise en place du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral au Qu&#233;bec. Ces d&#233;veloppements succ&#233;daient &#224; une longue p&#233;riode - entre 1982 et 1995 - d'&#233;puisement du mod&#232;le social mis en place dans les suites de la r&#233;volution tranquille. Le mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois du n&#233;olib&#233;ralisme a aussi &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; par la construction au niveau f&#233;d&#233;ral de son cadre macro-&#233;conomique n&#233;olib&#233;ral : trait&#233; de libre &#233;change, transformation de l'assurance ch&#244;mage en assurance emploi, politique mon&#233;taire d&#233;sinflationniste, d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re, baisses d'imp&#244;ts et lutte contre le d&#233;ficit qu'elles provoquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire que la crise de 2008 marqua la fin de cette p&#233;riode ascendante du n&#233;olib&#233;ralisme, tant ici qu'ailleurs en Am&#233;rique du Nord et en Europe, car ce fut la crise du mod&#232;le &#233;conomique qu'il avait engendr&#233;. Depuis, nous sommes pris dans une trappe qui couple stagnation &#233;conomique et aust&#233;rit&#233;. Rien dans les politiques qui r&#233;pondent &#224; cette crise a pour effet d'att&#233;nuer cette tendance &#224; la stagnation, l'&#233;lite aurait tourn&#233; le dos &#224; la croissance sur laquelle, en th&#233;orie, repose la viabilit&#233; du capitalisme avanc&#233;. Tel est le contexte d'&#233;conomie politique qui marquera les conflits sociaux &#224; venir au Qu&#233;bec : une &#233;conomie qui cro&#238;t de mani&#232;re an&#233;mique, les revenus de la majorit&#233; qui stagnent et un &#201;tat pris dans l'&#233;tau d'une aust&#233;rit&#233; qui engendre plus de stagnation, &#224; laquelle on r&#233;pond par plus d'aust&#233;rit&#233;. Ce contexte n'est pas propre au Qu&#233;bec et, de fait, l'essentiel des ressorts &#233;conomiques de cette trappe de stagnation sont ailleurs, au &#201;tats-Unis et en Europe, et &#224; force d'ouvrir notre &#233;conomie nous nous sommes rendus d&#233;pendants de cycles &#233;conomiques sur lesquels nous n'avons aucune emprise politique. D'ailleurs le Plan Nord ne pourra qu'accentuer cette d&#233;pendance. Dans un tel contexte, comment penser les suites du mouvement social du printemps 2012 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fa&#231;on de penser les trois derni&#232;res d&#233;cennies d'h&#233;g&#233;monie n&#233;olib&#233;rale est de les voir comme trente ans de &#8220;lutte de classe&#8221; unilat&#233;rale, et une fa&#231;on de donner sens &#224; ce qui commence depuis le printemps 2012 est de le comprendre comme la fin de cette unilat&#233;ralit&#233;. La lutte de classe se fait maintenant &#224; deux. Comment pouvons-nous comprendre le n&#233;olib&#233;ralisme comme lutte de classe &#8230; unilat&#233;rale ? Pour comprendre cela, il faut faire un petit d&#233;tour par l'histoire. Pendant la plus grande partie du 20e si&#232;cle, le r&#233;gime d'&#233;conomie politique fut marqu&#233; par un certain compromis entre capital et travail, entre grandes corporations et salari&#233;s. Les profits des uns reposant sur la consommation des autres, les entreprises se voyaient contraintes de partager leurs gains de productivit&#233; avec les salari&#233;s-es de mani&#232;re &#224; ce que ceux-ci puissent (sur)consommer massivement ce qui &#233;tait (sur)produit massivement. C'&#233;tait la grande le&#231;on apprise pendant la crise de 1930, une crise de surproduction, sousconsommation et sous-investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1939 &#224; 1980 en Am&#233;rique du Nord et en Europe de l'Ouest, les salaires r&#233;els de la majorit&#233; progressaient d'ann&#233;e en ann&#233;e ; tandis que partout, la part de la richesse allant aux mieux nantis (les 1% hauts revenus) diminuait d'ann&#233;e en ann&#233;e, du plafond de 1930 au plancher de 1980. Ce n'est pas par gentillesse ni n&#233;cessairement par clairvoyance que les capitalistes furent amen&#233;s &#224; partager les fruits de la croissance &#233;conomique. Au contraire, c'est essentiellement par la puissance du mouvement syndical, par la pression faite sur l'&#201;tat par les citoyens et citoyennes mobilis&#233;s, par la pr&#233;sence sur la sc&#232;ne politique de partis de gauche et par le contre mod&#232;le que constituaient les pays dits &#171; communistes &#187; que se d&#233;veloppa l'&#201;tat providence et une forme de capitalisme partiellement socialis&#233;. La r&#233;volution tranquille qu&#233;b&#233;coise arrive vers la fin de cette p&#233;riode et constitue pour nous une sorte de rattrapage d'une trajectoire historique qui fut beaucoup plus longue ailleurs. En quelques ann&#233;es, le Qu&#233;bec se dote d'un &#201;tat social moderne et d'un droit du travail progressiste, nationalise des pans importants de son &#233;conomie, cr&#233;e la Caisse de D&#233;p&#244;t et Placement, les r&#233;seaux universitaire et coll&#233;gial publics, le r&#233;seau de la sant&#233;, fait des conditions de travail dans le secteur public un levier pour &#233;lever les conditions du secteur priv&#233; et, finalement, se donne les outils pour exploiter de mani&#232;re souveraine ses ressources naturelles. Tout cela, combin&#233; &#224; une fiscalit&#233; progressiste qui prend plus au mieux nantis qu'&#224; la majorit&#233; et qui ponctionne les profits presqu'autant que les salaires, a pour effet de diminuer progressivement mais in&#233;luctablement le pouvoir des &#233;lites d'affaires et des grandes entreprises dans la soci&#233;t&#233; et l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques n&#233;olib&#233;rales sont une lutte que m&#232;nent ces &#233;lites pour reconqu&#233;rir le pouvoir &#233;conomique et politique perdu aux salari&#233;s-es, qu'elles ont r&#233;ussi &#224; fragmenter en une multiplicit&#233; de groupes, chacun pris sur la d&#233;fensive, chacun tentant de pr&#233;server un acquis garant de sa dignit&#233;. Le grand secret du n&#233;olib&#233;ralisme est que ce que nous comprenons comme le d&#233;mant&#232;lement de tel pan de l'&#201;tat social, la privatisation de tel service public, l'imposition de la concurrence marchande dans tel secteur, la d&#233;r&#233;glementation ici et l&#224;, est, en fait, un vaste transfert de ressources, de richesses et de pouvoir &#171; du commun &#187; vers les mains de l'&#233;lite et de ses grandes corporations. Telle &#233;tait la v&#233;ritable nature de la lutte de classe unilat&#233;rale que menait l'&#233;lite contre la soci&#233;t&#233; et ce, depuis trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que tenait la promesse que cela &#233;tait la seule fa&#231;on de garantir une croissance &#233;conomique qui permettrait &#233;ventuellement aux salari&#233;s d'augmenter leur niveau de vie, la lutte pouvait se poursuivre. Depuis la crise de 2008, la croyance dans la n&#233;cessit&#233; de l'aust&#233;rit&#233; aura permis d'&#233;tendre ce contexte de lutte unilat&#233;rale. Depuis le printemps 2012, le voile a &#233;t&#233; lev&#233; et l'&#233;lite appara&#238;t pour ce qu'elle est : une classe &#8220;d'appropriateurs&#8221; qui vivent et s'enrichissent en transformant notre patrimoine collectif en leur richesse individuelle et en actifs pour les grandes corporations. L'avenir des universit&#233;s n'&#233;chappait pas &#224; cette logique, et la hausse &#233;tait un outil essentiel de cette strat&#233;gie d'incorporation de l'universit&#233;. En contestant la hausse au nom de la gratuit&#233;, le mouvement a chang&#233; la donne : la lutte se fait maintenant &#224; deux. Il est possible de penser &#224; l'apr&#232;s &#171; n&#233;olib&#233;ralisme &#187; et d'agir pour le construire. Par del&#224; la pause &#233;lectorale, une nouvelle &#232;re de changement et de d&#233;bat social s'ouvre devant nous. &#9632;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les filles de la gr&#232;ve</title>
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		<dc:date>2012-09-25T08:58:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martine Delvaux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-09-25</dc:subject>
		<dc:subject>Profs contre la hausse</dc:subject>
		<dc:subject>Les 100 premiers jours du gouvernement p&#233;quiste</dc:subject>

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&lt;p&gt;tir&#233; du journal :&#034;Ceci n'est pas LA MATRAQUE des profs contre la hausse&#034;, Automne 2012 &lt;br class='autobr' /&gt; Les filles d'hommes cultiv&#233;s ont toujours pens&#233; au jour le jour, elles n'ont pas exerc&#233; leur r&#233;flexion devant des tables de travail, dans le clo&#238;tre d'un coll&#232;ge r&#233;serv&#233; &#224; l'&#233;lite. Elles ont pens&#233; tout en remuant des casseroles, tout en balan&#231;ant des berceaux... Pensons dans les bureaux, pensons dans les autobus, pensons tandis que, debout dans la foule, nous regardons les couronnements ou les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-de-solidarite-internationaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement de solidarit&#233; internationaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Profs-contre-la-hausse-754-+" rel="tag"&gt;Profs contre la hausse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Les-100-premiers-jours-du-gouvernement-pequiste-+" rel="tag"&gt;Les 100 premiers jours du gouvernement p&#233;quiste&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L147xH150/arton11710-ab268.png?1782293409' class='spip_logo spip_logo_right' width='147' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; du journal :&#034;Ceci n'est pas LA MATRAQUE des profs contre la hausse&#034;, Automne 2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les filles d'hommes cultiv&#233;s ont toujours pens&#233; au jour le jour, elles n'ont pas exerc&#233; leur r&#233;flexion devant des tables de travail, dans le clo&#238;tre d'un coll&#232;ge r&#233;serv&#233; &#224; l'&#233;lite. Elles ont pens&#233; tout en remuant des casseroles, tout en balan&#231;ant des berceaux... Pensons dans les bureaux, pensons dans les autobus, pensons tandis que, debout dans la foule, nous regardons les couronnements ou les d&#233;fil&#233;s..., pensons en passant devant le c&#233;notaphe, et devant White Hall, dans la galerie du Parlement, dans les chambres de justice, pensons au cours des bapt&#234;mes, des mariages et des fun&#233;railles. Ne nous arr&#234;tons jamais de penser - quelle est cette civilisation o&#249; nous nous trouvons ? Virginia Woolf, Trois guin&#233;es&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En me penchant sur ce qu'on pourrait appeler la figure des filles de la gr&#232;ve, pour r&#233;fl&#233;chir &#224; la place qu'occupent les &#233;tudiantes et la pens&#233;e f&#233;ministe dans le contexte de la lutte, j'ai r&#233;entendu le cri de Virginia Woolf dans Trois guin&#233;es, son Think we must adress&#233; aux filles d'hommes cultiv&#233;s et qui les encourageait &#224; interroger cette soci&#233;t&#233; &#171; qui engloutit le fr&#232;re que beaucoup d'entre nous ont des raisons de respecter dans la vie priv&#233;e, et qui impose &#224; sa place un m&#226;le monstrueux, &#224; la voix tonitruante, au poing dur, qui d'une fa&#231;on pu&#233;rile inscrit sur le sol des signes &#224; la craie, ces lignes de d&#233;marcation mystiques entre lesquelles sont fix&#233;s, rigides, s&#233;par&#233;s, artificiels, les &#234;tres humains &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vinciane Despret et Isabelle Stengers, dans Les faiseuses d'histoires, rappellent que Woolf, si elle propose &#171; que les soeurs ne s'engagent pas aux c&#244;t&#233;s de leurs p&#232;res et de leurs fr&#232;res, ces &#171; hommes cultiv&#233;s &#187; qui les appellent &#224; d&#233;fendre leur monde &#187;, c'est parce que cette lutte - m&#234;me si elle a pour objectif d'emp&#234;cher la guerre - ne peut pas se faire au nom des femmes sous pr&#233;texte qu'elle se fait au nom de tout le monde. Les femmes, dit Woolf, doivent lutter en leur propre nom parce que la pens&#233;e comme l'engagement, elles les pratiquent &#171; en tant que femmes &#187;. C'est l&#224; l'enjeu qui traverse, il me semble, la dimension f&#233;ministe de la gr&#232;ve &#233;tudiante. Penser et lutter en tant que femmes : voil&#224; ce que d&#233;fendent les filles de la gr&#232;ve. Ainsi, il faut peut-&#234;tre voir cette figure des filles de la gr&#232;ve en deux temps. D'abord, on pourrait dire qu'il y a ce qu'on fait des filles - comment on les fabrique, les figures qu'on dessine d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : ?.Martine Desjardins en &#171; jeune fille sage et tranquille &#187; (alors qu'on d&#233;crit Gabriel Nadeau-Dubois comme &#171; un militant depuis l'enfance &#187; et L&#233;o Bureau-Blouin comme &#171; un sensible &#224; l'esprit critique &#187;) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Line Beauchamp en zombie, Michelle Courchesne en oie sp&#233;ciale (je crois qu'il faut inclure le sort fait aux ministres dans cet imaginaire des filles de la gr&#232;ve...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; .Les gr&#233;vistes nues en &#171; filles publiques &#187; : consomm&#233;es sans scrupules par les passants et les touristes &#233;berlu&#233;s, businessmen en complet cravate, photographes improvis&#233;s ou professionnels tout habill&#233;s, voire par les autres manifestants... (&#171; Ts&#233;, avec des manifs comme &#231;a, ce sont les bars de danseuses qui vont faire faillite... Pourquoi payer pour voir des boules quand on en voit gratis dans les rues ? &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y aurait les figures que les filles dessinent elles-m&#234;mes dans l'espace - des figures comme on dit dans le domaine du sport, qu'on &#233;labore avec le mouvement du corps et qui permettent d'habiter un lieu. Les filles de la gr&#232;ve marchent. Elles troquent la chambre &#224; soi pour la rue, et elles y d&#233;filent habill&#233;es, nues, maquill&#233;es, masqu&#233;es, voil&#233;es, conscientes des figures qu'elles convoquent, imitent, des figures qu'elles ironisent, qu'elles m&#232;nent en bateau, auxquelles elles tordent le cou, qu'elles &#233;rigent pour en m&#234;me temps les faire tomber. Les filles de la gr&#232;ve font la gr&#232;ve et restent des filles. Elles font la gr&#232;ve de ce qu'est une fille qui n'est pas en gr&#232;ve, et de ce que doit &#234;tre une fille en gr&#232;ve du point de vue de certains camarades militants. Les filles en gr&#232;ve font la gr&#232;ve de la domesticit&#233; : &#234;tre secr&#233;taire ou en charge des pr&#233;sences pendant les assembl&#233;es, ne pas pr&#233;sider, se faire &#233;loigner des premi&#232;res lignes des manifestations comme des comit&#233;s importants alors que les hommes s'attribuent les &#171; vraies responsabilit&#233;s &#187;, c'est-&#224;-dire prononcer les discours, occuper la majorit&#233; du temps de parole, animer les discussions, donner les entretiens (cf. l'article de Blandine Parchemal sur Presse-toi &#224; gauche, l'entretien de Martine Desjardins sur le site Nous sommes les filles, et les t&#233;moignages de militantes qui l&#232;vent le voile sur l'exclusion dont les femmes sont l'objet &#224; l'int&#233;rieur d'organisations qui se disent par ailleurs &#171; f&#233;ministes &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les filles en gr&#232;ve sont en col&#232;re. Elles crient, elles ragent, elles &#233;crivent des tracts, elles scandent des slogans, elles marchent les unes &#224; c&#244;t&#233; des autres, ensemble, en rang. Mais la g&#233;om&#233;trie de leur rage est &#224; l'image de la gr&#232;ve qu'elles font, gr&#232;ve de la figure de la jeune fille sage, gr&#232;ve d'une gr&#232;ve pens&#233;e comme si elle &#233;tait immunis&#233;e contre le virus de la hi&#233;rarchie et de la misogynie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les filles en gr&#232;ve sont nombreuses, elles se ressemblent et se rassemblent, donnant par moments cette impression d'harmonie et de r&#233;p&#233;tition sur un mode qui peut rappeler les agencements corporels des girls de toutes sortes (des Tiller Girls aux filles du Crazy Horse en passant par les Barbies). Mais il ne faut pas &#234;tre dupe. Si les filles jouent &#224; la reproduction en s&#233;rie, si elles aussi sont assimilables &#224; des figures anonymes, elles demeurent les gardiennes d'une singularit&#233; irr&#233;ductible : le fait m&#234;me d'&#234;tre des filles. L'anonymat peut &#234;tre l'alibi de la domestication, et &#234;tre gr&#233;viste f&#233;ministe, c'est refuser d'oublier le f&#233;minin, c'est refuser d'oublier de le penser. C'est ainsi que les filles se font &#171; fauteuses de trouble &#187;, &#171; casseuses de party &#187;, comme celles de cette Soci&#233;t&#233; des marginales r&#234;v&#233;e par Virginia Woolf en 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les filles de la gr&#232;ve ne font pas toujours bonne figure, c'est parce qu'elles l&#232;vent le poing pour casser la figure &#224; la figure, &#224; coups de r&#233;p&#233;tition - ni fille, ni en gr&#232;ve mais fille en gr&#232;ve. Avec ce que &#231;a implique d'une pens&#233;e qui pense tout le temps et partout, une pens&#233;e qui marche et qui avance. Sans reculer.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Martine Delvaux, Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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