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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#171; Frappes iraniennes : le Golfe confront&#233; au sc&#233;nario catastrophe du choc hydrique &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Frappes-iraniennes-le-Golfe-confronte-au-scenario-catastrophe-du-choc-hydrique-70052</link>
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		<dc:date>2026-03-31T06:14:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dany Moudallal</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-03-31</dc:subject>
		<dc:subject>Koweit</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans une r&#233;gion o&#249; l'approvisionnement en eau d&#233;pend presque enti&#232;rement des infrastructures de dessalement, leur mise hors service entra&#238;nerait rapidement des p&#233;nuries. &lt;br class='autobr' /&gt; 26 mars 2026 | tir&#233; du site alencontre.org https://alencontre.org/moyenorient/frappes-iraniennes-le-golfe-confronte-au-scenario-catastrophe-du-choc-hydrique.html &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que la guerre entre l'Iran et l'axe am&#233;ricano-isra&#233;lien d&#233;borde d&#233;sormais les champs p&#233;trolif&#232;res et les installations militaires, un seuil bien plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-03-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-03-31&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Koweit-+" rel="tag"&gt;Koweit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/pays_du_golfe_bombarde-ad619.png?1781037830' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une r&#233;gion o&#249; l'approvisionnement en eau d&#233;pend presque enti&#232;rement des infrastructures de dessalement, leur mise hors service entra&#238;nerait rapidement des p&#233;nuries.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;26 mars 2026 | tir&#233; du site alencontre.org&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/moyenorient/frappes-iraniennes-le-golfe-confronte-au-scenario-catastrophe-du-choc-hydrique.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://alencontre.org/moyenorient/frappes-iraniennes-le-golfe-confronte-au-scenario-catastrophe-du-choc-hydrique.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la guerre entre l'Iran et l'axe am&#233;ricano-isra&#233;lien d&#233;borde d&#233;sormais les champs p&#233;trolif&#232;res et les installations militaires, un seuil bien plus dangereux est en train d'&#234;tre franchi : celui de l'eau. Les frappes r&#233;centes et les menaces de T&#233;h&#233;ran visant des usines de dessalement, longtemps consid&#233;r&#233;es comme des infrastructures civiles intouchables, laissent entrevoir une transformation inqui&#233;tante de l'acc&#232;s &#224; l'eau potable en arme de guerre. Les installations de dessalement au Kowe&#239;t et aux &#201;mirats arabes unis ont subi des dommages indirects suite &#224; des frappes de missiles et de drones iraniens au d&#233;but du conflit. Par la suite, des usines &#224; Bahre&#239;n et en Iran auraient &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment prises pour cible. Nulle part cette vuln&#233;rabilit&#233; n'est plus marqu&#233;e que dans les &#201;tats du Golfe, o&#249; la d&#233;pendance &#224; l'eau dessal&#233;e figure parmi les plus &#233;lev&#233;es au monde et constitue l'un des piliers de la vie dans une r&#233;gion pauvre en ressources hydriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;gion b&#226;tie sur une d&#233;pendance fragile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res usines de dessalement ont vu le jour dans le Golfe dans les ann&#233;es 1960 et 1970, au moment o&#249; l'essor des hydrocarbures amor&#231;ait la transformation &#233;conomique de la r&#233;gion, avant de conna&#238;tre une expansion massive dans les ann&#233;es 1990. &#171; Le dessalement est devenu la colonne vert&#233;brale de la s&#233;curit&#233; hydrique dans la r&#233;gion, souligne Mohammad Mahmoud, un expert en gestion des ressources en eau &#224; l'Universit&#233; des Nations unies. Sans le dessalement, une grande partie de la croissance socio-&#233;conomique du Golfe n'aurait pas &#233;t&#233; possible. &#187; Avec des pr&#233;cipitations tr&#232;s limit&#233;es, l'absence de grands fleuves et une urbanisation rapide, les &#201;tats du Golfe ont construit leurs soci&#233;t&#233;s autour de cette technologie. Les chiffres en t&#233;moignent : au Kowe&#239;t, le dessalement repr&#233;sente environ 90 % de l'approvisionnement en eau, contre pr&#232;s de 70 % en Arabie saoudite, tandis que le Qatar et les &#201;mirats arabes unis affichent des niveaux comparables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;pendance s'accompagne d'une vuln&#233;rabilit&#233; structurelle majeure : une forte concentration des capacit&#233;s de production. L'essentiel de l'approvisionnement repose sur un nombre limit&#233; de grandes installations c&#244;ti&#232;res. En pratique, plus de 90 % de l'eau dessal&#233;e provient de quelques dizaines de sites seulement, chacun constituant un maillon critique. Par nature, ces infrastructures sont expos&#233;es : implant&#233;es en bord de mer, souvent associ&#233;es &#224; des centrales &#233;lectriques, elles sont fixes, visibles et difficiles &#224; prot&#233;ger. Leur proximit&#233; g&#233;ographique avec l'Iran, parfois &#224; seulement quelques dizaines de kilom&#232;tres de l'autre rive du Golfe, les rend particuli&#232;rement vuln&#233;rables aux missiles et aux drones. D&#232;s 2010, la CIA avertissait que la perturbation des installations de dessalement dans la plupart des pays arabes &#171; pourrait avoir des cons&#233;quences plus graves que la perte de toute autre industrie ou ressource &#187;. Un c&#226;ble diplomatique am&#233;ricain de 2008, r&#233;v&#233;l&#233; par WikiLeaks, estimait m&#234;me que Riyad pourrait &#234;tre contrainte d'&#233;vacuer en l'espace d'une semaine si l'usine de Jubail ou ses conduites &#233;taient gravement endommag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise aux effets en cascade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#234;me si cela reste peu probable, la mise hors service des usines de dessalement entra&#238;nerait une s&#233;rie d'effets en cascade &#187;, pr&#233;vient Mohammad Mahmoud. Le premier choc serait celui de la p&#233;nurie. Les pays du Golfe ne disposent g&#233;n&#233;ralement que de r&#233;serves d'eau limit&#233;es, parfois de quelques jours seulement. Dans les sc&#233;narios les plus extr&#234;mes, de grandes villes pourraient &#234;tre confront&#233;es &#224; des ruptures d'approvisionnement en moins d'une semaine, contraignant les autorit&#233;s &#224; instaurer des mesures de rationnement et &#224; prioriser certains usages essentiels, comme les h&#244;pitaux ou la production d'&#233;lectricit&#233;. &#171; Les pays du Golfe devraient se tourner enti&#232;rement vers les eaux souterraines, qui sont elles-m&#234;mes non renouvelables et d&#233;j&#224; menac&#233;es par la surexploitation &#187;, poursuit l'expert. Ce basculement vers les nappes phr&#233;atiques, d&#233;j&#224; sous pression, ne pourrait constituer qu'une solution temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des secteurs entiers, de la production alimentaire &#224; l'&#233;nergie, pourraient &#234;tre perturb&#233;s. Le dessalement ne se limite en effet pas &#224; l'eau potable : il alimente &#233;galement les syst&#232;mes de refroidissement des centrales &#233;lectriques et de nombreuses activit&#233;s industrielles. La crise d&#233;passerait donc rapidement la seule question de l'eau pour toucher l'ensemble de l'&#233;conomie. D'autant que, comme le souligne Mohammad Mahmoud, &#171; en raison de l'ampleur du d&#233;ficit hydrique que comble le dessalement, il est impossible de le remplacer &#224; long terme &#187;. La seule r&#233;ponse viable consisterait &#224; r&#233;parer les installations endommag&#233;es dans les plus brefs d&#233;lais ou &#224; en construire de nouvelles, un processus qui pourrait prendre des mois, voire des ann&#233;es, selon l'ampleur des destructions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vuln&#233;rabilit&#233; de ces infrastructures n'est pas purement th&#233;orique. Lors de la premi&#232;re guerre du Golfe, &#224; la suite de l'invasion du Kowe&#239;t par l'Irak en 1990, une grande partie des infrastructures critiques du pays, dont les usines de dessalement, avaient &#233;t&#233; endommag&#233;es, arr&#234;t&#233;es ou rendues inop&#233;rantes. Fortement d&#233;pendant de ce syst&#232;me pour son approvisionnement en eau potable, le Kowe&#239;t avait vu sa capacit&#233; de production chuter brutalement, contraignant les autorit&#233;s &#224; recourir &#224; des r&#233;serves limit&#233;es et &#224; des livraisons d'urgence achemin&#233;es par navires-citernes. Dans certaines zones, l'acc&#232;s &#224; l'eau potable avait &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement restreint pendant plusieurs semaines. &#192; l'&#233;poque, les pays voisins avaient pu fournir une aide rapide, att&#233;nuant en partie la crise. Mais dans un sc&#233;nario o&#249; plusieurs &#201;tats du Golfe seraient simultan&#233;ment touch&#233;s, une telle solidarit&#233; logistique serait beaucoup plus difficile &#224; mettre en &#339;uvre. Les cons&#233;quences humanitaires pourraient alors s'av&#233;rer bien plus graves, et bien plus durables. (&lt;i&gt;Article publi&#233; par L'Orient-Le Jour le 25 mars 2026&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
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	</item>
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		<title>L'asservissement des employ&#233;es de maison r&#233;v&#232;le la logique brutale des cha&#238;nes de soins mondiales</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-asservissement-des-employees-de-maison-revele-la-logique-brutale-des-chaines</link>
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		<dc:date>2025-01-28T07:07:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ishara Rangani Wijayamuni</dc:creator>


		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Koweit</dc:subject>
		<dc:subject>Sri Lanka</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2025-01-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Parfois, je n'ai m&#234;me pas le temps d'aller aux toilettes. Les jours tr&#232;s charg&#233;s, je porte des couches. C'est le c&#244;t&#233; path&#233;tique de ce travail domestique r&#233;mun&#233;r&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce t&#233;moignage est tir&#233; de l'un des six entretiens semi-structur&#233;s men&#233;s en 2023 avec des femmes sri-lankaises travaillant comme employ&#233;es de maison au Kowe&#239;t. Depuis les r&#233;formes de laissez-faire de 1977, le Sri Lanka est devenu un important exportateur de main-d'&#339;uvre vers les pays du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH49/sri_lanka-f6d14.jpg?1781166636' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='49' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Parfois, je n'ai m&#234;me pas le temps d'aller aux toilettes. Les jours tr&#232;s charg&#233;s, je porte des couches. C'est le c&#244;t&#233; path&#233;tique de ce travail domestique r&#233;mun&#233;r&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/12/23/lasservissement-des-employees-de-maison-revele-la-logique-brutale-des-chaines-de-soins-mondiales/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce t&#233;moignage est tir&#233; de l'un des six entretiens semi-structur&#233;s men&#233;s en 2023 avec des femmes sri-lankaises travaillant comme employ&#233;es de maison au Kowe&#239;t. Depuis les r&#233;formes de laissez-faire de 1977, le Sri Lanka est devenu un important exportateur de main-d'&#339;uvre vers les pays du Conseil de coop&#233;ration du Golfe. Une part importante de cette main-d'&#339;uvre est constitu&#233;e de femmes qui &#233;migrent en tant qu'employ&#233;es de maison, contribuant ainsi de mani&#232;re substantielle aux revenus du Sri Lanka. Ces travailleuses sont souvent confront&#233;es &#224; de graves difficult&#233;s sociales et physiques dans les pays de destination en raison des in&#233;galit&#233;s mondiales et de la violence structurelle inh&#233;rente aux syst&#232;mes de soins transnationaux, en particulier l'exclusion violente impos&#233;e par le syst&#232;me de la Kafala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses femmes, parfaitement conscientes des conditions de travail &#233;pouvantables dans la r&#233;gion du Golfe, &#233;migrent &#224; plusieurs reprises pour assurer le bien-&#234;tre de leur famille. Ces migrations r&#233;p&#233;t&#233;es entra&#238;nent des crises reproductives extr&#234;mes, tant au niveau domestique qu'au niveau du corps, ce qui leur donne l'impression d'&#234;tre asservies. Cet article montre comment diverses forces syst&#233;miques au sein des cha&#238;nes de soins mondiales aggravent leur crise de reproduction sociale et contribuent &#224; la d&#233;valorisation de leur travail et de leur personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fuite comme seule option&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233;, la faim et la violence sexiste poussent les femmes sri-lankaises &#224; &#233;migrer, utilisant le travail de soins transnational comme moyen d'&#233;chapper aux difficult&#233;s &#233;conomiques et &#224; la violence. Aucune des personnes interrog&#233;es ne consid&#232;re sa migration comme une option parmi d'autres pour surmonter les difficult&#233;s &#233;conomiques ; elles la consid&#232;rent plut&#244;t comme leur seul choix viable. Bien qu'elles aient tent&#233; de rester au Sri Lanka en acceptant des emplois dans l'industrie de l'habillement ou en cr&#233;ant de petites entreprises telles que des ateliers de couture ou de culture de champignons, elles ont &#233;t&#233; contraintes d'&#233;migrer en raison du manque de soutien du gouvernement aux petites entreprises et de l'inflation r&#233;cente. Les participantes reprochent au gouvernement sri-lankais de consid&#233;rer les femmes pauvres comme une simple source de revenus &#233;trangers, convenant uniquement &#224; un travail de soins &#224; l'&#233;tranger, plut&#244;t que comme des citoyennes pouvant contribuer au march&#233; du travail national tout en restant dans leur pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le co&#251;t du travail domestique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'espoir d'&#233;chapper &#224; leurs difficult&#233;s, les travailleuses domestiques &#233;migrent souvent au Moyen-Orient, o&#249; le syst&#232;me de la Kafala est en place. Dans le cadre de ce syst&#232;me, le travail est fortement marchandis&#233;, car l'&#201;tat accorde aux parrains les pleins pouvoirs sur l'emploi des travailleuses migrantes, y compris la prise en charge de toutes les d&#233;penses et la fourniture d'un logement. Le syst&#232;me de la Kafala cr&#233;e une d&#233;pendance qui engendre un important d&#233;s&#233;quilibre des pouvoirs, permettant aux employeurs non seulement de contr&#244;ler et d'exploiter les conditions de travail, mais aussi d'exercer un contr&#244;le sur le corps des employ&#233;es (par des violences sexuelles et physiques), sur leurs comportements (en les surveillant &#224; l'aide de cam&#233;ras) et sur leurs &#233;motions (par des insultes verbales et des r&#233;primandes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une personne interrog&#233;e a rapport&#233; que la femme de son employeur lui avait br&#251;l&#233; la main pour la punir d'avoir accidentellement br&#251;l&#233; une robe. Une autre a racont&#233; avoir tent&#233; de se suicider en sautant du toit parce qu'elle ne pouvait plus supporter la violence physique et sexuelle de son employeur. Certaines personnes interrog&#233;es ont d&#233;crit le manque d'acc&#232;s &#224; la nourriture et aux besoins d'hygi&#232;ne de base, tandis que d'autres n'&#233;taient autoris&#233;es &#224; manger que les restes. Un employeur a compt&#233; avec pr&#233;cision les &#339;ufs et les mangues, et a mesur&#233; le jus et le lait avant de quitter la maison pour s'assurer que la travailleuse domestique ne puisse pas consommer la nourriture de l'employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cits concernant le manque de temps pour les soins personnels, y compris l'impossibilit&#233; de prendre un bain, d'utiliser les toilettes, de se reposer ou de dormir, en raison des longues heures de travail (14 &#224; 20 heures par jour), illustrent encore la crise de reproduction sociale que les travailleuses domestiques subissent physiquement. Une personne interrog&#233;e a expliqu&#233; qu'elle travaillait de 3h30 du matin &#224; 12h30 ou 1h00 du matin le lendemain, la plupart du temps sans v&#233;ritable pause, puis qu'elle se lavait rapidement avant de remettre son uniforme. Elle a expliqu&#233; qu'elle n'avait jamais dormi sans son uniforme depuis qu'elle avait commenc&#233; &#224; travailler dans le m&#233;nage actuel. Le fait qu'elle remette son uniforme avant de dormir juste pour gagner 10 &#224; 15 minutes de repos suppl&#233;mentaires symbolise l'extr&#234;me crise de reproduction sociale que subissent ces travailleuses. Une autre personne interrog&#233;e, qui a laiss&#233; sa fille de deux ans au Sri Lanka, a commenc&#233; &#224; allaiter alors qu'elle s'occupait de l'enfant de son employeur. Son employeur l'a emmen&#233;e chez un m&#233;decin au Kowe&#239;t pour qu'il supprime la lactation et qu'elle puisse travailler sans difficult&#233;. Cet incident illustre la marchandisation du travail de soins, qui permet aux employeurs de contr&#244;ler le corps des travailleuses domestiques et leurs besoins en mati&#232;re de reproduction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette recherche identifie la crise de la reproduction sociale &#224; deux niveaux. Au niveau des m&#233;nages, les femmes migrantes fournissent un travail essentiel pour soutenir la reproduction sociale dans les pays d'accueil, ce qui cr&#233;e une crise des soins dans leur pays d'origine en raison du d&#233;ficit de soins qui en r&#233;sulte. Au niveau personnel, les travailleuses domestiques luttent pour satisfaire leurs propres besoins de reproduction sociale. Cette double charge se manifeste par une crise de la reproduction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les racines de la crise de la reproduction sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de reproduction sociale a traditionnellement &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233; aux femmes dans les diff&#233;rents syst&#232;mes de production. Toutefois, dans le syst&#232;me capitaliste, la s&#233;paration spatiale de la reproduction et de la production a entra&#238;n&#233; une division sexu&#233;e du travail, associant principalement les femmes au travail domestique et reproductif. Cette division renforce les in&#233;galit&#233;s entre les sph&#232;res en d&#233;valorisant le travail de soins. Les sph&#232;res de la production et de la reproduction fonctionnent selon des r&#232;gles et des hi&#233;rarchies distinctes, ce qui cr&#233;e des disparit&#233;s en termes de conditions de travail, d'avantages, de libert&#233; personnelle et d'engagement social. Ainsi, le travail de soins, principalement effectu&#233; par les femmes dans la sph&#232;re domestique, devient essentiel mais invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;valorisation des soins et du travail domestique est encore exacerb&#233;e par la f&#233;minisation de la migration. De nombreux pays en d&#233;veloppement encouragent le travail de soins d&#233;valoris&#233; et transnational dans des conditions pr&#233;caires comme strat&#233;gie pour surmonter la pauvret&#233;, le ch&#244;mage et les probl&#232;mes de dette ext&#233;rieure caus&#233;s par l'ajustement structurel et les politiques de libre march&#233;. Les gouvernements tirent profit de la migration des femmes en all&#233;geant la pression du ch&#244;mage, tandis que les transferts de fonds des travailleuses contribuent de mani&#232;re significative au d&#233;veloppement &#233;conomique. Cependant, la s&#233;paration g&#233;ographique des travailleuses domestiques migrantes de leur famille entra&#238;ne un d&#233;ficit de soins au sein de leur propre foyer, ce qui conduit en fin de compte &#224; une crise de reproduction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau corporel, l'&#233;puisement et la lutte pour satisfaire leurs propres besoins de reproduction sociale que les travailleuses domestiques migrantes endurent dans les pays de destination refl&#232;tent les racines du capitalisme et du patriarcat. Les longues heures de travail sans pause, les heures suppl&#233;mentaires non r&#233;mun&#233;r&#233;es et les mauvaises conditions de travail sont les produits d'un syst&#232;me capitaliste qui privil&#233;gie les profits au d&#233;triment du bien-&#234;tre des travailleuses. Cette exploitation illustre la mani&#232;re dont le capitalisme utilise les femmes du Sud comme source de main-d'&#339;uvre bon march&#233;, les consid&#233;rant comme une arm&#233;e de r&#233;serve pr&#234;te &#224; occuper des emplois d&#233;valoris&#233;s dans les pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dynamique met en &#233;vidence la mani&#232;re dont les in&#233;galit&#233;s mondiales exploitent les femmes de couleur, renfor&#231;ant les disparit&#233;s &#233;conomiques et raciales, tandis que le patriarcat et le capitalisme obligent ces femmes &#224; donner la priorit&#233; aux soins des autres, n&#233;gligeant ainsi leurs propres besoins de reproduction sociale en raison de leur incapacit&#233; &#224; s'occuper physiquement de leurs propres enfants. Les femmes migrantes et leurs enfants portent le fardeau &#233;motionnel de la s&#233;paration g&#233;ographique &#8211; les femmes ne pouvant pas s'occuper de leur propre famille et les enfants ne pouvant pas recevoir les soins dont ils ont besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travailleuses se d&#233;fendent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les travailleuses domestiques migrantes soient constamment confront&#233;es &#224; des charges quotidiennes dues &#224; la violence structurelle inh&#233;rente au travail de soins, elles d&#233;fient constamment ces forces et dynamiques de pouvoir gr&#226;ce &#224; leur capacit&#233; d'action et &#224; leur r&#233;silience. Une personne interrog&#233;e a d&#233;crit comment elle s'est oppos&#233;e &#224; la tentative du fils adulte de son employeur de la frapper en entamant une gr&#232;ve et en refusant de travailler jusqu'&#224; ce que la femme de l'employeur promette que de telles situations ne se reproduiraient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cits r&#233;v&#232;lent comment les travailleuse organisent leur r&#233;sistance par diverses m&#233;thodes, notamment en guidant les nouvelles migrantes via WhatsApp, en enseignant l'arabe, en partageant des histoires, en motivant d'autres travailleuses domestiques et en discutant de leurs probl&#232;mes lors de sessions TikTok en direct. Les actes significatifs d'action collective au-del&#224; de leurs luttes quotidiennes isol&#233;es comprennent l'&#233;tablissement de r&#233;seaux de soutien social et la prise de contact avec des figures d'autorit&#233;, telles que des politicien&#183;nes, par le biais de sessions TikTok en direct pour sensibiliser &#224; leurs probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les travailleuses domestiques migrantes restent prises au pi&#232;ge d'une crise de reproduction sociale extr&#234;me, le gouvernement sri-lankais a activement encourag&#233; la migration pendant la crise &#233;conomique actuelle en assouplissant les restrictions pr&#233;c&#233;demment impos&#233;es aux travailleuses. Cette approche est consid&#233;r&#233;e comme une strat&#233;gie de survie, utilisant effectivement les corps des femmes comme des &#171; solutions rapides &#187; pour faire face &#224; la crise &#233;conomique. Ces amendements gouvernementaux soulignent une fois de plus l'impact disproportionn&#233; des politiques n&#233;olib&#233;rales li&#233;es au capitalisme sur les femmes. Ils soulignent la coercition exerc&#233;e sur les femmes du Sud pour qu'elles &#233;migrent afin d'occuper des emplois pr&#233;caires et mal r&#233;mun&#233;r&#233;s, comme le travail de soins dans les pays plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ishara Rangani Wijayamuni&lt;br class='autobr' /&gt;
Ishara Rangani Wijayamuni est titulaire d'un master en &#233;conomie politique mondiale et d&#233;veloppement de l'universit&#233; de Kassel. Son m&#233;moire de ma&#238;trise portait sur l'exclusion sociale des travailleuses domestiques migrantes sri-lankaises, en s'appuyant sur les cha&#238;nes de soins mondiales et la th&#233;orie de la reproduction sociale pour analyser les impacts socio-&#233;conomiques plus larges de la migration et de l'in&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://globallabourcolumn.org/2024/12/16/domestic-workers-bondage-exposes-the-brutal-logic-of-global-care-chains/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://globallabourcolumn.org/2024/12/16/domestic-workers-bondage-exposes-the-brutal-logic-of-global-care-chains/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Temp&#233;ratures record au Kowe&#239;t, le thermom&#232;tre atteint 52 &#176;C</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Temperatures-record-au-Koweit-le-thermometre-atteint-52-oC</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Temperatures-record-au-Koweit-le-thermometre-atteint-52-oC</guid>
		<dc:date>2022-06-14T06:46:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Courrier international</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Koweit</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-06-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Venue d'Inde, la vague de chaleur fait exploser le thermom&#232;tre dans plusieurs pays du Golfe. L'id&#233;e anxiog&#232;ne que la r&#233;gion deviendra invivable fait son chemin, selon le site libanais &#8220;Daraj&#8221;. &lt;br class='autobr' /&gt; 7 juin 2022 | tir&#233; de Courrier international | L'arriv&#233;e d'une temp&#234;te de sable qui avait d&#233;j&#224; frapp&#233; le Kowe&#239;t ainsi que les pays voisins, notamment l'Irak, le 23 mai 2022. PHOTO YASSER AL-ZAYYAT/AFP &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Des temp&#233;ratures records ont &#233;t&#233; enregistr&#233;es&#8221; ce lundi 6 juin au Kowe&#239;t, avec 52 &#176;C dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Koweit-+" rel="tag"&gt;Koweit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-06-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-06-14&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Venue d'Inde, la vague de chaleur fait exploser le thermom&#232;tre dans plusieurs pays du Golfe. L'id&#233;e anxiog&#232;ne que la r&#233;gion deviendra invivable fait son chemin, selon le site libanais &#8220;Daraj&#8221;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;7 juin 2022 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/angoisse-temperatures-record-au-koweit-le-thermometre-atteint-52-c&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Courrier international&lt;/a&gt; | &lt;i&gt;L'arriv&#233;e d'une temp&#234;te de sable qui avait d&#233;j&#224; frapp&#233; le Kowe&#239;t ainsi que les pays voisins, notamment l'Irak, le 23 mai 2022. PHOTO YASSER AL-ZAYYAT/AFP&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;Des temp&#233;ratures records ont &#233;t&#233; enregistr&#233;es&lt;/i&gt;&#8221; ce lundi 6 juin au Kowe&#239;t, avec 52 &#176;C dans la localit&#233; de Jahra, une ville voisine de Kowe&#239;t, &lt;a href='https://www.pressegauche.org/Venue d'Inde, la vague de chaleur fait exploser le thermom&#232;tre dans plusieurs pays du Golfe. L'id&#233;e anxiog&#232;ne que la r&#233;gion deviendra invivable fait son chemin, selon le site libanais &#8220;Daraj&#8221;.'&gt;rapporte le quotidien kowe&#239;tien Al-Rai&lt;/a&gt;. Ces temp&#233;ratures, mesur&#233;es &#224; l'ombre, correspondent &#224; 65, voire 70 degr&#233;s au soleil, &lt;a href=&#034;https://www.alraimedia.com/article/1543150/%D9%85%D8%AD%D9%84%D9%8A%D8%A7%D8%AA/%D8%AD%D8%B1%D8%A7%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%83%D9%88%D9%8A%D8%AA-%D8%AA%D9%82%D8%AA%D8%B1%D8%A8-%D9%85%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%BA%D9%84%D9%8A%D8%A7%D9%86535-%D9%85%D8%A6%D9%88%D9%8A%D8%A9-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B8%D9%84-%D9%8870-%D8%AA%D8%AD%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D9%85%D8%B3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;selon le m&#234;me journal&lt;/a&gt;. Il s'agit des temp&#233;ratures les plus &#233;lev&#233;es enregistr&#233;es pour l'instant cette ann&#233;e dans le monde.&#123125;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, selon les pr&#233;visions m&#233;t&#233;orologiques, &lt;i&gt;&#8220;les temp&#233;ratures resteront &#233;lev&#233;es au moins jusqu'&#224; jeudi prochain&lt;/i&gt;&#8221;, &lt;a href=&#034;https://www.aljarida.com/articles/1654538643530087400/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ajoute Al-Jarida&lt;/a&gt;, autre quotidien du pays, selon lequel la consommation d'&#233;lectricit&#233; pour les climatiseurs risque de battre un nouveau record en juin, &#224; 16 800 m&#233;gawatts, d&lt;a href=&#034;https://www.alanba.com.kw/ar/kuwait-news/1060351/29-07-2021-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%A4%D8%B4%D8%B1-%D9%8A%D8%B3%D8%AC%D9%84-%D8%A3%D8%B9%D9%84%D9%89-%D8%A3%D8%AD%D9%85%D8%A7%D9%84%D9%87-%D8%AA%D8%A7%D8%B1%D9%8A%D8%AE-%D8%A7%D9%84%D9%83%D9%88%D9%8A%D8%AA-%D8%A8%D9%80-%D9%85%D9%8A%D8%BA%D8%A7%D9%88%D8%A7%D8%B7/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;passant largement le pr&#233;c&#233;dent record, de l'&#233;t&#233; 2021&lt;/a&gt;, quand elle avait atteint 15 670 m&#233;gawatts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Arabie saoudite se pr&#233;pare &#233;galement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Kowe&#239;t n'est pas le seul pays du Golfe concern&#233;. En Arabie saoudite, la ville de Dammam, dans l'est du pays, sur la c&#244;te du golfe Arabo-Persique, a d&#233;j&#224; enregistr&#233; 49 degr&#233;s, &lt;a href=&#034;https://sabq.org/saudia/%D8%A7%D9%84%D9%82%D8%B1%D9%8A%D8%A7%D8%AA-%D8%A3%D8%A8%D8%B1%D8%AF-%D9%85%D9%86-%D8%A3%D8%A8%D9%87%D8%A7-%D9%81%D8%AC%D8%B1%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B3%D9%86%D8%AF-%D8%AD%D8%B1%D8%A7%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AF%D9%85%D8%A7%D9%85-%D8%B3%D8%AC%D9%84%D8%AA-49-%D8%AF%D8%B1%D8%AC%D8%A9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;indique le site saoudien Sabq&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;Les 50 degr&#233;s arrivent&#8221;&lt;/i&gt; : c'est le grand titre de &lt;a href=&#034;https://www.pressreader.com/saudi-arabia/alyaum/20220606&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une du journal saoudien Al-Yaum&lt;/a&gt;, qui pr&#233;dit une hausse qui se poursuivra durant les deux semaines &#224; venir, notamment dans l'est du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;j&#224; la deuxi&#232;me vague de chaleur cette ann&#233;e, pr&#233;cise le porte-parole des services m&#233;t&#233;orologiques saoudiens, &lt;a href=&#034;https://www.almowaten.net/2022/06/%d9%85%d9%88%d8%ac%d8%a9-%d8%b5%d9%8a%d9%81%d9%8a%d8%a9-%d8%ab%d8%a7%d9%86%d9%8a%d8%a9-%d8%af%d8%b1%d8%ac%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%ad%d8%b1%d8%a7%d8%b1%d8%a9-%d9%82%d8%b1%d8%a8-%d8%a7%d9%84%d9%8050/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;selon le site saoudien Al-Mowaten&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#8220;La hausse des temp&#233;ratures a commenc&#233; en avance cette ann&#233;e.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;chauffement climatique fait partie des &lt;i&gt;&#8220;principaux d&#233;fis auxquels doivent faire face les pays du Golfe&#8221;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://alkhaleejonline.net/%D9%85%D8%AC%D8%AA%D9%85%D8%B9/%D9%81%D9%8A-%D9%8A%D9%88%D9%85-%D8%A7%D9%84%D8%A8%D9%8A%D8%A6%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B9%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%8A-%D9%85%D8%A7-%D8%A3%D8%A8%D8%B1%D8%B2-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%AD%D8%AF%D9%8A%D8%A7%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D9%8A-%D8%AA%D9%88%D8%A7%D8%AC%D9%87-%D8%AF%D9%88%D9%84-%D8%A7%D9%84%D8%AE%D9%84%D9%8A%D8%AC%D8%9F&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;expliquait pour sa part le site Al-Khaleej Online&lt;/a&gt; &#224; l'occasion de la journ&#233;e mondiale de l'environnement, ce dimanche 5 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de rappeler qu'en octobre dernier d&#233;j&#224;, le journal &lt;i&gt;Akhbar Al-Khaleej&lt;/i&gt;, de Bahre&#239;n, avait alert&#233; sur le fait que, dans les pays du Golfe, &lt;i&gt;&#8220;les journ&#233;es d'&#233;t&#233; risquent de devenir mortelles pour les personnes qui restent quelques heures seulement &#224; l'air libre&#8221;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner un r&#244;le &#224; la soci&#233;t&#233; civile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;Il n'est pas possible d'agiter le changement climatique comme un &#233;pouvantail pour faire peur aux gens. Il faut au contraire faire un expos&#233; rationnel de la situation pour trouver des moyens d'y faire face&#8221;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://daraj.com/91527/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;crit pour sa part le journaliste et chercheur climatologue irakien Khaled Souleyman sur le site libanais Daraj.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8220;L'id&#233;e selon laquelle leurs pays ne sont plus vivables&#8221;&lt;/i&gt; risque de provoquer &lt;i&gt;&#8220;des migrations climatiques collectives&#8221;&lt;/i&gt;, alors que le but devrait &#234;tre de trouver un mod&#232;le de d&#233;veloppement durable pour les soci&#233;t&#233;s du Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour y parvenir, estime le journaliste, il faudrait &#233;galement passer par un changement du mode de gouvernance dans les pays concern&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;&#8220;Cela n&#233;cessite la participation de la population, des organismes universitaires et scientifiques, ainsi que de la soci&#233;t&#233; civile, afin d'obliger les gouvernements &#224; faire de l'environnement une priorit&#233;.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/cemter&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les travailleurs migrants dans les Etats du Golfe frapp&#233;s par la crise p&#233;troli&#232;re et le Covid-19</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-travailleurs-migrants-dans-les-Etats-du-Golfe-frappes-par-la-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-travailleurs-migrants-dans-les-Etats-du-Golfe-frappes-par-la-crise</guid>
		<dc:date>2020-05-12T07:04:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andrea Wright </dc:creator>


		<dc:subject>Pakistan</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Bahre&#239;n</dc:subject>
		<dc:subject>Koweit</dc:subject>
		<dc:subject>Inde</dc:subject>
		<dc:subject>Arabie Saoudite</dc:subject>
		<dc:subject>Qatar</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-12</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;mirats arabes unis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une fois de plus, de nombreux travailleurs migrants sud-asiatiques dans le Golfe se trouvent plong&#233;s dans des situations extr&#234;mement pr&#233;caires, provoqu&#233;es par les convulsions &#233;conomiques mondiales. Au cours des derni&#232;res semaines, j'ai parl&#233;, par t&#233;l&#233;phone et messagerie, avec des travailleurs indiens travaillant dans le Golfe pour savoir comment la pand&#233;mie mondiale de coronavirus affecte leur vie. Avec l'arr&#234;t des projets p&#233;troliers, en raison de la baisse de la demande et des pr&#233;c&#233;dentes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Pakistan-251-+" rel="tag"&gt;Pakistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Asie-Proche-Orient-423-+" rel="tag"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bahrein-+" rel="tag"&gt;Bahre&#239;n&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Koweit-+" rel="tag"&gt;Koweit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Inde-822-+" rel="tag"&gt;Inde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arabie-Saoudite-+" rel="tag"&gt;Arabie Saoudite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Qatar-+" rel="tag"&gt;Qatar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-12&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Emirats-arabes-unis-+" rel="tag"&gt;&#201;mirats arabes unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton43506-c5d37.png?1781034437' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une fois de plus, de nombreux travailleurs migrants sud-asiatiques dans le Golfe se trouvent plong&#233;s dans des situations extr&#234;mement pr&#233;caires, provoqu&#233;es par les convulsions &#233;conomiques mondiales. Au cours des derni&#232;res semaines, j'ai parl&#233;, par t&#233;l&#233;phone et messagerie, avec des travailleurs indiens travaillant dans le Golfe pour savoir comment la pand&#233;mie mondiale de coronavirus affecte leur vie. Avec l'arr&#234;t des projets p&#233;troliers, en raison de la baisse de la demande et des pr&#233;c&#233;dentes guerres de prix entre l'Arabie saoudite et la Russie, les travailleurs migrants d'Asie du Sud craignent de plus en plus de ne pas &#234;tre pay&#233;s pour leur travail et que leurs entreprises ne paient plus pour leur logement dans les camps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/moyenorient/les-travailleurs-migrants-dans-les-etats-du-golfe-frappee-par-la-crise-petroliere-et-le-covid-19.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces inqui&#233;tudes sont loin d'&#234;tre exag&#233;r&#233;es, surtout si l'on consid&#232;re l'exp&#233;rience d'un grand nombre de travailleurs qui ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s &#224; la suite de la r&#233;cession de 2008. Les circonstances sont aujourd'hui plus difficiles. Avec l'isolement forc&#233; pour contenir la propagation du virus et les restrictions de mouvement entre les camps pour travailleurs, on ne sait pas comment ceux qui sont abandonn&#233;s en vertu des restrictions de quarantaine actuelles pourront satisfaire leurs besoins quotidiens. Ils font face &#224; l'incertitude, s'inqui&#232;tent pour la sant&#233; de leur famille et se demandent comment eux et leur famille survivront s'ils perdent leur emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, je me suis assise avec un groupe de travailleurs migrants sud-asiatiques qui vivaient dans un camp abandonn&#233; &#224; Sharjah, dans les &#201;mirats arabes unis (EAU) [1]. Alors que j'&#233;coutais ces hommes raconter leurs exp&#233;riences, un musulman indien, Aijaz, s'est tourn&#233; vers moi et m'a demand&#233; en hindi : &#171; Nous n'avons pas de dipl&#244;me, aucun de nous ne sait lire. Pourquoi ne nous donnent-ils pas l'argent qu'ils nous doivent ? &#8230; Pourquoi personne ne nous aide ? &#187; Aijaz et les autres r&#233;sidents du camp abandonn&#233; ne sont que quelques-uns parmi des Sud-Asiatiques que j'ai rencontr&#233;s lors de mes recherches en 2009 et 2010 aux EAU. &#192; cette &#233;poque, le Golfe &#233;tait encore sous le choc de la Grande R&#233;cession de 2008 et de nombreux projets p&#233;troliers &#233;taient au point mort. Les entreprises ont fait faillite et les propri&#233;taires de soci&#233;t&#233;s ont fui les EAU par crainte de la prison pour dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs abandonn&#233;s me disaient souvent qu'ils n'&#233;taient jamais pay&#233;s pour le travail qu'ils avaient accompli avant la fermeture de leur entreprise. Non seulement ils n'&#233;taient pas pay&#233;s, mais les hommes de ces camps n'avaient pas acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; la nourriture et &#224; l'&#233;lectricit&#233;. Les travailleurs abandonn&#233;s &#233;taient d&#233;pendants de ceux employ&#233;s vivant dans les camps voisins, qui partageaient leur nourriture et leur eau. Un groupe de volontaires sud-asiatiques des classes moyennes et sup&#233;rieures a &#233;galement apport&#233; son aide en procurant de la nourriture pour l'iftar [repas qui est pris chaque soir] pendant le Ramadan et en fournissant des articles de toilette. Finalement, ces volontaires ont organis&#233; une collecte de fonds et, avec les recettes, ont achet&#233; des billets d'avion pour le retour d'Aijaz et de ses camarades de camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, pendant la pand&#233;mie Covid-19, les travailleurs migrants d'Asie du Sud sont captifs des d&#233;cisions des gouvernements et des entreprises. Ils n'ont gu&#232;re la possibilit&#233; de faire leurs propres choix et n'ont pas de bonnes solutions. Les travailleurs craignent que, s'ils restent dans le Golfe, ils risquent d'&#234;tre abandonn&#233;s par leurs employeurs et d'&#234;tre infect&#233;s par le coronavirus en raison de l'exigu&#239;t&#233; des habitats dans lesquels ils sont reclus. S'ils retournent en Inde en &#233;tant confin&#233;s, ils craignent la famine, l'endettement croissant, le ch&#244;mage, la perte &#233;ventuelle de toute petite propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et la campagne anti-musulman du gouvernement de Narendra Modi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Covid-19 et confinement dans le Golfe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs migrants sud-asiatiques, m&#234;me avant la pand&#233;mie de coronavirus, vivent dans des camps surpeupl&#233;s, largement isol&#233;s du reste des r&#233;sidents du Golfe. Aujourd'hui, ces lieux surpeupl&#233;s et isol&#233;s impliquent qu'ils sont &#233;galement de plus en plus menac&#233;s de contracter le Covid-19. Comme les pauvres dans une grande partie du monde, les travailleurs migrants contractent la maladie et en meurent &#224; un taux plus &#233;lev&#233; que le reste de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infection dans le Golfe est en pleine croissance. Le 14 avril 2020, les &#201;tats du Golfe ont signal&#233; collectivement 16'613 cas de Covid-19. Au 29 avril, les &#201;tats du Golfe comptaient 50'572 cas. Le Qatar a le taux d'infection le plus &#233;lev&#233;, avec 4361 cas pour 1 million. La majorit&#233; des personnes infect&#233;es sont des travailleurs migrants vivant dans un camp de travail en dehors de Doha. Le 11 avril, le Bahre&#239;n a d&#233;clar&#233; que 45 des 47 personnes nouvellement diagnostiqu&#233;es &#233;taient des travailleurs &#233;trangers et, le 23 avril, des centaines de travailleurs migrants ont &#233;t&#233; mis en quarantaine apr&#232;s qu'un nombre inconnu a contract&#233; la maladie. L'agence de presse saoudienne a indiqu&#233; le 5 avril que 53% des cas en Arabie saoudite &#233;taient des migrants et le minist&#232;re de la Sant&#233; a indiqu&#233; le 16 avril que les travailleurs &#233;trangers repr&#233;sentaient 80% des nouveaux cas de Covid-19 dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les rapports soient fragmentaires, dans l'ensemble du Golfe, on pense que les travailleurs &#233;trangers repr&#233;sentent la majorit&#233; des infections et des d&#233;c&#232;s par Covid-19. L'acc&#232;s des travailleurs aux ressources m&#233;dicales semble toutefois d&#233;pendre en grande partie des politiques des employeurs. Selon les travailleurs migrants d'Asie du Sud avec lesquels je me suis entretenue, ils font &#233;galement face &#224; des difficult&#233;s lorsqu'ils cherchent &#224; se faire soigner. Cela s'explique, en partie, par leur connaissance limit&#233;e des ressources m&#233;dicales dans le Golfe. En outre, les migrants doivent subir des examens m&#233;dicaux avant de s'installer dans le Golfe, ce que beaucoup trouvent d&#233;sagr&#233;able, peu familier et intrusif. Les migrants sont dissuad&#233;s de chercher &#224; se faire soigner en raison de cette exp&#233;rience limit&#233;e et n&#233;gative des soins de sant&#233; et du fait que de nombreux parmi eux connaissent des coll&#232;gues qui ont &#233;t&#233; renvoy&#233;s chez eux &#8211; et ont perdu leur emploi &#8211; pour cause de maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces pr&#233;occupations, lorsqu'une clinique d'Abu Dhabi a propos&#233; un test Covid-19, elle a attir&#233; des centaines de personnes, pour la plupart des travailleurs &#224; bas salaire. En outre, des employeurs m'ont dit qu'ils avaient emmen&#233; des employ&#233;s pr&#233;sentant de graves sympt&#244;mes dans les h&#244;pitaux locaux. Tous les travailleurs n'ont pas le m&#234;me acc&#232;s aux soins de sant&#233;. R&#233;cemment, un groupe d'ouvriers indiens travaillant &#224; Ajman [capitale de l'&#233;mirat d'Ajman] et qui sont malades du Covid-19 ont envoy&#233; un message par Twitter au ministre en chef de l'&#201;tat de Telangana en Inde et au Times of India pour dire qu'ils &#233;taient maintenus en quarantaine et qu'on ne leur fournissait pas de m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs indiens signalent que leur vie quotidienne est d&#233;sormais limit&#233;e &#224; leur chambre et, s'ils ont de la chance, &#224; leur lieu de travail. D'apr&#232;s mes conversations, il semble que les projets p&#233;troliers et de construction soient pour la plupart arr&#234;t&#233;s, tandis que certaines usines restent ouvertes. Lorsque j'ai parl&#233; avec Ahmed, un travailleur manuel du Bihar, en Inde, qui travaille &#224; Abu Dhabi, il a d&#233;crit ainsi sa situation : il est confin&#233; dans une petite chambre de type dortoir avec sept autres hommes indiens. Tout travail sur son chantier est arr&#234;t&#233;, mais Ahmed esp&#232;re qu'il recevra son prochain salaire. Un autre ouvrier indien, Syed, qui travaille &#224; Charjah (EAU), a expliqu&#233; que le travail dans son usine continue, mais que sa temp&#233;rature est prise au d&#233;but de chaque tour de travail. Outre le travail &#224; l'usine, Syed est &#233;galement confin&#233; dans sa chambre. Il n'est pas s&#251;r de ce qui lui arrivera s'il devient f&#233;brile. J'ai contact&#233; les responsables de quelques entreprises qui m'ont dit qu'ils utilisaient des pi&#232;ces vides dans les dortoirs de leurs employ&#233;s pour mettre en quarantaine ceux qui pr&#233;sentent des sympt&#244;mes. En revanche, d'autres entreprises souhaitent ardemment que leurs travailleurs quittent le Golfe. Dans la zone industrielle du Qatar &#8211; une zone avec un taux &#233;lev&#233; d'infections Covid-19 &#8211; Amnesty International rapporte que les travailleurs n&#233;palais qui y vivent sont arr&#234;t&#233;s par la police, envoy&#233;s dans des centres de d&#233;tention et ensuite d&#233;port&#233;s au N&#233;pal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les obstacles se multiplient pour le retour au pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs migrants indiens ne sont pas seulement menac&#233;s par la famine ou la maladie, ils sont &#233;galement ind&#233;sirables tant dans le Golfe qu'en Inde. Le 19 mars 2020, les &#201;mirats arabes unis ont interdit l'entr&#233;e dans le pays de titulaires de visas de r&#233;sident toujours valides et ont commenc&#233; &#224; suspendre les visas de travail. Le 23 mars, les deux principaux transporteurs a&#233;riens des EAU, Etihad et Emirates, ont arr&#234;t&#233; tous les vols de passagers, fermant ainsi les fronti&#232;res du pays. D'autres &#201;tats du Golfe ont mis en &#339;uvre des mesures similaires : Bahre&#239;n a ferm&#233; ses fronti&#232;res &#224; tous les &#201;tats du Conseil de coop&#233;ration du Golfe sauf aux citoyens le 18 mars [2], le Kowe&#239;t le 13 mars, le Qatar le 18 mars et l'Arabie saoudite le 15 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le 25 mars, l'Inde a d&#233;clench&#233; un confinement national et la fermeture de ses fronti&#232;res. Entre l'annonce et la fermeture effective des fronti&#232;res, des Indiens du monde entier sont rentr&#233;s dans le pays. Au retour des Indiens, le gouvernement a d&#233;clar&#233; que tous les ressortissants qui passaient par le Golfe seraient tenus de se soumettre &#224; une quarantaine de 14 jours, malgr&#233; le fait que d'autres pays comme les &#201;tats-Unis avaient des taux d'infection Covid-19 plus &#233;lev&#233;s que les &#201;tats du Golfe. Cette mesure a eu un impact disproportionn&#233; sur les Indiens pauvres, qui ont un contr&#244;le limit&#233; sur leurs itin&#233;raires de vol et qui sont plus susceptibles de travailler dans le Golfe qu'en Am&#233;rique du Nord ou en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les fronti&#232;res &#233;tant ferm&#233;es, le gouvernement indien refuse de rapatrier ses citoyens qui travaillent dans le Golfe. Cette d&#233;cision a &#233;t&#233; fortement contest&#233;e, tant en Inde que dans le Golfe. Dans une lettre adress&#233;e au Premier ministre Narendra Modi, le ministre en chef de l'&#201;tat indien du Kerala a plaid&#233; en faveur du rapatriement des travailleurs parce que &#171; les mesures pr&#233;ventives et les m&#233;thodes de quarantaine mises en &#339;uvre &#224; Duba&#239; ne sont ni efficaces ni ad&#233;quates &#187; [3]. Les &#201;mirats arabes unis veulent &#233;galement que l'Inde rapatrie des travailleurs et proposent de payer les vols et les tests Covid-19 pour les travailleurs indiens qui rentrent au pays, tout en mena&#231;ant de ne plus embaucher d'Indiens &#224; l'avenir si leur gouvernement n'agit pas rapidement. En r&#233;ponse, le 11 avril, l'ambassadeur indien a indiqu&#233; que l'Inde ne pouvait pas accepter de travailleurs rapatri&#233;s tant que le confinement en Inde n'&#233;tait pas lev&#233;, ce qui est actuellement pr&#233;vu pour le 3 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de nos conversations, les migrants ont exprim&#233; leur inqui&#233;tude quant au risque d'attraper le coronavirus, d'&#234;tre abandonn&#233;s par leurs employeurs, ou les deux. Malgr&#233; ces inqui&#233;tudes, cependant, presque tous les travailleurs indiens avec lesquels j'ai parl&#233; ont dit qu'ils pr&#233;f&#233;reraient continuer &#224; travailler dans le Golfe, tant qu'ils continuent &#224; &#234;tre pay&#233;s. La pr&#233;occupation la plus urgente pour beaucoup d'entre eux est de payer les besoins quotidiens de leur famille, y compris la nourriture. S'ils retournent en Inde, ils se demandent comment ils gagneront de l'argent pour nourrir leur famille. Cette pr&#233;occupation est partag&#233;e par les pauvres d'Asie du Sud, car les mesures de confinement institu&#233;es par leurs gouvernements entravent leur capacit&#233; &#224; travailler et, par cons&#233;quent, &#224; se nourrir. Ces derniers jours, les ch&#244;meurs de toute l'Asie du Sud ont organis&#233; des manifestations, qu'il s'agisse d'ouvriers d'usine et de la construction au Pakistan, de travailleurs de l'industrie du v&#234;tement au Bangladesh ou de migrants internes vivant dans les plus grandes villes de l'Inde [4]. Les manifestant&#183;e&#183;s affirment qu'ils mourront de faim si leurs gouvernements n'interviennent pas pour les nourrir ou pour subventionner leur salaire perdu pendant les mesures de confinement des coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les avantages et les co&#251;ts (la dette) de la migration vers le Golfe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, environ un million d'hommes indiens, pour la plupart issus des zones rurales, se rendent dans les pays producteurs de p&#233;trole de la p&#233;ninsule Arabique pour y travailler comme ouvriers. La majorit&#233; des Indiens du Golfe travaillent dans des postes non qualifi&#233;s ou semi-qualifi&#233;s, deux des cat&#233;gories utilis&#233;es par le gouvernement indien pour classer les travailleurs migrants. Les travailleurs non qualifi&#233;s d&#233;signent les travailleurs manuels qui, selon mes recherches, travaillent principalement dans le secteur de la construction. Les travailleurs semi-qualifi&#233;s ont g&#233;n&#233;ralement une formation ou une exp&#233;rience technique et occupent des postes de tuyauteurs, de cintreurs, d'&#233;lectriciens, de plombiers, de conducteurs de presse, de ma&#231;ons, de soudeurs et de chauffeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La migration transnationale est consid&#233;r&#233;e par de nombreuses familles pauvres comme un moyen d'am&#233;liorer leurs conditions de vie. Alors qu'historiquement, de nombreux migrants venaient des &#201;tats du sud de l'Inde, comme le Kerala et le Tamil Nadu, aujourd'hui, la majorit&#233; d'entre eux viennent des &#201;tats du nord, comme le Bihar et l'Uttar Pradesh, qui sont les plus d&#233;pendants de l'agriculture et connaissent des taux de ch&#244;mage et de sous-emploi plus &#233;lev&#233;s [5]. Dans ces &#201;tats, la majorit&#233; des exploitations agricoles sont d'une taille inf&#233;rieure &#224; une acre et leurs propri&#233;taires travaillent le plus souvent comme ce que le gouvernement indien appelle des travailleurs occasionnels, gagnant en moyenne entre 2 et 3 dollars par jour [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les migrants me disent que travailler dans le Golfe rapporte six &#224; dix fois plus qu'un emploi similaire en Inde. Il est donc tentant d'assumer la dette n&#233;cessaire pour acheter des billets d'avion et de payer toute une s&#233;rie de frais aux sous-traitants, aux agents et aux agences gouvernementales pour les visas et les emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dette, souvent assortie de taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s &#233;lev&#233;s, est la plupart du temps sup&#233;rieure &#224; ce que gagne annuellement toute une famille. Dans les centaines d'entretiens que j'ai men&#233;s avec des migrants indiens depuis 2008, je constate que l'&#233;crasante majorit&#233; emprunte entre 915 et 1570 dollars environ (70'000 et 120'000 roupies) pour acqu&#233;rir un emploi dans le Golfe. Les migrants les plus chanceux sont capables de rembourser cette somme apr&#232;s deux &#224; quatre ans de travail, bien qu'il ne soit pas rare de rencontrer des hommes qui ont travaill&#233; dans le Golfe pendant plus d'une d&#233;cennie et qui paient encore leur dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour en Inde &#8211; avant d'&#234;tre en mesure de payer leurs dettes &#8211; signifie que les migrants ne peuvent pas subvenir aux besoins de leur famille. En outre, cette dette fait courir le risque que les quelques actifs de leur famille, comme leurs petites exploitations agricoles, soient saisis par les pr&#234;teurs. Par exemple, Raj, qui travaillait &#224; Charjah, aux &#201;mirats arabes unis, mais qui &#233;tait en cong&#233; bisannuel dans son village du sud de l'Inde lorsque des restrictions de voyage ont &#233;t&#233; mises en place, m'a dit qu'il &#233;tait &#171; d&#233;sesp&#233;r&#233; &#187; de retourner &#224; son travail &#224; Charjah parce qu'il n'y a &#171; ni argent ni nourriture &#187; dans son village. Il craint de perdre son emploi aux &#201;mirats arabes unis et, par cons&#233;quent, d'&#234;tre incapable de payer ses dettes. Pr&#233;voyant un avenir sombre, Raj pense qu'il sera bient&#244;t &#171; sans emploi et sans terre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mont&#233;e du &#171; sentiment anti-musulman &#187; en Inde freine &#233;galement les retours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les migrants indiens expliquent qu'ils n'ont gu&#232;re le choix de rester dans le Golfe ou de retourner en Inde, mais qu'aucune de ces options n'est &#171; bonne &#187;. Lorsque je demande ce qui va se passer ensuite, certains r&#233;pondent en utilisant une expression arabe, tawakkaltu ala-Allah, indiquant qu'ils &#171; ont confiance en Dieu &#187;. D'autres me r&#233;pondent en me demandant simplement en hindi, kya karo ? ou &#171; que dois-je faire ? &#187; Les deux r&#233;ponses soulignent le fait que les travailleurs migrants int&#233;rimaires sont extr&#234;mement limit&#233;s pour d&#233;cider de leur propre avenir. &#192; la merci des d&#233;cisions du gouvernement et des entreprises, ils s'inqui&#232;tent de la suite des &#233;v&#233;nements. S'ils sont contraints de rester dans le Golfe, ils risquent leur sant&#233; et leur emploi, tandis que leur retour en Inde comporte ses propres risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux migrants craignent que la discrimination religieuse qu'ils subissent r&#233;guli&#232;rement en Inde, en tant que musulmans, ne s'aggrave &#224; l'heure actuelle. Un nombre disproportionn&#233; de migrants indiens dans le Golfe sont musulmans. En Inde, les musulmans sont confront&#233;s &#224; toute une s&#233;rie d'in&#233;galit&#233;s sociales et &#233;conomiques. Faiz, un musulman indien travaillant &#224; Abu Dhabi, a expliqu&#233; comment la discrimination religieuse a contribu&#233; &#224; sa d&#233;cision d'&#233;migrer. &#171; Les hindous trouvent plus facilement du travail [en Inde]. Nous [les Indiens] avons un gouvernement la&#239;c, mais en fait, la plupart des non-musulmans sont favoris&#233;s&#8230; Lorsqu'il y a un nom musulman [sur une demande d'emploi ou un CV], ils [les employeurs] ont une attitude diff&#233;rente, et cela s'applique presque toujours au gouvernement, &#224; l'&#233;ducation et aux affaires. &#187; Selon un rapport publi&#233; en 2006 par le gouvernement indien, les musulmans indiens vivent dans des zones o&#249; les infrastructures sont m&#233;diocres et ils sont r&#233;guli&#232;rement victimes de discrimination dans la sph&#232;re publique [7]. Les musulmans indiens sont &#233;galement d&#233;savantag&#233;s par des taux d'alphab&#233;tisation plus faibles, un acc&#232;s in&#233;gal aux institutions &#233;ducatives et gouvernementales et une repr&#233;sentation biais&#233;e dans les m&#233;dias. Ces d&#233;savantages convergent souvent avec les disparit&#233;s &#233;conomiques r&#233;gionales pour accentuer les in&#233;galit&#233;s auxquelles les musulmans sont confront&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de fr&#233;quents rapports de violences visant les musulmans en Inde, qui sont en &#233;troite corr&#233;lation avec les politiques nationalistes hindoues qui excluent politiquement les musulmans. Un exemple r&#233;cent est la loi d'amendement de la citoyennet&#233;, adopt&#233;e en 2019, qui acc&#233;l&#232;re la proc&#233;dure de citoyennet&#233; pour les Sud-Asiatiques de toutes religions qui entrent en Inde, &#224; l'exception des musulmans. Suite &#224; l'adoption de cette loi, des protestations sur l'exclusion des musulmans ont &#233;clat&#233; dans toute l'Inde. Fin f&#233;vrier 2020, des manifestations dans la capitale New Delhi ont conduit &#224; de violents affrontements entre hindous (y compris des membres des forces de police) et musulmans. Les &#233;meutes ont fait au moins 53 morts, dont deux tiers de musulmans [8]. Pendant ces &#233;meutes, un groupe criant &#171; L'Inde aux hindous &#187; et d'autres slogans nationalistes hindous a d&#233;fil&#233; autour d'une mosqu&#233;e en feu et a plac&#233; un drapeau de dieu hindou sur le minaret de la mosqu&#233;e [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le coronavirus ne fait qu'attiser la violence anti-musulmane en Inde. Au cours des derni&#232;res semaines, les m&#233;dias sociaux en Inde ont fait circuler de fausses accusations selon lesquelles les musulmans indiens diffusent le Covid-19, et ces rumeurs sont ensuite utilis&#233;es pour inciter &#224; la violence contre les musulmans. Le 7 avril, par exemple, des hindous ont attaqu&#233; un groupe d'hommes musulmans au Jharkhand [Etat indien qui a &#233;t&#233; s&#233;par&#233; du Bihar] et ont tu&#233; une personne apr&#232;s que des rumeurs se sont r&#233;pandues selon lesquelles des musulmans &#171; crachaient &#187; afin d'infecter d&#233;lib&#233;r&#233;ment des hindous avec le coronavirus [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travailleurs migrants ont besoin de garanties internationales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discrimination, la violence et le manque de ressources en Inde font que le rapatriement des travailleurs migrants ne r&#233;pond pas aux crises des droits de l'homme qui sont exacerb&#233;es par la pand&#233;mie mondiale. Les m&#234;mes in&#233;galit&#233;s sociales et &#233;conomiques qui ont influenc&#233; le choix des migrants de se rendre dans le Golfe pour y travailler entra&#238;neront des taux de famine plus &#233;lev&#233;s pendant le confinement de l'Inde et des taux de mortalit&#233; plus &#233;lev&#233;s en raison de la Covid-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, il est &#233;galement insupportable pour les migrants sans emploi de rester dans le Golfe sans garanties et surveillance suppl&#233;mentaires. Les exp&#233;riences des travailleurs abandonn&#233;s &#224; la suite de la r&#233;cession mondiale de 2008, les conditions de vie actuellement d&#233;plorables des travailleurs et les ressources limit&#233;es signifient que les migrants dans le Golfe vivent dans des circonstances extr&#234;mement dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nombre de ces probl&#232;mes peuvent sembler propres au Golfe, les exp&#233;riences des travailleurs migrants dans le monde entier d&#233;montrent les connexions mondiales et les d&#233;fis que repr&#233;sente la r&#233;solution des crises dans les cadres nationaux. Les prochaines mesures prises par les gouvernements et les organisations internationales doivent envisager des r&#233;ponses au coronavirus &#224; une &#233;chelle qui d&#233;passe les fronti&#232;res nationales afin de d&#233;velopper des garanties pour prot&#233;ger la vie et les moyens de subsistance de ceux qui sont les plus vuln&#233;rables au virus et aux vicissitudes du capitalisme. (Article publi&#233; dans Middle East Report Online, en date 30 avril 2020 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andrea Wright est professeure adjoint au Department of Anthropology and the Program in Asian and Middle Eastern Studies at William &amp; Mary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] A l'exception des fonctionnaires, tous les noms sont des pseudonymes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Les &#201;tats du CCG sont le Kowe&#239;t, le Bahre&#239;n, l'Arabie saoudite, les &#201;mirats arabes unis, le Qatar et Oman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Comme il est courant en Inde lorsqu'on parle du Golfe, Duba&#239; est utilis&#233; pour d&#233;signer tous les &#201;tats du Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Shazia Hasan, &#8220;Workers Protest for Payment of Wages, Dues in Karachi,&#8221; Dawn, April 19, 2020 ; &#8220;'Starving' Bangladesh Garment Workers Protest for Pay during COVID-19 Lockdown,&#8221; Arab News, April 13, 2020 ; Joe Wallen, &#8220;Protests Break out in India as Migrant Workers Stranded and Starving far from Home,&#8221; The Telegraph, April 17, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Periodic Labour Force Survey, Annual Report, June 2017&#8211;June 2018 (New Delhi : Ministry of Statistics and Programme Implementation, Government of India, 2019) ; Ministry of Overseas Indian Affairs, Annual Report 2012-13. (New Delhi : Government of India, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] National Sample Survey Office (NSS), &#8220;Employment and Unemployment Situation in India, NSS Report No. 554&#8221; (New Delhi : Ministry of Statistics and Programme Implementation, Government of India, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Prime Minister's High Level Committee, Social, Economic and Educational Status of the Muslim Community of India, (Government of India, November 29, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] PTI, &#8220;It's Official,&#8221; TheWire.in, March 8, 2020 ; Jeffrey Gettleman, Sameer Yasir, Suhasini Raj and Hari Kumar, &#8220;How Delhi's Police Turned Against Muslims,&#8221; The New York Times, March 12, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Naomi Barton, &#8220;Delhi Riots,&#8221; TheWire.in, February 25, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Arunabh Saikia, &#8220;The Other Virus,&#8221; Scroll.in, April 8, 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Kowe&#239;t rejoint le &#171; printemps arabe &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Koweit-rejoint-le-printemps-arabe</link>
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		<dc:date>2012-11-06T09:10:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Gresh</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-11-06</dc:subject>
		<dc:subject>Koweit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On conna&#238;t peu de choses de cet &#233;mirat du Golfe. On en conna&#238;trait encore moins s'il n'avait pas &#233;t&#233; envahi par les troupes de Saddam Hussein en ao&#251;t 1990, ce qui allait d&#233;boucher sur une guerre, dirig&#233;e par les Etats-Unis, qui expulsera les soldats irakiens de ce petit pays p&#233;trolier. Pourtant, au-del&#224; de sa richesse, il a toujours connu une vie politique active. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du blogue de l'auteur sur le site du Monde diplomatique. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 25 octobre dernier, plus de 50 000 citoyens sont descendus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-11-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-11-06&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Koweit-+" rel="tag"&gt;Koweit&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton12186-0e274.jpg?1781166638' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t peu de choses de cet &#233;mirat du Golfe. On en conna&#238;trait encore moins s'il n'avait pas &#233;t&#233; envahi par les troupes de Saddam Hussein en ao&#251;t 1990, ce qui allait d&#233;boucher sur une guerre, dirig&#233;e par les Etats-Unis, qui expulsera les soldats irakiens de ce petit pays p&#233;trolier. Pourtant, au-del&#224; de sa richesse, il a toujours connu une vie politique active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du blogue de l'auteur sur le site du Monde diplomatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 25 octobre dernier, plus de 50 000 citoyens sont descendus dans la rue pour protester contre une r&#233;forme constitutionnelle voulue par l'&#233;mir, qui tente de faire &#233;lire, le 1er d&#233;cembre prochain, un Parlement aux ordres. De violentes &#233;chauffour&#233;es ont &#233;clat&#233;, faisant une centaine de bless&#233;s. Le dimanche 4 novembre, l'opposition appelle &#224; manifester &#224; nouveau, alors m&#234;me que le pouvoir cherche la confrontation et menace de faire intervenir l'arm&#233;e (&#171; Kowe&#239;t : l'arm&#233;e pourrait intervenir contre une manifestation de l'opposition &#187;, L'Orient-Le Jour, 3 novembre 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contestation au Kowe&#239;t a une longue histoire et on pourra se reporter &#224; l'excellente &#233;tude &#171; Looking for Revolution in Kuwait &#187;, de Mary Ann T&#233;treault, (MERIP, 1er novembre 2012), qui revient sur les diverses &#233;tapes de la vie politique de l'&#233;mirat et des forces d'opposition, sur le caract&#232;re singulier de ses institutions, l'ind&#233;pendance du syst&#232;me judiciaire et la libert&#233; de presse et d'expression qui y r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des paradoxes est que le le Parlement &#233;lu n'a pas le pouvoir de d&#233;signer le gouvernement, dont les membres sont choisis par l'&#233;mir et occupent de plein droit les bancs parlementaires. La confrontation entre l'Assembl&#233;e et le gouvernement est au c&#339;ur des affrontements de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impasse actuelle, &#233;crit l'auteure, &#171; s'inscrit dans la continuit&#233; de cette longue lutte entre les &#233;mirs et les parlements. Mais depuis que le cheikh Sabah Al-Ahmad est devenu &#233;mir en janvier 2006, les affrontements ont grandi dans une atmosph&#232;re de plus en plus lourde. L'animosit&#233; est stimul&#233;e par les niveaux &#233;lev&#233;s et croissants d'insatisfaction de la population comme des &#233;lites devant les faibles performances du gouvernement et de la famille r&#233;gnante. Ironie du sort, le cheikh Sabah a acc&#233;d&#233; au pouvoir sur une vague de popularit&#233; apr&#232;s avoir pris en charge une transition politique difficile cons&#233;cutive &#224; la mort de son pr&#233;d&#233;cesseur. Mais cette bonne volont&#233; s'est dissip&#233;e rapidement quand il a nomm&#233; un gouvernement m&#233;diocre et qu'il a voulu accorder un monopole du pouvoir aux membres de sa branche de la famille Al-Sabah &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s son accession au tr&#244;ne, l'&#233;mir s'est trouv&#233; confront&#233; &#224; un mouvement pacifique de contestation, anim&#233; notamment par des jeunes, qui a dur&#233; plusieurs mois, pr&#233;figurant les soul&#232;vements arabes de 2011. Il revendiquait le d&#233;coupage de l'&#233;mirat en cinq circonscriptions au lieu de vingt-cinq, ce qui devait r&#233;duire l'achat de votes et la corruption. Plusieurs &#233;lections se sont d&#233;roul&#233;es depuis qui ont donn&#233; la victoire &#224; des forces d'opposition &#8212; tribales, islamistes (sunnites et chiites) et quelques lib&#233;raux &#8212; et l'&#233;mir a fini par se d&#233;barrasser de son premier ministre en novembre 2011. Mais, en f&#233;vrier 2012, apr&#232;s une &#233;ni&#232;me dissolution du Parlement, l'opposition remporte 34 si&#232;ges sur 50. Le 18 juin, l'&#233;mir suspend le Parlement et deux jours plus tard la Cour constitutionnelle d&#233;cide d'annuler les &#233;lections de 2012 et de r&#233;installer le Parlement de 2009. Le 20 octobre, l'&#233;mir annonce qu'il changera la loi &#233;lectorale, ce qui provoque les plus grandes manifestations de l'histoire de l'&#233;mirat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces arguties constitutionnelles, c'est la nature m&#234;me du r&#233;gime qui est en cause, avec la demande, ici comme en Jordanie ou au Maroc, d'un syst&#232;me d&#233;mocratique dans lequel le gouvernement serait responsable devant le Parlement. Ces soubresauts inqui&#232;tent, bien s&#251;r, les autres &#233;mirats de la r&#233;gion (&#224; Bahre&#239;n, le mouvement d&#233;mocratique se poursuit depuis plus de 18 mois malgr&#233; une violente r&#233;pression), notamment les Emirats arabes unis, o&#249; des dizaines de militants ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s (le Parlement europ&#233;en a adopt&#233; une r&#233;solution le 26 octobre pour condamner la r&#233;pression). Et, encore plus, l'Arabie saoudite, o&#249; la contestation n'est plus limit&#233;e &#224; la r&#233;gion de l'Est, &#224; majorit&#233; chiite : elle s'exprime aussi bien sur la Toile que dans de petites manifestations pour la lib&#233;ration des prisonniers politiques. C'est avec plus d'inqui&#233;tude que de joie que l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis voient la mont&#233;e des forces islamistes, notamment des Fr&#232;res musulmans, dans l'&#233;mirat comme ailleurs (lire &#171; Les islamistes &#224; l'&#233;preuve du pouvoir &#187;, Le Monde diplomatique, novembre 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se pose bien s&#251;r, pour tous ces &#233;mirats, une question : la d&#233;mocratie, mais pour qui ? Pendant tr&#232;s longtemps, les femmes ont &#233;t&#233; exclues du droit de vote au Kowe&#239;t et il ne leur a &#233;t&#233; accord&#233; qu'en 2005 (avec les premi&#232;res d&#233;put&#233;es &#233;lues en 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On compte aussi 106 000 Bidouns, ainsi d&#233;finis par Human Rights Watch (&#171; Kowe&#239;t : La r&#233;pression de manifestations de Bidouns a fait des dizaines de bless&#233;s &#187;, 19 f&#233;vrier 2011) : &#171; Les Bidouns sont des personnes apatrides, essentiellement d'origine b&#233;douine ou nomadique, qui revendiquent la nationalit&#233; kowe&#239;tienne et les droits li&#233;s &#224; cette nationalit&#233;. Leur statut apatride est li&#233; au fait que la majorit&#233; n'a pas brigu&#233; la nationalit&#233; koweitienne quand l'&#233;mirat, devenu un protectorat britannique en 1914, a acc&#233;d&#233; &#224; l'ind&#233;pendance en 1961. &#187; A la suite de ces manifestations, un certain nombre a obtenu la nationalit&#233; et le droit de vote, mais la majorit&#233; reste exclue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut &#233;videmment dire un mot de la majorit&#233; de la population, ces immigr&#233;s (1,3 million sur un total de 2,8) provenant du monde arabe ou d'Asie et qui souvent ne disposent que du droit de se taire et de se faire exploiter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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