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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les priorit&#233;s syndicales en 2013 : se donner les moyens de ses fins</title>
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		<dc:date>2013-01-15T12:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Bergeron</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les principales centrales syndicales qu&#233;b&#233;coises, la CSQ, la CSN et la FTQ ont fait part de leurs priorit&#233;s pour la nouvelle ann&#233;e. Bien que de nombreux objectifs int&#233;ressants s'y retrouvent, il est permis de douter de la concr&#233;tisation de tels objectifs car la strat&#233;gie pour les obtenir est plut&#244;t fantomatique. On pr&#233;f&#232;re faire appel &#224; la bonne volont&#233; du gouvernement. &lt;br class='autobr' /&gt; CSQ : pour un sommet sur la fiscalit&#233; malgr&#233; le PQ ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La CSQ plaide pour un sommet sur la fiscalit&#233; et des mesures (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Monde-du-travail-et-syndicalisme-" rel="directory"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-01-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-01-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH107/arton12768-826a1.jpg?1679049287' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les principales centrales syndicales qu&#233;b&#233;coises, la CSQ, la CSN et la FTQ ont fait part de leurs priorit&#233;s pour la nouvelle ann&#233;e. Bien que de nombreux objectifs int&#233;ressants s'y retrouvent, il est permis de douter de la concr&#233;tisation de tels objectifs car la strat&#233;gie pour les obtenir est plut&#244;t fantomatique. On pr&#233;f&#232;re faire appel &#224; la bonne volont&#233; du gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CSQ : pour un sommet sur la fiscalit&#233; malgr&#233; le PQ ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CSQ plaide pour un sommet sur la fiscalit&#233; et des mesures visant &#224; renforcer les services publics, notamment mais pas seulement dans le milieu de l'&#233;ducation. Selon la CSQ, la tenue d'un tel sommet est rendu n&#233;cessaire &#171; par la volont&#233; du gouvernement d'atteindre l'&#233;quilibre budg&#233;taire &#224; tout prix. &#187; La CSQ poursuit : &#171; Malheureusement, sous la pression des milieux d'affaires, le gouvernement Marois s'est lui-m&#234;me priv&#233; de nouveaux revenus en instaurant seulement l'un des deux nouveaux paliers d'imposition promis pour les hauts revenus et en omettant de r&#233;former la fiscalit&#233; sur les dividendes et les gains en capital. Il s'est &#233;galement priv&#233; de revoir &#224; la hausse les redevances mini&#232;res et d'abolir la taxe sant&#233;. (&#8230;) &#171; Cet exemple d&#233;montre bien que m&#234;me si les Qu&#233;b&#233;coises et les Qu&#233;b&#233;cois ont &#233;lu un gouvernement social-d&#233;mocrate le 4 septembre dernier, il est malheureux de constater que les gens d'affaires exercent encore une influence d&#233;mesur&#233;e sur le pouvoir &#224; Qu&#233;bec. D'ailleurs, les orientations budg&#233;taires adopt&#233;es par ce m&#234;me gouvernement ont &#233;t&#233; salu&#233;es ouvertement par les chambres de commerce. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CSQ semble aveugl&#233;e par l'&#233;tiquette de &#8220;social-d&#233;mocrate&#8221; qu'elle accole au PQ. La centrale devrait savoir que la social-d&#233;mocratie, &#224; l'&#233;chelle mondiale, ne repr&#233;sente gu&#232;re plus qu'une autre facette de l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par l'oligarchie. Que les Hollande, Soares, Papandreou ou Blair de ce monde ont fait la d&#233;monstration sans &#233;quivoque de leur fid&#233;lit&#233; aux r&#233;formes r&#233;gressives impos&#233;es par le patronat souvent avec plus de z&#232;le que les partis de droite traditionnels. Par ailleurs, le PQ ne peut m&#234;me pas se targuer de l'&#233;tiquette de social-d&#233;mocratie &#8220;historique&#8221; n'ayant aucun lien avec ce courant issu du mouvement ouvrier. La direction p&#233;quiste appr&#233;cie ce vernis de gauche lorsqu'elle se retrouve dans l'opposition mais elle se presse de larguer le tout lorsqu'elle prend les rennes du pouvoir. L'&#233;tiquette &#8220;social-d&#233;mocrate&#8221; est &#224; ce point galvaud&#233;e que m&#234;me le maire de Qu&#233;bec R&#233;gis Labeaume se vante d'&#234;tre un social-d&#233;mocrate int&#233;griste. Bref, avec le r&#233;cent &#233;pisode entourant la taxe sant&#233;, le PQ ne veut plus vivre ce genre de d&#233;bat. Donc, si un tel sommet devait voir le jour, ce serait contre la volont&#233; du gouvernement et gr&#226;ce &#224; une mobilisation massive, ce qui est absent des perspectives de la CSQ. Alors, pr&#233;tendre que le PQ pourrait avoir quelques affinit&#233;s que ce soit avec le mouvement syndical constitue un leurre ou une amn&#233;sie des r&#233;cents &#233;v&#233;nements et des politiques p&#233;quistes des derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La FTQ : &#8220;convaincre&#8221; le gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FTQ souligne &#224; juste titre que l'ann&#233;e 2012 a &#233;t&#233; une catastrophe pour le mouvement ouvrier. Fermetures d'entreprises, d&#233;localisation, n&#233;gociations collectives d&#233;tourn&#233;es par les gouvernements &#224; coup de lois sp&#233;ciales. Tout a &#233;t&#233; fait pour affaiblir le mouvement ouvrier organis&#233; et d&#233;courager les volont&#233;s de r&#233;sistance. La FTQ analyse la conjoncture comme &#233;tant une offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e contre les organisations syndicales, notamment par la remise en cause de la formule Rand aux &#201;tats-Unis. Dans un m&#234;me temps, elle d&#233;nonce la privatisation des services publics et les coupures qu'il subit. Elle souligne que l'enjeu entourant les r&#233;gimes de retraites sera une priorit&#233; pour l'ann&#233;e qui d&#233;bute. Elle souhaite une exploitation des ressources naturelles en favorisant la deuxi&#232;me et la troisi&#232;me transformation au Qu&#233;bec plut&#244;t qu'&#224; l'&#233;tranger. Elle promet &#171; d'agir dans le meilleur int&#233;r&#234;t des membres qu'elle repr&#233;sente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour remettre la politique en faveur du d&#233;veloppement de services sociaux de qualit&#233;, la FTQ veut &#171; convaincre le gouvernement de la n&#233;cessit&#233; de repousser le retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire. Si les principaux acteurs y mettent toute leur volont&#233;, la bonification, en 2013, des r&#233;gimes publics de retraite et le d&#233;veloppement d'une v&#233;ritable strat&#233;gie &#233;conomique au service du Qu&#233;bec pourraient voir cette tendance invers&#233;e. &#187; Comme si le probl&#232;me avec l'oligarchie, le patronat et toutes ces organismes qui les repr&#233;sentent se r&#233;sumait &#224; une question d'attitude ou de bonne volont&#233;. Or, les r&#233;cents &#233;v&#233;nements depuis l'&#233;lection du PQ montrent que le patronat sait ce qu'il veut (la mise &#224; sac des programmes sociaux et une cure ultra-minceur des services publics avec &#224; la cl&#233;, la r&#233;duction au minimum des volont&#233;s de r&#233;sistance populaire &#224; ces mesures). Le PQ a fait la d&#233;monstration qu'il se range du c&#244;t&#233; patronal, qu'il n'est pas un parti construit pour r&#233;sister aux pressions des dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie qui s'appuie sur la seule volont&#233; de convaincre le gouvernement et de faire appel &#224; la bonne volont&#233; des dominants ne fera rien pour d&#233;placer le rapport de force d&#233;favorable aux mouvement ouvrier et continue d'entretenir des illusions sur ce que le PQ peut livrer sans une mobilisation massive des syndiqu&#233;Es et des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la FTQ est silencieuse sur tous les enjeux entourant le n&#233;cessaire virage &#233;cologiste de la production qu&#233;b&#233;coise. Consid&#233;rant les derniers d&#233;veloppement concernant les risques de r&#233;chauffement du climat, la FTQ devrait se saisir de cet enjeu mais, de toute &#233;vidence, l'utilisation encore plus massive d'&#233;nergies fossiles souhait&#233;e par le PQ, la sortie du nucl&#233;aire ou le virage dans l'&#233;lectrification des transports, pourtant identifi&#233; comme un enjeu majeur par l'Alliance sociale avant les r&#233;centes &#233;lections, ne font pas partie des observations et revendications de la FTQ. Une grave lacune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La CSN veut briser la r&#233;gression sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CSN identifie l'appauvrissement g&#233;n&#233;ralis&#233; comme un enjeu majeur. Elle fait un panorama des r&#233;gressions sociales que repr&#233;sente l'augmentation de la fr&#233;quentation des banques alimentaires, les pertes d'emplois dans le secteur manufacturier (160 000 en 10 ans), les revenus nets qui font du surplace, les importantes attaques contre le droit &#224; une retraite hors de la mis&#232;re et un endettement massif des m&#233;nages. Elle souligne avec raison les co&#251;ts &#233;conomiques de la corruption. La grande majorit&#233; des mini&#232;res actives au Qu&#233;bec n'ont pas vers&#233; un sous en redevances au tr&#233;sor qu&#233;b&#233;cois. Le PQ est tout aussi int&#233;griste que le PLQ (et que la CAQ) quant &#224; l'objectif de d&#233;ficit z&#233;ro. Pour corriger la situation, la CSN vise &#171; &#224; forcer une meilleure r&#233;partition de la richesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, on demeure silencieux sur les fa&#231;ons de parvenir &#224; forcer le gouvernement &#224; bifurquer du chemin qu'il a d'embl&#233;e emprunt&#233;, celui d'une politique favorable au patronat. Ambitieux, les objectifs de la CSN, tout comme ceux de la CSQ et de la FTQ, demeurent virtuels sans un plan d'action qui permettrait de changer le rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus jamais de luttes isol&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses luttes ont jalonn&#233; l'ann&#233;e 2012. Rappelons-nous de la bataille &#224; Rio Tinto Alcan &#224; Alma. Ou la r&#233;sistance &#224; la fermeture chez Aveos et la lutte des retrait&#233;Es dans l'industrie des p&#226;tes et papiers, en particulier &#224; la White Birch de Qu&#233;bec. Ou les nombreuses fermetures d'entreprises comme Mabe ou Electrolux ou encore de Technicolor. De plus, les gouvernements f&#233;d&#233;ral et provincial ou m&#234;me municipaux y vont d'une charge &#224; fond de train contre les acquis ch&#232;rement gagn&#233;s. Ces nombreuses confrontations ont malheureusement souvent tourn&#233; &#224; l'avantage des patrons. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales misent sur des op&#233;rations de lobbying davantage que sur les actions de mobilisation de masse dans la rue. C'est l'h&#233;ritage de d&#233;cennies de concertation syndicale-patronale qui n'ont eu pour effet que de d&#233;mobiliser la base, de leurrer les gens dans les traquenards des ententes n&#233;goci&#233;es derri&#232;re les portes closes et de perdre de vue ce qui, dans le pass&#233;, a pay&#233; : la solidarit&#233; inter-syndicale et la mobilisation massive des classes ouvri&#232;res et populaires. Le mouvement &#233;tudiant fut le seul qui, r&#233;cemment s'est appropri&#233; ces outils pourtant fort utiles au mouvement syndical pour arracher &#224; l'&#201;tat les acquis d'aujourd'hui. Et il est le seul mouvement qui peut pr&#233;tendre dans la p&#233;riode r&#233;cente avoir fait reculer le gouvernement lors d'une offensive majeure contre certains de ses acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat est &#224; l'offensive partout et en particulier au Canada et au Qu&#233;bec. L'&#233;pisode du virage du PQ sur la question de la fiscalit&#233; devrait &#234;tre suffisamment r&#233;v&#233;lateur pour jeter le discr&#233;dit sur la notion de parti qui pourrait repr&#233;senter un v&#233;hicule ad&#233;quat pour le mouvement ouvrier et populaire afin de reprendre l'initiative. Le PQ est un parti qui tente de convaincre le patronat du r&#233;alisme de son approche pour apporter davantage de richesses &#224; l'oligarchie. Il ne repr&#233;sente en rien un outil de r&#233;sistance aux offensives patronales. Pour renverser le rapport de force, il devient de plus en plus urgent de revenir &#224; la base : solidarit&#233; avec tous les groupes de salari&#233;Es en lutte, d&#233;mocratie &#224; la base et rupture avec le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra aussi int&#233;grer des questions du virage &#233;cologiste, des femmes qui vivent la crise actuelle et &#224; venir plus p&#233;niblement encore et d'&#234;tre un facteur d'unit&#233; dans la construction d'une mobilisation populaire contre les politiques n&#233;olib&#233;rales du PQ, du PLQ ou de la CAQ. Un vaste chantier qui risque d'&#234;tre davantage efficace qu'une s&#233;rie de voeux pieux visant &#224; faire entendre raison au patronat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les dettes souveraines : l&#233;gitimes ou ill&#233;gitimes ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-dettes-souveraines-legitimes-ou-illegitimes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-dettes-souveraines-legitimes-ou-illegitimes</guid>
		<dc:date>2013-01-15T12:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Dette</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dette souveraine est la dette publique d'un pays. Elle comprend les engagements financiers de l'ensemble des administrations publiques : gouvernement central et gouvernements de paliers inf&#233;rieurs, comme ceux des provinces, des territoires et des municipalit&#233;s. On &#233;tablit le poids relatif d'une dette en la mettant en rapport avec la taille de l'&#233;conomie, mesur&#233;e par le Produit int&#233;rieur brut (PIB). &lt;br class='autobr' /&gt;
Expression manifeste d'une croissance mondiale artificielle propuls&#233;e par l'endettement, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Dette-225-+" rel="tag"&gt;Dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-01-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-01-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/arton12745-dcaea.png?1674927010' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La dette souveraine est la dette publique d'un pays. Elle comprend les engagements financiers de l'ensemble des administrations publiques : gouvernement central et gouvernements de paliers inf&#233;rieurs, comme ceux des provinces, des territoires et des municipalit&#233;s. On &#233;tablit le poids relatif d'une dette en la mettant en rapport avec la taille de l'&#233;conomie, mesur&#233;e par le Produit int&#233;rieur brut (PIB).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1457 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/dette-grecque_tableau.png?1457/31100dcc50b9e85e9efccf914d3c1ea6a97843942f9e098b22d4b6431cb0afc0&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 11.6 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/dette-grecque_tableau-0b6ca-cd366.png?1674722514' width='150' height='93' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Expression manifeste d'une croissance mondiale artificielle propuls&#233;e par l'endettement, les dettes souveraines des pays avanc&#233;s ont consid&#233;rablement augment&#233; au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies, passant de 40 % du PIB en 1980 &#224; 72 % du PIB en 2000. Elles atteignaient en moyenne 111 % du PIB en 2012 pour les 30 pays les plus avanc&#233;s, selon le FMI qui pr&#233;voyait alors que ce pourcentage passerait &#224; 114 % en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de fond qui est pos&#233;e par l'explosion des dettes publiques des r&#233;centes ann&#233;es est celle de la l&#233;gitimit&#233; de ces dettes. On veut en faire payer la note par les populations, alors que leur origine se trouve dans la sp&#233;culation, la hausse des frais d'int&#233;r&#234;t provoqu&#233;e par l'abaissement des notes de cr&#233;dit des agences de notation, dans le co&#251;t du sauvetage des banques et des entreprises, la complaisance des &#201;tats envers l'&#233;vasion fiscale et les r&#233;ductions d'imp&#244;t accord&#233;es aux entreprises et aux nantis de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait, les plans de sauvetage europ&#233;ens ont &#233;t&#233; assortis d'exigences de mise en &#339;uvre de s&#233;v&#232;res mesures d'aust&#233;rit&#233;, pour ne pas dire de destruction sociale. Fait &#224; souligner, les mesures d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es &#224; la Gr&#232;ce n'ont pas touch&#233; son budget militaire (plus de 3 % du PIB en 2010), le plus &#233;lev&#233; en pourcentage du PIB parmi les 28 pays de l'Organisation du trait&#233; de l'Atlantique Nord (OTAN) apr&#232;s celui des &#201;tats-Unis (4,8 % du PIB). Le fait que la France et l'Allemagne soient parmi les plus importants fournisseurs d'armes de la Gr&#232;ce explique que ces deux pays qui dominent l'Union europ&#233;enne n'aient pas fait pression pour que le budget militaire grec, qui est de l'ordre du tiers de son d&#233;ficit public, soit r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'incapacit&#233; de rembourser des dettes souveraines devenues hors contr&#244;le, la perspective de leur restructuration, c'est-&#224;-dire du r&#233;&#233;chelonnement de leur remboursement sur une p&#233;riode plus longue et &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;duit, ainsi que de leur radiation partielle est devenue une r&#233;alit&#233; avec l'adoption, en octobre 2011, d'un &#171; plan de sauvetage de la Gr&#232;ce et de l'euro &#187;, dont l'un des volets est la radiation d'un peu plus de 50 % de la dette grecque d&#233;tenue par les banques priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En apparence perdantes, les banques n'en sont pas moins les grandes gagnantes de cette restructuration de la dette grecque. Alors que les titres de dette qu'elles d&#233;tenaient valaient tout au plus 10 % de leur valeur nominale sur le march&#233; secondaire, elles ont pu les &#233;changer contre des titres valant pr&#232;s de 50 % de cette valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population grecque, par contre, ne verra pas un sou des sommes vers&#233;es &#224; la Gr&#232;ce en vertu de ce plan de sauvetage. Ces sommes serviront pour l'essentiel &#224; recapitaliser les banques grecques et &#224; leur verser, ainsi qu'aux banques &#233;trang&#232;res, les int&#233;r&#234;ts qui leur sont dus et les remboursements des emprunts &#224; leur &#233;ch&#233;ance. Le plan d'aide &#224; la Gr&#232;ce se r&#233;v&#232;le clairement comme un strict plan d'aide aux banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du r&#233;&#233;chelonnement ou de la r&#233;pudiation de dettes dont le fardeau est devenu insupportable et dont le caract&#232;re ill&#233;gitime se r&#233;v&#232;le de mani&#232;re de plus en plus claire, est d&#233;sormais &#224; l'ordre du jour. Elle est g&#233;n&#233;ralement assortie, par ses protagonistes, de la proposition d'une d&#233;marche pr&#233;alable de v&#233;rification comptable d&#233;mocratique citoyenne des composantes de la dette, ayant pour objectif d'identifier ses origines et les d&#233;tenteurs de ses titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re de ces faits et exp&#233;riences, qui pourraient sembler &#224; premi&#232;re vue n'&#234;tre que des r&#233;f&#233;rences bien &#233;trang&#232;res &#224; notre situation, qu'en est-il de la dette du Qu&#233;bec ? Peut-on en parler comme d'une dette, en tout ou en partie, ill&#233;gitime ? Une analyse des statistiques de son &#233;volution d&#233;montre que, de 1970 &#224; 1996, elle a &#233;t&#233; principalement le r&#233;sultat de frais d'int&#233;r&#234;t nettement sup&#233;rieurs &#224; un solde exc&#233;dentaire des revenus et d&#233;penses courantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette p&#233;riode en effet, le solde cumul&#233; des revenus et d&#233;penses sans le service de la dette (solde primaire) a &#233;t&#233; un surplus de 5 milliards de dollars. Mais, &#224; cause d'un service de la dette de 71 milliards de dollars au cours de la m&#234;me p&#233;riode, le solde budg&#233;taire du gouvernement a &#233;t&#233; un d&#233;ficit de 66 milliards de dollars, grossissant sa dette d'autant, dont le rapport au PIB est pass&#233; de 11 % en 1971 &#224; 43 % en 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, la dette a augment&#233;, non pas parce que la soci&#233;t&#233; aurait v&#233;cu au-dessus de ses moyens comme le proclament sans cesse le gouvernement et ses &#171; experts &#187;, mais &#224; cause de frais d'int&#233;r&#234;t nettement sup&#233;rieurs &#224; un solde primaire exc&#233;dentaire. Et l'importance de ces frais d'int&#233;r&#234;t s'explique avant tout par des taux d'int&#233;r&#234;t moyens tr&#232;s &#233;lev&#233;s, qui ont oscill&#233; entre 7 % et 12 % tout au long de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'adoption de la Loi sur l'&#233;quilibre budg&#233;taire en 1996, la dette du gouvernement a continu&#233; &#224; augmenter. Mais la quasi-totalit&#233; (97 %) de l'augmentation de 37 milliards de dollars entre 1998 et 2009, a &#233;t&#233; le r&#233;sultat de d&#233;penses d'immobilisations et de pr&#234;ts aux soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re d&#233;clench&#233;e en 2007-2008 a entra&#238;n&#233; un modeste d&#233;ficit budg&#233;taire moyen de 1,25 % du PIB de 2009 &#224; 2013, qui a &#233;lev&#233; de 3,5 points de pourcentage le rapport de la dette au PIB. &#192; 55 % du PIB au d&#233;but de 2013, la dette souveraine du Qu&#233;bec est plus &#233;lev&#233;e que celle des autres provinces, mais nettement inf&#233;rieure &#224; la dette moyenne des 30 pays les plus industrialis&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; quand L'&#201;MANCIPATION des &#171; Indiens &#187; ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-quand-L-EMANCIPATION-des-Indiens</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/A-quand-L-EMANCIPATION-des-Indiens</guid>
		<dc:date>2013-01-14T15:41:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rom&#233;o Bouchard, co-fondateur de l'Union paysanne</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>
		<dc:subject>Premi&#232;res nations</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rom&#233;o Bouchard, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le d&#233;veloppement des communaut&#233;s territoriales. &lt;br class='autobr' /&gt; La question autochtone revient de nouveau dans l'actualit&#233;. Les rencontres obtenues de force se solderont une fois de plus par des promesses de dialogue, de n&#233;gociation territoriale, de fonds suppl&#233;mentaires pour des logements, des &#233;coles et de l'aide sociale afin de soulager la mis&#232;re et les calamit&#233;s qui affligent un grand nombre de r&#233;serves indiennes. Mais personne ne voudra (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rom&#233;o Bouchard, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le d&#233;veloppement des communaut&#233;s territoriales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question autochtone revient de nouveau dans l'actualit&#233;. Les rencontres obtenues de force se solderont une fois de plus par des promesses de dialogue, de n&#233;gociation territoriale, de fonds suppl&#233;mentaires pour des logements, des &#233;coles et de l'aide sociale afin de soulager la mis&#232;re et les calamit&#233;s qui affligent un grand nombre de r&#233;serves indiennes. Mais personne ne voudra s'attaquer au c&#339;ur du probl&#232;me qui est la tutelle et la s&#233;gr&#233;gation inconcevables que perp&#233;tuent notre inf&#226;me Loi des Indiens et le syst&#232;me des r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abraham Lincoln a os&#233; proclamer, en pleine guerre de s&#233;cession, l'&#233;mancipation des esclaves noirs et faire le pari que Blancs et Noirs apprendraient progressivement &#224; vivre ensemble sur le territoire des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aucun dirigeant des deux Am&#233;riques, sauf peut-&#234;tre Evo Morales dans la r&#233;cente constitution de Bolivie, n'a encore os&#233; proclamer l'&#233;mancipation des &#171; Indiens &#187;. Partout, sous des formes toutes plus odieuses l'une que l'autre et en d&#233;pit des d&#233;clarations claires de l'ONU et des documents constitutionnels, les premi&#232;res nations autochtones sont tenues &#224; l'&#233;cart du territoire et de la soci&#233;t&#233;, et leur droit de se gouverner comme nation et d'utiliser leur territoire ancestral pour vivre et se d&#233;velopper est confisqu&#233;. L'&#233;tat de s&#233;gr&#233;gation et de d&#233;pendance qui en est r&#233;sult&#233; suffit largement &#224; expliquer toutes les mis&#232;res mat&#233;rielles et morales qu'on leur reproche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canada n'est pas en reste. La Loi des Indiens de 1876, anciennement appel&#233;e l'Acte des Sauvages, n'a pas &#233;t&#233; substantiellement modifi&#233;e. Elle fait des membres des Premi&#232;res nations des citoyens mineurs sous la tutelle du gouvernement f&#233;d&#233;ral. Elle fait partie d'un vaste plan visant l'appropriation des terres occup&#233;es par les Autochtones, ainsi que l'assimilation et la disparition pure et simple des nations am&#233;rindiennes, consid&#233;r&#233;es d&#233;sormais comme un obstacle au d&#233;veloppement des territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule fa&#231;on de solutionner la question autochtone est de proclamer l'&#233;mancipation des premi&#232;res nations, c'est-&#224;-dire d'abolir la Loi des Indiens et de reconna&#238;tre leur droit d'exister, de se gouverner et de se d&#233;velopper, comme nations, sur le territoire que nous partageons d&#233;sormais avec elles. Il faut donc accepter de n&#233;gocier, de nation &#224; nation, des r&#232;gles de cohabitation et de partage du territoire (et de ses ressources) qui permettront &#224; leurs nations comme aux n&#244;tres de vivre dignement. Comme Lincoln, il faut faire le pari qu'on peut vivre ensemble comme nations autonomes, sur un territoire commun, et abandonner une fois pour toute l'id&#233;e d'assimiler, de tenir &#224; l'&#233;cart ou de faire dispara&#238;tre les premi&#232;res nations autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, la Convention de la Baie-James et la Paix des Braves, convenues avec les Nations Crie et Naskapis et les Inuits (Nunavik), constituent un mod&#232;le, en &#233;volution constante d'ailleurs, qui ouvre la voie &#224; cette &#233;mancipation et &#224; l'autonomie gouvernementale et territoriale de ces nations. Des solutions semblables sont recommand&#233;es dans l'imposant rapport Erasmus-Dussault, toujours tablett&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toute autre approche n'est qu'une odieuse hypocrisie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note : Il y a au Qu&#233;bec 11 premi&#232;res nations : les Cris, les Naskapis, les Algonquins, les Attikameks, les Mohawks, les Hurons-Wendat, les Ab&#233;naquis, les Mal&#233;cites, les Micmacs, les Innus et les Inuits. Ces 11 nations totalisent 80,000 personnes, les plus nombreuses &#233;tant les Innus (16,000), les Cris (15,000), les Algonquins (10,000), les Inuits (10,000). Au Canada, on d&#233;nombre plus de 600 premi&#232;res nations totalisant pr&#232;s de 1.5 million de personnes (Indiens inscrits ou non, m&#233;tis et Inuits). Chaque nation a son territoire traditionnel et une langue autochtone orale et &#233;crite, et correspond aux crit&#232;res de nation autochtone d&#233;finis par l'ONU. Une r&#233;serve n'est pas une nation mais une communaut&#233; appartenant &#224; une des nations&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La co-construction, plut&#244;t que la m&#233;thode Toyota</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-co-construction-plutot-que-la-methode-Toyota</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-co-construction-plutot-que-la-methode-Toyota</guid>
		<dc:date>2013-01-14T15:34:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Fournier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le r&#233;seau de la sant&#233; et des services sociaux, les travailleurs-euses et les syndicats ne s'opposent pas &#224; l'am&#233;lioration de la productivit&#233; (&#171; optimisation &#187;) qui permet de donner plus de services (et des services de qualit&#233;) sans augmentation des ressources humaines. Ils s'opposent aux m&#233;thodes comme la m&#233;thode Toyota, mal comprise et mal appliqu&#233;e, impos&#233;e unilat&#233;ralement, sans tenir compte du contexte professionnel concret et sans consultation r&#233;elle du personnel et de ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le r&#233;seau de la sant&#233; et des services sociaux, les travailleurs-euses et les syndicats ne s'opposent pas &#224; l'am&#233;lioration de la productivit&#233; (&#171; optimisation &#187;) qui permet de donner plus de services (et des services de qualit&#233;) sans augmentation des ressources humaines. Ils s'opposent aux m&#233;thodes comme la m&#233;thode Toyota, mal comprise et mal appliqu&#233;e, impos&#233;e unilat&#233;ralement, sans tenir compte du contexte professionnel concret et sans consultation r&#233;elle du personnel et de ses syndicats. Ils contestent l'embauche de firmes co&#251;teuses, comme la firme Proaction, alors que ces travaux devraient &#234;tre r&#233;alis&#233;s par les cadres en place, en concertation indubitable avec le personnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au lieu de cela, on impose de l'ext&#233;rieur des m&#233;thodes qui ressemblent davantage au taylorisme du d&#233;but du XXe si&#232;cle avec son minutage des actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les travaux r&#233;cents en sociologie des organisations montrent que l'on devrait plut&#244;t s'inspirer des principes de la co-construction si on veut g&#233;rer le changement de fa&#231;on humaine, efficace et stimulante. Qu'est-ce que la co-construction ? C'est un processus de partage des points de vue diff&#233;rents et un m&#233;canisme d'apprentissage pour tous les acteurs o&#249; l'on d&#233;couvre la logique de l'autre. C'est une m&#233;thode de recherche d'un accord entre des acteurs ayant des fonctions et des int&#233;r&#234;ts diff&#233;rents (voir, entre autres, Sociologie des organisations, Michel Foudriat, &#201;ditions Pearson, 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La co-construction passe par la d&#233;lib&#233;ration que le philosophe allemand J&#252;rgen Habermas d&#233;finit comme &#171; une activit&#233; d'&#233;changes rationnels d'arguments entre des acteurs recherchant une ligne d'action commune concernant un bien collectif, dans un contexte exempt de rapport de domination, et susceptible de ce fait de d&#233;gager un consensus &#224; travers une intercompr&#233;hension mutuelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans la co-construction, on prend davantage en compte la complexit&#233; syst&#233;mique de l'organisation du travail. On recherche assid&#251;ment un point de vue compatible entre tous les acteurs, ou du moins, un point de vue non incompatible avec les int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques de chacun des acteurs. La r&#233;ussite repose sur la capacit&#233; des acteurs &#224; se d&#233;couvrir un r&#244;le in&#233;dit et &#224; mettre &#224; distance leurs pr&#233;jug&#233;s. Au terme du processus, chacun des acteurs a alors vraiment envie de s'engager dans le changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'approche de la co-construction peut &#233;galement &#234;tre utile et pertinente dans des enjeux reli&#233;s au d&#233;veloppement &#233;conomique et social local, aux politiques de l'environnement et du d&#233;veloppement durable, aux politiques sociales et &#224; la promotion de la d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative (budget participatif).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est int&#233;ressant de penser que la co-construction que l'on promeut aujourd'hui a quelques accents de cette co-gestion que l'on mettait de l'avant dans les ann&#233;es 70, &#224; d&#233;faut d'auto-gestion. Mais la co-construction a un petit air plus raffin&#233; (la r&#233;flexion a &#233;t&#233; approfondie entretemps) : on n'arr&#234;te pas le progr&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'obsession de l'activit&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-obsession-de-l-activite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-obsession-de-l-activite</guid>
		<dc:date>2013-01-14T14:05:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lagac&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On me demande quand j'annonce que je vais passer mes vacances &#224; Paris pour la trente-deuxi&#232;me fois : &#171; Mais qu'est-ce que tu vas faire ? &#187; C'est un peu la m&#234;me question qu'on me pose lorsqu'on apprend que je prendrai ma retraite &#224; la fin de mon pr&#233;sent mandat. &lt;br class='autobr' /&gt; Outre le fait que j'aie dans mes cartons de quoi &#233;crire pour les vingt ann&#233;es &#224; venir sans discontinuer, je ne vais pas non plus &#224; Paris pour voir la tour Eiffel pas plus que je ne visite le stade Olympique tous les jours depuis que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On me demande quand j'annonce que je vais passer mes vacances &#224; Paris pour la trente-deuxi&#232;me fois : &#171; Mais qu'est-ce que tu vas faire ? &#187; C'est un peu la m&#234;me question qu'on me pose lorsqu'on apprend que je prendrai ma retraite &#224; la fin de mon pr&#233;sent mandat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Outre le fait que j'aie dans mes cartons de quoi &#233;crire pour les vingt ann&#233;es &#224; venir sans discontinuer, je ne vais pas non plus &#224; Paris pour voir la tour Eiffel pas plus que je ne visite le stade Olympique tous les jours depuis que j'habite Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne va pas n&#233;cessairement quelque part pour &#171; faire &#187;, mais pour &#171; &#234;tre &#187;. Pourquoi donc faudrait-il toujours faire quelque chose ? Cette obsession de l'activit&#233; est bien occidentale ; elle est semblable &#224; cette autre manie que nous avons, et dont je parlais r&#233;cemment avec une camarade, de vouloir &#224; tout prix meubler le silence de nos paroles, alors que d'autres cultures s'accommodent tr&#232;s bien de passer du temps ensemble sans m&#234;me parler, sans m&#234;me agir, comme le font les amoureux et comme devraient pouvoir le faire les amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit apart&#233; analogique : Cela me ram&#232;ne aux derniers moments que j'ai pass&#233;s avec mon p&#232;re. J'&#233;tais dans sa chambre de CHSLD et je lui tenais la main sans mot dire. Il me regardait, je le regardais. Il tombait assoupi par moments. Un instant, il releva la t&#234;te et me demanda : &#171; &#199;a doit &#234;tre plate pour toi. &#187; Je r&#233;pondis : Non, est-ce que c'est plate pour vous ? Il fit signe que non. Eh, bien, ce ne l'est pas davantage pour moi. On est bien l&#224; ; &#231;a me suffit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir &#224; notre sujet, l'art de ne rien faire, n'en d&#233;plaise aux maniaques de la production, est aussi n&#233;cessaire &#224; la vie que l'art de l'action. C'est pourquoi pendant mes vacances j'en profite pour accomplir mon activit&#233; pr&#233;f&#233;r&#233;e : Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les croyants appellent &#231;a prier ; les philosophes et les sages appellent &#231;a m&#233;diter ; les pragamatistes appellent &#231;a recharger ses batteries ; les h&#233;donistes appellent &#231;a se reposer ou se g&#226;ter ; les intellectuels du r&#233;alisme critique appellent &#231;a l'&#233;tat de latence ; les humanistes appellent &#231;a se recueillir, ce qui au sens propre signifie &#171; ramasser ses morceaux pour se refaire une unit&#233; dans la diversit&#233; de son exp&#233;rience &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Propos sur Les femmes de droite d'Andrea Dworkin</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Propos-sur-Les-femmes-de-droite-d-Andrea-Dworkin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Propos-sur-Les-femmes-de-droite-d-Andrea-Dworkin</guid>
		<dc:date>2013-01-11T15:47:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandra Cyr</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;ditions du Remue-m&#233;nage viennent de publier la traduction fran&#231;aise de ce livre qui a marqu&#233; l'&#233;poque f&#233;ministe d&#232;s sa premi&#232;re publication en 1983. Y avoir acc&#232;s dans notre langue n'est pas un &#233;v&#233;nement anodin tellement le propos analytique et th&#233;orique est encore pertinent. &lt;br class='autobr' /&gt; L'auteure &lt;br class='autobr' /&gt;
Andrea Dworkin est une auteure et militante am&#233;ricaine n&#233;e en 1946 et d&#233;c&#233;d&#233;e en 2005. &#192; partir des ann&#233;es soixante, elle s'est engag&#233;e dans les combats de l'heure, contre la guerre au Vietnam et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L101xH150/arton12777-b51b3.jpg?1679049287' class='spip_logo spip_logo_right' width='101' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;ditions du Remue-m&#233;nage viennent de publier la traduction fran&#231;aise de ce livre qui a marqu&#233; l'&#233;poque f&#233;ministe d&#232;s sa premi&#232;re publication en 1983. Y avoir acc&#232;s dans notre langue n'est pas un &#233;v&#233;nement anodin tellement le propos analytique et th&#233;orique est encore pertinent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'auteure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1459 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/Andrea_Dworkin.jpg?1459/2e802017a0c0f1b4b28ed33420beacd79a9ae995a5e014ab5e7870400a3df975&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 4.8 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L118xH150/Andrea_Dworkin-badde-0aab6.jpg?1674756368' width='118' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Andrea Dworkin est une auteure et militante am&#233;ricaine n&#233;e en 1946 et d&#233;c&#233;d&#233;e en 2005. &#192; partir des ann&#233;es soixante, elle s'est engag&#233;e dans les combats de l'heure, contre la guerre au Vietnam et dans le mouvement f&#233;ministe. Emprisonn&#233;e dans la foul&#233;e de ses actions militantes, elle est confront&#233;e au traitement fait aux femmes dans les prisons. Elle commence alors une longue lutte pour la dignit&#233; et l'&#233;galit&#233; des femmes, contre la violence qui leur est faite qui passe par la lutte contre la pornographie. Son influence s'est &#233;tendue non seulement au mouvement f&#233;ministe mais au milieu politique et juridique am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a publi&#233; une quinzaine de livres : essais, fictions et po&#233;sies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; maintenant, un seul avait &#233;t&#233; traduit en Fran&#231;ais Pouvoir et violence publi&#233; par les &#233;ditions Sysiphe en 2007. Il s'agit d'une courte anthologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un livre facile. Non pas qu'il soit difficile &#224; lire (hommage ici au traducteur et la traductrice) mais parce qu'il nous oblige &#224; r&#233;examiner nos conceptions de la place des femmes dans nos soci&#233;t&#233;s et nos pratiques de luttes f&#233;ministes. C'est une analyse radicale qui ne m&#233;nage personne, la droite comme la gauche, surtout les hommes mais aussi certaines f&#233;ministes et leur mouvement de lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut cependant tenir compte de deux distances par rapport &#224; nous qui le lisons maintenant. Premi&#232;rement, une distance temporelle. Si la situation des femmes ne s'est pas fondamentalement renvers&#233;e, loin s'en faut, depuis la fin des ann&#233;es quatre-vingt, elle s'est quand m&#234;me modifi&#233;e. Le livre peut permettre un examen de ces avanc&#233;es ; travail qui reste &#224; faire me semble-t-il. Deuxi&#232;mement, une distance soci&#233;tale. Malgr&#233; notre proximit&#233;, et sans penser que nous sommes si diff&#233;rentEs des autres sur le continent, il y a des diff&#233;rences entre nos soci&#233;t&#233;s. Impossible de les jauger correctement en cours de lecture mais il faut garder cet aspect en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute que plusieurs ont d&#233;j&#224; pris connaissance de ce bouquin depuis sa sortie en Anglais. Pour moi, qui ne suis plus impliqu&#233;e directement dans la lutte f&#233;ministe c'est une prise de contact avec une th&#233;orie f&#233;ministe qui m'a secou&#233;e. Heureusement que la magnifique pr&#233;face de Christiane Delphy met en garde contre le pessimisme. Avec cette petite lampe allum&#233;e dans le cerveau c'&#233;tait un peu plus facile d'avancer dans la lecture et, ma foi, de passer &#224; travers. Tout n'est pas nouveau dans ces analyses mais tout est pouss&#233; au bout de la logique sans aucune complaisance, sans aucun pardon pour qui que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;l&#233;ments de base de la th&#233;orie f&#233;ministe d'A. Dworkin (Tel que je les ai saisis)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que nous n'aurons pas renvers&#233; la soci&#233;t&#233; patriarcale, la libert&#233; sera impossible pour les femmes. Toutes les femmes : de la plus opulente et &#233;mancip&#233;e qui soit en ce moment, jusqu'&#224; la plus mis&#233;rable et la plus priv&#233;e de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce renversement de la soci&#233;t&#233; patriarcale est la t&#226;che du f&#233;minisme r&#233;volutionnaire. Or, jusqu'&#224; maintenant le f&#233;minisme n'a &#233;t&#233; que r&#233;formiste. Il n'a pas &#233;tabli la lutte sur une analyse de classe de sexe (I) et n'y a donc pas subordonn&#233; les autres &#233;l&#233;ments de classe sociopolitique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les hommes, tous les partis politiques, tous les mouvements sociaux, de droite comme de gauche ne font que contribuer &#224; des degr&#233;s diff&#233;rents &#224; maintenir le syst&#232;me patriarcal, &#224; en profiter voire &#224; travailler &#224; le reproduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc pas de v&#233;ritable &#233;galit&#233; des sexes possible dans ces conditions. Tout ce que nous identifions comme des avanc&#233;es s'av&#232;rent &#234;tre, au mieux des tol&#233;rances du syst&#232;me patriarcal dans des zones non dangereuses pour lui parce qu'il a les ressources et la force de les retourner en sa faveur, au pire, des leurres qui nous &#233;blouissent mais nous bloquent dans notre lutte en cachant les enjeux essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La misogynie est fondatrice et structurante de toutes nos soci&#233;t&#233;s et la seule &#233;ducation n'en viendra pas &#224; bout. L'&#233;galit&#233; ne peut &#234;tre &#233;tablie que par la promulgation des droits humains pour tous et toutes dans leurs moindres d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les lieux structurels de l'enfermement des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Andrea Dworkin c'est d'abord et avant tout le sexe. Le sexe physique et toutes ses d&#233;clinaisons existentielles. Dans la soci&#233;t&#233; patriarcale, antif&#233;ministe &#224; la base, o&#249; r&#232;gnent en maitres les hommes et leur misogynie, les femmes ne valent que par leur fonction sexuelle. Cette valeur est fix&#233;e par les exigences masculines quant au cadre dans lequel s'exerce &#171; la baise &#187; :&#171; La fonction de femme est d'&#234;tre bais&#233;e- si elle se trouve enceinte, c'est qu'elle a &#233;t&#233; bais&#233;e, qu'elles qu'aient &#233;t&#233; les circonstances ou la m&#233;thode. Avoir &#233;t&#233; bais&#233;e n'a pas viol&#233; son int&#233;grit&#233; en tant que femme parce qu'&#234;tre bais&#233;e constitue son int&#233;grit&#233; en tant que femme &#187; (II) . Et : &#171; Toute femme, quelle que soit sa race ou sa classe sociale- et le degr&#233; de privil&#232;ges ou de haine que lui valent l'une et l'autre- est r&#233;ductible &#224; son ut&#233;rus &#187; (III).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, la femme mari&#233;e, a plus de valeur que la prostitu&#233;e surtout celle qui s'offre dans les pires conditions. Mais les deux participent du m&#234;me statut f&#233;minin, fondamentalement &#224; &#233;galit&#233;. Dans cette logique, la lib&#233;ration sexuelle des ann&#233;es soixante est tout sauf une lib&#233;ration. Elle a finalement rendu toutes les femmes disponibles sexuellement puisque l'argument de la grossesse non d&#233;sir&#233;e ne tenait plus. Dans ce contexte, refuser &#171; la baise &#187; &#233;tait jug&#233; comme un manque d'int&#233;r&#234;t pour la chose et source de rejet. M&#234;me les petits camarades se sont servis au banquet. De l&#224;, de la d&#233;ception des militantes devant le peu de diff&#233;rence entre les comportements de leurs camarades se r&#233;clamant de la gauche et ceux des autres hommes dans la soci&#233;t&#233;, s'est structur&#233; le courant du f&#233;minisme radical et mat&#233;rialiste aux &#201;tats-Unis et ailleurs dans le monde, y compris chez-nous. La po&#232;te f&#233;ministe Robin Morgan &#233;crivait : &#171; I want a revolution like I want a lover &#187; (IV) . Mais malheureusement, ce courant a &#233;t&#233; assimil&#233; &#224; une position d'exclusion absolue des hommes de la lutte et de la vie des militantes. Beaucoup avaient compris qu'on les tenait pour l'ennemi principal. Ils &#233;taient donc devenus infr&#233;quentables. La majorit&#233; des femmes et l'ensemble des populations se sont dissoci&#233;s de cette perception et ce courant est devenu presque invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de d&#233;part, A. Dworkin d&#233;gage donc deux mod&#232;les d'assignation &#224; demeure pour les femmes, celui de la ferme et celui du bordel. Le mod&#232;le de la ferme est li&#233; &#224; la maternit&#233; et au mariage. Il est confort&#233; par l'id&#233;ologie romantique mais la femme s'y trouve enferm&#233;e dans sa condition de disponibilit&#233; sexuelle &#224; un seul homme (en principe) et &#224; la reproduction. Mais, nous ne le savons que trop, c'est aussi un lieu de violences de toutes esp&#232;ces o&#249; l'interdit de parole sur ce sujet est d'une force terrible. Elle n'y est peut-&#234;tre pas soumise aux viols collectifs mais n'&#233;chappe pas aux viols correctifs, ceux par lesquels elle est rappel&#233;e &#224; ses devoirs et &#224; son statut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui du bordel est bien s&#251;r, li&#233; &#224; la prostitution au sens strict. L&#224;, les femmes sont souvent consid&#233;r&#233;es, malgr&#233; tout, comme libres sexuellement par ceux et celles qui tiennent la pratique de la prostitution comme un libre choix de travail et de vie. M&#234;me ceux et celles qui se d&#233;clarent contre la prostitution arrivent, &#224; des moments donn&#233;s, &#224; soutenir qu'au moins certaines prostitu&#233;es en ont fait le choix. A. Dworkin explique comment il arrive que m&#234;me des f&#233;ministes soient happ&#233;es par les ruses machiav&#233;liques de l'anti f&#233;minisme et int&#232;grent ses raisonnements. C'est, me semble-t-il, ce qui joue dans les prises de positions sur le libre choix de la prostitution. Le bordel est le lieu o&#249; les femmes sont &#224; la merci de tous les hommes qui d&#233;cident de &#171; se les payer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes sont toujours susceptibles d'appartenir &#224; l'un et l'autre mod&#232;le &#224; des moments diff&#233;rents de leur vie ou en m&#234;me temps. Les deux mod&#232;les sont pourtant des n&#233;gations de la totalit&#233; de la libert&#233; humaine dont elles devraient disposer. L'antif&#233;minisme constitutif de nos soci&#233;t&#233;s maintient ces mod&#232;les. Les &#201;tats et les religions jouent un r&#244;le non n&#233;gligeable dans cette perp&#233;tuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes de droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont partie prenante de ces structures sociales. Ce qui se d&#233;gage du texte d'A. Sworkin c'est l'id&#233;e qu'elles auraient plus de flair, d'intuition voire d'intelligence pour saisir que tant que la r&#233;volution fondamentale pour lib&#233;rer les femmes et leur accorder leur statut d'&#234;tres humains &#224; part enti&#232;re, n'aura pas eu lieu, vaut mieux se conformer &#224; l'ordre existant. Vaut mieux y chercher une niche o&#249; on sera prot&#233;g&#233;e m&#234;me si c'est th&#233;orique et bien temporaire. Avec ce choix, vient l'adh&#233;sion aux id&#233;es qui le structurent qu'elles soient religieuses, sociales ou politiques. Il s'agit souvent d'une adh&#233;sion forte et militante m&#234;me quand elle va contre ses propres int&#233;r&#234;ts. Quand on a accept&#233; la fonction de m&#232;re comme base existentielle comment permettre l'avortement ? comment se dire qu'on aurait pu &#171; se d&#233;barrasser &#187; de l'enfant con&#231;u un soir de viol par un mari par ailleurs reconnu (par les autres) comme un mari aimant ? Et &#224; qui on a confi&#233; sa s&#233;curit&#233; sinon sa survie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes de droite sont donc dans un perp&#233;tuel ajustement de leurs conduites et de leurs sentiments comme prix &#224; payer pour leur int&#233;gration dans les normes sociales de la soci&#233;t&#233; patriarcale, misogyne et antif&#233;ministe profond&#233;ment ancr&#233;e dans une structure religieuse et culturelle. Elles voient donc le syst&#232;me comme clos et inalt&#233;rable et elles ont jaug&#233; les incapacit&#233;s des f&#233;ministes &#224; vraiment changer les choses jusqu'&#224; maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Delphy conclut sa pr&#233;face en disant que, malgr&#233; le premier choc, les analyses d'A. Dworkin ne sont pas compl&#232;tement d&#233;primantes. Elle souligne entre autre que : &#171; Le patriarcat n'est pas la condition humaine ; (&#8230;) c'est une organisation sociale, qu'on peut changer, qu'on changera par la lutte &#187; (V). D'ailleurs Andrea Dworkin a toujours tent&#233; de convaincre les hommes autant que les femmes que la r&#233;volution f&#233;ministe &#233;tait &#224; faire pour arriver &#224; une soci&#233;t&#233; o&#249; la haine du dominant pour la domin&#233;e disparaitrait, et prendrait un essor jusqu'ici inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle insiste, dans ce livre, sur la n&#233;cessit&#233; de reconnaitre comme socialement et politiquement premi&#232;re, l'existence de la classe de sexe, que toutes les femmes partagent donc une condition commune. Il s'agit de lutter pour l'exigence d'un crit&#232;re unique de dignit&#233; humaine. (p.218) Exemple : &#171; &#8230;le viol est une menace pour les femmes communistes et fascistes, lib&#233;rales, conservatrices, d&#233;mocrates et r&#233;publicaines, les femmes racistes et les femmes noires, les femmes nazies et les femmes juives, les femmes homophobes et les femmes homosexuelles &#187; (VI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont donc les contenus, les orientations et les articulations de ces luttes f&#233;ministes qu'il nous faut revoir. Non pas pour rejeter tout ce qui a &#233;t&#233; fait jusqu'&#224; maintenant mais bien, comme nous savons le faire, de distinguer ce qui peut nous permettre d'avancer le plus efficacement vers l'objectif. Je pense que le mouvement a &#233;t&#233;, jusqu'&#224; un certain point, victime de l'antif&#233;minisme ambiant. Comme dans les autres lieux de lutte, la parcellisation des enjeux a pris le dessus ; l'avortement, l'insertion dans le monde du travail, la poursuite de la lib&#233;ration sexuelle sur une base tr&#232;s individuelle, la pauvret&#233; et la discrimination la plus visible ont &#233;t&#233; trait&#233;s comme des &#233;l&#233;ments mais sans grands liens organiques entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre est un rappel de fonds. Pour douloureux que puisse en &#234;tre la lecture, il apporte les &#233;l&#233;ments d'une r&#233;vision en profondeur de nos actions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; I J'utilise les termes dont se sont servis le traducteur et la traductrice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; II P. 92,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; III P. 152&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV &#171; Je veux la r&#233;volution autant que je veux un amant &#187;. Merci &#224; l'historienne et f&#233;ministe Andr&#233;e L&#233;vesque de m'avoir fourni cette citation avec ses remarques judicieuses dans l'&#233;laboration de ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V P.18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI P.218&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Printemps &#201;rable et Hiver Rouge</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Printemps-Erable-et-Hiver-Rouge</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Printemps-Erable-et-Hiver-Rouge</guid>
		<dc:date>2013-01-10T13:48:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Lambert</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>
		<dc:subject>Premi&#232;res nations</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'histoire commune des francophones d'Am&#233;rique du Nord et des Premi&#232;res Nations est jalonn&#233;e de conflits et de rendez-vous manqu&#233;s dont le dernier en liste est la crise d'Oka de 1990 ou la gauche n'a pas su appuyer les revendications autochtones. Aujourd'hui, le mouvement #Idlenomore se pr&#233;sente comme une nouvelle opportunit&#233;. Est-ce que Printemps &#233;rable et Hiver Rouge peuvent se rencontrer ?? L'histoire le dira. Mais l'&#233;normit&#233; des transformations inacceptables &#224; l'&#201;tat canadien et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'histoire commune des francophones d'Am&#233;rique du Nord et des Premi&#232;res Nations est jalonn&#233;e de conflits et de rendez-vous manqu&#233;s dont le dernier en liste est la crise d'Oka de 1990 ou la gauche n'a pas su appuyer les revendications autochtones. Aujourd'hui, le mouvement #Idlenomore se pr&#233;sente comme une nouvelle opportunit&#233;. Est-ce que Printemps &#233;rable et Hiver Rouge peuvent se rencontrer ?? L'histoire le dira. Mais l'&#233;normit&#233; des transformations inacceptables &#224; l'&#201;tat canadien et l'empressement aveugle du gouvernement Conservateur de Stephen Harper d'&#233;carter toute entrave, chez-nous comme ailleurs, &#224; la production et la distribution des p&#233;troles des sables bitumineux apparait comme un point de jonction certain. Alors que la chef Theresa Spense se meurt, que le Gouvernement qu&#233;b&#233;cois jongle avec l'id&#233;e de laisser entrer le p&#233;trole bitumineux par la ligne 9 d'Embridge, les mouvements sociaux autochtones et non-autochtones parlent de plus en plus d'alliances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1990&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord du Lac Meech vient de mourir, rejet&#233;e notamment par les communaut&#233;s autochtones qui n'y trouvaient rien pour elles. Le Qu&#233;bec le prend personnel et le soutien &#224; l'id&#233;e souverainiste atteint des sommets sans pr&#233;c&#233;dent. Il n'est plus un regroupement, un festival, une rencontre qui ne prenne des allures de St-Jean Baptiste. Les fleurdelis&#233;s et les drapeaux des patriotes sont partout. Les progressistes r&#234;vent d&#233;j&#224; d'un pays de projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, ce m&#234;me &#233;t&#233;, le Qu&#233;bec d&#233;couvre aussi la pin&#232;de d'Oka et une communaut&#233; autochtone en lutte. Plusieurs manifestations anti-mohawks m&#233;langent nationalisme et ethnicisme. &#192; LaSalle, on br&#251;le un mannequin repr&#233;sentant un autochtone en scandant le &#171; Qu&#233;bec aux Qu&#233;b&#233;cois &#187;. Les progressistes rangent les drapeaux. Mais &#224; gauche, on est surtout perdus et on rate une opportunit&#233; de prendre position pour la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2012&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2012, les associations &#233;tudiantes lancent une mobilisation qui va bien au del&#224; de la question des frais de scolarit&#233;. Le printemps &#233;rable propose un rejet fondamental du syst&#232;me lui-m&#234;me et rapidement, il nourrit la col&#232;re des multitudes progressistes qui en retour le lui rendent bien. L'aveuglement de Jean Charest qui refusera de voir la profondeur de ce mouvement ach&#232;vera de causer sa perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que ces braises sont &#171; encore rouges &#187;, l'adoption d'une seconde loi mammouth en moins d'une ann&#233;e qui a notamment des effets catastrophiques sur la protection des voies navigables au Canada &#171; r&#233;veille &#187; et rassemble les communaut&#233;s autochtones contre le gouvernement Conservateur de Stephen Harper. Ce dernier se positionne &#171; &#224; la Charest &#187;, obtus, ce qui ne manque pas d&#233;j&#224; de nourrir un mouvement qui a forc&#233;ment tout le potentiel de s'&#233;largir au del&#224; des seuls autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Printemps &#233;rable et Hiver Rouge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques conservatrices contre tous et toutes dans ce pays vont en grandissant. Lois mammouth anti d&#233;mocratiques, expansion des pipelines qui fait abstraction des pr&#233;occupations environnementales, coupures dans les programmes pour les droits des femmes, dans la coop&#233;ration internationale, la culture, dans les services publics ;&#8230; la liste est trop longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autochtones de #Idlenomore se demandent au nom de qui Stephen Harper gouverne et c'est aussi la question fondamentale au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est l&#224; l'opportunit&#233; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes d'horizons divers, autochtones et non-autochtones au Qu&#233;bec mais une chose nous unit : nous nous opposons collectivement &#224; ces politiques et &#224; la vision du monde que les Conservateurs veulent nous imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les progressistes du Qu&#233;bec doivent faire le pari de soutenir la r&#233;volte autochtone ici et ailleurs au Canada car elle est porteuse du m&#234;me rejet fondamental du syst&#232;me qui a aliment&#233; le Printemps &#201;rable. Elle a donc le potentiel de faire &#224; Stephen Harper ce qu'aucun parti politique ne semble en mesure de faire depuis 2005, soit d'imposer une r&#233;elle opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une opposition extraparlementaire !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, depuis plusieurs mois, un processus de Forum social Qu&#233;bec/Canada/Peuples autochtones est en marche. Les 26 et 27 janvier, l'Assembl&#233;e de fondation de ce forum se tiendra &#224; Ottawa. Autochtones et non-autochtones en feront partie. On parle d'une alliance, large, vaste&#8230; c'est maintenant !! Nous n'avons pas le droit de rater cette nouvelle opportunit&#233; de faire marche avec nos fr&#232;res et soeurs autochtones.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Occuper Wall Street, un mouvement tomb&#233; amoureux de lui-m&#234;me</title>
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		<dc:date>2013-01-08T13:57:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Franck</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>

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&lt;p&gt;UNE sc&#232;ne me revient en m&#233;moire &#224; chaque fois que je tente de retrouver l'effet grisant que le mouvement Occuper Wall Street (OWS) a produit sur moi au temps o&#249; il semblait promis &#224; un grand avenir. Je me trouvais dans le m&#233;tro de Washington, en train de lire un article sur les protestataires rassembl&#233;s &#224; Zuccotti Park, au coeur de Manhattan. C'&#233;tait trois ans apr&#232;s la remise &#224; flot de Wall Street ; deux ans apr&#232;s que toutes mes fr&#233;quentations eurent abandonn&#233; l'espoir de voir le pr&#233;sident (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L101xH150/arton12762-60cfc.png?1674811719' class='spip_logo spip_logo_right' width='101' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;UNE sc&#232;ne me revient en m&#233;moire &#224; chaque fois que je tente de retrouver l'effet grisant que le mouvement Occuper Wall Street (OWS) a produit sur moi au temps o&#249; il semblait promis &#224; un grand avenir. Je me trouvais dans le m&#233;tro de Washington, en train de lire un article sur les protestataires rassembl&#233;s &#224; Zuccotti Park, au coeur de Manhattan. C'&#233;tait trois ans apr&#232;s la remise &#224; flot de Wall Street ; deux ans apr&#232;s que toutes mes fr&#233;quentations eurent abandonn&#233; l'espoir de voir le pr&#233;sident Barack Obama faire preuve d'audace ; deux mois apr&#232;s que les amis r&#233;publicains des banquiers eurent conduit le pays au bord du d&#233;faut de paiement en engageant un bras de fer budg&#233;taire avec la Maison Blanche. Comme tout le monde, j'en avais assez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#232;s de moi se tenait un voyageur parfaitement habill&#233;, certainement un cadre sup&#233;rieur revenant de quelque salon commercial, &#224; en juger par le slogan fol&#226;tre imprim&#233; sur le sac qu'il portait en bandouli&#232;re. Ce slogan indiquait comment optimiser ses placements boursiers, ou peut-&#234;tre pourquoi le luxe est un bienfait, ou &#224; quel point c'est magnifique d'&#234;tre un gagnant. L'homme paraissait extr&#234;mement mal &#224; l'aise. Je savourais la situation : r&#233;cemment encore, j'aurais rougi d'exhiber la couverture de mon journal dans une rame de m&#233;tro surpeupl&#233;e ; aujourd'hui, c'&#233;taient les gens comme lui qui rasaient les murs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, je visionnais une vid&#233;o sur Internet montrant un groupe de militants d'OWS en train de d&#233;battre dans une librairie. A un moment du film, un intervenant s'interroge sur l'insistance de ses camarades &#224; pr&#233;tendre qu'ils ne s'expriment que &#171; pour eux-m&#234;mes &#187;, au lieu d'assumer leur appartenance &#224; un collectif. Un autre lui r&#233;plique alors : &#171; Chacun ne peut parler que pour soim&#234;me, en m&#234;me temps le &#8220;soi-m&#234;me&#8221; pourrait bien se dissoudre dans sa propre remise en question, comme nous y invite toute pens&#233;e poststructuraliste menant &#224; l'anarchisme. (&#8230;) &#8220;Je ne peux seulement parler que pour moi-m&#234;me&#8221; : c'est le &#8220;seulement&#8221; qui compte ici, et bien s&#251;r ce sont l&#224; autant d'espaces qui s'ouvrent. &#187; En entendant ce charabia pseudo-intellectuel, j'ai compris que les carottes &#233;taient cuites. Le philosophe Slavoj &#381;i&#382;ek avait mis en garde les campeurs de Zuccotti Park en octobre 2011 : &#171; Ne tombez pas amoureux de vous-m&#234;mes. Nous passons un moment agr&#233;able ici. Mais, rappelezvous, les carnavals ne co&#251;tent pas cher. Ce qui compte, c'est le jour d'apr&#232;s, quand nous devrons reprendre nos vies ordinaires. Est-ce que quelque chose aura chang&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avertissement de &#381;i&#382;ek figure dans l'ouvrage Occupy : Scenes from Occupied America (&#171; Occuper. Sc&#232;nes de l'Am&#233;rique occup&#233;e &#187;, Verso, 2011), le premier livre consacr&#233; au ph&#233;nom&#232;ne protestataire de l'ann&#233;e derni&#232;re. Depuis, une avalanche de productions &#233;ditoriales a submerg&#233; les &#233;tals des libraires, des discours prononc&#233;s sur les campements aux analyses journalistiques en passant par les t&#233;moignages de militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ouvrages tombent presque tous dans le panneau &#233;voqu&#233; par &#381;i&#382;ek. Leurs auteurs sont profond&#233;ment, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment amoureux d'OWS. Chacun prend pour acquis que les campeurs anti-Wall Street ont fait trembler les puissants de ce monde et suffoquer d'admiration tous les r&#233;prouv&#233;s de la plan&#232;te. Cette vision b&#233;ate s'exprime souvent dans le titre m&#234;me du livre : &#171; Cela change tout : Occuper Wall Street et le mouvement des 99% &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(1) Sarah Van Gelder et l'&#233;quipe de Yes ! Magazine, This Changes Everything (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple. Les superlatifs s'entrechoquent sans retenue ni pr&#233;caution. &#171; Les 99 % se sont &#233;veill&#233;s. Le paysage politique am&#233;ri-cain ne sera plus jamais le m&#234;me &#187;, annonce l'auteur de Voices From the 99 Percent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(2) Lenny Flank, Voices From the 99 Percent : An Oral History of the Occupy (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une proph&#233;tie presque ti&#232;de compar&#233;e &#224; l'enthousiasme p&#233;remptoire de Chris Hedges. Dans Jours de destruction, jours de r&#233;volte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(3) Chris Hedges et Joe Sacco, Jours de destruction, jours de r&#233;volte, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'ancien journaliste du New York Times compare OWS aux r&#233;volutions de 1989 en Allemagne de l'Est, en Tch&#233;coslovaquie et en Roumanie. Les protestataires new-yorkais, &#233;crit-il, &#171; &#233;taient d'abord d&#233;sorganis&#233;s, pas tr&#232;s s&#251;rs de ce qu'ils devaient faire, pas m&#234;me convaincus d'avoir accompli quoi que ce soit de m&#233;ritoire. L'air de rien, ils ont pourtant d&#233;clench&#233; un mouvement de r&#233;sistance global qui a r&#233;sonn&#233; &#224; travers tout le pays et jusque dans les capitales europ&#233;ennes. Le statu quo pr&#233;caire impos&#233; par les &#233;lites durant des d&#233;cennies a vol&#233; en &#233;clats. Un autre r&#233;cit a pris forme. La r&#233;volution a commenc&#233;. &#187; Ce qui rend ces livres tr&#232;s ennuyeux, c'est qu'&#224; quelques exceptions pr&#232;s ils se ressemblent tous, racontent les m&#234;mes anecdotes, citent les m&#234;mes communiqu&#233;s, d&#233;roulent les m&#234;mes interpr&#233;tations historiques, s'attardent sur les m&#234;mes broutilles. Comment le joueur de djemb&#233; a emp&#234;ch&#233; tout le monde de dormir, ce qui s'est vraiment pass&#233; sur le pont de Brooklyn, pourquoi et comment Untel s'est retrouv&#233; l&#224;, qui a eu l'id&#233;e en premier de tenir des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, comment chacun a nettoy&#233; le parc durant une nuit d'affolement pour &#233;viter de s'en faire expulser le lendemain, etc. Mesur&#233; en nombre de mots par m&#232;tre carr&#233; de pelouse occup&#233;e, Zuccotti Park constitue sans aucun doute l'un des lieux les plus scrut&#233;s de l'histoire du journalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande &#233;pop&#233;e fut pourtant de courte dur&#233;e. Les campeurs ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s deux mois apr&#232;s leur installation. Hormis quelques groupes r&#233;siduels ici et l&#224;, anim&#233;s par des militants chevronn&#233;s, le mouvement OWS s'est d&#233;sagr&#233;g&#233;. La temp&#234;te m&#233;diatique qui s'&#233;tait engouffr&#233;e dans les tentes de Zuccotti Park est repartie souffler ailleurs. Faisons une pause et comparons le bilan d'OWS avec celui de son vilain jumeau, le Tea Party, et du renouveau de la droite ultrar&#233;actionnaire dont celui-ci est le fer de lance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(4) Lire Robert Zaretsky, &#171; Au Texas, le Tea Party impose son style &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gr&#226;ce &#224; ces b&#233;n&#233;voles de la surench&#232;re, le Parti r&#233;publicain est redevenu majoritaire &#224; la Chambre des repr&#233;sentants ; dans les l&#233;gislatures d'Etat, il a pris six cents si&#232;ges aux d&#233;mocrates. Le Tea Party a m&#234;me r&#233;ussi &#224; propulser l'un des siens, M. Paul Ryan, &#224; la candidature pour la vice-pr&#233;sidence des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question &#224; laquelle les thurif&#233;raires d'OWS consacrent des cogitations passionn&#233;es est la suivante : quelle est la formule magique qui a permis au mouvement de rencontrer un tel succ&#232;s ? Or c'est la question diam&#233;tralement inverse qu'ils devraient se poser : pourquoi un tel &#233;chec ? Comment les efforts les plus louables en sont-ils venus &#224; s'embourber dans le mar&#233;cage de la glose acad&#233;mique et des postures antihi&#233;rarchiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses avaient pourtant commenc&#233; tr&#232;s fort. D&#232;s les premiers jours d'occupation de Zuccotti Park, la cause d'OWS &#233;tait devenue incroyablement populaire. De fait, comme le souligne Todd Gitlin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(5) Todd Gitlin, Occupy Nation : The Roots, the Spirit, and the Promise of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, jamais depuis les ann&#233;es 1930 un th&#232;me progressiste n'avait autant f&#233;d&#233;r&#233; la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine que la d&#233;testation de Wall Street. Les t&#233;moignages de sympathie pleuvaient par milliers, les ch&#232;ques de soutien aussi, les gens faisaient la queue pour donner des livres et de la nourriture aux campeurs. Des c&#233;l&#233;brit&#233;s vinrent se montrer &#224; Zuccotti et les m&#233;dias commenc&#232;rent &#224; couvrir l'occupation avec une attention qu'ils n'accordent pas souvent aux mouvements sociaux estampill&#233;s de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les commentateurs ont interpr&#233;t&#233; &#224; tort le soutien &#224; la cause d'OWS comme un soutien &#224; ses modalit&#233;s d'action. Les tentes plant&#233;es dans le parc, la pr&#233;paration de la tambouille pour des l&#233;gions de campeurs, la recherche sans fin du consensus, les affrontements avec la police... voil&#224;, aux yeux des ex&#233;g&#232;tes, ce qui a fait la force et la singularit&#233; d'OWS ; voil&#224; ce que le public a soif de conna&#238;tre. Ce qui se tramait &#224; Wall Street, pendant ce temps-l&#224;, a suscit&#233; un int&#233;r&#234;t moins vif. Dans Occupying Wall Street, un recueil de textes r&#233;dig&#233;s par des &#233;crivains ayant particip&#233; au mouvement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(6) Collectif Writers for the 99 %, Occupying Wall Street : The Inside Story (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la question des pr&#234;ts bancaires usuraires n'appara&#238;t qu'&#224; titre de citation dans la bouche d'un policier. Et n'esp&#233;rez pas d&#233;couvrir comment les militants de Zuccotti comptaient contrarier le pouvoir des banques. Non parce que ce serait mission impossible, mais parce que la mani&#232;re dont la campagne d'OWS est pr&#233;sent&#233;e dans ces ouvrages donne l'impression qu'elle n'avait rien d'autre &#224; proposer que la construction de &#171; communaut&#233;s &#187; dans l'espace public et l'exemple donn&#233; au genre humain par le noble refus d'&#233;lire des porte-parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Culte de la participation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MALHEUREUSEMENT, un tel pro - gramme ne suffit pas. B&#226;tir une culture de lutte d&#233;mocratique est certes utile pour les cercles militants, mais ce n'est qu'un point de d&#233;part. OWS n'est jamais all&#233; plus loin ; il n'a pas d&#233;clench&#233; une gr&#232;ve, ni bloqu&#233; un centre de recrutement, ni m&#234;me occup&#233; le bureau d'un doyen d'universit&#233;. Pour ses militants, la culture horizontale repr&#233;sente le stade supr&#234;me de la lutte : &#171; Le processus est le message &#187;, entonnaient en choeur les protestataires. On pourra objecter que la question de pr&#233;senter ou non des revendications fut &#226;prement d&#233;battue par les militants lorsqu'ils occupaient effectivement quelque chose. Mais, pour qui feuillette tous ces ouvrages un an plus tard, ce d&#233;bat para&#238;t d'un autre monde. Presque aucun ne s'est hasard&#233; &#224; reconna&#238;tre que le refus de formuler des propositions a constitu&#233; une grave erreur tactique. Au contraire, Occupying Wall Street, le compte rendu quasi officiel de l'aventure, assimile toute vell&#233;it&#233; programmatique &#224; un f&#233;tiche con&#231;u pour maintenir le peuple dans l'ali&#233;nation de la hi&#233;rarchie et de la servilit&#233;. Hedges ne dit pas autre chose lorsqu'il explique que &#171; seules les &#233;lites dominantes et leurs relais m&#233;diatiques &#187; exhortaient OWS &#224; faire conna&#238;tre ses demandes. Pr&#233;senter des revendications serait admettre la l&#233;gitimit&#233; de son adversaire, &#224; savoir l'Etat am&#233;ricain et ses amis les banquiers. En somme, un mouvement de protestation qui ne formule aucune exigence serait le chef-d'oeuvre ultime de la vertu d&#233;mocratique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la contradiction fondamentale de cette campagne. De toute &#233;vidence, protester contre Wall Street en 2011 impliquait de protester aussi contre les tripatouillages financiers qui nous avaient pr&#233;cipit&#233;s dans la grande r&#233;cession ; contre le pouvoir politique qui avait sauv&#233; les banques ; contre la pratique d&#233;lirante des primes et des bonus qui avait m&#233;tamorphos&#233; les forces productives en tiroircaisse pour les 1 % les plus riches. Toutes ces calamit&#233;s tirent leur origine de la d&#233;r&#233;gulation et des baisses d'imp&#244;ts &#8211; autrement dit, d'une philosophie de l'&#233;mancipation individuelle qui, au moins dans sa rh&#233;torique, n'est pas contraire aux pratiques libertaires d'OWS. Inutile d'avoir suivi des cours de &#171; poststructuralisme menant &#224; l'anarchisme &#187; pour comprendre comment inverser la tendance : en reconstruisant un Etat r&#233;gulateur comp&#233;tent. Souvenez-vous de ce que disaient durant ces fameux premiers jours de septembre 2011 les militants d'OWS : r&#233;introduisons la loi Glass-Steagall de 1933, qui s&#233;parait les banques de d&#233;p&#244;t et les banques d'investissement. Vive l'&#171; Etat ob&#232;se &#187; ! Vive la s&#233;curit&#233; ! Mais ce n'est pas ainsi que l'on enflamme l'imagination de ses contemporains. Comment animer un carnaval lorsqu'on r&#234;ve secr&#232;tement d'expertscomptables et d'administration fiscale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En remettant les choses &#224; plus tard. En &#233;vitant de r&#233;clamer des mesures concr&#232;tes. R&#233;clamer, c'est admettre que les adultes guind&#233;s et sans humour ont repris la barre et que la r&#233;cr&#233;ation est finie. Ce choix tactique a remarquablement fonctionn&#233; au d&#233;but, mais il a aussi fix&#233; une date de p&#233;remption &#224; tout le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'interdisant d'exiger quoi que ce soit, OWS s'est enferm&#233; dans ce que Christopher Lasch appelait &#8211; en 1973 &#8211; le &#171; culte de la participation &#187;. Autant dire dans une protestation dont le contenu se r&#233;sume &#224; la satisfaction d'avoir protest&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le galimatias des militants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DANS leurs d&#233;clarations d'intention, les campeurs de Zuccotti Park c&#233;l&#233;braient haut et fort la vox populi. Dans la pratique, pourtant, leur centre de gravit&#233; penchait d'un seul c&#244;t&#233;, celui du petit monde universitaire. Les militants cit&#233;s dans les livres ne d&#233;voilent pas toujours leur identit&#233; socioprofessionnelle, mais, lorsqu'ils le font, ils se r&#233;v&#232;lent soit &#233;tudiants, soit ex-&#233;tudiants r&#233;cemment dipl&#244;m&#233;s, soit enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que saluer la mobilisation du monde universitaire. La soci&#233;t&#233; a besoin d'entendre cette voix-l&#224;. Quand les frais de scolarit&#233; grimpent &#224; des pics vertigineux, que l'endettement des dipl&#244;m&#233;s d&#233;barquant sur le march&#233; du travail atteint facilement les 100 000 dollars, que des doctorants se retrouvent exploit&#233;s sans vergogne, les personnes concern&#233;es ont parfaitement raison de protester&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(7) Lire Christopher Newfield, &#171; La dette &#233;tudiante, une bombe &#224; retardement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elles devraient s'attaquer au syst&#232;me, exiger un contr&#244;le strict des frais de scolarit&#233;. Que l'on songe aux manifestations qui ont &#233;branl&#233; le Qu&#233;bec au printemps dernier, quand une partie importante de la population est venue soutenir dans la rue l'exigence estudiantine d'une &#233;ducation accessible &#224; tous : l&#224;-bas, le mouvement a gagn&#233;. Les &#233;tudiants ont obtenu presque tout ce qu'ils demandaient. La protestation sociale a fait valser les portes de l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est quand l'inverse se produit, quand la discussion acad&#233;mique de haute culture devient un mod&#232;le de lutte sociale, que le probl&#232;me surgit. Pourquoi OWS inspire-t-il aussi souvent &#224; ses admirateurs le besoin de s'exprimer dans un jargon inintelligible ? Pourquoi tant de militants ont-ils &#233;prouv&#233; le besoin de quitter leur poste pour participer &#224; des d&#233;bats de salon entre &#233;rudits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(8) Une situation qu'on observe aussi ailleurs. Lire Pierre Rimbert, &#171; La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Pourquoi d'autres ontils choisi de r&#233;server leurs t&#233;moignages &#224; des revues confidentielles comme American Ethnologist ou Journal of Critical Globalisation Studies ? Pourquoi un pamphlet con&#231;u pour galvaniser les troupes d'OWS est-il rempli de d&#233;clarations amphigouriques du genre : &#171; Notre point d'attaque se situe dans les formes de subjectivit&#233; dominantes produites dans le contexte des crises sociales et politiques actuelles. Nous nous adressons &#224; quatre figures subjectives &#8211; l'endett&#233;, le m&#233;diatis&#233;, le s&#233;curis&#233; et le repr&#233;sent&#233; &#8211;, qui sont toutes en voie d'appauvrissement et dont le pouvoir d'action sociale est masqu&#233; ou mystifi&#233;. Nous pensons que les mou vements de r&#233;volte et de r&#233;bellion nous donnent les moyens non seulement de refuser les r&#233;gimes r&#233;pressifs dont souffrent ces figures subjectives, mais aussi d'inverser ces subjectivit&#233;s face au pouvoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(9) Antonio Negri et Michael Hardt, &#171; Declaration &#187;, repris par Jacobin sous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ? Et pourquoi, quelques mois seulement apr&#232;s avoir occup&#233; Zuccotti Park, plusieurs militants ont-ils jug&#233; indispensable de cr&#233;er leur propre revue universitaire &#224; pr&#233;tention th&#233;orisante, Occupy Theory, destin&#233;e bien s&#251;r &#224; accueillir des essais imp&#233;n&#233;trables visant &#224; d&#233;montrer la futilit&#233; de toute th&#233;orisation ? Est-ce ainsi qu'on b&#226;tit un mouvement de masse ? En s'obstinant &#224; parler un langage que personne ne comprend ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est connue : avant qu'une protestation s'&#233;largisse en mouvement social de grande ampleur, ses protagonistes doivent d'abord r&#233;fl&#233;chir, analyser, th&#233;oriser. Le fait est que, de ce point de vue, OWS a fourni assez de mati&#232;re pour alimenter un demi-si&#232;cle de luttes &#8211; sans r&#233;ussir pour autant &#224; mener la sienne ailleurs que dans une impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occuper Wall Street a r&#233;alis&#233; d'excellentes choses. Il a su trouver un bon slogan, identifier le bon ennemi et capter l'imagination du public. Il a donn&#233; forme &#224; une culture protestataire d&#233;mocratique. Il a &#233;tabli des liens avec les syndicats de travailleurs, un pas crucial dans la bonne direction. Il a redonn&#233; vigueur &#224; la notion de solidarit&#233;, vertu cardinale de la gauche. Mais les r&#233;flexes universitaires ont vite pris une place &#233;crasante, transformant OWS en un laboratoire o&#249; ses forts en th&#232;me venaient valider leurs th&#233;ories. Car les campements n'accueillaient pas seulement des militants soucieux de changer le monde : ils ont aussi servi d'ar&#232;ne &#224; la promotion individuelle de quelques carri&#233;ristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est une fa&#231;on encore trop optimiste de pr&#233;senter les choses. La mani&#232;re pessimiste consisterait &#224; ouvrir le dernier livre de Michael Kazin, American Dreamers (Knopf, New York, 2011), et &#224; convenir avec lui que, depuis la guerre du Vietnam et le combat pour les droits civiques dans les ann&#233;es 1960, aucun mouvement progressiste n'a op&#233;r&#233; la jonction avec le grand public am&#233;ricain &#8211; &#224; l'exception de la campagne anti-apartheid des ann&#233;es 1980. Il est vrai qu'au temps du Vietnam le pays fourmillait de militants de gauche, surtout dans les universit&#233;s. Mais, depuis, &#233;tudier la &#171; r&#233;sistance &#187; a constitu&#233; un moyen &#233;prouv&#233; d'am&#233;liorer ses perspectives de carri&#232;re, quand ce n'est pas la mati&#232;re m&#234;me de certaines disciplines annexes. Toutefois, aussi &#233;rudite soit-elle sur le plan intellectuel, la gauche continue d'aller de d&#233;faite en d&#233;faite. Elle ne parvient plus &#224; faire cause commune avec le peuple Cet &#233;chec s'explique peut-&#234;tre par la surrepr&#233;sentation en son sein d'une profession dont le mode op&#233;ratoire est d&#233;lib&#233;r&#233;ment abscons, ultrahi&#233;rarchis&#233;, verbeux et professoral, peu propice &#224; une d&#233;marche f&#233;d&#233;ratrice. Ou peut-&#234;tre r&#233;sulte-t-il de la persistance &#224; gauche d'un m&#233;pris envers l'homme de la rue, surtout quand on peut lui reprocher d'avoir mal vot&#233; ou commis quelque p&#233;ch&#233; politique. Ou peut-&#234;tre encore est-ce l'effondrement de l'appareil industriel qui rend les mouvements sociaux obsol&#232;tes. Ce n'est pas dans les ouvrages sur OWS que l'on trouvera la moindre r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activistes anti-Wall Street n'aiment pas, c'est clair, leurs homologues du Tea Party. Dans leur esprit, apparemment, ils ne sont pas tout &#224; fait de vraies gens, comme si d'autres principes biologiques s'appliquaient &#224; leur esp&#232;ce. La philosophe Judith Butler, professeur &#224; l'universit&#233; de Columbia, &#233;voque avec r&#233;pugnance une r&#233;union du Tea Party au cours de laquelle des individus se seraient r&#233;jouis de la mort prochaine de plusieurs malades d&#233;pourvus d'assurance-maladie. &#171; Sous quelles conditions &#233;conomiques et politiques de telles formes de cruaut&#233; joyeuse &#233;mergent-elles ? &#187;, s'interroge-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une bonne question. Deux paragraphes plus loin, pourtant, Butler change de sujet pour louer l'admirable d&#233;cision d'OWS de ne rien r&#233;clamer, ce qui lui fournit l'occasion d'esquisser une th&#233;orie de haut vol : une foule qui proteste est spontan&#233;ment et intrins&#232;quement lib&#233;rationniste. &#171; Lorsque des corps se rassemblent pour manifester leur indignation et affirmer leur existence plurielle dans l'espace public, ils expriment aussi des demandes plus vastes, &#233;crit-elle. Ils demandent &#224; &#234;tre reconnus et valoris&#233;s ; ils revendiquent le droit d'appara&#238;tre et d'exercer leur libert&#233; ; ils r&#233;clament une vie vivable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(10) Judith Butler, &#171; From and against precarity &#187;, d&#233;cembre 2011,&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; C'est r&#233;gl&#233; comme du papier &#224; musique : les m&#233;contents qui descendent dans la rue le font n&#233;cessairement pour affirmer l'existence plurielle de leurs corps, partout et toujours &#8211; sauf s'ils appartiennent au groupe mentionn&#233; deux paragraphes plus haut&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les deux mouvements pr&#233; - sentent quelques ressemblances. Ils partagent par exemple la m&#234;me aversion obsessionnelle pour les plans de sauvetage de 2008, qualifi&#233;s par les deux camps de &#171; capitalisme de connivences &#187;. L'un et l'autre s'expriment en occupant des espaces publics ; l'un et l'autre ont accord&#233; une place importante aux partisans de M. Ron Paul, le chef de file du courant &#171; libertarien &#187; du Parti r&#233;publicain. M&#234;me le masque d'Anonymous (&#224; l'effigie de Guy Fawkes, le vengeur solitaire du film V comme Vendetta) a circul&#233; dans les deux camps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan tactique aussi les analogies existent. OWS et le Tea Party sont rest&#233;s pareillement flous dans leurs revendications, afin de ratisser plus large. Les deux groupes se sont appesantis avec la m&#234;me emphase sur les pers&#233;cutions dont ils s'estimaient victimes. C&#244;t&#233; campeurs, on insistait sur les brutalit&#233;s polici&#232;res. Dans un r&#233;cit de quarante-cinq pages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(11) Will Bunch, October 1st, 2011 : The Battle of the Brooklyn Bridge, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Will Bunch narre en d&#233;tail la r&#233;pression aveugle et l'arrestation de masse d'une manifes Cet &#233;chec s'explique peut-&#234;tre par la surrepr&#233;sentation en son sein d'une profession dont le mode op&#233;ratoire est d&#233;lib&#233;r&#233;ment abscons, ultrahi&#233;rarchis&#233;, verbeux et professoral, peu propice &#224; une d&#233;marche f&#233;d&#233;ratrice. Ou peut-&#234;tre r&#233;sulte-t-il de la persistance &#224; gauche d'un m&#233;pris envers l'homme de la rue, surtout quand on peut lui reprocher d'avoir mal vot&#233; ou commis quelque p&#233;ch&#233; politique. Ou peut-&#234;tre encore est-ce l'effondrement de l'appareil industriel qui rend les mouvements sociaux obsol&#232;tes. Ce n'est pas dans les ouvrages sur OWS que l'on trouvera la moindre r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activistes anti-Wall Street n'aiment pas, c'est clair, leurs homologues du Tea Party. Dans leur esprit, apparemment, ils ne sont pas tout &#224; fait de vraies gens, comme si d'autres principes biologiques s'appliquaient &#224; leur esp&#232;ce. La philosophe Judith Butler, professeur &#224; l'universit&#233; de Columbia, &#233;voque avec r&#233;pugnance une r&#233;union du Tea Party au cours de laquelle des individus se seraient r&#233;jouis de la mort prochaine de plusieurs malades d&#233;pourvus d'assurance-maladie. &#171; Sous quelles conditions &#233;conomiques et politiques de telles formes de cruaut&#233; joyeuse &#233;mergent-elles ? &#187;, s'interroge-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une bonne question. Deux paragraphes plus loin, pourtant, Butler change de sujet pour louer l'admirable d&#233;cision d'OWS de ne rien r&#233;clamer, ce qui lui fournit l'occasion d'esquisser une th&#233;orie de haut vol : une foule qui proteste est spontan&#233;ment et intrins&#232;quement lib&#233;rationniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsque des corps se rassemblent pour manifester leur indignation et affirmer leur existence plurielle dans l'espace public, ils expriment aussi des demandes plus vastes, &#233;crit-elle. Ils demandent &#224; &#234;tre reconnus et valoris&#233;s ; ils revendiquent le droit d'appara&#238;tre et d'exercer leur libert&#233; ; ils r&#233;clament une vie vivable (10). &#187; C'est r&#233;gl&#233; comme du papier &#224; musique : les m&#233;contents qui descendent dans la rue le font n&#233;cessairement pour affirmer l'existence plurielle de leurs corps, partout et toujours &#8211; sauf s'ils appartiennent au groupe mentionn&#233; deux paragraphes plus haut&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les deux mouvements pr&#233; - sentent quelques ressemblances. Ils partagent par exemple la m&#234;me aversion obsessionnelle pour les plans de sauvetage de 2008, qualifi&#233;s par les deux camps de &#171; capitalisme de connivences &#187;. L'un et l'autre s'expriment en occupant des espaces publics ; l'un et l'autre ont accord&#233; une place importante aux partisans de M. Ron Paul, le chef de file du courant &#171; libertarien &#187; du Parti r&#233;publicain. M&#234;me le masque d'Anonymous (&#224; l'effigie de Guy Fawkes, le vengeur solitaire du film V comme Vendetta) a circul&#233; dans les deux camps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan tactique aussi les analogies existent. OWS et le Tea Party sont rest&#233;s pareillement flous dans leurs revendications, afin de ratisser plus large. Les deux groupes se sont appesantis avec la m&#234;me emphase sur les pers&#233;cutions dont ils s'estimaient victimes. C&#244;t&#233; campeurs, on insistait sur les brutalit&#233;s polici&#232;res. Dans un r&#233;cit de quarante-cinq pages (11), Will Bunch narre en d&#233;tail la r&#233;pression aveugle et l'arrestation de masse d'une manifestation sur le pont de Brooklyn. C&#244;t&#233; Tea Party, c'est le supplice inflig&#233; par les &#171; m&#233;dias de gauche &#187; et leurs accusations de racisme qui nourrit la martyrologie collective&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(12) Par exemple, Michael Graham, That's No Angry Mob, That's My Mom : Team (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de dirigeants est un autre point commun aux deux camps. Dans le manifeste du Tea Party r&#233;dig&#233; en 2010 par M. Richard (&#171; Dick &#187;) Armey, ancien parlementaire r&#233;publicain du Texas, figure m&#234;me un chapitre intitul&#233; &#171; Nous sommes un mouvement d'id&#233;es, pas de leaders &#187;. Le raisonnement livr&#233; ici ne d&#233;pareillerait pas chez les th&#233;oriciens d'OWS : &#171; S'ils [nos adversaires] savaient qui tire les ficelles, ils pourraient s'en prendre &#224; lui ou &#224; elle. Ils pourraient &#233;craser l'opposition g&#234;nante du Tea Party. &#187; Si l'on se plonge dans les r&#233;f&#233;rences litt&#233;raires du Tea Party, on peut &#233;galement y d&#233;celer des traces de la philosophie d'OWS relative au refus de toute revendication. Voyons ce qu'en dit la philosophe Ayn Rand, dont les th&#233;ories &#171; objectivistes &#187; ont servi de socle moral &#224; la d&#233;r&#233;gulation capitaliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(13) Lire Fran&#231;ois Flahault, &#171; La philosophe du Tea Party &#187;, Mani&#232;re de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans La Gr&#232;ve, sa grande oeuvre romanesque parue en 1957, vendue &#224; sept millions d'exemplaires aux Etats-Unis, les &#171; revendications &#187; sont assimil&#233;es au monde nuisible du pouvoir politique, qui les formule au nom de ses administr&#233;s forc&#233;ment fain&#233;ants et improductifs. Les hommes d'affaires, en revanche, n&#233;gocient des contrats : ils agissent dans l'harmonie des liens consensuels &#233;tablis par le libre march&#233;. Le morceau de bravoure se situe au moment o&#249; le personnage de John Galt, qui s'est mis en gr&#232;ve contre le fl&#233;au de l'&#233;galitarisme, adresse ce discours au gouvernement am&#233;ricain : &#171; Nous n'avons aucune revendication &#224; vous pr&#233;senter, aucune disposition &#224; marchander, aucun compromis &#224; atteindre. Vous n'avez rien &#224; nous offrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas besoin de vous. &#187; Faire gr&#232;ve sans rien r&#233;clamer ? Oui, car demander quelque chose &#224; l'Etat serait reconna&#238;tre sa l&#233;gitimit&#233;. Pour d&#233;finir cette attitude, Rand a forg&#233; une expression sophistiqu&#233;e : la &#171; l&#233;gitimation de la victime &#187;. Engag&#233; dans la r&#233;alisation de son potentiel personnel, le grand patron &#8211; la &#171; victime &#187;, dans la pittoresque vision du monde de l'auteure &#8211; refuse la b&#233;n&#233;diction d'une soci&#233;t&#233; qui le tyrannise &#224; coups d'imp&#244;ts et de r&#232;glements. Le milliardaire &#233;clair&#233; ne veut rien avoir &#224; faire avec les pillards et les parasites qui peuplent une soci&#233;t&#233; nivel&#233;e par le bas. Comment ces pr&#233;curseurs du &#171; 1 %&#187; vont-ils s'y prendre pour l'emporter ? En b&#226;tissant une communaut&#233; mod&#232;le au coeur m&#234;me du vieux monde. Toutefois, les milliardaires meurtris imagin&#233;s par Rand n'organisent pas des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans les jardins publics, mais se retirent dans une vall&#233;e d&#233;serte du Colorado, o&#249; ils cr&#233;ent un capitalisme paradisiaque, non coercitif, dont la monnaie, un &#233;talon-or fait maison, ne doit rien &#224; l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment app&#226;ter le client ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNE derni&#232;re similitude. L'astuce id&#233;ologique du Tea Party a consist&#233;, bien s&#251;r, &#224; d&#233;tourner la col&#232;re populaire qui s'&#233;tait d&#233;cha&#238;n&#233;e contre Wall Street pour la reporter sur l'Etat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(14) Lire &#171; Et la droite am&#233;ricaine a d&#233;tourn&#233; la col&#232;re populaire &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. OWS a fait de m&#234;me, mais de fa&#231;on plus abstraite et th&#233;orique. On s'en aper&#231;oit, par exemple, en d&#233;chiffrant l'argumentaire de l'anthropologue Jeffrey Juris : &#171; Les occupations ont remis en question le pouvoir souverain de l'Etat de r&#233;guler et contr&#244;ler la distribution des corps dans l'espace, (&#8230;) notamment par l'appropriation d'espaces urbains particuliers tels que les parcs publics et les squares et par leur requalification en lieux d'assembl&#233;e publique et d'expression d&#233;mocratique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(15) Jeffrey S. Juris, &#171; Reflections on #Occupy everywhere : Social media, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ce type de rh&#233;torique illustre un point de convergence entre OWS et la gauche univer sitaire : la mise en accusation de l'Etat et de son pouvoir de tout &#171; r&#233;guler &#187;, &#171; contr&#244;ler &#187;, m&#234;me si, dans le cas de Wall Street, le probl&#232;me vient plut&#244;t du fait qu'il ne r&#233;gule et ne contr&#244;le &#224; peu pr&#232;s rien. A quelques corrections mineures pr&#232;s, le texte pourrait se lire comme un pamphlet libertarien contre les espaces verts. Puisque aucun des livres cit&#233;s ici n'a pr&#234;t&#233; attention &#224; ces concordances, on ne risque pas d'y trouver une th&#233;orie susceptible de les expliquer. Qu'on me permette donc de proposer la mienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison pour laquelle OWS et le Tea Party paraissent parfois si semblables tient au fait qu'ils empruntent tous deux &#224; ce libertarisme un peu paresseux et narcissique qui impr&#232;gne d&#233;sormais notre vision de la contestation, depuis les adolescents de Disney Channel en qu&#234;te d'eux-m&#234;mes jusqu'aux pseudo-anarchistes qui vandalisent un Starbuck's.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous imaginent qu'ils se rebellent contre &#171; l'Etat &#187;. C'est dans le g&#233;nome de notre &#233;poque, semble-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s venant, le Tea Party a remis&#233; au placard ses discours bravaches sur l'organisation horizontale. Autant de boniments dont la principale vocation &#233;tait d'app&#226;ter le client. Ce mouvement n'avait pas de penseurs poststructuralistes, mais il disposait d'argent, de r&#233;seaux et de l'appui d'une grande cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision (Fox News). Aussi n'a-t-il pas tard&#233; &#224; produire des dirigeants, des revendications et un alignement fructueux sur le Parti r&#233;publicain. Occuper Wall Street n'a pas pris ce chemin-l&#224;. L'horizontalit&#233;, il y croyait vraiment. Apr&#232;s avoir connu un succ&#232;s foudroyant, il s'est donc disloqu&#233; en vol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives de novembre 2012 sont maintenant termin&#233;es : M. Obama a &#233;t&#233; reconduit &#224; la Maison Blanche, M. Ryan a conserv&#233; son si&#232;ge &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, la guerre contre les travailleurs continue &#8211; dans le Michighan, notamment &#8211; et Wall Street dirige toujours le monde. Certes, la ploutocratie n'est pas parvenue &#224; convaincre la population qu'elle &#233;tait sa meilleure amie, mais l'ordre ancien perdure et il appara&#238;t de plus en plus &#233;vident que seul un mouvement social de masse, solidement ancr&#233; &#224; gauche, pourra mettre fin &#224; l'&#232;re n&#233;olib&#233;rale. Malheureusement, OWS n'en fut pas un.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;THOMAS FRANK *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Journaliste &#224; Harper's Magazine et fondateur de la revue The Baffler, o&#249; fut publi&#233;e une premi&#232;re version de cet article (no 21, novembre-d&#233;cembre 2012). Auteur de Pourquoi les pauvres&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(1) Sarah Van Gelder et l'&#233;quipe de Yes ! Magazine, This Changes Everything : Occupy Wall Street and the 99 % Movement, Berrett-Koehler, San Francisco, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(2) Lenny Flank, Voices From the 99 Percent : An Oral History of the Occupy Wall Street Movement, Red Black &amp; Publishers, St Petersburg (Floride), 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(3) Chris Hedges et Joe Sacco, Jours de destruction, jours de r&#233;volte, Futuropolis, Paris, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(4) Lire Robert Zaretsky, &#171; Au Texas, le Tea Party impose son style &#187;, Le Monde diplomatique, novembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(5) Todd Gitlin, Occupy Nation : The Roots, the Spirit, and the Promise of Occupy Wall Street, It Books, New York, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(6) Collectif Writers for the 99 %, Occupying Wall Street : The Inside Story of an Action that Changed America, Haymarket Books, Chicago, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(7) Lire Christopher Newfield, &#171; La dette &#233;tudiante, une bombe &#224; retardement &#187;, Le Monde diplomatique, septembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(8) Une situation qu'on observe aussi ailleurs. Lire Pierre Rimbert, &#171; La pens&#233;e critique dans l'enclos universitaire &#187;, Le Monde diplomatique, janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(9) Antonio Negri et Michael Hardt, &#171; Declaration &#187;, repris par Jacobin sous le titre &#171; Take up the baton &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.jacobinmag.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.jacobinmag.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(10) Judith Butler, &#171; From and against precarity &#187;, d&#233;cembre 2011, &lt;a href=&#034;http://www.occupytheory.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.occupytheory.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(11) Will Bunch, October 1st, 2011 : The Battle of the Brooklyn Bridge, Kindle Singles, Seattle, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(12) Par exemple, Michael Graham, That's No Angry Mob, That's My Mom : Team Obama's Assault on Tea- Party, Talk-Radio Americans, Regnery Publishing, Washington, DC, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(13) Lire Fran&#231;ois Flahault, &#171; La philosophe du Tea Party &#187;, Mani&#232;re de voir, no 125, &#171; O&#249; va l'Am&#233;rique ? &#187;, octobre-novembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(14) Lire &#171; Et la droite am&#233;ricaine a d&#233;tourn&#233; la col&#232;re populaire &#187;, Le Monde diplomatique, janvier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(15) Jeffrey S. Juris, &#171; Reflections on #Occupy everywhere : Social media, public space, and emerging logics of aggregation &#187;, American Ethnologist, vol. 39, no 2, Davis (Californie), mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Environnement : la question des sables bitumineux</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Environnement-la-question-des-sables-bitumineux</link>
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		<dc:date>2013-01-08T13:56:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dianne Feeley</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Plusieurs des plus importantes luttes actuelles aux &#201;tats-Unis autour des enjeux environnementaux concernent les industries du p&#233;trole et du charbon. Ici, nous nous penchons plus pr&#233;cis&#233;ment sur l'exploitation, tr&#232;s probl&#233;matique, des sables bitumineux. &lt;br class='autobr' /&gt; Les sables bitumineux sont une substance &#233;paisse, noire et gluante qui doit &#234;tre soit chauff&#233;e, soit m&#233;lang&#233;e &#224; des hydrocarbures toxiques plus l&#233;gers pour pouvoir s'&#233;couler &#224; travers un pipeline. Ces sables sont compos&#233;s d'argile, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH117/arton12756-b5b40.jpg?1706959479' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs des plus importantes luttes actuelles aux &#201;tats-Unis autour des enjeux environnementaux concernent les industries du p&#233;trole et du charbon. Ici, nous nous penchons plus pr&#233;cis&#233;ment sur l'exploitation, tr&#232;s probl&#233;matique, des sables bitumineux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les sables bitumineux sont une substance &#233;paisse, noire et gluante qui doit &#234;tre soit chauff&#233;e, soit m&#233;lang&#233;e &#224; des hydrocarbures toxiques plus l&#233;gers pour pouvoir s'&#233;couler &#224; travers un pipeline. Ces sables sont compos&#233;s d'argile, de sable, d'eau et de p&#233;trole. Chaque &#233;tape du proc&#233;d&#233; est &#233;cologiquement d&#233;vastatrice &#8212; extraction, traitement, transport et raffinage. Les gisements de sables bitumineux se trouvent sous la vaste for&#234;t bor&#233;ale canadienne de l'Alberta (par ailleurs, le Venezuela poss&#232;de d'autres gisements importants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour extraire les sables bitumineux, les compagnies p&#233;troli&#232;res taillent des coupes franches dans les for&#234;ts anciennes (une source importante de la s&#233;questration du carbone), cr&#233;ent de longues carri&#232;res &#224; ciel ouvert &#224; l'emplacement de la for&#234;t et utilisent d'&#233;normes quantit&#233;s d'eau douce et de gaz naturels pour s&#233;parer l'huile des autres substances. La production d'un baril de p&#233;trole n&#233;cessite quatre barils d'eau. L'exploitation termin&#233;e laisse derri&#232;re elle d'immenses lacs toxiques (bassins de r&#233;sidus miniers). Le lien a &#233;t&#233; &#233;tabli entre leur pr&#233;sence et le niveau anormalement &#233;lev&#233; de cancers chez les populations des environs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie p&#233;troli&#232;re des &#201;tats-Unis &#233;tend les installations de traitement de ce p&#233;trole hautement toxique &#224; travers un r&#233;seau de raffineries et de pipelines, y compris la raffinerie Marathon Oil situ&#233;e &#224; proximit&#233; de mon domicile au sud-ouest de Detroit. L'extraction du p&#233;trole des sables bitumineux rejette des r&#233;sidus polluants qui sont directement li&#233;s au d&#233;veloppement de cas d'asthme, d'emphys&#232;me et de malformations cong&#233;nitales. Mais aussi horrible que puisse &#234;tre le mal fait aux collectivit&#233;s proches du pipeline et des raffineries, la plus grande menace est l'acc&#233;l&#233;ration d'une surchauffe fatale de notre plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un p&#233;trole tr&#232;s sale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sables bitumineux sont du &#171; p&#233;trole sale &#187;. Cela signifie que l'extraction, le transport et le raffinage sont plus difficiles que pour le p&#233;trole conventionnel ; un baril de p&#233;trole de sables bitumineux est responsable de trois fois plus de pollution que le p&#233;trole conventionnel. TransCanada a un projet en quatre tranches pour transporter le p&#233;trole des sables bitumineux vers les raffineries des &#201;tats-Unis. Deux tranches, d&#233;j&#224; en activit&#233;, acheminent 800 000 barils par jour de l'Alberta jusqu'&#224; plusieurs raffineries aussi loin vers le sud que Cushing en Oklahoma. Les tranches sud du trac&#233; du pipeline s'&#233;tendraient jusqu'aux c&#244;tes du Texas, permettant &#224; la fois le raffinage et l'exp&#233;dition par bateau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section la plus controvers&#233;e est le projet qui augmenterait la capacit&#233; de transport de 900 000 barils par jour. Il s'agit du pipeline KeystoneXL, long de 1 700 miles, reliant l'Alberta &#224; Steele City (Nebraska). Ce fournisseur de p&#233;trole renforcerait consid&#233;rablement la d&#233;pendance des &#201;tats-Unis envers les combustibles fossiles, alors qu'il est urgent de prendre des solutions oppos&#233;es afin de r&#233;duire le r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les niveaux actuels de dioxyde de carbone dans l'atmosph&#232;re sont d'environ 390 ppm, soit environ 40 ppm au-del&#224; d'un niveau consid&#233;r&#233; comme suffisamment &#171; s&#251;r &#187; pour assurer la stabilit&#233; du climat. L'investissement de 7 milliards de dollars pour ajouter du &#171; p&#233;trole sale &#187; semble fou. Pour cette raison, ainsi que pour les retomb&#233;es sur les riverains, la lutte contre le Pipeline Keystone XL est devenue un point central du combat contre le changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la construction du Pipeline Keystone XL a &#233;t&#233; con&#231;ue de mani&#232;re &#224; traverser 92 miles de l'aquif&#232;re d'Ogallala, un des plus grands r&#233;servoirs souterrains d'eau douce au monde, la coalition qui s'y est oppos&#233;e est exceptionnellement large. Form&#233; il y a 20 millions ann&#233;es, l'aquif&#232;re spongieuse alimente en eau potable deux millions d'habitants du Middle West ainsi qu'en eau les agriculteurs de huit &#201;tats. Par endroits, la profondeur des nappes est de 1 200 pieds, mais parfois elles se situent pr&#232;s de la surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant l'&#233;t&#233; 2011, un groupe de douze personnalit&#233;s dont l'environnementaliste Bill McKibben, fondateur de &#171; 350.org &#187;, le climatologue de la NASA James Hansen, Tom Goldtooth du &#171; R&#233;seau environnemental indig&#232;ne &#187;, l'auteur Naomi Klein et l'acteur Danny Glover, a appel&#233; &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile devant la Maison blanche pour exiger que le pr&#233;sident Obama refuse d'approuver le permis international. En deux semaines, 1 253 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es. En janvier 2012, Obama a rejet&#233; la demande de TransCanada, indiquant que le projet, en raison des pr&#233;occupations environnementales, n&#233;cessitait davantage d'&#233;tudes. Mais l'approbation du pr&#233;sident et du d&#233;partement d'&#201;tat am&#233;ricain n'est exig&#233;e que pour le tron&#231;on entre le Canada et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement apr&#232;s le rejet d'Obama, TransCanada a &#233;clat&#233; le projet en deux, un plan nord et un plan sud. En juillet, l'entreprise avait obtenu les autorisations pour le dernier des trois permis requis pour la construction du pipeline sur la portion Oklahoma &#8211; c&#244;te du golfe du Texas et les terrassements avaient commenc&#233; en ao&#251;t. En quelques jours, des membres du &#171; Blocus des sables bitumineux &#187; se sont post&#233;s devant les &#233;quipements de deux chantiers et ont d&#233;ploy&#233; leurs banderoles. Le pr&#233;sident Obama, cependant, a apport&#233; son soutien &#224; la construction de la voie du sud et offert son aide pour couper tout &#171; ruban rouge &#187; qui pourrait entraver son avancement &#8211; comme si les lois sur l'environnement &#233;taient un simple d&#233;sagr&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, l'entreprise a d&#233;pos&#233; une nouvelle demande d'autorisation pour la partie internationale, faisant passer le pipeline &#224; &#171; seulement &#187; 10 miles de l'Aquif&#232;re Ogallala. TransCanada affirme que le projet est con&#231;u de mani&#232;re &#224; &#234;tre parfaitement s&#251;r ; toutefois, depuis l'ouverture du premier tron&#231;on, il y a eu douze fuites. Le concurrent de TransCanada, Enbridge Energy Partners, poss&#232;de un pipeline qui dessert la raffinerie Marathon Oil (sud-ouest de Detroit). Lors d'un incident il y a deux ans, un million de gallons de p&#233;trole brut issu des sables bitumineux s'est d&#233;vers&#233; dans la baie pr&#232;s de Marshall dans le Michigan. Du fait de sa densit&#233;, le p&#233;trole brut s'est d&#233;pos&#233; sur le fond et les op&#233;rations de nettoyage sont toujours en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TransCanada soutient que le projet Pipeline Keystone XL permettra de cr&#233;er 20 000 emplois directs et 119 000 indirects. Les syndicats am&#233;ricains du BTP se montrent enthousiastes. Des &#233;tudes plus r&#233;alistes estiment &#224; 6 500 sur deux ans les emplois pour des travailleurs des BTP et &#224; 7 000 les emplois indirects li&#233;s &#224; la dur&#233;e d'exploitation du pipeline. Les politiciens favorables au projet pr&#233;tendent que celui-ci va s&#233;curiser l'approvisionnement des &#201;tats-Unis en p&#233;trole et clament que, contrairement aux pays producteurs du Moyen-Orient, les &#171; valeurs &#187; canadiennes sont similaires aux &#171; valeurs &#187; am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des syndicats divis&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, ce dossier divise le mouvement syndical et paralyse l'&#171; Alliance Bleu-Vert &#187;, la principale organisation qui a concili&#233; par le pass&#233; les efforts des syndicats et des environnementalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration syndicale ATU (Amalgamated Transit Union) Larry Hanley a soulign&#233; que &#171; les &#233;tudes scientifiques prouvent que [le pipeline] contribuera &#224; plus de changements climatiques et cr&#233;era un environnement hostile sur notre plan&#232;te. &#187; L'ATU, dans une d&#233;claration conjointe avec le syndicat TWU (Transport Workers Union of America), a exhort&#233; Obama &#224; rejeter la demande. Mais le pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration LIUNA, Terry O'Sullivan, leur a lanc&#233; un d&#233;fi en proclamant qu'&#171; il est temps pour ATU et TWU de sortir des jupes des groupes environnementaux en plein d&#233;lire qui entravent la cr&#233;ation de bons et n&#233;cessaires emplois am&#233;ricains. &#187; Les syndicats de la construction et du BTP ont fait pression lors des auditions du Congr&#232;s et de l'&#201;tat, transportant leurs membres aux audiences. Quatre syndicats ont sign&#233; des conventions avec TransCanada, garantissant la couverture syndicale pour les emplois am&#233;ricains de construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, le Conseil canadien du travail et la F&#233;d&#233;ration du travail de l'Alberta s'opposent au Keystone XL pour plusieurs raisons, notamment le fait que le Canada n'ait pas un plan &#233;nerg&#233;tique global. David Coles, le pr&#233;sident du syndicat canadien de l'&#233;nergie, et d'autres responsables syndicaux se sont joints l'ann&#233;e derni&#232;re &#224; la manifestation de Greenpeace sur la colline du Parlement (Parliament Hill, Ottawa). S'adressant &#224; la foule, Coles a demand&#233;, &#171; Comment diable peut-on dissocier emploi, environnement et droits des Premi&#232;res Nations [Indiens] ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les compagnies p&#233;troli&#232;res et les politiciens banalisent les pr&#233;occupations environnementales, James Hansen, scientifique de la NASA , affirme que l'exploitation continue des sables bitumineux d&#233;stabilise le climat au point que &#171; &#224; la base, la partie est termin&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle demande d'autorisation internationale ne sera examin&#233;e qu'apr&#232;s les &#233;lections de novembre. Les &#233;cologistes travaillent sur des projets locaux : les arasements de montagnes dans les Appalaches et les fracturations hydrauliques dans les &#201;tats de Pennsylvanie, du Michigan et de New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est crucial dans la lutte autour de Keystone XL, c'est qu'elle soul&#232;ve la question du changement climatique en m&#234;me temps que les autres probl&#232;mes environnementaux, allant de l'eau potable &#224; la qualit&#233; de l'air, aux droits des travailleurs et des populations &#224; un environnement s&#251;r, des deux c&#244;t&#233;s de la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Publi&#233; dans : Revue Tout est &#224; nous ! 37 (novembre 2012). Titre et intertitres sont de la r&#233;daction de TEAN La Revue. Article traduit par Ven K. Praga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* L'auteure est membre de l'organisation anticapitaliste &#233;tatsunienne Solidarity.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Intrigues d'&#233;lites : &#171; C'est pas une histoire de sexe, andouille ! &#187;</title>
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		<dc:date>2013-01-08T13:55:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Petras</dc:creator>


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		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-08</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce qui a fait la une des m&#233;dias, c'est que le directeur de la CIA, le g&#233;n&#233;ral David Petraeus a donn&#233; sa d&#233;mission &#224; cause d'une relation adult&#232;re avec sa jeune biographe [Paula Broadwell], et que le g&#233;n&#233;ral John Allen, Commandant en chef des forces am&#233;ricaines en Afghanistan est actuellement mis en examen &#8211; et sa promotion comme Commandant en chef des forces am&#233;ricaines en Europe suspendue &#8211; &#224; cause, nous dit-on, de commentaires &#8220;inappropri&#233;s&#8221; dans un &#233;change de mails avec une amie dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH104/arton12720-0abf3.png?1677294633' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui a fait la une des m&#233;dias, c'est que le directeur de la CIA, le g&#233;n&#233;ral David Petraeus a donn&#233; sa d&#233;mission &#224; cause d'une relation adult&#232;re avec sa jeune biographe [Paula Broadwell], et que le g&#233;n&#233;ral John Allen, Commandant en chef des forces am&#233;ricaines en Afghanistan est actuellement mis en examen &#8211; et sa promotion comme Commandant en chef des forces am&#233;ricaines en Europe suspendue &#8211; &#224; cause, nous dit-on, de commentaires &#8220;inappropri&#233;s&#8221; dans un &#233;change de mails avec une amie dans le civil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un agent local du FBI &#171; particuli&#232;rement t&#233;m&#233;raire &#187;, Frederick Humphries Jr., aurait parait-il d&#233;couvert en enqu&#234;tant sur une affaire d'espionnage informatique, des &#233;changes de mails amoureux du Gal. Petraeus &#224; sa petite amie biographe. Estimant que le &#171; comportement adult&#232;re &#187; du g&#233;n&#233;ral mettait en danger la s&#233;curit&#233; nationale des &#201;tats-Unis, l'agent Humphries, du bureau du FBI de Floride, aurait alors remis les pi&#232;ces &#224; charge &#224; un membre du Congr&#232;s, Eric Cantor, l'un des plus puissants R&#233;publicains de Washington DC, qui &#224; son tour les aurait transmises au Directeur du FBI... ce qui aurait finalement conduit &#224; la d&#233;mission de Petraeus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En d'autres termes, nous sommes pri&#233;s de croire qu'un simple petit agent un peu z&#233;l&#233; du FBI aurait en fait ruin&#233; la carri&#232;re de deux des plus importants g&#233;n&#233;raux des &#201;tats-Unis &#8211; dont l'un dirigeait la plus puissante agence de renseignements du monde, la CIA, et l'autre toutes les forces am&#233;ricaines et alli&#233;es engag&#233;es dans le plus important conflit arm&#233; actuellement en cours, en Afghanistan &#8211; pour une b&#234;te histoire de drague et d'infid&#233;lit&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; A voir comme &#231;a, de prime abord, on peut difficilement imaginer plus cocasse !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans un univers d'organisations aussi drastiquement hi&#233;rarchis&#233;es que l'arm&#233;e am&#233;ricaine ou la CIA, o&#249; l'activit&#233; et les pr&#233;rogatives de chaque subordonn&#233;, fonctionnaire avant tout, d&#233;pend d'une direction centralis&#233;e o&#249; toute initiative en mati&#232;re d'enqu&#234;te doit recevoir l'aval de sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques (a fortiori lorsqu'il s'agit de fouiner dans les correspondances priv&#233;es des principaux responsables de la CIA ou d'engagements militaires strat&#233;giques majeurs), l'id&#233;e qu'un petit agent puisse en solo jouer les free-lance est parfaitement absurde. Jamais un agent &#171; cowboy &#187; ne pourrait m&#234;me orienter son enqu&#234;te vers des cibles aussi &#171; sensibles &#187; que le patron de la CIA ou un g&#233;n&#233;ral en plein conflit, sans le feu vert des plus hautes sph&#232;res ou de tout un r&#233;seau de responsables politiques aux objectifs &#233;minemment prioritaires. Les implications politiques vont ici n&#233;cessairement bien au-del&#224; de la banale &#171; affaire de m&#339;urs &#187; entre deux individus adultes, consentants et non dangereux, m&#234;me si l'agent en question estime pour sa part que la fornication constitue en soi une grave menace pour les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On est clairement en eaux profondes : on baigne ici dans une intrigue politique au plus haut niveau avec de tr&#232;s s&#233;rieuses implications en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; nationale, et qui touche directement &#224; la direction m&#234;me de la CIA, aux op&#233;rations clandestines, aux rapports des services secrets et &#224; des milliards de dollars de d&#233;penses et d'efforts des &#201;tats-Unis pour stabiliser leurs r&#233;gimes clients et d&#233;stabiliser leurs r&#233;gimes cibles. Les informations et rapports de la CIA identifiant alli&#233;s et ennemis d&#233;terminent de mani&#232;re cruciale toute la politique ext&#233;rieure des &#201;tats-Unis. Tout changement de direction &#224; la t&#234;te du commandement op&#233;rationnel de l'Empire am&#233;ricain a donc potentiellement et n&#233;cessairement une importance strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;viction du Gal. Allen, Commandant en chef des forces engag&#233;es en Afghanistan &#8211; la principale zone d'op&#233;rations militaires actuelle des &#201;tats-Unis &#8211; arrive &#224; un moment crucial. Avec un calendrier de retrait drastique des forces d'occupation militaire am&#233;ricaines d'ores et d&#233;j&#224; ent&#233;rin&#233; et des &#171; cipayes &#187; &#8211; soldats et officiers du r&#233;gime fantoche de Karzai &#8211; qui commencent &#224; montrer de s&#233;rieux signes de d&#233;saffection, il s'agit tr&#232;s clairement d'un changement politique de premier ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels &#233;l&#233;ments cl&#233;s trouve-t-on derri&#232;re la destitution de ces deux g&#233;n&#233;raux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan international, tous deux &#233;taient fervents partisans de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, et tout particuli&#232;rement du contr&#244;le militaire de pans entiers de cette h&#233;g&#233;monie. Tous deux continuent d'ailleurs de conduire et de soutenir les conflits en s&#233;rie initi&#233;s par les Pr&#233;sidents Bush et Obama : Afghanistan, Irak et une kyrielle de &#171; proxy wars &#187; [guerres indirectes dites &#171; par procuration &#187;] en Libye, Syrie, Y&#233;men, Somalie, etc. Mais ces deux G&#233;n&#233;raux &#233;taient aussi connus pour avoir pris publiquement des positions assez impopulaires parmi certaines factions cl&#233; des &#233;lites dominantes am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Gal. Petraeus, qui dirige la CIA, a toujours &#233;t&#233; un partisan fervent des &#171; proxy wars &#187; engag&#233;es en Libye et en Syrie. Dans ces conflits, il a toujours d&#233;fendu une politique de collaboration avec les r&#233;gimes islamistes de droite [les monarchies du Golfe en particulier] et avec les mouvements d'opposants islamistes &#8211; quitte &#224; former, armer et soutenir des int&#233;gristes islamistes, en vue de renverser les r&#233;gimes cibles des &#201;tats-Unis au Proche-Orient (g&#233;n&#233;ralement des &#201;tats la&#239;cs). Pour poursuivre cette politique, Petraeus disposait du soutien quasi unanime de toute la classe politique am&#233;ricaine. Il &#233;tait n&#233;anmoins parfaitement conscient que cette &#171; grande alliance &#187; entre les &#201;tats-Unis et les mouvements et r&#233;gimes islamistes int&#233;gristes pour asseoir l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine, impliquerait t&#244;t ou tard un re-calibrage des relations isra&#233;lo-am&#233;ricaines. Pour Petraeus, le projet de guerre contre l'Iran, cher &#224; Netanyahu, les sanglantes annexions de nouveaux territoires dans les zones occup&#233;es de Palestine et les bombardements, spoliations et autres assassinats de quantit&#233; de Palestiniens chaque mois sont un v&#233;ritable boulet dans les relations diplomatiques que Washington tente d'entretenir avec les r&#233;gimes islamistes d'&#201;gypte, de Tunisie, de Turquie, d'Afghanistan, du Pakistan, d'Irak, du Y&#233;men ou des monarchies du Golfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Petraeus s'est plusieurs fois &#233;tendu sur cette implication au cours de d&#233;clarations publiques, et en huis clos il d&#233;fendait clairement une suspension du soutien &#224; l'expansion sanglante des colonies isra&#233;liennes &#224; travers la Palestine, au point d'exhorter m&#234;me le r&#233;gime d'Obama &#224; faire pression sur Netanyahu pour qu'il accepte d'ent&#233;riner un compromis avec Abbas, dirigeant mall&#233;able et client des &#201;tats-Unis. Et par-dessus le march&#233;, Petraeus, qui soutenait pleinement les sanguinaires jihadistes de Libye et de Syrie, restait en m&#234;me temps oppos&#233; &#224; la guerre contre l'Iran promue par Isra&#235;l et qui, selon lui, risque fort de polariser l'int&#233;gralit&#233; du monde arabe contre l'alliance Washington-Tel Aviv et de pousser les int&#233;gristes islamistes des &#171; proxy forces &#187; que les &#201;tats-Unis entretiennent au Proche-Orient, &#224; retourner leurs armes contre leurs commanditaires de la CIA. Dans la vision globale de Petraeus, la politique imp&#233;riale am&#233;ricaine est d&#233;sormais en contradiction avec la strat&#233;gie isra&#233;lienne qui attise l'hostilit&#233; des r&#233;gimes et mouvements islamistes contre les &#201;tats-Unis, et en particulier avec l'attitude d'Isra&#235;l qui consiste &#224; stimuler les conflits au Proche-Orient pour dissimuler et l&#233;gitimer l'intensification de son nettoyage ethnique de la Palestine. Parmi les &#233;l&#233;ments centraux de la strat&#233;gie isra&#233;lienne les plus radicalement oppos&#233;s &#224; la mise en pratique de la doctrine de Petraeus, on retrouve l'influence de la ZPC (Zionist Power Configuration), tant &#224; l'ext&#233;rieur qu'&#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du gouvernement am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aussit&#244;t que le rapport du Gal. Petraeus &#8211; o&#249; il qualifie Isra&#235;l de &#171; handicap strat&#233;gique &#187; &#8211; a &#233;t&#233; rendu public, la ZPC a bondi en action pour contraindre Petraeus &#224; se r&#233;tracter, au moins publiquement. Mais une fois nomm&#233; directeur de la CIA, Petraeus a continu&#233; sa politique de collaboration avec les r&#233;gimes islamistes de droite, et &#224; fournir armes et renseignements aux jihadistes fondamentalistes pour renverser les r&#233;gimes la&#239;cs ind&#233;pendants, en Libye puis en Syrie. Cette politique s'est trouv&#233;e violemment mise en lumi&#232;re &#224; Benghazi, lorsque l'ambassadeur des &#201;tats-Unis et plusieurs responsables de la CIA et des Forces Sp&#233;ciales ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par des terroristes pourtant soutenus par la CIA. Cela a entra&#238;n&#233; aux &#201;tats-Unis une v&#233;ritable crise politique, o&#249; les r&#233;publicains du Congr&#232;s ont exploit&#233; de leur mieux l'&#233;chec diplomatique de l'administration Obama. Ils s'en sont pris particuli&#232;rement &#224; l'ambassadrice des &#201;tats-Unis aupr&#232;s des Nations Unies, Susan Rice, dont les maladroits efforts pour dissimuler la v&#233;ritable nature des attaques de Benghazi ont fini par ruiner toutes ses chances de remplacer un jour Hilary Clinton au poste de Secr&#233;taire d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Autour du Gal. Petraeus, la pression est subitement mont&#233;e de tous c&#244;t&#233;s : le ZPC s'en est pris &#224; lui pour ses critiques &#224; l'encontre d'Isra&#235;l et son excessive ouverture en faveur des r&#233;gimes islamistes, les R&#233;publicains pour la d&#233;b&#226;cle de Benghazi, et le FBI pour sa relation extraconjugale avec sa biographe, v&#233;ritable booster du scandale m&#233;diatique qui lui a port&#233; le coup de gr&#226;ce. Il a reconnu officiellement l'adult&#232;re, salu&#233; militairement et remis sa d&#233;mission. Ce faisant, il se &#171; sacrifiait &#187; lui-m&#234;me pour &#171; sauver la CIA &#187; et sa strat&#233;gie d'alliance &#224; long terme avec les r&#233;gimes islamistes &#171; mod&#233;r&#233;s &#187;, et d'alliances tactiques &#224; plus court terme avec les jihadistes pour renverser un &#224; un les r&#233;gimes la&#239;cs du monde arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'homme politique cl&#233; derri&#232;re l'offensive au sommet du FBI contre Petraeus n'est autre qu'Eric Cantor, leader de la majorit&#233; &#224; la Chambre des repr&#233;sentants, qui claironne cyniquement que les idylles romantiques du g&#233;n&#233;ral sont une menace pour la s&#233;curit&#233; nationale. On nous affirme que M. Cantor a solennellement transmis &#224; M. Mueller, directeur du FBI, les correspondances et les rapports qu'il avait re&#231;u de l'agent Humphries, &#171; justicier solitaire &#187; du FBI, non sans ordonner &#224; M. Mueller de prendre les mesures requises concernant cette enqu&#234;te, sous peine de s'exposer &#224; une enqu&#234;te du Congr&#232;s que M. Cantor lancerait lui-m&#234;me. Bas&#233; &#224; Washington et de longue date supporter z&#233;l&#233; de la toute puissance d'Isra&#235;l, M. Cantor n'a jamais cach&#233; son hostilit&#233; au rapport du Gal. Petraeus et aux positions de ce dernier sur le Proche Orient. Bas&#233; pour sa part en Floride, l'agent Humphries n'&#233;tait pas non plus n'importe quel vieux d&#233;tective consciencieux : islamophobe notoire, il est plut&#244;t du genre &#224; traquer l'islamiste sous chaque lit, et se fait une grande gloire d'avoir fait arr&#234;ter deux musulmans dont un s'appr&#234;tait &#224; faire sauter l'a&#233;roport de Los Angeles, tandis que le second pr&#233;parait ailleurs quelque autre attentat. Une pirouette judiciaire plus loin &#8211; plut&#244;t inhabituel dans ce genre d'op&#233;rations du FBI &#8211; les deux individus &#233;taient acquitt&#233;s faute de preuves de leurs complots respectifs. On trouva tout de m&#234;me moyen d'en inculper un des deux pour avoir publi&#233; un syst&#232;me permettant de d&#233;clencher une bombe avec un jouet d'enfant ! L'agent Humphries fut alors transf&#233;r&#233; de Washington &#224; Tampa, en Floride &#8211; si&#232;ge du CENTCOM, le Centre de commandement g&#233;n&#233;ral des arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nonobstant leurs diff&#233;rences manifestes &#8211; r&#233;gion d'affectation, position sociale, etc. &#8211; il y a des affinit&#233;s id&#233;ologiques entre M. Cantor, leader de la majorit&#233; &#224; la Chambre des repr&#233;sentants et l'agent Humphries &#8211; et peut-&#234;tre m&#234;me une commune ex&#233;cration du Gal. Petraeus. Ses penchants islamophobes et id&#233;ologiquement z&#233;lotes pourraient bien expliquer pourquoi le FBI s'est empress&#233; de d&#233;mettre l'agent Humphries de sa mission d'&#233;pluchage obsessionnel des correspondances personnelles du directeur de la CIA et du Gal. Allen. Mais sans se soucier le moins du monde des ordres de ses sup&#233;rieurs du FBI, l'agent Humphries s'en est alors remis directement &#224; son co-z&#233;lote Cantor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qui pouvait b&#233;n&#233;ficier de l'&#233;viction du Gal. Petraeus ? Parmi les trois premiers candidats au remplacement du Gal Petraeus &#224; la t&#234;te de la CIA, on trouve Mme Jane Harmon, ex-membre du Congr&#232;s en Californie et sioniste hyper-z&#233;lote. En 2005, Mme Harmon avait &#233;t&#233; enregistr&#233;e par l'Agence de la S&#233;curit&#233; Nationale, alors qu'elle expliquait &#224; des membres de l'ambassade isra&#233;lienne qu'elle userait de toute son influence pour venir en aide &#224; deux responsables de l'AIPAC [le principal lobby d'Isra&#235;l aux &#201;tats-Unis] qui avaient reconnu avoir communiqu&#233; des documents secrets am&#233;ricains au Mossad [les services secrets isra&#233;liens], si l'AIPAC parvenait &#224; r&#233;unir assez de votes au Congr&#232;s pour la faire &#233;lire &#224; la pr&#233;sidence du Comit&#233; aux renseignements de la Chambre des repr&#233;sentants &#8211; un acte qui frise la haute trahison mais pour lequel, &#224; la faveur d'une autre pirouette judiciaire, elle ne fut jamais tenue de rendre des comptes. Si Jane Harmon devait succ&#233;der &#224; Petraeus, l'&#233;viction de ce dernier &#224; la t&#234;te de la CIA pourrait repr&#233;senter le plus sensationnel &#171; coup constitutionnel &#187; de l'histoire des &#201;tats-Unis : l'&#233;lection d'un agent &#233;tranger notoire aux commandes de l'agence d'espionnage la plus &#233;norme, de la plus l&#233;tale et de la plus pharaoniquement financ&#233;e du monde. Qui b&#233;n&#233;ficierait de la chute de Petraeus ? Plus que quiconque, l'&#201;tat d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les insinuations, calomnies et fuites d'investigation dans la correspondance &#233;lectronique priv&#233;e du Gal. Allen tournent pour leur part autour de questions qu'il aurait soulev&#233;es concernant la politique am&#233;ricaine de pr&#233;sence militaire prolong&#233;e en Afghanistan. Sur la base de sa propre exp&#233;rience pratique, le Gal. Allen a lui-m&#234;me reconnu que l'arm&#233;e fantoche d'Afghanistan n'&#233;tait pas fiable : des centaines de soldats am&#233;ricains et d'autres pays de l'OTAN ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; tu&#233;s ou bless&#233;s par leurs alli&#233;s afghans, du simple premi&#232;re classe au plus hauts responsables de la s&#233;curit&#233; &#8211; des troupes &#171; indig&#232;nes &#187; que les &#201;tats-Unis avaient pourtant, en principe, form&#233;es en vue d'un tr&#232;s solennel transfert de commandement en 2014. Le changement de dispositions du Gal. Allen &#224; l'&#233;gard de l'occupation de l'Afghanistan r&#233;pondrait donc &#224; l'influence croissante des Talibans et d'autres partisans de la r&#233;sistance au sein m&#234;me de l'arm&#233;e afghane, qui contr&#244;lent d&#233;sormais presque toutes les zones rurales et certains districts urbains, jusqu'aux portes m&#234;me des bases am&#233;ricaines et de l'OTAN. Pour Allen, une &#171; force r&#233;siduelle &#187; d'instructeurs militaires am&#233;ricains n'aurait litt&#233;ralement aucune chance de survie apr&#232;s le retrait du gros des troupes am&#233;ricaines. En un mot, apr&#232;s plus d'une d&#233;cennie de d&#233;faites militaires, Allen serait plut&#244;t partisan d'une politique consistant &#224; couper totalement les ponts en d&#233;clarant &#171; victoire &#187;, et &#224; plier bagage vite fait pour se replier en terrain plus favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais les militaristes civils et les n&#233;oconservateurs de l'Ex&#233;cutif et du Congr&#232;s refusent de sceller leur piteuse d&#233;faite avec un retrait am&#233;ricain complet en forme d'abdication pure et simple devant un nouveau r&#233;gime taliban. D'un autre c&#244;t&#233;, ils peuvent difficilement rejeter ouvertement les conclusions d&#233;sagr&#233;ablement r&#233;alistes du Gal. Allen, et moins encore tenir pour rien l'exp&#233;rience de terrain du Commandant en chef des forces am&#233;ricaines en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans un contexte politique aussi charg&#233;, lorsque le m&#234;me agent f&#233;rocement islamophobe du FBI, Humphries, a d&#233;nich&#233; les correspondances affectueuses et personnelles du Gal. Allen &#224; la mondaine femme fatale, Jill Kelly, les n&#233;oconservateurs et militaristes civils se sont empress&#233;s &#8211; par le biais des plus veules journalistes du Washington Post, du New York Times et du Wall Street Journal [les plus grands journaux de r&#233;f&#233;rence aux &#201;tats-Unis] &#8211; de faire mousser la campagne de diffamation en insinuant l'existence d'un second scandale sexuel, impliquant cette fois le Gal. Allen. L'ire des n&#233;oconservateurs, des militaristes et des m&#233;dias prit bient&#244;t de telles proportions que l'invert&#233;br&#233; Pr&#233;sident Obama et le haut commandement militaire se sont sentis contraints d'annoncer la mise en examen du Gal. Allen et de suspendre les d&#233;lib&#233;rations du Congr&#232;s concernant sa nomination &#224; la t&#234;te des forces am&#233;ricaines en Europe. Tandis que le Gal. Allen conserve discr&#232;tement le haut commandement des forces am&#233;ricaines en Afghanistan, sa r&#233;putation est &#224; pr&#233;sent celle d'un officier vaincu et d&#233;chu, dont l'expertise professionnelle et l'opinion sur l'avenir des op&#233;rations militaires am&#233;ricaines en Afghanistan n'ont plus d&#233;sormais aucun poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Questions cl&#233;s sans r&#233;ponse sur les intrigues des &#233;lites et les purges militaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu que la version officielle du justicier solitaire du FBI, sans grade, incomp&#233;tent, islamophobe et z&#233;l&#233;, qui met le doigt par miracle sur un scandale sexuel entra&#238;nant le discr&#233;dit voire la d&#233;mission des deux plus hauts responsables de l'arm&#233;e et des services secrets de la premi&#232;re puissance mondiale est manifestement absurde, plusieurs questions politiques cl&#233;s se posent (ayant de profondes implications sur la politique am&#233;ricaine dans son ensemble), au nombre desquelles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Quels responsables politiques ont autoris&#233; le FBI, agence de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, &#224; conduire une enqu&#234;te sur le directeur de la CIA, et &#224; le contraindre &#224; d&#233;missionner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Nos structures actuelles d'&#201;tat policier &#8211; dont les proc&#233;dures conduisent &#224; un espionnage arbitraire g&#233;n&#233;ralis&#233; &#8211; auraient-elles conduit nos principales agences de renseignement &#224; s'espionner mutuellement de fa&#231;on que chacune purge le sommet de la hi&#233;rarchie de l'autre ? Est-ce vraiment l'histoire de la truie qui d&#233;vore ses petits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Quels sont les objectifs r&#233;els des responsables politiques qui ont couvert l'agent Humphries apr&#232;s son refus d'obtemp&#233;rer aux ordres de ses sup&#233;rieurs du FBI &#8211; qui lui enjoignaient de cesser imm&#233;diatement d'enqu&#234;ter sur le directeur de la CIA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) L'agent Humphries a-t-il des liens particuliers (et de quel ordre) avec les politiciens n&#233;oconservateurs, sionistes et islamophobes, ou avec d'autres services de renseignements (Mossad inclus) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Pourquoi la d&#233;mission du directeur de la CIA a-t-elle &#233;t&#233; imm&#233;diatement avalis&#233;e (voire impos&#233;e) par Obama &#8211; lui qui pr&#233;c&#233;demment ne tarissait pas d'&#233;loges pour son brillant &#171; guerrier &#233;rudit &#187; de Petraeus &#8211; apr&#232;s la mise au jour de quelque chose d'aussi banal, dans la vie civile, qu'une b&#234;te histoire d'adult&#232;re ? Quels sont les v&#233;ritables enjeux politiques &#224; l'origine de cette &#233;viction pr&#233;emptive ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Pourquoi les questions politiques de fond et les dissensions sur les politiques &#224; suivre ne peuvent-elles se r&#233;soudre chez nous que sous couvert de chantage, de diffamation ou d'&#233;limination, plut&#244;t que par des d&#233;bats et discutions ouverts, a fortiori d&#232;s qu'il s'agit de choisir nos alli&#233;s strat&#233;giques et tactiques, ou de la conduite de nos guerres &#224; l'&#233;tranger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) L'&#233;limination et l'humiliation publique de deux des plus hauts grad&#233;s de l'arm&#233;e est-elle devenue une forme acceptable de &#171; sanction exemplaire &#187;, une fa&#231;on pour les militaristes civils d'avertir que lorsqu'il s'agit des politiques &#224; mener au Proche-Orient, le r&#244;le des militaires n'est pas de questionner mais d'ob&#233;ir aux ordres ? (et &#224; Isra&#235;l !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Comment une z&#233;latrice sioniste collaboratrice av&#233;r&#233;e du Mossad comme Jane Harmon peut-elle &#233;merger comme la principale candidate au remplacement du Gal. Petraeus &#224; la t&#234;te de la CIA, &#224; peine quelques jours apr&#232;s la d&#233;mission de ce dernier ? Quels sont les liens politiques, pass&#233;s et pr&#233;sents, qui unissent M. Eric Cantor &#8211; leader fanatique du lobby pro-isra&#233;lien au Congr&#232;s am&#233;ricain, auquel l'agent Humphries a remis les dossiers secrets concernant Petraeus, avant m&#234;me de les communiquer aux responsables du FBI &#8211; &#224; la tr&#232;s influente personnalit&#233; sioniste Jane Harmon, principale candidate au remplacement du Gal. Petraeus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9) Jusqu'&#224; quel point l'&#233;viction de Petraeus et l'&#233;ventuelle nomination de Jane Harmon &#224; la t&#234;te de la CIA, vont-elles aggraver l'influence et le contr&#244;le d'Isra&#235;l sur la politique des &#201;tats-Unis au Proche-Orient et peser sur les relations diplomatiques entre Washington et les r&#233;gimes islamistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10) Enfin, quelles seront les cons&#233;quences de l'humiliation du Gal. Allen sur le &#171; retrait &#187; am&#233;ricain du d&#233;sastreux bourbier afghan ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;boulonnage des plus hauts responsables aux postes cl&#233;s de la politique &#233;trang&#232;re et de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis, indique clairement une aggravation du d&#233;clin de nos droits constitutionnels et de ce qui reste de nos proc&#233;dures d&#233;mocratiques : c'est une preuve patente de l'incapacit&#233; de notre leadership au plus haut niveau &#224; r&#233;soudre les luttes intestines sans sortir les &#171; longs couteaux &#187;. La progression de l'&#201;tat policier, dans lequel les agences de renseignement ont tr&#232;s largement &#233;tendu leur pouvoir politique sur les citoyens, tourne &#224; la surveillance drastique et &#224; la purge au sommet des unes par les autres : le FBI, la CIA, la Homeland Security, la NSA [National Security Agency] et l'Arm&#233;e d&#233;veloppent et scellent toutes des alliances avec les m&#233;dias, avec des responsables civils de l'Ex&#233;cutif et du Congr&#232;s, mais aussi avec les groupes de pression de puissants int&#233;r&#234;ts &#233;trangers, pour gagner davantage de poids et de moyens de pression pour jeter les bases de leur propre vision de l'avenir de l'Empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;viction du Gal. Petraeus et l'humiliation du Gal. Allen sont autant de victoires pour les militaristes civils, supporters inconditionnels d'Isra&#235;l et de fait oppos&#233;s &#224; tout rapprochement avec les r&#233;gimes islamistes, m&#234;me &#171; mod&#233;r&#233;s &#187;. Ce qu'ils demandent, c'est [non pas un retrait mais] une omnipr&#233;sence militaire am&#233;ricaine p&#233;renne, en Afghanistan et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le v&#233;ritable facteur acc&#233;l&#233;rateur de cette petite &#171; guerre sale &#187; au sommet, c'est en fait l'effondrement de l'Empire et la lutte pour la gestion des d&#233;fis &#224; venir. Les sympt&#244;mes de d&#233;clin sont partout : l'arm&#233;e est gangren&#233;e par l'immoralit&#233;, des g&#233;n&#233;raux couverts de m&#233;dailles sodomisent leurs subordonn&#233;s et amassent des fortunes en pillant les caisses de l'&#201;tat avec leurs contrats d'armement. Les milliardaires ach&#232;tent et vendent les politiciens qu'ils financent aussi bien que les agents de puissances &#233;trang&#232;res, et la politique &#233;trang&#232;re la plus sensible finit sous la coupe d'int&#233;r&#234;ts &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le discr&#233;dit du Congr&#232;s am&#233;ricain est litt&#233;ralement plan&#233;taire &#8211; pr&#232;s de 80% des Am&#233;ricains estiment que la Chambre des repr&#233;sentants et le S&#233;nat sont des pr&#233;dateurs du syst&#232;me social, serviteurs de leur seul enrichissement personnel et esclaves de la corruption. Les &#233;lites &#233;conomiques baignent r&#233;guli&#232;rement dans des affaires d'escroquerie colossales, plumant tour &#224; tour leurs petits porteurs, leurs cr&#233;anciers ou se plumant les uns les autres. Les grandes multinationales et les plus grosses fortunes plongent dans la fuite des capitaux pour engraisser leurs comptes &#224; l'&#233;tranger. L'ex&#233;cutif lui-m&#234;me (le &#171; tout sourire &#187; Pr&#233;sident Obama) envoie clandestinement des escadrons de la mort et des terroristes-mercenaires assassiner ses adversaires pour pallier son incapacit&#233; &#224; d&#233;fendre l'Empire par la diplomatie ou les arm&#233;es traditionnelles, ou pour soutenir des &#201;tats clients. C'est le copinage &#224; tout va : entre Wall Street, le Tr&#233;sor et le Pentagone, c'est un va et vient permanent, on change de poste &#224; qui mieux mieux. Dans la population, c'est l'apathie et le cynisme qui se g&#233;n&#233;ralisent : pr&#232;s de 50% des &#233;lecteurs ne votent m&#234;me plus aux pr&#233;sidentielles, et 80% de ceux qui votent sont convaincus que ceux sur qui ils misent ne tiendront aucune de leurs promesses &#233;lectorales. Des civils agressivement militaristes ont obtenu le contr&#244;le de postes cl&#233;s et se lib&#232;rent progressivement de toute contrainte institutionnelle. Dans le m&#234;me temps, le co&#251;t des d&#233;faites militaires, de l'espionnage &#224; tout va, des politiques s&#233;curitaires et des budgets militaires ne cesse d'enfler alors que le d&#233;ficit fiscal et commercial augmente. Les guerres de factions entre cliques rivales s'intensifient. Purges, chantages, scandales sexuels et immoralit&#233; sont devenus la norme parmi les plus hautes sph&#232;res. Les discours d&#233;mocratiques sonnent de plus en plus creux : l'id&#233;ologie de l'&#201;tat d&#233;mocratique a perdu toute cr&#233;dibilit&#233;. Plus aucun Am&#233;ricain sens&#233; n'y croit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Y a-t-il un balai assez large pour nettoyer de sa fange cette &#233;curie infecte ? Un &#171; Hercule collectif &#187; &#233;mergera-t-il de ce nid de vip&#232;res et de corruption avec assez de force de caract&#232;re et de d&#233;termination pour y mener un changement r&#233;volutionnaire ? Nul doute, en tout cas, que la trahison et la cuisante humiliation des plus hauts responsables de l'arm&#233;e am&#233;ricaine par les militaristes civils &#171; mi poule (mouill&#233;e) mi faucon &#187; servant des int&#233;r&#234;ts &#233;trangers, risque fort d'amener plus d'un officier &#224; revoir s&#233;v&#232;rement ses notions de carri&#232;re, de loyaut&#233; et de d&#233;vouement &#224; la constitution.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Dominique Arias&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James Petras est professeur &#233;m&#233;rite de sociologie &#224; l'Universit&#233; Binghamton de New York. D&#233;fenseur de la justice sociale, il a rejoint le Mouvement des Sans-Terre du Br&#233;sil et celui des ch&#244;meurs d'Argentine. Membre du Tribunal Bertrand Russell sur la R&#233;pression en Am&#233;rique Latine en 1973-76 et de la conf&#233;rence &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187; Axis for Peace organis&#233;e par le R&#233;seau Voltaire, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont un seul a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais : La Face cach&#233;e de la mondialisation : L'imp&#233;rialisme au XXIe si&#232;cle, Lyon, Parangon, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Le sous-titre de l'article, &#171; It's not about sex, stupid ! &#187; reprend la fameuse petite phrase de la campagne pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine 2012 : &#171; It' not the economy, stupid ! &#187; )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ndt : le contenu de cet article a d'autant plus de poids lorsqu'on ne perd pas de vue 1) que la strat&#233;gie des Forces Sp&#233;ciales US (dont est issu Petraeus) qui consiste &#224; soutenir les islamistes pour renverser des gouvernements la&#239;cs ne date pas d'hier et remonte au moins au d&#233;but des ann&#233;es 1980 et au premier conflit afghan ; 2) que le pire ennemi des Occidentaux et d'Isra&#235;l au Proche-Orient n'est pas l'islamisme radical, fut-il iranien, mais a toujours &#233;t&#233; le Nationalisme Arabe et les perspectives qu'il ouvre ; 3) que ceux qui combattent les forces d'agression ou d'occupation occidentales sur le terrain, en Afghanistan comme ailleurs, ne sont pas n&#233;cessairement islamistes, au contraire, comme on a pu le constater en Palestine, en Yougoslavie, en Tch&#233;tch&#233;nie, en Irak, en Libye ou en Syrie notamment, o&#249; les islamistes &#233;taient le plus souvent les alli&#233;s et suppl&#233;tifs des Occidentaux, contre le reste de la population, et servaient les int&#233;r&#234;ts occidentaux, ne fut-ce qu'en divisant cette population et en emp&#234;chant ses diff&#233;rentes composantes de s'unir et de faire front.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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