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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Oui, la guerre, c'est la France... imp&#233;rialiste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Oui-la-guerre-c-est-la-France-imperialiste</link>
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		<dc:date>2013-01-22T14:12:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Bibeau</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-22</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quand un grand ponte de l'establishment doit descendre dans l'ar&#232;ne se colleter avec ses acolytes c'est qu'il y a de l'eau dans l'essence, dit-on par ici &lt;br class='autobr' /&gt;
15 janvier 2013 &lt;br class='autobr' /&gt; Le citoyen Dominique de Villepin, ex-commis de la ploutocratie de Paris, particuli&#232;rement guerri&#232;re ces temps-ci, a publiquement pris parti contre l'aventure militaire fran&#231;aise au Mali. L'ex-ministre Dominique de Villepin, h&#233;ritier de l'&#232;re Raffarin, rentier de l'&#232;re Chirac et prostr&#233; de l'&#232;re Sarkozy, s'est commis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-01-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-01-22&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH136/arton12845-64ee4.png?1677096835' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='136' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand un grand ponte de l'establishment doit descendre dans l'ar&#232;ne se colleter avec ses acolytes c'est qu'il y a de l'eau dans l'essence, dit-on par ici&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 janvier 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le citoyen Dominique de Villepin, ex-commis de la ploutocratie de Paris, particuli&#232;rement guerri&#232;re ces temps-ci, a publiquement pris parti contre l'aventure militaire fran&#231;aise au Mali. L'ex-ministre Dominique de Villepin, h&#233;ritier de l'&#232;re Raffarin, rentier de l'&#232;re Chirac et prostr&#233; de l'&#232;re Sarkozy, s'est commis d'un &#233;crit plein de finesse et d'hypocrisie. Son propos, tout de fil blanc cousu, va comme suit : Ne refaites pas les erreurs du pass&#233; et apprenez de vos billeves&#233;es, bande de demeur&#233;s &#8211;&#8230; Non, la guerre ce n'est pas la France d&#233;clame-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela coule de source ma foi. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais arrogant, revanchard et p&#233;dant, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; complice dans la destruction de la Serbie, du Kosovo, de l'Afghanistan, de Djibouti, de la C&#244;te d'Ivoire, de la Libye, de la Syrie, de la Somalie, s'attaque aujourd'hui au Mali&#8230; pensant probablement que, la proie &#233;tant plus d&#233;munie, le chacal (ou le Rafale !) en aura vite fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique sait d'exp&#233;rience l'engrenage de la d&#233;pendance &#224; la souffrance (des peuples n&#233;o-colonis&#233;s) et il le dit d'un air d&#233;confit : &#171; Tirons les le&#231;ons de la d&#233;cennie des guerres perdues, en Afghanistan, en Irak, en Libye. Jamais ces guerres n'ont b&#226;ti un &#201;tat solide et d&#233;mocratique. Au contraire, elles favorisent les s&#233;paratismes, les &#201;tats faillis, la loi d'airain des milices arm&#233;es. Jamais ces guerres n'ont permis de venir &#224; bout de terroristes essaimant dans la r&#233;gion. Au contraire, elles l&#233;gitiment les plus radicaux. Jamais ces guerres n'ont permis la paix r&#233;gionale. Au contraire, l'intervention occidentale permet &#224; chacun de se d&#233;fausser de ses responsabilit&#233;s. Pire encore, ces guerres sont un engrenage. Chacune cr&#233;e les conditions de la suivante. Elles sont les batailles d'une seule et m&#234;me guerre qui fait tache d'huile, de l'Irak vers la Libye et la Syrie, de la Libye vers le Mali en inondant le Sahara d'armes de contrebande. Il faut en finir. &#187; (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de sagesse ! Notez que monsieur de Villepin ne dit pas que les imp&#233;rialistes fran&#231;ais devraient s'abstenir de s'immiscer dans les affaires int&#233;rieures de leurs n&#233;o-colonies d'Afrique ; en effet, ce n'est pas ce que l'ex-candidat &#224; la candidature supr&#234;me pr&#233;conise. Il dit simplement que l'espionnage, le magouillage, la manipulation des pions dans la r&#233;gion, quelques strapontins et quelques valises diplomatiques bien garnies sont plus payantes que force ni que rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recette militaire a &#233;t&#233; essay&#233;e sans succ&#232;s, elle n'a donn&#233; que r&#233;volt&#233;s enrag&#233;s, destruction des infrastructures, famine chez les futurs esclaves salari&#233;s &#224; bient&#244;t exploiter, moins d'affaires, moins de ressources mini&#232;res &#224; exproprier et moins de march&#233;s &#224; s'emparer. Pourquoi ne pas tenter la solution toute de diplomatie emberlificot&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lisez plut&#244;t : &#171; Il faut aussi une dynamique r&#233;gionale, en mobilisant l'acteur central qu'est l'Alg&#233;rie et la CEDEAO en faveur d'un plan de stabilisation du Sahel. Il faut enfin une dynamique politique pour n&#233;gocier en isolant les islamistes en ralliant les Touaregs &#224; une solution raisonnable. (&#8230;) Telle est la responsabilit&#233; de la France devant l'histoire. &#187; (2). Autrement dit, faire faire la guerre de la &#171; m&#232;re patrie &#187; par les soldats des n&#233;o-colonies. Africains contre africains pour le bien des m&#233;tropolitains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pontifes fran&#231;ais sont prompts &#224; charger leur nation des missions du trublion que personne pourtant ne souhaite leur voir assumer. Bien entendu quelques &#171; m&#233;cr&#233;ants &#187; diront que les int&#233;r&#234;ts de la France au Mali sont plus imm&#233;diats, plus sonnants et tr&#233;buchants et plus pressants que le ponte ne veut bien l'avouer. Ces &#233;ternels palabres africains o&#249; le ma&#238;tre doit &#224; la fin, de toute fa&#231;on, donner de la cravache et du goupillon, ne garantissent nullement que les pillards pourront conclure leur larcin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'intervention fran&#231;aise, baptis&#233;e &#171; Op&#233;ration Serval &#187;, du nom d'un f&#233;lin africain, a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e apr&#232;s que les islamistes d'Ansar Edine eurent pris plusieurs positions dans le sud du pays, notamment la r&#233;gion de Komma, et menac&#233; de prendre la capitale Bamako, et donc d'avoir un contr&#244;le total du pays (ce qui aurait plac&#233; cette organisation &#8211; qui est sous le contr&#244;le dont on ne sait qui dans la r&#233;gion &#8211; en position de force pour les n&#233;gociations de la cession du butin de radiation. NDLR). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une situation qui posait un probl&#232;me &#224; la France, non pas pour les raisons &#171; humanitaire &#187; si ch&#232;res &#224; Bernard Kouchner et autres BHL de ce monde, mais plus vraisemblablement parce que la soci&#233;t&#233; Areva, groupe industriel fran&#231;ais sp&#233;cialis&#233; dans les m&#233;tiers du nucl&#233;aire, en particulier l'extraction de minerai d'uranium, bataille depuis plusieurs ann&#233;es pour obtenir l'exploitation de quelques 5,000 tonnes de minerai qui se trouvent &#224; Fal&#233;a, une commune de 21 villages et 17,000 habitants, situ&#233;e dans une r&#233;gion isol&#233;e &#224; 350 kilom&#232;tres de Bamako, capitale du Mali. &#187; (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah si tous ces politiciens, ces militaires et ces terroristes-djihadistes &#224; leur solde &#8211; le probl&#232;me avec les mercenaires djihadistes c'est qu'ils se vendent au plus offrant et que comme les soldats ils sont sans foi ni loi &#8211; seule l'odeur de l'argent les fait changer de camp ; si tous ces gens avaient entendu le chaman du Nord Mali que nous avons interview&#233; r&#233;cemment : &#171; Mes fr&#232;res, d&#233;clara le sorcier malien, croyez-vous que le nouveau Pr&#233;sident puissant, ce monsieur Hollande de France, tirera le&#231;on des massacres afghan et irakien et syrien et libyen ? Aucunement, et nous les attendons bient&#244;t avec leurs arm&#233;es et leur &#233;quipement de mort, venir engraisser les ploutocrates obs&#233;quieux qui tiennent lieu de Pr&#233;sident-polichinelle &#224; Bamako notre capitale, entour&#233; de son arm&#233;e de pacotille en guenille, toujours pr&#234;te &#224; faire feu sur les paysans maliens, &#224; violer les femmes et &#224; recruter leurs enfants-soldats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le vieux marabout de conclure assis dans sa case de l'Azawad envahi : &#171; Que tous ces preux demeurent chez eux parmi les leurs en pleurs et qu'ils laissent le malien palabrer avec le malien, le noir discuter avec le blanc, le Touareg avec le Bambara, le Bobo et le Dogon. Qu'ils laissent le chr&#233;tien africain n&#233;gocier avec le musulman africain et qu'ils nous laissent en paix. Tous ces &#233;trangers ont assez saccag&#233; nos contr&#233;es pour ne pas insister et blesser davantage notre fiert&#233;. Dites au Pr&#233;sident &#224; Paris, fils de colonialistes proscrits, ce monsieur Hollande &#171; socialiste &#187;, de ne plus s'en faire : nous Maliens nous saurons r&#233;gler cette affaire sans d&#233;truire la terre-m&#232;re qui nous appartient. &#187; (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France hors du Mali. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Afrique aux Africains.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(1) Non, la guerre, ce n'est pas la France. 12.01.2013. &lt;a href=&#034;http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Actualite/Villepin-Non-la-guerre-ce-n-est-pas-la-France-585627&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Actualite/Villepin-Non-la-guerre-ce-n-est-pas-la-France-585627&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Non, la guerre ce n'est pas la France. 12.01.2013. &lt;a href=&#034;http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Actualite/Villepin-Non-la-guerre-ce-n-est-pas-la-France-585627&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Actualite/Villepin-Non-la-guerre-ce-n-est-pas-la-France-585627&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Spencer Delane. L'intervention militaire fran&#231;aise au Mali. M&#233;canopolis. 13.01.2013. &lt;a href=&#034;http://www.mecanopolis.org/?p=26739&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mecanopolis.org/?p=26739&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(4) L&#233;gende du nouvel an au Mali 5.01.2013. &lt;a href=&#034;http://www.partisadi.net/2013/01/legende-du-nouvel-an-au-mali/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.partisadi.net/2013/01/legende-du-nouvel-an-au-mali/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une intervention au-dessus de tout soup&#231;on&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-intervention-au-dessus-de-tout-soupcon</link>
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		<dc:date>2013-01-22T14:11:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hocine Belalloufi </dc:creator>


		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'intervention militaire fran&#231;aise au Mali semble jusqu'ici faire consensus, dans ce pays comme dans le reste du monde. Cela n'enl&#232;ve rien &#224; son caract&#232;re d'aventure n&#233;ocoloniale. Comment expliquer un tel paradoxe ? &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du journal La nation) &lt;br class='autobr' /&gt; La guerre d&#233;clench&#233;e par l'ex&#233;cutif fran&#231;ais constitue &#224; ce jour un succ&#232;s aupr&#232;s des gouvernements &#233;trangers et de l'opinion publique fran&#231;aise et internationale. Les arguments mesur&#233;s mais g&#233;n&#233;ralement bien construits avanc&#233;s par quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-799-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-01-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-01-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH97/arton12882-0dc01.png?1677388777' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'intervention militaire fran&#231;aise au Mali semble jusqu'ici faire consensus, dans ce pays comme dans le reste du monde. Cela n'enl&#232;ve rien &#224; son caract&#232;re d'aventure n&#233;ocoloniale. Comment expliquer un tel paradoxe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du journal La nation)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre d&#233;clench&#233;e par l'ex&#233;cutif fran&#231;ais constitue &#224; ce jour un succ&#232;s aupr&#232;s des gouvernements &#233;trangers et de l'opinion publique fran&#231;aise et internationale. Les arguments mesur&#233;s mais g&#233;n&#233;ralement bien construits avanc&#233;s par quelques opposants &#224; cette guerre (Dominique de Villepin, Jean-Luc M&#233;lenchon, No&#235;l Mam&#232;re&#8230;) ne parviennent pas &#224; juguler, dans les m&#233;dias fran&#231;ais, le flot ininterrompu de louanges adress&#233;es au &#171; pr&#233;sident Hollande, chef des Arm&#233;es &#187; et &#224; son gouvernement partis &#171; sauver le peuple malien &#187;. La parole de ces opposants n'est r&#233;percut&#233;e dans les grands m&#233;dias de l'Hexagone que pour perp&#233;tuer le mythe d'une authentique d&#233;mocratie. Qui, en dehors de ces quelques voix, ose encore critiquer l'exercice solitaire du pouvoir par Fran&#231;ois Hollande qui a d&#233;clench&#233; cette guerre sans en r&#233;f&#233;rer au Parlement ? Mais il ne s'agit l&#224; que de l'aspect formel du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on cependant r&#233;duire ce succ&#232;s aupr&#232;s des opinions publiques &#224; une pure mystification ? A un pur produit du matraquage m&#233;diatique ? Au r&#233;sultat d'une propagande massive et syst&#233;matique ? Cela est peu probable. Le conditionnement de l'opinion publique en faveur de la guerre date de longtemps. Il apparaissait clairement aux yeux de tous que le pr&#233;sident Hollande voulait sa guerre au Mali. Mais ce conditionnement reposait, en partie, sur un fond de v&#233;rit&#233;, sur une r&#233;alit&#233; objective qui passe au premier plan en ce d&#233;but de conflit et qui donne une consistance &#224; cette derni&#232;re intervention du gendarme fran&#231;ais de l'Afrique. Il s'av&#232;rera impossible d'entamer un travail de d&#233;construction du discours dominant fran&#231;ais &#8211; soutenu et relay&#233; par les &#171; amis africains &#187; &#8211; en faveur d'une intervention militaire au Mali si l'on ne prend pas en consid&#233;ration la r&#233;elle adh&#233;sion d'une grande partie des Maliens &#224; cette ing&#233;rence de l'Hexagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le peuple malien pare au plus press&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pr&#233;sident Malien par int&#233;rim qui a formellement et explicitement demand&#233; aux troupes fran&#231;aises d'intervenir directement dans son pays. Confront&#233; &#224; l'avanc&#233;e des groupes arm&#233;s islamistes (An&#231;ar Eddine, Mujao, Aqmi&#8230;) qui avaient franchi le fleuve Niger s&#233;parant le Sud du pays encore sous autorit&#233; de Bamako du Nord pass&#233; sous la domination de la r&#233;bellion, Dioncounda Traor&#233; a appel&#233; Paris au secours. Les va-t-en guerre justifient d'ailleurs le lancement des op&#233;rations militaires par cet artifice juridique formel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins qu'un consensus appara&#238;t au sein de la soci&#233;t&#233; malienne. Aucune force politique significative, aucune fraction de ce qui subsiste de l'arm&#233;e malienne ne s'est oppos&#233;e frontalement &#224; cette intervention. Nous n'avons pas affaire ici &#8211; contrairement &#224; ce que nous avons connu dans un pass&#233; lointain ou proche avec les Mobutu, Bokassa et autres Ouattara&#8230; &#8211; &#224; une demande formul&#233;e par un pouvoir qui appelle ses ma&#238;tres imp&#233;rialistes &#224; venir mater sa propre population. Il appara&#238;t au contraire que la majorit&#233; du peuple malien, au Sud, se sent soulag&#233;e par l'intervention fran&#231;aise qui lui &#233;pargne de subir la domination des groupes arm&#233;s islamistes. Il semble par ailleurs que la population du Nord, qui vivait depuis pr&#232;s d'une ann&#233;e sous le joug de ces m&#234;mes groupes, se sente lib&#233;r&#233;e par leur d&#233;part des grandes villes (Tombouctou, Kidal, Gao).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les Maliens seraient-ils soudainement devenus ali&#233;n&#233;s &#224; l'ancienne puissance coloniale qui continue pourtant &#224; exploiter et dominer leur pays dans un cadre n&#233;ocolonial ? Seraient-ils politiquement aveugles et sourds en ne saisissant pas les motifs r&#233;els de cette intervention ? Cela est peu probable. Les Maliens savaient tr&#232;s bien que leur Etat s'&#233;tait effondr&#233; et qu'il ne disposait pas de moyens d'autod&#233;fense suffisants pour enrayer la conqu&#234;te du Sud de leur pays par les groupes islamistes venus de l'Azawad. Quant &#224; une &#233;ventuelle reconqu&#234;te du Nord par une arm&#233;e en pleine d&#233;composition, elle rel&#232;ve tout simplement, pour l'instant, du domaine de l'impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Maliens ont donc par&#233; au plus press&#233;. Les dirigeants qui sont partie prenante du syst&#232;me de domination n&#233;ocolonial ont appel&#233; la France &#224; intervenir afin de pr&#233;server leurs int&#233;r&#234;ts et leur position politique dominante. Les opposants et le reste du peuple soutiennent activement ou passivement cette intervention pour faire &#233;chec &#224; leur ennemi principal du moment qui mena&#231;ait de placer tout le pays sous sa botte et d'asservir l'ensemble du peuple malien. Paris s'appuie d'ailleurs sur ce &#171; consensus &#187; malien pour l&#233;gitimer, aux yeux de sa population et des &#171; gouvernements amis &#187; son intervention arm&#233;e. Hollande et Fabius tentent de leur c&#244;t&#233; de convaincre les peuples africains qu'ils sont les seuls amis du peuple malien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La responsabilit&#233; politique imm&#233;diate des islamistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparente l&#233;gitimit&#233; de l'intervention fran&#231;aise bas&#233;e sur un consensus sans doute provisoire, mais actuellement indubitable, au sein de la population malienne met en lumi&#232;re la nature des groupes arm&#233;s islamistes. Contrairement &#224; l'image que le gouvernement fran&#231;ais, ses amis africains et les m&#233;dias internationaux tentent de r&#233;pandre au sein de l'opinion publique, les groupes arm&#233;s qui se sont empar&#233;s du Nord et qui mena&#231;aient de conqu&#233;rir le Sud ne sont pas des &#171; groupes terroristes criminels, trafiquants et contrebandiers &#187;. Ils recourent certainement &#224; la terreur, au crime, aux trafics en tout genre et &#224; la contrebande. Mais cela n'enl&#232;ve rien au fait qu'il s'agit de groupes dot&#233;s d'une id&#233;ologie (l'islamisme), d'un projet politique (l'instauration d'un r&#233;gime th&#233;ocratique ou, &#224; tout le moins, l'imposition de la charia) et de moyens militaires pour le porter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, loin de se r&#233;v&#233;ler &#234;tre d'authentiques mouvements de lib&#233;ration du peuple malien vis-&#224;-vis de la domination n&#233;ocoloniale fran&#231;aise et de ses valets locaux qui participent au pillage des richesses de leur propre pays et &#224; l'exploitation et &#224; la domination de leur propre peuple, ces groupes rebelles islamistes sont venus asservir encore davantage la population malienne pourtant d&#233;j&#224; largement musulmane. Ignorant superbement la mis&#232;re dans laquelle vit la majorit&#233; des Maliens du Nord, ne portant aucune attention &#224; leur situation de marginalisation culturelle et politique impos&#233;e par Bamako, m&#233;prisant totalement leurs coutumes et mode de vie et ne cherchant surtout pas &#224; r&#233;pondre &#224; la soif de gestion de leurs propres affaires par ces m&#234;mes populations domin&#233;es, les rebelles islamistes n'ont cherch&#233; qu'&#224; imposer &#224; une population civile sans d&#233;fense leur vision &#233;troite, rigide et autoritaire de l'islam et leur ordre moral r&#233;actionnaire. Comme si le port du voile pour les femmes, l'interdiction de boire et de fumer pour tous, l'abolition de la mixit&#233;, l'instauration d'une justice d'exception et de ch&#226;timents corporels et la destruction de mausol&#233;es abritant les d&#233;pouilles mortelles de quelques saints locaux constituaient des revendications de la population et un programme pour en finir avec le ch&#244;mage, la mis&#232;re, la sous-administration, l'absence de politique s&#233;rieuse en mati&#232;re de sant&#233; et d'&#233;ducation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression renforc&#233;e exerc&#233;e sur une population sans d&#233;fense, l'indigence politique des islamistes et la menace de conqu&#234;te de tout le Mali pour y instaurer un r&#233;gime th&#233;ocratique ont repr&#233;sent&#233; le meilleur argument en faveur du soutien, m&#234;me passif, &#224; une intervention militaire &#233;trang&#232;re au Mali. Voil&#224; le r&#233;sultat concret et imm&#233;diat de la politique men&#233;e par An&#231;ar Eddine, le Mujao et Aqmi. Cela confirme que l'islamisme, en tant que courant politico-id&#233;ologique, n'a rien d'un courant &#233;mancipateur au service des peuples et qu'il repr&#233;sente au contraire une terrible r&#233;gression par rapport aux mouvements de lib&#233;ration nationale qui essaimaient sur le continent, comme &#224; l'&#233;chelle du monde arabe et de l'Asie, il y a plus de soixante ann&#233;es de cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vraie question&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'islamisme porte ainsi la responsabilit&#233; politique imm&#233;diate de la nouvelle op&#233;ration du gendarme fran&#231;ais de l'Afrique. Il joue le r&#244;le de facteur d&#233;clenchant. Mais l'islamisme ne constitue en aucun cas la cause fondamentale de cette intervention. Il ne repr&#233;sente qu'un effet de la crise structurelle de l'Etat malien et, plus globalement, de la crise conjointe qui frappe les r&#233;gions du Sahel et du monde arabe. Il prosp&#232;re sur cette crise et sur l'incapacit&#233; des forces politiques traditionnelles &#224; apporter des r&#233;ponses satisfaisantes aux maux dont souffrent les peuples. &lt;br class='autobr' /&gt;
La question politique fondamentale qui se pose aujourd'hui au Mali n'est pas celle de l'islamisme. La v&#233;ritable question est : pourquoi l'Etat malien s'est-il effondr&#233; ? Comment peut-il &#234;tre menac&#233; par des groupes rebelles form&#233;s de quelques milliers de combattants ? Les strat&#232;ges et autres &#171; experts en terrorisme international &#187; nous expliquent que cela constitue une cons&#233;quence directe de la guerre en Libye. Cela est notoirement faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la campagne libyenne des Etats-Unis, de leurs alli&#233;s europ&#233;ens et de leurs suppl&#233;tifs et financiers arabes a ind&#233;niablement favoris&#233; l'armement des groupes rebelles qui infestaient le Sahel, elle n'explique pas la faiblesse et la crise des Etats de cette zone, celle du Mali en premier lieu. Pourquoi ces groupes rebelles qui se sont approvisionn&#233;s en armes et en munitions diverses dans les rayons du supermarch&#233; libyen ne peuvent-ils d&#233;stabiliser un pays comme l'Alg&#233;rie ? Ou le Maroc ? Voire m&#234;me la Tunisie qui ne parvient pourtant pas &#224; se stabiliser et qui traverse encore une situation r&#233;volutionnaire ? Pourquoi ne sont-ils toujours pas parvenus &#224; renverser le r&#233;gime de Bachar El Assad qui fait pourtant face &#224; la r&#233;volte d'une partie de sa population sur laquelle est venue se greffer une grossi&#232;re ing&#233;rence militaire des groupes t&#233;l&#233;guid&#233;s et/ou soutenus par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, sous l'&#339;il bien veillant des puissances imp&#233;rialistes (Etats-Unis, UE&#8230;) et le regard plus ou moins approbateur d'Isra&#235;l ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat malien vivait une crise structurelle depuis longtemps d&#233;j&#224;. Les dirigeants imp&#233;rialistes, leurs relais m&#233;diatiques et leurs &#171; amis africains &#187; tentent justement de d&#233;tourner l'attention des peuples de cette question essentielle. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils sont les premiers responsables de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La domination imp&#233;rialiste, premi&#232;re responsable de l'effondrement de l'Etat malien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants fran&#231;ais et leurs m&#233;dias nous assurent que le temps de la Fran&#231;afrique est d&#233;sormais clos, qu'il a expir&#233; avec la disparition de Jacques Foccart et de ses r&#233;seaux. Durant pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle, cet ancien &#171; Monsieur Afrique &#187; des locataires de l'Elys&#233;e joua directement ou indirectement un r&#244;le d'interface semi-officiel entre les dirigeants fran&#231;ais et leurs homologues corrompus et soumis d'Afrique de l'Ouest et du Centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;tendit que Nicolas Sarkozy mit fin &#224; ces r&#233;seaux d'amiti&#233;s un peu particuli&#232;res. Il ne fit en r&#233;alit&#233; que remplacer Foccart par son ancien collaborateur Robert Bourgi. Hollande est d&#233;sormais pr&#233;sent&#233; comme le pr&#233;sident de la rupture avec le temps de la Fran&#231;afrique. Il n'en est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la c&#233;l&#232;bre sentence attribu&#233;e &#224; Confucius : &#171; Quand le sage d&#233;signe la lune, l'idiot regarde le doigt &#187;. Les politiques de droite et de gauche qui pr&#233;sident aux destin&#233;es de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais nous prennent pour des simples d'esprit en cherchant &#224; fixer notre attention sur le doigt (les r&#233;seaux Foccart) afin que nous ne nous occupions pas de la lune, c'est-&#224;-dire des rapports de pillage et de domination n&#233;ocoloniaux des pays africains par la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression annonc&#233;e des r&#233;seaux Foccart ou Bourgi &#8211; en admettant qu'ils aient formellement disparu &#8211; aurait entrain&#233; celle des rapports de domination n&#233;ocolonial. Une telle affirmation est fausse. La France dispose de multiples moyens pour assurer la reproduction de sa domination sur le continent. Des moyens &#233;conomiques avec la pr&#233;sence en position de dominance voire de monopole de ses grands groupes industriels (Total, Bouygues, Bollor&#233;, Areva&#8230;), le r&#244;le dominant de ses banques (BNP-Paribas, Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, Cr&#233;dit agricole) sur le commerce des mati&#232;res premi&#232;res et des produits de base entre les deux continents, le r&#244;le central de la Banque de France et du Tr&#233;sor fran&#231;ais dans la politique mon&#233;taire de pays de la zone du Franc CFA, le syst&#232;me d'endettement, la corruption des dirigeants&#8230; Des moyens militaires avec la pr&#233;sence de troupes fran&#231;aises et le maintien tr&#232;s officiel de multiples bases militaires dans les pays d'Afrique de l'ouest et du centre (Gabon, C&#244;te d'Ivoire, Centrafrique, Tchad&#8230;). Des moyens politiques avec l'appareil administratif et culturel fran&#231;ais, la place de la France au Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux, Foccart, Bourgi ou autres, peuvent jouer un r&#244;le tr&#232;s important &#224; un moment donn&#233;, mais ne forment qu'un des aspects de la politique globale de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dont il pourrait tout &#224; fait se passer, si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports de pillage, d'exploitation et de domination n&#233;ocoloniaux entre Paris et Bamako ainsi que les autres capitales africaines sont donc des rapports objectifs nullement d&#233;termin&#233;s par l'existence ou non de r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rapports ont asservi l'&#233;conomie du pays, qui dispose pourtant d'&#233;normes potentialit&#233;s, et ont affaibli progressivement l'Etat malien. Celui-ci a tent&#233;, en 1962, de se d&#233;gager des rapports de domination que lui imposait l'ancien colonisateur en quittant la zone du Franc CFA. Il y reviendra en 1984. Les politiques n&#233;olib&#233;rales impos&#233;es au cours des ann&#233;es 1990 par le FMI fragiliseront encore davantage l'&#233;conomie locale qui sera de plus en plus ouverte et soumise aux int&#233;r&#234;ts du capital international, fran&#231;ais en particulier (privatisations, bradage&#8230;). Cette insertion croissante dans le march&#233; mondial se traduira par une paup&#233;risation g&#233;n&#233;rale de la population et une perte de substance de l'Etat : r&#233;tr&#233;cissement de la couverture administrative, contraction de la prise en charge des secteurs de l'&#233;ducation et de la sant&#233; puis, au final, des structures de s&#233;curit&#233; du pays (police, arm&#233;e, justice&#8230;). Les &#233;lites dirigeantes furent de plus en plus d&#233;connect&#233;es des int&#233;r&#234;ts des couches sociales populaires et productives et le plus souvent coopt&#233;es par les grandes puissances, en d&#233;pit de l'instauration d'une d&#233;mocratie formelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ce processus qu'il convient de chercher la cause de l'incapacit&#233; de l'Etat malien &#224; r&#233;agir et &#224; r&#233;sister aux groupes arm&#233;s rebelles et non dans l'armement acquis par ces m&#234;mes rebelles en Libye. La France, qui vient de d&#233;gager des moyens militaires et financiers colossaux, n'a jamais agi de la sorte pour aider les peuples africains lorsqu'ils &#233;taient en situation de grand danger (famines, guerres civiles&#8230;). En cinquante ann&#233;es et plus d'ind&#233;pendance, elle qui se targue d'&#234;tre l'amie des peuples africains n'a pas r&#233;ussi &#224; aider l'un d'entre eux, &#224; tout le moins, &#224; sortir de sa situation de pays sous-d&#233;velopp&#233;. Elle leur a au contraire enfonc&#233; encore davantage la t&#234;te sous l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Mali plac&#233; sous protectorat fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rarement un dirigeant politique n'aura &#233;t&#233; aussi rapidement d&#233;menti par les faits. Il y a quinze jours &#224; peine, Fran&#231;ois Hollande r&#233;agissait &#224; l'avanc&#233;e des rebelles qui mena&#231;aient de renverser le pr&#233;sident centrafricain Fran&#231;ois Boziz&#233; &#224; Bangui, en d&#233;clarant : &#171; Si nous sommes pr&#233;sents, ce n'est pas pour prot&#233;ger un r&#233;gime, c'est pour prot&#233;ger nos ressortissants et nos int&#233;r&#234;ts et en aucune fa&#231;on pour intervenir dans les affaires int&#233;rieures d'un pays, en l'occurrence la Centrafrique &#187;1. &#171; Ce temps-l&#224; est termin&#233;&#034;, avait-il pr&#233;cis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la vue de ce qui se passe au Mali, de telles d&#233;clarations feraient sourire si le conflit malien ne provoquait pas souffrances, morts et catastrophes aux populations de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que la rapidit&#233; avec laquelle la France s'est port&#233;e &#171; au secours &#187; de Bamako aura un prix. Le Mali sera de plus en plus redevable vis-&#224;-vis de Paris et l'Hexagone, faisons-lui confiance, n'h&#233;sitera pas &#224; se faire payer rubis sur ongle. La porte des richesses sera grande ouverte aux grands groupes fran&#231;ais qui renforceront la prospection et l'exploitation des richesses du sous-sol malien &#8211; p&#233;trole, uranium et autres m&#233;taux rares&#8230; &#8211; au d&#233;triment du concurrent chinois. L'emprise financi&#232;re de Paris sur Bamako en sortira renforc&#233;e et de nouvelles richesses (agricoles en particulier) pourraient &#234;tre livr&#233;es &#224; la rapacit&#233; des grands groupes et des banques du Nord. Quand &#224; la pr&#233;sence militaire, elle risque tout simplement d'&#234;tre permanente avec l'installation de bases multiples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut cependant pas exclure que la situation ne tourne pas aussi facilement &#224; l'avantage de la France et de ses alli&#233;s et que l'on s'installe dans un sc&#233;nario de conflit asym&#233;trique de longue dur&#233;e avec &#171; bavures &#187; &#224; r&#233;p&#233;tition frappant la population. Celle-ci pourrait alors se retourner contre ses &#171; sauveurs &#187; qui l'a arrach&#233;e des griffes des rebelles islamistes. Fera-t-elles alors appel &#224; ces m&#234;mes groupes islamistes ? Construira-t-elle plut&#244;t de nouvelles organisations porteuses de projets &#233;mancipateurs ? C'est tout l'enjeu de la nouvelle p&#233;riode qui s'ouvre sous nos yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le Monde du 28 d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mali : les Etats-Unis jouent profil bas, la France ne s'en plaint pas</title>
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		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Mali-les-Etats-Unis-jouent-profil-bas-la-France-ne-s-en-plaint-pas</guid>
		<dc:date>2013-01-22T14:10:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Thomas Cantaloube</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis deux jours, le secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense des &#201;tats-Unis (et ancien patron de la CIA) Leon Panetta, a hauss&#233; le ton. Sur l'intervention fran&#231;aise au Mali, il a affirm&#233; : &#171; Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une guerre fran&#231;aise, mais il faut un effort international. &#187; Quant &#224; la prise d'otages en Alg&#233;rie, dans laquelle plusieurs ressortissants am&#233;ricains &#233;taient retenus, il s'est fait martial : &#171; Les terroristes doivent savoir qu'ils ne trouveront ni sanctuaire, ni refuge en Alg&#233;rie, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-799-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-01-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-01-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH129/arton12872-34c8f.png?1678955982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='129' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux jours, le secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense des &#201;tats-Unis (et ancien patron de la CIA) Leon Panetta, a hauss&#233; le ton. Sur l'intervention fran&#231;aise au Mali, il a affirm&#233; : &#171; Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une guerre fran&#231;aise, mais il faut un effort international. &#187; Quant &#224; la prise d'otages en Alg&#233;rie, dans laquelle plusieurs ressortissants am&#233;ricains &#233;taient retenus, il s'est fait martial : &#171; Les terroristes doivent savoir qu'ils ne trouveront ni sanctuaire, ni refuge en Alg&#233;rie, en Afrique du Nord ou ailleurs. Ceux qui s'attaquent gratuitement &#224; notre pays et &#224; notre peuple n'auront nulle part o&#249; se cacher. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;18 janvier 2013 | Mediapart.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;clarations d'un des plus hauts responsables du pays qui a fait de la lutte contre le terrorisme une de ses priorit&#233;s politiques majeures depuis douze ans sont attendues, mais elles sont relativement isol&#233;es. Barack Obama, par exemple, est rest&#233; en retrait sur ce sujet depuis une semaine. Quant aux actions am&#233;ricaines sur le terrain, elles demeurent &#233;minemment discr&#232;tes. Ce qui ne veut pas dire qu'elles sont inexistantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une d&#233;cennie qui nous avait habitu&#233;s &#224; voir Washington intervenir aux quatre coins de la plan&#232;te, qu'il s'agisse d'envoyer des dizaines de milliers de soldats au Moyen-Orient ou de proc&#233;der &#224; des tirs de missiles depuis des drones, la premi&#232;re mandature d'Obama a marqu&#233; un changement de cap. Si le recours aux forces sp&#233;ciales et aux engins a&#233;riens sans pilote sont toujours d'actualit&#233;, les exp&#233;ditions sous la banni&#232;re &#233;toil&#233;e semblent des reliques. L'intervention en Libye l'a illustr&#233; : apr&#232;s la destruction des capacit&#233;s anti-a&#233;riennes du r&#233;gime de Mouammar Kadhafi &#224; distance gr&#226;ce &#224; des moyens essentiellement am&#233;ricains, les &#201;tats-Unis se sont mis en retrait, laissant le soin &#224; d'autres d'effectuer une partie des bombardements, leur guidage au sol, et la liaison avec les rebelles. C'est ce qu'Obama avait qualifi&#233; de &#171; leadership depuis l'arri&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aujourd'hui, au Mali, les Am&#233;ricains ont approuv&#233; l'op&#233;ration d&#233;clench&#233;e depuis une semaine par Paris, mais ils ne se sont pas montr&#233;s particuli&#232;rement enthousiastes et n'ont officiellement mis &#224; disposition de la France que deux avions de transport et des &#171; moyens de logistique et de renseignements &#187;. On sait &#233;galement que des avions ravitailleurs am&#233;ricains ont appuy&#233; les missions de bombardement des chasseurs fran&#231;ais. Ostensiblement, Washington semble dire : &#171; Ce n'est pas notre guerre. &#187; Pourtant ce n'est pas tout &#224; fait le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on soumet &#224; un conseiller de l'&#201;lys&#233;e, inform&#233; heure par heure de la crise malienne, l'id&#233;e que les Am&#233;ricains semblent se laver les mains des op&#233;rations fran&#231;aises, il r&#233;agit imm&#233;diatement : &#171; Non, ce n'est pas vrai. Ils nous soutiennent &#224; cent pour cent. Voyez les d&#233;clarations de Leon Panetta ! &#187; Puis, apr&#232;s une courte pause : &#171; Il y a d'autres moyens d'aider qui sont plus efficaces que des soldats au sol. &#187; Et enfin : &#171; L'intervention des &#201;tats-Unis n'est pas forc&#233;ment souhaitable. &#187; Autrement dit : les Am&#233;ricains assistent les Fran&#231;ais, mais il vaut mieux ne pas en faire trop de publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Drones et forces sp&#233;ciales am&#233;ricaines sont bien pr&#233;sents&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement l'approche souhait&#233;e par Obama. Le retrait des soldats d'Irak et bient&#244;t d'Afghanistan, de m&#234;me que la position de recul en Libye, correspondent au souhait du pr&#233;sident am&#233;ricain de r&#233;parer les erreurs commises par son pr&#233;d&#233;cesseur, mais aussi de remiser au placard cette image de &#171; gendarme du monde &#187;. Ainsi que le r&#233;p&#232;tent &#224; l'envi les responsables de l'administration Obama, comme ce diplomate en poste en Europe : &#171; Nous ne nous retirons pas de deux conflits longs, violents et compliqu&#233;s en terre musulmane, pour en reprendre un autre en charge dans le m&#234;me genre de pays. On a d&#233;j&#224; donn&#233; ! &#187; De plus, les &#201;tats-Unis sont toujours la cible privil&#233;gi&#233;e de tous les djihadistes de la plan&#232;te, et Washington a enfin compris, apr&#232;s les ann&#233;es Bush, que ce n'&#233;tait pas la peine d'en rajouter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, il est difficile de croire que les &#201;tats-Unis souhaitent s'abstraire de ce qui se passe au Mali. L'Africa Command (AFRICOM), la branche du Pentagone en charge du continent, a &#233;t&#233; sp&#233;cifiquement cr&#233;&#233;e en 2007 pour surveiller et s'occuper de la menace d'Al-Qa&#239;da au Maghreb islamique (AQMI) et consorts. Elle supervise &#233;galement l'Initiative trans-saharienne de contre-terrorisme, financ&#233;e &#224; hauteur de plus de 500 millions de dollars par le Congr&#232;s depuis 2005, dont la branche militaire est int&#233;gr&#233;e &#224; l'op&#233;ration Libert&#233; immuable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration Enduring Freedom-Trans Sahara a consist&#233; &#224; former (et &#233;quiper) les troupes de neuf pays de la r&#233;gion aux m&#233;thodes de contre-terrorisme et de s&#233;curisation des fronti&#232;res, mais elle a &#233;galement d&#233;ploy&#233; de 130 &#224; 170 soldats am&#233;ricains des forces sp&#233;ciales dans le d&#233;sert sah&#233;lien. Il s'agissait, selon un colonel de l'AFRICOM interrog&#233; en 2010, &#171; de petites unit&#233;s (moins de douze personnes), parlant les langues locales et vivant sur le terrain, souvent dans des villages au c&#339;ur du Sahel, des mois durant. Elles effectuent un travail de renseignement, forment des soldats ou des milices locales, financent des projets de d&#233;veloppement (puits, routes, vaccinations...) et s'efforcent de contrebalancer l'influence des r&#233;seaux terroristes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le New York Times, ces efforts sont aujourd'hui s&#233;rieusement questionn&#233;s, car le Mali &#233;tait consid&#233;r&#233; comme un partenaire exemplaire de ce programme. Or de nombreux soldats maliens d'origine touareg, form&#233;s par les Am&#233;ricains, ont fait d&#233;fection pour rejoindre les rebelles, et le coup d'&#201;tat du 22 mars 2012 fut men&#233; par le capitaine Sanogo, ancien &#233;l&#232;ve du programme... Il n'emp&#234;che : depuis cinq ans, l'AFRICOM a d&#233;velopp&#233; des r&#233;seaux de renseignements dans le Sahel et dispose de moyens toujours actifs : la tr&#232;s grosse centaine de forces sp&#233;ciales et plusieurs drones d'observation et de combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un porte-parole de l'AFRICOM n'a pas souhait&#233; r&#233;pondre aux questions de Mediapart &#171; conform&#233;ment &#224; notre politique de ne jamais divulguer d'informations sur les activit&#233;s des forces sp&#233;ciales &#187;. Impossible &#233;galement de conna&#238;tre le nombre de drones affect&#233;s &#224; cette r&#233;gion, mais sachant que l'arm&#233;e am&#233;ricaine poss&#232;de plus de 7 500 engins a&#233;riens sans pilote (moins de 200 sont des Predators ou des Reapers, capables de tirer sur des cibles), on peut facilement imaginer que plusieurs dizaines op&#232;rent au-dessus du Sahel. Le conseiller &#233;lys&#233;en ne veut pas en donner le nombre, mais il ne r&#233;fute pas leur pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Appui logistique et de renseignements &#187; : la terminologie employ&#233;e par les Fran&#231;ais et les Am&#233;ricains pour &#233;voquer le soutien des seconds aux premiers est bien commode. Elle permet de donner l'impression que les &#201;tats-Unis ne sont pas aussi pr&#233;sents que les contingents africains pr&#233;vus, et &#224; peine plus que les autres Europ&#233;ens, alors que leur appui est important, surtout en mati&#232;re de drones, dont l'arm&#233;e fran&#231;aise manque cruellement. Cette discr&#233;tion arrange tout le monde quand il s'agit d'&#233;viter la notion d'une guerre de l'Occident en Afrique qui ferait des miracles en mati&#232;re de propagande.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mali, Afghanistan, les le&#231;ons oubli&#233;es</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mali-Afghanistan-les-lecons-oubliees</link>
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		<dc:date>2013-01-22T14:09:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Gresh</dc:creator>


		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une nouvelle fois, un consensus politique se dessine autour de l'intervention militaire fran&#231;aise au Mali. Le Parti socialiste comme l'UMP et le Front national soutiennent l'initiative du chef de l'Etat. &lt;br class='autobr' /&gt; Seules quelques voix discordantes se font entendre, au Parti communiste (&#171; L'intervention militaire fran&#231;aise comporte de grands risques de guerre &#187;, PCF, 12 janvier) ou au Parti de gauche. L'ancien premier ministre Dominique de Villepin, dans une tribune au Journal du dimanche (&#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-01-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-01-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton12878-fd0da.jpg?1678955982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle fois, un consensus politique se dessine autour de l'intervention militaire fran&#231;aise au Mali. Le Parti socialiste comme l'UMP et le Front national soutiennent l'initiative du chef de l'Etat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Seules quelques voix discordantes se font entendre, au Parti communiste (&#171; L'intervention militaire fran&#231;aise comporte de grands risques de guerre &#187;, PCF, 12 janvier) ou au Parti de gauche. L'ancien premier ministre Dominique de Villepin, dans une tribune au Journal du dimanche (&#171; Villepin : &#8220;Non, la guerre ce n'est pas la France&#8221; &#187;, 13 janvier), s'inqui&#232;te &#233;galement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ne c&#233;dons pas au r&#233;flexe de la guerre pour la guerre. L'unanimisme des va-t-en guerre, la pr&#233;cipitation apparente, le d&#233;j&#224;-vu des arguments de la &#8220;guerre contre le terrorisme&#8221; m'inqui&#232;tent. Ce n'est pas la France. Tirons les le&#231;ons de la d&#233;cennie des guerres perdues, en Afghanistan, en Irak, en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais ces guerres n'ont b&#226;ti un Etat solide et d&#233;mocratique. Au contraire, elles favorisent les s&#233;paratismes, les Etats faillis, la loi d'airain des milices arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais ces guerres n'ont permis de venir &#224; bout de terroristes essaimant dans la r&#233;gion. Au contraire, elles l&#233;gitiment les plus radicaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ironique de noter que cette intervention a commenc&#233; au moment o&#249; la France se retire d'Afghanistan (Lire &#171; Fin de mission en Afghanistan &#187;, D&#233;fense en ligne, 19 d&#233;cembre 2012) et o&#249; le pr&#233;sident Hamid Karza&#239; se trouvait &#224; Washington pour discuter du retrait total (ou presque) des forces am&#233;ricaines. Est-ce sur un succ&#232;s que ces troupes se retirent d'Afghanistan ? &#171; Mission accomplie &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est moins s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir qui s'est install&#233; &#224; Kaboul, dans les fourgons des arm&#233;es &#233;trang&#232;res, est dirig&#233; par Karza&#239;, dont il faut rappeler qu'il n'a gagn&#233; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de septembre 2009 que gr&#226;ce &#224; des fraudes massives ; sa l&#233;gitimit&#233; ne d&#233;passe pas celle de son clan, de ses affid&#233;s, profond&#233;ment corrompus. Ce sont des dizaines de milliards de dollars d'aide internationale qui ont disparu dans les poches sans fond des responsables politiques. Sans parler du fait qu'une part importante de cette aide &#171; retourne &#187; aux pays donateurs, comme le remarque Oxfam-France :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'aide internationale &#224; l'Afghanistan est relativement significative en volume, mais elle reste largement inefficace : presque 40 % des montants vers&#233;s depuis 2001 sont retourn&#233;s aux pays donateurs sous la forme de profits ou de r&#233;mun&#233;rations. De plus une large part de l'aide ne parvient pas aux Afghans les plus pauvres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, du point de vue social, la situation reste terrible, marqu&#233;e par une guerre qui n'en finit pas. Toujours selon Oxfam :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si quelques progr&#232;s ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s en mati&#232;re de sant&#233; et d'&#233;ducation dans les ann&#233;es qui ont suivi la chute des talibans, les d&#233;fis &#224; relever dans ces secteurs restent &#233;crasants : actuellement un enfant sur cinq meurt avant l'&#226;ge de cinq ans, une femme sur huit meurt de complications li&#233;es &#224; la grossesse ; deux millions d'enfants, dont deux tiers sont des filles, ne sont pas scolaris&#233;s. On estime actuellement que pr&#232;s de la moiti&#233; de la population afghane vit toujours en dessous du seuil de pauvret&#233;, tandis que plus de la moiti&#233; des enfants souffre de malnutrition chronique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui peut croire que la guerre am&#232;ne une am&#233;lioration de la situation des populations ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus paradoxal est que le seul progr&#232;s repr&#233;sent&#233; par la scolarisation plus importante des filles reste menac&#233; : les seules chances de l'administration actuelle afghane de ne pas &#234;tre &#233;limin&#233;e apr&#232;s le d&#233;part des troupes de l'OTAN est de n&#233;gocier avec les talibans. Et, comme le remarquent les responsables d'Oxfam, ce sont les femmes qui risquent d'&#234;tre les victimes de cette r&#233;conciliation. Quoiqu'il en soit, il est faux de croire que la lib&#233;ration des femmes peut &#234;tre impos&#233;e par les ba&#239;onnettes des arm&#233;es &#233;trang&#232;res (lire Christine Delphy, &#171; Une guerre pour les femmes ? &#187;, Le Monde diplomatique, mars 2002). Le colonialisme aussi pr&#233;tendait &#171; lib&#233;rer &#187; les femmes musulmanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les interventions en Afghanistan (puis en Irak) ont eu bien d'autres cons&#233;quences r&#233;gionales et internationales dont on paie encore le prix. La guerre s'est &#233;tendue au Pakistan, o&#249; les talibans locaux se sont renforc&#233;s au d&#233;triment d'un pouvoir central affaibli. Et l'utilisation massive des drones par l'administration Obama pour &#233;liminer des &#171; terroristes &#187; &#8212; avec de nombreuses victimes &#171; collat&#233;rales &#187; &#8212;, alimente les haines anti-occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exp&#233;ditions militaires men&#233;es au nom d'une guerre sans fin contre le terrorisme ont eu pour effet paradoxal de renforcer ces organisations que l'Occident affirmait vouloir d&#233;truire. Il s'est cr&#233;&#233;, en r&#233;ponse aux interventions multiples, &#171; une autoroute de l'internationale insurg&#233;e &#187;, du Pakistan au Sahel, en passant par l'Irak, la Somalie : par elle circulent les combattants, les id&#233;es, les techniques de combats, les armes de tous ceux qui veulent lutter contre &#171; les nouveaux crois&#233;s &#187;. Des combattants irakiens se sont form&#233;s en Afghanistan, tandis que des Maghr&#233;bins ont pu acqu&#233;rir en Irak une comp&#233;tence militaire incontestable. La guerre contre le terrorisme a facilit&#233; l'unification de groupes tr&#232;s divers sous le drapeau d'Al-Qaida. Et, sans doute, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) n'aurait jamais pris cette dimension sans l'intervention en Afghanistan. Et aussi, rappelons-le, sans la guerre en Libye qui a &#171; lib&#233;r&#233; &#187; des arsenaux militaires consid&#233;rables et de nombreux combattants enr&#244;l&#233;s (et contr&#244;l&#233;s) par Kadhafi. Peut-on s'&#233;tonner que de nombreux musulmans voient dans ces interventions une croisade contre l'islam ? Toutes, depuis 2001, ont eu lieu dans des pays musulmans &#8212; Afghanistan, Irak, Somalie, Liban, Mali, sans oublier les guerres men&#233;es &#224; Gaza. Et au moment o&#249; l'islamophobie fait des ravages dans les soci&#233;t&#233;s occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de fois nous a-t-on expliqu&#233; qu'il n'y avait pas le choix, que &#171; nous &#187; d&#233;fendions en Afghanistan la s&#233;curit&#233; de l'Occident : si &#171; nous &#187; &#233;tions battus l&#224;-bas, les combats se d&#233;placeraient demain dans nos banlieues. Et pourtant &#171; nous &#187; allons partir d'Afghanistan comme si de rien n'&#233;tait, sans avoir stabilis&#233; la situation, sans m&#234;me parler de d&#233;mocratie. Et personne ne pr&#233;tend que les cons&#233;quences en Europe seront catastrophiques. On peut remarquer, au contraire, que chacune de ces exp&#233;ditions coloniales aboutit &#224; plus d'ins&#233;curit&#233;, plus de contr&#244;les, plus de surveillance et, par l&#224; m&#234;me, &#224; une atteinte aux libert&#233;s fondamentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, c'est le m&#234;me argument qui est repris pour le Mali : &#233;viter que s'installe &#224; nos fronti&#232;res un foyer terroriste, un Sahelistan (lire, dans Le Monde diplomatique de janvier, le reportage de Philippe Leymarie). Et la premi&#232;re d&#233;cision du gouvernement fran&#231;ais au lendemain de l'engagement au Mali est de renforcer le plan Vigipirate ! N'est-ce pas parce que nos gouvernants savent que ce type d'intervention alimente le terrorisme, qu'elle ne l'affaiblit pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douze ans apr&#232;s, l'intervention occidentale en Afghanistan est un fiasco. Celle en Irak a abouti &#224; la d&#233;stabilisation durable du pays (et &#224; une implantation de groupes li&#233;s &#224; Al-Qaida qui n'y &#233;taient pas pr&#233;sents avant 2003). D'ici douze ans, quel bilan dressera-t-on de l'engagement de la France au Mali ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Intervention au Mali : quel est le vrai but de cette guerre ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Intervention-au-Mali-quel-est-le-vrai-but-de-cette-guerre</link>
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		<dc:date>2013-01-15T13:58:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-15</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Hollande a pris une d&#233;cision d'une extr&#234;me gravit&#233;, seul dans le palais de l'Elys&#233;e, sans avoir pr&#233;alablement consult&#233; le Parlement, comme la gauche s'y &#233;tait pourtant engag&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site Rue 89) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les raisons qu'il a donn&#233;es pour d&#233;cr&#233;ter l'intervention sont connues. Les groupes qui occupent le Nord-Mali sont des fascistes et des fanatiques, doubl&#233;s de trafiquants, qui font subir &#224; la population malienne des violences inacceptables. Ils doivent &#234;tre chass&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;cision a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-799-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton12787-809e2.png?1678955982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Hollande a pris une d&#233;cision d'une extr&#234;me gravit&#233;, seul dans le palais de l'Elys&#233;e, sans avoir pr&#233;alablement consult&#233; le Parlement, comme la gauche s'y &#233;tait pourtant engag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site Rue 89)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les raisons qu'il a donn&#233;es pour d&#233;cr&#233;ter l'intervention sont connues. Les groupes qui occupent le Nord-Mali sont des fascistes et des fanatiques, doubl&#233;s de trafiquants, qui font subir &#224; la population malienne des violences inacceptables. Ils doivent &#234;tre chass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision a &#233;t&#233; prise dans le cadre de la r&#233;solution 2085 de l'ONU, selon une interpr&#233;tation discutable du droit international, et malgr&#233; un d&#233;saccord tr&#232;s clair entre la France et le reste du monde sur le tempo : &lt;br class='autobr' /&gt;
la France qui voulait intervenir le plus rapidement possible ; &lt;br class='autobr' /&gt;
de nombreux pays, dont les Etats-Unis et l'Alg&#233;rie, qui ont toujours jou&#233; un r&#244;le ambigu dans cette r&#233;gion, souhaitaient temporiser pour cr&#233;er les conditions politiques de la reconqu&#234;te du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle politique africaine pour la gauche ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question n'est plus l&#224;. Elle n'est m&#234;me plus celle des otages Fran&#231;ais, pass&#233;s par profits et pertes de cette intervention pr&#233;cipit&#233;e et isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule question qui vaille aujourd'hui est bien : quelle est la politique africaine de la gauche au pouvoir ? Va-t-elle poursuivre dans son r&#244;le de gendarme de l'Afrique, comme nous le faisons depuis 150 ans ou cr&#233;era-t-elle les conditions pour que les Africains prennent en main leur destin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les 50 ans d'ind&#233;pendance des quatorze pays africains francophones, on ne compte pas moins de 50 interventions militaires fran&#231;aises pour d&#233;fendre les dictatures, nos expatri&#233;s et nos int&#233;r&#234;ts. Depuis quelques ann&#233;es, ces interventions se font au nom du droit d'ing&#233;rence et des droits de l'Homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes les d&#233;clarations de notre gouvernement sur la fin de la Fran&#231;afrique, cette derni&#232;re intervention se situe dans la continuit&#233; d'une politique que nous d&#233;non&#231;ons depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Succ&#232;s militaires, d&#233;faites politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les interventions militaires de ces derni&#232;res ann&#233;es (par exemple, en Afghanistan, en Irak et en Libye) se sont conclues par des succ&#232;s militaires dans un premier temps, aussit&#244;t suivis par des d&#233;faites politiques, et ce pour une simple raison : on ne remplace pas la volont&#233; souveraine d'un peuple. Lorsque l'Etat est d&#233;mantel&#233;, il faut le reconstruire, lorsque l'unit&#233; d'un peuple est bris&#233;e, il faut la r&#233;tablir, lorsque l'arm&#233;e est d&#233;compos&#233;e, il faut la rassembler, la former, lui redonner le moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette d&#233;composition de la nation malienne qui est advenue ces derniers mois. Et ce, en grande partie, &#224; cause de l'intervention fran&#231;aise en Libye. La politique de Nicolas Sarkozy a entra&#238;n&#233; le retour de centaines de Touaregs surarm&#233;s, d&#233;s&#339;uvr&#233;s et pr&#234;ts &#224; se jeter dans une aventure avec les djihadistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la France n'a pas aid&#233; le Mali &#224; se d&#233;fendre ; elle a abandonn&#233; le Pr&#233;sident Amani Toumani Tour&#233; (ATT), tout seul dans la temp&#234;te qui se pr&#233;parait. A deux mois de la fin de son mandat et de la transition politique, il ne pouvait m&#234;me plus payer ses militaires qui se sont r&#233;volt&#233;s et ont entra&#238;n&#233; l'effondrement de l'Etat malien.&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;trole, uranium, terres cultivables...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il faut en finir avec les groupes djihadistes, mais c'est au peuple malien de le faire, avec l'aide de la communaut&#233; internationale. La guerre par procuration va renforcer la d&#233;pendance &#224; moyen terme et ne cr&#233;era pas le sursaut moral n&#233;cessaire, m&#234;me si, aujourd'hui, une tr&#232;s grande majorit&#233; des Maliens se sent soulag&#233;e et applaudit l'intervention fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas un pacifiste b&#234;lant ; je me suis prononc&#233; pour l'interposition des troupes fran&#231;aises en C&#244;te d'Ivoire pendant dix ann&#233;es, afin de prot&#233;ger les ivoiriens d'un nouveau Rwanda. Mais nous ne sommes pas dans ce contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quelques centaines de djihadistes &#233;taient &#224; des dizaines de kilom&#232;tres de Mopti, elle-m&#234;me &#224; des centaines de kilom&#232;tres de Bamako. Le pr&#233;sident malien a appel&#233; au secours son homologue fran&#231;ais parce que, comme son Premier ministre quelques semaines auparavant, il &#233;tait menac&#233; pour son incurie par son propre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas se cacher la r&#233;alit&#233;, nous avons des int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques dans cette grande r&#233;gion du Mali : p&#233;trole, uranium, ressources &#233;normes en eau souterraine, terres cultivables&#8230;Tout cela est convoit&#233; par les multinationales fran&#231;aises, qataries, am&#233;ricaines&#8230; Sans oublier la plate-forme a&#233;roportuaire de Tassalit (pr&#232;s de Kidal), utile pour surveiller et contr&#244;ler toute la r&#233;gion du Sahel, la M&#233;diterran&#233;e, la mer Rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est notre objectif de guerre ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, c'est tout le Sahel qui est d&#233;stabilis&#233;, et pas seulement le Mali. Il ne faudrait pas que, dans une logique de dominos, apr&#232;s le Mali, pr&#233;cipit&#233; dans sa chute par l'intervention fran&#231;aise en Libye, le Niger, le Burkina ou d'autres pays soient victimes de cette &#171; canc&#233;risation &#187; de la r&#233;gion due au jeu trouble des grandes puissances et des groupes djihadistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais maintenant que le vin est tir&#233;, il faut le boire. C'est pourquoi, cette intervention doit &#234;tre limit&#233;e, encadr&#233;e, que les buts de guerre soient clairement d&#233;finis : veut-on repousser les groupes djihadistes ou r&#233;occuper l'ensemble du Nord ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut le dire clairement. Parce que, si la seconde solution est le vrai but de cette guerre, alors, ce ne seront pas deux semaines de conqu&#234;tes faciles, mais une guerre longue et co&#251;teuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise humanitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille dans le d&#233;sert, c'est comme une bataille maritime : vous pouvez contr&#244;ler les villes, qui sont des &#238;les-oasis, sans rien tenir du tout. L'Aqmi (Al Qaeda au Maghreb islamique), le Mujao (Mouvement pour l'unicit&#233; et le jihad en Afrique de l'Ouest), et Ansar Eddine savent faire cette guerre. Si les forces sp&#233;ciales fran&#231;aises ont le niveau suffisant pour s'opposer &#224; leurs exactions, ce n'est pas le cas des troupes africaines. Il faut le savoir. Cette intervention devra donc &#234;tre p&#233;renne. L'enlisement de la France aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi qu'elle prend le risque d'aggraver l'ins&#233;curit&#233; et d'engendrer une crise humanitaire encore plus importante dans l'ensemble du pays. Elle peut : radicaliser les communaut&#233;s ethniques ; favoriser le d&#233;veloppement du terrorisme et des prises d'otage ; et, enfin, entra&#238;ner l'ensemble de la r&#233;gion dans un conflit multiforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a donc raison de se poser des questions, de discuter, de d&#233;battre, de demander ce qui se passera ensuite, quel projet de d&#233;veloppement la Communaut&#233; &#233;conomique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (C&#233;d&#233;ao), l'Union Africaine et l'Union europ&#233;enne mettront en place pour que le Mali reconstitue son Etat, que le Sahel ne devienne pas une zone de libre circulation de la drogue, des armes et trafics en tout genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Gauchafrique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu ce qui est advenu du gendarme am&#233;ricain au Moyen-Orient ; il ne faudrait pas que le retour du gendarme fran&#231;ais en Afrique francophone subisse le m&#234;me sort. Faute de s'&#234;tre pos&#233; ces questions depuis pr&#232;s de 100 ans, on b&#226;illonne les dissidents au nom de l'unit&#233; nationale. Chaque gouvernement fait taire les voix minoritaires. Puis quelques dizaines d'ann&#233;es plus tard, on r&#233;alise que l'on s'est tromp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait de grandes d&#233;clarations sur les mutins de Craonne, sur Vichy, sur la torture en Alg&#233;rie, sur S&#233;tif ou le 17 octobre, sur la Fran&#231;afrique. Ceux qui ont eu le courage d'interpeller le pouvoir sont morts et enterr&#233;s depuis longtemps. Peu m'importe que Jean Fran&#231;ois Cop&#233; ou Marine Le Pen soutiennent le gouvernement dans cette affaire, que seules quelques voix d&#233;rangeantes se fassent entendre dans le consensus actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne voudrais pas que, cette fois encore, faute d'avoir eu le d&#233;bat public indispensable sur la guerre ou la paix, sur la vie ou la mort, on dise qu'&#224; la Fran&#231;afrique a succ&#233;d&#233; la Gauchafrique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>NON &#224; l'intervention militaire fran&#231;aise au Mali</title>
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		<dc:date>2013-01-15T13:58:05Z</dc:date>
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		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-15</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui a dit que la Fran&#231;afrique c'&#233;tait fini ? Hollande n'avait pas de mots assez durs lors de sa campagne pour d&#233;noncer la politique de domination de l'Afrique par la France. Au mois d'octobre lors de son d&#233;placement &#224; Dakar il d&#233;clarait m&#234;me &#034; Il y a la France et il y a l'Afrique ! &#034;Tu parles Charles ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site du Nouveau Parti Anticapitaliste | vendredi 11 janvier 2013 &lt;br class='autobr' /&gt; 3 mois apr&#232;s il annonce le d&#233;clenchement de l'intervention militaire au Mali ! Il est pass&#233; du &#171; nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-799-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qui a dit que la Fran&#231;afrique c'&#233;tait fini ? Hollande n'avait pas de mots assez durs lors de sa campagne pour d&#233;noncer la politique de domination de l'Afrique par la France. Au mois d'octobre lors de son d&#233;placement &#224; Dakar il d&#233;clarait m&#234;me &#034; Il y a la France et il y a l'Afrique ! &#034;Tu parles Charles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du Nouveau Parti Anticapitaliste | vendredi 11 janvier 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;3 mois apr&#232;s il annonce le d&#233;clenchement de l'intervention militaire au Mali ! Il est pass&#233; du &#171; nous n'interviendrons pas &#187; au &#171; nous prot&#233;gerons nos ressortissants &#187; pour finir &#224; l'intervention directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne puissance coloniale n'entretient pas des troupes sur ce continent pour rien. Elle poursuit, dans la tradition de tous les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233;s, son r&#244;le de gendarme, pour prot&#233;ger ses int&#233;r&#234;ts, pour soutenir les gouvernements qui sont &#224; sa botte. La menace islamiste constitue le paravent de cette op&#233;ration militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA d&#233;nonce cette intervention militaire imp&#233;rialiste d&#233;cid&#233;e par Hollande, une fois de plus sur le dos des peuples ! Ce n'est pas de cette fa&#231;on que les maliens se lib&#233;reront de tous les fondamentalismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montreuil, le 11 janvier 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mali : les dessous imp&#233;rialistes d'une intervention franco-am&#233;ricaine</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mali-les-dessous-imperialistes-d-une-intervention-franco-americaine</link>
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		<dc:date>2013-01-15T13:57:05Z</dc:date>
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		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-15</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Au Mali, les menaces d'intervention am&#233;ricano-fran&#231;aises [visent] &#224; profiter de la d&#233;liquescence [de l'Etat] sous domination continue depuis les ind&#233;pendances [afin de] r&#233;introduire directement une pr&#233;sence militaire camoufl&#233;e derri&#232;re des arm&#233;es locales dont nul n'ignore l'insigne faiblesse &#187;. Par Mireille Fanon-Mendes-France, experte &#224; l'ONU et pr&#233;sidente de la Fondation Frantz Fanon. &lt;br class='autobr' /&gt;
07 novembre 2012| Mediapart.fr &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;coute attentive du discours des deux candidats &#224; la pr&#233;sidence (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Au Mali, les menaces d'intervention am&#233;ricano-fran&#231;aises [visent] &#224; profiter de la d&#233;liquescence [de l'Etat] sous domination continue depuis les ind&#233;pendances [afin de] r&#233;introduire directement une pr&#233;sence militaire camoufl&#233;e derri&#232;re des arm&#233;es locales dont nul n'ignore l'insigne faiblesse &#187;. Par Mireille Fanon-Mendes-France, experte &#224; l'ONU et pr&#233;sidente de la Fondation Frantz Fanon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;07 novembre 2012| Mediapart.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;coute attentive du discours des deux candidats &#224; la pr&#233;sidence des Etats-Unis a confirm&#233; l'orientation strat&#233;gique de d&#233;clencher une nouvelle guerre, aux cons&#233;quences totalement impr&#233;visibles, contre l'Iran. Dans ce but, l'establishment am&#233;ricain et ses m&#233;dias n'h&#233;sitent pas &#224; instiller l'id&#233;e que ce pays est sur le point de finaliser la bombe nucl&#233;aire. D&#232;s lors serait un danger pour l'ensemble du monde mais particuli&#232;rement pour l'Etat d'Isra&#235;l, dernier rempart moyen-oriental d'un Occident dont l'influence se contracte irr&#233;sistiblement et dont le mod&#232;le lib&#233;ral est entr&#233; dans une crise terminale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis se posent en gardien de la paix et de la s&#233;curit&#233; internationales. Ainsi qu'on a pu le voir en Irak o&#249; leur intervention a &#233;t&#233; impos&#233;e &#224; la communaut&#233; internationale par le mensonge, en Afghanistan o&#249; celle-ci a &#233;t&#233; justifi&#233;e au nom de la d&#233;mocratie et contre la situation faite aux femmes, les Etats-Unis ont bien l'intention d'attaquer l'Iran d&#232;s que leur calendrier sera en coh&#233;rence avec celui de l'Etat d'Isra&#235;l. Mais, entretemps, Washington ne perd pas de vue son objectif principal : contrer la progression globale de la Chine dans la grande guerre pour les ressources de la plan&#232;te. Et dans ce conflit encore feutr&#233; mais qui pourrait se transformer en guerre chaude, l'Afrique est le continent de tous les enjeux. Le rapport &#171; Horizons strat&#233;giques &#187; publi&#233; par le Minist&#232;re fran&#231;ais de la D&#233;fense, avril 2012, anticipe cette &#233;ventualit&#233; et s'inqui&#232;te du face-&#224;-face Chine-Etats-Unis : &#171; enfin, sans conduire &#224; une logique bipolaire, le format de la relation sino-am&#233;ricaine devient, qu'on le souhaite ou non, l'enjeu de la gouvernance de demain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien sous cet angle que doit &#234;tre &#233;valu&#233;e la situation du Mali et les menaces d'intervention am&#233;ricano-fran&#231;aises. Il s'agit de profiter de la d&#233;liquescence d'Etats sous domination continue depuis les ind&#233;pendances pour r&#233;introduire directement une pr&#233;sence militaire camoufl&#233;e derri&#232;re des arm&#233;es locales dont nul n'ignore l'insigne faiblesse. Dans ce jeu g&#233;ostrat&#233;gique, le Mali devient otage d'une volont&#233; des Etats imp&#233;rialistes et de leurs soutiens. Ceux-ci souhaitent porter partout la guerre sans fin, de fa&#231;on &#224; interdire la progression d'une puissance adverse et, dans le m&#234;me mouvement, d'&#233;radiquer toute volont&#233; des peuples &#224; r&#233;sister &#224; l'ordre ultralib&#233;ral mondialis&#233; construit sur la financiarisation et la militarisation. En r&#233;pondant &#224; l'appel &#224; l'aide de son alli&#233; fran&#231;ais d&#233;sormais incapable, &#224; lui seul, de g&#233;rer son pr&#233; carr&#233; africain, les Etats-Unis d&#233;montrent leur sens de l'opportunisme. La pr&#233;sence am&#233;ricaine dans le Sahel permet de contr&#244;ler directement l'acc&#232;s &#224; des ressources essentielles, l'uranium notamment, et de conf&#233;rer une profondeur strat&#233;gique &#224; leur action sur le continent et au Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Etats-Unis et Africom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape pour les Etats-Unis qui avaient compris que l'ancienne puissance coloniale de l'Afrique francophone, la France, n'avait plus les moyens de jouer le r&#244;le de soutien et de protecteur effectif des transnationales implant&#233;es pour capter les ressources naturelles indispensables &#224; leur domination &#233;conomique, &#233;tait d'implanter des bases Africom. Il y a six ans, les Etats-Unis, par le biais d'Africom, ont d&#233;cid&#233; d'un cadre militaire sp&#233;cifique au continent afin de faciliter sa mise sous tutelle. Les Etats-Unis ont &#233;toff&#233; leur pr&#233;sence militaire, notamment par des bases plus ou moins secr&#232;tes sur l'ensemble du continent. C'est ainsi qu'Africom a commenc&#233; son installation au Mali par des programmes de formation &#224; l'intention de quelque 6 000 soldats de l'arm&#233;e malienne, dans l'incapacit&#233; de contr&#244;ler le territoire parce qu'insuffisamment form&#233;s et arm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert d'une op&#233;ration &#171; Creek Sand &#187;, des militaires et des entrepreneurs am&#233;ricains sont arriv&#233;s au Mali pour des missions de renseignement. Par ailleurs, d&#232;s 2009, le Pentagone avait envisag&#233; l'int&#233;gration dans l'arm&#233;e malienne de commandos am&#233;ricains mais aussi le survol du territoire par des avions de surveillance ressemblant &#224; des avions de transport civil, mais cela a &#233;t&#233; abandonn&#233;. Enfin au moins partiellement[4], puisqu'en avril dernier, six personnes, dont trois soldats am&#233;ricains accompagn&#233;s de trois ressortissantes marocaines, ont trouv&#233; la mort &#224; Bamako lorsque leur 4x4 a plong&#233; dans le fleuve Niger. Que faisaient-ils l&#224; ? Officiellement, les Etats-Unis avaient annonc&#233; avoir suspendu toutes relations miliaires avec le gouvernement malien, &#224; la suite du coup d'Etat du mois de mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accident semble fortement confirmer le contraire : au nord Mali, des unit&#233;s d'&#233;lite, investies secr&#232;tement dans des actions de contre-terrorisme visant officieusement Aqmi, &#233;taient bien pr&#233;sentes et le sont probablement encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une intervention militaire au Mali&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde &#233;tape consiste &#224; pr&#233;parer l'opinion publique internationale &#224; une intervention au nord Mali au nom de la d&#233;mocratie et de l'ordre constitutionnel, du patrimoine culturel mondial mis en p&#233;ril par des terroriste islamistes et de la souffrance des populations, qui, rappelons-le, paient le prix fort de tout conflit interne ou import&#233; par ceux qui veulent imposer leur loi. Ces raisons m&#233;ritent questionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont &#224; la fois mis en avant la situation humanitaire des populations du nord et du sud mais ne peut &#234;tre omis que de nombreux partenaires, dont l'Union europ&#233;enne, les Etats-Unis, la Belgique, le Canada, la France (1) et des institutions financi&#232;res ont d&#233;cid&#233;, au lendemain du coup d'Etat, de suspendre leurs aides au Mali, pr&#233;cipitant l'ensemble de la soci&#233;t&#233; malienne dans une pauvret&#233; encore plus grande ; cet &#171; embargo &#187; financier a &#233;t&#233; renforc&#233; par un &#171; embargo &#187; politique. L'Organisation internationale de la Francophonie (2) a suspendu le Mali d&#232;s le 30 mars ; l'Union Africaine (3)d&#232;s le 23 mars et la Communaut&#233; &#233;conomique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) d&#232;s le 27 mars. Il aura fallu la quasi-certitude d'une intervention militaire pour que certaines instances reviennent sur leur d&#233;cision de bannir le Mali de leur communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Hollande, quant &#224; lui, revendique son droit &#224; d&#233;livrer les otages &#8211;cela semble compter bien peu- mais surtout &#224; prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais. Pour mieux faire accepter une intervention militaire, il cache des intentions n&#233;ocoloniales partag&#233;es derri&#232;re le besoin d'une intervention pour &#171; &#233;radiquer le terrorisme dans l'int&#233;r&#234;t de ce pays, de l'Afrique et de la stabilit&#233; du monde &#187;. Certes, l'Islam radical &#8211;d&#233;sign&#233; globalement et sous nuances par le terme &#171; terrorisme &#187; pour conditionner l'opinion&#8211; dispose de bases dans le Sahel, sur les routes du p&#233;trole, du gaz et de l'uranium, mais ne soyons pas na&#239;fs, son &#233;mergence et sa consolidation ont bien &#233;t&#233; favoris&#233;es &#8211;notamment par les Saoudiens et les Qataris- pour servir les int&#233;r&#234;ts des Occidentaux et particuli&#232;rement ceux des Am&#233;ricains. Cette consolidation des positions des fondamentalistes correspond au vide institutionnel que l'Etat malien d&#233;liquescent a laiss&#233; s'installer dans la r&#233;gion. Les Jihadistes font la loi et assurent une sorte de service public (par la distribution d'eau, de vivres et de m&#233;dicaments) l&#224; o&#249; des potentats disposaient de mani&#232;re r&#233;galienne du r&#233;el pouvoir d'Etat. La lutte contre le terrorisme est l'argument rh&#233;torique pour justifier la mise sous tutelle du Mali et faire main basse sur les ressources naturelles de cette r&#233;gion du monde dont les multinationales veulent s'arroger le monopole. On ne peut, bien s&#251;r, ignorer que nombre de citoyennes et de citoyens maliens souhaitent, eux aussi, la fin de l'Islam radical et des exactions qui l'accompagnent sur leur territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Maliens, dans leur ensemble, d&#233;sirent vivre en assumant leur droit &#224; l'autod&#233;termination, leur droit &#224; disposer pleinement de leurs ressources naturelles et leur droit &#224; choisir librement leur repr&#233;sentation politique sans qu'un pays, ancien ou futur colonisateur, vienne leur dire ce qui est bon pour eux, au nom de la &#171; responsabilit&#233; de prot&#233;ger &#187; et/ou la d&#233;mocratie mais surtout au nom de la lutte contre le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident fran&#231;ais n'h&#233;site pas, pour se doter d'une &#171; l&#233;gitimit&#233; &#187; moins discutable et pour convaincre les derniers r&#233;calcitrants, &#224; affirmer qu'il s'agit de &#171; casser un processus fond&#233; sur le trafic de drogue, d'armes, d'&#234;tres humains qui risque de d&#233;stabiliser l'ensemble de la r&#233;gion (&#8230;) &#187;. Mais qui contr&#244;le et &#224; qui profite exactement le trafic de drogue, d'armes et d'&#234;tres humains ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mali ne poss&#232;de pas d'armes de destruction massive mais sur son territoire se retrouvent tous les ingr&#233;dients pour que les Occidentaux s'autorisent &#224; intervenir au nom de ce qu'ils consid&#232;rent comme leur mission depuis l'&#233;poque o&#249; ils ont foul&#233;, pour la premi&#232;re fois, d'autres terres que les leurs. Leur mission imprescriptible et immuable est de &#171; sauver leur monde &#187; ; la lutte de la Civilisation (ou de l'Axe du Bien) contre le terrorisme est une des nouvelles d&#233;nominations du cr&#233;do imp&#233;rialiste. Et comme le veut l'usage, le moyen d'imposer les lumi&#232;res et la Civilisation, par essence, est la guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport &#171; Horizons strat&#233;giques &#187; permet de constater que, d'une part, m&#234;me si le Pr&#233;sident de la France change, les relations coupables de la Fran&#231;afrique perdurent, le n&#233;ocolonialisme vit encore de beaux jours. Une fois &#233;lu, rien ne change alors que le candidat Hollande avait claironn&#233;, durant sa campagne, qu'il allait tout changer. D'autre part, ce rapport pointe un possible affaiblissement de la sph&#232;re occidentale ce qui renforcerait encore plus le besoin en s&#233;curit&#233; globale &#171; dont les Etats-Unis continueraient d'assurer la ma&#238;trise d'ouvrage (&#8230;) &#187; avec &#171; la possible &#233;mergence d'un r&#233;f&#233;rentiel unique en mati&#232;re de contrat op&#233;rationnel et, surtout, un processus d&#233;cisionnel ma&#238;tris&#233; de plus en plus &#233;troitement par les &#201;tats-Unis &#187;. En toute objectivit&#233;, les r&#233;dacteurs du rapport, envisagent qu'&#171; indirectement donc, l'autonomie de nos d&#233;cisions relatives &#224; notre environnement international de s&#233;curit&#233; pourrait &#234;tre r&#233;guli&#232;rement mise &#224; l'&#233;preuve d'ici 2040 &#187;, particuli&#232;rement si &#171; un retrait de la pr&#233;sence militaire am&#233;ricaine en Europe &#187; n'&#233;tait &#171; pas suivi d'une strat&#233;gie concert&#233;e entre Europ&#233;ens sur les modalit&#233;s de la s&#233;curit&#233; du continent &#187; ce qui &#171; aurait des effets n&#233;fastes pour la stabilit&#233; de la r&#233;gion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Construction d'une alliance militaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose, &#224; l'heure actuelle, la question des alliances pour mener cette guerre dont les premi&#232;res victimes seront les Maliens eux-m&#234;mes, mais aussi les Mauritaniens, les Nig&#233;riens, les Burkinabais, les Alg&#233;riens avec des cons&#233;quences &#233;videntes pour les Guin&#233;ens, les Ivoiriens et les S&#233;n&#233;galais. Autant dire que toute l'Afrique sah&#233;lienne et de l'ouest pourrait s'embraser et s'enfoncer dans une guerre sans fin &#224; l'instar de celles men&#233;es en Irak et en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CEDAO, malgr&#233; les orientations bellicistes qui lui sont dict&#233;es par ses mentors parisiens, n'a ni les moyens humains ni mat&#233;riels pour mener une intervention lourde et complexe. Sous forte influence, pour ne pas dire sous la conduite directe, de l'ex-m&#233;tropole, elle a donc recherch&#233; un soutien ext&#233;rieur, obtenu &#224; l'issue du vote &#224; l'unanimit&#233; de la R&#233;solution 2071 adopt&#233;e par le Conseil de s&#233;curit&#233;, consid&#233;rant notamment que &#171; la situation au Mali constitue une menace contre la paix et la s&#233;curit&#233; internationales &#187; et qui &#171; se d&#233;clare pr&#234;t &#224; donner suite &#224; la demande des autorit&#233;s de transition maliennes qu'une force militaire internationale pr&#234;te son concours aux forces arm&#233;es maliennes en vue de la reconqu&#234;te des r&#233;gions occup&#233;es du nord du Mali &#187;. Reste &#224; savoir qui participera &#224; cette force internationale qui &#224; terme devrait, selon les termes du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations Unies, &#171; &#233;laborer une strat&#233;gie globale portant sur les probl&#232;mes transfrontaliers du Sahel : les armes, les r&#233;fugi&#233;s et le terrorisme &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de d&#233;limiter les contours de cette force, le gouvernement transitoire du Mali a, maintenant un peu moins de 45 jours pour d&#233;finir, en liaison avec ses partenaires de la CEDAO et de l'Union africaine, un &#171; concept d'op&#233;ration &#187; -conditions concr&#232;tes de l'aide ext&#233;rieure, modalit&#233;s du d&#233;ploiement sur le terrain, forces venant de diff&#233;rents pays. Ce n'est qu'&#224; l'issue de ces 45 jours, qu'une autre r&#233;solution autorisera le d&#233;ploiement de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union, tenue dans le cadre du Conseil europ&#233;en -18 et 19 octobre &#224; Bruxelles-, semble avoir pr&#233;cis&#233; le cadre de cette force qui devrait prendre mod&#232;le sur l'Amisom- mission de l'Union africaine en Somalie- qui, soutenue par l'European Union Training Mission Somalia -EUTM Somalia- aurait contribu&#233; &#224; arr&#234;ter les jihadistes Chebabs en Somalie. Il s'agit l&#224; d'une interpr&#233;tation optimiste. M&#234;me si les Chebabs somaliens sont en recul, la guerre dure en Somalie et la paix n'est pas &#224; l'ordre du jour, le pays est toujours en &#233;tat de guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est, d&#232;s lors, pour le moins curieux de se revendiquer d'un mod&#232;le qui n'a pas fait ses preuves et dont la fin de la &#171; formation &#187; ne prendra effet qu'en d&#233;cembre 2012, date &#224; laquelle pr&#232;s de 3 000 soldats somaliens auront &#233;t&#233; form&#233;s par quelque 675 instructeurs europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mission de formation au Mali (Micema) compte 3 000 hommes environ. Elle devrait contribuer &#224; la r&#233;organisation et &#224; l'entra&#238;nement des forces de d&#233;fense maliennes et se trouver sous mandat de l'Union africaine et de l'ONU. La France, la Grande-Bretagne et l'Espagne ont accept&#233; d'y participer, l'Italie, la Belgique aussi, l'Allemagne vient de se d&#233;cider ; seuls la Pologne et les pays nordiques font encore attendre leur d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est bien &#233;vident que la force de la Cedeao avec ou sans l'appui logistique de l'Otan ne suffira pas. Dans l'appel des acteurs, sur ce champ martial un des protagonistes essentiels semble ren&#226;cler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une inconnue de taille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste en effet une inconnue de taille et dont d&#233;pendent l'entr&#233;e et l'issue de cette guerre : l'Alg&#233;rie va-t-elle accepter de participer &#224; cette force ? Jusqu'&#224; pr&#233;sent, elle a refus&#233; toute intervention militaire hors de ses fronti&#232;res. De plus les Alg&#233;riens qui connaissent bien la r&#233;gion et les autres acteurs estiment que 3 000 hommes, dans un th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations de plus de 8 000 km2 et face &#224; une gu&#233;rilla d&#233;termin&#233;e et soutenue par les populations Touaregs, sont loin de constituer une force suffisante. Il est indispensable pour les Alg&#233;riens d'identifier pr&#233;cis&#233;ment les groupes de gu&#233;rilla et d'&#233;tablir une distinction nette entre subversion jihadiste, incarn&#233;e par le Mouvement pour l'unicit&#233; et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et Aqmi, et le groupe militaro-politiques, An&#231;ar Eddine et le Mouvement national de lib&#233;ration de l'Azawa (Mnla), qui ont un r&#233;el ancrage dans les populations locales. Dans une optique de guerre indiff&#233;renci&#233;e, l'adversaire m&#232;nera une guerre d'usure qu'il gagnera &#224; coup s&#251;r contre une formation militaire telle que la pense la Cedeao, qui ne conna&#238;t pas, non plus, le terrain saharien. Les groupes arm&#233;s s'appuieront sur la population locale, des Touaregs, pour qui une arm&#233;e africaine &#233;quivaut &#224; une force d'occupation &#233;trang&#232;re. A l'heure actuelle, l'Alg&#233;rie, apr&#232;s avoir pond&#233;r&#233; son avis, accepterait, selon le tr&#232;s influent service de renseignement alg&#233;riens, le D&#233;partement du renseignement et de la s&#233;curit&#233; (DRS), d'offrir un appui logistique &#224; la future force africaine d'intervention dans le nord du Mali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat alg&#233;rien entretient de bons rapports avec les Etats-Unis mais sait aussi qu'il suscite la convoitise &#224; cause de ses propres ressources et de sa position g&#233;ographique qui ouvre les portes vers le Sahel avec ses richesses &#233;nerg&#233;tiques et son potentiel souterrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie se montre h&#233;sitante mais il n'&#233;chappe &#224; personne que dans la r&#233;gion, c'est le seul Etat, disposant d'une arm&#233;e puissante et &#233;quip&#233;e, capable d'envisager une confrontation de longue haleine avec les rebelles, m&#234;me si elle sait que cela reste risqu&#233;. D&#232;s lors, ceux qui s'auto-d&#233;signent comme &#171; communaut&#233; internationale &#187;, essentiellement les Occidentaux du G5 (Etats-Unis, Japon, Grande-Bretagne, Allemagne et France), s'impatientent : au premier chef la France et elle le fait savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fabrication de l'ennemi de l'int&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas &#234;tre exclue des richesses &#224; prendre et qu'elle n'a pas su garder mais aussi pour montrer sa participation active &#224; l'Axe du Bien tel que pens&#233; par George W. Bush, la France, apr&#232;s avoir &#339;uvr&#233; en vue du vote de la r&#233;solution 2071, m&#232;ne, sur son propre territoire, une guerre multiforme contre les terroristes, les jihadistes, les islamistes fanatiques, ..., laquelle parfois, &#224; la lumi&#232;re des &#171; unes &#187; de certains hebdomadaires, ressemble ni plus ni moins &#224; une guerre contre l'Islam, prolongement et succ&#233;dan&#233; de la guerre perdue d'Alg&#233;rie. Une guerre polici&#232;re mais aussi id&#233;ologique, psychologique et tr&#232;s lourdement m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce combat oblique o&#249; l'ennemi n'est pas seulement le terroriste arm&#233; mais celui qui proclame sa diff&#233;rence, la R&#233;publique n'h&#233;site pas &#224; recourir &#224; l'arsenal des stigmatisations n&#233;ocoloniales et &#224; la diabolisation de l'&#233;tranger inassimilable. La m&#233;thode est &#233;prouv&#233;e mais la R&#233;publique ne veut pourtant, &#224; aucun titre, en assumer les origines collaborationnistes et coloniales. La France des &#233;lites laisse (ou pousse) une partie de son opinion d&#233;river vers une repr&#233;sentation europ&#233;o-centr&#233;e qui d&#233;signe l'Autre, l'Etranger en tant que responsable de l'errance politique des repr&#233;sentants politiques (y compris ceux au gouvernement), du d&#233;litement de la pens&#233;e intellectuelle et d'une crise sociale, &#233;conomique et finalement morale et culturelle. Il est aujourd'hui admis et consid&#233;r&#233; comme absolument normal de r&#233;&#233;crire une &#171; histoire &#187; plus &#171; politiquement correcte &#187;, bas&#233;e sur une conception raciste ou ethnoculturelle du monde. Ce prisme r&#233;ducteur et dangereux est de plus en plus pr&#233;sent dans le champ politique. C'est ainsi que l'on entend les intellectuels organiques du lib&#233;ralisme au pouvoir distiller &#224; longueur de colonnes et sur tous les plateaux de t&#233;l&#233;vision les th&#233;matiques de l'arabophobie et de l'islamophobie (5). Le racisme se fond aujourd'hui dans un ensemble de m&#233;canismes d'exclusion et d'inf&#233;riorisation qui semblent fonctionner de mani&#232;re autonome, sans que personne n'ait &#224; s'assumer explicitement raciste mais o&#249; tous comprennent le langage le code de l'exclusion. Les superstructures id&#233;ologiques d'Etat nourrissent l'exclusion par des stigmatisations essentialistes. De &#171; l'homme noir qui n'est pas entr&#233; dans l'histoire &#187; &#224; une la&#239;cit&#233; de combat, l'essentialisme est bien l'habit neuf d'un vieux discours. Les hi&#233;rarchies ontologiques visent &#224; diff&#233;rencier irr&#233;m&#233;diablement pour mieux exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un climat de x&#233;nophobie ascendante et d'&#233;miettement social, le racisme est v&#233;cu au quotidien, p&#232;se fortement sur les constructions identitaires des individus et vient de mani&#232;re, &#244; combien opportune pour le syst&#232;me, transcender les clivages de la mis&#232;re et les logiques d'exclusion qui concerne des cat&#233;gories croissantes de Fran&#231;ais. En ce sens la figure sociale de l'Alg&#233;rien, en France ou en Alg&#233;rie, pour les Fran&#231;ais n'a pas chang&#233; depuis la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut affirmer que la raison de ce racisme tient au fait que ces repr&#233;sentations ont pr&#233;c&#233;d&#233; les Fran&#231;ais issus de la lutte pour l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, au-del&#224; m&#234;me de la p&#233;riode coloniale. C'est ainsi que la reprise du th&#232;me du &#171; racisme anti-blanc &#187; par un parti de droite &#171; r&#233;publicain &#187; est r&#233;v&#233;latrice de l'impr&#233;gnation d'un discours essentialiste directement h&#233;rit&#233; de la colonisation et de la guerre d'Alg&#233;rie. On le sait, le soi-disant racisme anti-blanc est la premi&#232;re ligne de d&#233;fense du racisme r&#233;el, celui des colonisateurs et des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;merger d'un pass&#233; traumatique et visiblement ind&#233;passable ? La question est d'autant plus complexe qu'elle renvoie irr&#233;sistiblement aux enjeux actuels du d&#233;bat sur l'immigration et &#224; l'enracinement dans la soci&#233;t&#233; de jeunes Fran&#231;ais issus de minorit&#233;s &#171; visibles &#187;. C'est sur ce terreau naus&#233;abond que l'on voit des intellectuels -presque toujours- d'origine alg&#233;rienne d&#233;sign&#233;s (6) &#224; la vindicte au pr&#233;texte qu'ils feraient l'apologie du &#171; racisme anti-blanc &#187;. Appara&#238;t dans l'espace politico-social la d&#233;signation de responsables des errances d'une soci&#233;t&#233; qui se r&#233;veille chaque jour un peu plus raciste, chauff&#233;e &#224; blanc par ses m&#233;dias engag&#233;s &#224; des degr&#233;s divers dans la d&#233;fense de l'Etat d'Isra&#235;l et du mouvement sioniste, reprenant &#224; son compte les d&#233;lires racistes datant de la lutte de lib&#233;ration nationale de l'Alg&#233;rie. Cette accusation n'est pas sans lien avec la guerre programm&#233;e au Mali et l'&#233;ventuelle agression de l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit pour ceux qui dominent et qui veulent p&#233;renniser cette domination au nom des multinationales et des banques de d&#233;signer ceux qui emp&#234;cheraient ou leur &#171; paix &#187; et leur &#171; s&#233;curit&#233; internationales &#187; ou leur &#171; coh&#233;sion sociale &#187;. Leur volont&#233; de porter la guerre au Mali, certes au nom de la lib&#233;ration du nord de forces r&#233;trogrades, ce que d&#233;sirent de nombreux Maliens, n'est pas sans lien avec ce que le rapport &#171; Horizons strat&#233;giques &#187; cit&#233; plus haut dit de la peur que suscitent, chez les Occidentaux, la r&#233;surgence puissante du panafricanisme et la volont&#233; de certains Etats africains d'assumer leur souverainet&#233; sans &#171; tuteurs &#187;. De nombreux intellectuels et politiques du continent font entendre leur d&#233;sir d'&#234;tre d&#233;barrass&#233;s de certains des accords bilat&#233;raux qui les maintiennent dans un statut de soumission &#8211;militaires, policiers, &#233;conomiques ou portant sur les migrations. Ces revendications successives sont, pour les anciens colonisateurs, inacceptables. Ce n'est pas pour rien que les vigies occidentales scrutent avec angoisse les r&#233;voltes arabes. Les centres n&#233;ocoloniaux craignent bien trop la prise en main du processus de lib&#233;ration de la dictature par le mouvement social. Outre la fabrication a&#233;roport&#233;e d'une r&#233;volution assujettie comme en Libye, les Occidentaux, forts de leurs relais saoudiens et qataris, poussent leurs pions et tentent d'influer les luttes internes comme en Tunisie, o&#249; certains se d&#233;lectent de la mont&#233;e de l'Islam obscurantiste et des faux d&#233;bats autour de valeurs morales qu'il introduit pour d&#233;tourner les populations tunisiennes des r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques et politiques de la domination et de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bombardement envisag&#233; sur l'Iran proc&#232;de de la m&#234;me logique. Il s'agit de mettre &#224; l'index ceux qui s'opposent &#224; l'ordre du monde imp&#233;rialiste et de les exclure de la communaut&#233; internationale ; tout comme il s'agit d'exclure de la soci&#233;t&#233; ceux qui d&#233;noncent la droitisation de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Il s'agit pour les dominants d'utiliser des instruments de r&#233;pression politico-id&#233;ologique et de remise en cause des droits politiques et civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis et leurs alli&#233;s assument pleinement la logique du dit &#171; choc des civilisations &#187;, entre Etats mais aussi entre citoyens d'un m&#234;me pays, en l&#233;gitimant l'&#233;tat d'exception international mis en place par les puissants contre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Terrorisme versus paix et s&#233;curit&#233; internationales &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande menace &#224; la paix et &#224; la s&#233;curit&#233; internationales se trouve dans la violence des pays occidentaux, sp&#233;cialement des Etats-Unis et de leurs alli&#233;s europ&#233;ens qui violent syst&#233;matiquement le droit international et la Charte des Nations Unies, sous couvert de lutte contre le terrorisme, comme c'est le cas en Irak, en Afghanistan, au Soudan, &#224; Cuba, en Ha&#239;ti , en Serbie, en C&#244;te d'ivoire et bient&#244;t au Mali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus caract&#233;ristique est celui de la Palestine qui, depuis plus de soixante ans, est exil&#233;e &#8211;aussi bien sur son territoire qu'&#224; l'international -par une &#171; communaut&#233; internationale &#187;- r&#233;duite au G5 occidental : il maintient l'ensemble des Palestiniens exclus des normes imp&#233;ratives du droit international et du droit humanitaire international mais aussi du droit &#224; leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette communaut&#233; d'alli&#233;s qui, en prot&#233;geant l'Etat isra&#233;lien et en le laissant commettre des crimes de guerre, toujours impunis, contribue d&#233;cisivement &#224; la violation des normes imp&#233;ratives du droit international et, surtout joue le r&#244;le de courroie de transmission d'un projet et d'un mod&#232;le politique, id&#233;ologique et &#233;conomique qui vise &#224; l'instauration d'un ordre international fond&#233; sur la guerre sans fin, la discrimination, l'apartheid, la force, la domination des peuples et la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cela a &#233;t&#233; le cas en Libye o&#249; l'intervention de l'Otan a &#233;t&#233; possible gr&#226;ce &#224; l'injonction paradoxale port&#233;e par ceux qui ont vot&#233; la r&#233;solution 1973, ils affirment d'un c&#244;t&#233;, &#171; leur ferme attachement &#224; la souverainet&#233;, &#224; l'ind&#233;pendance, &#224; l'int&#233;grit&#233; territoriale et &#224; l'unit&#233; nationale de la Jamahiriya arabe libyenne &#187; et de l'autre envoient des forces arm&#233;es pour obtenir plus rapidement l'assassinat en direct de Kadhafi en dehors de toute l&#233;galit&#233; internationale au regard de la Charte des Nations Unies, laissant le pays dans une situation de grave d&#233;stabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie menace &#224; la paix internationale est la pauvret&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e des populations du Sud, le pillage de leurs ressources naturelles par les soci&#233;t&#233;s transnationales et les guerres qu'elles d&#233;clenchent pour p&#233;renniser leur h&#233;g&#233;monie ou pr&#233;venir l'intrusion du nouveau concurrent chinois. C'est bien dans la r&#233;alit&#233; de la mis&#232;re g&#233;n&#233;ralis&#233;e et organis&#233;e par la mondialisation lib&#233;rale que peuvent &#234;tre d&#233;finis les ressorts profonds du terrorisme et des id&#233;ologies du d&#233;sespoir. L'imp&#233;rialisme et ses relais locaux ont, traditionnellement, utilis&#233; pour leurs propres aventures et toujours &#224; leur avantage les mouvements fanatiques apolitiques et les desperados qu'ils subjuguent. Les m&#233;dias omettent de le rappeler mais le terrorisme islamiste contemporain est n&#233; en Afghanistan pour contrer l'Union sovi&#233;tique. Ce terrorisme, financ&#233; par les Saoudiens et soutenu &#224; bout de bras par les Am&#233;ricains et leurs alli&#233;s, a fini par avoir raison de l'arm&#233;e rouge et a pr&#233;cipit&#233; l'effondrement de l'URSS. On le voit, hier instrument commode et efficace, le terrorisme islamiste est aujourd'hui un &#233;pouvantail tout aussi op&#233;rant. Le terrorisme, cons&#233;quence du d&#233;sespoir que l'ordre injuste impose aux peuples, est aussi un instrument entre les mains des architectes de la mondialisation lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mali, en France, aux Etats-Unis mais aussi dans de nombreux autres pays, le terrorisme islamiste est un argument fondamental dans la justification des aventures bellicistes de l'imp&#233;rialisme et des atteintes aux libert&#233;s dans les soci&#233;t&#233;s occidentales elles-m&#234;mes. La guerre globale et &#233;ternelle contre l'islamisme alimente un discours raciste qui permet de d&#233;tourner l'attention des populations des pays industrialis&#233;s confront&#233;es &#224; une crise &#233;conomique majeure. La lib&#233;ration de l'impens&#233; raciste occupe une place centrale dans le discours politique &#171; d&#233;complex&#233; &#187; par temps de ch&#244;mage g&#233;n&#233;ralis&#233; et de creusement sans pr&#233;c&#233;dent des in&#233;galit&#233;s. En Europe comme en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(1) Sur le site du MAE, &#171; Depuis le coup d'Etat du 22 mars, la France a suspendu toutes ses coop&#233;rations r&#233;galiennes avec le Mali. Elle maintient son aide en faveur de la population, en particulier l'aide alimentaire, ainsi que la coop&#233;ration en mati&#232;re de lutte contre le terrorisme. &#187; &lt;a href=&#034;http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/mali/la-france-et-le-mali/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/mali/la-france-et-le-mali/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Communiqu&#233; du 30 mars 2012 dans lequel le Conseil permanent de la Francophonie a d&#233;cid&#233; &#171; la suspension de ce pays des instances francophones, y compris la suspension de la coop&#233;ration multilat&#233;rale francophone &#224; l'exception des programmes qui b&#233;n&#233;ficient directement aux populations civiles et de ceux qui peuvent concourir au retour &#224; l'ordre constitutionnel et au r&#233;tablissement de la d&#233;mocratie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Communiqu&#233; du 23 mars dernier transmis par Paul Lolo, pr&#233;sident du Conseil de paix et de s&#233;curit&#233; de l'organisation panafricaine : &#171; Le Conseil a d&#233;cid&#233; que le Mali devrait &#234;tre suspendu sine die de toute nouvelle participation jusqu'au retour effectif de l'ordre constitutionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Conf&#233;rence de presse tenue &#224; l'Elys&#233;e lors de la venue du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) A ce sujet, lire Thomas Deltombe, L'Islam imaginaire (Editions La D&#233;couverte), octobre 2007 et S&#233;bastien Fontennelle et alii, Les Editocrates (Editions La D&#233;couverte) 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) Houria Bouteljda, porte-parole du Parti des Indig&#232;nes de la R&#233;publique ; &lt;a href=&#034;http://www.indigenes-republique.fr/bloghouria&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.indigenes-republique.fr/bloghouria&lt;/a&gt; et Sa&#239;d Bouamama, sociologue, animateur du Forum de l'Immigration et des Quartiers populaires ; dailynord.fr/2012/10/36389/&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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