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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur : l'ASS&#201; lance un ultimatum &#224; Pierre Duchesne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sommet-sur-l-enseignement-superieur-l-ASSE-lance-un-ultimatum-a-Pierre-Duchesne-13044</link>
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		<dc:date>2013-02-05T15:19:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante (ASS&#201;)</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-05</dc:subject>
		<dc:subject>Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Association pour une Solidarit&#233; Syndicale &#201;tudiante (ASS&#201;), qui s'est r&#233;unie en Congr&#232;s &#224; Saint-F&#233;licien la fin de semaine derni&#232;re, lance une derni&#232;re perche au ministre Duchesne. Ce dernier devra remplir ses engagements pour que l'ASS&#201; participe au Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt; L'ultimatum s'articule autour de trois revendications. D'abord, l'instauration de la gratuit&#233; scolaire doit &#234;tre reconnue comme un sc&#233;nario envisageable durant la rencontre finale. Ensuite, les seuls (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-05&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Vers-le-sommet-sur-l-education-superieure-+" rel="tag"&gt;Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH128/arton13044-c4403.jpg?1677097394' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='128' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Association pour une Solidarit&#233; Syndicale &#201;tudiante (ASS&#201;), qui s'est r&#233;unie en Congr&#232;s &#224; Saint-F&#233;licien la fin de semaine derni&#232;re, lance une derni&#232;re perche au ministre Duchesne. Ce dernier devra remplir ses engagements pour que l'ASS&#201; participe au Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ultimatum s'articule autour de trois revendications. D'abord, l'instauration de la gratuit&#233; scolaire doit &#234;tre reconnue comme un sc&#233;nario envisageable durant la rencontre finale. Ensuite, les seuls sc&#233;narios envisag&#233;s concernant la contribution &#233;tudiante ne doivent pas &#234;tre des hausses de frais de scolarit&#233;, l'indexation en &#233;tant une. Enfin, des m&#233;canismes d'assurance-qualit&#233; ne doivent pas &#234;tre reconnus au sein d'un Conseil des universit&#233;s. Si le gouvernement continue d'&#233;carter certaines options alors qu'il nous a longuement r&#233;p&#233;t&#233; que tout &#233;tait sur la table, l'ASS&#201; a l'intention de quitter le Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Sommet perd rapidement sa cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s de ses acteurs et actrices et de la population. Alors qu'il devait permettre une v&#233;ritable r&#233;flexion sur la mission de l'universit&#233; qu&#233;b&#233;coise, le gouvernement trahit ses promesses envers les &#233;tudiants et les &#233;tudiantes en utilisant le Sommet pour l&#233;gitimer des d&#233;cisions d&#233;j&#224; prises &#187;, rappelle J&#233;r&#233;mie B&#233;dard-Wien, porte-parole de l'ASS&#201;. &#171; M. Duchesne, l'heure est aux choix. Nous rappellerons-nous de votre Sommet comme d'un mauvais exercice de relations publiques ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ASS&#201; tiendra une manifestation nationale en marge du Sommet, le 26 f&#233;vrier prochain au Square Victoria, &#224; 14h. La manifestation aura pour th&#232;me &#171; Au Sommet de l'indexation, manifestons pour une &#233;ducation libre, accessible et gratuite ! &#187;. Elle permettra &#224; la population de d&#233;fendre les acquis de la gr&#232;ve face &#224; une &#233;ventuelle indexation des frais de scolarit&#233;. &#171; Nous ne nous faisons pas d'illusions. &#171; Seule une mobilisation sociale nous permettra de cheminer vers la gratuit&#233; scolaire &#187;, conclut M. B&#233;dard-Wien. D&#233;j&#224;, trois associations &#233;tudiantes ont r&#233;pondu &#224; l'appel de l'ASS&#201; et tiendront une journ&#233;e de gr&#232;ve &#224; l'occasion : plusieurs assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sont &#224; venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vers le sommet (1) : le Qu&#233;bec se prive volontairement de 27 000 &#233;tudiant-es</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Vers-le-sommet-1-le-Quebec-se-prive-volontairement-de-27-000-etudiant-es</link>
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		<dc:date>2013-02-05T15:14:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-05</dc:subject>
		<dc:subject>Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dimanche dernier, lors du mot de cl&#244;ture de l'&#201;cole d'hiver de l'Institut du nouveau monde (INM), le ministre de l'&#233;ducation sup&#233;rieure, Pierre Duchesne, a annonc&#233; qu'il rejetait une bonne fois pour toutes l'option de la gratuit&#233; scolaire. Trois possibilit&#233;s resteraient sur la table, toutes diff&#233;rentes formules d'indexation des droits de scolarit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site de l'IRIS. &lt;br class='autobr' /&gt; La premi&#232;re pr&#233;voit une indexation li&#233;e &#224; l'indice des prix &#224; la consommation (IPC) et repr&#233;sente 2 % d'augmentation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-136-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-05&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Vers-le-sommet-sur-l-education-superieure-+" rel="tag"&gt;Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L143xH150/arton13018-aaa87.jpg?1677097394' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dimanche dernier, lors du mot de cl&#244;ture de l'&#201;cole d'hiver de l'Institut du nouveau monde (INM), le ministre de l'&#233;ducation sup&#233;rieure, Pierre Duchesne, a annonc&#233; qu'il rejetait une bonne fois pour toutes l'option de la gratuit&#233; scolaire. Trois possibilit&#233;s resteraient sur la table, toutes diff&#233;rentes formules d'indexation des droits de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de l'IRIS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re pr&#233;voit une indexation li&#233;e &#224; l'indice des prix &#224; la consommation (IPC) et repr&#233;sente 2 % d'augmentation par ann&#233;e, soit 46 $. La seconde, cette fois en lien avec l'augmentation des revenus disponibles, s'&#233;l&#232;verait &#224; 3 %, soit 70 $. La derni&#232;re option sur la table est celle d'une indexation ajust&#233;e &#224; l'&#233;volution des co&#251;ts de fonctionnement des universit&#233;s et s'&#233;l&#232;verait &#224; 3,5 %, pour une hausse de 83 $ par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;vision du prochain forum sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure, toutes les options ne seront finalement pas sur table. Apr&#232;s quelques valses- h&#233;sitations, le gouvernement Marois a tranch&#233; sur le fond, laissant aux futurs intervenant-e-s du forum le soin de d&#233;battre sur des questions de d&#233;tails. Ce que l'on sait maintenant, c'est qu'au sortir de cet exercice, l'&#233;ducation sera rabaiss&#233;e au statut de n'importe qu'elle marchandise, quelque chose dont la valeur doit fluctuer et s'ajuster aux al&#233;as du march&#233;. La question de fond, celle de la valeur sociale et culturelle que l'on donne collectivement &#224; l'enseignement et &#224; la recherche universitaire aura, elle, &#233;t&#233; compl&#232;tement &#233;vacu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'adapter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#201;cole d'hiver de l'INM, l'&#233;conomiste de l'UQAM, M. Pierre Fortin, s'est prononc&#233; en faveur de la seconde option. Malheureusement, et quoi qu'en pense M. Fortin, ajuster le co&#251;t de l'&#233;ducation universitaire &#224; l'augmentation des revenus disponibles ne repr&#233;sente en rien l'option de la mod&#233;ration respectueuse des &#171; moyens de nos gens &#187;. Comme l'indiquaient nos billets de blogue publi&#233;s en d&#233;but de semaine (que vous pouvez lire ici (1), ici (2) et ici (3)), les revenus disponibles des m&#233;nages ont la f&#226;cheuse habitude d'&#233;voluer de mani&#232;re in&#233;gale. La moyenne de cette augmentation, que M. Fortin voudrait appliquer aux droits de scolarit&#233;, ne nous informe pas beaucoup, au final, sur l'&#233;tat v&#233;ritable des capacit&#233;s financi&#232;res d'une bonne part de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;l&#233;ment int&#233;ressant, la position de M. Fortin semble fluctuer, au m&#234;me titre que la valeur marchande de l'&#233;ducation pourrais-je dire &#8211; je ne suis d'ailleurs pas le seul &#224; remarquer cette fluctuation. D&#233;but 2010, lorsqu'il &#233;tait membre du Comit&#233; consultatif sur l'&#233;conomie et les finances publiques qu'avait mis en place le gouvernement pr&#233;c&#233;dent, M. Fortin pr&#233;conisait non pas l'indexation des droits de scolarit&#233;, mais bien le rattrapage de la moyenne canadienne, soit une hausse (&#224; l'&#233;poque) de 3382 $.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le co&#251;t de la gratuit&#233; scolaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les donn&#233;es de l'Association canadienne du personnel administratif universitaire (ACPAU), les revenus totaux des universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises provenant des droits de scolarit&#233; et des autres frais s'&#233;levaient &#224; 825 millions $ en 2010-2011. C'est donc dire que la gratuit&#233; scolaire, soit l'&#233;limination de toute forme de tarification &#224; l'universit&#233;, co&#251;terait cette somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, toujours selon Pierre Fortin, cette estimation est inexacte parce qu'elle ne prendrait pas en consid&#233;ration l'augmentation de la fr&#233;quentation universitaire qui suivrait la gratuit&#233; scolaire. Cela fait du bien &#224; entendre, puisque l'IRIS a pass&#233;, contre vents et mar&#233;es, une bonne partie de l'ann&#233;e derni&#232;re &#224; d&#233;fendre cette th&#232;se tandis que les pro-hausse faisaient valoir que l'augmentation pr&#244;n&#233;e par le gouvernement Charest n'aurait aucun impact sur la fr&#233;quentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Advenant la gratuit&#233; scolaire, c'est donc de 22 000 &#224; 27 000 &#233;tudiant-e-s de plus qu'il faudrait int&#233;grer au r&#233;seau universitaire, ce qui ferait augmenter le co&#251;t de cette mesure &#224; 1,1 milliards $. Est-ce que cette augmentation de fr&#233;quentation de 15% se produira d&#232;s la premi&#232;re ann&#233;e d'implantation ? On peut en douter. Toutefois, la d&#233;couverte de cette corr&#233;lation entre bas tarifs et meilleure fr&#233;quentation, plut&#244;t que de nous rabattre sur l'opinion gouvernementale, devrait plut&#244;t nous r&#233;jouir et nous inciter &#224; mettre en place une politique capable de donner &#224; la jeunesse qu&#233;b&#233;coise toutes les chances de se r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - &lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/le-1-au-quebec-1-plus-de-revenus-moins-dimpots&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/le-1-au-quebec-1-plus-de-revenus-moins-dimpots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 - &lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/le-1-au-quebec-2-le-riche-quebecois-est-un-homme-montrealais-2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/le-1-au-quebec-2-le-riche-quebecois-est-un-homme-montrealais-2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 - &lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/le-1-au-quebec-3-facile-dentrer-dans-le-club&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/le-1-au-quebec-3-facile-dentrer-dans-le-club&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vers le sommet (2) : &#201;ducation, US qu'on s'en va ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Vers-le-sommet-2-Education-US-qu-on-s-en-va</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Vers-le-sommet-2-Education-US-qu-on-s-en-va</guid>
		<dc:date>2013-02-05T15:12:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Martin</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-05</dc:subject>
		<dc:subject>Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur l'&#233;ducation s'est embourb&#233;, notamment &#224; cause de notre mauvaise habitude d'&#233;mietter les probl&#232;mes. Plut&#244;t que de penser globalement le sort de nos universit&#233;s, nous avons saucissonn&#233; le probl&#232;me en diff&#233;rentes tranches. Par la suite, abandonnant toute position de surplomb, si tant est que nous en ayons jamais eu une, nous avons ouvert le premier dossier et nous y sommes plong&#233;s pour ne plus jamais en revenir, englu&#233;s dans un fatras de chiffres et d'estim&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-136-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-05&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Vers-le-sommet-sur-l-education-superieure-+" rel="tag"&gt;Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton13019-9a566.jpg?1674676189' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur l'&#233;ducation s'est embourb&#233;, notamment &#224; cause de notre mauvaise habitude d'&#233;mietter les probl&#232;mes. Plut&#244;t que de penser globalement le sort de nos universit&#233;s, nous avons saucissonn&#233; le probl&#232;me en diff&#233;rentes tranches. Par la suite, abandonnant toute position de surplomb, si tant est que nous en ayons jamais eu une, nous avons ouvert le premier dossier et nous y sommes plong&#233;s pour ne plus jamais en revenir, englu&#233;s dans un fatras de chiffres et d'estim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de l'IRIS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#234;ve am&#233;ricain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous prenons le probl&#232;me globalement plut&#244;t qu'&#224; la pi&#232;ce, nous en arrivons &#224; voir que depuis quelques d&#233;cennies, les grandes institutions &#233;conomiques internationales ont fait la promotion d'un certain mod&#232;le d'universit&#233; : appelons-la l'universit&#233; commerciale &#224; l'am&#233;ricaine. Ce mod&#232;le s'est progressivement impos&#233; partout. En Grande-Bretagne, la gratuit&#233; scolaire a &#233;t&#233; abolie en 1998, et les frais de scolarit&#233; atteignent maintenant pr&#232;s de 15 000$ par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose est bien r&#233;sum&#233;e dans un ouvrage publi&#233; en 2010 et intitul&#233; &#171; La bulle universitaire : faut-il poursuivre le r&#234;ve am&#233;ricain &#187;, o&#249; le professeur et scientifique Libero Zuppiroli d&#233;crit l'imposition aux universit&#233;s suisses d'un mod&#232;le manag&#233;rial et boursier, inspir&#233; des universit&#233;s am&#233;ricaines (des &#171; citadelles &#224; fric &#187;, dit-il). Celui qui officie dans une grande &#233;cole d'ing&#233;nieurs d&#233;crit comment le marketing, la course &#224; l'argent de recherche, la recherche de prestige m&#233;diatique et autres ont progressivement d&#233;truit la culture traditionnelle de son institution pour la r&#233;orienter vers ce qu'il appelle la &#171; science bling-bling &#187; &#224; vis&#233;e commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commercialisation ou am&#233;ricanisation des universit&#233;s suppose que la connaissance soit vue comme une marchandise. Corollaire de cela, il faut un signal-prix pour informer les clients de la valeur de la marchandise. On voit imm&#233;diatement que la gratuit&#233; scolaire ne peut pas fonctionner avec l'universit&#233; marchande puisqu'elle emp&#234;che par d&#233;finition la mise en place d'une logique mercantile bas&#233;e sur l'information-prix. Cette information permet elle-m&#234;me aux &#233;tudiants d'investir leur pr&#234;t &#233;tudiant dans les secteurs les plus lucratifs (ce qu'ils ont int&#233;r&#234;t &#224; faire pour esp&#233;rer &#233;ventuellement rembourser leurs dettes), des secteurs qui sont aussi jug&#233;s b&#233;n&#233;fiques pour les march&#233;s. Ainsi, si on veut assurer &#171; l'accessibilit&#233; &#187;, il est par ailleurs entendu chez les amateurs du mod&#232;le d'universit&#233; U.S. qu'il faut d&#233;fendre l'existence du m&#233;canisme du prix qui permettra de canaliser les &#233;tudiants vers les secteurs d'&#233;tude et de recherche pris&#233;s par les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parler d'autre chose que d'accessibilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la question de &#171; l'accessibilit&#233; &#187; se pose ainsi la question du comportement client&#233;liste que l'on cherche &#224; inculquer aux &#233;tudiants. &#192; quoi donne-t-on acc&#232;s, sinon &#224; une institution dont les pratiques traditionnelles sont d&#233;truites pour permettre, &#224; partir de maintenant, de consid&#233;rer le savoir comme une marchandise ? De quoi aura l'air le contenu des cours de l'universit&#233; dont la premi&#232;re priorit&#233; est de s&#233;duire les donateurs et les bailleurs de fonds de recherche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on arr&#234;te d'&#233;mietter les probl&#232;mes, on le voit bien, il se pose une question qui va bien au-del&#224; de l'accessibilit&#233; aux &#233;tudes et qui en va de la survie m&#234;me de l'ind&#233;pendance universitaire, laquelle est mise en p&#233;ril par la volont&#233; d'arrimer cette institution pluris&#233;culaire au sous-syst&#232;me du capitalisme financier. La question de l'accessibilit&#233;, quoi qu'on en dise, se r&#232;gle ais&#233;ment par la mise en place de la gratuit&#233; scolaire. La mesure n'a rien d'astronomique ; on arrive assez ais&#233;ment &#224; trouver les sommes n&#233;cessaires, par exemple quand on se donne un peu la peine de faire le m&#233;nage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la gratuit&#233; scolaire, si elle s'av&#232;re n&#233;cessaire, n'est pas &#224; elle seule une condition suffisante pour pr&#233;venir le naufrage de l'universit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Nous n'avons pas le choix de nous demander explicitement pourquoi nous persistons &#224; vouloir embarquer dans le train de la &#171; bulle universitaire &#187; et du r&#234;ve am&#233;ricain dont parle Libero Zuppiroli. Il n'est jamais montr&#233; en quoi cette adaptation, qu'on pr&#233;sente sans cesse comme un rattrapage in&#233;vitable pour &#234;tre &#171; concurrentiel &#187;, serait v&#233;ritablement bonne pour les universit&#233;s et la population du Qu&#233;bec. Pour faire de &#171; l'excellence &#187; et grimper dans les classements pip&#233;s par la maison dont les crit&#232;res favorisent le conformisme &#224; l'&#233;gard du mod&#232;le am&#233;ricain, il faudrait accepter de voir nos universit&#233;s d&#233;tourn&#233;es de leur mission fondamentale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce mod&#232;le est plomb&#233;. L'OCDE admet elle-m&#234;me que la qualit&#233; des brevets est en chute libre depuis des d&#233;cennies, sous l'influence de la &#171; bling-bling-isation &#187; de la science. Pourquoi faudrait-il adopter un mod&#232;le qui rend les &#233;tudiants ignares, et se pr&#233;occupe davantage de fabriquer des gadgets marketing que de penser de mani&#232;re critique ? C'est la question qui se pose maintenant &#224; nous, et il serait souhaitable qu'on l'aborde de front plut&#244;t que de continuer &#224; d&#233;river sans y penser vers l'appauvrissement, au niveau de l'esprit, de notre r&#233;seau universitaire. La question est au fond de savoir qui nos universit&#233;s vont servir : l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, ou celui des managers dont le seul pays est les &#201;tats-Unis, pour ne pas dire, l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je termine sur cet extrait d'un texte que j'&#233;crivais en 2009 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; En 1971, le sociologue Fernand Dumont avait fait cette mise en garde contre l'am&#233;ricanisation des universit&#233;s du Qu&#233;bec : &#171; Quand le ch&#244;mage gagne des industries vieillies, faut-il continuer de courir apr&#232;s les secteurs de pointe de l'&#233;conomie am&#233;ricaine ? Quand il n'y a encore aucun centre de recherche un peu important dans le Qu&#233;bec (&#8230;) faut-il envier la NASA ? Devant le petit nombre de professeurs dans la plupart de nos d&#233;partements, faut-il lorgner rageusement du c&#244;t&#233; d'Harvard ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voulant singer les universit&#233;s am&#233;ricaines, celles du Qu&#233;bec risquaient d'en devenir une parodie ridicule : &#171; Ou bien nous ferons de nos universit&#233;s de pi&#232;tres r&#233;p&#233;titions ou de ridicules mod&#232;les r&#233;duits des institutions les plus prestigieuses (ou les plus riches) d'alentour ; ou bien nous d&#233;ciderons que c'est en revenant aux intentions fondamentales de l'apprentissage et pour un pays comme celui-ci que les objectifs doivent &#234;tre formul&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bilan des Journ&#233;es de &#171; L'&#233;ducation pour faire soci&#233;t&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bilan-des-Journees-de-L-education-pour-faire-societe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bilan-des-Journees-de-L-education-pour-faire-societe</guid>
		<dc:date>2013-02-05T15:10:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claire Fortier, Jean-Pascal Larin, Johanne Paquin</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-05</dc:subject>
		<dc:subject>Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les 26 et 27 octobre derniers eurent lieu &#224; l'UQAM des Journ&#233;es de l'&#233;ducation, sous le titre &#171; L'&#233;ducation pour faire soci&#233;t&#233; &#187;, organis&#233;es par un comit&#233; issu du r&#233;seau Profs contre la hausse. Le programme d&#233;taill&#233; est toujours disponible sur leur site[1]. Le pr&#233;sent bilan a pour but de faire ressortir les grandes orientations qui s'y sont dessin&#233;es lors de la conf&#233;rence d'ouverture et des tables-rondes afin de poursuivre la r&#233;flexion sur le type d'&#233;ducation souhait&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Organiser ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-05&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Vers-le-sommet-sur-l-education-superieure-+" rel="tag"&gt;Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH146/arton12994-dda98.png?1676793052' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='146' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les 26 et 27 octobre derniers eurent lieu &#224; l'UQAM des Journ&#233;es de l'&#233;ducation, sous le titre &#171; L'&#233;ducation pour faire soci&#233;t&#233; &#187;, organis&#233;es par un comit&#233; issu du r&#233;seau Profs contre la hausse. Le programme d&#233;taill&#233; est toujours disponible sur leur site[1]. Le pr&#233;sent bilan a pour but de faire ressortir les grandes orientations qui s'y sont dessin&#233;es lors de la conf&#233;rence d'ouverture et des tables-rondes afin de poursuivre la r&#233;flexion sur le type d'&#233;ducation souhait&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Organiser ces journ&#233;es avec une douzaine de profs tant de c&#233;geps que d'universit&#233;s[2] fut une occasion rare et fort agr&#233;able de travailler entre coll&#232;gues de ces deux niveaux d'&#233;tudes. L'exp&#233;rience est &#224; r&#233;&#233;diter et l'appellation Journ&#233;es de l'&#233;ducation d&#233;montre bien l'&#233;nergie qui nous anime toujours : l'espoir que ces journ&#233;es deviennent r&#233;currentes comme celles des Journ&#233;es de la culture. Une affinit&#233; d'id&#233;es nous a vite permis de cibler les enjeux sur lesquels nous voulions r&#233;fl&#233;chir : les d&#233;rives marchandes du syst&#232;me de l'&#233;ducation actuel qui nuisent &#224; un projet &#233;ducatif d&#233;mocratique. Le titre de ces journ&#233;es &#171; L'&#233;ducation pour faire soci&#233;t&#233; &#187; &#233;tait une fa&#231;on de lancer la r&#233;flexion sur l'importance du type d'&#233;ducation que nous souhaitons pour mieux vivre ensemble. Le pr&#233;sent bilan fait ressortir sept id&#233;es phares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sortir le priv&#233; du public. &#187;&lt;/strong&gt; Depuis une trentaine d'ann&#233;es, l'id&#233;e, selon laquelle le priv&#233; est mieux que le public, s'est impos&#233;e. C'est ainsi que l'&#233;cole publique imite de nos jours le caract&#232;re client&#233;liste, &#233;litiste et s&#233;lectif du secteur priv&#233;. Le sociologue Guy Rocher posait la question : Comment sortir de cette conception dominante et redonner &#224; l'&#233;cole sa place et son caract&#232;re public ? Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, Isabelle Bouchard, du comit&#233; &#201;cole et soci&#233;t&#233; de la FNEEQ, soulignait trois exemples de privatisation de l'&#233;ducation. D'abord, la place qu'occupent les fondations dans les institutions scolaires qui re&#231;oivent plus de 20 % du secteur priv&#233; pour financer des projets et de l'&#233;quipement. Ensuite, environ 75 % des services de caf&#233;t&#233;ria, s&#233;curit&#233; et entretien dans les c&#233;geps sont d&#233;sormais g&#233;r&#233;s par le priv&#233;. Enfin, les c&#233;geps sont de plus en plus d&#233;pendants de mat&#233;riels con&#231;us par des entreprises priv&#233;es notamment des logiciels. N'y a-t-il pas l&#224; un assujettissement de l'&#233;ducation &#224; l'entreprise priv&#233;e ?[3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'&#233;cole est politique. &#187;&lt;/strong&gt; En raison de la mentalit&#233; commerciale qui impr&#232;gne d&#233;sormais l'&#233;ducation, il est difficile de se rendre compte que l'&#233;cole est un des lieux o&#249; se construit le projet d'une soci&#233;t&#233;. Pour r&#233;sister &#224; la mondialisation et &#224; l'uniformisation de l'&#233;ducation, il importe, selon Guy Rocher, de renforcer le caract&#232;re national de l'&#233;ducation. Une &#233;cole nationale n'est pas une &#233;cole ethnique. Tout en &#233;tant porteuse d'un savoir universel, elle sait enseigner l'histoire et la culture nationales. Ce caract&#232;re national se comprend notamment par une implication et un contr&#244;le des institutions par sa population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Place &#224; des politiques familiales en &#233;ducation sup&#233;rieure. &#187;&lt;/strong&gt; Certes les femmes ont grandement profit&#233; de la d&#233;mocratisation du syst&#232;me d'&#233;ducation des ann&#233;es 1960. Toutefois, Martine Desjardins mentionnait qu'aujourd'hui les femmes m&#232;res peuvent difficilement concilier famille et &#233;ducation notamment &#224; cause du manque de place en garderie et des horaires de cours peu flexibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nous sommes des intellectuels, pas des cerveaux d'&#339;uvre. &#187;&lt;/strong&gt; Pour le sociologue Gilles Gagn&#233;, l'universit&#233; forme de moins en moins des professionnels capables de s'approprier, en les int&#233;riorisant, les normes de leur discipline, que des ex&#233;cutants qui r&#233;pondent &#224; des commandes. L'artisan, lors de l'industrialisation, a perdu le contr&#244;le sur sa production en devenant un ouvrier, une main d'&#339;uvre au service du capital. Au tour de l'intellectuel aujourd'hui de devenir un cerveau d'&#339;uvre.[4] N'est-il pas temps de r&#233;humaniser l'&#233;cole ? Dans ce sens, Martine Desjardins soulignait que l'&#233;tudiantE est davantage un matricule, un num&#233;ro, un client qu'un nom dou&#233; d'un esprit libre et critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'enseignement rel&#232;ve d'une relation p&#233;dagogique qui ne peut &#234;tre &#233;valu&#233;e. &#187;&lt;/strong&gt; Alors que la performance universitaire est &#233;valu&#233;e &#224; l'aune du nombre de subventions de recherche et de publications, la sociologue Marianne Kemperneers affirmait que la mission premi&#232;re des universit&#233;s, l'enseignement, est devenue secondaire alors que les carri&#232;res universitaires sont domin&#233;es par des diktats d'efficience, d'excellence et de reddition de comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une science au service de la d&#233;croissance scientifique. &#187;&lt;/strong&gt; Herv&#233; Philippe, chercheur de la Chaire de recherche du Canada en bioinformatique et g&#233;nomique &#233;volutive, a lanc&#233; un r&#233;el pav&#233; dans la mare en pr&#244;nant non seulement une d&#233;croissance &#233;conomique mais une science de la d&#233;croissance pour le bien de la plan&#232;te. Pour lui, la recherche, par les crit&#232;res de financement impos&#233;s, ne permet plus d'am&#233;liorer la vie en soci&#233;t&#233;, ne vise plus le bien&#234;tre collectif. De plus, le chercheur se compare d&#233;sormais &#224; un autiste puisqu'il est coup&#233; de la relation p&#233;dagogique en ayant souvent une d&#233;charge le dispensant d'enseigner et que l'hypersp&#233;cialisation de ses travaux l'am&#232;ne &#224; &#233;changer qu'avec un nombre r&#233;duit de coll&#232;gues.[5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Combattre l'assurance qualit&#233; en &#233;ducation ! &#187;&lt;/strong&gt; L'&#233;lectrochoc nous a &#233;t&#233; donn&#233; par Gabriel Nadeau-Dubois qui nous a servi un brillant plaidoyer sur les dangers de l'assurance qualit&#233; qui vise &#224; identifier les &#233;changes internationaux entre universit&#233;s en cr&#233;ant un march&#233; international de l'&#233;ducation. L'assurance qualit&#233;, c'est le ISO 9001 pour mesurer, g&#233;rer et garantir la qualit&#233;. Depuis la d&#233;claration de Bologne en 1999 en Europe, une instance supranationale est en train de se cr&#233;er qui veut assurer contr&#244;le et uniformisation de l'enseignement con&#231;u comme autant de &#171; contenus &#187; &#233;quivalents au d&#233;triment de la libert&#233; professionnelle et de projets &#233;ducatifs nationaux. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l'&#233;tude effectu&#233;e par &#201;ric Martin.[6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, la gr&#232;ve &#233;tudiante contre la hausse des droits de scolarit&#233; a entrain&#233; une r&#233;flexion beaucoup plus large sur la marchandisation de l'&#233;ducation et les Journ&#233;es de l'&#233;ducation en ont exprim&#233; un vibrant t&#233;moignage. Maintenant, n'est-il pas temps d'examiner, au sein m&#234;me de nos institutions, la place que prennent ces sept caract&#233;ristiques ? Plusieurs questions m&#233;riteraient d'&#234;tre pos&#233;es. &#192; titre d'exemples, nos pratiques servent-elles davantage &#224; r&#233;pondre &#224; des exigences de performance qu'&#224; d&#233;velopper un enseignement libre et autonome ? Jusqu'&#224; quel point nos pratiques, depuis plus de vingt ans, sont-elles engag&#233;es dans les voies de cette assurance qualit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au coll&#233;gial, cette assurance qualit&#233; est d&#233;j&#224; &#171; assur&#233;e &#187; par la Commission d'&#233;valuation de l'enseignement coll&#233;gial (CEEC) depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Cette commission qui &#171; [&#8230;] d&#233;posera en d&#233;cembre 2012 sa candidature dans le cadre du programme Guidelines and Good Practices (GGP) de l'International Network for Quality Assurance Agencies in Higher Education (INQAAHE) pour faire reconna&#238;tre que ses pratiques, depuis ses d&#233;buts, sont d'excellentes pratiques. &#187;[7] Enfin, sachez que le Conseil sup&#233;rieur de l'&#233;ducation (CSE) a d&#233;pos&#233; en f&#233;vrier 2012 un rapport dont le titre trace bien l'orientation que l'&#201;tat veut prendre : L'assurance qualit&#233; &#224; l'enseignement universitaire : une conception &#224; promouvoir et &#224; mettre en &#339;uvre. Elle semble sournoise cette assurance qualit&#233; puisqu'elle s'est immisc&#233;e en &#233;ducation comme un cheval de Troie. En esp&#233;rant que nous saurons trouver son talon d'Achille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux temps forts des Journ&#233;es de l'&#233;ducation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Deux-temps-forts-des-Journees-de-l-education</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Deux-temps-forts-des-Journees-de-l-education</guid>
		<dc:date>2013-02-05T15:08:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Wright</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-05</dc:subject>
		<dc:subject>Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les vendredi et samedi 26 et 27 octobre se tenaient les premi&#232;res Journ&#233;es de l'&#233;ducation organis&#233;es par le r&#233;seau Profs contre la hausse. Saluons d'abord la r&#233;ussite que fut l'&#233;v&#233;nement : en tr&#232;s peu de temps, avec des moyens financiers limit&#233;s, ces journ&#233;es nous ont offert un bel espace de dialogue et de r&#233;flexion. De quoi faire para&#238;tre le futur Sommet sur l'Enseignement sup&#233;rieur quelque peu fade. Je mettrai l'accent, ici, sur deux interventions, lors de la premi&#232;re des deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L142xH150/arton12996-47f11.jpg?1677096990' class='spip_logo spip_logo_right' width='142' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les vendredi et samedi 26 et 27 octobre se tenaient les premi&#232;res Journ&#233;es de l'&#233;ducation organis&#233;es par le r&#233;seau Profs contre la hausse. Saluons d'abord la r&#233;ussite que fut l'&#233;v&#233;nement : en tr&#232;s peu de temps, avec des moyens financiers limit&#233;s, ces journ&#233;es nous ont offert un bel espace de dialogue et de r&#233;flexion. De quoi faire para&#238;tre le futur Sommet sur l'Enseignement sup&#233;rieur quelque peu fade. Je mettrai l'accent, ici, sur deux interventions, lors de la premi&#232;re des deux tables-rondes du samedi, qui m'ont particuli&#232;rement marqu&#233;e : celles de Gilles Gagn&#233; et celle de Herv&#233; Philippe. La table-ronde &#224; laquelle ils participaient portait sur les possibles d&#233;rives technicistes de l'&#233;ducation. Et les propos des deux intervenants avaient pour acteur principal le cerveau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du professionnalisme &#224; l'ex&#233;cution surveill&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles Gagn&#233;, professeur au D&#233;partement de sociologie de l'Universit&#233; Laval, s'est attard&#233; &#224; d&#233;fendre l'id&#233;e du professionnalisme en &#233;ducation. Le professionnel, selon Gagn&#233;, acquiert non seulement les connaissances propres &#224; son domaine, mais aussi les capacit&#233;s de jugement &#233;clair&#233; qui lui permettent de bien utiliser ces connaissances. La corporation &#224; laquelle appartient le professionnel se r&#233;f&#232;re &#224; des normes d&#233;battues publiquement et qui balisent sa pratique. Ainsi, la technique n'est bonne que si le cerveau qui l'applique sait ce qu'il fait, en accord avec son milieu. Relier la main et la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais force est de constater que dans le syst&#232;me actuel, la tendance est plut&#244;t &#224; encha&#238;ner ces t&#234;tes les unes aux autres. Le taylorisme des ann&#233;es 1910 a divis&#233; le travail manuel en diff&#233;rentes petites t&#226;ches ex&#233;cut&#233;es &#224; r&#233;p&#233;tition pour plus d'efficacit&#233;. La main artisane s'est retrouv&#233;e d&#233;poss&#233;d&#233;e de la production totale, d&#233;poss&#233;d&#233;e de l'obligation de penser la structure globale de ce qui &#233;tait produit. Des mains, de simples mains, produisant des gestes, de simples gestes. De la main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail intellectuel des ann&#233;es 2010 op&#232;re de la m&#234;me fa&#231;on. Le cerveau est d&#233;tach&#233; de l'obligation de se structurer en fonction d'un ensemble. Il ne peut en isoler qu'une partie. Et inlassablement r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes t&#226;ches, qui s'encha&#238;neront &#224; d'autres t&#226;ches produites par d'autres cerveaux. Dans cette optique, le chercheur n'est plus reli&#233; &#224; une norme professionnelle, mais devient davantage un ex&#233;cutant au profit d'un savoir utilitariste. Le cerveau est d&#233;professionnalis&#233;, coup&#233; de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;fl&#233;chir au cadre dans lequel il travaille. Du cerveau-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette image du cerveau-d'&#339;uvre illustre bien la d&#233;rive marchande d'une &#233;ducation o&#249; l'on voudrait davantage d'ex&#233;cutants que de professionnels, davantage de gens qui abandonnent la d&#233;termination du sens g&#233;n&#233;ral de leur travail &#224; ceux qui les financent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La recherche scientifique : pour quoi, pour qui et comment ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Philippe, professeur titulaire &#224; la Chaire de Recherche du Canada en bioinformatique et g&#233;nomique &#233;volutive de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, travaille depuis longtemps sur la d&#233;croissance &#233;conomique, ce qui l'a men&#233;, en parall&#232;le, &#224; penser au concept de d&#233;croissance scientifique. En effet, les intellectuels sont pouss&#233;s plus que jamais &#224; faire de la recherche, et ce, au d&#233;triment de leur travail d'enseignement. Il y a plus de savoirs que jamais sur cette terre, mais cette connaissance est produite par des gens de plus en plus sp&#233;cialis&#233;s. Ces hypersp&#233;cialistes, Philippe les compare &#224; des autistes : enferm&#233;s dans un savoir si pointu qu'&#224; peine une poign&#233;e d'autres hypersp&#233;cialistes sont en mesure de comprendre la connaissance ainsi cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se perd, ici, c'est une connaissance qui soit r&#233;ellement au service de la communaut&#233; humaine. Certains savoirs sauvent des vies. Mais d'autres contribuent &#224; d&#233;truire l'humain et son environnement. Dans ce monde o&#249; le progr&#232;s et la connaissance &#224; tout prix poussent des milliers de cerveaux &#224; se sursp&#233;cialiser, dans ce monde o&#249; le savoir vaut pour lui-m&#234;me et non pas seulement pour ce qu'il rapporte de positif &#224; la soci&#233;t&#233; humaine, comment juger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment juger de l'importance, de la pertinence de telles connaissances si elles sont si herm&#233;tiques que le profane ne peut s'y fier sans faire une sorte d'acte de foi ? Comment alors jauger la validit&#233; des savoirs ? Simplement en rappelant quelques questions &#233;l&#233;mentaires : la recherche scientifique pour quoi ? Pour am&#233;liorer notre sort, sans d&#233;t&#233;riorer notre environnement. Pour qui ? Pour le bien de tous, maintenant, et dans 1000 ans. Et comment ? Collectivement. En d&#233;cidant ensemble de la direction o&#249; l'on veut aller. Si l'on ne peut pas donner ces r&#233;ponses, c'est tr&#232;s certainement que l'on fait fausse route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et pour finir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux images du cerveau-d'&#339;uvre et du cerveau autiste nous ram&#232;nent en fait &#224; la m&#234;me id&#233;e : si la mati&#232;re grise qui pense, r&#233;fl&#233;chit, construit et imagine est orient&#233;e par des diktats utilitaristes, individualistes, technicistes, c'est l'humanit&#233; enti&#232;re qui perd un peu de sa raison d'&#234;tre. Est-ce bien cela que l'on veut ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les universit&#233;s, des machines &#224; exclure ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-universites-des-machines-a-exclure</link>
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		<dc:date>2013-02-05T15:06:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micha&#235;l Fortin</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-05</dc:subject>
		<dc:subject>Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;800 millions, 300 millions, 500 millions... La grande messe pour l'avenir de l'universit&#233; qu&#233;b&#233;coise s'av&#232;re &#234;tre d'un ennui profond. La v&#233;ritable r&#233;volution universitaire viendra quand on la lib&#233;rera des griffes de l'id&#233;ologie gestionnaire. L'avenir de l'universit&#233; c'est l'avenir de la pens&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site web de l'hebdo Le Maskoutain (http://journalmobiles.com) &lt;br class='autobr' /&gt; Pourquoi ne s'interroge donc pas sur les forces et les faiblesses de la pens&#233;e critique qu&#233;b&#233;coise ? Pourquoi ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Vers-le-sommet-sur-l-education-superieure-+" rel="tag"&gt;Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L115xH150/arton13013-0f0b0.jpg?1675795271' class='spip_logo spip_logo_right' width='115' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;800 millions, 300 millions, 500 millions... La grande messe pour l'avenir de l'universit&#233; qu&#233;b&#233;coise s'av&#232;re &#234;tre d'un ennui profond. La v&#233;ritable r&#233;volution universitaire viendra quand on la lib&#233;rera des griffes de l'id&#233;ologie gestionnaire. L'avenir de l'universit&#233; c'est l'avenir de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site web de l'hebdo Le Maskoutain (&lt;a href=&#034;http://journalmobiles.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journalmobiles.com&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi ne s'interroge donc pas sur les forces et les faiblesses de la pens&#233;e critique qu&#233;b&#233;coise ? Pourquoi ne critique-t-on pas ces fa&#231;ons de faire prises pour aquises : les courses aux bourses, aux m&#233;rites, au prestige ? Pourquoi faut-il &#171; arranger &#187; les demandes de subventions et les projets de recherche, pourquoi faut-il faire semblant de savoir o&#249; l'on va en d&#233;but de recherche ? Pourquoi faut-il encore aujourd'hui jouer la com&#233;die et prendre ce ton savant ? Pour se distinguer de la masse ? Pourquoi ne parlons-nous pas du fait que les &#233;tudiants aux &#233;tudes sup&#233;rieures sont souvent des prol&#233;taires intellectuels aux services du suppos&#233; &#171; mentor &#187; ? Pourquoi faut-il &#171; comp&#233;titionner &#187;, &#171; viser l'excellence &#187;, &#171; atteindre les plus hauts sommets mondiaux &#187; ? L'universit&#233; est-elle devenue une marque de soulier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, quand j'ai r&#233;dig&#233; mon m&#233;moire de ma&#238;trise, j'&#233;tais en comp&#233;tition avec personne. J'ai sond&#233; les profondeurs des cicatrices du g&#233;nocide dans l'&#226;me cambodgienne, pas essay&#233; de vendre un produit. J'&#233;tais seul avec ma conscience dans une infinie solitude. C'est le drame de la r&#233;flexion. Elle nous pousse &#224; d&#233;fricher vers des horizons qu'aucun autre n'a os&#233; aller. Une fois rendu, on est seul &#224; jamais. Mais heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne pas s'int&#233;resser &#224; ce fait v&#233;rifiable : l'universit&#233; est une machine &#224; exclure ses meilleurs &#233;l&#233;ments parce que la plupart du temps ces derniers n'entrent pas dans le &#171; moule &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universit&#233; qu&#233;b&#233;coise d'aujourd'hui est une machine &#224; tuer la cr&#233;ativit&#233;. Il y est impossible d'y &#233;voluer sans se plier aux r&#232;gles qui s'interposent d&#233;sormais entre la pens&#233;e et son objet. Quand un probl&#232;me survient, on panique et l'on ajoute une r&#232;gle, quand ce n'est pas le comit&#233; machin qui est cr&#233;&#233; pour se pencher sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le g&#233;nie cr&#233;ateur vient de cette capacit&#233; &#224; sortir des cadres &#233;tablis. Il faut cr&#233;er une universit&#233; lib&#233;r&#233;e des contraintes dict&#233;es par la derni&#232;re mode d'id&#233;ologie gestionnaire, un universit&#233; qui accompagne les individus dans leur &#233;panouissement intellectuel, au lieu de chercher &#224; les &#233;craser et leur dicter des fa&#231;ons de faire et de penser, et de pr&#233;tendre que c'est l&#224; le seul h&#233;ritage possible des Lumi&#232;res. La pens&#233;e critique aujourd'hui, elle est r&#233;duite &#224; la libert&#233; d'asseoir son autorit&#233; morale sur le travail de l'autre et de d&#233;molir sa th&#232;se si elle ne conforme pas avec l'id&#233;al de conformit&#233;. En somme, c'est la voie de la facilit&#233; d&#233;terminante. Faut bien &#234;tre efficace, nous r&#233;plique-t-on, puisqu'on est submerg&#233; par nos propres cha&#238;nes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'universit&#233; d'aujourd'hui est toxique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire ces lignes, on m'&#233;tiquettera comme un id&#233;aliste. Pourtant, il est davantage id&#233;aliste de croire qu'en s'int&#233;ressant &#224; une colonne de chiffre la crise de la pens&#233;e se r&#232;glera comme par magie. Car c'est bien de &#231;a qu'il s'agit : une crise de la pens&#233;e qui &#233;touffe. Et tant que cela durera, il y aura toujours des ind&#233;sirables &#224; poivrer sur le seuil. Un jour peut-&#234;tre entendrons-nous leurs cris. D'ici l&#224;, il faudra garder en m&#233;moire qu'Hubert Aquin n'est pas que le nom d'un pavillon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Sommet de l'&#233;ducation sup&#233;rieure : &#224; chacun son camp de base</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Sommet-de-l-education-superieure-a-chacun-son-camp-de-base</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Sommet-de-l-education-superieure-a-chacun-son-camp-de-base</guid>
		<dc:date>2013-02-01T15:09:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Seymour</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-29</dc:subject>
		<dc:subject>Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a un an, le gouvernement du Qu&#233;bec pr&#233;tendait qu'il n'y avait aucun lien entre les droits de scolarit&#233; et l'accessibilit&#233;. Nous avions bien &#233;videmment d&#233;j&#224; plusieurs raisons de douter de cette affirmation, &#224; commencer par le fait que le Gouvernement reconnaissait du m&#234;me souffle la n&#233;cessit&#233; d'accompagner la hausse des droits de scolarit&#233; de mesures visant &#224; am&#233;liorer les pr&#234;ts et bourses. La question se posait alors de fa&#231;on lancinante : pourquoi fallait-il am&#233;liorer les pr&#234;ts et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton12979-11f66.jpg?1675914393' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a un an, le gouvernement du Qu&#233;bec pr&#233;tendait qu'il n'y avait aucun lien entre les droits de scolarit&#233; et l'accessibilit&#233;. Nous avions bien &#233;videmment d&#233;j&#224; plusieurs raisons de douter de cette affirmation, &#224; commencer par le fait que le Gouvernement reconnaissait du m&#234;me souffle la n&#233;cessit&#233; d'accompagner la hausse des droits de scolarit&#233; de mesures visant &#224; am&#233;liorer les pr&#234;ts et bourses. La question se posait alors de fa&#231;on lancinante : pourquoi fallait-il am&#233;liorer les pr&#234;ts et bourses, si ce n'&#233;tait pas pour compenser l'impact n&#233;gatif de la hausse sur l'accessibilit&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais voil&#224; que les adversaires de la gratuit&#233; reconnaissent maintenant l'impact n&#233;gatif des droits de scolarit&#233; sur l'accessibilit&#233;. Comme premier exemple de ce changement de cap, on peut rapporter les propos du recteur de l'U de M, M. Guy Breton, qui a un &#034;pincement&#034; quand il constate que seuls les plus riches parmi les &#233;tudiants ont acc&#232;s aux &#233;tudes de m&#233;decine. Tiens donc ! Dans l'&#233;tat actuel des choses, les enfants de familles riches sont ceux qui ont le plus souvent acc&#232;s aux programmes de m&#233;decine. Le recteur admet donc la pr&#233;sence quasi exclusive d'&#233;tudiants provenant de milieux ais&#233;s dans les classes de m&#233;decine ! &#171; Si on voulait rendre &#231;a accessible &#224; tout le monde, on s'est tromp&#233; &#187;, a-t-il soutenu. On aurait alors envie de dire : retroussons nos manches et faisons en sorte de rendre les programmes de m&#233;decine accessibles &#224; toutes les personnes comp&#233;tentes. Mais non, M. Breton recommande paradoxalement des hausses modul&#233;es qui feraient en sorte que &#231;a co&#251;terait encore plus cher d'acc&#233;der &#224; des &#233;tudes de m&#233;decine ! Comme correctif &#224; l'iniquit&#233;, il choisit d'introduire plus d'iniquit&#233; encore !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste Pierre Fortin, quant &#224; lui, admet que la gratuit&#233; ferait entrer entre 22 000 et 27 000 nouveaux &#233;tudiants dans les enceintes universitaires. Tiens donc ! Les droits de scolarit&#233; bloquent cet acc&#232;s. Comme preuve que les droits de scolarit&#233; ont un impact sur l'accessibilit&#233;, on peut difficilement demander mieux. Mais alors, ne faut-il pas instaurer la gratuit&#233; au plus sacrant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non, pr&#233;cise Pierre Fortin, parce que cela entra&#238;nerait des co&#251;ts importants : comme il en co&#251;te 20 000$ par ann&#233;e en moyenne pour former un &#233;tudiant, la facture serait de 440 &#224; 540 millions. Il faut ensuite ajouter &#224; cette somme les 600 millions que co&#251;terait, au net, l'abolition des droits de scolarit&#233;, des bourses et des cr&#233;dits d'imp&#244;t. Cette solution est in&#233;quitable car s'il fallait traduire en imp&#244;ts les revenus requis, il faudrait augmenter l'imp&#244;t des dipl&#244;m&#233;s de 40% pour &#233;quilibrer ce qu'ils re&#231;oivent, pr&#233;cise-t-il. Et cela est in&#233;quitable, ajoute-t-il. Pas de compromis par rapport au principe d'&#233;quit&#233;, tranche-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre probl&#232;me identifi&#233; par Pierre Fortin est l'impact que la gratuit&#233; risque d'avoir sur l'attrition, c'est-&#224;-dire le d&#233;crochage des &#233;tudiants qui ne terminent pas leurs &#233;tudes. Le probl&#232;me risquerait, selon lui, d'&#234;tre encore plus criant avec la gratuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La justice comme &#233;quit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Fortin parle d'&#233;quit&#233;. La justice doit en effet &#234;tre comprise comme &#233;quit&#233;. Mais l'&#233;quit&#233; commande notamment la juste &#233;galit&#233; des chances. Comme devraient le reconna&#238;tre ceux qui ont &#224; c&#339;ur l'&#233;quit&#233;, tous doivent pouvoir avoir acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures et &#224; un emploi appropri&#233; s'ils ont les qualifications, et ce, peu importe leur classe socio-&#233;conomique. Mais puisque les droits de scolarit&#233; imposent un obstacle &#224; ceux qui ont des revenus familiaux modestes, ces droits sont in&#233;quitables et injustes et ils doivent &#234;tre abolis. C'&#233;tait l'argument du rapport Parent. Tel &#233;tait aussi le sens de l'article 13 c) du Pacte international relatif aux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels que le Canada a sign&#233;. C'est maintenant l'argument de la CLASSE et des grandes centrales syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;clarer que la gratuit&#233; in&#233;quitable, M. Fortin traduit exclusivement en hausses d'imp&#244;t les sommes requises pour la financer. De cette mani&#232;re, il croit &#234;tre en mesure de faire une d&#233;monstration par l'absurde en r&#233;v&#233;lant l'injustice que cela repr&#233;senterait pour les citoyens. Les hausses d'imp&#244;t requises sont tellement grandes que cela deviendrait in&#233;quitable. Mais on peut penser que les dipl&#244;m&#233;s retournent &#224; la soci&#233;t&#233; ce qu'ils doivent s'ils paient un imp&#244;t progressif et ont une profession qui est au service du bien commun. Il n'est pas n&#233;cessaire de rembourser une somme identique au co&#251;t de formation. Il existe d'autres fa&#231;ons de rendre service &#224; la soci&#233;t&#233; qui nous a vu na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument de M. Fortin semble en outre supposer que l'imp&#244;t est le seul moyen de financer la gratuit&#233; universitaire. C'est de cette mani&#232;re qu'il parvient &#224; des hausses d'imp&#244;t apparemment excessives qui le font reculer devant cette alternative. Mais il n'y a pas que l'imp&#244;t pour nous aider &#224; financer les universit&#233;s sans nuire &#224; l'accessibilit&#233;. Il faut voir s'il n'y a pas de meilleure fa&#231;on de ventiler les sommes attribu&#233;es &#224; l'&#233;ducation sup&#233;rieure. M. Fortin semble supposer en particulier qu'il n'existe pas de mauvais financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mauvais financement au gouvernement f&#233;d&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, chacun sait que le gouvernement f&#233;d&#233;ral a, pour &#233;quilibrer son budget en 1995, d&#233;cid&#233; de couper les transferts en &#233;ducation postsecondaire aux provinces. Puis, lorsque les surplus budg&#233;taires ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s, le gouvernement f&#233;d&#233;ral a choisi pour s'assurer d'une plus grande visibilit&#233; et d'une main mise sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure, de privil&#233;gier le financement direct aux &#233;tudiants, aux professeurs, aux chercheurs et aux centres. Ce choix s'est fait aux d&#233;pens des transferts, et ce bien que ceux-ci servent &#224; assurer le financement de base des universit&#233;s. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral a ainsi choisi pour des raisons politiques d'engendrer des pertes substantielles pour le fonds de fonctionnement des universit&#233;s au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mauvais financement &#224; Qu&#233;bec&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi eu un mauvais financement au niveau du gouvernement qu&#233;b&#233;cois et des administrations universitaires : le financement de deux h&#244;pitaux universitaires alors que l'on ne pouvait s'en payer qu'un seul, le scandale de l'&#238;lot voyageur, la multiplication malencontreuse des campus satellites (une v&#233;ritable d&#233;rive tentaculaire !), l'abandon du 1420 boulevard Mont-Royal au profit d'espaces lou&#233;s &#224; grands frais, alors que le 1420 r&#233;pondait &#224; des besoins &#233;vidents d'espace, etc. En plus de ces d&#233;cisions maladroites et financi&#232;rement co&#251;teuses, on a assist&#233; &#224; une d&#233;rive immobili&#232;re &#224; la grandeur de la province. Comme en fait foi le rapport SECOR d&#233;pos&#233; &#224; l'automne 2012, les projets d'infrastructures hors de contr&#244;le ont engag&#233; le gouvernement qu&#233;b&#233;cois dans des d&#233;penses de 44 milliards de dollars. Les 18 plus grands projets d'infrastructure ont accus&#233; en moyenne des d&#233;passements de 78% par rapport aux estimations budg&#233;taires initiales. Cette d&#233;rive explique peut-&#234;tre pourquoi le gouvernement du Qu&#233;bec n'a pu trouver les fonds n&#233;cessaires pour assurer le d&#233;veloppement immobilier des universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mauvais financement &#224; l'universit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un rapport de la FQPPU, les directions universitaires, aux prises avec des probl&#232;mes d'espace et avec une enveloppe budg&#233;taire r&#233;duite au chapitre des immobilisations, ont d&#251; puiser &#224; m&#234;me leur fonds de fonctionnement pour financer leurs projets d'immobilisations. Par voie de cons&#233;quence, les universit&#233;s se sont endett&#233;es, ce qui a contribu&#233; &#224; r&#233;duire la marge de man&#339;uvre financi&#232;re de leur fonds de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas des seuls exemples de mauvais financement. Il faudrait aussi parler des salaires mirobolants de certains administrateurs et des d&#233;penses de publicit&#233; atteignant 80 millions sur une p&#233;riode de cinq ans. Il faut aussi, comme Jos&#233;e Boileau l'a soulign&#233;, d&#233;noncer le comportement pingre de l'entreprise priv&#233;e qui profite des expertises des dipl&#244;m&#233;s universitaires mais qui n'investit pas ad&#233;quatement dans leur formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, il existe plusieurs cas tr&#232;s clairs de mauvais financement. Les correctifs appropri&#233;s n'exigent donc pas que l'on se concentre exclusivement sur des hausses d'imp&#244;t. La d&#233;monstration par l'absurde que M. Fortin tente de faire &#233;choue donc lamentablement. Si les hausses d'imp&#244;t requises semblent trop importantes, c'est parce que M. Fortin examine cette proposition comme si c'&#233;tait une solution permettant de r&#233;soudre tous les maux, &#224; l'exclusion des correctifs apport&#233;s &#224; la ventilation des sommes investies dans l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne l'oublions pas. Comme le r&#233;v&#233;lait une &#233;tude produite au Gouvernement du Qu&#233;bec en 2011, les sommes globalement investies par &#233;tudiant universitaire au Qu&#233;bec sont plus importantes que partout ailleurs au Canada. Si le fonds de fonctionnement qu&#233;b&#233;cois est sous-financ&#233;, c'est donc qu'il existe un d&#233;s&#233;quilibre dans les diff&#233;rents fonds. Il ne faut pas seulement hausser les imp&#244;ts ; il faut aussi mieux r&#233;partir les sommes investies dans l'&#233;ducation sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une remarque s'impose aussi concernant l'affirmation de M. Fortin au sujet de l'impact n&#233;gatif de la gratuit&#233; sur l'attrition. M. Fortin, on l'a dit, croit que la gratuit&#233; va accro&#238;tre le probl&#232;me. Mais il existe au contraire des &#233;tudes qui tendent &#224; montrer que les &#233;tudiants b&#233;n&#233;ficiant d'un financement int&#233;gr&#233; sont davantage susceptibles de terminer leurs &#233;tudes &#224; temps. Ceux qui, par contre, ont &#224; travailler pour payer leurs droits de scolarit&#233; sont davantage susceptibles de mettre beaucoup de temps avant de terminer leurs &#233;tudes et ils abandonnent souvent pour cette raison. Il y a d'ailleurs diff&#233;rentes formes d'attrition. L'attrition provoqu&#233;e par les obstacles financiers est injustifi&#233;e et inacceptable. L'attrition caus&#233;e par l'incapacit&#233; de remplir les exigences du curriculum est normale et acceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les solutions qui s'imposent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement f&#233;d&#233;ral r&#233;tablissait les transferts &#224; la hauteur de 1994 et que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois refusait de s'engager plus avant dans des projets d'infrastructures grandiloquents (2e campus &#224; la gare de triage pour l'U de M, Institut Norman Bethune) au profit de projets plus cibl&#233;s et modestes (r&#233;sidences &#233;tudiantes, industries et HLM sur le campus Outremont, Pavillon des sciences sur le campus de la Montagne et &#201;cole de sant&#233; publique au 1420 Boulevard Mont-Royal), cela permettrait de d&#233;gager des sommes importantes et de r&#233;tablir l'&#233;quilibre entre les diff&#233;rents fonds au sein des universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises. Un meilleur contr&#244;le des salaires et un plafonnement des d&#233;penses publicitaires pourraient aussi contribuer &#224; assainir les finances des &#233;tablissements. Pas besoin de s'en remettre exclusivement &#224; des hausses d'imp&#244;t. Et surtout, pas besoin de s'en prendre du tout aux &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;tablir les anciens paliers d'imposition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi bien s&#251;r hausser les imp&#244;ts des plus riches. Tel que je l'ai indiqu&#233;, ce n'est pas la seule solution, mais &#231;a fait partie de la solution. Il faut privil&#233;gier l'imp&#244;t progressif &#224; la tarification r&#233;gressive. D'ailleurs pourquoi avons-nous fait passer les paliers d'imposition de seize &#224; trois ? Et pourquoi demander aux &#233;tudiants de compenser pour le manque &#224; gagner qui r&#233;sulte des &#233;chappatoires fiscales autoris&#233;es aux plus riches ? L'argument de M. Fortin est que ce sont les plus riches qui ont acc&#232;s &#224; l'universit&#233;. Or, leur dipl&#244;me leur donnera en moyenne acc&#232;s &#224; des revenus exc&#233;dentaires d'un million de dollars du fait d'avoir ce dipl&#244;me. Il ne faut donc pas demander aux citoyens pauvres de financer par leurs imp&#244;ts les &#233;tudes des plus riches. Voil&#224; pourquoi il faudrait faire payer les &#233;tudiants en haussant les droits de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois pour ma part les choses autrement. Je crois qu'il faut plut&#244;t assurer un acc&#232;s &#224; l'universit&#233; aux moins fortun&#233;s de la soci&#233;t&#233; et exiger ensuite des plus riches qu'ils fassent leur juste part en r&#233;tablissement les anciens paliers d'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs Fortin et Breton semblent se satisfaire du statut quo pour ce qui est de l'accessibilit&#233;. Il faut charger plus cher pour acc&#233;der &#224; l'universit&#233; parce que seuls les riches y ont acc&#232;s de toute fa&#231;on. Je crois pour ma part qu'il faut au contraire une universit&#233; plus accessible et un r&#233;gime d'imposition plus &#233;quitable, accompagn&#233; des correctifs n&#233;cessaires pour &#233;viter le mauvais financement. Au lieu de hausser les droits de scolarit&#233; et de contribuer &#224; creuser davantage l'&#233;cart entre les riches et les pauvres, il faut davantage d'accessibilit&#233; &#224; l'universit&#233; et davantage de personnes riches qui font leur juste part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le Gouvernement dans tout cela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que fait le gouvernement face &#224; tout cela ? Il annonce que la solution de la gratuit&#233; est rejet&#233;e. Elle n'est qu'un id&#233;al lointain duquel on peut m&#234;me s'&#233;loigner en imposant l'indexation des droits de scolarit&#233;. Assez curieusement, le Ministre se dit davantage pr&#233;occup&#233; par la question de l'accessibilit&#233;. Mais comme le r&#233;v&#232;le les chiffres de M. Fortin sur lesquels le Ministre aime tellement s'appuyer, l'accessibilit&#233; est directement li&#233;e &#224; la gratuit&#233; ! Vingt cinq milles nouveaux &#233;tudiants dans le syst&#232;me M. le ministre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut distinguer deux questions : (i) la gratuit&#233; est-elle une mesure &#233;quitable ? (ii) Est-elle r&#233;alisable &#224; court terme ? Il faut r&#233;pondre oui &#224; la premi&#232;re question m&#234;me si l'on doit r&#233;pondre non &#224; la deuxi&#232;me. Et si on r&#233;pond oui &#224; la premi&#232;re, il faut faire en sorte de s'approcher le plus possible de cet objectif et non de s'en &#233;loigner. Tel est le sens de la proposition du gel des droits de scolarit&#233;. Il s'agit d'une mesure pragmatique et raisonnable qui nous rapproche de l'id&#233;al de la gratuit&#233; au lieu de nous en &#233;loigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution de l'indexation est inacceptable parce qu'elle pr&#233;suppose que les sommes actuellement exig&#233;es sont &#233;quitables. Puisqu'elles sont &#233;quitables, il suffirait de les indexer pour maintenir un acc&#232;s juste. Or, n'en d&#233;plaise au Ministre, elles ne le sont pas parce qu'elles nuisent &#224; l'accessibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, au lieu de jeter un regard critique sur les d&#233;rapages, les d&#233;tournements de fonds et les argents mal investis, ainsi que la disparition des paliers d'imp&#244;t, le gouvernement se tourne vers les &#233;tudiants. On demande &#224; des gens dont le revenu est modeste de corriger l'incurie des gouvernements pr&#233;c&#233;dents et des universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nos soci&#233;t&#233;s individualistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fa&#231;on de voir les choses participe d'une id&#233;ologie individualiste. Pourquoi faudrait-il y adh&#233;rer ? C'est pourtant l'int&#233;r&#234;t individualiste des sp&#233;culateurs qui est &#224; l'origine de la crise financi&#232;re de 2008. C'est la recherche individualiste du rendement sur les actions qui est &#224; l'origine de la perte de 40 milliards &#224; la caisse de d&#233;p&#244;t. C'est une m&#234;me mentalit&#233; individualiste qui se manifeste dans le travail au noir et qui engendre des pertes de 3.5 milliards par an au gouvernement qu&#233;b&#233;cois. C'est aussi l'individualisme qui explique pourquoi, en 2011, plus de 150 milliards de dollars sont sortis du Canada pour &#234;tre plac&#233;s dans des paradis fiscaux. C'est encore la foi aveugle dans l'individualisme qui fait que l'on m&#233;nage le grand capital au point de ne m&#234;me pas exiger des redevances sur l'exploration et l'exploitation mini&#232;res qui sont dignes de ce nom. C'est en d&#233;finitive cette m&#234;me mentalit&#233; individualiste qui traite la question des droits de scolarit&#233; universitaires selon une logique de l'utilisateur-payeur ou de l'&#233;tudiant investisseur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Position des T&#234;tes blanches carr&#233; rouge sur la question des frais de scolarit&#233; et de l'acc&#232;s &#224; l'enseignement sup&#233;rieur</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Position-des-Tetes-blanches-carre-rouge-sur-la-question-des-frais-de-scolarite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Position-des-Tetes-blanches-carre-rouge-sur-la-question-des-frais-de-scolarite</guid>
		<dc:date>2013-01-15T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le groupe T&#234;tes blanches, carr&#233; rouge</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-01-29</dc:subject>
		<dc:subject>Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s le pain, l'&#233;ducation est le premier besoin du peuple &#187; Georges Danton (1759-1794) &lt;br class='autobr' /&gt; Qui sommes-nous ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes de divers horizons politiques, culturels et professionnels. Nous avons en commun l'&#226;ge et une certaine vision du monde et de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise &#224; laquelle nous avons contribu&#233; de diverses fa&#231;ons dans les derni&#232;res d&#233;cennies. &lt;br class='autobr' /&gt;
En militant au sein de syndicats, de groupes populaires ou communautaires, d'organismes de d&#233;fense de droits, de coalitions, nous avons &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Education-" rel="directory"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-01-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-01-29&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Vers-le-sommet-sur-l-education-superieure-+" rel="tag"&gt;Vers le sommet sur l'&#233;ducation sup&#233;rieure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton12971-d8895.png?1677097394' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s le pain, l'&#233;ducation est le premier besoin du peuple &#187; Georges Danton (1759-1794)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui sommes-nous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes de divers horizons politiques, culturels et professionnels. Nous avons en commun l'&#226;ge et une certaine vision du monde et de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise &#224; laquelle nous avons contribu&#233; de diverses fa&#231;ons dans les derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En militant au sein de syndicats, de groupes populaires ou communautaires, d'organismes de d&#233;fense de droits, de coalitions, nous avons &#233;t&#233; partie prenante des luttes li&#233;es aux droits des femmes, des peuples autochtones, des personnes r&#233;fugi&#233;es et immigrantes, &#224; l'environnement, &#224; l'&#233;limination de la pauvret&#233;, contre la privatisation des services publics, contre la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et &#224; tant d'autres causes conjoncturelles. D'o&#249; notre refus net d'embo&#238;ter le pas au d&#233;mant&#232;lement et &#224; la liquidation de cet h&#233;ritage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, nous nous sommes senti-e-s interpell&#233;-e-s par la lutte &#233;tudiante et nous avons appuy&#233; jour apr&#232;s jour cette gr&#232;ve historique parce qu'elle constituait un rappel et un appel &#224; faire du droit &#224; l'&#233;ducation un des fondements de notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons apporter notre contribution au d&#233;bat en cours en tant qu'a&#238;n&#233;-e-s solidaires des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants et en tant que citoyennes et citoyens pr&#233;occup&#233;s par le sort des g&#233;n&#233;rations &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notre position :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous affirmons, d'entr&#233;e de jeu, que l'&#233;ducation devrait &#234;tre &#171; gratuite &#187; de la petite enfance &#224; l'universit&#233;, non seulement au Qu&#233;bec, mais dans toutes les soci&#233;t&#233;s du monde. C'est la position que nous entendons d&#233;fendre au sein de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, avant, pendant et apr&#232;s consultations et Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur. Nous savons en effet que cette lutte sera longue, mais qu'il serait irresponsable de ne pas poursuivre dans cette voie h&#233;las trop peu fr&#233;quent&#233;e que nous ont indiqu&#233;e une large portion du mouvement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Soulignons par ailleurs que la formulation de &#171; gratuit&#233; &#187; scolaire que nous utilisons ici ne nous satisfait pas. En effet, cette formulation laisse entendre que l'&#233;ducation serait un bien de consommation comme un autre, et &#171; gratis &#187;, alors que justement nous contestons cette perspective marchande, consum&#233;riste et individualiste. Nous concevons l'&#233;ducation comme un droit &#224; faire appliquer maintenant, comme service public auquel tous et toutes devraient avoir acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#171; gratuit&#233; &#187; donne l'impression que personne ne paie rien et que les &#233;tudiant-e-s ne font pas &#171; leur juste part &#187;... Or, l'&#233;ducation gratuite suppose des ressources financi&#232;res importantes, mais dont le co&#251;t est assum&#233;, au nom d'une solidarit&#233; sociale consentie par le biais d'une fiscalit&#233; que nous voulons la plus juste et &#233;quitable. Ainsi, chaque citoyen et chaque citoyenne contribuent selon ses moyens. Nous pr&#233;f&#233;rons donc, dans la mesure du possible parler d'abolition de frais de scolarit&#233; ou alors d'acc&#232;s libre, voire massif, &#224; l'enseignement sup&#233;rieur, m&#234;me si l'association entre gratuit&#233; et &#233;ducation semble devenue in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques &#233;l&#233;ments d'histoire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forc&#233;ment, pour nous, il faut resituer la probl&#233;matique dans une perspective historique. Plusieurs d'entre nous ont connu/v&#233;cu le temps o&#249;, au Qu&#233;bec, l'acc&#232;s &#224; l'enseignement sup&#233;rieur par la voie des coll&#232;ges &#171; classiques &#187; &#233;tait le privil&#232;ge d'une infime minorit&#233;. D'une part, les co&#251;ts &#233;taient prohibitifs et repr&#233;sentaient pour la tr&#232;s grande majorit&#233; des familles des sacrifices que peu pouvaient se permettre. D'autre part, le syst&#232;me d'&#233;ducation sous l'autorit&#233; de l'&#201;glise &#233;tait &#224; son image : patriarcal et sexiste. Dans les meilleures ann&#233;es, le nombre de ces institutions r&#233;serv&#233;es aux filles se comptait sur les doigts d'une main. D'autre part, visant clairement la reproduction du syst&#232;me social canadien-fran&#231;ais, plusieurs d'entre nous se rappelleront que dans le cadre des &#171; visites paroissiales &#187; le cur&#233; informait ses ouailles des gar&#231;ons qui, tri&#233;s sur le volet par ses bons soins, auraient la chance de poursuivre des &#233;tudes dans un coll&#232;ge de sa communaut&#233; pour devenir... pr&#234;tre, ou alors avocat, notaire ou m&#233;decin ! Sur ce plan, leur d&#233;pendance financi&#232;re &#224; l'&#233;gard de l'&#201;glise ne laissait que peu de choix aux &#171; &#233;lus &#187;. Soci&#233;t&#233; distincte &#224; cette &#233;poque, les francophones d'Am&#233;rique &#233;taient donc nettement d&#233;favoris&#233;s sur le plan de l'accessibilit&#233; &#224; l'enseignement sup&#233;rieur et sur son orientation, avec les cons&#233;quences que l'on sait : un peuple de &#171; porteurs d'eau et de scieurs de bois n&#233;s pour un p'tit pain &#187; domin&#233; par une &#233;lite cl&#233;ricale et une petite bourgeoisie professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sur le plan de l'&#233;ducation, le P&#232;re Georges-Henri L&#233;vesque contribuera &#224; &#233;branler cet &#233;difice quasiment bicentenaire en cr&#233;ant en 1938 la facult&#233; des sciences sociales de l'Universit&#233; Laval o&#249; s'enseigneront, entre autres, la sociologie, l'&#233;conomie, les relations industrielles et le service social. Cette &#233;cole allait produire plusieurs des penseurs du Qu&#233;bec moderne et des artisans de la R&#233;volution tranquille : Jacques Parizeau, Maurice Tremblay, Albert Faucher, Jean-Charles Falardeau, et autres Guy Coulombe et Michel B&#233;langer par exemple... les femmes pionni&#232;res elles aussi de cette R&#233;volution tranquille &#233;tant alors encore rel&#233;gu&#233;es dans l'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, dans la cadre de la R&#233;volution tranquille, le c&#233;l&#232;bre Rapport Parent sur l'&#233;ducation allait mener &#224; la cr&#233;ation des &#233;coles polyvalentes, des C&#233;geps et &#224; la mise ne place du r&#233;seau de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec et de ses composantes r&#233;gionales, permettant ainsi l'accessibilit&#233; &#224; l'enseignement sup&#233;rieur tant aux filles qu'aux gar&#231;ons et ce sur une grande partie du territoire national. C'&#233;tait l&#224; une des assises de l'essor ph&#233;nom&#233;nal qu'a connu le Qu&#233;bec qui entrait enfin de plain-pied dans la modernit&#233; : progr&#232;s social, d&#233;veloppement &#233;conomique, essor au plan culturel... Rappelons que le Rapport Parent pr&#233;voyait la gratuit&#233; scolaire au niveau universitaire, mais consid&#233;rant les co&#251;ts &#224; court terme de la mise en place des C&#233;geps et du r&#233;seau de l'UQ, cet objectif &#233;tait report&#233; dans le temps et d'ici l'atteinte de cet objectif, le gel des frais de scolarit&#233; devait tenir lieu de politique sur ce plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme plusieurs autres acquis de la R&#233;volution tranquille, le projet d'un acc&#232;s libre &#224; l'enseignement sup&#233;rieur fut remis en question. Dans la foul&#233;e des crises &#233;conomiques &#224; r&#233;p&#233;tition, de la domination d'un capitalisme financier de plus en plus rapace, de la mont&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme et du conservatisme et malgr&#233; les &#233;checs et les cons&#233;quences catastrophiques aux plans social et humain des politiques d'aust&#233;rit&#233; (qu'admettent d&#233;sormais des &#233;conomistes du FMI), la nouvelle &#233;lite qu&#233;b&#233;coise compos&#233;e de gestionnaires et de technocrates veut r&#233;orienter la soci&#233;t&#233; sur la base de politiques n&#233;olib&#233;rales : all&#232;gements fiscaux pour les entreprises et les nantis, d&#233;r&#232;glementation, privatisation des entreprises et services publics, &#233;quilibre budg&#233;taire, coupures et tarification des services publics... Bref, &#171; &#224; tribord toute &#187; et fin de la soci&#233;t&#233; distincte sur ces plans ! C'est dans ce contexte historique qu'il faut situer les hausses successives des frais de scolarit&#233; de 1989 &#224; 2012, passant de 520 $ &#224; 2200 $, puis &#224; 3793 $ avec la hausse qu'a tent&#233; d'imposer le gouvernement du PLQ sous la direction de Jean Charest &#224; l'hiver 2012. En fait, nous avons troqu&#233; une religion pour une autre, nous sommes pass&#233;s d'une &#201;glise &#224; l'autre : de la foi &#224; l'&#233;vangile du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une sorte de nouveau Refus global :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait sans compter sur le courage et l'intelligence politiques du mouvement &#233;tudiant qui a entam&#233; une gr&#232;ve historique et suscit&#233; une mobilisation populaire tout aussi historique, devenue le &#171; Printemps &#233;rable &#187;. Rapidement la lutte contre la hausse des frais de scolarit&#233; s'est effectivement transform&#233;e en une critique radicale de la gestion affairiste des universit&#233;s, en une opposition &#224; la marchandisation du savoir, bref, en une remise en question non seulement du syst&#232;me d'enseignement sup&#233;rieur, mais aussi des politiques n&#233;olib&#233;rales et des in&#233;galit&#233;s et injustices &#233;conomiques et sociales qu'elles engendrent. Nous avons v&#233;cu une sorte de nouveau Refus global (Borduas, 1948), lequel avait, en son temps, fortement contribu&#233; &#224; &#233;branler les assises d'une soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise scl&#233;ros&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, il est clair que c'est dans une perspective historique et politique qu'il faut comprendre la lutte contre la hausse des frais de scolarit&#233; et pour la gratuit&#233; ou l'acc&#232;s libre &#224; l'enseignement sup&#233;rieur. Tr&#234;ve donc de r&#233;ductions &#233;conomicistes, o&#249; la comptabilit&#233; tient lieu d'analyse, o&#249; les moyens (&#233;quilibre budg&#233;taire, rentabilit&#233; &#233;conomique, croissance et augmentation incessante de la production) deviennent des fins en soi. Nous sommes donc au c&#339;ur d'une dynamique politique parce que le mouvement &#233;tudiant nous a convi&#233;s &#224; des d&#233;bats et &#224; des choix de soci&#233;t&#233;s qui vont contribuer &#224; d&#233;terminer l'avenir du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arguments que nous pr&#233;sentons dans la partie du texte qui suit ici ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s de fa&#231;on beaucoup plus pr&#233;cise par de nombreuses personnes ou groupes de recherches qui l'ont fait sur la base de comp&#233;tences que nous n'avons pas la pr&#233;tention d'&#233;galer. Sans vouloir r&#233;p&#233;ter ces arguments dans le d&#233;tail et pour aller &#224; ce qui nous semble l'essentiel, consid&#233;rant ce qui a &#233;t&#233; dit plus haut, voici quelques grands traits de notre &#171; analyse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre la hausse et l'indexation :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes contre ces deux options parce qu'elles renforcent les in&#233;galit&#233;s sociales. Si la s&#233;lection est moins &#233;vidente que du temps des &#171; visites paroissiales &#187; de monsieur le cur&#233;, elle n'en est pas moins bien r&#233;elle. En effet, hausse ou indexation, il s'agit d'une augmentation des frais de scolarit&#233; qui aura comme premi&#232;re cons&#233;quence une baisse des taux d'acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures, conclusion &#224; laquelle arrivent et le Minist&#232;re de l'&#201;ducation des Loisirs (voir Indicateurs du MELS 2010) et la Fondation canadienne des bourses d'&#233;tudes du mill&#233;naire (voir Changements dans la politique relative aux frais de scolarit&#233; ; Exp&#233;rience naturelle effectu&#233;e dans 5 pays, 2004). &#192; moins qu'ils soient issus de milieux privil&#233;gi&#233;s, l'augmentation des co&#251;ts en am&#232;ne plusieurs &#224; abandonner l'id&#233;e m&#234;me de faire des &#233;tudes sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le meilleur des cas, toujours &#224; moins d'&#234;tre issu de milieux privil&#233;gi&#233;s, hausses et indexation accentuent la pr&#233;carit&#233; au plan financier des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants, les for&#231;ant &#224; s'endetter et &#224; tenter de concilier travail et &#233;tudes. Or, cette conciliation se fait trop souvent au d&#233;triment des &#233;tudes et de nombreuses recherches d&#233;montrent que le travail salari&#233; est une des causes de l'&#233;chec scolaire et du d&#233;crochage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de telles circonstances, les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants issus des classes populaires, voire de la classe moyenne, et qui malgr&#233; tout persistent, peuvent finalement &#234;tre conduits &#224; r&#233;orienter leur parcours scolaire, &#233;tant incit&#233;s &#224; choisir des &#233;tudes plus courtes, reproduisant ainsi les in&#233;galit&#233;s sociales et &#233;conomiques. Ou encore en choisissant des domaines plus rentables au plan financier au d&#233;triment des arts, de la culture, de la philosophie ou des sciences humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la solution des pr&#234;ts et bourses, elle ne r&#232;gle en rien ces probl&#232;mes &#224; moyen terme, sinon que les institutions financi&#232;res pr&#234;teuses touchent des int&#233;r&#234;ts sur les pr&#234;ts garantis par l'&#201;tat ! Qui plus est, consid&#233;rant l'incertitude &#233;conomique devenue permanente, nombre de finissantes et de finissants risquent de se retrouver apr&#232;s leurs &#233;tudes sans pouvoir occuper un emploi leur permettant de &#171; remplir leurs obligations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous ces cas de figure, il y a renforcement des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques et sociales qu'on retrouve en amont du syst&#232;me scolaire : c'est la raison premi&#232;re de notre rejet de ces solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre le gel des frais de scolarit&#233; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gel des frais de scolarit&#233; ne repr&#233;sente en rien une solution valable. Rappelons-nous que pour les auteur-e-s du Rapport Parent, le gel devait &#234;tre une solution temporaire. Or, l'histoire d&#233;montre que c'est une solution pour le moins inefficace. M&#234;me si les tenants de la hausse ou de l'indexation ont fait valoir que les frais de scolarit&#233; n'avaient pas augment&#233; depuis trop longtemps, ils sont pass&#233;s de 540 $ en 1990 &#224; 1668 $ en 1994, puis apr&#232;s quelques autres tentatives &#224; 2168 $ en 2012. La nouvelle hausse, bloqu&#233;e par la gr&#232;ve &#233;tudiante devait &#234;tre de 1625 $ par ann&#233;e. Au Qu&#233;bec, le gel n'a d&#233;finitivement rien de permanent et chaque printemps, on risque de devoir ressortir pancartes, banni&#232;res et carr&#233;s rouges !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le pr&#233;tendu &#171; gel &#187; des frais de scolarit&#233; ne saurait donc constituer une solution aux probl&#232;mes mentionn&#233;s plus haut, l'endettement &#233;tudiant et la reproduction des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques et sociales au premier chef.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la gratuit&#233; ou l'acc&#232;s libre et massif &#224; l'enseignement sup&#233;rieur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parce que l'&#233;ducation est un droit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des raisons fondamentales qui nous am&#232;ne &#224; nous opposer aux trois solutions pr&#233;c&#233;dentes et &#224; choisir la gratuit&#233; scolaire est une diff&#233;rence non pas d'ordre quantitatif, mais qualitatif. Les trois premi&#232;res alternatives ont en commun de se situer dans le droit fil de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale selon laquelle la soci&#233;t&#233; est d'abord et avant tout un march&#233; o&#249; tout doit &#234;tre objet de commerce, les citoyens &#233;tant r&#233;duits au r&#244;le de consommateur. Il en va ainsi de l'&#233;ducation, comme de la sant&#233; ou du logement d'ailleurs, domaines dans lesquels l'intervention de l'&#201;tat doit &#234;tre minimale et o&#249; s'applique le principe de &#171; l'utilisateur/payeur &#187; selon la formule consacr&#233;e. Il suffit d'ailleurs d'inverser les deux termes pour constater ce que cette formule sous-tend et &#224; quel point cela est inique : seuls ceux et celles qui pourront se le payer auront acc&#232;s aux services publics !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour nous l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation est d'abord et avant tout un droit, lequel fait partie int&#233;grante de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme adopt&#233;e par les pays membres de l'ONU en 1948. L'article 26 prescrit que &#171; Toute personne a droit &#224; l'&#233;ducation. L'&#233;ducation doit &#234;tre gratuite au moins en ce qui concerne l'enseignement &#233;l&#233;mentaire et fondamental. L'enseignement &#233;l&#233;mentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233; ; l'acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures doit &#234;tre ouvert en pleine &#233;galit&#233; &#224; tous en fonction de leur m&#233;rite &#187;. &#192; ce titre le droit &#224; l'&#233;ducation n'est pas plus monnayable que le droit &#224; la libre expression ou le droit de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part le Canada, dont le Qu&#233;bec fait toujours partie, est signataire du Pacte international relatif aux droits &#233;conomiques sociaux et culturels (PIDESC) adopt&#233; par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU en 1966 et qui pr&#233;voit &#224; l'article 13, entre autres, que &#171; l'enseignement sup&#233;rieur doit &#234;tre rendu accessible &#224; tous en pleine &#233;galit&#233;, en fonction des capacit&#233;s de chacun, par tous les moyens appropri&#233;s et notamment par l'instauration progressive de la gratuit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#201;tats signataires, dont certains n'ont pas les moyens du Qu&#233;bec soit dit en passant, ont effectivement fait le choix de r&#233;aliser cet engagement. C'est le cas notamment de Cuba, du Mexique, mais aussi de la Finlande et de la R&#233;publique tch&#232;que par exemple, ces deux derniers n'ayant pas la possibilit&#233; de troquer une partie de leurs ressources naturelles contre une &#233;ducation gratuite comme le Qu&#233;bec le pourrait. &#192; noter : parmi les 10 pays les plus scolaris&#233;s de l'OCDE, 6 n'exigent pas de frais de scolarit&#233;, en plus de la Finlande et de la R&#233;publique tch&#232;que, il s'agit du Danemark, de l'Islande, de la Norv&#232;ge, et de la Su&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parce que le savoir n'est pas une marchandise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sur un autre plan, tout aussi fondamental, la gratuit&#233; scolaire de l'enseignement sup&#233;rieur permettrait de quitter les orni&#232;res de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale et sa conception du savoir comme marchandise utile &#224; la r&#233;ussite individuelle pour d&#233;velopper un rapport au savoir comme patrimoine collectif qui doit servir &#224; d&#233;velopper une conscience sociale et servir le bien commun. C&#233;geps et universit&#233;s doivent devenir des lieux de diffusion de ce patrimoine culturel, de cette culture g&#233;n&#233;rale, laquelle pour reprendre les termes du dernier num&#233;ro de la revue Argument &#171; constitue un socle commun sur lequel se fonde dans toute soci&#233;t&#233; un dialogue social commun important dans une d&#233;mocratie [...] un moyen d'appr&#233;hender le monde non pas comme un espace neutre d&#233;barrass&#233; de toute dimension historique, mais comme un lieu signifiant &#224; &#234;tre habit&#233; v&#233;ritablement [et qui] permet de former son jugement, de se rep&#233;rer dans la r&#233;alit&#233; complexe et de prendre du recul par rapport au pr&#233;sent. &#187; (Argument, Vol.15 No 1 automne/hiver 2012). Ou comme l'&#233;crivait David Desjardins dans Le Devoir, ce qui permettrait que l'&#233;cole, en plus de fabriquer des techniciens, &#171; redevienne une fabrique d'humains qui peu importe leur travail et leur statut social, sont capables de r&#233;fl&#233;chir, d'organiser leur pens&#233;e [...] des citoyens qui se rejoindraient ainsi dans un autre langage que celui du march&#233; &#187; (Le Devoir, 4 octobre 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parce que l'&#233;ducation est un bien pr&#233;cieux pour les &#233;tudiant-e-s et pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avantages de la gratuit&#233; scolaire pour les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants vont de soi : fin de l'endettement, et m&#234;me s'ils devront faire face &#224; l'augmentation du co&#251;t de la vie, une pr&#233;carit&#233; moindre, une plus grande libert&#233; de choix de leur parcours acad&#233;mique et de leur orientation professionnelle et un acc&#232;s libre quelle que soit leur classe sociale d'origine.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acc&#232;s libre &#224; l'enseignement sup&#233;rieur a aussi des avantages &#233;vidents pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233; : les personnes scolaris&#233;es ont les moyens d'&#234;tre moins d&#233;pendantes de l'aide sociale, d'&#234;tre en meilleure sant&#233;, de participer davantage &#224; la vie d&#233;mocratique et au d&#233;veloppement culturel. Que la scolarisation soit un vecteur d&#233;terminant de progr&#232;s et de coh&#233;rence sociale n'est plus &#224; d&#233;montrer. &#171; Si vous trouvez que l'&#233;ducation co&#251;te cher, essayez l'ignorance &#187;, pouvait-on lire sur des pancartes lors du Printemps &#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspective interg&#233;n&#233;rationnelle et donc d'avenir :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le pass&#233; est important pour nous permettre de mieux saisir cette probl&#233;matique dans un contexte plus large, notre perspective n'est en rien pass&#233;iste, bien au contraire. Nous pensons la probl&#233;matique de l'acc&#232;s &#224; l'enseignement sup&#233;rieur en fonction de l'avenir et de ce qui attend d&#232;s maintenant les jeunes g&#233;n&#233;rations. Or, nous sommes tr&#232;s pr&#233;occup&#233;s par le sort qui les attend. Parce que l'histoire r&#233;cente de l'humanit&#233; a d&#233;montr&#233; que science sans conscience n'est pas que ruine de l'&#226;me, mais ruine tout court, favoriser le d&#233;veloppement de cette conscience, celle dont parlent Desjardins ou les responsables d'Argument devient une n&#233;cessit&#233; dans le contexte actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, sur le plan de l'environnement, d'aucuns s'entendent pour constater que la lutte contre les changements climatiques est perdue et qu'il faut d&#233;sormais tenter de faire face aux cons&#233;quences dramatiques qui s'ensuivront. De la Fondation David Suzuki au Comit&#233; consultatif f&#233;d&#233;ral sur le climat des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, de la Banque mondiale (qui pr&#233;voit un r&#233;chauffement de plus de 4 degr&#233;s Celsius) au Forum &#233;conomique et social qui se tient &#224; Davos d&#233;but 2013, tous identifient les m&#234;mes d&#233;fis immenses et sans pr&#233;c&#233;dent auxquels les g&#233;n&#233;rations &#224; venir seront confront&#233;es (s&#233;cheresses dramatiques par endroits, super temp&#234;tes, raz-de-mar&#233;e et inondations ailleurs, p&#233;nuries d'eau potable, d&#233;ficits agricoles et crises alimentaires, migrations massives de &#171; r&#233;fugi&#233;-e-s climatiques &#187;). Et on ne peut qualifier ces gens de gauchistes, &#171; d'&#233;colos financ&#233;s par des groupes &#233;trangers ennemis du Canada &#187;, ou de &#171; gratteux de guitare &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan socio-&#233;conomique, l'accroissement des in&#233;galit&#233;s (m&#234;me le rapport du Forum de Davos le mentionne parmi les risques mondiaux en plus des catastrophes environnementales) au sein des soci&#233;t&#233;s et entre les soci&#233;t&#233;s, de m&#234;me que le type de d&#233;veloppement capitaliste boulimique qui les reproduit d&#233;cennie apr&#232;s d&#233;cennie, constituent des d&#233;fis colossaux auxquels se sont d&#233;j&#224; confront&#233;es les jeunes g&#233;n&#233;rations. Il en va de m&#234;me au plan culturel, alors que les jeunes sont appel&#233;s &#224; vivre dans des soci&#233;t&#233;s de plus en plus pluralistes et qui requi&#232;rent de comprendre plusieurs mondes &#224; la fois. Enfin, au plan politique, c'est &#224; travers le renouvellement et le red&#233;ploiement de toutes les formes de d&#233;mocratie (repr&#233;sentative, directe, participative, d&#233;lib&#233;rative) que les jeunes seront appel&#233;s &#224; construire le &#171; vivre ensemble &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, l'acc&#232;s gratuit et massif &#224; l'enseignement sup&#233;rieur devient prioritaire. Il faut d&#232;s maintenant donner &#224; la jeunesse les moyens de commencer &#224; penser, analyser, comprendre les immenses probl&#232;mes auxquels l'humanit&#233; sera confront&#233;e, de pouvoir d&#233;velopper un esprit critique face aux id&#233;es dominantes pour &#234;tre en mesure d'agir, de transformer le monde, de le rendre habitable pour toutes et pour tous . L'&#233;ducation pour faire soci&#233;t&#233; comme nous l'ont si justement rappel&#233; les Profs contre la hausse (Journ&#233;es de l'&#233;ducation, 26 et 27 octobre 2012). C'est un devoir que l'on pourrait qualifier de &#171; moral &#187; pour les g&#233;n&#233;rations d'a&#238;n&#233;es que d'appuyer les jeunes dans leur lutte pour la gratuit&#233; scolaire, lutte politique au sens fort du terme, c'est-&#224;-dire qui concerne l'avenir de la soci&#233;t&#233;. Le Qu&#233;bec a l'occasion de rejoindre le petit groupe de &#171; soci&#233;t&#233;s distinctes &#187; qui ont fait ce choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ont sign&#233; ce texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ginette Bastien, C&#233;line Beaulieu, Fran&#231;ois Belpaire, Louise Blais, Gis&#232;le Bourret, Carole Brodeur, Denise Caron, Josette Catelier, B&#233;atrice Chiasson, Eduardo Corro, Guy Demers, Lise Demers, France Desbiens, Marie-France Dozois, C&#233;line Dumas, Andr&#233; Fleury, Jacques Fournier, Winnie Frohn, Kristiane Gagnon, Diane Gari&#233;py, Louise Garnier, Yveline Ghariani, Lorraine Guay, Monique Hamelin, Yves La Neuville, G&#233;rard Laverdure, Pierre Lebuis, France Lemieux, R&#233;jeanne Martin, Serge Mongeau, Claude Perron, Christiane Poisson, Lucille Plourde, Richard Renshaw, Ren&#233; Rioux, Ana Maria Seghezzo Durbano, Claire S&#233;guin, Wendy Stevenson, G&#233;rard Talbot, Marc-Andr&#233; Tardif, Fran&#231;ois Teasdale, Gis&#232;le Turcot, Sonia Tr&#233;panier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous rejoindre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tetesblanchescarrerouge@videotron.ca&lt;br class='autobr' /&gt;
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