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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Fran&#231;Afrique : les ruses de la raison postcoloniale (1&#232;re partie)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/FrancAfrique-les-ruses-de-la-raison-postcoloniale-1ere-partie</link>
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		<dc:date>2013-02-19T08:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous entreprenons la publication d'un article long mais fort instructif sur la pr&#233;sence coloniale fran&#231;aise en Afrique, parliculi&#232;rement au Mali dans le contexte de la r&#233;cente intervention militaire de la France dans cette r&#233;gion. La suite vous sera pr&#233;sent&#233;e la semaine prochaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article a &#233;t&#233; &#224; l'origine publi&#233; par la revue Contretemps (premi&#232;re s&#233;rie) en 2006. Jean Nanga est un militant internationaliste. &lt;br class='autobr' /&gt; Le d&#233;bat sur le pass&#233; colonial de la R&#233;publique fran&#231;aise et ses &#171; aspects (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous entreprenons la publication d'un article long mais fort instructif sur la pr&#233;sence coloniale fran&#231;aise en Afrique, parliculi&#232;rement au Mali dans le contexte de la r&#233;cente intervention militaire de la France dans cette r&#233;gion. La suite vous sera pr&#233;sent&#233;e la semaine prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; &#224; l'origine publi&#233; par la revue Contretemps (premi&#232;re s&#233;rie) en 2006. Jean Nanga est un militant internationaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur le pass&#233; colonial de la R&#233;publique fran&#231;aise et ses &#171; aspects positifs &#187;, grav&#233;s dans la loi depuis l'adoption de la loi du 23 f&#233;vrier 2005, exprime la persistance de l'id&#233;ologie de &#171; la mission civilisatrice &#187;. Mais, il entre aussi en r&#233;sonance avec le grand succ&#232;s de librairie qu'a &#233;t&#233; l'ouvrage de Stephen Smith, N&#233;grologie. Pourquoi l'Afrique meurt, dans lequel on peut lire : &#171; Pour le dire brutalement : depuis l'ind&#233;pendance, l'Afrique travaille &#224; sa recolonisation. Du moins, si c'&#233;tait le but, elle ne s'y prendrait pas autrement. Seulement m&#234;me en cela le continent &#233;choue. Plus personne n'est preneur [de ces pays africains qui survivent gr&#226;ce &#224;] la pension alimentaire qu'ils tirent de la coulpe de l'Occident &#187; (1). La force de l'opinion de S. Smith a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e pendant la crise militaire de novembre 2004 entre l'&#201;tat fran&#231;ais et l'&#201;tat ivoirien : de l'extr&#234;me droite &#224; la gauche, des plumes se sont mobilis&#233;es en solidarit&#233; avec l'arm&#233;e r&#233;publicaine fran&#231;aise, agress&#233;e de fa&#231;on meurtri&#232;re en C&#244;te d'Ivoire. Un acte criminel exprimant l'ingratitude de l'&#201;tat ivoirien &#224; l'&#233;gard de la R&#233;publique fran&#231;aise cens&#233;e avoir vol&#233; au secours du peuple ivoirien menac&#233; de g&#233;nocide par une &#233;lite politique immature et r&#233;tive &#224; la d&#233;mocratie. Mais, ce quasi-consensus semble confirmer l'enracinement de l'id&#233;ologie coloniale dans une grande partie de l'&#233;lite fran&#231;aise voire de la soci&#233;t&#233;. Dans les lignes qui suivent, nous allons rappeler la continuit&#233; qui existe entre les rapports de l'&#232;re v&#233;t&#233;ro-coloniale et ceux de l'&#232;re n&#233;ocoloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du colonialisme &#233;mancipateur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension du pr&#233;sent des &#171; ex-colonies &#187; africaines-subsahariennes de la France nous semble impossible dans l'ignorance du pass&#233;. Une &#233;vidence que n&#233;gligent subtilement S. Smith et bien d'autres qui, parfois en se reniant, con&#231;oivent la d&#233;colonisation comme fin de la colonisation et de la domination m&#233;tropolitaine. Certains ne s'emp&#234;chent pas de pr&#233;senter la d&#233;colonisation comme l'aboutissement logique d'un plan de la R&#233;publique &#233;mancipatrice. Alors que dans les faits, l'&#201;tat fran&#231;ais &#233;tait farouchement oppos&#233; &#224; l'ind&#233;pendance des colonies. Albert Sarraut en parlait en des termes qui n'ont cess&#233;s d'&#234;tre repris : &#171; &#8220;ce trousseau de servitudes que l'on nomme 'ind&#233;pendance&#8221; selon la formule de Georges Duhamel. C'est bien ce que sentent d'instinct ou que comprennent clairement tous ceux de nos prot&#233;g&#233;s dont la sagesse est faite des le&#231;ons du pass&#233; et de l'observation attentive du pr&#233;sent. L'id&#233;e de l'ind&#233;pendance, loin de les s&#233;duire, les effraie &#187; (2). Ne pouvait ainsi &#234;tre envisag&#233;e que la r&#233;forme du r&#233;gime colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle qui fut initi&#233;e en 1944 ne peut se comprendre en dehors des transformations de la conjoncture internationale. L'apr&#232;s-guerre s'&#233;tait caract&#233;ris&#233;e par la mont&#233;e en force des deux absents du partage colonial, les &#201;tats-Unis &#8211; puissance imp&#233;rialiste et n&#233;ocolonialiste en Am&#233;rique centrale et du Sud &#8211; et l'Union sovi&#233;tique, lesquels p&#232;sent sur la naissance de l'ONU dont les chapitres 11-13 de la Charte (1945) concernent l'auto-administration par leurs populations des &#171; territoires non-autonomes &#187; &#8211; le terme &#171; colonies &#187; est soigneusement &#233;vit&#233; &#8211; et &#171; sous tutelle &#187;. Un principe dont les pr&#233;mices avaient &#233;t&#233; per&#231;ues par les partisans de la &#171; France Libre &#187; parmi lesquels le g&#233;n&#233;ral de Gaulle. Par ailleurs, l'anticolonialisme &#8211; opportuniste car imp&#233;rialiste &#8211; des &#201;tats-Unis exer&#231;ait une influence sur le colonialisme britannique en Afrique. Bon nombre de colonis&#233;-e-s africain-e-s, sujets britanniques &#224; l'instar de Francis Kwam&#233; Nkrumah, &#233;tudiaient aux &#201;tats-Unis et &#233;taient en contact avec des colonis&#233;-e-s asiatiques mieux organis&#233;-e-s dans la lutte contre le colonialisme britannique. C'est l'&#233;volution de cette conjoncture qui explique la &#171; d&#233;colonisation &#187; fran&#231;aise que des falsificateurs de l'histoire attribuent &#224; un humanisme imaginaire du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, en d&#233;pit du fait que ce dernier avait bien exprim&#233; son opposition &#224; la d&#233;colonisation lors de la conf&#233;rence des gouverneurs g&#233;n&#233;raux &#224; Brazzaville en 1944. Une des recommandations de cette conf&#233;rence, connue sous le nom de conf&#233;rence de Brazzaville, avait clairement affirm&#233; le refus de toute &#233;mancipation hors de l'empire fran&#231;ais : &#171; Les fins de l'&#339;uvre de civilisation accomplie par la France dans les Colonies &#201;CARTENT TOUTE ID&#201;E D'AUTONOMIE, TOUTE POSSIBILIT&#201; D'&#201;VOLUTION HORS DU BLOC FRAN&#199;AIS DE L'EMPIRE ; LA CONSTITUTION &#201;VENTUELLE, M&#202;ME LOINTAINE DE SELF-GOVERNMENTS DANS LES COLONIES EST &#192; &#201;CARTER &#187; (3). Comme pour marquer ce refus de l'&#233;galit&#233; humaine, l'ann&#233;e qui commence par la conf&#233;rence de Brazzaville s'ach&#232;ve par le massacre &#224; Thiaroye de &#171; tirailleurs s&#233;n&#233;galais &#187; de retour de la Seconde Guerre mondiale et qui revendiquaient le versement de leurs primes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette opposition &#224; l'ind&#233;pendance persiste dans la Constitution de 1946 qui institutionnalise l'Union fran&#231;aise &#8211; s&#233;mantiquement, l'Empire colonial n'existe plus &#8211; comme cadre d'&#233;mancipation des colonis&#233;-e-s, lesquel-le-s pouvaient d&#233;sormais &#234;tre represent&#233;-e-s et &#233;lu-e-s au Parlement fran&#231;ais. C'est ainsi par la Constitution de la Ive R&#233;publique que les colonies se sont mises &#224; relever de la loi. Jusqu'alors, elles relevaient plut&#244;t du pr&#233;sident, du ministre des Colonies, du gouverneur, du commandant et des grandes compagnies coloniales. L'hostilit&#233; &#224; l'ind&#233;pendance est partag&#233;e au-del&#224; de la droite coloniale. Ainsi, au lendemain de la r&#233;pression sanglante de la r&#233;bellion malgache, en 1947, Fran&#231;ois Mitterrand, plusieurs fois ministre de la R&#233;publique coloniale, a pu affirmer : &#171; L'avenir de Madagascar est dans le cadre de la R&#233;publique fran&#231;aise. L'&#233;volution des Malgaches doit se faire au sein de la R&#233;publique&#8230; les fauteurs de la r&#233;bellion de 1947 sont beaucoup plus coupables envers leurs concitoyens qu'envers le pouvoir central &#187; (4). C'est sous la pression de la guerre de lib&#233;ration alg&#233;rienne qu'un deuxi&#232;me pas est effectu&#233; avec la loi-cadre du 23 juin 1956 qui institue des gouvernements autonomes en Afrique &#233;quatoriale fran&#231;aise (AEF) et en Afrique occidentale fran&#231;aise (AOF). Cette r&#233;forme est cens&#233;e &#171; &#8230;associer plus &#233;troitement les populations d'outre-mer &#224; la gestion de leurs int&#233;r&#234;ts propres [sous forme] de d&#233;centralisation et de d&#233;concentration administratives &#187; (art. 1er). Mais, le principe demeure imp&#233;rial comme l'&#233;nonce une fois de plus F. Mitterrand : &#171; Un pouvoir central fortement structur&#233; &#224; Paris, des &#201;tats et territoires autonomes f&#233;d&#233;r&#233;s au sein d'une communaut&#233; &#233;galitaire et fraternelle dont les fronti&#232;res iront des plaines des Flandres aux for&#234;ts de l'&#233;quateur, telle est la perspective qu'il nous appartient de pr&#233;ciser et de proposer, car sans l'Afrique il n'y aura pas d'histoire de la France au XXIe si&#232;cle. (&#8230;) Comment en effet la France butant sur ce Rhin o&#249; boivent tour &#224; tour les chevaux de l'Europe irait-elle vers le Nord ? ou vers l'Est ? ou vers l'Ouest qui vient plut&#244;t chez elle qu'il ne l'appelle &#224; lui ? Seule la route du Sud est disponible, large, bord&#233;e d'innombrables peuples, en m&#234;me temps que d'espaces inoccup&#233;es&#8230; D&#233;j&#224; la France sait combien l'Afrique lui est n&#233;cessaire &#187; (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien cette id&#233;e de la France, &#171; communaut&#233; &#233;galitaire et fraternelle dont les fronti&#232;res iront des plaines des Flandres aux for&#234;ts de l'&#233;quateur &#187;, qui est adopt&#233;e par voie r&#233;f&#233;rendaire en 1958. Le Titre XIII de la Constitution gaullienne &#233;tablit ainsi la Communaut&#233; pour contrecarrer les vell&#233;it&#233;s d'ind&#233;pendance qui se propagent dans les colonies. Le processus d'autonomie progresse en effet au Ghana anglophone qui acc&#232;de &#224; l'ind&#233;pendance en 1957, favorisant l'acquisition par le Togo voisin, territoire sous tutelle fran&#231;aise, d'un statut plus autonome que celui des autres pays de l'AOF et incitant le peuple guin&#233;en &#224; rejeter le principe de la Communaut&#233;. Dans tous les autres territoires d'AEF et d'AOF, celle-ci est cependant approuv&#233;e majoritairement, y compris, dans certains cas, gr&#226;ce &#224; la fraude, &#224; la corruption et &#224; l'intimidation, supervis&#233;es par les autorit&#233;s coloniales. La p&#233;riode qui s'&#233;tend de 1946 &#224; 1960 est une p&#233;riode de transition au n&#233;ocolonialisme. L'ind&#233;pendance n'est plus consid&#233;r&#233;e comme incompatible avec l'existence de la Communaut&#233;, ch&#232;re &#224; de Gaulle, Mitterrand et Houphou&#235;t-Boigny. &#171; Un &#201;tat membre de la Communaut&#233;, admet d&#233;sormais l'article 86 de la Constitution r&#233;vis&#233;e, peut &#233;galement par voie d'accord devenir ind&#233;pendant sans cesser de ce fait d'appartenir &#224; la Communaut&#233; &#187; (6). Ind&#233;pendants mais toujours membres de la Communaut&#233; domin&#233;e par la France, tel est le statut v&#233;ritable des nouveaux &#201;tats (7). Le postcolonialisme est ainsi un n&#233;ocolonialisme. En d&#233;pit des nombreuses r&#233;visions (8, plus pr&#233;cis&#233;ment) de la Constitution de la Ve R&#233;publique, le l&#233;gislateur fran&#231;ais n'a abrog&#233; la Communaut&#233; qu'en 1995 (8) ! Autrement dit, pendant les trente-cinq premi&#232;res ann&#233;es dites postcoloniales, dont les deux septennats de Mitterrand, la majorit&#233; des &#201;tats africains des ex-AEF et AOF ne disposaient pas d'une pleine souverainet&#233;. La nouveaut&#233; se situant dans l'existence d'une certaine marge d'autonomie des gouvernants autochtones et des institutions locales s'articulant avec des m&#233;canismes structurels et des pratiques h&#233;rit&#233;s du v&#233;t&#233;rocolonialisme. La &#171; d&#233;colonisation &#187; est ainsi le fait de la pression de l'environnement international et des luttes au sein de l'empire colonial bien plut&#244;t que l'expression des vertus immanentes &#224; la R&#233;publique, qui auraient fini par surmonter des d&#233;viations &#233;trang&#232;res &#224; son principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ruse de la &#171; grammaire coloniale &#187;, la Communaut&#233; a surv&#233;cu sous le terme de &#171; Coop&#233;ration &#187; avec un minist&#232;re sp&#233;cifique qui aurait aussi pu &#234;tre baptis&#233; minist&#232;re de la Communaut&#233; postcoloniale, domaine r&#233;serv&#233; du pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise, du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, cr&#233;ateur de la &#171; cellule africaine de l'&#201;lys&#233;e &#187;, &#224; Jacques Chirac, en passant par Fran&#231;ois Mitterrand. &#192; travers maints accords (&#233;conomiques, culturels, militaires, politiques) conclus avec les &#233;lites locales, cogestionnaires de la transition au n&#233;ocolonialisme (1956-1960), et de multiples institutions, la m&#233;tropole a pu maintenir les liens de d&#233;pendance des &#171; ex-colonies &#187;. C'est alors une n&#233;cessit&#233; pour la puissance moyenne qu'est la France, comparativement aux &#201;tats-Unis et &#224; l'URSS pendant la guerre froide. Les &#201;tats-Unis laissent la France jouer le r&#244;le de gendarme du &#171; monde libre &#187; anticommuniste dans ses &#171; ex-colonies &#187;. &#192; en croire J. Foccart (9), elle aurait m&#234;me b&#233;n&#233;fici&#233; de l'indiff&#233;rence de l'URSS de Krouchtchev. Par l'existence de cette Communaut&#233;, devenue secr&#233;tariat aux Affaires africaines et plus tard minist&#232;re de la Coop&#233;ration, la France conserve un poids imp&#233;rial dans l'ar&#232;ne internationale, par exemple sous forme de voix naturellement acquises aux Nations unies. Dans sa politique coloniale, de l'Alg&#233;rie &#224; la Nouvelle-Cal&#233;donie, elle a ainsi b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien des &#201;tats membres de ladite Communaut&#233;. Il en a &#233;t&#233; de m&#234;me pour les essais nucl&#233;aires fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Francophonie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colonisation &#233;tant justifi&#233;e par la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; civilisatrice, la d&#233;fense de la langue, v&#233;hicule de la civilisation, devait occuper une position centrale dans le dispositif de la coop&#233;ration. Pourtant, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle a plut&#244;t r&#233;sist&#233; qu'encourag&#233; le projet initi&#233; en 1962 par L. S. Senghor instituant la francophonie. Pour lui, il s'agissait d'un fardeau inutile : &#171; Alors, chacun am&#232;nerait quelques &#233;l&#233;ments et c'est nous qui paieront le tout. Il n'en est pas question &#187; (10) aurait-il affirm&#233;, selon J. Foccart. La grandeur de la France ne passait pas pour de Gaulle par cette coop&#233;ration culturelle. Ce n'est qu'en 1969 que se tint la 1&#232;re conf&#233;rence des &#201;tats francophones. En 1970 avec la convention de Niamey, va na&#238;tre l'Agence de coop&#233;ration culturelle et technique (ACCT), devenue Agence de la francophonie. Malgr&#233; son extension au-del&#224; du bin&#244;me ex-m&#233;tropole-anciennes colonies d'Afrique, la francophonie reste une pi&#232;ce importante du dispositif n&#233;ocolonial en Afrique (11). L'annonce concernant les visas faite par Chirac lors du sommet France-Afrique de d&#233;cembre 2005, &#224; Bamako, l'illustre bien : &#171; Je souhaite que ce partenariat s'incarne &#233;galement dans l'ouverture d'un espace privil&#233;gi&#233; d'&#233;change entre la France et les pays africains, notamment francophones. Entrepreneurs, cadres, chercheurs, professeurs, artistes : leurs activit&#233;s sont, par nature, li&#233;es &#224; l'&#233;change. J'ai donc d&#233;cid&#233;, sur une suggestion du pr&#233;sident du Mali, de faciliter pour eux la d&#233;livrance de visas de longue dur&#233;e et &#224; entr&#233;es multiples, car c'est indispensable &#224; leurs activit&#233;s. La France continuera de plus, bien s&#251;r, &#224; accueillir sur son sol de nombreux &#233;tudiants africains. &#187; Cette directive en faveur d'une immigration plus s&#233;lective r&#233;v&#232;le que la France est consciente du d&#233;clin de son prestige au sein de l'&#233;lite africaine francophone de plus en plus sensible &#224; l'offensive anglophone et plus particuli&#232;rement &#233;tatsunienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La francophonie, est-il affirm&#233; &#224; la X&#232; conf&#233;rence des chefs d'&#201;tat et de gouvernement des pays ayant en partage le fran&#231;ais, tenue en novembre 2004, n'est pas seulement un instrument culturel mais une institution globale dont l'un des objectifs est de contribuer &#224; &#171; r&#233;guler et humaniser la mondialisation &#187;, &#171; renforcer la capacit&#233; des &#201;tats et la mise en place de cadres r&#233;glementaires, une gouvernance au d&#233;veloppement d'activit&#233;s &#233;conomiques et incitatives au d&#233;veloppement du secteur priv&#233; et de l'investissement &#187; (12). Le lien entre la langue et l'&#233;conomie a &#233;galement &#233;t&#233; soulign&#233; par le rapporteur d'un d&#233;bat &#224; l'Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise concernant l'article 2 de la Constitution portant sur le fran&#231;ais comme langue de la R&#233;publique : &#171; Le probl&#232;me de la d&#233;fense du fran&#231;ais se pose aujourd'hui en termes nouveaux. La semaine derni&#232;re, l'assembl&#233;e des parlementaires francophones a re&#231;u le pr&#233;sident Diouf, pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e internationale des parlementaires de langue fran&#231;aise, et il a soulign&#233; combien le fran&#231;ais &#233;tait menac&#233;. Gardons &#224; l'esprit le risque d'un monopole de l'anglais, l'imp&#233;rialisme linguistique refl&#233;tant l'imp&#233;rialisme de la puissance &#233;conomique dominante &#187; (26 janvier 2005). C'est dans ce but que la francophonie parraine l'institution de l'Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) et a cr&#233;&#233; l'Institut de la francophonie, pour l'entreprenariat (IFE). C'est cette francophonie &#233;conomique que d&#233;fend Dominique Wolton du CNRS : les &#171; entreprises classiques (Air France, Renault, Total, etc.) doivent prendre conscience qu'elles sont porteuses d'une identit&#233; culturelle et la mettre plus souvent en avant qu'elles ne le font actuellement &#187; (13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'engagement de l'arm&#233;e fran&#231;aise aux c&#244;t&#233;s de l'arm&#233;e rwandaise contre l'arm&#233;e du FPR, de 1990 au g&#233;nocide de 1994, a &#233;t&#233; justifi&#233; par l'anglophonie du FPR. On a m&#234;me parl&#233; &#224; ce propos d'&#233;viter un nouveau Fachoda !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'assistance militaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colonialisme a &#233;t&#233; un contr&#244;le militaire des peuples colonis&#233;s. La d&#233;colonisation ne devait pas le remettre en question. Ainsi, parmi les accords de coop&#233;ration sign&#233;s entre la m&#233;tropole et ses &#171; ex-colonies &#187; au moment des ind&#233;pendances figurent en bonne place les accords militaires. L'id&#233;al pour la m&#233;tropole, ce sont les accords de d&#233;fense qui permettent une pr&#233;sence militaire fran&#231;aise sur le territoire de &#171; l'ex-colonie &#187; (14) ou le droit d'intervenir en cas de menace de d&#233;stabilisation du pouvoir &#8211; y compris par les peuples &#8211; sur le territoire d'h&#233;bergement ou dans un pays du &#171; pr&#233; carr&#233; &#187;. Ce qui s'est produit une vingtaine de fois depuis 1960. Mais, pour des raisons politiques &#8211; internes aux &#201;tats africains, tels les soubresauts nationalistes des ann&#233;es 1960-1970 &#8211;, &#233;conomiques &#8211; co&#251;t pour le budget m&#233;tropolitain &#8211; ; pour des raisons li&#233;es &#224; la nouvelle configuration internationale &#8211; fin de la guerre froide &#8211; le nombre des signataires s'est finalement r&#233;duit &#224; quelques &#201;tats (Cameroun, Comores, C&#244;te d'Ivoire, Djibouti, Gabon, S&#233;n&#233;gal, Togo). Avec le Tchad, il s'agit clairement d'une &#171; Convention pour le maintien de l'ordre &#187; qui a souvent &#233;t&#233; appliqu&#233;e par la R&#233;publique fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son allocution, &#224; l'ouverture de la 12&#232;me conf&#233;rence des chefs d'&#201;tats de France et d'Afrique, F. Mitterrand fait l'&#233;loge de la &#171; coop&#233;ration &#187; francotchadienne. Il en profite pour d&#233;plorer, certes &#233;l&#233;gamment, la non-signature d'accords du m&#234;me type par d'autres &#201;tats : &#171; La France a des accords de coop&#233;ration et de s&#233;curit&#233;, de d&#233;fense avec un certain nombre d'entre vos pays. &#192; l'&#233;gard de ces pays, elle est tenue de respecter ses engagements, et elle les respectera s'il le faut&#8230; Que ceux qui ont fait confiance &#224; la France par ces accords continuent d'avoir pleine confiance. Que ceux qui n'ont pas jug&#233; bon d'agir de cette fa&#231;on &#8211; mais c'est leur propre autorit&#233;, et bien entendu, ils sont aussi respectables &#8211; sachent que la France est leur amie &#187; (15). Autrement dit, ces accords rendent certains &#201;tats plus amis de la France que d'autres. Ceux qui n'ont sign&#233; que des accords d'assistance militaire et technique le sont moins que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ces accords d'assistance militaire et techniques ne sont pas n&#233;gligeables. Car ils accordent &#224; la France le monopole de l'encadrement des arm&#233;es de ces &#201;tats. Avec le Gabon, par exemple, qui constitue un des cas extr&#234;mes de cette assistance technique n&#233;ocoloniale : &#171; La R&#233;publique fran&#231;aise s'engage &#224; apporter son concours &#224; la R&#233;publique gabonaise pour la formation des cadres de son arm&#233;e. La R&#233;publique gabonaise s'engage en retour &#224; ne faire appel qu'&#224; la R&#233;publique fran&#231;aise pour la formation de ses cadres &#187; (16). Cette situation explique le long r&#232;gne de certains autocrates pendant des d&#233;cennies, les putschs militaires ayant chass&#233; du pouvoir &#8211; dans certains cas, de fa&#231;on tragique &#8211; des directions politiques tant soit peu nationalistes et progressistes, les conspirations pour l'ordre &#233;tabli que sont les mutineries de l'&#232;re dite d&#233;mocratique consistant &#224; remplacer un autocrate abusant de son autonomie par un officier sup&#233;rieur, par&#233; pour la circonstance du statut de d&#233;mocrate. Parmi les derniers en date, le g&#233;n&#233;ral centrafricain Fran&#231;ois Boziz&#233;, aupr&#232;s duquel des g&#233;n&#233;raux fran&#231;ais ont &#233;t&#233; d&#233;p&#234;ch&#233;s comme conseillers au lendemain de son putsch de mars 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France s'arroge &#233;galement le monopole de l'approvisionnement. C'est le cas, notamment, des accords sign&#233;s en 1961 avec le Burkina Faso (ex-HauteVolta) : &#171; La R&#233;publique de Haute-Volta, en vue d'assurer la standardisation des armements, s'adressera en priorit&#233; &#224; la R&#233;publique fran&#231;aise pour l'entretien et le renouvellement des mat&#233;riels et &#233;quipements de ses forces arm&#233;es&#8230; Pour les fournitures qui, apr&#232;s examen en commun, ne pourraient &#234;tre faites par la R&#233;publique fran&#231;aise, la Haute-Volta se r&#233;serve le droit d'accepter l'aide d'autres pays &#187; (17). Certes, ces &#201;tats ne sont pas les plus gros clients en la mati&#232;re, mais, m&#234;me pour le troisi&#232;me marchand mondial d'armes de guerre, il n'y a pas de petits profits !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si la coop&#233;ration militaire a servi &#224; l'exp&#233;rimentation de la doctrine militaire fran&#231;aise, du Cameroun (ann&#233;es 1950-1960) au Rwanda (1990-1994), elle a aussi, voire surtout, servi &#224; l'&#233;conomie fran&#231;aise. Car, les accords de d&#233;fense sont aussi des accords d'approvisionnement pr&#233;f&#233;rentiel de la m&#233;tropole en mati&#232;res premi&#232;res strat&#233;giques. Le sceau du secret encore pos&#233; sur certains d'entre eux n'est pas sans rapport avec cet aspect. Ainsi, dans l'Annexe II de l'accord de d&#233;fense sign&#233; en avril 1961, entre la France, d'un c&#244;te et de l'autre la C&#244;te d'Ivoire, le Dahomey (actuel B&#233;nin) et le Niger, l'int&#233;r&#234;t pour les &#171; mati&#232;res premi&#232;res et produits strat&#233;giques &#187; est explicite. Les R&#233;publiques africaines signataires &#171; informent la R&#233;publique Fran&#231;aise de la politique qu'elles sont appel&#233;es &#224; suivre en ce qui concerne les mati&#232;res premi&#232;res et produits strat&#233;giques et des mesures qu'elles proposent de prendre pour l'ex&#233;cution de cette politique&#8230; En ce qui concerne ces m&#234;mes produits, [elles] r&#233;servent par priorit&#233; leur vente &#224; la R&#233;publique fran&#231;aise apr&#232;s satisfaction des besoins de leur consommation int&#233;rieure, et s'approvisionnent par priorit&#233; aupr&#232;s d'elle &#187; (art. 3, 5). Le B&#233;nin et le Niger ont par la suite abrog&#233; cet accord, sans pour autant que la France ne renonce &#224; contr&#244;ler l'uranium nig&#233;rien, suscitant en 1974 un putsch militaire pour renverser Hamani Diori coupable d'avoir non seulement demand&#233; le retrait des troupes fran&#231;aises mais envisag&#233; &#233;galement une diversification des clients et une hausse du prix de son uranium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En C&#244;te d'Ivoire, en septembre 2002, lors de sa tentative de putsch, Gbagbo invoque l'accord de d&#233;fense avec la France pour revendiquer le soutien fran&#231;ais en d&#233;fense de son r&#233;gime. Quant &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise si elle a opt&#233; pour une position de &#171; neutralit&#233; &#187; face la fraction de Gbagbo, c'est au nom du non respect des parties annexes de ce m&#234;me accord et de ses clauses non &#233;crites relatives &#224; l'&#233;conomique. Il y a plus qu'une corr&#233;lation entre les oscillations des rapports entre les deux &#201;tats &#8211; y compris l'apparition de la r&#233;bellion arm&#233;e &#8211; et les marchandages &#233;conomiques li&#233;s &#224; la n&#233;olib&#233;ralisation de la C&#244;te d'Ivoire. L'une des questions en jeu est en effet le quasi-monopole &#233;conomique de la France en C&#244;te d'Ivoire, pi&#232;ce ma&#238;tresse du dispositif &#171; postcolonial &#187; fran&#231;ais en ex-AOF (18). Car, en d&#233;pit de la guerre, l'&#233;conomie ivoirienne est encore &#224; 30 % fran&#231;aise. Cette crise franco-ivoirienne r&#233;v&#232;le la ruse n&#233;ocoloniale consistant &#224; intervenir militairement sous la casquette des Nations unies, avec le soutien des institutions r&#233;gionales africaines acquises &#224; l'ordre fran&#231;africain. Cette qu&#234;te de l&#233;gitimit&#233; internationale &#224; l'entreprise n&#233;ocoloniale s'explique aussi par l'int&#233;r&#234;t de plus en plus manifeste des Etats-Unis pour la r&#233;gion. Des n&#233;gociations men&#233;es avec la France concernant le d&#233;part en exil du Fran&#231;africain Charles Taylor &#224; l'op&#233;ration &#171; Flintock &#187; de l'&#233;t&#233; 2005 dans le Sahel, en passant par l'ouverture r&#233;cente d'une base militaire &#224;&#8230; Djibouti, la pr&#233;sence des patrouilleurs de l'US Navy dans le golfe de Guin&#233;e et l'&#233;ventualit&#233; d'une base au S&#233;n&#233;gal, les &#201;tats-Unis, peu habitu&#233;s au second r&#244;le, semblent menacer la quasi-solitude militaire fran&#231;aise dans ces r&#233;gions. D'o&#249; l'investissement fran&#231;ais dans des initiatives d'encadrement militaire r&#233;gionales du type RECAMP (Renforcement des capacit&#233;s africaines de maintien de la paix), justifiant le d&#233;veloppement des ENVR (&#201;cole nationale &#224; vocation r&#233;gionale), afin de ne pas perdre pied dans le &#171; pr&#233; carr&#233; &#187;. Ce qui n'a pas manqu&#233; de susciter la cr&#233;ation par les &#201;tats-Unis de l'ACRI (African Crisis Response Initiative), laquelle s'est finalement greff&#233;e au Recamp. Une &#171; collaboration &#187; pour le march&#233; de la paix et de la guerre en Afrique qui pourrait devenir plus importante avec le projet de constitution d'une force arm&#233;e de l'Union africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 1. Paris, Calmann-Levy, 2003, pp. 22-23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 2. Grandeur et servitude coloniales, Paris, &#201;ditions du Sagittaire, 1931, p. 264.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 3. Les lettres en capitales figurent dans le document original de 1944.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 4. Cit&#233; dans Le Monde du 12 juillet 1950, in Patrick Jarreau et Jacques Kergoat (dir.), Fran&#231;ois Mitterrand : 14 ans de pouvoir, Paris, Le Monde &#201;ditions, 1995, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 5. Pr&#233;sence fran&#231;aise et abandon, Paris, Plon, 1957, p. 237.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 6. Loi constitutionnelle n&#176; 60-525 du 4 juin 1960 tendant &#224; compl&#233;ter les dispositions du titre XIII de la Constitution pour l'ind&#233;pendance des &#201;tats africains et malgache membres de la Communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 7. Dans les Accords particuliers francogabonais, il est &#233;crit, par exemple : &#171; La R&#233;publique gabonaise confirme son appartenance &#224; la Communaut&#233; dans les conditions d&#233;finies au pr&#233;sent accord et aux accords de coop&#233;ration franco-gabonais &#224; nos jours en date de ce jour &#187; (art. 1er). &#171; La R&#233;publique gabonaise reconna&#238;t que le pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise est de droit pr&#233;sident de la Communaut&#233; &#187; (art. 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 8. Article 14 de la Loi constitutionnelle n&#176; 95-880 du 4 ao&#251;t 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 9. Jacques Foccart, Foccart parle. Entretiens avec Philippe Gaillard, Paris, Fayard/Jeune Afrique, 1995, p. 228.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 10. J, Foccart, Le G&#233;n&#233;ral en mai. Journal de l'&#201;lys&#233;e, II, 1968-1969, Paris, Fayard/Jeune Afrique, 1998, pp. 373-374.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 11. Sommets de la francophonie, sommets France-Afrique, Assembl&#233;e parlementaire de la francophonie, Agence universitaire de la francophonie, cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision TV5 et autres &#233;changes culturels, vecteurs de la persistante vision ethnologique de l'Afrique, qui contribuent au contr&#244;le des &#233;lites dans les &#171; ex-colonies &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 12. Cadre strat&#233;gique d&#233;cennal de la francophonie, X&#232; conf&#233;rence des chefs d'&#201;tat et de gouvernement des pays ayant en partage le fran&#231;ais, Ouagadougou, novembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 13. &#171; Entretien avec Dominique Wolton. Apprendre la cohabitation culturelle &#187;, in Le Fran&#231;ais dans le monde, janvier-f&#233;vrier 2006, n&#176; 343, en ligne sur &lt;a href=&#034;http://www.fdlm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.fdlm.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 14. Au Gabon, par exemple : &#171; Les forces arm&#233;es fran&#231;aises ont la facult&#233; d'utiliser l'infrastructure portuaire, maritime et fluviale, routi&#232;re, ferroviaire. Elles ont la libert&#233; de circulation dans l'espace a&#233;rien et dans les eaux territoriales de la R&#233;publique du Gabon &#187; (Accord de d&#233;fense entre la France et le Gabon, Annexe 1, art.2, al.2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 15. &#171; Il ne faut pas c&#233;der au manque d'imagination &#187;, in Fran&#231;ois Mitterrand, R&#233;flexions sur la politique ext&#233;rieure de la France, Paris, Fayard, 1986, p. 420.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 16. Accord militaire technique franco-gabonais, art. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 17. Accord d'assistance militaire et technique entre la R&#233;publique fran&#231;aise et la R&#233;publique de Haute-Volta (avril 1961), art. 3, alin&#233;as 1, 2 et 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * 18. Jean Nanga, &#171; Une guerre civile&#8230; n&#233;ocoloniale et fran&#231;aise &#187;, Inprecor, n&#176; 501-502, janvier-f&#233;vrier 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>M&#233;dia et id&#233;ologie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Media-et-ideologie</link>
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		<dc:date>2013-02-18T15:43:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lagac&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>

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&lt;p&gt;J'avais rang&#233; mon carr&#233; rouge quelque temps apr&#232;s les &#233;lections de septembre, mais je l'ai ressorti d&#232;s le mois de novembre voyant comment le Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur dessinait l'une de ces consultations dont les ap&#244;tres de la mobilisation-concertation des acteurs &#224; la sauce gouvernance ont le secret. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce port du carr&#233; rouge ne m'a valu aucune question particuli&#232;re, sauf hier o&#249; tout &#224; coup plusieurs quidams apeur&#233;s m'ont demand&#233; ce qui se passerait bient&#244;t. Il semble que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'avais rang&#233; mon carr&#233; rouge quelque temps apr&#232;s les &#233;lections de septembre, mais je l'ai ressorti d&#232;s le mois de novembre voyant comment le Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur dessinait l'une de ces consultations dont les ap&#244;tres de la mobilisation-concertation des acteurs &#224; la sauce gouvernance ont le secret.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce port du carr&#233; rouge ne m'a valu aucune question particuli&#232;re, sauf hier o&#249; tout &#224; coup plusieurs quidams apeur&#233;s m'ont demand&#233; ce qui se passerait bient&#244;t. Il semble que la rumeur des m&#233;dias de droite ait augment&#233; le r&#233;gime sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi soir 14 f&#233;vrier 2013, quelques centaines de manifestants d'Idle no more ont parcouru les rues de Montr&#233;al. Je n'en ai eu aucun &#233;cho par les m&#233;dias traditionnels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dimanche 17 f&#233;vrier 2013 vers midi, une centaine de manifestants anglophones protestaient contre le projet de loi 14 qui vise &#224; renforcer la loi 101. Cette nouvelle a fait le premier sujet des nouvelles radio de Radio-Canada toute la journ&#233;e. &#199;a me rappelle quand les carr&#233;s verts manifestaient &#224; 12 et &#233;taient couverts autant que les carr&#233;s rouges qui manifestaient par dizaine de milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du Forum social de Laval, en novembre 2102, le comit&#233; des jeunes du Conseil central du Montr&#233;al m&#233;tropolitain de la CSN pr&#233;sentait des clips vid&#233;o diffus&#233;s sur le web pour faire pi&#232;ce &#224; la couverture inad&#233;quate des m&#233;dias traditionnels. Une personne pr&#233;sente ayant longtemps fait du journalisme s'est &#233;lev&#233;e contre la tentation na&#239;ve de croire qu'il y a un complot m&#233;diatique favorisant leurs grands propri&#233;taires capitalistes. J'ai r&#233;pliqu&#233; qu'il &#233;tait encore bien plus na&#239;f de s'imaginer neutres parce qu'on n'est pas conscient du charriage id&#233;ologique qu'on transporte, tant il est vrai que l'id&#233;ologie n'est pas ce que l'on pense, mais ce qui nous pense. Le travail de recul, de mise &#224; distance et de critique des poncifs que nous ass&#232;nent les &#171; experts patent&#233;s &#187; est toujours n&#233;cessaire et le reportage &#171; neutre &#187; est probablement ce qu'il y a de moins neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les m&#233;dias sociaux offrent autant la parole aux voix de toutes les tendances et sont donc bien loin d'&#234;tre exempts de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale dominante, du moins ils offrent une diversit&#233;, ils sont un canal par o&#249; s'exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAGAC&#201; Francis&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des alliances, pour se battre et pour vaincre dans notre combat ind&#233;pendantiste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Des-alliances-pour-se-battre-et-pour-vaincre-dans-notre-combat-independantiste</link>
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		<dc:date>2013-02-12T09:50:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident du Parti Qu&#233;becois, monsieur Raymond Archambault, a rejet&#233; &#224; la veille du Conseil national du Parti qu&#233;b&#233;cois toute perspective d'alliance avec les autres partis souverainistes. Au Conseil national, il a r&#233;p&#233;t&#233; que le PQ demeurerait la seule coalition souverainiste. Pourquoi ? La direction p&#233;quiste d&#233;veloppe une orientation claire : se maintenir au pouvoir, se pr&#233;parer aux prochaines &#233;lections, chercher &#224; marginaliser tous les partis politiques qui peuvent constituer des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton13117-827c7.png?1781279166' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident du Parti Qu&#233;becois, monsieur Raymond Archambault, a rejet&#233; &#224; la veille du Conseil national du Parti qu&#233;b&#233;cois toute perspective d'alliance avec les autres partis souverainistes. Au Conseil national, il a r&#233;p&#233;t&#233; que le PQ demeurerait la seule coalition souverainiste. Pourquoi ? La direction p&#233;quiste d&#233;veloppe une orientation claire : se maintenir au pouvoir, se pr&#233;parer aux prochaines &#233;lections, chercher &#224; marginaliser tous les partis politiques qui peuvent constituer des obstacles au maintien de son h&#233;g&#233;monie sur le mouvement souverainiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, comme hier, la direction p&#233;quiste est pr&#234;te &#224; utiliser la phrase souverainiste pour consolider sa base militante et sa base &#233;lectorale. Le Parti qu&#233;b&#233;cois est ferm&#233; et il promet qu'il restera ferm&#233; &#224; toutes tactiques politiques audacieuses. Il ne s'agit pas pour lui de cr&#233;er les rapports de force avec l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral qui lui permettraient de s'attaquer &#224; l'oppression nationale du Qu&#233;bec. Il ne s'agit pas pour ce parti de pr&#233;parer la confrontation avec les politiques conservatrices et anti-qu&#233;b&#233;coises de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral. Il ne s'agit pas de mobiliser et d'organiser la population qu&#233;b&#233;coise pour rejeter la domination canadienne sur le Qu&#233;bec. Il ne s'agit pas de construire un parti ind&#233;pendantiste pr&#234;t &#224; provoquer la rupture radicale de l'&#201;tat canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le renforcement de l'enracinement des perspectives ind&#233;pendantistes ne passe pas pour le Parti qu&#233;b&#233;cois par des luttes sociales et politiques pour les droits du Qu&#233;bec. Elle passe par la perspective de la conviction par la phrase souverainiste pour souligner les attaques du f&#233;d&#233;ral. Il s'agirait de sortir, discuter et convaincre de l'importance de la souverainet&#233; pour faire avancer le combat. La p&#233;dagogie pense pouvoir se substituer aux combats politiques. C'est une approche qui n'agit que sur les convaincus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour le Parti qu&#233;b&#233;cois et le gouvernement p&#233;quiste, il ne s'agit pas de favoriser l'unit&#233; de la majorit&#233; de la nation autour de la d&#233;fense active de ses int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, sociaux, politiques et culturels contre les offensives f&#233;d&#233;ralistes. Le Parti qu&#233;b&#233;cois ne vise pas &#224; favoriser le renforcement et l'auto-organisation des mouvements sociaux : syndicaux, &#233;cologistes, f&#233;ministes, jeunes issus du peuple. Il ne vise pas &#224; favoriser leur convergence pour faire face aux attaques que l'oligarchie r&#233;gnante m&#232;ne contre le peuple qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque du PQ-Marois, cette contradiction entre la discussion souverainiste &lt;i&gt;&#171; orbi et orbit &#187;&lt;/i&gt; et de l'inaction dans la lutte pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec est plus criante que jamais. Le r&#233;f&#233;rendum est remis aux calendes grecques. La mise de l'avant, de fa&#231;on timide et contradictoire de postures autonomistes, la dite gouvernance souverainiste, est le seul vestige de la pr&#233;tention souverainiste de ce parti. Ce n'est pas en ajoutant un plan de marketing politique &#224; un autre qu'on fait avancer la lutte pour la lib&#233;ration nationale d'un peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le gouvernement Harper veut &#233;changer avec les gouvernements europ&#233;ens son p&#233;trole et qu'il leur offre, en contrepartie. l'ouverture des march&#233;s publics du Qu&#233;bec et de ses municipalit&#233;s, que fait le gouvernement p&#233;quiste ? Il se montre ouvert. Il tente de faire preuve de sa bonne foi. Il est pr&#234;t &#224; contribuer &#224; l'assujettissement du Qu&#233;bec, au renforcement de sa d&#233;pendance vis-&#224;-vis les multinationales. Il se fait complice de l'attaque directe &#224; notre souverainet&#233; populaire. Il renforce notre d&#233;pendance nationale par rapport aux ambitions du grand capital dans le contr&#244;le de nos richesses et de notre organisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il pr&#233;tend, dans le premier budget Marceau, que le d&#233;veloppement du Qu&#233;bec passe par les entreprises priv&#233;es et que ce gouvernement se fait le promoteur d'une politique extractiviste, &#224; l'image du gouvernement lib&#233;ral de Jean Charest, &#224; New York et ailleurs dans le monde, il organise le bradage de nos richesses naturelles au nom du libre-&#233;change et du culte de l'entreprise priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il se contente de postures &#233;cologistes, mais qu'il est pr&#234;t &#224; d&#233;velopper l'exploitation du p&#233;trole dans le St-Laurent en lieu et place d'un v&#233;ritable programme de travaux publics pour assurer une conversion &#233;cologique majeure et la sortie du p&#233;trole dans les plus brefs d&#233;lais, il se rend aux demandes des grandes p&#233;troli&#232;res qui ont convaincu les gouvernements de mettre la p&#233;dale douce sur la lutte contre le r&#233;chauffement climatique et qui multiplient les explorations p&#233;troli&#232;res pour maintenir ces fili&#232;res bas&#233;es sur les &#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il faut chercher &#224; gagner la majorit&#233; du peuple qu&#233;b&#233;cois &#224; la perspective ind&#233;pendantiste. Oui, il faut investir nos &#233;nergies pour rassembler les forces qui souhaitent lutter concr&#232;tement pour cette ind&#233;pendance, qui refusent notre soumission nationale, qui refusent que le capital &#233;tranger ait la main haute sur nos richesses. Et, encore une fois, le gouvernement p&#233;quiste n'est pas dans le camp de ce front de la lib&#233;ration nationale. Le suppos&#233; navire amiral du mouvement souverainiste a perdu le Nord. Il pense qu'il serait plus profitable pour lui, de viser la base &#233;lectorale de la CAQ pour d&#233;velopper sa base dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les alliances doivent se construire autour de combats communs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit des alliances pour la lutte pour le pouvoir gouvernemental pour une majorit&#233; populaire (alliances strat&#233;giques) que ce soit une alliance pour arracher des victoires dans des combats partiels (alliances tactiques), ces alliances doivent toujours se construire autour de combats communs. Il est donc important d'identifier la r&#233;alit&#233; et la pratique des parties &#224; telles ou telles alliances pour conna&#238;tre les alli&#233;Es potentiels. Les alliances strat&#233;giques impliquent un large accord sur le projet de soci&#233;t&#233; que nous voulons construire. Des alliances tactiques impliquent que nous partageons un but plus imm&#233;diat et ces alliances peuvent &#234;tre plus larges et sont souvent plus transitoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux et celles qui soutiennent notre ind&#233;pendance &#233;conomique et politique. Ceux et celles qui refusent la domination du capital financier sur notre &#233;conomie ? Ceux et celles qui refusent que l'&#201;tat canadien d&#233;finisse notre politique mon&#233;taire. Ceux et celles qui refusent des accords de libre-&#233;change soumettant nos richesses et nos politiques au contr&#244;le des multinationales. Voil&#224; nos alli&#233;Es ! Que ce soient des organisations sociales ou politiques. C'est &#224; partir d'enjeux essentiels qu'on doit identifier des forces qui peuvent se coaliser autour de ces combats qu'on doit d&#233;terminer quelles sont nos alliances strat&#233;giques et tactiques. Ces alliances strat&#233;giques ne peuvent se fonder que sur une vision commune des &#233;v&#233;nements et des t&#226;ches dans la p&#233;riode actuelle. L'unit&#233;, pour optique de transformation r&#233;elle de la soci&#233;t&#233;, vise &#224; accumuler les forces capables de s'opposer &#224; la domination de l'oligarchie r&#233;gnante. L'objectif c'est de construire un parti ou une coalition de partis qui se posent cet objectif essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, on nous ressert le vieux mot d'ordre de Deng Xiaoping : qu'importe qu'un chat soit noir ou gris pourvu qu'il attrape une souris. On veut nous faire croire, qu'il y aurait des ententes &#224; faire qui constitueraient des &#233;changes de bons proc&#233;d&#233;s entre partis qui pourraient faire abstraction des politiques concr&#232;tes qu'ills mettent de l'avant, de leur caract&#233;risation, de la logique de leur politique en faveur ou non du statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces perspectives sont des miroirs aux alouettes et reposent sur une recherche d&#233;sesp&#233;r&#233;e de raccourcis qui conduisent &#224; des impasses, car un parti politique (ou une coalition) doit rallier sur des bases claires, des combats pr&#233;cis, des implications soutenues dans les combats men&#233;s par tels ou tels secteurs de la population qui luttent pour plus de justice sociale, pour plus d'&#233;galit&#233;, pour en finir avec les diff&#233;rentes formes d'oppression. Les &#233;changes de bons proc&#233;d&#233;s pour le d&#233;veloppement d'appareils partidaires ne seront jamais d&#233;terminants pour l'avancement des combats sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand des partis et des forces sociales se situent sur le terrain de la transformation sociale, les tactiques les plus souples pour r&#233;aliser des coalitions, des fronts, des actions communes, des pactes &#233;lectoraux doivent &#234;tre envisag&#233;es avec cette seule pr&#233;occupation de renforcer le camp de la lutte, le renforcement du camp de la r&#233;sistance sociale et nationale &#224; l'exploitation et &#224; l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mancipation sociale et nationale du Qu&#233;bec sera l'oeuvre de la majorit&#233; populaire qui constitue le coeur de la nation, car le combat forgera sa volont&#233; de vaincre... Les &#233;lites p&#233;quistes nous ont entra&#238;n&#233;s trop souvent sur de fausses pistes et dans des strat&#233;gies pr&#233;parant les d&#233;faites. Il est plus urgent que jamais, de proposer une autre strat&#233;gie d'unit&#233; des forces politiques et sociales pr&#234;tes &#224; mener les combats &#233;conomiques, &#233;cologistes f&#233;ministes et &#233;galitaristes contre l'oligarchie r&#233;gnante pour r&#233;aliser une ind&#233;pendance v&#233;ritable. C'est cette unit&#233; qu'il faut maintenant construire...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Socialiser le syst&#232;me bancaire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Socialiser-le-systeme-bancaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Socialiser-le-systeme-bancaire</guid>
		<dc:date>2013-02-12T09:13:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Saurin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents projets de r&#233;forme bancaire initi&#233;s aux &#201;tats-Unis avec la loi Dodd-Franck, au Royaume-Uni avec la Commission Vickers, en Europe avec le Groupe Liikanen et en France tout derni&#232;rement avec le projet de &#171; loi de s&#233;paration et de r&#233;gulation des activit&#233;s bancaires &#187; ont suscit&#233; un large d&#233;bat. &#192; ce jour, les prises de positions, les discussions et les pol&#233;miques ont port&#233; quasi-exclusivement sur le fait de savoir s'il faut ou non s&#233;parer la banque de d&#233;tail et la banque de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton13115-26e1f.png?1781279166' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les diff&#233;rents projets de r&#233;forme bancaire initi&#233;s aux &#201;tats-Unis avec la loi Dodd-Franck, au Royaume-Uni avec la Commission Vickers, en Europe avec le Groupe Liikanen et en France tout derni&#232;rement avec le projet de &#171; loi de s&#233;paration et de r&#233;gulation des activit&#233;s bancaires &#187; ont suscit&#233; un large d&#233;bat. &#192; ce jour, les prises de positions, les discussions et les pol&#233;miques ont port&#233; quasi-exclusivement sur le fait de savoir s'il faut ou non s&#233;parer la banque de d&#233;tail et la banque de financement et d'investissement (BFI) |1|.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour l&#233;gitime et importante qu'elle soit, cette question est l'arbre qui cache la for&#234;t. En effet, au-del&#224; du choix de s&#233;parer ou pas les deux types de banques qui coexistent actuellement dans le mod&#232;le de banque universelle, la pr&#233;occupation essentielle doit porter sur le r&#244;le des banques et leur mode de fonctionnement avant la question du simple aspect organisationnel. Quelle utilit&#233; y a-t-il pour les populations de s&#233;parer les deux banques si leurs activit&#233;s respectives ne sont pas mises au service de la collectivit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me bancaire priv&#233; a &#233;t&#233; le principal responsable de la crise financi&#232;re de 2007-2008 qui perdure encore en 2013. Libres de toutes contraintes et anim&#233;es par un seul souci sp&#233;culatif, les banques ont con&#231;u des produits plus risqu&#233;s les uns que les autres qui ont g&#233;n&#233;r&#233; des pertes consid&#233;rables. Les pouvoirs publics auraient d&#251;, les premiers, tirer les le&#231;ons de cette crise et prendre des mesures adapt&#233;es &#224; l'encontre des principaux fautifs, les &#233;tablissements financiers. Pourtant, au lieu de s'attaquer aux racines du probl&#232;me, ils ont choisi de laisser les banques agir en dehors de tout contr&#244;le et faire supporter le prix de la d&#233;b&#226;cle financi&#232;re aux populations &#224; travers de violents, injustes et inefficaces plans d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation est d'autant plus inadmissible qu'une r&#233;forme en profondeur de l'organisation et du fonctionnement du syst&#232;me bancaire est aujourd'hui une urgente et imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, sociale, politique et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique, de l'avis m&#234;me des experts des institutions officielles, les dommages caus&#233;s par les banques sont consid&#233;rables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une &#233;tude de la soci&#233;t&#233; d'analyses Alphavalue, depuis 2007, les 4 grandes banques universelles fran&#231;aises (Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, BNP, Cr&#233;dit Agricole et BPCE) ont d&#233;truit 81 % de leur valeur actionnariale |2|. Au-del&#224; de nos fronti&#232;res, Luc Laeven et Fabi&#225;n Valencia, deux &#233;conomistes du FMI, chiffrent les cons&#233;quences des crises bancaires comme suit |3| :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1540 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/socialiser_les_banques_tableau.png?1540/847b2b989f04d39d3fa616f09f9e3ea2430449bf49707eaa86bca210741f1ca7&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 12.7 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH45/socialiser_les_banques_tableau-45813-04706.png?1781100281' width='150' height='45' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Partout, on observe la mise en &#339;uvre de politiques d'aust&#233;rit&#233;, de coupes budg&#233;taires qui, loin d'apporter une solution au probl&#232;me, font payer l'addition aux populations. Il n'est que de regarder du c&#244;t&#233; de la Gr&#232;ce, laboratoire de ces politiques, pour mesurer le prix social impos&#233; aux populations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une baisse du SMIC port&#233; &#224; 480 euros nets et &#224; 417 euros nets pour les nouveaux salari&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour les moins de 25 ans, ce m&#234;me SMIC &#224; moins de 400 euros nets &lt;br class='autobr' /&gt; Un gel des salaires pendant au moins 3 ans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une baisse de 15 % des retraites avec une pension de 320 euros pour les nouveaux retrait&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un taux de ch&#244;mage de 25 % avec 50 % des jeunes de moins de 25 ans sans emploi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pr&#232;s de 30 % de postes de fonctionnaires supprim&#233;s en 3 ans &lt;br class='autobr' /&gt; -Une diminution de 40 % du budget des h&#244;pitaux en 3 ans &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une hausse du taux de suicide comprise entre 25 et 40 % en 3 ans &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une progression annuelle de la consommation d'h&#233;ro&#239;ne de 20 % &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une augmentation de 50 % des infections au virus VIH1 |4| &lt;br class='autobr' /&gt; -Un quasi-doublement des vols et des homicides en 3 ans &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un quart de la population menac&#233; par la pauvret&#233; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des mois de salaires impay&#233;s pour un tiers des ouvriers &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 14 % de travailleurs pauvres &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 10 % d'enfants souffrant de malnutrition et des &#233;coles sans livres scolaires et souvent sans chauffage &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 31 % de la population menac&#233;s de pauvret&#233; ou d'exclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Espagne suit aujourd'hui le m&#234;me chemin avec un taux de ch&#244;mage des jeunes de 50 % et la privatisation d'h&#244;pitaux publics et de centres de sant&#233;. En France, c'est le syst&#232;me des retraites qui est &#224; nouveau dans la ligne de mire du MEDEF qui propose de ne plus indexer sur l'inflation les pensions servies par les caisses de retraite compl&#233;mentaire du priv&#233; (Agirc et Arrco) et envisage une baisse du taux de r&#233;version d&#232;s le 1er janvier 2014 qui passerait de 60 &#224; 56 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise financi&#232;re a &#233;galement mis en lumi&#232;re une crise politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs publics se sont refus&#233; &#224; imposer aux banques une r&#233;glementation pour encadrer leurs activit&#233;s et emp&#234;cher le renouvellement de crises similaires &#224; celle de 2007-2008. Au contraire, ce sont les banques qui ont impos&#233; leur diktat : les autorit&#233;s am&#233;ricaines ont report&#233; l'application des normes de B&#226;le III aux calendes grecques, et dans la foul&#233;e les banques europ&#233;ennes ont demand&#233; &#224; la commission europ&#233;enne, par l'interm&#233;diaire de leur f&#233;d&#233;ration (la F&#233;d&#233;ration bancaire europ&#233;enne), le report &#224; 2014 de l'application de cette m&#234;me r&#233;glementation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un rapport de la Commission europ&#233;enne du 21 d&#233;cembre 2012, &#171; Entre le 1er octobre 2008 et le 1er octobre 2012 la Commission a autoris&#233; des aides au secteur financier pour un montant total de 5 058,9 milliards d'euros (40,3 % du PIB de l'UE) &#187; |5|. Ce rapport pr&#233;cise : &#171; Pour la p&#233;riode allant de 2008 &#224; 2011, le montant total des aides utilis&#233;es s'&#233;l&#232;ve &#224; 1 615,9 milliards d'euros (12,8 % du PIB de l'UE). La majeure partie de ces aides a &#233;t&#233; consacr&#233;e aux garanties, qui repr&#233;sentent un montant d'environ 1 084,8 milliards d'euros (8,6 % du PIB de l'UE) &#187; |6|. Le communiqu&#233; de presse de la commission accompagnant le rapport apporte un &#233;clairage suppl&#233;mentaire : &#171; La grosse majorit&#233; de cette aide (67 %) se pr&#233;sentait sous la forme de garanties publiques sur le financement de gros des banques &#187; |7|. En clair, ce sont les banques de financement et d'investissement qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de l'essentiel des aides et non les banques de d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, l'aide de la Banque f&#233;d&#233;rale &#8211; qui n'a pas profit&#233; qu'aux seules banques am&#233;ricaines &#8211; a &#233;t&#233; encore plus consid&#233;rable : 16 115 milliards de dollars selon le rapport du Government Accountability Office (GAO) |8|, l'organisme en charge du contr&#244;le des comptes du budget f&#233;d&#233;ral, ou 29 616,4 milliards de dollars selon une estimation r&#233;alis&#233;e par James Felkerson d'un institut de recherche ind&#233;pendant |9|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin, la crise a donn&#233; lieu &#224; un vaste d&#233;ni de d&#233;mocratie dans un grand nombre de pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons le v&#233;rifier &#224; travers deux exemples. Aux &#201;tats-Unis, Kimberly D. Krawiec, une professeur d'universit&#233; sp&#233;cialiste du droit des soci&#233;t&#233;s, a r&#233;alis&#233; une &#233;tude portant sur l'activit&#233; du Financial Stability Oversight Council (FSOS), le Conseil de Stabilit&#233; Financi&#232;re, une agence qui a consacr&#233; ses travaux aux modalit&#233;s de mise en &#339;uvre de la r&#232;gle Volcker. Cette chercheuse a analys&#233; 8 000 lettres re&#231;ues par le FSOS re&#231;ues dans le mois pr&#233;c&#233;dent son &#233;tude relative &#224; l'application de cette r&#232;gle. Au terme de ses investigations, elle est parvenue &#224; ce constat &#233;difiant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des institutions financi&#232;res, des groupes commerciaux de l'industrie financi&#232;re et des cabinets juridiques repr&#233;sentant de telles institutions et groupes commerciaux repr&#233;sentaient ensemble &#224; peu pr&#232;s 93 % de tous les contacts de l'agence f&#233;d&#233;rale relatifs &#224; la loi Volcker au cours de la p&#233;riode &#233;tudi&#233;e, tandis que les groupes d'int&#233;r&#234;t public, du monde du travail, des associations de d&#233;fense et de la recherche repr&#233;sentaient seulement autour de 7 %. &#187; |10|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me travail de lobbying des institutions financi&#232;res a &#233;t&#233; observ&#233; &#224; l'occasion de l'&#233;laboration de la loi bancaire en France. Cette r&#233;forme a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e confidentiellement par un petit c&#233;nacle r&#233;unissant des hauts fonctionnaires de la direction du tr&#233;sor et les membres du Conseil de r&#233;gulation financi&#232;re et du risque syst&#233;mique (Cor&#233;fris) |11|, une instance dans laquelle les banques, BNP en particulier, ont plac&#233; leurs repr&#233;sentants. Ainsi, les auditions men&#233;es aupr&#232;s des autorit&#233;s financi&#232;res, des banques, des associations de place, des entreprises, des organismes consultatifs du secteur financier et des organisations syndicales n'ont &#233;t&#233; que de pures formalit&#233;s, les choix &#233;taient d&#233;j&#224; faits, les repr&#233;sentants des banques avaient d&#233;j&#224; gagn&#233; la partie. Pour preuve, lors de son audition par la commission des Finances de l'Assembl&#233;e nationale le 30 janvier 2013, Fr&#233;d&#233;ric Oud&#233;a, PDG de la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, chiffrait l'impact de la s&#233;paration des activit&#233;s sp&#233;culatives pr&#233;vue par la loi : &#171; Cela repr&#233;sente entre 3 et 5 % de nos activit&#233;s de BFI, qui repr&#233;sentent elles-m&#234;mes 15 % des revenus totaux de la banque. &#187; En clair, la nouvelle loi ne concernerait que 0,45 % ou 0,75 % du produit net bancaire (respectivement 3 % et 5 % de 15 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de ramener les banques &#224; la raison et &#224; plus de d&#233;ontologie, les plans de sauvetage publics ne les ont pas incit&#233;es &#224; r&#233;duire leurs risques, en particulier dans leur activit&#233; de pr&#234;t. Une &#233;tude r&#233;cente |12| a d&#233;montr&#233; que les &#233;tablissements qui avaient b&#233;n&#233;fici&#233; de mesures de renflouement durant la crise financi&#232;re mondiale n'ont pas diminu&#233; leur niveau de risque par rapport &#224; ceux n'ayant pas re&#231;u d'aide publique. Les deux &#233;conomistes auteurs de l'&#233;tude soulignent que &#171; la perspective d'un soutien de l'&#201;tat peut entra&#238;ner un al&#233;a moral et amener les banques &#224; une plus grande prise de risque. &#187; |13|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ces derniers mois, de multiples affaires ont mis en lumi&#232;re la nature fondamentalement inamendable du syst&#232;me bancaire en place. HSBC a accept&#233; de payer une amende record de 1,920 milliard de dollars aux autorit&#233;s am&#233;ricaines pour mettre fin aux poursuites dont elle faisait l'objet pour blanchiment d'argent avec l'Iran et les cartels mexicains de la drogue. UBS a annonc&#233; qu'elle allait payer une amende de 1,4 milliard de francs suisses &#224; la suite d'un accord avec les autorit&#233;s am&#233;ricaines, britanniques et suisses pour son implication dans le scandale du Libor. Cette liste interminable des faits divers sordides et co&#251;teux pour la collectivit&#233; rend n&#233;cessaire, pr&#233;alablement &#224; toute refonte du syst&#232;me bancaire &#171; un assainissement transparent, efficace et radical du secteur financier ainsi que de celui des responsables publics qui ont trahi la confiance de la population &#187; |14|. Les banques doivent ouvrir leurs livres de comptes et justifier &#224; quelles fins elles emploient les fonds qui leur sont confi&#233;s, et en cas de manquements leurs responsables doivent &#234;tre poursuivis et sanctionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il est utile &#224; l'ensemble de la collectivit&#233;, parce qu'il doit assurer l'int&#233;grit&#233; des syst&#232;mes de paiement, parce qu'il doit prot&#233;ger les d&#233;p&#244;ts et assurer son r&#244;le de pourvoyeur de cr&#233;dits, le syst&#232;me bancaire doit &#234;tre socialis&#233;, c'est-&#224;-dire plac&#233; sous contr&#244;le citoyen avec un partage de d&#233;cision entre les dirigeants, les &#233;lus locaux ainsi que les repr&#233;sentants des salari&#233;s, des clients, des associations et des instances bancaires nationales et r&#233;gionales |15|. Les atermoiements de Patrick Artus, directeur de la recherche et des &#233;tudes de NATIXIS, s'interrogeant sur le bien-fond&#233; de s&#233;parer la banque de d&#233;tail et la banque d'investissement sont int&#233;ressants |16| car ils r&#233;v&#232;lent l'impasse dans laquelle se trouve le syst&#232;me bancaire actuellement et le fait que sa crise n'aura pas de solution viable et possible aussi longtemps qu'il demeurera entre les mains et au service d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'heure n'est plus &#224; socialiser les pertes des banques mais les banques elles-m&#234;mes dans leur int&#233;gralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Cette question est au c&#339;ur des communications de Finance Watch et des propositions d'amendement au projet de loi bancaire pr&#233;sent&#233;es par cette association le 29 janvier 2013. Lien : &lt;a href=&#034;http://www.finance-watch.org/wp-con..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.finance-watch.org/wp-con..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Alphavalue, &#171; Lib&#233;rons la banque &#187;, 7 juin 2012, pp. 6 et 26.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Luc Laeven et Fabi&#225;n Valencia, &#171; Systemic Banking Crises database : An Update &#187;, IMF Working Paper, 12/163, juin 2012, pp. 17 et 22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Les donn&#233;es en mati&#232;re de sant&#233; proviennent d'un article intitul&#233; &#171; Health effects of financial crisis : omens of a Greek tragedy &#187;, paru dans la revue britannique The Lancet du 22 octobre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Rapport de la Commission, &#171; Tableau de bord des aides d'&#201;tat. Rapport sur les aides d'&#201;tat accord&#233;es par les &#201;tats membres de l'UE &#187;, 21 d&#233;cembre 2012, p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Idem, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| &#171; Aides d'&#201;tat : le tableau de bord confirme la tendance &#224; la diminution et &#224; un meilleur ciblage des aides non li&#233;es &#224; la crise &#187;, Communiqu&#233; de presse de la Commission europ&#233;enne, IP/12/1444, 21 d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| Federal Reserve System, Opportunities Exist to Strengten Policies and Processes for Managing Emergency Assistance, GAO-11-696, juillet 2011, p. 131. Lien : &lt;a href=&#034;http://www.gao.gov/assets/330/321506.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.gao.gov/assets/330/321506.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| James Felkerson, &#171; $29,000,000,000,000 : A Detailed Look at the Fed's Bailout by Funding Facility and Recpients &#187;, Levy Economics Institute of Bard College, d&#233;cembre 2011, p. 32. Lien : &lt;a href=&#034;http://www.levyinstitute.org/pubs/w..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.levyinstitute.org/pubs/w..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| Kimberly D. Krawiec, &#171; Don't &#8220;Screw Joe The Plummer :&#8221; The Sausage&#173;Making of Financial Reform &#187;, 25 mars 2012, p. 7. Lien : &lt;a href=&#034;http://scholarship.law.duke.edu/fac..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://scholarship.law.duke.edu/fac..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|11| Le Cor&#233;fris a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par la loi de r&#233;gulation bancaire et financi&#232;re du 22 octobre 2010. Cette instance, compos&#233;e de repr&#233;sentants de la Banque de France et des autorit&#233;s de contr&#244;le du secteur financier, est charg&#233;e de conseiller le ministre charg&#233; de l'&#233;conomie dans la pr&#233;vention et la gestion du risque syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|12| Michel Brei &amp; Blaise Gadanecz, &#171; Have public bailouts made banks' loan books safer ? &#187;, Bis Quaterly Review, septembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|13| Idem, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|14| Nous reprenons ici une formule de James K. Galbraith provenant de sa d&#233;claration du 4 mai 2010 devant la Sous-Commission judiciaire sur le crime et la drogue du S&#233;nat am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|15| Voir sur le site de Sud BPCE le projet de syst&#232;me bancaire alternatif. Lien : &lt;a href=&#034;http://www.sudce.com/sudce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sudce.com/sudce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|16| Patrick Artus, &#171; S&#233;paration de la banque de d&#233;tail et de la banque d'investissement : attention aux effets pervers &#187;, Flash &#233;conomie, recherche &#233;conomique, Natixis, n&#176; 825, 9 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Patrick Saurin est membre de l'ex&#233;cutif national de Sud Banques Populaires Caisses d'&#201;pargne et du CADTM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Obama est de plus en plus contest&#233; sur l'usage massif des drones</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Obama-est-de-plus-en-plus-conteste-sur-l-usage-massif-des-drones</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Obama-est-de-plus-en-plus-conteste-sur-l-usage-massif-des-drones</guid>
		<dc:date>2013-02-12T09:12:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Thomas Cantaloube</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par un jeu de diff&#233;rences. Qu'est-ce qui distingue les deux textes suivants ? Le premier : &#171; Si n&#233;cessaire, dans le respect des principes d'autod&#233;fense, nous ne nous interdisons pas l'utilisation de la force avant qu'une attaque se produise, m&#234;me si l'incertitude demeure concernant le lieu et l'endroit de l'attaque ennemie. &#187; Le second : &#171; Les conditions par lesquelles un dirigeant op&#233;rationnel repr&#233;sente une menace imminente d'attaque violente contre les &#201;tats-Unis ne requi&#232;rent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-44-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH105/arton13082-db489.png?1781279166' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Commen&#231;ons par un jeu de diff&#233;rences. Qu'est-ce qui distingue les deux textes suivants ? Le premier : &#171; Si n&#233;cessaire, dans le respect des principes d'autod&#233;fense, nous ne nous interdisons pas l'utilisation de la force avant qu'une attaque se produise, m&#234;me si l'incertitude demeure concernant le lieu et l'endroit de l'attaque ennemie. &#187; Le second : &#171; Les conditions par lesquelles un dirigeant op&#233;rationnel repr&#233;sente une menace imminente d'attaque violente contre les &#201;tats-Unis ne requi&#232;rent pas que les &#201;tats-Unis disposent d'une preuve limpide d'une attaque sp&#233;cifique contre des personnes ou des int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains dans un futur proche. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;09 f&#233;vrier 2013 | Mediapart.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le premier texte provient du document officiel d&#233;finissant la strat&#233;gie de s&#233;curit&#233; nationale des &#201;tats-Unis. Il date de 2006 et a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par l'administration Bush. Le second est extrait d'un m&#233;mo du d&#233;partement de la justice concernant la l&#233;galit&#233; d'assassiner un citoyen am&#233;ricain soup&#231;onn&#233; d'appartenir &#224; Al Qa&#239;da ou &#224; des groupes terroristes. On ne conna&#238;t pas sa date, mais il a &#233;t&#233; &#233;crit dans les deux derni&#232;res ann&#233;es, sous l'administration Obama donc. Et, au petit jeu des diff&#233;rences, on aboutit &#224; : z&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier texte est la pierre angulaire de ce que l'administration Bush et ses critiques d&#233;finissaient comme &#171; la guerre pr&#233;ventive &#187;, &#224; mener contre les terroristes, mais aussi les &#201;tats soup&#231;onn&#233;s de vouloir employer des armes de destruction massive. Le second document se veut plus restreint puisqu'il ne concerne que &#171; les circonstances par lesquelles le gouvernement (peut &#234;tre amen&#233;) &#224; utiliser la force dans un pays &#233;tranger qui n'est pas en guerre contre les &#201;tats-Unis &#187;. Il reprend n&#233;anmoins le m&#234;me raisonnement sur l'action pr&#233;ventive et il sert &#224; justifier ce qui est devenu LA mani&#232;re dont Washington m&#232;ne aujourd'hui ses guerres : l'emploi des drones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evolution entre 2005 et 2013 du nombre de frappes par les drones au Pakistan et au Y&#233;men et en Somalie.&#169; Washington Post&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur l'utilisation de ces a&#233;ronefs sans pilote est en passe de devenir tr&#232;s &#233;pineux pour l'administration Obama. L'audition devant le S&#233;nat, jeudi 7 f&#233;vrier, du futur patron de la CIA a &#233;t&#233; l'une de plus mouvement&#233;e depuis longtemps. &#192; la fois dans la salle, d'o&#249; une dizaine de militants de l'association pacifiste et f&#233;ministe Code Pink ont &#233;t&#233; expuls&#233;s apr&#232;s avoir interrompu la s&#233;ance &#224; plusieurs reprises, mais aussi entre le candidat et les s&#233;nateurs qui l'interrogent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lus ont en effet fait l'&#233;talage de leur frustration &#224; &#234;tre compl&#232;tement tenus dans l'ignorance des tenants et aboutissants du programme de drones, en particulier de son utilisation pour des &#171; assassinats cibl&#233;s &#187;, y compris contre au moins un citoyen am&#233;ricain, Anouar Al-Aulaqi, tu&#233; par un tir de missile depuis un drone de la CIA, au Y&#233;men en septembre 2011. Un de ses acolytes, abattu dans le m&#234;me bombardement, Samir Khan, poss&#233;dait lui aussi la nationalit&#233; am&#233;ricaine, de m&#234;me que le fils de 16 ans d'Al-Aulaqi, tu&#233; quinze jours plus tard dans un autre bombardement. Mais dans ces deux cas, la CIA explique qu'ils n'&#233;taient pas les &#171; cibles &#187;, juste des &#171; individus au mauvais endroit au mauvais moment &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Brennan, le futur patron de la CIA, est l'homme embl&#233;matique de cette nouvelle fa&#231;on de faire la guerre. Espion de terrain, puis analyste &#224; l'agence pendant 25 ans (o&#249; il a soutenu les programmes de torture et d'enl&#232;vements), il est devenu en 2009 le conseiller d'Obama sur les questions antiterroristes. &#192; ce poste, il a &#233;t&#233; l'un des principaux artisans (avec le vice-pr&#233;sident Joe Biden) de la mont&#233;e en puissance du programme de drones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dix ans, les &#201;tats-Unis poss&#233;daient 50 de ces a&#233;ronefs. Le pays en a d&#233;sormais 7 500 (plus du tiers de tous les engins a&#233;riens du Pentagone). La plupart sont op&#233;r&#233;s par l'arm&#233;e au-dessus de l'Afghanistan (avec 447 tirs de missiles depuis ces engins en 2012, contre 257 en 2009), mais ce sont les vols (et les bombardements) au-dessus du Pakistan, du Y&#233;men et de la Somalie, qui posent probl&#232;me. Non seulement parce qu'il s'agit de pays avec lesquels les &#201;tats-Unis ne sont pas en guerre, mais aussi parce que la CIA, qui est en charge de ces attaques, refuse de communiquer la dessus, allant m&#234;me encore r&#233;cemment jusqu'&#224; nier leur existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 311 attaques de drones sur le Pakistan (il n'y en avait eu que 52 durant les ann&#233;es Bush) ayant caus&#233; 2 500 &#224; 3 500 morts (dont 260 &#224; 890 seraient des civils), on n'est plus dans le cas d'op&#233;rations ponctuelles et limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Obama s'arroge le privil&#232;ge d'&#234;tre &#171; juge, jur&#233; et bourreau &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que ces derniers chiffres sont fournis par des organisations qui les compilent gr&#226;ce &#224; des renseignements sur le terrain, puisque la CIA refuse d'en parler (voir le Bureau for Investigative Journalism et la New America Foundation). Relevons &#233;galement que ce sont trois pays o&#249; les journalistes ne peuvent pas travailler librement et en toute s&#233;curit&#233;, ce qui arrange bien &#233;videmment les &#201;tats-Unis, qui n'ont pas &#224; expliquer l'impact de leurs frappes sur les populations civiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;tudiants de Stanford et de la New York University ont n&#233;anmoins pu mener une &#233;tude sur les cons&#233;quences de ces frappes sur les habitants pakistanais des zones cibl&#233;es : sa lecture conforte dans l'id&#233;e que si chaque frappe faisait l'objet d'un article dans la presse internationale, l'administration Obama aurait bien du mal &#224; continuer ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si John Brennan est l'un des principaux artisans de cette politique d'assassinats cibl&#233;s depuis les airs, il est aussi l'un des rares &#224; en avoir parl&#233; en public et &#224; admettre que davantage de transparence est n&#233;cessaire. Il est le premier officiel am&#233;ricain &#224; avoir reconnu l'utilisation de drones et &#224; estimer aujourd'hui que les &#201;tats-Unis &#171; devraient admettre publiquement quand des civils sont tu&#233;s &#187;. Ceci alors que la CIA et d'autres responsables de la Maison Blanche continuent de nier la mort de civils dans ces bombardements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Brennan, l'utilisation des drones demeure le moyen le plus efficace de mener la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; : moindre co&#251;t, moins de soldats morts ou bless&#233;s, plus de discr&#233;tion. Ses critiques &#8211; qui gagnent en vigueur aux &#201;tats-Unis &#8211; remettent en causse l'argument de l'efficacit&#233;, estimant que ces assassinats sont impr&#233;cis et qu'ils font plus de mal que de bien en ali&#233;nant les populations dans les r&#233;gions cibl&#233;es. Mais ils s'opposent surtout &#224; une m&#233;thode qu'ils estiment immorale et ill&#233;gale. Obama &#8211; qui approuve lui-m&#234;me les assassinats cibl&#233;s selon une liste que lui pr&#233;sente ses conseillers &#8211; s'arroge ainsi le privil&#232;ge d'&#234;tre &#171; juge, jur&#233; et bourreau &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un long article du New York Times l'an pass&#233; avait montr&#233; les d&#233;bats internes &#224; la Maison Blanche sur cette question. Et une phrase prononc&#233;e par Obama et rapport&#233;e par l'auteur d'un livre sur la traque de Ben Laden, montre qu'il n'est pas vraiment dupe des m&#233;thodes qu'il emploie : &#171; Il y a une distanciation qui conduit &#224; une pens&#233;e tentante : &#224; savoir que l'on peut, d'une certaine mani&#232;re, r&#233;soudre des probl&#232;mes s&#233;curitaires frustrants sans se salir les mains. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, parce que c'&#233;tait facile, relativement secret et nouveau, l'administration a pu poursuivre et d&#233;velopper son programme de drones sans se pr&#233;occuper de sa l&#233;galit&#233;. Mais les choses sont en train de changer. De plus en plus d'Am&#233;ricains &#8211; qui se sont historiquement battus contre l'arbitraire du pouvoir de la couronne britannique &#8211; sont r&#233;volt&#233;s par cette fa&#231;on de mener la guerre. Les &#233;lus, de droite comme de gauche, contestent cet accaparement de pouvoir sans supervision. Les juristes et les associations de d&#233;fense des droits de l'Homme sont convaincus de l'inconstitutionnalit&#233; de ces m&#233;thodes (encore plus quand des citoyens am&#233;ricains sont tu&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ONU s'est &#224; son tour empar&#233;e de la question en chargeant son rapporteur sur les questions de droits humains et de contre-terrorisme d'examiner une trentaine des frappes dans diff&#233;rents pays pour d&#233;terminer leur l&#233;galit&#233; et leur impact. Celui-ci a annonc&#233; qu'il n'h&#233;siterait pas &#224; soulever la question des &#171; crimes de guerre &#187; si son enqu&#234;te devait d&#233;montrer ce qui est parfois rapport&#233;, c'est-&#224;-dire deux attaques cons&#233;cutives, d'abord sur une cible, puis sur ceux qui viennent porter assistance. Le rapport de l'ONU devra &#234;tre pr&#233;sent&#233; lors de la prochaine assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale cet automne, mais il va susciter beaucoup d'attention durant les mois qui viennent, pla&#231;ant les drones sous les feux de la rampe alors que leurs op&#233;rateurs souhaitaient les maintenir dans l'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la volont&#233; des &#233;lus am&#233;ricains &#8211; et celle profess&#233;e par John Brennan &#8211; d'introduire davantage de supervision et de l&#233;galit&#233; dans l'emploi des drones ; avec le retrait des troupes d'Afghanistan qui doit &#234;tre compens&#233; par l'accent mis sur les drones et les forces sp&#233;ciales ; avec les nouvelles bases de d&#233;collage de ces engins en Arabie Saoudite et prochainement au Niger ; avec la question de savoir comment ces a&#233;ronefs ont &#233;t&#233; utilis&#233;s au Mali (uniquement en observation ou aussi pour des bombardements ?) ; il est &#233;vident que le secret qui pr&#233;valait jusqu'ici autour des drones ne peut plus durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration Obama qui avait reprise &#224; son compte, et avec un certain enthousiasme tant que cela restait discret, la doctrine Bush de frappes pr&#233;ventives, va d&#233;sormais devoir rendre des comptes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ce : l'union des gr&#232;ves sectorielles culmine dans une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale non officielle</title>
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		<dc:date>2013-02-12T09:10:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Giorgos Pittas</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 17 janvier, une crise importante s'est produite au parlement grec &#224; la suite de la publication d'une liste contenant les noms de 2.000 riches grecs qui cachent leur fortune en Suisse. La liste &#8211; connue comme &#171; Liste Lagarde &#187; ou &#171; Liste Falciani &#187; - &#233;tait rest&#233;e cach&#233;e pendant deux ans dans les bureaux du minist&#232;re de l'&#233;conomie. &lt;br class='autobr' /&gt; Les trois partis du gouvernement &#8211; Nouvelle D&#233;mocratie, PASOK et Dimar &#8211; se sont mis d'accord pour enqu&#234;ter et sacrifier l'ex ministre de l'Economie, Giorgos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton13094-a2046.jpg?1781279166' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17 janvier, une crise importante s'est produite au parlement grec &#224; la suite de la publication d'une liste contenant les noms de 2.000 riches grecs qui cachent leur fortune en Suisse. La liste &#8211; connue comme &#171; Liste Lagarde &#187; ou &#171; Liste Falciani &#187; - &#233;tait rest&#233;e cach&#233;e pendant deux ans dans les bureaux du minist&#232;re de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les trois partis du gouvernement &#8211; Nouvelle D&#233;mocratie, PASOK et Dimar &#8211; se sont mis d'accord pour enqu&#234;ter et sacrifier l'ex ministre de l'Economie, Giorgos Papakonstantinou, mais ils ont &#233;vit&#233; de faire de m&#234;me avec l'ex chef de ce minist&#232;re &#8211; et actuellement dirigeant du PASOK -, Evangelos Venizelos, afin de sauvegarder la coalition gouvernementale. Ayant ainsi &#233;vit&#233; une crise gouvernementale, et apr&#232;s avoir obtenu le vote en faveur du troisi&#232;me M&#233;morandum en octobre, le Premier ministre Samaras a consid&#233;r&#233; que l'heure &#233;tait venue de passer &#224; l'attaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par hasard, ce fut le m&#234;me 17 janvier que les travailleurs et les travailleuses du M&#233;tro d'Ath&#232;nes ont lanc&#233; une s&#233;rie de gr&#232;ves de 24 heures contre les nouvelles coupes salariales et pour le droit d'avoir une convention collective propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une ville de 4,5 millions d'habitants, l'impact de ces gr&#232;ves a &#233;t&#233; &#233;norme sur deux des trois lignes de m&#233;tro. Malgr&#233; les attaques r&#233;p&#233;t&#233;es du gouvernement et des m&#233;dias &#8211; qui ont accus&#233; le personnel du m&#233;tro de faire une gr&#232;ve &#171; contre les gens pauvres qui utilisent le transport public &#187;, d'&#234;tre &#171; tr&#232;s bien r&#233;mun&#233;r&#233;s &#187; et d'&#234;tre men&#233;s par une &#171; minorit&#233; de gauchistes &#187; - la gr&#232;ve a eu le soutien de la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es, les employ&#233;s du M&#233;tro d'Ath&#232;nes ont activement particip&#233; aux diff&#233;rentes gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, mais aussi au mouvement des Indign&#233;s qu'ils ont aid&#233; en jetant la police hors des stations de m&#233;tro. Le pr&#233;sident du syndicat du M&#233;tro &#8211; et &#233;galement candidat du front anticapitaliste Antarsya aux derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives &#8211; est devenu une figure bien connue du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien s'est fait &#233;vident quand, le 24 janvier &#224; midi, le ministre des Transports et des Communications, Konstantinos Hatzidakis, a d&#233;cid&#233;, en accord avec Samaras, de r&#233;quisitionner le M&#233;tro et de militariser ses travailleurs et ses travailleuses &#8211; une mesure qui n'est suppos&#233;e &#234;tre prise qu'en cas de guerre, de grandes catastrophes naturelles ou de graves probl&#232;mes de sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand cette nouvelle arriva &#224; l'assembl&#233;e des conducteurs et conductrices d'autobus d'Ath&#232;nes qui se tenait au m&#234;me moment, elle d&#233;cida en quelques minutes de partir en gr&#232;ve et d'organiser les piquets. En quelques heures, tous les autres syndicats du transport d'Ath&#232;nes &#8211; trolleybus, tramways, chemins de fer et la troisi&#232;me ligne de m&#233;tro &#8211; ont rejoint la gr&#232;ve. Malgr&#233; le chaos provoqu&#233; dans les voies de circulation de la ville, des milliers de travailleurs et de travailleuses ont converg&#233; vers l'entr&#233;e centrale du M&#233;tro pour participer &#224; un piquet-manifestation de masse. Les voitures qui passaient par l'autoroute adjacente faisaient r&#233;sonner leurs klaxons pour exprimer leur soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;craser cette lutte dans l'&#339;uf, &#224; 3h30 du matin du 25 janvier, des centaines de policiers anti-&#233;meute ont lanc&#233; un assaut contre le piquet de gr&#232;ve et ont remis &#224; chaque gr&#233;viste un ordre du gouvernement qui les obligeait &#224; travailler, &#224; d&#233;faut de quoi ils subiraient des peines de prison. Les gr&#233;vistes du M&#233;tro furent ainsi forc&#233;s de revenir au travail, mais cela n'a pas arr&#234;t&#233; le personnel des autobus et des chemins de fer qui ont poursuivi la gr&#232;ve jusqu'au 29 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne dure de &#171; la Loi et l'Ordre &#187; de Samaras &#8211; qui a commenc&#233; &#224; No&#235;l, avec les razzias polici&#232;res contre la gauche radicale et les maisons occup&#233;es par les anarchistes &#8211; est loin d'en finir avec le m&#233;contentement et provoque au contraire plus de rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, jeudi 31 janvier, les travailleurs et les travailleuses du secteur de l'&#233;lectricit&#233; et des chemins de fer sont appel&#233; &#224; une gr&#232;ve. Jusqu'&#224; samedi, aucun navire ne pourra sortir des ports grecs parce que le syndicat de la marine marchande a d&#233;cr&#233;t&#233; une gr&#232;ve de 48 heures. Les conducteurs et conductrices d'autobus ont &#233;galement d&#233;cid&#233; de participer &#224; cette journ&#233;e de gr&#232;ve tandis que les travailleurs et les travailleuses du M&#233;tro organisent une nouvelle Assembl&#233;e. Le secteur de la sant&#233; a lui aussi commenc&#233; aujourd'hui une gr&#232;ve contre la fermeture de centres sanitaires. En outre, les secteurs de l'enseignement et des administrations publiques se sont joints au mouvement avec un arr&#234;t de travail de quatre heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tous ces secteurs en lutte, ce jeudi 31 janvier semble s'&#234;tre transform&#233; en une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale non officielle issue de la base. La pression sur les sommets de la f&#233;d&#233;ration nationale des syndicats grecs pour appeler &#224; une nouvelle gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale devient de plus en plus forte. Le syndicat du secteur de l'&#233;lectricit&#233; demande ouvertement une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui pourrait se tenir au cours des deux premi&#232;res semaines de f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;galement un nouvel &#233;l&#233;ment dans la situation. Les petits agriculteurs et agricultrices de tout le pays sont en train de se mobiliser contre les coupes et la pauvret&#233; que l'aust&#233;rit&#233; provoque dans les campagnes. Des centaines, et peut &#234;tre des milliers de tracteurs se pr&#233;parent &#224; bloquer les principales autoroutes, ce qui provoquerait la paralysie du pays, tandis que Samaras mobilise une fois de plus ses brigades anti-&#233;meute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise et la r&#233;sistance en Gr&#232;ce sont loin de se terminer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giorgos Pittas est journaliste au journal r&#233;volutionnaire &#171; Ergatik&#237; Allieng&#253;i &#187; (Solidarit&#233; des travailleurs et des travailleuses), journal du SEK, l'une des organisations composant le front anticapitaliste Antarsya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://enlucha.org/site/?q=node/18238&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://enlucha.org/site/?q=node/18238&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pays Basque : &#171; Apr&#232;s quarante ann&#233;es de lutte, nous avons conclu &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un changement strat&#233;gique en profondeur &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pays-Basque-Apres-quarante-annees-de-lutte-nous-avons-conclu-a-la-necessite-d</link>
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		<dc:date>2013-02-12T09:09:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseba Alvarez</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>
		<dc:subject>Pays Basque</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien. Bilbao, samedi 12 janvier, plus de 110 000 manifestants dans les rues de la capitale de la Biscaye (Pays basque), pour exiger le respect des droits des prisonniers basques. Une d&#233;l&#233;gation du NPA, conduite par Philippe Poutou, &#233;tait invit&#233;e en t&#234;te de manifestation. Quelques heures avant, une rencontre a eu lieu entre Philippe Poutou et Joseba Alvarez, responsable national de l'organisation ind&#233;pendantiste basque Sortu. &lt;br class='autobr' /&gt; Peux-tu expliquer ce qu'est Sortu ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortu signifie &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-12&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton13098-b7e6a.jpg?1781279166' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien. Bilbao, samedi 12 janvier, plus de 110 000 manifestants dans les rues de la capitale de la Biscaye (Pays basque), pour exiger le respect des droits des prisonniers basques. Une d&#233;l&#233;gation du NPA, conduite par Philippe Poutou, &#233;tait invit&#233;e en t&#234;te de manifestation. Quelques heures avant, une rencontre a eu lieu entre Philippe Poutou et Joseba Alvarez, responsable national de l'organisation ind&#233;pendantiste basque Sortu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu expliquer ce qu'est Sortu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortu signifie &#171; na&#238;tre &#187; en basque. Nous avons cr&#233;&#233; ce parti le 9 f&#233;vrier 2011, et nous nous revendiquons de l'ind&#233;pendance du Pays basque et pour le socialisme. Notre existence l&#233;gale, qui est aujourd'hui un fait, nous est cependant continuellement disput&#233;e. Quoi qu'il en soit, nous avons &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;s le 20 juin 2012 par le tribunal constitutionnel espagnol, &#224; une voix pr&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 contre 5&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On vous pr&#233;sente souvent comme la continuit&#233; de l'ancien parti Herri Batasuna puis, plus r&#233;cemment, de Batasuna, deux partis interdits ces derni&#232;res ann&#233;es et dont les dirigeants ont &#233;t&#233; ou sont encore en prison. Qu'en est-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est exact que moi, par exemple, j'&#233;tais membre de Batasuna et que j'ai &#233;t&#233; emprisonn&#233; plusieurs fois. Mais, dor&#233;navant, Sortu, c'est tout autre chose. Apr&#232;s quarante ann&#233;es de lutte, nous avons conclu &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un changement strat&#233;gique en profondeur. Il y a eu dans nos rangs un intense d&#233;bat, pas seulement sur la d&#233;cision de l'arr&#234;t d&#233;finitif de la lutte arm&#233;e mais en r&#233;alit&#233; de fond en comble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tournant majeur a &#233;t&#233; par exemple l'apr&#232;s &#171; Loyola &#187; (n&#233;gociations avec le gouvernement espagnol et rupture de ces n&#233;gociations en 2010 ; Loyola &#233;tant une ville proche de San Sebastian &#8211; NDLR). Le gouvernement de Madrid n'a pas respect&#233; ses engagements. Dans ce contexte, nous avons r&#233;fl&#233;chi et consid&#233;r&#233; alors que la soci&#233;t&#233; basque et le monde en g&#233;n&#233;ral avaient chang&#233;. Il est devenu notoire pour nous que le passage par la lutte arm&#233;e ne marche plus. Ni ici ni en Catalogne d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut aller vers un nouveau cadre juridique au Pays basque. Cela signifie quoi concr&#232;tement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre plan de marche est le suivant : l'arr&#234;t de la lutte arm&#233;e ; le rassemblement de tout ce qui est &#224; la gauche de la droite basque repr&#233;sent&#233;e par le PNV (parti nationaliste basque, parti bourgeois d&#233;mocrate-chr&#233;tien, majoritaire) ; l'union &#224; l'int&#233;rieur de cette gauche pour aller &#224; la conqu&#234;te d'une majorit&#233; politique institutionnelle qui devienne en d&#233;finitive id&#233;olo&#173;giquement majoritaire au Pays basque ; la recherche de points d'appui internationaux importants ; le r&#233;tablissement des relations avec les &#201;tats fran&#231;ais et espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; ce jour, o&#249; en &#234;tes-vous de ce processus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan actuel est tr&#232;s simple &#224; &#233;tablir. La lutte arm&#233;e est termin&#233;e et bien termin&#233;e. Ce pas important&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a &#233;t&#233; unilat&#233;ral de la part de la gauche abertzale (les nationalistes basques). D'autant plus unilat&#233;ral que nous ne c&#233;dons pas aux attitudes provocatrices des &#201;tats espagnol et fran&#231;ais qui multiplient les arrestations et autres forme de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons constitu&#233; des coalitions &#233;lectorales telles que EH Bai au nord, Bildu au sud. Cette derni&#232;re est devenue la deuxi&#232;me force &#233;lectorale derri&#232;re le PNV, mais la premi&#232;re en nombre d'&#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rassemblement de la gauche abertzale a donc &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en particulier autour de beaucoup de questions sociales mais aussi des objectifs de d&#233;fense des droits des prisonniers politiques, pour leur rapprochement au Pays basque, pour la lib&#233;ration des prisonniers malades&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour ce qui est entam&#233;. Le reste est encore &#224; construire, en particulier la consolidation de ce support international dont je parlais, apr&#232;s la conf&#233;rence d'Aiete.(1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question cl&#233; pour nous, c'est aux Basques et &#224; eux seuls de d&#233;cider de leur avenir sous la forme qu'ils d&#233;cideront : statut de souverainet&#233;, souverainet&#233; associ&#233;e, etc. Pour d&#233;battre de ces probl&#232;mes, nous tenons notre congr&#232;s le 23 f&#233;vrier prochain, &#224; Pamplona-Iruna. Nous y invitons fraternellement le NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Pedro Carrasquedo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La Conf&#233;rence internationale de paix de Aiete est une d&#233;claration int&#233;grale sur la paix au Pays basque, qui s'est tenue lundi 17 octobre 2011 &#224; Saint-S&#233;bastien. Aiete &#233;tait l'ancienne r&#233;sidence de Franco...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Accord sur la pr&#233;carisation de l'emploi : une r&#233;gression sociale inacceptable </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Accord-sur-la-precarisation-de-l-emploi-une-regression-sociale-inacceptable</link>
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		<dc:date>2013-02-12T09:09:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacky Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#171; accord national interprofessionnel pour un nouveau mod&#232;le &#233;conomique et social au service de la comp&#233;titivit&#233; des entreprises et de la s&#233;curisation de l'emploi et des parcours professionnels des salari&#233;s &#187; (ANI), conclu le 11 janvier (au si&#232;ge du MEDEF avenue de Wagram) entre le patronat et trois organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC) sur cinq participantes, peut &#234;tre per&#231;u comme un signe du renouveau du dialogue entre partenaires sociaux &#224; l'initiative du Pr&#233;sident de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L124xH150/arton13072-c9cb1.png?1781279167' class='spip_logo spip_logo_right' width='124' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#171; accord national interprofessionnel pour un nouveau mod&#232;le &#233;conomique et social au service de la comp&#233;titivit&#233; des entreprises et de la s&#233;curisation de l'emploi et des parcours professionnels des salari&#233;s &#187; (ANI), conclu le 11 janvier (au si&#232;ge du MEDEF avenue de Wagram) entre le patronat et trois organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC) sur cinq participantes, peut &#234;tre per&#231;u comme un signe du renouveau du dialogue entre partenaires sociaux &#224; l'initiative du Pr&#233;sident de la R&#233;publique et du gouvernement puisqu'aucun compromis de ce type n'avait &#233;t&#233; finalis&#233; en France depuis pr&#232;s de 30 ans. En fait, l'ANI marque le retour des accords interprofessionnels que le patronat demande d&#232;s lors qu'il ne dispose plus d'une majorit&#233; de droite &#224; l'Assembl&#233;e pour y faire directement adopter les mesures qui satisfont ses revendications. En faisant du &#8220;contrat&#8221; un pr&#233;alable &#224; la &#8220;loi&#8221;, le patronat veut retrouver un rapport de forces que le suffrage universel lui a enlev&#233; en mai et juin 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site D&#233;mocratie et socialisme)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un accord &#224; la l&#233;gitimit&#233; contestable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la forme, les trois syndicats de salari&#233;s pr&#233;cit&#233;s &#233;taient minoritaires (38,7% au total aux &#233;lections prud'homales de 2008), alors que l'ANI a &#233;t&#233; rejet&#233; par la CGT et FO (49,79%) ; les &#233;lections dans les TPE en 2012 ont confirm&#233; ces niveaux de repr&#233;sentativit&#233; (28,11% contre 44,79%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le fond, l'accord pr&#233;carise l'emploi et les salaires et s&#233;curise les licenciements.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C&#244;t&#233; &#034;nouveaux droits pour les salari&#233;s&#034;, de modestes avanc&#233;es, toujours a minima : taxation des contrats courts, extension progressive des compl&#233;mentaires sant&#233;, droits rechargeables &#224; l'assurance ch&#244;mage, encadrement des contrats &#224; temps partiel&#8230;Et rien pour &#171; l'&#233;galit&#233; des carri&#232;res professionnelles et des r&#233;mun&#233;rations entre les hommes et les femmes &#187;, l'engagement N&#176; 25 de Fran&#231;ois Hollande !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C&#244;t&#233; r&#233;gressions sociales, l'addition est lourde : retour des accords sarkozystes &#171; comp&#233;titivit&#233; emplois &#187;, licenciements facilit&#233;s, limitation du recours au juge civil, mutations impos&#233;es facilit&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S&#233;curisation de l'emploi &#187; : le mirage des nouveaux droits pour les salari&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
sur cotisation employeur (+0,5% &#224; +3%) &#224; l'assurance ch&#244;mage sur les CDD courts de moins de 3 mois (article 4). Rien sur les contrats au-del&#224; de 3 mois , rien sur les contrats pr&#233;caires, rien sur l'int&#233;rim ; la mesure qui devrait s'appliquer au 01/07/2013 co&#251;tera 110 millions &#8364; aux employeurs, mais le contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e conclu pour l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans sera exon&#233;r&#233; de cotisations patronales d'assurance ch&#244;mage pendant 3 mois (4 mois pour les entreprises de moins de 50 salari&#233;s) s'il se poursuit au-del&#224; de la p&#233;riode d'essai, soit &#171; une remise &#187; de 155 millions &#8364; (selon le MEDEF&#8230;) ; &#171; b&#233;n&#233;fice &#187; global pour les employeurs : 45 millions &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;mentaire sant&#233; (article 1).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A d&#233;faut d'accord de branches avant le 1/07/2014, et &#224; d&#233;faut d'accord d'entreprise, les entreprises seront tenues, au plus tard le 1er janvier 2016, de faire b&#233;n&#233;ficier leurs salari&#233;s d'une couverture collective de frais de sant&#233; couvrant au minimum &#171; un panier de soins &#187;. Les partenaires sociaux laisseront aux entreprises la libert&#233; de retenir les organismes assureurs de leur choix (4 milliards &#8364; pay&#233;s &#224; 50/50 par les salari&#233;s -3,5 millions- et les employeurs) au b&#233;n&#233;fice des grandes compagnies&#8230; d'assurances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; droits rechargeables &#224; l'assurance-ch&#244;mage (article 3). Un ch&#244;meur qui reprendra un emploi conservera le reliquat de tout ou partie de ses droits aux allocations du r&#233;gime d'assurance ch&#244;mage, et pourra les faire valoir en cas de retour au ch&#244;mage. En fait cette &#233;ventuelle mesure n'est pas act&#233;e ; elle sera inscrite dans la future ren&#233;gociation en 2013 de la convention Unedic, et &#171; les partenaires sociaux veilleront &#224; ne pas aggraver le d&#233;s&#233;quilibre financier du r&#233;gime d'assurance ch&#244;mage &#187; ; d&#232;s lors, ou les cotisations augmenteront ou les prestations baisseront !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Travail &#224; temps partiel (article 11)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne changera sur le fond pour les 3,7 millions de temps partiels subis, &#224; 85% par des femmes et &#224; 80% par des non qualifi&#233;s, &#224; part un plancher hebdomadaire &#224; 24 h instaur&#233; au plus tard le 31/12/2013 : sauf cas particuliers et avec un lissage sur l'ann&#233;e, au bon gr&#233; de l'employeur ! De nombreuses d&#233;rogations sont pr&#233;vues&#8230; pour travailler moins encore, en particulier pour r&#233;pondre &#171; &#224; la demande &#233;crite du salari&#233; &#187; (ils peuvent &#234;tre nombreux, si l'employeur le leur demande &#224; l'embauche&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Repr&#233;sentation des salari&#233;s dans les CA (article 13). &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un salari&#233; (ou deux quand le nombre d'administrateurs est sup&#233;rieur &#224; 12) aura (dans 3 ans environ) voix d&#233;lib&#233;rative dans les organes de d&#233;cision des grandes entreprises (d'au moins 5000 salari&#233;s en France, soit seulement un peu plus de 200 entreprises ; ou 10 000 salari&#233;s dans le reste du monde). Le mode de d&#233;signation reste &#224; d&#233;finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compte personnel formation (article 5). &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce compte, utilisable par les salari&#233;s ou les ch&#244;meurs, serait transf&#233;rable, et aliment&#233; &#224; raison de 20 heures par an dans la limite de 120 heures pour les salari&#233;s &#224; temps plein. Rien de bien neuf : le DIF (&#171; droit individuel &#224; la formation &#187;) qui existait d&#233;j&#224; (mis en place en 2004 et &#233;tendu &#224; la fonction publique en 2007 : 20 h par an cumulables sur 6 ans) est inclus dans ce &#171; nouveau &#187; compte personnel de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Flexibilit&#233;, pr&#233;carisation du travail : de nouveaux droits pour l'employeur accords de &#171; maintien dans l'emploi &#187; (article 18). Il s'agirait de &#171; donner aux entreprises les moyens de s'adapter aux probl&#232;mes conjoncturels et de pr&#233;server l'emploi &#187;. Il s'agit en fait de donner aux employeurs &#171; dont l'entreprise est en difficult&#233; &#187; les moyens d'exiger des sacrifices de la part des salari&#233;s pour la redresser par un &#171; nouvel &#233;quilibre pour une dur&#233;e limit&#233;e dans le temps - 2 ans maximum - dans l'arbitrage global temps de travail/salaire/emploi au b&#233;n&#233;fice de l'emploi &#187;. Il sera d&#232;s lors possible de faire varier les horaires et de baisser les salaires (travailler plus pour gagner moins&#8230;) ; &#171; l'accord s'impose au contrat de travail &#187; : pas de contestation, pas de recours : en cas de refus du salari&#233;, &#171; la rupture de son contrat s'analyse en un licenciement &#233;conomique &#187; ; &#171; l'entreprise est exon&#233;r&#233;e de l'ensemble des obligations l&#233;gales et conventionnelles qui auraient r&#233;sult&#233; d'un licenciement pour motif &#233;conomique &#187; : plus de plan social ! C'est en fait le projet de loi annonc&#233; par Sarkozy le 31 janvier 2012 sur les accords &#171; comp&#233;titivit&#233; emploi &#187;, que nous socialistes d&#233;noncions en ces termes pendant la campagne pr&#233;sidentielle : &#171; Cette mesure vise &#224; contourner le droit du travail pour mieux diminuer les salaires. En France, un cadre juridique protecteur fait de l'accord de chaque salari&#233; une condition n&#233;cessaire &#224; toute r&#233;vision du salaire &#224; la baisse. Ainsi un accord collectif majoritaire pourra d&#233;sormais permettre d'imposer une baisse de salaire &#224; un salari&#233;. La droite veut utiliser la crise pour modifier les rapports sociaux en d&#233;faveur des salari&#233;s &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mobilit&#233; interne &#224; l'entreprise (article 15). &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de &#171; la mise en &#339;uvre de mesures collectives d'organisation se traduisant par des changements de postes ou de lieux de travail au sein de la m&#234;me entreprise &#187;. Cela peut donc affecter des services entiers d'une entreprise sans recours au plan social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de refus d'un poste, le salari&#233; pourra &#234;tre licenci&#233; &#171; pour motif personnel &#187; pas pour &#171; motif &#233;conomique &#187; ! Les entreprises auront ainsi la possibilit&#233; de restructurer sans plan social, en imposant aux salari&#233;s la &#171; mobilit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Simplification des proc&#233;dures de licenciements collectifs (article 20). &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article instaure la d&#233;rogation quasi-compl&#232;te aux dispositions du Code du travail concernant &#224; la fois la proc&#233;dure de licenciement collectif pour motif &#233;conomique et le contenu du plan de sauvegarde de l'emploi (plan social), qui seront dor&#233;navant fix&#233;s soit par accord d'entreprise, ou en l'absence, par un simple document de l'employeur homologable par la direction du travail. Sans r&#233;ponse de l'administration sous trois semaines, le patron pourra licencier : jusqu'&#224; 99 salari&#233;s en 2 mois, plus de 250 en 4 mois&#8230; Fini les Fralib, Goodyear, PSA&#8230; Place aux licenciements exp&#233;ditifs, sans autre forme de proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour l'emploi, pour les salaires, cet accord minoritaire doit &#234;tre rejet&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord du 11 janvier devrait &#234;tre soumis au Parlement pour une transcription dans la loi en mai, que Bruno Le Roux veut &#171; pr&#233;cise, fid&#232;le, loyale &#187;, tandis que pour la pr&#233;sidente du MEDEF &#171; Il est tout &#224; fait essentiel que le S&#233;nat et l'Assembl&#233;e nationale respectent, &#224; la lettre, le texte [&#8230;] parce qu'il va transformer la gestion des ressources humaines &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accord, n&#233;goci&#233; avenue de Wagram au si&#232;ge du Medef (UIMM), porte une grave r&#233;gression du droit du travail. Il ne doit pas &#234;tre valid&#233; par la loi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; au nom du principe ind&#233;cent selon lequel il faudrait d'abord licencier pour pouvoir embaucher plus tard, ce projet donne aux employeurs de nouvelles marges inacceptables de flexibilisation de l'emploi, tout en augmentant la s&#233;curit&#233; juridique de leurs actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; la minorit&#233; de travailleurs repr&#233;sent&#233;e par les syndicats signataires ne saurait &#234;tre transpos&#233;e en majorit&#233; politique au Parlement par un vote des d&#233;put&#233;s socialistes, qui tournerait le dos aux millions de salari&#233;es et de salari&#233;s les ayant &#233;lus pour en finir avec la remise en cause du droit du travail par la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rejetons les accords de Wagram&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les d&#233;put&#233;s britanniques disent oui au mariage homosexuel</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-deputes-britanniques-disent-oui-au-mariage-homosexuel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-deputes-britanniques-disent-oui-au-mariage-homosexuel</guid>
		<dc:date>2013-02-12T09:08:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chantal Cyr</dc:creator>


		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>LGTB</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s britanniques se sont prononc&#233;s mardi soir en faveur du projet de loi autorisant le mariage entre personnes du m&#234;me sexe, un vote crucial en attendant l'adoption d&#233;finitive de cette r&#233;forme qui divise le parti conservateur, mais suscite peu de remous dans l'opinion publique. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du Fugues) &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; l'issue d'une journ&#233;e de discussions anim&#233;es &#224; la Chambre des Communes, le projet de loi a &#233;t&#233; vot&#233; par 400 d&#233;put&#233;s, tandis que 175 se sont prononc&#233;s contre. Selon de premi&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-LGTB-+" rel="tag"&gt;LGTB&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-02-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-02-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH79/arton13077-2f979.png?1781157110' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s britanniques se sont prononc&#233;s mardi soir en faveur du projet de loi autorisant le mariage entre personnes du m&#234;me sexe, un vote crucial en attendant l'adoption d&#233;finitive de cette r&#233;forme qui divise le parti conservateur, mais suscite peu de remous dans l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du Fugues)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'issue d'une journ&#233;e de discussions anim&#233;es &#224; la Chambre des Communes, le projet de loi a &#233;t&#233; vot&#233; par 400 d&#233;put&#233;s, tandis que 175 se sont prononc&#233;s contre. Selon de premi&#232;res estimations, pr&#232;s de la moiti&#233; des d&#233;put&#233;s conservateurs a d&#233;cid&#233; de ne pas voter comme le Premier ministre David Cameron, partisan de cette r&#233;forme. Aucune consigne officielle de vote n'avait &#233;t&#233; donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promesse de campagne des lib&#233;raux-d&#233;mocrates, qui participent au gouvernement de coalition, le texte a en revanche recueilli le soutien de l'opposition travailliste. Les d&#233;put&#233;s fran&#231;ais d&#233;battent, sur fond de vives pol&#233;miques, d'un projet similaire, ouvrant aussi la voie &#224; l'adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vote &#224; la Chambre des Communes (chambre basse du Parlement) est une &#233;tape d&#233;cisive, m&#234;me si le texte doit encore faire la navette avec la chambre des Lords avant que le Royaume-Uni ne rejoigne la dizaine de pays ayant l&#233;galis&#233; le mariage homosexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme pr&#233;voit de permettre &#224; des couples de m&#234;me sexe de se marier civilement. Elle laisse aux diverses confessions la possibilit&#233; de c&#233;l&#233;brer ou non des unions homosexuelles religieuses, &#224; l'exception de l'Eglise anglicane majoritaire dans le pays, au sein de laquelle le mariage homosexuel restera ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une d&#233;claration faite avant le vote, David Cameron avait r&#233;p&#233;t&#233; son soutien &#224; cette r&#233;forme. &#171; Aujourd'hui est un jour important. Je suis un grand adepte du mariage. Il aide les gens &#224; s'engager mutuellement et je pense que c'est la raison pour laquelle les homosexuels devraient pouvoir se marier aussi &#187;, a-t-il dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un pas en avant pour notre pays et je suis fier que notre gouvernement le fasse &#187;, a-t-il ajout&#233;. Le minist&#232;re britannique de la Culture, charg&#233; des questions d'&#233;galit&#233;, &#171; esp&#232;re &#187; que le projet de loi, qui repr&#233;sente une &#171; &#233;volution historique &#187;, sera adopt&#233; &#034;d'ici &#224; la fin de l'ann&#233;e &#187;. Le sujet ne faisait la Une que d'un seul journal mardi, le Daily Telegraph, signe que le mariage entre personnes de m&#234;me sexe suscite peu de d&#233;bats dans l'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte est de fait avant tout symbolique. Les couples homosexuels peuvent en effet s'unir civilement depuis 2005 au Royaume-Uni, dans le cadre d'un partenariat civil. Ils ont aussi les m&#234;mes droits parentaux que les couples h&#233;t&#233;rosexuels : ils peuvent adopter et recourir &#224; la procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e et &#224; une m&#232;re porteuse, pourvu qu'elle ne soit pas r&#233;mun&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois principaux ministres conservateurs - William Hague (Affaires &#233;trang&#232;res), George Osborne (Finances) et Theresa May (Int&#233;rieur) - avaient tent&#233; de rallier leurs compatriotes dans une lettre ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; la chambre des Communes, les opposants &#224; la r&#233;forme se sont fait entendre. L'ancien secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la D&#233;fense conservateur, Gerald Howarth, a fustig&#233; un &#171; changement massif &#187; qui &#171; affecte profond&#233;ment le coeur m&#234;me &#187; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce projet de loi est mauvais, le processus de consultation a &#233;t&#233; une imposture, l'&#201;glise d'Angleterre est contre, cela a caus&#233; des divisions profondes et inutiles au sein du parti conservateur, il n'y a aucun mandat pour cela et cela peut entra&#238;ner de graves cons&#233;quences &#187;, a-t-il averti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vingtaine de conservateurs avaient remis une lettre dimanche &#224; Downing Street, mettant en garde M. Cameron contre &#171; les d&#233;g&#226;ts significatifs pour le Parti conservateur en vue des &#233;lections l&#233;gislatives de 2015 &#187; si la loi &#233;tait adopt&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les trois plaies du Mali</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Ch&#226;telot </dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-02-12</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Le retour au Mali de nombreux jeunes Touareg entra&#238;n&#233;s au maniement des armes en Libye appara&#238;t directement li&#233; aux affrontements. La situation ne cesse de se d&#233;grader. &#187; Cet extrait d'une note de la Direction des affaires africaines et malgaches du Quai d'Orsay pourrait dater de 2012. Un an apr&#232;s la chute de Mouammar Kadhafi, en octobre 2011, les deux tiers du territoire malien &#233;chappent &#224; l'autorit&#233; centrale, conquis par des groupes arm&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Mais ce texte remonte &#224;... 1991 ! A cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le retour au Mali de nombreux jeunes Touareg entra&#238;n&#233;s au maniement des armes en Libye appara&#238;t directement li&#233; aux affrontements. La situation ne cesse de se d&#233;grader. &#187; Cet extrait d'une note de la Direction des affaires africaines et malgaches du Quai d'Orsay pourrait dater de 2012. Un an apr&#232;s la chute de Mouammar Kadhafi, en octobre 2011, les deux tiers du territoire malien &#233;chappent &#224; l'autorit&#233; centrale, conquis par des groupes arm&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais ce texte remonte &#224;... 1991 ! A cette &#233;poque, les affrontements avec les Touareg se multiplient dans la r&#233;gion. Le r&#233;dacteur du minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res &#233;voque alors le sentiment de marginalisation des Touareg, l'absence de toute politique &#171; constructive &#187; de l'Etat ; rappelle le &#171; divorce racial &#187;, le &#171; refus de la n&#233;gritude &#187; de la part des Touareg, tr&#232;s impliqu&#233;s dans les traites esclavagistes. Il souligne aussi que &#171; les dirigeants maliens ont clairement indiqu&#233; que, hors de l'aide de la France, il n'y aurait pas de salut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de vingt ans apr&#232;s, gr&#226;ce &#224; l'intervention militaire fran&#231;aise, le Mali s'&#233;loigne d'un pas du pr&#233;cipice dans lequel une r&#233;bellion mena&#231;ait de le faire sombrer. L'histoire se r&#233;p&#232;te donc ? Rien n'est moins vrai. Si certains ingr&#233;dients de la r&#233;volte demeurent, de nouveaux facteurs sont apparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; r&#233;volte de trop &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;paules drap&#233;es par une large bande d'&#233;toffe brod&#233;e, Zeidan Ag-Sidalamine est un t&#233;moin des deux &#233;poques. Touareg originaire de Djebok, dans les environs de Gao, il a partag&#233; la cause des r&#233;bellions des ann&#233;es 1990 avant de devenir conseiller de l'ancien pr&#233;sident Alpha Oumar Konar&#233; (1992-2002). &#171; Les soul&#232;vements touareg ont connu plusieurs phases, explique-t-il. Il y eut la r&#233;sistance, parfois &#233;cras&#233;e dans le sang, &#224; l'&#233;poque de la colonisation fran&#231;aise, les r&#233;voltes des ann&#233;es 1960 apr&#232;s l'ind&#233;pendance, puis les r&#233;bellions des ann&#233;es 1990. Aujourd'hui, c'est un mouvement narco-salafiste teint&#233; de djihadisme mal assimil&#233;. C'est la r&#233;volte de trop. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; r&#233;volte de trop &#187; ? Les mouvements touareg pr&#233;c&#233;dents n'avaient pas r&#233;ellement menac&#233; la survie de l'Etat. En revanche, le vent tourbillonnant des derni&#232;res violences a failli tout emporter. Il s'est pourtant lev&#233; loin du massif des Ifoghas, dans cet extr&#234;me Nord rebelle frontalier de l'Alg&#233;rie. Il s'est nourri aux sources des &#171; printemps arabes &#187; de 2011 et de la chute du r&#233;gime de Mouammar Kadhafi, en Libye. Tel une tornade, il s'est renforc&#233; au contact des eaux troubles baignant les groupes de trafiquants djihadistes install&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es dans l'immensit&#233; d&#233;sertique du Nord malien, grand comme une fois et demie la France. Il a souffl&#233; sur cette r&#233;gion et, &#224; plusieurs centaines de kilom&#232;tres de l&#224;, &#224; Bamako, il a emport&#233; le pr&#233;sident malien, Amadou Toumani Tour&#233; &#8211; dit &#171; ATT &#187; &#8211;, en mars 2012, et fut &#224; deux doigts de balayer un Etat d&#233;j&#224; moribond, dix mois plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;clenchement de cette offensive, en janvier 2012, depuis l'extr&#234;me nord du Mali, l'Etat n'est d&#233;j&#224; plus en mesure d'affronter la situation. Kidal, Gao, Tombouctou, toutes les grandes villes du Nord tombent les unes apr&#232;s les autres en poussant chaque fois plus au sud une arm&#233;e en d&#233;route. Dangereux et humiliant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tat d&#233;lit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fruit &#233;tait d&#233;j&#224; blet. &#171; L'Etat n'&#233;tait plus un Etat gendarme ni un Etat providence &#187;, explique Soumeylou Boubeye Ma&#239;ga, ancien ministre de la d&#233;fense. Sous la pr&#233;sidence d'ATT, les institutions se sont en effet d&#233;lit&#233;es. L'ancien militaire putschiste de 1992, revenu &#224; la t&#234;te du pays par les urnes dix ans plus tard, b&#226;tit son pouvoir sur &#171; un consensus &#224; la malienne &#187;, comme on dit &#224; Bamako. Autrement dit, un syst&#232;me incluant la plupart des partis, donc sans r&#233;elle opposition, et dans lequel ATT avait le dernier mot. Soucieux de m&#233;nager le plus grand nombre, il a ainsi nourri en son sein &#171; un r&#233;gime d'impunit&#233;, de laisser-faire et de corruption qui a notamment fait le lit des trafiquants de drogue &#187;, d&#233;nonce Mahamadou Diallo, l'un des conseillers de l'opposant Ibrahim Boubacar Ke&#239;ta (IBK), ancien premier ministre, ex-pr&#233;sident du Parlement et candidat attendu &#224; une future &#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Nord, cette politique a eu des effets n&#233;gatifs d&#233;multipli&#233;s. Les bases pour &#233;viter la catastrophe existaient pourtant. Le Pacte national de 1992, qui avait mis un terme &#224; une autre r&#233;bellion touareg, s'&#233;tait traduit par un d&#233;sengagement militaire dans cette partie du pays &#8211; r&#233;gie alors par un r&#233;gime d'exception &#8211; et par une d&#233;l&#233;gation de la s&#233;curit&#233; aux communaut&#233;s autochtones. Alors qu'il n'y avait quasiment aucun officier touareg dans l'arm&#233;e malienne en 1992, ils &#233;taient 200, ex-rebelles mal int&#233;gr&#233;s, vingt ans plus tard. L'accord pr&#233;voyait aussi un volet socio-&#233;conomique destin&#233; &#224; d&#233;velopper cette r&#233;gion d&#233;laiss&#233;e depuis toujours ainsi qu'un processus de d&#233;centralisation de l'Etat. Mis en &#339;uvre durant la pr&#233;sidence d'Alpha Oumar Konar&#233;, ce pacte, suivi en 2006 par les accords d'Alger cons&#233;cutifs &#224; une &#233;ni&#232;me r&#233;bellion, a &#233;t&#233; oubli&#233; par ATT. La d&#233;centralisation est rest&#233;e en plan faute de moyens financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Militaires fonctionnaires &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'arm&#233;e est devenue &#171; un groupement de fonctionnaires, pas de combattants &#187;, a observ&#233; Soumeylou Boubeye Ma&#239;ga. Des &#171; militaires fonctionnaires &#187; sous-pay&#233;s vivant davantage de leurs petits ou grands trafics que de leur solde. En 2012, ils ont d&#233;tal&#233; devant un ennemi motiv&#233; et bien &#233;quip&#233;. &#171; Nous mettions ATT en garde depuis des mois contre les risques de sa politique, mais il ne voulait rien entendre &#187;, se lamentait un diplomate fran&#231;ais peu apr&#232;s le d&#233;clenchement des violences du d&#233;but 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant longtemps, l'Etat n'a rien fait dans le Nord parce que les investissements publics r&#233;pondaient &#224; des ratios d&#233;mographiques &#187; (les Touareg repr&#233;sentent seulement 4 % de la population totale du Mali et sont minoritaires dans le Nord), explique Soumeylou Boubeye Ma&#239;ga. &#171; Puis Bamako est intervenu en s'appuyant sur les familles locales dominantes, qui ont pris le relais d'un Etat d&#233;faillant en creusant des puits, en construisant des routes ou des &#233;coles. Ce client&#233;lisme a fait de ces familles les passages oblig&#233;s de la puissance publique. Or ce sont les m&#234;mes que l'on retrouve dans les n&#233;gociations de lib&#233;ration d'otages occidentaux ou dans le trafic de drogue. Cela n'a fait que creuser les in&#233;galit&#233;s, y compris au sein de la communaut&#233; touareg, et entretenir le m&#233;contentement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet abandon de l'Etat a aussi fait le lit d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Cr&#233;&#233;e par des Alg&#233;riens, ex-membres du Groupe salafiste pour la pr&#233;dication et le combat (GSPC) chass&#233;s de l'Alg&#233;rie voisine &#224; l'issue d'une guerre civile terriblement meurtri&#232;re, AQMI a pris pied (et femmes) dans le nord du mali depuis dix ans. Enrichie par les ran&#231;ons des otages et les trafics de drogue, AQMI est devenue un employeur, y compris aupr&#232;s d'une partie des Touareg, trafiquants historiques dans ce d&#233;sert qu'ils connaissent mieux que personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argent d'AQMI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'y est li&#233; progressivement un r&#233;seau d'int&#233;r&#234;ts criminels dans lequel se croisent et s'entrem&#234;lent toutes les communaut&#233;s du Nord &#8211; Peuls, Touareg, Songha&#239;, Maures, Malink&#233;, Dogon... &#171; Le Sahel est une zone historique de trafic, mais c'&#233;tait un trafic de survie. L'introduction de la drogue, d&#233;barqu&#233;e en Afrique de l'Ouest et qui traverse le Sahel pour atteindre les rives de la M&#233;diterran&#233;e, a modifi&#233; les rapports de force et restructur&#233; la soci&#233;t&#233; &#187;, observe Soumeylou Boubeye Ma&#239;ga. &#171; Pour 3 000 &#224; 5 000 euros les 48 heures, les Touareg sont devenus des convoyeurs ou des agents de s&#233;curit&#233;, illustre Zeidan Ag-Sidalamine, c'est beaucoup d'argent. Comme un supermarch&#233;, AQMI s'est mise &#224; briller telle une enseigne lumineuse au milieu du d&#233;sert &#187;, ajoute-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;seau arm&#233; s'est r&#233;v&#233;l&#233; suffisamment puissant pour ensevelir les revendications historiques des Touareg. Il faut voir le destin du Mouvement national de lib&#233;ration de l'Azawad (MNLA). Ses combattants &#8211; pour certains revenus de Libye &#8211; furent les premiers &#224; se lancer &#224; l'offensive au d&#233;but 2012. Leurs revendications politiques &#8211; autonomistes puis ind&#233;pendantistes &#8211; &#233;taient certes inaudibles &#224; Bamako, mais elles s'ancraient dans l'histoire des r&#233;bellions touareg pr&#233;c&#233;dentes. Rapidement, pourtant, le MNLA a &#233;t&#233; chass&#233; des villes conquises par les groupes touareg islamistes (Ansar Eddine) alli&#233;s &#224; AQMI et sa filiale ouest-africaine du Mujao. Les mots d'ordre devinrent &#171; djihad &#187; et &#171; application de la charia &#187; sur tout le territoire malien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; cet argent, AQMI et d'autres &#233;taient devenus les acteurs les plus puissants dans le Nord, irriguant aussi le Sud o&#249; se nouaient d'indispensables complicit&#233;s et o&#249; se d&#233;versait une partie de l'argent de la drogue. L'argent d'AQMI attirait. Moins que la religion ? &#171; Le salafisme est une mode &#233;trang&#232;re aux Touareg, mais elle est devenue populaire avec les &#187;printemps arabes&#171; . Cela durera le temps d'une saison, mais &#231;a passera chez les Touareg &#187;, tranche Zeidan Ag-Sidalamine. En revanche, il s'inqui&#232;te de l'influence des salafistes &#224; Bamako : &#171; Il y a, l&#224;, plus de barbus qu'au Nord. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; 400 &#187; combattants de Libye&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet environnement d&#233;j&#224; passablement boulevers&#233;, l'afflux d'anciens combattants kadhafistes revenus de Libye en 2011, au moment de la chute du &#171; Guide &#187; &#8211; autoproclam&#233; depuis un fameux discours de 1982 grand d&#233;fenseur de la cause touareg &#8211;, a pr&#233;cipit&#233; le chaos. Ils n'&#233;taient sans doute que quelques centaines &#224; revenir &#8211; &#171; 400 &#187;, affirme Zeidan Ag-Sidalamine. C'&#233;tait peu mais suffisant pour que ces combattants d&#233;stabilisent une soci&#233;t&#233; touareg f&#233;odale dont l'ordre s'effritait inexorablement sous le coup de sempiternelles luttes internes, de r&#233;bellions perdues au cours du temps et de s&#233;cheresses d&#233;vastatrices pour ces grands &#233;leveurs de b&#233;tail. Ces guerriers des &#171; l&#233;gions islamiques &#187; ranim&#232;rent la lutte arm&#233;e contre laquelle les chefferies traditionnelles touareg, si elles le voulaient, ne purent s'opposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre cents combattants, ce fut peu mais suffisant pour que ces unit&#233;s dissolvent une arm&#233;e malienne d&#233;j&#224; d&#233;liquescente. Peu mais suffisant aussi pour provoquer la chute, &#224; Bamako, d'un r&#233;gime agonisant, achev&#233; par une d&#233;route militaire historique. Signe de sa faiblesse, ATT fut ainsi renvers&#233; le 22 mars 2012 par un putsch de sans-grade men&#233; par le capitaine Sanogo. Un capitaine qui reprochait &#224; juste titre au pr&#233;sident d'avoir pr&#233;cipit&#233; le pays dans le chaos. Mais un militaire qui pr&#233;tendait, contre toute &#233;vidence, &#234;tre capable de reformer suffisamment de bataillons pour reconqu&#233;rir le Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s le 10 janvier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa &#171; pr&#233;sidence &#187; fut br&#232;ve : quinze jours. Sous la pression de la France et des pays de la r&#233;gion, il dut c&#233;der le pas &#224; un pouvoir civil de transition. Mais son pouvoir de nuisance dura plus longtemps. Ces derniers mois, s'appuyant, &#224; Bamako, sur une partie de la rue caress&#233;e dans le sens de sa fibre patriotique, il s'est oppos&#233; au d&#233;ploiement d'une force arm&#233;e internationale. Il &#233;branla le fragile &#233;quilibre politique en faisant tabasser le pr&#233;sident de la transition, Dioncounda Traor&#233;, laiss&#233; pour mort par ses agresseurs. Il d&#233;ploya toute son &#233;nergie pour torpiller l'organisation d'assises nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il joua ainsi ce jeu jusqu'au 10 janvier, jour probablement funeste pour les ambitions de celui qui aimait s'imaginer dans l'uniforme d'un &#171; de Gaulle malien &#187;. Ce jour-l&#224;, les groupes islamistes rompent le cessez-le-feu virtuel en vigueur depuis plusieurs mois. Ils pr&#233;cipitent ainsi l'intervention arm&#233;e de la France et le d&#233;ploiement d'une force africaine en gestation depuis le d&#233;but de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste maintenant &#224; sortir de cette crise, la plus grave sans doute que le Mali ait connue depuis son ind&#233;pendance, en 1960. Le d&#233;part des islamistes des principales villes du Nord devant l'avanc&#233;e des troupes fran&#231;aises et les pertes, dont l'&#233;tendue reste inconnue &#224; ce jour, dans les rangs de leurs combattants ne sonnent pas la victoire. Encore moins la renaissance d'un Etat malien &#224; genoux. Le chantier est colossal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois recouvr&#233;e l'int&#233;grit&#233; territoriale du pays, la reconstruction devra passer par l'organisation d'un processus &#233;lectoral juste et transparent &#224; l'horizon de quelques mois. Elle inclut l'amorce d'un dialogue de r&#233;conciliation avec certaines communaut&#233;s du Nord &#8211; avec quels interlocuteurs ? Au risque de repousser, encore, la recherche d'une solution au probl&#232;me touareg. &#171; C'est une histoire transnationale compliqu&#233;e, conclut Ag-Sidalamine. Les Touareg sont chez eux dans le Nord. Ils peuvent se fondre dans leur &#233;cosyst&#232;me pendant un mois, un an, deux ans. Puis se r&#233;veiller. Les Rafale fran&#231;ais n'y peuvent rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 01.02.2013 &#224; 14h56 &#8226; Mis &#224; jour le 04.02.2013 &#224; 19h17.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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