<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_mot=880&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1692368156</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Sur les traces d'un petit caporal n&#233;olib&#233;ral &#8211; R&#233;gis Labeaume, maire de Qu&#233;bec : bilan de 6 ann&#233;es de pouvoir</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sur-les-traces-d-un-petit-caporal-neoliberal-Regis-Labeaume-maire-de-Quebec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Sur-les-traces-d-un-petit-caporal-neoliberal-Regis-Labeaume-maire-de-Quebec</guid>
		<dc:date>2013-08-27T12:02:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les prochaines &#233;lections &#224; la mairie de Qu&#233;bec auront lieu le 3 novembre 2013. Elles mettront en jeu le poste de R&#233;gis Labeaume : celui qui est autant encens&#233; par les uns qu'honni par les autres, m&#233;rite-t-il d'&#234;tre reconduit dans ses fonctions ? Telle est la question que chacun se posera dans les prochains mois. Droit de parole souhaiterait contribuer &#224; la r&#233;flexion commune. Il lance ici le d&#233;bat sur le travail de R&#233;gis Labeaume &#8211;un d&#233;bat qu'il poursuivra &#224; l'automne&#8211; en proposant d'ores (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Municipalites-et-regions-" rel="directory"&gt;Municipalit&#233;s et r&#233;gions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH108/arton14763-ebf33.jpg?1675504691' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les prochaines &#233;lections &#224; la mairie de Qu&#233;bec auront lieu le 3 novembre 2013. Elles mettront en jeu le poste de R&#233;gis Labeaume : celui qui est autant encens&#233; par les uns qu'honni par les autres, m&#233;rite-t-il d'&#234;tre reconduit dans ses fonctions ? Telle est la question que chacun se posera dans les prochains mois. Droit de parole souhaiterait contribuer &#224; la r&#233;flexion commune. Il lance ici le d&#233;bat sur le travail de R&#233;gis Labeaume &#8211;un d&#233;bat qu'il poursuivra &#224; l'automne&#8211; en proposant d'ores et d&#233;j&#224; un premier bilan de son passage &#224; la mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du journal Droit de parole (Qu&#233;bec).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien s&#251;r tout le monde se souviendra de l'&#233;lection de R&#233;gis Labeaume &#224; la mairie le 2 d&#233;cembre 2007 avec 59 % des voix, alors que l'ex mairesse Andr&#233;e P. Boucher venait de d&#233;c&#233;der et que son adversaire du Renouveau Municipal de Qu&#233;bec, Anne Bourget, favorite au d&#233;part dans les sondages, se voyait oblig&#233;e de baisser pavillon devant lui, tant son franc parler, son assurance et ses airs apparemment novateurs avaient pu alors s&#233;duire un &#233;lectorat en mal de renouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souviendra aussi de sa r&#233;&#233;lection triomphale le premier novembre 2009 avec 79,7 % des voix exprim&#233;es, son parti l'&#201;quipe Labeaume faisant &#233;lire ce jour-l&#224; 25 conseillers municipaux sur 27. Il est vrai qu'entretemps s'&#233;taient d&#233;roul&#233;es les fameuses festivit&#233;s du 400e comm&#233;morant la fondation de Qu&#233;bec. Malgr&#233; bien des appr&#233;hensions et nombre de critiques, elles s'&#233;taient, sous la houlette du discret et efficace Daniel G&#233;linas, bien pass&#233;es, rehaussant d'autant aupr&#232;s du grand public son prestige de premier administrateur de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi, &#224; cette &#233;poque laisser &#224; beaucoup l'image d'un maire audacieux et entreprenant qui a r&#233;ussi, et qui a d'autant mieux r&#233;ussi qu'&#224; ses c&#244;t&#233;s, les maires des autres grandes villes du Qu&#233;bec (Laval, Montr&#233;al) faisaient bien pi&#232;tre figure au regard m&#234;me des rumeurs grandissantes de collusion et corruption dont ils &#233;taient l'objet. Mais 5 ans plus tard, peut-on en rester &#224; ces premi&#232;res impressions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des mines d'amiante &#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'affaire Clotaire Rapaille qui, en 2010, commencera &#224; semer le doute et surtout &#224; faire apercevoir de quel bois se chauffe vraiment R&#233;gis Labeaume. On savait qu'avant d'&#234;tre maire, il avait &#233;t&#233; un homme d'affaire peu regardant sur les moyens employ&#233;s pour faire fortune. Un homme d'affaire qui, profitant de ses amiti&#233;s p&#233;quistes pass&#233;es, avait en 1992 achet&#233; &#224; l'&#201;tat pour une bouch&#233;e de pain les mines d'amiante d'Abestos (d&#233;nationalis&#233;es et vendues au 1/3 de leur prix par le gouvernement lib&#233;ral), pour les revendre un an plus tard avec de substantiels profits et devenir millionnaire. (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on ne savait pas que c'&#233;tait les m&#233;thodes du milieu des affaires qu'il voulait imposer &#224; Qu&#233;bec, avec en prime cette obsession pour tout ce qui &#171; flash &#187; et est vite ex&#233;cut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; &#224; l'affaire Clotaire Rapaille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'il avait cru voir en Clotaire Rapaille, psychanalyste recycl&#233; dans le marketing international, le gourou qui l'aiderait &#224; d&#233;couvrir le slogan &#8211;le fameux code culturel !&#8211; permettant de vendre &#224; tout coup l'image de Qu&#233;bec &#224; l'industrie touristique. Avec &#224; la clef tous les potentiels d&#233;rapages en la mati&#232;re ! Comme nous l'avait alors appris le quotidien Le Soleil, le pseudo sp&#233;cialiste avait ind&#251;ment gonfl&#233; son curriculum vitae et faisait de la fausse repr&#233;sentation en ne vendant bien souvent que du vent, obligeant le maire &#224; brutalement r&#233;silier son contrat. R&#233;sultat : l'aventure co&#251;tera 80 000 $ &#224; la ville et 145 000 $ &#224; la r&#233;gion, pendant que les journalistes &#8211;pris pour bouc-&#233;missaires de ce fiasco (2)&#8211; se m&#233;ritaient une bonne vol&#233;e de bois vert de la part du maire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, tous les ingr&#233;dients de la recette Labeaume sont d&#233;j&#224; l&#224; : ce pr&#233;jug&#233; favorable accord&#233; au monde des affaires, mais avec en prime ce souci des apparences, cette volont&#233; de s&#233;duire le peuple, le tout m&#226;tin&#233; de col&#232;res et de bouff&#233;es autoritaires. D'o&#249; les d&#233;doublements d&#233;routants de son personnage passant sans crier gare du &#171; maire populiste &#187; flattant le monde ordinaire, au &#171; petit caporal n&#233;olib&#233;ral &#187; devenu soudainement dangereusement autoritaire. L'affaire de l'amphith&#233;&#226;tre, un an plus tard au printemps 2011, en sera la parfaite illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paradigme de l'amphith&#233;&#226;tre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un sens ce fut un coup de ma&#238;tre, puisqu'en surfant sur la passion du hockey de larges secteurs de la population ainsi que sur leur d&#233;sir de voir se r&#233;installer l'&#233;quipe des Nordiques, il aura non seulement engrang&#233; un capital de sympathie populaire, mais encore engag&#233; des fonds municipaux &#224; la hauteur de plus de 200 millions de dollars pour la construction d'un nouvel amphith&#233;&#226;tre ; condition pr&#233;alable impos&#233;e par les propri&#233;taires de la LNH &#224; tout rapatriement possible d'une &#233;quipe &#224; Qu&#233;bec. Le tout, sans engagement en contrepartie et en s'arrangeant pour que la gestion soit assur&#233;e par l'entreprise priv&#233;e de P.K. P&#233;ladeau qui, au passage, se sera assur&#233;e d'en socialiser les pertes et de privatiser les profits. Si l'amphith&#233;&#226;tre fait des profits, ils reviendront &#224; l'entreprise et s'il y a des pertes, c'est la Ville qui en assumera la moiti&#233; ! Tout &#231;a avec de l'argent public et qui plus est, avec l'appui d'Agn&#232;s Maltais, d&#233;put&#233; p&#233;quiste de Taschereau venue lui pr&#234;ter main forte pour passer par-dessus les r&#232;gles d&#233;mocratiques en vigueur : gr&#226;ce &#224; la loi 204 vot&#233;e &#224; la vapeur en septembre 2011, on se passera d'appel d'offres public et on &#233;vitera de se soumettre aux obligations l&#233;gales de la loi des villes et des cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l&#224; une toute nouvelle mani&#232;re de g&#233;rer la ville. Non seulement parce que le maire privatisait ainsi des espaces publics en reprenant sans &#233;tat d'&#226;me le cat&#233;chisme n&#233;olib&#233;ral le plus outrancier (privatiser et d&#233;r&#233;glementer &#224; tout prix), mais aussi parce qu'il montrait son peu de souci des exigences d&#233;mocratiques. On en retrouvera les ann&#233;es suivantes la marque ind&#233;l&#233;bile dans de nombreux dossiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La marque ind&#233;l&#233;bile du n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songez &#224; tous ces Projets particuliers d'urbanisme (PPU) qui ont vu le jour dans le sillage de l'affaire de l'&#238;lot Irving dans Saint Jean-Baptiste et du refus de la population &#8211;par voie r&#233;f&#233;rendaire en 2012&#8211; de voir se construire un immeuble passant outre aux r&#232;glements du zonage. Ces PPU se caract&#233;risent tous par le fait de court-circuiter le point de vue des citoyens ordinaires et de donner en derni&#232;re instance la priorit&#233; aux projets des promoteurs d'abord pr&#233;occup&#233;s de rentabilit&#233; financi&#232;re. Le cas de Saint Roch est particuli&#232;rement exemplaire avec son projet de tour &#224; condominiums au-dessus de la biblioth&#232;que, n&#233;cessitant une d&#233;rogation au zonage et ayant impliqu&#233; un conflit avec la CSQ, copropri&#233;taire des lieux et menac&#233;e d'expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songez aussi &#224; ce projet de tramway, annonc&#233; en grandes pompes en 2010, mais qui en est toujours aux &#233;tudes pr&#233;liminaires et dont le parcours envisag&#233;, loin de favoriser en premier lieu le d&#233;placement des usagers, est pens&#233; seulement comme une mani&#232;re d'orienter la densification du futur d&#233;veloppement immobilier de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songez aussi &#224; ces r&#233;centes hausses de taxe &#8211;l&#233;gitim&#233;es au nom des lois du march&#233; immobilier&#8211; et sur lesquelles le maire n'acceptera de revenir que pour les entreprises et hommes d'affaires ; songez encore &#224; ces r&#233;ductions de personnel (3), &#224; la privatisation de plusieurs services offerts par la ville. Ou m&#234;me &#224; la fa&#231;on dont il a affront&#233; le dossier des poussi&#232;res de nickel, cherchant avant tout &#224; en att&#233;nuer le scandale. Songez enfin &#224; ce climat d&#233;l&#233;t&#232;re quand il s'agit de n&#233;gocier avec les syndicats des employ&#233;s de la ville, en particulier quand il est question de retraites et qu'il joue au matamore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, on pourrait multiplier les exemples de &#171; labeaumeries probl&#233;matiques &#187;. &#192; y regarder de pr&#232;s, il s'agit toujours d'une seule et m&#234;me mani&#232;re d'agir, expression lancinante de ce populisme n&#233;olib&#233;ral si &#224; la mode aujourd'hui. Apr&#232;s 5 ans d'exp&#233;rimentation tous azimuts, ne serait-il pas temps d'y mettre enfin le hol&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- &#171; En privatisant les mines d'amiante, le gouvernement qu&#233;b&#233;cois a vendu pour 34 millions $ un actif qui vaut 80 millions $ &#187; (&#8230;) (Quant &#224; R&#233;gis Labeaume), &#171; il a quitt&#233; l'entreprise une fois la privatisation termin&#233;e avec plus de 2.8 millions de dollars en poche &#187;. Voir L&#233;o-Paul Lauzon (titulaire de la Chaire d'&#201;tudes Socio&#233;conomiques de l'UQ&#192;M) Privatisation : l'autre point de vue (chapitre 7 ; p. 223 &#224; 229)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Rappelez-vous qu'il voulait alors poursuivre en justice, Isabelle Porter du Devoir, &#224; titre de repr&#233;sailles pour ses propos concernant les firmes d'ing&#233;nieurs Dessau et BPR, associ&#233;es au scandale des compteurs d'eau &#224; Montr&#233;al et qui auraient contribu&#233; de fa&#231;on importante au financement de l'&#201;quipe Labeaume en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Suite au plan quinquennal 2009-2013, le poids de la masse salariale dans l'ensemble du budget est pass&#233; de 43,3 % en 2007 &#224; 38,8 % (pr&#233;vu) en 2013, entrainant la disparition de 624 postes de travail, avec un total de compressions de 109, 7 millions pour les 6 derni&#232;res ann&#233;es budg&#233;taires. En sachant qu'il est pr&#233;vu de continuer ces coupures &#224; raison de 3,5 % par an pour chaque unit&#233; administrative, en g&#233;n&#233;rant 60 millions de compression pour les 3 prochaines ann&#233;es. Chiffres de la mairie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Humour absurde et politiques qu&#233;b&#233;cois</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Humour-absurde-et-politiques-quebecois</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Humour-absurde-et-politiques-quebecois</guid>
		<dc:date>2013-08-12T14:15:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lagac&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les partis qui se pr&#233;tendent les plus pr&#232;s de gouverner le Qu&#233;bec pratiquent un humour absurde digne du plus pur non sens. &lt;br class='autobr' /&gt; On a d'abord la Coalition Avenir Qu&#233;bec (CAQ), qui n'est qu'un autre avatar de l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec (ADQ) de sinistre m&#233;moire. Aux derni&#232;res &#233;lections, ils ont affirm&#233; que tout le monde &#233;tait pourri et qu'il fallait donc les mettre &#224; la place des pourris. C'est digne du grand Vizir Iznogoud. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, hier soir dans un bulletin de nouvelles t&#233;l&#233;vis&#233;es, je (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les partis qui se pr&#233;tendent les plus pr&#232;s de gouverner le Qu&#233;bec pratiquent un humour absurde digne du plus pur non sens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a d'abord la Coalition Avenir Qu&#233;bec (CAQ), qui n'est qu'un autre avatar de l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec (ADQ) de sinistre m&#233;moire. Aux derni&#232;res &#233;lections, ils ont affirm&#233; que tout le monde &#233;tait pourri et qu'il fallait donc les mettre &#224; la place des pourris. C'est digne du grand Vizir Iznogoud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, hier soir dans un bulletin de nouvelles t&#233;l&#233;vis&#233;es, je tombe sur Philippe Couillard, chef du Parti lib&#233;ral, clamant que le &#171; Parti Qu&#233;b&#233;cois n'&#233;tait pas de gauche &#187;. Messieurs Jourdain et La Palice n'auraient pas dit mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus ridicule de l'affaire, c'est qu'il reprochait au Parti Qu&#233;b&#233;cois de ne pas avoir fait ce qu'il ne voulait pas qu'il fasse. En effet, il reprochait au Parti Qu&#233;b&#233;cois d'avoir promis de ne pas hausser les tarifs d'Hydro Qu&#233;bec, de les avoir hauss&#233;s quand m&#234;me comme les Lib&#233;raux avaient promis de les augmenter. Autrement dit, les p&#233;quistes sont des sans c&#339;ur, mais les vrais sans c&#339;ur qu'il faut &#233;lire, c'est nous, parce que c'est nous qui avons eu en premier l'id&#233;e de faire monter les tarifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu comme si, au d&#233;tour d'un sentier dans la for&#234;t, vous &#233;tiez accueillis par deux bandes de brigands qui vous somment de choisir par lequel des deux vous serez bastonn&#233;s. Mais le crit&#232;re d&#233;cisif devrait selon eux &#234;tre celui qui vous promet de vous donner le plus grand nombre de coups de b&#226;tons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage se poursuivait par le t&#233;moignage de deux personnes &#171; militantes &#187; (mais est-ce qu'on milite dans ce genre de partis, ne s'agit-il pas plut&#244;t de supporteurs comme pour les clubs de foot) toutes fi&#232;res de constater que &#171; le Parti lib&#233;ral a une nouvelle image &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, tout est dit, il s'agit d'une image &#224; vendre. Elle n'a m&#234;me pas besoin d'&#234;tre belle ou attirante, elle a juste besoin d'&#234;tre nouvelle. C'est le roi Ubu qui va &#234;tre content !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;lix Leclerc, &#224; jamais !* Embargo le 8 ao&#251;t 2013 !*</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Felix-Leclerc-a-jamais-Embargo-le-8-aout-2013</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Felix-Leclerc-a-jamais-Embargo-le-8-aout-2013</guid>
		<dc:date>2013-08-12T13:37:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Gigu&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;*Yvan Gigu&#232;re, *Saguenay ( Qu&#233;bec ) &lt;br class='autobr' /&gt;
**
&lt;br class='autobr' /&gt;
*F&#233;lix Leclerc, simplement g&#233;ant !* &lt;br class='autobr' /&gt;
( Pour souligner les 25 ans de son d&#233;c&#232;s le 8 ao&#251;t) &lt;br class='autobr' /&gt;
* * &lt;br class='autobr' /&gt;
Droit comme un arbre irradiant &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce g&#233;ant avait une &#226;me chaleureuse &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute pleine de rivi&#232;res et de vents &lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#226;me fraternelle et voyageuse. &lt;br class='autobr' /&gt; Enracin&#233; &#224; la terre en vrai paysan &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bras nus et le front dans la lumi&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
Il cultivait l'amour d'un peuple naissant
&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les jardins de son &#238;le si fi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;lix Leclerc est toujours bien vivant &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;*Yvan Gigu&#232;re, *Saguenay ( Qu&#233;bec )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**&lt;br class='autobr' /&gt;
*F&#233;lix Leclerc, simplement g&#233;ant !*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;( Pour souligner les 25 ans de son d&#233;c&#232;s le 8 ao&#251;t)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droit comme un arbre irradiant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce g&#233;ant avait une &#226;me chaleureuse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute pleine de rivi&#232;res et de vents&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#226;me fraternelle et voyageuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enracin&#233; &#224; la terre en vrai paysan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bras nus et le front dans la lumi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il cultivait l'amour d'un peuple naissant&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les jardins de son &#238;le si fi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;lix Leclerc est toujours bien vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a chant&#233; l'essentiel, l'essentiel demeurant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses p'tits bonheurs ne peuvent que fleurir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pr&#233;sent des &#234;tres en devenir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; *Yvan Gigu&#232;re, *Saguenay (Qu&#233;bec)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondateur de la Journ&#233;e de l'Hymne au printemps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*N.B.* La Journ&#233;e de l'Hymne au printemps est un &#233;v&#233;nement culturel qui se&lt;br class='autobr' /&gt;
tient le 21 mars de chaque ann&#233;e et qui a pour mandat de rendre hommage &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;lix Leclerc et de valoriser la chanson d'expression fran&#231;aise et ses&lt;br class='autobr' /&gt;
paroliers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La gauche peut-elle intervenir sur les enjeux urbains ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-gauche-peut-elle-intervenir-sur-les-enjeux-urbains</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-gauche-peut-elle-intervenir-sur-les-enjeux-urbains</guid>
		<dc:date>2013-08-10T12:19:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Montr&#233;al en tout cas, la &#171; campagne &#187; &#233;lectorale en cours d&#233;gage un ton nettement tristounet. J'esp&#232;re que c'est moins mortif&#232;re ailleurs au Qu&#233;bec, mais ici franchement, c'est inqui&#233;tant. Comment ne pas &#234;tre angoiss&#233; devant les deux candidats qui prennent le plus de place dans la course &#224; la mairie ? Coderre est un homme pr&#234;t &#224; tout, une machine &#233;lectorale &#224; lui tout seul, bien connect&#233; au PLC, que je verrais bien comme la r&#233;incarnation de Drapeau, avec un peu plus de populisme. De (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Blogues-" rel="directory"&gt;Blogues&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Blogues-738-+" rel="tag"&gt;Blogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton14778-47b96.jpg?1675504691' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Montr&#233;al en tout cas, la &#171; campagne &#187; &#233;lectorale en cours d&#233;gage un ton nettement tristounet. J'esp&#232;re que c'est moins mortif&#232;re ailleurs au Qu&#233;bec, mais ici franchement, c'est inqui&#233;tant. Comment ne pas &#234;tre angoiss&#233; devant les deux candidats qui prennent le plus de place dans la course &#224; la mairie ? Coderre est un homme pr&#234;t &#224; tout, une machine &#233;lectorale &#224; lui tout seul, bien connect&#233; au PLC, que je verrais bien comme la r&#233;incarnation de Drapeau, avec un peu plus de populisme. De l'autre, Marcel C&#244;t&#233;, un technocrate sans foi ni loi, est une sorte de personnage de bandes dessin&#233;es qu'on voit fermer des entreprises et massacrer des syndicats. Comment quelqu'un comme Louise Harel a pu descendre aussi bas pour appuyer cela ? Sans compter la ch&#232;re Claudette Carbonneau, que bien peu de gens regrettent &#224; la CSN, et qui a mis le mouvement syndical &#224; la tra&#238;ne depuis des ann&#233;es, et qui d&#233;cide de terminer avec sa carri&#232;re avec un champion de l'ajustement structurel et du f&#233;d&#233;ralisme. Est-ce possible ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais de quoi se plaint-on, puisqu'on a avec Projet Montr&#233;al un parti &#171; progressiste &#187; ? En r&#233;alit&#233;, on peut laisser tomber le mot &#171; progressiste &#187;, car pour Richard Bergeron, son parti n'est pas l&#224; pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts populaires, mais pour &#234;tre &#171; efficace &#187; et s'occuper du transport public (qui est un vrai enjeu par ailleurs). C'est un peu diff&#233;rent dans certains districts comme dans le Plateau o&#249; des militants et des militantes se sont investies au niveau local, ce qui permet certains changements au b&#233;n&#233;fice de la population. Mais &#224; l'&#233;chelle de toute la ville, le discours de Richard Bergeron ne se d&#233;marque pas. Et d'ailleurs, il s'est retrouv&#233; tr&#232;s confortablement avec les autres partis dans l'interminable crise qui s&#233;vit &#224; Montr&#233;al depuis deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains vont me trouver trop dur &#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre vrai, mais le probl&#232;me est que je fais partie d'une g&#233;n&#233;ration qui a d&#233;j&#224; &#171; vu le film &#187;. Dans les ann&#233;es 1970 en effet, une partie de la mouvance militante s'&#233;tait investie dans le Rassemblement des citoyens de Montr&#233;al, le RCM. Cela a mal fini avec un politicien qui s'appelait Jean Dor&#233;, et qui avait flush&#233; ce qu'il y avait de populaire et de progressiste dans le projet. &#192; la fin, ce qui restait de ce parti s'est abord&#233; pour rejoindre G&#233;rard Tremblay. C'est tout dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois dit cela, on peut bl&#226;mer bien du monde, mais cela n'explique pas tout. Les mouvements progressistes, &#224; part quelques exceptions, se sont faiblement investis sur le terrain municipal, invoquant mille et une raisons. C'est vrai, la sc&#232;ne municipale n'est pas la plus passionnante, avec ses enjeux de proximit&#233;, ses ressources tr&#232;s limit&#233;es et &#224; vrai dire le peu de pouvoir qui reste dans une structure o&#249; les municipalit&#233;s sont totalement d&#233;pendantes des autres paliers de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des groupes populaires et des syndicats ont men&#233; pour autant de grandes batailles. Je pense notamment aux gens de Pointe-Saint Charles, qui ont r&#233;sist&#233; aux assauts des &#171; d&#233;veloppeurs &#187; sur leur quartier. Je pense aux mobilisations du FRAPRU et des autres associations qui travaillent sur ce qui est peut-&#234;tre le plus important enjeu d'un point de vue progressiste, soit le logement. Mais finalement, l'&#233;lan n'a pas &#233;t&#233; assez fort pour construire, dans les derni&#232;res ann&#233;es en tout cas, un projet coh&#233;rent et unificateur, une sorte de &#171; Montr&#233;al solidaire &#187; qui aurait sans doute pu faire un bon bout de chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela aurait &#233;t&#233; certes difficile, mais il faut tenir compte que la gauche en Am&#233;rique latine ou en Europe s'est d'abord faite une &#171; place &#187; au niveau municipal. C'est dans les villes du Br&#233;sil que des coalitions progressistes ont pu changer les choses, &#224; une petite &#233;chelle certes, mais en d&#233;montrant que c'&#233;tait possible. Ce chemin est parsem&#233; d'emb&#251;ches, on s'entend. Mais est ce qu'il y en a un autre pour construire un projet politique qui ait de l'&#233;lan ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, cela ne sera pas pour demain matin. Au jour J, je vais voter comme la plupart de mes ami-es pour Projet Montr&#233;al, mais sans grand enthousiasme ni illusion. Il faudra entre-temps que &#171; nous &#187;, le &#171; nous &#187; g&#233;n&#233;rique &#187; puissions approfondir cette question, d'o&#249; l'int&#233;r&#234;t des ateliers organis&#233;s par l'universit&#233; populaire des NCS sur les enjeux urbains la semaine prochaine. (&#224; noter &#233;galement que le prochain num&#233;ro des NCS, qui sort &#233;galement la semaine prochaine, porte le titre de &#171; Occupez la ville &#187;, avec une ribambelle de r&#233;flexions de militant-es et de chercheur-es sur la m&#234;me question).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Commission canadienne de s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire refuse d'admettre des &#233;l&#233;ments de laxisme dans sa r&#233;glementation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Commission-canadienne-de-surete-nucleaire-refuse-d-admettre-des-elements-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-Commission-canadienne-de-surete-nucleaire-refuse-d-admettre-des-elements-de</guid>
		<dc:date>2013-08-08T13:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Duguay, Philippe Giroul</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 3 ao&#251;t, le pr&#233;sident de la Commission canadienne de s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire (CCSN), le Dr Michael Binder, critiquait vivement notre article publi&#233; dans Le Nouvelliste du 27 juillet et Le Soleil du 29 juillet sous le titre &#171; Laxisme dans la r&#233;glementation f&#233;d&#233;rale nucl&#233;aire et ferroviaire &#187;. Bri&#232;vement, M. Binder niait un tel laxisme et pr&#233;tendait que les informations que nous avons diffus&#233;es sont &#171; erron&#233;es &#187;. 1 &lt;br class='autobr' /&gt; En r&#233;ponse &#224; M. Binder nous soulignons que la plus grande partie des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Nucleaire-+" rel="tag"&gt;Nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 3 ao&#251;t, le pr&#233;sident de la Commission canadienne de s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire (CCSN), le Dr Michael Binder, critiquait vivement notre article publi&#233; dans Le Nouvelliste du 27 juillet et Le Soleil du 29 juillet sous le titre &#171; Laxisme dans la r&#233;glementation f&#233;d&#233;rale nucl&#233;aire et ferroviaire &#187;. Bri&#232;vement, M. Binder niait un tel laxisme et pr&#233;tendait que les informations que nous avons diffus&#233;es sont &#171; erron&#233;es &#187;. 1&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; M. Binder nous soulignons que la plus grande partie des informations que nous avons diffus&#233;es proviennent de rapports volumineux et d'articles de grande qualit&#233; &#233;crits par des scientifiques et des ing&#233;nieurs qui travaillent au niveau technique &#224; la CCSN. Ceux-ci sont tr&#232;s comp&#233;tents et d&#233;crivent g&#233;n&#233;ralement les probl&#232;mes techniques des r&#233;acteurs CANDU de fa&#231;on d&#233;taill&#233;e et cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre source d'information excellente est l'article d'octobre 2009 &#233;crit par John Waddington, un ing&#233;nieur nucl&#233;aire avec des ann&#233;es d'exp&#233;rience &#224; &#201;nergie atomique du Canada limit&#233;e (EACL) et &#224; la CCSN. Waddington et plusieurs chercheurs universitaires aux Etats-Unis font passer un message important qui retient l'attention depuis la trag&#233;die de Lac-M&#233;gantic le 6 juillet. Le message est que le laxisme dans la r&#233;glementation contribue &#224; &#171; l'&#233;chec institutionnel &#187; (&#171; institutional failure &#187;), ce qui est un facteur dominant dans les accidents majeurs dans plusieurs domaines de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si M. Binder croit que nous avons diss&#233;min&#233; des informations &#171; erron&#233;es &#187;, il s'en suit, en vertu de l'article 9 de la &#171; Loi sur la s&#233;curit&#233; et la r&#233;glementation nucl&#233;aires &#187; de 1997, qu'il est dans l'obligation de publier les informations corrig&#233;es afin d'informer le public canadien de mani&#232;re objective et scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre lettre nous avions soulev&#233; neuf questions concernant des exemples potentiels de laxisme &#224; la CCSN, M. Binder n'a r&#233;pondu &#224; aucune question. Par exemple, nous avons demand&#233; pourquoi la CCSN a accord&#233; en juin 2011 &#224; Hydro-Qu&#233;bec le permis d'exploitation de Gentilly-2 jusqu'en 2016 sans avoir en main le volumineux et exigeant Rapport d'analyse de s&#251;ret&#233; qui est normalement requis. Plus dans le style de &#171; tirer sur le messager &#187;, les trois premiers paragraphes de la lettre de M. Binder sont seulement des attaques personnelles sur nous ; ils sont d&#233;pourvus de toute information scientifique objective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 11 avril et 1er ao&#251;t 2013, nous avons adress&#233; &#224; l'Honorable Joe Oliver, Ministre des ressources naturelles &#224; Ottawa, deux lettres ouvertes bien &#233;toff&#233;es d'informations nucl&#233;aires et de questions. Nous invitons M. Binder &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions tel que l'Article 9 de la Loi de 1997 l'exige. &lt;br class='autobr' /&gt;
De plus nous invitons M. Binder &#224; voir &#224; ce que tout le personnel de la CCSN, en particulier les personnes tr&#232;s haut plac&#233;es dans la hi&#233;rarchie administrative, respectent pleinement l'article 9 de la Loi sur la s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire de 1997, qui peut se r&#233;sumer ainsi : &#171; maintenir le risque nucl&#233;aire &#224; un niveau socialement acceptable, et informer le public de mani&#232;re objective et scientifique sur les questions nucl&#233;aires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Duguay et Philippe Giroul&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Neuf mesures urgentes pour remettre les banques &#224; leur place</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Neuf-mesures-urgentes-pour-remettre-les-banques-a-leur-place</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Neuf-mesures-urgentes-pour-remettre-les-banques-a-leur-place</guid>
		<dc:date>2013-08-06T12:04:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Bonfond</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Economie mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1. Introduction : les banques ne sont plus ce qu'elles &#233;taient &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Quelques constats sur la capacit&#233; de nuisance des grandes banques &lt;br class='autobr' /&gt;
3. De quel type de secteur bancaire avons-nous besoin ? &lt;br class='autobr' /&gt;
4. Neuf mesures urgentes pour remettre les banques &#224; leur place &lt;br class='autobr' /&gt; Neuf mesures urgentes pour remettre les banques &#224; leur place &lt;br class='autobr' /&gt; 29 juillet par Olivier Bonfond &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire
&lt;br class='autobr' /&gt;
1. INTRODUCTION : LES BANQUES NE SONT PLUS CE QU'ELLES &#201;TAIENT &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que ces th&#233;ories soient encore enseign&#233;es dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-mondiale-+" rel="tag"&gt;Economie mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/arton14736-49c76.png?1675504691' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1. Introduction : les banques ne sont plus ce qu'elles &#233;taient &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Quelques constats sur la capacit&#233; de nuisance des grandes banques &lt;br class='autobr' /&gt;
3. De quel type de secteur bancaire avons-nous besoin ? &lt;br class='autobr' /&gt;
4. Neuf mesures urgentes pour remettre les banques &#224; leur place&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Neuf mesures urgentes pour remettre les banques &#224; leur place&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 29 juillet par Olivier Bonfond&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommaire&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;1. INTRODUCTION : LES BANQUES NE SONT PLUS CE QU'ELLES &#201;TAIENT &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que ces th&#233;ories soient encore enseign&#233;es dans la plupart des universit&#233;s europ&#233;ennes, les grandes banques ne constituent plus aujourd'hui des interm&#233;diaires entre les &#233;pargnants et les investisseurs afin de financer l'&#233;conomie r&#233;elle. Au fur et &#224; mesure des d&#233;r&#233;gulations des ann&#233;es 1980 et 1990, les banques sont devenues des institutions surpuissantes qui utilisent toutes les ressources &#224; leur port&#233;e (dont l'&#233;pargne des particuliers) pour mener des activit&#233;s financi&#232;res hautement sp&#233;culatives, afin de g&#233;n&#233;rer un maximum de profits &#224; court terme pour les actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de recapitaliser aveugl&#233;ment les banques (les sauvetages bancaires ont d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; plus de 35 milliards d'euros aux pouvoirs publics belges, soit environ 8% de son PIB) en les laissant continuer &#224; sp&#233;culer &#224; leur guise, il est urgent de r&#233;guler de mani&#232;re tr&#232;s stricte le secteur bancaire et remettre la finance au service de l'&#233;conomie r&#233;elle et d'un d&#233;veloppement d'&#233;conomie durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. QUELQUES CONSTATS SUR LA CAPACIT&#201; DE NUISANCE DES GRANDES BANQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise bancaire est loin d'&#234;tre termin&#233;e &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les discours r&#233;guli&#232;rement prononc&#233;s sur le fait que la crise financi&#232;re est derri&#232;re nous, le secteur bancaire est tout sauf assaini. Les comportements sp&#233;culatifs restent la r&#232;gle et les produits toxiques continuent de se d&#233;velopper au sein des institutions financi&#232;res. Avec des actifs de 60.000 milliards de dollars fin 2011 &#224; l'&#233;chelle mondiale, le &#171; Shadow Banking System &#187;, m&#233;canisme qui permet aux banques de g&#233;rer des op&#233;rations bancaires tr&#232;s risqu&#233;es hors bilan et en dehors de toute r&#233;gulation publique, montre &#224; quel point une nouvelle crise financi&#232;re, de grande ampleur, est parfaitement possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le mettait en &#233;vidence le journal l'Echo, au sein de l'Union Europ&#233;enne, &#171; plus de 1.000 milliards d'euros d'actifs illiquides ou douteux dormiraient encore dans des structures de d&#233;faisance (bad bank). En outre, ce chiffre oublie de mentionner les centaines de milliards d'euros de cr&#233;ances douteuses et de fonds communs de cr&#233;ances toujours inscrits aux bilans des banques. &#187; |1|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on prend le seul cas de Dexia, la conclusion est identique. Dexia SA dispose d'un bilan de 400 milliards d'euros et d'un hors bilan de minimum 900 milliards d'euros, hors bilan dont on ne conna&#238;t pas exactement la nature, sauf le fait que la grande majorit&#233; des actifs qui le compose sont hautement toxiques. Lorsqu'on compare ces montants avec l'argent public qui a &#233;t&#233; inject&#233; dans la banque jusqu'&#224; pr&#233;sent, &#224; savoir 8,9 milliards d'euros, on comprend &#224; quel point le &#171; cas Dexia &#187; n'est pas du tout r&#233;gl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les banques continuent de sp&#233;culer et de cr&#233;er des produits toxiques &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombreux discours sur la n&#233;cessit&#233; de r&#233;guler le capitalisme financier ne se sont en r&#233;alit&#233; jamais concr&#233;tis&#233;s. Rien d'&#233;tonnant alors que les comportements sp&#233;culatifs soient rest&#233;s la r&#232;gle au sein des grandes banques, assurances et autres fonds de pension. On assiste m&#234;me &#224; un retour en force de certains produits toxiques &#224; l'origine de la crise tels que les CDO |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant des initiatives sont possibles et certaines ont m&#234;me &#233;t&#233; prises temporairement. En effet, l'Union europ&#233;enne a approuv&#233;, en f&#233;vrier 2012, une r&#233;glementation pour encadrer et limiter les risques li&#233;s aux ventes &#224; d&#233;couvert, une pratique interdite dans plusieurs pays et jug&#233;e en partie responsable des mouvements sp&#233;culatifs sur les march&#233;s. Elle donnait &#034;temporairement&#034; le pouvoir aux autorit&#233;s de march&#233; nationales &#034;d'imposer des restrictions &#224; la vente &#224; d&#233;couvert en cas de situation exceptionnelle mena&#231;ant la stabilit&#233; financi&#232;re ou la confiance des march&#233;s dans un Etat ou dans l'Union&#034;. Elle obligeait, en outre, les op&#233;rateurs qui recourent aux ventes &#224; d&#233;couvert &#034;&#224; nu&#034; sur les actions et obligations d'Etat &#224; fournir des garanties qu'ils pourront livrer les titres qu'ils promettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vente &#224; d&#233;couvert consiste &#224; emprunter un actif dont on pense que le prix va baisser et &#224; le vendre, avec l'espoir d'empocher une diff&#233;rence au moment o&#249; il faudra le racheter pour le rendre au pr&#234;teur. Elles peuvent prendre une forme plus pouss&#233;e, dites &#034;ventes &#224; nu&#034; quand l'investisseur vend un titre qu'il ne poss&#232;de pas. Cette pratique financi&#232;re a &#233;t&#233; mise en cause pendant la crise financi&#232;re de 2008 et aux d&#233;buts de la crise de la dette souveraine. La Belgique et 3 autres pays europ&#233;ens - la France, l'Italie et l'Espagne - ont d&#233;cid&#233; d'interdire cette pratique sur certaines valeurs financi&#232;res. L'Allemagne a, pour sa part, interdit les ventes &#224; nu sur toutes les valeurs cot&#233;es depuis mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les banques ne financent pas l'&#233;conomie r&#233;elle &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les plans d'aides massifs que les banques ont re&#231;u, les banques priv&#233;es continuent de refuser de financer l'&#233;conomie r&#233;elle. La raison pour laquelle les banques rechignent &#224; financer l'&#233;conomie r&#233;elle est double :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Les profits sont beaucoup plus importants en r&#233;alisant des achats et ventes de produits financiers hautement sp&#233;culatifs qu'en accordant des pr&#234;ts aux entreprises et aux particuliers. Comme on n'a pas r&#233;gul&#233; le secteur, rien d'&#233;tonnant &#224; ce que les banques continuent de privil&#233;gier cette voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Afin de respecter les crit&#232;res de B&#226;le II, les grandes banques doivent diminuer leur ratio &#171; fonds propres/total actif &#187;. Les actifs &#233;tant pond&#233;r&#233;s par le &#171; risque &#187; dans le calcul du ratio, et les cr&#233;dits aux entreprises et particuliers &#233;tant consid&#233;r&#233;s comme risqu&#233;s (contrairement &#224; d'autres actifs consid&#233;r&#233;es comme ayant un risque nul et donc non pris en compte dans le calcul du ratio), les banques ont logiquement tendance &#224; favoriser les op&#233;rations de march&#233;s (trading), au d&#233;triment des op&#233;rations de cr&#233;dits classiques. |3|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques ont mis les finances publiques en grand danger&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des ann&#233;es de sp&#233;culation financi&#232;re insens&#233;e, en 2008 puis en 2010, les pouvoirs publics ont massivement inject&#233; des capitaux dans les banques belges pour les sauver de la faillite. Ces sauvetages bancaires, dont le co&#251;t total s'&#233;l&#232;ve d&#233;j&#224; &#224; plus de 35 milliards d'euros, soit environ 8% du PIB belge, ont provoqu&#233; une explosion de la dette publique. En effet, ces sauvetages ont &#233;t&#233; int&#233;gralement financ&#233;s via l'&#233;mission de titres de la dette publique sur les march&#233;s financiers. Tandis que les banques continuent de sp&#233;culer &#224; leur guise, de nouvelles crises et donc de nouvelles injections de capitaux sont &#224; pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re a provoqu&#233; un ralentissement de l'activit&#233; &#233;conomique, ce qui a fortement aggrav&#233; les d&#233;ficits publics, via une diminution des recettes fiscales et une augmentation des d&#233;penses sociales. Si la r&#233;cession devait perdurer, les finances publiques vont beaucoup souffrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les garanties accord&#233;es aux banques en difficult&#233;s constituent &#233;galement un risque de grande ampleur pour les finances publiques belges. La seule garantie accord&#233;e &#224; Dexia SA repr&#233;sente un montant de 43,7 milliards d'euros (sans compter les int&#233;r&#234;ts et les accessoires). Cela correspond &#224; 11% du Produit int&#233;rieur brut (PIB) de la Belgique, et &#224; pr&#232;s de 25% du budget de l'&#201;tat. Concr&#232;tement, si Dexia ne parvient pas &#224; rembourser ses dettes, alors les pouvoirs publics devront les rembourser imm&#233;diatement. L'augmentation de la dette publique qui en r&#233;sulterait serait, &#224; coup s&#251;r, utilis&#233;e comme arme de chantage pour justifier une dose suppl&#233;mentaire d'aust&#233;rit&#233; contre la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques sont devenues &#171; too big to fail &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des privatisations, d&#233;r&#233;gulation, fusions et acquisitions, les institutions financi&#232;res ont atteint des tailles d&#233;mesur&#233;es. Sur les 6.000 banques pr&#233;sentes en Europe, les 15 plus grandes repr&#233;sentent plus de 40% du total du secteur bancaire et 150% du PIB europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique concr&#232;tement que la faillite d'une seule de ces institutions g&#233;antes peut d&#233;stabiliser tout le syst&#232;me financier mondial. C'est en ce sens qu'on dit qu'elles sont &#171; too big to fail &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; trop grosse pour tomber &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques priv&#233;es disposent d'un monopole sur les d&#233;p&#244;ts, les cr&#233;dits et les syst&#232;mes de paiement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation quasi totale du secteur bancaire donne, de fait, un monopole aux banques priv&#233;es sur des outils fondamentaux pour le bon fonctionnement de l'&#233;conomie : les d&#233;p&#244;ts et les pr&#234;ts, mais aussi tous les syst&#232;mes de paiement. Si les banques devaient aujourd'hui s'effondrer, c'est toute l'&#233;conomie qui s'effondrerait. Ces &#233;l&#233;ments permettent aux banques de r&#233;aliser une v&#233;ritable prise d'otage de la soci&#233;t&#233; et mettent les Etats dans une situation telle qu'ils sont dans l'obligation d'intervenir pour refinancer les banques &#224; coup de milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les banques priv&#233;es ont le contr&#244;le de la politique mon&#233;taire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En signant le Trait&#233; de Maastricht en 1992, les Etats ont d&#233;cid&#233; de remettre dans les mains des banques priv&#233;es la politique mon&#233;taire : en s'interdisant d'emprunter directement &#224; leurs banques centrales ou &#224; la banque centrale europ&#233;enne et en s'obligeant &#224; se financer aupr&#232;s des march&#233;s financiers. Cela a &#233;videmment donn&#233; un grand pouvoir aux banques priv&#233;es, qui sont capables &#224; tout moment de d&#233;stabiliser les finances publiques d'un Etat en leur coupant leur source de financement ou en augmentant fortement et brusquement les taux auxquels ils peuvent se financer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le secteur bancaire est d&#233;r&#233;gul&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales r&#232;gles mises en place en r&#233;action &#224; la crise financi&#232;re de 1929 pour prot&#233;ger la soci&#233;t&#233; d'une nouvelle crise ont &#233;t&#233; peu &#224; peu abrog&#233;es, laissant libre cours &#224; toute sorte de montages financiers aventureux et irresponsables. Par exemple, le Pr&#233;sident Roosevelt en 1933 avait fait passer une loi imposant la s&#233;paration des banques de d&#233;p&#244;ts et des banques d'investissement, garantissant par l&#224; que l'argent des &#233;pargnants ne serait pas investi en bourse. Dans les ann&#233;es 1970, les banques se sont mises &#224; contourner cette loi qui a fini par &#234;tre abrog&#233;e dans les ann&#233;es 1990 et les banques de d&#233;p&#244;t ont &#224; nouveau &#233;t&#233; autoris&#233;es &#224; faire des investissements et &#224; vendre des assurances. Cela leur a donn&#233; un &#233;norme pouvoir sur l'Etat. Quand la bourse s'est effondr&#233;e, l'Etat a alors &#233;t&#233; mis sous pression maximum pour offrir des garanties et recapitaliser les banques afin d'&#233;viter qu'elles tombent en faillite et que les d&#233;p&#244;ts des &#233;pargnants ne partent en fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. DE QUEL TYPE DE SECTEUR BANCAIRE AVONS-NOUS BESOIN ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est clair : il s'agit de disposer d'un secteur bancaire assaini, stable, r&#233;gul&#233; strictement afin qu'il joue v&#233;ritablement son r&#244;le : financer la relance d'un d&#233;veloppement &#233;conomique socialement juste et &#233;cologiquement viable. Le secteur financier doit &#234;tre r&#233;gul&#233; efficacement et retrouver sa fonction premi&#232;re : &#234;tre un outil au service de l'&#233;conomie et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; aujourd'hui, au nom du r&#233;alisme, le courage politique est absent et les mesures prises sont plus qu'insuffisantes. La supervision centralis&#233;e des banques de la zone euro (union bancaire), la cr&#233;ation d'un fonds europ&#233;en de garantie des d&#233;p&#244;ts, l'interdiction de certaines op&#233;rations (ne touchant que 2% de l'activit&#233; bancaire globale), le plafonnement des bonus, la transparence des activit&#233;s bancaires ou encore les nouvelles r&#232;gles de B&#226;le III ne constituent que des recommandations, des promesses non tenues voire, au mieux, des d&#233;cisions tellement dilu&#233;es qu'elles en perdent toute efficacit&#233; avant m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; mises en place. Dans tous les cas, elles ne s'attaquent en rien aux probl&#232;mes de fonds, en particulier au poids exorbitant et &#224; la capacit&#233; de nuisance des grandes banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la r&#233;alit&#233; est celle-ci : rassurer les march&#233;s et se soumettre aux int&#233;r&#234;ts de la finance ne marche pas. C'est l'inverse qu'il faut faire, et vite. Faute de quoi, dans un avenir plus ou moins proche, une tr&#232;s grave crise des finances publiques et de la dette pourrait &#224; nouveau survenir, avec des cons&#233;quences sociales dramatiques. Une r&#233;forme en profondeur de l'organisation et du fonctionnement du syst&#232;me bancaire est aujourd'hui une urgente et imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, sociale, politique et d&#233;mocratique. Il faut aller beaucoup plus loin, plus fort et plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. NEUF MESURES URGENTES POUR REMETTRE LES BANQUES &#192; LEUR PLACE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures simples, fortes et concr&#232;tes peuvent &#234;tre prises. Certaines pourraient &#234;tre mises en &#339;uvre imm&#233;diatement, y compris &#224; un niveau national, d'autres doivent se construire &#224; moyen terme, et &#234;tre port&#233;es de mani&#232;re forte au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Interdire imm&#233;diatement certaines op&#233;rations sp&#233;culatives &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucune difficult&#233; technique &#224; interdire une s&#233;rie d'op&#233;rations et de produits sp&#233;culatifs comme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La sp&#233;culation sur les titres de la dette publique, sur les monnaies ainsi que sur les aliments.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les ventes &#224; d&#233;couvert.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les CDs (Credit Default swaps).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les CDO (Collateralized Debt Obligations).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les march&#233;s de gr&#233; &#224; gr&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le trading &#224; haute fr&#233;quence, c'est &#224; dire des op&#233;rations sp&#233;culatives r&#233;alis&#233;es automatiquement par des ordinateurs surpuissants capables de profiter &#224; chaque millioni&#232;me de seconde d'un &#233;cart de taux favorable.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela doit se faire absolument dans un premier temps pour les banques de d&#233;p&#244;t. En l'absence de s&#233;paration des banques de d&#233;p&#244;ts et d'affaires, cela doit &#234;tre mis en &#339;uvre pour les banques consid&#233;r&#233;es comme syst&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. S&#233;parer les banques de d&#233;p&#244;t et les banques d'affaires &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire de s&#233;parer les banques de d&#233;p&#244;t (banques dont le r&#244;le principal est de collecter l'&#233;pargne des particuliers et d'octroyer des cr&#233;dits aux m&#233;nages et entreprises) et les banques d'investissement (banques qui s'occupent de l'acc&#232;s des entreprises aux march&#233;s des capitaux). Les banques de d&#233;p&#244;t pourraient recevoir une garantie de l'&#201;tat au b&#233;n&#233;fice des &#233;pargnants. Les banques d'investissement qui r&#233;aliseraient des investissements hasardeux et &#233;prouveraient des difficult&#233;s ne pourraient demander l'aide des pouvoirs publics. Rappelons que cette s&#233;paration des activit&#233;s bancaires fut une des premi&#232;res mesures prises par le gouvernement des &#201;tats- Unis apr&#232;s la crise de 1929 (Glass-steagall Act).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit aussi dans ce cadre d'imposer des limites &#224; la taille des banques. Aujourd'hui, du fait de leur taille &#233;conomique et de leur dimension internationale, la d&#233;faillance d'une seule grande banque peut d&#233;stabiliser le syst&#232;me &#233;conomique et financier d'une r&#233;gion enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Permettre &#224; la Banque Centrale Europ&#233;enne (BCE) de pr&#234;ter directement aux Etats &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de pr&#234;ter en deux fois plus de 1.000 milliards d'euros aux banques &#224; 1% pour que celles-ci les repr&#234;tent &#233;ventuellement aux Etats &#224; 3 ou 4%, la BCE doit pouvoir pr&#234;ter directement aux Etats. Aujourd'hui, cela est clairement interdit par les Trait&#233;s europ&#233;ens, en particulier par l'article 123 du Trait&#233; de Lisbonne. En effet, les banques priv&#233;es empruntent &#224; la BCE &#224; du 0,5% pour ensuite pr&#234;ter cet argent aux Etats &#224; du 2%, 3%, 4%, 5% ou 6% aux Etats europ&#233;ens. Cette situation est absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans prendre les &#201;tats-Unis ou le Royaume-Uni pour mod&#232;le, loin de l&#224;, il faut souligner que la Fed (la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, &#224; savoir la banque centrale des Etats-Unis) et la Banque d'Angleterre ach&#232;tent des titres de leur Etat respectif |4|. La revendication de modification du Trait&#233; pour permettre &#224; la BCE de pr&#234;ter directement aux Etats est parfaitement justifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A priori, tous les Etats devraient pouvoir se financer au m&#234;me taux d'int&#233;r&#234;t, &#224; savoir celui fix&#233; par la BCE. Si les banques priv&#233;es ne veulent pas pr&#234;ter aux Etats au taux de la BCE, il faut alors que ces derniers puissent emprunter directement &#224; la BCE. Afin d'emp&#234;cher que les Etats s'endettent de mani&#232;re inconsid&#233;r&#233;e et que la BCE ne se transforme en un puits sans fond, il peut s'av&#233;rer n&#233;cessaire de d&#233;terminer des crit&#232;res fixant les conditions dans lesquelles les Etats peuvent emprunter &#224; ce taux &#171; minimum &#187;. Si ces crit&#232;res ne sont pas respect&#233;s, le taux d'int&#233;r&#234;t pourrait augmenter. Cependant, ils doivent absolument rompre avec la logique n&#233;olib&#233;rale. A c&#244;t&#233; de crit&#232;res &#233;conomiques traditionnels tels que le ratio dette/PIB, le d&#233;ficit public ou encore l'inflation, d'autres devraient &#234;tre &#233;galement pris en compte, tels que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le respect des droits sociaux dont le droit du travail ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le respect des obligations europ&#233;ennes en mati&#232;re de d&#233;veloppement des - &#233;nergies renouvelables et de r&#233;duction de CO2 ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la lutte contre les in&#233;galit&#233;s et la corruption ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la r&#233;gulation du secteur financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces crit&#232;res sont objectivement v&#233;rifiables et font d&#233;j&#224; l'objet d'analyses comparatives approfondies au sein des pays de l'UE via diff&#233;rentes institutions telles que l'OCDE ou l'OIT. Leur int&#233;gration ne poserait donc pas de probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fondamentalement, il est n&#233;cessaire de r&#233;former compl&#232;tement la BCE. Plut&#244;t que d'avoir pour unique objectif de combattre l'inflation, il faut que cette institution puisse financer directement des &#201;tats soucieux d'atteindre des objectifs sociaux et environnementaux qui int&#232;grent les besoins et les droits fondamentaux des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Interdire le Shadow Banking System |5|&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Shadow Banking System (syst&#232;me bancaire de l'ombre) est un m&#233;canisme qui permet aux banques de g&#233;rer des op&#233;rations bancaires tr&#232;s risqu&#233;es en dehors de toute r&#233;gulation publique et sans devoir inscrire ce type de transactions dans leurs comptes de bilan. Cette absence de r&#233;gulation a logiquement provoqu&#233; une expansion rapide du secteur, avec un volume d'actifs repr&#233;sentant 60.000 milliards de dollars fin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Interdire aux banques d'avoir des relations avec les paradis fiscaux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis fiscaux constituent de v&#233;ritables trous noirs de la finance mondiale. Selon le FMI, environ 50% des flux financiers mondiaux transitent par des paradis fiscaux. Ces derniers plombent le budget des &#201;tats. Selon le r&#233;seau Tax Justice Network, ils entra&#238;nent une perte de revenus d'imp&#244;ts de 255 milliards de dollars par an pour les &#201;tats de la plan&#232;te. La Belgique ne fait pas exception : la fraude fiscale co&#251;te environ 20 milliards d'euros annuels aux finances publiques belges. Jusqu'&#224; aujourd'hui, les dirigeants du G20, malgr&#233; leurs d&#233;clarations d'intention, refusent de lutter contre les paradis judiciaires et fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, des mesures simples et concr&#232;tes peuvent &#234;tre mises en place imm&#233;diatement, tant au niveau national qu'europ&#233;en. On pourrait commencer par interdire aux personnes physiques et aux entreprises priv&#233;es (dont les banques) pr&#233;sentes sur le territoire belge de r&#233;aliser quelque transaction que ce soit avec des paradis fiscaux, sous peine d'une amende ou de poursuites p&#233;nales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Lever le secret bancaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lev&#233;e du secret bancaire doit &#233;galement devenir un imp&#233;ratif d&#233;mocratique minimal pour tous les pays. Il faut supprimer le secret bancaire fiscal et donner des moyens cons&#233;quents aux services des minist&#232;res des finances pour lutter efficacement contre la fraude fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Taxer les banques et l'ensemble des transactions financi&#232;res &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de rapporter des ressources vitales au financement d'un plan de relance &#233;conomiquement ambitieux et &#233;cologiquement viable, cette taxe jouerait un r&#244;le positif en mati&#232;re de stabilit&#233; financi&#232;re en d&#233;gonflant fortement une s&#233;rie de march&#233;s sp&#233;culatifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Envisager les sauvetages bancaires d'une toute autre mani&#232;re &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont le sauvetage des banques a &#233;t&#233; effectu&#233; en Belgique et ailleurs est tout &#224; fait inacceptable, car tr&#232;s co&#251;teux pour les finances publiques et sans aucune poursuite contre les responsables du d&#233;sastre de Fortis, de Dexia, de KBC, d'Ethias... ou contre les responsables publics de tutelle ou de contr&#244;le (Banque nationale, Commission bancaire, ministre des Finances...). Par ailleurs, les autorit&#233;s publiques de tutelle n'ont pas impos&#233; une nouvelle discipline financi&#232;re aux banquiers qui ont donc continu&#233; &#224; prendre des risques insens&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible de laisser des banques faire faillite, &#224; condition de prot&#233;ger l'&#233;pargne des d&#233;posants et l'investissement des petits porteurs d'actions tout en r&#233;cup&#233;rant le co&#251;t de ces faillites sur le patrimoine global des grands actionnaires priv&#233;s. Faire porter le poids du sauvetage sur les dirigeants et les grands actionnaires des institutions financi&#232;res, plut&#244;t que sur les citoyens belges, est une mesure r&#233;alisable, l&#233;gitime et qui inciterait les financiers &#224; se comporter de mani&#232;re plus raisonnable &#224; l'avenir, contribuant ainsi &#224; renforcer la stabilit&#233; de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; une future faillite bancaire reste une potentialit&#233;, il faut d&#232;s &#224; pr&#233;sent se pr&#233;parer &#224; donner une r&#233;ponse mieux ajust&#233;e. Sans faire de &#171; copier-coller &#187;, il est possible de se baser sur l'exp&#233;rience de la gestion de la crise bancaire des pays scandinaves (Su&#232;de, Norv&#232;ge, Finlande) d&#233;but des ann&#233;es 1990. Ces pays ont montr&#233; que, sur la base de 3 principes simples (remplacement du Conseil d'administration etouverture des livres de comptes, rachat des banques &#224; leur valeur r&#233;elle et co&#251;t du sauvetage port&#233; par les actionnaires plut&#244;t que par les contribuables), il est possible de g&#233;rer une crise bancaire sans &#171; trop &#187; de frais. La Su&#232;de a g&#233;r&#233; sa crise bancaire en 3 ans et cela lui a co&#251;t&#233; &#224; peine 3% de son PIB. La Belgique en est &#224; 8% sans avoir absolument rien r&#233;gl&#233;&#8230; |6|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. D'une banque publique &#224; la socialisation du secteur bancaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des d&#233;cennies de d&#233;rives financi&#232;res et de privatisations, il est grand temps de faire passer le secteur du cr&#233;dit dans le domaine public avec un v&#233;ritable contr&#244;le citoyen. Les &#201;tats doivent retrouver leur capacit&#233; de contr&#244;le et d'orientation de l'activit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re. Ils doivent &#233;galement disposer d'instruments pour r&#233;aliser des investissements et financer les d&#233;penses publiques en r&#233;duisant au minimum le recours &#224; l'emprunt aupr&#232;s d'institutions priv&#233;es ou/et &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plusieurs voies doivent &#234;tre envisag&#233;es avec s&#233;rieux : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cr&#233;er ou d&#233;velopper une banque publique. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit au niveau national ou r&#233;gional, la Belgique devrait se doter d'une banque publique qui, tout en garantissant la stabilit&#233; de l'&#233;pargne, offre aux clients les services classiques d'une banque et qui constitue un appui financier pour des investissements productifs socialement utiles et &#233;cologiquement viables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cr&#233;er ou d&#233;velopper un p&#244;le bancaire public. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comp&#233;tition avec une finance mondiale globalis&#233;e, une banque publique risque de ne pas &#171; tenir le coup &#187;. Par cons&#233;quent, il serait utile d'aller plus loin en mettant sur pied un p&#244;le bancaire public capable de concurrencer efficacement le secteur bancaire priv&#233;. Nationaliser, avec ou sans indemnisation, les banques d&#233;faillantes et celles qui ont &#233;t&#233; sauv&#233;es avec les deniers publics pour les transf&#233;rer au secteur public sous contr&#244;le citoyen pourrait constituer des &#233;tapes importantes vers la cr&#233;ation de ce p&#244;le bancaire public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Socialiser l'ensemble du secteur de la banque et de l'assurance |7|. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques doivent redevenir des outils au service de la collectivit&#233;. La monnaie, le cr&#233;dit, l'&#233;pargne, les syst&#232;mes de paiement, &#233;l&#233;ments fondamentaux d'une &#233;conomie, devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des biens publics communs. Par cons&#233;quent, le syst&#232;me bancaire devrait &#234;tre socialis&#233;, c'est-&#224;-dire plac&#233; sous contr&#244;le citoyen avec un partage de d&#233;cision entre les dirigeants, les &#233;lus locaux ainsi que les repr&#233;sentants des salari&#233;s, des clients, des associations et des instances bancaires nationales et r&#233;gionales. Le programme du Conseil national de la R&#233;sistance de 1944 (CNR) d&#233;clarait : &#171; L'instauration d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie &#233;conomique et sociale, implique l'&#233;viction des grandes f&#233;odalit&#233;s &#233;conomiques et financi&#232;res de la direction de l'&#233;conomie, &#8230; , et le retour &#224; la Nation des grands moyens de production monopolis&#233;s, des sources d'&#233;nergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques &#187;. De la mani&#232;re, la d&#233;claration de principes de la FGTB de 1945 estime que &#171; la socialisation des grands trusts bancaires et industriels s'impose &#187;. Cette revendication n'est donc pas nouvelle. Elle reste plus que jamais d'actualit&#233;. Les m&#233;tiers de la banque et de l'assurance sont bien trop importants que pour les laisser dans les mains des banquiers priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| L'Echo, 19 juin 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Le Monde , Le retour de produits &#224; l'origine de la crise sur les march&#233;s, 11.06.2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Pour plus d'infos, lire TOUSSAINT Eric, &#8220;Les banques bluffent en toute l&#233;galit&#233;&#8221;, &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Les-banques-bluffe..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Les-banques-bluffe..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| En septembre 2011, la Fed d&#233;tenait pour un peu plus de 1.700 milliards de dollars de titres de la dette publique (Treasury bonds) achet&#233;s au Tr&#233;sor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Pour plus d'infos, lire MUNEVAR Daniel, &#034; Les risques du syst&#232;me bancaire de l'ombre &#187;, &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Les-risques-du-sys..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Les-risques-du-sys..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Pour plus d'infos, lire DUPRET Xavier, &#8220;Et si nous laissions les banques faire faillite ? &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.gresea.be/spip.php?artic..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.gresea.be/spip.php?artic..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| Pour plus d'infos, lire SAURIN Patrick , &#8220;Socialiser le secteur bancaire&#8221;, &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Socialiser-le-syst..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Socialiser-le-syst..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Bonfond est &#233;conomiste, conseiller au CEPAG et auteur du livre &#8220;Et si on arr&#234;tait de payer ? 10 questions/r&#233;ponses sur la dette publique belge et les alternatives &#224; l'aust&#233;rit&#233;. Editions Aden. Juin 2012 (&lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Et-si-on-arretait-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Et-si-on-arretait-..&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Islamophobie, racisme anti-musulman : le sens cach&#233; des mots</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Islamophobie-racisme-anti-musulman-le-sens-cache-des-mots</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Islamophobie-racisme-anti-musulman-le-sens-cache-des-mots</guid>
		<dc:date>2013-08-06T12:03:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Carine Fouteau</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Islamophobie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le terme &#171; islamophobie &#187; est de nouveau l'objet de virulents d&#233;bats. Retour sur son cheminement dans l'espace public et sur les enjeux qu'il rec&#232;le. &lt;br class='autobr' /&gt;
26 JUILLET 2013 | MEDIAPART.FR &lt;br class='autobr' /&gt; Les mots ne sont pas neutres, y compris ceux qui en ont l'air. &#192; un moment o&#249; les agressions physiques et/ou verbales &#224; l'encontre des musulmans, et en priorit&#233; des femmes portant un foulard, augmentent (selon les donn&#233;es du minist&#232;re de l'int&#233;rieur, qui r&#233;pertorie les infractions constat&#233;es, leur nombre a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droite-extreme-en-Europe-+" rel="tag"&gt;L'extr&#234;me-droite dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Islamophobie-+" rel="tag"&gt;Islamophobie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH79/arton14729-c2cfb.png?1675504691' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le terme &#171; islamophobie &#187; est de nouveau l'objet de virulents d&#233;bats. Retour sur son cheminement dans l'espace public et sur les enjeux qu'il rec&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 JUILLET 2013 | MEDIAPART.FR&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les mots ne sont pas neutres, y compris ceux qui en ont l'air. &#192; un moment o&#249; les agressions physiques et/ou verbales &#224; l'encontre des musulmans, et en priorit&#233; des femmes portant un foulard, augmentent (selon les donn&#233;es du minist&#232;re de l'int&#233;rieur, qui r&#233;pertorie les infractions constat&#233;es, leur nombre a progress&#233; de 23 % en 2012 sur une ann&#233;e, confirmant une hausse de 34 % en 2011), la question de savoir comment d&#233;signer ce ph&#233;nom&#232;ne est importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, la bataille terminologique &#8211; et donc politique &#8211; fait rage. Qu'est-ce qui se cache derri&#232;re la notion d'islamophobie, reprise par des sociologues, des journalistes, des militants associatifs, mais bannie par de nombreux autres ? Quelle charge contient-elle pour susciter, de la part de ses d&#233;tracteurs, une telle d&#233;sapprobation ? Les autres termes &#224; disposition sont-ils plus &#8220;objectifs&#8221; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'islamophobie signifie litt&#233;ralement la peur de l'islam, et par extension l'hostilit&#233; &#224; l'encontre de cette religion et le rejet des personnes de confession musulmane. Le dictionnaire Le Robert la d&#233;finit comme une &#171; forme particuli&#232;re de racisme dirig&#233; contre l'islam et les musulmans, qui se manifeste en France par des actes de malveillance et une discrimination ethnique contre les immigr&#233;s maghr&#233;bins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les sciences sociales, ce terme est banalis&#233;, ce qui ne l'emp&#234;che pas d'&#234;tre discut&#233;, et le ph&#233;nom&#232;ne qu'il d&#233;crit fait l'objet de nombreux travaux notamment aux &#201;tats-Unis et en Grande-Bretagne dans les d&#233;partements universitaires s'int&#233;ressant aux questions de racisme et de genre. Il est aussi utilis&#233; par des organisations internationales telles que l'Organisation des Nations unies (ONU), l'Organisation pour la s&#233;curit&#233; et la coop&#233;ration en Europe (OSCE), le Commissariat aux droits de l'homme de l'Union europ&#233;enne, ainsi que par des ONG comme Amnesty International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, il sert &#224; d&#233;signer les actes de discrimination ou de violence visant des institutions ou des individus en raison de leur lien, r&#233;el ou suppos&#233;, &#224; l'islam. Pour l'ex-rapporteur sp&#233;cial des Nations unies Doudou Di&#232;ne, le terme d'islamophobie &#171; se r&#233;f&#232;re &#224; une hostilit&#233; non fond&#233;e et &#224; la peur envers l'islam, et en cons&#233;quence la peur et l'aversion envers tous les musulmans ou la majorit&#233; d'entre eux. Il se r&#233;f&#232;re &#233;galement aux cons&#233;quences pratiques de cette hostilit&#233; en termes de discrimination, pr&#233;jug&#233;s et traitement in&#233;gal dont sont victimes les musulmans (individus et communaut&#233;s) et leur exclusion des sph&#232;res politiques et sociales importantes. Ce terme a &#233;t&#233; invent&#233; pour r&#233;pondre &#224; une nouvelle r&#233;alit&#233; : la discrimination croissante contre les musulmans qui s'est d&#233;velopp&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France le terrain reste min&#233;. Ce mot n'est que partiellement accept&#233; et son occurrence dans les d&#233;bats provoque des affrontements tout sauf apais&#233;s. Au gouvernement, il est repris par la ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, par exemple &#224; propos des &#171; agressions l&#226;ches &#187; de femmes portant le voile &#224; Argenteuil dans le Val-d'Oise. Intervenant tardivement apr&#232;s ces incidents, Fran&#231;ois Hollande a pr&#233;f&#233;r&#233;, lui, d&#233;noncer des actes anti-musulmans, &#224; l'occasion d'une rencontre avec des repr&#233;sentants d'&#171; associations des banlieues &#187;, le 24 juin. En se rendant &#224; la grande mosqu&#233;e de Paris pour la rupture du je&#251;ne, le 17 juillet, Manuel Valls, adressant un &#171; signe d'affection &#187; aux musulmans, a suivi le chef de l'&#201;tat en fustigeant les &#171; actes anti-musulmans en forte augmentation &#187;, citant l'exemple de &#171; huit femmes voil&#233;es en quinze jours &#187;. Ni l'un ni l'autre n'ont parl&#233; d'islamophobie, comme si le mot br&#251;lait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rejet d&#233;passe les clivages droite-gauche. L'un des premiers &#224; avoir lanc&#233; la charge est l'essayiste Pascal Bruckner. Dans une tribune publi&#233;e par Lib&#233;ration le 23 novembre 2003, il avance que le concept a &#233;t&#233; &#171; forg&#233; par les int&#233;gristes iraniens &#224; la fin des ann&#233;es 70 pour contrer les f&#233;ministes am&#233;ricaines &#187; et qu'&#171; il a pour but de faire de l'islam un objet intouchable sous peine d'&#234;tre accus&#233; de racisme &#187;. Sa cons&#339;ur Caroline Fourest, particuli&#232;rement virulente, estime aussi qu'il faut s'en m&#233;fier car &#171; il a &#233;t&#233; utilis&#233; en 1979 par des mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de &#8220;mauvaises musulmanes&#8221; en les accusant d'&#234;tre &#8220;islamophobes&#8221; &#187;. &#171; En r&#233;alit&#233;, &#233;crit-elle dans un article r&#233;dig&#233; avec Fiammetta Venner dans la revue ProChoix (n&#176;26-27, 2007), loin de d&#233;signer un quelconque racisme, le mot islamophobie est clairement pens&#233; pour disqualifier ceux qui r&#233;sistent aux int&#233;gristes : &#224; commencer par les f&#233;ministes et les musulmans lib&#233;raux. &#187; Plus r&#233;cemment, Thomas Legrand, &#233;ditorialiste &#224; France Inter, vilipendait les &#171; hyst&#233;riques de l'islamophobie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux accusations d'ordre historique, deux sociologues, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, se sont pench&#233;s sur l'origine du mot. Ils aboutissent &#224; la conclusion qu'il s'agit d'une invention&#8230; fran&#231;aise, remontant &#224; 1910 et sans &#233;quivalent en persan. D'apr&#232;s leurs recherches, ce n&#233;ologisme est apparu dans les travaux d'un groupe d'orientalistes fran&#231;ais, sp&#233;cialis&#233;s dans les &#233;tudes de l'islam ouest-africain. Ces &#171; administrateurs-ethnologues &#187; d&#233;finissent l'islamophobie comme un mode de gouvernement caract&#233;ris&#233; par un traitement diff&#233;rentiel fond&#233; sur un crit&#232;re religieux. Et le d&#233;noncent. Non pour mettre en cause l'administration coloniale mais au contraire pour la pr&#233;server. Selon eux, les pratiques hostiles aux musulmans et &#224; leur religion sont en effet &#224; bannir car elles emp&#234;chent de gagner la confiance des int&#233;ress&#233;s et de &#171; maintenir le statu quo &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je ne suis pas islamophobe, mais religiophobe &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre argument entendu : le terme islamophobie renfermerait une forme de censure de la critique religieuse. Au nom de la d&#233;nonciation des actes visant les musulmans, la mise en cause de l'islam, voire son rejet, serait r&#233;prouv&#233;e. Caroline Fourest et Pascal Bruckner sont rejoints par de nombreuses personnalit&#233;s parmi lesquelles Christine Tasin pr&#233;sidente de R&#233;sistance r&#233;publicaine et contributrice du site Riposte la&#239;que, ouvertement en guerre contre l'islamophobie au nom de la la&#239;cit&#233;. &#171; Au nom de quoi serait-il interdit d'avoir peur de la religion catholique, de la religion musulmane, de la religion tout court, comme on peut avoir peur de Mein Kampf, de la violence, de la barbarie ou m&#234;me, comme c'est le cas pour certains, des &#233;crits de Marx ? &#187; s'indigne-t-elle dans un billet de blog titr&#233; &#171; Non, l'islamophobie n'est pas de la musulmanophobie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour elle, les actes anti-musulmans doivent &#234;tre d&#233;nonc&#233;s, pas les marques d'hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard de l'islam, ce qui ne l'emp&#234;che pas dans un autre texte de &#171; r&#234;ver &#187; d'invisibiliser les musulmans eux-m&#234;mes, signe que, dans son esprit, la fronti&#232;re entre les deux est perm&#233;able. Dans ce monde nouveau, les gouvernants, imagine Christine Tasin, auraient &#171; vot&#233; une loi interdisant la pratique de l'islam sur notre sol, la vente du coran et l'enseignement de celui-ci &#187;. &#171; Les musulmans, poursuit-elle, qu'ils soient fran&#231;ais ou pas, auront donc le choix. S'ils veulent rester en France, ils seront dans un pays o&#249; dispara&#238;tra toute visibilit&#233; de l'islam, le voile, le kami, l'abattage rituel, les boucheries halal, les pr&#233;noms musulmans, les mosqu&#233;es&#8230; Les n&#233;s-musulmans pourront alors librement abdiquer l'islam (&#8230;). Bien s&#251;r, il y aura contestations, &#233;meutes et m&#234;me menaces terroristes. Le pouvoir y mettra fin gr&#226;ce &#224; sa d&#233;termination sans faille, et, s'il faut sacrifier quelques extr&#233;mistes pour redonner &#224; 65 millions d'habitants paix et protection, il faudra faire savoir que l'arm&#233;e, d&#233;p&#234;ch&#233;e &#224; chaque menace, n'h&#233;sitera pas &#224; tirer dans le tas. C'est terrible, mais il n'y aura pas d'autre solution pour calmer le jeu et imposer notre loi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie de la distinction entre &#171; musulmanophobie &#187; et &#171; islamophobie &#187; se retrouve d&#233;cal&#233;e dans les propos de V&#233;ronique Genest qui, elle, se d&#233;fend d'&#234;tre raciste mais assume son islamophobie. Se d&#233;finissant politiquement au centre-droit, la com&#233;dienne a r&#233;cemment annonc&#233; son intention de se lancer dans la bataille de l'&#233;lection l&#233;gislative partielle pour repr&#233;senter les Fran&#231;ais de l'&#233;tranger comme suppl&#233;ante du candidat revendiqu&#233; &#171; sioniste &#187; Jonathan Simon-Sellem, avant de se retirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne suis pas islamophobe, mais religiophobe &#187;, d&#233;clare pour sa part Inna Shevchenko, la chef de file des Femen, mouvement f&#233;ministe n&#233; en Ukraine, &#224; qui la France vient d'accorder l'asile politique. Cette militante clame ainsi sa &#171; haine &#187;, affichant un seuil minime de tol&#233;rance. Dans un tweet, remont&#233; &#224; la surface lorsque Fran&#231;ois Hollande a d&#233;voil&#233; le nouveau timbre &#171; Marianne de la jeunesse &#187; inspir&#233; de son visage, elle a lanc&#233; : &#171; Qu'est-ce qui peut &#234;tre plus stupide que le ramadan ? Qu'est-ce qui peut &#234;tre plus moche que cette religion ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques exemples t&#233;moignent du fait que sous couvert de libert&#233; d'expression et de critique des religions, mais aussi de la&#239;cit&#233; et d'&#233;galit&#233; hommes-femmes, de nombreux discours d&#233;rapent. D'une part en consid&#233;rant l'islam comme un seul bloc, sans prendre en compte les diff&#233;rents courants qui l'animent. D'autre part en exprimant des propos haineux, susceptibles d'&#234;tre reconnus comme de la provocation &#224; la discrimination, &#224; la violence et &#224; la haine envers un groupe de personnes en raison de leur religion, et, &#224; ce titre, punis par la loi (article R625-7 du Code p&#233;nal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien fondateur et pr&#233;sident du Mouvement contre le racisme et pour l'amiti&#233; des peuples (Mrap) Mouloud Aounit, aujourd'hui d&#233;c&#233;d&#233;, a pass&#233; du temps &#224; contrer les critiques. En France, il est l'un des premiers &#224; avoir promu ce terme &#224; l'occasion d'un colloque organis&#233; en 2003 intitul&#233; &#171; Du racisme anti-arabe &#224; l'islamophobie &#187;. Dans son propos introductif, il pr&#233;sente sa nouvelle conception. Selon lui, l'islamophobie est une forme de discrimination qui m&#233;rite d'&#234;tre combattue en tant que telle : &#171; Nous sommes une association anti-raciste la&#239;que : nous estimons plus que l&#233;gitime la critique des religions &#8211; y compris de l'islam &#8211; d&#232;s lors que celle-ci reste dans le strict domaine du d&#233;bat et non de l'injure. Par ailleurs, nous voulons inscrire cette mobilisation dans le fil rouge de l'action du Mrap, c'est-&#224;-dire dans le combat contre tous les racismes. Nous souhaitons tout simplement, en &#8220;zoomant&#8221; sur la r&#233;alit&#233; de cette forme nouvelle de racisme, cr&#233;er aussi les conditions qui permettront d'&#233;riger des passerelles entre toutes les victimes de racisme d'une part, et ceux qui, n'en &#233;tant pas personnellement victimes, sont profond&#233;ment convaincus que toute atteinte &#224; la dignit&#233; d'un individu, quelle que soit sa couleur de peau, sa nationalit&#233;, ou sa religion, est une offense &#224; la conscience humaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Du racisme anti-arabe &#224; l'islamophobie &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si l'offensive des d&#233;fenseurs de la notion remonte au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Elle accompagne une hausse des actes visant sp&#233;cifiquement des personnes en fonction de leur religion &#224; la suite des attentats du 11 Septembre, qui provoqu&#232;rent des mesures de r&#233;torsion envers des musulmans, notamment en Europe et aux &#201;tats-Unis. La France en a pris tardivement la mesure. Jusqu'en 2009, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), instance charg&#233;e par l'&#201;tat de rassembler les donn&#233;es en mati&#232;re de racisme et d'antis&#233;mitisme, comptabilisait les victimes musulmanes dans les victimes du racisme en g&#233;n&#233;ral. Ce n'est qu'&#224; partir de 2010 que ces personnes font l'objet d'un enregistrement sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, les enqu&#234;tes sociologiques, comme Trajectoires et origines (TeO), distinguant et articulant les discriminations fond&#233;es sur une suppos&#233;e appartenance ethnico-raciale, et celles fond&#233;es sur l'appartenance religieuse pr&#233;sum&#233;e se d&#233;veloppent. Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), cible des opposants &#224; l'islamophobie, est cr&#233;&#233; dans ce contexte. Tandis que la CNCDH se limite aux actes et menaces constat&#233;s par les services de police et de gendarmerie, le CCIF prend en compte, dans son rapport annuel, les faits &#171; recens&#233;s, v&#233;rifi&#233;s et tri&#233;s &#187; par ses soins, sans qu'ils se traduisent n&#233;cessairement en justice. En 2012, 469 actes ont ainsi &#233;t&#233; d&#233;compt&#233;s, contre 298 en 2011 et 188 en 2010, soit une augmentation de 57,4 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hausse du nombre d'agressions, associ&#233;e &#224; une perception, observ&#233;e par la CNCDH, de plus en plus n&#233;gative &#224; la fois des musulmans et de l'islam rend progressivement insuffisantes les expressions utilis&#233;es jusque-l&#224;, comme le racisme anti-arabe (connotation ethnique), anti-maghr&#233;bin (r&#233;f&#233;rent g&#233;ographique) et anti-immigr&#233;s (sous-entendu pas fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi pas &#171; racisme anti-musulman &#187; ? Malgr&#233; les apparences, cette expression est tout aussi construite que les autres. Ceux qui plaident pour le recours au terme d'islamophobie notent que la d&#233;signation de &#171; musulman &#187; est produite et diffus&#233;e par les responsables politiques et les m&#233;dias plut&#244;t que par les personnes revendiquant une appartenance &#224; l'islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage paru chez Stock en 2010, Faire des Fran&#231;ais : quelle identit&#233; nationale ?, Anne-Marie Thiesse, directrice de recherche au CNRS rappelle, de son c&#244;t&#233;, la sp&#233;cificit&#233; coloniale de la France. La cat&#233;gorie de &#171; musulman &#187; s'y av&#233;rait plus ethnique ou culturelle que religieuse. Cette terminologie a laiss&#233; des traces. Beaucoup de pratiquants regrettent que leur foi religieuse soit occult&#233;e par une d&#233;nomination qu'ils consid&#232;rent stigmatisante. Le risque existe, en favorisant les glissements entre &#171; arabe &#187;, &#171; musulman &#187;, voire &#171; islamiste &#187;, de laisser prosp&#233;rer des discours racistes qui ne disent pas leur nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour d&#233;noncer ce qu'ils ont per&#231;u comme une discrimination non assum&#233;e &#224; l'&#233;gard des femmes portant le voile, que de nombreux chercheurs, partis politiques et personnalit&#233;s ont sign&#233; en mars 2012 un appel pour refuser que ces personnes, quand elles sont m&#232;res, soient &#233;cart&#233;es des sorties scolaires. Lanc&#233; par le collectif Mamans toutes &#233;gales, ce texte intitul&#233; &#171; La&#239;cit&#233; oui/ islamophobie non &#187; a &#233;t&#233; sign&#233;, entre autres, par le sociologue Jean Baub&#233;rot, l'historienne aujourd'hui s&#233;natrice (EELV) Esther Benbassa, l'ex-porte-parole du NPA Olivier Besancenot, le magistrat Mathieu Bonduel, la co-fondatrice des Indivisibles Rokhaya Diallo, le co-fondateur du Cedetim Gus Massiah ou encore le philosophe Jacques Ranci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'islamophobie n'en est pas moins &#171; imparfaite et instrumentalisable &#187;, comme le reconna&#238;t Marwan Mohammed, &#224; l'origine d'un s&#233;minaire sur cette question &#224; l'EHESS. Elle est toutefois &#171; n&#233;cessaire &#187;. Car, selon lui, mettre un mot sur une r&#233;alit&#233; sociale participe &#224; la faire exister tandis qu'&#224; l'inverse ne pas la nommer revient &#224; occulter socialement et politiquement des faits dont l'existence est d&#233;sormais reconnue au plus haut niveau de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une proposition politique anticapitaliste : &#034;en finir avec l'Europe&#034;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-proposition-politique-anticapitaliste-en-finir-avec-l-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Une-proposition-politique-anticapitaliste-en-finir-avec-l-Europe</guid>
		<dc:date>2013-08-06T12:02:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascale B.</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;TIR&#201; DU SITE, 02 AO&#219;T 2013 | MEDIAPART.FR &lt;br class='autobr' /&gt; 1. Un livre qui fait pol&#233;miquer (...) &lt;br class='autobr' /&gt;
2. N&#233;olib&#233;ralisme et Union europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le livre commence par un rappel de ce que la cr&#233;ation de l'Union europ&#233;enne se fit sous impulsion US. Les n&#233;olib&#233;raux tels qu'Hayek &#233;taient favorables &#224; une forme politique f&#233;d&#233;rale la mieux &#224; m&#234;me selon lui de contourner tout contr&#244;le d&#233;mocratique ; les concepteurs de l'UE &#233;taient convaincus de la doctrine des ordolib&#233;raux. L'&#233;chelon europ&#233;en &#171; constitue une terre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Culture-" rel="directory"&gt;Culture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L96xH150/arton14735-5432d.png?1675504691' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;TIR&#201; DU SITE, 02 AO&#219;T 2013 | MEDIAPART.FR&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Un livre qui fait pol&#233;miquer&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. N&#233;olib&#233;ralisme et Union europ&#233;enne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre commence par un rappel de ce que la cr&#233;ation de l'Union europ&#233;enne se fit sous impulsion US. Les n&#233;olib&#233;raux tels qu'Hayek &#233;taient favorables &#224; une forme politique f&#233;d&#233;rale la mieux &#224; m&#234;me selon lui de contourner tout contr&#244;le d&#233;mocratique ; les concepteurs de l'UE &#233;taient convaincus de la doctrine des ordolib&#233;raux. L'&#233;chelon europ&#233;en &#171; constitue une terre vierge fertilis&#233;e d&#232;s l'origine pas des r&#233;seaux politico-&#233;conomiques transnationaux acquis aux id&#233;es n&#233;olib&#233;rales &#187; (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; S. Kouvelakis pr&#233;cise (6) : &#171; une mise &#224; distance de toute forme de contr&#244;le d&#233;mocratique et de responsabilit&#233; devant les peuples est un principe constitutif du r&#233;seau complexe d'agences technocratiques et autres coll&#232;ges d'experts qui forment la colonne vert&#233;brales des institutions de l'UE &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est aux tout d&#233;buts du proto-Etat europ&#233;en que nous assistons ici. On pourrait objecter qu'il existe des institutions judiciaires europ&#233;ennes qui ne se r&#233;duisent pas &#224; &#234;tre des agents des n&#233;olib&#233;raux, on chercherait quelques d&#233;clarations bien senties venues &#224; nous depuis le Parlement europ&#233;en. Mais on se souviendrait alors de ces r&#233;f&#233;rendums &#224; propos du Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en (TCE) dont le r&#233;sultat qui fut un d&#233;saveu des &#233;lites politico-&#233;conomiques europ&#233;ennes, fran&#231;aises en particulier ; cette volont&#233; populaire exprim&#233; au moyen du suffrage universel fut simplement ignor&#233;e par les n&#233;olib&#233;raux. Nous sommes dans une p&#233;riode o&#249; les principes d&#233;mocratiques les plus basiques sont bafou&#233;s par les gouvernants. Comment penser le sentiment d'impuissance suscit&#233; par l'&#233;vocation de cette d&#233;faite d'un genre nouveau ? Ce livre contribue &#224; nous permettre d'y penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. La crise r&#233;v&#232;le depuis 2008 la nature n&#233;olib&#233;rale et antid&#233;mocratique de l'UE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre insiste sur la crise commen&#231;ant en 2008 et continuant &#224; ce jour, qui peut appara&#238;tre comme une crise exacerb&#233;e dans une crise de longue dur&#233;e. L'id&#233;e de Durand comme de Kouvalekis est que cette crise a r&#233;v&#233;l&#233; la nature jusque-l&#224; peu apparente de l'Union europ&#233;enne qui a mis sous tutelle des pays comme la Gr&#232;ce ou l'Italie. En Gr&#232;ce, ports, a&#233;roports, autoroutes, eau &#233;lectricit&#233;, &#233;nergies renouvelables, patrimoine immobilier public, plages, zones c&#244;ti&#232;res, tout cela a &#233;t&#233; vendu &#224; vil prix &#224; des investisseurs &#171; &#233;trangers &#187;. Kouvalekis pr&#233;cise : &#171; c'est seulement maintenant, &#224; la lumi&#232;re de la crise, que nous pouvons appr&#233;hender ce m&#233;lange d'autoritarisme (&#8230;) et de n&#233;olib&#233;ralisme qui est inscrit dans l'ADN de l'UE. (7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2010, Ath&#232;nes est plac&#233;e &#171; sous la tutelle de la tro&#239;ka (FMI, BCE et Commission europ&#233;enne). En octobre 2011, Papandr&#233;ou d&#233;missionne et est remplac&#233; par &#171; Papad&#233;mos, ancien banquier central &#224; Ath&#232;nes et Francfort &#187;. La Gr&#232;ce devient un &#171; quasi-protectorat &#187;. En novembre 2011, Mario Monti, &#171; clone transalpin de Papad&#233;mos &#187; dirige l'Italie &#224; la place de Berlusconi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE, Banque centrale europ&#233;enne (BCE) obtient alors un pouvoir inconnu auparavant (8). On assiste &#224; une &#171; mont&#233;e en puissance &#187; de la BCE qui est d'autant plus &#171; spectaculaire &#187; si on la compare &#171; &#224; l'impotence du Parlement europ&#233;en &#187; (9) ; elle contr&#244;le dans le d&#233;tail la politique, va jusqu'&#224; fournir des dirigeants &#224; ces Etats ; cela sans mandat &#233;lectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 4. Un d&#233;veloppement in&#233;gal dans l'Union europ&#233;enne. Sauvagement in&#233;gal.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W. Streeck compare l'opposition entre l'Allemagne et la Gr&#232;ce (ou entre L'Allemagne et les Pays Bas et la Finlande versus la Gr&#232;ce, le Portugal, l'Espagne et l'Italie ) &#224; l'opposition entre l'Italie du Nord (Lombardie) et l'Italie du Sud. &#171; Pourquoi les Europ&#233;ens du Nord seraient-ils plus patients envers l'Europe du Sud que les Italiens du Nord envers ceux du Sud ? &#187; (10). Il constate l'effet catastrophique d'un d&#233;veloppement in&#233;gal entre des territoires (qui en Italie partagent la m&#234;me langue).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour C. Lapavitsas (11), l'Allemagne a vu ses travailleurs subir une cure d'aust&#233;rit&#233; brutale, le niveau de vie des salari&#233;s stagner, alors que l'Europe du Sud, et ses m&#233;nages &#233;taient encourag&#233;s &#224; s'endetter, . Un d&#233;veloppement diff&#233;rent entre ces deux zones, qui d&#232;s la fin des ann&#233;es 2010 permet &#224; la bourgeoisie allemande d'&#234;tre en en position de leader de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Europe, jusqu'&#224; la crise de 2007, on peut ainsi distinguer au moins trois r&#233;gimes d'accumulation compl&#233;mentaires mais tout &#224; fait distincts. Dans la p&#233;riph&#233;rie est-europ&#233;enne, la logique &#233;conomique dominante est celle d'un r&#233;gime de prol&#233;tarisation par lequel les populations vivant auparavant dans les &#233;conomies socialistes ont &#233;t&#233; progressivement ins&#233;r&#233;es dans les r&#233;seaux capitalistes transnationaux, ce qui s'est traduit &#8211; une fois le choc transitionnel pass&#233; et avant celui de la crise financi&#232;re &#8211; par des gains de productivit&#233; importants et des hausses de salaires.En Allemagne, au contraire, la pression de cette arm&#233;e de r&#233;serve a favoris&#233; une grande d&#233;faite du salariat, manifeste dans la stagnation des salaires et la brutale lib&#233;ralisation du march&#233; du travail par les r&#233;formes Schr&#246;der (r&#233;formes c&#233;l&#233;br&#233;es aujourd'hui par Fran&#231;ois Hollande&#8230;).Dans les p&#233;riph&#233;ries du sud de l'Europe, la dynamique fut toute autre : les exc&#233;dents des pays du nord ont &#233;t&#233; recycl&#233;s sous la forme de flux financiers qui ont permis notamment une hausse des cr&#233;dits &#224; la consommation et des cr&#233;dits immobiliers ce qui a soutenu l'activit&#233;, l'emploi et les salaires sans pour autant que la productivit&#233; ne suive. L&#224;, les classes populaires et moyennes ont pu conna&#238;tre une br&#232;ve p&#233;riode d'am&#233;lioration de leur niveau de vie qu'elles payent aujourd'hui au prix fort. &#187; (12)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Les luttes dans l'Union europ&#233;enne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos des luttes dans l'Europe du Sud, C&#233;dric Durand &#233;crit : &#171; La vague de mobilisation est sans pr&#233;c&#233;dent depuis les ann&#233;es 1970 dans la r&#233;gion. C'est d'abord une r&#233;sistance de classe, socio-&#233;conomique. Mais de mani&#232;re sous-jacente, ces luttes ont &#233;galement une dimension anticoloniale qui d&#233;coule d'une polarisation centre-p&#233;riph&#233;rie au sein m&#234;me de la zone euro. &#187;(13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et aussi, apr&#232;s avoir cit&#233; la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats s'opposant au TSCG en mars 2012, &#171; grande premi&#232;re &#187;, il &#233;crit : &#171; les pays les plus touch&#233;s parles politiques d'aust&#233;rit&#233; et les r&#233;formes structurelles ont connu une vague de mobilisation sans pr&#233;c&#233;dent, depuis les ann&#233;es 1970, &#224; travers de nombreuses gr&#232;ves, occupations et manifestations ; &#224; l'instar du mouvement des &#171; indign&#233;s &#187; en Espagne. La Gr&#232;ce qui a connu 21 gr&#232;ves interprofessionnelles entre fin 2009 et janvier 2013, avec multiplication des affrontements aux forces de l'ordre. A ce jour, l'europ&#233;anisation de le protestation se fait toutefois attendre. &#187; (13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose aux anticapitalistes est alors celle d'une perspective politique, d'une fa&#231;on de pr&#233;senter des revendications qui vise &#224; subvertir le pouvoir d'&#201;tat, tant de l'&#201;tat national que du proto-Etat europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview &#224; Contretemps, C. Durand pr&#233;cise : &#171; De mani&#232;re tr&#232;s diff&#233;rente, les socialismes r&#233;ellement existants, les r&#233;gimes bolivariens en Am&#233;rique latine, les contre-soci&#233;t&#233;s communistes en France et en Italie dans l'apr&#232;s-guerre, les Zones d'Autonomie Temporaires des anarchistes contemporains, l'&#233;conomie sociale et solidaire ou encore les institutions de l'&#201;tat social ont r&#233;ussi &#224; pr&#233;server partiellement et/ou temporairement des exp&#233;riences de vie des imp&#233;ratifs de la reproduction du capital. C'est &#233;videmment beaucoup, mais cela ne suffit certainement pas &#224; se d&#233;gager de la subsomption r&#233;elle au capital, c'est-&#224;-dire de l'incorporation de l'existence m&#234;me de la population au mouvement g&#233;n&#233;ral et global de l'accumulation du capital . &#187; (14)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est celle d'une politique anticapitaliste efficace dans cette p&#233;riode o&#249; les amis du capitalisme ont si peu d'arguments autres que de r&#233;p&#233;ter que telle la d&#233;mocratie churchillienne, le n&#233;olib&#233;ralisme est le meilleur syst&#232;me &#233;conomique r&#233;alisable. Une politique qui propose une direction politique aux luttes, &#224; discuter contradictoirement et massivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Une Union europ&#233;enne de plus en plus autoritaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La crise ouverte en 2007 a r&#233;v&#233;l&#233; des contradictions inh&#233;rentes &#224; la construction europ&#233;enne. Elle a d&#233;montr&#233; que l'UE est un r&#233;gime politique autoritaire, dispos&#233; &#224; suspendre les proc&#233;dures d&#233;mocratiques en invoquant l'urgence &#233;conomique ou financi&#232;re. Gouvernements &#233;lus contraints &#224; la d&#233;mission et remplac&#233;s par des technocrates sans l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique ; pro&#233;minence d'institutions suppos&#233;es &#171; neutres &#187; comme la Banque centrale europ&#233;enne ; effacement du r&#244;le du Parlement europ&#233;en ; annulation de r&#233;f&#233;rendums ou encore intrusion du secteur priv&#233; au c&#339;ur de la prise de d&#233;cision politique... &#187; (15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre en s&#233;rie ces actes politiques montre que les Etats europ&#233;ens et le proto-Etat supra-national s'&#233;cartent volontairement et r&#233;solument des proc&#233;dures d&#233;mocratiques qui paraissaient indiscutables il y a une quinzaine d'ann&#233;es dans les pays de l'UE. Les structures europ&#233;ennes contr&#244;lent les budgets et les politiques &#233;conomiques avant m&#234;me que les parlements nationaux ne soient saisis. &#171; L'adoption du Trait&#233; sur la stabilit&#233;, la coordination et la gouvernance marque l'apog&#233;e de ce mouvement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En Gr&#232;ce, cette logique antid&#233;mocratique a connu un saut qualitatif avec les groupes nazis d'Aube dor&#233;e qui prosp&#232;rent avec l'appui des forces de r&#233;pression. &#171; La crise apporte aujourd'hui &#224; l'Etat l'occasion r&#234;v&#233;e de d&#233;barrasser la soci&#233;t&#233; du droit de gr&#232;ve et de manifestation, du droit &#224; un revenu d&#233;cent, et m&#234;me du droit d'exprimer la moindre opposition au gouvernement ! Pire, une coalition unissant appareil d'&#201;tat et bandes de rue n&#233;onazies s'en prend quotidiennement aux populations migrantes, aux antifascistes, aux centres sociaux et &#224; la gauche. Toute cette violence pourrait constituer le dernier recours d'un r&#233;gime que l'aust&#233;rit&#233; a conduit dans une impasse politique et qui n'a plus que la terreur et la violence d'&#201;tat pour faire sentir sa pr&#233;sence aux habitants du pays &#187;. (16)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kouvelakis, autre contributeur d&#233;j&#224; cit&#233; de ce livre, est un militant de Syriza, principale organisation de la gauche radicale grecque, membre de sa minorit&#233; (17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Les propositions.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette concurrence de tous contre tous port&#233;e par la n&#233;olib&#233;ralisme toujours triomphant, face &#224; la haine x&#233;nophobe qui se r&#233;pand dans les pays d'Europe, face &#224; la division des prol&#233;tariats et au poison raciste qui se r&#233;pand, Durand met l'accent sur la n&#233;cessit&#233; d'avancer des objectifs sans prendre en compte leur faisabilit&#233; ou non dans le cadre de l'UE. Ces auteurs posent la question de permettre le d&#233;veloppement d'un puissant mouvement anticapitaliste (ce ne sont pas les mots qu'ils emploient mais je ne pense pas trahir l'esprit de leurs propos).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces propsitions d'action sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 cr&#233;ation d'emplois dans l'aide aux personnes &#226;g&#233;es, aux enfants et aux malades, l'am&#233;lioration de la vie urbaine (espaces verts, m&#233;dition sociale, restauration de b&#226;timents) ; l'environnement, &#8230;. (18)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 socialiser le syst&#232;me bancaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 audit sur la dette ; &#171; d&#233;cider &#233;ventuellement une annulation partielle ou totale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces quelques mesures entra&#238;neraient une lev&#233;e de boucliers des capitaliste et de leurs amis. En perspective, la sortie de l'Union europ&#233;enne pourrait se discuter alors. Je souligne que la sortie de l'UE n'est jamais pr&#233;sent&#233;e dans ce livre comme la panac&#233;e ni comme le pr&#233;alable indiscutable &#224; tourte action politique, comme le font les &#171; souverainistes &#187; qui veulent s'allier &#224; une bourgeoisie qui serait autochtone et r&#233;put&#233;e plus douce. Ces fadaises x&#233;nophobes n'ont rien &#224; voir avec le propos d' &#171; En finir avec l'Europe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce livre est fort stimulant. Doit-on suivre les auteurs qui &#233;crivent une &#233;quivalence entre Europe/ Union europ&#233;enne/ Union &#233;conomique et mon&#233;taire/ zone euro ? Le titre est-il le plus appropri&#233; au propos ? Cela peut se discuter calmement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant une situation qui est catastrophique dans plusieurs pays europ&#233;ens, la Gr&#232;ce tout particuli&#232;rement, les auteurs proposent un constat argument&#233; et des solutions qu'ils en d&#233;duisent. Pour celles et ceux qui veulent une alternative au capitalisme n&#233;olib&#233;ral qui a transform&#233; largement les institutions &#233;tatiques en institutions &#224; son service exclusif ces derni&#232;res ann&#233;es, il propose un coup de force id&#233;ologique : consid&#233;rer les institutions europ&#233;ennes, la question de leur r&#233;forme &#233;ventuelle, comme tr&#232;s secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; R&#233;f&#233;rences :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/international/280513/en-finir-avec-leurope-ou-pas&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mediapart.fr/journal/international/280513/en-finir-avec-leurope-ou-pas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/international/270613/en-direct-de-mediapart-en-finir-avec-leurope&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mediapart.fr/journal/international/270613/en-direct-de-mediapart-en-finir-avec-leurope&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-corcuff/250713/intellectuels-critiques-et-ethique-de-responsabilite-en-periode-trouble-michea-durand-keucheya&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-corcuff/250713/intellectuels-critiques-et-ethique-de-responsabilite-en-periode-trouble-michea-durand-keucheya&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.&lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/samy-johsua/310713/une-question-philippe-corcuff-so-what&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/samy-johsua/310713/une-question-philippe-corcuff-so-what&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. C&#233;dric Durand, in &#171; En finir avec l'Europe &#187;, p 28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Stathis Kouvelakis, opus cit&#233;, p. 51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. idem, p 57&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Cedric Durand et Ramzig Keucheyan, p. 94&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. idem p 109&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. W. Streeck, p67.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. C. Lapavitsas, p77&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. C. Durand, P47&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Durand et Keucheyan, p103&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/ruse-raison-internationaliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.contretemps.eu/interventions/ruse-raison-internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. C. Durand et R. Keucheyan, p 89&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. D. Dalakoglou,p130&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. &lt;a href=&#034;http://www.gauche-anticapitaliste.org/content/91-remarques-sur-syriza-apres-son-congres-fondateur&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.gauche-anticapitaliste.org/content/91-remarques-sur-syriza-apres-son-congres-fondateur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. C. Durand p143&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ce : le Congr&#232;s de Syriza d&#233;phas&#233; par rapport aux t&#226;ches politiques n&#233;cessaires (I)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Grece-le-Congres-de-Syriza-dephase-par-rapport-aux-taches-politiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Grece-le-Congres-de-Syriza-dephase-par-rapport-aux-taches-politiques</guid>
		<dc:date>2013-08-06T12:01:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s de SYRIZA (Synaspism&#243;s Rhizospastik&#237;s Arister&#225;s, Coalition de la Gauche Radicale) &#8211; coalition de 14 organisations, diverses en termes d'orientations politiques et d'importance num&#233;rique &#8211; a &#233;t&#233; organis&#233; dans une p&#233;riode politique tendue. En effet, il s'est tenu du jeudi 10 juillet au soir au dimanche 14 juillet. &lt;br class='autobr' /&gt;
(Tir&#233; du site d'Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res)&#8207; &lt;br class='autobr' /&gt;
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29396 &lt;br class='autobr' /&gt; (...) &lt;br class='autobr' /&gt;
Programme et &#171; gouvernement de gauche &#187;, de quoi (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton14734-65a0b.png?1715778032' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Congr&#232;s de SYRIZA (Synaspism&#243;s Rhizospastik&#237;s Arister&#225;s, Coalition de la Gauche Radicale) &#8211; coalition de 14 organisations, diverses en termes d'orientations politiques et d'importance num&#233;rique &#8211; a &#233;t&#233; organis&#233; dans une p&#233;riode politique tendue. En effet, il s'est tenu du jeudi 10 juillet au soir au dimanche 14 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tir&#233; du site d'Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res)&#8207;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29396&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29396&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Programme et &#171; gouvernement de gauche &#187;, de quoi parle-t-on ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, la coalition SYRIZA se trouve confront&#233;e &#224; la question suivante : comment la gauche radicale peut-elle r&#233;clamer et conqu&#233;rir le pouvoir sans perdre son &#226;me ? En termes concrets, la question pos&#233;e est celle des alliances sociales et politiques, du programme, de la mani&#232;re de conqu&#233;rir le pouvoir gouvernemental et de ce que l'on entend, en termes de t&#226;ches et de devoirs, lorsque sont affirm&#233;s la perspective et le mot d'ordre de &#171; gouvernement de gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par programme, nous n'entendons pas une liste de revendications. Tout d'abord, un programme doit &#234;tre une fa&#231;on de rendre compr&#233;hensible au plus grand nombre possible la dynamique de la situation du pays comme de la soci&#233;t&#233; ; plus pr&#233;cis&#233;ment celle des rapports entre les classes dominantes et leurs repr&#233;sentants politiques, d'un c&#244;t&#233;, et le prol&#233;tariat, au sens large, ainsi que ses alli&#233;s r&#233;els ou potentiels (petits paysans), de l'autre. Une compr&#233;hension qui s'&#233;claire gr&#226;ce &#224; une mise en relief des actions pr&#233;cises et concr&#232;tes du gouvernement Samaras et du patronat, en insistant sur leur responsabilit&#233; et en ne transf&#233;rant pas l'ensemble du sort du pays et de sa population sur les d&#233;cisions de la Tro&#239;ka, qui sont, certes, importantes. En faisant de la Tro&#239;ka la seule responsable de la situation, le pi&#232;ge d'une politique &#171; d'unit&#233; nationale &#187;, de vraie collaboration de classes, d'endormissement des salari&#233;&#183;e&#183;s, est mis en place. De mani&#232;re compl&#233;mentaire est stimul&#233; un sentiment d'impuissance parmi les salari&#233;&#183;e&#183;s, car les F&#252;hrer tro&#239;kiens sont &#171; trop loin, trop distants, trop intouchables &#187;. Cette fa&#231;on de rendre compr&#233;hensible la situation concr&#232;te pour les masses laborieuses est certes li&#233;e &#224; un travail analytique. Mais il ne s'agit pas de d&#233;verser des tonnes d'analyses sans en tirer des conclusions pratiques sur : que faire demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment, il faut rendre cette situation, dans ses d&#233;clinaisons sectorielles (&#233;coles, sant&#233;, emplois, privatisations, etc.), sensible pour les salari&#233;&#183;e&#183;s. Autrement dit, permettre aux plus larges secteurs possible des dites masses laborieuses, au travers de leurs pratiques de lutte et des revendications qui les accompagnent, d'envisager avec plus d'acuit&#233; les voies d'une r&#233;sistance afin de passer &#224; une contre-attaque. Une mobilisation-gr&#232;ve des enseignants doit trouver les modalit&#233;s, y compris p&#233;dagogiques, pour que les travailleurs et travailleuses du secteur de la sant&#233;, de l'administration communale &#8211; et pourquoi pas de la police municipale ? &#8211; puissent s'identifier comme menant ou devant mener un m&#234;me combat. Ce qui implique de poser non seulement un acte de d&#233;fense des salaires, du statut de l'enseignant &#8211; ce qui est prioritaire &#8211; mais de d&#233;velopper une id&#233;e suppl&#233;mentaire, &#233;troitement li&#233;e &#224; la premi&#232;re : quel service public, quel enseignement, quelle &#233;ducation pour qui, pour quoi, avec quels moyens ? Quels liens entre cela et la d&#233;fense de l'emploi ? Selon une telle orientation peut s'&#233;tablir, plus ais&#233;ment, une jonction avec les parents, les usagers. L'analogie avec une lutte dans le secteur de la sant&#233; est alors possible &#224; &#234;tre appr&#233;hend&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette logique dynamique s'affirment les conditions d'un &#171; gouvernement de gauche &#187; fond&#233; sur l'action massive, coordonn&#233;e, construisant une compr&#233;hension et une conscience communes. Cela &#224; l'oppos&#233; d'un &#171; gouvernement de gauche &#187; prenant appui sur une majorit&#233; parlementaire construite &#224; partir d'alliances douteuses et suscitant le maximum de d&#233;l&#233;gation de la part de la population, avec des secteurs combatifs mis en stand-by, pour ne pas g&#234;ner l'activit&#233; dudit gouvernement de gauche, dont la lettre d'intention comportera, &#224; coup s&#251;r, des revendications &#171; intelligentes &#187; et &#171; techniquement irr&#233;prochables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois, la direction Tsipras de SYRIZA a envoy&#233; de nombreux signaux sur le fait que la coalition, dans ses diverses composantes, &#233;tait en train d'adopter une approche mod&#233;r&#233;e, de &#171; centre gauche &#187; concernant ces questions strat&#233;giques. Beaucoup de membres dirigeants argumentent que dans un tel d&#233;sastre social et devant les dangers de l'autoritarisme, il faut, en priorit&#233;, &#171; sauver le pays &#187;. Ils en concluent que des politiques de gauche allant &#224; la racine de la crise socio-&#233;conomique et du r&#233;gime politique en place doivent &#234;tre, au mieux, report&#233;es dans un futur hypoth&#233;tique. Dans l'action de SYRIZA doit &#234;tre effac&#233;e la ligne rouge indiquant la liaison entre l'affrontement imm&#233;diat, les besoins les plus ressentis les v&#233;ritables obstacles &#224; leur satisfaction, soit le complexe s'articulant autour de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, des institutions r&#233;galiennes de l'Etat et de la politique gouvernementale en tant que conseil d'administration plac&#233; sous la surveillance des contr&#244;leurs et r&#233;viseurs de comptes mandat&#233;s par les sommets de la Tro&#239;ka. Ceux qui doivent montrer aux classes laborieuses europ&#233;ennes la punition m&#233;rit&#233;e lorsqu'elles n'acceptent pas que les conqu&#234;tes sociales, issues de rapports de force et d'une p&#233;riode de &#171; croissance &#233;conomique &#187; pass&#233;e, sont &#224; consid&#233;rer comme ne correspondant plus aux exigences de la comp&#233;titivit&#233; mondialis&#233;e, le train &#224; grande vitesse cens&#233; permettre &#224; l'ensemble du prol&#233;tariat mondial de s'engager, demain, sur une courbe &#224; plus de 250 km/h, sans danger pour les passagers. Et non pas pour les concepteurs du r&#233;seau productif interconnect&#233; &#224; l'&#233;chelle mondiale, ainsi que son support &#171; naturel &#187;, son environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes sociaux, une perspective de &#171; gouvernement de gauche &#187; de ce type abouti &#224; un compromis, pour ne pas utiliser un autre terme, avec des secteurs des classes dirigeantes nationales ou internationales, pour mettre en place une &#171; restructuration de l'&#233;conomie grecque sur une base socialement juste &#187;. Cela a conduit Alexis Tsipras, dans son discours t&#233;l&#233;vis&#233; du 10 juillet devant un congr&#232;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s encore parsem&#233;s &#8211; et avec plus de nettet&#233; dans des interventions suivantes &#8211; &#224; laisser entendre que le &#171; gouvernement de gauche &#187; devrait avoir comme centre de gravit&#233; des ministres de SYRIZA, mais qu'il ne fallait exclure personne d'autre &#224; l'exception d'Aube Dor&#233;e (les n&#233;onazis) et de la droite de la Nouvelle D&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rappel, Antonis Samaras a quitt&#233;, en 1992, la Nouvelle D&#233;mocratie &#224; cause de sa ligne ultranationaliste sur la Mac&#233;doine. Il cr&#233;a alors son propre parti : le Printemps Grec, tr&#232;s &#224; droite. Il eut des contacts avec le Front national de Jean-Marie Le Pen. Suite &#224; des r&#233;sultats &#233;lectoraux m&#233;diocres et une non-participation aux &#233;lections de 2000, il rejoignit &#224; nouveau la Nouvelle D&#233;mocratie, en 2004. Il sera alors le ministre de la Culture sous le gouvernement Karamenlis II. Il conduira une bataille clanique et id&#233;ologique pour prendre la t&#234;te de la Nouvelle D&#233;mocratie. Il obtiendra son poste, avec une majorit&#233; relative, en juin 2012. Ce point d'histoire indique le sens de la formule de Tsipras sur la composition et les alliances envisag&#233;es pour la formation de son hypoth&#233;tique &#171; gouvernement de gauche &#187;. En fait, DIMAR, des &#233;l&#233;ments du PASOK et d'autres &#171; techniciens &#187; convertis de la derni&#232;re heure seraient des candidats acceptables pour un tel gouvernement, un gouvernement de &#171; salut national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, Tsipras peut faire toutes les concessions qu'il veut, il est plus que probable que les secteurs dominants du capitalisme grec et leurs mentors internationaux ne vont pas acheter des propositions &#171; d'ouverture &#187; de ce type. Ce d'autant plus que son contr&#244;le sur SYRIZA n'est pas h&#233;g&#233;monique et solide et que SYRIZA ne contr&#244;le pas la dynamique socio-politique &#8211; au contraire de ce que le PCI (Parti communiste italien) et la CGIL &#233;taient aptes &#224; faire en Italie, dans les ann&#233;es 1970-1980. En outre, SYRIZA ne d&#233;termine pas (encore ?) la direction du gros des appareils du mouvement syndical, avec ses deux conf&#233;d&#233;rations : ADEDY pour le public et GSEE pour le priv&#233;, secteur o&#249; son implantation est tr&#232;s faible, entre autres dans les moyennes et petites entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous les feux de la rampe, chauffer pour dissoudre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le jeudi 10 juillet au soir, les enjeux du Congr&#232;s dit de fondation du nouveau parti SYRIZA &#233;taient clairs. La soir&#233;e d'ouverture &#233;tait mise en sc&#232;ne pour deux acteurs, Alexis Tsipras et Pierre Laurent du PCF. A la tribune sont mont&#233;s, entre autres, des anciens militants communistes incarnant toute une histoire. Ils &#233;taient pr&#233;c&#233;d&#233;s par les dirigeants des organisations fondatrices de SYRIZA en 2003, dont Antonis Ntavanellos de DEA (Gauche internationaliste ouvri&#232;re). Les anciens ont &#233;t&#233; plus applaudis que Tsipras lorsqu'il arriva sous les feux des projecteurs et des applaudissements concert&#233;s, saluant th&#233;&#226;tralement ses &#171; alli&#233;s internationaux &#187;. Le genre de signe que les conseillers exp&#233;riment&#233;s du dirigeant de 39 ans ont d&#233;cel&#233; de suite. Manolis Glezos, n&#233; en 1922 et h&#233;ros de la r&#233;sistance anti-nazie, n'&#233;tait pas pr&#233;sent. N'ayant pas eu droit &#224; une discussion avec la direction Tsipras sur la question de la dissolution des organisations (entre autres la sienne), il boycotta cette ouverture &#171; lumineuse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de Tsipras &#233;tait articul&#233; autour de trois th&#232;mes : 1&#176; le danger du r&#233;gime autoritaire qui se renforce ; 2&#176; l'importance, d&#232;s lors, de d&#233;fendre la d&#233;mocratie sans qualificatif (pas les droits sociaux et d&#233;mocratiques conquis dans les luttes, ce qui constitue une donn&#233;e du pass&#233; proche et du pr&#233;sent en Gr&#232;ce) ; 3&#176; la lutte pour la &#171; justice sociale &#187;. Pas une allusion aux luttes qui se d&#233;roulaient ce jour-l&#224;, afin d'en tirer des enseignements sur la strat&#233;gie &#224; venir. Des phrases indiquant une ouverture &#224; des alliances politiques et sociales larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toujours dans ce genre de discours &#8211; qu'il lisait car &#171; on &#187; le lui avait &#233;crit &#8211; le venin est dans la queue. Au nom de la fondation, enfin, d'un &#171; parti unifi&#233; et d&#233;mocratique &#187;, il &#233;tait n&#233;cessaire de mettre fin &#224; la coalition des 14 partis qui formait SYRIZA. La proposition &#233;tait emball&#233;e dans un papier de f&#234;te dont ont le secret des &#233;l&#232;ves de l'eurocommunisme : &#171; il faut que chacun et chacune puisse s'emparer du parti, que le peuple puisse disposer de cet instrument en mettant tout le monde sur le m&#234;me pied, donc en dissolvant les partis et organisations qui composent SYRIZA &#187;. Pour preuve, le jeudi matin du 10 juillet, Synaspismos (Coalition de la Gauche, des Mouvements et de l'Ecologie), principale composante num&#233;rique de SYRIZA, s'&#233;tait dissoute. Ce fait accompli devait servir d'indication exemplaire pour les autres groupes, mouvements ou organisations. Ainsi, seuls le pr&#233;sident de SYRIZA devant &#234;tre &#233;lu par le Congr&#232;s (et non par le Comit&#233; central) et la direction majoritaire autour de lui resteraient organis&#233;s et s'empareraient, sans d&#233;bats futurs, du &#171; grand parti d&#233;mocratique que tous les Grecs attendaient &#187;. L'essentiel du Congr&#232;s va tourner autour de cet objectif d&#233;cisif pour la direction Tsipras afin de renforcer sa cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s de ce qu'elle consid&#232;re ses interlocuteurs importants, des secteurs du PSOK et des fractions bourgeoises cens&#233;es accueillir ses avances. Ce qui est illusoire, par ailleurs, dans le contexte national et international pr&#233;sent. Les questions politiques les plus urgentes ont donc &#233;t&#233; abord&#233;es, pour l'essentiel, par des intervenants de divers courants autres que celui de la majorit&#233;, en particulier des d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;e&#183;s de la Plateforme de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vedette am&#233;ricaine &#8211; celle qui passe avant Johnny Halliday pour entretenir la salle dans un spectable normal, mais qui en l'occurrence a pass&#233; apr&#232;s le chanteur vedette, Tsipras &#8211; les congressistes ont eu droit &#224; Pierre Laurent, du Parti communiste fran&#231;ais (PCF). Il est intervenu apr&#232;s avoir quitt&#233;, pour un instant, ses camarades de la Gauche unie europ&#233;enne (GUE), assis au premier rang. Il concluait la soir&#233;e spectacle. Son discours traduit en grec sur les haut-parleurs n'&#233;tait audible que sur le canal z&#233;ro de la traduction. Un nombre embl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent, au nom du Parti de la gauche europ&#233;enne (PGE), r&#233;v&#232;le d'abord la situation politique europ&#233;enne favorable au PGE et &#224; ses perspectives : &#171; Ils n'ont aucun soutien populaire. C'est pour cela qu'ils bafouent la d&#233;mocratie, nient les souverainet&#233;s populaires, les droits politiques et sociaux des citoyens. Ils n'ont aucun avenir politique. Ils sont en sursis. Ce sont des &#8220;gouvernements zombies&#8221; ! &#187; Puis il souligne les avanc&#233;es de cette gauche : &#171; En 2012, vous [SYRIZA] &#234;tes pass&#233;s &#224; l'offensive en revendiquant le pouvoir, en rassemblant autour d'un projet de progr&#232;s pour la soci&#233;t&#233; grecque. Votre force est devenue la premi&#232;re force de gauche du pays. Elle a rendu cr&#233;dible la perspective d'une politique alternative. Elle est aux portes du pouvoir aujourd'hui. Les d&#233;fis sont tr&#232;s grands. Il faut reconstruire la soci&#233;t&#233;, ses structures de solidarit&#233;, ses outils productifs, sa d&#233;mocratie. Il faudra trouver les voies pour le respect de sa souverainet&#233; face &#224; une UE domin&#233;e par les march&#233;s et les n&#233;olib&#233;raux. La solidarit&#233; europ&#233;enne et les luttes pour la refondation de l'UE seront d&#233;terminantes. Vous pourrez compter sur les forces du PGE pour ouvrir les espaces de convergence n&#233;cessaires, au niveau europ&#233;en, entre les forces politiques de gauche, avec les forces sociales et syndicales. Les conditions de cette union sont plus favorables aujourd'hui comme le d&#233;montrent l'Altersummit [qualifi&#233; par beaucoup de militant&#183;e&#183;s de rencontre estivale pour la bureaucratie syndicale europ&#233;enne qui se donne &#224; ces occasions des airs de combattant europ&#233;aniste et pour des repr&#233;sentants, pour l'essentiel salari&#233;s, d'ONG diverses, tout cela &#224; l'ombre du PGE et de la droite de SYRIZA, ce qui n'alt&#232;re pas grand-chose] qui s'est r&#233;uni &#224; Ath&#232;nes le mois dernier [en juin], les &#233;volutions de la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats [la CES financ&#233;e par l'UE !] et la premi&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale coordonn&#233;e du 14 novembre dernier. &#187; Verbatim. Vous ne r&#234;vez pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Laurent, magnifique (pas le Florentin du XVe si&#232;cle italien), conclut par un coup de gong : &#171; En 2004, nous &#233;tions ensemble, Synaspismos et mon Parti, le Parti communiste fran&#231;ais, pour fonder le PGE. Nous avons beaucoup avanc&#233; en suivant chacun notre route, mais en ayant la m&#234;me trajectoire. Les progr&#232;s des uns ont renforc&#233; les autres et ensemble nous avons fait grandir le PGE. &#187; L'horizon, pour Pierre Laurent et le PGE, ne s'&#233;loigne pas trop lorsqu'ils s'en rapprochent. Il est normal car Laurent le d&#233;finit ainsi : &#171; Nous allons pr&#233;parer les &#233;lections europ&#233;ennes de 2014 qui seront un moment crucial pour changer le rapport des forces en Europe, pour renforcer le groupe GUE-NGL au Parlement europ&#233;en. &#187; Le travailleurs et travailleuses europ&#233;ens attendent impatiemment mai 2014. Ses &#171; amis &#187; du Parti de gauche et du Front de gauche fran&#231;ais, du moins les composantes pr&#233;sentes, ne faisaient pas une mine trop r&#233;jouie. Mais ils ont fait leur choix. A eux de l'assumer. Pour ce qui est d'IU (Izquierda Unida, Espagne), du Bloco de Esquerda du Portugal, de Die Linke d'Allemagne, de Rifondazione communista d'Italie, du PC Finlandais, du PC d'Autriche&#8230; et m&#234;me afghan, tout &#171; baignait dans l'huile &#187;. La confiance dans Tsipras, qui &#171; a m&#234;me r&#233;fl&#233;chi aux nouveaux billets &#224; imprimer &#187;, en cas de sortie de l'eurozone, comme le soulignait un &#233;conomiste r&#233;put&#233; portugais, est l&#224; pour concr&#233;tiser les espoirs (vains) de ceux qui pensent que la classe dominante europ&#233;enne est pr&#234;te &#224; faire des cadeaux &#224; une majorit&#233; parlementaire &#171; vraiment de gauche &#187;, sans m&#234;me mentionner le groupe du GUE qui fait vibrer les trav&#233;es &#224; Bruxelles et Strasbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce sujet, un des arguments avanc&#233;s par la direction Tsipras &#224; propos de la mise &#224; mort de la coalition &#233;tait le suivant : si nous ne sommes pas un parti unifi&#233;, nous risquons de ne pas obtenir les 50 si&#232;ges suppl&#233;mentaires attribub&#233;s au parti arrivant en t&#234;te des futures &#233;lections en Gr&#232;ce. Or, cette question avait &#233;t&#233; r&#233;gl&#233;e formellement (au plan juridico-constitutionnel) avant les derni&#232;res &#233;lections. Cette anecdote &#224; propos d'une rumeur permet de saisir la fa&#231;on dont le d&#233;bat avait &#233;t&#233; choisi d'&#234;tre conduit par la direction Tsipras lors du Congr&#232;s de fondation. La seconde partie de cet article &#233;tablira le lien entre les d&#233;bats et r&#233;sultats du congr&#232;s et la situation en Gr&#232;ce d&#233;but ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles-Andr&#233; Udry&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trag&#233;die de Compostelle : Accident in&#233;vitable ou catastrophe n&#233;olib&#233;rale ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tragedie-de-Compostelle-Accident-inevitable-ou-catastrophe-neoliberale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Tragedie-de-Compostelle-Accident-inevitable-ou-catastrophe-neoliberale</guid>
		<dc:date>2013-08-06T12:01:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brais Fern&#225;ndez</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Plusieurs jours ont pass&#233; depuis que s'est produit le tragique accident de train &#224; Saint-Jacques de Compostelle qui a provoqu&#233; la mort de 79 personnes et des dizaines de bless&#233;s. L'information diffus&#233;e est bien souvent contradictoire, avec diff&#233;rentes sph&#232;res en interaction, depuis la dimension politique jusqu'&#224; la m&#233;diatique en passant par la technique. On peut tenter de dresser un petit bilan autour de quelques axes essentiels, en tenant compte du fait qu'il est fort probable que de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton14756-e45eb.jpg?1677097012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs jours ont pass&#233; depuis que s'est produit le tragique accident de train &#224; Saint-Jacques de Compostelle qui a provoqu&#233; la mort de 79 personnes et des dizaines de bless&#233;s. L'information diffus&#233;e est bien souvent contradictoire, avec diff&#233;rentes sph&#232;res en interaction, depuis la dimension politique jusqu'&#224; la m&#233;diatique en passant par la technique. On peut tenter de dresser un petit bilan autour de quelques axes essentiels, en tenant compte du fait qu'il est fort probable que de nouvelles donn&#233;es vont appara&#238;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il pass&#233; ? Entre information et construction politico-m&#233;diatique de la trag&#233;die&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste apr&#232;s le d&#233;raillement du train, une intense sp&#233;culation s'est d&#233;velopp&#233;e autour de ce qui avait provoqu&#233; le tragique &#233;v&#233;nement. Les trois hypoth&#232;ses avanc&#233;es furent &#171; l'erreur humaine &#187;, &#171; l'insuffisance technique &#187; et &#171; l'attentat &#187;. Comme on peut le constater, certaines ne sont pas n&#233;cessairement incompatibles, ni non plus univoques. Mais commen&#231;ons par la th&#232;se de l'attentat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette th&#232;se a &#233;t&#233; rapidement &#233;cart&#233;e par le Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, non sans avoir &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme plausible par les officiels de la Municipalit&#233; de Saint-Jacques de Compostelle. Certaines cha&#238;nes t&#233;l&#233;vis&#233;es, comme le &#171; Canal 24 horas &#187; de la RTVE (radio t&#233;l&#233;vision publique espagnole, NdT) se sont faites l'&#233;cho de cette piste, en diffusant de mani&#232;re ambig&#252;e des t&#233;moignages d'habitants qui avaient entendu trois grandes explosions. Le fait qu'une institution officielle ait filtr&#233; ce type de version en dit long sur la vision initiale de la trag&#233;die de la part des autorit&#233;s de Compostelle (la ville est dirig&#233;e par les secteurs les plus droitiers du Parti Populaire). Il s'agissait de saisir une opportunit&#233; politique en tirant profit de la douleur, de tenter de semer le doute parmi certains secteurs de la population (les 24 et 25 juillet, la gauche nationaliste organisait des activit&#233;s comm&#233;moratives du &#171; Jour de la patrie galicienne &#187;) et d'essayer de d&#233;tourner l'attention d'une possible faille technique. Comme il fallait s'y attendre, cette hypoth&#232;se a &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e, mais il est significatif qu'on ait sp&#233;cul&#233; autour d'elle sans la plus minime &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux autres hypoth&#232;ses (l'erreur humaine ou l'insuffisance technique) sont sur la table et ne sont pas n&#233;cessairement incompatibles. Le conducteur, Francisco Jos&#233; Garz&#243;n, avec plus de 20 ans d'exp&#233;rience, a &#233;t&#233; accus&#233; d'homicide involontaire, accusation pour laquelle il pourrait &#234;tre condamn&#233; de 2 &#224; 12 ans de prison. Il devra compara&#238;tre toutes les semaines au tribunal et perdra sa licence pendant six mois. Il a admis avoir eu un moment &#171; d'&#233;garement &#187; en freinant trop tard. L'image d'un homme totalement abattu, psychologiquement d&#233;truit par la trag&#233;die, a fait la &#171; une &#187; de la presse &#233;crite et t&#233;l&#233;vis&#233;e et c'est autour de lui que se construit le r&#233;cit officiel, tant politique que m&#233;diatique. Les mass m&#233;dias du r&#233;gime n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; en faire le responsable principal de la trag&#233;die, avec une campagne &#224; l'&#233;thique journalistique douteuse dans laquelle on est all&#233; jusqu'&#224; publier ses &#171; statuts &#187; sur Facebook sortis de leurs contexte afin de le pr&#233;senter comme quelqu'un d'imprudent qui, t&#244;t ou tard, &#233;tait destin&#233; &#224; commettre un tel crime. Les couvertures des journaux d'extr&#234;me-droite comme &#171; ABC &#187; ou &#171; La Raz&#243;n &#187; ont all&#232;grement aliment&#233; cette campagne, en soulignant perfidement son affiliation au syndicat CCOO [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conducteur a donc &#233;t&#233; jug&#233; par les m&#233;dias alors qu'ils ont parall&#232;lement accord&#233; bien peu d'attention aux insuffisances techniques qui ont pu permettre l'accident. Le gouvernement de la r&#233;gion de Galice est all&#233; jusqu'&#224; insinuer qu'il existerait des raisons obscures derri&#232;re les exigences d'une enqu&#234;te portant sur un d&#233;ficit technique [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a par contre des raisons perverses dans cette tentative d'enterrer cette hypoth&#232;se. L'industrie en pleine croissance des trains &#224; grande vitesse, compos&#233;e d'entreprises publiques et priv&#233;es, est devenue un secteur-cl&#233; de l'&#233;conomie espagnole, stimul&#233; par la construction d'infrastructures jug&#233;es inutiles par la population (les habitants d'Angrois, lieu de l'accident, s'organisent depuis des mois contre la construction d'une ligne AVE &#8211; train &#224; grande vitesse, NdT), car elles suppriment des lignes courtes ou moyennes consid&#233;r&#233;es comme &#233;conomiquement peu rentables mais qui sont socialement utiles et tr&#232;s utilis&#233;es par la population laborieuse dans ses d&#233;placements quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, ce secteur influent participe actuellement &#224; un concours pour construire un AVE au Br&#233;sil, en comp&#233;tition avec diverses entreprises internationales. L'une des pr&#233;-conditions pour obtenir la concession est de n'avoir souffert aucun accident provoqu&#233; par une faille technique dans les cinq derni&#232;res ann&#233;es. L'entreprise chinoise Communications Construction a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e du concours &#224; cause de l'accident dans la province de Zhekiang qui a provoqu&#233; 33 morts [3]. La ministre des Equipements, Ana Pastor, dont le minist&#232;re n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; d&#233;signer le conducteur comme l'unique responsable de la trag&#233;die [4], a r&#233;cemment visit&#233; le Br&#233;sil pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts espagnols (par &#171; int&#233;r&#234;ts espagnols &#187;, on entend bien entendu les &#171; int&#233;r&#234;ts des entreprises espagnoles &#187;) qui r&#234;vent d'empocher un contrat de 12 milliards de dollars. Le d&#233;lai accord&#233; aux consortiums en lice par l'Etat br&#233;silien pour pr&#233;senter un projet expire le 16 ao&#251;t : l'objectif du gouvernement, des entreprises et de la Justice semble &#234;tre donc de d&#233;montrer rapidement la faute du conducteur pour rester dans la course dans cette affaire si juteuse. Il semble bien que les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s sont contradictoires avec le droit social &#224; conna&#238;tre les causes authentiques de l'accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, certaines fissures ont commenc&#233; &#224; se produire dans le r&#233;cit officiel. Le pr&#233;sident de l'Administration des Infrastructures Ferroviaires (ADIF), Gonzalo Ferre, a admis que le sinistre aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233; si le train avait dispos&#233; du syst&#232;me de s&#233;curit&#233; ERTMS (qui r&#233;duit automatiquement la vitesse, supprimant toute possibilit&#233; qu'une erreur humaine provoque un accident), install&#233; dans la majeure partie des trains &#224; grande vitesse espagnols [5]. Les syndicats des conducteurs de train ont &#233;galement soulign&#233; le caract&#232;re anachronique des syst&#232;mes de signalisation actuels. Le journal digital &#171; Eldiario.es &#187; a r&#233;v&#233;l&#233; que le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; du tron&#231;on o&#249; s'est produit l'accident a plus d'un demi-si&#232;cle et a d&#233;montr&#233; qu'en rempla&#231;ant les dispositifs analogiques actuels par des syst&#232;mes digitaux (dont le co&#251;t est de 12.000 euros &#224; peine), l'accident aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;. Ce dispositif est pourtant d&#233;j&#224; install&#233; sur d'autres tron&#231;ons de cette m&#234;me voie sinistr&#233;e [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, d'un point de vue logique, les versions sur &#171; l'erreur humaine &#187; et les &#171; d&#233;ficiences techniques &#187; ne sont pas n&#233;cessairement incompatibles. Mais il est n&#233;cessaire d'&#233;claircir une question fondamentale ; la trag&#233;die a peut-&#234;tre &#233;t&#233; contingente, mais elle n'&#233;tait pas in&#233;vitable. L'erreur humaine a pu exister, mais elle n'aurait pas provoqu&#233; de morts avec les moyens techniques ad&#233;quats. Ces moyens techniques ne rel&#232;vent pas de la science-fiction et nous ne sommes plus au 19e si&#232;cle, quand la conduite d'un train d&#233;pendait uniquement de son conducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit, totalement id&#233;ologique, qui associe l'erreur du travailleur &#224; la culpabilit&#233;, est compl&#232;tement surd&#233;termin&#233; par un fait concret : les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques priv&#233;s s'interposent pour &#233;viter qu'on fasse toute la lumi&#232;re, avec toutes ses cons&#233;quences. On occulte le fait que l'erreur aurait pu ne pas d&#233;boucher sur une trag&#233;die. La technologie et son utilisation sont loin d'&#234;tre neutres ou apolitiques (bien que la technique ait une dimension relativement autonome) : le conducteur est soumis aux rythmes qu'impose la machine. Mais la technologie devient secondaire quand les int&#233;r&#234;ts de quelques-uns passent avant tout. Ce qui est grave avec la ligne argumentaire dominante est qu'on ne trace pas de perspective pour &#233;viter qu'une telle trag&#233;die puisse se reproduire, on condamne au plus vite un coupable et on enterre les responsabilit&#233;s politiques pour continuer &#224; faire du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;ponses politiques : celles d'en bas et celles d'en haut&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action du peuple galicien et des autres nationalit&#233;s de l'Etat espagnol a &#233;t&#233; une authentique d&#233;monstration de solidarit&#233; populaire. En r&#233;action &#224; l'impact de la trag&#233;die, la nuit du sinistre, les travailleurs du secteur public ont r&#233;pondu avec &#233;nergie et efficacit&#233;. Des infirmi&#232;res au ch&#244;mage sont venues offrir leur collaboration dans les h&#244;pitaux. Des psychologues volontaires ont offert leurs comp&#233;tences pour soutenir les victimes, les familles ou les habitants. Les pompiers ont suspendu leur gr&#232;ve pour aider aux travaux de sauvetage. La population galicienne a r&#233;pondu en donnant massivement du sang, au point que les autorit&#233;s sanitaires ont d&#233;clar&#233; qu'elles en avaient maintenant en quantit&#233; largement suffisante. Des milliers de messages de solidarit&#233; se sont exprim&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux. La politique avec un grand &#171; P &#187; a envahi la Galice, d&#233;montrant que les classes populaires peuvent r&#233;pondre &#224; des situations adverses avec solidarit&#233; et coop&#233;ration, loin de la concurrence impos&#233;e par la logique capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me vient d'ailleurs. La coordination des services publics (qui est de la responsabilit&#233; des autorit&#233;s) a &#233;t&#233; loin d'&#234;tre efficiente. Le Plan d'urgence n&#233;cessaire a tard&#233; plus de 100 minutes a &#233;t&#233; &#234;tre activ&#233; [7]. Des dizaines de bless&#233;s ont &#233;t&#233; dirig&#233;s vers une clinique priv&#233;e alors que l'h&#244;pital le plus proche &#233;tait public, ce fait ayant &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par les travailleurs de cette clinique eux-m&#234;mes [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre partie de la r&#233;ponse politique, au-del&#224; de la gestion post-accident, a &#233;t&#233; le r&#233;cit institutionnel. Les politiciens du Parti Populaire ont opt&#233; pour une ligne de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts patronaux en rejetant toute la faute sur le conducteur. Le Parti Socialiste (PSOE) a disparu de la carte politique, misant sur une explication parlementaire qui va tarder plusieurs jours &#224; arriver, si tant est qu'elle arrive. Pendant les jours suivant la trag&#233;die, les responsables politiques de droite ont tent&#233; d'imposer un silence sur la trag&#233;die, instrumentalisant la douleur, accusant les voix dissidentes par rapport au r&#233;cit officiel de &#171; politiser &#187; et de &#171; r&#233;cup&#233;rer &#187; la trag&#233;die, tandis qu'eux-m&#234;mes parcouraient les zones de l'accident face aux cam&#233;ras et en se faisant prendre en photo avec les familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est am&#232;rement ironique de constater que ce sont les m&#234;mes responsables des coupes et des politiques d'aust&#233;rit&#233; qui d&#233;truisent les services publics, qui pr&#233;carisent les travailleurs et qui subordonnent le bien-&#234;tre de la majorit&#233; aux int&#233;r&#234;ts du capital priv&#233;, qui aujourd'hui accusent les autres de &#171; r&#233;cup&#233;rer politiquement &#187; la trag&#233;die. La classe dominante a un grand int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;cider ce qui est politique et ce qui ne l'est pas. La presse du r&#233;gime a contribu&#233; &#224; cette &#171; d&#233;politisation &#187; (autrement dit : seuls les politiciens peuvent parler de politique) en &#171; marchandisant &#187; la trag&#233;die, en transformant la douleur des familles en images &#224; consommer. Le summum de cette dynamique a &#233;t&#233; la comm&#233;moration officielle des victimes en forme de messe national-catholique dans la cath&#233;drale de Saint-Jacques de Compostelle, avec la pr&#233;sence des princes royaux et de la curie religieuse. Tout un exemple de &#171; neutralit&#233; &#187; : des fun&#233;railles transform&#233;es en un meeting cynique du r&#233;gime de 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette repr&#233;sentation a &#233;t&#233; remise en question par la gauche. En premier lieu, elle a suspendu les activit&#233;s comm&#233;moratives du &#171; 25 de xullo, d&#237;a da patria galega &#187; (25 juillet, jour de la patrie gallicienne), qui devaient avoir lieu le lendemain de la trag&#233;die. Ensuite, la gauche galicienne, tant parlementaire - l'Alternative Galicienne de Gauche (AGE), n&#233;e &#224; l'initiative d'Izquierda Unida, et le Bloc Nationaliste Galicien (BNG) &#8211; NdT) qu'extra-parlementaire s'est refus&#233;e &#224; souscrire au r&#233;cit officiel et &#224; tomber dans la criminalisation du conducteur. Elle a d&#233;fendu le labeur des travailleurs du secteur public et exig&#233; une enqu&#234;te ind&#233;pendante qui d&#233;termine les responsabilit&#233;s politiques [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La br&#232;che ouverte dans le consensus institutionnel par la gauche parlementaire est particuli&#232;rement significative par son refus de participer aux actes officiels organis&#233;s par le Parti Populaire, alimentant ainsi un &#171; esprit de scission &#187; par rapport &#224; la version de la classe dominante. Une bonne partie de la soci&#233;t&#233; civile n'est pas pr&#234;te &#224; donner un blanc-seing acritique au r&#233;cit de la classe dominante car la cr&#233;dibilit&#233; des politiciens et des patrons est s&#233;rieusement &#233;rod&#233;e par leurs agissements dans des cas comme ceux du &#171; Prestige &#187; (p&#233;trolier &#233;chou&#233; au large des c&#244;tes galiciennes en 2002 en provoquant une d&#233;sastreuse mar&#233;e noire tr&#232;s mal g&#233;r&#233;e par les autorit&#233;s - NdT) ou du 11-M (attentats terroristes de la gare d'Atocha &#224; Madrid le 11 mars 2004 - NdT). Les politiques d'aust&#233;rit&#233; et les scandales de corruption ont &#233;galement min&#233; la conviction que les repr&#233;sentants politiques consacrent les moyens disponibles pour aider les simples citoyens. Cette crise de l&#233;gitimit&#233; est une fen&#234;tre d'opportunit&#233; pour qu'une catastrophe comme celle de Compostelle soit s&#233;rieusement investigu&#233;e, qu'on ne permette pas que le conducteur devienne une &#171; t&#234;te de Turc &#187;, qu'on rende justice aux victimes et qu'on ne revive plus une telle trag&#233;die parfaitement &#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de conclusion : les limites du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral - qui consiste &#224; combiner des privatisations et des sous-investissements dans le secteur public pour payer la dette et cela, dans un mod&#232;le de gestion mim&#233;tique &#224; celui qui pr&#233;vaut dans l'entreprise priv&#233;e - a &#233;t&#233; s&#233;rieusement touch&#233; avec cette trag&#233;die. Sur le terrain de l'efficacit&#233; des op&#233;rations post-accident, le chaos de la gestion bureaucratique n'a &#233;t&#233; compens&#233; que par la volont&#233; et l'&#233;nergie des travailleurs publics. La sous-utilisation des h&#244;pitaux publics, qui transforme le droit &#224; l'assistance des bless&#233;s en un transfert de ressources publiques au secteur priv&#233;, et le chaos dans l'organisation du plan d'urgence se sont introduits dans l'agenda politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la pr&#233;vention, l'&#233;chec du projet n&#233;olib&#233;ral &#224; l'heure d'appliquer les mesures techniques appropri&#233;es est plus qu'&#233;vident. Les travailleurs de RENFE (l'entreprise nationale de chemin de fer) r&#233;clament depuis des ann&#233;es davantage d'investissements dans ce secteur public, tandis que les ing&#233;nieurs qui ont alert&#233; sur la dangerosit&#233; du tron&#231;on o&#249; s'est produit l'accident n'ont pas &#233;t&#233; entendus, ce qui remet s&#233;rieusement en question le mythe de l'efficacit&#233; de la gestion de type entrepreneuriale. Dans ce cas-ci, l'imperm&#233;abilit&#233; de la gestion n&#233;olib&#233;rale et l'absence de d&#233;mocratie dans les politiques publiques ont provoqu&#233; une catastrophe sociale gravissime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de clarification ult&#233;rieure des faits, les int&#233;r&#234;ts du capital se heurtent durement aux int&#233;r&#234;ts des familles et des citoyens. La clarification sur ce qui s'est pass&#233; est obstin&#233;ment bloqu&#233;e par les int&#233;r&#234;ts du secteur de l'industrie ferroviaire, plus pr&#233;occup&#233; &#224; maintenir ses juteux contrats qu'&#224; examiner les responsabilit&#233;s et &#233;claircir les faits afin d'&#233;viter qu'ils ne se reproduisent. Le Parti Populaire, avec le silence complice du PSOE, s'est charg&#233; de donner la couverture politique aux int&#233;r&#234;ts de quelques-uns, d&#233;montrant sa compl&#232;te subordination au patronat et son absence de loyaut&#233; envers les citoyens. La presse a oscill&#233; entre la morbidit&#233; mercantiliste pour transformer la douleur en spectacle et une campagne pour criminaliser le conducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernants n'ont pas &#233;t&#233;, m&#234;me de tr&#232;s loin, &#224; la hauteur d'un peuple qui a r&#233;pondu avec la solidarit&#233; populaire &#224; la trag&#233;die. L'attitude de la gauche politique et la m&#233;fiance des classes populaires vis-&#224;-vis de la version officielle ouvrent un espoir pour que la trag&#233;die soit clarifi&#233;e. La bataille sera dure, mais il y a un devoir &#233;thique qu'on ne peut &#233;luder, tant vis-&#224;-vis de ceux qui ne sont plus l&#224; que de nous-m&#234;mes et pour &#233;viter de futures trag&#233;dies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brais Fern&#225;ndez est militant de l'organisation &#171; Esquerda Anticapitalista Galega &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.vientosur.info/spip.php?article8235&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vientosur.info/spip.php?article8235&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;http://www.lamarea.com/2013/07/28/errores-y-mentiras-en-los-medios-sobre-el-accidente-de-tren-en-santiago/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lamarea.com/2013/07/28/errores-y-mentiras-en-los-medios-sobre-el-accidente-de-tren-en-santiago/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;http://www.elpais.com.uy/mundo/tragedia-arruinar-espanoles-exportar-trenes.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.elpais.com.uy/mundo/tragedia-arruinar-espanoles-exportar-trenes.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://ccaa.elpais.com/ccaa/2013/07/25/galicia/1374783173_665541.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ccaa.elpais.com/ccaa/2013/07/25/galicia/1374783173_665541.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;http://www.lavozdegalicia.es/noticia/galicia/2013/07/28/gobierno-une-adif-renfe-descargando-culpas-conductor/0003_201307G28P3991.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lavozdegalicia.es/noticia/galicia/2013/07/28/gobierno-une-adif-renfe-descargando-culpas-conductor/0003_201307G28P3991.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &lt;a href=&#034;http://www.lavanguardia.com/sucesos/20130729/54378947952/presidente-adif-siniestro-evitado-seguridad-ertms.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lavanguardia.com/sucesos/20130729/54378947952/presidente-adif-siniestro-evitado-seguridad-ertms.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &lt;a href=&#034;http://www.eldiario.es/sociedad/Alvia-Adif-Renfe-Asfa-Digital_0_158184435.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.eldiario.es/sociedad/Alvia-Adif-Renfe-Asfa-Digital_0_158184435.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &lt;a href=&#034;http://ccaa.elpais.com/ccaa/2013/07/27/galicia/1374958484_530107.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ccaa.elpais.com/ccaa/2013/07/27/galicia/1374958484_530107.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &lt;a href=&#034;http://ccaa.elpais.com/ccaa/2013/07/28/galicia/1375041728_327918.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ccaa.elpais.com/ccaa/2013/07/28/galicia/1375041728_327918.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &lt;a href=&#034;http://alternativagalega.com/age-fronte-ao-accidente-en-angrois/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alternativagalega.com/age-fronte-ao-accidente-en-angrois/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
