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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Egypte : la journ&#233;e du 14 ao&#251;t</title>
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		<dc:date>2013-08-20T08:39:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles-Andr&#233; Udry</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-20</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution &#233;gyptienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques jours avant ce 14 ao&#251;t 2013, les travailleurs de l'aci&#233;rie de Suez, qui revendiquaient leur d&#251; depuis fin 2012, ont pris connaissance du licenciement de 12 de leurs coll&#232;gues. Puis lesdites forces de s&#233;curit&#233; ont arr&#234;t&#233; deux de leurs repr&#233;sentants : Amr Yousif et Abd-al-Ra'uf. La direction de la firme, sous contr&#244;le de l'Etat, invoquait des pertes pour ne pas satisfaire les revendications des ouvriers. Pourtant, elle avait fait don d'une somme importante afin de payer la dette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton14828-d1383.jpg?1781052602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques jours avant ce 14 ao&#251;t 2013, les travailleurs de l'aci&#233;rie de Suez, qui revendiquaient leur d&#251; depuis fin 2012, ont pris connaissance du licenciement de 12 de leurs coll&#232;gues. Puis lesdites forces de s&#233;curit&#233; ont arr&#234;t&#233; deux de leurs repr&#233;sentants : Amr Yousif et Abd-al-Ra'uf. La direction de la firme, sous contr&#244;le de l'Etat, invoquait des pertes pour ne pas satisfaire les revendications des ouvriers. Pourtant, elle avait fait don d'une somme importante afin de payer la dette publique (d'origine en partie priv&#233;e ou semi-priv&#233;e) de l'Etat &#233;gyptien. Le ministre du Travail, Kamal Abou Aita, n'a pas manifest&#233; un empressement pour condamner cette atteinte aux droits des salari&#233;&#183;e&#183;s. Le pr&#233;sident Adly Mansour, le Premier ministre Hazem Beblawi et, au centre, le g&#233;n&#233;ral et ministre de la D&#233;fense Abdel Fattah al-Sissi indiquaient, de la sorte, le contenu effectif de leur politique : remplacer toute politique en faveur des droits d&#233;mocratiques et sociaux (telle qu'une majorit&#233; populaire le demandait le 30 juin 2013) par &#171; une guerre contre les terroristes &#187; (pour reprendre les termes de la police) : en l'occurrence les Fr&#232;res musulmans (FM).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 13 ao&#251;t 2013, les forces de s&#233;curit&#233; insistaient d&#233;j&#224; sur les affrontements tr&#232;s durs entre &#171; les partisans de Morsi &#187; et leurs opposants. Le 14 ao&#251;t, d&#232;s 5 heures du matin, la police a commenc&#233; &#224; tirer avec des gaz lacrymog&#232;nes tr&#232;s forts sur une des deux positions occup&#233;es par les pro-Morsi. Les trains sont bloqu&#233;s pour emp&#234;cher des manifestations en dehors du Caire. Aux alentours de 12h30, le 14 ao&#251;t, le Minist&#232;re de la sant&#233; &#233;gyptien annonce que l'intervention des forces polici&#232;res &#8211; l'arm&#233;e donne l'impression de n'&#234;tre pas au premier rang &#8211; a fait 149 morts dans tout le pays. Sur la seule place Rabaa al-Adawiya du Caire, &#233;picentre de la mobilisation des pro-Morsi, un journaliste de l'AFP a d&#233;nombr&#233; les corps de 124 manifestants. Les tirs &#224; balles r&#233;elles sont relev&#233;s. La t&#234;te et la poitrine servent de &#171; cibles &#187;. Il y a au moins, selon des sources convergentes, 35 morts dans la province de Fayoum, au sud du Caire. Le nombre effectif de morts et de bless&#233;s d&#233;passera de beaucoup ces chiffres officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard que 14 heures, ce 14 ao&#251;t, est d&#233;clar&#233; l'&#233;tat d'urgence pour un mois et le couvre-feu est instaur&#233; au Caire et dans onze provinces. Les deux ne serviront pas qu'&#224; r&#233;primer les FM, mais aussi les futures gr&#232;ves et autres manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 18 heures, un responsable de la s&#233;curit&#233; affirme que la place Rabaa al-Adawiya est &#171; totalement sous contr&#244;le &#187;. Une formule conventionnelle dans ce genre de situation et r&#233;v&#233;latrice des incertitudes. Durant l'allocution t&#233;l&#233;vis&#233;e, ce soir, Hazem Beblawi a remerci&#233; la police &#171; pour avoir agi avec la plus grande retenue &#187;. Une autre note &#224; la tonalit&#233; caract&#233;ristique. En outre, le Premier ministre n'a pas manqu&#233; d'insister sur un fait : &#171; Aucun Etat qui se respecte n'aurait pu tol&#233;rer &#187; de telles occupations de place. Ce ne sont pas les ministres de l'Int&#233;rieur de Rajoy dans l'Etat espagnol ou de Samaras en Gr&#232;ce qui vont le contredire. Le Premier ministre &#233;gyptien pr&#233;pare le futur imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de l'apr&#232;s-midi du 14 ao&#251;t, Mohammed El-Baradei, vice-pr&#233;sident, donna sa d&#233;mission du gouvernement : &#171; Il m'est devenu difficile de continuer &#224; assumer la responsabilit&#233; de d&#233;cisions avec lesquelles je ne suis pas d'accord &#187;, &#233;crit-il, apr&#232;s avoir couvert l'op&#233;ration poltico-s&#233;cutitaire de Sissi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; d'affrontements durs, localis&#233;s dans le pays et durant une certaine p&#233;riode, est loin d'&#234;tre impossible. Lorsque les FM (ou des forces assimil&#233;es &#224; ces derniers) seront r&#233;prim&#233;s avec violence, en cas de r&#233;sistance minimale, cela suscitera des ripostes de groupes d&#233;termin&#233;s ; les armes ne manquant pas en Egypte. En outre, la r&#233;alit&#233; sociale et politique des FM &#8211; d'autant plus &#233;tant donn&#233; leur position de force vis&#233;e par une r&#233;pression qui a marqu&#233; toute leur histoire &#8211; ne peut et ne doit pas &#234;tre sous-estim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, actuellement, l'arm&#233;e a, plus ouvertement que jamais, en main le pilotage du pays. C'est ce que craignent les puissances &#171; occidentales &#187;. L'arm&#233;e se trouve devant trois difficult&#233;s (au moins). Celle de contr&#244;ler au plan s&#233;curitaire la situation &#224; l'&#233;chelle du pays &#8211; quitte &#224; d&#233;clarer, demain, que la police &#171; a commis des exc&#232;s &#187; &#8211; dans une situation de bipolarisation politique biais&#233;e, largement construite par elle et qui pave le chemin &#224; des affrontements dits confessionnels. Les attaques contre les Coptes, par exemple &#224; Sohag, l'indiquent. Celle de chercher un &#171; compromis &#187;, comme ses tuteurs occidentaux le lui demandent, apr&#232;s les &#233;checs de toutes les m&#233;diations. En particulier celle du grand cheikh d'Al-Azhar qui a tent&#233; de r&#233;unir pour discuter, avant ce 14 ao&#251;t, le gouvernement int&#233;rimaire, les militaires et les FM. Ces derniers ont d&#233;clin&#233; l'invitation d'une personnalit&#233; qui avait condamn&#233; leur politique gouvernementale. Celle de r&#233;pondre aux exigences sociales et d&#233;mocratiques, m&#234;me si un secteur de la population semble avoir donn&#233; &#224; Sissi, pour l'heure, le mandat de mettre &#171; hors jeu &#187; les FM. A cela s'ajoute le proc&#232;s, &#224; venir, de Morsi, qui a &#233;t&#233; repouss&#233;, aujourd'hui, de 15 jours. Optimiste la &#171; justice &#187; &#233;gyptienne ! Ne doit-elle pas &#171; r&#233;gler &#187; de nombreux proc&#232;s (Moubarak et les siens, Morsi et les siens)&#8230; et tous ceux qu'elle a oubli&#233;s : ceux des membres des forces qui ont tu&#233; les martyrs de la r&#233;volution de 2011 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois d&#233;fis pourraient, en cas d'&#233;checs (programm&#233;s), ouvrir une phase o&#249; la v&#233;ritable veine d&#233;mocratique et sociale de la r&#233;volution s'exprimerait avec force. Rien n'est certain. Cela va de soi. Mais c'est cette crainte qui anime les chancelleries occidentales qui ne sont pas tr&#232;s sensibles aux &#171; valeurs d&#233;mocratiques et sociales &#187;, comme leurs pratiques le d&#233;montrent tous les jours, par exemple en Gr&#232;ce, un &#171; laboratoire &#187; qui est un des centres de pr&#233;occupation de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les repr&#233;sentants &#171; occidentaux &#187; vont donc insister pour que la fa&#231;ade civile du gouvernement soit repeinte. Le Premier ministre, Hazem Beblawi, s'est donc engag&#233;, aux alentours de 20 heures ce 14 ao&#251;t, &#224; conduire le processus &#233;lectoral &#224; son terme, au d&#233;but 2014 ! John Kerry &#8211; le secr&#233;taire d'Etat am&#233;ricain, engag&#233; dans des n&#233;gociations sans issue entre l'Autorit&#233; palestinienne et le gouvernement isra&#233;lien qui &#233;largit la colonisation avec fracas, selon sa tradition lors des &#171; n&#233;gociations &#187; &#8211; demande &#224; l'arm&#233;e (sic) d'organiser les &#233;lections et consid&#232;re &#171; lamentable &#187; les modalit&#233;s de la &#171; dispersion &#187; des Fr&#232;res musulmans, de quoi rassurer le Premier ministre &#233;gyptien et la police. Pour l'heure nous n'insisterons pas sur les autres pi&#232;ces du puzzle r&#233;gional, tant elles apparaissent difficiles &#224; r&#233;unir. Sauf pour les &#171; sp&#233;cialistes anti-imp&#233;rialistes &#187; d'un monde o&#249; tout est r&#233;gl&#233; par des &#171; complots &#187; (ourdis &#224; la Maison-Blanche), complots dont la m&#233;canique serait aussi fiable qu'une grande complication, cette montre que peu d'horlogers ma&#238;trisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C.A. Udry, 14 ao&#251;t 2013, 21 heures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Panorama des forces politiques &#233;gyptiennes face &#224; la r&#233;volution et &#224; la contre-r&#233;volution</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Panorama-des-forces-politiques-egyptiennes-face-a-la-revolution-et-a-la-contre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Panorama-des-forces-politiques-egyptiennes-face-a-la-revolution-et-a-la-contre</guid>
		<dc:date>2013-08-20T08:37:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Javier Barreda</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-20</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution &#233;gyptienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il n'y a pas de contradiction entre le fait que plusieurs millions d'Egyptien ont demand&#233; le 30 juin dernier que Morsi abandonne la pr&#233;sidence, par un r&#233;f&#233;rendum ou des &#233;lections pr&#233;sidentielles anticip&#233;es, et qu'un coup d'Etat men&#233; par l'arm&#233;e se soit produit le 3 juillet. Il n'y en n'a pas non plus entre le fait que depuis plusieurs mois, d'importantes forces r&#233;gionales et locales ont conspir&#233; pour affaiblir la position de Morsi par le sabotage de l'&#233;conomie, de l'&#233;nergie, de la s&#233;curit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a pas de contradiction entre le fait que plusieurs millions d'Egyptien ont demand&#233; le 30 juin dernier que Morsi abandonne la pr&#233;sidence, par un r&#233;f&#233;rendum ou des &#233;lections pr&#233;sidentielles anticip&#233;es, et qu'un coup d'Etat men&#233; par l'arm&#233;e se soit produit le 3 juillet. Il n'y en n'a pas non plus entre le fait que depuis plusieurs mois, d'importantes forces r&#233;gionales et locales ont conspir&#233; pour affaiblir la position de Morsi par le sabotage de l'&#233;conomie, de l'&#233;nergie, de la s&#233;curit&#233; et de l'objectivit&#233; journalistique tandis que les millions d'Egyptiens d&#233;j&#224; mentionn&#233;s avaient leurs propres raisons pour exiger le d&#233;part du pr&#233;sident.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui surprend par contre, c'est que l'immense majorit&#233; des dirigeants politiques et des personnalit&#233;s publiques - &#224; l'exclusion des Fr&#232;res Musulmans et de deux ou trois partis islamistes moins importants -, dont le parti salafiste Al-Nour (21,8% des votes aux derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives) et l'Egypte Forte, de l'ex-candidat pr&#233;sidentiel Abdel Moneim Abdel Futuh (17,8% des votes au premier tour), aient applaudis, ni&#233;s ou tol&#233;r&#233;s le coup d'Etat et, surtout, qu'ils continuent &#224; le faire en d&#233;pit de leurs critiques sur des aspects partiels du nouveau processus entam&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La droite &#171; la&#239;que &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien au coup d'Etat des dirigeants du parti Wafd (8,6% aux l&#233;gislatives) et des Egyptiens Libres (3%) n'est quant &#224; lui pas surprenant. Confortablement install&#233;s sur l'&#233;chiquier politique sous Moubarak (sauf dans le cas du dernier, qui n'existait pas &#224; l'&#233;poque) et ayant collabor&#233; avec lui, ils se sont ensuite convertis en &#171; r&#233;volutionnaires &#187; et ont depuis lors ouvert leurs rangs aux ex-membres officiels de ce r&#233;gime. Leurs pr&#233;sidents millionnaires (Badawi et Sawiris) ont mis leurs cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et leurs m&#233;dias (d&#233;j&#224; autoris&#233;s au temps de Moubarak) au service du maquillage de la r&#233;alit&#233; et de la diabolisation des Fr&#232;res Musulmans. Sawiris, qui a d&#233;clar&#233; &#234;tre entr&#233; en politique apr&#232;s la chute de Moubarak &#171; pour contrecarrer l'expansion des id&#233;es socialistes dans la jeunesse &#187;, a reconnu qu'il a accord&#233; des facilit&#233;s mat&#233;rielles aux fondateurs du mouvement &#171; Tamarod &#187;, &#171; sans qu'ils ne sachent d'o&#249; elles venaient &#187;, ce dont il n'est &#171; nullement honteux &#187;. Ces fondateurs affirment quant &#224; eux qu'ils n'ont &#171; pas demand&#233; l'aide de l'arm&#233;e &#187; dans les semaines pr&#233;c&#233;dent le coup, que c'est l'arm&#233;e &#171; qui l'a offerte &#187; et qu'ils se sont limit&#233;s &#224; l'accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Wafd et les Egyptiens Libres sont aujourd'hui les principaux repr&#233;sentants de la droite dite &#171; la&#239;que &#187; en Egypte et ils le sont gr&#226;ce &#224; la garantie d'&#234;tres &#171; non moubarakistes &#187; que bon nombre leur conc&#232;dent facilement &#224; partir d'une conception assez &#233;troite de ce r&#233;gime. Mais dans le sillage du Wafd et des Egyptiens Libres navigue une bonne quantit&#233; de partis mineurs &#8211; dont certains sont ouvertement moubarakistes -, la grande majorit&#233; des grands m&#233;dias et un nombre significatif de figures publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 3 juillet, les ramifications m&#233;diatiques de ce secteur, avec en son sein les m&#233;dias publics &#8211; &#233;tonnamment indemnes de toute prise de contr&#244;le par les Fr&#232;res Musulmans comme on l'avait tant de fois d&#233;nonc&#233; &#8211; se sont en outre consacr&#233;s &#224; occulter des informations et des opinions (par exemple, sur les manifestations des partisans de Morsi et la violence exerc&#233;e contre elles), &#224; glorifier non seulement l'arm&#233;e mais aussi la police qui, selon l'Organisation Egyptienne des Droits de l'Homme, tant sous la pr&#233;sidence des militaire que sous Morsi, a arr&#234;t&#233; et tortur&#233; pour raisons politiques relativement plus que depuis la chute de Moubarak. La diff&#233;rence entre ces diff&#233;rentes &#233;poques est que la police n'&#233;tait pas avec Morsi et la grande erreur de celui-ci, que ce soit par tactique ou par conviction, a &#233;t&#233; de ne pas se presser de tenter de d&#233;manteler cet appareil r&#233;pressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut signaler que, du point de vue de leurs positions macro-&#233;conomiques, les Fr&#232;res Musulmans ne se distinguent pratiquement en rien de la droite la&#239;que capitaliste. A de nombreuses occasions, ses dirigeants &#8211; dont beaucoup sont de prosp&#232;res entrepreneurs &#8211; ont exprim&#233; leur adh&#233;sion au libre march&#233; et au capitalisme et ont m&#234;me fait les &#233;loges de la politique &#233;conomique de privatisations et de lib&#233;ralisation suivie par Moubarak dans sa derni&#232;re phase. Autre chose sont ses promesses de justice sociale, qui convainquent bon nombre de ses partisans des classes les plus populaires. Les diff&#233;rences entre les Fr&#232;res Musulmans et le reste de la droite s'inscrivent dans le cadre de certains aspects sociaux et culturels de leur id&#233;ologie et, surtout, du moins au niveau des dirigeants, dans la lutte pour l'h&#233;g&#233;monie d'une &#233;lite contre d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Salafistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au parti salafiste Al-Nour, on sait qu'il est g&#233;n&#233;reusement financ&#233; par l'argent saoudien et du Golfe et que ses dirigeants et partisans s'abstinrent de participer &#224; la politique dans les 15 derni&#232;res ann&#233;es du r&#233;gime de Moubarak &#8211; beaucoup d'entre eux ont particip&#233; dans les ann&#233;es 1990 &#224; la lutte arm&#233;e contre lui. Ils ne se sont int&#233;gr&#233;s au jeu politique qu'apr&#232;s sa chute, avec la b&#233;n&#233;diction du Conseil Supr&#234;me des Forces Arm&#233;es (CSFA) afin de faire contrepoids aux Fr&#232;res Musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit du fait qu'ils les ont aid&#233;s aux pr&#233;sidentielles, ils ont &#233;t&#233; tr&#232;s critiques avec la politique des Fr&#232;res Musulmans, depuis le d&#233;but du mandat de Morsi jusqu'au 30 juin. Leur posture d&#233;clar&#233;e face &#224; ce dernier se r&#233;sume &#224; la constatation de ses erreurs au gouvernement et une formidable animosit&#233; les s&#233;pare des Fr&#232;res Musulmans &#8211; qui n'ignorent pas que les salafistes ont &#233;t&#233; en grande partie promus par des pouvoirs factices. Leur crainte d'un retour &#224; l' &#171; Etat policier &#187; les a n&#233;anmoins amen&#233;s &#224; soutenir la proposition de Morsi d'&#233;lections anticip&#233;es et ils ont initialement soutenus la &#171; feuille de route &#187; des militaires et la d&#233;claration constitutionnelle du nouveau pr&#233;sident &#8211; apr&#232;s s'&#234;tre assur&#233; de la permanence de l'Islam comme religion d'Etat et principale source de la l&#233;gislation &#8211; et ont appel&#233; les Fr&#232;res Musulmans &#224; se retirer des rues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se sont ult&#233;rieurement d&#233;solidaris&#233;s de la &#171; feuille de route &#187; et on accrus leurs critiques envers cette m&#234;me d&#233;claration constitutionnelle et la formation du nouveau gouvernement, ainsi que la campagne m&#233;diatique, la violence et la r&#233;pression contre les Fr&#232;res Musulmans, qu'ils continuent cependant &#224; tenir pour responsables, &#224; cause de leur &#171; obstination &#187;, de l'&#233;volution des &#233;v&#233;nements. Selon eux, les &#233;v&#233;nements qui ont conduit au 3 juillet se situent entre le mouvement r&#233;volutionnaire et le coup d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de Abdul Futuh et de son parti, l'Egypte Forte, face &#224; l'aspect sp&#233;cifique que nous avons abord&#233;, est quasi identique &#224; celle de Al-Nour en d&#233;pit des &#233;normes diff&#233;rentes entre eux par ailleurs puisque l'islamisme de Abdul Futuh est trop lib&#233;ral en politique et en morale pour les salafistes (et aussi pour les dirigeants des Fr&#232;res Musulmans, dont il a fait partie il y a quinze ans). Abdul Futuh, avec son image m&#233;rit&#233;e d'homme int&#232;gre et port&#233; au dialogue, pourrait &#234;tre un homme important dans un avenir &#224; moyen terme r&#233;ellement ouvert &#224; la r&#233;conciliation et &#224; des troisi&#232;me ou quatri&#232;me voies, un avenir qui cependant bien compliqu&#233; d'imaginer aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; centristes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au spectre politique diffus et fragment&#233; du centre-droit et du centre-gauche, ou ceux qui pr&#233;tendent le composer, les deux secteurs ont trouv&#233; un point de convergence dans la figure de Al-Baradei et de son parti, Al-Dustur. Al-Baradei, accus&#233; par beaucoup d'&#234;tre un agent de l'&#233;tranger, est arriv&#233; en Egypte en 2010 aur&#233;ol&#233; d'une gloire m&#233;diatique internationale qui le pr&#233;sentait comme le champion de la lutte contre Moubarak et le candidat &#224; sa succession via des &#233;lections, alors que la majorit&#233; des Egyptiens ignoraient jusqu'alors son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui sans s'&#234;tre jamais pr&#233;sent&#233; &#224; une &#233;lection, il est vice-pr&#233;sident pour les Affaires Etrang&#232;res du r&#233;gime instaur&#233; apr&#232;s le coup d'Etat (depuis lors, il a d&#233;missionn&#233; &#224; la suite des massacres perp&#233;tr&#233;s par l'arm&#233;e, NdT) et il est &#224; la t&#234;te du Front du Salut National qui a agglutin&#233; l'opposition &#224; Morsi des grands partis et qui rassemble le Wafd, les Egyptiens Libres, son propre parti et le Courant Populaire, parmi d'autres. Le parti de Baradei se d&#233;clare lib&#233;ral en politique et en &#233;conomie, il d&#233;fend ouvertement le libre march&#233; tout en s'opposant aux privatisations et compte de nombreux dirigeants et partisans de la lutte contre Moubarak, dont beaucoup d'origine de gauche proches du nass&#233;risme, comme le fondateur de Kifaya, Georges Ishaq, ou l'&#233;crivain Alaa Al-Aswani.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers mois, Al-Baradei s'est d&#233;clar&#233; dispos&#233; &#224; ouvrir les portes de son parti &#224; d'ex-membres du r&#233;gime de Moubarak, ce qui a provoqu&#233; un toll&#233; dans une grande partie de sa base. Al-Baradei et son parti soutiennent &#224; 100% la feuille de route des militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche r&#233;formiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la gauche, il convient de souligner actuellement le parti Courant Populaire, qui pr&#233;tend rassembler les partisans de l'id&#233;al nass&#233;rien dans sa d&#233;fense du r&#244;le central de l'Etat dans le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie, et donc en faveur de la renationalisation de la majeure partie des entreprises privatis&#233;es par Moubarak, ainsi que des droits des travailleurs, mais &#224; partir d'une perspective qui rejette le marxisme et la lutte des classes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son pr&#233;sident, Hamd&#237;n Al-Sibahi, a surpris ses propres partisans en obtenant plus de 21% des votes lors du premier tour des &#233;lections qui, selon certains, furent manipul&#233;es pour l'&#233;carter du second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, cependant, ce r&#233;sultat n'est pas &#233;tonnant : Sibahi repr&#233;sente aux yeux de beaucoup l'unique option face aux candidats de l'ancien r&#233;gime et des islamistes, et bon nombre de ses &#233;lecteurs sont d'authentiques partisans d'un nass&#233;risme &#171; mod&#233;r&#233; &#187; par son acceptation de la d&#233;mocratie et dans son rapport avec l'islamisme politique, pers&#233;cut&#233; sans piti&#233; par Nasser &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les 6 ou 7 derni&#232;res ann&#233;es avant la chute de Moubarak, de nombreux nass&#233;riens ont effectivement tendu des ponts de communication et de coop&#233;ration avec les islamistes contre le dictateur et Sibahi lui-m&#234;me s'&#233;tait alli&#233;, avec son parti d'alors, Al-Karama, avec les Fr&#232;res Musulmans aux &#233;lections l&#233;gislatives de 2012. Certains d'entre eux avaient exig&#233; qu'on respecte la victoire de Morsi aux &#233;lections pr&#233;sidentielles. Mais, apr&#232;s son succ&#232;s a ces derni&#232;res, Sibahi a voulu r&#233;unir tous les courants et partisans du nass&#233;risme, avec tout ce que cela implique de concessions &#224; l'autoritarisme, &#224; la confiance quasi aveugle dans l'institution militaire et &#224; la ranc&#339;ur vis-&#224;-vis des islamistes. Les Fr&#232;res Musulmans ont accus&#233; des membres du Courant Populaire d'avoir attaqu&#233; leurs propres partisans dans diverses provinces d'Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi la trentaine de portefeuilles minist&#233;riels du nouveau gouvernement qui se pr&#233;tend &#171; d'unit&#233; nationale &#187; et d' &#171; experts &#187;, form&#233; par Hazem Biblawi apr&#232;s le renversement de Morsi, le Courant Populaire en compte deux, Al-Dustur deux &#233;galement et le Wafd un. Le Parti Social D&#233;mocratique en a deux (y compris le pr&#233;sident). Avec eux se trouvent divers ex-membres des cabinets nomm&#233;s pendant et apr&#232;s la chute de Moubarak, tant par les militaires que par Morsi (certains ont &#233;t&#233; d&#233;mis et un a d&#233;missionn&#233;). Il y a &#233;galement deux militaires, outre le Ministre de la D&#233;fense, Al-Sissi, et un ex-g&#233;n&#233;ral de la police, en outre du Ministre de l'Int&#233;rieur. Finalement, une grande partie d'entre eux ont occup&#233; des postes de responsabilit&#233; sous le r&#233;gime de Moubarak, trois d'entre eux ayant &#233;t&#233; membre de son Bureau Politique ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon nombre d'entre eux ont jou&#233; un r&#244;le important dans les secteurs li&#233;s &#224; la lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie. On a assign&#233; aux ministres de tendance nass&#233;rienne les minist&#232;res du Travail, de l'Eduction et de la Jeunesse. Les postes &#233;conomiques sont toujours aux mains des lib&#233;raux. Ceux de la D&#233;fense, de l'Int&#233;rieur, de la Production Militaire et du Ravitaillement sont aux mains de militaires ou de policiers (le ministre de l'Int&#233;rieur est toujours le m&#234;me que sous le gouvernement Morsi). La ministre de l'Information est une ex-membre du Bureau Politique du parti de Moubarak. Il est donc &#233;vident que le nouveau gouvernement est un gouvernement d'unit&#233;&#8230; face &#224; Morsi et aux Fr&#232;res Musulmans et on comprend les ricanements de leurs partisans &#8211; et sans doute aussi du reste des islamistes &#8211; rassembl&#233;s le 19 juillet dans les places d'Egypte face &#224; la pr&#233;tention que ce gouvernement soit &#171; d'unit&#233; nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur de ces lignes a tent&#233; de comprendre les positions de ceux qui ont sanctionn&#233; le coup d'Etat. On peut comprendre que beaucoup d'entre eux peuvent &#234;tre honn&#234;tes dans leur conviction &#8211; sans doute juste &#8211; selon laquelle la majorit&#233; du peuple voulait le d&#233;part de Morsi, qui consid&#232;rent que les Fr&#232;res Musulmans portaient le germe de l'autoritarisme et qui pensent qu'il fallait donner une issue &#224; la situation de blocage politique, de d&#233;t&#233;rioration &#233;conomique. Bon nombreux d'entre eux font probablement pression pour que les mobilisations constantes des Fr&#232;res Musulmans ne soient pas r&#233;prim&#233;es de mani&#232;re encore plus sanglante. Et il est &#233;vident que ceux qui ont une fibre r&#233;volutionnaire et d&#233;mocratique placent leur espoir dans le fait que la mobilisation populaire des uns et des autres ne permettra pas le retour &#224; un r&#233;gime ouvertement autocratique et r&#233;pressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est difficile de comprendre, au-del&#224; du fait qu'ils soient parfaitement conscient d'avec qui ils sont alli&#233;s, qu'ils ne se rendent pas compte que le fait de fermer les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision des islamistes, d'emprisonner les dirigeants des Fr&#232;res Musulmans avec de fausses accusations et, surtout, d'occulter l'existence de plusieurs millions de personnes dans les rues d'Egypte, comme l'a fait la t&#233;l&#233;vision d'Etat, qu'avec tout cela donc, la distance entre un tel r&#233;gime autocratique et r&#233;pressif est pour le moins tr&#232;s petite. Certaines figures du nouveau gouvernement &#8211; comme la ministre de l'Information &#8211; ne semblent pas promettre de r&#233;duire cette distance, tout au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les Arabes connaissent sans exception le dicton &#171; Ils m'ont mang&#233; le jour o&#249; ils ont mang&#233; le taureau noir &#187;, &#233;quivalent au &#171; Ils sont d'abord venus prendre les communistes&#8230; &#187;, erron&#233;ment attribu&#233; &#224; Brecht. Mais il semble bien que beaucoup d'entre eux, &#224; commencer par des communistes, l'oublient quand ce sont les islamistes que l'ont vient chercher en premier, en d&#233;pit d'avoir d&#233;j&#224; connus certaines exp&#233;riences de ce genre (par exemple, sous la pr&#233;sidence de Nasser).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et vu que nous parlons des communistes, je conclurai avec certains d'entre eux et avec d'autres ayant un poids num&#233;rique limit&#233; et aux maigres moyens, mais qui ont un grand prestige, une importance symbolique et de possibles perspectives de croissance. Le Mouvement du 6 Avril a jou&#233; un r&#244;le fondamental depuis le 6 avril 2008 et jusqu'&#224; la chute de Moubarak, non seulement directement, mais aussi avec leur travail de convergence entre diff&#233;rents courants id&#233;ologiques d'opposition &#8211; et en particulier entre islamistes et la&#239;cs &#8211; et entre le mouvement ouvrier et le reste de la soci&#233;t&#233;. Au second tour des &#233;lections, ce fut la seule force politique non islamiste qui a soutenu publiquement Morsi face au candidat de l'ancien r&#233;gime Ahmad Shafiq, dans le but d'emp&#234;cher son retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement du 6 Avril a ensuite soutenu la campagne de Tamarod contre Morsi, sans s'int&#233;grer cependant au Front de Salut National. Face au coup d'Etat et aux processus ult&#233;rieur, ils ont maintenus une position critique sans aller jusqu'&#224; manifester contre lui, rejetant, par exemple, le nouveau gouvernement &#224; cause de la pr&#233;sence en son sein d'ex-membres du r&#233;gime de Moubarak et d&#233;non&#231;ant sans ambages et sans se laisser confondre la violence utilis&#233;e contre les partisans de Morsi. En d&#233;pit des tentatives constantes de provoquer des divisions et d'introduire des cooptations dans ses rangs, ils sont parvenus &#224; maintenir leur ind&#233;pendance et leur clairvoyance face &#224; toutes les formes d'autoritarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins importants num&#233;riquement et m&#233;diatiquement, les R&#233;volutionnaires Socialistes, d'inspiration trotskyste, incarnent la r&#233;novation d'une gauche marxiste radicalement distincte de l'exp&#233;rience sovi&#233;tique. Ils ont &#233;galement particip&#233; &#224; la campagne contre Morsi en soutenant le mouvement Tamarod, mais l'un de ses dirigeants les plus connus, Hossam Al-Hamalawy, a attir&#233; l'attention sur la n&#233;cessit&#233; de faire la distinction entre les promoteurs et coordinateurs centraux de Tamarod, inconnus jusqu'alors, et les nombreux activistes de cette organisation et d'autres qui, de mani&#232;re d&#233;centralis&#233;e, se sont limit&#233;s &#224; diffuser et &#224; soutenir sa campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les R&#233;volutionnaires Socialistes consid&#232;rent, toujours selon Al-Hamalawy, qu'&#224; l'&#233;poque de la pr&#233;sidence de Morsi et dans le cours des &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs, il n'y a pas eu de r&#233;elle rupture avec l'ancien r&#233;gime de Moubarak et que les ex-membres de ce dernier, la droite la&#239;que et les dirigeants des Fr&#232;res Musulmans, sont des alli&#233;s de classe m&#234;me s'ils s'affrontent entre eux pour &#233;tablir leur h&#233;g&#233;monie politique. Le fait que la majeure partie des classes populaires donne son appui soit &#224; l'arm&#233;e, soit aux Fr&#232;res Musulmans souligne, selon Al-Hamalawy, l'&#233;chec de la gauche &#224; construire une alternative &#224; la droite dite la&#239;que et &#224; la droite islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les R&#233;volutionnaires Socialistes ont qualifi&#233; la d&#233;claration constitutionnelle du nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique de &#171; dictatoriale &#187; et consid&#232;rent que le nouveau du gouvernement est &#171; l'homme des banques et des investisseurs, ennemi de la justice sociale &#187;. Apr&#232;s leur constat sur l'indiscutable &#233;chec de la gauche, la question est de savoir dans quelle mesure il pourrait &#234;tre surmont&#233; avec une posture &#233;quidistante entre un conglom&#233;rat domin&#233; par la droite du r&#233;gime de Moubarak qui n'a gagn&#233; aucune &#233;lection et un autre domin&#233; par la droite islamiste qui, lui, a remport&#233; des &#233;lections et qui, quand il &#233;tait encore au pouvoir, se trouvait dans une position de plus grande faiblesse que le nouveau r&#233;gime actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&#8232;&lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=171554&amp;titular=panorama-de-las-fuerzas-pol%EDticas-egipcias-frente-a-la-revoluci%F3n-y-la-involuci%F3n-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=171554&amp;titular=panorama-de-las-fuerzas-pol%EDticas-egipcias-frente-a-la-revoluci%F3n-y-la-involuci%F3n-&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traductions fran&#231;aises pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que se passe-t-il en &#201;gypte ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Que-se-passe-t-il-en-Egypte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Que-se-passe-t-il-en-Egypte</guid>
		<dc:date>2013-08-20T08:36:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Chastaing</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-20</dc:subject>
		<dc:subject>La r&#233;volution &#233;gyptienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le pouvoir a dispers&#233; le mercredi 14 ao&#251;t par la force et avec une violence extr&#234;me les deux places au Caire que les Fr&#232;res Musulmans occupaient depuis plus de six semaines. Il y aurait eu, &#224; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, 638 morts et 4 000 bless&#233;s selon le minist&#232;re de la sant&#233; ( beaucoup plus selon les Fr&#232;res Musulmans). La majorit&#233; des victimes sont des pro-Morsi de ces deux places mais aussi de nombreuses villes d'&#201;gypte o&#249; les manifestations des Fr&#232;res Musulmans et leurs alli&#233;s islamistes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Egypte-+" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-en-marche-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe en marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-egyptienne-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution &#233;gyptienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton14850-1c4f5.png?1781052602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le pouvoir a dispers&#233; le mercredi 14 ao&#251;t par la force et avec une violence extr&#234;me les deux places au Caire que les Fr&#232;res Musulmans occupaient depuis plus de six semaines. Il y aurait eu, &#224; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, 638 morts et 4 000 bless&#233;s selon le minist&#232;re de la sant&#233; ( beaucoup plus selon les Fr&#232;res Musulmans). La majorit&#233; des victimes sont des pro-Morsi de ces deux places mais aussi de nombreuses villes d'&#201;gypte o&#249; les manifestations des Fr&#232;res Musulmans et leurs alli&#233;s islamistes d&#233;non&#231;ant le pouvoir ont &#233;t&#233; brutalement r&#233;prim&#233;es par les forces de police.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En riposte, les Fr&#232;res Musulmans ont attaqu&#233; plusieurs commissariats et si&#232;ges de gouvernorats, des si&#232;ges de parti la&#239;cs, mais aussi et surtout br&#251;l&#233; ou saccag&#233; de nombreuses &#233;glises et b&#226;timents chr&#233;tiens coptes (70 selon les autorit&#233;s coptes dont &#233;coles et orphelinats semble-t-il) comme des voitures, maisons, magasins appartenant &#224; ces derniers. Parmi les victimes, il y aurait donc aussi une cinquantaine de policiers, un certain nombre de coptes et quelques journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, contre les violences des Fr&#232;res Musulmans &#224; l'encontre des chr&#233;tiens et souvent aussi de certains r&#233;sident de quartiers, des contre manifestations de r&#233;sidents ont eu lieu dans diff&#233;rentes villes notamment &#224; Suez o&#249; les mouvements de jeunesse de la ville ont prononc&#233; un couvre feu sp&#233;cial pour les Fr&#232;res Musulmans, pendant qu'ils s'en prenaient &#233;galement aux biens de ces derniers, voitures ou magasins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;texte du chaos, le pouvoir a d&#233;cr&#233;t&#233; le couvre feu et l'&#233;tat d'urgence pour un mois au Caire et dans 11 gouvernorats sur 18, nommant &#224; la t&#234;te de chacun de ces gouvernorats un g&#233;n&#233;ral &#224; la retraite pour la dur&#233;e de l'&#233;tat d'urgence en m&#234;me temps qu'il assurait de sa volont&#233; de la poursuite du processus &#233;lectoral qu'il garantit pour 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vice pr&#233;sident El Baradei du FSN a d&#233;missionn&#233; pour protester contre la brutalit&#233; du pouvoir. Le parti salafiste Al Nour, le Mouvement du 6 avril ( d&#233;mocrates r&#233;volutionnaires) et les Socialistes R&#233;volutionnaires (trotskystes) ainsi que le responsable de Al Azhar (autorit&#233; religieuse musulmane) ont d&#233;nonc&#233; les violences du gouvernement en place, alors que la grande majorit&#233; des partis ( opposition lib&#233;rale, d&#233;mocrates, nass&#233;riens, gauche...) soutenaient les mesures d'&#233;vacuation des places prises par le gouvernement avec, parfois, seulement quelques b&#233;mols sur la m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, vendredi 16 ao&#251;t, les Fr&#232;res Musulmans appellent &#224; de nouvelles manifestations pour d&#233;noncer le r&#233;gime et ses violences, en d&#233;fiant le couvre feu ( 19 h) dont la r&#233;pression pourrait &#234;tre tout aussi sanglante, sinon plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer de comprendre ce qui s'est pass&#233; et tenter de se faire une id&#233;e de o&#249; cela peut aller, retournons un peu en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De juin 2012 &#224; juin 2013 : mont&#233;e du mouvement social et discr&#233;dit croissant des Fr&#232;res Musulmans &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tentative de coup d'&#233;tat militaire fin juin 2012 &#233;choue devant une menace de soul&#232;vement populaire. Son but &#233;tait de mettre fin &#224; l'agitation incessante qui traverse le pays depuis janvier 2011, manifestations, gr&#232;ves, occupations, sit-in, blocages de routes, voies ferr&#233;es et b&#226;timents officiels, affrontements de rue violents, etc... avec dans bien des cas, une exigence de d&#233;gager tous les &#034;petits Moubarak&#034; &#224; tous les niveaux de l'&#201;tat ou de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2012, les Fr&#232;res Musulmans acc&#232;dent au pouvoir avec Morsi comme pr&#233;sident &#224; l'occasion des &#233;lections pr&#233;sidentielles. Mais dans ces &#233;lections, au premier tour, les suffrages en faveur des Fr&#232;res Musulmans se sont litt&#233;ralement effondr&#233;s. Ce sont les candidats r&#233;volutionnaires qui obtiennent la majorit&#233; des voix, en particulier le candidat socialiste nass&#233;rien. Mais, divis&#233;s, ils n'acc&#232;dent pas au pouvoir. Au second tour, avec une abstention importante pendant que d'autres appellent au boycott, Morsi est &#233;lu, mais par d&#233;faut. Les &#233;lecteurs n'ont pas vot&#233; pour lui mais contre le candidat de l'arm&#233;e (qui &#233;tait au pouvoir depuis f&#233;vrier 2011). L'arm&#233;e, &#233;ternelle rivale des Fr&#232;res Musulmans (mais aussi sa complice contre le peuple) accepte &#224; son corps d&#233;fendant, le nouveau pouvoir. Les sommets de l'arm&#233;e jouent le jeu et participent &#224; leur gouvernement avec deux ministres, pendant que les Fr&#232;res Musulmans multiplient les gestes en faveur de l'arm&#233;e et ses avantages. L'arm&#233;e voit dans les Fr&#232;res Musulmans, avec leurs deux millions de membres, leurs organisations de charit&#233; multiples et leur contr&#244;le d'un grand nombre de mosqu&#233;es, la seule force sociale et id&#233;ologique capable de s'opposer &#224; la r&#233;volution montante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut dire que la situation &#233;conomique, ne s'am&#233;liore pas, au contraire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morsi au gouvernement m&#232;ne ouvertement une politique pro-capitaliste et anti-ouvri&#232;re. Son gouvernement doit alors faire face &#224; une mont&#233;e jamais vue des gr&#232;ves et des m&#233;contentements en tous genres. Il manie la r&#233;pression, avec l'aide de l'arm&#233;e et la police, tout aussi violemment que le gouvernement pr&#233;c&#233;dent du CSFA (arm&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, en un an de pouvoir, les Fr&#232;res Musulmans ont perdu tout cr&#233;dit. En d&#233;cembre 2012, contre le mouvement populaire que rien n'arr&#234;te, Morsi tente un coup de force en s'attribuant tous les pouvoirs. Un soul&#232;vement populaire quasi insurrectionnel tente de le faire tomber. Morsi n'est sauv&#233; que par le soutien de l'opposition du FSN qui accepte de jouer le jeu d'un pseudo-r&#233;f&#233;rendum sur l'islamisation des institutions pour d&#233;tourner le fleuve de la rue et l'entra&#238;ner vers des querelles religieuses. Morsi gagne le r&#233;f&#233;rendum &#224; la faveur de tricheries consid&#233;rables et dans le cadre d'une abstention massive o&#249;, de fait, tous les partis institutionnels d'&#201;gypte sont mis en minorit&#233; par le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de l&#224;, les &#233;meutes et soul&#232;vements vont devenir incessants. De tr&#232;s nombreux si&#232;ges du Parti de la Justice et de la Libert&#233; ( parti des Fr&#232;res Musulmans) sont incendi&#233;s ou saccag&#233;s, tout sp&#233;cialement par les milieux les plus populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier et mars 2013, un soul&#232;vement des villes du canal de Suez, en particulier Port Sa&#239;d, met &#224; mal l'autorit&#233; du gouvernement. Morsi d&#233;cr&#232;te le couvre feu mais personne n'ob&#233;it. Port Sa&#239;d est quasi aux mains des insurg&#233;s. On voit apparaitre des embryons d'auto-organisation. Une partie de la police fait gr&#232;ve, refusant de soutenir le pouvoir de Morsi compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;. L'arm&#233;e prend ses distances avec Morsi et tente de se refaire une virginit&#233; politique en apparaissant au dessus des factions. On revoit des petites manifestations de pro-Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars, avril et mai 2013, la contestation repart sur un terrain &#233;conomique. Elle atteint des taux records mondiaux de gr&#232;ves et de protestations populaires. Les revendications sont &#233;conomiques : salaires, emploi, eau, &#233;lectricit&#233;, gasoil... Mais en m&#234;me temps, dans bien des cas, elles ont aussi un caract&#232;re politique. Les gr&#233;vistes exigent que leurs dirigeants, des services comme des entreprises, soient &#034;d&#233;gag&#233;s&#034;. Bref, que la r&#233;volution de 2011 qui avait chass&#233; Moubarak soit compl&#233;t&#233;e par une r&#233;volution qui chasse tous les oppresseurs, des chefs d'entreprise aux chefs de services hospitaliers en passant par tous ceux qui ont des postes et des responsabilit&#233;s &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre de m&#233;contentements grandissants, une campagne politique de signatures proclamant l'ill&#233;gitimit&#233; de Morsi, baptis&#233;e Tamarod ( R&#233;bellion) est lanc&#233;e par de jeunes militants proches de l'opposition institutionnelle du FSN. Cette campagne demande des &#233;lections pr&#233;sidentielles anticip&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du 30 juin au 3 juillet 2013 : vers une deuxi&#232;me r&#233;volution, sociale celle-l&#224;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de gr&#232;ves et d'agitation consid&#233;rables, elle a un succ&#232;s hors du commun. Tout le monde s'en empare, des comit&#233;s Tamarod naissent partout, bien souvent dans les usines, et d&#233;bordent les initiateurs comme les objectifs initiaux. La p&#233;tition obtient 20 millions de signatures (alors que Morsi a &#233;t&#233; &#233;lu par 13 milions de voix, dont beaucoup par d&#233;faut).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup, l'ill&#233;gitimit&#233; de Morsi signifie qu'il doit partir tout de suite. Une manifestation de remise des signatures est pr&#233;vue le 30 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas exactement combien de personnes sont venues ce jour-l&#224;. Les estimations les plus basses sont de 14 millions de manifestants, les plus hautes de 30 millions. La participation populaire est &#233;norme. Les gr&#233;vistes de mars, avril et mai sont l&#224;. Mais les dirigeants de Tamarod ont exig&#233; qu'aucune banderole d'organisation, de parti, de syndicat et d'entreprise n'apparaisse. Seuls les drapeaux &#233;gyptiens et les pancartes individuelles sont autoris&#233;es. Le caract&#232;re ouvrier des manifestations ne se voit donc pas ; le caract&#232;re &#034;national&#034; si. Un seul mot d'ordre &#034;Morsi d&#233;gage&#034;. La manifestation dure alors 4 jours sans faiblir. Le peuple tout entier est dans la rue. Y compris beaucoup de nouveaux qui n'avaient particip&#233; &#224; rien jusqu'&#224; pr&#233;sent. C'est une f&#234;te gigantesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e craint alors non seulement que le peuple fasse chuter Morsi, mais qu'&#224; cette occasion, une fois ce r&#233;sultat obtenu, les manifestations continuent et que cette fois-ci, la foule des revendications de mars, avril et mai, &#233;conomiques et politiques, ne soient port&#233;es au devant du mouvement. A partir de l&#224;, la propri&#233;t&#233; et l'&#201;tat pourraient &#234;tre directement menac&#233;s. L'arm&#233;e en premier, puisqu'elle est propri&#233;taire de 20 &#224; 40% de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque est d'autant plus r&#233;el que des rumeurs d'appel &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale par les syndicats se pr&#233;cisent. C'est le spectre du sc&#233;nario de janvier 2011 qui ressurgit, mais cette fois, la deuxi&#232;me r&#233;volution sera sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel&#233;e &#224; intervenir par un certain nombre de partis d'opposition qui s'inqui&#232;tent de la tournure des &#233;v&#233;nements, notamment les socialistes nass&#233;riens, l'arm&#233;e &#8211; par la voix du g&#233;n&#233;ral Sissi, ex-ministre de la d&#233;fense de Morsi - pose alors le 1er juillet un ultimatum de 48 H &#224; Morsi : il s'en va, organise des &#233;lections, ou alors c'est l'arm&#233;e qui le d&#233;gage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la joie chez les manifestants. L'obstacle de l'arm&#233;e semble lev&#233;. Les gens poussent un &#034;ouf&#034; de soulagement. Il n'y aura pas de bain de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la majeure partie des manifestants continue &#224; occuper la rue, n'ayant qu'une confiance limit&#233;e dans l'arm&#233;e et pr&#233;f&#233;rant faire le boulot eux-m&#234;mes. D'autant plus que les Fr&#232;res Musulmans n'abandonnent pas. Leurs militants agressent violemment les manifestants faisant de nombreux bless&#233;s et quelques morts, sans que l'arm&#233;e ou la police n'intervienne pour prot&#233;ger les manifestants. On voit appara&#238;tre alors un certain nombre de comit&#233;s de quartiers d'auto-d&#233;fense dans diff&#233;rentes villes pour se prot&#233;ger des violences des Fr&#232;res Musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre la majorit&#233; des partis et syndicats d'opposition, soulag&#233;e par l'intervention de l'arm&#233;e, se pr&#233;cipite sur sa proposition et s'engouffre derri&#232;re elle. Les dirigeants de Tamarod, eux, sont divis&#233;s. Ils h&#233;sitent un instant. Certains appellent les manifestants &#224; d&#233;gager eux-m&#234;mes Morsi, &#224; ne pas attendre que l'arm&#233;e le fasse, &#224; cr&#233;er leurs propres comit&#233;s et &#224; aller le chercher dans son palais. Mais la majorit&#233; de la direction de Tamarod finit par se rallier &#224; l'arm&#233;e et ne propose plus aux manifestants que d'attendre que celle-ci fasse elle-m&#234;me le boulot. Les directions syndicales font de m&#234;me et annulent leur mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'opposition organis&#233;e, &#224; l'exception des Socialistes R&#233;volutionnaires, est derri&#232;re l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce moment, on voit surgir un peu partout, et de plus en plus, des slogans en faveur de l'arm&#233;e, des portraits de Sissi fournis par l'arm&#233;e mais port&#233;s par l'opposition, par des anciens du PND ( parti de Moubarak) qui profitent de l'occasion et du caract&#232;re &#034;national&#034; des manifestations, pour tenter de se glisser dans la foule, et, enfin, par des primo-manifestants qui n'avaient pas eu encore &#224; subir la r&#233;pression polici&#232;re ou militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; souvent dit &#224; ce moment que les &#233;gyptiens &#233;taient versatiles, qu'ils se mettaient &#224; adorer l'arm&#233;e qu'ils combattaient quelques mois plus t&#244;t. Non, les &#233;gyptiens ne sont pas des imb&#233;ciles. Ce sont tous les partis d'opposition, y compris la direction de Tamarod, qui ont port&#233; cette politique de soutien &#224; l'arm&#233;e, entra&#238;nant seulement alors avec eux la partie de la population la moins consciente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;gyptiens ne sont pas tant derri&#232;re l'arm&#233;e qu'on les a montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bonapartisme et logique de la situation apr&#232;s le 3 juillet 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e arr&#234;te Morsi le 3 juillet puis un certain nombre de dirigeants des Fr&#232;res Musulmans. L'arm&#233;e a vol&#233; les fruits de la r&#233;volution, mais c'est l'explosion de joie chez les manifestants et la f&#234;te permanente dans la rue pendant plusieurs jours pour des millions d'&#233;gyptiens. Le but affich&#233; est atteint : Morsi est tomb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e nomme ensuite un gouvernement o&#249; figurent les anciens de l'opposition lib&#233;rale (comme El Bardei) et nass&#233;rienne, notamment le ministre du travail ( ancien dirigeant du syndicat oppositionnel n&#233; de la r&#233;volution de janvier 2011) avec le soutien de l'ancienne opposition d&#233;mocrate, Tamarod et bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fr&#232;res Musulmans sont confront&#233;s &#224; une situation catastrophique pour eux. Cela faisait 70 ans qu'ils travaillaient &#224; arriver au pouvoir. Et l&#224;, en seulement un an tout s'effondre. Comment &#233;chapper au d&#233;sastre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils profitent alors du fait que ce n'est pas une r&#233;volution populaire jusqu'au bout qui les a chass&#233; du pouvoir mais un coup d'&#201;tat de l'arm&#233;e, pour se r&#233;clamer de la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. Morsi a &#233;t&#233; &#233;lu, crient-ils partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubli&#233; la tentative de coup d'&#201;tat de Morsi en d&#233;cembre, oubli&#233; les tricheries &#233;hont&#233;es lors des scrutins, la participation tr&#232;s faible, oubli&#233;e la r&#233;pression extr&#234;mement violente des gr&#232;ves et manifestations, les multiples atteintes aux libert&#233;s d&#233;mocratiques, les restrictions aux droits des journalistes, de la justice... Oubli&#233;s surtout la p&#233;tition de 20 millions de signatures, les 14 &#224; 30 millions d'&#233;gyptiens qui ont cri&#233; dans la rue pendant plusieurs jours, dans une d&#233;mocratie directe infiniment plus repr&#233;sentative, qu'ils ne voulaient plus d'eux. Non, ils seraient la vraie d&#233;mocratie : en tous cas celle que veulent les occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Craignant de tout perdre, leur appareil ne s'effondre pas. Il s'accroche. D'autant plus qu'ils obtiennent le soutien entier ou partiel de quasiment tous les pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne cherchent pas &#224; s'adresser au peuple &#233;gyptien qui vient de montrer qu'il ne voulait plus d'eux, mais &#224; leurs propres militants et sympathisants, pour ne pas les perdre. Ils les enferment alors, et s'enferment avec eux, dans une bulle. D'une part, ils les abreuvent d'informations fantaisistes, aid&#233;s par la presse occidentale, en leur faisant croire qu'ils sont des millions mais surtout que l'islam est menac&#233; par l'arm&#233;e, les m&#233;cr&#233;ants et les chr&#233;tiens. D'autre part, ils multiplient les occupations de places et les manifestations agressives contre le pouvoir... et les chr&#233;tiens. Dans ce combat pour la survie, repli&#233;s sur eux, il est probable qu'au sein des Fr&#232;res Musulmans, le pouvoir soit pass&#233; aux plus int&#233;gristes. D'autant plus que l'arm&#233;e essaie de les faire &#233;clater en jouant sur leurs divisions internes. La violence de leur comportement est en effet d&#233;pass&#233;e par celle de l'arm&#233;e qui n'h&#233;site pas, &#224; plusieurs reprises, &#224; faire tirer dans le tas, &#224; tuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'agressivit&#233; et la violence des Fr&#232;res Musulmans ne g&#234;ne pas l'arm&#233;e. Au contraire, &#231;a l'arrange et doublement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, &#231;a permet de faire que les Fr&#232;res les plus mod&#233;r&#233;s s'&#233;loignent de leur propre direction, ainsi on a vu appara&#238;tre des scissions, des &#034;Fr&#232;res contre la violence&#034;. D'autre part et surtout, cette guerre religieuse contre les chr&#233;tiens, contres les citadins riverains de leurs manifestations, lui permet de se hisser au dessus des parties comme un Bonaparte. Plus c'est le chaos, plus l'arm&#233;e et &#224; la police peuvent gagner une l&#233;gitimit&#233; comme garantes de l'ordre, de la stabilit&#233; et de la paix civile. Enfin l'arm&#233;e tente ainsi de d&#233;tourner la col&#232;re sociale sur des objectifs religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les deux adversaires/complices, arm&#233;e et Fr&#232;res Musulmans, ont besoin de la violence de l'autre pour assurer leur pouvoir, interne pour les uns ou externe pour les autres. La spirale est lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C' est pourquoi lorsque des Fr&#232;res Musulmans agressent des chr&#233;tiens ou simplement des r&#233;sidents, l'arm&#233;e laisse faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait un danger pour elle, &#224; ce que les r&#233;sidents ou riverains des manifestations ( qui parfois se transforment en attaques d'&#233;glises, saccages de magasins anti-morsi, voitures avec auto-collants anti-Morsi...) et occupations de place par les islamistes ( des esp&#232;ces de camps retranch&#233;s avec check point, fouille au faci&#232;s, tabassage &#233;ventuel pour les riverains) ne s'organisent eux-m&#234;me que pour se prot&#233;ger, ce qu'ils font assez souvent. Cependant, les occupations des rues par les Fr&#232;res Musulmans ne sont pas assez nombreuses pour qu'il y ait ce risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire m&#234;me, l'hostilit&#233; populaire &#224; l'&#233;gard de la politique &#233;conomique de Morsi qui s'est fait entendre en mars, avril, mai et juin et qui l'a fait tomber, s'est d&#233;plac&#233;e contre l'ensemble des Fr&#232;res Musulmans au fur et &#224; mesure que ceux-ci, depuis le 30 juin et ensuite, ont multipli&#233; les violences &#224; l'&#233;gard des anti Morsi, des chr&#233;tiens ou des r&#233;sidents riverains de leurs occupations et manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a permis &#224; l'arm&#233;e d'intervenir pour d&#233;gager les places ces jours-ci et faire un bain de sang tout en d&#233;cr&#233;tant l'&#233;tat d'urgence. Elle savait qu'elle ne trouverait pas d'opposition dans la population, qui dans son ensemble, s'est dit que les Fr&#232;res Musulmans l'avaient bien cherch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit &#233;videmment o&#249; l'arm&#233;e voudrait aller et o&#249; la politique des Fr&#232;res Musulmans les portent : une situation &#224; l'alg&#233;rienne, comme en 1991, o&#249; l'arm&#233;e justifiait sa dictature par la n&#233;cessit&#233; de combattre le terrorisme islamiste et o&#249; les islamistes tentaient de r&#233;cup&#233;rer la col&#232;re sociale exprim&#233; dans les &#233;meutes populaires par leur radicalisme pour ensuite l'embrigader derri&#232;re eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce pour autant que ce discr&#233;dit croissant des Fr&#232;res, l'acceptation de leur massacre par le peuple, signifie que la population soutient l'arm&#233;e et rentre dans l'engrenage dans lequel l'arm&#233;e et les Fr&#232;res Musulmans tentent de l'entra&#238;ner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi la r&#233;volution n'a pas dit son dernier mot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le danger est r&#233;el, si le m&#233;canisme de l'engrenage est clair, il est loin d'&#234;tre enclench&#233; au niveau des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car pour qu'il puisse s'engager, il faudrait que le peuple ait renonc&#233; &#224; tout espoir r&#233;volutionnaire, il faudrait qu'il ait abandonn&#233; son combat pour ses propres revendications. Et qu'alors, en d&#233;sespoir de cause, il s'engage derri&#232;re l'un ou l'autre des deux protagonistes institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il faudrait qu'il ait &#233;t&#233; &#233;cras&#233;, comme l'avait &#233;t&#233; le soul&#232;vement du peuple alg&#233;rien. Or il ne l'a pas &#233;t&#233;. Il a &#233;t&#233; tromp&#233;, balad&#233;, on lui a vol&#233; sa r&#233;volution, mais il n'a pas pas &#233;t&#233; &#233;cras&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sa situation &#233;conomique est catastrophique. M&#234;me tromp&#233;, d&#233;sabus&#233;, il n'a pas d'autre choix que de lutter pour sa survie. Il a faim. Et la faim n'attend pas. Il faudrait que le peuple &#233;gyptien ait &#233;t&#233; &#233;cras&#233; pour qu'il ne continue pas ce combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 13 ao&#251;t, pour la premi&#232;re fois avec ce gouvernement o&#249; figure donc l'ancien dirigeant du principal syndicat oppositionnel, la police a r&#233;prim&#233; une grosse gr&#232;ve dans une aci&#233;rie &#224; Suez. C'est &#231;a le vrai but de l'arm&#233;e et du pouvoir ; c'est &#231;a le but de leur &#233;tat d'urgence, de leurs attaques contre les Fr&#232;res Musulmans. Ils limitent les libert&#233;s pour viser les gr&#232;ves, s'attaquer &#224; la r&#233;volution elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le pouvoir a r&#233;prim&#233; une gr&#232;ve, c'est que malgr&#233; l'appel du ministre du travail &#224; suspendre les gr&#232;ves et &#224; se retrousser les manches pour sauver l'&#233;conomie &#233;gyptienne, malgr&#233; le soutien de l'opposition politique et syndicale &#224; l'arm&#233;e, malgr&#233; le conflit sanglant entre l'arm&#233;e et les Fr&#232;res destin&#233; &#224; d&#233;tourner l'attention, il y a des gr&#232;ves, pour des revendications &#233;conomiques, et toujours pour d&#233;gager les petits Moubarak. Et semble-t-il - car il est difficile d'avoir des informations &#224; ce sujet - pas qu'un peu. Des journaux ont m&#234;me parl&#233; d'une nouvelle vague de gr&#232;ve vers la fin juillet, tr&#232;s loin des conflits religieux dans lesquels on essaie de les entra&#238;ner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'indiff&#233;rence du peuple &#233;gyptien &#224; l'&#233;gard du sort des Fr&#232;res Musulmans est le signe que ses pr&#233;occupations sont ailleurs plus qu'il ne soutient l'arm&#233;e. Des banderoles de manifestants le disaient &#224; Sissi : tu nous a d&#233;barrass&#233; de Morsi, c'est bien, mais maintenant on attend que tu fasses quelque chose pour nous. Et c'est urgent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple pour, le moment, tr&#232;s loin des man&#339;uvres des uns et des autres, tr&#232;s loin de ce que peuvent raconter les journaux et les t&#233;l&#233;s. Il est dans ses probl&#232;mes de survie quotidienne, toujours dans la logique de la r&#233;volution pour &#034;le pain, la justice sociale et la libert&#233;&#034; et regarde le combat arm&#233;e/Fr&#232;res plus en spectateur que partie prenante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or si le peuple n'abandonne pas son ind&#233;pendance, ne marche pas dans l'engrenage du combat religieux, pendant que ses deux ennemis se tapent dessus, cela ne fait que les affaiblir mutuellement. Il est donc bien possible que lors de la prochaine vague de gr&#232;ves, on voie surgir en plus grand nombre des organes d'auto-organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs peut-&#234;tre par crainte de ces gr&#232;ves que l'arm&#233;e a pr&#233;cipit&#233; sa d&#233;cision de d&#233;gager les places occup&#233;es par les fr&#232;res Musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les deux ann&#233;es pass&#233;es, vers le 15 septembre, au moment de la rentr&#233;e scolaire, se sont d&#233;clench&#233;es de grosses vagues de gr&#232;ves initi&#233;es par les enseignants, suivis par les m&#233;decins de services publics, qui ont &#233;t&#233;, &#224; chaque fois, proche d'enclencher une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. On ne voit pas pourquoi ce serait diff&#233;rent cette ann&#233;e. La diff&#233;rence, c'est que cette ann&#233;e, le caract&#232;re national des gr&#232;ves d'enseignants et m&#233;decins, pourrait bien donner l'expression unificatrice politique que la multitude des gr&#232;ves et protestations de mars &#224; mai, cherchait et avait cru trouver dans l'initiative de Tamarod.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir (et les Fr&#232;res Musulmans) le sait. Il a jusqu'&#224; la rentr&#233;e pour tenter d'entra&#238;ner le peuple dans l'engrenage de sa guerre. Apr&#232;s - mais cela peut arriver avant, car le peuple &#233;gyptien nous a surpris plus d'une fois &#8211; l'arm&#233;e et les Fr&#232;res Musulmans (r&#233;concili&#233;s ?) pourraient ne plus gu&#232;re avoir les moyens d'arr&#234;ter le fleuve r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc s'attendre d'ici l&#224; &#224; une aggravation des violences entre l'arm&#233;e et les Fr&#232;res... mais aussi bien d'autres surprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Chastaing le 16.08.2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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