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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>L'&#233;thique et l'intelligence artificielle</title>
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		<dc:date>2018-03-27T19:35:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En novembre dernier, Yoshua Bengio, directeur de l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montr&#233;al, a lanc&#233;, avec une &#233;quipe pluridisciplinaire (compos&#233;e de sp&#233;cialistes en &#233;thique, philosophie, informatique, psychologie, droit, etc.), le projet de D&#233;claration de Montr&#233;al pour un d&#233;veloppement responsable de l'intelligence artificielle (IA), invitant la population &#224; participer &#224; la r&#233;daction des balises &#233;thiques qui encadreraient ce d&#233;veloppement (voir ). La date limite pour leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Revue-Relations-Nouveau-numero-+" rel="tag"&gt;Revue Relations - Nouveau num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton34181-7b069.jpg?1679047087' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En novembre dernier, Yoshua Bengio, directeur de l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montr&#233;al, a lanc&#233;, avec une &#233;quipe pluridisciplinaire (compos&#233;e de sp&#233;cialistes en &#233;thique, philosophie, informatique, psychologie, droit, etc.), le projet de D&#233;claration de Montr&#233;al pour un d&#233;veloppement responsable de l'intelligence artificielle (IA), invitant la population &#224; participer &#224; la r&#233;daction des balises &#233;thiques qui encadreraient ce d&#233;veloppement (voir &lt;span class='ressource'&gt;&lt;declarationmontreal-iaresponsable.com&gt;&lt;/span&gt;
). La date limite pour leur remettre des recommandations est le 31 mars. Si l'initiative est judicieuse &#8211; car grandes sont les inqui&#233;tudes que soul&#232;ve toute cette recherche sur l'IA, en m&#234;me temps qu'elle ouvre des pistes d'innovation prometteuses &#8211;, il n'en reste pas moins que l'approche &#233;thique propos&#233;e, centr&#233;e principalement sur la gestion des risques, affaiblit grandement sa port&#233;e r&#233;elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la &lt;a href=&#034;http://cjf.qc.ca/revue-relations/publications/mars-avril-2018/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Relations no 795&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yoshua Bengio et son &#233;quipe sont conscients des menaces suscit&#233;es par le d&#233;veloppement de l'IA : le raffinement et le renforcement du dispositif de contr&#244;le des individus, de normalisation des comportements et de manipulation de l'information, l'utilisation de robots-tueurs, etc. Ils proposent de faire face &#224; ces risques et abus potentiels, mais aussi aux cons&#233;quences sociales et aux enjeux &#233;thiques li&#233;s &#224; usage de l'IA, en &#233;tablissant des principes g&#233;n&#233;raux servant de balises &#224; la recherche et pouvant inspirer la l&#233;gislation. Toutefois, aussi souhaitable soit-elle, cette d&#233;marche risquerait, si on en restait l&#224;, de n'&#234;tre qu'un exercice cosm&#233;tique servant &#224; &#171; rassurer &#187; l'opinion publique, sans gu&#232;re g&#234;ner l'emprise grandissante sur nos vies de l'id&#233;ologie techniciste qui pr&#233;side actuellement au d&#233;veloppement de l'IA, en tout point adapt&#233;e aux int&#233;r&#234;ts des oligarchies techno-financi&#232;res de la Silicon Valley et de Wall Street. Or, c'est par l&#224; que se normalisent une conception de la vie et de l'&#234;tre humain, une mani&#232;re de vivre et un rapport au monde dangereusement r&#233;ducteurs, entra&#238;nant de graves cons&#233;quences sociales et &#233;cologiques et une profonde rupture anthropologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'essayait de montrer Marie-Claude Goulet, m&#233;decin et professeure &#224; la Facult&#233; de m&#233;decine de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, dans un article intitul&#233; &#171; Les menaces technicistes de l'intelligence artificielle &#187; (Le Devoir, 25 novembre 2017) en s'appuyant sur les travaux du philosophe et clinicien franco-argentin Miguel Benasayag, notamment son ouvrage Cerveau augment&#233;, homme diminu&#233; (La D&#233;couverte, 2016). Elle mettait ainsi en garde, entre autres, contre le processus de colonisation de la vie par la technologie qui est en cours actuellement, qui tend &#224; mettre l'humain au service de la technologie et &#224; consacrer le &#171; triomphe d'un physicalisme r&#233;ductionniste o&#249; les comportements de l'&#234;tre humain sont analys&#233;s comme une s&#233;rie m&#233;canique de mouvements surd&#233;termin&#233;s par des lois physiques et chimiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yoshua Bengio, nomm&#233; plusieurs fois dans l'article ainsi que l'institut qu'il dirige, publiait aussit&#244;t une r&#233;ponse : &#171; La communaut&#233; de l'intelligence artificielle a bien fait ses devoirs &#187; (Le Devoir, 2 d&#233;cembre 2017). Or, celle-ci laisse perplexe, tant elle r&#233;v&#232;le le peu d'int&#233;r&#234;t qu'il porte &#224; cette critique : il n'y a que de bonnes et de mauvaises pratiques, et le projet de D&#233;claration de Montr&#233;al est l&#224; pour les baliser ad&#233;quatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe Marc-Antoine Dilhac, membre de l'&#233;quipe pluridisciplinaire, allait dans le m&#234;me sens lors du lancement du projet de D&#233;claration : les sc&#233;narios catastrophiques rattach&#233;s &#224; l'IA ne concernent pas tant les machines intelligentes que l'usage qu'on en fait, semblait-il dire. &#201;trange constat quand plusieurs concepteurs de Facebook, par exemple, exprimaient r&#233;cemment leur profond regret d'avoir contribu&#233; &#224; cr&#233;er &#171; des outils qui d&#233;truisent le tissu social &#187;, selon les mots de Chamath Palihapitiya. Que le projet de D&#233;claration de Montr&#233;al ne se soucie pas de cette r&#233;alit&#233; est pour le moins une lacune. Un &#233;l&#233;ment qui devrait allumer un voyant rouge &#224; cet &#233;gard est l'enthousiasme manifest&#233; par Nick Bostrom pour cette initiative, lui qui est le chef de file du mouvement transhumaniste, promouvant l'humain augment&#233; et am&#233;lior&#233; &#8211; et ultimement le cyborg &#8211;, et fantasmant sur l'immortalit&#233; (voir &#171; Le corps obsol&#232;te ? L'id&#233;ologie transhumaniste en question &#187;, Relations, no 792, octobre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette menace techniciste, si nous la prenons au s&#233;rieux, invite &#224; l'extr&#234;me prudence et, surtout, &#224; une r&#233;flexion collective sur les enjeux anthropologiques et soci&#233;taux sous-jacents, d'autant plus urgente que l'industrie multimilliardaire de l'IA pousse dans le sens d'une acc&#233;l&#233;ration des innovations et de notre adaptation &#224; celles-ci, comme s'il s'agissait d'une fatalit&#233;. Un premier geste symbolique pour orienter pleinement l'IA au service du vivant serait de cesser de la comparer &#224; l'intelligence humaine, irr&#233;ductible &#224; une logique computationnelle, comparaison qui ne sert qu'&#224; poser la soi-disant sup&#233;riorit&#233; de l'IA et &#224; int&#233;rioriser, du m&#234;me coup, la r&#233;duction de l'humain et de la vie &#224; la technique, pour le plus grand bonheur d'une oligarchie qui y trouve son profit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La trahison des &#233;lites. Aust&#233;rit&#233;, &#233;vasion fiscale et privatisation au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-trahison-des-elites-Austerite-evasion-fiscale-et-privatisation-au-Quebec</link>
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		<dc:date>2016-11-22T13:45:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Caron</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; de : Revue Relations &lt;br class='autobr' /&gt;
Laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me, l'&#201;tat prendra de l'expansion &#224; l'infini, nous disent avec inqui&#233;tude John Micklethwait et Adrian Wooldridge dans The Fourth Revolution &#8211; The Global Race to Reinvent the State (Penguin Press, 2014), le livre vu comme &#233;tant la &#171; bible &#187; du premier ministre Philippe Couillard. Leur viendrait-il jamais &#224; l'esprit d'affirmer que laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me, l'entreprise priv&#233;e prendra de l'expansion &#224; l'infini ? &#192; l'heure o&#249; dix multinationales p&#232;sent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-11-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton28663-fa288.jpg?1679047591' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : Revue Relations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me, l'&#201;tat prendra de l'expansion &#224; l'infini, nous disent avec inqui&#233;tude John Micklethwait et Adrian Wooldridge dans The Fourth Revolution &#8211; The Global Race to Reinvent the State (Penguin Press, 2014), le livre vu comme &#233;tant la &#171; bible &#187; du premier ministre Philippe Couillard. Leur viendrait-il jamais &#224; l'esprit d'affirmer que laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me, l'entreprise priv&#233;e prendra de l'expansion &#224; l'infini ? &#192; l'heure o&#249; dix multinationales p&#232;sent davantage financi&#232;rement que 180 des 197 &#201;tats reconnus par l'ONU, c'est pourtant cela qui devrait les pr&#233;occuper.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Catherine Caron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, selon une compilation r&#233;cente r&#233;alis&#233;e par l'ONG britannique Global Justice Now, en 2015, sur les 100 premi&#232;res entit&#233;s &#233;conomiques mondiales, 69 &#233;taient des multinationales et 31 des &#201;tats. On y trouve Apple, Shell, Costco, Toyota, Amazon, HSBC, Nestl&#233; et Walmart, laquelle se positionne au 10e rang, juste apr&#232;s le Canada. Il est certes difficile de comparer les revenus annuels d'une entreprise et ceux d'un &#201;tat. Toutefois, il est clair &#8211; les altermondialistes sonnent l'alerte &#224; ce sujet depuis des d&#233;cennies &#8211; que la domination de ces g&#233;ants financiers et commerciaux sur des pans de plus en plus vastes de notre vie en soci&#233;t&#233; brouille nos rep&#232;res habituels concernant le pouvoir, la souverainet&#233;, qui les d&#233;tient vraiment et gr&#226;ce &#224; quelles complicit&#233;s. La situation est devenue telle qu'un trait&#233; international contraignant portant sur les obligations des multinationales en mati&#232;re de droits humains est en n&#233;gociation au sein de l'ONU, parmi d'autres actions en cours visant &#224; dompter quelque peu &#171; la b&#234;te &#187;, comme le dit Alain Deneault dans ce dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La b&#234;te &#187; &#8211; soit ces multinationales qui sont l'une des incarnations fondamentales du capitalisme financier actuel &#8211; s'abreuve comme on le sait &#224; l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale qui la renforce et a rendu r&#233;current, ici comme ailleurs, le discours sur la n&#233;cessit&#233; de &#171; soigner &#187; des finances publiques qui seraient atteintes d'ob&#233;sit&#233; morbide en raison de d&#233;penses publiques excessives, ce qui gonflerait la dette &#224; un niveau inacceptable. Depuis des ann&#233;es, &#171; la b&#234;te &#187; est admir&#233;e et nourrie &#8211; &#224; coups de privil&#232;ges fiscaux, de privatisations, de d&#233;r&#233;glementations, de droits acquis gr&#226;ce au libre-&#233;change et d'une s&#233;rie d'entourloupettes pour lesquelles nous n'avons jamais vot&#233; &#8211; par des &#233;lites politiques qui trahissent ainsi leur responsabilit&#233; de veiller sur l'int&#233;r&#234;t public et le bien commun. Certes, le Qu&#233;bec n'est pas le pire en la mati&#232;re. Mais soyons francs, quelles &#171; vraies affaires &#187; passionnent nos &#233;lites ? La protection de l'environnement et de nos services publics ? Ou que nos grandes entreprises se hissent dans le palmar&#232;s des plus importantes du monde, et tant pis si notre fisc ou encore les services publics d'autres pays &#233;copent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel un &#233;pais brouillard, le n&#233;olib&#233;ralisme qui s'est install&#233; au Qu&#233;bec depuis 30 ans sous le r&#232;gne des p&#233;quistes comme des lib&#233;raux emp&#234;che souvent de voir quelle est notre vraie richesse et qui sont les vrais gloutons. D'aucuns ont l'impression que tout a &#233;t&#233; dit sur le sujet, mais si c'&#233;tait le cas, nous n'en serions pas l&#224;, 20 ans apr&#232;s le sommet socio&#233;conomique d'octobre 1996 orchestr&#233; par le premier ministre Lucien Bouchard, qui fut un moment-charni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ce fameux sommet, l'exc&#232;s de d&#233;penses publiques n'&#233;tait pas &#8211; et n'est toujours pas &#8211; la cause centrale de l'endettement de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. Pourtant, cette id&#233;e nous hante jusqu'&#224; aujourd'hui, justifiant l'obsession du d&#233;ficit z&#233;ro (devenue la Loi sur l'&#233;quilibre budg&#233;taire) et la priorit&#233; accord&#233;e au paiement de la dette avant le financement de nos services publics. Il y en aurait long &#224; dire sur les magouilles politico-comptables qui servent &#224; effrayer les gens, &#224; creuser artificiellement des d&#233;ficits le temps d'imposer des politiques qui ne seraient jamais accept&#233;es autrement, le tout pour ensuite cacher des surplus dont le parti au pouvoir voudra se servir au bon moment &#8211; &#224; l'approche d'&#233;lections par exemple &#8211; pour privil&#233;gier ses client&#232;les &#233;lectorales. Le gouvernement de Philippe Couillard excelle dans le genre. Sans scrupules, il ose discourir sur les in&#233;galit&#233;s et la lutte contre la pauvret&#233; apr&#232;s avoir effectu&#233;, en trichant avec les motifs budg&#233;taires, des compressions de plus de 4 milliards de dollars depuis 2014. Il compte ainsi faire avancer au Qu&#233;bec la &#171; r&#233;volution inachev&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, comme la qualifient les auteurs de The Fourth Revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise financi&#232;re de 2008, nous savons jusqu'o&#249; ces forces &#171; r&#233;volutionnaires &#187; sont pr&#234;tes &#224; aller pour s'approprier la richesse collective : transformer les dettes priv&#233;es des banques en dettes publiques, faire payer les pauvres en continuant d'imposer des mesures abjectes qui font dire &#224; la grande essayiste et militante malienne Aminata Traor&#233; que ce qu'on a mondialis&#233;, ce sont l'injustice, le d&#233;sespoir et le m&#233;pris. Ce constat nous impose de nouer de nouvelles solidarit&#233;s entre les peuples et de consolider les luttes populaires qui n'ont jamais cess&#233; d'exister au Qu&#233;bec comme ailleurs. &#171; La b&#234;te &#187;, avec ses parasites, ses complices et l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale qui la fait grandir, doit &#234;tre plus s&#233;rieusement traqu&#233;e, bien davantage que ses nombreux boucs &#233;missaires charg&#233;s de nous distraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fuir les consensus pi&#233;g&#233;s : tel est aussi l'autre imp&#233;ratif&#8230; C'est plut&#244;t une bonne nouvelle qu'il soit &#171; difficile aujourd'hui de recueillir des consensus &#187;, comme s'en plaignait Lucien Bouchard il y a un an (Le Devoir, 24 novembre 2015), lui qui avait profit&#233;, en 1996, de l'inclination du milieu syndical pour le partenariat plut&#244;t que pour la confrontation. Osons croire que plusieurs consensus sont devenus plus difficiles parce qu'assez, c'est assez : assez d'irresponsabilit&#233; &#233;cocriminelle (&#201;nergie Est), assez d'ind&#233;cence (la r&#233;forme de l'aide sociale, les salaires de m&#233;decins), assez de servilit&#233; (le capital des banques et des compagnies mini&#232;res &#224; l'abri de l'imp&#244;t), assez de corruption (la commission Charbonneau)... Osons croire que l'avenir d&#233;pend de notre salutaire indignation et mobilisation face &#224; la trahison des &#233;lites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#201;tat doit financer les m&#233;dias en s'inspirant du mod&#232;le des entreprises culturelles</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-Etat-doit-financer-les-medias-en-s-inspirant-du-modele-des-entreprises</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-Etat-doit-financer-les-medias-en-s-inspirant-du-modele-des-entreprises</guid>
		<dc:date>2016-10-18T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Van Vliet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-09-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; du nouveau dossier de la revue Relations intitul&#233; &#171; Le r&#233;veil &#233;cocitoyen &#8211; Initiatives et mobilisations &#187;, no. 786, septembre-octobre 2016 ). Il est en kiosques depuis le 23 septembre. Presse-toi &#224; gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager avec son lectorat. Il s'agit d'un des deux textes du D&#233;bat intitul&#233; &#171; L'&#201;tat doit-il soutenir davantage les m&#233;dias d'information ? &#187;. Il est sign&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Revue-Relations-Nouveau-numero-+" rel="tag"&gt;Revue Relations - Nouveau num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-09-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-09-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L73xH100/arton27898-415c7.png?1674677556' class='spip_logo spip_logo_right' width='73' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; du nouveau dossier de la revue Relations intitul&#233; &#171; Le r&#233;veil &#233;cocitoyen &#8211; Initiatives et mobilisations &#187;, no. 786, septembre-octobre 2016 ). Il est en kiosques depuis le 23 septembre. Presse-toi &#224; gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager avec son lectorat. Il s'agit d'un des deux textes du D&#233;bat intitul&#233; &#171; L'&#201;tat doit-il soutenir davantage les m&#233;dias d'information ? &#187;. Il est sign&#233; par Simon Van Vliet, pr&#233;sident de l'Association des journalistes ind&#233;pendants du Qu&#233;bec (AJIQ). L'autre texte de ce d&#233;bat est sign&#233; par Colette Brin, professeure au D&#233;partement d'information et de communication de l'Universit&#233; Laval, et est disponible dans la revue et sur le site de la revue Relations (pour les abonn&#233;s).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/enkiosque.php?idp=150&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le nouveau num&#233;ro de la revue Relations&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il faut aujourd'hui envisager l'id&#233;e d'un financement public des m&#233;dias, c'est que le mod&#232;le traditionnel de la presse est d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principalement financ&#233;e par les revenus publicitaires, la presse priv&#233;e a connu son essor d&#232;s la fin du XIXe si&#232;cle et aura permis au journalisme d'acqu&#233;rir ses lettres de noblesse. La cr&#233;ation de radio-t&#233;l&#233;diffuseurs publics, vou&#233;s notamment &#224; la production d'information, aura par la suite jou&#233; un r&#244;le de premier plan tout au long du XXe si&#232;cle dans la reconnaissance de l'information comme bien culturel public et, par extension, du droit du public &#224; l'information. Il faut souligner, par ailleurs, que c'est la syndicalisation des journalistes qui est venue assurer l'ind&#233;pendance des salles de r&#233;daction par la mise en place de conditions favorisant le respect de la d&#233;ontologie journalistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, la protection syndicale n'a jamais compl&#232;tement &#233;limin&#233; la possibilit&#233; pour les propri&#233;taires de s'immiscer dans les r&#233;dactions. On a d'ailleurs observ&#233; derni&#232;rement des cas flagrants d'ing&#233;rence patronale dans des d&#233;cisions &#233;ditoriales. Mentionnons seulement la d&#233;cision du groupe Postmedia (qui publie notamment le National Post) d'imposer son appui au gouvernement conservateur sortant &#224; tous ses journaux lors des derni&#232;res &#233;lections f&#233;d&#233;rales, ou la tentative du pr&#233;sident de Bell M&#233;dia de faire censurer l'intervention du pr&#233;sident du CRTC dans un reportage de CTV sur les nouveaux forfaits de t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'effondrement des recettes publicitaires, l'influence des annonceurs sur les salles de r&#233;daction s'accro&#238;t &#233;galement, comme en t&#233;moigne la multiplication des contenus commandit&#233;s de toutes sortes. L'accaparement d'une portion grandissante de l'assiette publicitaire restante par les g&#233;ants du Web ne fait qu'accentuer la d&#233;pendance des entreprises de presse priv&#233;es envers ces nouvelles formes insidieuses de publicit&#233;. Les syndicats de journalistes ont beau lutter contre ces d&#233;rives, ils ne peuvent contrer la spirale (&#224; laquelle les soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat n'&#233;chappent pas) dans laquelle la baisse des revenus m&#232;ne &#224; des vagues de compressions cons&#233;cutives et &#224; la d&#233;gradation constante des conditions de travail des journalistes. Petit &#224; petit, les balises d&#233;ontologiques fl&#233;chissent et la qualit&#233; de l'information diminue, minant &#224; la fois la cr&#233;dibilit&#233; des m&#233;dias traditionnels et la confiance du public envers les journalistes qui y travaillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Financement public et ind&#233;pendance journalistique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte de crise qu'il faut envisager l'id&#233;e d'un soutien public &#224; l'information. Les diff&#233;rents paliers de gouvernement soutiennent d'ailleurs d&#233;j&#224; divers secteurs de l'industrie des m&#233;dias et des communications par des mesures directes ou indirectes : cr&#233;dits d'imp&#244;t pour la production t&#233;l&#233;visuelle et cin&#233;matographique ; soutien &#224; l'&#233;dition des p&#233;riodiques ; financement des m&#233;dias communautaires, etc. En place depuis des d&#233;cennies, ces mesures n'ont donn&#233; lieu &#224; aucune ing&#233;rence politique des gouvernements dans le contenu &#233;ditorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci devrait att&#233;nuer la crainte l&#233;gitime selon laquelle un financement public des m&#233;dias serait assorti d'un pouvoir d'ing&#233;rence de l'&#201;tat sur le journalisme. L'influence grandissante qu'exercent les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s des propri&#233;taires de m&#233;dias et des annonceurs sur le travail des journalistes semble &#234;tre une menace bien plus imm&#233;diate &#224; l'ind&#233;pendance de la presse qu'une hypoth&#233;tique influence gouvernementale. Dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;rale, l'investissement de fonds publics en soutien &#224; l'entreprise priv&#233;e est du reste une pratique courante qui n'a jamais remis en cause son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'inspirer du secteur culturel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, afin de limiter toute possibilit&#233; d'ing&#233;rence politique dans la r&#233;partition d'&#233;ventuels fonds publics destin&#233;s au soutien &#224; l'information, on pourrait s'inspirer des m&#233;canismes d&#233;j&#224; en place dans le secteur culturel, o&#249; les enveloppes sont g&#233;r&#233;es par des instances ind&#233;pendantes, comme le Fonds des m&#233;dias du Canada ou les diff&#233;rents conseils des arts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait &#233;galement mettre en place des programmes de financement calqu&#233;s sur ceux destin&#233;s au secteur culturel : un soutien au fonctionnement ou au projet pour les organismes &#224; but non lucratif ; des cr&#233;dits d'imp&#244;t, pr&#234;ts et garanties pour les entreprises &#224; but lucratif ; un soutien direct aux journalistes par le biais de bourses de recherche, de formation, de cr&#233;ation ou de production, etc. En plus de permettre aux m&#233;dias traditionnels de traverser la crise actuelle, un tel financement permettrait &#233;galement de favoriser l'&#233;mergence de nouveaux m&#233;dias qui explorent des mod&#232;les &#233;conomiques, techniques et &#233;ditoriaux offrant de nouvelles voies au journalisme ind&#233;pendant de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour financer de tels investissements, il faudra notamment exiger un effort fiscal des multinationales du Web comme Google et Facebook, mais aussi des conglom&#233;rats auxquels sont int&#233;gr&#233;es la plupart des entreprises de presse priv&#233;es et qui refusent d'investir ne serait-ce qu'une part de leurs b&#233;n&#233;fices dans le secteur &#224; faible rendement qu'est l'information. Parce que s'il s'av&#232;re de moins en moins rentable aux yeux du march&#233;, le journalisme n'en demeure pas moins une n&#233;cessit&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'accaparement des terres, un ph&#233;nom&#232;ne mondial</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-accaparement-des-terres-un-phenomene-mondial-27151</link>
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		<dc:date>2016-08-23T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Revue Relations</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-08-09</dc:subject>

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&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le num&#233;ro d'&#233;t&#233; de la revue Relations (1). L'auteur, professeur au D&#233;partement de science politique de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, est coordonnateur du R&#233;seau d'&#233;tudes des dynamiques transnationales et de l'action collective (REDTAC). Dans le cadre du Forum social mondial, l'Observatoire sur la souverainet&#233; alimentaire, une unit&#233; du REDTAC, organise en partenariat avec Relations l'atelier intitul&#233; &#171; Accaparement des terres : quelles cons&#233;quences pour les peuples ? &#187; le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton27151-bddb4.jpg?1678083171' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans le num&#233;ro d'&#233;t&#233; de la revue Relations (1). L'auteur, professeur au D&#233;partement de science politique de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, est coordonnateur du R&#233;seau d'&#233;tudes des dynamiques transnationales et de l'action collective (REDTAC). Dans le cadre du Forum social mondial, l'Observatoire sur la souverainet&#233; alimentaire, une unit&#233; du REDTAC, organise en partenariat avec Relations l'atelier intitul&#233; &#171; Accaparement des terres : quelles cons&#233;quences pour les peuples ? &#187; le vendredi 12 ao&#251;t 2016, de 9 h &#224; 11 h 30 &#224; l'UQAM, Pavillon PK (local R605), situ&#233; au 201, avenue du Pr&#233;sident-Kennedy, &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'accaparement des terres a pris de l'ampleur &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire avec les crises alimentaire et financi&#232;re de 2007-2008. Il oppose principalement des &#201;tats et des entreprises aux populations rurales. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les processus d'accaparement des terres (parfois aussi appel&#233;s &#171; acquisition massive des terres &#187;) mobilisent et pr&#233;occupent de plus en plus les collectivit&#233;s rurales et paysannes, non seulement du Sud, mais aussi du Nord. Bien qu'il n'existe pas de donn&#233;es absolues, on estime aujourd'hui qu'entre 43 et 45 millions d'hectares de terres (voir &lt;span class='ressource'&gt;&lt;landmatrix.org&gt;&lt;/span&gt;
) sont touch&#233;s par ces processus, par ailleurs en nette progression. On peut parler d'accaparement lorsqu'il y a capture ou prise de contr&#244;le (ou les deux &#224; la fois) d'importantes &#233;tendues de terres et d'autres ressources naturelles. Cela peut se faire en utilisant diff&#233;rents m&#233;canismes qui n&#233;cessitent d'importants investissements de capitaux en vue de modifier l'utilisation de ces ressources &#224; des fins extractives. D'une part, cette marchandisation de la terre et son exploitation intensive &#8211; souvent sous la forme de monocultures parfois destin&#233;es aux march&#233;s domestiques, mais habituellement aux march&#233;s ext&#233;rieurs &#8211; sont les cons&#233;quences de la triple crise &#8211; alimentaire, &#233;nerg&#233;tique et financi&#232;re &#8211; de la premi&#232;re d&#233;cennie du XXIe si&#232;cle. D'autre part, ces accaparements sont aussi la cons&#233;quence directe des pressions grandissantes qu'exercent des groupes d'investisseurs et de pays &#233;mergents, entre autres ceux du BRICS (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), pour l'acc&#232;s et le contr&#244;le des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises alimentaire et financi&#232;re de 2007-2008 et celle, plus r&#233;cente, des hydrocarbures, entre autres &#233;v&#232;nements, ont eu pour effet de mettre en &#233;vidence la d&#233;pendance alimentaire de plusieurs pays envers des fournisseurs externes. La recherche de nouvelles formes de s&#233;curit&#233; alimentaire et &#233;nerg&#233;tique a pouss&#233; une diversit&#233; d'acteurs dans une &#171; ru&#233;e vers les terres[1] &#187;. L'accaparement des terres adopte depuis de nombreux visages, allant de l'achat ou de la location de surfaces terriennes entre acteurs priv&#233;s jusqu'&#224; &#224; l'achat de terres &#224; l'&#201;tat &#224; des fins de conservation. Deux caract&#233;ristiques principales font en sorte qu'il est difficile de circonscrire le ph&#233;nom&#232;ne : le caract&#232;re souvent secret de ces transactions, qui se sont historiquement d&#233;roul&#233;es &#224; l'insu du public, et sa nature extr&#234;mement changeante au fil du temps et des situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conflits, tensions et vuln&#233;rabilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est certain, toutefois, c'est que le ph&#233;nom&#232;ne provoque des tensions, des conflits et qu'il fragilise de nombreuses populations ainsi que des &#233;cosyst&#232;mes. Comme le soulignait un chef traditionnel de village en Guin&#233;e-Bissau, aux prises avec une compagnie espagnole ayant accapar&#233; 2000 hectares pour la production de riz destin&#233; &#224; l'exportation alors que le pays doit importer cette denr&#233;e chaque ann&#233;e : &#171; Nous sommes inquiets parce que nous ne savons pas combien de temps ils vont occuper nos terres[2] &#187; &#8211; ces terres essentielles &#224; leur mode vie et &#224; leur alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus souvent qu'autrement, les tensions li&#233;es aux acquisitions et &#224; la concentration de terres entre les mains de grands joueurs &#8211; g&#233;ants agroalimentaires, fonds d'investissement priv&#233;s, sp&#233;culateurs fonciers, entreprises mini&#232;res, compagnies parapubliques, grandes cha&#238;nes h&#244;teli&#232;res pour les zones c&#244;ti&#232;res, mais aussi &#233;lites nationales et fonctionnaires de l'&#201;tat &#8211; s'articulent aujourd'hui autour de deux conceptions divergentes du d&#233;veloppement &#233;conomique et de la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re, ax&#233;e sur la croissance &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale, pr&#244;ne l'exploitation des ressources naturelles &#224; des fins d'exportation pouvant permettre la g&#233;n&#233;ration de nouvelles richesses. Mais cette logique conduit &#224; la limitation de l'acc&#232;s &#224; la terre et &#224; la concentration des b&#233;n&#233;fices &#233;conomiques entre les mains des acqu&#233;reurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde conception d&#233;fend plut&#244;t les imp&#233;ratifs de protection des &#233;cosyst&#232;mes et des communaut&#233;s rurales face aux projets extractivistes, la sp&#233;culation sur les terres ou leur transformation en monoculture agro-industrielle, notamment en plantations &#224; croissance rapide comme celles de palmiers &#224; huile (qui servent &#224; la production d'huile &#224; cuisson, de cosm&#233;tiques et de biocarburants). Ces nouvelles cultures &#224; grande &#233;chelle contribuent souvent &#224; la d&#233;gradation de milieux &#233;cologiques fragiles, que ce soit par la d&#233;forestation, la pollution des eaux et des sols ou l'appauvrissement des surfaces cultivables, tous ces facteurs augmentant les risques de d&#233;sastres naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, de v&#233;ritables conflits, parfois tr&#232;s violents, souvent asym&#233;triques, aux r&#232;gles et aux contours flous, marquent aussi les processus d'accaparement des terres. Ils opposent souvent de larges segments des populations rurales vuln&#233;rables &#224; des investisseurs qui poss&#232;dent des capitaux, des contacts dans la sph&#232;re politique et financi&#232;re, mais aussi une armada d'avocats capables de mener de longues batailles juridiques. Les analyses du ph&#233;nom&#232;ne de l'accaparement des terres se concentrent &#224; juste titre sur ces conflits de type &#171; vertical &#187;, c'est-&#224;-dire opposant l'&#201;tat et/ou les entreprises extractives qu'il commandite aux populations locales dont le mode de vie d&#233;pend de la soutenabilit&#233; de la gestion des ressources naturelles. Toutefois, il importe aussi de saisir les dynamiques de type &#171; horizontal &#187; qui opposent entre elles diff&#233;rentes composantes des populations rurales. Des divergences sur ce qui constitue la meilleure mani&#232;re de moderniser l'agriculture ou de s'enrichir cr&#233;ent parfois des failles au sein des collectivit&#233;s dont profitent les investisseurs pour obtenir des concessions fonci&#232;res. Les impacts environnementaux li&#233;s &#224; une exploitation intensive non durable des ressources fonci&#232;res et la d&#233;t&#233;rioration des &#233;cosyst&#232;mes que certaines pratiques occasionnent alimentent les conflits. Enfin, les divergences entre la planification gouvernementale et l'application des directives sur le terrain forment le principal d&#233;fi des projets de gestion des ressources naturelles et du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les impacts sociaux des accaparements sont par ailleurs multiples. Ils sont souvent la cons&#233;quence d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement bas&#233; sur une application imparfaite des droits de propri&#233;t&#233;. Cette situation exclut la mise en place de v&#233;ritables r&#233;formes agraires et entra&#238;ne des d&#233;placements de population, des difficult&#233;s d'adaptation li&#233;es &#224; la relocalisation de communaut&#233;s sur de nouvelles terres et, plus g&#233;n&#233;ralement, l'accroissement g&#233;n&#233;ralis&#233; des in&#233;galit&#233;s socio&#233;conomiques. Il arrive m&#234;me parfois que ces probl&#232;mes, aussi paradoxal que cela puisse para&#238;tre, soient occasionn&#233;s par les programmes de conservation et de gestion des ressources naturelles promus par les &#201;tats dans le cadre d'engagements internationaux, tels les programmes et initiatives &#171; REDD &#187; (R&#233;duction des &#233;missions li&#233;es &#224; la d&#233;forestation et la d&#233;gradation des for&#234;ts), financ&#233;s par les Nations unies et des pays donateurs et appuy&#233;s par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) internationales de conservation. Ces projets m&#232;nent parfois &#224; l'appropriation de terres par l'&#201;tat et &#224; l'expulsion des communaut&#233;s paysannes qui y pratiquent une agriculture mixte, afin de faire place &#224; des projets massifs de reforestation avec des essences d'arbres non autochtones ou peu utiles aux populations locales[3]. Cela fait en sorte que des organisations et des communaut&#233;s rurales se retrouvent en opposition les unes avec les autres (celles, par exemple, qui souhaitent b&#233;n&#233;ficier de la manne financi&#232;re en travaillant sur des plantations contre celles qui souhaitent maintenir une agriculture vivri&#232;re), y compris lorsque les formes de r&#233;sistance des populations sont moins virulentes, comme dans les r&#233;gions o&#249; les risques de r&#233;pression sont plus &#233;lev&#233;s. Dans ces cas, la strat&#233;gie privil&#233;gi&#233;e par bien des acteurs communautaires/locaux qui cherchent &#224; gagner ou &#224; prot&#233;ger leur acc&#232;s &#224; la terre consiste &#224; trouver des points d'entente entre les groupes communautaires et les autorit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour complexifier davantage les choses, au syst&#232;me de relations tripartites entre les communaut&#233;s locales, les entreprises et l'&#201;tat, &#233;voqu&#233; plus haut, s'ajoute l'apport constant des ONG. Le r&#244;le de ces organisations dans la constitution d'alliances visant &#224; accompagner certaines populations dans le d&#233;veloppement et la promotion de revendications sp&#233;cifiques sur les questions d'acc&#232;s &#224; la terre est consid&#233;rable. Si leur poids a &#233;t&#233; particuli&#232;rement important dans le cadre de mouvements agraires destin&#233;s &#224; favoriser et s&#233;curiser un meilleur acc&#232;s &#224; la terre pour les paysans les plus marginalis&#233;s, les ONG sont aujourd'hui confront&#233;es, elles aussi, au dilemme entre conservation et d&#233;veloppement rural alors que ces deux missions &#233;taient au d&#233;part per&#231;ues comme compatibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi faire ? Qui y gagne ? Trois sc&#233;narios&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux acquisitions massives, il existe plusieurs positions qui vont d'un extr&#234;me &#224; l'autre &#8211; de totalement favorables &#224; absolument oppos&#233;es &#8211; en passant par des positions de &#171; compromis &#187;. Olivier De Schutter, rapporteur sortant des Nations unies pour le droit &#224; l'alimentation, a identifi&#233; trois sc&#233;narios : le sc&#233;nario de transition, le sc&#233;nario de coexistence et le sc&#233;nario des r&#233;formes[4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier sc&#233;nario favorise une transition, dans les pays du Sud, d'un syst&#232;me agraire compos&#233; de fermes familiales vers un syst&#232;me de grandes fermes industrielles, qui passe par la concentration et des acquisitions massives de terres. Cette vision est certes dominante parmi certains investisseurs priv&#233;s mais ne re&#231;oit que tr&#232;s peu d'attention de la part des agences internationales, des ONG ou des milieux acad&#233;miques, mis &#224; part quelques exceptions. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me sc&#233;nario, celui de la coexistence, est celui que d&#233;fendent des institutions telles l'International Food Policy Research Institute, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et la Banque mondiale. Celles-ci mettent de l'avant le principe de coexistence voulant qu'il soit possible d'instaurer un syst&#232;me agricole &#171; gagnant-gagnant &#187; entre les investisseurs, les gouvernements h&#244;tes et les communaut&#233;s rurales. Selon une &#233;tude-phare[5], r&#233;alis&#233;e pour le compte de la Banque mondiale, il serait possible de faire coexister l'agriculture familiale et les grandes propri&#233;t&#233;s agricoles. Si elle reconna&#238;t que les risques de d&#233;rapage sont bien r&#233;els, cette &#233;tude souligne que, bien encadr&#233;e, l'acquisition de grandes superficies de terres agricoles par des investisseurs locaux ou internationaux repr&#233;senterait une chance &#224; saisir pour les gouvernements h&#244;tes de m&#234;me que pour les agriculteurs et les ruraux en p&#233;riph&#233;rie de ces terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette m&#234;me logique, la Banque mondiale dresse une liste de &#171; Principes pour des investissements agricoles responsables &#187;. Les organisations qui proposent cette approche s'appuient sur l'id&#233;e que les transactions en vue d'acqu&#233;rir des terres ne peuvent &#234;tre b&#233;n&#233;fiques que si les investisseurs et les pays h&#244;tes respectent un certain &#171; code de conduite &#187; volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me sc&#233;nario, celui des r&#233;formes, affirme que l'hypoth&#232;se voulant qu'il soit possible de faire coexister les deux formes d'agriculture est fausse et n&#233;faste pour les populations locales tout comme pour les pays h&#244;tes. Selon ceux et celles qui d&#233;fendent cette position (organisations paysannes, ONG impliqu&#233;es dans le d&#233;veloppement rural durable, groupes de recherche militant pour la souverainet&#233; alimentaire, sp&#233;cialistes des enjeux agraires), la coexistence ne parvient pas &#224; prot&#233;ger le droit &#224; la terre des usagers, ne garantit pas une plus grande s&#233;curit&#233; alimentaire (de nombreuses transactions servant pour l'exportation ou la production de biocarburants) et un code de conduite volontaire ne suffit pas &#224; r&#233;guler le ph&#233;nom&#232;ne. Pour Olivier De Schutter, ce sc&#233;nario des r&#233;formes demeure le plus avantageux pour les agriculteurs des pays h&#244;tes. Ainsi, il propose une approche bas&#233;e sur le droit et sur des investissements orient&#233;s vers l'agriculture familiale plut&#244;t que vers de grandes exploitations hautement capitalis&#233;es. Bien que plus complexe, car n&#233;cessitant une concertation avec les communaut&#233;s paysannes et une coordination des politiques de d&#233;veloppement rural entre diff&#233;rentes agences gouvernementales, ce sc&#233;nario est de toute &#233;vidence non seulement le plus durable, mais aussi celui qui s'inscrit le mieux dans une perspective de justice sociale et d'&#233;thique environnementale.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne complexe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, comprendre les accaparements de terre requiert aujourd'hui une v&#233;ritable rigueur intellectuelle et un engagement citoyen. D'une part, les relations de pouvoir et de l&#233;gitimit&#233; qui tracent et d&#233;terminent les contours de ces processus sont complexes. Souvent les cat&#233;gories binaires habituelles (entrepreneurs agricoles vs petits producteurs, l&#233;gislations nationales vs codes de conduite internationaux, ONG vs firmes multinationales, conservation vs exploitation) ne suffisent plus et peuvent m&#234;mes devenir contreproductives. Il devient alors utile de r&#233;investir les questionnements &#233;thiques sur les droits de citoyennet&#233;, la participation d&#233;mocratique, la durabilit&#233; &#233;cologique et la justice sociale. D&#233;j&#224;, nombre de luttes militantes et de r&#233;sistance paysanne ont mis de l'avant des projets alternatifs de gestion des ressources qui sont &#224; la fois durables et &#233;quitables. Des mouvements paysans en r&#233;seau comme Via Campesina ou encore des regroupements de chercheurs ind&#233;pendants comme GRAIN ou le Transnational Institute font &#233;cho &#224; ces r&#233;sistances tout en enrichissant notre compr&#233;hension du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir &#171; Le commerce de la faim : les grandes entreprises persistent et signent &#187;, rapport de GRAIN, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#171; Fi&#232;vre verte. &#192; qui la terre ? &#192; nous la terre ! &#187;. Documentaire coproduit par la COPAGEN, Inter Pares et le REDTAC, 2005, [en ligne]. &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Z2YA3D-kE9A&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Z2YA3D-kE9A&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir Molly Kane, &#171; Le cas de Green Resources en Ouganda &#187;, Relations, no 777, avril 2015, p. 20.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=3530&amp;title=le-cas-de-green-resources-en-ouganda&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=3530&amp;title=le-cas-de-green-resources-en-ouganda&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] O. De Schutter, &#171; How not to think of land-grabbing : three critiques of largescale investments in farmland &#187;, The Journal of Peasant Studies, vol. 38, no 2, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] K. Deininger et D. Byerlee, &#171; Rising Global Interest in Farmland : Can it yield sustainable and equitable benefits ? &#187;, Banque mondiale, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- &lt;a href=&#034;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/enkiosque.php?idp=149&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/enkiosque.php?idp=149&lt;/a&gt;) (no 785, ao&#251;t 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sens de l'existence de la nation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-sens-de-l-existence-de-la-nation-26521</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-sens-de-l-existence-de-la-nation-26521</guid>
		<dc:date>2016-06-07T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-05-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est l'&#233;ditorial du nouveau num&#233;ro de la revue Relations intitul&#233; &#171; La puissance de la cr&#233;ation &#187; (no 784, mai-juin 2016). Presse-toi &#224; gauche poursuit ainsi sa collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Le site de Relations : www.revuerelations.qc.ca &lt;br class='autobr' /&gt; Dans une lettre publique (&#171; Une nouvelle route &#224; d&#233;fricher &#187;, Le Devoir, 23 avril 2016), Pierre Karl P&#233;ladeau &#8211; peu avant sa r&#233;cente d&#233;mission comme chef (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-05-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-05-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton26521-a73b6.jpg?1677097190' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est l'&#233;ditorial du nouveau num&#233;ro de la revue Relations intitul&#233; &#171; La puissance de la cr&#233;ation &#187; (no 784, mai-juin 2016). Presse-toi &#224; gauche poursuit ainsi sa collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Le site de Relations : &lt;a href=&#034;http://www.revuerelations.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.revuerelations.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une lettre publique (&#171; Une nouvelle route &#224; d&#233;fricher &#187;, Le Devoir, 23 avril 2016), Pierre Karl P&#233;ladeau &#8211; peu avant sa r&#233;cente d&#233;mission comme chef du Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ) &#8211; tendait la main aux autres formations politiques et mouvements citoyens ind&#233;pendantistes. Il les invitait tous &#224; converger en vue de briser le monopole du pouvoir promis aux lib&#233;raux en raison du fractionnement des votes et du syst&#232;me &#233;lectoral actuel. Cette lettre bien intentionn&#233;e, cosign&#233;e par la d&#233;put&#233;e V&#233;ronique Hivon, doit certes &#234;tre lue de mani&#232;re critique, car le PQ s'est trop souvent servi de l'ind&#233;pendance pour se contenter, une fois au pouvoir, de pratiquer une simple gouvernance de centre-droite, pour ne pas dire carr&#233;ment de droite.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, dans cet appel &#224; la convergence, il faut souligner une autocritique m&#233;ritoire : &#171; Termin&#233; l'appel aux &#034; brebis &#233;gar&#233;es &#034;, c'est toute notre approche que nous avons repens&#233;e et r&#233;invent&#233;e, plus que jamais convaincus que cette diversit&#233; au sein du mouvement ind&#233;pendantiste ne constitue pas une faiblesse, mais une v&#233;ritable force, une &#233;tincelle capable de donner un souffle renouvel&#233; &#224; notre grand projet. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, reconna&#238;tre que le PQ &#171; n'a pas le monopole de la souverainet&#233; &#187; devrait orienter les efforts vers la mise en &#339;uvre d'une plateforme ind&#233;pendantiste pluri-partisane et citoyenne visant &#224; d&#233;finir un programme &#224; ce &#171; grand projet &#187; qui soit &#224; la hauteur des enjeux de soci&#233;t&#233; soulev&#233;s par les profondes crises &#8211; politique, &#233;conomique et &#233;cologique &#8211; que nous subissons. Celles-ci sont en effet l'occasion &#8211; le &#171; signe des temps &#187; (kairos), diraient les &#233;vangiles &#8211; d'une interrogation s&#233;rieuse sur le sens du projet national. Voulons-nous continuer, en tant que nation, d'&#234;tre objet passif de l'histoire, manipul&#233;s par le courant dominant nous entra&#238;nant dans la fuite en avant de la globalisation capitaliste ? Devenir de v&#233;ritables acteurs de l'histoire n'exige-t-il pas, de mani&#232;re urgente, de mobiliser les forces citoyennes et d&#233;mocratiques cr&#233;atrices ? Nous ne pouvons plus simplement nous rabattre sur le pass&#233; &#8211; et encore moins sur le pr&#233;sent &#8211; comme garants de l'avenir, sauf &#224; vouloir &#234;tre aplatis par le bulldozer de la globalisation. Face &#224; des forces qui cherchent &#224; tout prix &#224; nous r&#233;duire en une masse d'indiff&#233;rents et d'insignifiants &#8211; un vaste troupeau d'individus seulement occup&#233;s &#224; survivre, produire et consommer, comme si rien d'autre n'importait &#8211;, nous devons mettre au centre de nos pr&#233;occupations le sens m&#234;me de l'existence nationale.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
J'inscris cette r&#233;flexion sous l'horizon d'un &#233;crit du philosophe Karel Kosik, publi&#233; durant le Printemps de Prague, en 1968, avant l'occupation sovi&#233;tique, dans l'hebdomadaire de l'Union des &#233;crivains tch&#233;coslovaques Literarny Listy. &#171; L'existence, la survie en elle-m&#234;me, ne peuvent pas fournir &#224; la nation un programme, ni la fonder en signification. L&#224; o&#249; le simple fait d'exister devient tout, la nation se trouve r&#233;duite &#224; rien &#8211; c'est-&#224;-dire &#224; une survie d'unit&#233; biologique, de cr&#233;ature n&#233;e des hasards de l'histoire. Mais ce qui est r&#233;ellement en jeu c'est le sens de cette existence. [&#8230;] L'existence d'une nation se con&#231;oit comme un programme, une t&#226;che se renouvelant sans cesse &#187; (&#171; Notre crise actuelle &#187; dans A.-J. Liehm [dir.], Socialisme &#224; visage humain, &#233;d. Albatros, Paris, 1977, p. 50).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La fondation politique &#8211; jusqu'&#224; maintenant ajourn&#233;e &#8211; de la nation qu&#233;b&#233;coise me semble une r&#233;ponse collective en r&#233;sonance avec notre &#233;poque. Une r&#233;ponse qui doit tourner le dos &#224; l'embourgeoisement consum&#233;riste qui a servi &#224; ratatiner l'&#234;tre humain en consommateur et en client, oubliant qu'il est habit&#233; par le souci du commun. Une r&#233;ponse &#171; radicale &#187; en ce qu'elle touche &#224; la &#171; racine &#187; de la crise politique, &#233;conomique et &#233;cologique actuelle en cherchant &#224; arracher le pouvoir des mains d'une oligarchie financi&#232;re et technocratique qui n'a de cesse de transformer le monde en r&#233;servoir de sa richesse et de mettre la soci&#233;t&#233; au service des soci&#233;t&#233;s cot&#233;es en bourse.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le slogan du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec, &#171; S'occuper des vraies affaires &#187;, en est l'expression locale, carburant &#224; la d&#233;politisation, &#224; la financiarisation de l'&#233;conomie et &#224; la banalisation de la crise &#233;cologique comme si celle-ci n'&#233;tait, justement, qu'une occasion d'affaires.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, la crise actuelle nous confronte &#224; l'urgence de reposer la question du sens de la nation. Cela exige de revisiter le mod&#232;le social et coop&#233;ratif qu&#233;b&#233;cois en l'orientant r&#233;solument dans le sens d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement et de production &#233;cologique et solidaire assurant une protection institutionnelle des biens communs. Cela ne peut que passer par l'institutionnalisation d'une d&#233;mocratie participative qui mobilise les forces vives de la soci&#233;t&#233; &#224; travers des forums citoyens et, en particulier, une assembl&#233;e constituante en vue de fonder la nation sur des bases d&#233;mocratiques solides.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Si c'est cela que le PQ appelle de ses v&#339;ux, tendre la main ne suffit pas. Il faut rejoindre la base et converger vers un vaste mouvement dont les Organisations unies pour l'ind&#233;pendance (OUI Qu&#233;bec) sont un germe prometteur. Les &#233;lections de 2018 venues, la proposition d'Amir Khadir (Presse-toi &#224; gauche, 19 avril 2016) me semble une piste &#224; privil&#233;gier : des &#171; primaires sociales &#187; o&#249; les forces du mouvement d&#233;termineraient le candidat ind&#233;pendantiste dans leur comt&#233;, derri&#232;re lequel se rallieraient les partis ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#171; Danger : impasse du progr&#232;s &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Danger-impasse-du-progres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Danger-impasse-du-progres</guid>
		<dc:date>2015-09-29T12:33:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; du nouveau dossier de la revue Relations intitul&#233; &#171; Danger : impasse du progr&#232;s &#187; (no 780, octobre 2015). En kiosques le 25 septembre, une soir&#233;e-lancement intitul&#233;e Sortir des impasses du progr&#232;s aura lieu le 14 octobre &#224; Qu&#233;bec et le 22 octobre &#224; Montr&#233;al. &lt;br class='autobr' /&gt;
Presse-toi &#224; gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Nous accueillons cette fois un texte de son r&#233;dacteur en chef, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton23492-1af41.png?1679047088' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; du nouveau dossier de la revue Relations intitul&#233; &#171; Danger : impasse du progr&#232;s &#187; (no 780, octobre 2015). En kiosques le 25 septembre, une soir&#233;e-lancement intitul&#233;e Sortir des impasses du progr&#232;s aura lieu le 14 octobre &#224; Qu&#233;bec et le 22 octobre &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presse-toi &#224; gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Nous accueillons cette fois un texte de son r&#233;dacteur en chef, Jean-Claude Ravet, qui ouvre le dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REVUE RELATIONS - Nouveau dossier - Danger : impasse du progr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Le site de Relations : &lt;a href=&#034;http://www.revuerelations.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.revuerelations.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au nom de l'&#233;galit&#233; et de la libert&#233;, les luttes sociales pour la justice en Occident ont longtemps brandi le progr&#232;s comme &#233;tendard de ralliement. Les forces de la domination &#233;taient identifi&#233;es aux forces de la r&#233;action qui cherchaient &#224; pr&#233;server leurs privil&#232;ges en maintenant le peuple en &#233;tat de soumission et dans des conditions de vie mis&#233;rables. Ainsi, depuis le si&#232;cle des Lumi&#232;res jusqu'au d&#233;but du si&#232;cle dernier, l'innovation scientifique et technologique pouvait &#234;tre vue comme une alli&#233;e privil&#233;gi&#233;e de la r&#233;volution sociale et politique en permettant de soulager le poids du labeur et de la vie quotidienne des pauvres. Le XXe si&#232;cle nous a fortement d&#233;sillusionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Percevant avec effroi l'essor de la technique comme force aveugle au service du conformisme &#171; des ma&#238;tres d'aujourd'hui &#187;, le philosophe allemand Walter Benjamin &#8211; mort en 1940, sans conna&#238;tre ni Auschwitz ni Hiroshima &#8211; a &#233;t&#233; l'un des premiers &#224; d&#233;noncer la barbarie qui accompagnait la marche triomphale du &#171; progr&#232;s &#187;. Au point d'&#233;crire dans ses notes pr&#233;paratoires &#224; ses fameuses th&#232;ses Sur le concept d'histoire : &#171; Marx dit que les r&#233;volutions sont la locomotive de l'histoire. Mais peut-&#234;tre en va-t-il tout autrement. Il se peut que les r&#233;volutions soient plut&#244;t le geste par lequel l'humanit&#233; qui voyage dans ce train tire le frein d'urgence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons que trop bien aujourd'hui que le progr&#232;s peut effectivement &#234;tre source d'effroyables catastrophes et d'inhumanit&#233;. On n'a qu'&#224; penser &#224; la panoplie de bombes nucl&#233;aires capables de d&#233;truire plusieurs fois la plan&#232;te, &#224; la sophistication de la guerre &#224; travers les drones et la robotisation, aux multiples dispositifs de contr&#244;le social et de manipulation de masse, &#224; la marchandisation de la vie, &#224; la financiarisation de l'&#233;conomie. De l'ordre de la ma&#238;trise et de la prouesse technique, ce progr&#232;s pave plut&#244;t la voie &#224; une d&#233;shumanisation croissante de la soci&#233;t&#233;, &#224; une destruction des biens communs, &#224; la mainmise sur le vivant et &#224; la d&#233;vastation de la Terre, en plus d'enrichir, de mani&#232;re scandaleuse et m&#234;me obsc&#232;ne, une infime minorit&#233; affair&#233;e &#224; &#233;tendre toujours plus son pouvoir aux d&#233;pens de populations confin&#233;es &#224; l'impuissance et au d&#233;sarroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le d&#233;sert cro&#238;t &#187;. C'est ainsi qu'Hannah Arendt d&#233;crivait cette infiltration insidieuse dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; d'une logique instrumentale et marchande, o&#249; les questions du sens et de la libert&#233; politique sont radicalement &#233;vacu&#233;es au profit de consid&#233;rations purement techniques d'efficacit&#233;, de rentabilit&#233;, de productivit&#233;&#8230; Le monde humain en vient ainsi &#224; &#234;tre aplati, uniformis&#233;, r&#233;duit &#224; un simple champ d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, d'&#233;nergies et de ressources &#8211; si ce n'est pas &#224; un champ de bataille &#8211;, corrodant les espaces politiques et sociaux, t&#233;moins de la profondeur du sens, de la centralit&#233; de la parole partag&#233;e, de l'action concert&#233;e et solidaire dans l'existence humaine. Progressent ainsi l'insignifiance, la d&#233;solation, l'ali&#233;nation. Et la d&#233;mesure&#8230; puisque toute limite est de plus en plus per&#231;ue comme une contrainte inacceptable &#224; la libert&#233; de l'individu, d&#233;li&#233; de toute responsabilit&#233; individuelle et collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup sont &#224; ce point &#233;blouis par les exploits techniques incessants qu'ils refusent de voir les ravages &#233;cologiques, sociaux, politiques, moraux et spirituels qu'ils provoquent. Le mot d'ordre du d&#233;but de la modernit&#233;, &#171; Dominez la nature &#187;, s'est transform&#233;, dans la postmodernit&#233;, en &#171; Soyez soumis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette face hideuse du progr&#232;s est repr&#233;sent&#233;e sans fard par le capitalisme n&#233;olib&#233;ral, lib&#233;r&#233; d&#233;sormais de ses scrupules puritains, qui pr&#234;taient encore &#224; la main invisible du march&#233; le souci de solidarit&#233; et de partage &#8211; les vices priv&#233;s et les int&#233;r&#234;ts mesquins &#233;tant le &#171; mat&#233;riau &#187; id&#233;al des vertus publiques. Maintenant, il ne s'encombre plus de cette finalit&#233; &#233;thique, jouissance sans limite oblige. Le marquis de Sade rejoint l'&#233;conomiste Adam Smith au Panth&#233;on du capitalisme. La r&#233;duction de tout en objet de jouissance va de pair avec la r&#233;duction de tout en marchandises. Dans les deux cas, le monde de la vie n'a pas d'int&#233;r&#234;t, et les &#234;tres humains peuvent devenir superflus et jetables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste r&#233;volutionnaire de notre &#233;poque est bien d'empoigner le frein d'urgence du train emball&#233; de la production d&#233;cha&#238;n&#233;e, de la surconsommation sans borne et de la d&#233;mesure technoscientifique. Les mythes grecs et l'&#201;vangile, entre autres tr&#233;sors spirituels de l'humanit&#233;, nous avaient pourtant d&#233;j&#224; mis en garde contre les fantasmes de la d&#233;mesure &#8211; de plus en plus &#224; m&#234;me d'&#234;tre r&#233;alis&#233;s techniquement &#8211; comme source des pires calamit&#233;s et barbaries. Les vaincus d'aujourd'hui &#8211; ceux et celles qui refusent de se soumettre &#224; l'idole d'un tel &#171; progr&#232;s &#187;, de vivre comme si nous n'appartenions pas &#224; la Terre &#8211; doivent faire front et organiser la r&#233;sistance, au nom de la Terre-patrie, selon le beau mot d'Edgar Morin. Les paroles de Camus sont aussi plus que jamais d'actualit&#233; : &#171; Chaque g&#233;n&#233;ration, sans doute, se croit vou&#233;e &#224; refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa t&#226;che est peut-&#234;tre plus grande. Elle consiste &#224; emp&#234;cher que le monde se d&#233;fasse &#187; (Discours de Stockholm, 1957). &#192; la technicisation &#224; outrance de la vie, il faut opposer l'accueil de notre fragilit&#233;, le respect des conditions humaines et terrestres d'existence, et l'&#233;loge de la solidarit&#233;, particuli&#232;rement envers les plus pauvres, au nom de la dignit&#233; humaine. Au r&#232;gne de la fatalit&#233;, il faut opposer l'exigence d&#233;mocratique fondamentale : celle de d&#233;cider collectivement notre destin, et ce, en imposant s'il le faut des limites, de telle mani&#232;re que l'inhumain dont nous sommes malheureusement tous capables soit contenu, afin de permettre &#224; la libert&#233; de s'&#233;panouir pleinement en responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit &#233;videmment pas d'&#234;tre b&#234;tement technophobes, mais d'appr&#233;hender de mani&#232;re critique la technique pour qu'elle ne se d&#233;veloppe pas au profit de quelques-uns ni dans l'esquive, voire le m&#233;pris de notre humanit&#233;. &#171; La science sans conscience n'est que ruine de l'&#226;me &#187;, nous a avertis Rabelais, il y a d&#233;j&#224; un demi-mill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comprenons d&#232;s lors que la toute-puissance technicienne actuelle exige un surcro&#238;t de vie &#233;thique, de conscience morale, de jugement politique, d'action d&#233;mocratique, de bont&#233;, de beaut&#233;, bref, un approfondissement de notre humanit&#233;. Le v&#233;ritable progr&#232;s, celui qui doit revenir au c&#339;ur des luttes sociales, est indissociable d'une dimension politique, &#233;thique et spirituelle. Il consiste &#224; grandir int&#233;rieurement et collectivement, en savoir, en sagesse, en intelligence de la vie, en partage, en agir responsable. Celui-l&#224; ne m&#232;ne pas &#224; un cul-de-sac invivable, mais ouvre &#224; la joie de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2433 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L425xH550/f19ac14c5ebee66e-6d8b266e-b88fe.jpg?1717357781' width='425' height='550' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faire front contre la droite canadienne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Faire-front-contre-la-droite-canadienne-17726</link>
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		<dc:date>2014-05-27T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Caron</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-05-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les revues d'analyse et d'id&#233;es &#171; pensent &#187; parfois de concert et il arrive que leurs trajectoires se croisent sans qu'elles l'aient planifi&#233;, sous la force de n&#233;cessit&#233;s politiques et sociales qui s'imposent &#224; la soci&#233;t&#233;. Ainsi, avec ce nouveau dossier, dans le contexte actuel marqu&#233; par le gouvernement conservateur autocratique, militariste et &#233;co-irresponsable au pouvoir &#224; Ottawa, nous nous inscrivons dans la conscience partag&#233;e qu'il nous faut, &#224; gauche, aborder &#171; la question canadienne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton17726-8de0c.png?1677097162' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les revues d'analyse et d'id&#233;es &#171; pensent &#187; parfois de concert et il arrive que leurs trajectoires se croisent sans qu'elles l'aient planifi&#233;, sous la force de n&#233;cessit&#233;s politiques et sociales qui s'imposent &#224; la soci&#233;t&#233;. Ainsi, avec ce nouveau dossier, dans le contexte actuel marqu&#233; par le gouvernement conservateur autocratique, militariste et &#233;co-irresponsable au pouvoir &#224; Ottawa, nous nous inscrivons dans la conscience partag&#233;e qu'il nous faut, &#224; gauche, aborder &#171; la question canadienne &#187;, comme l'ont nomm&#233;e Les Nouveaux Cahiers du socialisme (no 9, 2013). Il nous faut briser les deux solitudes, voire les multiples solitudes dans lesquelles se trouvent souvent les peuples de ce pays &#8211; qu&#233;b&#233;cois, canadien, autochtones, acadien, etc. Non seulement nuisent-elles &#224; la r&#233;invention des alliances n&#233;cessaires pour &#171; vaincre Harper &#187;, mais plus fondamentalement encore, elles ne nous aident pas &#224; briser le cycle dangereux dans lequel l'humanit&#233; s'enfonce &#8211; si rien n'est fait &#8211; sur fond de crises multiples, d'in&#233;galit&#233;s croissantes et de p&#233;ril &#233;cologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous faisons aussi n&#244;tre l'avertissement lanc&#233; par Jean Pichette (bien connu des lecteurs de Relations, dont il a &#233;t&#233; le r&#233;dacteur en chef de 1999 &#224; 2002) dans son article &#171; La grande confusion &#187;, paru dans le dossier &#171; Que conservent les conservateurs ? &#187; (Libert&#233;, no 297, 2012). C'est l&#224; un texte-d&#233;flagration pulv&#233;risant avec m&#230;stria les id&#233;es re&#231;ues sur le conservatisme et le progressisme. Il &#233;claire le processus de d&#233;politisation et de ref&#233;odalisation du monde que nourrit le Parti conservateur actuel en &#171; faisant du politique un moyen pour des fins priv&#233;es &#187;, et fustige une pens&#233;e binaire qui r&#233;duit tant les enjeux que la v&#233;ritable nature des adversaires en pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'abreuvant &#224; diff&#233;rents courants (conservatisme moral, n&#233;oconservatisme, libertarisme, n&#233;olib&#233;ralisme, etc.) avec lesquels ils doivent aussi composer, les conservateurs de Stephen Harper proposent un cocktail in&#233;dit et corrosif, qui d&#233;stabilise le type m&#234;me de conservatisme qu'avait connu le Canada jusqu'ici. Toutefois, si les atteintes aux droits des femmes ou des homosexuels, par exemple, caract&#233;risent le conservatisme moral de leur gouvernement, la pr&#233;dation des ressources, l'accumulation et la concentration de la richesse, ou encore l'affaiblissement du mouvement syndical ne sont pas l'apanage des seuls conservateurs. Plusieurs militants aguerris de la lutte contre l'exploitation des sables bitumineux ou contre le libre-&#233;change, par exemple, confirment que la situation &#233;tait souvent &#224; peine meilleure sous les lib&#233;raux ; la diff&#233;rence &#233;tant qu'avec les conservateurs, les masques sont tomb&#233;s l&#224; o&#249; chez leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, on s'occupait davantage de pr&#233;server les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les artisans et participants du Forum social des peuples, qui se tiendra &#224; Ottawa et Gatineau en ao&#251;t prochain, savent bien que l'horizon de leurs luttes est plus vaste que la fronti&#232;re d&#233;limit&#233;e par le &#171; facteur Harper &#187;, m&#234;me s'ils s'y rassembleront pouss&#233;s par la conviction que ce gouvernement, plus que tout autre, doit tomber, et que l'&#233;mergence d'un fort mouvement populaire est urgente pour y arriver. Nous avons voulu accompagner en amont le processus de r&#233;flexion et de pr&#233;paration de ce Forum, en jetant un regard sur certains des &#233;cueils et d&#233;fis auxquels fait face une gauche plurielle, fragment&#233;e, confront&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; de mieux se conna&#238;tre et de mieux coop&#233;rer pour contrer les attaques et les politiques de ce gouvernement. Le mouvement pancanadien des jeunes f&#233;ministes rebELLEs compte parmi les exp&#233;riences tr&#232;s inspirantes des derni&#232;res ann&#233;es, nous en avons d&#233;j&#224; parl&#233; dans Relations. Ce dossier s'attardera cette fois davantage aux luttes des Autochtones, des &#233;cologistes et des chr&#233;tiens de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il faut savoir d'o&#249; l'on vient et dans quoi l'on s'ins&#232;re pour esp&#233;rer transformer la soci&#233;t&#233;. Ce Forum a &#233;galement un r&#244;le important &#224; jouer dans la bataille id&#233;ologique et symbolique men&#233;e par les conservateurs et la droite en g&#233;n&#233;ral, afin de lui opposer un autre imaginaire, tiss&#233; des couleurs de la solidarit&#233;, des savoirs anciens et de la m&#233;moire des luttes populaires ignor&#233;es par les dominants. L'urgence des mobilisations sociales ne doit jamais justifier de faire l'impasse sur un travail continuel d'&#233;ducation et de transmission culturelle qui est fondamental. Il inclut d'analyser ce capitalisme canadien pouss&#233; plus loin dans le n&#233;olib&#233;ralisme par les conservateurs, de comprendre la nature de nos &#233;lites et d'un &#201;tat f&#233;d&#233;ral toujours empreints d'un colonialisme qui permet &#224; une minorit&#233; de gouverner, de sanctuariser les droits et privil&#232;ges accord&#233;s aux compagnies (mini&#232;res, p&#233;troli&#232;res, etc.), de bafouer les droits des peuples autochtones et de nier au peuple qu&#233;b&#233;cois son plein droit de d&#233;cider de son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, la question nationale reste sans doute l'un des plus grands &#233;cueils auxquels est confront&#233;e la gauche canadienne. Si cette question semble r&#233;gl&#233;e pour certains de ses partisans, qui reconnaissent au peuple qu&#233;b&#233;cois son droit &#224; l'autod&#233;termination, ne reste-t-il pas une frange significative qui ne voit gu&#232;re de non-sens dans le fait de d&#233;fendre les droits des minorit&#233;s et des Autochtones du Canada ou de pays &#233;trangers alors qu'elle refuse aux Qu&#233;b&#233;cois voisins leur droit &#224; l'autod&#233;termination ? Cette contradiction &#8211; que chaque nouvel &#233;pisode de Qu&#233;bec bashing au Canada anglais semble nourrir, on l'a vu encore r&#233;cemment &#8211; doit &#234;tre surmont&#233;e une fois pour toute, surtout &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; nous, parall&#232;lement, ne parlons-nous pas, parfois, de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec en faisant preuve d'un instinct de possession qui n&#233;glige la prise en compte v&#233;ritable des droits territoriaux des premiers peuples &#233;tablis ici ? Et savons-nous toujours d&#233;passer notre orgueil et nos pr&#233;jug&#233;s pour nous int&#233;resser &#224; ce qui se passe hors Qu&#233;bec, o&#249; des citoyens luttent aussi pour le bien commun et une soci&#233;t&#233; plus juste et d&#233;mocratique ? Lanc&#233; dans l'Ouest canadien par des femmes autochtones, le mouvement Idle No More (Fini l'inertie) a puissamment d&#233;montr&#233; qu'aussi inspirante soit la force de r&#233;sistance et d'invention sociale qui se vit et s'observe au Qu&#233;bec, elle ne doit pas laisser penser que rien ne se passe ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chemins d'une r&#233;sistance coh&#233;rente ancr&#233;e &#224; gauche sont exigeants, pluriels et conflictuels, mais chose certaine, ils s'inventent en marchant ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; du nouveau dossier de la revue Relations intitul&#233; &#171; Faire front contre la droite canadienne &#187; (no 772, juin 2014) pr&#233;sentement en kiosque. Presse-toi &#224; gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Nous accueillons cette fois un texte de sa r&#233;dactrice en chef adjointe, Catherine Caron, qui ouvre le dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de Relations : &lt;a href=&#034;http://www.revuerelations.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.revuerelations.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La voie de la gauche</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-voie-de-la-gauche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-voie-de-la-gauche</guid>
		<dc:date>2014-03-25T12:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-03-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est consternant de voir que les partis qui briguent actuellement le pouvoir au Qu&#233;bec et qui ont des chances d'&#234;tre &#233;lus n'aspirent qu'&#224; g&#233;rer le capitalisme, sans remettre en question le productivisme et le consum&#233;risme, dans l'espoir de briller dans le concert des nations. Ils se refusent &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour &#233;viter la catastrophe annonc&#233;e de l'&#171; agonie plan&#233;taire &#187; (Edgar Morin), dont le r&#233;chauffement climatique n'est qu'une des multiples d&#233;clinaisons. Nous savons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-03-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-03-18&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton17004-1a828.jpg?1677097424' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est consternant de voir que les partis qui briguent actuellement le pouvoir au Qu&#233;bec et qui ont des chances d'&#234;tre &#233;lus n'aspirent qu'&#224; g&#233;rer le capitalisme, sans remettre en question le productivisme et le consum&#233;risme, dans l'espoir de briller dans le concert des nations. Ils se refusent &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour &#233;viter la catastrophe annonc&#233;e de l'&#171; agonie plan&#233;taire &#187; (Edgar Morin), dont le r&#233;chauffement climatique n'est qu'une des multiples d&#233;clinaisons. Nous savons depuis longtemps que le Parti lib&#233;ral chante &#224; l'unisson avec le monde des affaires et n'a d'autre pr&#233;tention que d'&#234;tre le gestionnaire du statu quo. D'aucuns attendaient plus du Parti qu&#233;b&#233;cois, qui a longtemps maintenu vivante la fibre de la solidarit&#233; sociale, m&#234;me si avec le temps elle s'est fragilis&#233;e. Pr&#244;nant la souverainet&#233;, il a longtemps eu la profondeur de vue que n&#233;cessite un tel projet et a su faire &#233;cho aux pr&#233;occupations &#233;cologiques et sociales d'une grande partie de la population durant le printemps &#233;rable. Mais apr&#232;s avoir jou&#233; d'une mani&#232;re populiste la carte identitaire &#224; des fins &#233;lectoralistes, quitte &#224; s'ali&#233;ner des alli&#233;s potentiels de la cause souverainiste au sein des communaut&#233;s culturelles, voil&#224; qu'il verse maintenant dans l'apologie de l'exploitation du p&#233;trole de schiste, faisant miroiter des promesses de prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La voie de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours cette vieille mani&#232;re de faire de la politique &#224; courte vue, le nez coll&#233; sur le pouvoir et le profit : la gouvernance sans vision, la servilit&#233; bon enfant aux r&#232;gles du jeu &#233;dict&#233;es par les lobbies et les puissances financi&#232;res. Les riches finissent toujours par en sortir gagnants, in&#233;branlablement confiants dans leurs moyens de se tirer d'affaire quoi qu'il arrive, quitte &#224; sacrifier la nature ou des populations superflues pour leur jouissance paisible des choses &#8211; le monde, apr&#232;s eux, d&#251;t-il en p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps presse pourtant de saisir l'enjeu de notre &#233;poque : la Terre, notre unique demeure, nous sommes en mesure de la d&#233;truire. Il nous faut en prendre soin. Dans le p&#233;ril qu'elle fait planer sur le monde, la globalisation capitaliste a eu la cons&#233;quence &#171; heureuse &#187; de nous faire prendre conscience de notre responsabilit&#233; &#224; son &#233;gard. Une politique nationale ne peut faire fi du souci &#233;cologique pour notre habitation commune, la Terre. Nous ne pouvons plus faire comme si nous &#233;tions d&#233;li&#233;s du reste du monde. Nul n'est une &#238;le, cela est vrai pour les individus autant que pour les &#201;tats. Et toute affirmation nationale se doit d'&#234;tre en m&#234;me temps chemin d'&#233;vitement de l'autodestruction plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir du cul-de-sac, il nous faudrait avoir le courage de prendre la voie de la gauche. Pas l'ancienne, productiviste, autoritaire et bureaucratique, ni la &#171; nouvelle &#187; gauche de fa&#231;ade qui promet la solidarit&#233; mais qui, une fois au pouvoir, met la table aux politiques n&#233;olib&#233;rales d'aust&#233;rit&#233; qui ne servent qu'aux riches, comme on le voit en France. Mais celle de la r&#233;sistance. Celle qui a pour volont&#233; ferme de tirer le frein d'urgence du train du soi-disant progr&#232;s, qui roule &#224; toute vitesse sur les rails de la d&#233;mesure financi&#232;re et technique et laisse derri&#232;re lui mis&#232;re et d&#233;solation. Celle qui a pour vis&#233;e le mieux-vivre, le partage et la pr&#233;servation des conditions dignes de vie. Celle pour qui la terre est commune et non enjeu d'appropriation et d'expropriation, et pour qui l'&#233;conomie est au service de la soci&#233;t&#233; et non l'inverse. Celle qui sait puiser &#224; une longue tradition d'entraide et de solidarit&#233; avec les laiss&#233;s-pour-compte, de lutte contre l'injustice, de participation d&#233;mocratique et de d&#233;fense du bien commun, et qui puise ainsi, m&#234;me sans le savoir, &#224; l'esprit de l'&#201;vangile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, le sociologue de droite, Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, dans une &#233;mission de Radio-Canada, taxait cette gauche d'utopiste, l'accusant de ne pas vouloir vivre &#171; dans le monde r&#233;el &#187;. Il est plus que temps de prendre conscience que ceux qui vivent dans l'illusion, ce sont ces &#171; r&#233;alistes &#187; qui soutiennent une mani&#232;re de vivre qui dilapide les ressources, d&#233;truit les &#233;cosyst&#232;mes, creuse le foss&#233; entre une infime minorit&#233; de riches et une multitude de pauvres. Ce &#171; r&#233;alisme &#187; des serviles, comme des ma&#238;tres, n'est plus tenable. Il s'appuie sur le fantasme de la domination et du profit sans limite d'une &#233;lite. Une autre voie est possible et urgente pour sortir l'humanit&#233; de l'impasse o&#249; cela nous a men&#233;s. &#192; nous de l'investir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;ditorial est tir&#233; du nouveau num&#233;ro de la revue Relations, &#171; La retraite : une responsabilit&#233; collective &#187; (no 771, mars-avril 2014), en kiosques le 14 mars. Presse-toi &#224; gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; notre lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de Relations : &lt;a href=&#034;http://www.revuerelations.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.revuerelations.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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