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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Mexique : la lutte de classe revient au devant de la sc&#232;ne</title>
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		<dc:date>2013-11-26T14:07:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pablo Oprinari</dc:creator>


		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-11-26</dc:subject>
		<dc:subject>R&#244;les des luttes &#233;tudiantes dans la remont&#233;e des mobilisations</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les expectatives que le retour du PRI (Parti R&#233;volutionnaire Institutionnel, NdT) au gouvernement signifierait un retour &#224; la stabilit&#233; ont &#233;t&#233; d&#233;jou&#233;es. Bien que le gouvernement de Enrique Pe&#241;a Nieto soit parvenu, avec le &#171; Pacte pour le Mexique &#187;, &#224; conclure un accord avec l'opposition pour mettre en &#339;uvre un agenda de r&#233;formes structurelles, apr&#232;s huit mois de pouvoir le rejet des r&#233;formes &#233;ducatives et &#233;nerg&#233;tiques ainsi que la remobilisation de la jeunesse sont en train de configurer un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton15926-ba2a7.jpg?1675223383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les expectatives que le retour du PRI (Parti R&#233;volutionnaire Institutionnel, NdT) au gouvernement signifierait un retour &#224; la stabilit&#233; ont &#233;t&#233; d&#233;jou&#233;es. Bien que le gouvernement de Enrique Pe&#241;a Nieto soit parvenu, avec le &#171; Pacte pour le Mexique &#187;, &#224; conclure un accord avec l'opposition pour mettre en &#339;uvre un agenda de r&#233;formes structurelles, apr&#232;s huit mois de pouvoir le rejet des r&#233;formes &#233;ducatives et &#233;nerg&#233;tiques ainsi que la remobilisation de la jeunesse sont en train de configurer un nouveau panorama.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin 2012, le vieux &#171; dinosaure priiste &#187; est de retour. La classe dominante et les multinationales s'&#233;taient r&#233;jouies lorsque Pe&#241;a Nieto a remport&#233; les &#233;lections en juillet de l'ann&#233;e derni&#232;re. Les premiers temps du gouvernement de Enrique Pe&#241;a Nieto montraient l'apparence d'un retour &#224; la &#171; dictature parfaite &#187;, comme avait appel&#233; l'&#233;crivain p&#233;ruvien Mario Vargas Llosa l'ancien r&#233;gime. Au cours des premiers mois de cette ann&#233;e, les mouvements de protestation se sont fondamentalement limit&#233;s &#224; des secteurs des enseignants, qui ont organis&#233; des gr&#232;ves et des mobilisations dans certains Etats du pays, en particulier au sud de Mexico. Le pays semblait entrer dans une nouvelle l&#233;thargie et la mobilisation de la jeunesse du mouvement &#171; #yosoy132 &#187; en 2012 ne semblait &#224; peine plus qu'un coup de tonnerre dans un ciel serein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, avant d'accomplir 9 mois de mandat, quelque chose a chang&#233;. Depuis le milieu du mois d'ao&#251;t s'est d&#233;velopp&#233; un nouveau processus de lutte de classe, dirig&#233; par les enseignants [1], en protestation contre une r&#233;forme &#233;ducative finalement adopt&#233;e et promulgu&#233;e. Cette r&#233;forme met un terme &#224; la stabilit&#233; de l'emploi d'enseignant et soumet ceux-ci &#224; des m&#233;canismes d'&#233;valuation qui impliquent la standardisation des m&#233;thodes et, via la d&#233;centralisation, ouvre les portes &#224; la fin de la gratuit&#233; scolaire. La protestation enseignante s'est combin&#233;e avec d'autres processus de r&#233;sistance populaire et de la jeunesse, avec notamment le r&#233;veil du mouvement &#233;tudiant universitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause de tout ceci n'a pas &#233;t&#233;, comme on pourrait le penser, le manque d'habilit&#233; du nouveau gouvernement, et encore moins &#171; une cr&#233;ation des t&#233;l&#233;visions &#187;, comme l'&#233;voquaient de nombreux commentateurs pendant la campagne &#233;lectorale ; en r&#233;alit&#233;, Pe&#241;a Nieto, qui avait pr&#233;c&#233;demment gouvern&#233; l'Etat strat&#233;gique de Mexico, est un parfait politicien bourgeois qui combine les m&#233;thodes et les particularit&#233;s du vieux &#171; priisme &#187; avec l'agressivit&#233; de le jeune g&#233;n&#233;ration de dirigeants &#233;duqu&#233;s &#224; l'&#233;cole politique n&#233;olib&#233;rale. Si on veut expliquer la situation actuelle, il faut aller plus loin : bien que le &#171; parti tricolore &#187; [2] a tent&#233; de donner l'image d'un processus de changement et de &#171; d&#233;mocratisation &#187;, il n'a pas cess&#233; d'&#234;tre per&#231;u par de larges secteurs de la population comme l'expression du vieux syst&#232;me politique et comme celui qui a introduit le n&#233;olib&#233;ralisme dans les ann&#233;es 1980 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ajoute &#224; cela le fait que pendant les 12 ann&#233;es de pouvoir du PAN (Parti d'Action Nationale, droite conservatrice, NdT) ce parti a &#233;t&#233; le principal associ&#233; des gouvernements de Vicente Fox et de Felipe Calder&#243;n, et qu'il a eu un poids institutionnel &#233;lev&#233; au travers du Congr&#232;s de l'Union (le Parlement f&#233;d&#233;ral, NdT) et des gouvernements d'Etats, on peut comprendre que son triomphe a repr&#233;sent&#233;, pour de large couches de la populations, le retour au pouvoir du vieux syst&#232;me politique responsable des massacres de 1968 et 1971, contre lequel s'&#233;tait dress&#233; le premier mouvement d&#233;mocratique en 1988 et ensuite l'insurrection indig&#232;ne paysanne au Chiapas en 1994. Rappelons que le mouvement &#171; #yosoy132 &#187; a &#233;merg&#233; au cri de &#171; Atenco ne s'oublie pas &#187; - en r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;pression dirig&#233;e par le gouverneur Pe&#241;a Nieto en 2006 &#8211;, pr&#233;figurant ainsi la faible l&#233;gitimit&#233; du &#171; nouveau &#187; priisme au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, on ne peut pas non plus oublier que le cours ouvertement n&#233;olib&#233;ral que Pe&#241;a Nieto a assum&#233; depuis son premier jour au pouvoir n'a fait qu'attiser le m&#233;contentement latent. Ce n'&#233;tait plus qu'une question de temps pour que celui-ci se transforme en mobilisation et en protestation dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce nouveau cadre politique convergent ainsi trois processus qui secouent le Mexique &#171; profond &#187;. D'une part, cela fait plusieurs ann&#233;es que se d&#233;ploie une v&#233;ritable contre-r&#233;forme sur le terrain de l'enseignement, dont la principale expression est le paquet de mesures l&#233;gislatives qui vient d'&#234;tre approuv&#233;. Tout cela a &#233;veill&#233; la protestation d'un secteur enseignant qui a &#233;t&#233; &#224; l'avant-garde de la lutte des classes les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Parall&#232;lement, la r&#233;forme &#233;nerg&#233;tique propos&#233;e par Pe&#241;a Nieto est per&#231;ue par de vastes secteurs de la population laborieuse et des classes moyennes comme une privatisation masqu&#233;e de l'entreprise d'Etat &#171; Petr&#243;leos Mexicanos &#187; (PEMEX) en faveur des multinationales imp&#233;rialistes, ce qui a stimul&#233; un processus de mobilisations. Et, en troisi&#232;me lieu, la r&#233;pression exerc&#233;e par les autorit&#233;s contre les enseignants a suscit&#233; un mouvement d&#233;mocratique qui r&#233;veill&#233; le mouvement &#233;tudiant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nouvelle r&#233;bellion enseignante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, la r&#233;volte des enseignants de l'Etat de Oaxaca, dans le sud du pays, et leur alliance avec d'autres secteurs populaires, a men&#233; &#224; l'&#233;mergence de ce qu'on a connu comme &#171; la Commune de Oaxaca &#187; dirig&#233;e par l'Assembl&#233;e Populaire des Peuples d'Oaxaca (APPO). Bien qu'elle fut vaincue, cette exp&#233;rience historique est rest&#233;e comme un exemple de la lutte de classe et comme source d'inspiration pour l'un des secteurs des salari&#233;s les plus actifs dans les mouvements de protestation de ces dix derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, d'autres mobilisations enseignantes et &#233;tudiantes ont permis l'accumulation de forces qui a rendue possible l'&#233;closion des luttes de ces derni&#232;res semaines. La mobilisation enseignante actuelle a boulevers&#233; le centre politique, &#233;conomique et administratif du pays &#8211; Mexico &#8211; o&#249; une occupation permanente a rassembl&#233; des milliers d'enseignants de diff&#233;rentes r&#233;gions dans un conflit qui, au fil du temps, s'est g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; tout le pays. A la diff&#233;rence des processus ant&#233;rieurs, elle ne s'est pas limit&#233;e &#224; des sections du syndicat enseignant CNTE du centre et du sud du pays (voir note 1) mais a au contraire impuls&#233; une r&#233;bellion anti-bureaucratique au sein m&#234;me de ce syndicat qui a touch&#233; la majorit&#233; des Etats et dont les cons&#233;quences est encore difficile &#224; &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut ignorer dans ce cadre l'une des caract&#233;ristiques de l'histoire mexicaine contemporaine ; &#224; savoir le poids &#233;norme de l'appareil syndical bureaucratique dans le mouvement ouvrier et son lien avec le PRI. Les luttes de classe les plus significatives se sont donc souvent accompagn&#233; de forts mouvements anti-bureaucratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protestation enseignante a reprise &#224; son compte des m&#233;thodes de lutte radicales, comme le blocage des art&#232;res cl&#233;s de Mexico, celui des acc&#232;s &#224; l'A&#233;roport International et ils ont &#233;galement emp&#234;ch&#233; la tenue de sessions du Congr&#232;s de l'Union pour exiger d'abord le rejet de la r&#233;forme et ensuite son abrogation. La combativit&#233; &#233;lev&#233;e de la base enseignante est &#233;galement soulign&#233;e par la remise en question de la direction du SNTE. Cette base s'est oppos&#233;e aux dirigeants qui cherchaient &#224; n&#233;gocier s&#233;par&#233;ment au niveau des Etats &#224; partir des revendications locales, ce qui aurait conduit &#224; l'affaiblissement de la lutte nationale pour l'abrogation de la r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 septembre dernier, l'expulsion violente de la place du Z&#243;calo occup&#233;e par les enseignants &#224; Mexico a stimul&#233; un nouveau tourbillon dans la lutte de classe : un vaste mouvement d&#233;mocratique et de soutien aux enseignants s'est constitu&#233; et a permis de contrecarrer la campagne m&#233;diatique contre ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela s'inscrit dans une v&#233;ritable tradition dans la lutte de classe du pays : la r&#233;pression exerc&#233;e par le PRI tend &#224; susciter des processus de mobilisation d&#233;mocratique qui jettent dans les rues des dizaines et des centaines de milliers de personnes provenant de diff&#233;rentes couches et classes sociales, comme ce fut le cas en 1994 en d&#233;fense de la r&#233;bellion zapatiste ou en f&#233;vrier 2000 afin d'exiger la lib&#233;ration des prisonniers politiques de l'UNAM (Universit&#233; autonome de Mexico, NdT). Si Enrique Pe&#241;a Nieto esp&#233;rait une victoire compl&#232;te qui isolerait les enseignants, le r&#233;sultat est sans aucun doute une victoire &#224; la Pyrrhus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois de plus, les &#233;tudiants entrent en sc&#232;ne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A nouveau, si on veut &#233;valuer l'importance de l'accumulation d'exp&#233;rience, il faut rappeler que le mouvement &#171; #yosoy132 &#187;, qui a durant de longs mois remis en question la l&#233;gitimit&#233; d'un retour du PRI, &#233;tait un avant go&#251;t de ce que nous voyons aujourd'hui dans les universit&#233;s, &#224; tel point que bon nombre de ceux qui surgirent alors &#224; la vie politique sont aujourd'hui des activistes v&#233;t&#233;rans de la solidarit&#233; avec les enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;veil politique de cette jeunesse &#233;tudiante a mis en &#233;vidence le ras-le-bol vis-&#224;-vis du syst&#232;me politique mexicain qui couvait dans de larges couches de la soci&#233;t&#233;. En outre, le mouvement &#171; #yosoy132 &#187; a sorti la jeunesse mexicaine de sa l&#233;thargie et a inscrit explicitement son action sur les traces des jeunes du monde arabe, du Chili ou de l'Etat espagnol, avec leurs exp&#233;riences de mobilisations, de barricades et de r&#233;pression. Alors qu'il semblait que le mouvement &#233;tudiant &#233;tait prisonnier de la passivit&#233; post-&#233;lectorale, la r&#233;pression du 13 septembre a tout chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une assembl&#233;e inter-universitaire bien fournie r&#233;alis&#233;e ce m&#234;me jour, des milliers d'&#233;tudiants des universit&#233;s publiques se sont mobilis&#233;s le dimanche 15 septembre [3]. Les jours suivants, des assembl&#233;es massives dans diff&#233;rentes &#233;coles et facult&#233;s ont approuv&#233; la gr&#232;ve &#233;tudiante afin de protester contre l'expulsion du Z&#243;calo et en faveur des revendications enseignantes. Des actions dans le m&#233;tro, dans les quartiers et les zones industrielles, la participation massive aux manifestations de la CNTE, ainsi que l'organisation d'assembl&#233;es et la mise sur pied d'une Assembl&#233;e Inter-universitaire, soulignent ainsi le r&#233;veil du mouvement &#233;tudiant. Celui-ci commence &#224; reprendre des formes de lutte et d'organisation mises en &#339;uvre par les mouvements de 1968 et dans la gr&#232;ve universitaire de 1999-2000, ce qui n'avait pr&#233;cis&#233;ment plus &#233;t&#233; vu depuis cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants des universit&#233;s publiques agissent comme une v&#233;ritable caisse de r&#233;sonance des contradictions sociales. Ils expriment l'existence d'un fort m&#233;contentement vis-&#224;-vis du retour du PRI et de son programme politique n&#233;olib&#233;ral, ainsi qu'avec un r&#233;gime politique garant des int&#233;r&#234;ts des grands capitalistes et qui perfectionne la l&#233;gislation et l'appareil r&#233;pressifs. Ce n'est pas un hasard si la protestation &#233;tudiante a surgi contre une action polici&#232;re qui, de par sa brutalit&#233;, exprime le retour des m&#233;thodes du vieux PRI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rythme et la dur&#233;e du r&#233;veil du mouvement &#233;tudiant ne peuvent &#234;tre pr&#233;dits. Ce qu'il nous importe de souligner c'est que, apr&#232;s de nombreuses ann&#233;es d'absence, il revient au devant de la sc&#232;ne. Le mouvement &#171; #yosoy132 &#187; a &#233;t&#233; l'acte de naissance d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration &#233;tudiante et de la jeunesse en g&#233;n&#233;ral au Mexique. Apr&#232;s le 13 septembre, il s'est r&#233;activ&#233; &#224; la vitesse sup&#233;rieure en nourrissant un mouvement d&#233;mocratique et solidaire, et en montrant &#224; la fois une tendance &#224; la convergence et &#224; l'unit&#233; avec les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PEMEX : un bradage annonc&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Per&#231;ue avec raison par de larges secteurs de la population comme une privatisation masqu&#233;e de PEMEX, la r&#233;forme &#233;nerg&#233;tique propos&#233;e par Pe&#241;a Nieto touche une corde hautement sensible dans un pays trait&#233; par les Etats-Unis comme son arri&#232;re-cours et qui a aggrav&#233; sa subordination &#233;conomique, politique et militaire au voisin du nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la nationalisation p&#233;troli&#232;re de 1938, l'entr&#233;e du capital priv&#233; dans PEMEX a toujours &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e avec la plus grande prudence par la classe dominante. La r&#233;forme envisag&#233;e vise &#224; offrir des b&#233;n&#233;fices &#233;conomiques juteux aux multinationales du secteur en pi&#233;tinant la tradition, encore vive, autour de la d&#233;fense du caract&#232;re national des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fortes mobilisations contre ce projet expriment un sc&#233;nario qui ne s'&#233;tait plus vu depuis les manifestations de 2006 contre la fraude &#233;lectorale qui avait permise &#224; Felipe Calder&#243;n de voler la pr&#233;sidence au candidat de centre-gauche Andr&#233;s Manuel L&#243;pez Obrador. La mobilisation en d&#233;fense du p&#233;trole est dirig&#233;e par les deux principaux leaders de l'opposition bourgeoise, Cuauht&#233;moc C&#225;rdenas (ancien dirigeant du Parti de la R&#233;volution d&#233;mocratique, centre-gauche) et L&#243;pez Obrador lui-m&#234;me, qui ont organis&#233; des manifestations s&#233;par&#233;es de la protestation enseignante en les limitant &#224; un horizon de &#171; r&#233;sistance civile et pacifique &#187; et en proposant des mesures telles que des &#171; consultations populaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence de cette voie, et comme Trotsky le soulignait en 1938 en affirmant que la nationalisation et la lutte pour le p&#233;trole mexicain &#233;tait l'unique mesure effective pour sauvegarder l'ind&#233;pendance nationale, on peut dire qu'aujourd'hui la meilleure mani&#232;re de r&#233;pondre au bradage du p&#233;trole est d'assumer une perspective radicalement oppos&#233;e &#224; la spoliation des ressources naturelles et aux capitalistes nationaux et &#233;tranger.&lt;br class='autobr' /&gt; Vers un nouveau cycle de la lutte de classe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, le Mexique a &#233;t&#233; boulevers&#233; par le d&#233;veloppement de la &#171; narco-guerre &#187;, qui a fait plus de 125.000 morts et disparus, ainsi que par le processus de militarisation qui a impliqu&#233; un perfectionnement de la terreur d'Etat contre la population. Le retour du PRI promettait un &#233;crasement sans piti&#233; des vieilles conqu&#234;tes de la population laborieuse. Mais les diff&#233;rents processus que nous avons pr&#233;sent&#233;s ici pourraient annoncer le prologue d'une nouvelle p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat mexicain repr&#233;sente une puissante force sociale, parmi les plus importantes de la r&#233;gion, ancr&#233;e dans les services, les transports et dans une industrie moderne &#233;troitement li&#233;e aux multinationales et &#224; l'exportation vers les Etats-Unis, avec une force de travail concentr&#233;e et nombreuse. Ce qui permettra le r&#233;veil de l'ensemble des forces de ce g&#233;ant ouvrier est sans aucun doute la cl&#233; qui permettra d'approfondir le cours actuel de la lutte de classe et d'amener de nouveaux et profonds &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mexique qui &#233;merge aujourd'hui n'est absolument pas &#224; l'image de celui que le n&#233;olib&#233;ralisme &#8211; en d&#233;pit de ses indubitables avanc&#233;es - a voulu modeler : dans l'arri&#232;re cour de la puissance yankee, v&#233;ritable paradis des multinationales s'annonce &#224; nouveau le Mexique rebelle et profond ; celui l&#224; m&#234;me qui, en d&#233;ployant toutes ses forces sociales contre la classe dominante et la domination imp&#233;rialiste, permettra de rendre possible, en plein XXIe si&#232;cle, la t&#226;che de reprendre et d'achever l'&#339;uvre d'Emiliano Zapata.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://ideasdeizquierda.org/mexico-la-lucha-de-clases-vuelve-al-centro-de-la-escena/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ideasdeizquierda.org/mexico-la-lucha-de-clases-vuelve-al-centro-de-la-escena/&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le Syndicat National des Travailleurs de l'Education (SNTE) est le plus grand syndicat d'Am&#233;rique latine. Sa direction a &#233;t&#233; historiquement pro-PRI mais ces derni&#232;res d&#233;cennies, elle s'est associ&#233;e aux gouvernements du PAN. L'une des actions de Enrique Pe&#241;a Nieto a &#233;t&#233; d'emprisonner la dirigeante historique du SNTE, Elba Esther Gordillo, et de discipliner la nouvelle direction bureaucratique. D'autre part, depuis 1979, les syndicalistes enseignants dissidents ou &#171; d&#233;mocratiques &#187; se sont majoritairement regroup&#233;s dans la Coordination Nationale des Travailleurs de l'Education (CNTE) qui, dans des Etats comme Oaxaca, est h&#233;g&#233;monique et qui est la plus influente dans les Etats du sud-est, du centre et de l'ouest du pays. Elle constitue une force tr&#232;s importante dans le dit mouvement ouvrier ind&#233;pendant. Tant le SNTE que la CNTE s'organisent en sections par Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Les principaux partis du Mexique se d&#233;signent &#233;galement par les couleurs qui les distinguent ; le PRI, en tant &#171; qu'h&#233;ritier de la r&#233;volution &#187; (de 1910, NdT) a adopt&#233; les couleurs du drapeau national, on l'appelle donc le &#171; parti tricolore. Le PAN, c'est le &#171; blanc et bleu &#187;, tandis que le PRD (Parti de la R&#233;volution D&#233;mocratique, centre-gauche, NdT) est le &#171; soleil azt&#232;que &#187; pour sa couleur jaune et son logo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le pr&#233;texte de l'expulsion du Z&#243;calo &#233;tait de le &#171; lib&#233;rer &#187; pour y r&#233;aliser la c&#233;r&#233;monie officielle du Jour de l'Ind&#233;pendance le 15 septembre, &#224; l'occasion de laquelle le pr&#233;sident sort sur son balcon et prononce le &#171; cri &#187; qui rappelle le &#171; cri de Dolores &#187;, l'harangue avec laquelle les rebelles ont initi&#233; la guerre d'Ind&#233;pendance du Mexique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Inaudibles de Bulgarie l&#232;vent la voix</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-Inaudibles-de-Bulgarie-levent-la-voix</link>
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		<dc:date>2013-11-26T14:06:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albena Dimitrova</dc:creator>


		<dc:subject>Bulgarie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-11-26</dc:subject>
		<dc:subject>R&#244;les des luttes &#233;tudiantes dans la remont&#233;e des mobilisations</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le mouvement contestataire enclench&#233; et maintenu sans rel&#226;che depuis 160 jours embrase la capitale de Bulgarie (lire Les inaudibles de Bulgarie : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/250713/les-inaudibles-de-bulgarie). Apr&#232;s les &#233;tudiants, les syndicats rejoignent &#233;galement le mouvement des insurg&#233;s. La Conf&#233;d&#233;ration des syndicats ind&#233;pendants de Bulgarie (KNSB) vient de sonner l'appel pour une manifestation g&#233;n&#233;rale. &lt;br class='autobr' /&gt; Sofia trouve la retentissante puissance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bulgarie-+" rel="tag"&gt;Bulgarie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Roles-des-luttes-etudiantes-dans-la-remontee-des-mobilisations-+" rel="tag"&gt;R&#244;les des luttes &#233;tudiantes dans la remont&#233;e des mobilisations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton15951-8de60.png?1676538453' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement contestataire enclench&#233; et maintenu sans rel&#226;che depuis 160 jours embrase la capitale de Bulgarie (lire Les inaudibles de Bulgarie : &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/250713/les-inaudibles-de-bulgarie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/250713/les-inaudibles-de-bulgarie&lt;/a&gt;). Apr&#232;s les &#233;tudiants, les syndicats rejoignent &#233;galement le mouvement des insurg&#233;s. La Conf&#233;d&#233;ration des syndicats ind&#233;pendants de Bulgarie (KNSB) vient de sonner l'appel pour une manifestation g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sofia trouve la retentissante puissance des forces citoyennes unies. Les visages des mineurs et des ouvriers, des intellectuels et de la jeunesse universitaire se m&#234;lent et d&#233;filent unanimes contre le gouvernement Orecharski, contre l'usurpation des pouvoirs politiques par la mafia et l'oligarchie. Ils rejettent les tentatives des partis politiques, de l'opposition comme ceux au pouvoir, d'exploiter leur r&#233;volte citoyenne &#224; des fins &#233;lectorales. Les manifestants se rassemblent pour une morale de la vie politique, pour une justice effective et pour une nouvelle loi &#233;lectorale qui assurerait une meilleure repr&#233;sentativit&#233; parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volte des &#233;tudiants &#8211; les L&#232;ves t&#244;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants du pays qui s'unissent sous le nom &#171; Les L&#232;ves-t&#244;t &#187; occupent les principales universit&#233;s de Sofia et des grandes villes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des L&#232;ves-t&#244;t prend de l'ampleur en quelques semaines seulement et ceci malgr&#233; les intimidations polici&#232;res exerc&#233;es sur des jeunes. Leurs domiciles ont &#233;t&#233; visit&#233;s par des policiers en civil, des renforts policiers ont &#233;t&#233; mobilis&#233;s, des agents de s&#233;curit&#233; des quatre coins du pays ont &#233;t&#233; conduits d'urgence vers la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir politique actuel craint fortement le mouvement &#233;tudiant qui est ouvertement soutenu par les professeurs des universit&#233;s et par la majorit&#233; de la population du pays. &#171; Nous ne pouvons que leur adresser notre plus sinc&#232;re soutien et profond respect. Nous sommes reconnaissants et fiers de cette jeunesse qui ne d&#233;serte pas et qui bat le pav&#233; pour nous tous aujourd'hui &#187;. Un grand nombre de professeurs des universit&#233;s sont signataires de la lettre ouverte adress&#233;e au Premier Ministre. &#192; l'initiative des L&#232;ves t&#244;t, des cours magistraux sur des th&#232;mes comme la d&#233;mocratie, la justice sociale et les enjeux politiques du pays et de l'Europe ont lieu &#224; l'int&#233;rieur des facult&#233;s occup&#233;es. Ces cours et s&#233;minaires sont dispens&#233;s gracieusement par les professeurs et sont massivement suivis par les &#233;tudiants en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations pacifiques des &#233;tudiants et la solidarit&#233; autour de leur mouvement (plus de 70% de la population) ont pouss&#233; le chef du gouvernement &#224; brandir publiquement des menaces de poursuites et de licenciements pour faute contre des fonctionnaires qui auraient particip&#233; &#224; des manifestations. Le toll&#233; contre cette intervention publique a &#233;t&#233; suivi du d&#233;p&#244;t au bureau du Procureur G&#233;n&#233;ral d'une plainte contre l'actuel Premier Ministre pour agissements anticonstitutionnels et contraires &#224; la loi pour la libert&#233; d'expression et la libert&#233; de manifester&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Opinion sur ordre et financement des partis politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir du gouvernement que le mouvement contestataire s'essoufflerait durant les mois d'&#233;t&#233; a &#233;t&#233; vain et le premier ministre Orecharski a d&#251; chercher des moyens de plus en plus douteux pour justifier son refus d'entendre l'appel de la population. Apr&#232;s ses menaces de poursuite contre des employ&#233;s de la fonction publique, l'incoh&#233;rence d'Orecharski a &#233;t&#233; de descendre lui-m&#234;me dans la rue et de rejoindre une &#171; contre-manifestation &#187; orchestr&#233;e et ordonn&#233;e par lui-m&#234;me. Il a d&#233;fil&#233; en soutien de lui-m&#234;me avec une banderole &#171; Oui au Gouvernement d'Orecharski &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il a tent&#233; de dresser des populations les unes contre les autres en suivant l'exemple de son homologue turc et en finan&#231;ant des &#8220; contre-manifestations &#8221;. Il exploite la pauvret&#233; et la mis&#232;re dans certaines couches sociales et r&#233;gions du pays &#187;, commente un jeune qui avait fait l'objet de pressions polici&#232;res. Des cars entiers et des trains sp&#233;cialement affr&#233;t&#233;s ont transport&#233; samedi dernier quelques dizaines de milliers de personnes dont certaines ignoraient m&#234;me pourquoi elles &#233;taient ici. Lorsqu'on posait des questions &#224; ces personnes, &#171; pourquoi &#234;tes-vous venus ici, qui soutenez- vous ? &#187;, les r&#233;ponses ont &#233;t&#233; pour le moins &#233;tonnantes, &#171; on doit soutenir le Gouvernement ; on nous a dit de venir ; on ne sait pas trop mais le maire du village nous a dit que c'&#233;tait un voyage tout frais pay&#233;s, nous, on n'a pas souvent l'occasion de venir dans la capitale... &#187; Ces vieilles m&#233;thodes &#171; d'opinion sur ordre &#187; n'ont visiblement pas effray&#233; les organisateurs qui agissaient avec le feu vert du Gouvernement et avec un financement assur&#233; par les trois partis politiques au pouvoir, Parti Socialiste et coalitions (KZB), Party des Minorit&#233;s Turques (DPS) et le Parti Nationaliste (Ataka).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement de ces op&#233;rations a pos&#233; la question de l'utilisation des fonds publics attribu&#233;s aux partis politiques. Le contribuable bulgare exige le d&#233;compte exact du co&#251;t des transports et des &#233;ventuelles r&#233;mun&#233;rations per&#231;ues pour le d&#233;placement de la population le 16 novembre dernier &#224; Sofia. &#171; Cette mascarade de manifestation avait pour but uniquement de nous dresser les uns contre les autres, de diviser le pays et de paralyser nos mouvements spontan&#233;s de r&#233;volte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi en France l'&#233;cho de la r&#233;volte de Sofia ne trouve pas de r&#233;sonances ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gouvernement d'Orecharski qui se maintient en place en ignorant ou en essayant de discr&#233;diter les protestations quotidiennes de la population ne devrait plus pouvoir b&#233;n&#233;ficier du silence de la part des m&#233;dias europ&#233;ens. Ce silence vient d'&#234;tre bris&#233; et personne en Europe ne peut ignorer ind&#233;finiment un mouvement d'&#233;tudiants europ&#233;ens. La BBC4 transmet en continu les &#233;v&#233;nements de Sofia, la Deutsche Welle &#233;galement, les r&#233;seaux sociaux fonctionnent de la m&#234;me mani&#232;re que pendant le printemps arabe. Au niveau du Parlement Europ&#233;en, Daniel Cohn-Bendit a &#233;t&#233; le premier d&#233;put&#233; europ&#233;en &#224; soutenir ouvertement la r&#233;volte des &#233;tudiants bulgares. Et pourtant en France les m&#233;dias de grande &#233;coute restent encore silencieux, rares sont les correspondants fran&#231;ais sur place, rares sont les articles &#233;crits. Est-ce que les Fran&#231;ais ne s'y int&#233;ressent pas ? Est-ce qu'un mouvement pacifique qui se poursuit depuis plus de cinq mois et qui revendique une politique morale et un nouveau syst&#232;me &#233;lectoral n'est pas un sujet assez int&#233;ressant pour des grands m&#233;dias fran&#231;ais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question pourrait &#234;tre adress&#233;e &#233;galement aux responsables politiques. Le seul parti politique fran&#231;ais qui a pris une position officielle pour les prochaines &#233;lections europ&#233;ennes est le FN. La seule consolation reste que Ataka, le parti d'extr&#234;me droite en coalition dans l'actuelle majorit&#233; &#233;lue et dont le leader Volen Siderov pr&#233;side la commission parlementaire de lutte anticorruption, a essuy&#233; le refus de Marine Le Pen de faire partie de l'alliance des partis nationalistes pour les prochaines &#233;lections europ&#233;ennes. Le motif &#233;voqu&#233; par le vice-pr&#233;sident en charge des recrutements et des manifestations, Louis Aliot, &#233;tait que &#171; Ataka ne correspond pas aux nouvelles aspirations de la charte de l'alliance des partis nationalistes &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni l'UMP, et encore moins, le PS n'expriment leurs positions vis &#224; vis de la profonde crise politique bulgare. Doit-on penser que leurs &#233;lecteurs ne s'int&#233;ressent pas aux alliances qu'ils peuvent avoir dans le prochain parlement europ&#233;en ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bulgarie vit dans une d&#233;mocratie qui ne repr&#233;sente plus les populations votantes. Ses revendications pour une refondation du syst&#232;me &#233;lectoral et pour une plus large participation citoyenne dans l'exercice des mandats sont pourtant &#224; l'ordre du jour des autres peuples europ&#233;ens. De m&#234;me qu'en Bulgarie o&#249; les politiques des gouvernements se retrouvent avec un soutien d'une minorit&#233; de 15 &#224; 20 % de la population, en France, on constate que la constitution de la V&#232;me R&#233;publique permet de maintenir au pouvoir des dirigeants &#233;lus sur un programme et qui, une fois en poste, m&#232;nent de fait une toute autre politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, la soci&#233;t&#233; bulgare souffre de grandes d&#233;chirures racistes contre les tziganes (lire &#202;tre rom en Bulgarie - 1) et plus r&#233;cemment contre les r&#233;fugi&#233;s syriens. Pourtant elle a massivement soutenu la mobilisation des Fran&#231;ais contre la mont&#233;e des racismes. Cette position des bulgares passe aussi sous silence en France. La phrase de Christiane Taubira, &#171; Le Racisme n'est pas une opinion, c'est un d&#233;lit &#187; a &#233;t&#233; brandie dans les rues de Sofia ce dimanche 17 novembre o&#249; la soci&#233;t&#233; civile, encore elle, a organis&#233; une marche solidaire contre le racisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens refusent que la haine, la x&#233;nophobie et le racisme deviennent les seules solutions contre la d&#233;faillance d'un syst&#232;me avec des structures institutionnelles et &#233;lectorales obsol&#232;tes. Entre les personnes dans les rues de Sofia et les personnes qui d&#233;filent &#224; Paris il y a peut-&#234;tre plus de proximit&#233; qu'&#224; n'importe quelle autre &#233;poque. Que demandent les Bulgares aujourd'hui ? Ils demandent que les hommes et les femmes politiques repr&#233;sentent les aspirations fondamentales de nos vies et que les m&#233;dias informent librement, en restant fid&#232;les &#224; la r&#233;alit&#233;. Est-ce une demande qui doit rester inaudible ? Est-elle si &#233;trang&#232;re pour les Fran&#231;ais aujourd'hui ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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