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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le capitalisme embourb&#233;</title>
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		<dc:date>2014-01-14T15:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Husson</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise capitaliste n'est manifestement pas termin&#233;e. Cinq ans apr&#232;s son &#233;clatement, ce texte est une synth&#232;se actualis&#233;e de travaux ant&#233;rieurs (1) qui adopte trois angles de vue. La premi&#232;re partie pr&#233;sente un panorama des grandes tendances du capitalisme depuis le grand tournant lib&#233;ral des ann&#233;es 1980. La deuxi&#232;me mobilise cette grille de lecture pour d&#233;finir les coordonn&#233;es de la crise actuelle. Enfin, la derni&#232;re partie est plus sp&#233;cifiquement consacr&#233;e &#224; ses traits sp&#233;cifiques en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-12-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-12-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH73/arton16205-dcc34.jpg?1679049366' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise capitaliste n'est manifestement pas termin&#233;e. Cinq ans apr&#232;s son &#233;clatement, ce texte est une synth&#232;se actualis&#233;e de travaux ant&#233;rieurs (1) qui adopte trois angles de vue. La premi&#232;re partie pr&#233;sente un panorama des grandes tendances du capitalisme depuis le grand tournant lib&#233;ral des ann&#233;es 1980. La deuxi&#232;me mobilise cette grille de lecture pour d&#233;finir les&lt;br class='autobr' /&gt;
coordonn&#233;es de la crise actuelle. Enfin, la derni&#232;re partie est plus sp&#233;cifiquement consacr&#233;e &#224; ses traits sp&#233;cifiques en Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Trois grandes tendances du capitalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce qui suit, on se propose d'utiliser une m&#233;thode que l'on pourrait qualifier de &#171; spectrographique &#187;. Elle consiste &#224; caract&#233;riser les phases du capitalisme &#224; partir d'une batterie d'indicateurs et permet d'identifier trois grandes tendances :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une crise de r&#233;gulation du capitalisme ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le basculement de l'&#233;conomie mondiale ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la contradiction entre mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique et d&#233;fi climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise de r&#233;gulation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de crise de r&#233;gulation est une facilit&#233; de langage qui n'implique pas de ralliement &#224; la th&#233;orie de la r&#233;gulation, et certainement pas &#224; ses implications &#171; harmonicistes &#187;. L'id&#233;e de fond est que le capitalisme red&#233;finit p&#233;riodiquement un mode de fonctionnement sp&#233;cifique, qui doit r&#233;pondre &#224; un certain nombre de contradictions auxquelles il est en permanence confront&#233; mais qu'il &#171; g&#232;re &#187; de mani&#232;re diff&#233;rente. Le capitalisme a une histoire : ses m&#233;canismes profonds sont immuables mais son mode de fonctionnement diff&#232;re d'une p&#233;riode &#224; l'autre, et aussi d'un pays &#224; l'autre. Cette approche permet de rep&#233;rer deux grandes phases dans l'histoire r&#233;cente du capitalisme : l'&#171; Age d'or &#187; du capitalisme &#171; fordiste &#187;, qui va de la deuxi&#232;me guerre mondiale &#224; la r&#233;cession g&#233;n&#233;ralis&#233;e du milieu des ann&#233;es 1970, et le capitalisme &#187;n&#233;olib&#233;ral &#187; qui lui succ&#232;de, apr&#232;s une p&#233;riode de transition, et qui est entr&#233; en crise ouverte en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode utilis&#233;e ici pourrait &#234;tre qualifi&#233;e de &#171; spectrographique &#187;. Elle consiste &#224; mobiliser une batterie d'indicateurs dont on tire un indicateur synth&#233;tique. Le premier constat est que cet indicateur est en phase avec le taux de profit (graphique 1). Jusqu'au milieu des ann&#233;es 1980, cet indicateur reste &#224; peu pr&#232;s plat, ce qui est une mani&#232;re d'illustrer le caract&#232;re relativement r&#233;gul&#233; du capitalisme durant cette p&#233;riode. Cependant le taux de profit se met &#224; baisser par paliers : d&#232;s 1967 aux Etats-Unis, puis dans l'ensemble des grands pays capitalistes avec les r&#233;cessions g&#233;n&#233;ralis&#233;es de 1974-1975 et 1980-1982. Intervient alors le &#171; grand tournant &#187; qui va mettre en place le capitalisme n&#233;olib&#233;ral. C'est une nouvelle p&#233;riode qui s'ouvre alors, marqu&#233;e par le r&#233;tablissement du taux de profit, en d&#233;pit de fortes fluctuations qui correspondent aux r&#233;cessions, en particulier celles de 1991-1993 et de 2000-2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette restauration du taux de profit s'accompagne d'une inflexion majeure dans l'&#233;volution de l'indicateur synth&#233;tique : alors qu'il &#233;tait &#224; peu pr&#232;s constant, il se met &#224; augmenter de mani&#232;re quasi-exponentielle. Notre analyse consiste &#224; dire que cette hausse traduit les transformations du capitalisme qui ont &#233;t&#233; n&#233;cessaires au r&#233;tablissement du taux de profit. Cette th&#232;se admet un corollaire important : on ne peut modifier le mode de fonctionnement du capitalisme n&#233;olib&#233;ral sans faire baisser le taux de profit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1798 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_1.png?1798/c99b0bdbca2cfdb024fada4b1d955df49113d914eae4a23c9ac473da22c8a185&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 53.6 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH105/Graphique_1-84f50-ee950.png?1674918804' width='150' height='105' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les composantes de l'indicateur synth&#233;tique peuvent &#234;tre analys&#233;es autour de deux questions : quel partage de la valeur ajout&#233;e, quelle configuration de l'&#233;conomie mondiale ? Le principal moyen pour restaurer le taux de profit est de faire baisser la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e et donc d'augmenter celle des profits. Et c'est exactement ce qui se passe &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1980 comme le montre l'indicateur Part des profits du graphique 2.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1799 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_2-2.png?1799/d5100b312450b676f436e8fde3a7a1699f69608254d459e198fe800f49c60386&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 69.5 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH108/Graphique_2-2-3ee86-8756c.png?1674918804' width='150' height='108' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais ce mode de r&#233;tablissement du taux de profit pose imm&#233;diatement un probl&#232;me de r&#233;alisation : &#224; qui vendre les marchandises si la demande des salari&#233;s progresse moins vite que la production ? Soulignons au passage que cette probl&#233;matique n'a rien de &#171; keyn&#233;sien &#187; : la contrainte de r&#233;alisation fait partie des contradictions essentielles du capitalisme. Le capitalisme n&#233;olib&#233;ral a su y apporter des r&#233;ponses, d'une autre nature que celles du capitalisme fordiste. La consommation a en effet augment&#233; plus vite que les salaires, compensant assez exactement le d&#233;placement du partage salaires-profit, comme le montre l'indicateur Consommation/salaires du graphique 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;sultat a pu &#234;tre obtenu gr&#226;ce &#224; la consommation des riches et au surendettement des m&#233;nages (indicateur Endettement des m&#233;nages). La forte progression des revenus financiers (voir l'indicateur Bourse) a conduit &#224; une r&#233;partition des revenus de plus en plus in&#233;galitaire (voit l'indicateur In&#233;galit&#233;s). Toutes les courbes correspondantes sont en phase, parce qu'elles refl&#232;tent une configuration qui r&#233;pond de mani&#232;re coh&#233;rente &#224; la contrainte de r&#233;alisation. Un corollaire important est que la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s est parfaitement fonctionnelle. Par cons&#233;quent, il serait vain de vouloir les r&#233;duire tout en maintenant un partage de la valeur ajout&#233;e d&#233;favorable aux salari&#233;s, dont tout le reste se d&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La configuration de l'&#233;conomie mondiale &#224; partir des ann&#233;es 1980 fait appara&#238;tre la croissance &#224; cr&#233;dit d'un certain nombre de pays, et notamment des Etats-Unis. Le mod&#232;le de croissance &#233;tatsunien est fond&#233; sur une surconsommation domestique qui induit un d&#233;ficit ext&#233;rieur croissant, couvert par des entr&#233;es de capitaux. Le taux d'&#233;pargne des m&#233;nages baisse r&#233;guli&#232;rement &#224; partir de 1980 pour pratiquement s'annuler &#224; la veille de la crise. On retrouve ce mouvement sous forme d'une hausse r&#233;guli&#232;re de l'indicateur de surconsommation (graphique 3). La courbe du d&#233;ficit US &#233;volue selon un parall&#233;lisme &#233;tonnant. Le besoin de financement croissant des Etats-Unis est alors le principal moteur de d&#233;s&#233;quilibres mondiaux aggrav&#233;s. L'indicateur retenu mesure le volume des exc&#233;dents et d&#233;ficits des principaux pays : il augmente lui aussi, de mani&#232;re acc&#233;l&#233;r&#233;e &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1990. Enfin l'indicateur de mondialisation financi&#232;re - mesur&#233;e ici par le rapport des avoirs ext&#233;rieurs totaux au PIB mondial - enregistre lui aussi une inflexion &#224; la hausse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1800 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_3-3.png?1800/2d8ae2aa3d96d864afd10c5cf507847f4e4c98b03519a009b48919dc0874d4bf&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 65.2 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/Graphique_3-3-559d1-820f5.png?1674918804' width='150' height='109' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le point important &#224; mentionner est que ces diff&#233;rentes &#171; courbes &#187; ne montent pas ensemble par hasard, mais que ce mouvement g&#233;n&#233;ral traduit les rapports internes qui fondent la coh&#233;rence instable du capitalisme n&#233;olib&#233;ral. La grille de lecture g&#233;n&#233;rale pourrait donc &#234;tre la suivante : toutes les courbes ne pouvant monter ind&#233;finiment, le capitalisme n&#233;olib&#233;ral ne pouvait se reproduire durablement en tant que mode de r&#233;gulation. Mais, en m&#234;me temps, sa logique d'ensemble rendait n&#233;cessaire cette progression sans fin. Le fait que les &#171; courbes &#187; du capitalisme n&#233;olib&#233;ral soient venues buter sur une sorte de plafond, d&#233;clenchant ainsi la crise, &#233;quivaut donc &#224; une crise profonde de cette configuration du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le basculement de l'&#233;conomie mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance de la productivit&#233; du travail est l'&#233;l&#233;ment essentiel du dynamisme du capitalisme. C'est elle qui permet de rendre compatible la progression du salaire avec le maintien du taux de profit. C'est le crit&#232;re (il y en a d'autres) que l'on prendra ici pour rep&#233;rer le &#171; grand basculement &#187; de l'&#233;conomie mondiale, en distinguant les &#171; vieux &#187; pays capitalistes (ici l'Europe et les Etats-Unis) et le reste du monde. Cette partition pourrait &#234;tre affin&#233;e mais elle suffit &#224; faire appara&#238;tre les facteurs de divergence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier constat est que la productivit&#233; (mesur&#233;e ici par le PIB par habitant) tend &#224; ralentir durant la p&#233;riode fordiste, selon une trajectoire similaire &#224; celle du taux de profit rep&#233;r&#233;e plus haut (graphique 4). Cette corr&#233;lation illustre un trait essentiel du capitalisme : la productivit&#233; du travail est en quelque sorte le &#171; socle &#187; sur lequel peut se construire une dynamique positive du taux de profit. L'&#233;puisement des gains de productivit&#233; est l'une des causes majeures de l'entr&#233;e en crise du capitalisme fordiste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1801 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_4-2.png?1801/dacd4f71e10c9fd5dfffcbc31dbf80c61723fa54c3eea853c32b525fbca7c6f0&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 94.2 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/Graphique_4-2-326a6-ed84b.png?1674918804' width='150' height='114' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me constat est que le taux de profit se r&#233;tablit durant la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale malgr&#233; des gains de productivit&#233; qui restent &#224; un niveau relativement bas par rapport &#224; la phase fordiste, mais conforme &#224; la moyenne de tr&#232;s longue p&#233;riode. Cela veut dire que le capitalisme a trouv&#233; d'autres sources de soutien du profit que les gains de productivit&#233; exceptionnels de la p&#233;riode fordiste qui appara&#238;t de ce point de vue comme une parenth&#232;se. Mais un troisi&#232;me constat vient encore modifier la perspective d'ensemble. Depuis une bonne dizaine d'ann&#233;es, on voit se manifester l'&#171; effet boomerang &#187; de la mondialisation. Les gains de productivit&#233; s'effondrent dans les vieux pays capitalistes, Europe et Etats-Unis, mais ils sont orient&#233;s de mani&#232;re spectaculaire &#224; la hausse dans le reste du monde. Ce grand renversement du monde signifie que les sources de dynamisme du capitalisme se trouvent maintenant dans les pays dits &#233;mergents. Il y a l&#224; une caract&#233;ristique qui p&#232;se sur les conditions de l'apr&#232;s-crise et devrait conduire &#224; de nouvelles th&#233;orisations de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La contradiction entre mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique et d&#233;fi climatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gains de productivit&#233; du travail, ce facteur essentiel de la dynamique capitaliste, se sont historiquement accompagn&#233;s d'une consommation d'&#233;nergie croissante, elle-m&#234;me &#224; la source des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Quand on compare les &#233;missions de CO2 et la productivit&#233; du travail (mesur&#233;e ici par le Pib mondial par t&#234;te), on ne peut qu'&#234;tre frapp&#233; par une &#233;troite corr&#233;lation qui se confirme sur longue p&#233;riode (graphique 5).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1802 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_5-2.png?1802/4399d5945d43189056811612c42aaacc4ab17a6f9aeb7ab7db0a9e367041fee6&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 38.2 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH121/Graphique_5-2-5c1c1-915b8.png?1674918804' width='150' height='121' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les coordonn&#233;es de la crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise a &#233;clat&#233; dans un secteur &#233;troit de la finance et s'est &#233;tendue &#224; l'ensemble du capitalisme mondial. Mais ce n'est pas pour autant une crise financi&#232;re. L'analyse qui pr&#233;c&#232;de montre que la finance a jou&#233; un r&#244;le central dans la construction d'un mode de r&#233;gulation qui a permis au capitalisme n&#233;olib&#233;ral de se reproduire dans le temps et &#224; durer pr&#232;s de trois d&#233;cennies. C'est en effet la financiarisation qui a permis les transferts de revenus et de capitaux assurant une certaine coh&#233;rence d'ensemble &#224; ce mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toutes les courbes d&#233;crites plus haut ne pouvaient monter ind&#233;finiment, l'une d'entre elles devaient venir buter sur les limites de leur progression. Cela aurait pu par exemple craquer, comme certains le pr&#233;disaient, du c&#244;t&#233; du financement du d&#233;ficit de Etats-Unis. C'est d'ailleurs, d'un segment &#233;troit de la finance (subprime), qu'est venu le choc initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue th&#233;orique, on pourrait parler d'une explosion du &#171; capital fictif &#187; : les titres financiers, dont la valeur faciale n'a cess&#233; d'augmenter, sont au fond des droits de tirage virtuels sur la plus-value. La crise se d&#233;clenche quand une partie de ces droits de tirage perdent de leur substance, parce que leur montant est sans commune mesure avec la plus-value effectivement cr&#233;&#233;e. Il ne s'agit donc pas d'une crise financi&#232;re mais d'une crise d'ensemble du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, qui vient buter sur l'impossibilit&#233; d'extraire autant de plus-value qu'en exige le capital financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise, qui n'est pas pr&#234;te de se refermer, peut au fond &#234;tre synth&#233;tis&#233;e ainsi : en d&#233;pit d'un ralentissement des gains de productivit&#233;, le capitalisme n&#233;olib&#233;ral a pu r&#233;tablir le taux de profit en accumulant une masse consid&#233;rable de dettes. Le sauvetage des banques par les pouvoirs publics a conduit &#224; transf&#233;rer une partie des dettes priv&#233;es sur les dettes publiques (sans qu'aucune condition n'ait &#233;t&#233; impos&#233;e aux banques lors de leur sauvetage). L'occasion &#233;tait pourtant belle de r&#233;glementer &#224; chaud le syst&#232;me financier. Aujourd'hui, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, la perspective impos&#233;e par la finance est une politique d'aust&#233;rit&#233; qui conduirait en fin de compte &#224; faire supporter les pertes potentielles par les peuples. L'aust&#233;rit&#233; est au fond une violence exerc&#233;e pour valider les droits de tirage sur la plus-value auxquels le Capital se refuse &#224; renoncer. Le syst&#232;me est aujourd'hui bloqu&#233; parce que sa &#171; coh&#233;rence instable &#187; a &#233;t&#233; profond&#233;ment &#233;branl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet des dominants, qui consiste &#224; revenir au business as usual ant&#233;rieur vient alors buter sur quatre contradictions ou &#171; dilemmes &#187; (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;partition : le taux de marge, autrement dit la part des profits dans la valeur ajout&#233;e, a pratiquement retrouv&#233; son niveau d'avant crise aux Etats-Unis. En Europe, le r&#233;tablissement s'est aussi amorc&#233;, mais &#224; un rythme moins soutenu. Ce r&#233;sultat est obtenu par la combinaison de gains de productivit&#233; &#233;lev&#233;s (obtenus essentiellement par destruction d'emplois) et de gel ou m&#234;me de baisse des salaires, dans un contexte de ch&#244;mage de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, la reprise h&#233;sitante a peu cr&#233;&#233; d'emplois et le taux de ch&#244;mage reste &#224; un niveau &#233;lev&#233;. Cette reprise sans emplois (jobless recovery) est in&#233;dite, si l'on compare cette r&#233;cession aux pr&#233;c&#233;dentes. Ce brutal r&#233;tablissement du profit conduit d'ores et d&#233;j&#224; &#224; un blocage de la croissance, qui pourrait se transformer en nouvelle r&#233;cession et faire chuter de nouveau les profits. Tel est le premier dilemme auquel le capitalisme est aujourd'hui confront&#233;. Il est moins visible que la crise de la dette, mais c'est le socle sur lequel cette derni&#232;re se d&#233;veloppe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation fait appara&#238;tre un nouveau dilemme que l'on peut r&#233;sumer ainsi : la r&#233;sorption des d&#233;s&#233;quilibres mondiaux ne peut se faire qu'au prix d'un ralentissement de la croissance aux Etats-Unis et, par extension, dans l'ensemble des vieux pays capitalistes. Un rapport de l'ONU notait que &#171; la reprise mondiale a &#233;t&#233; frein&#233;e par les &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es &#187; et soulignait le risque d'un &#171; r&#233;&#233;quilibrage non coordonn&#233; de l'&#233;conomie mondiale &#187; (3). Aux Etats-Unis, le taux d'&#233;pargne des m&#233;nages a cess&#233; de baisser et a m&#234;me gagn&#233; quatre points depuis le d&#233;but de la crise. L'effet sur le solde commercial a &#233;t&#233; imm&#233;diat et pratiquement du m&#234;me ordre. C'est &#224; premi&#232;re vue une bonne chose, puisque cela implique un moindre recours de l'&#233;conomie des Etats-Unis aux capitaux &#233;trangers. Mais la contradiction est alors la suivante : puisque la baisse du taux d'&#233;pargne a &#233;t&#233; l'un des moteurs de la croissance aux Etats-Unis, le fait qu'il augmente signifie qu'il va dor&#233;navant jouer en sens inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique budg&#233;taire introduit un troisi&#232;me dilemme dont la formulation est tr&#232;s simple : la r&#233;sorption des d&#233;ficits implique une r&#233;duction des d&#233;penses publiques qui, sans parler de ses effets sociaux, ne peut qu'aggraver les tendances r&#233;cessionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dilemme europ&#233;en na&#238;t de la crise des dettes souveraines. Le triple refus des classes dirigeantes europ&#233;ennes d'une mutualisation des dettes publiques, d'une r&#233;elle contribution des banques, et d'une mise au pas de la finance, conduit &#224; un enlisement de la zone euro dans la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre &#171; dilemmes &#187; sont &#233;troitement imbriqu&#233;s. Ils dessinent une &#171; r&#233;gulation chaotique &#187; du capitalisme, durablement incapable de trouver une trajectoire de sortie de crise compatible avec des int&#233;r&#234;ts profond&#233;ment contradictoires. Tout se ram&#232;ne au fond &#224; ce double constat : d'une part des &#233;l&#233;ments essentiels du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral ont &#233;t&#233; remis en cause et rendent impossible de retrouver sa coh&#233;rence. En particulier la croissance fond&#233;e sur l'endettement des agents priv&#233;s ou des pays (&#224; travers leur d&#233;ficit ext&#233;rieur) n'est plus possible. Au contraire, et c'est le second constat, cet amoncellement de dettes p&#232;se sur toute possibilit&#233; de reprise. On pourrait utiliser ici la m&#233;taphore de l'inertie thermique d'un mat&#233;riau qui mesure le temps n&#233;cessaire pour qu'il revienne &#224; sa temp&#233;rature initiale. Le capitalisme est un mat&#233;riau inerte, en ce sens qu'il se refuse &#224; annuler cette montagne de dettes : par cons&#233;quent il faudrait autant de temps pour r&#233;sorber ces dettes qu'elles en ont mis &#224; s'accumuler, ce qui veut dire une bonne d&#233;cennie d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la crise de r&#233;gulation &#224; la crise syst&#233;mique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre d'analyse pr&#233;c&#233;dent permet de comprendre pourquoi la crise de r&#233;gulation du capitalisme n&#233;olib&#233;ral est en train de se transformer en crise syst&#233;mique : ce qui est d&#233;sormais en cause, c'est le mode capitaliste de satisfaction des besoins sociaux. On a vu que le capitalisme pouvait rev&#234;tir deux formes polaires en fonction de l'usage qu'il fait des gains de productivit&#233;. S'il les redistribue aux salari&#233;s, on a un capitalisme r&#233;gul&#233; dont le prototype est la p&#233;riode des &#171; Trente glorieuses &#187;. Si au contraire, il tend &#224; les conserver sous forme de rentes, alors on a un capitalisme d&#233;r&#233;gul&#233; dont le capitalisme n&#233;olib&#233;ral est un parfait exemple. Avec la crise actuelle, le capitalisme entre dans une sorte d'impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral ne peut &#234;tre relanc&#233;, parce que des ressorts essentiels &#224; sa coh&#233;rence sont bris&#233;s. D'un autre c&#244;t&#233;, et c'est un point d&#233;cisif, le retour au capitalisme fordiste est impossible en l'&#233;tat actuel. Les rapports de forces n&#233;cessaires n'existent pas et la mondialisation repr&#233;sente un double obstacle : elle rend impossible la mise en place de &#171; compromis &#187; au niveau d'un seul Etat mais aussi la n&#233;cessaire coordination internationale. Apr&#232;s tout, le capitalisme fordiste ne s'est install&#233; qu'apr&#232;s le choc majeur d'une guerre mondiale et sous la pression de rapports de force favorables aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une raison peut-&#234;tre plus fondamentale &#224; l'impossibilit&#233; d'une re-r&#233;gulation du capitalisme, c'est la chute des gains de productivit&#233;. Le capitalisme n&#233;olib&#233;ral a ceci de tr&#232;s particulier qu'il a r&#233;ussi &#224; r&#233;tablir le taux de profit en d&#233;pit d'un relatif &#233;puisement des gains de productivit&#233;. Il n'a plus grand-chose &#224; redistribuer et n'a donc d'autre recours qu'une &#233;l&#233;vation continue du taux d'exploitation. Du coup, il est en train de perdre toute l&#233;gitimit&#233; parce qu'il refuse de satisfaire une partie croissante des besoins sociaux, parce que ceux-ci ne sont pas porteurs de gains de productivit&#233; compensatoires. Aujourd'hui, le capitalisme ne profite qu'&#224; une fraction &#233;troite de la population. A la majorit&#233;, il n'offre plus qu'une perspective de r&#233;gression sociale sans fin. Voil&#224; pourquoi, il n'y a d'alternative que radicale, mettant en cause les fondements m&#234;mes du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re tr&#232;s ramass&#233;e, et en raisonnant par rapport aux grandes tendances &#233;voqu&#233;es plus haut, toute alternative globale devrait int&#233;grer trois objectifs : le r&#233;&#233;quilibrage de l'&#233;conomie mondiale, la priorit&#233; aux besoins sociaux et la sobri&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tique (sch&#233;ma 1). Mais on constate aussit&#244;t que ces trois grandes orientations s'opposent de mani&#232;re tr&#232;s profonde &#224; la logique capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1806 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Schema_1.png?1806/8b9a506fe6f1bbeb7c162f6bda1140e58a1745e94be41366b180aa11604ec99c&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 53.1 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH120/Schema_1-27013-9e7b4.png?1674918804' width='150' height='120' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Europe : sous la dette, le taux de profit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux de profit est un indicateur synth&#233;tique de la dynamique du capitalisme. Il existe de ce point de vue un d&#233;bat entre &#233;conomistes marxistes quant au r&#244;le qu'il a pu jouer dans l'&#233;mergence de la crise. Pour certains, la seule explication marxiste possible de la crise est que cette derni&#232;re est le produit d'une baisse tendancielle du taux de profit. Pour d'autres, au contraire, la crise a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par un mouvement de restauration du taux de profit et ce sont les conditions permettant de parvenir &#224; ce r&#233;sultat qui ne pouvaient &#234;tre ind&#233;finiment reproduites (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a au moins accord sur un point : la r&#233;cession fait chuter le taux de profit. D'une part, le taux d'exploitation baisse, parce que la masse salariale ne s'ajuste pas imm&#233;diatement &#224; la baisse de la valeur produite. D'autre part, cette masse r&#233;duite de profit doit &#234;tre rapport&#233;e &#224; un montant de capital engag&#233; qui reste le m&#234;me, alors que son taux d'utilisation chute en raison de la r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chute du taux de profit sera ici mise en perspective historique au niveau de la &#171; Triade &#187; mais aussi, plus sp&#233;cifiquement, &#224; l'int&#233;rieur de la zone euro. On reprend ici la ventilation utilis&#233;e dans un pr&#233;c&#233;dent travail (5) : le &#171; Nord &#187; regroupe l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Finlande et les Pays-Bas ; le &#171; Sud &#187; comprend l'Espagne, la Gr&#232;ce, l'Irlande, l'Italie et le Portugal. Le onzi&#232;me pays &#233;tudi&#233; est la France que l'on met &#224; part dans la mesure o&#249; elle occupe le plus souvent une position interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'&#233;clatement de la crise, le taux de profit en Europe et aux Etats-Unis est globalement orient&#233; &#224; la hausse, mais il tend &#224; se tasser. Dans les deux cas, il chute durant la crise, mais la diff&#233;rence est que ce recul est plus marqu&#233; en Europe, et qu'il n'est pas rattrap&#233; ensuite, contrairement &#224; ce qui se passe aux Etats-Unis (graphique 6). Quant au Japon, la crise a annul&#233; le rattrapage du taux de profit apr&#232;s la p&#233;riode de stagnation de l'&#233;conomie durant la d&#233;cennie 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur de la zone euro, l'&#233;volution g&#233;n&#233;rale du taux de profit fait appara&#238;tre deux profils distincts. Dans les pays du Sud, on observe clairement deux sous-p&#233;riodes. Jusqu'&#224; la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1990, le taux de profit est orient&#233; &#224; la hausse ; puis il se met &#224; baisser, ce mouvement &#233;tant &#233;videmment acc&#233;l&#233;r&#233; par la crise. Il est frappant de constater que le retournement co&#239;ncide avec la mise en place de l'euro. On constate &#233;galement que le taux de profit suit en France une trajectoire semblable &#224; celle des pays du Sud (graphique 7).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1804 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_6-2.png?1804/d211dc060b7492d1cf8b2fffe39dbba08a5410f6f90ad3318779dc0b68b3bf63&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 30.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/Graphique_6-2-aa311-cdc5c.png?1674918804' width='150' height='110' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1805 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_7-2.png?1805/a2df57524f425a37ad54c188b1cad01c7387c9644e52f7cc1d59283653c1ea58&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 31 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/Graphique_7-2-7288a-196d1.png?1674918804' width='150' height='114' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des pays du Nord, la progression du taux de profit est continue et n'est interrompue que par la crise. On observe un mouvement &#224; &#171; double creux &#187; : un rebond en 2010, suivi d'un nouveau recul. Le m&#234;me profil peut &#234;tre observ&#233;e dans les pays du Sud. Dans les deux cas, la Commission pr&#233;voit un l&#233;ger rebond du taux de profit en 2014, tandis que sa baisse devrait se poursuivre dans le cas de la France (graphique 7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette divergence &#224; l'int&#233;rieur de la zone euro m&#233;rite d'&#234;tre analys&#233;e plus en d&#233;tail, &#224; partir des deux principales composantes du taux de profit : le taux de marge et l'efficacit&#233; du capital qui sont des approximations du taux d'exploitation et de la composition organique du capital (en faisant abstraction des prix relatifs de la valeur ajout&#233;e et des biens de capital). Dans les pays du Sud, le taux de marge augmente &#224; peu pr&#232;s r&#233;guli&#232;rement, mais cette progression se ralentit durant les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant la crise. Mais apr&#232;s le recul li&#233; &#224; cette derni&#232;re, le taux de marge repart &#224; la hausse. Dans les pays du Nord, la progression est moins nette, jusqu'&#224; la mont&#233;e du taux de marge dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant la crise, qui correspond principalement &#224; la politique de gel des salaires en Allemagne (graphique 8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la grande diff&#233;rence entre les deux groupes de pays r&#233;side dans l'&#233;volution de l'efficacit&#233; du capital. Elle est relativement constante dans les pays du Nord, mais baisse tendanciellement dans les pays du Sud, et cela de mani&#232;re acc&#233;l&#233;r&#233;e avec la crise. L&#224; encore, la France se rapproche des pays du Sud (graphique 9). La baisse du taux de profit observ&#233;e en France et dans les pays du Sud au d&#233;but des ann&#233;es 2000 peut donc s'expliquer simplement : la perte d'efficacit&#233; du capital (la hausse de la composition organique du capital) l'emporte sur l'augmentation du taux de marge (le taux d'exploitation).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1807 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
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&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1808 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_9.png?1808/933bb2654f99a8a9acb34061e90e9aee697c309e400a437b010e68e24321cb89&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 31.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/Graphique_9-b0406-b02b8.png?1674918804' width='150' height='112' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce constat &#233;claire d'un jour nouveau le d&#233;bat sur le taux de profit dans le cas de la zone euro. Celle-ci est &#233;cartel&#233;e entre deux configurations : en France et dans les pays du Sud, la loi de la baise tendancielle du taux de profit joue &#224; plein, et cela avant la crise. Dans les pays du Nord, au contraire, le taux de profit progresse jusqu'&#224; l'&#233;clatement de la crise. Reste &#224; expliquer cette perte d'efficacit&#233; du capital. On peut &#224; son tour le d&#233;composer de la mani&#232;re suivante :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1797 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Formule.png?1797/274426261a8a12c98fc796683419c6840ac10efe00505ce76cd9796603fde006&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 11 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH28/Formule-4b0b2-46cd1.png?1674918804' width='150' height='28' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'analyse fonctionne ainsi : l'accumulation de capital se traduit par une augmentation du capital par t&#234;te (K/N) mais elle est cens&#233;e conduire &#224; une augmentation de la productivit&#233; du travail (Q/N). Si celle-ci est proportionnelle, l'efficacit&#233; du capital (Q/K) peut rester constante. Si une telle compensation n'est pas assur&#233;e, alors l'efficacit&#233; du capital baisse, ce qui &#233;quivaut &#224; une hausse de la composition organique du capital qui p&#232;se sur le taux de profit. On peut donc utiliser cette d&#233;composition pour mieux identifier la dynamique de l'efficacit&#233; du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays du Nord, la compensation fonctionne : la productivit&#233; du travail augmente &#224; un rythme comparable &#224; celui du capital par t&#234;te, de telle sorte que l'efficacit&#233; du capital est &#224; peu pr&#232;s constante. Il n'y a donc pas de pression de la composition du capital sur le taux de profit, dont l'&#233;volution d&#233;pend donc essentiellement de celle du taux de marge (graphique 10).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1809 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_10.png?1809/6dc03b6693e6a0157a0b698b36be07246f7f41f7d9c5abc89f44f3b460d5fac8&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 28 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/Graphique_10-7d0f7-3fe63.png?1674918804' width='150' height='112' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1810 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_11.png?1810/f6b2f515b25e2fb6a7f9476d35929b0f31eece71dc4ea3b852ae4799615964a9&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 36.5 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/Graphique_11-cbbcc-9a656.png?1674918804' width='150' height='110' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La configuration des pays du Sud et de la France est diff&#233;rente. La compensation est r&#233;alis&#233;e jusqu'en 2000. Mais la situation bascule entre 2000 et la crise : la croissance de la productivit&#233; du travail tend &#224; se ralentir, et surtout le capital par t&#234;te tend &#224; augmenter plus rapidement. Il en r&#233;sulte une perte d'efficacit&#233; du capital qui se traduit, comme on l'a constat&#233; plus haut, par une baisse du taux de profit (graphique 11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette comparaison souligne la contribution du capital par t&#234;te &#224; la perte croissante d'efficacit&#233; du capital au Sud, qui s'accentue depuis l'entr&#233;e en crise. Elle peut s'expliquer de diff&#233;rentes mani&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par une suraccumulation du capital encourag&#233;e par des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els tr&#232;s bas au Sud. La constitution de la zone euro a en effet conduit (jusqu'&#224; la crise) &#224; une tr&#232;s grande homog&#233;n&#233;it&#233; des taux d'int&#233;r&#234;t nominaux, d'o&#249; une baisse des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els dans les pays du Sud, compte tenu de leur inflation plus &#233;lev&#233;e ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par l'enfoncement dans la r&#233;cession depuis l'entr&#233;e en crise, qui conduit &#224; une sousutilisation des capacit&#233;s de production, autrement dit &#224; un &#233;cart entre le capital engag&#233; (celui qu'il faut rentabiliser) et le capital effectivement utilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise a cass&#233; la tendance &#224; la hausse du taux de profit moyen dans la zone euro en Europe. Mais les trajectoires du taux de profit avaient diverg&#233; entre le Nord et le Sud depuis la mise en place de l'euro. Et cette divergence, entre le Nord d'un c&#244;t&#233;, et le Sud et la France de l'autre, a encore &#233;t&#233; accentu&#233;e par l'entr&#233;e en crise. Il y a l&#224; une dimension sp&#233;cifique de la crise europ&#233;enne qui va durer, puisque les politiques visant &#224; r&#233;tablir la rentabilit&#233; vont &#234;tre elles-m&#234;mes diff&#233;renci&#233;es en fonction de la situation des diff&#233;rents pays : elles sont d&#233;j&#224; particuli&#232;rement brutales et continueront de l'&#234;tre au Sud, et risquent de le devenir en France. La c&#233;sure de l'Europe entre le coeur et la p&#233;riph&#233;rie ne peut que se creuser. Cette grille de lecture permet de mieux comprendre les relations entre les politiques d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et l'objectif de restauration du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise, rentabilit&#233; et croissance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du capitalisme, il n'y a pas de sortie de crise sans r&#233;tablissement de la rentabilit&#233;. Ce dernier peut &#234;tre obtenu de deux mani&#232;res : en retrouvant des gains de productivit&#233; et/ou en freinant le salaire, voire en le faisant reculer. En Europe, il est frappant de constater que le taux de marge pr&#233;sente la m&#234;me &#233;volution &#224; double creux (double dip) que l'activit&#233; &#233;conomique (graphique 12).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1811 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_12.png?1811/93c4e470dfad8a2e3ea0b1d7294278c6c79e75ca2a0f3ac94a167018f06b50ae&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 64.8 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH120/Graphique_12-30e51-ad056.png?1674918804' width='150' height='120' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur de l'Europe, on constate aussi de fortes divergences entre les principaux pays. Parmi les grands pays, l'Espagne a tr&#232;s nettement am&#233;lior&#233; son taux de marge &#171; gr&#226;ce &#187; aux plans d'aust&#233;rit&#233;. En Allemagne, la crise marque un point de retournement apr&#232;s la forte am&#233;lioration enregistr&#233;e depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. La France, l'Italie et le Royaume-Uni voient leur taux de marge se d&#233;grader dans des proportions &#233;quivalentes (graphique 13). L'&#233;volution moyenne pour l'Union europ&#233;enne recouvre donc des &#233;volutions tr&#232;s dissemblables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1812 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_13.png?1812/000a7ee6666c404e86c99ec01d4b1de8af573bd7e3f5c9659ac793ec49884fb3&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 40.5 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH107/Graphique_13-1c678-02847.png?1674918804' width='150' height='107' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; se confirme si l'on introduit un plus grand nombre de pays. Il est donc difficile de tirer une grille de lecture g&#233;n&#233;rale, chaque pays ayant combin&#233; de mani&#232;re sp&#233;cifique l'action sur le salaire et la productivit&#233;. On peut cependant distinguer deux groupes de pays. Durant la crise, entre 2007 et 2012, le taux de marge a augment&#233; dans les pays du &#171; Sud &#187; (Espagne, Gr&#232;ce, Portugal, Irlande), au Danemark et aux Etats-Unis. Au Japon et dans la plupart des autres pays europ&#233;ens le taux de marge a au contraire baiss&#233; durant la crise (6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et ch&#244;mage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute r&#233;cession conduit &#224; un creusement du d&#233;ficit public. A cet effet m&#233;canique, il faut ajouter le transfert massif de dettes priv&#233;es vers les dettes publiques. Les politiques d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taires peuvent alors &#234;tre interpr&#233;t&#233;es ainsi : elles cherchent &#224; valider par la pression fiscale ou par les coupes budg&#233;taires, des droits de tirage sur la plus-value qui ne pouvaient plus l'&#234;tre par les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intensit&#233; relative de ces politiques d'aust&#233;rit&#233; peut &#234;tre mesur&#233;e par l'&#171; impulsion budg&#233;taire &#187; de chaque pays, autrement dit son objectif de r&#233;duction du d&#233;ficit public exprim&#233; en % du PIB (7). L'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire devrait conduire aussi &#224; une r&#233;duction du poids de l'encours de dette. On sait que cet objectif n'a pas en g&#233;n&#233;ral &#233;t&#233; atteint : c'est m&#234;me dans les pays qui m&#232;nent les politiques d'aust&#233;rit&#233; les plus rigoureuses que le montant de la dette publique a le plus augment&#233;. De telles politiques conduisent en outre &#224; de nombreux dommages collat&#233;raux, que l'on peut mesurer par leur effet sur le taux de ch&#244;mage : ce dernier augmente &#224; proportion de l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire (graphique 14).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1813 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/Graphique_14.png?1813/b8c80c62ce7d40bf2147bd05f8a7d6b99870e016dbac4bd2b5f2bf89f110d320&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 52.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH108/Graphique_14-dc94a-f7592.png?1674918804' width='150' height='108' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On pourrait parler d'&#233;chec, voire d'absurdit&#233;, puisque les politiques d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire ne r&#233;ussissent pas &#224; r&#233;duire l'endettement public et qu'elles engendrent un surcro&#238;t de ch&#244;mage. Mais il faudrait adopter un point de vue diff&#233;rent si ces politiques visaient en fait un autre objectif, &#224; savoir le r&#233;tablissement de la rentabilit&#233; du capital. On constate alors que c'est dans les pays qui ont men&#233; les politiques d'aust&#233;rit&#233; les plus s&#233;v&#232;res que le taux de marge a &#233;volu&#233; le plus favorablement, qu'il s'agisse de moindre baisse ou de r&#233;tablissement (8). Certes, l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire exerce un effet n&#233;gatif sur l'activit&#233; et engendre un surcro&#238;t de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est justement le levier qui permet de peser sur l'emploi et les salaires et de r&#233;tablir le taux de marge. Cet effet vertueux (du point de vue du capitalisme) est d'autant plus puissant que les mesures d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire comportent souvent un gel ou une baisse des salaires des fonctionnaires et/ou du salaire minimum. Ces mesures se transmettent au secteur priv&#233; et contribuent &#224; peser sur l'ensemble des salaires. Du c&#244;t&#233; des entreprises, celles-ci vont chercher &#224; &#233;ponger les pertes de productivit&#233; engendr&#233;es par la crise en &#171; d&#233;graissant &#187; leurs effectifs, avec un effet direct sur le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois cha&#238;nes causales justifient de rapporter le taux de marge &#224; deux facteurs essentiels : l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire (toujours mesur&#233;e par l'impulsion budg&#233;taire) et le taux de ch&#244;mage. Ce mod&#232;le peut &#234;tre test&#233; &#224; l'aide d'une &#233;quation &#233;conom&#233;trique dont les r&#233;sultats sont tr&#232;s significatifs. Elle &#233;tablit que la fonction r&#233;elle de l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire est le r&#233;tablissement du profit des entreprises, et que la pression exerc&#233;e par le ch&#244;mage contribue &#224; la r&#233;alisation de cet objectif (9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le double dilemme du capitalisme europ&#233;en&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, les pays europ&#233;ens sont aujourd'hui confront&#233;s (&#224; des degr&#233;s divers) &#224; deux grands dilemmes. Le premier est le dilemme budg&#233;taire : il faut &#171; assainir &#187; mais c'est au risque de la r&#233;cession et de la non-soutenabilit&#233; sociale. Le second est le dilemme de la rentabilit&#233; : il faut la r&#233;tablir, mais c'est aussi au risque de la r&#233;cession. L'analyse qui pr&#233;c&#232;de montre que ces deux dilemmes sont li&#233;s en ce sens que l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire concourt au r&#233;tablissement de la rentabilit&#233;. Mais, du coup, les risques se cumulent et sont encore d&#233;multipli&#233;s par la simultan&#233;it&#233; des politiques men&#233;es en Europe. Ces politiques ne peuvent donc &#234;tre qualifi&#233;es d'&#171; absurdes &#187; que si l'on oublie l'imp&#233;ratif de rentabilit&#233;. Elles manifestent le choix d'un passage en force pour sortir de ce double dilemme, m&#234;me si elles ne sont pas forc&#233;ment viables pour autant. Il est de ce point de vue frappant de constater que les pays qui ont r&#233;tabli ou pr&#233;serv&#233; leur taux de marge l'ont fait au d&#233;triment de la croissance (et donc de l'emploi, comme on l'a vu plus haut). Autrement dit, cette restauration a &#233;t&#233; obtenue par l'aust&#233;rit&#233; salariale et par des gains de productivit&#233; &#171; r&#233;gressifs &#187;, c'est-&#224;-dire fond&#233;s sur les r&#233;ductions d'effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire reste sans doute &#224; venir, car le r&#233;tablissement de la rentabilit&#233; est loin d'&#234;tre achev&#233; dans un grand nombre de pays europ&#233;ens. Il faut donc s'attendre &#224; un recours accru au gel des salaires et aux licenciements, qui ne peuvent que peser sur la situation &#233;conomique et sociale en Europe. Le dilemme budg&#233;taire va tendre &#224; passer au second plan, mais le dilemme de la rentabilit&#233; prendra le relais. Il faudra donc continuer &#224; penser une configuration du capitalisme europ&#233;en sans issue discernable, enferm&#233; dans une &#171; r&#233;gulation chaotique &#187; (10), d'autant plus que les diff&#233;rents pays sont in&#233;galement concern&#233;s par cette double tension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources statistiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angus Maddison, Statistics on World Population, GDP and Per Capita GDP, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ameco, base de donn&#233;es de la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourse : indice Dow Jones d&#233;flat&#233; par le prix du PIB des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consommation/salaires : ratio consommation priv&#233;e/salaires, Etats-Unis + Union europ&#233;enne &#224; 15. Source : Commission europ&#233;enne, base de donn&#233;es Ameco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;ficit US : d&#233;ficit courant en % du PIB. Source : Bureau of Economic Analysis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emissions de CO2 : CDIAC (Carbon Dioxide Information Analysis Center).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Endettement US : taux d'endettement des m&#233;nages aux Etats-Unis. Source : Federal Reserve, Flow of funds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indicateur synth&#233;tique : moyenne arithm&#233;tique des indicateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;galit&#233;s : part du 1% les plus riches (8 pays). Source : Anthony B. Atkinson, Thomas Piketty &amp; Emmanuel Saez, Top Incomes In The Long Run Of History, NBER Working Paper 15408, October 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mondialisation financi&#232;re : rapport des avoirs ext&#233;rieurs totaux au PIB mondial. Source : Shimshon Bichler et Jonathan Nitzan, &#171; Imperialism and Financialism. A Story of a Nexus &#187;, Septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part des profits G4 : part des profits dans la valeur ajout&#233;e (4 pays). Source : Commission europ&#233;enne, base de donn&#233;es Ameco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PIB mondial par t&#234;te : Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surconsommation US : propension &#224; consommer des m&#233;nages. Source : Bureau of Economic Analysis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taux de profit : moyenne de 4 pays (Etats-Unis, Allemagne, France, Royaume-Uni). Source : Michel Husson, &#171; Le d&#233;bat sur le taux de profit &#187;, Inprecor n&#176;562-563, juin-juillet 2010,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taux de profit en Europe. On utilise la base de donn&#233;es Ameco de la Commission europ&#233;enne. Elle a l'int&#233;r&#234;t de fournir des s&#233;ries de rentabilit&#233; du capital (Net returns on net capital stock) pour l'ensemble des pays europ&#233;ens, mais aussi d'autres pays, comme les Etats-Unis et le Japon. Ces s&#233;ries sont construites &#224; partir d'une convention arbitraire selon laquelle le stock de capital net repr&#233;sentait, dans tous les pays, 3 fois le volume du PIB en 1960. Cependant les effets de ce choix se dissipent avec le temps et on a pu v&#233;rifier qu'&#224; partir de 1980, les s&#233;ries ne se diff&#233;rencient plus de celles calcul&#233;es &#224; partir des donn&#233;es nationales (11). Les deux derni&#232;res ann&#233;es correspondant aux pr&#233;visions de la Commission sont donn&#233;es &#224; titre d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Ils sont disponibles sur le site de l'auteur (&lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Voir Michel Husson, &#171; Capitalisme : vers une r&#233;gulation chaotique &#187;, septembre 2009 : &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/impa9web.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/impa9web.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Situation et perspectives de l'&#233;conomie mondiale, ONU, 2011 : &lt;a href=&#034;http://tinyurl.com/wesp2011&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://tinyurl.com/wesp2011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Etant partie prenante de ce d&#233;bat, et d&#233;fendant la seconde th&#232;se, l'auteur de ces lignes ne saurait pr&#233;tendre en livrer une synth&#232;se impartiale. Pour une pr&#233;sentation plus d&#233;taill&#233;e, voir : Michel Husson, &#171; Le d&#233;bat sur le taux de profit &#187;, Inprecor n&#176;562-563, juin-juillet 2010 : &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/debaprof.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/debaprof.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 &#171; Economie politique du syst&#232;me-euro &#187;, Inprecor n&#176;585/586, 2012 : &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/eceuroinp.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/eceuroinp.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 Pour plus de d&#233;tails, voir : &#171; Aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et rentabilit&#233; : le double dilemme europ&#233;en &#187;, note hussonet n&#176;55, d&#233;cembre 2012 : &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/tmare12.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/tmare12.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 On utile les &#233;valuations de l'OFCE, tir&#233;es de : &#171; Les infortunes de la vertu. Perspectives &#233;conomiques 2012-2013 pour l'&#233;conomie europ&#233;enne &#187;, Revue de l'OFCE n&#176;123, 2012 : &lt;a href=&#034;http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/123/revue-123.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/123/revue-123.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 &#171; Aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et rentabilit&#233; : le double dilemme europ&#233;en &#187;, d&#233;j&#224; cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 &#171; Aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et rentabilit&#233; : le double dilemme europ&#233;en &#187;, d&#233;j&#224; cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 voir Michel Husson, &#171; Capitalisme : vers une r&#233;gulation chaotique &#187;, septembre 2009 : &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/impa9web.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/impa9web.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Michel Husson, &#171; La hausse tendancielle du taux de profit &#187;, document de travail, janvier 2010 : &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/tprof9.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/tprof9.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Italie. Les sympt&#244;mes alarmants d'une explosion sociale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Italie-Les-symptomes-alarmants-d-une-explosion-sociale</link>
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		<dc:date>2014-01-14T15:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franco Turigliatto</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis deux jours, divers m&#233;dias non italiens ont per&#231;u une c&#233;sure socio-politique en Italie bien plus importante que la nomination de Mateo Renzi, maire de Florence, &#224; la t&#234;te du Parti d&#233;mocrate. Le 12 d&#233;cembre, le correspondant de l'hebdomadaire fran&#231;ais Le Point &#233;crivait : &#171; De Palerme &#224; Turin, de Rome &#224; G&#232;nes, de Savone &#224; Milan, un vent de protestation sans pr&#233;c&#233;dent balaie l'Italie. Interruption du m&#233;tro dans la capitale, fermeture des magasins dans les centres-villes, occupation des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton16187-69fc2.jpg?1675505357' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux jours, divers m&#233;dias non italiens ont per&#231;u une c&#233;sure socio-politique en Italie bien plus importante que la nomination de Mateo Renzi, maire de Florence, &#224; la t&#234;te du Parti d&#233;mocrate. Le 12 d&#233;cembre, le correspondant de l'hebdomadaire fran&#231;ais Le Point &#233;crivait : &#171; De Palerme &#224; Turin, de Rome &#224; G&#232;nes, de Savone &#224; Milan, un vent de protestation sans pr&#233;c&#233;dent balaie l'Italie. Interruption du m&#233;tro dans la capitale, fermeture des magasins dans les centres-villes, occupation des gares et des march&#233;s, regroupements devant les palais institutionnels, op&#233;rations escargot aux fronti&#232;res : depuis dimanche dernier, les manifestations contre &#171; la caste politique &#187; se multiplient dans la p&#233;ninsule. &#187; Nous laisserons de c&#244;t&#233; l'interpr&#233;tation de ce journaliste quant &#224; l'orientation et aux forces politiques visant &#224; vert&#233;brer ce mouvement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'article que nous publions ci-dessous, Franco Turigliatto souligne &#224; juste titre le poids concret, visible entre autres dans la capitale pi&#233;montaise qu'est Turin &#8211; ancienne capitale de la Fiat &#8211;, des forces de la droite extr&#234;me et les complicit&#233;s existant entre ces derni&#232;res, une partie de la police et de la magistrature. Il est traditionnel de consid&#233;rer l'Italie comme un laboratoire politique. La formule a plus d'une fois &#233;t&#233; justifi&#233;e. Dans le contexte de la crise europ&#233;enne, il faudrait &#234;tre aveugle pour ne pas prendre en compte tr&#232;s s&#233;rieusement la dynamique possible des &#171; secousses socio-politiques &#187; r&#233;centes en Italie et ne concentrer son attention que sur l'&#233;mergence d'une opposition syndicale de gauche ou un regroupement des forces de la gauche anticapitaliste. Ces derniers &#233;l&#233;ments ont certes toute leur importance, mais pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils &#233;mergent dans un contexte socio-politique qui n'a jamais exist&#233; en Italie depuis la fin des ann&#233;es 1960. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui arrive ces derniers jours avec les mobilisations et les &#171; soul&#232;vements &#187; des dits &#171; forconi &#187; [ceux qui brandissent des fourches] indique que nous sommes entr&#233;s dans une nouvelle phase de la crise &#233;conomique et sociale dans notre pays. Se mobilisent des secteurs de la petite bourgeoisie et de la petite bourgeoisie moyenne frapp&#233;s tr&#232;s durement par la crise dans leurs int&#233;r&#234;ts et leurs revenus : les commer&#231;ants, les marchands ambulants, les camionneurs. Se sont joints &#224; eux d'autres secteurs sociaux populaires plus ou moins marginaux, que ce soit des jeunes des banlieues urbaines, des ch&#244;meurs ou des &#233;tudiants. Ces ph&#233;nom&#232;nes sont particuli&#232;rement &#233;vidents et conflictuels &#224; Turin, la vieille ville ouvri&#232;re et fordiste [la capitale de la Fiat] qui, au-del&#224; de la nouvelle vitrine touristique dont les palais du centre sont l'embl&#232;me, se trouve dans une grande phase de paup&#233;risation et d'affaissement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise et la petite bourgeoisie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces secteurs de la petite bourgeoisie &#8211; avec leurs diverses strates &#8211; ont durant de nombreuses ann&#233;es joui d'une relative tranquillit&#233; et de confort (pour certains cela s'est r&#233;alis&#233; gr&#226;ce &#224; diverses formes d'&#233;vasion fiscale), mais aujourd'hui, apr&#232;s six ann&#233;es d'une crise &#233;conomique aigu&#235;, leurs certitudes sociales et &#233;conomiques sont mises en question et pour nombre d'entre eux s'ouvre la possibilit&#233;, &#224; court terme, d'une descente vers la pauvret&#233;. Ces secteurs sont frapp&#233;s non seulement par les dynamiques de la crise &#233;conomique, mais aussi, comme la grande majorit&#233; des citoyens et des citoyennes, par les politiques d'aust&#233;rit&#233; et de contraction budg&#233;taire port&#233;es par les gouvernements de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, ces politiques massacrent, en premier lieu et avant tout, les travailleuses et travailleurs des secteurs priv&#233; et public qui subissent des coups dans les domaines du salaire, de l'emploi de la destruction des postes de travail et des coupes dans le dit Etat social. Ces &#171; sacrifices &#187; ont &#233;t&#233; en permanence exig&#233;s par les politiques n&#233;olib&#233;rales dont la seule fonction est de garantir les profits et les revenus du patronat, de la grande bourgeoisie en tant que classe et de ses membres en particulier. Pour assurer ce transfert de richesse du bas vers le haut, la classe dominante &#171; r&#233;clame &#187; aujourd'hui &#224; de vastes secteurs de la petite bourgeoisie de &#171; participer aux sacrifices &#187;, ce qui appauvrit ces couches sociales interm&#233;diaires qui sont pourtant fondamentales pour garantir le statu quo social et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verbe anglais &#171; squeeze &#187; indique l'action simultan&#233;e de compression et d'essorage. Ce verbe se traduit de mani&#232;re active pour ce qui est de la classe laborieuse. Mais il concerne aussi les couches de la petite bourgeoisie et d&#233;termine leur d&#233;sint&#233;gration sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela constitue un des traits distinctifs des grandes crises &#233;conomiques qui se transforment ainsi en crises politiques et sociales produisant des contradictions et des lac&#233;rations dans toutes les strates de la soci&#233;t&#233;. C'est pour cela que nous parlons d'un changement d'&#233;poque en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise dans la ville de Turin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelques villes, parmi lesquelles Turin, le ph&#233;nom&#232;ne se pr&#233;sente sous des formes particuli&#232;rement dramatiques : la ville du monde du travail, une fois riche et ayant une classe ouvri&#232;re active, a subi de profondes transformations. En quelques ann&#233;es, le ch&#244;mage atteint toute la r&#233;gion du Pi&#233;mont, ce qui implique non seulement des centaines de milliers de ch&#244;meurs, mais aussi un tr&#232;s grand nombre de &#171; cassa integrati &#187; [travailleurs ayant perdu leur emploi mais touchant une partie de leur salaire, ce qui est un reste des acquis du d&#233;but des ann&#233;es 1970].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que la petite bourgeoisie, avant toute celle commerciale dans ses diverses facettes, d&#233;j&#224; touch&#233;e par la crise, ne pouvait que, m&#234;me si elle n'en avait pas une conscience exacte, subir une r&#233;duction de ses activit&#233;s commerciales et de ses revenus suite au simple fait qu'un grand nombre de salari&#233;s avaient perdu leur salaire ou l'avaient vu r&#233;duits et d&#232;s lors &#233;taient contraints de restreindre leur consommation. La crise qui a d'abord frapp&#233; le salariat ne pouvait que se r&#233;percuter sur les commer&#231;ants qui, entre-temps, malgr&#233; la fraude fiscale de certains, ont d&#251; faire face aux r&#233;ductions budg&#233;taires des entit&#233;s nationales et locales, qui devaient &#234;tre les acteurs en derni&#232;re instance des mesures d'aust&#233;rit&#233; d&#233;cid&#233;es par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, alors qu'existait une certaine d&#233;limitation et planification des points de vente, la quasi totale lib&#233;ralisation du commerce et le pouvoir &#233;norme des grandes enseignes de distribution ont mis &#224; genoux tout le petit commerce local, en commen&#231;ant par les vendeurs ambulants [importance des march&#233;s locaux en Italie], &#233;cras&#233;s par la concurrence des centres commerciaux, mais aussi frapp&#233;s par la concurrence sans frein entre chaque commer&#231;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces commer&#231;ants ferment leur boutique et renaissent comme des champignons avec de nouvelles fonctions, quitte &#224; fermer &#224; nouveau leur fonds de commerce face &#224; l'impossibilit&#233; de se garantir un revenu suffisant. Mais il y a un autre ph&#233;nom&#232;ne qui doit &#234;tre saisi. Beaucoup de ces petits commer&#231;ants (commerces, bars, etc.) sont issus de la classe ouvri&#232;re. En fait, de tr&#232;s nombreux ch&#244;meurs, parmi lesquels un grand nombre de jeunes et d'anciens salari&#233;s, ont r&#233;uni toutes les r&#233;serves financi&#232;res familiales pour mettre sur pied une petite affaire afin d'obtenir un revenu. Puis, ils ont v&#233;rifi&#233; que ce n'&#233;tait pas suffisant pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Turin, ces derniers jours, la fermeture des magasins a &#233;t&#233; totale, soit suite &#224; la d&#233;cision de leurs propri&#233;taires, soit par l'effet d'&#233;quipes actives li&#233;es aux organisateurs de la gr&#232;ve qui ont en permanence circul&#233; en ville pour imposer &#224; tous les commer&#231;ants de baisser leur rideau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intervention des forces de la droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, tous ces ph&#233;nom&#232;nes &#233;conomico-sociaux font face &#224; l'intervention et &#224; l'orientation politiques des associations professionnelles sp&#233;cialis&#233;e dans la cr&#233;ation d'une id&#233;ologie et d'une identit&#233; selon lesquelles les figures sociales des travailleurs ind&#233;pendants garantiraient la richesse de l'Italie. D&#232;s lors, un peu tous les autres sont des &#171; voleurs &#187;, non seulement le personnel politique, mais aussi les salari&#233;s du public qui sont des parasites ainsi que, y compris, les salari&#233;s du priv&#233; qui disposeraient du &#171; privil&#232;ge &#187; de la &#171; cassa integrazione &#187;. Est donc facile le jeu de la division entre les secteurs populaires, tous en grandes difficult&#233;s, et l'&#233;mergence d'une r&#233;volte qualunquiste [courant politique italien de droie ayant des traits antiparlementaires et anti-&#233;tatiques, dont la revue Uomo qualunque &#8211; l'homme quelconque &#8211; a connu une audience &#233;lectorale en 1946 ; des similitudes existent avec le poujadisme en France].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de droite et d'extr&#234;me droite, &#224; partir des acteurs qui composent le comit&#233; de gr&#232;ve &#224; Turin, sont tr&#232;s pr&#233;sentes et actives, et orientent la dynamique de la protestation, logiquement confuse. Dans les rues de la ville, on pouvait reconna&#238;tre des &#233;quipes de jeunes de droite, provenant des supporters des &#233;quipes de football ; de plus, &#233;taient bien repr&#233;sent&#233;s Forza Nuova [organisation n&#233;ofasciste fond&#233;e en 2003 dont le pr&#233;sident, Roberto Fiore, a &#233;t&#233; d&#233;put&#233; europ&#233;en en 2008-2009] et CasaPound [centre social n&#233;ofasciste et nationaliste-r&#233;volutionnaire cr&#233;&#233; &#224; Rome en d&#233;cembre 2003 ; le terme Pound fait r&#233;f&#233;rence au propagandiste du fascisme Ezra Pound], et &#233;taient nombreux les slogans et les comportements clairement fascistes et r&#233;actionnaires. De nombreux jeunes, souvent des banlieues, ont utilis&#233; cette journ&#233;e comme une possibilit&#233; d'exprimer leurs frustrations sociales et leur m&#233;contentement. Dans le m&#234;me temps, il est apparu qu'il existait une mise en sc&#232;ne et une organisation pr&#233;cises de la journ&#233;e. D'autres &#233;l&#233;ments t&#233;moignent d'une certaine entente qui ne rel&#232;ve pas simplement de la sympathie pour les manifestants de la part de secteurs des forces de l'ordre, mais qui renvoie &#224; une relation politique organis&#233;e avec les forces de la droite extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte s'est distingu&#233;e l'attitude diligente de la magistrature de Turin qui a l'aube du jour de ces mobilisations avait donn&#233; l'ordre d'op&#233;rer une vaste perquisition visant les activistes du mouvement No Tav [mouvement populaire de la vall&#233;e de Suse contre la construction d'une ligne de chemin de fer &#224; grande vitesse], perquisition qui a abouti &#224; l'arrestation de quatre jeunes gens &#224; qui l'on a accol&#233; le qualificatif de &#171; terroriste &#187; (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La petite bourgeoisie et les forces de droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est plus qu'&#233;vident que ces classes sociales en voie de paup&#233;risation &#8211; dans la rue &#233;taient avant tout pr&#233;sents des commer&#231;ants ambulants et des secteurs inf&#233;rieurs des milieux du commerce &#8211; et la grande masse des ch&#244;meurs peuvent devenir une base de masse des forces ultra-r&#233;actionnaires et fascistes. Le potentiel de radicalisation r&#233;actionnaire des secteurs petits-bourgeois comporte de grands dangers &#224; venir pour la classe ouvri&#232;re. Cette situation peut prendre une configuration tr&#232;s mauvaise &#224; cause de l'absence depuis un certain temps d'un fort mouvement de masse et de luttes de la classe ouvri&#232;re. La responsabilit&#233; des directions syndicales, complices des gouvernements des banquiers et de la grande bourgeoisie, est en l'occurrence immense. En fait, seule une forte mobilisation ouvri&#232;re et de classe peut emp&#234;cher des d&#233;rives r&#233;actionnaires. Pour r&#233;pondre positivement &#224; ce qui est en train de se d&#233;velopper, il est n&#233;cessaire que rapidement le mouvement syndical et celui des travailleurs, en prenant appui sur les secteurs les plus disponibles pour la lutte, construisent une large initiative sur des objectifs de d&#233;fense du revenu, de l'emploi et d'une autre politique &#233;conomique qui puisse s'adresser &#224; l'ensemble des masses laborieuses, mais aussi &#224; une partie de ces secteurs de la petite bourgeoisie, et avant tout aux ch&#244;meurs et ch&#244;meuses. Pour cela est n&#233;cessaire une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Si une telle gr&#232;ve avait d&#233;j&#224; eu lieu, une partie au moins des jeunes qui hier (le 9 d&#233;cembre) sont descendus dans la rue aurait eu une bonne et autre occasion d'exprimer leur rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait une illusion dangereuse, comme certains le radotent &#224; gauche, de consid&#233;rer ces mobilisations comme des fourriers d'une r&#233;elle lutte positive contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; et les gouvernements qui les ont appliqu&#233;es. Penser que la petite bourgeoisie et les couches les plus marginalis&#233;es du prol&#233;tariat, &#224; l'&#233;poque de la mondialisation capitaliste, &#224; la diff&#233;rence de ce qui est toujours apparu dans l'histoire et en particulier dans la grande crise europ&#233;enne des ann&#233;es 1930, puissent former un projet alternatif au grand capital rel&#232;ve non seulement d'une illusion, mais est une erreur des plus dangereuses qui peut ouvrir la voie &#224; de vraies et r&#233;elles trag&#233;dies politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;crivait Trotsky, la petite bourgeoisie, cette poussi&#232;re de l'humanit&#233; &#8211; un grand nombre d'individus non organis&#233;s dans les lieux et les maillons de la production et de la distribution, mais en derni&#232;re analyse d&#233;pendant des rapports sociaux qu'ils traduisent &#8211;, n'a ni la fonction ni la force sociale et politique pour exprimer un projet alternatif &#224; celui des classes dominantes. Les classes sociales interm&#233;diaires entre les deux classes fondamentales sont toujours, en dernier lieu, attir&#233;es par celle qui d&#233;montre le plus de force sur le terrain. Aujourd'hui, comme hier, la bourgeoisie peut utiliser des secteurs de la petite bourgeoisie et des ch&#244;meurs &#8211; tel que le fascisme l'a fait &#8211; comme des b&#233;liers contre la classe ouvri&#232;re. Trotsky ajoutait, nous sommes en 1930 : &#171; A chaque tournant de la route de l'histoire, &#224; chaque crise sociale, il faut encore et toujours r&#233;examiner le probl&#232;me des rapports existant entre les trois classes de la soci&#233;t&#233; actuelle : la grande bourgeoisie avec &#224; sa t&#234;te le capital financier, la petite bourgeoisie oscillant entre les deux principaux camps, et, enfin, le prol&#233;tariat. La grande bourgeoisie qui ne constitue qu'une fraction infime de la nation ne peut se maintenir au pouvoir sans appui dans la petite bourgeoisie de la ville et de la campagne, c'est-&#224;-dire parmi les derniers repr&#233;sentants des anciennes couches moyennes, et dans les masses qui constituent aujourd'hui les nouvelles couches moyennes. &#187; Il poursuit : &#171; Pour que la crise sociale puisse d&#233;boucher sur la r&#233;volution prol&#233;tarienne, il est indispensable, en dehors des autres conditions, que les classes petites bourgeoises basculent de fa&#231;on d&#233;cisive du c&#244;t&#233; du prol&#233;tariat. Cela permet au prol&#233;tariat de prendre la t&#234;te de la nation, et de la diriger. Les derni&#232;res &#233;lections r&#233;v&#232;lent une pouss&#233;e inverse, et c'est l&#224; que r&#233;side leur valeur symptomatique essentielle. Sous les coups de la crise, la petite bourgeoisie a bascul&#233; non du c&#244;t&#233; de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, mais du c&#244;t&#233; de la r&#233;action imp&#233;rialiste la plus extr&#233;miste, en entra&#238;nant des couches importantes du prol&#233;tariat. &#187; Puis il affirme de mani&#232;re incisive : &#171; Si le parti communiste est le parti de l'espoir r&#233;volutionnaire, le fascisme en tant que mouvement de masse est le parti du d&#233;sespoir contre-r&#233;volutionnaire. &#187; (L&#233;on Trotsky, &#171; Le tournant de l'Internationale Communiste et la situation en Allemagne &#187;, 26 septembre 1930)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'importance de la lutte des travailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seules la capacit&#233; de protagoniste, la force et les luttes des masses laborieuses pour leurs propres objectifs de sauvegarde de leurs conditions de vie et de travail peuvent devenir un p&#244;le l'attractif pour des secteurs de la petite bourgeoisie ou, au moins, en neutraliser des secteurs au cours de l'affrontement aigu avec la classe dominante. C'est une des t&#226;ches urgentes qui se trouve devant nous et qui fait de la reprise du conflit sur le lieu de travail, bien que fort difficile, un &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire et possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons face &#224; une question de temps. Le mouvement ouvrier et syndical doit se relever. D'un c&#244;t&#233;, il ne doit pas d&#233;moniser certains secteurs sociaux en tant que tels, se ralliant ainsi &#224; la politique du Parti d&#233;mocrate et aux directions syndicales, ceux qui ont subordonn&#233; les travailleuses et travailleurs aux orientations de la grande bourgeoisie. De l'autre c&#244;t&#233;, il doit &#234;tre conscient que ce mouvement des &#171; forconi &#187; est dirig&#233; par des forces r&#233;actionnaires et de droite qui doivent &#234;tre combattues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, des membres de la classe ouvri&#232;re &#8211; et en particulier les forces de la gauche anticapitaliste qui doivent investir toutes leurs forces &#8211; doivent commencer de suite leur propre lutte, la r&#233;volte de classe contre les gouvernements des paquets d'aust&#233;rit&#233;, c'est-&#224;-dire contre la classe bourgeoise. (Article paru sur le site de Sinistra Anticapitalista, le 10 d&#233;cembre 2013. Traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Appel pour une conf&#233;rence &#233;cosocialiste europ&#233;enne (Gen&#232;ve, 24-26 janvier 2014)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Appel-pour-une-conference-ecosocialiste-europeenne-Geneve-24-26-janvier-2014</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Appel-pour-une-conference-ecosocialiste-europeenne-Geneve-24-26-janvier-2014</guid>
		<dc:date>2014-01-14T14:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;seau &#171; Alternatives face aux d&#233;fis &#233;cologiques &#187;</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise &#233;cologique, dont le changement climatique est l'expression la plus inqui&#233;tante, repr&#233;sente une menace sans pr&#233;c&#232;dent pour l'humanit&#233; et l'environnement. A la racine de cette catastrophe &#233;cologique se trouve une civilisation &#8211; le capitalisme occidental &#8211; fond&#233;e sur l'accumulation illimit&#233;e du profit, le consum&#233;risme et le f&#233;tichisme de la marchandise. La logique d'expansion sans bornes de ce syst&#232;me s'est r&#233;v&#233;l&#233;e incompatible avec la protection de la nature. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous pensons que les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-12-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-12-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton16219-60973.png?1679049366' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise &#233;cologique, dont le changement climatique est l'expression la plus inqui&#233;tante, repr&#233;sente une menace sans pr&#233;c&#232;dent pour l'humanit&#233; et l'environnement. A la racine de cette catastrophe &#233;cologique se trouve une civilisation &#8211; le capitalisme occidental &#8211; fond&#233;e sur l'accumulation illimit&#233;e du profit, le consum&#233;risme et le f&#233;tichisme de la marchandise. La logique d'expansion sans bornes de ce syst&#232;me s'est r&#233;v&#233;l&#233;e incompatible avec la protection de la nature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous pensons que les r&#233;ponses avanc&#233;es par le syst&#232;me capitaliste (capitalisme vert, d&#233;veloppement durable, march&#233; du carbone, &#233;nergie nucl&#233;aire, etc..,) sont inacceptables et ne sont pas &#224; la hauteur de l'urgence &#233;cologique et sociale &#224; laquelle l'humanit&#233; se trouve confront&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cosocialisme est une tentative originale d'articuler les id&#233;es fondamentales du socialisme avec les avanc&#233;es de la critique &#233;cologique. Son objectif est une nouvelle civilisation, un mode de vie alternatif, fond&#233; sur des nouvelles valeurs sociales et &#233;thiques. L'&#233;cosocialisme n'est pas compatible avec le capitalisme. Notre &#233;cosocialisme est anticapitaliste et f&#233;ministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avancer ensemble dans la construction de cette alternative, et &#224; l'initiative du groupe &#233;cosocialiste de solidarit&#233;S (Suisse), nous vous proposons de participer &#224; ces Rencontres &#233;cosocialistes europ&#233;ennes, &#224; Gen&#232;ve, 24-26 janvier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous participerons et appelons &#224; participer toutes les organisations, mouvements, collectifs et personnes qui s'inscrivent dans cette d&#233;marche. Le but de cette rencontre est de partager des exp&#233;riences, &#233;laborer et approfondir notre conception de l'&#233;cosocialisme, faire un programme commun et proposer des campagnes communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour signer cet appel, plus d'infos et s'inscrire : &lt;a href=&#034;http://alterecosoc.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alterecosoc.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PROGRAMME PROVISOIRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VENDREDI 24/01/2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h00-22h00 CONF&#201;RENCE PUBLIQUE &#192; L'UNIVERSIT&#201; DE GEN&#200;VE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Michel L&#214;WY &#8211; Que pouvons-nous apprendre du Sud ?&#8232;- Daniel TANURO &#8211; Les grands d&#233;fis &#233;cologiques mondiaux&#8232;- Naomi KLEIN ou une autre &#171; star &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
19h00-22h00 Bureau d'accueil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAMEDI 25/01/2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GROUPES DE TRAVAIL &#192; LA MAISON DES ASSOCIATIONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8H30-9H00 Accueil libre, informations, inscriptions derni&#232;re minute, etc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9H00-10H15 PL&#201;NI&#200;RE&#8232;Yayo HERRERO &#8211; L'&#233;cof&#233;minisme une alternative pour la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h15-10h30 Pause-caf&#233; / Coffee break&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10H30-13H00 GROUPES DE TRAVAIL (3 ATELIERS EN PARALLELE) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique (abandon du nucl&#233;aire et des &#233;nergies fossiles, vers l'autonomie &#233;nerg&#233;tique avec les renouvelables, contre le gaspillage, l'obsolescence etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production agricole (vers l'&#233;radication de la faim, conditions de travail, souverainet&#233; alimentaire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production industrielle (conditions de travail, division du travail, r&#233;duction drastique du temps de travail, secteurs &#224; &#233;liminer, &#224; transformer, &#224; d&#233;velopper)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233; d'atelier suppl&#233;mentaire sur proposition jusqu'au 15 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13H00 &#8211; 14H30 Repas/caf&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14H30- 15H30 RESTITUTION DES CONCLUSIONS DES GROUPES DE TRAVAIL DE LA MATIN&#201;E&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h30-16h00 Pause-caf&#233; / Coffee break&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16H00 &#8211; 18H30 GROUPES DE TRAVAIL (3 ATELIERS EN PARALLELE) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'am&#233;nagement du territoire (les rapports ville-campagne, bien vivre la ville, le logement social, les transports et la mobilit&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services (sant&#233;, &#233;ducation, formation, culture) comme biens communs, l'&#233;conomie solidaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biodiversit&#233;, le vivant (refus du brevetage, respect de l'environnement, du monde animal)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Possibilit&#233; d'atelier suppl&#233;mentaire sur proposition jusqu'au 15 d&#233;cembre (plus d'informations sur le site web).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18H30-19H30 RESTITUTION DES CONCLUSIONS DES GROUPES DE TRAVAIL DE L'APR&#200;S-MIDI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h30-21h00 Repas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21H00 ACTIVIT&#201; ARTISTIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DIMANCHE 26/01/2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9H00-10H00 ENJEUX &#201;COLOGIQUES ET RESISTANCES AU NIVEAU EUROP&#201;EN (Maxime Combes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h00-10h30 Pause-caf&#233; / Coffee break&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10H30-13H00 GROUPES DE TRAVAIL (3 ATELIERS EN PARALLELE) :&lt;br class='autobr' /&gt;
le contr&#244;le d&#233;mocratique et public (sur les banques et les grands groupes financiers, sur les grands secteurs productifs).&lt;br class='autobr' /&gt;
le r&#244;le de l'&#233;tat, planification &#233;cologique et autogestion&lt;br class='autobr' /&gt;
le r&#244;le des syndicats en lien avec la soci&#233;t&#233; civile&lt;br class='autobr' /&gt;
Possibilit&#233; d'atelier suppl&#233;mentaire sur proposition jusqu'au 15 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13H00 &#8211; 14H30 Repas/caf&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14H30 &#8211; 16H30 PL&#201;NI&#200;RE&#8232;R&#201;SOLUTIONS DE LA RENCONTRE &#8211; PROJETS COMMUNS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Solidarit&#233;, audace et convictions pour 2014</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Solidarite-audace-et-convictions-pour-2014</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Solidarite-audace-et-convictions-pour-2014</guid>
		<dc:date>2013-12-20T15:22:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louise Chabot</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En cette fin d'ann&#233;e 2013, l'heure est au bilan. L'ann&#233;e se termine et, il faut le reconna&#238;tre, elle aura &#233;t&#233; difficile pour l'ensemble du mouvement syndical. Ce dernier est la cible d'attaques r&#233;p&#233;t&#233;es de la part de forces antisyndicales bien organis&#233;es, proches du pouvoir, qui remettent en question notre l&#233;gitimit&#233;, notre action et les progr&#232;s que nous avons apport&#233;s dans la soci&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Nos adversaires s'en sont donn&#233; &#224; c&#339;ur joie sur toutes les tribunes, multipliant les mensonges et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton16272-fc31c.jpg?1679049366' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En cette fin d'ann&#233;e 2013, l'heure est au bilan. L'ann&#233;e se termine et, il faut le reconna&#238;tre, elle aura &#233;t&#233; difficile pour l'ensemble du mouvement syndical. Ce dernier est la cible d'attaques r&#233;p&#233;t&#233;es de la part de forces antisyndicales bien organis&#233;es, proches du pouvoir, qui remettent en question notre l&#233;gitimit&#233;, notre action et les progr&#232;s que nous avons apport&#233;s dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nos adversaires s'en sont donn&#233; &#224; c&#339;ur joie sur toutes les tribunes, multipliant les mensonges et les demi-v&#233;rit&#233;s, nous d&#233;peignant comme des &#171; parasites &#187;, osant m&#234;me nous accuser de nuire aux int&#233;r&#234;ts des travailleuses et travailleurs. Ce sont de grossiers mensonges, mais ils sont r&#233;p&#233;t&#233;s sans rel&#226;che jusqu'&#224; ce qu'ils deviennent des lieux communs qu'on ne remet plus en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le vrai visage du syndicalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les militantes et militants syndicaux que je connais sont motiv&#233;s par la recherche de justice sociale et par l'espoir d'un Qu&#233;bec plus &#233;galitaire. Cette histoire qui nous est cont&#233;e dans tous les m&#233;dias, je ne suis plus capable de l'entendre. Le mouvement syndical a toujours &#233;t&#233; un moteur de changement social. Nous avons fait de grands gains pour l'ensemble des Qu&#233;b&#233;coises et Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une soci&#233;t&#233; b&#226;tie &#224; coups de solidarit&#233; syndicale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; syndicale a b&#226;ti la soci&#233;t&#233; progressiste dont nous jouissons toutes et tous, syndiqu&#233;s ou non. Le syndicalisme a toujours &#233;t&#233; et demeure la seule voix dont disposent les travailleuses et travailleurs pour d&#233;fendre, collectivement, leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assurances collectives, les cong&#233;s parentaux, l'assurance maladie, l'&#233;quit&#233; salariale, les vacances et les cong&#233;s pay&#233;s, les heures suppl&#233;mentaires reconnues, les protections sociales, le salaire minimum, les services de garde subventionn&#233;s sont des mesures progressistes que nous devons aux combats men&#233;s par des militantes et militants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois d'un &#201;tat qui assure une plus grande solidarit&#233;, une meilleure r&#233;partition de la richesse et une meilleure justice sociale est un mod&#232;le qui a &#233;t&#233; port&#233; &#224; bout de bras par le mouvement syndical. Nous avons de quoi &#234;tre fiers ! C'est cette soci&#233;t&#233; qui a su traverser les crises mieux que ses voisines. C'est cette soci&#233;t&#233; qui permet &#224; tous ses enfants d'avoir un acc&#232;s gratuit &#224; l'&#233;ducation, &#224; la sant&#233; et &#224; un filet de s&#233;curit&#233; sociale en cas de malheur. C'est cette soci&#233;t&#233; que j'ai envie de d&#233;fendre et de l&#233;guer &#224; mes enfants et petits-enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Droit, l&#233;gitimit&#233; et devoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons le droit et la l&#233;gitimit&#233; de nous prononcer sur le type de soci&#233;t&#233; que nous voulons. Nous avons le droit et la l&#233;gitimit&#233; de nous m&#234;ler de politique parce que tout est politique. Non seulement en avons-nous le droit et la l&#233;gitimit&#233;, mais nous en avons &#233;galement le devoir. C'est par cette implication politique que le mouvement syndical a r&#233;ussi &#224; gagner ce que d'aucuns consid&#232;rent comme des acquis aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Volont&#233;, audace et courage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats sont loin d'avoir fait leur temps, comme certains voudraient nous le faire croire. Bien au contraire, je demeure convaincue que les plus belles ann&#233;es du syndicalisme sont encore devant nous et 2014 en sera une ! Notre capacit&#233; de changer le monde est toujours l&#224; et ne d&#233;pend que de notre volont&#233;, de notre audace et de notre courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise ne peut pas se priver d'un syndicalisme fort. Je n'ose m&#234;me pas imaginer &#224; quoi ressemblerait notre monde si le pouvoir se trouvait seulement entre les mains de capitalistes dont les seules ambitions sont leur enrichissement personnel, sans &#233;gard aux cons&#233;quences sur les autres et notre environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exemple de Mandela&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nelson Mandela, qui nous a quitt&#233;s r&#233;cemment, a donn&#233; l'exemple de ce qu'un homme peut accomplir pour rendre le monde meilleur en d&#233;montrant de la volont&#233;, de l'audace et du courage. Il disait que la pauvret&#233; n'est pas un accident, mais que, comme l'esclavage et l'apartheid, elle a &#233;t&#233; faite par l'homme et peut &#234;tre supprim&#233;e par des actions communes de l'humanit&#233;. Des actions comme celles que m&#232;nent au quotidien des militantes et militants au sein de leurs organisations syndicales pour revendiquer une plus juste redistribution de la richesse au profit de l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nelson Mandela n'a pas men&#233; son combat seul. C'est gr&#226;ce &#224; l'action collective et &#224; la solidarit&#233; de tout un peuple qu'il y est parvenu. Pour 2014, je nous souhaite la solidarit&#233;, de l'audace et la force de d&#233;fendre nos convictions. Joyeuses F&#234;tes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Qu&#233;bec accueillera le Forum social mondial en ao&#251;t 2016</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Quebec-accueillera-le-Forum-social-mondial-en-aout-2016</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-Quebec-accueillera-le-Forum-social-mondial-en-aout-2016</guid>
		<dc:date>2013-12-19T17:50:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lissa Lessard</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Forum Social Mondial </dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors de la r&#233;union du Conseil international du Forum social mondial, qui s'est tenue du 16 au 18 d&#233;cembre 2013 &#224; Casablanca (Maroc), la candidature du Qu&#233;bec a &#233;t&#233; retenue pour l'organisation d'un Forum social mondial en ao&#251;t 2016. Chaque &#233;dition de cet important rassemblement altermondialiste r&#233;unit entre 60 000 et 150 000 participants (dont environ 20% proviennent de l'&#233;tranger) dans le but de cr&#233;er des espaces qui renforcent la participation citoyenne, la d&#233;mocratie et vise la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-140-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Forum-Social-+" rel="tag"&gt;Forum Social Mondial &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-12-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-12-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton16268-e0bf2.png?1679047832' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors de la r&#233;union du Conseil international du Forum social mondial, qui s'est tenue du 16 au 18 d&#233;cembre 2013 &#224; Casablanca (Maroc), la candidature du Qu&#233;bec a &#233;t&#233; retenue pour l'organisation d'un Forum social mondial en ao&#251;t 2016. Chaque &#233;dition de cet important rassemblement altermondialiste r&#233;unit entre 60 000 et 150 000 participants (dont environ 20% proviennent de l'&#233;tranger) dans le but de cr&#233;er des espaces qui renforcent la participation citoyenne, la d&#233;mocratie et vise la construction d'un monde plus juste, durable et solidaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce sera la premi&#232;re fois que le Forum social mondial se tiendra au Nord. Le processus d'organisation pr&#233;voit un soutien et un maillage important avec la Tunisie, qui sera l'h&#244;te de l'&#233;v&#233;nement en mars 2015. Cette collaboration entre les comit&#233;s organisateurs est prometteuse tant pour le renforcement des luttes globales que pour le processus organisationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La candidature accept&#233;e pr&#233;voit que Montr&#233;al soit la ville d'accueil du Forum social mondial. Son ouverture au monde, sa richesse interculturelle, le dynamisme de sa jeunesse, son caract&#232;re bilingue, son accessibilit&#233; aux personnes &#224; mobilit&#233; r&#233;duite et ses infrastructures de communication et d'accueil en font une candidate de choix. Ce sont des milliers d'activit&#233;s qui se d&#233;ploieront sur son territoire &#224; l'&#233;t&#233; 2016. Les retomb&#233;es de ce projet pour le Qu&#233;bec seront majeures et confirmeront la r&#233;putation internationale de Montr&#233;al en tant que ville de dialogue et d'engagement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mai dernier, le Collectif Vers un Forum Social Mondial (FSM) au Qu&#233;bec, constitu&#233; de personnes &#339;uvrant au sein de diff&#233;rentes organisations qu&#233;b&#233;coises, de professionnels de l'organisation d'&#233;v&#232;nements, d'artistes, d'universitaires et de citoyens engag&#233;s, fait la promotion de ce projet. La qualit&#233; et l'originalit&#233; de la candidature d&#233;fendue par une d&#233;l&#233;gation compos&#233;e de trois membres aura permis de convaincre le Conseil international de sa pertinence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Forum social des peuples&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres &#233;v&#233;nements altermondialistes sont &#224; l'agenda. Le Forum social des peuples, qui se tiendra du 21 au 24 ao&#251;t 2014, rassemblera &#224; Ottawa les peuples de l'ensemble du Canada &#224; des d&#233;bats et des &#233;changes sur les enjeux qui les pr&#233;occupent. Il s'agit d'un processus r&#233;unissant dans une alliance historique les mouvements du Qu&#233;bec, du Canada et des Peuples autochtones. Par ailleurs, le second Forum social bas-laurentien se tiendra &#224; St-Mathieu-de-Rioux du 19 au 21 septembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera une &#233;tape importante qui m&#232;nera vers une participation au Forum social mondial &#224; Tunis en 2015, puis finalement vers le Forum social mondial &#224; Montr&#233;al en ao&#251;t 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://cdeacf.ca/actualite/2013/12/19/quebec-accueillera-forum-social-mondial-aout-2016&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cdeacf.ca/actualite/2013/12/19/quebec-accueillera-forum-social-mondial-aout-2016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Peut-on &#234;tre islamophobe tout en se croyant antiraciste ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Peut-on-etre-islamophobe-tout-en-se-croyant-antiraciste</link>
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		<dc:date>2013-12-18T15:06:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdellali Hajjat&#8232;et, Ivan du Roy, Marwan Mohammed</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Islamophobie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Augmentation des agressions et des discriminations, amalgames toujours plus fr&#233;quents entre islam, int&#233;grismes et terrorismes, loi interdisant certaines pratiques religieuses&#8230; L'islamophobie est bien une r&#233;alit&#233; en France. Pire : &#171; Pour beaucoup de gens, l'islamophobie est justifi&#233;e comme un combat n&#233;cessaire &#187;, y compris &#224; gauche, expliquent les sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat. Ils analysent la mont&#233;e et les ressorts de cette islamophobie &#224; la fran&#231;aise, alors qu'ailleurs en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Islamophobie-+" rel="tag"&gt;Islamophobie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-12-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-12-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton16259-0db58.jpg?1677096866' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Augmentation des agressions et des discriminations, amalgames toujours plus fr&#233;quents entre islam, int&#233;grismes et terrorismes, loi interdisant certaines pratiques religieuses&#8230; L'islamophobie est bien une r&#233;alit&#233; en France. Pire : &#171; Pour beaucoup de gens, l'islamophobie est justifi&#233;e comme un combat n&#233;cessaire &#187;, y compris &#224; gauche, expliquent les sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat. Ils analysent la mont&#233;e et les ressorts de cette islamophobie &#224; la fran&#231;aise, alors qu'ailleurs en Europe les mouvements antiracistes se mobilisent pour la combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; de Basta mag.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Basta ! : Quelles sont les manifestations de l'islamophobie en France, aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat&lt;/strong&gt; [1] : Il existe une multitude de formes d'expression du rejet d'une population. Dans l'espace public, ce sont des discours, des sites Internet, des articles de presse ou des productions cin&#233;matographiques qui contribuent &#224; la construction d'un &#171; Islam imaginaire &#187; [2] et &#224; l'&#233;vidence d'un probl&#232;me musulman : l'image n&#233;gative et inqui&#233;tante d'une pr&#233;sence musulmane d&#233;crite comme arri&#233;r&#233;e, sournoise, donc dangereuse. Ensuite, ce sont les pratiques discriminatoires auxquelles sont confront&#233;s des individus &#8211; musulmans r&#233;els ou pr&#233;sum&#233;s &#8211;- dans leur vie sociale. Ces discriminations touchent essentiellement les femmes qui portent un signe religieux visible, le voile. Parmi ces discriminations, certaines sont ill&#233;gales : les discriminations &#224; l'emploi, &#224; l'acc&#232;s aux loisirs ou aux services. Une enqu&#234;te par testing, r&#233;alis&#233;e par l'Universit&#233; Paris 1 sur le march&#233; de l'emploi, montre ainsi qu'une jeune femme musulmane a 2,5 fois moins de chances d'&#234;tre convoqu&#233;e &#224; un entretien d'embauche, qu'une jeune fille qui a le m&#234;me CV et la m&#234;me couleur de peau mais qui diff&#232;re par des marqueurs religieux, comme le pr&#233;nom. D'autres discriminations sont l&#233;gales : des formes d'exclusion qui reposent sur la loi, comme la loi sur le voile &#224; l'&#233;cole, sur le port du niqab dans l'espace public ou la d&#233;cision de la Cour d'appel de Paris qui justifie le licenciement d'une salari&#233;e voil&#233;e de la cr&#232;che Baby Loup, une structure priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'exprime-t-elle aussi par la violence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences physiques et verbales sont en nette augmentation depuis au moins 2009, comme le montrent les donn&#233;es du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur [3]. Celles du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) suivent la m&#234;me courbe. Les enqu&#234;tes d'opinion sur le rapport &#224; l'Islam et &#224; la pr&#233;sence musulmane montre une hostilit&#233; tr&#232;s forte concernant le port du foulard, ainsi qu'une hostilit&#233; croissante envers des actes cultuels qui ne posaient pas de probl&#232;mes avant : prier ou je&#251;ner pendant le Ramadan. Nous avons encore du mal &#224; mesurer l'ensemble des manifestations de ce rejet global. Ne pas saisir la justice ou les institutions reste tr&#232;s courant pour les populations musulmanes. D'autres s'autocensurent : des personnes qui ont int&#233;gr&#233; le fait qu'elles n'avaient pas leur place, et ne font m&#234;me plus la d&#233;marche de trouver une formation ou un emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce que vous nommez &#171; l'islamophobie d'en haut &#187;, quel exemple vous a le plus marqu&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a malheureusement profusion d'exemples. Mais un seul nous para&#238;t essentiel pour comprendre en profondeur le processus de construction d'un probl&#232;me musulman : les gr&#232;ves ouvri&#232;res &#224; l'usine Citro&#235;n d'Aulnay et de Talbot &#224; Poissy, en 1984. Des ouvriers, essentiellement maghr&#233;bins, se mobilisent alors contre des plans de licenciements. Avec notamment la CGT, ils d&#233;fendent leurs droits, leurs emplois et l'am&#233;lioration de leurs conditions de travail. Des revendications classiques, si ce n'est qu'appara&#238;t en bas de la liste la demande de disposer d'un lieu de pri&#232;re pendant les pauses. D'o&#249; vient cette demande ? D'une premi&#232;re exp&#233;rience men&#233;e en 1976 &#224; l'usine Renault Billancourt, o&#249; une salle de pri&#232;re a &#233;t&#233; ouverte avec le soutien des syndicats et du patronat de l'&#233;poque, qui acceptait que les travailleurs immigr&#233;s de passage puissent exercer leur culte dans de bonnes conditions. C'est de cela que s'inspirent les gr&#233;vistes de 1984. Ceux-ci sont des ouvriers marocains d'origine rurale dont beaucoup ne parlent qu'arabe. Pour mobiliser, les leaders syndicaux marocains parlent donc arabe et utilisent des concepts &#224; teneur religieuse, comme &#171; Inch Allah &#187;. Rappelons &#233;galement le moment g&#233;opolitique particulier : 1979, la r&#233;volution iranienne, 1983-1984, les attentats contre les militaires fran&#231;ais au Liban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le patronat et le gouvernement construisent un probl&#232;me musulman. La gr&#232;ve n'est plus syndicale, mais devient, dans la bouche du ministre de l'Int&#233;rieur Gaston Defferre, une gr&#232;ve sainte, une gr&#232;ve int&#233;griste, une gr&#232;ve chiite &#8211; les Marocains sont sunnites, mais peu importe. L'objectif est de disqualifier une mobilisation sociale en la transformant en probl&#232;me musulman. Des caricatures de la presse montrent alors des voitures produites &#224; la cha&#238;ne et couvertes d'une burqa. Cette construction d'un probl&#232;me musulman n'est pas venue des salari&#233;s ou des syndicats, mais d'en haut : des &#233;lites patronales, des cabinets minist&#233;riels, de la hi&#233;rarchie polici&#232;re et d'une partie des &#233;lites m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi construire un &#171; probl&#232;me musulman &#187; &#224; partir d'une gr&#232;ve ouvri&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela intervient au moment du tournant de la rigueur du gouvernement socialiste de Pierre Mauroy. Les licenciements pr&#233;vus par Citro&#235;n et Talbot doivent &#234;tre ent&#233;rin&#233;s par l'&#201;tat. C'est le gouvernement socialiste qui l&#226;che les travailleurs immigr&#233;s. Parler d'un conflit religieux plut&#244;t que d'un conflit de classes contribue aussi &#224; renforcer les divisions au sein de la classe ouvri&#232;re. Quand l'usine occup&#233;e est &#233;vacu&#233;e par les CRS, des ouvriers viennent crier &#171; les Arabes au four &#187;. Toutes les repr&#233;sentations sur lesquelles s'appuie l'islamophobie contemporaine sont pr&#233;sentes, avant m&#234;me que n'apparaisse l'affaire du voile &#224; Creil, en 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'islamophobie serait d'abord institutionnelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez la r&#233;cente affaire de la cr&#232;che Baby Loup. Au d&#233;part, il s'agit d'un conflit salarial entre deux agents, la directrice et son adjointe. Le foulard ne pose pas de probl&#232;me. Cela devient un enjeu politique &#224; partir du moment o&#249; certains acteurs &#8211; avocat, intellectuels et politiques &#8211; en font un probl&#232;me national. Des parents se sont-ils mobilis&#233;s contre le port du voile ? Aucun. En 2003, les principales f&#233;d&#233;rations de parents d'&#233;l&#232;ves et d'enseignants r&#233;clament-ils une loi interdisant le port du foulard &#224; l'&#233;cole publique ? Non. Aujourd'hui, les &#233;tudiants demandent-ils l'interdiction du foulard islamique &#224; l'universit&#233; ? Non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'h&#233;ritage colonial joue-t-il un r&#244;le dans l'islamophobie actuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une id&#233;e commune aux deux p&#233;riodes : l'islam constitue une culture ou une religion inf&#233;rieures. Les individus concern&#233;s disposent donc d'une citoyennet&#233; sous condition. Pour eux, l'&#233;galit&#233; est toute relative. Les r&#233;cents textes de loi qui interdisent le port du voile visent un seul groupe social. C'est une vision plut&#244;t discriminatoire de la la&#239;cit&#233;. L'historien des religions Jean Baub&#233;rot rappelle que l'administration coloniale refusait, &#224; l'&#233;poque, que les minorit&#233;s indig&#232;nes b&#233;n&#233;ficient du principe de la&#239;cit&#233;. Surtout, la p&#233;riode coloniale est marqu&#233;e par une radicalisation de la perception de l'Autre musulman : la diff&#233;rence serait religieuse et th&#233;ologique mais aussi raciale et psychologique. Cette id&#233;e se retrouve dans la construction contemporaine de l'islamophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a cependant rien de lin&#233;aire entre les repr&#233;sentations de l'islam depuis son &#233;mergence, pendant le Moyen &#194;ge puis lors de la p&#233;riode coloniale. A chaque fois, nous devons analyser la construction d'un ennemi, d'un islam ou d'un musulman imaginaire en r&#233;f&#233;rence au contexte. Dans l'histoire, la sexualit&#233; du musulman a, par exemple, d'abord &#233;t&#233; construite comme une sexualit&#233; d&#233;brid&#233;e, avec l'image du harem. Depuis la fin de la p&#233;riode coloniale, elle est construite comme une sexualit&#233; brid&#233;e, frustr&#233;e et r&#233;actionnaire. L'image du harem laisse place &#224; celle de l'int&#233;griste p&#232;re puritain. Au Moyen &#194;ge, pour critiquer le clerg&#233;, la modernit&#233; des musulmans est parfois oppos&#233;e &#224; l'intol&#233;rance des chr&#233;tiens. Mais une id&#233;e domine : celle de construire un islam barbare et conqu&#233;rant. Et la r&#233;duction de l'Autre, musulman ou pr&#233;sum&#233; tel, &#224; son appartenance religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un racisme biologique se doublerait d'un racisme culturel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racisme biologique n'a pas disparu. Il est juste en sourdine. La comparaison de la ministre de la Justice noire &#224; un singe nous rappelle que cette forme de racisme est toujours bien pr&#233;sente, m&#234;me si elle est compl&#232;tement disqualifi&#233;e. La difficult&#233; avec l'islamophobie, c'est l'articulation entre la question raciale et religieuse. L'un ne recouvre pas l'autre, les deux s'articulent, et alimentent beaucoup de confusion. Distinguer ce qui rel&#232;ve de l'origine et de la religion est donc difficile. Les personnes racistes n'aiment pas les Arabes et, g&#233;n&#233;ralement, n'aiment pas leur religion. Ils rejettent donc les deux. Mais les enqu&#234;tes d'opinion montrent bien qu'une partie des sond&#233;s peuvent se dire antiracistes tout en &#233;tant islamophobes, notamment &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On peut donc se penser antiraciste et &#234;tre islamophobe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine, la couleur de peau, le sexe&#8230; Toutes les formes de rejet li&#233;s au physique et aux signes d'une identit&#233; h&#233;rit&#233;e sont disqualifi&#233;es en France. L'islam, ou la religiosit&#233;, est consid&#233;r&#233; diff&#233;remment. C'est un crit&#232;re qui n'est pas consid&#233;r&#233; comme h&#233;rit&#233;, qui est r&#233;versible. Vous ne pouvez pas changer votre origine, vous pouvez changer de religion. Et la religion musulmane est interpr&#233;t&#233;e comme une forme d'hostilit&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; majoritaire, une forme de subversion de l'ordre d&#233;mocratique. Pour beaucoup de personnes, l'islamophobie est donc justifi&#233;e comme un combat n&#233;cessaire. Analyser cette confusion est d&#233;cisive pour comprendre pourquoi certains rechignent &#224; reconna&#238;tre l'islamophobie et &#224; lutter contre. Nous vivons aussi dans une soci&#233;t&#233; &#224; la tradition la&#239;que tr&#232;s puissante. La la&#239;cit&#233; s'est construite pour limiter le pouvoir de catholicisme, le pouvoir de la religion et des religieux. Cette m&#233;moire de la lutte anti-religieuse demeure tr&#232;s pr&#233;gnante. Et rend &#233;galement difficile la reconnaissance de l'islamophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel r&#244;le joue le contexte g&#233;opolitique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sert &#224; justifier les discours islamophobes par l'amalgame entre l'islam pratiqu&#233; en France, au coin de la rue, et l'islam utilis&#233; par des mouvements politiques, parfois violents, aux quatre coins du monde. Il s'inscrit dans une rh&#233;torique de la menace. Ces amalgames savamment entretenus nous emp&#234;chent de penser la pr&#233;sence musulmane comme une pr&#233;sence fran&#231;aise. Dans les m&#233;dias, islam et terrorisme sont r&#233;guli&#232;rement li&#233;s. Pourtant, qui sait que dans l'ensemble des attentats pr&#233;par&#233;s, foment&#233;s, r&#233;ussis ou rat&#233;s, la part des attentats dits islamistes ne d&#233;passe jamais 2%, selon Europol. Alors que 85% des attentats sont li&#233;s aux mouvements s&#233;paratistes. Encore un d&#233;calage entre la construction d'un probl&#232;me public et la r&#233;alit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;glise catholique ou des communaut&#233;s &#233;vang&#233;liques sont r&#233;guli&#232;rement critiqu&#233;es pour leurs positions conservatrices, voire r&#233;actionnaires. Comment critiquer certains conservatismes de l'Islam sans tomber dans l'islamophobie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique argument&#233;e des dogmes ou des conservatismes est libre et largement r&#233;pandue en France. Pour autant, la critique peut &#233;galement servir de paravent au rejet et au m&#233;pris. M&#234;me si des critiques sont &#233;mises &#224; l'&#233;gard des religions, elles ne donnent pas lieu au m&#234;me traitement public. Le traditionalisme catholique ou le pros&#233;lytisme &#233;vang&#233;lique, tr&#232;s pr&#233;sent dans les quartiers populaires, ne sont pas construits en probl&#232;me public, alors qu'ils constituent des enjeux &#233;quivalents &#224; certaines formes de pr&#233;sence musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des entraves &#224; la la&#239;cit&#233;, si on la prend &#224; la lettre, il y en a beaucoup : le concordat, des processions dans l'espace public, les sources catholiques de notre calendrier&#8230; C'est une longue tradition d'accommodement qui dessine la France la&#239;que depuis des si&#232;cles. Pourtant, les nombreuses processions traditionalistes ou les c&#233;r&#233;monies religieuses qui bloquent des bouts de ville, font bien moins de bruit que les pri&#232;res de rue isol&#233;es, li&#233;es au manque de place ou aux deux f&#234;tes de l'A&#239;d [4] transform&#233;es en probl&#232;me public mobilisant une grande partie de la classe politique ou des m&#233;dias. Par ailleurs, apr&#232;s les manifestations contre le mariage pour tous, il n'est venu &#224; personne l'id&#233;e d'opposer la pr&#233;sence catholique dans l'espace public aux valeurs nationales. Or, &#224; chaque probl&#232;me impliquant des musulmans, c'est une opposition r&#233;currente, les valeurs nationales seraient menac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il dans les autres pays europ&#233;ens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'islamophobie au niveau europ&#233;en inqui&#232;te les organisations antiracistes, sauf en France. La question de l'islamophobie, de sa l&#233;gitimit&#233; comme ph&#233;nom&#232;ne, ne pose plus probl&#232;me ailleurs en Europe. Des d&#233;bats ont port&#233; sur sa d&#233;finition et sa r&#233;alit&#233;, ce qui est sain dans un pays d&#233;mocratique. Mais en France, le d&#233;ni est la r&#232;gle depuis que l'essayiste Caroline Fourest a &#233;crit en 2003 que le terme islamophobie avait &#233;t&#233; invent&#233; par les mollahs iraniens. Ce qui est un mensonge. En Europe, les principales organisations antiracistes s'int&#233;ressent &#224; l'islamophobie, lancent des campagnes. En Scandinavie ou au Royaume-Uni, des femmes non voil&#233;es portent le voile par solidarit&#233; avec des femmes agress&#233;es. En France, l'antiracisme mainstream &#8211; Sos Racisme, la Licra &#8211; ne s'en occupe presque pas, alors que le ph&#233;nom&#232;ne est croissant et massif. Nous constatons cependant une regain d'int&#233;r&#234;t r&#233;cent quoique timide de la part de la Ligue des droits de l'Homme et du Mrap. Mais faire admettre que l'islamophobie est une r&#233;alit&#233; n'est pas encore gagn&#233; ! Pourtant, l'enjeu fondamental de l'islamophobie, c'est la remise en question de la l&#233;gitimit&#233; de la pr&#233;sence des musulmans, des immigr&#233;s post-coloniaux, sur le territoire fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recueillis par Ivan du Roy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteurs de : Islamophobie Comment les &#233;lites fran&#231;aises fabriquent le &#171; probl&#232;me musulman &#187;, &#201;d. La D&#233;couverte&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Ukraine : Incertitudes</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ukraine-Incertitudes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ukraine-Incertitudes</guid>
		<dc:date>2013-12-17T14:37:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Samary</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les partis d'opposition ukrainiens n'ont pas obtenu le mardi 3 d&#233;cembre le vote de d&#233;fiance qu'ils esp&#233;raient au Parlement, visant &#224; sanctionner la non-signature par le pr&#233;sident ukrainien de l'Accord d'association n&#233;goci&#233; avec l'UE. Divis&#233;s entre tractations pour des remaniements et blocage des b&#226;timents gouvernementaux pour obtenir des &#233;lections anticip&#233;es, ils misaient sur la mobilisation de &#171; un million &#187; de protestataires le dimanche 8 d&#233;cembre, contre &#171; la vente de l'Ukraine &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton16188-2b23d.jpg?1712397564' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les partis d'opposition ukrainiens n'ont pas obtenu le mardi 3 d&#233;cembre le vote de d&#233;fiance qu'ils esp&#233;raient au Parlement, visant &#224; sanctionner la non-signature par le pr&#233;sident ukrainien de l'Accord d'association n&#233;goci&#233; avec l'UE. Divis&#233;s entre tractations pour des remaniements et blocage des b&#226;timents gouvernementaux pour obtenir des &#233;lections anticip&#233;es, ils misaient sur la mobilisation de &#171; un million &#187; de protestataires le dimanche 8 d&#233;cembre, contre &#171; la vente de l'Ukraine &#224; la Russie &#187;. Quelle &#171; m&#233;diation &#187; et &#171; valeurs &#187; vient donc proposer la d&#233;l&#233;gation de l'UE &#224; Kiev ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce sont les violences polici&#232;res contre les premi&#232;res manifestations &#171; pro&#173;-europ&#233;ennes &#187; qui ont chang&#233; l'ampleur des mobilisations le 1er d&#233;cembre et accentu&#233; le discr&#233;dit du r&#233;gime. Sentant monter la contestation jusque dans ses bastions de l'est du pays, russophone, le Premier ministre ukrainien est venu le 3 d&#233;cembre demander pardon pour ces &#171; exc&#232;s &#187; devant le Parlement, au nom du gouvernement et du pr&#233;sident. Et il propose une commission tripartite (gouvernement, opposition et m&#233;diateurs europ&#233;ens) pour enqu&#234;ter sur ces violences. Mais une partie de l'opposition pr&#244;ne de s'appuyer sur les mobilisations pour bloquer durablement les b&#226;timents publics &#8211; au risque de provoquer des affrontements &#8211; en esp&#233;rant obtenir une chute du gouvernement.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on est loin d'une nouvelle &#171; R&#233;volution orange &#187;, c'est &#224;-dire de manifestants se reconnaissant dans les programmes des &#171; candidats Orange &#187; qui ont succ&#233;d&#233; au r&#233;gime de L&#233;onid Koutchma (1993-2004) port&#233;s par l'espoir populaire d'un r&#233;gime non corrompu. Les d&#233;sillusions ont &#233;t&#233; rapides, expliquant le retour par les urnes en 2010 du candidat d&#233;chu en 2005, Viktor Ianoukovitch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La face cach&#233;e des discours &#171; europ&#233;ens &#187;&#8232;&lt;/strong&gt;&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est sur la base d'un programme affich&#233; de &#171; neutralit&#233; &#187; militaire et d'&#233;quilibrage des relations internationales, que Ianoukovitch fut &#233;lu, permettant de fait le rapprochement entre divers oligarques. Aussi les n&#233;gociations en direction de l'UE ont-elle &#233;t&#233; men&#233;es par le parti au pouvoir, jusqu'&#224; la rupture r&#233;cente, &#224; Vilnius. L'espoir des partis d'opposition d'emporter un vote de d&#233;fiance du Parlement le 3 d&#233;cembre n'&#233;tait donc pas irr&#233;aliste.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le revirement p&#232;se, plus que le sort de Ioulia Timenchenko dont l'UE faisait un casus belli, la situation socio&#173;-&#233;conomique de l'Ukraine et la nature des accords. Le pays ne s'est relev&#233; ni du choc de la d&#233;sint&#233;gration de l'URSS et des privatisations ni de la r&#233;cession de 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son PIB par habitant est &#224; 20 % de la moyenne de l'UE, plus bas que la Roumanie et la Bulgarie. Le d&#233;ficit budg&#233;taire du pays s'est creus&#233; depuis 2009 (pr&#232;s de 6 % du PIB en 2010) et le d&#233;ficit de sa balance courante d&#233;passe &#8211; 7 % du PIB en 2012. Mais le parti au pouvoir craint une explosion sociale en cas de hausse des tarifs d'&#233;nergie : entre les offres russes et les hausses pr&#244;n&#233;es par le FMI pour r&#233;duire les dettes, il a tranch&#233;, non sans demander &#8211; en vain &#8211; &#224; l'UE d'intervenir aupr&#232;s du FMI ou d'organiser une n&#233;gociation tri-partite (Russie, Ukraine et UE) (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un enjeu d&#233;mocratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme le soulignait la Tribune du 3 d&#233;cembre (&#171; Ukraine : ce que l'Europe refuse de voir &#187;), ces r&#233;alit&#233;s sont occult&#233;es avec un &#171; glissement op&#233;r&#233; par les dirigeants et la plupart des m&#233;dias europ&#233;ens de la question du trait&#233; d'association avec l'UE que le pr&#233;sident Viktor Ianoukovitch a refus&#233; de signer vers une lutte pour la d&#233;mocratie &#187;.&#8232;L'enjeu d&#233;mocratique est pourtant r&#233;el. Mais ailleurs. Les partis sont tous tr&#232;s discr&#233;dit&#233;s, sauf peut-&#234;tre celui de l'ancien champion de boxe Vitali Klitschko, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il d&#233;nonce la corruption end&#233;mique et met l'accent sur quelques enjeux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les Indign&#233;s de Bulgarie, le mouvement est &#224; la fois critique des partis et de divers bords id&#233;ologiques : bleu et jaune sont tout autant les couleurs de l'Ukraine que celles du drapeau d'une UE id&#233;alis&#233;e ou encore celles du parti Svoboda/Libert&#233; (sur fond bleu o&#249; se dressent trois doigts jaunes) qui comm&#233;more les bataillons SS (2), d&#233;truit une statue de L&#233;nine ou demande l'interdiction du parti communiste&#8230; Des signes d'europ&#233;anit&#233; d&#233;mocratique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Lire sur les Accords d'association et le dernier rapport du FMI :&lt;a href=&#034;http://www.criticatac.ro/lefteast/ukraine-eu-dependency&#8232;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.criticatac.ro/lefteast/ukraine-eu-dependency&#8232;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Lire le Figaro du 13 d&#233;cembre 2012 : &#171; l'extr&#234;me droite ukrainienne entre au Parlement &#187; &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/international/2012/12/12/01003-20121212ARTFIG00613-la-forte-avancee-de-l-extreme-droite-en-ukraine.php et&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/international/2012/12/12/01003-20121212ARTFIG00613-la-forte-avancee-de-l-extreme-droite-en-ukraine.php&#160;et&lt;/a&gt; le t&#233;moignage : &lt;a href=&#034;http://leplus.nouvelobs.com/louismonnier&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://leplus.nouvelobs.com/louismonnier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : NPA&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Belgique : huit questions sur ind&#233;pendance syndicale et politique FGTB de Charleroi &amp; Sud-Hainaut</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Belgique-huit-questions-sur-independance-syndicale-et-politique-FGTB-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Belgique-huit-questions-sur-independance-syndicale-et-politique-FGTB-de</guid>
		<dc:date>2013-12-17T14:37:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>FGTB de Charleroi &amp; Sud-Hainaut</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;gionale de Charleroi &amp; Sud-Hainaut est la seconde r&#233;gion de la FGTB par le nombre d'affili&#233;s (102.000). Elle vient de faire imprimer &#224; dix mille exemplaires une petite brochure dont l'&#233;l&#233;ment cl&#233; est le texte que nous reproduisons int&#233;gralement ici. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res) &lt;br class='autobr' /&gt; 1. Le syndicat peut-il s'occuper de politique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui. Non seulement il le peut, mais il le doit. Notre FGTB d&#233;fend un projet de soci&#233;t&#233; sans classes. D&#233;fini &#224; grands traits dans notre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton16253-29625.jpg?1679507494' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;gionale de Charleroi &amp; Sud-Hainaut est la seconde r&#233;gion de la FGTB par le nombre d'affili&#233;s (102.000). Elle vient de faire imprimer &#224; dix mille exemplaires une petite brochure dont l'&#233;l&#233;ment cl&#233; est le texte que nous reproduisons int&#233;gralement ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;res)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le syndicat peut-il s'occuper de politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Non seulement il le peut, mais il le doit. Notre FGTB d&#233;fend un projet de soci&#233;t&#233; sans classes. D&#233;fini &#224; grands traits dans notre D&#233;claration de principes, ce projet est incompatible avec le capitalisme. Sa r&#233;alisation implique l'abolition de ce syst&#232;me et son remplacement par un autre, socialiste et d&#233;mocratique. C'est dans cette perspective que la D&#233;claration de principes revendique la propri&#233;t&#233; collective des grands moyens de production, que nos congr&#232;s de 1954 et 1956 d&#233;fendent la n&#233;cessit&#233; de &#171; R&#233;formes de structures anticapitalistes &#187; (nationalisation du cr&#233;dit et de l'&#233;nergie, notamment) et que notre Interr&#233;gionale wallonne d&#233;nonce le capitalisme qui &#171; nuit gravement &#224; la sant&#233; &#187;. Or, nos revendications anticapitalistes ne peuvent &#234;tre impos&#233;es uniquement par l'action directe des travailleurs et des travailleuses organis&#233;s dans leurs syndicats. Elles n&#233;cessitent en plus que cette action syndicale soit prolong&#233;e par une action politique, &#224; tous les niveaux du pouvoir. En tant que syndicat, nous sommes un contre-pouvoir ind&#233;pendant de tout parti politique et nous le resterons toujours, m&#234;me dans une soci&#233;t&#233; non capitaliste. Mais nous sommes plus qu'un contre-pouvoir : au nom de notre objectif ultime d'une soci&#233;t&#233; sans classes, nous luttons contre le pouvoir de la minorit&#233; capitaliste et pour le pouvoir aux travailleurs et aux travailleuses. En ce sens-l&#224;, oui, nous devons nous occuper de politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Notre r&#244;le politique est donc un r&#244;le d'aiguillon des partis existants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, cette strat&#233;gie de l'aiguillon nous a men&#233;s dans une impasse. Depuis 1975, nous essayons d'influencer ceux qui sont aux manettes. En particulier, nous interpellons ceux qui se disent nos &#171; amis politiques &#187; au Parlement et au gouvernement, la social-d&#233;mocratie et les Verts. Sans r&#233;sultats. La situation du monde du travail ne fait qu'empirer. Les acquis sociaux et le secteur public conquis par les luttes de nos parents et grands-parents sont d&#233;mantel&#233;s, les libert&#233;s syndicales sont attaqu&#233;es. Ceux qui se disent nos &#171; amis politiques &#187; pr&#233;tendent qu'ils restent d'accord avec nous mais sont oblig&#233;s de passer des compromis avec la droite au gouvernement, que &#171; sans eux ce serait pire &#187;. Nous n'y croyons plus. Nous ne les consid&#233;rons pas comme des partis de droite mais nous constatons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; qu'ils sont convertis aux dogmes n&#233;olib&#233;raux de la comp&#233;titivit&#233; et de la privatisation ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; qu'ils n'ont plus d'alternative &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste, qu'ils se contentent de la g&#233;rer en pr&#244;nant quelques &#171; mesurettes &#187; &#224; la marge ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; qu'ils ont perdu leurs racines et qu'il n'y a pas d'aile gauche en leur sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces partis ont collabor&#233; et continuent &#224; collaborer &#224; construire l'Europe capitaliste, qui est une machine de guerre contre le monde du travail. Du Plan Global aux mesures Di Rupo en passant par le Pacte des G&#233;n&#233;rations, ils aident d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#224; faire passer la pilule de l'aust&#233;rit&#233;, contre la r&#233;sistance syndicale. La &#171; courroie de transmission &#187; tourne donc &#224; l'envers. Ils ne sont plus un relais qui peut &#234;tre r&#233;activ&#233; pour notre projet de soci&#233;t&#233;. Au contraire : les exemples de la Gr&#232;ce, de la Grande-Bretagne, du Portugal, de l'Italie et de l'Espagne montrent que leur politique gestionnaire fait le jeu de la droite et de la droite extr&#234;me. Dans ces pays, cette droite en a profit&#233; pour former des gouvernements encore plus agressifs contre les travailleurs. Dans ces conditions, la strat&#233;gie de l'aiguillon est un pi&#232;ge mortel. Nous devons en sortir d'urgence. Ce qui ne nous emp&#234;che aucunement d'interpeller ces partis et d'autres lorsque le besoin s'en fait sentir pour peu qu'ils soient d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Nous avons donc besoin d'une nouvelle strat&#233;gie politique ? Laquelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, nous avons besoin d'une nouvelle strat&#233;gie politique car sans relais politique nous sommes condamn&#233;s au recul en permanence. Au mieux, nous &#171; limitons les d&#233;g&#226;ts &#187;, mais sur le long terme c'est le pire qui d&#233;truit toutes nos conqu&#234;tes. Le ch&#244;mage massif, la pr&#233;carisation du travail, le morcellement de l'emploi, l'internationalisation du capital et le r&#244;le despotique de l'Union europ&#233;enne font que les rapports de forces dans les entreprises sont de plus en plus d&#233;favorables aux travailleurs. Pour y faire face, nous avons &#233;videmment besoin en premier lieu d'un syndicalisme plus combatif et d&#233;mocratique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; qui se donne les moyens d'actions pour changer le rapport de forces ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; qui ose poser des revendications anticapitalistes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; et qui combat radicalement toutes les formes d'exploitation et d'oppression impos&#233;es &#224; toutes les cat&#233;gories de travailleurs et de travailleuses, dans les entreprises et dans la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne suffit pas. Que ce soit pour refuser le paiement de la dette ill&#233;gitime, pour combattre les exclusions du ch&#244;mage, pour imposer une fiscalit&#233; juste et progressive ou pour exiger que les aides publiques aux entreprises soient converties en hypoth&#232;ques (comme propos&#233; par la FGTB de Li&#232;ge), nous sommes gravement handicap&#233;s par l'absence d'une force politique qui nous aide &#224; populariser nos revendications et qui les porte &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale, f&#233;d&#233;rale et europ&#233;enne. Notre D&#233;claration de principes dit que &#171; le mouvement syndical acceptera le concours du ou des partis qui joindront leur action &#224; la sienne pour la r&#233;alisation de ses objectifs &#187;. Alors que ce concours de partis est vital aujourd'hui, nous constatons que le PS et Ecolo ne concourent plus &#224; notre action parce qu'ils ne partagent plus nos objectifs. Pour changer les rapports de forces face au patronat et &#224; la droite, nous avons donc besoin d'une FGTB forte et d'une force politique nouvelle, anticapitaliste, &#224; gauche du PS et d'Ecolo. Aider &#224; l'&#233;mergence et au d&#233;veloppement de cette force pour qu'elle devienne la plus large possible, voil&#224; la strat&#233;gie politique que nous proposons &#224; la place de celle de l'aiguillon. C'est le sens de l'appel que nous avons lanc&#233; le 1er Mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 . L'appel du 1er Mai 2012 signifie donc que la FGTB veut cr&#233;er un nouveau parti politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, nous ne cr&#233;erons pas un parti, ce n'est pas notre r&#244;le. Nous proposons que la FGTB favorise activement l'apparition d'une nouvelle force anticapitaliste sur le champ politique et &#233;lectoral. Ce n'est pas la m&#234;me chose. Nous voulons mettre notre poids dans la balance pour rassembler celles et ceux qui aspirent &#224; une alternative anticapitaliste. Nous les mettons devant leurs responsabilit&#233;s de cr&#233;er une force aussi fid&#232;le aux int&#233;r&#234;ts du monde du travail que les forces existantes sont fid&#232;les aux int&#233;r&#234;ts des patrons. &#192; terme, cette force pourrait devenir un parti, mais ce n'est pas de notre responsabilit&#233;. De plus, nous ne voulons pas figer les choses. Au contraire : il s'agit pour nous d'ouvrir un espace et d'enclencher une dynamique. Nous avons form&#233; un comit&#233; de soutien avec les partis de la gauche radicale parce qu'ils ont r&#233;pondu positivement &#224; l'Appel du 1er Mai 2012. Cela constitue un premier noyau. Mais le processus de regroupement politique doit avoir pour vocation de s'&#233;largir. C'est pourquoi nous invitons les membres de gauche du PS et d'Ecolo &#224; rejoindre la dynamique qui se met en place. Nous invitons aussi les intellectuels de gauche, les militants associatifs &#224; se solidariser avec notre appel. C'est un projet ambitieux, qui demandera de la patience, de l'audace et de la cr&#233;ativit&#233;. Dans une certaine mesure, nous nous inspirons de l'action des militants ouvriers du XIXe si&#232;cle qui, apr&#232;s avoir fond&#233; les premi&#232;res caisses d'entraide et de solidarit&#233;, ont &#339;uvr&#233; &#224; la cr&#233;ation du POB (l'anc&#234;tre du PS) parce qu'ils avaient compris la n&#233;cessit&#233; d'un outil politique pour renforcer leur combat. Mais il faut &#233;videmment tirer les le&#231;ons de la mani&#232;re dont cet outil politique a fini par leur &#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Comment faire concr&#232;tement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose &#224; faire c'est de rompre les liens privil&#233;gi&#233;s avec le PS. C'est ce que la FGTB de Charleroi &amp; Sud-Hainaut a fait depuis quelques ann&#233;es. Il ne s'agit pas de d&#233;noncer le PS comme un ennemi, ou de le calomnier, mais de comprendre que les liens privil&#233;gi&#233;s de la FGTB avec le PS, dans le cadre de l'Action commune socialiste, nous emp&#234;chent de sortir de la strat&#233;gie de l'aiguillon qui nous enfonce dans l'impasse. En m&#234;me temps, il faut donc se prononcer pour une strat&#233;gie politique alternative car le syndicalisme pur, sans relais politique, n'est pas une solution. C'est ce que nous avons fait le 1er Mai 2012 et nous appelons toutes les articulations de la FGTB aux niveaux professionnels et interprofessionnels, &#224; en d&#233;battre pour nous rejoindre dans ce combat. Enfin, il s'agit d'&#233;laborer le programme anticapitaliste que nous, en tant que syndicalistes, voulons voir relay&#233; sur le terrain politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Cette strat&#233;gie ne met-elle pas en danger notre ind&#233;pendance syndicale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un point d&#233;cisif sur lequel il faut &#234;tre tr&#232;s vigilant. Nous devons rester &#171; l'&#233;manation directe des forces laborieuses organis&#233;es &#187;, &#171; dans le respect de toutes les opinions, tant politiques que philosophiques &#187;, comme dit notre D&#233;claration de principes. Cela implique une ind&#233;pendance absolue vis-&#224;-vis de tous les partis politiques. Or, ce qui menace cette ind&#233;pendance, aujourd'hui, ce n'est pas que nous nous occupons de politique, c'est la mani&#232;re dont nous nous en occupons. En effet, la strat&#233;gie de l'aiguillon nous am&#232;ne syst&#233;matiquement &#224; mettre notre programme en poche et &#224; nous incliner dans les faits devant le programme n&#233;olib&#233;ral. Nous organisons des mobilisations contre l'aust&#233;rit&#233; et, syst&#233;matiquement, la strat&#233;gie de l'aiguillon nous am&#232;ne &#224; sacrifier nos revendications pour ne pas mettre en danger la politique du PS et d'Ecolo, au nom du &#171; moindre mal &#187;. On en arrive &#224; un point tel aujourd'hui que certains responsables syndicaux, au nom de ce &#171; moindre mal &#187;, ne veulent m&#234;me plus organiser la lutte contre l'aust&#233;rit&#233;. Face &#224; cela, la strat&#233;gie alternative que nous proposons permet de retrouver une vraie ind&#233;pendance syndicale. Dans le cadre de notre strat&#233;gie, en effet, nous &#233;laborerons notre programme et nous m&#232;nerons nos luttes en fonction d'une seule pr&#233;occupation : les besoins des travailleurs et des travailleuses. Nous les encouragerons &#224; s'impliquer activement et d&#233;mocratiquement, afin que ce programme et ces luttes soient les leurs. Alors, nous renverserons la situation. Alors, nous regagnerons de la force. Alors, au lieu que les partis nous dictent leur politique, c'est nous qui exigerons des partis qu'ils s'engagent &#224; lutter avec nous pour ce programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Nous voulons donc que se forme un nouveau relais politique de la FGTB ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, nous voulons que se forme un nouveau relais politique du monde du travail dans son ensemble. C'est &#233;videmment au sein de notre organisation, la FGTB, que nous menons le d&#233;bat. Nous ne nous immiscerons pas dans le fonctionnement d'autres organisations syndicales. Mais la FGTB n'est pas la seule &#224; &#234;tre confront&#233;e &#224; l'impasse de la strat&#233;gie politique de l'aiguillon. La CSC (Conf&#233;d&#233;ration des syndicats chr&#233;tiens) est dans la m&#234;me situation. C'est pourquoi, dans le fond, notre appel &#224; une autre strat&#233;gie ne concerne pas que la FGTB. Le fait que la CNE [1] a voulu s'associer &#224; notre d&#233;marche est tr&#232;s important. Cela montre que notre strat&#233;gie, loin d'&#234;tre une source de division, peut contribuer au contraire &#224; d&#233;passer certaines divisions historiques du monde du travail. Nous devons &#234;tre conscients de la chance qui s'ouvre ainsi et, sans abandonner notre identit&#233;, mais dans le respect des diff&#233;rences, favoriser la convergence autour d'un projet politique commun. Nous devons bien voir que cette possibilit&#233; de convergence trouve son origine fondamentale dans l'extr&#234;me gravit&#233; des menaces qui p&#232;sent sur le monde du travail. La classe dominante europ&#233;enne a lanc&#233; une attaque frontale contre nos acquis sociaux et d&#233;mocratiques. Elle peut feindre de l&#226;cher un peu de lest &#224; un moment pour &#233;viter une explosion sociale, ou une d&#233;route &#233;lectorale des partis &#233;tablis. Mais elle n'a pas d'autre voie que de continuer son &#339;uvre de destruction. Plus largement encore, le syst&#232;me capitaliste n'a plus rien d'autre &#224; offrir que la destruction sociale et &#233;cologique pour le profit d'une minorit&#233; de la population. Dans ce contexte, in&#233;vitablement, celles et ceux qui r&#233;fl&#233;chissent plus loin que le bout de leur nez sont amen&#233;s &#224; comprendre qu'un programme anticapitaliste est la seule alternative possible face &#224; cette situation. Nous n'avons pas la pr&#233;tention, &#224; nous seuls, de l'&#233;laborer dans toutes ses dimensions. Nous en proposerons une premi&#232;re &#233;bauche, &#224; compl&#233;ter et &#224; enrichir avec d'autres. Mais cette premi&#232;re &#233;bauche contribuera &#224; lancer la dynamique du rassemblement. Tel est le sens de notre d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Mais tout cela n'est-il pas une dangereuse utopie alors que la droite et le patronat sont &#224; l'offensive et que la Belgique est &#171; au bord du gouffre &#187;, ce qui a fait courir de graves dangers &#224; la S&#233;curit&#233; sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, croire qu'en se pliant &#224; la logique capitaliste, faire le gros dos en attendant que &#231;a passe, cela va nous aider, c'est &#234;tre particuli&#232;rement na&#239;f. Nous sommes le dos au mur. Nous n'avons d'autre issue que la lutte et l'unification internationale des luttes dans la perspective d'une autre Europe. Quant au &#171; sauvetage de la Belgique &#187;, c'est souvent un faux pr&#233;texte pour imposer des reculs sociaux. Lors de la longue p&#233;riode &#171; sans gouvernement &#187;, le pays a continu&#233; &#224; fonctionner et le pouvoir a pris des mesures importantes : participer &#224; la guerre en Libye, claquer des sommes importantes dans les banques et appliquer les mesures d'aust&#233;rit&#233; d&#233;cid&#233;es par les gouvernements pr&#233;c&#233;dents&#8230; Apr&#232;s 540 jours de n&#233;gociations &#171; communautaires &#187;, la note du premier ministre Di Rupo, au nom du compromis &#171; pour sauver la Belgique &#187;, comprenait toute une s&#233;rie de revendications de la NVA [2] (parti qui consid&#232;re que &#171; son programme &#233;conomique, c'est celui du VOKA &#187; &#8212; patronat flamand), alors m&#234;me que ce parti n'&#233;tait finalement pas partie prenante de la majorit&#233; gouvernementale ! Elles se traduisent depuis dans toutes les attaques que nous subissons. On a donc utilis&#233; la peur du vide pour imposer des compromis avec la droite flamande, au plus grand plaisir du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici aussi, nous faisons appel &#224; notre ind&#233;pendance syndicale. Notre solidarit&#233; &#224; nous, c'est une solidarit&#233; de classe, celle des travailleurs. Nous savons bien que toute rupture de solidarit&#233; nationale conduit &#224; moins de moyens pour organiser la solidarit&#233;. Prenons l'exemple de Ford Genk ou d'Arcelormittal &#224; Li&#232;ge. Que constate-t-on ? Que les pouvoirs r&#233;gionaux, comp&#233;tents pour les politiques &#233;conomiques, ne disposent pas des moyens financiers n&#233;cessaires pour inverser les logiques patronales. Qu'est-ce que cela signifie ? Que m&#234;me s'ils voulaient mener une autre politique (ce n'est &#233;videmment pas le cas), le cadre institutionnel de la R&#233;forme de l'&#201;tat les en emp&#234;cherait. C'est vrai qu'une grande menace p&#232;se sur notre S&#233;curit&#233; sociale. Sa scission serait une catastrophe pour le monde du travail. Il faut l'&#233;viter. Mais comment ? En acceptant la poursuite du d&#233;mant&#232;lement des acquis sociaux ? En soutenant la monarchie, soi-disant &#171; trait d'union entre les Flamands et les Wallons &#187; ? Ce choix entre la peste et le chol&#233;ra est celui que le gouvernement Di Rupo nous impose. Nous le refusons et nous disons aux politiques : &#171; la S&#233;curit&#233; sociale appartient aux travailleurs et travailleuses ; les cotisations patronales ne sont pas des &#171; charges &#187; mais du salaire diff&#233;r&#233; et collectivis&#233; ; nous exigeons la gestion ouvri&#232;re et d&#233;mocratique de la S&#233;curit&#233; sociale ; ainsi, si votre incurie doit aboutir &#224; l'&#233;clatement du pays, la solidarit&#233; des travailleurs, elle, sera sauv&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FGTB de Charleroi &amp; Sud-Hainaut&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Centrale nationale des employ&#233;s (CNE). Plus importante centrale syndicale en Belgique francophone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Nieuw-Vlaamse Alliantie (NVA). Alliance n&#233;o-flamande. Parti s&#233;paratiste flamand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr/article-inpr..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inprecor.fr/article-inpr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le grand march&#233; transatlantique contre les peuples</title>
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		<dc:date>2013-12-17T14:35:47Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fondation Copernic</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; beaucoup &#233;crit, mais certainement pas assez, sur les n&#233;gociations discr&#232;tes (pour l'essentiel, secr&#232;tes) entre les Etats-Unis et l'Union europ&#233;enne. Depuis juin 2013, c'est officiel : il s'agit rien moins que de contourner les &#233;checs des n&#233;gociations de Doha dans le cadre de l'OMC en 2006, notamment sur l'agriculture et les services, publics en particulier. &lt;br class='autobr' /&gt; Le cycle de Doha, c'est comme cela que les imp&#233;trants et la presse dominante avaient baptis&#233; cette tentative de lib&#233;raliser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton16208-3b21a.png?1677294737' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; beaucoup &#233;crit, mais certainement pas assez, sur les n&#233;gociations discr&#232;tes (pour l'essentiel, secr&#232;tes) entre les Etats-Unis et l'Union europ&#233;enne. Depuis juin 2013, c'est officiel : il s'agit rien moins que de contourner les &#233;checs des n&#233;gociations de Doha dans le cadre de l'OMC en 2006, notamment sur l'agriculture et les services, publics en particulier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cycle de Doha, c'est comme cela que les imp&#233;trants et la presse dominante avaient baptis&#233; cette tentative de lib&#233;raliser &#224; tout va, n'avait donc pas abouti pour des raisons diverses et contradictoires. Les grandes puissances et les grandes firmes mondiales esp&#233;raient beaucoup de Doha, malgr&#233; les impasses et les nuisances sociales et &#233;cologiques d&#233;j&#224; visibles des accords ant&#233;rieurs de lib&#233;ralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait donc revenir &#224; la charge, pas trop vite cependant apr&#232;s le pic de la crise rampante du capitalisme (2007-2010) et les &#171; d&#233;sillusions &#187; qu'il a suscit&#233;es. Ce qui se trame est aussi et tout simplement le retour par la fen&#234;tre de l'Accord multinational sur les investissements (AMI) mort-n&#233; en 1997, sous la pression populaire, apr&#232;s que Le Monde diplomatique en e&#251;t r&#233;v&#233;l&#233; le contenu (&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/ami/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/ami/&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les firmes multinationales se sont agit&#233;es (les fameux et tr&#232;s dangereux lobbys) dans l'entre temps avec l'ambition d'&#233;largir leur champ de pr&#233;dation et leur pouvoir dans tous les domaines : &#233;conomique, politique, id&#233;ologique. Pour le dire autrement, les grandes firmes de l'industrie, du commerce, de la finance, qui ont conquis la plan&#232;te, tiennent les Etats par le bout du nez, sont tr&#232;s pr&#233;sentes &#224; la direction des organismes internationaux comme le FMI, la Banque mondiale, ou encore la Banque centrale europ&#233;enne, ont finalement impos&#233; aux Etats et &#224; leurs superstructures (dont la sc&#233;l&#233;rate Union europ&#233;enne, pr&#233;sid&#233;e par le tr&#232;s r&#233;actionnaire Barroso) la n&#233;gociation d'accords multilat&#233;raux visant &#224; d&#233;manteler tout ce qui fait encore obstacle &#224; leur libert&#233; (celle du renard dans le poulailler) et &#224; r&#233;duire &#224; rien les politiques publiques dans les domaines de la sant&#233;, de l'emploi, des revenus, de l'environnement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'a pas &#233;t&#233; possible en totalit&#233; dans le cadre de l'OMC, est organis&#233; ou pr&#233;par&#233; sous forme d'accords multilat&#233;raux de &#171; libre-&#233;change &#187;, dans le secret (toujours). Notamment : zone du Pacifique, Am&#233;riques (du Sud et du Nord), accord Canada &#8211; Union europ&#233;enne (banc d'essai, presque conclu au moment o&#249; s'&#233;crit cet article, pour pr&#233;parer l'actuelle n&#233;gociation dite Accord de partenariat transatlantique). Les Etats-Unis d'Am&#233;rique du Nord sont directement ou non dans tous les coups. Leur puissance et celle de leurs firmes s'affirment dans ce domaine comme jamais, les grandes firmes des autres pays (Europe, Inde, Asie de l'est, etc.) y trouvant leur compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Supprimer ce qui reste des droits de douane&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Un des premiers objectifs affich&#233;s est la suppression des droits de douane restant, notamment en ce qui concerne les produits de l'agriculture, secteur o&#249; ils demeurent les plus &#233;lev&#233;s. Il faut insister particuli&#232;rement sur ce point. Car le but est bien de renforcer les capacit&#233;s exportatrices de l'Europe et des USA, au d&#233;triment surtout des pays du Sud. Voil&#224; qui aggraverait d'une part le dumping environnemental, ainsi que la d&#233;pendance des pays du Sud et la sp&#233;cialisation r&#233;gionale (et l'un de ses corolaires : l'appauvrissement des sols et la pollution des r&#233;seaux hydrauliques naturels), les cultures de rente et d'exportation au d&#233;triment des cultures vivri&#232;res (surtout dans les pays du Sud).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gros agrariens coalis&#233;s, les firmes de l'agrobusiness (amont : semences, engrais, produits phytosanitaires, m&#233;canique lourde, etc. &#8211; aval : transformation et grande distribution &#8211; finance : le cr&#233;dit qui pousse &#224; l'agrandissement d&#233;vastateur, &#224; la monoculture &#233;puisant les sols et polluant les r&#233;seaux hydrauliques, et &#224; l'endettement) intriguent et sont sur le pont lobbyiste depuis longtemps ; ils ont affin&#233; leurs arguments et ont renforc&#233; leurs r&#233;seaux et leur pression depuis l'&#233;chec de Doha. Plus encore qu'auparavant, l'agriculture se trouvera prise en tenaille entre ses fournisseurs et ses d&#233;bouch&#233;s, qui dirigent l'offre et la demande et dictent les prix.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;curit&#233; alimentaire (nourrir les populations et prot&#233;ger la sant&#233;) dont les z&#233;l&#233;s promoteurs des accords se font les chantres serait vid&#233;e de sens ; la souverainet&#233; alimentaire (la revendication port&#233;e par la Via Campesina (&lt;a href=&#034;http://viacampesina.org/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://viacampesina.org/fr/&lt;/a&gt;) de la ma&#238;trise par les peuples et leurs Etats de la politique agricole et alimentaire) serait &#224; ranger au rayon des inutilit&#233;s si par malheur l'accord transatlantique &#233;tait sign&#233;. Les pays du Sud, d&#233;j&#224; tr&#232;s s&#233;v&#232;rement touch&#233;s par les politiques de lib&#233;ralisation, ne disposeraient m&#234;me plus de leurs derni&#232;res marges de man&#339;uvre pour prot&#233;ger leur agriculture, et relancer les cultures vivri&#232;res en se dotant des moyens n&#233;cessaires &#224; leur d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la bataille engag&#233;e contre ce projet n'&#233;tait pas gagnante, les pays du Sud devraient s'int&#233;grer de gr&#233; ou de force dans les processus impos&#233;s par les accords multilat&#233;raux qui ont vu le jour ou qui sont en pr&#233;paration. Le projet de grand march&#233; transatlantique, vise bien entendu tous les secteurs d'activit&#233;, surtout les services, ainsi que &#171; la propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187;, telle que vue &#224; travers le prisme des multinationales qui veulent aussi s'approprier du vivant en le brevetant, contr&#244;ler l'Internet et en faire un instrument renforc&#233; de propagande, d'&#233;tude de march&#233; et de contr&#244;le et de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Supprimer toutes les normes de protection ou de pr&#233;caution&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La suppression de ce qui reste des droits de douane renforcerait &#233;videmment la concurrence de tous contre tous, les pratiques de dumping social, &#233;cologique, et fiscal. Ce n'est cependant pas suffisant pour les insatiables capitalistes. Tout ce qui prot&#232;ge la sant&#233;, l'alimentation, les droits sociaux, l'environnement, l'&#233;ducation et la culture, les services publics, et constituerait un obstacle &#224; leur libert&#233; de circulation des capitaux et &#224; leur libert&#233; d'installation d'entreprises cannibales (&#231;a, c'est une sorte de pl&#233;onasme) est l'objet d'une nouvelle tentative politique de destruction massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet d'accord se moque de l'avis des peuples et des repr&#233;sentations parlementaires comme d'une guigne. Le droit de la concurrence et, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le droit de n'importe quelle entreprise de s'installer o&#249; elle veut, pour y produire ce qui lui procure le maximum de profit, avec ses propres normes et m&#233;thodes, prime sur les droits fondamentaux, sociaux (sant&#233;, &#233;ducation, culture, emploi et revenu d&#233;cent, alimentation, etc.) aussi bien que civiques (la d&#233;mocratie, oui, mais seulement sous forme de spectacle alibi). Le capital n'admet aucun obstacle et promeut des r&#232;gles qui servent ses int&#233;r&#234;ts, sa soif d'accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission, fid&#232;le promotrice et soutien du capital, n'a d'ailleurs en rien pris en compte la position de la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats (CES) (&lt;a href=&#034;http://www.humanite.fr/social-eco/les-syndicats-refusent-l-europe-de-l-austerite-544186&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.humanite.fr/social-eco/les-syndicats-refusent-l-europe-de-l-austerite-544186&lt;/a&gt;) qui, pourtant, dans une novlangue propre, ne remettait pas en cause le principe m&#234;me d'un accord de libre &#233;change entre les Etats-Unis et l'Union europ&#233;enne. Celle-ci pr&#233;sentait en treize points ses principales pr&#233;occupations, parmi lesquelles l'inclusion des droits du travail dans un tel accord, mais aussi la protection de l'environnement, l'exclusion des services, de la culture et de l'agriculture, le rejet de l'institution d'une l&#233;gislation d'arbitrage des diff&#233;rends investisseurs-Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des tribunaux sp&#233;ciaux&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut plus encore. Il faut des organes de police &#233;conomique en capacit&#233; de v&#233;rifier si quelque Etat ou collectivit&#233; territoriale ne serait pas r&#233;calcitrant ou, pis, emp&#234;cheur d'exploiter et de profiter tranquillement. La cr&#233;ation de tribunaux sp&#233;ciaux, dits tribunaux d'arbitrage, appara&#238;t comme un des piliers de ce projet sc&#233;l&#233;rat. Ces organismes d'arbitrages, de forme priv&#233;e, tant revendiqu&#233;s par les grandes firmes seraient en quelque sorte un l&#233;gislateur permanent, un p&#232;re fouettard pour des victimes consentantes (les Etats, l'Union europ&#233;enne). Le droit public, le droit de chaque Etat de se doter de r&#232;gles, et de coop&#233;rer avec d'autres sur des bases sociales, &#233;cologiques et d&#233;mocratiques, est insupportable pour le capital qui s'affiche sans vergogne, tout en pr&#233;parant ses coups en secret, avec une force d&#233;cupl&#233;e gr&#226;ce &#224; la complicit&#233; des gouvernements et des institutions internationales.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une affaire d&#233;j&#224; bien r&#244;d&#233;e que l'institution d'organismes d'arbitrage. Il en existe d&#233;j&#224; (&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/WALLACH/49803&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/WALLACH/49803&lt;/a&gt;), sp&#233;cialement constitu&#233;s, qui permettent &#224; des firmes d'attaquer des Etats, sous n'importe quel pr&#233;texte.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les ma&#238;tres du capital consid&#232;rent que tout r&#232;glement pouvant nuire &#224; leur possibilit&#233; de profit est &#224; bannir. S'il existe et est appliqu&#233; au d&#233;triment du profit pr&#233;sent ou futur, il doit &#234;tre fermement et astucieusement attaqu&#233;. L'exemple de l'Organe de r&#232;glement des diff&#233;rends de l'OMC (ORD) est int&#233;ressant, car il tend &#224; favoriser tr&#232;s nettement les firmes lorsque un ou plusieurs Etats qui y d&#233;posent des recours au motif que la l&#233;gislation d'un autre fausserait la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ouvre la voie, mais il doit &#234;tre d&#233;pass&#233;, &#171; perfectionn&#233; &#187;, et permettre aux firmes (investisseuses) de d&#233;poser directement des plaintes contre un Etat. Le but dans le projet de grand march&#233; transatlantique est d'instituer un tribunal compos&#233; de juristes professionnels n'appartenant pas &#224; des juridictions publiques, nationales ou internationales. Ces tribunaux d'arbitrage auraient &#224; conna&#238;tre des diff&#233;rends entre firmes et Etats, diff&#233;rends qui porteraient principalement sur l'estimation par une firme quelconque que telle l&#233;gislation constitue un obstacle au d&#233;veloppement de la strat&#233;gie et au rendement de ses investissements qu'elle les aurait programm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les normes internationales comptables, utile r&#233;f&#233;rent&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les arguments seraient permis, y compris ceux qui s'appuieraient sur les d&#233;cisions des tribunaux publics, comme par exemple les arr&#234;ts de la Cour de Justice de l'Union europ&#233;enne (&lt;a href=&#034;http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article125&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article125&lt;/a&gt;). Les nouvelles normes comptables internationales seraient dans ce cadre un outil redoutable. Elles avaient fait l'objet d'une critique serr&#233;e, tant d'un point de vue &#171; technique &#187; qu'en relation avec son objectif : servir d'abord au capitalisme financier (voir Les normes comptables internationales, instruments du capitalisme financier, La D&#233;couverte, 2005 : &lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_normes_comptables_internationales__instruments_du_capitalisme_financier-9782707147585.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_normes_comptables_internationales__instruments_du_capitalisme_financier-9782707147585.html&lt;/a&gt;). A l'&#233;poque, en plus des incoh&#233;rences internes, il s'est agit de montrer en quoi ces normes servaient d'abord la finance mondialis&#233;e et d&#233;brid&#233;e, en quoi elles accroissaient de ce fait le risque de crise sociale et financi&#232;re, ce qui sera rapidement confirm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce projet de grand march&#233; transatlantique incluant l'institution de tribunaux d'arbitrage sp&#233;ciaux, les normes comptables mises en place au d&#233;but de ce si&#232;cle constituent une base technique et juridique pr&#233;cieuse et pernicieuse pour attaquer les Etats. Elles permettraient en effet d'argumenter, en se r&#233;f&#233;rant &#224; des calculs plus ou moins sophistiqu&#233;s (et / ou mensongers ou trompeurs), sur la perte suppos&#233;e, potentielle ou av&#233;r&#233;e selon les pr&#233;sentations comptables des firmes, de profits &#171; l&#233;gitimement &#187; attendus, voire annonc&#233;s par une habile propagande, relay&#233;e par les analystes financiers et autres banquiers.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le truc, pour chaque firme particuli&#232;re, consiste &#224; &#233;tablir des pr&#233;visions et, ensuite, &#224; montrer qu'elles n'ont pu &#234;tre ou ne seront pas atteintes &#224; cause de lois et r&#232;glements qui constitueraient des emp&#234;chements &#224; l'accroissement ind&#233;fini du capital, ou, dit autrement, &#224; entraver la marche libre des puissantes entreprises. Les comptes et les pr&#233;visions des entreprises se r&#233;f&#232;rent en effet dor&#233;navant &#224; la &#171; juste valeur &#187;, &#171; d&#233;termin&#233;e par le march&#233; &#187;. Les fluctuations des march&#233;s conf&#232;rent un caract&#232;re incertain &#224; l'&#233;tablissement des documents et, surtout, elles &#233;largissent le champ des pr&#233;sentations possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, un bilan de grande firme, pour faire simple (il faudrait dans le d&#233;tail apporter des nuances), est &#233;tabli en fonction des prix du march&#233;, comme si toute entreprise, ou partie d'entreprise, ou m&#234;me partie d'immeuble ou d'&#233;quipement industriel &#233;tait susceptible d'&#234;tre vendue &#224; tout moment. La valeur de r&#233;f&#233;rence d'un immeuble au bilan (ou de n'importe quel autre actif) devient alors sa valeur v&#233;nale (prix du march&#233;) &#224; la date de son &#233;tablissement. C'est une pr&#233;sentation des comptes actualis&#233;e en fonction des r&#233;sultats escompt&#233;s et/ou des risques encourus (on se positionne dans le pr&#233;dictif). Les dettes inscrites au passif sont soumises aux m&#234;mes r&#232;gles d'&#233;valuation pour les grandes entreprises et toutes celles qui sont cot&#233;es en bourse. Les comptes de r&#233;sultats sont trait&#233;s selon les m&#234;mes principes, avec les adaptations jug&#233;es n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend imm&#233;diatement les marges de man&#339;uvre consid&#233;rables dont disposent d&#233;j&#224; les dirigeants d'entreprises second&#233;s par les professionnels du chiffre, ind&#233;fectibles serviteurs du capital. On comprend &#224; partir de quel &#171; argument &#187; un Etat peut &#234;tre attaqu&#233; par une firme, avec de forts risques de voir la protection sociale, &#233;cologique et sanitaire s'amenuiser encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre les peuples&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela est concoct&#233; dans leur dos et au d&#233;triment des peuples. Les Parlements nationaux et le Parlement europ&#233;en sont tenus &#224; l'&#233;cart. Aucune information consistante ne filtre. Le mandat donn&#233; &#224; la Commission de n&#233;gocier au nom de tous les Etats membres est un blanc-seing. Pas d'information. Pas de d&#233;bats publics. Les Parlements eux-m&#234;mes (dans une moindre mesure cependant aux Etats-Unis), pas ou tr&#232;s peu inform&#233;s, hors jeu pour l'essentiel. Les principes d&#233;mocratiques fondamentaux &#8211;ou ce qu'il en reste- sont foul&#233;s aux pieds (cf. la d&#233;claration du collectif fran&#231;ais contre le projet de grand march&#233; transatlantique). Normal : l'ennemi c'est d'une part la d&#233;mocratie, d'autre part les gueux qui, par leur travail, produisent ou d&#233;truisent pour le capital. Toutefois, les premi&#232;res r&#233;v&#233;lations (dans L'Humanit&#233; le 20 mai 2013 : &lt;a href=&#034;http://www.humanite.fr/monde/exclusif-humanitefr-publie-le-projet-d-accord-de-l-541854&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.humanite.fr/monde/exclusif-humanitefr-publie-le-projet-d-accord-de-l-541854&lt;/a&gt;) ont donn&#233; l'alerte, ce qui semble inqui&#233;ter en haut lieu.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, les instances dirigeantes tentent-elles de prendre les devants, traumatis&#233;es qu'elles sont depuis les r&#233;f&#233;rendums de 2005 portant sur le projet de trait&#233; constitutionnel pour l'Union europ&#233;enne (France, Irlande, Pays-Bas). La Commission a r&#233;uni les Etats membres de l'Union europ&#233;enne le 22 novembre 2013 pour organiser en concertation la mani&#232;re de &#171; communiquer &#187; sur les n&#233;gociations portant sur le projet de grand march&#233; transatlantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel emballage proposer, se demandent nos vertueux dirigeants qui n'aiment pas &#234;tre d&#233;rang&#233;s par la pi&#233;taille ? Comment persuader que ce projet vise &#224; cr&#233;er des emplois et non &#224; saper les r&#232;gles de protection existantes ? Comment expliquer qu'un tel accord permettrait d'apaiser les relations avec la Chine et les autres pays tiers ? Comment exprimer que l'objectif poursuivi est aussi le leadership du commerce mondial, sans dommage pour les pays tiers, du Sud en particulier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, pour &#233;viter tout risque de cacophonie, la Commission sugg&#232;re fortement aux Etats membres de s'accorder pour qu'elle (la Commission), concomitamment avec les Etats, engage des moyens de surveillance du d&#233;bat public (surtout celui qui leur &#233;chappe), et produisent des documents destin&#233;s aux m&#233;dias et, pourquoi pas, aux &#233;coles. Influencer, infiltrer (si c'est n&#233;cessaire) les m&#233;dias, donner de l'information, mais pas trop car la r&#232;gle du secret doit demeurer primordiale. Cette op&#233;ration de &#171; com' &#187; (de brouillage) est d'autant plus importante que la ratification par tous les Etats membres est de droit. Aucun Parlement national, ni le Parlement europ&#233;en, ne doivent faire d&#233;faut. Aucun peuple ne doit manifester sa d&#233;fiance, et surtout pas par voie de r&#233;f&#233;rendum.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;S'opposer, emp&#234;cher&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une bataille est d&#233;j&#224; engag&#233;e en France, en Europe, en Am&#233;rique du Nord et du Sud. Qu'elle s'amplifie, jusqu'&#224; emp&#234;cher ce projet d'aboutir. Il en va de la d&#233;mocratie et de la qualit&#233; de la vie au quotidien. En France, un regroupement d'une soixantaine d'organisations syndicales, associatives, politiques a lanc&#233; une campagne &#171; Non au Grand March&#233; Transatlantique - #StopTAFTA ! &#187; (pour Trans-Atlantic Free Trade Agreement) (&lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/fondation-copernic/021213/non-au-grand-marche-transatlantique-stoptafta&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.mediapart.fr/blog/fondation-copernic/021213/non-au-grand-marche-transatlantique-stoptafta&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alter-Sommet (&lt;a href=&#034;http://www.altersummit.eu/?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.altersummit.eu/?lang=fr&lt;/a&gt;), r&#233;uni &#224; Bruxelles en octobre 2013 a inscrit la lutte contre ce projet d'accord dans l'agenda de ses priorit&#233;s. D'autres coalitions existent, par exemple en Grande Bretagne, en Belgique ou aux USA. Mettre sous les projecteurs ce nouveau vampire pour le rendre impuissant. Tel est le devoir des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Marc Mangenot, &#233;conomiste, est membre de la Fondation Copernic&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; le 9 d&#233;cembre 2013 sur le site de La Gauche Cactus : &lt;a href=&#034;http://www.la-gauche-cactus.fr/SPIP/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.la-gauche-cactus.fr/SPIP/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La &#171; Grande Coalition &#187; en Allemagne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-Grande-Coalition-en-Allemagne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-Grande-Coalition-en-Allemagne</guid>
		<dc:date>2013-12-17T14:35:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Kellner</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-12-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;La CDU (Union chr&#233;tienne-d&#233;mocrate d'Allemagne) et la CSU (Union chr&#233;tienne-sociale en Bavi&#232;re) et le SPD (Parti social-d&#233;mocrate d'Allemagne) ont conclu un accord pour former une coalition gouvernementale. Les r&#233;sultats ont &#233;t&#233; approuv&#233;s par la CDU dans un &#171; Kleiner Parteitag &#187; (&#171; Petit Congr&#232;s &#187;, en fait une sorte de direction &#233;largie). Le SPD a soumis la d&#233;cision &#224; ses 475'000 membres, gr&#226;ce &#224; un vote par correspondance : 76% des votant&#183;e&#183;s ont dit &#171; Oui &#187; &#224; la direction, selon les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-12-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-12-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton16237-d8cee.jpg?1712397565' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La CDU (Union chr&#233;tienne-d&#233;mocrate d'Allemagne) et la CSU (Union chr&#233;tienne-sociale en Bavi&#232;re) et le SPD (Parti social-d&#233;mocrate d'Allemagne) ont conclu un accord pour former une coalition gouvernementale. Les r&#233;sultats ont &#233;t&#233; approuv&#233;s par la CDU dans un &#171; Kleiner Parteitag &#187; (&#171; Petit Congr&#232;s &#187;, en fait une sorte de direction &#233;largie). Le SPD a soumis la d&#233;cision &#224; ses 475'000 membres, gr&#226;ce &#224; un vote par correspondance : 76% des votant&#183;e&#183;s ont dit &#171; Oui &#187; &#224; la direction, selon les r&#233;sultats donn&#233;s le 14 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but, il y avait beaucoup de protestations de sections locales, des jeunesses socialistes, m&#234;me de sections r&#233;gionales &#8211; par peur de se retrouver dans une politique encore une fois trop droiti&#232;re, et peut-&#234;tre surtout par peur de sortir encore plus affaibli au point de vue &#233;lectoral, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; encore une fois le partenaire junior des chr&#233;tiens conservateurs sous le commandement de la chanceli&#232;re Angela Merkel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre pr&#233;sidente social-d&#233;mocrate de Rh&#233;nanie-du-Nord-Westphalie, Hannelore Kraft, consid&#233;r&#233;e comme personne montante dans la hi&#233;rarchie du SPD au niveau f&#233;d&#233;ral, s'&#233;tait m&#234;me faite la porte-parole des m&#233;contents dans le parti. Mais, apr&#232;s un certain temps, elle avait fait volte-face en appelant &#224; se prononcer pour la grande coalition. Cela m&#234;me si le parti, dans sa campagne &#233;lectorale, avait toujours soulign&#233; qu'il n'en voulait pas. Ce n'est pas par hasard qu'elle, ainsi que les autres leaders du parti, avait obtenu des r&#233;sultats assez maigres quand ils s&#180;&#233;taient pr&#233;sent&#233;s pour les postes de direction lors du r&#233;cent congr&#232;s du SPD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re &#171; d&#233;mocratique &#187; du vote de la base du parti doit &#234;tre fortement relativis&#233;. Quel est le choix, auquel les membres du SPD &#233;taient confront&#233;s ? En fait, ce n'&#233;tait pas l'assentiment ou le rejet des quelque 180 pages de l'accord de coalition nationale. Tous les dirigeants du SPD avaient d&#233;j&#224; sign&#233; et exprim&#233; leur accord publiquement, avant toute consultation de la &#171; base &#187; du parti. La vraie question, &#224; laquelle les membres avaient &#224; r&#233;pondre, &#233;tait en fait la suivante : &#171; Voulez-vous &#233;viter une crise de votre parti en ne d&#233;savouant pas compl&#232;tement la direction et quasiment tous ses leaders connus au niveau f&#233;d&#233;ral et international ? &#187; Vu sous cet angle, le &#171; oui &#187; de la grande majorit&#233; des membres du SPD n'est pas vraiment surprenant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'essentiel, la politique esquiss&#233;e par cette lettre d'intention qu'est l'accord de coalition est la continuit&#233; des grands choix qui avaient d&#233;j&#224; caract&#233;ris&#233; l'orientation du gouvernement sortant de la chanceli&#232;re Angela Merkel. Ce dernier n'&#233;tait pas seulement un gouvernement de la CDU-CSU avec les lib&#233;raux du FDP (Parti lib&#233;ral-d&#233;mocrate), mais aussi un gouvernement de &#171; grande coalition &#187; informel avec le SPD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la politique du &#171; frein &#224; l'endettement &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et fortune ainsi que des &#171; aides &#187; faites aux banques, au d&#233;triment des budgets publics &#8211; s'&#233;tait faite avec l'accord de la social-d&#233;mocratie, tout comme la transformation de la Bundeswehr, de l'arm&#233;e allemande &#8211; qui, d'apr&#232;s le &#171; Grundgesetz &#187;, la Constitution allemande, est vou&#233;e exclusivement &#224; d&#233;fendre le pays contre des agresseurs &#8211; en une arm&#233;e d'intervention jouant un nouveau r&#244;le de gendarme, en collaboration avec les Etats-Unis et les membres de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'&#233;cologie, le texte fondant la coalition projette une politique absolument r&#233;trograde. C'est le frein au d&#233;veloppement des &#233;nergies alternatives, et c'est l'ouverture de la bo&#238;te de Pandore pour la production d'&#233;nergie par le charbon. C'est une politique r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci vaut &#224; plus forte raison pour la politique europ&#233;enne. Le SPD soutient la politique des m&#233;morandums, des programmes d'aust&#233;rit&#233; cruels, impos&#233;s &#224; la Gr&#232;ce, aux pays de l'Union europ&#233;enne &#233;conomiquement plus faibles. Une politique qui jette des millions de personnes dans la mis&#232;re et le d&#233;sarroi. Qui plus est, les catastrophes des &#171; r&#233;fugi&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e &#187; sont combattues par le renforcement du dispositif qui contribue &#224; les produire. Ainsi, les acteurs de la &#171; grande coalition &#187; ont comme orientation : renforcer Frontex, renforcer la forteresse europ&#233;enne, envoyer des drones, et renforcer la propagande dans les pays d'o&#249; viennent les gens qui fuient la mis&#232;re, l'oppression ou la guerre, pour leur dire qu'il ne vaut pas la peine de venir en bateau, parce qu'on meurt ou parce qu'on n'a pas d'avenir et de place dans le &#171; paradis europ&#233;en &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'il y a des d&#233;clarations d'intention dans le texte d'accord qui pourraient g&#233;n&#233;rer des progr&#232;s partiels dans le domaine du social. Citons par exemple la &#171; M&#252;tterrente &#187;, c'est-&#224;-dire l'extension de la r&#233;mun&#233;ration en mati&#232;re des retraites pour les parents qui ont consacr&#233; une partie de leur vie &#224; l'&#233;ducation de leurs enfants. Ces avantages n'existaient jusqu'ici que pour l'&#233;ducation des enfants n&#233;s &#224; partir de 1992. Maintenant, ils doivent aussi s'appliquer aux parents d'enfants n&#233;s avant 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a d'autres d&#233;tails de l'accord bien moins r&#233;confortants. La CSU bavaroise, tr&#232;s conservatrice, avait d&#233;j&#224; obtenu par vote au Bundestag une sorte de &#171; prime &#187; pour les parents qui s'abstiennent de mettre leurs enfants dans les cr&#232;ches et jardins d'enfants publics, ce qui est cher et d&#233;tourne des fonds publics destin&#233;s &#224; am&#233;liorer l'offre publique pour des garderies de qualit&#233;. Or, cette offre est toujours notoirement m&#233;diocre et arri&#233;r&#233;e en Allemagne. La &#171; grande coalition &#187; ne va pas corriger cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le FDP lib&#233;ral n'a pas pu obtenir les 5% des voix pour entrer encore une fois au Bundestag, les privil&#232;ges fiscaux pour les h&#244;teliers, qui avaient &#233;t&#233; introduits sous sa pression par le gouvernement sortant d'Angela Merkel, restent en vigueur. Et la CSU bavaroise a pu imposer son th&#232;me principal de campagne &#233;lectorale : l'introduction d'un p&#233;age pour les autoroutes d'Allemagne exclusivement pour les automobilistes &#171; &#233;trangers &#187;, bien qu'il ne soit pas du tout clair si cela est conforme avec le droit europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; conqu&#234;te &#187; du salaire minimum&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire minimum l&#233;gal (donc fix&#233; par une loi) de 8,50 euros (donc inf&#233;rieur &#224; celui &#233;tabli en France) &#233;tait une des revendications principales du SPD dans sa campagne &#233;lectorale. Pendant les n&#233;gociations, les leaders du SPD ne cessaient de r&#233;p&#233;ter publiquement qu'ils n'allaient pas c&#233;der sur ce point. Il ne pouvait ni &#234;tre question d'accepter un salaire minimum au-dessous des 8,50 euros, ni un &#171; salaire minimum &#187; non l&#233;gal par accord des &#171; partenaires sociaux &#187;, soit les organisations patronales et les syndicats (voir : NachDenkSeiten. Die kritische Website, du 5 d&#233;cembre 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque le SPD n'a litt&#233;ralement rien obtenu dans le domaine de son autre revendication principale, voire un r&#233;ajustement des imp&#244;ts visant les gros revenus et la r&#233;introduction d'imp&#244;ts sur les grandes fortunes, il fallait bien que le r&#233;sultat des n&#233;gociations puisse &#234;tre pr&#233;sent&#233; sous l'embl&#232;me du &#171; salaire minimum de 8,50 euros &#187;. Quelques pr&#233;cisions utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il y a en Allemagne 6,9 millions de salari&#233;&#183;e&#183;s qui gagnent moins que 8,50 euros brut par heure ; 2,7 millions d'entre eux et d'entre elles travaillent &#224; temps plein. Un tiers travaille pour des entreprises soumises au r&#233;gime des tarifs fix&#233;s par conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se rendre compte &#233;galement que pour une semaine de travail de 40 heures, les 8,50 par heure donnent au maximum 1450 euros mensuels. C'est juste &#224; la limite l&#233;gale pour &#233;viter la saisie salariale en cas de poursuites. Le temps de travail hebdomadaire consid&#233;r&#233; comme normal &#233;tant de 38 heures par semaine, les personnes concern&#233;es obtiennent une r&#233;mun&#233;ration au niveau des minima sociaux. Si leur revenu doit leur permettre de faire vivre une famille, ils devront le faire compl&#233;ter par les organes distribuant de l'argent &#224; titre de l'allocation au ch&#244;mage de deuxi&#232;me ordre (Arbeitslosengeld II). Un tel revenu, bien entendu, ne g&#233;n&#232;re pas de d'allocation de retraite au-dessus du seuil de pauvret&#233; officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, seulement une partie des salari&#233;&#183;e&#183;s concern&#233;&#183;e&#183;s vont obtenir un nouveau salaire minimum les prochaines ann&#233;es. Jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2016, les accords salariaux conclus par conventions collectives avec des salaires inf&#233;rieurs &#224; 8,50 euros &#8211; ils sont nombreux, notamment, dans les services de s&#233;curit&#233;, les blanchisseries et dans le secteur en augmentation permanente du travail int&#233;rimaire recrutant les &#171; esclaves modernes &#187; &#8211; restent en vigueur. C'est seulement &#224; partir du premier janvier 2017 que le salaire minimum est g&#233;n&#233;ralis&#233;. Avant, les syndicats des secteurs concern&#233;s pourraient &#233;ventuellement r&#233;silier la partie des conventions arrivant &#224; &#233;ch&#233;ance pour obtenir le salaire minimum plus t&#244;t, entrant automatiquement en vigueur dans ces cas-l&#224;. Mais des &#171; syndicats &#187; jaunes &#8211; comme les syndicats chr&#233;tiens du CGB (Conf&#233;d&#233;ration syndicale chr&#233;tienne) &#8211; auraient alors le droit de conclure des accords avec des salaires inf&#233;rieurs aux 8,50 euros par heure&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les autres secteurs, les 8,50 euros entrent en vigueur &#224; partir du premier janvier 2015. Mais si on prend en compte un taux d'inflation de 2% (c'est ce que la BCE projette), ces 8,50 euros n'auront plus qu'un pouvoir d'achat de 7,85 euros. En tenant compte de la croissance de la productivit&#233;, en 2017, il faudrait un salaire minimum de 9,70 euros pour compenser inflation et hausse de la productivit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout. D'apr&#232;s l'accord, une commission compos&#233;e de repr&#233;sentants des organisations patronales et des syndicats ainsi que de &#171; sp&#233;cialistes &#187; en &#233;conomie aura &#224; juger, en juin 2017, du niveau atteint par le salaire minimum. Cela pour l'adapter aux &#171; circonstances g&#233;n&#233;rales &#187;. Et est laiss&#233;e ouverte la possibilit&#233; d'une adaptation vers le bas ! La d&#233;cision de cette commission sera appliqu&#233;e en pratique d&#232;s le 1er janvier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, tout n'est pas si clair dans le domaine du &#171; grand gain &#187; du SPD au cours des n&#233;gociations pour l'accord de coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que peut-&#234;tre, dans cinq ans, plus personne ne parlera des &#171; nuances &#187; mises en lumi&#232;re ici. Car l'introduction d'un salaire minimum en Allemagne est quand m&#234;me la nouveaut&#233; principale. Les directions syndicales avaient, par ailleurs, appel&#233; leurs membres dans le SPD &#224; voter pour l'accord de grande coalition. Elles insistaient particuli&#232;rement sur le gain obtenu en mati&#232;re de salaire minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salaire minimum de 8,50 euros en Allemagne &#8211; en laissant de c&#244;t&#233; ses aspects fictifs &#8211; doit &#234;tre compar&#233; &#224; ceux en vigueur dans les 22 pays de l'UE qui disposent d'un salaire minimum l&#233;gal. Il occupe la sixi&#232;me place apr&#232;s le Luxembourg (11,10 euros), la France (9,43 euros), la Belgique (9,10 euros), les Pays-Bas (9,07 euros) et l'Irlande (8,65 euros). Il se situe certes avant la Grande- Bretagne (7,78 euros). A partir de la 8e place, c'est la &#171; vall&#233;e des larmes &#187; (&#171; Tal der Tr&#228;nen &#187;), allant de la Slov&#233;nie (4,53 euros) en passant par la Pologne (2,92 euros) pour arriver au fond de la vall&#233;e, avec la Bulgarie (0,95 euro !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les statistiques prenant en compte le pouvoir d'achat r&#233;el, l'image ne change pas beaucoup. L'Allemagne reste en 6e place, apr&#232;s les m&#234;mes pays, mais avec seulement 7,40 euros. La Pologne est un peu mieux plac&#233;e avec 3,78 euros et la Bulgarie grimpe &#224; l'avant-derni&#232;re place avec 1,90 euro. La Roumanie ferme la marche avec 1,85 euro (voir WSI, Hans B&#246;ckler Stiftung, Pressedienst, 6 novembre 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avanc&#233;e ou r&#233;gression sociale continue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons maintenant du deuxi&#232;me grand gain du SPD, soit la retraite &#224; partir de 63 ans sans d&#233;ductions. C'est sous cette forme que cela est pr&#233;sent&#233; au &#171; grand public &#187;. Le SPD, co-architecte et complice de l'introduction de la retraite &#224; partir de 67 ans, avait voulu regagner des sympathies en mati&#232;re de politique sociale. Ainsi, il affirmait que des salari&#233;&#183;e&#183;s ayant 45 ann&#233;es d'assurance devraient avoir droit &#224; 100% de leur allocation de retraite. Les conservateurs chr&#233;tiens du CDU et du CSU avaient donc &#224; &#171; donner &#187; quelque chose dans ce domaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tout d'abord &#234;tre conscient que les trajectoires de vie au travail impliquant 45 ann&#233;es de participation aux assurances sociales deviennent de plus en plus rarissimes. Il s'agit donc d'une r&#233;forme dont une &#171; mince &#187; couche pourrait profiter. Et certainement une couche encore plus &#233;troite pour ce qui est des jeunes g&#233;n&#233;rations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le texte de l'accord conclu il se trouve une formule plus restrictive : il n'est plus question de 45 ans de participation, mais de 45 ans de paiement de cotisations. Par exemple, pour les ann&#233;es de ch&#244;mage, il n'est pas clair si les personnes touchant l'allocation au ch&#244;mage II &#8211; qui ne paient pas de cotisations de retraite &#8211; verront leurs ann&#233;es de ch&#244;mage d&#233;duites des 45 ans ou pas. Et pour les ann&#233;es d'&#233;ducation, s'il y en a plus que trois ainsi que pour les ann&#233;es de formation professionnelle, la situation n'est pas plus claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter &#224; cela qu'&#224; partir de 2015 les retrait&#233;&#183;e&#183;s jouissant du nouveau r&#232;glement n'auront pas vraiment leur retraite &#171; &#224; 63 ans &#187; sans d&#233;ductions. Car l'&#226;ge minimum donnant droit &#224; la retraite monte peu &#224; peu aussi pour celles et ceux qui ont cotis&#233; pendant 45 ans. En janvier 2015, c'est d&#233;j&#224; 63 ans plus un mois, et en 2030 on arrive d&#233;j&#224; &#224; 65 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi la &#171; Lebensleistungsrente &#187; (la pension prenant en compte le travail domestique, l'&#233;ducation des enfants), une sorte de retraite minimum. Il &#233;tait question d'un montant de 850 euros, mais ce chiffre ne se trouve pas dans le texte de l'accord. Mais &#171; en principe &#187; l'accord stipule l'introduction de cette nouvelle forme de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre va-t-elle &#234;tre introduite avec un minimum plus bas. Mais il y a aussi un probl&#232;me syst&#233;mique (violemment d&#233;nonc&#233; par Norbert Bl&#252;m (voir S&#252;ddeutsche Zeitung du 2 d&#233;cembre 2013), l'ancien ministre du Travail, faisant partie de &#171; l'aile sociale &#187; de la CDU. La solidarit&#233; institutionnalis&#233;e est mise en question et cette r&#233;forme approfondit un mixte de l'assurance sociale et de l'assistance sociale. Les retraites sont en principe financ&#233;es par les cotisations des salari&#233;&#183;e&#183;s. D&#233;j&#224; avant les r&#233;formes Hartz (l'homme des contre-r&#233;formes sous Schr&#246;der), la &#171; Arbeitslosenhilfe &#187; (maintenant l'&#171; Arbeitslosengeld II &#187;) &#233;tait financ&#233;e partiellement en dehors de ce syst&#232;me. Maintenant, l'assurance ch&#244;mage pour les ch&#244;meurs et ch&#244;meuses de moyenne et longue dur&#233;e est devenue une allocation sociale conditionnelle. Elle soumet les personnes concern&#233;&#183;e&#183;s &#224; une proc&#233;dure tr&#232;s r&#233;pressive de contr&#244;le pour voir, si elles sont &#171; dans le besoin &#187; ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La retraite minimale signifie que celles et ceux qui ont une retraite plus basse que la somme fix&#233;e &#8211; mettons 850 euros &#8211; auront le droit de faire compl&#233;ter leur pension jusqu'&#224; ce montant. Et les co&#251;ts seront financ&#233;s en dehors du syst&#232;me de l'assurance sociale par des pr&#233;l&#232;vements fiscaux. Entre autres, ce syst&#232;me signifie qu'un salari&#233; &#224; temps plein, touchant un salaire bas, ayant cotis&#233; toute sa vie active pour arriver &#224; une retraite de 850 euros, aura la m&#234;me r&#233;mun&#233;ration qu'un salari&#233; ayant travaill&#233; le m&#234;me nombre d'ann&#233;es, peut-&#234;tre bien mieux pay&#233;, mais &#224; temps partiel. Cela implique un probl&#232;me de justice sociale &#233;vident. On peut penser que ce genre de r&#232;glement sert surtout &#224; discr&#233;diter du syst&#232;me d'assurance sociale afin d'arriver plus vite &#224; la r&#233;alisation du mod&#232;le lib&#233;ral. D'une part, une assistance sociale situ&#233;e &#224; un niveau mis&#233;rable, et, d'autre part, la g&#233;n&#233;ralisation de la responsabilit&#233; priv&#233;e de chaque individu de s'assurer contre les &#171; inconv&#233;nients &#187; de la vieillesse, de la sant&#233; ou du ch&#244;mage, en enrichissant les soci&#233;t&#233;s d'assurance priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s la &#171; grande coalition &#187;, quelle autre coalition ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension relevant de la d&#233;mocratie, &#224; la lumi&#232;re de la situation nouvelle au parlement f&#233;d&#233;ral de l'Allemagne, semble pr&#233;caire. Les partis soutenant le gouvernement de la grande coalition disposent de quelque 80% des d&#233;put&#233;s au Bundestag. Mais, en plus, les partis de la coalition ont sign&#233; un accord contenant un grand effort de discipline. En effet, on peut y lire que les fractions parlementaires des partis de la coalition gouvernementale &#171; votent toujours de mani&#232;re unitaire &#187;, et que &#171; des majorit&#233;s changeantes sont exclues &#187;. Voil&#224; un &#171; centralisme &#187; assez autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie en somme ce gouvernement de &#171; grande coalition &#187; pour les syndicats, pour les mouvements sociaux et pour la gauche politique ? En principe, le parti de La Gauche (&#171; Die Linke &#187;) est bien plac&#233;, puisqu'il dispose de quasiment la plus forte fraction d'opposition au Bundestag. Cela offrirait la possibilit&#233; d'exploiter les chances de mobiliser l'opinion publique, les &#171; m&#233;contents &#187;, les mouvements sociaux contre cette confr&#233;rie de la politique dominante, qui s'efforcera d'int&#233;grer encore plus que le gouvernement sortant d'Angela Merkel. D'int&#233;grer et de pacifier, entre autres, les directions syndicales (qui le sont d&#233;j&#224;), tout en s'appuyant sur la &#171; communaut&#233; du bien-&#234;tre relatif &#187; en comparaison avec les plus pr&#233;caires, en Allemagne et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a toutefois un petit probl&#232;me. En pleine n&#233;gociation avec le CDU et le CSU, la direction du SPD avait annonc&#233; un changement de strat&#233;gie. Elle a d&#233;clar&#233; publiquement : &#171; Nous n'exclurons plus jamais une possible coalition avec le parti Die Linke. &#187; Donc, dans les ann&#233;es &#224; venir, jusqu'aux probables prochaines &#233;lections f&#233;d&#233;rales en 2017, les forces mill&#233;randistes [r&#233;f&#233;rence &#224; A. Millerand entr&#233; dans le gouvernement fran&#231;ais en 1899] co-gouvernementalistes au sein du parti Die Linke pourraient se trouver encourag&#233;es dans l'imposition d'un cours adaptationniste qui pourrait rendre possible la participation &#224; un gouvernement dirig&#233; par le SPD en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix en serait tr&#232;s &#233;lev&#233;. Tout d'abord, en mati&#232;re de politique ext&#233;rieure, car il faudrait consentir &#224; soutenir des guerres d'intervention. Ensuite, en mati&#232;re de politique &#233;conomique et sociale, car il faudrait soutenir une politique de &#171; discipline budg&#233;taire &#187; et donc d'aust&#233;rit&#233;, appliqu&#233;e au &#171; sud de l'Europe &#187; et en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, le d&#233;bat dans la gauche allemande doit &#234;tre orient&#233; vers des solutions et des pratiques de solidarit&#233; combattant la logique infernale de la concurrence. Pour l'action venant d'en bas, transcendant les fronti&#232;res des localit&#233;s, des secteurs et des Etats, pour l'&#233;laboration de revendications et de plans d'actions unitaires pour les syndicats et les mouvements sociaux en Europe, pour un renouveau d&#233;mocratique, social et &#233;cologique de l'Europe politique, qui ne peut que na&#238;tre d'un mouvement internationaliste des exploit&#233;&#183;e&#183;s et des opprim&#233;&#183;e&#183;s de tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Manuel Kellner est membre de la r&#233;daction du Sozialistische Zeitung (SoZ), publication proche de l'Isl. Il &#233;tait de mai 2010 &#224; mai 2012 collaborateur scientifique de Michael Aggelidis, camarade de la Isl, membre de la fraction de Die Linke au parlement de la Rh&#233;nanie-du-Nord-Westphalie d'Allemagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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