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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Plus de renouvelables ou moins d'&#233;missions ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Plus-de-renouvelables-ou-moins-d-emissions</link>
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		<dc:date>2014-05-06T08:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que c'est que ce titre &#224; la noix ? Tanuro perd la boule ! Le voil&#224; qui pose des questions carr&#233;ment idiotes ! Il faut &#233;videmment augmenter la quantit&#233; d'&#233;nergie produite avec des sources renouvelables, car cela permettra de r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. O&#249; est le probl&#232;me ? N'est-ce pas ce dont nous avons besoin pour sauver le climat ? N'est-ce pas ce pour quoi Tanuro lui-m&#234;me plaide &#224; longueur d'articles ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Eh bien, cher-e-s (&#233;)lecteurs et (&#233;)lectrices, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH105/arton17334-f3fdb.jpg?1781945348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que c'est que ce titre &#224; la noix ? Tanuro perd la boule ! Le voil&#224; qui pose des questions carr&#233;ment idiotes ! Il faut &#233;videmment augmenter la quantit&#233; d'&#233;nergie produite avec des sources renouvelables, car cela permettra de r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. O&#249; est le probl&#232;me ? N'est-ce pas ce dont nous avons besoin pour sauver le climat ? N'est-ce pas ce pour quoi Tanuro lui-m&#234;me plaide &#224; longueur d'articles ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Eh bien, cher-e-s (&#233;)lecteurs et (&#233;)lectrices, la chose n'est malheureusement pas si simple. C'est ce que montre par exemple la campagne &#171; Jobs4climate &#187; lanc&#233;e fin mars par les syndicats et les associations environnementales regroup&#233;s dans la &#171; Coalition climat &#187; (sur laquelle je reviendrai dans un deuxi&#232;me article : &lt;a href=&#034;http://www.lcr-lagauche.org/cest-quoi-le-probleme-avec-jobs4climate/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lcr-lagauche.org/cest-quoi-le-probleme-avec-jobs4climate/&lt;/a&gt;). Et c'est pour attirer votre attention sur la difficult&#233; que j'ai adopt&#233; ce titre qui, je le conc&#232;de, est un tantinet provocateur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est quoi le &#171; driver &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose est de savoir si la transition &#233;nerg&#233;tique doit &#234;tre guid&#233;e en premier lieu par les investissements verts ou par les r&#233;ductions d'&#233;mission (en franglais on poserait la question : c'est quoi, le &#171; driver &#187; de la transition ?). Je plaide pour la deuxi&#232;me solution parce que c'est le seul moyen d'int&#233;grer la contrainte climatique. Voyons &#231;a de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il faut souligner que, dans cette discussion, l'expression &#171; contrainte climatique &#187; doit vraiment &#234;tre prise au pied de la lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concentration atmosph&#233;rique en gaz carbonique augmente actuellement de 2% par an environ (deux fois plus vite qu'au cours de la d&#233;cennie 90, en d&#233;pit des sommets des Nations Unies, de la Convention cadre, de Kyoto et tout le frusquin). Le Professeur Kevin Anderson, Directeur du Tyndall Center on Climate Change Research, estime que ce rythme nous place sur une trajectoire qui m&#232;ne tout droit &#224; une hausse de temp&#233;rature de 6&#176;C &#224; la fin du si&#232;cle (par rapport &#224; la p&#233;riode pr&#233;-industrielle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez bien lu : pas 2&#176;, pas 3&#176;, pas 4&#176; : 6&#176;C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; The level matters &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Anders Levermann, un des &#171; lead authors &#187; (d&#233;sol&#233; pour le franglais, j'ai d&#233;cid&#233; d'en abuser, pour&#8230; le fun ) du chapitre &#171; niveau des oc&#233;ans &#187; dans le quatri&#232;me rapport d'&#233;valuation du GIEC, toute hausse de temp&#233;rature de 1&#176;C entra&#238;nera une &#233;l&#233;vation de 2,3 m&#232;tres du niveau de la mer, &#224; l'&#233;quilibre. 6&#176;C &#233;quivaudraient donc &#224; 13,8 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez bien lu : pas 0,5m, pas 1m, pas 2m : 13,8 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, en g&#233;n&#233;ral, il y a un &#171; non believer &#187; (eh oui, franglais) dans l'assistance pour s'esclaffer bruyamment et commencer &#224; faire son malin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 13 m&#232;tres ? Pas possible ! Et d'abord, &#231;a veut dire quoi, &#171; &#224; l'&#233;quilibre &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cela veut dire : quand le bilan &#233;nerg&#233;tique de la Terre sera &#224; l'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et &#231;a prendra combien d'ann&#233;es, &#231;a ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mille &#224; deux mille ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! alors on a tout le temps, o&#249; est le probl&#232;me ?!&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout le temps de voir monter les eaux, &#231;a oui (j'ai envie d'ajouter &#171; cr&#233;tin &#187; &#8211; en fran&#231;ais !- mais je me retiens) parce que le processus sera impossible &#224; enrayer. Et c'est l&#224; qu'il est, le probl&#232;me : &#224; une concentration X de CO2 correspondra un r&#233;chauffement de Y&#176; qui entra&#238;nera in&#233;vitablement une hausse de Z m&#232;tres. I-n&#233;-vi-ta-ble-ment. C'est &#231;a que &#231;a veut dire &#171; &#224; l'&#233;quilibre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, le gars est mouch&#233;, je peux reprendre le fil du raisonnement. Pour me d&#233;barrasser du &#171; non believer &#187;, j'ai r&#233;pondu qu'on aurait tout le temps de voir monter les eaux. C'est exact, mais elles pourraient quand m&#234;me commencer par monter d'un m&#232;tre ou plus d'ici la fin du si&#232;cle, ce qui poserait d&#233;j&#224; un sacr&#233; probl&#232;me&#8230; Cependant, le point cl&#233; c'est que, pour limiter la catastrophe au maximum, on n'a pas le temps. Mais alors l&#224;, vraiment, pas le temps du tout, du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&#176;C carbon budget&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je continue &#224; suivre la d&#233;monstration de Kevin Anderson : depuis la r&#233;volution industrielle, on a envoy&#233; environ 500 Gigatonnes de CO2 dans l'atmosph&#232;re. Pour avoir deux chances sur trois de rester sous les 2&#176;C (4,6 m&#232;tres !), on peut encore ajouter 1100 Gigatonnes, pas une de plus. C'est ce qu'on appelle le &#171; 2&#176;C carbon budget &#187; (ce p&#8230; de franglais a l'avantage d'&#234;tre concis. En fran&#231;ais &#231;a donnerait : &#171; le budget carbone disponible pour que la hausse de temp&#233;rature ne d&#233;passe pas 2&#176;C &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rythme actuel, ce &#171; budget carbone &#187; mondial sera &#233;puis&#233; en 2032. Autrement dit : au-del&#224; de cette date, il ne sera plus question de br&#251;ler le moindre litre de p&#233;trole, la moindre tonne de charbon, le plus petit m&#232;tre cube de gaz&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce point du raisonnement, souvent, une nouvelle objection surgit. Elle n'est pas agressive comme la pr&#233;c&#233;dente mais traduit n&#233;anmoins le m&#234;me scepticisme, le m&#234;me refus plus ou moins conscient d'admettre la gravit&#233; de la situation. Je l'ai d&#233;j&#224; entendue souvent de militants de gauche qui se disent tout &#224; fait conscients des enjeux &#233;cologiques mais qui ne parviennent pas &#224; en tirer les cons&#233;quences. Je reproduis le dialogue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1100 GT ?! vous dites vous-m&#234;mes que c'est deux fois plus que depuis la R&#233;volution industrielle&#8230; on a donc amplement de quoi r&#233;aliser les investissements verts en utilisant pour cela les combustibles fossiles. En plus, &#231;a relancera l'&#233;conomie et &#231;a cr&#233;era de l'emploi. C'est du &#171; win-win &#187; (salet&#233; de franglais !). Il n'y a donc aucune raison de fiche la p&#233;toche aux gens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sauf que le budget carbone de 1100 GT est un budget global. Il est &#224; partager entre pays du Nord et du Sud, en fonction de leurs responsabilit&#233;s respectives dans le r&#233;chauffement. Admettons que les seconds, pour se d&#233;velopper, puissent encore br&#251;ler des fossiles &#224; tire-larigot pendant dix ans, avant de r&#233;duire leurs &#233;missions de 7% par an &#224; partir de 2025. Il faudrait alors, pour ne pas d&#233;passer le &#171; 2&#176;C carbon budget &#187;, que les pays du Nord commencent tout de suite &#224; r&#233;duire les leurs d'au moins 11% par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et alors ? si on investit massivement dans les renouvelables, &#231;a doit marcher, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, parce que ces investissements suppl&#233;mentaires n&#233;cessitent d'importantes d&#233;penses suppl&#233;mentaires en &#233;nergie et que cette &#233;nergie, comme vous l'avez dit, est aujourd'hui &#224; 80% d'origine fossile, donc source d'&#233;missions suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Donc, pour sauver le climat, vous recommandez&#8230; de ne pas faire d'investissements verts, c'est &#231;a ? Bravo !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, ce n'est pas &#231;a. Il faut en effet r&#233;aliser de grands, de tr&#232;s grands investissements. Mais il faut le faire en respectant d&#232;s maintenant l'indispensable r&#233;duction annuelle drastique des &#233;missions. Pour cela, il faut un plan. Sinon, paradoxalement, ces investissements pourraient contribuer &#224; la catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, cher-e-s (&#233;)lecteurs et (&#233;)lectrices, de deux choses l'une : ou bien vous &#234;tes largu&#233;-e-s et je dois pondre un autre article, ou bien vous avez compris pourquoi le &#171; driver &#187; de la politique climatique doit &#234;tre la r&#233;duction des &#233;missions, et pas les investissements verts (ou la proportion d'&#233;nergie issues de sources renouvelables, &#231;a revient au m&#234;me).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon. R&#233;fl&#233;chissez bien l&#224;-dessus. Je reviens dans quelques jours vous dire quel est, &#224; mon avis, le probl&#232;me avec la campagne &#171; Jobs4climate &#187; de la &#171; Coalition climat &#187;. Et si vous avez &#233;t&#233; largu&#233;-e, n'h&#233;sitez pas &#224; me le dire. Je resterai discret, promis !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Politique qu&#233;b&#233;coise : trois exigences minimales</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Politique-quebecoise-trois-exigences-minimales</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Politique-quebecoise-trois-exigences-minimales</guid>
		<dc:date>2014-04-21T16:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lagac&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On peut s'interroger sur la fa&#231;on de bien regrouper les forces de gauche au Qu&#233;bec &#224; la suite du r&#233;sultat tr&#232;s d&#233;cevant des &#233;lections du 7 avril dernier. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour ce faire, rappelons-nous toutefois que les &#233;lectrices et les &#233;lecteurs ont une marge de manoeuvre assez mince, sachant que notre syst&#232;me &#233;lectoral est fabriqu&#233; sur mesure pour favoriser la domination du bipartisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il convient aussi de se demander qui sont ces quelque 25 % des personnes ayant vot&#233; qui ont accord&#233; leur voix au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On peut s'interroger sur la fa&#231;on de bien regrouper les forces de gauche au&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu&#233;bec &#224; la suite du r&#233;sultat tr&#232;s d&#233;cevant des &#233;lections du 7 avril&lt;br class='autobr' /&gt;
dernier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour ce faire, rappelons-nous toutefois que les &#233;lectrices et les &#233;lecteurs ont une marge de manoeuvre assez mince, sachant que notre syst&#232;me &#233;lectoral est fabriqu&#233; sur mesure pour favoriser la domination du bipartisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient aussi de se demander qui sont ces quelque 25 % des personnes ayant vot&#233; qui ont accord&#233; leur voix au Parti qu&#233;b&#233;cois. Quelle est la part de nationalistes traditionnalistes de droite ? Quelle est la part de socio-d&#233;mocrates ultrapatients et r&#233;sign&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, chez l'&#233;lectorat qui a appuy&#233; le Parti lib&#233;ral, tr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
vraisemblablement pour sanctionner le gouvernement p&#233;quiste, quelle est la part de mod&#233;r&#233;Es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les caquistes, il y a s&#251;rement des &#233;lectrices et &#233;lecteurs s&#233;duits par des propositions faciles &#224; &#233;noncer, qui semblent pleines de bon sens : all&#233;ger le fardeau fiscal des contribuables, faire le m&#233;nage dans&lt;br class='autobr' /&gt;
l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; le blocage que constitue le mode de scrutin actuel, qui a&lt;br class='autobr' /&gt;
toujours pour r&#233;sultat que 60 % des &#233;lectrices et des &#233;lecteurs sont&lt;br class='autobr' /&gt;
ignor&#233;s par le pouvoir, il est plus que jamais n&#233;cessaire d'axer la&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#233;dagogie politique sur trois exigences essentielles et minimales pour&lt;br class='autobr' /&gt;
assainir le climat politique et favoriser une diversit&#233; de propositions&lt;br class='autobr' /&gt;
plut&#244;t que de toujours devoir choisir entre deux &#233;quipes qui se vantent&lt;br class='autobr' /&gt;
chacune &#224; tour de r&#244;le d'&#234;tre la plus &#224; m&#234;me d'attirer les investisseurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'est-il pas plus mobilisateur de promouvoir l'humanit&#233; plut&#244;t que la&lt;br class='autobr' /&gt;
comptabilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re exigence est qu'on dispose enfin d'un mode de scrutin&lt;br class='autobr' /&gt;
proportionnel. Aucune concession ne devrait &#234;tre faite l&#224;-dessus. Un parti qui pr&#233;tend vouloir d'abord le pouvoir pour le partager ensuite se comporte de fa&#231;on hypocrite. Il faut s'annoncer comme &#233;tant pr&#234;t &#224; le partager d'avance, sinon ce n'est que tactique (tr&#232;s malencontreusement nomm&#233;e strat&#233;gie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me exigence que devraient avoir les &#233;lectrices et les &#233;lecteurs est une question de r&#233;alisme li&#233; carr&#233;ment &#224; la survie des g&#233;n&#233;rations &#224; venir. On aura beau avoir l'&#233;conomie la plus florissante pour les 1 % dominants, &#224; quoi cela sert-il si les g&#233;n&#233;rations &#224; qui nous avons emprunt&#233; la terre doivent souffrir au point de respirer &#224; peine ? Un parti politique qui ne s'engage pas d&#232;s maintenant dans la sortie de notre d&#233;pendance au p&#233;trole se comporte comme un &#233;thylique dansant &#224; deux pas de la bouche d'un volcan actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me n&#233;cessit&#233; est celle de fournir &#224; l'&#201;tat les moyens de ses&lt;br class='autobr' /&gt;
politiques. Ces moyens sont accessibles facilement puisque depuis 30 ans le&lt;br class='autobr' /&gt;
gouvernement se prive volontairement de revenus auxquels il avait d&#233;j&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
recours. Il faut savoir qu'une meilleure r&#233;partition des cat&#233;gories de&lt;br class='autobr' /&gt;
revenus imposables aurait pour effet de diminuer les imp&#244;ts de la majorit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
des citoyenNEs et de faire payer une plus juste part &#224; celles et ceux,&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi que les entreprises, qui en ont les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons-nous, dans les quatre ans &#224; venir, il est possible de r&#233;unir un&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;lectorat soucieux de son avenir, de la justice et du bien commun autour de trois revendications essentielles pour redonner un sens &#224; la politique qu&#233;b&#233;coise : le mode de scrutin proportionnel, la sortie de la d&#233;pendance aux hydrocarbures et l'acc&#232;s de l'&#201;tat aux moyens de ses politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAGAC&#201;, Francis&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En ce Jour de la Terre 2014 : le d&#233;fi du changement</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-ce-Jour-de-la-Terre-2014-le-defi-du-changement</link>
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		<dc:date>2014-04-20T09:41:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Grenier</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, lorsque vous demandez &#224; un ami ou un voisin ce qu'il fait pour prot&#233;ger l'environnement, il vous r&#233;pondra presque immanquablement, &#171; Je fais mon recyclage ! &#187;. D'autres, plus engag&#233;s, vont dire : &#171; J'ach&#232;te le plus possible local et bio ! &#187;. D'autres enfin, mentionneront : &#171; Je fais du compostage et je prends, aussi souvent que possible, les transports en commun ! &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces gestes individuels, quoique d'une valeur &#233;thique et &#233;cologique significative, restent d'une importance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, lorsque vous demandez &#224; un ami ou un voisin ce qu'il fait pour prot&#233;ger l'environnement, il vous r&#233;pondra presque immanquablement, &#171; Je fais mon recyclage ! &#187;. D'autres, plus engag&#233;s, vont dire : &#171; J'ach&#232;te le plus possible local et bio ! &#187;. D'autres enfin, mentionneront : &#171; Je fais du compostage et je prends, aussi souvent que possible, les transports en commun ! &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces gestes individuels, quoique d'une valeur &#233;thique et &#233;cologique significative, restent d'une importance environnementale limit&#233;e car les impacts positifs qu'ils engendrent sont surtout locaux et &#224; petite &#233;chelle. De plus, ces gestes sont relativement faciles &#224; aborder dans une discussion ou un d&#233;bat &#233;cologique, car ils n'ont pas tendance &#224; soulever de passions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, plusieurs th&#232;mes, mentionn&#233;s ci-apr&#232;s, ont un impact environnemental d&#233;terminant et sont beaucoup plus difficiles &#224; discuter en priv&#233; ou &#224; pr&#233;senter en public. En effet, ils bouleversent fr&#233;quemment des &#233;l&#233;ments fondamentaux de notre mode de vie actuel, de nos valeurs et de notre conception du progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;duire la taille de sa famille en ayant moins d'enfants ;&lt;br class='autobr' /&gt; Diminuer l'usage de l'avion pour des voyages non essentiels ;&lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;duire la taille des maisons ou/et des v&#233;hicules souvent surdimensionn&#233; par rapport aux besoins ;&lt;br class='autobr' /&gt; Manger moins fr&#233;quemment de la viande et des poissons ;&lt;br class='autobr' /&gt; Promouvoir un meilleur partage des richesses : des dirigeants de compagnies gagnent des millions par ann&#233;e (par ex. : Monique Leroux, pdg des Caisses populaires Desjardins a gagn&#233; en 2013, 3,34 M $) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Promouvoir un meilleur partage des ressources : 1% des plus fortun&#233;s poss&#232;dent &#224; eux seuls 46% des actifs mondiaux (&#201;tude du Cr&#233;dit Suisse, 2013) ;&lt;br class='autobr' /&gt; Densifier les villes et ainsi r&#233;duire l'&#233;talement urbain, ce qui est un des probl&#232;mes environnementaux structurant les plus importants ;&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;duire, de fa&#231;on importante, la surconsommation de biens mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obstacle majeur pour prot&#233;ger l'environnement r&#233;side dans le fait que les importantes questions qui pr&#233;c&#232;dent ne peuvent pratiquement pas &#234;tre abord&#233;es en discussion de fa&#231;on sereine. En effet, en soulevant ces th&#232;mes, il y aura toujours des gens qui se sentiront coupables : l'un se reconna&#238;tra avec sa maison surdimensionn&#233;e, l'autre se sentira mal-&#224;-l'aise de faire des d&#233;placements excessifs matin et soir pour se rendre et revenir du travail, un troisi&#232;me enfin aura honte d'&#234;tre accro au shopping et &#224; la consommation tout azimut, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le sujet abord&#233; est bien fond&#233; sur le plan environnemental, le sentiment de culpabilit&#233; prendra souvent le dessus et se transformera en retrait, en argumentation d&#233;fensive ou carr&#233;ment en attaque. Pour esp&#233;rer obtenir une adh&#233;sion &#224; la cause environnementale, le v&#233;ritable d&#233;fi consiste &#224; aborder la dynamique de changement social avec m&#233;thode, respect et patience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colette Portelance, dans son livre &#171; Relation d'aide et amour de soi &#187; (1998), d&#233;crit une m&#233;thode int&#233;ressante visant le changement des individus et par extension le changement social. Cette m&#233;thode comprend 7 &#233;tapes dont les plus importantes sont : la prise de conscience, l'acceptation, la responsabilit&#233; et le passage &#224; l'action cr&#233;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, le respect de la personne et de ses arguments est essentiel si l'on veut qu'il y ait progr&#232;s dans la compr&#233;hension mutuelle. Encourager son vis-&#224;-vis &#224; exprimer ses arguments, en s'y int&#233;ressant vraiment, peut permettre de cr&#233;er une ouverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la patience est n&#233;cessaire car les changements individuels et sociaux prennent du temps. Personnellement, j'ai mis 40 ans avant de vivre sans auto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s rencontr&#233;es, lorsqu'on aborde certains th&#232;mes environnementaux importants, constituent un v&#233;ritable d&#233;fi au changement, qu'il est bon de rappeler en ce Jour de la Terre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal Grenier, simplicitaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;faite des intellectuels n&#233;oconservateurs</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-defaite-des-intellectuels-neoconservateurs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-defaite-des-intellectuels-neoconservateurs</guid>
		<dc:date>2014-04-18T10:27:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections Qu&#233;bec 2014</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tout au long des ann&#233;es 1960 et 1970 durant la r&#233;volution-pas-si-tranquille, le Qu&#233;bec a &#233;t&#233; interpell&#233; par de nouvelles g&#233;n&#233;rations d'intellectuels qui avaient des points de vue diff&#233;rents sur tellement de choses mais qui &#233;taient convaincus d'une chose, &#171; il faut que &#231;a change &#187; ! Il y avait les grands r&#233;formistes qui sont mont&#233;s &#224; l'assaut du dispositif r&#233;actionnaire organis&#233; autour de la &#171; grande noirceur &#187;, du rabaissement des id&#233;es et de la culture derri&#232;re un catholicisme totalement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Blogues-738-+" rel="tag"&gt;Blogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-Quebec-2014-+" rel="tag"&gt;&#201;lections Qu&#233;bec 2014&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton17362-d05f8.jpg?1781945348' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout au long des ann&#233;es 1960 et 1970 durant la r&#233;volution-pas-si-tranquille, le Qu&#233;bec a &#233;t&#233; interpell&#233; par de nouvelles g&#233;n&#233;rations d'intellectuels qui avaient des points de vue diff&#233;rents sur tellement de choses mais qui &#233;taient convaincus d'une chose, &#171; il faut que &#231;a change &#187; ! Il y avait les grands r&#233;formistes qui sont mont&#233;s &#224; l'assaut du dispositif r&#233;actionnaire organis&#233; autour de la &#171; grande noirceur &#187;, du rabaissement des id&#233;es et de la culture derri&#232;re un catholicisme totalement fig&#233; et d'une structure &#233;tatique corrompue et in&#233;galitaire. Les Jacques Parizeau, Jacques-Yvan Morin, Guy Rocher, Fernand Dumont ont &#233;t&#233; parmi les g&#233;ants de cette &#233;poque (il y en a plein d'autres). &#192; gauche, des jeunes se sont mis &#224; revisiter les classes et les luttes de classes et &#224; penser un projet d'&#233;mancipation sociale et nationale, comme Gilles Dostaler, Louis Gill, Jean-Marc-Piotte, C&#233;line Saint-Pierre, Nicole Frenette, Gilles Bourque et tant d'autres qui se sont retrouv&#233;s surtout &#224; l'UQAM et avec les mouvements populaires en lutte. R&#233;troactivement, on voit bien les erreurs, impasses, bifurcations qui se sont trouv&#233;es sur leur parcours. Mais aujourd'hui, l'intellectualit&#233; dominante a en gros d&#233;cid&#233; de &#171; jeter le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour des conservateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990 dans le sillon de l'affaissement du PQ et de l'essor du n&#233;olib&#233;ralisme comme &#171; pens&#233;e unique &#187;, plusieurs intellectuels au Qu&#233;bec mais aussi dans les autres pays capitalistes ont retourn&#233; leur veste. Les concepts de classe, de capitalisme, d'imp&#233;rialisme ont &#233;t&#233; d&#233;cri&#233;s comme un &#171; m&#233;ta langage &#187; autoritaire. L'id&#233;e m&#234;me du changement a &#233;t&#233; mise de c&#244;t&#233; pour favoriser, selon Jacques Beauchemin (qui &#233;tait prof de socio &#224; l'UQAM avant de devenir le &#171; spin &#187; de Pauline Marois sur la fameuse &#171; Charte des valeurs &#187;), la &#171; reproduction de la soci&#233;t&#233; en tant que matrice de sens de l'action des individus &#187;. Il faut d'abord &#171; assurer la continuit&#233; &#187; et &#171; r&#233;gler les conflits d'une mani&#232;re civilis&#233;e &#187;, contrairement dit-il de mani&#232;re ironique, aux &#171; ivresses du progressisme &#187;. (Arguments, volume 14, num&#233;ro 1, hiver 2012). Avec ses comp&#232;res l'historien &#201;ric B&#233;dard et le sociologue Joseph-Yvon Th&#233;riault, des n&#233;oconservateurs d&#233;complex&#233;s occupent un espace immense dans l'espace m&#233;diatique. La soci&#233;t&#233; n'est plus un terrain de luttes sociales o&#249; se confrontent divers projets, mais un espace &#171; o&#249; nous sommes d'abord convi&#233;s &#224; ce qui est &#187;. Les progressistes sont comme des poulets sans t&#234;te qui courent apr&#232;s le changement pour le changement. Au contraire disent les n&#233;oconservateurs, il faut perp&#233;tuer un certain ordre social, quitte &#224; cr&#233;er &#171; les conditions n&#233;cessaires &#224; l'int&#233;gration des conditions minoritaires &#187;. C'est d'ailleurs sur cette lanc&#233;e que ces n&#233;oconservateurs se sont oppos&#233;s au mouvement des carr&#233;s rouges en 2012. Leurs arguments &#224; l'effet que les mouvements ne &#171; respectaient pas les institutions &#187; ont &#233;t&#233; repris par les m&#233;dias-poubelles et les commentateurs de droite d'un bout &#224; l'autre du Qu&#233;bec tels Richard Martineau et le jeune &#171; poulain &#187; des n&#233;oconservateurs, Matthieu Bock-C&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la conservation, de l'identit&#233; et des mauvais calculs politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette g&#233;n&#233;ration d'intellectuels, le Qu&#233;bec de la r&#233;volution tranquille est all&#233; &#171; trop loin &#187;. &#201;ric B&#233;dard notamment pense que c'&#233;tait une erreur de nier les &#171; contributions &#187; des nationalistes des p&#233;riodes ant&#233;rieures, y compris l'Union nationale de Maurice Duplessis et l' &#171; &#339;uvre &#187; de pr&#233;servation de Lionel Groulx. Il d&#233;fend m&#234;me les collabos qui avaient reni&#233; les id&#233;aux des Patriotes pour &#171; construire des institutions &#187;. Cette fascination pour les institutions, pour le statu quo, exclut la lutte qui devient un concept antinomique. De ce concept, on en vient &#224; l' &#171; identit&#233; &#187; pens&#233;e comme un &#233;tat &#171; &#224; pr&#233;server &#187;, quitte &#224; faire des &#171; accommodements &#187; (et encore pas trop, selon Beauchemin). C'est dans ce cheminement que Beauchemin est parvenu &#224; s'infiltrer dans l'entourage de Pauline Marois en sugg&#233;rant de reconstruire un &#171; consensus national &#187; autour de &#171; valeurs &#187; et o&#249; la &#171; nation catholique-canadienne-fran&#231;aise &#187; doit &#234;tre le socle d'un &#171; sens commun &#187;. De facto, le nationalisme civique glissait vers le nationalisme ethnique et si cette id&#233;e r&#233;actionnaire a pass&#233; dans le PQ, c'est que des p'tits malins comme Bernard Drainville et Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e ont pens&#233; que cela ferait basculer le pouvoir (en faisant migrer des votes de la CAQ vers le PQ). Maintenant que la preuve a &#233;t&#233; faite sur l'insanit&#233; de ce projet, il est probable que Beauchemin et ses copains de la revue Arguments vont retourner dans leurs confortables terres universitaires o&#249; ils ont &#171; nettoy&#233; &#187; certains d&#233;partement de l'UQAM des n&#233;fastes influences gauchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle nation pour quel projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benedict Anderson, et bien d'autres avant et apr&#232;s lui, ont bien d&#233;montr&#233; que la nation est un &#171; projet &#187;, un espace qui se red&#233;finit en fonction des luttes sociales et nationales. Cette nation peut appara&#238;tre comme un terrain de groupes sociaux qui aspirent &#224; dominer et qui remplissent la soci&#233;t&#233; d'hostilit&#233; contre les &#171; autres &#187;. &#192; chaque &#233;poque, ce nationalisme r&#233;actionnaire trouve ses ennemis : les Juifs, les Musulmans, les communistes, les anarchistes, etc. Mais cette nation peut &#233;galement porter des projets d'&#233;mancipation inclusifs qui font du &#171; sens commun &#187; (pour reprendre la terminologie de Beauchemin) sur la base de la justice sociale, de la d&#233;mocratie, de l'&#233;galit&#233;, et non d'une soi-disant reproduction des institutions. Des institutions, &#231;a en prend, mais pas n&#233;cessairement celles qui dominent dans un moment pr&#233;cis de l'histoire. Ces institutions, par ailleurs, ne sont jamais &#171; neutres &#187; : elles expriment, elles traduisent des rapports de forces, elles sont naturellement le terrain de confrontations. Aujourd'hui au Qu&#233;bec, nous ne sommes plus des &#171; Fran&#231;ais &#187; comme au temps de la colonie. Nous ne sommes plus non plus des &#171; canadiens-fran&#231;ais &#187;, mais une nouvelle nation en &#233;mergence, en changement, qui est par ailleurs pluraliste, pas dans le sens du &#171; multiculturalisme &#187; de l'&#201;tat canadien, mais dans le sens du respect de plusieurs identit&#233;s qui se construisent et ce faisant, qui construisent cette nouvelle nation. Les institutions qui dominent ne sont pas les n&#244;tres et il faut les changer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil. &#171; Pendant la coupe, il y aura des luttes &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bresil-Pendant-la-coupe-il-y-aura-des-luttes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bresil-Pendant-la-coupe-il-y-aura-des-luttes</guid>
		<dc:date>2014-04-15T13:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Z&#233; Maria</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 22 mars, environ 2500 personnes de tout le pays se sont r&#233;unies pendant toute la journ&#233;e &#224; S&#227;o Paulo afin de discuter des luttes qui se produisent aujourd'hui dans le pays et pr&#233;parer les mobilisations autour de la Coupe du monde de football. C'&#233;taient des militant&#183;e&#183;s du mouvement syndical, populaire et &#233;tudiant, provenant d'horizons tr&#232;s divers, s'indignant contre les injustices commises durant la pr&#233;paration des jeux, notamment l'octroi de ressources publiques &#224; la FIFA (F&#233;d&#233;ration (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH78/arton17350-57598.png?1781554435' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 22 mars, environ 2500 personnes de tout le pays se sont r&#233;unies pendant toute la journ&#233;e &#224; S&#227;o Paulo afin de discuter des luttes qui se produisent aujourd'hui dans le pays et pr&#233;parer les mobilisations autour de la Coupe du monde de football. C'&#233;taient des militant&#183;e&#183;s du mouvement syndical, populaire et &#233;tudiant, provenant d'horizons tr&#232;s divers, s'indignant contre les injustices commises durant la pr&#233;paration des jeux, notamment l'octroi de ressources publiques &#224; la FIFA (F&#233;d&#233;ration Internationale de Football Association) et les d&#233;placements forc&#233;s d'habitants pauvres. Les militant&#183;e&#183;s r&#233;unis se pr&#233;parent &#224; se mobiliser contre tout cela, lors de la Coupe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais cela n'a pas &#233;t&#233; chose facile. Si une simple manifestation de rue provoque d&#233;j&#224; la crainte des gouvernements et de leurs appareils de r&#233;pression, organiser un &#233;v&#233;nement d'une telle importance suscite l'inqui&#233;tude des gouvernants et des autorit&#233;s. Au point qu'ils ont essay&#233; d'emp&#234;cher notre rencontre. Une semaine auparavant, une revue hebdomadaire connue, Veja, dont les m&#233;thodes se fichent de toute &#233;thique journalistique a publi&#233;, le 17 mars, une chronique de Ricardo Setti affirmant que le PSTU (Parti socialiste des travailleurs unifi&#233; cr&#233;&#233; en 1990) se r&#233;unirait avec les Black Blocs et avec la courbe de fans [1] de Palmeiras [les supporters de ce club de football de S&#227;o Paulo] afin d'organiser des actes de vandalisme durant la Coupe. Mention a &#233;t&#233; faite de la courbe de Palmeiras parce que nous avions pr&#233;vu que notre r&#233;union ait lieu dans les infrastructures des supporters du club de Palmeiras, du nom de Mancha Verde, un espace que nous louons pour r&#233;unir les participants qui se pr&#233;parent d&#233;j&#224; pour aller &#224; S&#227;o Paulo. Alors imm&#233;diatement, la direction de la courbe a commenc&#233; &#224; recevoir des appels de la police et de la F&#233;d&#233;ration de football de S&#227;o Paulo elle-m&#234;me afin de faire annuler la location de l'espace lou&#233;. Et c'est ce qu'ils ont fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont rendu difficile la r&#233;union, mais ils n'ont pas pu l'emp&#234;cher. Elle a m&#234;me &#233;t&#233; assez repr&#233;sentative. Elle s'est tenue dans un lieu improvis&#233;, c'est-&#224;-dire dans les locaux d'un syndicat de la capitale. Il &#233;tait &#233;videmment trop exigu, mais cela n'a en rien limit&#233; notre rencontre. Il s'est produit l&#224; une vaste r&#233;union qui a mis ensemble les principales forces sociales et politiques en train de se mobiliser actuellement. Elle a &#233;t&#233; organis&#233;e par la CSP-Conlutas (Coordination nationale des luttes-Conlutas), le regroupement du courant &#171; la CUT peut plus &#187; (qui r&#233;unit des syndicats affili&#233;s &#224; la CUT dans l'Etat du Rio Grande do Sul), la Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs du Service public f&#233;d&#233;ral (Condsef) et la Feraesp (F&#233;d&#233;ration des travailleurs ruraux salari&#233;s de S&#227;o Paulo). Mais elle a &#233;galement r&#233;uni des organisations syndicales et des mouvements populaires venus de tout le pays, comme le Syndicat des doyens des universit&#233;s br&#233;siliennes (Andes) et le Jubileu Sul (r&#233;seau de mouvements sociaux qui maintiennent des relations avec l'Eglise catholique). Innombrables sont les organisations et les mouvements qui se sont trouv&#233;s c&#244;te &#224; c&#244;te avec la jeunesse, les &#233;tudiants, les mouvements populaires et de lutte contre l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette rencontre, c'est comme si nous avions r&#233;ussi &#224; r&#233;unir l'expression de ce qui s'est produit en juin 2013, &#224; savoir la force et l'impulsivit&#233; de la jeunesse, avec les organisations plus classiques de la classe ouvri&#232;re, comme les syndicats, en plus des mouvements populaires. Nous avons &#233;galement &#233;t&#233; impressionn&#233;s par la pr&#233;sence des repr&#233;sentants des principales gr&#232;ves qui se sont produites dans ce pays au cours des derniers mois, comme les camionneurs de Porto Alegre, les ouvriers du Complexe p&#233;trochimique de Rio de Janeiro (Comperj), qui &#233;taient encore en gr&#232;ve et, principalement, une d&#233;l&#233;gation des &#233;boueurs venus de Rio. Ces gr&#232;ves, dans des lieux et des secteurs diff&#233;rents, ont quelque chose en commun. Ce furent et ce sont des mobilisations tr&#232;s fortes qui ont fait irruption d'en bas et ont bouscul&#233; les directions de leurs syndicats respectifs. Celle des coll&#232;gues &#233;boueurs de Rio a re&#231;u l'appui massif de la population et est devenue un v&#233;ritable symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rencontre nous a donc permis d'avoir un reflet de la situation politique du pays apr&#232;s le mois de juin de l'ann&#233;e pass&#233;e. Les mobilisations massives qui ont eu lieu dans tout le pays au cours de ce mois sont parvenues &#224; battre en br&#232;che les augmentations des tarifs du transport public dans plusieurs capitales, revendication qui a d&#233;clench&#233; l'onde de protestations [voir articles &#224; ce sujet sur le site alencontre.org, en juin et juillet 2013]. Et comme tout mouvement spontan&#233;, il a reflu&#233; par la suite, mais sans parvenir &#224; donner une suite aux autres revendications qui &#233;taient apparues, comme la question de la sant&#233; et de l'&#233;ducation publique par exemple. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, apr&#232;s ce mois de juin, les travailleurs et travailleuses se sont sentis renforc&#233;s et plus confiants, parce qu'ils ont vu qu'avec la lutte il &#233;tait possible d'obtenir des r&#233;sultats et qu'il &#233;tait possible de rendre la vie meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous avons r&#233;ussi au cours de cette rencontre, c'est d'avancer de mani&#232;re importante dans notre volont&#233; d'assurer une continuit&#233; aux mobilisations qui ont eu lieu depuis le mois de juin. Pourquoi cela est-il une n&#233;cessit&#233; ? Parce que les gouvernements [f&#233;d&#233;ral et des Etats] n'ont r&#233;pondu &#224; aucune des principales revendications issues du processus de mobilisation populaire. La sant&#233; publique continue &#224; &#234;tre un chaos, l'&#233;ducation publique va de mal en pis, les transports collectifs, le logement populaire, la r&#233;forme agraire, tout cela est abandonn&#233; par les gouvernements qui, &#224; l'occasion de cette Coupe du monde, ne font que donner de l'argent &#224; des grandes entreprises telles que la FIFA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus du d&#233;sint&#233;r&#234;t officiel manifest&#233; face &#224; leurs revendications, les mouvements sociaux n'ont re&#231;u de la part des gouvernements que r&#233;pression violente et criminalisation de leurs luttes et de leurs dirigeants. C'est pour cela qu'il est absolument n&#233;cessaire d'assurer une continuit&#233; aux mobilisations populaires. La Rencontre du 22 mars a eu lieu pour r&#233;unir, au sein d'une seule lutte, les secteurs de la jeunesse qui ont pris la t&#234;te des journ&#233;es de juin et les secteurs de la classe ouvri&#232;re qui se mobilisent en ce moment m&#234;me en qu&#234;te de meilleures conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois d'avril 2014 d&#233;j&#224; commenceront les protestations qui se poursuivront tout au long du mois de mai pour aboutir, le 12 juin, au grand moment que sera le premier match de la Coupe. Ce jour-l&#224;, dans toutes les grandes villes du pays, des travailleurs et des jeunes descendront dans les rues pour protester. L'argent parvient &#224; la FIFA et aux entreprises. Nous voulons de l'argent pour la sant&#233;, l'&#233;ducation, le logement, les transports collectifs et la r&#233;forme agraire. Cela sera le fil conducteur de ces protestations. Qu'il ne subsiste aucun doute : &#171; Pendant la coupe, il y aura des luttes. &#187; (Article paru sur le site du PSTU, Z&#233; Maria a &#233;t&#233; un des initiateurs du PT et est actuellement un des porte-parole de PST-Conlutas et du PSTU. Traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] On qualifie aussi les tribunes o&#249; se r&#233;unissent les supporters les plus actifs d'un club de kop. (R&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Incendie meurtrier &#224; Valparaiso (Chili) : une catastrophe pas si &#8220;naturelle&#8221;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Incendie-meurtrier-a-Valparaiso-Chili-une-catastrophe-pas-si-naturelle</link>
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		<dc:date>2014-04-15T13:29:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Dejean</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis samedi, un incendie ravage Valparaiso, au Chili. 2000 habitations ont &#233;t&#233; d&#233;truites, 16 personnes sont mortes et 10 000 habitants ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s. Pour de nombreux observateurs, cette catastrophe a pour cause profonde les in&#233;galit&#233;s sociales et la mauvaise gestion de l'habitat. &lt;br class='autobr' /&gt; Valparaiso, la ville aux maisons multicolores, s'est rev&#234;tue d'un manteau gris ce dimanche sous l'effet des cendres et de la fum&#233;e de l'incendie qui l'a ravag&#233;e. Le port chilien, class&#233; patrimoine mondial de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton17349-40aa6.png?1781945349' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis samedi, un incendie ravage Valparaiso, au Chili. 2000 habitations ont &#233;t&#233; d&#233;truites, 16 personnes sont mortes et 10 000 habitants ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s. Pour de nombreux observateurs, cette catastrophe a pour cause profonde les in&#233;galit&#233;s sociales et la mauvaise gestion de l'habitat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Valparaiso, la ville aux maisons multicolores, s'est rev&#234;tue d'un manteau gris ce dimanche sous l'effet des cendres et de la fum&#233;e de l'incendie qui l'a ravag&#233;e. Le port chilien, class&#233; patrimoine mondial de l'Unesco en 2004, a &#233;t&#233; victime d'un incendie meurtrier qui a co&#251;t&#233; la vie &#224; 16 personnes d'apr&#232;s les autorit&#233;s. Un incendie forestier qui s'&#233;tait d&#233;clar&#233; aux abords de la ville samedi s'est d&#233;plac&#233; sous l'effet des rafales de vents jusqu'&#224; enflammer un quartier pauvre de cette ville de 300 000 habitants &#8211; celui du cerro Las Ca&#241;as. Les cerros Mariposa, El Vergel, Merced, La Cruz et El Litre ont aussi &#233;t&#233; touch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8220;Un pauvre camion et des pelles de terre&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de cette catastrophe sont multiples. Dans l'imm&#233;diat, la gestion de l'incendie par les pompiers a &#233;t&#233; probl&#233;matique. &#8220;L'incendie a commenc&#233; en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, et ce n'est qu'en fin d'apr&#232;s-midi qu'ils sont arriv&#233;s, avec un pauvre camion et des pelles de terre&#8221;, relate Franck Gaudichaud, chercheur sp&#233;cialiste du Chili, qui y r&#233;side depuis plusieurs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que tardivement que des h&#233;licopt&#232;res charg&#233;s d'eau sont intervenus. La zone d'intervention &#233;tait difficile d'acc&#232;s : &#8220;C'est une zone quasi inaccessible en camion, observe Franck Gaudichaud, et il n'y a pas de coupe-feu, car l'habitat &#224; Valparaiso est constitu&#233; en grande partie d'autoconstructions. Ils n'ont pas pens&#233; la pr&#233;vention&#8221;. La g&#233;ographie du lieu explique en partie la difficult&#233; : le port se situe dans une d&#233;pression entour&#233;e de collines sur lesquelles se sont greff&#233;es des habitations de plus en plus pr&#233;caires au fur et &#224; mesure que l'on s'&#233;loigne du centre hyper-touristique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les pompiers manquent cruellement de moyens au Chili. Contact&#233; par mail, l'historien chilien Sergio Grez explique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Au Chili les pompiers sont uniquement compos&#233;s de volontaires non r&#233;mun&#233;r&#233;s. Les ressources fournies par l'Etat et les communes sont tr&#232;s insuffisantes pour faire face &#224; tous les besoins d'un pays qui, &#224; cause de sa concentration urbaine tr&#232;s importante, de ses in&#233;galit&#233;s sociales, de la pauvret&#233; d'une partie importante de sa population, de son climat et de sa g&#233;ographie, pr&#233;sente &#224; certains endroits des conditions particuli&#232;rement favorables &#224; la propagation des incendies. Les pompiers doivent r&#233;aliser de fr&#233;quentes collectes publiques pour pallier &#224; cette carence.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8220;Ce sont ceux d'en bas qui ont &#233;t&#233; touch&#233;s&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces probl&#232;mes conjoncturels, il y a des causes plus profondes qui expliquent la dimension meurtri&#232;re de l'incendie. Ce type d'&#233;v&#233;nement est r&#233;p&#233;titif &#224; Valparaiso : en 2008 et en 2013 des incendies similaires avait d&#233;j&#224; fait leur lot de victimes. Suite &#224; l'incendie de 2013, des experts de l'universit&#233; de Valparaiso avaient rendu un rapport qui d&#233;taillait 11 foyers potentiels particuli&#232;rement vuln&#233;rables aux flammes, dont auraient pu se saisir les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais selon l'architecte et urbaniste chilien Ivan Puduje, cit&#233; par le journal chilien El Mostrador, &#8220;rien n'a &#233;t&#233; fait&#8221;. Le rapport mettait en &#233;vidence des zones &#224; risques sur lesquelles des personnes s'&#233;taient install&#233;es dans des maisons faites de bric et de broc, &#224; la limite du bidonville. Selon Maria Elena Wood, une journaliste chilienne afflig&#233;e, dans une tribune publi&#233;e dans El Mostrador, &#8220;on sait que malgr&#233; les incendies de 2008 et de 2013, qui ont d&#233;montr&#233; la vuln&#233;rabilit&#233; des collines qui forment l'amphith&#233;&#226;tre du grand Valparaiso, les mesures recommand&#233;es par les experts pour &#233;viter une catastrophe de grande ampleur n'ont pas &#233;t&#233; prises&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233; est au c&#339;ur du probl&#232;me, relativisant la dimension &#8220;naturelle&#8221; de la catastrophe. &#8220;Ce sont ceux d'en bas qui ont &#233;t&#233; touch&#233;s, qui sont ceux d'en haut &#224; Valparaiso&#8221;, explique Franck Gaudichaud, se r&#233;f&#233;rant aux bidonvilles qui prosp&#232;rent au sommet des collines qui surplombent le port. Sergio Grez dresse un portrait de la ville qui d&#233;ment fermement la vitrine touristique &#224; laquelle est souvent r&#233;sum&#233; le port :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Valparaiso, qui a toujours abrit&#233; une population majoritairement pauvre, a vu s'accentuer sa pauvret&#233; ces derni&#232;res d&#233;cennies. De ce fait, des constructions pr&#233;caires ont prolif&#233;r&#233;, faites de mat&#233;riaux l&#233;gers, y compris de d&#233;tritus, et construites &#224; des endroits non adapt&#233;s &#224; l'habitat humain, auxquels les services basiques (eau, &#233;lectricit&#233;, poubelles, &#233;clairage public, rues et escaliers) n'arrivent pas de mani&#232;re ad&#233;quate, mais seulement de mani&#232;re pr&#233;caire et &#8216;sauvage', &#224; l'initiative des pobladores eux-m&#234;mes. Tout cela fait qu'il y a un ph&#233;nom&#232;ne de surpeuplement, des logements insalubres, et une accumulation de grandes quantit&#233;s de d&#233;chets dans les failles, qui, en cas d'incendies, se convertissent en combustible qui augmente l'&#233;tendue et les cons&#233;quences de ces sinistres&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une catastrophe r&#233;v&#233;latrice&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat et la commune de Valparaiso seraient donc en partie responsables de cette catastrophe, car ils n'ont pas r&#233;gul&#233; l'usage des sols ni cherch&#233; &#224; reloger les populations pr&#233;caires. De plus, certains observateurs d&#233;noncent la mauvaise gestion de l'argent public par la mairie de Valparaiso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Les maires, de droite comme de gauche, qui se sont succ&#233;d&#233; &#224; la t&#234;te de la commune de Valparaiso depuis 24 ans ont leur part de responsabilit&#233;, explique Sergio Grez. Par exemple, les citoyens se demandent ce qu'il est advenu des ressources obtenues de l'Unesco depuis la d&#233;claration d'une bonne partie de la ville au patrimoine mondiale de l'Humanit&#233;. A part la peinture neuve de quelques fa&#231;ades et la restauration d'un nombre limit&#233; d'&#339;uvres architecturales, nous n'avons pas constat&#233; d'effet clair de l'arriv&#233;e de ces ressources. La d&#233;gradation de la ville a continu&#233; depuis cette date, les incendies se succ&#233;dant, comme les explosions de gaz, les &#233;boulements et les inondations meurtri&#232;res, qui d&#233;truisent les b&#226;timents publics, les maisons et les quartiers entiers&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les catastrophes naturelles fonctionnent souvent comme un r&#233;v&#233;lateur des in&#233;galit&#233;s sociales d'un pays (l'ouragan Katrina aux Etats-Unis en 2005, s&#233;isme de L'Aquila en Italie en 2009&#8230;). Le Chili ne d&#233;roge pas &#224; cette r&#232;gle. &#8220;Ce type de catastrophes &#8216;naturelles' met en &#233;vidence le mod&#232;le et ses in&#233;galit&#233;s, commente Franck Gaudichaud. Dans le nord du Chili [&#233;picentre du tremblement de terre qui a eu lieu le 1er avril dernier, ndlr], ce sont aussi les zones les plus pauvres qui ont le plus souffert et qui sont encore &#224; l'&#233;cart de l'aide&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Les Inrocks le 14 avril 2014 &#224; 15h09 : &lt;a href=&#034;http://www.lesinrocks.com/2014/04/14/actualite/incendie-meurtrier-valparaiso-catastrophe-pas-si-naturelle-que-ca-11497750/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lesinrocks.com/2014/04/14/actualite/incendie-meurtrier-valparaiso-catastrophe-pas-si-naturelle-que-ca-11497750/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face aux politiques lib&#233;rales annonc&#233;es, construire un mouvement social unitaire et militant</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Face-aux-politiques-liberales-annoncees-construire-un-mouvement-social-unitaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Face-aux-politiques-liberales-annoncees-construire-un-mouvement-social-unitaire</guid>
		<dc:date>2014-04-15T11:26:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec est au pouvoir &#224; Qu&#233;bec. Philippe Couillard s'appr&#234;te &#224; former son conseil des ministres. Il doit &#234;tre prudent. Il ne veut pas se retrouver avec des ministres sous enqu&#234;te de l'UPAC. Ceci serait du plus mauvais effet. Ce gouvernement lib&#233;ral non seulement sera form&#233; par des politicienNEs qui ont s&#233;vi durant le gouvernement Charest, mais le premier ministre a fait campagne, non en tournant le dos, mais en assumant l'essentiel de cet h&#233;ritage : d&#233;fense du d&#233;ficit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Monde-du-travail-et-syndicalisme-" rel="directory"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L143xH150/arton17344-b2450.png?1781945349' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec est au pouvoir &#224; Qu&#233;bec. Philippe Couillard s'appr&#234;te &#224; former son conseil des ministres. Il doit &#234;tre prudent. Il ne veut pas se retrouver avec des ministres sous enqu&#234;te de l'UPAC. Ceci serait du plus mauvais effet. Ce gouvernement lib&#233;ral non seulement sera form&#233; par des politicienNEs qui ont s&#233;vi durant le gouvernement Charest, mais le premier ministre a fait campagne, non en tournant le dos, mais en assumant l'essentiel de cet h&#233;ritage : d&#233;fense du d&#233;ficit z&#233;ro et refus de toute r&#233;forme de la fiscalit&#233;, d&#233;sinvestissement dans les services publics, promotion de leur privatisation, Plan Nord...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politiques lib&#233;rales annonc&#233;es, politiques &#224; confronter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical et l'ensemble des mouvements sociaux peuvent s'attendre, surtout en ce d&#233;but de mandat, &#224; une application &#224; marche forc&#233;e des objectifs annonc&#233;s par le PLQ durant la campagne &#233;lectorale. Au centre de ces objectifs, on retrouve le d&#233;veloppement de la privatisation tant en sant&#233; qu'en &#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier ministre Philippe Couillard conna&#238;t bien l'attachement des Qu&#233;b&#233;coisEs aux services publics. Il s'en moque. Pour lui, la solution est dans le priv&#233;. Ce n'est pas pour rien qu'il a recrut&#233; un d&#233;fenseur acharn&#233; de la privatisation comme Ga&#233;tan Barrette dans son &#233;quipe et que ce dernier risque de se retrouver au poste de ministre de la sant&#233;. Ce n'est l&#224; qu'un autre indice de la volont&#233; de ce gouvernement de transformer des secteurs entiers des services de sant&#233; en occasion d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;ducation, des intentions gouvernementales soul&#232;vent les m&#234;mes d&#233;fis. Les mobilisations du printemps &#233;rable en 2012 avaient pos&#233; la n&#233;cessit&#233; de la gratuit&#233; scolaire pour favoriser l'acc&#232;s aux &#233;tudes sup&#233;rieures de larges couches de la jeunesse. Le refus de soumettre l'&#233;ducation aux imp&#233;ratifs de l'entreprise priv&#233;e a alors &#233;t&#233; clairement affirm&#233;. Le gouvernement Marois a non seulement rejet&#233; ces perspectives, mais il a &#233;galement mis fin au gel des frais de scolarit&#233; et introduit leur indexation. Sur ce plan &#233;galement, on sait ce que pr&#233;pare le gouvernement Couillard en ce qui concerne l'influence du secteur priv&#233; en &#233;ducation : le maintien de l &#8216;indexation de frais de scolarit&#233;, le maintien des frais aff&#233;rents dans les c&#233;geps, la pr&#233;sence renforc&#233;e des entreprises priv&#233;es sur les conseils d'administration des coll&#232;ges et des universit&#233;s, le refus d'un r&#233;investissement massif en &#233;ducation pour r&#233;pondre aux besoins des &#233;l&#232;ves en services de soutien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les n&#233;gociations du secteur public, un enjeu syndical et politique majeur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations dans le secteur public qui vont se d&#233;rouler dans les deux premi&#232;res ann&#233;es du gouvernement Lib&#233;ral peuvent et doivent &#234;tre un moment fort d'une mobilisation unitaire pour bloquer l'application des projets gouvernementaux. Si la mise en place d'un Front commun de syndicats du secteur public pour ces n&#233;gociations est un acquis sur lequel il faut compter, on doit mentionner que d&#233;j&#224;, des secteurs syndicaux (La FIQ) n'ont pas ralli&#233; un tel front. Mais le principal d&#233;fi devant un tel front commun est de s'assurer d'un large soutien des autres mouvements sociaux et de l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;sistance doit compter sur un travail de d&#233;l&#233;gitimation de ces projets antisociaux du gouvernement aupr&#232;s de larges couches de la population et la construction d'un soutien actif aux revendications des travailleuses et travailleurs du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction de ce soutien passe par une campagne unitaire pour un r&#233;investissement massif dans les services publics, particuli&#232;rement dans le secteur de sant&#233;, afin de pouvoir am&#233;liorer l'acc&#232;s aux services de sant&#233; et diminuer les d&#233;lais d'attente tant aux urgences que pour les op&#233;rations diverses. Il faudra d&#233;montrer que ce n'est pas en multipliant les cliniques priv&#233;es, comme l'a propos&#233; le chef du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec durant la campagne &#233;lectorale qu'on pourra parvenir &#224; prot&#233;ger l'acc&#232;s &#224; ces services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction de ce soutien dans la population se fera &#233;galement par le ralliement actif et militant de l'ensemble du mouvement syndical, du secteur public comme du secteur priv&#233;, &#224; la campagne actuellement men&#233;e contre la tarification des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements lib&#233;ral et p&#233;quiste ont poursuivi une contre-r&#233;forme de la fiscalit&#233; en multipliant les tarifs des services publics. Maintenant la hausse de ces tarifs fait partie de leurs projets de tous les partis n&#233;olib&#233;raux qui si&#232;gent &#224; l'Assembl&#233;e nationale. En somme, la n&#233;gociation des travailleuses et des travailleurs du secteur doit s'inscrire dans une mobilisation de l'ensemble de la population contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; que le gouvernement Couillard a d&#233;j&#224; annonc&#233;es sur toutes les tribunes durant les derni&#232;res &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour des &#201;tats g&#233;n&#233;raux du mouvement syndical et des autres mouvements sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on a besoin d'un large d&#233;bat public, ce d&#233;bat doit d'abord regrouper les organisations syndicales, et les organisations des autres mouvements sociaux dans des &#201;tats g&#233;n&#233;raux tant pour &#233;tablir d&#233;mocratiquement une plate-forme politique pour la d&#233;fense des services publics contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; que s'appr&#234;te &#224; mettre en place le gouvernement, que l'&#233;laboration d'un plan d'action commun seul capable de bloquer les intentions d&#233;j&#224; annonc&#233;es par le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, et comme cela a pu se v&#233;rifier durant la campagne &#233;lectorale, Qu&#233;bec solidaire est le seul parti dont les politiques reprennent les revendications des mouvements sociaux ce qui permet de concr&#233;tiser une v&#233;ritable autonomie politique vis-&#224;-vis des partis n&#233;olib&#233;raux qui affirment maintenant ouvertement et sans complexe qu'ils sont au service du milieu des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des combats importants s'annoncent dans la d&#233;fense des services publics. C'est en construisant la solidarit&#233; la plus large, que nous saurons faire reculer le gouvernement Couillard et l'oligarchie qu'il sert.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une inqui&#233;tante apologie du Front national - R&#233;ponse &#224; Christian Rioux.</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-inquietante-apologie-du-Front-national-Reponse-a-Christian-Rioux</link>
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		<dc:date>2014-04-15T09:35:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Carrier-Plante, Michel-Philippe Robitaille</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le quatre avril dernier, le chroniqueur du Devoir Christian Rioux r&#233;agissait &#224; une d&#233;claration de la porte-parole du gouvernement fran&#231;ais Najat Vallaud-Belkacem. Au terme des r&#233;centes &#233;lections municipales qui se sold&#232;rent par une perc&#233;e du Front National de Marine Le Pen, la porte-parole &#171; ne trouva rien de mieux que de brandir le mot &#034;fascistes&#034; et d'appeler au &#034;front r&#233;publicain&#034; contre la peste brune &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; S'&#233;levant contre le recours aux &#233;pouvantails du &#171; fascisme &#187;, le chroniqueur a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le quatre avril dernier, le chroniqueur du Devoir Christian Rioux r&#233;agissait &#224; une d&#233;claration de la porte-parole du gouvernement fran&#231;ais Najat Vallaud-Belkacem. Au terme des r&#233;centes &#233;lections municipales qui se sold&#232;rent par une perc&#233;e du Front National de Marine Le Pen, la porte-parole &#171; ne trouva rien de mieux que de brandir le mot &#034;fascistes&#034; et d'appeler au &#034;front r&#233;publicain&#034; contre la peste brune &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'&#233;levant contre le recours aux &#233;pouvantails du &#171; fascisme &#187;, le chroniqueur a fait valoir que cette perc&#233;e historique du FN &#233;tait le r&#233;sultat de la crise identitaire et des difficult&#233;s &#233;conomiques qui touchent plus durement les couches populaires fran&#231;aises. Outil de diabolisation par excellence, le concept de &#171; fascisme &#187; aurait pour effet de soustraire au d&#233;bat le malaise quotidien des &#171; Fran&#231;ais ordinaires &#187;, enterr&#233; sous le spectre du r&#233;gime de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une part de vrai dans ces constats, la prose de Rioux s'apparente n&#233;anmoins &#224; une apologie du conservatisme moral et de la x&#233;nophobie rampante si caract&#233;ristiques du discours frontiste. Le FN serait ainsi le porte-voix d'une France encore heureuse &#171; d'avoir une identit&#233; sexuelle, une famille stable et une &#233;cole qui ne se transforme pas en laboratoire &#187; ; d'une France &#171; qui vit toujours en couple et n'a pas compris qu'&#224; Paris, on se d&#233;chire sur le mariage gai et la th&#233;orie du genre &#187;. Le chroniqueur se fait ici l'&#233;cho des milieux conservateurs r&#233;cemment mont&#233;s aux barricades pour d&#233;fendre une vision conservatrice du couple et du mariage. Ceux-l&#224; m&#234;me qui craignent que l'&#233;cole r&#233;publicaine ne contamine les enfants en int&#233;grant au cursus scolaire un contenu visant &#224; les sensibiliser &#224; l'existence d'identit&#233;s sexuelles &#171; non-traditionnelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation lep&#233;niste, nous dit encore Rioux, parlerait au nom des &#171; vrais perdants de la mondialisation &#187;, qui &#171; souffrent directement de l'immigration pauvre [&#8230;] qui accentue la comp&#233;tition pour les derniers emplois sans qualification &#187;. Autrement dit, c'est l'immigration qui doit essuyer le bl&#226;me pour la pr&#233;carit&#233; montante des couches populaires. Plut&#244;t que de d&#233;noncer les pratiques d'exploitation des multinationales et des pressions &#224; la baisse qu'elles exercent sur les salaires et les politiques sociales et fiscales, on d&#233;nonce la comp&#233;tition d&#233;loyale des &#233;trangers pr&#234;ts &#224; travailler &#224; des salaires inf&#233;rieurs &#224; ceux des natifs. Le chroniqueur va jusqu'&#224; reprendre la rh&#233;torique de l'envahissement caract&#233;ristique des extr&#234;mes-droites europ&#233;ennes : l'immigration de masse transformerait le paysage culturel au point o&#249; les natifs (blancs) ne se sentiraient plus chez eux, et seraient contraints de migrer loin des grands-centres, &#171; repouss&#233;e par les quartiers immigrants de la proche banlieue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rioux trouve inconcevable qu'on accuse de fascisme la grande proportion des &#233;lecteurs ayant vot&#233; FN, en particulier dans &#171; des villes &#224; forte tradition ouvri&#232;re et qui ont toujours &#233;t&#233; des bastions de la gauche &#187;. L'argument du nombre s'effondre pourtant bien vite lorsqu'on se penche sur l'histoire de l'Europe d'entre-deux-guerre. Aux &#233;lections l&#233;gislatives de juillet 1932, le parti national-socialiste allemand avait obtenu 37% des suffrages. Si les fascistes de Mussolini n'ont jamais joui d'un tel soutien lors d'&#233;lections libres, le consentement des Italiens &#224; l'&#201;tat fasciste n'en fut pas moindre. L'id&#233;e que le FN ait r&#233;ussi l&#224; o&#249; la gauche &#233;tait bien implant&#233;e ne sert pas davantage &#224; le distinguer du NSDAP de Hitler, qui a r&#233;ussi &#224; se hisser au pouvoir dans le pays europ&#233;en o&#249; la tradition socialiste &#233;tait la mieux implant&#233;e. Le passage de Mussolini du Parti socialiste &#224; la t&#234;te des chemises noires n'est pas non plus &#233;tranger aux transfuges d&#233;sertant la gauche ouvri&#232;re fran&#231;aise au profit du parti de Marine Le Pen. Tout compte fait, les alibis que le chroniqueur fournit au FN pr&#233;supposent une conception du fascisme qui ne pourrait inclure aucun des cas historiques qui lui sont traditionnellement associ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rioux marque tout de m&#234;me un point : le FN et ses &#233;lecteurs ne peuvent &#234;tre accus&#233;s de nourrir un projet r&#233;pressif et belliqueux comparable &#224; celui des r&#233;gimes fascistes. On ne saurait cependant tabler sur cette exag&#233;ration pour balayer d'un revers de main toute comparaison entre la formation frontiste et les traditions politiques d'extr&#234;me-droite. La confusion ambiante donne &#224; penser que le d&#233;bat public b&#233;n&#233;ficierait largement d'une d&#233;mystification de ce qu'ont &#233;t&#233; les mouvements fascistes, notamment de leur contenu culturel et id&#233;ologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soulignons enfin que l'adoption du fond comme de la forme du discours frontiste ne peut &#234;tre pris &#224; la l&#233;g&#232;re. Exprim&#233;es dans un quotidien montr&#233;alais, de telles positions devraient nous amener &#224; nous questionner sur le r&#233;cent virage conservateur du nationalisme qu&#233;b&#233;cois, qui para&#238;t plus que jamais avancer en terrain min&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faut-il en finir avec l'ind&#233;pendance ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Faut-il-en-finir-avec-l-independance</link>
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		<dc:date>2014-04-15T09:14:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections Qu&#233;bec 2014</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections Qu&#233;bec 2014</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Coup de boomerang dans un sens bien pr&#233;visible : la s&#233;v&#232;re d&#233;faite du PQ aux &#233;lections provinciales d'avril 2014 est en train de stimuler un vrai remue-m&#233;ninges politique ram&#232;nant toutes les grandes questions sur la table, et d'abord celle de la pertinence de continuer &#224; se battre pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Question d'autant plus d&#233;cisive que QS en a fait un axe majeur de son intervention lors de la derni&#232;re campagne &#233;lectorale, ne craignant pas de se proclamer haut et fort (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-Quebec-2014-967-+" rel="tag"&gt;&#201;lections Qu&#233;bec 2014&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-Quebec-2014-+" rel="tag"&gt;&#201;lections Qu&#233;bec 2014&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton17342-3f39a.jpg?1781945349' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Coup de boomerang dans un sens bien pr&#233;visible : la s&#233;v&#232;re d&#233;faite du PQ aux &#233;lections provinciales d'avril 2014 est en train de stimuler un vrai remue-m&#233;ninges politique ram&#232;nant toutes les grandes questions sur la table, et d'abord celle de la pertinence de continuer &#224; se battre pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Question d'autant plus d&#233;cisive que QS en a fait un axe majeur de son intervention lors de la derni&#232;re campagne &#233;lectorale, ne craignant pas de se proclamer haut et fort souverainiste, partisan d'un Qu&#233;bec libre. A-t-on donc raison, quand on se veut de gauche, de persister dans cette direction ? Ne s'agirait-il pas d'un id&#233;al aujourd'hui d&#233;pass&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En fait c'est d'un peu partout que sourdent les interrogations, tant du c&#244;t&#233; des observateurs de la sc&#232;ne politique que de certaines t&#233;nors souverainistes. Ainsi G&#233;rard Bouchard s'interroge sur &#171; le cul de sac &#187; dans lequel se trouve &#171; pour un bon bout de temps &#187; le PQ avec son article 1 qui a &#171; du plomb dans l'aile &#187;, pendant que Louise Beaudoin se demande si &#171; l'id&#233;e d'ind&#233;pendance n'a pas &#233;t&#233; celle d'une g&#233;n&#233;ration &#187;, ayant &#233;chou&#233; &#171; &#224; transmettre le go&#251;t du pays aux jeunes &#187;. De son c&#244;t&#233; Michel David enfonce le clou en rappelant que selon plusieurs sondages ce serait d'abord la jeunesse qui ne mordrait plus &#224; l'hame&#231;on souverainiste. Et Hernan Guay y va d'un verdict encore plus s&#233;v&#232;re, jugeant que la d&#233;faite du PQ n'est pas que &#171; circonstancielle &#187;, mais &#171; structurelle &#187;, et que &#171; la souverainet&#233; n'est plus l'enjeu des Qu&#233;b&#233;cois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; en conclure que l'ind&#233;pendance est chose du pass&#233; &#8211;ce que n&#233;anmoins aucun de ces commentateurs ne s'aventure &#224; affirmer comme tel&#8212; il n'y a qu'un pas ; un pas que sans doute bien des partisans de la CAQ ou du PLQ n'h&#233;siteront pas &#224; franchir, voyant dans tous ces questionnements une justification de plus &#224; leur d&#233;ni de reconna&#238;tre l'importance de la question nationale qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais justement, ne pourrait-on pas faire ici, loin de tout esprit &#233;troitement partisan, quelques nuances d&#233;cisives ? Car d'&#233;vidence, si les r&#233;sultats des derni&#232;res &#233;lections ont d'abord &#233;t&#233; l'expression d'une d&#233;faite du PQ, il faut tout de suite se demander si la cause en revient &#224; l'id&#233;e m&#234;me d'ind&#233;pendance, ou plut&#244;t &#224; une strat&#233;gie us&#233;e et schizophr&#233;nique, soufflant non seulement le chaud et le froid quant &#224; un hypoth&#233;tique r&#233;f&#233;rendum, mais encore ne se trouvant plus en phase avec les nouveaux enjeux n&#233;s de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. En somme il faut pouvoir distinguer entre le projet de fond de l'ind&#233;pendance et la strat&#233;gie mise en place pour y parvenir, entre l'objectif de souverainet&#233; et le parti qui peut en &#234;tre le v&#233;hicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un projet d'ind&#233;pendance qui a fondamentalement chang&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r le projet p&#233;quiste est dat&#233;, historiquement parlant. Il est n&#233; dans une p&#233;riode faste o&#249; dans le sillage d'une R&#233;volution tranquille aux accents clairement progressistes et ouverts sur le monde, l'on aspirait &#224; &#234;tre &#171; ma&#238;tre chez nous &#187;. Aussi le PQ n'a-t-il fait que donner une forme politique &#224; un vaste mouvement d'&#233;mancipation qui sourdait de la soci&#233;t&#233; enti&#232;re, en l'orientant autour de la construction d'un &#201;tat de type keyn&#233;sien et de l'objectif de l'affirmation de la souverainet&#233; politique d'un peuple, le peuple du Qu&#233;bec, qui &#224; l'instar du peuple de Porto Rico restait le seul peuple des Am&#233;riques d'origine europ&#233;enne &#224; ne pas avoir obtenu son ind&#233;pendance au 19i&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est ce projet qui, ayant &#224; l'&#233;poque drain&#233; le meilleur de tout ce que le Qu&#233;bec connaissait, va au fil des 2 d&#233;faites r&#233;f&#233;rendaires (1980/1995) et du contexte n&#233;olib&#233;ral des ann&#233;es 90, se r&#233;duire comme peau de chagrin. &#192; ne plus &#234;tre que l'ombre de lui-m&#234;me et donner l'impression qu'il a perdu son &#226;me ! D'autant plus que ce sont quelques-uns des tenors d'alors du PQ qui vont pr&#233;sider &#224; sa transformation, en le poussant &#8212;loin de son fameux pr&#233;jug&#233; favorable aux travailleurs des ann&#233;es 70&#8212; &#224; non seulement adopter un &#224; un tous les pseudos rem&#232;des &#233;conomiques n&#233;olib&#233;raux, mais encore &#224; se doter d'une approche identitaire chaque fois plus marqu&#233;e. Ce qui fait qu'aujourd'hui, ni le projet de souverainet&#233;, ni le parti qui le portait, ne sont les m&#234;mes. Et cela, m&#234;me si c'est la m&#234;me g&#233;n&#233;ration qui l'a fond&#233; et qui aujourd'hui en contr&#244;le encore une bonne partie du devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des avanc&#233;es incertaines et remises en question&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'au-del&#224; m&#234;me de ces &#233;checs politiques et des transformations substantielles du PQ, le Qu&#233;bec a depuis 50 ans beaucoup chang&#233; et a pu acqu&#233;rir un plus grand contr&#244;le sur ses ressources comme mieux affirmer son identit&#233; culturelle. Pensons ne serait-ce qu' &#224; la constitution du r&#233;seau des Cegep, des universit&#233;s ou encore &#224; la loi 101 ! Ind&#233;niablement il y a eu des avanc&#233;es d'autant plus que le mod&#232;le keyn&#233;sien &#8211;&#224; l'&#233;poque si en vogue !&#8212; a permis de stimuler au Qu&#233;bec un d&#233;veloppement &#233;conomique plus auto-centr&#233;, donnant naissance ou surcroit de vigueur dans l'ombre protectrice de l'&#201;tat provincial et d'une fonction publique en plein essor, &#224; de riches et dynamiques entreprises qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les &#233;carts d'ordre &#233;conomique ont ainsi diminu&#233; avec les provinces plus riches du Canada et si le Qu&#233;bec se trouve globalement dans meilleure posture que dans les ann&#233;es 60, il n'en a pas pour autant r&#233;ussi &#224; pleinement s'affirmer comme nation souveraine. Il reste, en 2014, soumis encore &#224; une ind&#233;niable tutelle politique de la part de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral, lui d&#233;niant le droit de pouvoir s'auto-d&#233;terminer et de d&#233;cider par lui-m&#234;me de la totalit&#233; de ses lois, trait&#233;s et imp&#244;ts. Plus encore dans le contexte de la globalisation n&#233;olib&#233;rale, de la constitution de grands march&#233;s continentaux (ALENA, etc.) et de la reprimarisation de l'&#233;conomie canadienne (autour de l'expoitation du p&#233;trole et de l'extactivisme minier), les instruments tant &#233;conomiques que politiques qu'ils avait pu malgr&#233; tout se forger pour s'affirmer en tant que peuple plus autonome, sont en train &#224; leur tour de se d&#233;liter, le renvoyant peu &#224; peu vers de nouvelles formes de d&#233;pendance et de d&#233;sappropriation ; des formes propres &#224; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'int&#233;r&#234;t de l'ind&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; o&#249; git sans doute l'int&#233;r&#234;t d'une lutte pour l'ind&#233;pendance nationale au 21i&#232;me si&#232;cle : en s'appuyant sur la puissance publique que peut repr&#233;senter un &#201;tat &#224; l'heure du libre march&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;, et en cherchant &#224; l'investir des aspirations d&#233;mocratiques de tout un peuple, elle donne &#224; ce dernier les moyens de reprendre du contr&#244;le sur sa propre vie, de faire en somme l'exp&#233;rience d'une authentique souverainet&#233; collective. Car l'ind&#233;pendance n'est pas qu'une affaire de drapeau, de passeport et de nouvelles fronti&#232;res. C'est parce qu'un peuple veut en finir avec de situations de tutelle jug&#233;es ill&#233;gitimes, qu'il aspire &#224; d&#233;cider des lois auxquelles il veut librement se soumettre, qu'il lutte donc pour l'ind&#233;pendance et le droit &#224; l'auto-d&#233;termination. La souverainet&#233;, c'est donc toujours une qu&#234;te &#171; d'autonomie &#187;, au sens fort du terme, c'est-&#224;-dire une volont&#233; de se donner &#224; soi &#171; sa propre loi &#187;. Et cela, pour disposer de &#171; son propre gouvernement &#187; et avoir ainsi mieux prise sur son destin et ses propres conditions d'existence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or &#224; l'heure du &#171; tout au march&#233; n&#233;olib&#233;ral &#187;, &#224; l'heure du tournant p&#233;trolier, &#224; l'heure des coupures, des hausses de taxe et de l'aust&#233;rit&#233; promue par les &#233;lites. &#192; l'heure o&#249; justement tant de d&#233;cisions sont prises par une poign&#233;e d'experts et de grands financiers (pensez aux derniers accords de libre-&#233;change Canada/Europe !), cette exigence populaire reste pleinement d'actualit&#233;. Surtout si l'on croit en la d&#233;mocratie prise au sens fort du terme, &#224; cette id&#233;e d'un &#171; pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple &#187;, au sein duquel &#171; nul n'aurait le privil&#232;ge de gouverner &#187;, ni les riches, ni les bien n&#233;s, ni les experts. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car cette ind&#233;pendance enfin conquise, c'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cela qu'elle devrait servir : permettre au peuple, non pas seulement de &#171; d&#233;cider d'avoir un pays &#187;, mais aussi et surtout de &#171; d&#233;cider du pays qu'on veut avoir &#187; : pays d'&#233;galit&#233;, de justice sociale, de respect de l'environnement, d'ouverture sur le monde ! Pourquoi, quand on appartient aux secteurs populaires, se choisirait-on un pays autrement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La richesse du projet de QS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On mesure mieux ainsi toute la richesse de la d&#233;marche de QS qui en pensant la souverainet&#233; &#224; travers la mise en place d'une constituante et en concevant cette derni&#232;re comme une exercice de souverainet&#233; populaire en acte, s'inscrit pleinement dans cette lutte au d&#233;ficit d&#233;mocratique et dans cette volont&#233; de &#171; d&#233;mocratiser la d&#233;mocratie &#187; si caract&#233;ristique des aspirations de ceux et celles qui se trouvent chaque fois plus confront&#233;s aux m&#233;canismes de &#034;d&#233;sappropriation&#034; sociale, &#233;conomique et politique aliment&#233;s par le n&#233;olib&#233;ralisme. En ce sens loin d'&#234;tre un id&#233;al du pass&#233;, la lutte pour l'ind&#233;pendance peut-&#234;tre dans le cas du Qu&#233;bec, une des indispensables cl&#233;s pour penser son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il se donner les moyens de la penser dans toutes ses dimensions et loin de tout repli s&#233;paratiste ou &#034;provincialiste&#034; : une t&#226;che passionnante qui nous convie d'ores et d&#233;j&#224; &#224; ne pas en abandonner l'id&#233;e. Comme une certitude !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Mouterde&lt;br class='autobr' /&gt;
Sociologue essayiste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Elections et ruptures politiques en Afrique du Sud</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Elections-et-ruptures-politiques-en-Afrique-du-Sud</link>
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		<dc:date>2014-04-15T09:13:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Gabriel</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 7 mai auront lieux les &#233;lections g&#233;n&#233;rales en Afrique du Sud. Il est fort probable que l'ANC, vainqueur malgr&#233; tout, ne sortira pas indemne de ce scrutin. La situation &#233;conomique et sociale du pays est mauvaise et le parti au pouvoir doit faire face &#224; une s&#233;rie de ruptures politiques significatives. 20 ans ! Vingt ans d&#233;j&#224; depuis que l'ANC a symbolis&#233; cette nouvelle &#232;re postapartheid. Mais finalement de quoi a &#233;t&#233; faite cette nouvelle Afrique du Sud ? &lt;br class='autobr' /&gt; Des changements sociaux tr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton17323-a7655.png?1781452406' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 7 mai auront lieux les &#233;lections g&#233;n&#233;rales en Afrique du Sud. Il est fort probable que l'ANC, vainqueur malgr&#233; tout, ne sortira pas indemne de ce scrutin. La situation &#233;conomique et sociale du pays est mauvaise et le parti au pouvoir doit faire face &#224; une s&#233;rie de ruptures politiques significatives. 20 ans ! Vingt ans d&#233;j&#224; depuis que l'ANC a symbolis&#233; cette nouvelle &#232;re postapartheid. Mais finalement de quoi a &#233;t&#233; faite cette nouvelle Afrique du Sud ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des changements sociaux tr&#232;s cosm&#233;tiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;r&#233;e comme un pays &#233;mergent, parfois assimil&#233; aux BRICS , le pays affiche pourtant un taux de croissance tr&#232;s modeste de 1,9% en 2013 apr&#232;s 2,5% l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Cette classification est donc plus symbolique ou politique qu'&#233;conomique : l'Afrique du Sud est un des rares pays africains &#224; disposer d'un Etat structur&#233; et stable mais ses performances &#233;conomiques restent tr&#232;s m&#233;diocres. On vient d'ailleurs de s'apercevoir que le Nigeria, dont il est difficile de vanter les vertus politiques, avait un PIB tr&#232;s largement sup&#233;rieur &#224; celui de l'Afrique du Sud. Celle-ci souffre d'un niveau bien trop faible d'investissements et d'&#233;pargne. Les exportations sont domin&#233;es par les produits de base, notamment le platine, les diamants, l'or et le charbon, et le secteur priv&#233; non agricole a perdu un million d'emplois depuis 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que toute la politique macro-&#233;conomique du nouveau r&#233;gime &#233;tait tourn&#233;e d&#232;s 1994 vers l'afflux d'investissements &#233;trangers, le r&#233;sultat est tr&#232;s &#233;loign&#233; des esp&#233;rances n&#233;o-lib&#233;rales du d&#233;part. En 2012, l'Afrique du Sud a re&#231;u 4,6 milliards de dollars d'investissements directs &#233;trangers, ce qui la place loin derri&#232;re le Nigeria et le Mozambique. Les flux nets d'investissements &#233;trangers ont recul&#233; de pr&#232;s de 40 % entre 2009 et 2012, pour s'&#233;tablir aux deux-tiers des flux nets du Nigeria. Seulement 17% de ces entr&#233;es de capital vont &#224; l'industrie contre 30% aux mines et 36% aux services financiers et immobiliers. Suite &#224; la politique d'assouplissement quantitatif de la Banque centrale am&#233;ricaine, le pays n'a pas &#233;chapp&#233;, comme les autres &#171; &#233;mergents &#187; &#224; l'inversion de la tendance et &#224; la sortie de capitaux, ph&#233;nom&#232;ne aggrav&#233; dans le cas sud-africain par la fr&#233;quence des conflits sociaux durs. La devise, le rand, a perdu 30% entre 2011 et 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indice Gini, qui mesure les in&#233;galit&#233;s, est pour l'Afrique du Sud l'un des plus &#233;lev&#233;s du monde (0,58) comme celui du Br&#233;sil au demeurant. Selon les statistiques officielles, en 2013 le salaire m&#233;dian &#233;tait de 3.300 rands (227 euros). Au cours des quinze derni&#232;res ann&#233;es, les salaires ont en majorit&#233; stagn&#233; alors que les profits ont augment&#233;. C'est seulement le d&#233;cile sup&#233;rieur des salaires qui a vraiment progress&#233;. De 1998 &#224; 2013, la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e du secteur priv&#233; a chut&#233; de sept points &#224; 42%. Dans beaucoup de secteurs, notamment l'agriculture, les mines de charbon ou de platine, les salaires ne repr&#233;senteraient que 30% de la valeur ajout&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme beaucoup de pays qualifi&#233;s d'&#233;mergents, la richesse globale s'accorde parfaitement avec une in&#233;galit&#233; sociale abyssale. A ce d&#233;tail pr&#232;s qu'en Afrique du Sud les pauvres sont Noirs comme au temps de l'apartheid et que la propri&#233;t&#233; capitaliste reste tr&#232;s largement aux mains de Blancs. Le ch&#244;mage officiel atteint 25% au plan national, mais tout le monde sait que dans des townships entiers il peut largement d&#233;passer les 50%. Le prix du travail extr&#234;mement bas permet aux classes sup&#233;rieures de b&#233;n&#233;ficier de services accessoires &#224; bas co&#251;ts. Les 10% les plus riches re&#231;oivent 52% des revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sida touche entre 14% et 18% de la population selon les &#233;tudes. La criminalit&#233; s'&#233;tablit officiellement &#224; 20.000 meurtres par an et 30.000 tentatives recens&#233;es, 50.000 viols, 300.000 cambriolages&#8230; L'esp&#233;rance de vie a recul&#233; au cours de la p&#233;riode et s'&#233;tablit &#224; 49,5 ans. Les forces de police ont &#233;t&#233; fortement accrues, auxquelles s'ajoutent 420.000 agents de s&#233;curit&#233; priv&#233;s. Plus de 1,5 million de Sud-Africains, essentiellement les blancs, font l'objet d'une s&#233;curit&#233; rapproch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le suffrage universel a &#233;t&#233; instaur&#233; d&#232;s 1994 et toutes les lois de s&#233;gr&#233;gation raciales supprim&#233;es, beaucoup de traits de l'apartheid sont demeur&#233;s. Du fait notamment de la faible mobilit&#233; sociale, l'identit&#233; des quartiers reste tr&#232;s li&#233;e &#224; la couleur de peau de ses habitants : ce township est essentiellement &#171; Africain &#187;, quand celui-ci est toujours &#171; m&#233;tis &#187;, auxquels s'ajoutent les ghettos de migrants venus d'autres pays&#8230; Les ouvriers agricoles continuent de vivre en famille dans des baraquements mis&#233;rables sur la propri&#233;t&#233; o&#249; ils travaillent. Les bidons-villes ne cessent de cro&#238;tre. L'afflux massif d'immigrants africains est venu s'ajouter &#224; l'important exode rural interne apr&#232;s la fin du syst&#232;me des bantoustans (sorte de r&#233;serves ethniques justifi&#233;es par le &#171; d&#233;veloppement s&#233;par&#233; des races &#187;). Ces travailleurs africains ajoutent &#224; la pression sur les salaires, attisent malgr&#233; eux la haine des sud-africains noirs et survivent parfois en s'int&#233;grant &#224; toutes sortes de gangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'int&#233;grer au march&#233; mondial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le bilan de ces vingt ann&#233;es de gouvernement ANC, appuy&#233; par la centrale syndicale COSATU et le parti communiste. D&#232;s le d&#233;part, le nouveau r&#233;gime pilot&#233; par Nelson Mandela adopta une double orientation : sur le front int&#233;rieur une politique &#233;conomique de &#171; discrimination positive &#187; favorisant l'ascension sociale des Noirs et l'&#233;mergence d'un capitalisme noir, sur le front ext&#233;rieur un appel aux capitaux &#233;trangers susceptibles de venir appuyer la transition postapartheid. Cette &#171; dialectique &#187; a eu quelques succ&#232;s : boom de la consommation, retour des investissements &#233;trangers, croissance du PIB (3,1% en 1995 et 4,3% en 1996). Mais rien de tout cela ne pouvait durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la &#171; discrimination positive &#187; a permis &#224; des dizaines de milliers de Noirs d'acc&#233;der &#224; des emplois plus qualifi&#233;s et mieux r&#233;mun&#233;r&#233;s, et si l'&#233;mergence d'une bureaucratie d'affaire noire a favoris&#233; la consommation int&#233;rieure, un syst&#232;me d'intense corruption s'est d&#233;ploy&#233; au profit de centaines de cadres de l'ANC, du parti communiste et de l'appareil syndical, devenus actionnaires de grandes soci&#233;t&#233;s ou dirigeants de toutes sortes d'entreprises. En quelques mois, de tr&#232;s nombreuses figures de la lutte antiapartheid ont ainsi &#171; transmut&#233; &#187; au nom de la fin des discriminations. Et pour ce qui concerne l'ouverture du pays au capital &#233;tranger, une fois pass&#233;e l'euphorie du d&#233;part, il fallut revenir &#224; plus de r&#233;alisme. Au tournant du XXIe si&#232;cle, le capital financier a &#233;t&#233; infiniment plus attir&#233; par la Chine, le Br&#233;sil et l'Europe centrale que par un pays encore fort peu industrialis&#233;, tr&#232;s incertain socialement et situ&#233; au sud d'un continent tr&#232;s peu consommateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Capitalisme r&#234;v&#233; et capitalisme r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe dirigeante blanche avait donc parfaitement n&#233;goci&#233; le tournant institutionnel, pr&#233;servant l'essentiel de ses positions &#233;conomiques. Par contre, le grand r&#234;ve de l'ANC d'un &#171; capitalisme normal &#187; prenant son envol, une fois d&#233;barrass&#233; des rigidit&#233;s de l'apartheid et de son isolement international, ne se r&#233;alisa &#233;videmment pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette illusion trouvait sa source &#171; th&#233;orique &#187; dans l'analyse du r&#233;gime s&#233;gr&#233;gationniste par le PC sud-africain, organiquement li&#233; &#224; l'ANC : non pas, selon lui, un mode sp&#233;cifique d'accumulation capitaliste (&#224; bout de souffle sans aucun doute) mais un &#171; colonialisme de type sp&#233;cial &#187;. Cette analyse tr&#232;s limitative des t&#226;ches d&#233;mocratiques et r&#233;volutionnaires avait longtemps justifi&#233;, d&#232;s les ann&#233;es 50, l'accotement du PC &#224; l'ANC, ainsi que sa stigmatisation des &#171; gauchistes &#187; de tous poils dans les ann&#233;es 80. Lorsqu'&#224; partir de 1987 les luttes sociales se radicalis&#232;rent, le PC devint toutefois le plus chaud partisan (ultra gauche) de la lutte pour le socialisme. Mais, au moment de la n&#233;gociation du futur syst&#232;me &#233;conomique autour de 1994, il revint ais&#233;ment &#224; sa vieille doctrine pour justifier le compromis par la n&#233;cessit&#233; de sortir le pays de son r&#233;gime colonial en passant par l'&#233;tape d'un capitalisme vertueux ou du moins moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cette base que l'ANC et le PC ont promis beaucoup de choses en mati&#232;re de logements et d'acc&#232;s aux services de base (eau, &#233;lectricit&#233;, tout-&#224;-l'&#233;gout). Seule une petite partie de ces promesses furent tenues durant le mandat de Nelson Mandela. Fallait-il &#234;tre simplement patient ? Pour autant le mandat pr&#233;sidentiel suivant, celui de Thabo Mbeki (1999- 2008), ne donna rien de plus en d&#233;pit d'une accentuation du cours lib&#233;ral. C'est ce qui permit alors au vice-pr&#233;sident Jacob Zuma, menac&#233; par une affaire de corruption et de viol, de s'afficher opportun&#233;ment comme une alternative de gauche en s'appuyant sur les secteurs populistes et staliniens de l'alliance (ANC, PC, COSATU). Mbeki est finalement battu au sein de l'ANC et la voie est ouverte pour une pr&#233;sidence Zuma fortement soutenue par ces secteurs. Mais tr&#232;s vite c'est la corruption qui domine son mandat et en 2013 &#233;clate une nouvelle affaire &#224; propos de travaux pharaoniques r&#233;alis&#233;s au frais de l'Etat dans une de ses propri&#233;t&#233;s. C'est cette d&#233;rive pourrissante du r&#233;gime qui aboutit aux sifflets d'une partie de l'assistance quand Zuma prend la parole le 10 d&#233;cembre 2013 au FNB Stadium &#224; l'occasion de l'hommage rendu &#224; Nelson Mandela. Le r&#233;gime est totalement gangr&#233;n&#233; par l'affairisme, sans que cela emp&#234;che moult r&#233;f&#233;rences &#171; progressistes &#187; et &#171; prol&#233;tariennes &#187; du c&#244;t&#233; du parti communiste et des syndicats du Cosatu, ceux-ci finan&#231;ant le pr&#233;c&#233;dent par leurs cotisations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;chirures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#233;v&#233;nement important a &#233;t&#233; l'exclusion de Julius Malema de l'ANC en 2012. Rod&#233; aux affrontements internes entre cliques, pr&#233;sident de la Ligue de la jeunesse de l'ANC &#224; partir de 2008, il a progressivement d&#233;velopp&#233; une ligne &#171; gauche &#187; tr&#232;s anti-Blancs rappelant parfois les d&#233;rives du pr&#233;sident Mugabe au Zimbabwe. Le 10 novembre 2011, la commission de discipline du mouvement le suspend pour cinq ans pour avoir sem&#233; la division au sein de l'ANC, d&#233;fi&#233; ses dirigeants nationaux et port&#233; atteinte &#224; l'image du parti. Il est exclu du mouvement de jeunesse de l'ANC le 29 f&#233;vrier 2012[]. D&#232;s lors, Malema lance son propre parti (EFF pour Economic Freedom Fighters).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est assez difficile de caract&#233;riser ce mouvement au-del&#224; des d&#233;clarations de son chef. Le discours est essentiellement anti-corruption et anti-lib&#233;ral mais s'&#233;maille parfois de r&#233;f&#233;rences anticapitalistes. Il promet la &#171; vraie libert&#233; &#187; &#224; la majorit&#233; noire mais le programme &#233;conomique reste assez confus et sa d&#233;mocratie interne questionne. &#171; Dans cinq ans, aucune communaut&#233; ne sera sans eau, ni sans &#233;lectricit&#233; &#187;, a-t-il promis. &#171; La vraie libert&#233; signifie l'&#233;lectricit&#233;, l'eau, des emplois de qualit&#233; et des salaires permettant de vivre &#187;. L'adoption du b&#233;ret rouge pour tous les militants et les mises en sc&#232;ne parfois un peu militaristes donnent l'impression d'un courant inspir&#233; par le nationalisme africain radical au vernis socialisant, comme purent l'&#234;tre en fin de lutte de lib&#233;ration des mouvements comme le MPLA angolais, le Frelimo mozambicain ou surtout la Zanu de Mugabe. L'&#233;v&#233;nement est toutefois important. L'EFF a aujourd'hui une petite influence dans la jeunesse et ses listes aux prochaines &#233;lections pourraient faire quelques bons scores. Le fait que ce soit une scission de l'ANC renforce le symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second &#233;v&#233;nement, celui-ci majeur, a &#233;t&#233; le massacre le 16 ao&#251;t 2012 de trente-quatre gr&#233;vistes de la soci&#233;t&#233; mini&#232;re Lonmin, &#224; Marikana, au moment de la dispersion de leur rassemblement. L'&#233;norme choc que cela a provoqu&#233; s'explique par les r&#233;miniscences que cela &#233;voque des grandes r&#233;pressions du r&#233;gime blanc. Zuma a d&#251; d&#233;cider un deuil national d'une semaine. Mais les cons&#233;quences syndicales et politiques en sont bien plus consid&#233;rables. Durant toute la dur&#233;e de cette gr&#232;ve le NUM, syndicat des mineurs et l'un des piliers du Cosatu, a refus&#233; de soutenir la revendication des gr&#233;vistes d'un salaire mensuel de 12.500 rands (environ 850 euros). Le NUM est apparu comme le jouet docile de la compagnie mini&#232;re et Cyril Ramaphosa, son ancien dirigeant du temps de l'apartheid, l'un des dirigeants actuel de l'ANC et&#8230; actionnaire de la dite-compagnie est apparu comme ayant conseill&#233; la fermet&#233;. La ligne rouge a donc &#233;t&#233; franchie et le malaise est &#224; la mesure de ses &#224;-c&#244;t&#233;s bureaucratiques et affairistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le syndicat de la m&#233;tallurgie (NUMSA) qui va engager la bataille en proclamant &#224; son congr&#232;s de d&#233;cembre 2013 la fin de son soutien &#224; l'ANC et au parti communiste. Finies les remont&#233;es financi&#232;res et le soutien &#233;lectoral, le mot d'ordre est &#171; nous n'oublierons pas Marikana &#187;. Le processus de scission du Cosatu est donc amorc&#233;, &#224; charge pour le Numsa de savoir convaincre et rassembler. Exercice difficile, d'autant que le syndicat proclame en m&#234;me temps sa volont&#233; de reconstruire un mouvement ouvrier socialiste et soul&#232;ve la question d'un parti des travailleurs. T&#226;che parfaitement exaltante, mais qui exige une rupture avec le pass&#233; stalinien notamment en ce qui concerne le lien entre parti et syndicat, qui appelle une clarification sur tous les m&#233;canismes bureaucratiques &#224; commencer par la gestion de fonds financiers syndicaux importants. La mani&#232;re dont le NUMSA saura tisser des liens sans h&#233;g&#233;monisme avec les multiples formes d'organisation dans les townships et les campagnes sera tr&#232;s importante. Absent des bidonvilles depuis plus de vingt ans, le mouvement syndical, fut-il ind&#233;pendant, doit d&#233;montrer son utilit&#233; parmi les larges fractions de la population qui sont exclues de l'emploi salari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, il s'agit d'ores et d&#233;j&#224; d'un tournant exceptionnel dans la situation politique du pays. Car tout cela se d&#233;roule sur fond de luttes sociales quotidiennes, de gr&#232;ves ouvri&#232;res et de mouvements de protestation dans les townships les plus d&#233;sh&#233;rit&#233;s. A l'heure o&#249; cet article est &#233;crit, 80,000 mineurs sont en gr&#232;ve depuis dix semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'objectif d'une force d&#233;mocratique, populaire et socialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un long processus qui s&#8216;amorce. Il y aura d'autres d&#233;parts, d'autres ruptures. Il y a aussi l'apparition d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration militante qui n'a connu que le gouvernement ANC et qui n'est pas forc&#233;ment attach&#233;e aux embl&#232;mes formels du pass&#233;. Pour sa part, la gauche socialiste sud-africaine devra travailler sur plusieurs fronts : poursuivre les discussions avec la direction du Numsa ou avec une partie de l'EFF et sans doute avec d'autres encore, mais aussi &#233;largir son influence sociale et politique ind&#233;pendamment des rythmes de recomposition g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que l'&#233;crasante majorit&#233; des pauvres et des ouvriers soient des Noirs et que le c&#339;ur de l'&#233;conomie sud-africaine reste aux mains de la bourgeoisie blanche montre que le &#171; capitalisme racial &#187; est encore bien pr&#233;sent. Par cons&#233;quent, aujourd'hui encore, les luttes prennent aussi la forme d'une r&#233;volte contre cette oppression sp&#233;cifique. La complexit&#233; politique du pays demeure, l'articulation n&#233;cessaire entre revendications &#233;mancipatrices et revendications anticapitalistes restant une difficult&#233; permanente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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