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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Lecture b&#233;n&#233;fice pour l'UNRWA de la pi&#232;ce L'Affiche de Philippe Ducros</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Lecture-benefice-pour-l-UNRWA-de-la-piece-L-Affiche-de-Philippe-Ducros</link>
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		<dc:date>2025-10-21T08:16:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>USINE C </dc:creator>


		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2025-10-21</dc:subject>
		<dc:subject>Conflit Isra&#233;lo-palestinien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Communiqu&#233; USINE C &#8211; Les productions H&#244;tel-Motel et l'USINE C s'associent pour pr&#233;senter une lecture-b&#233;n&#233;fice de la pi&#232;ce L'AFFICHE de Philippe Ducros, en soutien aux r&#233;fugi&#233;s palestiniens. &lt;br class='autobr' /&gt; -# Tous les fonds recueillis seront revers&#233;s &#224; l'Agence des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s palestiniens (UNRWA), d&#233;livrant de l'aide humanitaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224;, avant le 7 octobre 2023, pr&#232;s de 70 % de la population de la bande de Gaza d&#233;pendait directement de cet organisme pour leur survie. Convaincue par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Palestine-+" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-10-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-10-21&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Conflit-Israelo-palestinien-+" rel="tag"&gt;Conflit Isra&#233;lo-palestinien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/capture_d_e_cran_le_2025-10-20_a_14_08.03-401f4.png?1781045453' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Communiqu&#233; USINE C &#8211; Les productions H&#244;tel-Motel et l'USINE C s'associent pour pr&#233;senter une lecture-b&#233;n&#233;fice de la pi&#232;ce L'AFFICHE de Philippe Ducros, en soutien aux r&#233;fugi&#233;s palestiniens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Tous les fonds recueillis seront revers&#233;s &#224; l'Agence des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s palestiniens (UNRWA), d&#233;livrant de l'aide humanitaire.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, avant le 7 octobre 2023, pr&#232;s de 70 % de la population de la bande de Gaza d&#233;pendait directement de cet organisme pour leur survie. Convaincue par l'urgence et la n&#233;cessit&#233; d'agir ici et maintenant, Angela Konrad et l'USINE C souhaitent accueillir cet &#233;v&#233;nement essentiel, initi&#233; par Philippe Ducros et Isabelle Vincent, en ouvrant grand leurs portes et en esp&#233;rant compter sur le soutien des publics de tous les th&#233;&#226;tres de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous organisons une lecture de L'AFFICHE pour r&#233;pondre au sentiment d'impuissance face &#224; ce g&#233;nocide qui se passe en direct &#224; Gaza et en Cisjordanie (comme le nomme aujourd'hui officiellement une commission de l'ONU), face &#224; ses r&#233;percussions qui s'&#233;tendent au Liban, &#224; la Syrie, &#224; l'Iran, partout en fait &#187;, souligne Philippe Ducros, auteur de L'AFFICHE et directeur artistique des Productions H&#244;tel-Motel. &#171; Et parce que L'AFFICHE se termine sur un appel au dialogue pour que le sang arr&#234;te de couler. L'occupation doit cesser. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Affiche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte percutant &#233;crit entre 2004 et 2009 documente les impacts de l'occupation militaire des territoires palestiniens, et ce, des deux c&#244;t&#233;s du mur. L'AFFICHE raconte l'indicible en d&#233;crivant la violence insupportable d'un impossible quotidien. Elle met des visages sur les voix bris&#233;es, sur les petites r&#233;sistances, sur les espoirs que l'occupation met &#224; rude &#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que le conflit actuel n'a pas commenc&#233; le 7 octobre 2023. L'occupation militaire dure depuis des d&#233;cennies. Il y a actuellement urgence de briser le silence, de parler des effets r&#233;els d'un conflit largement m&#233;diatis&#233; sur le v&#233;cu de milliers de gens, un conflit qui fragilise l'ensemble de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture publique se veut un geste de solidarit&#233; spontan&#233; port&#233; par des membres de la distribution originale ainsi que par de nouveaux venus : Karim Bourara, Fran&#231;ois Bernier, Sylvie De Morais-Nogueira, Justin Laram&#233;e, Marie-Laurence Moreau, Mireille Naggar, Etienne Pilon, Richard Th&#233;riault et Isabelle Vincent. La lecture sera suivie d'une discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe Ducros&lt;/strong&gt; est auteur et metteur en sc&#232;ne d'une vingtaine de pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre et d'un roman. Autodidacte, sa d&#233;marche reste ancr&#233;e dans ses errances aux quatre coins du monde (Syrie, Palestine, Isra&#235;l, Liban, Iran, etc.). &#192; la suite d'une r&#233;sidence en Syrie, il &#233;crit L'affiche (&#201;ditions Lansman). Pour l'&#233;crire, il est all&#233; &#224; trois reprises en Palestine occup&#233;e et en Isra&#235;l. Il y &#233;tait en 2009 lors des bombardements sur Gaza et les 1 300 morts qui en ont d&#233;coul&#233;. Il a aussi fait de nombreux s&#233;jours dans les camps de r&#233;fugi&#233;s palestiniens en Syrie et au Liban. Il a encore des ami&#183;e&#183;s l&#224;-bas, des deux c&#244;t&#233;s du mur, avec qui il correspond. Il est le directeur artistique des Productions H&#244;tel-Motel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;Productions H&#244;tel-Motel&lt;/strong&gt; souhaitent sortir les spectateur&#183;trice&#183;s des cuisines du Qu&#233;bec pour ancrer notre question identitaire dans une vision macroscopique du monde. Depuis sa cr&#233;ation, H&#244;tel-Motel a cr&#233;&#233; plus d'une quinzaine de pi&#232;ces pr&#233;sent&#233;es au Qu&#233;bec, au Canada, en Europe et en Afrique, dont La porte du non-retour, Bibish de Kinshasa, La cartomancie du territoire, Chambres d'&#233;cho et (D&#233;)tourner sa langue.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Tous les revenus de billetterie seront remis &#224; l'Agence des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s palestiniens (UNRWA). Les personnes qui ne peuvent pas assister &#224; la lecture-b&#233;n&#233;fice et qui souhaitent faire un don, peuvent le faire directement via le site de l'UNRWA&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;center&gt;******&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
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&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La destruction du th&#233;&#226;tre russe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-destruction-du-theatre-russe</link>
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		<dc:date>2023-04-25T08:07:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Thibaudat</dc:creator>


		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-04-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; : protestations, d&#233;parts pour l'&#233;tranger ou d&#233;missions pour cause de guerre ; de l'autre : exclusions, interpellations, amendes, spectacles d&#233;programm&#233;s pour non soutien affich&#233; aux forces arm&#233;es de la F&#233;d&#233;ration de Russie. Le paysage du th&#233;&#226;tre russe est chamboul&#233;, explos&#233;, d&#233;vast&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 24 f&#233;vrier 2022, jour un de &#171; l'op&#233;ration sp&#233;ciale &#187; visant &#224; an&#233;antir et annexer l'Ukraine, Elena Kovalskaia, la formidable directrice du Centre Meyerhold de Moscou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Theatre-" rel="directory"&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH114/capture_d_e_cran_le_2023-04-24_a_18.26_18-58a54.png?1781045454' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; : protestations, d&#233;parts pour l'&#233;tranger ou d&#233;missions pour cause de guerre ; de l'autre : exclusions, interpellations, amendes, spectacles d&#233;programm&#233;s pour non soutien affich&#233; aux forces arm&#233;es de la F&#233;d&#233;ration de Russie. Le paysage du th&#233;&#226;tre russe est chamboul&#233;, explos&#233;, d&#233;vast&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-thibaudat/blog/190423/la-destruction-du-theatre-russe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 f&#233;vrier 2022, jour un de &#171; l'op&#233;ration sp&#233;ciale &#187; visant &#224; an&#233;antir et annexer l'Ukraine, Elena Kovalskaia, la formidable directrice du Centre Meyerhold de Moscou d&#233;missionnait. Le lendemain le tr&#232;s bon metteur en sc&#232;ne Mindaugas Karabauskis, directeur du Th&#233;&#226;tre Ma&#239;akovski de Moscou d&#233;missionnait &#224; son tour et ses mises en sc&#232;ne ne tarderont pas &#224; &#234;tre retir&#233;es de l'affiche. La r&#233;action ne s'est pas faite attendre. Trois jours plus tard, Dmitri Volkostrelov, le directeur artistique du centre Meyerhold &#233;tait d&#233;mis de ses fonctions, et, dans la foul&#233;e, on faisait fusionner le Centre Meyerhold avec le GITIS, l'&#233;cole dramatique de Moscou, &#233;tablissement affichant son soutien &#224; la guerre. Depuis ce double mouvement n'a pas eu de cesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marina Davydova, la r&#233;dactrice en chef de la prestigieuse revue Teatr, menac&#233;e apr&#232;s avoir sign&#233; une p&#233;tition contre la guerre, est partie d&#233;but mars 2022 &#224; Berlin. Tr&#232;s vite, sur Internet, a commenc&#233; la publication quasi quotidienne d'une &#171; chronique de la destruction &#187; en marge de la revue, elle, suspendue par les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ordre de d&#233;missions volontaires : Tougan Sokiev, chef d'orchestre du Bolcho&#239;, Mikhail Bychkov directeur du festival Platonov, Marina Andreykina, directrice adjointe du Th&#233;&#226;tre d'art de Moscou, Natalia Yaroslavtseva, ministre de la culture de la r&#233;gion de Novossibirsk, Denis Amazov directeur du Th&#233;&#226;tre Roman Viktyouk &#224; Moscou, Rimas Touminas, directeur du Th&#233;&#226;tre Vakhtangov &#224; Moscou, Alexey Kriklyviy directeur du Globe &#224; Novossibirsk. Le metteur en sc&#232;ne Youri Boutoussov a quitt&#233; le th&#233;&#226;tre Vathtangov et est parti aussit&#244;t &#224; l'&#233;tranger, Alexandre Kouliabine, directeur de la Torche rouge a d&#233;missionn&#233; (et une action en justice a &#233;t&#233; men&#233;e contre lui) . D&#233;missions &#233;galement de Maria Revyakina, directrice du Th&#233;&#226;tre des Nations, Pavel Yuzhakov, directeur du Th&#233;&#226;tre de la jeunesse de Novossibirsk, Liya Akhedzhakova grande actrice du th&#233;&#226;tre Sovremennik &#224; Moscou. Cette v&#233;n&#233;rable actrice aim&#233;e de tous les Russes, est l'objet d'une action en justice men&#233;e par Vitaly Borodine (chef de la s&#233;curit&#233;) : on l'accuse de &#171; haute trahison &#187; et d'avoir publiquement &#171; discr&#233;dit&#233; les forces arm&#233;es de la F&#233;d&#233;ration de Russie &#187;, formule r&#233;currente des actes d'accusation. Ses spectacles sont retir&#233;s de l'affiche et c'est aussi le cas de nombreux auteurs et metteurs en sc&#232;ne ayant d&#233;missionn&#233; ou &#233;tant partis &#224; l'&#233;tranger (Pays baltes, Allemagne, Espagne, France, Angleterre, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres artistes sont d&#233;mis de leurs fonctions par les autorit&#233;s comme Yulia Churilova, directrice du premier th&#233;&#226;tre de Novossibirsk, Sergei Levitsky qui dirigeait le th&#233;&#226;tre dramatique russe d'Oulan-Oud&#233; et a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; une amende pour avoir &#171; discr&#233;dit&#233; les forces arm&#233;es de la F&#233;d&#233;ration de Russie &#187;. C'est aussi le cas de Yula Belyaeva, directrice du th&#233;&#226;tre dramatique de Komi-Permyak. Anna Yakunia directrice du Th&#233;&#226;tre de la Jeunesse de Khabarovsk (grande ville sib&#233;rienne) a &#233;t&#233; licenci&#233;e tout comme Natalia Pivovarova professeure au GITIS (la plus c&#233;l&#232;bre des &#233;coles de th&#233;&#226;tre moscovites) depuis quarante ans. L'acteur Dmitry Nazarov et son &#233;pouse l'actrice Olga Vasilyeva ont &#233;t&#233; renvoy&#233;s du th&#233;&#226;tre d'art de Moscou, le couple a quitt&#233; la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les th&#233;&#226;tres de Moscou ont re&#231;u l'ordre de d&#233;programmer les mises en sc&#232;ne de Dmitry Krymov qui, s&#233;journant aux Etats-Unis a d&#233;cid&#233; de prolonger son s&#233;jour jusqu'&#224; une date ind&#233;termin&#233;e. La tourn&#233;e de Guerre et paix dans la mise en sc&#232;ne de Rimas Tuminas a &#233;t&#233; suspendue. Des noms d'auteurs, de metteurs en sc&#232;ne et d'acteurs tr&#232;s connus comme Boris Akounine, Boris Pavlovitch,Viktor Chenderovitch, Nikita Betekhtine, Kirill Serebrennikov, Alexander Molochnikov sont retir&#233;s des affiches et des programmes. Et c'est &#233;videmment le cas d'Ivan Viripaev (qui vit en Pologne) et avait dit vouloir verser ses droits d'auteur &#224; une fond pour la paix en Ukraine. Vsevolod Lisovsky qui jouait dans la rue Le cercle de craie caucasien de Brecht a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Oleg Yagodine acteur phare du th&#233;&#226;tre Kolyada &#224; Ekaterinbourg a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; une amende pour avoir &#171; discr&#233;dit&#233; les forces arm&#233;es de la F&#233;d&#233;ration de Russie &#187;. La critique de th&#233;&#226;tre Aysyla Kadirova a &#233;t&#233; inculp&#233;e pour &#171; justification publique du terrorisme &#187;. Fait rare, trois semaines apr&#232;s le d&#233;but de la guerre, le th&#233;&#226;tre dramatique de Minoussinsk (ville connue pour la qualit&#233; de ses tomates), et le th&#233;&#226;tre de marionnettes de Novossibirsk ont mis en ligne une vid&#233;o en faveur de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Moscou, la Douma d'Etat a mis en place un &#171; groupe d'enqu&#234;te sur les activit&#233;s anti-russes &#187; dans le domaine de la culture en dressant une liste noire o&#249; figurent Lev Dodine, Danila Kozlovsky, Vladimir Ourine, Alexandre Molochnikov et bien d'autres. Quant &#224; Andrey Moguchy, directeur artistique du fameux th&#233;&#226;tre Tovstonogov &#224; Saint Petersbourg, son contrat n'a pas &#233;t&#233; renouvel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, &#224; l'inverse, affichent leur soutien &#224; la guerre men&#233;e par l'arm&#233;e russe. C'est le cas du Th&#233;&#226;tre de l'arm&#233;e russe &#224; Moscou qui a tourn&#233; une vid&#233;o patriotique, c'est le cas des th&#233;&#226;tres moscovites qui affichent un Z g&#233;ant sur leur fa&#231;ade comme l'a fait le premier Oleg Tabakov. L'acteur tr&#232;s connu Alexandre Kaliagine a demand&#233; l'exclusion de Mikhail Durnenkov du STD (l'union des gens de th&#233;&#226;tre) pour ses d&#233;clarations anti-guerre. La direction du GITIS a d&#233;nonc&#233; la &#171; litt&#233;rature nazie &#187; en provenance d'Ukraine. L'actrice Polina Agour&#233;eva que l'on avait vue en France dans les spectacles de feu Piotr Fomenko, est all&#233;e jouer &#224; Donetsk et dans d'autres villes du Donbass pour les soldats russes. Le th&#233;&#226;tre Roman Viktiouk a d&#233;cid&#233; d'annuler ses repr&#233;sentations et de devenir un point de mobilisation. Le th&#233;&#226;tre Vakhtangov de Moscou patronne une unit&#233; militaire du Donbass.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces soutiens &#224; Poutine et &#224; la guerre en Ukraine, le c&#233;l&#232;bre et influent acteur Yevgeny Mironov est des plus actifs. Sa fondation a fait don d'un &#233;quipement d'une valeur de huit millions de roubles au Th&#233;&#226;tre dramatique russifi&#233; de Marioupol et l'acteur s'est rendu sur place aupr&#232;s des forces russes. Quant &#224; la mise en sc&#232;ne d'Oncle Vania de Tchekhov au Th&#233;&#226;tre des Nations par St&#233;phane Braunchweig (une cr&#233;ation venue &#224; l'Od&#233;on en janvier 2020), Mironov -qui tient le r&#244;le-titre- annonce que le spectacle sera jou&#233; &#224; Moscou le 22 juin prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 mars dernier, Artur Shuvalov, un acteur du th&#233;&#226;tre dramatique d'Oulan-Oud&#233; (capitale de la Bouriatie vers la fronti&#232;re mongole) s'est taill&#233; les poignets en sc&#232;ne pour protester contre la nouvelle direction du th&#233;&#226;tre (l'ancien directeur Serguei Levitsky ayant &#233;t&#233; licenci&#233;) et le harc&#232;lement dont son &#233;pouse, actrice, et lui sont l'objet. Un spectateur ayant film&#233; la sc&#232;ne l'a mise en ligne sur une cha&#238;ne crypt&#233;e. C'est Elena qui, dans Oncle Vania, parle du &#171; d&#233;mon de la destruction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(avec l'aide de Macha Zonina)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-guerre-de-Troie-n-aura-pas-lieu-1935</link>
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		<dc:date>2022-05-17T06:55:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-05-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans cette pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, mise en sc&#232;ne et pr&#233;sent&#233;e une premi&#232;re fois &#224; Paris en 1935, le dramaturge fran&#231;ais Jean Giraudoux reprend, en la d&#233;tournant, la c&#233;l&#232;bre pi&#232;ce Iliade d'Hom&#232;re. La guerre de Troie n'aura pas lieu remanie, pour l'essentiel, la m&#234;me histoire &#233;crite 28 si&#232;cles plus t&#244;t : on y retrouve la m&#234;me intrigue, les m&#234;mes personnages sauf que Giraudoux campe son r&#233;cit tout juste avant la col&#232;re d'Achille, la mort d'Hector et la destruction de la cit&#233; troyenne. Bref, avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Theatre-" rel="directory"&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton52863-87db4.png?1781045455' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cette pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, mise en sc&#232;ne et pr&#233;sent&#233;e une premi&#232;re fois &#224; Paris en 1935, le dramaturge fran&#231;ais Jean Giraudoux reprend, en la d&#233;tournant, la c&#233;l&#232;bre pi&#232;ce &lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt; d'Hom&#232;re. &lt;i&gt;La guerre de Troie n'aura pas lieu&lt;/i&gt; remanie, pour l'essentiel, la m&#234;me histoire &#233;crite 28 si&#232;cles plus t&#244;t : on y retrouve la m&#234;me intrigue, les m&#234;mes personnages sauf que Giraudoux campe son r&#233;cit tout juste avant la col&#232;re d'Achille, la mort d'Hector et la destruction de la cit&#233; troyenne. Bref, avant le d&#233;clenchement des hostilit&#233;s entre les bellig&#233;rants et les protagonistes du conflit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1935 Hitler &#233;tait au pouvoir en Allemagne. La France, qui se voyait &#224; l'&#233;poque comme l'arm&#233;e la plus puissante de l'Europe, ne pouvait s'imaginer susceptible d'&#234;tre vaincue face &#224; l'Allemagne nazie. On conna&#238;t la suite de l'histoire. La plume de Giraudoux n'a pas permis, h&#233;las, d'imprimer un cours diff&#233;rent &#224; la grande souffrance d'une partie de la population europ&#233;enne et ensuite mondiale. Paul Claudel s'attaquera au pacifisme de Jean Giraudoux. Il aurait m&#234;me &#233;crit dans son journal au sujet de la pi&#232;ce &lt;i&gt;La guerre de Troie n'aura pas lieu&lt;/i&gt; le commentaire suivant : &#171; &lt;i&gt; Cette apologie de la paix et de la l&#226;chet&#233; est r&#233;pugnante&lt;/i&gt; &#187;. C'est qu'en mati&#232;re de guerre et de perte inutile de vies humaines, Giraudoux s'y conna&#238;t un peu. Il a v&#233;cu les tranch&#233;es de la Grande Guerre. Il a vu des compagnons d'uniforme mourir &#224; ses c&#244;t&#233;s. Il importe donc de pr&#233;ciser qu'il y a des moments dans la vie o&#249; une personne choisit son camp en toute connaissance de causes. Le pacifisme de Giraudoux a incontestablement un v&#233;ritable fondement historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une petite influence de Marx dans ce r&#233;cit th&#233;&#226;tral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes ici en pr&#233;sence d'une com&#233;die dramatique qui semble avoir &#233;galement &#233;t&#233; inspir&#233;e par la c&#233;l&#232;bre boutade de Marx selon laquelle &#171; &lt;i&gt; tous les grands &#233;v&#233;nements et personnages historiques se r&#233;p&#232;tent pour ainsi dire deux fois [&#8230;] la premi&#232;re fois comme trag&#233;die, la seconde fois comme farce &lt;/i&gt; &#187;. La trag&#233;die &#233;tant l'&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt; et la farce &lt;i&gt;La guerre de Troie n'aura pas lieu&lt;/i&gt;. Il y a en effet dans cette pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre des moments comiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure sur aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lisant ou en regardant cette pi&#232;ce, vous vous direz que certains &#234;tres humains sont r&#233;ellement capables d'inscrire tristement leurs actions dans la voie de la suppression violente de la vie et &#233;galement de la destruction des plus grandes &#339;uvres cr&#233;atrices de l'humanit&#233;. Dans le contexte actuel du conflit militaire entre la Russie et l'Ukraine, la com&#233;die dramatique de Giraudoux vous am&#232;nera &#224; vous poser la question suivante : la guerre, qui se pratique avec des outils fabriqu&#233;s par les humains, est-ce r&#233;ellement le seul &#233;l&#233;ment qui distingue les belliqueux des autres animaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une r&#233;plique dans cette pi&#232;ce qui m&#233;rite d'&#234;tre longuement m&#233;dit&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Hector. &#8211; Mon cher Busiris, nous savons tous ici que le droit est la plus puissante des &#233;coles de l'imagination. Jamais po&#232;te n'a interpr&#233;t&#233; la nature aussi librement qu'un juriste la r&#233;alit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; (p. 79).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvan Perrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mai 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;yvan_perrier@hotmail.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J'aurais voulu &#234;tre une artiste&#8230; avec le droit &#224; la n&#233;gociation collective</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/J-aurais-voulu-etre-une-artiste-avec-le-droit-a-la-negociation-collective</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/J-aurais-voulu-etre-une-artiste-avec-le-droit-a-la-negociation-collective</guid>
		<dc:date>2021-03-02T08:03:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux (CSN)</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi l'AQAD, l'UNEQ, et l'AJIQ), en collaboration avec la FNCC&#8211;CSN d&#233;poseront prochainement leurs m&#233;moires au minist&#232;re de la Culture et des Communications qui m&#232;nera des consultations afin de r&#233;viser les deux lois. &lt;br class='autobr' /&gt; Une seule plume, deux r&#233;alit&#233;s. En plus de quinze ans de carri&#232;re, l'autrice dramatique Emmanuelle Jimenez a &#233;crit nombre d'&#339;uvres, mont&#233;es par plusieurs th&#233;&#226;tres : Centre d'achats, Cendres et B&#233;b&#233;s, pour ne nommer que celles-l&#224;. Lorsqu'un th&#233;&#226;tre lui commande une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton47045-8b099.png?1781045456' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi l'AQAD, l'UNEQ, et l'AJIQ), en collaboration avec la FNCC&#8211;CSN d&#233;poseront prochainement leurs m&#233;moires au minist&#232;re de la Culture et des Communications qui m&#232;nera des consultations afin de r&#233;viser les deux lois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une seule plume, deux r&#233;alit&#233;s. En plus de quinze ans de carri&#232;re, l'autrice dramatique Emmanuelle Jimenez a &#233;crit nombre d'&#339;uvres, mont&#233;es par plusieurs th&#233;&#226;tres : Centre d'achats, Cendres et B&#233;b&#233;s, pour ne nommer que celles-l&#224;. Lorsqu'un th&#233;&#226;tre lui commande une pi&#232;ce, la loi est claire : un cachet minimum et les clauses de son contrat sont pr&#233;vus par une entente collective n&#233;goci&#233;e par l'Association qu&#233;b&#233;coise des auteurs dramatiques (AQAD).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A contrario, lorsqu'elle prend l'initiative de proposer, elle-m&#234;me, son texte &#224; un th&#233;&#226;tre, l'autrice doit conclure une entente, qu'elle n&#233;gocie seule. Ce second sc&#233;nario est beaucoup plus fr&#233;quent. &#171; Tu pars avec ta pi&#232;ce et tu la soumets au th&#233;&#226;tre de ton choix. S'il accepte de monter la pi&#232;ce, il faut n&#233;gocier avec le producteur un contrat de licence. Dans le milieu, il existe un certain usage, une coutume. Des producteurs font bien les choses. D'autres, non ! &#199;a nous place dans une position tr&#232;s vuln&#233;rable. Tu ne veux pas te mettre le milieu des producteurs &#224; dos &#187;, explique Emmanuelle Jimenez, &#233;galement vice-pr&#233;sidente de l'AQAD. En effet, la loi ne permet pas aux autrices et auteurs qui soumettent volontairement leurs textes &#224; un producteur de n&#233;gocier collectivement des tarifs minimums. Et lorsqu'un auteur se retrouve seul face &#224; un producteur, on sait que le rapport de force est comme la tour de Pise : il penche toujours du m&#234;me bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;crivaines et &#233;crivains laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sort de l'&#233;crivain qui propose son manuscrit &#224; l'&#233;diteur s'av&#232;re tout aussi injuste, soumis &#224; un rapport de force totalement d&#233;s&#233;quilibr&#233;. &#171; Chaque contrat est diff&#233;rent. On ne respecte pas de contrat type. Ce qui est offert par l'&#233;diteur, c'est souvent &#224; prendre ou &#224; laisser. Il y a des histoires d'horreur o&#249; des &#233;crivains c&#232;dent leurs droits de mani&#232;re illimit&#233;e, par exemple. Et le premier contrat est crucial parce qu'on peut regretter des clauses pour longtemps. &#187; Celle qui s'insurge, vous la connaissez. Suzanne Aubry a &#233;t&#233; la sc&#233;nariste de plusieurs s&#233;ries &#224; succ&#232;s &#224; la t&#233;l&#233; : Sauve qui peut, Mon meilleur ennemi, etc. En tant que sc&#233;nariste pour la t&#233;l&#233;, elle &#233;tait prot&#233;g&#233;e d&#232;s le premier mot. Mais comme romanci&#232;re, Suzanne Aubry, aussi &#233;crivaine de la saga historique Fanette, doit compter sur sa r&#233;putation et sa pugnacit&#233; durant la n&#233;gociation avec les &#233;diteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison qu'elle pr&#233;side l'Union des &#233;crivaines et des &#233;crivains qu&#233;b&#233;cois (UNEQ). Pour que ses coll&#232;gues aient droit &#224; un r&#233;gime de rapports collectifs encadr&#233; par la loi. Cela permettrait l'obtention de conditions de travail d&#233;centes et la cr&#233;ation d'une structure d'arbitrage, de grief et de m&#233;diation efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;poussi&#233;rer des lois qui ratent leur cible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour historique. &#192; la fin des ann&#233;es quatre-vingt, le Qu&#233;bec, dirig&#233; par le premier ministre Robert Bourassa, se dote de deux lois sur le statut de l'artiste (Loi sur le statut professionnel et les conditions d'engagement des artistes de la sc&#232;ne, du disque et du cin&#233;ma [S-32.1] et Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des m&#233;tiers d'art et de la litt&#233;rature et sur leurs contrats avec les diffuseurs [S-32.01]). La premi&#232;re permet la repr&#233;sentation collective et la conclusion d'ententes collectives, la seconde l'en emp&#234;che. En effet, la loi S-32.01 met uniquement en place certaines mesures pour l'exploitation commerciale des &#339;uvres entre les artistes et les diffuseurs. Ensemble, ces deux lois devaient permettre aux artistes, aux cr&#233;ateurs et aux professionnels du milieu culturel qu&#233;b&#233;cois d'am&#233;liorer leur situation socio&#233;conomique ainsi que leurs conditions de vie et de pratique. Trois d&#233;cennies plus tard et malgr&#233; quelques bonifications des lois, c'est un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es collig&#233;es par l'Institut de la statistique du Qu&#233;bec sont implacables. Malgr&#233; un niveau de scolarit&#233; souvent sup&#233;rieur &#224; celui de l'ensemble de la population, les artistes &#8211; tr&#232;s souvent consid&#233;r&#233;s comme des travailleuses et des travailleurs autonomes &#8211; subissent des disparit&#233;s importantes de revenu. En 2015, leur revenu m&#233;dian &#233;tait d'environ 19 000 $ comparativement &#224; 36 000 $ pour l'ensemble des travailleurs qu&#233;b&#233;cois. Depuis la pand&#233;mie, c'est le gouffre. Les contrats annul&#233;s en cascade deviennent des tickets pour les programmes d'aide gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des journalistes ind&#233;pendants abonn&#233;s &#224; la pr&#233;carit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar des artistes vis&#233;s par la loi S-32.01, les journalistes ind&#233;pendants se sentent bien seuls lorsqu'arrive le temps de n&#233;gocier la diffusion du fruit de leur travail avec les entreprises m&#233;diatiques. Si ces journalistes &#224; la pige ne sont pas des &#171; artistes &#187; au sens strict du mot, ils vivent des r&#233;alit&#233;s similaires et revendiquent aussi le pouvoir de n&#233;gocier collectivement des conditions de pratiques minimales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume Roy, sp&#233;cialis&#233; dans le domaine du plein air, de l'aventure, des sciences et des ressources naturelles, est membre de l'Association des journalistes ind&#233;pendants du Qu&#233;bec (AJIQ). Il collabore avec plusieurs m&#233;dias. Il se souvient de ses premi&#232;res ann&#233;es dans le m&#233;tier. &#171; De grands m&#233;dias te disent que tu vas &#234;tre lu, que &#231;a va rayonner ! Oui, mais le peu qu'ils t'offrent, &#231;a ne nourrit pas les enfants. Tout se n&#233;gocie &#224; la pi&#232;ce. Moi, par exemple, je refuse de c&#233;der mes droits d'auteurs. Mais c'est dur de t'imposer au d&#233;but parce que t'es content d'avoir des piges. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cadre minimum de n&#233;gociation collective permettrait de prot&#233;ger leurs droits d'auteurs, d'acc&#233;der &#224; de meilleures conditions de travail, &#224; un r&#233;gime de retraite, &#224; des assurances et ultimement &#224; de meilleures conditions de vie. Les journalistes ind&#233;pendants sont, eux aussi, des travailleurs essentiels dont le m&#233;tier est fondamental dans notre soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vite ! R&#233;visons les lois sur le statut de l'artiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps est d&#233;sormais &#224; l'action. Voil&#224; pourquoi les trois associations (AQAD, UNEQ, AJIQ), en collaboration avec la F&#233;d&#233;ration nationale de la culture et des communications (FNCC&#8211;CSN) d&#233;poseront prochainement leurs m&#233;moires au minist&#232;re de la Culture et des Communications afin que les deux lois soient revues. L'une de leurs principales luttes s'av&#232;re incontestablement le droit &#224; la libert&#233; d'association, incluant le droit &#224; la n&#233;gociation collective. Ces lois doivent jouer leur r&#244;le et devenir v&#233;ritablement efficaces. Suzanne Aubry est sans appel, &#171; la loi S-32.01 est carr&#233;ment discriminatoire, car elle ne contient aucune contrainte pour obliger les &#233;diteurs &#224; n&#233;gocier des ententes collectives avec les &#233;crivains. &#199;a fait trente ans que &#231;a dure et &#231;a doit changer &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Tu te souviendras de moi de Fran&#231;ois Archambault</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Tu-te-souviendras-de-moi-de-Francois-Archambault</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Tu-te-souviendras-de-moi-de-Francois-Archambault</guid>
		<dc:date>2020-09-29T08:27:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Beaucage</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis d&#233;j&#224; plus de vingt-cinq ans, Fran&#231;ois Archambault s'illustre comme un auteur dramatique plut&#244;t original, qui attire l'attention de nombreux (ses) amateurs (trices) de th&#233;&#226;tre du Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt; De Paul Beaucage &lt;br class='autobr' /&gt; Parmi les pi&#232;ces qu'Archambault a &#233;crites, il convient de citer certaines de ses plus r&#233;put&#233;es : Cul sec (1993), Adieu beaut&#233;, la com&#233;die des horreurs (1998), La soci&#233;t&#233; des loisirs (2003) et, assez r&#233;cemment, Une mort accidentelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Theatre-" rel="directory"&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton44885-7508b.jpg?1781045457' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis d&#233;j&#224; plus de vingt-cinq ans, Fran&#231;ois Archambault s'illustre comme un auteur dramatique plut&#244;t original, qui attire l'attention de nombreux (ses) amateurs (trices) de th&#233;&#226;tre du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De Paul Beaucage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Parmi les pi&#232;ces qu'Archambault a &#233;crites, il convient de citer certaines de ses plus r&#233;put&#233;es : Cul sec (1993), Adieu beaut&#233;, la com&#233;die des horreurs (1998), La soci&#233;t&#233; des loisirs (2003) et, assez r&#233;cemment, Une mort accidentelle (2017). En ce qui a trait &#224; Tu te souviendras de moi (2013), il faut signaler que l'on a pr&#233;sent&#233; cette cr&#233;ation dramatique au Th&#233;&#226;tre La Licorne en 2014. Or, l'&#339;uvre concern&#233;e a re&#231;u un accueil favorable de la part du public et de plusieurs observateurs (trices) du monde du th&#233;&#226;tre. En cons&#233;quence, les programmateurs (trices) d'Ici Radio-Canada Premi&#232;re ont jug&#233; opportun de pr&#233;senter, sous la forme d'un radioth&#233;&#226;tre, le drame Tu te souviendras de moi (2020). Les amateurs (trices) de th&#233;&#226;tre peuvent encore proc&#233;der &#224; l'audition de cette &#339;uvre en se rendant sur le site internet du radiodiffuseur public puisqu'elle est disponible en baladodiffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argument de Tu te souviendras de moi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;sumer la pi&#232;ce de Fran&#231;ois Archambault comme suit : &#201;douard, un professeur d'histoire &#224; la retraite, souffre de la maladie d'Alzheimer depuis quelque temps. De mani&#232;re naturelle, il tente de minimiser les probl&#232;mes psychophysiologiques qui affectent sa sant&#233;. Cependant, son &#233;pouse, Madeleine, est lasse de s'occuper de lui. Aussi, d&#233;cide-t-elle, un jour, de confier la garde d'&#201;douard &#224; sa fille Isabelle, une journaliste connue. Toutefois, cela ne va pas de soi puisque la quadrag&#233;naire doit s'acquitter de ses activit&#233;s professionnelles. N'emp&#234;che que le conjoint d'Isabelle, Patrick, consent &#224; garder le vieil homme pendant une fin de semaine. N&#233;anmoins, cet individu inconstant ne tardera pas &#224; renoncer &#224; son engagement en demandant &#224; sa fille, B&#233;r&#233;nice, d'assumer la responsabilit&#233; de surveiller &#201;douard. Progressivement, contre toute attente, la jeune femme nouera une relation &#233;troite avec le vieil homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mise en ondes et l'interpr&#233;tation du drame d'Archambault&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, sur le plan de la mise en sc&#232;ne, l'auditeur (trice) du radioth&#233;&#226;tre ne peut pas go&#251;ter les composantes visuelles qu'il est en mesure d'appr&#233;cier lorsqu'il voit une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre en personne. N'emp&#234;che qu'il faut convenir que la mise en ondes de l'oeuvre op&#233;r&#233;e par le metteur en sc&#232;ne Fernand Rainville et les cor&#233;alisateurs d'Ici Radio-Canada Premi&#232;re, Francis Legault et Jocelyn Lebeau, s'av&#232;re fort probante. En termes de direction d'acteurs (trices) et d'interpr&#233;tation, il faut souligner que le drame de Fran&#231;ois Archambault est magistralement servi &#224; travers la pr&#233;sente adaptation. Assumant le r&#244;le principal de la pi&#232;ce, Guy Nadon, &#233;gal &#224; lui-m&#234;me, offre une performance formidable en campant le personnage d'&#201;douard. Pour ce qui est de Johanne-Marie Tremblay, une com&#233;dienne parfois sous-estim&#233;e, elle incarne avec beaucoup de conviction le personnage de Madeleine. Quant &#224; Emmanuelle Lussier-Martinez, elle est impressionnante dans le r&#244;le de B&#233;r&#233;nice puisque c'est son personnage qui a les discussions les plus intenses avec celui d'&#201;douard. Sans surprise, Marie-H&#233;l&#232;ne Thibault campe avec une exceptionnelle authenticit&#233; et une appr&#233;ciable extraversion le personnage pugnace d'isabelle. Enfin, il faut mentionner que le com&#233;dien Claude Despins joue avec humour et sobri&#233;t&#233; le r&#244;le de Patrick, le conjoint d'Isabelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dimension symbolique d'une &#339;uvre dramatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours d'une entrevue qu'il a accord&#233;e &#224; l'animatrice et com&#233;dienne Guylaine Tremblay, apr&#232;s la pr&#233;sentation du radioth&#233;&#226;tre, Fran&#231;ois Archambault a soulign&#233; qu'il avait cherch&#233;, dans ce cas, &#224; cr&#233;er une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &#224; dimension symbolique dans laquelle le personnage principal pourrait repr&#233;senter le Qu&#233;bec d'aujourd'hui, ayant perdu la m&#233;moire de son pass&#233;. A priori, une telle id&#233;e apparaissait int&#233;ressante, mais il aurait fallu la d&#233;velopper avec autrement plus de rigueur que ne l'a fait Archambault dans sa narration. Dans cette optique, on remarquera que le dramaturge d&#233;peint son protagoniste comme un grand admirateur, voire un thurif&#233;raire de Ren&#233; L&#233;vesque, dont il d&#233;plore la lancinante D&#233;faite r&#233;f&#233;rendaire de 1980. Malheureusement, Archambault ne nous propose aucune r&#233;flexion transcendante portant sur la signification, pour un peuple, d'acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance nationale sur le plan politique. En cons&#233;quence, l'auteur ne parvient pas &#224; cr&#233;er un drame &#224; la symbolique fertile.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pass&#233; et le pr&#233;sent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de relations interg&#233;n&#233;rationnelles, Fran&#231;ois Archambault a tent&#233; d'exploiter pleinement l'antith&#232;se qu'il a trac&#233;e entre les personnages d'&#201;douard et de B&#233;r&#233;nice. De cette fa&#231;on, il nous montre la curieuse relation se d&#233;veloppant entre un vieil homme qui est &#233;pris d'histoire, mais perd progressivement la m&#233;moire, et une jeune femme qui a une excellente m&#233;moire, mais n'a cure de l'histoire. Indubitablement, il faut reconna&#238;tre au dramaturge la volont&#233; de poser un regard critique sur le domaine des nouvelles technologies, qui poussent trop de jeunes gens &#224; ne vivre que dans le moment pr&#233;sent plut&#244;t que de s'int&#233;resser &#224; leur pass&#233;. &#192; l'inverse, Archambault ne manifeste aucune complaisance envers les gens qui adoptent une attitude pass&#233;iste. Dans cette perspective, on pourra appr&#233;cier la signification de la sc&#232;ne au cours de laquelle B&#233;r&#233;nice aide &#201;douard &#224; mettre en ligne un message audiovisuel didactique qu'il adresse &#224; la population du Qu&#233;bec. &#192; travers ce passage, Fran&#231;ois Archambault nous sugg&#232;re que les personnes &#226;g&#233;es et les jeunes gens peuvent se comprendre mutuellement, dans le Qu&#233;bec contemporain, s'ils s'en donnent la peine. Que dit l'ancien professeur d'histoire par le biais de son message ? Qu'il faut que les gens cessent de se contenter de vivre dans l'imm&#233;diat parce que s'ils agissent ainsi, ils seront condamn&#233;s &#224; vivre dans l'oubli de leur pass&#233;, comme lui, un homme atteint de la maladie d'Alzheimer. &#201;videmment, &#201;douard adresse son message en ligne &#224; la population dans l'espoir d'inciter les gens &#224; changer leurs comportements. Toutefois, dans son for int&#233;rieur, il demeure sceptique &#224; l'id&#233;e de pouvoir transformer le cours des choses&#8230; Cela dit, le vieil homme refuse de perdre espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fatalisme politique de l'auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des d&#233;fauts les plus regrettables qui caract&#233;risent la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre de Fran&#231;ois Archambault reste sa propension &#224; la r&#233;signation, voire au fatalisme. Assur&#233;ment, on peut affirmer qu'Archambault emprisonne trop souvent sa narration dans une symbolique propre &#224; la maladie d'Alzheimer. Cela a pour effet de le pousser &#224; faire pr&#233;valoir une vision du monde d&#233;faitiste dans laquelle les efforts que pourraient effectuer les &#234;tre humains, pour atteindre certains r&#233;sultats, seraient n&#233;cessairement vou&#233;s &#224; l'&#233;chec, comme le sont les efforts d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer lorsqu'elle tente de renouer avec la normalit&#233;. Dans cet esprit, on d&#233;plorera le choix du dramaturge qui, par l'interm&#233;diaire de son protagoniste, insiste lourdement sur le &#171; fait &#187; que le Qu&#233;bec aurait rat&#233; son rendez-vous avec l'Histoire lors du r&#233;f&#233;rendum de 1980 (en vertu de la victoire du camp du Non), alors que seule une adulation de la figure de Ren&#233; L&#233;vesque peut mener &#224; une telle interpr&#233;tation de la r&#233;alit&#233; sociopolitique. Ult&#233;rieurement, Archambault en vient &#224; banaliser la disparition &#233;ventuelle du Qu&#233;bec comme nation distincte de l'Am&#233;rique du Nord, en &#233;voquant la disparition de diff&#233;rentes civilisations du pass&#233;. De cette fa&#231;on, l'auteur consid&#232;re le peuple qu&#233;b&#233;cois comme une collectivit&#233; de vaincus, sans m&#234;me savoir comment il r&#233;agira face aux d&#233;fis de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout bien consid&#233;r&#233;, si les choses &#233;taient aussi simples que le pr&#233;tend Archambault, comment pourrait-on expliquer le fait que, malgr&#233; la D&#233;faite subie, en 1759, durant la Bataille des Plaines d'Abraham, le Qu&#233;bec continue &#224; affirmer son caract&#232;re distinctif par rapport aux autres ensembles politiques de l'Am&#233;rique du Nord ? Par ailleurs, il faut reconna&#238;tre que, suite &#224; l'annonce des premiers ministres Brian Mulroney et Robert Bourassa visant &#224; ratifier l'Accord du Lac Meech, durant les ann&#233;es 1980, bien peu d'observateurs (trices) du monde politique qu&#233;b&#233;cois et canadien-anglais auraient pu pr&#233;dire la r&#233;surgence du nationalisme qu&#233;b&#233;cois que l'on a connue, durant la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990. Pourtant, l'&#233;chec de ce fameux Accord, combin&#233; &#224; l'&#233;chec de l'Accord de Charlottetown et &#224; la prise de pouvoir du Parti qu&#233;b&#233;cois (1994), a incit&#233; les Qu&#233;b&#233;cois (ses) &#224; appuyer la cause de la souverainet&#233; nationale dans une proportion r&#233;v&#233;latrice de 49,4 %, lors du r&#233;f&#233;rendum de 1995. En cons&#233;quence, on aurait tort d'anticiper pr&#233;matur&#233;ment la disparition &#233;ventuelle de la nation qu&#233;b&#233;coise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites d'une &#339;uvre dramatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lacunes de la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre qu'a &#233;crite Archambault ne touchent pas seulement aux th&#232;mes que celle-ci explore, elles concernent le style de l'&#339;uvre. Concr&#232;tement, m&#234;me si l'auteur a recours &#224; une &#233;criture limpide et des expressions imag&#233;es, il ne peut s'emp&#234;cher de verser parfois dans des digressions inopportunes. Parmi celles-ci, il convient de citer le passage traduisant l'imitation de la fameuse tirade du nez, de la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand (1897), &#224; laquelle se livrent Patrick et, dans une moindre mesure, &#201;douard. Selon nous, cette didascalie se r&#233;v&#232;le inad&#233;quate, parce qu'elle n'apporte aucun &#233;l&#233;ment instructif &#224; l'auditeur (trice) de la cr&#233;ation. En v&#233;rit&#233;, celle-l&#224; permet essentiellement &#224; Fran&#231;ois Archambault de nous montrer qu'il conna&#238;t tr&#232;s bien la fameuse pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre de Rostand&#8230; Au demeurant, un (e) amateur (trice) de th&#233;&#226;tre pourrait l&#233;gitimement se demander s'il vaut la peine d'&#233;couter Tu te souviendras de moi. &#192; notre sens, il faudrait r&#233;pondre de fa&#231;on affirmative &#224; une telle question parce que l'auteur a le m&#233;rite de pousser l'auditeur (trice) &#224; proc&#233;der &#224; une m&#233;ditation pertinente au sujet de la maladie d'Alzheimer et d'interpeller sa vision sociopolitique du Qu&#233;bec contemporain. Il reste qu'on doit souhaiter que Fran&#231;ois Archambault proc&#232;de bient&#244;t &#224; une saine autocritique, qui lui permettrait d'approfondir consid&#233;rablement sa r&#233;flexion portant sur la condition humaine et sur le Qu&#233;bec actuel. De cette mani&#232;re, il pourrait mettre &#224; profit son habilet&#233; narrative en relatant une fiction qui se r&#233;v&#233;lerait nettement plus r&#233;ussie que celle sur laquelle nous nous sommes pench&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J'aime Hydro de Christine Beaulieu</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/J-aime-Hydro-de-Christine-Beaulieu</link>
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		<dc:date>2020-08-25T08:01:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Beaucage</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-08-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hydro-Qu&#233;bec est une soci&#233;t&#233; d'&#201;tat qui rev&#234;t une dimension symbolique tr&#232;s importante pour l'ensemble des Qu&#233;b&#233;cois (es). En effet, depuis que le ministre de l'&#233;nergie du deuxi&#232;me gouvernement de Jean Lesage (PLQ), Ren&#233; L&#233;vesque, a nationalis&#233;, en 1963, de petites entreprises hydro-&#233;lectriques priv&#233;es pour les int&#233;grer &#224; une grande compagnie publique, une myriade de Qu&#233;b&#233;cois (es) a pris conscience des bienfaits que lui a procur&#233;s Hydro-Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt; Durant un certain nombre d'ann&#233;es, cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Theatre-" rel="directory"&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-08-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-08-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton44428-cae24.jpg?1781045458' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hydro-Qu&#233;bec est une soci&#233;t&#233; d'&#201;tat qui rev&#234;t une dimension symbolique tr&#232;s importante pour l'ensemble des Qu&#233;b&#233;cois (es). En effet, depuis que le ministre de l'&#233;nergie du deuxi&#232;me gouvernement de Jean Lesage (PLQ), Ren&#233; L&#233;vesque, a nationalis&#233;, en 1963, de petites entreprises hydro-&#233;lectriques priv&#233;es pour les int&#233;grer &#224; une grande compagnie publique, une myriade de Qu&#233;b&#233;cois (es) a pris conscience des bienfaits que lui a procur&#233;s Hydro-Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant un certain nombre d'ann&#233;es, cette entreprise d'envergure a permis aux citoyens (ennes) qu&#233;b&#233;cois (es) de d&#233;frayer des co&#251;ts tr&#232;s modestes pour obtenir l'&#233;lectricit&#233; qu'ils utilisaient quotidiennement. Cependant, au fil du temps, Hydro-Qu&#233;bec en est venu &#224; servir les desseins de gouvernements plus soucieux de renflouer les coffres de l'&#201;tat que de servir les int&#233;r&#234;ts de la population du Qu&#233;bec. Cela explique que les Qu&#233;b&#233;cois (es) ont d&#251; composer avec de multiples hausses de tarifs d'&#233;lectricit&#233; au cours des cinq derniers lustres. Dans de telles circonstances, il n'est pas &#233;tonnant que de nombreux (ses) citoyens (ennes) de notre nation remettent en question les grandes orientations socio&#233;conomiques que d&#233;finissent actuellement les d&#233;cideurs d'Hydro-Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La premi&#232;re &#339;uvre litt&#233;raire d'une actrice&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, Christine Beaulieu ne semblait pas pr&#233;dispos&#233;e &#224; &#233;crire une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre reposant essentiellement sur des faits. Dans cet esprit, elle a re&#231;u une formation traditionnelle de com&#233;dienne et n'avait pas manifest&#233; de propension particuli&#232;re &#224; la cr&#233;ation litt&#233;raire avant d'&#233;crire sa premi&#232;re oeuvre. Comme actrice, on l'a remarqu&#233;e, en raison de la qualit&#233; de son jeu, dans des longs m&#233;trages de fiction comme Ceci n'est pas un polar de Patrick Gaz&#233; (2014), Le mirage de Ricardo Trogi (2015) et Embrasse-moi comme tu m'aimes d'Andr&#233; Forcier (2016). Cela dit, ayant une certaine conscience &#233;cologique et b&#233;n&#233;ficiant du solide appui de la conceptrice d'&#339;uvres th&#233;&#226;trales documentaires, Annabel Soutar, Beaulieu a cr&#233;&#233; une narration qu'elle a intitul&#233;e, mi-figue, mi-raisin, J'aime Hydro (2017). &#192; travers cette pi&#232;ce, que l'on a pr&#233;sent&#233;e &#224; l'Usine C, la jeune femme s'interroge au sujet de la nature des relations que les Qu&#233;b&#233;cois entretiennent avec l'incontournable soci&#233;t&#233; d'&#201;tat. Parall&#232;lement, Christine Beaulieu se questionne sur elle-m&#234;me et sur sa capacit&#233; &#224; engendrer un r&#233;cit sc&#233;nique et documentaire probant. Avec humilit&#233;, Beaulieu se pr&#233;sente au public comme une citoyenne ordinaire, laquelle n'avait pas un grand bagage de connaissances dans les domaines environnemental et hydro-&#233;lectrique quand elle a d&#233;cid&#233; d'&#233;crire sa pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre. Au demeurant, &#224; travers cette &#339;uvre factuelle, la cr&#233;atrice tente constamment d'atteindre un &#233;quilibre entre l'appr&#233;hension du mode de fonctionnement d'Hydro-Qu&#233;bec et la saisie de son &#233;volution personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les projets incoh&#233;rents d'un monopole &#233;tatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; la mise en sc&#232;ne concise de Philippe Cyr, le spectateur (ou la spectatrice) constate, sans ambages, que Christine Beaulieu a &#233;t&#233; frapp&#233;e par le fait que les dirigeants d'Hydro-Qu&#233;bec cherchent &#224; d&#233;velopper de nouveaux projets afin d'exporter de l'&#233;lectricit&#233; &#224; des &#201;tats am&#233;ricains en leur vendant celle-ci &#224; un prix nettement moindre que le co&#251;t de production de cette &#233;nergie. &#201;videmment, la jeune femme se rend compte qu'une telle &#171; strat&#233;gie &#187; s'oppose au sens des affaires le plus &#233;l&#233;mentaire que chacun d'entre nous doit entretenir. En mati&#232;re environnementale, Christine Beaulieu r&#233;alise, &#224; juste titre, que la construction de barrages comme ceux de la Rivi&#232;re Romaine repr&#233;sente un probl&#232;me important puisqu'elle engendre une certaine forme de d&#233;s&#233;quilibre au sein de la nature qui nous entoure. D&#232;s lors, l'auteure et com&#233;dienne se montre pertinemment sceptique par rapport aux grandes d&#233;cisions que prennent les dirigeants d'Hydro-Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La propension au subjectivisme de Christine Beaulieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re incontestable, on peut affirmer que Christine Beaulieu a effectu&#233; une recherche journalistique s&#233;rieuse pour &#233;crire sa pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre didactique. Celle-l&#224; se pose des questions opportunes, interroge des t&#233;moins comp&#233;tents et vulgarise, avec aisance, des ph&#233;nom&#232;nes hydro-&#233;lectriques plut&#244;t complexes. Pourtant, le propos qu'elle tient ne r&#233;pond pas aux attentes d'un public clairvoyant, sur le plan sociopolitique. Pourquoi ? D'abord, parce que Beaulieu commet une erreur majeure en nous parlant d&#233;mesur&#233;ment d'elle-m&#234;me, en tant que personnage de sa propre pi&#232;ce. Certes, elle appara&#238;t comme une personnalit&#233; sympathique, qui poss&#232;de un sens de l'humour et de l'autod&#233;rision p&#233;tillant. N&#233;anmoins, il faut admettre les commentaires que la jeune femme formule au sujet de son &#234;tre et du monde dans lequel elle vit font long feu. Ainsi, ils ne nous apportent aucune connaissance profonde sur elle, ni sur la nature humaine. D'autre part, Beaulieu abuse de certaines figures de style pour se r&#233;f&#233;rer &#224; elle-m&#234;me. En utilisant fr&#233;quemment l'anaphore, l'&#233;num&#233;ration et l'ironie pour traduire ses &#233;tats d'&#226;me, elle s'&#233;loigne de ce qui aurait d&#251; &#234;tre le sujet essentiel de sa pi&#232;ce : &#224; savoir, la relation que les Qu&#233;b&#233;cois (es) entretiennent avec Hydro-Qu&#233;bec. Certes, on imagine qu'en proc&#233;dant comme elle l'a fait, Christine Beaulieu voulait &#233;viter de rendre son discours r&#233;barbatif. Toutefois, elle verse plut&#244;t dans l'exc&#232;s contraire en manifestant une l&#233;g&#232;ret&#233; inad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le manque d'esprit critique et de vision politique d'une com&#233;dienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, lorsque Christine Beaulieu se penche sur le mode de fonctionnement et les principales activit&#233;s &#233;conomiques d'Hydro-Qu&#233;bec, elle r&#233;ussit &#224; assimiler et &#224; d&#233;crire avec &#224;-propos la r&#233;alit&#233;. Cependant, elle demeure impuissante &#224; analyser et synth&#233;tiser la signification politique des diverses op&#233;rations auxquelles se livre la compagnie publique. Cette lacune importante explique que, lors d'un entretien qui a lieu entre Beaulieu et le sociologue Jean-Fran&#231;ois Blain (un proche du Parti qu&#233;b&#233;cois), la jeune femme ne parvient pas &#224; poser un regard &#233;clair&#233; sur les mandats que diff&#233;rents gouvernements ont donn&#233;s &#224; la grande entreprise d'&#201;tat. Bien s&#251;r, l'auteure et com&#233;dienne soutient, de fa&#231;on pertinente, le point de vue selon lequel Hydro-Qu&#233;bec distribution ne devrait pas acheter de l'hydro-&#233;lectricit&#233; provenant de centrales priv&#233;es &#224; un co&#251;t tr&#232;s &#233;lev&#233;, alors que la compagnie publique poss&#232;de elle-m&#234;me un exc&#233;dent de cette &#233;nergie. N&#233;anmoins, Christine Beaulieu a tort de ne pas contredire Blain lorsque celui-ci affirme erron&#233;ment que le deuxi&#232;me gouvernement de Ren&#233; L&#233;vesque (PQ) a pris une d&#233;cision l&#233;gitime en faisant du ministre des finances de sa formation politique le seul &#171; actionnaire &#187; d'Hydro-Qu&#233;bec. En effet, contrairement &#224; ce que pr&#233;tend le sociologue, la r&#233;cession &#233;conomique que connaissait le Qu&#233;bec de l'&#233;poque ne justifiait pas que l'on prive les Qu&#233;b&#233;cois (es) d'une entreprise dont ils (elles) &#233;taient jusqu'alors les &#171; actionnaires &#187;&#8230; Pour ce qui est de la R&#233;gie de l'&#233;nergie du Qu&#233;bec, dont Jean-Fran&#231;ois Blain vante d&#233;mesur&#233;ment le r&#244;le, elle est loin de constituer une panac&#233;e. Du reste, il convient de se rappeler que cet organisme a permis &#224; plusieurs gouvernements de hausser les tarifs d'hydro-&#233;lectricit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois (es) de mani&#232;re disproportionn&#233;e, au cours des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es. Manifestement, la R&#233;gie n'est pas une instance autonome, qui prend des d&#233;cisions objectives en consid&#233;rant les int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'op&#233;ration de charme d'un duo de dirigeants d'Hydro-Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; notre avis, l'erreur la plus pr&#233;judiciable que commet Christine Beaulieu, dans son &#339;uvre documentaire, consiste &#224; accorder beaucoup de cr&#233;dit aux propos de diff&#233;rents intervenants, qui n'ont pas de vision politique progressiste des grandes questions &#233;nerg&#233;tiques sur lesquelles Hydro-Qu&#233;bec devrait se pencher. Il en r&#233;sulte que Christine Beaulieu perd de vue tout sens critique par rapport &#224; un ensemble de choix auxquels devrait proc&#233;der la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat. Certes, il est important de tenir compte d'une diversit&#233; de points de vue lorsqu'on &#233;value des probl&#233;matiques aussi complexes que celles qui touchent aux choix socio&#233;conomiques auxquels les dirigeants d'Hydro-Qu&#233;bec sont confront&#233;s. Cependant, il faut manifester une capacit&#233; de d&#233;mystifier un certain nombre d'all&#233;gations trompeuses, de sophismes quand on les entend. De mani&#232;re regrettable, Christine Beaulieu se r&#233;v&#232;le constamment passive face aux propos fallacieux ou outranciers que lui tiennent certains (nes) de ses interlocuteurs (trices). Parmi ceux-ci, il importe de citer les noms de Pierre-Luc Desgagn&#233; et &#201;ric Martel, qui occupaient respectivement les fonctions de vice-pr&#233;sident et de pr&#233;sident-directeur g&#233;n&#233;ral d'Hydro-Qu&#233;bec, en 2017. Comment doit-on expliquer que ces deux hauts dirigeants aient accept&#233; d'accorder une entrevue &#224; Christine Beaulieu et d'appara&#238;tre, par personnages interpos&#233;s, dans son &#339;uvre th&#233;&#226;trale ? Par le fait qu'ils ont jug&#233; qu'ils avaient int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;fendre les politiques de leur entreprise, puisque la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre de Beaulieu mettait cette entit&#233; sous les feux de la rampe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Beaulieu conclut la narration de J'aime Hydro en lan&#231;ant un vibrant appel aux Qu&#233;b&#233;cois (es) afin qu'ils (elles) r&#233;duisent sensiblement leur consommation d'hydro-&#233;lectricit&#233;. En pr&#244;nant un changement d'attitude radical, de leur part, la jeune femme souhaite que l'on &#233;vite de donner des pr&#233;textes au monopole d'&#201;tat pour &#233;riger de nouveaux barrages et pour construire de nouvelles centrales hydro-&#233;lectriques&#8230; Or, selon nous, lorsqu'elle s'exprime ainsi, l'auteure et com&#233;dienne nous r&#233;v&#232;le involontairement qu'elle per&#231;oit la r&#233;alit&#233; par le petit bout de la lorgnette et qu'elle demeure incapable de transcender son sujet th&#233;&#226;tral. En v&#233;rit&#233;, le d&#233;veloppement d'ambitieux projets hydro-&#233;lectriques qu'effectue la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat n'est point attribuable &#224; la consommation d'&#233;lectricit&#233; qui caract&#233;rise la population qu&#233;b&#233;coise (encore qu'il y aurait des am&#233;liorations &#224; apporter, &#224; cet &#233;gard). L'actualisation desdits projets s'explique principalement par la volont&#233; politique de certaines personnes de pouvoir, des mandarins, de tirer de l'exportation d'hydro-&#233;lectricit&#233; des avantages &#233;conomiques consid&#233;rables pour une minorit&#233; d'individus. Dans ces circonstances, pourquoi Christine Beaulieu craint-elle de traiter des dimensions &#233;thique et politique du capitalisme ? Parce qu'elle ne conna&#238;t gu&#232;re ces domaines et qu'elle ne souhaite pas engendrer un d&#233;bat de fond clivant, au sein de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, qui porterait sur des questions sociopolitiques pr&#233;pond&#233;rantes. Ind&#233;niablement, une telle attitude s'av&#232;re d&#233;plorable puisqu'elle a pour effet direct de rendre la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre documentaire de Beaulieu inoffensive, voire l&#233;nifiante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#201;lectre de Sophocle</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Electre-de-Sophocle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Electre-de-Sophocle</guid>
		<dc:date>2020-06-02T08:04:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Beaucage</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Parfois, la polyvalence qui caract&#233;rise un artiste peut lui &#234;tre d&#233;favorable. Dans le cas du metteur en sc&#232;ne Serge Denoncourt, on peut soutenir que son attitude de touche-&#224;-tout, ses ind&#233;niables habilet&#233;s de communicant lui ont permis de se faire conna&#238;tre du grand public qu&#233;b&#233;cois davantage que n'importe quel de ses pairs (y compris l'estim&#233; Ren&#233;-Richard Cyr). &lt;br class='autobr' /&gt; De Paul Beaucage &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'inverse, les multiples participations de Denoncourt &#224; des &#233;missions de vari&#233;t&#233;s et sa pr&#233;sence constante (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Theatre-" rel="directory"&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton43812-6e495.png?1781045459' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parfois, la polyvalence qui caract&#233;rise un artiste peut lui &#234;tre d&#233;favorable. Dans le cas du metteur en sc&#232;ne Serge Denoncourt, on peut soutenir que son attitude de touche-&#224;-tout, ses ind&#233;niables habilet&#233;s de communicant lui ont permis de se faire conna&#238;tre du grand public qu&#233;b&#233;cois davantage que n'importe quel de ses pairs (y compris l'estim&#233; Ren&#233;-Richard Cyr).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De Paul Beaucage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, les multiples participations de Denoncourt &#224; des &#233;missions de vari&#233;t&#233;s et sa pr&#233;sence constante dans le domaine m&#233;diatique l'ont sans doute emp&#234;ch&#233;, par moments, de s'engager de fa&#231;on aussi prononc&#233;e qu'il l'aurait souhait&#233; dans la cr&#233;ation d'&#339;uvres th&#233;&#226;trales qui lui tenaient &#224; coeur. Toutefois, soyons &#233;quitables : lorsque ce chevronn&#233; metteur en sc&#232;ne traite de sujets qu'il juge pertinents et stimulants, il r&#233;ussit fr&#233;quemment &#224; donner la mesure de son talent. Dans cette perspective, les amateurs (trices) de th&#233;&#226;tre &#233;taient heureux (ses) d'apprendre qu'il mettrait en sc&#232;ne la r&#233;put&#233;e trag&#233;die de Sophocle, &#201;lectre (2019), &#224; l'Espace Go. En r&#233;alisant ce projet, Serge Denoncourt souhaitait manifestement rompre avec son image de metteur en sc&#232;ne attitr&#233; des &#339;uvres du dramaturge Michel Marc Bouchard (Christine, la reine-gar&#231;on [2012], La divine illusion [2015]), pour renouer convenablement avec les origines de l'art dramatique occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argument d'&#201;lectre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;sumer l'intrigue de la trag&#233;die de Sophocle ainsi : apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'exil, Oreste se rend &#224; Myc&#232;nes, en compagnie de son pr&#233;cepteur, pour y venger son p&#232;re Agamemnon, qui a &#233;t&#233; assassin&#233; par sa femme Clytemnestre et l'amant de celle-ci, &#201;gisthe. &#192; travers l'actualisation de son entreprise, Oreste sait qu'il pourra compter sur la collaboration de sa s&#339;ur a&#238;n&#233;e &#201;lectre, qui voue une haine sans borne aux meurtriers d'Agamemnon. Cependant, cette fille de monarque vit dans des conditions p&#233;rilleuses, puisque ses ennemis, qui sont roi et reine de Myc&#232;nes, se m&#233;fient grandement d'elle et la traitent comme une mendiante. N'emp&#234;che qu'en ayant recours &#224; une ruse tr&#232;s &#233;labor&#233;e, Oreste et son pr&#233;cepteur informeront &#201;lectre de leurs intentions. Subs&#233;quemment, les deux hommes parviendront &#224; mystifier Clytemnestre et &#201;gisthe. Puis, ils les tueront successivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une sombre histoire de vengeance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan th&#233;matique, il faut souligner que la trag&#233;die de Sophocle repr&#233;sente essentiellement une histoire de r&#232;glement de comptes comportant un aspect intrafamilial. Ainsi, &#201;lectre consid&#232;re qu'elle a la responsabilit&#233; de venger l'outrage dont son p&#232;re a &#233;t&#233; victime en punissant impitoyablement le tandem de meurtriers qui l'a assassin&#233;. Sa volont&#233; de revanche comporte une dimension affective et une dimension morale qu'elle revendique honn&#234;tement. En d'autres termes, &#201;lectre adorait son p&#232;re, Agamemnon, et elle consid&#232;re que Clytemnestre a commis la pire des bassesses en poussant &#201;gisthe &#224; assassiner son &#233;poux. &#201;videmment, la jeune femme ne dispose pas des moyens n&#233;cessaires pour laver dans le sang le meurtre de l'auteur de ses jours. D&#232;s lors, elle esp&#232;re que le retour prochain d'Oreste lui permettra d'atteindre son objectif. Gr&#226;ce au souvenir qu'elle garde de son fr&#232;re, elle entretient la vive impression que son v&#339;u sera exauc&#233;. Pour sa part, Oreste tarde &#224; revenir &#224; Myc&#232;nes. N'emp&#234;che qu'en prenant connaissance d'un oracle qui lui annonce qu'il doit punir les assassins de son p&#232;re, le jeune homme retourne dans sa ville natale afin de mettre un terme &#224; l'existence de Clytemnestre et de son amant. Assur&#233;ment, le message divin qu'Oreste a re&#231;u lui a indiqu&#233; &#224; quel moment et de quelle fa&#231;on il devait agir. Toutefois, l'aspect moral de son orientation est attribuable &#224; l'influence que sa s&#339;ur a exerc&#233;e &#224; ses d&#233;pens, avant qu'il ne quitte Myc&#232;nes. Comme on l'imagine, l'acte de matricide, pour les repr&#233;sentants de la civilisation grecque de l'&#233;poque, constituait une transgression de tabou particuli&#232;rement odieuse. N&#233;anmoins, &#201;lectre et Oreste sont convaincus qu'ils n'enfreindront aucune r&#232;gle morale l&#233;gitime en punissant le duo d'assassins de leur p&#232;re. Quoi qu'il en soit, rien ne nous indique que les autres membres de la soci&#233;t&#233; dans laquelle ils se meuvent interpr&#233;teront leur geste comme les enfants rebelles de Clytemnestre le souhaitent&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La finesse de l'&#233;criture th&#233;&#226;trale de Denoncourt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout bien consid&#233;r&#233;, il importe de souligner que Serge Denoncourt a &#233;tabli une mise en sc&#232;ne &#233;l&#233;gante et ma&#238;tris&#233;e pour traduire son propos. D&#232;s les premiers passages du spectacle, le public constate que l'axe spatiotemporel de la trag&#233;die est fort bien d&#233;fini. La sc&#232;ne o&#249; se d&#233;roule l'action repr&#233;sente, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, un espace ext&#233;rieur restreint situ&#233; &#224; proximit&#233; du palais royal. En revanche, le cr&#233;ateur a choisi de ne point nous d&#233;peindre l'int&#233;rieur de la demeure dans laquelle vivent le roi et la reine. Ici, il faut louer le choix de Denoncourt, qui a &#233;vit&#233; de sombrer dans la facilit&#233;, en ne repr&#233;sentant pas banalement l'int&#233;rieur d'un palais &#224; travers l'utilisation d'images de cam&#233;ra vid&#233;o ou &#224; travers l'interruption de l'action tragique, de mani&#232;re &#224; implanter un d&#233;cor artificiel. Le metteur en sc&#232;ne choisit plut&#244;t de nous sugg&#233;rer, avec habilet&#233;, ce qui se d&#233;roule &#224; l'int&#233;rieur des murs de la r&#233;sidence royale, alors qu'&#201;lectre se plaint du sort qui est le sien et qu'Oreste planifie le meurtre de Clytemnestre et d'&#201;gisthe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien davantage qu'&#224; travers des mises en sc&#232;ne comme celles de Projet Andromaque (d'apr&#232;s une trag&#233;die c&#233;l&#232;bre de Jean Racine [2011]) et des Trois mousquetaires (d'apr&#232;s le roman &#233;ponyme d'Alexandre Dumas p&#232;re [2015]), Serge Denoncourt t&#233;moigne, par le biais de sa production d'&#201;lectre, d'un style et d'un sens de la narration remarquables. Sur le plan du d&#233;cor, des &#233;clairages et des effets visuels, il opte pour une d&#233;marche minimaliste. Par ailleurs, il faut reconna&#238;tre que Denoncourt a su choisir, avec acuit&#233;, des costumes particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateurs pour identifier les diff&#233;rents personnages de la narration. Ainsi, on remarque sans peine que les v&#234;tements que porte &#201;lectre sont semblables &#224; ceux des mendiants, parce qu'elle est victime de l'opprobre que lui infligent sa m&#232;re et son &#171; par&#226;tre &#187;. En ce qui a trait aux autres figures repr&#233;sent&#233;es, elles rev&#234;tent des tenues conformes &#224; leurs statuts sociaux respectifs, qu'ils soient apocryphes ou r&#233;els. D&#232;s lors, le (la) spectateur (trice) sera frapp&#233; (e) par l'&#233;l&#233;gance des v&#234;tements que portent &#201;gisthe et Clytemnestre : ceux-ci t&#233;moignent, avec ostentation, de leur position privil&#233;gi&#233;e, en termes sociopolitiques. Pour ce qui est d'Oreste, il se manifeste &#224; travers une tenue qui le fait para&#238;tre nettement moins important qu'il ne l'est. Il en va de m&#234;me pour le pr&#233;cepteur, qui a l'apparence d'un subalterne et donne l'impression de s'acquitter de responsabilit&#233;s concr&#232;tes au sein d'une demeure respectable. Du reste, Denoncourt proc&#232;de &#224; un jeu astucieux portant sur l'&#234;tre et le para&#238;tre, lequel nous d&#233;voile la complexit&#233; des relations humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'interpr&#233;tation magistrale de Magalie L&#233;pine-Blondeau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du milieu du th&#233;&#226;tre qu&#233;b&#233;cois, d'aucuns consid&#232;rent Serge Denoncourt comme un d&#233;couvreur de talents et un directeur de com&#233;diens exceptionnels, depuis longtemps. Or, selon nous, le metteur en sc&#232;ne m&#233;rite de jouir d'une telle r&#233;putation. Dans cet esprit, on peut soutenir que Denoncourt a fait un coup de ma&#238;tre en choisissant et guidant Magalie L&#233;pine-Blondeau afin qu'elle incarne le r&#244;le-titre de la grande trag&#233;die de Sophocle. En effet, cette com&#233;dienne s'appuie sur une technique tr&#232;s s&#251;re pour camper comme il se doit le personnage d'&#201;lectre. Cependant, elle sait &#233;galement s'en remettre &#224; son intuition pour nous sugg&#233;rer des nuances &#233;motionnelles tr&#232;s subtiles : celles-ci permettent au spectateur (ou &#224; la spectatrice) de jauger ad&#233;quatement le comportement de la protagoniste de la narration, qui oscille constamment entre la volont&#233; de r&#233;volte et le d&#233;sespoir. Au demeurant, L&#233;pine-Blondeau ne verse jamais dans le mis&#233;rabilisme. Pour ce qui est des autres interpr&#232;tes de la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre concern&#233;e, d'Alex Bisping &#224; Vincent Leclerc, en passant par Violette Chauveau, Jean Fayolle fils, Marie-Pier Labrecque et Caranne Laurent, ils incarnent avec aplomb leurs personnages respectifs et offrent au public de l'Espace Go une performance irr&#233;prochable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un sommet dans la carri&#232;re de Serge Denoncourt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nos yeux, l'&#201;lectre de Sophocle mise en sc&#232;ne par Serge Denoncourt s'impose comme une des plus brillantes r&#233;ussites de la prestigieuse carri&#232;re de l'artiste qu&#233;b&#233;cois. Bien entendu, sa connaissance approfondie de l'&#339;uvre classique de Sophocle et sa capacit&#233; &#224; repr&#233;senter la trag&#233;die dans un contexte &#233;minemment humain constituent les principaux atouts d'une production presque parfaite. En v&#233;rit&#233;, un seul hiatus du spectacle th&#233;&#226;tral nous a quelque peu emb&#234;t&#233;s : il s'agit de celui qui survient lors de la sc&#232;ne d&#233;crivant le meurtre d'&#201;gisthe. Dans ce cas, Serge Denoncourt a commis une petite erreur en introduisant un anachronisme qui nous laisse entendre qu'Oreste a abattu son beau-p&#232;re en utilisant une rafale de mitraillette. Il va sans dire que l'intention de l'artiste consistant clairement &#224; rapprocher la violence des temps anciens et celle d'aujourd'hui n'&#233;tait pas d&#233;nu&#233;e de sens. Toutefois, attendu qu'il s'agit du seul anachronisme significatif que g&#233;n&#232;re la mise en sc&#232;ne de Denoncourt, il appara&#238;t comme &#233;tant intempestif. Quoi qu'il en soit, cette faiblesse s'av&#232;re assez anodine par rapport &#224; un spectacle d'une rare qualit&#233;. De fait, il demeure incontestable, selon nous, que cette &#201;lectre de Sophocle restera longtemps grav&#233;e dans les m&#233;moires des spectateurs (trices) avertis (es), qui ont eu le privil&#232;ge de la voir. En somme, que pouvons-nous souhaiter maintenant &#224; Serge Denoncourt ? De pouvoir monter d'autres pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre exigeantes dans un avenir relativement rapproch&#233;. Pourquoi ? Parce que, selon nous, cet artiste est beaucoup plus instructif, plus &#233;vocateur lorsqu'il se penche sur des textes th&#233;&#226;traux ambitieux, anciens ou modernes, qui soul&#232;vent des questions fondamentales au sujet de la nature humaine, que lorsqu'il fait du th&#233;&#226;tre de divertissement. Finalement, c'est quand il fait preuve d'humilit&#233; par rapport &#224; une &#339;uvre litt&#233;raire importante que Serge Denoncourt nous montre vraiment de quel bois il se chauffe, en termes esth&#233;tiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sang de Lars Nor&#233;</title>
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		<dc:date>2020-05-05T08:20:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Beaucage</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; la formation particuli&#232;re qu'elle a re&#231;ue lorsque, toute jeune, en France, elle a fr&#233;quent&#233;, l'&#201;cole internationale de th&#233;&#226;tre et de mime, dirig&#233;e par le p&#233;dagogue Jacques Lecoq, Brigitte Haentjens s'affirme comme une metteuse en sc&#232;ne originale, dont les spectacles dramatiques exigeants suscitent l'int&#233;r&#234;t des publics qu&#233;b&#233;cois et franco-ontarien depuis d&#233;j&#224; une trentaine d'ann&#233;es. Parmi les cr&#233;ations th&#233;&#226;trales impressionnantes que l'artiste nous a pr&#233;sent&#233;es, au fil du temps, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton43397-8fa53.png?1781045459' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; la formation particuli&#232;re qu'elle a re&#231;ue lorsque, toute jeune, en France, elle a fr&#233;quent&#233;, l'&#201;cole internationale de th&#233;&#226;tre et de mime, dirig&#233;e par le p&#233;dagogue Jacques Lecoq, Brigitte Haentjens s'affirme comme une metteuse en sc&#232;ne originale, dont les spectacles dramatiques exigeants suscitent l'int&#233;r&#234;t des publics qu&#233;b&#233;cois et franco-ontarien depuis d&#233;j&#224; une trentaine d'ann&#233;es. Parmi les cr&#233;ations th&#233;&#226;trales impressionnantes que l'artiste nous a pr&#233;sent&#233;es, au fil du temps, il importe de citer Caligula (1993) d'Albert Camus, Antigone (2002) de Sophocle, L'op&#233;ra de quat'sous (2012) de Bertolt Brecht et Une femme &#224; Berlin (2016) de Marta Hillers. Alternant entre des adaptations d'&#339;uvres classiques et celles d'&#339;uvres modernes, Brigitte Haentjens propose constamment aux gens des interpr&#233;tations avant-gardistes de pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre de diverses tendances ou traditions. En l'occurrence, elle a choisi de mettre en sc&#232;ne Sang (2020), un drame de l'&#233;crivain su&#233;dois Lars Nor&#233;n, &#224; l'Usine C.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De Paul Beaucage&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un r&#233;sum&#233; de l'action&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut relater l'argument de la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre de Nor&#233;n ainsi : &#201;ric et Rosa forment un couple d'exil&#233;s chiliens, qui vivent &#224; Paris depuis une vingtaine d'ann&#233;es. Ensemble, ils ont quitt&#233; le Chili autocratique d'Augusto Pinochet pour se r&#233;fugier en France. Toutefois, ils ont d&#251; abandonner leur fils de sept ans dans leur pays d'origine. N'emp&#234;che qu'ils ont refait leur vie, tant bien que mal. Rosa est une journaliste de talent, connue du public fran&#231;ais. Quant &#224; &#201;ric, il s'impose comme un psychanalyste respect&#233;. Cet homme et cette femme demeurent ensemble m&#234;me s'ils n'&#233;prouvent plus de sentiment amoureux l'un envers l'autre. Un jour, &#201;ric s'&#233;prend de Luca, un jeune patient, avec lequel il noue une relation amoureuse intense. Cependant, il se garde d'en parler &#224; sa compagne. Pour sa part, Rosa en viendra elle aussi &#224; rencontrer Luca, de fa&#231;on inopin&#233;e. La journaliste se sentira myst&#233;rieusement attir&#233;e par cet inconnu. Sur quoi tout cela d&#233;bouchera-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mise en sc&#232;ne habile d'Haentjens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e, il convient de pr&#233;ciser que Brigitte Haentjens n'en &#233;tait pas &#224; sa premi&#232;re cr&#233;ation d'une &#339;uvre de Nor&#233;n lorsqu'elle a mont&#233; le spectacle que nous avons synth&#233;tis&#233;. En effet, auparavant, Haentjens avait produit, au Th&#233;&#226;tre La Chapelle, le drame intitul&#233; Le 20 novembre (2011), qu'a &#233;crit cet auteur. Par ailleurs, le (la) spectateur (trice) attentif (tive) ne manque pas de constater, une fois dans l'enceinte th&#233;&#226;trale, que la mise en sc&#232;ne de Sang porte la griffe de l'audacieuse Haentjens. Ainsi, &#224; son arriv&#233;e dans la salle de spectacle, celui-l&#224; (celle-l&#224;) d&#233;couvre qu'il (elle) a d&#251; parcourir une distance anormalement longue pour atteindre son si&#232;ge, en vertu d'in&#233;vitables tergiversations. Puis, il (elle) r&#233;alise que les diff&#233;rents si&#232;ges sur lesquels prennent place les spectateurs (trices) sont particuli&#232;rement rapproch&#233;s les uns des autres. Ensuite, il (elle) constate que l'espace sc&#233;nique qu'a con&#231;u Haentjens s'apparente &#224; une ar&#232;ne de boxe, dans laquelle se d&#233;roule un affrontement. Subs&#233;quemment, lorsque la narration d&#233;bute, le public se montre sensible &#224; la proximit&#233; physique que la metteuse en sc&#232;ne a &#233;tablie entre lui-m&#234;me et les personnages du drame. De fa&#231;on concr&#232;te, Brigitte Haentjens a cherch&#233; &#224; nous proposer une organisation spatiotemporelle apte &#224; rapprocher les amateurs (trices) de th&#233;&#226;tre de l'action dramatique. En soi, l'initiative de la cr&#233;atrice ne manquait pas de pertinence, mais encore fallait-il que ces gens se sentent attir&#233;s par l'&#339;uvre dramatique qu'on allait leur offrir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; elle-m&#234;me, Brigitte Haentjens a recours &#224; une mise en sc&#232;ne particuli&#232;rement d&#233;pouill&#233;e pour traduire son propos. Dans cet esprit, le spectateur (ou la spectatrice) constate que l'artiste compose son espace sc&#233;nique en &#233;vitant d'y inclure des &#233;l&#233;ments d&#233;coratifs esth&#233;tisants ou des effets d'&#233;clairage gratuits. De fait, on remarque spontan&#233;ment la pr&#233;sence de quelques chaises, qui sont surtout utilis&#233;es lorsqu'une journaliste interroge d'autres personnages du drame, et de quelques compartiments, o&#249; l'on range des objets domestiques. En ce qui a trait aux jeux de lumi&#232;re dont se sert la metteuse en sc&#232;ne, ils lui permettent de proc&#233;der &#224; d'opportunes ellipses, plut&#244;t que de repr&#233;senter cr&#251;ment certaines sc&#232;nes (des passages touchant &#224; la sexualit&#233; et &#224; la violence). Sur le plan sonore, la musique de Bernard Falaise ponctue discr&#232;tement la narration. Pour ce qui est des costumes, on constate que les deux femmes du drame sont v&#234;tues de fa&#231;on plus recherch&#233;e que les deux hommes, afin de respecter les normes d'acceptabilit&#233; sociale en vigueur durant les ann&#233;es 1990, en France. N'emp&#234;che que, comme de coutume, chez Haentjens, c'est le corps du com&#233;dien qui constitue le mat&#233;riau fondamental sur lequel s'impr&#232;gne le spectacle dramatique. Dans ce cas, elle a fait appel &#224; Christine Beaulieu, Alice Pascual, S&#233;bastien Ricard et &#201;mile Schneider pour camper les quatre personnages qui apparaissent dans la pi&#232;ce de Nor&#233;n. Sans surprise, la metteuse en sc&#232;ne a choisi lucidement ses interpr&#232;tes et elle les a dirig&#233;s d'une main de ma&#238;tre. Christine Beaulieu et S&#233;bastien Ricard d&#233;voilent adroitement la dualit&#233; de leurs personnages respectifs (ceux de Rosa et &#201;ric) : sur le plan social, ils manifestent une attitude convenable, rassurante, alors que dans le domaine de l'intimit&#233;, ils r&#233;v&#232;lent un comportement d&#233;sabus&#233;, voire troublant. Quant &#224; &#201;mile Schneider, il incarne avec &#233;motion le r&#244;le de Luca, un jeune homme qui se pla&#238;t &#224; transgresser des interdits afin d'affirmer totalement sa libert&#233; individuelle. Enfin, en ce qui a trait &#224; Alice Pascual (qui incarne le personnage d'une journaliste), en d&#233;pit d'un r&#244;le plus effac&#233; que ceux de ses pairs, elle traduit, avec finesse, certaines des pratiques qui sont propres au monde m&#233;diatique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un drame sans profondeur&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de ce que nous avons mentionn&#233; au sujet de la mise en sc&#232;ne ex&#233;cut&#233;e par Brigitte Haenjtens et de l'interpr&#233;tation des com&#233;diens concern&#233;s, comment se fait-il que le drame de Lars Nor&#233;n ne nous interpelle pas vraiment ? &#192; notre avis, cela s'explique, de fa&#231;on essentielle, par le manque de profondeur navrant qui caract&#233;rise l'&#339;uvre litt&#233;raire de l'auteur su&#233;dois. &#201;videmment, attendu que cet &#233;crivain et homme de th&#233;&#226;tre septuag&#233;naire jouit d'une r&#233;putation enviable, sur le plan international (on l'a m&#234;me compar&#233; &#224; August Strindberg et &#224; Ingmar Bergman, rien de moins !), il est facile d'imaginer que notre appr&#233;ciation pourrait faire sourciller diff&#233;rents (es) amateurs (trices) de th&#233;&#226;tre. Soit. Et pourtant, le texte de Sang ne r&#233;pond pas convenablement &#224; nos coh&#233;rentes attentes. Pourquoi ? Parce que l'&#233;tude psychologique des trois principaux personnages, que l'on nous propose, n'est pas suffisamment d&#233;velopp&#233;e pour s'av&#233;rer convaincante. En effet, plut&#244;t que de tenter de sonder les &#233;tats d'&#226;me de ces &#234;tres, d'analyser leurs comportements sp&#233;cifiques, le dramaturge a choisi de les repr&#233;senter comme des types psychosociologiques succincts. En soi, cette d&#233;marche pouvait se justifier, &#224; condition que la narration soit porteuse d'une dimension symbolique puissante. Or, ici, malheureusement, tel n'est pas du tout le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mise en abyme rat&#233;e d'&#338;dipe roi de Sophocle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des principales r&#233;f&#233;rences litt&#233;raires que l'on remarque, dans la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &#233;crite par Lars Nor&#233;n, porte sur la trag&#233;die de Sophocle &#338;dipe roi (entre 430 et 420 avant J.-C.). Or, en mettant en abyme l'&#339;uvre th&#233;&#226;trale fondamentale de l'&#233;crivain grec ancien, l'auteur su&#233;dois contemporain esp&#233;rait donner &#224; sa narration une dimension universelle. H&#233;las, Nor&#233;n n'atteint pas son objectif, loin s'en faut. Assur&#233;ment, nous ne nous attendions pas &#224; ce qu'&#224; la mani&#232;re d'un Jean Cocteau (Oedipus rex [1927], La machine infernale [1934]), ou d'un Jean Anouilh (Antigone [1944], M&#233;d&#233;e [1946]), Nor&#233;n cr&#233;e une &#339;uvre novatrice, qui soit &#233;minemment respectueuse de l'esprit et de la lettre du mod&#232;le grec dont il s'est inspir&#233;. Toutefois, selon nous, les allusions que l'auteur moderne fait &#224; la pi&#232;ce de Sophocle rel&#232;vent fr&#233;quemment de la simple provocation (une constante chez Lars Nor&#233;n). Cela explique qu'on ne d&#233;c&#232;le pas, dans Sang, la finesse et la fertilit&#233; symbolique que l'on doit retrouver au sein d'une &#339;uvre d&#233;mystificatrice. Tout bien consid&#233;r&#233;, il faut souligner qu'en termes de signification, l'action du dramaturge scandinave n'a presque rien de commun avec l'intrigue originale de Sophocle. Quant aux personnages d&#233;crits dans la pi&#232;ce de Nor&#233;n, ils n'ont certainement pas l'&#233;toffe des arch&#233;types embl&#233;matiques d&#233;peints dans &#338;dipe roi. Que dire de Luca, cette figure amorale et contemporaine, qui n'a &#233;videmment pas l'envergure, ni l'intelligence, ni le sens des responsabilit&#233;s du h&#233;ros tragique repr&#233;sent&#233; par la pi&#232;ce de Sophocle ? En ce qui a trait &#224; &#201;ric, qui correspondrait au personnage de La&#239;os dans l'&#339;uvre r&#233;f&#233;rentielle, on peut clairement affirmer que la relation homosexuelle qu'il noue (involontairement) avec son fils, Luca, ne d&#233;signe rien de significatif par rapport &#224; la narration hell&#233;nique que nous avons cit&#233;e. Finalement, le personnage de Rosa, qui ne se d&#233;shonore point devant la soci&#233;t&#233;, n'&#233;quivaut gu&#232;re &#224; ce que repr&#233;sente la figure tragique de Jocaste dans l'univers du grand dramaturge grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;ception dans la th&#233;&#226;trographie d'une artiste talentueuse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si Sang comporte des qualit&#233;s esth&#233;tiques incontestables, il faut reconna&#238;tre que cette cr&#233;ation th&#233;&#226;trale nous appara&#238;t comme un &#233;chec partiel dans la prestigieuse carri&#232;re de Brigitte Haentjens. Bien entendu, on ne saurait reprocher &#224; la metteuse en sc&#232;ne d'avoir sombr&#233; dans la facilit&#233; narrative, apr&#232;s avoir jaug&#233; l'ampleur du travail artistique qu'elle a accompli pour tenter de donner un sens au drame que Lars Nor&#233;n a &#233;crit, il y a cinq lustres. Cependant, &#224; notre avis, Brigitte Haentjens a commis une erreur irr&#233;parable en sur&#233;valuant la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre de Nor&#233;n et en lui attribuant une profondeur qui lui fait cruellement d&#233;faut. Il va sans dire qu'un (e) metteur (metteuse) en sc&#232;ne du troisi&#232;me mill&#233;naire a pour vocation de faire d&#233;couvrir &#224; son public des &#339;uvres dramatiques m&#233;connues d'auteurs (res) contemporains (nes), mais encore faut-il que celles-ci m&#233;ritent d'&#234;tre port&#233;es sur sc&#232;ne !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#338;dipus rex d'Igor Stravinsky</title>
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		<dc:date>2020-04-28T08:45:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Beaucage</dc:creator>


		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-04-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis plus de trente ans, Peter Sellars s'impose comme un metteur en sc&#232;ne pluridisciplinaire audacieux, qui tente de renouveler les codes des arts sc&#233;niques afin de familiariser un nouveau public &#224; des &#339;uvres artistiques ambitieuses se rattachant au pass&#233; ou au pr&#233;sent. Parmi les &#339;uvres qu'il a cr&#233;&#233;es au cours de sa carri&#232;re, il importe de citer le film aux accents fantastiques intitul&#233; Le cabinet du docteur Ramirez (1991), ainsi qu'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre ayant pour titre Les H&#233;raclides (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Theatre-" rel="directory"&gt;Th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-04-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-04-28&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L124xH150/arton43277-69e89.jpg?1781045460' class='spip_logo spip_logo_right' width='124' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus de trente ans, Peter Sellars s'impose comme un metteur en sc&#232;ne pluridisciplinaire audacieux, qui tente de renouveler les codes des arts sc&#233;niques afin de familiariser un nouveau public &#224; des &#339;uvres artistiques ambitieuses se rattachant au pass&#233; ou au pr&#233;sent. Parmi les &#339;uvres qu'il a cr&#233;&#233;es au cours de sa carri&#232;re, il importe de citer le film aux accents fantastiques intitul&#233; Le cabinet du docteur Ramirez (1991), ainsi qu'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre ayant pour titre Les H&#233;raclides (2003), qui s'inspire de la trag&#233;die &#233;ponyme d'Euripide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L480xH360/397efb2b0e35a76c-dae2590d-65d2b.jpg?1781045461' width='480' height='360' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'artiste r&#233;put&#233; a surtout mis en sc&#232;ne des op&#233;ras, qui ont suscit&#233; des controverses chez les observateurs (trices). Au nombre de ceux-l&#224;, r&#233;f&#233;rons-nous &#224; Giulio Cesare (1990), Doctor Atomic (2005) et Tristan und Isolde (2013). Incontestablement, aux yeux de Sellars, la plupart des intrigues propres &#224; l'art lyrique ne r&#233;pondent gu&#232;re aux attentes du public contemporain. Voil&#224; pourquoi cet artiste am&#233;ricain a mis en sc&#232;ne diff&#233;rents op&#233;ras, qui ont r&#233;v&#233;l&#233; &#224; moult spectateurs (trices) sa philosophie esth&#233;tique et sa vision du monde personnelle par rapport aux grands probl&#232;mes sociopolitiques caract&#233;risant notre &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du Festival international d'Art lyrique d'Aix-en-Provence, en 2017, Peter Sellars a choisi de pr&#233;senter au public fran&#231;ais son adaptation du fameux op&#233;ra-oratorio d'Igor Stravinsky qui s'intitule &#338;dipus rex (1927). De plus, Sellars a d&#233;cid&#233; de prolonger le spectacle lyrique qu'il a &#233;labor&#233; en y incorporant une &#339;uvre pour ch&#339;ur et orchestre, la Symphonie de Psaumes (1930), que le compositeur d'origine russe avait cr&#233;&#233;e seul. Par ailleurs, sp&#233;cifions que, conform&#233;ment au souhait de l'artiste am&#233;ricain, le cin&#233;aste et t&#233;l&#233;aste Fran&#231;ois Roussillon, un homme rompu aux arts sc&#233;niques, a effectu&#233; une captation et un montage t&#233;l&#233;visuels du diptyque pr&#233;cit&#233;. Or, on a pr&#233;sent&#233; cette version du spectacle de Sellars sur les ondes de T&#233;l&#233; Saint-Pierre et Miquelon en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argument d'une &#339;uvre tragique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;sumer l'intrigue d'&#338;dipus rex de la fa&#231;on suivante : dans les temps anciens, alors que le roi Oedipe r&#232;gne sur Th&#232;bes, une &#233;pid&#233;mie de peste s'abat subitement sur la ville. Cela pousse les Th&#233;bains &#224; croire qu'ils sont victimes d'une punition des dieux en raison d'une faute grave que l'un d'entre eux a commise. Dans cette perspective, &#338;dipe promet &#224; ses sujets de trouver le coupable et de le ch&#226;tier s&#233;v&#232;rement, afin d'apaiser le courroux des divinit&#233;s qu'ils respectent. Cependant, le roi de Th&#232;bes d&#233;couvrira avec consternation que, malgr&#233; lui, il a tu&#233; son p&#232;re, La&#239;os, et &#233;pous&#233; sa m&#232;re, Jocaste. Pour expier leurs fautes respectives, &#338;dipe et Jocaste s'infligeront de terribles ch&#226;timents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La port&#233;e dramatique du livret de Cocteau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mettant en sc&#232;ne le fameux op&#233;ra-oratorio d'Igor Stravinsky, Peter Sellars a eu la main heureuse. D'abord, sur le plan narratif, il faut reconna&#238;tre que le livret qu'a &#233;crit Jean Cocteau s'impose en vertu de son &#233;l&#233;gance et de la solidit&#233; de sa structure. En outre, le spectateur (ou la spectatrice) attentif (tive) ne manquera pas de constater que le po&#232;te surr&#233;aliste utilise avec adresse diff&#233;rents proc&#233;d&#233;s stylistiques, comme la r&#233;p&#233;tition ou l'antinomie, afin de donner une grande force dramatique &#224; l'intrigue. Cela dit, l'&#233;crivain d&#233;crit, avec une appr&#233;ciable concision, l'&#233;volution psychologique des principaux personnages de la narration. Certes, Cocteau s'est grandement inspir&#233; de la trag&#233;die ancienne, &#338;dipe roi (entre 430 et 420, avant J.-C.), de Sophocle pour &#233;crire sa propre &#339;uvre. Cependant, l'auteur contemporain a su lui insuffler une vision personnelle qui l'emp&#234;che constamment de verser dans un st&#233;rile d&#233;marcage de l'&#339;uvre originelle. Par cons&#233;quent, &#224; travers son interpr&#233;tation du mythe d'&#338;dipe, Cocteau met-il l'accent sur l'impuissance des &#234;tres humains &#224; transcender leur propre condition. Ainsi, voit-on &#338;dipe et Jocaste manifester un sinc&#232;re scepticisme par rapport &#224; l'oracle selon lequel le roi de Th&#232;bes aurait tu&#233; son p&#232;re. N'emp&#234;che qu'ils n'ont d'autre choix que d'attendre le r&#233;sultat d'une enqu&#234;te visant &#224; d&#233;terminer si &#338;dipe a r&#233;ellement assassin&#233; l'auteur de ses jours, ainsi que le lui avait pr&#233;dit l'oracle de Delphes. Or, malgr&#233; les croyances sur lesquelles s'appuient le roi et la reine de Th&#232;bes, leur interpr&#233;tation de la r&#233;alit&#233; s'effritera irr&#233;versiblement. Au demeurant, &#224; l'instar de son idole Sophocle, Jean Cocteau laisse clairement entendre au public que nul ne peut &#233;chapper &#224; son destin parce que celui-ci est in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pr&#233;dominance de la musique de Stravinski&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me, Peter Sellars se montre particuli&#232;rement respectueux envers la partition originale qu'a compos&#233;e le cr&#233;ateur musical lorsqu'il met en sc&#232;ne &#338;dipus rex. Dans ce cas, il faut mentionner que Sellars a b&#233;n&#233;fici&#233; de la collaboration des musiciens du Philarmonia Orchestra, lesquels interpr&#232;tent de fa&#231;on magistrale la musique d'Igor Stravinsky. Pr&#233;cisons au passage que l'&#339;uvre pr&#233;cit&#233;e porte un titre latin en vertu des nombreux chants qu'elle comporte : ceux-ci sont r&#233;cit&#233;s dans cette langue sacr&#233;e. Nonobstant, la qualit&#233; litt&#233;raire des dialogues qu'a &#233;crits Jean Cocteau &#224; travers son livret, il est ind&#233;niable que la musique n&#233;oclassique d'Igor Stravinsky transcende ceux-l&#224; sans pour autant alt&#233;rer leur signification. Qui plus est, on peut soutenir, avec rigueur, que la partition de Stravinsky procure un suppl&#233;ment de sens &#224; l'intrigue, voire au propos de Cocteau. &#192; l'inverse, on peut affirmer, avec justesse, que le livret de Jean Cocteau permet &#224; la musique d'Igor Stravinsky d'atteindre un sommet. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une mise en sc&#232;ne flamboyante de Peter Sellars&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi qu'on pouvait l'anticiper, Peter Sellars a ex&#233;cut&#233; une mise en sc&#232;ne baroque, moderne, flamboyante &#224; travers laquelle les diff&#233;rents personnages de l'op&#233;ra-oratorio participent pleinement &#224; l'action. En termes techniques, l'artiste am&#233;ricain utilise, avec adresse, des couleurs et des &#233;clairages froids de mani&#232;re &#224; sugg&#233;rer au public que sa narration comporte une dimension fun&#232;bre. Quant au d&#233;cor choisi, il s'av&#232;re fort restreint afin de favoriser les d&#233;placements des diverses figures. Pour ce qui est de la s&#233;lection des costumes, on constate que le cr&#233;ateur et concepteur d'art lyrique a demand&#233; &#224; ses interpr&#232;tes de porter des v&#234;tements propres aux citoyens du vingt-et-uni&#232;me si&#232;cle. Dans cet esprit, il appara&#238;t coh&#233;rent que les repr&#233;sentants de la famille royale th&#233;baine soient nettement mieux habill&#233;s que les membres du ch&#339;ur de l'&#339;uvre, qui apparaissent comme des citoyens anonymes de la ville de Th&#232;bes. Sur le plan spatiotemporel, Peter Sellars utilise la sc&#232;ne du Grand Th&#233;&#226;tre de Provence avec doigt&#233;, afin que le spectateur (ou la spectatrice) prenne vraiment conscience de l'universalit&#233; de la trag&#233;die qui se d&#233;roule devant lui (ou elle). Ainsi, le metteur en sc&#232;ne accorde-t-il une grande importance aux mouvements sc&#233;niques des nombreux personnages de l'intrigue. Certes, il s'av&#232;re opportun qu'en tant que roi de Th&#232;bes, &#338;dipe soit au centre de la narration. Toutefois, on remarque que le protagoniste demeure constamment &#224; proximit&#233; des membres de sa famille ou des repr&#233;sentants du ch&#339;ur : ceux-ci occupent, avec &#233;motion, une grande partie de l'espace repr&#233;sentant l'ensemble de la cit&#233; grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre l'&#233;thique et le sociopolitique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que Peter Sellars ne pouvait pas anticiper qu'une pand&#233;mie comme celle du Corona virus d&#233;cimerait des citoyens du monde entier en 2020. Cependant, en observateur sociopolitique attentif du monde d'hier et d'aujourd'hui, le prolifique artiste constate que les catastrophes sanitaires qui affligent l'humanit&#233; ont g&#233;n&#233;ralement pour caract&#233;ristique de n'&#233;pargner personne. Ainsi, l'&#233;pid&#233;mie de la peste &#224; laquelle il se r&#233;f&#232;re, &#224; travers l'op&#233;ra-oratorio de Stravinsky, se r&#233;v&#232;le impitoyable envers le peuple th&#233;bain. D&#232;s lors, ce dernier se sent-il justifi&#233; de demander &#224; son souverain de le prot&#233;ger et d'agir comme il se doit. Or, c'est cette d&#233;marche politique qui obligera &#338;dipe &#224; lancer une investigation. Toutefois, sans que le roi ne le soup&#231;onne au d&#233;part, le r&#233;sultat objectif de l'enqu&#234;te entra&#238;nera sa disgr&#226;ce... Sur le plan &#233;thique, on pourra appr&#233;cier le jugement nuanc&#233; que Peter Sellars porte sur le protagoniste de la trag&#233;die : certes, il a tu&#233; son p&#232;re et il a entretenu des rapports charnels avec sa m&#232;re, mais il n'a pas commis ces crimes sciemment. Apr&#232;s avoir pris conscience des gestes irr&#233;parables qu'il a effectu&#233;s, le roi de Th&#232;bes s'inflige une terrible punition en se crevant les yeux. Dans cette perspective, &#338;dipe, qui a &#233;t&#233; le jouet du destin, appara&#238;t davantage comme une victime que comme un bourreau du genre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le m&#233;lange des genres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit du remarquable talent de metteur en sc&#232;ne que poss&#232;de Peter Sellars, on d&#233;plore le fait qu'il ait d&#233;cid&#233; de prolonger son spectacle lyrique en proposant aux spectateurs et aux spectatrices d'assister &#224; l'&#339;uvre pour ch&#339;ur et orchestre intitul&#233;e Symphonie de Psaumes d'Igor Stravinsky. Assur&#233;ment, cette cr&#233;ation musicale n'est pas d&#233;pourvue de qualit&#233;s sonores. Certes, la chor&#233;graphie &#224; laquelle Sellars a recours, pour permettre au public de visualiser les sonorit&#233;s &#233;mises, se r&#233;v&#232;le harmonieuse et ne trahit pas la subtile musique &#233;labor&#233;e par le compositeur du Sacre du printemps (1913). Toutefois, le lien que le metteur en sc&#232;ne &#233;tablit entre la croyance des Grecs de l'Antiquit&#233; en une religion polyth&#233;iste et la foi des Chr&#233;tiens contemporains en un Dieu unique appara&#238;t assez artificiel, voire bancal. Dans ces circonstances, on regrettera que Peter Sellars n'ait pas cherch&#233; &#224; puiser davantage dans le r&#233;pertoire, fort riche, des &#339;uvres de Jean Cocteau portant sur la trag&#233;die d'&#338;dipe, de mani&#232;re &#224; d&#233;velopper sa narration et &#224; en assurer l'unit&#233; tragique. Quoi qu'il en soit, malgr&#233; cette erreur de parcours, il faut se montrer &#233;quitable : globalement, le diptyque qu'a pr&#233;sent&#233; l'artiste multidisciplinaire au public d'Aix-en-Provence s'impose comme une cr&#233;ation instructive et signifiante. Quant &#224; l'&#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e que Fran&#231;ois Roussillon a tir&#233;e du spectacle de Sellars, elle respecte heureusement l'esth&#233;tique de la repr&#233;sentation th&#233;&#226;trale originale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mademoiselle Julie d'August Strindberg</title>
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		<dc:date>2020-04-07T08:37:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Beaucage</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-04-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de pouvoir assister &#224; une repr&#233;sentation de Mademoiselle Julie (1888) de Strindberg au Th&#233;&#226;tre du Rideau Vert (TRV), puisque l'on a proc&#233;d&#233; &#224; l'annulation de ce spectacle tragique, que devait mettre en sc&#232;ne Serge Denoncourt, en raison de la crise actuelle du Corona virus, les amateurs (trices) de th&#233;&#226;tre francophones du Qu&#233;bec et du Canada anglais pouvaient n&#233;anmoins se r&#233;jouir en constatant qu'Ici Radio-Canada Premi&#232;re allait pr&#233;senter cette cr&#233;ation sous la forme d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton42936-3a259.jpg?1781045462' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de pouvoir assister &#224; une repr&#233;sentation de Mademoiselle Julie (1888) de Strindberg au Th&#233;&#226;tre du Rideau Vert (TRV), puisque l'on a proc&#233;d&#233; &#224; l'annulation de ce spectacle tragique, que devait mettre en sc&#232;ne Serge Denoncourt, en raison de la crise actuelle du Corona virus, les amateurs (trices) de th&#233;&#226;tre francophones du Qu&#233;bec et du Canada anglais pouvaient n&#233;anmoins se r&#233;jouir en constatant qu'Ici Radio-Canada Premi&#232;re allait pr&#233;senter cette cr&#233;ation sous la forme d'un radio-th&#233;&#226;tre, le 19 mars 2020.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, le grand r&#233;seau de radio publique pancanadien allait renouer avec la tradition de diffusion des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre par le biais d'un moyen de reproduction que l'on a tendance &#224; n&#233;gliger aujourd'hui, sur le plan litt&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, Serge Denoncourt et les principaux interpr&#232;tes de la trag&#233;die naturaliste de Strindberg ont &#233;t&#233; d&#233;&#231;us de ne point pouvoir pr&#233;senter le fruit de l'ensemble de leur travail sc&#233;nique directement &#224; un public de th&#233;&#226;tre. Toutefois, gr&#226;ce &#224; la collaboration de l'&#233;quipe compos&#233;e par les r&#233;alisateurs d'Ici Radio-Canada Premi&#232;re, Denoncourt et ses collaborateurs avaient l'occasion de faire conna&#238;tre une partie de leur interpr&#233;tation de la fameuse pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre su&#233;doise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans contredit, au fil du temps, Serge Denoncourt s'est impos&#233; comme un metteur en sc&#232;ne particuli&#232;rement polyvalent, sachant adapter avec autant de doigt&#233; des &#339;uvres dramatiques exigeantes que des productions populaires. R&#233;cemment encore, il a sign&#233; une splendide mise en sc&#232;ne d'&#201;lectre (2019) de Sophocle, &#224; l'Espace Go, une trag&#233;die classique qui donnait le r&#244;le-titre &#224; la formidable com&#233;dienne qu'est Magalie L&#233;pine-Blondeau. Dans sa conception de la mise en sc&#232;ne de Mademoiselle Julie, Denoncourt a judicieusement renouvel&#233; sa confiance envers la jeune femme en faisant appel &#224; elle pour incarner le personnage principal de la trag&#233;die r&#233;cente du grand ma&#238;tre su&#233;dois. De plus, Serge Denoncourt a pu compter sur le concours de David Boutin et de Louise Cardinal pour camper respectivement les r&#244;les de Jean et de Christine. Cela dit, pr&#233;cisons que Denoncourt a ex&#233;cut&#233; lui-m&#234;me la traduction de l'&#339;uvre de Strindberg qu'il met en sc&#232;ne. Sur le plan technique, l'artiste qu&#233;b&#233;cois a b&#233;n&#233;fici&#233; de la collaboration adroite des r&#233;alisateurs radiophoniques Francis Legault et Jocelyn Lebeau qui, conscients de leur propre r&#244;le, ont mis en valeur le travail de Denoncourt et de ses interpr&#232;tes, lors de la captation et de la radiodiffusion de la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un r&#233;sum&#233; de Mademoiselle Julie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut synth&#233;tiser ainsi l'intrigue de l'&#339;uvre tragique d'August Strindberg : Julie est une jeune femme rebelle qui fait partie de la noblesse su&#233;doise. Pour contester le r&#244;le de demoiselle de la bonne soci&#233;t&#233; qu'on lui impose, elle pousse son fianc&#233;, un jeune homme respectable, &#224; rompre le lien qui les unit. Ult&#233;rieurement, la jeune insoumise profite de la c&#233;l&#233;bration de la F&#234;te de la Saint-Jean pour s&#233;duire Jean, un domestique qui travaille dans sa demeure. Apr&#232;s moult tergiversations, la protagoniste et son serviteur nouent une relation intime et passionn&#233;e. N&#233;anmoins, afin d'&#233;viter de subir l'ostracisme que pourraient leur infliger des repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; dans laquelle ils se meuvent, Jean et Julie planifient bient&#244;t d'aller vivre &#224; l'&#233;tranger. Toutefois, leurs d&#233;saccords font avorter ce projet. D&#232;s lors, pour &#233;viter de vivre dans le d&#233;shonneur, Julie se suicide.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La pertinence et la profondeur d'un auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A priori, il faut reconna&#238;tre que Serge Denoncourt, ses trois interpr&#232;tes et le compositeur Laurier Rajotte ont su mettre en relief l'extraordinaire qualit&#233; litt&#233;raire de Mademoiselle Julie. Contrairement &#224; un Gregory Hlady, qui a adapt&#233; tr&#232;s librement La danse de mort (1900-1901) de Strindberg, il y a pr&#232;s de huit ans (au Th&#233;&#226;tre Prospero), &#224; travers une mise en sc&#232;ne baroque, Serge Denoncourt proc&#232;de &#224; une adaptation th&#233;&#226;trale se r&#233;v&#233;lant particuli&#232;rement sobre, voire fid&#232;le &#224; l'esprit et &#224; la lettre de la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre sur laquelle il a jet&#233; son d&#233;volu. Ainsi, le metteur en sc&#232;ne originaire de Shawinigan a su d&#233;celer la modernit&#233;, l'universalit&#233; d'une &#339;uvre naturaliste, t&#233;moignant d'une grande finesse psychologique, qui incite le (la) spectateur (trice) ou l'auditeur (trice) &#224; se poser des questions fondamentales au sujet de la nature profonde de l'&#234;tre humain, voire des relations qui unissent les hommes et les femmes dans le monde occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le portrait psychologique de l'h&#233;ro&#239;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les th&#232;mes qu'August Strindberg a explor&#233;s, dans sa trag&#233;die naturaliste, il est essentiel de se r&#233;f&#233;rer &#224; celui de l'oppression de la femme et &#224; celui de la lutte de classes sociales, qui constituent la dichotomie pr&#233;pond&#233;rante sur laquelle repose l'intrigue de l'oeuvre. Dans cette perspective, on peut affirmer que, m&#234;me si mademoiselle Julie appartient au gotha de son pays, elle demeure prisonni&#232;re de la condition f&#233;minine qui pr&#233;vaut en Su&#232;de et au sein de nombreux pays occidentaux, &#224; la fin du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle. En d'autres termes, la jeune femme ne peut pas d&#233;roger aux r&#232;gles que l'on impose aux personnes de son sexe sans risquer de subir la r&#233;probation de son propre p&#232;re ou de repr&#233;sentants &#233;tablis de la soci&#233;t&#233; qui l'entoure. N'emp&#234;che qu'&#224; l'instar de sa m&#232;re, lorsqu'elle &#233;tait vivante, la protagoniste de la narration se r&#233;volte volontiers contre un ordre social qui brime sa libert&#233; individuelle, m&#234;me si elle sait qu'une tel comportement pourrait lui causer bien des tourments. D&#232;s lors, pourquoi mademoiselle Julie adopte-t-elle cette attitude ? Parce que, malgr&#233; les avantages socio&#233;conomiques dont elle-m&#234;me et les gens de sa caste b&#233;n&#233;ficient, Julie se sent malheureuse au sein du monde dans lequel elle vit. De fa&#231;on lucide, la jeune femme n'a pas l'impression qu'elle peut s'y &#233;panouir. Cela explique notamment qu'elle fasse diff&#233;rents gestes d'opposition par rapport &#224; l'ordre social auquel elle appartient. Parmi ceux-ci, on actera la volont&#233; de la protagoniste d'assujettir son fianc&#233; &#224; ses lubies et son refus manifeste de c&#233;l&#233;brer la F&#234;te de la Saint-Jean, en compagnie de son p&#232;re ainsi que d'autres membres de sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le portrait psychique de Jean&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, Jean, comme sa compagne, Christine, fait partie de la classe sociale des serviteurs. Par cons&#233;quent, les porte-parole reconnus de la soci&#233;t&#233; dans laquelle il vit s'attendent &#224; ce qu'il accepte d'occuper, sans rechigner, un rang inf&#233;rieur &#224; celui des ma&#238;tres qu'il sert. Or, Jean consent &#224; vivre selon cette convention, m&#234;me si elle ne lui pla&#238;t pas du tout. Contrairement &#224; Julie, le jeune homme ne conteste jamais ouvertement l'ordre &#233;tabli de peur de se voir sanctionn&#233;. N'emp&#234;che qu'il entretient des r&#234;ves ambitieux, &#224; travers lesquels il se voit occuper la position du dominant plut&#244;t que celle du domin&#233;. En cons&#233;quence, au moment opportun, il se pr&#234;te naturellement au jeu de la s&#233;duction auquel se livre Julie devant lui. De mani&#232;re incontestable, il se sent attir&#233; par la jeune femme en raison de sa beaut&#233; et de sa position soci&#233;tale sup&#233;rieure. Ainsi, il a longtemps per&#231;u cette demoiselle de la bonne soci&#233;t&#233; comme une figure inatteignable en raison de son statut social privil&#233;gi&#233;. Cependant, il n'&#233;prouve pas d'amour v&#233;ritable pour cette insoumise. En d'autres termes, il feint de ressentir une extraordinaire passion pour elle, alors qu'il n'en est rien. &#201;videmment, il n'ignore pas qu'en ayant une relation intime avec la jeune femme, il transgressera un interdit. Somme toute, Jean &#233;prouve une tentation de transcender sa condition sociale de domestique qui se r&#233;v&#232;le plus forte que la crainte qu'il ressent &#224; l'id&#233;e de subir un ch&#226;timent. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une liaison amoureuse funeste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s que les amants aient consomm&#233; leur relation charnelle, ils appr&#233;hendent les cons&#233;quences n&#233;gatives que leur geste, contraire aux r&#232;gles de la biens&#233;ance et &#224; la religion, risque d'engendrer. Dans ces circonstances, l'opposition aux normes sociopolitiques dominantes qui unissait la ma&#238;tresse et le serviteur s'effrite. Julie d&#233;couvre promptement que Jean s'est jou&#233; d'elle lorsqu'il pr&#233;tendait &#233;prouver un sentiment amoureux &#224; son &#233;gard. Pour se venger, l'h&#233;ro&#239;ne manifeste un sentiment de m&#233;pris prononc&#233; envers le jeune homme, en vertu du statut social inf&#233;rieur qui est le sien. Subs&#233;quemment, Jean et mademoiselle Julie se lancent dans une discussion particuli&#232;rement acrimonieuse, voire cruelle &#224; travers laquelle ils s'accusent mutuellement d'&#234;tres responsables de la grave transgression de l'ordre morale qu'ils ont commise. N'emp&#234;che que, par moments, on constatera que les amants seraient pr&#234;ts &#224; se r&#233;concilier pour tenter de fuir la pers&#233;cution qui les guette et d'acc&#233;der &#224; une nouvelle vie, en Suisse. Malheureusement, leurs sentiments de solidarit&#233; r&#233;ciproques ne s'av&#233;reront pas assez solides pour surmonter des impond&#233;rables et transformer une vell&#233;it&#233; en r&#233;alit&#233;. Par ailleurs, sachant qu'elle risque grandement de porter l'odieux de s'&#234;tre abaiss&#233;e &#224; avoir des rapports sexuels avec un simple serviteur, mademoiselle Julie songe, de mani&#232;re s&#233;rieuse, &#224; se suicider pour pr&#233;server son honneur. Or, plut&#244;t que de tenter de dissuader la protagoniste de commettre un geste irr&#233;parable, Jean la pousse &#224; le faire afin de cacher l'incartade qu'il a lui-m&#234;me commise. De son c&#244;t&#233;, &#233;prouvant encore un certain attachement pour son &#233;ph&#233;m&#232;re amant, Julie se tranchera la gorge en utilisant le rasoir de Jean. Elle deviendra donc la victime expiatoire d'une soci&#233;t&#233; aux valeurs misogynes. En choisissant de clore son intrigue de cette fa&#231;on, August Strindberg proc&#232;de &#224; une critique virulente du conservatisme sociopolitique et de l'intol&#233;rance qui caract&#233;risaient la Su&#232;de de la fin du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle. Du reste, il faut savoir gr&#233; &#224; Serge Denoncourt de nous sugg&#233;rer que de telles valeurs collectives constituent des entraves inacceptables, par rapport &#224; l'affirmation des droits individuels, dans diff&#233;rentes soci&#233;t&#233;s du monde contemporain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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