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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le pouvoir et l'urgence dans la crise &#233;cologique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-pouvoir-et-l-urgence-dans-la-crise-ecologique</link>
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		<dc:date>2026-06-02T09:15:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#250;lia Mart&#237;, Martin Lallana</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-06-02</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>06_01 - diaporama nombre illimit&#233; d'articles</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'urgence de la crise globale du capitalisme, notamment du fait de la crise &#233;cologique, est ind&#233;niable. Y r&#233;pondre n&#233;cessite une vision claire de la question du pouvoir et de la transition vers une autre soci&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; mai 2026 | tir&#233; d'inprecor.fr | Photo : Militants &#233;cologistes. DR. https://inprecor.fr/le-pouvoir-et-lurgence-dans-la-crise-ecologique &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation est sans ambigu&#239;t&#233; : nous sommes au bord d'un d&#233;sastre climatique irr&#233;versible 1. En 2025 nous avons d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; sept des neuf (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-06-02&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH97/crise_mortelle_et_sa_reponse_modifie-2-b5786.png?1781035283' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'urgence de la crise globale du capitalisme, notamment du fait de la crise &#233;cologique, est ind&#233;niable. Y r&#233;pondre n&#233;cessite une vision claire de la question du pouvoir et de la transition vers une autre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;mai 2026 | tir&#233; d'inprecor.fr | Photo : Militants &#233;cologistes. DR.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/le-pouvoir-et-lurgence-dans-la-crise-ecologique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://inprecor.fr/le-pouvoir-et-lurgence-dans-la-crise-ecologique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est sans ambigu&#239;t&#233; : nous sommes au bord d'un d&#233;sastre climatique irr&#233;versible 1. En 2025 nous avons d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; sept des neuf limites plan&#233;taires 2. Cela a pour effet fondamental l'acc&#233;l&#233;ration et l'aggravation de toute la crise &#233;cologique. Les records d'&#233;missions globales de CO2 et leur concentration dans l'atmosph&#232;re sont battus chaque ann&#233;e. Tant que le robinet est ouvert, le d&#233;bit ne r&#233;duira pas. On a pu observer r&#233;cemment que la capacit&#233; d'absorption des &#233;missions de CO2 des oc&#233;ans se r&#233;duisait3. Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne s'observe pour les for&#234;ts : en 2023 et en 2024 la d&#233;forestation et les m&#233;ga-feux ont r&#233;duit les absorptions de carbone des for&#234;ts au plus bas 4. En Finlande, les for&#234;ts n'agissent plus comme pi&#232;ges &#224; carbone mais comme source de carbone 5 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la chute de la biodiversit&#233; atteint une ampleur catastrophique. Depuis 1970, la population d'animaux sauvages a chut&#233; de 73&#8197;% 6. Presque un million d'esp&#232;ces sont menac&#233;es d'extinction. La diminution du nombre d'insectes est d&#233;j&#224; en train de r&#233;duire la production alimentaire. Elle est accompagn&#233;e de l'utilisation massive d'engrais chimiques dans l'agro-industrie qui est en train d'&#233;puiser la fertilit&#233; des sols cultivables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le chaos mondial&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De plus, nous ne pouvons pas analyser l'urgence &#233;cologique de mani&#232;re isol&#233;e : celle-ci se produit dans un contexte socio-&#233;conomique et g&#233;opolitique mondial instable. L'invasion de l'Ukraine, le g&#233;nocide en Palestine, les interventions &#233;tatsuniennes en Am&#233;rique latine, les tensions dans la Mer de Chine m&#233;ridionale, les r&#233;voltes, les coups d'&#201;tats et les guerres pour les ressources en Afrique, etc., d&#233;crivent un d&#233;sordre mondial. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, l'essor des migrations, des in&#233;galit&#233;s, l'augmentation du co&#251;t de la vie, la droitisation de la soci&#233;t&#233;, la r&#233;pression et la violence (qui ont un impact bien plus important sur les personnes racis&#233;es, les femmes, les personnes LGBTQIA+, les activistes, etc.) montrent une s&#233;rie d'urgences accumul&#233;es, et dans une large mesure interconnect&#233;es, auxquelles nous devons r&#233;pondre. M&#234;me si l'on d&#233;tourne les yeux, tout ceci continue &#224; se produire. Toujours plus vite, toujours plus grave, toujours plus irr&#233;versible. Mais la prise de conscience ne se transforme pas m&#233;caniquement en action contre la catastrophe en cours. La v&#233;ritable dispute sur la crise &#233;cosociale n'est pas le d&#233;bat scientifique mais la question du pouvoir. C'est dans cette perspective que se situe la r&#233;flexion que nous voulons aborder dans cet article : sur le pouvoir et l'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question de l'urgence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, les doutes se d&#233;veloppent logiquement concernant la strat&#233;gie politique &#224; adopter afin de r&#233;pondre au mieux &#224; l'urgence de la crise &#233;cologique. En effet, les &#233;ch&#233;ances pour mettre en place les immenses transformations n&#233;cessaires sont d'&#224; peine une &#224; deux d&#233;cennies. Les cons&#233;quences de l'inaction sont de plus en plus catastrophiques. Par cons&#233;quent, le manque de certitudes strat&#233;giques donne lieu &#224; des r&#233;ponses vari&#233;es, qui partagent la conscience de l'urgence mais adoptent des approches diff&#233;rentes et bien souvent, contradictoires. Nous analyserons celles exer&#231;ant une certaine influence dans le contexte de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intellectuels du &#171; progressisme vert &#187; espagnol ont r&#233;cemment insist&#233; sur la question des temporalit&#233;s pour justifier leur projet politique. Emilio Santiago affirme qu'aucun frein &#224; la d&#233;carbonisation n'est admissible et que la gauche ne peut plus s'arr&#234;ter &#224; des excuses id&#233;ologiques comme les in&#233;galit&#233;s ou les b&#233;n&#233;fices des grandes entreprises priv&#233;es 7. Jos&#233; Luis Rodr&#237;guez revendique l'importance d'&#233;tablir une alliance avec la frange verte du capital 8. Xan L&#243;pez consid&#232;re que la gauche doit en finir avec ses dogmes et agir dans le capitalisme tel qu'il est pour renforcer la d&#233;mocratie lib&#233;rale verte 9. C&#233;sar Rendueles d&#233;fend que l'actualit&#233; de la crise &#233;cologique transforme l'h&#233;ritage du marxisme en fantaisie morbide et politiquement catastrophique10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous insistent sur le m&#234;me point : il n'est pas r&#233;aliste d'esp&#233;rer la chute du capitalisme pour d&#233;passer la crise climatique. Et &#224; partir de cette position, ils en appellent &#224; un pragmatisme vert qui choisit la gestion verte de l'existant. S'il y a quelques ann&#233;es ils justifiaient cette voie en arguant qu'elle s'inscrivait dans l'air du temps ; ils le justifient maintenant comme la seule voie face &#224; la mont&#233;e du fascisme fossile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des mouvements sociaux, m&#234;me si la vitalit&#233; des mobilisations climatiques pr&#233;-pand&#233;mie n'a pas &#233;t&#233; retrouv&#233;e, on en a h&#233;rit&#233; la radicalisation de certains secteurs militants. Des collectifs comme Extinction Rebellion ou Futuro Vegetal ont utilis&#233; les tactiques de d&#233;sob&#233;issance civile pour attirer l'attention sur l'urgence de la situation. Le mouvement fran&#231;ais Les Soul&#232;vements de la terre jouit &#233;galement d'une influence croissante dans les groupes &#233;cologistes autonomes et de d&#233;fense du territoire. Ceci a men&#233; &#224; l'apparition subite des Revoltes de la Terra en Catalogne. Sans oublier les r&#233;voltes paysannes dans toute l'Europe, et qui, malgr&#233; le fait que leurs revendications ne soient pas toujours &#233;cologiques, mettent cependant en &#233;vidence les sympt&#244;mes de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des membres du collectif portugais Clim&#225;ximo interrogent les strat&#233;gies actuelles des mouvements depuis le prisme de l'urgence 11 et critiquent la mani&#232;re dont la plupart des organisations multiplient les esquives concernant cette question. Ils consid&#232;rent que ni construction progressive d'un pouvoir et d'une organisation communautaire, ni les mobilisations de masses, ni les revendications concr&#232;tes et r&#233;alistes ne r&#233;pondent correctement &#224; l'urgence de la crise. En m&#234;me temps, ils alertent sur le fait que l'ampleur de la menace a bien trop souvent pour r&#233;ponse le renoncement &#224; la lutte pour le pouvoir et le retranchement vers des projets locaux. Ils affirment que &#171; si l'on veut planifier le d&#233;mant&#232;lement du capitalisme dans les d&#233;lais impos&#233;s par le changement climatique, nous avons besoin d'une th&#233;orie du changement et d'un mod&#232;le d'organisation qui soient compatibles avec cette t&#226;che &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils insistent sur l'importance de renforcer l'&#233;cosyst&#232;me des mouvements et organisations engag&#233;es dans la rupture r&#233;volutionnaire. La proposition est que les organisations se positionnent dans l'&#233;tat d'esprit d'une guerre face &#224; l'urgence climatique : toute strat&#233;gie, tactique et processus interne doit &#234;tre efficace, doit recourir &#224; des formations rapides et doit &#234;tre souple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &#171; progressistes verts &#187;, toute prise de position id&#233;ologique sera per&#231;ue comme contraire &#224; tout projet r&#233;volutionnaire. Ils s'opposent aux positions anticapitalistes, synonymes selon eux d'obstacles &#224; la r&#233;solution de la crise &#233;cologique, bien que les r&#233;sultats de leur pragmatisme soient toujours invisibles. De plus, la fa&#231;on trompeuse dont ils envisagent l'urgence pour imposer leur projet politique fait beaucoup trop &#233;cho au fameux &#171; il n'y a pas d'alternative &#187;, qui l&#233;gitime des solutions antid&#233;mocratiques et oublie que, sans les individus les plus touch&#233;s par cette crise &#233;cosociale, nous ne pourrons d&#233;clencher les processus radicaux qui sont n&#233;cessaires aux transformations ambitieuses dont nous avons besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on peut se reconna&#238;tre dans certains des positionnements de Clim&#225;ximo, leurs cons&#233;quences ne pourront &#234;tre qu'un exc&#232;s de volontarisme. Dans la pratique, on peut constater que le choix d'une intensification rapide de la lutte brouille le contexte concret des mouvements et des dynamiques locales qui les traversent. Si la radicalisation reste une cons&#233;quence positive de l'urgence, la r&#233;alit&#233; des mouvements sociaux continue &#224; &#234;tre bien trop fractur&#233;e et dans l'incapacit&#233; d'interpeller de larges couches de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi observer des propositions utiles pour la r&#233;organisation et le renforcement des mouvements, mais sans proposition claire pour r&#233;soudre la question du pouvoir. Par la suite, nous tenterons d'esquisser notre r&#233;ponse &#224; la crise &#233;cosociale. Nous signalerons quelques lacunes de la pens&#233;e &#233;cosocialiste et d&#233;velopperons nos r&#233;flexions sur le pouvoir et sur l'urgence face &#224; la crise &#233;cosociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fertiliser la pens&#233;e &#233;cosocialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur la crise &#233;cologique dans la pens&#233;e marxiste d&#233;butent durant la seconde moiti&#233; du 20e si&#232;cle. Plus d'un demi-si&#232;cle de pens&#233;e &#233;cosocialiste a laiss&#233; un h&#233;ritage pr&#233;cieux et a jou&#233; un r&#244;le important autant dans les organisations marxistes que dans le mouvement &#233;cologiste. Mais reconna&#238;tre cet h&#233;ritage ne nous emp&#234;che pas pour autant de reconna&#238;tre et de signaler certaines limites que ces r&#233;flexions ont pu avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la majorit&#233; des cas, la pens&#233;e &#233;cosocialiste s'est concentr&#233;e uniquement sur la partie &#233;cologique du d&#233;bat. Certaines questions centrales du marxisme n'ont pas &#233;t&#233; abord&#233;es selon ce prisme : sur l'&#201;tat, la crise et l'organisation ou la transition, de sorte que les apports de cette pens&#233;e doivent &#234;tre compl&#233;t&#233;s par d'autres &#233;coles de pens&#233;e marxiste. Malheureusement, un tel puzzle ne g&#233;n&#232;re pas un r&#233;sultat satisfaisant et coh&#233;rent. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cet endroit que la pens&#233;e &#233;cosocialiste doit se fertiliser. La m&#234;me question appara&#238;t dans la question des temps politiques. Il existe un riche h&#233;ritage de d&#233;bats sur les temps politiques, l'organisation et la strat&#233;gie dans le marxisme. Mais une relecture &#233;cosocialiste de ce dernier est toujours devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion sur les temps politiques et l'organisation du marxisme remonte aux d&#233;bats &#224; l'int&#233;rieur de la IIe Internationale et du parti social-d&#233;mocrate allemand (SPD). Eduard Bernstein d&#233;fendait le parlementarisme comme une longue marche vers la conqu&#234;te progressive du pouvoir. Pour Karl Kautsky, la r&#233;volution se r&#233;sumait &#224; la modification du rapport de forces au sein de l'&#201;tat et &#224; la croissance des masses ouvri&#232;res. C'est ainsi qu'il misait sur une accumulation passive des forces, afin &#171; d'avancer patiemment sur les chemins du pouvoir jusqu'&#224; ce que le pouvoir tombe comme un fruit m&#251;r &#187;. Ces conceptions pla&#231;aient le parti dans un r&#244;le de p&#233;dagogue qui cultive et organise la classe laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que Walter Benjamin accusa de r&#233;signation historique12. La social-d&#233;mocratie allemande prenait le parti d'un temps homog&#232;ne et vide, un temps de progr&#232;s m&#233;canique sans crises ni ruptures. Une temporalit&#233; sans &#233;v&#233;nements. Pour Benjamin, ce parti pris avait endormi la vigilance r&#233;volutionnaire face aux menaces. Dans sa conception, le temps strat&#233;gique de la politique n'est ni lin&#233;aire ni vide : c'est un temps discontinu, d&#233;cousu et fractur&#233;, rempli de n&#339;uds et de faits impr&#233;gn&#233;s de sens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH321/57096fc7c615b942-5ebc7801-0ab77.png?1781049903' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le parti n'et pas un p&#233;dagogue qui emmagasine des forces patiemment mais un op&#233;rateur strat&#233;gique qui r&#233;agit avec agilit&#233; &#224; la conjoncture. Il doit &#234;tre toujours pr&#234;t &#224; l'impr&#233;vu et pr&#233;parer tous les fronts. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus significative des ruptures fut celle formul&#233;e par L&#233;nine au travers de deux apports fondamentaux : sa notion de crise r&#233;volutionnaire et sa conception du parti. Pour le r&#233;volutionnaire russe, le parti n'est pas un p&#233;dagogue qui emmagasine des forces patiemment mais un op&#233;rateur strat&#233;gique qui r&#233;agit avec agilit&#233; &#224; la conjoncture. La r&#233;volution doit se pr&#233;parer en construisant une organisation capable d'agir dans des circonstances extr&#234;mes, sans &#234;tre paralys&#233;e au moindre d&#233;fi. C'est en cela que le parti doit toujours &#234;tre pr&#234;t &#224; l'impr&#233;vu et pr&#233;parer tous les fronts. Comme le d&#233;crit Daniel Bensa&#239;d, la politique de L&#233;nine est une politique de l'impatience 13. La politique du temps bris&#233; de la strat&#233;gie l&#233;niniste est un temps rythm&#233; par la lutte et interrompu par la crise. Dans ce temps bris&#233;, le parti agit comme bo&#238;te de vitesses de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;bats offrent-ils une r&#233;ponse satisfaisante au probl&#232;me de l'urgence de la crise &#233;cologique ? Il serait malhonn&#234;te de r&#233;pondre de fa&#231;on affirmative. M&#234;me si c'est s&#233;duisant, on ne peut pas les appliquer m&#233;caniquement au probl&#232;me des temps politiques de la crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pouvoir, crise et transition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous tenterons d'esquisser notre r&#233;ponse via trois approches : celle du pouvoir, celle de la crise et celle de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, aborder la question de la prise du pouvoir nous semble fondamental dans un contexte o&#249; les mouvements &#233;cosociaux l'&#233;ludent constamment. Que ce soit sous l'influence du mouvement autonome, par crainte du r&#233;formisme, ou simplement par impuissance et incapacit&#233; &#224; imaginer des sc&#233;narios de rupture, on ne con&#231;oit pas de relation avec l'&#201;tat qui ne repose pas soit sur une logique de pression et de revendications, soit, au contraire, sur une confrontation qui ne vise pas &#224; transformer le pouvoir, mais simplement &#224; l'affaiblir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons besoin d'&#233;voquer la question de comment transformer l'&#201;tat au regard de l'urgence. Car l'id&#233;e selon laquelle nous n'avons pas le temps de mener de grandes transformations et qu'il vaut donc mieux s'adapter et trouver un compromis nous conduit dans une impasse o&#249; le capitalisme continue de fonctionner comme si de rien n'&#233;tait. &#201;luder ce d&#233;fi et se concentrer exclusivement sur la construction d'espaces autonomes suppose &#233;galement d'abandonner les outils d'intervention dans l'&#233;conomie qui sont n&#233;cessaires et urgents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant dit, que signifie prendre le pouvoir pour un projet &#233;cosocialiste dans une d&#233;mocratie lib&#233;rale occidentale ? La conception de crise r&#233;volutionnaire de L&#233;nine se basait sur la dualit&#233; du pouvoir et sur une campagne politico-militaire de renversement de l'appareil de domination &#233;tatique. Ce mod&#232;le est difficilement applicable dans les pays o&#249; existe une soci&#233;t&#233; civile robuste et &#233;tablie dans les profondeurs de la soci&#233;t&#233;, o&#249; l'&#201;tat exerce une forte h&#233;g&#233;monie et jouit d'une forte l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces territoires, les d&#233;bats de l'Internationale Communiste formul&#232;rent d'autres mod&#232;les : le gouvernement ouvrier et l'approche transitoire 14. L'on y observait comment la radicalisation sociale de la classe laborieuse se traduisait d'abord par l'aspiration r&#233;formiste &#224; un gouvernement d&#233;mocratique qui r&#233;pond&#238;t aux revendications d&#233;fendues. Dans ces conditions, l'acc&#232;s au gouvernement par le biais des urnes par des forces socialistes peut remplir un r&#244;le provisoire et transitoire. Cependant, ce gouvernement devra affronter le sabotage &#233;conomique des capitalistes, &#224; un sentiment d'impuissance et un d&#233;couragement croissant, ainsi qu'&#224; une dynamique croissante des conflits de classes. D'o&#249; l'approche transitoire : ce gouvernement peut jouer un r&#244;le de pont, mais se doit de d&#233;passer la politique r&#233;formiste et renforcer la radicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gouvernement ouvrier, contre-pouvoirs et programme de transition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De plus, dans un contexte de crise &#233;cosociale, le succ&#232;s de cette strat&#233;gie d&#233;pendra particuli&#232;rement de la capacit&#233; &#224; construire des institutions de contre-pouvoir. Ces institutions sont fondamentales pour renforcer les classes populaires dans un contexte d'appauvrissement et de recrudescence des violences. Mais elles auront aussi &#224; cr&#233;er une autonomie et &#224; d&#233;sarmer les chantages du capital, en plus de construire des exp&#233;riences de construction du pouvoir qui ne passent pas par la d&#233;l&#233;gation &#8211; caract&#233;ristiques des d&#233;mocraties lib&#233;rales &#8211;, et &#224; faciliter la radicalisation et le d&#233;bordement des cadres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instauration d'un gouvernement transitoire avec de fortes structures de contre-pouvoir est une hypoth&#232;se qui se transpose facilement en p&#233;riode de crise &#233;cologique. Il n'est pas n&#233;cessaire de croire en l'abolition du capitalisme &#224; l'&#233;chelle mondiale durant la prochaine d&#233;cennie pour adopter une strat&#233;gie r&#233;volutionnaire : des revendications transitoires qui font progresser significativement la transition &#233;cologique peuvent parfaitement &#234;tre d&#233;velopp&#233;es par un gouvernement ouvrier &#8211; on entend la &#171; classe ouvri&#232;re &#187; au sens large &#8211; qui arrive &#233;lectoralement au pouvoir dans un moment de radicalisation sociale. La nationalisation des entreprises de l'&#233;nergie, une r&#233;forme agraire agro&#233;cologique, l'extension massive des transports en commun, une r&#233;duction drastique du temps de travail, la r&#233;gularisation des personnes exil&#233;&#183;es, l'expropriation des logements appartenant &#224; des entreprises et &#224; des fonds d'investissements ou la fin de la privatisation de la sant&#233;. Ces interventions vont rencontrer limites et sabotages, et le renforcement de la strat&#233;gie de rupture sera la seule r&#233;ponse possible. D'un point de vue pragmatique, s'il y a bien une chose que nous apprend le 20e si&#232;cle, c'est qu'un programme r&#233;formiste significatif n'a &#233;t&#233; efficace que lorsque la r&#233;volution &#233;tait une menace cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des r&#233;ponses socialistes aux crises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, quels sont les effets de la crise et des mobilisations sociales ? Dans le temps bris&#233; de la crise &#233;cosociale, il s'agit d'&#233;l&#233;ments centraux, apparaissant de fa&#231;ons vari&#233;es. Sur le plan &#233;conomique, nous savons que pendant la prochaine d&#233;cennie, nous ferons face &#224; une nouvelle crise &#233;conomique. L'accumulation capitaliste est en mauvaise sant&#233; et, depuis les ann&#233;es 70, le Nord Global connait une crise tous les dix ans. Bien loin des analyses gauchistes, elles ne repr&#233;sentent pas une &#233;tincelle favorable aux explosions r&#233;volutionnaires. En p&#233;riode de crise, les capitalistes r&#233;tablissent leurs taux de profit et renforcent leur domination sur la classe laborieuse. Les crises ne sont pas le sympt&#244;me d'&#233;puisement catastrophique, elles revitalisent l'accumulation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#229;le Holgersen d&#233;fend l'id&#233;e que l'&#233;cosocialisme ne peut ni &#233;chapper, ni ignorer les crises 15. Afin d'&#233;viter de reproduire sans fin les m&#234;mes recettes keyn&#233;siennes restaurant la comp&#233;titivit&#233; et la rentabilit&#233; du capital, nous devons pr&#233;parer des strat&#233;gies et des programmes socialistes contre la crise. Nous avons besoin de plans d'action concrets pour la gestion imm&#233;diate de la crise, afin de minimiser les d&#233;g&#226;ts sociaux et d'appliquer une politique de classe aux moments du choc. Il s'agit essentiellement de se pr&#233;parer &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de la lutte des classes, au moment o&#249;, in&#233;vitablement, elle entre en conflit avec le profit et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Les structures de contre-pouvoir des classes populaires joueront alors un r&#244;le-cl&#233;, tout comme la capacit&#233; &#224; articuler des strat&#233;gies qui parviennent &#224; transformer l'&#233;tat d'esprit g&#233;n&#233;r&#233; par la nouvelle situation en changements r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crises sociales et crise de direction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, il y a les mobilisations sociales. Elles se d&#233;veloppent ind&#233;pendamment de la crise &#233;conomique. La dynamique du si&#232;cle dernier positionnait en g&#233;n&#233;ral le conflit comme pr&#233;c&#233;dant la crise. Joshua Clover d&#233;fend que la forme &#224; travers laquelle s'exprime la lutte des classes dans notre p&#233;riode est l'agitation 16 qu'il d&#233;finit comme une forme d'action collective qui lutte pour &#171; figer les prix &#187; des biens du march&#233;, et mobilise toujours plus de personnes exclues du march&#233; du travail salari&#233;. Il observe les luttes de masse pour le prix du carburant et des transports en France, au Br&#233;sil, au Mexique ou en Ha&#239;ti. En examinant un ph&#233;nom&#232;ne similaire, Vincent Bevins r&#233;alise le bilan amer des mobilisations massives de la d&#233;cennie 2010-2020 17. Des mouvements en Tunisie, en &#201;gypte, en Turquie, au Br&#233;sil, en Cor&#233;e du Sud et au Chili, il conclut que ces actions ont permis de cr&#233;er des vides politiques, mais qu'elles ont &#233;t&#233; incapables de profiter des situations r&#233;volutionnaires. Alors que les mobilisations de masse, sans direction, n'avaient pas la capacit&#233; de prendre le pouvoir, les &#233;lites &#233;conomiques organis&#233;es ont su profiter de la vacance du pouvoir pour renforcer leur position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises, les &#233;meutes et les manifestations de masse sont trois ph&#233;nom&#232;nes qui se produiront dans les ann&#233;es &#224; venir. Ce sont des &#233;v&#233;nements qui fractureront le temps politique. L'urgence &#233;cologique est directement li&#233;e &#224; notre capacit&#233; &#224; intervenir &#224; ces moments-l&#224;. Si nos organisations se retrouvent bloqu&#233;es ou marginalis&#233;es, nous aurons perdu une d&#233;cennie que nous ne pouvions pas nous permettre de perdre. De plus, il est possible que ces &#233;v&#233;nements prennent une tournure contre-r&#233;volutionnaire : Richard Seymour d&#233;crit, &#224; travers le concept de &#171; nationalisme du d&#233;sastre &#187;, comment l'extr&#234;me droite exploite les catastrophes, r&#233;elles ou invent&#233;es, pour &#233;largir et radicaliser sa base sociale 18, en orientant les aspirations et les &#233;motions dans une direction r&#233;actionnaire, en proposant des fantasmes violents comme exutoire &#224; la frustration sociale. Se pr&#233;parer &#224; intervenir dans les crises et les soul&#232;vements exige d'&#233;largir notre base, de renforcer nos alliances, mais surtout d'&#234;tre capable de lire la r&#233;alit&#233; sociale pour anticiper et construire des issues &#233;mancipatrices aux frustrations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles actions concr&#232;tes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, quelles sont les conqu&#234;tes n&#233;cessaires &#224; une transition &#233;cosocialiste, &#224; partir de la situation actuelle ? D'un c&#244;t&#233;, les Soul&#232;vements de la Terre ont popularis&#233; le concept de d&#233;sarmement comme strat&#233;gie d&#233;fensive pour d&#233;sarticuler et freiner les infrastructures qui nous dirigent vers l'effondrement 19. Cette strat&#233;gie gagnante a su marquer le d&#233;bat public et freiner certains m&#233;ga-projets &#8211; m&#234;me s'il faudrait aborder certains d&#233;bats tactiques sur les formes, le type d'infrastructures &#224; attaquer et les cons&#233;quences sur la classe laborieuse pour pouvoir &#233;tendre cette strat&#233;gie. D'un autre c&#244;t&#233;, Kai Heron, Keir Milburn et Bertie Russel d&#233;fendent la construction d'outils de propri&#233;t&#233; publico-communautaire dans des secteurs cl&#233;s de la reproduction 20 comme le soin, le logement, l'&#233;nergie ou l'alimentation. Cela donne naissance &#224; un cadre institutionnel qui s'appuie sur l'engagement populaire pour r&#233;pondre aux besoins sociaux et limiter la domination du capital. Ces outils ne sont pas le r&#233;sultat d'une r&#233;volution &#233;cosocialiste, mais une approche pour construire un pouvoir populaire et avancer dans la transition &#233;cologique. Un projet concret et r&#233;alisable dans lequel peuvent converger des forces organis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conqu&#234;tes &#233;cosocialistes doivent combiner ce double mouvement destituant-constituant op&#233;rant sur les nouvelles formes d'organisation de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;. Am&#233;liorer les fa&#231;ons de les combiner pour favoriser leur alimentation r&#233;ciproque et non leur opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, nous voyons comment un projet organisationnel &#233;cosocialiste peut r&#233;pondre &#224; l'urgence de la crise &#233;cosociale. La consolidation et l'expansion d'institutions de contre-pouvoir, capables d'imposer des revendications transitoires au niveau national, peuvent se comprendre comme la conqu&#234;te d'outils qui r&#233;pondent en m&#234;me temps aux besoins sociaux et &#224; la n&#233;cessit&#233; d'affaiblir la domination du capital. L'articulation dialectique des processus de luttes sociales et de victoire &#233;lectorale peut apporter une r&#233;ponse &#224; l'urgence &#233;cosociale. La transformation urgente et l'objectif de faire gagner en puissance les outils populaires ne sont pas des projets en l'air, ils doivent faire concr&#232;tement partie de la strat&#233;gie de mobilisation des forces r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/IMG/png/manifestation_a_valladolid.png?56705/c4cb915bc1c077f48758d92e88fbf7a72ae6cee1054a986af9200e517c5743e2' width='393' height='662' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Manifestation &#224; Valladolid contre la gestion des r&#233;cents incendies &#224; L&#233;on, Zamora, Palencia et Salamanque. Photo Miriam Chacon (Ical)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cosocialisme et barbarie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur le pouvoir, la crise et la transition apportent quelques r&#233;ponses au probl&#232;me de l'urgence. Les organisations r&#233;volutionnaires &#233;cosocialistes doivent r&#233;agir avec souplesse &#224; la conjoncture, elles doivent avancer des revendications transitoires, &#233;laborer un programme pour affronter les crises, intervenir dans les mouvements sociaux et construire des outils de transition qui satisfassent les besoins sociaux. Elles doivent &#233;galement utiliser le gouvernement ouvrier comme pont entre les aspirations populaires et l'horizon de la rupture. Tout ceci est li&#233; &#224; la p&#233;riode de crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons d'une conviction : il n'y a pas de raccourcis, mais chaque victoire partielle que nous arrachons poss&#232;de son importance. Il n'y a de raccourcis ni dans les moyens, ni dans la fin &#8211; la prise du pouvoir politique par la classe laborieuse. Mais nous devons cependant entre-temps mener &#224; bien des transformations gigantesques. Il est improbable qu'un programme &#233;cosocialiste soit achev&#233; avant les d&#233;lais fix&#233;s pour une r&#233;duction drastique du CO2. Il est probable &#233;galement qu'un programme r&#233;formiste pragmatique n'y arrive pas plus car, entre autres, nous sommes d&#233;j&#224; en train de d&#233;passer des points de non-retour dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'expression &#233;cul&#233;e d'&#171; &#233;cosocialisme ou barbarie &#187; se doit d'&#233;voluer en &#171; &#233;cosocialisme dans la barbarie &#187;. Ou plut&#244;t, comment construire l'&#233;cosocialisme au travers de la barbarie. Nous ne sommes pas face &#224; un sc&#233;nario du tout ou rien. Nous sommes face &#224; un sc&#233;nario volatile, toujours plus catastrophique et dans lequel il n'y a pas de futur certain. Nous devons &#233;viter les pires d&#233;nouements et c'est pour cela que nous devons renforcer notre pouvoir. Nous savons que la lutte des classes va s'intensifier et que l'organisation populaire sera l'unique possibilit&#233; pour obtenir une victoire et &#233;viter les retours en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est essentiel. Comme nous le disions, l'extr&#234;me droite est en train de gagner la bataille du leadership de la frustration vers une radicalisation r&#233;actionnaire. Ne pas l'inclure dans notre analyse serait une terrible erreur. La propagation sociale des positions r&#233;actionnaires et racistes annule toute avanc&#233;e partielle de la transition &#233;cologique. La r&#233;ponse populaire &#224; la Dana (d&#233;pression isol&#233;e en haute altitude) au Pa&#237;s Valenci&#224;21 en offre un exemple. Les personnes impliqu&#233;es le savent parfaitement : ce qui a d&#233;termin&#233; la capacit&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; cette situation, c'est l'existence de structures populaires ant&#233;rieures. En leur absence, la conjonction des catastrophes climatiques et d'une extr&#234;me droite forte d&#233;truira les liens de solidarit&#233; dans les communaut&#233;s et le mal-&#234;tre se radicalisera dans le pire des sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme les crises et les explosions sociales, nous pouvons &#234;tre certains que ce type de catastrophes et d'attaques de l'extr&#234;me droite se produiront dans un avenir proche. Voil&#224; pourquoi une organisation &#233;cosocialiste qui prend au s&#233;rieux l'urgence de la situation doit se pr&#233;parer &#224; r&#233;pondre. Une d&#233;faite nous ferait perdre des ann&#233;es que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 2026&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1. William J. Ripple et collaborateurs, &#8220;The 2025 state of the climate report : a planet on the brink&#8221; (Le rapport sur l'&#233;tat du climat en 2025 : une plan&#232;te au bord du gouffre), BioScience, Volume 75, n&#176;12, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Planetary Boundaries Science (PBScience), 2025, Planetary Health Check 2025. Potsdam Institute for Climate Impact Research (Bilan de sant&#233; de la plan&#232;te 2025. Institut de recherche sur les impacts climatiques de Potsdam), Potsdam, Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. M&#252;ller, Jens D., Gruber, Nicolas ; Schneuwly, Aline, etc. &#8220;Unexpected decline in the ocean carbon sink under record-high sea surface temperatures in 2023&#8221; (Baisse inattendue du puits de carbone oc&#233;anique alors que les temp&#233;ratures de surface de la mer atteignaient des niveaux records en 2023), Nat. Clim. Chang, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Nancy Harris et Melissa Rose. &#8220;World's Forest Carbon Sink Shrank to its Lowest Point in at Least 2 Decades, Due to Fires and Persistent Deforestation&#8221; (Le puits de carbone forestier mondial a atteint son niveau le plus bas depuis au moins deux d&#233;cennies, en raison des incendies et de la d&#233;forestation persistante), World Resource Institute, 24 juillet 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Natural Resources Institute Finland. 2025. &#8220;Preliminary greenhouse gas inventory results for 2023 : Forest land has turned into an emission source because the carbon sink of trees no longer cover emissions from forest soil&#8221; (R&#233;sultats pr&#233;liminaires de l'inventaire des gaz &#224; effet de serre pour 2023 : les terres foresti&#232;res sont devenues une source d'&#233;missions, car le puits de carbone constitu&#233; par les arbres ne compense plus les &#233;missions provenant des sols forestiers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. WWF, Rapport Plan&#232;te Vivante, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Emilio Santiago Mui&#241;o (2024), &#8220;El cron&#243;metro ya es la br&#250;jula : por un frentepopulismo clim&#225;tico&#8221; (Le chronom&#232;tre fait d&#233;sormais office de boussole : pour un populisme climatique), Critic. Emilio Santiago Mu&#237;&#241;o est anthropologue climatique et conseiller pour les d&#233;put&#233;&#183;es de la communaut&#233; autonome de Madrid et pour le Congr&#232;s des d&#233;put&#233;&#183;es de l'&#201;tat Espagnol (NdT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Jos&#233; Luis Rodr&#237;guez (2024), &#8220;&#191;Qu&#233; es una alianza ? Apolog&#237;a de la incomodidad&#8221; (Qu'est-ce qu'une alliance ? &#201;loge de l'inconfort), Corriente C&#225;lida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Clemente &#193;lvarez, Xan L&#243;pez, &#8220;No es realista esperar a la abolici&#243;n del capitalismo para superar la crisis clim&#225;tica&#8221; (Il n'est pas r&#233;aliste d'attendre l'abolition du capitalisme pour surmonter la crise climatique), El Pa&#237;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Cesar Rendueles (2025), &#8220;La extinci&#243;n del marxismo (el marxismo pol&#237;tico ante la crisis ecosocial)&#8221; (La fin du marxisme (le marxisme politique face &#224; la crise &#233;cosociale)), Cuaderno digital de cultura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Mariana Rodrigues et Sinan Eden (2025), All In : a revolutionary theory to stop climate collapse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. &#171; Paris, capitale du XIXe si&#232;cle &#187;, Walter Benjamin, 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Daniel Bensaid (2013), &#171; La politique comme art strat&#233;gique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Mart&#237;n Mosquera (2023). &#8220;Lecciones desde lejos : frente &#250;nico y gobierno obrero en la Internacional Comunista&#8221; (Le&#231;ons de loin : front unique et gouvernement ouvrier au sein de l'Internationale communiste), viento sur n&#176;186.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. St&#229;le Holgersen (2025). Against the Crisis : Economy and Ecology in a Burning World (Face &#224; la crise : &#233;conomie et &#233;cologie dans un monde en feu), Verso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Joshua Clover (2025), Disturbio. Huelga. Disturbio. La nueva era de los levantamientos (&#201;meute. Gr&#232;ve. &#201;meute. La nouvelle &#232;re des soul&#232;vements).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Vincent Bevins, Si ardemos. La d&#233;cada de las protestas masivas y la revoluci&#243;n que no fue (Si nous br&#251;lons. La d&#233;cennie des manifestations de masse et de la r&#233;volution qui n'a pas eu lieu.), Capit&#225;n Swing, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Richard Seymour, Disaster Nationalism : The Downfall of Liberal Civilization, Verso (2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Stathis Kouvelakis, &#171; Les Soul&#232;vements de la Terre : composition et strat&#233;gie de l'action de masse &#187;, Contretemps.eu (2023).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Kai Heron, Keir Milburn et Bertie Russell, Radical Abundance. How to Win a Green Democratic Future, Pluto (2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. &#171; Espagne. La temp&#234;te parfaite &#187;, Manuel Gar&#237; Ramos, 18 d&#233;cembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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		<title>La contribution de la Quatri&#232;me Internationale &#224; l'&#233;cosocialisme</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-contribution-de-la-Quatrieme-Internationale-a-l-ecosocialisme</link>
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		<dc:date>2026-04-07T08:02:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michael L&#246;wy, Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-04-07</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>06_01 - diaporama nombre illimit&#233; d'articles</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce document retrace le chemin parcouru par l'Internationale, des pr&#233;occupations modernistes de Trotsky &#224; l'adoption du Manifeste pour une r&#233;volution &#233;cosocialiste et la campagne men&#233;e autour de celui-ci par les sections. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Inprecor 31 mars 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Michael L&#246;wy, Daniel Tanuro &lt;br class='autobr' /&gt;
Portraits des pr&#233;sidents participant &#224; la COP26, 6 novembre 2021. Phototh&#232;que Rouge / Martin Noda /Hans Lucas &lt;br class='autobr' /&gt;
manifeste &#233;cosocialiste num&#233;ro 742 - mars 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky, fondateur de la Quatri&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-07&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/4096-2731-max_0-6bcc4.jpg?1781022427' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce document retrace le chemin parcouru par l'Internationale, des pr&#233;occupations modernistes de Trotsky &#224; l'adoption du &lt;i&gt;Manifeste pour une r&#233;volution &#233;cosocialiste&lt;/i&gt; et la campagne men&#233;e autour de celui-ci par les sections.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Inprecor&lt;br class='autobr' /&gt;
31 mars 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Michael L&#246;wy, Daniel Tanuro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Portraits des pr&#233;sidents participant &#224; la COP26, 6 novembre 2021. Phototh&#232;que Rouge / Martin Noda /Hans Lucas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;manifeste &#233;cosocialiste&lt;br class='autobr' /&gt;
num&#233;ro 742 - mars 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, fondateur de la Quatri&#232;me Internationale en 1938, est l'une des grandes figures r&#233;volutionnaires du 20e si&#232;cle et un th&#233;oricien marxiste hors pair. L&#233;nine et Trotsky ont &#233;t&#233; les principaux dirigeants de la r&#233;volution d'Octobre. Fondateur de l'Arm&#233;e rouge et adversaire implacable de la contre-r&#233;volution stalinienne, Trotsky se distingue par son analyse marxiste du fascisme et de la bureaucratie, ainsi que par ses th&#233;ories du d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233; et de la r&#233;volution permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Trotsky : un grand penseur, mais pas un &#233;cosocialiste&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fondant la Quatri&#232;me Internationale alors qu'il &#233;tait &#171; minuit dans le si&#232;cle &#187;, il a transmis l'h&#233;ritage du marxisme r&#233;volutionnaire aux g&#233;n&#233;rations suivantes. Son &#339;uvre couvre des &#233;v&#233;nements cl&#233;s tels que la r&#233;volution russe, l'ascension et le d&#233;clin de l'Internationale communiste, la vague r&#233;volutionnaire de 1917-1923 et son reflux, le fascisme et le stalinisme, le Front populaire et la r&#233;volution espagnole, le d&#233;clin de l'Empire britannique et la mont&#233;e en puissance des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de toute conscience &#233;cologique jette une ombre sur cette &#233;valuation. L'h&#233;ritage que Trotsky a l&#233;gu&#233; &#224; ses successeurs ne fait aucune r&#233;f&#233;rence aux pr&#233;occupations, aux outils et aux concepts pr&#233;curseurs de l'&#233;cosocialisme d&#233;velopp&#233;s par Marx et Engels. Cette lacune est particuli&#232;rement frappante dans les vues de Trotsky sur le progr&#232;s et la relation entre l'humanit&#233; et la nature, dans sa conception de la science et de la technologie, et dans son approche de la question paysanne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que leur vision dialectique du progr&#232;s avait conduit les fondateurs du marxisme &#224; se m&#233;fier des &#171; &lt;i&gt;&#8197;&#8220;victoires sur la nature&#8221; &#8211; elle se venge sur nous de chacune d'elles&#8197;&lt;/i&gt; &#187; (1)&#8211; Trotsky les louait sans nuance : &#171; &lt;i&gt;&#8197;L'homme socialiste ma&#238;trisera la nature enti&#232;re [&#8230;] au moyen de la machine. Il d&#233;signera les lieux o&#249; les montagnes doivent &#234;tre abattues, changera le cours des rivi&#232;res et emprisonnera les oc&#233;ans&lt;/i&gt; &#187; (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que les progr&#232;s de la science d&#233;voilaient tous les myst&#232;res de l'univers les uns apr&#232;s les autres &#233;tait tr&#232;s r&#233;pandue au 19e et au d&#233;but du 20e si&#232;cle. Les fondateurs du marxisme ne se sont pas toujours &#233;cart&#233;s de cette approche, mais ils ne croyaient ni &#224; la &#171; connaissance absolue &#187; ni &#224; la &#171; pens&#233;e souveraine &#187;. Moins prudent, Trotsky proclamait haut et fort sa &#171; foi [&#8230;]&lt;i&gt; en les possibilit&#233;s illimit&#233;es de la connaissance, de la pr&#233;diction et de la ma&#238;trise de la mati&#232;re&#8197;&lt;/i&gt; &#187; (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;l&#233;ments indiquent que Marx ne consid&#233;rait pas la technologie comme neutre. L'&#233;valuation de Trotsky est diff&#233;rente. &#192; la question &#171; qu'est-ce que le concept de soci&#233;t&#233; de classes ? &#187;, il r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;le caract&#232;re de classe de la soci&#233;t&#233; r&#233;side fondamentalement dans l'organisation de la production [&#8230;] la technologie est une conqu&#234;te fondamentale de l'humanit&#233;&#8197;&lt;/i&gt; &#187; (4). Dans ses &#339;uvres, on ne trouve aucune trace du principe de pr&#233;caution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'il est important de tenir compte du contexte. &#192; partir de 1923-1924, face au reflux de la r&#233;volution mondiale et &#224; la d&#233;mobilisation des masses russes, deux orientations alternatives &#233;mergent au sein du Parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, Staline et Boukharine pr&#244;nent la construction &#171; &lt;i&gt;avec la lenteur de l'escargot vers le socialisme&#8197;&lt;/i&gt; &#187; (5). Renon&#231;ant &#224; la r&#233;volution mondiale, ils parient que l'enrichissement des campagnes donnera au r&#233;gime les moyens de construire une nouvelle soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, Trotsky pr&#244;nait le d&#233;veloppement planifi&#233; de l'industrie lourde nationalis&#233;e. Selon lui, ce d&#233;veloppement &#233;tait essentiel pour permettre au r&#233;gime sovi&#233;tique de r&#233;sister sans d&#233;g&#233;n&#233;rer, dans l'attente d'une nouvelle vague internationale de luttes r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky avait raison de promouvoir la croissance industrielle comme moyen de cr&#233;er les conditions du d&#233;veloppement dans les campagnes, mais il avait tort de penser que cela signifiait une &#171; &lt;i&gt;industrialisation de la production agricole&lt;/i&gt; &#187; dirig&#233;e par l'&#201;tat. Contrairement &#224; Marx, il ne tenait pas compte de la n&#233;cessit&#233; d'une &#171; gestion rationnelle des &#233;changes de mati&#232;re &#187; entre l'humanit&#233; et la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela explique probablement pourquoi les travaux de Trotsky ne mentionnent ni la politique de L&#233;nine sur la protection des &#171; &lt;i&gt;monuments de la nature &#187; (zapovedniki)&lt;/i&gt; (6), ni les attaques lanc&#233;es par Staline contre ces r&#233;alisations environnementales lorsque ce dernier a tent&#233; de dissimuler l'&#233;chec de la collectivisation forc&#233;e en ouvrant des r&#233;serves naturelles &#224; l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la d&#233;charge de Trotsky, il convient de noter qu'une culture techniciste et moderniste &#233;tait h&#233;g&#233;monique dans le mouvement ouvrier international de l'&#233;poque, y compris parmi les r&#233;volutionnaires russes. Mais ce contexte n'explique pas tout. En mati&#232;re d'&#233;cologie, le fondateur de l'Arm&#233;e rouge &#233;tait en retard sur Marx, Engels et m&#234;me L&#233;nine. Ses h&#233;ritiers ont donc d&#251; combler ces lacunes afin de se r&#233;approprier et de d&#233;velopper l'&#339;uvre inachev&#233;e de &#171; l'&#233;cologie de Marx &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;couverte (tardive) de l'&#233;cologie par Ernest Mandel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ann&#233;es 1960 jusqu'&#224; sa mort, Ernest Mandel (1926-1995) a &#233;t&#233; le principal dirigeant et th&#233;oricien de la Quatri&#232;me Internationale. &#201;conomiste marxiste brillant, ses &#233;crits ont &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;s et admir&#233;s bien au-del&#224; des rangs de son mouvement. Il a &#233;galement r&#233;dig&#233; les r&#233;solutions les plus importantes de l'Internationale pendant ces ann&#233;es et contribu&#233; &#224; l'adoption d'une version non dogmatique et r&#233;solument d&#233;mocratique du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, bien avant d'autres marxistes, Mandel s'est alarm&#233; de la destruction de l'environnement et a maintenu cette pr&#233;occupation jusqu'&#224; la fin de sa vie. Cela transpara&#238;t dans sa r&#233;ponse pol&#233;mique de 1972 au rapport Meadows sur les limites de la croissance, r&#233;ponse qui montre aussi les limites de sa r&#233;flexion sur ces questions. Sa r&#233;ticence &#224; admettre le caract&#232;re fini des ressources naturelles &#8211; et donc de la croissance des forces productives mat&#233;rielles &#8211; est &#233;vidente lorsqu'il affirme que c'est l'&#171; anarchie &#187; de la production plut&#244;t que son caract&#232;re &#171; illimit&#233; &#187; qui doit &#234;tre condamn&#233;e. De plus, il a avanc&#233; des propositions typiquement productivistes et non durables &#8211; par exemple en mati&#232;re d'agriculture, en plaidant pour le &#171; &lt;i&gt;d&#233;boisement des for&#234;ts&#8197;&lt;/i&gt; &#187; et l'irrigation de &#171; &lt;i&gt;deux milliards d'hectares de terres d&#233;sertiques&#8197;&lt;/i&gt; &#187; (7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de 1972 est impr&#233;gn&#233; de la crainte que le discours sur les limites de la croissance ne serve de couverture &#224; une offensive d'aust&#233;rit&#233; contre les travailleurs et &#224; une offensive n&#233;o-malthusienne plan&#233;taire contre les pauvres. Cette crainte &#233;tait &#8211; et reste &#8211; tout &#224; fait pertinente, et la r&#233;ponse de Mandel &#224; cette crainte est tout &#224; fait l&#233;gitime. Mais, dans sa pol&#233;mique, il ne fait pas suffisamment la distinction entre le fait objectif des limites naturelles de la production et la mani&#232;re dont ce fait est d&#233;tourn&#233; &#224; des fins r&#233;actionnaires. En cons&#233;quence, il n'y a pas de distinction claire entre la pression capitaliste exerc&#233;e sur les travailleurs pour qu'ils sacrifient leur bien-&#234;tre, et la n&#233;cessit&#233; absolue de r&#233;duire la consommation de la soci&#233;t&#233;, par exemple en mati&#232;re d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, au moment m&#234;me o&#249; il apporte cette r&#233;ponse plut&#244;t d&#233;cevante au rapport Meadows, il traite le m&#234;me document de mani&#232;re plus prudente dans son livre de 1972 intitul&#233; &lt;i&gt;Le Troisi&#232;me &#226;ge du capitalisme&lt;/i&gt;. Le rapport soutient qu'une extension de la structure productive am&#233;ricaine &#224; l'ensemble de la plan&#232;te &#233;puiserait les r&#233;serves mondiales de mati&#232;res premi&#232;res d'ici la fin du si&#232;cle et mettrait en danger la teneur en oxyg&#232;ne de l'atmosph&#232;re. Tout en sugg&#233;rant que le rapport exag&#232;re son argumentation, Mandel reconna&#238;t qu'il &#171; &lt;i&gt;pourrait avoir raison&lt;/i&gt; &#187;. Dans le m&#234;me ouvrage, il cite l'ouvrage &#233;cologique (et socialiste) classique de Barry Commoner, L'encerclement (1971) : &#171; &lt;i&gt;La Terre n'est pas pollu&#233;e parce que l'homme est un animal particuli&#232;rement sale, ni parce que nous sommes trop nombreux. La faute en revient &#224; la soci&#233;t&#233; humaine&#8197;&lt;/i&gt; &#187;. Il rend &#233;galement hommage &#224; un autre ouvrage socialiste/&#233;cologique pionnier, &lt;i&gt;Murderous Providence &#8211; a Study of Pollution in Industrial Societies&lt;/i&gt; (1971) de Harry Rothmann, qu'il qualifie de &#171; &lt;i&gt;meilleur ouvrage marxiste traitant de l'ensemble des dangers pour l'environnement et des mesures possibles pour les pr&#233;venir&#8197;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer les cons&#233;quences dramatiques de la pollution chimique sur l'environnement et la sant&#233; humaine, Mandel cite plusieurs exemples tir&#233;s de l'histoire des &#201;tats-Unis et d'Allemagne dans une longue note de bas de page. Cependant, contrairement &#224; Commoner et Rothmann, Mandel n'accorde qu'une place marginale &#224; l'&#233;cologie dans son analyse &#233;conomique et id&#233;ologique du capitalisme tardif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ann&#233;es plus tard, en 1992, dans une sorte d'auto-&#233;valuation critique, il &#233;crit dans son livre &lt;i&gt;Aux sources du ph&#233;nom&#232;ne bureaucratique&lt;/i&gt; (8) : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, nous avons pris conscience, avec beaucoup de retard, que les dangers qui p&#232;sent sur les ressources non renouvelables de la Terre et sur l'environnement naturel de la civilisation humaine et de la vie humaine impliquent &#233;galement que la consommation de biens mat&#233;riels et de services ne peut pas cro&#238;tre de mani&#232;re illimit&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Il est int&#233;ressant de noter que, dans la note de bas de page qui suit ce passage, Mandel mentionne l'ouvrage de Peter Hennicke et Michael M&#252;ller publi&#233; en 1989, &lt;i&gt;Die Klima-Katastrophe&lt;/i&gt;, mais lui-m&#234;me n'aborde pas la question du changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me &#233;poque, dans un article de 1990, il fait ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme son &#233;valuation la plus s&#233;rieuse de la crise &#233;cologique : &#171; &lt;i&gt;Depuis le d&#233;but du 20e si&#232;cle, et &#224; commencer par Rosa Luxemburg, les marxistes ont eu raison de r&#233;sumer l'avenir de l'humanit&#233; dans la formule &#171; socialisme ou barbarie &#187; [&#8230;] Aujourd'hui, le choix est devenu &#8220;socialisme ou mort&#8221; [&#8230;] Cela d&#233;coule du danger implicite d'extermination li&#233; au risque d'une guerre conventionnelle ou nucl&#233;aire intercontinentale ou mondiale au milieu des centrales nucl&#233;aires [&#8230;] mais il existe d'autres dangers mortels pour l'humanit&#233;, notamment la menace de destruction de l'environnement&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, si Ernest Mandel a pris de plus en plus conscience du danger d'une catastrophe &#233;cologique, cela ne l'a pas conduit &#224; reformuler son marxisme selon les principes de l'&#233;cosocialisme. Cette t&#226;che a &#233;t&#233; laiss&#233;e &#224; la g&#233;n&#233;ration suivante de la IVe Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chemin de la Quatri&#232;me Internationale vers l'&#233;cosocialisme (2001)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Mai 68, la Quatri&#232;me Internationale a commenc&#233; &#224; prendre conscience de l'importance des questions &#233;cologiques. Ses militant&#183;es en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne et ailleurs ont pris part &#224; des mouvements environnementaux, principalement dans la lutte contre l'&#233;nergie nucl&#233;aire et la pollution. Peu &#224; peu, les questions &#233;cologiques ont commenc&#233; &#224; &#234;tre discut&#233;es lors de ses congr&#232;s, mais aucune r&#233;solution sp&#233;cifique sur l'&#233;cologie n'a &#233;t&#233; adopt&#233;e pendant ces ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du 12e Congr&#232;s mondial en 1985, la r&#233;solution principale appelait l'Internationale et ses sections &#224; &#171; &lt;i&gt;aborder de plus en plus la question environnementale dans leur propagande et leurs activit&#233;s g&#233;n&#233;rales&lt;/i&gt; &#187; et &#224; entreprendre &#171; &lt;i&gt;des actions conjointes avec le mouvement environnemental&#8197;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1980, un groupe de camarades de la QI r&#233;digea un document sur le socialisme et l'&#233;cologie, mais il fut d&#233;cid&#233; que la question devait &#234;tre discut&#233;e plus en profondeur avant d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;e au 13e Congr&#232;s mondial qui eut lieu en 1991. Le document, intitul&#233; &#171; R&#233;volution socialiste et &#233;cologie &#187;, qui a &#233;t&#233; publi&#233; apr&#232;s le congr&#232;s, est une tentative tr&#232;s substantielle de discuter des causes et des cons&#233;quences de la crise &#233;cologique, des politiques de la bourgeoisie, des limites du mouvement &#233;cologiste, de la situation dans le mouvement ouvrier et d'un programme d'action. Parmi les revendications urgentes n&#233;cessitant une action coordonn&#233;e au niveau international, figuraient une rupture radicale avec le syst&#232;me d'exploitation de la production agricole d'exportation dans les pays d&#233;pendants, qui engendre famine et pauvret&#233; ; l'interdiction imm&#233;diate de l'ensemble du cycle de production d'&#233;nergie nucl&#233;aire ; ainsi que la fin de la destruction des for&#234;ts tropicales humides et de la contamination mortelle des for&#234;ts dans les pays industrialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document de 1991, adopt&#233; provisoirement par la QI &#224; ce moment-l&#224;, &#233;tait une grande r&#233;ussite, mais pr&#233;sentait certaines limites &#233;videntes. Par exemple, pour d&#233;crire la crise &#233;cologique, il fait r&#233;f&#233;rence &#224; la pollution de l'air et de l'eau, &#224; la destruction des for&#234;ts et aux catastrophes industrielles (chimiques et nucl&#233;aires), mais ne mentionne pas le changement climatique. Si l'id&#233;e d'une &#233;cologie socialiste est tr&#232;s pr&#233;sente, le concept d'&lt;i&gt;&#233;cosocialisme&lt;/i&gt; &#8211; en tant que nouvelle fa&#231;on d'appr&#233;hender le programme socialiste &#8211; est toujours absent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ann&#233;es plus tard, vers 2001, un groupe de membres fran&#231;ais de la QI (Laurent Garrouste, Vincent Gay et Michael L&#246;wy, entre autres) a d&#233;cid&#233; de r&#233;diger un nouveau projet, intitul&#233; &#171; &#201;cologie et socialisme &#187;, bas&#233; sur le document pr&#233;c&#233;dent, mais avec des changements substantiels. Il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; au 15e Congr&#232;s mondial (2003) avec un rapport de Michael L&#246;wy, et a &#233;t&#233; adopt&#233; &#224; une large majorit&#233;. n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une auto-&#233;valuation critique, l'introduction de la r&#233;solution reconna&#238;t que ce ne sont pas seulement les directions r&#233;formistes du mouvement ouvrier qui ont ignor&#233; ou rejet&#233; les probl&#232;mes &#233;cologiques : &#171; &lt;i&gt;Nous devons reconna&#238;tre que les courants r&#233;volutionnaires en g&#233;n&#233;ral &#8211; et la Quatri&#232;me Internationale en particulier &#8211; ont &#233;t&#233; tr&#232;s tardifs &#224; int&#233;grer la question &#233;cologique&#8197;&lt;/i&gt; &#187;. Dans une section consacr&#233;e &#224; la QI et &#224; la crise &#233;cologique, la r&#233;solution indique que de nombreux camarades de notre organisation &#171; &lt;i&gt;ont continu&#233; &#224; consid&#233;rer les probl&#232;mes &#233;cologiques comme une contradiction du capitalisme parmi tant d'autres&#8197;&lt;/i&gt; &#187; et n'ont abord&#233; les questions &#233;cologiques que lorsque d'autres forces sociales les ont mises au premier plan. Alors que d'autres courants et individus discutaient de l'&#233;cologie et du socialisme depuis des d&#233;cennies, la QI est rest&#233;e pratiquement silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution commence par une discussion sur la crise &#233;cologique dans le monde capitaliste ainsi que dans les &#171; &lt;i&gt;anciennes soci&#233;t&#233;s bureaucratiques&lt;/i&gt; &#187; (URSS, etc.). Le changement climatique est mentionn&#233; ici, mais comme un probl&#232;me parmi tant d'autres, sans accent particulier. Dans une section sur &#171; le mouvement ouvrier et l'&#233;cologie &#187;, les contributions de Marx et Engels et leurs limites sont discut&#233;es ; la social-d&#233;mocratie et le stalinisme sont critiqu&#233;s pour leur productivisme aveugle. L'&#233;cologie r&#233;formiste est &#233;galement critiqu&#233;e et la v&#233;ritable alternative est pr&#233;sent&#233;e comme &#233;tant l'&lt;i&gt;&#233;cosocialisme&lt;/i&gt;, un courant &#233;cologique qui int&#232;gre les acquis fondamentaux du marxisme tout en se d&#233;barrassant de ses cha&#238;nes productivistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment la r&#233;solution r&#233;sume sa conception de l'&#171; &#233;cosocialisme &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;cosocialisme est le courant des mouvements ouvriers et &#233;cologistes le plus sensible aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des peuples du Sud. Il rompt avec l'id&#233;ologie productiviste du progr&#232;s &#8211; sous sa forme capitaliste et/ou bureaucratique (le soi-disant &#171; socialisme r&#233;el &#187;) &#8211; et s'oppose &#224; l'expansion infinie d'un mode de production et de consommation destructeur pour l'environnement. Il comprend que le &#171; d&#233;veloppement durable &#187; est impossible dans le cadre de l'&#233;conomie de march&#233; capitaliste.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence de Walter Benjamin sur certains des auteurs du document transpara&#238;t dans sa critique du progr&#232;s lin&#233;aire. La r&#233;solution d&#233;finit &#233;galement l'&#233;cosocialisme comme un &lt;i&gt;projet r&#233;volutionnaire&#8197;&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En tant que r&#233;volutionnaires, notre objectif est de nous associer &#224; ce courant et de convaincre les travailleurs que les r&#233;formes partielles sont totalement insuffisantes. La micro-rationalit&#233; doit &#234;tre remplac&#233;e par une macro-rationalit&#233; socialiste et &#233;cologiste, appelant &#224; un v&#233;ritable changement de civilisation [&#8230;]. Cela signifie que la premi&#232;re question &#224; traiter est celle du contr&#244;le des moyens de production, et surtout des d&#233;cisions relatives aux investissements et aux changements technologiques&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expliquant la signification de l'&#233;cosocialisme, la r&#233;solution de 2003 insiste sur le fait qu'il n&#233;cessite un changement de paradigme civilisationnel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une r&#233;organisation globale du mode de production et de consommation est n&#233;cessaire, fond&#233;e sur des crit&#232;res &#233;trangers au march&#233; capitaliste : les besoins r&#233;els des populations et la protection de l'environnement. Cela signifie une &#233;conomie en transition vers le socialisme, fond&#233;e sur les choix d&#233;mocratiques des populations en mati&#232;re de priorit&#233;s et d'investissements, et non sur les &#171; lois du march&#233; &#187; ou un politburo omniscient. Il s'agirait d'une &#233;conomie planifi&#233;e, capable de trouver des moyens durables de surmonter les tensions entre la satisfaction des besoins sociaux et les imp&#233;ratifs &#233;cologiques. Ce serait une transition vers un mode de vie alternatif, une nouvelle civilisation, au-del&#224; du r&#232;gne de l'argent, des habitudes de consommation artificiellement aliment&#233;es par la publicit&#233; et de la production sans fin de biens nuisibles &#224; l'environnement (la voiture particuli&#232;re !).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document de 2003 se distancie de &#171; l'ouvri&#233;risme &#187;, bien plus que le projet de 1991, mais il n'ignore pas l'importance de gagner le mouvement ouvrier &#224; l'&#233;cosocialisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tout en critiquant l'id&#233;ologie mise en avant par les courants dominants du mouvement ouvrier, ils comprennent que les travailleurs et leurs organisations sont une force essentielle pour transformer le syst&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution &#171; &#201;cologie et socialisme &#187; adopt&#233;e par le 15e Congr&#232;s mondial de la QI (2003) et traduite en plusieurs langues, marque un tournant dans l'histoire de la Quatri&#232;me Internationale. Pour la premi&#232;re fois, elle adopte un document traitant exclusivement de la crise &#233;cologique et se d&#233;finit comme une organisation &#233;cosocialiste. En fait, malgr&#233; sa conversion tardive &#224; l'&#233;cologie, la QI est devenue la premi&#232;re organisation internationale &#224; adopter l'&#233;cosocialisme. &#192; partir de ce moment, l'&#233;cosocialisme est devenu de plus en plus un aspect cl&#233; du programme r&#233;volutionnaire, des perspectives strat&#233;giques et du travail pratique de la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le document consid&#232;re la crise &#233;cologique comme &#171; &lt;i&gt;l'une des principales menaces pour l'humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#224; notre &#233;poque, le changement climatique n'est trait&#233; que comme l'un des nombreux probl&#232;mes, et sa menace pour la vie humaine n'est gu&#232;re mentionn&#233;e. C'est peut-&#234;tre l&#224; la plus grande lacune de la r&#233;solution. Elle sera combl&#233;e dans les ann&#233;es suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ses propres activit&#233;s, la QI a contribu&#233; &#224; diverses initiatives &#233;cosocialistes internationales. Une premi&#232;re r&#233;union &#233;cosocialiste internationale a eu lieu &#224; Paris en 2007, avec l'aide de la section fran&#231;aise de la QI. La conf&#233;rence a d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un R&#233;seau international &#233;cosocialiste (EIN), ouvert &#224; toute personne en accord avec les id&#233;es principales du &lt;i&gt;Premier Manifeste &#233;cosocialiste&lt;/i&gt; (publi&#233; par Joel Kovel et Michael L&#246;wy en 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'EIN a demand&#233; &#224; Ian Angus, Joel Kovel, Michael L&#246;wy et Danielle Follet de r&#233;diger un nouveau manifeste, traitant principalement de la question du changement climatique. En pr&#233;vision du Forum social mondial qui s'est tenu &#224; Bel&#233;m do Par&#225;, au Br&#233;sil, en janvier 2009, ce document a &#233;t&#233; intitul&#233; &#171; Manifeste &#233;cosocialiste de Bel&#233;m &#187;. Ce deuxi&#232;me manifeste a &#233;t&#233; sign&#233; par des centaines de personnes issues de dizaines de pays et a &#233;t&#233; imprim&#233; par le R&#233;seau &#233;cosocialiste br&#233;silien (qui comprenait plusieurs membres et sympathisants de la QI) en anglais et en portugais, puis largement distribu&#233; lors du Forum social mondial de Bel&#233;m.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative suivante de l'EIN a eu lieu &#224; Copenhague en d&#233;cembre 2009, en marge du sommet COP15 des Nations unies sur le changement climatique. Lors de la manifestation de protestation contre le sommet, qui a rassembl&#233; dans les rues cent mille personnes venues de toute l'Europe, l'EIN a distribu&#233; une bande dessin&#233;e &#233;cosocialiste intitul&#233;e &#171; Copenhague, 12 avril 2049 &#187; (9). Le tract montrait &#224; quoi ressemblerait Copenhague submerg&#233;e par la mer. Il a &#233;t&#233; imprim&#233; et distribu&#233; par le Parti socialiste ouvrier, section danoise de la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'EIN a cess&#233; de fonctionner en 2013, mais en 2020, une nouvelle initiative impliquant &#233;galement un certain nombre de militant&#183;es de la QI a &#233;t&#233; lanc&#233;e par John Molyneux : le R&#233;seau &#233;cosocialiste global (GEN).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;solution sur le changement climatique (2010) : la QI en faveur d'une r&#233;duction de la production mat&#233;rielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, le Congr&#232;s mondial de la Quatri&#232;me Internationale a adopt&#233; une r&#233;solution intitul&#233;e &#171; Le changement climatique capitaliste et nos t&#226;ches &#187;. Pour la premi&#232;re fois, le mouvement a discut&#233; et adopt&#233; un document consacr&#233; &#224; un aspect sp&#233;cifique de la &#171; crise &#233;cologique &#187;. Cela d&#233;coulait d'une d&#233;cision prise un an plus t&#244;t par le Comit&#233; international de la QI. &#192; l'appui du projet de r&#233;solution, un document tr&#232;s complet sur la science du changement climatique avait &#233;t&#233; traduit en plusieurs langues et distribu&#233; dans les sections. Daniel Tanuro a r&#233;dig&#233; ces deux textes et pr&#233;sent&#233; la r&#233;solution au congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution comprend cinq chapitres. Le premier attribue la responsabilit&#233; du changement climatique au syst&#232;me capitaliste, tout en rappelant le bilan d&#233;sastreux de l'URSS, de ses alli&#233;s et de la Chine, coupables d'avoir reproduit le productivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me chapitre explique pourquoi le capitalisme est incapable d'arr&#234;ter la catastrophe. Premi&#232;rement, parce que la r&#233;duction n&#233;cessaire des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e qu'en r&#233;duisant consid&#233;rablement la consommation d'&#233;nergie, et donc aussi la production mat&#233;rielle. Deuxi&#232;mement, parce que la justice Nord-Sud exige que la majeure partie de cette r&#233;duction ait lieu dans les pays imp&#233;rialistes, afin de laisser aux autres une marge de man&#339;uvre pour satisfaire les besoins humains vitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me chapitre met en garde contre les politiques malthusiennes barbares comme r&#233;ponse bourgeoise &#224; la combinaison des crises &#233;conomique, climatique et alimentaire. Le quatri&#232;me souligne la double urgence d'une alternative socialiste mondiale et d'une rupture radicale de la vision socialiste avec le productivisme. &#171; L'&#233;mancipation des travailleurs n'est plus concevable sans tenir compte simultan&#233;ment des principales contraintes naturelles &#187;. Le Congr&#232;s a ratifi&#233; l'id&#233;e que la situation objectivement nouvelle justifie l'adoption de l'&#233;cosocialisme. Le cinqui&#232;me chapitre se concentre sur les t&#226;ches &#224; accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re organisation marxiste &#224; adopter l'&#233;cosocialisme, la Quatri&#232;me Internationale a &#233;galement &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; adopter l'id&#233;e que &#171; &lt;i&gt;la r&#233;duction de la production et de la consommation mat&#233;rielles est imm&#233;diatement n&#233;cessaire [&#8230;] parce que le capitalisme a conduit l'humanit&#233; trop loin dans une impasse&#8197;&lt;/i&gt; &#187;. Le texte pr&#233;cise que cette diminution &#171; &lt;i&gt;ne pr&#233;juge en rien des possibilit&#233;s futures de d&#233;veloppement, une fois le syst&#232;me climatique stabilis&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Il note &#233;galement qu'elle &#171; &lt;i&gt;ne constitue qu'un crit&#232;re quantitatif de la transition n&#233;cessaire vers une &#233;conomie sans carbone fossile&lt;/i&gt; &#187;, et ajoute : &#171; &lt;i&gt;ce crit&#232;re quantitatif doit &#234;tre combin&#233; &#224; des crit&#232;res qualitatifs : en particulier, la redistribution des richesses, la r&#233;duction du temps de travail sans perte de salaire, le d&#233;veloppement du secteur public. Si ces crit&#232;res sont satisfaits, et &#224; condition qu'elle cible une production inutile ou nuisible, la r&#233;duction de la production mat&#233;rielle sera en fait synonyme d'une augmentation du bien-&#234;tre, de la richesse et de la qualit&#233; de vie de la grande majorit&#233; de l'humanit&#233;, gr&#226;ce &#224; [&#8230;] la reconqu&#234;te du temps libre n&#233;cessaire &#224; l'auto-activit&#233;, &#224; l'auto-organisation et &#224; l'autogestion d&#233;mocratique &#224; tous les niveaux &#187;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#8197;Il ne suffit pas d'affirmer que le socialisme doit prendre en compte les questions &#233;cologiques&lt;/i&gt; &#187;, peut-on lire dans la r&#233;solution. &#171; &lt;i&gt;Le v&#233;ritable d&#233;fi consiste plut&#244;t &#224; cr&#233;er les conditions pour que le projet socialiste soit compatible avec l'&#233;cologie globale du super-&#233;cosyst&#232;me terrestre. Le d&#233;veloppement ne peut &#234;tre con&#231;u uniquement dans le but de satisfaire les besoins humains r&#233;els d&#233;termin&#233;s d&#233;mocratiquement, mais aussi en fonction de sa durabilit&#233; pour l'environnement [&#8230;]. Le concept de &#8220;contr&#244;le humain sur la nature &#8221; doit &#234;tre abandonn&#233;. Le seul socialisme r&#233;ellement possible &#224; partir de maintenant est celui qui satisfait les besoins humains r&#233;els (d&#233;tach&#233; de l'ali&#233;nation commerciale), d&#233;termin&#233;s d&#233;mocratiquement [&#8230;], en prenant soin de nous interroger attentivement sur l'impact environnemental de ces besoins et la mani&#232;re dont ils sont satisfaits&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution d&#233;veloppe l'id&#233;e que les technologies ne sont pas neutres, id&#233;e d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e dans des documents ant&#233;rieurs. &#171; &lt;i&gt;Le syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique capitaliste est centralis&#233;, anarchique, gaspilleur, inefficace, intensif en travail mort, bas&#233; sur des sources non renouvelables et caract&#233;ris&#233; par une tendance &#224; la surproduction de marchandises. La transformation socialiste de la soci&#233;t&#233; n&#233;cessite sa destruction progressive et son remplacement par un syst&#232;me d&#233;centralis&#233;, planifi&#233;, &#233;conomique et efficace, intensif en travail vivant, bas&#233; exclusivement sur des sources renouvelables et orient&#233; vers la production de valeurs d'usage durables, qui peuvent &#234;tre recycl&#233;es et r&#233;utilis&#233;es&lt;/i&gt;. &#187; La r&#233;volution socialiste doit &#234;tre con&#231;ue &#171; &lt;i&gt;&#8197;non seulement comme la destruction du pouvoir de l'&#201;tat bourgeois [&#8230;] mais aussi comme le d&#233;but d'un processus de destruction de l'ancien appareil productif capitaliste et son remplacement par un appareil alternatif, utilisant diff&#233;rentes sources d'&#233;nergie, diff&#233;rentes technologies et diff&#233;rentes structures au service d'objectifs d&#233;cid&#233;s d&#233;mocratiquement&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa conclusion, la r&#233;solution &#233;nonce douze t&#226;ches : la sensibilisation &#224; la gravit&#233; de la situation ; le d&#233;veloppement de pratiques populaires de secours en cas de catastrophe ; la lutte contre le n&#233;o-malthusianisme pour la d&#233;fense des pauvres et des droits des femmes ; l'&#233;laboration d'un plan anticapitaliste global pour la reconstruction sociale et &#233;cologique, reliant concr&#232;tement la lutte pour le climat et pour les droits sociaux, en particulier le droit &#224; l'emploi ; le soutien aux peuples autochtones ; s'opposer &#224; la ru&#233;e vers des technologies dangereuses ; &#233;tablir des liens avec des scientifiques critiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Congr&#232;s mondial de la QI de 2018 : la destruction capitaliste et l'alternative &#233;cosocialiste&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17e Congr&#232;s mondial de la QI en 2018 a adopt&#233; une r&#233;solution intitul&#233;e &#171; La destruction capitaliste de l'environnement et l'alternative &#233;cosocialiste &#187;. Un long document pr&#233;paratoire avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par Daniel Tanuro. La commission &#233;cologie a d&#233;cid&#233; de soumettre un de ses chapitres au congr&#232;s et de publier le texte int&#233;gral sous forme de document de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution reconna&#238;t le &#171; &lt;i&gt;niveau extr&#234;mement alarmant&lt;/i&gt; &#187; de la crise. &#171; &lt;i&gt;&#8197;Les seuils sont d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;s dans certains domaines, en particulier la concentration de gaz &#224; effet de serre dans l'atmosph&#232;re &#187;, ce qui pourrait conduire &#224; &#171; un changement qualitatif&lt;/i&gt; &#187;, indique le texte. &#171; &lt;i&gt;&#8197;Le syst&#232;me terrestre entrerait alors dans un nouveau r&#233;gime d'&#233;quilibre dynamique, caract&#233;ris&#233; par des conditions g&#233;ophysiques tr&#232;s diff&#233;rentes et une diminution encore plus marqu&#233;e de sa richesse biologique. Au minimum, outre les cons&#233;quences pour les autres &#234;tres vivants, [&#8230;] ce nouveau r&#233;gime mettrait en danger la vie de centaines de millions de personnes pauvres, en particulier les femmes, les enfants et les personnes &#226;g&#233;es. Au pire, on ne peut exclure qu'il contribue &#224; l'effondrement de notre esp&#232;ce&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document met l'accent sur &#171; &lt;i&gt;le foss&#233; profond entre l'urgence d'une alternative &#233;cosocialiste radicale, d'une part, et le rapport de forces et les niveaux de conscience, d'autre part&lt;/i&gt; &#187;. Les mesures &#224; prendre devraient inclure : &#171; &lt;i&gt;la socialisation des secteurs de l'&#233;nergie et du cr&#233;dit &#187; ; &#171; l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des ressources naturelles et du savoir intellectuel &#187; ; &#171; la suppression des produits inutiles ou nocifs &#187; ; &#171; la gestion commune et d&#233;mocratique des ressources au service des besoins r&#233;els de l'humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Mais ces mesures sont manifestement hors de port&#233;e dans le contexte actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution affirme que &#171; &lt;i&gt;ce foss&#233; ne peut &#234;tre combl&#233; que par des luttes concr&#232;tes des exploit&#233;s et des opprim&#233;s [&#8230;]. En obtenant satisfaction sur leurs revendications imm&#233;diates, des couches plus larges de la population se radicaliseront et leurs luttes convergeront. Elles formuleront [&#8230;] des revendications incompatibles avec la logique capitaliste &#187;. Le texte &#233;num&#232;re des revendications qui s'inscrivent dans ce cadre strat&#233;gique&lt;/i&gt;. Elles &#171; &lt;i&gt;sont applicables s&#233;par&#233;ment, mais [&#8230;] forment un tout coh&#233;rent, incompatible avec le fonctionnement normal du syst&#232;me capitaliste&lt;/i&gt; &#187;. Ce programme &#171; &lt;i&gt;n'est pas exhaustif [&#8230;] et continuera &#224; s'enrichir gr&#226;ce &#224; des luttes concr&#232;tes &#187;. &#171; Dans une perspective &#233;cosocialiste, indique le texte, cet enrichissement doit &#234;tre guid&#233; par [&#8230;] la justice environnementale et sociale, les responsabilit&#233;s communes mais diff&#233;renci&#233;es, la lutte contre les in&#233;galit&#233;s [&#8230;], la fin du colonialisme vert et du racisme environnemental, la priorit&#233; donn&#233;e aux solutions collectives, l'internationalisme et le principe de pr&#233;caution&#8197;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Avant tout, les exploit&#233;s et les opprim&#233;s doivent d&#233;velopper leur autonomisation par la d&#233;mocratie, la d&#233;centralisation, le contr&#244;le et l'appropriation ou la r&#233;appropriation collective des biens communs&#8197;&lt;/i&gt; &#187;. Les technologies li&#233;es aux &#233;nergies renouvelables peuvent contribuer &#224; promouvoir l'autogestion, car &#171; &lt;i&gt;la nature physique et la difficult&#233; de stockage de l'&#233;lectricit&#233; facilitent sa gestion dans un syst&#232;me d&#233;centralis&#233;, combin&#233; et compl&#233;mentaire&lt;/i&gt; &#187;. La r&#233;solution affirme que &#171; &lt;i&gt;parall&#232;lement &#224; la souverainet&#233; alimentaire, ce domaine de lutte est particuli&#232;rement important pour le Sud, dans le cadre d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement alternatif au mod&#232;le imp&#233;rialiste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une contribution majeure de la r&#233;solution est la mani&#232;re dont elle unifie la vision du capitalisme : &#171; &lt;i&gt;Le capitalisme repose non seulement sur l'appropriation de la nature et l'exploitation de la main-d'&#339;uvre par le travail salari&#233;, mais aussi sur l'invisibilit&#233; patriarcale du travail de soins et de reproduction de la main-d'&#339;uvre. &#192; ces trois piliers du capitalisme s'ajoute un quatri&#232;me, l'exploitation fond&#233;e sur la &#8220;race&#8221;. Tous ont pour d&#233;nominateur commun l'appropriation des ressources naturelles, dont la main-d'&#339;uvre humaine fait partie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution souligne le r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant des peuples autochtones, des paysans, des femmes et des jeunes, en fournissant une explication mat&#233;rialiste de leur position d'avant-garde. De toute &#233;vidence, la question cl&#233; est le r&#244;le de la classe ouvri&#232;re. Les relations de production capitalistes &#171; &lt;i&gt;&#8197;rendent &#224; la fois tr&#232;s difficile et d'une importance d&#233;cisive la mobilisation du mouvement syndical dans la lutte &#233;cologique&#8197;&lt;/i&gt; &#187;. La perte d'emplois pose un d&#233;fi : m&#234;me si &#171; &lt;i&gt;&#8197;la transition entra&#238;nera une croissance de l'emploi dans [de nouveaux] secteurs [&#8230;], une r&#233;duction globale de la production mat&#233;rielle est n&#233;cessaire&lt;/i&gt; &#187;. D'o&#249; l'importance d&#233;cisive d'une &#171; &lt;i&gt;r&#233;duction du temps de travail sans perte de salaire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution conclut que &#171; &lt;i&gt;la lutte pour un programme de transition &#233;cosocialiste ne peut finalement aboutir que par l'&#233;mergence d'alternatives politiques pour un plan global de r&#233;formes anticapitalistes structurelles qui satisfasse &#224; la fois les besoins sociaux et les contraintes environnementales&#8197;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comit&#233; International de f&#233;vrier 2022 : les bases pour l'&#233;laboration d'un &#171; programme de transition dans le cadre de la n&#233;cessaire r&#233;duction de la production mat&#233;rielle globale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2022, le lien entre la pand&#233;mie de covid-19 et la destruction de la biodiversit&#233;, ainsi que la multiplication des inondations, des m&#233;gafeux, des s&#233;cheresses et autres &#171; accidents &#187; climatiques graves, ont conduit le Comit&#233; International de la QI &#224; mettre en chantier un projet de &#171; programme &#233;cosocialiste &#187; inscrit &#171; &lt;i&gt;dans le cadre de la n&#233;cessaire r&#233;duction de la production mat&#233;rielle globale&#8197;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatant que &#171; &lt;i&gt;&#8197;l'accumulation du capital menace les conditions m&#234;mes de la vie humaine sur la plan&#232;te&lt;/i&gt; &#187;, la r&#233;solution adopt&#233;e affirme la n&#233;cessit&#233; de &#171; &lt;i&gt;tirer le frein d'urgence &#224; la fois pour combattre les in&#233;galit&#233;s sociales et pour ouvrir la voie &#224; un d&#233;veloppement qualitatif centr&#233; sur le soin aux personnes par la satisfaction des besoins humains r&#233;els, d&#233;sali&#233;n&#233;s de la marchandise, d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s dans le respect prudent des &#233;cosyst&#232;mes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte d&#233;nonce &#171; &lt;i&gt;le fiasco des politiques capitalistes&lt;/i&gt; &#187; bas&#233;es sur l'id&#233;e que &#171; l&lt;i&gt;'&#233;conomie globale pourrait &#224; la fois continuer &#224; cro&#238;tre et se d&#233;carboner&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ce qui est &#171; &lt;i&gt;une impossibilit&#233; physique&#8197;&lt;/i&gt; &#187;. Il met en garde contre les &#171; &lt;i&gt;fausses solutions dangereuses&lt;/i&gt; &#187; telles que le nucl&#233;aire, la capture-s&#233;questration g&#233;ologique, l'hydrog&#232;ne, la g&#233;o-ing&#233;nierie et les grandes plantations d'arbres en monoculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Toutes les conditions semblent r&#233;unies pour que la catastrophe se transforme en cataclysme&lt;/i&gt; &#187;, dit la r&#233;solution. Elle encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;Seule une r&#233;volution &#233;cosocialiste mondiale pourrait l'arr&#234;ter, mais elle n'est pas &#224; l'ordre du jour. Le capital renforce partout son emprise, les syndicats se cramponnent &#224; la relance capitaliste comme &#224; une planche de salut, les mouvements sociaux sont sur la d&#233;fensive, les droits d&#233;mocratiques et sociaux reculent, le champ politique glisse vers la droite et l'extr&#234;me droite dans la plupart des pays&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, il s'agit d'&#233;viter &#171; deux pi&#232;ges &#187; : &#171; &lt;i&gt;celui d'un maximalisme r&#233;volutionnaire abstrait et celui d'un pragmatisme obs&#233;d&#233; par les r&#233;ponses imm&#233;diates&lt;/i&gt; &#187;. Cela n&#233;cessite un programme &#171; &lt;i&gt;qui jette un pont entre la situation pr&#233;sente et la conqu&#234;te du pouvoir&lt;/i&gt; &#187;. La r&#233;solution constate que &#171; &lt;i&gt;&#8197;cette d&#233;marche du Programme de Transition est plus actuelle que jamais&lt;/i&gt; &#187;, tout en pr&#233;cisant que &#171; &lt;i&gt;relever les d&#233;fis du 21e si&#232;cle implique une nouveaut&#233; d&#233;cisive : le programme doit organiser la d&#233;croissance globale de la consommation finale d'&#233;nergie, et partant de la production mat&#233;rielle et des transports&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cette d&#233;croissance n'est &#233;videmment pas un projet de soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;, dit le texte, c'est &#171; &lt;i&gt;une contrainte physique qui s'impose parce que le capitalisme a pouss&#233; l'humanit&#233; au-del&#224; des limites &#233;cologiques&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;si on laisse faire ces vampires, si les pauvres ne font pas payer la d&#233;croissance par les capitalistes, celle-ci s'imposera par la catastrophe humaine. La physique ne n&#233;gocie pas&#8230; L'expression politique de cette &#8220;solution&#8221; est le fascisme. Le choix est donc clair : &#233;cosocialisme ou barbarie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, la r&#233;solution trace le chemin &#224; suivre : &#171; &lt;i&gt;La crise &#233;cologique n&#233;cessite bien &#233;videmment un programme sp&#233;cifiquement &#233;cologique, appuy&#233; sur des connaissances scientifiques pointues, mais ce programme ne r&#233;soudra rien sans un ensemble de mesures qui font payer les riches et les capitalistes pour r&#233;parer la soci&#233;t&#233;, la nature et la relation entre la soci&#233;t&#233; et la nature &#187;. &#171; Ces mesures s'inscrivent dans la possibilit&#233; r&#233;elle que tou&#183;tes m&#232;nent une bonne vie en consommant peu d'&#233;nergie et en r&#233;duisant l'ensemble des impacts sur les &#233;cosyst&#232;mes&#8197;&lt;/i&gt; &#187;. Elles sont regroup&#233;es en cinq axes : &#171; &lt;i&gt;r&#233;gulations urgentes, aux frais des riches et de leurs business &#187; ; &#171; justice fiscale, justice sociale = justice climatique &#187; ; &#171; d&#233;mocratie pour reprendre le contr&#244;le de nos existences et prendre soin des humains et de la Terre &#187; ; &#171; produire moins, travailler moins, vivre mieux &#187; ; &#171; d&#233;sarmer les humains qui n'aiment pas la vie&lt;/i&gt; &#187;, notamment par la socialisation des secteurs cl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Congr&#232;s mondial de 2025 adopte un &#171; Manifeste pour une r&#233;volution &#233;cosocialiste - Rompre avec la croissance capitaliste &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s le Comit&#233; international de 2022, les instances de la QI ont mis sur pied une Commission de r&#233;daction charg&#233;e de concr&#233;tiser l'orientation adopt&#233;e. La Commission qui s'est &#233;toff&#233;e au fil des travaux a tenu plus de quinze r&#233;unions en trois ans. Au final, elle a comport&#233; neuf membres, du Nord et du Sud : Micha&#235;l L&#246;wy (France), Julia Camara (Br&#233;sil), Jacob Sch&#228;ffer (Allemagne), Joao Camargo (Br&#233;sil), Alex Merlo (Espagne), Christine Poupin (France), Jawad Istaqbal (Maroc), Farooq Tariq (Pakistan) et Daniel Tanuro (Belgique, coordinateur de la Commission). Un camarade du Congo-Brazzaville, dans l'incapacit&#233; technique de participer &#224; des r&#233;unions virtuelles, a fourni un grand nombre de commentaires &#233;crits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission a rapidement estim&#233; que l'importance du programme &#233;cosocialiste dont elle &#233;tait charg&#233;e de r&#233;diger le projet justifiait que ce document prenne la forme d'un Manifeste. Un premier projet a &#233;t&#233; soumis au Comit&#233; international de la QI en 2023. Il s'agissait principalement de clarifier une ligne de classe prenant en compte les implications diff&#233;renci&#233;es de la d&#233;croissance globale respectivement dans les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, les pays semi-industrialis&#233;s et les pays les plus pauvres. Mandat a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; la Commission de poursuivre ses travaux afin d'am&#233;liorer le document sur base de ces d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me version du texte a &#233;t&#233; soumise au Comit&#233; International de f&#233;vrier 2024. Daniel Tanuro a pr&#233;sent&#233; le Manifeste et Christine Poupin a tir&#233; les conclusions des discussions. Le document a &#233;t&#233; approuv&#233; &#224; une tr&#232;s large majorit&#233; pour &#234;tre diffus&#233; dans toutes les organisations, avec appel &#224; amendements et contributions au d&#233;bat, en vue du Congr&#232;s mondial de f&#233;vrier 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Manifeste comporte une introduction suivie de 6 chapitres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le premier brosse un tableau de la double crise sociale et &#233;cologique ; il d&#233;bouche sur la n&#233;cessit&#233; objective d'une r&#233;volution globale &#8211; &#233;cosocialiste, internationaliste, f&#233;ministe, antiraciste, anticoloniale et anti-imp&#233;rialiste. &#171; &lt;i&gt;Il ne suffit pas de remettre en cause le r&#233;gime n&#233;olib&#233;ral et de revaloriser le r&#244;le de l'&#201;tat. Il ne suffirait m&#234;me pas d'arr&#234;ter la dynamique d'accumulation (un objectif impossible sous le capitalisme !). La consommation finale mondiale d'&#233;nergie doit diminuer radicalement &#8211; ce qui implique produire moins et transporter moins &#224; l'&#233;chelle mondiale &#8211; tout en augmentant la consommation d'&#233;nergie dans les pays les plus pauvres, pour satisfaire les besoins sociaux. C'est la seule solution qui permette de concilier le besoin l&#233;gitime de bien-&#234;tre pour tou&#183;tes et la r&#233;g&#233;n&#233;ration de l'&#233;cosyst&#232;me mondial. La juste suffisance et la juste d&#233;croissance &#8211; la d&#233;croissance &#233;cosocialiste &#8211; est une condition&lt;/i&gt; sine qua non &lt;i&gt;du sauvetage&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le deuxi&#232;me pr&#233;sente notre utopie concr&#232;te. Nous refusons le joker facile de &#171; l'abondance &#187; : l'&#233;mancipation pour laquelle nous luttons passe par une soci&#233;t&#233; o&#249;, les besoins fondamentaux &#233;tant satisfaits, l'&#234;tre passe avant l'avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le troisi&#232;me rappelle en quoi consiste la m&#233;thode transitoire &#233;labor&#233;e par L&#233;on Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le quatri&#232;me pr&#233;sente bri&#232;vement 21 lignes de force d'un programme &#233;cosocialiste coh&#233;rent. Certaines sont r&#233;alisables dans le cadre capitaliste, mais l'ensemble n&#233;cessite le renversement du syst&#232;me. Elles vont &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt;, des mesures &#224; prendre pour prot&#233;ger les populations des catastrophes, &#224; la socialisation des secteurs cl&#233;s et &#224; la planification d&#233;mocratique, en passant par le d&#233;mant&#232;lement de l'agrobusiness, la protection de la biodiversit&#233;, la lutte contre le racisme environnemental et pour une politique urbaine sous le contr&#244;le des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le cinqui&#232;me chapitre, &#171; d&#233;croissance globale dans un contexte de d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233; &#187;, approfondit les implications du concept de &#171; &lt;i&gt;responsabilit&#233;s et capacit&#233;s communes et diff&#233;renci&#233;es&lt;/i&gt; &#187; pour les pays du Sud, en distinguant les pays semi-industrialis&#233;s et les pays les plus pauvres, au sein desquels la satisfaction des besoins sociaux n&#233;cessitera que de l'&#233;nergie fossile soit encore consomm&#233;e pendant un certain temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le sixi&#232;me et dernier chapitre est consacr&#233; &#224; la question strat&#233;gique : autonomie des mouvements sociaux, refus de toute hi&#233;rarchisation des luttes, convergence des luttes et conqu&#234;te du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Manifeste accorde une place centrale aux revendications des femmes. Il prend &#224; son compte l'objectif du &#171; prendre soin &#187; &#8211; des humains et de la plan&#232;te &#8211; mis en avant par les f&#233;ministes et affirme l'importance centrale de la reproduction sociale par rapport &#224; la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance accord&#233;e aux peuples autochtones est un autre point remarquable, qui traduit une approche renouvel&#233;e du Programme de transition. Pour le Manifeste, bien que minoritaires au sein de la population mondiale, les peuples indig&#232;nes apportent la preuve qu'une autre relation entre l'humanit&#233; et le reste de la nature est possible. Le t&#233;moignage de ces peuples rev&#234;t ainsi une immense port&#233;e id&#233;ologique. C'est pourquoi nous reconnaissons qu'ils sont une partie fondamentale du sujet r&#233;volutionnaire du 21e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#234;mes raisons, le Manifeste accorde &#233;galement une grande importance aux luttes et aux revendications des petit&#183;es paysan&#183;nes face &#224; l'agrobusiness et des petit&#183;es p&#234;cheur&#183;ses face &#224; la p&#234;che industrielle. Il se prononce pour la souverainet&#233; alimentaire, pour une r&#233;forme agraire radicale et pour l'agro&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Manifeste a soulev&#233; un int&#233;r&#234;t consid&#233;rable dans les sections de la QI et les organisations sympathisantes. Des dizaines d'amendements ont &#233;t&#233; propos&#233;s par des camarades de toutes les r&#233;gions du monde, notamment &#201;tats-Unis, Mexique, Br&#233;sil, P&#233;rou, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Inde, Pakistan, Alg&#233;rie, Afrique du Sud, Suisse&#8230; La plupart ont permis d'enrichir le texte. La dimension collective du travail de la Commission de r&#233;daction a &#233;t&#233; mise en &#233;vidence par un rapport pr&#233;sent&#233; conjointement par quatre camarades (deux du Nord, deux du Sud, deux hommes et deux femmes). Le texte final a &#233;t&#233; adopt&#233; &#224; une tr&#232;s large majorit&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;es (124 voix pour, 1 voix contre, 3 abstentions et 4 NPPV).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exemples concrets d'activit&#233;s &#233;cosocialistes des sections de la QI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du Congr&#232;s mondial de 2018, les d&#233;bats sur l'&#233;cologie ont refl&#233;t&#233; la forte implication de nombreux militants dans des luttes concr&#232;tes, en particulier dans les pays du Sud qui sont les plus touch&#233;s par le changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section de la Quatri&#232;me Internationale &#224; Mindanao (Philippines) est depuis longtemps engag&#233;e dans la d&#233;fense des communaut&#233;s contre des typhons de plus en plus violents. Ces camarades sont engag&#233;&#183;es dans le d&#233;veloppement de m&#233;thodes agricoles bas&#233;es sur la souverainet&#233; alimentaire, l'exclusion des semences g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es et la production d'aliments biologiques pour les communaut&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bangladesh, l'un des pays les plus vuln&#233;rables aux effets du changement climatique, l'organisation de la QI est profond&#233;ment impliqu&#233;e dans les grandes luttes paysannes contre le changement climatique. Avec Via Campesina et d'autres organisations, les camarades m&#232;nent une campagne pour la souverainet&#233; alimentaire, les droits des petits agriculteurs et la redistribution des terres, dans la lign&#233;e du Mouvement des sans-terre br&#233;silien. Depuis 2011, ils et elles sont fortement impliqu&#233;&#183;es dans l'organisation de caravanes climatiques qui font campagne au Bangladesh, au N&#233;pal et en Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Pakistan &#233;galement, les camarades de la QI ont &#233;t&#233; &#224; l'avant-garde de la lutte contre le changement climatique. En 2010, des inondations d&#233;vastatrices ont submerg&#233; un cinqui&#232;me du pays et laiss&#233; des millions de personnes sans abri. Vingt millions de personnes ont &#233;t&#233; touch&#233;es et 2&#8197;000 ont perdu la vie. Cinq camarades ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s pour avoir d&#233;fendu des villageois apr&#232;s un glissement de terrain qui a bloqu&#233; la rivi&#232;re Hunza dans la r&#233;gion du Gilgit-Baltistan, emportant des maisons et tuant 19 personnes. Le glissement de terrain a form&#233; un lac de 23 km de long qui a submerg&#233; trois villages, laissant 500 personnes sans abri et 25&#8197;000 personnes bloqu&#233;es. Sept ans apr&#232;s leur proc&#232;s, ils &#233;taient toujours en prison, malgr&#233; les campagnes men&#233;es pour obtenir leur lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, les camarades sont impliqu&#233;s dans la construction du mouvement pour la justice climatique. En 2015, &#224; Fortaleza, ils ont organis&#233; la plus grande marche pour le climat de l'histoire du pays. Ils ont &#233;galement manifest&#233; en 2016 dans le cadre de la campagne Break Free devant la plus grande centrale &#224; charbon du Br&#233;sil, et ont particip&#233; &#224; la Marche de l'eau en 2017. Ils sont engag&#233;s dans la d&#233;fense de l'Amazonie et contre le d&#233;sastreux trait&#233; REDD (R&#233;duction des &#233;missions dues &#224; la d&#233;forestation et &#224; la d&#233;gradation des for&#234;ts) aux c&#244;t&#233;s des peuples autochtones, des communaut&#233;s locales et des groupes environnementaux, violemment r&#233;prim&#233;s par le gouvernement fasciste de Jair Bolsonaro. Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, nos camarades br&#233;silien&#183;nes portent le projet &#233;cosocialiste au sein du Parti du Socialisme et de la Libert&#233; (PSOL), et ils ont contribu&#233; &#224; organiser les Rencontres &#233;cosocialistes latino-am&#233;ricaines lors de la COP30 &#224; Bel&#233;m en 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations de la QI en Am&#233;rique latine ont particip&#233; aux mobilisations autour du Sommet des peuples convoqu&#233; par Evo Morales &#224; Cochabamba, en Bolivie (2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe et en Am&#233;rique du Nord, les camarades de la Quatri&#232;me Internationale sont de plus en plus impliqu&#233;&#183;es dans les mobilisations pour le climat, autour des COP &#224; Copenhague (2009), Paris (2015), Madrid (2019) et dans les grandes manifestations de jeunes qui ont eu lieu dans diff&#233;rents pays en 2019. Ils participent &#233;galement &#224; des luttes locales contre des projets li&#233;s aux &#233;nergies fossiles (ce que Naomi Klein appelle &#171; Blockadia &#187;), tels que la fracturation hydraulique en Grande-Bretagne, l'exploitation des sables bitumineux au Canada, la construction du pipeline Keystone aux &#201;tats-Unis et de l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes en France, et la campagne Ende Gel&#228;nde contre l'exploitation du lignite en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En coop&#233;ration avec d'autres organisations et syndicats, les membres de la QI ont &#233;galement particip&#233; &#224; l'initiative visant &#224; organiser des conf&#233;rences &#233;cosocialistes europ&#233;ennes r&#233;unissant plusieurs centaines de personnes &#8211; &#224; Gen&#232;ve (2014), Madrid (2015), Bilbao (2016), Lisbonne (2018), B&#226;le (juin 2020), Buenos Aires (2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 6 novembre 2025&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. F. Engels, &lt;i&gt;La dialectique de la nature&lt;/i&gt;, Paris, Editions Sociales, 1968, pp. 180-181.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. L&#233;on Trotsky, &lt;i&gt;Litt&#233;rature et R&#233;volution&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3. L. Trotsky, &lt;i&gt;Mendele&#239;ev et le marxisme&lt;/i&gt;, discours au congr&#232;s Mendele&#239;ev, 17 septembre 1925, Marxists Internet Archive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 4. L. Trotsky, &lt;i&gt;Culture et Socialisme&lt;/i&gt;, Marxists Internet Archive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 5. Rapport du camarade Boukharine &#224; l'assembl&#233;e des fonctionnaires de l'organisation de Moscou (5 janvier 1926)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 6. &lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/le-bolchevik-et-la-nature&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire notamment &#171; Le bolchevik et la nature &#187;, Andreas Malm, 15 septembre 2017, &lt;i&gt;Revue P&#233;riode&lt;/i&gt;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 7. &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/mandel/1972/11/growth.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ernest Mandel, &#171; La dialectique de la croissance. A propos du rapport Mansholt &#187;, in&lt;i&gt; Mai&lt;/i&gt; (revue), Bruxelles, nov-d&#233;c. 1972.&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; 8. Version fran&#231;aise &#233;dit&#233;e en 2023 par les &#233;ditions La Br&#232;che de&lt;i&gt; Power and Money&lt;/i&gt; (1992).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 9. Disponible &#224; la fin du livre &lt;i&gt;&#201;cosocialisme. L'alternative radicale &#224; la catastrophe &#233;cologique capitaliste&lt;/i&gt;, Michael L&#246;wy, Mille et une nuits, 2011, 5 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Manifeste pour une r&#233;volution &#233;cosocialiste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Manifeste-pour-une-revolution-ecosocialist</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Manifeste-pour-une-revolution-ecosocialist</guid>
		<dc:date>2026-03-24T07:51:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>06_01 - diaporama nombre illimit&#233; d'articles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-03-24</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Daniel Tanuro, militant &#233;cosocialiste de la Gauche anticapitaliste, section belge de la IV&#232;me Internationale, a &#233;t&#233; le coordinateur du comit&#233; de r&#233;daction de ce Manifeste. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'&#233;cosocialisme, dont &#171; l'Impossible capitalisme vert &#187;, &#171; Trop tard pour &#234;tre pessimistes &#187; et, plus r&#233;cemment, &#171; &#201;cologie, luttes sociales et r&#233;volution. &#187; Nous lui avons pos&#233; quelques questions. &lt;br class='autobr' /&gt; 15 mars 2026 | tir&#233; de la Gauche anticapitaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
La Gauche anticapitaliste : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-03-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-03-24&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Daniel Tanuro, militant &#233;cosocialiste de la Gauche anticapitaliste, section belge de la IV&#232;me Internationale, a &#233;t&#233; le coordinateur du comit&#233; de r&#233;daction de ce Manifeste. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'&#233;cosocialisme, dont &#171; l'Impossible capitalisme vert &#187;, &#171; Trop tard pour &#234;tre pessimistes &#187; et, plus r&#233;cemment, &#171; &#201;cologie, luttes sociales et r&#233;volution. &#187; Nous lui avons pos&#233; quelques questions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15 mars 2026 | tir&#233; de la &lt;a href=&#034;https://www.gaucheanticapitaliste.org/manifeste-pour-une-revolution-ecosocialiste-rompre-avec-la-croissance-capitaliste-2/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gauche anticapitaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Gauche anticapitaliste : notre organisation politique a publi&#233;, en 2022, un manifeste intitul&#233; : &#187; L'urgence d'un monde nouveau &#187;. Pourquoi et en quoi, ce manifeste de la IV&#232;me Internationale apporte-t-il une nouvelle dimension &#224; notre programme politique de lutte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel Tanuro :&lt;/strong&gt; le Manifeste prend &#224; bras-le-corps la question-cl&#233; de notre &#233;poque : la catastrophe &#233;cologique grandissante et son articulation avec la crise sociale. Ces deux crises et leur combinaison sont le produit de la logique productiviste du profit capitaliste. Le point d&#233;cisif du Manifeste consiste en ceci : il s'appuie sur l'expertise scientifique qui atteste le d&#233;passement de seuils de soutenabilit&#233; dans la plupart des domaines (climat, biodiversit&#233;, pollution atmosph&#233;rique, eau douce, sols, etc&#8230;) pour en d&#233;duire la n&#233;cessit&#233; g&#233;n&#233;rale d'une d&#233;croissance globale, juste, et anticapitaliste, afin de ramener l'humanit&#233; &#171; dans les clous &#187; des possibilit&#233;s terrestres. C'est la premi&#232;re fois qu'un r&#233;seau mondial d'organisations politiques marxistes adopte une d&#233;marche &#233;cosocialiste aussi radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GA : En quoi et pourquoi, ce Manifeste &#233;cosocialiste &#8211; rompre avec la croissance capitaliste- peut-il susciter un d&#233;bat n&#233;cessaire, voire indispensable au sein des organisations politiques, syndicales et sociales du mouvement ouvrier belge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DT : &lt;/strong&gt; Chico Mendez disait que &#187; l'&#233;cologie sans lutte de classe, c'est du jardinage &#187;. C'est tr&#232;s juste. Mais il faut ajouter que la lutte sociale sans &#233;cologie, c'est du bricolage, voire du raclapotage. La catastrophe &#233;cologique est une catastrophe sociale. La r&#233;ponse capitaliste &#224; cette catastrophe approfondit fortement les in&#233;galit&#233;s et les discriminations.Tol&#233;rer cette politique, voire y collaborer au nom de l'emploi, est une erreur strat&#233;gique. Cela fait le jeu de l'extr&#234;me-droite. Partout, celle-ci relativise ou nie carr&#233;ment la gravit&#233; extr&#234;me de la menace &#233;cologique. Ce relativisme et ce n&#233;gationnisme (le backlash &#233;cologique) sont m&#234;me au centre de son offre de service aux capitalistes. Ceux-ci cherchent par tous les moyens &#224; augmenter leur profitabilit&#233; dans leur guerre de concurrence sur le dos du travail et de la nature. Il y a donc un d&#233;bat indispensable et urgent &#224; mener, dans les syndicats et les autres mouvements sociaux, sur un programme de lutte &#233;cosocial et sur la strat&#233;gie, dans la perspective d'une tout autre soci&#233;t&#233;. Le Manifeste est une contribution &#224; ce d&#233;bat &#224; ces trois niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GA : En Belgique, le mouvement syndical et associatif est engag&#233; dans un combat contre l'Arizona, gouvernement le plus dur et le plus autoritaire qu'on ait connu depuis longtemps, soutien inconditionnel du patronat, avec, aux commandes, la droite et droite extr&#234;me.En quoi ce manifeste peut-il &#234;tre un outil de combat pour une possible victoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DT :&lt;/strong&gt; La politique de l'Arizona s'ins&#232;re dans ce contexte capitaliste g&#233;n&#233;ral de backlash &#233;cologique et de r&#233;gression sociale combin&#233;s. Face &#224; cela, il ne faut pas se dissimuler la difficult&#233;. Le productivisme capitaliste appara&#238;t, &#224; la grande majorit&#233; des gens, comme une n&#233;cessit&#233;, une obligation &#224; laquelle ils ne peuvent &#233;chapper, car leur existence en d&#233;pend. Au stade actuel, le Manifeste est un outil de d&#233;bat, pas directement un outil de combat pour une victoire. Il contient des &#171; lignes directrices &#187; pour un programme &#233;cosocial, mais ne constitue pas en soi le programme &#224; copier-coller. C'est dans la lutte et dans la convergence d&#233;mocratique des luttes &#8211; syndicales, f&#233;ministes, antiracistes, &#233;cologiques &#8211; qu'un tel programme peut commencer &#224; &#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Denis Horman&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel Tanuro sera pr&#233;sent comme orateur &#224; la conf&#233;rence-d&#233;bat organis&#233;e par la Formation L&#233;on Lesoil, en collaboration avec la Gauche anticapitaliste, le mardi 24 mars, &#224; 19h30, &#224; l'universit&#233; de Li&#232;ge, place du XX ao&#251;t.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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		<title>Th&#232;ses pour une critique &#233;cosocialiste de l'intelligence artificielle</title>
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		<dc:date>2026-02-17T07:50:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Tanuro</dc:creator>


		<dc:subject>06_01 - diaporama nombre illimit&#233; d'articles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-02-17</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte porte essentiellement sur l'IA g&#233;n&#233;rative. La formulation en th&#232;ses (in&#233;galement d&#233;velopp&#233;es) ne vise pas &#224; poser des certitudes, mais &#224; faciliter le d&#233;bat par la concision de l'expos&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; 11 f&#233;vrier 2026 | tir&#233; d'&#192; l'encontre | Illustration : (Boston Institute of Analytics) &lt;br class='autobr' /&gt;
Intelligences et intelligences humaines &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Ce que nous appelons intelligence est ce qui permet de saisir la diff&#233;rence, d'appr&#233;hender le nouveau, d'anticiper le possible dans le cours des &#233;v&#233;nements qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/ia_ideal-9c7cd.png?1781022428' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte porte essentiellement sur l'IA g&#233;n&#233;rative. La formulation en th&#232;ses (in&#233;galement d&#233;velopp&#233;es) ne vise pas &#224; poser des certitudes, mais &#224; faciliter le d&#233;bat par la concision de l'expos&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;11 f&#233;vrier 2026 | tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://alencontre.org/ecologie/theses-pour-une-critique-ecosocialiste-de-lintelligence-artificielle.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt; | Illustration : (Boston Institute of Analytics)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intelligences et intelligences humaines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1. Ce que nous appelons intelligence est ce qui permet de saisir la diff&#233;rence, d'appr&#233;hender le nouveau, d'anticiper le possible dans le cours des &#233;v&#233;nements qui ponctuent le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'intelligence est un produit &#233;mergent de l'&#233;volution non lin&#233;aire du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature fait des bonds. Les choses inertes ne sont pas intelligentes. Les organisations symbiotiques de v&#233;g&#233;taux et de champignons communiquent et s'adaptent aux &#233;v&#233;nements sans anticipation ni conscience. L'intelligence telle que d&#233;finie ici appara&#238;t dans le r&#232;gne animal o&#249; elle pr&#233;sente des formes et des degr&#233;s divers. Chez les unicellulaires et les organismes sans cerveau, elle se confond avec l'&#171; instinct de survie &#187; (m&#233;canismes de survie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. L'intelligence humaine combine une grande capacit&#233; d'abstraction &#224; partir d'un petit nombre de donn&#233;es, une communication sophistiqu&#233;e, la pens&#233;e, et une vie spirituelle d&#233;velopp&#233;e qui s'exprime dans des r&#233;alisations symboliques complexes, &#224; la fois individuelles et collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Homo sapiens identifie d&#232;s la toute petite enfance les r&#233;gularit&#233;s et les sym&#233;tries dans ce qui l'entoure, donc aussi ce qui est rare ou insolite. Absente chez d'autres primates, cette aptitude fonde la capacit&#233; de notre esp&#232;ce &#224; classer les objets par la raison et &#224; en percer les m&#233;canismes par la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Sans soci&#233;t&#233; humaine, sans corps communiquant et collaborant, il n'y a ni intelligence r&#233;flexive, ni vie spirituelle, ni conscience.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#233;ristiques de notre intelligence r&#233;sultent a la fois de traits physiques (le volume et la structure du cerveau, la bip&#233;die, la sp&#233;cialisation de la main, l'appareil phonatoire) et du fait qu'Homo sapiens est un mammif&#232;re social. Les jeunes de notre esp&#232;ce ne peuvent survivre que gr&#226;ce &#224; des soins parentaux prolong&#233;s, nous &#233;changeons par le biais d'un langage syntaxique complexe, et notre rapport social au reste de la nature est m&#233;di&#233; par le travail, r&#233;alis&#233; &#224; l'aide d'outils. Ces traits conf&#232;rent &#224; Homo sapiens des intelligences multiples et une grande adaptabilit&#233;, d&#233;cisive pour comprendre le d&#233;veloppement ontog&#233;n&#233;tique de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;6. Esprit, pens&#233;e et conscience d&#233;pendent du d&#233;veloppement / fonctionnement du cerveau mais aussi de celui du corps en g&#233;n&#233;ral.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esprit, pens&#233;e et conscience ne sont pas localisables dans une zone pr&#233;cise du cerveau. Ces propri&#233;t&#233;s sont pour ainsi dire s&#233;cr&#233;t&#233;es dans le processus d'individuation par lequel les humains se d&#233;veloppent physiquement, psychiquement et collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;7. L'intelligence humaine est non seulement sociale mais aussi &#233;cosyst&#233;mique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capacit&#233; des jeunes humains &#224; identifier et classer les formes, les r&#233;gularit&#233;s et les exceptions est model&#233;e par le climat, les saisons, les biotopes. Notre intelligence est enrichie par l'exceptionnelle diversit&#233; de la faune et de la flore terrestres ainsi que par la complexit&#233; de leurs relations avec le monde physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;8. L'intelligence combine n&#233;cessairement la raison et l'&#233;motion, le savoir de ce qui est, le souvenir de ce qui n'est plus et le d&#233;sir ce qui pourrait &#234;tre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;motion &#8211; &#233;tymologiquement &#171; ce qui met en mouvement &#187;, &#171; ce qui fait sortir de soi &#187; &#8211; est ce qui na&#238;t de la tension entre le soi et l'alt&#233;rit&#233; ; le monde souhait&#233; et le monde tel qu'il est ; le projet et sa r&#233;alisation ; l'existant et l'absent. Elle fonde l'&#233;thique et est donc bien plus qu'un suppl&#233;ment d'&#226;me de la raison : une part essentielle de notre intelligence. Sans &#233;motion, sans empathie, sans &#233;thique, la raison serait dangereusement pathologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;9. Les formes de l'intelligence humaine se d&#233;clinent historiquement et &#233;cologiquement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la production sociale de leur existence les humains d&#233;veloppent des savoirs, des techniques et des modes de production. Ils transforment la soci&#233;t&#233;, la nature et leur m&#233;tabolisme avec celle-ci, donc aussi les conditions dans lesquelles ils communiquent et collaborent &#8211; et par cons&#233;quent leur intelligence. Homo sapiens ne pensait probablement pas de la m&#234;me mani&#232;re avant et apr&#232;s l'invention de l'&#233;criture, ses cr&#233;ations artistiques n'&#233;taient pas identiques avant et apr&#232;s la machine &#224; vapeur, ses univers symboliques diff&#232;rent dans la toundra arctique, dans la for&#234;t tropicale, dans les m&#233;gapoles de fer et de b&#233;ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IA, intelligence, machinisme et capitalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;10. La perc&#233;e de l'IA acc&#233;l&#232;re la destructivit&#233; du progr&#232;s capitaliste.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor du capitalisme est rythm&#233; par les avanc&#233;es des sciences. Les bonds en avant du savoir ont d&#233;velopp&#233; les moyens de production, &#233;tendu les &#233;changes, ouvert les horizons. Mais ce progr&#232;s est contradictoire. En r&#233;duisant l'intelligence &#224; la raison, et la raison au calcul des profits, le Capital mutile l'une et l'autre. La loi de la valeur rend la raison absurde et enfonce l'&#233;motion dans &#171; les eaux glac&#233;es du calcul &#233;go&#239;ste &#187;. La mise en &#339;uvre de l'IA acc&#233;l&#232;re ces tendances : elle intensifie la destruction des liens communautaires et de la biodiversit&#233;, appauvrissant ainsi les sources sociale et &#233;cosyst&#233;mique de l'intelligence. Tout en t&#233;moignant de connaissances plus &#233;tendues que jamais, elle restreint les champs d'investigation de la science et encourage les boucles de r&#233;troaction dans la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;11. En d&#233;pit de ses prouesses, l'IA n'est pas intelligente et ne peut pas l'&#234;tre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches sur l'IA font progresser la compr&#233;hension du fonctionnement du cerveau. La ma&#238;trise du langage par les r&#233;seaux de neurones artificiels, en particulier, constitue une perc&#233;e scientifique majeure. Mais l'IA ne pense pas, ne r&#234;ve pas, n'imagine pas. Elle &#171; parle &#187; sans (sa)voir ce dont elle parle, car elle n'a pas de monde. Le futur qu'elle projette est induit de ce qui a domin&#233; le pass&#233; dans les statistiques. Ses capacit&#233;s d'inventaire sont &#224; la fois vertigineuses et partielles car ses donn&#233;es (nos donn&#233;es, qu'elle s'approprie !) se limitent &#224; la part du savoir humain collectif en circulation sur internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;12. L'IA est humaine, pas &#171; artificielle &#187;. Elle exacerbe l'extractivisme capitaliste, sa raison instrumentale et la subsomption du travail.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les algorithmes sont aux mains de capitalistes-ing&#233;nieurs qui cherchent &#224; maximiser le profit. Gr&#226;ce &#224; leur situation de monopoles et &#224; leur emprise globale, les g&#233;ants du num&#233;rique se soustraient &#224; la p&#233;r&#233;quation du taux de profit. C'est ce m&#233;canisme de captation de valeur cr&#233;&#233;e par le travail qui leur permet d'accumuler des rentes gigantesques. Celles-ci s'enracinent dans les m&#233;canismes caract&#233;ristiques du syst&#232;me : la (sur)exploitation de la force de travail (notamment dans l'extraction et le raffinage des terres rares mises &#224; disposition par la nature), et l'accaparement gratuit des savoirs humains accumul&#233;s. Les ma&#238;tres de la Tech aspirent &#224; un pouvoir absolu qui pr&#233;sente des similitudes avec celui de la classe dominante sous l'ancien r&#233;gime, mais le capitalisme num&#233;rique n'est pas un f&#233;odalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;13. La critique marxienne de la machine est d&#233;cisive pour appr&#233;hender l'IA.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Marx, la machine r&#233;duit le prol&#233;taire &#224; une s&#233;rie de gestes utiles &#224; la valorisation capitaliste. Son savoir-faire est r&#233;duit en miettes, son travail ali&#233;n&#233; &#171; &#233;teint &#187; sa cr&#233;ativit&#233; ; il devient l'accessoire de la machine ; elle a pris sa place, il perd sa dignit&#233;. Quand la machine est automatique, l'appropriation du travail vivant par le travail mort devient le fait du processus productif ; la machinerie donne ainsi sa forme la plus ad&#233;quate au Capital. D&#232;s lors, l'intelligence collective appropri&#233;e par le capitaliste &#8211; le travail objectiv&#233; &#8211; domine compl&#232;tement le travail vivant ; la machine appara&#238;t a la fois comme une &#171; force hostile &#187; et comme la condition pr&#233;alable de la production. De formelle, la subsumption du travail au capital devient r&#233;elle. Cette critique marxienne du machinisme s'applique parfaitement &#224; l'IA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;14. Le danger ne r&#233;side pas dans le fait que la machine risquerait de devenir &#171; plus intelligente &#187; que nous &#8211; &#171; superintelligente &#187;. Il r&#233;side dans le fait que l'IA est la &#171; force hostile &#187; par excellence, la raison instrumentale &#224; l'&#233;tat pur, l'inhumanit&#233; capitaliste objectiv&#233;e. Accro&#238;tre sa puissance, c'est accro&#238;tre la puissance de ce qui nous domine et nous entra&#238;ne vers l'ab&#238;me.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IA, onde longue et exploitation du travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;15. Face au travail, l'IA &#171; incarne &#187; la logique du capital mieux que le capitaliste lui-m&#234;me.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde non capitaliste, d'autres IA pourraient soulager l'humanit&#233; de t&#226;ches fastidieuses et r&#233;p&#233;titives. Dans l'enseignement, dans la sant&#233;, dans le soin aux &#233;cosyst&#232;mes, par exemple, des IA sp&#233;cifiques permettraient au travail vivant de se concentrer sur les interactions sociales et &#233;cologiques, enrichissant celles-ci dans une logique humaine du &#171; prendre soin &#187;. Dans le monde capitaliste r&#233;el, cependant, le &#171; prendre soin &#187; &#8211; d&#233;tection du cancer, pr&#233;vision m&#233;t&#233;o, etc. &#8211; est subordonn&#233; au profit. L'IA st r&#233;gl&#233;e sur l'extraction de la plus-value jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte, automatiquement, sans tr&#234;ve ni repos. Elle substitue encore plus du travail mort au travail vivant, &#233;tend la subsomption r&#233;elle aux t&#226;ches d'administration et de service, ass&#232;che les m&#233;tiers cr&#233;atifs. Les algorithmes perfectionnent la logique tayloriste de contr&#244;le du travail : l'activit&#233; du travailleur, de la travailleuse, ses gestes, sa localisation, la succession de ses op&#233;rations, ses temps de travail et de d&#233;placement peuvent &#234;tre command&#233;s, &#233;valu&#233;s et r&#233;compens&#233;s (et surtout sanctionn&#233;s) &#224; distance, directement. Loin d'all&#233;ger le travail, l'IA le rend plus intense et plus dense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;16. Les promesses d'un nouvel &#226;ge d'or par l'IA sont sans fondement s&#233;rieux. Aucune technologie ne peut sortir le capitalisme des contradictions de la production de valeur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les projections de hausse de la productivit&#233; par la mise en &#339;uvre de l'IA varient actuellement entre 0,07 et 0,7% par an pendant dix ans. C'est insuffisant pour nourrir une onde longue de croissance. L'IA ne relance pas l'accumulation, elle aiguise les contradictions syst&#233;miques. On retrouve Marx : le machinisme implique un &#233;norme capital fixe qui &#171; ne s'oriente plus vers la valeur imm&#233;diate &#187; mais vers la &#171; production pour la production &#187; ; l'amortissement des machines n&#233;cessite par cons&#233;quent que la fraction circulante s'oriente sur &#171; la consommation pour la consommation &#187;. Encore faut-il que la plus-value soit r&#233;alis&#233;e r&#233;guli&#232;rement, pendant une p&#233;riode suffisante. Apr&#232;s quarante ans d'aust&#233;rit&#233; salariale et dans un monde de puissances en lutte pour l'h&#233;g&#233;monie, c'est l&#224; que le b&#226;t blesse : qui peut garantir l'&#233;coulement durable des marchandises promues par des milliards de smartphones ? Conform&#233;ment aux intuitions d'Ernest Mandel, la gravit&#233; de la crise &#233;cosociale syst&#233;mique et les contradictions classiques de la production de valeur excluent probablement toute nouvelle onde longue d'expansion capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;17. Ce n'est pas la relance de l'emploi qui sera au rendez-vous de l'IA, mais l'approfondissement du pillage social et environnemental.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux r&#233;volutions technologiques ant&#233;rieures, les pertes d'emplois provoqu&#233;es par l'IA ont peu de chances d'&#234;tre compens&#233;es par le d&#233;veloppement de nouvelles fonctions &#233;quivalentes. Comme l'&#233;norme d&#233;veloppement de la partie fixe du capital tend &#224; faire baisser le taux de profit, le capital a recours aux contre-tendances bien connues : pillage accru des ressources naturelles gratuites et de la force de travail sous-pay&#233;e. La d&#233;mat&#233;rialisation de l'&#233;conomie est un mythe. En r&#233;alit&#233;, la perc&#233;e de l'IA s'accompagne d'une brutalit&#233; mat&#233;rielle croissante dans l'appropriation imp&#233;rialiste des &#233;cosyst&#232;mes et dans la surexploitation la plus cruelle des prol&#233;taires (capitalisme de plateforme, travail des enfants, contrats z&#233;ro heure, etc.). Tous ces m&#233;canismes accentuent en m&#234;me temps les in&#233;galit&#233;s coloniales et les discriminations validistes, racistes et de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;18. L'IA gonfle une nouvelle bulle de capital fictif et renforce la tendance &#224; la militarisation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sommes astronomiques qu'une poign&#233;e d'oligopoles investissent dans le d&#233;veloppement de l'IA traduisent la pl&#233;thore inou&#239;e de capital-argent, le poids de la finance dans le Capital contemporain, et son tr&#232;s haut degr&#233; de concentration/centralisation. Mais le f&#233;tichisme de la technique combin&#233; &#224; une concurrence sp&#233;cifique intra-oligopolistique aveugle les investisseurs. En soi, leurs investissements n'apportent aucune solution au probl&#232;me de la valorisation. L'IA n'a pas les r&#233;sultats escompt&#233;s, co&#251;te trop cher, la client&#232;le pr&#233;f&#232;re le contact humain, etc. L'IA gonfle ainsi une nouvelle bulle de capital fictif. T&#244;t ou tard, pour att&#233;nuer le choc, le capital technologique imposera l'usage et le paiement de ce qui se pr&#233;sente aujourd'hui comme un merveilleux service gratuit. Mais cela ne suffira pas. La ru&#233;e sur l'IA a tout ce qu'il faut pour d&#233;clencher une nouvelle crise financi&#232;re majeure et acc&#233;l&#233;rer la tendance du capital en crise &#224; investir dans la production d'armes comme planche de salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;In&#233;galit&#233;s mondiales, civilisation et &#171; technofascisme &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;19. L'IA approfondit le foss&#233; entre m&#233;tropoles imp&#233;rialistes et pays p&#233;riph&#233;riques.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls les puissants monopoles des pays capitalistes les plus d&#233;velopp&#233;s peuvent mobiliser les &#233;normes masses de capitaux n&#233;cessaires aux infrastructures de l'IA. Son d&#233;veloppement fr&#233;n&#233;tique est d'ores et d&#233;j&#224; un facteur suppl&#233;mentaire d'approfondissement des in&#233;galit&#233;s entre les pays capitalistes les plus d&#233;velopp&#233;s (en particulier les Etats-Unis et la Chine) et les pays &#224; revenu faible ou moyen (LMICs). Cette division stimule les m&#233;canismes de la domination imp&#233;rialiste-coloniale la plus crue et encourage les puissances imp&#233;rialistes &#224; durcir encore davantage leur gestion barbare des flux migratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;20. Du point de vue social g&#233;n&#233;ral, l'IA g&#233;n&#233;raliste d&#233;grade l'intelligence, la cr&#233;ativit&#233;, l'empathie, l'&#233;thique et la sant&#233; publique (mentale notamment) &#8211; en particulier celle des enfants.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Communication et collaboration sont ins&#233;parables. Aujourd'hui, les algorithmes s'emparent de la premi&#232;re comme les machines &#224; vapeur, hier, se sont empar&#233;es de la seconde. Les tendances toxiques qui en d&#233;coulent d&#233;bordent la sph&#232;re du travail. Dans la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral, le contact avec l'autre toujours diff&#233;rent, humain et non-humain, est concurrenc&#233; par la fr&#233;quentation du m&#234;me dans une bulle narcissique ; la machine remplace le confident, la confidente ; l'hypersollicitation informationnelle rogne les ailes de la pens&#233;e vagabonde ; la qu&#234;te joyeuse de v&#233;rit&#233; est remplac&#233;e par l'assu&#233;tude triste aux r&#233;alit&#233;s virtuelles et &#224; leurs mensonges ; l'esp&#233;rance d'un futur diff&#233;rent se perd dans la compilation statistique d'un pass&#233; objectiv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;21. En aidant le Capital &#224; subsumer le travail comme jamais, l'IA l'aide &#224; subsumer comme jamais la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sph&#232;re de la reproduction, par le truchement des r&#233;seaux &#171; sociaux &#187;, l'IA d&#233;multiplie les possibilit&#233;s de r&#233;alisation de la survaleur produite par l'exploitation du travail. Elle acc&#233;l&#232;re la circulation des marchandises et intensifie la subjugation consum&#233;riste des esprits. La machinerie de la r&#233;volution industrielle d&#233;qualifiait le savoir-faire du producteur en le d&#233;poss&#233;dant de la ma&#238;trise du proc&#232;s de travail. L'IA d&#233;qualifie pour ainsi dire le &#171; savoir-vivre &#187; &#8211; la formation des d&#233;sirs et de la conscience. L'acc&#232;s gratuit &#224; la machine qui semble parler, comprendre, voire compatir, cr&#233;e des d&#233;pendances affectives qui se monnaieront par la suite. La subsomption du travail transcro&#238;t en subsomption de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;22. Par son incapacit&#233; &#224; distinguer le vrai du faux, l'IA favorise le supr&#233;macisme, la loi du plus fort, l'&#233;limination des faibles, la fin qui justifie les moyens dans la lutte de tous contre tous.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants acqui&#232;rent la notion de v&#233;rit&#233; par la socialisation et l'apprentissage du langage. L'IA n'&#233;tant ni vivante ni sociale, la notion de morale lui est &#233;trang&#232;re &#8211; alien. La machine est dite &#171; auto-apprenante &#187; mais elle ne peut &#233;carter d'elle-m&#234;me les gigantesques masses de donn&#233;es corrompues par le mensonge, la haine et la perversion. Des milliers de &#171; prol&#233;taires du clic &#187; sous-pay&#233;s sont charg&#233;s de lui inculquer des &#171; valeurs &#187;. Celles-ci d&#233;coulent de la vision du monde qu'ont leurs employeurs. Pas &#233;tonnant que l'IA aide les suicidaires &#224; se suicider, les escrocs &#224; escroquer, les violeurs &#224; violer. Elle &#171; ment &#187;, &#171; triche &#187;, &#171; ruse &#187;, et &#171; emp&#234;che qu'on la d&#233;branche &#187;&#8230; &#224; l'image de ses cr&#233;ateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;23. L'IA est l'instrument parfait au service d'un capitalisme voyou qui trouve son expression politique assum&#233;e dans un &#171; technofascisme &#187; bigot, raciste, machiste, LGBT-phobe, colonial, anti-&#233;colo et n&#233;omalthusien.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA g&#233;n&#233;raliste favorise la pouss&#233;e de l'extr&#234;me-droite aliment&#233;e par plus de quarante ann&#233;es de n&#233;olib&#233;ralisme. Les fascistes l'utilisent pour manipuler les masses via les r&#233;seaux sociaux et truquer les &#233;lections. Les pouvoirs autoritaires l&#8216;utilisent pour contr&#244;ler les populations &#224; un point jamais vu dans l'histoire. Les gouvernements (de moins en moins) d&#233;mocratiques l'utilisent pour traquer les migrant.e.s et ficher les opposant.e.s. L'IA a une capacit&#233; in&#233;gal&#233;e d'amener les individus &#224; changer d'opinion. La g&#233;n&#233;ration d'images et de textes constitue un moyen redoutable d'endoctrinement qui sollicite les m&#233;canismes c&#233;r&#233;braux d'une &#171; pens&#233;e rigide &#187;. Certains chercheurs en neurosciences pensent que ces m&#233;canismes entra&#238;nent des changements &#233;pig&#233;n&#233;tiques, transmissibles sur plusieurs g&#233;n&#233;rations (une possibilit&#233; entrevue par Darwin). Si c'est exact, l'IA aurait le potentiel de ramener durablement l'humanit&#233; sous le joug de croyances irrationnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IA, &#233;cologie et cataclysme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;24. L'IA acc&#233;l&#232;re la catastrophe sociale-&#233;cologique, climatique en particulier. Son d&#233;veloppement pr&#233;cipite le franchissement de &#171; points de bascule &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les data centers &#233;tasuniens consommaient, en 2023, 17 milliards de litres d'eau, et ce chiffre devrait plus que doubler d'ici 2028. Au niveau mondial, les 8000 data centers consommaient en 2024 460 TWh d'&#233;lectricit&#233;/an, auxquels devraient s'ajouter en 2026 de 160 &#224; 590 TWh (par rapport &#224; 2022) &#8211; soit respectivement la consommation annuelle de la Su&#232;de et de l'Allemagne. Les &#233;missions de CO2 dues &#224; ces infrastructures tripleront entre 2020 et 2035, selon l'AIE (Agence internationale de l'&#233;nergie). L'extraction des terres rares n&#233;cessaires &#224; l'IA engendre globalement 13 milliards de tonnes de d&#233;chets/an, et certaines &#233;tudes en projettent plus de cent fois plus en 2050. Les pauvres des pays pauvres sont touch&#233;.e.s le plus durement par ces effets, soit directement par l'exploitation mini&#232;re et l'&#233;puisement des ressources hydriques pomp&#233;es par les centres de donn&#233;es d&#233;localis&#233;s, soit indirectement par la perte de biodiversit&#233; et les &#233;v&#233;nements climatiques extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;25. L'IA accroit les risques &#8211; inh&#233;rents &#224; la concurrence capitaliste &#8211; de catastrophes technologiques majeures&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA est devenue l'enjeu premier de la concurrence entre monopoles de la Tech &#233;troitement imbriqu&#233;s aux Etats en lutte, principalement la Chine et les Etats-Unis. De ce fait, la course &#224; l'IA est imm&#233;diatement une course &#224; ses applications militaires. La recherche est opaque et d&#233;roge &#224; la pratique scientifique du &#171; scepticisme organis&#233; &#187;. Cette configuration favorise le secret qui accro&#238;t les dangers. L'auto-insertion dans de nombreux syst&#232;mes d'une IA encore plus performante pourrait interrompre des services de base, produire des virus dangereux, d&#233;clencher une attaque nucl&#233;aire, sans qu'on sache exactement comment&#8230; L'incapacit&#233; du syst&#232;me capitaliste &#224; arr&#234;ter le basculement climatique (parfaitement document&#233; par la science) montre que ces sc&#233;narios ne rel&#232;vent pas de la science-fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pistes pour une &#233;laboration n&#233;cessaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26. Une initiative publique est indispensable pour identifier les risques et prendre des mesures imm&#233;diates de protection de la soci&#233;t&#233; contre les effets de l'IA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un large d&#233;bat d&#233;mocratique, d&#251;ment inform&#233; par une expertise scientifique ind&#233;pendante des int&#233;r&#234;ts capitalistes, devrait se prononcer sur l'utilit&#233; sociale de l'IA et mettre notamment en discussion les probl&#232;mes et dispositions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La recherche-d&#233;veloppement sur l'IA doit &#234;tre retir&#233;e des mains des groupes capitalistes et soumise aux proc&#233;dures de la communaut&#233; scientifique ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; transparence totale sur la conception des mod&#232;les, l'entra&#238;nement des algorithmes et les m&#233;thodologies techniques utilis&#233;es par les entreprises ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; interdiction de l'IA dans le domaine de la cr&#233;ation artistique et litt&#233;raire. R&#233;pression du piratage des donn&#233;es ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; protection des initiatives coop&#233;ratives d'utilisation des technologies num&#233;riques (Wikipedia&#8230;) contre la concurrence de l'IA et le piratage par l'IA ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; face au risque de d&#233;shumanisation des rapports sociaux par l'usage de l'IA, maintien et extension de l'emploi dans les domaines du &#171; care &#187; (enseignement, sant&#233;, aide &#224; la petite enfance et aux personnes &#226;g&#233;es, pr&#233;vention des violences faites aux femmes, etc.) ; garantie du maintien des guichets au public dans les administrations ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; interdiction des applications de l'IA dans les domaines militaires et policiers ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; interdiction des contenus racistes, machistes et LGBT-phobes ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; suppression de l'acc&#232;s aux r&#233;seaux sociaux pour les enfants au-dessous de seize ans ; &#233;ducation aux technologies et &#224; leurs risques ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; r&#233;forme des programmes scolaires dans le but de d&#233;velopper la coop&#233;ration, le sentiment d'appartenance &#224; la nature et le respect du vivant.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;27. L'IA confronte le monde du travail &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un syndicalisme de combat international, radicalement anticolonial, qui articule les luttes &#224; tous les niveaux de la cha&#238;ne de valeur et remet le contr&#244;le ouvrier &#224; l'ordre du jour.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance du capitalisme rentier de la Big Tech repose sur la surexploitation de millions de travailleurs, de travailleuses et d'enfants dans le secteur minier, dans le raffinage des terres rares et dans l'industrie &#233;lectronique. La lutte cons&#233;quente contre ces monopoles rapaces et contre leur projet technofasciste passe par l'unification des travailleurs &#224; tous les niveaux de la cha&#238;ne de valeur. Reconnaissance des syndicats et libert&#233; syndicale partout. Obligation de consultation des travailleurs/euses sur l'introduction de l'IA au travail. Droit de v&#233;to syndical. Contr&#244;le ouvrier sur l'&#233;volution de la charge de travail, en quantit&#233; et en qualit&#233;. Contre les licenciements dus &#224; l'introduction de l'IA dans les entreprises, r&#233;duction du temps de travail sans perte de salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;28. Un moratoire sur la construction des centres de donn&#233;es et autres infrastructures lourdes de l&#8216;IA est indispensable. Toute nouvelle avanc&#233;e doit &#234;tre subordonn&#233;e &#224; l'adoption d'une strat&#233;gie &#233;cologique et sociale globale, incluant notamment : une strat&#233;gie visant &#224; faire reculer les in&#233;galit&#233;s sociales, la gestion durable des ressources (eau, minerais), la restauration des &#233;cosyst&#232;mes massacr&#233;s, ainsi qu'un plan pr&#233;cis de r&#233;duction contraignante des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, en conformit&#233; avec les objectifs de l'accord de Paris sur le climat.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;29. D&#233;velopper une contre-culture face &#224; l'IA. Dans les mouvements sociaux, mettre en &#339;uvre des pratiques collectives pour r&#233;sister &#224; la d&#233;gradation des relations sociales et du d&#233;bat d'id&#233;es par l'IA.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation d'une intelligence collective ne peut se passer de l'action collective d&#233;cid&#233;e et &#233;valu&#233;e d&#233;mocratiquement au cours d'&#233;changes &#171; en pr&#233;sentiel &#187;, permettant l'expression verbale et non verbale. Les r&#233;seaux sociaux ne sont pas un lieu de d&#233;bat. La gauche doit combattre la fascination pour les &#171; machines qui parlent &#187;, &#339;uvrer consciemment &#224; bannir l'usage des smartphones de ses r&#233;unions et r&#233;habiliter des publications imprim&#233;es visant &#224; l'&#233;change de points de vue et d'analyses de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;30. Un autre num&#233;rique, public et d&#233;mocratique, est possible.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre d'une indispensable redistribution des richesses, les autorit&#233;s locales, r&#233;gionales et nationales doivent avoir les moyens d'assurer gratuitement une infrastructure publique gratuite de messagerie, de stockage des donn&#233;es et de r&#233;seaux sociaux sous contr&#244;le d&#233;mocratique, avec protection des donn&#233;es des usagers et d&#233;veloppement d'IAs par domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;31. Lutter contre le capitalisme &#224; l'heure de l'IA renforce la n&#233;cessit&#233; d'une refondation radicale de la gauche.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perc&#233;e de l'IA jette une lumi&#232;re crue sur le d&#233;sarroi de la gauche. Elle renforce la n&#233;cessit&#233; d'&#233;purer le marxisme, et la gauche en g&#233;n&#233;ral, du productivisme, des id&#233;ologies instrumentalistes (&#171; la fin justifie les moyens &#187;), du culte du progr&#232;s et de l'id&#233;e de &#171; neutralit&#233; technologique &#187;. L'emprise mondiale de la Big Tech &#224; partir de la Silicon Valley, de Shenzhen et d'autres centres imp&#233;rialistes souligne l'absurdit&#233; du campisme : la rupture avec le capital ne peut &#234;tre con&#231;ue que dans la perspective internationaliste d'une r&#233;volution &#224; poursuivre en permanence jusqu'&#224; l'abolition mondiale du capitalisme. Au-del&#224; du marxisme, il s'agit aussi pour la gauche de rompre avec des conceptions post-modernes telles que la &#171; th&#233;orie de l'acteur-r&#233;seau &#187; : la pleine prise en compte des dangereuses cons&#233;quences de la nature alien de l'IA pr&#233;suppose en effet d'abandonner l'id&#233;e que les dispositifs techniques qui fonctionnent comme des proth&#232;ses de l'activit&#233; humaine, parce qu'ils ont un effet social, devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des acteurs sociaux. Ce sont les humains qui forgent leur histoire, pas les machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;32. Les menaces de l'IA soulignent l'urgence d'une rupture r&#233;volutionnaire, &#233;cosocialiste, avec la civilisation de la croissance capitaliste.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les menaces de l'IA ne d&#233;coulent pas uniquement du capitalisme. Quels que soient les rapports de production, les r&#233;seaux de neurones resteront structurellement incapables de distinguer le vrai du faux et de projeter un futur diff&#233;rent. Le remplacement de la propri&#233;t&#233; capitaliste par la propri&#233;t&#233; collective, en soi, ne suffirait pas &#224; ramener l'empreinte &#233;cologique de l'IA dans les limites de la soutenabilit&#233; terrestre. L'id&#233;e que l'IA agirait comme un rem&#232;de miracle permettant au march&#233; de r&#233;soudre les terribles probl&#232;mes cr&#233;&#233;s par le march&#233; rel&#232;ve de la magie, pas de la raison. La seule perspective compatible avec la dignit&#233; humaine et avec la survie de l'esp&#232;ce est la d&#233;croissance &#233;cosocialiste de la production mat&#233;rielle globale, planifi&#233;e dans la justice sociale, visant une &#233;conomie mondiale de satisfaction des besoins r&#233;els d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s dans le respect des &#233;cosyst&#232;mes, de leurs limites et de leur fragile, de leur irrempla&#231;able beaut&#233;. (Daniel Tanuro, le 9 f&#233;vrier 2026)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A diverses &#233;tapes de leur r&#233;daction, ces th&#232;ses ont b&#233;n&#233;fici&#233; des remarques de Marius Gilbert, C&#233;dric Leterme, L&#233;onard Brice, Micha&#235;l L&#246;wy, Christine Poupin, Julia Steinberger et M&#233;lodie Vandelook, que je remercie pour leur attention.&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>7es Rencontres &#233;cosocialistes internationales &#224; Bruxelles, du 15 au 17 mai 2026</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/7es-Rencontres-ecosocialistes-internationales-a-Bruxelles-du-15-au-17-mai-2026</link>
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		<dc:date>2026-01-27T07:54:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif</dc:creator>


		<dc:subject>06_01 - diaporama nombre illimit&#233; d'articles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-01-27</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans une p&#233;riode o&#249; la survie de l'humanit&#233; est en jeu, nous avons besoin d'un mouvement qui propose &#224; nouveau une alternative porteuse d'espoir, face &#224; l'extr&#234;me droite et au n&#233;olib&#233;ralisme. C'est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux qui luttent pour la dignit&#233; humaine et pour une alternative au capitalisme destructeur &#224; se r&#233;unir &#224; Bruxelles du 15 au 17 mai 2026, pour les 7es Rencontres &#233;cosocialistes internationales. &lt;br class='autobr' /&gt; 17 janvier 2026 | Tir&#233; de Inprecor (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-01-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-01-27&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une p&#233;riode o&#249; la survie de l'humanit&#233; est en jeu, nous avons besoin d'un mouvement qui propose &#224; nouveau une alternative porteuse d'espoir, face &#224; l'extr&#234;me droite et au n&#233;olib&#233;ralisme. C'est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux qui luttent pour la dignit&#233; humaine et pour une alternative au capitalisme destructeur &#224; se r&#233;unir &#224; Bruxelles du 15 au 17 mai 2026, pour les 7es Rencontres &#233;cosocialistes internationales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;17 janvier 2026 | Tir&#233; de Inprecor&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/7es-rencontres-ecosocialistes-internationales-bruxelles-du-15-au-17-mai-2026&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://inprecor.fr/7es-rencontres-ecosocialistes-internationales-bruxelles-du-15-au-17-mai-2026&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'un si&#232;cle apr&#232;s l'alternative pos&#233;e par Rosa Luxemburg &#171; socialisme ou barbarie ? &#187;, la nouvelle donne du capitalisme extractiviste pousse l'humanit&#233; au bord du pr&#233;cipice avec une nouvelle &#233;quation : &#171; &#201;cosocialisme ou barbarie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept des neuf seuils de dangerosit&#233; qui conditionnent l'existence de notre esp&#232;ce sur la Terre ont &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;s : le changement climatique, l'int&#233;grit&#233; de la biosph&#232;re, les changements d'usage des sols, le cycle de l'eau douce, les cycles biog&#233;ochimiques, les nouvelles pollutions chimiques, et le septi&#232;me, l'acidification des oc&#233;ans, a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; en 2025. En seulement quatre ans, la Terre a officiellement d&#233;pass&#233; quatre de ces neuf seuils de dangerosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, nous vivons d&#233;j&#224; les premi&#232;res ann&#233;es d'un nouveau climat plus dangereux. Chaque ann&#233;e, un nouveau record est battu en mati&#232;re d'augmentation de la temp&#233;rature mondiale. Chaque ann&#233;e, les catastrophes climatiques se multiplient &#224; travers le monde. Les COP sur la biodiversit&#233; sont paralys&#233;es ; la destruction et la disparition des esp&#232;ces se poursuivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;gringolade n'est pas un effet naturel de &#171; la Terre &#187;, mais le r&#233;sultat d'une course au profit de plus en plus exacerb&#233;e, de la fuite en avant destructrice vers le &#171; produire toujours plus &#187; au d&#233;triment des &#234;tres humains et de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soi-disant &#171; capitalisme vert &#187; est une supercherie qui sert de pr&#233;texte aux politiques n&#233;ocoloniales et d'aust&#233;rit&#233; des gouvernements n&#233;olib&#233;raux, tandis que les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre continuent d'augmenter. Il n'y a pas d'issue digne de ce nom sans rupture avec la logique de croissance destructrice inh&#233;rente au capital. Le temps de l'action ne peut tarder, le train fou du capitalisme doit &#234;tre arr&#234;t&#233; par la r&#233;volution &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agenda n&#233;olib&#233;ral, impos&#233; au nom de la &#171; rigueur budg&#233;taire &#187; et du remboursement des dettes publiques contract&#233;es aupr&#232;s des march&#233;s financiers, est aujourd'hui plus que jamais synonyme de destruction de l'&#201;tat-providence, de catastrophe &#233;cologique et climatique et de transfert massif des richesses du Sud global vers le Nord, et des classes populaires vers les classes capitalistes. Cette logique emp&#234;che toute perspective de redistribution des richesses, indispensable pour r&#233;aliser les investissements cruciaux pour la justice sociale et la bifurcation &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inondations, s&#233;cheresses, incendies, temp&#233;ratures invivables&#8230; Les ph&#233;nom&#232;nes climatiques extr&#234;mes, de plus en plus nombreux, violents et meurtriers, touchent en premier lieu les populations les plus appauvries de la plan&#232;te, celles du Sud global, et en particulier les femmes, les enfants et les personnes &#226;g&#233;es, surtout les personnes racialis&#233;es et indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique extractiviste exploite tant les corps que les territoires, menace les droits des travailleurs et travailleuses, aggrave la pr&#233;carit&#233; des relations de travail, et la violence de genre va de pair avec la violence des propri&#233;taires terriens, des grandes entreprises et des gouvernements contre les populations qui r&#233;sistent &#224; cette logique, parmi lesquelles les populations indig&#232;nes et les femmes, qui sont souvent en premi&#232;re ligne de la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ph&#233;nom&#232;nes, ajout&#233;s au changement d'affectation des sols dans une logique de spoliation et d'accumulation de capital, d'urbanisation pour quelques-uns, g&#233;n&#232;rent des d&#233;placements forc&#233;s de communaut&#233;s paysannes et indig&#232;nes, poussant des millions de personnes &#224; une migration forc&#233;e &#224; travers le monde pour des raisons environnementales. Les gouvernements des pays riches soutiennent le d&#233;veloppement de fausses solutions, le greenwashing et la fuite en avant technologique, tandis que l'extr&#234;me droite d&#233;fend ouvertement le climato-n&#233;gationnisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Organiser la r&#233;sistance et faire converger nos luttes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; tout cela, il est indispensable d'organiser la r&#233;sistance et la contre-attaque, en faisant converger nos luttes : &#233;cosocialistes, territoriales et d&#233;coloniales, luttes &#233;cosyndicales, pour la justice climatique, luttes &#233;cof&#233;ministes, anti-extractivistes&#8230; Mais aussi mettre en commun nos analyses, nos recherches et nos exp&#233;riences, afin de construire une perspective &#233;cosocialiste et anticapitaliste, &#224; l'&#233;chelle internationale, qui nous permette de reprendre l'initiative dans la construction d'une soci&#233;t&#233; plus juste qui place la vie au centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet objectif que la 2e Rencontre &#233;cosocialiste latino-am&#233;ricaine et carib&#233;enne a eu lieu &#224; Bel&#233;m (Br&#233;sil) du 8 au 11 novembre 2025, &#224; l'occasion de la COP30 et en r&#233;ponse &#224; l'impasse dans laquelle se trouvent les COP depuis des d&#233;cennies. Cette rencontre a remport&#233; un franc succ&#232;s gr&#226;ce &#224; la participation et aux secteurs repr&#233;sent&#233;s, parmi lesquels des personnes afrodescendantes, des peuples originels d'Amazonie, des militant&#183;es pour la d&#233;fense de leurs territoires, des coalitions contre l'extractivisme, des paysan&#183;nes sans terre, des militant&#183;es politiques&#8230; Leurs propositions, leurs regards d&#233;colonis&#233;s depuis le Sud global, leurs alternatives &#233;cosocialistes enracin&#233;es dans leurs territoires et leurs luttes, seront fondamentales pour la construction de nos 7e Rencontres internationales, tout comme les conclusions et les r&#233;solutions des Rencontres pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2014, le R&#233;seau des Rencontres &#201;cosocialistes s'est r&#233;uni sur deux continents et dans cinq pays diff&#233;rents. Apr&#232;s Buenos Aires (Argentine) en 2024, les 7e Rencontres auront lieu &#224; Bruxelles en 2026 et seront l'occasion de r&#233;unir des organisations, des collectifs et des mouvements syndicaux, politiques, f&#233;ministes, d&#233;coloniaux, de personnes migrantes, de chercheur&#183;ses&#8230; de plusieurs continents, notamment d'Europe, d'Am&#233;rique latine et d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux forces destructrices du capital, face &#224; l'extr&#234;me droite, face aux politiques de r&#233;armement g&#233;n&#233;ralis&#233; et &#224; l'augmentation des d&#233;penses militaires, tant au sein de l'Union europ&#233;enne et de l'OTAN qu'en Chine, en Russie et ailleurs, face aux guerres imp&#233;rialistes men&#233;es par les &#201;tats-Unis contre les peuples du monde, par la Russie en Ukraine, et face au g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; par Isra&#235;l en Palestine, opposons la r&#233;ponse des peuples, de celles et ceux qui font tourner le monde par leur travail, en prenant soin des &#234;tres humains et des &#233;cosyst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la barbarie, rompons avec le capitalisme, opposons-lui la solidarit&#233; internationaliste et un projet de soci&#233;t&#233; &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous &#224; Bruxelles du 15 au 17 mai 2026 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Onze id&#233;es re&#231;ues fausses sur le changement climatique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Onze-idees-recues-fausses-sur-le-changement-climatique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Onze-idees-recues-fausses-sur-le-changement-climatique</guid>
		<dc:date>2026-01-27T07:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michael L&#246;wy</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-01-20</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les diff&#233;rents discours sur le climat, on trouve une multitude d'id&#233;es re&#231;ues, r&#233;p&#233;t&#233;es mille fois sous toutes les formes, qui constituent de fausses pistes et qui, volontairement ou non, conduisent &#224; ignorer les v&#233;ritables d&#233;fis ou &#224; croire en des pseudo-solutions. Je ne fais pas ici r&#233;f&#233;rence aux discours n&#233;gationnistes, mais &#224; ceux qui se qualifient eux-m&#234;mes de verts ou durables. Il s'agit d'affirmations de nature tr&#232;s diverse : certaines sont de v&#233;ritables manipulations, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-01-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-01-20&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/rechauffement_climatique-4f1b3.png?1781029286' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les diff&#233;rents discours sur le climat, on trouve une multitude d'id&#233;es re&#231;ues, r&#233;p&#233;t&#233;es mille fois sous toutes les formes, qui constituent de fausses pistes et qui, volontairement ou non, conduisent &#224; ignorer les v&#233;ritables d&#233;fis ou &#224; croire en des pseudo-solutions. Je ne fais pas ici r&#233;f&#233;rence aux discours n&#233;gationnistes, mais &#224; ceux qui se qualifient eux-m&#234;mes de verts ou durables. Il s'agit d'affirmations de nature tr&#232;s diverse : certaines sont de v&#233;ritables manipulations, des fausses nouvelles, des mensonges, des mystifications ; d'autres sont des demi-v&#233;rit&#233;s ou des v&#233;rit&#233;s partielles. Beaucoup sont pleines de bonne volont&#233; et de bonnes intentions, des mat&#233;riaux qui, comme nous le savons, pavent la route de l'enfer. En fait, c'est sur cette route que nous nous trouvons : si nous continuons &#224; faire comme si de rien n'&#233;tait, m&#234;me si c'est sous le couvert du vert, dans quelques d&#233;cennies, nous nous retrouverons dans une situation bien pire que la plupart des cercles de l'enfer d&#233;crits par Dante Alighieri dans sa Divine Com&#233;die.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vientosur.info/once-lugares-comunes-falsos-sobre-el-cambio-climatico/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/once-lugares-comunes-falsos-sobre-el-cambio-climatico/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 d&#233;cembre 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les onze exemples suivants ne sont que quelques-uns des lieux communs &#224; &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Il faut sauver la plan&#232;te.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le trouve partout : sur les affiches, dans la presse, dans les magazines, dans les d&#233;clarations des dirigeants politiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, c'est un non-sens : la plan&#232;te Terre n'est absolument pas en danger ! Quel que soit le climat, elle continuera &#224; tourner tranquillement autour du soleil pendant les millions d'ann&#233;es &#224; venir. Ce qui est menac&#233; par le r&#233;chauffement climatique, ce sont les multiples formes de vie sur cette plan&#232;te, y compris la n&#244;tre : celle de l'esp&#232;ce Homo Sapiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauver la plan&#232;te donne la fausse impression qu'il s'agit de quelque chose d'ext&#233;rieur &#224; nous, qui se trouve ailleurs et qui ne nous concerne pas directement. On ne demande pas aux gens de se soucier de leur vie ou de celle de leurs enfants, mais d'une vague abstraction : la plan&#232;te. Il n'est pas &#233;tonnant que les personnes les moins politis&#233;es r&#233;agissent en disant : &#171; Je suis trop occup&#233; par mes probl&#232;mes pour me soucier de la plan&#232;te &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Faites un geste pour sauver la plan&#232;te.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lieu commun, infiniment galvaud&#233;, est une variante de la formule pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il contient une demi-v&#233;rit&#233; : chacun&#183;e doit contribuer personnellement &#224; &#233;viter la catastrophe. Mais il donne l'illusion qu'il suffit d'accumuler de petits gestes &#8211; &#233;teindre les lumi&#232;res, fermer le robinet, etc. &#8211; pour &#233;viter le pire. Ainsi, on &#233;carte &#8211; consciemment ou inconsciemment &#8211; la n&#233;cessit&#233; d'op&#233;rer des changements structurels profonds dans le mode actuel de production et de consommation ; des changements qui remettent en question les fondements m&#234;mes du syst&#232;me capitaliste, bas&#233; sur un seul crit&#232;re : la maximisation du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. L'ours polaire est en danger.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une photo que l'on trouve partout, r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; l'infini : un pauvre ours polaire qui tente de survivre au milieu de blocs de glace &#224; la d&#233;rive. Il est vrai que la vie de l'ours polaire, et celle de nombreuses autres esp&#232;ces des r&#233;gions polaires, est menac&#233;e. Cette image peut &#233;veiller la compassion de certaines &#226;mes g&#233;n&#233;reuses, mais pour la majorit&#233; de la population, c'est une question qui ne la concerne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la fonte des p&#244;les est une menace non seulement pour le courageux ours polaire, mais aussi, &#224; long terme, pour la moiti&#233;, voire plus, de l'humanit&#233; qui vit dans les grandes villes c&#244;ti&#232;res. La fonte des immenses glaciers du Groenland et de l'Antarctique peut faire monter le niveau de la mer de plusieurs dizaines de m&#232;tres. Or, il suffit de quelques m&#232;tres pour que des villes comme Venise, Amsterdam, Londres, New York, Rio de Janeiro, Shanghai ou Hong Kong soient submerg&#233;es. Certes, cela ne se produira pas l'ann&#233;e prochaine, mais les scientifiques ne peuvent que constater que la fonte de ces glaciers s'acc&#233;l&#232;re... Il est impossible de pr&#233;voir &#224; quelle vitesse elle se produira, car de nombreux facteurs sont difficiles &#224; calculer pour l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mettant uniquement en avant le pauvre ours polaire, on occulte le fait qu'il s'agit d'un sujet effrayant qui nous concerne tous et toutes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Le Bangladesh risque de souffrir beaucoup du changement climatique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une demi-v&#233;rit&#233;, pleine de bonne volont&#233; : le r&#233;chauffement climatique affectera surtout les pays pauvres du Sud, qui sont les moins responsables des &#233;missions de CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que ces pays seront les plus touch&#233;s par les catastrophes climatiques, les ouragans, la s&#233;cheresse, la r&#233;duction des sources d'eau, etc. Mais il est faux de dire que les pays du Nord ne sont pas touch&#233;s, dans une large mesure, par ces m&#234;mes dangers : n'avons-nous pas &#233;t&#233; t&#233;moins de terribles incendies de for&#234;t aux &#201;tats-Unis, au Canada et en Australie ? Les vagues de chaleur n'ont-elles pas fait de nombreuses victimes en Europe ? Les exemples pourraient &#234;tre multipli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'impression que ces menaces ne touchent que les populations du Sud persiste, seule une minorit&#233; d'internationalistes convaincus pourra &#234;tre mobilis&#233;e. Or, t&#244;t ou tard, l'humanit&#233; tout enti&#232;re sera confront&#233;e &#224; des catastrophes sans pr&#233;c&#233;dent. Il faut expliquer aux populations du Nord que cette menace les concerne aussi, de mani&#232;re tr&#232;s directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. D'ici 2100, la temp&#233;rature pourrait augmenter de 3,5 degr&#233;s (par rapport &#224; la p&#233;riode pr&#233;industrielle).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation figure malheureusement dans de nombreux documents s&#233;rieux. Elle me semble doublement erron&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue scientifique : nous savons que le changement climatique n'est pas un processus lin&#233;aire, mais qu'il peut conna&#238;tre des sauts et des acc&#233;l&#233;rations soudaines. De nombreux aspects du r&#233;chauffement ont des r&#233;troactions dont les cons&#233;quences sont impr&#233;visibles. Par exemple : les incendies de for&#234;t &#233;mettent d'&#233;normes quantit&#233;s de CO2 qui contribuent au r&#233;chauffement, intensifiant ainsi les incendies de for&#234;t. Il est donc tr&#232;s difficile de pr&#233;dire ce qui se passera dans 4 ou 5 ans, comment pr&#233;tendre pr&#233;dire ce qui se passera dans un si&#232;cle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue politique : &#224; la fin du si&#232;cle, vous serez tous mort&#183;es, tout comme vos enfants et vos petits-enfants. Comment mobiliser l'attention et l'engagement des gens pour un avenir qui ne les concerne ni de pr&#232;s ni de loin ? Devrions-nous nous pr&#233;occuper des g&#233;n&#233;rations futures ? Noble pens&#233;e, longuement d&#233;fendue par le philosophe Hans Jonas : notre devoir moral envers celles et ceux qui ne sont pas encore n&#233;s. Une petite minorit&#233; de personnes tr&#232;s respectables pourrait &#234;tre touch&#233;e par cet argument. Pour le commun des mortels, ce qui se passera en 2100 n'est pas une question qui les int&#233;resse beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. En 2050, nous atteindrons la neutralit&#233; carbone.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette promesse de l'Union europ&#233;enne et de divers gouvernements europ&#233;ens et autres n'est ni une demi-v&#233;rit&#233;, ni une na&#239;ve bonne volont&#233; : c'est une pure et simple mystification. Pour deux raisons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de s'engager d&#232;s maintenant, imm&#233;diatement, &#224; mettre en &#339;uvre les changements urgents exig&#233;s par la communaut&#233; scientifique (le GIEC) pour les 3 ou 4 prochaines ann&#233;es, nos dirigeant&#183;es promettent des merveilles pour 2050. Il est &#233;videmment trop tard. De plus, &#233;tant donn&#233; que les gouvernements changent tous les quatre ou cinq ans, quelle garantie avons-nous que ces engagements fictifs seront respect&#233;s dans 30 ans ? C'est une fa&#231;on grotesque de justifier l'inaction actuelle par une vague promesse lointaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la neutralit&#233; carbone ne signifie pas une r&#233;duction drastique des &#233;missions, bien au contraire ! Il s'agit d'un calcul trompeur bas&#233; sur les compensations, sur les m&#233;canismes de compensation : l'entreprise XY continue d'&#233;mettre du CO2, mais plante une for&#234;t en Indon&#233;sie, qui est cens&#233;e absorber l'&#233;quivalent de ce CO2, si elle ne br&#251;le pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ONG &#233;cologistes ont d&#233;j&#224; suffisamment d&#233;nonc&#233; la supercherie des compensations, je n'insisterai pas l&#224;-dessus. Mais cela montre bien la mystification parfaite que rec&#232;le la promesse de la neutralit&#233; carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Notre banque (ou notre compagnie p&#233;troli&#232;re, etc.) finance les &#233;nergies renouvelables et participe ainsi &#224; la transition &#233;cologique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lieu commun du greenwashing est &#233;galement trompeur et manipulateur. Il est vrai que les banques et les multinationales investissent &#233;galement dans les &#233;nergies renouvelables, mais des &#233;tudes pr&#233;cises men&#233;es par ATTAC et d'autres ONG ont montr&#233; qu'il s'agit d'une petite partie &#8211; parfois infime &#8211; de leurs op&#233;rations financi&#232;res : la majeure partie continue d'&#234;tre consacr&#233;e au p&#233;trole, au charbon, au gaz... C'est une simple question de rentabilit&#233; et de concurrence pour les parts de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les gouvernements raisonnables &#8211; contrairement &#224; Trump, Bolsonaro et compagnie &#8211; jurent &#233;galement leurs grands dieux qu'ils se sont engag&#233;s en faveur de la transition &#233;cologique et des &#233;nergies renouvelables. Mais d&#232;s qu'un probl&#232;me survient dans l'approvisionnement en &#233;nergies fossiles &#8211; r&#233;cemment avec le gaz, en raison de la politique agressive de la Russie &#8211;, on se tourne vers le charbon, en r&#233;activant les centrales &#233;lectriques au lignite, ou on implore la (sanglante) famille royale d'Arabie saoudite d'augmenter la production de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les beaux discours sur la transition &#233;cologique cachent une v&#233;rit&#233; d&#233;plaisante : il ne suffit pas de d&#233;velopper les &#233;nergies renouvelables. Tout d'abord, celles-ci sont intermittentes : le soleil ne brille pas toujours dans le nord de l'Europe... Il est vrai qu'il existe des avanc&#233;es techniques dans ce domaine, mais elles ne peuvent pas tout r&#233;soudre. Et surtout, les &#233;nergies renouvelables n&#233;cessitent des ressources mini&#232;res qui peuvent s'&#233;puiser. Si le vent et le soleil sont des biens illimit&#233;s, ce n'est pas le cas des mat&#233;riaux n&#233;cessaires pour les exploiter (lithium, terres rares, etc.). Il faudra donc envisager une r&#233;duction de la consommation globale d'&#233;nergie et une d&#233;croissance s&#233;lective : des mesures inimaginables dans le cadre du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Gr&#226;ce aux techniques de capture et de s&#233;questration du carbone, la catastrophe climatique sera &#233;vit&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet argument est de plus en plus utilis&#233; par les gouvernements, et on le retrouve m&#234;me dans certains documents s&#233;rieux (par exemple, ceux du GIEC). C'est l'illusion d'une solution technologique miracle qui sauverait le climat sans rien changer &#224; notre mode de production (capitaliste) et &#224; notre mode de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la triste r&#233;alit&#233; est que ces techniques miracles de capture et de s&#233;questration du carbone atmosph&#233;rique sont loin d'&#234;tre une r&#233;alit&#233;. Certes, quelques tentatives ont &#233;t&#233; faites et quelques projets sont en cours ici et l&#224;, mais pour l'instant, on ne peut pas dire que cette technologie soit efficace et op&#233;rationnelle. Elle n'a pas encore r&#233;solu les difficult&#233;s li&#233;es &#224; la capture et au pi&#233;geage (dans des r&#233;gions souterraines imperm&#233;ables aux fuites). Et rien ne garantit qu'elle y parviendra &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. Gr&#226;ce &#224; la voiture &#233;lectrique, les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre seront consid&#233;rablement r&#233;duites. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'un autre exemple de demi-v&#233;rit&#233; : il est vrai que les voitures &#233;lectriques sont moins polluantes que les voitures thermiques (essence ou diesel) et donc moins nocives pour la sant&#233; des citadins. Cependant, du point de vue du changement climatique, leur bilan est beaucoup plus ambigu. Elles &#233;mettent moins de CO2, mais contribuent &#224; un d&#233;sastre &#233;lectrique. Or, dans la plupart des pays, l'&#233;lectricit&#233; est produite &#224; partir d'&#233;nergies fossiles (charbon ou p&#233;trole).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faibles &#233;missions des voitures &#233;lectriques sont compens&#233;es par l'augmentation des &#233;missions r&#233;sultant de la consommation accrue d'&#233;lectricit&#233;. En France, l'&#233;lectricit&#233; est produite &#224; partir de l'&#233;nergie nucl&#233;aire, autre impasse. Au Br&#233;sil, ce sont les m&#233;ga-barrages qui d&#233;truisent les for&#234;ts et sont donc responsables d'un bilan carbone peu reluisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut r&#233;duire drastiquement les &#233;missions, on ne peut pas &#233;chapper &#224; une r&#233;duction significative de la circulation des voitures priv&#233;es, gr&#226;ce &#224; la promotion de modes de transport alternatifs : transports publics gratuits, zones pi&#233;tonnes, pistes cyclables. La voiture &#233;lectrique entretient l'illusion qu'il est possible de continuer comme avant en changeant de technologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10. C'est gr&#226;ce &#224; des m&#233;canismes de march&#233;, tels que les taxes sur le carbone, les march&#233;s des droits d'&#233;mission ou l'augmentation du prix des &#233;nergies fossiles, que l'on parviendra &#224; r&#233;duire les &#233;missions de CO2.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &#233;cologistes sinc&#232;res, il s'agit d'une illusion ; dans la bouche des dirigeant&#183;es, c'est une mystification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canismes de march&#233; ont partout d&#233;montr&#233; leur totale inefficacit&#233; pour r&#233;duire les gaz &#224; effet de serre. Non seulement ce sont des mesures antisociales, qui visent &#224; faire payer aux classes populaires le prix de la transition &#233;cologique, mais surtout, elles sont incapables de contribuer de mani&#232;re substantielle &#224; la limitation des &#233;missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec spectaculaire des march&#233;s du carbone institu&#233;s par les accords de Kyoto en est la meilleure illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas avec des mesures indirectes et incitatives, bas&#233;es sur la logique du march&#233; capitaliste, que l'on pourra freiner le pouvoir absolu des &#233;nergies fossiles, qui font fonctionner le syst&#232;me depuis deux si&#232;cles. Pour commencer, il faudra exproprier les monopoles capitalistes de l'&#233;nergie et cr&#233;er un service public de l'&#233;nergie dont l'objectif sera de r&#233;duire drastiquement l'exploitation des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11. Le changement climatique est in&#233;vitable, nous ne pouvons que nous y adapter.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'affirmations fatalistes se retrouve dans les m&#233;dias et parmi les responsables politiques. Par exemple, Christophe Bechu, ministre de la Transition &#233;cologique du nouveau gouvernement Macron, a r&#233;cemment d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Puisque nous ne pourrons pas &#233;viter le r&#233;chauffement climatique, quels que soient nos efforts, nous devons en limiter les effets et nous y adapter &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une excellente recette pour justifier l'inaction, l'immobilisme et l'abandon de tout effort visant &#224; &#233;viter le pire. Cependant, les scientifiques du GIEC ont clairement expliqu&#233; que, m&#234;me si le r&#233;chauffement a d&#233;j&#224; commenc&#233;, il est encore possible de ne pas d&#233;passer la ligne rouge des 1,5 degr&#233;, &#224; condition de commencer imm&#233;diatement &#224; r&#233;duire de mani&#232;re tr&#232;s significative les &#233;missions de CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'il faut essayer de s'adapter. Mais si le changement climatique devient incontr&#244;lable et s'acc&#233;l&#232;re, l'adaptation n'est qu'une illusion. Comment s'adapter &#224; des temp&#233;ratures de 50 &#176;C ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions multiplier les exemples. Tous m&#232;nent &#224; la conclusion que si nous voulons &#233;viter le changement climatique, nous devons changer le syst&#232;me, c'est-&#224;-dire le capitalisme, et le remplacer par une autre forme de production et de consommation. C'est ce que nous appelons l'&#233;cosocialisme. Mais c'est le sujet d'un autre texte...&lt;/p&gt;
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		<title>Les dix commandements pour sauver la vie sur cette plan&#232;te</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-dix-commandements-pour-sauver-la-vie-sur-cette-planete</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-dix-commandements-pour-sauver-la-vie-sur-cette-planete</guid>
		<dc:date>2026-01-20T07:00:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michael L&#246;wy</dc:creator>


		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-01-20</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Remarque : l'auteur de ces notes ne se prend pas pour un nouveau Mo&#239;se et ne pr&#233;tend pas avoir re&#231;u cet &#233;co-d&#233;calogue de J&#233;hovah. Il s'agit simplement d'une tentative de r&#233;pondre, avec une touche d'ironie, en deux petites pages, &#224; la question que beaucoup se posent aujourd'hui : que faire ? Que faire face &#224; la crise &#233;cologique et &#224; la catastrophe climatique ? &lt;br class='autobr' /&gt; https://vientosur.info/diez-mandamientos-para-salvar-la-vida-en-este-planeta/ &lt;br class='autobr' /&gt;
27 d&#233;cembre 2025 &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Tu prendras au s&#233;rieux la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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&lt;p&gt;27 d&#233;cembre 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Tu prendras au s&#233;rieux la crise &#233;cologique. Ce n'est pas un probl&#232;me parmi tant d'autres, c'est la question politique, &#233;conomique, sociale et morale la plus importante du XXIe si&#232;cle. Une question de vie ou de mort. Notre maison commune est en feu. Il n'y a pas de temps &#224; perdre. Tu as d'autres pr&#233;occupations ? Tu t'inqui&#232;tes, &#224; juste titre, du prix de l'essence et du gaz, et tu t'inqui&#232;tes, &#224; tort, du grand nombre d'Arabes, de Noirs, de Gitans, de Juifs, de Mexicains ou d'homosexuels dans ton pays ? Tu dois changer de pr&#233;occupation. La crise climatique est plus grave. Beaucoup plus grave ? Infiniment plus grave. Il s'agit de ta survie et/ou de celle de tes enfants et petits-enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Tu n'adoreras pas les idoles de la religion capitaliste : &#233;conomie de march&#233;, &#233;nergies fossiles, croissance du PIB, Organisation mondiale du commerce, Fonds mon&#233;taire international, comp&#233;titivit&#233;, remboursement de la dette, etc. Ce sont de faux dieux, avides de sacrifices humains, et responsables du r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Tu agiras chaque jour selon les principes &#233;cologiques. Tu refuseras de prendre l'avion pour des distances qui peuvent &#234;tre parcourues en train. Tu r&#233;duiras consid&#233;rablement ta consommation de viande. Tu &#233;viteras les pi&#232;ges du consum&#233;risme. Conscient de l'interd&#233;pendance de tous les &#234;tres vivants, tu agiras avec prudence et respect envers la nature. Mais tu rejetteras les illusions du colibrisme : la croyance que le changement &#233;cologique sera le r&#233;sultat de la somme de petites actions individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. Tu soutiendras les actions collectives : par exemple, toute lutte &#233;cologique concr&#232;te, dans ton pays et dans le monde. Selon les cas, tu choisiras les manifestations de rue, les actes de d&#233;sob&#233;issance civile, les ZAD (zones d'opposition au d&#233;veloppement), le sabotage des ol&#233;oducs. Tu participeras ou soutiendras les mouvements, ONG, etc. qui luttent pour des causes &#233;cologiques, en donnant la priorit&#233; aux plus radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Tu n'opposeras jamais le social &#224; l'&#233;cologique. Tu t'efforceras, par tous les moyens, de favoriser la convergence entre les luttes sociales et &#233;cologiques. Tu agiras pour garantir des emplois alternatifs aux travailleurs et travailleuses des entreprises polluantes qui doivent fermer. Vous tenterez de rapprocher les syndicats et les mouvements &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. Tu apporteras ta solidarit&#233;, militante et/ou financi&#232;re, aux r&#233;fugi&#233;&#183;es climatiques et aux victimes de catastrophes &#233;cologiques. Tu exigeras que les fronti&#232;res de ton pays leur soient ouvertes et que les pays riches du Nord indemnisent les pays pauvres du Sud pour les dommages caus&#233;s par le changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. Tu lutteras sans rel&#226;che contre les politicienne&#183;s &#233;cocides et/ou n&#233;gationnistes du changement climatique, tels que Trump, Bolsonaro, Scott Morrison et compagnie. Tous les moyens sont bons pour les d&#233;loger, les renverser, les neutraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. Tu refuseras de soutenir celles et ceux qui invoquent le nom de l'&#233;cologie en vain. C'est-&#224;-dire les politicien&#183;nes qui prononcent de beaux discours, mais n'agissent pas contre les &#233;missions et les &#233;nergies fossiles. Ou qui proposent de fausses solutions telles que les droits d'&#233;mission, les m&#233;canismes de compensation et autres mystifications du capitalisme vert et du greenwashing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX. Tu lutteras par tous les moyens contre les entreprises de l'oligarchie fossile, c'est-&#224;-dire l'&#233;norme complexe &#233;conomique, financier, politique et militaire li&#233; aux &#233;nergies fossiles : p&#233;trole, charbon, gaz. Tu lutteras pour leur expropriation et pour la cr&#233;ation d'un service public de l'&#233;nergie, r&#233;solument orient&#233; vers les &#233;nergies renouvelables (solaire, &#233;olienne, hydraulique, etc.) et capable d'offrir des services gratuits aux classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X. Sachant que le probl&#232;me est syst&#233;mique et qu'il ne sera donc pas possible de trouver une v&#233;ritable solution dans le cadre du capitalisme, tu participeras, d'une mani&#232;re ou d'une autre, aux partis ou mouvements qui proposent des alternatives anticapitalistes : &#233;cosocialisme, &#233;cologie sociale, d&#233;croissance, etc.&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;cosocialisme ou Extinction : d&#233;fendre la vie, construire des territoires libres et l'&#201;cosocialisme depuis et pour les Peuples</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ecosocialisme-ou-Extinction-defendre-la-vie-construire-des-territoires-libres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ecosocialisme-ou-Extinction-defendre-la-vie-construire-des-territoires-libres</guid>
		<dc:date>2025-11-25T07:57:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rencontres &#233;cosocialistes internationales</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-11-25</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>06_01 - diaporama nombre illimit&#233; d'articles</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous nous r&#233;unissons &#224; un moment de profonde offensive du capital contre la vie, dans le cadre des actions que les peuples organisons face &#224; la COP 30. Cette rencontre nous a permis, une fois de plus, de r&#233;affirmer que tant la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite que les fausses solutions propos&#233;es par des gouvernements qui se disent progressistes, mais qui, aussit&#244;t, n'h&#233;sitent pas &#224; privatiser les biens communs ou &#224; faciliter des agressions contre les peuples et les leaders qui affrontent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-11-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-11-25&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/militant-es_ecosocialistes-84b23.png?1781022428' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous nous r&#233;unissons &#224; un moment de profonde offensive du capital contre la vie, dans le cadre des actions que les peuples organisons face &#224; la COP 30. Cette rencontre nous a permis, une fois de plus, de r&#233;affirmer que tant la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite que les fausses solutions propos&#233;es par des gouvernements qui se disent progressistes, mais qui, aussit&#244;t, n'h&#233;sitent pas &#224; privatiser les biens communs ou &#224; faciliter des agressions contre les peuples et les leaders qui affrontent quotidiennement les cons&#233;quences de la logique de croissance infinie du capital sur leurs territoires, nous poussent &#224; lutter pour un monde dans lequel les syst&#232;mes de vie soient au centre de toutes nos constructions politiques et &#224; rejeter &#233;nergiquement toute tentative d'intimidation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;20 novembre 2025 | tir&#233; d'Inprecor.fr&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/ecosocialisme-ou-extinction-defendre-la-vie-construire-des-territoires-libres-et-lecosocialisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://inprecor.fr/ecosocialisme-ou-extinction-defendre-la-vie-construire-des-territoires-libres-et-lecosocialisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu un exemple de ce qui arrive lorsque, au lieu de renforcer la lutte des peuples qui d&#233;fendent leurs territoires au p&#233;ril de leur propre vie, les d&#233;fenseurs du n&#233;olib&#233;ralisme progressiste se mettent au service du capital et de l'extractivisme pr&#233;dateur. Les menaces politiques subies par notre camarade indig&#232;ne Auricelia Arapiun, lors de son intervention dans notre table ronde d'analyse de la conjoncture, montrent clairement un secteur qui agit &#224; l'int&#233;rieur des communaut&#233;s pour y installer la peur et la fragmentation. Cependant, nous &#8212; tout comme Auricelia l'a exprim&#233; dans sa r&#233;ponse &#224; la menace &#8212; ne nous taisons pas et ne concilions pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive de l'extr&#234;me droite, nous le savons, se traduit &#233;galement dans nos territoires par des tentatives de violation de notresouverainet&#233;, reproduisant les m&#234;mes logiques de soumission et de domination qui ont exist&#233; par le pass&#233; et perdurent aujourd'hui. Face &#224; cette offensive imp&#233;rialiste, nous, &#233;cosocialistes, d&#233;fendons un front uni pour r&#233;sister et nous d&#233;fendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cosocialisme, en tant qu'outil pour construire un autre monde, devient n&#233;cessaire et urgent. L'acc&#233;l&#233;ration de la destruction massive des capacit&#233;s de reproduction des &#233;cosyst&#232;mes et le caract&#232;ren&#233;ocolonial et imp&#233;rialiste des pr&#233;tendues alternatives propos&#233;es par le m&#234;me syst&#232;me qui a engendr&#233; la situation actuelle d'urgence climatique repr&#233;sentent une menace pour notre continuit&#233; en tant qu'esp&#232;ce et nous conduisent &#224; un point de non-retour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ce d&#233;fi, la seule issue possible est l'organisation coordonn&#233;e de nos luttes afin de d&#233;passer le syst&#232;me capitaliste. La lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;organis&#233;e des peuples, leur r&#233;sistance face aux syst&#232;mes de domination et leur avanc&#233;e dans la construction d'autres mondes fond&#233;s sur la solidarit&#233;, la compl&#233;mentarit&#233; et la r&#233;ciprocit&#233; &#8212; en respectant les savoirs et les cosmovisions des diff&#233;rents peuples ainsi que leur droit l&#233;gitime &#224; l'autod&#233;fense et &#224; l'autod&#233;termination &#8212; constitue la base fondamentale de notre strat&#233;gie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces jours de d&#233;bat ont r&#233;uni des repr&#233;sentant&#183;es de peuples en lutte de diverses latitudes d'Abya Yala et d'autres continents, qui, au niveau mondial, ont &#233;lev&#233; leur voix pour d&#233;noncer le fait que les extractivismes capitalistes et imp&#233;rialistes provoquent la destruction environnementale et humaine dans de nombreux territoires. Il est n&#233;cessaire de renforcer les articulations entre les peuples enr&#233;sistance pour combattre cette destruction, tout en consolidant les formes de production de la vie d&#233;velopp&#233;es historiquement par les peuples et aujourd'hui menac&#233;es par la contamination et l'appropriation de l'eau, de la terre et de l'air par les entreprises transnationales et les gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voix des peuples autochtones ont &#233;t&#233; protagonistes de cette rencontre, identifiant un contexte commun de colonialisme, d'invasion, de d&#233;possession, d'extractivisme et de fausses solutions, accompagn&#233; d'une politique d'an&#233;antissement et de g&#233;nocide, o&#249; l'on ne se contente pas de tuer, mais o&#249; l'on invisibilise &#233;galement ces peuples, en les criminalisant et en les pers&#233;cutant. &#192; ce stade, nous voyons la relation entre corps et territoire comme un tissu o&#249;, bien que r&#233;sident des violences structurelles, r&#233;side aussi la lutte pour la vie. Cette lutte se manifeste dans les r&#233;sistances alternatives, &#224; travers la valorisation et l'articulation des savoirs, des cosmologies o&#249;ancestralit&#233; et nature sont indissociables, ainsi que par l'autod&#233;fense, l'autod&#233;termination, la vie communautaire et l'importance de l'esp&#233;rance et de l'unit&#233; des diff&#233;rents territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes pour la vie se retrouvent &#233;galement dans les &#233;cof&#233;minismes, mettant en lumi&#232;re la lutte des femmes et des corps f&#233;minis&#233;s de diff&#233;rents territoires d'Abya Yala, qui affrontent la relation &#233;troite et historique entre capitalisme et violences exerc&#233;es &#224; la fois sur la terre, les territoires et les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des diff&#233;rents extractivismes d&#233;coule une violence qui s'exprime par la contamination et la destruction de la terre ; la pr&#233;dation et le vol de nos biens communs ; la fragmentation des perspectives culturelles ; et sur les corps f&#233;minis&#233;s, appauvris et racialis&#233;s de milliers de femmes du Sud global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse, en plus d'identifier le capitalisme comme l'origine structurelle de toutes les violences territoriales, propose &#233;galement des solutions capables de surmonter ces contradictions, telles que la gestion communautaire de l'eau, l'autonomie alimentaire, l'autogouvernement, la justice communautaire et une conceptionsubversive du soin &#8212; c'est-&#224;-dire issue d'une critique structurelle de la n&#233;olib&#233;ralisation du discours du care, qui continue de soutenir la logique du capital. &#192; l'inverse, nous nous positionnons en faveur de soins collectifs et communautaires, pour une transformation radicale.La lutte &#233;cosyndicale est un &#233;l&#233;ment fondamental de la lutte &#233;cosocialiste. La lutte pour davantage et de meilleures conditions de travail, combin&#233;e &#224; la conscience que l'exploitation de la classe travailleuse et la d&#233;possession de nos biens communs sont au service du capital et se compl&#232;tent, cr&#233;e les conditions n&#233;cessaires pour mobiliser et avancer sur les causes structurelles des oppressions que nous subissons dans le syst&#232;me capitaliste. En ce sens, rejeter la pratique du fracking en Colombie, en Am&#233;rique latine, dans les Cara&#239;bes et dans le monde est une t&#226;che que nous assumons avec responsabilit&#233;, afin de contribuer &#224; la construction de territoires libres. Nous savons que cela ne sera possible que si les organisations syndicales s'articulent avec les processus sociaux, populaires, indig&#232;nes et paysans de chaque pays, tout en maintenant leurs autonomies dans la d&#233;fense des territoires, de la vie et de sa reproduction. Par la solidarit&#233; internationaliste, nous nous engageons &#224; promouvoir des espaces de d&#233;nonciation des violations des droits du travail, humains et naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est depuis ce tissu que nous sommes que nous crions, &#224; l'unanimit&#233; : Palestine Libre, du fleuve &#224; la mer ; cessez-le-feu &#224; Gaza ; et condamnation de l'&#201;tat g&#233;nocidaire d'Isra&#235;l pour le massacre du peuple palestinien. Un peuple qui r&#233;siste, qui s&#232;me, qui conserve la conviction de rester debout &#8212; et que nous embrassons depuis la solidarit&#233;internationaliste, en multipliant les actions globales de soutien, comme le BDS et la Flottille, exemples de r&#233;sistance par le bas que l'&#201;tat d'Isra&#235;l consid&#232;re comme des menaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons &#233;galement des gouvernements de la r&#233;gion qu'ils rompent leurs relations avec Isra&#235;l, comme dans le cas des accords avec Mekorot, l'entreprise nationale de l'eau d'Isra&#235;l, qui est devenue un instrument de domination coloniale. L'eau est un bien commun et, en Palestine, elle est utilis&#233;e comme arme politique et &#233;conomique : Isra&#235;l contr&#244;le les sources, emp&#234;che les Palestiniens de forer des puits, de collecter l'eau de pluie ou d'entretenir des citernes, cr&#233;ant ainsi une d&#233;pendance totale et un syst&#232;me d'apartheid hydrique. La Palestine est unlaboratoire de domination dont les techniques se r&#233;pandent dans d'autres territoires, et la r&#233;sistance et la solidarit&#233; avec le peuplepalestinien doivent &#234;tre globales. Nous, &#233;cosocialistes du monde entier, accompagnons et construisons une solidarit&#233; active avec le peuple palestinien et son droit &#224; exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques jours du d&#233;but de la COP 30, nous observons une fois de plus que cet espace n'est pas capable de r&#233;pondre aux besoins des territoires ; au contraire, il s'impose comme un m&#233;canisme de financiarisation de la nature. C'est pourquoi nous r&#233;affirmons notre d&#233;nonciation et notre rejet du paiement des dettes odieuses et ill&#233;gitimes, et plaidons pour la fermeture des m&#233;canismes internationaux qui les impulsent et les l&#233;gitiment. Ces m&#233;canismes hypoth&#232;quent notre avenir en &#233;change de la livraison des biens strat&#233;giques dont le capital a besoin pour sa reproduction illimit&#233;e. Il est essentiel de d&#233;manteler le syst&#232;me de la dette, qui subordonne et limite les capacit&#233;s de sortie planifi&#233;e du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'attendons rien de ces espaces qui proposent des projets tels que les cr&#233;dits carbone qui, tout comme le TFFF, adoptent le r&#233;cit selon lequel le probl&#232;me serait que les biens communs ne sont pas encore compl&#232;tement marchandis&#233;s et qu'il existerait donc une &#171; d&#233;faillance du march&#233; &#187; &#224; surmonter. Nous d&#233;non&#231;ons &#233;galement les gouvernements complices de projets &#233;cocides, comme c'est le cas du gouvernement br&#233;silien qui, quelques jours avant le d&#233;but de la COP 30 &#224; Bel&#233;m &#8212; territoire amazonien &#8212; a approuv&#233; l'exploitation p&#233;troli&#232;re &#224;l'embouchure de l'Amazone et qui, en outre, pendant la COP 30, a approuv&#233; l'enregistrement de 30 nouveaux pesticides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;affirmons l'agro&#233;cologie comme l'un des chemins qui construisent notre strat&#233;gie &#233;cosocialiste. La production d'aliments agro&#233;cologiques, de base paysanne et indig&#232;ne, n'est pas seulement une alternative au syst&#232;me agroalimentaire dominant, dont l'agronegocio et la production de commodit&#233;s sont les principaux protagonistes ; c'est aussi une mani&#232;re de restaurer et reconstruire les &#233;cosyst&#232;mes, et de rompre l'ali&#233;nation entre campagne et ville, &#233;tant donc essentielle dans la lutte contre le changement climatique. Il est indispensable de comprendre qu'il n'y a pas d'agro&#233;cologie possible au sein d'un capitalisme vert, car elle implique, en tant que pratique politique, une transformation structurelle des relations de production et de vie actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissant que l'&#233;cosocialisme &#339;uvre depuis des ann&#233;es &#224; laconstruction de manifestes et programmes qui d&#233;finissent cettestrat&#233;gie, nous avons d&#233;battu des prochaines &#233;tapes qui nous permettent de conclure qu'il n'y a pas d'&#233;cosocialisme possible sans territoires libres. Nous n'avons aucun doute que les luttes &#233;co-territoriales et la construction d'un monde vivable sont le chemin que nous devons suivre, en renfor&#231;ant solidairement nos initiatives, en rendant visibles et en construisant des espaces o&#249; nous puissions avancer dans la construction d'un &#233;cosocialisme depuis et pour les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre cet objectif, il est n&#233;cessaire d'accumuler des victoires qui nous montrent la voie. R&#233;aliser des mobilisations et campagnes entre les diff&#233;rents collectifs engag&#233;s dans la construction de ce projet &#233;cosocialiste est fondamental pour consolider un processus int&#233;gral et internationaliste de r&#233;sistance coordonn&#233;e et de strat&#233;gie commune.La continuit&#233; de cette articulation de lutte, de construction du programme &#233;cosocialiste dont nous avons besoin, et l'internationalisation du mouvement &#233;cosocialiste, sont des t&#226;ches que nous avons entreprises il y a dix ans dans ces rencontres, et qui se sont consolid&#233;es avec la formation du R&#233;seau Internationaliste des Rencontres &#201;cosocialistes en 2024, &#224; la suite de la rencontre de Buenos Aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les nouvelles initiatives, nous annon&#231;ons la tenue du Septi&#232;me Rencontre &#201;cosocialiste Internationaliste, en Belgique, en mai 2026 ; le S&#233;minaire &#201;cosocialiste International, qui se tiendra au Br&#233;sil dans le cadre de la Premi&#232;re Conf&#233;rence Internationale Antifasciste ; et la Troisi&#232;me Rencontre &#201;cosocialiste Latino-Am&#233;ricaine et Carib&#233;enne, en 2027, en Colombie. Nous sommes convaincu&#183;es que ces rencontres doivent d&#233;passer les fronti&#232;res et g&#233;n&#233;rer des actions de lutte communes permettant de frapper simultan&#233;ment les pouvoirs concentr&#233;s del'extractivisme capitaliste dans chaque territoire o&#249; nous nous trouvons.Cependant, les seules Rencontres &#201;cosocialistes ne suffisent pas pour faire avancer la construction d'un programme v&#233;ritablement enracin&#233; dans les luttes concr&#232;tes. C'est pourquoi nous proposons la cr&#233;ation d'actions et campagnes conjointes sur la Palestine, les combustibles fossiles, l'exploitation mini&#232;re, la dette et les trait&#233;s de libre-&#233;change ; la d&#233;fense de l'eau ; la lutte contre l'agronegocio ; et la restauration des for&#234;ts. Nous proposons &#233;galement de cartographier quelles entreprises sont align&#233;es avec des projets &#233;cocides dans les pays d'Am&#233;rique latine et des Cara&#239;bes, afin de r&#233;aliser des d&#233;nonciations et communiqu&#233;s communs. De plus, nous proposonsd'organiser des rencontres &#233;cosocialistes territoriales pr&#233;alables &#224; celle de Colombie, afin que les d&#233;bats refl&#232;tent des formulations et propositions &#233;co-territorialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous voulons que notre espace de construction soit vivant et divers, capable de g&#233;n&#233;rer des d&#233;bats profonds entre les collectifs qui le composent, de mani&#232;re &#224; penser et probl&#233;matiser notre compr&#233;hension de l'&#233;cosocialisme, en r&#233;affirmant que l'&#233;cosocialisme n'est pas un socialisme teint en vert, mais une proposition de transformation profonde de nos relations &#8212; tant entre nous que avec la nature. C'est une autre fa&#231;on de faire de la politique, capable de construire un monde nouveau, digne et beau &#224; vivre, pour les &#234;tres humains comme pour tous les autres &#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 19 novembre 2025&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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		<title> C'est quoi &#171; l'&#233;cosocialisme &#187; ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/C-est-quoi-l-ecosocialisme</link>
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		<dc:date>2025-11-18T07:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rob Grams</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>06_01 - diaporama nombre illimit&#233; d'articles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2025-11-18</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dissipons tout de suite un malentendu &#233;ventuel : l' &#8220;&#233;cosocialisme&#8221; n'a rien &#224; voir avec les alliances moroses et d&#233;sesp&#233;rantes entre le Parti Socialiste et celui de Marine Tondelier. Le terme a connu une certaine audience au d&#233;but des ann&#233;es 2010 sous l'impulsion, entre autres, de Jean-Luc M&#233;lenchon et de son Parti de gauche (sorte d'anc&#234;tre de la France Insoumise) qui s'en r&#233;clamait. On en entend depuis un peu moins parler, alors qu'on a l&#224; une proposition pourtant tr&#232;s int&#233;ressante face &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/lowy-023a4.png?1781022428' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dissipons tout de suite un malentendu &#233;ventuel : l' &#8220;&#233;cosocialisme&#8221; n'a rien &#224; voir avec les alliances moroses et d&#233;sesp&#233;rantes entre le Parti Socialiste et celui de Marine Tondelier. Le terme a connu une certaine audience au d&#233;but des ann&#233;es 2010 sous l'impulsion, entre autres, de Jean-Luc M&#233;lenchon et de son Parti de gauche (sorte d'anc&#234;tre de la France Insoumise) qui s'en r&#233;clamait. On en entend depuis un peu moins parler, alors qu'on a l&#224; une proposition pourtant tr&#232;s int&#233;ressante face &#224; l'&#233;cologie de march&#233;, bref ce macronisme repeint en vert qui fait du racket &#233;lectoral sur le dos des luttes &#233;cologistes et sociales. L'&#233;cosocialisme est une &#8220;utopie concr&#232;te&#8221;, une proposition d'une civilisation alternative r&#233;conciliant les besoins &#233;cologiques, sociaux et d&#233;mocratiques, tout en tirant des le&#231;ons des &#233;checs des exp&#233;riences communistes du si&#232;cle pass&#233; et en prenant en compte l'urgence de la situation et l'imp&#233;ratif d'agir &#8220;d&#232;s maintenant&#8221;. Un de ses principaux penseurs et th&#233;oriciens, le franco-br&#233;silien Michael L&#246;wy, a publi&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re un ouvrage aux Editions Amsterdam intitul&#233; &#201;tincelles &#233;cosocialistes, qui permet d'en dessiner les principaux traits. Regardons &#231;a de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;13 novembre 2025 | tir&#233; de Frustrations&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://frustrationmagazine.fr/ecosocialisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://frustrationmagazine.fr/ecosocialisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enjeu : la survie de l'humanit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premi&#232;res pages de son livre, Micha&#235;l L&#246;wy rappelle que la question &#233;cologique n'est plus une affaire de g&#233;n&#233;rations futures, mais bien de survie imm&#233;diate. Citant le climatologue James Hansen, ancien directeur du Goddard Institute de la NASA, il rappelle que &#171; la poursuite de l'exploitation de tous les combustibles fossiles de la Terre menace (&#8230;) la survivance de l'humanit&#233; elle-m&#234;me &#187;. Autrement dit, si le syst&#232;me mondial continue sur sa trajectoire actuelle le d&#233;sastre n'est plus une possibilit&#233; lointaine, mais une certitude &#224; court terme : d&#233;r&#232;glement climatique brutal, mont&#233;e des eaux, destruction des conditions m&#234;mes de la vie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH350/faae5731ba88c6da-ae8bba66-83609.png?1781022430' width='500' height='350' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Audition de James Hansen devant le Congr&#232;s des &#201;tats-Unis le 23 juin 1988. Domaine public&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rendre compte de l'ampleur du danger, l'auteur convoque plusieurs r&#233;f&#233;rences philosophiques et scientifiques. Hans Jonas, dans &lt;i&gt;Le Principe responsabilit&#233; &lt;/i&gt; (1979), appelait &#224; une &#233;thique tourn&#233;e vers les g&#233;n&#233;rations futures ; L&#246;wy, lui, souligne qu'il ne s'agit plus seulement de pr&#233;server l'avenir, mais bien de sauver notre propre g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il insiste aussi sur un autre biais de la communication environnementale dominante : &#224; force de parler d'&#171; ours polaires &#187; ou de &#171; plan&#232;te &#187;, on entretient l'illusion d'un probl&#232;me lointain, abstrait, ext&#233;rieur &#224; l'humain. Or, rappelle-t-il, la fonte des glaces n'est, par exemple, pas seulement une menace pour la faune arctique : elle met directement en p&#233;ril la moiti&#233; de l'humanit&#233;, et notamment des grandes villes du monde : Londres, Amsterdam, New York, Rio, Shanghai, Hong Kong&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#246;wy se distingue toutefois des discours &#8220;collapsologues&#8221; qui consid&#232;rent l'effondrement comme in&#233;vitable. Contre le fatalisme, l'auteur d&#233;fend l'id&#233;e que l'avenir reste ouvert et cite pour se faire le dramaturge Bertolt Brecht : &#171; Celui qui lutte peut perdre. Celui qui ne lutte pas a d&#233;j&#224; perdu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une incompatibilit&#233; entre le capitalisme et la pr&#233;servation de l'environnement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Marine Tondelier, candidate &#233;cologiste &#224; la pr&#233;sidentielle de 2027 en France, l'avait dit dans une &#233;mission du journal communiste &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://x.com/GramsRob/status/1871873242362982494&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la critique &#233;cologique du capitalisme serait &#8220;se branler la nouille&#8221;&lt;/a&gt;. Elle ajoutait, interloqu&#233;e &#8220;c'est quoi le capitalisme ?&#8221; parlant de &#8220;d&#233;bats d&#233;connect&#233;s&#8221;. Michael L&#246;wy et les &#233;cosocialistes, eux, ne pensent pas &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Micha&#235;l L&#246;wy, la crise &#233;cologique ne peut &#234;tre comprise ni combattue sans une critique radicale du capitalisme. Comme le pressentaient d&#233;j&#224; Marx et Engels dans L'Id&#233;ologie allemande, les forces productives engendr&#233;es par le capitalisme finissent par se transformer en forces destructrices. L'auteur reprend ce fil marxien pour en faire le c&#339;ur de son diagnostic : le d&#233;veloppement &#171; irr&#233;fl&#233;chi &#187; des forces productives mine les conditions m&#234;mes de la vie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Tanuro, ing&#233;nieur agronome et fondateur de l'ONG belge &lt;i&gt;&#8220;Climat et Justice &lt;i&gt;Sociale&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/i&gt;, le formule clairement : si la critique du consum&#233;risme est n&#233;cessaire, elle reste vaine tant qu'on ne s'attaque pas au mode de production lui-m&#234;me. La logique expansive et destructrice du capital, fond&#233;e sur la rentabilit&#233; et la croissance illimit&#233;e, est fondamentalement incompatible avec la pr&#233;servation d'un environnement viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s Le Capital, Marx formulait une intuition &#233;cologique majeure : la rupture du m&#233;tabolisme entre la soci&#233;t&#233; humaine et la nature. Chaque progr&#232;s de l'agriculture capitaliste, &#233;crivait-il, est un progr&#232;s &#171; dans l'art d'exploiter le travailleur, mais aussi dans l'art de d&#233;pouiller le sol &#187;. Engels faisait le m&#234;me constat dans La Dialectique de la nature (1873), d&#233;crivant la destruction des for&#234;ts cubaines par les planteurs de caf&#233; comme un exemple typique de l'attitude pr&#233;datrice du capitalisme envers la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture &#233;cologique du marxisme trouve des &#233;chos chez le philosophe Andr&#233; Gorz, un &#8220;pr&#233;curseur&#8221; selon L&#246;wy, pour qui l'&#233;cologie n'a de sens que si elle relie la destruction de la Terre &#224; celle des rapports sociaux de production : &#171; l'&#233;cologie n'a toute sa charge critique et &#233;thique qui si les d&#233;vastations de la Terre, la destruction des bases naturelles de la vie sont comprises comme les cons&#233;quences d'un mode de production et que ce mode de production exige la maximisation des rendements et recourt &#224; des technologies qui violent les &#233;quilibres biologiques &#187;. Pour Gorz la sortie du capitalisme devient une condition de survie : &#171; il est impossible d'&#233;viter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les m&#233;thodes et la logique &#233;conomique qui y m&#232;nent depuis 150 ans. (&#8230;) la d&#233;croissance est donc un imp&#233;ratif de survie. &#187;, &#233;crivait-il en 2007, dans un de ses derniers textes intitul&#233; &#171; la sortie du capitalisme a d&#233;j&#224; commenc&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53755 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH379/fb466919a1a5c04b-9b8c67d4-41bb3.png?1781022430' width='500' height='379' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Andr&#233; Gorz et son &#233;pouse Dorine, domaine public, CC0, via Wikimedia Commons&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique vise aussi les illusions du &#171; capitalisme vert &#187;. Les m&#233;canismes de march&#233;, cens&#233;s r&#233;duire les &#233;missions, se sont r&#233;v&#233;l&#233;s &#224; la fois antisociaux et inefficaces : ils font payer la transition &#233;cologique aux classes populaires sans infl&#233;chir la trajectoire du d&#233;sastre. L&#246;wy rappelle, &#224; la suite de Greta Thunberg, qu'il est &#171; math&#233;matiquement impossible &#187; de r&#233;soudre la crise climatique dans le cadre de l'ordre &#233;conomique actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique du profit illimit&#233;, de la concurrence et de la croissance sans fin est incompatible avec toute rationalit&#233; &#233;cologique. Le mode de production et de consommation des pays capitalistes avanc&#233;s ne peut &#234;tre &#233;tendu au reste du monde sans provoquer un effondrement environnemental global ; il repose donc n&#233;cessairement sur l'in&#233;galit&#233; structurelle entre le Nord et le Sud. Dans son encyclique Laudato Si' (2015), &lt;a href=&#034;https://frustrationmagazine.fr/pape-francois-eglise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le pape Fran&#231;ois&lt;/a&gt; d&#233;non&#231;ait lui aussi &#171; un syst&#232;me de relations commerciales et de propri&#233;t&#233; structurellement pervers &#187;, fond&#233; sur le principe de maximisation du profit, responsable &#224; la fois de l'injustice sociale et de la destruction de notre maison commune.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH333/658e4344aed52346-25fb4f0f-70c4d.png?1781022430' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Greta Thunberg en 2019, par L&#235;a-Kim Ch&#226;teauneuf, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hannah Arendt avait not&#233; dans &lt;i&gt;La Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt; (1958) que l'accumulation de richesses s'accompagne d'un pouvoir de destruction in&#233;dit : &#171; nous sommes capables de d&#233;truire toute vie organique sur terre. &#187; L&#246;wy reprend ce constat pour affirmer que le capitalisme, en tant que mode de vie total, ne peut &#234;tre r&#233;form&#233; &#224; la marge : il faut rompre avec son imp&#233;ratif cat&#233;gorique, &#171; cro&#238;tre ou mourir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, l'alternative devient limpide : c'est soit le capital, soit notre avenir comme esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Avec le capitalisme viennent la &#8220;r&#233;ification&#8221;, le &#8220;f&#233;tichisme&#8221;, l'&#8220;ali&#233;nation&#8221; et la marchandisation&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avec le capitalisme s'instaure une v&#233;ritable civilisation de la marchandise. Micha&#235;l L&#246;wy rappelle, &#224; la suite de penseurs comme Marx, Weber et Polanyi, que le capital n'est pas seulement un syst&#232;me &#233;conomique : c'est une machine de &#8220;r&#233;ification&#8221; qui transforme tout &#8212; la nature, les relations sociales, les &#234;tres humains eux-m&#234;mes &#8212; en choses quantifiables et &#233;changeables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Polanyi, dans &lt;i&gt;La Grande Transformation&lt;/i&gt; (1944), montrait d&#233;j&#224; que le capitalisme ne peut fonctionner qu'&#224; condition de transformer la &#171; substance naturelle et humaine de la soci&#233;t&#233; en marchandises &#187;. La terre, le travail, les liens sociaux deviennent des variables d'un calcul abstrait, soumis aux lois impersonnelles du profit et de l'accumulation. L'&#233;conomie cesse alors d'&#234;tre ench&#226;ss&#233;e dans le social : elle s'impose comme une sph&#232;re autonome, totalisante, qui r&#233;git tout selon sa logique propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max Weber, un des fondateurs de la sociologie, dans &lt;i&gt;&#201;conomie et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; (1921), saisissait lui aussi la nature profond&#233;ment &#171; chosifi&#233;e &#187; du capitalisme moderne. Parce qu'il repose sur un fonctionnement impersonnel, fond&#233; sur l'abstraction mon&#233;taire et la rationalit&#233; instrumentale (utiliser la raison uniquement pour choisir les moyens les plus efficaces pour atteindre un but donn&#233;), il est structurellement incompatible avec toute r&#233;gulation &#233;thique. Comme le note L&#246;wy, Weber, malgr&#233; sa neutralit&#233; apparente, touche &#224; l'essentiel : le capital est, par essence, non &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#232;gne totalitaire de la valeur marchande atteint aujourd'hui une intensit&#233; in&#233;dite. Dans le syst&#232;me capitaliste, la &#8220;valeur d'usage&#8221; (l'utilit&#233; ou la fonction pratique d'un objet pour satisfaire un besoin humain) n'est plus qu'un moyen au service de &#8220;la valeur d'&#233;change&#8221; (la capacit&#233; d'un bien ou d'un service &#224; &#234;tre &#233;chang&#233; contre d'autres biens ou contre de l'argent). Les produits n'existent plus pour r&#233;pondre &#224; des besoins, mais pour produire du profit. C'est pourquoi nos soci&#233;t&#233;s sont satur&#233;es d'objets inutiles, cr&#233;&#233;s non pour &#234;tre utilis&#233;s mais pour &#234;tre vendus. L'offre ne r&#233;pond pas &#224; la demande : elle la fabrique. Par le marketing, la publicit&#233;, et l'obsolescence programm&#233;e, les entreprises engendrent artificiellement le besoin de leurs propres produits. Le consum&#233;risme n'a donc rien de naturel : il est le fruit d'une construction sociale et id&#233;ologique propre &#224; la modernit&#233; capitaliste. Les soci&#233;t&#233;s pr&#233;capitalistes, rappelle L&#246;wy, ignoraient ces pulsions d'achat sans fin. Les pratiques compulsives de consommation rel&#232;vent d'un v&#233;ritable culte f&#233;tichiste de la marchandise, dans lequel les objets se voient attribuer une puissance quasi magique, d&#233;tach&#233;e des conditions de leur production et des souffrances qu'ils engendrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie qui se d&#233;tourne de la critique marxiste du f&#233;tichisme de la marchandise se condamne ainsi &#224; n'&#234;tre qu'un correctif moral au productivisme, sans en atteindre les causes profondes. Car la question &#233;cologique n'est pas d'abord technique : elle est sociale. Ce ne sont pas les outils qui d&#233;truisent le monde, mais le syst&#232;me qui les produit. Contrairement au philosophe Heidegger et &#224; ses h&#233;ritiers, L&#246;wy refuse de faire de &#171; la Technique &#187; une entit&#233; abstraite : la technologie actuelle est ins&#233;parable du capital qui la fa&#231;onne. Elle n'est pas un ensemble d'outils neutres, mais une forme de rapports sociaux, un instrument de l'accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de l'ali&#233;nation, d&#233;j&#224; pr&#233;sente dans les &lt;i&gt;Manuscrits de 1844, &lt;/i&gt; &#233;claire ce processus. Marx y d&#233;crit comment les produits du travail humain deviennent ind&#233;pendants de leurs cr&#233;ateurs et se dressent contre eux comme des forces &#233;trang&#232;res et hostiles. Aujourd'hui, cette puissance ali&#233;n&#233;e prend la forme du march&#233; mondial, des &#233;nergies fossiles, de l'agriculture industrielle ou du consum&#233;risme : autant de m&#233;canismes qui &#233;chappent &#224; tout contr&#244;le collectif, fonctionnent selon des logiques automatiques, et menacent la survie m&#234;me de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des conf&#233;rences internationales inutiles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#246;wy traite donc, pour renforcer son argumentation, des piteuses tentatives de r&#233;former le capitalisme et dont le point culminant sont sans doute les &#8220;conf&#233;rences internationales&#8221;. Pr&#233;sent&#233;es comme des instruments de r&#233;gulation plan&#233;taire, elles illustrent en r&#233;alit&#233; l'extraordinaire inertie des gouvernements capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conf&#233;rences de Rio (1992) et de Johannesburg (2002) n'ont produit aucun changement significatif. Le protocole de Kyoto, fond&#233; sur le &#171; march&#233; du carbone &#187; et autres m&#233;canismes marchands, des &#171; politiques de gribouille &#187; pour reprendre les mots de l'&#233;cologiste belge Daniel Tanuro, ont d&#233;montr&#233; que la logique capitaliste rend impossible toute limitation effective des &#233;missions. Ce qu'ont permis en r&#233;alit&#233; ces dispositifs, c'est aux puissances industrielles de pr&#233;server leur droit &#224; polluer, sous couvert de r&#233;gulation internationale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH283/4ea031766c12d270-b2a10f0c-0f19e.png?1781022431' width='500' height='283' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Conf&#233;rence de Rio. Cr&#233;dit : CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COP 21 de Paris en 2015 a constitu&#233;, sur le papier, la plus grande avanc&#233;e : les gouvernements reconnaissaient la n&#233;cessit&#233; de limiter le r&#233;chauffement &#224; 1,5 &#176;C et annon&#231;aient publiquement leurs engagements de r&#233;duction d'&#233;missions. Mais ces promesses, d&#233;pourvues de m&#233;canismes de contr&#244;le ou de sanctions, restent largement symboliques. M&#234;me si tous les pays les respectaient, le GIEC estime que la temp&#233;rature globale atteindrait 3,3 &#176;C, bien au-del&#224; du seuil critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;rence des Nations unies sur le climat &#224; New York en 2019 a illustr&#233; la m&#234;me inertie. Greta Thunberg, prenant la parole devant les dirigeants mondiaux, avait d'ailleurs d&#233;nonc&#233; l'&#233;cart entre les paroles et les actes : &#171; Les gens souffrent, ils meurent. Des &#233;cosyst&#232;mes entiers s'effondrent, nous sommes au d&#233;but d'une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c'est d'argent, et des contes de f&#233;es de croissance &#233;conomique &#233;ternelle ? Comment osez-vous ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/W4e5l-XUmfI?si=dHtuFh54aGG2ruku&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;L'histoire r&#233;cente confirme ce diagnostic : les dispositifs officiels, m&#234;me les plus sophistiqu&#233;s, restent impuissants tant qu'ils s'inscrivent dans le cadre du capitalisme, dont la logique de profit et d'accumulation continuera de primer sur toute consid&#233;ration &#233;cologique. En cons&#233;quence, l'espoir de &#8220;sauver la plan&#232;te&#8221; ne repose pas sur les conf&#233;rences ou les promesses des gouvernements, mais sur les mouvements sociaux r&#233;els, capables de faire pression et de proposer des alternatives radicales &#224; la logique capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impasse de l'&#233;cologie &#233;lectorale et des partis &#8220;verts&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette incapacit&#233; &#224; comprendre la contradiction structurelle entre capitalisme et &#233;cologie que Michael L&#246;wy voit une des limites fondamentales des principaux courants de l'&#233;cologie politique, incarn&#233;s par les partis verts. Ces formations semblent penser qu'il est possible de r&#233;concilier le capitalisme avec la pr&#233;servation de la plan&#232;te, sans s'attaquer aux fondements m&#234;mes du syst&#232;me &#233;conomique dominant. Entre Marine Tondelier qui dit ne pas savoir ce qu'est le capitalisme, et son pr&#233;d&#233;cesseur Yannick Jadot (dont elle &#233;tait d'ailleurs la porte-parole de campagne en 2022) qui beuglait en 2019 : &#8220;l'&#233;conomie de march&#233; ? Tout le monde est pour l'&#233;conomie de march&#233; ! Vous voulez que les paysans bio vendent dans les sovkhozes ? Vous voulez l'&#233;conomie de Maduro ?&#8221;&#8221;, difficile de ne pas confirmer le diagnostic.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH312/3b749c399ad7f337-ef79dffe-f0d3b.png?1781022431' width='500' height='312' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://x.com/coachouicoachv2/status/1871476195524771879?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1871476195524771879%7Ctwgr%5Ed80ee2b97de575d4acbc9551d2177abd423f4203%7Ctwcon%5Es1_&amp;ref_url=https%3A%2F%2Ffrustrationmagazine.fr%2Fecosocialisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://x.com/coachouicoachv2/status/1871476195524771879?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1871476195524771879%7Ctwgr%5Ed80ee2b97de575d4acbc9551d2177abd423f4203%7Ctwcon%5Es1_&amp;ref_url=https%3A%2F%2Ffrustrationmagazine.fr%2Fecosocialisme&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Marine Tondelier a fait une interview remarqu&#233;e &#224; l'Humanit&#233; o&#249; elle s'est retrouv&#233;e en difficult&#233;. Son agacement, visible ici, a moins circul&#233;.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Dans ce thread, je souhaite analyser la tactique de la leadeuse d'EELV &#224; travers l'observation de ses interviews. Un fil &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique capitaliste repose sur l'expansion illimit&#233;e du capital, la course au profit et l'accumulation constante. Tant que ces imp&#233;ratifs demeurent, aucune politique &#171; verte &#187; &#233;lectorale ne pourra emp&#234;cher les catastrophes &#233;cologiques. Les partis verts proposent souvent des mesures cosm&#233;tiques ou vaguement r&#233;gulatrices, qui, dans le meilleur des cas, pourraient all&#233;ger ponctuellement les impacts, mais ne remettent jamais en cause la dynamique fondamentale du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette incapacit&#233; &#224; int&#233;grer la critique du capitalisme conduit &#224; deux cons&#233;quences :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les mesures adopt&#233;es restent symboliques, incapables d'infl&#233;chir r&#233;ellement le cours des &#233;missions ou de la destruction &#233;cologique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'&#233;cologie &#233;lectorale devient un outil de l&#233;gitimation du syst&#232;me existant, offrant l'illusion d'un progr&#232;s environnemental tout en pr&#233;servant la logique de croissance et de profit.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L&#246;wy insiste : il ne s'agit pas de critiquer l'engagement individuel ou l'action politique ponctuelle, mais de poser la question de l'alternative structurelle. La lutte &#233;cologique ne peut &#234;tre efficace que si elle se traduit par une remise en cause des rapports sociaux et &#233;conomiques qui engendrent la crise, et non par des ajustements ponctuels dans le cadre capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que propose l'&#233;cosocialisme ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cosocialisme se fonde donc sur cette id&#233;e simple mais radicale : il n'y a pas de solution &#233;cologique v&#233;ritable dans le cadre du capitalisme. La logique de profit, l'accumulation illimit&#233;e et la course &#224; la croissance sont intrins&#232;quement destructrices pour l'environnement. Selon Micha&#235;l L&#246;wy, seule une prise en charge d&#233;mocratique de la production permettrait de r&#233;pondre aux besoins sociaux tout en pr&#233;servant la plan&#232;te : r&#233;duire le temps de travail, supprimer les productions inutiles, &#233;liminer l'obsolescence programm&#233;e, et substituer les &#233;nergies fossiles par des renouvelables. Cela implique une r&#233;organisation profonde de la propri&#233;t&#233; et une planification &#233;conomique, avec un secteur public renforc&#233; et la gratuit&#233; de certains biens et services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cosocialisme promeut la &#8220;macrorationalit&#233;&#8221; sociale et &#233;cologique, qui remplace la microrationalit&#233; du profit. Le but n'est plus l'accumulation, mais le d&#233;veloppement humain, la justice sociale et le bien commun. Comme le rappelait Marx, le socialisme met l'accent sur l'&#234;tre humain et ses potentialit&#233;s, et non sur l'avoir. La civilisation &#233;cosocialiste rompt avec le productivisme et le consum&#233;risme pour favoriser le temps libre, l'autonomie et l'&#233;panouissement individuel et collectif. Cette vision se fonde sur l'id&#233;e que la libert&#233; commence l&#224; o&#249; s'ach&#232;ve le travail contraint et o&#249; se d&#233;veloppe le temps lib&#233;r&#233;, propice &#224; la culture, l'art, l'&#233;ducation et les activit&#233;s sociales. Andr&#233; Gorz et les Grundrisse (1857) de Marx insistent sur cette transformation : le temps lib&#233;r&#233; devient la v&#233;ritable mesure de la richesse et le d&#233;veloppement des facult&#233;s humaines l'objectif central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, l'&#233;cosocialisme propose :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La socialisation des moyens de production et une planification d&#233;mocratique.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La satisfaction des besoins r&#233;els plut&#244;t que la maximisation du profit.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La r&#233;duction du temps de travail et l'extension du temps libre.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La construction d'une civilisation o&#249; la richesse se mesure &#224; l'&#233;panouissement humain et non aux biens mat&#233;riels.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une rupture avec le &#8220;marxisme vulgaire&#8221;, le communisme totalitaire du XXe si&#232;cle et son productivisme&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cosocialisme se distingue radicalement des exp&#233;riences socialistes du XX&#7497; si&#232;cle, marqu&#233;es par le communisme bureaucratique et productiviste. Dans l'Union sovi&#233;tique stalinienne, l'industrialisation et la collectivisation agricoles ont &#233;t&#233; impos&#233;es par des moyens totalitaires, tandis que les pr&#233;occupations &#233;cologiques et les voix dissidentes &#233;taient &#233;limin&#233;es. Une planification autoritaire a &#233;t&#233; mise en place au lieu d'une d&#233;mocratie r&#233;elle et de la participation collective, et la propagande n'avait rien &#224; envier &#224; la publicit&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH284/aa6aada7c518dee7-180e3428-ecfc4.png?1781022432' width='500' height='284' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;
&lt;i&gt;Walter Benjamin en 1928.&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Certains marxistes h&#233;t&#233;rodoxe des ann&#233;es 1930, comme Walter Benjamin, ont d&#233;j&#224; formul&#233; une critique de l'id&#233;ologie productiviste du &#171; progr&#232;s &#187; et de l'exploitation &#171; socialiste &#187; de la nature. Benjamin soulignait par exemple que dans le programme de Gotha (le programme adopt&#233; en 1875 par la fusion des partis socialistes allemands qui f&#251;t vivement critiqu&#233; par Marx), h&#233;ritage du positivisme social-d&#233;mocrate, &#8220;le travail vise &#224; l'exploitation de la nature, exploitation qu'on oppose avec une na&#239;ve satisfaction &#224; celle du prol&#233;tariat&#8221;. Contrairement au marxisme vulgaire et &#233;volutionniste, et contre Marx lui-m&#234;me qui affirmait dans le Capital que &#8220;la production capitaliste engendre sa propre n&#233;gation&#8221;, Benjamin ne con&#231;oit pas la r&#233;volution comme un r&#233;sultat in&#233;vitable du progr&#232;s &#233;conomique ou des contradictions entre forces et rapports de production. Dans Sur le concept d'histoire (1940), il critique donc une vision d&#233;terministe (que refuse &#233;galement L&#246;wy) : &#171; Marx a dit que les r&#233;volutions sont la locomotive de l'histoire mondiale. Peut-&#234;tre que les choses se pr&#233;sentent autrement. Il se peut que les r&#233;volutions soient l'acte par lequel l'humanit&#233; qui voyage dans le train tire le frein d'urgence &#187;. Fondamentalement, comme le soulignait l'&#233;conomiste am&#233;ricain Paul Burkett, le capital peut continuer &#224; s'accumuler sous des conditions naturelles extr&#234;mement d&#233;grad&#233;es, tant qu'il n'y aura pas une extinction totale de l'humanit&#233;. Son r&#232;gne ne peut donc &#234;tre renvers&#233; que par une action r&#233;solue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#246;wy va aussi dans le sens d'Andr&#233; Gorz : un socialisme qui ne change pas radicalement les outils du capitalisme reproduira les m&#234;mes dynamiques de domination et de destruction : &#171; Si la classe ouvri&#232;re (&#8230;) s'emparait des moyens du capitalisme sans les changer radicalement, elle finirait par reproduire (comme cela s'est fait dans les pays sovi&#233;tis&#233;s) le m&#234;me syst&#232;me&#8239;de domination &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le socialisme productiviste et dictatorial du XX&#7497; si&#232;cle, fond&#233; sur l'industrialisation massive et un ouvri&#233;risme dogmatique, constitue aussi une impasse. L'&#233;cosocialisme propose une rupture : il s'agit non seulement de mettre fin au capitalisme, mais aussi de refonder la production sur des crit&#232;res sociaux et &#233;cologiques, en d&#233;passant le productivisme.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Des points communs et des diff&#233;rences d'approches entre Micha&#235;l Lowy et Kohei Saito&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un article pour Frustration, Charles Plantade expliquait le &#8220;communisme de la d&#233;croissance&#8221; du philosophe japonais Kohei Saito qui cherche &#224; montrer que l'&#233;cologie avait une place tr&#232;s importante dans la pens&#233;e tardive de Marx.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH282/b3d75653718039c3-056b13c6-efbe6.png?1781022433' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Kohei Saito &#224; la foire du livre de Francfort en 2024, Martin Kraft, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Saito dans &lt;i&gt;Karl Marx's Ecosocialism : Capitalism, Nature, and the Unfinished Critique of Political Economy&lt;/i&gt; (2017), L&#246;wy consid&#232;re les &#233;crits de Marx et Engels sur la nature non pas comme un bloc uniforme et d&#233;finitif, mais comme une pens&#233;e en mouvement. Le penseur japonais montre l'&#233;volution des r&#233;flexions de Marx sur l'environnement, &#8220;dans un processus d'apprentissage, de rectification et de reformulation&#8221;. Avant la r&#233;daction du Capital (1867), Marx adopte encore une vision plut&#244;t acritique du &#171; progr&#232;s &#187; capitaliste. C'est tr&#232;s visible dans le Manifeste du Parti communiste (1848), co-&#233;crit avec Engels, o&#249; il c&#233;l&#232;bre &#171; l'assujettissement des forces de la nature &#187; et le &#171; d&#233;frichement de continents entiers &#187; par la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois L&#246;wy n'est pas totalement align&#233; avec Saito. Ce dernier &#233;crit que Marx, sur la fin de sa vie, consid&#233;rait l'insoutenabilit&#233; environnementale comme la contradiction centrale du capitalisme, et que la rupture m&#233;tabolique repr&#233;sentait pour lui &#171; le plus s&#233;rieux probl&#232;me du syst&#232;me &#187;. L&#246;wy n'y croit pas : au XIX&#7497; si&#232;cle, l'insoutenabilit&#233; n'&#233;tait pas encore une question d&#233;cisive et consid&#232;re que Saito surestime parfois la centralit&#233; de la question environnementale dans la pens&#233;e marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Des diff&#233;rences avec l'&#233;cologie sociale et le &#8220;municipalisme libertaire&#8221; de Murray Bookchin&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l'ouvrage de Patrick Chastenet, Les racines libertaires de l'&#233;cologie politique (2023, L'Echapp&#233;e), j'avais trait&#233; dans un pr&#233;c&#233;dent article des th&#233;ories liant &#233;cologie et anarchisme, dont l'am&#233;ricain Murray Bookchin est un des importants repr&#233;sentants. L'&#233;cosocialisme de Michael L&#246;wy est une approche diff&#233;rente. Bookchin partage avec l'&#233;cosocialisme un m&#234;me rejet du capitalisme et du productivisme, mais s'en distingue profond&#233;ment par la mani&#232;re d'en identifier les causes et les solutions. Pour lui, l'&#233;cologie v&#233;ritable doit &#234;tre une &#233;cologie fond&#233;e sur l'autogestion, la d&#233;mocratie directe et la d&#233;centralisation, dans ce qu'il appelle le &#171; municipalisme libertaire &#187; : un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; o&#249; les communes autonomes, f&#233;d&#233;r&#233;es entre elles, g&#232;rent collectivement les affaires &#233;conomiques et &#233;cologiques. Mais L&#246;wy indique que pour Bookchin la racine de la crise &#233;cologique r&#233;side avant tout dans la hi&#233;rarchie plut&#244;t que dans les rapports capitalistes de production et que celui-ci tend ainsi &#224; effacer leur sp&#233;cificit&#233; : la logique d'accumulation et de profit qui structure la destruction &#233;cologique contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment faire face &#224; l'urgence ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'une des principales objections adress&#233;es &#224; l'&#233;cosocialisme tient &#224; l'urgence &#233;cologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Michael L&#246;wy est tout &#224; fait conscient de l'urgence. Il cite d'ailleurs de nouveau Walter Benjamin, dans l'un des fragments de Sens unique intitul&#233; &#171; Avertissement d'incendie &#187; o&#249; celui-ci &#233;voque la n&#233;cessit&#233; d'un renversement r&#233;volutionnaire avant que les forces productives, sous la direction du capital, n'aient conduit l'humanit&#233; &#224; sa perte : si la bourgeoisie n'est pas renvers&#233;e par le prol&#233;tariat &#171; avant un moment presque calculable de l'&#233;volution technique et scientifique &#187;, &#233;crit-il, &#171; tout est perdu. Il faut couper la m&#232;che qui br&#251;le avant que l'&#233;tincelle n'atteigne la dynamite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objection repose plut&#244;t sur l'id&#233;e que nous n'aurions pas le temps d'attendre l'av&#232;nement d'un nouveau mode de production, et qu'il faudrait donc agir ici et maintenant, dans le cadre du capitalisme. Mais pr&#233;cis&#233;ment : les &#233;cosocialistes ne sont pas dans l'attente passive d'un futur id&#233;al. Ils se mobilisent d&#232;s aujourd'hui pour enrayer la dynamique destructrice du syst&#232;me. &#8220;Toute victoire partielle&#8221;, tout ralentissement du d&#233;sastre, est d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233; par elles et eux comme hautement positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les &#233;cosocialistes refusent toutefois, c'est l'illusion d'un &#171; capitalisme soutenable &#187;. Des programmes comme le Green New Deal peuvent jouer un r&#244;le positif en ouvrant des br&#232;ches, mais ils ne constituent pas une fin en soi : ils ne sont qu'un &#8220;moment dans un processus de contestation antisyst&#233;mique&#8221;, appel&#233; &#224; se radicaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cosocialisme n'est donc pas seulement un projet d'avenir mais aussi une pratique politique, organis&#233;e autour d'objectifs concrets et imm&#233;diats. Ne pas croire &#224; la possibilit&#233; d'&#171; &#233;cologiser &#187; le capitalisme ne revient pas &#224; renoncer aux luttes ici et maintenant ; cela signifie plut&#244;t les inscrire dans une perspective de transformation structurelle. Certaines revendications imm&#233;diates constituent ainsi des points de convergence entre mouvements sociaux et &#233;cologistes : la promotion des transports publics bon march&#233; ou gratuits (trains, m&#233;tros, bus, tramways), la d&#233;fense des syst&#232;mes de sant&#233; publics, la r&#233;duction du temps de travail. S'il ne faut pas se bercer d'illusions sur un hypoth&#233;tique &#171; capitalisme propre &#187;, il est n&#233;anmoins n&#233;cessaire de gagner du temps et d'imposer des mesures &#233;l&#233;mentaires : un moratoire sur les OGM, une r&#233;duction drastique des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, une r&#233;gulation stricte de la p&#234;che industrielle et des pesticides, une taxe sur les v&#233;hicules polluants, le d&#233;veloppement massif du transport ferroviaire, le remplacement progressif des camions par les trains. C'est la logique de ce que les marxistes appellent un &#8220;programme de transition&#8221; : chaque victoire partielle ouvre la voie &#224; une revendication plus ambitieuse, &#8220;&#224; un objectif plus radical&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un projet de &#8220;planification &#233;cologique&#8221; et d&#233;mocratique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la logique aveugle du march&#233;, l'&#233;cosocialisme propose une planification d&#233;mocratique &#224; plusieurs &#233;chelles &#8212; locale, nationale et internationale. Il s'agit de d&#233;finir collectivement :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; quels produits doivent &#234;tre &#8220;subventionn&#233;s ou m&#234;me distribu&#233;s gratuitement&#8221;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; quelles sources d'&#233;nergie doivent &#234;tre d&#233;velopp&#233;es, m&#234;me si elles ne sont pas les plus &#171; rentables &#187; &#224; court terme ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#8220;comment r&#233;organiser le syst&#232;me des transports&#8221; selon &#8220;des crit&#232;res sociaux et &#233;cologiques&#8221; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; quelles mesures mettre en &#339;uvre pour r&#233;parer, le plus rapidement possible, les d&#233;g&#226;ts environnementaux accumul&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste belge Ernest Mandel, cit&#233; par L&#246;wy, donnait une d&#233;finition &#233;clairante de cette forme de planification : &#171; une &#233;conomie planifi&#233;e signifie (&#8230;) pour les ressources relativement rares de la soci&#233;t&#233;, qu'elles ne soient pas r&#233;parties aveugl&#233;ment (&#171; &#224; l'insu du producteur consommateur &#187;) par l'action de la loi de la valeur, mais qu'elles soient consciemment attribu&#233;es selon des priorit&#233;s &#233;tablies au pr&#233;alable. Dans une &#233;conomie de transition o&#249; la d&#233;mocratie socialiste r&#232;gne, l'ensemble des travailleurs d&#233;termine d&#233;mocratiquement le choix de ces priorit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#8220;planification d&#233;mocratique&#8221;, combin&#233;e &#224; une r&#233;duction massive du temps de travail, repr&#233;senterait une avanc&#233;e majeure vers ce que Marx appelait &#171; le royaume de la libert&#233; &#187;. Le temps libre n'est pas seulement une conqu&#234;te individuelle : il constitue la condition d'une v&#233;ritable participation des travailleurs &#224; la gestion d&#233;mocratique de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;conomie socialiste planifi&#233;e, la production de biens et de services ne serait plus guid&#233;e par la recherche du profit, mais par le seul crit&#232;re de la valeur d'usage (l'utilit&#233; ou la fonction pratique d'un objet pour satisfaire un besoin humain). Il ne s'agit pas pour autant de planifier chaque d&#233;tail de la vie &#233;conomique comme par exemple l'administration des petits commerces, boulangeries ou artisans, ni celle des services de proximit&#233;. En effet, comme le soulignait Andr&#233; Gorz, la planification doit se limiter &#224; la &#171; sph&#232;re de la n&#233;cessit&#233; &#187;, celle &#8220;des besoins socialis&#233;s&#8221; (&#233;nergie, transport, logement, sant&#233;, alimentation de base etc.). Cette sph&#232;re, appel&#233;e &#224; se r&#233;duire, doit permettre l'&#233;largissement maximal de la &#171; sph&#232;re de la libert&#233; &#187; &#8212; celle des activit&#233;s autonomes, cr&#233;atives, qui ont leur fin en elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Socialiser les entreprises ne suffira pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour Micha&#235;l L&#246;wy la transformation socialiste ne saurait se r&#233;duire &#224; une &#8220;simple&#8221; socialisation de la propri&#233;t&#233; (m&#234;me s'il s'agit d&#233;j&#224; d'un sacr&#233; chantier). Il fait le parall&#232;le avec les remarques de Marx sur la Commune de Paris o&#249; celui-ci soulignait d&#233;j&#224; que les travailleurs ne peuvent pas s'emparer de l'appareil d'&#201;tat capitaliste et le faire fonctionner &#224; leur service, mais doivent le briser et le remplacer par un autre, d'une nature totalement diff&#233;rente. Pour Michael L&#246;wy, ces consid&#233;rations valent aussi pour l'appareil productif. Celui-ci n'est pas neutre : par sa structure m&#234;me, il est con&#231;u pour servir les exigences du capital, de la rentabilit&#233; et de l'expansion illimit&#233;e du march&#233;. Une transformation &#233;cosocialiste ne peut donc pas se limiter &#224; changer les rapports de propri&#233;t&#233; sans transformer en profondeur les forces productives elles-m&#234;mes. Dans certains cas, il s'agira m&#234;me de &#171; briser &#187; certaines branches de la production &#8212; celles dont la logique est incompatible avec la soutenabilit&#233; &#233;cologique et les besoins sociaux fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Michael L&#246;wy, il appara&#238;t d&#233;sormais &#233;vident qu'une transition socialiste authentique doit transformer non seulement les relations de production, mais aussi &#8220;les forces productives&#8221;, &#8220;les mod&#232;les de consommation, les syst&#232;mes de transport, et, en derni&#232;re analyse&#8221; l'ensemble de &#8220;la civilisation capitaliste&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cosocialisme n'est donc pas une simple r&#233;organisation de la propri&#233;t&#233; ou de la redistribution : il implique une r&#233;volution du mode de vie. Transformer l'&#233;conomie sans transformer les besoins, les rythmes de production, les formes d'habitat et de mobilit&#233; reviendrait &#224; reproduire la logique destructrice du capital. L'&#233;cosocialisme vise au contraire une nouvelle forme de civilisation, fond&#233;e sur la sobri&#233;t&#233;, la coop&#233;ration et la valeur d'usage plut&#244;t que sur la marchandise et l'accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une r&#233;volution &#233;nerg&#233;tique est n&#233;cessaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Michael L&#246;wy insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;volution &#233;nerg&#233;tique. Il ne s'agit pas seulement de modifier les sources d'approvisionnement, mais de transformer en profondeur le rapport de la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;nergie. Cela implique le remplacement progressif des &#233;nergies non renouvelables &#8211; charbon, p&#233;trole, gaz et nucl&#233;aire &#8211; par des &#233;nergies &#171; douces &#187; et renouvelables, issues de l'eau, du vent et du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;nergies fossiles sont responsables de la majeure partie de la pollution plan&#233;taire et constituent la principale cause du r&#233;chauffement climatique. Rompre avec leur utilisation est donc une n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH285/b7a5e78aecd4e32c-f78ef110-d5af4.png?1781022433' width='500' height='285' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo de American Public Power Association sur Unsplash&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nergie solaire, en particulier, doit, pour le penseur franco-br&#233;silien, devenir un champ prioritaire de recherche et de d&#233;veloppement. Mais l'&#233;cosocialisme refuse de c&#233;der &#224; l'illusion d'une abondance infinie : si le vent et le soleil sont des biens in&#233;puisables, les mat&#233;riaux n&#233;cessaires &#224; leur exploitation &#8211; lithium, terres rares etc. &#8211; ne le sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi une transition &#233;nerg&#233;tique v&#233;ritable ne peut se contenter de &#171; verdir &#187; le capitalisme : elle doit impliquer une r&#233;duction de la consommation globale d'&#233;nergie, une d&#233;croissance s&#233;lective des productions inutiles ou nuisibles, et une r&#233;organisation des besoins sociaux. Ces mesures sont inimaginables dans le cadre du capitalisme, dont la logique repose sur la croissance illimit&#233;e, la comp&#233;tition et la rentabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nucl&#233;aire : une fausse solution ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour remplacer les &#233;nergies fossiles, beaucoup d'&#233;cologistes consid&#232;rent le nucl&#233;aire comme un moindre mal. C'est par exemple le cas de quelqu'un comme l'ing&#233;nieur Jean-Marc Jancovici. Michael L&#246;wy ne partage pas cet optimisme concernant cette source d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH329/b6ce276c3703e28b-fec7a121-b5e9c.png?1781022434' width='500' height='329' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo de Fr&#233;d&#233;ric Paulussen sur Unsplash&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Apr&#232;s la catastrophe de Tchernobyl, le lobby nucl&#233;aire occidental&#8221; avait cru trouver une parade commode : si un tel d&#233;sastre s'&#233;tait produit, affirmait-on, c'&#233;tait &#224; cause de la gestion bureaucratique et incomp&#233;tente propre au syst&#232;me sovi&#233;tique &#8211; c'est d'ailleurs un peu le parti pris de la s&#233;rie britannique &#224; succ&#232;s Chernobyl. L'argument a longtemps servi &#224; d&#233;douaner les grandes puissances industrielles occidentales de toute remise en cause de leur mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique. Mais que reste-t-il de cette justification depuis Fukushima, o&#249; c'est &#8220;le fleuron de l'industrie priv&#233;e japonaise&#8221; qui a &#233;t&#233; frapp&#233; ? Pour L&#246;wy : &#8220;l'ins&#233;curit&#233; est inh&#233;rente &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire&#8221;. Les accidents ne sont pas des anomalies, mais des &#233;ventualit&#233;s statistiques in&#233;vitables. Il &#233;crit : &#8220;Pour paraphraser Jean Jaur&#232;s, on pourrait dire que le nucl&#233;aire porte en lui la catastrophe comme la nu&#233;e porte l'orage&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il note &#233;galement que &#8220;le mouvement ouvrier traditionnel en Europe (&#8230;) reste encore profond&#233;ment marqu&#233; par l'id&#233;ologie&#8221; productiviste du XXe si&#232;cle. Nombre de ses repr&#233;sentants continuent de d&#233;fendre des secteurs industriels destructeurs, de l'automobile &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire, au nom de la croissance et de l'emploi. Le seul moyen de convaincre ces secteurs est d'assurer les travailleurs et travailleuses d'une vraie garantie &#224; l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;velopper massivement les transports en commun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour Micha&#235;l L&#246;wy, il faut une refonte profonde des modes de transport, notamment le remplacement progressif du transport routier par le rail (l&#224; aussi dans un cadre de garantie du plein emploi, afin d'&#233;viter que la transition &#233;cologique ne se fasse au d&#233;triment des travailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53765 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH288/3789b3d7e2e14f7c-74f911f7-a3443.png?1781022434' width='500' height='288' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo de Connor Wang sur Unsplash&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voiture individuelle, reconna&#238;t L&#246;wy, &#8220;r&#233;pond &#224; un besoin r&#233;el&#8221;. Mais dans une soci&#233;t&#233; &#8220;fond&#233;e sur l'abondance de transports publics gratuits,&#8221; efficaces et accessibles, son r&#244;le se r&#233;duirait consid&#233;rablement. Ce qui, aujourd'hui, est devenu un &#8220;f&#233;tiche marchand&#8221; &#8211; &#8220;un signe de prestige&#8221; et d'appartenance sociale &#8211; redeviendrait un simple outil au service de besoins concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voitures &#233;lectriques ne constituent pas une solution miracle. Certes, elles &#8220;sont moins polluantes&#8221; que les v&#233;hicules thermiques et &#8220;&#233;mettent moins de CO&#8322;&#8221;, mais l'&#233;lectricit&#233; qu'elles consomment reste, dans la majorit&#233; des pays, produite &#224; partir d'&#233;nergies fossiles. L'am&#233;lioration apparente des bilans carbone est ainsi compens&#233;e par une augmentation des &#233;missions globales dues &#224; la production &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duire drastiquement les &#233;missions implique donc une diminution importante du nombre de voitures priv&#233;es, au profit de moyens de transport collectifs et non polluants : &#8220;transports publics gratuits, zones pi&#233;tonnes, voies cyclables&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutter contre la publicit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment distinguer les &#8220;besoins authentiques&#8221; des besoins artificiels ? Pour Micha&#235;l L&#246;wy, la publicit&#233; est l'un des m&#233;canismes centraux du capitalisme, charg&#233;e de brouiller cette distinction. &#8220;Pi&#232;ce indispensable au fonctionnement du march&#233;&#8221;, elle ne se contente pas de promouvoir des produits : elle fa&#231;onne les d&#233;sirs, fabrique les manques et entretient une frustration permanente chez les consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53766 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH294/103ae6e490e18638-1484d89f-cd5f2.png?1781022435' width='500' height='294' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Photo de Eleni Afiontzi sur Unsplash&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; de transition vers le socialisme, explique L&#246;wy, la publicit&#233; serait &#8220;vou&#233;e &#224; dispara&#238;tre&#8221;, remplac&#233;e par une information transparente diffus&#233;e par des associations de consommateurs. Le crit&#232;re propos&#233; &#8220;pour distinguer un besoin r&#233;el d'un besoin artificiel&#8221; est simple : seul le besoin qui persiste apr&#232;s la suppression de la publicit&#233; peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme authentique. Loin d'exprimer une &#171; nature humaine &#187; immuable, le d&#233;sir d'accumulation infinie de biens et de produits est le produit historique de &#8220;l'id&#233;ologie bourgeoise&#8221; et de la publicit&#233; de masse. L&#246;wy rappelle &#224; ce titre la c&#233;l&#232;bre phrase du PDG de TF1 : &#171; Notre objectif, c'est de vendre &#224; Coca-Cola du temps de cerveau disponible des spectateurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La publicit&#233; constitue en outre un gaspillage colossal de ressources mat&#233;rielles et &#233;nerg&#233;tiques. En France, elle repr&#233;sente &#8220;plusieurs dizaines de milliards d'euros&#8221; de d&#233;penses annuelles, autant d'investissements d&#233;tourn&#233;s des besoins sociaux et &#233;cologiques r&#233;els. Dans cette perspective, toute initiative visant &#224; limiter &#8220;l'agression publicitaire&#8221; est &#8220;un devoir &#233;cologique&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Sud global en avance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour Micha&#235;l L&#246;wy, les peuples du Sud global, qui sont les premi&#232;res victimes du r&#233;chauffement global alors qu'ils en sont les moins responsables, montrent la direction. Les luttes indig&#232;nes et paysannes y incarnent d&#233;j&#224;, dans les faits, ce que l'&#233;cosocialisme propose en th&#233;orie &#8212; une r&#233;sistance collective au capitalisme destructeur, enracin&#233;e dans la d&#233;fense des biens communs et dans des formes de vie communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La militante hondurienne Berta C&#225;ceres, fondatrice du Conseil citoyen des organisations populaires et indig&#232;nes du Honduras (COPINH), symbolise cette convergence entre &#233;cologie, anticapitalisme et autonomie des peuples. &#192; seulement vingt ans, elle m&#232;ne la lutte contre les m&#233;gaprojets hydro&#233;lectriques des multinationales qui privent les communaut&#233;s de leur eau. Son assassinat, en avril 2016, par des sicaires au service des capitaliste, illustre la violence du syst&#232;me qu'elle combattait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53767 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH372/b4b971102949f783-4bf1e476-f99b9.png?1781022435' width='500' height='372' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Luis Alfredo Romero, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres exemples marquent cette avant-garde du Sud. Lors du Forum social mondial de Porto Alegre en 2001, des militants du Mouvement des Sans Terre (MST) br&#233;silien, aux c&#244;t&#233;s de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne de Jos&#233; Bov&#233;, arrachent une plantation de ma&#239;s transg&#233;nique de Monsanto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#246;wy cite &#233;galement Chico Mendes, figure mythique du syndicalisme amazonien, qui invente avec ses camarades seringueiros (les ouvriers et paysans de l'Amazonie qui r&#233;coltent le latex des arbres &#224; caoutchouc) une forme de lutte non violente in&#233;dite : les &#171; empates &#187;, blocages humains opposant des familles enti&#232;res, mains nues, aux bulldozers des compagnies foresti&#232;res. Ces r&#233;sistances populaires, souvent victorieuses, prouvent qu'un courage collectif peut enrayer, m&#234;me temporairement, la logique du profit. Mendes obtiendra d'importantes conqu&#234;tes sociales et &#233;cologiques, avant d'&#234;tre assassin&#233; en 1988 par les tueurs &#224; gage des propri&#233;taires terriens. La d&#233;forestation de l'Amazonie, financ&#233;e par des banques internationales, illustre la violence n&#233;ocoloniale du capitalisme global.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH313/b380d800ae5bbe39-d81507c1-61ae4.png?1781022436' width='500' height='313' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chico Mendes avec sa femme Ilsamar chez eux &#224; Xapuri en 1988. Cr&#233;dit : Miranda Smith, Miranda Productions, Inc., CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes rejoignent la conception de Joel Kovel, un des fondateurs de l'&#233;cosocialisme, pour qui celui-ci est &#8220;pr&#233;figuratif&#8221;, c'est-&#224;-dire enracin&#233; dans les pratiques de communaut&#233;s d&#233;j&#224; en r&#233;sistance, comme les bases indig&#232;nes zapatistes du Chiapas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'appuyant sur Max Weber, L&#246;wy souligne que dans de nombreuses cultures orientales ou am&#233;rindiennes, la nature n'est pas per&#231;ue comme une m&#233;canique inerte, mais comme un &#171; jardin enchant&#233; &#187;, un monde vivant, porteur de sens et de lien. Une conception diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; celle de la civilisation bourgeoise occidentale, qui r&#233;duit le monde naturel &#224; un simple gisement de ressources ou &#224; un d&#233;potoir. Ces r&#233;sistances du Sud montrent que l'&#233;cosocialisme est d&#233;j&#224; en germe dans les pratiques concr&#232;tes de peuples qui, en d&#233;fendant leur territoire, d&#233;fendent l'humanit&#233; tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_53769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH347/b69cbf602a90cc78-fecd886d-cf7cc.png?1781022436' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un membre de l'EZLN cagoul&#233; jouant du Guitarr&#243;n (Chiapas). Cr&#233;dit : Jose Villa at VillaPhotography, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia &lt;i&gt;Commons&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage de Micha&#235;l L&#246;wy permet de comprendre que l'&#233;cologie et le socialisme ne peuvent &#234;tre dissoci&#233;s si l'on veut affronter la crise &#233;cologique. Les partis &#171; verts &#187; fa&#231;on Tondelier et les r&#233;formettes qu'ils proposent ne suffisent pas : ils ne remettent pas en cause la logique de profit, d'accumulation et de croissance illimit&#233;e, qui est au c&#339;ur &#224; la fois du capitalisme et de la destruction &#233;cologique. L&#246;wy met en &#233;vidence la n&#233;cessit&#233; d'un &#233;cosocialisme, articulant la prise d&#233;mocratique de la production, afin de r&#233;pondre aux besoins sociaux r&#233;els plut&#244;t qu'aux logiques de march&#233;, la planification &#233;cologique et d&#233;mocratique, aux niveaux local, national et international, la r&#233;organisation des modes de vie et des transports, la r&#233;duction du temps de travail, la mobilisation des luttes sociales et &#233;cologiques, &#224; travers des projets concrets et des victoires partielles, tout en construisant un horizon radicalement alternatif. L'&#233;cosocialisme rompt donc tout autant avec le marxisme productiviste du XXe si&#232;cle, le &#171; socialisme r&#233;el &#187; sovi&#233;tique qu'avec le capitalisme vert, pour proposer un changement de civilisation. Les luttes concr&#232;tes du Sud global &#8212; les r&#233;sistances des peuples indig&#232;nes, des communaut&#233;s paysannes et des syndicalistes amazoniens &#8212; incarnent d&#233;j&#224; cette vision. Elles montrent que la pratique de l'&#233;cologie populaire pr&#233;c&#232;de souvent la th&#233;orie, et qu'une alternative &#233;cosocialiste n'est pas seulement d&#233;sirable mais possible.&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manifeste pour une r&#233;volution &#233;cosocialiste &#8211; Rompre avec la croissance capitaliste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Manifeste-pour-une-revolution-ecosocialiste-Rompre-avec-la-croissance-67901</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Manifeste-pour-une-revolution-ecosocialiste-Rompre-avec-la-croissance-67901</guid>
		<dc:date>2025-10-21T14:56:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>06_01 - diaporama nombre illimit&#233; d'articles</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2025-10-21</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chers/ch&#232;res camarades, &lt;br class='autobr' /&gt;
Suite au dernier congr&#232;s mondial et &#224; l'approbation du Manifeste, le Bureau de la Quatri&#232;me internatinale souhaite centraliser et d&#233;velopper la campagne afin de faire conna&#238;tre largement ce texte en dehors de nos cercles militants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ce faire nous allons d&#233;velopper une campagne sous diff&#233;rents axes : &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons publier un article sur les sites de la IV reprenant les liens vers les diff&#233;rentes &#233;ditions papier qui existent actuellement. Nous savons qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-10-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-10-21&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/poing_ecolo-01e5c.png?1781035283' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chers/ch&#232;res camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite au dernier congr&#232;s mondial et &#224; l'approbation du Manifeste, le Bureau de la Quatri&#232;me internatinale souhaite centraliser et d&#233;velopper la campagne afin de faire conna&#238;tre largement ce texte en dehors de nos cercles militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire nous allons d&#233;velopper une campagne sous diff&#233;rents axes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons publier un article sur les sites de la IV reprenant les liens vers les diff&#233;rentes &#233;ditions papier qui existent actuellement. Nous savons qu'il existe d&#233;j&#224; des &#233;ditions en : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; portugais (Boi Tempo, Br&#233;sil &lt;a href=&#034;https://www.boitempoeditorial.com.br/produto/manifesto-por-uma-revolucao-ecossocialista-153126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.boitempoeditorial.com.br/produto/manifesto-por-uma-revolucao-ecossocialista-153126&lt;/a&gt;), &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; fran&#231;ais (La Br&#232;che, France &lt;a href=&#034;https://la-breche.com/product/21671&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://la-breche.com/product/21671&lt;/a&gt;), &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; n&#233;erlandais (Ernest Mandel Fonds, Belgique &lt;a href=&#034;https://www.ernestmandelfonds.org/onze_publicaties.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ernestmandelfonds.org/onze_publicaties.html&lt;/a&gt;), &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; castillan (Textos de Combate, &#201;tat espagnol &lt;a href=&#034;https://www.anticapitalistas.org/wp-content/uploads/2025/06/TC-ManifiestoRevolucionEcosocialista.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.anticapitalistas.org/wp-content/uploads/2025/06/TC-ManifiestoRevolucionEcosocialista.pdf&lt;/a&gt;), &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; anglais (IIRE/Resistance Book &lt;a href=&#034;https://resistancebooks.org/product/manifesto-for-an-ecosocialist-revolution/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://resistancebooks.org/product/manifesto-for-an-ecosocialist-revolution/&lt;/a&gt; ; Rupture - Irlande &lt;a href=&#034;https://rupture.ie/store/manifesto-for-an-ecosocialist-revolution-pamphlet&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rupture.ie/store/manifesto-for-an-ecosocialist-revolution-pamphlet&lt;/a&gt;)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons entendu parler d'&#233;ditions en grec, en japonais, en ourdou...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PTAG republie dans le cadre de cette campagne, une nouvelle fois, ce manifeste !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Adopt&#233; lors du 18e Congr&#232;s Mondial de la Quatri&#232;me Internationale- 2025&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce Manifeste est un document de la Quatri&#232;me Internationale, fond&#233;e en 1938 par L&#233;on Trotsky et ses camarades pour sauver l'h&#233;ritage de la R&#233;volution d'Octobre du d&#233;sastre stalinien. Refusant un dogmatisme st&#233;rile, la IVe Internationale a int&#233;gr&#233; dans sa r&#233;flexion et sa pratique les d&#233;fis des mouvements sociaux et de la crise &#233;cologique. Ses forces sont limit&#233;es, mais elles sont pr&#233;sentes sur tous les continents et ont activement contribu&#233; &#224; la r&#233;sistance au nazisme, &#224; Mai 68 en France, &#224; la solidarit&#233; avec les luttes anticoloniales (Alg&#233;rie, Vietnam), &#224; l'essor du mouvement altermondialiste et au d&#233;veloppement de l'&#233;cosocialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La IVe Internationale ne se consid&#232;re pas comme la seule avant-garde ; elle participe, dans la mesure de ses forces, &#224; de larges formations anticapitalistes. Son objectif est de contribuer &#224; la formation d'une nouvelle Internationale, &#224; caract&#232;re de masse, dont elle serait l'une des composantes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;poque est celle d'une double crise historique : la crise de l'alternative socialiste face &#224; la crise multiforme de la &#8220;civilisation&#8221; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la IVe Internationale publie ce Manifeste en 2025, c'est parce que nous sommes convaincu&#183;es que le processus de r&#233;volution &#233;cosocialiste &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles territoriales, mais &#224; dimension plan&#233;taire, est plus que jamais n&#233;cessaire : il s'agit d&#233;sormais non seulement de mettre fin aux r&#233;gressions sociales et d&#233;mocratiques qui accompagnent l'expansion capitaliste mondiale, mais aussi de sauver l'humanit&#233; d'une catastrophe &#233;cologique sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire humaine. Ces deux objectifs sont inextricablement li&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le projet socialiste qui est &#224; la base de nos propositions n&#233;cessite une large refondation nourrie par l'&#233;valuation pluraliste des exp&#233;riences et par les grands mouvements de lutte contre toutes les formes de domination et d'oppression (classe, genre, communaut&#233;s nationales domin&#233;es, etc.). Le socialisme que nous proposons est radicalement diff&#233;rent des mod&#232;les qui ont domin&#233; le si&#232;cle dernier ou de tout r&#233;gime &#233;tatiste ou dictatorial : c'est un projet r&#233;volutionnaire, radicalement d&#233;mocratique, nourri par l'apport des luttes f&#233;ministes, &#233;cologiques, antiracistes, anticolonialistes, antimilitaristes et LGBTI+.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous utilisons le terme d'&#233;cosocialisme depuis quelques d&#233;cennies, car nous sommes convaincu&#183;es que les menaces et les d&#233;fis globaux pos&#233;s par la crise &#233;cologique doivent impr&#233;gner toutes les luttes au sein de / contre l'ordre globalis&#233; existant et n&#233;cessitent une reformulation du projet socialiste. La relation avec notre plan&#232;te, le d&#233;passement de la &#171; fracture m&#233;tabolique &#187; (Marx) entre les soci&#233;t&#233;s humaines et leur milieu de vie, le respect des &#233;quilibres &#233;cologiques ne sont pas seulement des chapitres de notre programme et de notre strat&#233;gie, mais leur fil conducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; d'actualiser les analyses du marxisme r&#233;volutionnaire a toujours inspir&#233; l'action et la pens&#233;e de la Quatri&#232;me Internationale. Nous poursuivons cette d&#233;marche dans notre travail de r&#233;daction de ce Manifeste &#233;cosocialiste : nous voulons contribuer &#224; la formulation d'une perspective r&#233;volutionnaire capable d'affronter les d&#233;fis du 21e si&#232;cle. Une perspective qui s'inspire des luttes sociales et &#233;cologiques, et des r&#233;flexions critiques authentiquement anticapitalistes qui se d&#233;veloppent dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La n&#233;cessit&#233; objective d'une r&#233;volution &#233;cosocialiste, antiraciste, antimilitariste, anti-imp&#233;rialiste, anticolonialiste et f&#233;ministe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Partout dans le monde, les forces d'extr&#234;me droite, autoritaires et semi-fascistes se renforcent et gagnent en influence. L'absence d'alternative &#224; la crise du capitalisme tardif cr&#233;e le d&#233;sespoir qui favorise la misogynie, le racisme, la queerphobie, le d&#233;ni du changement climatique et les id&#233;es r&#233;actionnaires en g&#233;n&#233;ral. Effray&#233;s parce que la crise &#233;cologique met objectivement en accusation l'accumulation pour le profit, des milliardaires se tournent vers une nouvelle extr&#234;me droite (allant des populistes de droite aux n&#233;ofascistes) offrant ses services pour sauver le syst&#232;me par le mensonge et la d&#233;magogie sociale. Politiciens autoritaires et oligarques unissent leurs forces en d&#233;fense du capital. Ciblant &#224; la fois la protection de l'environnement et les programmes sociaux, ils m&#232;nent une guerre contre les travailleurs et les pauvres, tout en pr&#233;tendant les repr&#233;senter contre l'establishment lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital triomphe, mais son triomphe le plonge dans les contradictions insurmontables mises en &#233;vidence par Marx. En 1915, Rosa Luxemburg lan&#231;ait un avertissement : &#171; Socialisme ou barbarie &#187;. Cent dix ann&#233;es plus tard, sonner l'alarme est plus urgent que jamais, car la catastrophe qui se d&#233;veloppe est sans pr&#233;c&#233;dent. Aux fl&#233;aux de la guerre, du colonialisme, de l'exploitation, du racisme, de l'autoritarisme, des oppressions de toutes sortes, s'ajoute en effet un nouveau fl&#233;au, qui les exacerbe tous : la destruction acc&#233;l&#233;r&#233;e par le capital de l'environnement naturel dont d&#233;pend la survie de l'humanit&#233;. L'&#233;lection de Trump en 2024 aggrave consid&#233;rablement ce processus destructif. En se retirant des Accords de Paris, en encourageant l'exploitation illimit&#233;e des &#233;nergies fossiles (&#8220;drill, baby, drill&#8221;), en d&#233;mantelant tous les r&#232;glements environnementaux aux USA, Donald Trump acc&#233;l&#232;re la course plan&#233;taire vers l'ab&#238;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les scientifiques identifient neuf indicateurs mondiaux de soutenabilit&#233; &#233;cologique. Les limites du danger sont estim&#233;es pour sept d'entre eux. En raison de la logique capitaliste d'accumulation, six de ces limites sont d&#233;j&#224; franchies : (climat, int&#233;grit&#233; des &#233;cosyst&#232;mes, cycles de l'azote et du phosphore, eaux douces souterraines et de surface, changement d'affectation des sols, pollution par de nouvelles entit&#233;s chimiques). Les pauvres sont les principales victimes de ces destructions, surtout dans les pays pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le fouet de la concurrence, la grande industrie et la finance renforcent leur emprise despotique sur les humains et la Terre. La destruction se poursuit, malgr&#233; les cris d'alarme de la science. La soif de profit, tel un automate, exige toujours plus de march&#233;s et toujours plus de marchandises, donc plus d'exploitation de la force de travail et de pillage des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital l&#233;gal, le capital dit criminel et la politique bourgeoise sont &#233;troitement li&#233;s. La Terre est achet&#233;e &#224; cr&#233;dit par les banques, les multinationales et les riches. Les gouvernements &#233;tranglent de plus en plus les droits humains et d&#233;mocratiques par la r&#233;pression brutale et le contr&#244;le technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes causes sont &#224; la base des in&#233;galit&#233;s sociales et de la d&#233;gradation de l'environnement. C'est peu dire que les limites de la soutenabilit&#233; sont franchies &#233;galement au niveau social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme implique la p&#233;nurie pour des milliards de personnes et l'enrichissement sans limite pour une infime minorit&#233;. D'un c&#244;t&#233;, le manque d'emplois, de salaires, de logements et de services publics alimente l'id&#233;e r&#233;actionnaire qu'il n'y a pas assez de ressources pour satisfaire les besoins de toutes et tous. De l'autre c&#244;t&#233;, avec leurs yachts, leurs jets, leurs piscines, leurs immenses terrains de golf particuliers, leurs nombreux SUV, leur tourisme spatial, leurs bijoux, leur haute couture et leurs r&#233;sidences luxueuses aux quatre coins du monde, les 1 % les plus riches poss&#232;dent autant que 50 % de la population mondiale. La &#8220;th&#233;orie du ruissellement&#8221; est un mythe. C'est vers les riches que la richesse &#8220;ruisselle&#8221;, pas l'inverse. La pauvret&#233; augmente, m&#234;me dans les pays dits &#8220;d&#233;velopp&#233;s&#8221;. Les revenus du travail sont comprim&#233;s sans piti&#233;, les protections sociales &#8211; quand elles existent &#8211; sont d&#233;mantel&#233;es. L'&#233;conomie capitaliste mondiale flotte sur un oc&#233;an de dettes, d'exploitation et d'in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein des classes populaires, les populations les plus vuln&#233;rables et les groupes racis&#233;s sont frapp&#233;s plus durement. Des communaut&#233;s ethniques et raciales sont plac&#233;es d&#233;lib&#233;r&#233;ment dans des zones contamin&#233;es par des d&#233;chets souvent toxiques et dangereux, plus pollu&#233;es, ainsi que dans des zones &#224; haut risque, d&#233;pourvues de planification urbaine (pentes des collines, par exemple). Victimes de racisme environnemental, ces populations sont de plus exclues syst&#233;matiquement de la conception et de la mise en &#339;uvre des politiques environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assigner aux femmes le devoir de s'occuper des autres permet au capital de b&#233;n&#233;ficier d'une reproduction sociale &#224; moindre co&#251;t et favorise la mise en &#339;uvre de politiques d'aust&#233;rit&#233; brutales dans les services publics. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les in&#233;galit&#233;s et les discriminations touchent particuli&#232;rement les femmes. Elles ne per&#231;oivent que 35 % des revenus du travail. Dans certaines r&#233;gions du monde (Chine, Russie, Asie centrale), leur part diminue, parfois de mani&#232;re significative. Les femmes rurales assurent 55 &#224; 77 % du travail, mais ne poss&#232;dent que 9 % des terres, et ont peu acc&#232;s aux ressources, aux cr&#233;dits et aux politiques publiques. Au-del&#224; du travail, les femmes sont attaqu&#233;es sur tous les fronts en tant que femmes, par la violence sexiste et sexuelle &#8211; f&#233;minicides, viols, harc&#232;lement sexuel, traite &#224; des fins sexuelles et de travail &#8211; et dans leurs droits &#224; l'alimentation, &#224; l'&#233;ducation, leur droit d'&#234;tre respect&#233;es et de disposer de leur propre corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes LGBTI+, et particuli&#232;rement transgenres, sont la cible d'une offensive r&#233;actionnaire mondiale qui aggrave leur pr&#233;carit&#233; et les discriminations, compromet leur acc&#232;s &#224; la sant&#233;, et par cons&#233;quent aussi la sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes handicap&#233;es sont mises au rebut par le capital parce qu'elles ne peuvent pas travailler pour le profit, ou parce que leur travail n&#233;cessite des am&#233;nagements r&#233;duisant les profits. Certaines sont victimes de st&#233;rilisation forc&#233;e. Le spectre de l'eug&#233;nisme refait surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes &#226;g&#233;es des classes populaires sont mises au rebut aussi, et la vie des g&#233;n&#233;rations futures est mutil&#233;e &#224; l'avance. La plupart des parents des classes populaires ne croient plus que leurs enfants vivront mieux qu'elles et eux. Un nombre croissant de jeunes observent avec effroi, rage et tristesse la destruction programm&#233;e de leur monde, viol&#233;, &#233;ventr&#233;, noy&#233; dans le b&#233;ton, englouti dans les eaux froides du calcul &#233;go&#239;ste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fl&#233;aux de la famine, de l'ins&#233;curit&#233; alimentaire et de la malnutrition avaient recul&#233; &#224; la fin du 20e si&#232;cle ; la convergence catastrophique du n&#233;olib&#233;ralisme, du militarisme et du changement climatique les fait resurgir : pr&#232;s d'une personne sur dix a faim, pr&#232;s d'une sur trois souffre d'ins&#233;curit&#233; alimentaire, plus de trois milliards n'ont pas les moyens de se nourrir sainement. Cent cinquante millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent d'un retard de croissance d&#251; &#224; la faim. La grande majorit&#233; d'entre eux ont pour seul tort d'&#234;tre n&#233;&#183;es &#224; la p&#233;riph&#233;rie du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir d'un monde pacifique s'&#233;vanouit. Plus de 30 pays du monde sont ou ont &#233;t&#233; r&#233;cemment en proie &#224; des guerres de grande ampleur, notamment le Soudan, l'Irak, le Y&#233;men, la Palestine, la Syrie, l'Ukraine, la Libye, la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo et le Myanmar. La crise climatique elle-m&#234;me, la concurrence f&#233;roce pour les minerais (notamment les &#8220;terres rares&#8221;), les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques et les flux migratoires intenses qui en r&#233;sultent alimentent de nombreux conflits. Les souffrances, les d&#233;placements et la mort sont au rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les imp&#233;rialismes rivalisent, les mesures urgentes pour la transition climatique et un avenir soutenable sont remises en question. Outre le fait que les guerres &#233;liminent des vies humaines, s'attaquent au corps des femmes, utilisent le viol comme instrument de terreur et d&#233;shumanisent la vie collective, elles aggravent aussi la destruction des &#233;cosyst&#232;mes, provoquent la d&#233;forestation, empoisonnent les sols, les eaux et l'air, et &#233;mettent de grandes quantit&#233;s de carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre brutale de la Russie contre l'Ukraine et le nouveau degr&#233; de nettoyage ethnique perp&#233;tr&#233; &#224; Gaza et contre le peuple palestinien en g&#233;n&#233;ral sont des crimes majeurs contre l'humanit&#233;, qui confirment la nature de plus en plus barbare du capitalisme. L'agression imp&#233;rialiste russe lanc&#233;e en 2022 contre l'Ukraine a exacerb&#233; les tensions g&#233;opolitiques &#224; l'&#233;chelle mondiale. Elle confirme l'entr&#233;e dans une nouvelle &#232;re de comp&#233;tition inter-imp&#233;rialiste pour l'h&#233;g&#233;monie mondiale dans laquelle les ressources fonci&#232;res, &#233;nerg&#233;tiques et min&#233;rales constituent un enjeu important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde pourrait avoir une bonne vie sur la Terre, mais le capitalisme est un mode de pr&#233;dation exploiteur, machiste, raciste, guerrier, autoritaire et mortif&#232;re. En deux si&#232;cles, il a conduit l'humanit&#233; dans une profonde impasse &#233;cosociale. Le productivisme est un destructivisme. La surexploitation des ressources naturelles, l'extractivisme forcen&#233;, la recherche des rendements maximums &#224; court terme, la d&#233;forestation et le changement d'affectation des terres entra&#238;nent un effondrement de la biodiversit&#233;, c'est-&#224;-dire de la vie elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement climatique est l'aspect le plus dangereux de la destruction &#233;cologique, c'est une menace pour la vie humaine sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire. La Terre risque de devenir un d&#233;sert biologique inhabitable pour des milliards de pauvres qui ne sont pas responsables de ce d&#233;sastre. Pour arr&#234;ter cette catastrophe, nous devons r&#233;duire de moiti&#233; les &#233;missions mondiales de dioxyde de carbone et de m&#233;thane avant 2030, et atteindre z&#233;ro &#233;mission nette de gaz &#224; effet de serre avant 2050. Cela signifie en priorit&#233; bannir les &#233;nergies fossiles, l'agro-industrie, l'industrie de la viande et l'hyper-mobilit&#233;&#8230; et par cons&#233;quent produire moins, globalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il possible dans ce contexte de satisfaire les besoins l&#233;gitimes de trois milliards de personnes qui vivent dans des conditions &#233;pouvantables, principalement dans les pays du Sud global1 ? Oui. Le 1 % le plus riche &#233;met pr&#232;s de deux fois plus de CO2 que les 50 % les plus pauvres. Les 10 % les plus riches sont responsables de plus de 50 % des &#233;missions de CO2. Les pauvres &#233;mettent beaucoup moins que 2 &#224; 2,3 tonnes de CO2 par personne et par an (le volume moyen &#224; atteindre en 2030 pour parvenir &#224; des &#233;missions nettes nulles en 2050 avec une probabilit&#233; de 50 %). Un dollar d&#233;pens&#233; pour r&#233;pondre aux besoins des 1 % les plus riches &#233;met trente fois plus de CO2 qu'un dollar investi pour r&#233;pondre aux besoins sociaux des 50 % les plus pauvres de la population mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La satisfaction des besoins fondamentaux des classes populaires, tant dans les pays domin&#233;s que dans les pays dits &#8220;d&#233;velopp&#233;s&#8221;, n'aurait qu'une empreinte carbone modeste &#8211; surtout si elle est planifi&#233;e d&#233;mocratiquement et assum&#233;e par le secteur public. Elle serait compens&#233;e largement par la r&#233;duction radicale de l'empreinte carbone des 1 % les plus riches &#8211; ils doivent diviser leurs &#233;missions par trente en quelques ann&#233;es au Nord comme au Sud ! &#8211; et la sobri&#233;t&#233; pour tou&#183;tes. En fait, arr&#234;ter la catastrophe n&#233;cessite une soci&#233;t&#233; qui assure le bien-&#234;tre et garantit l'&#233;galit&#233; comme jamais auparavant. C'est une perspective d&#233;sirable mais le 1 % le plus riche refuse le moindre effort et veut toujours plus de privil&#232;ges !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements se sont engag&#233;s &#224; rester en dessous de +1,5&#176;C, &#224; pr&#233;server la biodiversit&#233;, &#224; atteindre un soi-disant &#8220;d&#233;veloppement durable&#8221; et &#224; respecter le principe des &#8220;responsabilit&#233;s et capacit&#233;s communes mais diff&#233;renci&#233;es&#8221; dans la crise &#233;cologique&#8230; tout en produisant toujours plus de marchandises et en utilisant toujours plus d'&#233;nergie. Il est exclu que ces promesses conjugu&#233;es soient tenues par le capital. Les faits le montrent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Trente-trois ans apr&#232;s le Sommet de la Terre de Rio (1992), le bouquet &#233;nerg&#233;tique mondial est encore enti&#232;rement domin&#233; par les combustibles fossiles (84 % en 2020). La production totale de combustibles fossiles a augment&#233; de 62 %, passant de 83 000 t&#233;rawattheures (TWh2) en 1992 &#224; 136 000 TWh en 2021. Les &#233;nergies renouvelables viennent principalement s'ajouter au syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique fossile, offrant davantage de capacit&#233;s et de nouveaux march&#233;s aux capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avec la crise &#233;nerg&#233;tique d&#233;clench&#233;e par la pand&#233;mie et aggrav&#233;e par la guerre imp&#233;rialiste russe contre l'Ukraine, toutes les puissances capitalistes ont relanc&#233; le charbon, le p&#233;trole, le gaz naturel (y compris le gaz de schiste) et l'&#233;nergie nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La promotion de l'intelligence artificielle (IA) par les compagnies de la Big Tech et les gouvernements capitalistes fait peser une nouvelle menace. Les data centers et le &#8220;crypto-mining&#8221; consomment d&#233;j&#224; pr&#232;s de 2 % de l'&#233;lectricit&#233; mondiale. Cette consommation augmentera de fa&#231;on tr&#232;s importante avec l'expansion de l'IA, qui n&#233;cessite d'&#233;normes quantit&#233;s d'&#233;nergie et d&#8216;eau. Les vies des peuples en seront affect&#233;es de nombreuses fa&#231;ons. L'utilisation capitaliste de l'IA menace des dizaines de millions d'emplois, d&#233;grade et mine la cr&#233;ation artistique et culturelle, renforce le racisme syst&#233;mique et acc&#233;l&#232;re la diffusion des mensonges de l'extr&#234;me droite. De plus, l'IA et les data centers acc&#233;l&#232;rent la fr&#233;n&#233;sie d'un capitalisme sans repos, qui accapare l'attention des gens, corrompant ainsi leur temps libre et leurs liens sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Principal responsable historique du d&#233;r&#232;glement climatique, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dispose d'&#233;normes moyens pour lutter contre la catastrophe, mais ses repr&#233;sentants politiques subordonnent criminellement cette lutte &#224; la protection de leur h&#233;g&#233;monie mondiale, quand ils ne la refusent pas tout simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Les mesures que les grands pollueurs mettent en &#339;uvre sous le label &#8220;d&#233;carbonation&#8221; ne r&#233;pondent pas &#224; l'ampleur de la crise climatique. Elles sont d&#233;ploy&#233;es sans planification d&#233;mocratique, en privil&#233;giant le profit et en ignorant les impacts potentiels sur les &#233;cosyst&#232;mes. Elles acc&#233;l&#232;rent l'extractivisme, surtout dans les pays domin&#233;s, mais aussi au Nord et dans les oc&#233;ans, au d&#233;triment des populations et des &#233;cosyst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Cette soi-disant &#8220;d&#233;carbonation&#8221; exacerbe l'accaparement imp&#233;rialiste des terres, le racisme environnemental et l'exploitation de la main-d'&#339;uvre dans le Sud, avec la complicit&#233; des bourgeoisies locales (comme l'illustrent diff&#233;rents projets d'utilisation de l'&#233;nergie solaire et &#233;olienne sur les territoires des communaut&#233;s traditionnelles, des peuples indig&#232;nes, des agriculteurs et des petits p&#234;cheurs dans les pays du Sud ainsi que dans des &#8220;zones franches&#8221;, afin de produire de &#8220;l'hydrog&#232;ne vert&#8221; pour les industries des pays d&#233;velopp&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Les &#8220;march&#233;s du carbone&#8221;, les &#8220;compensations carbone&#8221;, les &#8220;compensations biodiversit&#233;&#8221; et les &#8220;m&#233;canismes de march&#233;&#8221;, fond&#233;s sur la compr&#233;hension de la nature comme un capital, p&#232;sent sur les moins responsables, les pauvres, en particulier les populations autochtones, les populations racis&#233;es et les populations du Sud en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valables en th&#233;orie, les concepts abstraits tels que &#8220;&#233;conomie circulaire&#8221;, &#8220;r&#233;silience&#8221;, &#8220;transition &#233;nerg&#233;tique&#8221;, &#8220;biomim&#233;tisme&#8221; deviennent des formules creuses d&#232;s lors qu'ils sont mis au service du productivisme capitaliste. Sans mise en &#339;uvre d'un plan de reconversion de la production par l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, les am&#233;liorations techniques ont un effet rebond3 : ainsi, une r&#233;duction du prix de l'&#233;nergie entra&#238;ne g&#233;n&#233;ralement une augmentation de la consommation d'&#233;nergie et de mati&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite attribue le r&#233;chauffement climatique et le d&#233;clin de la biodiversit&#233; &#224; la croissance d&#233;mographique &#8220;galopante&#8221;. Elle cherche ainsi &#224; rendre les opprim&#233;&#183;es responsables des crises et de leur propre mis&#232;re, pour leur imposer des mesures de contr&#244;le de la population. En r&#233;alit&#233;, les taux de croissance d&#233;mographique &#233;lev&#233;s sont une cons&#233;quence plut&#244;t qu'une cause de la pauvret&#233;. La s&#233;curit&#233; des revenus, l'acc&#232;s &#224; la nourriture, &#224; l'&#233;ducation, aux soins de sant&#233; et au logement, l'&#233;galit&#233; des sexes et l'autonomisation des femmes, contribuent tous &#224; la transition d&#233;mographique, parce que les taux de mortalit&#233;, puis les taux de natalit&#233;, diminuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;tichisme capitaliste de l'accumulation emp&#234;che de reconna&#238;tre cette v&#233;rit&#233;. En fin de compte, face &#224; la crise climatique, il ne laissera finalement que deux options : d&#233;ployer des technologies d'apprentis sorciers (nucl&#233;aire, capture-s&#233;questration du carbone, g&#233;o-ing&#233;nierie&#8230;) ou sacrifier quelques milliards de pauvres dans les pays pauvres, en disant que &#8220;la nature&#8221; en a d&#233;cid&#233; ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, l'impuissance et l'injustice du capitalisme vert font le jeu d'un n&#233;ofascisme fossile, complotiste, imp&#233;rialiste, raciste, violemment machiste et LGBTI+phobe, que cette seconde possibilit&#233; ne rebute pas. Une fraction des riches marche vers un immense crime contre l'humanit&#233;, en pariant cyniquement que sa richesse la prot&#233;gera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme mondial ne progresse pas graduellement vers la paix et le d&#233;veloppement durable, il r&#233;gresse &#224; grands pas vers la guerre, le d&#233;sastre &#233;cologique, le g&#233;nocide et la barbarie n&#233;ofasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce d&#233;fi, il ne suffit pas de remettre en cause le r&#233;gime n&#233;olib&#233;ral et de revaloriser le r&#244;le de l'&#201;tat. Il ne suffirait m&#234;me pas d'arr&#234;ter la dynamique d'accumulation (un objectif impossible sous le capitalisme !). La consommation finale mondiale d'&#233;nergie doit diminuer radicalement &#8211; ce qui implique produire moins et transporter moins &#224; l'&#233;chelle mondiale &#8211; tout en augmentant la consommation d'&#233;nergie dans les pays les plus pauvres, pour satisfaire les besoins sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la seule solution qui permette de concilier le besoin l&#233;gitime de bien-&#234;tre pour tou&#183;tes et la r&#233;g&#233;n&#233;ration de l'&#233;cosyst&#232;me mondial. La juste suffisance et la juste d&#233;croissance &#8211; la d&#233;croissance &#233;cosocialiste &#8211; est une condition sine qua non du sauvetage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de l'impasse productiviste n'est possible qu'aux conditions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; abandonner le &#8220;technosolutionnisme&#8221;, c'est-&#224;-dire l'id&#233;e que la solution viendra des nouvelles technologies dont on pr&#233;sente la face &#233;cologique sans mesurer la consommation pr&#233;judiciable des &#233;nergies et ressources que leur production et usage induisent. Dans un souci de sagesse &#233;cologique, d&#233;cider d'utiliser les moyens dont nous disposons, ils suffisent &#224; r&#233;pondre aux besoins de tou&#183;tes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; r&#233;duire radicalement l'empreinte &#233;cologique des riches pour permettre une bonne vie pour tou&#183;tes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; mettre fin au libre march&#233; du capital (bourses, banques priv&#233;es, fonds de pension, march&#233; des cr&#233;dits carbone...) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; r&#233;guler les march&#233;s de biens et de services ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; maximiser &#224; tous les &#233;chelons de la soci&#233;t&#233; les relations directes entre producteur&#183;ices et consommateur&#183;ices, et les processus d'&#233;valuation des besoins et des ressources sous l'angle des valeurs d'usage et des priorit&#233;s &#233;cologiques et sociales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; d&#233;terminer d&#233;mocratiquement quels besoins ces valeurs d'usage doivent satisfaire et comment ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; placer au centre de cette d&#233;lib&#233;ration d&#233;mocratique la prise en charge des humains et des &#233;cosyst&#232;mes, le respect attentif du vivant et des limites &#233;cologiques ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; supprimer en cons&#233;quence les productions et les transports inutiles, refonder toute l'activit&#233; productive, sa circulation et sa consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conditions sont n&#233;cessaires, mais pas suffisantes. La crise sociale et la crise &#233;cologique ne font qu'une. Il faut reconstruire un projet &#233;mancipateur pour les exploit&#233;&#183;es et les opprim&#233;&#183;es. Un projet de classe qui, au-del&#224; des besoins fondamentaux, privil&#233;gie l'&#234;tre au lieu de l'avoir. Un projet qui modifie en profondeur les comportements, la consommation, le rapport au reste de la nature, la conception du bonheur et la vision que les humains ont du monde. Un projet anti-productiviste pour vivre mieux en prenant soin du vivant sur la seule plan&#232;te habitable du syst&#232;me solaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a d&#233;j&#224; plong&#233; l'humanit&#233; dans des situations tr&#232;s sombres. &#192; la veille du premier conflit mondial, l'hyst&#233;rie nationaliste s'est empar&#233;e des masses et la social-d&#233;mocratie, trahissant sa promesse de r&#233;pondre &#224; la guerre par la r&#233;volution, a donn&#233; le feu vert &#224; des tueries sans pr&#233;c&#233;dent. N&#233;anmoins, L&#233;nine d&#233;finissait la situation comme &#171; objectivement r&#233;volutionnaire &#187;, parce que seule la r&#233;volution pouvait arr&#234;ter le massacre. L'histoire lui a donn&#233; raison : la r&#233;volution en Russie et la crainte de son extension ont contraint les bourgeoisies &#224; mettre fin au bain de sang. La comparaison a &#233;videmment ses limites. Les m&#233;diations vers l'action r&#233;volutionnaire sont aujourd'hui infiniment plus complexes. Mais le m&#234;me sursaut des consciences est n&#233;cessaire. Face &#224; la crise &#233;cologique, une r&#233;volution anticapitaliste est encore plus n&#233;cessaire objectivement qu'il y a un si&#232;cle. C'est ce jugement fondamental qui doit servir de base &#224; l'&#233;laboration d'un programme, d'une strat&#233;gie et d'une tactique, parce qu'il n'y a pas d'autre moyen d'&#233;viter la catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le monde pour lequel nous nous battons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre projet de soci&#233;t&#233; future articule l'&#233;mancipation sociale et politique avec l'imp&#233;ratif d'arr&#234;ter la destruction de la vie et de r&#233;parer autant que possible les d&#233;g&#226;ts d&#233;j&#224; caus&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons (tenter d') imaginer ce que serait une vie bonne pour tou&#183;tes et partout en r&#233;duisant la consommation de mati&#232;re et d'&#233;nergie, et donc en r&#233;duisant la production mat&#233;rielle, en tenant compte des responsabilit&#233;s diff&#233;renti&#233;es. Il ne s'agit pas de donner un mod&#232;le tout fait, mais d'oser penser un autre monde, un monde qui donne envie de se battre pour le construire en se d&#233;barrassant du capitalisme et du productivisme.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, c'est pour le pain que nous nous battons, mais nous nous battons aussi pour les roses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une vie bonne pour tou&#183;tes exige que les besoins humains fondamentaux &#8211; alimentation saine, sant&#233;, logement, air pur et eau propre &#8211; soient satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne vie est aussi une vie choisie, &#233;panouissante et cr&#233;ative, engag&#233;e dans des relations humaines riches et &#233;galitaires, entour&#233;e de la beaut&#233; du monde et des r&#233;alisations humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre plan&#232;te dispose (encore) de suffisamment de terres arables, d'eau potable, de soleil et de vent, de biodiversit&#233; et de ressources de toutes sortes pour r&#233;pondre aux besoins humains l&#233;gitimes en renon&#231;ant aux combustibles fossiles nuisibles au climat et &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire. Cependant, certaines de ces ressources sont limit&#233;es et donc &#233;puisables, tandis que d'autres, bien qu'in&#233;puisables, n&#233;cessitent pour leur consommation humaine des mati&#232;res &#233;puisables, voire rares et dont l'extraction est &#233;cologiquement dommageable. En tout &#233;tat de cause, leur utilisation ne pouvant &#234;tre illimit&#233;e, nous les utilisons avec prudence et parcimonie, dans le respect de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indispensables &#224; notre vie, elles sont exclues de l'appropriation priv&#233;e, consid&#233;r&#233;es comme des biens communs, car elles doivent b&#233;n&#233;ficier &#224; l'ensemble de l'humanit&#233; aujourd'hui et &#224; long terme. Afin de garantir ces biens communs dans le temps, des r&#232;gles collectives d&#233;finissant les usages, mais aussi les limites de ces usages, les obligations d'entretien ou de r&#233;paration, sont &#233;labor&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'on ne soigne pas une mangrove comme une calotte glaciaire, une zone humide comme une plage de sable, une for&#234;t tropicale comme une rivi&#232;re, parce que l'&#233;nergie solaire n'ob&#233;it pas aux m&#234;mes r&#232;gles, n'impose pas les m&#234;mes contraintes mat&#233;rielles que l'&#233;olien ou l'hydraulique, l'&#233;laboration de r&#232;gles ne peut &#234;tre que le fruit d'un processus d&#233;mocratique impliquant les premier&#183;es concern&#233;&#183;es, travailleur&#183;ses et habitant&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre commun, c'est aussi l'ensemble des services qui permettent de r&#233;pondre de mani&#232;re &#233;galitaire, et donc gratuite, aux besoins d'&#233;ducation, de sant&#233;, de culture, d'acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; l'&#233;nergie, &#224; la communication, aux transports, etc. Ils sont, eux aussi, g&#233;r&#233;s et organis&#233;s d&#233;mocratiquement par l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services consacr&#233;s aux personnes et aux soins dont elles ont besoin aux diff&#233;rentes &#233;tapes de leur vie, brisent la s&#233;paration entre le public et le priv&#233;, l'assignation des femmes &#224; ces t&#226;ches en les socialisant, c'est-&#224;-dire en faisant en sorte qu'elles soient l'affaire de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Ces services de reproduction sociale sont des outils essentiels, parmi d'autres, pour lutter contre l'oppression patriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#8220;services publics&#8221; d&#233;centralis&#233;s, participatifs et communautaires constituent la base d'une organisation sociale non autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, la planification &#233;cologique d&#233;mocratique permet aux populations de se r&#233;approprier les grands choix sociaux relatifs &#224; la production, de d&#233;cider, en tant que citoyen&#183;nes et usager&#183;es, ce qu'il faut produire et comment le produire, des services qui doivent &#234;tre fournis, mais aussi des limites acceptables pour l'utilisation des ressources mat&#233;rielles telles que l'eau, l'&#233;nergie, les transports, le foncier, etc. Ces choix sont pr&#233;par&#233;s et &#233;clair&#233;s par des processus de d&#233;lib&#233;ration collective qui s'appuient sur l'appropriation des connaissances, qu'elles soient scientifiques ou issues de l'exp&#233;rience des populations, sur l'auto-organisation des opprim&#233;&#183;es (par exemple : mouvements de lib&#233;ration des femmes, peuples racis&#233;s, personnes handicap&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;mocratie &#233;conomique et politique globale s'articule avec de multiples collectifs/commissions d&#233;centralis&#233;s : ceux qui permettent de d&#233;cider au niveau local, dans la commune ou le quartier, de l'organisation de la vie publique et ceux qui permettent aux travailleur&#183;ses et aux producteur&#183;ices de contr&#244;ler la gestion et l'organisation de leur unit&#233; de travail, de d&#233;cider de la mani&#232;re de produire et donc de travailler. C'est la combinaison de ces diff&#233;rents niveaux de d&#233;mocratie qui permet la coop&#233;ration et non la concurrence, une gestion juste d'un point de vue &#233;cologique et social, &#233;panouissante d'un point de vue humain, au niveau de l'atelier, de l'entreprise, de la branche&#8230; mais aussi du quartier, de la commune, de la r&#233;gion, du pays et m&#234;me de la plan&#232;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les d&#233;cisions relatives &#224; la production et &#224; la distribution, &#224; la mani&#232;re dont nous voulons vivre, sont guid&#233;es par le principe suivant : d&#233;centraliser autant que possible, coordonner autant que n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre sa vie en main et participer &#224; des collectifs sociaux demande du temps, de l'&#233;nergie et de l'intelligence collective. Heureusement, le travail de production et de reproduction sociale n'occupe que quelques heures par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production est exclusivement consacr&#233;e &#224; la satisfaction des besoins d&#233;mocratiquement d&#233;termin&#233;s. La production et la distribution sont organis&#233;es de mani&#232;re &#224; minimiser la consommation de ressources et &#224; &#233;liminer les d&#233;chets, les pollutions et les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, elle vise en permanence la sobri&#233;t&#233; et la &#8220;durabilit&#233; programm&#233;e&#8221; (par opposition &#224; l'obsolescence programm&#233;e du capitalisme, qu'elle soit planifi&#233;e ou simplement due &#224; la logique de la course au profit). Produire au plus pr&#232;s des besoins &#224; satisfaire permet de r&#233;duire les transports et de mieux appr&#233;hender le travail, les mat&#233;riaux et l'&#233;nergie n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'agriculture est &#233;cologique, paysanne et locale afin d'assurer la souverainet&#233; alimentaire et la protection de la biodiversit&#233;. Des ateliers de transformation et des circuits de distribution permettent de produire la plupart des aliments en circuit court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur de l'&#233;nergie bas&#233; sur les sources renouvelables est aussi d&#233;centralis&#233; que possible afin de r&#233;duire les pertes et d'optimiser les sources. Les activit&#233;s li&#233;es &#224; la reproduction sociale (entre autres : sant&#233;, &#233;ducation, soins aux personnes &#226;g&#233;es ou d&#233;pendantes, garde d'enfants) sont d&#233;velopp&#233;es et renforc&#233;es, en veillant &#224; ne pas reproduire les st&#233;r&#233;otypes de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le travail occupe moins de temps, il occupe une place essentielle, car, avec la nature et en prenant soin d'elle, il produit ce qui est n&#233;cessaire &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autogestion des unit&#233;s de production combin&#233;e &#224; la planification d&#233;mocratique permet aux travailleur&#183;ses de contr&#244;ler leur activit&#233;, de d&#233;cider de l'organisation du travail et de remettre en cause la division entre travail manuel et travail intellectuel. La d&#233;lib&#233;ration s'&#233;tend au choix des technologies selon qu'elles permettent ou non au collectif de travail de ma&#238;triser le processus de production. En privil&#233;giant la connaissance concr&#232;te, pratique et r&#233;elle du processus de travail, les savoir-faire collectifs et individuels, la cr&#233;ativit&#233;, elle permet de concevoir et de produire des objets robustes, d&#233;montables et r&#233;parables, r&#233;utilisables et, le cas &#233;ch&#233;ant, recyclables, et de r&#233;duire les consommations de mati&#232;res et d'&#233;nergie &#8211; de la fabrication &#224; l'utilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les domaines, la conviction de faire quelque chose d'utile et la satisfaction de le faire bien se conjuguent. En ce qui concerne les t&#226;ches fastidieuses, chacun&#183;e veille &#224; en r&#233;duire la lourdeur et la p&#233;nibilit&#233;. Il reste cependant une part incontournable que chacun&#183;e accomplit &#224; tour de r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie de la production mat&#233;rielle, parce que le volume en est fortement r&#233;duit, peut &#234;tre d&#233;sindustrialis&#233;e (tout ou partie de l'habillement ou de l'alimentation) et les savoir-faire artisanaux, auxquels tout le monde peut &#234;tre form&#233;, sont valoris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;rer le travail de l'ali&#233;nation permet d'abolir la fronti&#232;re entre l'art et la vie dans une sorte de &#8220;communisme du luxe&#8221;. Nous pouvons garder ou partager des outils, des meubles, un v&#233;lo, des v&#234;tements&#8230; toute notre vie parce qu'ils sont ing&#233;nieusement con&#231;us et beaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre plut&#244;t qu'avoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Seul ce qui est bon pour tous est digne de vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul m&#233;rite d'&#234;tre produit ce qui ne privil&#233;gie ni n'abaisse personne. &#187; (A. Gorz).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; ne r&#233;side pas dans une consommation illimit&#233;e, mais dans une autolimitation choisie et comprise, conquise contre l'ali&#233;nation consum&#233;riste. La d&#233;lib&#233;ration collective permet de d&#233;construire les besoins artificiels, de d&#233;finir des besoins &#8220;universalisables&#8221; &#8211; c'est-&#224;-dire non r&#233;serv&#233;s &#224; certaines personnes ou &#224; certaines parties du monde &#8211; qui doivent &#234;tre satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable richesse ne r&#233;side pas dans l'augmentation infinie des biens &#8211; avoir &#8211; mais dans l'augmentation du temps libre &#8211; &#234;tre. Le temps libre ouvre la possibilit&#233; de s'&#233;panouir dans le jeu, l'&#233;tude, l'activit&#233; civique, la cr&#233;ation artistique, les relations interpersonnelles et avec le reste de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ouvrons donc la voie &#224; de nombreux travaux parce que nous avons le temps d'y r&#233;fl&#233;chir et parce que nous pouvons le faire en mettant au centre l'attention port&#233;e aux personnes et au reste de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lieux o&#249; nous vivons, chaque espace dans lequel nous nous socialisons, nous appartiennent pour construire d'autres relations sociales interpersonnelles. Lib&#233;r&#233;s de la sp&#233;culation fonci&#232;re et de la voiture, nous pouvons repenser l'usage des espaces publics, combler la s&#233;paration entre le centre et la p&#233;riph&#233;rie, multiplier les espaces r&#233;cr&#233;atifs, de rencontre et de partage, d&#233;sartificialiser les villes avec l'agriculture urbaine et le mara&#238;chage de proximit&#233;, restaurer les biotopes ins&#233;r&#233;s dans le tissu urbain&#8230; Et au-del&#224;, mettre en &#339;uvre une politique &#224; long terme visant &#224; r&#233;&#233;quilibrer les populations urbaines et rurales et &#224; d&#233;passer l'opposition entre ville et campagne afin de reconstituer des communaut&#233;s humaines vivables et durables &#224; une &#233;chelle permettant une r&#233;elle d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos d&#233;sirs et nos &#233;motions ne sont plus des choses qui s'ach&#232;tent et se vendent, l'&#233;ventail des choix est consid&#233;rablement &#233;largi pour chacun&#183;e. Chacun&#183;e peut d&#233;velopper de nouvelles fa&#231;ons d'avoir des relations sexuelles, de vivre, de travailler et d'&#233;lever des enfants ensemble, de construire des projets de vie de mani&#232;re libre et diverse, dans le respect des d&#233;cisions personnelles et de l'humanit&#233; de chacun&#183;e, avec l'id&#233;e qu'il n'y a pas une seule option possible, ou une option meilleure que les autres. La famille peut cesser d'&#234;tre l'espace de reproduction de la domination, et cesser d'&#234;tre la seule forme possible de vie collective. Nous pouvons ainsi repenser la forme de la parentalit&#233; de mani&#232;re plus collective, politiser nos d&#233;cisions personnelles en mati&#232;re de maternit&#233; et de parentalit&#233;, r&#233;fl&#233;chir &#224; la mani&#232;re dont nous consid&#233;rons l'enfance et la place des personnes &#226;g&#233;es ou handicap&#233;es, aux relations sociales que nous &#233;tablissons avec elles, et &#224; la mani&#232;re dont nous sommes capables de briser les logiques de domination que nous avons int&#233;rioris&#233;es, h&#233;rit&#233;es des soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous construisons une nouvelle culture, &#224; l'oppos&#233; de la culture du viol, une culture qui reconna&#238;t les corps de toutes les femmes cis et trans, ainsi que leurs d&#233;sirs, qui reconna&#238;t chacun&#183;e comme un sujet capable de d&#233;cider de son corps, de sa vie et de sa sexualit&#233;, qui rend visible le fait qu'il y a mille fa&#231;ons d'&#234;tre une personne, de vivre et d'exprimer son genre et sa sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une activit&#233; sexuelle librement consentie et agr&#233;able pour toutes celles et tous ceux qui y prennent part est en soi une justification suffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons apprendre &#224; penser l'interd&#233;pendance des &#234;tres vivants et d&#233;velopper une conception des relations entre l'humanit&#233; et la nature qui ressemblera probablement &#224; certains &#233;gards &#224; celle des peuples indig&#232;nes, mais qui sera n&#233;anmoins diff&#233;rente. Une conception selon laquelle les notions &#233;thiques de pr&#233;caution, de respect et de responsabilit&#233;, ainsi que l'&#233;merveillement devant la beaut&#233; du monde, interf&#233;reront constamment avec une compr&#233;hension scientifique &#224; la fois de plus en plus fine et de plus en plus consciente de son incompl&#233;tude. Les cultures des peuples indig&#232;nes peuvent constituer de pr&#233;cieuses sources d'inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notre m&#233;thode transitoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre analyse du capitalisme, et plus particuli&#232;rement des politiques de la classe dirigeante en relation avec les dangers &#233;cologiques et le changement climatique, nous conduit &#224; affirmer ce qui suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, la n&#233;cessit&#233; d'une alternative globale et d'un projet de soci&#233;t&#233; bas&#233; sur une production et une reproduction orient&#233;es vers la satisfaction des besoins humains et non vers les profits (produire des valeurs d'usage plut&#244;t que des valeurs d'&#233;change). Tourner telle ou telle vis &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me, sans changer le mode de production, ne permettra ni d'&#233;viter ni m&#234;me d'att&#233;nuer de mani&#232;re significative les crises et les catastrophes auxquelles nous sommes confront&#233;s et qui s'aggraveront avec la persistance du syst&#232;me capitaliste. Transmettre cette id&#233;e est au c&#339;ur de la politique r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233; d'un changement r&#233;volutionnaire global est une t&#226;che qui ne peut &#234;tre r&#233;solue directement et sans difficult&#233; dans la pratique. C'est pourquoi, deuxi&#232;mement, il est important de combiner la pr&#233;sentation de la perspective globale avec la diffusion de revendications imm&#233;diates pour lesquelles des mobilisations peuvent effectivement &#234;tre d&#233;velopp&#233;es ou promues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, il faut le souligner : convaincre ne peut se faire uniquement par l'argumentation. Pour convaincre de se d&#233;tourner du syst&#232;me capitaliste et encourager &#224; r&#233;sister, il faut des luttes r&#233;ussies qui donnent du courage et d&#233;montrent que des victoires partielles sont possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, pour que les luttes soient couronn&#233;es de succ&#232;s, une meilleure organisation est n&#233;cessaire. C'est toujours vrai en principe, mais aujourd'hui &#8211; parce que les syndicats ont largement disparu politiquement (dans de nombreuses parties du monde) et que la gauche est fragment&#233;e &#8211; il est important de promouvoir la coop&#233;ration pratique de mani&#232;re non sectaire, en particulier au sein de la gauche anticapitaliste, et en m&#234;me temps de soutenir les travailleur&#183;ses dans leur auto-organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, le temps presse si nous ne voulons pas voir le r&#233;chauffement climatique s'acc&#233;l&#233;rer de mani&#232;re incontr&#244;lable parce que des points de basculement cruciaux sont franchis. D'autre part, la grande majorit&#233; n'est pas pr&#234;te &#224; se battre pour un autre syst&#232;me, c'est-&#224;-dire pour renverser le capitalisme. Cela est d&#251; en partie &#224; un manque de connaissance de la situation g&#233;n&#233;rale, mais plus encore &#224; un manque de vision de ce &#224; quoi l'alternative pourrait ou devrait ressembler. En outre, le rapport de forces social et politique entre les classes n'encourage pas vraiment la confrontation avec les dirigeants et les profiteurs de l'ordre social capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, un programme qui veut r&#233;former le capitalisme ou le d&#233;passer progressivement (de surcro&#238;t, par une politique venant d'en-haut) n'a pas non plus de chance de r&#233;ussir. Les r&#233;formes qui respectent les r&#232;gles du syst&#232;me capitaliste ne permettent pas de relever les d&#233;fis de la crise &#233;cologique. Et les changements progressifs dans l'&#233;conomie et l'&#201;tat n'ont jamais conduit &#224; un changement de syst&#232;me. Les propri&#233;taires et les profiteurs du capitalisme n'assisteront pas tranquillement &#224; la confiscation de leurs richesses et &#224; la privation de leur mode d'enrichissement, morceau par morceau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps presse et des mesures urgentes s'imposent. Certains opposants &#224; l'&#233;cosocialisme plaident pour des r&#233;formes l&#233;g&#232;res &#8220;parce que nous ne pouvons pas attendre la r&#233;volution mondiale&#8221;. Les partisan&#183;es de l'&#233;cosocialisme n'ont pas l'intention d'attendre ! Notre strat&#233;gie est de commencer MAINTENANT, avec des revendications transitoires concr&#232;tes. C'est le d&#233;but d'un processus de changement global. Il ne s'agit pas d'&#233;tapes historiques distinctes, mais de moments dialectiques dans un m&#234;me processus. Chaque victoire partielle ou locale est une &#233;tape dans ce mouvement, qui renforce l'auto-organisation et encourage la lutte pour de nouvelles victoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les luttes de classes &#224; venir &#8211; qui constituent la base de la bataille pour l'h&#233;g&#233;monie impliquant des couches plus larges de la classe ouvri&#232;re, les jeunes, les femmes, les indig&#232;nes &#8211; il doit &#234;tre clair qu'en fin de compte, il n'y a aucun moyen d'&#233;chapper &#224; un v&#233;ritable changement de syst&#232;me et &#224; la question du pouvoir. La classe dirigeante doit &#234;tre expropri&#233;e et son pouvoir politique renvers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour un programme de transition anticapitaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode transitoire &#233;tait d&#233;j&#224; sugg&#233;r&#233;e par Marx et Engels dans la derni&#232;re section du Manifeste communiste (1848). Mais c'est la Quatri&#232;me Internationale qui lui a donn&#233; sa signification moderne, dans le Programme de transition de 1938. L'hypoth&#232;se de base est la n&#233;cessit&#233; pour les r&#233;volutionnaires d'aider les masses, dans le processus de la lutte quotidienne, &#224; trouver le pont entre les revendications actuelles et le programme socialiste de la r&#233;volution. Ce pont devrait inclure un syst&#232;me de revendications transitoires, d&#233;coulant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvri&#232;re. Son objectif est de conduire les luttes sociales vers la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les r&#233;volutionnaires n'&#233;cartent pas le programme des vieilles revendications &#8220;minimales&#8221; traditionnelles : ils d&#233;fendent &#233;videmment les droits d&#233;mocratiques et les conqu&#234;tes sociales des travailleur&#183;ses. Cependant, ils proposent un syst&#232;me de revendications transitoires, qui peut &#234;tre compris de mani&#232;re appropri&#233;e par les exploit&#233;&#183;es et les opprim&#233;&#183;es, tout en &#233;tant dirig&#233; contre les bases m&#234;mes du r&#233;gime bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des revendications transitoires mentionn&#233;es dans le Programme de 1938 sont toujours d'actualit&#233; : &#233;chelle mobile des salaires et &#233;chelle mobile des heures de travail ; contr&#244;le ouvrier dans les entreprises et ouverture des livres de comptes ; expropriation des banques priv&#233;es ; expropriation de certains secteurs capitalistes&#8230; L'int&#233;r&#234;t de telles propositions est d'unir dans la lutte les masses populaires les plus larges possible, autour de revendications concr&#232;tes qui sont en contradiction objective avec les r&#232;gles du syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous devons mettre &#224; jour ce programme de revendications transitoires, afin de prendre en compte les nouvelles conditions du 21e si&#232;cle, en particulier la nouvelle situation cr&#233;&#233;e par la crise &#233;cologique et le danger imminent d'un basculement climatique catastrophique. Aujourd'hui, ces revendications doivent &#234;tre de nature socio-&#233;cologique et, potentiellement, &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif des revendications &#233;cosocialistes transitoires est strat&#233;gique : pouvoir mobiliser de larges couches de travailleur&#183;ses urbains et ruraux, de femmes, de jeunes, de victimes du racisme ou de l'oppression nationale, ainsi que les syndicats, les mouvements sociaux et les partis de gauche dans une lutte qui remette en cause le syst&#232;me capitaliste et la domination bourgeoise. Ces revendications, qui combinent des int&#233;r&#234;ts sociaux et &#233;cologiques, doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme n&#233;cessaires, l&#233;gitimes et pertinentes par les exploit&#233;&#183;es et les opprim&#233;&#183;es, en fonction de leur niveau de conscience sociale et politique. Dans la lutte, les gens prennent conscience de la n&#233;cessit&#233; de s'organiser, de s'unir et de se battre. Iels commencent &#233;galement &#224; comprendre qui est l'ennemi : non seulement les forces locales, mais le syst&#232;me lui-m&#234;me. L'objectif des revendications &#233;cosociales transitoires est de renforcer, gr&#226;ce &#224; la lutte, la conscience sociale et politique des exploit&#233;&#183;es et des opprim&#233;&#183;es, leur compr&#233;hension anticapitaliste et, esp&#233;rons-le, une perspective r&#233;volutionnaire &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines de ces demandes ont un caract&#232;re universel : par exemple, la gratuit&#233; et l'accessibilit&#233; des transports publics. Cette revendication &#224; la fois &#233;cologique et sociale porte en elle les germes de l'avenir &#233;cosocialiste : services publics contre march&#233;, gratuit&#233; contre profit capitaliste. Cependant, la signification strat&#233;gique des revendications &#233;cosocialistes transitoires n'est pas la m&#234;me selon les soci&#233;t&#233;s et les &#233;conomies. Il s'agit de prendre en compte les besoins et les aspirations des masses, en fonction de leur expression locale, dans les diff&#233;rentes parties du syst&#232;me capitaliste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les grandes lignes d'une alternative &#233;cosocialiste &#224; la croissance capitaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Satisfaire les besoins sociaux r&#233;els tout en respectant les contraintes &#233;cologiques n'est possible qu'en rompant avec la logique productiviste et consum&#233;riste du capitalisme, qui creuse les in&#233;galit&#233;s, nuit au vivant et &#171; ruine les deux seules sources de toute richesse : la Terre et les travailleurs &#187; (Marx). Briser cette logique implique de lutter en priorit&#233; pour les lignes de force suivantes. Elles forment un ensemble coh&#233;rent, &#224; compl&#233;ter et &#224; d&#233;cliner selon les sp&#233;cificit&#233;s nationales et r&#233;gionales. Bien s&#251;r, dans chaque continent, dans chaque pays, il y a des mesures sp&#233;cifiques &#224; proposer dans une perspective de transition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre les catastrophes, des plans publics de pr&#233;vention adapt&#233;s aux besoins sociaux, sous contr&#244;le populaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains effets de la catastrophe climatique sont irr&#233;versibles (&#233;l&#233;vation du niveau de la mer) ou dureront longtemps (canicules, s&#233;cheresses, pr&#233;cipitations exceptionnelles, tornades plus violentes, etc.) Les compagnies d'assurance capitalistes ne prot&#232;gent pas les classes populaires, ou (au mieux) les prot&#232;gent mal. Face &#224; ces fl&#233;aux, les riches n'ont que le mot &#8220;adaptation&#8221; &#224; la bouche. &#8220;L'adaptation au r&#233;chauffement&#8221;, pour eux, sert 1) &#224; d&#233;tourner l'attention des causes structurelles, dont leur syst&#232;me est responsable ; 2) &#224; poursuivre leurs pratiques n&#233;fastes ax&#233;es sur le profit maximum, sans se soucier du long terme ; 3) &#224; offrir de nouveaux march&#233;s aux capitalistes (infrastructures, climatisation, transports, compensation carbone, etc.) Cette &#8220;adaptation&#8221; capitaliste technocratique et autoritaire est en fait ce que le GIEC appelle une &#8220;maladaptation&#8221;. Elle accro&#238;t les in&#233;galit&#233;s, les discriminations et les d&#233;possessions. Elle accro&#238;t &#233;galement la vuln&#233;rabilit&#233; au r&#233;chauffement, au risque de compromettre gravement la possibilit&#233; m&#234;me de s'adapter &#224; l'avenir, en particulier dans les pays pauvres. &#192; la &#8220;maladaptation&#8221; capitaliste, nous opposons l'exigence imm&#233;diate de plans publics de pr&#233;vention adapt&#233;s &#224; la situation des classes populaires. Elles sont les principales victimes des ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes, surtout dans les pays domin&#233;s. Les plans publics de pr&#233;vention doivent &#234;tre con&#231;us en fonction de leurs besoins et de leur situation, en dialogue avec les scientifiques. Ils doivent concerner tous les secteurs, notamment l'agriculture, la sylviculture, le logement, la gestion de l'eau, l'&#233;nergie, l'industrie, le droit du travail, la sant&#233; et l'&#233;ducation. Ils doivent faire l'objet d'une large consultation d&#233;mocratique, avec un droit de veto des communaut&#233;s locales et des collectifs de travail concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partager les richesses pour prendre soin des humains et de notre environnement de vie, gratuitement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des soins de sant&#233; de qualit&#233;, une bonne &#233;ducation, une bonne prise en charge des jeunes enfants, une retraite digne et une prise en charge respectueuse de la d&#233;pendance, un logement accessible, permanent et confortable, des transports publics efficaces, des &#233;nergies renouvelables, une alimentation saine, une eau propre, un acc&#232;s &#224; internet et un environnement naturel en bon &#233;tat : tels sont les besoins r&#233;els qu'une civilisation digne de ce nom devrait satisfaire pour tous les humains, ind&#233;pendamment de leur couleur de peau, de leur genre, de leur appartenance ethnique, de leurs convictions. Ceci est possible tout en diminuant de mani&#232;re significative la pression globale sur notre environnement. Pourquoi Pourquoi n'en est-il pas ainsi ? Parce que l'&#233;conomie est r&#233;gl&#233;e sur la consommation induite cr&#233;&#233;e en tant que sous-produit industriel par les capitalistes. Ils consomment et investissent toujours plus pour le profit, s'approprient toutes les ressources et transforment tout en marchandises. Leur logique &#233;go&#239;ste s&#232;me le malheur et la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un virage &#224; 180&#176; s'impose. Les ressources naturelles et les connaissances constituent un bien commun &#224; g&#233;rer prudemment et collectivement. La satisfaction des besoins r&#233;els et la revitalisation des &#233;cosyst&#232;mes doivent &#234;tre planifi&#233;es d&#233;mocratiquement et soutenues par le secteur public, sous le contr&#244;le actif des classes populaires, et en &#233;tendant le plus possible le libre acc&#232;s. Ce projet collectif doit mettre l'expertise scientifique &#224; son service. La premi&#232;re &#233;tape n&#233;cessaire est la lutte contre les in&#233;galit&#233;s et les oppressions. La justice sociale et le bien vivre pour tou&#183;tes sont des exigences &#233;cologiques !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;velopper les biens communs et les services publics contre la privatisation et la marchandisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est l'un des aspects cl&#233;s d'une transition sociale et &#233;cologique, dans de nombreux domaines de la vie. Par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; L'eau : La privatisation, le gaspillage et la pollution actuelles de l'eau &#8211; rivi&#232;res, lacs et nappes phr&#233;atiques &#8211; constituent un d&#233;sastre social et &#233;cologique. La p&#233;nurie d'eau et les inondations dues au changement climatique sont des menaces majeures pour des milliards de personnes. L'eau est un bien commun et devrait &#234;tre g&#233;r&#233;e et distribu&#233;e par des services publics, sous le contr&#244;le des consommateur&#183;ices. Les paysages et les villes devraient &#234;tre d&#233;simperm&#233;abilis&#233;es, capables de stocker l'eau afin d'&#233;viter les inondations massives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Le logement : Le droit fondamental de chaque personne &#224; un logement d&#233;cent, permanent et &#233;cologiquement durable ne peut &#234;tre garanti sous le capitalisme. La loi du profit implique des expulsions, des d&#233;molitions et la criminalisation de celleux qui r&#233;sistent. Elle implique &#233;galement des factures d'&#233;nergie &#233;lev&#233;es pour les pauvres et des &#233;nergies renouvelables subventionn&#233;es pour les riches. Les premi&#232;res &#233;tapes d'une politique alternative sont : le contr&#244;le public du march&#233; immobilier, l'abaissement et le gel des int&#233;r&#234;ts et des profits des banques, l'augmentation radicale du nombre de logements sociaux et coop&#233;ratifs, un processus public d'isolation climatique des habitations et un programme massif de construction de b&#226;timents &#233;nerg&#233;tiquement autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La sant&#233; : Les millions de morts &#233;vitables du Covid 19 r&#233;sultent de l'absence de politiques pr&#233;ventives, d'injonctions autoritaires et r&#233;pressives rempla&#231;ant l'action collective, des politiques d'aust&#233;rit&#233;, de privatisation et de marchandisation de la sant&#233;. L'&#233;galit&#233; de toutes et tous devant les soins doit &#234;tre garantie par leur gratuit&#233;, gr&#226;ce &#224; une protection sociale et un service de sant&#233; int&#233;gralement public disposant des moyens n&#233;cessaires. Les syst&#232;mes de sant&#233; doivent &#234;tre r&#233;orient&#233;s pour inclure la pr&#233;vention, le soin et le suivi. L'industrie pharmaceutique doit &#234;tre socialis&#233;e et plac&#233;e sous le contr&#244;le des salari&#233;s et des usagers, les brevets doivent &#234;tre abolis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Les transports : Le transport individuel dans le capitalisme privil&#233;gie les voitures individuelles, ce qui a des cons&#233;quences d&#233;sastreuses sur la sant&#233; et l'&#233;cologie. L'alternative est un syst&#232;me large et efficace de transports publics gratuits, accessibles, ainsi qu'une grande extension des zones pi&#233;tonnes et cyclables. Les marchandises sont transport&#233;es sur de grandes distances par des camions ou des porte-conteneurs, avec d'&#233;normes &#233;missions de gaz &#224; effet de serre ; la r&#233;duction du gaspillage, la relocalisation de la production et le transport des marchandises par le train sont des mesures imm&#233;diates et n&#233;cessaires. Le transport a&#233;rien devrait &#234;tre r&#233;duit de mani&#232;re significative. Pas de trafic a&#233;rien pour les distances inf&#233;rieures &#224; 1 000 km quand il existe des syst&#232;mes ferroviaires op&#233;rationnels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prendre l'argent l&#224; o&#249; il est : les capitalistes et les riches doivent payer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie globale de transition digne de ce nom doit articuler le remplacement des &#233;nergies fossiles par des &#233;nergies renouvelables, la protection contre les effets d&#233;j&#224; perceptibles du changement climatique, la compensation des pertes et pr&#233;judices, l'aide &#224; la reconversion (notamment la garantie de revenu des travailleur&#183;ses concern&#233;&#183;es) et la r&#233;paration des &#233;cosyst&#232;mes. Les besoins financiers n&#233;cessaires d'ici 2050 s'&#233;l&#232;vent &#224; plusieurs milliers de milliards de dollars. Qui doit payer ? les responsables du d&#233;sastre : les multinationales, les banques, les fonds de pension, les &#201;tats imp&#233;rialistes et les riches du Nord et du Sud. L'alternative &#233;cosocialiste passe par un vaste programme de r&#233;forme fiscale et de r&#233;duction radicale des in&#233;galit&#233;s pour aller chercher l'argent l&#224; o&#249; il se trouve : imposition progressive, lev&#233;e du secret bancaire, cadastre des patrimoines, taxation du patrimoine, imp&#244;t unique exceptionnel &#224; taux &#233;lev&#233; sur le patrimoine foncier, &#233;limination des paradis fiscaux, abolition des privil&#232;ges fiscaux des entreprises et des riches, ouverture des livres de comptes des entreprises, plafonnement des hauts revenus, abolition des dettes publiques reconnues comme ill&#233;gitimes (sans compensation, sauf pour les petits investisseurs), compensation par les pays riches du co&#251;t de la renonciation &#224; l'exploitation de leurs ressources fossiles par les pays domin&#233;s (projet de parc Yasuni). Surtout, une v&#233;ritable planification d&#233;mocratique &#233;cosocialiste n'est pas possible sans la socialisation publique des banques. Le &#8220;cr&#233;dit pour le bien commun&#8221;signifie &#233;liminer d&#233;finitivement le profit dans la d&#233;termination du taux d'int&#233;r&#234;t et de la marge d'int&#233;r&#234;t, soutenir la fonction publique et populaire du cr&#233;dit, garantir le r&#244;le public et coop&#233;ratif des banques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas d'&#233;mancipation sans lutte antiraciste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'oppression raciale est un &#233;l&#233;ment structurel et structurant du mode de production capitaliste. Elle a accompagn&#233;l'accumulation primitive du capital &#224; travers la colonisation, la traite des Noirs et l'esclavage. Le d&#233;placement forc&#233; de millions d'Africains, leur commercialisation dans les Am&#233;riques et l'exploitation de leur travail ont assur&#233; l'enrichissement des Europ&#233;ens et garantissent encore aujourd'hui leurs privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racisme se manifeste de mani&#232;re centrale comme un m&#233;canisme d'oppression de secteurs de la classe ouvri&#232;re, configurant des positions sp&#233;cifiques et des acc&#232;s socialement d&#233;termin&#233;s pour les blancs (le sujet suppos&#233; universel) et pour les personnes per&#231;ues comme racis&#233;es. Il fa&#231;onne les relations sociales, renforce et complexifie les m&#233;canismes de l'exploitation bourgeoise et de l'accumulation des richesses. La diversit&#233; qui s'&#233;carte des normes de la blanch&#233;it&#233; est transmut&#233;e en oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction d'un nouveau monde lib&#233;r&#233; de toute oppression et de toute exploitation exige une lutte frontale contre le racisme. C'est une t&#226;che centrale de la strat&#233;gie &#233;cosocialiste. Il faut rompre avec la logique g&#233;nocidaire contre les groupes non blancs et renforcer la lutte anti-prison contre l'incarc&#233;ration de masse, impos&#233;e notamment &#224; travers la tactique lib&#233;rale de la pr&#233;tendue guerre contre la drogue,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre la militarisation de la police doit &#234;tre au c&#339;ur de la lutte antiraciste, tout comme l'acc&#232;s &#224; des conditions de vie d&#233;centes en g&#233;n&#233;ral. Il est n&#233;cessaire de combattre toutes les politiques d'aust&#233;rit&#233;, qui touchent principalement et de plus en plus lourdement les personnes non blanches. Elles structurent le racisme environnemental qui r&#233;partit in&#233;galement les cons&#233;quences mortelles de la production capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Libert&#233; de circulation et de s&#233;jour sur Terre ! Personne n'est ill&#233;gal !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe &#233;cologique est un facteur de d&#233;placement de population et de migration de plus en plus important. Entre 2008 et 2016, une moyenne annuelle de 21,5 millions de personnes ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es de force en raison d'&#233;v&#233;nements m&#233;t&#233;orologiques. La plupart d'entre elles sont des personnes pauvres de pays pauvres d&#233;plac&#233;es dans leur pays ou dans des pays voisins pauvres. Les migrations climatiques devraient s'intensifier au cours des prochaines d&#233;cennies : 1,2 milliard de personnes pourraient &#234;tre d&#233;plac&#233;es dans le monde d'ici &#224; 2050. Contrairement aux demandeur&#183;ses d'asile, les r&#233;fugi&#233;&#183;es climatiques n'ont m&#234;me pas de statut. Ils ne portent aucune responsabilit&#233; dans la catastrophe &#233;cologique mais le vrai responsable, le syst&#232;me capitaliste, les condamne &#224; venir grossir les rangs des 108,4 millions de personnes dans le monde qui ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es de force en 2020 en raison de pers&#233;cutions, de conflits, de violences, de violations des droits de l'homme. Les droits fondamentaux de ces personnes sont constamment attaqu&#233;s : le droit d'&#234;tre prot&#233;g&#233; contre la violence, d'avoir suffisamment d'eau et de nourriture, de vivre dans un logement s&#251;r, de garder sa famille unie, de trouver un emploi d&#233;cent. Un nombre croissant d'entre elles (4,4 millions, probablement beaucoup plus) sont m&#234;me consid&#233;r&#233;es comme apatrides par le HCR. Tout cela est contraire &#224; la justice la plus &#233;l&#233;mentaire. Cela nourrit les fascistes qui font des migrant&#183;es des boucs &#233;missaires et les d&#233;shumanisent. C'est une menace &#233;norme pour les droits d&#233;mocratiques et sociaux de tou&#183;tes. En tant qu'internationalistes, nous nous battons pour des politiques restrictives contre le capital, pas contre les migrant&#183;es. Nous nous opposons &#224; la construction de murs, &#224; l'enfermement dans des centres, &#224; la construction de camps, aux expulsions, aux d&#233;portations et &#224; la rh&#233;torique raciste. Personne n'est ill&#233;gal sur Terre, tout le monde doit avoir le droit de se d&#233;placer et de partir partout. Les fronti&#232;res doivent &#234;tre ouvertes &#224; tou&#183;tes celleux qui fuient leur pays, que ce soit pour des raisons sociales, politiques, &#233;conomiques ou environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;liminer les activit&#233;s &#233;conomiques inutiles ou nuisibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'arr&#234;t de la catastrophe climatique et du d&#233;clin de la biodiversit&#233; passe imp&#233;rativement par une r&#233;duction tr&#232;s rapide et significative de la consommation d'&#233;nergie finale au niveau mondial. Cette contrainte est incontournable. Les premi&#232;res &#233;tapes consistent &#224; r&#233;duire drastiquement le pouvoir d'achat des riches, &#224; abandonner la fast fashion, la publicit&#233; et la production/consommation de luxe (croisi&#232;res, yachts et jets ou h&#233;licopt&#232;res priv&#233;s, tourisme spatial, etc.), &#224; r&#233;duire la production de masse de viande et de produits laitiers et &#224; mettre fin &#224; l'obsolescence acc&#233;l&#233;r&#233;e des produits, en allongeant leur dur&#233;e de vie et en facilitant leur r&#233;paration. Le transport a&#233;rien et maritime des marchandises devrait &#234;tre r&#233;duit drastiquement par la relocalisation de la production, et remplac&#233; par le transport ferroviaire chaque fois que cela est possible. Plus structurellement, la contrainte &#233;nerg&#233;tique ne peut &#234;tre respect&#233;e qu'en r&#233;duisant le plus rapidement possible les activit&#233;s &#233;conomiques inutiles ou nuisibles. Les principaux secteurs productifs &#224; consid&#233;rer sont : la production d'armes, l'&#233;nergie fossile et la p&#233;trochimie, l'industrie extractive, la fabrication non durable, l'industrie du bois et de la p&#226;te &#224; papier, la construction de voitures personnelles, les avions et la construction navale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Souverainet&#233; alimentaire ! Sortir de l'agro-industrie, de la p&#234;che industrielle et de l'industrie de la viande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces trois secteurs font peser de graves menaces sur le climat, la sant&#233; humaine et la biodiversit&#233;. Leur d&#233;mant&#232;lement n&#233;cessite des mesures au niveau de la production mais aussi des changements importants en ce qui concerne la consommation (dans les pays d&#233;velopp&#233;s et chez les riches de tous les pays) et de la relation avec le vivant. Des politiques volontaristes sont n&#233;cessaires pour stopper la d&#233;forestation et remplacer l'agro-industrie, les plantations industrielles et la p&#234;che &#224; grande &#233;chelle respectivement par l'agro&#233;cologie paysanne, l'&#233;coforesterie et la p&#234;che artisanale. Ces alternatives consomment moins d'&#233;nergie, emploient plus de main-d'&#339;uvre et sont beaucoup plus respectueuses de la biodiversit&#233;. Les agriculteur&#183;ices et les p&#234;cheur&#183;ses doivent &#234;tre correctement indemnis&#233;&#183;es par la communaut&#233;, non seulement pour leur contribution &#224; l'alimentation humaine, mais aussi pour leur contribution &#233;cologique. Les droits des peuples premiers sur la for&#234;t et les autres &#233;cosyst&#232;mes doivent &#234;tre prot&#233;g&#233;s. La consommation mondiale de viande doit &#234;tre r&#233;duite de mani&#232;re drastique particuli&#232;rement dans les pays et parmi les classes sociales qui consomment trop de viande. L'industrie de la viande et des produits laitiers doit &#234;tre d&#233;mantel&#233;e et il faut promouvoir une alimentation bas&#233;e principalement sur la production locale de l&#233;gumes. Ce faisant, nous mettons fin au traitement abject des animaux dans l'industrie de la viande et la p&#234;che industrielle. La souverainet&#233; alimentaire, conform&#233;ment aux propositions de la Via Campesina, est un objectif cl&#233;. Elle passe par une r&#233;forme agraire radicale : la terre &#224; celleux qui la travaillent, en particulier les femmes. Expropriation des grands propri&#233;taires terriens et de l'agro-industrie capitaliste qui produisent des biens pour le march&#233; mondial. Distribution de la terre aux paysan&#183;nes et aux paysan&#183;nes sans terre (familles ou coop&#233;ratives) pour la production agrobiologique. Abolition des anciennes et des nouvelles cultures OGM en plein champ et &#233;limination des pesticides toxiques (&#224; commencer par ceux dont les pays imp&#233;rialistes interdisent l'usage mais dont ils autorisent l'exportation dans les pays domin&#233;s !).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cohabiter avec le vivant, arr&#234;ter le massacre des esp&#232;ces&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le respect du vivant non humain est fondamental pour pr&#233;server les conditions de reproduction et d'&#233;volution de l'esp&#232;ce humaine. Le mode de production doit prendre en compte d&#232;s sa conception les relations avec le reste du vivant. Des batailles imm&#233;diates doivent &#234;tre men&#233;es contre le brevetage du vivant, la destruction des zones humides et l'exploitation des fonds marins. Bien qu'elle soit partielle et insuffisante &#224; long terme, l'expansion des zones de pr&#233;servation de la faune et de la flore doit &#234;tre encourag&#233;e &#224; condition qu'elle n'entra&#238;ne pas une nouvelle injustice sociale, notamment au d&#233;triment des peuples indig&#232;nes et des communaut&#233;s rurales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;forme urbaine populaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus de la moiti&#233; de la population mondiale vit aujourd'hui dans des villes de plus en plus grandes. Dans le m&#234;me temps, les r&#233;gions rurales se d&#233;peuplent, sont ruin&#233;es par l'agro-industrie et l'exploitation mini&#232;re et sont de plus en plus priv&#233;es de services essentiels. Les pays dits &#8220;en d&#233;veloppement&#8221; poss&#232;dent certaines des plus grandes m&#233;gapoles de la plan&#232;te (Jakarta, Manille, Mexico DF, New Delhi, Bombay, S&#227;o Paulo et d'autres), un nombre croissant de sans-abris et des bidonvilles o&#249; des millions d'&#234;tres humains (autour de Karachi, Nairobi, Bagdad&#8230;) survivent et travaillent de mani&#232;re informelle dans des conditions indignes. C'est l'une des plaies les plus hideuses laiss&#233;es par le d&#233;veloppement capitaliste et la domination imp&#233;rialiste. Outre la violence, les vagues de chaleur rendent la survie de plus en plus difficile dans les bidonvilles et les quartiers pauvres, surtout dans les climats humides. L'alternative &#233;cosocialiste revendique le lancement d'un vaste programme de construction de logements sociaux accompagn&#233; d'une r&#233;forme urbaine populaire qui modifie l'organisation des grandes villes, con&#231;ue en coop&#233;ration avec les associations de sans-abris. Elle doit s'articuler sur une l&#233;gislation du travail qui prot&#232;ge les travailleur&#183;ses, d'une part, et sur l'attractivit&#233; de la r&#233;forme agraire, afin d'initier un mouvement de contre-&#233;migration rurale, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Socialiser l'&#233;nergie et la finance sans compensation ni rachat pour sortir au plus vite des &#233;nergies fossiles et du nucl&#233;aire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les multinationales de l'&#233;nergie et les banques qui les financent veulent exploiter jusqu'&#224; la derni&#232;re tonne de charbon, jusqu'au dernier litre de p&#233;trole, jusqu'au dernier m&#232;tre cube de gaz. Elles ont d'abord cach&#233; et ni&#233; l'impact du CO2 sur le changement climatique. Aujourd'hui, pour continuer &#224; exploiter ces ressources malgr&#233; tout, et alors que la flamb&#233;e des prix leur assure de gigantesques surprofits, elles promettent toutes sortes de techniques bidon (greenwashing, &#233;change de &#8220;droits &#224; polluer&#8221;, &#8220;compensation des &#233;missions&#8221;, &#8220;capture, s&#233;questration et utilisation du carbone&#8221;), promeuvent l'&#233;nergie nucl&#233;aire comme &#233;tant &#8220;&#224; faible teneur en carbone&#8221; et installent des centrales &#233;oliennes et solaires causant de nouvelles destructions environnementales, dans le seul but de sp&#233;culer et sans tenir compte de l'avis et des besoins des communaut&#233;s locales. Aucun doute n'est possible : ces groupes avides de profits m&#232;nent la plan&#232;te de catastrophe climatique en cataclysme. En m&#234;me temps, ils sont &#224; la pointe des attaques capitalistes contre les classes laborieuses. Ils doivent &#234;tre socialis&#233;s par l'expropriation, sans compensation ni rachat. Aucun nouveau r&#233;acteur nucl&#233;aire ne doit &#234;tre construit et la fermeture des centrales existantes doit &#234;tre planifi&#233;e. Pour stopper la destruction sociale et &#233;cologique, pour d&#233;terminer collectivement notre avenir, rien n'est plus urgent que de constituer des services publics de l'&#233;nergie et du cr&#233;dit, d&#233;centralis&#233;s et interconnect&#233;s, sous le contr&#244;le d&#233;mocratique des populations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ouvrir la &#8220;bo&#238;te noire&#8221; des centres de donn&#233;es, socialiser les Big Tech&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les data centers appartenant aux soci&#233;t&#233;s de la Big Tech consomment des quantit&#233;s croissantes d'&#233;nergie et d'eau. Ce sont des &#8220;bo&#238;tes noires&#8221; : ce qui s'y passe est couvert par le secret commercial. Outre que ces centres font fonctionner le capitalisme de surveillance, cr&#233;ent des algorithmes pour le ciblage publicitaire, suscitent artificiellement de nouveaux besoins, une part croissante de leur activit&#233; consiste &#224; soutenir l'IA. Cette &#8220;bo&#238;te noire&#8221; doit &#234;tre ouverte. La population doit pouvoir contr&#244;ler l'usage de l'&#233;nergie et d&#233;cider quelles fonctions sont socialement utiles, et quelles fonctions ne le sont pas. Les g&#233;ants de la Big Tech et des r&#233;seaux sociaux doivent &#234;tre socialis&#233;s et g&#233;r&#233;s d&#233;mocratiquement pour cr&#233;er de v&#233;ritables espaces num&#233;riques publics.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la lib&#233;ration et l'autod&#233;termination des peuples ; contre la guerre, l'imp&#233;rialisme et le colonialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;fendons un programme internationaliste bas&#233; sur la justice sociale, pour une transition &#233;cosocialiste men&#233;e par des forces collectives et lib&#233;ratrices, et pour la paix entre les peuples, en affrontant les politiques oppressives. Nous nous opposons &#224; l'Otan et aux autres alliances militaires qui conduisent le monde vers de nouveaux conflits inter-imp&#233;rialistes, nous luttons contre l'augmentation des budgets militaires, pour le d&#233;mant&#232;lement de la fabrication et des stocks de tous les armements nucl&#233;aires, chimiques et bact&#233;riologiques et des cyber-armes ; pour le d&#233;mant&#232;lement de toutes les entreprises militaires priv&#233;es. Les armes ne doivent pas &#234;tre des marchandises, leur usage doit &#234;tre sous contr&#244;le politique pour des finalit&#233;s de d&#233;fense et de protection contre les agressions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule voie vers la paix passe par les luttes victorieuses pour le droit &#224; l'autod&#233;termination, la fin de l'occupation des terres et du nettoyage ethnique. En tant qu'internationalistes, nous sommes solidaires des peuples opprim&#233;s qui luttent pour leurs droits, notamment en Palestine et en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Garantir l'emploi pour tou&#183;tes, assurer la reconversion n&#233;cessaire dans des activit&#233;s &#233;cologiquement durables et socialement utiles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les travailleur&#183;ses engag&#233;&#183;es dans les activit&#233;s gaspilleuses et nocives des combustibles fossiles, dans l'agro-industrie, la grande p&#234;che et l'industrie de la viande n'ont pas &#224; payer le prix de la gestion capitaliste. Une garantie d'emplois verts doit &#234;tre institu&#233;e pour assurer leur reconversion collective, sans perte de revenus, dans les activit&#233;s du plan public de satisfaction des besoins r&#233;els et de restauration des &#233;cosyst&#232;mes. Cette garantie d'emplois verts permettra de vaincre les craintes l&#233;gitimes des travailleur&#183;ses concern&#233;&#183;es. Ainsi, il sera mis fin &#224; l'instrumentalisation cynique de ces craintes par les capitalistes, au service de leurs int&#233;r&#234;ts productivistes/consum&#233;ristes. Au contraire, la garantie d'emplois verts encouragera et motivera les travailleur&#183;es des secteurs condamn&#233;s, &#224; se former et &#224; se mobiliser pour prendre en charge activement la r&#233;alisation du plan, en dialogue avec le public b&#233;n&#233;ficiaire, en investissant leurs connaissances, leurs comp&#233;tences et leur exp&#233;rience dans une activit&#233; riche de sens, &#233;mancipatrice, v&#233;ritablement humaine car soucieuse de la vie des g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Travailler moins, vivre et travailler mieux, vivre une bonne vie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duire radicalement la consommation d'&#233;nergie finale en &#233;liminant les productions/consommations inutiles et nuisibles a logiquement pour effet de r&#233;duire radicalement le temps de travail social salari&#233;. Cette r&#233;duction doit &#234;tre collective. Le gaspillage capitaliste est d'une telle ampleur que sa suppression ouvrira sans doute la possibilit&#233; concr&#232;te d'une r&#233;duction tr&#232;s importante du temps de travail hebdomadaire (vers une demi-journ&#233;e de travail) et d'un abaissement significatif de l'&#226;ge de la retraite. Cette tendance &#224; la r&#233;duction sera en partie compens&#233;e par la n&#233;cessaire r&#233;duction des rythmes de travail ainsi que par l'augmentation du travail de reproduction sociale et &#233;cologique n&#233;cessaire &#224; la prise en charge des personnes (y compris par la socialisation d'une partie du travail domestique effectu&#233; gratuitement en majorit&#233; par les femmes) et des &#233;cosyst&#232;mes. La planification d&#233;mocratique sera essentielle pour l'articulation dans le temps de ces mouvements dans diff&#233;rentes directions. La rupture &#233;cosocialiste avec la croissance capitaliste implique une double transformation du travail. Quantitativement, nous travaillerons beaucoup moins. Qualitativement, elle cr&#233;era les conditions pour faire du travail une activit&#233; de la vie bonne &#8211; une m&#233;diation consciente entre les humains (donc aussi entre les hommes et les femmes), et entre les humains et le reste de la nature. Cette transformation profonde du travail et de la vie fera plus que compenser les changements de consommation qui affectent les couches les mieux r&#233;mun&#233;r&#233;es de la classe ouvri&#232;re, principalement dans les pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;duire, r&#233;utiliser, recycler&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les notions de cycle de vie des produits, de recyclage, de r&#233;paration et de circularit&#233; sont essentielles. Leur application coh&#233;rente n&#233;cessite une production ax&#233;e sur la satisfaction des besoins humains r&#233;els. Cependant, la production de d&#233;chets organiques et solides est une r&#233;alit&#233; incontournable de la vie en soci&#233;t&#233;. Il est donc essentiel de disposer de moyens ad&#233;quats pour les &#233;liminer, les traiter et les r&#233;utiliser. Par cons&#233;quent, parall&#232;lement &#224; la r&#233;duction drastique de la consommation, il est n&#233;cessaire de mettre en place des m&#233;thodes ad&#233;quates de traitement des d&#233;chets organiques (comme le compostage) ainsi que de d&#233;velopper des techniques de recyclage et de r&#233;utilisation des d&#233;chets solides, bas&#233;es sur les connaissances accumul&#233;es par la science et les travailleur&#183;ses organis&#233;s collectivement dans la collecte et le recyclage des d&#233;chets. Les politiques &#233;cosocialistes favoriseront la collecte et le traitement ad&#233;quats des d&#233;chets hospitaliers, contamin&#233;s et toxiques, en visant le moindre impact socio-environnemental possible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Garantir le droit des femmes sur leur propre corps et &#224; une vie sans violence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; ne pourra pas g&#233;rer consciemment sa relation au reste de la nature sans g&#233;rer consciemment sa relation &#224; elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire sa propre reproduction biologique, qui passe par le corps des femmes. Ce n'est pas un hasard si les attaques patriarcales contre les droits des femmes s'intensifient partout et s'accompagnent de violences sexistes et sexuelles : ces attaques font partie int&#233;grante des projets politiques qui visent &#224; &#233;tablir des pouvoirs forts au service des riches et des capitalistes. Elles sont le plus souvent men&#233;es au nom d'une id&#233;ologie r&#233;actionnaire &#8220;pro-vie&#8221;, violemment anti-LGBTI+, qui nie d'ailleurs le changement climatique anthropique. Mais &#224; c&#244;t&#233; de ces forces r&#233;actionnaires, il existe aussi des courants technocratiques qui imputent la crise &#233;cologique &#224; la &#8220;surpopulation&#8221; et tentent ainsi d'imposer des politiques autoritaires de contr&#244;le des naissances. Face &#224; ces deux types de menaces, nous soutenons qu'aucune morale, aucune raison sup&#233;rieure, m&#234;me &#233;cologique, ne peut &#234;tre invoqu&#233;e pour refuser aux femmes leur droit &#233;l&#233;mentaire &#224; ma&#238;triser leur f&#233;condit&#233;. La n&#233;gation de ce droit est consubstantielle &#224; tous les autres m&#233;canismes de domination, y compris la &#8220;domination humaine&#8221; sur le reste de la nature, au profit du patriarcat et de sa forme capitaliste actuelle. L'&#233;mancipation humaine passe par l'&#233;mancipation des femmes. Cela implique en priorit&#233; que les femmes doivent avoir un acc&#232;s libre &#224; la contraception, &#224; l'avortement, &#224; l'&#233;ducation sur la mani&#232;re de les utiliser, et aux soins reproductifs en g&#233;n&#233;ral. Cela implique aussi la lutte contre toutes les formes de violences physiques, psychologiques, sociales ou m&#233;dicales contre les femmes et les LGBTI+.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La connaissance est un bien commun. R&#233;forme des syst&#232;mes d'&#233;ducation et de recherche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La connaissance est un bien commun de l'humanit&#233;. La mise en &#339;uvre du programme d'urgence &#233;cosocialiste a un besoin criant de savoirs d&#233;colonis&#233;s et d&#233;capitalis&#233;s, incarn&#233;s par des enseignant&#183;es et des chercheur&#183;ses nombreux&#183;ses et comp&#233;tent&#183;es dans toutes les disciplines. R&#233;forme du syst&#232;me &#233;ducatif, d&#233;veloppement des &#233;coles publiques et des universit&#233;s, fin des discriminations dans l'&#233;ducation, dont les filles sont particuli&#232;rement victimes dans certains pays. Reconnaissance et int&#233;gration des savoirs et savoir-faire autochtones. R&#233;forme profonde de la recherche afin de mettre fin &#224; sa soumission au capital. Orienter la recherche prioritairement vers la r&#233;paration des &#233;cosyst&#232;mes et la satisfaction des besoins des classes populaires, d&#233;termin&#233;s en concertation avec elles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ne touchez pas aux droits d&#233;mocratiques ! Contr&#244;le populaire et auto-organisation des luttes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Impuissante &#224; enrayer la catastrophe &#233;cologique qu'elle a cr&#233;&#233;e, la classe dirigeante durcit son r&#233;gime, criminalise la r&#233;sistance et d&#233;signe des boucs &#233;missaires. Sa politique ouvre la voie &#224; un n&#233;ofascisme nihiliste, nationaliste, raciste et machiste. Face &#224; la bourgeoisie qui enl&#232;ve son masque, l'&#233;cosocialisme brandit le drapeau de l'extension des droits et des libert&#233;s : droit d'association, de manifestation, droit de gr&#232;ve ; &#233;lection libre des organes parlementaires dans le cadre du multipartisme, interdiction du financement priv&#233; des partis politiques, l&#233;galisation des r&#233;f&#233;rendums d'initiative populaire, abolition des institutions non d&#233;mocratiques (Banque centrale autonome) ; interdiction de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des grands moyens de communication, abolition de la censure ; lutte contre la corruption, dissolution des milices au service des dirigeants ; respect des droits et des territoires des communaut&#233;s indig&#232;nes et des autres peuples opprim&#233;s. L'&#233;cosocialisme est une alternative soci&#233;tale qui n&#233;cessite la d&#233;mocratie la plus large. Il se pr&#233;pare d&#232;s maintenant par l'auto-organisation d&#233;mocratique des luttes populaires et l'exigence, &#224; tous les niveaux, de transparence et de contr&#244;le populaire, avec droit de v&#233;to.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Favoriser une r&#233;volution culturelle fond&#233;e sur le respect attentif du vivant et &#8220;l'amour de la Pachamama&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une rupture radicale avec l'id&#233;ologie de la domination de la nature par l'homme est indispensable au d&#233;veloppement d'une culture &#233;cologique et f&#233;ministe (&#233;cof&#233;ministe) du &#8220;prendre soin&#8221; des humains et de l'environnement. La d&#233;fense de la biodiversit&#233;, en particulier, ne peut se fonder uniquement sur la raison (l'int&#233;r&#234;t humain bien compris) : elle requiert tout autant d'empathie, de respect, de prudence et une conception globale que les peuples premiers r&#233;sument par l'expression &#171; amour de la Pachamama &#187;. Maintenir cette conception globale ou la r&#233;acqu&#233;rir &#8211; par les luttes, la cr&#233;ation artistique, l'&#233;ducation et les alternatives de production/consommation, notamment &#8211; est un enjeu id&#233;ologique majeur de la lutte &#233;cosocialiste. La modernit&#233; occidentale a syst&#233;matis&#233; l'id&#233;e que l'&#234;tre humain est une cr&#233;ature divine dont la mission est de dominer la nature et d'instrumentaliser les animaux, r&#233;duits au rang de machines. Cette conception non mat&#233;rialiste, intimement li&#233;e aux dominations coloniales et patriarcales, est aujourd'hui compl&#232;tement disqualifi&#233;e par les connaissances scientifiques. Nous faisons partie de la Terre vivante, la vie humaine serait impossible en l'absence du r&#233;seau de la vie sur cette plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Planification autogestionnaire &#233;cosocialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La transition &#233;cosocialiste a besoin de planification. Notamment, la transformation du syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique (sortie du nucl&#233;aire et des fossiles, &#233;conomies d'&#233;nergie et d&#233;veloppement des renouvelables) n&#233;cessite d'&#234;tre planifi&#233;e. Contrairement &#224; ce qui est souvent affirm&#233;, la planification n'est pas contradictoire avec la d&#233;mocratie et l'autogestion. L'exemple d&#233;sastreux des pays dits du &#8220;socialisme r&#233;el&#8221; montre simplement que l'autogestion est incompatible avec une planification autoritaire, bureaucratique, impos&#233;e d'en haut au m&#233;pris de toute d&#233;mocratie. Que signifie la planification autogestionnaire &#233;cosocialiste ? Concr&#232;tement, que l'ensemble de la soci&#233;t&#233; sera libre de choisir d&#233;mocratiquement les productions &#224; privil&#233;gier et le niveau des ressources qui doivent &#234;tre investies dans l'&#233;ducation, la sant&#233; ou la culture. Loin d'&#234;tre &#8220;despotique&#8221; en soi, la planification autogestionnaire &#233;cosocialiste est l'exercice de la libert&#233; de d&#233;cision de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, &#224; tous les niveaux, du local au global. Un exercice n&#233;cessaire pour se lib&#233;rer des &#8220;lois &#233;conomiques&#8221; et des &#8220;cages de fer&#8221; qui sont ali&#233;nantes et r&#233;ifi&#233;es dans les structures capitalistes et bureaucratiques. La planification autogestionnaire associ&#233;e &#224; la r&#233;duction du temps de travail serait un progr&#232;s consid&#233;rable de l'humanit&#233; vers ce que Marx appelait &#171; le royaume de la libert&#233; &#187; : l'augmentation du temps libre est en effet une condition de la participation des travailleur&#183;ses &#224; la discussion d&#233;mocratique et &#224; l'autogestion de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;. La planification d&#233;mocratique &#233;cosocialiste porte sur les grands choix &#233;conomiques et non sur les restaurants locaux, les &#233;piceries, les boulangeries, les petits magasins, les entreprises artisanales. De m&#234;me, il est important de souligner que la planification &#233;cosocialiste n'est pas en contradiction avec l'autogestion des travailleur&#183;ses dans leurs unit&#233;s de production. L'autogestion signifie donc le contr&#244;le d&#233;mocratique du plan &#224; tous les niveaux &#8211; local, r&#233;gional, national, continental et plan&#233;taire &#8211; puisque les questions &#233;cologiques telles que le changement climatique sont globales et ne peuvent &#234;tre abord&#233;es qu'&#224; ce niveau. La planification d&#233;mocratique &#233;cosocialiste s'oppose &#224; ce qui est souvent qualifi&#233; de &#8220;planification centrale&#8221; car les d&#233;cisions ne sont pas prises par un &#8220;centre&#8221; mais d&#233;termin&#233;es d&#233;mocratiquement par les populations concern&#233;es, selon le principe de subsidiarit&#233; : la responsabilit&#233; de l'action publique, lorsqu'elle est n&#233;cessaire, doit &#234;tre attribu&#233;e &#224; la plus petite entit&#233; capable de r&#233;soudre le probl&#232;me elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;croissance mat&#233;rielle globale dans le contexte d'un d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aura pas de solution nationale, une alternative &#233;cosocialiste juste peut commencer dans un pays mais sa mise en &#339;uvre compl&#232;te n&#233;cessite l'abolition du capitalisme au niveau global. D&#232;s &#224; pr&#233;sent, les exploit&#233;&#183;es et les opprim&#233;&#183;es ont donc besoin d'une strat&#233;gie anticapitaliste, anti-imp&#233;rialiste, antiraciste et internationaliste coh&#233;rente, visant un d&#233;bouch&#233; mondial. Cette strat&#233;gie doit articuler les luttes qui se d&#233;roulent dans des contextes tr&#232;s diff&#233;rents. Cela signifie que les grandes lignes d'un programme &#233;cosocialiste en rupture avec la croissance capitaliste ont une pertinence g&#233;n&#233;rale mais s'appliquent diff&#233;remment selon les pays. Certaines revendications sont plus importantes dans certains pays que dans d'autres, en fonction de leur place dans le d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233; du capitalisme sous domination imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des si&#232;cles d'esclavage et de pillage colonial, les populations des pays dits &#8220;en d&#233;veloppement&#8221; sont victimes d'une nouvelle injustice monstrueuse. Leur responsabilit&#233; dans les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre est faible, quasi nulle dans les pays les plus pauvres, mais le d&#233;r&#232;glement climatique provoqu&#233; par deux cents ans de croissance capitaliste imp&#233;rialiste place 3,5 milliards de femmes, hommes et enfants en premi&#232;re ligne des catastrophes qui les frappent de plus en plus durement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majoritaires sur la plan&#232;te, les populations des pays domin&#233;s ont le droit fondamental d'acc&#233;der &#224; des conditions de vie dignes. Les gouvernements imp&#233;rialistes, les institutions internationales et les gouvernements des pays p&#233;riph&#233;riques eux-m&#234;mes pr&#233;tendent que la croissance capitaliste permettra aux populations du Sud de &#8220;rattraper&#8221; le niveau de vie des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s. Il suffirait d'une &#8220;bonne gouvernance&#8221; pour &#8220;ajuster&#8221; les soci&#233;t&#233;s aux besoins du march&#233; mondial. C'est une impasse, comme le montre le fait que les in&#233;galit&#233;s continuent de se creuser (entre pays et, de plus en plus, &#224; l'int&#233;rieur des pays), tandis que le &#8220;budget carbone&#8221; compatible avec 1,5&#176;C s'&#233;vanouit rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le mod&#232;le imp&#233;rialiste de d&#233;veloppement maintient les pays domin&#233;s dans une position n&#233;ocoloniale de subordination, en tant que fournisseurs de mati&#232;res premi&#232;res et de main-d'&#339;uvre &#224; bas co&#251;t, producteurs de biens v&#233;g&#233;taux et animaux pour l'exportation, lieux de stockage des d&#233;chets &#8211; entre autres puits de carbone appropri&#233;s par les capitalistes &#224; leur profit &#8211; et principales victimes de la crise &#233;cologique. &#192; cela s'ajoutent d&#233;sormais les politiques scandaleuses des pays d&#233;velopp&#233;s qui paient les pays domin&#233;s pour qu'ils jouent le r&#244;le de police des fronti&#232;res. Les &#8220;&#233;lites&#8221; locales corrompues portent une responsabilit&#233; majeure. Au lieu de promouvoir un d&#233;veloppement alternatif, fond&#233; sur d'autres valeurs sociales, elles se sont mises au service de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours du &#8220;rattrapage du Nord par le Sud&#8221; n'est qu'une chim&#232;re, un &#233;cran de fum&#233;e pour masquer la poursuite de l'exploitation capitaliste et imp&#233;rialiste, qui creuse les in&#233;galit&#233;s. Avec la mont&#233;e des catastrophes &#233;cologiques, ce discours perd objectivement toute cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde multipolaire des BRICS n'est pas une alternative &#224; l'imp&#233;rialisme, comme le montre la politique de la Russie et de la Chine, les deux principaux leaders de ce bloc. Leurs dirigeants autocrates ne s'opposent pas aux pratiques imp&#233;rialistes et oppressives de l'imp&#233;rialisme occidental &#8220;classique&#8221;, ils veulent avoir les m&#234;mes. De m&#234;me, ce qu'ils r&#233;cusent, ce n'est pas l'&#233;cart entre les droits et les r&#233;alit&#233;s dans les pratiques des soci&#233;t&#233;s occidentales, ce sont les droits eux-m&#234;mes (des travailleurs, des femmes, des LGBTI+, etc.). Poutine veut reconstruire un empire colonial par la force et la coercition. Profitant de ses immenses r&#233;serves de combustibles fossiles, il cherche &#224; s'allier avec des monarchies p&#233;troli&#232;res, d'autres dictatures et de puissants int&#233;r&#234;ts dans l'industrie de l'&#233;nergie et du crime afin de prolonger l'exploitation des combustibles fossiles le plus longtemps possible. Le parti communiste chinois pr&#233;tend montrer aux pays du Sud qu'ils peuvent &#233;chapper &#224; la domination et se d&#233;velopper en empruntant les Nouvelles Routes de la Soie, mais son projet d'h&#233;g&#233;monie capitaliste mondiale est l'un des principaux moteurs de la destruction &#233;cologique et de l'accumulation par d&#233;possession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure n'est pas au &#8220;rattrapage&#8221; mais au partage plan&#233;taire. La grande masse des travailleur&#183;ses, des femmes, des jeunes, des minorit&#233;s ethniques, au &#8220;Nord&#8221; et dans les pays domin&#233;s, sont victimes du changement climatique. Selon l'analyse scientifique des politiques climatiques &#224; l'&#339;uvre, les 1 % les plus riches &#233;mettront encore plus de CO2 d'ici 2030, les 50 % pauvres en &#233;mettront un peu plus mais resteront largement en dessous du niveau d'&#233;missions individuelles compatible avec 1,5&#176;C, les 40 % interm&#233;diaires supporteront la plus grande partie de la r&#233;duction des &#233;missions (avec l'effort proportionnellement le plus important impos&#233; aux bas revenus dans les pays riches). C'est la base d'une lutte internationale pour la justice et l'&#233;galit&#233;. Le maigre budget carbone encore disponible doit et peut &#234;tre partag&#233; selon les responsabilit&#233;s et les capacit&#233;s historiques, non seulement entre les pays mais de plus en plus entre les classes sociales. Les ressources min&#233;rales et la richesse de la biodiversit&#233; doivent &#234;tre exploit&#233;es avec prudence, en fonction des besoins r&#233;els de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes des pays imp&#233;rialistes sont de loin les principaux responsables de la crise &#233;cologique et doivent en payer les cons&#233;quences. Cela vaut aussi pour des pays comme les &#8220;monarchies p&#233;troli&#232;res&#8221;, la Russie et la Chine, bien que leur responsabilit&#233; historique ne soit pas la m&#234;me. Les pays industrialis&#233;s du &#8220;Nord&#8221; &#8211; Europe, Am&#233;rique du Nord, Australie, Japon &#8211; doivent faire les plus gros efforts en termes de d&#233;croissance rapide des productions inutiles et/ou nuisibles. Ils ont &#233;galement la responsabilit&#233; de permettre aux pays domin&#233;s d'acc&#233;der &#224; des technologies alternatives, ainsi que de financer une transition &#233;cologique et une v&#233;ritable r&#233;paration des pertes et dommages. L'abolition des brevets doit permettre aux peuples du Sud d'acc&#233;der librement aux technologies qui peuvent r&#233;pondre aux besoins r&#233;els sans utiliser encore plus d'&#233;nergie fossile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour satisfaire leurs besoins, les populations des pays domin&#233;s ont besoin d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement radicalement oppos&#233; au mod&#232;le imp&#233;rialiste et productiviste. Un mod&#232;le qui privil&#233;gie les services publics (sant&#233;, &#233;ducation, logement, transport accessible, assainissement, &#233;lectricit&#233;, eau potable) pour la masse de la population, et non la production de biens pour le march&#233; mondial. Un mod&#232;le qui d&#233;fend les droits des peuples indig&#232;nes sur leur environnement contre les politiques capitalistes &#233;cocides et leur reconna&#238;t le droit de dire &#171; Non &#187;. Un mod&#232;le anticapitaliste et anti-imp&#233;rialiste, qui exproprie les monopoles des secteurs de la finance, des mines, de l'&#233;nergie, de l'agro-industrie, et les socialise sous contr&#244;le d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sp&#233;cialement dans les pays les plus pauvres, la n&#233;cessit&#233; de r&#233;pondre aux besoins de la population n&#233;cessitera l'augmentation de la production mat&#233;rielle et de la consommation d'&#233;nergie pendant une certaine p&#233;riode. Dans le cadre du mod&#232;le de d&#233;veloppement alternatif et d'autres &#233;changes internationaux, la contribution de ces pays &#224; la d&#233;croissance &#233;cosocialiste globale et au respect des &#233;quilibres &#233;cologiques consistera &#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; imposer une r&#233;paration &#233;quitable aux pays imp&#233;rialistes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; annuler la consommation ostentatoire de l'&#233;lite parasitaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; lutter contre les m&#233;gaprojets &#233;cocides inspir&#233;s par les politiques capitalistes n&#233;olib&#233;rales, tels que les pipelines g&#233;ants, les projets miniers pharaoniques, les nouveaux a&#233;roports, les puits de p&#233;trole offshore, les grands barrages hydro&#233;lectriques et les immenses infrastructures touristiques qui s'approprient le patrimoine naturel et culturel au profit des riches ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; mener une r&#233;forme agraire agro&#233;cologique contre l'agriculture industrielle ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; refuser la destruction des biomes par les &#233;leveurs, les planteurs d'huile de palme, l'agrobusiness en g&#233;n&#233;ral et l'industrie mini&#232;re, les &#8220;compensations foresti&#232;res&#8221; (projets REDD et REDD+) ainsi que les &#8220;accords de p&#234;che&#8221; qui offrent les ressources halieutiques aux multinationales de la p&#234;che industrielle, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leurs luttes, les classes populaires des pays domin&#233;s peuvent contribuer de mani&#232;re d&#233;cisive &#224; engager les exploit&#233;&#183;es du monde entier dans cette voie, la seule compatible &#224; la fois avec les droits humains et avec les limites terrestres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; contre-courant, faire converger les luttes pour rompre avec le productivisme capitaliste. S'emparer du gouvernement, initier la rupture &#233;cosocialiste bas&#233;e sur l'auto-activit&#233;, l'auto-organisation, le contr&#244;le par en bas, la d&#233;mocratie la plus large&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie, l'&#201;tat, la politique de la bourgeoisie et ses relations internationales sont profond&#233;ment affect&#233;s par l'impasse &#233;cosociale dans laquelle l'accumulation capitaliste et le pillage imp&#233;rialiste ont plong&#233; l'humanit&#233;. Partout dans le monde, les exploit&#233;&#183;es et les opprim&#233;&#183;es sont saisis d'une profonde angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mouvements de r&#233;sistance se d&#233;veloppent &#224; contre-courant. M&#234;me dans des contextes extr&#234;mement difficiles, des personnes se l&#232;vent pour d&#233;fendre leurs droits sociaux, d&#233;mocratiques, anti-imp&#233;rialistes, &#233;cologiques, f&#233;ministes, LGBTI+, antiracistes, indig&#232;nes, paysans. Des luttes significatives ont &#233;t&#233; men&#233;es et parfois des victoires remarquables ont &#233;t&#233; remport&#233;es : mobilisation des Gilets jaunes et mouvement contre la r&#233;forme des retraites en France, combat &#233;cosocial des ouvriers de GKN en Italie, lutte du syndicat des travailleurs de l'automobile aux USA, fermeture d'une mine de cuivre de la transnationale First Quantum au Panama en 2023, victoire des paysans indiens contre le gouvernement Modi, victoire des &#8220;zadistes&#8221; contre l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes et construction des Soul&#232;vements de la Terre en France, victoire des femmes dans la lutte pour l'avortement en Argentine, victoire des Sioux aux &#201;tats-Unis contre l'ol&#233;oduc XXL&#8230; Mais l'ennemi est &#224; l'offensive et beaucoup de luttes sont d&#233;faites. Notre t&#226;che, en tant que militants de la Quatri&#232;me Internationale, est d'aider &#224; organiser et &#224; &#233;tendre les luttes, en apportant notre perspective &#233;cosocialiste et internationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'histoire du mouvement ouvrier est riche de luttes pour la sant&#233; des travailleur&#183;ses et pour la protection de l'environnement, le productivisme des forces h&#233;g&#233;moniques de la gauche, partis et syndicats, est un obstacle s&#233;rieux sur le chemin d'une r&#233;ponse &#233;cosocialiste &#224; la mesure de la situation objective. La plupart des directions ont abandonn&#233; toute perspective anticapitaliste. La social-d&#233;mocratie et toutes les autres variantes du r&#233;formisme sont devenues social-lib&#233;rales &#8211; leur seule ambition &#233;tant d'apporter quelques corrections sociales au march&#233; dans les limites du cadre n&#233;olib&#233;ral. La plupart des directions des grandes organisations syndicales se contentent d'accompagner les politiques n&#233;olib&#233;rales avec l'illusion que la croissance capitaliste am&#233;liorera l'emploi, les salaires et la protection sociale. Au lieu d'organiser une prise de conscience de l'impasse &#233;cosociale, ces politiques de collaboration de classe l'approfondissent et en dissimulent la gravit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, certaines forces politiques et certains courants syndicaux &#8211; notamment en Europe, aux &#201;tats-Unis et en Am&#233;rique latine &#8211; commencent &#224; prendre leurs distances avec le productivisme et le n&#233;olib&#233;ralisme. Dans les syndicats, des militant&#183;es conscient&#183;es du d&#233;fi &#233;cologique ont avanc&#233; le concept de &#8220;transition juste&#8221;. La social-d&#233;mocratie et les dirigeants syndicaux de la CSI l'ont d&#233;tourn&#233; dans le sens d'un soutien au productivisme et &#224; la comp&#233;titivit&#233; des entreprises. La classe dominante est experte en manipulation. C'est ainsi que la &#8220;transition juste&#8221; a rejoint le &#8220;d&#233;veloppement durable&#8221; dans les discours des gouvernements qui bafouent la justice et organisent la non-durabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays capitalistes &#8220;d&#233;velopp&#233;s&#8221;, les rangs des forces traditionnelles ont &#233;t&#233; renforc&#233;s par les partis Verts. Il aura fallu quatre d&#233;cennies pour que la grande majorit&#233; de ces partis rejoigne la caste des gestionnaires politiques du capitalisme. Leur pragmatisme bas&#233; sur la responsabilit&#233; individuelle des consommateurs est prolong&#233; dans la soci&#233;t&#233; civile par de nombreuses associations environnementales. Il a permis &#224; la social-d&#233;mocratie et aux directions syndicales traditionnelles de masquer leur collaboration de classe dans la d&#233;fense du &#8220;moindre mal social&#8221; face aux &#233;cotaxes et autres solutions dites &#8220;r&#233;alistes&#8221; de l'&#233;cologie &#8220;ni de gauche ni de droite&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres parties du monde, bien qu'encore minoritaire, l'&#233;cosocialisme commence &#224; gagner en influence dans les mouvements sociaux et la gauche radicale. Certaines exp&#233;riences locales importantes &#8211; &#224; Mindanao, au Rojava et au Chiapas, entre autres &#8211; ont des affinit&#233;s avec la perspective &#233;cosocialiste. Cependant, la croissance capitaliste appara&#238;t encore faussement &#224; la plupart des gens comme le seul moyen d'am&#233;liorer les conditions sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de la profondeur de la crise et du d&#233;sarroi, le risque est r&#233;el de voir se d&#233;velopper dans certains secteurs des classes populaires une tendance &#224; sacrifier les objectifs &#233;cologiques sur l'autel du d&#233;veloppement, de la cr&#233;ation d'emplois et de l'augmentation des revenus. Cette tendance ne ferait qu'acc&#233;l&#233;rer la catastrophe dont ces m&#234;mes classes sont d&#233;j&#224; les premi&#232;res victimes et accentuerait la perte de l&#233;gitimit&#233; des syndicats. Elle cr&#233;erait &#233;galement un terrain fertile pour les tentatives n&#233;ofascistes de verdir les projets racistes, colonialistes et g&#233;nocidaires. Les migrant&#183;es fuyant leurs terres d&#233;vast&#233;es sont les principales cibles de ces campagnes de haine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet socialiste est profond&#233;ment discr&#233;dit&#233; par les bilans du stalinisme et de la social-d&#233;mocratie. C'est &#224; partir des luttes que nous devons r&#233;inventer une alternative, et non &#224; partir des dogmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est aujourd'hui en premi&#232;re ligne du mouvement &#233;cosocial r&#233;el ? Les peuples indig&#232;nes, les jeunes, les paysan&#183;nes, les personnes racis&#233;es qui paient un lourd tribut &#224; la destruction sociale et &#233;cologique. Dans ces quatre groupes, les femmes jouent un r&#244;le d&#233;cisif, en lien avec leurs revendications sp&#233;cifiques, &#233;cof&#233;ministes, pour lesquelles elles luttent et s'organisent de mani&#232;re autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance paysanne internationale Via Campesina donne de nombreux exemples d&#233;montrant qu'il est possible de combiner la d&#233;fense des droits des paysan&#183;nes pauvres et des peuples indig&#232;nes, la lutte contre l'extractivisme et l'agro-industrie, la lutte pour la souverainet&#233; alimentaire et la pr&#233;servation des &#233;cosyst&#232;mes, avec le f&#233;minisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande majorit&#233; des salari&#233;&#183;es est absente ou en retrait des luttes anti-productivistes. Certains en d&#233;duisent que la lutte des classes est d&#233;pass&#233;e, ou doit &#234;tre men&#233;e par une &#8220;classe &#233;cologique&#8221; qui n'existe que dans leur imagination. Mais l'arr&#234;t de la catastrophe n'est possible qu'en r&#233;volutionnant le mode de production de l'existence sociale. Cette r&#233;volution n'est pas possible sans la participation active et consciente des producteur&#183;ices, qui forment d'ailleurs la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, au contraire, en d&#233;duisent qu'il faut attendre le moment o&#249; la masse des travailleur&#183;ses en lutte pour leurs revendications socio-&#233;conomiques imm&#233;diates aura atteint le niveau de conscience lui permettant de participer &#224; la lutte &#233;cologique sur une &#8220;ligne de classe&#8221;. Mais comment le niveau de conscience de la masse des salari&#233;&#183;es int&#233;grerait-il &#224; temps les questions &#233;cologiques si aucune lutte sociale majeure ne vient bousculer le cadre productiviste dans lequel la masse des salari&#233;&#183;es, de plus en plus sur la d&#233;fensive, porte spontan&#233;ment ses revendications socio-&#233;conomiques imm&#233;diates ? Sortir du cadre productiviste requiert une logique d'initiative publique et de planification des reconversions n&#233;cessaires, avec garantie d'emploi et de revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes n'est pas une pure abstraction. &#171; Le mouvement r&#233;el qui abolit l'&#233;tat actuel des choses &#187; (Marx) la d&#233;finit et d&#233;signe ses acteur&#183;ices. Les luttes des femmes, des LGBTI+, des peuples opprim&#233;s, des peuples racis&#233;s, des migrant&#183;es, des paysan&#183;nes et des peuples indig&#232;nes pour leurs droits ne sont pas plac&#233;es &#224; c&#244;t&#233; des luttes des travailleur&#183;ses contre l'exploitation du travail par les patrons. Elles font partie de la lutte des classes vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles en font partie parce que le capitalisme a besoin de l'oppression patriarcale des femmes pour maximiser la plus-value et assurer la reproduction sociale &#224; moindre co&#251;t. Il a besoin de la discrimination des personnes LGBTI+ pour valider le patriarcat. Il a besoin du racisme structurel pour justifier le pillage de la p&#233;riph&#233;rie par le centre. Il a besoin de &#8220;politiques d'asile&#8221; inhumaines pour r&#233;guler l'arm&#233;e de r&#233;serve industrielle. Il a besoin de soumettre la paysannerie aux diktats de l'agro-industrie productrice de malbouffe, pour comprimer le prix de la force de travail. Et il a besoin d'&#233;liminer la relation respectueuse que les communaut&#233;s humaines entretiennent encore en elles-m&#234;mes et avec la nature, pour la remplacer par son id&#233;ologie individualiste de domination, qui transforme le collectif en automate et le vivant en chose morte. En particulier, les peuples autochtones et les communaut&#233;s traditionnelles sont &#224; l'avant-garde de la lutte contre la domination destructrice du capitalisme sur leurs corps et leurs territoires. Dans de nombreuses r&#233;gions, ils sont m&#234;me l'avant-garde de nouveaux mouvements r&#233;volutionnaires des classes subalternes. C'est pourquoi nous reconnaissons qu'ils sont une partie fondamentale du sujet r&#233;volutionnaire du 21e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces luttes et celles des travailleur&#183;ses contre l'exploitation capitaliste participent du m&#234;me combat pour l'&#233;mancipation humaine et cette &#233;mancipation n'est r&#233;ellement possible et digne de l'humanit&#233; que dans la conscience du fait que notre esp&#232;ce appartient &#224; la nature tout en ayant, du fait de son intelligence sp&#233;cifique, la responsabilit&#233;, d&#233;sormais incontournable et vitale, d'en prendre le plus grand soin. Telle est en effet pour nous l'implication strat&#233;gique qui d&#233;coule du fait que la force destructrice du capitalisme a fait entrer la plan&#232;te dans une nouvelle &#232;re g&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse est la base de notre strat&#233;gie de convergence des luttes sociales et &#233;cologiques. Chaque fois que possible, cette convergence devrait aussi &#234;tre coordonn&#233;e au niveau international par le biais de forums d&#233;mocratiques. La lutte est mondiale, notre mouvement doit l'&#234;tre aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette convergence des luttes ne doit pas se limiter &#224; la recherche, entre mouvements sociaux, ou entre appareils de mouvements sociaux, du plus grand d&#233;nominateur commun en termes de revendications. Une telle conception pourrait impliquer la mise &#224; l'&#233;cart de certaines revendications de certains groupes, au d&#233;triment des plus faibles d'entre eux. Ce serait le contraire de la convergence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convergence des luttes sociales et &#233;cologiques inclut toutes les luttes de tous les acteur&#183;ices sociaux, des plus aguerri&#183;es aux plus h&#233;sitant&#183;es. C'est un processus d'articulation dynamique, qui &#233;l&#232;ve le niveau de conscience par l'action et le d&#233;bat, dans le respect mutuel. Son but n'est pas la d&#233;termination d'une plateforme fixe mais la constitution de l'unit&#233; des exploit&#233;&#183;es et des opprim&#233;&#183;es dans la lutte pour des revendications concr&#232;tes ouvrant une dynamique en direction de la conqu&#234;te du pouvoir politique et du renversement du capitalisme dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pratique, la convergence &#233;cosociale des luttes implique surtout, aujourd'hui, que les secteurs les plus conscients des menaces &#233;cologiques s'adressent aux secteurs les plus conscients des menaces sociales, et vice versa, afin de d&#233;passer ensemble la fausse opposition capitaliste entre le social et l'&#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette approche, la d&#233;fense d'un &#233;cosyndicalisme &#224; la fois de lutte des classes et anti-productiviste joue un r&#244;le essentiel, elle s'appuie sur les pr&#233;occupations concr&#232;tes des travailleur&#183;ses pour la pr&#233;servation de leur sant&#233; et de leur s&#233;curit&#233; au travail ainsi que sur leur r&#244;le de lanceur&#183;ses d'alerte sur les atteintes aux &#233;cosyst&#232;mes ou la dangerosit&#233; des productions, r&#244;le qu'iels sont les mieux plac&#233;&#183;es pour jouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militant&#183;es &#233;cosocialistes, nous encourageons la r&#233;sistance sur les lieux de travail par la gr&#232;ve et toutes les initiatives permettant l'organisation et le contr&#244;le des travailleur&#183;ses. Nous travaillons au renforcement des mobilisations en favorisant l'extension des gr&#232;ves, la massification des manifestations, toutes les formes d'auto-organisation et d'autoprotection des luttes contre la r&#233;pression, ainsi qu'en popularisant celles-ci pour contrer les mensonges des m&#233;dias dominants et des appareils gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous inspirons &#233;galement des formes de d&#233;sob&#233;issance civile, du blocage de sites au boycott du paiement des loyers, qui ont fait la preuve de leur efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences n&#233;es des luttes permettent de nourrir le d&#233;bat strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes antiproductivistes sont diverses, mais g&#233;n&#233;ralement leur point de d&#233;part est tr&#232;s concret, souvent d'abord local, en opposition &#224; une nouvelle infrastructure de transport (autoroute, a&#233;roport&#8230;), commerciale ou logistique, extractiviste (mine, pipeline, m&#233;ga-barrage&#8230;), &#224; l'accaparement de la terre ou de l'eau, &#224; la destruction d'une for&#234;t, d'une rivi&#232;re&#8230; C'est d'abord la menace sur la vie quotidienne, sur les moyens de subsistance et la sant&#233; qui mobilisent largement, et non le discours g&#233;n&#233;ral. En se confrontant aux d&#233;cideurs politiques, aux groupes capitalistes, aux institutions qui les prot&#232;gent, en nouant des alliances entre des acteur&#183;rices issu&#183;es d'histoires et engagements diff&#233;rents, la lutte devient de plus en plus globale et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces combinaisons de luttes ancr&#233;es dans un territoire, sur un objectif pr&#233;cis, et du combat g&#233;n&#233;ral s'articulent dans le monde entier et forment une nouvelle r&#233;alit&#233; politique nomm&#233;e &#171; Blockadia &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation d'une conscience de classe &#233;cosocialiste implique une convergence des luttes auxquelles les (jeunes) scientifiques peuvent contribuer en utilisant et en partageant leurs connaissances (agronomiques, climatiques, naturalistes&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comit&#233;s de gr&#232;ve, les centres de sant&#233; communautaires, les reprises d'entreprises, les occupations de terres, les lieux de vie autog&#233;r&#233;s, les ateliers de r&#233;paration, les cantines, les biblioth&#232;ques de semences, etc. permettent d'exp&#233;rimenter une organisation sociale lib&#233;r&#233;e du capitalisme. Ces exp&#233;riences permettent &#224; celleux qui sont priv&#233;&#183;es du pouvoir politique et &#233;conomique d'&#233;prouver leur propre puissance et intelligence collectives. Cependant, en se heurtant t&#244;t ou tard &#224; l'&#201;tat et au march&#233; capitaliste, elles contredisent les illusions sur un possible contournement ou am&#233;nagement du syst&#232;me, montrent qu'il est impossible de faire l'impasse sur le pouvoir politique et sur le n&#233;cessaire renversement du syst&#232;me. Dans les pays industrialis&#233;s, la gr&#232;ve politique g&#233;n&#233;rale sera un instrument d&#233;terminant. Cependant, en instaurant, m&#234;me temporairement, une autre l&#233;gitimit&#233;, populaire, solidaire et d&#233;mocratique, les alternatives concr&#232;tes permettent aux domin&#233;&#183;es de prendre conscience de leurs propres forces et d'&#339;uvrer &#224; la construction d'une nouvelle h&#233;g&#233;monie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus globalement, la construction d'organes de pouvoir populaire est au c&#339;ur de notre strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise syst&#233;mique du &#8220;capitalisme tardif&#8221; domin&#233; par la finance transnationale nourrit &#224; la fois un &#233;c&#339;urement face aux ph&#233;nom&#232;nes de d&#233;composition du r&#233;gime bourgeois et un sentiment d'impuissance face &#224; la profonde d&#233;t&#233;rioration, tant quantitative que qualitative, du rapport de force entre les classes. Dans ce contexte, la question du gouvernement prend une importance accrue. La prise du pouvoir politique par les classes populaires est un pr&#233;alable &#224; la mise en &#339;uvre d'un plan initiant une politique de rupture. En m&#234;me temps, ces derni&#232;res ann&#233;es ont montr&#233; les illusions mortif&#232;res des projets politiques qui exploitent les aspirations populaires, canalisent les mobilisations, voire les &#233;touffent au nom de la realpolitik, et font alors le jeu de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de raccourci. Une strat&#233;gie &#233;cosocialiste de rupture implique la lutte pour la formation d'un pouvoir populaire, luttant pour un plan de transition, &#233;manant de l'auto-activit&#233;, du contr&#244;le et de l'intervention directe des exploit&#233;&#183;es et des opprim&#233;&#183;es &#224; tous les niveaux de la soci&#233;t&#233;. Aucune mesure cons&#233;quente contre l'exploitation, l'oppression et la destruction des &#233;cosyst&#232;mes ne pourra &#234;tre impos&#233;e sans un rapport de force reposant sur cette auto-organisation. L'auto-&#233;mancipation n'est pas seulement notre objectif, c'est aussi une strat&#233;gie pour renverser l'ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles institutions doivent &#234;tre construites pour d&#233;lib&#233;rer, d&#233;cider d&#233;mocratiquement, organiser la production et l'ensemble de la soci&#233;t&#233;&#8230; Ces nouveaux pouvoirs devront affronter la machine &#233;tatique capitaliste, qui devra &#234;tre bris&#233;e. Le renversement de l'ordre social, l'expropriation des capitalistes se heurteront in&#233;vitablement &#224; la riposte violente, arm&#233;e, des classes dominantes. Face &#224; cette violence, les exploit&#233;&#183;es et les opprim&#233;&#183;es n'auront d'autre choix que de se d&#233;fendre, il s'agira d'auto-organiser d&#233;mocratiquement une violence l&#233;gitime tout en refusant le virilisme et le substitutisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#233;pend des r&#233;sultats des luttes. Quelle que soit l'ampleur du d&#233;sastre, &#224; chaque &#233;tape, les luttes feront la diff&#233;rence. Au sein des luttes, tout d&#233;pend de la capacit&#233; des militant&#183;es &#233;cosocialistes &#224; s'organiser pour s'orienter dans la pratique selon la boussole de la n&#233;cessit&#233; historique objective. R&#233;fl&#233;chir et agir, construire les luttes et les outils de luttes, confronter les exp&#233;riences et en tirer des enseignements :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre internationale de cette immense t&#226;che n&#233;cessite un outil politique, une nouvelle Internationale des exploit&#233;&#183;es et des opprim&#233;&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce Manifeste, la IVe Internationale exprime sa volont&#233; de contribuer &#224; relever ce d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Adopt&#233; par le Congr&#232;s mondial 2025&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Dans ce document, nous utilisons l'expression Sud global pour d&#233;crire les pays d&#233;pendants, les pays domin&#233;s, les pays p&#233;riph&#233;riques d'Asie, d'Afrique et d'Am&#233;rique latine. Nous utilisons toutes ces expressions pour d&#233;signer la m&#234;me r&#233;alit&#233;. Nous n'incluons pas dans le Sud global des pays comme la Chine, la Russie, les monarchies p&#233;troli&#232;res, ou des puissances moyennes substantiellement autonomes comme l'Inde, etc. qui occupent une place sp&#233;cifique dans le syst&#232;me de domination capitaliste mondial, et ne peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#8220;domin&#233;s&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. T&#233;rawattheure (1 TWh = 1 milliard de kWh). Cette unit&#233; d'&#233;nergie est utilis&#233;e pour mesurer la production d'&#233;lectricit&#233; d'une centrale &#233;lectrique (quelques TWh) ou d'un pays. Un kilowattheure &#233;quivaut &#224; une puissance constante d'un kilowatt fonctionnant pendant une heure et &#233;quivaut &#224; 3,6 millions de joules ou 3,6 m&#233;gajoules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Cet effet rebond est &#233;galement connu sous le nom de paradoxe de Jevons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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