Édition du 14 août 2018

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États-Unis

Donald Trump achève la destruction de la recherche climatique

En supprimant les financements publics, en faisant pression sur les scientifiques, en menaçant les mécènes du climat, le président américain affiche sa négation des désordres du climat.

Tiré de Politis.

Discrètement, et sans autoriser les responsables de la NASA à en expliquer les raisons politiques et idéologiques, le président américain vient de faire supprimer un programme scientifique destiné à surveiller et à mesurer l’évolution des proportions de gaz carbonique et de méthane présents dans l’atmosphère de la terre. L’administration présidentielle, poursuivant l’organisation de la négation du réchauffement climatique, a mis fin au Carbon Monitoring System qui devait permettre à la NASA, grâce à ses mesures, de modéliser l’évolution des gaz à effet de serre et leurs effets à venir sur le climat si les émissions ne sont pas rapidement stabilisées ou réduites.

Ce programme, dont tous les climatologues attendaient les résultats, ne représentait pourtant qu’une modeste dépense d’une dizaine de millions d’euros ; mais elle illustre la suppression silencieuse et progressive de tous les programmes et de toutes les recherches liés à l’évolution du climat. Même lorsque cela concerne le territoire des États-Unis. Non seulement Donald Trump est sorti de toutes les obligations de l’accord de Paris, mais son gouvernement ne participe plus au financement du GIEC qui connaît, en conséquence, des difficultés de fonctionnement. D’autant plus que la plupart des scientifiques américains qui y contribuent, de façon bénévole comme tous les autres, subissent des pressions de plus en plus fortes de la part de l’administration fédérale, notamment de l’Agence pour l’environnement toujours dirigée par un climato-sceptique notoire.

Au moins 20 universités sanctionnées

Une vingtaine d’universités américaines, dont la plupart des spécialistes du climat sont entrés en rébellion contre les théories officielles, se sont vues mettre le marché en main : ou elles renoncent à financer ou à aider les programmes de recherche sur la climatologie, le réchauffement et ses conséquences, ou bien elles verront leurs financements réduits ou supprimés. Des pressions efficaces s’exercent aussi sur les mécènes qui participent à ces financements par le biais de leurs Fondations. Des chantages qui commencent à toucher tous les laboratoires, officiels ou privés. Notamment ceux qui se préoccupent de la montée du niveau des mers et du recul des côtes. Y compris ceux qui affectent déjà, depuis la Floride jusqu’aux États nord est du pays, des centaines de kilomètres de rivages qui subissent des inondations marines quasi permanentes. En fait, pour le président Trump, la question climatique ne doit plus exister puisqu’il s’agit d’une « invention ».

Pour éviter les paniques ressenties par les habitants de ces États américains menacés, les informations prévisionnelles encore fournies par des centres de recherche, ne sont plus publiées. En outre, le programme de mesure de l’évolution des quantités de gaz à effet de serre émis par les industries américaines ne fonctionne plus, considéré comme « inutile ». En fait, tout un pan de la recherche du pays, qu’il concerne seulement les USA ou le reste du monde, est en train de disparaître. Situation qui remet en cause toute la recherche climatique à laquelle les savants américains consacraient de gros efforts depuis des années.

...Et la France ne dit plus grand chose

L’administration américaine est efficacement secondée, dans cette disparition de la préoccupation climatique, par les parlementaires Républicains, au Sénat et à la Chambre des représentants qui, procèdent régulièrement à des coupes ou des gels dans tous les programmes scientifiques. Cette négation de l’importance de la recherche, climatique ou autre, ne sera pas compensée par l’accueil de quelques savants organisé par le président français dont la préoccupation sur le réchauffement est en train de faiblir comme le montrent les discussions en cours à Bonn pour préparer la prochaine conférence sur le climat qui se tiendra cet automne en Pologne. Avec la complicité des autorités polonaises qui ne tiennent pas à ce que leur recours grandissant au charbon soit remis en cause.

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