Édition du 19 septembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

L’université populaire des NCS

L’heure des brasiers

À l’UQÀM, les 17-19 août 2017

Avec l’élection de Donald Trump, le monde est entré dans une nouvelle ère. Le virage vers l’« austéritarisme », sous diverses formes, semble être, un peu partout, une tendance de fond. Les politiques néolibérales sont renforcées (privatisation, réglementation, financiarisation débridée, etc.), quitte à enfoncer davantage la planète dans le processus de destruction de l’environnement et dans celui de l’accumulation pour l’accumulation.

Ces objectifs ne sont plus tenables. C’est alors que pour les imposer, le 1 % déploie un puissant dispositif militarisé, repris par les médias et l’intellectualité de droite sous la forme d’un discours haineux, raciste et xénophobe. C’est l’idéologie de tout-le-monde-contre-tout-le-monde, qui débouche sur un cycle de militarisation et de guerres « sans fin », comme le disait l’ancien président étatsunien George W. Bush.

Devant cette vague de droite, l’ancienne gouvernance keynésienne est aux abois. Elle s’est convertie depuis plusieurs années au social libéralisme : « parler à gauche, gouverner à droite », quitte à compatir devant les problèmes des « pauvres », mais sans changer quoi que ce soit aux processus et aux intérêts de classe qui sont à la racine.

L’humanité devant cette destruction programmée ne baisse pas les bras pour autant. De vastes mobilisations populaires surgissent sans cesse, des divers « printemps » arabes et africains aux grandes mobilisations à Barcelone, Istanbul, Buenos Aires, Athènes, Montréal, Washington, Standing Rock et ailleurs.

On résiste, on bloque la « machine ». On s’organise, on débat, on se regarde dans le miroir pour voir ce qu’on ne fait pas. On se pose des questions, même si on n’a pas toujours les réponses. On expérimente, à petite échelle, ce que pourrait être un monde égalitaire et écologiste. On essaie de faire notre place sur le terrain politique, dans des conditions d’une grande adversité.

Finalement, on se dit, comme le poète cubain José Marti, que dans cette ère des brasiers, « il ne faut y voir que la lumière ».

Pour cette huitième édition de leur université populaire, les NCS vous proposent un riche programme articulé autour de deux axes dont le premier est :

- - - - PREMIER AXE - - - -

Le Canada, d’hier à aujourd’hui : capitalisme, patriarcat, colonialisme

L’État canadien « célèbre » cette année son 150e anniversaire. Il a la singularité d’être le seul territoire des Amériques qui n’a jamais conquis son indépendance, qui ne s’est jamais réinventé sur le mode du républicanisme et qui a été marqué, dès son avènement jusqu’à aujourd’hui, par une histoire de conquêtes.

Ce n’est pas notre État et donc nous n’avons rien à célébrer. Pour autant, c’est une occasion pour mieux comprendre une structure qui s’est maintenue au pouvoir, au profit d’une petite élite, grâce à un savant dosage d’oppression et de violence des peuples avec un dispositif capitaliste et patriarcal assurant l’hégémonie.

À maintes reprises cependant, ce pouvoir a été bousculé par l’irruption des peuples. Cette histoire des résistances, c’est notre histoire. C’est à partir de là que nous pouvons cartographier les mouvements et leurs luttes aujourd’hui. C’est à cet exercice que nous vous invitons dans le cadre de l’université populaire des NCS d’août prochain.

Programme provisoire (en date du 7 avril 2017)

Jeudi 17 août

Fin de journée


Le vin de l’amitié
Mot de bienvenue
Lancement du no des NCS sur les Autochtones

Soirée

L’heure des brasiers : le territoire et la lutte pour la préservation du territoire
Conférence de lancement

Vendredi 18 août


Avant-midi

L’économie politique du capitalisme canadien
Comment le capitalisme canadien s’est construit (pillage des ressources), modernisé, financiarisé, pour aboutir à une structure au service du 1%.

De la dépossession à l’apartheid
De la Loi des indiens aux réserves, les pratiques coloniales
, la misère et la violence, le racisme systémique.

Décoloniser la pensée critique
Avec l’apport de l’écologisme et du féminisme, la pensée critique de gauche doit évoluer, d’autant plus qu’émergent des nouvelles manières de voir le monde dans le sud et parmi les peuples autochtones.


Après-midi

13h-15h30

Les luttes des femmes contre l’État canadien
Des luttes pour les droits fondamentaux aux luttes actuelles contre la violence et la pauvreté à travers des résistances intersectionnelles.

Racismes et discriminations
Les générations immigrantes qui ont érigé le capitalisme à l’ombre de la discrimination et sous le masque trompeur du multiculturalisme.

1917 : l’irruption des luttes de Winnipeg à Montréal
C’est un surgissement ouvrier qui débouche sur de grandes luttes anti-impérialistes qui traduit le grand élan d’émancipation de cette période.

Fin de journée

16h-18h

PLÉNIÈRE : Les assauts de l’État contre la nature
La dépossession et la destruction de la nature et l’essor d’un État pétrolier, de même qu’à l’essor d’un grand mouvement convergent des résistances.

Samedi 19 août

Avant-midi

9h30-11h30

Les stratégies de l’État pour nier les droits des peuples
De 1840 (modernisation du projet colonial) à l’assassinat de Louis Riel (1884) en passant par la nuit des longs couteaux (1982) jusqu’aux grandes manœuvres de l’État canadien (post 1995).

Le Canada maillon de la chaîne impérialiste
Des minières canadiennes à la conquête du monde jusqu’au Canada paradis fiscal

Le socialisme, 100 ans plus tard
Que retenir de l’utopie de la Commune des soviets à l’essor de l’internationalisme et aux grandeurs et décadences de la gauche québécoise et canadienne ?

Travailleurs et travailleuses contre l'État
De celles pour obtenir une réelle protection légale à celle des Postiers pour maintenir les services publics.

- - - - SECOND AXE - - - -

La révolution « numérique » : les enjeux pour le 99%

Le discours dominant nous promet à la fois la catastrophe (des millions d’emplois perdus) et le paradis avec la fin des emplois dangereux, sales et routiniers. Un peu partout, les mouvements populaires se trouvent bousculés par la robotisation, l’ubérisation et les nouveaux dispositifs de contrôle menaçant nos droits. Que faire ? Quelles sont les alternatives ? Comment définir un agenda inclusif et progressiste pour imaginer l’utilisation de la technologie au service du 99% ?

Vendredi 18 août

09h15

Mise au jeu

- Mot de bienvenue
- Introduction à la journée et à l’université populaire

09h30

Plénière

- Comment le numérique transforme l’espace public ?
- La gouvernance à l’ombre du numérique
- Big data, mythes et imaginaires

10h50

Pause

11h00

Plénière (continuation
- Quels sont les enjeux pour les mouvements populaires et syndicaux?
- Comment les algorithmes organisent nos vies ?

12h00

Pause

13h30

Ateliers

- Comment la numérisation affecte-t-elle les emplois et les conditions de travail ?
- Quelles sont les stratégies susceptibles de défendre les intérêts des travailleurs et des travailleuses ?
- Comment utiliser la transition numérique pour renforcer les associations communautaires et citoyennes et les projets d’économie sociale et solidaire ?

15h15

Conclusion

  • Peut-on « humaniser » le numérique ?

16h00

Clôture

Informations : universite@cahiersdusocialisme.org

Sections

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