Édition du 21 novembre 2017

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Canada

La candidature de Jagmeet Sing soulève l’intérêt dans la course à la chefferie du NPD

Jagmeet Sing vient de lancer sa candidature à la chefferie du NPD. On l’attendait depuis longtemps. Elle donne une nouvelle dynamique à cette course qui se terminera à l’automne

Duncan Cameron, rabble.ca, 16 mai 2017
Traduction, Alexandra Cyr

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Si on se fie aux appuis qu’il a reçus lors d’un ralliement à Brampton en Ontario, ce député NPD provincial au parlement ontarien devrait gagner son pari. L’assemblée à été diffusée en direct sur Facebook. M. Sing était accompagné de députés NPD des parlements de l’Ontario, de la Colombie Britannique, du Manitoba et d’un ex-député du Québec. Il veut rallier les Canadiens-nes au NPD, parti de justice sociale. Il défend un Canada inclusif où tout un chacun à une possibilité de réussir et de vivre ses rêves.

Sa déclaration de lancement de campagne (http://www.jagmeetsingh.ca/meet jagmeet) met de l’avant ses expériences dans la lutte pour la justice et sa conviction reçue de sa mère que : « si vous améliorez la situation des gens autour de vous, c’est celle de tout le monde qui s’améliore ».

Le moindre enthousiasme que peut soulever la candidature de J. Sing dans cette course, dans les débats sur les enjeux auxquels fait face le Canada, sur la place du Parti dans la politique fédérale, va jeter de la lumière sur les idées des autres candidats-es.

J. Sing est présent dans les grands médias nationaux qui sont normalement indifférents envers le NPD fédéral quand ils ne lui sont pas hostiles. Son intelligence, son charme photogénique, déjà installés dans la politique ontarienne, rendent leurs reportages à son sujet intéressants. Mais leur intérêt résulte surtout du fait que J. Sing s’oppose à Justin Trudeau. Dans la bataille des charismes, J. Sing s’est maintenu et le vent (médiatique) à tourné.

À la Chambre des communes, le NPD a voulu rabattre le caquet à Justin Trudeau. Si les Conservateurs élisaient un-e cheffe impopulaire, ça aiderait le NPD dans son aspiration. Le Parti libéral gouverne de plus en plus comme un parti conservateur pressé. Les progressistes qui ont voté pour ses candidats-es en 2015 avec l’objectif de battre Stephen Harper seront dans la mire des stratèges du NPD dans la préparation de l’élection de 2019. J. Sing semble être le candidat que les militants-es de l’intérieur du Parti privilégient comme figure représentante partout dans le pays.

Tenter d’imiter le Parti libéral ou encore vouloir le remplacer est une stratégie qui a mené à des gouvernements NPD dans les prairies. On peut dire qu’il n’y a pas de voix libérales dans les Chambres du Manitoba, de la Saskatchewan et le NPD gouverne l’Alberta.

En France, Emmanuel Macron et son mouvement En Marche qui l’a porté au pouvoir, ont insisté pour obliger les candidats-es aux fonctions ministérielles, à mettre les intérêts du pays devant ceux de leur parti. C’est une position qui a de la résonnance dans un pays rongé par les allégeances partisanes. La partisannerie a été un sérieux problème au NPD fédéral.

Lors des élections de 2015 le Parti a adopté la position conservatrice sur la politique fiscale. (Les stratèges) ont cru qu’en étant contre les déficits, leur leader deviendrait premier ministre. Les intérêts de la population ont été sacrifiés sur l’autel des calculs partisans.

Les chefs du NPD font toujours face à un défi : construire un parti que la population voudra soutenir et que l’électorat pourra choisir pour lui donner la victoire. Faire du NPD, un instrument du « progrès » social et économique peut s’opposer à l’objectif de gagner des sièges. Le parti veut s’afficher comme le celui qui est capable de mener la population vers la terre promise mais il a toujours dans ses rangs des militants-es qui s’intéressent surtout aux gains électoraux.

Il ne fait pas de doute que le prochain leader du NPD devra prendre position sur les défis auxquels la population canadienne fait face dans la vie de tous les jours. Elle est véritablement inquiète des risques de chômage et de la stagnation des salaires. Niki Ashton, Guy Caron et Peter Julian sont déjà revenus sur l’idée qu’apparaitre modérés en économie et en politique sociale (puisse être fructueuse).

Dans cette course il s’agit de gagner l’appui des membres qui cherchent un véritable changement, ne pas se limiter à faire les manchettes. Jagmeet Sing et Charlie Angus doivent démontrer qu’ils comprennent les défis économiques alors que la moitié de la population employée dans la région d’Hamilton-Toronto ne peut compter que sur des emplois précaires pour vivre.

Bien des membres du NPD ont dans la tête l’exemple de Bernie Sanders et veulent un-e dirigeant-e qui pourra dire « l’économie est ne fonctionne plus, il nous faut une révolution pour la rétablir ».

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